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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Qui parle de pause ? [PV Myträ]

Swenn Milazzo
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Lun 23 Avr - 15:35
Irys : 675386
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Une réponse mesurée et parfaitement calme à ses accusations. Qui étonne Swenn malgré cet air impassible qu'il continue d'afficher. Il faut avouer que les rares fois où il s'est retrouvé à évoquer ces problèmes avec les forces de l'ordre, quelles qu'elles soient, les réactions ont toujours été bien plus musclées. Peut-être est-ce parce que Myträ n'en a plus la force. L'épuisement visiblement non loin. A moins que ce ne soit dû à son appartenance aux forces expérimentales. Le chimiste n'ayant une connaissance que sommaire de tous les rattachements liés à l'armée. Quoi qu'il en soit il doit bien avouer que cette retenue dont fait preuve la jeune femme est plus qu'appréciable. Il a toujours préféré avoir affaire à des personnes capables de self control à ceux qui aiment se donner de grands airs à parler fort et à s'emporter à la première occasion.

Mais il n'est pas au bout de ses surprises, puisque voilà que Myrtä emploie un terme qui lui est bien étranger. Amie. Il y a beaucoup trop longtemps qu'il ne l'avait plus entendu. Ou du moins qu'il n'a pas été obligé de prendre la mesure de sa signification. Toutes ses interactions sociales étant uniquement dictées par les intérêts de chacun. Et son côté froid et râleur lui ayant toujours permis de venir en aide à ceux qu'il considère dans le besoin, sans que ces derniers n'aient spécialement envie d'avoir à endurer sa compagnie de nouveau. Et si ce n'est pas suffisant, son sens de l'humour douteux fini souvent par lui permettre un détachement total vis à vis de ce concept dont il a encore bien du mal à maîtriser les bases.

Évidemment qu'il ne compte pas avoir recours à ce privilège. Déjà parce qu'il ne pourrait s'empêcher de se sentir redevable, chose qui est impensable. Et ensuite parce qu'il y a peu de chances pour qu'il soit parfaitement blanc s'il devait effectivement un jour avoir besoin d'une amie disposant d'un tel statut... Toujours est-il que c'est à son tour de se retrouver avec cet air hébété sur la tronche. Rien de très prononcé, mais pour Swenn et sa maîtrise habituelle de chacune de ses réaction, c'est plutôt révélateur. Non, il ne sait absolument pas comment le prendre, d'autant plus avec ce sourire de la jeune femme. Il aimerait pouvoir garder cette façade complètement détachée. Mais il n'en est pas capable et c'est bien ce qui l'agace le plus.

Heureusement, Myträ continue sur sa lancée, lui offrant le luxe de ne pas avoir à répondre. Ou pas. Puisqu'elle lui met maintenant tout le pessimisme dont il fait preuve sous les yeux. Ce n'est pas qu'il l’ignore, mais il préfère ne voir que la mauvaise face de chaque situation. Un excès d'optimisme ne mène qu'à la déception. Qui peut être violente. Le jeune homme n'ayant toujours pas réussi à se remettre de la dernière en date, il préfère éviter ces effervescences de bonheur, se contentant de travailler - de façon plus ou moins légale - et d'apprécier les plaisirs éphémères de la vie. Et surtout, de limiter ses interactions sociales à leur minimum. Il n'est de toute façon pas très doué pour ça. Alors de là à savoir s'il apprécie la miss... Pourquoi faut-il qu'elle lui pose une telle question ? Même si ce n'en est pas réellement une. La partie sentimentale est totalement à l'abandon chez Swenn. Moins il doit les gérer, mieux il se porte.

Il n'est donc pas mécontent de ne pouvoir que constater que la demoiselle est déjà bien endormie. Les traits du visage détendus et la respiration lente du dormeur. Le brun reste plusieurs minutes ainsi, à seulement regarder Myträ. Sans pouvoir s'empêcher de repenser à ses mots. Pourquoi des paroles a priori si simples réussissent à le troubler ? Parce qu'elle a raison sans doute. Ce qui est plutôt embêtant. C'est beaucoup plus simple d'affirmer détester le monde entier. Et de déployer tout un escadron de mauvaise foi, lorsqu'il faut justifier ses manies à prendre de son temps pour venir en aide au premier inconnu croisé avec une balle dans la poitrine. Bien sûr qu'il l'aime bien finalement. Mais il préfère garder tout ça encore bien enfoui, ignorant cet attachement complètement irrationnel dont peut faire preuve l'être humain vis à vis de ses semblables.

Cette conclusion satisfaisante trouvée, Swenn se décide à boire cette infusion sacrément foncée qui repose dans le fond de la tasse, posée à côté de tout le matériel qu'il a utilisé pour l'opération. Et ne peut réprimer une grimace en avalant le liquide. Il ne s'attendait sûrement pas à ce que ce soit aussi fort. Peut-être que s'il avait pensé au sucre... Mouais tant pis. Le silence presque parfait, le brun se lève après avoir passé une main dans ses cheveux, essayant de se maintenir éveillé. Puis se dirige vers la fenêtre, observant l'arrivée du soleil dans ces rues qu'il ne connait pas. Jusqu'à ce que la fatigue vienne lui rappeler qu'une fois de plus, il abuse sur le nombre d'heures de sommeil qu'il accorde à son corps.

Après quelques minutes passées debout à observer le spectacle offert aux lèves tôt - ou aux couches tard - il finit par revenir aux côtés de Myträ, bien décidé à attendre patiemment qu'elle récupère de l'énergie. Tout en s'assurant qu'une montée de fièvre ne vienne pas se déclarer entre temps, ce qui reste assez fréquent suite à des manipulations de ce type dans ces conditions. Son regard se posant de nouveau sur la militaire endormie, il ne peut s'empêcher de ressentir de nouveau ce poids dans sa poitrine. Bien sûr qu'elle reste belle. Et ce malgré ses larges estafilades en travers du visage, qui lui apportent un certain charme. Mais ce n'est pas ça. D'une main, il ramène la mèche de cheveux blonde rebelle à sa place. Bah, après tout il n'y a personne pour le voir, il peut bien s'autoriser un moment d'égarement. Il n'aura plus qu'à se persuader que c'était dû à la fatigue. Il est plutôt doué lorsqu'il s'agit de trouver des excuses à ses actes trop sentimentaux à son goût.

Il se rassoit finalement, reposant sa joue dans la paume de sa main. Fermant parfois les yeux quelques secondes pour les ouvrir de nouveau en suivant. Veiller sur une personne en phase de rétablissement n'est pas une nouveauté, et Swenn ne manque pas de patience pour cet exercice. Mais il se trouve souvent chez lui dans ces cas là, et peut s'occuper l'esprit et les mains en mettant au point divers produits selon ses besoins. Cette fois, il devra se contenter d'attendre simplement que le temps nécessaire s'écoule. Et puis, finalement, un peu de repos ne lui fera pas de mal. Le risque qu'il s'endorme réellement étant de toute façon bien faible.


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Myträ Andreïev
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Mar 24 Avr - 17:34
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Encore un cauchemar. Ce ne serait pas grand-chose, s’il n’était pas magnifié par un kaléidoscope angoissant provoqué par la fièvre. Les délires qui vont de pair s’accompagnent toujours de leur lot d’émotions brutes. C’est une expérience tout à fait terrifiante, mais dont les souvenirs s’évaporent comme n’importe quel rêve. Il ne restait qu’une réminiscence déroutante, comme les souvenirs d’une séance de torture qu’on vous aurait ensuite forcé à oublier. Une expérience traumatisante, mais pas pour une militaire dont les mauvais rêves font partis intégrants du boulot.

Myträ se réveilla avec l’impression d’avoir eu une nuit agitée. Ou plutôt une matinée, car le soleil était désormais à son apogée. Sa blessure la tirait et elle se sentait très faible. Des désagréments qu’elle avait l’habitude d’ignorer au même titre que la douleur. La blonde coula plutôt un regard à Swenn et ne put s’empêcher d’être flattée de constater qu’il l’avait veillé. Pas de quoi s’emballer cependant. Il ne fallait voir ici que la manifestation d’une conscience professionnelle exacerbée. Rien de plus.

Myträ se redressa tout doucement de peur de réveiller son invité. Le lit poussa alors un grincement plaintif, arrachant une grimace à la blonde qui s’immobilisa immédiatement. Il fallait avoir un sommeil léger pour se réveiller pour si peu. C’est donc sans appréhension qu’elle poursuivit. Prenant appui sur les bords du lit, elle se pencha sur le Doc, son visage désormais à quelques centimètres du sien. Ces mires bleu scrutaient chaque détail de son visage mat, s’arrêtaient sur ses piercings, et suivaient la naissance des tatouages qui disparaissaient sous ses vêtements. Elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de l’observer avant. D’abord parce que son regard n’incitait pas à prolonger le contact visuel, mais aussi parce que c’était la première fois qu’elle le voyait de jour.

Honnêtement, il ressemblait à un voyou. Le genre de garçon que Myträ ne pouvait pas encadrer d’habitude. C’était amusant qu’elle n’ait pas envie de lui mettre son poing dans la tronche. Mais ce voyou-là lui avait sauvé la vie. Le cogner était bien la dernière chose qu’elle voulait faire à ce petit minois. Ce serait si facile pourtant… Elle était si proche… Si proche qu’elle sentait son souffle s’écraser sur son visage, cascadant comme autant de nuées ardentes le long de son cou. Si proche qu’elle pouvait deviner le gout de sa peau sur sa langue ; douce-amère avec des bouquets de noisette. La respiration de la blonde changea de tempo, entrainée par son cœur qui cognait de plus en plus fort contre sa poitrine pansée. Myträ pressa une lippe entre son émail ivoire, comme un fruit mûr dont on extrait le nectar sucrée. Un suc au relent de miel. Un suc à partager… Les ailes roses s’ouvrirent alors avec une lenteur hésitante, appelant leurs sœurs de toute leur force et grappillant petit à petit la distance qui les séparait…

D’un geste vif, Myträ s’esquiva de sa couche en ricanant. Elle trottina jusqu’à la salle de bain et bloqua toute éventuelle remontrance lancée à ses trousses en verrouillant derrière elle. Que le Doc l’excuse. De sa connerie séculaire bien sûr, mais également de lui filer entre les doigts sans lui demander son avis. Elle ne supportait plus d’être incommodée par le sang séché et la sueur qui l’imbibaient depuis hier soir. Elle retira donc son treillis et sa culotte avant d’entrer dans la cabine de douche. Un profond soupir apaisé fut exhalé lorsque l’eau lui dégringola sur le crâne, la purifiant de la mort, du sang et de toutes les immondices qui jonchaient cette fameuse impasse. Sa blessure à la poitrine piquait toujours autant, même si l’eau imbibant désormais le bandage était rafraichissante. Elle n’osait pas le retirer pour savonner le tout. Elle préférait laisser Swenn réparer les conséquences de ses caprices.

Ses ablutions terminées, elle sauta dans un short. Un habit civil certes mais à l’évidence, Myträ allait devoir prendre plusieurs jours de vacances forcées. Le temps de se remettre. Elle revint donc dans son salon les cheveux aussi trempés que ses pansements.

- Je me sens super bien, mentit-elle avec aplomb. Tu veux un petit dèj’ ? Je suis la reine des œufs brouillés.

Non. Faux. S’il y avait bien une chose pour laquelle Myträ était nulle, c’était pour la cuisine. Ses célèbres œufs brouillés avaient le goût de terre et de charbon, pourtant ils ne contenaient que des œufs, du sel et du poivre. Prodigieux ! Une magicienne de la poêle à frire !

Son air enjoué était sa manière d’évacuer la douleur et les étoiles qui commençaient à bourdonner devant ses yeux. Elle voulait également convaincre Swenn qu’elle allait aussi bien qu’elle le disait. Ce n’était qu’une petite faiblesse passagère. Elle avait perdu beaucoup de sang voilà tout. Il suffisait qu’elle mange pour se refaire une santé.




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Swenn Milazzo
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Jeu 26 Avr - 19:45
Irys : 675386
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
A mi chemin entre les rêves et la réalité, un méli mélo de scènes toutes plus improbables les unes que les autres défilent dans l'esprit de Swenn. Des courses poursuites, des échanges de coups de feu, des ruelles qui s'enchainent, du sang, beaucoup trop de sang. Et quelque part dans ces différentes peintures aux allures apocalyptiques, Myträ apparait toujours. Ramenant inévitablement son attention dans la pièce dans laquelle il se trouve réellement. Pour divaguer de nouveau la seconde suivante.

Rien d'étonnant donc à ce que ce grincement le tire une fois de plus de ce monde parallèle. Pour autant, il n'a pas envie de se réveiller totalement, gardant les yeux fermés, prêt à repartir loin de l'appartement. Pas d'autre bruit, la jeune femme a seulement dû bouger dans son sommeil, il peut bien encore gagner quelques minutes. Juste quelques instants supplémentaires. Pourtant, ses sens bien éveillés eux, le poussent à reprendre totalement conscience. Une impression étrange, celle là même qui se déclenche lorsque le cerveau imagine une autre présence beaucoup trop proche. Laissant un frisson à peine perceptible se balader de son torse au bout de ses doigts. Pas désagréable, mais qui lui fait finalement abandonner la lutte désormais perdue d'avance pour un retour à l'état de sommeil semi profond.

Cet instant où son cerveau fini par accepter de reprendre contact avec la réalité correspond à celui où un nouveau bruit, plus prononcé cette fois, lui parvient. Lui faisant immédiatement relever la tête, les yeux cette fois grands ouverts, prêt à engranger de nouveau toutes les informations que son environnement pourra lui transmettre. Mais la seule qui le frappe de plain fouet, c'est bien la blonde, de dos, sur ses jambes, qui s'apprête à disparaitre par la porte de la salle de bain. Et qui verrouille en plus. Quelle peste !

- "Je retire ce que j'ai dit. Tu n'as rien de docile."

Bien qu'il ai parlé suffisamment fort pour s'assurer que la miss entende malgré la cloison qui les sépare, Swenn garde le même ton parfaitement calme et maîtrisé qu'à son habitude. Ce qui n'empêche pas cette frustration de monter. Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement rester là à se reposer ? Un soupire, l'air dépité, et le front entre les mains, il reste quelques secondes ainsi à se résigner. A tenter de se réveiller totalement. Et finit par se lever au bout de quelques secondes, alors que l'eau de la douche se fait entendre. Il n'y a plus qu'à espérer qu'elle ne perde pas connaissance. Il n'a pas la moindre envie de se retrouver à forcer une serrure.

Bien, pendant que Myträ se lave, il va au moins avoir le temps de vérifier d'un peu plus près l'état de Din. Qui n'a toujours pas bougé. Il devait vraiment être épuisé. Peut-être que le rythme de vie qu'il lui impose est un peu trop élevé. Mais avant toute chose, le brun se rend à l'évier, récolte un peu d'eau dans le creux de ses mains, et y enfouit son visage. Geste salvateur contre le brouillard de la somnolence qui a du mal à le lâcher. Puis il revient s'accroupir au niveau du volatile. Qui émet quelques grognements de mécontentement lorsque le jeune homme commence à inspecter les zones les plus rougies de son corps. Pas facile de savoir si ces signes de contrariété sont dû à une douleur, ou au simple déplaisir de se faire réveiller. La peau cachée sous son plumage commence déjà à cicatriser. Incroyable. D'autant plus qu'il n'y a pas un unique impact. Heureusement, les balles qui l'ont atteint sont ressorties. Visiblement sans rencontrer d'organe interne important. Qu'est ce qu'il y a vraiment sous tout ce tas de plume d'ailleurs ? Swenn n'en a pas la plus petite idée. Peut-être bien qu'une telle bestiole lui convient bien finalement. Capable d'indépendance et sacrément résistant. Deux atouts indispensables pour vivre avec ce garçon.

Toujours occupé dans cette inspection non appréciée par le nouveau patient, le bruit de la porte qui se déverrouille pour s'ouvrir ramène son attention sur Myträ. Un demi sourire associé à un regard franchement accusateur qui rend son expression difficilement déchiffrable. Bien sûr que cette action stupide l'exaspère. Mais il ne peut nier que cette tenue lui va bien mieux. Et que ces entrainements que doivent subir les militaires peuvent avoir quelques bons côtés. Faiblesse masculine. Bah, ça va, c'est suffisamment rare qu'il se retrouve à s'occuper d'une femme aux courbes impeccables, il peut bien en profiter un minimum. Détourner les yeux avec un air gêné n'est de toute façon pas dans ses habitudes. Sans oublier que la discrétion n'est clairement pas son point fort. Rien d'étonnant à ce qu'il ne puisse empêcher son regard de dériver du visage de la jeune femme pour descendre le long de son corps, peut-être un peu trop lentement. Et compte tenu des aberrations qu'elle est encore capable de lui sortir, il ne va pas se priver. Cuisiner ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas un footing tant qu'elle y est. Pourtant, le brun serait bien curieux de voir ce qu'elle va bien pouvoir lui sortir.

- "Tu veux pas plutôt que j'aille nous chercher un truc tout prêt ? Il y a bien des boutiques de bouffe dehors ? A cette heure ça doit se trouver."

Hors de question de se proposer pour le rôle de cuistot. Le risque d'empoisonnement est bien trop fort. Non, être bon chimiste ne veut sûrement pas dire être capable de faire quoi que ce soit de correct avec des aliments sensés être comestibles. Il n'y a qu'à voir le résultat avec son thé... Pour autant, il ne va sûrement pas forcer la demoiselle à faire une pause. Elle est bien assez grande pour faire ses choix. Même s'il préfèrerait qu'elle évite de pousser ses limites au delà de son corps ne peut supporter.

- "Et arrête de me prendre pour un imbécile, ça a tendance à m'agacer. Je sais distinguer quelqu'un qui va super bien d'une personne à bout de forces."

Inutile d'espérer lui faire comprendre l'objectif d'un raisonnement optimiste. Le ton qu'il emploie reste toujours aussi neutre, sans la moindre trace d'irritation malgré ses paroles. Cela dit, il ressent réellement une pointe d'offense à l'idée que Myträ puisse imaginer qu'il se laisse avoir par ce genre de belles paroles. Ce qui chez Swenn signifie qu'il apprécie suffisamment la jeune femme pour être touché de ce genre de comportement. Conclusion qui a tendance à l'embêter encore un peu plus. Ouais, il est bien plus à l'aise dans son rôle d'associable !


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Swenn râle en   #f77d40
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Myträ Andreïev
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Ven 27 Avr - 18:26
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
La capitaine des Forces Expérimentales avait beau être un garçon manqué, elle savait quand on la regardait. Et on ne parle pas du simple coup d’œil qu’on accorde à quelqu’un qui ne fait que passer. Non. Le vrai regard. Celui qui inspire l’intérêt et le désir. Ce don de perception typiquement féminin, la blonde le possédait également. Elle sait. Elles savent toutes, même si elles font semblant de rien. D’autant plus que Swenn n’était pas discret. Cependant, Myträ n’eut d’autre réaction qu’un étrange réflexe. Presque inconsciemment, elle ramena une grappe de mèches platine sur sa moitié de visage strié. C’était une très vieille manie qui ne l’avait pas prise depuis bien des années, du temps où elle n’assumait pas ses cicatrices et qu’elle voulait plaire comme toutes les autres filles. Myträ ne le faisait pourtant plus depuis bien longtemps. Elle s’était finalement convaincue qu’elle était bien plus qu’un visage. Et puis… ça lui donnait un air d’ado qui essaye de cacher son acné derrière sa frange. Ridicule…

La jeune femme se retourna vers sa cuisine. Agitant une cuillère en bois d’un air impatient, elle balaya la proposition de Swenn d’aller chercher à manger. Elle avait tout ce qu’il lui fallait sous la main. Elle cassa donc six œufs dans un bol sans aucune précaution, projetant dans sa mixture force éclats de coquille. Elle mélangea le tout vigoureusement tandis qu’elle allumait le feu de sa cuisinière. Elle y posa sa poêle à frire et sans attendre qu’elle chauffe, versa les œufs battus. Inutile de détailler toutes les étapes nécessaires pour préparer un plat aussi basique que des œufs brouillés, mais elles étaient toute ratées. Malgré tout, cela requérait toute la concentration de la militaire qui répondait aux accusations de Swenn d’une voix découpée, comme accaparée par la tache énorme qui occupait toutes ses pensées.

- Oh, tu sais, j’essaye autant de me convaincre moi que toi, mais effectivement, je ne me sens pas si bien que ça, concéda la blessée.

Elle prit le risque de lui jeter un coup d’œil par-dessus son épaule. Un sourire encanaillé sur les lèvres.

- Tu vas "t’agacer", hein ? Je me demande à quoi tu ressembles quand tu es agacé. Tu veux dire que tu fais encore plus la gueule que d’habitu…. Ah merde.

Oui. Merde, en effet, car les œufs avaient profités d’une seconde d’inattention pour n’en faire qu’à leur tête. Myträ retira aussitôt la poêle des flammes mais c'était trop tard. Une odeur de carbone brulé commençait à se répandre dans l’appartement. Consciencieusement, elle se mit alors à gratter la croute noire qui balafrait son plat à l’aide d’un couteau et disposa ensuite les œufs brouillés dans deux assiettes. Un tour de moulin à poivre, une pincée de sel et c’était prêt.

- Et voilààà ! Roucoula Myträ avec fierté.

Elle posa l’assiette remplie devant Swenn, lui donnant un coup de hanche au passage, et s’installa avec sa propre portion devant lui. Signe que Myträ n’était pas bien rancunière, elle donna ce qui restait de sa poêle à Din. Heureusement qu’elle avait annoncé à l’avance ce qu’elle préparait, ainsi Swenn aurait un petit indice de ce qui se trouvait sous son nez. Peut-être aurait-il mieux fallut qu’il l’ignore, ainsi la comparaison entre le plat d’origine et celui de Myträ n’aurait pas eu lieux d’être.

Elle-même ne se rendait pas compte à quel point c’était raté. Elle engloutit sa portion sans problème. Quand on avait gouté aux rations de survie pendant plusieurs semaines, on était immunisé au mauvais gout. Ces œufs sont nourrissants et c’est tout ce qui compte. Myträ allait déjà mieux avec le ventre plein. Les étoiles qui dansaient devant ses yeux avaient disparues, même si elle se sentait toujours fiévreuse.

Swenn n’était pas un docteur qui avait tendance à imposer son avis médical. C’était presque trop facile d’aller à l’encontre de son opinion. On n’essuyait alors que quelques remontrances sans qu’il esquisse un geste pour vous en empêcher. Myträ se surprit même à se demander si ce grand costaud avait peur de s’opposer physiquement à elle. A plusieurs reprises, il aurait pu la forcer à se recoucher, mais avait diligemment respecté chacune de ses idioties, même s’il s’y opposait clairement. Peu probable toutefois. Les hommes ne craignent pas les femmes. C’est un préjugé ancré si profondément dans la tête des jeunes mâles qu’il transcende la logique et le bon sens. Un homme pense toujours avoir le dessus sur une femme, même si lui n’était que médecin, et elle une militaire aguerrie. Il y avait donc peu de chance que Myträ lui fasse peur. D’autant plus que la miss ne s’était pas montrée bien menaçante depuis leur rencontre.

Avec lui en tous cas...

Il fallait donc conclure que Swenn respectait ses choix. Voilà qui l’obligeait à être raisonnable d’elle-même. Il était temps, car ses bandages étaient trempés. Même la compresse commençait à pendre lamentable, ne protégeant déjà plus la blessure.

- Swenn, tu veux bien me refaire mon pansement ? Demanda-t-elle le plus gentiment qu’elle put.




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Swenn Milazzo
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Sam 28 Avr - 10:53
Irys : 675386
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Au moins, Myträ reconnait qu'elle ne va pas aussi bien qu'elle le prétend. Mais alors pourquoi est-ce qu'elle reste débout face à cette poêle dans laquelle elle vient de verser un mélange plutôt douteux ? Pourquoi ne se pose-t-elle pas simplement, attendant qu'il aille chercher de quoi sustenter leurs estomacs ? Au lieu de s'acharner à atteindre son objectif œufs brouillés, qui commencent déjà à dégager des odeurs suspectes... Tout en lui balançant de nouveaux reproches sur son attitude peu engageante. Trop de questions auxquelles Swenn ne saurait apporter de réponses. Mais il a abandonné l'espoir de comprendre la façon dont peut fonctionner le cerveau de ses semblables. L'anatomie est bien plus simple à maîtriser. Des règles de base, une logique constante, des variations plus ou moins importantes selon les individus simples à prendre en considération, qui ne demandent qu'une adaptation des doses. Mais cette foutue psychologie ne suis aucune loi pré-déterminée. Aucune chance d'en saisir les concepts pour son esprit beaucoup trop rationnel, qui a besoin de données précises et de règles invariables pour fonctionner à son plein potentiel.

Le brun se contente donc d'un léger mouvement de balancier de la tête face à cette nouvelle accusation, pour aller seulement ouvrir une fenêtre, évacuant ces odeurs de cramé qui embaument déjà la pièce. La fièvre fait dire des absurdités, ça, il peut l'accepter. Mais elle ne fait pas faire de conneries de ce genre. Du moins, pas quand le patient reste tranquillement au lit... Cela dit, il doit reconnaitre que la faim est bien présente. Habitué à sauter de nombreux repas, ne grignotant que lorsqu'il y pense et qu'il dispose effectivement déjà de quelque chose de tout prêt sous la main, son estomac s'est résigné à lui rappeler que la nourriture lui est essentielle. Mais ces odeurs, aussi peu classiques soient-elles, lui rappellent qu'il y a maintenant un trop grand nombre d'heures qu'il n'a rien avalé. Il s'installe donc sans aucun commentaire sur les façons de faire de la blonde, attendant de voir le résultat. Il est même agréablement surpris de la voir céder une part au piaf qui n'a pas eut d'autre choix de se réveiller. Et qui est bien plus enthousiaste que son propriétaire à la vue de cette nourriture qui lui est offerte, recommençant même son tintamarre pour l'occasion. Très vite stoppé, manger et chanter en même temps n'étant visiblement pas compatibles.

- "T'essayes aussi de te convaincre que t'es la reine des œufs brouillés ?"

Tout en finesse. Vraiment, parce qu'il aurait très bien pu se contenter de lui affirmer que cette mixture est juste dégueulasse. L'avantage avec Swenn, c'est que ce plat aurait pu être absolument délicieux, l'expression de son visage et sa façon de manger auraient été parfaitement identiques. Sa façon de considérer la nourriture n'est pour une fois pas différente de celle de Myträ. Le goût n'est qu'un bonus, tant qu'il peut maintenir son corps et son esprit en bonne condition, c'est la seule chose qui compte. Raison pour laquelle il se nourrit essentiellement de café hyper sucré... Sans aucune grimace ni aucune remarque désobligeante supplémentaire, il termine sans aucune difficulté son assiette. Avec un peu moins d'entrain que les deux autres affamés de la pièce néanmoins.

Bien maintenant que Myträ est propre et repue, peut-être qu'elle va pouvoir accepter de se tenir tranquille. Bien sûr qu'il ne va pas la forcer à quoi que ce soit. Il est donc bien content de l'entendre enfin prononcer des paroles avisées. Évidemment qu'il n'allait pas la laisser avec ce bandage dégoulinant encore très longtemps. D'autant plus avec les mouvements un peu trop énergiques utilisés pour réaliser ce repas. Et pour l'occasion, Swenn fait même l'effort de troquer sa flegme habituelle pour des traits un peu moins crispés et un début de sourire. Qui lui donnent autant un air moqueur que sympa. L'expression "bienveillant" est encore très loin d'être maîtrisée...

- "Je désespérerais de t'entendre dire quoi que ce soit de sensé. Bien sûr que je vais remplacer ce truc trempé, mais avant je vais recoudre la plaie. Tu remues beaucoup trop pour te laisser avec une simple compresse. Reste assise ici, tu seras bien mieux qu'allongée."

C'est déjà un miracle qu'elle ait réussi à ne pas s'ouvrir de nouveau, et d'après les statistiques qui trottent dans le cerveau du toubib, une telle exception ne peut se produire davantage. Autant réduire les risques. Sans plus attendre il se lève, dépose la vaisselle utilisée pour ce petit dej dans l'évier, et installe à la place le matériel dont il va avoir besoin.

- "T'inquiète pas, comparé à ce que tu as déjà enduré ce n'est rien du tout. Et ce sera rapide."

La zone est sûrement sensible, mais l'aiguille qui était à disposition dans la trousse de secours reste d'une taille très conventionnelle pour cet usage, ce qui limite l'agression que Myträ pourra de ressentir par cette manipulation.

Tous les outils nécessaires en place, Swenn revient à hauteur de la miss, et prend cette fois la peine de retirer lui-même les bandages encore imbibés d'eau. Laissant de nouveau l'intégralité de son buste dénudé. Mais il n'y a à présent plus de traces excessives de sang maculant sa peau, pour interdire à son regard de contempler ces lignes harmonieuses à l'instant où il les libère de l'emprise du tissu. La plaie toujours bien présente le rappelle cependant vite à l'ordre, attirant de nouveau son attention sur l'objectif à suivre, lui permettant de brider instantanément ses pensées. Le prix à payer pour avoir la chance de s'occuper d'une femme au corps aussi charmant.

Il ne lui faut pas plus longtemps pour constater le degré d'humidité de la peau et de la jeune femme à cet endroit, remettant de l'ordre dans ses idées un peu dispersées par la vision de ce tableau attrayant. Première étape, sécher le tout. Swenn se dirige donc vers la salle de bain à la recherche d'une serviette propre. Ce qui lui permet au passage d'imposer un rythme plus calme à son cœur, qui avait profité de ce moment d’inattention pour accélérer sans lui demander son avis. Pas évident ce job de médecin !

En possession de l'objet recherché après quelques secondes de fouille, il revient vers Myträ, le visage figé en une expression désinvolte. Et applique délicatement la serviette au niveau de la plaie. Juste assez de pression pour lui permettre d'absorber les restes d'eau, tout en limitant au maximum le contact pour éviter à la douleur d'atteindre de nouveaux pics un peu trop forts. Finalement, cette conscience qui l'embête la plupart du temps peut être utile. Comme à cet instant où elle lui impose naturellement les limites de l'acceptable, qu'il n'a plus qu'à suivre. Au moins le temps de terminer cette prise en charge.  

- "Après ça je ne t'embête plus."


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Swenn râle en   #f77d40
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Myträ Andreïev
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Mar 1 Mai - 15:03
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
La blonde darda ses puits bleutés sur le médecin. Foudroyé du regard qu'il était, pour avoir osé critiqué ses œufs brouillés préparés avec amour. Et pourtant, il les mangeait quand même avec son air inexpressif. Impossible de savoir ce qu'il en pensait vraiment. Myträ ne l'avait que rarement vu se départir de cet air sérieux. Le plus marquant étant tout de même lorsqu'elle lui avait affirmé qu'ils étaient amis. Quelle tête d'ahuri il lui avait sorti cette fois-là !

Un coude sur la table et un sourire entendu étalé sur le visage, la capitaine observait son invité finir son assiette. Il lui débita encore une charmante réplique, qui ne fit échapper à la jeune femme qu'un joli sourire plutôt qu'un soupir irrité :

"Je désespérais de t'entendre dire quoi que ce soit de sensé"

Cette façon qu'il avait de saupoudrer chacune de ses paroles d'une remarque désagréable ou d'un pic. La blonde ne s'en formalisait pas. Elle les absorbait tous, n'y opposant qu'une bonne humeur contagieuse. Myträ se sentait en sécurité avec lui. Ses vieux réflexes guerriers n'avaient pas lieu d'être en sa présence. Swenn n'était ni un ennemi, ni un frère d'arme, et encore moins son père pour la juger sur son comportement. La blonde n'avait jamais été faite pour la guerre. C'était le destin qu'il l'avait forcé à prendre les armes contre son propre sang. Sans ça, et avec sa gentillesse naturelle, sans doute n'aurait-elle jamais tenu une arme de sa vie. Mais plus que tout autre chose, la qualité dominante de Myträ, que ni Daënar, ni l'armée ne pourrait lui reprendre, c'était son empathie. Elle était douée pour percevoir la douleur derrière le sarcasme, ainsi que la peur de l'autre derrière l'indifférence.

Tandis que Swenn retirait son bandage, Myträ déglutit difficilement. Elle n'osait pas vraiment aborder le sujet qui allait suivre. Elle ne savait pas comment Swenn allait réagir. Il y avait de très grande chance qu'il se braque, mais elle ne pouvait décemment pas ignorer ce qu'elle percevait. Le médecin repoussait tout ceux qu'il croisait à l'aide de ses paroles acides, comme un répulsif pour humain. Il y a toujours une raison pour vouloir repousser son prochain.

- Je t'aime bien, Doc, fit-elle en levant les bras pour lui faciliter la tache. Tu es gentil et attentionné derrière tes airs d'indifférent caustique. Je ne sais pas pourquoi tu cherches tant à éloigner les autres de toi, mais rassures-toi, je ne te demanderai rien. A vrai dire, tu en as déjà assez fait pour moi.

Ignorant la piqure de l'aiguille et ne sachant où mettre ses mains bêtement levées, elle passa l'une d'elle sur la nuque du garçon, entremêlant quelques mèches sous ses doigts fins. Ce geste de tendresse resta en suspend en attendant que Swenn lui recousît la peau, puis se prolongea même lorsqu'il eut fini. Selon ses dires, il s'agissait du dernier soin qu'il lui apportait. Le temps des ultimes remerciements étaient venus, de même que la fin de cette drôle de rencontre, semble-t-il.

Myträ testa quelques mouvements précautionneux. La blessure tirait à chacun d'eux et risquait même de se rouvrir si elle forçait trop durant ces prochains jours. Pas d'entrainement pour elle, ni de mission. L'ennui serait sa seule compagne. L'ennui plutôt que la mort, c'était un très bon compromis. Et elle n'oubliait pas que c'était grâce à Swenn qu'elle était toujours en vie. Elle aurait pu le remercier une énième fois, mais elle connaissait déjà sa réponse à ce sujet. Elle préférait lui faire part de sa gratitude pour l'une de ses attentions à son égard. Quand on vous dit que Swenn est un gentil garçon !

- Merci Swenn, glissa-t-elle. De ne pas me regarder comme une défigurée, mais comme une femme. Ça... fait du bien.

D'après Myträ, encore une manifestation de la gentillesse de son médecin favoris. Jamais elle ne l'avait vu détourner les yeux de son visage ou froncer péniblement les sourcils à la vue de ses cicatrices. Il s'était même fendu de quelques regards polis sur ses courbes. Pendant ces quelques minutes, elle s'était presque sentie désirable. Ce sentiment était si rare chez la militaire qu'il lui réchauffait le cœur. Et tant pis pour le choc lorsqu'elle revenait enfin à la réalité. C'était une belle expérience quand même.

Myträ jeta un coup d'œil sur sa blessure pour s'assurer que tout soit en ordre. Elle s'attendait aux préconisations standard, comme ne pas faire de gestes brusques, ou surveiller sa température. Les trucs de bases qu'elle ne comptait pas suivre de toute manière.

- Tu vas rentrer maintenant ? Ou il te reste quelque chose à faire ? Demanda la jeune femme.





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Swenn Milazzo
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Jeu 3 Mai - 21:44
Irys : 675386
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
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Un point après l'autre, Swenn rapproche les chaires coupées nettes de la jeune femme, prévenant tout risque de nouveau saignement. Ces gestes banals qu'il s'est vu répéter un trop grand nombre de fois ne provoquent plus aucune réaction en lui. Ce qui n'est pas le cas de cette main qui est venue se glisser au niveau de sa nuque. Signe d'une affection qui est devenue exceptionnellement rare pour le médecin occasionnel. Qui s'arrange d'ailleurs pour qu'elle le soit effectivement, ne laissant que peu de place pour ces contacts physiques non nécessaires. Ou non dictés par un simple besoin de plaisir sans futur. Mais cette fois, son esprit n'a pas la volonté de lutter contre la chaleur qu'un geste aussi simple peut provoquer. Restant simplement figé sur cette étrange sensation de délicatesse qui se dégage de la militaire, pendant que ses doigts mènent à bien leur mission de façon automatique.

Il est de toute façon incapable de répondre quoi que ce soit aux paroles de Myträ. Il aimerait pouvoir dire être parfaitement imperméable aux mots qui peuvent s'échapper de la bouche de ses semblables. Il y travaille et s'en persuade autant que possible. Manifestement, il y a quelques ratés, la jeune femme réussissant un peu trop à contourner les barrières pourtant nombreuses érigées en prévention de telles attaques. Elle n'est pas la première femme au corps un peu trop attrayant qu'il soigne. L'attirance physique seule ne peut expliquer ce phénomène. Peut-être est-ce lié à cette façon qu'elle a d'ignorer superbement chacune de ses paroles acerbes, ne se formalisant pas de la faible sympathie qu'il affiche. Difficile à dire. Mais il ne va pas pouvoir continuer à rester muet face à ces nouvelles paroles qui viennent une fois encore le toucher un peu trop. D'autant plus que la seule tâche qui l'occupait et qui pouvait justifier de son silence est désormais terminée. La miss testant déjà le résultat. Comme s'il pouvait échouer dans la réalisation d'une opération aussi basique... Même le sarcasme qui lui vient naturellement pour se sortir de toute situation un peu trop sentimentale ne parait pas vouloir lui venir en aide. Heureusement que les traits peu expressifs de son visage ne se décident pas à lui faire faux bond à leur tour, lui offrant encore un maigre protection. De moins en moins crédible...

- "Il faudrait être complètement idiot pour ignorer à quel point tu peux être attirante. Tout ça à cause de quelques cicatrices qui n'ont de peu commun que l'endroit sur lequel elles se sont posées ? Mais pour ça, il faut encore avoir une idée de ce qui se cache sous tout cet attirail grossier que tu portais quand je t'ai trouvé. Et j'ai l'impression que tu ne laisses cette possibilité qu'à peu de personnes..."

Pas complètement battu, ses mots reviennent lui apporter un soutien face à ce premier aveu qui ne le gène pourtant en rien. Ridicule. Même un ado pourrait mieux faire. Par chance, la façon dont ses propos peuvent être pris est bien le dernier de ses soucis. Enfin, presque. Il arrive au moins à se redresser simplement, posant les outils dont il vient de se servir sur la table, prêt à affronter un peu plus sereinement les questions qui fusent déjà.

Bien sûr qu'il pourrait s'en aller à présent, et sans le moindre cas de conscience, ayant déjà fait au mieux en matière de soins avec ce dont il disposait. Maintenant, il va seulement falloir à Myträ du repos. Laisser le temps à son corps de récupérer de ces agressions qu'il vient de subir. Même s'il ne se fait que peu d'illusions quant à la notion que la jolie blonde peut avoir du repos... Il pourrait aussi prétexter une autre tâche à effectuer pour rester encore quelques temps dans cet environnement qui a réussi à faire sauter autant de verrous qu'il s'impose. Et qui se remettront bien sagement en place une fois un pied posé à l'extérieur. La vaisselle à faire. Les draps à changer. Tout ça dans la simple optique de s'assurer que la jeune femme ne fasse pas de mouvements excessifs bien entendu...

Non, de telles façons de faire ne lui ressemblent pas. Au lieu de toutes ces options potentielles un peu trop classiques, Swenn vient simplement positionner l'une de ses mains au niveau de la joue striée, celle dont l'existence lui vaut une partie des remerciements qu'il n'a pas directement rejeté. Le contact se fait léger, juste suffisant pour sentir les sillons qui parcourent le visage de Myträ. Et qui n'ont rien de bien différent de tous ceux qui se retrouvent en différents endroits des corps d'une certaine partie de la population. Et sans doute en plus forte proportion de ceux des militaires.

- "Je n'ai plus rien à faire. Mais si tu acceptes de me supporter, je resterais bien encore un peu. Et toi, il te reste encore cette foutue lettre à me faire."

Bien sûr qu'il n'a pas oublié lui avoir proposé sans trop comprendre ni comment ni pourquoi d'aller justifier de son absence auprès de son équipe... Ce qui ne l'enchante évidemment pas, et il n'a pas l'intention de faire semblant. Mais il serait encore plus embêté de ne pas honorer ses paroles. Heureusement qu'il sait encore râler, parce qu'il n'a déjà plus grand chose du sale type insupportable qu'il sait pourtant si facilement être...


"Hence to fight and conquer in all your battles
Is not supreme exellence"




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Without fighting"


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Myträ Andreïev
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Ven 4 Mai - 19:09
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
Daënar +2 ~ Änkar (femme)
Myträ se tortura la lèvre contre l’émail, ne sachant pas comment il fallait comprendre les paroles de Swenn. En fonction du degré d’abstraction qu’on pouvait leur attribuer, il pouvait aussi bien lui signifier que peu de personne avait l’occasion de percevoir sa personnalité, sortie du contexte de l’armée. Ou bien, plus abruptement, que voir la blonde sans ses vêtements étaient réservé à un cercle restreint de personne. Cercle auquel appartenait désormais Swenn. Félicitations, nanti !

Mais peu importe. Elle se moquait bien de ce que ses mots signifiaient. Le plus important étant qu'il venait de lui dire qu’il la trouvait jolie ! "Attirante" pour être exacte, car c’est probablement cette petite subtilité qui avait convaincue Myträ qu’il ne se moquait pas d’elle. En effet, comme dit auparavant, son corps était plus attrayant que sa figure. Qu'importe, Swenn était assez avare en compliment pour qu'elle s'accommode d'un rien.

Les cicatrices ne semblaient pas gêner Swenn, peut-être de par sa nature de médecin. Il se permit même de le prouver en approchant sa main du visage mutilé. Le souffle de Myträ s’arrêta alors que ses doigts passaient sur sa joue tigrée et vallonnée telles les branchies d’un squale. Seul son père l’avait fait avant Swenn. Personne n’osait y toucher de peur d’être violement refoulé. Pour cause, ce genre de familiarité avait de grande chance d’être repoussée par l’hargneuse capitaine. Pourtant, l'homme ne se heurta à aucune riposte de sa part. Ses paupières vacillèrent comme hypnotisée et elle se laissa gentiment apprivoiser. Ses lèvres humides s’ouvrirent pour exhaler un soupir alors que son cou se dévissait imperceptiblement pour prolonger un contact empreint d'une tendresse dont Myträ manquait terriblement. Lorsque les digits rompirent le lien, laissant la morsure du froid comme seule caresse, elle revint finalement à la réalité.

- Oui, la lettre, je l’avais oublié, songea-t-elle à haute voix.

A contrecœur, elle s’attabla avec un parchemin et de quoi écrire. La plume hésita quelques instants sur son support vierge, répétant mentalement sa chorégraphie, puis se lança dans un ballet rapidement exécuté. Le contenu de la lettre ne valait pas la peine d’être retranscrit dans son entièreté. Cette missive était d’une formalité désespérante, la rectitude de Myträ se traduisant même à travers sa correspondance. La lettre indiquait simplement au commandant de la base qu’elle avait subi une attaque et qu’elle était suivie par un médecin civil. Elle rentrerait lorsqu’elle y serait autorisée par ce dernier.

La militaire se retrouvait debout devant Swenn, la lettre entre ses doigts. Ses mires bleutées se plantèrent dans celles du garçon, tentant de deviner ce qu’il pensait. L’exercice était difficile avec Swenn. Il ne lui faisait que rarement la délicatesse d’une expression révélatrice. Seules ses paroles permettaient de sonder superficiellement ses pensées. Au début, ses paroles étaient claires et précises, mais lorsqu’il s’agissait d’exprimer un sentiment, ses mots devenaient plus confus, ambiguës.

Elle ne lui confiait toujours par la missive, sachant qu’il partirait si elle le faisait. Elle restait donc ainsi durant de longues secondes qui s’étiraient alors qu’aucun geste ni parole ne semblait vouloir s’amorcer. Elle finit cependant par se rapprocher. Sa tête se levait pour compenser sa taille toute menue. Les pointes blondes s’ouvrirent tel un rideau devant les artistes : les jumelles bleues toujours fixées sur Swenn. La capitaine des forces armées de l’U.N.E rougissait ostensiblement, ne faisant guère reluire le prestige de son grade à travers son comportement hésitant. Elle aurait préféré accepter une mission suicidaire en territoire Ekhlen et affronter une horde de monstre à elle toute seule plutôt que de prononcer les mots qui allaient suivre.

- On… On pourrait aussi dire qu’on s’en fout de cette lettre ? Proposa-t-elle. Je veux que tu restes avec moi.


La lettre tournait et tournait entre les doigts de la jeune femme, trahissant sa nervosité. Elle avait pesé le pour et le contre, et Myträ prenait finalement le risque qu’on défonce sa porte à coup de rangers si ça pouvait lui éviter d’être séparée de Swenn même pendant quelques heures. Elle avait aussi terriblement peur de ne plus le revoir une fois qu’il aurait franchi le pas de sa porte. L’étrange sortilège qu’elle lui avait inconsciemment lancé était temporaire. A la minute où la bise matinale lui rafraîchirait les idées, Swenn s’emploierait à mettre le plus de distance possible entre lui et une officier de l’armée. Seul le destin les avait réunis, mais on ne peut contraindre deux forces antagonistes à se côtoyer pendant bien longtemps.

- Qu’est-ce que tu en dis ? Demanda timidement la blonde.

Son regard prit la poudre d’escampette, soutenir celui de Swenn s’avérant plus difficile que prévu. Elle baissa désormais obstinément les yeux et avança tout droit jusqu’à buter contre le garçon tel un automate désorienté. La petite blonde, que l’homme dominait d’une bonne tête, appuya alors son front contre le torse masculin. Toujours sans un mot, elle attrapa les bras du médecin pour les enrouler autour de ses épaules.

Câlin artificiel, câlin quand même…


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Swenn Milazzo
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Dim 6 Mai - 23:31
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Patient, Swenn attend que Myträ finisse de rédiger cette lettre. Beaucoup trop de sentiments opposés se livrant à un duel sans pitié en lui. Le laissant atrocement indécis. Ce qui l'insupporte au plus haut point. Ne pas être foutu de savoir quoi faire. L'hésitation est toujours fatale. Il le sait bien pourtant. Bien sûr qu'il devrait se contenter de donner certaines recommandations basiques pour se donner bonne conscience jusqu'au bout, sortir quelques phrases désagréables sur les militaires et leurs pratiques trop strictes, et finalement se barrer comme il sait si bien le faire. Reprendre le cours de sa vie normalement. Se convaincre qu'il ne s'agissait que d'une aide spontanée comme il peut en apporter régulièrement.

Mais de l'autre côté il y a toute cette partie non gérée par son cerveau, qui vient foutre un grand coup de pied dans cette organisation parfaite de la suite à donner pour éviter tout emmerdement futur. Cette boite noire humaine que certains appellent sentiments ou envies, absolument inexplicables et incompréhensibles qui arrivent à prendre le dessus sur la raison. Et parfois en toute connaissance de cause ! Comme actuellement, où cette simple sensation de bien être, une autre forme de liberté, le fait rester sur place. Il se surprend même à espérer trouver une excuse pour ne pas avoir à partir immédiatement. Évidemment qu'une telle sortie serait définitive. Sa fierté lui interdirait de chercher à reprendre contact avec Myträ par la suite. Ridicule. Mais la voilà qui termine sa missive, se tournant de nouveau vers lui.

Garder les yeux rivés dans les siens n'est pas chose aisée dans de telles conditions, la tentation étant un peu trop forte. Et pas uniquement pour admirer le résultat de son travail. Mais l’attitude qu'elle prend alors, droite, la tête levée visiblement déterminée, mais cette teinte rosée qui vient se greffer sur ses joues, lui vaut toute l'attention du brun qui ne sait pas à quoi s'attendre d'un comportement a priori contradictoire. Rien d'étonnant à ce que ses mots le laissent une fois de plus sans voix. Raisonnant en lui, venant se lancer à leur tour dans la bataille qui bat toujours son plein dans sa tête. Et dans sa poitrine.

La suite n'est pas pour l'aider davantage. Ou plutôt si, cette proximité extrême que leur impose la miss, ce ton qui révèle un manque de confiance flagrant et cette maladresse lorsqu'elle essaie d'obtenir une étreinte, finissent de lui donner ce côté beaucoup trop touchant qui fait basculer la balance dans le camp que Swenn essaie de vaincre depuis quelques temps. A quoi bon lutter davantage ? Ce qui ne l'empêche pas de se montrer indécis quant à ce qu'il doit faire ou dire le temps de quelques secondes. Où aucune parole n'arrive à franchir ses lèvres, pendant que ses mains restent superficiellement posées sur la peau de la jeune femme, restant bêtement à l'endroit exact où elle les a déposé.

- "D'accord."

Incapable d'en dire davantage, ce simple mot réussi pourtant à briser la dernière barrière qu'il maintenait encore pour refouler ce déluge d'émotions diverses et variées qu'il ne sait comment gérer. Comme peut en justifier son cœur qui recommence à atteindre des vitesses qui ne devraient pas exister sans aucun effort physique. Mais qui étrangement lui procure en même temps une certaine sérénité. Ses bras viennent alors se resserrer davantage autour de ce corps qui est indéniablement responsable en partie de cette situation, lui offrant la chaleur d'une réelle étreinte. Mettant de côté les différentes alertes que tentent encore de lui envoyer ses neurones, Swenn laisse ses mains prendre davantage contact avec la peau lisse du haut du dos de la petite blonde. Avant de laisser l'une d'elle descendre le long de son bras, jusqu'à attraper le bout de papier encore conservé par Myträ, dont il lui retire la détention aussi délicatement que possible. Pour seulement le laisser tomber au sol sans même y jeter un œil.

- "C'est vrai. Je t'aime bien aussi..."

Ajouter qu'il est seulement incapable de mettre des mots sur tout ce qu'il peut ressentir ? Sans les ponctuer de reproches à peine déguisés qui leur font perdre toute trace de sincérité, lui donnant un air d'ours solitaire ? A quoi bon ? Après tout, si Myträ est là en ce moment, blottie contre lui, à demander un peu d'affection, c'est bien qu'elle a réussi à s'en rendre compte d'elle même. Et que contre toute attente, elle ne lui en tient pas rigueur.

Sans compter que ce contact physique direct, qui a cette fois perdu tout aspect purement médical sur lequel se concentrer, n'est pas pour l'aider à formuler des phrases claires et intelligibles sur un sujet non maîtrisé. Rejetant toute contrainte raisonnée, Swenn laisse cette partie peu connue de lui guider ses gestes. Lui faire passer une main sous le menton de la jeune femme pour l'obliger à le regarder de nouveau, la délicatesse dont il a apprit à faire preuve pour ses différentes activités professionnelles toujours bien présente. Difficile de rendre la lueur de ses yeux plus expressive qu'à son habitude. Mais son visage qui se décide à se rapprocher doucement de celui de Myträ rattrape cette fois sans problème ce manque d'éloquence, en même temps que sa main vient remonter jusqu'à la base de la nuque de la miss. Jusqu'à ce que ses lèvres rencontrent celles, plus roses, qui lui font face.

Étrange comme un tel acte peut procurer ce genre de sentiment de bonheur, ponctué inévitablement par une forte dose d'appréhension. Bien sûr qu'il en avait envie depuis quelques temps déjà, s'interdisant simplement de céder à cette tentation jusqu'à présent. Pourtant, les conséquences reviennent vite lui obstruer l'esprit malgré le plaisir lié à la sensation de ces lèvres étrangères contre les siennes l'espace d'un instant. De réels sentiments certes, mais qui il le sait, ne pourront être prolongés dans le temps. Évidence pour lui, mais qui nécessitera sûrement une mise au point pour laquelle il va sans doute être une fois de plus beaucoup trop maladroit. Alors en attendant, autant rester sur l'aspect agréable, aussi éphémère soit-il. Puisqu'il risque d'être bien embêté pour donner une justification à ces agissements.


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Myträ Andreïev
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Lun 14 Mai - 20:18
Irys : 506257
Profession : Capitaine d'unité dans les Forces Expérimentales
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Myträ se prit à fermer les yeux. Un carcan de bras protecteurs enserrait ses épaules dans une étreinte à la fois ferme et réconfortante. A force de s'endurcir au sein de l'armée, on en oublie qu'on est aussi fragile que n'importe qui. La capitaine sentait son masque se fissurer. La fatigue, la douleur et la solitude ; tout était balayé d'une simple étreinte rafraichissante. Myträ s'était toujours sentie incomplète, comme si sa vie avait pris une tournure totalement différente à un moment de son existence. Son destin tout tracé avait pris un angle impossible pour la mener vers des idéaux qui n'étaient pas vraiment les siens. Dire que des doutes commençaient seulement à jaillir de son esprit serait un mensonge, mais c'était la première fois qu'elle s'imaginait faire autre chose que la guerre.

La blonde enfonça un peu plus son nez dans le torse du jeune homme, y puisant la force dont elle manquait, mais celui-ci l’en priva en lui redressant le menton. Elle but quelques goulées d'air sec et ouvrit de grands yeux surpris pour protester contre la main autoritaire qui la ramenait à la réalité. Elle se garda bien de mettre des mots sur ses plaintes car elle fut aussitôt happée par le baiser qui vint lui cueillir la pulpe. Ses lèvres fruitées se pressaient amoureusement contre celles du garçon. Elle ne pouvait que feindre la surprise, car ce baiser, elle l’attendait depuis longtemps déjà. Depuis qu’elle avait développé un intérêt pour le mystère entourant le médecin. Swenn était un garçon gentil, mais un peu torturé. C’était sans doute ce qui le motivait à garder les autres éloignés de lui, à l’aide de sa mine constamment blasée. Lorsqu’on a trop souffert, s’isoler reste le meilleur moyen de se prévenir d’autres blessures. Myträ ne réclamait pas d’amour durable. Elle ne lui demandait pas non plus de s’ouvrir à elle. Elle n’apportait qu’un répit dans la vie cruelle du médecin, espérant lui donner un peu de réconfort grâce à la chaleur de ses étreintes.

Et de son côté, qu’est-ce que Myträ pouvait retirer de cette brève union sans lendemain ? Ce qu’elle avait toujours voulu ; la reconnaissance, la tendresse et se sentir désiré. Le simple fait qu’un homme puisse avoir envie d’elle pansait son ego meurtri par des années de moqueries blessantes. Elle n’était pourtant pas éblouie par son bonheur et savait parfaitement que cette relation n’avait pas d’avenir. On pourrait penser que la petite blonde appartenait à l’armée et la nation, mais ce n’était pas tout à fait vrai. Elle appartenait surtout à son père qui n’accepterait jamais qu’elle s’amourache d’un médecin de rue. Le patriarche l’avait donné à l’armée. Un jour, il la donnerait à un homme dans le but d’assurer le prestige des Andreïev. Et Myträ obéirait sans broncher, car la piété filiale était tout pour elle.

Armée, Famille, Patrie. Myträ était une bonne petite soldate et une bonne fille.

Une main posée sur sa nuque suffit pour l’enhardir et elle rendait désormais le baiser tout en faisant rouler ses formes sur le torse de Swenn. Tel un sarment de ronces, ses bras entreprenaient leur ascension pour s’approprier le jeune homme désormais prisonnier de ses tendresses. Elle s’enhardissait à mesure que son souffle rapide s’embrumait d’une chaleur qui n’avait rien à voir avec la fièvre. La militaire contrôlait difficilement le feu qui consumait son ventre, se montrant plus véhémente que de raison. La petite brute gagnait du terrain sur Swenn et ses attaques le repoussaient jusqu’au pied du lit dont le sommier vint traitreusement lui faucher les mollets, le faisant basculer avec son fardeau blond. Déséquilibré, le front de la jeune femme vint heurter le nez du médecin dans un hoquet de surprise.

- Désolé, fit-elle d’un air horrifié toute en massant le nez de Swenn, pensant que cela suffirait pour estomper la douleur.

A califourchon sur les genoux du jeune homme étalé sur le lit, elle pinçait très fort les lèvres pour ne pas rire tout en continuant de s’excuser pour le coup de tête involontaire. Bien que particulièrement maladroite, Myträ ne semblait pas avoir d’appréhension quant à ce qu’elle attendait du garçon. A vingt-cinq ans la jeune femme avait assez d’expérience pour ne pas avoir peur mais pas suffisamment pour dompter sa passion.

- Tu me veux toujours ? Demanda-t-elle sans s’attendre à une négation.

En effet, sans même envisager de réponse, elle entreprit de gouter son médecin, souffrant de laisser la moindre parcelle de peau sans la chaleur de ses baisers. Les mains de la jeune fille n’étaient pas en reste. Les deux troupes jumelles Dextre et Senestre, entamaient leur entrée sur la peau mate. D’abord l’index, tel un patineur virtuose dont une lame de kératine glissait gracieusement le long du dos en louvoyant entre les muscles ciselés. Le reste de la troupe le rejoignit pour épouser la nuque du garçon et finir leur course dans sa chevelure où ils s’agrippèrent en douceur.

La jeune femme abandonna son visage de porcelaine craquelée dans le cou de Swenn, inspirant un effluve de son parfum musqué. Elle lui redonnait subtilement la main sur les évènements, s’abandonnant volontiers à ses caprices.

Et Swenn qui se plaignait injustement de son indocilité…


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Swenn Milazzo
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Mer 16 Mai - 17:54
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Swenn râle en   #f77d40
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