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Chroniques d'Irydaë
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 La curiosité est un vilain défaut... [Terminé]

Eylohr Lothar
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Lun 2 Avr - 21:02
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • La journée avait commencé sur les chapeaux de roues. Dés lors que les premiers rayons du soleil firent la lumière sur les quais de Cerka, l’équipage de forbans et de boucaniers s’était attelé à la tâche ingrate mais cruellement nécessaire de décharger toutes les marchandises obtenues durant les voyages, celles légales comme celles… qui le sont moins. Une tâche ingrate mais qui sied tout à fait au colosse venu du continent glacial de Marnaka, que l’on nomme Eylohr. Ce géant au cœur aussi froid que l’endroit d’où il vient sert sur le navire du capitaine De Sousa depuis plusieurs mois maintenant et on peut dire que sa solide constitution avait déjà su servir la cause des forbans bien plus souvent qu’il ne saurait l’admettre, mais même chez les bandits, il y avait des règles, une hiérarchie. Malgré toute sa cruauté, toute sa puissance, il était une personne bien au-dessus de tout cela encore. Ainsi va la vie en mer, mais cette vie était déjà des plus profitables pour Eylohr, alors travailler ses muscles pour décharger des centaines de kilos de marchandises n’était pas un problème pour lui.

    La lumière du soleil montant dans les cieux apportait avec elle une douce source de chaleur qui, mêlée au labeur de l’imposant forban, faisait perler maintes gouttes d’une sueur abondante sur le saillant de sa poitrine et de ses bras que les rayons achevaient d’accentuer le galbe et la forme. C’est qu’il était imposant le molosse. Culminant à plus de 2m15 il dépasse sans soucis la le commun des mortels et dépasse la foule à chaque fois. Fort d’une impressionnante masse musculaire et d’un poids atteignant, dans le meilleur de sa forme physique, les 200 kilos, se force presque herculéenne permet de soulever bien des marchandises, d’achever de nombreuses missions harassantes et d’assurer là où ses camarades d’infortunes seraient trop peu préparés. Et il en jouait de cette force, qu’il utilisait tantôt pour décharger les caisses, forger les armes du navire ou décapiter un prisonnier d’un seul coup de sa terrible hache. Il était, d’ailleurs, connu pour appliquer la justice à bord, ordonnée par le capitaine De Sousa en personne. S’il avait tué de nombreux adversaires et s’il avait torturé bien des malheureux, il avait également exécuté plusieurs forbans déjà, pour trahison, désobéissance ou pour divertir le capitaine et continuer d’assoir sa terrible réputation. Qui aurait pu croire qu’un colosse aurait trouvé chaussure à son pied, et un patron à écouter ?

    Toujours est-il que, depuis des mois déjà, c’était ce qui s’était passé. Et donc, encore une fois, il déchargeait les marchandises « durement » gagnées. Il était facile de berner les miliciens des quais. Il fallait soudoyer les bonnes personnes, menacer les autres, et duper les derniers. Toutes les caisses, toutes les marchandises étaient marquées. Celles qui étaient traçables, et donc, légales, portaient les sceaux officiels des clients et des acheteurs. Celles qui nécessitaient plus de… discrétion, étaient marquées à un coin de la caisse de transport, ou sur une petite partie de la marchandise. Une petite flamme, apparaissant aux yeux d’un novice comme la marque du temps, d’une usure ou d’un choc. Mais il œil exercé saurait décoder tout ce qu’il y avait à connaître en quelques secondes. Qui a dit que le crime ne connaissait rien à l’art de la discrétion, de la tactique et de la dissimulation ? Dos au mur, vous êtes imprévisibles. Mais avec un ou plusieurs coups d’avance, vous êtes imbattable !

    Eylohr oeuvrait depuis déjà plusieurs heures, et l’heure de prendre un repas bien mérité allait sonner. La chaleur se disputait à la moiteur qu’atteignait l’air ambiant enivré de l’odeur de la mer et de la transpiration. De temps en temps, une brise vivifiante terminait de rafraîchir les travailleurs trempés, dont la pellicule de sueur qui reposait à même la peau servait, à ce moment, de catalyseur à un rafraichissement maximal. Le corps humain est bien fait, n’est-ce pas ?


    - Eh les gars, c’l’heure d’la popotte ! Dit le cuisto du navire qui venait de préparer une mixture dont il avait le secret, et qui était plutôt délicieuse une fois quelques centilitres de rhum rajoutés. Tambouille d’chorizo, d’pâtes et d’jambon ! Et pour toi Eylohr, d’la tambouille et une belle pièce d’bœuf qu’j’ai choppé c’matin, comme t’la d’mandé !

    - Saignante ? Demanda Eylohr en déposant une dernière caisse, d’un ton presque dédaigneux.

    - Heu… Oui, comme t’ma d’mandé en m’filant l’or c’matin Répondit le cuisto qui, apparemment, se demandait si cette question était mauvais signe, ou non.

    - Alors ramène l’assiettes ici grand ! J’ai une dalle monstrueuse ! Répondit Eylohr en s’essuyant le front à l’aide d’un tissu qui trainait là.

    - Aussi monstrueuse qu’lui t’crois ? Demanda un autre pirate qui se trouvait non loin à son collègue, en chuchotant.

    - Huuuum Grommela Eylohr qui avait tout entendu. En fait, j’vais p’t’être bouffer ton cœur qu’j’aurais sorti d’ta poitrine à grand coup d’lame !


    Belle ambiance avant un repas, n’est-ce pas ? Mais l’heure de manger, c’est sacré pour Eylohr, bien plus qu’il ne saurait l’admettre. C’est ainsi que, les uns après les autres, ils furent servis par le cuisto, sur une table improvisée faite d’une caisse de marchandise, et assis sur des chaises d’osier du navire descendues juste pour l’occasion. Ajoutez à cela quelques verres de rhum, de whisky ou de liqueur frelatée, et vous obtenez là un cocktail des plus joyeux et des plus… bruyants. Ils mangent, ils boivent avant de se remettre au travail. Le temps c’est de l’argent, et les pirates aiment l’argent, bien plus qu’ils n’aiment les femmes. Gare à quiconque tenterait de se mettre en travers de leurs besognes, de fourrer leurs nez là où il ne fallait pas ou même de manquer simplement de respect à un des forbans. S’il y avait bien quelque chose à ne pas faire, c’était manquer de respect à un pirate. Tout se finirait d’une manière bien désagréable pour celui qui aurait osé.

    Mais qui serait assez fou pour le faire ? Le navire était amarré à quai, sur un ponton de déchargement qui s’avançait de prêt de 50 mètres sur la mer, lequel se ramifiait en différentes structures de bois et d’aciers. Le ponton se greffe à un quai en dur, lequel donne accès au port et à la commanderie, les entrepôts, les structures de réparation, les logements provisoires, et tout ce qui fait d’un port, un port. Puis s’étend la ville de Cerka, ses quartiers, sa population. Mais personne qui pourrait oser s’en prendre à une cargaison pirate en plein jour.  


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 


Dernière édition par Eylohr Lothar le Sam 19 Mai - 23:32, édité 1 fois
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Swenn Milazzo
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Mer 4 Avr - 20:48
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Après une nuit harassante et une matinée tout aussi peu reposante passées à l’hôpital de Cerka, Swenn s'autorise finalement une pause. Ou plutôt le mal de crane terrible qu'il se trimballe depuis plus d'une heure maintenant fini de le décider à aller prendre l'air. Passionné comme il l'est par ses travaux de recherche, le jeune homme est habitué à passer parfois plus de vingt quatre heures d'affilé le nez dans ses expérimentations. Parfois au laboratoire de sciences de la ville, parfois directement en contact avec les malades, comme aujourd'hui. Mais ses excès de café mélangés aux gémissements incessants des nombreux blessés présents actuellement finissent de le décider à s'en tenir là pour le moment.

Le chimiste enlève donc sa blouse de circonstance lorsqu'il travaille en ce lieu, et prend la direction de la sortie sans un mot. La plupart des personnes habituées à le côtoyer savent bien qu'il n'est pas des plus bavards. Il sait parfaitement ce que ses collègues appartenant au corps médical pensent de lui, et des chercheurs de façon générale. Qu'ils viennent et partent quand ça leur chante. Qu'il est impossible de prédire à quel moment il sera possible de compter sur leur aide. Qu'ils vivent dans leur monde, complètement déconnectés des réalités auxquelles eux sont confrontés à longueur de journées. Et surtout, qu'ils ont cette affreuse manie de se croire supérieur à quiconque ne sait faire que sauver des vies. Ce n'est pas le grand amour pour faire court. Swenn ne va pas s'en plaindre, préférant largement qu'on lui foute la paix, à organiser ses journées et ses nuits comme bon lui semble.

L'air frais qu'il prend en pleine face une fois la porte de l’hôpital poussée lui fait le plus grand bien. Il n'a pas encore décidé de la suite de son programme, mais il a bien l'intention de profiter encore un peu du soleil qu'il ne voit que trop peu. Din, un jeune Novsh qui lui sert d'animal de compagnie depuis plusieurs mois sur les talons, le brun prend la direction des quais. Ce n'est pas juste à côté, mais une bonne marche est la bienvenue. Quoi que, compte tenu du boucan que le volatile à ses côtés émet, visiblement très heureux d'être sorti du seul local où sa présence est tolérée à l’hôpital, le brun hésite un court moment à faire un détour par chez lui pour y enfermer la bestiole horripilante. A laquelle il s'est pour son plus grand malheur un peu trop attaché.  

- "Ferme là..."

Seul ordre que le Novsh a bien voulu retenir depuis qu'il l'a récupéré. Ordre le plus utile cela dit. Il faut avouer que Swenn n'a jamais pris la peine de se soucier d'une potentielle éducation, laissant le volatile vivre comme bon lui semble. Si seulement cette tête de piaf pouvait comprendre que ses chants tonitruants ne sont pas aussi mélodieux que ce qu'il semble imaginer, il pourrait presque devenir mignon.

Tentant tant bien que mal de limiter au maximum la liberté d'expression dont fait preuve Din, le jeune homme fini par arriver au niveau des quais dans un silence plus que relatif. En plus du Novsh, les vêtements qu'il porte, pouvant aisément être qualifiés de haut de gamme, habitude lorsqu'il exerce une activité officielle, fini de dénoter avec les tenues des nombreux marins qui s'affairent sur les pontons.

La tête haute, le regard droit, Swenn ignore superbement les regards suspicieux des quelques travailleurs qui voudraient le mettre mal à l'aise. Son mal de crâne presque disparu, le brun laisse libre court à toute la curiosité qui le caractérise. Il y a bien longtemps qu'il n'était pas venu en cet endroit, regorgeant pourtant d'informations passionnantes venues de tous horizons. Sans compter que c'est une très bonne façon de se tenir informé des différentes marchandises qui débarquent en ville. Marchandises plus ou moins légales certes, mais pour lesquelles le chimiste ne fait aucune distinction. Et puis, au milieu du capharnaüm que ces hommes sont capables de provoquer à eux seuls, les capacités vocales de Din passent presque inaperçues.

Jusqu'à ce que son regard soit inévitablement attiré par un équipage en particulier. Ou plutôt par un homme de cet équipage, surplombant tout le reste de par sa taille impressionnante. N'importe quelle personne possédant une dose classique de bon sens resterait bien à l'écart. Mais Swenn a une définition bien à lui du bon sens. Qui lui fait dire qu'en pleine journée, dans un lieu public tel que celui-ci, il peut se permettre de se montrer un peu trop curieux sans que les conséquences directes ne lui soient fatales. Il a bien conscience de ses maigres compétences en combat. D'ailleurs, il ne porte pas la moindre arme sur lui. Et son accoutrement, malgré les quelques tatouages de visibles, ne lui donne pas un air des plus dangereux. Ses rapides calculs lui indiquent que dans de telles conditions il peut se permettre d’approcher, et il n'a pas l'intention de se gêner.

Pas complètement suicidaire pour autant, le brun n'a pas l'intention d'alpaguer directement le géant. Non, il repère un duo qui parait un peu moins à l'aise que le reste de la joyeuse bande, un peu moins efficace aussi sans doute, et s'approche le plus naturellement du monde, mains dans les poches et armé de son air blasé maîtrisé à la perfection.

- "Bonjour messieurs. Sacré navire. Vous pouvez en transporter des quantités là dedans. D'où vous arrivez avec tout ça ? Vous avez déjà trouvé preneurs pour l'intégralité ?"

Se fiant au regard étonné que les deux travailleurs échangent, il ne doit effectivement s'agir que de sous fifres. Quel capitaine d'équipage s'embêterait à une tache aussi ingrate ? Ne prêtant qu'une oreille distraite aux marmonnements à peine compréhensibles qu'il reçoit en guise de réponse, Swenn s'avance encore de quelques pas. Parfaitement décontracté malgré la situation, le jeune homme profite de ces quelques instants de tranquillité pour regarder avec insistance les différentes caisses à portée de vue. Il ne se fait pas d'illusions, il va très rapidement être "accompagné" loin de ce navire par des marins plus hauts gradés que les deux recrues sur lesquelles il est tombé. En attendant, il a bien l'intention d'en apprendre davantage sur cet étrange équipage et leur cargaison.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Eylohr Lothar
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Jeu 5 Avr - 16:53
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • L’air était doux malgré une forte chaleur et la caresse des embruns se prêtait à une journée tout à fait exquise. Du moins pour des voyageurs en vacances, des promeneurs avisés ou des écoliers endimanchés. Pour des marins travaillants un jour comme celui-ci, les pauses faisaient un bien fou comparé à la chaleur que produit le travail harassant aux quais. Eylohr était attablé avec ses hommes, se goinfrant de la tambouille du cuisto et de la belle pièce de viande qui avait été cuisinée uniquement pour lui. Il se goinfrait, mangeait bruyamment, mais il profitait de l’instant présent. Les embruns effleuraient sa peau comme la douce caresse d’une plume passée délicatement sur sa peau provoquant un frisson agréable. Après avoir sué sang et eau, cette douce brise rafraichissait tout son être et provoquait un bien fou.

    Puis vient un drôle d’oiseau, un énergumène drôlement bien vêtu pour ces lieux. Il ne ressemblait ni à un marin, ni à un mercenaire, ni à un travailleur du coin. Le peu de fois où Eylohr pouvait voir ses mains, il ne décelait ni corne ni trace d’un travail manuel harassant. Ses mains n’étaient pas caleuses, loin de là. Il ressemblait davantage à ces clients pétants plus haut que leurs culs et qui commandent aux marins, aux hommes effectuant les basses besognes, d’aller récupérer telle ou telle denrée, tel ou tel objet, telle ou telle chose. Peut-être avait-il de l’argent sur lui ? Peut-être comptait-il acheter ? L’ennui, c’est que rien ne doit se faire sur les docks. Toutes les marchandises légales, ou presque, ont trouvées preneur. Les marchandises illégales, elles, doivent être stockées dans un endroit secret qu’un revendeur paiera pour ensuite revendre au détail, avec la marge qu’il faudra.

    Et le voilà qui contact les deux forbans attablés aux côtés du colosse. Quel toupet. Il n’est décidemment pas habitué à la discrétion ni à l’instinct de survie, vraiment pas. Même un criminel endurci ne se serait jamais risqué à entrer comme cela en contact avec des forbans en pleine occupation. Vous me direz, comment savoir qu’un marin est un marin et non un pirate ? Et donc, comment savoir qu’un marin est un pirate et non un honnête homme marié à la mer ? La criminalité à un visage que seuls les criminels peuvent reconnaître, où les policiers qui connaissent bien le milieu. Trop peut-être.


    - C’t’un shooner, l’plus rapide qui existe ! Dit un des deux pirates.

    - Ouai ! Et pourquoi qu’tu d’mande sur les marchandises ? Demanda le second. C’toi l’acheteur ?


    Eylohr était agacé. Son regard glacial brulait d’une espèce de colère qui couvait, mais dont le point d’explosion semblait être très proche. Il n’y avait jamais aucun achat sur les docks, il n’y avait rien de tel pour attirer les flics vers soit. Et même si, en apparence, les quais avaient l’air tranquilles et calmes, il ne fallait jamais relâcher la pression. Bien des policiers planquaient dans les coins, prêts à collecter un maximum d’information sur d’éventuels criminels. Le navire était plutôt quelconque, mais l’équipage, lui était recherché. Et heureusement que les pirates maîtrisent la discrétion à la perfection, tout comme l’art du camouflage, sinon, leur espérance de vie serait bien triste. Mais le petit curieux continu ses recherches et s’avance toujours un peu vers les caisses de marchandises. S’en est trop.

    Mordant à pleine dent dans son morceau de steak saignant à souhait, il ingurgite un morceau puis un autre, avant de croquer une dernière fois et se lever. De toute sa hauteur, de toute sa masse, il se lève, se redresse et se place devant l’inopportun. Son morceau dans la bouche, il mâche bruyamment. Il plante son regard bleu océan, aussi glacial que les terres Nordiques qui l’ont vue naître, dans celui de l’inquisiteur qui venait déjà de se mettre dans un sacré merdier. Désolé de l’expression. Il ne lâchait pas un seul instant ce petit curieux du regard. Prêt à en découdre. Il mâchait bruyamment encore et toujours, reniflait de temps en temps, et avait une attitude détestable. Finalement, il boulota un morceau suffisamment gros pour pouvoir parler aisément.


    - Qui t’es toi Ducon ? Demanda-t-il de sa voix grave, raisonnante et impressionnante. T’pose trop d’questions, c’quoi ton nom ? Il laisse un court silence. Parle.


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Swenn Milazzo
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Ven 6 Avr - 14:24
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Les yeux toujours fixés sur le navire amarré, Swenn écoute distraitement les réponses à ses questions. Ses connaissances maritimes sont plutôt faibles, mais suffisantes pour lui faire dire qu'il ne doit pas seulement assurer les livraisons intercontinentales. Et le reste de l'équipage dont il est à présent très proche, parait bien plus aguerri à affronter les tumultes des mers que le marin Deanar moyen qui déambule sur les quais. Sans même parler de ce type. Avec un peu de chances, quelques produits exotiques doivent bien se trouver quelque part dans ces caisses. Quelle déception cela serait s'ils ne transportaient que de l'armement.

L'acheteur hein... Ces derniers mots retiennent davantage l'attention du brun, qui se tourne de nouveau complètement face au duo mis à contribution. Habitué à fréquenter et à négocier avec les voyous de différents niveaux de la ville, l'accent et la façon de parler de ces hommes ne sont pas étranger à Swenn. Qui s'essaie même à une esquisse de sourire, avant de répondre sur un ton toujours aussi monotone.

- "Oh, non je n'achète rien."

Ce qui n'est pas faux. Le chimiste n'a que faire des quantités astronomiques de marchandises qui sont transportées puis débarquées régulièrement en ce lieu. Seuls quelques échantillons l'intéressent. Évidemment, plus les produits ou matériaux vendus sont rares, plus ils présentent d'intérêt. Mais le peu qu'il est disposé à se procurer ne lui permet pas de négocier directement auprès des hommes de la mer. En revanche, connaitre à la source quels sont précisément les marchandises, leur origine, et identifier par avance qui est le principal intermédiaire, voilà les informations qui lui permettent de négocier par la suite dans les meilleures conditions.

Il n'a pas le temps de discuter beaucoup plus avec ces deux hommes qu'il aperçoit le géant bouger. Comment ne pas le voir ? Ainsi c'est bien lui qui a pour rôle d'éloigner les petits curieux. Pas étonnant. Sa seule présence doit déjà être suffisamment dissuasive. Bien sûr, cette vérité ne s'applique pas à Swenn et à son trop plein d’assurance. Ainsi qu'à son attrait un peu trop prononcé pour toutes les situations à risque.

Sans se départir de son petit air arrogant, il observe le colosse se placer face à lui. Dire qu'il n'est pas impressionné serait faux. Peu habitué à devoir lever la tête pour assurer un contact visuel direct, il faut reconnaitre que la carrure de cet homme impose le respect. Ou du moins, oblige à réfléchir à deux fois avant de prononcer un mot ou de faire quoi que ce soit. Ce qui n'échappe pas au chimiste. Mais qui se traduit chez lui par un intérêt plus marqué. Cet attrait que toute nouvelle chose est capable de provoquer en lui. Même cette voix associée aux paroles peu encourageantes qui lui sont balancées à la figue ne l’encouragent en rien à seulement faire demi-tour en s’excusant platement de cette intrusion mal venue.

Un aplomb toujours un peu trop prononcé malgré son rythme cardiaque qui ne peut que s’accélérer, mécanisme classique dû à la montée d’adrénaline que la situation provoque inévitablement, Swenn finit par répondre avec un calme parfaitement maitrisé. Sur un ton qui ne laisse aucun doute sur le milieu davantage intellectuel dont il est issu. Faire face à des hommes dangereux, armé d'intentions qui entrent en contradiction avec celles de ses interlocuteurs, ce n’est pas quelque chose de nouveau pour le jeune homme. Et jamais il ne s’est abaissé à employer un vocabulaire pauvre et des tournures de phrases incorrectes pour autant.

- "Je m’appelle Swenn. Je ne suis pas venu vous attirer des ennuis. Si c’est ce qui t'effraie. Je ne suis que simple chimiste. Alors, je me tiens juste informé des dernières nouveautés que des hommes tels que vous nous apportent régulièrement."

Il n’est pas non plus suffisamment fou pour affronter directement cet homme, à lui tenir tête ou à le provoquer ouvertement. Non, son unique but actuellement est d’avoir une idée plus précise du type de marchandise qui peut circuler sur ce ponton. Malheureusement, il a du mal à ne pas se montrer insupportable. Il sait bien que ses façons de faire et ce regard reflétant trop bien son excès d’assurance déplacé dans ces conditions n’est pas pour plaire. Au moins ne dit-il rien sur ces bruits de mastication incessants. Il lui en faut bien plus pour réussir à l’écœurer.

- "Et, comme j'imagine que personne n'embauche un gaillard tel que toi pour surveiller de la camelote, je n'ai pas pu m'empêcher de venir jusqu'ici."

Le jeune homme ne va évidemment pas demander directement ce qui se trouve à l'intérieur de ces caisses. Il ne se fait de toute façon aucune illusion quant à l'absence de réponse qu'il peut obtenir à ce sujet. Non, les manières de ces types, et l'air aussi antipathique que dangereux de celui qui lui fait face, sont déjà de très bonnes informations en soi. La probabilité que quelque chose qui sorte de l'ordinaire se cache quelque part là est forte.


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Eylohr Lothar
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Lun 9 Avr - 16:40
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Eylohr se tenait là, devant cet avorton qui tentait de jouer au plus malin. Les bras croisés, droit comme un « i », son regard glacial foudroyant le pauvret trop curieux. Ses habits correctement assortis, la qualité des soieries, ses manières et les informations qu’il livre irritent profondément le colosse. Il aurait très envie de lui aplatir le crâne à grand coup de poing afin de lui montrer ce qu’il en coûte de poser trop de questions sur ce qui ne le regarde pas. Et en plus d’être curieux, il était bavard, trop bavard. Il s’appelle donc Svenn, il est chimiste dans cette ville et sa curiosité naquit de par la présence saugrenue du colosse aux propensions inhabituelles. S’il est vrai que les services du géant ne sont, normalement, pas donnés et plus souvent employés à des fins bien plus sombres que seulement décharger des caisses, sont rôle ici était bien plus dans la discrétion et l’utilité du navire, bien que, encore une fois, il soit sous les ordres du capitaine.

    Ainsi donc, la présence du colosse suggèrerait la présence de marchandises intéressantes ? Rares ? Coûteuses ? Il fallait bien avouer que jamais Eylohr n’aurait pensé attirer l’attention sur autre chose que son physique, alors sur la marchandise, encore moins. Dans sa tête semblait se dessiner alors une sorte de problématique. Peut-être même LA problématique. Que faire de cet avorton qui venait de mettre les deux pieds dans une merde pas possible ? L’endroit était trop fréquenté pour qu’il puisse répondre à cette question. Il pourrait l’arrimer à une pierre ou à un boulet de canon et le laisser disparaître dans les abimes ténébreux. Mais il serait trop aisé de se faire prendre, les quais étant surveillés. Pas moyen non plus de l’amener aux bas quartiers. Ce serait trop compliqué. Mais il était un danger potentiel qu’il fallait régler.


    - Y’aurait fallu qu’tu t’en empêche Ducon Dit Eylohr de sa voix sombre. T’as rien à foutre ici. J’te conseil d’r’faire l’ch’min dans l’sens inverse et d’rentrer chez toi, fait pas bon trainer par ici pour un riche d’ton genre. Dernier avertissement.


    Il avait prononcé cette dernière phrase alors qu’il décroisait ses bras et qu’il invectivait le voyeur mal avisé de son gros index, martelant ses mots de gestes accusateurs. Les mots dangereux, une voix sombre et raisonnante, et une gestuelle accusatrice, voilà qui ferait plier le genou de plus d’une personne sur cette terre. Le danger était bien présent, et les conséquences de ce danger ne tarderaient pas trop à s’abattre sur l’inquisiteur mal avisé.

    Alors qu’il fit demi-tour pour retourner manger, il lança un dernier regard à l’inopportun et replongea dans son assiette. D’un geste de la main, il fit ensuite venir un autre marin, un qui n’était pas dans les parages et qui était resté sur le navire, ainsi, le fouineur ne l’aurait pas remarqué. Lorsque celui-ci se présenta à Eylohr, le colosse s’employa à rester discret et à ne communiquer avec lui qu’avec une proximité permettant effectivement de limiter la propagation des informations. Il s’approcha donc de l’oreille du marin et dit doucement.


    - T’vois l’corniaud qu’est v’nu ? J’veux savoir où il va et où j’peux l’chopper. J’te fais pas un dessin.

    Eylohr avait alors un plan, ou du moins, un semblant de plan. Il comptait sur son homme pour suivre le curieux aux mœurs horripilantes et pouvoir, une fois la nuit venue, régler le problème. Autant dire que la nuit sera longue pour celui qui n’avait pas su retenir sa curiosité au placard, mais il n’y aura pas de seconde chance. Il n’y aura que la souffrance et la mort. Pourquoi cette fatalité ? Car en plus d’être doué d’une patience aussi grande que le petit doigt d’un bébé, Eylohr tenait à ce que son travail de second soit irréprochable et à ne mettre en danger l’équipage et le navire sous aucun prétexte. Après tout, il avait quelques principes finalement. Du moment qu’il avait son compte de tueries.


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Swenn Milazzo
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Mar 10 Avr - 14:21
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Pourquoi ne peut-il pas s'en empêcher ? Pourquoi se sent-il obligé de l'affliger d'un surnom aussi ridicule ? Ce n'est pourtant pas bien difficile d'utiliser le bon patronyme. Espère-t-il avoir ainsi l'air encore plus effrayant que ce qu'il n'est déjà ? S'il n'était pas obligé d'avoir les yeux regardant déjà bien haut, sans doute Swenn les lèverait-il au ciel en signe de dépit. Sûrement est-ce une bonne chose qu'il se contente de les garder rivés sur le colosse. Ce dernier semblant devoir se contenir pour ne pas le réduire en charpie à l'instant. Oh, le tatoué a déjà essuyé bon nombre de déconvenues suite à sa curiosité trop mal placée. Certaines ayant laissé quelques traces. Il n'ignore pas la précarité de sa situation actuelle. Mais à croire qu'il considère que tant qu'il s'en sort vivant, c'est qu'il s'en sort bien. Et par conséquent, qu'il peut recommencer autant qu'il le veut.

Au moins, les choses sont à présent très claires. Il n'a pas intérêt à rester trop longtemps dans le coin certes. Mais surtout, il va falloir qu'il trouve à qui ils refourguent la marchandise. Celle qui lui vaut un accueil aussi musclé évidemment. Qui le fait se sentir si petit pour la première fois depuis bien longtemps. Qui arrive même à le décider de poursuivre ses recherches ailleurs. Ayant bien en tête quelques noms avec qui il se retrouve régulièrement à négocier, ça ne devrait pas être bien difficile de juger du réel intérêt. Peut-être moins risqué. Bien qu'il ne sache toujours pas de quoi est capable ce géant manquant cruellement d'éducation, la probabilité qu'il vaille mieux ne pas savoir parait suffisamment importante pour éviter de poursuivre. L'objectif n'est clairement pas de découvrir où est son point de rupture. Mais de partir avant. Et le moment semble bien choisi.

- "Je ne peux qu'être d'accord. Ce n'est visiblement pas parmi vous que je risque d'élever mon niveau de connaissances."

Pas provoquant ? Non, Swenn ne l'est pas lorsqu'il a l'intention d'obtenir davantage de réponses. Ce n'est plus le cas. Et comme mourir bêtement en cet endroit de la ville n'est pas dans la suite de son programme, le brun tourne déjà les talons, comme pour prouver malgré tout une quelconque bonne volonté. Bah voyons. Comme s'il était capable de faire taire cette foutue curiosité une fois éveillée. Mais il faut se rendre à l'évidence. Il va lui falloir trouver un autre intermédiaire. Moins patibulaire.

--//--

Il fait déjà nuit lorsque Swenn se décide à sortir le nez du laboratoire dans lequel il a passé le reste de la journée. Il a besoin de quelques psychotropes de haute qualité s'il veut pouvoir faire parler certains informateurs de la ville. Ceux qui sont capables de passer plusieurs heures sans bouger, au même endroit, ayant souvent l'air de simples mendiants, mais qui retiennent tout ce qui s'est déroulé sous leurs yeux ou qui s'est chuchoté à proximité de leurs oreilles affutées. Et les quais n'en manquent pas, le jeune homme étant déjà passé par ce réseau plus d'une fois par le passé. Seule façon d'identifier qui détient ces produits exotiques qui débarquent en toute illégalité dans la ville.

Mais avant toute chose, un détour express par son appartement est nécessaire. Impossible de trainer parmi les rats des villes avec ces fringues sur le dos. Non pas que ses activités officielles soient inconnues de tous ces gens à qui il se mêle régulièrement pour ses affaires nécessitant la seule présence de l'astre lunaire, mais c'est toujours plus facile de se fondre parmi les clients d'un bar douteux avec un large t.shirt usé et un vieux pantalon tout ce qu'il y a de plus simple, qu'avec sa panoplie du garçon de bonne famille. Sa peau foncée, les cernes sous ses yeux, les quelques piercings et nombreux tatouages qu'il possède finissant de lui donner un aspect beaucoup plus passe partout dans ce milieu. Il n'en oublie pas non plus de passer une ceinture à laquelle il attache deux petites grenades qu'il garde toujours en stock chez lui. Spécialement pour ce genre de sortie. Le t.shirt suffisamment long et ample camouflant cet attirail plus que sommaire sans la moindre difficulté. Il n'a pas l'intention d'en faire usage ce soir, mais il ne peut ignorer les risques qu'il a prit dans la journée.

Presque souriant, sous une chaleur toujours bien présente en ce mois de juillet malgré l'absence du soleil, Swenn arrive finalement dans l'une de ces rues suffisamment mal fréquentées pour espérer y trouver un pub étanchant la soif d'un potentiel informateur. Un coup d’œil par une fenêtre du premier sur sa route, le jeune homme poursuit son chemin, aucun visage intéressant n'ayant été repéré. Il aura plus de chance dans le second, la silhouette bien connue d'un homme attirant immédiatement son attention. Le brun pousse donc la porte grinçante au dessus de laquelle une pancarte bancale sur laquelle on peut encore difficilement lire "Le tonneau qui roule" est clouée.

Après être passé commander une simple bière, le chimiste se dirige vers le fond de la pièce où un homme à la barbe grisonnante et aux guenilles déchirées est affalé sur une chaise, manifestement en train de cuver. Rien d'exceptionnel. Surtout rien qui n'empêche le jeune homme de venir s'installer face à lui, s'assurant d'entrer directement dans son champ de vision, ce qui a pour effet mécanique de faire relever la tête de l'homme d'une quarantaine d'années, finalement peut-être pas si éméché qu'il ne le laissait paraitre.

- "Ah Swenn ! Y'a un moment qu'on t'voyais plus dans l'coin !"

- "En effet. Et tu te doutes bien Lloyd, que si je viens ce soir c'est que j'ai besoin d'infos."

Il parle à voix basse, signe qu'il s'apprête à aborder un sujet qui ne doit pas parvenir à n'importe quelles oreilles. Swenn ne s'est jamais embêté à enrober joliment ses demandes. Encore moins avec ces gens là. Ce serait le meilleur moyen de les perdre et d'avoir une réponse n'ayant aucun rapport avec la question de base. Sachant pertinemment que ce type n'acceptera jamais de lui dire quoi que ce soit d'intéressant sans voir à l'avance ce qu'il peut en retirer, le jeune homme sort un petit sachet d'une de ses poches, contenant une vingtaine de cachets mis au point dans l'après midi. Que le fameux Loyd ne lâche plus des yeux.

- "Tu sais comment m'parler hein ! S'ils sont aussi efficaces qu'ceux d'la dernière fois, j'suis sûr que j'dois savoir quequchose d'intéressant !"

- "Un navire arrivé ce matin sur les quais, un équipage pas du coin, occupé à décharger une grande quantité de marchandises. Et dans le lot, un géant, qui défie toutes les moyennes de l'anatomie. Avec qui ils font affaire ? Et qu'est ce qu'ils apportent ?"

- "Hum... Difficile à dire. Mais j'sais qu'un des ptits d'la bande à Markus trainait vers les quais aujourd'hui. Tu d'vrais essayer par chez lui, doit pouvoir t'en dire un peu plus."

Bien, il aurait espéré un peu plus, mais savoir que cette bande peut potentiellement s'intéresser à ce que transporte cet équipage est déjà satisfaisant. Leurs activités ont beaucoup en commun avec les siennes. Il n'est pas enchanté à l'idée de devoir fouiner chez eux, leurs relations actuelles étant plutôt tendues. Mais il faut avouer qu'il n'y a pas beaucoup de réseaux avec lesquels il est en très bon termes. Le temps de finir son verre, c'est largement suffisant pour mettre sur pieds un plan d'approche pour aller voir ces hommes à quelques centaines de mètres de là.

- "Et tu feras gaffe. La descente sera moins violente qu'avec ceux qui se trouvent facilement, mais ça ne veut pas dire que tu peux en abuser sans risques."


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Eylohr Lothar
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Jeu 12 Avr - 21:18
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Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2

  • Il avait essayé d’être piquant, d’être vexant. Mais tout ce que sa phrase désinvolte provoqua comme sentiment chez le géant venu du Nord, c’est un désintérêt total pour le curieux et un dédain non dissimulé. Il avait eu ce qu’il voulait, il était parti. Et l’homme qu’il avait avisé et mandaté pour une mission de surveillance s’était lancé à ses trousses, une fois qu’une vingtaine de mètre séparaient les deux individus. Il ne fallait tout de même pas se faire repérer dés le début.

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    C’était Raimond qui était assigné à la surveillance du petit inquisiteur. Il le suivit des quais jusqu’à son laboratoire, du laboratoire jusqu’à chez lui, de chez lui jusqu’au bar. Il était toujours à proximité direct de celui qui avait cru bon entrer en territoire qu’il croyait conquis. Quelle grossière erreur. Il était entré dans le bar, c’était assis quelques pas derrière celui qui était passé du petit chimiste à l’aspect riche et bien vêtu à celui de voyou des bas quartiers parfaitement fondu dans la foule sombre et obscure. Alors, il reviendrait aux quais, ou du moins, à proximité, pour rejoindre une petite bande qui fournirait des renseignements sur la marchandise. Tout cela devenait intéressant, très intéressant. On n’était jamais à cours de réseaux de renseignements, surtout pas quand ceux-ci permettaient d’obtenir des informations… pas très nettes.

    Il suivait donc celui qui se prénommait Swenn, tandis qu’il marchait à bonne distance de lui, se mêlant aux badauds qui se faisaient de moins en moins opaques, la foule de plus en plus clairsemé et les individus de plus en plus louches. Les rayons du soleil avaient depuis longtemps cessés d’inonder la terre, pourtant, la chaleur était toujours bien présente. Les nuits d’été sont plus qu’agréable à Cerka, et l’on profite volontiers de cette chaleur ambiante agrémentée de vents doux qui terminent de rendre les environs agréables au possible. Pour quiconque serait éloigné du monde criminel qui couve dans les bas-fonds de cette ville, tout cela serait digne d’un paradis aux goût savoureux. Les rues, les odeurs, les bars, l’ambiance nocturne que connaissent bien les noctambules qui donne un côté si grisant aux choses pourtant si simples. Marcher dans la rue n’avait jamais été aussi agréable que durant une nuit d’été.

    Mais il ne fallait pas se laisser aller et Raimond savait que s’il échouait, s’il perdait de vue la cible, s’il devait revenir au navire sans les informations qu’Eylohr attendait, la frustration de ce dernier serait décuplée et… Sa survie ne tiendrait plus qu’à un fil. Dès que Swenn serait suffisamment occupé pour ne plus bouger quelques temps, Raimond irait prévenir Eylohr afin que celui-ci puisse régler ses comptes. Si Swenn savait ce qui l’attendait….


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
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Swenn Milazzo
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Sam 14 Avr - 9:39
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Daënar +1
Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon, Swenn avance de sa démarche nonchalante, le regard fixé au loin, occupé à prévoir chaque scenario possible suite à cette visite imprévue, qui ne va pas manquer de lui attirer de nouveaux ennuis. Réussir à savoir si c'est bien eux qui font affaire avec les pirates, sans avoir à révéler quoi que ce soit de ses pressentiments concernant la marchandise. Pour le cas où ils ne seraient pas les clients. Mais ces types ne sont pas les derniers des abrutis. Du moins pour les têtes pensantes. Ce n'est pas pour rien qu'ils contrôlent une grande partie du trafic de stupéfiants de la capitale. Tant mieux, cette occasion est parfaite pour prouver à quel point il leur est supérieur.

Ne sachant pas manier une arme à feu, encore moins une arme tranchante, et agissant de façon totalement indépendante depuis son retour à Cerka, Swenn n'est pas le genre de type qui se fait suivre. Les rares fois où il a mal anticipé les limites des racailles avec qui il fait affaires, lui valant une bonne correction musclée, personne ne s'était donné la peine de le prendre en filature. Encaissant ses erreurs de calcul sur place. Rien d'étonnant donc à ce qu'il n'ait pas remarqué cette ombre sur ses talons alors qu'il arrive à destination. Non, pour l'heure, il n'imagine pas ces pirates occupés à quoi que ce soit d'autre que de s’enivrer de rhum. Ou éventuellement à ronfler dans un coin du navire pour les moins résistants.

Une petite usine à chaussures non loin des quais. Comme la majorité de ce type d'usines. Fermée la nuit. Excepté pour quelques initiés. Dont ne fait bien entendu pas partie le chimiste. Mais qui ne l'empêche nullement de prendre la direction d'une allée perpendiculaire, étroite et sans le moindre éclairage, où les déchets liés à l'activité officielle de ce bâtiment s'entassent. Qui mène à une petite porte, servant d'entrée pour le personnel du jour. Mais aussi des hommes de main la nuit.

La discrétion n'a jamais été le point fort du chimiste. Et il n'en a que faire. Il sait bien que son arrivée dans ce coin de la ville a dû être repérée par ceux en charge de protéger les activités officieuses qui se passent une fois le soleil disparut. De fait, il n'est pas étonné lorsque deux hommes sortent de l'ombre pour se positionner face à lui, à peine un pied posé sur le chemin de terre menant au repère abritant les quelques rares personnes capables de réflexion dans ce réseau. Il n'a de toute façon pas la moindre intention de se retrouver enfermé entre les murs de ce bâtiment qui le mettrait immédiatement en position d'infériorité.

-"T'es pas le bienvenu ici. Dégage."

Ne s'attendant pas à un accueil chaleureux accompagné du café et des petits gâteaux, Swenn ne se départit pas de son air parfaitement blasé, stoppant seulement ses pas.

- "Ne me prenez pas pour un idiot. Allez plutôt dire à l'un des rares types capables de gérer une bande de racaille dépourvue de cervelles comme vous que j'ai largement de quoi négocier. Je ne bouge pas de là."

Du bluff bien sûr. Mais tout ce qu'il lui faut pour le moment, c'est d'avoir quelqu'un capable d'un raisonnement logique face à lui. Autant dire que les deux disponibles actuellement ne correspondent pas au critère recherché. Heureusement, le principal avantage d'avoir la réputation d'un mec ne sachant pas se battre, est de bénéficier d'une moins grande défiance de la part de ceux qui lui font face. Et cette fois ne déroge pas à la règle.

Après quelques secondes d'hésitation, l'un des deux types fait demi tour, acceptant visiblement sa requête. Si Swenn n'est pas considéré comme un danger direct par qui que ce soit, ses capacités en matière de manipulations chimiques en tous genres lui permettent en revanche de capter facilement l'intérêt des trafiquants comme eux. Ce qui ne l'empêche pourtant pas de se retrouver de nouveau avec une arme à feu pointée dans sa direction. Celui resté sur place pour le surveiller ne voulant a priori pas prendre de risque. Arrachant un soupire au brun. Combien de fois s'est-il retrouvé dans une situation comparable à celle-ci ? Beaucoup trop pour en éprouver la moindre crainte. Non, pour le moment, la seule chose qui occupe son esprit, c'est qu'il se rapproche de son but. En apprendre plus sur l'origine des marchandises amenées par ce navire. Et pourquoi pas y avoir accès, si tant est qu'elles soient vraiment destinées à cette bande de crapules.


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Eylohr Lothar
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Lun 16 Avr - 18:32
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Que cette journée eût été compliquée pour le pauvre Raimond qui se demandait comment tout cela allait se finir. Sa seule consolation, mais peut-être pas des moindres, était de ne pas faire parti des pirates qui suaient sang et eau sur les quais pour décharger toutes les marchandises accumulées. Lui au moins, il n’avait qu’à suivre un chimiste apprenti criminel. Une mission bien moins difficile somme toute, mais ô combien ennuyeuse.

    Mais enfin, voilà quelque chose d’intéressant. Après des kilomètres de marches sous un soleil de plomb, la lune avait été plus que bien accueillie par Raimond qui n’en pouvait plus de s’agiter. Il avançait à bonne distance de Swenn tout en restant sur ses gardes. Bien qu’il soit habitué aux bas-quartiers et aux individus louches comme aux criminels endurcis, il était seul, dans un quartier où il ne savait pas ce qu’on y fait ni qui dirigeait les lieux. Sans un quelconque support, il risquait la mort s’il se faisait prendre là où il n’était pas autorisé à être. Aussi s’appliquait-il à rester dans l’ombre et à passer inaperçu. Il se tenait donc à bonne distance, caché dans l’ombre provoqué par un relief d’un des bâtiments du coin. Il était là, adossé contre un coin de mur, rongeant ses ongles lorsqu’il vit sa cible invectiver deux individus apparemment très peu disposés à le laisser passer. L’un s’en alla, mais l’autre le tint en joug. Et seulement quelques mots parvinrent aux oreilles de l’apprenti espion : « Je ne bouge pas ».


    C’l’moment d’prev’nir l’géant, Pensa Raimond.


    Ni une ni deux, Raimond retourna sur ses pas et prit le chemin des quais, zone qu’il connaissait bien mieux que le reste du port. Un virage après l’autre, un escalier, puis un autre, les pontons, la marina et voilà le navire en fête. Une partie des forbans était allée faire la fête en ville et passaient ainsi leur temps dans les tavernes et les maisons closes. D’autres étaient restés sur le navire pour le garder et faire la fête sur cette coquille de bois et d’acier qui vogue depuis bien longtemps sous les couleurs du capitaine De Sousa. Eylohr était sur le navire, attablé, encore, à la proue. Sur une table de fortune, accompagné de plusieurs autres forbans, ils s’adonnaient à un festin. Ils mangeaient bruyamment, alternant bouchées et gorgées, viande et alcool, rots et bruits de bouches. Le pauvre Raimond était essoufflé, il avait couru durant tout le chemin et il n’aurait pas été contre une bonne gorgée d’alcool, mais il fallait éviter d’énerver le colosse qui attendait déjà depuis quelques temps de savoir où se trouvait le dénommé Swenn. Lorsqu’il se rendit compte du retour de Raimond, Eylohr n’eut comme réaction qu’une déglutition bruyante et un regard aussi froid que les contrées d’où il venait.


    - L’autre guignol s’trouve à l’entrepôt 5-78 dans l’quartier Ouest du bas-quartier. Y’a deux autres cons qui l’font attendre, c’l’moment !


    Eylohr baissa la tête dans un signe d’acquiescement puis il termina son assiette d’une traite, avant de se lever et de prendre le chemin indiqué par le forban épuisé. Il s’était préalablement armé de ses revolvers, de son fusil et de ses deux lames. Sa hache ne serait pas de la partie aujourd’hui, trop lourde. Il n’était déjà pas le plus agile ni le plus rapide étant donné sa taille et sa corpulence, il fallait éviter de donner trop d’atouts à Swenn.

    Et Eylohr avance, traverse les pontons, remonte les escaliers arpente les ruelles, et voilà le fameux bâtiment. Raimond avait raison, le petit inquisiteur aux manies terriblement… Enervantes, était là. Et effectivement, il était tenu en respect par un gros gaillard qui semblait aussi patient qu’Eylohr. Ce dernier d’ailleurs se tenait accroupi, contre le mur, tapi dans l’ombre. Non seulement il tentait de savoir ce qui se disait plus loin, afin de connaître l’avancée des choses et de choper un peu d’information, mais en plus, il voulait connaitre l’identité du gang ou de celui qui dominait le coin pour mieux calculer ses options. Après tout, si le coin était aux mains d’un client ou d’une personne en cheville avec les pirates, il serait bien plus aisé de mettre la main sur ce Swenn.


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Swenn Milazzo
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Mar 17 Avr - 21:35
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Immobile, les mains croisées au niveau de sa poitrine et le regard ne lâchant pas son surveillant, la tension qui règne entre les deux hommes est bien réelle. Mais Swenn le sait, elle n'est qu'une brève introduction, parfaite pour le préparer à affronter le face à face qui va suivre. Les minutes défilent, et le malheureux bougre commence à chercher la position la plus économe pour ses bras, qui orientent toujours son arme en direction du nouvel arrivant. Heureusement, la patience n'a jamais été une chose dont manque le chimiste. Qui ne s'attendait pas à voir qui que ce soit se hâter pour écouter ce qu'il a bien à raconter cette fois. Si quelqu'un fini effectivement par se décider à se pointer.

Très occupé à revoir en boucle la liste précise de ses arguments ainsi que les sujets à n'aborder en aucun cas, il fini par apercevoir la porte s'ouvrir sur l'extérieur. Et pour son plus grand bonheur, quatre silhouettes qui s'en extirpent. Difficile de distinguer le moindre visage avec la seule lumière produite par la lune, qui arrive à se faufiler jusqu'à cette ruelle peu engageante. Mais ils n'auraient pas pris la peine de faire le déplacement aussi nombreux pour simplement le renvoyer d'où il vient. Cette déduction ne fait que se conforter lorsque la distance qui les sépare se réduit suffisamment pour apercevoir beaucoup plus distinctement les deux hommes du milieu. Le plus jeune, probablement âgé d'une bonne trentaine d'années, ressemble davantage à un chef d'entreprise qu'à un trafiquant. Le second, les cheveux déjà poivre et sel, ne prend même pas la peine de dissimuler ses airs manifestes de mafioso. Deux types loin d'être inconnus pour Swenn et avec qui les négociations sont toujours longues. Et passionnantes...

- "Alors, de quoi t'as besoin pour venir jusqu'ici cette fois ?"

Forcément, personne ne s'attend à ce qu'il vienne prendre des nouvelles. Sa volonté affichée à n'être affilié à aucun réseau de la capitale ne l'amène à entrer en contact avec l'un d'eux que très rarement. Pourtant, il ne peut pas toujours se passer complètement des avantages que présente l'activité de groupe. Comme pour se procurer certaines denrées exotiques. La qualité des produits qu'il peut mettre au point faisant régulièrement office d'échanges de bons procédés. Un équilibre plus que précaire qui menace d'être rompu à chaque nouvelle rencontre. Le moindre faux pas et son unique porte de sortie est l'intégration directe et totale à l'une de ces bandes.

- "De la nouveauté. De celle capable d'élargir le marché. Pas difficile à produire. Mais qui demande une matière première très... Spécifique. Que tout le monde ne peut pas se procurer. Et qui assure l'exclusivité."

Découvrir s'ils sont effectivement en possession de quelque chose satisfaisant au critère novateur. Swenn ne croit pas aux coïncidences, ce qui lui permettra de déduire qu'ils sont bien ceux qu'il cherche. Promettre du vent pour encourager à la discussion. Promesse qu'il cherchera à tenir plus tard, s'il se trouvait que ces hommes aient bien un lien quelconque avec les pirates. Chaque problème en son temps.

Mais la conversation n'aura pas l'opportunité de s'étendre en débats animés, un cri de surprise fortement teinté de panique retentit à proximité. L'un des gamins en charge des rondes, n'ayant pour seul objectif que d'avertir les dirigeants en cas de mouvements suspects sur leur territoire, ne devait pas s'attendre à tomber sur une telle... Chose.

- "OUAAAAH !! T'es qui toi ?!"

Instinctivement, profitant de la surprise créée par une telle interruption, Swenn effectue un repli immédiat. Demi-tour dans la seconde qui suit, il n'a pas intérêt à trainer dans le coin. Réagir en premier est indispensable quand on est très probablement la seule personne sans flingue. Qui que soit ce "toi", il y a une forte probabilité pour que ces types s'imagine qu'il s'agisse d'un complice ou autre connerie. Deux intrus en une même soirée, c'est peu crédible. Peu crédible en effet... Bah, ce n'est pas le moment de réfléchir à ce genre de détail. La priorité est de retrouver les rues passantes le plus discrètement et surtout rapidement possible, pour pouvoir se poser et réfléchir calmement à ce qui vient de se passer.


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Eylohr Lothar
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Lun 23 Avr - 15:47
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Qu’il était confortable ce petit coin d’ombre qui donnait sur la petite ruelle où s’était entamée une discussion des plus intéressantes. Dommage pour Eylohr qu’il eut été obligé de se tenir accroupi pour dissimuler sa hauteur et sa masse. Être grand et fort n’était pas forcément un avantage dans ce genre de traque. Mais tout aurait pu se passer autrement si un gosse un peu trop fouineur n’avait pas eu la malchance de tomber sur le géant venu du Nord. Et au vu de sa réaction, il n’était pas prêt du tout à faire sa découverte. Mais ce n’était qu’un gosse, et après qu’il eut hurlé toute sa peur, Swenn commençait à prendre la fuite sans demander son reste. Tout allait filer et il n’aurait rien pu faire. Alors, il fallait agir.

    Eylohr se redressa de toute sa hauteur et agrippa le pauvre enfant qui était pétrifié et dont les pieds quittèrent le sol avec une facilité hors norme. Soulever cet enfant était aussi facile que de prendre une plume du bout des doigts pour Eylohr. En à peine 2 secondes, le gosse se retrouvait soulevé du sol et porté sous le bras du colosse qui avait prit le chemin de l’entrepôt pour courir après Swenn. Il n’était pas très rapide évidemment, mais il se débrouillait suffisamment pour garder Swenn en visu pour le moment. Mais il y avait un autre truc que le colosse à la colère bouillonnante avait oublié : les drôles d’oiseaux qui parlaient avec Swenn il n’y avait pas 5 minutes. Il y avait donc 4 gros bras armés de flingues et un garde supplémentaire, celui qui avait tenu Swenn en respect avant que tout dégénère. Et il y avait le gosse évidemment.

    Cinq bras tendus, un flingue dans chaque main, braqués vers le colosse. Et cinq bonhommes qui invectivent le géant de différentes menaces mêlées d’ordres pas vraiment patients. Est-ce qu’ils croyaient réellement qu’un monstre comme Eylohr se mettrait au sol ? Les mains dans le dos ? Non bien sur que non. Le gosse sous le bras, il invectiva à son tour les 5 individus louches qui étaient visiblement un peu perturbés. Finalement la distance entre eux et le pirate fut si faible que c’était trop pour les cinq enragés. L’un d’eux tira un coup en l’air, un tir de semonce.


    - Bordel mais t’es qui toi ? T’va finir par répondre grand con ?! Dit l’un.

    - S’tu continu à avancer j’vais t’dérouiller toi ! Hurla l’autre.

    - Lâche le p’tit ! Ordonna un troisième.


    Eylohr ne comptait évidemment pas mourir mais il ne voulait pas donner raison à ces cons. Hors de question. Mais il était en faiblesse numérique et il voyait Swenn s’éloigner de plus en plus et s’approcher de ces maudites ruelles où il était si facile de disparaître. Malgré sa frustration et sa colère, Eylohr ne voulait pas avoir à se battre, ça laissait trop de traces et ce ne serait pas bon pour les affaires. Alors, il opta pour la parole, au début.



    - C’l’autre qu’j’veux Dit Eylohr. Swenn. C’type est un danger pour l’travail, j’espère qu’vous êtes d’mèche !

    - T’es qui pour croire qu’tu peux n’donner des ordres ducon ! T’va dérouiller !

    - T’sais pas à qui t’as affaire ! t’es grand, mais t’s’ra un grand cadavre s’tu lâche pas l’gosse et s’tu dégage pas !


    La voie pacifique, c’est toujours trop compliquer. C’est toujours la voie des faibles aussi, enfin, dans les pensées du colosse. Mais Swenn allait disparaître et il était hors de question qu’Eylohr perde ce petit con de vue à cause de cinq paumés qui avaient trop lus de récits aventureux. Tant pis pour eux. Aucun de leurs visages n’était connu du colosse et visiblement eux ne le connaissait pas non plus. Pas d’impacts donc.

    Eylohr fit croire qu’il lâcherait le gosse mais finalement, il le balança sans vergogne sur les gros bras qui tentèrent de le récupérer sans bobos. C’est peut-être le gosse d’un de ces cons ? Toujours est-il qu’un d’entre eux abandonna son arme et que les deux autres participèrent à diminuer sa chute et tous tombèrent à la renverse sur les deux autres cons à l’arrière qui tentèrent à leur tour de retenir leurs camarades. Trop occupés à faire attention à ce qu’il se passe au premier plan, ils ne virent pas qu’au second plan, Eylohr avait dégainé son fusil à double canon et qu’il s’apprêtait à tirer. Et il tira, bien évidemment. La première cartouche dispersa un nuage de plombs mortels qui entrèrent dans les chaires aussi aisément qu’un couteau dans du beurre. Le groupe tout entier fut touché, les trois premier et le gosse, furent les plus sérieusement amochés. Mais à peine la première détonation avait-elle envoyée tout ce beau monde au sol et avait provoquer des dégâts ignobles qu’une seconde raisonna presque immédiatement après terminant le travail. Le pauvre enfant était coupé en deux. Les trois premiers gros bras avaient été tués et les deux à l’arrière avaient leurs jambes et une partie de l’abdomen criblée de balles. Mais ils n’étaient pas morts, non du tout, ils gémissaient bien trop pour être morts. Il ne fallait pas laisser de témoins alors Eylohr rengaina son fusil et saisit son revolver, pointe le canon vers le gros bras gémissant de gauche et tira une balle entre les deux yeux, après quoi, il pointa le canon un peu plus à droite et tira juste au-dessus de l’œil droit du condamné, mettant fin à sa vie.

    Quatre détonations, quatre bruits qui raisonnèrent comme raisonnent les cloches lors de l’enterrement. Et au final, 6 morts. Des pourris, très certainement, mais il y avait un enfant tout de même. Pensez-vous qu’Eylohr avait des remords ? Non. Le gosse était là pour faire un job, il fallait qu’il en assume les conséquences. Et le pauvre avait tout de même peu souffert compte tenu de la dévastation des tirs. Eylohr avait été magnanime en quelque sorte, enfin, si l’on peut dire.

    Mais Swenn allait s’enfuir et déjà il s’approchait des ruelles. Il avait dû entendre tout ce bruit, tout ce raffut. Il devait certainement se douter de ce que cela signifiait. Il y avait eu des morts, et il allait être le prochain. Ni une ni deux, Eylohr sauta le pas et se mit à courir aussi vite qu’il le put, le revolver à la main, prêt à tirer à la moindre fenêtre satisfaisante.


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Swenn Milazzo
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Mer 25 Avr - 15:02
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Peu soucieux de savoir qui peut bien être ce nouvel intrus, Swenn déguerpi sans rien demander de plus. Pas question de rester dans le coin. Aucune des issues possibles face à ces trafiquants n'est désormais positive pour le brun. Autant profiter qu'ils soient occupés à gérer cette découverte pour disparaitre. Mais il n'a pas eu le temps de parcourir un grand nombre de mètres qu'une première détonation retentit. Par réflexe, Swenn tourne la tête en direction de l'origine du bruit. A peine une seconde. Ce qui est largement suffisant pour identifier sans le moindre doute cette silhouette impressionnante. S'il pouvait encore avoir des doutes, ce n'est plus le cas. Les coups de feu s'enchainent, provoquant une montée d'adrénaline supplémentaire chez le jeune homme qui allonge davantage les foulées. Jusqu'à ce que le silence règne de nouveau. Un nouveau regard furtif en arrière avant de tourner à l'angle d'une rue.

Merde, mais c'est qui ce type ? Il vient vraiment de descendre tous ces gars ? La mort n'est pas vraiment une inconnue pour le chimiste, mais il ne peut s'empêcher de ressentir cette contraction dans sa poitrine, davantage due à son sentiment de responsabilité dans ce qui vient de se passer qu'à son souffle qui se fait court. Pas spécialement sportif et n'ayant pas un travail qui nécessite une condition physique optimale, son endurance n'est pas des plus développées. Heureusement qu'il est habitué à gérer ce genre de situation désespérée qui l'oblige à sortir de sa flegme perpétuelle. Même si cette fois, il a bien l'impression d'avoir franchi un certain cap en matière de circonstances fâcheuses. Non vraiment, il a intérêt à sortir de ce merdier au plus vite. Pour sûr qu'il n'a pas la moindre intention de passer entre les mains de ce monstre. D'autant plus qu'avec ces détonations, l'endroit ne va pas tarder à être quadrillé. Et pas par de simples flics qui n'interviennent pas dans ces endroits réputés aux mains de bandes organisées.

Heureusement qu'il connait ces rues sur le bout des doigts. Le trajet en tête le plus direct pour lui permettre de rejoindre le centre plus animé, dans lequel il pourra aisément disparaitre parmi la foule de fêtards profitant des beaux jours, Swenn continue à voir les pavés défiler aussi vite que possible sous ses pieds. Peut-être qu'il devrait réellement envisager de bosser l'amélioration son endurance ! Parce que ses compétences physiques ne doivent leur niveau actuel qu'à cette sensation de danger absolu, qui a effet boostant supérieur à n'importe quel produit dopant.

A cette heure-ci, les rues de cette partie de la ville sont désertes. Tant mieux, il n'a pas l'intention de prendre le risque de se retrouvé bloqué par un groupe de vieux trainant le pas. Ou de se prendre des gamins en plein jeu ridicule dans les pattes. Le premier inconvénient est qu'il devient plus facile à repérer. Le second, c'est qu'il n'a pas intérêt à trainer trop longtemps dans un même couloir provoqué par les murs à présent proches de part à d'autre du trajet emprunté. Il n'oublie pas que l'autre pirate sur ses talons n'est pas venu les mains vides. Et qu'il n'a sûrement pas l'intention de le rattraper pour lui faire la conversation. La probabilité qu'il fasse partie de ces petites racailles possédant des armes à feu pour se la raconter, mais incapables de s'en servir correctement est plutôt basse, compte tenu de la démonstration précédente.

Ses jambes continuent à cavaler machinalement, n'envoyant pas le moindre signal de fatigue à son cerveau. Mais l'air dans ses poumons commence à manquer cruellement. Il continue à zigzaguer dans ces ruelles qui ne bénéficient que de l'éclairage de la lune, gardant un bon rythme à l'idée de pouvoir bientôt se mettre à couvert dans la masse grouillante non loin. Mais alors qu'il tourne de nouveau, laissant derrière lui les bas quartiers, le chemin qu'il s'apprête à emprunter est déjà occupé par quatre types portant l'uniforme de la milice de la ville. Arrêt immédiat, changement d'itinéraire forcé. S'il ne peut aller pas à aller à droite et encore moins faire marche arrière, il ne reste plus que la gauche.

Problème, il ne va pas tenir davantage à courir comme ça. Encore moins si ces abrutis qui se targuent de faire régner l'ordre se décident également à vouloir l'arrêter face à un comportement si suspect. Heureusement qu'il y le second derrière lui finalement. S'il est toujours là... Quoi qu'il en soit, il n'a pas envie de prendre le risque d'aller vérifier. Seule option, cette porte dérobée qui donne un accès discret à l'un des bordels de la ville. Comment il le sait ? Il le sait c'est tout, et dans ce cas, il en est bien content. Il pourra faire un arrêt, reprendre son souffle, et s'arranger pour trouver un coin loin des regards.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Eylohr Lothar
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Dim 29 Avr - 19:12
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Pour un chimiste, il était sacrément doué pour courir à toute jambe et s’enfuir devant une menace. Et en plus de tout ça, il ne semblait pas vouloir s’arrêter de sitôt. Eylohr avait même du mal à tenir la cadence. Déjà qu’il avait prit du retard sur la course poursuite à cause des autres lascars, déplacer toute sa masse à travers les rues était assez difficile pour lui. Il était moins rapide, moins équilibré, moins doué que celui qu’il poursuivait. Bien que ses foulées soient plus grandes que celles de Swenn, ce dernier pouvait changer de rue et de ruelle à l’envie tandis qu’Eylohr devait d’abord réussir à se stopper avant de changer son chemin. Mais il réussissait à garder Swenn a porté de vue, et il savait où il allait. Jusqu’à ce qu’un enchainement de ruelles permette à Swenn de disparaître temporairement.

    Eylohr arriva de se fait à un croisement. A droite, à gauche ou rebrousser chemin. Il était peu probable que Swenn ai rebroussé chemin, Eylohr l’aurait vu. A droite, la présence de plusieurs miliciens était suffisamment dissuasive pour n’importe qui et le chimiste coureur amateur n’aurait certainement pas eu les capacités de fuir et de semer ces miliciens. Les combattre ? Impossible ! Il n’était même pas armé et même pas apte à se battre. Il ne reste plus que la gauche, avec cette porte entrouverte sur un bâtiment d’où s’échappe une odeur de centaines de parfums mêlés. C’était là qu’il fallait aller. Mais si se trimballer dans les bas quartiers avec une arme à la main est quelque chose de plus ou moins… Normal, ça l’est beaucoup moins une fois ces fameux quartiers laissés derrière vous. Et donc, les miliciens ne manquèrent pas de remarquer le colosse, de part sa taille, bien sûr, mais aussi parce qu’un individu qui se balade avec une arme dans chaque main n’est pas réellement normal. Et inévitablement, ces quatre types se tournèrent vers Eylohr et tentèrent de l’invectiver d’ordres divers et variés. Mais, bien sûr, il n’écoute pas. Et alors qu’ils essaient de se rapprocher de lui, le colosse, lui, disparait à travers le bâtiment.

    Ainsi donc, ce bâtiment était un bordel. Et il était plutôt bien doté en femmes de toutes origines et aux beautés réellement intéressantes. S’il avait le temps de succomber, Eylohr se laisserait faire, pour sûr. Mais il n’était pas là pour ça. Il avait des choses à faire. Il était à la recherche de ce Swenn, mais pour éviter une émeute, il avait rangé ses armes mais pas sa vigilance. A la moindre occasion, il dégainerait. Et il n’oubliait pas les miliciens un peu trop curieux non plus qui, c’était sûr, allaient entrer dans le bâtiment à la recherche du colosse. Il fallait qu’il trouve Swenn, et au plus vite. Et pour ce faire, il n’hésite pas à alpaguer chaque client, chaque donzelle, chaque maîtresse pour trouver sa propre cible. Bien que sa venue soit des moins agréables, elle n’est pas non plus source d’inquiétudes outre que celles concernant son physique. Il n’y a aucun cri, aucune panique, rien. Et tant mieux. Mais cela changerait rapidement, surtout s’il trouvait Swenn dans les temps.


    - Alors, où t’es Ducon !


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Swenn Milazzo
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Mar 1 Mai - 17:38
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Ce n'est pas l'envie de cracher ses poumons qui manque lorsque Swenn passe enfin la porte salvatrice. Mais il va falloir qu'il réussisse à retrouver un rythme cardiaque stable sans se plier en deux ou s'affaler dos au mur. Mouais, se mettre sérieusement au sport ne va bientôt plus être une simple option désagréable à toujours repousser plus loin, mais une nécessité vitale. Pourtant il ne lui a encore rien dérobé à ce type. Bon ok, il ne se serait pas gêné s'il en avait eut l'occasion, mais ce n'est pas le cas. Alors pourquoi il lui en veut assez pour le pourchasser dans ces rues avec tout cet attirail ? Qu'il a déjà utilisé sur les malheureux qui ont eut la mauvaise idée de se trouver sur son chemin... Le brun a bien conscience de ne pas être des plus agréables à côtoyer - et n'a pas l'intention de changer quoi que ce soit à ses façons de faire - mais est-ce que ça justifie réellement une telle réaction ? Et encore, il n'a pas beaucoup de doutes quant au sort qui l'attend s'il venait à se retrouver face à l'ours. La seule explication logique repose sur cette relation inverse qui se confirme un peu trop souvent entre masse musculaire et développement cérébral. Qui rend tout espoir de compréhension vain.

Après avoir pris à peine cinq secondes pour retrouver une expression faciale neutre et avoir essuyé les gouttes de sueur qui ne manquent pas sur son front, Swenn avance aussi détendu que possible dans le couloir faiblement éclairé dans lequel il vient de débarquer. Son cœur tambourine encore un peu trop fort dans sa poitrine et l'idée que le géant puisse à son tour franchir cette porte lui noue l'estomac. Mais il ne doit rien en laisser paraitre. Heureusement que sa peau mat ne rougie que peu sous l'effort, lui donnant l'air presque crédible. Reste à espérer que les miliciens auront intercepté le pirate à l'allure louche qui ne devrait pas quitter les bas quartiers... Maigre probabilité, mais cette pensée lui permet au moins de ne pas se focaliser uniquement sur ce danger imminent pour jouer le rôle du client lambda.

Pas vraiment habitué à profiter des services proposés dans ce genre d'endroit, le brun débarque dans cette grande pièce où de nombreux clients et employées sont occupés à de charmantes négociations. Par chance, une femme vient très rapidement l’accueillir comme il doit être de coutume. Plus âgée mais loin d'être désagréable, une grande partie de ses principaux atouts pour faire monter les prix bien en évidence, elle s'enquière de façon très professionnelle de ce qui pourrait lui faire plaisir. Disparaitre est bien la seule réponse qui lui vient à l'esprit. Et le temps joue contre lui. Hum, l'archétype du client pressé doit bien exister...

- "Je préfère l'intimité."

Gloussements à peine retenus de la part des femmes proches. Probablement une réplique de débutant... Tant pis, le moment est très mal choisi pour se sentir blessé dans sa virilité. D'autant plus que la silhouette massive de son poursuivant entre à cet instant précis dans la pièce principale. La faible lumière présente associée aux nombreuses personnes en quête de plaisir à cette heure avancée de la nuit lui offrent une faible couverture. Mais il a intérêt à ne pas rester ici encore bien longtemps. Changement de plan.

- "Finalement, occupez-vous plutôt de mon ami là bas, le grand baraqué. Vous êtes beaucoup plus son genre."

Une poignée d'yris retirés d'une poche et déposés dans la main de la femme qui n'a pas l'air de bien comprendre pour accélérer le processus, Swenn est déjà à la recherche de l'endroit le plus discret. Il y a bien l'étage qui doit comporter nombre de chambres dans lesquelles il doit être possible de se planquer suffisamment longtemps pour espérer que le pirate se soit lassé. Ou laissé tenter. Mais il y a l'escalier avant, qui l'exposerait beaucoup trop facilement à tous les regards. Non, la meilleure solution c'est ce long couloir, qui n'a pas l'air très utilisé. Contrairement à l'escalier où les allers retours sont beaucoup plus fréquents...

Un pincement dans la poitrine à cause de cette foutue culpabilité qu'il ressent d'envoyer une inconnue vers un danger potentiellement mortel. Mais il n'oserait quand même pas s'en prendre à ces femmes... N'est-ce pas ? Un coup d’œil par dessus son épaule alors qu'il s'engouffre dans ce couloir, pour voir le géant qui n'a pas l'air de vouloir céder à toute cette tentation. Et d'apercevoir les miliciens de tout à l'heure qui entrent à leur tour dans la maison close. Ok, il ne reste plus qu'à espérer qu'ils arrivent à mettre à la porte un homme armé qui ne doit rien avoir dans un tel endroit. Enfin, selon toute logique... Au pire, il devrait pouvoir gagner un peu de temps pour trouver une meilleure cachette que cet endroit qui ne semble que mener à... Une cuisine. Un bureau. Que des pièces vides à cette heure. Et dans lesquelles les clients ne sont sans doute pas sensés se trouver...


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Eylohr Lothar
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Mer 2 Mai - 23:35
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Cet endroit était plutôt douillet et coquet pour un bordel. Ceux de la province de Marnaka et de la ville d’Aildor n’étaient pas réputés pour leur confort ni pour leur chic. Que pouvait-il y avoir de chic lorsque le but d’un tel établissement n’est autre que le stupre et la luxure ? S’allonger sur le cuir tanné d’un canapé, recouvert par le corps d’une déesse du plaisir ou d’un client esseulé, pouvait avoir besoin d’un autre confort que celui-là ? Les oreillers de plumes suffisent à eux seuls à atténuer le soupir d’extase. Mais Eylohr n’était pas là pour consommer, pas même pour regarder le menu. Il n’était là que pour une chose, s’assurer qu’un petit vermisseau trop curieux ne puisse plus jamais fourrer son nez autrement que six pieds sous terres et que le trafic puisse continuer sans problème.

    Sa grande taille lui permet de dépasser allégrement la plèbe environnante et de voir au loin devant lui. Il cherche cette petite fouine indiscrète. Il n’y a pas beaucoup d’échappatoires, mais sait-on jamais. Il avait été assez rapide pour distancer le colosse, il serait sans doute assez agile pour se faufiler là où le géant ne pourrait que passer la main. Mais ni l’escalier ni le couloir devant lui ne semblaient comporter de fouine. Et derrière lui, il entendait le cliquetis caractéristique des miliciens en maraude et ces derniers qui commençaient à interroger les clients comme les escortes, du moins, ceux qui acceptaient de répondre. Pourtant très vite leurs regards se portaient sur la silhouette imposante du colosse. Il faut dire qu’en plus de sa taille, sa masse attirait rapidement l’œil des plus inquiets et des plus surpris. Des bras aussi larges que les cuisses d’un homme, des épaules grosses comme des boules de bowling, une poitrine si saillante que sa petite chemise usée, trouée, roussie et pleine de suie semble sur le point de craquer à chaque mouvement et le cou aussi large que celui d’un taureau. Il ne fallut que quelques secondes au milicien de tête pour se rendre compte que le colosse était bien là et l’invectiver une première fois, sans pour autant qu’Eylohr ne daigne se retourner.

    Il avait vu la fouine, furtivement, une fraction de seconde. Un couloir menant, à priori, à une salle seulement réservée au personnel de l’établissement. Ni une ni deux, Eylohr s’engouffra dans la brèche et poursuivit sa cible jusqu’à-ce qu’une donzelle ne vienne l’interrompre en tentant un numéro de charme.


    -Eh m’sieur muscle, t’as l’air tout crispé, j’peux t’aider gros dur ?


    Sans ménagement, Eylohr bouscula la donzelle qui s’effondra sur les genoux d’une collègue occupée à satisfaire les premières envies d’un client quelque peu pressé, le tout, dans un chahut d’incompréhension, tandis que le colosse continuait sa route les yeux braqués sur sa cible qui venait de disparaître à nouveau. Les miliciens n’eurent besoin d’aucun autre motif pour se lancer aux trousses du géant du Nord et déjà ils tentèrent de traverser la foule pour mettre la main sur le forban.

    Eylohr traversa la salle, poussant sans ménagement quiconque se trouvait sur son chemin. Un coup d’épaule à droite, un coup de coude à gauche et une forte poussée de ses deux bras qui envoyèrent valser deux hommes en quête de l’amour d’un soir et il empruntait déjà le couloir qui menait à la salle privée, avant d’ouvrir la porte et de la refermer dans la foulée et de mettre le verrou, histoire d’empêcher tout le monde de sortir et de ralentir les miliciens. Sa main sur son revolver, il rengaina l’arme afin de pouvoir profiter de l’occasion pour utiliser ses propres poings. La fouine n’avait aucun moyen de s’enfuir, il était pris au piège. Les pièces vides étaient balayées du regard jusqu’à ce qu’il ne reste plus que le bureau à fouiller. Le pauvre allait passer un sale quart d’heure alors que le colosse se préparait s’abattre sur lui, ses doigts craquants sous la pression de ses mains, prêt à affliger douleurs et sévices à celui qui s’était cru trop malin.


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Swenn Milazzo
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Sam 5 Mai - 10:51
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Les bruits relatifs au chahut qui semble avoir lieu dans la pièce principale arrivent bien jusqu'aux oreilles de Swenn, ne faisant qu'augmenter encore un peu plus la pression qui menace de le paralyser à tout instant. L'adrénaline décuple les capacités intellectuelles et physiques seulement jusqu'à un certain point. Et là, il sent être proche du point de rupture. Ce moment où le flux d'informations qui arrivent jusqu'à son cerveau devient ingérable, empêchant toute nouvelle prise de décision. Alors autant profiter des dispositions qu'il possède encore pour trouver une solution au plus vite.

Continuant sa progression dans ce long couloir, il ouvre chaque porte non verrouillée à la recherche d'un élément qui puisse lui offrir une échappatoire. Quelle qu'elle soit. Mais il n'y a rien. Rien que des culs de sac. Allez, un petit effort. Il ne va quand même pas se laisser avoir par un tas de muscles ! Trop tard. Le son caractéristique d'une porte qu'on ferme associée à l'étouffement du brouhaha qui lui parvenait encore, indique clairement que le laps de temps accordé arrive dangereusement à la fin. Swenn s'engouffre donc dans la pièce la plus proche, refermant la porte. Pas clé dans la serrure. Raté. Mouais, ça n'aurait de toute façon pas retenu le colosse bien longtemps. Le chimiste n'a aucune difficulté à l'imaginer passer au travers du bois comme s'il s'agissait d'une simple chute d'eau.

Profitant des quelques secondes de répit qu'il lui reste, il entreprend une fouille intégrale après avoir jeté un nouveau coup d’œil à ces horribles fenêtres qui ne s'ouvrent que par le haut... Le genre de modèle parfaitement étudié pour challenger la souplesse des chats. Et pour empêcher toute sortie - et entrée - humaine. A moins d'avoir quelque chose sous la main pour briser le verre. Seule option encore disponible. Il ouvre donc à la volée une armoire imposante qui se trouve dans la pièce. Des classeurs. Des papiers. Rien de bien utile. Le tiroir du bureau. Fermé à clé. Voilà le plus gros inconvénient à devoir se reposer sur la chance. C'est qu'elle ne se décide jamais à être favorable au bon moment ! Et les secondes qui défilent un peu trop vite. A quel moment est-ce qu'il a bien pu autant foirer pour se retrouver coincé de la sorte ?!

Pas le moment de réfléchir à ces détails superflus. Non, parce que voilà déjà les pas qui se font entendre, un peu trop proches. Dernier espoir, la chaise. Hum. Finalement non. Complètement ridicule, ces morceaux de brindilles et de paille voleront en éclat bien avant la verre. Cette déception lui traverse l'esprit au moment où la carrure massive de son poursuivant fait irruption dans la pièce. Lui faisant lâcher sa prise. Pourquoi il a l'air encore plus monstrueux que dans l'après midi ? Et plus en colère aussi... Il faut dire qu'il vient de lui faire parcourir un certain nombre de bornes dans des ruelles sûrement pas étudiées pour son gabarit, tout ça pour le faire arriver dans un temple de la luxure. Avec des miliciens aux fesses.

- "Je suis touché de voir que tu me portes plus d'attention qu'à toutes ces femmes, mais je dois t'avouer que tu n'es pas vraiment mon genre."

Que celui qui n'a jamais sorti de conneries sous le coup de la panique lui jette la première pierre. Exception faite du colosse qui lui fait face - un simple lancé de gravillon de sa part serait sans doute suffisant pour lui arracher la tête... Ce laps de temps lui permet au moins de faire un point très rapide sur la situation. Notamment sur ses armes visiblement rangées. Pas sûre que le résultat soit bien différent. Swenn n'est pas étranger aux bastons et n'en sort que rarement victorieux. Mais il n'a jamais eut affaire à un adversaire aussi massif. Ni aussi déterminé...

- "Et puis, j'en ai rien à faire de ton stupide bateau et de ce que vous pouvez en faire avec les autres abrutis."

La seule issue valable se trouve désormais derrière le géant. Il lui faut trouver un moyen d'y avoir accès. Le problème, ce sont ses armes. S'il les utilise maintenant, c'est fini. Probabilité quasi nulle que le géant rate son tir ou que lui-même réussisse à éviter quoi que ce soit. D'autant plus que la chance n'a pas l'air de vouloir être de son côté. Mais s'il est assez énervé pour préférer sentir ses os se briser sous ses coups, alors ce sera certainement la dernière action à tenter. Swenn n'a pas l'intention d'abandonner avant l'heure. Ni de faire le moindre effort pour se montrer poli ou sociable...


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Eylohr Lothar
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Sam 5 Mai - 14:42
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Il avait fallu faire un bain de sang, courir longtemps, être remarqué par des miliciens et entrer dans un bâtiment au public peu digne de confiance pour pouvoir enfin mettre la main sur Swenn et lui donner une bonne leçon. Enfin, une leçon est sensée donner quelque chose à apprendre et à assimiler. Dans la tête d’Eylohr, ce qu’il s’apprêtait à lui faire subir n’impliquait, à aucun moment, l’hypothèse qu’il puisse appliquer les fruits le cette… Leçon. Eh oui, il faut pouvoir être vivant pour apprendre de vos erreurs.

    Et le voilà le petit cancrelat. Le voilà qui se redresse, le souffle encore coupé de la course précédente et encore haletant de la peur qui, toujours, s’instigue en son cœur sans jamais le quitter. Une partie du colosse adorait cette sensation de pouvoir décider de vie ou de mort sur une vie aussi misérable que celle de Swenn. Il adorait cette sensation d’être à la fois le juge, le juré et le bourreau et pourtant… Et pourtant… Il y avait toujours cette petite voix dans sa tête, ou plutôt, cette conscience, cette fraction d’humanité qui retenait encore son bras, qui s’assemblait en lui comme une ultime barrière à la cruauté inhumaine. Cette petite voix commençait à se faire entendre mais elle n’était pour le moment pas des plus présentes. Pour le moment, il était toujours prêt à en finir.

    Conscient que le petit oiseau pouvait s’envoler de sa cage de par sa rapidité et son agilité, il fallait lui couper les ailes au plus vite. Et quoi de plus simple que de tirer une balle dans sa cible. Oh, oui, les miliciens entendraient très probablement la détonation au travers de la musique et des cris des échanges charnels, mais qu’importe. Ils étaient quatre, et avec l’élément de surprise, Eylohr avait toutes ses chances. D’autant que le nombre de murs et de portes entre le coup de feu et les miliciens aiderait à disperser et diminuer le bruit et donc, rendrait plus difficile la localisation, dans un premier temps. Alors, c’était décidé, il allait s’occuper de lui sans broncher.

    Portant sa main contre le holster de cuir qui contenait ses deux revolvers, il en dégaina un, arma le chien, pointa en direction de l’épaule et, tandis qu’il coupait sa respiration, appuya sur la détente. Le bruit fut si réverbéré dans cette salle que les tympans du géant se mirent à vibrer, provoquant quelques acouphènes que l’adrénaline chassera très rapidement. L’onde de choc avait secouée le corps tout entier du colosse et provoqua cette sensation si puissante dans chaque parcelle du corps humain, jusqu’à l’os. Si puissante mais ô combien agréable. Toute la pièce avait raisonné sous l’explosion de cet engin de mort. Dans ces moments-là, le temps est comme suspendu. La moindre respiration devient lente, le moindre battement de cil est soumis à l’allégresse du moment, bref, tout semble stoppé. Quelle agréable sensation. Et l’onde s’était déjà propagée dans les salles adjacentes, dans toute la cuisine et avait raisonnée dans les salles communes du bordel comme un coup sourd semblable à une casserole qui tomberait au sol. Et la balle allait faire son office. La cible était là, presque tranquille, à ne bouger que lorsqu’elle parlait. Une cible facile somme toute. Et tout ça sans le moindre mot, du moins, pour Eylohr.


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Swenn Milazzo
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Lun 7 Mai - 22:48
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Ne surtout pas paniquer. Ce mécanisme ne fait que ralentir les processus décisionnels pourtant indispensables dans un tel moment. Le problème, c'est que c'est plus facile à dire qu'à faire ! Un colosse qui se tient dans l'embrasure de la porte, et qui n'a pour seule volonté affichée que de lui foutre une bonne raclée. Dont la probabilité de se relever parait un peu trop faible. Alors les conseils à deux balles, ce serait bien qu'ils soient réellement applicables ! Parce que là, Swenn sent son cœur s'emballer complètement et pas uniquement à cause de la course précédente. Des idées défilent à une vitesse trop importantes dans son cerveau pour qu'il puisse en faire quoi que ce soit. Problème qu'il n'est pas habitué à gérer et qui se montre affreusement handicapant.

Concentration maximale, le chimiste garde toute son attention portée sur l'homme qui lui fait face, le reste de la pièce ayant de toute façon déjà été analysée. Et l'autre n'a pas l'air de vouloir s'attarder. Le voilà qui opte pour la pire option de disponible. Attraper son arme. Il n'est peut-être pas si stupide finalement. Ou alors il s'agit encore d'un de ces foutus coup du sort qui continue à s'acharner. A ce moment tout se passe beaucoup trop vite. Impossible de rester immobile alors que son opposant s'apprête à lui tirer dessus. Il lui a prouvé savoir se servir de ce genre d'engin sans problème, pas la peine d'espérer qu'il ne s'agisse que de l'une de ces petites frappes qui possède une arme pour impressionner et se la raconter au passage. Il n'en a d'ailleurs pas l'air.

Trop tard. Au moment où son corps réagit à cette injonction de son cerveau, la détonation retentit. Ses sens s'en retrouvent momentanément désorientés. Des bourdonnements atroces résonnent dans ses oreilles, lui filant un mal de crâne immédiat. Sa vision se trouble également. Son corps n'envoie plus de signaux, pourtant il est évident que sa position a changé. A genoux, ses jambes ne voulant apparemment plus supporter son poids, et dans un axe différent de celui initial, il jette un rapide coup d’œil en direction de l'endroit où l'impact a dû avoir lui pour lui donner une telle orientation. Un trou dans l'épaule.

Ok, ce n'est pas le moment pour un bilan de santé. L'adrénaline est encore à son niveau maximal, lui permettant de ne toujours pas ressentir les effets de la douleur. Mais ça ne va durer qu'un laps de temps extrêmement réduit. il lui faut agir maintenant. Et la seule option qui lui reste est celle qui le rebute le plus. Mais il ne peut de toute façon pas se contenter d'attendre ainsi, aussi pitoyable, que le géant se décide à venir l'achever. Ce qui ne va pas tarder, le bruit qui a l'air de résonner encore entre les murs du bordel va probablement décider les miliciens à accélérer le processus d'intervention. Mais il sera toujours trop tard pour Swenn.

Il décroche l'une des deux grenades à main conservée sous son t.shirt, la dégoupille à l'aide de ses dents, son bras droit étant complètement inutilisable, et vise autant que possible dans sa condition physique l'un des rares interstices laissés libre par la porte entrouverte, et non complètement bouché par le géant. Le tout en à peine deux secondes. Même dans le meilleur des cas, le résultat ne va pas être agréable. Il a beau se trouver au fond de la salle, elle reste petite, et même si l'explosion est suffisamment violente pour ne  pouvoir être fatale que dans un rayon de cinq mètres, il reste beaucoup trop proche pour espérer en sortir parfaitement indemne.

Son seul espoir repose sur un lancé correct qui déstabilise le géant les quelques secondes nécessaires au déclenchement de l'explosion. L'obligeant à se replier dans sa propre direction certes, mais il n'y avait pas vraiment d'autre alternative. A condition qu'il ai correctement visé. Et que le pirate n'intercepte pas la grenade en cours de route pour la lui balancer dessus. Même si dans un tel cas il aurait également peu de chances de s'en sortir.

Affalé derrière le bureau prêt à accepter la suite des événements, Swenn ne peut s'empêcher d'avoir une pensée brève pour le reste des occupants actuels du bordel. Espérant que la porte les séparant du couloir que le colosse a dû refermer ai suffisamment tenu pour que personne n'ai encore pu s'y engouffrer. Et ensuite... Ok, rien ne sert de s'emmerder avec des calculs prévisionnels qui ont des taux d'échec beaucoup trop élevés à l'heure actuelle. On verra plus tard. S'il réussit à rester en vie.


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Swenn râle en   #f77d40
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Eylohr Lothar
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Sam 12 Mai - 16:45
Irys : 880187
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -2
  • Il avait des ressources le petit. Alors que la balle avait fait son office et avait provoquée la destruction d’une partie de son épaule, et qu’il était affalé, recroquevillé sur lui-même, il avait réussi à dégoupiller une grenade et à la lancer au jugé. Le colosse n’avait pas prévu cela à vrai dire. Et la pâle luminosité ambiante n’aide pas réellement à discerner s’il s’agissait d’un vulgaire coupe papier ou d’une réelle grenade. Lorsqu’elle heurta le plafond et tomba aux pieds du colosse, cette question trouva rapidement sa réponse. C’était une grenade.

    N’ayant pas l’opportunité d’attendre qu’elle explose ni l’invincibilité pour, il était humain après tout, du moins, physiquement, Eylohr tenta de s’en saisir et de l’écarter de son chemin. Il y avait déjà deux ou trois secondes que la goupille avait été retirée et il n’en resterait plus beaucoup à attendre. Un mince filet de fumée commençait à se dégager, signe que la mise à feu serait imminente. Alors, saisissant la grenade à pleine main et se brulant au passage, il fit deux pas en arrière, se retrouva dans le couloir et jeta la grenade en direction de l’entrée des cuisines, là où les miliciens s’excitaient pour entrer. Le grenade décrivit un arc de cercle d’une large amplitude, et, alors qu’elle se trouvait à seulement 1m de la porte, le second système de mise à feu s’enclencha. Le mince filet de fumée se transforma en un épais panache éclairé par une petite flammèche centrale. La flammèche devint flamme, la flamme devint torchère et alors que la grenade ricocha contre la porte qui allait bientôt céder sous les coups de boutoirs des miliciens, l’explosion se produisit.

    La puissance de la grenade détruisit les gonds, la porte, le bois de l’encadrement et l’acier des serrures, poignées de portes et systèmes d’ouvertures. Tous ses objets devinrent autant de projectiles meurtriers chauffés et propulsés à des vitesses folles. Ajoutez à cela la déflagration, cette puissante onde de choc déformant l’air et provoquant d’importants dommages sur les organes creux du corps humains, propulsant les corps et les flammes et la chaleur dégagée par la combustion de l’explosif à l’intérieur et vous obtenez un cocktail détonant, brutal et destructeur. La cuisine fut soufflée, les ustensiles propulsés dans tous les sens, et Eylohr fut obligé de détourner la tête et de rentrer le plus vite possible dans la salle où se trouvait Swenn pour éviter de devenir une passoire. Il avait, en revanche, ressenti la chaleur de l’explosion et y laissa quelques poils ainsi qu’une peau rougie comme après un coup de soleil. De l’autre côté, la porte et toutes les structures autours explosèrent et furent entièrement détruites et transformées en projectiles mortels. Une partie des murs proches de l’explosions fut également soufflée. De l’autre côté de la porte, les 4 miliciens furent réduits en charpie. Le chef, se trouvant alors au contact avec la porte et la poignée, perdit son bras, une partie de sa tête et fut éventré. Les autres furent projetés, entaillés par les éclats de bois et d’aciers. L’un d’entre eux, un malchanceux, reçu un éclat d’acier de 15cm de long dans l’œil, transperçant le cerveau, le tuant sur le coup. Les autres subirent les affres de l’onde de choc, leurs estomacs, leurs poumons, leur cœur, explosés et détruits, leurs vaisseaux sanguins rompus à plusieurs endroits, provoquant une mort lente et douloureuse. Mais qui dit explosion, dit dévastation, et des innocents malchanceux qui se trouvaient dans les parages furent également touchés. Deux clients et une prostituée furent tués, et une demi-douzaine d’autres blessés. Un tel vacarme et un tel désastre ameuterait à coup sûr toutes les garnisons du coin. Il fallait faire vite.

    Eylohr se retourna contre Swenn, profondément agacé par ce retournement de situation. Il laissa s’échapper un lourd grognement trahissant sa colère qui venait de tripler, au moins. Il ne laisserait pas le temps à ce bougre d’idiot de dégoupiller une autre grenade ou de prendre la fuite. En quelques foulées, il se rapprocha de lui, dégaina son revolver une seconde fois et tira dans la jambe qu’il vit en premier. Pas le genou, pas une articulation ni même un os, il visa simplement la chair, la douleur, le sang. Et après avoir blessé une nouvelle fois le gosse, il l’attrapa par le col de sa veste, le releva et le projeta sur le bureau tout en s’appuyant sur lui afin de l’empêcher de s’échapper. La suite… Eh bien il serait difficile de la décrire ici, mais vous devriez vous en douter. Le visage et le corps du malheureux allaient passer entre les mains du géant du Froid qui viderait toute sa colère, toute sa frustration et son agacement sur celui qui avait cru pouvoir être plus malin que les autres. Il le défigurerait si possible, tout en espérant que les miliciens ne soient pas trop prompts à arriver rapidement.


    - T’vas crever s’pèce d’ordure !


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Swenn Milazzo
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Lun 14 Mai - 16:56
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
A peine le temps de percevoir le géant s'engouffrer plus profondément dans le pièce que la détonation retentit. Toujours étalé derrière la bureau - il est de toute façon bien incapable de se tenir debout et ce serait stupide - Swenn n'a pas la moindre idée de la zone exacte d'explosion. Tout son corps se contracte, les secondes semblent s'écouler incroyablement lentement, ses sens aux aguets. Va-t-il s'en sortir ? Face à un tel coup de poker la réponse est impossible à prédire. La puissance du son réussit à lui vriller les tympans - s'il arrive à rester en vie il faudrait vraiment songer à trouver une solution pour réduire ce boucan insupportable ! - et la suite précise des événements est bien difficile à décrire. Évidemment, la structure de la maison close en a pris pour son grade, pas dit que le plafond ne leur retombe pas sur la tronche avec ça. Mais la première chose qu'il ressent, c'est cette chaleur intense provoquée par la réaction en chaine.

Tous ces éléments le laissent complètement décontenancé, ayant bien du mal à faire le point sur son environnement et encore plus sur son propre état de santé. Il sent bien que son corps est au plus mal, son cerveau refusant de donner ne serait-ce qu'un seul ordre à l'un de ses muscles, comme pour se protéger de la douleur qui va immanquablement suivre le plus petit geste qui soit. Et lorsqu'il se risque à jeter un coup d’œil en direction de son épaule touchée précédemment, le sang qui imbibe le t.shirt porté, commençant à être visible le long de son bras dénudé n'est pas pour améliorer la situation.

Et parce qu'on peut toujours faire pire, il faut que le colosse soit toujours bien sur ses deux pieds. Le surplombant de toute sa masse, l'air toujours aussi irrité. Non, encore plus en fait, s'il se fie à ce grondement effrayant qu'il lui sert. Ah, c'est sûr que ça n'a pas dû être hyper agréable pour lui non plus... Ce n'est pas l'envie de lui sortir une réplique cinglante qui manque au chimiste, mais il a déjà bien du mal à ne pas perdre conscience, luttant pour garder les yeux ouverts, luttant pour seulement réussir à observer son adversaire. Plus très utile quand on voit à quel point ses possibilités sont drastiquement réduites à néant, pendant que l'homme aux allures de monstre utilise de nouveau son arme contre lui. Merde, il n'a pas la moindre envie de crever de cette façon. Et encore moins maintenant. Face à un type de ce genre là.

Pourtant, la douleur fulgurante cette fois ressentie dans son intégralité, au moment où la balle transperce sa jambe l'empêche de retenir un cri à peine étouffé. Impossible de contenir tous ces signaux de détresse qui arrivent cette fois intégralement jusqu'à son cerveau. Quelle insupportable sensation que d'être incapable du moindre mouvement, complètement livré au bon vouloir de son bourreau. Qui a l'air de vouloir passer ses nerfs sur lui. Telle une simple poupée de chiffon il se sent quitter le sol pour atterrir violemment plus loin. Swenn a perdu toute notion de ce qui l'entoure, se contentant d'encaisser chaque nouveau coup. Son esprit a définitivement quitté la bataille, le laissant juste assez lucide pour sentir chaque nouvel impact face auquel il ne peut rien faire. Les quelques signes sonores qu'il pouvait encore émettre en témoignage de la douleur ressentie s'estompant bien vite, ses forces n'étant même plus suffisantes pour cette simple réaction.

Si le chimiste n'a rien d'un grand combattant, il est revanche doté d'une dose de motivation suffisante pour l'empêcher d'abandonner, lui permettant de ne pas perdre garder conscience. Mais même s'il arrive à distinguer péniblement les quelques mots prononcés à son intention, il est incapable d’esquisser le plus petit geste qui soit pour répondre. Et cette pluie de coups lui semble durer une éternité, comme si elle n'allait jamais s'arrêter. Élevant à chaque fois encore un peu plus le supplice déjà ressentit. Où sont ses limites ? C'est à présent le seul élément, inconnu du jeune homme, qui va déterminer du moment où son corps n'aura plus d'autre possibilité que de céder définitivement.

Le néant l'a déjà submergé lorsque de nouveaux arrivants, appartenant aux forces de l'ordre, entrent dans ce qu'il reste du bâtiment à moitié détruit. Les survivants ont déjà déserté autant que possible depuis bien longtemps. Les murs intérieurs ayant pour la plupart été rasés, une partie du plafond reposant dans les décombres qui étaient la salle principale, cette maison n'a plus grande chose de close. Et à juger par les quelques paroles de dégout qui s'élèvent du groupe de reconnaissance, la scène qu'ils découvrent ne doit pas être particulièrement soutenable. Des corps, de trop nombreux membres désolidarisés du tronc, et une quantité de sang importante jonchent le sol. Sans parler de l'odeur qui va avec. Mais tous ces éléments, Swenn n'est désormais plus en mesure de les percevoir.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Swenn râle en   #f77d40
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