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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] On trouve de tout à l'hosto [PV Ophélia]

Swenn Milazzo
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Jeu 5 Avr - 22:16
Irys : 515413
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
La lumière extérieure offerte par le soleil et filtrant par les nombreuses fenêtres de l'hôpital central de Cerka décline petit à petit, laissant la place à la clarté de l'astre lunaire.  Pour autant, l'activité à l'intérieur de ce grand bâtiment est toujours à son comble. Un chassé-croisé incessant de blouses blanches à travers les couloirs, se succédant dans diverses chambres, transportant les blessés d'un bloc opératoire à l'autre, et s'autorisant parfois une pause, lorsque la pression devient difficile à gérer.

Swenn passe la porte d'entrée principale, une sacoche pleine de produits tests. Après avoir passé les dix dernières heures au laboratoire de sciences, à finaliser une nouvelle version d'une décoction antiseptique, sur laquelle il travaille avec certains collègues depuis plusieurs mois, il ne peut attendre davantage pour faire ses tests en conditions réelles. Son piaf de compagnie laissé à l'extérieur de ce lieu de soins, le jeune homme marche d'un pas rapide comme à son habitude. Saluant d'un simple signe de tête les hôtesses d’accueil qui se préparent pour une nuit à supporter les suppliques des familles de malades, il prend directement la direction d'une petite salle. Celle dans laquelle il a l'habitude d'élire domicile pour ses heures de travail en ce lieu. En raison de son équipement en matière d'analyses biologiques parmi les meilleurs de la capitale. Ce qui n'est pas peu dire.

- "Ah Swenn t'es parmi cette nuit ! Tu tombes bien, on a une vague de blessés qui est arrivée toute la journée, on aurait bien besoin d'un coup de main pour les opérations !"

C'est la contrepartie. Pouvoir tester les derniers produits mis au point directement sur des malades, disposer de tout le matériel nécessaire aux observations poussées. Et aider lorsque les effectifs du corps médical sont trop peu nombreux. Ce qui est régulièrement le cas. Mais cette fois, le mot "opération" attise immédiatement son intérêt.

- "Laisse moi le temps de prendre deux cafés, de déballer mes affaires et j'arrive. J'ai de nouveaux produits antiseptiques à tester. Si tu peux me trouver un patient avec un bon taux de survie mais avec des plaies importantes aux forts risques d'infection, ça m'arrange."

Faire d'une pierre deux coups. Seule solution si le brun veut réussir à caser quelques heures de sommeil dans son emploi du temps surchargé. Et affreusement mal organisé. Comme l'intégralité de ce que contient sa sacoche, qu'il vide sans la moindre délicatesse malgré les nombreux contenants en verre, qui sont à présent éparpillés sur le plan de travail. Tout en préparant deux litres de café, indispensables s'il veut tenir correctement la nuit qui s'annonce.

Ses deux cafés et un sacré bazar apparu comme par magie dans la pièce passés, Swenn enfile une blouse blanche à sa taille, obligatoire pour bosser dans cet endroit, et prend la direction du bloc indiqué par son collègue. Le labyrinthe de couloirs et d'escalier n'a plus aucun secret pour le jeune au sens de l'orientation plus que moyen. Mais comme toujours, au moment où il pousse la porte sur laquelle un écriteau "intervention en cours" repose, il ne peut que se rendre que le reste de l'équipe est déjà sur place. A lui jeter des regards qui est disent long sur ses problèmes de timing. Des regards qu'il ne remarque même plus, trop occupé à détailler l'état de la femme qui est sur la table d'opération.

Les minutes défilent, les blouses blanches rougissent, les apprentis détournent les yeux, et la plaie béante au niveau de l'abdomen fini par être refermée. Alors que les vrais médecins s’affairent autour de la blessée, Swenn lui prélève un échantillon de sang. En sortant de la salle, ayant déjà perdu le compte de l'écoulement temporel, le jeune homme se débarrasse de tout l'attirail de chirurgien, se démarquant de ses congénères déambulant dans les couloirs. Ses échantillons fraichement prélevés entre les mains, il repart dans la salle laissée en bordel pour ses prochains tests. Ah, il va lui falloir trouver une montre aussi. Il faudrait vérifier l'évolution des multiplications bactériennes chez sa patiente qui ne vont pas manquer après une telle opération. Mais avant toute chose, un autre café est nécessaire !


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Dernière édition par Swenn Milazzo le Lun 14 Mai - 21:54, édité 1 fois
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Ophélia Narcisse
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Jeu 5 Avr - 23:16
Irys : 1221985
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Cerka. Belle ville, pour un dépotoir à rats. Chaque ruelle, chaque coin de rue, chaque embranchement recelait d'au moins une ordure, affichée ou bien à l'aspect citoyen et patriote. Peu importaient les apparences, Aemy ne savait que trop bien qu'il était impossible de se fier à ce que le physique laisse entrevoir. Elle-même jouait de son aspect innocent. Son visage d'ange était impossible à calquer sur celui d'une meurtrière. Ses joues roses, nuançant son ton pâle, sa démarche élégante et sa voix mielleuse. Une passante comme une autre, en somme, avec le charme maladroit en plus. Ce n'était pas tant qu'elle connaissait la manipulation, mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'agir de la sorte. Ses manières et ses tons, tout était naturellement faussé. Dans la nuit roublarde, elle se pavanait seule, enjambant les pavés de ses bottes noires. Les traînards de la basse plèbe qui gambadaient cherchaient des jeunes filles comme elle, alors qu'elle cherchait des rats d'égouts comme eux. Elle avait besoin d'information, en quantité. 
Plusieurs soirs durant avait-elle fouillé les quartiers bas de Cerka, cherchant quelqu'un qui, enfin, pourrait lui apprendre à correctement manier les toxines. Seulement douée pour le meurtre, elle n'aurait su se résoudre au combat et ajouter une arme plus mortelle que toute autre à sa liste était la meilleure manière de continuer dans cette voix. Aemy avait réussi à tirer quelques rumeurs juteuses d'un abruti fini qui se baladait au bord des quais, attendant sans doute une livraison spéciale. Le couvert de la nuit lui avait été profitable et prenant avantages de ses capacité naturelles, elle était parvenue à ne pas découvrir son faciès. La menace avait donc suffit, le moucheron n'avait clairement pas envie de mourir au nom d'un renseignement qui lui pendait au bout de la langue. La meurtrière en tint compte, trop de sang n'entraînerait que la retrouvaille de sa piste. Elle se dirigeait donc dès lors vers un hôpital dont la location avait été indiquée de manière assez grossière par son interlocuteur qui était devenu bien loquace lorsqu'il vit un carreau poindre vers lui. 
Elle se faufilait à nouveau entre les ruelles, entrant dans un quartier dont la senteur relevait moins de la merde que les précédents. C'était agréable de ne pas avoir à se pincer le nez, la respiration de la serveuse en apprentissage s'en retrouvait soulagée. Après plusieurs minutes de marche, la vaironne vit enfin l'hospice mentionné. Celui-ci n'était clairement pas le plus miteux, et elle s'en trouvait bien arrangée, elle détestait la pègre inférieure, elle avait déjà bien du mal avec le commun des mortels, alors s'ils devaient en plus refouler ... Elle sortit ses lunettes teintées d'une de ses poches et les déposa sur son nez. La coloration de ses mèches aidait à ce qu'on ne la reconnaisse pas, mais ses yeux, elle devait les garder. Trop de rumeurs circulaient sur une fugitive folle, évadée d'un asile à Hinaus. Mieux valait taire les caractéristiques communes avec celle-ci. Retourner dans sa celllule était la dernière chose dont Aemy souhaitait.
Poussant les portes, elle entra dans un couloir lumineux qui la menait directement à un bureau apposé au centre d'un large hall, plus loin dans le bâtiment. Jetant des regards à droite et à gauche, elle se fit la remarque que cela ressemblait étrangement à son ancien lieu de rétablissement. Clairement, ce n'était pas quelque chose qu'elle appréciait, de voir ses souvenirs remonter ainsi. Déjà, le lieu lui donnait envie de régurgiter, mais elle n'oubliait pas le rôle qu'elle devait tenir. Si Nima devait pointer le bout de son nez, s'en serait fini de sa discrétion, pour l'instant si bien tenue. Elle comptait bien rentrer au Tyorum après que cette course ne soit effectuée. Skingrad lui manquait déjà, ainsi que la femme bienveillante qui allait avec. De sa fine démarche, elle s'approcha du comptoir, attendant que quelqu'un ne vienne. Mais il n'y avait rien. Rien sauf une clochette dont elle ne comprit l'utilité que bien plus tard.
Elle apposa donc son index et son majeur sur la surmonte de l'appareil, faisant retentir sa sonnerie qui résonna dans une pièce dont la porte était entre-ouverte. Quelqu'un se présenta à elle, une femme vêtue de blanc et qui une fois encore lui rappelait ces chiennes d'infirmières qui, tout les soirs lui administraient ces infâmes coupures dont le simple souvenir lui faisait refouler des gerbes. Passant sur son irritation, elle prit une expression souriante, innocemment agréable et sus-teinte d'une voix douce et claire. 
"Pardonnez-moi, je cherche le docteur Milazzo ?"
La truie en face la regardait avec un air vide. Il était certes tard, mais elle aussi était levée et c'était un fait que cette abrutie semblait avoir outrepassé. Seulement cinq minutes dans l'enceinte de ce recelât à moucherons et elle avait déjà envie de repeindre les murs du sang d'une pimbêche. Mais elle feint la patience à la perfection, alors que, cernes au visages, la moins que rien concernée se redirigeait vers une porte avoisinante, possiblement pour aller chercher ce dernier ... ou du moins, Aemy l'espérait. Autrement, elle n'aurait aucunement assumé les conséquences de ses actes. Mieux valait pour elle qu'elle revienne accompagnée. Tournant la tête sur sa droite et battant impatiemment du pied, la jeune femme siffla des mots entre ses dents qu'elle accompagna d'une douce mélodie, contrastant radicalement avec le fond de sa pensée.
"... j'espère que t'es en train de courir, sale larve ..."


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Swenn Milazzo
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Ven 6 Avr - 15:20
Irys : 515413
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Penché au dessus d'un des derniers modèles de microscope depuis plusieurs minutes maintenant, Swenn reste fasciné par la façon dont ces bactéries, êtres invisibles à l’œil humain et pourtant si redoutables, réussissent à gagner du terrain. Leur multiplication reste beaucoup trop rapide. Comment les contenir ? Voilà une question qui l'occupe toujours autant depuis le jour où il a apprit leur existence. Grognant ce qui ressemble à un "entrez" en entendant frapper à la porte, le brun ne décolle pas son œil de l'outil d'observation. Personne ne prend la peine de frapper d'habitude. Ce n'est pas non plus comme si cette salle lui appartenait. Ni même le matériel qui s'y trouve. Et ce que les autres peuvent bien y faire ne l'intéresse aucunement. Ça ne peut de toute façon pas être aussi passionnant que ce que lui y fait. Mais cette fois, la voix féminine, visiblement irritée, qui l'interpelle directement l'oblige à sortir de sa bulle pour détailler la nouvelle arrivante.

- "Une jeune femme te demande à l’accueil. Si tu pouvais éviter de leur donner rendez-vous ici à l'avenir ça m'arrangerait. Ou leur dire directement où te trouver. J'ai pas que ça à faire moi."

Avec un haussement de sourcil, pas vraiment sûr de la façon dont il doit interpréter ces mots, Swenn finit par capituler, s'éloignant complètement de son jouet du moment. Il faut avouer que les relations entre chercheurs et membres du personnel hospitalier n'ont jamais été des plus harmonieuses, mais cette façon de lui adresser la parole... Elle doit être dans un mauvais jour. Ce qui est le dernier des soucis du brun, ses façons de faire l'ayant habitué à peu de sympathie de la part de ses interlocuteurs. Il lui en faut bien plus pour se vexer.

- "Mouais, c'est bon, je m'en occupe. Tu peux retourner bosser."

- "Et un merci ça te couterait tant ?"

Comme s'il n'avait que ça à faire. Les bonnes manières ne lui importent que peu. Tout comme assurer une bonne entente avec le petit personnel avec lequel il limite au maximum ses interactions. Elle peut bien repartir en soufflant et en marmonnant sur ses façons de faire, le brun ne peut s'empêcher de se demander qui peut bien venir le chercher jusqu'ici ? Une fois la lune levée. Les junkies en manque se contentent généralement de se rendre directement chez lui. L'attendant en pionçant devant sa porte au besoin. Quant aux membres des réseaux plus organisés, ils ne se risqueraient pas à venir dans un lieu public tel que celui. Quelle que soit l'urgence.

Les mains négligemment enfoncées dans les poches de son pantalon, une simple chemise sur le dos, les yeux toujours aussi cernés qu'à l'accoutumée, il arrive de sa démarche nonchalante dans le hall d’accueil. Quasi vide. Rien d'étonnant pour l'heure. Et n'a aucun mal à distinguer une silhouette résolument féminine. Et visiblement impatiente. Depuis combien de temps est-elle là ? Quoi qu'il en soit, son visage lui est parfaitement inconnu. Ce qui attise immédiatement sa curiosité et amène un grand nombre de questions à traverser son esprit. Un raclement de gorge pour annoncer son arrivée une fois à proximité de la demoiselle, il prend la parole d'une voix monotone, presque mécanique.

- "Bonsoir. Je suis Swenn Milazzo. C'est vous qui m'avez demandé ? Je peux vous aider ?"

Tendant machinalement une main en guise de salutations, geste qu'il fait à présent sans même réfléchir lorsqu'il se trouve dans ce genre d'endroit, il ne peut s'empêcher d'observer celle qui lui fait face. Elle n'a décidément rien à voir avec les personnes qu'il est habitué à fréquenter. A moins qu'il ne s'agisse de la sœur d'un drogué ou de l'une de ces petites frappes de la ville qui se serait attiré suffisamment d'ennuis pour se retrouver entre la vie et la mort ? Tant qu'il n'en saura pas plus sur la raison de cette présence inattendue, il ne risque pas de se départir de son air sceptique si bien maîtrisé.


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Ophélia Narcisse
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Ven 6 Avr - 21:30
Irys : 1221985
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Après trop de minutes d'attente, le cher docteur tant attendu se montra enfin, en même temps que l'autre chienne de rue revint derrière le comptoir pour s'occuper comme elle pouvait. Mais son regard irritait profondément Aemy, qui derrière ses lunettes teintées, esquissait un regard de biais, lui arrachant l'oesophage en pensées. Mais l'apparence était de rigueur, la courtoisie devait primer. Elle ne savait rien de l'homme qu'elle devait rencontrer, la prudence devrait s'appliquer, ainsi que les hypocrites formules de politesse. Son numéro jouerait sur son sérieux apparent, avec un petit air enjoué, car il avait l'air bien grincheux celui-là. Travailler la nuit devait être un fardeau, mais une fois encore, la femme qui se présentait à lui avait tout autant trimé pour avoir une chance de le rencontrer. Maintenant qu'elle était là, elle ne s'en irait sûrement pas avant d'avoir trouvé satisfaction.
 Posant un regard analytique sur le visage de son ami à en devenir, ou du moins, il avait intérêt, la jeune femme se dit qu'il serait sans doute une plaie à apprécier. Ses yeux descendirent tout le long du savant, il n'avait vraiment pas l'air d'être un homme de sciences. Elle, en tout cas, ne l'aurait jamais deviné. Mais s'il était bien le docteur Milazzo, alors elle n'avait pas à hésiter. Prenant la paume tendue entre ses doigts de la plus délicate manière possible, la dame aux cheveux bruns lui esquissa un sourire touchant, fermant ses paupières derrières les verres de ses binocles.
 Oui ... vous le pouvez sans aucun doute.
 Son regard dériva sur le sol, penchant son visage en avant comme pour se faire taire sa voix. La visiteuse n'oubliait pas qu'il y avait une oreille indiscrète qui écoutait, juste à côté. Déposant le côté de son index courbé sur ses lèvres, elle fit le tour du docteur, s'enfonçant dans le couloir d'où il venait, s'assurant qu'il ne la suive, au moins pour quelques mètres. Furtivement, son oeil se redirigea vers le comptoir, où l'hôtesse n'avait désormais plus personne en face d'elle à fixer d'un regard blanc. Soupirant de ses narines, Aemy retourna son visage tout entier vers l'homme de médecine.
 J'ai une demande ... très particulière, que seules vos oreilles ne doivent percevoir. Vous auriez une salle plus ... appropriée au dialogue que ce hall ? 
 Leurs voix rebondissaient contre les murs et ces derniers avaient des oreilles. Faire taire les voix, enfermer la conversation entre quatre façades pour protéger ses secrets. Car elle s'apprêtait à trahir sa véritable nature, au moins un peu pour faire part de ses envies à Monsieur Milazzo, si elle osait l'appeler ainsi. Surtout, elle ne devait en aucun cas louper cette affaire, ce serait probablement la seule occasion qui lui serait donnée. Son ... "bon informateur", dans sa grande bonté, lui avait parlé de ses spécialités, et après mûr débat, il fut établi pour la jeune femme que son domaine de prédilection, ou du moins selon l'interrogé, était les drogues. Le peu qu'elle connaissait de la science ne lui donnaient pas le bénéfice de connaître les méfaits des toxines, mais elle comptait bien remédier à cela. 
 Sa présence, cependant, n'était pas tant pour trouver des réactifs abrutissants, son interlocuteur était déjà bien amoché lorsqu'elle avait tenté d'établir contact avec lui. Au moins, elle avait pu constater de l'efficacité du produit de par elle-même. Ne restait qu'à voir si ce cher Milazzo savait mélanger des toxines aux effets plus ... mortels. Aemy était venue dans la simple conception de pouvoir tuer en se salissant moins les mains et sans être remarquée. Mais, en voyant l'état second de son charmant informateur, son imagination s'était mise au travail, réfléchissant aux divers effets que toute cette petite science pouvait avoir. Et plongée dans ces pensées, elle esquissa un petit sourire en coin au docteur devant elle, attendant qu'il ne la mène en intimité.


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Swenn Milazzo
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Sam 7 Avr - 20:04
Irys : 515413
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Difficile de se positionner clairement face à celle qui en sait visiblement bien plus sur lui que l’inverse. Peut-être à cause de ces lunettes teintées qui lui cachent les yeux. Ou de cette délicatesse qui se dégage de sa poigne de main, des expressions de son visage et de sa gestuelle dans tout son ensemble, chose à laquelle Swenn n’est pas habitué. Ou encore de cette façon qu’elle a de lui adresser la parole. Indiscutablement, elle cache quelque chose d’étrange. Ce qui ne manque pas d’attirer sur elle tout l’intérêt dont peut faire preuve le brun.

N’importe qui arrivant avec une demande classique se serait contenté de décliner son identité avant de formuler clairement la raison de sa présence en ce lieu. Rien de tout cela n’est fait. Et la présence de la femme a l’accueil paraît la déranger fortement pour atteindre cet objectif. Il n’a aucun mal à se décider à suivre l’inconnue, qui s’engage dans le couloir desservant les différentes salles d’études de l’hôpital. Et qui paraît attendre qu’il en fasse de même. Sa curiosité complètement attisée, il n’a que faire de ce qui pourrait être pensé ou répété de ses agissements.

- "S’il n’y a que ça pour vous amener à parler. Suivez-moi."

Quelle étrange sensation. Cette irrépressible envie de savoir. Et l’obligation de devoir toujours se montrer méfiant. Il ne peut ignorer ses relations tendues avec de nombreuses personnes aux bras longs. Il s’est toujours arrangé pour que ces personnes n’aient finalement aucun intérêt à le voir disparaître. Malgré ses facultés de réflexion poussées, Swenn a toujours eu un attrait beaucoup trop prononcé pour le danger. Et pour la nouveauté. Ce qui l’empêche de refuser la demande de la jeune femme malgré tous ces mystères.

Alors tant qu’à faire, autant retourner dans cette salle qu’il vient de quitter, où peu de monde ose mettre les pieds lorsqu’il y est. A se demander par avance si leurs activités valent la peine de courir le risque de se faire prendre de haut par le jeune homme. Manquant cruellement de conversation, incapable – et n’en éprouvant pas non plus l’envie - de savoir comment combler les blancs qui peuvent s’installer lorsqu’il se trouve avec une unique autre personne, il parcourt quelques couloirs, ne croisant que peu de monde dans cette partie des locaux à cette heure-ci, et finit par pousser la porte visée.

- "Bien, ici on ne devrait pas être dérangés. Je vous écoute."

Toujours droit au but. Si cette pièce offre effectivement un bon niveau de discrétion, elle n’est en revanche pas en état d’accueillir des visiteurs. Swenn ayant encore une fois réussi à y faire régner un chaos total. Des produits en tous genres éparpillés sur chaque centimètre carré du plan de travail disponible, des tests en cours dans plusieurs fioles, sans parler des odeurs fortes qui se dégagent de toutes ces décoctions. Auxquelles le chimiste est insensible depuis bien longtemps.

Pas totalement mal élevé non plus, il prend tout de même la peine de déblayer la pile de papiers qui s’entassent sur une chaise servant davantage de desserte que de siège. Pour la poser en équilibre plus que précaire sur un bécher non utilisé qui repose un peu plus loin, prêt d’une fenêtre. Fermée, pas de risque de courant d’air. Il est à présent bien décidé à savoir ce qui peut amener une jeune femme comme elle à venir à sa rencontre dans un tel endroit, de nuit, et qui lui fasse prendre autant de précautions.


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Ophélia Narcisse
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Sam 7 Avr - 20:38
Irys : 1221985
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Absolument ravie que son interlocuteur ait décidé de lui accorder son audience, tant espérée, elle ne put se retenir d'esquisser un sourire qui sortait de la simulation. Elle avait cherché pendant bien trop longtemps quelqu'un qui pouvait l'aider, et arriver déjà à l'entrevue était une petite réussite en soi. Aemy espéra cependant que le docteur n'avait pas remarqué sa risette, avec un bon sens de l'interprétation, cela aurait pu être confondu avec une satisfaction malsaine, voir cruelle. Aussi, consciente de ces manières qu'avaient son expression à fondre en des émotions médisantes, elle ravisa vite sa façade erronée, reprenant le ton calme qu'elle n'avait jamais été censée quitter. De la courtoisie et de la tenue, voyons ... il ne faudrait pas faire peur à ce bon Monsieur Milazzo. 

La vaironne le suivit donc au travers des couloirs, rassurée qu'il ne la force pas à jouer de la voix entre les murs qui n'abritaient que trop de gens. Si par malheur un infirme ou médecin d'Hoffnungslos devait se retrouver ici, même par la plus misérable coïncidence, il est possible que sa voix soit reconnue et que sa véritable identité soit mise à nue. Mais comme elle n'avait pas besoin de répondre aux questions du docteur, comme aucune n'était posée, ce n'était pas aujourd'hui que ses douces cordes vocales allaient lui porter préjudice. 

Fermant la porte derrière eux, une fois entrés dans un bureau qui était plus bordélique que la chambre de Kelmina, son guide dégagea un siège pour elle. Cette initiative fut grandement appréciée et Aemy hocha la tête en signe de gratitude avec un sourire en coin qui se voulait sincère. Les moucherons du coin l'avait habituée à de si bas critères, il était bon de voir quelqu'un avec des manières digne d'un véritable être humain. Dommage que la pièce soit aussi peu ménagée. Elle ne se fit donc pas prier et se posa sur la chaise, mais ne daigna pas retirer ses lunettes. Calmement, elle s'introduit auprès du brun qui avait désormais l'oreille attentive à sa demande.

Les rumeurs disent que vous excellez en chimie, Docteur Milazzo. Je ne sais si les mots des bas quartiers sont dignes de quelconque fiabilité, mais s'ils le sont, alors j'aurais une faveur à vous demander.


Aussi critique des manières d'autrui était-elle, Aemy n'excellait sûrement pas dans le domaine. Elle n'avait même pas délivré son nom, faute de mégarde et d'habitude aux altercations directes avec de parfaits inconnus. Prétendre n'était pas une difficulté au niveau gestuel, mais le dialogue lui faisait souvent défaut. Pour cette même raison, la vaironne écourtait au mieux ses phrases, se surprenant parfois à trop en dire et à finir par cracher les pensées qui demeuraient dans son esprit. Très souvent, cela mettait fin à la période de courtoisie qu'elle tentait d'installer, sa langue étant parfois si venimeuse qu'elle en crachait ses toxines. Cependant, cette affaire ci nécessitait une maîtrise outre mesure de la situation, il serait inacceptable de laisser la bête prendre le contrôle.

Alors, Aemy allait jouer l'humaine. Déposant son coude droit sur sa cuisse gauche qu'elle avait ramené par-dessus sa jumelle, elle fit dépasser son regard assombri de la branche supérieure de ses lunettes. Elle fixait le docteur avec une expression apaisée, les sourcils relâchés et lestes, comme déposés par dessus la prunelle de ses yeux. Sa bouche rose se laissait courber en une minuscule esquisse d'un sourire effacé, presque timide, mais dégageant une aisance certaine chez la jeune femme. Sa main gauche vint se poser dans l'encolure de l'articulation intérieure de son bras opposé, alors que les doigts de son membre droit venait jouer sur son menton, juste en dessous de sa lèvre inférieure, remuant de bas en haut. La voix qu'elle vint poser sur l'air de la salle était calme, posé et monotone, exposant sa requête de la plus explicite des manières.

J'aurais besoin d'un expert en toxines pour m'en apprendre les recettes, ainsi que les différentes manières de les ingérer. Son regard se raffermit. Comprenez bien docteur, que je parle de poison, et pas d'une drogue à refiler à l'un de vos clients. 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Swenn Milazzo
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Dim 8 Avr - 22:38
Irys : 515413
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Une fois ce ménage plus que sommaire mais absolument indispensable effectué, Swenn contourne ce qui doit servir de bureau et qui ressemble davantage à une bibliothèque renversée. Tout un tas d'ouvrages divers, en lien plus ou moins étroit avec la médecine, sont éparpillés, tantôt ouverts, tantôt fermés, certains tenant même miraculeusement en équilibre sur la tranche. Son interlocutrice prenant place sur la chaise ayant retrouvé sa fonction primaire, il s'installe face à elle. Dans une position des plus banales. Aucune excentricité de sa part à ce niveau là. Les très rares fois où il se retrouve face à une personne de la sorte se déroulent plutôt au laboratoire. Certains étudiants trouvant parfois le courage de lui demander conseil pour mettre en place des expériences risquées. Cette fois-ci ne semble guère bien différente. A première vue du moins.

Tout dans ses façons de faire laisse penser à une jeune femme parmi ce qu'il y a de plus classique. A l'exception de ces lunettes teintées qu'elle n'a toujours pas retiré. Ce qui n'est pas suffisant pour vexer le chimiste. En revanche, ses paroles et l'extrême prudence dont elle fait preuve depuis le début feraient penser l'inverse. Pas étonnant. Elle est donc ici suite à des informations issues des bas quartiers. Pourtant, si elle faisait partie des junkies accros à ces merdes, elle ne serait pas venue dans un tel lieu. L'adresse de l'appartement qu'il loue n'étant pas secret dans le milieu. Pour son plus grand malheur, l'obligeant à gérer les drogués en maque comme les petites frappes à deux doigts de claquer.

Son langage est bien plus élaboré que celui des habitants nocturnes de Cerka. Mais son - ou ses - informateur en est issu. Swenn patiente donc, détaillant la jeune femme par habitude, toujours à l'affut du moindre geste annonciateur d'un danger. Habitude lorsqu'il a affaire à des personnes dont il ne connait rien. Et l'encourage seulement à poursuivre, attendant la formulation de cette fameuse faveur. Le brun n'a que faire des belles paroles et des longues introductions pour préparer le terrain. Mais il faut avouer que c'est toujours plus agréable que les requêtes crachées à mi-mots, sonnant comme des ordres, et souvent accompagnés d'une haleine putride.

Pourtant, la suite qu'il attend avec grand intérêt lui arrache une expression clairement étonnée. Enseigner à une parfaite inconnue comment concocter des poisons ? Les rares personnes lui ayant demandé de jouer le rôle de professeur ont très vite démissionné, le jeune homme étant bien trop insupportable pour assumer correctement un tel rôle. Mais que ce soit pour de tels produits...

- "Impossible."

Cette réponse a le mérite d'être claire. Livrer un tel pouvoir à une personne dont il ne connait rien, aussi adorable puisse-t-elle paraitre est totalement contraire aux principes de Swenn. S'il n'aime pas ces produits, ce n'est pas pour leur complexité d’exécution, qui selon les variantes peut rester basique. Mais bien pour tous les abus qui peuvent y être liés. Croisant les bras au niveau de sa poitrine et fixant son regard sur les verres ne laissant rien paraitre des yeux de son interlocutrice, il fini par étayer sa réponse, d'une voix qui encourage toujours aussi peu à poursuivre la discussion.

- "Je n'ai jamais enseigné une telle chose et refuse de le faire pour une personne dont j'ignore tout. Il n'y a pas besoin d'exceller en chimie pour créer un poison. Je suis sûr que vous trouverez quelqu'un d'autre capable de répondre à vos attentes. Si c'est l'unique raison de votre présence ici, alors nous n'avons plus rien à nous dire."

Des poisons... Quelle idée ! Et venir les chercher dans un hôpital ! Même si en toute logique, beaucoup de médecins doivent maîtriser les bases de cet art critiquable, s'adresser à quelqu'un en particulier pour une telle requête est toujours délicat. Voilà que le peu de morale qu'on lui associe généralement du fait de ses activités illicites l'amène une fois de plus dans une situation des moins banales. Et malgré la détermination que son ton et son regard renvoient, il faut avouer qu'il aime un peu trop ce genre d'éléments qui l'amènent à sortir de la relative routine qui rythme ses jours et ses nuits. Dommage qu'elle vienne pour des poisons.


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Swenn râle en   #f77d40
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Ophélia Narcisse
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Dim 8 Avr - 23:12
Irys : 1221985
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
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La réponse avait le mérite d'être clair, bien que fortement hyperbolée. Aemy avait choisi de prendre un chemin direct pour converser avec lui, au vu de ses aspects grognons elle espérait piquer sa curiosité. Mais elle ne s'attendait pas à ce qu'il en ait si peu, l'heure tardive devait sans doute y être pour quelque chose. A moins que ce ne soit son tempérament habituel, toujours ronchon. Si tel était le cas, la vaironne avait bien mal joué. Il y avait cependant cette phrase qu'elle avait entendu par le passé. Un client particulièrement difficile était entré dans le bar, il n'était pas violent, mais il avait l'air assez malin. Sans même prendre le temps de commander, il avait déjà demandé des ristournes, en échange de différentes faveurs, comme amener d'autres clients. Mais le refus de Kelmina était catégorique. Et lui, dans sa fierté, lui dit que les véritables négociations ne commençaient qu'au refus de l'interlocuteur. Cela avait fait grandement sourire la tenancière, si la mémoire de la pupille était bonne. Elle espérait simplement que l'issue avait été favorable au client, sinon, elle risquerait gros à se montrer trop insistante. 

Alors, elle prit un pari. Ses doigts vinrent chercher ses verres teintés et les déposèrent sur ses cuisses entremêlées. Simple détail esthétique pourrait-on penser, mais la vérité était toute autre. Elle avait besoin qu'il voit la fausse sincérité dans ses yeux, il devait percevoir qu'elle avait besoin de cette maîtrise pour pouvoir protéger sa mère. Elle n'avait pas le gabarit pour intimider qui que ce soit, ni moins encore pour se battre. Pour une serveuse comme elle, seuls subsistaient les moyens discrets. Quitte à lâcher l'affaire sur les poisons, elle devait ua moins connaître les principes de base. Elle se débrouillerait pour les rendre mortels, quitte à aller demander conseil à un botaniste pour les plantes vénéneuses. 

Ses yeux vairons se dévoilèrent alors à la vision du docteur. Ils étaient brillants, et bien moins sérieux que ce qu'auraient laissé paraître les apparences. Son expression était presque enfantine avec ses pupilles dévoilées, comme un sceau de pureté qui s'était soudainement apposé sur son visage. Ses lèvres tremblaient, l'inférieure rentrait et sortait d'entre ses dents, comme contenant une profonde déception. Le haut de sa paupière inférieure était opaque, brillant alors qu'elle baissait le regard. S'il ne pouvait l'avoir par la raison, elle tenterait par les sentiments. D'autant plus que cette sincérité qu'elle laissait s'afficher prenait sa source d'un sentiment qu'elle jugeait de parfaitement noble. Mais au risque que le docteur ne partage pas cette opinion, la visiteuse continuerait à lui mentir du faciès, au moins encore un peu.

Vous vous méprenez, docteur ... je ne compte pas accomplir du mal avec cet art. Je vis au Tyorum, où je travaille pour une barmaid que je respecte grandement. Mais nous ne sommes que deux ! Parfois nos clients sortent de leurs gonds et nous créaient des ennuis que nous préférerions largement éviter. Vous pensez sincèrement qu'une femme comme moi peut y faire quelque chose ? J'ai besoin de ce don ... quitte à me limiter aux tranquillisants, ou ... n'importe quel calmant ! 


Ses épaules se soulevèrent en un soupir, alors qu'elle refermait les yeux et baissait le visage vers ses jambes. la vaironne semblait vraiment perturbée, et sa voix parfois (volontairement) enrouée laissait penser qu'elle s'effondrerait vite en larmes. Mais en lieu et place de pleurs, elle releva simplement la tête, fixant avec lassitude le docteur. Elle arqua brièvement ses lèvres vers les cieux, laissant transparaître un court instant un sourire effacé qui teintait vers la tristesse. Sa main droite alla fouiller dans le bas de son corset, piochant une bourse assez bien garnie qu'elle conservait entre ses deux mains.

Je ne suis pas non plus venue les mains vides ... aidez-moi, s'il vous plaît. 


Son ton de miel contrastait d'une manière étrangement délicieuse avec la réalité des faits. La manière dont elle tenait précieusement cette dose d'argent laissait penser que tout ceci était le résultat d'un travail acharné, sans doute d'un prélèvement sur le salaire qu'elle a pris de sa propre initiative, simplement pour la bonne tenue de l'établissement. Mais la vérité était que cet argent était en grande majorité souillée par le sang, l'amoncellement d'une longue recherche qui avait finalement abouti en la présence de la jeune femme juste devant la personne qu'elle "traquait". Mais elle ne comptait sûrement pas s'en retourner ainsi à Skingrad sans obtenir ce dont elle désirait. Quitte à employer des méthodes ... moins conventionnelles. 


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Swenn Milazzo
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Lun 9 Avr - 17:33
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Les coudes à présents posés sur l'une des parcelles libre du bureau, son poing gauche dans sa main droite, son menton reposant sur cette dernière, Swenn observe attentivement celle qu'il vient d'éconduire peut-être un peu trop brusquement. Façon de faire des plus classiques pour le jeune homme. Va-t-elle seulement se lever pour s'en aller sans un mot, comme le font les plus faibles ? Va-t-elle s'énerver, lui cracher tout un tas d'insultes au visage, comme le font les plus idiots ? Ou peut-être juste s'effondrer en larmes comme tous ces hyper sensibles au taux de survie ridiculement bas ?

Mais ce sera une toute autre option que choisi la demoiselle. Celle de ne pas se laisser si facilement impressionner, de ne pas s'avouer vaincue aux premières paroles, et d'argumenter pour essayer de faire pencher la suite dans son camp. Même si le tatoué n'en laisse rien voir, ce choix est très clairement celui qui lui plait le plus. Changement d'avis ? Non, seulement les premières options auraient signifié la fin directe de cette distraction, et seraient associées à une simple perte de temps. Sans compter qu'il serait obligé de la raccompagner jusqu'à l’accueil, ses principes lui interdisant de laisser une étrangère se balader seule dans ces couloirs.

Comme si elle voulait prouver sa bonne volonté, elle enlève finalement ces lunettes auxquelles elle avait pourtant l'air de tenir. Laissant apparaitre deux yeux aux couleurs des plus inhabituelles, qui emprisonnent pour un cours instant le regard du brun. Bien sûr qu'il connait les différentes rumeurs qui circulent dans la ville. Mais il n'y prête que peu d'attention. Déjà parce qu'elles sont loin d'être toutes fiables. Et ensuite parce qu'il se considère comme bien assez grand pour prendre seul ses décisions, sans aucune influence extérieure. D'autant plus lorsqu'elles concernent un être humain. Ne pouvant pourtant prétendre ne pas être étonné par ces pupilles, il se redresse sur sa chaise, écoutant la suite des paroles de la jeune femme, bien décidée à défendre sa cause. Ce qu'elle fait admirablement bien.

Swenn ne répond pas immédiatement, prenant le temps d'analyser ces mots ainsi que la bourse présentée comme moyen d'échange. L'argent n'a jamais été le principal moteur décisionnel du chimiste, mais il serait faux de dire qu'il est complètement désintéressé. Qui en ce monde peut prétendre l'être ? Après un soupire et avoir passé une main derrière sa tête, geste habituel lorsqu'il se trouve confronté à un choix de la sorte, il finit par reprendre la parole.

- "J'imagine que je ne pourrais jamais être absolument certain de vos intentions. Et ce n'est pas ce que je cherche. Avant de parler paiement, on va plutôt reprendre à la base. Quel est votre nom ? Pourquoi venir précisément à Cerka ? Et comment une femme telle que vous s'y est prise pour obtenir de telles informations de la part de ces rats d'égouts ? D'ailleurs, vous n'avez aucunement besoin de m'appeler docteur. Je ne le suis plus. Du moins, pas comme on pourrait l'imaginer en voyant quelqu'un travailler dans cet endroit."

Il a intentionnellement repris la formulation de l'étrangère pour sa dernière question, toujours pas certain que cette soi disant faiblesse qui se dégage d'elle soit réelle. Même s'il n'est pas sans connaitre les principaux atouts féminins pour les négociation face à ces voyous de bas étage, la question se pose. Quelqu'un qui s'aventure à chercher des réponses parmi les mécréants attire inévitablement quelques soupçons. Même si la nature de sa demande associée au travail qu'elle dit exercer pourraient sembler être de bons arguments.

- "Un café ?"

Déterminée comme parait l'être la jeune femme et borné comme il peut se montrer, Swenn voit déjà cette entrevue s'étirer en longueur. Pour son plus grand bonheur malgré les traits de son visage toujours figés en une expression d'indifférence la plus totale. Réussirait-il finalement à trouver quelqu'un de suffisamment motivé par l'objectif final pour supporter sa nonchalance et son apparente arrogance face à des ignorants en matière de réactions chimiques ?


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Ophélia Narcisse
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Lun 9 Avr - 22:04
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Pérégrins -1 (femme)
Aemy avait souvent assisté à des conversations dans le pub qu'elle occupait en tant que ... "serveuse". Pour peu qu'une serveuse ne sert qu'un jour sur sept et une heure sur vingt quatre. C'était bien entendu une moyenne, mais Kelmina la cachait plus qu'elle ne la faisait travailler. C'était ça qui faisait d'elle une bonne mère, et sa pupille lui en était infiniment redevable. Au cours de ces discussions, il y avait cette séparation qui parfois passait. La limite entre savoir et trop savoir. La vaironne en avait fait un tabou, dès que quelqu'un devait franchir cette ligne devant elle, elle les réduirait au silence. Ces lunettes qu'elle portait en permanence avaient pour dessein d'empêcher cela d'arriver. Ses yeux étaient la seule chose qu'elle se devait de protéger, ses cheveux blancs étant recouvert d'une épaisse teinture brune. Ce qui la perturbait plus, était la situation actuelle. 

Milazzo l'assaillait de questions. Le rythme était rapide, mais la forme n'était pas problématique. Elle avait eu son lot d'interrogatoires à l'asile. Le fond était toutefois très contraignant, les premières ne donneraient aucune difficulté pour y trouver une réponse, après tout, elle connaissait les raisons de son trajet jusqu'à Cerka, elle n'avait pas besoin de mentir là-dessus. Aussi, ses lèvres se mouvèrent seules, alors qu'elle réfléchissait à une issue de s'en sortir par rapport à cette ultime demande que son interlocuteur avait très justement prononcé. 


Je m'appelle Aemy, et si je suis ici, c'est parce que l'on m'y a guidé. Dans notre établissement, il n'est pas rare d'entendre parler de l'expertise de Rathram en composantes chimiques.

Ce fut trop bref pour qu'elle puisse penser à une excuse qui ferait d'elle une jeune fille totalement innocente. Elle hésita un instant, dissimulant son manque de parole par une profonde inspiration. Fort heureusement, le bon docteur avait eu la bonne conscience de lui proposer un café. La vaironne abhorrait ce breuvage, elle le trouvait bien trop amer pour être buvable, mais avec quelques six sucres, il pouvait passer.

 
Volontiers, auriez-vous du sucre ?

Mais finalement, il n'y avait qu'une seule véritable issue à ce problème. Dévoiler les crocs, sans pour autant les planter dans la chaire. La vérité était l'alliée du mensonge, aussi, Aemy comptait bien l'utiliser à son avantage mais avec une grande précaution. Croisant à nouveau les jambes, déposant ses paumes sur ses cuisses et affichant un sourire si effacé que seuls les coins de ses lèvres pouvaient dévoiler une légère ombre qui planait vers les cieux. Le reste de la courbe était presque droite, exception faite de son arc de cupidon qui dessinait un trait convexe légèrement relevé. 


Et comment pensez-vous qu'est une femme telle que moi ?

Elle déposa la tasse aimablement servie devant elle, empruntant un espace inoccupé sur le bureau, aussi dur fut-il à trouver. Passant la main droite derrière elle, à hauteur des reins, elle tira quelque chose qui émit un bruit strident un court instant. La vaironne déposa sa miséricorde sur ses genoux, avant de lever la main gauche vers les cieux. Son pouce remua, laissant entendre un mécanisme qui déroulait à l'intérieur de sa manche. La pointe d'une arbalète en sortit, arcs courbés et carreau armé. Cependant, elle ne tenta même de mirer Milazzo avec, sinon, cela en reviendrait à montrer les crocs. Avec un ton patient, et une attitude toute aussi calme, elle vint remballer son arme de là où elle était sortie. Il était essentiel qu'elle ne laisse pas ses instincts s'emparer d'elle, la femme aux cheveux de jais avait prise une précaution toute particulière à ne pas faire de mouvements brusques.


Lorsque je disais "Une femme comme moi", je ne voulais pas dire "chétive et innocente". Je sais mordre, ne vous méprenez pas. Mais aucune serveuse digne de ce nom ne souhaiterait une telle réputation à son lieu de travail. 

Elle reprit le couteau qu'elle avait déposé entre ses cuisses pour le glisser une nouvelle fois dans l'abri où la vaironne aurait préféré l'y voir rester. Mais improviser faisait parfois partie du jeu d'une négociation enhardie. Au moins, elle avait réussi à se maîtriser, ce qui, en soi, était une réussite. Reprenant la tasse de l'index, la vipère en camouflage vint apposer ses lèvres sur la bordure de la tasse, avant de reprendre de sa voix taciturne.


C'est grâce à ça que j'ai réussi à vous trouver. Si on fait exclusion de l'état dans lequel était votre consommateur, bien entendu. Et c'est cette même raison qui me pousse à vous voir, vous. J'ai besoin de quelqu'un qui sait garder le silence. Vous n'êtes peut-être plus docteur, mais vous êtes celui qu'il me faut. Je n'ose pas imaginer le scandale si l'on découvrait qu'une serveuse glisse des calmants dans la vingt-cinquième bière d'un consommateur avili par l'ivresse.


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Swenn Milazzo
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Mar 10 Avr - 18:09
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Daënar +1
Jusque là, rien de très étonnant. Un nom et une raison plus que valable à sa présence en cette région du continent Daënar. Forcément, la suite l'intéresse beaucoup plus, mais la patience n'est pas inconnue du jeune homme. Qui se lève pour mettre à chauffer du café. Gardant toujours un œil sur cette Aemy. S'il a du sucre ?

- "Évidemment."

Quel intérêt de prendre du café nature ? Autant multiplier au maximum les effets stimulants de cette boisson ! Swenn attrape une boîte exagérément grande pour une simple boîte à sucre. C'est qu'il y a du monde qui travaille durant un nombre d'heure indécent dans cet hôpital ! Puis la dépose en équilibre sur une pile de bouquins du bureau formant une plateforme à peu près horizontale. Pour finalement servir deux tasses de café, en tendant une à la jeune femme, posant la seconde sur un morceau de bois apparent du meuble couvert d'ouvrages, et y ajoute machinalement deux sucres.

Mais alors qu'il va pour se rassoir, une question très intéressante franchit les lèvres de la demoiselle. Qui lui arrache un haussement de sourcils. Il aurait bien une réponse, mais sans doute ne lui plaira-t-elle pas. Quoi qu'il en soit, il n'a pas le temps de formuler la moindre parole qu'une arbalète se retrouve sortie, focalisant toute son l'attention du chimiste sur l'arme. Une arme étrangement imposante, qui n'entrait même pas dans les options qu'il envisageait. Non, il se serait davantage attendu à voir une simple dague. Complètement raté.

Pourtant, après s'être plusieurs fois retrouvé avec une arme à feu pointée dans sa direction, il n'a aucun mal à garder l'intégralité de son sang froid malgré son très net désavantage. Ses pulsations cardiaques s'accélèrent inévitablement, mais il garde un calme absolu, se contentant de fixer la jeune femme dans les yeux, sans bouger. Paniquer est inutile. Si elle décidait de tirer, le résultat serait le même. Et au vu de la situation, elle n'aurait de toute façon aucun intérêt à le faire. L'arbalète n'est même pas orientée dans sa direction. Et elle fini même par la ranger. Alors, quel est le but de la manœuvre ? Qu'il se sente menacé ? Qu'il ne pense pas avoir d'autre choix que de céder à sa demande ? De multiples scénarios traversent déjà l'esprit du brun à toute allure, des taux de réalisation potentielle associés à chacun d'eux. Mais Aemy vient bien vite lui expliquer la raison de ces agissements.

Soulagé bien qu'il n'en montre rien, Swenn reprend position sur sa chaise, un léger sourire amusé se dessinant même à la commissure de ses lèvres. Oui, il aime ces instants de tension intense, où le temps parait s'immobiliser, où son cerveau fonctionne à son plein potentiel, boosté par l'afflux de sang important que l'accélération des battements de son cœur lui procure. Il les aime sans doute un peu trop pour quelqu'un sachant si peu se battre.

- "Eh bien, encore une preuve que je comprends très mal les femmes..."

Ces mots sont prononcés dans un soupir faussement déçu. Pour sûr qu'il a encore beaucoup à apprendre sur le fonctionnement du cerveau féminin. Mais il n'y met pas beaucoup de bonne volonté, n'en voyant que peu l'utilité. Ses relations avec la gente féminine ne l'amenant pas à avoir besoin d'étendre davantage ses connaissances que leur niveau primaire actuel. Peut-être va-t-il finir par changer d'avis. Pour éviter de mourir de la main de l'une d'entre elles par exemple.

- "Mais je dois avouer que ce que j'entends ma rassure. Je craignais que vous ne fassiez partie de ces personnes qui cherchent à donner la mort sans jamais avoir vu un corps sans vie. Qui ne veulent que se donner bonne conscience, refusant d'affronter de face le résultat de leur acte."

La logique de Swenn n'est pas toujours évidente à suivre. D'autant plus lorsqu'il s'agit de poisons. Ces produits qui vont à l'encontre de tous ses principes, et dont il a pourtant eu recours en plusieurs occasions. Alors dans de telles conditions, bien entendu qu'il comprend les raisons qui poussent Aemy à formuler une telle requête. Et à prendre autant de risques. Si tant est que ces raisons soient réelles. Inutile de compliquer les choses avec des suppositions sans fondements, qui n'ont pour l'instant pas une probabilité supérieure d'être vraie que la version initiale.

- "J'ai du mal à imaginer quiconque acceptant de vous enseigner comment faire des poisons aller ensuite s'en vanter. Ou se plaindre que vous puissiez l'utiliser... Même en vous considérant uniquement comme chétive et innocente. Ce ne serait pas bon pour la réputation. Que ce soit pour des médecins comme pour les quelques rares criminels capables de mettre au point des produits fiables."

Le jeune homme marque quelques secondes de pause, le temps de prendre la tasse encore chaude dans ses mains, et de porter le liquide à ses lèvres. Espérant que la substance ingérée vienne rapidement en aide à sa réflexion actuelle. Coincé entre ses principes qui lui interdisent d'accepter une telle demande, et sa curiosité piquée au vif par ce qu'il vient de voir et d'entendre. Voulant décidément en apprendre plus sur cette femme qui n'a rien de commun. Mais pour ça, il va devoir faire quelques concessions.

- "Alors dites moi, Aemy, qu'est-ce que vous y connaissez en poisons ? J'imagine que vous n'avez pas fait un tel déplacement ni pris autant de risques sans vous renseigner un minimum sur ces produits ?"

S'il est un piètre professeur, ses façons de faire n'ayant strictement rien de pédagogue, on ne peut nier que Swenn aime malgré tout transmettre ses connaissances en lien avec la chimie à des gens motivés. Comme n'importe qui le ferait avec sa passion. Le problème, c'est que la sienne est capable d’ôter des vies sans le moindre effort.


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Ophélia Narcisse
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Mar 10 Avr - 18:59
Irys : 1221985
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La réaction escomptée s'était retrouvée sur le visage du brun. Aemy était bien heureuse que son coup ait marché, comme quoi les risques étaient souvent bons à prendre, et dans cette mesure, elle ne comptait sûrement pas changer ses manières. C'était une méthode qui lui était propre, la manipulation gestuelle, la manipulation de l'élocution, tout ça combiné à un visage angélique. Vraiment, la vaironne se satisfaisait de la complétion de sa personnalité qu'elle avait atteinte. Elle aurait presque dû remercier ses propres thérapeutes pour lui avoir inculquée une telle maîtrise sur son visage. L'entrainement intensif est toujours la meilleure des solutions pour exceller en un domaine. Mais cette fois, son interlocuteur semblait bien plus intelligent que la plupart des autres moucherons, aussi, cesser les mensonges aussi tôt que possible serait la meilleure issue pour ne pas perdre un bon professeur. 

Son sourcil se leva lorsqu'il parla de son incompréhension de la gente féminine. A croire que sa dernière pensée n'était pas si fondée, au final. Toutefois, les mots qui suivirent lui arrachèrent un sourire en coin. Bon sang, s'il savait à quel point l'ironie de sa remarque la faisait rire, il aurait probablement refusé catégoriquement de la voir une seconde de plus dans son bureau. Ce faisant, elle se félicita de ses manières, notamment celle d'essuyer sa lame après chaque meurtre accompli. Fort heureusement, les mots du docteur se focalisèrent sur la philosophie des pourceaux qui n'avaient jamais eu à ôter une vie de son enveloppe charnelle. Si le dialogue devait persévérer vers le meurtre, la jeune femme aurait bien des troubles à contenir les étincelles de son regard qui trahissait ses instincts pervers et sa soif de sang. Hyperbole bien bestiale, pour une petite créature à l'apparence si innocente, mais les plus doux visages sont ceux qui dissimulent les plus grosses canines. 

Le ronchon releva un point intéressant qui ne faisait que confirmer qu'Aemy avait posé le pas dans le bon établissement et était entrée dans le bon bureau. Les affaires semblaient circuler de manière fluide avec Milazzo, comme un ruisseau entre des pierres lisses. Seule ombre à l'affaire, ce courant-ci était teinté d'écarlate, luisant d'un rouge obscurci, assombri par le vice. Au plus grand bonheur de la meurtrière qu'il ne devinait pas encore, le savant venait de poser le premier pas dans la complicité de toutes les personnes qu'elle tuerait à l'avenir. Peut-être qu'il le savait ... ou peut-être pas. Dans le premier cas, soit il était plus dérangé qu'elle ne l'était encore, soit il était extrêmement désireux de survivre à cette entrevue. La vaironne comptait bien rester sur ses gardes, un tel échange pourrait facilement se retrouver sujet de nombreuses représailles, notamment si l'oiseau grincheux devant elle se décidait de diffuser la nouvelle de sa visite à d'autres ... "clients potentiels". 

Mais lui aussi avait une réputation à conserver, comme il l'avait indirectement indiqué. Il n'irait sûrement pas s'en vanter auprès de toute oreille ouverte aux rumeurs les plus juteuses, dans cette mesure, le brun avait bien plus à perdre qu'elle. La folle en cavale se décida donc de se fier à lui. L'expert avait tant à lui apprendre, ne pouvait-elle donc pas simplement lui accorder une oreille attentive ? Car déjà venaient d'autres interrogations. Sa relation avec le poison était bien distante, elle se doutait de comment les administrer, ainsi que les meilleurs moyens de les ingérer. L'asile lui servait souvent ses drogues avec de l'eau, elle se doutait donc que la voix buccale était la meilleure à exploiter.

Je m'y connais plus en drogues qu'en poisons pour être honnête avec vous, je sais les administrer, j'en connais un bon nombre, notamment des tranquillisants. 

Combien de fois avait-elle du renifler le chloroforme du chiffon de l'infirmière qui, chaque soir, la conviait dans sa chambre, menottée, avant de l'étouffer de cette chose qui était une véritable infection pour les narines. Aemy était bien heureuse d'avoir pu lui ouvrir sa gorge avant de s'enfuir de l'établissement, à cette truie. Elle se serait mal vue retourner à Hinaus pour retrouver la trace d'une personne en particulier ... quoi que ... ce fait est déjà une réalité. Il y avait bien cet ingénieur, aussi. La dame pâle releva la tête, ressortant de ses pensées brèves.


Mais si la connaissance pouvait se substituer à la pratique, je n'aurais aucunement eu besoin de venir jusqu'ici pour vous soumettre cette demande. Quant aux poisons en eux-mêmes, je dois avouer n'en connaître que très peu. J'avais lu ce livre, qui recensait, dans une histoire trop longue à résumer, quelques produits intéressants, que j'ai pris soin de noter. 

Elle pencha le visage, sans jamais détourner son regard de Milazzo, affichant un sourire suffisant et des paupières aplaties en un regard presque blasé. Ces poisons là, elle les connaissait bien tant leurs effets l'avait fascinée, chaque page qui les évoquait, elle l'avait dévorée du regard, accumulant chaque connaissance qu'elles avaient à apporter à l'édifice de sa soif de ... "pouvoir".


Mon intérêt s'est majoritairement porté sur la scopolamine, si je prononce ça correctement ... sûrement vous en connaissez les effets, monsieur. Ma conception de "calmant" est certes très extrême, mais sans vouloir proférer des idioties, cette chose est exactement ce dont j'ai besoin pour rendre mes clients plus ... ouverts aux suggestions de sortir sans claquer la porte. 

Ses lèvres se tordirent un instant, alors qu'elle déposait ses coudes sur ses cuisses, joignant ses mains sous son menton. Le regard qui ornait ses yeux était sombre, ses pupilles à moitié dissimulées par les paupières abaissées qui faisaient face au brun, dont elle espérait que l'attention était on ne peut plus focalisée sur ses demandes. Elles étaient très précises, car elle savait ce qu'elle voulait. Le prochain produit qu'elle allait mentionner allait sans aucun doute faire sourire son interlocuteur, ou au contraire, le faire déchanter.


L'arsenic. Je ne me pose même pas la question de si vous avez connaissance de ce produit. Elle déposa son pouce dans l'encolure de sa bouche, faisant mine de réfléchir. Je sais qu'il est aussi mortelle que discret, toutefois, je ne compte pas le mettre en application dans les temps à venir. Me faire arrêter pour meurtre est la dernière chose dont j'ai envie. Mais j'imagine qu'avoir cet outil sous la main pourrait me sauver la mise un jour.


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Swenn Milazzo
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Mer 11 Avr - 18:13
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Des tranquillisants. Qui ne sont visiblement pas suffisant pour la miss. Voulant avoir accès à la gamme au dessus. Si elle est habituée à les utiliser sur ces fameux clients, elle doit avoir recours à un certain réseau pour se les procurer. Ce genre de produits ne se délivre pas sans avis médical. Et si elle savait les mettre au point, elle ne serait pas là. Du moins pas pour trouver quelqu'un capable de lui enseigner comment mettre au point des poisons. La seconde option, moins réjouissante, serait qu'elle consomme elle-même ces tranquillisants. Gérer des personnes en crise n'est pas un problème pour Swenn, habitué aux pires patients qui soient. Ceux qui ne sont même pas acceptés en ce lieu. Mais ceux là ne sont généralement pas armés lorsqu'il intervient...

Le brun ne se fait pas d'illusions. Il y a bien longtemps qu'il a appris que parmi la crapule, ceux qui parlent bien et qui sont propres sur eux sont les plus dangereux. Les édentés, puant, ignorant jusqu'au sens du mot grammaire, ceux là sont simples à contrôler. Pourtant, il a encore du mal à ranger Aemy dans la première catégorie. Pourtant, elle est armée et n'hésite vraisemblablement pas à mettre fin aux jours du premier venu pour obtenir ce qu'elle désire. Elle a l'intention d'apprendre à mettre au point certains poisons. Occupe un job pas parmi les plus réputés. Et sait mener des négociations sans ciller.

Dans ces conditions, Swenn pourrait simplement chercher à la faire quitter cet endroit de façon habile, s'arrangeant pour ne pas finir transpercé. Sauf qu'il n'en a pas la moindre intention. Ces gens qui ne rentrent dans aucune de ses cases prédéfinies, ce sont ceux qu'il préfère. Ceux qui arrivent à attirer l'intégralité de son attention. Ceux qui ont le plus de choses à cacher. Qui tiennent les discussions les plus intéressantes. Aussi dangereux et dépourvus de morale puissent-ils paraitre. Certains de ses collègues, seules personnes n'ayant d'autre choix que de le supporter au quotidien, disent qu'il est fou. Lui préfère se voir comme leur étant bien trop supérieur pour pouvoir être compris. Où est la différence ? Question dont il n'a que faire.

La suite des paroles de la miss ne font que renforcer cette impression. Le jeune homme n'a que faire des ignorants. Une fois de plus, l'enseignement n'est pas sa vocation. Entendre des termes précis est très appréciable. Il n'est pas du genre à livrer ses connaissances sur un plateau. Encore moins celles capables de tuer en toute discrétion. Une esquisse de sourire non feinte, Swenn attend la fin des demandes de la demoiselle pour répondre.

- "Intéressant. Je vois que vos choix ne laissent pas de place au hasard. A condition de maîtriser le processus de réalisation évidemment."

Un flux ininterrompu d'idées qui se contredisent traverse l'esprit du brun depuis plusieurs minutes. Ce qu'il devrait faire. Ce qu'il ne devrait pas. Comment agir. Par quels moyens. A quel moment. Quels sont les risques associés. Comment les anticiper correctement. Quel plan B. Pourtant, il garde toujours les yeux rivés dans ceux d'Aemy, n'essayant même pas de cacher l'intérêt qu'elle a réussi à éveiller en lui. Parce qu'il se connait un peu trop bien. La morale, la bonne conscience, ce sont des concepts qu'il essaie de prendre en considération la plupart du temps. Mais lorsque quelque chose ou quelqu'un réussit à déclencher cette envie d'en savoir plus chez lui, tous ces beaux principes passent au second plan. Ses actes n'étant finalement plus que guidés par ses désirs.

Il prend quelques secondes, plus pour finir son café que pour réfléchir à ce qu'il va faire. Ce dernier point étant à présent très clair. Il savoure cette imperceptible montée d'adrénaline provoquée par ce fameux "je ne devrais pas mais je vais quand même le faire". Difficile de suivre les raisonnements "logiques" suivis par le jeune homme lors de ses prises de décisions. Finalement, il reprend la parole sur un ton à peine moins désagréable que celui employé jusque là, maîtrisant le faible débit de ses mots. Comme si en prenant son temps, il cherchait à leur donner plus d'impact.

- "Bien, on en sait à présent suffisamment l'un sur l'autre pour pouvoir arrêter ce petit jeu, et parler sérieusement. Je vais donc mettre certaines choses au clair. Je peux vous transmettre les bases communes nécessaires à la création de certains poisons. Mais, si vous n'êtes pas douée, ou pas assez impliquée, ou je ne sais quoi d'autre qui m'ennuie, j'arrêterais."

Le jeune homme marque une légère pause, détaillant toujours Aemy du regard. Il n'a pas l'intention d'enseigner quoi que ce soit pour le plaisir d'enseigner. Il aime avoir affaire à des gens motivés. Ce qui peut paraitre contradictoire pour quelqu'un d'aussi blasé que l'est Swenn. Mais avec cette mise en garde, il espère booster encore un peu plus, si cela est possible, la détermination dont semble faire preuve la jeune femme.

- "Ensuite, j'ai quelques conditions. Notamment, pouvoir vous faire confiance... Pas dans le sens où j'ai vous confierai ma vie, je ne suis pas fou. Mais si vous pouviez ne pas porter sur vous tout cet attirail meurtrier lorsque nous ne sommes que tous les deux, ce serait déjà un bon début. Inutile également de me dire que vous ne comptez utiliser ce savoir qu'avec parcimonie. Je sais très bien ce qu'on fait de ces produits une fois maîtrisés. Et pour finir, on pourrait s'arrêter là avec ce vouvoiement... Je ne supporte pas ces pseudos règles de bonne conduite."

Lui-même ayant utilisé les effets des poisons bien plus souvent que ce qu'il s'était promis lorsqu'il apprenait à les fabriquer, il ne se voile pas la face. Même s'il préfèrerait effectivement qu'Aemy ne s'en serve qu'en guise de défense, il n'est pas pour autant du genre à chercher à se donner bonne conscience. Sachant prendre sur lui pour assumer ses décisions. Aussi mauvaises soient-elles. Sa dernière phrase terminée, il s'avance légèrement sur sa chaise, reposant un coude sur le bureau, son menton venant à peine s'appuyer contre la paume de sa main tournée vers le haut.

- "Si ça te conviens, je suis prêt à ne parler paiement que lorsque tu seras capable de te débrouiller seule. La façon dont se seront déroulées ces "leçons" entrera directement en compte pour les négociations. Je suis sûr que tu es bien assez intelligente pour avoir prévu ce qu'il faut dans cette bourse, quel que soit le résultat"


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Ophélia Narcisse
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Jeu 12 Avr - 9:13
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Milazzo vint soulever le coin de sa lèvre, offrant un sourire qu'Ophélia avait prédit dans l'une des éventuelles réactions qu'il pourrait lui adresser. Mais maintenant qu'elle y faisait face, elle n'en comprenait pas la signification. Dans son esprit, ce sourire signifierait que lui aussi était une personne qui a assez de présence d'esprit pour ne pas soucier de la vie des autres ... en espérant qu'il ait déjà mis fin à l'existence de quelqu'un. Quoi qu'il en était, la vaironne devait tout faire pour ne pas montrer qu'elle avait bien trop d'expériences en la matière. Il l'avait peut-être prise pour une barmaid honnête jusque là, malgré ses manières et ses armes dissimulées, mais si elle devait dépasser les bornes, elle perdrait sûrement la meilleure affaire qu'elle puisse avoir. 

Ses quelques connaissances semblaient avoir piquer l'intérêt du brun, cependant. L'analyse pour atteindre cette conclusion n'avait pas été compliquée, il l'avait dit lui-même. Cela étant dans l'éventualité que ses paroles ne soient pas ... hihi, du poison. Mais si elle ne pouvait faire confiance à ses mots, elle pouvait lire dans ses yeux et y voyait une focalisation qui lui était toute attitrée. Tant d'attention ... la vaironne aurait pu en rougir, si les conditions étaient plus appropriées, toutefois. Il y avait plus embarrassant comme situation, perdre la face ainsi, ce ne serait pas seulement gênant, mais ça laisserait un mauvais arrière-goût dans le fond de leurs deux gorges. Par conséquent, Aemy restait stoïque, rendant l'attention que lui vouait le docteur, le visage légèrement incliné en avant pour qu'il se sente maître de la situation. Il n'était pas rare que les moucherons aiment se sentir au-dessus des plans qu'ils entreprennent, et la vaironne encourageait ce comportement qui menait bien souvent à tomber de plus haut encore. Mais cette fois, elle ne comptait pas être la cause d'une éventuelle chute qui ne l'arrangerait en rien.

Et puis, Milazzo dit un mot qui captive toute sa réelle attention. Si les aspects lui attribuaient une focalisation qui ne relevait pas le moindre doute, elle restait tout de même bien distraite. Toutefois, le mot "jeu" vint lui piquer l'esprit, pas de conscience, mais une instinctive réalisation, comme si cette simple locution venait réveiller un étrange réflexe en elle. Après tout, la petite dame s'amusait bien souvent de situations qui paraissaient dramatiques pour d'autres. Rien que cette entrevue était d'une certaine manière un petit jeu dans lequel elle affrontait son interlocuteur pour savoir qui aurait quoi. La confrontation était mauvaise et bien mal placée, mais c'était la nature d'Aemy que d'apprécier ce genre de moments délicieux où l'araignée mirait le moucheron perdu dans sa toile. Une fille quelque peu troublée, oui. 

Mais si le docteur réclamait que la partie ne s'arrête, la partie s'arrêterait. Elle mit donc cesse à toutes ces manières qu'elle esquissait et qui faisait d'elle la vaironne aux airs de dame. Son visage se ternit d'une neutralité absolue, presque froide alors que ses lèvres s'aplatissaient et que ses yeux se posaient dans ceux de "Barbichette". Donner des surnoms étranges, par contre, elle ne s'en lasserait jamais. La promesse fut donc faite, elle allait bel et bien apprendre l'art des toxines mortelles, comme quoi, insister arrive toujours à de bons résultats. Ce moucheron qui lui avait appris ça au pub mériterait presque une seconde vie. L'avertissement était cependant clair, une attitude détachée, distraite, désintéressée lui rapporterait une formation bien moins ... efficiente. Aemy se félicitait intérieurement d'avoir adopté ce visage-ci, celui qui ne laissait entrevoir aucune émotion et se confondait avec une focalisation sans faille. C'était cet aspect qu'elle aimait penser être "l'originel", bien qu'elle savait que c'était à sa mère adoptive qu'elle le devait. 

Mais vinrent la suite des conditions. Première demande; être une personne de confiance. Elle aurait éclaté de rire, si c'était la bonne part d'elle même qui faisait face à Milazzo. Mais elle se contenta de baisser le regard sur son arbalète, et à en détacher progressivement la rampe qui longeait son bras. Ses yeux dérivèrent alors dans ceux de son interlocuteur qui lui disait que si elle devait utiliser cet art selon son bon vouloir, il n'en aurait cure. Cette remarque eut le mérite d'arracher un sourire à la demandeuse, mais la finesse de ce dernier ne laissait pas vraiment transparaître quelconque sous-entendu. Le sens que le docteur lui donnerait serait celui qu'il avait. Toutefois, c'était bien l'ironie d'avoir été percée à jour qui lui fit courber ses lèvres, doublée de la satisfaction que cela lui apportait de n'avoir aucunement besoin de s'en soucier. Quant au tutoiement ... c'était sans doute le plus problématique. Hors des lèvres d'Aemy, chaque "tu" était souvent suivi de "moucheron", ou bien de "insecte" et parfois de "cafard puant". Tout ce qu'elle espérait, c'était qu'elle puisse retenir ses tics de parole.

Vot... Ta dernière demande est de loin la plus compliquée.


La bourse qu'elle avait finalement déposé entre ses mains se révélait être bien inutile. L'argent ne semblait pas l'intéresser. Etrange qu'il y ait des gens simplement amoureux de l'art d'apprendre. Ca l'arrangeait, certes, et de toute manière ce n'était pas vraiment sa fortune à elle, mais elle se sentait comme si elle avait surjoué son acte. C'était de loin le sentiment le plus désagréable qu'elle puisse avoir, se sentir honteuse et gênée. Quoi qu'il en était, l'argent n'était pas le problème, la concentration seule importait. Elle ne comptait pas se focaliser pour avoir à moins payer, elle se fichait pas mal du fric. Mais elle n'oubliait pas pourquoi elle était dans ce bureau. Elle n'eut qu'une réponse aux demandes qu'elle jugeait de raisonnables qu'émanait de son professeur à en devenir.

Ta profession, tes règles. Je ne suis que trop familière avec le comportement à adopter lorsque je suis sous tutelle.


Sa vie entière n'était qu'apprentissage. Retourner à l'état de gamine et tout recouvrer en un mois était une tâche impossible. Elle faisait preuve d'un sérieux au quotidien qui contrastait radicalement avec ... ce qu'elle était censée être. C'était ainsi lorsque l'on souhaite changer, lorsque l'on souhaite se séparer du monstre que l'on est. Aemy ignorait si le sérieux qui ornait son visage était assez pour convaincre son interlocuteur de l'obédience dont elle ferait preuve tout au court de la formation. Ce que lui pouvait percevoir, en tout cas, était une expression vide de sentiments et entièrement ouverte à l'apprentissage. Tout ce dont elle avait désormais besoin, c'était que commence la formation.


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Swenn Milazzo
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Ven 13 Avr - 10:29
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Ses paroles ont eut l'effet escompté. Le visage angélique d'Aemy, semblable à celui des poupées données en cadeau aux petites filles qui ont été sages, perd de son rayonnement pour laisser place à une expression beaucoup plus neutre. Difficile à déchiffrer, mais que Swenn ose imaginer plus sincère. Dire qu'il en est satisfait serait faux. Bien sûr qu'il aurait préféré qu'elle ne soit réellement qu'une pauvre jeune femme sans défense ayant besoin de moyens plus "accessibles" pour se défendre. Mais si ce n'est pas le cas, il préfère autant ne pas l'ignorer. Encore moins délibérément. Après tout, il se retrouve seul avec elle, et s'il doit lui transmettre l'art des poisons, cette situation va être amenée à se reproduire.

Autre bon point, Aemy consent à ses conditions. Jamais rien de bien extravagant venant du chimiste. Mais il reste soulagé de la voir obtempérer sur la question des armes. Il fréquente bien assez le monde de la nuit pour savoir que même le plus frêle des enfants peut représenter un danger. Bien qu'il paraisse toujours à l'aise, Swenn a parfaitement conscience qu'en cas d'affrontement, son avantage physique ne lui assure aucunement une victoire. N'étant que très peu porté sur les combats, il est habitué à ces situations, et a toujours davantage compté sur ses compétences intellectuelles que physiques pour s'en sortir. Et puisqu'il accepte finalement la demande de la demoiselle, il ne devrait pas être la cible de ces armes. Du moins, pour le moment.

En revanche, elle révèle avoir plus de mal avec le tutoiement... Ce qui est manifestement le cas. Étrange. A moins qu'elle ne soit issue d'une de ces familles fortunées où les enfants ne peuvent s'exprimer sans faire usage à outrance de formules de politesses. Ce qui laisse inévitablement des traces une fois adultes. Quoi qu'il en soit, elle se plie une fois de plus à sa demande, faisant visiblement preuve de bonne volonté, et c'est tout ce qui compte. La simple relation professeur élève qu'il ne connait que trop bien, et qui implique toutes ces bonnes manières ne l'intéresse pas. Le jeune homme a toujours préféré pouvoir instaurer une certaine proximité avec les personnes qu'il doit côtoyer, impossible à faire avec ce "vous".

- "Je n'ai pas l'intention de te chaperonner. Plus vite tu seras indépendante, mieux ça vaudra pour nous deux. Alors voyons voir déjà de quoi tu es capable."

Swenn a beau apprécier les phases de discussion comme celle qui vient de précéder, essayant de cerner au mieux son interlocuteur - ou interlocutrice dans ce cas - il faut avouer que l'idée d'arriver sur la partie manipulation lui plait beaucoup plus. Elle est davantage révélatrice de la personnalité et des capacités des gens que les simples paroles. Il se lève finalement, et entreprend un nouveau ménage plus que sommaire du plan de travail au fond de la salle. Plusieurs planches en bois massif s'enchainant pour former une surface d'un mètre de largeur sur quatre de longueur, rehaussées de multiples étagères sur lesquelles un grand nombre de flacons plus ou moins plein sont exposés. En dessous, des placards contenant différents outils indispensables aux diverses manipulations possibles pour transformer les matières premières. En médicaments ou antidotes...

- "Comme tu l'as si bien dit, les connaissances théoriques n'assurent pas de réussir à mettre au point quoi que ce soit. Mais tenter une réaction chimique sans connaissances sur les produits que tu vas modifier, c'est stupide et dangereux."

Après avoir réussi à pousser tout ce qui est inutile pour ce qui va suivre dans un coin, le surface utilisable lui paraissant correcte, Swenn sort le strict minimum. Inutile de s'embêter avec tout un tas d'ustensiles difficiles à se procurer. Les procédés utilisés en chimie pouvant être réalisés à partir d'outils très classiques quand on comprend les réactions effectuées sur les différents produits.

- "Tu comprendras qu'il est impossible de créer ce genre de produit ici et maintenant. Mais les modes d'extraction des principes actifs sont identiques selon les familles de matière première utilisées. Des métaux pour l'arsenic. Des plantes pour la scopolamine. Si tu te débrouilles bien avec ce qu'il y a ici, je pourrais te montrer les véritables manipulations. Ailleurs."

Ces principes actifs peuvent également se trouver à la vente, mais quand on compte utiliser ces produits pour des poisons, mieux vaut limiter au maximum les intermédiaires pour une discrétion optimale. Ce qui semble être visé par la miss. Le jeune homme attrape une bouteille opaque de l'étagère pour la déposer à côté d'un des bécher de sortis. Puis quelques échantillons de fer tout ce qu'il y a de plus classiques, encore à l'état solide. Et sort finalement deux paires de gants, en tendant une à Aemy.

- "J'imagine que pour une barmaid, l'acide n'est pas inconnu. Commence par dissoudre complètement ces blocs de fer. C'est ce qui permettra ensuite d'isoler les composantes qui t'intéressent pour obtenir un produit pur et stable. Donc efficace."

Évidemment, c'est bien plus la réaction de la jeune femme face à la manipulation de ces éléments présentant un danger bien connu pour celui ou celle qui en fait usage, qui intéresse Swenn que le résultat qu'elle peut obtenir. De voir si elle est réellement prête à faire usage des outils indispensables à la réalisation de poisons, qui ne sont jamais complètement sans risques. Ou si elle fait seulement partie de ces gens qui s'imaginent qu'il suffit de mélanger deux flacons entre eux pour obtenir la réaction chimique souhaitée.


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Ophélia Narcisse
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Ven 13 Avr - 18:23
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Déposant son arbalète à la suite de son poignard, Aemy fut contrainte d'enlever son gant pour pouvoir complètement démonter le mécanisme de son arme de tension. Sa main blanche, parsemée de quelques marques laissées par son passé médical en asile se révéla à moitié l'espace de quelques instants. Prompte à rabattre la bordure sur son poignet, elle recouvra à nouveau l'intégralité de sa chair sur cette partie de son anatomie. Les souvenirs gravés au dos de sa paume n'étaient pas le genre de cicatrice que l'on reçoit après s'être brûlé sur une casserole. L'électricité était responsable de ces morsures, rendant ces vestiges plus particuliers encore. 

Milazzo ne perdit pas de temps en besogne. Déjà comptait-il passer à la pratique. Après tout, la jeune femme avait fait preuve d'une extrême précision quant à ses désirs, de plus, elle connaissait plus que correctement la théorie sur ces deux produits. Elle était encore déstabilisée par le tutoiement, elle n'avait pour habitude d'être adressée ainsi que par ses docteurs et sa mère. Son guide vint alors s'enfoncer dans la pièce, se redirigeant vers une table de bois qui semblait être le support défini de leurs oeuvres. Le brun se mit à éclaircir le supposé plan de travail de tout objet contraignant qui puisse empêcher la bonne tenue de cette ... "expérience introductive" qu'il semblait préparer. Aussi grincheux qu'il pouvait être, le docteur avait l'air de savoir y faire lorsqu'il s'agit de pédagogie, et surtout, la barmaid sentait en lui un genre d'entrain, mais nuancé, pas le même enthousiasme qui pourrait guider n'importe qui à sauter de joie. Aemy fut confortée dans l'idée que la chimie était un art qui nécessitait un calme absolu.

Son professeur l'informa donc d'une première leçon, répétant ce que la jeune femme avait cru comprendre en lisant son sommaire sur l'arsenic et la scopolamine. Le premier était un poison fait majoritairement d'alliages au nom imprononçable, le second était tiré d'une plante nommée la datura. Ce fait fit d'ailleurs penser à l'étourdie qu'elle devrait acheter ces composantes. Cela ne relevait pas vraiment du problème, elle trouverait bien un fournisseur spécialisé, de la même manière qu'elle avait trouvé son bon formateur. Ou peut-être qu'elle n'en avait pas besoin. Le sus-dit mentionna un endroit, par la locution "ailleurs". S'il avait un endroit attitré où il gardait de telles composantes, alors, la pupille avait tout intérêt d'être à la hauteur de ses attentes.

Milazzo sortit alors un étrange ... "breuvage" ? Ou du moins c'était liquide, mais vu le contexte présent, il était peu probable qu'Aemy ne veuille tremper ses lèvres dans une telle concoction. Et la teinte brumeuse ne lui disait absolument rien qu'y n'aille, et encore moins lui donnait elle envie d'y goûter. S'accompagna ensuite l'un de ces récipients dont les chimistes raffolaient et dont la jeune femme n'avait aucune idée du nom correct. Peu importait l'appellation tant qu'il faisait son office, pensa-t-elle. Dans cette mesure, elle avait raison. Elle pourrait sans aucun doute concocter ces poisons même si elle n'en connaissait pas les noms, après tout. Cette conception même de la science valorise également la pratique que le savant semblait tant affectionner. Sur ce point-ci, la vaironne pourrait acquiescer sans même s'y forcer. 

Son instructeur se tourna vers elle, mentionnant les acides et présumant qu'elle en connaissait l'existence. Elle n'en avait aucunement la prétention, cela ne faisait qu'une vingtaine de jour à peine qu'elle était entrée dans le pub de Kelmina. Encore une fois, la théorie la sauva, fragrance du temps où la protégée lisait pour combler le temps qui passait trop lentement lorsque sa mère était en service. Elle hocha donc la tête, confirmant les pensées de son professeur, bien que ce ne fut qu'à moitié, la pratique restait à être établie.

Les instructions furent alors données par Milazzo, alors qu'il lui tendait une paire de gant, la confortant dans l'idée qu'il n'avait pas vu ses mains. Mais son velours n'était pas idéal pour travailler avec de l'acide, et, si quelqu'un venait à se mêler de ce qui ne le regarde pas et voyait des trous dans sa paire de vêtements, elle s'en trouverait bien embêtée. La vaironne pensait surtout à sa mère, qui avait tendance à la protéger outre-mesure, non pas que cela ne la déplaise, mais il fallait trouver une certaine réciprocité dans les procédés. Ne pas l'informer de tels apprentissages faisaient partie de sa contribution à préserver la sécurité de sa protectrice. Par conséquent, pas une seule erreur ne serait faite, ni engendrée par la présente pupille qu'incarnait Aemy.

Le premier réflexe qui lui vint, après avoir enfilé les gants de Milazzo, fut de couvrir ses yeux avec ses propres lunettes balançant dans l'encolure de son haut depuis qu'elle les avait rétrogradées de l'arrête de son nez. Son regard vairon revint se dissimuler derrière les verres teintés, alors qu'elle fixait le fer pur. Faisant bouger ses doigts pour s'habituer aux gants, elle vint doucement saisir la bouteille et déboucha la contrainte. Sa seconde main vint saisir le bécher, le maintenant droit, alors que, sans trembler, elle en versa le contenu presque jusqu'au bord, s'arrêtant avant que ne commence le bec du récipient. Son attitude paraissait imprudente, mais les faits étaient que ses doigts ne bougeaient simplement pas hors de sa volonté. Ils étaient rigides, semblables à des barres de fer qui lui obéissaient au doigt et à l'oeil. Mais que la vérité soit dite, elle était complètement téméraire. 

La pupille déposa ensuite le contenant d'acide devant elle, avant de saisir de son index et de son pouce droit l'un des échantillons qui lui avait été mis à disposition. Aussi sûrement qu'elle avait versé la solution, la jeune femme en saisit un entre son index et son pouce et vint le pencher au-dessus du bécher, approchant les doigts de l'acide jusqu'à ce que le bout métallique en effleure la surface. Dès qu'elle vit l'onde transparente rebondir contre les bords de l'outil, elle y laissa couler l'échantillon, le plongeant sans qu'une goutte ne soit projetée. Considérant son oeuvre première accomplie, elle retourna le visage vers Milazzo, avec son expression qui désormais semblait coincée au neutre.

J'ai bon ? Et maintenant ? 


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Swenn Milazzo
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Dim 15 Avr - 13:34
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Pas très bavarde mais visiblement de bonne constitution, Aemy vient se positionner face au plan de travail. Impossible de ne pas constater à quel point son physique fragile contraste avec l'assurance et la détermination dont elle est capable. Alors même qu'elle ne parait pas familière avec tout ce qui se trouve à sa disposition. Pas vraiment difficile à remarquer pour Swenn, bien plus habitué à être entouré d'autres chimistes de profession ou d'étudiants disposants déjà d'un fort socle de connaissances relatives à tous ces outils et produits. C'est exactement ce qui lui plait dans cette situation. Suivre les protocoles conventionnels décrits dans les livres d'enseignements ne l'intéresse plus. Quoi de mieux que d'être avec une novice qui n'a pas froid aux yeux pour voir différemment cette science.

Si cette manie de remettre ses lunettes de soleil, malgré la seule lumière produite par le système électrique qui alimente la pièce n'a pas échappé au jeune homme, cela ne change rien à ses décisions. Bien sûr qu'il ne peut que faire le rapprochement entre la couleur inhabituelle de ses yeux et sa volonté un peu trop forte à les camoufler. Mais même si elle devait être cette personne dont parle la rumeur, cela n'a à présent plus aucun impact pour Swenn. Du moins, pas dans le sens négatif. Travailler avec des gens dangereux n'est pas une nouveauté. Et Aemy a parfaitement joué les premières minutes de leur entrevue, réussissant à piquer suffisamment la curiosité du chimiste pour lui faire mettre de côté ses différents principes. Suffisamment pour continuer à lui faire tester les différentes manipulations nécessaires à l'élaboration de poisons.

Il ne fait par conséquent aucun commentaire sur les façons de procéder de la jeune femme, se contentant de l'observer. Une fois de plus, ses gestes ne sont pas guidés par de quelconques enseignements classiques, seulement par les divers connaissances théoriques qu'elle dû engranger avant de se mettre en quête d'une personne capable d'endosser ce rôle de professeur. Et par une réflexion qui lui est propre. Pourtant, elle ne perd rien de son assurance. Et déverse l'acide sans la moindre hésitation, gardant un contrôle parfait de chacun de ses mouvements. Pour la plus grande satisfaction de Swenn. Elle n'a visiblement que très peu d'expérience, voir pas du tout, de ce type de manipulation. L'acide est un liquide bien connu de la population pour sa capacité à "attaquer" n'importe quelle matière. Dont le corps humain. Ce qui n'empêche pas Aemy de s'en servir. Faisant preuve d'une très grande maîtrise d'elle-même. Sans ces éléments, le chimiste aurait plus que probablement mis fin à cette initiation. Mais à présent, il a seulement l'envie d'en voir plus.

Et la suite est tout aussi satisfaisante. N'importe quel étudiant classique serait parti à la recherche d'un matériel permettant de saisir le fer indirectement. Pour garder une distance maximale entre leurs doigts et l'acide. Mais pas la demoiselle aux yeux vairons. Se contentant de trouver le moyen le plus direct et efficace pour arriver au résultat demandé. Lui prouvant par la même occasion qu'elle a malgré tout conscience de ce qu'elle fait, relâchant le solide avec une grande délicatesse, mais surtout au bon moment pour éviter tout contact de ses doigts avec l'acide. Si Swenn se réjoui de ce qu'il vient de voir, son visage ne trahi en revanche que très peu ce sentiment.

- "Très bien. L'acide permet d'obtenir un liquide, plus facile à travailler. Surtout pour les poisons à mélanger. Et il ne transforme que peu la composition de ton métal. Tu vois, le fer ne s'est pas complètement mélangé à l'acide. Ce sera pareil pour les différents métaux contenant de l'arsenic qui tu pourras trouver. Il faut donc maintenant isoler ces composés. Tu vas récupérer uniquement le fer."

Sans plus attendre, le chimiste sort un appareil à distillation qu'il place devant Aemy. Ce modèle, relativement petit se compose d'un récipient reposant sur un dispositif de chauffage. Le récipient, rehaussé d'un "couvercle" est relié à un tube qui s'ouvre sur un nouveau contenant sphérique reposant dans une petite bassine. Reproduire un tel outil à partir de matériel plus classique n'est pas difficile, mais autant profiter du matériel à disposition dans cette salle pour que la jeune femme sa familiarise avec ces concepts de réactions chimiques.

- "Ces composés se transforment en vapeurs une fois chauffés. Mais la chaleur nécessaire pour cette transformation est différente entre les constituants de ton liquide. Les gaz créés s'élèvent, puis redescendent le long du tube, pour retrouver une forme liquide une fois qu'ils sont stockés dans le ballon qui a une température inférieure."

Tout en continuant ses explications plus que sommaires, n'ayant pas la moindre intention de dispenser un cours magistral sur le procédé de distillation, Swenn rempli le fond de la bassine d'eau. Qui permettra un refroidissement plus rapide des gaz récupérés.

- "L'acide est beaucoup plus volatile. Tu n'auras pas besoin d'une forte chaleur pour qu'il change de récipient. Le fer ne sera pas assez chauffé et restera seul dans ton contenant de base."

Le jeune homme fini par entrouvrir à peine la fenêtre la plus proche de leur position, donnant sur une petite cours interne vide à cette heure. L'air frais de cette nuit de juillet s'engouffre dans la salle saturée de différentes effluves commençant à rendre la respiration plus difficile. Si le chimiste est habitué à respirer dans ces conditions, il ne veut pas prendre le risque d'avoir à gérer une perte de connaissance de son élève pour cause de manque d'oxygène. Puis revient se placer près d'Aemy, attrapant une simple boite d'allumettes au passage qu'il pose à proximité du bécher contenant son nouveau mélange.

- "Allume le dispositif. Contrôle la température jusqu'à ce que tu commences à voir les vapeurs suivre le tube. Et garde la constante jusqu'à ce que tout l'acide se soit évaporé."

Rien de très compliqué dans le principe. Mais qui demande de faire preuve d'une bonne précision et d'une observation poussée du processus chimique provoqué pour obtenir le résultat escompté. D'autant plus pour une personne non habituée à manipuler de tels outils.


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Ophélia Narcisse
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Dim 15 Avr - 20:16
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L'air du dehors vint lui frotter la joue, alors que l'ambiance devenait de moins en moins étouffante, à l'image de la brise empoisonnée qui venait s'évacuer sur une petite terrasse en extérieur. Du moins, de la terrasse elle n'avait que le dessein, son apparence était bien moins charmante qu'un quelconque salon de thé. Ce détail fut passé aussi vite que l'on jette un déchet. Aemy se reconcentra sur ce que le docteur avait déposé devant elle, sans vraiment comprendre ce qu'était cette ... chose. Quel autre mot employer pour décrire une telle machinerie, tant de tuyaux, trop de récipients, et surtout, où était le début et où était la fin. La pupille ne savait  si elle devait verser le liquide dans le plus à droite des récipients, ou bien celui qui se trouvait sur la plaque de chauffage. 

Si elle suivait les instructions de Milazzo, ce qu'elle en tirait était qu'elle devait chauffer le conteneur de l'acide et du fer, jusqu'à ce que le premier s'évanouisse complètement. Devait-elle les faire s'évaporer avec seulement les allumettes ? N'y avait-il donc pas une plaque, ou bien quelconque moyen de faire s'agrandir la flamme ? Elle ne se contenterait sûrement pas d'attendre pendant de longues heures à tenir un bécher et une allumette en feu. D'autant plus qu'en changer toutes les trente secondes serait bien fastidieux. De plus, l'espace en suspension qui séparait le bécher du bureau laissait penser qu'il devait y avoir quelque chose en dessous. 

Alors, la jeune femme fit balader son regard un peu partout dans la pièce et dégota du coin du bureau, un genre de tube d'acier empreint de nombreux trous. Elle en bidouilla les mécanismes, tournant la roue comme elle pouvait  jusqu'à ce que son nez ne reçoive l'infâme senteur de gaz. Posant le dispositif sous le récipient, non sans enfoncer son oeil droit dans sa paume, sentant sa tête s'alléger après avoir reniflé la désagréable odeur. Elle tourna l'étrange objet jusqu'à ce qu'elle réentende à nouveau ce sifflement doux qui émanait du bec. Levant un sourcil, elle articula entre ses dents.

Comme un briquet donc.


Elle avait une brève connaissance des mécanismes d'ignition. Ouvrant la boîte d'allumettes, elle en choisit une aléatoirement et la frotta sur le flanc du carton jusqu'à ce qu'une flammèche en jaillisse. La vaironne l'approcha doucement du gaz qui sortait de l'instrument. Lorsqu'il s'enflamma, elle eut un mouvement de recul, un sursaut cause par l'instantanéité de l'apparition d'une flamme plus large. Elle ne semblait prendre sa source nulle part, comme un fantôme ardent qui volait au-dessus d'un acier creux. Du bout de l'index et du majeur, elle le poussa jusqu'à ce que la flamme vienne effleurer le bécher. 

Son regard se focalisait sur le liquide, alors que ses lunettes avancées sur son nez laissaient entrevoir ses yeux vairons, fascinés par la beauté du processus. Lorsque les premières vapeurs firent leur apparition, elle esquissa un sourire satisfait, révélant légèrement sa dentition inférieure. De la brume se formait sur les parois, alors que dans le tuyau à froid se reformait le liquide par un processus qu'Aemy ne comprenait pas vraiment. L'acide, coulant dans un second récipient, semblait reprendre la forme originelle qu'il avait quitté pour emprunter ce tunnel de glace. Et dans le bécher initial, au bout de quelques minutes, ne subsistait plus que le fer, mais d'un aspect très différent. C'était comme s'il avait fondu, comme si son métal solide n'était plus que poussière, si bien qu'il n'ornait plus que le fond de son bocal. 

Elle passa les mains autour du récipient, sans se soucier qu'il soit brûlant ou non, elle avait ses gants de toute manière. Le tenant entre ses doigts, elle fit dériver son regard sur le docteur. La jeune femme semblait assez fière de ce qu'elle avait accompli, soit de par la légère teneur en arrogance de son regard, soit par l'innocent coin de lèvre qui s'était soulevé. C'était une habitude de mélanger fondement et aspect chez elle, si bien qu'elle s'y perdait parfois. A force de porter des masques, on oublie quel visage est le vrai. Toujours était-il qu'elle était bien arrangée d'avoir pu se trouver un homme si capable en la matière ... et surtout, si efficace. Si sa discrétion était avérée, il était le professeur parfait. Taciturne comme toujours, elle l'interrogea quant à ce que contenait désormais ce liquide.

Est-ce donc un poison ? Y-a-t-il autre chose que je me dois de faire ? 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Swenn Milazzo
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Lun 16 Avr - 15:19
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Daënar +1
Parfaitement immobile, Swenn attend de voir ce que la jeune femme va bien pouvoir faire de cet instrument. Il ne lui a donné que les informations indispensables. Elle devrait être en mesure de trouver une solution pour atteindre le résultat souhaité avec ça. Le chimiste ne perd rien des mouvements faits par sa nouvelle apprentie. Qui prend même le temps de la réflexion. Parfait. Il ne supporte pas ces gens qui posent des questions à tout va sans avoir même essayé d'actionner ce qui leur sert de neurones. Auxquelles il ne prend d'ailleurs jamais la peine de répondre. Ou de façon acerbe.

Jusqu'à ce que la demoiselle finisse par disposer de l'intégralité des éléments nécessaires à la bonne réalisation du processus. Ses gestes sont une fois de plus précis malgré leur manque d'expérience manifeste. Détail qui sera très vite réglé, Swenn n'en doute pas. Avant de pouvoir mettre au point des poisons dignes de ce nom elle aura de nouveau l'occasion de revoir ces manipulations. Ce qui, objectivement, n'est sûrement pas une bonne chose. Mais n'est plus représentatif de la vision du jeune homme. S'il accepte de lui enseigner certains principes de la chimie, bien qu'au service des poisons, ce n'est pas pour la voir repartir avec une maîtrise plus que discutable.

Une esquisse de sourire vient même orner le visage du brun en voyant l'intérêt provoqué par l'observation du processus de distillation chez Aemy. Il ne peut que la comprendre, lui-même n'ayant jamais rien perdu de la fascination, sûrement un peu trop forte, que cet art lui a toujours inspiré. Et qui l'amène à accepter des demandes amorales. Cet air satisfait qu'arbore la jeune femme, il ne le connait une fois de plus que trop bien. Et vient le conforter dans le choix hautement discutable effectué un peu plus tôt.

- "A moins que tu n'arrives à faire avaler ce substrat tel quel à qui que ce soit, on ne peut pas vraiment l'appeler poison. Pas comme tu le conçois. Il te reste encore certaines choses à apprendre avant d'obtenir un résultat qui ta garantisse un taux de succès optimal. Tu viens seulement de voir les manipulations de base. Indispensables si tu veux être autonome."

La chimie étant une science demandant un degré d'exactitude très fort, les différents mélange à opérer pour aboutir à un poison ne sont pas à faire au hasard. D'autant plus lorsque l'un des objectifs porte sur la discrétion maximale du produit. Ce qui, compte tenu des demandes formulées par Aemy, est clairement le cas.

- "Tu t'en est bien sortie, tu as réussi à me convaincre. Mais je ne vais pas pouvoir t'en montrer davantage ici."

Si Swenn n'a jamais été considéré comme un modèle de probité, ne se souciant que peu de ce que ces gens honnêtes peuvent bien penser de ses agissements, il n'a pas non l'intention d'exposer aussi facilement ses tendances déviantes. Laisser planer le doute sans jamais offrir la moindre preuve. Façon de procéder qui lui permet de mener cette double vie qui lui convient parfaitement.

- "Tu en as assez vu pour ce soir. Et moi aussi. Demain je te montrerai quoi faire de ces substances obtenues. Mais avec les bons produits cette fois. Et les bonnes proportions."

Il est sûrement bien trop tard pour pouvoir encore parler de soirée, le petit matin étant bien plus proche. Mais ce point de détail n'a aucune importance pour le jeune homme qui a toujours autant de difficultés avec la notion d'heure. Après avoir stoppé l'accès au gaz du dispositif de chauffage, faisant disparaitre la flamme qui continuait à briller, Swenn remet à leur place les différents éléments qui constituent cet outil. Seul point de rangement qu'il accordera à ses collègues. Puis entreprend de réunir tous ses échantillons amenés plus tôt dans la journée, et dispersés aux quatre coins de la pièce.

- "Il y a ce qu'il faut chez moi pour qu'on puisse travailler dans de meilleures conditions."

Il a bien conscience qu'Aemy doit préférer en apprendre davantage au plus vite. Du moins, c'est ce que le chimiste espère après ces quelques instants passés en sa compagnie. Mais pour la suite, il a bien l'intention de lui faire réaliser un poison dans son intégralité, sans pause cette fois. Or, il y a trop longtemps qu'il est debout pour assurer correctement un tel programme.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Swenn râle en   #f77d40
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Ophélia Narcisse
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Mar 17 Avr - 11:31
Irys : 1221985
Profession : Fugitive, Meurtrière, Barmaid
Pérégrins -1 (femme)
Le regard de l'immaculée en teinte de corbeau se munit d'une teinte déçue, confirmant avec déception que faire un produit toxique n'était pas si simple. Elle aurait espérée que ce processus de vaporisation soit la seule étape à franchir pour pouvoir tuer quelqu'un avec discrétion, mais la densité du produit laissait des traces dans le fond même du bécher. Le point principal était malheureusement inatteignable avec cette composition-ci, le verre en subirait les débris, le taux de fermentation ici importait peu, le fer resterait bien. Etait-ce d'ailleurs seulement de l'arsenic, ce qui hantait le comble de ce récipient ? Aemy n'aurait su le dire. Elle avait bien cru comprendre que les composantes arsenicales étaient elles-même extraites de métaux, mais rien ne lui disait que ce qu'elle avait devant les yeux était bien cette finalité qu'elle cherchait à atteindre. Le docteur lui appuya d'ailleurs cette pensée, sous-entendant qu'un raffinage secondaire serait sans doute à l'ordre du jour ... de demain. 

Le compliment adressé la conforte dans l'idée qu'elle a joué son rôle de pupille à la perfection. Elle y avait d'ailleurs prit goût, se sentant sortir de la superficialité de la comédie lorsque les bulles acides venaient se coller sur les verreries, apposant leur marque opaque. Cette fascination-ci n'était en aucun cas jouée, et peut-être que cette perte de contrôle avait été dans son sens. Quoi qu'il en fut, elle adressa une légère inclinaison de la tête à son professeur, le remerciant silencieusement de sa congratulation. Son regard pétillant se dévoila à nouveau, fixant celui de Milazzo, après que les rideaux de chair ne se soient soulevés, battant des fils sur leur finition en une paire de claquements inaudibles. 

Mais la suite était véritablement ce qui allait marquer l'intérêt de la jeune femme. Entre les mots de son formateur se dévoilaient la finesse d'une promesse faite. Elle était venue pour des poisons, il comptait les lui donner. Comme pèlerin trouvant finalement son oasis, son visage s'illumina d'une légère euphorie et qui était toute aussi discrète que ce que son enthousiasme ne laissait sous-entendre, c'est à dire, aucunement. Mais elle rétracta bien vite son sourire bref, ne voulant pas perdre son sentiment de professionnalisme et de sérieux face à la tâche complexe qu'elle allait bientôt devoir aborder. Il semblait cependant que ce ne serait pas pour ce soir. L'exhaustion de Milazzo semblait être assez évidente, passé le caractère grincheux de celui-ci. 

Les travaux allaient donc continuer chez lui ? Aemy arqua un sourcil, ne comprenant pas s'il lui donnait rendez-vous dans quelques heures, ou bien s'il l'invitait à partager son toit. Elle resta ainsi immobile, sans vraiment savoir que faire, si elle devait le suivre jusqu'à son foyer, ou bien si elle devra une nouvelle fois rejoindre les quais et dormir entre des caisses disposées pour l'embarquement. Sa main passa dans sa nuque, quelque peu embarrassée, et sans comédie aucune, de devoir poser une question qui serait clairement, soit très mal prise, soit très mal interprétée, soit absolument évidente à répondre. Mais si elle ne savait pas, qu'aurait-elle donc fait ? 

Excusez-moi mais ... dois-je vous y accompagner maintenant, ou bien voulez vous me revoir demain seulement ? 


Son opinion dans la matière était complètement neutre, elle avait vécu plus de jours que nécessaires avec pour seul toit des planches de convois. Le regard qu'elle arborait ne laissait également pas traduire la moindre rhétorique dans sa question. Son corps entier s'était désarticulé de mouvements parasites, alors qu'elle avait remis ses lunettes teintées sur son front, ne voyant plus grand chose, plongée dans les ténèbres teintés de ses verres. 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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