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Chroniques d'Irydaë
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 Les chaînes brisées

Sanaë Eshfeld
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Sam 24 Mar - 8:50
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)


Le temps poursuit sa course emmenant avec lui tout un florilège de rencontres intéressantes, d’événements heureux ou troublant. Un mois s’était écoulé depuis leur emménagement dans ce lieu reculé. Tant de choses avaient changé depuis ce jour, tout avait changé en réalité… Et depuis ce jour...Sanaë n’avait plus revu sa famille.

Évidemment, il serait facile de mettre ça sur le compte de sa santé, de la fatigue du voyage jusqu’à Blumar. Pourtant, rien de tout cela ne l’en aurait empêché si elle avait réellement voulu les revoir.

Leur dernière rencontre s’était mal terminée, Sanaë ayant dû subir une multitude de reproches de la part de ses aînés qui avaient bien du mal à accepter sa manière de vivre, de penser… Ses choix en général. Bien sûr, elle les connaissait assez pour comprendre qu’ils ne pensaient pas à mal. Depuis l’enfance, chacun d’eux se souciait de son bien-être, voyant toujours en elle la pauvre enfant chétive et maladive qu’elle fut autrefois. Et même si cette époque-là était révolue depuis bien longtemps, le fait de l’avoir vu dans un état aussi pitoyable lors de sa récente hospitalisation n’avait fait que croître leur inquiétude. Alors, même si le temps avait effacé quelques-unes de ses cicatrices et que la jeune femme reprenait peu à peu goût à la vie, il lui était encore difficile de s’imaginer face à ses frères.

Tous lui écrivaient régulièrement, exprimant chacun leur tour, leur désarroi face à son silence et son absence si inhabituelle. Mais Sanaë ne ressentait pas le besoin de leur répondre, ou dans le cas contraire, lorsqu’elle se décidait à faire cet effort, ne se contentait que de raconter des banalités servant à les rassurer… sans jamais réellement évoquer sa vie… Ce qui ne serait absolument pas une bonne idée.

Mis à part Jaread, tous ses frères méprisaient Hypérion, aucun d’entre eux n’avait pris la peine d’essayer de le connaître, même s’ils lui devaient la vie de leur sœur. Depuis le décès tragique de leur aîné, les choses avaient bien changé au sein de la fratrie Eshfeld… Jaread faisait office de figure paternelle, si bien que sa perte fut ressentie comme s’il s’agissait du pilier familial qui s’écroulait. Sanaë, ne pouvait leur en vouloir, après tout… Pas après ça… Toutefois, elle préférait taire sa relation avec le jeune mécanicien, en sachant que cela causerait d’autres problèmes dont ils se seraient bien passés. Ce n’était pas le genre de relation que sa famille accepterait, pas les frères Eshfeld, qui se souciaient particulièrement des convenances, de l’image qu’ils renvoyaient à leur entourage plus ou moins proche. Sanaë,quant à elle, se fichait de cela, d’autant plus aujourd'hui où elle était décidée à vivre sa vie comme elle l’entendait sans se préoccuper des autres. La jeune femme ne tenait donc pas à ce que sa famille mette son nez dans celle-ci alors qu’elle était enfin heureuse.

Malheureusement, il ne suffit pas de fuir les soucis pour s’en préserver, bien au contraire. Ceux-ci finissent toujours par se montrer, d’une façon ou d’une autre, sans crier gare… Comme s’il s’agissait d’une manière bien vicieuse de vous rappeler à l’ordre.

Ce matin-là, Sanaë se trouvait seule dans la maison, s’occupant à ranger le foyer qu’elle avait prit l’habitude de délaisser au profit de l’atelier. Son compagnon, quant à lui, travaillait à son établi, bien à l’abri des ennuis ou des visites impromptus, dans son antre sous-souterraine.

La tâche avait tenu occupé l’ancienne horlogère durant une bonne partie de la matinée, et elle en était à ranger ses dernières acquisitions littéraires dans la bibliothèque du salon lorsqu’elle entendit des voix provenant de l’extérieur. Voix qu’elle reconnut aussitôt et qui la figèrent sur place, livre à la main. Comme pour répondre à son trouble, son cœur s’était accéléré, sa gorge serrée et sa main resserrait sa prise sur l’ouvrage traitant de la mécanique qu’elle tenait encore.

Quatre voix… L’une appartenait à l’agent Neal, visiblement surprit de la présence des visiteurs qui n’avaient nullement prit la peine de s’annoncer… Les autres appartenaient à trois de ses frères. Elle reconnut le timbre grave et posé de Daren, le médecin vivant à Tellora… Le seul Eshfeld ayant quitté le Tyorum au profit d’Ünelia qui lui convenait bien mieux, selon ses dires. L’autre appartenait à Walter, l’ingénieur. Un homme d’ordinaire très occupé, souvent trop pour assister aux réunions de famille… La dernière venait de Derek, le plus jeune de ses frères, celui qui lui ressemblait le plus que ce soit par son physique, que par son caractère. Avocat de profession, Derek était un acharné de travail et il était également bien difficile de lui faire quitter son bureau. Sur ses six frères, trois d’entre eux se trouvaient donc devant sa porte, conversant avec le milicien qui faisait son travail… Seulement… Les trois étant les moins susceptibles d’entreprendre un voyage jusqu’à ce village simplement pour voir leur jeune sœur… Ce qui inquiétait d’autant plus l’ancienne horlogère qui en lâcha sa prise pour se précipiter vers la porte en oubliant même la douleur de sa jambe. Pressée, la jeune femme ouvrit le battant brusquement le battant qui alla cogner contre le mur.

L’agent et les trois hommes en costumes et haut-de-forme levèrent des yeux surpris vers leur sœur, avant que l’un d’eux ne se précipite vers elle en souriant.

- Sana ! s’exclama Derek en serrant dans ses bras, la jeune femme grandement étonnée par cet élan d’affection. Je suis vraiment heureux de te revoir.

- Il est arrivé quelque chose ? demanda la jeune femme avec une voix légèrement cassée, montrant sa surprise et son inquiétude.

Sous-entendu : “Que venez-vous faire ici ?”

- Non, rassure-toi, tout va bien. Nous venions juste prendre de tes nouvelles… Elles se font si rares, rétorqua Derek sur un ton léger, bien que le reproche se faisait clairement entendre.

- Oh… Oui, pardon… J’ai été très occupée dernièrement… J’ai...

- Nous savons, la coupa Daren en retirant son chapeau. Les villageois qui nous ont indiqué le chemin ne tarissent pas d’éloge sur toi… et sur ton… ami.

Sanaë se figea un instant, observant son aîné en fronçant les sourcils. Elle n’avait pas apprécié le ton employé par ce dernier et tendait à le montrer clairement.

- Il n’est pas là ?

- Il travaille, répondit-elle de façon évasive.

- Je vois… Pourrions-nous entrer pour discuter autour d’une tasse de thé ? Le voyage a été long.

- Tout va bien ? Vous êtes sûr ? interrogea-t-elle Walter qui jusque-là avait gardé le silence.

- Mais, oui, ne te fais donc pas de soucis petite sœur. Nous nous inquiétons simplement pour toi… Et après ce qu’il t’est arrivé, cela me paraît légitime, tu ne penses pas ? rétorqua-t-il en franchissant les marches du perron pour se placer face à elle. Je suis content, tu sembles aller bien mieux.

- Euh… Oui… Je vais beaucoup mieux, répondit-elle en rougissant tandis que Walter lui ébouriffa joyeusement les cheveux. Entrez, je vais vous préparer quelque chose.

Tour à tour, les trois hommes retirèrent leur chapeau avant de répondre à l’invitation de leur sœur qui les précéda à l’intérieur. Comme elle s’y était attendu, ses frères observaient la pièce avec attention… Il s’agissait en réalité d’une sorte d’inspection, comme s’ils cherchaient dans les murs, une preuve quelconque de son malheur. N’aimant pas s’encombrer de l’inutile, la pièce ne comprenait aucune décoration, si ce n’est un vase contenant diverses fleurs récemment coupées venant des champs alentours. Il n’y avait donc pas grand chose à voir.

- Asseyez-vous, je vous en prie. Je vais préparer du thé.

Tout trois obéirent, prenant place à la grande table dans un mouvement commun étrangement synchronisé tandis que la jeune femme disparut en cuisine. Elle ne tarda pas à revenir, les bras chargés d’un plateau si encombrant qu’elle avait du abandonner sa canne. Lorsqu’il l’aperçut, Derek se précipita vers elle, la déchargeant de son fardeau en lui offrant un immense sourire qui ressemblait tant à celui de son père. Daren, quant à lui, se leva pour guider sa jeune sœur jusqu’à la chaise qu’il venait de quitter, veillant à ce qu’elle y soit correctement installée. Ils s’étaient toujours comportés ainsi avec elle, depuis l’enfance. Tous a vouloir prendre soin de leur jeune sœur fragile, la préservant de tout, craignant chaque jour qu’un nouveau virus ne la cloue au lit durant des semaines… Alors que Sanaë, elle-même ne s’en souciait pas. Mais ce jour-là, un tel comportement l’inquiéta, cela paraissait tellement étrange, en particulier lorsque l’on le comparait à celui qu’ils avaient eut lors de leur dernière rencontre. Et comme pour répondre à ses interrogations silencieuses, c’est Walter qui prit la parole, alors que Derek s’occupait de remplir les tasses.

- Sana...commença-t-il en hésitant, affichant un visage troublé, gêné. Avant tout, nous tenons à te présenter nos plus plates excuses pour notre comportement odieux de la dernière fois.

- Nous nous inquiétons pour toi... renchérit Derek en affichant le même visage désolé que son frère. Tu es si distante dans tes lettres, nous avons tous bien compris à quel point tu nous en voulais.

- Nous avons toujours été de parfait idiots avec toi… Tu es un mystère pour nous, Sana. Aucun de nous n’a jamais réussi à te comprendre. Peut-être Jaread, mais même de cela, je n’en suis pas certain. Pardonne-nous notre stupidité et notre maladresse, petite sœur.

La jeune femme les observa, chacun d’eux, en affichant un air légèrement hébété. Elle s’était attendue aux jugements, aux remontrances, aux reproches… Mais certainement pas à des excuses, pas venant d’eux. Si bien qu’elle ne savait plus que dire, que penser. Daren lui prit alors la main, souriant une fois de plus avant de lui pincer doucement la joue pour la ramener à la conversation.

- Nous sommes réellement soulagé de te voir aussi en forme. Tu sembles vivre dans un cadre agréable, tes voisins t'apprécient… Tout comme lui... serrant toujours sa main gauche dans la sienne, Daren sembla observer celle-ci un instant avant de plonger son regard émeraude dans celui d’azur de la jeune femme. En revanche, ce que je ne comprends pas...

- Pourquoi semblent-ils croire que vous êtes un couple ? le coupa Walter, visiblement plus pressé de connaître la réponse.

Cette fois, Sanaë se figea, l’observant en écarquillant les yeux sans savoir que répondre à cette question des plus inquisitrice. La vérité, même si elle avait envie de leur crier, n’allait certainement pas leur plaire. Hypérion vivait leur relation comme ils le voulaient sans se préoccuper des règles de la société voulant que seuls les couples mariés vivent sous le même toit. Cela ne représentait rien pour eux, tout du moins pour elle, car jamais ils n’avaient évoqué la question… C’est donc une jeune femme tout à fait perdue qui se trouvait devant ses frères trop curieux… Et comme pour la rassurer, c’est Derek qui prit la parole.

- Loin de nous l’idée de te juger, Sana. Nous voulons juste savoir. Si c’est lui qui est responsable de cette amélioration chez toi, qui t’as empêché de sombrer… Comme ce que nous craignons en venant jusqu’ici. Alors nous ne pouvons que l’accepter et nous montrer reconnaissant envers lui… Tu comprends ?

Non, elle ne comprenait pas. Le problème venait de là. Sanaë n’arrivait pas à envisager ce brusque changement de comportement chez ses frères. Pas venant d’eux, si droit, tous mariés à des femmes qui leur avait été utiles… Des femmes de bonnes familles aux noms généralement et influents. Le genre de mariage sécuritaire qu’ils avaient toujours voulu pour leur sœur, puisqu’il s’agissait d’une tradition familiale. C’est ce qu’ils avaient d’ailleurs espéré après le décès de leur mère, ne prenant pas la peine de masquer leur surprise et leur mécontentement lorsqu’ils la virent reprendre le chemin de l’horlogerie.

- Sana ? Tu vas bien ? Tu es toute pâle, s’enquit Daren en la tirant brusquement de ses pensées. Écoute, ce n’est pas grave, d’accord ? Tu n’es pas obligée de nous répondre. Buvons donc ce thé avant qu’il ne refroidisse et parle nous de cette “lessiveuse” qui a fait que les femmes du village te considèrent comme une bienfaitrice.

Il lui était inutile de répondre, puisque sa réaction avait parlé d’elle-même. Les trois frères s’étaient observé, échangeant un regard entendu… Ils avaient tout compris. Ils écoutèrent donc sagement leur sœur, réellement intéressés toutefois d’écouter ses prouesses et d’en apprendre plus sur son travail qui n’en était pas vraiment un. Ils passèrent un bon moment à discuter, échangeant tour à tour des histoires de leur quotidien, évoquant leurs enfants qui réclamaient leur tante et le quatorzième anniversaire d'Isalyne, la plus âgée de ses nièces et fille de Samuel. Sanaë leur promit de s’y rendre, chose qu’elle ferait évidemment seule afin de ne pas imposer pareille réunion à son compagnon. En fin d’après-midi, les frères Eshfeld, visiblement rassurés quittèrent la maison après avoir embrassé leur sœur soulagée de les voir partir, même si leur visite fut des plus agréables. Après tout, ils n’avaient émis aucune remarque, aucune objection lorsqu’elle leur présenta l’oursonne quand elle dut lui donner son biberon.

Une fois que leur silhouette eurent disparu dans le sentier qui les mènerait jusqu'au port, l’ancienne horlogère s’empressa de se rendre à l’atelier afin de retrouver son compagnon. Hypérion y était, bien évidemment, concentré sur son travail. Sans un mot, la jeune femme se lova contre lui, appréciant sa chaleur et son parfum sucré.

- Il se fait tard, tu n’as rien mangé ? Fais attention mon amour, tu deviens comme moi, railla-t-elle gentiment en touchant délicatement son nez.

Après avoir déposé un tendre baiser sur ses lèvres, Sanaë s'éloigna, allant se placer devant l'établi, mains dans le dos, pour observer avec curiosité l’ouvrage du jeune homme.

- Remarque, tu as bien fait de ne pas monter. Certains de mes frères sont venu me rendre visite.

Puis elle lui raconta tout, absolument tout, puisqu’ils s’étaient promis de ne plus avoir de secret l’un pour l’autre. Elle évoqua même son petit voyage à Blumar pour célébrer l’anniversaire de sa nièce.

- Je me demande ce que je pourrais lui offrir, c’est une petite femme maintenant. Comme le temps passe...

Elle se retourna alors vers lui, lui offrant un sourire gêné, car la jeune femme savait que la nouvelle ne lui plairait pas.

- L'anniversaire aura lieu dans trois jours. Je m'y rendrais seule… Ne m'en veux pas s'il te plait, mais je préfère ne pas leur parler de nous… Je ne tiens pas à avoir leur avis sur notre relation. Et encore moins les voir s'en mêler… Et il y aura beaucoup de monde… donc… Je partirai dans deux jours, je rentrerai après la fête, je ne serais pas absente bien longtemps. Ça va aller ?



Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Dim 25 Mar - 23:11
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L'avantage de vivre de façon saine, c'est que presque rien n'est une surprise d'un jour sur l'autre. Ce n'est pas forcément un mal d'ailleurs, l'imprévu est souvent considéré comme une bonne chose par beaucoup de gens, mais ces derniers avaient la fâcheuse manie de compliquer singulièrement les projets déjà établi.
C'était donc une journée qui s'annonçait sans histoire, une journée ou Hypérion c'était levé aux Aurore pour commencer la maintenance de Centurion. Sana avait été prévenu avant, mais il n'était pas question qu'il fasse autre chose aujourd'hui.
C'était de ces jours passés dans les profondeurs d'un atelier qu'ils affectionnaient temps...
Avalant un petit déjeuner rapide, le technicien s'empressa de partir s'enfermer sous terre, regardant le géant de métal qui pendait doucement au plafond.
Un set d'outils avait été préparé la veille, chaque tournevis ou clé étant placé cérémonieusement sur son établis.

Rien n'avait évidemment bougé depuis la veille, et des battons d'encens brûlaient depuis, parfumant la pièce de leurs senteurs aromatisés.
Cet entretiens avait des allures de cérémonie ce que le jeune homme n'aurait pas vraiment réfuter, car les entretiens de sa machine étaient presque comme un rituel dont lui seul connaissait le rythme.
Ainsi donc il fit s'abaisser le géant au niveau du sol, ses larges pieds touchant à peine le sol.
Marmonnant une sorte de mantra, il pris soins d'ouvrir chaque pièce de la machine, désossant l'engin jusqu'à n'obtenir plus qu'un buste géant suspendu par les crochets d'arrimage.
Les membres mécaniques étaient posés sur la table, chacun d'eux posés délicatement sur un drap.
Là, Hypérion prit le temps de vérifier chaque pièce, chaque actionneur, chaque valve et chaque rouage pour s'assurer que tout fonctionnait bien.
Mais cette machine datait d'une époque passée, et assemblée avec les moyens du bords, beaucoup de pièces furent donc remplacées une par une si bien qu'à la fin, il ne restait d'original plus grand chose. A vrai dire l'entretiens était plutôt une reconstruction, car le jeune homme réassemblait sa machine à partir de rien, remontant des éléments déjà prés assemblées.
Les composants étaient désormais plus solide que jamais car refait dans l'atelier.
Construire un nouveau colosse aurait été bien plus simple mais cela aurait constitué un affront envers le Centurion original. Non, Hypérion croyait fermement qu'il lui fallait remplacer des pièces et même si le résultat était le même, il voulait croire que l'âme de sa machine resterait.
Même le corps principal subit un important changement, et au final les pièces récupérées permettait largement de constituer un deuxième colosse. Mais pour le moment il se contentait de les entreposer pour un usage future, peut être une variante plus petite de la redoutable armure mécanique, tout dépendrait de son inspiration.

Il lui fallut une journée complète, une journée sans la moindre pause et la moindre distraction pour finalement pouvoir laisser le géant reposer au sol sur ses deux jambes neuves. Sa taille avait augmentée depuis la sortie de la mine, et le lance-canon était maintenant parfaitement intégré à l'ensemble, sa poignée s’adaptant bien mieux aux mains du colosse et surtout, un système de rechargement rapide facilitait la manipulation de cette dernière.
Il termina les derniers détails en badigeonnant d'huile les mécanismes de l'engin, observant une dernière fois les rouages avant de les enfermer dans un coffrage hermétique. Car maintenant qu'il pouvait s'autoriser des ajouts sur Centurion, le jeune homme avait pris soins d'isoler chaque élément mobile à l'aide de joints souple et de caisson verrouillés.
Plus question de laisser apercevoir des engrenages qui même s'ils étaient esthétique étaient de vrais nids à problème car attirant plus de crasse qu'autre chose. Pire le sable pouvait venir se loger dans ces espaces et gripper le mécanisme en s'amalgamant avec le lubrifiant.
Ne restait plus que la peinture, cette dernière allait évidement rester la même, et fut appliquée soigneusement sur chaque recoins, autant pour la décoration que pour la protection du métal.
Finalement, Hypérion s'étira devant son géant, observant la livrée olive de l'engin tout en détaillant son propre symbole gravé sur l'épaule et le plastron.

Le jeune homme ouvrit son poste de pilotage, s'installant désormais plus confortablement dedans. Les anciennes armatures en acier pour le pilote avaient été doublées en cuir rembourré et un solide harnais venait tenir le pilote pour lui éviter les chocs violents. Le démarrage se fit de lui même et l'imposant moteur de la machine se mit à ronronner doucement ses nouveaux composants s’adaptant parfaitement à la création géante.
Le changement n'était pas flagrant, mais un observateur attentif remarquerait sans peine que chaque mouvement était plus fluide, bien plus ressemblant à ceux d'un humain, le jeune homme y avait veillé avec attention.
Centurion était un géant qui devenait de plus en plus perfectionné à chaque entretiens. Et il était difficile à croire qu'il avait basiquement été assemblé avec de la ferraille
Après une batterie de test, il descendit tranquillement de sa machine, se repenchant sur  son bureau pour voir quoi faire des pièces. Vu la quantité qu'il restait, concevoir une autre armure était possible si on reconstruisait un nouveau cœur mécanique.
Et alors qu'Hypérion sortait le cadeau de Sana pour regarder l'heure, il sentit sa créatrice se serrer contre lui.
Comme toujours elle le rappelait à la réalité tout en lui la faisant oublier. Et sous la douce étreinte, le jeune homme frissonna légèrement avant de répondre

-Il semblerait que j'ai oublié de manger oui... que veux tu le travail m'a pris quelques heures, mais le résultat valait le coup

Dit il en indiquant le géant flambant neuf qui reposait dans l'atelier, son énorme heaume tourné vers le sol.
Le technicien allait ajouter qu'il avait encore d'autre projet quand elle lui annonça une nouvelle qui le fit se stoper net

-Ah.

Il laissa cet exclamation en suspens, seule preuve de son réel inquiétude.
Hypérion ne les détestait pas, mais il éprouvait une certaine gène en leur présence, peut être car ils l'avaient presque chasser pendant la convalescence de son amante, ou peut être car il sentait que quelque chose n'allait pas avec eux.
Mais elle décida néanmoins de tout lui raconter, et le jeune homme fut simplement heureux de partager un nouveau moment avec elle, ce qui au final était le plus important.
Pour le cadeau, il n'avait pas beaucoup d'idée, les histoires de familles n'étant décidément pas son affaire, mais quelque chose lui revint en mémoire.

-Et pourquoi pas un animécanique ? C'est très personnel et très raffiné

Cela pourrait peut être permettre à l'ancienne horlogère de se réessayer à cet exercice qu'elle affectionnait tant auparavant.
Mais le seul fait que la jeune femme parte sans lui suffit à lui retourner le coeur, le seul signe de contrariété qu'il montra fut un bref rictus rapidement camouflé par un sourire bien trop forcé pour qu'il ne se voit pas.

-Non non bien sur... c'est important que tu les voient également.
Ne t'en fait pas, je saurais m'en sortir pendant ton absence même si pour être honnête, elle ne me fait pas plaisir. enfin je ne peux pas t'en vouloir pour ça.


Dit-il en l'embrassant délicatement.

-Combien de temps part-tu ? L'agent Neals t'accompagne je suppose ?


L'agent était discret mais savait au moins se montrer protecteur quand il le fallait ce qui permit momentanément de rassurer le jeune homme
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Sanaë Eshfeld
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Lun 26 Mar - 21:02
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
La jeune femme admirait silencieusement l’ouvrage de son compagnon tout en affichant un sourire émerveillé devant Centurion. Le jeune homme avait passé des heures à prendre soin de son compagnon de toujours, son œuvre… Sa merveille. L’évocation d’un animécanique lui tira un nouveau sourire, amusé celui-ci. Après tout, c’est exactement ce qu’elle aurait fait… avant. Néanmoins, la date de l’anniversaire de sa nièce lui était totalement sortie de la tête, comme celle de tous les autres à vrai dire. Trois de ses neveux avaient été oubliés… Chose qu’elle devrait évidemment se faire pardonner. Sanaë adorait ces enfants et veillait à les gâter depuis leur naissance. Chacun d’eux possédait déjà nombre de ses créations plus ou moins loufoques… Seulement…

- Ce serait une bonne idée, mais ces petites choses ont beau être minuscules, elles sont extrêmement longues et difficiles à fabriquer. Bien plus que les montres… D’autant que je n’ai pas encore récupérée toutes mes facultés, soupira-t-elle en lui prenant la main. J’irai probablement lui acheter une ombrelle ou l’un de ces foulards à la mode.

Comme elle s’en était doutée, la nouvelle déplut à son compagnon… Cela ne lui plaisait guère non plus. Sanaë n’aimait pas être séparée de lui trop longtemps, ressentant toujours le manque dû à son absence comme une sorte douleur toute aussi physique que psychique… Quelques jours, ce n’était rien, pourtant pour elle, cela serait subi comme une éternité. La jeune femme rendit donc le sourire contrit de son compagnon par un autre, reflétant son regret et sa tristesse de le laisser… Comme si elle l’abandonnait, en quelques sortes.

- Tu ne seras pas seul, je te laisse Shaïa, vous vous tiendrez compagnie. Tu vas affreusement me manquer, mais je n’ai pas d’autres choix… Ils comprendront un jour, il faut juste leur laisser du temps.

Après lui avoir rendu son tendre baiser, Sanaë fit rapidement le calcul. Toute sa famille serait présente à cette fête, de ce fait, elle n’aurait pas à faire le tour de la ville pour s’enquérir des nouvelles de chacun d’entre eux.


- Trois jours, peut-être quatre dirai-je, déclara-t-elle en posant un doigt sur son menton, signe de profonde réflexion. Neal sera là, évidemment. Je dois d’ailleurs le prévenir. Tu n’auras pas à t’inquiéter. Je serais avec ma famille et je reviendrais le plus vite possible.

Après tous les événements subis dans sa ville natale, l’ancienne horlogère de Blumar ne tenait pas particulièrement à s’y attarder. Elle en profiterait certainement pour rendre visite à de vieilles connaissances, comme son ami libraire, ou son ancien partenaire orfèvre. Tous deux lui écrivaient régulièrement et seraient probablement rassurés de la savoir en forme.

*****


Le jour du départ arriva bien vite, peut-être même trop vite pour la jeune femme qui n’avait plus vraiment le cœur à abandonner son compagnon. Les marins se chargeaient d’embarquer les caisses patientant sagement sur la jetée, tandis que les passagers commençaient peu à peu à prendre place sur le bateau qui les mènerait jusqu’à Skingrad, la première étape de son voyage. L’agent Neal attendait, bras croisé et attentif à chaque mouvement que sa “mission” ne se décide à relâcher son compagnon. Depuis de longues minutes, déjà, la jeune femme se trouvait blottit dans les bras d’Hypérion, bras qu’elle ne voulait plus lâcher de peur de ne plus pouvoir les retrouver. Mais déjà, le sifflet du bateau, annonçant le départ imminent retentit, sonnant de façon douloureuse aux oreilles de Sanaë. Lentement, elle s’éloigna, le cœur gros déjà chargé de regrets.

- Quatre jours, mon amour. Je reviendrais dans la journée, je ne raterais pas le dernier bateau, je te le promets. Prends soin de toi. Je t’aime.

Après un dernier baiser, la jeune femme attrapa sa petite valise et embarqua à son tour sitôt suivi par le milicien qui échangea un regard entendu avec l’homme resté à quai, lui promettant silencieusement de veiller sur elle.

Debout à l’arrière du navire, Sanaë adressa de grand geste à son compagnon tandis que le petit bâtiment s’éloignait lentement. Elle ne voulait pas le perdre des yeux, gravant dans sa mémoire chacun de ses traits, sa silhouette, comme si elle emportait le tout avec elle.

Quatre jours passèrent, mais le jour de leurs retrouvailles, Sanaë ne se trouvait pas sur le bateau qui devait la reconduire chez elle...


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 27 Mar - 0:28
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L'idée était bonne, mais comme le lui rappela rapidement Sana, elle n'était pas forcément en état d'accomplir les prouesse d'avant. Chaque jours elle gagnait un peu plus d'adresse, mais tout n'était pas encore revenu. Hypérion était quelqu'un d’extrêmement patient surtout lorsque cela concernait Sana. Sa réponse fut donc accueillit avec un petit sourire navré: navré de lui en avoir encore trop demandé.
Mais au moins gardait-elle de bonnes idées. Lui même n'aurait trop quoi su lui conseiller, les enfants n'étaient pas sa spécialités, loin s'en fallait. Il n'en avait pour dire vrai que très peu connu dans son ancienne vie. Et encore pouvait on qualifiés ces être pris dans les tourmentes des mines comme des enfants ?
C'était une question qui attendrait longtemps, voir même après la mort du jeune homme pour trouver une réponse, car l'important n'était certainement pas là.

Son seul petit réconfort fut effectivement que Sahïa reste avec lui. A vrai dire Hypérion supportait mal la solitude, solitude qu'il n'avait plus connu depuis sa rencontre avec Sana. Cela allait faire quelque peu mélodrame, mais il ne se voyait plus vivre sans son amour, et l'approche même de son départ le marquait bien plus qu'il ne le laissait transparaître.
A vrai dire les seuls signes visibles furent leurs câlins qu'il fit durer plus que d'habitude le matin, gardant la jeune femme dans ses bras, comme s'il craignait de la perdre une fois de plus.
Dans son esprit, il imaginait le moindre scénario catastrophe, ne finissant par trouver la paix que lorsque la jeune femme était proche de lui.
Les jours passèrent bien trop rapidement à son goût, dans le même bonheur béat depuis leur installation, mais quand finalement vint le départ, Hypérion tînt à accompagner la jeune femme jusqu'au quai.
Les adieux se firent long et ce ne fut que la sirène du bateau qui mit fin à leur embrassade;
Seule sa dernière promesse permit au jeune homme de rester presque calme. Quatre jours.... quatre longs jours à passer sans elle....
Il regarda le bateau s'éloigner du village, ne quittant son poste que lorsque ce dernier avait disparut depuis longtemps à l'horizon.

Hypérion rentra difficilement chez lui, faisant d'innombrable détour pour finalement revenir à la maison désespérément vide. Il était si tard qu'il donna simplement le biberon à Shaïa avant de se coucher à la place de son amante, profitant encore un peu de son parfum qui avait imprégné les draps.
Une larme roula doucement sur sa joue à la simple pensée de la savoir si loin...

Les jours suivant passèrent avec une lenteur désespérante, le jeune homme regardant sa montre toutes les minutes pour voir si un peu plus de temps était passé. Son inspiration était au plus bas... il ne mangeait pas, ne sortant de son atelier que pour chercher du lait pour Shaïa.
Ses nuits furent-elles remplis de cauchemars qu'il pensait avoir depuis longtemps oublié, redécouvrant les terreurs nocturnes comme il n'en avait plus connu depuis longtemps.
Tout lui paraissait froid et vide de sens sans elle. Et seule la petite oursonne parvenait à lui tirer un petit sourire par moment.
Mais comme toutes les mauvaises choses, tout devait finir par avoir une fin, et au soir du quatrième jour, c'est un Hypérion joyeux qui se rendit sur le quais ou devait accoster le dernier bateau.
Un de ces engins arriva à l'heure prévu, et Hypérion chercha Sana avec un sourire sur le coin des lèvres. Mais il ne la trouva pas....
Peut être c'était-il trompé d'heure ? Cela devait être ça car elle lui avait promis d'être sur le dernier...
Hypérion se mit donc à attendre, observant la lune monter de plus en plus haut dans le ciel avant d'être chassée par le soleil matinal. Patientant depuis la veille, il eu un petit espoir en voyant le bateau du matin arrivé. Mais toujours pas le moindre signe de son amour.
Il passa la journée à faire des allée-retour pour nourri Shaïa pour finalement retourner au port. Croyant au début qu'il c'était trompé de jour. Ce manège dura deux jours de plus qui finirent de détériorer l'état physique d'Hypérion.
Ce n'est qu'enfermé dans son atelier, qu'il réalisa soudain que Sana n'avait pas tenue sa promesse. Elle n'était pas rentrée et ne rentrerait probablement jamais.


Ce ne fut qu'alors qu'il finit par éclater en larme, ses cris étouffés par l'isolation de son atelier. Il avait l'impression que son cœur venait de lui être tout simplement arraché par une quelconque force, le laissant une fois de plus seul au monde.
Et si quelques pensées lui dirent qu'il s'inquiétait peut être pour rien, le sentiment profond que quelque chose était entrain de lui être retiré ne cessait de le l'élancer.
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Sanaë Eshfeld
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Mar 27 Mar - 14:44
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Le voyage vers Blumar se déroula sans encombre, dans un silence seulement brisé par les vas et viens des passagers et les cliquetis du train qui la conduisait vers sa ville natale. Assis à côté d’elle, l’agent Neal dormait, les bras croisés, ouvrant un œil de temps à autre pour s’assurer de la présence de sa “mission” occupée à observer le paysage défiler à travers la fenêtre. À vrai dire, elle se fichait bien de la vue, toutes ses pensées allaient vers son compagnon, se demandant comment il allait, s’il avait mangé… Elle savait bien d'Hypérion n’était certainement pas le mieux placé pour prendre soin de lui. Alors, évidemment, l’ancienne horlogère s’inquiétait.

Même s’il savait que sa sœur ne se trouvait pas seule, Derek tint à venir la chercher à la gare. Elle logerait chez lui durant son séjour, tout était d’ailleurs fin prêt pour l’accueillir, elle comme son garde du corps, bien évidemment. Le trentenaire l’attendait sur le quai depuis de longues minutes déjà, Sanaë devait arriver par le train du matin et la fête aurait lieu l’après-midi, ils n’avaient donc guère le temps de trainer. Lorsqu’il l’aperçut, le jeune homme, dernier-né des frères Eshfeld s’empressa de serrer sa benjamine dans ses bras avant de la délester de sa valise et de lui tendre son bras pour l’aider à avancer. Après avoir passé tant de temps assise dans ce train devait avoir rendu son genou fragile encore plus instable et douloureux encore, ce qui était effectivement le cas. C’est donc avec un sourire légèrement voilé que Sanaë accueillit l’aide généreuse de son frère.

- As-tu fait bon voyage ? Tu m’as l’air épuisée, Sana.

- Ça va aller, ne t’en fais pas, répondit-elle évasivement, cherchant à cacher son expression mélancolique derrière un rictus qui n’avait rien de sincère.

Le reste de la journée s’écoula lentement. Après avoir pris un repas léger, discuté quelques minutes avec Cécilie, l’épouse de Derek, Sanaë avait pu s’étendre un moment avant qu’il ne soit l’heure de se rendre à la fête.

Celle-ci se déroula en suivant la joie d’Isalyne, qui fut, comme à son habitude, couverte de cadeaux en tout genre. Et même si Sanaë aurait voulu lui offrir quelque chose de plus personnel, l’héroïne du jour apprécia l’ombrelle jaune pastel, couvertes de volants que sa tante lui offrit. L’ancienne horlogère passa donc l’après-midi avec les enfants, profitant de leur joie naturelle et de leur insouciance, ce qui eut au moins le mérite de tenir éloigné sa mélancolie provoquée par la douleur de se trouver aussi loin de son compagnon.

- Combien de temps restes-tu tante Sana ? demanda Clothilde, petite dernière de Samuel âgée de sept ans.

- Seulement aujourd’hui et demain, répondit l’intéressée en rajustant la robe à froufrou de l’enfant.

- Mais ce n'est pas assez ça ! s’exclama Gilbert, dix ans. Tu dois rester plus longtemps !

- Oh oui ! S’il te plaît, tante Sana, reste encore un peu. Tu dois assister à mon récital de piano !

- C’est que... Hypérion m’attend je dois rentrer il me manque… Je ne peux pas… Je suis désolée.

Sanaë se trouva totalement déconcertée devant l’insistance des enfants. Elle aurait voulu les satisfaire, mais elle s’inquiétait réellement pour son compagnon et n’avait qu’une envie : rentrer chez elle.

- Si c’est pour lui que tu t’inquiètes, envoie-lui un télégramme, lança Daren avec bienveillance en posant une main rassurante sur son épaule. Je dois justement en envoyer quelques-uns à l’hôpital pour prendre quelques nouvelles, donc note moi sur un papier ce que tu veux lui dire et je veillerai à ce qu’il lui parvienne. Mais pense aux enfants, tu leur manques beaucoup.

La jeune femme observa les enfants, la regardant avec un air suppliant. Elle prit le temps de peser le pour et le contre, un message rassurerait Hypérion… Mais si elle rentrait maintenant, combien de temps s’écoulerait avant qu’elle ne puisse revoir ses neveux et nièces ? Des mois ? Des années ? Elle pouvait bien prolonger son séjour de quelques jours… Alors en soupirant, la jeune femme se retourna vers son frère, acquiesçant d’un hochement de tête accueillit par les cris de joie venant des enfants qui se jetèrent dans ses bras. Comme le lui avait proposé son frère, Sanaë écrivit un bref message à son compagnon, un peu trop distant à son goût, mais ne voulant pas attirer les soupçons de son aîné, l’ancienne horlogère évita de faire ressortir sa tendresse à travers les mots. Aussi, elle se contenta de lui expliquer brièvement qu’elle resterait deux jours de plus… Avant de tendre le bout de papier à Daren qui le rangea dans sa poche… Pour ne jamais l’en sortir.

Sanaë passa donc les jours suivant à faire ce qu’elle s’était promis. Elle rendit visite à ses connaissances, ravies de pouvoir passer un peu de temps avec elle. L’ancienne horlogère leur raconta sa vie, la nouvelle, celle qu’elle partageait avec le jeune homme. Elle se rendit ensuite à l’emplacement de l’ancienne horlogerie, réduite à présent à l’état de terrain vague, prêt à accueillir un nouveau commerce flambant neuf. Ses frères lui avaient appris que l’épouse de Jaread avait vendu le terrain, chose qu’elle comprenait tout à fait, même si la nouvelle l’attristait. Enfin, Sanaë passa le reste du temps avec les enfants comme elle le faisait autrefois lors de ses visites régulières. Avec eux, l’ancienne horlogère réussissait à oublier ses peines, ne se concentrant que sur leurs jeux… Alors, si les journées s'écoulaient de façon plus ou moins paisibles, chaque nuit était vécu comme une torture. Hypérion lui manquait, atrocement, tant et si bien qu’il lui était presque impossible de trouver le sommeil dans ce grand lit immensément vide. De ce fait, Sanaë écrivait à son compagnon, lui racontant ses journées comme elle l’aurait fait s’il se trouvait en face d’elle. Chaque matin, la jeune femme remettait le pli à son frère lorsqu’il partait au travail… Mais aucune d’elle n’arriva jusqu’à son compagnon.

La veille de son départ, Sanaë accompagna Cécilie et les enfants au square. Les deux femmes discutaient tout en observant les petits Eshfeld jouer bruyamment et comme à chaque fois, la jolie blonde s'émerveillait devant eux et leur imagination bien innocente.

- Pardonne mon indiscrétion, Sanaë, mais… Tu n’as jamais pensé à te marier ?

Interloquée, la jeune femme se retourna vers sa belle-soeur, l’observant avec un regard légèrement hébété. Elle ne comprenait pas pourquoi cette question, n’y trouvant aucun sens logique.

- Non jamais, déclara-t-elle simplement avant de se reporter vers les enfants.

- Mais pourquoi ? Je veux dire… Tu es jolie, intelligente, tu ferais une bonne épouse et une bonne mère.

A nouveau, Sanaë se tourna vers l’épouse de son frère, cette fois, en fronçant légèrement les sourcils. Le mariage avait toujours été un sujet tabou avec elle, l’ancienne horlogère n’y voyait aucun intérêt si ce n’est celui de se donner à un inconnu simplement pour transmettre le nom de celui-ci à ses rejetons… Simplement pour pérenniser une dynastie méconnue de tous dans l’intérêt de son “époux” et de sa famille. Pour elle, le mariage n’avait simplement aucun rapport avec l’amour… Tout du moins, c’était l’exemple que ses frères lui avaient donné.

- Pourquoi cette question, Céci ? demanda-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté. Je n’en ai simplement jamais eut envie, ni même éprouvé le besoin.

- Et avec cet homme ? Celui avec lequel tu vis ?

Les yeux de l’ancienne horlogère s'écarquillèrent de surprise et d’effroi face à la question de sa belle-soeur.

- Ne t’en fais pas, la rassura-t-elle en riant légèrement face à l’expression horrifiée de Sanaë. Je n’ai pas l’intention de leur en parler. Ce regard perdu que tu affiches en permanence, je le connais bien figure toi. Moi aussi… J’ai été amoureuse avant d’épouser ton frère, je ne peux que te comprendre… Mais Sana… Ne perds pas de temps, car un jour, il sera trop tard.

Cécilie se leva sur ses paroles bien mystérieuses avant d’appeler ses enfants leur signalant qu’il était grand temps de rentrer. Sanaë resta seule assise sur le banc, essayant de comprendre ce que sa belle-soeur avait tenté de lui dire avant de les rejoindre.

Le lendemain, suite à un enchaînement étrange d’événement, Sanaë rata son train. Évidemment, c’était le seul de la journée ce qui la poussait à retarder à nouveau son départ. Étrangement, cela enchanta son frère qui avait invité plusieurs de ses collègues de travail à dîner chez lui, le soir même. La jeune femme espérait passer cette soirée enfermée dans sa chambre, mais ce fut sans compter sur l’insistance de Derek qui la poussa à se joindre à eux…

Chacun des hommes lui fut présenté, son frère en profitait pour vanter ses mérites à chacun d’entre eux avant de fournir à Sanaë un descriptif détaillé concernant l’inconnu… Ce fut une soirée particulièrement gênante pour la jeune femme qui ne comprit pas immédiatement les intentions de son aîné. Une fois le repas achevé, les invités partis, c’est une Sanaë furieuse qui rejoignit son frère dans son bureau.

- Puis-je savoir à quel jeu tu joues Derek? gronda-t-elle en claquant la porte.

L’homme se retourna vers elle tout en lui lança un regard légèrement narquois.

- Quoi ? Tu n’as pas compris Sana ? Nous trouvons tous qu’il serait tant que tu prennes tes responsabilités et que tu cesses d’agir en égoïste en traînant notre nom dans la boue en… fricotant avec cet homme.

- Je te demande pardon ? s’estomaqua Sanaë en observant son frère avec des yeux exorbités. Mais qu’est-ce que tu racontes, bon sang ? Quel nom ? Mais pour qui te prends tu au juste ?

- Sana, nous avons tous de bonnes places. Ici, tout le monde nous connaît… Sais-tu simplement ce qui se dit de toi ? Cela suffit, nous ne l'autorisons pas. Tu ne retourneras jamais dans ce village, tu ne reverras jamais cet homme dont tu t’es si misérablement entiché. Nous ne voulons pas de lui dans notre famille. Est-ce clair ?  

- Dans ce cas, tu n’as qu’à considérer que je ne fais plus partie de cette famille si je vous fais si honte, grogna-t-elle. Mais ce n’est certainement pas à vous de me dire ce que je dois faire ou non. Je m’en vais!

Hors d’elle, la jeune femme tourna les talons, fermement décidée à rentrer chez elle et à ne plus jamais remettre les pieds dans cette ville lorsque son frère bloqua la porte de sa main, l’empechant de sortir tout en lui lançant un regard mauvais.

- Non Sana, cela ne va certainement pas se passer comme ça, murmura-t-il à son oreille. Savais-tu que cet homme était un meurtrier ? Il a tué deux hommes à Hinaus, des mineurs…

- Des esclavagistes, rétorqua-t-elle en serrant les dents. Et c’était de la légitime défense!

Hypérion lui avait déjà raconté cette histoire. Les deux hommes avaient tenté de l’empêcher de fuir de la mine où il était retenu prisonnier depuis l’enfance… A bord de Centurion, le jeune homme était passé, malgré eux… Et continuait de s’en vouloir terriblement pour la mort de ces deux hommes qui méritaient bien pires.

- Ça, ma chère sœur, c’est ce qu’il t’a raconté. Peut-être est-ce vrai, peut-être pas… Sauf que tu sais que la justice à ses failles et aime jouer dans les détails… Que diraient les miliciens d’Hinaus si je leur en parlais ? Que dirait cet agent Neal s’il était au courant ? Penses-tu réellement qu’ils se préoccuperaient de quelques détails insignifiants? L’esclavage est un mythe, Sana, officiellement, cela n’existe pas… Alors dis-moi… Tiens tu à le voir disparaître ?


La jeune femme ne reconnaissait tout bonnement plus son frère et se figea devant la réalité… Il la menaçait, ouvertement, en utilisant son amour pour Hypérion contre elle. En agissant de la sorte, Derek la mettait au pied du mur, sachant pertinemment que jamais sa sœur ne risquerait la vie de son compagnon… Pas elle. De ce fait, il ne lui laissait aucune issue, aucune possibilité de fuir ou de se retourner contre lui sans en subir les conséquences qui s'avéreraient dramatiques pour le jeune homme. Désemparée, Sanaë ne savait plus quoi faire… Elle tremblait face à son frère, les yeux chargés de larmes de désespoir et de haine pour cette famille… La sienne… Dans ses yeux à lui, elle ne put y lire que du mépris mêlé à la joie d'avoir gagné son petit jeu… Comment savait-il tout cela sur son compagnon ? Depuis combien de temps cherchait-il un moyen de pression qu'il pourrait aisément utiliser contre elle ? Peu importe, il tenait là le moyen parfait. Celui qui ferait plier sa jeune sœur sans aucune résistance.

- Que dois-je faire? murmura-t-elle, vaincue tandis que le sourire de son frère ne cessait de s'élargir. Que dois-je faire pour que tu le laisses tranquille ?

- Tu n'auras qu'à écrire une simple lettre dans laquelle tu lui expliqueras que tout est fini entre vous et que tu t'ai choisis un époux digne de toi. Ce que tu feras bien évidemment, je te laisse un mois pour le choisir et te marier. Et je ne veux plus jamais t'entendre parler de lui… C'est simple, non ?

- De tous, je te pensais le plus humain… Vous n'avez pas besoin de moi pour salir le nom de notre père, vous y arrivez très bien tout seul. Choisis toi-même mon futur époux, son identité ne m’importe en aucune manière, il sera veut bien assez vite...

- Non, Sana. Tu es ma sœur et quoique tu en penses, je t’aime et je ne te laisserais certainement pas te faire du mal. Si jamais tu irais jusqu’à ne serait-ce que te blesser, j’irai parler de ton ami à la milice. Compris ?

Ainsi, il ne lui laissait pas même cette possibilité ? Celle de fuir la condition à laquelle il tenait à la condamner…  Sanaë était tout simplement prise au piège.

- Un monstre qui parle d’amour… Quelle ironie… cracha-t-elle avant de sortir en claquant une nouvelle fois la porte.

Lettre a écrit:
Juin 933
Hype,

Je ne sais pas comment t’écrire cela, c’est si difficile pour moi que les mots me manquent cruellement.

Tout d’abord, je suis sincèrement désolée de ne pas avoir tenu ma promesse, celle de te retrouver ce jour-là, car, crois-moi, je m’en veux terriblement et m’en voudrais probablement toute ma vie. Néanmoins, si je t’écris cette lettre aujourd'hui, c’est uniquement pour te dire que je ne rentrerais pas.

Pardonne-moi de t’annoncer cela de cette manière si misérable, à toi qui mérite tellement mieux. Quoique non, ne me pardonne pas, déteste moi s’il le faut, je ne pourrais t’en vouloir.

Je tiens toutefois à te dire que je n’ai rien à te reprocher, bien au contraire. Je n’ai jamais été heureuse que dans tes bras, mon amour. Toutefois, il est temps pour moi de prendre mes responsabilités ici et de renoncer à tout ce bonheur que tu m’as si généreusement offert. Je ne te mentirai pas en te disant que je ne t’aime plus. Mon cœur t’appartient et rien ne changera cela, pas même le fait de me retrouver mariée à un autre.

Je te confis donc Shaïa, je sais que tu en prendras soin pour moi et que tu sauras lui donner tout l’amour qu’elle mérite. Par pitié, ne cherche pas à entrer en contact avec moi, en aucune manière. Je te souhaite de trouver le bonheur, Hype, sincèrement.
Prends soin de toi,
Sanaë Eshfeld.

Une fois la lettre achevée, c’est une Sanaë en larme qui tendit le pli, non pas à son frère, mais à l’agent Neal, le suppliant de la poster lui-même. La jeune femme ne lui dit rien de plus, ne lui expliqua en aucune façon sa peur de voir son frère dénaturer ses mots déjà confus. Toutefois, le milicien n’était pas dupe et à force d’observer la jeune femme, il avait appris à la connaître. Jamais il ne l’avait vu en pareil état, pas une seule fois. Aussi, c’est cette raison qui le poussa à lire la lettre qu’elle venait de lui confier ce qui ne fit que confirmer ses craintes. Alors, il prit la liberté d’ajouter quelques lignes en bas de page, afin de manifester ses inquiétudes au compagnon de la demoiselle.

“N’en croyez rien, je l’ai vu, quelque chose ne va pas. Je vais essayer de tirer cela au clair.

J.Neal”


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 27 Mar - 17:29
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Les jours passèrent, un par un chacun d'entre eux prélevant un lourd tribu sur Hypérion sous la forme de cernes de plus en plus creusées, et de fatigue toujours plus intense. Seul importait Sahïa qui comme à son habitude dormait joyeusement, ne se réveillant que pour manger avant de se recoucher.
Le jeune homme passa une main tremblante dans la fourrure de l'animal, trouvant un peu de réconfort dans ce geste pourtant si anodin. Rien n'avait vraiment de sens désormais et la vie du jeune homme était passée d'un bonheur presque aberrant à la pire des dépression.
Et c'était toujours à ce moment là que l'on se rendait compte à quel point on était seul. Il n'y avait jamais de main secourable pendant ces moments, personne vers qui se retourner pour soulager, ne serai-ce qu'une seconde sa douleur.

Au bout de plusieurs jours une lettre arriva, apportée par un habitant du village visiblement inquiet qui sursauta en découvrant l'état du jeune homme. Ce dernier avait toujours connu un jeune homme plein de vie, découvrir une créature à moitié morte le choquait bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer.
Cette lettre, Hypérion l'ouvrit en tremblant, sortant le morceau de papier de son enveloppe avant d'en parcourir les lignes.
Les mots le saisirent aux tripes, et sans plus le moindre espoir, il se mit à trembler, sentant le monde perdre brutalement pied. Son cris se répercuta dans tout le village alors que le moindre de ses muscles se rebellait contre cette nouvelle qui finit de détruire le moindre espoir qu'il avait de vivre normalement, voir de vivre tout court.
Il fallut toute la force de deux des bûcherons du village pour l'empêcher de se faire du mal, et deux de plus pour le sangler à un lit dans la maison du chef.
Son esprit refusait tout simplement d'accepter la nouvelle et se débattait contre la réalité.  Mais le jeune homme avait mal vu un point dans cette réalité, car l'affection que portait le village au couple lui permit de survivre à cette épreuve. Et ce n'est qu'après des heures de sanglots qu'il s'endormit épuisé.


Ses yeux s'ouvrirent sur le feu d'une cheminé, un mal de crâne le saisissant dès que ses deux pupilles furent ouverte correctement. Là il y découvrit le chef du village, en train de travailler sur son bureau, sa longue barbe grise tombant sur le meuble.
Il eu un petit sourire en voyant le chasseur du village se réveiller sans hurler et vint à son chevet de sa démarche lente mais assurée.
L'homme tenait la lettre dans sa main, une lettre que le technicien avait froissée et qu'on avait du arracher de ses mains de force la veille. Sa simple vision provoqua un spasme de douleur chez Hypérion, mais pas une larme ne sortit, car il avait bien trop pleuré pour que le moindre pleur ne se fasse jour.

-Je l'ai lu également Hypérion.... c'est une bien triste nouvelle.... d'autant plus triste que tu ne pourrais presque rien y faire....

Presque ? Le jeune homme ne comprenait pourquoi il y avait cette nuance, mais sa gorge était trop serrée pour émettre le moindre son.
La femme du chef arriva avec un bol de soupe qu'elle s'appliqua à donner lentement au jeune homme toujours attaché à son lit. Mais la situation n'était plus ce qu'elle était hier, il fut promptement détaché.
Et alors qu'il se redressait pour manger, il se rendit compte à quel point ses muscles le faisaient souffrir, par réflexe il porta sa mains aux nombreuses traces de griffures qui maculaient ses bras.

-Il nous à fallut un jour et une nuit pour réussir à t'attacher à ce lit, mais malheureusement les dégâts étaient déjà fait...


A vrai dire les dégâts physique étaient le cadet des soucis d'Hypérion qui était bien trop torturé psychologiquement pour se soucier du reste.
Sa voix ne réussit pas à s'élever. Mais son regard bien que fatigué exprimait une certaine curiosité.
Le choc l'avait fait revenir au fondement de ce qu'il était, une créature affligée et fragile qui n'arrivait plus à s'exprimer.


-As-tu pu lire ce qui se trouvait en bas de page mon garçon ? Cette affaire est grave, très grave...


Il ne comprenait rien, cette histoire le concernait uniquement, en quoi le chef pouvait il se douter de quoi que ce soit ? Mais finalement, ce dernier lui montra les lignes en bas de page qu'il n'avait pas pu lire.
“N’en croyez rien, je l’ai vu, quelque chose ne va pas. Je vais essayer de tirer cela au clair."
Croyez le ou non, Hype eu un sursaut de désespoir en voyant cela... Car de tout les scénario qu'il avait avait imaginé, le pire était sans doute en train de se produire. Et alors qu'il tentait de se lever, un bras le maintint au lit.

-Allons mon garçon inutile de s'agiter autant, oui les choses vont mal, mais tu ne peux pas partir ainsi.


Mais rien n'y fit, et le vieil homme fut contraint de céder ne lui imposant qu'une chose.

-Mon garçon, je sais ce que tu dois penser... mais je ne peux pas te laisser partir comme cela... Je sais ce que l'amour peut faire.

Il tapa dans ses mains, et deux imposants bûcherons du village entrèrent dans la pièce, en souriant. C'était deux immense gaillard à la mine sympathique qu'Hypérion connaissait déjà, il travaillait souvent avec eux, leur dégageant les chemins pour qu'ils travaillent tranquillement.
Alphonse et Mike, voilà comment ils s'appelaient

-Ils vont t'accompagner pour t'empêcher de faire des bêtises ou t'aider...

La suite fut littéralement expédiée. Car Shaïa était déjà sous la bonne garde de la maîtresse de maison et Hypérion n'avait rien d'autre à laisser.
Il sauta dans Centurion, l'énorme machine à peine révisée rugit presque autant que son propriétaire en reprenant sa vie.
Son cœur mécanique bourdonnait violemment alors que le jeune homme faisait les vérifications d'usage dans ce qui était un départ précipité.

Les deux bûcherons eurent du mal à suivre la machine tant le pilote imposant une cadence forte,  et ce ne fut que l'attente du bateau qui leurs permirent de souffler un peu.
Mike se tourna vers le géant de métal donc le lance flamme sifflait doucement, lui demandant gentiment.

-Hyperion, je sais que ça doit être une épreuve difficile mais je ne pense pas qu'emmener ta machin géante soit une bonne idée, tu sais je...

Le pivot du heaume de fer suffit à faire taire le garçon pourtant plein de bonne volonté.
Là ou beaucoup voyait Hypérion comme un humain dans les affres de la tristesses, il n'y avait que très peu de vrai, car ce dernier n'était qu'un spectre sans le moindre espoir. Sana représentait son tout, sa seule et unique raison de respirer, de manger... de vivre tout simplement.
Le trajet en bateau fut donc d'une lenteur effarante pour lui qui se retenait de faire les cents pas sur le pont. A l'approche du port, il était déjà prêt à s'élancer hors du bateau et à peine ce dernier accostât-il qu'il se précipita en dehors, écartant la foule qui c'était amassée sans le moindre scrupule.
Cette dernière était de toute façon trop impressionnée par le géant de trois mètres pour rester sur son chemin.
Il n'avait qu'un seul et unique indice, l'adresse de la lettre...

L'agent Neals avait peut être dit essayer de savoir ce qu'il se passait, ce dernier c'était toujours montré relativement inefficace sur quoi que ce soit. Et la confiance déjà réduite d'Hypérion avait été annihilée par l'enlèvement de Sana.
L'adresse en question le conduisit devant une grande battisse surement la propriété d'un habitant assez riche. Conscient que se présenter en armure aurait été malvenu, il fit l'effort de descendre, tachant de contrôler le tremblement dans ses bras avant de frapper à la porte.

Un homme qui n'était pas Derek ouvrit, un frère de Sana que Hype ne se souvenait plus avoir vu. Mais ce dernier le reconnu et ne lui laissa même pas le temps d'ouvrir la bouche et se contenta de lui refermer la porte au nez.
Hype ne bougea pas non pas choqué par la réaction du frère de Sana, mais par le visage qu'il reconnu.
Cet homme.... il l'avait déjà vu auparavant, il y avait une éternité de cela. Une éternité qui le ramenait très précisément aux mines d'Hinaus, un visage qu'il avait appris à haïr autant qu'à craindre.
Alors qu'Alphonse et Mike parvenait tout juste jusqu'à son niveau, le jeune homme remonta dans Centurion, qui jusque là était resté à sa place.
L'immense armure se leva avant de se diriger vers la porte, l'immense poing de l'engin se referma avant de partir en arrière...
Un coup de bélier terrible secoua toute la maison, pulvérisant les gonds de la porte, envoyant le morceau de métal déformée s'écraser contre le mur opposé brisant du mobilier précieux qui valait sans doute bien plus que tout ce qu'avais jamais possédé le jeune homme.
Des cris effrayés montèrent d'un peu partout, mais il était tout simplement trop tard pour quoi que ce soit. Pénétrant dans la maison en défonçant ce qui restait du linteau, le colosse trouva rapidement ce qu'il était venu chercher: un homme en riche habits, un homme qu'il avait cru généreux jusqu'à ce qu'il se rappelle de qui il était vraiment.
La gigantesque main se referma autour du torse du frère de Sana qui se mit à hurler avant de s'uriner dessus le portant jusqu'au niveau du heaume de fer qui abritait le visage d'Hypérion.


Un son, le premier et le seul que la gorge d'Hypérion réussit à articuler calmement en apercevant encore une fois la chevalière que portait l'homme à sa main.


-Où ?

Il se mit à bégayer, comprenant très clairement que sa vie ne tenait qu'à la réponse qu'il allait donner. Forcer sa sœur à rester ici et marié un homme digne c'était avéré une bonne idée sur le papier, mais Walter commençait maintenant à réaliser qu'une vie passée à laisser les autres faire le travail à distance ne l'avait pas préparé ce qui allait suivre.

-Chez... chez Derek ! Elle est chez Derek, l'avocat ! C'est ici !.... Lache-moi maintenant !


Derek... ce nom... il revenait souvent dans la bouche de Sana.... Et pas forcément en bien.... Sa voix revint d'elle même en entendant les supplique du criminel en costard, une voix dure et froide qui ne présageait rien de bon.

-Te lâcher ? Toi ? Non... tu vas payer avec tout tes frères pour ce que tu as fait.


A cette simple évocation, il finit par s'uriner dessus avant de s'évanouir dans le poing de Centurion qui l'emporta négligemment vers la maison de sa prochaine cible.
Fort heureusement personne ne vit cette scène, et la milice, bien peu active dans le quartier cru simplement à un cambriolage, ne s'expliquant pas vraiment comment une porte en acier renforcée avait pu finir encastrée dans un mur.

La route fut courte et les deux bûcherons tentèrent une fois de plus suivre le rythme d'Hypérion. La maison de ce fameux Derek était encore plus luxueuse, et le technicien eu un sifflement de mépris en reconnaissant une fois de plus le symbole gravé sur le fronton de la maison.
La porte succomba elle aussi, égayant la maison qui était visiblement en pleine entrevue mondaine, et beaucoup d'homme de bonne famille regardaient atterrés l'immense colosse rentrer dans cette demeure pourtant réputée tranquille et lancer sur la table un homme inconscient qui se réveilla bien vite pour hurler.


-Il est revenu Derek ! Il viens pour nous !


La peur se rependait partout dans la maison mais personne ne comprenait vraiment ce qu'il se passait, un géant de fer était apparut, rompant une soirée mondaine bien avancée, ou la seule personne qui valait la peine d'être sauvée se trouvait en bout de table.

Hypérion tourna son heaume vers le symbole de famille gravé un peu partout sur les murs et sur les bagues des deux hommes.
Seul une petite voix se fit entendre, se mettant entre la machine et ses deux cibles.

-Hypérion qu'est ce que tu fait ? au juste ?

L'agent Neals... Aussi utile qu'une bouteille d'eau dans une soirée dépravée se tenait devant la machine, comme s'il pouvait faire quoi que ce soit.
Le lancecanon se déplia de son dos, l'énorme arme de chasse pointant les deux cibles avec une haine qui dépassait de loin celle du simple enlèvement.
A vrai dire une seule personne pourrait arrêter tout ça, et Neals n'était pas cette personne
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Sanaë Eshfeld
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Mar 27 Mar - 20:55
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Depuis la dispute avec son frère et plus particulièrement, l’écriture de la lettre qui avait achevée de lui briser le cœur, Sanaë n’avait plus quitté sa chambre. La jeune femme passait ses journées assise sur son lit, les genoux repliés contre sa poitrine observant sa chambre sans la voir, le regard perdu quelque part dans le vide. Elle ne hurlait pas, ne pleurait pas, s’enfermant simplement dans ses pensées qui allaient toutes vers Hypérion. La jeune femme se plongeait dans ses souvenirs tout en regrettant de ne rien avoir de lui, pas le moindre objet auquel se rattacher, se cramponner.

Son propre sort ne l’intéressait pas, elle se fichait totalement de perdre sa liberté, de se voir marié à un homme dont elle ne savait rien et qu’elle n’aimerait jamais. Son cœur comme son âme, appartenaient tous deux au jeune homme qu’elle avait abandonné, elle apprendrait à vivre sans. Et mari vivrait avec une coquille vide, un pantin sans âme se mouvant simplement grâce à son envie de voir l’homme de sa vie vivre libre.

Mais en s’enfermant ainsi, Sanaë s’était volontairement coupé de tout. Qu’importe son affection pour les enfants de la famille, qu’importe l’inquiétude de sa belle-soeur, la jeune femme ne parlait pas, ne mangeait pas, ne dormait pas. Pour elle, le temps s’était simplement arrêté la laissant entre un état ni mort, ni réellement vivant.

Voyant l’état de santé de sa sœur se dégrader à vu d’œil, Derek avait fait quérir le médecin de famille qui lui conseilla une hospitalisation. Mais visiblement, cela n’arrangeait pas les affaires de l’avocat qui préféra faire consommer à sa sœur du lait de pavot pour l’obliger à dormir… Sanaë n’émit aucune résistance, espérant seulement qu’il lui en donne trop et qu’elle n’ai pas à se réveiller avant de se raviser, par crainte qu’il ne s’en prenne à Hypérion.

Le lendemain, la jeune femme se réveilla avec une affreuse migraine et des nausée persistante. Elle fut malade toute la mâtinée, ce qui ne fit que contrarier Derek et ses projets pour la soirée.

- Tu ne comptes pas me faciliter la tâche, n’est-ce pas petite sœur ? grogna-t-il tandis que Sanaë vomissait pour la énième fois. J’espère pour toi que tu n’es pas enceinte.

Non, sombre idiot, c’est ton poison qui me rend malade…

- Moi qui voulais te présenter quelques amis ce soir… Décidément, rien ne va jamais avec toi! Je te préviens, si tu attends un enfant, je te le ferais retirer. Hors de question que tu souilles encore notre nom.

Il n’y a pas d’enfants, il n’y en aura jamais. Tes amis rencontreront un fantôme, c’est une bonne chose, cela aura au moins le mérite de leur donner une vision du restant de leurs jours à mes côtés.

Intérieurement, face à l’agacement de son frère, Sanaë se réjouissait de lui mettre quelques bâtons dans les roues, même involontairement. Elle ne s’inquiétait pas pour son état, sachant très bien que tout cela n’était dû qu’au lait de pavot ingurgité la veille avec un ventre vide. Toutefois, elle aimait cette façon qu’avait la vie de contrarier les plans de son frère, même si elle devait en subir elle-même les effets.

Contre toute attente, Derek choisit de maintenir le dîner, simplement parce qu’il était fort peu convenable d’annuler un tel événement à la dernière minute. Aussi, l’on prit soin de préparer comme il se doit, la principale attraction. L’on affubla la jeune femme d’une robe grotesque, bleue avec des volants pour camoufler un décolleté peu flatteur et nettement moins vendeur qu’un échancré bien rempli. L’on prit également la peine de s’occuper de ses cheveux blonds ternis par la malnutrition et les multiples nuits sans sommeil. On les coiffa en un chignon lâche dans lequel on plaça quelques perles nacré. Puis, pour parfaire le tout, Sanaë fut maquillée afin de camoufler ses cernes et ses joues creuses sous plusieurs couches de poudre de couleurs diverses avant d’appliquer du rouge sur ses lèvres et du charbon sur le contour de ses yeux. Le résultat semblait satisfaisant puisque Derek souriait, la jeune femme, quant à elle, ne prit même pas la peine d’observer son reflet trompeur dans le miroir. Elle se fichait bien de l’avis de ces hommes, comme elle se fichait de l’identité de celui avec lequel elle allait partager sa vie.

- Pourquoi te donner tant de peine, dis moi ? Je t’ai dit que tu pouvais choisir pour moi.


- Il s’agit de l’homme que tu vas épouser, Sana. C’est à toi de faire ce choix.

- Tu te fiches de moi ? s’écria-t-elle avant d’éclater d’un rire sans joie. Quel choix me laisses-tu au juste ? Tu tiens à me priver de ma liberté Derek, assumes donc ton propre choix. Va jusqu’au bout au lieu de me forcer à subir cette mascarade.

Furieuse, Sanaë se leva d’un bon, affrontant le regard de l’avocat avec ses yeux bleu ayant pris une teinte orageuse sous la colère.

- Tu n’es qu’un lâche Derek, c’est facile n’est-ce pas de menacer ta sœur… Mais quand il s’agit de prendre toi-même tes responsabilités, bizarrement cela te semble moins évident.

Du coin de l’œil, Sana aperçu les poings de son frère se resserrer, sa mâchoire se crisper. Il était en colère… Toutefois, celui-ci ne se donna pas la peine de répliquer, se contentant de tourner les talons.

- Tu as de la chance, Sana. Je ne voudrais pas gâcher le travail de madame Simmons qui s’est donné du mal pour te redonner figure humaine, sans quoi je t’aurais giflé. Veille à ne pas parler de cette manière à ton mari, je doute qu’il soit aussi patient que moi, lança-t-il en souriant avant de quitter la pièce.

La soirée débuta peu après. Derek lui présenta d’autres jeunes hommes...Et d’autres beaucoup moins jeunes. Mais peut-être étaient-ce les mêmes que la dernière fois, elle n’y prêtait aucune attention… Sanaë déambulait dans la salle avec un air détaché, échangeant quelques banalités forcées avec ces “prétendants”, oubliant leur nom et leur visage au fur et à mesure que l’on lui en présentait d’autre. Tout cela n’était qu’une mascarade grotesque qui n’avait d’autre but que celui de l'exhiber devant ces célibataires fortunés, aux noms pompeux qui ne voyaient finalement en elle qu’une sorte de “fiancée de la dernière chance”, Sanaë ayant dépassé depuis longtemps l’âge convenable pour une jeune mariée.

Puis vint l’heure du dîner, une torture pour elle qui n’avait pas faim et se retrouver assise en bout de table, bien en vue de ces messieurs ne fit qu'attiser son ennui et son envie de fuir. On lui servit un potage d’apparence délicieuse qui ne lui fit aucunement envie. Elle observait le contenu de son assiette avec un air désespéré tandis que son voisin, inconnu au demeurant, lui racontait quelques exploits dans le monde de la finance dont elle n’avait que faire.

Néanmoins, cela ne dura pas, un énorme fracas provenant du hall d'entrée attira l’attention de l’assistance entraînant alors une bien étrange agitation. Sanaë, ne réalisa pas immédiatement ce qui était en train de se dérouler devant ses yeux, songeant probablement qu’il s’agissait d’une hallucination puisque Hypérion ne pouvait pas être venu jusqu’ici. Pas avec Centurion clairement reconnaissable… C’est la voix de l’agent Neal qui la ramena sur terre, lui faisant réaliser que tout cela était bien réel… Hypérion était bien là et il était furieux. Brusquement, la jeune femme aperçue l’arme de la machine se déplier, prêt à passer à l’attaque

- Hype ! Non ! hurla-t-elle en se relevant.

Sanaë ne l’avait vu en colère qu’une seule fois, lorsque son aîné, Jaread, s’était montré agressif envers elle… La vie de son frère avait failli s’achever ce jour-là, et cette fois le jeune homme en menaçait deux autres… devant de nombreux témoins. Ne tenant pas à voir son amour commettre l’irréparable et de réduire à néant tous ses efforts afin de le sauver lui, l’ancienne horlogère alla se placer devant lui, poussant sans ménagement le milicien qui se mettait ouvertement en danger.

Doucement, la jeune femme posa une main tremblante sur celle du géant. Évidemment, la machine ne pouvait rien sentir et Hypérion se trouvait bien au-dessus d’elle, bien trop haut pour pouvoir voir l’effroi dans ses yeux.

- S’il te plaît, ne fais pas ça mon amour. Je t’en prie, murmura-t-elle d’une voix légèrement brisée par la peur.

- Sana, éloigne toi de ce monstre ! gronda Derek derrière elle.

Mais Sanaë ne quittait pas Centurion des yeux, cherchant à apercevoir le jeune homme dissimulé sous la cuirasse. Elle ne prêta donc aucune attention à son frère, qui continuait à lui ordonner de reculer. La jeune femme n’avait pas peur de se faire blesser par son compagnon, il ne lui ferait aucun mal. En revanche, elle craignait de le voir se perdre dans sa colère… De le perdre lui.

- Hype, je suis là, je vais bien… Rentre à la maison, s’il te plaît...


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Hyperion Radchen
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Mar 27 Mar - 21:49
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Hyperion était hors de lui en découvrant la mascarade à l'échelle globale qui se déroulait devant lui. L'imposante pointe du lance canon était naturellement tournée vers la source même de sa haine, et même l'apparition de Sana cette fois ne réussi pas à le faire descendre d'un cran, et l'accusation de son frère ne fit que faire monter la rage qui couvait inhabituellement dans son âme.
Pas maintenant, surtout pas maintenant, et à chaque fois que son regard se rapprochait de Sana, il sentait cette haine s'amenuiser, mais même la jeune n'aurait rien pu y faire.


Il l’écarta avec délicatesse, plantant son canon dans le sol avant de s'avancer pour prendre le fameux avocat par le bras le soulevant comme un fétu de paille contenant juste assez sa colère pour ne pas lui broyer le bras.

-Un monstre moi ? Tu te fiche de moi j'espère ? Ou peut être que tu vas m'expliquer droit dans les yeux comment ta famille peut vivre aussi sereinement sur les dépouilles d'autant de gens ?



Le cœur mécanique de la machine grondait furieusement et de la vapeur sifflait de façon menaçante, faisant encore monter le cran dans la pièce. Et même si l'agent Neals avait dégainé son arme, il ne risquait pas de faire grand chose face à un géant mécanique. Non Hypérion tenait la vie des frères dans sa main.

-Je devrais vous tuer simplement pour ce que vous avez osé faire à Sana, je devrais mais ce serait encore trop doux ! Peut être qu'un millier de mort serait une juste compensation !



Son autre main attrapa le frère ingénieur qui tentait de s’échapper et il les lança diligemment dans un coin de la pièce ignorant peut être tout le reste.
Son heaume de fer se tourna en même temps que son corps écrasant une partie de la vaisselle de ce dîner fantoche. Tout les invités étaient encore présent, et regardaient la scène avec un effroi mêlé d'une certaine indignation.

-Hyperion je te....



-Silence Neals ! Vous parlerez quand vous pourrez être considéré comme au delà de toute complicité avec ces criminels !




La voix mécanique tonna comme un canon, brisant un des verres de cristal de la pièce.
Peut importait la milice, peut importait au final que le jeune homme vive ou meurt, certaines choses dépassaient ce stade, et dans le cas présent rien ne pourraient l'empêcher de parler.



-Vous qui séquestrez quelqu'un pour la seule pérennité de votre famille.... Si ce n'était pas pour Sanaë et pour la mémoire de Jaread, je me ferais un plaisir de vous tuer jusqu'au dernier, de brûler chaque petite chose portant votre nom maudit.



La main du géant se forma en un poing qui fracassa le mur à côté de lui. Hypérion n'avait jamais été violent, ou du moins jamais pour lui même, il avait toujours franchit un cap pour les autres et c'était bien la première fois qu'il le faisait pour lui. En guise de toute réponse les deux hommes se mirent à gémir devant la colère du géant alors que ce dernier semblait hésiter entre les brûler vif ou simplement les écraser.
Le gantelet du lance-flamme s'alluma, la veilleuse funèbre créant une nouvelle source de lumière.

-Neals ! Venez !


La voix ne souffrait absolument aucune contradiction et l'agent se présenta devant lui


-Que savez vous de moi au juste ?


-Pas grand chose... vous dites avoir été esclaves dans les mines d'Hinaus, mais rien ne le prouve et pour le moment vous faites une grosse bétis...


-Merci Neals c'est tout ce que je voulais entendre.


Il n'était pas d'humeur à écouter qui que ce soit et écartant l'agent, il fit se pencher le heaume de son armure près des deux frères de Sana.


-Vous ne savez pas sur quoi est bâti votre confortable petite maison ? Ou l'oublie est plutôt préférable ?

Il pointa l'emblème que les deux hommes portaient, emblème qui étaient reproduit sur chaque partie du mobilier. Et porta la main à un des compartiments de Centurion pour en tirer une paire de fer marqués par le temps, de nombreuses trace de sang maculant les liens d'acier.
Il en sortit deux, un suffisamment petit pour la taille d'un enfant, l'autre pour un adulte et les laissa tomber l'un au pied des deux hommes l'autre au pied de Neals, lui intimant de les observer.

-Ce sont mes anciens fer si vous tenez à avoir une preuve concrète, il doit même rester mon sang dessus... Mais là n'est pas le plus important.



Il montra le symbole gravé sur ces derniers, le même symbole que partout chez les Eshfeld.

-Je vous présente Neals, mes anciens propritétaires, notre cher ingénieur de production et celui qui dirigeait notre petite colonie.

La voix était passée de furieuse à glacée. Ce n'était pas des accusations, c'était un constat, un constat qu'il n'était plus possible de démentir désormais.
Il saisit Derek par la gorge le secouant violemment.

-Ça te faisait plaisir hein de nous faire travailler ? Et les malades te coûtaient cher c'est ça ? Oh tu ne te rappelle pas de moi ? Figure toi que moi si, je me rappelle de chaque coup de fouet, chaque coup de bâton, chaque marquage au fer !



Mais il le laissa finalement tomber au sol, ne sachant plus quoi faire de toute cette haine qui ne demandait qu'à sortir. Le seul verrou qui lui restait était simplement à côté de lui, emprisonnée d'une façon presque similaire à la sienne.

-Et Monsieur à voulu reproduire le même schéma avec Sana ?



Cette simple allégation déclencha une petite flammèche sur le gantelet qui ne demandait qu'à parler pour Hypérion.

-Je suis navré Sana, mais ces criminels en costard m'on trop pris, je ne peux pas rentrer comme cela, mes parents, ma liberté, mon père d’adoption, mes amis.... et maintenant toi ? Que veulent-ils de plus maintenant ? Ma vie ?

Il eut un rire pour lui même, alors que la scène de destruction se répéta encore une fois.

-Qu'importe vos lois hypocrites Neals, vous avez osé les laisser faire, vous êtes aussi coupable que les autres, et vous osez me dire d'arrêter ? Vous avez jugés une femme qui venait de tout perdre sous vos yeux ! Et là alors que vous avez les faits devant vous, vous ne faites rien....
Vous êtes peut être même le pire de tous, pourquoi au fait ? L'argent ? Ou vous ont-ils promis autre chose d'encore mieux ?



La seule épargnée par tout cela était Sana qu'Hypérion n'osait pas toucher. Il était de toute façon convaincu qu'après cela elle ne voudrait plus jamais de lui.
Cette histoire avait commencée par amour, et même si tout ne c'était pas terminé en bain de sang uniquement grâce à la présence de Sana, quelque chose d'autre se passait.
L'esclavage était un sujet grave, et les invités qui avaient vite comprit qu'ils n'étaient pas la cible d'une attaque commençaient à murmurer pointant du doigts les deux hommes effondrés dans le coin de la pièce.
Entre l'effraction et l'esclavage l'un semblait vite prendre le pas, surtout dans la petite bourgeoisie ou chaque fortune était jalousée
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Sanaë Eshfeld
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Mer 28 Mar - 11:09
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Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
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Cette fois, Sanaë était totalement perdue. Elle encaissant chaque mot prononcé par le jeune homme afin d’essayer de comprendre, de réaliser… Il leur en voulait, mais pour une toute autre raiso, visiblement très grave qui lui échappait encore. Faire le lien avec les dires de son compagnon lui était tout bonnement impossible. Comment aurait-elle pu simplement imaginer cela ? Elle se contentait donc d’écouter, subissant comme pour elle-même chacune des accusations du jeune homme. Silencieusement, la jeune femme en mesurait le poids jusqu’à ce que Hypérion finisse par tout raconter.

Et entendant cela, en observant les liens d’acier gisant au sol, Sanaë ne put que porter un regard horrifié à ses frères. Elle tremblait en se saisissant des liens minuscules que son amour devait porter durant son enfance et cru mourir en apercevant le blason qu’ils s’étaient créé pour des raisons obscures et qu’ils aimaient afficher.

Sa famille n’avait jamais été riche, aisée pour le mieux, mais tout ceci, ils le devaient au travail acharné et passionné de leur père qui avait placé tant d’espoir en ses enfants. Son père… Sanaë se souvenait très bien de ses efforts, elle avait hérité cette même volonté. Son nom… Elle l’avait aimé pour cet homme qui donnait chaque jour le meilleur de lui-même pour faire connaître sa maison en fournissant un travail de qualité et que ses frères avaient souillé dans le sang…

- Est-ce vrai ? murmura-t-elle de sa voix brisée en observant les deux hommes assis contre le mur.

La vérité, la jeune femme la serrait dans ses petites mains tremblantes comme si elles essayaient de se battre pour les garder en mains, croulant sous le poids de leurs responsabilités. Hypérion lui avait tout raconté, elle connaissait son passé, ses souffrances, ses peurs… Et elle venait de réaliser que tout cela était dû à sa famille… À ses deux frères obsédés par l’argent, cherchant à gagner le respect des autres par leur position. En commettant des horreurs...Ceux pour qui elle avait longtemps travaillé dur, simplement pour rembourser leurs études.

- Ne l’écoute pas Sanaë, gronda Walter. Ne vois-tu pas qu’il est fou. Regarde-le ! Tu le vois bien qu’il n’agit pas comme un homme normal.

A ces mots, l’ancienne horlogère resserra sa prise sur les gantelets tout en lançant un regard noir à son frère. Son visage affichait une expression inédite, celle de la rage et de la haine qui commençaient à la consumer déformant ses traits délicats.

- La ferme ! hurla-t-elle en lui lançant au visage les liens d’esclaves de son compagnon. Qui souille le nom de notre père ici ? Qui sont les monstres et les fous ?

La jeune femme se sentait trahie, salie par sa propre famille. Se laissant à présent débordée par l’hystérie qui lui tiraillait les entrailles, elle haletait. Le visage souriant de son père lui apparut, lui qui était si fier de la réussite de ses fils, qui était si heureux de vanter leurs mérites…

Mensonges!

Et par-dessus tout… Ils étaient responsables des traumatismes de l’homme qu’elle aimait. La douleur qu’elle éprouvait au sein même de son âme irradiait à travers son corps à présent parcourus de spasmes. Les fers qu’elle avait jetés avec virulence un peu plus tôt avaient laissé leurs marques sur le visage de son frère… Mais elle s’en fichait. Sa haine était bien trop forte pour qu’elle ne se préoccupe de le blesser.

- Sortez ! Bande de rapaces, disparaissez ! Tous ! Hors de ma vue ! hurla-t-elle, hystérique.

- Mademoiselle, calmez-vous, il ne faut pas, supplia Neal en lui attrapant doucement le bras pour la faire lâcher l’objet qu’elle tenait en main.

Un couteau ? Quand l’avait-elle ramassé ? Impossible de s’en souvenir, elle ne s’était pas vu avancer jusqu’à la table pour se saisir de l’objet qu’elle tenait pourtant en direction de ses frères. Ce constat la fit paniquer, tant et si bien qu’elle relâcha sa prise sur l’objet qui atterrit sur le dallage en un bruit métallique des plus sinistres. Il ne restait plus dans la pièce que ses frères, le milicien, Hypérion et elle.

- C’est ainsi alors Sana ! Tu as décidé de tuer tous tes frères, c’est ça ?! Et pourquoi hein ? Pour lui ! Nous avons toujours veillé sur toi Sana ! Nous sommes ta famille ! Lui n’est rien ! beugla Derek en se relevant.

- Mais la ferme ! Je ne veux plus de cette famille ! Je ne vous connais plus ! Vous êtes des monstres ! Des monstres ! gronda-t-elle de fureur tout en se débattant dans les bras du milicien qui tenter de la retenir tant bien que mal.

- Je vais la faire sortir, Hypérion. Je ne saurais trop vous conseiller de ne rien tenter. Elle n’a pas besoin de ça.

Hypérion… Il était là… Sanaë se sentait bien trop honteuse pour oser le regarder en face. Pas après ce que ses frères avaient fait… Elle tourna donc la tête, fixant le sol avant de se laisser entraîner à l’extérieur par l’agent Neal. Il la laissa avec Cécilie qui attendait avec ses enfants sur le trottoir faisant face à leur maison. Celle-ci la serra dans ses bras, éclatant en sanglots tout en tenant l’horlogère encore hébétée par la réalité. Une fois encore, la jeune femme venait de tout perdre, de cela, elle en était certaine.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mer 28 Mar - 21:00
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
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Partir ? Ce faux milicien pensait-il qu'il allait partir aussi facilement ? Une énorme main de métal le saisit à la sortie de la maison le ramenant bien sagement devant les deux frères esclavagiste. Une pointe de reproche sifflait toujours dans la voix mécanique


-Vous n'allez rien faire du tout agent Neals, une fois de plus vous fuyez vos responsabilités pour vous en tirer avec le beau rôle.... Des mois que vous êtes avec nous, des mois que vous côtoyez Sana, vous l'avez vue se faire manipuler et la seule chose que vous ayez penser à faire c'est de me glisser quelques mots sur une lettre qui aurait annoncée ma mort ! Non milicien pas cette fois. Cette fois vous ne serez pas le héro qui protège la veuve et l'orphelin


La poigne se referma suffisamment pour faire décoller l'agent du sol sans pour autant briser quoi que ce soit en lui, le reposant doucement devant les deux esclavagistes.

-Vous faites régner la loi non ? Alors faites votre travail pour une fois. Ne vous en faites pas pour moi. Je ne suis pas un criminel, je ne tue pas les gens même si j'en meurs d'envie. Vous avez deux esclavagistes sous vos yeux, faites votre travail correctement cette fois ils ont déjà tué trop de monde au nom de l'argent.

Dit il avant de désencrer le lance canon du sol sortant l'immense arme dans un crissement strident avant de finalement ressortir par les restes de la porte retrouvant Sana et ce qui devait être sa belle sœur. Un puissant souffle mécanique sortit de la machine autant poussé par le pilote que l'engin lui même donnant une intense impression de lassitude.
Il se dirigea vers Sana d'un pas bien plus léger, le cœur soulagé de tout cela. Sa gigantesque main mécanique tendit la main vers Sana. Le jeune homme voulait descendre et la serrer contre lui le plus fort possible, mais ici, ce n'était pas la meilleur chose à faire.
A la place de quoi ses doigts prirent la jeune femme comme le jeune homme prenait Shaïa se tournant vers les autres frères de Sana qui avaient finit par venir également.


-Si c'était pour lui infliger cela, vous auriez mieux fait de rester terrés dans votre demeure, que cela soit prit pour le seul et unique avertissement que je lancerai: ne cherchez plus à poser vos sale pattes sur ma Sana, elle n'a rien à voir avec votre famille de criminel.
Peut être que vous auriez du prendre exemple sur Jaread, lui au moins était un homme qui représentait avec noblesse votre famille.


Personne ne sut quoi répondre, l'annonce avait été un véritable boulet de démolition pour tout le monde, mais Hypérion n'en avait plus rien à faire, ces deux hommes avaient brisés tellement de vie qu'ils méritaient bien pire que ce qui leur arrivait.

Le masque de fer se tourna vers Sana, des yeux attendris observant la jeune femme, des yeux qu'elle ne put voir, cachés derrière le blindage froid de Centurion.
Il reprit donc le chemin opposé, marchant lentement avec la jeune femme dans les bras, les deux accompagnateurs avaient finalement finit par revenir, observant la jeune horlogère avec des regards interloqués mais satisfait.
L'un d'eux se pencha même vers elle.

-On est heureux de vous revoir mademoiselle Sana, Hypérion à bien failli nous claquer entre les doigts vous savez, mais heureusement il vous à retrouver à temps !


La voie était joyeuse, et le jeune homme qui la possédait ne se doutait pas une minute des scènes qui avaient suivit. Au moins faisaient-ils office de figure joyeuse pour le reste du trajet.
Ce dernier les conduisit dans un coin un peu plus tranquille, loin de toute l'agitation habituelle des ville. Ce ne fus que là et seulement là que Centurion déposa doucement Sana, avant qu'enfin Hypérion ne sorte.
Le jeune homme était bien plus affecté qu'il n'avait voulu le montrer, il avait blêmi durant ces jours de séparations et d'affreuses cernes étaient venues s'ajouter sous ses yeux qui semblaient presque éteint si on oubliait cette lueur de joie naissante qui revenait doucement.
Ses deux bras étaient profondément marqués par ses propres griffures qui n'étaient pas tout à fait refermées, formant des lignes sanglantes sur les membres du technicien.

Son visage était  déjà couvert de larme, d'une part à cause de tout ce qui était arrivé, d'autre part car il était sincèrement heureux de retrouver son amour.
Sans un mot, il se jeta simplement dans ses bras, se mettant à pleurer de joie de la revoir enfin, et alors que les vestiges de force qui l'avaient jusque là soutenus le quittait, il éclata en sanglot dans les bras de la jeune femme, oubliant momentanément tout les progrès qu'elle lui avait permis jusque là
Hypérion restait Hypérion, et son attachement émotionnel à la jeune femme était bien trop important pour que la séparation qu'il avait vécu ne l'affecte pas.
Un fait plutôt étrange était qu'il ne lui en voulait pas le moins du monde. Même si ces frères avaient été les responsables de sa déchéance, il n'arrivait pas à faire le lien entre eux et l'ange qu'il avait dans les bras.
Entre deux sanglot il parvint à articuler d'une voix éraillée a force d'avoir trop crié.

-Je te retrouve enfin ma Sana.... J'étais mort de peur de t'avoir perdu pour toujours


Dernière édition par Hyperion Radchen le Dim 1 Avr - 9:33, édité 1 fois
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Sanaë Eshfeld
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Mer 28 Mar - 22:04
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Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Perdue, Sanaë resta immobile, presque éteinte dans les bras de la pauvre Cécilie. Elle aurait dû la consoler, elle le savait, comme elle avait bien conscience que son état n’était en rien normal. La jeune femme ferma les yeux en entendant les bruits familiers des pas de Centurion, son cœur s’était serré de façon bien douloureuse. Elle ne réagit pas en voyant sa main immense de diriger vers elle, ni même lorsqu’il la saisit pour la porter comme la pauvre petite chose qu’elle était, finalement.

Sanaë l’entendit gronder contre quelqu’un, probablement ses frères, les autres, ceux qui avaient du être alerté par le remue-ménage. Si voix mécanique résonnait à travers elle, les mots quant à eux restèrent abstraits, comme si la jeune femme se trouvait dans une bulle, incapable de comprendre la langue qu’il employait.

Perdue. Sonnée. Hébétée. L’ancienne horlogère ne savait plus comment agir, comment réfléchir, continuant d’éviter le regard dépourvu d’humanité de la machine… Évitant celui de son pilote à l’intérieur. Pourtant, elle pensait… Revoyant sans cesse les emblèmes créés par ses frères sur les fer minuscules, souillés par le sang de l’homme qu’elle aimait… Comment pouvait-elle simplement oser le regarder en sachant cela ? Impossible. Pas avec tout ce qu'’elle savait sur son passé. Sur toutes ces années de souffrances physiques et morales qu’il avait dû endurer… À cause d’eux… Ses propres frères. Les mêmes qui l’avaient choyé et protégé durant son enfance. Derek… Celui qui l’aidait chaque soir à s’exercer à l’écriture, qui redoubler d’imagination pour lui trouver un livre qui serait susceptible de lui plaire… Walter… Le garçon un peu bagarreur qui n’hésitait pas à la défendre lorsque les autres se moquaient de cette manie qu’elle avait de s’enfermer dans sa bulle imaginaire. Celui qui la faisait rire lorsque les choses devenaient trop difficiles pour elle… Comment ces garçons-là, si gentils avec leur petite sœur avaient pu devenir des monstres capables d’exploiter des enfants, de tuer des vieillards. Peu lui importe ce qu’ils avaient tenté de lui faire, Sanaë ne se souciait pas d’elle… Elle était prête à tout accepter pourvu de le sauver lui… Le sauver d’eux… Mais jamais la jeune femme ne se serait douté que le mal avait déjà été fait, depuis bien longtemps. Elle partageait leur sang, leur nom, leur histoire… Et ça, Sanaë ne le supportait pas.

Lorsque les deux hommes s'approchèrent d’elle pour la saluer. L’ancienne horlogère mit quelques secondes avant de les reconnaître. Leur nom lui échappait, Sanaë n’avait jamais été physionomiste non plus… Mais pourtant, cette fois, les mots réussirent à percer sa bulle, la percutant pour la blesser profondément… Néanmoins, les mots n’étaient rien en comparaison de la vue que lui offrit Hypérion quelques minutes plus tard en quittant son cocon protecteur.

Sanaë se figea en l’observant, voyant ce qu’elle lui avait infligé, elle et personne d’autre. Elle l’avait blessé, profondément, le marquant au point d’en déformer son corps amaigri, marqué par des griffures qu’il s’était lui-même infligé. Mais Hypérion ne vit rien du trouble de la jeune femme, lui montrant simplement son soulagement, son bonheur de la retrouver. Il la serra dans ses bras, se laissant aller à ses sanglots… Néanmoins, cette fois, Sanaë ne le supportait pas. Ses larmes, son amour évident… Elle ne le méritait pas… Elle ne méritait rien de tout cela, pas de lui… La douleur qu’elle ressentait alors était cuisante, serrant son cœur, ses muscles au point de se mettre à trembler. Elle étouffait… Sa voix… Bien plus rauque que d’habitude achevèrent de réduire le reste de son cœur en miette.

- La... Lâche moi, murmura-t-elle dans un sanglot tremblant, hésitant, qu’elle peinait à contrôler. S’il te plaît… Non.

Sanaë se dégagea délicatement de son étreinte par peur de le blesser … Chose qu’elle ne supporterait pas. Une nouvelle fois, son regard fuyait celui du jeune homme tandis qu’elle reculait d’un pas, soucieuse de mettre de la distance entre eux.

- Tu ne mérites pas ça...

Sa voix n’était plus qu’un murmure… Un souffle brisé, une flamme étouffée qui n’attendait plus que de s’éteindre. Le voir ainsi, lui était tant insupportable que la jeune femme n'aspirait plus qu’à disparaître…

- Je suis tellement désolée, Hype, éclata-t-elle finalement, hurlant ses mots si douloureux. Je… je ne savais pas… Je...

Son corps se mit à trembler de plus en plus, signe que l’hystérie reprenait peu à peu possession d’elle, lui faisant totalement perdre pied.

- Tu ne devrais pas pleurer pour moi ! Regarde toi ! Regarde ce que je t’ai fait ! Je ne vaux pas mieux qu’eux ! Va tant ! Laisse-moi !


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Jeu 29 Mar - 0:00
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
La jeune femme sortit avec douceur des bras d'Hypérion et ce dernier ne comprit pas le moins du monde ce qu'il se passait. Trop heureux de retrouver son amour pour penser à quoi que ce soit de négatif. Quand bien même elle aurait aidé ces criminels... il n'était pas en mesure de lui en vouloir. Mais elle n'avait rien fait de tout cela. Elle avait eu le malheur de naître dans la mauvaise famille, comme Hypérion en quelque sorte.
Et alors qu'elle mettait de la distance tout en fuyant son regard, le jeune homme ne put que sentir son cœur se déchirer une nouvelle fois, alors qu'il venait à peine de recommencer à battre.

-Je ne mérite pas ?



Il ne saisissait pas ce à quoi elle faisait allusion ? Ne méritait-il pas son amour ? Son action du jour l'avait-il fait paraître comme le monstre que son frère avait décrit ? Etait-ce cela les paroles cachées ? Ou y avait-il une autre vérité ?
Toujours est-il que lui s'arrêta à la première interprétation reculant lui aussi avec un soupçon de panique dans son regard.
Ses excuses ne faisaient que confirmer ses craintes. Peut être que cette fameuse lettre n'était pas si fausse que ça... Peut être qu'il c'était trompé sur toute la ligne... Cette simple pensée le fit défaillir quelques instant avant que finalement la jeune femme ne se mette à hurler.
A ces mots, quelque chose résonna en lui, comme si une nouvelle information venait d'être ajoutée à l'équation.

Hypérion avait un lien fort avec Sana, un lien qui surpassait beaucoup de chose, et si la jeune femme souhaitait se séparer de lui... il n'aurait d'autre choix que de l'accepter.

-Ce que tu m'as fait ? San... tu m'as reconstruit... j'ai pu recommencer à vivre grâce à toi, je peux bouger, parler... hors de ma carapace... c'est une chose merveilleuse que je te dois.

Son sourire se masqua quand il repensa à ses deux frères. Pour lui la notion de famille était vague, si bien que deux personnes reliées par le sang n'étaient rien d'autre qu'un hasard plus ou moins heureux.
Quand il compris son allusion, il passa une main sur son propre visage, chassant les marques avec un sourire qui se voulait rayonnant.

-Tu ne m'as rien fait Sana, je ne dois cela qu'à moi... J'ai souffert parce que je t'aimais... et que je t'aime toujours... tu n'as rien fait de mal....

Mais la lettre et ce qu'elle avait dit avant ne cessait de le tourmenter... Peut être voulait-elle vraiment se séparer de lui... Peut être que tout cela n'était qu'une excuse simplement destinée à l'éloigner d'elle. Si tel était le cas, le jeune homme voulait le savoir, et l'entendre de la bouche de la jeune femme.

-Mais.... peut être qu'au final.... ce sentiment n'est pas partagé.... J'ai reçu ta lettre.... la seule lettre de toi en plusieurs jours.....

Elle avait parler de prendre ses responsabilités, de se marier à un autre, et même si cet état de fait le mettait au supplice... il ne pouvait cependant pas empêcher la jeune femme de faire ses choix.
Il lui tourna le dos, cherchant à cacher le désarrois qui se lisait sur son visage.

-Tu as dit que tu allais... te marier à un autre....


Fragmenté, brisé.... c'était son état actuel, son esprit fataliste le poussant naturellement à imaginer le pire, oubliant tout le reste...

-Tu ne veux plus de moi c'est ça ?....


La voix éraillée devenait un filet d'air qu'une gorge trop serrée laissait passer difficilement.

-Je te mentirais.... si je disais que ça ne me fait rien.... que je suis heureux pour toi si c'est ton choix....




Il se frotta les yeux qui commençaient encore une fois à s'humidifier à cause de l'émotion, tachant d'essuyer les larmes de plus en plus nombreuses sans grand succès.

-Mais je veux bien essayer de faire en sorte... que ça ne m'affecte pas.... si tu es heureuse avec un autre....




Il se mit à hoqueter, son poing se serrant pour l'empêcher de faire quoi que ce soit de stupide etfit de son mieux pour se retourner vers la jeune femme captant son regard avec un sourire de supplicié qui se voulait néanmoins honnête.
Une nouvelle bordée de larme se dessina alors que le peu de confiance qu'il avait en lui finissait par être balayé par les propos de Sana, et ce fut peut être seulement le vestiges d'un amour qu'il tentait déjà d'oublier sans le moindre succès qui le maintînt en état de respirer.
Vers quoi aspirer quand votre amour vous rejetais ?
Il connaissait bien entendu la solution, et cette dernière à qu'il avait toujours haï dans les mines, il l'appelait presque à grand cri désormais.
Ne sachant si Sana refusait l'affection par amour pour lui ou par dégoût, il choisit évidement la seconde option car si la jeune femme était sous le choc, lui était déjà bien plus proche de l'étape final de son désespoir et n'attendait qu'une dernière parole pour disparaître définitivement de la vie de Sana
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Sanaë Eshfeld
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Jeu 29 Mar - 10:28
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Serrant les poings tout en fixant le sol, Sanaë secoua frénétiquement la tête en écoutant les propos du jeune homme. Malgré ça, malgré toutes les horreurs qu’il devait à sa famille, il continuait à penser qu'il lui devait quelque chose.

- Je n’ai jamais rien fait ! Tout cela, tu ne le dois qu’à toi-même et tu le sais ! gronda-t-elle sans pour autant lever les yeux vers lui. Cesse donc de me prêter des vertus que je n’ai pas ! Il suffit de te regarder pour comprendre quels sont les effets de mon amour sur toi ! Je...

Je t’aime ! Je ne veux pas que tu souffres à cause de moi ! Je ne veux pas te faire du mal ! Voulait-elle hurler à plein poumon sans pour autant réussir à le faire. Cette vision de lui, le visage blême, creusé par l’épuisement et la tristesse, ces marques qu’il s’était lui-même infligé à cause du chagrin qu’elle avait provoqué, voilà tout ce qu’elle voyait. Tout cela lui était intolérable, douloureux…

- Tu le dis toi-même ! Regarde ce que tu es capable de faire par amour ! Que crois-tu que je ressente en te voyant comme ça ? Je ne veux pas que tu en arrives à de telles extrêmités, pas pour l’être misérable et méprisable que je suis ! JE ne mérite pas ton amour ! TU ne mérites pas de souffrir à cause de moi !

Les mots suivants la percutèrent de plein fouet… Cette lettre… Celle qui lui avait arraché son cœur et ses larmes… Celle qu’il croyait unique. Ses yeux s’écarquillèrent sous la surprise, réalisant la nouvelle horreur que son frère avait commise… Sanaë ne pouvait pas lui laisser croire qu’elle l’avait oublié, qu’elle avait renoncé à lui parce qu’elle ne l’aimait plus… C’en était trop.

- Je t’ai écrit... chaque jour, Hype… Derek m’avait promis de te les envoyer… Je l’ai cru... murmura-t-elle entre ses dents tout en continuant à serrer les poings avant de se remettre à crier. Imagines-tu simplement la torture que cela a été pour moi de t’écrire ces mots atroces ! Il ne m’a pas laissé le choix, bon sang ! Il savait pour les deux hommes… Il savait tout ! J’ai accepté ce fichu mariage simplement pour te protéger ! Parce que je préférais m’enfermer dans un mariage de façade purement grotesque que de t’imaginer enfermé à nouveau… Ou pire...

Il se trompait, sur toute la ligne, mais Sanaë était bien trop en colère pour lui expliquer la situation de façon plus pausée, comme elle l’aurait fait habituellement. Elle avait bien subi ces derniers jours et la dernière nouvelle n’avait fait qu’anéantir tous ses espoirs de bonheur avec lui.

- Je ne veux plus que tu souffres à cause d’un membre de ma famille. Rien de ce que je pourrais t’apporter ne changera ce que tu as vécu à cause d’eux… Et te voir ainsi…

Ses larmes s’étaient accumulées tandis qu’elle parlait, alourdissant son regard, troublant sa vue sans pourtant se mettre réellement à couler. Sanaë ne se l’autorisait pas, tout simplement. Elle n’avait pas le droit de pleurer alors que lui-même souffrait… Et ce sourire… Ces mots si lourds de sens… Quelle immonde torture Hypérion était en train de lui infliger. S’en rendait-il seulement compte ? Comprenait-il la propre douleur de la femme se trouvant face à lui ? Non… Sans quoi jamais il n’oserait proférer de telles paroles.

- Comment oses-tu me dire ça ? murmura-t-elle de sa voix brisée à l’image de son propre coeur. Tu ne m’écoutes pas… Tu fais le sourd alors que je te hurle mon amour… Je n’ai jamais aimé que toi, je ne t’ai jamais menti… Mais tu ne le vois même pas… Que cherches-tu en me disant cela ? Hype ? À me briser un peu plus ? À me rendre plus misérable encore que ce que je le suis déjà ?

Cette fois, Sanaë releva enfin les yeux vers lui. Des yeux rouges, chargés de larmes trop longtemps contenues et d’une colère débordante donnant une teinte orageuse à ses prunelles bleues.

- Que dois-je faire, Hype ? Que veux-tu de moi ? Dis-le-moi… Parce que je ne sais plus…



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Hyperion Radchen
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Sam 31 Mar - 11:17
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Y avait-il vraiment un lien entre Sana et ses frères ? Quelques chose qu'Hypérion ne voyait pas ? IL ne savait plus vraiment comment réfléchir, si bien que toute cette situation lui paraissait presque sur-réelle...
Pourquoi se faisait-elle tant de mal pour quelque chose qui ne la concernait pas ?
Le jeune homme était du genre à séparer facilement les choses si bien que même si cette dernière faisait soit disant partie d'une famille, il arrivait simplement à ne pas faire de lien. Comment aurait-il pu en faire de toute façon ? Elle avait été si douce avec lui, jusqu'à faire oublier tout le malheur qu'il y avait eu avant.

En l'entendant lui crier qu'elle l'aimait, il eu un petit sursaut d'espoir. Il avait eut faux sur toute la ligne. La stupeur le laissa sans voix un moment et il ne réussit qu'à répondre doucement.

-Non.... bien sur que non... je veux que tu sois heureuse Sana... simplement ça.... même si le monde entier semble décidé à nous priver de cette joie simple.


Elle finit simplement par lui demander ce qu'il voulait. La réponse était pourtant simple et évidente, mais les deux amants brisés comme ils étaient semblaient incapable de communiquer normalement. Oubliant tout le reste, la distance la douleur il brisa une fois de plus l'espace qui les séparait, la prenant dans ses bras simplement, comme si rien de tout cela n'était arrivé.


-Si ce sont des instructions que tu veux.... je n'en ai pas beaucoup... mais je ne peux que te demander une chose... aime moi... je veux simplement être heureux avec toi, laisser tout cela derrière....



Oubliant la colère précédente, il l'embrassa langoureusement, la seule chose qu'il put faire qui dépassait les simples mots.
Il n'était plus question de retenir quoique ce soit maintenant. Au bout de longues minutes il finit par arracher ses lèvres des siennes lui déclarant doucement.

-Ce qui est derrière nous doit le rester.... je veux simplement aller de l'avant avec toi.... peu importe ce que tu peux penser de ta famille.... le fait est que je suis là.... Ils ont fait quelque chose d'horrible mais je t'interdis de penser que tu y est pour quelque chose.... si je ne t'en veux pas pour cela, tu n'as pas à le faire.


Cela lui faisait d'autant plus de mal de la voir s'identifier a ces gens avec qui elle n'avait pas la moindre similitude sinon un ancêtre commun, un individus pouvait il être vraiment relié par un autre aussi simplement ? Si on lui avait laissé le choix, Hypérion ce serait abstenu de tout ça. Mais ses sentiments, trop embrouillés l'avaient fait sortir de ses gonds, et le résultats était aussi désoeuvrant que triste.
La seule chose qu'il voyait était que son amante était triste et c'était sans doute le pire.
La calant contre lui, il enfouit sa tête dans son cou une nouvelle fois refusant cette fois de la lâcher.

-Ne me quitte plus... c'est la seule chose que je veux vraiment, je veux t'aimer pour toujours et ne plus être séparé de toi pour une quelconque raison. Et ne plus laisser quiconque nous éloigner encore une fois... c'est bien trop douloureux.


Lentement, très lentement, sa tristesse s'échappait, remplacée peu à peu par le sentiment d'amour habituel qui revenait encore un peu plus fort que la dernière fois. Le jeune homme en était arrivé au point ou l'absence de son amour en devenait douloureux physiquement. Ainsi la sentir contre lui chassait progressivement tout ce qui avait pu le rendre triste à s'en faire souffrir.

-Les blessures guériront avec le temps, la situation s'arrangera aussi, tant que je suis auprès de toi je suis confiant dans ce fait.


Il la fixa droit dans les yeux lui posant une dernière question. Ce n'était plus vraiment une supplique, mais plutôt une invitation à tout recommencer, seulement eux deux

-Veux tu toujours que nous continuions ensemble ma Sana ?
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Sanaë Eshfeld
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Dim 1 Avr - 21:01
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Sanaë ne le quittait plus des yeux. La vue de ses blessures était tout bonnement insupportable tant et si bien qu’elle évitait soigneusement de les regarder, simplement pour ne pas perdre pied. La jeune femme ne s’en voulait pas pour les actes odieux de ses frères, après tout, elle n’y avait pas participé… Toutefois, elle les avait vu changer, amasser bien trop d’argent pour un ingénieur, même doué, et un simple avocat. Il lui suffisait de se souvenir de tout cela pour comprendre qu’elle s’était tout simplement montrée aveugle et sourde tandis que d’autres souffraient à cause d’eux… Hypérion en particulier… Un simple regard vers ses yeux vairons lui rappelait le symbole gravé sur ses fers… Un symbole qu’elle avait aidé à créer alors qu’elle n’était qu’une adolescente fière de la réussite professionnelle de ses aînés.

Le hasard, l’ironie avaient voulu que les deux se rencontrent et qu’ils tombent amoureux l’un de l’autre. La chose lui parut si étrange alors, comme s’il s’agissait d’une sorte de revanche, une vengeance sur ses frères qui le méprisaient pour l’avoir traité comme animal… Pire… Un outil… Sanaë n’oublierait rien de ce que lui avait raconté son compagnon, les dernières révélations comme tout ce qu’ils avaient voulu lui faire faire. Comment ne pas faire le rapprochement entre leur traitement, leur haine envers un jeune homme qui lui avait pourtant sauvé la vie et qui prenait soin d’elle depuis. Sanaë s’en voulait de tout cela, simplement d’avoir été naïve, une fois de plus. Aveugle et sourde face à une réalité évidente à présent et qui aurait pu coûter la vie à l’homme qu’elle aimait et qu’elle avait voulu protéger. Le résultat était pourtant lamentable, malgré tout, elle l’avait blessé, pour preuve les multiples lacérations qu’il arborait. Et pourtant, lui ne désirait que son bonheur…

Il était si calme face à elle, murmurant presque ses mots alors que Sanaë n’avait pu que lui hurler dessus jusque-là… À lui qui n’était en rien responsable de tout cela, au contraire, Hypérion en était même la victime principale… Une fois encore, les paroles du jeune homme la frappèrent tandis qu’il la prit amoureusement dans ses bras. Cette fois, elle ne le repoussa pas. À quoi bon ? Sanaë n’en avait après tout pas la moindre envie. Il lui avait tant manqué et si lui en était venu à se faire souffrir, l’ancienne horlogère s’était simplement éteinte, à l’image de ses animécaniques. Hypérion représentait en somme le remontoir de son cœur, de son âme même.

Elle l’écouta en silence, répondit à son baiser empli d’amour et de passion qui lui permit de regagner son calme habituel.

- Hype… Je n’ai jamais voulu te quitter… murmura-t-elle en s’éloignant assez pour pouvoir caresser le visage de son amour. Mais ça… ces blessures, ces larmes… C’est trop. Je ne veux pas que tu en arrives là à cause de moi. Je suis tellement désolée de t’avoir infligé ça et je ne suis certainement pas prête à me le pardonner… Tout comme à eux.

Laisser le passé derrière eux aurait pu être une bonne idée, néanmoins Sanaë en était bien incapable. Ils avaient souillé le nom de leur père tout comme sa mémoire, de la pire des façons qui soit… Ce qu’ils lui avaient fait à elle n'était rien en comparaison, bien qu’elle ne l’oublierait certainement pas.

- Je ne peux pas juste laisser ça de côté Hype, pas après ce que tu m’as raconté. C’est bien trop grave. Ce qu’ils t’ont fait subir... dit-elle en frissonnant, simplement en se remémorant les souvenirs de son compagnon. C’est ignoble, il n’y a pas d’autres mots. Ce nom...Celui de ma famille… Je me dois de le laver… J’y tiens, pour mon père qui s’est tant battu pour nous. Sans quoi, je ne pourrais plus jamais me regarder dans le miroir, ni même te regarder toi. Et je ne veux pas d’une telle chose entre nous.

Les choses ne s'arrangeraient pas seules, malheureusement, de cela, Sanaë en était certaine. Ce serait bien trop simple. Il y avait encore des choses à régler avant de pouvoir reprendre leur quotidien là où ils l’avaient laissé, car il était bien évidemment certain que l’ancienne horlogère ne le quitterait plus. Toutefois, cette histoire avec sa famille devait être réglée, d’une façon ou d’une autre, simplement parce qu’il était hors de question que tout soit oublié et Sana ne comptait certainement plus plier devant eux.

Un sourire se dessina sur le visage épuisé de la jeune femme lorsque son compagnon lui demanda si elle désirait continuer leur relation. Évidemment qu’elle le voulait, elle regrettait amèrement d’avoir simplement quitté leur maison ce jour-là. Jamais elle ne l’aurait fait si Sana s’était doutée que les choses tourneraient ainsi. Mais alors qu’elle allait lui répondre, son attention se porta sur un bruit venant de la rue principale, juste à côté. Elle ne l’avait pas réalisé avant puisqu’elle s’était focalisée sur sa colère et sa tristesse. Le calme revenu lui permit d’ouvrir les yeux, d’observer son environnement… De se souvenir. Et lorsqu’elle réalisa où elle se trouvait réellement son sourire s’étira avant d’attraper joyeusement la main de son compagnon pour l’entraîner avec elle.

La rue principale grouillait de vie, comme à son habitude. Jadis, Sanaë l’empruntait chaque jour, pour diverses raisons, simplement parce qu’elle reliait la boutique à la plupart des lieux important de la cité, comme la gare. Sans le savoir, Hypérion l’avait conduite dans une impasse jouxtant avec l’endroit même où avait eut lieu leur rencontre. Le printemps avait depuis longtemps chassé la neige et Blumar apparaissait alors sous un nouveau jour, bien moins joli qu’alors. Un fiacre passa devant eux dans un joyeux fracas en roulant sur la terre battue par les vas et viens incessant.

- Te souviens-tu ? demanda-t-elle doucement tout en observant la rue. C’est étrange de se dire que tout à commencé ici, non ? Le lieu est le même, mais tout est pourtant différent...

Plus de neige pour recouvrir le sol, plus d’insouciance pour Sanaë. Hypérion se tenait à ses côtés sans son armure protectrice… Tant de choses avaient changé, leur vie, eux… Tout. L’ancienne horlogère ferma les yeux tout en se tournant vers lui. Elle lui prit les mains, les serrant doucement dans les siennes avant de les embrasser tendrement.

- Hype, ces jours sans toi ont été atroces. J’étais comme… morte, tout simplement. Une vulgaire poupée. Quand j’ai accepté ce mariage, j’ai simplement voulu mourir pour de bon, chose que Derek n’aurait certainement pas laissé faire. Tout cela pour te dire que même si j’estime ne pas mériter ton amour et tout ce que tu es capable de faire, je ne peux tout simplement pas vivre sans toi. Je t’ai déjà donné mon cœur, comme mon âme… cette expérience n’a fait que le prouver. Alors évidemment que je veux continuer, car ma vie, c’est toi Hype.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Lun 2 Avr - 1:14
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Comment réconforter Sana qui avait été durement atteinte ? Beaucoup de personne auraient bu leurs propres malheurs, mais Hypérion ne vivait que pour elle, son malheur prenait donc le pas sur le siens, l'oblitérant totalement.
Sa main caressa le visage de la jeune femme et son visage laissa apparaître un sourire rassurant


-Sana... certaines personnes reçoivent la disparition de leurs moitié avec une froide résolution, certains pleurent... je suis différent de ces gens là.... je suis... simplement très attaché à toi... ce genre de réaction est normale tu sais.... qui voudrait perdre sa raison de vivre après tout ?
Tu ne dois pas t'en vouloir.... tu apporte trop de bonheur pour t'en vouloir pour si peu. Rappelle toi comment je suis arrivé chez toi.... l'état dans lequel j'étais.... aujourd'hui ce n'est rien, et si je devais m'infliger pire pour te retrouver.... ce serait sans hésiter.


Ce n'était pas un message destiné à lui prouver quoique ce soit. Mais simplement une vérité simple. Hypérion tenait tellement à Sana qu'il était prêt à bien pire que cela. A vrai dire cette automutilation n'avait même pas été volontaire, un simple contrecoup des mauvaises nouvelles.
Comme il l'avait dit chaque personne réagissaient différemment à la perte et le jeune homme enviait parfois les Mytrans de ne pas souffrir de telles choses.
Quant elle fit part de ses remord, il ne put que hausser les épaules ne trouvant toujours pas le lien entre Sana et ses frères.

-Et pourtant... il ne sert à rien de blâmer un troupeau entier pour quelques bêtes malades.... c'est assez maladroit mais... je ne peut pas en vouloir à toute famille pour les méfaits de seulement deux membres. Ce serait injuste...
Laisse donc la justice régler leurs cas, il n'est pas question de remettre en cause l'honneur de ton père. Ou celui de toute ta famille.... On disait souvent que sur une production, il y avait parfois des rebus.... Je pense que c'est pareil....
Personnellement je n'en veux pas à toute famille car je pense savoir qu'ils n'étaient pas impliqués.

Une autre pensée bien plus sombre lui vint à l'esprit quand elle déclara ne pas pouvoir laisser cela de côté, et sa voix se mua en un murmure inquiet

-Et que compte tu faire au juste ?


Mais tout cela fut vite interrompu quand la jeune femme emmena Hypérion dans une des rues principales. Laissant les deux bûcherons surveiller l'armure verrouillée
Sana semblait heureuse de se trouver là, même si le jeune homme lui ne comprit pas tout de suite. Et ce n'est qu'une fois la question posée que tout lui revint en mémoire.



-Oui....oui.... mais tout semble différent....



La neige avait disparut, c'était un fait, mais il y avait aussi une différence de point de vue monumentale. Privé de la taille de son armure, le jeune homme voyait la rue selon un angle radicalement différent, plus bas, moins portant....
Assez étonnamment, c'était l'une des première fois qu'il arpentait ce lieu chargé de souvenir avec sa taille humaine. Les pièces du puzzle se remettaient lentement en place les unes après les autres...
C'était bien cette rue , l'endroit presque exact ou avait eu lieu leurs première rencontre.

-C'est si... changé.... je n'ai plus la même vision.... tout semble si grand.... les immeubles, les poteaux, les fiacres.... c'est donc ainsi la véritable vision des gens ici ?


Le lieu était symbolique mais pas forcément beau. Hyperion trouvait ces rues trop étriqués, et les routes trop encombrées.... Il avait pour une fois la vision exacte du monde de sa moitié, une vision qui superposée à celle de leur village n'était pas forcément des plus positives.
Mais la beauté n'était pas importante, le symbole lui l'était. C'était là ou tout avait commencé, et là ou tout recommençait une nouvelle fois. Il y avait une sorte d'ironie dramatique ici qui ne pouvait pas être seulement due au hasard.

Les paroles des Sana le touchèrent profondément, déclenchant un court instant de pur bonheur.... Moment qui fut repris par d'autres paroles.

-Quand tu me l'a annoncé, enfin... quand j'ai lu ta lettre, la première depuis des jours... j'ai cru que quelqu'un m'avait arraché le coeur.... je ne comprenais pas.... maintenant je pense y arriver un peu plus. Mais Sana.... pitié ne pense plus jamais à mourir... je ne peux pas vivre sans toi et t'imaginer de te laisser dépérir pour moi.... je refuse simplement de l'imaginer.
Pardonne moi d'avoir chamboulé ta famille ainsi.... j'étais hors de moi.... je ne pensais qu'à te retrouver, simplement pour te voir peut être une dernière fois.... Mais maintenant que nous somme réunis à nouveau.... j'aimerai que tu accepte l'amour que je te porte car il n'est pas question de mériter quoi que ce soit. Je te donne tout ce que je peux posséder, tout comme tu l'as fait.


Répondant à son baiser, il l'a prit dans ses bras une nouvelle fois, l’entourant de façon protectrice comme l'aurait fait n'importe quel amoureux.

-J'aimerai faire plus pour me lier à toi, faire en sorte que plus personne ne puisse nous séparer à jamais... Que plus jamais ta famille ne puisse te faire autant de mal. Qu'ils pensent que je me suis servit de toi ou que je t'ai enlevé pour t'emmener dans notre village...


Car Hypérion savait pertinemment que les histoires de la bourgeoisies ne se finissaient jamais aussi simplement, il y avait toujours des gens nostalgiques, et Sana aurait encore des problèmes sur ce sujet.
Mais le jeune homme ne savait pas quoi faire. Il n'était qu'Hypérion, Hypérion fils de personne, dont le nom de famille inventé venait d'une boite de pièce détachée trouvée dans le fond d'un atelier et dont le prénom n'était que celui d'une ancienne armure assistée.
Il était difficile d'être qui que ce soit d'autre. D'un autre côté il était aussi Soren.... mais là encore cette identité était friable comme du sable, et ne laissait pas la moindre manière de s'affirmer auprès de cette société qu'il haïssait tant....
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Sanaë Eshfeld
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Lun 2 Avr - 8:10
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Loin d’y avoir pensé de prime abord, Sanaë réalisa que si les lieux lui semblaient différents, ce devait être d’autant plus vrai pour son compagnon. À bord de Centurion, il se trouvait nettement plus haut, dominant le monde des hommes de sa taille de géant. À présent, à ces côtés, foulant le sol de ses propres pieds, Hypérion n’avait plus rien d’impressionnant. Aussi, malgré leur proximité inconvenante aux yeux de la société daënare en générale, le couple parut bien invisible aux badauds arpentant la rue et c’était tant mieux. Sanaë aimait cette impression de bulle chaleureuse qui n’appartenait qu’à eux lorsqu’ils se trouvaient ensemble. Ainsi, la réaction du jeune homme et sa question en particulier, l’amusèrent tellement que le rire franc et cristallin de l’ancienne horlogère résonna dans les rues de sa ville natale.

- Et bien oui, mon amour. Te voilà à l’échelle du commun des mortels. Si cela peut te rassurer, dis-toi que tout me paraît plus grand encore, raillai-t-elle gentiment et plaçant sa petite main au niveau de son front pour faire mine de comparer sa taille à la sienne. Au moins dix centimètre de plus je dirais. Mais je te préfère ainsi, fait de chair, je ne risque pas de m’assommer en te percutant.

Elle rit de nouveau en pensant à leur rencontre qui n’avait absolument rien de romantique. D’autant que ce jour-là, l’attention d’Hypérion s’était concentrée sur l’état d’une montre brisée, Sanaë n’apparaissant alors que comme un vulgaire insecte insignifiant.

Toutefois, l’insouciance du moment s’évanouit bien vite au profit d’une conversation bien plus sérieuse. Sanaë regretta même de lui avoir raconté son ressentit et ses idées noires lorsqu’elle avait compris qu’elle ne le renverrait jamais, devant passer sa vie enchaînée à un homme qu’elle aurait été bien incapable d’aimer. La jeune femme ferma à nouveau les yeux, revoyant l’immense Centurion chargé de colère faire irruption lors de ce dîner grotesque uniquement destiné à lui faire choisir ses propres chaînes. Rouvrant les yeux, Sanaë plongea son regard d’azur dans celui de son compagnon, lui caressant doucement la joue, elle lui répondit :

- Il n’y a rien à pardonner, Hype. Je ne t’en veux pas. Au moins cette histoire m’aura permis d’ouvrir les yeux… Je l’ai gardé fermé bien trop longtemps. Je leur en veux à eux… Quand je pense à ce qu’ils t’ont fait… j’en suis tout simplement malade. Et dire que je les aimais et les respectais… Je les ai même admirés, bon sang… J’ai si honte maintenant ...

Se lovant dans ses bras, l’ancienne horlogère n’avait pas oublié sa précédente question, celle éludée par son empressement de le conduire en ce lieu chargé de souvenir.

- En ce qui les concerne, je compte bien laisser la justice faire son travail. Chacun sa place, et tu sais bien que je ne suis pas le genre de femme à chercher la vengeance et certainement pas par mes propres mains. Seulement, ils doivent assumer les conséquences de leurs actes… Mais une fois cela dans les mains de la justice, les journalistes n’auront plus que leur nom à la bouche, le mien, celui de mon père… Je ne peux pas les laisser le traîner dans la boue de la sorte, Hype. Ce nom est chargé d’histoire, il a été porté par tant d’hommes aux ambitions certes modestes, mais qui se sont battu pour leur famille, honnêtement, à la sueur de leur front. Je peux comprendre que cela ne veut rien dire pour toi, toutefois essaie de comprendre que pour moi, c’est important. Il en va de la mémoire de mon père, et celle de Jaread… Nous ne sommes pas bourgeois, Hype. Mon père n’était certainement pas riche, il s’est tué à la tâche pour nous permettre de vivre aisément… Et il est mort à force d’usure. Voilà pourquoi je tiens à laver ce nom… Je ne sais pas encore comment, mais je dois le faire. Tu comprends ?

Le cœur gonflé par son amour, celui qu’il lui rendait au centuple, Sanaë se serra un peu contre lui, savourant son étreinte rassurante et protectrice. Il était si bon de le retrouver après tout ce temps, ces moments de tristesse intense, l’emportant petit à petit vers un vide immense de ce qu’aurait put être sa vie sans lui.

Sa dernière déclaration la surpris tant qu’elle s’écarta de nouveau, l’observant en écarquillant les yeux tout en cherchant à comprendre ce qu’il voulait dire. Ils avaient déjà tout, leur lien était particulièrement fort, comme l’avaient malheureusement prouvé ces derniers jours passé séparé l’un de l’autre… Se croyant perdus à jamais. Il avait peur que la situation ne se reproduise, mais pas elle.

- Que veux-tu dire ? demanda-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté. Hype, je ne laisserais pas une telle chose nous arriver une fois de plus. J’irai leur parler, je les affronterais et ils finiront bien par comprendre. Je me fiche bien que notre façon de vivre leur convienne ou non, ils devront faire avec. Je n’ai accepté leur mascarade que parce qu’ils menaçaient de s’en prendre à toi… Et je doute que mes autres frères en viennent à de telles extrémités. Je resterais méfiante, évidemment, loin de moi l’idée de me faire avoir une fois de plus. Ils se trompent à ton sujet, comme ils se trompent sur leur propre position. À moi de leur faire comprendre. Alors s’il te plaît, ne t’en inquiète pas.

Son visage affichait une expression sérieuse et des plus déterminée. Il n’était plus question pour elle de laisser ses frères décider de sa vie, Hypérion et elle en avaient assez souffert et cela ne se reproduirait plus. Elle allait donc devoir régler cela, leur faire accepter le compagnon qu’elle s’était choisit, sans quoi, ils n’auraient plus qu’à oublier jusqu’à l’existence de leur sœur.

- Daren est toujours en ville, j’irai le voir, même si pour le moment, je pense que toute l’attention va se porter sur Walter et Derek… Et leur famille… Pauvres Ava et Cécilie, leurs enfants… Mais ne t’en fais pas, je réglerais ça et nous pourrons rentrer chez nous, avec ou sans leur bénédiction...


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Lun 2 Avr - 22:31
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Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Elle ne lui en voulait pas le moins du monde... pourtant ce sentiment n'était pas partagé, car Hypérion s'en voulait énormément, non pas de l'avoir sortie de cette situation, mais d'avoir comme brisé une partie de son passé. Elle avait déjà suffisamment souffert pour que personne ne lui fasse subir quoique ce soit d'autre. Il ne pouvait cacher le fait qu'il s'en voulait pour lui avoir fait du mal.
Bien entendue vivre avec un mensonge n'était pas forcément la meilleure chose à faire, mais parfois les mensonges rassurants étaient bien mieux acceptés qu'une vérité dérangeante


Que voulait-il dire ? Il ne le savait pas lui même, comme souvent le jeune homme avait une idée en tête, mais contrairement à la mécanique, ici la solution ne venait pas miraculeusement d'elle même sous la forme de schéma et de plan déjà dans son esprit.
Non, là tout était bien plus compliqué, les relations sociales ne se comparaient pas à de simples relations mathématiques où logiques ou chaque action avait une réaction bien définie. Ici chaque chose pouvait engendrer des milliers de possibilités qui elles même en développaient des milliers d'autre. L’intellect du jeune homme était fait pour traiter rapidement des questions technique et son instinct social était réduit à bien peu de chose.
En somme il ne savait pas ce qu'il voulait dire. Hypérion voulait simplement trouver un moyen de la garder près de lui sans pour autant lui créer une nouvelle cage.

-Je ne sais pas vraiment.... Je n'aimerai pas que tu rompe avec ta famille pour cette histoire sans trop d'importance....
Mais si tu tiens à aller les voir alors je viendrais également, tu n'as pas à affronter ces problèmes seuls, même si cette idée me donne envie de m'enfermer dans Centurion..... j'irais avec toi... je veux partager ta vie, pas seulement les moments doux. Nous serons deux pour les affronter, que ça leur plaise ou non.

Car telle était sa vision désormais. Si Sanaë restait une personne libre et indépendante, Hypérion tenait tout de même à ce que les gens prennent conscience qu'elle n'était pas une marionnette que l'on pouvait manipuler à sa guise et s'il fallait qu'il soit présent physiquement pour prouver cela, et bien il le ferait malgré son malaise.

Affronter sa famille ne lui faisait pas peur tant qu'il était avec Sana, et cela se traduisit par un regard plein de volonté malgré les signes de fatigues gravés dessus.



-Si ça te conviens bien sur. Mais si tu veux leur prouver que nous somme liés tout les deux, ma présence sera peut être plus parlante. Tant pis si cela leurs force la main. Je n'ai pas de famille comme toi Sana, et je ne tiens pas à ce qu'elle devienne la mienne loin de là et s'il faut les obligés à accepter, je ne veux pas que tu sois seule.
Nous somme ensemble pour le meilleur et pour le pire de toute façon non ?




Il lui offrit un petit sourire avant de l'enlacer encore plus fort ignorant la foule aux alentours, les gens pouvaient bien s'étonner de voir un couple montrer de tels signe d'affections en pleine rue, moulés dans leurs dogme de comportement. Hypérion en vint à se demander s'ils connaissaient le véritable sens de l'amour.
Avoir une femme qui attendait sagement à la maison n'était pas ce qu'on pouvait appeler aimer.
Une relation était vivante, et le principe du : chacun fait sa vie de son côté n'était au mieux qu'une façon de séparer deux être qui se cachaient derrière un acte administratif pour vivre de manière cordiale.



-Difficile de croire que ces gens possèdent des sentiments.... on dirait presque des machines... et encore nos créations ont l'air plus vivantes....


C'était un détail qu'il avait remarqué en entrant dans la maison du frère de Sana, personne ne souriaient, à vrai dire tout le monde semblait plongé dans une sorte de catatonie qui censurait tout sentiment.
Et s'il n'avait pas eu l'exemple de son amante, il aurait été persuadé que ce genre de chose n'étaient que le fruit d'un cauchemars, mais non cette réalité existait bien.
Par réflexe il serra son amante contre un peu plus fort à voix basse.

-Oui.... réglons ça et rentrons chez nous, cet endroit est.... effrayant....

Le doux souvenir avait laissé place à la réalité, et cette dernière était bien plus froide que dans ses souvenirs.

-Comment ces gens peuvent ils vivre ainsi.... personne n'à l'air heureux.... ils marchent simplement sans regarder aux alentours....


Il désigna les passants embourgeoisés qui semblaient presque des fantômes dans le décors.

-Je n'avais jamais remarqué avant... mais ils semblent.... vide.

C'était un changement radical, mais les pensées d'Hypérion cheminaient bien plus vite maintenant que son esprit était libéré de sa première préoccupation, et ses vieux démons revenaient d'eux même. Un sentiment de panique, renforcé par la fatigue accumulée le saisissait de plus en plus violemment, ce qui se traduisit par une suite de coup d’œil paniqués.
Même s'il allait mieux, le jeune homme n'était pas encore totalement guéri.
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Sanaë Eshfeld
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Mar 3 Avr - 8:52
Irys : 476217
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Même en ayant la meilleure volonté du monde, Sanaë ne savait absolument pas comment faire comprendre à sa famille que sa vie, telle qu’elle était avant leur intervention, lui convenait parfaitement. Ils avaient beau être du même sang, ses frères étaient différents d’elle, ils l’avaient toujours été… Et même si Jaread avait fini par accepter la présence d’Hypérion sous son toit et en était venu à le considérer comme son propre frère, cela était simplement dû au fait que le jeune homme n’était alors qu’un ami et qui ne partageait pas la couche de sa sœur. Et encore, les deux étaient si proches alors qu’il en était venu à douter de nombreuses fois, voyant dans leurs regards des sentiments naissants dont, ni Hypérion, ni Sana n’avaient encore conscience… Nul doute que de savoir sa benjamine vivre en concubinage avec un jeune homme ne lui aurait certainement pas plu… Cela ne se faisait pas, pas dans une telle société qui n’était clairement pas faite pour Sanaë.


En somme, le moyen le plus simple pour que le couple puisse vivre pleinement leur relation sans que personne ne puisse en dire quoique ce soit restait le mariage. Or, Sanaë ne voulait pas en entendre parler. Non pas que l’idée d’être l’épouse d’Hypérion lui déplaisait, puisqu’elle se considérait déjà comme sa femme, le reste n’était que formalité administrative, mais il était simplement hors de question que cela se fasse parce que sa famille leur aurait forcé la main. Voilà pourquoi elle n’évoqua pas le sujet avec son compagnon. Si cela viendrait un jour, ce serait par envie et non par contrainte. En attendant, ses frères allaient devoir faire avec cette situation, ou faire sans elle, tout simplement…

La déclaration du jeune homme provoqua un haussement de sourcils d’incompréhension. Sans trop d’importance… Le pensait-il vraiment ? Comprenait-il simplement la portée de ses mots ?

- Qu’est-ce qui te semble sans réelle importance dans cette histoire Hype ? Que l’on m’enlève presque afin de me marier à un homme par souci de convenance ? Ou qu’on veille à ternir notre histoire avec des principes stupides, des dogmes sociaux qui attesteraient que nous n’avons absolument rien à faire ensemble ? Ou encore la raison étrange qu’avaient Derek et Walter de vouloir à tout prix me tenir éloignée de toi ? Bien que celle-ci, je ne peux que la comprendre à présent...

La cause de tout cela paraissait des plus logiques maintenant que Sana avait toutes les cartes en main. Celle qui les poussait à ne jamais croiser le jeune homme, veillant à ne jamais croiser son regard. Hypérion étant le seul témoin vivant de leur crime odieux, de leur mépris de l’humanité, de l’enfance… Par cette exploitation honteuse et illégale, les deux avaient réussi à amasser une fortune et Hype, malgré sa bonté et son innocence menaçait par sa simple présence de voir tout cela s’écraser comme un château de cartes. Il était donc évident, en sachant cela, que le bonheur de leur sœur ne leur importait en aucune façon. Au contraire, ils s’étaient servi d’elle, de sa condition de femme pour se protéger… Qu’auraient-ils fait à Hypérion une fois Sanaë mariée à un illustre inconnu ? L’auraient-ils laissé vivre simplement tout en courant le risque de le voir un jour débarquer, comme il l’avait fait, et ainsi montrer du doigt la vérité dérangeante qu’ils veillaient soigneusement à cacher depuis bien des années ? Tout cela était important pour Sanaë et le mot lui parut bien faible…

Toutefois, elle fut touchée par l’envie de son compagnon de l’accompagner, d’affronter ses frères avec elle, malgré sa peur évidente.

- Pour le meilleur comme pour le pire, oui, répondit-elle en souriant tout en resserra sa main sur celle de son compagnon. Mais rassure-toi, mon amour. Ce ne sera peut-être pas facile, mais ce ne sera certainement pas insurmontable. Je les connais… Du moins, je l’espère ... Toutefois, je n’y vais pas avec l’intention de leur prouver quoi que ce soit… Je t’aime, notre vie nous convient, ils doivent juste comprendre que leur avis ne nous intéresse pas et qu’ils ne doivent plus intervenir. Ce que j’aurai dû faire il y a longtemps au lieu de faire l’autruche.

Son regard suivit celui de son compagnon qui semblait s’étonner du manque d’expression des passants. Pour Sanaë, il n’y avait là rien de bien surprenant, rien d’effrayant non plus. Ces personnes ne faisaient que traverser, ne songeant qu’à rentrer chez eux. Il était tard, après tout, même si la rue restait animée, le soleil s’était couché depuis quelques heures déjà. Mais pour Hypérion, habitué à se trouver bien au-dessus des regards des hommes, ceux-ci ne se levant vers lui que pour lui manifester leur surprise de croiser un géant de métal… Tout cela pouvait évidemment lui paraître bien étrange, voir effrayant.

Alors, pour le rassurer, la jeune femme se plaça devant lui, attirant son regard vers elle en accompagnant doucement son visage en le prenant en coupe entre ses mains.

- Ils ne sont ni vides, ni effrayants, Hype. Ils marchent simplement en pensant à autre chose. Il est tard, chacun d’eux sont sur le chemin du retour, épuisés, ils n’aspirent qu’à rentrer chez eux afin de retrouver leur foyer. Leur épouse ou leurs enfants. C’est à eux qu’ils pensent tout en avançant, le trajet leur semblant bien trop long, alors ils pressent le pas, sans prêter attention au reste puisque seul leur objectif est important.

En réalité, la jeune femme n’en savait rien, néanmoins, il lui semblait bien plus simple et rassurant d’inventer ce genre de conte pour apaiser son compagnon. Malgré tout, elle trouvait quelques similitudes dans la description du jeune homme avec l’état dans lequel elle s'était plongée ces derniers jours, lorsqu’elle avait cru ne jamais le revoir. Cette constatation la fit rire, un éclat sans joie résonna dans la rue, attirant quelques regards surpris vers eux.

- Sans toi, je suis comme eux. J’avance sans but simplement en pensant à toi… Ne les juge pas trop sévèrement… Ils sont humains, rien de plus. Ils ressentent, sans le montrer forcément… Allez, viens, il est tard, nous avons tous deux besoin de repos et je pense que mes chers frères doivent être occupés avec la milice. Nous les verrons demain.

Il ne leur restait plus qu'à trouver un lieu de repos. Une auberge se situait non loin de l'endroit où ils se trouvaient... Un lieu qu'ils connaissaient bien pour y avoir passé quelques heures plusieurs mois plus tôt alors que Sanaë se remettait doucement de sa rencontre avec Centurion.

Ils y trouvèrent deux chambres confortables, afin de loger les quatre personnes affamées et épuisées qui n'aspiraient plus qu'au repos. Le repas se déroula dans une ambiance étrange et dérangeante, la conversation tournant généralement autour de l’état d’Hypérion durant son absence. Si les deux hommes s’accordaient à dire que l’acte était beau… Sanaë n’y voyait que sa souffrance et préféra abandonner son assiette à peine entamée pour monter se coucher. Imaginer son compagnon dans un tel état de chagrin lui était tout bonnement insupportable, aussi, elle s'allongea sur le lit, plongeant son regard dans le vide en évitant soigneusement de penser à tout cela, se focalisant plutôt sur le lendemain.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 3 Avr - 13:15
Irys : 354877
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Malgré ses efforts le malaise ne passait pas, et même si elle affirmait qu'ils étaient normaux, le jeune homme ne les voyaient pas ainsi, c'était surtout du à la phobie qui ne l'avait jamais quitté plutôt qu'aux gens réellement. Cette phobie le faisait bien plus paniquer que la jeune femme pouvait se douter et quand elle lui déclara que sans lui elle n'était guère différente d'eux il eu réellement peur pendant quelques secondes, n'arrivant pas à imaginer son amante dans un état aussi déplorable. Mais ce ne fus que son intervention qui lui permis de penser à autre chose.
Tout en marchant il répondit à sa première question, ne sachant trop comment il allait pouvoir tourner la chose.

-Ce n'est pas ce que je voulais dire Sana... c'est un peu confus pour moi je suis désolé.

Il secoua la tête avec un air aussi perdu que triste avant de regarder avec dépit le lieu ou ils devaient passer la nuit.
Hypérion reconnu l'auberge bien plus facilement que le reste, trouvant dans la petite chambre qu'ils avaient louer un certains réconfort.
La pièce était sobre, et fonctionnelle au possible, et Centurion avait été laissé dans un coin de la pièce, car le jeune homme refusait de le laisser dehors. Au final rien n'avait changé et cette petite trace de répétition fournit à Hypérion un peu de réconfort. Ils posèrent tous leurs affaires dans les chambres avant de descendre manger un repas des plus simple composé d'une soupe claire et d'un peu de pain frais.
L'ambiance était pesante, et les deux bûcherons se contentaient simplement de troubler le silence.
La jeune homme se sentait mal à l'aise de voir ses réactions centre d'autant d'attention... Il n'y avait pas eu la moindre attention romantique la dedans, il avait simplement fait ce qu'il avait pu... et à vrai dire il ne se souvenait plus de tout.
Cela n'avait été qu'un maelstroms de sensations douloureuses que son cerveau voulait désespérément occulter

C'est donc un Hypérion qui partit presque précipitamment avec Sana coupant court à la conversation, non sans remercier les deux bûcherons de leurs présences. Il voulait au plus tôt retrouver son petit espace ou personne ne risquait de le mettre une fois de plus mal à l'aise. Son cas s'améliorait de jour en jour, mais il avait toujours besoin de s'enfermer par moment.
La chambre était parfaite pour cela et l'absence de fenêtre aidait encore plus à calmer le jeune homme qui avait commencer à paniquer un peu plus tôt.
Il retrouva Centurion ainsi qu'un lit de bonne taille, mais son premier réflexe fut de partir se laver, pour tacher d'enlever le peu de saleté qui c'était accumulée. C'était surtout pour un aspect psychologique qu'il faisait, et il tachait de se débarrasser de ces mauvais souvenirs en frottant aussi fort que possible.
Le savon piquait légèrement les blessures sur ses bras mais finalement c'est un jeune homme propre et dans un état légèrement meilleur qui sortis de la salle de bain.
Sana était déjà sur le lit, les yeux plongés dans le vague.

Cela faisait trop longtemps qu'ils n'avaient pas passer un moment ensemble et Hypérion se glissa doucement près d'elle, savourant par avance ce petit moment d'intimité qu'ils allaient partager.
Il avait besoin de ce contact physique, ce contact salvateur qui chassait toute ses craintes. S’enivrant du parfum de son amante, il glissa ses bras autour d'elle pour la serrer contre lui, déposant un petit baiser sur ses lèvres quitte à la sortir de sa transe.
Lui ne voulait pas penser à aujourd'hui, ni même à demain, le jeune homme voulait simplement profiter d'elle maintenant, la vie lui ayant appris qu'elle pouvait très rapidement lui enlever son aimée.


-Tiens mais ne serait-ce pas mon amour ?


Lui chuchotât-il avant de la couvrir de baiser.
La retrouver ainsi lui procurait une douce sensation de réconfort sensation qui devait sans doute être partagée.
Ses caresses se firent plus prononcées et ses baisers plus langoureux au fur et à mesure de la nuit. Peut être allaient-ils pouvoir oublier ces histoires ne serait-ce que pour quelques heures...

Le jeune homme se réveilla avec son amante dans les bras, mais ne se leva pas immédiatement, préférant profiter de ce moment encore quelques instants avant d'entamer cette journée qu'il n'avait pas envie de voir arriver. C'était souvent le cas avec elle... tout ce qui pouvait les séparer arrivait trop vite.
Et ce fut au bruit des autres clients qu'il devinait que le jour approchait.
Déposer ses lèvres sur celle de Sana pour lui souhaiter le bonjour, il se leva lentement reprenant ses vêtements qui étaient éparpillés dans la pièce avant de les enfiler.
Son visage semblait plus reposé, et les cernes de la veille c'étaient un peu estompées même si elle restait présente. Mais par rapport à hier, l'homme qui se tenait devant Sana semblait en bien meilleure forme, car son remède lui avait été rendus.

-Alors.... quel est ton plan pour aujourd'hui Sana ? Je ne saurais pas quoi faire, mais je serais avec toi
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