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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 La curiosité est un vilain défaut...

Eylohr Lothar
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Lun 2 Avr - 21:02
Irys : 636532
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • La journée avait commencé sur les chapeaux de roues. Dés lors que les premiers rayons du soleil firent la lumière sur les quais de Cerka, l’équipage de forbans et de boucaniers s’était attelé à la tâche ingrate mais cruellement nécessaire de décharger toutes les marchandises obtenues durant les voyages, celles légales comme celles… qui le sont moins. Une tâche ingrate mais qui sied tout à fait au colosse venu du continent glacial de Marnaka, que l’on nomme Eylohr. Ce géant au cœur aussi froid que l’endroit d’où il vient sert sur le navire du capitaine De Sousa depuis plusieurs mois maintenant et on peut dire que sa solide constitution avait déjà su servir la cause des forbans bien plus souvent qu’il ne saurait l’admettre, mais même chez les bandits, il y avait des règles, une hiérarchie. Malgré toute sa cruauté, toute sa puissance, il était une personne bien au-dessus de tout cela encore. Ainsi va la vie en mer, mais cette vie était déjà des plus profitables pour Eylohr, alors travailler ses muscles pour décharger des centaines de kilos de marchandises n’était pas un problème pour lui.

    La lumière du soleil montant dans les cieux apportait avec elle une douce source de chaleur qui, mêlée au labeur de l’imposant forban, faisait perler maintes gouttes d’une sueur abondante sur le saillant de sa poitrine et de ses bras que les rayons achevaient d’accentuer le galbe et la forme. C’est qu’il était imposant le molosse. Culminant à plus de 2m15 il dépasse sans soucis la le commun des mortels et dépasse la foule à chaque fois. Fort d’une impressionnante masse musculaire et d’un poids atteignant, dans le meilleur de sa forme physique, les 200 kilos, se force presque herculéenne permet de soulever bien des marchandises, d’achever de nombreuses missions harassantes et d’assurer là où ses camarades d’infortunes seraient trop peu préparés. Et il en jouait de cette force, qu’il utilisait tantôt pour décharger les caisses, forger les armes du navire ou décapiter un prisonnier d’un seul coup de sa terrible hache. Il était, d’ailleurs, connu pour appliquer la justice à bord, ordonnée par le capitaine De Sousa en personne. S’il avait tué de nombreux adversaires et s’il avait torturé bien des malheureux, il avait également exécuté plusieurs forbans déjà, pour trahison, désobéissance ou pour divertir le capitaine et continuer d’assoir sa terrible réputation. Qui aurait pu croire qu’un colosse aurait trouvé chaussure à son pied, et un patron à écouter ?

    Toujours est-il que, depuis des mois déjà, c’était ce qui s’était passé. Et donc, encore une fois, il déchargeait les marchandises « durement » gagnées. Il était facile de berner les miliciens des quais. Il fallait soudoyer les bonnes personnes, menacer les autres, et duper les derniers. Toutes les caisses, toutes les marchandises étaient marquées. Celles qui étaient traçables, et donc, légales, portaient les sceaux officiels des clients et des acheteurs. Celles qui nécessitaient plus de… discrétion, étaient marquées à un coin de la caisse de transport, ou sur une petite partie de la marchandise. Une petite flamme, apparaissant aux yeux d’un novice comme la marque du temps, d’une usure ou d’un choc. Mais il œil exercé saurait décoder tout ce qu’il y avait à connaître en quelques secondes. Qui a dit que le crime ne connaissait rien à l’art de la discrétion, de la tactique et de la dissimulation ? Dos au mur, vous êtes imprévisibles. Mais avec un ou plusieurs coups d’avance, vous êtes imbattable !

    Eylohr oeuvrait depuis déjà plusieurs heures, et l’heure de prendre un repas bien mérité allait sonner. La chaleur se disputait à la moiteur qu’atteignait l’air ambiant enivré de l’odeur de la mer et de la transpiration. De temps en temps, une brise vivifiante terminait de rafraîchir les travailleurs trempés, dont la pellicule de sueur qui reposait à même la peau servait, à ce moment, de catalyseur à un rafraichissement maximal. Le corps humain est bien fait, n’est-ce pas ?


    - Eh les gars, c’l’heure d’la popotte ! Dit le cuisto du navire qui venait de préparer une mixture dont il avait le secret, et qui était plutôt délicieuse une fois quelques centilitres de rhum rajoutés. Tambouille d’chorizo, d’pâtes et d’jambon ! Et pour toi Eylohr, d’la tambouille et une belle pièce d’bœuf qu’j’ai choppé c’matin, comme t’la d’mandé !

    - Saignante ? Demanda Eylohr en déposant une dernière caisse, d’un ton presque dédaigneux.

    - Heu… Oui, comme t’ma d’mandé en m’filant l’or c’matin Répondit le cuisto qui, apparemment, se demandait si cette question était mauvais signe, ou non.

    - Alors ramène l’assiettes ici grand ! J’ai une dalle monstrueuse ! Répondit Eylohr en s’essuyant le front à l’aide d’un tissu qui trainait là.

    - Aussi monstrueuse qu’lui t’crois ? Demanda un autre pirate qui se trouvait non loin à son collègue, en chuchotant.

    - Huuuum Grommela Eylohr qui avait tout entendu. En fait, j’vais p’t’être bouffer ton cœur qu’j’aurais sorti d’ta poitrine à grand coup d’lame !


    Belle ambiance avant un repas, n’est-ce pas ? Mais l’heure de manger, c’est sacré pour Eylohr, bien plus qu’il ne saurait l’admettre. C’est ainsi que, les uns après les autres, ils furent servis par le cuisto, sur une table improvisée faite d’une caisse de marchandise, et assis sur des chaises d’osier du navire descendues juste pour l’occasion. Ajoutez à cela quelques verres de rhum, de whisky ou de liqueur frelatée, et vous obtenez là un cocktail des plus joyeux et des plus… bruyants. Ils mangent, ils boivent avant de se remettre au travail. Le temps c’est de l’argent, et les pirates aiment l’argent, bien plus qu’ils n’aiment les femmes. Gare à quiconque tenterait de se mettre en travers de leurs besognes, de fourrer leurs nez là où il ne fallait pas ou même de manquer simplement de respect à un des forbans. S’il y avait bien quelque chose à ne pas faire, c’était manquer de respect à un pirate. Tout se finirait d’une manière bien désagréable pour celui qui aurait osé.

    Mais qui serait assez fou pour le faire ? Le navire était amarré à quai, sur un ponton de déchargement qui s’avançait de prêt de 50 mètres sur la mer, lequel se ramifiait en différentes structures de bois et d’aciers. Le ponton se greffe à un quai en dur, lequel donne accès au port et à la commanderie, les entrepôts, les structures de réparation, les logements provisoires, et tout ce qui fait d’un port, un port. Puis s’étend la ville de Cerka, ses quartiers, sa population. Mais personne qui pourrait oser s’en prendre à une cargaison pirate en plein jour.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Swenn Milazzo
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Mer 4 Avr - 20:48
Irys : 169970
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Après une nuit harassante et une matinée tout aussi peu reposante passées à l’hôpital de Cerka, Swenn s'autorise finalement une pause. Ou plutôt le mal de crane terrible qu'il se trimballe depuis plus d'une heure maintenant fini de le décider à aller prendre l'air. Passionné comme il l'est par ses travaux de recherche, le jeune homme est habitué à passer parfois plus de vingt quatre heures d'affilé le nez dans ses expérimentations. Parfois au laboratoire de sciences de la ville, parfois directement en contact avec les malades, comme aujourd'hui. Mais ses excès de café mélangés aux gémissements incessants des nombreux blessés présents actuellement finissent de le décider à s'en tenir là pour le moment.

Le chimiste enlève donc sa blouse de circonstance lorsqu'il travaille en ce lieu, et prend la direction de la sortie sans un mot. La plupart des personnes habituées à le côtoyer savent bien qu'il n'est pas des plus bavards. Il sait parfaitement ce que ses collègues appartenant au corps médical pensent de lui, et des chercheurs de façon générale. Qu'ils viennent et partent quand ça leur chante. Qu'il est impossible de prédire à quel moment il sera possible de compter sur leur aide. Qu'ils vivent dans leur monde, complètement déconnectés des réalités auxquelles eux sont confrontés à longueur de journées. Et surtout, qu'ils ont cette affreuse manie de se croire supérieur à quiconque ne sait faire que sauver des vies. Ce n'est pas le grand amour pour faire court. Swenn ne va pas s'en plaindre, préférant largement qu'on lui foute la paix, à organiser ses journées et ses nuits comme bon lui semble.

L'air frais qu'il prend en pleine face une fois la porte de l’hôpital poussée lui fait le plus grand bien. Il n'a pas encore décidé de la suite de son programme, mais il a bien l'intention de profiter encore un peu du soleil qu'il ne voit que trop peu. Din, un jeune Novsh qui lui sert d'animal de compagnie depuis plusieurs mois sur les talons, le brun prend la direction des quais. Ce n'est pas juste à côté, mais une bonne marche est la bienvenue. Quoi que, compte tenu du boucan que le volatile à ses côtés émet, visiblement très heureux d'être sorti du seul local où sa présence est tolérée à l’hôpital, le brun hésite un court moment à faire un détour par chez lui pour y enfermer la bestiole horripilante. A laquelle il s'est pour son plus grand malheur un peu trop attaché.  

- "Ferme là..."

Seul ordre que le Novsh a bien voulu retenir depuis qu'il l'a récupéré. Ordre le plus utile cela dit. Il faut avouer que Swenn n'a jamais pris la peine de se soucier d'une potentielle éducation, laissant le volatile vivre comme bon lui semble. Si seulement cette tête de piaf pouvait comprendre que ses chants tonitruants ne sont pas aussi mélodieux que ce qu'il semble imaginer, il pourrait presque devenir mignon.

Tentant tant bien que mal de limiter au maximum la liberté d'expression dont fait preuve Din, le jeune homme fini par arriver au niveau des quais dans un silence plus que relatif. En plus du Novsh, les vêtements qu'il porte, pouvant aisément être qualifiés de haut de gamme, habitude lorsqu'il exerce une activité officielle, fini de dénoter avec les tenues des nombreux marins qui s'affairent sur les pontons.

La tête haute, le regard droit, Swenn ignore superbement les regards suspicieux des quelques travailleurs qui voudraient le mettre mal à l'aise. Son mal de crâne presque disparu, le brun laisse libre court à toute la curiosité qui le caractérise. Il y a bien longtemps qu'il n'était pas venu en cet endroit, regorgeant pourtant d'informations passionnantes venues de tous horizons. Sans compter que c'est une très bonne façon de se tenir informé des différentes marchandises qui débarquent en ville. Marchandises plus ou moins légales certes, mais pour lesquelles le chimiste ne fait aucune distinction. Et puis, au milieu du capharnaüm que ces hommes sont capables de provoquer à eux seuls, les capacités vocales de Din passent presque inaperçues.

Jusqu'à ce que son regard soit inévitablement attiré par un équipage en particulier. Ou plutôt par un homme de cet équipage, surplombant tout le reste de par sa taille impressionnante. N'importe quelle personne possédant une dose classique de bon sens resterait bien à l'écart. Mais Swenn a une définition bien à lui du bon sens. Qui lui fait dire qu'en pleine journée, dans un lieu public tel que celui-ci, il peut se permettre de se montrer un peu trop curieux sans que les conséquences directes ne lui soient fatales. Il a bien conscience de ses maigres compétences en combat. D'ailleurs, il ne porte pas la moindre arme sur lui. Et son accoutrement, malgré les quelques tatouages de visibles, ne lui donne pas un air des plus dangereux. Ses rapides calculs lui indiquent que dans de telles conditions il peut se permettre d’approcher, et il n'a pas l'intention de se gêner.

Pas complètement suicidaire pour autant, le brun n'a pas l'intention d'alpaguer directement le géant. Non, il repère un duo qui parait un peu moins à l'aise que le reste de la joyeuse bande, un peu moins efficace aussi sans doute, et s'approche le plus naturellement du monde, mains dans les poches et armé de son air blasé maîtrisé à la perfection.

- "Bonjour messieurs. Sacré navire. Vous pouvez en transporter des quantités là dedans. D'où vous arrivez avec tout ça ? Vous avez déjà trouvé preneurs pour l'intégralité ?"

Se fiant au regard étonné que les deux travailleurs échangent, il ne doit effectivement s'agir que de sous fifres. Quel capitaine d'équipage s'embêterait à une tache aussi ingrate ? Ne prêtant qu'une oreille distraite aux marmonnements à peine compréhensibles qu'il reçoit en guise de réponse, Swenn s'avance encore de quelques pas. Parfaitement décontracté malgré la situation, le jeune homme profite de ces quelques instants de tranquillité pour regarder avec insistance les différentes caisses à portée de vue. Il ne se fait pas d'illusions, il va très rapidement être "accompagné" loin de ce navire par des marins plus hauts gradés que les deux recrues sur lesquelles il est tombé. En attendant, il a bien l'intention d'en apprendre davantage sur cet étrange équipage et leur cargaison.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"


Swenn râle en   #f77d40
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Eylohr Lothar
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Jeu 5 Avr - 16:53
Irys : 636532
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • L’air était doux malgré une forte chaleur et la caresse des embruns se prêtait à une journée tout à fait exquise. Du moins pour des voyageurs en vacances, des promeneurs avisés ou des écoliers endimanchés. Pour des marins travaillants un jour comme celui-ci, les pauses faisaient un bien fou comparé à la chaleur que produit le travail harassant aux quais. Eylohr était attablé avec ses hommes, se goinfrant de la tambouille du cuisto et de la belle pièce de viande qui avait été cuisinée uniquement pour lui. Il se goinfrait, mangeait bruyamment, mais il profitait de l’instant présent. Les embruns effleuraient sa peau comme la douce caresse d’une plume passée délicatement sur sa peau provoquant un frisson agréable. Après avoir sué sang et eau, cette douce brise rafraichissait tout son être et provoquait un bien fou.

    Puis vient un drôle d’oiseau, un énergumène drôlement bien vêtu pour ces lieux. Il ne ressemblait ni à un marin, ni à un mercenaire, ni à un travailleur du coin. Le peu de fois où Eylohr pouvait voir ses mains, il ne décelait ni corne ni trace d’un travail manuel harassant. Ses mains n’étaient pas caleuses, loin de là. Il ressemblait davantage à ces clients pétants plus haut que leurs culs et qui commandent aux marins, aux hommes effectuant les basses besognes, d’aller récupérer telle ou telle denrée, tel ou tel objet, telle ou telle chose. Peut-être avait-il de l’argent sur lui ? Peut-être comptait-il acheter ? L’ennui, c’est que rien ne doit se faire sur les docks. Toutes les marchandises légales, ou presque, ont trouvées preneur. Les marchandises illégales, elles, doivent être stockées dans un endroit secret qu’un revendeur paiera pour ensuite revendre au détail, avec la marge qu’il faudra.

    Et le voilà qui contact les deux forbans attablés aux côtés du colosse. Quel toupet. Il n’est décidemment pas habitué à la discrétion ni à l’instinct de survie, vraiment pas. Même un criminel endurci ne se serait jamais risqué à entrer comme cela en contact avec des forbans en pleine occupation. Vous me direz, comment savoir qu’un marin est un marin et non un pirate ? Et donc, comment savoir qu’un marin est un pirate et non un honnête homme marié à la mer ? La criminalité à un visage que seuls les criminels peuvent reconnaître, où les policiers qui connaissent bien le milieu. Trop peut-être.


    - C’t’un shooner, l’plus rapide qui existe ! Dit un des deux pirates.

    - Ouai ! Et pourquoi qu’tu d’mande sur les marchandises ? Demanda le second. C’toi l’acheteur ?


    Eylohr était agacé. Son regard glacial brulait d’une espèce de colère qui couvait, mais dont le point d’explosion semblait être très proche. Il n’y avait jamais aucun achat sur les docks, il n’y avait rien de tel pour attirer les flics vers soit. Et même si, en apparence, les quais avaient l’air tranquilles et calmes, il ne fallait jamais relâcher la pression. Bien des policiers planquaient dans les coins, prêts à collecter un maximum d’information sur d’éventuels criminels. Le navire était plutôt quelconque, mais l’équipage, lui était recherché. Et heureusement que les pirates maîtrisent la discrétion à la perfection, tout comme l’art du camouflage, sinon, leur espérance de vie serait bien triste. Mais le petit curieux continu ses recherches et s’avance toujours un peu vers les caisses de marchandises. S’en est trop.

    Mordant à pleine dent dans son morceau de steak saignant à souhait, il ingurgite un morceau puis un autre, avant de croquer une dernière fois et se lever. De toute sa hauteur, de toute sa masse, il se lève, se redresse et se place devant l’inopportun. Son morceau dans la bouche, il mâche bruyamment. Il plante son regard bleu océan, aussi glacial que les terres Nordiques qui l’ont vue naître, dans celui de l’inquisiteur qui venait déjà de se mettre dans un sacré merdier. Désolé de l’expression. Il ne lâchait pas un seul instant ce petit curieux du regard. Prêt à en découdre. Il mâchait bruyamment encore et toujours, reniflait de temps en temps, et avait une attitude détestable. Finalement, il boulota un morceau suffisamment gros pour pouvoir parler aisément.


    - Qui t’es toi Ducon ? Demanda-t-il de sa voix grave, raisonnante et impressionnante. T’pose trop d’questions, c’quoi ton nom ? Il laisse un court silence. Parle.


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Swenn Milazzo
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Ven 6 Avr - 14:24
Irys : 169970
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Les yeux toujours fixés sur le navire amarré, Swenn écoute distraitement les réponses à ses questions. Ses connaissances maritimes sont plutôt faibles, mais suffisantes pour lui faire dire qu'il ne doit pas seulement assurer les livraisons intercontinentales. Et le reste de l'équipage dont il est à présent très proche, parait bien plus aguerri à affronter les tumultes des mers que le marin Deanar moyen qui déambule sur les quais. Sans même parler de ce type. Avec un peu de chances, quelques produits exotiques doivent bien se trouver quelque part dans ces caisses. Quelle déception cela serait s'ils ne transportaient que de l'armement.

L'acheteur hein... Ces derniers mots retiennent davantage l'attention du brun, qui se tourne de nouveau complètement face au duo mis à contribution. Habitué à fréquenter et à négocier avec les voyous de différents niveaux de la ville, l'accent et la façon de parler de ces hommes ne sont pas étranger à Swenn. Qui s'essaie même à une esquisse de sourire, avant de répondre sur un ton toujours aussi monotone.

- "Oh, non je n'achète rien."

Ce qui n'est pas faux. Le chimiste n'a que faire des quantités astronomiques de marchandises qui sont transportées puis débarquées régulièrement en ce lieu. Seuls quelques échantillons l'intéressent. Évidemment, plus les produits ou matériaux vendus sont rares, plus ils présentent d'intérêt. Mais le peu qu'il est disposé à se procurer ne lui permet pas de négocier directement auprès des hommes de la mer. En revanche, connaitre à la source quels sont précisément les marchandises, leur origine, et identifier par avance qui est le principal intermédiaire, voilà les informations qui lui permettent de négocier par la suite dans les meilleures conditions.

Il n'a pas le temps de discuter beaucoup plus avec ces deux hommes qu'il aperçoit le géant bouger. Comment ne pas le voir ? Ainsi c'est bien lui qui a pour rôle d'éloigner les petits curieux. Pas étonnant. Sa seule présence doit déjà être suffisamment dissuasive. Bien sûr, cette vérité ne s'applique pas à Swenn et à son trop plein d’assurance. Ainsi qu'à son attrait un peu trop prononcé pour toutes les situations à risque.

Sans se départir de son petit air arrogant, il observe le colosse se placer face à lui. Dire qu'il n'est pas impressionné serait faux. Peu habitué à devoir lever la tête pour assurer un contact visuel direct, il faut reconnaitre que la carrure de cet homme impose le respect. Ou du moins, oblige à réfléchir à deux fois avant de prononcer un mot ou de faire quoi que ce soit. Ce qui n'échappe pas au chimiste. Mais qui se traduit chez lui par un intérêt plus marqué. Cet attrait que toute nouvelle chose est capable de provoquer en lui. Même cette voix associée aux paroles peu encourageantes qui lui sont balancées à la figue ne l’encouragent en rien à seulement faire demi-tour en s’excusant platement de cette intrusion mal venue.

Un aplomb toujours un peu trop prononcé malgré son rythme cardiaque qui ne peut que s’accélérer, mécanisme classique dû à la montée d’adrénaline que la situation provoque inévitablement, Swenn finit par répondre avec un calme parfaitement maitrisé. Sur un ton qui ne laisse aucun doute sur le milieu davantage intellectuel dont il est issu. Faire face à des hommes dangereux, armé d'intentions qui entrent en contradiction avec celles de ses interlocuteurs, ce n’est pas quelque chose de nouveau pour le jeune homme. Et jamais il ne s’est abaissé à employer un vocabulaire pauvre et des tournures de phrases incorrectes pour autant.

- "Je m’appelle Swenn. Je ne suis pas venu vous attirer des ennuis. Si c’est ce qui t'effraie. Je ne suis que simple chimiste. Alors, je me tiens juste informé des dernières nouveautés que des hommes tels que vous nous apportent régulièrement."

Il n’est pas non plus suffisamment fou pour affronter directement cet homme, à lui tenir tête ou à le provoquer ouvertement. Non, son unique but actuellement est d’avoir une idée plus précise du type de marchandise qui peut circuler sur ce ponton. Malheureusement, il a du mal à ne pas se montrer insupportable. Il sait bien que ses façons de faire et ce regard reflétant trop bien son excès d’assurance déplacé dans ces conditions n’est pas pour plaire. Au moins ne dit-il rien sur ces bruits de mastication incessants. Il lui en faut bien plus pour réussir à l’écœurer.

- "Et, comme j'imagine que personne n'embauche un gaillard tel que toi pour surveiller de la camelote, je n'ai pas pu m'empêcher de venir jusqu'ici."

Le jeune homme ne va évidemment pas demander directement ce qui se trouve à l'intérieur de ces caisses. Il ne se fait de toute façon aucune illusion quant à l'absence de réponse qu'il peut obtenir à ce sujet. Non, les manières de ces types, et l'air aussi antipathique que dangereux de celui qui lui fait face, sont déjà de très bonnes informations en soi. La probabilité que quelque chose qui sorte de l'ordinaire se cache quelque part là est forte.


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Eylohr Lothar
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Lun 9 Avr - 16:40
Irys : 636532
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • Eylohr se tenait là, devant cet avorton qui tentait de jouer au plus malin. Les bras croisés, droit comme un « i », son regard glacial foudroyant le pauvret trop curieux. Ses habits correctement assortis, la qualité des soieries, ses manières et les informations qu’il livre irritent profondément le colosse. Il aurait très envie de lui aplatir le crâne à grand coup de poing afin de lui montrer ce qu’il en coûte de poser trop de questions sur ce qui ne le regarde pas. Et en plus d’être curieux, il était bavard, trop bavard. Il s’appelle donc Svenn, il est chimiste dans cette ville et sa curiosité naquit de par la présence saugrenue du colosse aux propensions inhabituelles. S’il est vrai que les services du géant ne sont, normalement, pas donnés et plus souvent employés à des fins bien plus sombres que seulement décharger des caisses, sont rôle ici était bien plus dans la discrétion et l’utilité du navire, bien que, encore une fois, il soit sous les ordres du capitaine.

    Ainsi donc, la présence du colosse suggèrerait la présence de marchandises intéressantes ? Rares ? Coûteuses ? Il fallait bien avouer que jamais Eylohr n’aurait pensé attirer l’attention sur autre chose que son physique, alors sur la marchandise, encore moins. Dans sa tête semblait se dessiner alors une sorte de problématique. Peut-être même LA problématique. Que faire de cet avorton qui venait de mettre les deux pieds dans une merde pas possible ? L’endroit était trop fréquenté pour qu’il puisse répondre à cette question. Il pourrait l’arrimer à une pierre ou à un boulet de canon et le laisser disparaître dans les abimes ténébreux. Mais il serait trop aisé de se faire prendre, les quais étant surveillés. Pas moyen non plus de l’amener aux bas quartiers. Ce serait trop compliqué. Mais il était un danger potentiel qu’il fallait régler.


    - Y’aurait fallu qu’tu t’en empêche Ducon Dit Eylohr de sa voix sombre. T’as rien à foutre ici. J’te conseil d’r’faire l’ch’min dans l’sens inverse et d’rentrer chez toi, fait pas bon trainer par ici pour un riche d’ton genre. Dernier avertissement.


    Il avait prononcé cette dernière phrase alors qu’il décroisait ses bras et qu’il invectivait le voyeur mal avisé de son gros index, martelant ses mots de gestes accusateurs. Les mots dangereux, une voix sombre et raisonnante, et une gestuelle accusatrice, voilà qui ferait plier le genou de plus d’une personne sur cette terre. Le danger était bien présent, et les conséquences de ce danger ne tarderaient pas trop à s’abattre sur l’inquisiteur mal avisé.

    Alors qu’il fit demi-tour pour retourner manger, il lança un dernier regard à l’inopportun et replongea dans son assiette. D’un geste de la main, il fit ensuite venir un autre marin, un qui n’était pas dans les parages et qui était resté sur le navire, ainsi, le fouineur ne l’aurait pas remarqué. Lorsque celui-ci se présenta à Eylohr, le colosse s’employa à rester discret et à ne communiquer avec lui qu’avec une proximité permettant effectivement de limiter la propagation des informations. Il s’approcha donc de l’oreille du marin et dit doucement.


    - T’vois l’corniaud qu’est v’nu ? J’veux savoir où il va et où j’peux l’chopper. J’te fais pas un dessin.

    Eylohr avait alors un plan, ou du moins, un semblant de plan. Il comptait sur son homme pour suivre le curieux aux mœurs horripilantes et pouvoir, une fois la nuit venue, régler le problème. Autant dire que la nuit sera longue pour celui qui n’avait pas su retenir sa curiosité au placard, mais il n’y aura pas de seconde chance. Il n’y aura que la souffrance et la mort. Pourquoi cette fatalité ? Car en plus d’être doué d’une patience aussi grande que le petit doigt d’un bébé, Eylohr tenait à ce que son travail de second soit irréprochable et à ne mettre en danger l’équipage et le navire sous aucun prétexte. Après tout, il avait quelques principes finalement. Du moment qu’il avait son compte de tueries.


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Swenn Milazzo
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Mar 10 Avr - 14:21
Irys : 169970
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Pourquoi ne peut-il pas s'en empêcher ? Pourquoi se sent-il obligé de l'affliger d'un surnom aussi ridicule ? Ce n'est pourtant pas bien difficile d'utiliser le bon patronyme. Espère-t-il avoir ainsi l'air encore plus effrayant que ce qu'il n'est déjà ? S'il n'était pas obligé d'avoir les yeux regardant déjà bien haut, sans doute Swenn les lèverait-il au ciel en signe de dépit. Sûrement est-ce une bonne chose qu'il se contente de les garder rivés sur le colosse. Ce dernier semblant devoir se contenir pour ne pas le réduire en charpie à l'instant. Oh, le tatoué a déjà essuyé bon nombre de déconvenues suite à sa curiosité trop mal placée. Certaines ayant laissé quelques traces. Il n'ignore pas la précarité de sa situation actuelle. Mais à croire qu'il considère que tant qu'il s'en sort vivant, c'est qu'il s'en sort bien. Et par conséquent, qu'il peut recommencer autant qu'il le veut.

Au moins, les choses sont à présent très claires. Il n'a pas intérêt à rester trop longtemps dans le coin certes. Mais surtout, il va falloir qu'il trouve à qui ils refourguent la marchandise. Celle qui lui vaut un accueil aussi musclé évidemment. Qui le fait se sentir si petit pour la première fois depuis bien longtemps. Qui arrive même à le décider de poursuivre ses recherches ailleurs. Ayant bien en tête quelques noms avec qui il se retrouve régulièrement à négocier, ça ne devrait pas être bien difficile de juger du réel intérêt. Peut-être moins risqué. Bien qu'il ne sache toujours pas de quoi est capable ce géant manquant cruellement d'éducation, la probabilité qu'il vaille mieux ne pas savoir parait suffisamment importante pour éviter de poursuivre. L'objectif n'est clairement pas de découvrir où est son point de rupture. Mais de partir avant. Et le moment semble bien choisi.

- "Je ne peux qu'être d'accord. Ce n'est visiblement pas parmi vous que je risque d'élever mon niveau de connaissances."

Pas provoquant ? Non, Swenn ne l'est pas lorsqu'il a l'intention d'obtenir davantage de réponses. Ce n'est plus le cas. Et comme mourir bêtement en cet endroit de la ville n'est pas dans la suite de son programme, le brun tourne déjà les talons, comme pour prouver malgré tout une quelconque bonne volonté. Bah voyons. Comme s'il était capable de faire taire cette foutue curiosité une fois éveillée. Mais il faut se rendre à l'évidence. Il va lui falloir trouver un autre intermédiaire. Moins patibulaire.

--//--

Il fait déjà nuit lorsque Swenn se décide à sortir le nez du laboratoire dans lequel il a passé le reste de la journée. Il a besoin de quelques psychotropes de haute qualité s'il veut pouvoir faire parler certains informateurs de la ville. Ceux qui sont capables de passer plusieurs heures sans bouger, au même endroit, ayant souvent l'air de simples mendiants, mais qui retiennent tout ce qui s'est déroulé sous leurs yeux ou qui s'est chuchoté à proximité de leurs oreilles affutées. Et les quais n'en manquent pas, le jeune homme étant déjà passé par ce réseau plus d'une fois par le passé. Seule façon d'identifier qui détient ces produits exotiques qui débarquent en toute illégalité dans la ville.

Mais avant toute chose, un détour express par son appartement est nécessaire. Impossible de trainer parmi les rats des villes avec ces fringues sur le dos. Non pas que ses activités officielles soient inconnues de tous ces gens à qui il se mêle régulièrement pour ses affaires nécessitant la seule présence de l'astre lunaire, mais c'est toujours plus facile de se fondre parmi les clients d'un bar douteux avec un large t.shirt usé et un vieux pantalon tout ce qu'il y a de plus simple, qu'avec sa panoplie du garçon de bonne famille. Sa peau foncée, les cernes sous ses yeux, les quelques piercings et nombreux tatouages qu'il possède finissant de lui donner un aspect beaucoup plus passe partout dans ce milieu. Il n'en oublie pas non plus de passer une ceinture à laquelle il attache deux petites grenades qu'il garde toujours en stock chez lui. Spécialement pour ce genre de sortie. Le t.shirt suffisamment long et ample camouflant cet attirail plus que sommaire sans la moindre difficulté. Il n'a pas l'intention d'en faire usage ce soir, mais il ne peut ignorer les risques qu'il a prit dans la journée.

Presque souriant, sous une chaleur toujours bien présente en ce mois de juillet malgré l'absence du soleil, Swenn arrive finalement dans l'une de ces rues suffisamment mal fréquentées pour espérer y trouver un pub étanchant la soif d'un potentiel informateur. Un coup d’œil par une fenêtre du premier sur sa route, le jeune homme poursuit son chemin, aucun visage intéressant n'ayant été repéré. Il aura plus de chance dans le second, la silhouette bien connue d'un homme attirant immédiatement son attention. Le brun pousse donc la porte grinçante au dessus de laquelle une pancarte bancale sur laquelle on peut encore difficilement lire "Le tonneau qui roule" est clouée.

Après être passé commander une simple bière, le chimiste se dirige vers le fond de la pièce où un homme à la barbe grisonnante et aux guenilles déchirées est affalé sur une chaise, manifestement en train de cuver. Rien d'exceptionnel. Surtout rien qui n'empêche le jeune homme de venir s'installer face à lui, s'assurant d'entrer directement dans son champ de vision, ce qui a pour effet mécanique de faire relever la tête de l'homme d'une quarantaine d'années, finalement peut-être pas si éméché qu'il ne le laissait paraitre.

- "Ah Swenn ! Y'a un moment qu'on t'voyais plus dans l'coin !"

- "En effet. Et tu te doutes bien Lloyd, que si je viens ce soir c'est que j'ai besoin d'infos."

Il parle à voix basse, signe qu'il s'apprête à aborder un sujet qui ne doit pas parvenir à n'importe quelles oreilles. Swenn ne s'est jamais embêté à enrober joliment ses demandes. Encore moins avec ces gens là. Ce serait le meilleur moyen de les perdre et d'avoir une réponse n'ayant aucun rapport avec la question de base. Sachant pertinemment que ce type n'acceptera jamais de lui dire quoi que ce soit d'intéressant sans voir à l'avance ce qu'il peut en retirer, le jeune homme sort un petit sachet d'une de ses poches, contenant une vingtaine de cachets mis au point dans l'après midi. Que le fameux Loyd ne lâche plus des yeux.

- "Tu sais comment m'parler hein ! S'ils sont aussi efficaces qu'ceux d'la dernière fois, j'suis sûr que j'dois savoir quequchose d'intéressant !"

- "Un navire arrivé ce matin sur les quais, un équipage pas du coin, occupé à décharger une grande quantité de marchandises. Et dans le lot, un géant, qui défie toutes les moyennes de l'anatomie. Avec qui ils font affaire ? Et qu'est ce qu'ils apportent ?"

- "Hum... Difficile à dire. Mais j'sais qu'un des ptits d'la bande à Markus trainait vers les quais aujourd'hui. Tu d'vrais essayer par chez lui, doit pouvoir t'en dire un peu plus."

Bien, il aurait espéré un peu plus, mais savoir que cette bande peut potentiellement s'intéresser à ce que transporte cet équipage est déjà satisfaisant. Leurs activités ont beaucoup en commun avec les siennes. Il n'est pas enchanté à l'idée de devoir fouiner chez eux, leurs relations actuelles étant plutôt tendues. Mais il faut avouer qu'il n'y a pas beaucoup de réseaux avec lesquels il est en très bon termes. Le temps de finir son verre, c'est largement suffisant pour mettre sur pieds un plan d'approche pour aller voir ces hommes à quelques centaines de mètres de là.

- "Et tu feras gaffe. La descente sera moins violente qu'avec ceux qui se trouvent facilement, mais ça ne veut pas dire que tu peux en abuser sans risques."


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"


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Eylohr Lothar
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Jeu 12 Avr - 21:18
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Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)

  • Il avait essayé d’être piquant, d’être vexant. Mais tout ce que sa phrase désinvolte provoqua comme sentiment chez le géant venu du Nord, c’est un désintérêt total pour le curieux et un dédain non dissimulé. Il avait eu ce qu’il voulait, il était parti. Et l’homme qu’il avait avisé et mandaté pour une mission de surveillance s’était lancé à ses trousses, une fois qu’une vingtaine de mètre séparaient les deux individus. Il ne fallait tout de même pas se faire repérer dés le début.

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    C’était Raimond qui était assigné à la surveillance du petit inquisiteur. Il le suivit des quais jusqu’à son laboratoire, du laboratoire jusqu’à chez lui, de chez lui jusqu’au bar. Il était toujours à proximité direct de celui qui avait cru bon entrer en territoire qu’il croyait conquis. Quelle grossière erreur. Il était entré dans le bar, c’était assis quelques pas derrière celui qui était passé du petit chimiste à l’aspect riche et bien vêtu à celui de voyou des bas quartiers parfaitement fondu dans la foule sombre et obscure. Alors, il reviendrait aux quais, ou du moins, à proximité, pour rejoindre une petite bande qui fournirait des renseignements sur la marchandise. Tout cela devenait intéressant, très intéressant. On n’était jamais à cours de réseaux de renseignements, surtout pas quand ceux-ci permettaient d’obtenir des informations… pas très nettes.

    Il suivait donc celui qui se prénommait Swenn, tandis qu’il marchait à bonne distance de lui, se mêlant aux badauds qui se faisaient de moins en moins opaques, la foule de plus en plus clairsemé et les individus de plus en plus louches. Les rayons du soleil avaient depuis longtemps cessés d’inonder la terre, pourtant, la chaleur était toujours bien présente. Les nuits d’été sont plus qu’agréable à Cerka, et l’on profite volontiers de cette chaleur ambiante agrémentée de vents doux qui terminent de rendre les environs agréables au possible. Pour quiconque serait éloigné du monde criminel qui couve dans les bas-fonds de cette ville, tout cela serait digne d’un paradis aux goût savoureux. Les rues, les odeurs, les bars, l’ambiance nocturne que connaissent bien les noctambules qui donne un côté si grisant aux choses pourtant si simples. Marcher dans la rue n’avait jamais été aussi agréable que durant une nuit d’été.

    Mais il ne fallait pas se laisser aller et Raimond savait que s’il échouait, s’il perdait de vue la cible, s’il devait revenir au navire sans les informations qu’Eylohr attendait, la frustration de ce dernier serait décuplée et… Sa survie ne tiendrait plus qu’à un fil. Dès que Swenn serait suffisamment occupé pour ne plus bouger quelques temps, Raimond irait prévenir Eylohr afin que celui-ci puisse régler ses comptes. Si Swenn savait ce qui l’attendait….


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Swenn Milazzo
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Sam 14 Avr - 9:39
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Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
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Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, Swenn avance de sa démarche nonchalante, le regard fixé au loin, occupé à prévoir chaque scenario possible suite à cette visite imprévue, qui ne va pas manquer de lui attirer de nouveaux ennuis. Réussir à savoir si c'est bien eux qui font affaire avec les pirates, sans avoir à révéler quoi que ce soit de ses pressentiments concernant la marchandise. Pour le cas où ils ne seraient pas les clients. Mais ces types ne sont pas les derniers des abrutis. Du moins pour les têtes pensantes. Ce n'est pas pour rien qu'ils contrôlent une grande partie du trafic de stupéfiants de la capitale. Tant mieux, cette occasion est parfaite pour prouver à quel point il leur est supérieur.

Ne sachant pas manier une arme à feu, encore moins une arme tranchante, et agissant de façon totalement indépendante depuis son retour à Cerka, Swenn n'est pas le genre de type qui se fait suivre. Les rares fois où il a mal anticipé les limites des racailles avec qui il fait affaires, lui valant une bonne correction musclée, personne ne s'était donné la peine de le prendre en filature. Encaissant ses erreurs de calcul sur place. Rien d'étonnant donc à ce qu'il n'ait pas remarqué cette ombre sur ses talons alors qu'il arrive à destination. Non, pour l'heure, il n'imagine pas ces pirates occupés à quoi que ce soit d'autre que de s’enivrer de rhum. Ou éventuellement à ronfler dans un coin du navire pour les moins résistants.

Une petite usine à chaussures non loin des quais. Comme la majorité de ce type d'usines. Fermée la nuit. Excepté pour quelques initiés. Dont ne fait bien entendu pas partie le chimiste. Mais qui ne l'empêche nullement de prendre la direction d'une allée perpendiculaire, étroite et sans le moindre éclairage, où les déchets liés à l'activité officielle de ce bâtiment s'entassent. Qui mène à une petite porte, servant d'entrée pour le personnel du jour. Mais aussi des hommes de main la nuit.

La discrétion n'a jamais été le point fort du chimiste. Et il n'en a que faire. Il sait bien que son arrivée dans ce coin de la ville a dû être repérée par ceux en charge de protéger les activités officieuses qui se passent une fois le soleil disparut. De fait, il n'est pas étonné lorsque deux hommes sortent de l'ombre pour se positionner face à lui, à peine un pied posé sur le chemin de terre menant au repère abritant les quelques rares personnes capables de réflexion dans ce réseau. Il n'a de toute façon pas la moindre intention de se retrouver enfermé entre les murs de ce bâtiment qui le mettrait immédiatement en position d'infériorité.

-"T'es pas le bienvenu ici. Dégage."

Ne s'attendant pas à un accueil chaleureux accompagné du café et des petits gâteaux, Swenn ne se départit pas de son air parfaitement blasé, stoppant seulement ses pas.

- "Ne me prenez pas pour un idiot. Allez plutôt dire à l'un des rares types capables de gérer une bande de racaille dépourvue de cervelles comme vous que j'ai largement de quoi négocier. Je ne bouge pas de là."

Du bluff bien sûr. Mais tout ce qu'il lui faut pour le moment, c'est d'avoir quelqu'un capable d'un raisonnement logique face à lui. Autant dire que les deux disponibles actuellement ne correspondent pas au critère recherché. Heureusement, le principal avantage d'avoir la réputation d'un mec ne sachant pas se battre, est de bénéficier d'une moins grande défiance de la part de ceux qui lui font face. Et cette fois ne déroge pas à la règle.

Après quelques secondes d'hésitation, l'un des deux types fait demi tour, acceptant visiblement sa requête. Si Swenn n'est pas considéré comme un danger direct par qui que ce soit, ses capacités en matière de manipulations chimiques en tous genres lui permettent en revanche de capter facilement l'intérêt des trafiquants comme eux. Ce qui ne l'empêche pourtant pas de se retrouver de nouveau avec une arme à feu pointée dans sa direction. Celui resté sur place pour le surveiller ne voulant a priori pas prendre de risque. Arrachant un soupire au brun. Combien de fois s'est-il retrouvé dans une situation comparable à celle-ci ? Beaucoup trop pour en éprouver la moindre crainte. Non, pour le moment, la seule chose qui occupe son esprit, c'est qu'il se rapproche de son but. En apprendre plus sur l'origine des marchandises amenées par ce navire. Et pourquoi pas y avoir accès, si tant est qu'elles soient vraiment destinées à cette bande de crapules.


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Eylohr Lothar
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Lun 16 Avr - 18:32
Irys : 636532
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • Que cette journée eût été compliquée pour le pauvre Raimond qui se demandait comment tout cela allait se finir. Sa seule consolation, mais peut-être pas des moindres, était de ne pas faire parti des pirates qui suaient sang et eau sur les quais pour décharger toutes les marchandises accumulées. Lui au moins, il n’avait qu’à suivre un chimiste apprenti criminel. Une mission bien moins difficile somme toute, mais ô combien ennuyeuse.

    Mais enfin, voilà quelque chose d’intéressant. Après des kilomètres de marches sous un soleil de plomb, la lune avait été plus que bien accueillie par Raimond qui n’en pouvait plus de s’agiter. Il avançait à bonne distance de Swenn tout en restant sur ses gardes. Bien qu’il soit habitué aux bas-quartiers et aux individus louches comme aux criminels endurcis, il était seul, dans un quartier où il ne savait pas ce qu’on y fait ni qui dirigeait les lieux. Sans un quelconque support, il risquait la mort s’il se faisait prendre là où il n’était pas autorisé à être. Aussi s’appliquait-il à rester dans l’ombre et à passer inaperçu. Il se tenait donc à bonne distance, caché dans l’ombre provoqué par un relief d’un des bâtiments du coin. Il était là, adossé contre un coin de mur, rongeant ses ongles lorsqu’il vit sa cible invectiver deux individus apparemment très peu disposés à le laisser passer. L’un s’en alla, mais l’autre le tint en joug. Et seulement quelques mots parvinrent aux oreilles de l’apprenti espion : « Je ne bouge pas ».


    C’l’moment d’prev’nir l’géant, Pensa Raimond.


    Ni une ni deux, Raimond retourna sur ses pas et prit le chemin des quais, zone qu’il connaissait bien mieux que le reste du port. Un virage après l’autre, un escalier, puis un autre, les pontons, la marina et voilà le navire en fête. Une partie des forbans était allée faire la fête en ville et passaient ainsi leur temps dans les tavernes et les maisons closes. D’autres étaient restés sur le navire pour le garder et faire la fête sur cette coquille de bois et d’acier qui vogue depuis bien longtemps sous les couleurs du capitaine De Sousa. Eylohr était sur le navire, attablé, encore, à la proue. Sur une table de fortune, accompagné de plusieurs autres forbans, ils s’adonnaient à un festin. Ils mangeaient bruyamment, alternant bouchées et gorgées, viande et alcool, rots et bruits de bouches. Le pauvre Raimond était essoufflé, il avait couru durant tout le chemin et il n’aurait pas été contre une bonne gorgée d’alcool, mais il fallait éviter d’énerver le colosse qui attendait déjà depuis quelques temps de savoir où se trouvait le dénommé Swenn. Lorsqu’il se rendit compte du retour de Raimond, Eylohr n’eut comme réaction qu’une déglutition bruyante et un regard aussi froid que les contrées d’où il venait.


    - L’autre guignol s’trouve à l’entrepôt 5-78 dans l’quartier Ouest du bas-quartier. Y’a deux autres cons qui l’font attendre, c’l’moment !


    Eylohr baissa la tête dans un signe d’acquiescement puis il termina son assiette d’une traite, avant de se lever et de prendre le chemin indiqué par le forban épuisé. Il s’était préalablement armé de ses revolvers, de son fusil et de ses deux lames. Sa hache ne serait pas de la partie aujourd’hui, trop lourde. Il n’était déjà pas le plus agile ni le plus rapide étant donné sa taille et sa corpulence, il fallait éviter de donner trop d’atouts à Swenn.

    Et Eylohr avance, traverse les pontons, remonte les escaliers arpente les ruelles, et voilà le fameux bâtiment. Raimond avait raison, le petit inquisiteur aux manies terriblement… Enervantes, était là. Et effectivement, il était tenu en respect par un gros gaillard qui semblait aussi patient qu’Eylohr. Ce dernier d’ailleurs se tenait accroupi, contre le mur, tapi dans l’ombre. Non seulement il tentait de savoir ce qui se disait plus loin, afin de connaître l’avancée des choses et de choper un peu d’information, mais en plus, il voulait connaitre l’identité du gang ou de celui qui dominait le coin pour mieux calculer ses options. Après tout, si le coin était aux mains d’un client ou d’une personne en cheville avec les pirates, il serait bien plus aisé de mettre la main sur ce Swenn.


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Swenn Milazzo
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Mar 17 Avr - 21:35
Irys : 169970
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Immobile, les mains croisées au niveau de sa poitrine et le regard ne lâchant pas son surveillant, la tension qui règne entre les deux hommes est bien réelle. Mais Swenn le sait, elle n'est qu'une brève introduction, parfaite pour le préparer à affronter le face à face qui va suivre. Les minutes défilent, et le malheureux bougre commence à chercher la position la plus économe pour ses bras, qui orientent toujours son arme en direction du nouvel arrivant. Heureusement, la patience n'a jamais été une chose dont manque le chimiste. Qui ne s'attendait pas à voir qui que ce soit se hâter pour écouter ce qu'il a bien à raconter cette fois. Si quelqu'un fini effectivement par se décider à se pointer.

Très occupé à revoir en boucle la liste précise de ses arguments ainsi que les sujets à n'aborder en aucun cas, il fini par apercevoir la porte s'ouvrir sur l'extérieur. Et pour son plus grand bonheur, quatre silhouettes qui s'en extirpent. Difficile de distinguer le moindre visage avec la seule lumière produite par la lune, qui arrive à se faufiler jusqu'à cette ruelle peu engageante. Mais ils n'auraient pas pris la peine de faire le déplacement aussi nombreux pour simplement le renvoyer d'où il vient. Cette déduction ne fait que se conforter lorsque la distance qui les sépare se réduit suffisamment pour apercevoir beaucoup plus distinctement les deux hommes du milieu. Le plus jeune, probablement âgé d'une bonne trentaine d'années, ressemble davantage à un chef d'entreprise qu'à un trafiquant. Le second, les cheveux déjà poivre et sel, ne prend même pas la peine de dissimuler ses airs manifestes de mafioso. Deux types loin d'être inconnus pour Swenn et avec qui les négociations sont toujours longues. Et passionnantes...

- "Alors, de quoi t'as besoin pour venir jusqu'ici cette fois ?"

Forcément, personne ne s'attend à ce qu'il vienne prendre des nouvelles. Sa volonté affichée à n'être affilié à aucun réseau de la capitale ne l'amène à entrer en contact avec l'un d'eux que très rarement. Pourtant, il ne peut pas toujours se passer complètement des avantages que présente l'activité de groupe. Comme pour se procurer certaines denrées exotiques. La qualité des produits qu'il peut mettre au point faisant régulièrement office d'échanges de bons procédés. Un équilibre plus que précaire qui menace d'être rompu à chaque nouvelle rencontre. Le moindre faux pas et son unique porte de sortie est l'intégration directe et totale à l'une de ces bandes.

- "De la nouveauté. De celle capable d'élargir le marché. Pas difficile à produire. Mais qui demande une matière première très... Spécifique. Que tout le monde ne peut pas se procurer. Et qui assure l'exclusivité."

Découvrir s'ils sont effectivement en possession de quelque chose satisfaisant au critère novateur. Swenn ne croit pas aux coïncidences, ce qui lui permettra de déduire qu'ils sont bien ceux qu'il cherche. Promettre du vent pour encourager à la discussion. Promesse qu'il cherchera à tenir plus tard, s'il se trouvait que ces hommes aient bien un lien quelconque avec les pirates. Chaque problème en son temps.

Mais la conversation n'aura pas l'opportunité de s'étendre en débats animés, un cri de surprise fortement teinté de panique retentit à proximité. L'un des gamins en charge des rondes, n'ayant pour seul objectif que d'avertir les dirigeants en cas de mouvements suspects sur leur territoire, ne devait pas s'attendre à tomber sur une telle... Chose.

- "OUAAAAH !! T'es qui toi ?!"

Instinctivement, profitant de la surprise créée par une telle interruption, Swenn effectue un repli immédiat. Demi-tour dans la seconde qui suit, il n'a pas intérêt à trainer dans le coin. Réagir en premier est indispensable quand on est très probablement la seule personne sans flingue. Qui que soit ce "toi", il y a une forte probabilité pour que ces types s'imagine qu'il s'agisse d'un complice ou autre connerie. Deux intrus en une même soirée, c'est peu crédible. Peu crédible en effet... Bah, ce n'est pas le moment de réfléchir à ce genre de détail. La priorité est de retrouver les rues passantes le plus discrètement et surtout rapidement possible, pour pouvoir se poser et réfléchir calmement à ce qui vient de se passer.


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Swenn râle en   #f77d40
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