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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Hellébore et ses autres drogues...

Izayah A. Aldrige
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Dim 8 Avr - 3:47
Irys : 104983
Profession : Mercenaire
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- Cerka… Pourquoi est-ce que l’on m’a envoyé à Cerka…

Izayah se parlais à elle-même alors qu’elle embarquait dans le train à direction de la capitale de Rathram, trimbalant une large valise de cuir noir. Un employé de la station fit un geste pour aider la petite poupée de porcelaine pour la délestée de sa lourde valise, mais un seul regard froid comme l’hivers de la belle demoiselle suffit à le décourager. Elle s’installa près d’une fenêtre, posant ses bagages sur le siège devant elle pour décourager les autres clients du train à la rejoindre. Elle allongeât ses jambes devant elle et se mit confortable pour le voyage devant elle. Elle avait décider de revêtir une chemise à jabot noir sous un corsage décoratif de la même couleur, complété avec des pantalons en cuir couleur charbon. Elle avait remonté sa longue crinière aile de corbeau en une complexe toilette composée de plumes noires et de perles grises. Son éternel manteau reposait en travers de ses cuisses, cela ne serait-ce que pour la durée du voyage.

Le déplacement fut long, pour Izayah. Regardant autour d’elle, la mercenaire pouvait apercevoir que la bonne majorité des clients qui se déplaçaient vers les denses forêts de Rathram avaient le nez dans des romans et multiples travaux qui impliquaient un crayon et du papier. Agacée, la jeune femme reporta son attention sur ses mains gantées de velours, comme si soudainement cet accessoire était devenu l’objet le plus intéressant de toute la planète. Le voyage fut long et pénible. Les paysages se transformaient sous les yeux ébahis de l’assassin, mais son esprit restait à Alexandria, auprès des siens. Ses doigts de porcelaine tapaient sur l’accoudoir de son siège alors qu’elle ne pouvait que s’inquiéter pour ses parents, sa sœur et ses frères. Elle espérait revenir à la capitale d’Ünellia et les trouvés tous comme elle les avait laissés ; relativement saints et surtout saufs.

Après ce qui semblait d’interminables heures à bord du train, la jeune femme arriva finalement à destination et sortis allégrement du wagon, contente de voir ses pieds sur une plateforme qui ne filait pas à toute allure. Elle se rendus à l’auberge où Constantin lui avais réservé une chambre modeste et ouvrit sa valise sur le lit. Elle remonta son Vulkain modifié avec une tendresse attentive et glissa son faucon à sa cuisse avant d’enfiler son manteau pour ressortir, revérifiant au moins quatre fois qu’elle avait correctement verrouiller sa chambre.

Elle traversa le dédale de la capitale, un morceau de papier chiffonné dans sa main droite alors qu’elle traversait la ville, une adresse qu’elle finit par trouvée après avoir demandé à un soldat qui l’avait arrêtée pour savoir pourquoi elle trimbalait un fusil à vue de tous. Lui rassurant qu’elle n’allât que le faire recalibré et voir pour des morceaux à changés, utilisant de ses charmes pour le calmer, elle continua son chemin vers un petit café où elle s’installa, à l’avance d’une demi-heure pour rencontrer le contact de Constantin. Elle commanda une tasse de café et s’installa proche de la baie vitrée, reposant son arme au mur de brique blanches à la droite de la table qu’elle avait choisie. Elle attendu, patiente, un peu agacée d’avoir été envoyée jusque dans Rathram pour faires des commissions que Constantin ne voulait pas faire. Ce n’était pas la première fois que les talents d’Izayah étaient utilisés de façon peu éclairée, mais elle fit comme à son habitude et se tus. Elle regardait par la fenêtre, pensant aux raisons de son éloignement, distraite, sa main droite jouant avec une mèche de ses sombres cheveux.

Un carnet noir reposait sur la table devant elle. Sa mission était trop simple, elle n’aimait pas cela. Donner le cahier à la botaniste, faire certain qu’elle puisse nous donner toutes les plantes annexées dans le cahier et revenir à Alexandria. Izayah soupira, regardant une horloge accrochée au plafond. Pourquoi Constantin n’avait-il pas envoyé une de ses servantes ? Pourquoi avoir envoyé une de ses tireuses d’élites ? Pourquoi Izayah ? Pourquoi maintenant ? Que se passait-il à Alexandria en son absence ?


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Dernière édition par Izayah A. Aldrige le Mar 17 Avr - 18:41, édité 2 fois
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Midella Ilarian
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Dim 8 Avr - 6:55
Irys : 45142
Profession : Botaniste et marchande
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Cela faisait maintenant deux semaine que Midella avait reçu une lettre d'un dénommé Constantin. L'homme s'annonçait comme un partenaire de voyage de Stevenson, ayant eu vent de l'ouverture de "La Jeune Pousse". Désireux d'acquérir diverses plantes, il avait fixé rendez-vous à la jeune femme à la terrasse d'un café non loin de chez elle. Il ne viendrait pas en personne car, visiblement, trop occupé par ses affaires mais enverrait à sa place une personne de confiance. La jeune botaniste avait l’habitude de ce genre d’homme d’affaire qui préférait envoyé des subalternes plutôt que de faire de longs trajets pour des petites commandes. Quelque chose la dérangeait dans la tournure de la lettre. Sans qu'elle put dire pourquoi, un pressentiment avait d'abord retardé sa réponse. Cependant la paie annoncée, loin d’être négligeable, lui avait rapidement fait oublier l’aspect incongrue de cette demande et ne pas avoir à faire directement à son client pouvait tourner les choses à son avantage...Elle avait donc fait le choix de répondre favorablement à l’invitation. Les plantes en question étaient relativement rares, d’où la somme que semblait prêt à mettre l’homme, mais elle avait à sa disposition l’intégralité des éléments de la liste ce qui lui facilitait grandement la vie.

Elle prépara donc en début d’après-midi plusieurs ballots de tissus qu’elle fourra des essences demandées. Elle réunit les paquets dans une large besace de cuir et se mit en route pour le café. Vêtue comme à son habitude d'une tenue de cuir marron agrémentée d'une veste vert bouteille, elle avait opté pour une gavroche de toile vert sombre pour camoufler un maximum sa tignasse désordonnée : elle avait travaillé toute la matinée à la préparation de la commande et ne se changeant qu'à la dernière minute, n'avait pas pris le temps pour se passer un coup de brosse. Au diable la coquetterie, tant que ses produits satisfaisaient les attentes de "Mr. Constantin".
La journée était plutôt belle. Elle traversa les quelques rues qui la séparait du lieu d’un pas enjoué, affichant un large sourire. Deux ou trois passants la saluèrent sur son passage : les gens du quartier appréciaient sa bonne humeur. Elle leur rendit le bonjour à grands renforts de gestes amicaux. Une vraie gamine d'apparence... Arrivée devant le café, elle balaya du regard la terrasse à la recherche de la personne qu’elle était censée rencontrer. Personne. Du moins personne qui ne semblait attendre qui que ce soit : ici un couple qui roucoulait autour d'un jus de fruit, là un homme au visage austère qui lisait ce qui semblait être des plans...bref, Midella ne s’attarda pas plus longtemps à détailler les lieux. Elle n’était pas spécialement en avance. Ce qui hélas était dans ses habitudes. Elle entra donc dans l’édifice.

"Alors alors, où est-ce que tu te caches..."  murmura-t-elle pour elle même en jetant un nouveau regard circulaire.

Il ne lui fallut pas plus d’une seconde pour apercevoir la personne qu’elle cherchait : une femme à la longue chevelure noir était seule à une table, l’air perdue dans ses pensées. Midella se dit qu’elle était belle, et fut surprise de la finesse de sa tenue : elle n’avait pas l’allure d’une subalterne en vêtements de voyages. Pas du tout. Elle dégageait une aura fascinante, quelque chose de félin : gracieuse mais prédatrice.
Ce qui se confirma d’ailleurs lorsque le regard de la botaniste glissa sur le fusil appuyé contre le mur à côté. Une arme? Que pouvait-elle bien craindre au milieu de Cerka en pleine journée pour porter avec elle un fusil de cette taille? La jeune Rathra inspira un grand coup, tâchant de chasser les folles idées qui lui venait à l’esprit. Après tout, cette femme avait sûrement ses raisons.

Elle s’approcha tranquillement de la table et tendit la main vers elle, un sourire chaleureux illuminant son visage. Sa gavroche lui tombait légèrement sur les yeux, ce qui accentuait son air enfantin.

“Midella Ilarian, propriétaire de “La Jeune Pousse”! Êtes-vous bien la personne envoyée par Mr. Constantin?”


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Izayah A. Aldrige
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Dim 8 Avr - 22:11
Irys : 104983
Profession : Mercenaire
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Izayah releva la tête alors qu’une main lui était présentée et pencha sa tête imperceptiblement sur la droite alors qu’elle retirait ses gants pour serrer la main à la demoiselle qui venait de se présenter. Son interlocutrice avait un sourire enfantin aux lèvres et l’air d’une gamine que la vie avait travaillée, mais contrairement au corbeau, elle n’avait jamais perdue cette lumière que les grands poètes reliaient à l’innocence.

- “Midella Ilarian, propriétaire de “La Jeune Pousse”! Êtes-vous bien la personne envoyée par Mr. Constantin?”

Izayah se leva à la rencontre de la main de cette jeune femme, insérant ses doigts glacés dans la poigne chaude de la botaniste. Un sourire délicat s’esquissa sur la dentelle rouge des lèvres de la mercenaire, mais rien qui pourrais être considéré comme vorace. Son visage exprimait une douceur et une curiosité étrange, comme si elle ne sortait pas souvent de la capitale d’Ünellia, ce qui était vrai en soit. Izayah resta silencieuse un moment, puis, réalisant le malaise, baragouina une excuse en désignant la chaise abandonnée devant elle.

- Pardonnez-moi. Oui, je suis l’es… L’employée de Constantin.

La mercenaire eu un de ses rires qui trahissent le malaise d’une personne, de ses rires court et adorables de ses enfants qui s’excuses d’avoir fait une utilisation incorrecte d’un mot. La jeune femme eu un sourire en coin mélancolique avant de reprendre sa phrase laissée comme en suspens, ses mains valsant une danse d’inconfort devant elle, curant ses ongles de déchets qui ne s’y trouvaient pas.

- Izayah A. Aldrige, mais appellez moi Izayah, docteur Ilarian. Pardonnez mes manières, je ne suis pas sortie d’Alexandria depuis près de dix ans.

La jeune mercenaire repris sa place dans sa chaise, tirant une de ses mèches artistiquement rebelles pour la replacée derrière son oreille. Elle passa son pouce distraitement le long de sa lèvre inférieure et releva ses grands yeux émeraudes sur son interlocuteur, forçant ses mains à reposer sur le livre noir qui dormais sur la table, l’une sur l’autre, son dos droit trahissant une posture due à des heures et des heures d’entraînement.

- Mon employeur m’a envoyée pour récupérer une commande. J’espère que vous avez le matériel à porté de main ? J’aimerais que cela soit possible de ne pas m’attarder trop longtemps… Je n’aime pas les lieux que je ne connais pas.


En prononçant ses dernières lignes, elle lança un coup d’œil à son arme accotée au mur comme un troisième invité à la table avant de retourner son attention sur la jeune femme, un léger sourire qui se voulait charmant sur ses lèvres. Elle essayait en vain de cacher son malaise d’être dans des lieux inconnus, mais il était évident qu’elle n’était pas à son aise, regardant autour, n’accrochant le regard de personne, préférant regarder ses propres mains, comme un enfant qui se faisait gronder pour une erreur qu’il avais commis, par accident ou non. Elle attendais patiemment, portant un café presque fini à ses tendres lèvres.


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Midella Ilarian
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Lun 9 Avr - 3:20
Irys : 45142
Profession : Botaniste et marchande
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Tirée de sa rêverie, la jeune femme qui faisait face à Midella se leva pour lui serrer la main. Elle paraissait perdue, mais rendit malgré tout son sourire à la botaniste et finit par se présenter en lui proposant de s'asseoir. "Docteur Ilarian". Ce terme fit frémir d'extase la jeune femme, qui bien que modeste apprécia grandement la formule. Même si ce n'était pas tout à fait exact. Ainsi donc, il y avait dix ans qu'elle n'avait pas quitter sa capitale? Elles étaient plus ou moins dans la même situation. Midella menait bien quelques expéditions à l'extérieur pour ses recherches, mais cela commençait à faire un bon moment qu'elle n'avait pas mit le nez dehors. Il faut dire qu'avec les travaux pour le magasin et l'entretient des plantes elle n'avait guère eut le temps de s'absenter. Peut-être devrait-elle songer à engager quelqu'un pour l'aider... Enfin, ce n'était ni l'heure ni l'endroit pour s'attarder sur ce genre de questions !

Alors qu'elle s'asseyait comme l'y avait invité Izayah, la Rathra prit le temps de la détailler d'un peu plus près. Désormais, elle ne voyait plus l'allure prédatrice qui émanait de celle-ci à son arrivée : elle montrait toutes sortes de signes d'agitations. Si elle feignait son malaise, elle jouait divinement bien la comédie. Peu probable. Midella oublia un instant qu'elle était en affaire, et au lieu de profiter de la situation, dit d'une voix enjouée qu'elle voulu rassurante :

"N'ayez crainte Miss Aldrige. Je conçois tout à fait qu'on puisse se sentir mal à l'aise loin de chez soi, mais je peux vous assurer que vous êtes plus tranquille ici qu'à Alexandria ! Cerka est une ville plutôt calme et acceuillante. Et puis, ce n'est pas comme si vous étiez une évadée de prison !"

Elle émit un léger rire, avant de se couvrir la bouche. Bon sang ce qu'elle pouvait être idiote parfois ! Comme si c'était une façon de parler à une inconnue, déjà suffisamment mal à l'aise semblait-il. Elle écrasa la main sur sa gavroche avec un sourire gênée, lâchant un petit mot d'excuse. Elle fit signe à un serveur et commanda un café pour faire diversion de cet instant, en profitant pour réunir ses pensées. Il ne fallait pas oublier qu'elle était là pour honorer une commande, comme le lui avait d'ailleurs fait remarquer son interlocutrice. Elle chercha donc à accrocher son regard dans celui d'Izayah. Que les choses sérieuses commencent. D'une voix où avait disparue toute trace d'immaturé, elle entama, tout en tapotant sur la sacoche du bout des doigts :

"J'ai effectivement l'intégralité des plantes dont votre patron a besoin. Cependant il s'agit d'essences peu communes, et les quantités qu'il demande m'oblige à épuiser une partie de mes stocks... Loin de moi l'idée de vous mettre en difficulté après un tel voyage, mais il est impératif que nous discutions plus en détails du paiement. Peut-être que si j'avais une idée des raisons d'une si grosse commande, cela m'aiderait à aligner mes prix ?"

Elle jeta un regard entendu à Izayah. Ce Constantin ne lui avait effectivement pas donner plus d'explications que cela quand à l'utilisation qu'il comptait en faire. Midella avait parfaitement conscience que cela n'était pas dû à une étourderie de la part de l'homme, mais peut-être pouvait-elle en tirer d'avantage de sa protégée. Les plantes demandées pouvaient aussi bien servir à produire un aphrodisiaque naturel que des somnifères. Ou pire si elles étaient correctement mélangées, mais ça Midella se garderait bien de le dire à son interlocutrice. Si elle pouvait obtenir cette information, elle pourrait obtenir un complément significatif en la jouant fine.
Elle continua de pianoter sur sa sacoche, ne lâchant pas du regard la femme face à elle. Son café lui fut amené à cet instant. Elle saisit la tasse d'une main, fouillant de l'autre la poche de son manteau pour trouver de quoi payer le serveur. Elle tendit la monnaie au jeune homme, soufflant sur son café. Lorsqu'il fut parti, elle porta la tasse à ses lèvres, but une belle gorgée du liquide brûlant et porta de nouveau son regard vers son vis-à-vis. Elle arborait désormais un sourire joyeux, mais qui affichait clairement son intention de prendre l'ascendant sur la discussion.


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Izayah A. Aldrige
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Lun 9 Avr - 17:00
Irys : 104983
Profession : Mercenaire
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"N'ayez crainte Miss Aldrige. Je conçois tout à fait qu'on puisse se sentir mal à l'aise loin de chez soi, mais je peux vous assurer que vous êtes plus tranquille ici qu'à Alexandria ! Cerka est une ville plutôt calme et accueillante. Et puis, ce n'est pas comme si vous étiez une évadée de prison !"

Izayah sembla se retirer en elle à cette déclaration. Effectivement, Cerka semblait aussi plaisant que son interlocutrice le faisait sembler, mais le malaise n’était pas là. Comment est-ce que la botaniste pourrait comprendre la peine qui était sienne. Comment est-ce que cette gamine en habits de grandes personnes pourrait comprendre l’idée même d’avoir la vie de sa famille toujours dans la balance à chaque inspiration, à chaque mouvement. Que son emploi ne fût qu’une épée de Damoclès qui dansait autour de sa tête, faisant d’elle jury et juge du sort de ses parents, ses frères et sa sœur.

Sa sœur, Cordélia. La jeune femme assît devant elle, ricanant légèrement sous sa main, qui semblait surprise d’avoir eu l’audace de prononcer ses mots, abaissant son gavroche pour couvrir le haut de son visage balayé d’un sourire gêné, psalmodiant ce qui semblait être une excuse agissait étrangement comme la petite sœur de la mercenaire. La tête penchée sur la droite, observant la botaniste, un sourire crispant les recoins de sa délicate bouche, Izayah pensa à ce que la vie aurait eue en réserve pour la famille Aldrige si leur père avait connu un succès.

Comme si la gamine devant elle se métamorphosait en femme, les plaisanteries cessèrent et alors que Midella faisait son court monologue, l’Alexandrienne fit signe au serveur pour qu’il vienne remplir son café, observant le contact de Constantin comme si elle regardait au travers d’elle, projetant une image attendrissante sur les traits de la gamine.

"J'ai effectivement l'intégralité des plantes dont votre patron a besoin. Cependant il s'agit d'essences peu communes, et les quantités qu'il demande m'oblige à épuiser une partie de mes stocks... Loin de moi l'idée de vous mettre en difficulté après un tel voyage, mais il est impératif que nous discutions plus en détails du paiement. Peut-être que si j'avais une idée des raisons d'une si grosse commande, cela m'aiderait à aligner mes prix ?"

Izayah cligna des yeux, comme tirée de sa rêverie, lissant son chemisier alors qu’elle écoutait sa compagne. Elle prit une inspiration, ses doigts tapant l’un après l’autre sur le livre noir. Elle sembla assembler soigneusement sa phrase dans sa tête, entrouvrant ses lèvres carmin, sa langue appuyée sous sa mâchoire supérieure. Finalement, les grands yeux émeraudes de la belle tombèrent dans ceux de son interlocutrice.

‘’Malheureusement, je ne suis qu’une messagère. J’ai peu d’intérêt quant à savoir ce que mon employeur compte en faire. Les possibilités sont multiples, à vrai dire. De parfums pour sa fille à des concoction pour aider ses fils à dormir. ‘’


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Midella Ilarian
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Mar 10 Avr - 1:19
Irys : 45142
Profession : Botaniste et marchande
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"Malheureusement, je ne suis qu’une messagère. J’ai peu d’intérêt quant à savoir ce que mon employeur compte en faire. Les possibilités sont multiples, à vrai dire. De parfums pour sa fille à des concoction pour aider ses fils à dormir."

Evidemment, quoi de plus logique qu'une réponse pareille ? Constantin n'était certainement pas né de la dernière pluie, et même si Izayah pouvait effectivement mentir, il était tout à fait envisageable qu'elle ne soit au courant de rien de précis. Ce qui n'arrangeait pas du tout les affaires de Midella. Peut-être serait-il plus compliqué de marchander qu'elle l'avait imaginé...Qu'importe ! Elle ne pouvait pas laisser une telle occasion lui glisser entre les doigts. Il fallait qu’elle insiste ! Une si grosse commande, si elle pouvait déboucher sur d'autres, lui assurait une rentrée dont elle avait bien besoin actuellement. Car il fallait bien avouer qu'elle ne roulait pas sur l'or : entre la construction du magasin, l'achat du matériel, et l'importation obligatoire d'une grande partie des spécimens, elle avait bien entamé ses économies. Et pour l'instant, le bouche à oreille n'était clairement pas suffisant pour faire de "La Jeune Pousse" un établissement qui fasse couler sauter les irys dans les poches de Midella.

"A vous entendre, il semble être un homme qui tient à sa famille. Il a été assez évasif concernant sa personne, et Stevenson ne m'a jamais parler de lui... Je n'ai même pas la moindre idée sur son travail ! Comprenez qu'il m'est difficile dans ces conditions d'engager un partenariat solide. Quel genre d'homme est-ce selon vous ?"


Cependant, alors qu'elle disait ces mots, la botaniste fut pris d'une nouvelle bouffée d'empathie pour son interlocutrice. Peut-être était-ce d’évoquer le nom de Stevenson, ou bien la mélancolie palpable qui émanait de la brune face à elle. Celle-ci n'était en rien responsable de la situation après.. Et d'ailleurs - elle manqua se frapper le front en y songeant - il était à envisager que la volonté farouche de Midella à faire monter les enchères pouvait mener Izayah dans une situation peu confortable.
Bien qu'au fond ce ne soit pas ses affaires, le caractère altruiste de la rathram la rattrapait. Elle ne put s'empêcher d'abaisser un instant le masque de carnassier derrière elle se cachait pour marchander. Elle afficha de nouveau un sourire bienveillant et alla même jusqu’à payer le café d’Izayah, le serveur attendant patiemment son dû à une distance respectueuse de leur table. Elle adresse un clin d’oeil à son interlocutrice.
Puisque visiblement il allait être compliqué de négocier, autant profiter de l’instant pour savourer le café - délicieux au passage - et apprécier l’humble charme de l’endroit. De toutes façons, Midella était bien plus à l’aise dans son rôle naturelle : celui d’une jeune femme chaleureuse. Elle s’étira, ôta sa gavroche et poussa un soupir d’aise avant de porter sa tasse à ses lèvres. Elle but plusieurs lampées rapides et s'ébouriffa ses cheveux qui s’étaient aplatis sous le couvre-chef.

"Vous avez la liste avec vous? Que nous puissions vérifier si tout est en ordre, le temps que vous m’expliquiez un peu plus."


En disant cela elle attrapa sa sacoche, la déposa sur la table. Elle l’ouvrit délicatement et entreprit de sortir les petits ballots qu’elle avait préparé quelque temps auparavant. La jeune botaniste gardait son sourire en regardant son interlocutrice. Elle attendit patiemment la réponse de celle-ci. Patiemment...en apparence du moins. Car maintenant qu’elle avait fait taire son instinct de marchande prédateur, elle se sentait une irrépressible envie de parler. De presser Izayah de questions pour savoir ce qui se cachait sous cette coquille de beauté mystérieuse. La jeune Ilarian était comme ça, elle passait du coq à l’âne sans s’en apercevoir elle-même.


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Midella s'exprime en #999900
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Izayah A. Aldrige
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Mer 11 Avr - 5:45
Irys : 104983
Profession : Mercenaire
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Au terme de l’affirmation de la belle aux cheveux de charbon à propos de son ignorance face à l'échange entre Constantin et Midella, son interlocutrice sembla faire des tours dans sa tête, son esprit travaillant à des machinations dont Izayah ne pouvait voir ou, la seconde option étant plus probable, n’en avait cure.

- A vous entendre, il semble être un homme qui tient à sa famille. Il a été assez évasif concernant sa personne, et Stevenson ne m'a jamais parler de lui... Je n'ai même pas la moindre idée sur son travail ! Comprenez qu'il m'est difficile dans ces conditions d'engager un partenariat solide. Quel genre d'homme est-ce selon vous ?

Cette affirmation la fit rire. Oui, effectivement, Constantin était un homme de famille, mais pas le genre que l’on pourrait croire. Il ne pouvait pas offrir de temps à ses enfants donc en échange il achetait leurs amours avec ce qu’il pouvait obtenir, le plus exotique le mieux. La jeune femme n’était pas surprise que la botaniste qualifiait son employeur du mot évasif, car, sans doute, il était la définition même du mot évasif lorsqu’il s’agissait d’information, d’histoires concernant de l’argent ou de contrats. Stevenson était un nom qui lui était inconnu, mais la belle ne releva pas cette information, ne trouvant pas pertinent de préciser quelque chose qui pourrait s’avérer inutile. Selon le contexte de la phrase, il était évident que ce Stevenson était quelqu’un dont Midella était relativement proche, s’il était le pont entre Constantin et elle. Si elle tenait ne serait-ce qu’un chouilla de moins à la vie de sa famille, Izayah arrêterais cette conversation sur-le-champ, dirait à la botaniste de courir très loin de cet ignoble personnage vivant en Constantin et de ne plus jamais regarder à l’arrière, mais la réalité étant la sienne, elle se tue et écouta la femme devant elle avec patience. Le genre d’homme que Constantin était… C’était toute une question. Une question que la mercenaire allait devoir travestir pour offrir une réponse qui ferait en sorte que la jeune demoiselle devant elle voudra encore travailler avec Constantin.

Midella semblait une brave jeune fille, probablement honnête et qui, tout comme Izayah le serait dans d’autres circonstance, serait horrifié par les crimes commis par les mains que commandent Constantin. Dans d’autres circonstances, car après tant d’années au service de cet homme corrompu, Izayah avait perdu cette conscience de la ligne entre ce qui est bien et ce qui est mal. Elle savait pertinemment que tuer, voler et mentir était des choses ignobles à perpétrer, mais elle était convaincue que, si elle le faisait pour la protection de ses proches, une force supérieure, un emblème de la morale si vous voulez, allait la protégée si un jour elle se retrouvais devant la loi.

- Vous avez la liste avec vous? Que nous puissions vérifier si tout est en ordre, le temps que vous m’expliquiez un peu plus.

Izayah hochat la tête, levant le livre noir comme un trophée devant elle, un sourire sincère peint sur ses lèvres. Elle prit une gorgée de café avant d’ouvrir son monologue, répondant à la première question d’un ton professionnel et calme.

- Monsieur Constantin est un homme d’affaire d’Alexandria qui est, comme vous avez pu le constater vous-même, Docteur Ilaran, très évasif. Ce qui n’est pas un défaut. Il prend soins à être presque maladifs de garder ses contacts privés, pour la protection de tout les partis impliqués. Je travaille pour lui depuis maintenant… J’ai officieusement commencé à travailler pour lui en 922 et officiellement depuis 928 donc… Techniquement cinq ans, mais onze ans à la fin de ce mois-ci, en date du 22…

La jeune femme frissonna, se remémorant les évènements ayant menés à cette sombre date du 22 mai 922, où son petit frère Thomas s’était fait emporter par un gang adverse, torturé et retourné à la famille Aldrige morceau par morceau.

- Pardonnez-moi, je n’ai pas les meilleurs souvenirs attachés à cette date, mais monsieur Constantin a été très bon pour ma famille et moi-même. Nous a permis d’avoir emploi quand nous étions croulant de dettes, sans vous accabler de l’historique financière de ma famille. A fait en sorte que ma petite sœur Cordelia ai un avenir à Alexandria.

Izayah hochât la tête, comme si elle approuvait les mots qui sortaient de sa bouche, convaincue de ce qu’elle disait. Elle glissa le livre noir de l’autre côté de la table vers Midella. Il contient maintes plantes, toutes, si mélangées entres elles, peuvent créer de puissants poisons comme différents remèdes pour le rhume commun et autres remèdes de bonnes femmes, dépendamment du dosage et des mélanges. Les dessins sont faits à la craie noire et les notes concernant les effets singulières des fleurs et plantes sont écrites à l’encre en une écriture cursive et claire.

- Je ne suis pas une grande fan de plantes, donc pour moi ce cahier n’est remplis que de jolis dessins et d’écriture illisible, mais je suis sûre que pour une botaniste comme vous, vous n’aurez pas de mal à répondre aux attentes de mon employeur, si le cœur vous chante.


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Midella Ilarian
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Mer 11 Avr - 23:20
Irys : 45142
Profession : Botaniste et marchande
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Alors que son interlocutrice détaillait, ou du moins essayait de détailler, un peu le personnage pour lui répondre, Midella vit très nettement la gêne que celle-ci ressentait à l'évocation de ces années. Tout comme elle nota l'étrange formulation "officieusement" qui laissait penser qu'Izayah ne devait pas être qu'une simple porte-parole. La botaniste n'aurait-elle pas mieux fait d'écouter sa première impression qui lui dictait de refuser cette offre tombée du ciel...? De toute façon, il était un peu tard pour reculer. Et une fois encore, la situation pourrait mettre en défaut la brune face à elle, ce qui n'était clairement pas envisageable dans l'esprit de la jeune femme. Sa pensée fut confirmée rapidement :

“Pardonnez-moi, je n’ai pas les meilleurs souvenirs attachés à cette date, mais monsieur Constantin a été très bon pour ma famille et moi-même. Nous a permis d’avoir emploi quand nous étions croulant de dettes, sans vous accabler de l’historique financière de ma famille. A fait en sorte que ma petite sœur Cordelia ai un avenir à Alexandria.”

Izayah poussa vers elle le carnet qu’elle tenait sous ses mains depuis le début de leur conversation, expliquant qu’elle n’y connaissait rien. Midella s’en saisit et baissa le regard vers les pages couvertes de dessin. Un sourire illumina son visage. Du beau travail, à n’en pas douter. Du très beau travail même. Les détails des croquis lui rappelait les travaux de son père. Elle sentit une bouffée de nostalgie l’envahir et se perdit dans la contemplation des pages, suivant les lignes du bout des doigts. Elle avait beau enfouir ses souvenirs dans les coins les plus reculés de son esprit, elle ne pouvait les empêcher de ressurgir de temps à autre. L’espace d’une seconde, ses yeux s’embuèrent. Puis, reprenant le contrôle d’elle-même, elle s’ébroua et leva les yeux vers la personne assise en face d’elle. Comme si rien ne s’était, elle lui adressa un sourire joyeux et entonna d’une voix pimpante :

“Merci pour le compliment, mais vous savez...je ne suis pas la meilleure botaniste d’Irydae. Je ne fais que suivre les pas de ceux avant moi.”

Elle manqua une nouvelle fois de se frapper le front. Non seulement, cette phrase était un aveu de faiblesse qu’elle offrait stupidement à son “adversaire”, mais cela trahissait également la torpeur qu’elle avait tâché de cacher quelques secondes avant. Elle tourna rapidement les pages pour se donner une contenance, faisant mine de lire des descriptions qu’elle connaissait déjà sur le bout des doigts. De plus, elle avait l’intégralité de la liste en tête, et elle savait que rien ne manquait à l’appel dans sa sacoche. Quand il s’agissait du travail, Midella ne se trompait pas souvent. Elle entreprit de sortir le reste des ballots qu’elle avait préparé et les compta sous les yeux d’Izayah, comme pour lui prouver que tout était en ordre. En vérité, elle ne voulait pas croiser le regard de la jeune femme après ce qu’elle avait dit. Elle n’avait pas la moindre envie de dévoiler ses faiblesses à l’envoyé d’un partenaire potentiel. Un partenaire clairvoyant, semblait-il. Elle finit toutefois par relever le menton et adressa un nouveau sourire à Izayah.

"C’est du travail d’une grande qualité. Evidemment, toutes les spécificités de chaque plante ne sont pas au rendez-vous, mais j’imagine que la personne qui a fait ces croquis n’a pas eu le loisir d’approfondir ses recherches autant que moi. Dites moi ma chère…"

Midella hésita une seconde. D’un côté, elle voulait que cette affaire soit conclue le plus vite possible, qu’elle touche son argent, et qu’elle puisse oublier cette piteuse performance de marchandage. Mais d’un autre elle se sentait irrémédiablement attirée par la brune en face d’elle. La botaniste désirait percer cette carapace de mystère qui émanait d’elle, et pourquoi l’aider à vaincre cette phobie du monde extérieur. Elle se tapota les lèvres du bout de l’index, manifestant les réflexions qui l’habitait. Puis, après avoir pris une longue inspiration :

"J’ai bien compris que vous n’étiez pas à votre aise dans notre ville. Cependant, vous avez fait une longue route pour venir me trouver et je trouve indécent l’idée de vous laisser repartir sur le champs. Que diriez-vous d’aller profiter un peu de cette belle journée ? S’il vous dit quoique ce soit, vous n’aurez qu’à dire à Mr Constantin que je vous ai retenu en otage pour la nuit !"


Elle adressa un clin d’oeil entendu à Izayah. Une fois de plus, la botaniste retrouv ait son caractère joyeux. Sans attendre la réponse de son interlocutrice, elle rabattit d’un geste la pile de ballots à l’intérieur de sa sacoche, qu’elle jeta sur son épaule avant de commencer à se lever. Après tout, la demoiselle face à elle n’avait pas vraiment d’autre solution que de la suivre si elle décidait de quitter le bar dans l’instant.


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Izayah A. Aldrige
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Mar 17 Avr - 18:44
Irys : 104983
Profession : Mercenaire
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Alors que la femme devant elle attrapait le carnet, balayant avec attention les pages couvertes de dessins et de gribouillis, Izayah pris une longue gorgée de son café, un regard attendris posé sur la demoiselle alors qu’un sourire craquait son visage, illuminant ses traits de garçonne. Ses doigts dansaient sur les traits, crissant sur le papier, mélodie que l’assassin avait toujours appréciée. La mercenaire observait la botanise du rebord de sa tasse, ses lèvres légèrement appuyés sur la céramique, discrets comme le vol d’un papillon.

- Merci pour le compliment, mais vous savez...je ne suis pas la meilleure botaniste d’Irydae. Je ne fais que suivre les pas de ceux avant moi.

Izayah secoua sa tête, quelques mèches rebelles balayant son délicat visage de porcelaine, elle baissa de quelques centimètres sa tasse pour s’adresser à son interlocutrice.

- La vraie grandeur réside dans le surpassement de ce qui se trouve dans nos passés. Tu n’es peut-être pas la meilleure botaniste d’Irydae, mais tu dois être particulièrement bonne si mon patron a trouvé intérêt en ta personne.

La jeune femme secoua ses épaules, comme si ses mots étaient prononcés sans grand espoir d’avoir été entendu. Elle semblait si proche, mais si distante. L’esprit de la belle aux cheveux noirs roulait comme si sa vie en dépendait. Elle voulait se lever et quitter le café, permettre à cette charmante jeune femme de vivre une vie loin des soucis de travailler avec Constantin, mais elle savait qu’elle avait beau courir, Midella finira un jour ou l’autre à tomber dans la gueule de la bête.

- C’est du travail d’une grande qualité. Evidemment, toutes les spécificités de chaque plante ne sont pas au rendez-vous, mais j’imagine que la personne qui a fait ces croquis n’a pas eu le loisir d’approfondir ses recherches autant que moi. Dites moi ma chère…

Midella sembla hésiter et, alors que le corbeau déposait sa tasse vide et rapprochait sa chaise de la table, fermant un peu plus la distance qui s’émiettait entre les deux femmes, elle croisa ses doigts devant elle, reposant sa mâchoire sur ses phalanges de porcelaine. Ses lèvres étaient entrouvertes, sa respiration suspendue comme si elle appréhendait la suite de son discours, un peu apeurée qu’elle ne lui dise qu’elle ai à retourner à Alexandria les mains vides et qu’elle ai à faire face à la mélodie chaotique et douloureuse du châtiment cruel de son patron.

- J’ai bien compris que vous n’étiez pas à votre aise dans notre ville. Cependant, vous avez fait une longue route pour venir me trouver et je trouve indécent l’idée de vous laisser repartir sur-le-champ. Que diriez-vous d’aller profiter un peu de cette belle journée ? S’il vous dit quoique ce soit, vous n’aurez qu’à dire à Mr Constantin que je vous ai retenu en otage pour la nuit !

La suite se passa trop rapidement pour qu’Izayah ai une réponse sensée, que ce soit vocal, physique ou psychologique. Alors que Midella se levait, incarnation de l’amusement, de l’innocence et de la taquinerie et quittait l’établissement, emportant avec elle ce que Izayah avait pour mission de ramener, les instincts prédateurs de la belle gagnèrent le combat incessant contre sa conscience, prenant appuis sur la table, elle attrapa le poignet de la botaniste avec une force contrôlée, ferme, mais assez pour faire comprendre à la jeune femme qu’elle était bien plus puissance qu’elle ne le laissait paraître. D’un mouvement souple et agile, elle contourna la table, tirant sur le poignet de la femme, l’emportant contre sa poitrine, bougeant sa prise sur le poignet pour le briser si la situation devait en venir à ça. Elle toisa la botaniste d’un air mécontent. Sa peau était glacée, poupée d’albâtre transformée en cauchemar vivant, ses perles d’émeraudes qui étaient si expressifs et incertains transformés en lacs paisibles, masque efficace contre les afflictions de la morale qui tourmente la grande partie des mortels. Mais tout masque présente défaut de fabrication. Il était évident que, malgré sa mascarade évidemment travaillé depuis longtemps, la belle présentait une récalcitrance perceptible en une tristesse immense. Son corps était tendu comme un arc, ses sourcils froncés, maintenant la femme fermement contre elle, plus distance que jamais, son souffle presqu’absent, contrôlé et bas.

- Je ne suis l’otage de personne, docteur Ilarian et le plus de temps que je passe ici, le pire que sera mon retour, je vous en supplie, ne me faite pas perdre le peu de temps qui me reste sur Irydaë.


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Midella Ilarian
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Mer 18 Avr - 0:40
Irys : 45142
Profession : Botaniste et marchande
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Alors que Midella s'apprêtait à s'éloigner, persuadée qu'Izayah allait la suivre, elle entendit le raclement de la chaise dans son dos. Un sourire malin commençait à se dessiner sur ses lèvres lorsqu'elle sentit une forte pression sur son poignet. Une légère douleur monta le long de son bras, comme une décharge électrique. La botaniste n'eut pas le temps de comprendre ce dont il s'agissait qu'elle se retrouvait collée à la brune, bloquée dans une position douloureuse. Elle voulu se dégager mais la poigne de fer de son agresseur l'en dissuada : il était évident que si elle esquissait le moindre geste, son articulation sauterait sans difficulté aucune. Elle leva deux billes emplies d'incompréhension et d'angoisse vers le visage d'Izayah
Tout alla très vite dans sa tête. Sa provocation, qui n'était que pure taquinerie, avait métamorphosé la jeune femme : elle avait désormais le regard froid et son aura de prédation étouffait l'atmosphère. C'est alors que Midella comprit qu'elle avait véritablement commis une erreur. Cette main, froide et solide, était une main de tueuse. Une tueuse que la botaniste semblait avoir poussée dans ses retranchements ...

Les quelques clients alentours détournèrent le regard et des murmures dédaigneux se firent entendre ça et là. Le message qui s'en dégageait était clair : si elles voulaient s'entretuer, qu'elles le fassent dehors. Le serveur lui, haussa les épaules et continua son service comme si de rien n'était. Ce n'était probablement pas la première altercation dont il était témoin.

Les deux femmes, cabrées dans une étreinte glacée, s'observèrent un instant. Bien que Midella n'est presque aucune notion de combat rapproché, tout son corps était tendu à l'extrême, chaque muscle prêt à agir au moindre signe de relâchement de la part de la brune. Son esprit se préparait à encaisser la douleur qui ne tarderai pas à venir quand son poignet finirait brisé. Mais il n'en fut rien. Izayah prononça seulement quelques mots d'une voix sans timbre, mots qui firent l'effet d'un coup de massue à la pauvre petite scientifique.

"Je ne suis l’otage de personne, docteur Ilarian et le plus de temps que je passe ici, le pire que sera mon retour, je vous en supplie, ne me faite pas perdre le peu de temps qui me reste sur Irydaë."


Une fois de plus, le regard de Midella se remplie de larmes. Elle relâcha la pression qu'elle tentait d'exercer, laissant ses doigts retombés délicatement, et ne put s'empêcher de lâcher un soupir accablé. Comment avait-elle put être aussi sotte. Les paroles d'Izayah auraient pu paraître un avertissement, pourtant la botaniste y décela beaucoup plus. C'était une supplique, entière et profonde, qui laissait filtrer un parcours bien plus douloureux que ce la brune avait voulu lui faire croire. Il y avait fort à parier que ses premières impressions - la lettre d'abord, le fusil par la suite - concernant ce Constantin étaient fondées. Une telle réaction ne pouvait être engendrée par la simple peur d'une réprimande de son patron, cela devenait clair dans l'esprit de Midella. Étrangement toute peur s'évanouie, et l'irrépressible envie d'apaiser un tant soit peu son interlocutrice se fit de nouveau pressante. La botaniste était comme ça : elle ne pouvait s'empêcher de vouloir transmettre son amour pour la vie à tout ceux qui semblaient plongés dans le désespoir.
Se tortillant tant bien que mal, elle vint poser doucement son autre main sur celle d'Izayah qui encerclait son poignet. D'une voix tremblante, mal assurée, elle dit :

"Je ne te connais pas et ma réaction était loin d'être appropriée. Je suis vraiment, vraiment désolé Izayah... je voulais seulement te faire sourire un peu..."

D'un mouvement de l'épaule, elle fit glisser la sacoche le long de son bras. Ses déplacements étaient toujours restreints par l'étau qui enserrait sa chair et cette proximité physique de la brune accentuait d'autant plus son sentiment de culpabilité. Sa bêtise lui paraissait désormais impossible à effacer. La gorge nouée, elle cherchait ses mots pour qu'Izayah accepte de lâcher prise et de reprendre une discussion plus calme. Le sang lui battait les tempes, elle avait du mal à réfléchir. Elle ne s'était d'ailleurs pas aperçu qu'elle venait de tutoyer son interlocutrice, ni même qu'elle s'exprimait avec une familiarité qui ne convenait pas le moins du monde à la situation. Midella parlait, comme bien souvent, avec son coeur plutôt qu'avec sa tête.

"Prends la sacoche. Je ne te causerai plus de soucis, tu peux me croire."


Elle baissa les yeux, piteuse. Serrant la main d'Izayah dans la sienne, elle se mordit la lèvre inférieur pour réprimer l'envie qu'elle avait de lui sauter au cou en se mettant à pleurer. Midella, du haut de ses 24 ans, n'était en réalité par encore tout à fait une adulte. Son tempérament passionné rendait ses émotions brouillonnes, ses réactions, extrêmes. Elle attendit, mâchoires serrées, que la brune décide si oui ou non elle allait lui briser les os.


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Izayah A. Aldrige
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Mer 18 Avr - 16:01
Irys : 104983
Profession : Mercenaire
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Izayah aurait pu se noyer dans les regrets de Midella, tellement que l’afflux d’émotions débordait de son petit corps à ses yeux. Comme défaire, sachant qu’elle ne faisait pas le poids contre la femme aux longs cheveux noirs qui la tenait à sa merci, statue impardonnable de marbre blanc, solide et immuable, froide et cruelle. Elle sembla après que la tempête initiale de la détresse fut passée, cette dernière laissa dans son sillage une Midella un peu secouée, mais surtout élancée par une émotion que le corbeau n’avait pas vu depuis très longtemps ; de l’empathie. Fronçant les sourcils, essayant de déchiffrer le visage de la botaniste, habituée de voir de la pitié plutôt qu’un élan si curieux du cœur. La cadette de la mercenaire se tortilla, posant sa main libérée sur la serre précise étranglant sa main opposée. Sa voix tremblait. Elle affichait un calme évident, mais présentait aussi une peur qui était avisée dans sa situation. N’importe qui les observant pouvait voir que la femme toute de noir vêtue avait la dominance sur la situation de cet étrange duel, à mi-chemin entre un combat et un échange d’adieu entre amants.

- Je ne te connais pas et ma réaction était loin d'être appropriée. Je suis vraiment, vraiment désolé Izayah... je voulais seulement te faire sourire un peu...

L’Aldrige regarda la sacoche glissée de la prise de sa proie, la regardant avec ses larges prunelles mouillées, son souffle contrôlé ne trahissant aucune inflexion dans son caractère cruel ou dans ses intentions. Sa prisonnière semblait chercher des mots pour apaiser la bête, comme un homme parlait à un cheval sauvage pour l’amadouer. Elle semblait réfléchir, encore paniquée par sa fâcheuse situation alors que, serpent qui s’enroulait autour de son repas, Izayah n’avais cure, ne raffermissant pas sa prise, mais sans lâcher aucunement.

- Prends la sacoche. Je ne te causerai plus de soucis, tu peux me croire.

Midella baissa les yeux, comme un chien que l’on venait de punir. Elle serra la main de la mercenaire, une caresse plus qu’une agression, se mordant la lèvre inférieure, refoulant ce que son corps tendu essayait de faire, chose à laquelle son interlocutrice semblait insensible. Utilisant son autre main, Izayah dégageât le visage de la botaniste de ses mèches rebelles, levant son menton et posa ses lèvres sur les siennes, léger comme une mère qui embrasse son enfant, fermant ses yeux et relâchant la prise sur son poignet. Le corbeau attrapa la sacoche et la passa en bandoulière avant de prendre son Vulkain en main, marchant hors du café, prenant une pose dans l’encadrement de la porte de l’établissement, démontrant une récalcitrante par rapport à son départ.

- J’espère que notre prochaine rencontre se fera sous de meilleurs termes, si tu souhaite me revoir. Peut-être qu’un jour je pourrais être mienne, libre et j’espère, si ce jour viendra, que je trouverais une personne gentille et douce comme toi. Ne change pas, ton innocence est une denrée rare dans ce monde cruel.

Et sans demander son reste, le corbeau quitta l’établissement et disparu dans les rues de Cerka, cheminant jusqu’au logement qu’elle avait loué pour une nuit, remballant son matériel, désertant la ville sur le prochain train, attendant sur le quai, assise sur sa grande valise, image mélancolique de la femme qui venait d’avoir son cœur arraché de sa poitrine de façon métaphorique.


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Midella Ilarian
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Aujourd'hui à 14:47
Irys : 45142
Profession : Botaniste et marchande
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Un bloc de glace à l'état pur. Une glace à la morsure douloureuse, dotée d'une force insoupçonnable. Telle apparue Izayah aux yeux de la jeune botaniste alors qu'elle se répandait en excuses. Pas un seul instant la brune ne relâcha son étreinte, Midella s'avouant pourtant vaincu aussi bien physiquement que sur le plan émotionnel. Et pourtant. Pourtant, lorsqu'elle baissa les yeux et offrit son paquet (dont elle n'eut pas un seul instant la pensée du paiement) la jeune femme sentit la main de son interlocutrice se poser sur son menton. Un frisson la parcouru. Elle sentait déjà les os de sa nuque craquer, signant la fin de sa courte existence.

Il n'en fut rien. Elle s'attendait à tout sauf à ça, et son esprit se brouilla alors qu'Izayah posait ses lèvres sur les siennes. Ce contact chaud et rempli de douceur, contrastait de façon absurde avec la pression glaciale qui s'exerçait toujours sur son poignet. Nouveau coup de tonnerre dans la tête de la pauvre Midella. Si elle avait déjà connu les baisers des jeunes hommes, jamais elle n'avait expérimenté pareille tendresse dans ce simple geste. Et encore moins avec une autre femme. Un nouveau frisson lui parcouru l'échine, bien différent du précédent. Avant qu'elle n'ait le temps de former la moindre pensée cohérence, Izayah se détacha et, saisissant son arme, prit la direction de la sortie. La botaniste resta là, bras balants, la tête vide. La brune, s'adressa à elle dans ces termes qu'elle n'était pas prête d'oublier :

"J’espère que notre prochaine rencontre se fera sous de meilleurs termes, si tu souhaite me revoir. Peut-être qu’un jour je pourrais être mienne, libre et j’espère, si ce jour viendra, que je trouverais une personne gentille et douce comme toi. Ne change pas, ton innocence est une denrée rare dans ce monde cruel."

Avant que la jeune femme n'ait pu esquisser le moindre geste, prenant le temps de saisir le sens profond des paroles, Izayah disparu dans la lumière chaude de l'après-midi. Laissant son interlocutrice seule, plantée de façon ridicule au milieu du bar.
Midella resta ainsi, plusieurs minutes, à fixer l'encadrement de la porte en tentant de remettre un semblant d'ordre dans son esprit. Que venait-il au juste de se passer ? Et pourquoi un tel sentiment d'abandon l'étouffait, comprimant sa poitrine encore secouée d'une respiration mal contenue. Elle avait beau n'avoir rencontré la brune que depuis quelques heures, se sentait irrémédiablement liée à elle. Par la douleur de l'existence dont elle avait fait montre à plusieurs reprises, et par cette séparation aussi étrange qu'inattendue.

Un éclat de rire provenant d'un coin de table proche la ramena brutalement à la réalité. Si elle était prise désormais d'une folle envahir de courir, de rattraper Izayah et de l'empêcher de quitter la ville, elle n'en fit rien. Sans s'expliquer pourquoi, elle savait qu'il fallait que tout s'arrête ici. Du moins pour l'instant. Izayah A. Aldrige. Ce nom fut gravé, comme au fer rouge, dans l'esprit de Midella. Deux mots résonnaient encore en elle. Ils roulaient, comme un écho lointain, qui entretint un espoir doux-amer. "Prochaine rencontre".

Elle régla les cafés d'un geste automatique, ne prêtant aucune attention au regard amusé du serveur. Celui-ci n'insista d'ailleurs pas en voyant le regard vide de cette pauvre fille, qui payait pour la deuxième fois des cafés dont elle s'étaitn déjà acquittée. Ca serait son pourboire, puisque de toute façon elle ne répondit à pas son interrogation. Midella alla chercher sa gavroche laissée sur le coin de la table, et prit à son tour la direction de la sortie. Elle s'arrêta quelques secondes dans l'entrée, encore envahit pas la présence de la brune. Une larme roula sur sa joue. Une larme chargée d'une foule de sentiments contradictoires. Une larme qui fut suivit de beaucoup d'autres, lorsque la botaniste arriva chez elle, complètement épuisée.


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