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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Qui parle de pause ? [PV Myträ]

Swenn Milazzo
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Ven 30 Mar - 21:29
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Alexandria, lieu incontournable pour toute personne ayant conscience de l’importance d’échanger avec leurs semblables. Pas pour l’aspect social de l’exercice, mais bien pour bénéficier des échanges de connaissances. Procédé indispensable à l’avancée de la science. Il faudrait être idiot pour imaginer pouvoir révolutionner quoi que ce soit, seul dans un laboratoire. Comme tous les ans, l’arrivée du printemps est synonyme d’une multiplication de colloques scientifiques réunissant les plus grands noms de champs disciplinaires et variés. Raison principale à la présence de Swenn en cet endroit.

Après une longue journée passée à écouter certains collègues de tous horizons géographiques, une soirée détente est bien méritée. Si le jeune homme n’aime pas particulièrement cette partie du territoire Daenastre, il faut en revanche bien reconnaître qu’il ne manque pas d’activités une fois la nuit tombée. Toujours accompagné par Din, un jeune Novsh qu’il se trimballe depuis plusieurs mois maintenant, la suite du programme est on ne peut plus classique. Trouver un bar pas trop chic – la bestiole ne serait de toute façon pas acceptée – et s’enivrer jusqu’à se lasser.

Ayant troqué le costume de rigueur pour avoir l’air crédible au milieu de tous ces chercheurs plus ou moins reconnus, contre une tenue beaucoup plus middle class et passe partout, Swenn avance dans les rues de la capitale, faiblement éclairées par la lune. Son sens de l’orientation catastrophique ne l’a jamais empêché de s’aventurer en terrain inconnu. Enfin, ce n’est pas la première fois qu’il met les pieds dans la ville, mais ses pas ne sont guidés que par mécanisme pur, n’ayant pas la moindre idée de la direction qu’il prend. Ce qui ne lui pose aucun souci de conscience. Il verra bien plus tard pour retrouver son chemin. Il n’a de toute façon pas l’intention d’être suffisamment lucide sur le retour pour se souvenir des différentes rues empruntées.

Avec sa démarche nonchalante et son air blasé, accompagné des glapissements de son compagnon auxquels ses oreilles commencent à devenir insensibles, il n’encourage pas à venir l’accoster. Effet recherché. Pourtant, ses projets se trouvent bien vite contrariés. Le chimiste tourne une fois de plus de façon complètement aléatoire à l’angle d’une rue. Cul de sac. En soit, ce n’est pas embêtant. Il suffirait de faire demi-tour. Le problème, ce sont les quatre hommes qui lui font désormais face, aussi surpris que lui d’une présence vivante en ce lieu.

Habitué à fréquenter les voyous de Cerka pour ses activités annexes, il ne faut pas plus de deux secondes à Swenn pour identifier la nature de la transaction qui se déroule sous ses yeux. Et pour y associer le risque qu'elle représente pour des intrus. Non, sa présence est de trop. Heureusement, il n’est pas sans savoir comment se comporter avec ce type de personne. Ne pas montrer la moindre trace d’émotion, garder le regard froid et surtout, surtout, ne pas avoir l’air impressionné. Une formalité pour cet associable arrogant. Il ne lui reste plus qu’à s’approcher tranquillement en prétendant être à la recherche d’un produit quelconque. Et voir leur réaction. Se faire passer pour un client potentiel devrait permettre de s'en aller sans encombre.

Mais c’était sans compter sur Din… Les cinq secondes qui lui ont été nécessaires pour se décider ont été de trop face à l’impulsivité du volatile, qui s’élance déjà tel un bulldozer, la puissance de ses cordes vocales amplifiée, en direction du groupe qui doit être rangé dans la case "ennemi" de son cerveau étriqué.

- "Non ! Din !"

Trop tard. Impossible d’arrêter cette fichue bestiole une fois lancée. Il faudra qu’il lui apprenne le "au pied" un jour. La suite de la scène se déroule dans le chaos le plus total. Les hommes prononcent des paroles impossibles à identifier clairement par-dessus le brouhaha infernal que l’oiseau de combat produit, et un coup, puis deux sont tirés. Pour la discrétion, il faudra repasser. Mais à cet instant, ce détail est bien loin dans l’ordre des priorités de Swenn. Même s’il a déjà pu constater que son compagnon est sacrément résistant, sa probabilité de survie, seul face à ces mecs armés, frôle dangereusement la barre fatidique du 10%. Impossible de fuir dans ces conditions.

Fait chier. Pourquoi il se retrouve empêtré d’un tel boulet ? Bien sûr qu’il ne va pas l’abandonner, mais cela signifie monter un plan de secours dans un laps de temps critique. Le jeune homme s’empare d’un couvercle de poubelle, seul projectile valable à portée de main, et s’élance en direction de l’attroupement. D’où un troisième coup de feu retentit, alors que Din s’en prend déjà à l’un des types, bec en avant. Le tout dans un méli-mélo de plumes volant en tous sens. Dans cette situation, certains prieraient pour ne pas être touché par une nouvelle balle. Swenn s’en remet aux statistiques. Compte tenu de leur faible nombre, du lieu lugubre dans lequel cet échange devait se dérouler, de la dégaine désignant ses opposants comme de simples hommes de mains, la probabilité qu’ils aient un fort taux de succès avec une arme en main face à une cible en mouvement, alors qu’ils viennent d’être surpris, est suffisamment faible pour qu’il puisse prédire s'en sortir sans aucun impact mortel lors des vingt prochaines secondes.

Ses oreilles souffrent atrocement entre les cris de l’oiseau et les détonations à répétition. Se fiant principalement à son instinct, boosté par la montée d’adrénaline inévitable dans ce genre de situation, le chimiste envoie son arme improvisée sur l’un des hommes qui se prépare à tirer de nouveau, l’obligeant à stopper son geste pour éviter de se prendre le projectile en pleine tête. Dans le même temps, Swenn plonge sa main dans le tas de plume qui recouvre encore le cou de son abruti de compagnon de voyage jusqu’à pouvoir l’empoigner solidement, et le forcer à faire demi-tour. Qu'on ne vienne pas lui dire après ça que les hommes de laboratoire ne sont pas en bonne condition physique !

Il n’a plus qu’un objectif, sortir de ces ruelles lugubres pour retrouver les allées vivantes, qui n'offriront pas d’autre choix à ses poursuivants que de le laisser fuir. Pourtant, cette fois, les chiffres ne sont pas en sa faveur. Il n’a aucune connaissance du terrain, et se trimballe une bestiole récalcitrante dont il ignore tout de l’état de santé actuel. Ce qui le préoccupe plus qu’il n’osera jamais l’avouer. Il ne lui reste plus qu’à faire confiance à cette vérité qui affirme que tant qu’on n’abandonne pas, une probabilité zéro n’existe pas.


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Dernière édition par Swenn Milazzo le Ven 8 Juin - 17:09, édité 1 fois
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Myträ Andreïev
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Lun 2 Avr - 20:27
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Quel dommage, on ne voit presque pas les étoiles. Myträ levait négligemment le museau au ciel, enfournant une brochette de bœuf fromage dans son bec. Ses lèvres rosées luisaient faiblement, la viande grasse laissant une pellicule brillante sur les lippes juteuses. Il n'y avait pas grand chose à voir, si ce n'est la lune et quelques braves étoiles qui pulsaient à travers l'air pollué de la ville. La lumière envahissait la cité ; entre l'éclairage publique, et les fenêtres des bâtiments qui dégueulaient leur chatoiement monochrome. La ville était plongée dans un halo de lumière diffus, comme un cocon à l'écart de la nature.

Ici, c'était le milieu de la nuit, avec ses propres règles et ses propres lois. Myträ s'y sentait aussi à l'aise qu'un poisson hors de l'eau. Elle qui aimait les règles bien définies, l'ordre et la hiérarchie, ce monde ne s'adaptait guère à ses standards. C'est pour cette raison qu'elle ne s'était pas attardée plus que de mesure dans ce bar à soldats, trainée là par les membres de son unité qui voulaient absolument la désinhiber. Or, même autour d'une table et une chope à la main, la fête ne représentait pas un intérêt qui valait la peine d'y consacrer son précieux temps. Oh, bien sûr qu'elle avait ri. Bien sûr qu'elle avait chanté. Myträ n'est pas un robot, mais sa sociabilité s'effritait rapidement. Il fallait rentrer maintenant même si minuit n'avait pas encore sonné.

La petite blonde était sur son trente-et-un ce soir ! Elle portait un vieux polo qui datait de l'école militaire et son éternel treillis camouflage... De camouflé, il y avait également ses formes féminines qu'elle n'avait pas pris la peine de mettre en valeur. Des bandages comprimaient sa poitrine trop opulente à son gout, lui laissant toute liberté de mouvement si une guerre surprise lui tombait dessus à l'improviste. Autant dire qu'elle ressemblait plus à un soldat en patrouille, qu'à une fêtarde. Pourtant, comble de la coquetterie, elle s'était appliquée un léger far à paupière pour accentuer son regard bleu. Les hommes n'ont qu'à bien se tenir !

Ah, honnêtement, Myträ savait parfaitement à quoi elle ressemblait et ne se faisait donc aucune illusion vis à vis de la façon dont les hommes la regardaient, avec ses profondes cicatrices sur le visage. Mais ça ne la chagrinait pas vraiment. Elle était l'unique héritière d'une entreprise familiale que son père dirigeait à la manière d'un aristocrate patriarcal. La jeune femme savait bien que son union ne serait jamais une question d'attirance mutuelle, mais une opportunité pour faire grandir le patrimoine familial des Andreiëv.

Myträ secoua la tête afin de chasser ces pensées moroses et se reconcentrer sur son chemin. Tête en l'air, il semblerait qu'elle s'était égarée dans un quartier moins populaire de la capitale. Sans être malfamés, les bars étaient moins exigeants vis à vis de leur clientèle. Du coin de l'œil, elle vit même quatre types dans un cul de sac, occupés à s'échanger des articles trop discrètement pour que ce soit légal. La militaire jeta un coup d'œil curieux mais elle ne comptait pas s'en mêler. Elle n'est pas flic. En tant que soldat, seul l'ordre publique l'intéressait.

Cependant, son intérêt allait justement s'éveiller car le paisible échange se transforma en une échauffourée. Un Novsh venait de leur foncer dessus, les attaquants sans aucune raison. Quiconque connaissant un peu ces volatiles savaient que "aucune raison" était leur principale moteur décisionnel. Ces bestioles ont l'intelligence d'une brique. Difficile de comprendre pourquoi les gens cherchent encore à les domestiquer.

Les coups de feu furent évidemment l'escalade de trop qui convainquit Myträ de s'en mêler. Les citoyens n'ont pas le droit de se servir d'une arme dans un lieu publique. Si ces types ne lui opposaient pas de résistances, elle était d'humeur à les laisser partir après leur avoir confisqué leurs armes, sinon...

- Hé ! Héla-t-elle alors qu'un type se prenait un couvercle de poubelle. Posez vos armes à terre et débarrassez les lieux !

En s'approchant à porté des quatre hommes, elle vit le propriétaire du volatile l'attraper par le cou et s'enfuir. Peu importe, seul les types armés l'intéressaient. D'ailleurs, ceux-ci se tournèrent vers la jeune femme qui les toisaient avec autorité, faisant peu cas de son infériorité numérique et du fait qu'elle soit désarmée.

-Ecoutes ma pet....

Le malfrat fut coupé dans sa tirade quand les doigts tendus du militaire vinrent trouver sa gorge. Myträ n'était pas du genre patiente et l'obéissance était une qualité qu'elle chérissait par-dessus tout. Cependant, elle concédait avoir manqué de précisions dans ses mises en gardes.

- Vous lâchez vos armes, tout en fermant vos gueules, compléta-t-elle.

Evidemment, les lascars peu impressionnés par une blondinette qui faisait une tête de moins qu'eux passèrent à l'attaque. Hélas, il n'était déjà plus que trois. Celui que Myträ avait frappé s'écroulait en suffoquant. L'un des hommes lui envoya son poing qu'elle capta sous son épaule, lui coinçant le bras au passage. La jeune femme n'eut besoin que d'une torsion de ses hanches pour entendre le coude se disloquer, plié dans un sens peu naturel.

Voyant que les attaques au corps à corps étaient peu efficaces, une brute décida de pointer son pistolet sur la militaire surentrainée. Elle se fendit légèrement sur le côté pour éviter une éventuelle détonation et attrapa le canon pour s'emparer de l'arme. Puis, elle envoya la crosse dans la mâchoire du type avant de glisser agilement son index dans le pontet pour diriger l'arme vers son dernier opposant et déchargée la pétoire dans son orbite.

La scène n'avait duré qu'approximativement quatre secondes. Les mouvements de Myträ étaient un classique du combat au corps à corps rendus d'autant plus fluides, car exécutés contre des adversaires inexpérimentés. Cependant, il n'était plus question pour Myträ d'aller se coucher désormais. Elle devait d'abord faire venir les forces de l'ordres pour l'aider à appréhender ce qui restaient des criminelles, plus ou moins blessés, et s'expliquer vis-à-vis de celui qu'elle avait abattue.

Tandis qu'elle réfléchissait à cela, elle entendit une détonation venant de sa gauche. Un inconnu venait de surgir dans la ruelle et se précipitait sur ceux qui semblaient être ses camarades. La petite blonde était parfaitement stupéfaite de voir qu'il portait assistance à ses compagnons tout en l'ignorant superbement. Elle voulut l'interpeller lui aussi mais elle se rendit compte qu'elle n'avait plus de souffle pour parler. Elle ne pouvait pas non plus avancer, car elle était assise sur le sol. La jeune fille n'avait même par remarquée qu'elle avait glisser contre le mur. Elle tenta de se relever sans succès tandis que l'autre type relevait ses compagnons.

-Elle m'a pété le bras, cette pute ! Se plaignit celui que Myträ avait neutralisé. Et elle a buté Rick.

-T'inquiètes, elle a eut son compte, elle va se vider de son sang, lui répondit le dernier larron. Il faut se barrer avant que les flics arrivent.

Comment ça "elle a eu son compte" ? Quel sang ? Myträ baissa enfin la tête. Son haut était imbibé d'hémoglobine. On lui avait tiré de côté, la mitraille ayant pénétré profondément ses chairs au niveau de la poitrine. Merde ! Ca avait l'air d'être profond car une flaque s'élargissait autour d'elle. Ce n'est pas ainsi qu'elle se voyait mourir. Pas dans une impasse d'Alexandria, en territoire Daënar.

La jeune fille leva les yeux. Elle ne voyait ni la lune, ni les étoiles, mais ce n'était pas la faute de la ville cette fois. Ses yeux étaient embués de larmes. Ce n'était pas la douleur, mais la peur de la mort qu'elle savait imminente.


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Swenn Milazzo
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Mer 4 Avr - 12:13
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Cette silhouette qui arrive en sens inverse, bien sûr qu'il l'a vu. Aperçu pour être plus exact, trop occupé qu'est Swenn à se sortir de ce mauvais pas tant bien que mal, il ne s'attarde pas à détailler davantage ce nouvel arrivant. Ou plutôt cette nouvelle arrivante s'il se fit à la sonorité de sa voix. Qu'importe, si ça lui dit de s'improviser en justicière, ce n'est pas le chimiste qui va l'en empêcher. Mais quelques pas plus tard, n'ayant toujours pas desserré son étreinte de Din, s'assurant que l'animal ne fasse pas stupidement demi-tour, le brun s'arrête. Personne ne le poursuit. Sans doute serait-il plus prudent de profiter de cette chance surgie de nul part pour repartir bien sagement. C'est sans compter sur la curiosité maladive de Swenn. Qui revient doucement sur ses pas, le boulet toujours en main.

La suite des événements se passe à une rapidité impressionnante. Les quatre hommes sont maîtrisés en un rien de temps. Mais contre toute attente une nouvelle détonation retentit, la jeune femme se retrouve au sol, et le lot de types valides quitte les lieux, sans se soucier beaucoup plus de leur pote qu'ils laissent sur place. Merde. Pourquoi il faut toujours que quelqu'un vienne défier les lois des probabilités ?!

- "Fais chier..."

Ces paroles lui sont destinées évidemment. Pourquoi ne peut-il pas simplement se barrer quand l'occasion se présente ? Pourquoi faut-il toujours qu'il aille mettre son nez partout ? Et qu'il se retrouve dans ce genre de situation ? Évidemment qu'il est incapable d'abandonner la jeune femme à son sort. Du moins pas sans avoir tenté quelque chose pour la sortir de là. Malgré sa moralité plus que douteuse, il n'est de ces gens qui acceptent de voir un inconnu mourir sous leurs yeux sans réagir.

Une fois les quelques pas nécessaires pour revenir jusqu'à l'impasse, Swenn ne peut que constater les dégâts. Aucun doute, l'homme au sol est condamné. Si tant est qu'une once de vie soit toujours présente en lui. En revanche pour celle qui s'est interposée, lui évitant un sort peu enviable, tout n'est pas encore joué. Elle perd beaucoup de sang mais parait encore consciente. Ne faisant plus attention au Novsh qui recommence à abuser de ses cordes vocales, le jeune homme s'est accroupi pour se retrouver au même niveau que la blessée. D'une main il prend machinalement son pouls, pendant qu'il inspecte la zone d'impact de l'autre, tout en lui parlant d'une voix monotone.

- "Ne vous inquiétez pas, vous allez vous en sortir, restez avec moi. Je suis médecin, vous allez être remise en un rien de temps."

Il n'est pas vraiment médecin, du moins il ne l'est plus, mais ce détail n'a à cet instant aucune importance. Il n'est pas non plus certain que la jeune femme blonde soit en état de comprendre quoi que ce soit de ce qu'il peut raconter. Et encore moins qu'elle puisse effectivement être en pleine forme sous peu. Le seul objectif se résumant en une tentative pour capter les quelques bribes de conscience dont elle pourrait éventuellement faire encore preuve. Mais compte tenu de son gabarit et de la quantité de sang au sol, l'exercice ne s'annonce pas des plus évidents.

D'autant qu'un autre problème s'ajoute à la situation. Vu l'état dans lequel se trouve la demoiselle, ils ne peuvent pas bouger d'ici sans prendre le risque d'aggraver davantage son état déjà préoccupant. Du moins pas avant d'avoir réussi à stopper complètement l'écoulement sanguin. Il va devoir assurer cette tache ici même, sans le moindre outil sous la main. Au moins, avec tout le bruit qui a accompagné la scène de combat, la probabilité pour que d'autres malfrats se pointent est très faible. Les seules personnes qu'ils peuvent éventuellement rencontrer appartiendraient aux forces de l'ordre. Qui ne présentent pas vraiment un danger dans ces conditions. Au contraire.

- "Ces mouvements étaient impressionnants. Et je n'étais visiblement pas le seul étonné par une telle maîtrise. Mais avouez que vous interposer de la sorte dans une telle scène, alors que vous n'êtes pas équipée en conséquence, c'était plutôt risqué."

Swenn continue son monologue, ne s'attendant pas même à un simple grognement en guise de réponse. Il est déjà occupé autour du corps sans vie de l'homme abattu par la miss, à la recherche de quelque chose d'utile. Aucune arme à feu n'a été laissée sur place évidemment. En fouillant un peu mieux, il fini par tomber sur ce qui semble être poignard. N'ayant pas la moindre connaissance en matière d'arme, tout ce que voit le brun, c'est cette lame. Dont il se sert immédiatement pour l'aider à déchirer le bas du t.shirt du mort, encore immaculé, le sang n'ayant pas pénétré l'intérieur de son blouson.

- "Il faudra que vous m'en disiez plus sur ce qui vous a poussé à apprendre à vous battre de la sorte. Ce n'est pas commun, surtout pour une jeune femme comme vous. La plupart préfèreraient rencontrer quelqu'un capable de les protéger. Et se passeraient bien de sortir seules dans ce genre d'endroit une fois la nuit tombée."

Continuant de déballer les première choses qui lui passent par la tête, il ne peut s'empêcher de se dire que cette partie du job n'est manifestement pas son point fort. Tant pis, ce n'est pas comme si le sens de ce qu'il peut raconter a le moindre intérêt. Élargissant à peine plus le trou laissé par la balle entrée en contact avec le vêtement de la jeune femme, afin d'empêcher celui-ci déjà souillé de coller à la chaire totalement exposée, il ne peut que voir les bandages qui lui enserrent la poitrine. Quelle que soit la raison de leur présence en cet endroit, respirer correctement doit déjà être suffisamment difficile sans lui ajouter autant de pression au niveau de la cage thoracique. Sans la moindre hésitation et sans aucun égard pour une quelconque pudeur, Swenn passe la lame fraichement récupérée sous le tissu, pour finalement libérer le corps de la blonde de cette entrave. Et les récupère.  

Ce n'est pas le grand luxe, mais au moins il dispose d'un bout de t.shirt propre qu'il noue autour du buste de la jeune femme, de façon à ralentir au maximum l'écoulement sanguin. Et vient renforcer ce bandage de fortune à l'aide de ceux qu'elle possédait déjà. Finalement, le doc retire, non sans mal, le blouson du corps inerte de l'homme à qui il a déjà pris pas mal de choses, pour le passer sur les épaules de la blessée. Elle a perdu beaucoup de sang et doit par conséquent commencer à se refroidir. Il ne faut pas que sa température corporelle ne chute trop.

Ces quelques gestes effectués, Swenn s'accroupit finalement aux côtés de la jeune femme, dos au mur. Il ne va pas pouvoir faire beaucoup plus tant que son état ne se sera pas un minimum stabilisé. Combien de fois s'est-il retrouvé à faire ce genre de chose à l'époque où il trainait encore parmi certaines bandes peu recommandables de Cerka ? Il y a longtemps qu'il ne s'est pas retrouvé à agir ainsi, avec aussi peu de moyens sous la main.

D'ailleurs, où est passé cet abruti d'oiseau ? Ne prêtant plus la moindre attention au volatile depuis qu'il a commencé à s'occuper de la jeune femme, Swenn ne s'est pas rendu compte du silence provoqué par son absence. Ce n'est pas très grave. Il ne va jamais bien loin. Et revient toujours un peu trop rapidement. Sans doute s'est-il vexé de ne plus être le point d'intérêt majeur du brun. Seulement, il aurait bien aimé pouvoir inspecté son état à celui-ci aussi avant qu'il ne fasse son petit caprice. Quoi qu'il en soit, il n'a pas l'intention de laisser seule la jeune femme dans ces conditions.


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Myträ Andreïev
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Mer 4 Avr - 19:05
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Myträ tentait de ramener les bras le long de son corps. Même si cet effort lui coutait énormément, elle voulait mourir avec un peu de dignité. Quitte à crever dans ce cloaque à côté des ordures et à demi boulottée par les rats, elle voulait qu’on retrouve son cadavre dans une position honorable. Un peu pessimiste comme réflexion mais il faut se rendre à l’évidence. Elle ne pouvait presque pas bouger et il n’y avait pas d’aide à attendre.

Elle entendit alors vaguement quelqu’un approcher. Sans doute une raclure qui venait dépouiller les corps. Il commença d’abord par celui que Myträ avait abattu d’une balle dans l’œil. Lui, il était mort sur le coup, sa cervelle brulée et réduite en une purée rosâtre. Du bon boulot !

Le vautour des champs de bataille ayant semble-t-il fini avec le mort, il commença à s’intéresser à Myträ. Cette dernière voulut accueillir sa curiosité avec un poing dans la tronche, pour lui faire mériter son pillage, mais elle n’avait décidément pas assez de force.

« Qu’est-ce qu’il fout, ce con ?! » se demandait-elle, bien naturellement alors que l’homme semblait plus intéressé par son pouls faible, que par le contenu de ses poches. Un peu interloquée, c’est alors qu’il lui révéla  ses intentions.

"Ne vous inquiétez pas, vous allez vous en sortir, restez avec moi. Je suis médecin, vous allez être remise en un rien de temps."

La jeune femme lui coula un regard sceptique, et se rendit enfin compte qu’il s’agissait du type de tout à l’heure. Lui ? Médecin ? Un médecin ne traine pas avec des bandits dans une impasse à une heure pareille. La militaire ne le croyait pas du tout mais elle n’avait pas vraiment la force de l’empêcher de faire quoique ce soit. Il avait d’ailleurs son piaf infernal avec lui. L’oiseau était là à faire son horrible tintamarre, mais le son était trop lointain pour que cela lui vrille les tympans. Tout était de sa faute à ce fichu volatile. Elle n'aurait pas été obligé d'intervenir s'il n'avait pas provoqué une bagarre.

Myträ observa alors l'éleveur de Novsh, responsable de tous les maux. Il était grand, probablement plus d'une tête et demi que Myträ, et avec une carrure solide. Il avait l'air sûr de lui. Très à l'aise dans une situation qui ne s'y prête pas. Assurément, il s'agissait d'un bandit, une mauvaise graine. Le genre de type que la capitaine Andreïev méprisait au plus haut point...

En prime, le soi-disant médecin tentait de lui faire la conversation. Bonne idée en soi. Ca éviterait peut-être à Myträ de tourner de l’œil.

"Ces mouvements étaient impressionnants. Et je n'étais visiblement pas le seul étonné par une telle maîtrise. Mais avouez que vous interposer de la sorte dans une telle scène, alors que vous n'êtes pas équipée en conséquence, c'était plutôt risqué."

- Je suppose que mon état actuel vous donne raison… quel fin observateur vous faites… C'est moi qui est impressionnée par tant de perspicacité.

Si l’ironie était une preuve de bonne santé, Myträ n’était pas si mourante que ça. Par contre, elle avait beaucoup de mal à parler. Son souffle était court et ses paroles saccadées. C’était également très douloureux, mais se montrer désagréable avec un petit délinquant, même en train de la soigner, ça n’avait pas de prix. Dut-elle le payer par une quinte de toux accompagnée d'un petit peu de sang.

Malgré cela, la jeune militaire n'eut aucun mouvement de recul en voyant le malfrat sortir un poignard. A part l’achever, elle ne voyait pas vraiment ce qu’il pouvait faire pour empirer la situation. Elle le laissa plutôt s’occuper d’elle sans rechigner, ni l’interrompre. Bizarrement, Myträ était une patiente plutôt docile et se fichait également de sa pudeur. Au contraire, elle sentit un certain soulagement lorsqu’il trancha les bandages qui maintenaient sa poitrine en place. C’était là où était sa blessure, donc elle se doutait bien qu’il allait y toucher. Encore une fois, médecine et pudeur ne font pas bon ménage. Dénuder un patient était bien le traitement le moins humiliant que pouvait infliger un médecin.

"Il faudra que vous m'en disiez plus sur ce qui vous a poussé à apprendre à vous battre de la sorte. Ce n'est pas commun, surtout pour une jeune femme comme vous. La plupart préfèreraient rencontrer quelqu'un capable de les protéger. Et se passeraient bien de sortir seules dans ce genre d'endroit une fois la nuit tombée."

"Une jeune femme comme elle". Ca veut dire quoi ça ? ... S’il tentait de l’énerver pour faire monter le peu de sang qui lui restait encore, c’était plutôt efficace. Myträ lui rétorquerait bien qu’elle est une femme indépendante, et qu’elle savait très bien se débrouiller toute seule. Mais encore une fois sa situation ne lui permettait pas de faire un long monologue sur sa condition de femme forte. Elle se contenta donc d’une brève - mais pertinente - analyse :

- Je… *tousse* ... t’emmerde.

Ceci accompagné d’un gémissement alors que la douleur vint lui poinçonner les côtes. Pour la punir d’autant plus, un grelottement la secoua de haut en bas. Elle avait froid maintenant. Le médecin sembla s’en rendre compte puisqu’il lui passa un manteau à l’odeur fétide autour des épaules. Maintenant, au lieu de mourir dans ses atours militaires, elle allait crever dans une doudoune de clodo. C’en est trop pour la jeune capitaine qui tenta de réunir ses forces pour se relever. Elle poussa tant bien que mal sur ses pieds, réussissant seulement à s’arcbouter contre le mur.

- Veux pas… crever dans une impasse… qui pue la pisse… Haleta-t-elle.

Ses efforts furent vains et elle retomba sur les fesses, provoquant une nouvelle décharge de douleur. Elle se mit à respirer fort, renversant sa tête contre le mur de brique tant elle était fatiguée de lutter. Cependant, ça n’entamait pas sa détermination. Elle voulait absolument partir de ce trou à rat, quitte à rendre l’âme un peu plus loin. Pour cela, il fallait amadouer la seule personne qui pouvait l'aider.

- Je m'appelle Myträ... Je suis capitaine dans l'armée... S’il vous plait… aidez-moi à me déplacer… je ne veux pas mourir dans un endroit comme ça, supplia-t-elle, ses grands yeux bleu larmoyants.

C’est sûr que pour demander un service, la jeune femme savait se montrer un peu plus complaisante et moins désagréable. Les architectes seuls savaient combien de temps ce revirement allait durer. Cependant, la petite blonde espérait que son sauveur serait un patriote. Le genre de type qui savait qu'un soldat ne pouvait décemment pas mourir dans le déshonneur d'une impasse malfamée, à la manière d'une junkie en overdose. Elle ne demandait pas grand chose, seulement d'être portée un peu plus loin. Ce gars semblait largement assez balaize pour transporter le petit gabarit de Myträ.


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Swenn Milazzo
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Jeu 5 Avr - 18:40
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Swenn ne porte que peu d'attention à ce que peut bien lui répondre la jeune femme. Et il ne risque pas de se vexer pour des paroles sortant de la bouche d'une personne qui se vide de son sang. Déjà, elle est capable de prononcer des mots intelligibles. Elle a plutôt l'air résistante. C'est une bonne chose. Et n'émet aucune protestation lorsqu'il tente de maîtriser l'ouverture de la plaie, limitant au maximum l'écoulement sanguin. Pourtant, ça ne doit pas être particulièrement agréable. Son cas n'est finalement pas si désespéré. Alors même la réponse synthétique à sa dernière tirade n'est pas suffisante pour altérer l'optimisme - bien dissimulé tout de même - du brun. Ce n'est pas comme si ses façons de faire l'avait habitué à recevoir un déferlement de sympathie de la part des personnes dont il a été amené à s'occuper.

Le dos contre le mur, accroupi de sorte à se retrouver à peu près au même niveau que la blessée, sans pour autant avoir les fesses qui touchent le sol, il ne peut que lever les yeux au ciel en apercevant sa tentative pour s'en aller. Et ne s'embête pas à tenter de cacher un soupir de découragement. Le manque de sang dans ses veines commencerait-il à affecter sérieusement ses facultés cognitives ?

- "Et tu crois que si t'étais en mesure de te déplacer je serais planté là ?"

Au diable les protocoles et bonnes manières. S'il doit réellement tenir une conversation, ces obligations de vouvoiement deviennent sacrément casse pied à gérer. Et puis, le ton avec lequel la miss s'est adressée à lui fini de le décider. Oui, il a décidé qu'ils ont passé ce stade. De façon totalement arbitraire. Mais de toute façon, étant donné l'état de la jeune femme, il ne risque pas grand chose à se montrer indélicat.

Pourtant, Swenn finit par se redresser. Si elle continue à gesticuler de la sorte, autant l'amener dans un endroit où il pourra au moins tenter de nettoyer cette plaie. Qu'elle ne finisse pas par bêtement succomber à une infection bactérienne qui ne va pas tarder à se développer en restant dans cet endroit empestant la maladie.

Pour un revirement de situation... Non, le chimiste ne s'attendait pas à devoir affronter un tel regard après avoir encaissé les mots plus ou moins crus précédents. Mais il faut bien avouer que c'est beaucoup plus agréable. D'autant plus de la part d'une jeune femme. Son côté macho sans doute. Pourtant, il n'y a toujours pas la moindre trace de sourire sur son visage superbement blasé. Comme si cette situation l'ennuyait profondément. Ce qui dans le fond n'est pas totalement vrai, étant bien obligé de reconnaitre qu'il pourrait se retrouver dans la situation de la miss à l'heure actuelle. Ou carrément dans celle du type gisant un peu plus loin...

- "Comme je l'ai déjà dit, je n'ai pas l'intention de laisser davantage de mort dans cet endroit. Mais si on bouge maintenant, ce n'est sûrement pas pour que tu te laisses crever un peu plus loin."

Sans avoir lâché les yeux bleus de la demoiselle le temps de cette mise en garde, le chimiste se décide finalement à lui retirer le blouson puant pour le remplacer par celui qu'il a sur le dos. S'il doit la déplacer, autant éviter de laisser des traces de sang sur leur passage. Sang dont est couvert le pardessus qu'il laisse négligemment sur le sol. Au moins, avec la différence de taille, aucun doute qu'elle sera bien enveloppée le temps du trajet.

- "Eh bien Myträ, capitaine ou pas, pour moi ça ne change rien. Mourir dans une ruelle ou sur un champ de bataille, le résultat est le même. Et je te l'ai dit, j'ai bien l'intention de te remettre sur pieds. Au fait, moi c'est Swenn."

On ne peut pas dire qu'il soit particulièrement doué pour les présentations. Au moins réussi-t-il à ne rien dire sur ce prénom peu commun, d'autant plus pour un capitaine. Ce n'est pas le bon moment. Non, il se contente d'aider la jeune femme à passer un bras autour de son cou. Positionnant lui même une main au niveau de son épaule opposée, de sorte à ce que ses omoplates puissent se reposer sur son bras. Et vient poser sa seconde main au niveau de sa hanche après avoir passé son bras sous ses jambes, assurant un maximum de stabilité. Vraiment, ça ne lui plait d'avoir à la déplacer dans ces conditions, mais ce sera toujours mieux que de la regarder gesticuler sans résultat.

- "J'espère que tu connais un peu le coin parce qu'il va falloir me guider. Je loue une chambre d’hôtel à côté de la gare où j'ai de quoi arranger ça. A moins qu'un hôpital ne soit pas trop loin et que tu préfères que je t'y amène. T'as pas d'autre option. Parce qu'il va falloir t'enlever le plomb qui doit toujours être quelque part là dedans sans tarder."

Swenn prononce ces mots d'une façon tout à fait neutre, comme s'il s'agissait d'évoquer la pluie ou le beau temps. Tout en parlant, il se redresse, s'assurant que la position de Myträ ne favorise pas davantage la perte de sang, puis se dirige vers la sortie de cette ruelle. Heureusement qu'elle est légère.

Bien, avec sa veste sur le dos de la miss, ils vont pouvoir tenter de jouer la carte de la discrétion, passant facilement pour un couple rentrant d'une soirée arrosée. Mais une fois de plus, c'était sans compter sur le piaf qui ne manque pas de se ramener, à peine un pied posé en dehors de l'impasse. Jamais loin en effet. Et jamais pour longtemps... Les plumes du poitrail complètement rougies. Au moins est-il capable de se déplacer seul... Et il ne parait pas d'humeur - ou en état - à faire des vocalises. La discrétion n'est finalement pas assurée.


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Myträ Andreïev
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Ven 6 Avr - 17:08
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Cool, cool. Son numéro de charme avait fonctionné et elle allait enfin sortir de ce trou à merde. Une bonne nouvelle même si se faire trimballer allait être plutôt éprouvant. L’homme lui fit passer son bras par-dessus l’épaule et ajusta sa prise sur ses hanches, si bien que Myträ ne gémit presque pas lorsqu’il la souleva de terre. L’adrénaline du combat était encore présente dans ses veines, l’empêchant de trop dérouiller lorsque Swenn s’était occupé de sa blessure. Et puis, c’était un soldat, elle n’était pas vraiment du genre douillette.

On avait troqué le manteau de clodo qui la recouvrait précédemment par le propre blouson de Swenn, qui lui… - elle renifla – ne sentait pas le vomi de chat malade. Un honneur, un privilège. Le blouson allait être plein de sang et elle lui en était d’autant plus reconnaissante pour son sacrifice. Elle avait un peu moins froid mais elle se sentait de plus en plus légère et un peu gaie, comme si elle avait bu de la bière. Difficile de réfléchir au choix cornélien que lui soumettait son toubib improvisé.

L’hôpital ? Un peu trop loin à pied. Autant l’emmener directement au cimetière, on gagnerait du temps. Ce type-là, Swenn, semblait s’y connaitre en rafistolage de blessés. Elle interprétait son éternel air blasé comme une grande confiance en soi, ce qui était un petit exploit lorsqu’on soigne une blessure aussi critique. La jeune militaire avait tendance à lui faire confiance. Après tout, il aurait pu la dépouiller et la laisser mourir ici. Il ne l’avait pas fait.

- J’ai un appartement, pas trop loin, cinq rue de la Liberté, répondit-elle. Je veux pas payer la note de pressing de ton hôtel… Les clés sont dans ma poche.

En fait, c’était plutôt un studio. Myträ y logeait lorsqu’elle n’était pas à la caserne. C’était très spartiate. Un lit, une kitchenette, et un monticule de merdier divers. Des armes, des flingues, des couteaux, des armes et beaucoup de flingues. Il y avait aussi des tas de vêtements disposés un peu partout. La jeune femme ne s’embarrassait pas de faire du rangement puisqu’elle ne ramenait jamais personne. Ce qui dans le cas présent l’amusait quelque peu.

- C’est la première fois que j’emmène un homme dans mon appart, gloussa-t-elle. Si on m’avait dit qu’il suffisait que je me fasse tirer dessus… … On pourra prendre un dernier verre pour continuer cette super soirée… krkrkrkrrr !

Elle était complètement ivre, symptôme de l’hémorragie externe qui privait sa tête de la moindre goutte de sang frais. Heureusement, une quinte de toux vint interrompre son ricanement, l’empêchant de proférer plus d’âneries. Elle se tut alors, se laissant bercer par les bras qui l’emmenaient à travers les ruelles.

Dehors les fêtards croisaient les imbibés qui titubaient vers leur domicile. De toute évidence, Swenn et Myträ faisaient partie de ces ivrognes rentrant chez eux, car personne ne semblait se poser de question en les voyant passer. Le couple n’attirait que rarement des regards curieux, sans doute se demandaient-ils vaguement combien de bouteille il fallait ingurgiter pour atteindre l’état de Myträ. La jeune fille n’y prêtait pas attention. Elle était déjà évanouie. Son visage profondément enfoui dans le cou du garçon, son souffle chaud mais irrégulier cascadant sur sa clavicule ; seule preuve qu’elle vivait encore.


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Swenn Milazzo
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Sam 7 Avr - 19:32
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Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Heureusement que la vue du sang ne lui fait plus rien depuis longtemps. Avec l’état de certains corps dont il s’est retrouvé en charge, il y a peu de choses qui peuvent aujourd’hui provoquer cette sensation d’écœurement désagréable chez Swenn. Ce qui lui permet de ne rien perdre de son aplomb malgré la vue et l’odeur associée auxquelles il est exposé depuis plusieurs minutes. Et de n’avoir que faire de l’état dans lequel il pourra récupérer son blouson. Même s’il ne doit pas le ramener à Cerka, ce ne sera pas une grande perte. Il n’a jamais été très matérialiste.

Myträ a un appartement à quelques rues d’ici ? Parfait. Moins ils iront loin, mieux ce sera. Ce n’est pas tant de la porter, même si le chimiste n’est incontestablement pas de ceux qui aiment travailler à la force de leurs bras, que de savoir qu’à chaque pas, l’état de la jeune femme se dégrade. Même si elle se montre des plus endurantes. L’armée sans doute. Quoi qu’il en soit, il n’a pas la moindre idée du matos qu’il va pouvoir trouver là-bas, mais mieux vaut peu juste à côté que le set intégral du parfait médecin trop loin. Et puis dans cette ville, il est de toute façon incapable de se rendre où que ce soit du premier coup par ses propres moyens.


- "Si tu n’as pas peur d’avoir à assumer toi-même le ménage ensuite, ça me va."

Habitué à balancer du linge régulièrement après s’être occupé des différents délinquants à moitié crevés de Cerka récupérés sur le pas de sa porte, Swenn connaît les désagréments post-opératoires à domicile. Raison pour laquelle l’hôtel lui paraissait une solution plus qu’acceptable. Mais il ne se montre pas difficile, et suit les indications de la demoiselle à travers les différentes rues adjacentes. Din toujours sur les talons, étrangement calme. Autant en profiter, c’est suffisamment rare comme ça.

Jusqu’au moment où inévitablement Myträ fini par perdre conscience. Non sans avoir déballé tout un tas d’inepties qui finissent par arracher un sourire, bien dissimulé il ne faut pas trop en demander, au doc. Finalement dans cet état, elle a un petit côté attachant. Même pour quelqu’un appartenant à l’armée. Inutile de répondre quoi que ce soit à ces paroles. Il en a entendu des gens dérailler pour des raisons similaires. Et dans le fond, elle reste très soft.

Après avoir dû demander son chemin au croisement suivant à un groupe qui passait par là, ne voulant pas prendre le risque de parcourir des mètres supplémentaires inutilement, le brun fini par arriver à destination, gérant autant que possible le corps à présent inerte entre ses bras. Et jetant un coup d’œil en arrière par moment, s’assurant que son idiot de piaf suive toujours. De plus en plus difficilement, il ne peut que le constater.

Attrapant tant bien que mal la clé dans la poche de la miss comme indiqué un peu plus tôt, il déverrouille la porte d’entrée, soulagé d’être arrivé sans encombre. Et sans faire preuve de plus de manières, entre dans l’appartement. Au moins, avec tout le bazar qu’il y a dans la pièce, il ne se sent pas dépaysé. Mis à part ce stock d’arme peut être. Quoi qu’il en soit, il y a un lit, et c’est bien le principal. Il y dépose la jeune femme aussi délicatement que possible, et s’autorise finalement un soupir de soulagement. Même le piaf vient se coucher sagement au pied du lit, visiblement épuisé.

- "Et voilà, on est arrivé. Sympa comme appart, tu pourrais y amener plus de monde."

Décidément, il va finir par penser qu’il aime parler seul. Ce qui quelque part, reste plus simple que de s’astreindre à tenir une conversation. Enfin, ce qui reste le plus simple pour le brun, c’est encore de s’occuper de la blessée. De lui enlever la veste, ainsi que tous les bandages provisoires, faisant attention à ne pas déchirer les chaires davantage à cause du tissu entré en contact avec la plaie encore ouverte. Au moins l’hémorragie s’est arrêtée. Il ne va de toute façon pas pouvoir refermer quoi que ce soit tant que la balle est toujours fichée à l’intérieur de son corps. Mais il est hors de question de prendre le risque qu’elle reprenne conscience alors qu’il tente quelque chose pour y remédier. Elle est de toute façon encore bien trop faible pour ce type d’intervention.

Après avoir pris la peine de nettoyer la blessure de façon superficielle, avec seulement un peu d’eau, pour enlever les nombreuses traces de sang collées tout autour de l’ouverture laissée par l’impact, et recouvre le corps de la miss à l’aide d’un drap et d’une couverture disponibles. Puis fini par aller se trouver une chaise, qu’il installe non loin de la jeune femme, et s’assoit de la façon la plus simple qui soit. La laisser récupérer un peu de force, c’est encore ce qu’il y a de mieux à faire pour l’heure. Parce qu’elle est encore loin d’être complètement tirée d’affaire, et la suite du programme ne va rien avoir de très agréable dans ces conditions.

Les coudes posés sur ses cuisses, le menton sur ses poings fermés, Swenn est incapable de céder à la fatigue. Détaillant l’intérieur de l’appartement depuis sa position, à la recherche d’instruments qui pourront lui être utiles pour la suite, il garde un œil sur Myträ, surveillant le moindre signe de dégradation de son état. Et jette quelques regards au milieu de tout ça au volatile, qui malgré la couleur de son plumage beaucoup moins blanche qu’habituellement et un silence absolu, garde une respiration régulière.


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Myträ Andreïev
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Dim 8 Avr - 18:19
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Le félin poussa un feulement démoniaque, rendu fou par la peur et la colère. Sa crête tremblait furieusement alors qu'il grognait sur une my'tranne qui lui barrait la route, tout en se ratatinant sur lui-même pour lui sauter dessus. Myträ voyait la scène depuis les yeux d'une petite fille qui tenait fermement la main de la my'tranne. Elle ne paniquait. C'était un rêve. Elle le savait car elle le faisait sans arrêt. C'est donc avec fatalité qu'elle attendait que le Muursüld lui saute à la gorge, interrompu par la my'tranne qui allait la protéger de son corps défendant. Un comportement bien étrange quand on sait que la capitaine Andreïev tuerait volontiers chaque magicien à porter de sa Winchester. Et voilà que l'un d'eux tentait de la protéger. Les rêves sont vraiment bizarres.

Quoi qu'il en soit, et comme d'habitude, le Muursüld éraflait la joue de Myträ, y creusant trois sillons sanguinolent. Mais alors que le rêve était sensé s'arrêter quand le monstre s'enfuit la laissant elle et la my'tranne agonisante, il s'attarda cette fois. Il s'acharnait sur la petite qui fut saisie d'une peur panique, n'ayant jamais vécu une variante de ce rêve pourtant si récurrent. Elle fut happée dans la gueule de l'animal et sentit ses crocs, aussi effilés que des poignards, rentrer dans ses côtes. La douleur fut si intense qu'elle fit éclater son rêve comme une bulle de savon.

La jeune femme se redressa d'un coup sur son lit, éveillant une douleur que son entrainement lui permettait d'ignorer. En effet, son regard glacé venait de capter la présence d'un homme qui la regardait. Sa main fusa immédiatement pour chercher une arme, mais ne trouva rien. Ce moment d'hésitation suffit pour que son cerveau dissipe l'amnésie du réveil. En un quart de seconde voilà qu'elle se rappelait de tout. La soirée, l'impasse, le coup de feu et...

Swenn...

Myträ se laissa retomber sur le matelas, tâtant précautionneusement sa blessure. Elle ne saignait plus trop et elle n'était pas morte, signe que le jeune homme avait réussi à arrêter l'hémorragie. Impressionnant sachant qu'il n'avait absolument aucun matériel, rien que des vêtements à déchirer. D'ailleurs, elle ferait bien de corriger ce menu problème. Aussi bon soit-il, un médecin ne pouvait pas exercer sans ses outils.

- Regarde dans mon barda, fit-elle d'une voix pâteuse. Le gros sac là, dans le coin. Il y a tout mon équipement, dont une petite boite sur la poche de la bretelle droite. C'est une trousse de secours.

Ce serait sans doute utile pour ce qui allait suivre. Myträ n'allait pas nier une certaine appréhension à l'idée de se faire extraire la balle de sa poitrine, sachant que c'était particulièrement douloureux. Cependant, elle n'en laissait rien paraitre. Et qu'elle soit damnée si elle laissait échapper le moindre cri de douleur pendant l'opération. Toutefois, elle n'est pas contre une rapide distraction pour retarder ce pénible moment le plus longtemps possible.

- Pourquoi est-ce que tu as un Novsh ? Demanda-t-elle en hochant la tête vers le volatile. J'ai eu l'occasion d'avoir affaire à une colonie lorsque j'étais en manœuvre dans la jungle de Carter. Je ne sais pas encore laquelle de "la stupidité" ou de "l'agressivité" est la caractéristique la plus exacerbée chez ces animaux. L'un d'eux a tout de même essayé de s'accoupler avec ma jambe, avant de m'attaquer sans aucune raison...

Elle secoua la tête comme si elle n'en revenait toujours pas. Elle ne comprenait pas bien pourquoi Swenn s'attachait à une telle créature. Lui qui semblait blasé de nature, son caractère ne paraissait pas du tout adapté à un animal aussi horripilant. Peut-être bien que cet indifférence n'était qu'une façade pour masquer le fait que ce toubib se sentait beaucoup trop concerné au contraire. Concerné par un oiseau qui lui colle au basque au point de risquer sa vie pour le sauver ? Concerné par le sort d'une fille qu'il ne connait même pas ?

Les mires azuréennes fixées intensément sur Swenn, elles tentaient de voir à travers lui. Contrairement à ce qu'elle laissait paraitre, Myträ était pourvue d'une grande empathie. Une qualité dont elle ne se servait guère cependant. D'ailleurs, elle se désintéressa bien vite de la question, son regard s'esquivant pour aller se planter dans le vide devant elle.

- Merci Swenn, lâcha-t-elle enfin. Merci de ne pas m'avoir laissé mourir.

Elle n'allait pas lui demander pourquoi il l'avait sauvé. Ce choix le regardait, quelque en soit la raison. Elle se tourna plutôt sur le côté afin de lui faciliter l'accès à sa blessure. Elle serrait d'avance les dents car extraire la balle n'allait pas être la partie la plus agréable.


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Swenn Milazzo
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Lun 9 Avr - 15:05
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Combien de temps reste-t-il ainsi, assis, sans bouger ? Difficile à dire, Swenn n'a jamais réussi à maîtriser l'écoulement temporel. L'une des raisons de son cruel manque de sommeil. Habitué à passer parfois jusqu'à quarante huit heures sans fermer un œil, aucun risque qu'il ne cède à une quelconque fatigue en cet instant. D'autant plus que depuis quelques minutes Myträ semble s'agiter. Rien d'étonnant. Plus les minutes passent, plus la douleur se fera sentir. Jusqu'à devenir difficilement supportable. Bien que le sang se s'échappe plus, la plaie reste suffisamment ouverte pour donner une vision parfaite des chaires qui ont sans aucun doute commencé à s'infecter. Tant que cette teinte vermeille ne laisse pas la place aux couleurs plus claires, aucune urgence. Inutile d'augmenter davantage la douleur.

Impassible, Swenn ne quitte pourtant plus la jeune femme des yeux. Un sommeil agité est des plus classiques, mais il ne faudrait pas que ses mouvements se fassent trop violents. Le risque de faire repartir hémorragie n'étant pas à exclure. Il n'aura finalement rien besoin de faire, puisqu'elle se réveille d'elle même, d'un bond, visiblement perdue. Vu les conditions dans lesquelles elle a perdu connaissance l'inverse aurait été étonnant. Mais ce geste mécanique qui consiste à s'emparer d'une arme absente n'échappe pas au brun, qui ne peut que lever les yeux au ciel, découragé. Pourquoi faut-il qu'un tel réflexe soit associé à l'instinct de survie ? Vraiment, jamais il ne pourra cautionner ce type d'engins de mort. Mais il ne dit rien, laissant le temps à Myträ de reprendre ses esprits.

Ce qui ne tarde pas. Il n'en montre rien, mais le chimiste est réellement impressionné par sa capacité à gérer parfaitement le supplice que cette blessure doit lui infliger. Ce qui est très largement appréciable. Bien qu’habitué aux plaintes incessantes et aux hurlements de douleur, le silence est toujours plus propice à la concentration. Elle a même le bon sens de lui faire part de la présence d'une trousse de secours dans la pièce. Ce qui est une très bonne nouvelle. Il n'attend pas davantage pour aller voir de quoi est composé le matériel de premiers soins de l'armée.

- "Ravi d'apprendre que les militaires n'ont pas uniquement de quoi tuer. Même si je ne veux pas voir à quoi ressemblent vos vertèbres à porter autant de poids."

Zero tact. Que ce soit au niveau des mots choisis comme de l'intonation dépourvue de tout sentiment utilisée. Mais ce n'est pas parce que la miss est dans un sale état qu'il a l'intention de se montrer plus sympathique qu'à l'accoutumée. Ou qu'il feindrait un quelconque attrait pour les membres appartenant à l'armée. Faisant l'inventaire du matériel médical disponible, elle aborde finalement un sujet auquel il ne s'attendait pas. La raison pour laquelle il se trimballe avec un Novsh ? Si répondre à ce genre de question venant d'une représente des forces de l'ordre ne l'enchante pas, il faut avouer que le rapport avec ses capacités de réflexion intactes reste encourageant. Revenant vers le lit après avoir trouvé quelques éléments intéressants, Swenn se contente d'un simple haussement d'épaules.

- "Qui sait, peut être que ce Novsh voyait une bonne raison de vouloir s'accoupler avec ta jambe. Ces bestioles n'ont certainement pas un cerveau fait comme le notre, mais elles n'en restent pas moins des êtres vivants. Celui-ci n'a jamais été un danger direct pour moi, au contraire. Alors, j'essaie de le garder en vie."

Récupéré suffisamment jeune, Din ne s'en est jamais pris au brun. A l'inverse, il semble vouloir le protéger, même si le résultat est manifestement contestable. Comme ce soir. Plutôt solitaire et n'étant sûrement pas du genre à se faire une multitude d'amis, le tatoué a finit par supporter la présence du volatile aussi stupide que fidèle.

Le jeune homme débouche un petit flacon contenant un liquide translucide, sur lequel une simple étiquette "alcool" est apposée. Pas besoin de respirer de trop prêt pour qu'il identifie immédiatement la forte présence d'éthanol. Très probablement coupé à l'aide d'un autre solvant, mais la forte odeur associée à ce composant chimique ne permet pas de l'identifier précisément. Et il n'a évidemment ni le matériel ni le temps pour tenter de comprendre la composition exacte de ce liquide. Occupé à calculer le potentiel anesthésiant d'un tel produit, Myträ fini par le remercier. Sortant de ses chiffres, Swenn reporte toute son attention sur la demoiselle, tout en refermant à moitié le flacon.

- "Ne dis pas de conneries. Je sais sauver les gens, je le fais. C'est tout. Et si tu n'avais pas été suffisamment forte, tu serais morte quoi que je fasse. Aucune raison de me remercier pour ça."

Certes, il n'a jamais été très à l'aise avec les mercis. C'est encore plus vrai dans cette situation. Bien sûr qu'il a conscience que sans lui, la jeune femme serait encore en pleine forme. Qu'elle n'aurait aucunement besoin de soins. D'endurer la douleur qu'une telle blessure lui inflige. A aucun moment elle n'a eu à le supplier de lui éviter une mort lente. Tout comme lui n'a jamais demandé à la militaire de s'interposer face à ces hommes. Chacun agit en son âme et conscience. Swenn sait pertinemment qu'il ne pourrait plus se regarder dans un miroir s'il s'était contenté de continuer son chemin.

- "Dis moi plutôt si par hasard tu ne serais pas en possession de certains produits de contrebande. Opium, coca, ou tout ce que vous appelez généralement drogues. Elles ont un usage bien plus intéressant que ce que tous ces abrutis en font habituellement."

La probabilité qu'une militaire intervienne pour ce genre de trafic est très faible. Et qu'elle garde en plus cette marchandise chez elle réduit les chances d'une réponse positive à un seuil critique ne permettant pas l'optimisme. Mais ça se tente. Après tout, les gens de l'armée ne sont pas tous dépourvus d’addictions. Il en bien placé pour le savoir.

- "Je n'ai pas l'intention de te retirer quoi que ce soit dans ton état sans anesthésiant. Tu peux te détendre."

Il pourra toujours utiliser le contenu du flacon d'alcool. Mais à moins que l'éthanol n'ait été coupé avec une forte dose de méthanol ou qu'il s'agisse d'un éther éthylique, le pouvoir d'endormissement des récepteurs locaux de ces composés permettant de diminuer la sensation de douleur, ce produit n'assurera que partiellement un tel rôle. Au moins, ça reste un bon antiseptique, indispensable pour une opération.


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Swenn râle en   #f77d40
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Myträ Andreïev
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Mar 10 Avr - 18:24
Irys : 506257
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Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Swenn. Ce garçon lui faisait de plus en plus penser aux jeunes gens qui soutiennent la paix entre My’trä et Daënastre. Ce sujet est le principal clivage qui existe dans notre société actuelle. Ceux qui veulent finir ce que les anciens ont commencé en éradiquant les magiciens de la surface du monde et ceux qui souhaitent maintenir la paix en favorisant le rapprochement et la réconciliation. Inutile de préciser de quel côté Myträ était. Elle s’était engagée dans l’armée dans l’espoir que la guerre éclate à nouveau et qu’elle puisse se consacrer à l’anéantissement de la menace venant de l’Est.

Le toubib avait l’air d’un pacifiste à sa façon de s’exprimer, de mépriser son matériel militaire, et sa considération pour la vie en général, même la moins intelligente. Pas le genre de personne que la militaire aimait fréquenter, mais l’adversité fait se rencontrer des personnes de tout horizon. En ce qui concerne Myträ, elle se fichait éperdument des opinions politiques de Swenn. Elle n’en avait pas le luxe pour le moment et se gardait donc de juger la personne qui était en train de lui sauver la vie. Cependant, elle gardait en tête que Swenn ne l’appréciait probablement pas beaucoup. Malheureusement, s’il apprenait à la connaitre, sans doute que cette animosité se confirmerait.

C’est donc sans réelle surprise qu’il refusa d’un bloc les remerciements de la jeune fille. Dommage. D’habitude, elle en était avare, ce qui prouvait bien à quel point ils étaient justifiés cette fois. Cependant, Myträ n’eut pas le temps de lui faire avaler ses remerciements de force car le jeune homme lui posait une question bien singulière. Elle se redressa pour lui faire face, abandonnant sa position précédente. Ce mec était vraiment en train de lui demander si elle avait des produits illégaux ?

- Je… ne suis pas de la police, tu sais, rétorqua-t-elle sans oser comprendre. Et même si c’était le cas, les policiers ne stockent pas les saisis dans leur propre appartement. Ils sont mis sous scellé au commissariat pour une future destruction.

C’est vrai. Myträ était particulièrement naïve sur ce coup-là. Il lui était très difficile d’admettre que d’autres représentants de l’état, comme elle, ne puissent pas se montrer parfaitement intègre. Et elle comprenait encore moins que des soldats puissent trahir les valeurs de l’uniforme en se procurant des substances prohibées.En effet, la jeune femme était un parfait exemple de probité. Jamais elle n'avait fait quelque chose d’illégale de toute sa vie. Alors cacher des drogues chez elle... C’était juste impensable.

- Passe-moi ça, dit-elle en agitant la main d’un air impatient. La bouteille dans le sac. S’il te plait.

Il s’agissait d’une petite flasque de bourbon que son père lui avait offert pour sa promotion. Un cadeau d’homme pour un garçon manqué. Elle n’y avait jamais touché.

- Si tu as peur que je bouge, tu n’as qu’à m’attacher, éluda-t-elle. Et si je crie, les voisins se diront juste que t’assures.

Myträ lui fit un petit clin d’œil bravache avant d’arracher le bouchon d’un coup de dent puis de vider la moitié de la bouteille dans son gosier. Certes, elle faisait la maline,mais elle allait déguster comme il faut. Bien qu’elle se soit déjà blessée, elle n’avait encore jamais dû rester immobile tandis qu’un toubib triturait sa chair à la recherche d’une balle.

Mais il le faudrait bien, car à part le whiskey, Myträ ne possédait aucun analgésique. Elle ne pouvait même pas consommer l’alcool à désinfecter. Celui-ci était coupé à un produit chimique bizarre. Le formol, ou l’éthanol. Bref, un truc qui rend l’alcool impropre à la consommation. C’était pour éviter que les petits vieux l’achètent par bonbonne de cinquante litres pour produire leur eau de vie de contrebande.

Myträ se força à afficher un sourire plein de confiance et de détermination. Le rictus était légèrement tiré par les cicatrices, se muant en un sourire en coin des plus vaniteux. Elle devait absolument convaincre Swenn qu’elle était une dure à cuire, même si c’était faux. Effectivement, elle n’avait aucune envie qu’il la laisse avec ce bout de métal dans le torse, et encore moins qu’il aille chercher les drogues bizarres dont il parlait. Le corps de la militaire était un temple dédié à la guerre et la performance martiale. Hors de question de le profaner avec de la poudre de perlimpinpin !


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Swenn Milazzo
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Mer 11 Avr - 15:01
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
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Un léger sourire amusé accompagné d'un haussement de sourcils se dessine sur le visage de Swenn lorsqu'il entend la réponse de la jeune femme au sujet des drogues. Elle a l'air sérieuse. Elle aurait de toute façon tout intérêt à lui avouer posséder de tels produits si c'était le cas. Mais de là à tenter de se justifier... Elle n'en a pas et dans le fond, c'est rassurant. Ça aurait juste été bien pratique. C'est davantage l'étonnement provoqué par cette question provoque ce regard presque enjoué chez Swenn. Sans doute est-ce le genre de choses que les gens préfèrent ignorer volontairement. Il n'y a que les crapules qui enfreignent les lois...

- "Mouais, bien sûr. J'suis bête."

Son expression faciale contredit totalement ses paroles. Mais si elle est vraiment persuadée de ce qu'elle raconte, ce n'est sûrement pas lui qui va essayer de lui apprendre quoi que ce soit. Après tout, chacun comprend ce qu'il veut. Et il a bien plus important à régler comme problème. Ce que Myträ parait également penser, puisqu'elle lui ordonne déjà de lui donner une bouteille qui se trouve dans son sac. Sans pour autant oublier la politesse. Eh bien, les gens de l'armée ne sont peut être pas si désagréables à soigner finalement. Ils connaissent les bonnes manières et ne pleurnichent pas pour un simple picotement. Enfin, c'est au moins valable pour la miss.

Il n'a pas besoin de fouiller bien longtemps pour trouver l'objet recherché. Après un rapide coup d’œil à l'étiquette, il tend le breuvage à la blessée. S'il n'y a pas mieux, il faudra effectivement s'en contenter. En espérant que l'alcool lui donne juste envie de dormir. Et non pas de danser ou même de se battre... Il n'a pas la moindre envie de se faire mettre k.o. par une nana, aussi bien entrainée soit-elle. Elle ne lui demande de toute façon pas son avis pour descendre d'un coup la moitié de la bouteille. Cette scène associée à ses paroles précédentes amènent Swenn à remuer légèrement la tête de gauche à droite en signe de dépit. Récupérant la bouteille, il reprend la parole non sans un soupire.

- "C'est pas hyper féminin tout ça. J'imagine qu'à force de trainer avec ces types de l'armée les filles n'ont pas d'autre choix que de se transformer en bonhommes. Déprimant... A moins que tu ne préfère les femmes ?"

Cette question n'en est pas vraiment une. Mais il faut avouer qu'il ne s'attendait à ce qu'une telle réplique sorte de sa bouche. Ni qu'elle avale une telle quantité de whisky de cette façon. Son côté macho sans doute. Cela dit, il apprécie son excès d'optimisme. Bien sûr que le brun se doute que sous ce masque d'assurance elle n'en mène pas large. Il faudrait être complètement stupide pour s'imaginer qu'une demi bouteille de d'alcool fort stoppera toute sensation de douleur. Ou n'avoir connue comme atrocité qu'une écharde dans le doigt. Ce qui n'est visiblement pas le cas.

- "Compte tenu de ce que tu viens de descendre et de ton gabarit, je devrais pouvoir commencer dans moins de dix minutes. Mais avant ça faudrait que tu enlèves ce que tu as sur le dos."

Justifier une telle demande parait bien futile. L'emplacement de l'impact ne lui laisse pas beaucoup d'option. Et la proximité avec les poumons ne lui donne pas la moindre envie de multiplier les risques pour une question de pudeur. Dont Myträ n'a que peu fait preuve jusqu'ici. Probablement dû à son état. Mais il ne va pas s'en plaindre. Il n'a pas la moindre intention de partir à la recherche de cette balle sans avoir une idée précise de son emplacement à l'avance. Heureusement, avec l'expérience, il lui suffit maintenant de voir la zone d'impact pour avoir une bonne idée du chemin sous cutané parcouru par le projectile.

- "T'as l'air de pouvoir te débrouiller, mais si ça tire n'insiste pas. Inutile d'agrandir la plaie. Je suppose que tu ne comptes de toute façon pas remettre ces fringues..."

Laissant Myträ décider de comment gérer son polo, Swenn retourne fouiller dans la trousse de premiers secours. Il devrait bien réussir à trouver quelque chose à utiliser pour retirer cette balle, et surtout, de quoi gérer la plaie qui ne manquera pas de se remettre à saigner. Mais avec la quantité de la jeune femme a déjà laissé dans la ruelle, il va falloir faire vite.


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Myträ Andreïev
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Mer 11 Avr - 19:39
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Une bonne chose qu’on lui ait confisqué la flasque de bourbon. Myträ ne tenait pas vraiment l’alcool. Un demi-flacon serait tout à fait suffisant pour la rendre ivre tout en évitant les désagréments que sont le coma, les nausées et les pleurs. Si Swenn avait de la chance il pourrait peut-être esquiver le célèbre « T’es mon meilleur pote, toi. J’t’jure » et autres joyeusetés forts gênantes pour l’entourage non alcoolisé.

La jeune fille s’enfonça un peu plus dans son lit en expirant un long souffle d’air. Boire quelque chose d’aussi fort en quelques secondes, ça lui retournait l'estomac. Il lui fallait bien quelques secondes de concentration pour ne pas rendre le bourbon. Ses mèches blondes retombaient sagement sur son visage raturé. Ses paupières closes. Pendant quelques instants il n’y avait plus que le mince filet d’air vibrant entre ses lippes cerise. Plus un son avant que Swenn ne se remette à lui faire la conversation. Moment que le garçon choisissait pour remettre en doute sa sexualité.

- Swenn… J’ai une putain de balle dans les seins. Ma féminité a perdu de sa superbe quand je me suis faite tirer dessus. Sérieusement… Mais, je ferai un effort si tu y tiens.

Myträ poussa un gloussement désemparée. Elle n’était pas vexée. Son ego ne trouvait pas sa source dans sa féminité, fort heureusement. Au contraire, c’était plutôt rigolo qu’il la questionne sur son orientation sexuelle. Après une demi-bouteille de whisky, Swenn pouvait effectivement se le permettre.

- Mon couteau, réclama-t-elle fermement mais poliment. S’il te plait.

Une fois en possession du canif, la militaire se mit à découper son polo en long, en large et en travers. Elle voulait s’épargner le plus de mouvement pour enlever la loque qu’était devenu le polo. Ce qui ne l’empêcha pas de pousser un petit gémissement de douleur lorsqu’elle dû se tortiller pour retirer le haillon. Elle coula donc bien naturellement un regard accusateur vers Swenn qui farfouillait dans sa trousse de secours. Normalement, c’était au médecin de débarrasser le blessé de ses vêtements.

Myträ termina de se dévêtir en tranchant les bandages que Swenn avait déjà desserré. Ils s’ouvrirent sur deux orbes dessinés au compas ; non le moindre de ses appâts. Et bien qu'une rose de sang y fleurissait, la géométrie de l'ouvrage faisait oublier l'abcès. La nuque douce et évanescente, d’une fragilité presque attendrissante. Une cambrure gourmande qui s’étendait de la taille à la chute des reins. Appétissante bien qu'il reste des mets à découvrir derrière cette hanche d'airain. La fermeté était l’apanage de son caractère comme de son corps, si on en croyait cette peau d'une beauté qu'exsudaient tous les pores.

- C’est assez féminin pour toi ? Posa-t-elle. Et non, je préfère les hommes.

S’il y avait bien une chose dont Myträ n’avait pas honte, c’était sa silhouette. Elle se savait bien proportionnée et son entrainement martiale lui donnait la fermeté dont était friand une grande majorité des hommes.

- Si je suis trop sexy pour toi, tu peux aller prendre une douche froide. J’te juge pas.

Myträ lui décocha un autre de ses sourires insolents dont elle avait secret, puis balança ses loques à l'autre bout de l'appart.

- Après ça, aurais-tu l’obligeance de me retirer cette saloperie de plomb ? Je vais finir par choper le saturnisme. C’est pas que j’ai hâte que tu me charcutes, mais je préférerais faire ça vite. Je sais que ça fait la troisième fois que je te le demande et je voudrais pas passer pour une masochiste, mais ça serait génial de pouvoir en finir. N’hésites pas à me raconter ta vie en même temps. Ça m’occupera. Commence donc par la partie où tu me dis ce qu'un médecin fabriquait dans une ruelle malfamée en pleine nuit.

Myträ avait bu. Elle parlait beaucoup trop. Mais comme Swenn allait bientôt pouvoir témoigner, sa voix était un peu plus agréable que ses hurlements de douleur.


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Swenn Milazzo
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Jeu 12 Avr - 15:42
Irys : 922501
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Daënar +1
Un couteau... Chacun sa technique après tout. Et puis, il lui a quand même dit de ne pas forcer si elle devait ne pas s'en sortir. Venant de Swenn, c'est déjà un bel effort pour essayer de faire comprendre à la jeune femme qu'il interviendra si nécessaire. A demi mots et de la façon la moins explicite qui soit certes, mais ça lui permet au moins d'avoir parfaitement bonne conscience en tendant la lame à Myträ. Après tout, elle se montre résistante et n'a pas l'air de vouloir laisser paraitre un quelconque signe de faiblesse. Elle réussit même à lui tenir tête à travers des paroles bien plus élaborées que "j'ai mal" ou autres "aide moi" auxquelles il est davantage habitué. Alors il compte bien en profiter ! Et puis, il n'a pas la moindre intention de tout faire. Du moins, c'est l'image qu'il tient à renvoyer. Bien sûr que s'il n'avait pas d'autre choix il s'en chargerait.

Une paire de ciseaux à peine différente de celles qu'il utilise, un bon rouleau de bandages, un stock de compresses en coton, et même une paire de gants. Visiblement, les trousses médicales des militaires sont étudiées pour les cas de blessures par balles. Pas très étonnant. Même de quoi recoudre sommairement une plaie. Rien à voir avec ce qu'on peut trouver dans un hôpital, mais ça devrait au moins permettre d'éviter que l'hémorragie ne reparte à cause d'un mouvement trop brusque. Ce qui n'est pas à exclure compte tenu de l'alcool que vient de s’enfiler la miss. Mais la priorité reste de retirer cette satanée balle.

Un coup d’œil en direction de la blessée qui ne parait pas très à l'aise pour se défaire de tout ce tissu, juste le temps de croiser son regard visiblement pas des plus satisfaits. Il en faut bien plus pour amener Swenn à se sentir coupable de quoi que ce soit. Si elle a besoin d'aide, elle n'a qu'a demander ! Profitant de l'évier pour se laver les mains, luxe pour le jeune homme qui intervient souvent dans des conditions beaucoup plus précaires, il revient poser tout le matériel fraichement sélectionné à côté du petit flacon d'alcool abandonné un peu plus tôt. Constatant que Myträ s'est parfaitement acquittée de sa tâche. Et qu'elle n'a pas tout à fait accepté ses remarques précédentes sur son niveau de féminité. Ce qui, il faut bien l'admettre, amuse le brun. Qui réussit même à se départir de son éternel moue blasée.

- "Je ne voudrais pas te laisser seule si longtemps après ce que tu viens d'avaler. Alors, je vais prendre sur moi. Et me concentrer sur cette plaie qui vient abimer ce buste au top de la féminité. Pour lui rendre tout son potentiel sexy."

Bien entendu que Swenn apprécie ce qu'il a sous les yeux. Et prétendre que les médecins sont absolument insensibles à l'attrait que même un corps nécessitant des soins peut provoquer, ça ne lui ressemble pas. L'habitude d'avoir à manipuler des personnes dénudées n'altère en rien la capacité à différencier les formes attirantes de celles qui le sont moins. Le ton de la provocation que prend la jeune femme lui convient donc parfaitement. Bien plus que les faux airs gênés que certaines peuvent prendre lors de blessures se situant dans ces zones qu'un homme n'est pas sensé voir selon les bonnes mœurs. Cela dit, aussi agréables soient ces courbes parfaitement dessinées qui s'offrent à son regard, savoir qu'une balle est encore logée quelque part en dessous est bien suffisant pour que son attention soit focalisée sur les conséquences, notamment les crispations de douleurs qui ne vont pas tarder à suivre. Et qui sont un remède extrêmement efficace à toute manifestation d'envie purement masculine chez lui.

Retrouvant tout de son sérieux au moment où ses yeux se posent de nouveaux sur la plaie, il ne peut que constater que l'alcool commencer à faire son effet chez la blessée. Rien d'étonnant. C'est même une bonne chose. Ce n'en sera que plus simple de garder son attention focalisée ailleurs que sur ce qui se passe au niveau de sa poitrine. Ces gestes, Swenn les a répétés tellement de fois, qu'il n'a désormais aucun mal à tenir une discussion en même temps. Même avec une personne de plus en plus éméchée.

- "Ne soit pas si pressée. Laisse donc le temps à tout cet alcool de se mélanger au sang qu'il te reste pour faire effet."

Tout en parlant, sachant qu'à partir de maintenant il lui faudra absolument réussir à faire en sorte que Myträ ait un autre point de focalisation que les mouvements qu'il va faire, le brun pose à peine sa main droite au niveau de l'ouverture laissée par la balle, de sorte à avoir son pouce et le reste de ses doigts de chaque côté. Analysant la trajectoire suivie, il utilise sa main gauche pour retracer ce chemin sur la peau parfaitement lisse qui défile sous ses doigts. A peine un effleurement. Se fiant aux contractions musculaires qui ne manquent pas à chaque fois qu'il passe sur la zone déchirée de l'intérieur. Jusqu'à localiser l'endroit où le plomb s'est arrêté. Du bout des doigts, il accentue légèrement la pression effectuée sur cette zone à la fois ferme et tendre, essayant de détecter la présence de ce corps étranger à l'aide du toucher. Ce qui ne manque pas d'arriver, le métal rigide pouvant être reconnu sans la moindre difficulté pour Swenn.

- "Si tu veux une belle histoire, je pourrais te dire que j'étais en quête d'une jolie fille à sauver. Si tu préfères la vérité, alors j'étais à la recherche d'un bar pas trop chic, où je pourrais me saouler suffisamment pour oublier les conneries que certains de mes collègues ont pu raconter pendant des heures. Et je me suis perdu."

Rien de très reluisant en effet. Mais il est actuellement bien assez occupé pour ne pas tenter de trouver des justifications glorieuses à sa présence en ce lieu. Sans compter qu'il n'est pas impossible que Myträ finisse par oublier tout ce qui va se passer. Inutile de s'embêter à trouver un quelconque mensonge à raconter.

La balle localisée, il enfile donc la paire de gants dont la présence pourrait presque faire remonter les militaires dans son estime, et imbibe l'une des compresse à l'aide de l'alcool médical, qu'il passe ensuite sur la plaie. A quoi bon la prévenir que ça risque de piquer ? Sans compter que ce qui va suivre s'annonce hautement plus douloureux.

- "Je veux bien t'en dire plus sur moi, mais d'abord, explique moi comment se fait-il qu'une femme avec un tel grade dans l'armée ait hérité d'un prénom tel que le tien ?"

Bien sûr que cette question est toujours présente dans son esprit. Et maintenant qu'il s'apprête à partir à la recherche sous cutanée de la balle logée dans la poitrine de la jeune femme, le timing lui parait parfaitement choisi. Opter pour une approche en douceur alors que la souffrante est concentrée sur l'explication de cette origine non commune. Ou à lui balancer qu'il est trop curieux. Le résultat importe peu. Pour ce qui est de l'opération à suivre du moins. D'autant que le débit de ses paroles pourra être un très bon indicateur du niveau de douleur ressenti. Il arrivera bien à rebondir sur autre chose au besoin.


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Myträ Andreïev
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Ven 13 Avr - 19:18
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
La jeune fille fit la grimace alors que le médecin lui palpait la poitrine. Toujours pas par pudeur, non. C’était parce que ses doigts s’enfonçaient tels des serres près des chairs déchirées, l’obligeant à contracter ses muscles en lambeaux. Voilà qui était affreusement douloureux. Aussi, même si la jeune fille ne laissait pas encore échapper de cri déchirant, elle commençait à suer à grosse goutte. Elle ne s’attendait pas à ce que ce simple examen lui fasse aussi mal. Dire qu’il n’avait même pas commencé à s’insérer dans la blessure…

Elle tenta plutôt de se concentrer sur la voix car le whisky ne l’aidait pas. La douleur l’électrisait en permanence de sorte que la torpeur de l’alcool ne prenait jamais racine. Elle en apprenait un peu plus sur son toubib. Des petits fragments qui laissaient les interprétations fleurir, tout en étouffant les certitudes. La militaire ne savait toujours pas dans quelle case ranger Swenn. Un voyou qui faisait office de medic pour les bandits ? Un docteur receleur se plongeant dans les ennuis en revendant ses psychotropes ? Quel talent gâché !

Myträ se promit intérieurement qu’elle tenterait de le recruter dans l’armée une fois que tout ça serait fini. Ce gars-là avait du sang froid, une conscience professionnelle et pouvait faire beaucoup avec peu de moyen. Il n’avait rien à faire parmi la lie de la société alors qu’il pouvait accomplir de grandes choses au service de la nation.

Une autre douleur la tira de ses fantasmes patriotiques pour la ramener au présent. Swenn lui renvoyait une question qu’on lui posait souvent. Au sujet de son prénom. Elle n’était pas sûre de pouvoir lui répondre sans haleter mais elle tenta le coup :

-Mon père a… un humour un peu particulier, résuma-t-elle. Je crois qu’il a fait ça pour que tout le monde me déteste instinctivement. Ça marchait plutôt bien. J’ai eu une enfance solitaire. Maintenant, je ne donne que mon nom de famille : Andreïev. Quant à tout à l’heure, ça m’a échappé…

Ce n’était pas tout à fait exact. La vraie raison est qu’avec un tel nom, on présume forcement d’une sympathie avec les my’trans ; les ennemis héréditaires. La jeune fille devait donc se montrer encore plus véhémente que les autres dans sa haine des magiciens pour être acceptée. Ce n’était pas de l’humour, juste une étape dans son endoctrinement.

-Je n’ai jamais vraiment su pourquoi il a fait ça. Peut-être pour m’endurcir, mais c’était vraiment une idée de mer…aaaAAAH !

Myträ donna un coup de poing dans son sommier. C’était soit le mobilier, soit Swenn. Cependant, ça n’aidait pas vraiment. Le défi était de ne pas bouger le torse afin de faciliter l’opération en cours. Elle pouvait empêcher de se tortiller, mais pas ses muscles de se cambrer à chaque décharge de douleur. La souffrance était trop intense et elle n’arrivait plus à parler. Cependant, il fallait bien qu’elle donne le change après s’être vanté qu’elle arriverait à supporter l’opération sans analgésique. Il ne fallait surtout pas que le médecin enchaine avec une autre de ses questions. Elle tenta donc de lui renvoyer la balle afin qu’il fasse lui-même la conversation pendant que Myträ se concentrait pour ne pas hurler ou tourner de l’œil.

-Tu sais que… j’ai t…toujours rien compris à ce que tu faisais ? Initia-t-elle. T’es un médecin d’mafieux… un receleur… ou un drogué ?

Diplomatie, tact, savoir vivre. Les trois qualités incontournables de Myträ, et qui semblaient aussi être l'apanage de Swenn. Voilà qui allait l’occuper un moment pendant que Myträ allait s'adonner à ses passes temps favoris ; Chialer un litre de larmes et insulter le médecin.


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Swenn Milazzo
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Sam 14 Avr - 17:10
Irys : 922501
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Daënar +1
Le moment critique. Celui où il faut aller chercher cette balle. Heureusement, la trajectoire suivie par le projectile associée à l'anatomie féminine permet de n'avoir aucune zone vitale à proximité. Le poumon reste à bonne distance et aucun os n'était sur le chemin. Pas de risque majeur à ce niveau. Ce qui n'enlève strictement rien à la douleur qui va être provoquée par ce qui va suivre. D'où la nécessité de faire au plus vite.

Tout en écoutant Myträ lui donner une explication qu'il juge plus qu'étrange à la raison de son prénom, il utilise les ciseaux pour une incision élargissant de trois centimètres l'ouverture initiale. Soulagement, ils découpent la peau aussi bien que n'importe quel matériel médical. Un geste rapide et précis, permettant de réduire à une fraction de seconde le pic de douleur intense que peut provoquer une coupure profonde. Les doigts de sa main droite en contact direct avec l'ouverture ainsi créée, ceux de la gauche reposant à nouveau à l'endroit exact où se trouve la balle, il n'a plus qu'à se frayer un chemin jusqu'au projectile. Ses façons de faire ne sont pas des plus conventionnelles, mais sans plus de matériel à disposition, il n'est pas question qu'il lui fasse un nouveau trou plus proche du lieu de stockage de la balle. Un seul à gérer est amplement suffisant.

Bien entendu qu'il ressent toutes les contractions du corps de la jeune femme impossibles à contrôler dans de telles conditions, témoignant du supplice vécu par une telle opération. Évidemment, tous ses capteurs sensoriels sont encore en parfait état de fonctionnement. Mais tant que ces mouvements de défense sont présents, il n'y a pas à s'inquiéter. Aucun risque vital immédiat. Les vrais problèmes interviennent lorsque la douleur passe le seuil du supportable, faisant lâcher prise au cerveau, laissant le corps à l'abandon. Pour l'avoir vécu à plusieurs reprises, Swenn sait que rien ne garanti une reprise de conscience post opératoire.

Ce coup de poing qu'il n'a pas vu venir est d'ailleurs plutôt une bonne chose. Pas pour faciliter sa progression à travers les nombreux tissus musculaires qui composent un corps humain, mais parce qu'il prouve ainsi que le corps de la miss est en capacité de gérer cette intrusion. Les entrainements militaires ne doivent vraiment pas être tendres...

- "La réflexion c'est pas votre point fort dans l'armée non ? Si j'étais rattaché à un quelconque réseau de mafieux, j'aurais eu tout intérêt à te laisser mourir dans cette impasse. Idem si je devais être un receleur. Pour ce qui est du drogué... J'aurais sans doute du mal à garder un tel contrôle de mes mains."

Tout en répondant à sa façon à la question de Myträ, Swenn ne lâche pas du regard ce qu'il fait. Pour garder un niveau de concentration maximal certes. Mais avant tout pour ne pas avoir à croiser les yeux de la jeune femme. Si les contractions de douleur qu'il ressent à travers tous ces mouvements que fait son corps pour se débarrasser de cette présence beaucoup trop douloureuse réussit à lui retourner l'estomac, il y est en revanche suffisamment habitué pour garder une maitrise parfaite de ses mouvements, sans que son propre visage n'exprime le moindre désagrément. Mais voir un visage tordu par la torture qu'il lui inflige, c'est encore une chose qu'il gère très mal. L'une des rares choses qui arrive encore à ne pas le laisser de marbre. La vue du sang qui recouvre à présent sa main est bien plus simple à accepter.

- "Je trouve ce besoin de mettre un nom précis sur ce que font les gens beaucoup trop réducteur. Après tout, ce qui compte, c'est que je suis là à te retirer une balle de la poitrine. Même si je n'ai peut-être pas toutes les caractéristiques requises pour que tu puisses me coller l'étiquette parfaite de médecin sur le front."

Ce qu'il peut bien raconter n'est pas son principal problème. Cacher ses opinions n'est de toute façon pas dans ses habitudes. Non, la seule chose qui importe, c'est qu'à cet instant, il réussit enfin à déloger la balle du coin dans lequel elle reposait. Coincée entre deux doigts, il ne faut qu'une seconde pour que sa main gauche donne l'impulsion adéquate, avec une parfaite coordination du moment de retrait de sa main droite. Sûrement pas le moment le plus agréable, mais sans aucun doute le plus efficace.

- "Et puis, les gens qui entrent parfaitement dans des cases prédéterminées sont d'un ennui profond. Tu ne trouves pas ?"

Le chemin du retour se fait bien plus facilement, plus aucun obstacle n'étant présent. Et heureusement, parce qu'il est grand temps de laisser ce corps vide de tout élément étranger.

- "C'est fait. Elle est même entière. Et je n'ai pas eu besoin de t'attacher. Il ne restera plus qu'à savoir ce qu'en ont pensé les voisins ! "

Retirant les gants en un mouvement permettant une rapidité maximale, de sorte à ne pas tâcher immédiatement les compresses et bandages qu'il applique en suivant sur l'ouverture laissée, lui évitant de laisser s'écouler davantage de sang. Il ne restera plus qu'à recoudre correctement la plaie, ce qui pourra même lui éviter une nouvelle cicatrice trop voyante. A condition que l'alcool médical fasse correctement effet et lui permette d'éviter l'infection. Mais ce n'est pas le plus urgent.

Si Swenn ne se départi pas de son air des plus sérieux malgré les paroles qu'il peut balancer, voir cette balle en un seul morceau lui procure un grand soulagement. Retirant une partie de ce poids présent dans sa poitrine tout le temps qu'a duré l'opération. Tout s'est déroulé correctement. Il se permet même de couler un regard en direction du visage de Myträ pour contrôler l'état dans lequel elle se trouve à présent.


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Myträ Andreïev
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Lun 16 Avr - 19:23
Irys : 506257
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Myträ était plongée dans un maelstrom de douleur. Elle ne pouvait braver cette tempête qu’avec sa volonté. Un bien frêle esquif mais qui ne lui avait jamais fait défaut jusqu’alors. Or, la souffrance était toujours plus forte. Ce n’est pas suffisant de se dire qu’il ne s’agit que d’un signal sensoriel méprisable à loisir. La douleur déclenche chez la jeune femme des réflexes incontrôlables et ses tentatives pour les réprimer restent inutiles. Elle voulait s’excuser du regard à chaque fois que ces tressautements gênaient Swenn, mais celui-ci ne la regardait pas, concentré sur sa tâche. Il ne semblait pas impuissant devant ses spasmes. Bien que son travail demande une grande précision, il semblait s’accommoder de sa patiente, s’immobilisant à chacun de ses mouvements pour garder sa progression, puis reprenant aussitôt. Il se fendait même d’une réponse à sa précédente question.

- "La réflexion c'est pas votre point fort dans l'armée non ? Si j'étais rattaché à un quelconque réseau de mafieux, j'aurais eu tout intérêt à te laisser mourir dans cette impasse. Idem si je devais être un receleur. Pour ce qui est du drogué... J'aurais sans doute du mal à garder un tel contrôle de mes mains."

L’enfoiré ! Encore ce stéréotype sur les militaires. Myträ ne pouvait pas répondre, trop occupée à gémir. Elle laissa donc la colère monter pensant que ça l’aiderait à supporter la douleur, tel un rempart de fureur contre le raz-de-marée qui voulait la faire couler. Ça fonctionnait pendant une dizaine de secondes. La colère avait vite été abattue en quelques coups de boutoirs, faisant exploser ses fortifications aussi rapidement qu’elles avaient été érigées ; petit château de sable emporté par la marée. C’est ce moment que Myträ choisit pour fondre en larme. Elle abandonnait, rendait les armes, mais point d’armistice car la souffrance se poursuivait encore et encore. Myträ continua donc à pleurer toutes les larmes de son corps, entendant à peine ce que Swenn lui disait.

Enfin, ces tourments arrivèrent à leur terme alors que le Doc retirait enfin la balle. Myträ chassa le rideau de larme qui voilait sa vue, et s’autorisa un soupir de soulagement en voyant la petite pépite métallique. Piquetée de perles rouges, elle était minuscule par rapport au chemin qu’elle s’était frayée dans sa chair. C’était un miracle que le médecin ait réussi à la trouver, et même à la retirer.

La jeune femme était exténuée, mais elle n’avait pas pour autant perdu le fil de leur conversation. Elle se prit à fermer les yeux, tout en passant une main dans sa chevelure devenue poisseuse, avant de répondre d’une voix ensommeillée.

- C’est pratique les cases, dit-elle enfin. Ça permet de juger rapidement ceux qu’on ne veut pas prendre la peine de connaitre… C’est plutôt utile pour nous autre qui devons prendre des décisions rapidement et avec peu d’informations. Par exemple, ces types dans l’impasse. J’ai vu, j’ai jugé, j’ai agi.

Myträ avait regretté ces paroles au moment même où elles étaient sorties de sa bouche. Et bien qu’elle ait essayé de noyer le poisson avec ses explications de militaire, ça ne passait toujours pas. Elle ouvrit donc les yeux pour les tourner vers Swenn, une petite moue contrite.

- C’est pas ce que je voulais dire, s’excusa-t-elle. Je voudrais apprendre à te connaitre. Mais je sais pas parler aux garçons autrement qu'en leur braillant des ordres.

Les joues de Myträ prirent une subtile teinte safranée. Quelle conne aussi de dire ça. La vérité c’est qu’elle n’était pas habituée à être dans un tel état de faiblesse. Normalement, Myträ aurait appuyé sa confession d’une bourrade amicale et d’un sourire bravache. Mais là, exsangue et exténuée, elle n’avait plus grand-chose du capitaine de la prestigieuse Force Expérimentale de l’U.N.E. Elle n’était qu’une gamine qui baignait dans son sang.

Bon… et maintenant ? Swenn en avait bientôt fini et il allait partir. Myträ n’était pas particulièrement emballée par cette idée. Elle n’avait pas envie de rester toute seule. Cependant, elle n’osait pas déranger le médecin qui en avait déjà assez fait. Elle ouvrit donc la bouche comme pour dire quelque chose mais  resta coi, comme un poisson hors de l’eau. La locomotive de ses pensées retrouva ses rails, bifurquant sur autre sujet à cent lieues de ce qu’elle aurait voulu dire. "Reste", ce n'était pourtant pas bien compliqué.

- Je… Mes soins sont pris en charge par l’armée, déclara-t-elle en s’étranglant à demi. Si tu veux m’accompagner à la caserne demain, je t’y ferai rémunérer pour tes services.

Bien rattrapé ma fille ! Au dernier moment, alors même qu’elle s’apprêtait à raconter une autre connerie sentimentale. Même si, connaissant le bougre, il y avait peu de chance qu’il veuille bien mettre les pieds dans une caserne. Ses dernières remarques sur l’armée n’avaient pas été des plus tendres.


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Swenn Milazzo
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Mer 18 Avr - 9:27
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Et pas la moindre tâche de sang sur le t-shirt pourtant clair qu'il avait enfilé sous son blouson. On peut dire que cette opération s'est parfaitement déroulée. D'autant plus en considérant les moyens à disposition. Sûrement parce que Myträ s'est montrée être une patiente exemplaire. Malgré les traits fatigués de son visage qui trahissent encore le supplice vécu les minutes précédentes, elle arrive à reprendre la conversation. Surprenant une fois de plus Swenn, qui s'attend davantage à des bafouillements incompréhensibles. Heureusement, les paroles qui franchissent les lèvres de la jeune femme l'amusent suffisamment pour ne rien laisser paraitre de cette stupéfaction. S'il en était capable, il aurait bien rit de bon cœur. Aucun risque qu'il prenne mal ce genre de propos. Encore moins en voyant la malheureuse se débattre pour les rattraper. Lui arrachant un sourire franc, qui, s'il ne découvre pas pour autant ses dents, est bien inhabituel chez le chimiste. Peut-être bien qu'il commence à fatiguer...

- "Je ne sais pas comment t'es en tant que capitaine, mais comme patiente, je te trouve super coopérative. Presque docile. Et j'ai pas eu l'impression que tu me brailles dessus. Enfin, pas trop."

Même sa voix se fait moins tranchante. Sûrement pas provoquée par une quelconque pitié pour l'état de la miss. Elle lui a bien assez prouvé qu'elle est suffisamment forte pour ne pas en avoir besoin. Peut-être pour cette raison qu'il s'autorise un brin de sympathie. Associée au contre coup de la maîtrise totale exercée sur chaque parcelle de son corps, qui a été nécessaire pour les manipulations qui ont précédé.

Une fois les compresses correctement positionnées, de sorte à ce que la plaie soit artificiellement refermée, et avoir renforcé l'édifice à l'aide de bandages entourant la cage thoracique de la jeune femme, Swenn fini par lui remonter le drap aux épaules. Pour sûr qu'il faudrait les changer, le sang imprégnant une bonne partie du tissu. Mais ça attendra qu'elle aille mieux. Pour l'instant, elle a juste besoin de repos. En espérant que l'épuisement dont elle doit être victime après tout ce qu'elle vient d'endurer soit plus fort que la douleur.

Sans savoir comment est la version Myträ en uniforme, au top de sa forme, le médecin n'a pourtant aucun doute qu'il préfère celle qu'il a sous les yeux en ce moment. Certes, il n'a pas spécialement envie d'encaisser le moindre coup de venant d'elle, qui compte tenu des paroles un peu trop franches concernant les militaires du jeune homme n'est pas une option irréaliste. Mais ce sont surtout ses changements de couleur, sa moue désolée, et maintenant ses tentatives avortées pour lui transmettre un message, qui finissent de lui donner un côté attachant. Impossible à éprouver pour Swenn chez quelqu'un qui porte l'uniforme.

Pourtant, ses dernières paroles provoquent un haussement de sourcils étonné chez le médecin. Plantant de nouveau ses yeux dans ceux de la blessé, il essaie de voir à travers ces iris bleus si elle pense réellement ce qu'elle vient de dire. Ou si la fièvre s'est déjà installée. Lui rendant immanquablement son air moqueur. Sûrement la faute à ce mot, "armée". Mais comme elle s'est montrée agréable à soigner et qu'elle a admirablement tenu tout le temps nécessaire à l'extraction de la balle, il va tenter une réponse... Aimable ?

- "Tu crois vraiment qu'il y a la moindre chance pour que j'accepte une telle "offre" ?"

Non, finalement ça ne va pas être possible. Pour contrer les mots qui ne vont pas tarder à franchir ses lèvres, Swenn s'en retourne chercher une verre d'eau. Le temps de trouver un contenant et d'y verser le liquide, il a au moins le temps de faire un tri des termes à éviter. C'est bien plus facile de soigner une personne en état critique que d'assurer une conversation correcte. Puis tente de livrer sa vision de façon la plus neutre qui soit en revenant vers la miss. Et il ne s'attend pas à ce qu'elle remette en question une seule de ses paroles.

- "D'abord, il n'est pas question que tu bouges d'ici pour les prochaines vingt quatre heures. Minimum. Ensuite, si je dois prendre le risque de mettre les deux pieds dans une caserne, ce sera pour expliquer à ces gens qu'ils vont devoir faire sans toi. Pour finir, je n'ai pas besoin d'un stupide paiement. Si t'as oublié la raison pour laquelle tu te trouves dans cet état, c'est pas mon cas. Et puis t'as été cool comme malade, alors je considère qu'on est quitte."

Bon, le résultat n'est pas trop mal. Ça aurait pu être bien pire. Après tout, il ne s'est sûrement pas donné la peine de porter Myträ jusqu'ici, puis d'aller à la recherche de ce projectile, et finalement de panser le tout, pour la voir s'ouvrir de nouveau au premier mouvement un peu trop brusque. Qui ne doit pas manquer chez ces bourrins de l'armée. Elle a beau être costaud, elle n'est pas pour autant immortelle. Et puis après tout, c'est lui le médecin !

- "Commence par boire ça. Entre le sang que t'as perdu et l'alcool que t'as avalé, il te faut de l'eau. Et essaie de te reposer. T'as largement assez luté pour ce soir. Et puis, ça t'empêchera de dire des conneries."

Ouais, bah le job d'infirmier c'est pas fait pour lui. Se montrer sympa et compréhensif avec les malades en phase de rétablissement, il lui faut encore une bonne dose d'entrainement. Tant pis. De toute façon, Myträ n'a pas d'autre choix pour le moment que de le supporter. Bien sûr qu'il ne va pas se barrer tout de suite, l'abandonnant seule dans cette phase douloureuse de rétablissement. Elle serait bien capable de s'imaginer être capable de faire plus que ce que son corps ne peut réellement supporter. Sans compter que l'autre abruti de piaf est toujours profondément endormi, bien parti pour faire sa nuit. Peut être que c'est son métabolisme qu'il devrait étudier pour faire avancer la médecine...

- "T'as du café quelque part ?"

Habitué aux nuits blanches, rester éveiller plus de vingt quatre heures ne pose aucun problème à Swenn. Mais pas sans caféine. Minimum. Mais il ne fera pas l'affront à la demoiselle de lui demander une fois de plus si elle ne dispose pas de produits plus puissants. Il risque de réellement finir dans la case "drogué".


"Hence to fight and conquer in all your battles
Is not supreme exellence"




"Supreme exellence consists in breaking ennemy's resistance
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[Sabaton - Art of war ; d'après Sun Tzu]
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Myträ Andreïev
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Mer 18 Avr - 18:57
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Elle grimaça à peine pendant que Swenn pansait sa plaie, essayant toujours de faire le moins de mouvements possible. Pour sûr qu’elle était docile, mais seulement envers ceux qui avaient une autorité sur elle. Jamais un mot plus haut que l’autre envers son paternel, ou bien la moindre dissidence devant ses supérieurs hiérarchiques. L’obéissance, ou plutôt
"la discipline" comme certains aiment à l’appeler, est une qualité fondamentale pour être efficace à la guerre. Imaginez-vous votre pistolet qui hésite à tirer une fois la gâchette appuyée ? Eh bien, un soldat indiscipliné est tout aussi inutile. Et Myträ était un bon soldat. Définitivement, Swenn n’aimerait pas la voir en tant que capitaine...

Qu’est-ce que venait faire le médic dans cette histoire ? Hé bien, un médecin de l'armée a toute autorité sur un blessé, quel que soit son grade. Myträ se laissait donc manipuler telle une poupée de chiffon, comme la bonne petite soldate qu’elle était. Autrement, le rapport entre Swenn et Myträ aurait été bien différent. Tout est question de circonstance.

Myträ observait un changement de comportement chez le jeune homme. Il semblait plus avenant, se fendant même d’un sourire qu’elle lui rendit aussitôt tant ils semblaient rares. Elle conjecturait que c’était dû à son opération réussi, lui enlevant une grande pression sur ses épaules. Difficile d’imaginer qu’elle en était l’origine.

La blessée souleva les bras alors que le médecin remontait la couverture sur elle. Elle aurait pu se montrer un peu plus caractérielle à se faire ainsi border comme une enfant, mais elle n’avait plus la force de se rebeller. Elle accueillit donc parfaitement bien la réponse offusquée de Swenn quant à un éventuel paiement. Bien loin de l’agacer, ça l'amusait qu'il voit les choses sous cet angle. Myträ avait été blessé parce qu’elle avait manqué de vigilance. C'est tout. Que Swenn estime qu’il avait une part de responsabilité, s’en était presque mignon.

- A ton service, citoyen, taquina Myträ en faisant une ébauche de salut, sachant que Swenn détesterait ça. Et oui, je veux bien que tu préviennes la caserne, avant que mes gars défoncent la porte de mon appart en me cherchant. Je t’écrirai un mot.

Elle gloussa sans rien dire alors qu’on lui faisait passer le verre d’eau. Prenant plusieurs gorgée durant lesquelles elle cessa effectivement de dire des conneries, elle se rendait compte à quel point elle était déshydratée. Toutefois, elle n’avait aucune envie de se reposer. Elle voulait parler

- J’ai du thé dans le placard du haut, répondit-elle en pointant du doigt. Tu savais que la caféine et la théine c’était la même chose ? Fais-le infuser dix minutes et il sera aussi concentré et dégueulasse qu’un vrai café.

Si Swenn s’en contentait, il y’a avait effectivement des sachets bon marché derrière des conserves et… des arme. On ne sait jamais quand on a besoin de tuer. Terrible cette fille ! Pendant qu’il prenait la décision de consommer, ou pas, la seule substance psychoactive présente dans cet appartement, Myträ avait envie d’en savoir un peu plus sur son sauveur. Il n’était pas un très grand communiquant. Les rares questions fermées que la jeune femme lui avait lancé s’étaient soldées par une fin de non-recevoir.

- Tu n’as pas l’air d’aimer l’armée, tenta-t-elle en enfonçant les portes ouvertes. Ça ne me dérange pas. Je suis contente de servir dans les forces armées afin que ceux qui le désirent continuent à vivre leur pacifisme comme ils l’entendent. La non-violence est un luxe que seuls les citoyens d’un pays bien armé peuvent se permettre. Je suis fière de me battre pour que ceux qui ne le veulent pas n’y soient pas obligés.

La soldatesque blonde n’essayait même pas de provoquer le médecin. Elle pensait tout ce qu’elle disait sans vraiment craindre la réaction de son interlocuteur. Le sentiment anti-armé des civils n’étaient pas rare. Si au début, Myträ avait été très peinée que ceux qu'elle était sensée protéger ne lui rendent pas toujours sa bienveillance, elle prenait désormais cette animosité avec philosophie. Si l’armée n’était pas là pour protéger l’intégrité du pays, les gens ne pourraient probablement pas exprimer leur opinion, quel qu’il soit. Ou pire, le gouvernement pourrait les obliger à prendre les armes via la conscription. Myträ avait ce principe en horreur. La guerre doit être menée par des professionnels, et non par de pauvres gens obligés de donner la mort ou de la recevoir pour des idéaux auxquels ils ne croient pas.

Elle se voyait un peu comme une héroïne qui combattait les horreurs du monde afin qu’aucun enfant de Daënastre n’ai, ne serait-ce que conscience de leur existence. Ils pouvaient bien ensuite détester l’armée et la violence à leur guise. Ça prouve qu’ils sont encore vivants pour le faire, et donc que Myträ faisait bien son travail.

- Aller dis-moi, tu ne me vexeras pas, promit-elle. C’est la violence ? La discipline ? L’uniforme ? Ou bien le fait qu’on ne soit pas des lumières ?

La blonde battit innocemment des pieds. Dire qu’elle n’avait pas d’appréhension vis-à-vis de la réponse serait mentir. Depuis le début, elle sentait bien qu’il y avait une animosité entre eux. C'était depuis longtemps une évidence que cette animosité trouvait sa source dans leurs idéaux complètements opposés. Elle-même avait réussi à passer outre. Swenn lui avait sauvé la vie. Il pourrait être le pire des enfoirés qu’elle l'apprécierait quand même. Bon… Peut-être pas s’il était un my’trän, mais de toute manière, un my’trän ne lui serait jamais venu en aide. Ces gens ont atteint un sommet dans la méchanceté et la cruauté qui dépasse tout entendement.




Dernière édition par Myträ Andreïev le Ven 20 Avr - 9:57, édité 1 fois
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Swenn Milazzo
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Ven 20 Avr - 9:38
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Sérieux ? Il va vraiment devoir se rendre dans une caserne de son plein gré ? Qu'est-ce qu'il a raté pour se retrouver dans cette position ? Ah oui, il a tenté de se montrer sympa. Bravo. Et en plus il va falloir jouer les pigeons voyageurs. Bah, c'est sûrement mieux que d'essayer de communiquer directement avec ces gens. Le risque qu'il se montre une fois de plus insupportable, ne prononçant pas les bonnes paroles est un peu trop fort. Moins il aura à en dire, mieux ça vaudra. Mais quand même, il s'en passerait bien !

Et en plus pas de café. Damned. Du thé. Bien un truc de bonne femme ça. Qui fait pisser en plus. Bon, il suffit de mettre le minimum d'eau. Ce sera déjà ça de gagné. S'il n'y a rien d'autre il va de toute façon devoir s'en contenter. Laisser infuser longtemps... Ah, il se lancerait bien dans un débat sur la concentration en caféine que peut contenir une tasse de café en comparaison de la théine retrouvée dans une de thé. Même avec un temps de trempage prolongé. Mais il sait qu'il va encore se retrouver avec ses airs de donneur de leçons, et Myträ n'a pas besoin de ça pour le moment.

Pourtant, ça aurait très probablement été une bonne chose. Parce que la miss ne trouve rien de mieux que d'embrayer sur un sujet... Sensible. Et en toute connaissance de causes. Pourquoi ? Enfin, si elle veut vraiment avoir son avis sur une telle question, il ne va pas se priver. D'autant plus en entendant ses débuts de justification à la beauté du métier qu'elle exerce. Une fois de plus, Swenn ne peut s'empêcher de marquer un temps de pause, comme s'il attendait qu'elle finisse par rétracter sa question, lui avouant que c'est stupide et qu'ils feraient mieux de passer à autre chose. Mais rien ne vient. Bon. Dans ce cas.

- "Ok. Mais t'as quand même conscience que ça ne va pas te plaire ?"

Rhétorique évidemment. Il voit bien qu'elle a l'air déterminée à savoir. Mais avant de se lancer dans de grands débats, il fouille le placard indiqué, levant les yeux au ciel en apercevant toutes ces armes qui n'ont strictement rien à faire dans un tel endroit. Puis, avec la plus grande précaution, clairement mal à l'aise d'une telle proximité avec ces engins, attrape l'objet recherché. Met de l'eau à chauffer. Et en profite pour remplir de nouveau le verre que Myträ a descendu d'un trait.

- "Il y a évidemment un peu de tout ce que tu dis. Tous ces concepts, je ne les accepte pas, mais je peux comprendre que tout le monde ne soit pas pareil. S'il n'y avait que la violence, ce manque cruel de réflexion personnelle à cause de l'urgence, et tout le reste, je me contenterais de détester ces abrutis de politiciens ou ces aristos cupides qui tirent toutes les ficelles. Et que je juge bien plus responsables que les militaires eux-mêmes."

Il n'a pas l'intention de se forcer à mesurer ses mots ou à formuler quoi que ce soit de façon à ne pas paraitre désagréable. Une fois le peu d'eau qu'il a mis à chauffer presqu'à ébullition, Swenn le verse dans une tasse, et y ajoute deux sachets de thé. Pour sûr que le goût de ce breuvage n'est pas sa priorité. Puis revient s'assoir sur la chaise restée à proximité du lit. La suite de son discours risque d'être bien moins réjouissante.

- "Ce que je reproche à l'armée, c'est l'hypocrisie. Cette façon de profiter de la loi, de la modeler selon leur bon vouloir, d'avoir tout cet attirail les rendant tout puissant, pour profiter des plus faibles. D'abuser de leur statut privilégié, pour débarquer dans les coins les plus malfamés et faire chanter ces pauvres types qui n'ont jamais eu d'autre choix que d'une vie misérable dans l'illégalité. Et pour les plus ambitieux, de trafiquer avec les têtes pensantes de réseaux sous terrains, acceptant la corruption sans le moindre état d'âme. Plus ils montent grade, pire ils sont. Parce qu'avec le pouvoir, on peut tout avoir."

Sa voix trahi sans difficulté tout le ressentiment qu'il peut avoir pour ces gens là. Il emploie volontairement la troisième forme du pluriel, n'ayant pas l'intention d'y inclure Myträ. Il ne la connait pas suffisamment pour ça, et sait parfaitement que tous les praticiens d'un même métier ne sont pas identiques. D'ailleurs, il aurait plutôt tendance à la voir comme bien candide à propos de cette réalité qu'il n'a que trop souvent vu. Ayant été amené plus d'une fois à fournir des militaires en divers produits psychotropes. Et ayant vu plus d'une fois des armes servir de moyen d'échange. Pourtant, il ne dit pas les choses de façon aussi explicite. Sans toutefois chercher à cacher l'existence de ces pratiques. La jeune femme comprendra ce qu'elle voudra.

- "Ne te méprend pas, je n'aime pas plus les mytrans et leurs pseudos dieux que n'importe lequel d'entre vous. Je ne fais pas non plus partie de ces utopistes qui pensent pouvoir vivre dans un monde de paix sans aucune violence. Les forces armées sont nécessaires. Mais c'est cette façon de croire que le seul problème se trouve en dehors de nos frontières m’écœure. Et de pouvoir faire ce qu'ils veulent à l'intérieur. Tant que ça ne s'ébruite pas."

Swenn a bien conscience que cet exposé est peut-être un peu trop poussé. Et que les problèmes exposés ne touchent qu'une faible partie de la population. Celle qui n'intéresse pas. Qui est laissée aux mains de certains barons suffisamment malins aux bras longs. Après tout, son dégoût des forces armées est relativement récent. Élevé dans un contexte bourgeois, ces problèmes lui étaient bien étrangers à cette époque. Ce n'est que depuis qu'il a embrassé le monde de l'illégalité que sa vision de la société a complètement évolué. Évidemment, pour les gens biens les militaires sont au pire des gros bras un peu trop portés sur la violence avec un petit pois en guise de cerveau.

- "Satisfaite ?"


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Swenn râle en   #f77d40
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Myträ Andreïev
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Ven 20 Avr - 19:36
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Wow ! La militaire s’attendait à un discours altermondialiste à propos d’un monde idyllique débarrassé de la violence et des armes. Chaque homme et chaque femme se donnant la main pour créer une société sans clivage social, ni oppression. On lui en avait déjà servi des utopies pacifiques et égalitaires où les gens comme elle ne sont pas nécessaires. Myträ s’attendait donc à une diatribe sur le même thème. Quelle ne fut pas sa surprise en entendant l’argumentation de Swenn !

Myträ passa par toute une palette d’expressions diverses au fur et à mesure que le jeune homme développait sa pensée. D’abord la mine sereine et fataliste de celle qui va en prendre pour son grade, puis une incompréhension grandissante, pour finir par une moue totalement incrédule, voir idiote. Ce qui donnait tout à fait raison au médecin quant à ses doutes vis à vis des capacités intellectuelles d’une militaire. Elle ne comprenait pas vraiment de quoi Swenn lui parlait. Elle-même n’avait pas beaucoup de relation avec ces militaires qui sont affectés à des postes sédentaires et ennuyeux. En tant que membre des Forces Expérimentales, elle voyageait énormément. Sa vie était une longue suite d’entrainements, ponctuée d’interventions dans tout le pays, et même au-delà. Elle ne connaissait guère les mauvaises habitudes que prenaient ceux qui restaient trop longtemps en garnison. Les soldats en faction devant les bâtiments administratifs. Les haut-gradé réduit à un travail de secrétariat. Ceux qui croupissent dans leur caserne. Un dangereux cocktail de pouvoir et d’oisiveté. Il dérivait inévitablement sur les comportements que Swenn évoquait.

La capitaine n’était pas aveugle cependant. La corruption et les magouilles existent partout. C’est simplement que Myträ dégageait une telle aura d’intégrité qu’aucun corrompu n’osait l’inclure dans ses combines. Elle avait la réputation d’être inflexible avec le règlement, de la même manière qu’elle incarnait parfaitement les valeurs de l’armée. La blonde sur les fascicules de recrutement qui salue le drapeau avec un air à la fois sérieux et fier ; c’était elle. Même les officiers supérieurs prenaient des pincettes avec elle lorsqu’il fallait passer outre les procédures d’usage pour des raisons d’urgence ou de lourdeur administrative. Toutefois, bien qu’elle ne connaisse pas ces soldats et ces gradés corrompus, elle parvenait sans mal à imaginer leur existence.

- Satisfaite, confirma Myträ à la fin de l’exposé. Je ne côtoie que très rarement les milieux défavorisés et je n’ai jamais été témoin des comportements dont tu parles. Mais je ne mets pas en doute ta parole, sachant que certains militaires, peu scrupuleux, pourraient effectivement s’adonner à ce genre de méfait. Ils en ont le pouvoir et la malhonnêteté.

Elle secoua la tête.

- Je fais partie des Forces Expérimentales, notifia-t-elle sans se souvenir si elle l’avait déjà évoqué. Nous intervenons rarement dans les villes et il est rare que nous restions au même endroit pendant plusieurs semaines. Je ne connais aucuns militaires corrompus. Si c’était le cas, je les aurais déjà fait chassé de l'armée. Et enfin, si un jour tu as des ennuis avec ce genre de soldats, rappelle-toi que tu auras toujours une amie dans l’armée pour t’aider.

Myträ lui décocha un large sourire. "Ami". Swenn avait amplement mérité ce grade prestigieux, et surtout très rare. Vu le tempérament du bonhomme, il y avait peu de chance qu’il fasse un jour appel à elle, mais c’est l’intention qui compte. Avoir dans ses contacts une capitaine des Forces Expérimentales, ça pouvait toujours être utile.

La jeune femme se fatiguait vite. Même si elle aurait bien voulu continuer la discussion avec Swenn, ses paupières devenaient si lourdes que ses battements ralentissaient. Sa blessure pulsait une douleur diffuse mais supportable ; incapable d‘arrêter le sommeil qui tissait son cocon ouaté autour de Myträ.

- L’armée n’est pas parfaite, concéda Myträ. Toutes les institutions humaines à l’image de leur créateur ont forcément une face cachée. Mais c’est dommage de détester l'armée et ne voir que ce revers de la médaille, alors que tu as l’autre facette juste devant toi. Car moi, tu m’aimes bien, n’est-ce pas ?

Sa voix s’éteignait au fur et à mesure jusqu’à ne plus être qu’un murmure aussi fragile qu’une flammèche. La petite blonde était déjà endormie avant même de laisser le temps à Swenn de répondre à sa question. Son bras enroulé autour de sa poitrine bandée, l’autre qui pendait hors de la couverture. Il n’y avait de mouvement que les lentes inspirations ; souffles fin sifflant entre les deux lippes cerise. Une mèche blonde un peu aventureuse s’y faisait doucement balloter. Myträ était presque jolie avec cette masse de cheveux blonds semblables à des algues cuivrés recouvrant son visage jusqu’à ses cicatrices.

Dehors, on pouvait voir le ciel se teindre d’indigo. Les lampadaires perdaient de leur éclat indispensable alors que l’horizon se chargeait d’éclairer cette ville hébétée. Une explosion figée enflammait les plaines d’Ünellia, annonçant le réveil de l’astre et la venue d’une nouvelle journée.


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