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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Khurmag
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 Et si le rêve devenait réalité ?

Lenora Armand
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Lun 7 Nov - 3:12
Irys : 320785
Profession : Aucune
My'trän +1
Assise en tailleur, le dos légèrement replié et les yeux rivés vers son carnet, Lenora apportait quelques corrections à l'esquisse d'un agneau se nourrissant du lait de sa mère, le tout sur le fond si caractéristique des vastes steppes de la région de Kharaal Gazar. Un souffle de vent l'interrompit, l'obligeant à replacer derrière son oreille, une mèche de ses cheveux d'ébène qui lui dissimulait la vision. Cette journée était aussi calme que la précédente et que celle d'avant. C'était l'avantage ici, pour peu que ce soit votre genre. L'endroit idéal où écouler des vieux jours comme diraient certains. Pas de querelles aux conséquences tragiques, tout au plus quelques chamailleries d'enfants, de couple ou de voisins. Mais chaque dispute finissait toujours par s'éteindre et les gens se réconcilier. Ici, les liens au sein du clan sont important. Une grande famille où chacun a sa place. Lenora avait toujours vécu dans cette atmosphère paisible. Aussi, lorsqu'un évènement inattendu survenait, il avait vite fait le tour des oreilles. Un évènement inattendu comme aujourd'hui...

- Lenora ! Lenora !

À cette série d'appels énergiques, la jeune femme ne put que relever la tête pour voir un petit groupe de jeunes enfants se diriger vers elle.

- Hmm ? Que se passe-t-il ? Pourquoi tant de précipitation ? demanda-t-elle en haussant un sourcil, tandis qu'elle plaçait son carnet sur le sol près d'elle pour mieux prendre l'un des enfants sur ses jambes. Bien que Lenora ne soit pas une fille très expressive, nul ne doutait de son affection pour son clan, sa famille.

- Il y a un étranger qui est arrivé au camp tout à l'heure !

- Eh bien, ce n'est pas la première fois.

- Oui mais là c'est différent. Les adultes parlent beaucoup. Il veut emmener des gens avec lui ou quelques chose comme ca...

- Allons, tu as trop écouté d'histoires.

- Il dit vrai Lenora.

Le nouveau venu avançait d'un pas calme et léger. Bien que la demoiselle ne soit pas sur ses gardes à proximité du camp, il n'y avait qu'une seule personne pour la surprendre avec tant d'aisance. Par surprendre, comprenez que si elle ne s'y attendait pas du tout, cela n'a pas été suffisant pour la départir de son calme olympien.

- Papa. Qu'entends-tu par là ? Quelqu'un est vraiment venu emmener l'un d'entre nous ? Pourquoi ?

Son père souriait, signe que la situation n'était pas si alarmante. Pourtant, tel père telle fille, ce qui était en mesure d'ébranler son père ou de le rendre nerveux était plus à rechercher que pour les membres du clan, qui bien qu'accueillant envers autrui, conservaient une petite gêne quant à certaines choses. Et il semblerait que cet inconnu ait touché une corde sensible.

- Viens et tu le sauras. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'à mon avis, tu ne regretteras pas d'être venue.

La mage de terre se demandait pourquoi tant de mystères mais elle se releva après que les enfants se soient relevés et remis à courir à la suite de son père. Elle même rassembla ses affaires avant de rejoindre l'homme et de marcher à ses côtés. La route n'était pas longue jusqu'au centre du camp et son père n'avait visiblement pas l'intention de lui apprendre davantage. Aussi, elle retint ses questions jusqu'à ce que tout deux rejoigne l'attroupement qui s'était formé. Les khaaraliens entouraient l'individu auquel ils avaient offert un siège et de quoi se désaltérer. Lenora gagna le premier rang, ayant hérité de l'audace naturelle de son père, plus encline à s'approcher sans crainte du nouveau venu.

- Comme je vous le répète, ce n'est pas que nous ne voulons pas vous aider mais les membres du clan remplissent rarement ce genre de requête les menant aussi loin.

- Je comprends. Mais si je puis faire quelque chose pour vous convaincre ou si au moins l'un d'entre vous acceptait d'y réfléchir. Je suis prêt à patienter le temps que vous preniez votre décision si nécessaire...

Lenora regarda l'un et l'autre avant d'ouvrir la bouche, décidée à savoir enfin ce qu'il se passait.

- De quelle requête s'agit-il que nous ne puissions ainsi remplir ?

Les regards se tournèrent vers elle, mais nul agacement ne se lisait dans la voix de celui qui lui répondit. Il désigna le voyageur du regard sans impolitesse aucun avant de formuler ses mots.

- Ce monsieur que tu vois là Lenora, a été envoyé par le chef de son village pour nous demander notre aide. Il souhaite que l'un de nous l'accompagne et fasse partager notre savoir sous divers de ses aspects.

- Et ? C'est impossible ?

- Le principe ne nous dérange pas en soi. Nous mettons nos talents au service de la création et cela ne signifie pas une application exclusive au clan ou au khaaraliens. Toutefois, le village en question se situe à Khurmag... Et notre invité ne saurait me détromper sur sa funeste réputation.

- Une funeste réputation ?

C'est son père qui reprit la parole. Mage d'air, libre comme l'élément auquel il s'est voué, ce dernier a beaucoup voyagé et tous savaient qu'il serait le mieux placé pour éduquer sa propre fille sur le monde au-delà des montagnes.

- Je ne m'étendrais pas longuement sur l'Histoire, tu auras le temps d'apprendre par toi-même ou de me demander à l'avenir. Notre invité ne désire sans doute pas non plus que l'on s'étende à ce sujet. Mais pour faire simple, Khurmag a été le théâtre de sanglants conflits et ses habitants en ont subit les conséquences de plus d'une manière. Aujourd'hui encore il leur est difficile de se redresser. Pour ne rien ajouter, il pratique une magie particulière. Une magie que je trouve personnellement très intéressante, mais qui en met plus d'un mal à l'aise. La magie d'illusion. Il est de notoriété publique qu'en certains lieux de cette région, cette magie est utilisée sur autrui. Aussi, la méfiance s'est installée. La plupart des autres mages éprouve un certain inconfort face aux habitants de Khurmag et à l'inverse les habitants de Khurmag ont dû mal à faire face aux autres mages.

Chacun avait écouté l'histoire en silence, Lenora la première. La demoiselle avait intégré précieusement chaque information donnée par son père, sachant que c'était la première fois qu'elle entendait parler de cet endroit. Elle ne lui demanda pas comment il avait appris tout cela, se disant qu'elle aurait amplement l'occasion d'en parler plus calmement une prochaine fois. Pour l'heure, cette histoire l'avait renseigné et c'était tout ce qu'elle demandait.  

- Très bien. Dans ce cas, je peux y aller moi.

Si des murmures avaient suivi sa déclaration, son père lui avait répondu de son éternel sourire détendu, signe qu'elle avait son approbation. Sa mère, un peu en retrait, avait observé l'échange visuel et se doutait bien que sa fille s'en irait sans nul doute. Elle haussa légèrement les épaules et s'approcha de sa fille. En bonne mère, elle énuméra mille et un conseil que Lenora tenta de mémoriser, hochant la tête à plusieurs reprises pour approuver. Elle sentait une certaine curiosité la titiller, nerveuse à la fois mais aussi prêt à prendre cette chance que lui offrait la vie. Certains encore lui demandèrent si elle était sûr et à chacun, elle trouva un mot pour les apaiser. Cela lui faisait drôle de se dire qu'elle partait en voyage sous peu, mais elle ne voulait en aucun cas créer du soucis à ses proches.

- Cette jeune fille est libre comme chacun ici présent de prendre sa décision. La sienne est prise et nous la respectons et sommes de tout coeur avec elle. Voici Lenora Armand. Elle est encore jeune et est encore novice dans son art mais elle a en elle, ce que nous lui avons inculqué. Aussi, si vous acceptez son aide, je vous demanderai de prendre soin d'elle.

- Tu penses qu'elle s'en sortira ? J'ai confiance en notre fille mais je ne peux pas m'empêcher d'être un peu nerveuse.

- C'est normal mon amour, c'est la première fois que notre poussin quitte le nid. Mais le voyage est souvent une bonne chose, ce n'est pas moins qui dirait le contraire. Et puis..., ajouta-t-il avec un sourire que seule surpris sa femme et contrastant avec un regard froid qui ne resta qu'une fraction de secondes, si jamais il lui arrive quelque chose, je me déplacerai en personne.

C'est ainsi que Lenora entama son voyage...

♦ ♦ ♦ ♦ ♦

- Nous arriverons bientôt.

Le voyage avait été tout nouveau et Lenora s'était laissée guider par son accompagnateur tout en découvrant des paysages nouveaux, des créatures nouvelles en chemin. Le temps lui manquait de pouvoir dessiner tout ce qu'elle voyait et elle se promettait de se rattraper un peu plus tard. Aussi, cette phrase la réveilla de l'état d'émerveillement, peu discernable pour un inconnu, qui l'avait accompagné durant tout le trajet. Cette phrase avait eut l'effet de lui rappeler qu'elle avait vraiment pris la route, qu'elle avait quitté sa terre natale mais aussi qu'elle avait une mission à accomplir et si elle l'avait bien compris, sa contribution pourrait aider plusieurs personnes. Lenora se promettait ainsi de faire son possible pour apporter son aide. Alors qu'elle rangeait dans son sac son carnet qu'elle sortait dès qu'elle pouvait dessiner un peu, la voix de son compagnon de voyage retentit à nouveau.

-Nous voici arrivés mademoiselle. Bienvenue au village de Cedren.


Dernière édition par Lenora Armand le Jeu 17 Nov - 2:10, édité 1 fois
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Donovan de Cendre
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Mar 8 Nov - 15:08
Irys : 65888
Profession : Gharyn du Village de Cedren
My'trän +2 ~ Khurmag
Donovan se redressa péniblement ; il lui semblait que tous les muscles de son corps étaient douloureux. Harassé, il s’appuya sur la bêche qu’il tenait, fixant avec désespoir le trou minuscule qu’il avait réussi à creuser dans cette terre glacée.

Puis son regard se releva, se portant aux alentours. Se portant sur Cedren. Trois ans plus tôt, Donovan et les siens arrivaient en cet endroit paisible, portant en eux un espoir nouveau pour Khurmag et une volonté de fer. Cet endroit leur avait plût ; une fois passé le Col de Kernac, ils étaient arrivés dans cette étroite vallée bercée par une rivière, laquelle finissant dans un grand lac. Les arbres, alors recouvraient une bonne partie de la vallée, offrant une douce quiétude aux lieux.

Alors, devant la beauté de cet environnement, ils avaient décidé de s’installer. Ils avaient d’abord construit leur campement sur une rive du lac ; et peu à peu, alors que les années passaient, les tentes s’effaçaient peu à peu pour laisser place à des constructions en bois, alors que la forêt reculait petit à petit.

Oh, oui, Donovan était fier du travail qu’ils avaient accompli. Le village de Cedren n’était certes pas très grand, mais il faisait bon y vivre. Les habitations offraient un confort plus que suffisant aux Cedreniens, et chacun y mettait du sien pour le bon fonctionnement du clan. Les maisons étaient regroupées ; Donovan, de l’endroit où il était, voyait les veloutes de fumée s’échapper des huttes en bois, pour la plupart recouvertes des toiles récupérées de leurs tentes. Et si l’intérieur des huttes était sommaire, les villageois semblaient heureux et déterminés à travailler.

Car ils étaient tous bien loin des illusions de faste et d’opulence auxquelles ils avaient été habitués toute leur vie. Ici, il n’y avait ni grand château, ni vêtements somptueux- et encore moins de bijoux. Ils ne portaient que ce qu’ils étaient capables de produire ; toutes leurs possessions étaient le fruit du travail et de l’acharnement à survivre- et ceci, plus que toute illusion, leur procurait une joie immense.

Hélas, les obstacles furent nombreux. Dans leurs premiers temps, les villageois avaient dû affronter le froid et la faim ; rares étaient les animaux ici, et il leur fallait souvent effectuer de longues expéditions de chasse afin de rapporter de quoi se nourrir. Ils vivaient également de cueillette, mais la tâche était fastidieuse et dangereuse, car alors il fallait affronter les animaux qui rodaient. Il fallut trouver du fer à leur forgeron, du cuir au tanneur et du tissus au tisserand ; ils n’avaient ni laine, ni or ou argent, et leurs outils de pauvre qualité rendaient la découpe et le travail du bois difficile. Et leur pauvreté les empêchait à quelconque négoce : les Cedreniens n’avaient à offrir que leur sang et leur sueur.

Donovan sourit en regardant le village de bois, bien vivant malgré les difficultés, baignant dans cette brume légère qui envahissait chaque jour la vallée, les privant du soleil la plupart du temps. Depuis quelques semaines, Donovan s’était mis en tête de trouver une nouvelle source de nourriture : la chasse et la cueillette ne suffisaient plus. Il leur fallait des bêtes, des troupeaux ; l’élevage de devaient pas poser de problèmes, même en cette région froide. En revanche, pour l’agriculture, c’était une autre histoire.

Tout d’abord parce que ni lui ni aucun autre membre de son village n’y connaissaient quoique ce soit. Ils avaient bien construit un grenier, se disant qu’il faudrait stocker les récoltes futures, mais ils n’avaient aucune graine ; ils ne savaient comment ensemencer un champ, comment entretenir les pousses, comment assurer au mieux une récolte afin de limiter les pertes.

Mais leur premier, et plus grand problème, était la terre. Cette terre stérile, froide, qu’ils peinaient à briser. Donovan avait pris les devants : lorsque s’étaient posée la question de l’agriculture, il avait envoyé cinq membres du village parcourir My’Tra afin de rencontrer d’autres tribus, et éventuellement ramener quelqu’un qui serait à même de les aider. Depuis, aucune nouvelle, et il ne restait plus qu’à espérer que quelqu’un, un jour, accepterait de leur venir en aide.

En attendant, Donovan, à sa mesure, s’était penché sur la question ; et il avait décidé ce matin même de se lancer dans l’entreprise. Après son heure de méditation du matin, armé d’une pioche conçue par leur forgeron, il avait trouvé un coin de terre pour commencer à creuser.

Cela faisait deux bonnes heures maintenant qu’il était à la tâche ; l’air froid venait frapper son torse nu, et une légère brise faisait remuer les mèches de ses cheveux qui pendaient dans son dos. Alors qu’il était penseur, il vit alors deux silhouettes, au loin, approcher du village. Son cœur ne fit qu’un bond dans sa poitrine ; il laissa tomber la bêche et se précipita à leur rencontre.

Alors qu’il arrivait à portée de vue, il reconnut Danel Breyen, un des hommes qu’il avait envoyé à la rencontre d’autres tribus. A ses côtés, il vit une charmante jeune femme, brune, avec des traits délicats. Elle était vêtue assez simplement ; cela plût à Donovan. En s’approchant d’eux, un large sourire éclaira son visage ; et sans un mot, il prit Danel dans ses bras, lui offrant une étreinte peut-être peu virile mais ayant le mérite d’être franche. Il s’écarte alors de son ami et le tint par les épaules.

- Danel, que Khugatsaa soit loué. Te voilà, revenu.

Il jeta un coup d’œil malicieux à la jeune femme.

- Et en charmante compagnie, qui plus est.

Avant même que Danel n’ai put prononcer le moindre mot, Donovan le lâche et se tourna vers la nouvelle venue. Il passa son bras droit dans le dos, à hauteur du bassin, tandis que le gauche se recourbait sur sa poitrine. Alors il s’inclina devant la jeune femme.

- Bienvenue à Cedren, qui que vous soyez.

Il se redressa, et fixa l’inconnue droit dans les yeux.

- Sachez qu’il ne vous sera fait ici aucun mal, et que nous veillerons à votre confort. Et à cet effet, je vous propose de m’accompagner dans ma demeure. Elle est modeste, mais nous y serons plus à l’aise pour faire plus ample connaissance.

Avec entrain, Donovan l’invita à le suivre. Danel marcha à ses côtés, et semblait plus qu’heureux de retrouver son village.

- Des nouvel des autres ?, dit-il à voix basse.

- Aucune, répondit Donovan. Tu es le premier qui nous revient.

Ils continuèrent à converser ainsi jusqu’à ce qu’ils entrent réellement dans le village. Celui-ci ne s’était offert encore aucune fortification ; les huttes de bois et de peaux étaient dispersées par hasard sur la rive du lac, regroupées autour d’une maison en bois ronde légèrement plus vaste que celle des autres. C’est dans cette maison que Donovan conduisit leur invitée. Il n’y avait nulle porte ; seulement d’épais morceaux de laine pour bloquer l’entrée.

Alors qu’il arrivait à l’entrée, Donovan s’arrêta un instant.

- Merci encore, Danel. Tu peux nous laisser, à présent. Tu dois être épuisé.

Danel hocha la tête, adressa ses adieux à la jeune femme et partit retrouver sa demeure. Donovan jeta alors son regard vers son invitée en écartant les pans de laine.

- Veuillez me suivre.

Il entra ; la pièce qui se révéla alors à eux était un vaste demi-cercle, au centre duquel trônait un feu dont la fumée sortait par une ouverture au-dessus. L’espace était aménagé pour être le plus confortable possible ; le sol était recouvert d’épais tapis, et ça et là étaient posés fauteuils, meubles, et surtout des coussins, qui jonchaient le sol dans un désordre assumé. A la gauche, il y avait une petite table basse entourée de coussins. A droite, une grande commode de bois avec un bac d’eau posé dessus. Au fond du demi-cercle se situaient deux autres entrées ; seuls des tissus empêchaient de voir le contenu de ces deux pièces.

- Prenez place où vous le souhaitez, fit Donovan à la jeune femme avec un sourire chaleureux. Laissez-moi juste un instant, et je suis à votre entière attention.

Il se dirigea vers le bac d’eau et s’aspergea le torse plusieurs fois avant de se saisir d’une serviette et de se sécher. Puis, il enfila une chemise blanche aux manches larges et vint s’assoir face à la jeune femme.

- Voilà, nous voici mieux. Je m’excuse de n’avoir pris le temps de me présenter avant ; mais votre arrivée est une plaisante surprise. Autrement, je n’aurais eu l’idée de travailler la terre juste avant votre venue. Mon nom est Donovan de Cendre, Gharyn du village de Cedren. Je veux que vous sachiez que c’est un réel honneur de vous recevoir parmi nous.

Son ton se fit soudainement plus grave.

- Par ailleurs, j’ai bien conscience de la réputation des gens de Khurmag. Sachez que vous ne serez ici victime d’aucune illusion. Ceci est contraire à notre éthique. Cedren est un village un peu particulier de cette région : nous n’utilisons pas notre magie pour cacher la réalité. Vous ne verrez rien ici que ne soit notre triste quotidien.

Un sourire vint à nouveau éclairer son visage.

- Mais j’aurais tout le loisir de vous assommer avec ces histoires plus tard. Prenez vos aises. Je vous laisse vous présenter, jeune dame… mais avant que je n’oublie : vous devez être harassée. Souhaitez-vous quelque chose ? Eau, nourriture… n’hésitez surtout pas.  


Donovan: darkseagreen
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Lenora Armand
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Sam 12 Nov - 15:37
Irys : 320785
Profession : Aucune
My'trän +1
À l'annonce de leur arrivée, Lenora avait pris le soin de regarder de part et d'autre, non seulement piquée par la curiosité de savoir à quoi ressemblait l'endroit où elle allait prochainement passer son temps, mais aussi pour déjà récolter quelques premières informations sur le terrain. Tout d'abord, ils avaient accès à une source d'eau à proximité. C'était déjà là une bonne nouvelle car les plantes n'y verraient pas de refus. En revanche, elle observa quelques longues secondes le sol qui s'étalait devant elle. Il lui semblait simplement à vue d'oeil qu'il devait être relativement dur, probablement très difficile à travailler à la main et surtout, il manquait de richesse. La demoiselle retint qu'elle devrait passer plus tard pour plus d'informations.
Pour le moment, alors que son guide et elle-même s'avancaient vers le jeune village, Lenora porta son attention sur les modestes habitations. Simples huttes en bois, on voyait pourtant qu'elles avaient pris le soin d'être réalisées pour atteindre un confort minimum avec les matériaux disponibles. Elle ne put toutefois pas pousser son observation trop longtemps car, à peine étaient-ils à vue des gens du village, qu'une première puis une seconde tête se leva. Mais seul un premier homme s'avanca vers eux, l'air plutôt heureux.

La jeune mage de terre laissa les deux hommes se retrouver, inclinant poliment la tête lorsqu'il fut question d'elle. Bien que le compliment aurait fait sourire d'autres femmes, Lenora mis ce compliment ni plus ni moins sur le compte de la politesse. Après tout, si elle devait s'intéresser à des critères de beauté, elle se trouvait dans une moyenne bonne mais sans plus. Mais elle comprenait que dans ce monde, les compliments étaient une forme de politesse et qu'ils avaient parfois pour but de mettre les gens à leur aise. Aussi, elle apprécia le geste.

- Bienvenue à Cedren, qui que vous soyez. Poursuivit-il avec une révérence.

Mais la jeune femme n'eut pas le temps de lui répondre que déjà, il enchaînait.

- Sachez qu’il ne vous sera fait ici aucun mal, et que nous veillerons à votre confort. Et à cet effet, je vous propose de m’accompagner dans ma demeure. Elle est modeste, mais nous y serons plus à l’aise pour faire plus ample connaissance.

Lenora acquiesça d'un mouvement de tête, aussi bien pour marquer son accord de le suivre, que pour les propos tenus selon lesquels elle n'avait rien à craindre. Aussi, elle repris son sac de voyage dans lequel se trouvait un peu de change, son carnet de dessins et ses crayons, un petit carnet qu'elle avait acheté en route, et un peu d'argent qu'elle avait emporté dans une bourse fermé par un cordon. Durant le temps du voyage, gardant toujours son sac avec elle, elle n'avait pas vu la nécessité de garder la bourse sur elle. Aussi, elle entreprit de mettre le sac sur son épaule et de se tourner vers les deux hommes qui semblaient finir d'échanger quelques mots. Après quoi, ils se séparèrent de l'homme qui avait été son compagnon de voyage pendant ces quelques temps. Elle profita du court trajet pour détailler son hôte. L'homme était bien bâti, et devait probablement avoir la trentaine peut-être moins. Marchant un peu derrière lui, ne sachant pas où ils allaient, Lenora pouvait voir ses longs cheveux qui tombaient sur un dos large et dénudé, laissant ses muscles saillir sous sa peau.

L'homme la conduisit dans l'une des habitations en bois et tandis qu'il la laissait quelques minutes, Lenora se permit de s'installer, en s'asseyant sur un coussin, les jambes croisées. Son interlocuteur ne tarda pas à revenir, vêtue d'une chemise et pris place face à elle. Lenora l'écouta parler jusqu'à la fin, ne voulant pas l'interrompre avant qu'il ait fini. Il semblait avoir tant à dire comme si elle risquait à la moindre seconde de se lever, prendre ses affaires et de tourner les talons ! La khaaralienne pris à son tour la parole.

- Je ne serais pas contre un peu d'eau, merci. Ce fut un long voyage bien qu'intéressant et nous avons encore à discuter. Mais avant toute chose, je vous dois des présentations il me semble. Je m'appelle Lenora Armand. Je viens des steppes de Kharaal Gazar, de l'autre côté de la chaîne des Tsaagan Oi.

Elle s'arrêta quelques secondes. Lenora souhaitait éclaircir un point. Elle se retiendrait de dire qu'elle avait appris il y a peu au sujet de la réputation de la région. Aussi, elle n'avait aucun préjugé véritable vis-à-vis de ses habitants. Si Donovan se montrait franc avec son invité, elle pouvait en retour lui ôter les doutes qui pourraient habiter son esprit.

- Sachez d'abord que si je suis ici, c'est de mon plein gré. Votre ami ne m'a pas forcé la main. Aussi, si vous me dites que je n'ai rien à craindre, alors jusqu'à preuve du contraire, alors je considère que je ne crains rien. C'est donc sincèrement que je vous remercie de votre accueil.

Plutôt que de considérer cela comme de l'inconscience, il faut surtout y voir que Lenora jugeait en effet que ce village avait d'abord l'air accueillant. Si elle se gardait une certaine méfiance, il ne s'agissait pas plus qu'une méfiance naturelle, mais en d'autres termes pas plus qu'elle ne se méfierait d'un autre endroit ou d'une autre personne qui lui sont inconnus. Après tout, elle était là dans un premier temps pour travailler. Elle ne se livrerait pas directement à des étrangers, mais elle apporterait son soutien comme prévu initialement, sans arrières pensées.

- Si j'ai bien compris, ce village est encore à l'aube de sa vie. Il reste du travail à faire et c'est en cela que vous avec besoin d'aide. Aussi, si vous êtes d'accord, j'aimerais en savoir plus sur le village. Cela pourrait m'aider par la suite. Tout ce que vous pourriez m'apprendre pourrait se révéler utile.

Lenora réfléchit un instant, cherchant à spécifier sa pensée. Après tout, c'était la première fois qu'elle faisait ce genre de choses et n'était pas sûre de la voie à suivre. Elle préférait donc ne pas se presser.

- Par exemple, vous pourriez me décrire sur l'endroit. Comment était-il à votre arrivée ? Y avait-il beaucoup d'arbres ? Les activités que vous avez entreprises aussi. Elles pourraient avoir eu des impacts bons ou mauvais sur la zone. Il serait bien que j'en ais une idée. Dans un même ordre d'idée, avez-vous déjà essayé de faire pousser des choses sur cette terre ? Si oui, plutôt des arbres, des céréales, des arbustes fruitiers ?

Tandis qu'elle parlait, elle ouvrit son sac pour en sortir son petit journal encore vierge où elle comptait prendre des notes tout au long de son séjour. Elle s'arma d'un crayon, prête à prendre des notes.

- Et j'aimerais aussi savoir ce que vous attendez. Vous avez probablement une vision pour ce village, des choses que vous aimeriez. Si c'est en mon pouvoir, je tenterai d'atteindre ces attentes. Prenez votre temps pour répondre, je ne compte pas m'en aller demain, acheva-t-elle finalement avec un léger sourire.
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Donovan de Cendre
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Jeu 17 Nov - 15:53
Irys : 65888
Profession : Gharyn du Village de Cedren
My'trän +2 ~ Khurmag
Donovan se leva ; dans cette même pièce reposait un petit bac d’eau qu’il gardait propre afin d’étancher sa soif. Il fouilla un instant sur une table pour finalement saisir un gobelet en bois grossièrement taillé tandis que la jeune femme continuait de se présenter. Il remplit le gobelet d’eau et le donna à cette nouvelle arrivante, puis s’assit en tailleur sur un coussin juste en face d’elle.

Lénora Armand ; et elle disait venir des steppes de Kharaal Gazar. Oh, il ne doutait pas du long voyage qu’elle avait dû faire en compagnie de Danel- s’il ne savait parfaitement localiser les steppes, il en avait déjà entendu parler. Et pour s’aventurer, seule, avec un inconnu pour parcourir des kilomètres, la jeune femme devait avoir un sacré cran.

Pour tout cela, il lui vouait déjà un profond respect ; d’autant qu’elle ne semblait animée d’aucune peur. Il voyait plus en elle de la curiosité, et une envie d’aider les autres.

- Par exemple, vous pourriez me décrire sur l'endroit. Comment était-il à votre arrivée ? Y avait-il beaucoup d'arbres ? Les activités que vous avez entreprises aussi. Elles pourraient avoir eu des impacts bons ou mauvais sur la zone. Il serait bien que j'en ai une idée. Dans un même ordre d'idée, avez-vous déjà essayé de faire pousser des choses sur cette terre ? Si oui, plutôt des arbres, des céréales, des arbustes fruitiers ? Et j'aimerais aussi savoir ce que vous attendez. Vous avez probablement une vision pour ce village, des choses que vous aimeriez. Si c'est en mon pouvoir, je tenterai d'atteindre ces attentes. Prenez votre temps pour répondre, je ne compte pas m'en aller demain.

Au fur et à mesure qu’elle parlait, elle sortait de ses affaires une sorte de petit carnet et un crayon ; et alors que ses paroles arrivaient à leur terme, il se tint ainsi, attendant ses propres réponses, comme prête, déjà, à se mettre au travail.

Avec un sourire, il posa les mains sur ses genoux et se tint droit, la regardant droit dans les yeux.

- Vous êtes une sacrée personne, Lénora Armand. Et vous me voyez heureux devant votre volonté de rester parmi nous encore un peu. Votre aide nous sera plus que précieuse. Avant de me lancer dans mes explications quant à l’aide que vous pouvez nous apporter, j’aimerais vous éclairer sur nos intentions ici, à Cedren.

Le jeune Gharyn prit une profonde inspiration.

- Khurmag est dévastée depuis trop longtemps. Cette terre a été le théâtre d’atrocités sans nom, et le sang versé colore encore parfois la terre. Nous autres, qui vivons ici, n’avons pas été capables de nous en relever. Et pour moi, la raison en est simplement que nous comptons sur notre magie. Grâce à elle, nous pouvons projeter des images, des sensations dans l’esprit des gens ; aussi, nous nous sommes servis de nos sorts pour faire croire que Khurmag est belle à nouveau. Mais nous nous sommes mentis à nous-même : notre terre est dévastée. Je veux que cela cesse. Je veux rendre à Khurmag sa gloire et sa beauté d’antan, non pas dans les illusions que nous projetons, mais dans une réalité inchangeable. Au-delà de Khurmag, je crois que My’Tra a été trop meurtrie par la guerre. Nous devons nous fédérer ; et ne plus vivre dans notre coin si nous voulons tenir face aux Daenars.

Il secoua la tête et sourit.

- Vous me prendrez peut-être pour un fou idéaliste, mais je veux faire de Cedren une place d’espoir pour un monde meilleur. Mais nous n’en sommes pas là : loin de là. Pour l’heure, survivre est un combat quotidien. Avant tout ceci, je voyageais à travers Khurmag avec mon ami et mentor, un homme nommé Zarathoustra. C’est lui qui m’a tout enseigné. Nous allions de village en village, et à chaque fois je parlais de ces idées que je viens d’évoquer. Nous avons fini par être rejoints par un petit groupe de personnes, et avons décidé de construire un village. Ceci fut le fruit d’une longue réflexion menée entre nous, mais nous ne pouvions donner vie à notre idéal depuis des tentes. Nous avons déniché cette petite vallée, passant par le Col de Kernac- par là même où vous êtes passée. Nous avons vu ce lac, au fond de la vallée, qui est nourrit par une rivière qui remonte le long des Gorges d’Aldreïne. Une seule entrée, un point d’eau conséquent, un espace vaste avec une forêt. C’était pour nous un endroit parfait.

Lorsque nous sommes arrivés, la forêt recouvrait la totalité de la vallée. Nous avons commencé par dégager les rives du lac, puis avons tracé comme un chemin depuis le col jusqu’à notre campement. Nous avons du bois en quantité suffisante : nous ne coupons que ce dont nous avons besoin. Nous avons construit les habitations que vous voyez avec le bois récolté lors de notre installation.

Au départ, nous arrivions à vivre de la cueillette et de la chasse ; mais il est vite apparu que les réserves seraient vite épuisées. Nous avons bien essayé de rationner, en vain. Alors qu’il nous fallait fouiller la forêt de plus en plus profondément afin de récolter de quoi survivre, nous avons tenté de développer l’agriculture. Mais le sol est dur, ici. La terre est gelée.

Donovan fit une pause dans son discours, allant chercher un verre d’eau pour lui-même.

- Voyez-vous dans quelle situation nous sommes ? Nous ne pouvons ériger de mur de défense : nous ne pouvons travailler la terre pour creuser un fossé, nous ne pouvons planter dans ce sol une palissade en bois. Et nous n’avons rien pour tailler la pierre. Nous sommes également en manque de nourriture. Nous n’y connaissons rien : ni comment semer, ni comment cultiver. Et encore moins comment récolter. Et puis, comme je vous l’ai dit, la terre est gelée. Nous avons bien essayé de faire pousser un peu de blé, mais n’avons obtenu aucun résultat. De plus, travailler la terre fut un travail long et laborieux, qui coûta la vie à l’un des nôtres.

Avec un regard triste, Donovan toucha son torse au niveau du cœur.

- L’effort était trop… intense. Il ne l’a pas supporté. Voyez, Dame Armand, nous avons besoin…

Il s’arrêta un instant, et fixa la jeune femme avec cette intensité qui était la sienne lorsqu’il cherchait à se montrer convainquant ; une flamme de force qui brillait au fond de ses yeux.

- J’ai besoin de vos connaissances. De savoir comment travailler la terre. De savoir quelles graines semer en ces terres froides, ou bien encore d’en connaître plus sur les saisons. Et j’ai besoin d’en savoir plus sur votre magie. Que pouvez-vous faire ? Seriez-vous capable d’ériger tout un mur autour de nos habitations ? Pouvez-vous créer un champ prêt à être ensemencer d’un simple claquement de doigt ? Votre magie… agit-elle sur la pierre ?

Et ainsi, Donovan se tint tout prêt à écouter la jeune femme qui avait tant de cran.


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Lenora Armand
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Jeu 17 Nov - 18:28
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Tandis qu'elle finissait de parler, Lenora prit à une main le récipient d'eau que Donovan lui avait amené et le porta à ses lèvres pour en boire une première gorgée. Après quoi, elle reposa le verre fait de bois près d'elle et observa un homme qui avait l'allure d'un conteur près à partager son histoire.

La jeune femme bougeait à peine, prise dans les explications de Donovan. Cela ressemblait à ce que son père lui avait raconté avant son départ. Elle entendit également le mot Daënar dont elle avait vaguement entendu parler durant son enfance par ce père qui aimait tant voyager. Toutefois, l'écho de ce mot alla se perdre dans un coin de sa tête alors qu'elle entendait le parcours de son hôte. Leur vie n'avait pas dû être facile. Prendre sciemment la décision de sortir du confort, même si celui-ci n'était qu'illusoire, pour prendre de plein fouet la dure réalité, il fallait avoir du courage. D'autant plus pour ce chef portant sur ces épaules la vie de ceux qui avaient choisi de suivre son idéal.

*Ces gens méritent vraiment d'être aidés.*

Alors que le gharyn commençait à lui parler des conditions dans lesquels ils avaient trouvés la vallée, son état initial et leurs actions, répondant ainsi à quelques unes de ses questions, le crayon de la kharaalienne se mit en mouvement, griffonnant des notes à mesure qu'il parlait. L'agriculture n'était pas leur seul problème, ça, elle le savait déjà. En revanche, des ébauches d'idées lui venaient de-ci de-là sur ce qu'elle pourrait faire.

- Sachez que je suis désolée pour votre ami, mais que nous ferons le nécessaire pour éviter que pareille situation ne se reproduise.

Puis, après une pause, elle reprit.

- Nous allons avoir du travail en perspective. J'espère que l'idée ne vous déplaît pas.

Elle avait beau dire, la jeune femme n'attendait pas réellement de réponse. Elle avait entendu son histoire et son idéal. Elle avait vu son regard. Cet homme serait prêt à donner du sien pour que sa région renaisse. Du moins, si sa volonté n'était pas assez forte pour dans un premier temps apporter à ce village ce dont il avait besoin, alors il n'irait pas plus loin.

- Malheureusement, je ne suis qu'une novice dans mon art et ais encore beaucoup à apprendre pour parfaire ma magie. Aussi, même si je réalisais des protections pour ce village, si vous veniez à être attaqués, elles ne tiendraient pas longtemps et je ne serai pas forcément là pour les refaire. Ce n'est pas non plus de mon niveau de créer un champ aux parfaites conditions d'un claquement de doigts. Je ne peux pas créer à partir de rien présentement. Mais je peux en revanche, modifier et jouer avec la terre et tout ce qui a trait dans une certaine limite. Cependant, j'aurais besoin de vous et des villageois les plus robustes pour du travail manuel. Et finalement, oui, la pierre fait partie, parmi d'autres choses, de ce que je peux contrôler. Mais une chose à la fois.

La demoiselle après avoir achevé sa dernière phrase, s'autorisa une pause pour reprendre une gorgée d'eau. Elle avait encore beaucoup à dire dans les minutes à venir et dans les jours à venir. Il n'était pas temps d'avoir une extinction de voix.

- J'aimerais beaucoup dans un premier temps que nous visitions le village, les alentours, l'endroit où vous souhaitiez construire un fossé, mais que vous me montriez également la forêt. Nous pourrons y aller dès que nous aurons fini de parler ou demain s'il se fera déjà trop tard d'ici là. Cette visite en plus de ce que vous m'avez appris et des quelques observations rapides que j'ai réalisées me permettront de confirmer certaines choses. Je pourrai regarder les espèces comestibles, observer la régénération de la forêt. Non seulement de pouvoir récupérer des essences à replanter près du village, nous pourrions trouver d'autres choses comme du lichen. Quoiqu'il en soit, il est bon que vous n'ayez pas coupé l'intégralité de la forêt. Replanter une forêt, bien que réalisable aurait pris du temps avant que vous ne puissiez vous en servir. Or, si ma magie peut intervenir sur la terre, il y a des choses qui doivent se faire naturellement.

Le crayon toujours en main, elle complétait ses notes avec ses idées, les choses qu'elle souhaitait voir ou faire, et d'autres choses, afin de ne rien oublier. Lorsqu'elle n'écrivait pas, elle regardait son interlocuteur pour s'assurer que celui-ci approuve jusqu'à présent.

- Il me sera également possible de vous aider avec vos outils. Bien que je ne sois pas une experte en forge et que je ne pourrais pas vous créer des armes efficaces au combat, j'ai des connaissances de base quant à la fabrication d'outils. Dans les steppes dans mon clan, nous fabriquons nous-mêmes ce dont nous avons besoin, alors c'est quelque chose qui fait partie de notre éducation. Mais passons. Je pense avoir répondu à vos questions. Quant au reste, les réponses viendront au fil du temps tandis que je me familiarise avec les lieux. Auriez-vous d'autres questions ou préférez-vous que nous allions sur le terrain ?



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Donovan de Cendre
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Jeu 24 Nov - 16:31
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Profession : Gharyn du Village de Cedren
My'trän +2 ~ Khurmag
Donovan sourit- par Khugatsaa, cette fille avait de l’entrain ! Il n’en fut que plus heureux encore qu’elle leur apporte son aide. Il n’avait pas eu grand espoir en envoyant des émissaires de Cedren parcourir My’Tra ; au mieux, il s’était attendu à ce que ceux-ci reviennent avec quelques conseils. Mais Danel avait trouvé en la jeune Lénora une personne qui leur deviendrait vite précieuse.

La jeune femme ne montrait aucun signe de fatigue- au contraire, elle semblait prête à déjà se mettre à l’ouvrage, proposant d’aller déjà inspecter les environs. Donovan plongea son regard dans le sien- et plongé dans ses pensées, il ne se rendit même pas compte de ce que cela pouvait avoir de gênant.

En fait, il se contentait d’évaluer ce qu’il pouvait faire ou ne pas faire en l’état. La jeune mage avait fait un long trajet, et il la voulait au mieux de sa forme pour entrer dans le vif du sujet- à savoir explorer les environs et déterminer comment travailler la terre. En revanche, il pouvait commencer par lui faire visiter le village. Et puis, il avait une petite surprise pour elle…

Il finit par sourire et tapa sur les jambes avant de se relever.

- Bien, Dame Armand. Pour les questions, j’en ai encore certaine mais il vaudrait mieux que nous voyons directement sur le terrain. Il est trop tard pour sortir : la nuit sera tombée avant que nous puissions faire le tour de la vallée. Si vous n’y voyez aucun inconvénient, je préférerais vous faire faire le tour du village pour aujourd’hui. Le reste attendra demain.

Et ainsi, lorsqu’il eut l’approbation de Lénora, il sortit, l’invitant à le suivre d’un signe de tête. A l’extérieur, les villageois s’affairaient à leurs occupations, chacun plongé dans des tâches qui assuraient la survie de Cedren. Donovan marchait en compagnie de Lénora, les deux mains jointes dans le dos ; et à chaque fois il leur était adressé de chaleureux sourires.

Comme dans toute petite communauté, les nouvelles se diffusaient rapidement, et il y eu bien quelques personnes pour aller remercier la jeune femme de l’aide qu’elle devait leur apporter. Devant ces scènes, Donovan souriait : il était fier de ses gens. A un moment, une femme d’âge mûr tenta même de lui offrir un épais manteau de fourrure ; et, gêné devant ce lourd présent, Donovan proposa de le porter lui-même.

C’est donc avec les bras encombrés d’un manteau de fourrure que le jeune Gharyn emmena Lénora sur la rive du lac. Laquelle était faite de graviers polis par l’usure ; quelques maisons étaient construites là. L’une d’entre elle possédait un ponton qui survolait l’eau miroitante du lac- la maison d’un pêcheur, qui devait avoir remonté les gorges pour prendre du poisson dans ses filets.

Mais le bâtiment qui l’intéressait présentement était celui qui était situé quelques mètres plus loin, et duquel une épaisse fumée noire s’évadait via une cheminée.

- Voici notre forge, fit Donovan avec un signe de tête. Nous l’avons bâtie ici pour que nous puissions avoir un rapide accès à l’eau en cas d’incendie.

Ils arrivèrent enfin devant le bâtiment. La forge en elle-même consistait en une annexe rajoutée à une maison ; en soit, ce n’était que trois murs de bois avec un toit de chaume. Sur le côté gauche étaient entassés les outils de la forgeronne, tandis que le côté droit présentait ses œuvres. Au centre trônaient une enclume avec un bassin de pierre pour contenir de l’eau.

Deanna, la forgeronne, était à l’ouvrage lorsqu’ils se présentèrent devant la grande ouverture qui devait à l’origine être un quatrième mur. Ses cheveux bruns étaient retenus en arrière par un ruban noirci par la suie ; et elle ne portait comme vêtement que des tissus sales recouverts par un tablier en cuir. Quand elle les vit, elle cessa de marteler le fer avec son marteau et poussa un profond soupir.

- Bonjour, Donovan. Et bonjour jeune dame, fit-elle à l’adresse de Lénora.

- Bonjour, Deanna. Je ne souhaite pas te déranger, mais j’aurais voulu montrer à mon amie ci-présente notre outillage.

Deanna sourit.

- Bien sûr. Vous êtes la Mage de Terre venue nous aider, non ? Venez donc voir par là.

Elle se saisit d’une pioche accrochée au mur et la présenta à Lénora.

- C’est ce que j’ai pu faire de mieux. Quelqu’un de mon entourage était forgeron ; je sais que j’ai appris avec cette personne mais je ne me souviens de rien à son égard. Mais ma formation n’a pas été achevée, alors je fais de mon mieux. Tenez, regardez donc cela.

Elle alla ouvrir un coffre et en sorti quelques pièces de fer simple.

- Je fabrique ce qu’il nous faut à partir de ça.

- Il s’agit de métaux récupérés par-ci par-là, intervint Donovan. Mais je crois de piètre qualité. Nous avons aussi quelques minerais, mais nous ne savons les travailler. Daenna ?

Alors, Daenna acquiesça et, fouillant au fond du coffre, elle porta deux fragments de minerais à la Mage de Terre.



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Lenora Armand
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Ven 2 Déc - 19:39
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Profession : Aucune
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Donovan exprima sa préférence pour une visite du village, jugeant qu'il serait trop tard pour s'aventurer en forêt aujourd'hui. Lenora s'en remis à son jugement, acquiesçant d'un signe de tête pour approuver. Puis, achevant son verre d'eau, elle se releva et sortit de la tente en compagnie de ce chef de village. Tandis que les deux compagnons faisaient leur chemin tranquillement, la jeune mage put constater les signes de tête ou de mains, les sourires adressés à ce gharyn visiblement aimé des siens. Sans s'y méprendre, Lenora vit même certains villageois lui adresser des sourires à elle aussi. Certains s'en vinrent même lui adresser la parole, lui souhaitant la bienvenue ou encore la remerciant. La jeune femme répondait avec douceur à chacun d'eux, apprenant à découvrir les visages des habitants de Cedren. Son regard laissa même apercevoir la surprise de recevoir de la part d'une aînée, le lourd présent d'un manteau de fourrure. Peu habitué à des vêtements trop lourds, elle fut légèrement déséquilibrée au début. Fort heureusement, Donovan vint à sa rescousse, prenant le manteau avec lui. La khaaralienne eut à peine le temps de le remercier qu'il s'était déjà remis en route. Aussi, s'inclina-t-elle, remerciant la vielle dame du présent et lui promettant qu'elle en prendrait grand soin et remercia également les villageois. Puis, elle se releva prestement, et marcha rapidement pour rejoindre Donovan.

Ils arrivèrent finalement à la rivière où la demoiselle se demanda ce qu'il souhaitait qu'elle voit. Elle se pencha légèrement de côté pour voir devant Donovan ce qu'il voyait, tandis que l'intéressé répondait à ses interrogations muettes. Ainsi donc, voici leur forge. Lenora était curieuse de voir à quoi ressemblait la structure. Étant d'un clan nomade, leurs installations n'étaient jamais définitives bien que l'expérience et le talent du forgeron n'enlevait rien à la qualité de son travail. Lenora bien que son niveau n'égala pas celui de son mentor en forge, et cela de loin, elle espérait faire honneur à l'enseignement reçu et à la personne qui lui avait donné. Alors qu'ils entraient dans la forge, une femme vint à leur rencontre. Ils échangèrent tous trois de brèves salutations avant que celle-ci n'entre directement dans le vif du sujet. Suivant la forgeronne comme demandé, la jeune femme prit l'outil entre ses doigts.

- C’est ce que j’ai pu faire de mieux. Quelqu’un de mon entourage était forgeron ; je sais que j’ai appris avec cette personne mais je ne me souviens de rien à son égard. Mais ma formation n’a pas été achevée, alors je fais de mon mieux. Tenez, regardez donc cela.


Elle se dirigea ensuite vers un coffret, toujours suivi par la demoiselle qui écoutait tout ce qu'on put lui dire.

- Je fabrique ce qu’il nous faut à partir de ça.

"Il en faudrait un peu plus pour la suite. Mais ça devrait suffire pour faire quelques outils." se dit la jeune femme à elle-même.

- Il s’agit de métaux récupérés par-ci par-là, intervint Donovan. Mais je crois de piètre qualité. Nous avons aussi quelques minerais, mais nous ne savons les travailler. Daenna ?

Déplaçant un peu le contenu du coffre, la femme en sortit deux minerais qu'elle présenta à la mage de terre. Cette dernière les récupéra dans une main, tenant la pioche dans l'autre et jetant un rapide regard aux alentours, rapporta précautionneusement le tout qu'elle posa sur un établi. La forgeronne l'avait suivi et prit place à côté d'elle, laissant assez de place pour que le chef du village puisse s'installer de l'autre côté de Lenora. Elle prit un premier minerai dans sa main et commença à l'étudier, faisant revenir à la surface le souvenir de ces connaissances. La première étape était d'identifier ces minerais. Aussi, la jeune femme l'air paisible mais concentré, tournait lentement la pierre sous plusieurs angles. Cet éclat vitreux, ces nuances de bleus si caractéristique. Pour qui connaissait un peu ces choses, ce n'était pas le plus difficile a identifier. La jeune femme n'avait pas tenu longtemps le silence avant d'apporter sa réponse. La présentant aux deux autres, elle prit la parole.

- Ce minerai que vous avez ici est de l'azurite. On peut l'utiliser comme pigment en peinture. Sinon, vous pourriez les travailler pour en faire des pierres à sertir que vous vendriez. De beaux bijoux.

La jeune femme reposa le minerait sur la table, s'arrêtant quelques secondes, avant de reprendre.

- Toutefois, faire le sertissage vous-même serait plus difficile. Il faut le faire à froid parce que l'azurite est assez sensible à la chaleur et une mauvaise manipulation risque de l'altérer. Je ne serai pas en mesure de vous apprendre quelque chose de si délicat. Mais sachant ce que c'est, si vous en trouvez d'autres, vous pourriez comme je vous le propose vous en servir comme d'une source de revenue jusqu'à ce que vous rencontriez quelqu'un capable de vous enseigner.

Caressant légèrement l'azurite, elle s'empara ensuite du deuxième minéral entre ses mains et reprit son procédé d'observation. Elle gratta légèrement la pierre du bout de l'ongle, frottant ensemble deux doigts où s'était déposée une fine pellicule de particules rouges-orangées. Son silence fut plus long que pour le minerai précédent car elle repassait en revue dans sa tête les différentes pierres qu'elle connaissait, les comparant entre elles pour s'assurer de ne pas dire de bêtises. Connaissance et magie, voilà ce qui rendait les mages comme elle capable d'entendre un chant inaudible pour d'autres, comme une empreinte que laissait tel ou tel pierre, minerai, tout ce qui venait de terre. Aussi fallait-il les reconnaître. Néanmoins, dans le cas présent, ce n'était pas un chant si rare. De plus, l'échantillon trônant directement dans les mains de Lenora, il ne pouvait être plus proche et donc son chant était clair, aucune perturbation ne venant interférer avec l'identification, ce qui rend généralement les choses plus compliquée et limite l'utilisation d'une telle méthode.

- De la cuprite..., murmura finalement la jeune femme avant de reprendre un peu plus fort. C'est un minerai de cuivre. Je pourrai vous montrer comment le travailler. Vous avez déjà un four ce qui rend sa fonte possible. Si vous êtes capable de le fondre, vous êtes capable de faire plusieurs choses avec. Avec du cuivre, vous pouvez fabriquer des ustensiles et des outils d'abord pour vous et au besoin, créer des objets que vous pourriez vendre là encore. Il y a maintes possibilités et l'utilisation dépendra de vous. Mais d'abord...

Elle reposa le minerai et attrapa la pioche à deux mains.

- Il nous faudra résoudre ce problème.

"Allez petite pioche. Explique-moi ce qui ne va pas."

Pour la troisième fois, Lenora se concentra à nouveau. Comme pour vérifier son hypothèse avec la cuprite, la kharalienne écouta le chant de la pioche. Celui-ci saurait lui dire s'il y avait des anomalies. Caressant l'outil du bout des doigts, la jeune femme ferma les yeux pour mieux se concentrer sur le "son" et définir le problème. Elle ressentait les vibrations caractéristiques du fer. Toutefois, celui-ci avait un chant particulier où résonnait comme en écho d'autres voix. Les yeux toujours fermés, elle glissait deux doigts collés, le long du pic. Et comme dans une chorale, arrivé à certains endroits, l'écho gagnait en puissance. Jamais il ne rivalisait avec le fer, mais il était parfois assez important pour imposer sa présence.
Cette méditation avait duré plusieurs minutes durant lesquelles la forgeronne et le gharyn ne pouvaient malheureusement pas faire grand chose pour assister Lenora si ce n'était s'assurer qu'elle ne soit pas dérangée et attendre son diagnostique. Finalement, lorsque la jeune femme rouvrit les yeux, elle se tourna vers la forgeronne et lui rendit la pioche.

- Je sais ce qui ne va pas. Le fer contient encore trop d'autres éléments. Cela rend l'outil plus fragile car non uniforme  partout. Il y a des zones où d'autres éléments se sont agglomérés en quantité suffisante pour ternir la qualité de l'outil. Il va falloir faire plusieurs tests pour voir si la qualité s'améliore selon ce qu'on va changer. L'une des choses auxquelles il faut prêter attention...

Lenora s’avança tranquillement vers le four qu'elle indiqua du regard.

- La température. Les minerais sont comme les êtres vivants, ils ont des besoins différents. Si le four n'est pas assez chaud, que tu laisses trop peu de temps ton matériel, il va rester des impuretés en trop grande quantité.

Tandis qu'elle parlait, la fille de Delkhii observait le four qu'elle évaluait du regard. La structure ne semblait pas si mauvaise en soi. Il n'y avait pas de problème en soi avec l'ouverture. L'air frais de la région ne devait pas aider à maintenir la chaleur. Il y avait déjà trois pans de murs. Finalement, le regard de la jeune femme portait vers la fumée qui s'échappait. Non seulement de l'ouverture par laquelle il était usuellement prévue qu'elle en sorte, mais également par de petites fentes ici et là. La fumée s'élevant et rejoignant la colonne principale, c'était un détail qui semblait anodin mais qui avait son importance.

- La fumée... Voyez comme elle s'échappe. Si nous apportons des changements en ajoutant par exemple une couche de glaise pour empêcher la fumée de s'échapper par les fentes, le feu serait mieux isolé et le four garderait ainsi mieux sa température.



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Amisgal
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Dim 18 Déc - 18:52
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Profession : Façonneuse de climats
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[Note : Je précise qu'il s'agit d'une intervention MJ dans laquelle je ne joue pas Amisgal.]



Beobrand Mesmann avait toujours eu une petite touche particulière de folie. Loin d’être un mauvais bougre, il avait vécu toute sa vie à l’image de ces personnes âgées assises au coin du feu, dépeignant pour vous un monde entier de couleurs et d’intrigues à faire rêver même les plus tenaces. Peut-être un peu conteur dans l’âme, menteur par dépit et passionné de fantasmes imaginés à demi-mots, il n’était pourtant pas mythomane ! Ici s’élevait la fine barrière grâce à laquelle les autres le toléraient, car lorsqu’il s’agissait de choses concrètes il ne manquait jamais de fournir une vérité pure et crue qui le plaçait dans la catégorie des bonnes personnes. Aussi avait-il malgré tout fini par trouver sa place dans ce petit village plein d’avenir qu’était Cedren, n’hésitant pas une seule seconde à mettre la main à la patte le jour et à raconter ses histoires aux enfants la nuit. Désormais d’un âge vénérable, son aptitude à narrer des aventures présentes et passées étaient beaucoup plus acceptée par le commun des mortels… N’était-ce pas là l’une des nombreuses caractéristiques de la vieillesse ? Radoter et affabuler pour faire rêver la jeunesse.

Comme tout bon Cedrenien il avait eu vent de la venue d’une mage de la terre entre les murs –d’ailleurs inexistants- de leur village. Alors assit à l’ombre de son portique il avait senti ses vieux os se réchauffer d’un délicat bonheur et l’empressement avait fait tressauter ses mains guère plus aussi fiables qu’elles ne l’avaient été naguère. Les enfants accouraient en tous sens et les voix émerveillées des villageois longeaient les champs et les masures comme autant de piaillements et de chants d’oiseaux que l’espoir avait fait revivre. Mais il y avait autre chose… Beobrand le sentit confusément : il était parvenu à la croisée des chemins et un pressentiment plus vieux et plus ancestral que l’âge du monde l’avait guidé tout au long de son existence pour cet exact jour. Le temps était venu. Enfin, il trouvait sens aux mots qui lui avaient été confiés jadis, et son vieux corps s’en retrouvait tout rasséréner. Oh, il en aurait dansé quelques pas avec sa jeune voisine d’en face si seulement il avait eu vingt ans de moins !

Il se dirigea péniblement vers les rares affaires qu’il possédait encore et attrapa avec délicatesse un petit paquet précieusement emballé dans des carrés de tissu. La poussière les recouvrait et en avait chassé la couleur, on ne voyait plus des anciennes broderies qu’une vague silhouette toute effilée. Mais cela ferait l’affaire. Il avait suivi à raisonnable distance le petit groupe que menait d’une main de maître son Gharyn, et s’était laissé absorber dans la contemplation des talents de la jeune fille. Ainsi, elle s’appelait Lenora Armand.

« Excusez-moi… s’enquit-il d’une petite voix fluette, à peine audible et pourtant investie d’un si grand sourire bienveillant. »

Il n’avait pas voulu interrompre une conversation aussi importante sur le métal, il avait par conséquent patiemment attendu que la jeune femme ne termine d’énumérer ses conseils pour intervenir. Après tout, le temps s’égrenait d’une façon bien différente quand on avait déjà un pied dans la tombe…

« J’espère que je ne dérange rien d’important mais… J’ai également un présent pour notre nouvelle venue. »

Il avait esquissé une légère inclinaison de la tête à l’égard de Donovan, et tout le respect qu’il éprouvait pour le personnage s’était lu sur son visage et dans l’infinitésimale de ses yeux bleus, mangés de ride et du soleil qu’il avait absorbé toute sa vie. Il fit un pas incertain en direction de Lenora, et ses lèvres et ses mains tremblèrent d’une émotion soudaine. Il avait rêvé de ce geste tant d’années durant…

« Il y a bien soixante ans de cela alors que je n’étais qu’un jeune garçon ma famille a accueilli sur son attelage le temps d’un voyage un homme fort mystérieux. Depuis lors et aujourd’hui encore je n’ai jamais été en mesure de me rappeler des traits de son visage. Mais la seule chose qu’il ait dite, en revanche… »

Il dévoila le paquet de tissus qu’il tenait toujours entre ses mains et, du bout des doigts, comme s’il se fut agi du plus précieux des trésors, il commença à en retirer les pans protecteurs pour mieux dévoiler ce qu’ils contenaient :

« Je te confie ceci, m’a-t-il dit. Le moment venu, tu devras le remettre à son véritable propriétaire. C’était dans les Kharaal Gazar. »

Il n’y avait plus alors dans la paume de ses mains qu’un carnet relié en cuir à la facture magnifique. Oh, il n’avait rien de très frappant, mais quelque chose dans la teinte sombre de sa matière parfaitement conservée, dans le granulé de son parchemin ou encore dans le fin liserai d’or qui en rehaussait les contours lui donnait une prestance qu’un relieur de talent aurait seul pu retranscrire.

« Ne dîtes rien, je vous en prie. Acceptez simplement cet humble présent. Il vous est destiné, j’en suis persuadé ! Il possède une grande particularité qui vous sera utile je l’espère. Ses pages peuvent transmettre n’importe quel message à un destinataire, peu importe l’endroit où il se trouve à travers les vastes contrées du monde. Peut-être votre famille vous manquera-t-elle moins ainsi. »

Il eut un sourire sincère, croisant ses mains dans son dos avec la satisfaction du travail accompli.

« Je serais très heureux qu’il puisse poursuivre son voyage entre les mains d’une jeune fille aussi charmante que vous ohoh ! »

Après quoi tourna-t-il paisiblement les talons, laissant en suspens dans les airs le mystère de cette ancienne rencontre. Etait-ce fable ou réalité ? Sur Irydaë nombre de faits resteraient à tout jamais inexpliqués… Et c’était peut-être mieux ainsi, cette magie qui flottait sur leurs existences et qui les parait de ravissantes surprises !


Spoiler:
 




~ N'hésitez pas à m'envoyer un mp si vous avez le moindre soucis ou une question, j'y répondrai avec plaisir ! ~
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Donovan de Cendre
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Lun 9 Jan - 12:38
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Profession : Gharyn du Village de Cedren
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Spoiler:
 

Donovan écouta attentivement les conseils de la jeune femme. La voir à l’œuvre avait quelque chose… d’envoûtant. Cette manière qu’elle avait de sentir les éléments, les toucher du bout des doigts, comme s’il s’agissait d’objets sacrés. Comme si ces éléments… lui parlaient.

Le jeune Gharyn sourit lorsqu’elle prodigua ses conseils- décidément, la jeune femme était une perle rare. Donovan s’estima heureux pour Cedren ; le petit village manquait encore de trop de moyens et de connaissance. Et tandis qu’il écoutait les paroles de Lenora, diverses pensées se bousculaient dans son esprit.

Cedren ne possédait pas en grande quantité ce que la mage de Terre avait nommé azurite. Pourtant, il ne leur était pas si difficile d’en trouver. Le fragment avait été rapporté par un pêcheur qui s’était aventuré dans les gorges qui se situaient au fond de la vallée de  Kernac. L’homme avait trouvé un creux dans la roche, dans lequel il avait récupéré ce morceau d’azurite. Au souvenir qu’en avait Donovan, il n’y en avait pas beaucoup en apparence, mais peut-être qu’en creusant un peu…

En revanche, si l’azurite exigeait une petite expédition, la cuprite était plus simple encore a trouvée. Le fragment venait d’un endroit dans la forêt, proche de l’entrée des gorges et du lac, à un endroit où l’une des collines formant la vallée de Kernac se transformait en roche nue. Arracher le fragment avait été un exercice laborieux : les instruments que possédaient les Cedreniens s’étaient brisés sur la roche à de nombreuses reprises.

Mais Lenora avait eu la présence d’esprit de sonder une pioche dans la forge- et Donovan espérait bien que les informations qu’elle avait fourni à ce sujet aideraient Daenna.

Donovan écoutait attentivement son invitée faisant quelques remarques sur la structure de la forge et s’apprêtait à lui répondre lorsque Beobrand intervint. Donovan eut un léger sursaut ; il n’avait pas remarqué le vieil homme. Au léger salut qu’il lui fit, le jeune Gharyn répondit avec un immense sourire et un hochement de tête bienveillant, lui montrant qu’il n’avait aucune crainte à prendre la parole.

Beobrand avait toujours été un homme aimable, et Donovan lui portait un profond respect. Il recula de deux pas lorsque le vieil homme s’adressa à Lenora pour lui faire présent d’un étrange carnet en cuir. Il ne comprit pas très bien où Beobrand voulait en venir, ni pourquoi il tenait tant à offrir son présent, mais il laissa faire avec un sourire.

Aussi soudainement qu’il était apparu, Beobrand tourna les talons et les laissa là. Donova jeta un regard amusé à la jeune femme, les mains sur les hanches.

- On dirait bien que vous êtes appréciée, ici, Lenora. Beobrand est une bonne âme ; ce carnet devait avoir de la valeur pour lui… quelle qu’elle soit. Et puis, je dois dire que je ne suis pas mécontent à l’idée que vous gardiez un petit souvenir de Cedren.

Il jeta un regard à l’ensemble de la forge et passa une main dans ses cheveux.

- Vos remarques sur cet endroit sont des plus intéressantes, je dois dire. Nous ferons les modifications nécessaires, en suivant vos recommandations. La forge a été construite à la hâte ; nous manquions alors de main d’œuvre et elle était des plus nécessaires lorsque nous nous sommes installés. Daenna n’était même pas encore parmi nous, et bien qu’elle ait apporté quelques modifications à la structure d’origine, nous n’avons jamais beaucoup réfléchis à la question.

Il fit un sourire à Daenna, puis reprit.

- Nous vous laissons retourner à votre travail, Daenna. Lenora, si vous voulez bien me suivre…

Il sortit de la forge et repris la direction du centre du village.

- Nous irons demain aux alentours du village. J’aimerais que vous puissiez examiner la terre autour de Cedren, et je vous mènerais au gisement de cuprite. Je vous montrerais également l’endroit où nous avons trouvé l’azurite, si vous le souhaitez, mais cela nécessitera une petite balade en barque dans les gorges.

Il eut soudainement la sensation d’accabler Lenora. Tout ce travail à réaliser… et il avait du mal à contenir sa curiosité.

Il continua sa route jusqu’à une petite hutte de bois, à deux maisons de la sienne. L’endroit se situait pratiquement au centre du village, et si elle ne présentait que peu d’espace, Donovan avait veillé à ce que l’endroit soit le plus accueillant possible. Il avait sommé un des villageois, leur tisserand en fait, de faire en sorte qu’un invité se sente à l’aise dans cette hutte. La dernière fois qu’il l’avait vue, il avait pu constater une abondance de coussins et couvertures- depuis, il avait accordé toute sa confiance au tisserand.

Il fit un signe à Lenora en direction de la hutte.

- Nous avons préparé cela pour nos invités. Cette hutte est à votre disposition pour toute la durée de votre séjour parmi nous. Je vous laisse prendre un peu de repos, et pour toute question Danel vis dans la maison à droite de la vôtre. Il subviendra à vos besoins.

Donovan tendit les bras afin que la jeune mage puisse reprendre la fourrure qui lui avait été donnée.

- Je vous laisse à présent… Oh et une dernière chose ! Nous organisons une petite fête ce soir, sur le bord du lac. Je ne vous oblige à rien mais… nous serions ravis de vous compter parmi nous !

Sur ce, Donovan tourna les talons, laissant son invitée en paix. Quant à lui, il se devait de rejoindre la rive du lac, étant en charge de l’organisation de leur petit banquet en plein air. Une habitude qu’ils avaient tous pris- ces festivités étaient régulières et spontanées : elles étaient l’expression de la liberté que les Cedreniens avait acquise par leur travail.

Il arriva sur le lac, aussi calme que d’habitude. Pour l’heure, personne n’avait encore entamé les préparatifs. Donovan resta un moment figé, appréciant cet instant de paix. Oui… il y aurait un feu sur la plage ; chaque famille apportait de la nourriture, et ceux qui savaient jouer d’un instrument apporteraient le leur. Tout le village serait sur place ; aussi, il faudrait prévoir des torches tout autour du feu afin que chacun puisse être éclairé. Une festivité simple : aucun luxe, aucun surplus, rien que ce que le village pouvait produire.

Son ami et mentor Zarathoustra vint silencieusement se poster à côté de lui, ses yeux aveuglés fermés comme toujours.

- Une Mage de Terre est venue, ais-je entendu, dit-il avec un sourire.

- Oui… Lenora Armand. Elle a déjà commencé à nous aider. Elle est remarquable, et pleine de bonne volonté.

Zarathoustra hocha doucement la tête.

- Je le sais. Mais pour ce qu’elle t’apporte, que lui donneras-tu ?

Donovan haussa les épaules.

- Je ne sais… mais elle sera récompensée.

Il se tourna vers son Khurog, un air interrogateur sur le visage.

- Mais ce n’est pas ce que tu voulais dire, n’est-ce pas ?

- Mon ami, les Architectes sont capricieux. Qui sait… peut-être prendra-t-elle plus que ce que tu lui donneras. Peux-tu dire à qui ira sa loyauté ?

- Tu ne lui fais pas confiance ?

- Si, bien sûr. Mais garde une chose à l’esprit, Donovan… les Architectes n’aiment pas que l’on joue contre eux.

Sur ce, Zarathoustra donna une tape amicale sur le dos du jeune Gharyn et s’en alla. Donovan poussa un long soupir… puis se mit à la tâche : lui aussi devrait apporter à manger pour la fête. Et il était mauvais cuisinier.


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Lenora Armand
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Jeu 12 Jan - 7:16
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En entendant une voix les interpeller, Lenora se retourna pour voir qui était le nouveau venu. Un vieil homme au visage aimable qui s’avançait encore de quelques pas vers eux. La jeune femme se tut, croyant d'abord que le villageois souhaitait s'entretenir avec le gharyn. Mais elle fut vite détrompée tandis qu'il déclarait avoir un présent. Il tendit de ses mains tremblantes un paquet vers elle, dont il commença à défaire les liens pour que chacun puisse en contempler le contenu. Il s'agissait d'un petit carnet de cuir aux fines dorures, de prime abord modeste mais qui avait conquis le cœur de la jeune femme à peine  l'eut-elle effleuré du bout des doigts. Et ces paroles mystérieuses prononcées par le vieil homme. Qui était le précédent détenteur de ce carnet ? Pourquoi l'avait-il laissé ? Et pourquoi était-ce à elle que revenait cet héritage ? Était-ce parce qu'elle venait de Kharaal Gazar, tout comme ce voyageur ?

Tant de questions qu'elle voulut poser. Elle n'était pas sûre qu'il soit juste qu'elle entre en possession d'un si précieux objet. Son regard rempli de questions avait-il à peine croisé celui du vieil homme que celui-ci, comme s'il venait de comprendre l'essentiel de sa pensée dans son regard, ajouta :

« Ne dîtes rien, je vous en prie. Acceptez simplement cet humble présent. Il vous est destiné, j’en suis persuadé ! Il possède une grande particularité qui vous sera utile je l’espère. Ses pages peuvent transmettre n’importe quel message à un destinataire, peu importe l’endroit où il se trouve à travers les vastes contrées du monde. Peut-être votre famille vous manquera-t-elle moins ainsi. »


- Merci... Merci beaucoup. J'en prendrai soin.

Elle se doutait qu'elle aurait dû en dire plus. Ces simples mots ne transcrivaient pas assez bien la gratitude qu'elle éprouvait devant le présent qui venait de lui être offert. Du moins espérait-elle que son regard transmettrait une partie de ce qu'elle ressentait mieux que ses mots. Le villageois qui semblait heureux d'avoir accompli sa tâche en laissant le carnet à sa nouvelle propriétaire, il regagna le village le premier. Quant à Lenora, laissée avec le carnet qui lui avait été mis dans les mains, elle n'avait pas encore bougé de sa position, comme à semi-consciente de ce qui venait de se passer. Heureusement, la voix de Donovan la ramena à la réalité. Il semblait approuver également ce cadeau. Pour sûre, la mage de terre ne pouvait se plaindre en aucune façon de l'accueil qu'elle avait reçu.

Le carnet contre sa poitrine, la demoiselle hocha la tête devant les explications de Donovan. Il était normal si leur installation était récente que des améliorations restaient à être faites. Et c'était la raison de sa présence. Adressant un signe de la main vers la forgeronne, Lenora ajouta :

- Au revoir. Je repasserai certainement vous rendre visite d'ici à ce que les travaux soient terminés. Si vous avez la moindre question, n'hésitez pas à venir me trouver.

Elle s'inclina légèrement et emboîta le pas au gharyn ne souhaitant pas le faire attendre. Elle avait encore beaucoup à faire et le temps filait si vite ! Tandis qu'ils regagnaient tous deux le centre du village, la jeune femme l'écouta exposer le programme prévu pour le lendemain.

- Parfait. L'inspection des terres me permettra en effet d'en savoir plus pour choisir la meilleure option possible. Ce serait avec plaisir que j'irai visiter les gisements également. Je ne sais pas si je puis en faire beaucoup pour aider mais si jamais c'est le cas, il ne faudrait pas le négliger.

Tandis qu'elle parlait, ils arrivèrent devant une petite hutte en bois. Lenora prit quelques longues secondes avant de comprendre que cette habitation que désignait Donovan serait son chez elle pendant son séjour. Il lui indiqua également qu'elle pouvait faire appel au besoin à son voisin de droite et lui remis finalement le manteau de fourrure.

- Je vous laisse à présent… Oh et une dernière chose ! Nous organisons une petite fête ce soir, sur le bord du lac. Je ne vous oblige à rien mais… nous serions ravis de vous compter parmi nous !

Puis il s'éloigna, la laissant seule devant la hutte. Songeant qu'elle n'allait pas rester planter là à prendre racine, la mage de terre se décida à entrer. Si l'habitation semblait petite vue de l'extérieur, elle n'avait pas moins été aménagée avec goût, laissant à l'occupant ressentir un sentiment de relaxation. L'intérieur était modeste mais chaleureux. Une petite table en bois rustique trônait au milieu, des coussins étaient disposés ici et là et quelques paniers tressés à la mains étaient disposés dans la pièce. Une couche elle aussi rustique, était placé dans un coin. Sentant finalement la fatigue de ce premier jour la gagner, elle se laissa tomber sur l'un des coussins, les bras encore pleins de ses cadeaux. Aussi, elle tendit les bras pour disposer la fourrure soigneusement sur le lit et déposa le carnet sur la table. Elle retira son sac de son épaule pour le mettre dans un coin près de la table.

- Quelle journée ! se dit-elle.

Il est vrai qu'elle était à peine arrivée que la jeune femme avait déjà rencontré le chef du village et commencé non s'en tarder. Et là voilà conviée à une fête. Cela ne lui déplaisait pas, au contraire. Mais cette petite pause lui faisait en effet du bien. Lenora avait beaucoup appris et il lui fallait encore du temps pour se faire à tout. Aussi, afin de détendre son esprit sans se relâcher pour autant, elle sortit son petit carnet de voyage, un crayon et s'installant sur la table, elle se mit à relater ce qui avait été fait dans la journée. Elle prit le soin de mettre le plus de détails possible comme ce qu'elle avait fait lors de l'échange avec le chef de Cedren à son arrivée. Elle ne savait pas combien de temps cela lui avait pris. Lorsqu'elle referma son carnet et le rangea dans son sac, elle s'étira pensant simplement à prendre une marche avant le début des festivités. Elle jeta un regard à son sac, se demandant si elle allait emporter son carnet à dessin avec elle mais secoua finalement la tête.

*J'aurais amplement le temps. Pour le moment, j'aimerais bien me promener un peu dans le village.*

Sortant de la hutte, laissant ses affaires en sureté à l'intérieur Lenora se demandait où aller. Elle faisait à peine quelques pas vers le centre du village que déjà elle pouvait voir les habitants qui s'affairaient ici et là. Elles voyaient des hommes et des femmes porter diverses choses, probablement pour la fête de ce soir. Son odorat était assaillis d'odeurs alléchantes, ici et là. Chaque hutte dégageant ses propres fragrances et le tout se mélangeant dans les rues pour parvenir au nez de Lenora, l'intéressée se sentit presque étourdie. Même les enfants à leur manière aidaient à mettre la main à la pâte. À l'instar d'une ruche, chacun semblait participer avec ardeur au bon fonctionnement du village. La mage de terre qui avait été en compagnie du gharyn toute la journée, se sentait un peu hors contexte à seulement se laisser porter tranquillement par ses pieds, alors que présentement chacun avait un but, une tâche à accomplir. Elle-même aurait voulu aider mais voilà. Elle ne savait pas ce qu'elle pouvait faire.

*Je pourrais aller voir Danels. Il aurait peut-être quelque chose à me faire faire. Ou au moins m'indiquer comment je pourrais participer*

Tandis que la khaaralienne rebroussait chemin, elle vit une femme visiblement encombrée par sa charge. Bien que son équilibre et sa force ne semblaient lui faire défaut, Lenora ne se priva pas d'aller à sa rencontre l'abordant avec son naturel habituel.

- Je peux vous aider ?

La jeune femme visiblement surprise tourna la tête vers la nouvelle venue qui venait de l'interpeller et interrompit sa route pour lui répondre.

- O-oh, c'est très gentil mais je peux me débrouiller. Ne vous dérangez pas.  

- Ça ne me dérange pas, répliqua Lenora. Je suis libre et je cherchais justement comment aider.

- Ah, merci alors.  

Lenora et elle s'arrangèrent pour passer à cette première une partie du fardeau et elles reprirent la route côte à côte à un meilleur rythme. La demoiselle apprit que la jeune femme vivait dans une hutte un peu plus loin de la sienne. Lenora quant à elle suivait sagement son guide qui l'amena au lieu où se déroulerait la fête. Elles déposèrent leur charge alors que la mage de terre constatait que durant sa période de repos dans la hutte, les préparatifs avaient bien avancés. Elle continua à apporter son aide à qui le voulait bien, à déplacer des choses, apporter des plateaux, faire le lien entre des personnes qui ne pouvaient quitter leur poste, etc...

La luminosité déclinait peu à peu et bientôt, tout fut prêt...



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Donovan de Cendre
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Mer 18 Jan - 16:06
Irys : 65888
Profession : Gharyn du Village de Cedren
My'trän +2 ~ Khurmag
La nuit tomba doucement sur la petite vallée ; les derniers rayons de soleil refletèrent une lumière orangée sur les eaux froides du lac. Le temps, en ce début de soirée, s’était dégagé, et alors que l’astre de vie laissait sa place, les premières étoiles scintillèrent dans une obscurité infinie.

Les villageois de Cedren s’affairaient aux derniers préparatifs- depuis quelques heures, chacun faisait preuve de bonne volonté. Chacun apportait nourriture, art et autres nécessités. Donovan avait coordonné tout cela : un grand bûcher avait été monté sur la plage, à quelques mètres de l’eau. Tout autour, c’était de longues torches plantées tant bien que mal qui seraient en charge d’apporter de la lumière ; et au milieu de tout cela, quelques petits foyers modestes afin que ceux qui seraient éloignés du feu principal puisse encore avoir de la chaleur.

Et chacun prenait sur ses propres réserves pour subvenir au besoin collectif. Donovan avait pratiquement fait vider sa maison, mettant à disposition de chacun tous les coussins et toutes les couvertures qu’il possédait. N’étant pas friand de viande, il avait concocté dans un petit chaudron une recette de son cru ; des haricots, oignons, champignons et quartiers de pommes qui avaient mijoté dans un peu de lait, le tout assaisonné de quelques herbes.

Danel, de son coté, avait installé le nécessaire afin de faire cuire un cochon en broche ; et il avait également amené, avec sa femme, ce banc en bois qu’il avait chez lui. Deanna, quant à elle, s’était assurée de fournir quelques peaux pour préserver les plus fragiles d’entre eux, tandis que son mari, pêcheur, avait apporté quelques poissons cuits à la cheminée de la forge. Un tel avait préparé des plateaux de fruits et de paix trouvés ici et là ; un autre avait écrit des poèmes, un autre encore accordait son luth tout en échauffant sa voix. Même le vieux Beobrand avait participé, portant avec lui deux grandes cruches d’un alcool de sa composition et dont il valait mieux ignorer les secrets.

Parmi tout ce tumulte, Donovan aperçu la jeune Lenora, participant elle aussi à tous les préparatifs. Il sourit- n’importe qui aurait pu utiliser ce temps libre pour se reposer, et se contenter de profiter de la fête, mais pas elle. Elle aidait qui le souhaitait, toujours en toute amabilité. Oui, Danel était bien tombé…

Et bientôt, tout fut prêt ; il ne restait de l’astre solaire que quelques rayons pâles, alors qu’il devenait difficile pour tous de voir. Donovan se tint alors près du bûcher, une torche à la main, et Zarathoustra à ses côtés. Alors qu’il ne bougeait pas, un sourire aux lèvres, les conversations se turent petit à petit, et chacun s’immobilisa.

- Mes chers amis, merci d’être là ce soir, dit-il d’une voix forte. Je sais que nous festoyons régulièrement, mais c’est toujours un plaisir de vous voir. Et, comme à mon habitude, je prendrais quelques minutes pour vous rebattre les oreilles avec mes discours !

Il y eut quelques rires, que le jeune Gharyn laissa filer.

- Pourtant, ce soir, nous fêtons un événement spécial. Nous avons reçu, aujourd’hui même, une… invitée spéciale parmi nous. Vous l’avez probablement vu dans le village, et elle a aidé certains d’entre vous pour les préparatifs. Je ne peux l’apercevoir, avec si peu de lumière, mais je la sais parmi nous ! Cette jeune femme se nomme Lenora. C’est une Mage de Terre, venue pour nous aider.

Des applaudissements retentirent, accompagnée de quelques sifflements.

- Et c’est pourquoi je tenais à vous dire ce soir combien je suis fier de vous. Combien je suis fier de chaque labeur qui a été réalisé ! Nous avons dressé ce village à partir de rien, alors qu’il n’y avait ici que de la terre gelée. Nous avons élevé nos maisons comme nous avons élevé notre volonté de nous battre pour un avenir meilleur. De nous battre contre le vent et la terre, de nous battre contre le froid et la pluie. Nous avons survécu à la maladie et à la faim. Nous avons résisté à la peur et à la fatigue, et aujourd’hui, nous nous tenons toujours debout ! Et aujourd’hui, nous sommes capables, pour la première fois, d’offrir. D’offrir du repos et une maison confortable à une jeune femme. De lui offrir notre vision de l’avenir, et de partager nos pensées et nos mœurs avec elle. Et pour la première fois, nous pouvons dire merci ! Merci à elle de s’être déplacée d’aussi lui. De prendre le temps de nous connaître, et de travailler, avec nos, pour la réalisation de nos idéaux. Pour la première, nous ne festoyons pas parce que nous existons. Non, aujourd’hui nous festoyons car nous existons en ce vaste monde ! Nous existons en tant que clan uni et fort !

Cette fois-ci, ce fut un tonnerre d’applaudissements qui retenti, chacun se levant et y allant de sa voix pour participer au vacarme général. Alors, Donovan jeta sa torche sur le bucher ; aussitôt, le peu de poix qui enduisait le bois prit feu, et les flammes s’élevèrent alors dans la nuit. En quelques secondes, le bûcher prit complètement feu, comme un poing dressé contre l’obscurité. Les enfants attrapèrent alors quelques longs bouts de bois trempés dans les restes de poix et les plongèrent à la base du feu. Une fois leurs bâtons enflammés, ils couraient alors en criant et en riant à travers les installations. Les plus grand entreprenaient d’allumer les torches plantées dans le sol, tandis que les plus petits foyers.

Au fur et à mesure que l’endroit s’éclairait, deux des joueurs de tambour de Cedren s’attelèrent à faire résonner l’air de leur art. Ils étaient cinq en tout ; et tout au long de la soirée, ils se relaieraient, faisant en sorte que jamais le silence ne prenne place.

Voyant sa petite communauté commencer les festivités, il posa alors une main sur l’épaule de Zarathoustra. Son mentor lui fit alors un humble signe de tête, un sourire aux lèvres. Depuis longtemps, les deux hommes n’avaient besoin de paroles pour communiquer- Donovan sût que le Khurog était satisfait. Satisfait de ce qu’ils accomplissaient.

La fête prit peu à peu de l’ampleur ; certains se regroupaient pour parler, d’autres mangeaient, certains danser… partout, les enfants courraient, certains refusant toujours de lâcher leurs bâtons enflammés. Donovan marcha parmi tous ces gens, parlant, riant, conseillant.

Alors qu’il allait rejoindre le feu qui réchauffait le plat qu’il avait préparé, Beobrand l’accosta, une corne remplie à la main.

- Donovan ! Vous voilà, par Khugastaa !

- Bonsoir, Beobrand. Vous ne devriez pas jurer ainsi…

Le vieil homme lui adressa un sourire bienveillant.

- Ha… l’Architecte me pardonnera mon écart. Tenez, buvez-moi ça !

Il lui tendit la corne. Donovan posa gentiment une son avant-bras.

- Vous savez très bien que…

- Tatatata… Non, non, Donovan, cette fois vous ne vous en tirerez pas comme ça ! Vous l’avez dit vous-même, ce soir, c’est une occasion toute particulière ! Alors pour une fois, vous laisserez vos principes de côté et vous me goûter cet alcool ! Des mois que je le prépare, et je refuse de mourir en sachant que mon Gharyn n’en connait pas le nectar.

Donovan éclata de rire.

- Bon… comme vous le souhaitez. Je goûte.

Il se saisit de la corne- déjà, l’odeur de l’alcool perturba ses sens.

- Ha, non ! Vous me videz tout ça d’une traite. Toute la corne !

Donovan pâlit.

- He bien… soit…

Prenant son courage à deux mains, il porta la corne à ses lèvres et bût. Il lui fallut du courage et de la volonté afin de vider le récipient ; l’alcool brula sa langue, sa gorge et son ventre, tout en lui montant à la tête. Lorsqu’il eut fini, il faillit bien vomir, et rendit tant bien que mal sa corne à Beobrand.

Il tituba jusqu’au repas qui l’attendait, évitant maladroitement les personnes qui souhaitaient lui adresser la parole. Lorsqu’il eut rejoint son chaudron, il s’assit à même le sol et entreprit de manger- et de boire de l’eau. Il resta ainsi une heure durant, attendant que le début d’ivresse passe. Une fois qu’il se sentit mieux, il entreprit de trouver Lenora.

Il la trouva entourée de certains de ses villageois.

- Lénora ! Je vous trouve enfin. Venez donc !

Il lui tendit sa main.

- Venez donc danser avec moi et les autres, près du feu !

Et aussitôt, les villageois poussèrent la Mage de Terre à rejoindre le Gharyn.


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