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Chroniques d'Irydaë
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 D'Asile ou d'Exile

Müller Hohenart
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Sam 24 Mar - 22:07
Irys : 84985
Profession : Ingénieur de talent
Daënar 0

An 933, début du mois de Juin.
Aux abords de Roceas...


Ah.. La fin de printemps, l'éveil de l'été.. C'était une période de l'année emplie de joie, de chaleur, de soleil. Un moment de l'année où les habitants de Roceas pouvaient espérer voir autre chose que de la neige... Un tantinet de verdure sur les bords de routes fréquentées, quelques flaques d'eau par-ci par là, et surtout. Surtout, cette douce pluie tambourinante qui souvent venait s'écraser sur les parois rocheuses des plus bas monts de la chaîne de montagne sur laquelle la cité était accrochée.

Müller détestait cette période de l'année, les enfants sortaient bien trop souvent des chaumières, et les fêtes avinées étaient d'autant plus courantes, fomentant un coup d'état contre le calme serein de son atelier. Sonnant le glas des journées au calme plat, des flocons emplumées glissants dans les airs pour se poser légèrement sur les abords de la fenêtre de l'atelier. Annonçant l'arrivée malheureuse des nuées de suie plus vigoureuse encore, des nuages de poussières provenant des mines alentours, la vie qui s'anime. Il était assis dans son éternel fauteuil, observant d'un regard noir l'horloge toquant et tiquant à seconde fixe... Il n'avait toujours pas fait remplacer le verre de la cage de balance.
Le silence n'existait pas vraiment en fin de compte, maintenant qu'il y pensait, quand bien même sa demeure était-elle vide, cette aiguille continuait de tiquer et de toquer avec violence, lui assénant un coup aux tympans à chaque instants. Il serra ardemment ses mâchoires lamentables, observant la bouteille d’absinthe vidée du tiers de son contenu. Les seringues traînants sur la table de salon, accompagnées d'un verre et d'une cuillère à absinthe. Le sucrier était vide, c'était probablement pour cela qu'il voyait quelques étoiles à chacun des clignements de ses paupières, plus lourde que des portes d'un temple interdit qu'il forçait à s'ouvrir à chaque rabattement.
Ou peut-être était-ce pour des raisons plus évidentes d'excès de psychotropes... Il s'ennuyait à mourir depuis facilement deux jours. Mais deux jours pour lui étaient comme trois longues semaines d'idées paralysantes qui s'attaquaient à son cerveau, l'assiégeant de toute part et le forçant à appeler l'aide de la cité héroïne qu'il aimait tant solliciter...

Son état brumeux ne l'aidait cependant pas à se trouver une occupation. Autrefois son paternel lui aurait filé deux ou trois coups dans le foie, pour le forcer à se réveiller, et l'aurait traîné dehors, dans l'auge à eau destinée aux chevaux des quelques voyageurs s'arrêtant à l'Hotel Ibinésa, situé à deux magasins de chez eux. Ou alors Kulf lui aurait tiré le pantalon à grand coups de mâchoires, pour l'amener à râler et se lever. Mais aujourd'hui rien ne pouvait réellement l'arrêter, cela faisait donc deux jours qu'il n'avait pas vu s'écouler, le temps étant malléable entre les mâchoires de la drogue.
Müller reprenait ainsi ses esprits pour la première fois depuis deux jours entiers, et cette aiguille pointait l'heure.

"Il est quinze heure..." Entendit-il sa petite voix intérieur lui glisser. Il cligna deux fois de ses deux yeux, deux lourdes fois, ayant l'impression de devoir soulever une usine entière à chacun de ses battements. De sa main droite il vint dégager une mèche de son visage, son front dégoulinait de sueur. Il n'était pas passé loin de l'Overdose, et malgré qu'il n'ait aucuns souvenirs de ce qu'il avait bien pu voir, il se doutait bien que rien de tout cela n'avait été agréable.
Il força de sa main gauche pour se redresser, quittant mollement le fauteuil trônant dans la pièce pour se glisser lourdement vers la salle de bain, heurtant les murs à tour de rôle avant d'arriver dans cette salle de bain qui n'avait pas été nettoyée depuis la mort de son paternel. Il y avait déjà bien longtemps. La poussière dominait une grande partie des meubles, la baignoire n'avait pas été utilisée depuis quelques semaines, et seuls le bidet et le lavabo se voyaient épargnée de cette saleté de pellicule poussiéreuse. Il vint tourner le robinet, l'eau se mettant à couler de manière erratique, encore un problème de plomberie qu'il devrait arranger... Il était l'un des seuls véritable possesseur de l'eau courante, et celle-ci avait tendance à lui poser plus de problèmes qu'autre chose. D'une de ses mains tremblantes, il vint s'emparer d'une poignée d'eau, se la lançant au visage. Un réveil des plus froids et des plus agréables qui vint le faire se redresser, il crut même entendre chacun de ses os geindre... Ou alors était-ce une remontée d'acide qui venait lui vrillait le crâne ?

Il n'avait aucune véritable idée de ce que cela était. Il n'avait rien d'un génie à cette heure-ci. Seulement l'allure d'un dépravé, noyant dans son chagrin. Cette allure le dégoutta tant qu'il vint abattre son poing dans le cuivre composant son miroir à l'ancienne, le pliant légèrement... Le cuivre n'avait pas été tempérer. Il était plus malléable encore que l'esprit de ses voisins.
Il grogna, encore quelque chose qu'il devrait réparer à cause de ses foutues sautes d'humeurs. Il devrait sans-doutes arrêter ses excès, cela irait sans doute beaucoup mieux.

Il prit quelques heures pour sortir de cet état, et retrouver pleinement ses esprits, quelques minutes de plus pour se changer à neuf, et paraître frais comme un gardon, bien que quelques traces de ses débauches creusaient encore deux tombes sous ses yeux. Il but un long verre d'Absinthe, sans laisser la coutume l'emporter sur son envie de se nettoyer le gosier. Il se glissa vers la porte d'entrée de l'atelier, observant crédulement le tapis d'entrée. Une lettre en déformait la laine, assez lourde dans ce cas, et le créneau de boite aux lettres tenait encore un journal à moitié détrempé, datant du matin même, l'encre n'ayant pas encore eu le temps de se détacher de la cellulose.
Le "Professeur", s'empara calmement du journal, observant le côté le plus détrempé. Une moue pris son visage en otage pendant quelques secondes alors que le papier dégoulinait sur le sol, mais le document était tout de même sauf, il lui offrait ce qui était le plus important à ses yeux : La date du jour. Lundi... Donc c'était la fin de semaine. Cela expliquait son état déplorable. Il n'ouvrait pas à ce moment de la semaine... Une habitude qu'il avait gardé de son défunt paternel.
Il balança le journal sans plus d'intérêt sur sa table d'atelier, avant de s'emparer de la lettre, se pliant en deux pour atteindre le plancher et celle-ci. L'observant sous toutes les coutures, celui-ci avança calmement vers le fond de la pièce, glissant l'enveloppe entière par une fente qu'il vint refermer hermétiquement, enfonçant ses mains dans deux gants en cuir glissant dans la boite de verre hermétique.

Une précaution de trop ? Peut-être, peut-être pas, la paranoïa était l'une de ses seuls amies depuis quelques années. De sa main gauche il maintint l'enveloppe, tandis que la droite allait chercher un coupe papier qui trônait dans cette boite. Et d'une main habile, habituée, il vint ouvrir la lettre avec une grande délicatesse, ne coupant pas le papier comme tout un chacun s'y attendrait, mais faisant sauter le sceau de cire. De ses deux mains gantées, il s'empara de la lettre contenu, la lisant calmement au travers de la vitre, quelque peu surpris par le contenu.

Lettre a écrit:

Müller Hohenart, cher confrère,

Par la présente, moi Yshkarès, Docteur de l'institut Hoffnungslos, vous invite à me rejoindre au sein de notre  Asile pour Déficients mentaux de Roceas. Cette requête va très certainement vous paraître hors du commun, d'autant que vous n'êtes pas des plus reconnus pour vous intéresser aux déficients mentaux, et surtout car nous ne nous entendons très certainement pas sur bons nombres de points. Mais mon intérêt pour une de mes patientes me pousse à vous demander votre aide. Celle-ci, arrivée récemment, est atteinte d'un nombres de pathologie qui défie l'imagination... Et malheureusement, je ne penses pas être à même de la guérir de quelques manières que ce soit. Cependant, elle peut toujours se révéler utile à la science et à notre nation. Je sais que vous êtes fervents d'expérimentations divers et variées et j'ai entendu dire par quelques uns de nos confrères que vous planchiez actuellement sur l'électricité, cette énergie nouvelle auxquels certains de nos confrères (que les Anciens aient pitié de leurs âmes) vouent un culte. Mais je vous sais récalcitrant, dans le doute. Je vous invite donc à me rejoindre en cette enceinte, avec votre matériel, pour étudier les bienfaits que peut apporter l'électricité à la médecine moderne. Qui sait, peut-être que votre génie saura sauver cette pauvre enfant, et nous amener dans une air nouvelle de découverte ?


Cordialement, et aimablement votre,

Docteur Yshkarès

PS : Ne vous avisez pas de vous vanter de ma requête, vous savez que j'ai bons nombres de moyens de vous glisser dans une de ces cellules.


Il lâcha calmement cette lettre, sortant ses bras de ces longs gants de cuir pour se tourner vers la salle, l'observant calmement. Puis, d'un geste vif et mesuré, il s'empara de sa caisse à outil, y fourgua quelques bobines de cuivre et piles à zinc, pour ensuite foncer sans plus de questions vers son porte manteau, enfilant sa veste avec entrain.

"Doux foyer pour mes cousins éloignés, me voici. Enfin je crois... Il faudra que je demande mon chemin, c'est que cet Asile je n'm'y suis jamais intéressé..."
Souffla-t'il vers le tapis d'entrée, comme s'il s'adressait à son compagnon disparu.

Et enfin, il quitta sa demeure, s'enfonçant dans les rues et ruelles de Roceas pour se rendre d'un pas bien décidé vers l'Asile Hoffnungslos. Ce nid à Docteurs aux sales penchants. S'il avait la possibilité de s'y rendre, de peut-être aider quelqu'un, et de tester certaines des théories scientifiques basées sur l'électricité, cette énergie naissante... Peut-être pourrait-il repartir de là en brisant le moral de ce salaud d'Yshkarès.


Il lui fallut bien une heure pour se rendre à cet Asile, et ce car en cours de route celui-ci s'était arrêté à un croisement, observant deux hommes lutter pour savoir lequel avait réellement participé à la dernière guerre. Il s'était avéré qu'aucun des deux n'étaient d'anciens vétérans... Juste deux recalés de l'armée s'étant fait sauter respectivement le bras et la jambe après des erreurs de manipulation de leurs armes... Deux beaux crétins en somme. Pour lui avoir fait perdre son temps, ces deux hommes furent allègrements dépouillés de leur honneur. Tâche assez aisée, puisqu'ils s'en étaient chargés eux-mêmes.

D'un pas toujours aussi décidé, et cette fois même un peu pressé, Müller s'insinua sur les marches menant à la porte d'entrée de l'asile, ouvrant la porte de l'accueil à la volée, avant de s'exclamer :
"Müller Hohenart, je n'ai pas le temps de répondre à vos questions guichetiers, je suis la pour voir le Docteur Yshkarès, ce bougre à besoin d'aide... Oui, d'un ingénieur connus pour son indécente intelligence. Pouvez-vous allez me chercher cet homme ? Je n'ai pas de temps à perdre, il est déjà... " Celui-ci s'arrêta un instant dans son plaidoyer, sortant sa montre à gousset de la poche de son gilet, avant de faire une moue désespérée. " Déjà bien trop tard, je n'ai pas le temps, accompagnez-moi à lui, ce sera plus rapide. Allez ! Hop !"
-" Enfin, monsieur, MONSIEUR ! Raaaah ! " L'homme de l'accueil, qui n'était autre que le gestionnaire du personnel, en d'autres mots l'un des cadres les plus hauts placés de ce bâtiment, n'eut d'autres choix que de suivre l'homme qu'il pensait être un futur locataire des chambrés qu'ils avaient à proposer.

Müller avait beau être assez chétif, il avait la vitesse pour lui, et la détermination, en observant les divers endroits et en se basant sur ses connaissances amoindries des lieux, il freina, pour se tourner vers l'homme en question.

-" Oui, oui, je sais, je ne le trouverais pas sans vous, alors faîtes moi le plaisir de m'amener à lui, vous me faîtes perdre un temps précieux, vous le savez n'est-ce pas ?"

Müller observait l'homme qui le dominait de biens deux têtes avec un regard désespérés, le cadre ne savait réellement quoi faire.. Avant de penser à quelque chose.
-"Yshkarès, dîtes-vous ? Il a dû vous faire parvenir une lettre, non ? Vous l'avez amené je suppose ? "
-" Une lettre ? Oh oui, la lettre... Hmm. Je ne l'ai pas avec moi, non, lorsqu'un confrère m'envoit du courrier, il se trouve qu'il est assez souvent piégés... J'ai du l'incinérer. Mais ! J'ai une preuve que c'est bien ce cher Yshkarès qui me demande. Il vous a personnellement confié ma réception, n'est-ce pas ? "

Le grand gaillard observa Müller de la tête aux pieds, clignant deux à trois fois des yeux avant de soupirer longuement. Il fit un geste de la main droite, invitant ainsi Müller à le suivre, vers le jardin sécurisé, passant quelques corridors gardés.

Le Professeur se tenait là, sur l'un des bancs, un livre en main. Il prenait patiemment des notes sur les pages vieillies du bouquin en question... Il attendait vraisemblablement la visite de quelqu'un.




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Ophélia Narcisse
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Sam 24 Mar - 23:04
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Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
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L'Asile Hoffnungslos, un établissement sans renommée, un édifice sans histoire pour des chambres remplies de dératés. C'était l'endroit parfait pour y abriter des dangers potentiels, et c'était bien pour ces nombreuses raisons que sa stature en servait ce dessein. La journée en était à son midi et le soleil alternait entre atmosphère grise et rayons effacés qui passaient au travers des fenêtres de l'institut. Au milieu du jardin, le docteur Yshkarès, pensif à son habitude, examinait un patient qui récoltait l'herbe de la cour, arrachant chaque brin qu'il trouvait intéressant à sa propre manière. Ces comportements, le médecin les analysait avec une attention analytique si précise et professionnelle que cela simulait presque la passion. Mais il n'était en rien question de fausser les apparences, son métier, c'était son être, et sans sa profession, il errerait en vain dans les méandres de ses pensées vaines à la société. Fort heureusement, rien de tout cela ne relevait de la vérité, car il était bien là après tout et il comptait le rester. 


Son examen continua jusqu'à ce que des pas lourds vinrent résonner sur les marches qui faisaient face à l'entrée. Le psychiatre avait écouté d'une oreille passive les voix qui s'étaient élevées dans le hall pour résonner jusqu'au jardin, sans plus y prêter attention. C'est qu'il avait un travail tout de même, et l'insistance qu'avait le dératé a arracher les mauvaises herbes était tout à fait révélateur de l'obsession qu'il leur adressait. Yshkarès se creusait donc la tête; pourquoi des herbes ? Que signifient-elles pour lui ? Comment les perçoit-il ? Suis-je à même de les voir de la manière dont il les voit ? Et tout se bousculait dans ses neurones comme une masse informe d'idées qui n'arrivaient pas à faire le lien entre la pathologie de cet aliéné et ses actes particuliers. Soufflant entre les failles de sa dentition, il montrait une exaspération nerveuse qui venait de toute une matinée d'efforts, aboutie par des résultats nuls. Le néant, rien. Müller fut donc accueilli avec un tapotement du pied et des bras croisés, sans oublier le regard cloîtré par des sourcils lourds. 


Vous n'avez pas traîné, c'est une bonne chose. Votre présence devenait on ne peut plus nécessaire. Suivez-moi donc, la patiente concernée n'est pas encore de sortie.


Empruntant les couloirs sud, il gravit les marches que son confrère venait de descendre, l'intimant de le suivre avec un regard suffisant. Sa migraine s'était accentuée à rester exposé à la lumière quatre heures d'affilées, tout ça pour observer un demeuré couper des herbes. Ce dernier fut d'ailleurs confié aux bons soins d'une infirmière de garde, qui était supposément responsable du patient. Avec de longues enjambées, Yshkarès parcourut l'intégralité du couloir avant de se rediriger vers la première salle à droite. Les deux intellectuels passèrent devant nombre de cellules, mais pas celle de la concernée. Pénétrant dans la pièce en poussant la porte de l'épaule, le psychiatre se redirigea immédiatement vers un meuble bon marché, à trois ouvertures, dont deux tiroirs. De la plus grande section, il tira une infinité de dossiers rangés par ordre alphabétique, par convention, et posa son index sur la plaquette qui indiquait "N". Il fit balader ses doigts entre divers dossiers, avant de récupérer une simple fiche. Il y avait peu d'informations.

En effet, cela n'a rien d'impressionnant et c'est une fiche d'information bien maigre. Mais les expérimentations ont débuté il y a peu. La patiente Nima souffre d'une sévère amnésie, allant jusqu'à l'oubli même de son propre nom. Celui que vous voyez inscrit sur ce rapport lui a été légué par moi-même. Son entrée date du 6 juin de cette année, on l'a retrouvé nue dans une ruelle, vers les pâtés de maison Est. Lorsque les gardes l'ont interrogé, elle a été incapable de leur dire même où elle se trouvait et ce qu'elle faisait dévêtue à dix heures du soir. Après analyses, nous avons pu confirmer qu'il ne s'agissait en rien d'une simulation et que cette femme souffrait bel et bien d'une amnésie sévère. 


Ressortant à nouveau dans les couloirs, avec Müller à sa suite, il redirigea son confrère vers les chambres sud-est, s'arrêtant dans la deuxième à partir de la gauche. Il tendit alors le rapport d'une page au scientifique avant de lui adresser un regard formel et préventif. La profession voulait que le sérieux ne soit imposé et la demande que le médecin avait adressé n'avait rien d'amusant. Il s'était refusé de délivrer les soins d'une patiente à un homme qui n'avait pas suivi une formation thérapeutique, mais les circonstances extrêmes l'imposaient. Même après un traumatisme grave, personne n'oubliait jusqu'à son propre nom.

Cette fille n'est pas dangereuse, mais elle est profondément égarée, vous le verrez par vous-même. Ne craignez rien, comme tous les autres, elle est menottée à sa couche. Je vous conseille de faire preuve de tact avec elle, et surtout, de patience. Elle est encore confuse, très confuse. La surcharger de question la ferait sans doute paniquer. Malheureusement, je ne peux pas vous accompagner dans cette entreprise, le devoir m'appelle ailleurs, mais j'ai toute confiance que vous parviendrez à mener à bien le contact avec Nima. Bon courage.


Il déverrouilla simplement la porte, avant de détacher la clé du trousseau et de la glisser dans la paume de l'ingénieur, avant de le laisser avec un regard doué de gratitude formelle et de disparaître derrière les murs de la salle de saignée. La porte de la cellule battait désormais et s'ouvrit seule, entraînée par la masse de l'acier qui la formait. Le battant s'ouvrit sur une longue chevelure blanche lâchée, coulant sur des genoux appuyés contre le matelas. Le grincement vint résonner aux oreilles de la patiente qui n'avait pas perçu les discussions dehors. Relevant le visage, dévoilant son regard vairon, elle fixait l'entrée qui n'avait pas encore révélé l'identité du visiteur. 

... Docteur ? 


C'était étrange ... d'habitude il entrait sans attendre, alors pourquoi cette hésitation ? Ce ne fut que lorsque la silhouette de Müller se dévoila que la dénommée Nima exprima un mouvement de recul vers le mur qui ornait le fond de sa chambre. Ouvrant grandes ses paupières, protégeant son torse de ses bras chétifs en un geste paniqué, elle marmonna d'une lèvre tremblante.

Qui êtes vous ?! Où est le docteur ?!  


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Müller Hohenart
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Dim 25 Mar - 1:57
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Müller n'eut pas à l'observer bien longtemps pour comprendre que l'homme qui l'avait fait venir était passablement agacé, le claquement de la pointe de son pied avec le sol à un rythme régulier s'entendait déjà depuis quelques mètres, lorsqu'il posa enfin le regard sur l'homme en question, chargé de sa lourde caisse, Müller ne fit que patienter, attendre qu'il se décide à sortir de sa réflexion.

-"Vous n'avez pas traîné, c'est une bonne chose. Votre présence devenait on ne peut plus nécessaire. Suivez-moi donc, la patiente concernée n'est pas encore de sortie."

Empruntant les couloirs sud, il gravit les marches qu'il venait juste de descendre, quelle perte de temps, Müller ne témoigna cependant pas son avis sur la question, suivant sans plus de bruit et sans attendre le compère qui avait tant souhaité sa venue. Seule chose dont il était certain cependant, c'était que ce regard suffisant disparaîtrait. Tôt ou tard. La seule personne en ce bas monde qui pouvait l'observait de cette manière n'était que lui même. Son orgueil le pinça suffisamment fort pour que son nez se froisse.
Müller décompta les cellules, d'un simple regard et à l'oreille il devinait déjà pourquoi certains étaient enfermés ici, d'autres nécessiteraient plus d'intérêt, et il n'avait pas le temps de s'y intéresser. Et alors qu'ils se déplaçaient dans cet asile jusqu'à atteindre une pièce sans fenêtre, Müller ne put s'empêcher d'observer la décoration minimaliste. Ce qui attira son attention fut le meuble auquel s'intéressé son "collègue", fouillant dans ses dossiers, il vint sortir un dossier, l'un des plus petits qu'il avait été donner de voir à Müller, une simple fiche, sans nombres de détails. Elle était là depuis peu, peu d'expérience, simplement le stricte minimum.

-"En effet, cela n'a rien d'impressionnant et c'est une fiche d'information bien maigre. Mais les expérimentations ont débuté il y a peu. La patiente Nima souffre d'une sévère amnésie, allant jusqu'à l'oubli même de son propre nom. Celui que vous voyez inscrit sur ce rapport lui a été légué par moi-même. Son entrée date du 6 juin de cette année, on l'a retrouvé nue dans une ruelle, vers les pâtés de maison Est. Lorsque les gardes l'ont interrogé, elle a été incapable de leur dire même où elle se trouvait et ce qu'elle faisait dévêtue à dix heures du soir. Après analyses, nous avons pu confirmer qu'il ne s'agissait en rien d'une simulation et que cette femme souffrait bel et bien d'une amnésie sévère. "

Et il enfila déjà le pas vers les couloirs, Müller le suivant calmement. Et ils se dirigèrent vers les chambres, Müller analysant son collègue de la tête aux pieds, la démarche, la posture, ses mains. Rien qu'à voir son allure, il était pressé, d'autres points à voir, à étudier. Il ne portait que peu d'attention aux autres cellules maintenant, il suivait, simplement. Si cet homme avait fait appel à lui, ce n'était pas pour s'occuper de ses patients habituels, mais de celle dont il gardait encore farouchement la fiche.

-"Cette fille n'est pas dangereuse, mais elle est profondément égarée, vous le verrez par vous-même. Ne craignez rien, comme tous les autres, elle est menottée à sa couche. Je vous conseille de faire preuve de tact avec elle, et surtout, de patience. Elle est encore confuse, très confuse. La surcharger de question la ferait sans doute paniquer. Malheureusement, je ne peux pas vous accompagner dans cette entreprise, le devoir m'appelle ailleurs, mais j'ai toute confiance que vous parviendrez à mener à bien le contact avec Nima. Bon courage."

Cela voulait dire qu'il devrait faire dans le calme et l'homme confiant... Il savait certes manipuler les esprits, s'amener l'empathie, mais c'était bien là quelque chose qui le fatiguait. Il soupira légèrement avant d'opiner du chef, une légère moue sur son visage, il avait cru qu'il ne s'ennuierait pas, et plus tout cela avançait, plus il pensait avoir eu tort. Et c'est ainsi que son confrère ouvrit la porte, laissant Müller observait la lourde porte s'éloigner dans un geste circulaire, le grincement résonna dans la pièce, et de là où se trouvait l'ingénieur, il pouvait dors et déjà observer le corps de la patiente, dans le coin gauche de la pièce. Des cheveux blancs... Une dépigmentation naturelle ? Peut-être, peut-être pas, il n'avait pas encore regardé la fiche qu'il avait récupéré d'Ysh. Une chevelure longue en tout les cas, milieu du dos. Elle releva le visage, dévoilant des yeux vairons, chose peu commune s'il en était.

Ce qu'il distinguait cependant, c'était la différence d'éclairage entre l'intérieur et l'extérieur de la pièce, elle ne devait voir que sa silhouette effilée, de quoi vous attraper au coeur.

-"... Docteur ? "


Il perçut dans la voix, l'hésitation d'un être inquiet. Cela changeait de ses habitudes, et l'habitude est bien la seule chose auquel l'être se raccroche, il avait su le remarquer au fur et à mesure de ses rencontres. Müller fit ainsi quelques pas en avant, s'insinuant dans la chambrée, en venant déposer sa lourde caisse sur la gauche de l'entrée, d'un geste assez calme et reposé, évitant le claquement assourdissant de l'acier sur le carrelage.

-"Qui êtes vous ?! Où est le docteur ?!"

Elle témoignait d'une peur profonde, son esprit était donc plus fragile qu'il ne l'avait anticipé, il avait bien fait d'être tendre avec sa caisse à outil... Il chercha un endroît où s'asseoir, mesurant ses gestes. Chacun de ses mouvements était fait avec la grâce d'un violoniste, d'un mouvement de son bras gauche, il se débarassa de la manche de sa veste, quittant calmement celle-ci pour venir la plier sur elle-même, avant de la poser sur sa caisse. Trouvant un tabouret, il vint s'y asseoir, faisant face à Nima.

-"Bonjour Nima, je ne suis pas le Docteur, comme vous avez pu le remarquer. Je me présente, Müller Hohenart, mais vous pouvez m'appeler Arty', d'accord ?"

Sans chercher à se présenter plus, il patienta un instant, la laissant reprendre ses esprits, il ne fit pas un seul geste de trop, posant calmement ses coudes sur ses propres genoux, après avoir déposé la fiche de la demoiselle sur ses cuisses, pour venir enserrer ses mains l'une dans l'autre.

-" Le Docteur m'a demandé de venir vous voir, pour essayer de déterminer si je peux vous aider. Et je vous assures que tout ce que je cherche, c'est à vous aider."

Il faisait preuve d'un effort surhumain pour se faire paraître avenant et aimable, quelque chose qu'il se poussait à faire pour essayer d'obtenir des réponses.

-" Mais avant de continuer plus loin, j'apprécierais que vous me fassiez part de vos ressentis. Comment vous sentez-vous Nima ? Peut-être préférez-vous que je vous tutoies ?"

Il vint simplement lui offrir un léger sourire, avant de reprendre ses gestes lents et mesurés, s'emparant calmement de la fiche pour en lire le contenus avant qu'elle ne décide de prendre la parole. Lui tendant son oreille et l'écoutant attentivement.





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Ophélia Narcisse
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Dim 25 Mar - 10:48
Irys : 1171993
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
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La patiente s'était abritée derrière ses draps, refusant de devoir confronter cet homme dont elle ne savait rien. Elle avait déjà bien du mal à faire confiance à son docteur, mais un étranger, elle se doutait qu'il ne lui serait en aucun cas bénéfique de se fier à lui. Il faisait preuve d'une courtoisie exemplaire mais il y avait ce malaise, comme avec Yshkarès avant, cette impression que peu importe son interlocuteur, Nima passerait pour folle. Le regard de cette dernière avait suivi les mouvements de la caisse qu'il avait emporté avec lui, les yeux presque recouverts par sa couverture. Chaque geste du visiteur était suivi par des oeillades inquiètes et parfois préventivement évasives. Ce n'est que lorsqu'il dévoila son nom sans préfixe que la patiente retrouva un semblant d'espoir. Il n'était pas médecin ? Il venait de l'extérieur ? Cet endroit où elle n'avait pu vivre qu'une bien maigre heure, dont la moitié s'était faite sur l'épaule d'un milicien, avant d'être emmené là où elle ne verrait jamais plus la lumière qu'a travers les barreaux qui barraient sa fenêtre. 

Ses yeux étaient arrondis en amandes et baissés vers l'extérieur en une expression d'appréhension, de peur. La patiente tremblait, comme si elle avait froid et émettait de petites respirations nerveuses qui sortaient timidement de ses narines avant qu'elle ne fasse passer son souffle entre ses lèvres, glissant un gémissement terrifié par la même. La blanchâtre se contenta cependant de reculer sur son matelas, avant que ses chaînes ne la bloquent et l'empêchent de trop s'écarter. Tirant dessus comme pour les étirer, elle fit un bon vacarme tandis que son visiteur s'adressait à elle. Ce n'est pas qu'elle n'écoutait pas, mais elle voulait simplement se sécuriser. Venant d'yeux extérieurs, cela ressemblait à une étrange agitation vaine, caractéristique des dératés lorsqu'ils commencent à devenir instable. Mais après quelques secondes, Nima finit finalement par arrêter de se mouvoir. 

Il voulait ... l'aider ? Et c'était le docteur qui lui avait intimé de faire ainsi ? C'était peine perdue alors, il ne la comprendrait sans doute jamais. Désespérée, la fille aux cheveux blancs coinça son crâne entre ses genoux et ses genoux entre ses bras. Elle commençait déjà à sangloter, sentant par avance que les thérapies qu'elle allait subir allaient à nouveau la faire souffrir, comme ces atroces coupures qu'Yshkarès lui avait infligé et dont elle portait encore la marque. Son dos tremblait, sortant des draps comme un pic au milieu d'une plaine. La malheureuse n'y comprenait rien.

Mais ... pourquoi est-ce q-que j'ai besoin d'ai ... aide ...?


Elle avait relevé le visage, fixant son visiteur d'un regard empli de désespoir, mais qui devait ne ressembler à rien d'autre qu'un caprice de chien battu. Mais sa question, elle l'avait à peine murmuré et jamais elle ne parvint aux oreilles de l'étranger. Non, en lieu et place de réponses, l'internée obtenait un interrogatoire comme ceux dont elle commençait à avoir l'habitude. Mais c'était plus effrayant encore, elle avait commencé à s'habituer au docteur, alors pourquoi un inconnu devait-il prendre la relève.

Tutoyez-moi, vouvoyez-moi, peu importe ... j'ai peur ... si peur. Je ne sais même pas où je suis, ni qui je suis ! Et je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai des chaînes autour du poignet ... je ne connais même pas mon vrai nom.


Elle n'attendait plus que la froide analyse de l'étranger qui servait très manifestement de suppléant au docteur. Lorsqu'elle le réalisa, elle s'attrista simplement de ne pas avoir son interlocuteur usuel devant elle. C'était perturbant mais c'était un détail. Cependant, elle n'avait aucune envie de sortir, ou du moins, elle n'en exprimant pas le besoin. Nima n'a jamais connu que l'incarcération, la liberté et le dehors ne sont pour elle que des concepts abstraits d'expériences qui n'ont duré que pas assez longtemps pour qu'elle y exprime goût. La captivité résumait sa courte vie d'à peine une semaine, rythmée par les saignées et les chambres noires. Elle avait même goutté à ce procédé que l'on appelle la planche ... c'était horrible, mais pas aussi horrible que le sentiment de n'avoir aucune racine, aucune attache et aucun lien à ce monde. Elle était désespérée oui, mais pas de liberté, juste de retrouver un semblant d'identité, quelque chose pour lui donner un nom qu'elle possédait vraiment et auquel elle se sentait appartenir. Soufflant la frustration hors de ses joues, elle déposa un regard, plus calme, bien que toujours inquiet sur Arty.

Vous ... vous pouvez me redonner mes souvenirs ...?


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Müller Hohenart
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Dim 25 Mar - 22:12
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-"Tutoyez-moi, vouvoyez-moi, peu importe ... j'ai peur ... si peur. Je ne sais même pas où je suis, ni qui je suis ! Et je ne comprends toujours pas pourquoi j'ai des chaînes autour du poignet ... je ne connais même pas mon vrai nom."


Elle l'observait comme si l'homme qu'il était représenté la source même de ses pires cauchemars, ce qui ne lui fit en vérité ni chaud ni froid. Il l'observait calmement, perdant légèrement son sourire, son appréhension de la façon dont on s'adressait à elle ne semblait pas l'intéressait plus que cela, son être de cette manière, lui paraissait détaché. Elle avouait une peur dévorante, sans doute causée par son ignorance de la situation, des lieux, de tout ce qu'elle devrait normalement connaitre. Elle ne comprenait pas les précautions prises pour l'empêcher de se mouvoir aisément, elle ne se rappelait pas son nom.

Une amnésie totale, mais ses facultés cognitives n'en étaient pas affectés. C'était en effet un cas exceptionnel, et Müller comprenait dorénavant pourquoi son "collègue" avait fait appel à lui. Cette amnésie n'avait rien de normal, rien de naturel. Il glissa sa main droite vers ses cuisses, s'emparant de la fiche de la demoiselle, se mettant à parcourir rapidement le rapport de situation. Il mordilla légèrement l'intérieur de sa joue. Voilà que tout cela redevenait intéressant. Quelque chose d'inconnu, un mal qui la rongeait qui semblait incompréhensible au premier regard de la fiche. Elle venait de nul part, ses origines étaient inconnus, et son état physique à son arrivé corrélés fortement avec ce qu'il en avait déjà déduit.

Il avait déduit du peu qu'il avait observé, que la jeune femme avait déjà subits quelques expériences.. Les saignées, bon sang, les saignées.. Il comprenait l'utilité contre une infection, ou pathologie sanguine, mais à moins de vouloir produire des migraines et une mauvaise irrigation du cerveau de la patiente, il ne voyait pas l'utilité de ce geste sur celle-ci, l'évacuation rapide des drogues ne faisait qu'affaiblir celle-ci... Enfin. Voilà pourquoi il détestait ce Docteur Yshkarès, il faisait preuve parfois d'une intelligence rare et fort étonnante, mais souvent réalisait-il ses expériences pour son plaisir malsain et obtenir des réponses corrélées avec ses expériences précédentes.


"Vous ... vous pouvez me redonner mes souvenirs ...?"
Souffla-t'elle entre deux réflexions, son ton faisant part d'un calme précaire.

Il finit par parvenir à la fin de la fiche, observant le post-scriptum avec un air tout particulièrement surpris. Une Anomalie ? Il releva les yeux du dossier pour observer la jeune femme. Il chercha du regard les traces de mégalithes décrites dans le document.

-" J'espère pouvoir vous redonner accès à une partie de vos souvenirs, bien entendu. Cependant, je viens de voir un détail sur vous.. Qui m'intrigue. Il est dit que vous ne vous rappelez de rien, et vous m'en avez effectivement fait part. Je peux tout à fait concevoir que tout cela vous effraie. Vous n'avez aucuns souvenirs, aucune base d'attache. Autrement dit, vous êtes comme une nouveau née. Vous êtes friable. J'aimerais être franc avec vous, dès aujourd'hui. Très peu des expériences que je vais mener seront agréables, peut-être certaines vous paraîtront insoutenables. Mais j'ai bon espoir, en me basant sur certains travaux, qu'au moins une de ces expériences vous ouvre l'accès à un fragment de votre mémoire." Müller vint se relever calmement, gardant le fichier dans sa main droite. Il posa son regard sur la jeune femme, l'observant de la tête aux pieds. "Je ne vais pas vous redemander si vous vous souvenez de quoi que ce soit. Ce que je vais vous demander est bien plus complexe... Voulez-vous vous rappeler, d'une personne qui aurait pu être vous, ou vous reconstruire sur des bases nouvelles ? La seule pathologie que je vois là.... C'est votre amnésie. Elle vous rends fragile, instable, mais cela peut se combattre. Vos expériences depuis votre arrivée en ce lieu sont suffisantes pour former bien des êtres à affronter la vie qui vous attendrait ailleurs. Alors je vous le demandes, qu'espérez-vous ?"

Müller l'observait d'un regard très calme, il ne la surplombait pas de son intelligence, il utilisait simplement de son savoir, pour déterminer s'il tenterait réellement d'aider cet être perdu, ou bien s'il se désintéresserait de l'individu pour se concentrer sur ses recherches.

-" Intéressez-moi."

Ce fut ses derniers mots, il l'observa, d'un air plus grave, son visage se métamorphosant en une pièce de marbre inexpressive. Qu'attendait-il d'elle ? Qu'elle l'intéresse, qu'elle lui donne une raison de ne pas la considérer comme une "simple" anomalie. Autrement ses séances seraient simplement des essais, des test, il la considérerait comme un cobaye sans importance autre que sa rareté, sans plus de communication. Saurait-elle trouver les mots, la corde à jouer ? Déciderait-elle de combattre et de se changer ? Ou resterait-elle un être faible et ignorant tout ce qui l'entours ?

Hmm.. Qui sait ?





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Ophélia Narcisse
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Dim 25 Mar - 23:03
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Le visage de l'étranger était devenu ... terrifiant. Nima n'avait déjà aucune confiance en lui, bien que ce fait soit une généralité avec toute personne qui lui faisait la conversation. Mais quelle conversation ? Elle ne savait rien faire, elle ne savait rien expliquer, rien imaginer, rien concevoir, rien théoriser. Elle était une coquille vide, vide de sens et vide de pouvoir. Sa liberté ? Elle lui avait été prise à peine sortie du cocon. Son opinion ? Elle était bien trop jeune pour s'en être formée une. Son utilité ? Elle n'en avait aucune. Aucune ... qui sortirait de son plein gré. Cette patiente n'était pas une humaine à sauver, elle n'était pas une femme qui devait retrouver la raison, non. Elle était un cas perdu, condamné par le destin. Les dieux l'avaient déjà retiré une fois de ce monde et elle n'y était pas revenue. Ce n'était pas la dame aux poupées d'avant qui se tenait menottée à ce lit, mais bel et bien une nouvelle-née, une enfant, une sous espèce de l'humanité jeune de sept jours. Cependant, ces détails, ni le soigneur, ni la soignée n'en avait connaissance. 

Cependant, face à un visage si froid, si calme, si impérial. Nima avait perdu toute stature, tout sang-froid. Mais elle ne paniqua pas. Non, elle s'immobilisa, se paralysa devant lui, fixant ses yeux sur sa couverture aussi blanche que sa chevelure. A mesure qu'Arty parlait, elle désespérait de plus en plus de devoir souffrir plus profondément que ce qu'elle avait déjà subi. Pas agréable ...? Insoutenables ...? Est-ce que cela pouvait seulement devenir pire ? Y avait-il pire traitement que la planche ? Elle ne voulait pas y penser. Secouant la tête de gauche à droite, elle rabaissa la nuque, plongeant son regard dans le creux de ses paumes. Finissant son monologue sur une question étrangement ... vague, l'étranger avait raffermi ses traits, encore. Reniflant par chagrin, la patiente consentit à obéir. C'était pour son bien ... c'était pour sa mémoire ... c'était pour ceux qu'elle avait oublié ... et dans l'hypothèse que des gens l'attendaient dehors, elle n'avait pas le droit de ne pas subir cette thérapie. Quant à la question du supposé docteur ...

... J'espère me souvenir. Car c'est tout ce que j'ai ... et tout ce que je n'ai pas.


Elle prit un ton dévasté, les joues encore rouges de la frustration qu'elle avait connu encore tout récemment. Sa panique était grande, elle appréhendait déjà ce traitement qu'Arty lui réservait ... elle n'avait aucune idée de ce qui l'attendait désormais, elle avait fait un paix dans l'inconnu et sa conscience lui faisait bien savoir que les ténèbres se rapprochaient en une sombre brume dans son esprit. Sa conception ne lui aurait jamais permit d'imaginer ce qu'il y avait derrière les portes de son seul et unique foyer connu, elle n'osait pas concevoir ce que les gens du dehors étaient capables de faire. Yshakarès était déjà assez effrayant, alors quelqu'un qui venait de là d'où le soleil brille ... était-il capable de faire pire ? Les yeux de l'étranger lui hurlaient que oui. Ils lui hurlaient que cette question-ci avait une importance capitale, ils lui hurlaient que si cette réponse était décevante, sa vie entière en serait affectée. Elle se sentait comme un pantin dont les fils étaient trop courts et qui ne pouvait pas effleurer le sol. Et ... condamnée à pendre dans le vide, belle marionnette qu'elle était devenue à cet instant, elle perdit son sang froid, un frisson d'horreur venant lui grimper dans l'échine. 

Dé ... désolée ... désolée ... DESOLÉE !!! Pardonnez-moi, s'il vous plaît ! S'il vous plaît ...


Et elle fondait en larmes, toujours affalée sur son lit, genoux la maintenant droite, ou presque. L'enchaînée s'était rapprochée de l'étranger, déposant une main sur l'avant du lit alors qu'elle se mettait sur ses quatre membres. Ehontée de sa situation, son visage se décomposa plus encore, avant de s'effondrer contre les draps blancs du lit, les trempant de ses pleurs. Sa position révélait à son nouveau "thérapeute" l'arrière de son dos, et de ses omoplates au travers de l'habit léger qui la couvrait. Il y avait quelques cristaux qui sortaient de son col ... le reste lui, suivait la colonne vertébrale.

Localisation des cristaux:
 


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Müller Hohenart
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Mar 27 Mar - 20:41
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Il ne la lâcha pas du regard, celui-ci était devenu plus neutre, écrasant. Son visage ne bougea pas d'un cil quand celle-ci laissa s'échapper ces quelques mots :

... J'espère me souvenir. Car c'est tout ce que j'ai ...


Il commença même à se retourner, il n'y avait aucun intérêt à l'aider si celle-ci chercher à devenir quelqu'un qu'elle ne serait jamais plus. A quoi bon aider un être perdu qui ne comprenait pas le sens même d'être ? Il perdit légèrement cet air neutre, retrouvant un air suffisant qu'il arborait en temps normal, avant de l'entendre pousser quelques mots de plus.

... Et tout ce que je n'ai pas.

Et là, là son regard reprit un léger intérêt, très léger. Il l'observait en fronçant légèrement son sourcil gauche. Tout ce qu'elle ne possédait pas. Elle reconnaissait peut-être intérieurement qu'elle ne serait jamais cette personne, qu'elle serait de toute manière grandit par ce qu'elle aurait traversée jusqu'à se souvenir de ce qu'elle avait pu être... Puis il pencha légèrement la tête sur le côté... Peut-être n'espérait-elle en fait qu'obtenir quelque chose qu'elle ne possédait pas. Peut-être était-elle aussi banale que les autres.

Dé ... désolée ... désolée ... DESOLÉE !!! Pardonnez-moi, s'il vous plaît ! S'il vous plaît ...


Il se mordit légèrement l'intérieur de la joue, reprenant un air grave, un visage de marbre. Elle n'était visiblement pas capable de l'intéresser suffisamment. Elle lui servirait donc de table d'expérience. Tout ceci ne l'enchantait pas réellement, mais au moins cela ferait avancer la science, la connaissance de cette nouvelle énergie, ses effets sur le corps humain.. Et peut-être pourrait-il même améliorer ses connaissances stockage de cette énergie, car il lui faudrait certainement une grande quantité de la dite. Il n'avait rien de prévu pour cette semaine. Et les expérimentations lui venaient déjà à foison, telles des millions d'abeilles de retour à la ruche pour lui apporter un nectar à travailler.

Elle était en larmes, brisée, affalée. Son torse se reposait presque sur ses genoux, forçant celui-ci dans une tenue presque droite. L'enchaînée avait fais quelques mouvements vers l'Ingénieur, déposant une main suppliante sur l'avant du lit, alors qu'elle tentée de se mettre sur ses quatre membre, ressemblant plus à un animal qu'à un humain dans cette façon de faire. Elle était traitée comme telle après-tout, enchaînée, testée, analysée. Il ne fallut que quelques regards à Müller pour savoir ce qui allait se passer, elle allait s'effondrer sur elle-même. Noyée de honte. Au moins tentait-elle de battre ce point. C'était une bonne nouvelle, il devrait la considérer comme plus importante qu'un simple animal rare. Une bonne chose, oui.
Et il vit ce qu'il cherchait depuis quelques minutes déjà. Ces traces, ces cristaux qui l'intéressait tant. Il serait presque tenté de l'en séparer avec quelques grattoirs, pour en récupérer la poudre et l'utiliser pour tenter d'analyser les effets de l'électricité sur la magilithe brut. Mais... Elle était trop importante pour risquer de saccager cette source d'information, il devrait faire les test à même son corps, ce qui lui permettrait aussi d'en apprendre sur les chairs "infectées" par le précieux cristal.

Il était triste qu'une si jeune femme se trouve en cette situation. Comment avait-elle pu être ainsi infecté par ce mal, elle n'avait rien d'une mineuse, son corps ne présumait pas un travail excessif de sa personne dans des mines de magilithe, et encore moins laissait-il penser qu'elle pouvait avoir eu une vie de labeur difficile... C'en était même perturbant.

Trop perturbant, il fronça les sourcils en l'observant, ce qui lui donna une allure malveillante. Son corps. Il n'avait aucune des marques que devrait posséder une femme de son âge si elle se voyait extraite de la plèbe commune, et quand bien même aurait-elle été une aristocrate n'ayant jamais eu un seul objet à toucher, la jeunesse laisse toujours de légères scarifications sur la peau, et les mains sont les premières maltraitées par les erreurs de jeunesse. Il ne comprenait pas, et cela l'énervait, l'énervait tant qu'il dut serrer fortement ses mâchoires pour ne pas se mettre à grogner bruyamment.

Il y avait un point qui ne collait pas... Était-ce son origine d'anomalie ? Il devait faire des recherches à ce sujet, et celles-ci seraient coûteuses... Compliquées. Mais pouvoir plancher sur une anomalie directement, voir ces Anomalies de la natures, ces points divergents du commun des mortels. Si. Il venait de regagner un intérêt certains pour elle, et son regard devint tout d'un coups plus étincelant, passionné.

Oui. Il allait l'étudier, oh il ferait ses tests sur l'électricité comme il demanderait quelques corps inertes à côtés, mais il l'étudierait d'autant plus pour ce qu'elle était. Une Anomalie... Le terme était très exact.

Il ne put retenir sa lèvre de se surélever, laissant un rictus quelque peu amusé, témoignant de son intérêt certains pour ce qu'elle était. Il ne put s'empêcher de se tourner vers sa caisse à outil, s'avançant avec énergie vers celle-ci.. Il devait rentrer, prendre plus de matériel. Il devait observer son sang, des morceaux de peau saine, et de cristalisée... Oh tout cela devenait follement intéressant.

Il ne put s'empêcher de gémir d'impatience en s'emparant de son manteau, l'enfilant avec entrain. Müller se pencha ensuite pour récupérer sa valise, ne laissant que pour seule parole planer dans la salle :

- Bravo, vous m'intéressez.


Puis ses pas s'éloignèrent, et la porte se referma lourdement sur la salle, laissant sa phrase rebondir contre les murs.





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Ophélia Narcisse
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Mar 27 Mar - 22:55
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Inclinée devant son nouveau thérapeute, Nima n'osait plus bouger, elle n'osait plus faire un seul mouvement, elle sentait le regard qui l'analysait ramper sur son dos, elle le sentait la traverser pour aller au delà de la chair. Mise à nue, exposée, elle se restreignit de tout mouvement, comme un animal aux portes de la mort s'immobilise pour que son prédateur ne le lâche. Mais elle respirait lourdement, et ses épaules en ressentaient les hauteurs. Aussi tentait-elle d'étouffer ses inspirations et ses expirations, quitte à suffoquer un peu, tout ce qu'elle souhaitait c'était que ce sentiment d'être observée ne s'arrête. Il y avait une tension dans l'air qui l'écrasait, lui mettait les nerfs à vif, elle sentait ses tripes remonter dans son thorax et venir serrer son coeur qui battait si fort. Les chaînes avaient cessé leur vrombissement strident contre les bordures du lit. Un courant d'air, passant par la fenêtre entre-ouverte vint lui effleurer la peau de la nuque, lui arrachant un frémissement qu'elle pensait être son dernier. 

Plus que des menottes, elle était captive de quelqu'un, plus que du métal, c'était l'âme qui transcendait en ces lieux pour la maintenir soumise. Et de ces deux pressions acerbes, la seconde était de loin la plus désagréable, et la plus insoutenable. Son flot sanguin lui secouait la poitrine, tant elle restait de marbre, elle le sentit lui monter au crâne, lui faire battre la tempe, lui faire perdre la raison. Jamais elle n'avait autant été terrifiée, dans ses quelques jours de vie, jamais elle n'avait eu aussi peur d'être jetée, ou bien que l'on se débarrasse d'elle. C'est que le présumé docteur sous-entendait tellement plus que ce que les mots ne laissaient transparaître. C'était palpable, son cynisme était de texture, son sang-froid était de matière, et tout ce gel infâme, toute cette atmosphère glaciale ... tout ceci gelait les veine de Nima. Et puis ... l'étranger se leva, prêt à repartir, laissant sous-entendre à la patiente qu'elle n'était pas digne. Et alors ... quatre mots. Quatre. Mots. Une phrase brève, qui vint mettre fin à son supplice.

Bravo, vous m'intéressez.


Elle releva le visage, lentement, avec prudence, pour ne voir que la porte close accompagnée d'un bruit sourd et de la serrure qui se renfonça sur la cellule. Son regard s'était redirigé vers l'acier qui recouvrait la partie frontale de sa chambre. Mais ses yeux ne bougeait pas, ils étaient grand ouverts, vides. Ses clignements d'oeil étaient presque spastique, si confuse, si perdue ... et si terrifiée. Pourquoi, elle ne l'aurait jamais su, mais la peur qui naissait dans son métabolisme se refusait de s'effacer, non, elle restait, comme une araignée tisse sa toile avant de pondre ses oeufs. Elle demeurait en elle, et Nima l'y accueilli, sans même tenter de lutter. La patiente ne voyait rien d'à quel point elle était devenue une marionnette, dont la vie s'était désormais résumée à "sujet d'expérimentation". Oui, elle était terrifiée, mais pas une seconde essayait-elle de faire partir ce sentiment, imposé par une autorité supérieure, imposé par un homme qui savait, imposée ... par un étranger qui la regardait de haut. 

Agenouillée sur le matelas, l'internée ne sentait rien de ce qu'il y avait autour. La seule fréquence qui lui perçait les neurones, c'était celle qui s'interrogeait sur ce qui faisait qu'elle était devenue "intéressante". Elle n'avait même pas compris la question qui lui avait été pausé, pas ses fondements. Tout ce qu'elle avait c'était répondre sous la pression, si bien que ce n'était pas la conscience, mais l'adrénaline qui avait fait bougé ses lèvres. Trente minutes durant, elle resta immobile, complètement tétanisée, perdue dans les paroles qui résonnaient en elle. "Bravo, vous m'intéressez" Bravo ... vous m'intéressez ... c'était la première fois qu'on lui donnait de la valeur, c'était la première fois qu'on la voyait comme autre chose que la simple amnésique, c'était la première fois que l'on voyait l'âme en elle au travers de la chair neuve.  

Alors ... un sourire se dessina sur son visage ... le premier depuis sa naissance. Une simple risette qui dévoilait la moitié de ses dents inférieurs, ainsi que la moitié de leurs jumelles. Et le sourire devint un rire, et le rire ... devint une esclaffe. Une esclaffe bruyante, qui résonnait à son tour contre les murs, comme les mots du docteur juste avant. Levant les yeux vers le plafond, elle les fit se gambader sur le blanc de la texture, ne sachant où elle devait poser son regard. Ses jambes remuaient d'elles-mêmes contre le matelas et ses bras se ramenaient à sa poitrine. Des sursauts la prenaient, de l'excitation, un bonheur à outrance, comme si elle venait de se piquer la veine du coude à l'opium et que l'extase venait d'entrer en scène. Ses doigts coulaient sur son visage, folle de reconnaissance, folle d'être reconnue. Mais c'était si bon ... être enfin remarquée, être enfin une personne de valeur. Au final, son rire n'était pas plus étrange que celui d'une gamine excitée. 


Elle laissa sa nuque balancer contre l'oreiller de son lit, achevant sa crise de joie avec de petits gloussements, complètement allongée et les bras écartés dans le vide. Un soupir provint de sa gorge, portant avec elle la pression qu'elle avait accumulé jusque là. Son corps était devenu si léger, le fardeau qu'elle avait porté s'était ... envolé, disparu par quatre mots. Juste quatre mots. Et sans méfiance, Nima ferma ses paupières, attendant avec hâte le retour de cet étranger qui lui avait donné de la valeur. 

Qu'il revienne vite ... qu'il revienne vite ... qu'il revienne vite ... qu'il revienne vi-hihi-te ...


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Müller Hohenart
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Mer 28 Mar - 21:13
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Il venait à peine de quitter cette salle, et il était déjà plus vivant qu'il ne l'avait été ces trois derniers jours, ses idées fusaient de plus belles, le laissant déjà plancher sur des potentiels expériences dans son palais mental. Ce lieu qu'il avait dû créer de toute pièce, ce manoir entier où celui-ci venait à ranger ses idées, ses livres, ses connaissances. Oh ce manoir avait eu le temps de grandir au fur et à mesure des années, il se rappelait encore de son jeune âge, de ses quatorze années où celui-ci s'était déjà mis à récolter des informations, et où il avait commencé à commettre ses plus belles erreurs. Erreurs qui lui coûtaient chères aujourd'hui... Mais il se rappelait bien de ce manoir qui n'était alors qu'une petite bâtisse sans prétention, une librairie de rue sans atours glorieux. Mais il y retrouvait déjà ses livres préférés, ses connaissances scientifique les plus utilisées. Et surtout ses preuves. Mais depuis, chaque année, à force d'efforts et de travail, il avait su peaufiner ce lieu, le rendant immense, gigantissime... Oh, ce palais n'avait rien de simple, mais pourtant tout de pratique. Il pouvait en pivoter les pièces comme les Architectes peaufinaient le monde, il pouvait faire tout ce que bon lui semblait. Et il rangeait déjà ses idées sur des notes, notes qu'il assemblait dans un répertoire de sa bibliothèque sans fin, image des méandres de son esprit.

Seul grand problème lorsque vous vous concentrez ainsi sur un lieu que vous créez de toute pièce, étant que vous ne participez plus au monde réel, il avait beau être à même de retrouver certaines informations plus vite que ne lui permettrait une bibliothèque physique (bien que celles-ci comprenait les ouvrages les plus complexes et les moins digestes), il se trouvait d'ors et déjà immobile, apposé contre un des murs de l'asile, jouant de ses mains comme un chef d'orchestre jouerait de ses baguettes, menant ses pensées tel un virtuose. Il fit le tri dans ses idées, rangeant les plus intéressantes dans un livre dédié à Nima, le sujet principal de ses pensées dans l'immédiat, et jeta les plus médiocres et les moins pertinentes dans un abysse sans fond.
Il reprit alors, d'un pas pressé, le chemin de sa demeure, à grandes enjambées il traversa les couloirs, bouscula quelques infirmières et patients sans importance, manqua de rentrer dans son "illustre" collègue Yshkarès, ne daigna pas même le saluer, laissant pour seul détail une phrase des plus claire, après avoir observer sur l'un des murs un plan assez simpliste des lieux :

-"Faîtes parvenir une voiture à mon adresse dès demain matin, à l'aube, j'ai du matériel à emporter, je prendrais votre grenier, que personne ne me déranges. "


Son allure une fois reprise, le porta rapidement dans la rue, il héla un cochet passant par là, lui sommant de cravacher ses bêtes, il devait préparer son matériel, cette nuit serait courte, mais prolifique.
Müller passa bien six heures à mettre son matériel en place, préparant tout ce qu'il pouvait imaginer nécessaire, son atelier fut pillé par le plus intéressé des pillards : Lui-même, il dévalisa ses étals à liquides divers et variés, s'empara de tas de zinc et de cuivre, déplaça une flasque imposante d'acide, souleva son matériel de vue microscopique amélioré de sa main vers le centre de la pièce. L'homme sec et chétif qu'il était travaillait du muscle, il suait à grandes gouttes, massacrait ses douleurs à grand coups d'entrain. Manches retroussées et gilet abandonné, il se déplaçait dans sa grande demeure avec une énergie nouvelle, en profita même pour nettoyer celle-ci, de fond en combles, y passant trois bonnes heures de plus, avant de ne devoir manger un morceau. Il se cala l'estomac à grand coups de biscuits secs, profitant de quelques fruits traînant dans une coupelle qu'il avait du remplir de son dernier passage chez l'épicier du coin, fruits à l'allure légèrement rabougris qui furent cependant engloutis sans grande formes de procès.

Et enfin, et seulement, celui-ci se laissa crouler sous le poids du sommeil, s'affalant à même son fauteuil où son corps avait décidé de l'étaler. Et il passa une de ces rares bonnes nuits qu'il ne connaissait que lorsque son esprit bouillonnait par la proximité de nouvelles découvertes, de travaux à réaliser. Il dormit si bien que ce ne fut que le fracas du heurtoir sur la porte qui vint le sortir de ses expériences mentales et de ses rêves lucides.

Il s'extirpa du fauteuil avec fougue, s'emportant à grandes enjambées vers l'entrée de l'atelier, ne daigna pas même parler aux hommes venus chercher son matériel pour autre chose que leurs donners leurs instructions :

-"Ceci, ceci, et cela.. ET ATTENTION ! Celui-ci est fragile ! Et par les fracas des boulets de canons que j'abattrais sur vous et votre famille si jamais vous venez à briser ou marquer quoi que ce soit, soyez prudents ! Vous avez dix minutes. Je me prépares."

Et il déguerpit sans plus de paroles, les deux hommes l'observant s'éloigner ne purent s'empêcher de cracher sur son dos une fois le cinglé éloigné, marmonnant nombres de noms d'oiseaux laissant à présager les pires des calomnies et des malédictions balançaient à son égard.  Ils firent cependant ce pourquoi ils étaient payés, et ce sans rien abîmer. Hohenart avait toujours ce prestige, ou plutôt ce malheur d'être toujours le Diable de Roceas, cet engeance qui avait proliféré dans la ville jusqu'à devenir une menace suffisamment grande pour qu'il se fasse lyncher, pour que son père et son chien disparaissent, que des histoires mirobolantes et macabres puissent naître autour de lui. Oui, il était toujours craint par les résidents de longue dates. Toujours craint et même souvent respecté.

-Un tarè d'génie si tu veux mon avis... Bon, l'en mets un d'temps c't'échenillé...

-Hmmm.. M'demande bien c'qu'il peut bien faire, il avait dis dix minutes, nah ?


Il parvint à la porte de l'atelier, observant les deux bonshommes semblant discuter entre eux, ceux-ci se retournèrent en sursaut. Müller avait fais sa valise, celle-ci n'avait rien de la simple mallette à outils, non, elle comprenait son nécessaire de survis, ses vêtements de rechange, sa brosse à dents même ... Oui. Il l'avait trouvée intéressante, c'était certains. Et les gaillards haussèrent les épaules, se hissant dans la voiture pour emmener tout ce bardas et Müller à bonne destination.

Le voyage fut bien plus rapide que s'il s'était vu forcer à tout ramener seul, et cela ne voulait dire qu'une chose. Il pourrait commencer plus tôt. Il lui faudrait quelques heures pour mettre en place son matériel, recréer son atmosphère de travail. Mais cela faciliterait grandement les choses.
Oui... Grandement. Et il fit donc monter tout cela suivant ses indications dans le grenier, le fracas et le bruits des allers et retours, du souffle éreinté des porteurs se voyant forcés à déplacer des presque-meubles entiers du rez-de-chaussé à un étage... Oui, tout cela était suffisamment bruyant pour attirer l'attention d'un grand nombres de personnes. Tant et si bien que les gardiens des lieux se voyaient forcés à faire reculer la foule s'agglutinant..

Que pouvait bien faire ce diable dans un asil ? L'avait-on enfin reconnus fou ? Pourquoi n'était-il pas dans une cellule dans ce cas ? Tséh, Müller ne portait guère attention à tout cela, il monta les escaliers une énième fois, observant sa nouvelle demeure temporaire, avant d'opiner du chef.

-"Oui... Cela valait le coups."
Il plongea sa main dans la poche de son gilet, observant sa montre à gousset. Quinze heure. Hmm. S'il se rappelait correctement, il avait vu Nima à cette heure précise la dernière fois. Parfait, il était temps de la faire venir. Il attrapa ainsi l'un des porteurs par le col, après un énième passage de leurs parts.

-" Prévenez Yskarès, qu'il la fasse venir."
Il ne demanda pas plus, les chassant de sa main, ils avaient finis de monter ce qu'il avait apporté. Il ne manquait plus que la principale pièce du puzzle.

Elle.






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Ophélia Narcisse
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Mer 28 Mar - 22:21
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Le reste de la journée s'était déroulé avec un sourire ... balade, sourire, sommeil, sourire, saignée, sourire. La visite du bon "docteur" avait rendu la patiente étrangement ravie, et Yshkarès fut le premier à l'avoir remarqué. Ce n'était pas tant que Nima avait les lèvres courbés à chaque seconde de ses thérapies, mais elle était plus docile, moins paniquée, quelque chose l'avait rendu plus à l'aise. Dans le cas présent, c'était quelqu'un qu'il fallait remettre en cause et le médecin se doutait que Müller avait fait bonne impression sur elle. Sa semi-théorie qui disait que seuls les aliénés peuvent comprendre les aliénés était définitivement une bonne route à suivre. Mais il considérait tout de même Hohenart comme un scientifique, un homme d'expérience de surcroît. Il avait toute confidence qu'il saurait quoi faire avec la fille aux cheveux d'opale, et lui, il surveillerait l'évolution du caractère de celle-ci, afin d'éviter toute dérive. L'objectif était de la calmer, après tout, pas d'en faire une bête de foire, ou bien un animal domestiqué. Sa mémoire viendrait après, il fallait surtout trouver un moyen de la stabiliser et la tâche s'était avérée assez complexe pour qu'Yshkarès ne la destitue à quelqu'un qui saurait mettre les points sur les i, dans une affaire enveloppée de brume. 

Nima avait donc été installée dans la chambre à saignées la veille, qui commençait à devenir une tradition plus qu'une punition. Mais ce soir-ci, elle serra les dents en fermant ses paupières tout au plus. Sa résistance avait été minime, sous l'oeil surpris de l'infirmière qui avait pour habitude de lui entailler la bordure de l'épaule. Après avoir supporté la coupure avec succès, la patiente releva le visage en une expression apaisée. Elle attendait la venue de son nouveau thérapeute avec impatience, mais elle n'en montrait rien. Affublée du regard inquisiteur des personnes qui la prenait en charge, elle n'aurait osé ne serait-ce qu'esquisser un sourire déplacé ou bien un ravissement inapproprié. Tout ce que cela aurait gagné, ç'aurait été de la prendre pour une folle, ce qu'elle n'était bien évidemment pas. Aucun antécédent psychiatrique, juste une amnésie. Enfin, comment avoir des antécédents lorsque même l'individu concerné ne s'en souvient pas ? Quoi qu'il en était, l'asile ne l'avait jamais comptée parmi ses invités autrefois, et cela signifiait pour eux qu'elle n'avait aucun passé en tant qu'internée. 

La soirée passa sur un lit plus confortable que d'habitude et des chaînes moins contraignantes, alors que Nima avait été envoyée au couché avec sa dose quotidienne de chloroforme. C'était une forme de sécurité des infirmières que de lui faire renifler ce produit, au vu de l'instabilité émotionnelle dont elle pouvait faire preuve. Cette nuit-là, la fille aux cheveux blancs revit en boucle les quatre mots si plaisants sortir de la bouche de cet étranger. Arty ... il n'était pas impressionnant au premier coup d'oeil, mais son attitude, sa manière de faire des ultimatums qui laissent transparaître qu'une vie est en jeu laissait le froid s'immiscer dans les veines de l'anomalie. Mais c'était l'ascenseur émotionnel qu'il lui avait fait subir qui l'avait ravie plus que toute autre chose.

Yshkarès vint alors faire un tour dans sa chambre pour vérifier l'état de sa "rareté en prison", juste une visite de courtoisie routinière pour sa petite perle personnelle. Il souleva d'abord sa manche, constatant le minuscule bandage appliqué sur son bras, témoin que la saignée été effectuée. Retournant ensuite son visage endormi vers lui, il perçut son sourire en coin. Il n'avait pas connaissance que Nima savait rêver, aussi il lui semblait bizarre de se ravir des traitements de l'asile. Peut-être était-ce normal après tout ... si elle ne se souvenait de rien, Hoffnungslos constitue l'intégralité de ses souvenirs. Comme une feuille blanche sur laquelle on écrit le texte de la vie, sa petite muse s'habituerait bien plus vite à cet établissement qu'elle même ne le pensait. Se relevant, le médecin eut une pensée latérale pour Müller, espérant qu'il savait parfaitement ce qu'il faisait avec. 

L'anomalie se réveilla aux rayons du midi, le somnifère avait été administré plus efficacement que les autres nuits. Avec déception, elle attesta de l'absence d'Arty à son réveil. Il viendrait sans doute bientôt se disait-elle, peut-être dans quelques temps encore, mais certainement aujourd'hui. Du moins, elle l'espérait du fond du coeur. Durant le repas qui lui fut apporté, elle ne laissa pas la moindre miette de pain traîner, pas la moindre goutte d'eau. Elle trépignait sur ses draps qu'enfin ne s'ouvre la porte pour que quelqu'un, n'importe qui y entre, tant que ce n'importe qui portait les traits de celui qu'elle attendait. Et enfin, elle vit son docteur à elle, Yshkarès, la chercher. 

Bien Nima, penche la tête en arrière s'il te plaît, je vais t'amener au Docteur Hohenart.


Hohenart ...?


Oui, celui qui est venu te voir hier, dans l'après-midi. Allez penche la tête.


Il semblait perturbé, mais pressé aussi. Enfin, il était tout le temps pressé, mais aujourd'hui, plus que d'habitude. Elle s'exécuta donc, inclinant le visage vers le haut, se laissant passer le collier qui lui était donné lorsqu'elle sortait de sa cellule. A celui-ci était rattachée une chaîne qui venait s'accrocher à deux menottes autour de ses poignets, liés dans son dos. Se levant de son lit, elle suivit bien docilement le docteur, traînant des pieds pour ne pas forcer sur les liens qui retenaient ses chevilles. Elle traversait les couloirs, voyant les portes qui cachaient d'autres patients, comme elle, mirant au travers des barreaux et se faisant réprimander lorsqu'elle se faisait prendre sur le geste. Jusqu'à ce qu'ils arrivent devant les escaliers.

Il y avait deux gardes qui attendaient là, et, sur un coût d'oeil du médecin, ils vinrent soulever la patiente pour l'aider à grimper tout en haut. Les chaînes rendaient l'ascension difficile. Et une fois arrivés, ils la déposèrent sur le plancher et la forcèrent à s'agenouiller. Ce n'était pas tant qu'elle pouvait se débattre, mais plus une symbolique pour lui rappeler ce qu'elle était au sein de cet établissement. Yshkarès s'avança, témoignant du sacré bordel qu'il y avait dans ce grenier. Il appela donc son confrère, sans pouvoir le distinguer.

Vous êtes là, Hohenart ? Votre patiente est arrivée, sortez donc de vos décombres.


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Müller Hohenart
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Ven 30 Mar - 22:27
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TParceque j'trouves qu'elle est sympa, et que j'ai écris d'ssus:
 

Müller patientait là, tapotant du pieds, puis il en eut assez, pourquoi attendre alors qu'il pouvait mettre ce temps à profits ?! Il se glissa dans la pièce, farfouillant dans ses affaire avec ces musiques décadentes du Cabaret Delanoir en tête, se séparant de son veston et de son gilet qu'il déposa avec la plus grande délicâtesse sur le porte-manteau qu'il avait fait amener, ustensil indispensable s'il en est. Celui-ci vint retrousser ses manches, il ne pouvait s'empêcher d'être envahis d'innombrables idées.
Il s'empara ainsi de nombreuses pièces divers et variées, et commença à assembler ce qui lui venait en tête, pour ces expériences futures, il devait monter quelque chose pour tenter d'augmenter la durée des piles qu'il avait amenée, piles qui avaient tendance à s’essouffler bien vite !

Il faudrait qu'il passe quelques nuits blanche sur celles-ci, peut-être pourrait-il alors créer des piles plus puissantes, après tout ce n'était là que des réactions chimiques basiques, créant une énergie suffisamment intéressante pour l'avoir fortement intrigué.
Enfin, tout cela devrait visiblement attendre, alors qu'il couvrait la plupart des bruits à grands coups de maillets et de frottements métalliques, Hohenart cru percevoir la voix d'un imbécile par delà son propre vacarme, se redressant, surpris par la "vitesse" d'action de son comparse, il répondit allègrement.

- "Vous me demandez si je suis là ?! Votre grenier n'a jamais été aussi bien agencé ! "

Il ne se fit pas pour autant prier, glissant entre ses divers ustensiles, replaçant par ici un crayon de bois roulant sur un meuble, par là un cadre s'étant effondré pendant le voyage, il finit enfin par traverser les quinze mètres de son atelier transportable, observant Yshkarès avec son air supérieur bien habituel.
Il était vêtu d'une chemise d'un blanc immaculé, aux manches retroussées aux bords las, retombant quasiment sur ses avants-bras déjà tâché de quelques traces d'huiles et de graisse nécessaire tout au long du test de ses ouvrages. Il détourna le regard de celui-ci, n'y attachant pas plus d'importance. Il glissa sur les personnages alentours, avant de s'arrêter sur la pièce maîtresse, la raison de son déplacement. Oh elle pouvait se sentir unique, c'était bien là la première fois qu'il se déplaçait pour examiner quelque chose. Quelqu'un.

-" Faîtes la se relever, elle ne me fera pas de mal, comme elle ne fera de mal à aucuns d'entre vous, d'autant que face à sa rareté vous feriez bien mieux de la traiter avec les égards qui lui sont dû, Non ? " Il offrit un sourire joueur à Yshkarès, sachant pleinement que ces paroles pouvaient être lourdes de conséquences. Apporter de l'importance à une personne pensant ne rien représenter était lui offrir une once de pouvoir, et le pouvoir est grisant, il nous en faut toujours plus. "Enfin, trêve de discussion, disparaissez, tous autant que vous êtes. Et n'osez pas l'ouvrir, vous feriez baisser le quotient intellectuel de toute la ville."

Il agita son bras droit, d'une force et d'une violence presque impériale, les observants avec un regard plein de mépris. Suffisamment pour qu'il leurs fassent comprendre de ce seul regard qu'ils ne valaient pas plus qu'un grain de riz à ses yeux. Il patienta quelques instants, qu'ils s'en aillent, suivant le regard vexé d'Yshkarès, jusqu'à ce qu'il disparaisse par l'entrée d'où ils venaient tous.

Et lorsqu'ils furent enfin seuls, Müller vint frapper ses mains l'unes contre l'autre, avec vivacitée.

-"Bien, comment vas-tu depuis hier Nima ? J'espère que cette nuit fut reposante, car cette journée risque d'être fort éprouvante."





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Ophélia Narcisse
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Sam 31 Mar - 3:47
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Agenouillée et tête baissée sur le sol, Nima esquissa un sourire qui laissa entre-apercevoir ses dents avants, lorsque la voix d'Arty retentit dans la pièce. C'était une maigre risette, sa dentition supérieure venant se déposer sur sa lèvre inférieure alors que ses yeux se fermaient d'une hâte impatiente. Elle sentit les chaînes remuer dans l'arrière de sa nuque, la forçant à rester immobile sous peine de voir son collier se faire tirer et sa nuque en subir les conséquences. Ce genre d'incident malencontreux était déjà arrivé, alors qu'elle paniquait grandement à s'agiter dans les couloirs. Elle avait fini par se faire tirer à même le sol, tandis que son collet remontait contre son menton, l'étranglant de plus belle. Ses mains avaient du se glisser entre le cuir et sa peau pour ne pas finir suffoquée. 

Lorsque la silhouette de son thérapeute se dégagea du petit arrangement meublé, la patiente, recroquevillée sur ses propres genoux laissa s'échapper un petit rire doux, presque inaudible, mais bien présent et Yshkarès n'était pas laxiste sur ce genre de choses. L'arrogance, ce n'était pas ce qu'il préférait, aussi tira-t-il la chaîne qui la retenait, lui faisant violemment relever le visage vers le plafond, taisant son rire dans l'immédiat. Si elle serra les paupières et les dents pendant un court instant, elle réitéra vite son ricanement lorsqu'elle vit la silhouette d'Arty s'approcher, mugissant hors du désordre intérieur. Cela n'avait rien à voir avec une quelconque rébellion de sa part, juste une réaction adaptée à tout le plaisir que la patiente avait à revoir celui qui lui avait donné tant de valeur.

Et elle restreint un troisième gloussement lorsque les compliments fusèrent à nouveau. Unique ... elle se sentait unique, et rare. Dans son propre sens cela ne voulait pas dire grand chose, concrètement, mais c'était agréable que de nourrir un orgueil auquel elle n'avait jamais eu droit. Exactement comme une friandise si douce, que l'on avait tendu devant son nez, attendant qu'on ne la dépose entre ses lèvres. Le goût, lui, était tout aussi exquis, presque extatique, faisant bouillir ses émotions, ravissant son coeur. C'était à en devenir folle toute l'importance qu'elle se voyait si subitement accorder. Si elle était un peu plus déraisonnable et moins soumise à l'autorité de l'asile, elle en aurait redemandé. 

Lorsqu'Yshkarès s'exécuta avec les deux gorilles qui l'accompagnaient, prenant les escaliers pour vaquer à leurs propres problèmes, la chaîne qui la retenait se délia. Ils ne daignèrent pas la faire se relever, elle allait devoir se débrouiller seule. Baissant à nouveau le visage, regardant le sol pour ne pas offenser Arty par son regard de quelconque manière, elle restait agenouillée. Cachée dans sa fourrure blanche, elle dissimulait son expression heureuse mais toujours si fade. Ce n'était qu'une maigre joie après tout, pas sa liberté. Ce qu'elle ressentait était la même extasie de l'inconnu que ressentent ceux qui découvrent une terre nouvelle, elle, découvrait de nouvelles méthodes de traitement et de nouveaux docteurs. Et celui qui se présentait devant sa personne avait encore des questions, presque similaires à celles de la veille.

Oui docteur, je m'y suis préparée.


Son ton, faute d'être complètement inexpressif, était docile. Dans sa soumission, Nima acceptait sa condition. Une fois encore, sa vie se résumait à chaînes et traitements, changer de thérapeute lui faisait déjà un bien indescriptible, elle commença à n'en plus pouvoir des chaises noires et des saignées, bien qu'elle se doutait qu'aucune de ces prescriptions-ci ne passeraient à la trappe. Alors elle se concentra sur celle qu'elle allait traverser dans l'instant présent. Elle avait passé une nuit conseillère, ses rêves avaient imaginé quelle sorte de guérison Arty lui proposerait, sans jamais réussir à poser le doigt avec quelque chose qui se rapprochait seulement de la réalité. Du moins ... telle que le commun des mortels ne la connaît. 

Tentant de se redresser, la patiente avança son pied nu contre le sol, frottant la surface supérieure contre le bois du parquet. Sa chaîne lui retint la talon, freinant son mouvement et l'empêcher de correctement déposer ses orteils sur un espace plane. Tirant sur son jumeau Nima finit par choir sur le flanc, visage heurtant le sol avant de se remuer pour essayer de se remettre droite. Mais à chaque mouvement des bras qu'elle faisait, sa nuque en subissait les déboires. Elle finit donc par s'immobiliser, allongée et le sommet de son crâne tourné vers le docteur. Jetant un regard inexpressif sur le docteur, longeant le sommet de ses paupières de par ses iris vairons, elle lui dictait silencieusement de venir l'aider à reprendre une posture convenable.


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Müller Hohenart
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Dim 1 Avr - 11:51
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-"Oui docteur, je m'y suis préparée." Prononça-t'elle avec docilité, il savait qu'il ne risquait rien avec elle dans l'immédiat, aussi la regardait-il moins avec mépris qu'intérêt. C'était là la première Anomalie qu'il rencontrait, la première personne à l'allure bien normale qui lui semblait générer un intérêt grandissant. Un intérêt si grandissant qu'il pourrait presque penser qu'il se passionnait déjà pour elle.

Ha, c'était bien la première fois qu'il se passionnait pour une femme, oh bien sûr sa qualité de génie ne l'avait pas empêchait de goûter au fruit de la chair, mais il ne s'était jamais réellement passionnait pour une femme. Ni pour un homme d'ailleurs. Tout ceci le fit légèrement sourire, sourire qu'il vint faire disparaître d'un passage assez agressif sur sa mâchoire. Il la regardait dorénavant avec plus de respect. Elle était pour lui plus dangereuse que n'importe quel taré de ces lieux. Car elle lui faisait ressentir plus que les autres. Et ceci, il se l'interdisait, il se l'interdisait car il n'en connaissait que trop bien les conséquences.

Kulf, Père...

Il serra ses mâchoires avec une telle force qu'il en crut faire craquer une de ses molaires, l'observant se débattre à même le sol, tentant de se relever, c'est lorsqu'il entendit son flanc percuter le sol qu'il sortit enfin de ses pensées macabres, posant un regard intrigué sur la jeune femme. Un quelconque homme aurait pu saisir l'occasion pour en détailler son allure, l'observer avec un détail presque malsain, mais lui ne posa son regard que sur son visage, à la recherche de ce qu'elle lui demandait.

Elle avait ce regard qu'il connaissait bien, lui-même s'était déjà surpris à se le lancer au travers d'un miroir, elle avait besoin d'aide, une aide extérieur, car elle savait ne pas pouvoir en sortir seul.

-"Hmmph..." Il laissa ce soupire gêné glisser d'entre ses lèvres, elle était bien plus dangereuse qu'il ne le pensait en vérité. Il se pensait invulnérable, inatteignable, mais dans le fond il n'était rien d'autre qu'un fou lâché dans le monde, un solitaire, personne ne lui ressemblait. Hmm, ils étaient semblable en vérité. Il soupira de nouveau, plus agaçé par tout ce remue-méninge.
Mais il ne pouvait pas la laisser dans cet état de détresse, il n'appréciait pas voir les êtres dans cet état. Cela ne le rebutait pas réellement, cela lui rappelait juste sa condition qu'il effaçait derrière son allure fière, imperméable, et son phrasé cynique et sarcastique.

Aussi s'avança-t'il vers elle, d'un pas calme, il ne posa pas sa main sur ses chaînes, ni sur les ustensiles de métal, mais bel et bien son bras, oh la nuit lui avait porté conseil oui, pourquoi s'inquiéter d'être contaminé alors qu'il nécessitait une exposition prolongée pour se trouver affecter. Non, la traiter comme une malade affligée par la peste ne lui serait aucunement bénéfique, il devait générer en elle : La fascination, le respect. Et s'il parvenait à faire tout cela, il parviendrait peut-être même à la sauver.
Si celle-ci s'accrochait à lui, elle lui ferait très certainement plus confiance qu'à Yshkarès, quand bien même ne lui permettrait-il pas de retrouver la mémoire, il lui permettrait de Devenir quelqu'un. Et c'était là un minima à atteindre, lui permettre de se sortir de ce lieu de sa propre volonté. Il était sûr qu'elle le ferait un jour, ou du moins qu'elle finirait par essayer, le temps était formateur et elle en aurait, du temps.

Il s'empara donc de ses bras, avec délicatesse, l'aidant à se relever avec parcimonie, s'assurant que les fers ne viendraient pas la déranger pendant le mouvement, il avait oublié de demander la clé de ceux-ci, mais il était loin d'être bloqué par ce point, non, sans un mot il vint la soulever, elle faisait son poids et il était loin d'être connus par sa force, mais il devait la déplacer avec rapidité d'un point A à un point B, aussi devrait-il se faire suer, il l'emporta assez rapidement vers le centre de la pièce nouvellement aménagée, slalomant entre les divers machines qu'il avait fait apporter, certaines inachevées, d'autres semblant venir d'une autre dimension, ce lieu n'avait certainement rien de commun pourNima, mais c'était là le palais physique de notre Ingénieur. Il la déposa délicatement sur ses pieds. Il semblait aussi délicat avec elle qu'il ne l'était avec ses plus précieuses inventions, ou le plus précieux  de ses livres. Oui, il lui vouait une délicatesse et un intérêt grandissant, car elle pouvait lui apporter ce qu'il appréciait le plus, des réponses. Réponses qui le noyaient à chaque fois dans un  bain d'adrénaline et de d'endorphine, le faisait se sentir bien, complet. Elle était une source importante de tout cela, il pouvait expérimenter, l'observait dans des situations que certains n'auraient jamais souhaités imaginer. Il pouvait faire avancer la science, mais surtout son propre savoir.

L'atour des Génies, ils sont généralement égoïste, assoifés de pouvoir, antipathique, sociopathe... Oui, et même parfois malsains, car la notion de bien et de mal leurs sont souvent étrangères. L'homme à ça de fascinant : Il marche toute sa vie sur un long fil, aussi fin qu'un grain de poussière. Il est en équilibre, au dessus d'un gouffre immense, cela demande bien des efforts pour bon nombres d'entre eux à rester sur le fil, tandis que les plus fainéants et les moins méritants se laissent dominer par leurs pulsions, leurs esprits s'errodent alors et deviennent malsain, se remplissent de crasse. Ils abandonnent cette lutte et se laissent sombrer dans le néant.
Oui, et Müller lui, ne dérogeait pas à cette règle, il se trouvait au dessus d'un abysse immense, incommensurable, marchant en permanence sur un fil qu'il secouait le moins possible, sauf lors de ses pensées macabres, de ses excès de psychotropes. Oui, Müller était probablement l'un des hommes les plus instable de par sa nature, mais il émettait un effort considérable pour ne pas succomber à ses vils pulsions, pour être le sociopathe qu'il est. C'est la vie qui l'a menait à prendre cette décision, et elle se ressentait dans chacun de ses gestes, de son apparence. Il était neutre, de teinte sombres.

C'est pourquoi bons nombres le craignaient. Ne souhaitaient pas le froisser... Mais tout cela n'a rien d'important dans l'immédiat, tout ça nous le verrons plus tard, au fur et à mesure de son aventure, là, l'immédiat, c'était elle. Lui et Elle, cette expérience qui allait démarrer.

Il se redressa, après l'avoir aidée à se poser correctement, l'avoir déplacée au centre de cette pièce, il posa son regard dans le sien, il était proche, ne témoignait aucune crainte envers elle, aucune haine, son imperméabilité habituelle. Il avait ce regard intense, embuait d'idées plus diverses les unes que les autres, il avait ce regard brûlant, dominant. Il détourna celui-ci, coupant cours à cet échange silencieux, se déplaça avec agilité dans son ensemble de machineries,et s'empara de sa trousse à outils, s'approchant ainsi de son sujet.

Il déposa sa caisse avec respect pour celle-ci, l'ouvrant habilement, celui-ci la laissa à même le sol avant de se rapprocher de nouveau de notre petite Nima, il l'observa ses liens métaliques sous toutes les coutures, avant de s'emparer des outils nécessaires à leurs ouvertures sans la clé normalement utilisée, il fit son affaire rapidement, commençant par les pieds de celle-ci, avant de délier son cou, et enfin ses poignets. Il n'avait pas besoin de lui dire qu'il ne servirait à rien de fuir, tout ce qu'il fit fut de lui tourner le dos, rangeant son matériel et déposant les menottes d'acier au côté de sa caisse.

Il prit quelques instants, tendant l'oreille vers Nima, allait-elle bouger, allait-elle simplement rester là ? Il voulait savoir, aussi patienta-t'il un peu plus longtemps encore.







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Ophélia Narcisse
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Lun 2 Avr - 0:54
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Allongée comme elle était, Nima ressemblait plus à une larve qu'à une véritable humaine. Son statut d'anomalie n'arrangeait déjà pas la question de son appartenance à l'humanité, mais si la position qu'elle adoptait devait se conformer avec tout ce qu'elle était censée être, la patiente serait bien partie pour être traitée comme telle. Du peu qu'elle savait, Arty devait la soigner, mais elle était loin de s'imaginer qu'elle n'était qu'un défouloir à expériences, aussi dangereuses soient-elles et aussi cruelles pouvaient-elles devenir. A la place, elle remuait ses hanches pour pouvoir se surélever du sol et reprendre appui sur ses épaules. Mais elle finit par faire un constat similaire au précédent, sans l'aide de son thérapeute, elle ne réussirait jamais à se relever, pas avec des chaînes qui la faisait regarder en face chaque fois qu'elle bougeait de trop les poignets. Certes, elles étaient contraignantes, mais comme une estropiée, l'amnésique avait appris à vivre avec, le fait d'être attachée étant écrit à l'encre noir sur le codex blanc du peu qu'elle avait vécu.

Nima vit ensuite que son appel de détresse silencieux fut relevé et que son bon docteur allait venir la remettre sur pieds. Elle ne tint pas compte du râle qu'il lança alors qu'il s'approchait pour pouvoir simplement la relever. Au sol, la patiente avait déjà penché la tête en avant et contracté la gorge, s'attendant à voir sa chaîne derrière son dos se faire tirer pour la relever. C'était le protocole habituel, c'est que l'on pensait la magilithe infectieuse, et qui sait ce qui courrait dans le sang, la salive et la sueur d'une pestiférée comme elle. Ses bras s'étaient aussi raidis, pour qu'elle ne devienne qu'un poids à soulever sans que ses os ne se disloquent. Mais aucun de ses liens ne furent tirés, en lieu et place de l'étrangler, elle sentit simplement les doigts d'Arty la soulever par l'épaule, sous son encolure, avant de l'emmener au centre de la pièce avec une étrange délicatesse. Ces manières lui faisaient comprendre qu'elle était véritablement précieuse aux pupilles de son soigneur, et que ce n'était pas une de ces ruses sournoises que les infirmiers avaient pour habitude de délatter pour qu'elle cesse de geindre.

Remise sur ses talons, elle garda une moue circonspecte, fixant l'endroit où le docteur l'avait touché. Les contacts physiques directs, chair contre chair, peau glissant contre la peau, elle n'en avait aucun souvenir. Le caoutchouc des gants, la froideur des lames et la rigueur de ses chaînes, ça, elle connaissait, mais le mou de la moelle humaine, ce n'était pas une chose à laquelle on l'avait accoutumé. Faisant battre son regard entre les yeux de son thérapeute et l'endroit où il avait laissé sa marque de chaleur, des milliers de questions informelles se formaient dans son esprit. Pourquoi pas les chaînes ? Pourquoi risquer s'approcher ? Quelle était cette démangeaison qu'elle ressentait sur sa peau ? Tant de questions qui découlaient d'un simple contact. Mais l'inconnu a pour don de fasciner, autant qu'il confuse et Nima était soumise à ces lois mieux que quiconque.

Mais il y avait cette chose chez Arty qui, à défaut d'être dérangeante, avait une étrange tendance à lui faire baisser le visage. Lorsque ce dernier se redressa pour fixer celui du concerné, elle y vit un regard qui la mirait avec une véhémence qu'elle n'aurait su décrire. Observée, analysée, la patiente se sentait mise à nue, mais se contraignait elle-même à rester immobile, fixe comme de la cire froide. Mais la brûlure de son regard finit par la faire fondre, sa volonté cédant avant que les yeux qui la fixaient ne se détachent d'elle. Elle dévia donc machinalement son visage sur la gauche, envoyant son menton se réfugier dans son cou et ses iris s'abriter sur son épaule. Les paupières à moitié closes, elle attendait sagement que Hohenart ne fasse quelque chose pour rompre cette gêne intimidante qui ne faisait que renforcer la panique qui s'accumulait déjà dans son coeur. Ses battements cardiaques s'accéléraient à chaque seconde qu'elle passait exposée à un regard étranger. 

Finalement libérée de l'emprise de son docteur au moment où il ouvrit une caisse emplie de mystères, elle fut bien vite prise d'un autre malaise, lorsqu'il s'approcha avec des outils qui ressemblaient de trop à des scalpels pour qu'elle ne soit mise en confiance. En plus de cela, ces lames qui se tendaient vers elle étaient bien plus grosses, bien plus massives et d'une épaisseur beaucoup plus importante que les fines caresses qui lui dessinaient ces petites marque qu'elle avait sous la jointure de l'épaule droite.

Avec un mouvement de recul, elle se trémoussait du mieux qu'elle pouvait pour s'écarter de cet objet qui la menaçait de mille souffrances si elle venait taquiner sa peau blanche comme neige. Mais les chaînes à ses pieds la retinrent de s'écarter avec efficacité, et, en lieu et place de toucher le mur, ce fut un meuble qu'elle cogna. Se laissant glisser contre la surface, elle mirait l'outil s'approchait d'elle avec une expression terrorisée, les battements de son coeur ne cessaient de revenir, d'accélérer, d'hurler à lui en arracher la poitrine. Et à mesure qu'elle voyait les lames aiguisées et épaisses s'avancer, elle ressentait le roulement battre toujours plus férocement. Tendant instinctivement ses mains devant son visage pour le protéger, elle ferma ses paupières alors que ses dents se serrèrent. 

*Clic* firent ses liens, lorsque les lames que Nima pensait adressées à elle vinrent rompre ses chaînes. Ce furent d'abord celles de ses pieds, immobilisant la patiente d'une stupeur anormale ... paralysée par la consternation, elle laissa Arty lui couper le reste de ses restrictions physiques. Les restes brisés de ses contraintes vinrent frotter le parquet, alors que le collier lui était resté, ainsi que tous les autres bracelets d'acier. Levant ses poignets devant elle, l'amnésique vint contempler le vide qui séparait ses deux membres, balança la nuque, profitant de ce libre mouvement. Elle se releva finalement avec de nombreux tremblements au niveau des mollets, comme si ses os s'apprêtaient à s'effriter. 

Mais ... elle était debout ... et libre. Le docteur l'observait sans rien dire et elle, elle attendait des instructions. Elle ne comprenait d'abord pas pourquoi on l'avait seulement déliée. Yshkarès avait pourtant bien insisté sur la nécessité de ces chaînes, mais son thérapeute ne semblait pas s'en soucier. Pour Nima, la liberté est un concept abstrait tiré d'une mémoire qui a duré à peine dix minutes avant de connaître la captivité. Pour elle, il n'existait qu'une ruelle au-delà des murs qui la séparaient de l'extérieur. Et pour la première fois de sa vie, on lui laissait un choix, sans instructions, sans consignes. C'était sans doute l'épreuve la plus dure qu'elle n'avait jamais traversé dans cet asile, car elle n'avait aucune idée de ce qu'elle était supposé faire. Pour elle, le choix se limitait à ceux qui lui étaient imposés, de la liberté, elle n'en rêvait pas. 

Sortant de sa contemplation, obnubilée par l'obscurité des actions d'Arty, elle se contenta de rester immobile, craignant que le moindre faux pas ne lui coûte un châtiment qu'elle ne désirait absolument pas recevoir. Mais le silence était pesant, et il la tuait de l'intérieur, encore une fois, elle sentait la maîtrise de son corps lui échapper, cédant à la peur. Son visage bougeait dans tout les sens, cherchant désespérément à éviter les yeux de son docteur. Finalement, elle céda, elle avait besoin d'instructions, elle avait besoin qu'on lui dise quoi faire, elle n'avait aucune autonomie, jamais elle n'aurait pu seulement concevoir faire quelque chose d'elle-même. Alors, frémissante, elle murmurait entre deux soupçons de tremblements. 

... q-qu'est-ce que vous voulez que ... que je fasse ? 


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Müller Hohenart
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-"... q-qu'est-ce que vous voulez que ... que je fasse ?"

Il se tourna lentement vers elle, toujours accroupis devant sa caisse à outils, il la regarda d'un air quelque peu pensif avant de se redresser en s'aidant de ses mains sur ses genoux. Il passa calmement sa main sur ses mâchoires avant de se laisser soupirer longuement, quelque peu déçu, il espérait que cette liberté nouvelle, celle-ci saurait la saisir, au moins pour s'aventurer dans ce qui l'entourait.

-"Que tu te manifestes, par toi-même. Ce que tu as fais, bravo, j'aurais aussi apprécié que tu t'aventures dans les alentours. Cette pièce sera temporairement mon atelier, mais aussi la salle dans laquelle tu vas passer le plus claire de ton temps. Considère la comme ta propre chambre. Tout cela doit te surprendre, que je te laisse accéder ainsi à mes affaires, mes possessions, hm ? " Il haussa légèrement les épaules, avant de commencer à faire les cents pas, lui tournant souvent le dos en observant de plus près ses propres créations... Par ici une horloge à l'allure simpliste, par là un long tube d'acier relié à divers câbles et tuyaux du même métal. Il glissait ses doigts, goûtait les matières. " Vois-tu Nima, tu es une énigme, même pour moi. Et c'est cela qui m'agace chez toi. Tu ne réagis aucunement comme un être humain adulte le ferais, quand bien même serait-il amnésique. Tu devrais être outrageusement violente, ou en perpétuel état de choc. Ou encore agressive lorsque l'on te pose des questions sur ce que tu avais pu être.... Mais tu ne l'es pas."

Il se tourna lentement, gardant sa main droite posée sur un de ses nombres meubles, juste à côté d'un fusil prototype, il dégagea lentement sa main du meuble pour venir la désigner de cette même extrémité. Posant son regard sur elle en la dévorant de questions muettes.

-" Toi... Tu es unique en ton genre, pas simplement une amnésique. Tu es aussi une Anomalie. Mais cela serait réducteur que de te désigner de la sorte. Tu n'as rien d'une Anomalie à proprement parler, tu "souffres" (Guillemets qu'il accentua d'un regard vers le ciel) d'une maladie... Ou plutôt d'un état que tous craignent. La nuit dernière m'a permise de m'intéresser à la magilithe, plus en détail encore. Je travaille beaucoup avec ce matériau, et ce que j'ai pu découvrir, en rumeurs, en supposition par les plus grand scientifique du domaine... C'est que ton cas semble unique. Je n'ai rien pu trouver à ce sujet. Les personnes souffrant d'une contamination à la magilithe n'ont pas de perte de mémoire, pas de modifications physique telles que leurs corps ne donneraient aucuns indices sur leurs conditions réelles..."


Il parlait, dans un long monologue, autant avec elle qu'avec lui même, elle aurait pu être absente qu'il aurait sans doute continuer à parler comme si elle était bel et bien avec lui. Il agitait ses mains, tournait dans tout les sens, cogitant sans arrêt. Si son cerveau était une machine à vapeur, les turbines cracheraient le dit gaz dans tout les sens, prêtes à imploser.

-" Toi, Nima, tu es la porte vers des découvertes qu'aucuns à ma connaissance n'ont encore entamés. Tu es le noeud d'un problème si dense qu'une seule semaine me serait insuffisante pour tout comprendre, tout analyser. Tu..." Il soupira légèrement, non pas de lassitude ou d'agaçement, mais d'émerveillement. Il secoua légèrement la tête. "Enfin, tout cela pour dire que je m'attends à ce que tu te libères de ces chaines que l'on t'impose quand tu es avec moi. Devance-moi, réfléchis par toi même, démontre-moi que cette unicité n'est pas la seule raison pour laquelle je devrais m'intéresser à toi. Tu as la possibilité d'explorer un nouvel univers, et pendant que tu feras cela, je pourrais t'observer, déterminer des choses que tu n'as pas même idée ! Je veux. Que tu. T'épanouisse. Mais il y aura toujours ces expériences... Elles se basent sur une nouvelle énergie, l'électricité, tu en as déjà entendue parler ? Peut-être pas.. Probablement pas, même."

Il leva son index droit, se glissant entre ses meubles pour récupérer une pile de zinc, la déposant assez lourdement au sol. Il la désigna de sa main droite, gardant son regard sur Nima.

-" Ceci est ce que je veux expérimenter avec toi. Pas sur toi, mais avec toi. Je ne veux pas te plier à mes expériences, je veux que tu t'y plie par ta décision. Nous ne connaissons quasiment rien sur cette énergie, tout reste encore à découvrir, ne partages-tu pas cette envie de découverte ? Cette curiosité que nous possédons tous ?"

Il s'arrêta un instant, l'observant d'un oeil d'expert, il sonderait chacune de ses micro réactions, et en tirerait tout ce qu'il pouvait. Il en saurait plus sur elle qu'elle n'en savait réellement elle-même. Il en était convaincu.





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Ophélia Narcisse
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Mar 3 Avr - 10:55
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Alors qu'Arty soliloquait un incessant flot de paroles, Nima, agneau perdue qu'elle était, se noyait dans ses mots, dont elle ne comprenait pas la moitié. Elle tentait de suivre la cadence de son parlé, s'accrochant à son monologue, même si elle dut le feindre. Le docteur lui dictait la conduite qu'elle aurait du adopter, ou alors, peut-être comprenait-elle mal ? La patiente ne savait s'il la congratulait de son attitude hors normes, ou bien s'il lui reprochait de ne pas ressembler aux autres. Que voulait-il d'elle, au final ? Qu'elle devienne violente ? Impulsive ? Devait-elle garder son ton calme, était-ce ce qu'il essayait de lui faire comprendre ? La rareté qu'elle s'était vue attribuer, tout cela ne tirait donc que de son comportement anormal. Mais en quoi est-ce qu'être plus agréable à soigner la rendrait plus digne d'intérêt que n'importe quel autre personne dans cet établissement ? Des fous calmes il y en avait plein, les mêmes fous qui, eux, méritaient ce titre. 

Ses interrogations se prolongèrent jusqu'à ce qu'il mentionne ce mot ... Anomalie. Son regard vairon vint se soulever du sol qu'il fixait pour grimper jusqu'à celui du savant. C'était un mot parmi d'autres, noyé dans des paroles qui n'avaient aucun sens pour Nima, mais d'une certaine manière, elle savait que c'était précisément ce terme qui fixait son intérêt à elle au-dessus des autres convives de cet asile. Cette maladie dont il parlait, elle ne disait rien à l'amnésique, jamais elle ne s'était sentie en malaise, pas dans sa physionomie même. Le seul mal qui la tourmentait était celui qui était supposé l'en purger de tout autre. Les traitements qu'elle endurait la frayaient, creusant des fissures dans son âme comme l'on abîme un vase. La poterie de son être était mis à mal par une thérapie qui ne menait à rien, et qui jamais ne saurait être soignée. Un marteau maladroit, et un pilon tremblant, qui à chaque coup venait ajouter une fêlure à l'objet pourtant intact.

Cette peur qu'Arty semblait affirmer que les autres lui adressaient, cette crainte innée, causée par son état "d'anomalie" ne signifiait rien. Nima était celle qui était effrayée, les autres eux étaient libres, ils n'avaient pas de chaînes autour des poignets. Ils pouvaient courir où bon leur semblait, elle, elle avait son itinéraire tracé entre quatre murs, deux couloirs et une cour. Ils étaient heureux ... ils devaient l'être. De quel droit est-ce que ces ingrats pouvaient se permettre d'être terrifiés par sa seule existence ? Couverte de chaînes, dessinée au scalpel, vierge comme une feuille blanche et elle était celle qui inspirait la terreur ? Quelle mauvaise blague ... si ce qu'Arty disait était vrai, alors ceux du dehors méritent bien plus leur place dans cet asile. La patiente rougit de fureur, mais resta muette, elle avait déjà coupé la parole à Yshkarès ... elle ne recommencerait plus. 

Lorsque Hohenart mentionna la magilithe, il perdit instantanément son interlocutrice. Jamais elle n'avait entendu ce mot, pas une seule fois n'avait son bon docteur seulement prononcé cette élocution. Le charabia auquel elle était soumise l'avait égarée, plus une seule des paroles qu'elle écoutait pourtant avec attention ne signifiait quoi que ce soit. Alors, elle fit mine d'écouter, son esprit bloqué sur ce mot ... magilithe. Le savant dansait presque devant elle, alors qu'elle était distraite par les meubles qui l'entourait. Tout ça ? Sa chambre ? C'était bien différent de sa salle au rez-de-chaussée, et quelque peu plus poussiéreux, mais tellement plus spacieux. Elle fit balader sa main un peu partout, frottant les meubles et ouvrant la plupart des tiroirs qui se présentait à elle. Chaque mètre qu'elle franchissait l'amenait devant une autre curiosité que son doigt se sentait obligé de tâter. C'était comme si elle découvrait un autre monde par-dessus le sien. 

L'attention de la vaironne fut à nouveau capté lorsqu'il fit claquer son "Toi", suivant son nom à cette interpellation. La concernée se retourna en sursautant, tendant ses poignets devant son coeur et le mirant, stupeur au visage. Arty la désignait comme l'inconnu, ce dont il n'avait jamais eu vent, ou bien ce qu'il n'avait jamais compris. Ses chaînes ... quelles chaînes ? Il les avait brisé ... elle ne comprenait décidément rien à ce qu'épiloguait son thérapeute, ses mots étaient des énigmes et la patiente n'avait aucune confidence de voir en travers. Nima se voyait ordonnée de réfléchir par elle-même, mais elle ne savait rien, elle ne voyait pas ce qu'il voulait d'elle, il était censé être celui qui la guiderait. La liberté est étrangère pour celle qui n'a connu que la captivité. 

Et alors, il déposa quelque chose au centre de la salle, une pile de métal, ou du moins, elle en avait l'aspect. La femme à la crinière blanche s'en approcha, tendant la main pour le toucher. Son doigt caressa la surface froide du matériau, sans comprendre ce qu'elle avait à voir avec cette nouvelle énergie dont il parlait. Elle la trouvait simplement belle, à luire de son éclat argenté. Cette ... électricité qu'il mentionnait, se réfugiait elle au sein de cette merveille ? La vaironne déposa des yeux ronds sur le visage d'Hohenart, emplis de confusion. Découverte ... curiosité ... était-ce ainsi que les gens du dehors étaient ? Après le portrait qu'elle avait en tête, elle n'avait vraiment pas envie de leur ressembler. Se redressant, tenant ses deux mains devant son ventre, tête inclinée, elle redirigeait son regard timide vers sa gauche.

Je veux juste retrouver ma mémoire ... peu importe les moyens. Je n'ai pas votre appel naturel pour l'inconnu, l'étranger m'entoure de trop pour que je puisse le désirer. Vous ... vous n'êtes pas comme moi, je n'ai pas votre savoir ... Yshkarès me dit que je suis une adulte, et pourtant je me sens comme si j'étais née il y a à peine une semaine. Même vous, vous ne pouvez pas l'expliquer, alors comment suis-je seulement censée savoir ce que sont ces ... "découvertes" dont vous parlez ?! Je ne peux même pas distinguer ce qui a été découvert de ce qu'il reste à dévoiler ... 


Son expression abattue trahissait son désespoir de cause. Au fond d'elle, Nima savait que ce n'était pas son intellect que recherchait son thérapeute, mais bien son corps. Sans doute était-ce lié à ces cristaux parsemés dans son dos qu'elle était la seule à posséder. Le ton qui sortait de sa gorge était craquelé, sa confusion était bien trop grande pour qu'elle puisse garder la raison. Après une profonde inspiration, elle laissa s'échapper un soupire oscillant entre l'exaspération et la profonde détresse. 

Si vous avez des choses à expérimenter sur moi, faites-le simplement. Je n'ai ni idée, ni objection à vous soumettre. Tout ce que je veux ... c'est retrouver mes souvenirs.


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Müller Hohenart
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Lun 9 Avr - 12:29
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-"Je veux juste retrouver ma mémoire ... peu importe les moyens. Je n'ai pas votre appel naturel pour l'inconnu, l'étranger m'entoure de trop pour que je puisse le désirer. Vous ... vous n'êtes pas comme moi, je n'ai pas votre savoir ... Yshkarès me dit que je suis une adulte, et pourtant je me sens comme si j'étais née il y a à peine une semaine. Même vous, vous ne pouvez pas l'expliquer, alors comment suis-je seulement censée savoir ce que sont ces ... "découvertes" dont vous parlez ?! Je ne peux même pas distinguer ce qui a été découvert de ce qu'il reste à dévoiler ... "

Alors qu'elle s'exprimait, Müller ne put s'empêcher de pencher légèrement sa tête sur le côté, l'observant légèrement intrigué. Oui, elle avait raison, qu'est-ce qui pouvait donc la pousser à être curieuse, elle était loin de pouvoir l'être, tout ce qui l'entourait était nouveau. De nouvelles expériences à chaque instants. Pour un enfant tout cela est normal, pour un adulte, doué de toute sa conscience et de ses capacités de réflexion, cela relevait d'une expérience d'autant plus poussée. La crainte, l'incompréhension, le doute. Elle devait sans arrêt être assaillie par ces sensations. Des sensations qu'elle n'avait pas l'habitude de gérer, des réactions qui se faisaient parfois plus violentes. Il hocha légèrement la tête au fur et à mesure de ses dires, l'écoutant avec une incroyable attention.

Elle n'avait rien d'une adulte comme il avait pu en rencontrer une myriade. Imaginez un enfant dans le corps et la conscience d'un être adulte. Plus d'insouciance. Les découvertes qu'elle faisait chaque jours étaient un problème de plus qui s'affichait dans son esprit. Secouait les barrières qu'elle pensait avoir réussie à délimiter. Tout cela Müller le soupçonnait, mais il venait seulement de le comprendre, ce qui le fit froncer légèrement ses sourcils.
Elle avait fait preuve d'une fascination pour ce qu'il avait apporté, les objets en tout genre, ce lieu. Cela la changeait certainement, n'était pas forcément désagréable. Mais la peur et la crainte l'envahissait à chaque instants. Il passa calmement sa main sur son menton, observant la jeune femme de bas en haut. Elle était sur ce fil entre la raison et la folie, toujours secouée par ce qui l'entourait, et elle faisait de son mieux (Du moins pensait-il) pour se tenir sur ce fil, loin du gouffre de la folie qui guettait tout les êtres éveillés de cet univers.

-" Si vous avez des choses à expérimenter sur moi, faites-le simplement. Je n'ai ni idée, ni objection à vous soumettre. Tout ce que je veux ... C'est retrouver mes souvenirs."

Pourrait-elle seulement retrouver  ces souvenirs qu'elle chérissait tant ? Oh, Müller avait beau être un sociopathe dénuait officiellement de ressentis et de sentiments, la situation de cette jeune femme lui perça le coeur d'une longue aiguille ébréchée.  Il passa sa main dans ses cheveux en détournant le regard de celle-ci, observant sa pièce, cet atelier de fortune. Est-ce que cette énergie permettrait de réactiver des souvenirs ? Elle n'avait rien d'une femme de son âge. Sa peau était plus douce que celle d'un nourrisson, aucune traces de vie... Tout cela le rongeait. Et si celle-ci était le fruit d'une expérience d'un autre taré comme il était souvent catégorisait ? Et si elle n'avait aucuns souvenirs à récupérer ? Il avait déjà entendu parler de ce genre de recherches folles. Des idées sur le papier, des discussions de savants fous.
Mais après-tout, qu'est-ce qui lui disait qu'elle pouvait avoir réellement eu une vie avant cet instant ? Ses connaissances. Oui... Elle savait parler, elle savait réfléchir, elle pouvait formuler des phrases complètes.
Ce qui prouvait qu'une partie d'elle devait exister quelque part là dessous. Et il trouverait le moyen de la faire revenir. Il chercherait. Des personnes disparaissent certes tout les jours, mais peut-être que quelques uns de ses fournisseurs auraient eu vent d'une disparition mystérieuse... Mais très certainement pas dans les parages. Elle ne pouvait venir de Roceas et de ses alentours, les informations vont vite dans ces régions isolées, et tout le monde connait tout le monde.C'est l'un des pires endroits pour cacher un meurtre, un enlèvement, ou n'importe quel secret en réalité.

Il soupira longuement en passant sa main devant son visage, s'appuyant contre l'un de ses meubles... Il passa son index et son pouce sur ses yeux, plongé dans sa réflexion. Transcrire toutes les idées qui lui traversait l'esprits, toutes plus folles les unes que les autres, des raisons de son existence, du pourquoi, du comment, du où ... Tout retranscrire prendrait des décennies. Ce génie avait ce principal problème, il était inventif, créatif. Certaines de ses idées pouvaient paraître folie, d'autre génie. Mais elles baignaient tous dans son esprit à chaque instant de sa vie, chaque nouvelle questions apportant son flots de réponses et d'autres problèmes. Lui amenant une source intarrisable d'endorphine au fur et à mesure des questions où il trouvait réponse.

Mais elle... Elle le frustrait au delà de ses espérances. Il avait ce ressentis que de nombreux hommes pouvaient avoir en tentant d'accéder à une chose qu'ils n'avaient aucune chance d'atteindre. Cette frustration passionnante qui vous dévore et vous amène à vous surpasser pour l'atteindre. La plupart des hommes ressentaient cela en éprouvant de l'amour. Lui c'était avec les questions sans réponses.
Il releva calmement la tête pour observer Nima, la dévorant littéralement du regard, ce regard traduisant toutes ses questions sans réponses, qui enflammaient son âme d'une soif insatiable.

-"Je vais te faire retrouver ces souvenirs. D'une manière ou d'une autre. Mais je ne te laisserais pas dans cet état." Il se redressa assez rapidement, lui faisant signe de sa main droite de le suivre, sans pour autant lui donner l'ordre,  alors qu'il s'enfonçait dans son atelier déménagé. Glissant entre les meubles et les expériences, toute plus folles les unes que les autres, parvenant rapidement devant une chaise présentant quelques sangles de cuir capitonnées de laine et de velours, pour éviter d'affecter la chair de ses occupants. "Assis-toi là dessus, je vais préparer le nécessaire. Si tu as des questions n'hésite pas."

Il s'affola alors, rassemblant piles, matériels divers et variés, câbles, seringues... Tout une armada d'outils en tout genre, qu'il évitait d'agiter devant sa patiente. Il souhaitait qu'elle lui fasse confiance, et il ne cherchait pas à l'affoler mais à l'aider. En fin de compte, sans s'en rendre compte lui même, son bon fonds avait pris le dessus, son objectif réel n'était plus tant que cela d'aider la science, bien qu'il s'en vantait à tout bouts de champs, mais bien de l'aider Elle. Car elle était la victime d'une injustice contre laquel il s'était toujours battus, correctement ou salement. A quoi bon se soucier des moyens tant que l'objectif est juste ?

Et tandis qu'il s'affolait à ramener son matériel, glissant piles au zinc nombreuses, câble fin en cuivre, en fer, en or.. Pierre précieuses en tout genre, cristaux, tout pleins de matériaux plus différents les uns des autres. Il gardait un oeil sur Nima, cherchant à comprendre sa détermination à retrouver ces souvenirs. Elle savait déjà que tout cela serait probablement insoutenable. Même lui ne savait pas réellement jusqu'où cela pouvait aller. Il devait faire des essais sur elle certes, mais il devait aussi comprendre toute l'ampleur des utilisations de cette énergie.

Tout cela serait long. Fastidieux. Mais cela allait seulement commencer.





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Ophélia Narcisse
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Lun 9 Avr - 17:44
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Nima se retrouvait face à un Arty perplexe, elle n'aurait sur dire si sa réponse l'avait déçu, ou bien si les mots employés n'était simplement pas adaptés au contexte. Peut-être qu'elle avait l'air d'une gamine, ça ne l'aurait pas étonné. Peut-être que sa distance vis à vis de la curiosité que l'on peut attribuer à l'être humain avait refroidi ses ardeurs. Elle n'était pas emballée pour la science, elle n'a aucune connaissance en la matière et n'a aucune prétention d'en avoir. Yshkarès s'était décrit comme un homme de sciences lui aussi, et pourtant, elle n'en voyait pas les bienfaits. Cet état de fait était sa seule certitude, d'une certaine manière. Sa thérapie n'avançait à rien, de son point de vue. Elle ne comprenait même pas quelle était la raison véritable de ses cicatrices sur les bras. Mais brouillon vierge qu'elle était, rien n'indiquait que le protocole employé par son bon psychiatre n'avait rien de conventionnel. 

De l'attitude perplexe qu'adoptait le docteur se tira un éclat d'empathie. Un soucis, comme si sa situation l'importait, comme si sa détresse l'avait atteint. Formulant la promesse de lui faire remonter ses souvenirs, il arracha un sourire ému à sa patiente qui le fixait jusque là comme une vache regarde un train. Il avait l'air si sûr de lui, comme s'il tenait la solution véritable de son amnésie entre les mains. Même si cette résolution était opaque, Arty avait l'air de la détenir du bout des phalanges, comme s'il l'effleurait déjà du doigt. Une lueur d'espoir vint animer l'air presque abattu de Nima, la faisant passer à un visage presque rayonnant. La nuance d'incertitude venait déformer cette vision d'une jeune femme qui avait recouvré l'espoir. Elle envisageait encore à quel point cela pouvait devenir douloureux, à quel point est-ce qu'elle allait souffrir. Mais malgré tout, sa gratitude s'échappa de ses lèvres en un murmure furtif.

Merci ...


Sans plus de questions, elle suivit le docteur qui l'emmenait au fond de son atelier. Ses chaînes traînaient encore sur le sol, produisant des crissements légers qui effleuraient à peine les oreilles. Les articulations affligées en ressentaient encore la gêne, et ses déplacements étaient encore bien maladroits. Néanmoins, cette fois-ci, elle ne trébucha pas. Emmenée devant une chaise qui paraissait mille fois plus confortable que son lit de coutume, elle fut instruite de s'y asseoir. Elle hésita quelques secondes lorsqu'elle vit les similarités avec celle qui hantait la salle de la saignée. Son souvenir avec les sangles était assez mauvais et l'image qu'elle leur apportait n'était pas des plus appréciées. Avec un regard empli de doute, autant qu'une expression appréhensive, elle s'adressa un instant à son thérapeute qui commençait déjà à la mettre en doute. 

Vous ne comptez pas me couper aussi, n'est-ce pas ...?


Elle s'y installa néanmoins, avec une angoisse légère. Se faire enfermer dans une chaise signifiait qu'elle allait en remuer. Et si elle devait en remuer, cela signifiait qu'elle allait devoir endurer une douleur conséquente. Mais elle avait dit oui, et si la douleur était le seul moyen pour retrouver sa mémoire, alors, elle l'endurerait. Son visage se raffermit alors que son coeur battait la chamade, projetant de la crainte dans ses veines. Une sueur froide coula de sa tempe, qu'elle essuya en vitesse avec un mouvement arrondi de l'épaule. Ses yeux recherchaient sans cesse ceux de son thérapeute, fouillant à l'affût de quelconque intention mauvaise, ou attitude suspecte. Mais elle ne voyait rien. Alors, une nouvelle fois docile, elle passa ses poignets dans les sangles, attachant elle-même celle qui encerclait son poignet gauche. Son jumeau vint reposer dans l'autre attache, attendant que son docteur ne vienne accrocher le second dispositif. Au moins ... les bandes de cuir étaient plus agréables que ses menottes ... si seulement celles-ci lui avaient été complètement arrachées, elle se serait presque senti à l'aise. 

Nima retint un pleur lorsqu'elle vit tous les outils qui lui étaient familiers, portés par Arty. Son visage se crispa en avant alors qu'elle la détournait, regardant tout autour sauf sur la boîte de son thérapeute. Son organe sanguin frappait si fort contre sa chair que ses épaules s'en retrouvaient affectées par le mouvement. Elle sentait qu'une panique profonde venait la prendre, alors qu'elle mordait ses propres lèvres pour pouvoir surpasser l'émotionnel par le sensoriel. L'attente la tuait, les préparations glaçaient son sang et la pression que le silence de la salle avait instauré venait la frapper directement dans ses nerfs. C'était à en perdre la raison, cette peur causée par des instruments dont elle ne connaissait que trop bien l'usage. Peur à la gorge, elle lâcha finalement.

S-S'il vous plaît ... faîtes vite. Je ne suis pas certaine de pouvoir endurer cette anxiété plus longtemps.


Elle avait lâché ça comme on supplie le bourreau de mettre fin à nos jours. Cette appréhension qu'elle ressentait était similaire à celle d'un condamné à mort. Destinée à plonger dans l'inconnu, elle voulait que son attente ne cesse, juste pour espérer préserver ses nerfs. Ce qui l'attendait désormais était aussi opaque que la mort. Seules restaient les sangles à accrocher, et le traitement du docteur pourrait commencer. Du moins ... elle le souhaitait de tout son corps.


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Müller Hohenart
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Mer 11 Avr - 22:25
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Il n'avait pas fait attention à ce remerciement, il ne voulait pas y faire attention. Il avait de nouveau laissé parler ses émotions et cela le fit se crisper d'avantage. Il ne voulait plus la voir, ni l'entendre, quelques minutes, justes quelques instants qui lui seraient nécessaire pour qu'il prenne une bouffée d'air. Un renouveau soudain qui lui permettrait de reprendre son esprit critique. Elle était aussi dangereuse pour lui que pouvait l'être une pièce vide. Autant dire une situation horrifique, où il ne pourrait trouver ni réponses, ni moyen de s'échapper des réflexions internes et psychologiques sur ses propres choix et actions.

-"Vous ne comptez pas me couper aussi, n'est-ce pas ...?"

Il ne se tourna pas vers elle, il était trop occupé à déplacer son matériel, et alors qu'il observait le scalpel qu'il avait entre les doigts, il se prit d'une réflexion temporaire, l'observant avec une semi-fascination des plus malsaines. La couper... La trancher... Faire couler son sang. Il pourrait étudier ce sang, savoir si celui-ci était contaminé d'une quelque sorte que ce soit... Il secoua vivement la tête, éloignant le scalpel de sa main. Il avait certes une soif de question intarissable, mais il avait un tantinet d'honneur. Faire souffrir physiquement ou psychologiquement un être faible et innocent (Du moins pensait-il, enfant d'esprit qu'elle était) n'était pas dans ses moyens qu'il s'autorisait. La science n'avait certes normalement aucune raison d'être freiné dans son palais, mais là, il s'agissait d'une enfant. Ni plus ni moins. Son corps transpirait certainement la maturité, peut-être même inspirait-il l'envie pour la plupart des hommes, possiblement que certains gardes s'étaient demandés à plusieurs reprises si la sédater n'était pas une mauvaise idée pour profiter de cette folle... Ou peut-être étaient-ils tous au courant de son état. Et ainsi la craignaient-ils tous comme la peste.

-" Ces pratiques d'antan ne me seront d'aucunes utilités. Votre corps est le filtre des drogues ou des produits que je me verrais forcé de vous administrer. Je ne souhaites pas entailler votre chair sans une raison valable." Dit-il calmement, après avoir longuement soupiré, reprenant son air impassible qu'il arborait si souvent."A moins que cela ne soit nécessaire pour vous sauver la vie, je n'en userais pas."

Et alors qu'il l'entendait s'installer, il pensait, encore, ses idées fusaient. Elles menaient une guerre acharnée, gagnant batailles, perdants terrain. Son cerveau était la une terre gorgée du sang de bons nombres d'entres-elles. Tuées dans l'oeuf.

-"S-S'il vous plaît ... faîtes vite. Je ne suis pas certaine de pouvoir endurer cette anxiété plus longtemps." Cette supplique lui suffit à se retourner, il la voyait. Tremblante, paralysée par une peur compréhensible, logique. Il lui avait bien fait entendre qu'il ne saurait jusqu'où ce traitement irait. Et il était là, à préparer tout cela devant ses yeux. Il fut pris d'un rire intérieur, ce personnage solitaire qui nous accompagne toujours, ce petit nous, qui éclata de rire en se moquant de son propriétaire.

-"Imbécile." Murmura-t'il, ne laissant que ses lèvres dévoiler un mouvement. Il se dépècha de venir délicâtement saisir le poignet de Nima, s'attarda sur un trait de sympathie en serrant sa main, d'un air plus que réel. Il chercha un instant son regard pour la rassurer sur tout cela. Avec l'habileté d'un diplomate, il glissa les sangles autour de son poignet. Se baissa et vint passer ces sangles autour de ses jambes.

Tout allait pouvoir commencer.

Alors... Alors il se mit au travail. Tout commença par de simples essais basiques, il souhaitait voir comment réagissaient les divers parties de son corps non touchées par ... Par l'anomalie. Il s'assurait qu'elle ne souffrait pas trop. L'éprouver outre-mesure sur ce premier jours serait contre productif, il voulait savoir ce qu'elle ressentait. N'utilisait que des décharges à faible intensité. Il faisait durer sur le temps certaines, testant chaque centimètre carré de son corps, sans aucunes limites. Notant chacun des détails dans un carnet. Lui apportant de l'eau, autant pour la rassasier, que pour humidifier certaines parties où les sensations étaient moindres.

Et après trois bonnes heures d'essais à faible charge, celui-ci se tourna vers elle, calmement. Cherchant son regard, il patienta le temps qu'il lui fallut pour le capter.

-" Je souhaites savoir... Voulez-vous faire une pause ? Je ne voudrais pas que vous soyez exténuée. " Oh, il souhaitait savoir si elle pouvait continuer, car  certaines réactions que le corps peut avoir en contact avec cette énergie sont quelques peu... Surprenantes. Je vous laisse, cher lecteur, vous renseigner sur ce qu'une décharge prolongée peut réaliser sur certaines parties érogènes, ou encore des parties sensibles tels que les oreilles. Ou bien encore certains point de contact rapproché, les douleurs fulgurantes des nerfs, les réactions physiques.

Enfin, tout cela pour dire que bons nombres de ces réactions avaient surprises notre cher Müller, surtout celles de l'ordre de l'attrait charnel. Il n'aurait jamais cru possible qu'un parcourt d'énergie puisse générer tels réactions. Cela le faisait se poser autant de questions qu'il n'avait eu de réponses.
Mais au moins était-il sur d'une chose. L'électricité pouvait influer sur le corps d'une personne vivante même à petite dose. Quel en serait l'effet sur des corps inertes... ? Ou des personnes mortes récemment ? Que pourrait-il réaliser avec cette énergie sur le corps d'un homme plutot que celui d'une femme ? Les réactions seraient-elles semblables ?

Et sur des personnes non atteintes par la magilithe ? Les réactions pourraient probablement en être décuplées ?

Tant de questions, tant de questions qu'il ne savait réellement plus où les ranger. Il notait, griffonait encore ses pages d'encre noirs. Mais allait-elle enfin lui répondre ? Ou ces essais l'avaient-ils rendue bègue ?







Müller parle en : #ffcc00
Protagoniste secondaire sans importance particulière : #ffffff

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Ophélia Narcisse
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Ven 13 Avr - 15:30
Irys : 1171993
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Les narines de la blanche reniflaient d'une peine anticipée lorsque le thérapeute vint finalement l'attacher. Nima se voyait rassurée de ne pas avoir à endurer des coupures, elles lui brûlaient tant la peau, c'était comme si un brasier lui léchait sa chair fragile, creusant un sillon écarlate dans son sillage. Mais  cela n'expliquait toujours pas pourquoi elle voyait ces outils familiers sur le meuble ... aussi se permit-elle d'intérieurement mettre en doute les promesses d'Arty. Pensée vagabonde qui disparut instantanément lorsqu'elle sentit la main lui serrer la paume. Son regard se releva subitement vers le thérapeute qui lui adressait de la compassion dans une oeillade si sérieuse. La vaironne se demandait à présent si cela allait être douloureux au point même que le savant ne souffre de la vision que sa torture présumée lui infligerait. Mais ua moins, il faisait preuve d'empathie envers elle, et ça, elle ne l'oublierait pas. 

Terrorisée avant l'heure, elle laissa sa nuque s'enfoncer dans la chaise, mirant le plafond et attendant que peu importe ce qui l'attendait sur ce siège ne vienne la saisir ... et la soigner. La patiente n'eut pas à anticiper longuement que n'arrive son fameux traitement. Il se présenta sous la forme de chatouillis étranges qui lui couraient à l'intérieur de la poupée. Ce fut d'abord la main droite qui y fut sujette, l'anomalie sentait ses doigts se soulever presque seuls, comme si quelques chose les maintenait en l'air dans la structure même de l'os. Les veines qui parsemaient le dessous de sa peau pâle gonflaient à vue d'oeil, se soulevant pour pousser la barrière charnelle du dos de sa main. 

Nima regardait ce phénomène, avec des yeux ronds, presque blancs. Incrédule, elle ne pouvait pas croire que le traitement qui lui était offert n'était que des petits picotements qui ne lui faisaient presque rien. Le docteur lui faisait remonter l'énergie le long du bras, s'arrêtant juste en dessous de l'épaule. Les muscles chétifs se raidissaient sous la tension, mais n'en subissaient aucune douleur. Baladant son regard confus dans les yeux de son thérapeute, elle le laissait balader sur son corps ses outils, redirigeant le courant sur les parties qu'il voulait tester. Les instants les plus éprouvants furent sur les hanches, dont les nerfs sont presque à découvert. D'autres situations, approchant la poitrine ainsi que le bas ventre étaient toutes aussi complexes à supporter mais pour des raisons toutes autres. Mais, au final, ce n'était rien que la blanche ne pouvait endurer.

Les trois heures escomptées, le courant quitta les inventions d'Arty et le corps entier de Nima se déraidit, relâchée comme une poupée désarticulée. Arrondissant ses lèvres, elle laissa passer un long souffle qui s'évanouit entre l'air ambiant et la poussière omniprésente. Elle baissa le visage un instant, récupérant rapidement son endurance qui n'avait que légèrement été entamée. Après avoir eu droit à quelques gorgées d'eau, directement servies par son bienfaiteur, la patiente ne ressentait qu'un léger mal de tête au fond du crâne. Cette éclaircie qui lui effleurait la caboche n'était rien par rapport aux autres traitements que les docteurs traditionnels lui faisaient endurer. Mais aucun souvenir n'était remonté, pas la moindre fragrance. Elle releva donc un regard déterminé sur son thérapeute, esquissant un sourire effacé confiant, peut-être bien proche de l'arrogance par rapport à ce qu'elle avait l'habitude d'offrir.

Vous pouvez continuer, je n'ai pas mal.


Elle n'avait pas offert un état de fait sur sa forme physiologique, à vrai dire, c'était bien inutile. Son visage affichait clairement que tout allait bien. Nima avait cependant bien grogné quelques fois, notamment au niveau des hanches et des chevilles. Mais rien d'aussi léger ne saurait étancher la soif de retrouver sa mémoire à la blanche. Malgré cette détermination à vouloir retrouver ses souvenirs, elle ne savait qu'en faire. Sa confiance aveugle lui dictait que sa mémoire lui parlerait d'elle-même quant à ses objectifs, le but de son existence et à quel point, autrefois, elle pouvait avoir été utile au monde du dehors. En retrouvant vue de tout cela, la jeune perdue pourrait à nouveau entrevoir le chemin qui avait été tracé devant elle, à présent recouvert de feuilles mortes. Longeant des troncs à l'écorce vierge, elle marchait vers un soleil dont elle ne savait rien de la destination finale. Mais elle marchait bel et bien, dans l'espoir de trouver ses souvenirs au bout du chemin. Même guidée par un astre de science, rien ne pourrait assurer de sa bonne arrivée. 

Devant elle, Arty semblait réfléchir, alors qu'il devait sans aucun doute préparer la seconde partie du traitement. Nima n'avait presque plus d'appréhension, l'initiation à cette thérapie nouvelle n'avait eu que très peu de déboires, et elle en attendait presque la suite avec une impatience douteuse. Observant le savant avec un oeil de côté, l'expression de la patiente oscillait entre l'admiration, la gratitude ou bien la méfiance. Un subtil mélange des trois se mêlait à son regard, qu'elle détournait sans cesse dès qu'elle soupçonnait que le docteur viendrait déposer une oeillade sur elle. Yshkarès lui avait fait regretter de nombreuses fois d'avoir levé les yeux dans les siens, car à chaque fois, elle y décernait ce subtil inconnu qui la dérangeait à son égard. 

Ce n'était pas que la blanche le méprisait, bien au contraire. Mais ce n'était pas une affection saine à proprement parler. C'était l'attachement qu'avait le chien à son maître, la redevance de l'esclave à son propriétaire. En somme, c'était la soumission d'une faible envers quelqu'un qu'elle considérait avoir une toute puissance. Et cette pression, elle la sentait sur ses épaules dès que ses iris nuancés de supériorité intègre venait se déposer dans les siens. Plus qu'une habitude, c'était un signal qui lui faisait docilement baisser la tête. C'était une peur de l'inconnu, mais aussi une fascination. Fascination dont Arty semblait désormais être tout autant sujet.


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