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Chroniques d'Irydaë
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 D'Asile ou d'Exile

Müller Hohenart
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Sam 14 Avr - 14:18
Irys : 84985
Profession : Ingénieur de talent
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-" Vous pouvez continuer, je n'ai pas mal."


Cette phrase claqua dans le grenier, il pencha légèrement la tête sur le côté observant Nima avec un sourire quelque peu surpris. Il haussa les épaules, agréablement surpris de cette réponse. Détournant son corps tout entier de sa patiente, il alla s'attarder sur les piles, y entâmant quelques réglages, rajoutant zinc, cuivre et acide dans certaines piles pour en augmenter l'énergie générée, il fit quelques test, posant un fil de fer entre les deux embouts de la pile. Le fil de fer commença à chauffer. Il s'enflamma presque, avant de ne céder en son centre, le fer fondu tombant à même la coupole soutenant la pile. Arty fut particulièrement surpris de cette réaction.
Il avait bien remarqué que cette énergie avait des propriétés chauffantes, mais il ne s'était pas attendu à ce qu'elle puisse générer une chaleur aussi intense.

-"Hm. Il faut que j'établisse des calculs avant de tester des compositions différentes..." Dit-il d'un air perplexe, observant le fer fondu récupérait dans la coupole. Il se tourna légèrement vers Nima, lui souriant légèrement. "On va éviter de te faire la même chose qu'à ce fil de fer. Nima, m'en voudrais-tu si je prenais un peu de ton sang dans cette seringue ? J'aimerais examiner l'état de ton sang. Essayais de voir si ton amnésie est dû à une maladie, ou tout autre chose qui me permettrait de préciser la zone où je me devrais d'appliquer les décharges, et... Ou, d'autres expérimentations." Il venait de s'emparer d'une seringue, trônant sur l'un des meubles. Il lui montra calmement.

-" Je ne te ferais pas de saignée. Ne t'inquiète pas, je souhaites juste une petite quantité de ton sang, pour en examiner les composantes... Et voir si nos tests ont réactivés quoi que ce soit dans celui-ci."

Il attendit la réponse, calmement, et une fois celle-ci parvenu à ses oreilles Müller déposa la seringue sur le meuble à nouveau, offrant un sourire satisfait à sa patiente. Avant de froncer légèrement les sourcils. Depuis quand la déterminait-il comme une patiente, plutôt que son cobaye ? Tout cela n'avait aucun sens. Il serra ses mâchoires, soufflant longuement d'un air quelque peu dépité par son sentimentalisme.
Il passa sa main droite dans ses cheveux. Il avait toujours eu des difficultés à ne pas ressentir de l'empathie pour les êtres à l'allure faible, ou fragile. Mais les femmes étaient encore tout autre. Il les détestait. Et pourtant elles parvenaient toujours à se frayer un chemin dans son armure impassible. Peut-être car il n'avait jamais réellement connus l'amour d'une mère, ou pour des raisons qui lui étaient obscures. Tout cela fut néanmoins chassé d'un passage de sa main sur son visage. Replongeant dans ses idées, il réfléchit un instant à ce qu'il pourrait réaliser pour stimuler l'inconscient de sa ... De Nima.

-"... C'est risqué... Mais cela peut s'avouer fructueux." Il se tourna légèrement vers elle avant d'opiner du chef. Il n'avait pas apporté que l'electricité pour réaliser ses tests, ses expérimentations. Il avait aussi apporté ses fioles. Et il savait que certaines drogues en sa possession avaient eu des effets stimulants sur le cortex des testés. Tout cela par la lecture de nombreux livres. Et un essai à vif sur lui-même. Certaines choses qu'il avait enfouis avaient pu ressortir. Alors cette drogue pourrait peut-être lui permettre de s'ouvrir à nouveau sur son inconscient, à cette jeune femme.

Il opina plusieurs fois du chef, décroisant ses bras pour s'atteler à sa préparation, il s'empara d'une seringue et d'une fiole, l'ouvrant il vint aspirer une petite quantité du liquide. Il releva la seringue vers la lumière fébrile des lieux, et poussa sur celle-ci, extirpant l'air de l'outil. Il s'approcha ensuite calmement vers Nima.

-"Je sais que me voir t'approcher avec une seringue n'a rien de bon pour te mettre en confiance. Cependant, je pense que cette substance pourrait... Stimuler tes souvenirs. S'ils existent quelques part dans ton cortex, cette stimulation "naturelle" devrait en faire sortir quelques fragments... Autrement je devrais passer aux choses sérieuses. Je veux simplement que tu sois détendues et que tu me fasses confiance Nima. Je suis là, et tant que je suis ici, il ne t'arrivera rien qui te mettra en réel danger."

Il patienta un peu, s'assurant qu'elle ne se débattrait pas, ou qu'au moins celle-ci se soit figée. Il inséra alors lentement la seringue dans la veine intérieur de son coude, Pinçant légèrement en aval de l'afflux sanguin. Tirant légèrement sur le poussoir, aspirant une quantité minime de sang qui vint se mélanger au produit, il poussa ensuite, injectant le mélange dans le sang de la Nima.
Ce produit n'avait rien de courant, du moins pour le commun des mortels. Ce produit était celui sous lequel le toxicomane de génie qui se tenait devant elle s'était souvent retrouvé embrassé. Ce produit était puissant, puissant outre mesure. Suffisamment pour le faire décrocher, lui permettre de se noyer dans des souvenirs joyeux, ou tout du moins moins solitaire. Alors oui, ce produit avait un effet de retour en arrière, pour ceux qui le cherchait. Ou de simple "défonce" pour ceux qui n'en voyaient pas les capacités.

Oui... Tout cela allait être haut en couleur. Et notre cher amie allait très certainement plonger dans un état qu'elle apprécierait trop pour le nier. Ou bien reverrait-elle quelque chose d'horrible, qui la ferait haïr ce produit à tout jamais. En tout les cas, Müller resterait là, à s'assurer qu'elle n'aurait pas de mauvaise réactions.
D'autant qu'il avait quelques calculs à élaborer, et des piles à améliorer. Cela allait être des heures chargeaient pour cet après-midi. Mais jusqu'à ce qu'elle ne sombre dans les bras de cette toxine, celui-ci resterait à côté d'elle, à portée de main.

Puis viendrait l'acharnement au travail, ainsi qu'une surveillance accrue.

Oui. Tout cela commençait doucement.





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Ophélia Narcisse
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Sam 14 Avr - 16:32
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Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Alors qu'elle venait de reprendre son souffle, Nima avait levé les yeux vers Arty et son fil de fer qui rougeoyait comme cendre et poussière. Dérivant dans le regard de son thérapeute, l'expression qu'arborait la blanche fondait du soulagement à l'inquiétude, tout comme fondait le métal sous la chaleur. Les mots qu'il employa n'achevèrent pas de la rassurer, si cette énergie était capable de faire fondre une matière aussi solide, qu'en serait-il d'elle ? A cet instant, elle commença à douter de ses capacités à endurer la souffrance qui allait se présenter à elle. Retenant un juron, se mordant avec anxiété la lèvre inférieure, elle fit dériver ses iris à l'autre bout de la pièce, évitant de regarder l'éclat ardent qui émanait du fer. Même l'opacité des coins de la pièce étaient une vision plus agréable. 

Du coin des yeux, elle vit son docteur s'approcher avec une seringue, demandant de son sang pour pouvoir l'analyser. Dictant que c'était sans doute pour détecter une quelconque nuisance dans son organisme, liée à son amnésie et à cette autre anomalie qu'évoquait le bon savant plus tôt. Tant que ce n'était pas un scalpel et qu'il ne lui arracherait pas la peau, tout irait bien. La patiente retourna donc son poignet dans son chanvre, exposant la peau fine de l'intérieur de son coude à l'aiguille qui vint s'y infiltrer. La douleur fut minime, et ne dura qu'un instant, fort heureusement, Arty ne tremblait pas de trop. Voyant son sang s'extirper d'une manière aussi propre, Nima fronça les sourcils, regardant avec attention ce phénomène aussi fascinant que dépaysant. Elle avait l'habitude de le voir couler le long de son épaule en d'amères gouttes mal dessinées. 

Passée la main dans les cheveux dont la jeune femme ne saisit pas le sens, le docteur s'en retourna vers ses outils, magouillant elle-ne-savait-quoi. Elle l'entendit murmurer quelques mots entre ses lèvres, avant de voir une seconde seringue décorer sa main. Et alors, il s'approcha, soliloquant une nouvelle fois des explications qui avaient but de la mettre en confiance quant à cet outil qu'il tenait entre ses doigts. Plus que l'outil, c'était ce qu'il contenait qui l'effrayait, l'aiguille n'était que maigre intermédiaire. L'immaculée voyait parfaitement le liquide qui venait buter contre le socle de l'instrument médical, et de nombreuses questions se bousculèrent dans sa tête. Ses yeux s'arrondissaient à mesure que le docteur s'approchait et sa nuque se renfonçait sur son siège. 

Son sourcil se leva alors, levier rehaussé par les paroles d'Arty, qui paraissait convaincu que ce sérum-ci pourrait lui rendre partiellement ses souvenirs. Et elle, vipère charmée par la flûte, vint mordre à l'appât. Le visage qu'elle avait reculé se pencha sur son épaule gauche, comme demandant confirmation de la certitude qui hantait le visage de son docteur. Cette fois, elle retourna son autre bras, celui qui n'avait pas encore été piqué, indiquant que cet endroit était apprêté à accueillir la pointe de l'aiguille, et le venin qui en découlerait. Le "gardien" préposé restait pour guetter, rien ne devrait lui arriver. Ces pensées avaient pour but de se rassurer elle-même, mais malgré sa confidence à accepter ce produit, elle était terrifiée des effets qu'il engendrerait. 

La seringue se retira doucement, ne laissant presque aucune marque, vidée du sérum qui désormais parcourait le corps de Nima. Mais rien ne semblait venir, stoïque et circonspecte, une fois encore, elle mirait le minuscule orifice creusé dans l'intérieur de son coude gauche. Elle redirigea la tête vers Arty, prête à l'interroger du regard, jusqu'à ce qu'enfin les effets ne remontent à la surface. Une inspiration aigu vint traverser sa gorge, alors qu'elle libéra un hoquet de surprise. Son corps entier devint amorphe, sa respiration se faisait plus lourde, mais bien plus lente. Les battements de son coeur avaient décélérés, et l'intégralité de ses membres se relâchèrent. Des picotements venaient parcourir sa peau, léchant agréablement la totalité de son épiderme. Pour une femme aussi fragile, la drogue eut un effet dévastateur. 

Son visage s'était levé vers les cieux, bouche ouverte et langue coincée derrière ses dents inférieures, ne demandant qu'à sortir. Ses paupières étaient à moitié closes et son regard ornait la partie supérieure de ses yeux. La nuque qui tint droit quelques secondes durant se rabattit, soumettant ses iris à mirer ses cuisses, pour le peu qu'elle pouvait entrevoir. Mais si elle était aveugle de l'extérieur, l'intérieur, lui, était en apothéose de pensées. D'antan, quelque chose lui revint, pas un souvenir défini, mais bien un instinct, la plus récente des pensées dont elle avait fait preuve avant sa mort. C'était de la peur, dissimulée par de la haine, couverte par du mépris et nuancée de rancune. Cette goutte d'encre vint s'apposer sur cette feuille blanche qu'incarnait l'immaculée, dessinant une tâche informe qui n'avait pour seule visée que de teinter sa pureté. Le sérum lui avait fait rencontrer son inconscient, et de celui-ci, elle reçut un cadeau de bon retour. 

Visage cachée par ses cheveux, tout ce qu'Arty put voir fut un mouvement d'épaule. Un tremblement sans doute, mais il se répétait, comme des convulsions. Jusqu'à ce que Nima éclate d'un rire dément, relevant brusquement sa tête, déposant l'arrière de son crâne sur le dossier de son siège. Droguée au possible, elle apposa sa joue sur son épaule droite, alors qu'elle continuait de glousser avec un sourire presque carnassier. Elle fixait son docteur, un trait de salive lui glissant du coin des lèvres. Le bout de sa langue s'était apposé entre ses dents centrales, faisant de ses expirations lourdes des sifflements muets qui soufflaient la poussière. Dans l'étincelle de ses yeux brillait une lueur qui faisait pour la première fois son apparition. Du désir, mais sous quelle forme ? Les mots qu'elle empruntait à ses rires clarifiaient son état.

Guh ... huhu ... c'est ... agréable votre truc ... kyaha ... haha ... 


Toute visée de retrouver sa mémoire avait disparu en un instant, désormais, son attention se focalisait sur le moment présent. Elle inhalait l'air, tête levée et regard apposé sur ses paupières, comme prenant finalement un point de vue bien moins docile, mais beaucoup plus osé. Entre les bandes de cuir, le bras qu'elle avait remis à sa position initiale vint à nouveau se tourner, orientant une fois de plus l'intérieur de son coude vers le plafond. Ses paupières se serrèrent, alors qu'elle sifflait de nouveau entre ses lèvres. 

Si vous comptez réessayer ... ha ... ne vous faîtes pas prier.


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Müller Hohenart
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Jeu 26 Avr - 22:29
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Il soupira légèrement, secouant sa tête, cette réaction n'avait rien de surprenant. Il venait d'user d'une drogue à laquelle elle n'avait jamais été soumise, et celle-ci avait comme plus d'être particulièrement... Éblouissante. Elle était à même de le mettre dans des états seconds, alors pour un être jeune d'esprit... Cela devait avoir l'effet d'une bombe d'endorphine sans pareil. Il essaya de déceler une part de ce qu'elle était avant ce rush.

-"Hmm... Non." Se souffla-t'il, l'observant avec une légère moue. Elle n'avait pas suffisamment de contrôle et d'habitude à prendre cette drogue pour parvenir à se plonger correctement dans ses souvenirs. Il faudrait plusieurs prises, en attendant, il allait pouvoir la laisser chuter dans l'état déplorable qui suit cette pulsion soudaine et perpétuelle de quelques heures. Il allait pouvoir travailler.

-"Guh ... huhu ... c'est ... agréable votre truc ... kyaha ... haha ..."

Il se releva calmement, observant les alentours à la recherche de son matériel... Enfin, pas de son matériel, celui-ci l'entourait de toute part. Non, de ses matériaux pour réaliser ses quelques piles, et tenter d'en amplifier les capacités, et de trouver un moyen d'en gérer le courant.

-"Si vous comptez réessayer ... ha ... ne vous faîtes pas prier."

Il tapotat légèrement l'intérieur du coude de la jeune femme, comme pour lui sous-entendre qu'il y aurait d'autres essais. Il faudrait qu'elle "s'habitue".. Ne serait-ce qu'un tantinet à ce traitement. Il n'avait qu'une semaine, cela ne suffirait pas à prendre totalement contrôle de cet état, surtout pour elle. Elle était neuve. Il fallait être en contact des semaines, des mois. A plusieurs reprises pour espérer s'habituer à cela et parvenir à se plonger dans ses souvenirs les plus enfouis. Même lui avait un mal fou à le faire consciemment.

Il soupira légèrement. Il devrait pourtant continuer, amener son collègue à user de cela un peu plus souvent.
Il se décida à s'éloigner d'elle, d'un pas déterminé et vif. Il devait avancer. Ce traitement ne se ferait pas tout seul, mais il était certain qu'il aurait des réponses. Pour elle comme pour lui. Son état second lui permettrait aisément de réaliser ses prélèvements sur sa peau purulé de magilithe, il pourrait tout autant faire quelques essais poussés sur des corps qu'il ferait parvenir sans qu'elle ne s'en rendre... Presque compte, ses pas finir par le mener à l'une de ses nombreuses étagères, où il s'empara d'un lingot de zinc brut et du même de cuivre, tout cela pesait son poids, tout cela nécessitait du travail. Tant mieux. Il avait fait parvenir son matériel d'atelier et c'était pour une bonne raison.
Il se glissa entre les étagères et le bordel ambiant, déposant les lingots près d'une machine composée d'acier et d'autres alliages qu'il serait bien trop long de détailler. Manivelle et poulies, câble et sangles... Un fatras de mécanique déplaçant habilement un bras métallique. Il s'éloigna à nouveau de celui-ci, s'emparant de plaques de verre traînant dans une armoire capitonnée, glissant derrière un meuble posé contre un autre, pour s'emparé dans un compartiment secret d'une fiole contenant un liquide des plus opaques, presque blanchâtre, une solution de chlorure de potassium... Enfin évitons nous le mal de crâne, et laissons le génie faire son travail.
Celui-ci rapporta son butin sur sa table de travail, déplaçant loupe et différents bras autour de son matériel. Actionnant poulie et manivelle il vint saisir et bloquer les plaques de verre, s'emparant d'un autre bras, il approcha un bec noircie par la suie, avant de n'enclencher un système libérant l'énergie d'une pile de magilithe. Enflammant l'air devant elle, actionnant la fonte du verre. Verre qui vint être manipulé habilement par l'homme jouant des manivelles, déplaçant la matière pour la souder entre elle, ne formant à force de travail plus qu'un seul bloc, une boite de verre. Dans laquelle il prépara plusieurs rondelles de cuivre et de zinc, répétant le format des piles standard qu'il s'était fait apporté, plaçant des rondelles de drap trempé dans la solution saumurée entre chaque groupes, tout cela habilement, rapidement, avant de continuer à monter d'autres piles, qu'il relia par des bras mécanisés simplement, afin de contrôler un minima l'afflux d'énergie.

Après une à deux heure de travail acharné, celui-ci parvint enfin à se féliciter (Honteusement) d'une machine fonctionnel, mais largement améliorable. Il haussa les épaules avant de faire ses quelques tests sur divers composants. Du bois à l'or, tout y passa. Du moins tout ce qu'il possédait sur place. Fil de fer, de cuivre, d'argent, d'or, même essaya-t'il avec des morceaux de draps, de la laine, des plantes à peu près vertes qu'il s'était amusé à garder dans un pot... Il s'était même surpris à les retrouver vivantes. Enfin, une fois qu'il s'était approximativement assuré de son dispositif, se retourna-t'il à son bureau traditionnel, non loin de la chaise de sa patiente, qui se glissait toujours dans les méandres de la drogue qui coulait dans ses veines et que son organisme allait peinait à supprimer. Il tourna son regard vers sa montre à gousset qu'il extirpa habilement de son gilet, laissé sur la chaise de bureau, encore une heure... A peu près, après cela elle connaîtrait sa première rechute. Il serait là pour noter tout cela. Serait-elle douce et cotonneuse ? Ou bien brutale et pavée de verre mal pilé ?

Il reposa sa montre à gousset dans la poche de son gilet, se mettant à sa chaise pour se mettre à ses calculs. Il devait se baser sur les prémices de calculs réalisés par ses compères pour les étoffer, et s'assurer qu'il ne risquerait pas de tuer sa patiente dans une erreur de débutant... Car dans le fond c'est ce qu'il était à cet instant.. Un débutant. Et tout cela le gonflait d'une excitation sans pareille, aussi son cerveau fusa-t'il pendant près d'une heure de travaux acharnés où il composa dizaines de dizaines de calculs, basé sur les divers piles qu'il avait réalisé. Chacunes ayant une charge donnée, il connaissait maintenant les capacités de sa machine. Et ce n'était pas peu fier qu'il vint se souffler.

-"Juste ce qu'il fallait. Je ne risque pas de la griller ! Parfait. Enfin, si je ne me suis pas trompé dans ces calcuuuuls... M'non aucun risque ! " Il se tourna alors vers la jeune femme, qui devait à peine quitter le royaume merveilleux de la drogue qu'il lui avait injecté.
Il s'empara d'une main vive et habile d'un carnet et d'une plume, grattant le papier pour y rajouter les observations de ce jour en plus de ce qu'il allait bientôt observer.
Il avait tout de même besoin d'un peu de repos physique, autant pour ancrer les expériences dans sa mémoire que pour se vider un tantinet l'esprit de tout ces souvenirs en détails qu'il conservait. Il était plus simple pour lui de ranger tout cela sous format de livre et de carnets, même dans son palais mental.

Il ne lui fallut que quelques vingts minutes pour se gratter la journée sur le papier, posant maintenant son regard sur sa patiente pour l'accompagner dans la rechute et s'assurer qu'elle ne ferait pas de crise inutile.
Et ils pourraient ensuite, après un repas rapide et une boisson tiède, parler de ce qu'elle avait pu voir, et de ce qu'elle se souviendrait. Puis il se lancerait sur les électrodes et la mise en pratique des dizaines de théorie qu'il avait en tête.

-"...Alors..." Souffla-t'il, en la regardant. Les yeux grand ouvert. Avant de pester intérieurement. Par ...rah... J'ai complètement oublié de prélever les échantillons pendant son état second... Bon, ce sera pour la prochaine fois.. Peste.





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Ophélia Narcisse
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Ven 27 Avr - 21:07
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Prise dans le tumulte d'un tourment dont la seule torture n'était que douceur, Nima s'amusait à frivoler seule, nageant dans ses pensées inondées par la drogue administrée encore récemment. Pathétiquement, elle balançait la tête de droite à gauche, cherchant quelconque point fixe pour espérer s'orienter. Ses yeux se déposaient partout sur les façades poussiéreuses qui lui apparaissaient comme un fond marron informe. Perdue entre rêve et réalité, la patiente ne savait plus où orienter son esprit, s'il devait se tenir bien à l'étroit vers le réel, ou bien s'il devait se contenter de sombrer comme la plus rustique des épaves. Les effets se renforcèrent encore, tandis que le fluide ne faisait qu'un avec son sang et avec son être. L'instinct qu'elle s'était senti accaparer plus tôt lui embrumait plus encore ses idées, les sentant se mixer avec des images abominables de corps, de sang et de ... qu'est-ce que c'étaient que ces choses ? Des enfants, sans doute ? 

Les doigts qui vinrent tapoter sont coudes furent à peine suffisant pour lui faire encore remarquer qu'elle était toujours vivante. Âme libre dans une geôle de lanières qu'elle était, ces sensations étaient bien trop distales de l'essence de son ressenti pour qu'elle n'en fasse une observation précise. A ce geste qui était censé dire bien des choses, la papillonneuse n'eut pour réponse qu'un vague mouvement de la tête étourdi qu'elle vint jeter une fois encore contre son épaule gauche. Ses pupilles troubles tentaient de faire l'analyse d'Arty, mais rien ne lui venait, hormis cette masse informe qui ne ressemblait à un humain de par sa structure seule. Ses yeux, alors égarés dans un néant visible, s'en allèrent vagabonder vers un royaume qui n'avait plus d'attache aucune à la réalité. Finalement, Nima avait décidé de se laisser flancher vers l'onirisme, et, commençant à halluciner, sa respiration se coupa un bref instant. 

Elle voyait un fort, sentait la neige couler sur sa peau et entendait des cris. Son regard semblait surélevé, comme si ses pas foulaient un sol en hauteur. Une oeillade brève confirma ses pensées, elle piétinait une cuve de bottines de fourrure. Entre ses mains, il y avait un couteau, orné de sang. Rien ne lui rappelait ce qu'elle avait bien pu en faire de cette arme, mais son contact semblait la rassurer, l'apaiser, tout autant que la teinture écarlate qui l'ornait d'ailleurs. Fascinée, elle se souvint passer un doigt furtif sur sa bordure, mémoire cependant erronée, seul résultat d'une appréciation dont elle n'avait aucune idée de l'origine véritable, c'était seulement ... réconfortant.

Un coup d'éclair vint se mugir de derrière les remparts en face d'elle, une foudre noire aux aspects de poussière qui s'abattit depuis les nuages de cendre. Sans plus d'explications, une immense douleur vint lui saisir le torse, arrachant son poitrail depuis l'intérieur. L'endormie se sentait mise à découverte, au sens littéral. La même oeillade qui avait vu son promontoire put admirer toute l'étendue de l'état macabre de son torse alors qu'une entité aussi cruelle que sauvage avait fait disparaître la moitié de son buste. Seules restaient les côtes et divers bouts de chair qui étaient noyés à des gouttelettes âcres. Son corps se mit à pencher en arrière, tombant à travers la cuve dans un vide qui semblait infini, jusqu'à ce qu'en une sonorité aqueuse, elle se sentit se noyer dans un liquide qui avait goût vitreux, presque sec. 

Sur sa chaise, la patiente se mit à hurler, cherchant à tout prix à protéger son torse en une hystérie folle déclenchée par l'illusoire souffrance qu'elle venait de ressentir. Elle se mit à tirer fortement sur les lanières, tentant d'en arracher le chanvre qui retenait son poignet, tout autant que ses chevilles qui frappaient contre la chaise. Force de remuer, elle fit s'en mouvoir les pieds, émettant un grincement strident qui ne lui effleura qu'à moitié ses ouïes encore bercées par la toxine. Elle revivait la douleur, immergée dans des mémoires qui étaient bien trop réalistes pour qu'elle croit en leur immatérialisme. C'était une certitude, elles étaient là, elles se déroulaient à cet instant. Son buste la brûlait, quelque chose rampait en elle et la traversait, c'était forcément réel ! 

Un réflexe. Ce fut peut-être ce qui vint recouvrir la peau de Nima d'une teinte marronne à partir des poignets, et ce jusqu'au sommet du crâne. Comme de l'écorce taillée qui remontait le long de sa chair, craquelant entre les pores de sa peau, son teint s'associait à celui de son siège. Le blanc de ses yeux se voyait à peine, plongé dans un fond de bois, entouré de brun. Les dents, qui autrefois brillaient de leur éclat se recouvraient de cette même couleur, devenue désormais uniforme sur l'intégralité de la patiente. Mais elle ne se rendit pas une seule seconde compte de ce camouflage naturel, destiné à la protéger de cette douleur qu'elle n'avait voulu que fuir. Sans succès. Ses gémissements plaintifs continuèrent de longues minutes durant.

Bien qu'elle se soit calmée peu après cette expérience traumatisante, l'immaculée en subissait les contre-coups. Toujours secouée par la drogue, elle pleurait dans le vide, certaine qu'il n'y avait personne autour d'elle, persuadée que tout était blanc. L'onirique se sentait terriblement seule, si seule qu'elle voulait s'en tailler les veines. Son corps ne réagissait cependant que par des secousses d'épaules qui ne la ramenaient en rien à la réalité. Cette fois-ci, entre ses pleurs, il n'y avait rien à distinguer, ce n'était que pure folie et pure faible tolérance à l'organisme étranger infiltré par le bon professeur dont Nima avait tout oublié de l'existence, plongée dans son délire de néant. 


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