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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Le Tyorum
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 La bonté n'est qu'un remède à la lâcheté[Terminé]

Azarov Mal'hika
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Jeu 5 Avr - 0:56
Irys : 54992
Profession : Producteur de bière et hydromel
My'trän +2 ~ Chimères
Il était encore tôt, assez tôt pour sortir sous les rayons du soleil et espérer qu'ils restent intacts, au moins la durée d'un voyage. Le ciel se devait d'être clément, car là était le chemin qu'empruntait Azarov. La voie des nuages n'était pas semée d'autant d'embûches que les chemins de terre battue. Plus d'espace, moins de gens, moins de risques. Mieux encore, le soleil était bien mieux ressenti lorsqu'il était situé à la même hauteur. Passée l'exagération de ce dernier fait, le brasseur était tout de même bien haut. Cila avait des ailes puissantes qui, se mouvant dans les airs, faisaient se frotter ses pierres contre la brise légère qui la portait, elle et son maître. Curieuse chose qu'une masse si imposante parvenait à percer à travers le vent et la tempête sans céder une seule de ses plumes aux caprices des éléments. Une merveille dans son monde, voilà ce qu'était la Chuluun, une relique à préserver, un être à rendre à jamais immortel. Le descendant Mal'Hika savait pertinemment que sa durée de vie s'amenuisait à rester captive, mais il ignorait si cela incluait la domestication. Il espérait simplement qu'elle vivrait plus longtemps que lui.
Les cuisses encerclant son échine rocailleuse, protégé par une selle qu'il avait lui même du adapter à son amie, faute de convenir à sa forme initiale. Le résultat n'était pas décevant et les longs voyages s'en soulageaient d'une peine qui aurait été pour le moins affligeante. Azarov baillait de ses longs jours de cheminement sa destination approchait et de toute manière, il ne voyait plus le temps défiler qu'à travers la nuit qui se levait ou les rayons lumineux qui surgissaient. Cela ne devrait plus prendre trop de temps maintenant. Tous deux s'étaient éternisés au dessus de l'océan et n'avait plus posé pied au sol depuis belle lurette. Il était plus que nécessaire qu'ils ne retirent des vivres à la première lande en vue, tout le reste ayant été consommé durant le trajet. Regardant encore en l'air, sans faire attention au paysage qu'il surplombait, le brasseur rêvait des étoiles, pensant à ce qu'elles pouvaient représenter. D'une voix distraite, même en pensée, il vint interroger sa monture.
S'approche-t-on enfin, Cila ?


Tu le saurais si tu baissais les yeux. 


Poussant un grognement fatigué, il redressa son dos, dirigeant son regard sur le paysage qui se dissimulait sous ses pieds. Au loin, juste en dessous de la ligne d'horizon, se dessinait enfin cette terre promise qui s'ouvrait à lui. Daenastre, hein. Son optimiste se teintait de scepticisme qu'il aurait volontiers ignoré, mais tant de gens désignaient ce continent comme un recelât à impies, qui ne gagnerait jamais la bonté des Architectes. Azarov, lui, était un homme cynique par nature, du genre à douter de tout et à juger d'un point de vue indépendant des autres. Aussi, il savait pertinemment qu'Orshin l'accompagnerait, peu importait où il déposait le pas. Sûrement, il n'était pas le premier my'tran à fouler ces terres. 
Tu peux commencer à descendre. On va prendre un repos bien mérité toi et moi.


Tu oublies qui a battu des ailes, jeune Mal'Hika.


Et quoi ? Tu aurais préféré que je te porte et qu'on y aille à pied ? Arrête de faire ta vieille pie, Cila.


Excessivement drôle.


Ignorant le sarcasme latent dont faisant preuve sa monture au quotidien, il se concentra sur la terre qui se présentait à lui. En bord de mer, c'était parfait, il n'aurait pas voulu effrayer tout le voisinage, bien qu'il voyait un large regroupement de bâtisse sur la rive de l'océan. Dirigeant sa Chuluun vers l'Est de la ville, son pas se déposa enfin sur un sol stable et qui ne volait pas. Craquant son dos, appuyant sur ses reins de ses deux paumes, il avait l'impression de se réveiller d'une éternellement longue paralysie. Mais le devoir d'un brasseur n'est jamais terminé, aussi, sa présence avait une raison bien précise. Jauger l'ouverture d'esprit de leurs confrères modernisés était une chose essentielle pour Azarov, car il rêvait bel et bien de joindre les deux bouts entre My'tra et Daënastre à travers l'alcool de qualité qu'il offrait. Il voyait déjà son installation orner les champs vierges du forum et distribuer en quantité de la bière de qualité. Ses rêveries étaient aussi démesurées que ses idées, mais il croyait dur comme fer. 
Fais en sorte qu'ils te prennent pour un oiseau sauvage, Cila.


Autant leur demander directement de ne pas faire attention à l'aigle géant en pierre qui vole au-dessus de leur village ... mais à quoi tu penses, Azarov ?!


C'est bon ... pour eux tu n'es qu'une silhouette entre les nuages. Veille juste bien sur moi.


Et serein comme en simples vacances, il entra d'un pas assuré entre les demeures, ignorant la petite ombre qui le surplombait en dessinant des cercles autour de sa tête. Observant absolument tout, il s'émerveillait devant tant de différences culturelles entre leur architecture et celle des enfants des Architectes. Il laissait parfois s'échapper des rires d'étonnement, lorsque la vision qui s'offrait à lui était trop étrangère, ou simplement assez belle pour l'admirer. L'air avait une senteur étrange cependant, non pas souillée, mais il y avait une teinte dans le schéma coloré de la nature qu'il ne parvenait pas à identifier. Pourtant, l'odorat d'un brasseur connaît mille parfums, mais celui qu'il percevait n'entrait apparemment pas dans son domaine de connaissances. Par élimination, ce ne pouvait être que le fumet de cette "technologie" dont ses homologues étaient adeptes. 
Rasant quelques murs pour en admirer les fondations, ses yeux dérivèrent sur un amoncellement d'affiches placardées contre les façades. L'une d'entre elles décrivait une jeune femme, venant de sa patrie. Les détails mentionnaient des agressions multiples dont la plupart se terminaient ... en meurtres. Azarov avait une profonde aberration pour ceux qui ôtaient la vie, car tout ce qui respire doit être considéré comme une rareté à ses yeux. Le miracle de la nature n'est pas à prendre à la légère. En tant que citoyen provenant de la même nation, il sentit que c'était son devoir de my'tran que de trouver cette femme, et s'il la croisait, de mettre fin à ses agissements. 
Cila, retiens bien et observe. Si tu trouves une jeune femme rousse et menue, fixe ton attention sur elle, et si elle a l'air de se cacher, je veux que tu me préviennes de sa position. 


J'espère que tu n'es pas en train d'essayer de jouer les héros.


J'ai bien l'impression que ça n'impressionnerait notre fugitive de toute manière.


Et aussi discrètement que ses ailes pouvaient s'en assurer, Cila volait au travers de nuage, tentant de dégager un périmètre de vision correct sur la ville. Elle était souvent critique vis à vis des actes de son jeune protégé, mais pas une seule fois n'avait-elle désobéi. S'il comptait sur elle, et bien elle n'allait pas le décevoir. Ses yeux perçants commencèrent la sonde du village, recherchant la recherchée, si recherchée il y avait, alors que le jeune maître, lui, arpentait les rues, l'oeil tout aussi vigilant.



Azarov s'exprime en #ff6666


Dernière édition par Azarov Mal'hika le Mer 11 Avr - 20:37, édité 1 fois
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Zora Viz'Herei
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Jeu 5 Avr - 6:40
Irys : 1540139
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -3

Allongée sur le pan d'un toit en piteux état, le regard vagabondant sur les diverses nuances célestes, la rouquine erre dans ses propres pensées. Elle savait que la croisade menée sur le territoire des infidèles n'aurait rien de plaisant. Mais ce faisant, elle a également sous-estimé une autre vérité: sa nation lui manque. Davantage chaque jour. Et cette prise de conscience est d'autant plus douloureuse qu'elle pressent désormais une autre issue que la victoire: la mort.

La jeune femme glisse l'affiche délavée dans son champ de vision et observe son portrait. Ses yeux se rivent sur ceux, immobiles, de son alter ego posée sur papier. Elle ne se reconnait pas... Ce n'est pas la représentation de son visage qui est en cause mais plutôt la façon dont on la dépeint. Une criminelle? Un soupir quitte furtivement ses lèvres puis elle repose l'affiche à ses côtés. Il y a de cela quelques années maintenant elle espérait encore pouvoir éveiller les consciences et prouver à ses détracteurs que ses actes n'ont d'autre but que le bien commun.

Mais aujourd'hui elle se rend compte que son image sera toujours soumise à la toute puissante morale. Celle érigée par les my'träns comme par les daënars. On ne la verra sans doute jamais autrement que comme une tueuse touchée par la folie. Et pourtant l'espoir subsiste. Si l'on ne peut convaincre les gens du bien fondé d'une entreprise, on peut leur imposer une vision. Lorsque la bonté ne suffit pas, le cruauté se doit de prendre le relais. Les gens l'acclameront et se rangeront derrière sa bannière. Ou ils périront en tentant de s'élever contre elle. Pas parce qu'elle le souhaite. Mais parce qu'elle le doit. Parce que dans le fond, ses congénères ne lui laissent guère le choix...

Une ombre la recouvre un bref instant et elle se redresse lentement, observant les cieux à la recherche de l'une des créatures d'acier que les daënars affectionnent tant. Une patrouille? En rejoignant cette zone désaffectée de Prorig, elle espérait calmer ses nausées et se soustraire aux regards des curieux qui - pour peu qu'ils la reconnaissent - se feraient un plaisir d'alerter la milice. Mais il semblerait à présent que c'était un mauvais calcul. Ou, du moins, un calcul qui ne tenait pas compte de l'arsenal volant des infidèles. Il est difficile d'anticiper les actions d'un ennemi qu'on ne connait pas réellement.

Une douleur s'éveille dans son bras et elle dépose sa main opposée à sa surface avant de lui insuffler une ondée arcanique. De quoi calmer la gêne. Et pourtant elle ne peut désormais plus ignorer sa perte de maîtrise lorsqu'il s'agit de se soigner. Ses capacités médicales se sont amoindries. Et pourtant sa foi est toujours aussi vive. Elle n'explique pas cette étrange constatation autrement que par la présence nauséabonde de Technologie. Il convient de tuer cette fausse déesse au plus vite. Qui sait ce qu'il adviendrait d'elle si elle venait à perdre le soutien de la magie sur des terres aussi dangereuses que celles-ci...

Toujours est-il qu'elle se hâte de rejoindre l'abris de la haute cheminée qui se dégage du toit lorsque l'ombre refait son apparition. Elle distingue alors un Chuluun - ou ce qu'elle estime être un Chuluun - disparaître entre les toits proches. Que fais une créature comme celle-ci en ces lieux? Qui est la personne qu'elle semble avoir déposé au sol avant de reprendre son envol? Deux questions qui suffisent à éveiller sa curiosité. Et la poussent à quitter le relatif abris offert par son perchoir pour se réceptionner au sol avec un semblant de grâce.

Pourtant elle n'a pas réellement besoin de chercher l'objet de son intérêt. C'est ce dernier qui fait son apparition au coin de la rue qu'elle arpente avec prudence. Zora reste alors interdite tandis qu'elle détaille ce qui semble être l'un de ses compatriotes. Le style vestimentaire ne trompe guère. Et l'absence de cicatrices sur le corps de ce jeune homme est un bon présage. Pour l'heure, il semble avoir mérité le droit de vivre. Tant mieux...
"Es-tu ici pour te battre ou pour mourir?" s'enquit-elle d'une voix douce.
Ce n'est pas une menace. Loin de là. Simplement le désir d'obtenir des réponses qui lui semblent bien obscure. Peut-être a-t-il entendu parler de la croisade qu'elle mène aux côtés d'Althéa et qu'il souhaite les rejoindre? Les récits qui ont éventuellement pu filtrer jusqu'à My'trä auraient pu éveiller certaines vocations et pousser de courageux guerriers à prendre les armes contre le véritable ennemi de leur nation.

Mais peut-être que c'est simplement la curiosité qui l'anime lui aussi. Une curiosité nourrie par une fougue empreinte de témérité. Elle mentirait en disant que les choses sont aisées pour elle sur ce continent. Elle a failli mourir plusieurs fois et les nausées omniprésentes amoindrissent sa capacité de discernement comme sa faculté à user de la magie aussi convenablement qu'elle le souhaiterait. Et pourtant elle s'était préparée à ce périple...
"Si tu souhaites tuer Technologie et combattre ses serviteurs alors tu es un bon endroit!" ajoute-t-elle, un léger sourire au coin des lèvres. "Mais si tes désirs sont différents alors sache que tu ferais tout aussi bien de retourner chez nous. Il n'y a rien de bons pour les nôtres, ici! Crois-moi!"
Un conseil motivé par le désir sacré de préserver les rares personnes qui n'insultent pas Möchlog. Cet homme, quel qu'il soit, ne semble pas destiné au trépas. Et s'il veut pouvoir contempler la lumière qui succédera aux ténèbres que la rouquine compte déverser sur le monde, il devrait sans aucun doute retrouver la sécurité du continent béni par les Architectes...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)



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Azarov Mal'hika
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Jeu 5 Avr - 8:32
Irys : 54992
Profession : Producteur de bière et hydromel
My'trän +2 ~ Chimères
Détaillant les ruelles d'un regard vagabond, Azarov posait le pas dans chaque coin sombre qu'il pouvait arpenter, espérant trouver sa compatriote en cavale sous un toit, ou bien un abri auquel sa Chuluun n'aurait pas accès. Il était conscient que sa présence auprès d'elle changerait de n'importe quelle autre, au vu de leurs origines communes. Un bon argument en sa faveur, faire preuve d'empathie car partageant les mêmes racines, cela semblait tenir debout. Mais une femme criminelle l'est pour une raison, et le danger de cette rencontre échappait de trop au brasseur qui avait mis un point d'honneur sur retrouver cette my'tran et la convaincre de rentrer au pays avant que trop de meurtres ne s'écoulent et qu'elle même finisse par périr. Débouchant sur une large allée qui ne menait décidément aucunement à la cible escomptée, le brasseur comprit que seule Cila la trouverait de cette manière. Et comme toujours, il ne fut pas déçu.


Azarov, la femme que tu cherches se trouve à l'Est de ta position. Si tu cherchais une my'trane, en tout cas. Ses vêtements ressortent de trop. 


Esquissant une expression satisfaite, il se retourna sur un embranchement, empruntant la ruelle sur sa droite, puis celle sur la gauche. Son regard croisa alors l'objet de sa recherche. Le bien-heureux ne s'attendait pas vraiment à la trouver, il avait plus considéré cela comme un jeu débile auquel lui et Cila s'adonnaient lorsque la pression des cieux s'effaçait. Mais d'une manière ou d'une autre, il l'avait trouvé. Une femme menue, aux mèches rouquines et qui, détail non mentionné dans la description de l'affiche, semblait avoir un goût prononcé pour les nuances sombres. Quelle allure il devait avoir lui, avec son haut blanc et sa cape bleue. 

Elle fut la première à parler, et à peine ouvrit-elle la bouche qu'Azarov comprit pourquoi tant d'affiches la mentionnaient. Une salutation peu cordiale, enchaînée sur un délire de fanatique. Bon sang, même lui savait que la technologie était un fait, non pas une déesse. Si les bases partaient de la sorte, il était déjà moins probable de parvenir à lui faire entendre raison. Néanmoins, s'il n'était pas encore mort, ou bien en train de fuir, c'est qu'il devait sans aucun doute avoir toutes ses chances de survie. Lui avisant de s'en retourner au pays, elle ne dut pas comprendre qu'elle n'était pas l'objectif premier de sa visite, mais simplement un interlude entre deux corvées. Finalement, cette pause pourrait s'en révéler devenir une troisième, histoire d'appliquer la fameuse locution. Le fils d'Orshin déposa donc un poing sur sa hanche droite, esquissant des gestes de sa jumelle à mesure qu'il parlait.

Me battre ? Il arqua un sourcil. Pardonne-moi, ma belle, mais j'ai une haine profonde pour la violence et cette déesse dont tu me parles n'est qu'une culture envers laquelle je n'éprouve aucune animosité. 


Les mots avaient le mérite d'être clairs, même s'ils risquaient de lui déplaire. Malheureusement pour lui, Azarov n'a jamais su mentir, que ce soit au meilleur moment, ou bien au pire. Cila restait attentive, virevoltant en rond au-dessus de la tête de son jeune maître. Elle restait persuadée que celui-ci aurait simplement dut passer son chemin et s'arranger pour ne pas s'attirer des ennuis, autant auprès des daënars que d'une my'tranne. Mais c'était dans sa nature que de se soucier de tout ce qui respire, même si les jugements indiquaient que la personne en question n'était que bonne à nourrir les limiers. Il soupira donc, avant de reprendre.

Je préfère te dire tout de suite que je ne te connais qu'à travers les affiches placardées un peu partout dans les environs. Je ne voudrais pas que tu te fasses d'illusions quant à ma venue. J'ai des choses à faire en Daënastre, mais une compatriote qui se résout à la voie du meurtre, ça prime sur mes priorités. 


Sur le moment, son exploitation pourrait bien aller en Ekhlen pour ce que ça lui importait. Rien n'est plus important que la vie, sous toutes ses formes, mais la vie des êtres intelligents primait sur toute autre pour lui. D'animaux à humains, tous étaient formés d'une perle rare que la nature, en un toucher gracieux appose dès la naissance. Azarov voyait ceux qui retiraient cet éclat comme des individus perdus, ou bien peu conscients des actes qu'ils étaient en train de commettre. Il est difficile de voir la vraie valeur du vivant lorsque l'on a trop tué, et ça, il pouvait le comprendre. 


La vérité est que je voudrais que tu t'en ailles. Il n'y a rien de bon pour toi ici, tu as raison et tu as l'air de l'avoir réalisé. Alors, rentre, tu peux même emprunter Cila si tu veux, elle me retrouvera bien assez vite.


Son regard dériva un instant vers son amie qui surveillait toujours la scène et les alentours, cherchant toute trace d'un quelconque milicien, ou garde importun. Pour l'instant, tout semblait bien se dérouler, le seul vrai danger était la femme devant lui. Azarov ne connaissait rien d'elle, mais il était simplement un imbécile heureux, le genre à croire aveuglément en autrui. Rabattant ses yeux vers la rouquine, il esquissa un sourire en coin, affichant une expression désolée pour elle. Même une femme dont tous ne souhaitaient que la mort méritait la vie, la gâcher n'aurait été que pure folie. 



Azarov s'exprime en #ff6666
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Zora Viz'Herei
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Jeu 5 Avr - 9:45
Irys : 1540139
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -3

Ainsi donc le ton est donné. Cet homme n'est pas le voyageur imprudent qu'elle imaginait. Et il n'est pas non plus un allié venu se joindre à la guerre sacrée qu'elle livre à Technologie. Tout au plus un imbécile qui se contente d'avaler docilement des idées reçues. Des personnes comme lui, elle en a rencontrées tout au long de son existence. Ils représentent des obstacles constants sur le chemin menant à la purification d'Irydaë. Et les obstacles, lorsqu'ils ne peuvent être évités, doivent être détruits. C'est une évidence qu'elle a accepté depuis longtemps maintenant. Pourtant c'est bel et bien un soupir désabusé qui quitte ses lèvres pour rythmer le silence pesant qui s'installe.

La fanatique pourrait sans doute arguer que Technologie ne se résume pas à une simple culture. Qu'elle la rencontrée en personne à peine quelques jours plus tôt. Mais est-ce que ses mots trouveraient un quelconque écho dans l'esprit de son compatriote? Il est sans doute nettement plus aisé de se fier à des affiches nées de la propagande daënar que d'accorder du crédit aux dires d'une inconnue, fusse-t-elle de la même patrie que lui. Non, les débats ne sont rien de plus qu'une perte de temps. Et il se trouve que du temps, elle n'en a guère...
"Si tu n'éprouves aucune animosité envers Technologie et ses serviteurs, c'est que ton instinct de survie est quelque peu défaillant..." lâche-t-elle finalement. "Ce qui, au passage, pourrait également expliquer pourquoi tu oses me menacer avec tant d’aplomb!"
Comment interpréter autrement le fait qu'il fasse d'elle sa priorité? Qu'attends-t-il exactement? Espère-t-il sincèrement qu'elle acceptera de quitter ce continent simplement parce qu'il le lui demande? Sa présence en Daënastre a été mandée par Möchlog en personne. Lui, il n'est qu'un humain qui s'aventure sur une pente glissante. Il ne comprend pas ce qui est en jeu... Mais pouvait-elle décemment espérer qu'il en soit autrement?
"J'ai bien peur de devoir refuser ta proposition!" ajoute-t-elle. "Mon travail ici est loin d'être terminé et je n'ai pas pour habitude de faire les choses à moitié. Je me passerai donc de ta... générosité.
Un sourire narquois se dessine un bref instant sur les lèvres de la rouquine. Puis l'indifférence nimbe à nouveau ses traits. Que faire de cet inconnu? Il semble déterminé à régler le problème qu'elle représente à ses yeux. Et elle ne peut évidemment pas lui permettre d'entraver son chemin. Malgré tout elle n'est guère encline à tuer une personne dont le seul tort est l'inconscience. Le choix, finalement, revient à son compatriote.

Zora lâche alors la poignée de la faux qui pend sous son manteau et laisse à présent ses mains en évidence. Le signe plutôt évident qu'elle ne souhaite pas réellement se battre. Son bras la fait toujours souffrir et un affrontement ne serait pas importun. Sa haine, elle la réserve à ceux qui la méritent. Cet homme a peut-être fait d'elle sa priorité mais la réciproque est loin d'être vraie.
"Écoute..." reprend-t-elle. "Si tu souhaites ignorer ma mise en garde et... frayer avec nos ennemis naturels alors soit, fais donc! Tu es libre d'emprunter la voie qui te semble juste. Mais lorsque les infidèles t'auront fait souffrir - et crois-moi, ils le feront! - j'ose espérer que tu apporteras plus de considération au conseil que j'ai eu la délicatesse de t'offrir ce soir!"
Elle lève brièvement les yeux au ciel à la recherche de la créature évoquée tout à l'heure par son interlocuteur. Sa présence pourrait indiquer que l'inconnu est un serviteur d'Orshin. Les disciples de l'Araignée aiment s'entourer d'animaux - aussi bizarres fussent-ils - comme s'ils étaient plus attrayants que les humains. D'une certaine façon, Zora adhère à cette théorie. Mais elle n'a jamais réellement réussi à considérer les serviteurs de ce dieu comme de réelles menaces.
"Cela dit je vais être très claire: si tu te mets en travers de ma route, je te tuerai!" conclue-t-elle.
Elle lui décoche alors un dernier regard avant de tourner les talons...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)



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Azarov Mal'hika
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Jeu 5 Avr - 14:19
Irys : 54992
Profession : Producteur de bière et hydromel
My'trän +2 ~ Chimères
 La réaction de la jeune femme était celle à laquelle Azarov s'attendait, un refus catégorique. Dans sa courte carrière de chef exploitant, mais longue vie d'enfant de producteurs, il avait appris une chose essentielle. Les négociations véritables ne commencent qu'au "non" de la contrepartie. Maintenant, c'était à lui de trouver le moyen de passer au travers du bloc que son homologue étrangère avait posé entre eux. Après tout, il était de la descendance des Mal'Hika, les mêmes qui avaient réussi à se dégoter une exploitation à la grande Dyen. Il n'allait pas baisser les bras aussi aisément.
Il fit un pas en avant, lorsque la rouquine s'écarta d'un pas de lui. Prenant une inspiration profonde qui traduisait une frustration qui se voulait empathique, il reprit la conversation que son interlocutrice avait si poliment voulu interrompre. Azarov n'avait pas tant peur de souffrir, mourir serait bien plus contraignant, mais c'était un risque à prendre pour épargner des dizaines d'autres vies. Faisant claquer ses mots dans la fine ruelle qui servait de lieu de rencontre, rebondissant contre le creux des murs, il interpella à nouveau celle qui avait cru qu'elle échapperait à sa leçon de morale.
Vraiment navré, mais je vais devoir insister. Je ne peux pas m'autoriser à vous laisser partir si je me doute que votre lame s'ornera bientôt du sang d'innocents. 
Il était sans aucun doute le plus idiot des hommes, autant qu'il en était le plus valeureux. La souffrance vaine n'a pas de fond, elle cause du tort et laisse mourir. Rien n'est à gagner de tels procédés et le brasseur était convaincu que les mots étaient parfois bien plus tranchants qu'une faux, par exemple. Tout ce qu'espérait Azarov, c'était que sous cette carapace de froideur, la femme devant lui dissimulait un coeur bien voilé. Prenant un autre pas en avant, il enchaîna.
Vous me parliez bien de "combat", n'est-ce pas ? Ne vous sentez-vous pas seule dans cet affrontement ? Regardez-moi, repensez à ceux que vous avez tué, est-ce qu'ils étaient vraiment prêts à vous affronter ? La vérité telle qu'elle se présente à moi est que vous êtes isolée dans cette guerre, sur un champ de bataille où vous êtes l'unique combattante. 
Il rattrapa finalement son interlocutrice qui semblait l'ignorer, lui déposant une main sur l'épaule. Les risques étaient gros, mais il pensait s'être assez positionné en allié et Cila devait sans doute être un bon moyen de dissuasion. Arborant un visage radieux de sympathie, il attendait que la jeune femme ne lui parle à nouveau, répétant une nouvelle fois la demande dont la réponse importait tant pour lui.
Ne me suivrez-vous donc pas ? 



Azarov s'exprime en #ff6666
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Zora Viz'Herei
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Ven 6 Avr - 6:18
Irys : 1540139
Profession : Purificatrice fanatique
My'trän -3

Elle marque une pause lorsque l'inconnu lui annonce qu'il ne compte pas la laisser s'en aller. Elle baisse ensuite légèrement la tête avant de la faire osciller doucement de droite à gauche. Un soupire résigné quitte les lèvres de la rouquine. Elle respecte ceux qui sont prêt à se battre pour leurs idéaux, qu'ils soient conformes ou non aux siens. Mais la mort du blond ne fera guère avancer sa cause. Elle représente un gâchis dont elle se serait bien passée. Mais elle ne peut décider à la place de ce jeune homme.

Son regard quitte le sol pour s'élever en direction des cieux. Pas à la recherche du volatile accompagnant son interlocuteur mais plutôt d'un éventuel signe de Möchlog. Pourquoi a-t-Il souhaité que ce my'trän croise son chemin? Est-ce sa détermination qui est mise à l'épreuve? Sa capacité à faire preuve de miséricorde? La réponse est aussi sombre que le ciel qui la surplombe.
"Personne n'est innocent sur ces terres..." souffle-t-elle, tournant légèrement le visage dans sa direction. "Qu'il s'agisse du plus humble des mendiants ou du plus puissant des dirigeants, les daënars sont tous contaminés par l'hérésie. Ce n'est pas ici que tu trouveras une âme digne de ta compassion..."
Et pourtant elle sait que sa remarque sera entendue sans être écoutée. Qu'elle s'écrasera contre les remparts dressés par la détermination de son compatriote. Elle le regrette mais suppose qu'il ne pouvait en être autrement. Certaines choses dépendent de votre capacité à influer sur le monde qui vous entoure. Et d'autres sont simplement tributaires d'un destin différent que le vôtre. Que faire sinon l'accepter? On ne lutte pas contre la destinée: on l'accepte ou on y succombe. C'est aussi simple que ça...

L'homme continue de parler et Zora se retourne de manière à croiser son regard, conformément à sa demande. L'intéressé semble à présent vouloir la confronter à ses actes comme s'ils étaient susceptibles de lui révéler une vérité qu'elle aurait toujours dédaignée. Ceux qu'elle a tués? Leurs visages ne sont plus qu'un vague écho dans les méandres de sa mémoire. Elle les a oubliés comme elle oubliera ceux qu'elle purifiera dans le futur. Et peut-être est-ce mieux ainsi? Certains fardeaux sont trop lourds pour être portés...
"Je suis isolée mais je ne suis pas seule!" nuance-t-elle. "Möchlog guide mes pas. Il se manifeste dans mes actes comme dans mes pensées. C'est le plus puissant des alliés et le seul dont j'ai réellement besoin. Comment pourrais-je ressentir de la solitude?"
Une pure question rhétorique, évidemment. Elle ne peut guère mesurer la foi de celui qui lui fait face. Mais s'il était aussi dévot qu'elle, il n'aurait pas osé s'aventurer sur ce sujet. Non, les dieux n'abandonnent pas leurs enfants. Zora affronterait le monde entier si elle le devait. Elle le ferait sans trembler. Et toujours avec l'assurance que la divine Chouette veille sur elle.

La rouquine trésaille légèrement lorsque l'inconnu dépose bien familièrement une main sur son épaule. Un geste de compassion? Cette proximité ne révulse pas la jeune femme mais elle ne l'encourage pas davantage à le conciliation. La discussion est terminée depuis qu'elle a tourné les talons, quelques instants plus tôt. Mais le blond imagine peut-être encore qu'il pourra lui faire entendre raison? Ou, plutôt, la faire adhérer à sa raison?
"Ne me suivrez-vous donc pas?"
Un vague sourire triste s'installe sur les lèvres de la fanatique. Elle lève doucement sa main pour la déposer sur la joue de son interlocuteur avant de faire un léger pas dans sa direction. Ses yeux s'illuminent alors d'une lumière dorée.
"Même si je le souhaitais, je ne peux t'accompagner là où tu te rends!"
Le mouvement est furtif mais parfaitement exécutée. Sans être une combattante de mêlée exceptionnelle, Zora connaît suffisamment le corps humain pour porter un coup fatal. Et spécialement lorsque la cible en question est aussi docile que celle qui lui face. La rouquine révèle alors doucement la lame ensanglantée de sa modeste faux. Faux qui vient de lacérer la chair du jeune homme au niveau de l'aine.

S'en est-il déjà rendu compte alors qu'elle s'emploie à le couper des signaux d'alertes dont son corps devrait l'assaillir? La main à présent nimbée d'une aura claire et qu'elle a déposée sur la joue de l'homme ne cherche pas à cacher l'information mais bien à rendre sa transition vers sa nouvelle existence plus... agréable? Même s'il s'est imposé en ennemi, le blond n'était pas impur. Il n'était pas davantage un hérétique ou un infidèle. Et il aurait eu une place dans la nouvelle Irydaë qui naîtra sous le règne de la rouquine.

Il a tenté de faire preuve de compassion. N'en mérite-t-il pas un peu en retour?




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Azarov Mal'hika
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Ven 6 Avr - 11:19
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A mesure qu'il soliloquait, ignorant au mieux les délations de sa compatriote, Azarov voyaient les mots qu'il lui adressaient prendre effet. Elle s'était retournée, faute d'avoir simplement ignoré ses paroles et continué son chemin. Le brasseur s'en était douté, mais la femme devant lui n'avait rien du monstre que les affiches décrivaient, il s'en était forgé la certitude au cours de leur échange. Aussi folles ses idées pouvaient paraître, elles n'étaient cependant pas incompréhensibles et le blondin pouvait parfaitement comprendre que l'on veuille éliminer la menace de la technologie. Le risque zéro n'existe jamais et si les daënars peuvent représenter un danger, c'est bien au nom de la chance qu'ils soient inoffensifs que le chef-exploitant n'avait pas une seule fois envisagé de "purifier" leurs terres. Ce n'était pas son boulot de toute manière, il était bien trop bon pour seulement vouloir du mal au moindre insecte qui virevoltait entre ses feuilles, ou bien au blaireau qui venait souvent lui voler quelques plantes. Plus qu'un bon vivant, il se sentait heureux ainsi. Et si lui était heureux ainsi, quel genre de peine devait ressentir la rouquine ? 
Voyant la main de celle-ci s'apposer sur sa joue, il n'en retint pas le caractère sarcastique qui aurait pu se sous-entendre. Comme un baiser prit en traître, comme une obole avant la mort. Il ne sentit que très brièvement quelque chose lui effleurer l'intérieur de la cuisse, ne réalisant pas à la première seconde que c'était son sang qui lui réchauffait ainsi la peau. La main qu'elle avait déposé sur sa joue ne brillait pas par pure cosmétique, la jeune femme avait donc choisi de lui offrir la plus douce des morts. Azarov ne s'était jamais vraiment soucié de devoir survivre, cela devait transparaître dans son attitude téméraire. Passer au trépas représente l'ultime acte de vie, et se défaire du vivant ne découle pas du rejet de la lumière des dieux. Le regard qu'il avait déposé avec une stupeur certaine sur son assassine venait se nuancer d'une teinte bienheureuse. S'il devait rejoindre les dieux aujourd'hui, ce ne serait pas les larmes aux yeux, mais bien sourire aux lèvres
Héhé ... j'imagine que je l'ai cherché. Ca m'apprendra à ne pas écouter l'autre cynique tiens ...
L'oiseau de pierre n'avait rien manqué du spectacle, son oeil vigilant avait assisté à la scène, mais même elle ne s'attendait pas à ce que les négociations ne soient si désastreuses. Elle perça les nuages, fondant sur la ruelle avec un glatissement roque qui résonna au travers de la ville. Serres en avant, elle s'apprêtait à déchiqueter la rouquine de ses lames rocailleuses. Mais la ruelle était bien trop étroite, et le gabarit de l'aigle ne la laisserait jamais entrer pour attraper celle-ci. Cila se démenait pour se creuser un passage entre les bâtisses, effleurant les murs pour pouvoir en dégager la surface, quitte à détruire les habitations avoisinantes. Un air suffisant au visage, le blondin vint lever les yeux sur le front de sa fidèle amie, un sourire contracté aux lèvres.
Arrête, Cila, c'est inutile. 
Azarov, espèce d'abruti ! Ses serres continuaient à creuser dans le pans des parois.
Je t'ai dit d'arrêter ! C'est fini. Tu as vécu assez longtemps parmi les Mal'Hika, il est temps que tu retournes aux instincts d'Orshin. Il marqua une pause avec un long soupir. Tu diras à Antek que je ne reviendrai pas, et tu emmèneras Sarpa et Dajala dans les montagnes de l'Est. Tu m'as compris ? 
Les griffes de roche arrêtèrent leurs frénétique lutte pour attraper la rouquine. La créature majestueuse garda le regard fixé longtemps sur son maître, qui était bien trop gentil pour son propre bien. Il lui adressa un dernier sourire avant qu'elle ne s'envole vers l'Est, le laissant ici, conformément à ses attentes. Son visage se retourna vers celui de sa meurtrière, les lèvres toujours pliées vers les cieux. Ses yeux bleus ne traduisaient aucun chagrin, il avait toujours eu peur de souffrir avant de mourir, rejoindre Orshin en pouvant se soustraire à la douleur ne lui déplaisait pas. Au final, et sur le long terme, rencontrer cette femme, était une bonne chose. Qui sait de quelle manière il aurait pu périr autrement ? Même le teint virant au blanc, il continuait d'illuminer ses traits avec une simple risette.
Excusez-la. Elle m'aime beaucoup. Il rit entre ses lèvres. Je n'ai même pas eu la politesse de vous demander votre nom. 
Il ne comptait pas s'effondrer en larmes et maudire sa meurtrière, ce n'était pas le genre de la maison. Penser avec rationalité, sans jamais quitter les yeux du bonheur. C'était ça l'esprit Mal'Hika, c'était l'instinct de trouver le meilleur même dans la pire des situations. Pas une seule fois Azarov n'avait seulement défailli au chagrin, et sa propre mort n'allait pas le faire changer d'avis. Il avait l'opportunité de partir sans se tordre de douleur, bien qu'il sentait sa jambe gauche défaillir. S'accroupissant, ses intentions étaient bel et bien de profiter du dernier visage qu'il verrait. Il fallait dire que la bougresse n'était pas une vision de départ désagréable, le plus longtemps il pouvait tenir la conversation, le mieux se serait. Pour peu que l'hémorragie ne le prenne pas avant.



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Zora Viz'Herei
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Lun 9 Avr - 19:41
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Si tous sont égaux face à la mort, les réactions divergent. D'ordinaire ce sont des pleurs et des cris qui viennent conclure une existence. Dans l'extrême majorité des cas, ils sont accompagnés de regards haineux. Ce fut difficile les premiers temps. Et puis l'habitude prend le relais et on apprend à ne plus faire attention à ces manifestations de l'instinct. Zora s'est ainsi toujours raccrochée à une évidence: il faut parfois sauver les gens malgré eux. La mort que tant d'entre eux redoutent n'est rien de plus qu'une chance de renaître dans un corps exempt de pêché. Un corps digne de Möchlog...

Mais le comportement de l'inconnu est tout à fait nouveau pour elle. Sa mémoire est amputée de nombreux souvenirs, certes. Mais la rouquine reste pratiquement certaine qu'on ne l'a jamais gratifiée d'un sourire ou d'un calme comme celui dont fait preuve le blond. Le stoïcisme teinté de cynisme qu'il oppose à la mort désarçonne la fanatique qui se contente du silence pour masquer son trouble.

Elle lève néanmoins la main par réflexe lorsqu'une ombre monstrueuse surgit des cieux pour fondre sur elle. Surprise, Zora est incapable de dresser un bouclier salvateur contre les serres du Chuluun. Mais le hasard fait bien les choses puisque les bâtisses alentours empêche l'animal de saisir sa proie. La réaction de la créatures est violente au possible. Mais elle semble pourtant nettement plus sensée que celle de son propriétaire.

L'intéressé calme d'ailleurs sa monture et l'empêche même de poursuivre sa quête de vengeance. La rouquine tourne une nouvelle fois le regard vers le mort en puissance tout en fronçant les sourcils. Que fait-il? Pourquoi ne laisse-t-il pas le volatile rocailleux faire ce qu'il a été incapable de faire? Ne voulait-il pas l'arrêter au péril de sa vie? Maintenant que cette dernière s'écoule sur le sol, pourquoi revient-il sur sa décision? Et comment trouve-t-il la force de lui présenter des excuses?
"Les animaux sont tributaires de leurs instincts. Les dieux l'ont voulu ainsi!" souffle-t-elle finalement. "Il n'y a rien à pardonner..."
Elle tente de masquer son trouble derrière un masque d'assurance. Trompe-t-elle le jeune homme? Elle, en tout cas, n'arrive pas à se leurrer. Zora accompagne la chute de sa victime sur le sol et l'aide à s'allonger dans une position aussi confortable que la situation le permet. Elle hésite alors brièvement à soigner la plaie qu'elle vient d'infliger à cet étrange trublion. Mais maintenant qu'il est marqué par l'impureté il ne peut décemment pas échapper à son sort. Malgré tout la fanatique ne peut se résoudre à l'abandonner maintenant alors qu'il s'avance courageusement vers sa nouvelle existence...
"Je m'appelle Zora!" lui répond-t-elle dans la foulée. "Sur ce point, les affiches n'ont pas menti..."
Elle lui décoche un sourire contrit en songeant que les mensonges des daënars ont conduit cet homme à sa perte. Elle a porté la coup fatal mais ce sont bien les hérétiques qui ont poussé cet inconnu à se dresser contre elle. Encore un méfait des sbires de Technologie. Un de plus... Combien de my'träns devront tomber pour faire cesser la folie de ces gens? Sera-t-elle aussi du lot? Pourrait-elle sacrifier sa vie avec autant d'aisance que l'homme qui gît à présent dans ses bras.

Zora hésite puis estime qu'elle n'a pas à connaître l'identité de celui qui s'enfonce peu à peu dans les ténèbres. Elle ne souhaite pas donner un nom au regret qui l'étreint déjà. Elle s'emploie ainsi à user de ses capacités défaillantes de soin pour empêcher la douleur d'assombrir davantage encore l'agonie d'un homme qui était promis à mieux. Elle déblaie quelques cheveux rebelles du visage de l'inconnu et hoche la tête doucement de gauche à droite.
"Tu es un imbécile!" regrette-t-elle. "Je t'avais pourtant prévenu! Pourquoi ne t'es-tu pas contenté de poursuivre ta route? Les choses n'avaient pas à se terminer ainsi! Mais tu ne m'as pas laissé le choix!"
Il lui est plus aisé de remettre la faute sur les épaules du blond que d'accepter sa propre erreur. Pourquoi a-t-il fallu qu'elle réagisse de cette manière? Les années passées ont-elles gommé sa capacité à faire preuve de miséricorde? Est-elle devenue un monstre semblable à ceux qu'elle traque? La rouquine aurait pu réagir autrement. Et pourtant elle a suivi le conseil de son pragmatisme sans même le remettre en question. Est-elle incapable d'apporter autre chose aux autres que la mort? Une boule se forme dans sa gorge...




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Azarov Mal'hika
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Lun 9 Avr - 21:13
Irys : 54992
Profession : Producteur de bière et hydromel
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Genou à terre, Azarov passa une main sous sa jambe, récoltant du bout de ses doigts une fragrance de l'abondance des flots qui lui sortait de la chair. Portant les nuances d'écarlate empreintes-ci et là de son beige originel, il esquissa un autre sourire, plus accentué et appuyé par ses yeux qui se fermaient, déviant sur les pieds de la rouquine qui était venue accompagner sa chute. Imbécile. C'était le mot, oui. Un imbécile heureux qui refusait de voir le mal tel qu'il se présentait à lui. Il avait bien fait son propre jugement, il avait désormais son opinion propre, et comme de coutume, elle différait de la masse. 

Sa meurtrière qu'il observait avec des oeillades de sympathie, presque compatissante l'amusait, en soi. Rigoler de sa propre infortune était le quotidien du brasseur, il avait l'habitude de se moquer de lui-même, aussi, la manière dont il riait de la rouquine ne relevait en rien de la plaisanterie cynique. Comment exprimer que derrière le monstre se cachait quelqu'un de touchant ? Il n'en savait que trop rien, pourtant, les mots n'avaient jamais été un problème pour lui. Réfléchir ne devait sûrement pas faire partie de ses décisions pré-mortems. L'instinct parlait toujours mieux que la conscience, bon enfant d'Orshin qu'il était, il y croyait dur comme fer. Laisser parler le coeur a toujours plus d'effet que faire parler la cervelle, mais étrangement, cette contradiction dans les paroles de Zora avait bien plus d'effet. 

Respirant lourdement, son regard clos s'orientait vers le sol, sa nuque inclinée par le poids de la fatigue qui était venue s'emparer de lui. Son teint virait au blanc cadavérique alors qu'une sueur froide venait lécher sa tempe gauche. Mais il n'oubliait pas cette promesse qu'il s'était faite de mourir sourire aux lèvres. Alors, il redressa simplement son visage aux traits exhaustifs, adressant son éternelle risette calme, poursuivant la dernière conversation de sa vie. Pourquoi ne pas simplement l'avoir laissée faire ? Pourquoi ne pas avoir simplement décidé que ce n'était pas son problème ? Cela revenait pour lui à se demander pourquoi il n'a pas laissé des dizaines d'autres innocents crever. La réponse y était évidente.

Pourquoi, hein ? Ha ... le fait que je sois un imbécile doit avoir quelque chose à jouer là-dedans. Il esquissa un rire, empli d'ironie et d'autodérision, avant de soupirer. J'imagine que je ne pouvais pas me résoudre à tout simplement vous ignorer.


Cette affiche, cette fameuse affiche qui l'avait finalement mené à vouloir rencontrer celle qui était en train de mettre fin à sa vie. Cette affiche-ci le perturbait. Pas parce qu'une my'tranne tuait sans encombres, sans remords et sans distinction. Cette affiche l'avait captivé de par le portrait inhumain de cette jeune femme. Mais malgré la radicalité de ses actes, elle ne l'avait pas laissé gésir sur le sol, à se vider de son sang alors qu'elle s'enfuyait. Non, elle était restée là, lui tenant la joue pour lui faciliter le passage vers l'autre vie. En vérité, il considérait presque ça comme une faveur, nombre d'êtres humains souhaitent une mort indolore, et toujours coincé dans son éternel positivisme, Azarov se disait qu'il avait une chance que peu de mortels connaîtraient un jour. Mais il refusait que sa mort soit vaine.

Et l'imbécile que je suis croit aussi profondément que tout a bon fond. Il y croit aussi fort qu'il est idiot. Et cet imbécile ... m'a forcé à vous trouver. Je ne sais pas ce qu'il attendait de moi, à vrai dire, mais il a un sacré instinct. Il riait d'un sourire qui dévoilait à moitié sa dentition. Je voulais voir de mes propres yeux le monstre que décrivaient ces affiches.


Sa seconde jambe défaillit, alors qu'il posa les mains à terre pour supporter son poids. La nuque relâchée, ses halètements se faisaient de plus en plus lourds. Azarov sentait le froid remplir ses veines, profitant du manque de comble pour s'y immiscer et faisant frémir le brasseur. Mais il n'avait pas encore fini. 

Le plus étrange est que je n'ai pas trouvé de monstre. Juste vous. C'est déjà une belle trouvaille, vous ne pensez pas ? Même aux portes de la mort, le brave conservait son humour sympathique. Mais vos actes font de vous le monstre qu'ils décrivent. Ce ne sont pas les Daënars qui ont tué un ami en devenir. 


Il pencha son regard, arquant le sourcil droit avec un sourire en coin. Malicieux comme il était, il comptait bien faire s'éclore une fleure appelée bonté dans ce coeur de pierre qui se présentait à lui. Au fond de lui, il se doutait bien que cette germe devait déjà exister dans l'âme de la rouquine, preuve en était de la main qu'elle avait déposé sur sa joue. Son intérêt était que cette pousse gagne en pétales, pour un jour devenir la plus splendide caractéristique de la jeune femme. Utopiste, mais pas moins impossible. Azarov était bel et bien un imbécile enthousiaste. Il contemplait l'expression de sa meurtrière, espérant y trouver la culpabilité. Mais son regard commençait à se troubler, il ne percevait plus avec clarté le visage de Zora.

Je n'ai pas de rancune ... mais il me reste bien une crainte. Lorsque vous vous enfuirez de cette ruelle, je n'aurai aucun moyen de vous empêcher de commettre à nouveau l'irréparable. J'aimerais vous l'interdire, mais je n'en serai plus capable. Tout ce que je peux faire, c'est vous souhaiter bonne chance. Non pas pour mettre à bas Technologie, mais pour vous retrouver.


Son regard vagabondait dans le vide, sa peau était devenue si blanche que le violet dont s'étaient ornées ses veines ressortait. Entre deux souffles lourds, il posa sa main sur l'épaule droite de la rouquine, s'assurant qu'elle lui tendait encore une oreille attentive. Il était d'une extrême importance que ses dernières paroles soient écoutées. Fixant son regard mis-clos dans la prunelle des yeux écarlates qui se présentait à lui, il acheva finalement, reprenant un ton grave qui contrastait avec ses risettes habituelles.

Vous n'êtes pas perdue, Zora. Pas encore ... 


Les paupières lourdes qu'il avait maintenue éveillées pour accompagner ses derniers propos se refermèrent finalement, alors que sa tête commençait à reposer sur la paume qui lui avait été tendue. Sans douleur, il partait rejoindre son gardien. Et, avant que tout ne se termine, ses lèvres esquissèrent un dernier sourire, envoyé dans le vide, s'adressant à cette jeune femme qui, sans qu'il ne puisse même se l'être expliqué, lui faisant ressentir une peine immense. Avec cette dernière courbure qui lui traversait le visage, Azarov s'élevait aux côtés d'Orshin. Pour seul héritage, il avait voulu transmettre son coeur à Zora, qu'elle en fasse bon usage, qu'il lui fasse retrouver la bonté. Mais, désormais, elle était seule décisionnaire de ce que valait cette recouvrance. 



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Zora Viz'Herei
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Mer 11 Avr - 19:55
Irys : 1540139
Profession : Purificatrice fanatique
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Elle l'écoute tandis qu'il expose l'étendue de sa bêtise. Elle n'approuve pas son comportement ou même sa vision du monde. Et pourtant elle sait qu'il est difficile - voir illusoire - d'agir autrement qu'en adéquation avec ce que les dieux ont fait de vous. Tout comme elle, le blond a suivi les balises de sa destinée. Zora pressent que cette rencontre est importante. Möchlog ne l'a pas placé sur sa route par hasard. Souhaitait-Il lui offrir une alternative? Lui faire comprendre qu'elle est libre de choisir une autre voie que celle sur laquelle elle s'est engagée depuis des années?

La rouquine garde le silence et se contente d'observer l'homme qui agonise. Elle est à la fois touchée par son optimisme et agacée par la grandiloquence de son discours. Se retrouver? Elle ne s'est jamais perdue... La plupart des gens s'obstinent à voir en elle une personne égarée. Une personne qui a besoin d'aide ou guidée par la folie. Et pourtant il n'en est rien. La disciple de la Chouette sait exactement ce qu'elle fait. Et pourquoi elle le fait. Pourtant on la considère encore et toujours comme une âme égarée. Une âme que certains se donnent pour mission de sauver. Mais peut-on sauver ce qui n'a pas besoin de l'être?

Néanmoins le jeune homme est le premier à se poser en éventuel ami. Ce mot résonne étrangement à ses oreilles. Il lui évoque Althéa. L'espace de quelques instants, Zora repense à la noiraude qui découvre de son côté le continent de Technologie. Elle est ce qui se rapproche le plus d'une amie. Ce n'était pas prévu. Et cette relation lui offre davantage de tracas que de réels avantages. Non, vraiment: elle n'a pas besoin d'un sentiment comme l'amitié. Et encore moins venant d'une personne comme cet inconnu. Les amis sont sensés s'épauler et s'accepter mutuellement tels qu'ils sont. Pas s'obstiner à vouloir se changer.
"Le bien et le mal ne sont que des notions abstraites!" soupire-t-elle, songeant au nombre de fois où elle a répété ces quelques mots. "Si tu n'étais pas aussi aveuglé par tes espoirs, tu le comprendrais. Je ne suis pas un monstre, non. Et je ne suis pas non plus une sainte. Je ne suis que l'expression de la volonté de Möchlog!"
Il n'est pas question de bon ou de mauvais fond. Zora, comme cet inconnu, honorent chacun à leur façon la diversité désirée par les Architectes. Ils rendent hommage à la multitude de nuances qui définissent Irydaë. Qui a tort? Qui a raison? Personne et tout le monde à la fois! Toutefois c'est bel et bien le blond qui gît dans son sang et non la rouquine qui lui maintient délicatement la tête tandis qu'il glisse vers sa prochaine existence. N'est-ce pas une preuve de la bénédiction de Möchlog? Et donc le signe qu'elle ne fait pas fausse route?
"Même au seuil de la mort tu t'obstines à voir en moi une personne égarée?" ironise-t-elle. "Vois où ta foutue morale t'as mené! L'optimisme est un beau sentiment. Mais il représente surtout une véritable faiblesse dans un monde comme celui-ci. Quant à ta sollicitude..."
Elle ne termine pas sa phrase, estimant qu'il aura compris ce qu'elle en pense. Le soupçon de compassion qui s'était éveillée en elle est peu à peu remplacée par la colère. Il l'a poussée à tuer un être sain. Il s'est lui-même offert à la mort avec le sourire. Et il se permet encore de la juger? Il ferait mieux d'économiser sa salive. Dans quelques jours, elle ne se souviendra plus de lui ou de ses propos. Il n'est qu'une vague parenthèse qu'elle oubliera. Comme tant d'autres...
"Sois rassuré cependant: ta mort n'est pas dénuée de sens!" conclue-t-elle tandis que les yeux de l'homme se ferment. "Elle servira les desseins que tu souhaitais tant combattre!"
Elle caresse encore un instant la joue du cadavre avant de se redresser lentement. Il faut faire vite. L'intervention du Chuluun aura probablement réveillé certains daënars. Et même si la zone est plus ou moins désaffectée, la milice ne devrait pas tarder à venir vérifier ce qui a causé un tel vacarme. Le temps lui est compté, donc. Zora s'emploie ainsi rapidement à graver des sillons sanglants sur le torse du corps qui gît à ses pieds. Ils forment finalement la première lettre du prénom de la rouquine.

Elle ne sait pas si le corps sera retourné en My'trä. Ou si les hérétiques feront de Daënastre sa dernière demeure. Néanmoins ceux qui le trouveront comprendront qu'elle en est à l'origine. Et que le fameux monstre qu'ils considèrent qu'elle est tuera quiconque se mettra sur son chemin. Qu'il soit un daënar ou un my'tran souhaitant leur apporter son aide. Ce jeune homme, malgré son beau discours, n'aura pas réussi à émailler la détermination de la rouquine. Il l'aura tout au plus renforcé.

Zora disparaît à nouveau dans les ombres à la recherche d'un endroit plus sûr. Il lui faut à présent quitter Prorig avant de pouvoir poursuivre son oeuvre en d'autres lieux. Mais un sourire se dessine lentement sur ses traits. Tout comme ceux de Skingrad, les habitants de la cité portuaires savent à présent qu'elle rôde sur leurs terres. Peut-être auront-ils plus de mal à trouver le sommeil? Une maigre victoire dans la guerre qui oppose la rouquine à Technologie. Mais une victoire tout de même...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)



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