Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !



 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
Page 1 sur 1


 L'intérêt des plantes ne réside pas dans leur beauté [Midella]

Swenn Milazzo
avatar
Jeu 19 Avr - 9:41
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Les rues de Cerka fourmillent de vie en cette belle fin d'après midi du mois de mai. Des groupes d'amis installés en terrasse à prendre un verre après une journée de travail. Des hommes bien vêtus au pas rapide, pressés de retrouver leur famille ou une conquête quelconque. Des couples flânant ci et là, déambulant main dans la main ou s'embrassant à un coin du rue. De quoi rendre le sourire et donner envie de profiter de la vie. Pourtant, au milieu de ce tableau enchanteur, Swenn avance de la même démarche nonchalante dont il ne se départi jamais, la tête haute, le regard plein de dédain pour tous ces simples d'esprit. Oh, il ne leur en veut pas vraiment, mais préfère largement qu'on lui foute la paix. Et si l'arrogance qui se dégage de son attitude ne suffisait pas à éloigner les pseudos bonnes âmes, le Novsh qui ne le lâche pas d'une semelle en produisant un boucan contre lequel le jeune homme est à présent immunisé, fini de refroidir les plus avenants. Le volatile récupéré depuis bientôt un an, exprimant de la façon la moins harmonieuse qui soit sa satisfaction d'avoir retrouvé son "propriétaire" après une journée passée au laboratoire expérimental de la ville.

Les tests concernant de nouveaux produits se multiplient, sans que les résultats obtenus ne soient jamais parfaitement concluants. Les matières premières desquelles les chimistes retirent leurs principes actifs sont consommées à grande vitesse et les stocks ont constamment besoin d'être réapprovisionnés. Lorsqu'il est sur son lieu de travail, Swenn utilise le matériel à disposition sans se soucier de ces détails logistiques. Mais son esprit anti conformiste le pousse à poursuivre ses expérimentations depuis chez lui, tous ses soit disant tests n'étant pas toujours bien perçus par ses collègues. Sans oublier ses activités officieuses qui l'amènent à livrer certains produits qu'il ne peut mettre au point dans un lieu public.

Pas grand chose à "emprunter" au laboratoire, et ses placards vides, il n'a pas d'autre choix de se ravitailler pour pouvoir continuer à bosser. N'ayant rien perdu de son air blasé, le chimiste pousse la porte d'entrée de La Jeune Pousse, boutique dans laquelle il se rend depuis quelques mois. Des étales toujours fournis et une gérante aussi agréable que connaisseuse de ce qu'elle vend. Rien à voir avec tous ces apothicaires qui vendent des produits déjà transformés on ne sait comment, ou de cette vieille fleuriste qui arrivait encore à se persuader qu'il ne venait chercher qu'un bouquet de fleurs pour un rendez vous galant. Et qui lui rabâchait sa jeunesse, le temps qu'il arrive à mettre au point sa composition florale dont l'aspect visuel était bien le dernier de ses soucis. Autant dire qu'il est bien content que la jeune femme se soit décidée à avoir lancé son affaire à Cerka. Même si le manque cruel de sourire sur son visage au moment où il pousse la porte d'entrée, peu de temps avant la fermeture comme à son habitude, n'est pas forcément très explicite.

Vraiment pas évident de se rendre compte qu'il apprécie réellement mettre les pieds dans cet endroit. Des étagères pleines de plantes en tous genres, aux propriétés qu'il ne connait pas toujours. Principale raison pour laquelle il estime la demoiselle qui tient cette boutique. Et pour laquelle il ne coupe pas court aux discutions qu'ils peuvent avoir, s'intéressant réellement à cette passion non dissimulée qu'elle peut avoir pour ces végétaux. Et ce malgré ses airs de petite fille utopiste qui l'avaient rebuté lors de sa première visite.

Un rapide coup d’œil en direction de Din, le piaf qui a enfin décidé de mettre au repos ses cordes vocales - ce qui ne l'empêche pas d'être toujours aussi stupide qu’incontrôlable - Swenn se déplace le long des différents étales, observant chaque variété présente. Il sait parfaitement ce avec quoi il veut repartir, mais il n'est pas pressé. Et surtout, il ne s'empêche pas d'acheter plus que ce dont il a réellement besoin si une plante venait à attirer son attention. L'argent n'étant plus un problème pour le jeune homme, qui n'est pourtant pas du genre à faire attention à ses dépenses.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




1
Swenn râle en   #f77d40
Voir le profil de l'utilisateur

Midella Ilarian
avatar
Sam 21 Avr - 13:36
Irys : 70388
Profession : Botaniste et marchande
Daënar 0
Ce matin là, le réveil de Midella fut particulièrement difficile. Une belle migraine lui battait les tempes, et elle subissait le contre-coup de plusieurs nuit de veille : elle travaillait actuellement sur la germination de plusieurs espèces particulièrement fragiles. Bien que la Nature fasse son oeuvre, la botaniste ne pouvait s'empêcher de vérifier encore et encore si toutes les conditions étaient optimales et ce, au détriment des ses autres activités habituelles. Désormais son projet tenait la route, et elle s'était autorisé une vrai nuit de sommeil.

C'est donc d'un pas traînant, la tête lourde, qu'elle se prépara pour ouvrir le magasin. Quand ce fut fait, elle essaya de s'atteler à quelques tâches qui avaient pris du retard. Sa comptabilité notamment. Mais rien à faire, ses pensées étaient verrouillées dans l'étau de son crâne douloureux, impossible de fournir le moindre effort pour des choses aussi pénibles. Il fallait vraiment qu'elle songe à engager quelqu'un... Pour ne pas paraître une commerçante apathique, elle se mit donc derrière son comptoir et entreprit le seul travail qui lui reposait l'esprit : la composition. Si Midella n'avait rien d'une fleuriste traditionnelle, elle aimait la beauté des plantes du fond du cœur et l'art d'arranger des bouquets lui donnait l'impression d'être un peu Mère Nature. Et puis soyons honnête : bons nombres des clients de "La Jeune Pousse" étaient loin d'être experts dans l'étude du règne végétal. C'étaient justement ces fameuses compositions qu'ils venaient chercher et rien d'autre. D'ailleurs, en parlant de clientèle, elle ne daigna pas montrer le bout de son nez en ce début de journée. En temps normal, cela aurait fait râler la jeune femme. Mais pour l'heure, sa migraine appréciait le silence et le calme régnant sur les lieux.

Elle passa donc plusieurs heures à préparer ses bouquets. Les couleurs chatoyantes et les formes travaillés des gerbes avaient presque recouvertes l'intégralité du comptoir lorsque le carillon de l'entrée émit sa douce mélodie. Vu l'heure, sûrement un amoureux tête en l'air qui cherchait un cadeau pour son rendez-vous. C'étaient toujours ceux-là qui arrivaient à la dernière minute. Un sourire étira les lèvres de Midella. Si certains commerçants pestaient lorsqu'une personne se présentait juste avant la fermeture, la jeune femme elle, n'en avait cure. Au contraire, elle appréciait l'air gêné qu'affichaient ces gens là. Et puis, elle n'avait pas bien loin pour être de retour chez elle.

Sa vision était caché par le capharnaüm sur son comptoir, et Midella fut étonné de ne pas entendre les classiques "excusez moi ! j'aurai besoin de la plus belle fleur de votre magasin" et autres formules qu'utilisaient les gens pour signaler leur présence. Intrigué, la jeune femme contourna la montagne de verdure pour aller saluer l'arrivant. Qu'elle ne trouva d'abord pas en balayant l'entrée du regard. Finalement, c'était peut-être un habitué. Pour oser s'aventurer au milieu des étagères d'où débordait les plantes... Elle aperçu finalement la tête brune qui avait poussée la porte.

"Ah mais tiens, qui voilà ? A une heure pareille, j'aurai dû me douter que c'était vous !"


Il était là à déambuler parmi les rayons, de sa démarche si facilement reconnaissable. Swenn Milazzo. Un client plus ou moins régulier, qui savait ce qu'il voulait. Un homme de science si Mimi ne se trompait pas. Une personne passionnante, bien qu'ayant un caractère un peu particulier...Ce qui n'effrayait pas Midella une seule seconde : elle en avait croisé des biens pires, et surtout des plus idiots. Elle se dirigea donc vers le brun en affichant un large sourire.

"Comment allez-vous ? Quelle pépite espérez-vous dénicher cette fois?"

A la vue de celui-ci sa migraine s'était presque envolée, comme si elle n'avait été qu'un mauvais rêve, et la jeune femme avait retrouvé son énergie habituelle. Les discussions étaient toujours amenées à être intéressantes. Par contre, elle n'avait pas spécialement de trésor à lui montrer en ce moment. Elle s'était faite dévaliser par deux ou trois collectionneurs quelques semaines auparavant, qui avaient achetés une bonne partie des essences les plus rares en sa possession.


Visite de "La Jeune Pousse"  par ici !
Midella s'exprime en #999900
Voir le profil de l'utilisateur

Swenn Milazzo
avatar
Mar 24 Avr - 13:04
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Pas vraiment habitué à entrer dans un magasin sans savoir à l'avance ce qu'il vient chercher, Swenn n'est pas de ceux qui vont quémander de l'aide aux commerçants. Qu'il se retrouve seul à faire son choix ou que le boutiquier ait le bon sens de s'enquérir de ses besoins, n'influe que rarement le résultat. Pourtant, dans cet endroit cette règle n'est que rarement respectée, sa curiosité l'embarquant souvent dans des achats non prévus initialement. Ce qui n'empêche qu'il a déjà commencé à se perdre dans les différents étales sans prendre la peine de se manifester. Le carillon s'en charge pour lui n'est-ce pas... Le respect des conventions et normes sociales n'est pas son point fort. Heureusement que la gérante n'est pas à cheval sur les bonnes manières. Parce que Swenn n'a manifestement rien du client agréable qu'apprécient les commerçants...

Il ne faut d'ailleurs pas longtemps à Midella pour le rejoindre dans le labyrinthe de verdure qu'elle a mis en place. Toujours armée de ses sourires et de sa bonne humeur presque contagieuse. Sûrement l'est-elle sur des personnes moins apathiques que le chimiste. Si ce visage respirant la joie de vivre a pu le faire grincer des dents lors de ses premières visites, il doit bien reconnaître que ne pas se faire mettre à la porte pour son manque de ponctualité est plutôt appréciable. Pour autant, l'esquisse de sourire qu'il tente en entendant la jeune femme, lui donne toujours un aspect plus arrogant que sympathique. Hum, tant pis, il faudra s'en contenter.

- "Bonjour Midella. Pour ce qui est de la pépite, je vais attendre d'avoir votre avis. J'ai besoin de quelques plantes basiques, mais si vous avez des variétés plus exotiques en stock ou en prévision, ça m'intéresse toujours."

Certaines familles de mandragore, de belladone ou encore de bardane sont toujours les bienvenues. Très pratiques, il leur trouve toujours un usage pour ses diverses activités. Mais concevoir des produits qu'il connait déjà sur le bout des doigts n'a rien de bien stimulant. Découvrir de nouveaux matériaux dont il ignore tout des principes actifs possibles à obtenir est toujours bien plus passionnant. Pourtant, il ne laisse pas le temps à la vendeuse de lui faire la moindre proposition à cet instant, enchainant un peu trop rapidement sur un sujet complètement annexe. Comme s'il s'agissait d'une chose parfaitement évidente.

- "Vous avez l'air fatiguée. Trop de travail ? A moins que votre présence ne soit réclamée lors de soirées mondaines trop nombreuses. L'apanage des jeunes femmes pleine d'enthousiasme comme vous j'imagine."

Tout en finesse, tact optimal... Deux concepts complètement inconnus du brun. Avec un peu de chance, ces propos pourraient être interprétés comme une tentative maladroite de drague. Ou simplement comme de la curiosité mal placée associée à un manque cruel de subtilité. Ce qui est plus ou moins le cas. Après tout, il n'y a aucune raison pour qu'il soit le seul "chimiste" à s'approvisionner dans cette boutique qui a ouvert depuis plusieurs mois maintenant. La possibilité qu'elle ait été approchée par certains membres appartenant à des réseaux plus complexes de la capitale n'est pas à exclure. C'est exactement le genre d'information qui peut intéresser Swenn. Et si cette option s'avère fausse, ce n'en sera que mieux.

Si encore il ne gardait pas cette expression parfaitement sérieuse collée au visage. Et qu'il n'avait pas celle manie de toujours poser son regard directement dans celui de son interlocutrice en prononçant de telles paroles. Peut-être pourrait-il avoir l'air un peu moins intrusif en termes de vie privée. Non pas qu'il ait l'intention d'abandonner ses achats en prévision, mais ce projet peut tout à fait se combiner à une tentative pour en apprendre un peu plus sur la jeune femme. En posant des questions à sa façon. Tout ce qu'il y a de moins conventionnelles. Et pas forcément justifiées, les traits de son propre visage trahissant tout autant le manque de repos qu'il inflige à son corps depuis plusieurs années. Même si dans son cas il s'accorde parfaitement à son caractère las de tout.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




1
Swenn râle en   #f77d40
Voir le profil de l'utilisateur

Midella Ilarian
avatar
Mer 25 Avr - 4:09
Irys : 70388
Profession : Botaniste et marchande
Daënar 0
Elle lui adressa un signe de tête. Si elle était contente de le voir, elle n'était pas sûr que cela soit réciproque. Peut-être ce léger pincement de lèvres devait-il être interpréter comme un sourire? Difficile à dire. Monsieur Milazzo était un homme certes intelligent mais...peu démonstratif. Des salutations sans fioritures, une exposition claires de ses besoins. Simple et efficace. D'une certaine manière, cela convenait à Midella. Même si elle faisait le maximum pour transmettre sa gaieté, elle non plus n'était pas vraiment du genre à prêter attention à l'étiquette. Elle haussa les épaules et secoua la tête pour manifester son cruel manque de chose à proposer. Mais elle n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il embrayait déjà sur la suite de son discours. Et cette fois la jeune botaniste ne put s'empêcher d'éclater de rire. Un rire franc. Un rire qu'elle eut du mal à apaiser et qu'il alla jusqu'à lui arracher une petite larme. Il est vrai que le brun ne la connaissait pas vraiment, mais... Rien que de s'imaginer en robe de soirée à boire des cocktails, et supporter les jeunes coqs et leurs insinuations. Elle manqua s'étouffer.

"Trop de soirées mondaines ? Si c'était un passage obligé pour toute jeune femme un peu gaie, j'aime autant vous dire que je serai bien moins souriante ! Non, non, rien de tout ça. Je travaille sur la croissance d'une fleur fragile qui requiert toute mon attention. Les nuits sont...courtes, ces derniers temps"

Elle essuya la larme qui roulait le long de sa joue d'un revers de la main. Elle secoua légèrement la tête pour chasser le fou-rire qui menaçait de reprendre et détailla son vis-à-vis. S'il est vrai que Midella ne devait pas avoir le visage particulièrement rayonnant, il fallait avouer que Swenn n'avait rien à lui envier. Les cernes bleutés qui glissaient sous ses yeux laissèrent penser à la jeune femme que ses nuits ne devaient pas être beaucoup plus longues.

"Vous n'avez pas l'air bien plus en forme. Peut-être devrions-nous travailler en commun pour développer un sérum contre la fatigue. D'une part, ça nous serait bien utile et j'imagine qu'on trouverait facilement acquéreur !"


Elle lui adressa un clin d'oeil malin. Mais tout de même, il fallait vraiment qu'elle perde cette vilaine manie de croire que toute personne qui lui adressait la parole était prompte à rire avec elle. Sa bonne humeur devait lui donner des airs d'idiote... Elle se frappa intérieurement le front et se fit la promesse - en l'air bien entendu - de faire attention. Elle caressa du bout des doigts la tige d'une plante sur l'étagère à côté, et se perdit dans sa contemplation le temps de se donner une contenance. Elle laissa s'installer un silence, ne sachant plus vraiment quoi dire à son interlocuteur. L'idée n'était pas si saugrenue en y réfléchissant.

Sa conscience professionnelle en profita pour se frayer un chemin à la lisière de son esprit : elle entreprit mentalement de faire l'inventaire des spécimens qui pouvaient intéresser Swenn. Peut-être cette herbe de Blumar ? Ses propriétés cicatrisantes feraient des merveilles entre de bonnes mains. Ou alors cette fleur neurotoxique ? Des effets paralysants tout à fait suprenants, sûrement utile pour un laborantin... Midella tourna de nouveau son regard vers le brun. Si elle ne s'était pas départie de son sourire, elle affichait désormais une expression un peu plus concentrée. La migraine et la fatigue l'avait bizarrement rendu euphorique mais l'homme face à elle n'en restait pas moins présent pour affaire. Elle avait une réputation à tenir après tout.


Visite de "La Jeune Pousse"  par ici !
Midella s'exprime en #999900
Voir le profil de l'utilisateur

Swenn Milazzo
avatar
Ven 27 Avr - 10:14
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Loin d'imaginer une réaction aussi prononcée à sa question, Swenn est d'abord étonné par cet éclat de rire. Il faut avouer que parmi les rares personnes qu'il côtoie sans en ressentir l'obligation, aucune n'est du genre hyper expressive. Et surtout, il n'a rien du comique de base. Réussir à provoquer un simple sourire chez son interlocuteur est déjà suffisamment peu commun, alors un rire franc... Il n'y est juste pas habitué. Mais se reprend tout aussi vite. Le contrôle de ses expressions corporelles étant un exercice pour lequel il est bien assez expérimenté. Une simple lueur amusée continue à animer son regard. Il n'a rien contre les gens joyeux. Au contraire, c'est agréable. Le problème, c'est que la grande majorité de ces individus font partie des plus stupides de la population. Selon les critères de sélection plus que discutables du jeune homme. L'ignorance à l'inverse fait partie des caractéristiques qui l'exaspèrent au plus haut point. Midella faisant donc office d’exception.

D'ailleurs, sa réponse le conforte dans cette idée. Le chimiste est très loin d'avoir les connaissances nécessaires pour faire sortir de terre différentes espèces végétales, mais il ne doute pas qu'un travail important, associé à des compétences seulement acquises au prix d'un long processus d'apprentissage, qui requiert de la patience est nécessaire. Des qualités qu'il sait apprécier. Et si la demoiselle doit vraiment passer ses nuits pour assurer la bonne croissance de ces végétaux, il était encore loin d'imaginer à quel point un tel job demande une implication personnelle. Peu de personnes, encore moins de son âge, seraient prêtes à sacrifier leurs nuits pour de simples plantes. Chose que Swenn peut en revanche facilement comprendre. Ce qui a au moins pour incidence de lui faire complètement abandonner cet air arrogant qu'il affectionne tant.

- "C'est vrai. Mais vous n'êtes sûrement pas sans savoir qu'il existe déjà de nombreuses substances stimulantes qui permettent d'assurer un emploi du temps trop chargé. Vous avez d'ailleurs plusieurs variétés très intéressantes pour ce rôle."

De nombreuses plantes possèdent effectivement des propriétés très utiles pour lutter contre la fatigue. Et restent en plus parfaitement légales. Quand elles ne sont pas trop modifiées... Certaines manipulation permettant de décupler les effets sur le corps humain. Mais rend la vente d'un tel produit interdite. Sans parler des nombreux effets secondaires. D'ailleurs, même si l'utilisation basique de ces végétaux est efficace et autorisée, l'épuisement arrive toujours à un moment donné.

- "A moins que vous ne pensiez à quelque chose capable de nous donner bonne mine malgré les nuits blanches ? Dans ce cas il y a effectivement beaucoup moins de concurrence."

Non pas que Swenn s'intéresse particulièrement à l'image qu'il renvoie, tant qu'il s'assure de ne pas donner envie au premier abruti de l'approcher, ça lui convient. Mais il faut bien avouer qu'un large marché est facilement envisageable pour un tel produit. Que ce soit ces femmes qui font de leur corps leur gagne pain mais qui n'ont pas le rythme de vie adéquat pour garder un aspect resplendissant. Ou ces hommes qui prétendent dormir sur leur lieu de travail mais qui doivent assurer une nuit auprès de leur maîtresse. Peut-être même quelques honnêtes commerçants qui ne peuvent se permettre le moindre signe de faiblesse face à des clients exigeants. Tout en troquant leurs heures de sommeil pour assurer une marchandise de qualité. Même si pour cette dernière catégorie, le brun a bien du mal à imaginer qu'il y ait beaucoup de débouchés...

- "Et quelle est cette fleur qui réussit à capter suffisamment votre attention pour vous empêcher de dormir ?"

Bien sûr que l'idée d'un nouveau challenge avec la mise au point d'un produit tout à fait inédit réussit à piquer son attention. Les tests et manipulations font partie de ses activités favorites. Et le terme impossible n'est pas de ceux que Swenn a l'habitude d'employer. Du moins, pas tant qu'il n'a pas épuisé toutes les solutions imaginables. Autant dire qu'en la matière, il ne manque pas de ressources. Mais entendre parler d'une plante qu'il peut ne pas connaitre est tout aussi passionnant pour le jeune homme. D'autant plus si elle est suffisamment fragile, donc rare, pour demander des précautions maximales. Décidément, Midella arrive toujours à éveiller sa curiosité.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




1
Swenn râle en   #f77d40
Voir le profil de l'utilisateur

Midella Ilarian
avatar
Sam 28 Avr - 2:59
Irys : 70388
Profession : Botaniste et marchande
Daënar 0
Contrairement à ce que Midella imaginait, l’idée ne se semblait paraître complètement absurde à son interlocuteur. Elle fut soulagée qu'il ne la prenne pas pour une folle, elle et ses réactions un peu trop...franches. Du moins, il n'en laissait rien paraitre si c'était le cas. Il donnait même l’impression d’être intéressé. Et chose plus surprenante encore, la jeune botaniste eu le loisir de découvrir une expression nouvelle sur le visage du brun. Pour une raison qu’elle avait du mal à comprendre, la façade quelque peu...rugueuse s’était envolée pour laisser place à une curiosité à peine dissimulée.

La jeune femme était contente de cette évolution. Si elle estimait le chimiste, elle n’avait jamais vraiment pû aller plus avant dans une relation de confiance. Le respect était mutuel et ça s’arrêtait là. Or, elle était persuadée qu’à eux deux ils pouvaient abattre une somme de travail considérable, et faire des avancées impossibles aux laborantins soumis au dictat de leurs supérieurs. La question de Swenn concernant un produit capable de maintenir la fraîcheur d’un visage fatigué valait le coût d’être étudiée sérieusement. Mais à peine eu-t-elle le temps de se formuler la pensée qu’il embrayait déjà sur la suite. Cet homme devait réfléchir à une vitesse impressionnante…

“Et quelle est cette fleur qui réussit à capter suffisamment votre attention pour vous empêcher de dormir ?”

Ainsi donc, cette information là non plus ne lui avait pas échappée ? Décidément, quel personnage vif ! Midella ébourriffa sa tignasse d’un air gêné, prenant le temps de réfléchir à sa réponse. Elle n’avait pas l’habitude de partager ses projets personnels. Trop habituée à tomber soit sur des néophytes qui n’y comprenait rien, soit sur des gens peu scrupuleux qui cherchaient clairement à lui voler ses travaux. Mais, sans qu’elle sache pourquoi, elle n’imaginait pas une seule seconde que le sieur Milazzo puisse être mal intentionné. De toute façon, il ne s’agissait pas de son domaine de recherche et il était exclu que les avancées de Midella puissent lui être utiles en l’état. Et puis, elle lui devait une “perle rare” comme à leurs habitudes !

“Il s’agit d’un spécimen tout à fait surprenant qu’un fournisseur m’a ramené de la Jungle de Carter. La Dwima. Elle ne fleurit qu’une fois, pendant quelques heures seulement. Ses pétales sont particulièrement prisés par les parfumeurs, mais ce n’est pas ce qui m’intéresse… Son métabolisme évolue avec une rapidité fulgurante, et je suis intimement convaincu qu’il y a quelque chose à en tirer. Des croisements avec nos plantes agricoles par exemple…”

Au fur et à mesure qu'elle parlait, les mots sortaient plus vite. Sa voix se fit presque tremblante d’excitation. La portée de ses recherches la dépassaient, et Midella était finalement ravie de pouvoir en discuter avec quelqu’un. Une croissance aussi rapide offrait des possibilités infinies ! Elle tapa dans ses mains en sautillant sur place comme une enfant à qui on venait de promettre une friandise. Ses yeux étaient brillant, son sourire, plus radieux que jamais. Envolée la migraine, disparue la fatigue ! Le fait d’exprimer à voix haute ses pensées la mettait dans un état proche de la transe. Elle se sentait l'énergie de déplacer des montagnes, et une folle envie de se remettre au travail dans l'instant lui chatouillait la matière grise.

“Imaginez un peu ce que vous pourriez en faire en temps que chimiste ! Les cellules de cette plante sont une véritable singularité. Tous domaines confondus.”

Elle brûlait désormais d’envie de l’inviter dans son laboratoire pour lui prouver ses dires. Mais, elle n’avait jamais laissé l’accès à qui que ce soit, et une bulle d’appréhension lui noua un instant l’estomac. Bien qu’elle ne l’ai pas explicitement formulé, son envie devait être claire aux yeux de son interlocuteur. Et s’il venait à en faire la demande, elle n’aurait pas le courage de refuser. Est-ce le fait qu’il ait tombé son masque arrogant qui motivait ainsi la botaniste à lui offrir le sésame de son jardin secret ? Le manque de sommeil qui lui faisait oublier la prudence et la retenue la plus élémentaire ? Difficile à dire… Elle sautillait à présent d’un pied sur l’autre, une attitude gênée masquant un instant son sourire enfantin.


Visite de "La Jeune Pousse"  par ici !
Midella s'exprime en #999900
Voir le profil de l'utilisateur

Swenn Milazzo
avatar
Lun 30 Avr - 13:43
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Une fois encore, Swenn n'est pas mécontent d'avoir mis les pieds dans cette boutique. Si Midella avait l'air de dire qu'elle n'avait rien d'exceptionnel en rayon actuellement, il semblerait en revanche qu'elle ait bien fait une trouvaille intéressante. Elle-même parait aux anges. Il suffit de l'entendre parler. Tout, que ce soit dans sa voix ou dans le débit de ses paroles prouve à quel point cette fleur est visiblement exceptionnelle. Et rare. Sans parler de sa gestuelle qui ne saurait être plus expressive. Cette façon de faire n'est pas habituelle pour Swenn, qui est bien plus rodé aux scientifiques rustres et inexpressifs. Un peu plus comme lui en définitif. Mais après tout, quel imbécile se soucierait dans manières de faire quand l'objet de la discussion est des plus prometteurs. Et puis, cet entrain débordant n'a rien de dérangeant. La jeune femme doit seulement avoir du mal à canaliser son enthousiasme débordant. Qui parait tout justifié.

- "D'après ce que vous dites j'imagine en effet facilement les utilisations possibles. Mais si sa fleuraison est si rare, ça devient difficile d'étudier précisément son mode de fonctionnement et les moyens de fabrication des produits qui peuvent en découler. Sauf si vous parvenez à mettre au point ces croisements qui je suppose, devraient permettre de les cultiver plus facilement donc de réduire cette rareté..."

Les paroles de Midella trouvent facilement un écho dans son esprit. Un métabolisme qui évolue à grande vitesse, s'il est possible de le faire interagir avec le corps humain, pourrait permettre de grandes avancées dans la médecine. Notamment en accélérant le processus de régénération cellulaire, qui pourrait aider le corps à lutter plus efficacement contre les agressions extérieures, ou encore de se remettre plus facilement de blessures importantes. Bien sûr, Swenn n'est pas botaniste et les possibilités offertes sur le plan purement végétal ne sont pas son domaine de prédilection. Ce qui n'est en rien gênant, puisque la miss face à lui est en revanche très qualifiée en la matière.

Le simple fait d'imaginer toutes les potentielles applications à exploiter fini de convaincre le chimiste. Ses achats en prévision peuvent bien attendre quelques temps. La jeune femme a réussit à capter suffisamment son intérêt sur cette nouveauté qui demande tant d'attention. D'ailleurs, elle aussi parait bien plus passionnée par cette fleur à l'heure actuelle. Étrange comme ils peuvent être si semblables dans le fond, mais l'exprimer de façon totalement opposée. Pas la peine d'espérer de si grandes manifestations de passion chez Swenn. Ce qui ne l'empêche pas d'être affreusement curieux à propos de cette espèce qui arrive à faire sautiller la petite brune.

- "Je suppose qu'à cette heure là vous n'attendez plus de nouveaux clients. Peut-être que vous pourriez me montrer à quoi ressemble cette Dwima. Maintenant que vous m'avez convaincu à quel point elle peut être exceptionnelle..."

Comme s'il était encore capable de seulement commander les quelques plantes basiques qu'il est venu chercher pour s'en aller simplement après un tel argumentaire. Bien sûr qu'il n'a plus qu'une seule envie. Voir de ses propres yeux la fameuse fleur capricieuse. Sans compter qu'il ne connait pas bien les différentes pratiques liées à la culture des végétaux. On ne peut pas vraiment dire que Swenn ait la main verte. Mais en apprendre plus sur les spécificités existantes reste dans la catégorie "fort intérêt potentiel". Il a bien conscience que si cette plante ne se trouve actuellement pas dans la boutique c'est bien parce que les clients ne sont pas sensés y avoir accès. Mais étant donné que Midella a accepté de lui révéler son existence, il peut bien essayer de négocier une petite dérogation.

Ses yeux qui ne s'intéressent à présent plus qu'à la botaniste, le reste des marchandises étant à présent occultées, reflètent sans la moindre difficulté toute la curiosité qui guide si souvent ses choix. Le reste de ses gestes reste en revanche toujours aussi mesurés. Pourtant, il ne  peut nier qu'il serait un peu trop déçu de devoir repartir sans avoir l'occasion de découvrir cette pépite dégotée par la marchande.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




1
Swenn râle en   #f77d40
Voir le profil de l'utilisateur

Midella Ilarian
avatar
Sam 5 Mai - 2:42
Irys : 70388
Profession : Botaniste et marchande
Daënar 0
Après avoir très justement exposé les difficultés qu’elle ne manquerait pas de rencontrer, Swenn finit par demander à voir la fleur. Evidemment. Quoi de plus normal pour un client aussi avisé, officiant dans un domaine lui aussi scientifique. Elle n’avait plus le choix désormais : elle allait devoir mettre ses réticences de côté et laisser le chimiste pénétrer dans son temple. Hochant la tête avec un sourire, elle fit volte-face et se dirigea sans attendre vers son comptoir. Elle saisit les clefs en passant par dessus en s’étirant dans une position parfaitement ridicule. Elle se tortilla quelques secondes, les pieds décollés du sol, puis finit par retomber souplement. Elle ferma prestement la porte d’entrée. Désormais, ils pouvaient porter toute leur attention sur le projet de la botaniste. Prenant la direction des serres dans l’arrière boutique, elle fit un signe enjoué à Swenn pour qu’il la suive. Par dessus son épaule, elle entama un monologue qu’elle avait pris le temps de rédiger mentalement pendant qu’elle fermait la boutique.

"Vous serez l’un, pour ne pas dire le seul, à voir ce qui se cache derrière le magasin. Je compte bien évidemment sur votre discrétion. Je n’hésiterai pas à venir vous botter les fesses si je découvre que vous faites sortir une partie de mes travaux. Et soyons clair, je suis seule maîtresse dans ces lieux : vous faites ce que je dis, et vous ne touchez à RIEN sans mon autorisation. J'imagine que vous connaissez la fragilité du matériel."

Elle pivota pour planter son regard dans celui de son interlocuteur. Si elle ne quittait pas son sourire jovial, son ton s’était durci pour prononcer ces quelques mots. Elle serait effectivement intransigeante, et n’accepterait pas le moindre faux pas de la part du chimiste. Elle était bien placée pour savoir que la curiosité un peu très débordante d’un non-initié pouvait mener à des catastrophes sans précédent. Son père avait manqué de l’encastrer dans un mur lorsqu’elle était enfant : elle avait accidentellement fait tomber une étagère d’échantillon. Des années de travail, parties en fumée. Mais Bruman était un homme bon, et même si l’envie avait dû être particulièrement forte, il n’avait en aucun cas levé la main sur sa fille.

Elle poussa les portes menant aux serres et s’engagea entre les allées de terre. Diverses variétés poussaient là, comme en pleine terre. Le soleil de la journée avait chauffé l’immense verrière, et une atmosphère moite régnait sur les lieux. Midella prit le temps de s’arrêter une nouvelle fois pour se retourner vers Swenn, son visage éclairé par une idée venant de naitre. Il était déjà rentrer dans les serres, comme d’autres clients, mais elle faisait actuellement pousser une plante qui pourrait être utile... Elle repensait aux paroles du chimiste quand au croisement. Même si elle perdrait en simplicité de lecture de données - les croisements occultant parfois certaines spécificités - il était évident qu’elle pourrait obtenir beaucoup de temps pour travailler dessus. Le choix était à envisager. Elle lança un regard circulaire autour d’elle et finit par apercevoir le pot qu’elle cherchait. Elle fit quelques pas, s’en saisit, et le tendit en direction de son interlocuteur avec un sourire.

"J’imagine que vous n'avez pas pour habitude d’être l’assistant, mais... Une fois n’est pas coutume ! Si vous pouviez avoir la gentillesse de me porter ça."

Sans attendre de réponse, elle s’avança pour lui coller le pot dans les bras avant de prendre la direction d’une des deux portes en métal sur la droite du bâtiment. Elle était dans son élément, et trouvait particulièrement amusante l’idée “d’exploiter” le monsieur Milazzo. Elle travaillait seule depuis plusieurs années, jouer au chef de laboratoire était plaisant. Toutefois, n’y voyons pas la moindre prétention. Midella était loin d’être le genre de personne à étaler sa science en prenant les autres de haut. Mais son espièglerie faisait partie intégrante de son caractère.

Il s’agissait aussi d’un moyen pour la jeune femme d’évacuer l’appréhension qui ne cessait de lui chatouillait les neurones. Bien que ça soit fait de façon totalement inconsciente. Elle se sentait comme lors d’un premier rendez-vous amoureux. A la fois impatiente, et pleine de doutes. Ses idées se percutaient en désordre. Est-ce qu’elle avait rangé un minimum ? N'avait-elle rien laisser de trop personnel à traîner ? Pas sûr, vu les nuits en coupure des derniers temps…

Elle faisait la morale au brun sur les consignes, mais elle n’avait rien d’une scientifique bien organisée... La seule chose, primordiale, à laquelle elle veillait dans son bazar était l’hygiène. Indispensable pour éviter la transmission de corps extérieur. Mais Swenn devait être un habitué de ce genre de marche à suivre.


Visite de "La Jeune Pousse"  par ici !
Midella s'exprime en #999900
Voir le profil de l'utilisateur

Swenn Milazzo
avatar
Lun 7 Mai - 19:13
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Loin d'être sûr que sa demande serait acceptée malgré l'entrain flagrant qu'affiche Midella en parlant de ses plantes, Swenn est ravi d'entendre la jeune femme l'inviter dans cette antre apparemment réservée à très peu de personnes. De façon beaucoup plus autoritaire que ce à quoi il était habitué, prouvant par la même occasion qu'elle n'est pas complètement naïve. Du moins, tant que ça touche à sa profession. Ce qui n'est pas pour déranger le jeune homme, qui se contente d'acquiescer aux divers recommandations de la maitresse de maison, amusé par ses façons de faire. Oui, c'est possible !

- "Je n'oserais pas me mettre à dos la seule botaniste valable de la ville."

C'est un compliment. Vraiment. Malgré le ton moqueur qu'il prend, seule intonation un peu vivante et pas complètement désagréable qu'il maîtrise... Bien sûr qu'il sait se tenir correctement ! Même si la curiosité peut parfois le pousser à mettre de côté les bonnes manières, il ne sait que trop bien à quel point il déteste que quelqu'un, qui que ce soit, touche à ses affaires. Et il respecte un peu trop Midella pour lui faire un tel affront. D'autant plus que d'après ses dire, l'endroit qu'elle s'apprête à lui révéler n'est autorisé qu'à un nombre de personnes très restreint. La reconnaissance n'est pas un sentiment familier à Swenn, mais ce qu'il ressent à ce moment s'en rapproche fortement. Malgré leurs personnalités respectives complètement opposés, il est indéniable qu'ils partagent de nombreux principes, liés à l'exercice poussé d'une activité scientifique qui leur sert également de passion.

Il se contente donc de lui emboiter le pas sans aucun geste superflu malgré l'impatience qu'il peut ressentir. Et ce n'est rien en comparaison à l'enthousiasme qui peut l'envahir au moment où la demoiselle lui ouvre les portes des serres. Bon, ce n'est pas particulièrement visible, les traits de son visage n'étant eux pas très expressifs. Mais ses yeux qui effectuent des allez retours incessant entre les nombreux spécimens trônant dans la pièce restent un bon indice de toute l'attention qu'il y porte. Le piaf relativement silencieux toujours accroché à ses basques. Il aurait pu le laisser dehors, mais depuis le temps qu'il se le trimballe, la bestiole a eut le temps d'apprendre qu'avec un propriétaire pareil, mieux vaut éviter de top interagir avec son environnement. Pour peu que ces créatures soient capables de retenir quoi que ce soit de toutes les mauvaises expériences dans lesquelles elles arrivent à se retrouver impliquées... Enfin, on ne peut pas dire que ce représentant de son espèce soit particulièrement embêtant. Luxe que ne lui laisse pas le chimiste.

Jusqu'au moment où il se retrouve avec un pot entre les mains. Ah... Jouer les assistants hein. Pour sûr qu'il n'y est pas particulièrement habitué, ayant toujours été du genre solitaire. Et difficilement supportable, personne n'en voulait pour ce job même lorsqu'il n'était encore qu'un gamin avide de savoirs. Toujours à vous faire remarquer le moindre faux pas, des façons de procéder qui ne correspondent pas à ce qu'il a bien pu avoir l'occasion de lire. Ou à ce que ses parents ont pu lui enseigner... Mais dans un domaine où il n'est que peu expérimenté, il peut bien faire un effort. Et avec une bonne volonté presque visible en plus de ça !

- "Et j'ai l'impression que vous n'avez pas pour habitude de disposer d'un assistant. Mais je veux bien tenter le coup. Tant que vous ne me demandez pas de ranger quoi que ce soit...."

De toute façon, il se rend bien compte ne pas disposer de beaucoup d'autres solutions s'il veut pouvoir rester dans cet endroit quelques temps. Non, il n'a pas envie de partir si vite alors qu'il y a autant de choses à voir ici ! D'ailleurs, pourquoi est-ce que Midella lui a fichu un pot entre les mains ? Et qu'est ce qu'il y a derrière ces portes vers lesquelles elle se dirige ? Swenn ne s'attendait clairement pas à quelque chose d'aussi grand. Elle gère vraiment l'intégralité seule ? Même si elle n'a clairement pas l'air de manquer d'énergie, ça reste impressionnant. Difficile d'avoir d'autres activités annexes en effet.

- "Vous vous occupez donc de toutes ces plantes ici avant d'en proposer la vente ? Et c'est aussi ici que vous gérez ces fleurs rares qu'il vous arrive de récupérer ?"

Décidément, il n'y connait pas grand chose à la botanique. Du moins toute la partie qui précède les diverses transformations qui peuvent être appliquées... Occasion inespérée pour rattraper partiellement de ce retard ! Sans compter qu'une partie de ce qu'il voit n'est pas répertorié dans ses connaissances actuelles. Il y a vraiment un potentiel énorme.

- "Alors, quel genre d'idée vous trotte dans la tête ?"

Pas difficile de se rendre compte que Midella prépare quelque chose... Le problème est qu'avec le peu de connaissances dont il dispose, Swenn n'est pas à même d'identifier ce qui occupe ses pensées à partir des éléments actuels. Après tout, elle lui a seulement dit accepter de lui montrer cette fameuse fleur. Mais il a du ma à croire qu'il lui faille porter un pot pour cela. A moins qu'il ne s'agisse d'un simple test pour voir s'il est effectivement du genre à suivre les consignes ? C'est que maintenant, il espère bien qu'il ne s'agisse pas seulement de ça !


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




1
Swenn râle en   #f77d40
Voir le profil de l'utilisateur

Midella Ilarian
avatar
Mer 23 Mai - 1:11
Irys : 70388
Profession : Botaniste et marchande
Daënar 0
Midella ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire. Le compliment du brun lui gonfla un instant la poitrine, mais elle se reprit instantanément. Elle était la seule botaniste à avoir pignon sur rue et aucun chef sur le dos, voilà tout. Elle n'était assurément pas la seule personne compétente en ville. Toutefois la remarque lui fit extrêmement plaisir, d'autant plus que cela ne semblait pas le genre de son interlocuteur. Elle se tourna vers lui en mimant l’attitude d’une bourgeoise enorgueillie, observant ses ongles d’un air ostensiblement dédaigneux. Puis, elle lui adresse un clin d’oeil malicieux. Oui. Midella aimait faire l’andouille.
Une fois son sérieux retrouvé, elle entreprit de répondre à la question de Swenn sur l’organisation de son commerce.

“Je gère effectivement la plus grande partie de ma production ici. C’est beaucoup de travail, mais je n’échangerai ma place pour rien au monde. J’aime beaucoup trop ce que je fais ! Je m’occupe également d’une partie des plantes directement en magasin, notamment lorsqu’elles sont à maturité ou qu’elles nécessitent peu de soin. Mais les véritables trésors sont pour la plupart dans mon laboratoire. De manière générale, plus les plantes sont rares, plus elles sont fragiles. C’est d’ailleurs ce qui fait bien souvent cette fameuse rareté. Elles sont également d’autant plus source de convoitise, et je n’aime pas donner de la confiture aux cochons…”

Elle marqua un temps. Cette formulation pouvait paraître hautaine. Mais il n’en était rien. Elle avait pu constater de visu que certains riches clients ne prenaient aucun soin des essences qu’ils étaient pourtant prêts à payer des fortunes. Or, Midella ne supportait pas qu’on puisse négliger de pareilles oeuvres d’art. Ce qui revenait également à négliger l’intégralité de son travail, ce qui n’avait rien de plaisant non plus.

“Disons que je n’apprécie que moyennement les gens qui se pavanent en possession d’un spécimen rare, mais qui n’est pas fichu de l’arroser. Si vous saviez le nombre d’idiots qui reviennent me voir en couinant que leur “pièce maitresse” est toute fânée….”

Elle agita la main dans les airs d’un air exaspéré. Elle souffla un grand coup, comme pour chasser la bouffée de colère qui élargissait à présent ses narines. Après tout, Swenn n’était pas venu pour l’entendre se plaindre. Elle reprit son chemin à travers les rangs en maugréant. Alors qu’ils arrivaient devant les portes du laboratoire, le chimiste fit une fois de plus montre de sa perspicacité. Bien qu’il était assez simple de faire le lien entre le pot qu’elle lui avait collé dans les bras et la suite des événements. Elle pivota, un sourire énigmatique illuminant son visage. Ménager le suspens ! D’un geste lent, elle fit apparaître une clef de l’intérieur de son décolleté.

Alors qu’elle s’apprêtait à ouvrir le verrou, elle sembla s’apercevoir pour la première fois de la présence du compagnon du brun. Ses yeux se lèverent au ciel et elle poussa un soupir. Ce piaf, elle le savait, pouvait s'avérer être une véritable plaie ambulante... Elle avait d'ailleurs du mal à concevoir que le chimiste puisse supporter de l'avoir dans les pattes. L'accompagnait-il au travail également ? Parce qu'en vérité, elle n'avait pas la moindre envie de voir le volatile entrer dans son laboratoire. C'était déjà un miracle qu'il ne se soit pas attaquer aux plantes qui l'entourent - probablement le dressage du brun s'avérait-il efficace - ou qu'il ne se laisse aller un peu partout.

"Si je n'ai pas l'habitude d'avoir d'assistant effectivement, je n'ai pas non plus l'habitude d'avoir des animaux dans mon labo. Si votre ... Enfin ... Votre ami, pouvait aller mettre ses plumes dans un coin et y rester, honnêtement ça m'arrangerait."

Midella n'appréciait pas vraiment de devoir paraître aussi désagréable. Elle n'avait rien contre les animaux en général, c'était même plutôt le contraire. Mais dans le cadre où ils seraient amener à évoluer sous peu, elle ne pouvait tolérer qu'une telle boule de catastrophes potentielles gambade joyeusement. Comment diable avait-elle réussit à faire abstraction de sa présence ? La fatigue probablement. Il lui faudrait être un peu plus vigilante, sinon il se pourrait que ça soit elle qui fasse une bếtise. Elle jeta un regard en coin à la bestiole, plissant les yeux. Il fallait qu’ils trouvent une solution. Immédiatement.


Visite de "La Jeune Pousse"  par ici !
Midella s'exprime en #999900
Voir le profil de l'utilisateur

Swenn Milazzo
avatar
Ven 25 Mai - 23:36
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Décidément, si Midella n'était pas si brillante dans sa profession, Swenn aurait bien du mal à supporter toutes ses mimiques qui ne semblent être destinées qu'à amuser la population. Pourtant, ses compétences scientifiques reconnues par le chimiste, ce dernier accepte sans aucun problème ces traits de caractère bien différent du sien. Parce qu'en présence d'une personne qu'il respecte, il arrive au moins à laisser de côté son insupportable arrogance, celle-là même qui lui aurait fait lâcher quelques paroles acides sur cette gestuelle ridicule. Et arrive à prendre un air faussement amusé. Oui, presque moqueur c'est vrai... Pourtant, les paroles de la miss prouvent une fois de plus qu'elle n'a de comique que les quelques manies de jeune fille étourdie qu'elle se donne. Ce que Swenn a bien du mal à comprendre. Pourquoi se donner des allures d'idiote alors qu'elle ne l'est manifestement pas ? Enfin, une fois de plus, il accepte simplement ce fait. Après tout, elle doit avoir ses raisons.

- "Personne n'apprécie de voir son travail partir en fumée à cause d'ignorants. D'autant plus quand ils osent venir s'en plaindre."

Oui, finalement, sans cette joie de vivre débordante qu'elle affiche, sans doute serait-ce bien difficile de tenir un commerce. De ne pas envoyer balader le premier abrutit qui sous prétexte d'être client imagine disposer de tous les droits. Chacun se forge sa propre carapace, s'adaptant au mieux à son environnement direct.

Toujours empêtré de son pot, Swenn suit bien sagement la propriétaire des lieux, impatient d'en découvrir plus. Mais alors qu'ils semblent arrivés à destination, Midella s'arrête, visiblement contrariée. Bah quoi ? Il n'a rien dit de spécial et a pourtant joué à la perfection son rôle d'assistant ! Ah oui, Din... Habitué à ce qu'il le suive à peu près partout, le jeune homme s'est vite habitué à sa présence. Mais il ne peut nier le côté catastrophique de son compagnon à plumes. Et ne peut ainsi pas imposer sa présence. Et encore moins garantir qu'il se tiendra correctement. Plus imprévisible que ces bestioles, ça reste difficile à trouver... Oui, la raison pour laquelle il s'est "attaché" au piaf reste très obscure. Même pour lui. Jetant un regard à celui qui, sous tant d'attention, en profite pour improviser un petit chant son égo a priori gonflé à bloc, Swenn revient à Midella après avoir pris quelques secondes de réflexion, essayant de juger l'état actuel du piaf. Et donc le potentiel danger pour les plantes qu'il peut représenter. Exercice difficile.

- "En règle générale quand je travaille sur quelque chose il est plutôt calme, il ne devrait pas poser problème. Cela dit, je ne peux pas non plus garantir avec certitude qu'il se tiendra tranquille. Surtout si des moucherons se décident à lui passer sous le nez... Mais si ça vous rassure je peux le laisser à l'extérieur. Il est habitué."

Il faut reconnaître que l'indépendance dont a été capable de faire preuve le Novsh très rapidement joue un rôle important dans sa présence aux côtés du chimiste aujourd'hui encore. Et malgré sa tendance à l'éloigner régulièrement de ses activités, Din revient tout de même sans cesse. Alors Swenn s'y est habitué, et supporte sans problème les plumes laissées sur son passage.

Pourtant le volatile, aussi stupide soit-il, parait avoir parfaitement compris que c'est son avenir proche qui anime le débat actuel. Et il n'est pas difficile de voir que s'il avait été doué de la parole, il aurait immanquablement défendu son cas pour avoir accès à la première option. Puisque le voilà déjà parti pour un numéro de charme, ayant visiblement conscience que son sort est entre les mains de la jeune femme... A qui sont destinés ces splendides - non ok ça n'a rien de splendide - battements d'ailes. Et que dire des vocalises harmonieuses - pas du tout ! - qui accompagnent cette démonstration ?! Pour sûr que le talent du piaf n'a rien à voir dans le choix du chimiste à ne pas l'avoir abandonné à la première occasion. D'ailleurs, celui-là n'a jamais rien fait pour mériter le respect de son propriétaire, qui a tout de même fini par l'accepter tel quel. Un simple haussement d'épaules face au ridicule de la situation sur laquelle il n'a malheureuse aucune emprise, Swenn manque d'arguments en faveur de l'étrange oiseau.

- "Il a l'air vous apprécier. Mais je ne saurais pas encore dire si c'est vraiment une bonne chose... Enfin quoi qu'il en soit, lui n'en a rien à faire de ce qui peut se passer dans un laboratoire."

Alors que le chimiste oui ! Raison pour laquelle il mettra bien sagement le volatile dehors si c'est la seule solution pour voir Midella utiliser enfin cette clé - oui il a bien vu d'où elle sort mais on ne dira rien - pour lui laisser l'accès à cette pièce bien gardée.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




1
Swenn râle en   #f77d40
Voir le profil de l'utilisateur