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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zagash
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 Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné)

Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyJeu 22 Mar - 23:09
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« Prenez garde, vous qui entrez ici. Cette cache est la propriété des Toshin, fidèles de Delkhii, des tribus des Kharaals. Faîtes demi-tour, oubliez cet endroit, et le Titan saura vous témoigner notre reconnaissance. Pénétrez dans notre antre, approchez de nos biens, et ce sera la Mort qui viendra vous cueillir. »

-Ah ouaaiiis. Punaise, c’est vraiment ça en plus. Un coin de stock des Toshin. Comment vous avez fait ça, sérieusement ?
-Sixième sens affuté comme les dents d’un Savaask, lui fit Sisto sur un ton nonchalant. Quand je dis qu’Orshin récompense très bien ceux qui lui consacrent un peu de temps, je ne fais pas sembl…
-Ce crétin est tombé dans cette crevasse pendant une bataille de boules de neige, rectifia Arianna. Qu’il faisait probablement contre son ombre.
-Peuh, tu dis ça parce que je t’ai eu en pleine face.
-Je ne jouais pas.
-Normal, tu vises comme une grand-mère.
-Je déteste à chaque fois que tu fais ç…

-Je vois le genre, les interrompit leur aîné. Eh ben merde…

Ils étaient une vingtaine. Dix adultes, et un peu plus de jeunes, enfants et adolescents mélangés. Tous emmitouflés dans d’épais vêtements de laine et de fourrure destinés à les protéger du froid qui régnait dans ces chaînes montagneuses. Tsaagan Oï. Même dans cette cave partiellement ensevelie dans les tréfonds d’un cratère de rocaille, à l’abri du vent froid qui sifflait sur les cimes, l’atmosphère était bien assez fraîche pour que de la buée se forme au rythme de leur respiration. Un coin inhabituel, pour tomber sur une cache de provisions kharaaliennes. Les résidents des terres de maladie n’étaient pas du genre à s’aventurer dans des environnements aussi froids et humides, habitués de la chaleur et sècheresse qu’ils étaient. Pas grand monde ne venait là, en fait. Et pourtant, les zagashiens venaient de trouver la preuve que des fidèles de Delkhii faisaient eux aussi des passages récurrents, bien que sûrement espacés, dans les Tsaagan. En plus, ça n’était pas n’importe quelle tribu de ce pays – les Toshin étaient une très vieille tribu rassemblant plus de trois mille my’trans, disséminés en une multitude de clans ayant des habitudes dans les Kharaals ainsi que Zolios et Suhury. Même s’ils honoraient Delkhii avant tout autre idole, leur ensemble de rites consacrait de la place à chacune des figures du panthéon my’tran, certaines de leurs familles essayaient même d’intégrer une place non négligeable à Dalaï – dans l’absolu, on ne pouvait pas vraiment lui cracher constamment au visage quand l’eau était une denrée précieuse et rarissime dans l’aridité des Kharaals.

En tous ces points et beaucoup d’autres, ils étaient similaires aux clans de la tribu Nerassa, dont nos zagashiens relevaient. Eux aussi, avaient des moutons noirs qui s’essayaient au périlleux exercice de la réconciliation des cultes de Dalaï et Delhkii, qu’on laissait faire sans les ostraciser malgré l’aspect tabou de la chose. Seul un crétin, ou quelqu’un de téméraire, pouvait affirmer que le monde serait mieux en l’absence de terre ferme. Ca valait aussi pour l’eau. Dans un camp comme dans l’autre, on faisait de la place à ces excentriques ou ces idéalistes, acceptés malgré tout, même si l’on avait dû mal à les rejoindre lorsqu’ils se soumettaient à leurs obligations envers leurs architectes. Le simple fait qu’ils se voient refuser tout usage de magie de la part des deux dieux était déjà un aspect dérangeant de leur expérimentation ; mais ça, ce serait illustré dans un autre sujet.

En dépit de tout ça, ces points communs n’étaient que des nuances dans l’interminable liste de raisons qu’avaient ces deux tribus d’entretenir un conflit qui ne cessait de s’entretenir depuis l’éternité. Elles vouaient toutes les deux une allégeance indéboulonnable à deux pays fondamentalement opposés tant dans leurs traditions que leur vision de ce que devait être l’avenir de My’tra ; leurs démonstrations d’hostilité remontaient à tellement de siècles qu’elles n’avaient plus rien de rationnel depuis des lustres. Aussi dignes et respectables que souhaitaient se montrer les kharaaliens, ça n’était pas pour rien, que l’épreuve visant à désigner le gharyn de Busad consistait à bafouer méthodiquement Dalaï et l’océan dans un concours validé par un collège rassemblant des khorogs de tout le pays.
Aussi à cheval que pouvaient se montrer les zagashiens sur les lois des my’trans, ça n’était pas pour rien, qu’après avoir découvert involontairement une cache de provisions creusée et remplie au terme de longs efforts par une tribu de Kharaal, les zagashiens n’allaient pas avoir la délicatesse de repartir gentiment en faisant semblant de n’avoir rien vu. C’aurait été une politesse qu’ils auraient eu à l’égard de n’importe quelle autre tribu de My’tra – il était impensable qu’un my’tran pille les réserves durement amassées par une autre communauté pour s’enrichir au risque de mettre en danger la survie d’une autre tribu, peu importe son affiliation. C’était un crime de la pire envergure, que les cinq capitales et le conseil my’tran réprimaient sévèrement. Eux aussi dédaignaient ces pratiques. Mais en l’occurrence…

Eh bien, ces deux tribus s’étaient déjà battues, pillées, vengées et rendues la pareille à tellement de reprises qu’il était maintenant impossible de déterminer quel bord avait dérobé le plus de trésors à l’autre. D’autant plus qu’elles avaient toutes les deux suffisamment de support au sein de leurs nations et un peu au-delà pour qu’on ne puisse mettre un terme à cela sans attiser les flammes d’un conflit beaucoup plus important – elles n’étaient pas les seules, au sein de Zagash et des Kharaal Gazar, à se dresser l’une contre l’autre. Ca n’était qu’un exemple.

Et aujourd’hui, ce qui allait se passer ne serait également qu’un exemple.


Dernière édition par Arianna Torricelli le Dim 15 Juil - 16:12, édité 6 fois
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Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyJeu 22 Mar - 23:19
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« Prenez garde, vous qui entrez ici. Cette cache est la propriété des Toshin, fidèles de Delkhii, des tribus des Kharaals. Faîtes demi-tour, oubliez cet endroit, et le Titan saura vous…

MMMMMMH, KHARAAAAL !

LES ZAGASH’ SONT PASSES !

DANS VOS MICHES LES BOUFFONS !

C’ETAIT NOTRE MAGILITHE, MAIS ON GARDE DES BONUS POUR LA ROUTE. A BIENTÔT !

-Sans commentaire, asséna simplement Arianna. Vous êtes tous… la-men-tables…
-Rhooo, tout de suite…
-T’es vraiment un gamin, Sisto, renchérit un autre my’tran en souriant.
-Genre toi t’as pas fait mieux, rayonna le concerné.
-Je trouve ça très pertinent, s’esclaffa une autre guerrière. C’est beaucoup mieux comme ça.
-Vous êtes vraiment sérieux ?
-Ca leur fera les pieds. Franchement, réponds-moi : ce n’est pas mérité ?

A cela, Arianna ne réfuta rien. L’inscription solennelle peinte à même la roche par les fils de Delkhii avait perdu beaucoup de sa splendeur, maintenant que les zagashiens les avaient recouvertes de gouailleries provocantes. Ils savaient pertinemment que les kharaaliens conserveraient leur calme, au moins en surface – mais c’est le mouvement de fond qu’ils visaient. Et peut-être qu’avec un peu de chance, l’un d’entre eux perdrait finalement son calme. Dans ce cas, ils ne pourraient que regretter de ne pas avoir été présents pour assister à ça. Et tant pis.

Nous étions à des années-lumière de la situation de tout à l’heure. Ce qui n’était qu’un groupe de my’trans en excursion dans la neige, composé de jeunes et de moins jeunes tous partis pour faire de la luge dans ce coin oublié de My’tra, était maintenant composé de nomades aguerris à l’exploration et à la survie en toutes situations. Une quinzaine tout au tout, qui contenait elle aussi, étrangement, quelques adolescents dans le lot, certains d’ailleurs très jeunes. Comme beaucoup d’autres my’trans, ils avaient leurs talents, parfois magiques, parfois moins exotiques, qui se révélaient tôt. Il fallait au moins ça pour partir à la conquête d’une cache my’tranne appartenant à un clan disposant de moyens conséquents. Certaines, parmi les plus modestes, se contentaient d’être de bonnes cachettes où l’on demandait aux intrus de repartir gentiment tant il n’y avait rien de spécial à prendre. Ici, par contre, on annonçait clairement aux arrivants qu’ils risquaient leurs vies en s’aventurant dans les entrailles de la caverne artificielle. Ce qui signifiait implicitement qu’elle était remplie de pièges jusqu’à plus soif qui ne feraient pas de cadeaux à ceux qui auraient la malchance de tomber dessus.

-Bon. A qui l’honneur ?
-Je prends, indiqua un quarantenaire.
-Moi second, fit un autre Nerassa à peine plus jeune. Et je veux Furio derrière nous.
-Veranna juste après, aussi. Dès fois que je me fasse arracher la tête et que j’ai besoin qu’on me la remette en place, v’voyez ?

L’avantage, quand on était dans un clan de my’tran assez riche pour avoir des ressources à stocker… c’était précisément que l’on avait des spécialistes de la conception de caches à portée de main. Les deux volontaires pour ouvrir le cortège de pillage avaient perfectionné ces compétences au fil des décennies, et étaient les mieux placés pour flairer la présence de pièges dans le long couloir qui s’enfonçait au sein de la falaise – eux-mêmes avaient l’habitude de réfléchir dans les termes de « moi, j’aurais fait ça comme ça, avec une trappe ici, un déclencheur là, et alors… ». Ils avaient le pas sûr, la tête sur les épaules, et comptaient les garder pour encore des années à venir. Malgré ça, d’autres nomades aux talents différents se tenaient en retrait. Des soigneurs, déjà. Ils avaient deux bénis de Mochlog à leur bord, une adepte et un novice, qui pouvaient tous deux s’avérer très utiles en cas d’incident. Et au-delà de ça, plus de la moitié du groupe avait les moyens de prodiguer des soins à un blessé en recourant aux soins conventionnels, et une poignée de vitae-magilithes chargées par leurs mages en support. Ils avaient également deux habitués des galeries dans leurs rangs, équipés de terra-magilithes qui leur serait très utiles pour garder une chance de survie en cas d’éboulement. On pouvait également mentionner la présence d’un béni d’Orshin qui, bien que sans grand talent en matière de magie, était un fauconnier extrêmement compétent qui avait amené un rapace avec lui – l’animal, bien que nerveux si on lui retirait son chaperon, était suffisamment bien dressé pour conserver son calme sous terre. La pyro-magilithe qu’il avait accrochée à l’un de ses ergots l’y aidaient, ne serait-ce qu’en lui permettant d’y voir quelque chose dans le passage – il aurait peut-être bien à faire office d’éclaireur dans certains passages plus suspects que les autres.

Heureusement, les Toshin constituaient des rencontres suffisamment récurrentes pour que les pilleurs Nerassa commencent à connaître leurs habitudes, même en matière de pièges. En témoignaient les cinq interrupteurs consécutifs que les deux ouvreurs neutralisèrent sur la première dizaine de mètres du tunnel.

Et ce n’était que le début. Encore une cinquantaine, et…
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Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyJeu 22 Mar - 23:38
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Et enfin, ils y furent. Le fin fond de la cave des Toshin. Les démineurs Nerassa avaient mis une demi-heure à retourner le tunnel dans tous les sens pour s'assurer que plus rien ne mettrait leur fratrie en danger. Mais, tous découvraient une caverne anormalement large aux contours lisses et réguliers, comme c'était toujours le cas, comme ça ne pouvait jamais être le cas qu'avec celles façonnées par les adorateurs du Titan. Leur magie s'y prêtait parfaitement. Ou du moins, celle de leurs meilleurs adeptes : il fallait de grands pouvoirs, et encore plus de temps pour pouvoir ériger ce genre de place. Les autres my'trans affectionnaient tout particulièrement la terra-magilithe pour pouvoir en faire de même, mais n'avaient ni la précision, ni surtout le souci d'obtenir un rendu aussi net.

La cache faisait une bonne soixantaine de mètres carrés, soit bien plus que la surface nécessaire pour stocker ce qu'il y avait. Normal, vu le peu de passage qu'il y avait dans la région. La première chose que l'on y distinguait se situait au plafond, en une douzaine d'exemplaires qui éclairaient avantageusement le lieu : des pyro-magilithes, incrustées dans la roche, qui luisaient d'une douce lumière chatoyante. Elles n'attendaient qu'une injonction de la part d'un mage pour s'activer et faire naître le jour dans l'antre des Toshin - ce que les zagashiens ne se privèrent pas de faire après quelques minutes à visiter l'endroit.

Ils constatèrent alors qu'il y avait une quantité impressionnante de ressources en tous genres, ici. Comme c'était toujours le cas dans une cache my'tranne digne de ce nom, on trouvait des produits de première nécessité en abondance : de la nourriture en quantité importante, en bonne partie des produits de chasse excédentaires entreposés pour subvenir à des coups durs qui surviendraient dans la zone, mais aussi des denrées céréalières, blés, pains, fromages, une poignée de légumes et tout ce qui se prêtait à la conservation. Conservation qui pouvait prendre des formes très diverses. Au sel, à l'huile, mais surtout...

-Jackpot. C'est à nous, ça, non?
-Merde.
-Oui, c'est à nous. Il y en a beaucoup trop. Ils n'ont pas de raison d'en avoir autant ici. Pas dans ce trou paumé.

... un amas considérable d'aqua-magilithes attisées pour contenir et relâcher des températures glaciales - une quarantaine de degrés dans le négatif - confinées à une zone restreinte délimitée par l'agencement de ces cristaux. C'était une chambre froide dans laquelle ils pouvaient conserver des vivres pendant des années sans qu'ils ne pourrissent. Un miracle de la nature, permis uniquement grâce à ce que leur avaient offert Dalaï - et ça n'était même pas une formule rituelle, simplement un constat matériel. Avec une connaissance de la physique-chimie drastiquement inférieure à celle des daenars, ils employaient pourtant des techniques de surgélation tout à fait efficaces qui surclassaient complètement celles de mise en conserves appertisées développées par les orientaux. Et ils en avaient pleine conscience, ce qui les confortait dans leur style de vie. Pas juste eux, zagashiens. C'était une technique que la majorité des tribus my'trannes avaient maîtrisée, même si les autres n'étaient pas aussi à l'aise dans l'emploi de l'aqua-magilithe - les kharaaliens en particulier, pour la même raison que les fidèles de Dalaï ne se permettaient de faire qu'un usage restreint des cristaux de Delkhii.

Et de ce fait, la présence d'autant de magilithes ici était vraiment suspecte. Pour les Nerassa, la question ne se posait même pas ; ce qui se trouvait là ne venait pas des Toshin. Et les preuves commençaient bel et bien à apparaître.
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Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyDim 25 Mar - 3:57
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-Eeeh ! Vous d’vinerez ja-mais c’que j’ai déniché !
-La vieille peluche avec Orshino-magiithe de Flavio qui lu faisait incarner des hiboux dans son sommeil ?
-Euh… nan.
-Dommage, parce qu’elle était juste géniale, celle-là. Dommage qu’il l’aie perdue.
-…
-Ah, bah c’est juste des sacs. Des céréales, quoi. Stocks de… riz.

Beaucoup de riz, même. A nouveau une denrée presque strictement zagashienne, et certainement pas cultivable dans les abords des Tsagaan compte tenu des niveaux d’eau exigés pour cette culture. Sur le versant irrigué de cascades qui donnaient sur Kereeh, sans aucun doute ; mais celui qui surplombait Aguu et les steppes arides de l’est, sûrement pas. Ceci sans compter le fait que les sacs portaient l’emblème des Tset’tsel, une tribu de nomades du sud-est d’Ariun qui exploitait de larges étendues de rizières avec l’aide de nomades de passage qui se relayaient au rythme des saisons et des travaux des champs. Des bras loués en échange de sacs de riz tels que ceux-ci, sous forme d’ardoise ou de nature à conserver dans ce genre de cachettes.

-Depuis quand ils acceptent les kharaaliens, les Tset’ ?
-A peu près depuis qu’on va garder les cochons avec les gus de Butsakh.
-Me disais bien, aussi.
-Ils pourraient pas en avoir juste acheté ?, objecta un des deux démineurs.
-Pour le garder au beau milieu de nulle part histoire de pouvoir se réconforter en mangeant exotique quand on vient se les peler ?
-Bah, vu qu’ils se donnent aussi la peine de CHASSER DES CRABES ZAGASHIENS POUR SE FAIRE DES ARMES ET DES ARMURES COMME NOUS, je crois qu’ils sont de ce genre, ouais.
-…
-Mmmh ?
-Naaan, y’a vraiment de ça ?
-Bah regarde. Demande à ta bourrine préférée de se tenir à coté histoire de comparer et tu pourras me dire si tu reconnais le style.

En effet, la cache disposait également d’un coin faisant office de petite armurerie où étaient rassemblées diverses pièces d’équipement de chasse ou de guerre : épées, haches et armures de cuir en quantités restreintes. Parmi celles-ci, plusieurs étaient en matériaux qui étaient typiquement prisées par les adorateurs de Dalaï – avec pour meilleur exemple l’armure intégrale d’Arianna, façonnée à partir de la chitine de crabe géant qu’on pouvait pêcher à l’occasion des marées basses dans le nord du pays. Pas le genre de matériaux que les kharaaliens utilisaient volontiers, pour des raisons évidentes. Lorsqu’ils voulaient concevoir des armures conséquentes, ils faisaient plus volontiers usage des plumes minérales que parvenaient à créer les chuluuns, aussi dures que roc, assez légères pour permettre à l’oiseau de voler malgré tout.  

Alors, forcément…

-Bon, moi je dis merde. C’est de l’arnaque. Tout ça c’est forcément pas à eux, nan ?
-Ca me semble… peu probable, en effet.
-Je ne sais pas…
-Quoi, t’as besoin qu’on trouve une statuette en forme de roussette pour te convaincre ?

Dalaï, déesse des océans. Souvent représentées sous la forme d’une grande raie, mais plusieurs clans zagashiens aimaient également la concevoir sous une forme de requin. Rarement dans le genre des énormes créatures bardées de dents dignes des récits d’horreurs, cela dit. Des roussettes, des chabots, des dormeurs à crête et des nourrices constituaient autant de figures sympathiques que les petits my’trans pouvaient faire vivre dans leur imagination sans avoir peur de mettre les orteils à la mer. Rien de plus naturel pour leur divinité tutélaire qui faisait le maximum pour leur procurer toutes les cornes d’abondances possibles, tant du côté de l’océan que de la fertilité de leurs terres.

Heureusement, ils n’en étaient pas au point de trouver ce genre de choses dans cette grotte. Non pas qu’ils en aient besoin : sur la quinzaine de Nerassa qui avaient pénétré dans la grotte, les trois quarts étaient convaincus que ce qu’ils voyaient là était bel et bien du butin de leur pays que les Toshin auraient obtenu d’une manière ou d’une autre, et vraisemblablement pas par les voies du commerce compte tenu de l’accueil qu’on leur aurait réservé s’ils avaient débarqué dans le pays. Et dans ce genre de cas, il n’y avait qu’une seule manière de réagir. Reprendre ce qui leur appartenait, bien sûr.

-On embarque tout.
-Pas tout, nuança la guerrière. Les magilithes, oui. Les matériaux, oui. Les armes, oui. La nourriture, le bois, l’eau, les vêtements, les outils, non. Ils pourraient en avoir besoin.
-Euh… ce sont des kharaaliens, hein ?
-Imagine un clan qui voudrait faire étape ici précisément parce qu’il n’y a pas grand-chose à manger dans les environs. Ils arrivent, ils ne trouvent rien. Ils risqueraient…
-Okay, okay, j’ai compris. Pense aux petits enfants, ils mourraient de faim, ce serait…

Contraire à toutes leurs traditions et toutes les conceptions qu'ils pouvaient avoir de l'honneur. Même les fils de Delkhii qui crachaient allègrement sur leur réputation tout en faisant mine de rester proprets ne leur éveilleraient pas ce genre de coups bas. Ils ne s'abaisseraient pas à ça, jamais.

Mais pour le reste, c'était quartiers libres, ou plutôt pas de quartiers.
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Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyDim 25 Mar - 3:59
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-PUTAIN !

Veranna fut la première à émerger de la grotte, peu chargée qu’elle était ; peu solide qu'elle était. Elle fut donc la première à devoir affronter la lumière du jour, même si ses talents en biotique hérités de Mocholg lui permirent de se réaclimater bien plus vite à l’air libre. Elle se permit d’ailleurs de faire profiter trois de ses compagnons des mêmes bienfaits, avant de sortir pour de bon. Dans la crevasse en pente modérée, elle commença à escalader en s’aidant de ses mains par moments, son sac plein de cristaux de magilithe harnaché sur le dos. Derrière elle, cinq autres suivaient déjà.

Elle fut la première à arriver au sommet de la crevasse, bien contente d’en finir avec ça. La première à tomber nez à nez avec la trentaine de personnes qui s’étaient toutes rassemblées aux abords de la faille, toutes armées et bardées de protections même sommaires pour leur tenir tête et se battre si besoin. Elle fut aussi la première à sentir le sol se dérober sous ses jambes, à chuter à plat ventre face contre terre, et déraper brutalement sur une bonne dizaine de mètres de neige et de roche pour finir en contrebas, dans un état minable.

-‘Ran ! CA VA ? MERDE. RAN !

Elle avait emporté deux autres hommes dans sa chute, beaucoup moins sonnés qu’elle. Trois de leurs compagnons accoururent aussitôt, la boule au ventre. Elle saignait, la rocaille n’avait pas pardonné. Plus des deux tiers étaient maintenant dehors, et ceux qui levèrent la tête aperçurent…

-Qui êtes-vous ?

Un homme se tenait au sommet de la crevasse. C’était lui, qui venait de s’exprimer. Il était grand, très grand même, approchant les deux mètres si ce n’est plus. Robuste, imposant, faiblement équipé malgré tout. Il portait une imposante robe de fourrure en trois couches successives, certaines brunes, d’autres d’un vieux rouge délavé, comme le poil d’un yamaan’ des Tsaagan. Mais son visage était fin et bien soigné, rasé de près, et ses yeux d’un turquoise fascinant malgré toute la distance. Sa voix était étonnamment douce, pour la netteté avec laquelle elle leur parvint. Rien à voir avec le ton qu’employa le jeune Sisto en retour à cela :

-NON. QUI ÊTES-VOUS VOUS, BANDE DE PUTAIN DE CONNARDS ?
-Des my’trans qui regrettent l’existence de voleurs dans le monde. Y compris dans ce lieu reculé.
-DES VOLEURS ? MAIS ALLEZ VOUS FAIRE FOUTRE ! VOUS SAVEZ CE QU’ON A RETROUVE, LA DEDANS ?
-Je n’en doute pas. Mmh. Zagashiens, c’est bien ça ? Je vous trouve très décevants.
-DECEVANTS ? DECEVANTS !?

Ce n’était pas bien dur de deviner leur affiliation, pour le nombre d’emblèmes, de babioles, d’amulettes qu’ils portaient au quotidien. Plus de la moitié étaient consacrées à Dalaï et Zagash, à leurs clans, à leur tribu qui partageaient beaucoup de motifs récurrents avec les codes visuels de leurs compatriotes. De même, les Nerassa n’eurent aucun mal à reconnaître des nomades des Kharaal au sommet de la faille. D’autres hommes et femmes étaient apparus, et tous partageaient ce même code vestimentaire sobre et terne, ces tatouages spécifiques, ces figurines aux allures de marionnettes qui témoignaient de leur allégeance au golem. En plus pragmatique, c’était aussi pour ça que la pente menant en amont de la crevasse s’était complètement ratatinée sur elle-même, sous la pression cumulée des arts de plus d’une dizaine de mages bénis de Delkhii.

-Sisto, ça suffit. Ce n’est pas le moment.
-Mais enfin !
-Tout ce que tu vas réussir à faire, c’est qu’ils se lassent et arrêtent de parler. Et qu’on perde des plombes avant qu’ils réessaient. S’ils s’en donnent la peine.
-Dans ce cas on les bute et basta ! Bordel, Veranna s’est pris…
-Plus de peur que de mal. Ferme ta gueule, laisse nous faire. S’il te plait.

Des fidèles de Delkhii, ça ne faisait aucun doute. Malgré cela… quelque chose n’allait pas.

-Vous n’êtes pas des Toshin, remarqua un nomade. Ce n’est pas votre cache. Ce ne sont pas vos emblèmes. On ne vous a pas volés. Qui êtes-vous ?

Les kharaaliens restèrent tous de marbre, semblables aux créations de glaise qu’ils affectionnaient tant. Un flegmatisme qui insupporta longuement les nomades de Zagash, vu leur situation. En temps normal, ces deux communautés se détestaient avec une intensité que les fidèles de Dalaï assumaient beaucoup plus que les autres, un point que les kharaaliens exploitaient largement pour se faire voir au mieux quand bien même ils avaient autant de torts dans l’affaire, si ce n’est plus. Là, les Nerassa devinaient le plaisir que devaient éprouver leurs ennemis dans un tel cas de figure, même s’ils n’en montraient rien – ils étaient complètement pris au piège, complètement à leur merci, et complètement impuissants.

Et ils détestaient ça.
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyDim 25 Mar - 13:37
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Ce n’est qu’au bout de plusieurs minutes que celui qui leur avait déjà parlé – le grand ours, comme le surnommaient déjà plus de la moitié des zagashiens – indiqua finalement :

-Nous sommes la tribu des Keguuh, des fidèles de Delkhii. Et amis des Toshin. D’excellents amis. Nous protégeons leurs biens pour honorer les liens qui nous unissent, de la même manière qu’ils nous ont déjà rendus d’immenses services.
-C’est… c’est débile, attendez, remarqua Arianna. Comment est-ce que vous pouvez savoir qu’il y a une cache ici si ce n’est pas la vôtre ?
-Parce que nous la partageons. Dans les terres infertiles, nous devons nous entraider.
-Et là on lui signale gentiment que les kharaals tout entiers sont pas vraiment fertiles ?
-Vous partagez plusieurs caches avec les Toshin ?, demanda la nomade, presque choquée du fait.
-…
-Ah. Je vois le genre. Vous êtes juste des chiens.

Plusieurs parmi les zagashiens se consultèrent du regard, échangeant brièvement sur le sujet. Traditionnellement, une tribu ne partageait pas l’emplacement de ses caches, pour aucun motif que ce soit. Pas chez eux, en tout cas. Pas chez beaucoup de monde, surtout. Une cache, c’était le coffre-fort dans lequel était entreposé une partie des richesses de la communauté – peu importe les détails, il s’agissait de principe. Dans une tribu aussi large que celle des Nerassa, personne n’avait le droit de disposer de suffisamment de ces ressources pour pouvoir prendre le risque de partager l’emplacement d’une d’entre elles avec des extérieurs, peu importe la force des liens qui pouvaient les unir. Ils étaient trop nombreux, il y avait trop de clans, de familles, de ressources en jeu pour se permettre ça. Deux tribus différentes qui partageaient leurs possessions était un tableau engageant, mais c’était surtout deux tribus qui pouvaient un jour perdre l’intégralité de leurs réserves si l’une d’elles venait à trahir l’autre, ou si un différend voyait le jour, ou… tellement de choses possibles que c’était un tabou dans leur spectre de possible. Le simple fait de délaisser le culte de Dalaï pour se ranger sous celui de Delkhii était plus acceptable – des faveurs agricoles étaient toujours souhaitables, et ça ne mettait pas en jeu le quotidien de milliers de personnes, au moins.

Mais ces kharaaliens… ces Keguuh… ils étaient inconnus. Ils ne représentaient rien. Dans Zagash, les Nerassa étaient bien assez nombreux, anciens et éparpillés pour qu’on les connaisse dans tout le pays, et bien au-delà. Il en allait de même pour les Toshin. Alors que ceux qui les maintenaient prisonniers ne devaient former qu’une petite tribu indépendante… indépendante, mais inféodée aux Toshin, d’une manière ou d’une autre. La cache en question n’était pas un partage réciproque, mais une mise à disposition, qui n’allait que dans un sens. Le grand ours et ses compagnons étaient achetés à grands coups de donations pour qu’ils restent loyaux ; le raisonnement se tenait en grossissant le trait, parce qu’il y avait forcément des nuances compte tenu du tempérament partageur des kharaaliens, c’était ce qui se passait. Et ça, c’était ce que les Nerassa résumaient globalement comme…

-Des chiens, ouais. Mais ils nous tiennent quand même.
-Il faut qu’on se tire d’ici.
-Je pense qu’ils pourraient nous laisser le faire, mais pas dans des conditions qu’on pourrait accepter.
-Ah ?
-Chais pas, un truc genre « vous déposez vos armes, vous déposez tout ce que vous avez pris, vous nous laissez une ou deux femmes en guise de dommages et intérêts parce que faut pas déconner, et on vous laisse partir » me semble très opportun de leur part. Je propose qu’on leur laisse Ari’ et Delia, ils s’en boufferont les doigts.
-Ta gueule, Furio, lui retoqua la seconde.
-Hahaha.
-Ce n’est pas le moment.
-Haha. Désolé, c’est nerveux. Technique d’autodéfense cérébrale pour rester dans mes bottes quand je suis dans la merde. Et on est méchamment dans la merde.
-Teh. Continue sur cette voie et ça sera de mes bottes que tu vas t’inquiéter.
-Je viens de dire que z’étiez très jolies, tu remarqueras.
-N’essaie pas de te sauver, ça ne marchera pas…

-Il faut ramener les autres. Du campement.
-Je pense surtout qu’ils se ramèneront spontanément en voyant qu’on revient pas. Putain, heureusement qu’on a ramené les autres au camp avant de venir looter les Toshin, parce que sinon…
-D’un autre côté, on aurait vraiment été extrêmement cons de pas l’avoir fait. Tu te vois ramener des enfants dans un cortège de pièges ?
-Nan, mais des ados…
-Delia est plus l’exception qui confirme la règle que…
-Naaan, « la valeur n’attend pas le poids des âges », c’est plus ça qu’il faut dirie. Elle dépote, la petite.
-Oh. Euh… merci…
-C’est vrai, renchérit une autre my’tranne. Tu es exceptionnelle. Mais quand même…

Eeeet… c’était n’importe quoi.

A les entendre, on aurait cru qu’ils s’étaient tout simplement installés dans une taverne, à échanger des plaisanteries au-dessus d’un bon repas et de bières fraîches. Plusieurs étaient là à s’insulter, à rire, à discuter de bonne humeur comme ils l’auraient fait dans n’importe quel autre cas de figure. D’autres plus réservés faisaient preuve de la gravité qui était de rigueur dans leur situation, mais même eux étaient favorablement affectés et impliqués dans les échanges bon enfants de leurs frères et sœurs. Malgré son casque qui masquait ses traits, les autres pouvaient entendre à son timbre et à sa respiration qu’Arianna leur souriait lorsqu’elle les regardait. Malgré ses élans colériques naturels chez les adeptes les plus impliqués de Dalaï, le fait que Sisto se laisse être raisonné en était une autre forme. Ils avaient tout leur temps, et pouvaient se permettre d’en perdre. Ce qu’ils ne pouvaient pas se permettre, c’était de se laisser abattre, ou de commettre des erreurs. Alors, tant pis pour les Keguuh qui ne pipaient rien à leurs bonhommies, nos my’trans entretenaient leur moral en se rabibochant mutuellement, chacun à sa manière. Ils avaient d’ailleurs regagné l’intérieur de la caverne sans se soucier des fidèles de Delkhii complètement incrédules, qui pouvaient aller au diable pour ce que ça les concernaient. Au fond de la caverne, il y avait des vivres, du bois et même de quoi se laver. Largement de quoi tenir un moment. Déjà, un feu avait été installé aux abords de l’entrée, pour tenir chaud à leur blessée sans pour autant enfumer la caverne. Veranna allait bien. Elle était juste surprise de constater que la vitae-magilithe qu’elle avait chargé la veille soit utilisée pour la retaper elle ; ça n’était pas vraiment comme ça que ça se passait d’habitude. Mais déjà, ses éraflures se refermaient, et elle n’avait plus mal. Dans peu de temps, elle serait en pleine forme. Pour l’instant, elle reprenait ses esprits et prévoyait déjà la suite en rechargeant à nouveau son cristal des faveurs de Mocholg.

Malgré tout ça, ils n’avaient pas la moindre intention de croupir ici. Et pour ça, une figure s’avança timidement.

-Fianna ?
-Asguul pourrait prévenir les autres, peut-être ?
-Pas une mauvaise idée.
-C’est une très bonne idée, oui, rectifia un autre.

Asguul était un aigle, pas un humain. Fianna une jeune fauconnière, spécialisée dans la chasse de bas vol, qui n’en était plus vraiment à ses débuts en matière d’affaitage de rapaces – elle préférait les aigles, mais avait également une buse que ses parents conservaient au campement. La chasse faisant usage de rapaces était une tradition my’tranne particulièrement prisée, beaucoup plus répandue que ce qu’on pouvait croire – et pas que chez les nomades d’Orshin, comme elle en témoignait.

En l’occurrence, la zagashienne proposait davantage les services de son oiseau comme pigeon voyageur amélioré, mais c’était bon à prendre ; l’animal ne s’en offusquerait pas le moins du monde, tant qu’on le nourrissait à la fin de son voyage. Il était entraîné à regagner le campement en toutes situations, ça ne posait pas de problème. Et eux avait de quoi écrire pour transmettre un message. Ca pouvait fonctionner. Il n’y avait qu’une seule chose qui pouvait mal tourner, dans ce plan.

-Il faudra juste faire diversion le temps qu’il s’envole. Ils pourraient le tuer.
-Oui… j’y pensais, justement…

Et au ton de sa voix, on pouvait voir que l’adolescente n’avait pas l’intention de prendre le moindre risque à ce sujet. Timide, peut-être, mais résolue. Les zagashiens avaient une bonne expérience de leurs ennemis de Kharaal, et n’avaient pas raté l’occasion d’étudier les Keguuh qui s’étaient révélés. Ils n’avaient pas d’arcs ni de flèches, ce qui correspondait à leurs habitudes. Le bois était une denrée trop peu accessible dans les steppes pour qu’on s’amuse à lui donner cette vocation, à moins d’avoir une véritable prédilection pour ça. Traditionnellement, les kharaaliens préféraient employer des frondes pour se battre à distance. Ils aimaient les cailloux, sans surprise. Un fait que les my’trans pris au piège purent vérifier en détaillant plus attentivement leurs ennemis. L’aigle prendrait un risque. Eux aussi, d’ailleurs. Une pierre reçue en pleine tête avait plus de chances de tuer qu’une flèche, et les guerriers de Delkhii ne manquaient pas de s’entraîner avec ça, aussi pacifiques qu’ils pouvaient prétendre être.

Cela dit, il y avait des moyens de se protéger de tout ça. Et dans leur groupe, certains étaient tout indiqués pour pouvoir se battre sans avoir rien à craindre.

C’était là qu’Arianna allait se montrer utile – ce qu’on aurait pas voulu, mais c’était nécessaire. La majorité des autres membres du groupe pouvaient se battre, certains par des biais détournés, peu en faisant usage de magie. Les nomades en avaient l’habitude, pour la chasse comme pour d’autres conflits, parfois même en interne. Mais à l’échelle de toute sa tribu, elle était l’une des rares à avoir véritablement suivi une formation draconienne de soldat au sein de la capitale, sur une durée de deux ans. Et quand on la voyait faire, on ne trouvait pas la moindre raison de remettre en cause le talent des formateurs de shuren pour préparer des my’trans capables de damner le pion à des guerriers conventionnels, parfois en plus grand nombre, parfois meilleurs mages qu’eux.

Et en l’occurrence, elle n’était pas la seule. Sisto, aisément reconnaissable dans leur groupe compte tenu de ses coups de sang récurrents, était tout aussi compétent dans le milieu. Il n’avait pas fait le camp des officiers, lui. Au lieu de ça, il avait temporairement rejoint les ordres de moines-guerriers de Dalaï, pour y affuter ses talents magiques. Tout y était passé. Vocation, conviction, maîtrise et discipline, ou plutôt naturel et spontanéité dans son abandon au fluide. La déesse nourricière, qui veillait à la prospérité de ses fidèles en les inondant de des largesses de ses cornes d’abondance, la figure que les zagashiens se faisaient une joie d’aimer et de remercier au quotidien, n’était plus la facette principale qu’il avait de leur architecte. Elle était plus violente. Lui aussi. De beaucoup.

Le simple fait que l’on envisage de lui laisser quartier libre dans ce genre de situations était déjà bien assez explicite.
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptySam 31 Mar - 22:27
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-Laissez-nous partir, Keguuh. Les nôtres savent que nous sommes ici. Si nous ne sommes pas revenus d'ici quelques heures, ils s'inquièteront et viendront nous chercher.
-Ça n'est peut être même pas vrai, releva le porte parole des kharaaliens.
-Nous sommes quatre clans à avoir décidé de séjourner un moment sur les Tsaagan. Vous ne faîtes pas le poids.

Cette fois, il ne répondit pas. Si elle ne mentait pas, cela signifiait qu'il y avait en tout de deux à trois cent zagashiens supplémentaires à une poignée de kilomètres de là. Et eux n'avaient rien vu. Rien que pour ça, le grand ours détourna son regard des captifs, dont les deux tiers étaient ressortis pour s'entasser dans la crevasse. Seule la femme en armure lui parlait, maintenant.

-Oran, est-ce qu'on a moyen de les retrouver?
-Faudrait chercher un peu, mais carrément. Un camp pareil ça ne passe pas inaperçu. On peut facilement remonter leur piste dans la neige pour retrouver les autres.
-Mmmmnh.
-Un truc qui va pas?
-Ils sont beaucoup plus nombreux que nous. Nous ne gagnerons pas.
-Ouais...

Il n'était pas le seul, à avoir fait ce constat. En prenant l'intégralité de leurs frères, enfants et anciens inclus, eux ne franchissaient même pas le seuil des quatre-vingts. Ils avaient l'avantage, mais ce ne serait que temporaire. Et après ça...

-Mais on a l'habitude, non?

Le chasseur lui sourit en prononçant ces mots. Moins nombreux, moins forts, ils n'avaient pourtant jamais étés contraints de quelque manière que ce soit. Bandits ou zagashiens, peu importe ce que le mondemonde pouvait leur opposer, leur tribu persistait. Les fils de Delkhii restaient inébranlables, à l'image des montagnes qu'ils foulaient de leurs pieds.

Ils comptaient le rester.

-Keguuh. Je vous parle, reprit la Dalaï.
-Je m'appelle Eskhlaton, reprit l'autre d'un ton assuré.
-Partez et sauvez-vous tant que vous le pouvez encore. Vous vous attaquez à beaucoup plus forts que vous. Vous ne gagnerez pas.
-Vous êtes nos prisonniers.
-Nous sommes mieux armés et mieux entraînés que vous. Vous êtes incapables de descendre pour nous contraindre à nous rendre. Vous ne pouvez que nous retenir, et nos frères ne tarderont pas. Ils ne vous tueront pas. Ils ne vous abandonneront pas dans les montagnes sans moyen de survivre. Nous respecterons tous les codes d'honneur régissant les conflits entre tribus my'trannes. Je vous garantis qu'en dépit de tout ça, vous vous retrouverez dans une situation désastreuse que vous regretterez amèrement. Épargnez vous ça et fuyez maintenant.

Arianna était... de très loin la meilleure guerrière de son clan, et une certaine pointure dans les rangs des guerriers Nerassa. Malgré ça, elle était surtout reconnue pour être l'une des meilleures oratrices à placer en amont d'une bande pour la galvaniser et pour anéantir le moral de ceux qui leur faisaient face. Sa ferveur, son mélange d'assurance, d'arrogance toute zagashienne, sa posture, son armure imposante et son ton impérieux constituaient autant d'atouts pour ébranler la confiance de leurs ennemis. Le plus effrayant étant que ce n'était pas une façade, et que c'était visible. Son discours était simple et direct, son ton inflexible, ses propos brutalement efficaces.

-Vous osez parler d'honneur alors que nous vous avons pris en train de voler?
-Ce qui se passe entre les Toshin et les Nerassa ne vous concerne pas. Notre patience est limitée, contrairement à la votre. Vous allez vous faire emporter par un conflit qui vous dépasse complètement. Qui dure depuis plus longtemps que vous. Je ne vous le conseille pas.
-Bien. Maintenant, vous nous demandez de fermer les yeux sur votre crime. Qui mériterait d'être remonté au conseil de la convergence. Magnifique.
- Oui, oui. Nous sommes les méchants zagashiens. Nous venons conquérir les peuples pacifiques des steppes de l'est pour étendre notre emprise sur le monde - tous vos biens sont à nous, il est donc normal que nous nous servions librement. Alors Maintenant, à genoux, kharaaliens. Faîtes donc place aux dignes protagonistes de la glorieuse épopée de Dalaï, et si vous êtes nos ennemis, saisissez l'occasion de connaître la fin la plis respectable qui soit. Allongez vous par terre et laissez-vous faire massacrer sans résistance, nous honorerons vos dépouilles et vos mémoires dans nos sagas.
-Haaaaaa! Enfin vous montrez vos couleurs. L'arrogance des zagashiens fait tellement de peine à entendre, vous n'êtes que des chacals narcissiques qui agissez comme si le monde de vous...
-QUOI? JE PLAISANTAIS, CRÉTINS. COMMENT EST-CE QUE VOUS AVEZ PU ME PRENDRE AU SÉRIEUX? VOUS ÊTES VRAIMENT MALADES, SI C'EST VRAIMENT CE QUE...

Elle se tut. Une pierre la frappa au poitrail, la faisant vaciller sans vraiment la blesser, d'un sursaut plus qu'autre chose. En hauteur, quelqu'un l'avait fait taire d'un coup de fronde, sans vraiment s'attendre à ce que ça lui fasse mal. Un geste qui n'offusqua pas particulièrement les Keguuh, elle l'avait mérité.

Un geste qui énerva les Nerassa aussi sûrement qu'une fourmilière qu'on aurait enfumée. Leur sang ne fit qu'un tour, de même que leur détermination.

-CA, VOUS ALLEZ LE REGRETTER. SISTO!
-AVEC PLAISIR.

La crevasse faisait peut être... six, sept mètres de haut. Avec une pente initialement inclinée, qui s'était affaissée sous l'emprise des Keguuh. Il ne fallut qu'un claquement de doigts pour que toute la neige entassée dans cette fosse et ses alentours ne se liquéfie instantanément sous la pression des mages d'eau, qu'ils édifièrent aussitôt sous la forme d'une colonne liquide défiant la gravité. Alors, l'adepte de Dalaï se jeta dedans, prit appui sur le sol, et fit vibrer la colonne toute entière avec ses frères pour la faire exploser comme un véritable geyser. Arianna en fit de même, s'y jetant à sa suite.

Les deux Nerassa se retrouvèrent propulsés dans les airs, droit au coeur de leurs ennemis... parés à en découdre.
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyDim 1 Avr - 18:46
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Les serpents d’eau sifflèrent sur le champ, marquant à vif dans un claquement explosif les visages qu’ils trouvaient à atteindre. S’approcher d’Arianna, c’était s’exposer à une zone dans laquelle les rets d’eau vous fouettaient cruellement, et sans discontinuer. Sisto était bien pire, avec une sphère d’influence beaucoup plus importante que sa comparse, et une emprise monstrueuse sur son élément qu’il animait sauvagement. Le moine-guerrier, en armure plus légère pour sa part, s’efforçait dans le même temps d’envelopper les visages de gangues liquides pour les faire suffoquer – ou d’autres membres, à défaut d’avoir le temps de viser.

En même pas dix secondes, ils avaient allongé autant de leurs ennemis, trop surpris pour réagir convenablement. Plusieurs mages tentèrent d’intervenir, sans parvenir à grand-chose d’autre que les déstabiliser – et pas suffisamment pour que leur magie cesse d’agir d’elle-même. De ce point de vue-là, les deux de Dalaï avaient un avantage prodigieux sur les kharaaliens. Habitués des régions enneigés, ils savaient puiser de l’eau dans la neige aussi librement que sous son état liquide – une facilité que ne trouvaient pas les Keguuh dans le maniement de la roche, beaucoup moins accessible et pourtant bien plus abondante ici. Alors, ils faisaient de leur mieux.

Quelques lames s’abattirent sur Aria’, engagée de toutes parts. La plupart ricochèrent sur son armure sans rien lui faire, un coup d’épée plus vigoureux que les autres asséné sur son torse ne parvint qu’à voir l’arme se briser à l’impact sans qu’elle ne fasse plus que reculer d’un pas tout en ripostant d’un coup de poing en pleine face. Trois hommes se jetèrent finalement sur elle, la contraignant au sol en usant de leur poids. La moitié de ceux qu’ils avaient pris de cours se relevèrent rapidement, plus sonnés qu’autre chose, prêts à se battre malgré leur état de choc.

Et Sisto se retrouva aussi vite menacé par Eskhlaton, qui fendait en courant toutes les vagues déchaînées dans son sens par le Torricelli. Même lorsqu’il ébouillanta l’eau présente sur le fervent de Delkhii, ce dernier ne ralenti même pas dans sa course – et vint le cueillir d’un coup de poigne en pleine gorge qui le renversa aussitôt.

Tout ça n’avait duré qu’une trentaine de secondes en tout. Les rangs des kharaaliens, malmenés de toutes parts, se rétablissaient petit à petit de ce que leur avaient infligés les deux zagashiens. Zagashiens fermement maîtrisés – Arianna s’était vue désarmée et son casque ôté de force, son compère se retrouvait menacé de très près par trois pointes de lances qui pendaient sur son ventre et sa gorge.

Forcément, à deux contre une trentaine, ils n’allaient pas gagner. Pas contre autant de mages et de guerriers my’trans. Non pas qu’ils y aient cru.

-Bon. Je crois que vous avez eu votre compte, vous deux. Maintenant, nous allons pouvoir vraiment discuter, j’espère.

Avec la diversion qu’ils venaient de faire, personne n’avait remarqué l’aigle, sans aucun doute possible. Asguul avait pu s’envoler quand tout le monde avait le dos tourné, même si maintenant, les zagashiens avaient d’autres problèmes. Malgré cela, Arianna restait calme. Comme dans beaucoup d’autres cas, elle avait déjà vu pire.

-Bon. Nerassa, fit le colosse en revenant vers elle. Je vais vous demander d’être beaucoup plus raisonnable que vous ne l’avez été jusque-là.

L’empoignant par le col de sa cuirasse, le grand ours la souleva aisément d’un seul bras, lui arrachant un râle torturé en l’étouffant brièvement. Comme beaucoup d’autres adeptes de Delkhii, il était fort – redoutablement fort. Lui broyer la gorge, défoncer son armure au prix de quelques coups, elle l’en savait capable. Mais ce n’était pas son but. Il adoucit sa prise sans la lâcher, la redéposant de manière à ce qu’elle ne puisse se tenir sur la pointe de ses pieds sans avoir de vrais appuis – elle restait complètement réduite à l’impuissance.

-Et je ne doute pas que vous allez faire vous aussi des efforts pour que nous en arrivions à un terrain d’entente. Car maintenant, vous êtes nos prisonniers.

Ce faisait, il la traîna lentement jusqu’au bord de la crevasse, ses talons donnant droit sur le vide, achevant ainsi d’annoncer leur victoire aux zagashiens restés en contrebas. Les réactions se multiplièrent dans leur rangs, sans que personne n’ose le provoquer de quelque manière que ce soit. Un détail qu’il releva volontiers, sans montrer aucune forme de satisfaction dans son attitude. Flegmatisme kharaalien, ça elle n’en doutait pas. Encore un trait qu’elle ne leur supportait pas. Sur l’instant, elle aurait donné cher pour lui enfoncer une lame dans le flanc, histoire de voir ses traits se déformer et…

Ses traits.

Ce n’est qu’à ce moment qu’elle remarqua les grandes plaques violacées qui carrelaient son visage… et les paumes de ses mains. Des marques de brûlures épouvantables, celles que lui avaient infligé Sisto lorsqu’il avait essayé de l’ébouillanter pour l’arrêter dans sa course. Elle ne comprenait même pas que le kharaalien soit encore capable de se tenir normalement. La magie de Delkhii les rendait plus robustes, plus forts, mais ne faisait pas ça. Alors quoi?

-Reprenons depuis le début. Je me nomme Eskhlaton, gharyn de la tribu des Keguuh, nomades des Kharaals Gazar. Qui êtes-vous, zagashienne ?
-Arianna, du clan Torricelli, de la tribu Nerassa.
-Qui est le chef de votre groupe ?
-Nous n’avons pas de chef. Je suis leur porte-parole.
-Nous vous avons surpris en train de voler une cache de ressources appartenant à notre tribu.
-Mise à disposition à votre tribu. Ce n’est pas votre cache.

Il la poussa dans le vide, la faisant basculer de trente centimètres sans la lâcher. A nouveau, elle se retrouva complètement étouffée sous l’effet de sa poigne, avec la sensation que sa tête allait juste exploser tandis que le poids de son corps tirait violemment sur sa nuque. Ca ne dura que deux secondes, mais fut largement suffisant pour la traumatiser.

-Là n’est pas la question, reprit l’autre comme si rien ne venait de se passer. Vous n’êtes plus en état de faire les malins, alors retenez-vous. Nous aussi, notre patience a des limites.

Il s’adressa ensuite au reste des my’trans entassés dans la fosse, qui restaient plus dans l’expectative qu'autre chose. Aucun d'entre eux n'avait les moyens de changer quoi que ce soit à la situation, et même en sachant qu'on ne tarderait pas à venir les chercher...

-J’ai pris ma décision. Nous allons remonter votre crime au conseil de la convergence, qui décidera des sanctions à appliquer. D'ici là, nous allons prendre plusieurs prisonniers avec nous, qui seront conduits jusqu'à Busad en attendant que le conseil intervienne. Ces deux là, déjà. Comme vous l'avez dit, nous ne sommes pas en mesure de vous empêcher de faire quoi que ce soit. Pas plus que nous ne pourrions vous déloger de là où vous êtes. Donc nous n'essaierons pas.

Le gharyn détailla les my'trans du regard, à la recherche de deux autres prisonniers potentiels. Ce qu'il visait, c'était des ressources rares - Arianna et Sisto en étaient largement. Mais c'était difficile de jauger la valeur de quelqu'un sur sa seule apparence. Une autre solution était de prendre les plus jeunes, et il y en avait - Mais c'était un coup à faire tourner le sang chaud des zagashiens, qui tenteraient à nouveau quelque chose dans le genre de ce qu'ils venaient de faire. Ils étaient complètement inconscients, mais assez dangereux pour que ça marche quand même - un autre que lui aurait pu céder face à l'adepte de Dalaï, qui aurait eu toute latitude pour finir le travail, et avec lui protégé par l'autre furie cuirassée, ils auraient réussi. Rien que pour ça, il refusa de prendre d'autres guerriers comme captifs.

Déjà, il remarqua la femme qui s'était sérieusement éraflée en dégringolant le long de la pente sur toute sa longueur. Elle était maintenant là, indemne et en pleine forme, au milieu des autres - un exploit qui trahissait au choix la présence d'un bon mage de Mochlog dans leurs rangs, ou la détention de vitae-magilithes. Cela dit, le fait qu'elle arbore en bandoulière une amulette à l'effigie de la grande chouette acheva de faire d'elle une bonne candidate. Plus qu'un à décider. Ce devrait être un homme, parce que prendre trois femmes aurait pu là encore exciter inutilement les zagashiens. Pas un jeune, non plus. Alors, il détailla les restants, à la recherche de...

Une pression sur son bras lui rappela la présence d'Arianna qu'il suspendait d'un bras. Fort qu'il était, par le don de Delkhii, ça ne le tirait même pas. Mais elle avait l'air étrangement mal en point. Des cheveux en pagaille qui lui retombaient en grandes mèches sur le visage, un tissu de larmes et de morve qu'elle n'avait pas essuyé depuis qu'il l'avait étranglée, et quelques filets de salive qui...

Sa bouche. Ses joues très légèrement gonflées.

Elle bavait complètement. Il ne comprenait pas, allant même jusqu'à atténuer la pression de ses doigts pour la soulager, se soupçonnant d'appuyer plus fort que nécessaire.

-Euh... je ne vous sers pas trop fort?

Pas de réponse.

Ou plutôt, elle lui cracha en plein visage en guise de réponse. Par pur réflexe, il la gifla brutalement, dégouté du fluide qui donnait l'impression de lui remplir les narines.

De lui rentrer dans le nez.

Littéralement.

C'est ici qu'Arianna formula sa commande à l'eau qu'elle venait de créer:

-Brûle.
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Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyDim 1 Avr - 21:29
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Elle tira aussitôt sur son bras pour se ramener vers lui, et remettre vraiment pied à terre. Une seconde plus tard, elle lui avait déjà cadenassé le bras pour le propulser dans la fosse. La douleur était telle qu'il n'avait pas opposé la moindre résistance, complètement terrassé par ce qu'elle venait de faire subir à naseaux brûlés.

La guerrière s'arrêta un instant, juste pour apercevoir Sisto qui s'était lui aussi libéré de ses geôliers - trois hommes aplatis au sol par de longs tentacules faits de neige mêlée d'eau- et courait dans son sens. À eux deux, ils tenirent en respect tous les kharaaliens qui se tenaient sur sa route, et se laissèrent immédiatement glisser le long de la pente abrupte qui ramenait vers la cache. Douloureusement, mais tant bien que mal, leurs armures respectives épongeant le plus gros des morsures de la roche.

Plusieurs Keguuh s'élancèrent à leur suite, aidés par leurs pouvoirs pour descendre sans mal. Ils se retrouvèrent rapidement aux prises avec le reste des zagashiens, et rapidement réduits à l'impuissance. Les frondes sifflèrent brièvement, causant quelques blessures dans les rangs des Dalaï - avant de stopper net lorsqu'il apparu que leur gharyn ainsi qu'une partie de leurs guerriers se retrouvaient le couteau sous la gorge, et qu'on leur hurlait de cesser leurs attaques.

Eskhlaton était juste inconscient, ce qui était un exploit quand on considérait qu'il venait de faire une chute de sept mètres. Même en tombant sur un épais tas de neige, ça restait quelque chose - la résistance des fils de Delkhii était juste monstrueuse. Mais ce qui inquiétait Verana, la soigneuse des pilleurs, ce n'étaient pas les chocs subis par le gharyn de Kharaal.

-Qu'est-ce que tu lui as fait?
-Je lui ai brûlé le nez.
-Le visage. Je vois ça, ouais.
-Non. Ça c'est Sisto. Je lui ai brûlé l'intérieur de son nez.
-Oh put...
-Baah. Ça va, je ne suis pas allée jusqu'au bout. Il s'en tirera très bien.
-Ouais. Grâce à qui?

La soigneuse grommela. Des blessures à la con, ça encore. Les guérisseurs zagashiens n'avaient pas à composer au quotidien avec les mêmes horreurs que ce que s'infligeaient volontiers les adeptes de Suns et leur maîtrise des flammes, mais ils en voyaient des belles, eux aussi. L'eau bouillante était dans les classiques, et laissait des séquelles terrifiantes quand on ne savait pas les traiter. Les blessures infligées par les mages de Dalaï étaient rarement mortelles compte tenu de leur élément, mais cela ne faisait que les encourager à surenchérir sur le degré de violence de l'usage qu'ils en faisaient. Bien souvent, on constatait qu'il n'y avait que de vagues nuancés entre leurs techniques de guerre et celles employées pour torturer les captifs.

-Sinon je vais bien, moi.
-Je sais.

Elle l'avait déjà auscultée d'un rapide sortilège pour le voir. Sisto et elle étaient légèrement cabossés, Arianna s'en tirait avec une pommette enflée et un bleu monstrueux sous son oeil, mais ça attendrait bien - juste un coup de crème d'arnica peut calmer la brûlure et peut être une couche de gelée d'algues pour atténuer le tout d'ici à ce qu'elle soit libre.

-Tu m'aides à le rentrer à l'intérieur?
-Un instant.

Arianna se retourna vers le reste des Keguuh qui attendaient toujours, à l'affût sur les bords de la fosse. Ils avaient l'air perdus. Et beaucoup plus hostiles qu'ils n'avaient pu l'être un peu plus tôt, même si les zagashiens étaient convaincus que leurs ennemis se contentaient d'afficher leurs vraies couleurs maintenant qu'ils avaient une bonne raison d'être contrariés. Encore que, on les avait prévenus. Mais, privés de leur chef et plus puissant guerrier, ils étaient impuissants. Persuadée de leur faiblesse, elle rentra dans la grotte, soutenant le gharyn hébété avec deux autres my'trans. Les Nerassa auraient du mal à sortir tous ensemble de la fosse, mais venaient de prouver qu'il était impossible devenir les cueillir. Leurs frères maintenant avertis ne tarderaient pas à les rejoindre, ce qu'ils ne manquèrent pas d'expliquer en détail. Chez les kharaaliens comme chez leurs ennemis, plusieurs personnes avaient l'air d'avoir pris la relève pour continuer les pourparlers - ou le semblant de négociations qui n'étaient que des menaces et des insultes vaguement enrobées dans un sens comme dans l'autre. Au final, les adeptes de Dalaï se refugièrent dans leur grotte le moral au beau fixe, assurés de leur victoire. Ils s'offrirent même le luxe d'allumer d'autres feux à l'entrée de la grotte, tant pour se réchauffer que pour se donner les moyens de se restaurer - la grotte était pleine de victuailles en tous genres, et la fosse remplie de neige à faire fondre et purifier pour obtenir de l'eau. En vérité, même Arianna et sa discipline toute militaire avait commis l'erreur de baisser sa garde au delà du raisonnable compte tenu de la situation. Mais le sort ne les contredit pas : les guerriers des Keguuh avaient été méthodiquement ficelés, le colosse ligoté par trois fois en plus d'avoir été immergé dans une bassine remplie d'eau tiède (par magie) improvisée dans la roche par les deux démineurs, et deux my'trans se relaiyaient pour surveiller que rien de louche ne se tramait en hauteur. Avec tout ça, aucun incident ne fut à déplorer.

Et enfin, peut être une heure plus tard, un son de cor retentit dans la vaste plaine enneigée. Ils étaient arrivés. Les pilleurs répondirent en soufflant dans un de leurs propres cors de chasse, même si leur présence était déjà indiquée par la fumée dégagée par leurs feux - c'était aussi pour ça, qu'ils les entretenaient.

À l'approche des guerriers Nerassa, les Keguuh furent contraints de reculer. Les zagashiens étaient bien assez malades pour tous les faire prisonniers si ce n'est pire, ils en étaient convaincus. Aussi douloureux que fut le fait de devoir abandonner les leurs, ils ne s'inquiétaient pas tant que ça. Ce genre d'incidents était courant dans les frontières my'trannes, et malgré l'escarmouche qui s'était déroulée...

Il n'y avait pas eu de mort, ni même de blessé grave, dans un camp comme dans l'autre.
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Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyMar 3 Avr - 1:46
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-Vous avez capturé un gharyn !?
-… oui.

Les trois chefs de clans Nerassa explosèrent de rire tous ensemble. Ils savaient déjà qu’une équipe avait été chargée d’explorer une cache Toshin pour y rapiner ce qui en valait la peine, et qu’ils avaient rencontré des problèmes sur la route. Sunjidmaal, le chef d’un des trois clans, avait conduit les guerriers qui étaient venus en renforts de leurs frères retenus par les Keguuh. Mais même lui ne pouvait se retenir devant l’énormité de la situation, et reprit une longue gorgée de bière pour assaisonner son excellente humeur – partagée par les autres, la bière comme l’humeur. Ils étaient maintenant réunis dans sa large hutte de bois, tapissée de peaux de bêtes, de coussins, de ses trophées favoris et des quelques meubles que sa vie de nomade lui permettait d’avoir. Ils avaient déjà vu les prisonniers, on leur avait déjà expliqué la plupart des détails de ce qui s’était passé. De même que leur confortable butin, essentiellement composé de magilithes et de pièces de monstres qu’ils pourraient glorieusement rapporter sur Zagash – même s’ils n’en avaient pas d’utilité immédiate, beaucoup de leurs tribus amies seraient ravies de les recevoir comme cadeaux. Ca, ou beaucoup d’autres possibles ; on trouvait toujours de quoi faire avec les dons des dieux. En revenant au grand camp des my’trans installés sur ce versant des tsaagan, la grande troupe s’était fait un plaisir de parader en montrant à tous l’étendue de leurs prises. Un peu plus des trois quarts des pyro et aqua-magilithes qui se trouvaient dans la cache, déjà. Contre toute attente, les Nerassa avaient eu la délicatesse de laisser aux kharaaliens le plus strict minimum pour disposer d’infrastructures fonctionnelles, en leur laissant le bénéfice du doute quant à la réelle origine de ces cristaux. Ceci en bonne partie parce que les Keguuh leur avait fait une impression navrante, et que ces ressources viendraient réellement à leur manquer en cas de besoin. Surtout en l’absence de leur chef et de plusieurs guerriers, ce qui les avait plongés dans une situation où pas un seul des restant n’avait donné l’impression de pouvoir prendre la relève. Pour pallier la perte des cristaux de feu qu’ils avaient emporté, les zagashiens avaient même déposé quelques stocks de graisses animales et de peaux de bêtes locales – de quoi s’éclairer, se chauffer, cuisinier si besoin. L’échange n’avait rien d’équitable, mais restait fonctionnel – au plus strict minimum du vital. Au-delà de ça, les kharaaliens pourraient se débrouiller, comme tous bons nomades digne du nom de my’trans.

La présence de prisonniers kharaaliens dans les rangs de la troupe avait elle aussi été acclamée de bon cœur. Tous savaient qu’il y avait eu une altercation, et la satisfaction de voir que les leurs allaient bien n’était que décuplée par le déshonneur qu’avaient subis leurs ennemis de toujours – et ce n’était pas fini. Pour un peu, ils auraient presque oublié que les Keguuh n’étaient en aucun cas des adversaires dignes de ce nom, simplement une tribu négligeable. En tant qu’amis des Toshin, ils restaient une prise agréable. Et à en croire ce que racontaient leurs guerriers, le colosse kharaalien s’était révélé particulièrement dur à cuire.

Un jeu de mot que Sunjidmaal apprécia en riant à nouveau, compte tenu de la façon dont leur guerrière avait pu le terrasser.

-Merveilleux. Arianna, tu as été fantastique. Comme toujours, j’imagine, compléta-t-il en adressant un regard à ses deux homologues pour les inciter à surenchérir.

C’était elle, qui avait été conviée à exposer les détails de l’incident aux chefs des trois clans réunis. Le fait qu’elle soit l’une des rares Nerassa à avoir suivi une formation d’officier à shuren la prédisposait à prendre la tête des groupes, à s’illustrer régulièrement dans ce genre de cas, et à avoir l’habitude de faire des comptes rendus détaillés en prenant soin d’être aussi précise et pertinente que possible. C’était d’ailleurs pour ce dernier point qu’on la préférait souvent à d’autres guerriers plus effusifs dans leurs discours – eux recevaient les honneurs publiquement et avec libéralité, ce qui leur convenait parfaitement et évitait toute querelle de jalousie qui n’avait pas lieu d’être entre membres de la même tribu.

-Ca s’est joué à très peu de choses, je dirais, nuança la concernée. J’ai très bien réagi sur la fin… mais je n’aurais pas dû me faire battre aussi vite. Si j’avais pu tenir plus longtemps, et protéger Sisto…
-Quoi. Vous auriez pu les battre à deux contre trente ? Fais-moi rire.

Elle ne répondit pas. Probablement pas ? Elle était convaincue que si. Et son expression trahissait sa pensée. Elle aurait pu mieux faire. Elle s’était bien ratée, même si le rattrapage avait été de bon genre.

-Hahaha. Vous êtes tous excellents. Sisto, toi… la petite et son aigle… Sorenza, qu’est-ce que tu nous concoctes ?, continua-t-il en se tournant vers la cinquantenaire qui se tenait sur sa gauche. Ta petite garde prétorienne fera de toi la gharyn de notre clan, si tu ne fais pas gaffe. Le patron va piquer tes guerriers, à ce rythme.
-Je suis trop vieille pour ça, Sun’, répondit la cheffe des Torricelli. Et il ne fait jamais ça sans avoir de raison… ni sans demander gentiment à l’avance.
-Peut être bien, fit-il à la cinquantenaire. Mais quand même, je me dis… imagine…
-Ca suffit, Sunjidmaal.
-Hahaha. C’est okay, une autre fois.

La my’tranne lui adressa un réprobateur, priant intérieurement la déesse pour qu’il ne l’ennuie pas trop tôt avec ça. Il était agaçant, comme il en faisait trop. Agréable et de bonne compagnie, mais très agaçant quand il poussait trop loin. Au lieu de ça, elle se tourna vers sa jeune protégée.

-Arianna, continua sa maîtresse. J’aimerais bien te demander… ce gharyn, Eshklaton… beaucoup plus fort que toi, c’est bien ça ?
-Je n’aurais rien pu faire. Et ce n’est même pas lui qui m’a battu. Il a baissé sa garde, j’en ai profité. Mais si jamais je devais le combattre, il m’aurait écrasée.
-Un adepte de Delkhii. Un expert du renforcement, sans aucun doute possible.
-En plus d’être naturellement très fort. Et… il était encore pire. En voyant qu’il ne pourrait pas le stopper dans sa course quand il s’est fait charger, Sisto a essayé de le faire abandonner en le brûlant. Ca ne l’a pas arrêté. Il tenait la douleur. Et j’ai vu les marques sur son corps, Sisto l’a bien touché.
-Mais avec toi, ça a marché ?
-Je l’ai eu dans le nez, les muqueuses sont sensibles. Si ça n’avait pas marché, je serais morte de peur à l’idée qu’un type pareil existe.

Il y avait aussi le fait qu’elle faisait bouillir l’eau plus facilement que le moine combattant de Dalaï. Ce qui était probablement le seul point sur lequel elle le surclassait légèrement, parce que la maîtrise du jeune homme, sa précision, les volumes qu’il pouvait animer et ce qu’il savait en faire allaient tous bien au-delà des talents d’Arianna. Piètres talents, eu égard à son âge et le temps qu’on avait investi à lui apprendre ça. Elle savait compenser, cela dit. Et s’en sortait très bien.

-Je pense que ça pourrait déjà être le cas… il me fait peur, je veux dire. Heureusement que cet homme se contente d’être le chef d’un clan si petit. Avec de l’entraînement et de la détermination, il serait redoutable.
-Eh, intervint le troisième chef. Ca se saurait, si les kharaaliens étaient proactifs. Non, ils se contentent de subir et de réagir, c’est beaucoup plus facile. Tu verras que dans l’histoire, ils se poseront en victimes et iront pleurnicher à Busad… les Toshin le feront, en tout cas.
-A ce sujet, je ne comprends pas qu’il y ait des tribus de Kharaal dans le coin, demanda Sunjidmaal. Ils aiment le chaud, la sécheresse, les coins arides et la soif, la sueur, ce genre de choses non ? Ou bien ces gars aiment la caillasse au point de venir jusqu’ici ?
-Il y a de tout… les kharaaliens ne s’attendent pas à nous voir venir faire du ski et de la luge et profiter de la neige, alors que nous faisons souvent ça.
-Bah oui mais c’est normal, c’est super de faire du ski.

D’un point de vue extérieur, les zagashiens se sentaient mal à l’aise dès lors qu’ils quittaient le littoral ou les berges d’une rivière, les prétextes variant du danger qu’ils courraient à s’éloigner de l’élément qu’ils maîtrisaient à l’amour qu’ils portaient à leur déesse et toutes ses manifestations. Mais c’était un cliché qui n’empêchait pas les nomades du pays d’évoluer sereinement dans les zones enneigées de l’ouest et des cimes de leur chaîne de montagne, où la neige se mettait tout autant à leur disposition pour peu qu’ils apprennent à en maîtriser les nuances. En ce qui concernait nos Nerassa, ils prenaient soin de gagner les flancs au moins trois fois par ans, que ce soit en Khurmag ou à l’est de Zagash, après avoir stocké suffisamment de provisions pour pouvoir se permettre ce loisir. Le ski, à l’origine technique de chasse et de locomation rapide, avait rapidement débordé de ses fonctions pour devenir un élément culturel qui s’était facilement diffusé dans les tribus de ce genre. Quant au fait de savoir si cette zone montagneuse appartenait à leur nation ou à celle des fidèles de Delkhii, c’était un sujet qu’il était impossible de trancher tant les frontières étaient indiscernables et disputées dans ce paysage inconstant.

-Bon. Je vais te libérer, sourit la respectable my’tranne à sa meilleure guerrière. Mais j’aimerais que nous nous fixions des objectifs et des mesures à prendre pour que ce genre de situations ne se présente plus. Trouver quelque chose pour que tu puisses tenir tête à un kharaalien qui présenterait les mêmes aptitudes que ce gharyn. Je demanderai à Galeone s’il ne peut pas te préparer quelque chose.
-C’est noté, acquiesça Arianna.
-Euh… en parlant du gharyn, reprit le troisième chef. Je pensais le rançonner.
-Ces Keguuh m’ont plus l’air de poids plumes que de quoi que ce soit d’autre, remarqua Sorenza. Ils ont déjà eu leur compte, ce serait de l’acharnement. Et ils ne doivent pas avoir grand-chose à nous offrir pour racheter leurs guerriers… ni leur chef.
-Ouais, mais ce sont des amis des Toshin. Ils ont peut-être la connaissance d’autres caches dans le coin. Et si elles sont aussi blindées que celle qu’on a trouvé, ça serait bien utile.
-Ca, ou alors les Toshin paient eux-mêmes la rançon, proposa Sunjidmaal. Ca pourrait être drôle.
-Mmmh…

Le regard de respectable Torricelli s’éclaira. Il y avait de l’idée. A quelques détails près, il y avait de l’idée. Pensive, elle sirota un instant sa décoction de miel et d’alcool bouillis, avant d’exposer son avis.

-Ca mettrait nos petits Keguuh en porte-à-faux avec les gros Toshin. Le fait de nous révéler l’existence d’autres caches, je veux dire. Imposer une rançon aux Toshin… il y a de l’idée, je l’aime bien. A ceci près que je n’ai pas la moindre envie de passer plus de quelques semaines ici. Le temps qu’un messager fasse le chemin jusqu’à eux, et qu’en plus ils acceptent et fassent le trajet retour…
-Les Keguuh se sont battus pour protéger la propriété de leurs alliés. Extrêmement respectable, ils n’avaient aucune chance. Ce serait le déshonneur absolu que leurs alliés refusent de payer. Ils paieront forcément.
-J’imagine…

Les trois chefs essayaient de prévoir la réaction de leurs ennemis. Les kharaaliens se vantaient d’être les plus grands bisounours du monde, ou plus précisément, faisaient tout ce qu’il fallait pour que l’on dise ça d’eux. Encore une insupportable hypocrisie qui se démontait dès lors qu’on retournait quelques-unes des tensions qui larvaient silencieusement leur pays – c’était du moins ce dont eux étaient convaincus. Les lois de l’honneur imposaient aux Toshin de soutenir leurs alliés, surtout vu le contexte, mais même ainsi… les alliances se faisaient et se dénouaient régulièrement au gré des évènements, ça se savait d’expérience. Ils feraient autrement.

-Suggestion bis, compléta le chef guerrier. On libère le gharyn, on rançonne les guerriers. Les Toshin paient le tribut, on demande un bon prix.
-Pourquoi on ferait ça ? C’est le gharyn, qui a plus de valeur.
-Je sais pas, au final je crois que je les aime bien, les Keguuh. Nan, pas comme ça, mais je veux dire… ils étaient honorables, ils respectaient les codes. Protéger les biens de leurs alliés… enfin, de leurs maîtres, j’connais pas les détails… c’est idiot, mais c’est bien. Et ça fera les pieds aux Toshin, franchement. On aura fait un beau geste en libérant un gharyn alors qu’on a pas du tout à le faire, ils seront obligés de payer s’ils ne veulent pas perdre la face. Dans le cas contraire, eh bah on en aura rien à foutre, et on libèrera les guerriers pour ne pas s’encombrer – des kharaaliens qui ont une dette envers nous en plus de se faire la gueule entre eux pour coup dur, ça serait également une bonne fin. Autre point, on peut se permettre de partir avec des prisonniers si y’a pas le gharyn dedans, leur tribu ne sera pas dans la merde. Pas autant, en tout cas, vu le bonhomme. Z’en dîtes quoi ?

Les deux autres acquiescèrent. Ils devaient encore discuter des détails, et notamment fixer le tribut à demander pour la restitution des hommes, mais ils avaient l’idée.

Arianna s’excusa, s’en retournant à l’air libre après que les trois chefs l’aient remerciée à nouveau. Dehors, elle fut accueillie par de larges sourires provenant de toutes parts, auxquels elle répondit de la même façon. Elle voulait se poser dans une hutte, prendre un peu de repos. Retrouver ses amis, pour peu qu’ils soient disponibles, et faire le vide après toute cette agitation. En l’état, elle se sentait bien de profiter d’une cueillette pour flâner dans les bois, à voir ce qui se présenterait.

Le butin exposé au centre du camp et placé sous bonne garde de guerriers Nerassa, les prisonniers retenus dans des huttes différentes qu’on allait bien traiter malgré leur condition, les Keguuh misérables repérés à l’orée de leur camp qui guettaient nerveusement ce qu’on faisait des leurs, ça ne la concernait plus. D’autres prenaient le relai, pour l’instant, en tout cas.

Et c’est à cet instant qu’une boule de neige la frappa en pleine face, lui faisant perdre pied et tomber comme une cruche.

-HAHAHA ! PLEIN DANS L’MILLE, CINQUANTE POINTS ! J’AI VAINCU LA GUERRIERE !
-Putain Sis’... je te hais.
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Guerres de clans (Kharaals & Zagashiens) (terminationné) EmptyMar 3 Avr - 2:29
Irys : 356585
Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
My'trän +1
Au final… ils obtinrent une épée.

Une arme finement taillée, dont la garde ornée d’une magilithe d’excellente facture représentait un golem miniature qui tenait dans ses bras une jarre d’où s’élevait l’acier. Une petite idole à l’effigie de Delkhii et des arts créatifs, tout simplement. Il s’agissait d’une lame qui était la propriété d’Anaquetash Toshin, protectrice de Busad, fierté de sa tribu et… désormais victime des railleries des Nerassa, à qui elle avait infligé une cuisante défaite à l’occasion d’une escarmouche qui s’était déroulée il y a des mois de ça. Une autre histoire, un autre contexte, une issue qui s’était déroulée en faveur des maîtres de la terre cette fois-ci. Oui, ces conflits se renouvelaient couramment, de même que les captures et les demandes de rançons qui versaient plus dans le symbolique que dans les ressources précieuses. Il y a un an de ça, des rivaux de Zolios avaient exigé une armure d’Arianna en échange de guerriers capturés. Les Torricelli s’étaient évidemment pliés à la demande de leurs ennemis, ce qui avait contraint leur guerrière désarmer à s’en retourner vers Shuren, avec une coquette somme d’irys, pour se rééquiper.

Mais aujourd’hui, c’était aux zagashiens de savourer ces petits plaisirs. L’épée était une pièce de grande qualité, et ils n’avaient aucun mal à s’imaginer la série d’insultes et de malédictions que leurs avaient adressé les kharaaliens lorsqu’on leur adressa cette demande. Ou plutôt, qu’ils ne leur avaient pas adressés, s’ils souhaitaient faire honneur à leur flegmatisme légendaire. Un Keguuh avait fait le message, à la demande de ceux qui les avaient vaincus. Une demande qui fut exécutée avec autant d’empressement qu’on pouvait le supposer, même si ce n’était pas de bon gré. Leur attitude envers les Nerassa était particulièrement mitigée, même si c’était le défavorable qui pesait le plus dans la balance. Par la force des choses, ils venaient de se rappeler pourquoi les zagashiens étaient leurs ennemis naturels – et pourquoi le fait de vivre pacifiquement dans leurs zones habituelles ne les protégeait en rien des incursions des agresseurs de l’ouest. Malgré ça, le fait qu’on leur ait retourné leur gharyn sans exiger la moindre contrepartie les avait pris de court – ce fut une marque de clémence particulièrement dérangeante, même si elle était la bienvenue. Ils ne pouvaient pas l’ignorer. Mais ils resteraient hostiles, et maintenant déterminés à ce que de tels évènements ne se déroulent plus de la même manière s’ils venaient à se reproduire.

Une décision qu’ils viendraient peut être à abandonner plus tard, lorsque, une fois le coup de l’émotion retombée, les kharaaliens s’en retourneraient à leurs styles de vie habituels. Car au-delà de tout, c’était leur passivité qui leur attirait le dédain de leurs voisins de l’ouest – et à très juste titre.

Mais nous n’en étions plus là. Maintenant, il s’agissait de se réjouir, et de profiter encore un petit peu de la victoire.

La première chose que fit Sunjidmaal en récupérant cette arme fut d’embrocher un grand morceau de cuisse d’Esk et de le faire rôtir, partageant cette viande avec l’ensemble de son clan avant de demander qu’on prépare des missives qui devraient être livrées par pigeon voyageur aux deux autres clans qui avaient participé à ce petit incident. Les trois communautés s’étaient séparées il y a deux semaines de cela, après que leur séjour dans les montagnes et les aléas de leurs itinérances les aient séparées. Comme toujours, les au-revoir avaient été célébrés à l’occasion d’une grande fête digne des traditions des fidèles de Dalaï. Encore que sur cette période, c’était presque un soir sur trois qui faisait l’objet de célébrations pour un motif quelconque.

Le plaisir des vacances à la neige.
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