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Chroniques d'Irydaë
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 Le casse du siècle [Terminé]

Myträ Andreïev
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Mar 17 Avr - 18:12
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Ils en ont des choses à dire ces pirates. Apparemment c’était principalement pour l’insulter, lui balancer des vannes misogynes ou la provoquer. Mouais, rien de bien original même si la proposition de duel était plutôt inattendue et très tentante. Le capitaine masqua un sourire et considéra sérieusement d’accepter, mais évidemment, ce n’était pas possible. Myträ est un capitaine de l’élite des forces armées d’U.N.E, pas un cowboy. Elle ne se rabaisserait pas à accepter un duel avec un vulgaire pirate. La guerre est une affaire sérieuse, et non un concours de zizi qui s’embarrasse de fierté. Le perdant n’est pas le moins honorable, c’est juste celui qui meurt.

Visiblement, les tractations n’allaient pas dans le bon sens. On lui parlait de combat à la loyale, de lâcheté et autres conneries dans le genre. A croire que ces types-là se prenaient pour des parangons de témérité alors que ces petites fiottes sont supérieures en nombre et se cachent derrière des otages. Cependant, les pirates avaient raison à propos d’une chose, c’est que Myträ se foutait éperdument des otages. Oui, c’est vrai qu’elle avait juré de protéger la nation et ses citoyens, mais il fallait voir la problématique à plus grande échelle. Elle ne pouvait pas laisser partir ces pirates avec leur butin, sachant qu’avec le nombre de magilithes à leur disposition, ils deviendraient une menace pour l’U.N.E. Si les otages pouvaient être sauvés alors tant mieux, mais sinon, c’était un sacrifice nécessaire pour le bien de la nation.

C’est un discours classique de méchant qui justifie le mal en évoquant le bien commun, mais bon… Il faudra s’en contenter.

- Bon. Vous commencez à me gonfler, les crasseux, lâcha-t-elle alors que les pirates continuaient à la provoquer sans obéir à son ultimatum.

Myträ montrait clairement son impatience. En effet, elle exigeait d’être exaucée dans les plus brefs délais. Son deal était plutôt honnête. Les otages contre la garantie de pouvoir descendre l’escalier en toute sécurité. Autant se le dire, en cas d’assaut direct, des pirates sous armées ne faisaient pas le poids contre une escouade des Forces Expérimentales. Ce n’est pas pour rien que cette unité est rare et ne se déplace jamais au complet. C’est tout simplement parce que six ou sept de ces types-là étaient largement suffisants pour dérouiller n’importe quel adversaire. Il s’agissait de soldats d’élite, des experts dans leur domaine martial, et avec un équipement à la pointe de la technologie qui ferait mouiller n’importe lequel de ces tocards de pirates.

Myträ aussi entendait les coups de feu dehors. On dirait que Graham n’avait pas trouvé d’angles de vue à l’intérieur du bâtiment et s’était donc mis à canarder d’autres pirates qui devaient trainer dans le parc. Elle le supposait du moins. En tous cas, ça semblait énerver ses invités. Mais le sniper ne faisait pas parti du deal, et on ne change pas le deal. C’était sa seule offre…

Comme elle l’avait clairement énoncé à voix haute, Myträ avait également peur de l’artificier. Rien n’empêchait les pirates de lancer un bâton de dynamite sous le bouclier au moment où Derek allait le lever pour faire passer l’otage. C’était un risque qui ne lui disait rien du tout.

Toujours derrière le bouclier, Myträ écoutait les propositions du chef des pirates mais sa décision était déjà prise. D’un signe tactique discret, elle prévint son unité de l’imminence de l’assaut. Geste inutile puisqu’ils étaient déjà tous prêts. Cependant, Myträ ordonna à Macaulay - toujours à l’aide de signes - de troquer ses grenades à fragmentation par des artifices moins létaux. Elle voulait toujours éviter d’avoir à tuer les civils elle-même, préférant laisser les pirates s’en charger.

- Je t’ai déjà dit comment ça allait se passer, tu laisses les otages à cet étage et je t’autorise à descendre. Tu ne le fais pas ou tu essayes de modifier le deal, et je lance l’assaut.

Le bouclier se souleva d’à peine quelques centimètres, laissant la place pour deux petites boules blanche et noir de rouler jusqu’au palier de l’escalier. Les mèches courtes atteignirent presque aussitôt l’amorce. L’une fit exploser le phosphore en dégageant une vive lumière blanche éblouissante, tandis que l’autre dégageait un écran de fumer pour réduire la précision des armes à feu.

L’attaque était lancée.

Le lourd bouclier, toujours mue par les immenses poings d’acier, se leva et fonça sur les pirates, couvrant l’attaque qui allait principalement être au corps à corps. Raison pour laquelle Macaulay tentait de couvrir la charge le plus possible grâce à sa panoplie de grenade fumigène et étourdissante. Pour compléter la solide défense des Forces Expérimentale, Myträ formait l’avant-garde avec Derek, dont le but était de briser la « formation » des pirates et d'encaisser leurs tirs.

Derrière, Ivan se mettait à couvert derrière l’armure assistée et le bouclier jusqu’à arriver à portée de sabre. Les prothèses mécaniques poussèrent alors un gémissement strident tandis que l’épéiste sautait dans la mêlé. Tranchant à gauche, embrochant à droite avec une agilité digne d’un félin. A l’arrière garde, Macaulay préparait ses prochaines déflagrations, alors que son éternel garde-du-corps lâchait de temps en temps des tirs d’opportunités avec son tromblon. Il était aussi gêné que les pirates avec cette fumée, mais sa fonction principale était de protéger l’artificière rousse, très peu armée.

- Hé, mon gros, héla Myträ à travers l’épaisse fumée d’où se découpait sa silhouette métallique. Tu m’offres une danse ?

Le gros en question était évidement Eylohr, montagne de chair dont la silhouette contrastait avec les autres pirates. Il faut dire que le bonhomme faisait peur. C’était sans doute le plus redoutable parmi cette bande de forbans en guenilles ridicules, surtout l’autre avec ses fringues Desigual et ses grosses boucles d’oreille plaquées or. Ouais… C’est de toi qu’on parle De Sousa.

Le géant du froid était un adversaire que Myträ ne pouvait laisser à aucun de ses hommes, même à Derek et ses avant-bras mécaniques. En force pure, seule l’armure assistée pouvait vaincre le colosse de muscle. L’épée brandie, la jeune femme vint à la rencontre de son adversaire, sa main mécanique protégeant son visage contre les tirs, le temps qu’elle arrive au corps à corps.

La chair et les muscles, contre l’acier et la vapeur. Un affrontement bien inégal. Myträ tenta de soumettre le pirate par la force brute, les soupapes de l’armure déchargeant un filet de vapeur témoignant de la puissance déversée dans les vérins. L’épée venait parachever l’œuvre, fendant l’air pour s’offrir le flanc du géant. Finalement, elle l’avait son duel tant désiré.


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Eylohr Lothar
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Ven 20 Avr - 14:05
Irys : 915181
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Visiblement la donzelle n’était pas du tout encline à négocier ni à revoir ses exigences à la baisse. Elle restait là, derrière son armure et ses chiens surarmés, et les pirates restaient en face blottis derrière leurs otages en pensant avoir une chance de s’en sortir. Mais Eylohr n’avait pas réellement l’habitude de voir ses plans être contrecarrés et toute cette situation l’excédait de plus en plus. Dans son regard, tandis qu’il tentait de dissimuler toute sa hauteur et sa masse derrière le frêle scientifique, on pouvait voir naître et grandir la flamme de la colère et de la fureur, témoignage sourd d’une violence inouïe qui ne demandait qu’à fondre sur sa cible comme un prédateur attaquerait sa proie. Et la proie en question n’était nulle autre que la capitaine des forces spéciales. Non, elle ne flancherait pas, alors lui non plus.

    Alors, il allait agir. Se protégeant derrière deux scientifiques, il détourna son revolver au calibre impressionnant et à la puissance dévastatrice vers le visage de la capitaine lorsqu’une détonation se fit entendre, suivie de plusieurs autres. Non, ce n’était pas son revolver, mais des grenades incapacitantes et fumigènes. Caché derrière les scientifiques, les deux innocents subirent les affres des grenades, au moins ils avaient une utilité. Mais la panique était totale et l’incompréhension également. Il fallait agir car dans ce flot de fumées et dans cette opacité, les pirates n’avaient pas l’avantage, absolument pas. Les soldats avançaient en mitraillant de temps en temps et en faisant parler l’épée. Ils tuaient autant de pirates que de scientifiques, mais la fumée ne devait pas aider, probablement pas. Il fallait agir.

    Les pirates échangeaient des coups de feu nourris en direction des soldats selon leur ancienne position connue. Les balles ricochaient sur les armures en provoquant de vives étincelles dont certaines transperçaient l’épais nuage de fumée révélant ainsi les positions des soldats. Certains pirates plus intelligents que les autres utilisaient les étincelles pour ajuster leurs tirs et tenter de viser plus haut, pour atteindre les têtes. Y avait-il un succès ? La disparition de la fumée seule suffirait à répondre à cette question. Il fallait agir.

    Voyant ce désastre, Eylohr tenta le tout pour le tout. Approchant un pirate qui était venu par les escaliers, il lui donna un fort coup de pied en espérant faire vaciller tous les autres ainsi que le capitaine De Sousa. Le but était que lui et un maximum de forbans soient poussés dans les escaliers et puissent s’enfuir. Dans la foulée, il abandonna le magilithe dans les escaliers en jetant le sac le plus fort possible. Si des pirates restaient ici, leur mort était presque assurée mais il fallait que le capitaine et la magilithe soient sur le chemin du retour, sinon, tout cela n’aurait servi à rien. Par chance il tomba sur l’artificier du groupe et les quelques bombes qu’il avait confectionné. L’agrippant par le col, il lui soutira deux bombes et le poussa à son tour dans les escaliers. Il ne restait qu’à espérer qu’aucun de se petit monde ne se brise la nuque dans les escaliers. Et voilà que le combat principal arrive. La capitaine.

    Elle avance à travers la brume, une main devant son visage et toujours le colosse en ligne de mire. Et lui, il tire, quelques balles seulement, il ne faut pas tout gâcher. Et la voilà qui arrive. Elle lutte avec son armure assistée contre la force d’une vie de labeur dans une forge et dans les rues difficiles du Nord. L’acier contre le muscle. Un combat inégal oui, mais ô combien jouissif. Eylohr vient en buter contre la capitaine qui avait foncer sur lui. Elle était prête à en découdre et lui aussi, si seulement elle ôtait ses attraits mécaniques. Quelle lâcheté. Comment pouvait-on se définir brave et courageux quand on était presque invisible à cause d’une couverture métallique. Mais rien à faire, Eylohr se battrait quoi qu’il arrive. Ses deux bras étaient occupés à renvoyer la capitaine dans ses filets lorsqu’une lame fendit les airs pour s’offrir le flanc gauche du colosse. S’il avait entendu le sifflement strident de la lame pourfendant les airs, il était bien trop occupé à repousser l’assaut mécanisé de la donzelle. Comme unique réaction, il se tourna légèrement de sorte d’éviter un maximum la lame, mais il était presque trop tard. La lame entra dans sa chaire comme le couteau dans le beurre. Sans difficulté. S’enfonçant à travers sa taille sur 6cm au point le plus profond, elle entra sur le dos de son flanc pour ressortir au niveau de son abdomen dans une grande entaille, peu profonde, mais belle et bien douloureuse. Profitant de la douleur pour catalyser ses actions et du mouvement entamé pour s’extraire des griffes de la donzelle, il se libéra et se retrouva derrière elle. Et il dégaina et tira en direction de la tête et de la taille. Il ne connaissait pas forcément très bien l’organisation d’une armure assistée, mais comme dans toute pièce d’armure, la tête, la nuque et la taille étaient les points les plus faibles. Et il essayait d’en utiliser les failles. Il balança trois balles en direction de la tête et 3 autres en direction de la taille, après quoi, il disparut dans la fumée. Mais pas pour disparaitre totalement. Il utilisa les deux bombes. La première fut placée au sol, au beau milieu de la cohue et la seconde, sur l’armure du tank du coin, qui contenait les assauts des pirates depuis son bouclier. Il n’était pas sûr que ce soit lui, mais lorsqu’il vit l’armure assistée, il ne chercha pas à identifier son porteur. Il plaça la bombe qu’il avait armé sur la plus petite durée de temps : 15 secondes. Lorsque tout exploserait, la cohue serait normalement suffisante pour extraire un maximum de pirates et de magilithes, mais Eylohr était déjà bien blessé et il voulait se venger. Mais ce serait trop difficile. Mais s’il y avait bien une chose que tous les combats avaient appris à Eylohr, c’est que rien ne se passait comme prévu.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Ven 27 Avr - 22:05
Irys : 1713927
Profession : Pirate
Pérégrins -2
Celon toute vraisemblance cette unité spéciale aux méthodes peu conventionnelles semblaient ne pas tenir les même priorités qu'une unité standard et la blonde qui menait cette troupe sur le terrain n'était nullement enclin à négocier. Imposant aux pirates sa seule et unique proposition pour débloquer la situation, tout portait à croire que les otages n'avaient que peu d'intérêt à ses yeux. Alors lorsque les pirates cherchèrent à modifier les exigences de cette unité d'intervention de l'U.N.E, les forces spéciales se mirent à passer à l'offensive dans une technique qui semblait bien rodée, usant de grenades fumigène pour désorienter leurs ennemis.

De Sousa allait envoyer un scientifique kamikaze vers le bouclier qui foncait sur eux lorsque son coéquipier Eylohr, l'en empêcha, le propulsant par effet domino dans l'escalier avec une partie de ses forban pour leur permettre. Dans l'incompréhension durant quelques secondes, il réceptionna finalement un sac et l'entre ouvrant, il attesta de la présence de magalithe. Comprenant alors que le Géant du Froid offrait la possibilité au Capitaine de prendre la fuite avec le précieux trésor il organisa la retraite avec la demi douzaine d'homme qui l'encadrait, priant pour que le colosse s'en tire vivant et le rejoigne sur son rafiot.

Dévalant l'escalier, le Vieux Loup freina alors qu'il accédait à la sortie du bâtiment, Cathy qui était resté à l'extérieur venant à sa rencontre pour lui faire le topo de la situation dans la cours et au delà delà de l'arche.

- Hep Pedro, on a un soucis ! Y a un type en haut qui nous fait du tir au canard et du coup l'chérif fait progresser ses troupe vers le complexe scientifique... on fait quoi cap'tain.

Le pirate l'avisa d'un regard, son esprit bouillonnant pour trouver le meilleur moyen de se sortir de ce scénario qui prenait un goût amer.

- Abattez c'putain d'arbre. Une bonne rafale et deux trois coups de coutelas devraient suffir à faire quitter l'snipper de son perchoir. Pour l'arche, ordonne le repli et bloque l'accès, ça les ralentira suffisemment pour qu'on puisse déjà avoir pris l'large.

Souhaitant minimiser les pertes dans son camp, de Sousa préférait jouer la prudence. Maintenant qu'il avait la précieuse ressources, il pouvait accéder au sous terrain par les évacuations préalablement degager de toute grille de protection. Loin de célébrer quelconque succès il ordonna qu'on double sa protection tandis qu'il prenait la direction de l'accès qui plongeait dans les entrailles de la terres. Une pensée pour Eylohr, le colosse avait fait un choix mettant sa vie en danger et s'il s'en sortait nul doute que le Vieux Loup le gratifierait d'une franche accolade. Mais pour cela, Pedro ne lui laisserai pas un délais astronomique et il devait en avoir conscience.



C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Myträ Andreïev
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Lun 30 Avr - 17:16
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Cet homme était impressionnant. Myträ avait presque envie de considérer avec bienveillance l'acharnement qu'il mettait à lui opposer une résistance. Or, elle ne voulait pas se montrer condescendante. Le géant bandait son imposante musculature pour repousser l'armure assistée et sa lame acérée. Il aurait même pu réussir. En effet, le mécanisme commençait ralentir et même à gémir sous la force colossale à laquelle il était soumis. Mais malheureusement ce n'était pas suffisant, car la machine n'avait pas dit son dernier mot face à l'homme qui tente de la battre sur son propre terrain. Les vérins muent par la vapeur étaient reliés à un système d'engrenages réglables, semblable en principe à un boitier de vitesse. Même si la force appliqué par le vérin restait inchangé, le pilote de l'armure pouvait influer sur le moment de cette force et donc augmenter le couple. En d'autres termes, Myträ pouvait augmenter la force de son armure en sacrifiant de sa vitesse.

Du bout de son index, Myträ actionna une gâchette de commande. L'ordre mécanique se propagea le long du bras mécanique et fit sauter l'embrayage pour faire passer la transmission moteur sur un pignon plus large. Dés lors, plus rien n'arrêtait l'avancée du métal et de la vapeur. Ce n'est pas sans un certain plaisir que Myträ sentit sous ses doigts la douce succion de la chair autour de la lame de son épée. Elle s'apprêta à l'achever mais le colosse eut un regain d'énergie, et avec une agilité dont elle ne l'aurait jamais cru capable, échappa à son étreinte avant que celle-ci ne le brise.

"Merde", pensa la pilote alors qu'elle actionnait une nouvelle fois la gâchette pour récupérer la vitesse préalablement sacrifiée. Mais la mécanique mit quelques fatales secondes à répondre aux ordres de sa pilote. Eylohr était passé derrière son armure et déchargeait ses armes. C'était un bon pari de viser cette partie de l'armure. C'était effectivement celle qui comportaient les éléments les plus importants de la machine. Il s'y trouvait le conteneur d'eau, le réservoir d'essence et le bruleur qui servait à générer la vapeur. Or, de tel points faibles étaient protégés par un épais blindage. Même s'il était difficile de le transpercer, le tir à bout portant fit plier l'acier, laissant un large impact qui endommagea l'arrivée de carburant dans le bruleur. Ce dernier ne fonctionnait plus qu'à la moitié de sa capacité. Pas sûr qu'il puisse continuer à approvisionner l'armure en vapeur pendant bien longtemps.

La nuque par contre ne comportait pas d'élément s capitales pour le bon fonctionnement du système. Ce n'était qu'un col d'acier assez large, destiné à protéger Myträ. Pas en intégralité cependant. En effet, après la déflagration, Myträ sentit un liquide chaud empoisser ses cheveux et couler le long de son dos. Elle n'y prêta pas attention pour le moment, se rétablissant suffisamment pour voir le pirate lancer une bombe vers elle, mais également vers Derek qui se démenait déjà avec ses propres pirates. La capitaine s'interposa à la dernière seconde. L'armure encaissa le plus gros des dégâts mais sa pilote se prit l'onde de choc de plein fouet. Le monde était devenu muet. Il continuait de bouger, de s'agiter dans tout les sens mais elle ne l'entendait pas. On hurlait, on frappait, mais la blonde était comme plongée dans le silence. Elle ne voyait qu'Eylohr qui ne semblait pas vouloir s'enfuir. Tant pis pour lui.

Myträ arracha de terre l'énorme bouclier abandonné par Derek, celui-ci faisant jouer ses poings sur les pirates restant. Elle dirigea toute la vapeur restante de son réservoir pour le diriger dans son bras droit puis propulsa violement la centaine de kilo d'acier droit sur le pirate. Elle n'avait plus de temps à perdre avec celui-là. Comme si ce n'était pas suffisant, elle braqua sa winchester sur la grande silhouette et lui vida son chargeur. Le levier de l'arme tournait après chaque déflagration faisant sauter la douille et encochant une nouvelle balle. Elle s'acharnait encore, encore, et encore ; furieuse qu'un vulgaire pirate ait réussi à la blesser deux fois.

Il fallait en finir.

* * *

Graham regardait d'un air assez circonspect les pirates en train de faire feu sur le tronc d'arbre plutôt que sur lui. Le temps que les balles de plomb abattent l'arbre, il avait tout le temps de changer de position. Ce qu'il fit en s'aidant de son fidèle grappin. Mais cette fois, il comptait plutôt revenir sur la terre ferme. Maintenant qu'il était repéré, il serait très dangereux de se percher quelque part sans pouvoir en bouger. Il serait une cible bien trop facile pour les fusils de pirate.

Graham sauta à terre avec souplesse, agrippant son fusil et ne demandant pas son reste pour foncer à couvert en se courbant pour éviter d'éventuels tirs. Visiblement le projet des pirates était autre que de le déloger de son arbre. Ce projet fut révélé lorsque l'épais tronc d'arbre tomba sur l'arche faisant s'écrouler la structure qui bloquait désormais tout renfort venant de l'extérieur. Encore une fois, les Forces Expérimentales ne pouvaient compter que sur elles-mêmes.

A l'abris dans un fourré, Graham s'allongea sur le sol et entreprit de canarder les pirates. Ceux-ci entreprenaient le périlleux trajet entre le poste de garde et le laboratoire ; cette longue cour de gravier qui n'offrait que peu de couvert. Le sniper s'en donnait une nouvelle fois à cœur joie.




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Eylohr Lothar
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Lun 30 Avr - 19:56
Irys : 915181
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Les bombent explosèrent. La puissance des deux explosions provoqua la destruction d’une partie du sixième étage et, par extension, les niveaux directement supérieurs et inférieurs, formant d’épais nuages de plâtres et de poussières, transformant les poutres de bois, les morceaux d’armures détruits et détachés en autant de projectiles mortels cherchant un corps à entailler. La donzelle à l’armure assistée était dans le gaz, elle semblait totalement éberluée. L’espace de quelques instants, elle ne réagie pas. Elle souffre des affres, si communs pour ceux qui connaissent les combats où bombes et obus sont utilisés. Les oreilles sifflent, bourdonnent, les tympans sont douloureux et le corps semble dissocié de cette réalité tout à coup si lointaine. C’était comme s’il n’y avait plus que vous face à un monde qui venait de vous montrer qu’il vous avait fait, mais qu’il pouvait vous défaire en un instant. Après tout, on est si peu de choses.

    Le tank, lui, avait eu de la chance. Il n’était pas mort, contrairement aux plans du colosse. Une partie de son armure avait pourtant belle et bien souffert, et si l’acier continuait de le protéger, une partie des flexibles et de la mécanique assistée est désormais endommagée et le soldat doit d’avantage compter sur sa propre force physique. L’emplacement de la bombe laisse un large trou en-dessous duquel on devine une peau entaillée, brulée et blessée. Rien de bien grave au premier regard, mais sans soin, elle pourrait tout de même s’aggraver un peu plus. Des pirates avaient été projetés, des soldats également. Il faut dire que les bombes étaient particulièrement puissantes pour un combat si rapproché. Mais il continuait de se battre. Il n’était pas le seul.

    Du coin de l’œil, Eylohr voyait les derniers pirates déguerpir pour rejoindre le capitaine et prendre la fuite. Tournant alors sa tête vers celle qui avait attisée toute sa colère et sa haine, il voulait profiter de la confusion pour en finir. Mais lui aussi avait été touché par les bombes, il n’était pas invincible. L’explosion la plus proche, celle sur l’armure du tank, avait détachée deux morceaux d’acier de 2cm et de 8cm qui trouvèrent chacun le visage du colosse et la poitrine, provoquant une plaie sur la joue droite et une autre à la poitrine. Il était à peine remis du coup de sabre qu’il avait subit le mois précédent dans un affrontement avec la milice et qui avait lacéré toute sa cage thoracique que déjà il subissait un autre coup. Le morceau, de 8cm, avait déchiré une partie de sa peau et s’était planté dans la partie musculaire des pectoraux, épargnant le cœur et les poumons. Ces nouveaux piques de douleur attisèrent encore une fois l’instinct meurtrier du colosse qui entre, une nouvelle fois, dans une sorte de transe.

    Comme c’était le cas il y à a peine quelques semaines, Eylohr sens que son cœur et son âme cèdent tous deux à une colère d’un calibre aussi grand et impressionnant que lui, et d’une cruauté sans précédent. La douleur devient un catalyseur infini, tant la plaie béante sur son flanc gauche se rappelle à lui à chaque respiration, chaque mouvement. Ce combat réveille en lui la bête qui dormait jusqu’ici, celle qui ne souffre d’aucun état d’âme, d’aucune crainte, d’aucune pitié. Il y a quelques semaines, cette transe infernale provoquèrent la mort de plusieurs miliciens sous ses coups de boutoirs et instigua la peur dans le cœur de ses propres hommes. Il faut dire que voir une brute aux dimensions colossales arborant un visage ensanglanté par un sang qui n’est pas seulement le siens, et qui massacre un homme à coups de poing et de tête jusqu’à ce que le crâne du malheureux soit enfoncé jusqu’au cerveau n’a rien de rassurant. Mais c’était là le visage d’Eylohr quand la fureur s’empare de lui. Et Mytra avait ce visage face à elle, mais mesurait-elle seulement ce que cela voulait dire ?

    Impossible de le savoir. Mais elle se reprend. Son armure est gravement endommagée mais elle peut encore compter sur un dernier assaut pour surprendre la montagne de cruauté. Ce qu’elle fit. La voilà qui se lance contre lui. Elle attrape le bouclier, et à l’aide de ses bras renforcés, fonce vers le colosse non sans préparer le terrain. De sa carabine, elle fait feu jusqu’à ce que le chargeur soit complètement vide.

    La première balle manque le colosse qui se prépare à recevoir son hôte. La seconde siffle à son oreille droite et provoque un léger tressautement, mais le colosse reste en place. Elle tire encore. Une balle vient finir sa course dans l’épaule droite, une autre dans la poitrine droite, une autre dans le flanc droit qui sera rejointe par la prochaine balle. Une autre balle manque de nouveau le colosse, et la dernière du chargeur de 8 balles vient trouver sa cuisse gauche. A chaque impact, le colosse est poussé un peu plus vers l’arrière, et il recule. Il recule et très vite, bute contre le mur à moitié détruit derrière lui. Et la voilà qui arrive. Il est blessé. Un coup de lame dans le flanc gauche, deux éclats d’acier, et cinq balles. N’importe qui serait déjà au sol, en train d’agoniser. Mais s’il y avait bien un avantage à être si musclé et si imposant, c’est que les organes et les structures osseuses sont protégés par une épaisse couche de muscle et de graisse. Et il en faut plus que pour abattre un tel bestiaux que pour abattre un homme normalement constitué. Aussi, Eylohr est blessé, acculé, sanguinolant, mais toujours debout. La quantité d’adrénaline parcourant tous ses vaisseaux sanguins inhibe la douleur jusqu’à un certain seuil. Et l’état d’esprit dans lequel il se trouve est primordial dans cette résistance surhumaine. Il n’est plus lui-même. Il s’est mué en une masse sombre uniquement animée par la colère, la mort et la destruction. Un état psychologique si instable qu’il en est d’autant plus dangereux. Et Mytra se jette sur lui sans faiblir malgré les blessures.

    Alors, que faire ? Une partie de lui n’a qu’une envie, accueillir cette femme et son bouclier et en venir aux mains, tandis qu’un autre prône une petite tactique intelligente. Elle est en furie et elle fonce droit sur lui. Il est blessé et l’adrénaline ne fera pas effet indéfiniment et son état psychologique changera tôt ou tard. Il faut agir.

    Lorsque Mytra fut à portée de bras, Eylohr agrippa le bouclier et força pour se dégager de la trajectoire, permettant à Mytra de continuer sa route et de détruire un peu plus le mur contre lequel elle se heurte. Puis, il dégaine son fusil à double canon, et tire les deux seules balles contenues dans le fusil, en direction du dos de Mytra, espérant que la mitraille finisse le travail entamé par la bombe et qu’une ou deux billes de plomb puisse trouver la peau de la militaire et non seulement son armure. Mais l’arme est vide, et Eylohr ne porte aucune l’attention sur le calme qui commence à peser autour de lui. Les pirates survivants ont fui avec le capitaine, les quelques malheureux que la tactique du colosse n’aura pas sauvé sont morts. Il ne reste plus que lui et les soldats hébétés, dont certains, peut-être, ont été blessés. Mais il n’en tiens pas compte et alors qu’il voit Mytra offerte à lui, il lâche son fusil, dégaine son dernier pistolet et tire, espérant toucher la donzelle avant de fondre sur elle, à son tour, dans un hurlement terrifiant.


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Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Sam 5 Mai - 9:41
Irys : 1713927
Profession : Pirate
Pérégrins -2


Alors que le Capitaine Pirate prenait la fuite, ordonnant qu'on abatte l'arme où un snipper s'en donnait à coeur joie à l'art du "tir au canard" (ah ce bon vieux jeu de la NES de ma plus tendre enfance !  Ouais j'ai pu 20 ans et alors! èé), il lui parvenait aux oreilles un brouahah d'échanges nourri de coup de feu provenant du bâtiment qu'il avait quitter ou plutôt qu'on lui avait expressément imposé de quitter. La situation était critique, pourtant le Vieux Loup ne semblait perdre son sang froid et ordonna alors à ses sbirs de faire tomber l'arbre dans l'axe où se trouvait l'arche, ainsi il coupait toute tentative de renfort extérieur qui pouvait mettre en déroute son plan de repli vers son vaisseau.

Un sourire triomphant accompagna la chute de ce dernier qui fit trembler le sol sous ses pieds, pourtant son sourire se dissolu bien rapidement à la vision d'un puis deux puis trois forbans mordant la poussière autour de lui. Le snipper avait trouver refuge dans un fourré, plus l'ombre d'un doute et Pedro avait à coeur d'apposer sa signature à cette foutu force spéciale de l'UNE avant de lever les voiles. Décidant alors de regrouper ses hommes à couvert dans le laboratoire décida de scinder ses effectifs en deux groupes, l'un se chargeant de sécuriser le conduit souterrain tandis que l'autre allait l'aider à prendre ce fils de pute à revers. Gesticulant en tout sens, il envoya sa garde rapprochée encercler ce salopard qui avait bien parsemé les rangs des pirates ne lui offrant aucun échappatoire.

Mitraillant la zone, il forçait le snipper à cesser les hostilités pendant que ses hommes se déployaient et trouvait refuge précaire. Ceci fait, même si d'autres pertes furent à dénombrer, Pedro bricola dans le poste de garde un bouclier de fortune à l'aide du plan de travail d'un bureau ainsi que de deux cadavres encore chaud de milicien qu'il attacha à la structure en leur enfonçant des pieux en métal, perforant leur abdomen. Comptant sur son exosquelette de bras,  il souleva le bouclier qui pesait pas loin de 200 kilos, ordonnant à Cathy de mettre le feu aux habiles des miliciens, il sorti dans la cours gravier, avançant prudemment jusqu'au fourré.

Se doutant que le snipper allait faire feu,  ce dernier ne pourrait que toucher les cadavre qui s'enflamaient à mesure de la progression du Vieux Loup dans sa direction. L'objectif était simple, arriver à distance de la cache végétale pour lancer son bouclier enflammé et pousser l'homme a découvert,  là ses hommes le canarderaient jusqu'a vider leur chargeur.

- Poule mouillée, t'es fait comme un rat ! T'as deux solutions, brûler ou t'faire trouer comme un gruyère ! Fait ton choix camarade !  Ahahah!

Il avançait inexorablement, le feu de son bouclier prenait de plus en plus d'ampleur,  ses hommes repondant aux éventuels tirs du snipper. La fin était proche pour ce membre de l'unité spécial. Il était isolé de son groupe et encerclé par des pirates qui voulaient sa peau et que rien n'arrêterait !!!




C'est qui l ' Patron, c'est qui !?? AHAH !!

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Myträ Andreïev
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Dim 6 Mai - 20:13
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
La voilà. La dernière charge du géant du froid. Il était impressionnant encore une fois. Myträ aurait juré qu’elle lui avait troué la peau à plusieurs reprises et pourtant, il était là à lui tenir tête. Au-delà de la frustration, c’est un affront personnel pour la capitaine des Forces Expérimentales qu’un combat contre un vulgaire flibustier dure aussi longtemps. Seules l’orgueil et la fierté régissaient ses actions dorénavant, alors qu’elle aurait bien mieux fait de poursuivre les pirates qui s’étaient échappés par l’escalier.

L’armure assistée commençait à être en piteuse état. A en croire les filets de vapeur qui s’échappaient de son épaule, il y avait une fuite dans le circuit. La jauge de pression dégringolait, lui confirmant ce diagnostique, tandis que ces mouvements étaient de plus en plus lourds. L’ultime décharge de plomb sur le plastron fut le coup de grâce pour la pauvre machine qui rendit l’âme dans un sifflement pitoyable. Myträ ne pouvait plus compter que sur ses muscles de chair pour faire mouvoir l’épaisse carapace de métal qui pesait quatre fois plus lourd qu’elle. Jamais elle ne pourrait arrêter Eylohr et sa charge. Elle en avait bien conscience.

D’un geste rapide, elle fit sauter le gorgerin qui maintenait son corps à l’intérieur du cercueil de fer. Avec une agilité toute féminine, elle s’arracha de l’armure par le haut et prit pied directement sur les épaules de la coquille désormais vide. Agrippant au passage son fusil, elle sauta par-dessus le colosse qui fonçait sur elle. Myträ roula sur le sol et se rétablit tant bien que mal sur ses jambes. Sa combinaison ignifugée était maintenant sa seule protection contre le pirate ; son armure ayant été emportée par sa charge. Autant dire qu’elle faisait pâle figure du haut de son mètre soixante-dix. D’autant plus qu’elle n’était pas particulièrement imposante, préférant une musculature longue et nerveuse, plutôt que les gros muscles de ceux qui privilégient la force brute. Une belette face à un taureau.

-Ça suffit, fit le soldat au tromblon en pointant son arme vers Eylohr.

En effet. Cela suffisait. Myträ ne l’avait pas encore vu mais le combat était d’ores et déjà terminé. Tous les pirates étaient morts. Les soldats quant à eux avaient tous beaucoup soufferts de cet assaut frontal. Macaulay, l’artificière, n’avait que peu participée au combat et pour cause, elle s’occupait d’Ivan étalé au sol dans une flaque de sang. Il lui manquait des membres dont les moignons lançaient sporadiquement des gerbes d’étincelles. Derek était une immense masse de chair sanguinolente mais tenait debout cependant.

Il n’y avait plus qu’à finir le géant des glaces avec une décharge de fusil à pompe et partir à la poursuite des fuyards. Ils n’avaient pas dû aller bien loin puisque la seule sortie était gardée par la police. Cependant, Myträ était bien loin de ces considérations très pragmatiques. Blessée à la tête, son armure détruite, elle n’était plus qu’un concentré de haine et de colère.

- Il est à moi, hurla la militaire. Que personne ne le touche !

Derek renifla d’un air exaspéré. Ils sont les Forces Expérimentales de l’U.N.E, pas des cowboys. La notion de duel n’avait absolument aucun sens. C’était juste une perte de temps et un risque supplémentaire. Ridicule.

Si toute l’unité – du moins ceux qui respiraient encore – était d’accord avec ce fait et affichait ostensiblement leur réprobation, personne n’osait piper mot ou même s’opposer à la volonté du capitaine. Celle-ci n’était pas en état d’être raisonnée de toute façon. Elle n’était pas non plus en état d’avoir peur. Ce qui aurait été plutôt naturel face à la montagne de muscle qu’elle affrontait. Cependant celui-ci était bien mal en point et le temps ne jouait pas en sa faveur si on considérait ses blessures ouvertes.

L’épée au clair, Myträ s’approcha d’Eylohr. Son visage n’était qu’un masque de colère et de rage lui déformant les traits. Ses longues mèches solaires se balançaient furieusement de gauche à droite, arrosant sa combinaison avec le sang carmin qui coulait toujours de son crâne. Elle était loin de faire aussi peur qu’Eylohr, mais au moins ne montrait-elle aucune crainte, avançant sur le géant sans une once d’hésitation. L'intimidation était la stratégie du pirate qui inspirait la terreur par sa sauvagerie. Ca fonctionnait peut-être sur un néophyte n'ayant pas une conception rationnelle du combat, mais pas sur un soldat d'élite. Le pirate pouvait bien se peinturlurer autant qu'il le voulait, Myträ restait lucide ; son adversaire n'était rien d'autre qu'une grosse outre de chair plus lente qu'elle. Il suffisait de la percer...

La capitaine n’était pas encore assez furieuse pour se montrer idiote. Elle ne comptait pas se lancer dans une attaque frontale contre le géant. Elle chercha plutôt à se servir de sa vitesse pour l’essouffler, l’aiguillonnant du bout de son épée tel un picador cherchant à fatiguer la bête. Myträ restait consciencieusement à distance, sachant pertinemment que si le géant l’attrapait, il la démembrerait aussi facilement qu’une poupée de son.

Le temps jouait pour elle, mais il jouait également pour De Sousa. Chaque souffle du géant était une seconde de gagner pour faciliter sa fuite.

* * *

Graham était en très mauvaise posture mais gardait toujours un calme olympien. La mort n'est pas une fin définitive pour le poète, ce n'est que le commencement d'un autre voyage. On pourrait le croire un peu trop pessimiste mais il avait peu de chance de s'en sortir en vérité. Le petit bosquet qu'il avait trouvé pour se mettre à couvert n'était pas bien grand et il était encerclé. On entendait toujours les éclats des combats dans le laboratoire, signe que ses camarades ne pourraient pas lui venir en aide.

Le chef pirate approchait de sa positions avec son bouclier de flamme en le provoquant ostensiblement, lui rappelant qu'il était condamné. Le bouclier n'était qu'un amas de corps embrochés. Il y avait forcement un interstice dans lequel un tireur d'élite pouvait loger une balle. Malheureusement, l'épaisse fumée grasse et noirâtre bloquait toute visibilité.

Graham visa et tira un coup de feu dont la balle se logea en plein dans le bouclier. Aucune frustration ne vint s'imprimer sur le visage du sniper. Même si ça ressemblait à un tir raté, il voulait simplement révéler sa position et faire croire aux pirates qu'il n'allait pas en bouger. Ce qu'il fit pourtant.

Avec une extrême précaution pour ne pas faire bouger les branches, il se décala autant que la taille du bosquet le lui permettait afin de flanquer le chef pirate. Il se remit donc en position de tir à quelques mètres de son anciennes position vers laquelle son adversaire allait sans doute se diriger. Malheureusement, il n'avait pas encore l'angle suffisant pour atteindre celui qui se planquait derrière son bouclier, et avait en plus l'aplomb de le traiter de lâche. Vraiment, ces pirates ont une conception de l'honneur et du courage très personnalisée.

Graham s'accroupit, l'œil sur son viseur. Il ne fit pas l'honneur d'une réponse à De Sousa, attendant simplement qu'il mette sa menace à exécution. S'il comptait jeter son bouclier enflammé sur son ancienne position, Graham aurait un court instant où le pirate sera parfaitement à découvert. Un tir immanquable pour lui.

Lorsque le pirate lança enfin son bouclier enflammé pour le faire sortir, Graham tira effectivement sa balle meurtrier sur le chef pirate. Cependant, il n'eut pas le temps de voir l'effet de son tir. En effet, le bric-à-brac dont était composé le bouclier explosa à l'impact, répandant le feu partout. Un jet de graisse brulante atteignit son bras le faisant hurler de douleur.

Trop tard, pour se cacher de nouveau dans ce brasier infernal, il devait se trouver une autre cachette. Ainsi fut-il poussé hors de son abri et se mit-il à courir à toute jambes. Il repéra un autre havre de végétation où il pourrait disparaitre à seulement une dizaine de mètres. Il se pencha donc pour éviter les balles qui sifflaient autour de lui tout en courant comme un dératé. Il faillit pousser un cri de joie en atteignant les feuillages et glissa héroïquement sur l'herbe fraiche pour se remettre en position et abattre les derniers pirates restants. Il aurait voulu achever ce beau rêve sur son écrasante victoire, mais l'obscurité l'engloutit. Un néant froid et vide qui désagrégeait son âme comme un morceau de sucre dans l'eau.

Graham n'avait jamais quitté son bosquet...

Il gisait près des flammes, les yeux grands ouverts, perdus dans les étoiles qui scintillaient au-dessus de lui. A peine s'était-il redressé qu'un pirate lui avait logé une balle dans la tête. Son rêve n'était qu'un prélude à la mort. Un bel hommage du destin pour accompagner les derniers instants de cet homme aux rêves plus glorieux que sa vie. Ainsi va la mort. elle est rarement héroïque.




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Eylohr Lothar
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Mar 8 Mai - 17:19
Irys : 915181
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • La charge avait été furieuse compte tenu de l’état physique du colosse qui se dégradait un peu plus à chaque seconde. Il avait déchainé les enfers sur l’escouade militaire et avait ciblé la donzelle qui s’occupait de commander tout se boxon. Sur elle, il déchaina son propre enfer mêlé de sang, de folie et de haine sans commune mesure. Et alors qu’il était en position de force, voilà que la donzelle retourne la situation en s’extirpant de sa prison autrefois armure pour se retrouver sur les arrières du colosse dont l’impact avec la structure d’acier et les structures environnantes devint suffisamment violente pour le faire vaciller. Le choc stoppa sa course et les lois de la physique ne tardèrent pas à s’occuper de lui en appliquant une réaction égale à l’action réalisée. Le mouvement de charge de stoppa et il fut repoussé en arrière avant de tomber au sol.

    L’espace de quelques instants, cette position couchée fut vécue comme un repos mérité. Il n’avait plus aucun effort à faire pour se tenir debout, pour lutter contre les douleurs qui assaillaient tout son être. Là, il ne se battait plus et cela avait quelque chose d’agréable. C’était comme si ce sol dur et jonché de débris se transformait en un doux matelas fait exprès pour accueillir le corps meurtrit du géant. Sa tête lui faisait mal, dans le choc, l’armure de métal avait su trouver le haut de son crâne, juste à côté de sa grande et large tresse et provoqua une grande entaille saignante dont le flux carmin recouvra bientôt son crâne, son visage et son cou. Le sang caillé et poisseux de sa première victime se trouva comme vivifié par son propre sang cette fois. Rester dans cette position signifiait la mort du colosse et cela, il n’était pas disposé à l’accepter.

    Alors, il se releva. Roulant sur son côté gauche, il se retrouva bien vite à plat ventre et poussa alors sur ses bras et ses genoux pour se redresser. Un genou au sol, l’autre en trépied pour plus de stabilité, il regarde attentivement le sol qui déjà s’était mué en une humide nappe de sang que les gouttes tombantes de son visage agrémentaient de leurs constances et d’un bruit régulier. Il était bel et bien blessé. Son crâne, son visage, son cou, sa chemise, et jusqu’à ses pieds, tout était couvert de sang, du sien et d’autres. Et la douleur… La douleur était partout. Et chaque instant elle se fait plus forte à mesure que l’adrénaline disparait dans son sang. En son esprit germe alors l’idée d’une mort presque certaine. Il entrevoit les portes éternelles d’un royaume blanc, un havre de paix pour celui qui désire la guerre un peu plus encore à chaque mort qu’il sème. Il secoue vigoureusement sa tête pour reprendre ses esprits. Non, il ne mourrait pas aujourd’hui, pas en ce jour, pas en cet instant. Il se relève et fait face.

    Un soldat encore en vie le tient en respect à l’aide de son tromblon. Il pourrait en finir avec tout cela en une seule décharge de plomb et s’attaquer au reste des pirates encore présents sur le terrain du laboratoire. Cette expédition serait alors la dernière de l’équipage de De Sousa. Mais voilà que la donzelle, malgré l’abondance de sang et de cadavres alentours, décide que la vie du colosse lui appartenait à elle et à elle seule. Elle est furieuse, elle était blessée et plus encore dans son orgueil que dans son corps.

    - Il est à moi, hurla la militaire. Que personne ne le touche !

    Il était à elle ? Comment pouvait-il être à elle ? Qui était-elle pour décider qu’une vie lui appartenait ? Et surtout, comment pouvait-elle décemment affirmer qu’elle avait toute l’emprise nécessaire sur le colosse pour en faire ce que bon lui chantait, elle qui, malgré tous ses apparats et ses protections d’acier et de technologie, n’avait pas été à la hauteur de l’humain Eylohr venu du Nord. Oh non, elle n’aurait pas sa vie. Et le colosse, bien qu’affaibli par ses multiples blessures, ne se laisserait aucunement faire. La faiblesse d’esprit qui l’avait étreinte jusqu’à présent se muait en une nouvelle sensation très peu connue jusqu’alors. Il ne se battait plus pour satisfaire une quelconque folie, une quelconque fureur, mais pour survire et par fierté. Ce sont des motivations bien différentes, très différentes. La douleur est présente, et trop d’adrénaline avait déjà été versée. Il ne tiendrait plus de compter sur cette molécule étrange et ô combien utile, il faudrait maintenant compter uniquement sur la rudesse de son physique et uniquement sur elle. La fierté et l’orgueil du colosse animaient tout de même suffisamment sa force pour qu’il puisse tenter de se battre avec vaillance.

    Voyant toute la colère et la fureur qui animait la donzelle, Eylohr ne pu s’empêcher de s’abandonner à une sensation toute nouvelle, bien que déjà empruntée en partie. La perte de l’esprit, la folie totale. Son esprit s’était totalement abandonné. Et ce fut la première fois de sa vie qu’il en fut ainsi et autant. Accueillant son adversaire dénuée de ses atours de métal, le colosse ouvrit quelque peu les bras et se mit à ricaner d’abord d’un rire étouffé dans sa barbe. Ce même rire se mit à grandir, se dévoilant au grand jour jusqu’à-ce qu’il se mette à rire à gorge déployée. Il dégaina son épée et la pointa en direction de sa rivale, ses rires emplissant les lieux d’une manière quelque peu malaisante à vrai dire. Et les rires se muèrent en hurlements de hargne et de folie. Il hurlait une première fois à plein poumons, puis une seconde fois et une troisième fois, de sa voix si grave, si ardente et si impressionnante.


    - Tu n’peux rien contr’moi ! Qu’est-ce qu’sa fait d’êtr’ loin d’ton armure ?!


    Une question qui n’appelait aucune réponse, car tandis qu’elle avançait vers lui, il avançait vers elle. Elle tente un coup d’estoc accompagné d’un mouvement sur le côté empêchant le colosse d’abattre sa lame. La lame de la donzelle, elle, frappe l’abdomen du colosse mais seulement de la pointe, provoquant une petite entaille, un pique qui ne saurait qu’approfondir sa haine.  Elle tenta de reprendre le dessus en donnant un coup de taille, cherchant à approfondir la plaie déjà bien profonde qu’il portait au flanc. Mais le colosse était là pour parer le coup et les deux lames s’entrechoquèrent. Pour répondre et se briser de sa position de faiblesse, le colosse porta un coup de poing que la garde de son épée avait renforcé et visa le visage de la capitaine pour y apposer une dernière marque avant de changer à son tour de position. Il se trouva entre les soldats encore en vie et la capitaine que le poing avait trouvé quelques secondes plus tôt.

    Et de nouveau, il leva les bras, et de nouveau il hurla tout son saoul. Son visage rouge carmin constamment approvisionné de sang chaud laissait place à deux yeux bleus, tels des Cyanites polies, ces pierres précieuses d’un bleu aussi profond que les océans eux-mêmes, scintillants tels les yeux d’un démon. Eylohr était complètement fou et il s’apprêtait à tuer la capitaine des soldats, ultime combat pour âme damnée.


Cyanite:
 

Illustration d'Eyl le fou :
 


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Pedro de Sousa
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Jeu 10 Mai - 16:30
Irys : 1713927
Profession : Pirate
Pérégrins -2


Ce sniper ne s'en tirerait pas à si bon compte, il avait fait une sacré saignée dans les rang de De Sousa et déjà le Capitaine grinçait des dents à la perspectives de devoir écumer les tavernes des quatre coins d'Irydae pour trouver de quoi remplacé ce tombé au combat. Une perte de temps et d'argent surtout depuis l'intervention de cette maudire Unité Spéciale! Seulement, un pirate restait un pirate, de la chair à canon qui pouvait être remplacé et pour servir ses desseins, il se savait devoir sacrifier nombres de valeureux loups de mer.

Mais voilà, il possédait la magalithe, la ressource indispensable pour l'un de ses projet d'envergure et il prenait la voie du succès et ceux grâce au dévouement d'une pièce majeur de son équipage en la personne d'Eylhor, le Géant du Froid. Il lui avait offert une issue et si dans son subconscient, Pedro ne savait pas si le forgeron allait rejoindre le vaisseau à quai à flanc de montagne dans une crique à l'abri des regards, il se jura de lui rendre honneur en abattant l'un de ses salopard.

Alors qu'il progressait avec son bouclier de feu et de chair carbonisé, Pedro n'obtenu aucune réponse jusqi'à ce que le sniper ne daigne quitter son fourrage lorsque le bouclier fut propulsé dans la végétation. Là, tout s'enchaîna très vite. Si la balle de Graham toucha effectivement le Vieux Loup, l'on ne devenait pas célèbre sans avoir la chance avec soit et le sniper ne saurait plus jamais savoir que sa balle ricocha sur l'avant bras ou plus précisément sur l'exosquelette de bras du Capitaine de Sousa.

Vous dire ce qui advint du tireur ? C'était assez flou tant l'agitation avait gagné les lieux, seulement, ce qui était sûre c'était que Cathy lui avait logé une balle entre les deux yeux. Félicitant la féline pirate, Pedro ne perdit alors un instant pour rassembler ses semblables, s'assurant du trépas du sniper en lui logeant trois autres balles puis la petite troupe réduite à une demi douzaine d'individu emprunta les sous terrain puis les larges canalisations dont jouissait l'infrastructure. Vingt minutes après une expédition dans les entrailles de la montagne, Pedro et ses hommes rejoignirent le Shooter nommé Red Pearl.

Là, tout le monde se mit en branle sur le pont, préparant le futur voyage au large. Seul Pedro observait le versant continental que lui offrait son vaisseau, en s'accrochant nerveusement au bastingage. Seulement plus les minutes passèrent plus les espoirs de voir arriver Eylohr s'amenuisait. Après l'insistance renouvellée de son second le Vieux Loup fut finalement contraint d'ordonner qu'on lève l'encre. Au large alors que les montagnes d'Alexandria devenait épingle à nourrisse, il déclara, jura.

- Si tu t'en es sorti l'Géant, j'te r'trouverais, parole de forban! Parole de Capitaine! Parole de De Sousa!

Il reporta finalement son attention sur le sac qu'il tenait et qui contenait la magalithe. Il le sous pesa avant de déclarer.

- Bonne chose d'faite en tout cas! Allez à ta santé Eylohr ! J'vais m'torcher une 'teille d'rhum en ta mémoire !




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Myträ Andreïev
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Lun 14 Mai - 20:57
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Un flot de sang s’échappa de la lèvre éclatée par le pommeau du géant. Le combat était presque devenu égal. La capitaine était dépossédée de son armure et le géant était à l’article de la mort, compensant ainsi son évidente supériorité physique. Contrairement à lui, elle n’était pas capable d’encaisser autant de blessures. Ce coup de poing la propulsa violemment en arrière et lui fit lâcher son épée. Malheureusement, elle n’avait pas le temps d’aller la ramasser car déjà la lame adverse fendait l’air pour venir la cueillir. Avec une agilité féline elle passa derrière la garde de l’épée et attrapa l’immense tronc d’arbre qui servait de bras au pirate. Myträ enroula son corps svelte autour de celui-ci pour lui infliger une clé et lui briser le coude. Elle se cambra donc de toutes ses forces mais fut incapable de casser l’articulation enchâssée dans plusieurs kilos de muscle. Elle parvint tout de même à délier les tendons de sa main d’arme, lui faisant lâcher l’épée à son tour.

Soudain, le géant abattit au sol le bras sur lequel était enroulée la jeune femme. Son dos encaissa le choc, lui faisant vider ses poumons et lâcher prise. Un peu sonnée, Myträ revint à la réalité lorsqu’une grosse main se referma autour de sa gorge. Le visage furieux du géant était à un pouce du sien et pour la première fois depuis le début du combat, un éclair de terreur passa dans l’océan bleu de ses iris.

Avant qu’Eylohr ne lui écrase la trachée aussi facilement qu’une brindille, Myträ parvint à atteindre un morceau de gravas et à lui écraser sur la tempe. C’en était trop pour le géant qui finit par sombrer dans l’inconscience et s’écroula de tout son poids sur celle qu’il tentait d’étrangler. La militaire eut alors de nouveau le souffle coupé mais poussa également une longue note flutée tandis que les grosses mains desserraient leur emprise.

Le combat était terminé.

Il fallut au capitaine l’aide de ses hommes pour faire basculer l’immense masse qui l’écrasait toujours. Myträ roula alors sur le côté haletant comme jamais. En sueur et en sang, Il lui fallut de longues minutes, étendue sur le sol, pour reprendre un semblant de souffle. Son visage tournée vers le géant inconscient, elle lui rendait silencieusement grâce pour un combat aussi difficile. C’était sans doute le duel le plus disputé de toute sa vie. Mais l’heure était venue de statuer sur le sort du pirate.

- Je l’achève ? Demanda Derek en levant son immense bouclier au-dessus du crâne d’Eylohr.

Myträ considéra un moment l’homme aux poings d’acier. Il était sanguinolent et l’une de ses prothèses menaçait de se décoller de son socle de chair. Le reste de la troupe n’allait guère mieux, en particulier Ivan qui ne bougeait toujours pas. Macaulay continuait toutefois à s’occuper de lui, signe qu’il était toujours en vie. En aucun cas, son unité n’était pas en état de se lancer à la poursuite des pirates. La police devait dès lors prendre le relais.

Très lentement, Myträ se remit sur ses jambes tout en massant sa gorge meurtrie. La fièvre du combat était passée, et elle considérait la scène avec la froideur et le pragmatisme qui incombe à son rang.

- La mission est terminée et il est trop mal en point pour représenter une menace. Nous n’avons aucun intérêt à le tuer. On va le confier à la police, en espérant qu’ils arriveront à le faire parler. Enfin… s’il ne nous claque pas entre les doigts. On le soignera quand on se sera occupé de nos propres blessés. Comment va Ivan ?

- Ça devrait aller, marmonna l’artificière toujours au petit soin.

Le reste de la troupe ne souffrait que de blessures superficielles mais leur vie n’était pas en danger. Une chance ? Pas vraiment. Ils feraient une bien piètre unité d'élite s’ils ne pouvaient se débarrasser de vulgaires bandits sans subir de pertes importantes. Mais il était un peu tôt pour crier victoire trop vite. Graham, le tireur d’élite, ne donnait toujours aucun signe de vie. C’est pour aller s’enquérir de son état que Myträ s’apprêta à descendre les escaliers en ruine. Cependant, un homme entre deux âges l’arrêta. Celui-ci gisait parmi les morts et portait une blouse pleine de sang mais qui autrefois était d’un blanc immaculé. C’était un des otages et pas n’importe lequel. C’était le chef qui avait cédé la magilithe.

Son regard accusateur perçait la jeune capitaine de part en part, comme pour lui reprocher d’avoir lancé l’assaut et condamné ses employés. Cependant, il n’y avait pas la moindre once de remord chez la militaire qui considérait le civil avec le plus grand des mépris. Piquée au vif par les accusations muettes, elle comptait tout de même se justifier de sa prise de décision.

- Vous avez trahi la nation en cédant la magilithe à ces terroristes alors que votre silence aurait suffi à la protéger, asséna la militaire. Vous pensiez sauver une dizaine de gens mais c’est un millier que vous condamnez.

Le scientifique roula des yeux exorbités de rage, s’étouffant sous l’injustice de ces accusations.

- Je n’avais pas le choix, foutue sauvage. Je ne pouvais pas faire autrement. Et qu’est-ce que j’aurais dû faire d’après vous ? Beugla-t-il rageusement.

- Ce que vous êtes en train de faire en ce moment même, rétorqua-t-elle dans un haussement d’épaule. Mourir…

Myträ pointa un doigt négligeant vers le bonhomme et il consentit enfin à baisser les yeux sur son corps incomplet, une grenade lui ayant arraché le bassin. Sans qu’un mot de plus ne s’échappe de sa carcasse agonisante, il rendit son dernier souffle parmi les cadavres de ses anciens collègues.


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