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Chroniques d'Irydaë
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Jaheera Kya'wan
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Jeu 19 Avr - 20:00
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
Le monde se parcourt de nombreuses âmes, certaines n'en finissent plus de vouloir migrer, d'autres ne cessent de devoir bouger. Et celles qui ont leur place légitime dans ce monde se trouvent bien souvent en être les premières ingrates. Jaheera s'en convainquait de plus en plus, à mesure qu'elle faisait ce qu'elle avait toujours fait, voyager. Depuis combien de temps errait-elle désormais sans but ? Trop longtemps, aurait jugé sa promesse, si seulement elle aurait pu parler. Nombre de paysages avaient défilés devant ses yeux, nombre de sols avait-elle foulé en quatre ans de liberté restreinte. Mais la culpabilité de ne pas accomplir son devoir n'avait jamais été aussi acerbe. La fille d'Orshin n'en pouvait plus de ce serment qu'elle ne pourrait jamais accomplir, pas avec une lance et une magie si faible. Les fosses étaient remplies de pillards qui avaient vus des combats toute leur vie durant, avaient survécu à des batailles et ravageaient villages et cités pour s'alimenter en ressources, humaines, ou matérielles. Aussi meurtrière que fut sa lance, la nomade n'était pas assez folle pour croire qu'elle y parviendrait de par ses propres moyens. 

Ce fut une conversation détournée par l'alcool qui lui déposa le premier pas sur la piste de ces potentiels alliés. Des meurtriers, selon son camarade improvisé de beuverie qui visiblement ne savait pas à qui il avait affaire. Jaheera s'en était sortie de ce concours distrayant de boisson, et en prime, elle avait obtenu un renseignement précieux. Ce que le maquereau lui indiquait, c'était l'existence d'un ordre, une coalition assassine qui vivait pour son propre compte. L'oreille distraite qu'elle tendait à l'ivrogne lui avait permis de n'apprendre qu'un minimum d'informations. Ce n'était pas un tel blédard, déposant sa vie au comptoir, à côté de pièces rouillées qui allait pouvoir lui apprendre quoi que ce soit d'utile sur ce qu'était réellement ce groupe. Et surtout, comment le rejoindre. 

La ville la plus proche était Eoril, bien que, fille de Losos, elle aurait préféré se trouver plus haut dans le Nord. D'autant que la capitale était plus écartée du soleil que la cité bien moins majestueuse, mais d'autant plus appréciée par la jeune femme. Elle avait pris un peu moins d'une demi-douzaine de jours pour se retrouver devant les portes de sa destination. A l'intérieur, désormais, elle s'évertuait à trouver quelqu'un d'assez miséreux pour pouvoir être acheté avec un fond de poche, et d'assez populaire pour connaître les rumeurs du coin. Jaheera s'était redirigée vers les quartiers les plus délabrés d'Eoril, tant eut été qu'ils existaient seulement, la capitale était renommée pour sa beauté et raffinement. Les rumeurs cette fois, ne mentaient pas. Le spectacle visuel ne venait pas entamer la lassitude de l'immaculée qui s'efforçait de trouver un lépreux, ou bien un traîne-savate respectable.

Elle se perdit plusieurs fois, peu habituée aux milieux urbains et, par le temps où enfin sa recherche semblait s'affiner, le crépuscule commençait à maquiller les nuages. Le coucher de soleil lui offrait un peu de répit et les quelques torches qui peu à peu s'allumaient pour éclairer les ruelles la rassurèrent quant à sa capacité à percevoir à une heure si tardive. La longueur de sa traque n'était pas du à une quelconque difficulté particulière, vraiment, elle n'était causée que par la lente rythmique des pas de la fainéante. Comme à son habitude, elle flânait, mains dans le dos et sourire en coin aux lèvres. Toutefois, les quartiers avaient beau devenir de plus en plus pauvre à mesure qu'elle marchait, ce n'était toujours pas le résultat escompté. Il y avait cependant bien quelques chiens errants qui traînaient ci et là ... quelle honte, mais quelle opportunité aussi. 

La fille d'Orshin vint s'asseoir sur  une palissade de pierre, sans doute désignée pour délimiter un quelconque jardin public. C'était en tout cas ce que semblait indiquer les quelques rares petits d'Homme qui s'amusaient à ... jouer avec le feu. Mais comme ils étaient très certainement enfants de Süns tout irait bien. Du moins, c'est ce que Jaheera pensait, jusqu'à ce que l'un d'entre ne subisse la morsure des flammes. Apparemment, ils n'étaient pas fervents au point de pouvoir emprunter son don à la déesse. Alors, la nomade gloussa sans ouvrir les lèvres, avant de concentrer son attention sur le petit feu de bois qu'ils avaient fait. Son regard s'orna d'une petite étincelle alors que, sans relâcher son sourire, elle fit s'affaisser les flammes. Les jeunes gens se demandaient alors qui parmi eux possédait un tel pouvoir, et s'ameutaient autour du feu de bois un à un, essayant de raviver la petite flammèche qui subsistait désormais. Et, dévoilant un sourire sarcastique, la véritable auteure de cette prouesse enfantine se fit raviver le feu en une large floraison de ribambelles orangées. 

La grande petite fille rit entre ses doigts avant de complètement abandonner ce sursaut d'immaturité. Ca leur apprendra à vouloir maîtriser un pouvoir qui demande patience et calme. Le feu n'est pas un jouet, et Jaheera était convaincue d'avoir fait preuve d'une pédagogie excellente en faisant s'enfuir ces enfants avec quelques cris effrayés. Un mal pour un bien, en somme. Elle se retourna vers la rue, cherchant du regard l'un de ces canidés vagabonds qu'elle avait cru apercevoir plus tôt. L'un d'entre passa après quelques minutes d'attente, et, le hélant par la pensée, l'enfant d'Orshin en vint finalement à accorder sa confiance à un expert en matière de perception de quartiers moisis. 

Bien le bonsoir, petit être. Peux-tu m'emmener là où la ville sent le plus mauvais ? 


Prenez simplement cette ruelle et dirigez vous vers les murs. Je ne veux pas infliger une telle torture à mon odorat. 


Oh ... soit.

Elle passa une main sur le front de son informateur bien particulier avant de suivre les instructions données. Tout ce dont l'immaculée avait espoir, c'était qu'il se baladait dans des nombreux quartiers. Chose étrange, il n'avait pas réclamé à manger, et pour doubler à quel point sa réaction était hasardeuse, il avait eu une belle intonation de snob. Peut-être qu'il n'était pas si errant après tout. Sans doute un de ces êtres chéris par la vie, dans ce cas. Son maître devait probablement habiter dans l'une des grandes résidences qui ornent les beaux quartiers. Jaheera se passa des remarques subsidiaires pour suivre les instructions. Et, à mesure qu'elle avançait, elle comprit pourquoi le canidé avait refusé de l'accompagner. La pestilence semblait habiter cette rue qui avait l'air presque déserte, si ce n'était pour les chants des locaux ivres qui s'amoncelaient devant une taverne bon marché. Mais, malgré l'odeur, la jeune femme avait trouvée un bon point de renseignements.

Alors elle s'adossa au mur d'une habitation en face, observant les quelques bien-heureux qui continuait de psalmodier de leurs voix tordues. Le groupe était large, aucun moyen de s'y infiltrer, même en chantant aussi mal qu'ils le faisaient. Mais la nomade était une femme de patience, elle attendit sagement et souriante qu'un d'entre eux ne soit trop saoul pour pouvoir supporter la chaleur des autres. Et ce moment arriva finalement, lorsque l'une des clientes, toute aussi éméchée que le reste, leva le pas pour descendre les deux marches qui la séparaient du sol urbain. Alors, la fille d'Orshin se redirigea vers elle, traçant son chemin dans le sillage que laissait sa cible d'informations. Elle l'interpella avec une assurance, qui pouvait se confondre avec de l'arrogance. 

Bonsoir. Rentriez-vous chez vous, madame ? Quelle inconvenance de vous interrompre ainsi, n'est-ce pas ? elle rit entre ses lèvres exagérément souriantes. Connaîtriez-vous, à tout hasard, l'Ordre de la pénitence ? Si oui, je vous prierai de bien vouloir exposer l'intégralité de vos connaissances.

Faire dans le courtois n'était clairement pas du ressort de l'étrangère, qui avait prit  le réflexe de toujours être un poil menaçante dans son ton, force était de braquer des marchands qui pouvaient parfois se montrer bien lourds. De plus, elle comptait sur la sobriété de l'éméchée pour pouvoir s'imposer en maître, au risque de l'irriter. Jaheera espérait que la lance dans son dos servirait de symbolique assez puissante pour pouvoir clairement énoncer qui ici était en position de force. 


Jahee s'exprime en #cc0066
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Ingrid & Sigurd
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Dim 22 Avr - 11:10
Irys : 714864
La soirée n’avait eu d’autres motifs que s’amuser. Une parmi tant d’autres et il n’y avait pas d’âge pour le faire. La quadragénaire, passablement alcoolisée, s’apprêtait à rentrer chez elle tranquillement et seule. Ils étaient peut-être dans les quartiers chauds mais elle se savait en sécurité, c’était une habituée des lieux depuis elle ne savait combien d’année. Elle avait toujours habité ici. Ainsi lorsque la femme aux cheveux blancs imposa sa présence, elle ne fit qu’une moue. N’y avait-il pas assez de monde qui était prêt à discuter avec elle pour que cette étrangère vint l’importuner ? Son agacement eut vite fait de se transformer en étonnement et en suspicion. Elle n’avait pas assez bu pour que la mention de l’Ordre ne la mette sur ses gardes. Ou même ce ton faussement doucereux.

L’étrangère, la guerrière comme le laissait supposer la lance, ne pouvait savoir qu’elle avait une fois fait appel à eux. Personne n’était au courant à part ceux impliqués. C’était il y a des années de ça, cette histoire était derrière elle. Alice ne regrettait rien, elle avait fait ce qu’il fallait et avait aidé Irydae à se débarrasser d’un être exécrable en plus d’un concurrent tenace. Avec sa mort, elle avait gagné la paix de l’oubli et le détachement face à tout ça, une vraie bénédiction. Elle n’avait plus jamais frayé avec les assassins ou la personne qui lui avait permis de nouer un contact bref avec eux. Elle aurait bien nier savoir quoique ce soit, mais peut-être, peut-être que cette jeune femme avait aussi besoin de se débarrasser de quelqu’un. Doucement, elle tâta le terrain, commença par ce que tout le monde savait, les rumeurs qui circulaient et se murmuraient la nuit tombée à certaines tables de tavernes. Même ainsi, presque involontairement, elle parla doucement sur le ton de la confidence.

« Des assassins, des assassins tapis dans l’ombre et à l’affût des déviances de la société. Des hommes et des femmes qui abusent des autres. Du moins c’est ce qui se dit. Mais je suppose que vous le savez vous qui connaissez leur nom. »

Cette conversation l’avait totalement coupée de la légèreté et de la bonne humeur de la soirée qui se  poursuivait à même pas cent mètres de là. Bien plus que les pas qui l’en avait physiquement éloignée. Et elle n’était pas finie. Comme son interlocutrice devait s’en douter, ses propos ne contenaient pas l’ensemble de ses maigres connaissances. Et si la brune en vint à en dire plus ce n’était pas à cause de cet air menaçant que l’autre se donnait mais bien à ce qu’elle projetait sur sa cadette : un mélange d’elle passée et de victime qui cherchait la justice.

« Je suppose que vous voulez entrer en contact avec eux, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. C’est eux qui entre en contact avec vous et il faut attendre. »

Un léger soupire s’échappa de ses lèvres à la fin de ces mots murmurés. Maintenant qu’elle en avait dit autant, elle devrait reprendre contact avec eux, avec lui. Jacob, un herboriste à l’air on ne peut plus serein, banal et calme et qui pourtant connaissait l’Ordre, était compromis avec eux. Une personne qu’elle avait fréquenté régulièrement avant cette histoire. Son choix d’aider cette inconnue n’était ni anodin ni sans conséquence pourtant il fallait le faire. Comme on l’avait fait pour elle.

« Je ne peux pas en dire plus mais si vous me donnez votre nom, votre raison et où vous logez ici, cela pourrait s’arranger pour vous. »

C’était plus facile pour Alice qui n’était pas attachée à cette femme aux cheveux blancs. Que les choses fonctionnent ou pas pour cette dernière, elle ne la reverrait pas et elle aurait la conscience tranquille d’avoir fait ce qu’il fallait.
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Jaheera Kya'wan
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Dim 22 Avr - 13:15
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
L'oreille tendue, la fille du père de la faune écoutait avec attention le moindre détail qui échappait des lèvres humides d'alcool de son informatrice de fortune. Il y avait eu des répétitions, mais la locale se doutait elle-même que ce peu de connaissances, son interlocutrice le possédait. Et elle avait bien raison. Ses espoirs de trouver une réponse rapide et efficace se satisfirent, en même temps que sa volonté d'avoir un contact tout aussi prompt se vit brisée par une contrainte qui imposait la patience. Mais les consignes étaient ce qu'elles étaient ; des obligations. Rien que cette pensée fit serrer une dent à Jaheera, peu familière et moins amicale encore avec les concepts du devoir. Son épreuve de foi n'était  pourtant qu'à son début, si bien que désormais, c'étaient des informations qu'elle devait donner à une parfaite étrangère. Elle disait que c'était ainsi que les choses se passaient, mais la femme aux cheveux blancs soupçonnait tout autant une manoeuvre habile pour éliminer à la racine toute recrue potentielle d'une coalition meurtrière. 

Mais si c'était le seul moyen, alors, elle donnerait ce qu'il fallait. Toutefois, elle ne comptait en aucun cas se contenter d'attendre dans une taverne, ou bien quelconque autre trou à rat dans lequel les gardes pourraient la coincer avec une aisance déroutante. Chemin venant, elle avait vu un semblant de bois, vers le Nord-Est et comptait bien y demeurer le temps que ces "Pénitents" ne viennent la chercher. Là-bas, elle pourrait prendre avantage de la faune pour détecter tout arrivant, représentant de l'état, comme de l'ordre. Ôtant le ton menaçant de ses mots, sans se destituer de son arrogante assurance, elle répondit aux données demandées.

Mon nom est Jaheera. Si l'on me cherche, c'est dans l'orée des bosquets au Nord de la ville qu'il faudra fouiller, je n'ai pas de logis. 


La dernière information demandée était sans aucun doute la plus délicate. L'enfant d'Orshin avait sa propre raison à elle, qu'elle trouvait on ne peut plus légitime, mais elle ne connaissait rien de la mentalité qu'animait une pareille organisation. Sans doute l'appel de la justice, ou l'appât du gain. Quoi qu'il en était, ce serait sans aucun doute le premier critère qui les attirerait. Le vigilantisme était ce sur lequel il était donc nécessaire de jouer.

Quant à ma raison, outrepasser le regard aveugle des justices étatiques me semble suffisant. La seule bonne justice passe par la loi du Talion. 


Ceci étant fait, elle adressa un sourire oscillant entre la gratitude et satisfaction sarcastique à son informatrice et passa sur son côté, se redirigeant hors des murs, vers l'endroit qu'elle avait indiqué à celle dont elle avait de nombreuses attentes désormais. Elle traça la campagne d'un sillage de pas feutrés, avant de passer entre les arbres, guidée par une torche qu'elle avait "emprunté" au sortir de la capitale. Ce furent les habitants de la forêt même qui lui indiquèrent la localisation d'une charmante clairière, au ciel libéré par les feuillages et au point d'eau surmonté d'une petite chute creusée dans la colline. Etablissant un campement de fortune, pierres et brindilles dressées en un cercle, qu'elle alluma du bout de son flambeau.

Et dès lors, elle attendit que ne revienne la femme, ou bien quelque autre représentant compétent de cette coalition. L'idée était qu'elle ne soit trouvée que selon son bon vouloir, et non par accident ou bien par surprise. Les animaux tout autour l'aiderait dans cette entreprise, et, esprit ouvert, elle écoutait leurs conversations nocturnes, pour le peu qu'ils en avaient. Paressant entre forêt et ciel, battant du pied comme suivant une mélodie imaginaire, Jaheera se murmura à elle même.

Combien de temps est-ce seulement censé prendre ...?


Elle aurait dû demander à la femme avant de partir ... mais maintenant, c'était certainement trop tard. Seule restait l'unique vertu appropriée ; la patience.


Jahee s'exprime en #cc0066
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Ingrid & Sigurd
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Mer 2 Mai - 11:28
Irys : 714864
Comme promis Alice fit passer l’information. Si Jacob fut surpris de la revoir après sept longues année de silence, il n’en laissa rien paraître. Pas plus face à son motif de visite. Sans aller jusqu’à dire que c’était chose courante de voir des gens venir le voir pour ça, c’était récurrent. Il ne faisait pas remonter tous les messages de ce type, des fois ça ne valait pas le coup. Rarement, cependant, pour des raisons assez simples : les gens qui connaissaient sa deuxième activité n’étaient pas légion et personne ne prenait ça à la légère. Cette fois ne fit pas partis des exceptions. Il n’y avait pas beaucoup d’information sur cette Jaheera mais assez pour qu’on aille y jeter un œil. Même si ses motivations ressemblaient plus à un paravent, à des mots se voulant aller dans le sens du poil, ça ne les empêchait pas de refléter une vérité. Elles relevaient dans tous les cas d’une certaine prudence, tout comme l’endroit où elle logeait. Toutes ces déductions ne venaient pas d’Alice ; après avoir rempli sa commission, elle s’était efforcée de l’effacer de sa mémoire et reprendre son quotidien.

Les jours s’écoulèrent sans que la potentielle recrue n’eut aucune nouvelle ou un quelconque signe d’approche. Selon toute apparence, elle était seule avec sa routine et les animaux du bosquet. Une impression uniquement.  Chaque geste était observé et chaque mot rapporté. Lorsque la Shudarga estima qu’il ne servait à rien de prolonger l’observation, un Khulgana se laissa tomber sur l’épaule de la jeune femme un message dans la gueule. Légèrement imprégné de bave, le parchemin en restait néanmoins lisible. Un belle écriture dévoilait les consignes suivantes à la recrue :
Citation :

« Vous êtes priée de ne pas sonder le messager et de laisser vaquer à ses occupations dès réception de ce message.

Si votre intérêt pour notre organisation est sincère retrouvez Jacob à l’Insaisissable Senteur à dix-neuf heure précise.


O. »

Bien sûr le concerné était au courant, c’était à cause de lui, ou grâce à lui, que les choses s’étaient mises en mouvement. Il était au tournant de cette rencontre. Cela ne l’inquiétait pas de recevoir une inconnue à sa boutique après la fermeture. Une potentiellement dangereuse au vu du chemin qu’elle prenait. Lui ne savait pas se battre ou très peu. Juste des bases pour se défendre. Ce n’était certainement pas pour ce type de compétence qu’il était devenu lié à l’ordre. Tout résidait dans sa boutique. Enfin, pas celle officielle que tout le monde voyait avec des bocaux contenant des plantes à peu près inoffensive, avec la bonne prescription. Il avait en stock des plantes, champignons, plus agressifs. Soigneusement gardé à l’écart des tisanes et autres remèdes que tout un chacun venait chercher chez lui.

La pancarte sur la porte indiquait fermée même s’il avait pris soin de laisser cette dernière ouverte, non fermée à clef, pour sa visiteuse. Comme il était incapable de l’attendre sans rien faire, il était assis à son comptoir-bureau et tenait les comptes de la journée. Répertoriant soigneusement de son écriture à pâte de mouche les diverses feuilles, essences autres substances vendues. Il était très rigoureux sur la gestion de ses stocks. À tel point, qu'il ne prêta bientôt plus attention à l'heure ou à l'entrée.
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Jaheera Kya'wan
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Lun 7 Mai - 12:28
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
Plusieurs jours sans réponse, de nombreuses heures à attendre, beaucoup de minutes à passer et une infinité de secondes à compter. Heureusement que la nomade n'avait rien d'autre à faire de sa vie que de se prélasser dans sa petite clairière fort sympathique, quelques raids pour voler de la nourriture parfois, ou bien missionner un animal pour lui apporter des fruits et en partager la moitié. Bref, c'était vraiment une existence parfaite pour une fainéante comme elle, si bien qu'elle en oubliait qu'on devait venir la quérir pour cet "ordre" qu'elle souhaitait rejoindre. Si la faune l'avait avertie d'une quelconque présence dans la forêt, la femme aux cheveux blancs n'y avait prêté aucune attention. Oui, elle partait vite dans ses songes lorsque la seule chose qui lui murmurait à l'oreille était le vent. Quelques écureuils lui gardaient conversation plaisante, certains avaient même un don pour les boutades. En somme, elle serait bien restée dans ce petit coin de paradis. 

Mais le temps était venu pour elle de se remuer et lever son postérieur de l'herbe qu'elle avait fini par plier à force de s'y allonger. Une charmante créature était venue orner son épaule de ses traits féraux. dans sa bouche, un morceau de parchemin suintant de bave, détail qui ne gênait en rien l'immaculée qui avait l'usure des bavures animales. Un nom, une adresse, ou plutôt une localité, c'était tout ce dont elle avait besoin. Malgré l'interdiction, la fille d'Orshin avait extrêmement envie d'interagir avec la petite bête. Elle ne se gêna pas, même si elle ne transgressait aucune des règles imposées.

Je suppose qu'ils ne verront pas d'inconvénients à ce que je t'emmène avec moi, hm ? 


En réponse, le mammifère se campa sur son épaule gauche. Il n'était pas lourd, peut-être qu'il était encore jeune ? Quoi qu'il en était, même sans dire mot, il faisait une compagnie agréable avec les quelques bruitages qui glissaient hors de sa gorge. Si elle avait des restes de fruit, elle lui aurait donné, mais il devait bien y avoir quelques arbres sur leur trajet de toute manière. Sans plus attendre, la nomade se mit donc en route vers le centre ville. Peut-être que le petit être savait où était la boutique, mais elle ne s'y risquerait pas, il serait fâcheux qu'on confonde sa conversation avec une recherche d'informations. 

En arrivant entre les murs, la sauvage interrogeait le quelques passants qui l'entouraient, histoire de repérer avec précision le lieu de rencontre. Ce fut une bonne âme qui finalement lui indiqua la trajectoire précise jusqu'à "l'Insaisissable Senteur". L'heure avait passé et dix neuf heures sonnait déjà. Plus que temps pour la femme au crin blanc de visiter ce cher "Jacob". L'intérêt pour l'organisation n'était peut-être pas sincère, mais ses intentions ne l'étaient pas moins. Son objectif était clair, et si l'ordre y voyait un inconvénient, alors elle tairait les détails qui l'ont entraînée à se mettre à leur recherche. Elle poussa donc la porte de la boutique qui était apparue à elle, l'enseigne ne laissait aucun doute quant à la nature de l'endroit. Malgré tout, et sans faire attention à l'intérieur quand elle y déposa le pas, et sans plus relever que l'écriteau inscrivait clairement "fermée", Jaheera demanda son avis au Khulgana qui campait son épaule. 

Est-ce bien ici que je dois aller, petit être ? 


Jahee s'exprime en #cc0066
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Ingrid & Sigurd
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Sam 12 Mai - 10:07
Irys : 714864
Le petit être ne répondit pas et descendit de son perchoir pour s’avancer tranquillement vers le fond de la pièce, dépassant la seule autre personne présente pour s’engouffrer dans l’arrière-boutique séparée seulement par un rideau. Ce déplacement eut pour mérite de faire relever les yeux du propriétaire entre autre. Après un rapide coup d’œil à l’inconnue, il finit de remplir sa ligne puis posa sa plume délicatement sur un chiffon à côté de lui et il prit soin de refermer son encrier. Seulement après avoir effectué tout ses petits gestes, s’occupa-t-il de la jeune femme. Elle avait de l’audace d’être venue avec la créature alors qu’on lui avait explicitement dit de ne pas communiquer avec elle. Mais ça, ils le savaient déjà. Pas un mot ne fut dit à ce sujet même si la présence du khulgana n’avait échappé à personne.

« Approchez, approchez ! Il sera plus facile de discuter ainsi. Je n’ai pas pour habitude de crier d’un bout à l’autre de la pièce. »

Et pour cause, sa voix ne portait pas spécialement loin. Ce n’était vraisemblablement pas une façon de s’exprimer qu’il avait jamais cherché à développer, préférant les murmures aux voix portantes, assommantes.

« Ce lieu est un lieu paisible. Jaheera, vous pouvez m’appeler Jacob. » 

Ses mots se suivaient sans qu’il n’y ait vraiment de lien apparent. Pourtant le flot était sans coupure.  Ou presque. Il se frotta le menton orné de quelques poils de barbe naissants, puis se lança dans un discours plus long.

« Alors petite, tu te doutes que pour entrer dans l’Ordre c’est un peu plus complexe que franchir la porte d’une herboristerie. Il va falloir me dire tes motivations. Mais pas que. Les mots ne suffisent pas, tes actions lors des tâches confiées seront observées. Et la fin, la suite, dépendra de toi. Alors, pourquoi veux-tu joindre l’Ordre, quelles sont tes attentes ? »

Maintenant, c’était à la potentielle recrue de parler. Ce qui serait dit, comme ce qui ne le serait pas, comptera pour la suite. Tout ce qu’elle avait fait jusqu’à présent comptait. En fait, si elle parvenait à rentrer dans l’Ordre, chacun de ses gestes seraient scrutés. Le regard de l’herboriste se posait attentif sur son interlocutrice, les mains posées devant lui sur l’établi. Il avait tout le temps devant lui.


Dernière édition par Ingrid & Sigurd le Mar 29 Mai - 10:11, édité 1 fois
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Jaheera Kya'wan
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Sam 12 Mai - 12:19
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
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Le pas posé sur un sol meublé, la sauvage se sentit immédiatement quelque peu mal à l'aise. La matière était trop dure sous ses pieds, comme si elle n'avait nul besoin de faire quelconque effort pour l'arpenter. L'on aurait pu s'y confondre avec un confort nouveau, mais pour une jeune fille qui n'avait jamais connu autre chose que la terre sous le poids de ses pas, il y avait quelque chose de contre-nature à cette sensation. C'est pour cette même raison que ses quelques enjambées, elle les faisait en déposant les orteils d'abord, puis talons ensuite. Faudrait pas qu'elle glisse là-dessus, tant la surface était lisse. Pour la première fois, elle eut une pensée compatissante pour les civilisés. Comment les biens-nés pouvaient-ils vivre avec ça sous les pieds ? Quoi qu'il en était, son nouvel ami, ou du moins ce qu'elle aurait voulu en faire, s'échappa dans le fond de la boutique pour ne laisser qu'un inconnu venir à elle. 

Comme conseillé, l'immaculée s'approcha, sans trop de hâte, regardant de droite à gauche pour voir un peu quels genre de produits raffinés cet hurluberlu d'herboriste pouvait bien reléguer à sa charmante, néanmoins bourgeoise clientèle. Jaheera jugeait bien vite, à son habitude, mais le commerce était une parmi tant des autres choses qui avaient don de lui faire s'échauffer les nerfs. Tant qu'il n'essayait pas de lui vendre un bibelot à elle, la jeune femme n'aurait aucun problème. Au moins, le Jacob avait raison, ce lieu était paisible. L'inverse aurait été plutôt inquiétant, sinon, cela aurait voulu dire que c'était lui qui n'était pas doué d'intentions apaisées. Cette remarque subsidiaire eut pour effet de se faire froncer les sourcils de la nouvelle venue. "Pourquoi tu as besoin de le préciser s'il est vraiment paisible, en fait ?". 

- J'ai connu des muets plus bavards que votre ami.


Le ton de la boutade n'enlevait rien de la vérité de cette expression. Il y avait bien une petite qui n'avait plus sa langue dans les camps de Marnaka, dans le clan de la Serre. Elle communiquait avec les autres en écrivant dans le sable, et finalement, elle n'a pas duré plus de six mois. Pauvrette était bien trop gentille. Cette mémoire arracha un penchant de la tête à la férale, qui baissa un instant les yeux en souvenir de cette adorable gamine qui ne méritait pas de retourner ainsi auprès des créateurs. N'était-ce pas aussi pour elle qu'elle en était venue à contacter l'Ordre ? N'était-ce pas pour tous ceux qui avaient été condamnés à périr dans ces jeux immondes ? Non. Absolument pas. C'était pour la promesse qui lui enchaînait les mains et les pieds à un devoir dont elle ne voulait plus rien à voir avec. 

Sérieusement ... elle en regrettait presque de ne pas avoir tué sa jumelle avant qu'elle ne puisse l'obliger à la venger. Mais maintenant qu'elle était là, pas moyen d'avoir des remords.

- J'attends de l'Ordre qu'ils me fournissent les moyens et la discipline nécessaire à l'accomplissement d'un serment que je n'ai pas choisi. Elle soupira. Ça fait mal de devoir l'admettre ... mais je n'y arriverai jamais seule, pas comme ça.


Elle fit glisse un doigt le long de sa tenue rustique, détournant un regard sur sa lance qui avait vraiment les airs d'un déchet désormais. Aussi forte qu'elle était en duel, elle savait pertinemment à quel point les souterrains de Marnaka étaient remplis de salauds qui savaient utiliser la hache. Même en les prenant un par un, c'était une entreprise destinée à échouer. Laissant une profonde expiration s'échapper de ses narines, en même temps que son satané orgueil qui se sentait on ne peut plus blessé par cet appel à l'aide, elle reprit.

- Ce n'est pas tant d'assistance directe dont j'ai besoin, mais de bons formateurs. Maintenant, est-ce que j'ai choisi le bon endroit pour poser le pied ? 


Jahee s'exprime en #cc0066
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Ingrid & Sigurd
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Mar 29 Mai - 11:02
Irys : 714864
Sans dire mot ou l’interrompre Jacob écouta la nouvelle venue. Un bon point : elle disait la vérité. Mentir était inutile, les actions parlaient bien vite par la suite et trahissaient les personnes qui essayaient de se faire croire sans aucun motif ultérieur. La plupart du temps. Et ceux qui mentaient trop bien, réalisaient les actions attendues et se perdaient souvent dans leur propre mensonge et devenaient les meilleurs outils de l’Ordre. Bref, ils n’en étaient pas là. Avant, il fallait creuser un peu ses dires. Poser d’autres questions. Ensuite seulement viendrait la première mission. Puis la suivante si ça se passait bien jusqu’à ce que le shudarga en décide autrement, que la personne soit éjectée ou au contraire gardée. Son rôle en tant que premier filtre n’était pas négligeable et plaisait à Jacob même s’il n’en laissait rien paraître. Même si les plantes restaient sa grande passion.

« Question intéressante. De la discipline, j’en ai à revendre. Et dans l’Ordre c’est un élément clef. Pas le seul évidemment. J’ai écouté tes motivations, maintenant écoute celle de l’Ordre en tant qu’entité : rendre la justice là où celle-ci a échoué à être rendue par la société. »

Toujours dans la même position, toujours le regard scrutant la potentielle recrue face à lui. Son expression ne laissait pas deviner ses pensées. Clairement, il lui avait donné la version courte à l’instar de son interlocutrice. Sans fioriture, sans exemple, sans détail ou contextualisation, sans explication sur ce qu’il appelait « justice » ou plutôt ce qu’ils considéraient comme injustice. Comment, pourquoi, quels moyens mettaient-ils en place…

« Peut-être as-tu une idée de ce que ça requiert comme compétence, autre que la discipline ? »

Les entretiens variaient d’une personne à l’autre, une même réponse ne menait pas toujours au même endroit. Et les questions n’étaient pas toujours les mêmes ou dans le même ordre. Le dialogue était adapté à la personne. Par contre, les attentes étaient identiques au final. Ils avaient des critères. L’herboriste les connaissait et si le shudarga avait connaissance des mots échangés, il n’y avait pas besoin de communication entre les deux en cet instant. Il savait quoi faire, quoi dire et connaissait autant les consignes donnaient à la jeune femme que ses actions durant les derniers jours. Éléments indispensables pour la jauger.

« Es-tu familière avec la Ville ? Quelles sont tes compétences en combat ? »

Toutes les réponses ne devaient pas forcément servir immédiatement. Visiblement, il ne faisait aucun effort pour lier ses questions ou laisser entrevoir ce qu’il pensait de ses réponses. Le même air impassible restait sur son visage quoiqu’elle dise. Son ton aussi restait égal, doux et monotone, l’interrogation à peine marquée en la fin de phrase.

« Tu es originaire d’où ? »

HRP:
 
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Jaheera Kya'wan
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Mer 13 Juin - 21:28
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
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La férale écoutait d'une oreille attentive ... subjectivement attentive. Il y avait les scribes et les libraires qui savaient focaliser leur conscience sur leur tâche, sur le dialogue. Il y avait le commun des mortels qui pouvait avec aisance suivre un dialogue sans perdre le fil. Il y avait les enfants, aussi jeunes soient-ils, qui préféraient s'imaginer on ne sait quelle fantaisie au lieu d'entamer des conversations un peu trop longuettes à leur goût. Et il y avait Jaheera ... qui s'amusait beaucoup à faire cliquer ses ongles sur les bocaux qui contenaient tant de plantes qu'elle n'avait jamais vu. Elles venaient certainement de l'Est, là où il faisait trop froid pour ne pas se permettre de sortir sans manteau. La disciple d'Orshin détestait les manteaux, et donc, elle détestait le froid. Rien d'illogique par ici.

Lorsqu'elle remarqua le silence qui s'était installé, notamment à cause des réponses qu'elle ne donnait pas immédiatement, elle tourna la tête vers Jacob, avec les mots "Pourquoi tu t'es arrêté de parler ?" gravés sur le visage. L'étourdie cligna deux trois fois des yeux, reprenant les interrogations dont elle se souvenait, qui, par chance se dénombraient au nombre de trois. Un chiffre tout rond, elle avait juste pas trop écouté entre le moment où il a dit discipline et combat. Elle allait faire avec ! Et puis, de toute manière, ça devait se voir sur son visage que les cités et l'urbanisme n'étaient pas ses principaux centres d'intérêts. Elle commençait donc ainsi à répondre à ces questions dans l'ordre imposé.

- Non. Aucune idée. Mais alors pas du tout. J'ai déjà assez de mal avec la discipline, alors on va peut-être procéder par étapes ou ... je ne sais quelle autre organisation tordue dont vous autres, "civilisés", avez l'habitude. Elle sourit exagérément. Je sais me battre, son doigt revint taquiner les bocaux disposés sur les étagères. Les duels c'est ma petite spécialité. Et quant à mon origine, cantonnez-vous à Marnaka et puis, si vous êtes aussi clairvoyant que je l'espère, vous verrez tout de suite le lien avec ma passion pour les joutes individuelles.

Son ton était suffisant, mais elle avait fourni son lot de détail. Demander de la politesse et un air cordial serait bien trop. Heureusement qu'elle ne passait pas véritablement un entretien de recrutement ... enfin si, mais comme ce n'était pas vraiment légal tout irait bien. Des gens irascible, il devait y en avoir des millions dans le métier. Des psychopathes à moitié schizophrènes aussi certainement, ou même des imbéciles persuadés de faire le bien en dépit des textes de loi et des normes sociales imposées par la société et bla bla bla et bla bla bla ... de toute façon Jaheera n'avait jamais su bien lire, alors tout ce qui était règlement et charte, ce n'était pas pour elle. D'ailleurs, elle espérait que Jacob ne refilait pas ses directives par écrit, sinon elle se serait mise dans une sacrée galère. Ou alors qu'il utilise des mots simples, ça ferait un bon compromis.

Pourquoi elle faisait tout ça, déjà ? Sa tête commençait déjà à la foudroyer à force de réfléchir ... l'administratif et les procédures, c'était vraiment un truc de bien-né. Elle maudissait sa soeur pour l'avoir enchaînée à cette saleté de promesse. Par contre, elle avait des questions aussi.

- Et sinon, à part poser des questions et mettre des plantes dans des pots, vous savez faire quoi, vous ?  


Jahee s'exprime en #cc0066
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Kharan & Zadrakh
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Ven 15 Juin - 14:48
Irys : 59988


L’observant de son air impassible, Jacob ne manquait nullement d’attention, contrairement à son interlocutrice qui semblait trouver le son émit par ses ongles sur le couvercle de ses bocaux qu’au déroulement d’une conversation qu’elle avait pourtant demandé. Enfin, pas tout à fait, néanmoins, cet entretien constituait le passage obligé pour toute recrue potentielle et celle-ci ne garantissait, pour le moment, pas grand-chose.

Manque d’attention, problème de discipline et visiblement, la demoiselle éprouvait quelques difficultés à transmettre des informations au demeurant plutôt simple, puisque ces dernières la concernaient entièrement. Évidemment, Jacod savait parfaitement que certaines personnes n’aimaient guère évoquer leur passé, leurs origines. Lui-même tenait à garder cela secret, chose qui n’était nullement possible avec ses supérieurs. Tout membre de l’Ordre devait offrir quelques garanties, sans quoi, il serait bien difficile de seulement oser leur accorder un minimum de confiance. Et tout commençait par là : la transmission réelle et franche des informations à la hiérarchie.

L’interrogatoire pouvait sembler simple, toutefois chaque informations, même minimes, servaient de multiples façons. D’abord, à connaître son interlocuteur, évidemment, il était toujours bon se savoir à qui l’on avait affaire. Le passé, les expériences vécues, constituaient autant de matière à la construction humaine ce qui en soi, pouvait en dire beaucoup sur les capacités acquises ou qui peuvent l'êtres pour les ülchis en devenir. Si les mots donnaient une information, le ton, la posture, le regard en fournissaient beaucoup d’autres qui seraient fortement utiles pour le shudarga attentif au moindre détail.

-Devrais-je donc deviner les réponses à mes questions? Voilà une approche pour le moins originale, lança-t-il en croisant les bras sur son torse sans pour autant modifier son expression. Mais peu intéressante pour nous, je dois bien l’avouer.

L’herboriste l’avait pourtant prévenu un peu plus tôt : “Les mots ne suffisent pas, tes actions lors des tâches confiées seront observées.” En réalité, tout avait déjà commencé, bien avant l’entrée de la jeune femme dans la petite boutique. Pour l’heure, sa tâche était de répondre aux questions posées, ni plus ni moins, même si son comportement, en son intégralité se voyait minutieusement analysé par des yeux experts et particulièrement attentifs. Jaheera ne s’était à l’évidence doutée de rien, une erreur regrettable bien qu’encore rattrapable, encore fallait-il qu’elle daigne fournir les efforts nécessaires.

-Vois-tu petite, nous ne sommes pas du genre à laisser la moindre place au hasard et encore moins aux informations manquantes. Tout cela est bien trop dangereux et nous n’en sommes certainement pas arrivés là en agissant de la sorte. Notre approche est bien différente de celle de se jeter sur un adversaire dans une arène pour satisfaire l'appétit sanguin de quelques bougres. Nous ne sommes pas des mercenaires, loin de là, garde bien cela à l’esprit. Alors, je te le demande une fois encore, réfléchis bien car tu n’as pas besoin de l’avoir entendu pour le comprendre, il suffit d’un peu de bon sens : as-tu une idée des compétences que nous exigeons chez nos recrues?

Tant que la jeune femme ne se serait pas reprise, il était inutile de passer à la suite. À elle de voir, donc, si elle était prête à se montrer beaucoup plus causante et de manière efficace. Quant à sa question le concernant, celle-ci resterait sans réponse. Jacob n’avait pas à le faire simplement, car ses preuves étaient déjà faites et il ne devait strictement rien à cette jeune étourdie.
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Jaheera Kya'wan
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Lun 18 Juin - 12:53
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
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"Petite". Jaheera détestait se faire prendre de haut, encore moins par quelqu'un qui n'a pas les airs d'appartenir au sommet de l'échelle de prédation. Son orgueil était grand, aussi, elle serra les dents -mais celles du côté opposé à Jacob-, pour ne pas devoir relâcher la petite pique sur l'un des bocaux qu'elle observait avec une attention toujours distraite. Ce n'était pas son plein gré qui l'avait emmenée ici, et la férale savait pertinemment que plus elle essaierait de leur complaire, plus elle se détesterait. Ce serment n'était qu'une entrave, elle n'aurait pas même un seul regret envers sa soeur si elle devait simplement abandonner cette idée. Mais le jour de sa mort, lorsqu'elle fera face à son gardien et qu'il lui demandera quel genre de monstruosité sans honneur il avait créé, pourra-t-elle seulement garder la face stoïque et le coeur tranquille lorsqu'enfin elle pourra avoir des remords ? 

- Bordel ... 

Elle se résolut finalement à jouer le jeu de Jacob et à ... s'adapter à ce qu'il demandait. La ville l'ennuyait bien trop pour qu'elle puisse vouloir recommencer une recherche pareille de toute manière. Sans doute le savait-elle déjà, mais à présent, elle ne ressortirait pas de cette porte sans conséquences. En bon ou en mal, la tournure des événements la changeraient, de gré ou de force. L'instinct qui la dominait était celui du territoire, du confort, aucune espèce n'aime les vents changeants, car souvent, ils apportent la tempête et la destruction du foyer ... foyer que Jaheera n'a jamais eu, mais toujours convoité. Il n'y avait pas d'illusions à avoir, l'Ordre ne serait jamais un substitut de maison pour elle, ni même de famille. Simplement le pont qui la lierait à l'aboutissement de son but. 

L'expression auparavant dans les nuages qu'elle arborait se durcit, au même moment où son juron vint la secouer. Se faire dresser ainsi, c'était vraiment humiliant, elle en aurait des choses à dire à sa soeur quand elle irait la rejoindre avec la liste intégrale de toutes les choses contre-nature qu'elle a faite au nom de sa promesse expiatrice. Quoi qu'il en fut, son visage se raidit et ses yeux se fermèrent le temps d'un soupir. Un long battement rythma sa respiration étendue, et une ultime expiration brève vint lui remonter les épaules alors qu'elle se redirigea devant Jacob, le regardant droit dans les yeux. Peut-être que son passé lui avait donné l'habitude de confondre tête à tête et défi, d'où l'ambiguïté possible de son regard -très serré- qu'elle propulsait droit dans le fond des pupilles de son interlocuteur.

- Je ne sais pas de ce que vous attendez de vos recrues, et vous me demandez de faire preuve de logique, alors je vais plutôt vous l'exposer comme l'on sort des cartes à jouer, au hasard. 

Elle déplia son index devant son visage, sans soulever son coude du comptoir.

- Savoir se taire, bien que votre amie, car c'est bien elle qui vous a parlé de moi, n'est-ce pas ? N'ait pas vraiment respecté cette règle de la plus belle des manières. La prudence n'a pas l'air d'être dans vos engagements, apparemment. J'aurais pu être une mercenaire de la garde que vous auriez été bien embêté, pas vrai ? Car vous ne me connaissiez pas avant que je ne m'intéresse à vous, pas vrai ? Et j'ose imaginer que le temps que vous m'avez faite attendre dans cette forêt n'a pas été gaspillé non plus. 

Elle lui adressa un sourire.

- Heureusement, je n'ai jamais été d'un naturel très bavard, et les mêmes raisons qui m'ont poussée à vous rencontrer sont aussi celles qui me forceront à me taire. 

Son majeur se déplia.

- La discipline, mais je ne fais que vous répéter après tout et vous savez déjà que ce sera un facteur à travailler avec moi. Soyez rassuré, une fois encore, les raisons qui me poussent me forceront à l'obédience. 

Son auriculaire suivit la levée.

- Pouvoir tuer sans hésitation, ni trace. Le premier n'est pas un problème, c'est le deuxième qui pourrait être contraignant. Je sais bien que vous ne faîtes que très rarement de la joute, et je sais aussi distinguer le guerrier de l'assassin.

Doucement, ses doigts se replièrent sur sa paume, alors qu'elle adressait un regard de biais à Jacob, sondant le regard qu'il lui adresserait. D'un ton plus calme, et pour une fois, presque dénué d'arrogance, elle conclut.

- Alors ? Est-ce que j'ai été chanceuse ? 


Jahee s'exprime en #cc0066
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Kharan & Zadrakh
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Mar 19 Juin - 15:19
Irys : 59988
Le changement dans l’attitude de la jeune femme n'échappe nullement à l’herboriste toujours aussi attentif au moindre mot, au moindre geste d’une Jaheera qu’il jugeait à présent bien trop sûre d’elle pour son propre bien. Celle-ci semblait avoir oublié où elle se trouvait et ne savait nullement à qui elle s’adressait. Certes, Jacob n'occupe pas une place des plus importante au sein de la guilde, tout du moins selon un point de vue extérieur. Lui savait, pourtant, que chaque chaîne avait besoin de maillon, robustes, solides, fiables afin de se maintenir en place. Un maillon cassant ou simplement fragile n’avait pas sa place dans les affaires de l’Ordre, tout comme les termes de Hasard ou encore de Chance. L’utilisation de tels mots ne faisait que conduire la gamine sur une pente déjà bien glissante.

Une fois encore, l’homme la laissa poursuivre sans l’interrompre, toujours en affichant un visage fermé et inexpressif tout en se demandant si cette femme pensait réellement chaque mot prononcé. La réponse lui parut évidente, ses gestes, ses regards parlaient pour elle affichant désormais une arrogance mal placée. Évidemment, sa façon de lui répondre un peu plus tôt l’avait bousculé, chose volontaire et indispensable pour faire réagir cette enfant au tempérament confus et visiblement capricieux. Audace, arrogance et incertitude semblaient mener un combat dont l’issue restait visiblement incertaine.

Jusque-là, l’attitude de Jaheera ne laissait rien présager de bon, même si Jacob se voyait bien placé pour savoir que la jeunesse et l’inexpérience n’étaient nullement des tares irréversible dans ce genre de cas. Lui-même fut un jour un jeune homme arrogant et sûr de lui avant de comprendre à quel point cela pouvait s’avérer dangereux. Seulement, il n’était pas juge dans cette histoire, il n’était que l’insignifiante vitrine d’une organisation bien plus imposante et bien moins visible.

D’ailleurs, le verdict prit la forme d’une minuscule fléchette à la pointe aussi fine qu’une aiguille qui ne tarda pas à pourfendre l’air avant de se planter sans la nuque de la jeune fille. Le poison ne tarda pas à faire son effet, quittant doucement la pointe pour se mêler au sang de l’audacieuse afin de l’emporter dans un doux sommeil… Enfin…

La demoiselle se réveilla un peu plus tard, probablement avec une migraine persistante. Jacob connaissait très bien les effets de la drogue, il savait que sa dissipation ne se faisait jamais sans aucun désagrément, bien au contraire, les victimes se réveillaient bien souvent avec quelques céphalées accompagnées de sifflements perçant dans les oreilles ainsi qu’une vive douleur irradiant ses membres rendus à l’état de mollusque cotonneux. Il le savait pour l’avoir fabriqué tout en cherchant à rendre le réveil toujours plus désagréable. Jaheera avait été déposée à même le sol dans ce qui semblait être une cave taillée à même la roche et éclairée par une seule et minuscule flamme appartenant à une bougie en fin de vie disposée sur une table vierge de tout objet. Inutile donc de l’attacher, la drogue jouait son rôle d’entraves à merveille, ce serait le cas, du moins, pour quelques minutes encore.

-Je pense que tu te méprends sur notre manière d’agir, petite, railla l’herboriste en s’installant sur la seule et unique chaise que comprenait la pièce.La discrétion est un atout, le silence en est effectivement un autre, tout comme la capacité de jugement. Il est évident que nous n’existerions plus depuis longtemps si nous laissions les importuns se balader librement. Alors, d’après toi, as-tu été chanceuse ?

Voilà qui devenait amusant. Non pas que l’herboriste aimait faire souffrir les autres, ce n’était pas son travail, il n’était même pas à l’origine de l’apparition de l’aiguille. Avant toute chose, avant de pouvoir permettre à cette jeune fille de faire ses preuves, il allait devoir la pousser encore…

-Il n’est jamais bon de se montrer trop sûr de soi, surtout quand on ne sait pas où l’on met les pieds. Regarde toi, tu es rentré dans une petite boutique, mais sais-tu où tu te trouves à l’instant ? Sommes nous réellement seuls dans cette pièce ? l’interrogea-t-il tout en jouant négligemment avec la flamme à l’agonie. La prudence, gamine, c’est ce qui te préservera de la mort. Pour cela, il te faudra être patiente, minucieuse et surtout observatrice pour être certaine de ne pas te faire aussi facilement avoir que cette fois-ci. Enfin, ça, c’est à supposer que tu sortes d’ici, rien est moins sûr.
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Jaheera Kya'wan
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Mer 20 Juin - 11:29
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Jaheera avait toujours eu du mal avec les coups en traître, si son code moral quotidien était absolument inexistant, elle n'en était pas moins une combattante honorable. Cette attitude n'avait toutefois rien à voir avec du respect, la férale était simplement meilleure aux duels qu'en toute autre chose. Dommage que cela ne lui serve absolument à rien, ici. Jacob avait dit vrai, ils n'étaient pas des mercenaires, aussi, la fille d'Orshin commençait à comprendre qu'elle avait beau été l'une des meilleures bretteuses de Marnaka, l'art de l'assassinat et de la joute différaient complètement. Au final, ce n'était pas sa lance qui la sauverait ici, peu importe où elle se retrouvait désormais.

C'était l'obscurité qui envahissait la pièce, sans que Jaheera ne puisse y remédier, car c'était l'engourdissement qui imprégnait ses membres et embrumait ses sens. La migraine était puissante et aucun moyen de se concentrer, pour le moment, sur l'utilisation de la magie. Pourtant, la bougie lui faisait de l'oeil. Peut-être qu'il y avait autre chose à faire. Magie et joute, ces deux-là n'avaient pas été très utiles dans le contexte présent. Il y avait certainement autre chose et il y avait toujours cette même phrase que répétait Jacob sur les compétences attendues. Enfin, il venait de les énumérer, alors à quoi bon y répondre désormais ? La férale devinait que son entretien d'embauche, peu conventionnel, certes, virait au pire. Elle laissa couler un silence, entre les paroles de son interlocuteur et une réponse qu'elle n'aurait su donner. Parler n'était pas son fort, faire preuve d'intelligence, encore moins. Et pourtant, n'était-ce pas ce que l'on voulait d'elle ?


- Pourquoi est-ce que c'est un herboriste qui m'interroge, d'abord ?!

C'est vrai quoi ! Ils auraient pu faire un effort, au lieu d'envoyer un simple intermédiaire, ils auraient pu venir en personne, non ? Si c'est le peu de considération qu'ils accordaient à leurs recrues, vraiment, quel intérêt à seulement continuer ? Toutefois, elle n'était pas encore morte, car Jaheera pouvait encore s'en faire la remarque. Elle passa sa main sur l'endroit qu'elle pensait avoir été cible de ce qui l'avait endormie, adressant un regard froissé à Jacob, non pas que ça importe.

- Et tu m'as planté ça quand exactement ? T'avais même pas de ...

Cela ne venait pas de lui, elle réalisait maintenant l'évidence même que son état végétatif lui avait dissimulée. Il y avait d'autres personnes dans cette boutique, et c'était certainement tout aussi probable pour cette cave. Quelle autre raison les pousserait à ne garder qu'une maigre chandelle qui n'éclaire pas les murs ? Jacob n'était qu'un trublion qui attirait l'attention de Jaheera sur lui, pendant que tout les autres s'amusaient à l'observer dans l'ombre. Assise, la férale se mit en tailleur, alors que sa bouche s'arrondit, comme si elle venait de comprendre plusieurs choses, ce qui était le cas.
- Vous n'êtes pas qu'un herboriste, pas vrai ? Vous les cachez dans votre boutique vos amis ?

Elle fixa son regard sur les murs invisibles, que la bougie ne voulait pas éclairer. Observatrice, hein ? c'était une qualité qu'avait Jaheera, mais seulement dans la domaine martial. Hors des combats, elle n'avait vraiment rien pour elle, pauvre fille. L'arrogance qu'elle arborait précédemment se changeait en une curieuse malice, mais innocente d'aspect. La question était pure et vidée de sarcasme, pour une fois. La férale avait bien compris, mais sans jamais oser l'avouer, que si elle voulait un jour se débarrasser de son serment auprès de sa soeur, elle allait devoir devenir meilleure, et dans tous les domaines. Tant physiques, que mentaux. Pas de chance, la première épreuve était une question de réflexion.

Si je fais s'embraser cette bougie, je suis presque sûre de les voir, c'est ça ? Tu ne te serais pas embêté à ne prendre qu'une chandelle, seulement en espérant que j'ai peur du noir, pour m'intimider, si ? Quant à là où nous sommes, j'imagine que ton herboristerie se trouve juste au-dessus. Transporter un corps inconscient dans les rues, sans se faire remarquer, ça doit être compliqué.

Il devait également y avoir une raison pour que ce soit Jacob qui la jauge, il n'était pas un simple herboriste, c'était certain, mais pourquoi était-ce lui qui s'occupait de cela ? Eh bien, il n'y avait qu'à demander.

- Pourquoi est-ce que c'est vous qui m'interrogez ? Vous êtes qualifié pour ça ? Vous êtes un des ... "chefs" de l'Ordre ? Après tout ce que je viens de traverser, j'ai bien compris que vous ne faisiez rien au hasard, alors, pourquoi vous ?


Jahee s'exprime en #cc0066
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Kharan & Zadrakh
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Jeu 21 Juin - 20:37
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L’observant depuis sa chaise, l’herboriste gardait le silence se contentant de jouer avec la flammèche qui ne fournissait qu’une maigre lueur. Il lui avait demandé de réfléchir, ce qu’elle semblait faire, à sa manière. Il ne prit donc nullement la peine de répondre à ses interrogations, elle devrait raisonner seule dans le but de sortir de cette bien sombre pièce, et lui n’était certainement pas là pour l’aider, mais pour la tester.


Visiblement, ses réflexions portaient leurs fruits, tout du moins en partie. Certaines choses pouvaient paraître évidentes tandis que d’autres l’étaient beaucoup moins. Le manque d’observation de Jaheera risquait de lui attirer quelques ennuis. Si ce n’était pas ici, ce serait lors de l’exécution d’un contrat, choses qu’ils ne pouvaient se permettre. Les erreurs se payaient très cher au sein de l’Ordre, la chose leur été d’ailleurs tout bonnement interdite… Le pensait-elle si peu malin ? Comme pour le prouver, Jacob se leva, soupirant tout en contournant la table pour se placer derrière la bougie.

-Il semblerait que tu aies besoin d’une leçon, petite, déclara-t-il avant qu’un sourire ampli de malice ne s’esquisse sur son visage.Les choses sont rarement ce qu’elles peuvent paraître.

Sans la toucher, la flamme s’intensifia brusquement, éclairant brièvement la cave en apparence vide de toute vie, avant de revenir à son état initial, voir même plus faiblarde encore.

-Tu as raison sur quelques points cela dit. Tu te trouves sous la boutique, à peu de choses près, cela dit. J’utilise cette cave pour la culture des champignons. L'environnement sombre et humide y est propice et comme tu as pu le voir, je n’ai aucune difficulté à y apporter un peu de chaleur. Une seule bougie suffit, tu ne penses pas ? J’ai horreur du gaspillage...

Il retourna ensuite s’asseoir tranquillement sur sa chaise, croisant nonchalamment une jambe sur l’autre ce qui lui donnait une allure bien plus décontractée. Il garda volontairement le silence quelques secondes, le temps de permettre à Jaheera de réfléchir plus efficacement.

-L’idéal, dans notre cas, est de se rendre parfaitement invisible aux yeux des autres. Il y a maintes façons d’agir pour cela. Pour ma part, je préfère me montrer, m’intégrer au sein d’une communauté. Officiellement, je suis donc Jacob, herboriste renfermé et exigent… Néanmoins, je suis aussi autre chose… Ou alors, je ne suis personne et je te mène en bateau depuis le début… Qui sait ?

Il ne pouvait répondre au reste, ni même l’aiguiller sur la bonne piste. Il n’en n’avait d’ailleurs ni le pouvoir, ni même l’envie. C’était à elle et à elle seule de comprendre à qui elle s’adressait réellement. Il n’y avait rien de si difficile là-dedans, il lui suffisait de se remémorer certains détails de sa convocation… Invisible aux yeux des ignorants, le responsable se tenait pourtant bien là, observant la jeune femme, cherchant dans ses regards, ses attitudes si elle méritait d’aller plus loin, ou si elle représentait qu’une ardoise à effacer.

-Je vais te laisser partir pour aujourd’hui, nous te recontacterons bientôt. Inutile de te dire de garder ta langue et de ne pas chercher à me rencontrer, n’est-ce pas ?

Il quitta ensuite la cave, sans oublier d’éteindre la flamme au préalable en espérant que l’obscurité aiderait les idées de la jeune femme à se remettre doucement en place… Et puis… Il ne fallait pas gâcher la bougie. Jaheera, retiendrait-elle cette leçon ? Jacob en doutait fortement, il n’avait nullement confiance en cette gamine arrogante. Néanmoins, la décision ne lui appartenait pas, même si en un sens, l’herboriste était curieux de voir comment Jaheera allait s’en sortir...


La gamine se retrouvait donc seule dans le noir silencieux, ou presque… Un léger bzzz lui caressa l’oreille avant de disparaître à son tour, à la suite de l'herboriste.


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Jaheera Kya'wan
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Ven 22 Juin - 10:08
Irys : 256951
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Au moment où la bougie fut vidée de son seul dessein utile, Jaheera sentit les sons qui vibraient dans sa proximité s'amoindrir, s'effaçant jusqu'à un bourdonnement, puis jusqu'à la torpeur d'un silence aussi profond qu'insondable. Rien n'indiquait quelconque trace de présence autour d'elle, mais la boutique aussi lui avait laissée cette impression, et pourtant, il y avait bien quelqu'un d'autre dans la pièce. Elle ne se laisserait pas ravoir, pas deux fois. Même si l'envie de pousser une gueulante ne lui manquait pas, elle parvint -pour une fois- à fermer sa grande bouche. Hors de question que ce soient ses propres bruits qui trahissent sa présence. Ils pourraient la voir, trahir les règles naturelles et percer les ténèbres via la nyctalopie. Si elle était observée par des yeux étrangers, alors il était probable que pour eux, l'obscurité ne soit qu'une simple formalité, tout en assurant que leur potentielle recrue, qu'incarnait la férale, ne fasse pas trop de bêtises.

Celle-ci n'avait aucune confiance en Jacob, aussi, elle se permettait de garder ses doutes quant à leur absence véritable. Plus d'une fois ils avaient démontrés que la loyauté n'était pas leur fort. Clairement, Jaheera était bien embêtée par cela, mais elle savait tout autant que l'accomplissement de sa promesse ne passerait pas par le duel en un contre un. Comme eux, elle devrait apprendre à ne pas se faire voir tout en gardant un oeil dissimulé derrière un voile sombre telle la nuit. Son caractère avait dû déplaire à son charmant interlocuteur, mais même en étant persuadée qu'elle n'avait rien fait de mal, la férale se promit qu'elle garderait le silence, la prochaine fois. Après tout, ce n'était pas pour elle qu'elle faisait tout cela, le plaisir n'avait pas sa place dans son serment.

Se levant sans un bruit, la fille des faunes avança tout droit, fermant ses yeux pour ne pas les fatiguer en vain. Sa paume toucha la froideur d'une des parois qui entourait le petit repère souterrain, la faisant glisser contre celui-ci, elle fit le tour de la cave. Pourtant, lorsqu'elle était persuadée d'en avoir fait la complète visite, elle ne trouva ni sortie, ni anomalie dans la structure qui aurait pu indiquer un passage secret. Peut-être que ça avait un lien avec le bourdonnement qui s'était accroché au silence, mais quoi qu'il en fut, Jaheera se laissa couler contre une des façades. Son obsession pour la liberté et ses longues années en captivité lui avaient fait se développer une profonde aversion envers les endroits clos. Ou plutôt, une peur proche de la claustrophobie. Proche des larmes, mais trop fière pour seulement vouloir en verser une susceptible d'être perçue, elle se contenta simplement de rouvrir ses yeux dans le vide, à attendre qu'ils s'adaptent à l'obscurité.

La bouche tremblante, elle réprima sa peur dont elle n'aurait su supporter l'affront et vint chercher un peu de courage au fond de son coeur, non pas dans l'optique de se mouvoir, mais dans l'objectif de réfléchir. Il était hors de question qu'elle ne donne raison à Jacob, à rester aveugle et ignorante. Il y avait forcément quelque chose qu'elle avait loupé. Elle repensa à la petite bête qui était venue la chercher en premier lieu, la manière dont elle s'était échappée à l'autre bout de la pièce. Le message qu'elle portait et ce qu'il renfermait. La signature indiquait un O, mais cela ne prouvait rien d'autre, mis à part le fait que ce soit l'ordre qui l'avait contactée. Quelque chose n'allait pas, un détail, certes ... mais c'étaient les détails qu'on lui avait demandé de trouver, n'est-ce pas ? L'écriture sur la lettre était magnifiquement dessinée, mais en contraste, la plume de Jacob, elle, ne formait que des gribouillis informes.

Pour Jahe, il n'y avait aucun doute que ce n'était pas un problème d'application, l'attitude de son interlocuteur ne laissait pas penser qu'il était pressé lorsqu'il écrivait devant elle. Cela signifiait sûrement que quelqu'un d'autre que lui l'avait observée et analysée durant tout son repos dans la forêt. Jacob n'était pas véritablement celui qui la mettait à l'épreuve, comme elle le pensait, il n'était qu'un bouffon qui servait à centrer son attention sur lui. Mais elle jouerait le jeu selon leurs règles, maintenant qu'elle était presque persuadée qu'il y avait des yeux espions autour.

Patiemment, elle attendait que l'obscurité ne devienne plus qu'une grisonnante pénombre, assise, les genoux ramenés contre son buste et le menton posé sur leur surface. Et lorsqu'enfin le vide qui lui faisait face s'efface, il dévoile une simple porte, rien d'autre qu'une porte qu'elle avait loupée. Si ça aussi c'était un test, elle venait de lamentablement le rater, mais il était bien trop tard pour les regrets. Aussi, Jaheera ne comptait pas rester une seconde de plus enfermée, et décida de sortir d'ici pour retrouver l'air frais de sa clairière qu'elle avait quittée. Sortant de la boutique, elle se redirigea vers son repos, hâtive de retrouver la chaleur d'un feu et les murmures de la nuit.


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Kharan & Zadrakh
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Ven 22 Juin - 19:15
Irys : 59988
À première vue, personne ne se souciait de la gamine aux cheveux blancs. Durant toute une semaine, ils la laissèrent sans aucune nouvelle, ni aucun signe encourageant concernant sa candidature. Le but était simple : tester sa motivation, sa patience et sa persévérance, jusqu’à la mener au doute, à l’envie de renoncer, de fuir… Même si la chose ne serait certainement pas aussi simple. Pourtant, la jeune femme était restée là, dans son petit coin de nature, loin de la ville et de son agitation somme toute coutumière.

La solitude semblait habituelle chez elle, comme si elle éprouvait quelques difficultés à supporter la présence de ses semblables. Chacun de ses gestes était minutieusement observé, de jour comme de nuit. Une façon d’en apprendre plus sur cette potentielle recrue, certes, mais il s’agissait surtout de s’assurer que la belle arrogante saurait tenir sa langue jusque-là bien trop pendue.

Au terme de cette période, le Khulgana refit son apparition, tenant dans sa large gueule, un nouveau parchemin imprégné de sa salive épaisse. Cette fois, il resta à distance de la jeune femme, la dévisageant un instant avant de “cracher” son message et de reprendre sa route, comme si de rien n’était.

Citation :

« Tâchez d’ouvrir vos yeux et vos oreilles en la taverne du Chat maudit. La belle aux longs cheveux noirs aime, la musique, l’alcool et les longs discours. Peut-être saura-t-elle se montrer bavarde quant au sujet qui nous intéresse.

Vous ne devrez pas agir de votre propre chef, contentez vous de récolter les informations et de les remettre à Jacob.
PS: N’oubliez pas que “patience est mère de sûreté.”

O. »

Jaheera pouvait se montrer frustrée par une telle mission, il ne s’agissait pas de tuer, comme beaucoup aurait pu le croire. Le travail des assassins ne s’était pourtant jamais résumé à un vulgaire meurtre dans une rue sombre et déserte. Il leur était demandé de se renseigner au mieux avant d’agir. Patience et observation, car il n’est jamais bon de se jeter tête baissée dans une action. La jeune femme avait montré son impatience et un manque d’attention plutôt regrettable. Voilà sur quoi elle serait testée cette fois-ci.

La fameuse taverne aimait accueillir divers artistes itinérants. Chaque soir, ils étaient nombreux à se produire sur une scène usée aux planches grinçante, contre un repas chaud et une chambre vétuste située à l’arrière de la bâtisse. La plupart des clients étaient à l’image de leurs hôtes musicaux. De simples voyageurs de passages venant se repaître de volailles rôties ou de jambon fumé devant un spectacle souvent improvisé.

Néanmoins, comme les choses ne sont que rarement ce qu’elles semblent être, la grande salle animée servait également de lieu d’échange entre personnes plus ou moins bien intentionnées. Il s’agissait souvent d’habitués, venant “commercer” avec ces gens de passage. S’échangeant quelques informations relativement croustillantes sur certaines personnes plus ou moins intéressantes…

Laeah était justement l’une de ces habitués. Elle s’asseyait chaque soir au comptoir, commandant toujours la même boisson amère à la mousse aussi généreuse que sa chevelure d’ébène. Un œil extérieur ne verrait là qu’une jolie femme savourant sa coupe tout en écoutant la musique des ménestrels, se faisant parfois aborder par quelques hommes d’allure plutôt modeste. Les messes basses s’échangeaient, parfois ceux-ci disparaissaient ensemble quelques minutes avant de réapparaître plus tard et de se séparer.

Étrangement, il se passait toujours quelque chose dans le quartier peu après. Un vol, un meurtre ou une simple disparition… Mais était-ce réellement lié à Laeah ?
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Jaheera Kya'wan
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Sam 23 Juin - 15:28
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
Ouvrir les yeux. Ouvrir les oreilles. Ne pas agir. Jaheera n'avait pas fait immensément de contrats, ni de missions spéciales pour des organisations assassines, mais toutefois, elle ne s'attendait pas à ce qu'elle soit missionnée à passer du temps dans un établissement à boire et observer quelqu'un. Brune et belle, c'est ce qu'elle avait retenu du message, qui plongeait dans des détails bien trop subtiles pour que la jeune missionnée n'en attrape pas une migraine. Elle s'était donc focalisée sur sa mission, énoncée plus ou moins clairement dans le deuxième alinéa. Seule question qui subsistait, quelles informations ? Elle ne connaissait pas le but de sa récolte, mais si l'ordre jugeait qu'il n'était pas nécessaire de lui en informer, alors elle ne contesterait pas plus. 

Elle entra donc dans la taverne, après avoir réfléchi pendant une demi-journée à l'approche qu'elle utiliserait (tout en profitant des quelques rayons de soleil auxquels elle avait droit), pour au final conclure que de par son habit négligé, presque féral, elle attirerait forcément quelques coins d'oeil. Autant se conduire telle que son image la présentait, comme une rustre sans éducation. Se la jouer fine, c'était pour les gens avec des capes et des manteaux, trop dark ténébreux pour que le commun des mortels ne puisse avoir l'honneur de voir leurs visages. Au final, Jaheera ouvrit la porte de l'établissement avec force, tout en retenant la poignée. Avoir de l'attention, c'était bien, en avoir trop, c'était risquer l'éjection. Au final, la musique continuait, et elle n'était qu'une cliente parmi quelques autres, habits mis à part. Vu l'ambiance, c'était pas une ouverture de porte qui allait tout bousculer. 

Elle jeta un regard à peine discret tout au long de la taverne, comme n'importe quel itinérant qui jaugerait l'établissement qu'il viendrait visiter, avisant si l'endroit ne méritait que l'on y reste. Au final, elle ne fit que s'asseoir à la première table venue, en ayant posé son oeil sur le comptoir. La cible supposée y était, elle avait aperçu ses boucles ébènes dans son balayage analytique. Le point de vue que sa position lui offrait était tout à fait classique, bien qu'elle bouchait un peu la vision des musiciens de par sa proximité avec la porte d'entrée. Il était assez tôt dans la soirée, et, comme l'avait dit le message, "patience était mère de sûreté". Alors, elle emprunta la flamme de la bougie devant elle, et se mit à jouer avec, la faisant se balader entre ses doigts et s'amusant à dessiner quelques petites formes devant ses yeux. 

Jaheera se demanda si sa cible d'informations allait bouger de l'endroit. Auquel cas, elle devrait trouver un moyen de la suivre sans qu'elle ne le remarque. Une petite réflexion la fit remercier Orshin de lui prêter son art, aussi, elle se mit à sonder les environs à la recherche d'un petit espion qu'elle pourrait posséder. Elle suspectait déjà que l'endroit n'abrite quelques nuisibles, vue la vieillesse du lieu. Sinon, les rues autour pourraient certainement receler un chien errant, ou bien un oiseau nocturne qui volerait dans les environs. Cette dernière alternative serait la moins préférable, les battements d'aile ont le don de briser le silence. Sauf pour une seule espèce de volatile, les chouettes. En trouver une tiendrait du miracle, mais qui sait ? Orshin était un gardien généreux avec sa disciple. Mais un rat ferait tout aussi bien l'affaire.
Quoi qu'il en était, elle aurait bien été se trouver à boire aussi. Mais elle connaissait les effets de l'alcool sur son organisme, la férale le tenait aussi bien qu'un bambin daënar. Un jus de fruit aurait été paradisiaque, Jaheera étant particulièrement friande du sucre. Ce ne serait pas un petit péché qui allait condamner son âme de toute manière.


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Kharan & Zadrakh
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Lun 25 Juin - 13:37
Irys : 59988
Comme à son habitude, Laeah observait la salle de ses perles de ses perles brunes comme pour s’assurer de la présence de personnes intéressantes… D’hommes en particulier. Parce que même si sa présence en cette taverne n’était en rien dû au hasard, rien ne l’empêchait de joindre l’utile à l’agréable, et ce, plusieurs fois par soir, si l’envie lui prenait. Ce soir-là, donc, la belle aux cheveux noirs se régalait d’un nouveau spectacle de musique et de visages nouveaux. L’animation de la grande salle lui assurait autant de divertissement que de sécurité, car peu de monde, finalement, ne prêtait attention à elle, mis à part ses “interlocuteurs”.

Elle en était d’ailleurs à sa deuxième coupe mousseuse lorsqu’un homme encapuchonné se plaça à son côté faisant mine de s’intéresser au tavernier plutôt qu’à elle… Laeah n’aimait pas ce genre de personne au visage couvert, en voulant paraître discret, ceux-ci attirait plus d’attention qu’une femme hurlant détresse.

-On dit que c’est par toi que l’on passe lorsqu’on a besoin de… travailler.

La belle, surprise, leva les yeux vers cet inconnu, se demandant qui diable avait pu lui dire une telle chose. D’ailleurs, elle ne se gêna pas de l’interroger à ce propos. Prenant la coupe à ses lèvres afin de les dissimuler à la vue des curieux, elle murmura :

-Et qui serait responsable de ces inepties?

L’homme murmura à son tour un nom à peine audible, quelque chose ressemblant vaguement à “Morn” ou “Marn”... Laeah , elle-même n’était pas sûre d’avoir bien entendu, néanmoins, cela était parfaitement inutile puisque personne dans son entourage ne portait un nom avec une telle sonorité. Méfiante, elle plissa donc les yeux, attendant que l’inconnu ne développe. Après tout, il n’était pas rare que certaines personnes ne cherchent à entrer en contact avec elle par ce genre de billet. Raison de plus, donc pour se tenir sur ses gardes.

-Il doit y avoir erreur sur la personne, je ne connais pas ton ami et je n’ai aucun… travail à proposer. Je ne suis qu’une cliente comme une autre et là, tu m’empêches de voir le spectacle...

L’inconnu parut aussi déçu que surpris, mais Laeah n’en n’avait que faire, sa sécurité comptait bien plus à ses yeux que de perdre un pion. Hors de question d’accepter n’importe qui… Tandis que l’homme s’éloignait, la belle s’en retourna à ses contemplations curieuses… Cherchant, cette fois-ci, à croiser un regard inquisiteur accompagnant la venue de l’encapuchonné. On lui avait appris à se méfier de ce genre d’entrevue malhabile, car même si bien souvent cela n’était qu’il simple malentendu, il pouvait arriver que cela même à bien plus grave…

Finalement, elle croisa le regard d’une jeune femme aux cheveux blancs, jouant p avec la flamme de la bougie devant-elle. Pourquoi ne regardait-elle pas les deux troubadours jouant un numéro des plus burlesques arrachant quelques rires aux spectateurs alentours.

Peu désireuse de prendre quelques risques inutiles, Laeah se tourna avec grâce tout en se délestant de quelques pièce correspondant au montant exact des consommations de la soirée. Une fois la dette acquittée, elle se leva avec nonchalance avant de disparaître par la porte menant à l’arrière du bâtiment.

Demain est un autre jour...
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Jaheera Kya'wan
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Lun 25 Juin - 15:16
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
Voyant sa cible sortir de la pièce après avoir conversé de manière très courte et très basse avec un second parti, Jaheera eut pour première pensée, "Je n'ai plus rien à faire ici". Mais c'était tout à fait faux, il y avait beaucoup à boire et au final, elle avait toujours soif. Elle attendit donc qu'on vienne s'occuper d'elle avant de commander tout ce qui serait nécessaire, et/ou utile à son confort. Bien évidemment, la férale aurait préféré se détendre en extérieur, mais quitter la pièce immédiatement après la jeune femme aurait pu être une action relevée par certains comme une coïncidence bien trop hasardeuse. Et puis elle avait besoin d'un peu de temps pour réfléchir. Notamment sur ce "travail" dont la brune se défendait de ne rien savoir.

Elle avait renvoyé ce foutredieu qui savait trop bien être discret, si bien qu'il avait même avec lui l'attitude ténébreuse de l'espion qui ne veut pas se faire voir. Les gens s'embrouillaient bien trop pour ne pas se faire remarquer, se disait Jaheera, il suffisait de se laisser aller. Aussi, elle avait confirmé la présence de quelques rongeurs qui pourraient s'avérer fort utiles pour combler l'écoute qu'elle n'aurait pas. Son regard peu analytique le fut assez pour avoir le bon réflexe de vérifier le réseau des poutres qui maintenaient la toiture de l'auberge. Une assiduité dont elle n'aurait jamais cru faire preuve, et pourtant elle se retrouvait à prévoir ce qu'elle ferait le lendemain. Les choses qu'on ne ferait pas pour être libre ... franchement quelle plaie.

L'espionne resta donc quelques heures supplémentaires avant de repartir au travers des rues à se balader un peu au hasard dans la ville. Bien évidemment, au final elle revenait toujours vers la faune, car le meilleur endroit pour dormir était toujours couvert par le ciel, non par un toit. Elle ne comptait pas retourner directement dans la taverne ... ou du moins, pas directement.

Lorsque revint le soir, le lendemain, Jaheera n'était pas présente parmi l'assemblée. Une petite silhouette attendait dans un coin de la pièce, incrustée entre la base d'un mur et le pied d'une table au demeurant vide. Patiemment, la férale qui se trouvait à quelques kilomètres de l'endroit avait attendu que l'attention globale ne se capte vers les musiciens pour faire monter sa petite espionne sur la poutre. Elle ne s'exécuta que lorsque la musique reprit, se plaçant au-dessus de femme à la chevelure d'ébène. La possession n'était pas si exhaustive, au final, ce n'était qu'un rongeur. Et même si le lien devait s'arrêter, la disciple d'Orshin avait bien avisé son envoyée de ses attentions, ainsi que de la récompense qui suivrait si elle accomplissait sa mission avec brio.

Rampant sur son support, la petite attentive se couchait de son long pour ne pas laisser les bougies du bas éclairer sa petite forme. Jaheera se sentait au loin, comme un écho lointain, mais bel et bien une résonance éclairée. Elle sentait encore le vent sur sa peau et entendait son murmure. La possession était sa spécialité, après tout, faute de savoir invoquer correctement. Seule la patience escomptait désormais. L'immaculée se souvenait un jour avoir été une jeune fille qui n'attendait que la mort, recroquevillée parmi d'autres condamnés. Elle avait fini par avoir besoin d'attendre plus longtemps encore, bien plus longtemps que n'importe quel autre gamin de son âge, qu'elle ne vienne la chercher, et même maintenant encore, elle l'attendait. L'ordre se trompait sur un point, elle avait plus de patience qu'elle ne le laissait transparaître.

Mais elle comptait bien leur montrer.


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Kharan & Zadrakh
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Lun 25 Juin - 21:04
Irys : 59988
Le lendemain, lorsque Laeah entra dans la taverne du Chat Maudit, elle le fit en observant avec la foule avec une attention toute particulière. Ce soir-là, il n’y avait pas grand monde attablé devant la scène occupée par un seul ménestrel jouant un air quelque peu mélancolique sur une cithare mal accordée. La femme aux cheveux blancs ne s’y trouvait pas, fort heureusement. L’homme à la capuche non plus, même si elle aurait eut bien du mal à le reconnaître sans son accoutrement de la veille. Une fois rassurée, la jeune femme reprit sa place habituelle et commanda sa première bière… Une chope et non une coupe, un détail quelque peu changeant que seul les personne connaissant le code pouvait saisir.

Un homme aux cheveux aussi noirs que les siens ne tarda pas à la rejoindre.

-Les lunes sont plutôt basses ce soir,lança-t-il négligemment en s’accoudant au comptoir sans pour autant l’observer.

-C’est signe de mauvais temps pour demain,répondit-elle en portant sa chope à ses lèvres afin de boire une gorgée de sa bière tiède.

Le code avait été donné avec une précision parfaite. Tout y était, des mots à l'intonation en passant pas sa posture et ses gestes. Enfin, en confiance, Laeah se permit se poursuivre.

-A l’aube, les paniers seront pleins sur la place des maraîchers. Au nombre de trois, ils devront disparaître… Mieux, ils n’ont jamais existés.

-Combien par paniers?

-Une centaine de fleurs aux pétales blancs, à condition toutefois d’apporter la preuve.

- Evidemment. Le Monarque, est-il rentré?

Sa chope encore en main, la belle prit le temps d’observer son interlocuteur tout en affichant une expression donnant tout l’air d’un jeu de séduction. Elle bu une nouvelle gorgée tout en lorgnant l’homme de ses prunelles sombres, avant de reposer doucement sa chope et de s’approcher de lui. Leur corps se frôlaient, les lèvres de la femme se posèrent doucement sur l’angle de la mâchoire de l’inconnu aux cheveux noirs. Elles remontèrent tendrement jusqu’à son oreille avant de lui susurer:

-Il n’apprécie guère d’être ainsi nommé en pareil lieu. Les murs ont des oreilles, mon chat et notre oiseau aime la discrétion avant tout. Tâche de t’en rappeler si tu tiens à la vie.

Surprit par les paroles de la belle, l’inconnu se raidit brusquement, avant de s’écarter de son interlocutrice qui affaichait toujours cette expression aguicheuse amplie d'une gourmandise parfaitement feinte.

-Je te demande pardon, mais j’aimerais le voir.

-Je lui en parlerai. Occupe-toi d’abord de ces paniers, ensuite nous envisagerons une rencontrre. Si toutefois le maître t’en estime digne.

Après l’avoir salué, l’homme quitta la taverne sans plus de cérémonie. Laeah resta un moment seule, à finir tranquillement sa chope. Elle commanda ensuite une coupe de vin et plus personne ne vint l’importuner.

Le lendemain, aux premières lueurs de l’astre, trois marchands furent assassinés sur la place des maraîchers. Néanmoins, personne ne le sut, car les corps disparurent tout aussi rapidement…
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