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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Les chaînes brisées

Sanaë Eshfeld
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Mar 3 Avr - 16:49
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas retrouvés ainsi ? Seulement eux, se perdant totalement dans leurs caresses, leurs baisers, s’aimant tout simplement, jusqu’en oublier tout le reste… Cela n’avait plus aucune importance pour la jeune femme lovée dans les bras de son amour. Il était là, dormant tout contre elle, la chaleur de sa peau meurtrie se diffusant lentement jusque dans la sienne, lui offrant un sentiment de sécurité purement illusoire.

Il s’était rapidement endormi, juste après l’étreinte qui avait passionnellement marqué leurs retrouvailles… Mais pas elle. Sitôt le moment d’intimité achevé, Sanaë s’était mise à réfléchir ne cessant finalement de penser à la suite. Oh, bien sûr, elle ne doutait pas de sa détermination, elle aimait Hypérion et veillerait à le faire comprendre à ses aînés… Le souci venait d’eux en réalité. De part leur carrure et leur position, chacun d’eux savait se montrer intimidant et aimait en user, voir en abuser selon qui se trouvait en face d’eux… En particulier, lorsqu’ils étaient ensemble. Rien ne pouvait paraître plus facile d’écraser les autres lorsque l’on se trouve en position de force… Hypérion allait-il tenir face à eux qui guettaient la moindre faiblesse ? Cherchant la faille pour s’y engouffrer afin de le faire plus facilement flancher… Ils ne lui pardonneront pas la moindre erreur, en avait-il seulement conscience ?

Sanaë observait le jeune homme dormir paisiblement, dégageant de temps à autre une mèche de cheveux étrangement blanc tombant mollement sur son visage serein. Elle appréhendait le lendemain et cette rencontre qui n’était certainement pas attendue par ses frères… Le couple allait débarquer, tombant comme un cheveu sur la soupe, au milieu d’une conversation déjà désagréable… Peut-être serait-ce le cadet de leur souci… Peut-être allaient-ils en vouloir à Hypérion pour avoir soulevé un problème des plus délicat, mettant à mal la réputation familiale, tout comme leur position au sein de la société... Autant dire que l’ancienne horlogère ne savait pas à quoi s’attendre… Toutefois, elle allait devoir s’affirmer…

Se blottissant un peu plus dans les bras de son compagnon, Sanaë finit par s’endormir à son tour, se plongeant dans un profond sommeil sans rêve, ni cauchemar. Son réveil fut doux, le meilleur depuis bien des jours, savourant la présence de son compagnon contre elle… Aussi, devoir se lever fut particulièrement difficile, bien que le moment était évidemment inévitable. Elle aurait pourtant préféré passer la journée dans ce lit, dans cette chambre sans fenêtre, savourant une fois encore les caresses de son amant… S’isolant ainsi loin des autres, dans la bulle qu’ils s’étaient créée et dans laquelle ils se complaisaient finalement. Malgré tout, les choses ne pouvaient pas être si simples, pas pour eux en tout cas et la question d’Hypérion suffit à la faire replonger dans ses appréhensions.

Elle soupira en se relevant, laissant glisser le drap blanc le long de son corps encore trop mince. Lentement, Sanaë ramassa ses vêtements de la veille… Une robe de soirée élégante, mais totalement inadaptée à la matinée. Néanmoins, la jeune femme ne s’en préoccupait pas plus que cela, même si le tissu rose allait forcément attirer les regards sur elle… Ceux étonnés, qui la jugeraient en la voyant quitter l’auberge au matin avec un homme. Nul doute que cela allait forcément lui retomber dessus, les gens la connaissaient, tout du moins de nom et ne tarderaient pas à colporter des rumeurs à travers la ville qui n’était pas bien grande. Étrangement, l’idée lui arracha un sourire amusé, tandis qu’elle enfilait la robe qui allait tout déclencher. Après tout, s’ils ne voulaient pas se retrouver mêlés à pareilles rumeurs, ses frères auraient mieux fait de la laisser vivre sa vie à l’écart dans son village reculé.

- Je n’ai aucun plan, déclara-t-elle en se retournant vers le jeune homme. Il va falloir aviser selon la situation, mais je ne pense pas que nous serons très bien accueillis. Tel que je les connais, ils ont dû passer la nuit à discuter de Derek et Walter, afin de chercher une solution pour préserver leurs enfants. Nous verrons le moment venu.

Même si elle aurait voulu le rassurer, lui expliquant que tout irait bien, Sanaë ne se sentait pas le cœur à lui mentir. Elle ne savait pas, tout simplement. Ce pourrait être aussi facile que catastrophique, toutefois, elle se devait de le mettre en garde.

- Si tu viens avec moi, il est fort possible qu’ils essaient de te tester… En particulier après cette histoire de… mine. Es-tu vraiment certain de vouloir venir avec moi? Je ne t’en voudrais pas si tu préfères m’attendre ici, tu sais… C’est juste qu’ils risquent de tout faire pour te provoquer, essayer de te mettre à mal… Je ne voudrais pas que cela te rende malade… Daren en particulier…


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mar 3 Avr - 20:38
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
Sana semblait décidée à affronter ses frères, mais mettait déjà Hypérion en garde contre la réaction de ces derniers. Ils allaient le tester voir essayer de le pousser dans ses limites. Et bien qu'ils essaient donc. Hypérion n'était plus une crevette, et si son physique n'imposait en rien, il ne valait mieux pas sous estimer la force du jeune d'autant plus quand il défendait Sana.
Il soupira bruyamment.... garder son calme serait sans doute la seule véritable épreuve, et le connaissant cela n'allait pas être une mince affaire. Dès que quelqu'un faisait mine de toucher à sa relation avec son amante, il avait tendance à sortir de ses gonds bien plus rapidement. A vrai dire c'était l'une des seules choses qui arrivait à lui faire perdre son calme habituel.

-Qu'ils me testent donc, je ne saurais te garantir que je garderais mon calme en toute circonstance, mais je ferais de mon mieux. Si ils cherchent tant que ça à savoir si je suis quelqu'un de bien pour toi... je dois tout de même me plier à cette épreuve.... aussi ridicule soit-elle.

Pas qu'il était persuadé d'être l'homme idéal pour son amante, mais plutôt qu'il ne se sentait pas à être jugé par des personnes qui n'en avaient pas l'autorité. Mais ce n'était pas pour lui, mais simplement pour que Sana soit débarrassée de cette histoire sordide.
Hypérion se demandait sérieusement à quoi rimait tout ça.... y avait-il une raison de chercher la moindre bénédiction chez ces gens ? Après tout Sana elle même était heureuse. y avait-il besoin de l'accord de quelqu'un qui avait partagé son enfance ?

C'était difficile à comprendre pour lui qui n'avait pas la moindre famille, mais il s'y plierait sans rechigner si tel était son choix.

-Se sentent t-ils obliger de jouer au mâle alpha.... surtout après ce qu'ils t'ont fait subir ? A leurs place je ramperais à tes pieds pour implorer ton pardon.... et voilà qu'ils veulent jouer aux juges....
Rester calme risque d'être compliqué s'ils ne font pas preuve d'humilité avec toi....


Le jeune homme commençait à peine à s'affirmer, et on le poussai dans une situation bien plus complexe que ce que n'importe qui aurait du affronter.... le résultat promettait donc d'être explosif si ses frères se comportaient aussi odieusement que les précédents.
L'arrogance qu'il avait vu chez ces derniers le rendaient presque malade, lui faisant se demander comment un être humain pouvait décider d'infliger autant de souffrance volontairement à quelqu'un qu'il était supposé aimer.

-Que devrais-je faire alors ? Car même si j'appréhende un peu, je ne peux pas prendre le risque de les laisser t'embrigader comme ils l'ont fait.... c'est bien trop abject... et je n'ai pas la moindre confiance en eux. Si ils ont fait des choses aussi terrible sans raison valables.... qui feraient-ils pour se protéger eux même....

Car là était la question... la seule personne qui pouvait témoigner de la culpabilité des frère n'était autre qu'Hypérion qui avait ramassé ses liens. C'était une preuve irréfutable et le seul témoin qui pouvait les accuser n'était autre que lui... Qu'il disparaisse aurait pu fortement arranger toute la fratrie qui n'aurait alors plus qu'à démentir les rumeurs
Et lui allait simplement se jeter dans la gueule du loup pour son amante.
Il se planta quelques instant devant la figure imposante de Centurion qui le fixait avec ses yeux sans vie, cherchant vainement une réponse miracle qui de toute façon ne viendrait pas. Devait-il l'emmener lui aussi ? Il était une preuve comme une autre et le réceptacle de ses entraves qu'il ne tenait pas à sortir comme cela.

-Dois-je l'emmener avec nous ?



C'était sa façon à lui de demander s'il pouvait emporter son petit morceau de confort avec lui pour affronter la situation. Bien sur il ne voulait pas recourir à la violence, mais Centurion était autant le témoin de la vie du jeune homme que ses fers, une preuve matériel de son ancienne condition.
Mais la situation n'était plus sous son contrôle et tout reposait sur les décision de Sana
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Sanaë Eshfeld
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Mer 4 Avr - 17:49
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Une fois encore, Sanaë soupira, se demandent si elle avait finalement bien fait de prévenir son compagnon de ce qui pourrait hypothétiquement les attendre… Hypérion lui parut aussi inquiet que déterminé, sans qu’elle ne sache exactement quel adjectif prendrait le pas sur l’autre le moment voulu. Des frères qu’ils allaient rencontrer, aucun ne s’était exprimés sur cette histoire de mariage purement ridicule. La jeune femme se voyait alors totalement incapable d’anticiper quoi que ce soit… Si ce n’est le mépris évident qu’ils ressentaient envers son compagnon et dont ils ne se cachaient pas.

- Je… je ne sais pas du tout, Hype. Je sais juste que ce ne sera pas un moment agréable, autant pour toi que pour moi. Il serait certes plus simple de partir sans se retourner, mais je n’ai pas envie de courir le risque de représailles ou de nouvelles tentatives…

Attrapant le ruban rose gisant sur le sol, l’ancienne horlogère entreprit de s’attacher grossièrement les cheveux. Il n’existait rien dans cette chambre qui soit susceptible de lui renvoyer son image… Néanmoins, cela n’avait aucune espèce d’importance pour elle qui ne voulait qu’en finir, rapidement. La théorie d’Hypérion ne fit que l'inquiéter d’autant plus… Sanaë essayait de se convaincre qu’il avait tort de penser cela, que sa fratrie ne pouvait pas être entièrement pourri… Toutefois, les derniers événements n’avaient fait que mettre en évidence sa propre naïveté et sa confiance aveugle envers ses frères qu’elle ne connaissait finalement que très peu.

Hypérion se méfiait d’eux, ce qui ne pouvait que se comprendre… Tandis que Sanaë espérait encore que ces quatre-là étaient différents de leurs cadets, que leur morale valait celle de leur père… Que leur monde ne tournait pas uniquement autour de l’argent ou de la réussite sociale, même après tout ça. Il lui fallait se montrer plus forte, plus réaliste, plus détachée aussi. Leur enfance, leurs liens d’autrefois n’existaient plus… Ils s’étaient envolés à l’instant même où chacun d’entre eux, tour à tour, avait refusé de reprendre l’horlogerie familiale… À l’époque, Jaread avait comparé leur réaction à un rejet, une sorte de crachat méprisant lancé à l’encontre de l’enseigne qui pourtant portait leur nom.

Alors… Peut-être se trompait-elle… Peut-être était-ce inutile de vouloir leur faire entendre raison… Et si Hypérion avait simplement raison ? Si ses frères ne verraient en lui qu’une menace à exterminer au plus vite afin de l’oublier… De ne pas ternir un peu plus leur image… De jouer avec cet équilibre illusoire pour lequel ils s’étaient tous battus et qui se voyait mis à mal par les révélations du jeune homme. Était-il judicieux de l’emmener là-bas ?

Mais à quoi bon s’interroger sur le sujet, il ne la laisserait pas y aller seule. Il s’agissait alors de prendre des risques, tout en en limitant certains… Dont un, particulièrement visible et dangereux. A la question d’Hypérion concernant son armure, Sanaë secoua vivement la tête. L’emporter serait bien trop dangereux, voir même totalement stupide. La dernière fois qu’il s’était montré à bord de son compagnon, ce n’était que dans le but de menacer deux d’entre eux… Ses frères ne verraient là qu’une agression, même si Hypérion n’avait pas cette intention.

- Centurion ne ferait qu'attiser leur méfiance et nous n’avons pas besoin de ça. Si tu tiens à m’accompagner, laisse-le ici. Cette fois, il va falloir que tu comptes sur ta propre force et sur la mienne. Nous serons tous les deux pour nous protéger l’un, l’autre, déclara-t-elle en lui prenant la main dans une tentative de le rassurer avant de déposer un tendre baiser sur les lèvres de son compagnon.


*****



Après un rapide petit déjeuner dans une ambiance toute aussi tendue que la veille, le couple se dirigea vers la demeure de Berthram, son frère banquier… Le même qui l’avait aidé, avec Myrn, son jumeau, à tenir son stand lors de l’exposition universelle, quelques mois plus tôt. Les deux avaient trois ans de plus que Sanaë et lui ressemblaient beaucoup, tout du moins, physiquement. Quand le reste de la fratrie Eshfeld se voyait doté d’une chevelure brune et épaisse héritée de leur père, ces trois-là arboraient une crinière dorée venant de leur mère, tout comme leurs yeux d’azur. Jusque-là, Sanaë les trouvait drôles, loyaux et généreux… Restait donc à savoir si elle s’était trompée pour cela aussi.

De tous ses frères, sans compter Jaread évidemment, les jumeaux étaient les plus modestes comme en témoignait la maison de ville toute simple qui se dressait devant eux. Berthram en avait fait l’acquisition bien des années plus tôt, lorsqu’il s’était vu promu à un poste plus important au sein de la banque qui l’employait, et même s’il avait amassé suffisamment d’argent depuis pour pouvoir en acheter une nouvelle, il s’était contenté de la modeste maison à laquelle il était profondément attaché.

Après un regard à son compagnon afin de s’assurait qu’il allait bien, la jeune femme alla tirer la chaînette reliée à un carillon qui s’empressa de résonner à travers la demeure. N’ayant jamais voulu s’encombrer de domestique, qu’il qualifiait volontiers d’inutile, c’est Berthram lui-même qui ouvrit la porte un peu précipitamment, ce qui fit sursauter la jeune femme. Le trentenaire à la mine épuisée, mal rasée, se jeta dans ses bras en la serrant fort contre lui avant de s’écarter pour l’observer plus longuement. Son expression rassurée se terni lorsqu'il aperçu Hyperion avant de devenir nettement plus froide.

- Bon sang, Sana, où étais-tu ? Nous t’avons cherché partout… On pensait même qu’il t’avait enlevé.

Le regard qu’il posa sur son compagnon se fit plus dur, plus méprisant. Son frère était visiblement contrarié de le trouver devant sa porte et ne prenait nullement la peine de le cacher.

- Pourquoi m’aurait-il enlevé ? demanda-t-elle en penchant la tête sur le côté, surprise par les accusations du banquier.

- Je l’ai vu sortir en trombe pour t’emmener ailleurs, Sana. Il te portait dans ses bras. Que voulais-tu que je pense en voyant cela, après ce qu’il a fait ?

- Je vois, soupira-t-elle en portant la main à son front, signe d’exaspération évidente. Nous sommes justement venus vous parler, qui est avec toi?

- Myrn, Daren et Sam… Tu te doutes que Walter et Derek sont au poste alors que lui aussi devrait y être... grogna-t-il en désignant Hypérion du menton.   De quoi voudrais-tu nous parler au juste? Avec cet homme qui plus est, hein Sana ?

- Je préférerais en discuter à l’intérieur, si tu veux bien... répondit-elle calmement en serrant doucement la main de son compagnon sous le regard mauvais de son aîné.

- Je ne veux pas de lui chez moi, Sana. Pas après ce qu’il a fait ! Pas après ce qu’il te fait à toi ! Tu devrais t’éloigner de lui plutôt ! Tu es la bienvenue, pas lui.

- Bert… s’il te plaît, murmura-t-elle en raffermissant sa prise sur la main du jeune homme. Si tu tiens un minimum à ta sœur, je te conseille de nous écouter au lieu de t’en prendre à mon… compagnon. Sinon, dis le moi simplement et nous partirons. Je n’aurais pas à gaspiller ma salive inutilement pour des personnes qui me méprisent au point de ne prendre même pas la peine de m’écouter.

A son tour de soupirer tout en portant la main à ses cheveux blonds afin de les ramener en arrière. Berthram sembla prendre le temps de réfléchir, observant le couple, tour à tour, s’attardant un peu plus sur le jeune homme, comme s’il le jaugeait. Puis alors que Sanaë allait abandonner, son frère s’écarta silencieusement pour les laisser passer, ne les invitant pourtant que d’un bref mouvement de tête.

Le rez-de-chaussée ne comprenait que deux pièces relativement petites desservies par un couloir conduisant à un vieil escalier en bois grinçant. Sanaë connaissait bien la maison et les habitudes de son frère, par conséquent, elle se dirigea vers la pièce du fond, sans jamais lâcher la main d’Hypérion. Dans la cuisine, elle trouva ses trois autres frères, affichant tous la même mine fatiguée que le précédent. Attablés devant leur tasse de café fumante, aucun d’eux ne semblait les avoir entendu…

- Bonjour, lança-t-elle timidement pour attirer leur attention tandis que Berthram la poussait légèrement pour les forcer à entrer dans la pièce.

Deux d’entre eux se levèrent, visiblement rassurés de la trouver en bonne santé… Mais pas Daren. Assis en bout de table, l’aîné de la fratrie se contentait de l’observer en silence avant de se reporter à son compagnon.

- C’est ça ton choix, petite sœur ? cracha-t-il en leur jetant un regard méprisant sans pour autant lever le ton. Je ne te pensais pas aussi stupide, tu me déçois. Après ce qu’il a fait, tu oses venir ici, avec lui…  

- Ce que lui a fait ? Tu plaisantes, j’espère ? grogna-t-elle entre ses dents.

- Oh, comprends bien que je ne remets pas en cause ses raisons. La milice à d’ores et déjà ouvert une enquête sur ses joyeuses révélations. Nous en saurons plus très prochainement, dit-il avec flegme tout en se relevant sous le regard biaisé de ses frères. Mais… pourquoi seulement maintenant ? T’es-tu posé la question, naïve petite soeur ? Et si tout ce qui s’est passé jusque-là, avec Jaread par exemple, cette intrusion chez Derek alors que le gratin du Tyorum se trouvait là n’était qu’une sombre histoire de vengeance ? Dis moi Hypérion, ce doit être jouissif pour toi de partager la couche de la sœur de tes ennemis, n’est ce pas ? Tu aimes la salir ? L’humilier ? Profiter d’elle pour te satisfaire ? Qu’as-tu pensé en la déflorant ? Qu’attends-tu au juste ? Qu’elle mette au monde ton bâtard pour l’abandonner ? Maintenant que Derek et Walter sont tombés, il ne reste plus que l’humiliation et la disgrâce de ma famille, n’est ce pas ? Heureusement pour toi que nous avons une petite sœur, jolie en plus… C’est plus agréable non ?

Sanaë ne s’était pas attendue à pareilles accusations toutes plus ignobles les unes que les autres et qui la clouèrent littéralement sur place… Les mots se bousculaient, mais aucun ne perçait la barrière de stupéfaction qui lui enserrait la gorge… La jeune femme fixait son aîné tout en serrant la main du jeune homme, sa prise rendue humide par la moiteur émanant de ses mains…

- Tu y vas un peu fort, Daren… Pense à Sana… elle n’avait pas à entendre cela, gronda Samuel en se plaçant à côté de sa sœur.

- Il est grand temps qu’elle ouvre les yeux, Sam… N’est-ce pas Sana ?



Figée sur place, Sanaë ne sut que répondre… Elle devait se reprendre…


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mer 4 Avr - 21:14
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
La route fut longue, et Hypérion comptait chaque pas, car chacun d'eux était un effort fait contre sa propre volonté. Il voulait rentrer s'enfermer dans Centurion et ne plus jamais en ressortir, conscient que cette situation ne pouvait apporter que du malheur. Mais si Sana voulait le faire.... il n'était personne pour le lui interdire.
C'est avec un regret apparent qu'il laissa Centurion à la garde de ses deux amis qui promirent une dizaine de fois que rien ne lui arriverait. Même avec cela il lui fallut de longues minutes pour laisser sa machine sacrée.
Partir sans lui était un véritable déchirement, bien plus important que ce que pouvais imaginer la jeune femme. Privé de ce repère presque vital, il était obligé de se raccrocher à Sana comme une bouée de sauvetage, comme l'aurait fait un naufragé au milieu d'une tempête. Qui pouvait vraiment savoir il risquait de réagir face à la moindre agression.

**********

Arrivé devant la maison, il eu comme il s'y attendait la désagréable surprise de voir un membre de sa famille, a vrai dire il ne chercha pas à faire le moindre effort de conciliation, il avait essayé auparavant et n'y était pas arrivé. Le jeune homme n'avait plus aucun espoir d'arranger quoi que ce soit.
A la rigueur pouvait-il finir ce qu'il avait commencé, en achevant le reste de ces misérables individus. Et les remarques insultantes qu'il entendit ne firent que renforcer cette conviction.

Pour éviter d'envenimer les choses, il ne dit rien, se contentant de fixer le frère de Sana d'un regard froid, ses yeux vairons se trouvant être une réelle source de malaise chez les gens qui n'y étaient pas habitués.
La maison était bien moins riche que la précédente, mais le même symbole s'y répétait pourtant, provoquant un frissons dans le dos du jeune homme. Lorsque la porte claqua derrière, il porta nerveusement bien que discrètement sa main à l'étuis qui étais dissimulé sur ses hanches.
Son revolver le quittait jamais, et s'il n'espérait pas s'en servir, se savoir enfermé dans un endroit qui portait le symbole de ses ancien maître le rendait nerveux, chose que n'importe qui aurait pu comprendre.
Sa main serra plus fort celle de Sana quand elle entra dans le salon, mais il ne put retenir un petit rictus de mépris en les voyant tranquillement assis à la table le ton était froid, et le jeune homme sentait toute l'animosité qui couvait dans les yeux des frères, ce à quoi il ne répondit que par un regard chargé de mépris

Devant ses accusations, Hypérion resta muet un moment. Un long moment même pendant lequel il fixa les frères de Sana avant d'avoir une réaction qu'ils n'attendaient surement pas de lui. Eux qui l'avaient vu comme une petite chose fragile, ils le prenaient maintenant pour un grand cerveau du mal.
C'est donc presque de façon incontrôlée qu'il se mit à rire. Non pas un rire joyeux comme à son habitude, mais un rire froid, cynique qui n'aurait pas manquer de glacer le sang de n'importe qui dans la pièce.
Il fallut une bonne minute pour que cette crise ne s'estompe, et il dut même chasser une petite larme faussement amusée du coin de ses yeux. Le geste fut plein de mépris pour ces personnes qui se présentaient comme les frères de Sana.

-Vous êtes une bande de chien au final.... Vous savez je pensais vraiment que vous valiez mieux que vos esclavagistes de frères.... Au final les seuls qu'il fallait garder dans votre misérable famille n'était que Jaread et Sana.
Jaread était peut être jaloux, mais au moins était-il un homme droit enfin que dis-je.... c'était un homme.
Enfin laissez moi retourner la question. C'était jouissif d'amasser une petite fortune sur le dos d'homme, de femme et d'enfant à qui l'on avait pris la liberté, ça vous à permis de vous engraisser suffisamment ? Oh et bien visiblement pas tant que ça... car il vous a aussi fallut vendre votre propre sœur à d'autre. Vous étiez en manque de quoi ? De reconnaissance ?

Félicitation vous en aurez plus que ce vous pouvez imaginer. Toute celle qui reviens à la branche pourrie d'une famille.


Il ne repris pas toute suite les accusations qu'ils faisaient, se contentant de les fixer avec un regard incendiaire, luttant contre l'envie de leurs sauter à la gorge ou pire, de tout simplement les abattre, car ils ne méritaient pas moins. D'un autre côté, une mort aussi rapide aurait presque été trop douce pour eux.
Si le jeune avait été revanchard, il leur aurait souhaité de tout perdre comme ceux qui avaient travaillés avec lui avaient tout perdus.

-Et toi du haut de tes grands airs, que compte tu prouver en insultant la personne qui te servait de sœur ? Tu sais cette même personne que tu as abandonné lâchement, une première fois en refusant la responsabilité de ton héritage et une seconde en la laissant presque pour morte au mains d'une mage folle ?


Rappelle moi qui était là pour la tirer des griffes de la mort ? Qui l'a soutenue quand vous vous gaussiez dans vos maisons de luxe ? Je n'en ai pas vu un seul d'entre vous, et il a fallut que vous veniez me l'enlever en plus de cela. Que vous avais t-on fait de mal sinon vivre sans rien demander à personne ?

-Et qui l'a forcée à rester ici pour épouser quelqu'un qu'elle n'aimait pas ? Ah ! Tiens ! j'ai une brochette de coupable devant moi...
Réponds plutôt à cette question sale ordure... combien l'as tu vendu ? Pour quel prix ? Quels avantages ? Une nouvelle mine d'esclave ? Peut être une nouvelle maison. Je reconnais bien là des manière d’esclavagiste.... une vie contre du profit....


Il manquait presque de leurs cracher au visage, et n'était retenue que par la main de Sanaë. La ou la jeune femme semblait stupéfaite, Hypérion lui bouillonnait intérieurement de voir son amante ainsi insultée. Son autre main se mettait presque à trembler de rage. La jeune femme avait eu une bonne idée de ne pas lui faire amener Centurion, car nul doute que la machine aurait ensérée la tête de cet idiot, la serrant jusqu'à la faire éclater comme un fruit trop mur.
La fin aurait été adaptés pour les fruits pourris qu'étaient ces individus
Il finit par se tourner vers Sana, lui demandant sincèrement.

-Je ne sais pas ce que doit être une famille Sana, mais je suis persuadé que ces individus ne correspondent pas à la description que n'importe qui peut s'en faire, que tiens tu à tirer de ces gens ? A part te rabaisser pour leurs propre plaisir égoïste..... est ce que ça vaut vraiment le coup de s'infliger cela plus longtemps ?
Tu voulais savoir s'il accepteraient un jour, et bien nous avons notre réponse, ni aujourd'hui, ni demain, ni jamais. Ils sont trop aveuglés par leur orgueil pour voir le mal qu'ils font...


Il voulait lui dire de les laisser tomber et les oublier à tout jamais, de tirer une croix sur cette famille qu'elle avait perdu. Jaread avait été le seul sensé de la fratrie, peut être le seul qui n'avait pas traîné dans ces histoires d'esclaves également
Mais il aimait Sana plus que tout et c'était sa décision qui prévaudrait, il la suivrait sans discuter. Que ce soit celle de partir, celle de les tuer ou bien celle de leur parler plus longtemps.

-Quant à toi, ne t'avise pas de l'insulter une seule fois de plus devant moi ! M'insulter est une chose, vouloir s'en prendre à Sana en est une autre bien plus grave ordure

Il était presque au bout de sa résistance, se faisant d'avantage de soucis pour elle que pour lui même. C'était plutôt simple, ces insultes à répétitions lui avaient donnés des envies de meurtre, lui qui d'habitude était si calme... Se faire insulter n'était pas une grande nouveauté, ça ne l'affectait même pas vraiment...
Mais insulter la femme qu'il aimait était peut être la seule chose qui pouvait le pousser à devenir violent.

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Sanaë Eshfeld
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Mer 4 Avr - 23:13
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Sanaë restait stupéfaite face aux accusations odieuses qui émanaient de la bouche de son aîné. Bouche réputée pour être respectable, mais qui pourtant proférait actuellement de telles horreurs que l’ancienne peinait à reconnaître son frère. La jeune femme n’osait plus rien dire, ne comprenant pas pourquoi Daren en était venu à penser tout cela. On la disait certes naïve et en un sens, c’était plutôt vrai. Rêveuse, idéaliste, Sanaë aspirait à la simplicité, à un bonheur que même ses proches semblaient lui refuser. Interdite, la jeune femme observait tour à tour ses frères, cherchant leur soutien dans leurs regards dociles… Prenant conscience qu’elle n’en trouverait pas, puisque tous semblaient en accord avec l’aîné, le médecin, le sage, l’odieux Daren qui ne quittait pas Hypérion des yeux, affichant une mine réjouie et un rictus purement narquois directement adressé au jeune homme qui tentait de la défendre.

- Voyons, Hypérion, je te prierais de ne pas faire l’amalgame entre nos frères et nous. Comme je l’ai dit tout à l’heure, cette affaire sera réglée par la justice et Walter et Derek paierons pour leurs crimes. Sois gentil, ne mélange pas tout. Tous les Eshfeld présents dans cette pièce se sont battus honnêtement pour mériter leur place au sein de la société, Sanaë y comprit. Je te l’accorde, Jaread était probablement le meilleur d’entre nous, un véritable modèle de simplicité, tout comme notre père… Et notre sœur.  

Gardant le silence, la jeune femme écoutait la conversation irréelle, fixant à présent le sol d’un regard tristement éteint. Elle le savait, venir ici n’était pas une bonne idée, tout ses espoirs, probablement naïfs, une fois encore, se voyaient piétinés par les paroles de son ainé et le silence des autres. Seul Hypérion lui tenait tête, grondant sa rancœur envers sa famille. Sanaë sentait toute la tension dans sa main, celle qu’elle n’avait pas lâché et qu’elle continuerait à tenir malgré tout.

- Que me reproches-tu au juste, gamin ? D’avoir eut d’autres ambitions que de tenir une petite horlogerie ? Une autre passion qui m’a conduite vers la médecine plutôt que dans les rouages dont je n’ai jamais eut que faire ? Chacun ici a fait ses choix, ma sœur a fait les siens ! Comme celui de nous rejeter durant sa convalescence, préférant la présence du misérable parasite que tu es ! Que lui as-tu mis en tête au juste ? Dis-nous, je t’en prie, comment as, tu fais pour la manipuler ? Hein ? Tu as cherché à l’éloigner de nous ! De sa famille ! Pourquoi ? Par amour ? Laisse-moi rire ! Tu ne cherches qu’à te venger, rien de plus !

Sanaë encaissa chaque mot comme autant de coups de poignard portés directement dans son cœur. Elle tremblait, tout en s’accrochant à cette main pleine de fureur dans la sienne, vacillant peu à peu sans pour autant réussir à rétorquer. Les mots, ceux qu’elle affectionnait tant, restaient douloureusement bloqués tandis que les pensées, les réflexions pleines de doutes se bousculaient dans sa tête. A tort ou à raison… Sanaë ne savait plus. Y avait-il seulement du vrai ou du faux à démêler quelque part. Hypérion avait été présent, à chaque fois… Lui tenant la main, veillant sur elle, parfois même un peu trop. Jusque-là, elle n’avait jamais douté de ses sentiments, de cet amour si tendre, si doux qu’il lui offrait chaque jour… Il avait supporté ses pires moments… Chassé ses cauchemars, ses peurs, ses doutes… Mais… Au final… Était-ce simplement vrai ? Un amour si profond était-il seulement possible ? Pouvait-il mentir ainsi ? Sur tout cela ? Impossible… Vrai ?

- Nous lui avons laissé le choix ! Ne parle pas de ce que tu ne sais pas ! Elle a choisi de rester, de renoncer à cette histoire stupide et d’épouser quelqu’un de respectable qui saurait prendre soin d’elle ! Que crois-tu ? Nous aimons tous notre sœur, nous nous soucions de son bien-être, de son bonheur tandis que toi tu t’évertues à la salir ! Personne ne l’a vendu Hypérion, personne. Bien au contraire, figure toi que nous avons tous participé pour gonfler sa dot, simplement pour qu’un homme de bonne famille accepte d’épouser une femme qui s’est faite voler sa vertu ! Voilà ce que toi, tu as fait !

Excédé, le jeune homme se tourna alors vers, le regard suppliant, tandis qu’elle se trouvait totalement perdue, comme prise entre deux feux sans savoir où se réfugier. À nouveau, elle chercha désespérément un repère dans les yeux de ses frères, un petit rien, simplement savoir à quoi, à qui se raccrocher, qui croire… Son crâne semblait menacer d’exploser sous la pression, les doutes accumulés. Finalement, elle n’avait jamais été personne, une petite horlogère de rien du tout jusqu’à ce qu’elle perde même le seul sens qu’elle avait donné à sa vie… Le travail. Elle n’avait pas d’amis, personne ne l’avait jamais aimé avant lui… Peut-être parce que personne ne le pouvait, parce qu’elle ne le méritait pas… Que croire dans tout cela ? Qui avait raison ? Qui essayait de la manipuler tandis que l’autre essayait de la protéger.

-Je... Je ne sais pas... murmura-t-elle perdue, libérant quelques-unes de la multitude de larmes qui s’étaient vicieusement accumulées.

- Je t’interdis d’essayer de la manipuler une fois de plus ! gronda le médecin en saisissant le bras de sa sœur pour la placer derrière lui. Laisse là donc en paix, elle n’a rien à voir dans ces histoires dans lesquelles tu t’entêtes à la plonger. N’a-t-elle pas assez souffert ?

Brutalement séparée de son compagnon, Sanaë hoqueta de surprise tout en sentant une nouvelle fois son cœur se tordre sous la douleur et la honte qu’elle ressentait. N’avait-elle pas parlé de force ? Où était-elle à présent ? Les insultes pleuvaient, tout comme les accusations toutes plus odieuses les unes que les autres tandis qu’elle s’entêtait à démêler le vrai du faux… Puis elle repensa à cette histoire de mariage, à la manipulation de Derek… Étaient-ils simplement au courant ? Avaient-ils activement participé à cette mascarade ? C’en était trop… Elle ne le supportait plus… Les insultes, les doutes… Sanaë tremblait, mais cette fois de colère…

-Assez ! gronda-t-elle en serrant les poings. Mais je vous en prie, puisque je suis si stupide et naïve, dites-moi donc de qui suis-je le pion ? Ne me parle pas de choix Daren, lorsque les seuls que l’on me laisse sont de marier ou de faire emprisonner l’homme que j’aime. Que ferais-tu à ma place ? J’aimerais bien t’y voir, figure-toi. Je n’ai jamais voulu l’abandonner, simplement parce que je l’aime lui et pas un autre, que cela ne t’enchante pas, je peux le comprendre, mais ça ne te donne aucun droit sur moi. Je suis votre sœur, pas votre fille. Sache que jamais Hypérion ne m’a empêché de venir vous rendre visite. C’était mon choix ! Là, oui, c’est une décision entièrement personnelle, tout simplement parce que je savais très bien comment vous alliez réagir. A quoique, non…. Jamais je ne me serais douté que mon propre frère use de vice et de manipulation envers moi. Comme je n’aurai jamais pu imaginer ce que Walter et Derek avaient fait...

Continuant de serrer ses poings au point de s’entailler les paumes avec ses ongles, Sanaë fixait le sol tout en réfléchissant. Hypérion n’avait pu lui mentir, ça, la jeune femme refusait tout simplement d’y croire. Une telle idée l’achèverait purement et simplement, car après une telle humiliation, une telle horreur, elle ne trouverait jamais le courage ou la force de continuer à vivre normalement. Plus rien n’aurait de sens, puisque c’était lui qui la maintenait. Puis elle repensa à ses marques… Ces griffures profondes qui barraient sa peau. Les paroles des bûcherons lui revinrent en mémoire. Tout comme le visage joyeux d’Hypérion lorsqu’il l’avait enfin retrouvé… Ses baisers, ses caresses, ses regards… Rien de tout cela ne pouvait être feint. Ils se trompaient ! Une fois cela comprit, toute pression, toute nervosité semblaient la déserter, s’évanouissant quelque part dans la pièce. Aussi, elle put reprendre ses explications d’une voix plus calme, plus posée.

- Désolée de te décevoir Daren, mais cet homme-là m’aime bien plus que ce que vous n’en serait jamais capable. Et malheureusement pour vous, c’est réciproque. Finalement, que vous l’acceptiez ou non, cela n’a plus aucune espèce d’importance, car, que vous le vouliez ou non, nous sommes heureux. Met toi en tête que toute cette histoire n’est qu’affaire de hasard, étrange, certes, mais c’est pourtant le cas.

Souriante, Sanaë retourna aux côtés de son compagnon, lui adressant un tendre baiser autant destiné à l’apaiser lui qu’à énerver ses frères face à un tel acte inconvenant. Elle n’en avait absolument rien à faire.

- Rentrons chez nous, murmura-t-elle à l’oreille de son compagnon avant de se retourner vers ses frères. Je vous laisse le choix, soit vous acceptez de ne plus vous mêler de notre vie et de respecter l’homme que j’ai choisi, soit vous pouvez dès à présent considérer que vous n’avez plus de sœur. À vous de voir.


Sanaë s'exprime en #cc99ff



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Hyperion Radchen
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Jeu 5 Avr - 0:13
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Hypérion était à l'extrême limite de les abattre, et lorsqu'il vit le frère de Sana l'attraper comme un objet, ce fut presque naturellement que sa main se glissa à sa hanche, imaginant déjà la tête du médecin répandue contre le mur de la pièce. C'était une douce tentation qui ne cessait de l'appeler depuis la sinistre découverte. Et le jeune homme luttait intérieurement pour ne pas céder à cette sirène. Cela réglerait bien des choses, comme ce personnage qui semblait prendre plaisir dans son mensonge.
Mais cette solution aussi radicale qu’efficace engendrerait surement plus de problème qu'autre chose. Il lui fallut une grande respiration et se concentrer sur sa haine pour éviter de paniquer au milieu de cette pièce hostile et sans le moindre repères.
Centurion aurait surement fait voler la moitié des meubles de la pièce en récupérant Sana, mais au lieu de forcer Hypérion à s'en prendre au médecin, ce fut Sana qui brisa ce statu-quo inconfortable. En explosant presque, retournant vers le jeune homme pour se lover dans ses bras avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres, ce qui eu l'effet de chasser temporairement tout sentiment meurtrier de son esprit.
Son choix était quasiment fait, mais Sana leur laissait tout de même une infime chance de revenir, une chance infime qu'il ne saisiraient surement pas du point de vue d'Hypérion. Devant les mots de son amante, il se contenta de hocher la tête
La suivant jusqu'à la porte sous le regard outré de la fratrie.
Seul le médecin essaya de leur barrer la route, levant une fois de plus sa main sa sœur.
Mais le technicien, même rassuré par le baiser de Sana restait un animal craintif et plutôt dangereux, la main se retrouva bien vite dans un étau de fer, le poignet tordu dans une direction qu'il n'était pas censé prendre d'habitude.

Jamais Hypérion n'avait fait usage de sa vraie force, et sous ses aspect peu impressionnant, ses muscles étaient ceux d'un mineur, habitués au travail de force et la force d'un médecin de ville était bien ridicule comparée à la sienne.
La pression sur le poignet fut telle qu'il tomba à genoux, les yeux vairons du jeune homme se montrèrent implacable en se plongeant dans ceux du frère qui peinait à ne pas hurler de douleur

-Lever la main sur sa sœur ? Tu es déjà allé suffisamment loin et ma patience est déjà à bout. Ne va pas plus loin que ce que tu es prêt à supporter, car je ne te laisserais pas avoir le monopole de la violence, ni maintenant, ni jamais. Essaye une fois encore de la contraindre physiquement et psychologiquement... et je ferais en sorte que vos vie se terminent de façon brutales et violentes.

Si ces gens ne comprenaient que la violence.... Il s'y résoudrait lui aussi, même si cela ne lui faisait pas plaisir. Sa main finit par lâcher le bras du médecin, ouvrant de lui même la porte pour la laisser sortir de ce lieu maudit.
La porte claqua avec fracas quand il la referma, dernier signe de sa colère qui s'évanouissait presque en quittant cette satanée maison.

Ils marchèrent lentement jusqu'à l'auberge, reprenant la place dans cette chambre sans fenêtre ou personne ne pourrait les déranger.
Ce ne fut qu'ici qu'Hypérion s'effondra moralement, ses mains se mettant à trembler sous le choc. Sa phobie, repoussée jusqu'alors revenait avec violence, le forçant à s'asseoir sur le lit, prenant son amante dans ses bras pour retrouver sa chaleur.
Il y allait surement avoir des conséquences, mais pour le moment il s'en moquait pas mal, l'important était qu'il avait retrouvé sa raison de vivre et pendant quelques instant il se revigora dans ses bras, observant impuissant les tremblements de ses membres.
Hypérion finit tout de même par réussir à parler de nouveau, d'un gorge serrée par l'angoisse incontrôlée

-Merci d'avoir cru en moi Sana.... j'aurai aimé que tout cela ne t'arrive pas....


Car qui pouvait réellement souhaiter un tel malheur à quelqu'un qu'il aimait de perdre presque la totalité de sa famille pour un amour comme le leur. C'était un choix qui avait du être difficile pour elle et qu'il ne pourrait jamais réellement comprendre tant le terme de famille lui était distant.
Le technicien n'avait rien à se reprocher, pas une fois il n'avait fait montre de duplicité envers elle, c'était un minerai brut sur lequel était tombé Sana et la jeune femme l'avait façonné presque à son image, sans aucuns secrets.
Il était un livre ouvert, un livre qui ne contenait aucuns sens cachés.

-Je ne suis pas un menteur.... je n'ai jamais su que tu avais de lien avec mes anciens maîtres.... a vrai dire j'ignorais qui ils étaient jusqu'à aujourd'hui Sana..... je ne t'ai jamais menti....

Il n'y avait pas de raison de se justifier, Sanaë le connaissait trop bien pour savoir que les seuls mensonges qu'il arrivait à produire n'étaient que des excuses pour ne pas faire souffrir la jeune femme et que ces derniers sonnaient de toute façon horriblement faux à quiconque les entendaient.
C'était un très mauvais menteur, et ses sentiments étaient tout ce qu'il y avait de plus authentique.

-Je t'aime Sana... je ne le répéterais jamais assez, et je ne saurais quoi faire pour te le prouver....


Hypérion la regardait intensément, brûlant de pouvoir retourner dans leurs demeure ou tout les attendait, les gens du villages, Sahïa et bien d'autre chose qu'il faudrait découvrir au fur et à mesure de leur route.
Le jeune homme était simplement heureux de pouvoir reprendre la même que Sana, et de partager à nouveau sa vie avec elle, même si cet événement l'avait complètement retourné. Ce n'était que maintenant que la pression redescendait entièrement, et qu'il sentait les blessures qu'il c'était infligé lui même, constatant avec un rictus de souffrance qu'il allait encore falloir attendre de rentrer pour s'en occuper.
La petite trousse de secours qu'il avait dans Centurion, il l'utilisa pour les mains de Sana, la faisant passer une fois de plus avant lui sans même y réfléchir. Bandant délicatement ses mains il finit son travail par un langoureux baiser serrant l'ancienne horlogère contre lui comme pour s'assurer de sa présence.

-Plus jamais je ne te laisserais dans cette situation... je veux être ta moitié comme tu es la mienne.
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Sanaë Eshfeld
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Jeu 5 Avr - 10:04
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Le trajet jusqu’à leur hôtel se fit dans le plus grand silence bien que celui-ci n’était en rien pesant. C’était un moment nécessaire à Sanaë qui en profitait pour remettre en ordre les récents événements, les ressassant une dernière fois pour mieux s’en détacher par la suite. En agissant ainsi, Daren avait pris la décision de la renier définitivement, jamais il n’avait levé la main sur elle, pas une seule fois, même durant leur enfance. Cette même main qui autrefois se tendait vers elle pour l’aider à se relever après une chute, avait failli s'abattre violemment sur elle… Du moins, c’est ce qu’il serait arrivé si Hypérion ne l’en avait pas empêché… La suite, Sanaë ne l’avait observé que derrière un regard éteint, presque distant… Essayer d’arrêter son compagnon aurait été inutile, car simplement impossible, bien qu’elle n’en eût tiré aucune satisfaction.

Sa propre décision était prise. Une fois Blumar quittée, plus jamais Sanaë n’y remettrait les pieds. Elle irait même jusqu’à tirer un trait définitif sur sa famille, oubliant l’ensemble de ses frères pervertis… Tous aussi aveugles les uns que les autres. Des menteurs, des hypocrites, des opportunistes… Entre l’éducation qu’ils avaient subie et leur comportement actuel, il existait une fracture évidente scindant à présent leur monde en deux parties bien distinctes. Alors à quoi bon espérer quelque chose venant d’eux ? Pourquoi essayer de s’accrocher à une paroi glissante lorsque l’on sait que la chute sera forcément inévitable. Néanmoins, s’il existait un temps où tout cela l’aurait profondément blessé, ce n’était plus le cas à présent. Hypérion se tenait à ses côtés, continuait de la soutenir malgré tout… Malgré les insultes, les souffrances, les doutes… Il l’aimait… Il s’était battu pour elle, là où d’autres auraient probablement abandonné… Alors qu’importe sa famille, Sanaë n’avait finalement besoin que de lui à ses côtés…

Arrivés à l’auberge où ils logeaient, le couple toujours silencieux se dirigea directement dans leur chambre. C’était un besoin qu’ils avaient tous deux ressenti, celui de simplement s’isoler du reste du monde, de retrouver leur petite bulle personnelle douce et protectrice. Elle le laissa s’asseoir sur le lit, se plaçant debout devant lui pour l’enserrer de ses bras. Tout cela avait dû être particulièrement éprouvant pour lui et cette pression accumulée, si difficilement continue ne demandait à présent qu’à sortir. Le tenant fermement dans ses bras, les tremblements du jeune homme se diffusaient peu à peu à travers le corps son propre corps. Loin de la déranger, Sanaë y vit plutôt une image, celle du partage du fardeau qui était le leur tout en espérant le soulager un peu. Elle garda le silence, se contentant de lui caresser doucement les cheveux. Finalement, ce fut lui qui brisa le silence, murmurant de sa voix tremblante quelques paroles désolées qui arrachèrent un léger rictus à l’ancienne horlogère.

- Je suppose que tout cela était inévitable, soupira-t-elle en passant une main empreinte de douceur sur la joue du jeune homme. Ne t’en fais pas pour cela, c’est derrière nous à présent. Et je dois dire que je suis fière de toi, tu n’as pas eut besoin de Centurion, même si je me doute que l’envie de t’y réfugier a dû être pesante. Mais je suis surtout désolée de t’avoir imposé tout ça, tu ne mérites pas de devoir endurer pareilles horreurs… Pardon.

Pourtant… Elle avait douté. L’espace d’un instant, Sanaë avait cru aux paroles de son aîné, simplement à cause de la piètre opinion qu’elle avait d’elle-même qui lui disait de ne pas mériter pareil amour… Le fait d’être revenue à la raison assez rapidement, n’enlevait rien à la situation et la jeune femme s’en voulait amèrement. Plus jamais elle ne douterait de lui, son compagnon lui ayant largement assez prouvé qu’il l’aimait, bien qu’il semblait croire le contraire.

- Tu n’as rien à me prouver, Hype. Tu l’as déjà bien assez fait, contrairement à moi. Je t’aime, je n’ai pas besoin de plus que ce que tu ne fais déjà. Ton amour, tu me l’as prouvé mille fois. Tu n’as pas besoin de faire plus, crois-moi.

La jeune femme plongea ses yeux d’azur dans le regard intense de son compagnon. Des preuves, Hypérion en était recouvert. Témoins de son amour et de sa souffrance… Comment avait-elle pu douter de lui ? Elle le laissa soigner ses mains, sachant pertinemment qu’il serait bien inutile de protester. Le jeune homme la faisait toujours passer en priorité, quand bien même ses blessures à lui semblaient bien plus importantes. Le baiser qui s’en suivit, acheva d’éloigner ses derniers doutes, ses dernières questions. Rien d’autre n’avait d’importance après tout.

- Ma moitié ? demanda-t-elle avec surprise. Mais Hype, tu l’es déjà, et même plus encore. Je pensais que tu en avais conscience… Je ne te l’ai donc pas assez prouvé. Que puis-je faire pour que tu réalises pleinement l’étendue de mon amour pour toi ? Que dois-je vais ou dire pour t’assurer que rien de tout cela ne se reproduira ?

Le jeune homme semblait avoir besoin d’être rassuré, mais mis à part lui faire quelques promesses dont elle n’était finalement pas certaine de pouvoir tenir simplement par son impuissance… Sanaë ne savait plus… Que faire ? Que dire ? Elle se contenta pour l’heure de le prendre dans ses bras avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres. Il s’était occupé de ses faibles blessures, elle s’occuperait des siennes qu’elles soient visibles, tangibles ou simplement enfouies profondément dans son coeur.


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Ven 6 Avr - 9:24
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Il était difficile de répondre à Sana, sachant qu'il s'estimait tout aussi indigne de Sana qu'elle même...
Les deux amoureux étaient étrangement complexe.... Attachées presque irrémédiablement l'un à l'autre, sans pour autant réussir à comprendre que cet amour n'était ni une affaire de mérite ni de quoi que ce soit d'autre. Ils s'aimaient follement l'un l'autre, comme si c'était une chose aussi évidente que la gravité.
Le jeune homme secoua la tête en caressant maladroitement la visage de Sana.

-Je te fais confiance ma Sana, mais.... j'ai l'impression de ne pas assez être la pour toi.... peut être devrais-je faire plus... même si j'ignore ce que je pourrait faire... c'est comme si je sentais un frein...


Un sentiment bien commun au final, car qui n'avait jamais cru pouvoir en faire toujours plus pour la personne que l'on aimait ? Hypérion était simplement choqué par cette histoire, car s'il avait certes récupéré quelque peu, un petit doute c'était infiltré dans son esprit...
Son frère avait pourtant dit qu'elle était restée volontairement chez eux.... brisant par la même la promesse qu'elle lui avait faite plus tôt.
Si pour beaucoup ce point n'était qu'un détail, Hypérion lui le considérait comme important.
Une promesse était presque une chose sacrée, et on lui avait toujours dit que cette dernière impliquait bien plus que quelques mots. Lui même se faisait toujours pour principe de tenir la moindre de ces dernière et les faisait toujours avec une grande précautions.

-Il a dit que tu étais restée de ton propre gré...


Sana l'avait t-elle trahie sans s'en rendre compte ? Il réfuta cette idée d'un geste nerveux... il devait forcément y avoir une explication.
Ou peut être pas.... cette pensée le traversa comme une balle, faisant son lot de dégât. Malgré son esprit qui tentait de lui faire comprendre que tout n'était pas si simple et qu'une promesse n'avait peut être pas la même signification pour tout le monde, cette pensée le hantais.
Un serment brisé était une affaire grave, surtout venant de l'être pour qu'il aurait donné sa vie sans hésiter.
Il s'écarta doucement d'elle, un air mêlé entre la réflexion et la tristesse. Le jeune homme allait avoir besoin de temps, de beaucoup de temps pour digérer cette donnée qui s'annonçait comme tout sauf plaisante.
Elle lui coupa même cette envie pressante de retourner dans les bras de son amante. Sa pensée était ainsi faite, et chaque problème d'importance avait tendance à prendre le pas sur le reste.
Si elle l'aimait tant que ça... comment ? Pourquoi ?
Y avait-il une donnée qu'il ne prenait pas en compte ?
Cette réflexion se faisait sans un bruit, Hypérion se fermant au monde comme avant, plongeant lui même dans une spirale auto-destructrice, spirale qui le conduisait toujours vers une conclusion déplaisante.
Était-ce de la jalousie ? De savoir que quelqu'un était passé avant lui ? Ou tout simplement de l'inquiétude de voir un serment fait aussi facilement brisé ? Le cœur du jeune homme lui ne choisissait pas et se portait naturellement vers la seconde solution.
Quand on avait grandit en se reposant uniquement sur des fils d'espoirs fin, il était toujours important de regarder sur quel fil on allait marcher.

Si cela commençait ainsi.... par quoi allait-il terminer...
C'est donc une inquiétude grandissante qui ne fit que s'amplifier à cause de la fatigue et de sa phobie qui le submergea, lui donnant cet air e chien battu qu'il n'avait plus arboré depuis sa rencontre avec la jeune femme, envisageant pour la première fois avec douleur le fait qu'il avait pu se tromper.
Hypérion n'était pas une personne réfléchie capable de vaincre ses doutes par lui même, il restait une personne fragile, et le peux de confiance en lui qu'il possédait s'envolait aussi facilement que la flamme d'une bougie en pleine tempête.
Le technicien n'osait même plus regarder son amante, de peur d'y découvrir quelque chose qu'il n'aurait pas aimé découvrir. Et la question qu'il aurait aimé lui poser ne franchit même pas ses lèvres tant il était en train de se morfondre intérieurement.

Toutes les blessures qu'il c'était infligé jusque là n'étaient qu'au final la partie visible de l'iceberg et présentement c'était une véritable torture mentale qu'il s'infligeait sans l'aide de personne. Peu importe les retrouvailles... le frère de Sana semblait tout de même avoir réussi à atteindre quelque chose en lui, son noyau primaire qu'il était presque impossible d'occulter complètement.
Hypérion se retrouva donc appuyé contre le mur au bord du lit, les genoux repliés contre sa poitrine et les yeux perdus dans le vagues, son cerveau bouclant sur ce qui avait pu déclencher les événements
Il en vint même à se demander s'il n'avait pas eu tort de faire cela, oubliant rapidement le malheur évident de la jeune femme. Pour une fois au moins, le jeune homme s'accordait un instant purement égoïste, écoutant ses doutes et ses peurs plutôt que le reste.
Et le résultat ne devait pas être beau à voir à mesure que ses ongles rouvraient ses griffures.
 Peut être était-ce cela le but de la fratrie: lui prouver qu'elle ne l'aimait pas tant que ça. Et comme pour confirmer ce fait, les images de son passé lui sautèrent au visage comme un mauvais rêve, le forçant à tourner la tête pour essayer de fixer autre chose que la porte.
Ses yeux tombèrent sur Centurion, la machine le fixant de ses yeux sans vie avec une sorte de regard accusateur sans pour autant lui donner la moindre raison.
Était-ce un reproche pour l'avoir ainsi abandonnée pour Sana ?
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Sanaë Eshfeld
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Ven 6 Avr - 15:23
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La quiétude de cette chambre devait leur apporter le calme et la stabilité à laquelle ils semblaient tous deux aspirer… C’était en tout cas ce que Sanaë avait espéré en y entrant et jusque-là les paroles de son compagnon parurent s’accorder avec ses pensées. Jusque-là...

Les mots d’Hypérion… Non, de son frère... l’atteignirent comme un violent coup de poignard savamment asséné directement à son cœur déjà rudement mis à l'épreuve. Tant et si bien d'ailleurs, que son souffle se retrouva soudainement coupé. Néanmoins, ce n’était rien en comparaison de sa réaction. Il s’éloignait, simplement, mettant volontairement une distance douloureuse entre eux, allant jusqu’à se renfermer sur lui-même, dans un endroit sombre où personne ne pourrait l’atteindre, pas même elle...

Sanaë ne comprit pas immédiatement sa réaction… Elle lui avait pourtant tout raconté, expliquant les raisons, ses sentiments lorsqu’elle s’était vu contrainte de l’abandonner. Comment pouvait-il se focaliser sur cela ? Ne l’avait-il pas écouté lorsqu’elle lui avait tout déballé dans cette ruelle ? Et même encore quelques minutes auparavant quand elle s’était défendue face à son aîné…

Son estomac se noua tandis que le jeune homme lui parut alors bien loin, perdu quelque part dans des réflexions qui n’avaient pas lieu d’être. Voyait-il seulement l’injustice dans ses propos ? Oh, de ça elle en doutait fortement, sans quoi jamais il n’aurait osé donner une quelconque importance dans les odieuses affirmations de son frère.

- Tu es un menteur, murmura-t-elle en serrant les dents alors que le regard de son compagnon se fixait ailleurs. Tu dis me faire confiance, mais tu oses croire aux sornettes de mon frère… Oui, il l’a dit ! Comme il a dit aussi que tu te servais de moi… Si ce que dit Daren Eshfeld est vrai, dans ce cas, tout cela n’est qu’un mensonge n’est-ce pas ?

Ses paroles ne semblaient pas l’atteindre… Il était là sans l’être, focalisé sur lui-même cherchant à se protéger d’elle… La colère prenant le dessus, Sanaë fut simplement tentée de partir en claquant la porte. Jamais il n’aurait pu lui faire plus mal que ce qu’il était en train de faire. Hypérion remettait tout en doute, que ce soit son amour ou sa sincérité, sans quoi il ne se serait certainement pas mis dans un état pareil. Comment pouvait-il se fier aux paroles de cet homme, après tout ce qui s’était passé ? Certes, elle-même avait douté, néanmoins, il lui avait suffi de voir plus loin, d’observer leur vie, leur histoire dans son ensemble pour réussir à voir le mensonge… Mais pas lui… Au lieu de cela, il gardait le silence, s’enfermant dans son monde en se prostrant misérablement sur ce lit qui fut pourtant le témoin de leurs retrouvailles et de leur amour… Était-ce un autre mensonge ?

Pourtant, il était évident que Hypérion était blessé, profondément. Elle pouvait le comprendre, après tout, cette histoire n’avait engendré que souffrance, en remontant avec elle celles plus sordides encore de son passé… C’est ce constat qui permit à Sanaë de regagner son calme. Elle se devait d’être là pour lui, malgré le mal qu’il était en train de lui faire… Et visiblement, le jeune homme ne semblait pas vouloir l’épargner… En le voyant s’arracher la peau, grattant les plaies qui n’avaient pas encore eut le temps de se renfermer, l’ancienne horlogère cru défaillir. Son estomac se retourna, menaçant de libérer son contenu sur le parquet. La vision même était atroce, la ramenant à un autre épisode qui avait eut lieu quelques mois plus tôt et qui avait failli la détruire. C’en était trop, beaucoup trop pour qu’elle ne puisse simplement le supporter.


Furieuse, Sanaë grimpa à son tour sur le lit, tout en lui jetant un regard noir alors que le sien se portait sur l’armure reposant dans le coin. Comme elle la maudissait à cet instant… Hypérion ne s’était même pas rendu compte de sa présence, observant la stupide machine comme s’il s’agissait d’un instrument de salut. N’y tenant plus, la main de la jeune femme se releva, avant de s’abattre sur le visage du jeune homme.

- Que penses-tu faire là au juste ? gronda-t-elle en désignant ses bras entachés de sang et de lambeaux de peau fraîchement arrachés. C’est comme ça que tu affrontes les problèmes ? Au lieu de m’écouter, tu préfères te faire du mal physiquement, devant moi ? Que cherches-tu à faire Hype ? A me faire fuir ? C’est ce que tu veux en réalité, que je te laisse seul avec ton cercueil d’acier ?

Elle lui attrapa les mains, le forçant alors à regarder ses ongles souillés et abîmés. Si ses frères l’avaient mise en colère, ce n’était rien en comparaison de ce que Sanaë ressentait alors.

- C’est à cause de moi que tu souffres non ? Alors c’est à moi que tu devrais t’en prendre !

Tout en tremblant sous la nervosité, Sanaë descendit le haut de sa robe afin de lui exposer sa peau crémeuse, vierge de toute cicatrice. Elle lui tendit un bras, tout en lui lançant un regard déterminé qui n’exprimait ni peur, ni doute. Il fallait qu'il comprenne, elle ne pouvait le laisser dans cet état-là.

- Tiens, vas-y, griffe, arrache tout ce que tu veux, puisque cela semble le meilleur moyen de faire pour toi. Comme tu le vois, il y a de la place, puis si ça ne suffit pas, tu as un mètre soixante de peau nu devant toi.

Hypérion ne connaissait pas la notion de demie mesure, personne ne lui avait enseigné. Il exprimait ses émotions entièrement, sans aucune retenue ni conscience. Un comportement destructeur autant pour lui que pour les autres, et s’il n’était pas capable de le comprendre, Sanaë allait le lui montrer. Ne le voyant toujours pas réagir, la jeune femme se releva, arrachant le clou qui maintenait un tableau aux couleurs passées. Celui-ci s’écroula à grand fracas sans que l’ancienne horlogère ne s’en inquiète.

- Tu doutes, n’est-ce pas ? Tu as peur ? Alors imagine simplement ce que je peux ressentir en te voyant agir de la sorte. Tu ne le peux pas ?

Doucement, elle appuya la pointe du clou rouillé sur la chair pâle de son avant-bras. Une goutte de sang perla tandis qu’elle le ramena vers elle, s’entaillant comme il le faisait lui tout en serrant les dents. Le résultat n’était pas très joli et clairement douloureux, pourtant Sanaë prenait sur elle pour se maintenir. L’un d’eux devait se montrer fort pour soutenir l’autre et puisque Hypérion s'entêtait à rester aveugle et sourd face à elle, il ne lui restait plus que cette solution. Il devait comprendre.

- Comptes-tu m’écouter cette fois ? Si tu veux jouer à celui qui se taillade le plus, rappelle toi seulement que j’ai eu le plus cruel des professeurs. Réfléchis bien Hype… Penses-tu réellement que je t’ai quitté par choix ? Je suis sincèrement curieuse de savoir ce que tu penses réellement de moi.

Son sang coulait sur le paquet sans que Sanaë n’y prête la moindre intention. Ses prunelles orageuses continuaient de fixer le regard de son compagnon. Elle ne flancherai pas ...


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Hyperion Radchen
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Sam 7 Avr - 10:15
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Les pensées tournoyaient sans cesse, refusant de laisser le jeune homme en paix ne serait-ce que pour quelques minutes. lui refusant la libération pourtant simple et innocente d'une absence totale de réflexion.
Tout tournait bien plus vite que d'habitude, une foule de question sans réponse faisant le place à une myriade de réponses sans queue ni tête, et à peine ces dernières venaient-elles qu'elles étaient remplacées par d'autre dans une spirale sans fin qui finissaient par lui faire perdre tout sens des réalités.
Au final la promesse soit disant brisée de Sana n'avait été que la clé pour ouvrir la boite de pandore. Hypérion n'avait jamais eu besoin de personne pour se détruire lui même comme il était encore entrain de le prouver. Centurion était une cage de fer protégeant le petit oiseaux des l’extérieur, mais aussi contre lui même.
Une prison et une armure réunies dans un seul et même objet, le plus ironique était qu'il l'avait conçu lui même sans se rendre compte de cette dualité qui aurait pu paraître évidente à n'importe qui le connaissant un peu.
Malheureusement personne ne l'avait connu suffisamment à l'époque, il n'y avait donc eu personne pour souligner cette dualité implicite et peut être l'empêcher de s'enfermer dedans.
Et alors qu'il se perdait dans ce qui ressemblait de plus en plus à un cauchemars ce fut encore une fois la jeune qui parvint à l'en sortir de la pire manière qui soit.
Qui n'a jamais eu peur de se réveiller d'un mauvais rêve pour découvrir une catastrophe bien plus grave ? C'était très précisément ce qu'il se passait pour lui qui rouvrait les yeux découvrant la peau blanche de la jeune femme devant lui rapidement suivit du fracas d'un tableau qui s'écrasait au sol dans un bruit de détonation qui ne manqua pas de finir de le faire paniquer.

Ses yeux s'agitaient dans tout les sens, tentant de comprendre ce qu'il c'était passé depuis sa visite dans le monde réel. Combien de temps avait-il passé depuis ? Un ans ? Une seconde ? Une heure ? Difficile à dire dans cette chambre sans fenêtre ou le seul point de repère d'Hypérion n'était autre que la jeune femme qui lui hurlait dessus avec une certaine hargne que le technicien ne lui connaissait pas.

Sa bouche tenta de former des mots mais ces derniers moururent dans sa gorge quand il réalisa qu'un sinistre instrument de torture était posé sur le bras de la jeune femme. Pire, il regarda ce dernier s'enfoncer peu à peu dans sa chair blanche, creusant un sillon sanglant et saccadé le long de son bras.
A cette simple vue, Hypérion faillit se mettre à vomir tant la situation le révulsait
Pourquoi ? Comment ? Que se passait-il au juste ?
Après cette réflexion qui l'avait coupé du monde pour mieux l'isoler et le détruire, il ne se rappelait plus de ce qui l'avait déclenchée. En somme il revenait d'un cauchemar pour en trouver un bien pire de devant lui.

Il ne répondit pas, simplement trop terrifié par ce qu'il voyait, la scène était digne d'un livre d'horreur et pendant un court instant il se crut encore dans une de ces nuits horribles qui étaient revenus depuis la disparition de Sana. Comme dans tout ses rêve, il était impuissant, n'arrivant pas à bouger le moindre muscle pour intervenir

Intervenir ? Était-ce la bonne chose à faire ? Il n'y avait aucune raison de penser le contraire mais pourtant le jeune homme sentait les vrilles du doute envahir son esprit. Il fallut mobiliser toute sa volonté pour les repousser et ce n'est que lorsque la première goutte de sang s'écrasa sur le parquet qu'il reprit le contrôle sur son corps.
Sa voix c'était brisé bien plus tôt mais et ce fut un mélange de râle paniqué et de syllabes prononcée dans une angoisse incontrôlable.

-Mais... qu'est ce que tu fais ?!




Poussés par un sentiment de terreurs indescriptible, il arracha la clou de la main se son amante s'égratignant avec ce dernier sans y faire attention avant de le lancer violemment contre le mur dans un bruit ridicule qui ne rendait pas justice à la vitesse à laquelle il percuta ce dernier rebondissant quelques fois dans de petits "poc" avant de s'immobiliser sur le tableau qu'il soutenait naguère.
Hypérion lui, avait renversé la jeune femme sur le lit, immobilisant son bras et regardant avec panique le sang s'écouler d'une plaie qui ne faisait que lui rappeler d'autres blessures qu'il avait vu dans des conditions moitié moins étouffante.

Ce fut sans même réfléchir qu'il déchira sa chemise tachant de prendre un des morceaux de tissus pour empêcher l’hémorragie de la vider de son sang.



-Mais pourquoi ? Pourquoi tu fais ça ? Tu n'as donc aucune attention pour ta propre vie Sana ?!



Il ignorait tout le reste ses doutes envolés remplacés par une inquiétude immense. Peut importe la raison en fait, il n'était pas prêt à voir cela de la part de sa moitié. Il y avait peut être quelque chose de romantique de faire cela par mal-être.... mais faire cela de sa propre volonté était inacceptable.
En fait la moindre souffrance de la jeune femme était inacceptable pour lui ce qui le conduisait bien évidemment à ne pas comprendre pourquoi elle s'infligeait cela.
Il voyait le lingue rougir lentement sous ses paumes, tentant malgré d'appliquer une forte pression sur ce dernier pour ne pas laisser plus du précieux liquide s'écouler hors de sa propriétaire.

-Pourquoi ?! Pourquoi ?! Tu n'as pas à faire ça ! C'est mon rôle de te protéger de ce genre de chose.... Je peux essayer de te protéger contre beaucoup de chose, mais je ne saurais pas le faire contre toi-même.

Il finit par se jeter à son cou, s'allongeant presque sur elle dans un réflexe qu'il ne contrôlait. Après tant de vision horrible, sa santé mentale commençait à flancher et le seul réflexe de son esprit fut de se blottir contre la jeune femme, cherchant un peu de réconfort près d'elle, même si c'était elle qui l'avait poussé jusque là.
C'était assez étrange à décrire, elle était la source de sa terreur tout en l'ayant sauvé de quelque chose de bien pire, une pensée noire tapie au plus profond de son esprit dans laquelle il ne voulait pas retomber une fois de plus.


-Je me fiche de tout ça Sana, je me fiche de cette histoire, ne te fais pas de mal comme ça...  Tu n'a pas le droit, pas après tout ce que nous avons traversé.


Comment pouvait il exprimer autrement cela ? C'était surement sa faute et cette simple idée suffit à lui donner la nausée.  Il pouvait biens s'excuser mais cela changerait-il quelque chose ? Les excuses étaient pourtant dans chacun de ses gestes paniqués.
Son être entier c'était replié vers le seul point rassurant: Sana. Et même si c'était elle qui avait déclenché cette nouvelle blessure, il l'aimait trop pour penser à quoi que ce soit d'autre que son amour pour elle.
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Sanaë Eshfeld
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Sam 7 Avr - 16:33
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Le visage impassible, Sanaë observa la scène avec un flegme étonnant. Hypérion avait réagi avec empressement, adoptant son comportement à la situation sans masquer son inquiétude et son incompréhension. Rien d’étonnant à cela, il avait fuit jusque-là, simplement en se renfermant sur lui-même, se prostrant comme un animal blessé pour quelques raisons obscure. Une seule phrase avait déclenché cela, sortie directement de la bouche d’un menteur… Et pourtant, le jeune homme y avait cru…

- Ma vie, Hype, commença-t-elle en un rire sans joie. Justement, toi plus que quiconque, tu devrais le savoir. Ma vie n’a pas la moindre importance… C’est pour cela que j’ai accepté ce mariage justement. Parce que je préférais passer une vie entière comme une vulgaire poupée servile, que de te savoir, toi, coincé dans une prison… Je te l’ai déjà dit… A croire que tu n’écoutes pas.

La pression nerveuse depuis bien trop longtemps accumulée commençait à redescendre lentement, laissant la jeune femme épuisée, bien trop éteinte pour paraître naturelle. Elle avait été blessée, profondément et certainement pas par ce clou qui laisserait probablement une cicatrice disgracieuse sur sa peau laiteuse et dont elle n’avait strictement rien à faire.

- Et de quoi comptes-tu me protéger en fuyant comme tu l’as fait Hype ? raillai-t-elle nerveusement. Les problèmes s’affrontent ! Les obstacles se franchissent ! On ne s’enferme pas dans sa coquille en oubliant tout le reste, comme tu viens de le faire. Nous sommes deux pour ça. Tu devrais pouvoir compter sur moi ! Mais non… Tu préfères douter jusqu’à m’oublier… Tu viens d’agir en égoïste...

Elle ferma les yeux en sentant son compagnon sur elle, la recouvrant presque de son corps. Comme à son habitude, il se lova contre elle, cherchant à se rassurer lui… Sanaë, quant à elle ne savait plus que penser de tout cela, se demandant finalement ce qu’elle représentait pour le jeune homme. Une figure rassurante ? Une image plus maternelle que celle d’une femme peut-être… Ou un exutoire à Centurion qui commençait à prendre des airs plus ou moins effrayant.

- Que suis-je pour toi ? murmura-t-elle en observant le plafond tout en redoutant sa réponse.

Oh, elle ne doutait pas de son amour, seulement de la forme de celui-ci. Les réactions d’Hypérion étaient si aléatoires… Tantôt fragile… Tantôt volontaire et déterminé… Sanaë ne savait tout simplement plus…

- Pourquoi m’avoir ramené ici si tu crois que ce qu’a dit Daren est vrai ? C’est bien à cela que tu pensais, n’est-ce pas ? Tu penses peut-être que je ne t’aime pas assez…

Un rictus sans gaieté se dessina sur ses lèvres. Levant son bras en l’air, son regard se posa sur le tissu souillé, repensant alors à ce moment passé avec Aurore et à cette serviette imaginaire qui lui avait permise de nettoyer le sang illusoire débordant de ses mains… Cette fois, tout était bien réel, le sang comme sa souffrance… Même si son apparence ne laissait rien transparaître.

- Je n’en ai pas le droit… Dis-toi alors que ta manière d’agir me fait bien plus souffrir que ce misérable clou. Tu ne peux plus agir ainsi, Hype… TU n’as pas le droit de te renfermer sur toi-même en me laissant de côté… Pas là où je ne peux pas t’atteindre… Sauf avec mon sang, apparemment. Comment puis-je compter sur toi si tu t’entêtes à fuir ? À me fuir… Nous sommes censés être deux… Mais, là… Je me sens si … seule.

Son regard éteint se posa alors sur Centurion. L’armure avait bien changée depuis leur rencontre, plus grande, plus majestueuse encore… Hypérion prenait grand soin d’entretenir sa prison, une arme qui semblait alors braquée sur eux… Dire qu’elle l’avait admiré, par sa beauté, son innovation… Aujourd’hui, Sanaë en avait peur… Pourtant, il ne s’agissait que d’une machine sans vie… Sans âme. Son importance, il ne la tenait que de son créateur et pilote… Ce qui devenait de plus en plus effrayant pour la jeune femme… Plongeant son regard dans les yeux vides du heaume, Sanaë sentit son angoisse monter, tant et si bien qu’elle fut bien incapable de soutenir le regard dépourvu d’humanité de la machine.

- Qu’est-ce que tu peux bien trouver de rassurant dans cette chose ? demanda-t-elle en détournant les yeux.

Cette chose… Des mots bien durs pour le technicien… Elle le savait, pourtant Sanaë n’essayait pas de le préserver, ne cherchant qu’à se montrer franche, humaine. Hypérion devait réagir, se relever, accepter ses faiblesses pour les affronter, sans quoi il les entraînerait tous deux dans sa chute.

- Je t’aime Hype, bien plus que tu ne peux le croire… J’ai besoin de savoir que je peux compter sur toi… Mais dans l’état actuel des choses, cela me semble bien improbable.

A nouveau, elle releva le bras, retirant cette fois le morceau d’étoffe pour libérer la plaie sanguinolente pour la mettre bien en évidence.

- Ceci, ce n’est rien… Rien du tout et je recommencerai aussi souvent que nécessaire. Je ne te laisserai pas fuir ou abandonner, Hype… je t’aime bien trop pour cela...


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Hyperion Radchen
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Dim 8 Avr - 11:02
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Elle avançait doucement ses pions chacun plus blessant les uns que les autres. Tout ce qu'elle disait était atrocement vrai et ses questions justement posées. Mais Hypérion dut se résoudre à simplement lui dire qu'il l'aimait plus que tout, les envolées lyrique de sentiments amoureux étant inaccessible pour lui
Sana était parfaitement dans son droit de lui dire ça, après tout c'était exactement ce qu'il faisait: fuir.
Mais là ou ces remarques pouvaient s'appliquer à quelqu'un normal, Sana oubliait simplement un détail simple: Hypérion n'était pas un homme normal. C'était une petite chose ramassée au fond d'une mine, une chose qui avait grandit à coup de fouet et de privation, fuir et plier était la seule chose qui lui avait permis de rester en vie, et même si la tentative était louable, on ne changeait pas quelqu'un en si peu de temps. S'il avait fait des progrès depuis sa rencontre avec l'horlogère, ces derniers étaient encore friables et menaçaient à chaque fois de s'effondrer.
Il marmonna des excuses sincères s'inclinant comme il le faisait auparavant avant de recevoir des coups de fouet, amorçant un premier pas dans une spirale bien lugubre.
Réfléchir sur les machines était une chose aisée. Le faire sur ses actions était bien plus complexe et la seule chose qu'il trouva à lui répondre quand elle lui demanda la raison de son sauvetage



-Parce que je t'aime....




Le reste, il supporta à peine de l'entendre alors que chaque phrase était une épine plantée profondément dans son cœur le faisant saigner un peu plus à chaque seconde. Malgré tout ses efforts, il n'avait que mal fait... et c'était maintenant qu'il s'en rendait compte
De toute la tirade qui n'en finissait pas de l'enfoncer, quelque chose le percuta aussi durement qu'une balle.

"Qu'est ce que tu peux bien trouver de rassurant dans cette chose ?" Une simple phrase fit voler en éclat tout le reste alors que Sana employait les mêmes expression que ses frères. Malgré tout le temps passé ensemble, elle n'avait toujours pas compris ce qu'étais Centurion ?
Il lui avait tout raconté pourtant, dans les moindre détails, elle devait pourtant savoir que cette machine était autant une partie de lui même que ses jambes ou ses bras.
Cette "chose" était une partie d'Hypérion, une partie précieuse qui l'avait aidé tout au long de sa vie.
Sana devait le savoir, et cette simple phrase suffit à pulvériser tout l'équilibre qui était lentement entrain de se reconstruire. Son visage changea brusquement alors que le jeune homme avait un nouveau mouvement de recul, l'observant avec des yeux remplis d'incompréhension.

Centurion était une partie d'Hypérion, et cette insulte le retourna autant que si elle l'avait insultée lui même. Ainsi le prenait-elle pour une chose ? Comme son frère l'avait fait ? Une sorte de monstre de foire ? Comme pour couronner le tout, elle lui montra sa plaie, la mettant en évidence devant des yeux qui en avaient bien trop vu.
Il ne comprenait pas.... pourquoi vouloir à ce point le faire souffrir ? Le blesser autant ? Si elle tenait à ce point à le voir dans un état pitoyable pourquoi ne pas directement lui enfoncer une lame dans le cœur.
Cœur qui s'il battait pour Sana finissait par être erratique, car trop sollicité, sa beau déjà blanche se fit livide, ne trouvant absolument rien de rassurant dans ces dernières paroles.
La jeune femme ne s'en était surement pas rendu compte mais elle le torturait bel et bien. Et si le mettre en face des réalités étaient une chose, tout remettre lui lancer aux visage avant de remettre en cause sa propre existence était tout simplement bien trop douloureux pour lui.
Les jours sans dormir se faisaient d'autant plus insistant à ce moment même terminant de lui faire perdre tout ses moyens, d'effacer le peu d'assurance qu'il avait gagné avant de laminer sa confiance en lui et ses sentiments pourtant fort.

Centurion n'était pas une machine qu'il prenait avec lui pour un quelconque but utilitaire, c'était lui tout simplement une facette de se personnalité qui était tout autant gravée dans son esprit que son amour pour Sana.
Et malgré ça elle avait fait une erreur grossière.
Comment pouvait-il simplement la regarder après cela ? Elle venait depuis sa mutilation de lui expliquer par A+B qu'il n'avait rien fait correctement et que leurs relations étaient basées sur des erreurs du jeune homme, arguant même du fait que malgré ses efforts elle se sentait seule.
Peut être n'était-ce pas ça le sens caché derrière ses paroles, mais ce fut la seule explication qu'Hypérion trouva. Lui, trop enclins a rejeter la faute sur lui même plutôt que sur les autres venait justement d'avoir obtenu suffisamment de carburant pour continuer à se déchirer.

Pourquoi tenait-elle donc tant à le rendre aussi misérable au juste ? Menaçant même de se refaire du mal simplement pour lui faire comprendre tout cela.
Ces paroles auraient pu être romantique n'importe quand, mais dans la situation elles se révélèrent des poignards aussi cruels qu'une rupture. Elle avait vu sa première réaction devant ses blessures et connaissait leurs effets de choc, le menacer ainsi n'était donc pour lui qu'un levier de pression
Son corps se mit violemment à trembler alors que ce dernier était en train de refuser les constats de son esprit.
Il fut même contraint de se lever, non pas pour fuir car ses habitudes d'esclaves soumis reprirent rapidement le dessus vidant ses yeux du moindre éclat de vie. Ses pas le précipitèrent dans les toilettes ou il se mit à vomir.
Son corps tentait maladroitement de se débarrasser d'un haut le cœur provoqué par son esprit et le jeune homme n'ayant rien mangé depuis trop longtemps, ce ne fut qu'une bile acide qui sortit alors que des larmes coulaient sans discontinuer.
Il venait simplement de finir sa régression, trop enfoncé qu'il était par la situation.
Les dégâts avaient commencés quand il avait reconnu ses anciens maîtres, aggravés par sa propre colère et finalement par les mots de Sana qui même s'ils c'étaient voulu constructifs avaient été de trop.
C'était une thérapie de choc qui venaient de faire exactement l'inverse de ce qui avait été escompté, et avait rendu un être qui se reconstruisait lentement pratiquement à l'état de carcasse vide.
Comment devait-il prendre un unique mot d'amour parmi une foule de phrase blessante sinon comme une condamnation.

Ses membres ne cessaient de trembler et son estomac n'en finissait pas de se soulever pour tenter de luter contre ce mal être. C'était d'ailleurs la seule partie de son anatomie qui faisait mine de lutter car son esprit venait d'abandonner toute raison, se contentant de s'autodétruire en ressassant la vision de la plaie que Sana lui avait agitée sous le nez.
Fatalement son estomac cessa de remuer, le laissant avec des crampes atroces partout dans le corps.
Il n'était plus capable de rien dire se contentant simplement de respirer malgré sa gorge serrée.
Revenir à un état passé était douloureux, d'autant plus quand cet état était accompagné de son lot de souvenirs qui lui furent jetés au visage comme des braises.
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Sanaë Eshfeld
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Dim 8 Avr - 14:35
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Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Profondément blessée, la jeune femme ne cherchait pas à mesurer ses mots… Au contraire, elle les savait tranchants, blessant… Destructeur. Sanaë connaissait son compagnon, elle savait où se situait chaque faille, chaque faiblesse et veillait soigneusement à appuyer dessus. Un choix bien étrange pour celle qui ne portait en elle aucune cruauté, il est vrai. Hypérion était fragile, beaucoup trop pour en supporter autant. Néanmoins, même en en ayant parfaitement conscience, elle fit le choix de le blesser… Lui faire mal… Un choix cruel, atroce, horrible mais nécessaire pourtant.

Hypérion savait se montrer fort et robuste, il le lui avait prouvé mainte fois… Seulement, son côté craintif ressortait bien trop souvent, le faisant douter malgré toutes les preuves plus ou moins tangibles soigneusement alignées devant ses yeux. Les preuves de son génie, de sa force, de sa volonté… Mais aussi de tout l'amour que la jeune femme lui portait… Elle ne pouvait plus le laisser se renfermer sur lui-même, fuir ou se cacher pour ne pas affronter les problèmes qui restaient là à l’attendre au détour, guettant la moindre faille pour s’y engouffrer douloureusement pour mieux le détruire à petit feu…  

Comme elle se fit horreur en entendant ses propres mots… Son coeur se serra lorsqu’elle le vit se décomposer avant d’adopter une posture pathétique ô combien douloureuse. Sanaë se vit en bourreau cruel, blessant volontairement le petit animal craintif qui l’avait déjà été suffisamment…

Ce qu’elle faisait en ayant parfaitement conscience des conséquences et des dommages important qu’elle allait inévitablement provoquer… Pour lui, comme pour elle…

Elle le vit alors disparaître dans la salle de bain, l’entendant se tordre de douleur et de chagrin dont elle était la cause… L’unique coupable… Son cœur se brisa littéralement, encore, la forçant à se replier sur elle-même, se maudissant d’avoir été si horriblement cruelle avec la seule personne qu’elle avait réellement aimé. Détruire pour reconstruire… Briser définitivement tout ce qui ne tenait que par magie, pour rebâtir quelque chose de plus beau, plus solide… Plus libre. Un pari bien dangereux qui n’avait pourtant rien d’un jeu… Elle savait bien qu’elle risquait de le perdre définitivement, de lui faire plus de mal que le plus odieux des bourreaux. Les mots, toujours les mots… Bien trop souvent sous-estimé par les autres, se montrant parfois aussi doux que la plus tendre des caresses...pour devenir aussi tranchant que la plus affûtée des lames.

Elle le laissa volontairement seul un moment, l’écoutant souffrir tout en se mordant les lèvres pour étouffer ses propres sanglots… Une véritable torture pour Sanaë qui ne cessait de se maudire encore et encore en craignant de le voir flancher irrémédiablement… tomber pour ne plus jamais se relever… Le perdre…

Lentement, elle remonta sa robe, masquant la plaie toujours ouverte et qui continuait à saigner. Elle prit une longue et profonde inspiration dans le but de rassembler son courage, faire disparaître ses doutes, car elle se devait de rester forte, pour lui… Pour eux… Sans un bruit, la jeune femme se dirigea vers la petite pièce qui servait de salle de bain sans pour autant oser ouvrir la porte. Au lieu de cela, elle se laissa tomber au sol, s’appuyant dos au mur tout attendant sagement que le calme revienne dans la pièce.

- Pardonne-moi, murmura-t-elle d’une voix douce et contrôlée, cherchant à cacher sa propre tristesse. Elle en était la cause, par conséquent, celle-ci lui paraissait illégitime... J’ai été cruelle… Hype… Tu ne mérites pas ça...et si tu ne veux plus de moi dans ta vie, je le comprendrais...

Leur relation oscillait entre intense bonheur et profonde tristesse depuis leur rencontre… Leur amour s’était construit sur la douleur, la peine… Des bases bien fragiles pour deux personnes s’aimant éperdument… Celle-ci ne tiendrait jamais… pas comme cela, pas en étant bâti sur un sol boueux et instable. En la laissant se poursuivre ainsi, tout ce qu’ils avaient su construire à deux allait s’écrouler comme un misérable château de cartes sans qu’ils ne puissent rien y faire.

- Je n’ai jamais douté de toi, Hype… Même si je t’ai laissé entendre le contraire. Je te sais bien plus fort que ce que tu ne le crois, tu me l’as déjà prouvé… Seulement, tu n’en as pas conscience… Toute ta force, tu l’as placée soigneusement dans une machine, lui donnant cette partie de toi qui t’es pourtant nécessaire. Tu en as fait un prolongement de ton être… Lui donnant une âme tout en perdant la tienne... Tu te tortures toi-même, mon amour. Tu t’enfermes dans ce cercueil bâti par tes propres mains pour ne pas souffrir, pour que rien ne puisse te blesser ou t’atteindre… Si je suis seule… Tu l’es aussi tout autant que moi.  

Ces mots-là… Sanaë ne les inventait pas… Hypérion lui-même les avait déjà employés en lui racontant son passé dans les mines et ses souvenirs atrocement douloureux. La jeune femme se souvenait parfaitement de cette nuit qu’ils avaient partagée dans l’intimité de leur chambre avant d’étouffer la tristesse sous les caresses. Un cercueil… Une armure… Centurion prenait des allures de bourreau protecteur, un paradoxe qui ne faisait qu’enfermer le jeune homme dans sa condition d’esclave, le confortant dans cette souffrance qui était la sienne…

- Je comprends ce lien que tu as avec Centurion. Tu en avais besoin pour pouvoir tenir, survivre… Ce lien t’a sauvé, jadis, plusieurs fois… Seulement tout ça… Tu ne le dois pas à cette machine, tu te le dois à toi-même. L’armure n’est qu’un outil, cette force est la tienne… J’aimerais seulement que tu en prennes conscience… Je t’aime… Plus que tout… Je ne veux pas te perdre parce que tu n’es pas capable de te voir tel que je te vois… Tu n’es plus un esclave, personne n’a de droit sur toi, tu es libre. Tu es fort, Hype… Je ne parle pas d’une force purement physique, mais celle de l’âme… Bon sang… Ouvre les yeux mon amour, regarde tout ce que tu as vécu, tout ce que tu as enduré… Tu tiens encore sur tes jambes alors que d’autres n’auraient pas eut le courage de tenir… Tu m’as soutenu alors que d’autres auraient abandonné… Tu es venu me chercher, tu as affronté mes frères sans Centurion… S’il te plaît, je t’en prie Hype, réfléchi, d’où tiens-tu toute cette force ?

Sanaë ferma alors les yeux, le cœur battant à tout rompre tout en attendant la réponse du jeune homme. Elle risquait tout avec cette question, elle le savait… La jeune femme risquait de perdre l’homme qu’elle aimait au point de prendre le risque de le voir disparaître de sa vie si tel était son choix.

- Cette vie… je veux la passer à tes côtés. Je veux continuer de t’aimer car quelque soit ton choix, Hype, mes sentiments pour toi ne changeront pas. Je t’ai donné mon coeur, il est entre tes mains, à toi de voir ce que tu veux en faire...Dis moi Hype… Dois-je partir ?


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Dim 8 Avr - 23:03
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Alors que sa vie le quittait lentement, Hypérion entendit une petite voix s'élever derrière lui ainsi qu'une présence se rapprocher. Il avait peut être du quitter Sana pour un temps, forcé par la jeune femme à faire face à la réalité. Mais cette fois-ci, son amante changea de ton pour reprendre celui plus apaisé qu'il lui connaissait.

Devant toutes ces paroles, l'esprit embrouillé du jeune homme ne savait plus vers qui ou quoi se tourner, car si Centurion était toujours dans l'autre pièce, la jeune femme elle aussi était là.
Après plusieurs minutes passées sans réussir à faire le moindre choix, le jeune homme glissa une main timide dans celle de Sana sans pour autant lui répondre.
Dire qu'il marcha jusqu'au lit aurait été une hyperbole mais toujours est-il qu'ils parvinrent à atteindre le lit dans lequel Hypérion se blottit contre son amante cherchant un peu de chaleur dans un mouvement réflexe.
Même s'il avait des douleurs partout dans le corps et l'esprit brisé, ce n'était au final que très peu de chose car collé à la jeune femme qui lui avait de nouveau ouvert son cœur, il se sentait beaucoup mieux. Sa position passa bientôt de blotti contre son amante à enlacée avec elle sa tête délicatement placée dans son cou.
Il n'avait toujours rien à dire, et se contentait simplement de reprendre doucement vie avec elle.

Qu'elle le veuille ou non elle avait absolument tout détruit chez le jeune homme réduisant le peu de personnalité qu'il avait à l'état de cendre. Mais malgré cela elle était encore là ce qui voulait dire qu'elle acceptais implicitement de devenir la base sur laquelle se reconstruirait Hypérion.
Ce dernier n'était clairement pas assez fort psychologiquement pour le faire seul et avait besoin d'une base. Se rendait-elle compte de ce que cela impliquait ?
Il n'était rien sans cette base car le jeune homme appartenait à cette catégorie de personne qui n'était forte que par les autres.
Au bout d'un long moment passé dans les bras de son amante, il finit par retrouver sa voix bien que cette dernière soit encore bien fatiguée.



-Je te pardonne tout Sana, je ne suis de toute façon plus capable de t'en vouloir pour quoi que ce soit.... je suis tellement navré.

Dit il doucement avant de blottir son visage dans le cou de la jeune femme. Rabattant par la même la lourde couverture sur eux pour former une sorte de petit cocon intime. Hypérion aimait particulièrement ce genre de situation et passer les premiers moment de sa nouvelle vie avec Sana était important, son cocon se devait donc d'être parfait.
Sous la couette tout était plus étouffé mais aussi plus rassurant, il ne distinguait que le corps de la jeune femme et tout le reste était occulté par les draps ce qui lui convenait parfaitement.

-Je dois donner mon âme à quelqu'un ou à quelque chose Sana.... je fonctionne comme cela. J'ai toujours été la propriété de quelqu'un, j'ai grandit comme cela. J'ai ce besoin viscéral d'avoir une attache, aussi étrange soit-elle. Tu pourra me dire que je suis fort par moi même.... je n'en suis pas capable, j'ai besoin d'avoir ce collier au cou, aussi doux soit-il. Centurion était mon collier en quelque sorte... mon lien avec la réalité, ma sécurité....


Pour la première fois, il arrivait à parler presque clairement de ses sentiments, comprenant ces derniers depuis qu'ils avaient été réduit en miette.



-Je sais que tu ne peux pas le comprendre.... Que tu vois ça comme une sorte de perversion ou quelque chose dans le genre.... mais ce n'est pas le cas... j'ai besoin de ça... j'ai peur.... peur d'être seul comme avant, sans famille, sans amis.... Je veux juste quelqu'un qui puisse être avec moi... pour que je ne sois plus la coquille vide que j'étais....


Bien entendu, il ne pouvait se passer de Centurion, car cette machine à l'apparence terrifiante était une partie de son âme, mais Hypérion avait aussi découvert que quelqu'un d'autre avait commencé à occuper une place aussi importante voir plus que lui. Et cette personne, il l'avait dans les bras.
Aussi quand Sana lui demanda si elle devait partir, le jeune homme la serra dans ses bras expirant un "Non !" aussi soudain qu’incontrôlable.
Le jeune homme dut s'expliquer pour cette réaction, mais ne relâcha pas son étreinte.

-Je ne peux pas t'imposer de rester Sana, mais si tu pars.... je te demande simplement de ne pas me laisser redevenir une personne vide de sens, et d'assumer ce que tu fera.


La traduction était facile à deviner, et Hypérion pensait très honnêtement ce qu'il disait.
En somme il lui demandait de le tuer si elle partait, autant par amour que par pitié car il ne supporterais pas de passer sa vie sans elle.

-Sana... si tu me pose la question.... alors que tu connais la réponse... Je ne peux pas vivre sans toi... ce n'est pas une métaphore.... tu l'as vu.... quand tu n'es pas là je deviens incontrôlable... je dépéris à petit feu....

Qu'elle le veuille ou non... et cela elle allait devoir l'accepter, Sana était la détentrice du collier d'Hypérion. Mais pour la première fois de sa vie c'en était un qu'il passerait en pleine connaissance de cause et avec beaucoup de plaisir.


-Si tu veux partager ta vie avec moi.... alors laisse moi m'offrir à toi... laisse moi faire de toi mon ancre, mon support.... mon amour....ma femme... pour cette vie et peut être celle d'après...
Je ne veux pas te voir partir, je te veux auprès de moi pour l'éternité et peut être plus encore...


Il était trop tôt pour dire le jeune homme remis, mais si son amante acceptais ses responsabilités, ce serait un grand pas vers la guérison. Bien entendu cela supposait une sorte de contrat tacite entre les deux amants. Mais dire que l'on était prêt à tout pour quelqu'un était une chose, cela se vérifierait-il maintenant ?
Il était toujours facile de faire des promesses, Hypérion réclamait que ces dernières soient tenus maintenant.

Sana allait elle accepter le rôle qu'il voulait lui confier ? Après tout il voulait faire d'elle sa vie, c'était une lourde responsabilité.
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Sanaë Eshfeld
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Lun 9 Avr - 21:50
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Tendrement, Sanaë lui caressait les cheveux, cherchant à lui apporter le réconfort dont il avait besoin ainsi qu’un sentiment de sécurité. Elle avait été dure avec le jeune homme, peut-être beaucoup trop… Les barrières s’étaient écroulées, une à une… Comme tous les progrès qu’il avait accompli depuis leur rencontre. Ce constat fut difficile à accepter pour l’ancienne horlogère, bien qu’elle ne doutait toujours pas de la nécessité de tout cela. S’il continuait sur cette voie, Hypérion se serait tout bonnement autodétruit… Il en avait d’ailleurs déjà pris le sombre chemin… Tout cela, cette situation, ces découvertes s’étaient avérés bien trop pour son équilibre déjà faiblard et grandement ébranlé.

Il s’appuyait sur elle d’un façon peu commune si bien que Sanaë ne comprenait plus quel était son rôle… Compagne, mère , amante, amie, sœur, bourreau… ou simplement gardienne… Tour à tour, elle endossait un nouveau rôle, s’adaptant sans cesse au comportement d’Hypérion tout en se perdant elle-même dans tout ceci. Néanmoins, la jeune femme l’acceptait que ce soit par amour ou par folie, de cela aussi, elle doutait. Une seule chose paraissait sûre dans tout cela : aimer Hypérion n’était clairement pas facile… Car lui aussi, sans s’en rendre compte, endossait les mêmes rôles qu’elle…

Enfin, après un long moment plongé dans le silence, le jeune homme prit la parole. Bonne ou mauvaise chose, elle le saurait bientôt. Aussi, elle l’écouta, comprenant pour la première fois où se situaient les véritables dégâts chez son compagnon… Et ce fut un choc, violent, douloureux, honteux. Hypérion n’existait tout simplement pas, son identité, sa personnalité tout cela n’était qu’un leurre. Un mensonge honteux pour le faire paraître humain aux yeux de ses semblables tandis que tout le reste lui avait été cruellement volés par ses frères et d’autres ordure esclavagistes qui l’avait possédé jusque-là.

De son dégoût profond pour ses aînés, Sanaë veilla à ne rien montrer, même si ses battements cardiaques s’étaient brutalement accéléré tout comme sa respiration… Ses “besoins” n’étaient nul autres qu’effrayants, dégradants et humiliants. Déshumanisant… Son dégoût s’amplifia, tout comme sa tristesse…

-Non… Tu as raison, je ne comprends pas… Je ne pourrais jamais le comprendre, même en essayant de toutes mes forces...

Comment se voyait-il finalement ? Comme un animal ? Un objet dont on peut disposer à loisir, au mépris même de tout ce qui est juste ou tout simplement humain. Cette nature qu’ils avaient pourtant héritée à la naissance… et dont il fut rapidement privé.

- Que veux-tu dire au juste ? Il te faut “quelqu’un”... Autrement dit “n’importe qui” ?

Était-ce qu’elle était finalement, “n’importe qui”? Une imbécile lui ayant foncé dessus un jour de neige, au point de s’assommer bêtement contre son armure et qui l’avait recueillie ? Avait-elle involontairement participé à ce jeu malsain entamé par ses anciens...Propriétaires et l’avait conforté dans cet état de non-existence purement grotesque ? Où était l’erreur ? Et comment la réparer ? Tout cela, ses interrogations, Sanaë les garda pour elle, écoutant simplement la suite des paroles du jeune homme qui devenaient toujours plus inquiétantes… Son estomac se serra lorsqu’elle entendit sa demande… Il ne l’avait pas formulé clairement, mais pourtant tout était clair, limpide… triste. Tout cela sonnait comme une menace… Un choix qui n’était pas un, à l’image de celui que lui avait demandé de faire son frère… Non… il était bien plus cruel encore...

- Comment peux-tu me demander une telle chose ? s’offusqua-t-elle en se redressant. Tu peux tout me demander, mais certainement pas de perdre mon humanité et de me transformer en monstre en tuant l’homme que j’aime ! Ce n’est pas de l’amour ça, c’est une menace… Une horrible menace, Hype. N’as-tu donc aucun respect pour moi, mes sentiments ou pour l’amour que je te porte ?

“Reste ou tue moi”... Voilà donc le choix qu’elle avait à faire… Amour ? Haine ? Un mélange des deux, probablement et qui semblait les conduire tous deux dans une sorte de spirale destructrice. Qu'était-ce finalement pour que celui disant l’aimer plus que tout au point de ne pouvoir vivre sans elle n’exige une telle chose ? Elle ne serait pas parti, sauf s’il lui avait demandé, Sanaë n’était certainement pas le genre de femme à abandonner facilement. “Les obstacles se franchissent, tous, sans exception...”

Lorsque Hypérion lui annonça ce qu’il attendait d’elle, la jeune femme eut un mouvement de recul. Sa demande était à la fois belle et effrayante, si bien qu’elle ne savait qu’en penser. Il avait besoin d’elle et elle de lui, c’était un fait… Elle l’aimait d’une manière indescriptible tant ses sentiments pour lui étaient forts ou tout simplement incommensurables… Elle avait finalement compris son besoin, tout du moins en partie. S’il avait besoin de soutiens, elle serait là. La jeune femme ne put s’empêcher de sourire en entendant sa demande. Tendrement, Sanaë prit le visage de son amour en coupe, avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres.

- Hype… Je serais ce que tu veux, puisque je suis à toi. Je prends tout, ton cœur, ton âme… ta vie si tel est ton souhait, je t’ai offert les miens. Je les chérirai, puisqu’ils sont à toi. J’en prendrais soin, simplement parce que je t’aime malgré tout… Mais en contrepartie, je veux que tu t’affirmes, que tu relèves la tête. Tu es un humain, un homme… L’homme que j’aime et avec qui je veux tout partager. Pas question de courber l’échine, Hype… Tu es libre, tu n’es plus un esclave… Quoique tu en dises, quoique tu en penses…


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Mer 11 Avr - 18:54
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La compréhension, comme il le pensait n'était pas possible, mais il ne lui en voulait pas plus que ça. Comment comprendre la mentalité d'un esclave, surtout lorsque l'on à jamais été privé de sa liberté. Il prit donc cette réponse sans aucune animosité, c'était un fait rien de plus.
il eu juste un tic d'incompréhension quand elle demanda si n'importe qui conviendrait

-Ne dit pas n'importe quoi.... Je suis avec toi.... si c'était n'importe qui je me serais arrêté à mon premier arrêt après les mines.... Non... je me suis mal exprimé. Je n'ai pas besoin de quelqu'un.... j'ai besoin de toi.... et seulement de toi

La question était absurde même s'il avait en premier lieu mal exprimé ses pensées. Si c'était pour être avec n'importe qui, il ne me serais pas battu pour être de nouveau avec elle. Non c'était bien évidemment elle. C'était un peu comme choisir un animal, le choisir était une chose, mais c'était avant tout lui qui sélectionnait son maître.
Pour autant le jeune homme ne voyait pas ces relations comme de l'esclavage. Posséder un félin voulait-il dire qu'il soit votre esclave ? N'importe quelle personne connaissant cette situation aurait eu un éclat de rire à cette pensée.
Hype voulait simplement être avec Sana, sans que quiconque ne puisse y faire quelque chose et l'exprimait en somme, assez mal.
C'était difficile pour lui de s'exprimer aussi ouvertement, et forcément cela fut au début très mal pris la jeune femme qui se releva brusquement, les séparant une fois de plus brutalement.
Au final ce n'était pas le principe qui la dérangeait mais plutôt sa demande...

Bien sur il n'avait aucune envie de lui demander ça... Mais comment faire autrement. C'était tout de même ce qu'il voulait au plus profond de lui, et vivre sans l'ancienne horlogère était tout simplement hors de question. Son cœur c'était trop attaché à elle et quitte à se laisser mourir, autant que ce soit rapide.
Même dans son état, Hypérion restait assez logique, une souffrance inutile ne lui faisait pas plus envie que cela. Il reprit donc pour tenter de clarifier la situation.

-Ce n'est pas un ultimatum Sana.... simplement un service que je voudrais que tu me rende comme dernier adieu.... tu le sais... je ne peux pas vivre sans toi, pas comme un être humain en tout cas.... mais si cela te gêne tant que cela....


Mais au final avait-il besoin de penser autant à ce genre de chose ? Les deux amoureux semblaient être prêt à se scarifier l'un pour l'autre, mais aucuns des deux ne semblaient pouvoir accepter le fait qu'ils s'aimaient l'un l'autre.
Ils cherchaient presque à se montrer lequel pouvait souffrir le plus et en entendant les dernière paroles de Sana, le jeune homme secoua la tête avant de voir cette dernière immobilisée pour recevoir un doux baiser, celui qu'il attendait depuis longtemps.

Attentivement il écouta ses mots, tachant d'en suivre le fil avant de prendre son amante dans ses bras, l'embrassant doucement sur la bouche


Il se sentait rassuré de l'avoir à ses côtés et son corps entier sembla s'ôter d'un poids. Il venait finalement d'obtenir ce qu'il avait toujours voulu: une personne à qui faire confiance et se reposer, même si cette dernière exigeait une contrepartie un certain effort de lui.
Hypérion ne pouvait de toute façon rien lui refuser et se contenta de hocher la tête


-Je ferais ce que je pourrais pour satisfaire tes envie.... mais cela ne sera pas facile tu le sais Sana.


Il était sérieux sur ce dernier point. S'affirmer n'avait jamais été son fort, quand à se considérer comme libre.... c'était comme demander à un chat de voler. L'animal n'avait jamais été pensé pour cela. Et faire un tel effort pour Hypérion allait être colossal, mais avec l'aide de son amante, il se sentait un peu moins impuissant sur ce détail.
Oui il allait faire des efforts, mais il n'était pas dit qu'il y arrive aussi facilement que la jeune femme pouvait le penser
Il s'allongea doucement avec elle la reprenant dans une étreinte passionnelle avant de l'embrasser langoureusement.

Ce soir au moins ils oublieraient toute cette histoire pour prendre soin l'un de l'autre, peu importe l'heure qu'il était.
Le lendemain, Hypérion se leva doucement, ouvrant un œil un peu moins fatigué que la veille pour trouver son amante lovée contre lui, encore une journée passée dans cette maudite ville, une journée qui, il fallait l’espérer serait la dernière car il avait plus que hâte de retrouver la maison et le village, en somme revoir sa vie simple et éloignée de toute chose aussi déplaisante que dans cette satanée ville.
Maintenant que Sana et lui étaient de nouveau réunis, plus rien ne les séparerait

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Sanaë Eshfeld
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Ven 13 Avr - 18:24
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La soirée fut riche en émotions toutes plus perturbante les unes que les autres. La réalité lui était apparue de façon bien douloureuse, violente et brutale alors que Sanaë avait imaginé sa vie bien simple jusqu’à lors. Tout s’était écroulé, ne laissant qu’un tas de gravas aux pieds des deux protagonistes à présent enlacés. Sa famille, ses espoirs, son couple, tout, absolument tout reposait au sol en attendant d’être rebâti de leurs propres mains. Les bases de son compagnon se trouvaient là, elles aussi, amoncelées parmi le reste des décombres…

La jeune femme l’aiderait à se reconstruire, évidemment, puisqu’elle était responsable de cette chute brutale, mais nécessaire. Il lui était impossible de rester aveugle et sourde devant la descente infernale que son compagnon semblait vouloir s’infliger. Détruire pour reconstruire… Et malgré ses faibles épaules, Sanaë se sentait assez forte pour tout endurer, pour lui, pour eux deux. Et puisqu’il ne lui restait que lui, par choix et non par dépit, la jeune femme prendrait grand soin de lui tendre la main, de lui prêter une épaule… D’être simplement un soutien jusqu’à ce qu’il n’en ai plus besoin… Ni d’elle, ni de Centurion… Le chemin serait long, Sanaë en avait une parfaite conscience, mais était assez patiente pour tenir jusque-là. Jusqu’au jour où Hypérion se sentirait de lui-même assez fort pour se tenir à ses côtés sans son armure effrayante, d’être enfin lui-même. Elle l’aiderait pour cela, mais ne ferait certainement pas les choses à sa place, à l’image d’un manœuvre qui ne ferait que prêter main forte au maçon chargé de poser les briques de sa vie. Il devait se trouver, se construire par lui-même en tant qu’individu et non pas par elle… Il ne devait pas se contenter d’être le compagnon de Sanaë, sans quoi elle ne l'accepterait probablement pas. Elle l’aimait lui, mais pas l’image soumise qui lui renvoyait et qu’elle rêvait de faire disparaître…

Au matin, Sanaë n’avait rien oublié de la veille, mais décida de ne rien laisser paraître de sa détermination à faire que les choses changent. Elle se lova amoureusement dans les bras de son compagnon, cherchant la chaleur qui lui manquait cruellement. Leur vie ne serait plus la même, elle ne laisserait pas faire. Il était hors de question de conforter le jeune homme dans cette situation alors qu’il restait tant à régler.

L’on toqua doucement à la porte, de façon à n’être entendu que par des occupants éveillés. L’ancienne horlogère se redressa, ramenant le drap sur elle pour cacher sa nudité, l’ajustant comme une robe improvisée avant de se rendre jusqu’à la porte.

- Qui est-ce ? demanda-t-elle sans une once d’hésitation dans la voix.

- C’est Neal, rétorqua la voix masculine de l’autre côté de la porte. J’apporte vos affaires et … je dois vous parler à tous les deux.

Sanaë se retourna vers le jeune homme avant de lui adresser un sourire se voulant rassurant. Elle se doutait bien du sujet dont voulait parler le milicien. Après les derniers événements, cela lui paraissait évident. Et puis, elle portait la même robe depuis presque deux jours, une robe de soirée qui n’avait pas sa place sur sa peau bien trop modeste pour jouer aux bourgeoises endimanchées. Elle savait également que l’agent Neal était digne de confiance, malgré les craintes et reproches que pouvait lui faire son compagnon. Aussi, elle lui ouvrit, après s’être assurée d’être suffisamment présentable et en rien visible.

Elle s’écarta pour le laisser entrer, le saluant d’un simple mouvement de tête qui lui rendit. Le visage impassible, le milicien déposa ses valises sur le lit, veillant à ne pas la regarder en signe de pudeur et de respect.

- Comment avez-vous su où nous trouver ?

- Centurion ne passe pas inaperçu… Il m’a suffi d’interroger deux ou trois personnes. Je suis resté en retrait jusque-là, je savais que vous auriez besoin de temps tous les deux… Je vous ai suivi hier aussi… Donc ne vous en faites pas, les conditions de votre surveillance ont été respectées, vous ne risquez rien… Daren ne portera pas plainte non plus, je m’en suis assuré...

- Oh… Et concernant Derek et Walter, quelles sont les nouvelles ? l’interrogea Sanaë en allant se placer aux côtés de son compagnon.

- Ils ont été placés en détention provisoire… Et sont visiblement très bien conseillés par les collègues avocat de Derek… Seulement... hésita-t-il en se tournant vers Hypérion. Sans ton témoignage, nous n’avons rien contre eux et ils ne tarderont pas à être relâchés… Ils ont également porté plainte contre toi pour destruction de biens privés, diffamation et coups et blessures… Le tout, devant témoins… Il faut que tu portes plainte toi aussi… Il pourrait alors y avoir des circonstances atténuantes à leurs accusations...

Il se reporta alors vers Sanaë qui déjà avait prit la main de son compagnon dans la sienne en signe de soutien. Elle serrait les dents, agacée par le comportement de ses frères… Seulement, elle aussi avait beaucoup dire sur les conditions et les raisons de son retour à Blumar… Ainsi que sur le comportement de son frère envers elle.

- Dans ce cas, je porterais plainte moi aussi. Derek a soigneusement veillé à ne pas transmettre les lettres que j’avais écrites à Hype… Il m’a menacé, plusieurs fois, et même droguée. Séquestration, manipulation… je suppose que cela aidera.

Pour toute réponse, l’agent se contenta de hocher la tête en signe d’acquiescement. À nouveau, il se tourna vers le jeune homme, attendant une réaction de sa part.

- Je peux également témoigner en votre faveur, Hypérion. Ce qui devrait diminuer les charges contre vous. Je vous observe depuis assez longtemps maintenant pour connaître les raisons de votre colère. Sachez aussi que Samuel Eshfeld souhaite vous apporter son soutien... Il a également évoqué Berthram et Myrn… Alors ? Allons-y ensemble ? Enfin… Quand Sanaë sera habillée, évidemment ...


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Lun 16 Avr - 22:52
Irys : 394869
Profession : Chercheur/Mecanicien
Daënar +2 ~ Zuhause (homme)
C'est avec un peu d'appréhension et beaucoup de surprise qu'Hypérion regarda le milicien rentrer dans la pièce avec un air sérieux et grave. Il n'était pas venu armé, signe qu'Hypérion n'avait pas vraiment de risque de se faire arrêter. De toute façon il avait abandonné toute idée de résistance depuis bien longtemps.
Il écouta donc l'agent des forces de l'ordre sans sciller, le détaillant de haut en bas, prononçant finalement pour toute réponse:

-Je vois....

A vrai dire son esprit était infiniment plus confus que ce qu'il laissait paraître et il lui fallut un petit moment pour réfléchir à toute la situation. La journée de la veille était plutôt confuse et les bribes de cette dernière lui revenait pas morceau seulement, et c'est au bout d'un moment qu'il eut toute la situation en tête.
Il se planta alors devant le milicien, inclinant doucement la tête avant de dire.

-Avant toute chose Agent Neals.... Je suis désolé de vous avoir traité ainsi.... je ne sais pas si je peux dire que je n'étais pas moi même.... mais voir Sanaë dans cet état m'a fait perdre toute raison. Je vous prie donc d'accepter toutes mes excuses, aussi misérables soient-elles.

S'il voulait avancer, il devait avant tout s'excuser auprès de ceux qui le méritait, et l'agent Neals était bien la personne qui était la plus méritante ici, et savoir qu'il témoignerais en leurs faveur ne faisait qu'abonder en ce sens.
Il se permis même de lui serrer la main avec un regard chaleureux, son visage exprimant tout ce que des mots étaient incapables de faire : une immense gratitude.
Le jeune homme se plierais donc aux conseil du milicien.

-Je ferais ce que vous me conseillerez, mais j'avoue ne pas comprendre tout cela fonctionne. Destruction de bien... certes, violence.... surement.... mais diffamation ? Je ne comprend pas.... Aurais-je raté une partie de la soirée ?

Hypérion ne comprenait pas ce qu'on pouvait lui reprocher sur ce point, ne se doutant pas qu'une accusation aussi grave se devait d'être examinée avec attention. Un processus judiciaire allait se lancer, un de ceux qui se promettaient d'être expéditif et exemplaire car les affaires aussi sensibles étaient en général traitées avec une vitesse exemplaire.
La peine pour un esclavagiste était particulièrement lourde, surtout si celui-ci ne possédait pas d'immense fortune pour le couvrir, les frères de Sana se retrouvaient donc dans une situation particulièrement délicate, et le témoignage du technicien risquait encore d'aggraver son cas.
Il releva la tête, observant Sana finalement habillée de manière plus habituelle avant d'ajouter.

-Dans ce cas, je vais porter plainte aussi... mais pour quel motif devrais-je le faire ? L'esclavagisme est une chose, mais y a t-il d'autre type de plaintes ?

Il ne cherchait pas forcément à alourdir les peines qui allaient tomber, mais simplement à ce que justice soit faite. Il suivit donc Neals au poste avec Sana, observant avec de grands yeux les locaux de la milice. Mais au lieu de se retrouver derrière les barreaux, le couple prit place devant un bureau derrière lequel le milicien s'assit, actionnant une machine à écrire bruyante.
Il fallut porter plusieurs plainte, et que le jeune homme fasse un témoignage détaillé de ce qu'il c'était passé, ainsi que de raconter en détail son quotidien dans les mines.
Ses anciennes menottes furent collectées comme preuve pour l'enquête qui allait surement se retrouver très courte.
Et lorsque le miliciens lui annonça les charges qui étaient retenues contre lui, il les accepta presque toutes tout en serrant la main de Sana, mentir n'était de toute façon pas sa spécialité.

-J'avoue avoir détruit une partie de l'habitation, et avoir blessé un seul des deux frères en le lançant dans la pièce. Néanmoins je réfute les accusations de diffamation.

Il pointa du doigt les propos que les deux personnes avaient enregistrées plus tôt, notamment les propos plutôt durs et déplacés du frère. Le jeune homme comptait bien lui faire payer ses insultes, surtout celles envers Sana.

-Je tiens d’ailleurs à l'accuser de cela aussi, ces propos n'ont été qu'un ramassis de mensonge sans fondement, et si je suis plutôt habitué à ce genre d'insultes, celles envers Sana... je ne peux pas les accepter.

Le jeune homme finit finalement par serrer Sana contre lui pour se redonner un peu de courage. C'était un monde bien étrange, ou une victime qui tentait de se défendre risquait elle aussi une peine pour avoir fait ce qui était juste.
On disait souvent la justice aveugle dans ses châtiments, mais fort heureusement les charges contre Hypérion ne risquaient pas de mener à autre chose qu'une amende.
Le sort des frères esclavagiste était quant à lui beaucoup plus hasardeux, allant de la prison à vie à la peine de mort pure et simple.
Trop de vies avaient été perdues à cause d'eux et les laisser continuer à vivre ainsi aurait été une cruelle injustice.

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Sanaë Eshfeld
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Mar 17 Avr - 21:42
Irys : 625446
Profession : Ancienne horlogère touche à tout.
Daënar +2 ~ Skingrad (femme)
Le jeune couple resta un long moment assis  à cette table, relatant, tour à tour, les faits, tels qu’ils les avaient vécus sans jamais essayer d’édulcorer les choses. Entendre une nouvelle fois l’histoire de son compagnon fut particulièrement difficile pour l’ancienne horlogère. Tout du long, elle garda la tête baissée, se répétant sans cesse que ses frères étaient en parti responsables des malheurs de l’homme qu’elle aimait. Mépris, violences physiques, verbales, malnutrition, exploitation… Le tout sur un enfant craintif acheté pour quelques obscures raisons dont ils ne savaient rien… Ce n’était certainement pas rien et Sanaë en porterait également les stigmates invisibles, puisqu’elle était ainsi faite.

À son tour d’exposer les faits, de raconter avec exactitude les jours passés chez son frère. Elle n’omit aucun détail, même si elle aurait aimé préserver son compagnon de certains d’entre eux, comme le moment où elle fut droguée et traitée comme une vulgaire poupée, tandis que son frère la menaçait. L’expression du milicien familier se fit plus dure, ses traits s’étaient crispés sous la colère. À l’évidence, il s’en voulait… Neal s’était trouvé là, tout près, sans l’être assez pour savoir exactement ce qu’il se tramait à côté. Il n’avait pu aller au-delà des ordres qu’il avait reçu et de ce fait, ne pouvait pas intervenir dans la vie privée de la jeune femme. Il avait pourtant essayé de l’aider en prévenant son jeune compagnon que quelque chose n’allait pas en lisant la lettre qu’elle lui avait confié… La seule et unique lettre qu’il avait tenue en main.

Sanaë répondit ensuite à chacune des questions concernant ses aînés. Malheureusement, la jeune femme savait bien peu de chose sur ses frères qui avaient su préserver leurs secrets du reste de leur famille. Même leur épouse ne savaient rien à ce sujet, sans quoi nul doute que Cécilie aurait dénoncé son mari. Tout du moins, Sana en avait l’intime conviction et espérait ne pas se tromper sur sa belle-soeur.

L’entretien s’acheva enfin. Celui-ci avait duré si longtemps qu’il faisait nuit lorsque le couple sorti des locaux de la milice, accompagnés, bien évidemment de l’agent Neal qui avait reprit sa place à leurs côtés.

- Voilà qui est fait, lança-t-il à l’adresse des deux jeunes gens.

- Oui... soupira Sanaë en raffermissant sa prise sur la main de son compagnon. Et maintenant ?

Le milicien se saisit d’une cigarette sortie d’un étui en argent avant de l'allumer et de cracher un premier nuage de fumée.

- Le témoignage d’Hypérion a fourni assez d’éléments pour pouvoir ouvrir une enquête. Vos frères seront à nouveau interrogés afin d’obtenir la liste des noms des autres responsables. Les Eshfeld ne sont pas les seuls impliqués.

Le cœur de l’ancienne horlogère se serra lorsqu’elle entendit son nom, celui de son père, directement cité pour cette affaire. Elle prenait alors véritablement conscience de l’implication de ses frères et des retombées que devraient subir le reste de sa famille. Tous seraient interrogés, mêlés plus ou moins directement à cette sombre histoire d’esclavage sur fond d’exploitation minière… Mais tous, sans exception seraient salis par leurs actions empreintes d’inhumanité… Tout cela pour de l’argent…

- Je vois...

À nouveau, la jeune femme baissa la tête en se disant que ce serait probablement la posture qu’elle devrait adopter. La renommée de la famille Eshfeld, celle-là même pour laquelle elle avait tant travaillé afin de prendre dignement la suite de son père, se verrait définitivement ternie sans qu’elle ne puisse rien y faire. Mais pourtant, malgré cela, Sanaë ne pouvait pas fermer les yeux sur les ignobles agissements de ses frères. Hors de question… Ils devraient assumer et payer pour toutes les vies qu’ils avaient si injustement gâché.

- Pouvons-nous rentrer chez nous ?

Son village lui manquait. Sa maison lui manquait. Shaïa lui manquait… Toute sa vie était là-bas à présent, et même si elle avait grandi dans cette ville, Sanaë se sentait en terre inhospitalière et ne rêvait plus que de s’en éloigner au plus vite.

- Pas dans l’immédiat, j’en ai peur. Vous devrez vous tenir disponible dans le cas où la milice devrait à nouveau vous interroger.

- Mais n’avons-nous pas tout dit ? Ce n’était pas assez pour vous ? s’exclama-t-elle en se retournant vivement vers le milicien.

- C’est la procédure, Sanaë. Parfois certaines choses apparaissent au fur et à mesure de l’enquête, certaines choses, des détails peuvent également vous revenir à tête reposée. Vous n’avez rien à vous reprocher et donc rien à craindre. Prenez seulement votre mal en patience. Vous serez bientôt chez vous.

- Je comprends, se résigna-t-elle finalement.

Neal était patient et prenait à cœur de les aider, mais la jeune était fatiguée de tout cela. S’en était trop pour elle… Observant Hypérion, la jeune femme lui sourit. Tout cela n’était après tout pas plus facile pour lui. L’interrogatoire l’avait poussé à se replonger à nouveau dans des souvenirs ô combien douloureux, ceux qui avaient marqué son enfance et l’avaient poussé à se construire d’une façon incertaine…

- Comment te sens-tu, Hype ? demanda-t-elle, inquiète, tout en sachant que la réponse ne serait certainement pas joyeuse.

Soudain, il lui vint une idée. Une envie même, l’une de celle qu’elle n’avait pas eut depuis le décès de sa mère, bien des années auparavant. Seulement, il était tard, bien trop pour se rendre à l’endroit qui l’appelait presque… Cette maison située en dehors de la ville, celle dans laquelle elle avait grandi, celle qui était empli de souvenirs d’enfance tous aussi joyeux les uns que les autres. Une autre époque… Un autre temps, perdu depuis des années.

- Demain… J’aimerais te montrer quelque chose… Pour l’heure, rentrons à l’auberge, nous avons besoin de repos...

*****

Le lendemain, Sanaë s’éveilla à l’aube… Heure uniquement indiquée par le cadran de sa montre. La chambre dépourvue de toute ouverture sur l’extérieur, ne laissait aucun indice quant à l’écoulement du temps. Et même si elle avait trouvé ce détail agréable quelques jours plus tôt, faisant de cette pièce une sorte de cocon pour le jeune couple. Ce n’était, dés lors plus le cas. L’ancienne horlogère se sentait comme prisonnière de ces lieux témoins des pires moments vécus par les deux amoureux… Tout du moins, ceux concernant leur relation depuis leur rencontre. Sanaë profita du sommeil de son compagnon pour prendre un bain fort agréable. Elle se lava de tous les derniers événements comme pour pouvoir repartir du bon pied, une sorte de renaissance qui lui était nécessaire pour ne pas perdre pied. Elle savoura donc le contact de l’eau sur sa peau, prenant le temps de se débarrasser de chaque chose dont elle ne voulait tout simplement plus.

Une fois propre et habillée, la jeune femme se sentait nettement plus sereine, plus légère aussi. Elle se rendit dans la grande salle pour y commander deux petits-déjeuners qui leur seraient servis directement dans leur chambre. La commande passée, Sanaë retourna dans leur chambre, avant de s’étendre près de son compagnon et de se lover contre lui, s'enivrant presque du parfum qui n’appartenait qu’à lui et qui lui évoquait son foyer. Hypérion avait pris une place importante dans sa vie, la plus grande. Leur avenir commun lui parut bien incertain, probablement plus sombre que ce qu’elle avait envisagé de prime abord. La vie semblait s’amuser à sans cesse les mettre à l’épreuve, plaçant sur leur route divers obstacles de plus en plus haut… L’ancienne horlogère ne savait donc pas à quoi s’attendre, commençant à redouter la fin de leur histoire à cause d’une épreuve trop difficile à surmonter, d’un obstacle bien trop haut pour ne serait-ce qu’espérer le franchir et en sortir indemne. Cette affaire-ci pourrait les séparer s’ils ne se montraient pas assez soudés ou solides. Ils avaient beau s’aimer, mais ne dit-on pas que l’amour ne suffit pas toujours ?

Finalement, le bruit de la porte la tira de ses pensées. Sanaë se releva pour récupérer le plateau garnis qui attendait sagement dans le couloir et le placer sur la table. Elle alla ensuite réveiller son compagnon.

Après le petit-déjeuner, l’ancienne horlogère loua un fiacre qui les conduisit en dehors de la ville, juste aux abords, là où les champs commençaient à trancher le paysage de la campagne tyorienne. La route ne fut guère longue, mais Sanaë en profita pour raconter quelques souvenirs d’enfance tout en souriant. Bientôt la vieille bâtisse se dressa devant eux. Avec les années, le verger situé à l’avant n’avait plus rien d’accueillant. L’herbe fraîchement coupée avait laissé place à d’épaisses herbes hautes, faisant totalement disparaître le petit chemin qui reliait jadis le portail grinçant à la porte à la peinture écaillée.

- Elle était plus accueillante dans mes souvenirs, s’exclaffa-t-elle en entraînant Hypérion dans le jardin en le tirant par la main. Allez, viens.

Elle le guida en silence tout le long du chemin effacé, celui qu’elle arpentait chaque jour alors qu’elle n’était qu’une enfant encore bien naïve sur les réalités de ce monde. Sanaë eut un pincement au cœur en songeant que son compagnon n’avait pas eut cette chance. Elle avait grandi à la lumière tandis qu’il s’était trouvé enfermé dans de sombres galeries. Évidemment, vu l’âge du jeune homme, ses frères n’avaient rien à voir avec son acquisition… Ce n’était donc pas eux qui l’avait placé là. Toutefois, cela n'apaisait en rien son sentiment de mal-être lié à l’enfance de son compagnon.

Une fois devant la porte, Sanaë s’empara de la clé dissimulée entre deux pierres composant l’encadrement. Elle l’observa un instant, un sourire mélancolique aux lèvres avant de d’introduire dans la serrure qui se montra quelque peu récalcitrante face à l’infime tâche qui lui était demandée. Finalement, après une petite bataille, le bâtant s’ouvrit sur un vestibule sombre et poussiéreux. En silence, la jeune femme parcourut chaque pièce, ouvrant fenêtre et volets afin de faire entrer l’air frais et la timide clarté dans la bâtisse abandonnée. Une fois fini, elle retrouva Hypérion pour lui donner un tendre baiser. Puis elle s’éloigna pour débarrasser un meuble usé du drap blanc couvert de poussière qui le recouvrait.

-Mon père s’appelait Aymerick. Il avait l’habitude de s’asseoir sur ce fauteuil. Il y lisait son journal en fumant sa pipe. Je m’asseyais à ses pieds, juste ici, sur le tapis. Je lisais, parfois… Mais souvent, je ne faisais que m’asseoir juste à côté, simplement pour être proche de lui.

Elle se dirigea vers le mur, celui faisant face à la cheminée avant de répéter le même manège. Cette fois, la jeune femme libéra une vieille horloge d’une taille particulièrement imposante. Le temps n’avait en rien gâché son apparence qui restait la même qu’autrefois, grandiose et sublime. Délicatement, elle ouvrit la petite porte renfermant un mécanisme mystérieux et compliqué que peu d’horlogers seraient capables de reproduire. Avec des gestes sur, pour les avoir maintes fois effectués, Sanaë actionna le mécanisme afin de le mettre en route sans pour autant refermer le capot.

- C’est Samuel Eshfeld, mon grand-père, qui a créé cette horloge. Il me semble que c’était l’une de ses dernières, mais je n’en suis pas vraiment sûre. Je ne l’ai pas connu, il est mort bien avant ma naissance. Néanmoins, c’est lui qui a fondé la maison… Il avait un certain talent, comme tu peux le voir.

Pièce après pièce, Sanaë retira chaque drap de chaque meuble, révélant toujours plus de simplicité familiale dans une maison de taille imposante… Dix personnes avaient vécu là, quatre enfants y sont nés et y ont fait leur premier pas, deux personnes y sont mortes. Chaque fois, la jeune femme racontait un nouveau souvenir, une histoire du passé, joyeuse ou non, sans jamais évoquer Derek, Walter ou Daren. Pas une seule fois, elle ne prononça leur nom, tout simplement parce qu’elle les avait rayé de sa vie.

Au bout d’un certain temps, probablement long pour le jeune homme qui ne devait rien comprendre du but de cette visite, Sanaë se tourna vers lui tandis qu’un immense sourire se dessina sur son visage.

- Pardonne mon caprice matinal, mais il fallait que je te parle de ma famille. Disons que j’en avais besoin. Vois-tu, ils n’étaient pas riches, n’ont pas forcément accompli de grandes choses et n’étaient finalement que d’illustres inconnus au milieu des autres. Néanmoins, j’estime que ce n’est pas ce qui définis un humain et ce qu’ils ont accompli est largement suffisant pour mériter mon respect. Bien sûr, je ne sais pas tout sur leur histoire, mais je les connais eux… Les Eshfeld ne sont pas des monstres avides de pouvoir et d’argent… Hormis trois d’entre eux, chacun de nous ne s’est toujours contenté que du minimum sans jamais manquer de quoique ce soit. Certainement pas de bonheur d’ailleurs. Cette maison en est la preuve, malgré son triste état.  

Aucun symbole clinquant n’entachait les murs vierges. Sa mère n’aimait pas s’encombrer de l’inutile, une habitude dont Sanaë avait fini par hériter. Chaque meuble, chaque objet avait une fonction… Sans quoi, il ne trouvait jamais sa place dans la maison, simplement pour laisser de l’espace pour les personnes qui y vivaient. Le matérialisme n’existait pas en ces lieux

- Je voulais te présenter à ma famille, la vraie… Celle qui me ressemble, simplement parce que je sais que mes parents t’auraient adoré, mon père en particulier. C’était un homme bien, intègre et travailleur… Vous vous seriez entendu à merveille… J’aurais tellement voulu qu’il te connaisse.

Son sourire se fit un peu plus mélancolique sans pour autant perdre de sa tendresse. Doucement, la jeune femme attrapa les mains de son compagnon avant de poursuivre.

-J’ai eu une enfance très heureuse grâce à lui et je le suis aujourd’hui grâce à toi. Je veux simplement t’offrir la même chose. Je ne pourrais jamais changer ton passé, c’est un fait, mais je veux faire en sorte que ton avenir soit heureux. J’y veillerai aussi longtemps que je vivrai, et même au-delà si cela m’est possible. Je ne veux pas être séparée de toi, plus jamais, Hype,déclara-t-elle doucement avant de l’embrasser tendrement. Te conduire jusqu’ici, est ma manière à moi d’officialiser la promesse que je t’ai faite hier… Une bien étrange façon, je te l’accorde, mais me connaissant, tu ne devrais pas être si étonné que ça… je l’espère...


Sanaë s'exprime en #cc99ff

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Hyperion Radchen
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Ven 20 Avr - 8:08
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Hypérion laissa Sana l'emmener, ne protestant pas le moins du monde quand elle l’entraîna hors des ruelles bruyantes de la ville, bien au contraire. Quitter ce lieu remplis de mauvais souvenir était en soit une véritable bénédiction. Le jeune homme observa le paysage urbain devenir des champs fournis, ce qui offrait un nouveau paysage plus qu'agréable vu ce qu'avait donné le dernier. Il passa la moitié de son temps à regarder par la fenêtre, l'autre partie étant consacrée uniquement à Sana.
Dans ce petit fiacre occupée uniquement par les deux amants, Hypérion se rapprocha doucement d'elle pour finir par la prendre dans ses bras.
C'était un geste anodin, mais qui s'avérait nécessaire au jeune homme qui avait besoin d'elle comme il avait besoin de respirer. Un simple petit contact anodin qui lui permit de reprendre une bouffée d'air pour continuer à vivre.
Collé contre elle il regardait la paysage jusqu'à ce que le fiacre s'arrête devant ce qui avait du être une grande maison familiale. Son état ne reflétait sans doute pas ce qu'elle avait été dans sa vie passée. Des herbes hautes et folles, une porte à la peinture écaillée.... cette maison n'était pas un ruine a proprement dite, elle avait simplement été laissée libre de vieillir et peut être de mourir.
Le chemin qui avait du relier le portail à l'entrée avait été effacé, et le jeune homme dut se frayer un chemin à travers les herbes pour atteindre cette dernière.
Une clé dissimulée entre deux pierre résista à sa propriétaire, mais au bout de quelques minutes d'effort, la serrure céda à Sana, laissant pénétrer le petit couple dans ce qui avait jadis du être une maison de famille.

Le jeune homme ne disait rien, ne comprenant pas vraiment la raison de leurs présences ici. Il sentait que Sana était liée à ce lieu d'une manière ou d'une autre, en partie car elle semblait en connaitre chaque recoin mais aussi par pur instinct. Quelque chose dans cette habitation lui rappelait fortement son amante.
Les meubles avaient été mis sous toile, et la plupart des volets fermés. Il y avait une odeur de renfermé, pas celle de la crasse, mais plutôt celle du vieux bois.
Après un tendre baiser, la jeune femme ouvrit l'une des fenêtre, éclairant la pièce et faisant à nouveau circuler de l'air frai dans cette dernière.
L'ancienne horlogère semblait avoir besoin de parler, et il l'écouta sans broncher lui décrire son père, ses yeux passant du fauteuil au tapis ou avait du jouer Sana lorsqu'elle était enfant.

Il aurait aimé pouvoir lui raconter de tels souvenir également, mais il n'était malheureusement pas possible de raconter des choses qui n'avaient jamais existé, il fit donc de son mieux pour prêter attention aux paroles de la jeune femme sans dériver pour imaginer autre chose.
Car si les souvenirs qu'elle décrivait étaient chaleureux, cela déclenchait une foule de question chez le jeune homme qui ne connaissait pas le principe d'une vie de famille.
Qui allait chercher à manger ? Qui devait faire les corvées ? Combien étaient-ils par chambre ?... et plein d'autre chose de ce genre.
Beaucoup de question qu'il ne poserait pas devant l'importance de cette petite escapade.
Elle finit par révéler une imposante horloge au mécanisme complexe qui laissa Hypérion intrigué, et son cœur eu un sursaut de joie quand la machine se mit à fonctionner de nouveau après tant d'années, preuve que son fabricant y avait mis plus que du travail.
Quelques pas suffirent à l'amener à côté de cette dernière, et ses doigts effleurèrent le bois pour sentir les vibrations légère qui émanaient de l'engin.
Cet empilement de ressort, pourtant bien ordinaire aux yeux des gens avait un caractère propre, et aux dires de Sana, avait été témoins de plus d'une vie.

Son attention se reporta sur Sana qui semblait une fois de plus obligée de lui présenter des excuses et de se justifier, même si comme il l'avait répété mainte fois, il ne considérait pas toute la famille comme corrompue. En fait de manière plutôt simple, il ne faisait pas de lien entre Sana, ses frères et ses parent, le terme famille n'étant pour lui qu'un mot presque vide de sens
C'est pour cela que toutes ces excuses lui paraissaient superflues: les responsables étaient jugés et c'était tout ce qui importait.
Sa tête se pencha légèrement sur le côté en l'écoutant parler de son père.
Il était clair aux yeux de tous que l'homme de la maison était quelqu'un d'intègre, tout comme la rigueur de la famille. Les lieux étaient grands, mais adaptés à une famille nombreuse et le luxe ne dégoulinait pas dans cette maison.
En fait si... le luxe était bien présent aux yeux d'Hypérion, mais pas un luxe tapageur et malvenus, simplement le luxe d'une vie calme, stable et ordonnée. A ses yeux cela valait bien plus qu'une babiole en or.

Son regard se voilà quand elle parla des relations qu'il aurait pu avoir avec son père. Oui il aurait bien aimé le rencontrer, car a part Jarhead, la plupart des frères Eshfeld ne lui avaient pas fait bonne impression, et cette dernière était assombrie par la pression qu'ils avaient mis sur leurs sœur
Après une nouvelle déclaration qui toucha profondément Hype, la jeune femme l'embrassa tendrement, comme pour ajouter un peu d'impact a ce qu'elle venait de dire.
Lui était déjà convaincu qu'elle disait vrai mais se laissa emporter par ce baiser, lui rendant cette attention pendant de longues minutes avant de se mettre à parler à son tour.

-Sana.... je n'ai jamais remis en cause ta famille entière tu le sais... A vrai dire j'aurai du mal à le faire, car je ne vois toujours pas de lien entre les bons Eshfeld et les autres... Cette maison vous à apportés tout ce qu'elle pouvait, elle ta transformée en la jeune femme que j'aime, et rien que pour cela je te suis reconnaissant de m'y avoir emmené.
Mais encore une fois... je ne peux pas juger une famille entière sur les agissements de quelques personnes.


Il ne pouvait pas, et ne voulait pas, car il pensait naïvement qu'un être humain libre faisait ses propres choix, après tout personne n'avait forcés les trois frères à faire de l'esclavage. Un choix était fait dans une situation précise, mais cette situation n'avait jamais du inclure le reste de la famille.
Il examina chaque meuble, poussant un soupir triste.

-C'est... étrange de se trouver là.... Ce lieu est plein de souvenir, ça se sent viscéralement, comme si des échos de voix murmuraient en périphérie de la conscience...
J'aurai aimé pouvoir rencontrer cette fameuse famille, ils m'avaient l'air de gens bien... des gens simples qui demandaient seulement à vivre normalement.


Un nouveau tour de la pièce, se fit, et le jeune homme en regardant par la fenêtre tenta d'imaginer les jours de gloire de cette maison, sans réellement parvenir à saisir l'essence de ce qu'il avait du s'y passer.
Imaginer un enfant jouer était une chose, imaginer le reste de sa vie était bien plus compliqué. Comment le faire en plus quand on n'avait aucune référence pour ce faire ?
Une mère aimante, un père strict mais juste. Ce petit monde, désormais en ruine était l'image que pouvait avoir Hype du paradis.
Mais aune autre question, bien plus pressante se faisait jour. Et elle passa au dessus de toutes les autres.

-Je suis heureux que tu m'es montré cette partie de ton passé. Malheureusement... je ne pourrais faire de même...

Ce n'était pas une plainte, seulement un constat, et le jeune homme était navré de ne pas pouvoir en faire découvrir plus à Sana

-Mais... pourquoi la maison est-elle dans cet état ? Pourquoi est-elle abandonnée ainsi ?


La réponse était peut être évidente, mais par pour Hypérion qui trouvait désolant que ce lieu si chargé d'histoire soit condamné à répéter les phases d'une vie passée
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