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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Ils inaugurent un musée, ça tourne mal. [PV Henry et Mytra]

Henry Farstadt
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Sam 24 Mar - 19:35
Irys : 165975
Profession : Colonel en chef de Rathram / Haut-fonctionnaire
Daënar +3 ~ Rathram (homme)
La petite foule d'officiels et de militaires faisait face au bâtiment flambant neuf, secondés par un attroupement un peu plus impressionnant de journalistes et de curieux venus assister à l'inauguration. C'était d'ailleurs une belle journée qui se présentait sur Cerka et les rues étaient relativement calme, ce samedi midi.

Sur l'estrade, au premier rang, derrière un pupitre, le primo-gouverneur Mareno faisait un discours. Comme souvent avec lui, il sonnait la petite politique-politicienne et les intérêts personnels sous le couvert du bonheur général. A vrai dire, il ne semblait pas très inspiré. Il se trouvait que le bâtiment n'était pas de son initiative mais de celle du Colonel Farstadt, qui avait réussi à le convaincre de l'intérêt électoral que représentait la construction. De toute façon, des objets similaires étaient créés dans quasiment toutes les grandes villes du continent, Rathram, aussi pacifiste qu'elle soit, ne pouvait échapper à la règle.


-"...C'est donc avec grand plaisir que je vais laisser la parole au colonel en chef Farstadt afin qu'il nous livre ses souvenirs et ses impressions, avant que le bandeau ne soit coupé."

Dans ses vêtements bleus et gris, Henry sorti de la masse des officiels et monta à la tribune. En passant il jeta un regard aux présents: des notables des quatre coins du continent, des attachés militaires de partout, des journalistes qui transcrivaient chaque parole et même un photographe qui préparait son appareil pour le grand moment. Henry leva les yeux face à la marée de visages qui bouchait la rue. Un large groupe d'anciens combattants s'était porté volontaire aussi. Des hommes et femmes d'un certain âge, certains ayant des prothèses ou des membres manquants.
RD était là aussi, de corvée de garde du corps pour la journée. Il baillait intensément, regrettant sûrement d'avoir dû se lever tôt un samedi... Pour l'occasion, Henry n'avait d'ailleurs pas ramené de discours, même s'il en avait mémorisé un, il voulait ainsi paraître plus proche du peuple, plus à cœur ouvert.


-"Mesdames, mesdemoiselles, messieurs.

Je tiens d'abord à vous faire savoir à quel point je suis ravi d'être ici, devant vous, pour saluer l'inauguration du Musée du Souvenir de la Guerre du Retour. Vous imaginez aisément le symbole que ces murs de briques et ces arches de marbre blanc représentent pour les vétérans de notre glorieuse nation. A l'intérieur vous trouverez des explications sur le conflit, les armes qui y étaient utilisées, les plans de bataille, les premières prouesses militaires de la science...

Mais plus important, vous trouverez le quotidien des soldats, les conditions difficiles dans lesquelles ils ont combattus, la dureté des combats, les valeurs d'honneur et de courage qu'ils transportaient dans leurs cœurs. Vous trouverez aussi des témoignages, des récits, des lettres de soldats à leurs familles. Tout ce qui faisait de ces guerriers des héros de Daënastre mais aussi des fils de la nation, possédant parents, épouses et enfants.

Quand vous rentrerez entre ces murs, je vous demanderai de vous recueillir quelques instants sur les souvenirs des vétérans et des sacrifiés qui ont tout donné pour sauver notre peuple de la menace que représente les mages déistes et..."


Frisant sa moustache brune, RD leva la tête. On aurait dit qu'il y avait un peu de grabuge à l'arrière de la foule et un peu d'agitation était visible. Il se demanda ce qu'il se passait mais décida qu'en l'absence de preuve de danger il ne devait savoir que d'une rixe entre passants voulant s'offrir une meilleure place pour voir le colonel. Il tritura ses gants, cachant ses mains de métal et s'assura de la présence de ses pyro-magilithes. Au pire, il était près.
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Myträ Andreïev
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Lun 26 Mar - 18:36
Irys : 491260
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
La mémoire, certains vous dirons que c’est capital afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs indéfiniment. Pourtant force est de constater qu’on ne retire guère de leçon du passé, même si ce passé est bien ancré dans les mémoires. Car avant de connaitre l’histoire, encore faut-il la comprendre et non en tirer de la fierté pour des choses que l’on n’a pas fait, ou de la colère envers des ennemis qu’on ne connait pas. C’est là le principe du nationalisme extrémiste.

Nombre de jeune gens de Daënastre adhéraient de plus en plus à ce genre de mouvement, dit patriotique. Des jeunes issues de classes défavorisées, peu éduqués pour la plupart. Ils avaient de la colère à revendre et de la frustration à évacuer. Et ils étaient venus nombreux pour cette inauguration du musée de la guerre de Cerka, agglutinés au fond de la salle pour laisser la place aux invités ainsi qu’aux journalistes qui couvraient l’évènement. Myträ était parmi eux, bien malgré elle, car elle ne partageait pas leurs convictions. L’inauguration d’un énième musée n’était pas ce qui l’attirait. Elle n’était là que pour voir un héros qui avait éclairé toute son enfance. En équilibre sur le pied d’une colonne de marbre pour surplomber cette foule qui la dépassait d’une tête, elle le voyait enfin pour la première fois.

Le colonel Farstadt.

Un héros de la guerre. Sans doute comme il y’en avait tant eu, mais celui-là était le plus médiatisé et pour cause, c’était le plus grand des héros. Myträ connaissait tout de sa vie publique jusqu’aux moindres rumeurs de sa vie privée. Encore toute jeune, elle se voyait intégrer l’armée pour servir sous ses ordres et s’imaginait la gorge bouffie de fierté, obéir à la moindre de ses consignes. Bien sûr, la vie et les opportunités en avait décidées autrement. Les Forces Expérimentales étaient une branche de l’armée bien éloignée des forces régionales de Rathram et il n’y avait presque aucune chance que la jeune femme serve un jour sous ses ordres. Elle ne s’en attristait pas, heureuse de son affectation chez les prestigieuses troupes d’élites de l’U.N.E. Mais elle n’avait pas oublié son modèle, et profitait alors d’un jour de permission pour le voir, même de loin.

La militaire n’était pas en service, mais elle portait tout de même son treillis, ainsi qu’un justaucorps noir. Bien que moulant, toute forme trop explicite était bridée par un réseau de bandages serrés qui empêchait tout attribut féminin de s’affirmer. Un sourire extatique sur son visage en voyant son héros discourir, elle n’essayait même pas de masquer les étoiles dans ses yeux marins.

En pâmoison, elle fut cependant interrompue lorsque quelqu’un la bouscula. Déséquilibrée de son perchoir, elle dut mettre pied à terre. De nouveau plongée dans une foule d’hommes trop grands pour pouvoir distinguer la scène, l’attention de la petite blonde fut attirée vers l’entrée du musée, là où la foule semblait agitée. Des éclats d’insulte et des bousculades de plus en plus violentes parvenaient presque jusqu’à l’estrade.

Dans un climat de terrorisme, toutes les agitations publiques étaient source d’inquiétude pour la militaire qui avait déjà oublié qu’elle n’était pas de service aujourd’hui. Elle se faufila entre la foule jusqu’à l’entrée du musée, épicentre de l’agitation. Arrivée sur les lieux, on comprenait un peu mieux la source du raffut. Une foule de gens scandait et agitait des banderoles justes devant le musée.

Des altermondialistes, des utopistes, des antisystèmes, des pacifistes. La « racaille » comme disent les vieux soldats. Myträ ne les portait guère non plus dans son cœur, par réaction plutôt que par conviction. Ces gens-là n’aimaient pas beaucoup l’armée et n’avaient que peu de respect pour le sacrifice des soldats ainsi que leurs efforts pour protéger la nation. Des ingrats, mais des citoyens quand même. C’était également pour des gens comme ça que Myträ se battait.

L’autre camp n’était pas non plus un modèle de vertu. Il n’en fallait pas beaucoup aux nationalistes pour s’énerver. Célébrer la non-violence là où on tente d’honorer les vétérans, c’était un affront qu’ils ne pouvaient encaisser facilement. Déjà, des jeunes surexcités sortaient du musée pour prendre à parti la foule de pacifistes.

Il n’y avait que peu de gardiens mobilisés pour l’inauguration, et tous étaient estomaqués de voir la manifestation qui grandissait peu à peu devant le musée. De toute évidence, celle-ci n’était pas prévue ; que ce soit par la municipalité ou par la police. Etrange. Quoiqu’il en soit, ça n’empêchait pas la jeune militaire de rejoindre les gardiens qui tentaient d’empêcher le contact entre les nationalistes et les pacifistes. Les deux camps s’invectivaient, se défiaient toujours plus. La situation allait escalader jusqu’à la violence s’ils n’étaient pas rapidement séparés.

- Citoyens ! Veuillez évacuer la place publique, criait Myträ à l’adresse des manifestants en faisant de grands gestes pour les diriger hors de la chaussée.

Une invective bien vaine, car les mots ressemblaient bien trop à ceux utilisés par ces saletés de flics et leurs foutus répliques. On dirait qu’ils les apprennent par cœur pour prendre les gens de haut. Au service du peuple… Ah ! Au service des grands pontes, ceux qui se foutent pas mal de ce qui peut arriver aux petites gens. C’est sûr que ce n’est pas eux qui iront au front pour mener la guerre qu’ils ont eux-mêmes déclenché. Si seulement les militaires comprenaient ce que signifie vraiment la démocratie, ils se retourneraient contre cette élite corrompus. C’est pour ça qu’on ne peut pas blairer les uniformes. C’est nous qui payons leur solde, c’est donc nous leur patron. La voix du peuple est la seule à laquelle ils devraient obéir. C’est ça être au service du peuple !

C’est à peu près le discours que tenaient les manifestants, en hurlant sur la jeune capitaine à tour de rôle. La militaire en subissait les assauts sans broncher car son attention s’était déjà concentrée sur une menace bien plus grande que des étudiants idéalistes. Au fond de la foule de manifestants, se tenait un groupe d’hommes cagoulés qui ne se mêlait guère aux provocations en cours. Bien plus calmes et organisés, ils se contentaient d’observer en se consultant régulièrement du regard. Myträ en avait vu un esquisser un geste suspect, plongeant sa main à l’intérieur de son veston.

-Sucez ma queue les bouffeurs de laitue, beugla un type rasé qui sortait du musée en s’attrapant les parties. Vous êtes des putains de traîtres ! Traîtres au drapeau ! On vous laissera pas salir notre histoire !

Les nationalistes avaient trouvé là leur leader, avançant avec lui sur la manifestation qui avait cessée de brandir slogans et pancartes à tout va, et commençait à se retourner pour faire front face à la barbarie fasciste.

A peine le temps de tourner la tête vers cette nouvelle source d’ennui, que Myträ avait perdu de vu les hommes cagoulés. Ils s’étaient probablement fondus parmi les manifestants. Merde ! La militaire avait un mauvais pressentiment. Ce n’était pas des casseurs, même si comme eux ils profitaient des troubles provoqués par les manifestations pour accomplir leurs pillages. Ceux-là étaient bien plus redoutables, car ils ne partageaient que rarement les convictions des contestataires, n’étant là que pour la violence. Certains théologiens du complot avançaient même que ces types-là étaient payés par les autorités pour changer une manifestation pacifique en une confrontation anarchiste, décrédibilisant le mouvement et justifiant la violence policière.

Soudain, la militaire vit un des hommes en cagoule. Il venait de surgir du troisième rang de manifestant, noyé par les visages et les banderoles, personne ne le vit brandir un pistolet à silex, mais tout le monde entendit le coup partir. Le corps d’un nationaliste tomba lourdement sur les marches du musée, laissant une trainée carmin derrière lui, tel un escargot au mucus sanguinolent.

Le temps sembla s’arrêter pendant un moment, puis un beuglement de rage, suivi d’une multitude d’autres déchirèrent le silence. Les nationalistes se jetaient en avant à l’assaut des manifestants qui bien qu’abasourdis n’eurent d’autres choix que de faire front, bloqués par leurs camarades et incapables d’échapper à la horde furieuse.

Ses grands yeux écarquillés, Myträ vit la foule fondre sur elle… et l’engloutir.
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Henry Farstadt
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Lun 2 Avr - 15:48
Irys : 165975
Profession : Colonel en chef de Rathram / Haut-fonctionnaire
Daënar +3 ~ Rathram (homme)
Le discours continuait tranquillement alors qu'Henry s'attardait sur le bilan des attentats encore frais dans la mémoire de la population et sur la nécessité d'une union nationale et d'un état d'urgence face au danger my'trän.

-"... Et chers amis, je revendique d'ailleurs le rassemblement patriotique de tous les peuples autour d'un seul idéal: la résistance aux actes de terrorisme honteux auxquels les my'träns se livrent dans la complaisance de leurs élites! Nulle doute que l'armée et la Milice seront les institutions les plus à même de ..."

Il y avait de l'agitation dehors, à tel point qu'elle se répercuta jusqu'à la tribune. Une petite appréhension traversa les présents, vétérans comme journalistes ainsi que le primo-gouverneur lui -même. Henry eut une seconde d'arrêt et s'apprêtait à continuer quand un gardien de sécurité vint le chercher pour lui susurrer de sortir. Ecoutant d'une oreille, RD se rapprocha rapidement, tira l'impertinent et exigea des explications.
Dehors, un début d'émeute commençait entre deux groupes et la situation allait s'envenimer rapidement, il fallait évacuer les officiels dans les plus brefs délais.
Tenant sur parole le vigile, le R attrapa l'épaule de son colonel et lui expliqua la situation en quelques mots, lui demandant de bien vouloir sortir. Abandonnant sa tribune, Farstadt recula vers l'arrière de la scène, provoquant un enchaînement de murmures inquiets au sein du public.

Henry, de son côté, exigea un peu plus de détails, qu'on lui offrit: une échauffourée entre nationalistes et pacifistes. A Rathram cela n'était pas rare. Les premiers étaient d'ailleurs souvent des admirateurs du colonel, qui rassemblait bon nombre des qualités qu'ils appréciaient: militarisme, virilité, culte du chef, sublime martial. A contrario, les seconds haïssaient en général toutes ces vertus.

A cette annonce, le Haut-Colonel n'eut qu'un mot:


-"J'y vais."

RD écarquilla les yeux sous sa coiffe brune gominée et lui attrapa le bras de sa poigne d'acier.

-"Chef, vous plaisantez! Vous allez vous faire tuer!"

L'officier retira son bras d'un geste à la fois vif et impératif.

-"Je ne me suis pas engagé dans l'armée pour fuir le conflit."

Son garde du corps paniqué sur les talons, Henry traversa une foule qui commençait à franchement s'inquiéter en direction de l'entrée. Il y eut un coup de feu puissant, retentissant dans les couloirs, suivit d'un déchaînement de cris de rage, de douleurs et d'appels à l'aide. L'officier pressa le pas. En chemin, un gardien lui demanda de faire demi-tour.

-"S'il-vous-plait monsieur, c'est une zone de guerre dehors!"

Sans ménagement, le haut-colonel l'écarta de son chemin, affirmant simplement:

-"Gagner les guerres, c'est ma fonction."

Mais le vigile ne mentait pas: le parvis du musée était un véritable champ de bataille. Des blessés étaient au sol, des dizaines de manifestants des deux bords se cognaient à coup de bâtons, de barres de métal, de cannes plombées et de poings. C'était une véritable cohue où personne ne pouvait dire qui était dans le même camp. Et au pied du monument, traînant dans les escaliers, un corps percé d'une balle.
Farstadt vit rouge: comment son peuple pouvait-il se permettre de se battre ainsi alors que le véritable ennemi attendait patiemment pour frapper, de l'autre côté de la mer, dressé comme un serpent prêt à mordre?

Henry désinhiba la pyro-magilithe de sa prothèse et visa le ciel avant de relâcher toute sa puissance d'un seul coup, créant une énorme gerbe de flammes qui atteignit quatre à cinq mètres de haut avec une bruit de souffle puissant. Beaucoup de combattants s'arrêtèrent spontanément, interloqués et la plupart les suivirent quelques secondes plus tard.
Ne restait bientôt plus que les visages tournés vers le regard noir et la face rouge de colère du colonel. Il eut du mal à articuler la suite, criant presque:


-"Mais qu'est-ce qu'il vous prend, bande de fous?! Les my'träns ne suffisent pas comme rivaux, il faut que vous vous battiez entre vous aussi?! Et qui a fait ça?"

Il pointa du doigt le corps, mais évidemment les sombres silhouettes n'étaient plus en vue.
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Myträ Andreïev
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Mar 3 Avr - 18:32
Irys : 491260
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
La foule se referma sur Myträ comme les mâchoires d’un gigantesque monstre. Tout le monde se battait que ce soit à coup de poings, de pieds, et même de pancartes promouvant la paix. La militaire esquiva une frappe portée à son oreille et répliqua d’un coup de paume dans le plexus qui stoppa net son opposant. Celui-ci tenta de retrouver son souffle coupé, mais lorsque ce serait fait, Myträ serait bien loin. Même dans une immense bagarre de rue, elle se refusait de paniquer. Au contraire, elle profitait de la cohue pour se faufiler parmi les batailleurs pour retrouver celui qui était responsable des hostilités. Parmi cette forêt de corps, difficile de voir par-dessus la canopée de têtes sachant que la jeune femme en faisant une de moins que les autres, en terme de taille.

Soudain, Myträ crut apercevoir un visage masqué et se lança à sa poursuite ; pour autant qu’on puisse courir à l’intérieur d’une foule compacte. Elle dut faire jouer ses coudes et ses paumes, essayant toutefois d’éviter la violence lorsque c’était possible. Encore une fois, elle n’était pas en service et ne portait pas l’uniforme. Elle devait faire attention à ne pas blesser un civil... ou du moins ne pas laisser de traces.

L’homme masqué tentait de s’extraire de la foule, son méfait visiblement terminé. Il se mit ensuite à accélérer lorsqu’il aperçut Myträ se rapprocher dangereusement, multipliant les coups d’épaule pour s’extraire des sables humains mouvants. Trop tard, la militaire était déjà sur lui, sautant sur son dos pour le faire tomber. Les deux combattants roulèrent hors de la densité des foules, là où les gens avaient le choix de fuir les combats. Bien que grand et musclé, l’homme ne faisait pas vraiment le poids face aux techniques de combat militaire. Myträ parvint à le maitriser, le poignet tordu remonté derrière son omoplate.

D’autres hommes masqués étaient restés en retrait et ils s’élancèrent à sa rescousse en voyant leur compère à terre, à la merci de celle qu’ils reconnaissaient comme la militaire de tout à l’heure. Ils hésitèrent tout de même lorsque cette dernière arracha l’arme du crime à sa victime, la peur du plomb les tiraillant quelque peu. Leur crainte fut confirmée alors que la petite blonde redirigeait le canon de l’arme vers eux et provoqua leur fuite effrénée.

Myträ prit tout son temps pour tirer, alignant le viseur de son arme avec sa cible qui s’échappait de la zone. Elle retint son souffle le temps de presser la détente… mais changea finalement d’avis, désarmant le chien de l’arme. Il y avait trop de monde et elle n’était pas certaine de la précision de cette vieille pétoire. Si elle touchait un civil par inadvertance, ce serait une catastrophe que ni elle, ni U.N.E ne pouvait se permettre.

Elle se contenta donc de son trophée, lui arrachant une plainte douloureuse alors qu’elle forçait sur son articulation tordue pour le remettre sur ses jambes. Soudain, Myträ se figea alors qu’une langue de flamme vint lécher l’air au-dessus de la foule. Le feu fit brièvement rougeoyer ses cheveux blonds et la chaleur semblait irradier son visage strié. Elle ne relâcha pas sa prise d’un seul pouce, cependant.

Mais qu'est-ce qu'il vous prend, bande de fous?! Les my'träns ne suffisent pas comme rivaux, il faut que vous vous battiez entre vous aussi?! Et qui a fait ça?

-Ah, ça tombe vraiment bien, hein ? Railla la militaire en poussant son prisonnier vers l'avant.

La foule s’était en effet calmée pour la plupart. Même si d’irréductibles excités tentaient encore de distribuer des coups de poing et des insultes. Ce calme apparent permit à la militaire de faire avancer sa prise jusqu’en bas des escaliers du musée. Ces gestes étaient à la fois zélés et inutilement violents. Il faut dire qu’elle tentait de maitriser une nervosité et une fierté bien naturelle. Elle s’apprêtait à complaire aux ordres d’un héros de son enfance. C’était presque un rêve qui se réalisait, sauf qu’elle n’était plus une petite fille depuis longtemps. Son air était d’un sérieux presque robotique et d’un professionnalisme absolu.

-Capitaine Myträ des Forces Expérimentale, colonel, se présenta-t-elle brièvement en arrivant devant lui.

Elle poussa son prisonnier en avant et le maintint au sol du talon, afin de libérer ses bras et ainsi exécuter un salut impeccable. Le colonel Farstadt était probablement habitué aux fans trop pressés de se faire mousser auprès de lui. La jeune fille en prit conscience et énonça simplement les faits. Factuel. Myträ, restons factuel.

-J’ai appréhendé cet individu après qu’il ait abattu la victime avec cet arme.

Elle retira le pistolet qu’elle avait accroché à sa ceinture par habitude, et le confia à un gardien proche d’elle.

-Il avait des complices que j’ai préféré laisser s’enfuir. Les appréhender aurait impliqué que je fasse feu à travers la foule. J’ai jugé ce choix trop risqué.

De toute manière, nul doute que le type qu’elle avait attrapé aura tôt fait de cracher le nom de ses complices. Quand il s’agissait de la sécurité du territoire, les daënars n’avait pas grand-chose à faire des droits individuels. Au pire, ça ne regardait pas la jeune femme. Pour elle, son seul souci était la manière dont le colonel allait lui répondre. C’est qu’elle le connaissait un peu le bougre, pour s’être intéressé à lui. Il n’allait probablement pas lui offrir une barbe à papa et l’emmener se promener au parc sur ses épaules, afin de la féliciter

N’est-ce pas ?...



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Henry Farstadt
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Mer 11 Avr - 21:58
Irys : 165975
Profession : Colonel en chef de Rathram / Haut-fonctionnaire
Daënar +3 ~ Rathram (homme)
La foule se calmait à peine. Ca et là de petites altercations continuaient à éclater, laissant percevoir la haine latente entre les deux camps. Regardant cette petite mer d'hommes et de femmes déterminés, Henry se demanda comme comment ils en étaient arrivés là. L'ennemi était aux portes du continent. Sur des rivages pas si lointain des armées de my'träns se rassemblaient sous des slogans guerriers pour aller donner un coup de grâce au refuge de la Civilisation et de la Science au nom de dieux cupides et orgueilleux, se repaissant de l'esclavage des humains.

Alors sortit de la foule une petite bonne femme. Une de ces dames au visage trop dur pour leur sexe et dont le regard brillait d'une excitation mal contenue. Elle tenait en respect un homme, moyen dans sa stature comme dans son charisme, rien de particulier. Un raté. Un raté comme Daënastre en produisait, un de ces lascars sans passé ni avenir qui joignait des causes perdues, sans honneur ni gloire, juste pour le plaisir de se sentir exister.

La fille se présenta. Une militaire d'Hinaus, capitaine qui plus était. Tiens donc. Voilà qui n'était pas banal et pourtant Henry en avait vu!
Les informations étaient plus qu'intéressantes. Apparemment cet homme dans son drôle d'accoutrement avait des complices et était responsable de cette boucherie. Ah le salaud! Il allait regretter d'être venu au monde. Du regard, il suivit un gardien l'emmener. Il s'en occuperait plus tard. Personnellement!

En tout cas, pour l'instant il fallait féliciter la jeune femme. En plus elle ferait un exemple pour la jeunesse présente. RD ne semblait pas aussi ravi et il scrutait la foule, inquiet. Ce calme lui faisait penser à une tempête en approche et il triturait nerveusement son revolver en attendant de se carapater avec son colonel.


-"Ah! Capitaine, la nation vous remercie en ce jour! Grâce à la capture courageuse de cet assassin ignoble, justice sera..."

Un mouvement dans la foule, un type non-encapuchonné ou caché cette fois. Un gars normal, tristement banal.

-"... Vous serez évidemment citée à l'honneur pour vos états de..."

Il sort un pistolet de sa poche, il est invisible dans le dédale de têtes et de troncs. Son regard est déterminé.

-"... Vous faites aussi honneur à Hinaus, peut-être notre meilleur allié..."

Le R le voit. Ses yeux s'écarquillent et il lui faut une demi-seconde pour comprendre. Il tente de s'interposer.

Le coup part.

Le R est trop lent.

Le colonel en chef Henry Farstadt s'effondre au sol, une large trace de sang barrant sa poitrine. Ses bras sont étirés, son corps entier crispé. Il n'a qu'un regard vers le ciel.

Il tente d'appeler le brancardier, comme à l'époque, mais ne parvient pas à prononcer un mot. Il voit un visage se presser près de lui. Il ne le reconnaît pas.

L'assassin est resté stoïque, incrédule devant son propre geste. Il se retourne et essaie de s'enfuir.
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Myträ Andreïev
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Jeu 12 Avr - 21:22
Irys : 491260
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
- Papa ?... geignit la fillette en entrouvrant la porte de la chambre plongée dans le noir.

- Qu’est-ce qu’elle a encore cette gamine, gronda la voix d’une femme s’élevant du lit conjugale.

Ignorant celle qui partageait son lit, Nikolaï se leva vêtue de sa chemise de nuit et attrapa la gamine dans ses bras pour l’emmener dans le salon de la demeure familiale. Il y ronflait un feu qui crachait ses dernières flammes, projetant plus d’ombres mouvantes que de lumière. Un salon aux teintes chaudes bardé de livres reliés tutoyant des parchemins abimés.

L’enfant s’était vite adaptée à son nouveau paternel depuis qu’il l’avait ramené au pays. Elle avait un caractère doux et docile. Peu capricieuse et obéissante, Nikolaï aurait pu en faire une parfaite fille à marier, afin de faire grandir le prestige de la famille Andreïev. Or, la petite était défigurée. Ainsi, l’ancien général avait d’autres projets pour elle.

- Tes blessures te font mal, présuma le patriarche.

La petite acquiesça en frottant ses yeux lourds de sommeil et laissa tomber sa tête sur l’épaule masculine tandis que celui-ci s’installait dans son célèbre fauteuil. C’était presque devenu un rituel pour le père et la fille. Nikolaï attrapa l’une des innombrables notes qu’il compilait dans le but d’écrire un mémoire et en fit la lecture à haute de voix. Cela permettait à Andreïev de revoir quelques tournures, et à sa fille de s’endormir en oubliant ses cicatrices.

- Mes notes sur les grandes personnalités que j’ai eu l’honneur de croiser, déclara-t-il en attrapant une pile de parchemins. Tu en veux une en particulier ?

- Fastad, souffla la gamine.

- Farstadt, corrigea-t-il en attrapant une de ses notes, la gardant éloignée à l’abri de sa presbytie. « Tout le monde parle de ce soldat comme d’un héros de la nation, qui seul armé de son courage a su abattre un maitre de la magie mytranne. Certes, il est. Mais la nation ne rend pas grâce à cet homme pour les bonnes raisons. Il a changé le visage de cette guerre en des termes que nous, l’état-major, n’avions pas encore considéré à l'époque. Nos stratégies pour abattre les Maitres étaient alors très couteuses en vies humaines et nous essuyions de cuisantes défaites. Farstadt a su nous montrer que nous nous fourvoyions depuis le début. Il suffisait d’un seul homme et de l’effet de surprise pour éliminer ces redoutables adversaires, et aussi un peu de chance. Aussi puissants soient-ils, ces magiciens ne sont que des hommes. On peut les berner, jouer de leur arrogance. L’intelligence est la seule arme que nous puissions opposer aux dieux et leur sinistre magie. Il fallut le courage de ce jeune soldat pour que nous le réalisions. Voilà ce qui selon moi fut sa plus grande contribution à l’effort de guerre, hormis la vaillance que ses faits d'armes inspira à nos recrues. Les plus sceptiques doivent comprendre que Farstadt n'est pas qu'une vitrine de l'héroïsme Daënar, il a fait évoluer notre art de la guerre. J'ajouterais que... »

Nikolaï attrapa un crayon papier et remplaça quelques mots répétitifs. Il ponctua des phrases qui s’éternisaient. Un regard vers l’enfant dans ses bras lui apprit qu’elle ne dormait pas encore, ses yeux bleu rivé sur lui, buvant ses paroles qu'elle était encore trop petite pour comprendre.

- Et… il est mort aujourd’hui? Demanda-t-elle, inquiète de la réponse.

- Les héros ne meurent jamais, Myträ.

L’enfant prit une moue étonnée, puis un large sourire illumina son visage. Le rougeoiement des braises sur sa joue faisant miroiter ses zébrures rubis.

* * *

Myträ arborait un immense sourire, un peu déformé par ses cicatrices.

Le plus beau jour de sa vie ? Presque. Il était au moins dans le top dix. Se faire ainsi congratuler par un héros qu’elle admirait, Myträ semblait rayonner comme un soleil. Elle avait d’ailleurs abandonné toute tentative pour rester stoïque et souriait benoitement comme une lauréate félicitée par le président en personne. L’accent démagogique du discours de Farstadt lui passait complètement à côté. Elle était redevenue une gamine qui faisait la fierté de son père. Elle n’avait même pas remarqué qu’on lui avait retiré son prisonnier.

L’homme ne luttait pas alors qu’il était embarqué par les forces de polices. L’interrogatoire allait être intéressant car les affrontements qui venaient d’avoir lieu n’étaient pas une simple manifestation ayant dégénérée. Tout avait été orchestré, et les deux camps avaient été manipulés dans un dessein qui échappait encore à Myträ.

La révélation fut quelque peu violente. Ce n’était pas tous les jours qu’on voyait un héros de la grande guerre se faire abattre devant soi. Un homme qui avait traversé plus de danger que n’importe lequel des soldats de sa génération et qui avait survécu. Le voir se faire abattre par un vulgaire militant c’était comme voir un imbécile graver ses initiales sur un monument centenaire.

La jeune femme était tétanisée en le voyant basculer en arrière. Aussitôt, des gens moins impressionnables se portèrent au secours du colonel. La foule s’agita de nouveau. Or, cette fois les gardiens avaient été renforcés par les policiers qui se mirent à séparer les foules, mais oublièrent totalement l’assassin qui s’enfuyait.

La surprise avait fait place à la colère. Myträ n’eut pas trop de mal à repérer l’assassin. Elle l’avait déjà vu dans la foule. Quelle idiote d’avoir paradée avec son prisonnier auprès du colonel alors qu’elle aurait dû partir à la recherche des autres membres du commando cagoulé. Myträ s’enflamma comme une torche en apercevant le couard se faufiler entre les manifestants pour rejoindre les ruelles qui quittaient la place.

Le jeune capitaine s’élança, arrachant un fusil à baïonnette au premier policier qu’elle croisa. Elle traversa la place bondée, se glissa dans la ruelle, fonça entre les rues pavées. Elle ne voyait plus sa cible et s’engagea au hasard dans une intersection. L'espace d'un instant elle pensait l’avoir perdue, mais elle aperçut la silhouette du fuyard qui sautait par dessus un grillage. Une décharge d’adrénaline plus tard et la course poursuite repris. Il avait beaucoup d’avance et commença à grimper au mur pour atteindre les toits. Sachant qu’elle le perdrait une fois là-haut, Myträ mit le mousquet à l’épaule. Elle visa, retint sa respiration, et tira la balle qui s’enfonça profondément dans le talon de l’assassin.

Le capitaine ôta la mire de son champs de vision afin d’évaluer son tir. L’homme venait juste de poser le pied sur le toit d’un grand immeuble lorsque la balle l’avait atteint. Il parvint tout de même à se hisser sur les tuiles et le zinc, quittant le champ de vision de la militaire. Ce n’était pas encore fini. Il n’y a rien de plus dangereux qu’un animal blessé.

La blonde entreprit alors l'escalade du bâtiment par l'échelle de service. Rapide et agile sans son armure, elle n'eut pas trop de mal à atteindre le bord du toit. Myträ se hissa comme elle put lorsque l'onde de choc d'une balle frôla sa joue. L'homme cagoulé gisait affalé sur le zinc, à peine redressé pour ajuster son tir raté. Tout en jurant, il se mit à recharger son arme. Un geste désespéré car Myträ était déjà sur lui pour donner un coup de pied dans la pétoire. L'homme déplia son bras, comme pour repousser la militaire, mais elle n'attendait que ça pour s'emparer du membre et le neutraliser.

*Crôôk* fit le bras avant de retomber mollement sur le sol, complètement inutile. Myträ attrapa alors le deuxième et d'une torsion le fit passer dans son dos, l'y maintenant en le coinçant sous son genou.

- En tant que membre des forces armées de Daënar, je vous mets aux arrêts. Vous répondrez de votre tentative de meurtre sur un héros de guerre.

L'homme cracha tout son dégout et sa frustration.

- Ce type n'est même pas un héros, c'est la propagande qui l'a mis là où il est. Tu n'en aurais même pas entendu parler si le gouvernement ne t'avait pas manipulé.

- Je sais. Ce serait dommage, hein ?..

Loin de se mettre en colère, Myträ finissait plutôt de ligoter son prisonnier. Bien sûr que Farstadt était un héros construit par le régime. La jeune fille le savait très bien, aussi n'était-elle pas tombée des nues devant ces "révélations". Son admiration pour Farstadt ne tenait pas du fanatisme ; celui qui est soufflé par la moindre déception ou tâche sur la réputation du dit héros. D'ailleurs, elle ignora bien vite les provocations du terroriste, ses pensées allant vers le colonel. Sans doute l'avait-on transporté à l'hôpital militaire. Bien sûr, Myträ brulait d'inquiétude pour lui, mais son devoir passait avant tout. Elle était sûre qu'il comprendrait.

La militaire releva donc son prisonnier pour le conduire au commissariat le plus proche. Elle devait également apporter son témoignage ainsi que faire un rapport à sa hiérarchie. Des taches administratives mais essentielles pour le déroulement de l'enquête. Elle irait ensuite rendre visite au colonel, espérant qu'elle serait autorisée à le voir. Si seule la famille était conviée à son chevet, c'était rarement de bonne augure quant au diagnostique.


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