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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Ünellia
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 [Terminé] Double face

Valduis
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Mer 9 Nov - 23:02
Irys : 157577
Profession : Assassin
Pérégrin 0
Les brocantes, marchés et enchères d'Alexandria sont les principaux facteurs de vie et de dynamisme à l'intérieur de la capitale. Tous les trois rassemblés lors d'un évènement hebdomadaire, ils sont un véritable moteur de lancement pour les innovateurs qui souhaitent s'insérer sur le marché. Lors de cette journée, les commerçants proposent publiquement leurs meilleures ventes et permettent l'accès libre à leur magasin ou à l'espace de vente qu'ils auront loué au préalable.

On appelait cette journée le marché de la rouille. C'était à l'origine une brocante issue d'un petit quartier au sud, réunissant quelques commerçants qui ne parvenaient pas à vendre leurs innovations. On avait donné ce nom pour désigner la qualité grotesque de leurs produits robotiques couverts de rouille jusqu'à ce que ce marché se popularise et devienne aujourd'hui un évènement unique en Alexandria, si réputé que les étrangers curieux ne s'y rendent que pour pouvoir le découvrir.

Le marché de la rouille accueillait de plus en plus de riches commerçants et d'hommes d'affaires. S'il proposait un large panel de produits, allant des simples objets de la vie courante à des véritables inventions titanesques aux prix exorbitants, il y avait cependant toujours des tendances actuelles qui se distinguaient très clairement par le nombre d'acheteurs qui se trouvaient devant les marchandises.

Avec l'apparition d'aéronefs, les plus riches entrepreneurs ont pu intégrer ces nouveaux véhicules dans le marché de la rouille et en faire un commerce. Si à leurs débuts ces entrepreneurs ne présentaient que des aéronefs bas de gamme, le marché s'est aujourd'hui étendu jusqu'à proposer plus d'une vingtaine de modèles différents. Et avec l'augmentation d'aéronefs et de clientèles, les prix à l'origine inaccessibles ont baissé avec l'augmentation d'acheteurs afin de répondre à une plus large demande. C'est ce qui fait le succès de ce marché aujourd'hui.

L'un des entrepreneurs, Sir Crolder, était à la tête de ce marché et dominait de loin ses autres concurrents. On avait dû lui réserver un immense espace pour ses ventes et faire de la publicité pour que son marché attire un maximum de clientèle. Il fallait dire qu'il ne manquait pas de moyens pour se mettre en avant, si bien que son nom apparaissait partout sur les panneaux d'indication afin que les clients soient naturellement dirigés vers lui : vendeur, charismatique, innovateur, Sir Crolder ne cessait de séduire et de vendre toujours plus à des prix défiant toute concurrence. Il avait poussé son génie un peu plus loin en ouvrant un marché public de transports en commun, similaire à ceux des trains à vapeur, et soutenu par des identités politiques puissantes.

Aujourd'hui était le jour de l'ouverture officielle des transports publics d'aéronefs. Sir Crolder était présent, accompagné des gouvernants et d'hommes politiques qui avaient aidé à financer l'investissement d'un tel marché. En ce jour de révolution pour l'aéronef, on avait préparé l'évènement afin qu'il soit inoubliable dans l'Histoire des Daënars : les marchés des aéronefs avaient été exceptionnellement fermés, et leurs terrains réquisitionnés, car la journée avait été réservée pour Crolder. Il fallait que l'ouverture de ce nouveau transport en commun soit un évènement marquant qui attire un maximum de clientèle.

Crolder s'avança sur l'estrade face à l'immense public hypnotisé par tous les aéronefs qui entouraient la scène. Il semblait fatigué voire malade, la mine mauvaise et les paupières à moitié fermées. Mais lui-même ne semblait pas s'en préoccuper; il savait que ce jour était un tournant dans l'Histoire et que sa réputation dans les années à venir dépendrait de de discours.


« Chers habitants, Chers habitantes, Daënastre est honorée à ce jour d'accueillir un tel public afin d'inaugurer ce que j'ose appeler le paroxysme de toutes ces années d'acharnement que nous avons consacrées à notre avancée technologique. Aujourd'hui, nous prouvons à tous que notre créativité est incontestable et que notre place en ce monde est plus méritée que jamais. Nous sommes parvenus à dompter les lois de la physique et de la chimie, à soigner nos maladies et à remplacer nos handicaps. C'est avec plaisir que j'annonce qu'à ce jour, il n'existera aucun Daënar qui ne puisse pas emprunter la voie des a-... »

Le discours de Crolder était coupé par des toux grasses abominables - ce qui le rendait d'ailleurs assez médiocre - qui s'aggravèrent bien vite jusqu'à en devenir suffocations et crachats de sang inattendus. Il se stoppa littéralement dans son monologue et s'effondra sur le sol, choquant le public dans un sursaut d'étonnement général. Mais alors que gardes et médecins tentèrent de venir à son secours, plusieurs armes de jet sorties de l'ombre se plantèrent dans leurs jambes, épaules, bras, et les stoppèrent net dans leur élan.

Une dizaine d'individus couverts de noir et encapuchonnés s'extirpèrent de l'obscurité pour venir se placer sur la scène en hauteur. Tandis que certains bloquaient les accès aux sorties de secours, les autres s'étaient placés en ligne droite devant et derrière l'un de leurs confrères, visiblement plus haut gradé, armes à feu et arbalètes levées et prêts à tirer au moindre mouvement suspect.

Celui qui s'avançait jusqu'au centre de la scène était équipé d'une armure en étoffes plus riches mais dans un style tout aussi sombre. Il s'empara d'un politicien par les cheveux, le souleva brutalement sans prendre en considération son vieil âge ou la douleur qu'il pouvait lui infliger, et il lui colla un texte sur le visage en l'ordonnant à lire son contenu. Le public resta choqué mais silencieux, intimidé par les armes qui se pointaient sur eux, de peur d'être pris pour cible au moindre geste. Le vieil homme se mit à lire, effrayé comme il ne l'avait jamais été, tentant tant bien que mal d'articuler malgré la douleur sur son crâne.


« N-... Nous n'admettons aucune soumission et ce sous quelque forme que ce soit. La mise en esclavage de My'träns au profit d'un commerce, en utilisant leurs pouvoirs d'impulsion comme moteurs gratuits d'engins aéronefs, doit répondre de notre jugement : le châtiment ultime de la mort. Nous rendons publics les crimes commis par Sir Crolder et ses alliés corrompus. Ceci est un avertissement. N'essayez pas d'agir dans l'ombre : personne n'échappe à notre regard. »

A peine après que le discours soit terminé, le bourreau du vieil homme politique corrompu récupéra une aiguille de magilithe et la planta dans le front de sa victime - ce que beaucoup reconnurent comme le symbole de l'Ordre de la Pénitence - tandis que le vieillard impuissant hurlait à l'agonie. Puis il mit fin au châtiment en tranchant sa jugulaire d'un coup sec. Un dernier regard pour vérifier que le poison administré à Crolder l'avait bien tué, et les assassins s'en allèrent aussi vite qu'ils étaient arrivés, empruntant des chemins sombres, crapahutant à l'aide de leurs outils, et laissant un public décharné et en panique totale. En un instant, la scène s'était transformée en un véritable chaos où tout le monde se marchait dessus pour s'enfuir au plus vite.

Valduis, qui venait d'accomplir sa mission, avait été le premier à partir après avoir forcé sa cible à lire son discours. Il emprunta le même chemin que ses camarades; un chemin tracé et calculé à l'avance afin de faciliter leur fuite, bien qu'il ne pensait pas que les autorités et le gouvernement les poursuivraient pour leur avoir rendu service. Après tout, il n'avait pas oublié de laisser preuves et indices auprès des gouvernants d'Alexandria afin de rendre crédibles et légitimes les agissements de l'Ordre. Mais il s'arrêta net en remarquant qu'un individu était à ses trousses. Il fit signe à ses frères et soeurs de continuer sans lui et décida de faire face à celui ou celle qui avait eu le courage de suivre leurs traces.


Dernière édition par Valduis le Ven 3 Fév - 22:42, édité 2 fois
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Valerian D'Akkad
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Sam 12 Nov - 17:15
Irys : 65290
Profession : Entrepreneur, explorateur
Daënar +1
Ah, le festival de la rouille, quelle période magnifique. Pouvoir déambuler dans les rues et découvrir des idées révolutionnaires, parfois géniales, parfois saugrenues. Pour Valerian, c'était une période d'effervescence, courant la ville du soir au matin avec son carnet de notes il essayait de ne pas en perdre une miette. Des nouvelles techniques pour l'exploitation des manufactures aux relations professionnelles potentielle, le jeune homme était à l'affut de tout. Son père l'avait formé pour ça, reconnaitre en quelques coups d'oeil les occasions.

Ce matin, Valerian avait récupéré les coordonnées d'un inventeur qui avait développé une nouvelle forme de piton susceptible de rendre bien plus efficace les machines à vapeur. Un férailleur bradait également de vieilles carcasses de véhicules. Flairant la bonne affaire, l'entrepreneur avait acheté tout le lot pour le faire refondre, la valeur du métal elle seule était supérieure au prix d'achat.

Alors qu'il remontait une allée secondaire des sirènes retentirent. Un bruit de cavalcade, et, soudain, un homme encapuchonné faisant face à son poursuivant. Les deux hommes allaient manifestement se battre. Daigainant son sable et son revolver, Valerian se planta au milieu de la rue tout en ce plaçant suffisament proche du mur de gauche pour s'assurer que le seul angle d'attaque soit par la droite où il tenait sa lame.

Eh ! Vous ! Plus un geste !

Pointant son revolver sur les deux hommes valerian poursuivit :

Que se passe-t-il ici ?

Le poursuivant s'écria :

C'est un assassin !

Confiant dans le pouvoir dissuasif d'une arme à feu, Valerian ne paniqua pas. En effet même avec des reflexes surhumains, difficile d'éviter un projectile se déplaçant à plusieurs centaines de mètres par seconde. Durant un instant le jeune homme s'en voulut de s'être mêlé d'une situation qui ne le regardait en rien. Mais son altruisme et son amour de la paix pour ces concitoyens le ramenèrent bien vite à la raison. Après une respiration il reprit :

Est-ce que cet  homme dit vrai ?


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Valduis
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Jeu 17 Nov - 18:56
Irys : 157577
Profession : Assassin
Pérégrin 0
Les instincts de Valduis se mirent en alerte. Il le savait pertinemment, ce tempérament belliciste et cette nature à voir la fuite comme de la lâcheté n'avait pas vraiment sa place dans une guilde d'assassins dont l'essence même de leurs actes consistait à frapper dans l'ombre, lorsqu'on ne s'y attendait pas, et à se jouer des faiblesses d'autrui.

Pourtant, l'Ordre de la Pénitence reposait sur des valeurs tout aussi honorables que celles que l'on pouvait enseigner aux soldats ou aux pieux; seule la manière de les mettre en œuvre était différente. C'est pourquoi Valduis ne fut pas surpris, coincé entre deux individus prêts à faire feu, de voir que certains de ses frères et sœurs étaient perchés ça et là dans l'ombre des structures. Ils rôdaient et patientaient le bon moment pour agir et sortir leur compagnon de cette impasse.

Valduis avait le doigt posé sur le fil de sa bombe aveuglante; il l'aurait laissée tomber s'il n'avait pas remarqué tous ces yeux camouflés qui se pointaient sur lui. Il laissa un petit rictus pervers se dessiner sous son masque en observant au loin un régiment de gardes d'Ünellia, armes levées, qui pénétrait la ruelle dans laquelle ils se trouvaient. Pour lui, c'était l'occasion de peaufiner le message qu'ils avaient fait passer sur scène.


« Bien évidemment. »

Et c'est dans les fumées noires que son visage disparut, sa réponse faisant écho dans les ruelles étroites d'Ünellia... au milieu du bruit des balles qui ricochèrent contre le mur. Il avait finalement désigné le fil de sa bombe fumigène, estimant qu'elle était l'outil le plus efficace pour préparer le terrain. Aussitôt, les autres assassins firent rouler à leur tour des bombes de fumées afin de transformer la rue en un véritable corridor de brouillard. S'y aventurer était un piège mortel... et l'Ordre de la Pénitence ne connaissait que trop bien la détermination des gardes d'Ünellia à ne reculer devant rien.

Tout ne dura que quelques secondes pour que le paysage autour de Valerian ne se transforme en carnage sans précédent. La fumée l'empêchait de voir au-delà du bout de son nez, et pourtant, il entendait les bruits du tranchant des armes, les cris d'agonie et le sifflement du sang qui giclait sur les murs. Il ne pouvait apercevoir que de multiples ombres qui se mouvaient tout autour, mais aucune ne s'était visiblement attaquée à lui.

Et lorsque la fumée se dissipa, il ne restait qu'une dizaine de cadavres allongés au beau milieu de la rue. Le sang qui coagulait de leurs plaies profondes cheminait et se réunissait dans le caniveau pour finalement former une véritable petite rivière qui s'écoulait jusqu'en bas de la ruelle. Certains d'entre eux étaient morts tandis que d'autres convulsaient de douleur en se vidant de ce qu'il restait de leur sang.

Les assassins avaient épargné Valerian et le civil qui les avait poursuivis. Ils ne s'en étaient pris qu'aux gardes d'Ünellia, car les préceptes de leur Ordres énonçaient très clairement que la mort ne devait être imposée inutilement. Le poursuivant de Valduis prit ses jambes à son cou et s'enfuit, titubant et encore abasourdi par ce qu'il venait de se passer mais conscient de la chance qu'il avait d'avoir été épargné.

Les assassins s'étaient réunis en ligne droite sous les ordres de Valduis. Le carnage allait faire beaucoup de bruit à l'intérieur de la cité et l'on entendait déjà le bruit de pas des citoyens qui dévalaient les rues pour observer la scène atroce. Parmi eux, il y avaient certainement d'autres régiments de soldats.

Valduis accorda un dernier instant à Valerian, estimant avec une légère empathie que celui-ci était arrivé au mauvais endroit au mauvais moment. Bien entendu, il était armé, mais Valduis comptait sur le fait qu'il serait assez malin pour ne pas tirer face à des hommes en surnombre au risque de recevoir des carreaux d'arbalète en retour.


« Tu ne sembles pas mériter notre sort, inconnu. Voilà de quoi dédommager ce que tu as pu subir et acheter ton silence. Y a-t-il une dernière chose que nous pourrions faire pour toi? »

Il jeta une petite bourse remplie de piécettes à ses pieds avant d'incliner la tête.


Dernière édition par Valduis le Ven 27 Jan - 12:39, édité 1 fois
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Valerian D'Akkad
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Sam 3 Déc - 0:59
Irys : 65290
Profession : Entrepreneur, explorateur
Daënar +1
La fumée, le bruit du métal, le sang. Des coups de feu qui partent dans le vide puis le calme. Alors que la brume artificielle se dissipait Valerian se retrouva face au carnage. L’assassin avait était rejoint par des comparses et ensemble ils avaient massacré la patrouille de garde. Avec horreur, le jeune homme réalisa que c’était en partie sa faute et celle de l’autre citoyen. Avec deux civils dans la ruelle, les gardes n’avaient pas pu s’aligner à l’entrée pour tirer l’assassin à distance sans mettre en danger les deux civils avec leur salve. Duran la confusion, l’entrepreneur s’était adossé au mur pour empêcher toutes attaque par l’arrière mais cette précaution c’était avérée inutile, les assassins n’ayant ciblé que les militaires.

Celui qui semblait être le leadeur jeta une bourse et conseilla à Valerian de partir et d’oublier ce qu’il avait vu. Evidemment, la fuite était la seule option maintenant. La situation avait changé. Affronter un homme était à la portée du jeune homme, mais tout un groupe, impossible ! Il n’était qu’un civil après tout.

Reculant lentement tout en gardant les yeux sur le groupe de meurtrier, Valerian quitta la ruelle en laissant la bourse à terre, se baisser pour la ramasser aurait été un risque trop grand. Arrivé a l’angle de la rue il fit volteface et partit en courant

Quelques minutes plus tard le planton stationné devant le bâtiment de la milice locale vit arriver en courant un homme ébouriffé et essoufflé. Aussitôt qu’il avait quitté les lieux du crime Valerian c’était dirigé vers ce lieu. Les hommes composant la milice étaient de vrai dur à cuire, recruté parmi les crapules des bas quartiers ils n’avaient pas peur de se salir les mains et avaient des contacts partout dans la ville. Si quelqu’un pouvoir retrouver les assassins encapuchonnés et les faire payer c’était eux.

Je suis Valerian D’Akkad je veux voir le commandant tout de suite.

Vu sa popularité dans les quartiers populaires, le jeune homme était sûr qu’il allait obtenir une entrevue avec le chef local de la milice, ne serait-ce que par curiosité. Il avait raison. La situation expliquée, la chasse a l’homme débuta. Les miliciens se rependirent depuis le bâtiment comme un trainée de poudre, activant leurs réseaux de contacts. Des indicateurs déployés à tous les principales échappatoires du quartier aurait tôt fait de repérer un groupe de personnes suspecte et d’informer la milice.

Une équipe médicale vas se rendre sur les lieux de l’affrontement, avec ça les planqués nous devrons une belle chandelle, conclu le commandant dans une sourire.


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Valduis
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Ven 3 Fév - 22:42
Irys : 157577
Profession : Assassin
Pérégrin 0
Les heures qui suivirent le meurtre de Crolder furent extrêmement épuisantes pour les autorités d'Alexandria en vue du remue ménage qu'avait provoqué cette attaque spectaculaire - on n'assistait pas tous les jours à une exécution publique menée par les assassins les plus inflients d'Irydaë -. Les autorités s'efforçaient de rassurer son peuple et de faire passer les consignes de sécurité. La mission était ardue voire impossible car l'effectif disposé à cette tâche était en sous-nombre : la majorité de la milice avait été réquisitionnée pour pourchasser les individus en fuite.

Valerian n’obtint guère plus qu'un rendez-vous très court avec le commandant chargé de la milice. Celui-ci était sollicité de part et d'autre par ses sous-fifres qui lui fournissaient sans cesse des informations et des mises à jour de la situation. Et d'autre part, il était véritablement indécis et désorienté par ce tas de caisses qu'avait laissé l'Ordre de la Pénitence sur son bureau et qui concentrait toutes les preuves écrites des crimes commis par Crolder.

La seule faute de l'Ordre étant d'avoir imposé sa justice plutôt que d'avoir laissé les autorités s'en charger, était-il vraiment nécessaire de les pourchasser pour un service qu'ils avaient rendu - Crodler était certainement destiné à recevoir la peine de mort quoiqu'il en soit - ou était-ce une faute grave que de risquer la crédibilité de la milice en laissant des individus dangereux accomplir la justice à leur place et ainsi ne pas être capable de pouvoir protéger la population d'Alexandria? Le commandant ne savait que faire, mais ce qui était sûr, c'est qu'il ne fallait pas laisser courir le bruit que l'Ordre avait le pouvoir de concurrencer les autorités d'Alexandria. La population serait en panique totale si elle apprenait qu'elle ne pouvait être en sécurité dans une ville si richement fournie en effectif militaire.

Beaucoup de témoignages avaient été partagés avant que Valerian ne veuille rencontrer le commandant. Certains ressassaient même des évènements évoqués après le carnage de la ruelle où les meurtriers en fuite auraient été vu dans les quartiers du Nord-Ouest de la ville. Finalement, le commandant prit la décision de faire fermer les portes de son bureau afin de pouvoir s'entretenir avec ses conseillers et d'opter pour une solution d'extrême urgence.

Il fut décidé de renforcer les défenses extérieures placées devant les murailles de la ville pour intercepter toute tentative de suite. L'idée était bonne car les autorités autour d'Alexandria étaient nombreuses. Mais c'était sans compter l'anticipation stratégique de l'Ordre et sa capacité à corrompre les plus fervents soldats, soit par l'argent, soit par la persuasion, soit par la menace - L'Ordre ne manquait pas de créativité quand il s'agissait de corrompre - . Ainsi, ils purent passer sans grandes difficultés l'une des sorties d'Alexandria qui menait sur les routes du Nord-Ouest. Des gardes avaient été achetés ou forcés de libérer le passage en tuant les autres gardes aux alentours et en ne laissant aucun témoin - ils avaient bien sûr été épaulés par les assassins de l'Ordre qui tiraient les ficelles dans l'ombre -.

Personne ne parvint pas à capturer ni à tuer l'un des assaillants ce jour là. On rebaptisa la ruelle victime du carnage L'allée du meurtre, en référence à cet évènement sombre et traumatisant pour les habitants d'Alexandria. Les crimes de Crolder furent finalement rendus publics par les médias locaux, mais les autorités leur demandèrent d'insister sur le fait de ne pas reconnaitre la justice rendue par l'Ordre de la Pénitence ainsi que de publier l'autorisation officielle d'arrêter à vue les assassins de l'Ordre dès lors que l'un d'entre eux serait aperçu dans les rues d'Alexandria.

Car après tout, l'Ordre restait un moyen très persuasif et très efficace pour toute puissance étatique d'exercer leur pouvoir sur autrui. Alexandria se serait bien privée d'une arme redoutable en bannissant purement et simplement leur présence à l'intérieur de la cité. Le commandant tout comme les dirigeants et leurs conseillers reconnaissaient sans l'ombre d'un doute l'efficacité meurtrière dont faisaient preuve ces assassins expérimentés. Et en temps de guerre, ils pouvaient représenter un atout indispensable pour faire pencher la balance.

Aujourd'hui, Alexandria avait été débarrassée d'un criminel aux fondations bien solides et à la carapace quasi-impénétrable, avec comme coût le sacrifice de vies innocentes et le traumatisme de la population. Mais demain, l'Ordre pourrait tout aussi bien rendre un autre service considérable à Alexandria et regagner leur confiance, ou au contraire, effectuer une attaque décisive qui détruirait à jamais leur image auprès des Daënastres. C'était l'un des fondements de cette organisation : la neutralité absolue qui rendait leurs actes imprévisibles et qui leur conférait une avance tactique permanente.
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