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Chroniques d'Irydaë
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Zygan
Zygan
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyMar 3 Avr - 21:15
Irys : 227617
My'trän +2 ~ Mistral
Je lève les yeux. Le ciel est d’un bleu pur, le temps rêvé pour mai. Le fond de l’air est tiède, presque chaud, et un vent frais souffle depuis l’ouest, les confins du monde. Je prends une grande inspiration, sens le parfum des orties que j’ai doublées quelques instants plus tôt. Mes besaces sont chargées de viande séchée, j’ai des peaux accrochées sur mes sacs, qui prennent le soleil, et j’arrive en vue du rassemblement que je visais depuis plusieurs jours. Avec les traces qu’ils laissaient, il faut dire que ce n’était pas bien compliqué, mais c’est tout naturel quand une soixantaine de personnes se déplacent avec toutes leurs possessions. Bétail, bêtes de somme, déchets humains pas encore dégradés par l’action de la nature, cercles d’herbe applatis…

L’ensemble de tentes bariolées forme d’abord un cercle concentrique, avant de prendre sa propre architecture. Des rues et des allées dont j’ai moi-même l’habitude et qui se font et se défont au gré des habitudes, des amours, amitiés du moment. Disputes, embrouilles, aussi, forcément. Toute la géographie d’un camp repose sur ces petits détails, tout ce qu’il est possible d’y lire, que ce soit les rapports entre les individus ou, justement, la façon dont eux-mêmes se perçoivent. Et je connais assez bien les gens qui peuplent ce campement pour pouvoir en tirer des bribes d’informations.

Enfin, pas d’ici, je suis encore trop loin pour bien voir.

Je continue d’un bon pas. Au centre du camp, au lieu du traditionnel grand feu principal autour duquel chacun se rejoint pour les repas et les débuts de soirée, il y a quelques bâtiments en brique. Le toit est fait de tuiles bien assujetties. Le tout est bien entretenu. Ce n’est pas surprenant. Il s’agit d’une escale fréquente sur les routes qui circulent entre Suhury et Zagash, et tout le monde prend soin des bâtisses érigées initialement par des nomades de Süns, d’où l’utilisation de la brique et des tuiles. Le monde attirant le monde, un marchand s’est rapidement calé là, et a ouvert une annexe qui fait taverne. C’est toute sa famille élargie qui gère l’affaire, et elle prospère.

C’est évidemment la famille Torricelli, de la tribu Nerassa, qui est présente là, et elle semble la seule, comme le nombre de tentes l’annonçait précédemment. Mes longues foulées m’amènent déjà en bordure du camp et je salue de la main Ricardo, en train de planter un piquet dans le sol à l’aide de son marteau. Il doit à peine me reconnaître sous ses épais sourcils blancs. Il a toujours été assez peu physionomiste. Il lève une pogne hésitante puis se désintéresse de moi pour finir de se consacrer à l’édification de sa tente.

Il a son habitation juste à côté de celle de Margarita, sa fille, sans surprise. C’est Antonio, le mari, qui doit être ravi de se taper la belle-famille devant sa porte. Plus loin, Regina discute à grand renfort de gestes et je ne capte que quelques bribes inintéressantes avant d’être hors de portée de voix. Guiseppe et Berlio me saluent gaiement, me demandent des nouvelles. Je n’ai pas grand-chose, cela fait quelques temps que je n’ai pas croisé mon propre clan. Leurs informations à eux sont peut-être même encore plus fraîches. Mais non, finalement.

« … et c’est là qu’Ervin a abattu pour la première fois un cerf. Vous imaginez ? En visant une biche à dix mètres à gauche, avec une flèche qu’il a taillée lui-même, complètement de traviole. »

Ils s’esclaffent tous deux bruyamment et je note les rides que le rire creuse au niveau de leurs yeux et leurs grandes dents blanches. Ils ont vraiment tout qui les rend aimable, les deux amants : la bonne humeur, le sens du service, et une foultitude de petits talents dans pleins de domaines qui leur suffit à se rendre presqu’indispensables. Je hausse brusquement les sourcils en ouvrant la bouche.

« Ah, vous sauriez vers où Arianna a mis sa tente ?
- Oh, oui, bien sûr. Tu prends à gauche après Silvio et ça devrait être un peu plus loin, je dirais.
- Ouais, quelque chose comme ça.
- Super, merci les gars. On se verra peut-être tout à l’heure pour boire un coup, hein ?
- On a touché un alcool de mandarine, y’a pas longtemps…
- Tu nous en diras des nouvelles !
- S’il en reste.
- Hahaha.
- Amuse-toi bien avec la mistinguette ! »

Silvio, l’éternel ventripotent. Malgré une vie passée à cueillir et à marcher, il ne perd jamais sa bidoche, et beaucoup suspectent que c’est lié à l’alambic qu’il transporte avec délicatesse. De là à savoir et goûter ce qu’il produit… La plupart des gens l’esquivent avec attention, mais il y a toujours des jeunes adolescents pour mettre en commun toutes leurs possessions pour tenter l’aventure. Et se réveiller le lendemain avec une gueule de bois carabinée que ce cher Silvio s’empresse de guérir… moyennant finances évidemment.

Puis, comme annoncé, c’est la tente d’Arianna qui se dessine, avec ses motifs habituels et la jeune fille placée devant, en train de polir son armure. Transporter tout ce barda en permanence, franchement… Je n’imagine même pas la profondeur des traces qu’elle doit laisser. Si elle avait les pieds plus grands, on parierait sûrement sur un homme, au pistage. Et, après, tout, serait-ce si éloigné de la réalité ? Je me note de ne pas faire cette blague par inadvertance un jour. Ou alors dans le bon contexte. Au final, je me contente de noter.

« Hey, Aria. »

Elle lève ses yeux bleus et sourit immédiatement. J’ai beau aimer la vie nomade, retrouver des gens qu’on connaît, c’est quand même toujours agréable. Je glisse une main dans mon dos, attrape quelque chose. En tirant un peu fort, je décroche l’objet et le tient devant elle, cinquante centimètres de large pour un mètre de long, un beau pelage qui commence à être tanné.

« J’ai trouvé ce dont tu m’avais parlé l’autre fois. Une peau blanche et ocre. C’est ça que tu cherchais, non ? Attends, tu ne l’as pas acheté ailleurs entre-temps, hein ?
- Oh, Zygan, c’est super gentil ! Tu viens d’arriver ?
- Oui, à l’instant. J’ai juste croisé quelques autres de ta famille qui m’ont dirigé ici.
- Les nouvelles sont bonnes ?
- Ouaip, totalement. Et toi ?
- Ca va. Soif ?
- Je boirais bien quelque chose, oui.
- S’il vous plaît. »
Arianna claque des doigts en disant ces mots et un peu d’eau s’élève du sol, pure et translucide.
« Je pensais à autre chose. De l’eau, j’en ai, encore que moins fraîche.
- Allons voir à la taverne ce qu’ils servent, alors, on pourra discuter tranquillement. Tu veux poser tes affaires ici ?
- Non, je vais le garder en attendant de monter ma tente. »

En papautant comme deux vieux amis que nous sommes, on se dirige vers un des petits bâtiments en dur. A l’intérieur, on est accueilli par une odeur de pin qui brûle doucement dans l’âtre, de bière amère et d’un mouton en train de cuire sur une gigantesque broche, avec pleins de petits plats en fer-blanc qui cuisent dans un simili-etouffé, à la chaleur des cendres. Les larges fenêtres laissent entrer ce qui reste de jour et quelques marchands se mêlent amicalement à la famille d’Arianna pour troquer, vendre, acheter, ou plus simplement échanger les nouvelles.

Avec un soupir de contentement, je laisse doucement glisser mes besaces au sol et m’assieds sur un banc en bois poncé par des centaines de fesses, au point de créer un léger renfoncement qui correspond tout pile à mon arrière-train. Aria se met en face, les yeux brillants et le feu qui joue sur ses cheveux blonds. Je passe la main dans ma barbe en me rappelant sa bouille quand elle avait cinq ans.


Dernière édition par Zygan le Dim 8 Avr - 10:18, édité 1 fois
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyJeu 5 Avr - 10:57
Irys : 356585
Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
My'trän +1
Il y avait du monde, dans la taverne. Les nomades avaient beau ne manquer de rien, préserver leurs provisions et profiter d’autres spécialités que celles qui logeaient dans leurs réserves était toujours un plaisir – la chef de clan des Torricelli avait payé d’avance les tenants de l’étape pour que ses frères puissent profiter de leurs services sans avoir à se soucier de transactions, et il était d’usage que les excès ne soient réglés qu’au terme de leur séjour. Ses frères, mais aussi leurs amis : c’est ce qu’Arianna fit comprendre d’un joyeux hochement de tête, tant à Zygan qu’au tavernier, lorsque ce dernier ouvrit sa maigre bourse pour en sortir quelques irys et payer sa choppe. Il était le bienvenu, et ce aux yeux de tous les Nerassa, pas juste pour elle. Même si oui, c’était bien elle qui lui souriait de bon gré, véritablement ravie de le revoir après tout ce temps. Elle avait des tonnes de choses à lui raconter, depuis la dernière fois.

-Dommage que tu ne sois pas passé deux semaines plus tôt, nous étions dans le nord, c’est la saison des bonites. Ils migrent souvent aux abords d’Ariun… enfin, on peut y pêcher toute l’année en fait, tu sens clairement que ce n’est pas le temple de Dalaï pour rien – c’est une bénédiction, du genre corne d’abondance, et dans l’intarissable. On a rejoint les Molnar qui avaient besoin d’aide pour refermer une madrague, la pêche a été excellente, on a capturé énormément de rouges et quelques espadons et des tortues… je pourrais presque décider de devenir sédentaire et les rejoindre, tellement c’était superbe.
-Woah. A ce point ?
-Ils étaient gros comme ça, fit-elle en lui présentant la longueur de la table et un peu davantage. Les rouges. Des thons rouges. Et ils étaient superbes. C’est vraiment agréable, de pouvoir cuisiner des poissons excellents, tu sens tout de suite la différence. Je me faisais plaisir à chaque repas. Il y a des jours où tu fais à manger juste pour faire à manger, parce qu’il faut le faire et que les autres seraient capables de sauter un repas ou de se laisser mourir si on ne leur prépare rien. Mais là, je passais des journées entières à essayer des choses sans voir le temps passer. Un peu comme…

On pouvait préciser d’office que le sujet n’intéressait absolument pas Zygan, trop habitué à subsister par ses propres moyens pour avoir la moindre connaissance sur les techniques de pêche en flottille et le genre de prises qui pouvaient se faire en mer pour peu que des communautés décident d’y mettre un peu de moyens et d’organisation. De toute manière, il fallait généralement être zagashien pour parler ce langage avec autant d’ardeur - c’était un peu comme la poterie pour les kharaaliens, on leur donnait le biberon dans des vases de terre cuite pour être absolument certains qu’ils auraient ça dans le sang.

Mais qu’importe : on pouvait également préciser que ça ne l’empêchait en aucun cas de l’écouter attentivement ce que lui racontait son amie. Il aimait se représenter mentalement la scène de vie qu’elle lui dressait, s’imaginer à sa place, ou plutôt avec elle et les siens sur le large, et y sentir le rythme des vagues, l’odeur du sel et le souffle des bourrasques incessantes qui souffleraient sur son visage… les récits et expériences qu’elle partageait avec tant d’enthousiasme étaient contagieux et affreusement tentants. Même si non, à aucun moment il ne se serait imaginé vivre dans une communauté.

-On en a encore plein, j’en ai fait conserver une tonne à toutes les sauces. Je te ferai tester ce soir. Préparé mariné dans du vinaigre d’Eoril, c’est juste magique.
-Mmh. Tu manges Zolios, maintenant ?
-Eh, ils font des choses bien, comme tout le monde. Je ne vais pas non plus cracher sur ça. Ils font juste beaucoup énormément de conneries à coté, c’est tout.
-Je les trouve plutôt bien…
-Oui, mais toi tu trouves tout le monde bien. Même les chiens qui essaient de te piller quand tu campes dans ton coin, tu leur trouves des excuses.
-Ouiiii… et toi tu les as éventrés d’entrée de jeu, si je me souviens bien, sourit-il en grimaçant à moitié.
-Ne t’inquiètes pas qu’ils allaient faire pareil, fit-elle en rayonnant.

Preuve par l’exemple : même se chamailler les mettait de bonne humeur. Et encore, ils pouvaient débattre de sujets autrement plus volatils sans se départir de leurs sourires. Essayez donc de leur parler de Süns et du soleil un jour, vous comprendriez vite de quoi il s’agissait.

C’était sans aucun doute dû au fait qu’ils avaient passé une bonne partie de leur enfance ensemble. N’ayant même pas un an de différence, il avait suffi que tous les deux soient nés dans des tribus amies depuis aussi longtemps que leurs traditions pouvaient remonter, et que leurs parents aient le malheur, un jour, de poser leurs tentes l’une à côté de l’autre par une chaude soirée d’été. Elle n’avait que quatre ans, et lui tout juste un de plus, avec quelques jouets de plus à son actif. Il avait alors fallu que la petite tête blonde aperçoive une peluche qui lui faisait de l’œil pour décider de s’approcher – il fallait la comprendre, c’était un éléphant orné d’un foulard jaune. De fil en aiguille, les parents s’étaient liés d’amitié, leurs fratries également, et les retrouvailles furent régulières. Jusqu’à ce que Zygan ne devienne un nomade solitaire, ce qui espaça encore un peu la fréquence de ces rencontres.

Comme à chaque fois, ils ne se croisaient qu’en coup de vent, le temps de quelques jours, quelques semaines au plus. Toujours avec plaisir. Zygan faisait partie de ces my’trans qui ressemblaient un peu trop aux éléments dont ils avaient le contrôle. C’était peut-être aussi pour ça qu’il était aussi doué pour la magie. Le Farkas était comme le vent, allant et venant au gré des hasards de la route, et ne s’arrêtait jamais. Du moins, c’était l’image qu’elle avait de lui quand il fallait parler de ses défauts. Il était solitaire, et ne se sentait pas à l’aise quand il restait longtemps dans une communauté.

[HRP : ça y’est, j’ai fait mille mots de blabla, maintenant je peux legit attack ce qu’il faut sans que ma conscience ne me donne l’impression d’avoir torché mon truc. J’préviens, showtime ![/HRP]

-Oyez, oyez ! Vaillant aventurier des plaines !
-Qu’y a-t-il, mon brave ?

Un vieillard rabougri venait d’aborder le duo de jeunes gens. Comme le tavernier, qui était le neveu de notre nouvel arrivant, il s’était aisément rendu compte que Zygan était un voyageur de passage, pas un Torricelli. Il n’avait pas d’emblème, d’idole ou d’amulette à l’effigie de leur pays, de leur tribu et de leur déesse pour le trahir. Rien que son prénom était différent, il l’avait entendu au cours de leurs échanges.

-Vous êtes un chasseur, n’est-ce pas ?
-Absolument.

Facile à remarquer, vu l’attirail qu’il transportait. Mais c’était pour être sûr.

-Auriez-vous, par hasard, un peu de temps à m’accorder ? J’ai une amie qui cherche désespérément l’aide d’un chasseur depuis des mois. Elle n’habite pas très loin d’ici, dans une hutte de l’autre côté de la colline, à l’est. Ce n’est qu’à trois heures de marche… ou probablement deux, pour un physique comme le vôtre.

« Il va dire oui. » Arianna en était convaincue, ça n’était même pas une question qui se posait.

-Ce serait pour quoi ?, demanda la my’tranne avant que l’autre n’ait le temps d’accepter.
-C’est une érudite, qui passe régulièrement acheter des fournitures chez nous. Elle fait des recherches sur les félins de la région, et aurait besoin d’aide pour attraper des muursuld. Une tâche dangereuse pour qui n’en a pas l’habitude. Elle nous a déposé un contrat de chasse, mais je pense que personne n’a répondu, rajouta-t-il en dépliant un parchemin devant eux.
-Ah ça, vu ce qu’elle propose je comprends bien pourquoi.
-Ca pourrait, répondit le chasseur en relisant la demande. Des muursulds, ça ne posera pas de problème.
-C’est même franchement facile, oui.
-Merveil… vous êtes sûr ?

Il avait l’air surpris. Ca n’était probablement pas la première fois qu’il abordait un inconnu à l’allure compétente pour lui proposer ça. C’était la première fois qu’on lui répondait oui. Vu la récompense, même les voyageurs de passage qui possédaient déjà les éléments demandés ne trouvaient pas de raison de faire ce troc – ça n’était pas rentable. Et pour toute l’affectation que le vieillard avait pour leur voisine-de-la-colline-d’en-face, lui non plus ne pouvait pas se permettre d’allécher les chasseurs en proposant un complément pour ce contrat. Mais ça ne lui coutait rien de faire un petit effort pour elle, qui s’arrêtait toujours pour échanger avec lui lors de ses passages.

De là à ce qu’un pigeon accepte, par contre, c’était encore autre chose.

-Faîtes attention, je lis dans vos pensées, le prévint Arianna en devinant ce qu’il venait de se dire.
-Ah. Euh… désolé.


*
*     *
*

Deux heures. C’était bien le temps de trajet qu’il fallait pour que Zygan, mais aussi Arianna traversent la colline et se retrouvent en vue de la hutte de Lyne Veil, la commanditaire. Seul, il aurait indubitablement été plus rapide, même sans user de magie. Mais elle l’avait ralenti.

De deux jours, parce qu’il avait rejoint le campement des Nerassa en fin d’après-midi, et que les zagashiens lui avaient très chaleureusement imposé de passer au moins une journée entière avec eux avant de pouvoir s’en retourner à ses habitudes de vie périphérique. La my’tranne l’avait accompagné à son départ le lendemain matin, avec tout le nécessaire pour bivouaquer plusieurs jours si ça se montrait nécessaire, et participer elle aussi à la chasse au félin. Ca faisait des lustres qu’ils n’étaient pas partis chasser ensemble, après tout.


Dernière édition par Arianna Torricelli le Dim 8 Avr - 13:06, édité 2 fois
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyJeu 5 Avr - 15:37

Études biologique:
 
☼☼ Aventure tranquille avec quelques rebondissements favorables du MJ qui se montre bienveillant, risque de blessures bénignes et anecdotiques.

~ ~ ~ ~ ~

[Contrat] Etudes Biologiques 180405034803918570[Contrat] Etudes Biologiques 180408085436129770

Lïne était installée sur un fauteuil, regardant avec insistance la fenêtre qui se trouvait à quelque pas d’elle. Un soupir agacé s’échappa de ses lèvres, signe qu’elle commençait petit à petit à perdre patience. La porte de son bureau avait fini par s’ouvrir, brisant le silence qui était maître des lieux depuis beaucoup trop d’heures à présent. C’est la silhouette d’Artimède qui passa le seuil de la porte, un homme plutôt grand, à la chevelure grisonnante et la barbe peu entretenue. Il était l’ami et le collaborateur de Lïne depuis pas mal de temps déjà. Plateau en main et sourire chaleureux sur les lèvres, il s’était naturellement approché de la jeune femme, déposant deux tasses sur son bureau, quelques plantes au fond des récipients et une bonne dose bien chaude, servie comme la tradition l’exigeait, de haut. Attrapant un fauteuil qu’il tira pour s’approcher d’elle, il la contempla un instant. Elle était belle Lïne, naturelle et surtout n’en avait absolument pas conscience. Des cheveux blond foncé presque châtain clair, qu’elle coiffait à peine chaque main, deux grands yeux à la prunelle marron qui dévoraient le monde avec une intensité toujours contagieuse, des vêtements masculins qui lui allaient à ravir et surtout une petite taille qui ne donnait qu’une envie, la protéger. Se raclant doucement la gorge et surtout relativement gêné par sa contemplation abusive, il finit par prendre la parole, d’une voix grave, posée, calme.

- «  Tu devrais t’occuper, cela t’éviterait de passer tes journées à éventuel aventurier qui accepteraient de tuer l’animal de tes convoitises actuelles. »
- « Cela fait un bout de temps que le contrat est en place, les gens sont-ils à ce point peureux ? »
- « Où est-ce la somme trop faiblarde ? »

Elle roula des yeux, comme elle le faisait à chaque fois qu’il marquait un point. S’appuyant sur les accoudoirs, elle s’était relevée, replaçant une mèche rebelle, perplexe, les joues gonflées comme une enfant, le regard plus sévère à la destination de son interlocuteur.

- « Je ne roule pas sur l’or, moi. Ne me dis pas que toute la population de my’trä est riche, sauf moi ?! »

Artimède ne put s’empêcher de se mettre à rire, d’abord doucement, essayant tant bien que mal de camoufler son amusement, puis beaucoup plus franchement devant la mine offusquée de la jolie blonde. Lïne avait toujours été ce genre de femme, un peu trop sentimentale, un peu trop naïve. Elle conservait une vision très utopique, très belle de l’existence et du monde et avait ce besoin de le découvrir tout en prenant le moins de risque possible. Aventurière oui, mais à domicile. Hors de question de prendre le moindre risque. Avalant chacun une bonne gorgée du liquide chaud et au goût un peu trop prononcé pour l’un d’eux. Le silence était de nouveau de maître, les regards se croisaient, sans que personne n’ose réellement reprendre la parole, Lïne boudait dans un coin de la pièce, l’épaule appuyée contre la fenêtre, les yeux rivés vers le bas de la demeure.

- «  Tu vas voir, je suis certain que des jeunes vont finir par prendre le contrat »
- « Tu parles. Je vais finir par devoir y aller moi-même. »

Il garda le silence, avec de nouveau cette envie de rire, persuadé qu’elle oserait faire trois pas en dehors de la maison avant de revenir en courant, terrifiée par l’idée même de sortir ou de s’aventurer trop loin. Il n’eut cependant que très peu de temps pour le réaliser qu’il vit le visage de cette amie un peu particulière s’illuminer. Deux jeunes gens semblaient enfin s’approcher de son habitation, mieux, ils semblaient même avoir cette envie de rentrer.

- «  Enfin !! » s’écria-t-elle les yeux pétillants de bonheur «  Vite vite Arti’ descend ouvrir la porte, refais chauffer de l’eau, il ne faut pas laisser filer les deux-là !! »

Artimède se lève soudainement, sautant sur ses deux jambes avant de dévaler les escaliers. Il s’arrêta devant la porte de l’habitation, attendit sagement qu’on toque à la porte avant d’ouvrir la porte, un large sourire sur les lèvres. Passant une main dans sa barbe, il avisa le duo d’un œil curieux, pas certain qu’ils soient réellement là pour le contrat comme semblait le penser Lïne.

- «  Bonjour, vous êtes là pour le contrat ou des produits de soin peut-être ? » demanda-t-il poliment.

Une fois la confirmation des intentions des deux individus qui lui faisait face, il laissa entrer le groupe, désignant la table ronde et les quatre chaises qui se trouvaient autour. Naturellement, il refit chauffer de l’eau dans le feu qui crépitait encore dans la cheminée. Avant de revenir vers les deux personnes qui venaient de s’installer.

- «  Puis-je connaître l’identité de ceux que je dois annoncer à madame Veil ? » questionna-t-il tout en avisant tour à tour l’homme puis la femme « J’espère que vous êtes des bons chasseurs, ce n’est pas toujours évident à traquer, un animal. »

C’était une question basique, une simple formalité pour déterminer si oui ou non, il avait affaire à des amateurs ou des véritables chasseurs. L’un comme l’autre ne poserait évidemment aucun problème, bien au contraire. Après avoir obtenu sa réponse, l’homme prit la direction des escaliers, laissant l’occasion aux deux invités d’aviser un peu l’endroit qui était plus que chargé en décoration. Des représentations d’animaux, des bocaux avec des morceaux de créatures, des boîtes de rangements, des tas de feuilles de notes un peu partout. Ce sont quelques minutes à peine après la disparition de l’homme, que la jeune femme descendit en sa  compagnie, un très très large sourire sur les lèvres, des yeux pleins de vie, elle était visiblement ravie de la présence –enfin- de personnes répondant à son contrat.

- « Bonjour à vous, Atimède m’a dit que vous étiez là pour mon contrat. Je suis ravie de rencontrer des courageux ! Vous prendrez bien une infusion ? Comme ça je pourrais prendre le temps de répondre à vos éventuelles questions afin de vous laisser partir à votre chasse rémunérée. »

Pour information la bête chassée o/:
 



Dernière édition par Khavdar & Süriyee le Dim 8 Avr - 20:47, édité 1 fois

Zygan
Zygan
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyJeu 5 Avr - 21:58
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My'trän +2 ~ Mistral
Les retrouvailles avec Arianna ont été aussi joyeuses que d’habitude. Et avec le reste de sa famille également, évidemment. Ils ont pu échanger les histoires et les godets au coin du feu, se livrer à un peu de troc, et renouer le contact. S’il y a quelque chose d’agréable avec les nomades, c’est que nous avons l’habitude que les rencontres soient brèves, au gré des trajets de chacun. Une simple escale, une caravane avec une destination commune… Cela se termine toujours par des tentes qui finissent par se séparer au bout du chemin. Enfin, sauf quand l’amour s’en mêle ? Mais après un des deux peut mourir et au final…

Je m’ébroue et recentre ma concentration sur la pièce dans laquelle je viens d’arriver avec Aria. Des figurines, des dessins, des croquis, des tableaux, des morceaux, tout ça d’animaux. Ça va du mondain au plus rare, écureuils, louve, wyvern, et évidemment muursüld. Avec nos dégaines de nomades, les tentes, les outres, les armes, on ne ressemble pas à des touristes, en tout cas. Encore que je suppose que pas mal de gens s’arrêtent si c’est vraiment des produits de soin reconnus. J’ai encore les miens dans mon sac, et de quoi en fabriquer d’autres dans la nature. Je manque peut-être d’écorce de saule ? Non, non, poudre en bas à gauche du sac central.

La commanditaire de la chasse descend les accueillir avec une infusion. Mes yeux tournent autour d’elle sans jamais s’arrêter. L’eau vient d’être retirée du feu, encore bouillante. L’air commence à s’imprégner de l’odeur des feuilles, un mélange qui là comme ça ne me dit rien. Camomille, probablement. Des calmants ? Pourquoi aurions-nous besoin de nous calmer ? Ce n’est pas l’heure de la sieste, en plus. Je jette un coup d’œil à ma voisine, en sous-armure de cuir avec des broderies qui forment des arabesques. Certains experts disent que ça dévie mieux certaines attaques mais je suis sceptique.

Elle est mignonne. Souriante. Mais dès la fin de sa première phrase, Aria grimace.

« Rémunérée ? C’est quasiment la mendicité, à ce stade.
- Shhh, que je souffle. »

Nous obtenons tous une tasse d’infusion, porcelaine peinte de couleurs vives. En fait, je remarque qu’il s’agit également d’animaux peints sur les côtés. Chacune des trois tasses porte l’animal totémique d’un Architecte, tiens. Une représentation classique pour les objets liturgiques, mais on voit moins ça dans les objets du quotidien. Plutôt joli, comme dessin stylisé. A côté de moi, Arianna prend son verre dans ses deux mains et le porte à sa bouche. Puis elle souffle dessus, et un nuage de vapeur s’élève vers le plafond. J’ai un sourire involontaire parce que je sais que son thé est maintenant glacé, toute la chaleur s’étant évaporée… par magie.

De mon côté, je ne me risque pas à prendre une gorgée entre brûlante et j’essaie plutôt de fixer le visage de notre vis-à-vis dans mes souvenirs. Ça me plairait bien de le sculpter un peu. J’ai un morceau de poirier qui n’attend que ça, et la couleur devrait être parfaite pour faire ressortir…
« Je pense que nous devrions d’abord nous présenter. Je suis Arianna Torricelli, de la tribu Nerassa. Et mon ami est… Zygan ?
- Hein ? Ah, oui, pardon. Zygan Farkas, un chasseur nomade, enchanté.
- Nous avons des questions sur le contrat. C’est vraiment ça le prix ?
- Oh, Aria, arrête… Non, non, on a d’autres questions. Des demandes particulières pour les  muursülds ? Mâles, je suppose ? Femelles, pour un prix pareil, ça me semble douteux. Des couleurs ? Des âges ? Adolescents ou adultes ? »

Le silence retombe un petit peu tandis que Line prend une gorgée d’infusion.

« Ah. Et est-ce que des muursülds ont déjà été repérés dans le coin ? Je ne sais pas si Aria peut se déplacer à plusieurs jours de marche de sa tribu, que j’achève avec un regard oblique.
- Oh, si, ça peut très bien se faire, répond-elle. »

Ça me semble être un bon début. En plus la boisson a l’air d’avoir assez refroidi pour que je me concentre dessus et la laisse répondre.  Je prends aussi une gorgée. Et je me brûle le bout de la langue. Mazette.


Dernière édition par Zygan le Dim 8 Avr - 10:20, édité 1 fois
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Lïne sortit des petites tasses ornées d’animaux, qu’elle déposa doucement devant chaque participant. Artimède ne perdait pas de temps et remplissait déjà le tout par des plantes et de l’eau chaude. La jolie blonde s’installa à table en compagnie de ses hôtes. Ses yeux étaient pétillants, elle qui commençait à perdre espoir ne pouvait que se satisfaire d’avoir enfin des personnes pour la réalisation de son contrat. Tirant une chaise et s’installant face au duo, elle fit signe à Artimède de venir s’installer aussi. L’homme n’avait pas réellement l’habitude de participer activement à des négociations, mais ne fit pas répéter le mouvement de son amie. Installé à côté de la commanditaire, l’homme grisonnant offrit un sourire en direction des deux aventuriers. Lïne avait pris la parole, ouvrant le dialogue à toute question concernant la mission. Elle n’était pas une femme à aimer perdre son temps, il lui semblait donc essentiel que les choses soient rapidement dîtes que chacun puisse faire ce qu’il avait à faire puis reprendre le cours de son chemin.  Si le premier petit pique envoyé par l’arrivante sembla ne pas particulièrement affecter la jeune femme, il fit néanmoins froncer les sourcils au plus âgé qui ne put s’empêcher de lancer un regard plutôt froid à cette intrigante participante.  

Attrapant la tasse bien chaude entre ses doigts, Lïne semblait détailler d’un œil curieux les deux étrangers qui se trouvaient dans sa demeure. Le véritable intérêt de ses contrats n’était pas forcement l’animal à traquer, mais bien la rencontre d’individu qui pourrait lui apporter des informations sur le monde extérieur –et par monde, elle entendait les frontières des murs de sa maison qu’elle ne quittait pas-. Artimède haussa un nouveau sourcil en avisant la fumée s’échapper jusqu’au plafond et la chaleur quitter la tasse de cette Arianna. Il ne put s’empêcher de marmonner dans sa barbe qu’il aurait simplement fallu demander de l’eau froide, plutôt que d’agir de la sorte. Lïne ne put s’empêcher de lui appuyer sur le pied de son talon pour le faire taire, tout en lui décrochant un nouveau sourire.


- « C’est à vous de savoir ce genre de choses » répond un peu trop froidement l’ancien
- «Nous ne sommes pas chasseur » réajusta immédiatement Lïne d’une voix calme et chaleureuse « Il nous sera donc difficile de pouvoir vous renseigner sur la présence ou non de  muursülds… Quoique… » elle avisa Arti « Passe-moi la carte s’il te plaît. Sur le meuble là »

L’homme ne se fit pas prier pour réagir, tirant sa chaise en arrière pour se relever, ouvrant la carte de la région sur la table.

- «  Nous sommes ici. » Fit-elle «  Il devrait avoir les animaux que nous recherchons plus au nord…Si tout va bien, vous n’aurez pas à vous éloigner plus loin que là » elle montra l’emplacement sur la carte.

Se réinstallant, elle se contenta d’entourer la zone avec une plume qui se trouvait non loin, laissant évidemment le tout tremper quelques secondes dans l’encre afin de réaliser l’action. Poussant du bout des doigts la carte vers le duo avec l’espoir de les aider un peu, c’était tout ce que la my’tränne pouvait faire pour les aider.

- « Nous n’avons pas de préférence vis-à-vis du sexe de l’animal, seule la crête nous intéresse ainsi que les oreilles… Pour le prix qui semble ne pas être suffisant pour vous, sachez que vous pouvez conserver la viande ainsi que la peau. »

Lïne ne put s’empêche d’une nouvelle fois écraser le pied d’Artimède, qui tenta de retenir une légère grimace autant que possible. Affichant un nouveau sourire, la jeune femme prit le temps d’avaler une longue gorgée d’infusion avant de se reconcentrer sur leurs deux interlocuteurs.

- « Vous savez, je n’ai pas énormément d’argent, c’est pour ça que je ne peux pas offrir une somme astronomique, mais j’ai toujours dans l’idée qu’un contrat peut être une raison de rassembler deux personnes… Ou de vivre  une aventure, d’offrir des souvenirs… Ce n’est pas juste le fait pour de l’argent, du moins, c’est ma vision des choses… »

- « Je crois que nous avons répondu à la totalité de vos questions, si vous n’en avez pas davantage, je pense qu’il est temps pour vous de partir à la recherche de l’animal. »

- « Artimède va vous accompagner d’ailleurs. »

L’homme grisonnant laissa cette fois-ci transparaître une véritable surprise, c’était la première fois que Lïne faisait cette demande. Il n’ose pas demander la raison, mais ne put s’empêcher d’opiner doucement.



Dernière édition par Khavdar & Süriyee le Dim 8 Avr - 20:47, édité 3 fois

Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
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-Euuuh… non ?

Un soudain coup de vent fit claquer une porte au même moment, empêchant Arianna d’être audible. Le regard qu’elle jeta à Zygan pour ce vil artifice lui passa au travers, trop attentif qu’il était à regarder en direction des deux autres. A moins que ce ne fut qu’une coïncidence, ce qu’elle n’envisagea qu’un instant avant de ne pas lui accorder le moindre bénéfice du doute.

-Zygan !

Son ton était plein de reproches, le coup de porte l’avait faîte sursauter, elle avait déversé les deux tiers de son breuvage sur ses jambes et au sol. Un incident qu’elle répara en relevant le liquide d’un « Tut tut » gentiment demandé, pour qu’il regagne gentiment sa tasse. Son pantalon, le sol étaient à nouveau sec, et son thé aussi clair et propre qu’à son arrivée – encore plus purifié, en fait. Le posant devant elle, la zagashienne reprit.

-Je ne pense pas que ça sera nécessaire, répéta-t-elle d’un ton sûr mais pas agressif avant que l’autre ne puisse s’avancer. On se débrouillera très bien seuls, je vous le garantis. Zygan est un excellent chasseur, il vit surtout de ça pour troquer. Je suis moins douée que lui, mais je vous assure que je me débrouille très bien aussi, pas d’inquiétudes là-dessus. J’ai plus l’habitude de chasser en groupe avec mon clan, et nous n’avons aucun problème à chasser des khyanalts, des ovchins, des griffons, des dragons en s’organisant bien pour ça. Alors bon, fit-elle en s’adressant directement à Artimède. Je n’ai pas l’impression que ayez l’habitude de ça, ni que vous en ayez la moindre envie, surtout. Je peux me tromper, rajouta-t-elle d’un ton qui statuait parfaitement le contraire. Mais à ce prix… et je ne parle pas d’irys, c’est une façon de parler… pas besoin que vous veniez avec nous.

L’idée de Line ne l’enchantait pas le moins du monde, ça oui. Elle pouvait déjà sentir que le seul terrain sur lequel elle pourrait s’entendre avec l’Artimède grisonnant, c’était qu’ils ne s’entendraient pas du tout – et que lui-même était de cet avis. Il avait suffit qu’elle leur signale que le prix était négligeable pour les efforts qu’il y avait à fournir, vu qu’ils allaient abattre un spécimen de prédateur habitué à opérer en meute quand il ne fuyait pas à l’avance, et il tiquait déjà. Ca n’était même pas une question d’amasser autant de pièces que possible pour leur temps – les Torricelli fonctionnaient par troc ou échanges de services à l’exception des quelques passages que leurs membres pouvaient faire dans les villes de My’tra. Ca, et quand ils tombaient sur cas de transactions sur montants négligeables, ou à l’inverse extrêmes. Même alors, ils préféraient payer en matériaux de bêtes plus ou moins rares ou en magilithes, quitte à délayer le paiement.

Rien que ça, et quelques autres réactions échappées ça et là pour des broutilles mineures lui indiquaient clairement qu’il vaudrait mieux qu’ils ne se côtoient pas. Au diable les faux-semblants et les bonnes apparences, elle n’était pas de ce genre. Rendre service, sans problème. Encore que, ça dépendait du contexte. C’aurait pu être gratuit, elle l’aurait quand même fait si ça avait eu une bonne raison. A ce sujet, d’ailleurs…

-Mais bien sûr, si vous avez envie de venir, glissa Zygan à l’adresse du my’tran, vous pouvez parfaitement.
-Je me demandais, tiens… vous voulez des oreilles et des crêtes de mursuulds, pour quoi faire ?

Simple curiosité, mais l’usage de ces pièces pour des recherches l’intriguaient, maintenant qu’elle s’attardait sur l’idée. Galeone, le shaman de son clan, pouvait s’en servir pour décorer des idoles religieuses ou plusieurs autres de ses créations. Leur effet esthétique sur des vêtements ou à peu près n’importe quoi était indéniable, elle-même avait déjà eu une coiffe ornée de quelques-unes de ces oreilles qui rendait splendidement bien. A part ça…

Arianna reprit une gorgée de thé, prenant soin que ses doigts n’entrent pas en contact avec l’architecte qui figurait sur la tasse. Ils lui avaient servi du thé dans une tasse ornée de l’effigie du griffon noir, ce qui aurait clairement été de la provocation dans n’importe quel autre contexte. Mais elle avait passé l’éponge, devinant la maladresse plus qu’autre chose. Süns, et surtout ses adorateurs, étaient porteurs de préceptes, de faiblesses et de contradictions que les siens ne portaient pas dans leurs cœurs, au même titre que les kharaaliens. Rajoutez-y des siècles des querelles et de vendettas entretenues par les Nerassa avec des tribus de zolios, et le tableau en ressortait complet.
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[Contrat] Etudes Biologiques 180405034803918570[Contrat] Etudes Biologiques 180408085436129770

Lïne était encore assise, confortablement, avisant avec curiosité les deux individus lui faisant face. La jolie blonde ne sortant pas, jamais, elle appréciait particulièrement recevoir pour obtenir des informations sur le monde extérieur. Les contrats étaient en général un prétexte qui lui permettait d’amener à elle des voyageurs à la culture et l’esprit plein de souvenirs à partager. Cependant, pour la première fois, la jeune femme semblait avoir quelques difficultés à obtenir une entente cordiale ou tout du moins suffisamment agréable pour inciter les deux amis à se confier. Coulant un regard vers Artimède, qu’elle semblait juger quelque peu responsable de cet état de fait, elle fronça les sourcils. C’est durant son observation qu’une étrange idée avait fini par germer dans son esprit. Si Lïne était terrorisée par le monde extérieur, sa phobie ne lui permettant pas de mettre le nez dehors, ce n’était pas le cas de son binôme, bien au contraire même. Ainsi si les deux étrangers ne parvenaient pas à satisfaire cette curiosité grandissante qu’elle commençait à avoir à leur égard. Arti le ferait lui. Quoi de mieux qu’une sortie avec des inconnus pour avoir plein de belles histoires à raconter. Après tout, ici elle ne risquait rien, pouvait-il l’abandonner un jour ou deux.

La blondinette fut cependant ramenée à la réalité par un léger sursaut, une porte venait de claquer à l’étage, sans que la moindre brise ne soit pourtant à signaler, pas de courant d’air. Tour à tour, elle avisa les deux jeunes gens, si la femme était clairement une croyante de Dalaï, lui, le mystère restait encore entier. Artimède lui semblait déjà avoir une petite idée en tête, fronçant les sourcils il observait l’inconnue dégoulinante de thé remettre le tout en place comme-ci de rien n’était. Si Lïne était subjugué par la manœuvre, Arti lui, ne semblait guère impressionner. Il prit une légère inspiration, entrouvrit les lèvres pour répondre au refus de la novice en Dalaï, mais fut stoppé dans sa manœuvre par la blonde qui venait une nouvelle fois de lui écraser le pied.


- « En réalité » fit Lïne à l’intention de Arianna « Il ne sera pas là pour vous aider, juste pour observer l’environnement et me ramener des échantillons des plantes que vous rencontrerez sur votre passage » elle décrocha un sourire radieux « Je ne voudrais pas vous demander ça en plus, surtout pour ce prix. Ce n’est nullement vis-à-vis de votre qualification, je suis certaine que vous serez parfaits pour ce rôle. »

La maîtresse de maison laissa jouer ses doigts sur la table, son regard quelque peu insistant que son ami qui restait étrangement muet. C’était la première fois que Lïne faisait une telle demande, ce qui le laissait plus que perplexe. Passant ses doigts dans sa barbe, il décrocha pour la première fois un semblant de sourire en direction de Zygan. Au moins il s’entendrait bien avec lui, l’unique chose positive de l’aventure. Prenant une légère inspiration, il finit par accepter oralement la demande surprenante de sa protégée.

- « Bien, je suppose que tu ne me laisseras guère le choix de toute façon. C’est d’accord, je vous accompagnerai… Et je suis certain que ça nous permettra de faire davantage connaissance Arianna. » il avait bien appuyé sur son prénom, comme pour souligner qu’il avait parfaitement saisi qu’elle ne l’appréciait guère et que c’était réciproque.

- « C’est merveilleux » s’enthousiasma presque aussitôt Lïne des étoiles plein les yeux.

Avalant une gorgée de thé un peu moins chaud, la blonde s’était relevée faisant quelque pas dans la pièce, afin de réfléchir, elle aimait parler de ses recherches, mais ne savait jamais vraiment comment s’y prendre. Ainsi, c’est sans trop grande surprise que Arti débuta l’explication :

- « Lïne est persuadé que la crête pourrait contenir des substances qui feraient fuir certaines espèces d’insectes, cela permettrait de créer un répulsif pour les animaux et éviter de voir les insectes pondre sous la peau des familiers »

- « C’est juste » répondit la jeune femme en hochant la tête « Je pense également que c’est par la crête qu’il émet une substance séductrice, pour attirer les femelles… Je me disais que peut-être cette substance pouvait être intéressante pour les humains, un genre de remède pour séduire ou pour se détendre… L’odeur peut provoquer bien des réactions chez les individus. » Elle décrocha un sourire « Pour les oreilles, c’est un peu plus complexe. »

Artimède termina sa tasse, qu’il alla déposer dans un bac d’eau.

- « En réalité Lïne pense que les oreilles feraient de très bons appâts pour d’autres prédateurs plus rares, elle veut étudier le temps de décomposition et essayer d’élaborer des pièges. »

- « Oui, c’est pour des expérimentations, rien n’est très net dans mon esprit encore, le temps de votre voyage me permettra d’élaborer concrètement la méthode à utiliser. » Elle fit une légère pause, puis s’autorisa une question « Dites-moi, je suis curieuse de connaître votre quotidien, voyagez-vous beaucoup ? Avez-vous déjà rencontré beaucoup d’espèces ? »

Artimède l’écoutait d’une oreille distraite, préparant visiblement son sac pour le déplacement. Il ne semblait pas ravi de participer à l’aventure, mais ne ferait jamais rien qui pourrait peiner son amie. Ainsi, s’assurait-il que tout se passerait parfaitement bien.

- « D’ailleurs pourquoi vous avez accepté le contrat ? Simplement pour passer du temps ensemble ? » s’autorisa Arti en complément de questionnement.


Zygan
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyJeu 12 Avr - 21:38
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My'trän +2 ~ Mistral
J’écoute avec attention les projets de Line, la chercheuse et commanditaire. A leurs attitudes, je sens bien qu’ils ont l’habitude d’être ensemble, il y a une légèreté paisible dans leurs rapports, une familiarité pleine de proximité qui n’est pas celle de gens qui se tolèrent, mais plutôt d’individus qui s’apprécient. Et le cours de la discussion donne l’impression d’un sentier déjà arpenté, d’une sente bien pratiquée, le long de laquelle aucune branche ne dépasse, ou si peu. Puis vient le tour des questions. Quelque part, je suis soulagé que ce ne soit pas un simple contrat purement pécunier, sans rapports humains. Ceux-là sont efficaces, efficients à en faire mourir l’âme.

Comme depuis le début de la discussion, je laisse Arianna répondre la première. Pas spécialement par galanterie, plutôt du fait de son caractère.
« Je suppose qu’après avoir posé la première question, il est logique j’y réponde, entame-t-elle. J’ai été toute ma jeunesse une chasseuse de ma tribu, avec ce que cela implique de traque, d’apprentissage de la nature, aussi bien faune que flore. »

La jeune femme communique à grands gestes, en agitant sa tasse d’infusion, mais pas une goutte ne déborde. L’utilisation des dons de Dalaï me fait sourire intérieurement, une véritable habitude inconsciente. Ou alors elle cherche à montrer que, jusque dans les petits détails, elle peut agir ? En y repensant, la question d’Arti peut être interprétée avec moins de philanthropie et davantage de mesquinerie, pour y voir un test, un scepticisme de nos capacités. Je hausse les épaules mentalement. Après que nous ayons mis en doute la valeur du contrat, cela semble presqu’équitable.

« … Et je suis maintenant une des guerrières de mon clan, pour le protéger et le représenter si nécessaire, surtout en ces jours… compliqués. Donc oui, je voyage beaucoup., achève la jeune femme. »

Line et Artimède ne réagissent pas plus que cela, alors je prends la parole à mon tour.

« Je bouge pas mal également. Généralement en périphérie de rassemblements, et je m’arrange pour être aux points de passage importants quand c’est nécessaire, par exemple pour me procurer des objets que je ne peux pas fabriquer moi-même. Par exemple, il me manque un kukri, le mien s’est cassé il y a peu. Je creusais un petit trou et j’ai buté contre une racine, puis forcé. J’étais fatigué, mais il était déjà très usé. »

Hum, ne pas se laisser à déblatérer.

« Je voyage généralement entre Zolios, Zagash et Suhury. Ce sont les pays arpentés traditionnellement par mon clan. Et je vis maintenant en solitaire, donc je capture ma propre pitance. Je ne pense pas me vanter en disant que j’ai croisé la majorité des bêtes que l’on peut voir ! Et, évidemment, je troque mes facultés quand et si nécessaire. Dans ces moments-là, je suis parfois seul, parfois accompagné, pour chasser les créatures de notre continent. Il arrive qu’elles détruisent les cultures, prennent goût à l’humain, volent le bétail… Ou, plus surprenamment, se développent trop, de façon incontrôlée, au point de menacer tout l’équilibre d’une région. C’est fou, hein ? »

Je ferme la bouche et me gratte le menton avec un air gêné : je suis devenu très enthousiaste, vers la fin de mon discours. A la place, j’avale mon infusion, qui a maintenant suffisamment refroidi. Sa douce chaleur se répand par mon œsophage jusque, semble-t-il, dans mes poumons. Le goût est plaisant les herbes se mêlent harmonieusement. Je pose doucement la tasse, ornée du symbole de Khugatsaa, devant moi.

Je jette un regard sur le côté.
« La raison pour laquelle nous avons accepté le contrat…
- Zygan avait envie.
- Un contrat de chasse est toujours une bonne chose. Il y a toujours une part de défi, même pour des muursülds.
- Mouais…
- On ne sait jamais ce qui peut se passer dans la nature. L’intervention d’autres bêtes, une réaction inhabituelle… Chaque instant est un test, et une leçon, pour qui veut bien les entreprendre et les entendre.
- Mais c’était aussi pour passer du temps ensemble, oui. »

J’ai un sourire en coin. Puis je me rappelle qu’Artimède viendra.

« Mais d’ailleurs, pourquoi ne venez-vous pas tous les deux ? Ce sera l’occasion de voir un peu comment ça se passe. Pas forcément de participer dans les moindres détails, mais juste de vivre un petit peu.
- Après tout, ça me semble être une bonne idée. C'est vrai que ce qui se passe à l'extérieur semble beaucoup vous intéresser. Et la meilleur chose à faire dans ce genre de cas, c'est de faire par soi-même. »

Je regarde Aria d'un air surpris.

« Bah, au point où on en est, hein... »

J’ai un grand sourire engageant vers les deux clients.
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptySam 14 Avr - 15:10



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Lïne écoutait avec beaucoup d’attention les informations qu’elle obtenait au fil de la discussion. Elle avait toujours rêvé de vivre une multitude d’aventures, chasser, traquer, apprendre à se battre, malheureusement, dès son plus jeune âge sa phobie s’était déclenchée l’empêchant d’évoluer convenablement dans son environnement. Aucun adepte de Möchlog n’avait réussi à la soulager de son mal psychologique, si bien qu’elle s’était finalement résignée définitivement à rester enfermée dans une maison, qui était finalement devenue son habitation. Les yeux de la blonde s’illuminaient donc à chaque information qu’elle obtenait, sans pour autant formuler davantage de questions, ne voulait-elle pas paraître trop curieuse.  

De son côté, Arti avisait d’un œil pas si impressionné que ça les gestes parfaitement maîtrisés de la novice de Dalaï. La tasse passait de la droite à la gauche, faisait un cercle, puis finalement ne laissait échapper aucune goutte de son thé froid. L’homme surveillait le moindre de ses gestes, analysait chaque parole, cherchait certainement à faire un rapport entre son vécu et cette façon de se comporter pas très avenant ? À moins qu’il soit l’unique responsable de cette sensation, restant trop fixé par les premières paroles qu’elle avait prononcées en arrivant. L’étrange duo avait donc appris qu’elle était devenue protectrice de sa tribu, tribu qui semblait toujours en mouvement. Artia opine simplement, commençant à penser que ce n’est peut-être pas une si mauvaise personne que cela. Il roule simplement des épaules, se concentrant sur la suite et la prise de parole de son interlocuteur masculin.

Zygan semble être un solitaire de son côté, ce qui surprend davantage la jeune femme, moins le barbu qui estime que c’est la meilleure façon de se forger. Les deux compères écoutent attentivement les indications, les questions, mais aussi les remarques. Lïne ne sachant pas véritablement quoi rajouter à la conversation, avait-elle fait le tour. Quoi que, l’idée même d’interroger vis-à-vis du lieu de vie de chacun et de la raison de cette envie d’être toujours en mouvement était bien présent. Ni l’un ni l’autre ne prit cependant la parole, laissant l’étrange duo poursuivre. L’un semblait un peu trop prudent, l’autre beaucoup plus insouciante, la comparaison fit sourire Arti qui se reconnaissait un peu dans sa relation avec Lïne. La suite de la conversation ne manqua pas de faire rire l’homme qui partit dans un véritable fou rire, elle, accompagner le groupe, jamais de la vie. Lïne gonfla les joues, l’avisant de haut en bas avec des éclairs dans les yeux.


- « Cesse donc de te moquer, tu n’es vraiment pas présentable » grogna-t-elle entre ses dents « Arrête te dis-je » elle lui mit un petit coup au niveau de l’épaule, puis avisant les deux autres qui ne devaient pas comprendre grand-chose argumenta «  Je suis navrée de son comportement, c’est que… je ne sors pas en extérieur… Je n’aime pas vraiment ça… »
- «  Elle est terrorisée plutôt » réajusta-t-il en essayant de calmer son rire «  Depuis que je la connais, j’ai dû la voir sortir une seule fois et c’est parce qu’il y avait le feu à la bâtisse ! »
- « Deux fois » souffla Lïne, provoquant un nouveau fou rire malgré elle

Gonflant davantage les joues, parfaitement contrariées par cette moquerie –bien que gentillette-, la jolie blonde se releva, avisant ce qu’elle pensait être un couple, puis Arti :

- «  Je ne vais pas vous faire perdre davantage de temps, si vous n’avez plus de questions, vous pouvez y aller et par pitié prenez avec vous ce pauvre homme, que je puisse réfléchir calmement, avec de la chance après votre aventure, il sera tellement fatigué qu’il fera la sieste pendant trois jours. »

L'homme se releva doucement, passa une main dans la chevelure de la blonde, histoire de parfaitement l'ébouriffer, il avisa le duo avant d'aller récupérer ses affaires. Autant ne pas assister à la colère parfois un peu trop enfantine de Lïne. Aussi mignonne soit-elle, la jeune femme avait souvent encore un caractère un peu trop aléatoire, un peu trop piquant.

- «  Je suis prêt, de toute façon, c'est vous les chefs pour l'heure, je ne vais que observer moi... »


Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyMar 8 Mai - 10:54
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Ils en auraient pour quatre... peut être cinq heures de marche pour arriver à la zone forestière suggérée par la jeune femme. Artimède marchait d'un bon pas et ne montrait pas plus de signe de fatigue que ses deux compagnons de voyage, au moins jusque là. Aucun, même. Ce qui était... surprenant. Pour lui. Il faisait bon et même trop chaud avec un soleil venant tout juste de quitter ses heures de zénith, et lui ne montrait pas le moindre signe de fatigue après deux heures de marche. Il ne transpirait même pas. Comme si le vent le couvait d'une brise rafraîchissante pour éponger ses tempes... comme si sa sueur s'évaporait d'elle même pour ne pas l'encombrer. À mieux y réfléchir, ses compagnons y étaient évidemment pour quelque chose. Mais ça, c'était quelque chose que n'importe quel my'tran pouvait faire, sans avoir besoin de se distinguer dans l'usage de ses dons.

Les trois my'trans progressaient d'un bon pas, même s'ils ne progressaient que rarement en ligne droite vers leur destination. Parfois, il s'agissait de se déporter légèrement vers l'ouest pour faire un crochet par un tas d'arbres fruitiers que seuls les héritiers d'une sagesse ancestrale - la culture des nomades - pouvaient trouver aussi naturellement. Même ainsi, ils prirent soin de ne pas prélever de fruit sur des arbres trop peu chargés, et d'en répandre les pépins un peu plus loin ; Artimède et la zagashienne en conservèrent quelques autres, l'un en guise d'ingrédient pour les expériences de sa protégée, l'autre pour en diffuser sur un point de passage de son clan.

Plus tard, Zygan les conduisit jusqu'à un large point d'eau, complètement à l'écart des sentiers habituels. Il espérait y trouver quelques mâles de l'espèce qu'ils chassaient, sachant pertinemment que la soif les forcerait à venir s'abreuver quelque part. Mauvaise pioche: même en se situant aussi loin vers le sud du pays, le milieu restait digne de Zagash, avec une véritable toile de torrents et de cours d'eau quadrillant le territoire. Alors ils continuèrent de pousser vers le nord, rencontrant progressivement de plus en plus d'indices témoignant de la présence de mursuuld dans la région. Des déjections, des poils arrachés au détour de tas de ronces, des empreintes dans le sol et quelques traces de griffes...

Et une carcasse entièrement décharnée, vidée de ses entrailles, partiellement disloquée, rongée jusqu'aux os et nettoyée par les vers, mais dont le crâne, la dentition et la cage thoracique étaient clairement ceux d'un des félins qu'ils chassaient. Elle se trouvait dans une cavité naturelle creusée à même la roche dans un flanc de colline, un genre d'abri aussi bien prisé par les nomades que les animaux.

-Ah bah oui, on a réussi à en trouver un, plaisanta Zygan. Dommage qu'il n'y ait plus d'oreilles à prélever.

La carcasse suintait littéralement d'une odeur de pourriture qui ne semblait pas du tout déranger les trois my'trans. Au lieu de ça, tous trois s'affairèrent auprès du squelette, chacun lisant dans les ossements brisés selon le spectre de sa propre expérience.

-Il s'est fait défoncer le flanc, remarqua Arianna. Ca devait être contre...
-Un genre de cerf, compléta Zygan.
-Il s'est attaqué à plus fort que lui?
-Ca y ressemble. Un ours aura flairé la carcasse et l'aura ramenée ici pour la manger.

La zagashienne s'affaira un instant auprès du crâne de l'animal, cherchant à constater s'il y avait quelque chose en bon état à récupérer dans sa dentition. Visiblement oui, à voir comment elle entreprit d'en détacher les crocs, puis le reste. Quelques instants de plus et ce furent les griffes qui y passèrent. Elle hésita un instant devant le reste des ossements de l'animal, mais n'en préleva pas plus. Juste le temps de nettoyer ses trophées en puisant dans une flaque avant de les glisser dans un pan de son sac, et c'était bon pour elle.

Artimède, par contre...
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyMer 9 Mai - 0:44


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Artimède avait suivi sagement le groupe, faisant un petit signe de la main à son ami sur le chemin. Il se sentait étrangement bien, étrangement jeune, pas de fatigue, pas de sueur, rien du tout. Si un être voyageant en compagnie d’autre my’trän régulièrement comprendrait aisément que ses compagnons de voyage le soulageaient, ce ne fit pas le cas d’Artimède, qui lui, ne voyait là que la preuve qu’il était encore parfaitement bien dans son corps et son esprit, malgré l’âge avançant. Les deux jeunes gens semblaient rester très calmes durant le trajet, pas de blabla inutile, pas de questions vis-à-vis de sa personne ou de curiosité vis-à-vis de sa relation avec son amie. L’homme ne pouvait qu’en être satisfait, bien qu’il admette volontiers que c’était un brin perturbant. Suivant le rythme de l’adepte de Dalaï et d’Amisgal, il s’était mis à siffloter légèrement, cherchant à surveiller son environnement pour ne rien louper. L’individu n’était pas certain d’être utile en cas de combat, alors autant l’être dans l’observation.


- «   Vous voyagez souvent ensemble alors ? Enfin, j’veux dire, pourquoi vous ne voyagez pas tout le temps ensemble ? À moins que ce soit parce que vous ne vous supportiez pas nuit et jour sur la durée ? »

Il roula des épaules avant de poursuivre son chemin, récupérant des fruits, des plantes, toujours sans réellement faire attention aux deux autres. L’homme restait particulièrement en alerte, persuadé qu’ils allaient bien finir par tomber sur un gros chat. Les heures, les minutes et les secondes s’écoulaient sans que personne ne trouve aucune oreille à découper… Après un nouveau parcourt qui ressemblait au précédent une carcasse parfaitement odorante et détectable aux mouches la survolant attira l’attention du trio.

- «   Beurk » fit-il dubitatif «  Qu’est-ce qu’elle va faire avec tout ça ? » questionna-t-il en direction de Zygan

Des petits bzbzbz se faisaient davantage entendre, toujours plus fort, de manière toujours plus présente, le genre de petit bruit qui agace très rapidement. Pourtant impossible d’identifier la source, du moins, impossible avant Artimède tente de pousser du bout du pied la carcasse qui se transforma rapidement en une montagne de mouches plutôt grosses qui s’empressaient de voler et d’embêter les individus présents, cherchant à rentrer dans tous les orifices disponibles. Une quinte de toux, puis des gestes brusques qui partent dans tous les sens pour éliminer les nuisibles volants sans véritable succès.

- «   C’n’est pas vrai, mais c’n’est pas vrai, qu’elle idée de toucher une charogne » grommela le bonhomme en manquant de s’étouffer avec une mouche

Dans le même instant, alors que c’est un véritable nuage noir intense et bruyant qui semblait noyer la vision et l’ouïe des trois étranges personnages, ce fut bien un énorme et imposant gros chat recherché qui passa entre les jambes de Zygan, à toutes jambes, cherchant à fuir quelque chose d’un peu plus impressionnant, d’un peu plus dérangeant, sans pour autant que rien de tel ne soit visible. Ne dit-on pas qu’un animal ne prend pas la fuite sans raison ? Qu’ils ont la conscience de l’instinct de survie ? Dans le ciel, s’associant et visiblement intéressé par le regroupement de mouches, une ombre sombre descendait doucement vers le petit groupe. Un Ovchin visiblement pas bien vieux semblait avoir dans l’idée de faire des insectes volants son dîner.



Zygan
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyDim 20 Mai - 10:26
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Pas le temps de réagir intelligemment au félin qui passe, il y a d’abord l’énorme nuage d’insectes, et surtout ce qui veut les grignoter pour son déjeuner, un vchin affamé. Dans la nuée noire et vrombrissante, je plisse les yeux, suffisamment pour distinguer qu’Arianna a déjà dégainé son épée et est en posture défensive, prête à bondir sur la créature qui est maintenant bien trop proche. Sa trajectoire… Je prends brusquement conscience du souffle du vent, et des micro-courants d’air soulevés par la myriade de petites ailes.

Le manche de ma lance fauche les jambes d’Artimède pour l’envoyer au sol tandis qu’une poussée de la paume génère un brusquement mouvement d’air, soutenu par le vent local. Le nuage se dissipe un peu, se décale vers le haut au lieu d’essayer de rentrer dans le moindre de nos orifices accessibles, et je me jette par terre sans la moindre honte. L’ovchin ouvre sa gueule et aspire goulûment, avant de repartir dans un grand battement d’ailes.

On reste aux aguets, des fois qu’il veuille faire la passe retour. Les mouches retournent à leur cadavre, mais cette fois on les voit clairement. Maintenant que la surprise s’est levée, les cœurs se calment, et c’est les esprits qui s’échauffent.

« Y’a pas idée de taper dans tout sans savoir ce qu’on fait ! S’exclame Arianna.
- Ca va, Aria, du calme, ça arrive.
- Non mais à son âge, même un enfant de huit ans…
- L’important, c’est que personne n’ait rien de cassé, que j’assure.
- Mon petit cousin fait ça et il cinq ans.
- On commence à comprendre l’idée, Aria. »

On se relève, on s’époussète, on regarde autour de nous. A part la carcasse, les piaillements de quelques oiseaux qui ont paniqué mais qui commencent déjà à se taire et à reprendre le cours de leurs vies, la forêt est identique à elle-même. Calme, et semble-t-il vide pour celui qui n’est pas entrainé à reconnaître les signes.

« De toute façon, que je reprends, l’important, c’est qu’on sait maintenant avec certitude qu’il y a des mursüulds dans la région. Il n’y a qu’à suivre les traces.
- [color=teal]Mouais, c’est déjà pas mal.
- Après, il faut voir si celui qu’on vient de voir passer vous irait, Artimède ? Sinon, s’il y en a un, on en trouvera d’autres, probablement au point d’eau le plus proche. Il y aura de quoi relever des traces, ce ne sera jamais l’affaire que d’une nuit dans la nature. »

J’espère qu’il n’est pas trop vexé. Il s’entend vraiment comme feu et eau avec Arianna, à se demander s’il n’est pas adepte de Süns. A obéir à ses pulsions pour justement taper dans la carcasse pleines de mouches… J’en profite d’ailleurs pour m’approcher de cette dernière et examiner de quoi elle est morte. J’évite de trop toucher à mains nues, c’est pas propre et vu l’état de décomposition, je risquerais d’attraper une maladie, mais juste pour regarder, cela suffit largement. C’est toujours bien de savoir s’il y a de gros prédateurs ou d’autres My’träns dans la région.
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyJeu 24 Mai - 19:43


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C’est un immense nuage de mouche qui s’abat sur le trio un peu particulier, difficile d’y voir quoi que ce soit, ou pour les humains d’exprimer une pensée au risque d’avaler des petits insectes volants. Le bruit des ailes se frottant et se refrottant se fait davantage entendre alors qu’Arti tente maladroitement de faire s’éloigner les mouches. Des gestes de la main, des petites bourrasques de vent très légères, difficile d’imaginer des insectes aussi résistants. Ce fut finalement Zygan qui trouva une solution quelque peu radicale, il provoqua la chute de l’ancien. Qui se retrouva sur le sol dans un fracas important et une douleur désagréable dans son épaule gauche. Sur le sol, il grommelle, mais au moins il n’est plus embêté par les mouches, l’ensemble de petits points noirs se retrouve sur le côté et c’est finalement une ombre imposante qui s’approche pour becter dans une rapidité déconcertante l’ensemble. Un piaillement à faire trembler les entrailles, puis un bruissement d’aile bruyant et imposant et la créature s’éloignait sagement, visiblement satisfait du repas que la fouille des jeunes gens avait entraîné. Après quelques minutes encore étalées sur le sol humide, l’homme d’un âge plus avancé que les deux autres avaient fini par se relever, non pas sans ronchonner. Son amie aurait sans aucun doute hurlé, se serait emportée avec force contre les deux compères, mais pas lui. Arianna s’offusquait de son comportement, alors que lui était convaincu que l’unique responsable de tout ceci ne pouvait être que cette foutue bonne femme. Passant une main derrière sa nuque, puis dans ses cheveux qu’il frotta quelque peu il finit par rire doucement.

- « Allons, allons, l’aquatique ne me dit pas que tu as peur de quelques mouches ? Alors quoi, si y a plus d’eau, tu te sens perdue ? » il roule des épaules, dépoussière sa tenue en ronchonne toujours « Vous avez vu la taille de ce piaf, il était gigantesque si Lïne avait pu voir ça… Elle en serait encore toute retournée j’en suis convaincue. »

Avisant celle qui n’avait de cesse de bougonner  presque autant que lui, Arti lui offrit un sourire, ainsi qu’une petite tape sur l’épaule. L’ancien rêvait encore de ses cinq ans ou de ses huit ans, malheureusement pour lui, il était loin, très loin d’avoir cet âge-là.

- « Ma pauvre, tu peux multiplier le tout par cinq facilement… C’est que j’suis plus bien jeune, j’dois être trop vieux pour tout ça. Mes os sont plus aussi forts que les vôtres… » il avise les deux « J’veux pas entendre la taquinerie, j’vous vois déjà venir les marmots ! »

L’homme roule des épaules, s’applique à faire craquer certaines de ses articulations avant de faire quelques pas en avant, une main au-dessus des yeux, ceux-ci plissé pour surveiller le ciel, il semblait vérifier que l’Orvshin n’était plus là ou en tout cas qu’il n’avait plus dans l’idée de foncer sur le trio. Tournant par la suite la tête vers Zygan, l’homme sembla un peu perplexe, trop occupé avec les mouches, il n’avait aucunement remarqué l’animal qui était passé ici.

- « Qu’est-ce que vous faites avec la carcasse, j’pense pas qu’on devrait encore y toucher… » fit-il inquiet de revoir l’énorme oiseau revenir « Aucune idée, j’crois pas l’avoir vu, je vous fais confiance pour ça, quitte à passer une nuit à l’extérieur… » termina-t-il

Du côté de la carcasse, aucune mouche ne s’échappa davantage, sans réellement l’aviser en profondeur, il était difficile de terminer la cause de la blessure, toujours est-il que l’animal était mort depuis un certain temps, certainement à cause de l’attaque d’un prédateur certainement beaucoup plus imposant que celle gisant sur le sol.  Incapable de s’orienter, ou de simplement prendre une décision, l’homme préféra laisser le duo le faire.

- «  Je vous laisse choisir par où on va et ce qu’on fait, moi j’y connais rien dans tout ça. D’ailleurs, le point d’eau il est loin ? Et vous avez la tuer comment la bête, il ne faudrait pas qu’elle souffre trop… »

Spoiler:
 


Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Pré-Scriptum : zut, je dormais j’ai pas lu j’pas suivi et j’pas réagi à temps, mais… Arianna a récupéré des griffes et sur ce qui était un squelette nettoyé jusqu’à l’os par la nature, donc je pars du principe que celui d’où les mouches sont sorties était une autre carcasse ^^


-NON MAIS ÇA VA OUI? VOUS VOUS SENTEZ ENCORE OU QUOI?

Plus le temps passait, et plus… et moins… Artimède passait aux yeux d’Arianna.

La my’tranne estimait être patiente, contrairement aux apparences. Le problème, c'était qu'il s'agissait d'un trait extrêmement relatif quand on le passait sous le prisme de la culture zagashienne - mais que, même chez eux, les personnes qui supportaient les déconvenues le plus longtemps étaient aussi les plus effusives quand la coupe était pleine. En d'autres termes...

-VOUS FAÎTES N'IMPORTE QUOI DEPUIS TOUT LE DÉBUT. VOUS ÊTES PIRE QU'UN POIDS MORT. ET VOUS SAVEZ QUOI? JE M'EN FICHE COMPLETEMENT ! Parce que ça n'est pas un crime. OUI. Et ce même si en effet, un gamin de huit ans serait clairement plus dégourdi que vous pour nous accompagner. Mais ça n'est pas grave du tout, je peux faire abstraction. Mais alors vos remarques à la noix, vos plaisanteries de mauvais goût, vos excuses ridicules, il n'y en a pas besoin. Alors je vais reprendre clairement, et vous allez me dire ce que vous en pensez.
-Aria'...
-Non Zygan.

L'autre n'insista pas, sentant bien qu'il ne parviendrait à rien pour la retenir. Il y avait trop de choses qu'elle se devait d’écraser sur le visage de leur compagnon de voyage, maintenant. Et puis, même s'il ne l'admettrait pas et ne cautionnait pas du tout la façon de le dire... sur le fond, il ne pourrait pas nier qu'il s'agissait d'une juste rétribution pour tout l’agacement que leur procurait le my’tran - terriblement disproportionnée dans sa forme, voilà tout.

Bon, après... il y avait des petits détails qui l’avaient contrariée et qui relevaient clairement plus de la fierté personnelle que de quoi que ce soit d'autre. Même s'il devinait qu'Artimède avait simplement cherché à alléger l'atmosphère en faisant quelques blagues... celles-ci étaient beaucoup trop maladroites pour parvenir à désamorcer la Torricelli.

-Alors donc, je me sens perdue sans eau? Vous n'y connaissez rien. Il me suffirait de vous cracher au visage pour en avoir à disposition, de l'eau. Et je pourrais vous faire brûler les yeux rien qu'avec ça. A vous ou bien à un ovchin. Alors non, je ne me sens pas particulièrement démunie face à une poignée de mouches, ça ne fait aucun doute.

Maladroit. Ça, pour commencer. Forcément.

-Ensuite, merci de ne plus me toucher. Je l’ai dit et me répète, je ne vous apprécie absolument pas, je suis convaincue que c'est très réciproque, et je refuse de faire semblant.

C’était ça qui avait achevé de lui faire chauffer le sang, en fait. Il y avait certaines formes de familiarité qui ne passaient pas très bien, mais qu’elle pouvait librement ignorer. Dès que c’était physique, par contre…

-Et la chef de ma tribu a beau avoir plus de cinquante-cinq ans, elle se porte comme un charme. Sorenza continue de plonger quand on fait de la pêche sous-marine, elle grimpe aux arbres beaucoup mieux que la plupart d'entre nous pour y cueillir des fruits, ça ne pose aucun souci. L'âge est sans aucun doute un facteur atténuant, mais vous vous y réfugiez beaucoup trop facilement compte tenu de ce que vous faites. Je vous parle d’expérience, et vous êtes beaucoup trop maladroit – Zygan m’a déjà fait une blague comme quoi vous pourriez être daenar, et ça serait presque crédible.

Le concerné resta impassible, espérant que sa poker face ne trahirait pas son facepalm intérieur devant tant de franchise – car c’était justement ce qu’il ressentait, même si les termes n’étaient guère élégants.

Mais Arianna n’en prit cure, et fulminait toujours. Non, elle n'allait pas attaquer férocement Artimède - rien dans son attitude ne le suggérait et ce serait idiot. Elle se contentait de lui asséner ce qu'elle estimait être ses quatre vérités. Et le dévisageait d'une expression courroucée emplie de désapprobation, une expression qui mettait parfaitement en valeur ses beaux yeux bleus azur et ses minces rides précoces. Mais ses bras n'indiquaient pas du tout une posture menaçante: ses mains se trouvaient à hauteur de ses hanches, paumes tournées vers le haut un peu comme si elle s'apprêtait à lever les bras vers le ciel en signe d'exaspération. Ce qui était dans l'idée, d'ailleurs. Mais même ainsi, elle n'était pas si déraisonnable que ça. Simplement très brutale, et tout aussi directe :

-Donc maintenant, on va faire des choses simples. Vous avez deux options. Je vous aide à récupérer vos morceaux de mursuuld, vous ne me faîtes plus d'écart, on ne vous prend pas d'argent parce qu'on en a pas besoin. Vous apprenez à vous dégourdir dans la foulée – je veux voir un my’tran, pas un drôle de citadin - et on fait quelque chose de décent. Ça c'est si ça se passe bien.

Elle n'avait fait que sous-entendre la chose un peu plus tôt, et pas trouvé l'occasion d'en reparler - et avait oublié son sujet dans le courant du voyage. Mais tant qu'à travailler pour un petit peu d'irys, autant travailler pour rien du tout. Les Nerassa ne faisaient qu'un usage limité de la monnaie, préférant largement l'usage du troc et de la reconnaissance pour effectuer leurs échanges. Et parfois, la simple satisfaction d'un devoir accompli suffisait largement. Mais ça... c'était surtout pour les gens qui en valaient la peine. Et c'était justement ce qui enrageait Arianna. Artimède et sa Line donnaient de moins en moins l’impression de la valoir.

-Ou alors j’oublie tout maintenant, vous vous débrouillez comme vous voulez avec Zygan qui sera vraisemblablement trop gentil pour vouloir vous lâcher, et je m'en contrefiche. Il saura nous retrouver et ça se passera très bien. Mais sérieusement, vous êtes un my'tran ou bien? Parce que j'ai déjà vu des daenars et des citadins beaucoup plus dégourdis que vous dans la nature. Vous êtes vraiment trop maladroit, trop mal à l’aise, trop… on dirait que vous êtes presque surpris ou aveugle devant de la magie. Alors je vous le demande : qu'est-ce qui ne tourne pas rond chez vous? Non, je ne m'exaspère pas spontanément devant les gens sans raison, vous pouvez me prendre pour une folle furieuse si c’est votre impression, mais c'est vous le cas grave. Et je ne parle même pas de votre amie ou votre chef ou je ne sais quoi de gamine qui refuse de sortir de chez elle quand elle habite dans une maison au beau milieu de la nature. Je veux dire, qu’est-ce que c’est enfin ? On lui a proposé de sortir pour qu’elle participe à sa propre collecte. Et vous nous aviez dit… qu’elle est terrorisée quand elle met le pied dehors ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ?

Elle n'avait plus l'air agressive, maintenant. Juste sévère... et inquisitrice... ce qui n'était pas forcément mieux en fait. Mais l'esprit des nomades zagashiens revenait à la surface : les boulets, on les affutait par l'exemple, pour leur propre bien, et de force s'il le faut. D'une manière ou d'une autre.
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyDim 27 Mai - 17:12


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Rand pour la patience d'Artimède : a écrit:

Rand 20 :
Si le rand est égal ou supérieur à 14 le pnj reste calme
Si le rand est égal ou inférieur à 13 le pnj perd patience
Résultat des dés : 1 Échec  

Artimède pivota très légèrement vers celle qui venait de lui adresser la parole, sa main passa dans sa barbe fournie alors que ses sourcils se fronçaient petit à petit. Si jusqu’à maintenant, l’homme avait fait preuve de bienveillance, de calme et d’un brin de taquinerie, son regard laissait entendre que tout ceci était derrière lui. Ses lèvres se pincèrent, sa mâchoire se contractée alors que lui aussi, semblait réellement se demander ce qu’il faisait là avec des personnes trop imbu d’elle-même pour apprécier le contact des autres.  Ses poings se serrent rapidement, faisant blanchir les articulations de ses doigts, l’homme semble proche, très proche de l’explosion, chose qui extrêmement rare. Il ne semble pas être le seul, plus que l’adepte de Dalaï lève la voix, se permet des paroles bien maladroites, d’autant plus quand on ne connaît pas la spécialisation de son adversaire, ou qu’on pense la connaître sans jamais en avoir été témoin. Arti prend une inspiration, puis une autre, abandonne son centre d’attention pour regarder un Zygan qui se laisse complètement dominer. Le pense-t-il aussi ? Est-ce eux qui n’ont rien compris, ou est-ce lui qui ne sait pas se faire suffisamment respecter ? Faut-il être forcément méchant pour obtenir un semblant de respect ? Autant de questions qui se bousculent dans son esprit, qui l’enrage davantage. Un seul mot se réplique dans sa tête ‘la ferme’ en boucle, alors qu’il n’attend qu’une chose, de voir ses doigts s’enrouler autour de la gorge de l’irritante bonne femme.

- «  Est-ce que ça vous amuse ? » prononça-t-il en insistant sur chaque mot, chaque syllabe, alors que ses yeux semblaient vouloir sortir de leur orbite.

Sous leurs pieds, le sol s’était mis très légèrement à vibrer, à trembler, sans que ni l’un ni l’autre n’en soit responsable. Artimède lui, semblait proche de l’explosion, proche de lever la voix alors qu’en face de lui, Arianna poursuivait ses efforts, enchaînaient naturellement vers la provocation. N’avait-elle pas compris avec son calme, n’avait-elle pas perçu qu’ils étaient opposés, n’aurait-elle pas pu se douter en lui demandant vers quel architecte son cœur battait principalement ? L’ancien avait eu le temps de rouler sa bosse, et si deux architectes l’avaient en effet habité à un moment ne restait que le maître de la terre, n’avait-il eu de cesse de se spécialiser encore et encore, juste pour protéger Lïne pour lui construire une maison, pour ne plus jamais qu’elle ne connaisse l’horreur qu’elle avait vécue et qui malgré l’oubli, avait marqué son esprit et l’empêchait ainsi de sortir.

- « Je n’utilise pas ma magie à outrance pour démontrer une force, la force ne réside que dans nos capacités et dans notre maîtrise du calme… Je n’abuse pas de la bienveillance de nos architectes, ceux qui nous ont offert la magie. » il fronce les sourcils « Ne me fait surtout pas rire avec ton eau, je pourrais l’emprisonner dans de la terre avec une facilité déconcertante. Celui qui est le plus voyant est souvent le plus faible. »

N’avait-elle pas eu de cesse de montrer son caractère de souffler qu’elle était forte, d’abuser encore et encore du si précieux don des architectes et finalement, finalement n’avait-elle pas du éviter l’Orsvhin, n’avait-elle pas elle aussi été un brin perturbé par les mouches. Personne n’était surpuissant, personne et encore moins celle qui se trouvait juste devant lui. Aurait-elle dû écouter, se renseigner, faire preuve d’un peu d’altruistes au lieu de juger bêtement, lâchement.

- «  Un enfant de huit ans à encore l’esprit libre et s’intéresse aux autres. Je préfère être un enfant de huit ans, qu’un tiers de ce que tu représentes, ton ego te poussera à la mort, à la fin de ton cycle. »

Plus l’homme s’exprimait, plus la terre se mettait à trembler dans une zone bien précise, celle du trio. Devrait-elle apprendre à se taire, à faire silence, devrait-elle sans aucun doute, ne pas aller trop loin dans ses propos… Malheureusement, elle finit par l’achever, et si l’évocation de son chef de tribu ne lui fit ni chaud ni froid, le fait d’aborder Lïne fit bien différent, beaucoup plus différent. L’homme fit sortir des pierres de la terre, la modelant comme il le souhaiter, enfermant le duo dans une prison ou l’air pouvait encore circuler. Comme une main qui se refermait sur eux, comme une volonté étrange de voir le sol les engloutir, cela serait si simple, si simple. Avait-elle trop parlé de ce qu’elle ne connaissait, avait-elle dépassé des limites, ses limites à lui. Ceci fait, il sembla retrouver un semblant de calme, bien que la flamme de la colère ne se soit pas encore complètement éteinte dans le fond de ses yeux.

- « Ne parle pas de ce que tu ne connais pas, idiote. Ne t’a ton jamais appris que l’esprit ne pouvait pas être soigné par les croyants de Möchlog ? Es-tu à ce point égoïste pour ne pas t’intéresser à la croyance et les limites des autres magies ? Au fond tu me fais de la peine, tu as beau voyager, tu restes enfermé dans tes certitudes, alors que celle qui ne peut plus sortir s’intéresse à tout et cache le voile de tristesses au fond de ses yeux. Tu es pitoyable croyante de Dalaï. Pitoyable. » il prit une inspiration «  Ceux qui ne vivent pas comme toi n’ont pas forcément tord et tu n’as pas forcément le mérite d’avoir la meilleure vie. Faut-il apprendre à respecter les autres, et accepter la différence. Nous sommes tous leurs créations. »

Il dévisagea le duo, s’arrêta un instant sur Zygan, il aurait pu l’apprécier cet homme, malheureusement, n’avait-il pas fait ses preuves, n’était-il pas parvenu à calmer sa binôme. Il devait lui ressembler finalement, face à Lïne Arti ne s’emportait jamais, jamais.

- « Vous avez raison. » Souffla-t-il finalement « Je n’ai pas besoin de vous et vous n’avez pas besoin de moi. Si vous parvenez à sortir de la cage, peut-être qu’un jour nos chemins se recroiseront, ou peut-être pas. »

L’homme tourna le dos, s’éloignant simplement dans cette manière bougonne bien à lui. Il ne desserrerait les pierres enfermant le duo qu’après être à une certaine distance. N’avait-il plus envie de côtoyer qui que ce soit, l’humain lui faisait de la peine, trop de peine.


Les options : a écrit:

Soit vous choisissez d'essayer de le rattraper et de repartir sur de bonnes bases.
Soit vous décidez de continuer le contrat sans lui et de livrer la commande à qui de droit
Soit vous partez et laisser ainsi se terminer cette aventure
Autres ? Faites moi rêver.  

Vous choisissez d'essayer de le rattraper:
 

Vous décidez de continuer le contrat, sans lui et de livrer à qui de droit:
 
Vous décidez de ne pas le rattraper et ne pas finir le contrat:
 

Informations HRP : a écrit:

Ce sera mon dernier post du mois de mai, je pars pour mes oraux prochainement.
En attendant, profitez bien du forum pour moi ♥️

Zygan
Zygan
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptyMar 5 Juin - 22:31
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Je lève une main vers Artimède, qui est déjà bien reparti sur son chemin. Par réflexe, quand les secousses s’arrêtent, j’essaie de me rattraper à un arbre proche. Jambes écartées, genoux fléchis, lance aux aguets… Mince, qui aurait cru qu’il s’agissait d’un maître de Delkhii ? Enfin, avec le calme dont il a fait preuve jusque-là, malgré son âge, il aurait aussi bien pu être un maître de Süns. Enfin, même pas forcément un maître. Avec un peu de surprise, je note un filet de sueur froide le long de ma colonne vertébrale. J’ai aussi tous les autres instincts qui se sont mis en route. Le sang revient circuler dans mon visage alors que je prends de longues inspirations.

« Hmpf. »

Ma tête se tourne sèchement vers ma voisine, amie d’enfance, et compagne pour cette sympathique petite sortie.

« Mais qu’est-ce qui t’a pris, Arianna Torricelli ?
- Ah non, tu vas pas t’y mettre aussi, Zygan Farkas ! »

La retombée de la brusque frayeur dans le va-et-vient émotionnel me secoue.

« Non mais Aria ! Que je reprends en laissant tomber le nom de famille, c’était un maître, il aurait pu nous écraser comme ça ! Paf ! T’as abusé ! »

Je mime mon poing qui se referme brusquement.

« Justement, ça prouve bien que j’ai raison ! Je n’utilise pas ma magie sur d’autres gens, moi ! Rétorque-t-elle.
- Oui, mais lui s’est arrêté juste avant, heureusement.
- Encore heureux ! Et je ne m’en prends pas aux plus faibles non plus. La démonstration de force était aussi nulle que ce qu’on peut attendre d’un… »

Je secoue la tête et me secoue mentalement, avant de lui couper la parole.

« Mais de toute façon, c’est pas la question, d’abord !
- Ah oui ?!
- Oui ! T’as été odieuse avec Artimède ! Alors, d’accord, vos tempéraments sont opposés. D’accord, vos Architectes sont opposés. D’accord, vos sujets de prédilection sont opposés.
- Surtout que…
- Laisse-moi finir !
- Ok. Mais après ce sera mon tour ! »

Ils se fixent quelques instants, tous les deux remontés, comme toutes les fois où ils se sont embrouillés depuis environ leurs quatre ans. La forêt autour est d’un calme surnaturel, conséquences de l’irritation considérable d’Artimède. Comme si le monde retenait son souffle histoire d’être sûr de ne pas déranger l’eau qui dort. Une feuille, dérangée par les secousses, tombent doucement au sol, et seul l’air me semble encore normal, bien que chargé.

« Mais t’as été odieuse ! Il n’est pas à l’aise dans la forêt, ça ne veut pas dire qu’il n’est pas my’tran ! Puis c’était qu’une blague, quand j’ai dit que c’était peut-être un daënar ! »

Je prends du souffle et de la dynamique maintenant que je suis lancé.

« Ca se trouve, son clan a toujours été celui du primo-gharyn donc il a grandi en ville, par exemple. »

Elle me fixe, la bouche qui forme un pli serré. Mais je n’ai pas encore fini.

«  Tout ce qu’on a fait, c’est nous mêler de ce qui nous regarde pas. Alors, c’est sûr, ça partait d’un bon sentiment, forcément. Ça j’en doute pas, sauf le malin plaisir que t’as pris à l’asticoter et lui voler dans les plumes. Et… Je crois que j’ai fini. »

Je refais mentalement les derniers événements, puis je hoche la tête dans sa direction, pour confirmer que c’est son tour. J’associe rarement une Arianna énervée à un volume sonore bas, et me prépare à dire adieu au calme de la forêt.

« Je n’aurais pas été aussi irritée s’il n’avait pas été aussi irritant dès le début. Mais dès le début de ce contrat, dès qu’on a mis le pied dans cette maison, à chaque petit commentaire pernicieux… Ah ça, on les reconnaît bien là, ces hypocrites de Delkhii. Ça feint l’attitude placide de la terre, large, stable, puis ensuite ça critique l’air de rien en se cachant derrière de l’humour, pire que des sables mouvants.
- T’exa… Que je commence avant de me rappeler la règle du jeu.
- Oui, je n’ai voulu que l’aider. Mais il a refusé. Et tu sais pourquoi il a refusé ? PARCE QU’IL NE VEUT PAS UTILISER LE REMEDE ZAGASHIEN QUI S’APPELLE LE COURAGE, ET PAS SIMPLEMENT SE MORFONDRE EN INTERIEUR AU LIEU D’AFFRONTER SES PEURS ! MAIS, EVIDEMMENT, CE TYPE INCARNE A LA PERFECTION SON ARCHITECTE, TOTALEMENT PASSIF AU POINT DE NE JAMAIS BOUGER DU CONFORT DE LA-BAS. VOILA ! »

On se fixe pendant qu’elle reprend son souffle.

« ET COMME… Comme j’ai dit, reprend-elle, je ne vais pas l’aider, ni cette Line. De toute façon, il ne veut pas de notre aide. »

Une pause.

« J’ai le droit de parler ?
- Hm… Malgré la tentation de dire non, oui.
- Bon… »

J’ai un sourire ironique et sans joie.

« On s’est engagé à faire ce contrat, donc je vais le faire. Mais du coup, je comprends que tu ne veuilles pas. Tu ne vas avoir aucun regret ? Vraiment aucun ?
- Non. Aucune chance. Ce sale type l’a bien mérité. Mais je m’attendais à ce que tu veuilles l’aider quand même. »

Nouveau silence. La vie dans la forêt a repris son cours, avec les bruissements des feuilles, les chants des oiseaux, le bruit des insectes, bref, toute la myriade de sons caractéristiques de la nature.

« On se retrouve au campement de ton clan, comme prévu ? Que je risque.
- Oui, ça, ça n’a pas changé.
- Sans rancune ?
- Sans rancune.
- Sans rancune, que j’répète pour sceller la discussion. »

Le même truc que quand on était petit. La première fois qu’on s’est engueulé pour un jouet pas bien joli. Marrant, comme certaines choses restent. Agréable, aussi.

Avec tout ça, cela fait quelques minutes qu’Artimède est parti. Je n’aurai pas le moindre mal à le suivre et le rattraper. Si je me dépêche, capturer un mursüuld ne devrait pas me prendre plus que la journée et la nuit, surtout que j’en ai vu un passer juste à côté de nous pendant l’affaire avec l’ovshin, qui a donné tous les débordements suivants. Pas de chance, quand même, pas de chance. Puis avec un signe de la main, je pars en trottant derrière le vieil homme, pas vraiment formé à la survie en forêt. Sa piste est jonchée de débris de feuilles, de branchages, de pas dans la terre. Ça me facilite bien les choses, et je n’ai pas besoin de beaucoup réfléchir.

Quand je le rattrape enfin, je me rends compte que j’aurais, justement, dû réfléchir. Il se retourne et me regarde de sous ses sourcils broussailleux.

« Artimède. Euh… Comment dire… Je suis désolé qu’Aria ait dérapé comme ça. Elle n’aurait pas dû… Enfin… »

Merde, ce n'’est que m’excuser alors que je ne suis pas vraiment en tort.

« Bref, elle a décidé de reprendre sa route et retourner voir sa tribu, mais je tiens vraiment à finir le contrat. C’est qu’on s’y est engagé, et je ne veux pas tromper la parole donnée. Donc… On peut continuer ensemble ? Ca ne devrait pas prendre longtemps. Si tu veux bien ? Sinon j’irai chercher le mursüuld et je ramènerai ce qu’il faut à la maison, pas de souci. »

Puis je me rends compte d’un truc, brusquement.

« C’est aussi ma faute pour pas l’avoir restreinte. Avant, je veux dire. J’aurais dû lui en parler. Hm. Désolé. J’espère qu’on pourra repartir sur de bonnes bases. »
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Elle le laissa courir. Ils iraient dans la même direction, et elle n’avait pas la moindre envie de marcher avec eux, de recroiser le quarantenaire trop ancré dans sa tête, de devoir supporter la présence de Zygan après leur prise de bec. Pas maintenant, peu importe les détails. Ca l’agacerait encore plus, elle se sentirait obligée de lui rétorquer de long en large tout ce qu’elle pouvait objecter dans ce que l’autre lui avait servi comme foutaises et excuses confortables en les prenant de court. Elle n’avait pas envie.

Au lieu de ça, elle bifurqua en diagonale pour longer le chemin de fortune que Zygan allait emprunter – et celui qu’Artimède empruntait déjà pour rentrer voir sa Line. En direction du sud, à moins que le quarantenaire ne se soit raté avec un sens de l’orientation digne de ce qu’il leur avait montré jusque-là.

Ca aurait pu, ils ne l’avaient pas vu partir.

Que Zygan parvienne ou pas à interrompre le Delkhii pour qu’il reste chasser, ça ne l’intéressait pas. Encore que, ça l’arrangerait peut être.

Parce que contrairement à ce qu’elle avait annoncé à son ami, elle n’allait pas rejoindre les siens tout de suite. Même si eux aussi se situaient globalement dans la même direction que la demeure des deux cas du jour. Elle avait d’autres plans.

Objectif : quelque chose qu’elle avait proposé bien plus tôt, en voyant que la poupée de porcelaine du Delkhii ne sortait pas de chez elle. C’était juste flagrant. Le muursuld, c’était une grosse connerie, grogna-t-elle en marchant dans les bois. Une lubie pour tester quelque chose. Pas mauvais en soi, mais sûrement pas le pire problème que les deux sédentaires trainaient dans leurs casseroles. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi l’autre avait recours à des extérieurs après l’étalage inutile de pouvoirs qu’il venait de leur faire. Ou plutôt, si : s’ils avaient fait ça, c’était pour qu’ils le fassent à sa place, pas possible autrement. Il n’avait pas prévu de venir avec eux – ça n’avait aucun sens - alors qu’il aurait pu le faire seul, ou qu’ils pouvaient le faire sans lui. A fortiori en constatant qu’ils ne s’entendraient vraiment pas, comme c’était évident. C’était juste que la fille avait proposé ça dans un élan fantaisiste, et que l’autre avait été incapable de dire non à la prunelle de ses yeux qu’il protégeait dans sa maisonnette forestière qu’elle était incapable de quitter. Il suffisait de voir comment il se comportait avec elle, comment il s’énervait inutilement quand elle avait cherché à poser des questions pour comprendre cette histoire, et l’air débile qu’il avait affiché quand elle l’avait pris de court en proposant ce trio.

Crétin de Delkhii. Il avait les défauts de ses pairs, ça ne faisait pas de surprise. Qu’il soit maître, ça ne faisait que les rendre plus extrêmes – ça n’était pas le premier qu’elle voyait, et pas le premier qu’elle prenait pour un gros con convaincu de son délire. Il fallait au moins ça pour se dire qu’accepter le problème de son amie et l’aider à passer toute sa vie dans une case, c’était une bonne idée.

L’avantage des personnes mises à bout, c’est qu’elles ne mentaient pas. Et lui avait parlé comme un gros résigné fataliste. Pour une fille qui refusait de poser le pied dehors. Comme si ça n’était pas quelque chose de… foutrement facile et naturel pour n’importe quel humain.

Non. Elle avait vu des cas beaucoup plus désespérés apprendre à nager malgré des débuts catastrophiques qui leurs avaient laissé des terreurs intenables. Et des chasseurs blessés, mutilés, prendre sur eux pour réapprendre à vivre comme des my’trans malgré un membre, parfois un sens en moins. Elle-même avait déjà fait une très mauvaise expérience avec un Urgamal qui l’avait complètement massacrée – et elle comptait à sept le nombre de guerriers et de mages qui lui avaient mis la pire dérouillée de sa vie, chacun surpassant le précédent pour la faire cracher dans la poussière. Sa sœur aussi, avait eu de mauvaises expériences à la chasse. Elles s’étaient pourtant remises à leurs fonctions, Arianna à combattre pour les siens. L’autre avait repris une vie normale en faisant le choix de se tourner davantage vers Orshin pour tuer sa hantise en en faisant sa magie. C’était beau. Et ça les rendaient fière.

Pas besoin de guérisseurs, juste de prendre son élan et sauter.

Dans le fond, c’était aussi pour ça, qu’elle avait autant de mal avec les proprets de Delkhii et de Suns. Ce n’était sûrement pas de gentils petits chienchiens dans leur genre qui allaient forcer un my’tranne névrosée à se faire violence pour sortir prendre l’air.

Eh bien elle, elle allait essayer.

Une lubie étrange dont elle saisissait parfaitement les raisons.

Elle y avait pensé de base, sans insister vu la réaction des deux autres. Et de Zygan, qui coulait facilement dans le sens des gens pour ne pas les brusquer. Mais pour elle, ça semblait naturel. Et elle s’en voulait presque de ne pas avoir davantage insisté sur l’instant, à mieux y réfléchir. Ca ne lui ressemblait pas. Elle aimait faire les choses bien. Et ça lui semblait être la bonne chose à faire.

Numéro deux… l’autre con l’avait juste défiée. Un Delkhii, en plus : c’en devenait naturel de vouloir lui faire ravaler ses grands airs et reconnaître ses brèches. Le fait qu’il ne se soit pas gêné pour étaler ses pouvoirs et se tirer comme si faire les gros bras lui enlevait tous ses torts et le rendait supérieur, elle l’avait en travers de la gorge, ça aussi. Ca ne marchait pas comme ça. Elle voulait employer les méthodes de Dalaï pour prouver qu’elles étaient supérieures. Elle ferait ce qu’il faut pour.

Et enfin… Line lui faisait trop pitié. C’était nul. C’était triste. C’était complètement débile. Une my’tranne qui n’osait pas sortir, c’était n’importe quoi. Alors le destin pouvait bien décider que Line était une terrible my’tranne de Khugatsaa capable de lui forer le cerveau – quitte à sortir des conneries du chapeau, hein – elle devait essayer.

C’est ce sur quoi elle arrêta sa décision en contournant soigneusement Zygan et Artimède, dont elle ne pouvait plus percevoir les voix maintenant qu’elle avait mis assez de distance avec eux. Et maintenant, vers le sud, sans perdre de temps.

Comme pour la conforter dans son choix, une fine pluie se mit à envelopper la forêt. Une bruine minuscule, pas du tout intrusive, pure et fraîche, comme il en tombait si souvent dans ce pays. Les zagashiens étaient probablement les seuls à la trouver extrêmement agréable, et elle ne faisait pas exception à la chose.

Elle aurait plusieurs heures à marcher. Ce serait long, silencieux. Elle ne le faisait pas souvent. La solitude lui pesait vite dessus.

Mais bien vite, elle se mit à siffler sous la pluie, puis chanter sur la route. Doucement, juste pour elle. Et plus fort, à pleins poumons, pleine d’entrain.

Elle aimait ses chansons. Ca tuait le temps plus vite. Indiquait à tous les prédateurs du coin qu’elle n’était pas une proie, aussi. Et le répertoire d’une nomade des tribus permettait de tenir très longtemps s’il le faut.

D’autres my’trans se servaient de magilithes d’illusion pour « enregistrer » de la musique et la réécouter à loisir. Quand ils ne disposaient pas de rudiments magiques leur permettant de la créer eux-mêmes. Elle avait su faire ça, à un moment. Mais en fait, elle chantait beaucoup mieux.
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Ingrid & Sigurd
Ingrid & Sigurd
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L’homme d’un certain âge avait déjà bien avancé en sens inverse, n’ayant qu’une idée en tête : retrouver Lïne, lui promettre de ne plus jamais partir, ou au contraire d’aller chercher lui-même ce qu’elle attendait. Arti ne s’imaginait pas la décevoir, ne le supporterait d’ailleurs même pas. Il était loin d’imaginer que l’un des membres du duo serait suffisamment têtu pour revenir à la charge, pour oser le rattraper rapidement, lui parler et essayer de désamorcer le conflit. Comme tout maître et représentant de son architecte, l’homme avait retrouvé un calme parfait, se sentait d’ailleurs déjà bien coupable d’avoir manqué de discernement : il avait été bien trop réactif en enfermant le duo et en piquant ainsi bien trop durement celle qui ne connaissait que son propre quotidien. Les bruits lui indiquant la présence d’un des chasseurs approchant le fit stopper. L’homme pivota légèrement, détailla le nomade et attendit. Et maintenant que faisait-on ?

« Ce n’est pas à toi de t’excuser. »

Bien qu’il l’ait laissé faire. Personne ne devait porter ses fautes, il avait perdu son calme comme seul pouvait le faire une atteinte à Lïne. Ce n’était pas digne de sa façon de vivre, de la religion qu’il embrassait depuis des décennies déjà. Accepter ses erreurs devant un tiers n’est pas facile, cependant il aurait été bien plus humiliant de laisser le-dit tiers s’excuser pour tous alors qu’il était le moins à blâmer.

« Je ne perds pas mon tempérament si aisément normalement, c’est juste que... »

Il balaya l’air devant lui. Les mots lui manquaient. Toute cette situation était plutôt inhabituelle. Vraiment, c’était à se demander ce que Lïne avait en tête quand elle l’avait poussé vers ce duo. En tout cas, il ne lui ferait pas la honte d’être une entrave à ses projets. Ce n’était pas grand-chose qu’elle lui demandait au final.

« Pardonne moi. Bien sûr, je reste. Ou plutôt, je continue. Mettons nous en route pour trouvez ces oreilles ! »

Pas de long discours en perspective, ça n’aurait fait que prolonger ce moment gênant où tout le monde se sent fautif. Enfin, « tout le monde ». Artimède ne pouvait pas avoir manqué l’absence d’Arianna ou son abandon. Il était presque amusant de constater que c’était l’adepte de Dalaï qui avait fui le conflit. Même s’il savait qu’il devrait faire en sorte de s’excuser auprès d’elle aussi pour son comportement hors de proportion, ou de faire passer le message à travers son compagnon. Ça pouvait attendre encore un peu. Il suivait silencieusement le chasseur faisant en sorte de pas l’entraver. Il devait rester deux bonnes heures avant que le soleil ne les laisse.

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Rien ne vint entraver la route d’Arianna. Il fallait dire qu’elle retournait vers un point relativement calme du bois, Lïne n’aurait pu y habiter autrement. Il y avait bien le bruissement habituel de la faune comme de la flore mais rien d’alarmant. Du moins, avant l’arrivée à la cabane même. Là, il y eut un bruit qui vint troubler la tranquillité des lieux : un bruit sourd de bois cognant contre le bois. Puis rien d’autre. Impossible de voir ce qui se passait à l’étage depuis la fenêtre, l’angle de vue ou l’obscurité ne le permettait pas. Aucune lumière ne venait d’ailleurs éclairer les fenêtres.. Il fallait grimper à l’intérieur pour voir ce qu’il se passait ou alors demander à son habitante, si possible. En théorie, elle était là.

Approche prudente ( pas foncer dans la maison basiquement xD ) ::
 


Approche plus directe ::
 

HRP pour vous deux:
 
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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[Contrat] Etudes Biologiques EmptySam 11 Aoû - 21:57
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Comme si elle allait attendre quoi que ce soit.

Arianna progressait d'un pas vif qu'elle accéléra encore à l'approche de la petite maison - pas une bête n'avait daigné l'approcher tout du long de son trajet, elle même n'ayant fait que le minimum de pause sur la route. Elle s'était sans aucun doute calmée depuis les coups de sang d'Artimède et d'elle même, mais n'avait rien perdu de sa hargne entretemps - quand elle voulait faire quelque chose et qu'elle était convaincue d'être dans le bon, elle ne s'arrêtait pas sans en avoir vu le bout.

La porte d'entrée, d'un genre à retenir les animaux plutôt que les hommes, ne la ralenti pas plus que les escaliers qu'elle emjamba deux par deux sans se soucier d'éclairer le crépuscule naissant. Il y avait eu du bruit, à l'étage. Pas de lumière, par contre. Ni de bruit, alors que la série de clochettes accrochées à la porte avaient entonné leur grabuge à son arrivée. Ce qui aurait dû entraîner une réaction, et qui n'était pas le cas. Non pas qu'elle y ait prêté la moindre attention. Au lieu de ça, elle se contenta d'ouvrir franchement la première porte qui se tenait devant elle, s'attendant à trouver la my'tranne endormie qu'elle réveillerait doucement pour pouvoir la...

Ah.

Elle resta immobile le temps d'une fraction de seconde. Juste de quoi voir Line se débattre suspendue dans le vide pour lutter contre la mort, corde au cou. Aux yeux d'un quelconque observateur, le mouvement par lequel elle avait pénétré dans la chambre et celui par lequel elle s'était élancée pour soutenir la jeune femme aurait été le même.

C'était le même.

Face à ce genre de surprises, Arianna ne pensait pas, elle n'analysait rien. Ses quatre membres agissaient, son cerveau en faisait de même sans se poser de question.

Quitte à faire pas toujours le bon choix faute de temps pour se poser.

-OHPUTQUESTCEQUECESTQUCA!?

Elle s'était propulsée en avant et avait enserré les cuisses de la jeune femme pour pouvoir la soutenir. Ce faisait, elle soulagea partiellement la pendue de sa charge - tout en se détruisant le dos en pestant goulûment contre l'autre. Vingt secondes plus tard, après une succession de contorsions improbables, Arianna se retrouva à porter Line à cheval sur son dos - déjà plus confortable.

Mais vraiment pas assez.

-LIBÈRE TOI.
-....
- JE T'AI DIT LIBÈRE TOI, ESPÈCE DE PAUVRE CONNE. LA CORDE AUTOUR DE TA GORGE, TU LA PRENDS, TU LA RETIRES.
-....
-LINE!

Rien à faire. L'autre semblait tétanisée, ou trop folle, ou trop faible pour se sortir de là. Même l'appeler par son nom et lui hurler dessus n'amenait pas de résultat. Une bonne claque lui aurait certainement fait du bien, mais Arianna n'était pas en position pour...

-AH PURÉE PAS MES CHEVEUX NOM DE D...

Autre élan de panique, et le corps de Line se retrouva à tirer sur les mèches de son promontoire, tandis que ses bras encerclèrent son visage en serrant de toutes ses forces. Après quelques tentatives de morsures complètement ratées, Torricelli se contenta d'un énorme coup de tête porté en arrière dans la mâchoire de l'autre pour gagner du répit - et pouvoir réfléchir.

Line s'était presque calmée. Elle haletait furieusement, mais pouvait respirer - la zagashienne était visiblement arrivée juste à temps. Mais vraiment juste à temps. Maintenant, la pendue se cramponnait furieusement aux épaules de sa sauveuse, sans répondre pour autant à aucune de ses phrases. Il n'y avait que des sanglots, de la peur, et des tripes mises à nues.

-Bon, en tout cas semblerait que tu ne veuilles pas mourir. C'est déjà ça. Maintenant, si tu pouvais simplement dégager cette corde de ton cou...

Pas de réponse. Toujours sous le choc et sonnée, la my'tranne n'adressa que de la bave et de la morve et des larmes aux demandes d'Arianna. Puis quelques syllabes rauques, certainement une phrase, mais surtout un témoin de l'état ravagé de la jeune femme.

-Allez, j'imagine qu'on peut tenir comme ça un moment jusqu'à ce que tu ailles mieux. Ou alors je récupère la... chaise que tu as utilisée pour monter... et que je ne retrouve pas... oh bon sang... soit je suis une aveugle, soit je sais pas comment tu as fait ça et... oh bon sang je suis débile. On recommence. Arianna, et si tu utilisais ton couteau pour trancher la corde? Ça me semble pertinent. Qu'est ce que tu en dis, Line?
-...
-Bon d'accord, forcément.

Rien de plus simple à dire. Ni à faire. Et un instant plus tard, la pendue s'effondra sur Torri qui l'avait presque retenue dans sa chute. Elle était sur les fesses, l'autre à plat ventre sur elle, les deux complètement hors d'haleine dans un état lamentable.

Tentative de... suicide?

Arianna bouillonait. C'était n'importe quoi.

Juste le temps qu'elle se remette, elle allait la tuer.
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