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Chroniques d'Irydaë
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 Une entente éphémère

Zora Viz'Herei
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Ven 24 Aoû - 4:52
Irys : 2016303
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Elle ne prend pas la peine de réprimer un long bâillement. Son regard passe du colosse ensanglanté à la serrure récalcitrante tandis qu'elle se demande ce qui l'irrite le plus: le fait que le barbare ait survécu face à des mages ou que l'infidèle n'ait pas encore crocheté la serrure? Elle tapote finalement du pied das le but de rappeler à la blonde qu'ils n'ont pas toute la journée et qu'il serait de bon ton de s'activer un peu. Et peut-être aussi pour l'embêter un peu, par principe!

Le fait est que l'étrangère finit par leur libérer l'accès vers la liberté. Ou, plutôt, vers une cour intérieure assez spacieuse et étonnement déserte. Zora s'arrête un instant pour observer les premières lueurs du jour se disputer avec l'obscurité de la nuit. Elle marque ensuite un temps d'arrêt à la hauteur du puits dont elle prélève de l'eau pour se débarbouiller le visage et la nuque. En revanche elle choisit d'ignorer la requête - l'ordre? - de leur cambrioleuse en herbe. Bloquer la porte? Pour quoi faire? Möchlog l'aidera de toute façon à s'évader. Les problèmes qui pourraient se présenter seront, au pire, anecdotiques. Et, au mieux, distrayants...
"Tu n'es pas très marrante dans ton genre, toi!" reproche-t-elle à la blonde. "Comment feront les gardes pour nous rattraper si nous les empêchons de nous suivre? Je veux les voir brûler vif Eylohr, moi!"
Mais le gredine est déjà en train d'escalader des tonneaux avec l'espoir, semble-t-il, d'user de l'une de ses hérésies pour rejoindre les toits. De la provocation? Même Eylohr a le bon goût de se limiter à une simple hache... Reste à savoir si c'est parce qu'il est doté d'une certaine dose de jugeote ou s'il est trop bête pour avoir recours à des objets trop complexes, cela dit. Elle disserte un instant sur la question avant de lâcher un vague soupire et mettre un peu la main à la pâte.

La fanatique se dirige donc vers le toit le plus proche avant de dresser un bouclier, puis un suivant, qu'elle emploie comme les marches d'un escalier pour atteindre la hauteur souhaitée. Ce qui lui évite de devoir faire la pitre sur un tonneau et - plus important encore - de devoir compter sur l'aide d'une hérésie daënar. Elle ne se prive d'ailleurs pas de décocher un regard empli de suffisance à la blonde comme pour souligner la supériorité déjà évidente des Architectes sur Technologie.
"Bon courage pour hisser le gros sur le toit!" s'amuse-t-elle. "Quelque chose me dit que ça va être épique!"
En tout cas elle est curieuse d'assister à ce spectacle. C'est pourquoi elle s'installe aussi confortablement qu'elle le peut sur les tuiles afin de ne pas perdre une miette des futurs instants. Le colosse doit peser à peu de choses près le poids d'un d'erch... Ho oui, la scène sera fascinante. Que Möchlog soit béni pour tous ces instants privilégiés qu'Il lui offre!

L'ennui c'est que l'alarme est finalement donnée sous la forme d'une cloche agitée frénétiquement. C'était prévisible et ce n'était qu'une question de temps avant que leur évasion soit remarquée. Zora est même étonnée qu'il ait fallu si longtemps aux soldats pour réagir! Il est temps d'entrer dans le vif du sujet! Et de dépenser les forces que la rouquine aura économisée jusque-là.
"Ce n'est pas trop tôt..." soupire-t-elle d'aise.
Les premiers éclats de voix étonnés ne proviennent pas du couloir qu'ils viennent de quitter mais d'une cour attenante à celle dans laquelle ils ont déboulée. La fanatique se baisse pour rester cachée derrière l'arrête du toit. Et elle découvre au passage les portes qui marquent le seuil de la liberté. Ainsi qu'un chariot, la cage qu'il supporte et l'homme qui se trouve à l'intérieur. Une autre erreur judiciaire?
"Il y a un chariot, là derrière!" annonce-t-elle avant de se rappeler que la blonde ne sait sûrement pas ce que c'est. "Une espèce de Voile-ture, si tu préfères!"
Les mots daënars n'ont pas le moindre sens et ne représentent jamais la réalité. Leurs curieux véhicules à roues n'ont pas de voiles, par exemple. Mais au fur et à mesure qu'elle arpentait Daënastre, Zora a bien vite appris à ne pas chercher une once de logique chez leurs arriérés cousins.
"On va le réquisitionner!" annonce-t-elle joyeusement. "Mais d'abord, on fait le ménage!"
Et c'est donc avec une assurance totale que la rouquine se dirige à présent de l'autre côté du toit qui sépare les deux cours avant de se laisser choir au sol. Le craquement sinistre qui retentit - aussitôt suivi d'une douleur fulgurante dans sa cheville- lui annonce qu'elle ne s'est pas réceptionnée aussi aisément qu'elle le souhaiterait. Elle n'aura qu'à dire que c'était pour faire diversion...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

Spoiler:
 
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Eylohr Lothar
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Lun 3 Sep - 22:54
Irys : 950875
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2
  • Décidemment, se retrouver dans cette prison était la chose la plus embarrassante qui était arrivée au colosse venu du Nord. Coincé entre une technophile effarouchée à chaque bruit peu discret et une magicienne fanatique ne jurant que par sa dévotion envers un Architecte qui n’en a cure de son existence, Eylohr semblait être le seul capable de faire face à une évasion sanglante. Comment s’échapper de cette prison, si ce n’est en se frayant un chemin à grands coups de haches ? Face aux magiciens et à leurs armes invisibles, mieux valait user de cruauté et de violence. Dans un tel contexte, Eylohr semblait décidemment le plus apte à mener cette situation à bien et qu’importe la quantité de cadavres laissés derrière son sillage.

    Eylohr suivait alors ses deux compagnonnes imposées à sa volonté, comme si l’infortune n’était pas déjà assez présente comme cela. Son crâne, son visage, sa poitrine, ses bras et ses mains étaient ensanglantés d’un flux qui continuait de perler par moments depuis les extrémités de ses doigts, et sa chemise était entachés par les viscères de ses précédentes victimes. Il était poisseux et il faisait peur à voir. Machinalement, il passa sa main libre sur le saillant de sa mâchoire laissant ainsi pour chaque doigt une trace rougeoyante qui se marièrent parfaitement avec le reste de son visage souillé de sang. Alors qu’il rejoignait la cour intérieure, il passa devant le puit et ne s’y arrêta que pour prendre plusieurs grandes lampées afin de rassasier une soif inassouvie depuis bien longtemps. Les prisons Mytränes ne sont pas très bien gardées, certes, mais elles ne sont pas non plus agréables à vivre. Nul doute que ses geôliers auraient oublié de le nourrir et de l’abreuver et qu’il serait mort misérablement. Mourir comme un lâche ? Dans une cellule ? Loin de sa terre natale ? Dans des conditions déplorables ? Oh non, il n’était pas passé par le feu et la glace, par la mer et les vents, par le sang et la mort pour mourir aussi misérablement dans une cellule humide oubliée de tous.

    Mais voilà que les autres commencent à échafauder des plans alambiqués pour sortir de cette cour sans dommage et recouvrer la liberté. La technophile évoque une idée intelligente : bloquer la porte afin de ralentir nos éventuels assaillants. Sans perdre un instant, le colosse venu du Nord chercha autour de lui. Le fameux puit était là, il y avait une charrette vide et une autre pleine d’amphores, quelques tréteaux de bois par-ci, par-là et plusieurs paniers d’osiers. Un beau fouillis mais qui saurait se montrer utile. Eylohr prit deux grandes et larges planches et les disposa au travers de la porte, là où elles étaient supposées être pour fermer la voie. Eylohr avait juste eu le temps de condamner la porte que la technophile devenue « cheffe » se trouvait déjà sur le toit, bientôt suivie par la fanatique, laquelle s’était targuée de vouloir voir Eylohr grimper à son tour, assurant un spectacle risible à ses yeux. La garce s’était même plantée sur le toit, bien résolue à se délecter du spectacle. Mais elle avait raison sur un point : Eylohr pesait le poids de deux voir trois hommes. Ce poids oscillait d’ailleurs suivant les périodes de faste et de restriction. Lorsqu’il était à sa forge, son hygiène de vie couplée à un travail harassant le transformèrent en un véritable colosse aux muscles de marbre et au buste aussi fort qu’un solide chêne. A cette époque, son poids dépassait parfois le double quintal, lui assurant une stature imposante et une force colossale. Aujourd’hui, avec la vie en mer, quelques-uns de ses kilos disparurent aux grès des flots mais il n’en restait pas moins un homme aux proportions gigantesques pour le commun des mortels. Mais l’heure n’était pas à la rêverie ni à la mélancolie. Non, l’heure était à la survie et à la fuite loin de cette prison, de cette terre infâme et de ces personnes trop dangereuses pour sa survie. Continuer avec les deux donzelles dans les parages n’était pas bon signe.

    Impossible de grimper sur le toit. Si sa taille lui permettait d’attraper aisément le rebord pour s’y hisser, les tuiles et la charpente ne sauraient probablement pas supporter son poids, en tout cas, pas suffisamment longtemps pour qu’il puisse grimper et avancer. A coup sûr, les rebords céderaient et la fanatique n’en serait que trop heureuse. Hors de question de voir un seul sourire de plus sur le visage de cette femme qui devrait déjà être morte depuis longtemps. Alors, Eylohr décida de ruser. Il prit les deux charrettes et les ajusta de sorte qu’aucune ne puisse bouger. Les tréteaux furent disposés de sorte qu’un petit pont soit construit, sur lequel Eylohr pourrait prendre appui. Première tentative. Les craquements des planches n’augurent rien de bon, mais Eylohr persévère. Et ce qui devait arriver, arriva. Les planches cédèrent sous le poids du colosse qui était bien mal réparti à cause d’une mauvaise posture et le géant, qui avait la tête au-dessus du toit, descendit brusquement de plusieurs dizaines de centimètres et disparut de la ligne de vue du toit. Eylohr réitéra alors, mais plaça plusieurs planches les unes sur les autres. La, point de craquements. Eylohr pu alors de nouveau monter sur les planches et prendre appui sur le toit et, d’un bond, se retrouver sur celui-ci. Mais la fanatique avait disparue. Tiens ? Est-ce que quelqu’un avait enfin pu ôter la vie à cette erreur humaine ?

    Dressé sur ce toit grinçant à chaque mouvement du colosse, Eylohr regardait loin autour de lui. La sortie était toute proche mais devant elle se dressaient plusieurs mages et une charrue portant une cage dans laquelle était enfermé un homme qui semblait bien malheureux. Qui était-ce encore donc que cet énergumène-ci ? Un poids en plus à trainer ? Ou une planche de salut ? Après tout, peut-être serait-il de bien meilleure utilité que ces deux femmes insupportables…

    Il fallait agir vite, et bien. Les gardes étaient nombreux – environ 9 – et nul doute que leur présence serait un sérieux grain de sable dans leur engrenage. Avec ses armes, Eylohr pouvait tous les abattre depuis le toit, mais la rudesse de ses revolvers et le bruit de leur puissance de feu alerteraient les mages très rapidement. Puis qu’est-ce qu’il adviendrait ? Ils dresseraient des boucliers invisibles, cracheraient des flammes dignes des enfers, bref, rien qui assurerait la survie du colosse. Celle de ses coéquipiers lui importait peu en revanche. Pour une fois, la ruse serait prédominante ici, bien plus que l’attaque déraisonnée.

    Profitant du fait que ni les gardes ni le prisonnier n’étaient au courant de sa présence, Eylohr descendit de nouveau de son perchoir. Inutile de dire que tout ses efforts déployés pour rien l’agaçaient quelque peu et qu’il était remonté comme une pendule. Il défonça une porte toute proche et se trouva alors dans un long couloir mitoyen de la cour dans laquelle se trouvaient les mages, le prisonnier et… Zora. Il trouva rapidement une porte donnant sur ladite cour qu’il tentait de rejoindre. Puis, une idée lui vint. A ses côtés se trouve une grande et épaisse couverture utilisée pour couvrir les chariots de provisions. D’un geste rapide, il s’en empara et recouvrit son corps afin de ne ressembler qu’à une imposante masse informe. Sous ce pagne improvisé, Eylohr dégaina son revolver dans une main, et son épée dans l’autre mais sans dévoiler ni l’un ni l’autre. Au contraire, il joua la carte de la théâtralité.

    D’un bond, il se jeta contre la porte qui céda sous son poids et se retrouva par terre, telle une masse informe luttant pour se redresser. Inutile de préciser qu’à ce stade, tous les gardiens avaient tourné la tête vers lui mais la surprise les clouait sur place. Avec bien du mal, Eylohr se releva, et fit semblant de tituber comme le ferait un alcoolique notoire. Il agrémentait sa démarche d’un chant approximatif typique d’un homme qui aurait trop abusé des breuvages alcoolisés.


    - Heuarg, qu… Quand la vessie est pleine il*Hic* faut pisser Chanta Eylohr d’un air approximatif.

    - Eh là l’ami ! Tu sais que boire durant ton tour de garde est fort déconseillé ! Dit un mage, invectivant le colosse dissimulé. T’as beau être sacrément grand, c’est les mêmes règles pour tout le monde ! Il s’approche du colosse. Eh ! T’entends quand on te parle l’ami ? Ou tu veux te retrouver comme ce bougre-là ? Il soulève le pagne et se fige, complètement surpris par ce qu’il venait de voir.


    Ni une ni deux, Eylohr poussa le garde le plus fort et le plus loin possible. Dans la confusion, les autres pensèrent qu’il s’agissait d’une vulgaire esclandre qu’un homme alcoolisé aurait provoqué sans réfléchir. Plutôt que de s’interposer, ils s’écartèrent pour laisser place au spectacle. Eylohr fut étonné à son tour lorsqu’il buta contre le chariot du prisonnier. Décidément, rien n’allait comme prévu. Mais il n’y avait plus du tout le temps de réfléchir. D’un geste net et franc, il trancha la gorge du gardien et pointa son revolver sur un second mage, avant de l’abattre. La détonation fut si forte que les mages en furent transits d’effroi. Leurs seules réactions furent un rictus nerveux et un frisson parcourant leurs corps. Profitant de cet avantage, Eylohr mit en joug un troisième mage et répéta l’opération qui se solda de la même façon. Puis un autre mage tomba sous les assauts des balles du colosse. Mais il ne pu réitérer l’exploit une cinquième fois, car enfin, les gardiens réagirent et se déplacèrent de l’autre côté de la charrette. Eylohr se baissa alors et fit de même. Le pauvre prisonnier se trouvait au milieu de cette scène et, pour sûr, il ne devait pas se sentir très en sécurité. Mais Eylohr ne l’était pas plus et il fallait bien que les choses se mettent à bouger au plus vite ici-bas. Au moins, il aurait été efficace, lui !


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Gwen Feien
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Dim 7 Oct - 21:36
Irys : 1721825
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
La rousse, qui maintenant j’en suis sûre malgré l’impossibilité de la chose doit être cette Zora, fait quelque chose d’intelligent bien à l’opposé de son bavardage à ras les pâquerettes : elle me suit sur le toit. Ce qui ne fait pas mes affaires ni n’est pour me rassurer. Connaissant ses antécédents très récents et ceux moins récents à Daenastre, je sais qu’il ne vaut mieux pas s’attarder en sa compagnie si on tient à sa vie. Heureusement que le « gros » est là pour canaliser les pensées de cette folle dangereuse. Au contraire de cette dernière, la sonnerie annonçant la découvertes des trop nombreux corps me crispe. La présence de la my’tranne aussi…

« Il y a un chariot, là derrière! »

Super ! Ça veut dire que la voie vers la sortie n’est pas dégagée et que d’ici quelques minutes on sera fait comme des rats. Ils sont nombreux en plus de ce que je peux voir ! Peut être que si on attend qu’ils se dispersent…

« Une espèce de Voile-ture, si tu préfères! »

Vraiment ?! Inutile de lui répondre. D’un parce que c’est une fanatique qui pourrait finir par me tuer si je lui disais le fond de ma pensée et deux parce que c’est une fanatique, elle n’apprendra rien. C’est aussi pour ces raisons que je ne la retiens pas alors qu’elle va joyeusement se suicider sur les gardes. Même pas besoin de la pousser, elle arrive à chuter lamentablement sans attirer leur attention. Je suppose qu’on peut dire merci aux cloches… Et maintenant, quoi ? Ils n’ont pas l’air décidé à entrée. Les contourner devrait pouvoir se faire… si je n’étais pas accompagner de personne sans aucune ONCE de bon sens ! Au moins le mastodonte attire-t-il toute l’attention sur lui. Maintenant que ça a déjà trop dégénéré mieux vaut faire comme la rousse à dit, ça me fait mal rien que d’y penser, et récupérer ce chariot. Comme personne ne fait attention à moi qui suis toujours sur les hauteurs, j’en profite pour me placer dans le dos des gardiens et d’en tuer deux d’un couteau bien lancé : un pour chaque nuque. Il me reste des armes mais ma position a bien sûr été dévoilée. Mes cheveux qui brûlent en sont bien la preuve.

« Laisse le, laisse le ! On se regroupe dans la prison. Vite ! »

Je ne vois rien, à ce moment là je suis trop occupé à étouffer le feu avec ma veste pour pouvoir observer quelque chose. Mais une fois que j’atterris dans la cour, je constate qu’aucun garde n’est debout. Il ne reste d’apparemment vivant que Zora, la brute et le témoin malchanceux dans sa cage. Il est plus que temps de filer ! Tant pis pour les dagues, je monte directement à l’avant du véhicule pour essayer de le mettre en mouvement, pas le temps de défaire tout l’harnachement alors que dans quelques minutes, secondes les gardes vont débarquer et cette fois on aura pas le dessus . Mais moi et les bêtes…

« Merde ! Tu sais conduire ce truc ? »

Je m’adresse au type dans la cage qui je ne sais trop comment a survécu au milieu de tout ça. Il ne peut pas être pire que les deux autres, impossible. Puis je n’ai pas vraiment le choix, je ne peux pas compter sur les deux autres, je le libère et retourne à ma place. Les autres peuvent toujours aller dans la cage !




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Gwen parle en #0033ff
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Oskar Medcalfer
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Jeu 11 Oct - 12:36
Irys : 304942
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Alors, les prisons à cette heure-là, c'est censé faire comme tout le monde, ça dort. M'enfin, y'a pas besoin que tout le monde dorme en même temps. C'est censé être un minimum gardé le machin ! Ou alors les prisons du coin sont vraiment pourries ! Tu m'diras, ça arrangerait bien les affaires de l'Oskar. S'en évader ça doit pas être bien compliqué si tout le monde fait la sieste à heure fixe. Mouais, pas convainquant hein... Y'avait clairement un souci, c'est sûr, mais d'une, le voleur était un poil trop crevé pour se demander les causes de ce silence de mort, et de deux, fallait être opportuniste un minimum. L'important c'était pas pourquoi y'avait personne, mais juste... y'a personne ! Y'a personne, donc faut se tirer ! Enfin ça, ce sera quand il sortira de cette foutue cage. Par contre, c'était pas le pire des prisonniers Pattes-de-Velours. Ah ça non ! Il trépignait pas, tapait pas contre le métal, il parlait pas, ce qui lui laissait tout le temps d'écouter la conversation des gardes. Et ils étaient inquiets les lascars ! Oulala !

- Dis... Tu crois qu'ils font quoi là ?


- Euh, j'sais pas, y'a un anniversaire ?
Glissa subtilement le pauvre dans sa cage.

- Mais tu vas la fermer !

Ah ! Le cocher était clairement prêt à lui en coller une, il s'était retourné vers l'Oskar et essayait de
le choper, et c'est à ce moment-là qu'un énorme balourd sorti de je ne sais coin de la cour en chantant à tue-tête, la gueule cachée par une couverture pouilleuse qu'il a sûrement trouvé dans un coin. Heureusement qu'il était arrivé, sinon je donnais pas cher de la peau de l'Oskar ! Pfouhahaha ! Un des gonzes de l'escorte derrière la charrue s'approcha de son copain et lui fit quand même une petite leçon. C'était p'têtre à cause de ça que personne était dans la cour. Y'avait vraiment un anniversaire en fait ?

- Oh bordel...

Ah bah, un peu soupe-au-lait le gros lourdeau ? Nan parce qu'il avait pas trop apprécié la leçon on dirait, tellement pas qu'il égorgea d'un seul coup le pauvre type qui lui expliquait juste un peu son job. Bon, on excusera le réflexe un peu pétochard du voleur qui fut de se coller au fond de sa cage en espérant pas avoir vexé lui aussi ce type par, j'sais pas, sa présence. Mais, en fait nan, le gars en avait plutôt après tous ses autres collègues qu'il attaqua les uns après les autres avec... avec quoi ? Des flingues ? Depuis quand ils ont des flingues ces gars ? Depuis quand ils peuvent les utiliser ? Puis c'est qui ces donzelles qui se ramènent là, Whoah ?!

- Mais c'est quoi ce bordel !

Et ça tire, et ça envoie des boules de feu, et ça tranche, ça cogne, ça gueule... Et  lui, le pauvre Pattes-de-Velours ! Ah il était détendu lui, c'est sûr ! D'une seconde à l'autre, pouvait y avoir une balle perdue qui viendrait le refroidir, ou il pourrait se prendre va savoir quel sort de merde jeté par ses gardiens ! Pis comme s'il pouvait y faire quelque chose, il essayait de se faire le plus petit possible dans le pauvre mètre carré où il était enfermé, en admirant un poil terrorisé le spectacle qu'il avait sous les yeux... et dans les oreilles... et dans le nez parce que j'sais pas si vous avez déjà senti l'odeur de poudre après un tir de pistolet, mais c'est particulier. Puis il avait pas tiré qu'un seul coup de feu le bestiau.

- Oh bordel, oh bordel, oh bordel...

Ouais il avait un vocabulaire varié ! Mais faut le comprendre aussi ! Z'avez une âme littéraire au milieu d'une fusillade vous ? Bon, au bout de très, très, longues secondes, l'escarmouche s'arrêta enfin et les pauvres gardes qui restaient se replièrent dans la prison. Donc l'Oskar était quand même au bord de la crise cardiaque, mais il se détendit un peu plus. Ça dura environ trois secondes et demi vu qu'une des deux filles qui accompagnaient ce... grand dadet psychopathe sauta à l'avant du chariot et essaya de prendre les rennes. Sauf que les pauvres canassons étaient en train de paniquer comme c'est pas permis, un peu comme Oskar d'ailleurs, sauf que lui il avait un chariot plein de gens attaché aux fesses ! Puis l'autre, évidemment, elle arrivait pas à reprendre le contrôle sur ces pauvres bêtes, alors elle se retourna vers le voleur, toujours enfermé, et lui fit la causette. Tiens, elle lui rappelait quelqu'un... Mais c'est pas la question !

- Mais... Mais sors-moi de là ! Tu veux que je conduise quoi enfermé là-dedans ?!

Il était à moitié en train de paniquer, et à moitié en train de rire. V'savez ? Le rire nerveux là. Bah c'était ça sa réaction. Puis il était un peu occupé à essayer de la replacer, la donzelle. C'était qui ? Ou a qui elle ressemblait, plutôt ? Parce que tu vas pas me dire que c'est ici qu'il va croiser un copain quand même ! Puis tout était en train de bouger à cause de ces... saloperies de chevaux. Oh bordel, c'était quoi cette journée... Bon ! Le bon côté de la chose, c'est qu'elle finit par le sortir, le gonze ! Alala... ça faisait du bien de goûter à nouveau à la liberté ! La liberté de fuir entouré par des cinglés ! Mais là, c'est l'adrénaline qui faisait le boulot chez l'Oskar... Il sauta directement à l'avant du chariot, à côté de sa libératrice blonde. Ouais, décidément ils étaient bien paniqués les canassons... Mais, dans ce cas-là, le mieux c'est de se servir de leur peur pour les faire fuir le plus vite possible !

- Aller, aller ! Aller les enfants, on se casse !


Il s'adressait plus aux chevaux qu'aux autres prisonniers, il considérait pas spécialement ça comme une bonne idée de donner une quelconque forme d'ordre à ces psychopathes. A force de tirer sur les rennes comme un malade, il arriva à faire faire demi-tour à tout l'attelage. Des gardes commençaient à sortir des portes, regarder par les fenêtres, hurler vers eux pour bien leur rappeler qu'ils allaient morfler. Mais la porte était là ! Juste en face !

- Tout le monde est là ?! Ok ! On se taille !

Un grand coup de rennes, des petits cris pour encourager les canassons, et ils filèrent à toute berzingue loin de cet endroit dangereux, et ça arrangeait bien les affaires d'Oskar. Finalement, c'était une évasion bien rapide et rondement menée ! Muhahaha ! Eh, on aurait pu croire qu'il aurait pas trop la force de faire tout ça, à cette heure-là, mais c'était mal connaître Pattes-de-Velours... Quand il s'agit de se sauver les miches, il manque pas d'énergie !



Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
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Zora Viz'Herei
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Mar 16 Oct - 19:29
Irys : 2016303
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

La "diversion" n'a pas réellement fonctionné, les gardes préférant se focaliser sur l'irruption du géant et sa démarche digne des plus grands soiffards du continent. Elle grimace lorsque ce dernier finit par abattre les mages à l'aide d'une hérésie daënar. N'a-t-il donc aucune fierté? Ces soldats ont beau être leurs ennemis, ils n'en restent pas moins des my'träns. Et aucun enfant des Architectes ne devrait succomber de cette manière. Zora ne peut s'empêche d'adresser une rapide prière à Möchlog, le suppliant de bien vouloir prendre soin des âmes de ces malheureux et de leur accorder de futures existences plus agréables que celles dont ils viennent d'être lamentablement dépossédés.

La blonde, quant à elle, aura au moins eu le bon sens d'user d'une lame traditionnelle. Le signe, peut-être, qu'elle n'est pas totalement dénuée de jugeote. Toujours est-il que la cours se retrouve bien vite débarrassée de toute présence hostile. À supposer, bien sûr, que celles des deux étrangers puissent être considérées comme amicales...

Mais fort heureusement cette entente éphémère est appelée à se désagréger sitôt les lourdes portes de la prison franchies. Il sera alors temps de laisser les vieilles inimitées se réveiller. Mais pour l'heure il convient surtout de ne pas se retrouver isolée au milieu d'une cours qui, elle le sait, grouillera bien assez vite de soldats. Ils ont obtenus un répit, rien de plus. Et il convient donc de le mettre à profit.

Zora s'approche ainsi du cadavre le plus proche d'elle tout en boitant. La lueur dorée qui enveloppe sa cheville annonce néanmoins que la fanatique est en train de prendre les mesures qui s'imposent pour régler ce vague problème. En temps normal, elle serait déjà remise. Mais ses capacités médicales ne sont plus que l'ombre de ce qu'elles furent. Cette faiblesse, elle l'espère, échappera à ses semblants d'alliés. Il serait malvenu qu'ils se mettent en tête de l'exploiter. Ou encore qu'ils en viennent à la considérer comme une proie à leur portée...

La disciple de la Chouette récupère la lame gisant à côté du premier mort et elle la récupère avant de s'employer à graver l'initiale de son prénom sur son front. Certes, elle ne l'a pas tué. Mais en tant que cheffe de ce petit groupe hétéroclite, tout le mérite lui revient. Et puis son ego la pousse à s'approprier ces meurtres. Néanmoins elle se garde bien de toucher aux cadavres abattus par balles. La dernière des choses qu'elle souhaite, c'est encore qu'on l'associe à des armes étrangères. Ce serait... contre-productif pour une personne cherchant à s'ériger en chantre de la lutte contre la menace de l'Est.

Toujours est-il qu'elle est forcée d'accélérer le mouvement lorsque la blonde se met en tête de libérer l'inconnu de sa cage. Zora observe l'individu avec un mélange de méfiance et de curiosité tandis qu'elle grimpe à son tour à bord de l'attelage supposé les emmener loin du danger.
"Arrête de libérer n'importe qui!" proteste-t-elle tout en décochant un regard à la daënar. "Nous n'avions pas besoin de lui! Et s'il était en cage, c'est probablement pour une bonne raison!"
Et puis cela fait toujours une personne de plus à garder à l'oeil. Zora avait prévu d'éliminer le géant puis de régler son compte à la blonde. Maintenant il faudra composer avec un inconnu dont elle ne sait rien mais qui ne se laissera probablement pas aisément tuer. Autrement dit, cela fait un adversaire de plus. Et un allié potentiel supplémentaire pour ses ennemis. Cette splendide journée qui s'annonce ne sera probablement pas de tout repos.
"C'est moi qui commande, ici!" indique-t-elle simplement à l'inconnu. "Essaie de t'en rappeler si tu souhaites garder ta vilaine tête sur tes épaules!"
Toujours est-il qu'il semble au moins avoir une utilité. Peut-elle en dire de même du duo qui l'accompagne depuis les entrailles de la prison? Ho, ils l'ont bien aidée! C'est une évidence qu'elle ne peut, à son grand désarroi d'ailleurs, se contenter d'ignorer. Mais maintenant... Tout au plus réussiront-ils à attirer l'attention. Ce qui n'est guère recommandé lorsque l'en cherche à éviter à la garde d'une ville comme Eoril...

Aussi, lorsque le chariot démarre, elle n'hésite que brièvement avant de dresser un bouclier entre elle et le colosse. Pas pour le tuer mais simplement pour le repousser hors du chariot. Les soldats se chargeront de lui et éviteront au passage à la rousse une dépense d'énergie dont il n'est pas même pas digne.
"Nous n'avons plus besoin de toi!"
Une explication claire et concise, susceptible de lui faire comprendre ce que son intellect limité n'est probablement pas à même d'appréhender seul. Zora se rattrape ensuite in extremis à ce qu'elle peut pour éviter de chuter à son tour hors du chariot qui démarre au quart de tour. Au moins l'inconnu semble tout aussi pressé qu'eux de quitter les lieux. Elle a probablement gagné au change...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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Eylohr Lothar
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Mer 17 Oct - 16:48
Irys : 950875
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2
  • Eylohr était accroupi, le dos vouté, tentant de cacher son imposante masse derrière les planches de bois cloutées pour éviter de prendre une balle – bien que les mages n’usent pas de cette technologie, mais à ce moment-là, il l’avait un peu oublier – et de se protéger des sorts des gardiens en colère. Il ne remarqua pas le coup d’éclat de la blondinette Daënars qui s’occupa de deux autres gardes, d’une manière très propre d’ailleurs – peut être trop aux goûts du barbare du Nord. Mais lorsqu’il entendit brailler les gardes et leurs gros sabots s’enfuir jusque dans une salle adjacente de la prison, Eylohr comprit alors qu’il était possible de se relever en sécurité et qu’il fallait, maintenant, accélérer le processus d’évasion. Enfin, ça, c’est l’explication littérale. Autant dire que dans sa tête, le discours fut beaucoup plus… Direct et beaucoup moins… Littéral. Mais vous pourrez aisément le deviner vous-même.

    Se relevant alors de toute sa hauteur, il prit tout de même le temps de remplir les cinq chambres vides de son arme aux proportions accordées aux siennes. Le long canon fumait encore de la poudre brulée par les détonations, et la chaleur produite assurerait une bonne brûlure à quiconque s’essaierait à saisir ledit canon. Le doux bruit du métal ciselé entrant dans les chambres du revolver plaisait à Eylohr qui décrivit un léger rictus de satisfaction à peine perceptible. Un autre rictus, plus visible celui-ci, vint éclaircir son visage alors qu’il vit la fanatique blessée boitiller en s’approchant du convoi. Elle avait l’air de souffrir malgré l’apparition d’une aura dorée autour de sa cheville blessée. D’ailleurs, l’espace d’un instant, Eylohr se demandait pourquoi la guérison de cette femme infame fanatisée et folle prenait tant de temps. L’expérience qu’il eut avec elle lui avait prouvée qu’elle était capable de certaines… Prouesses, et ce que celles-ci opéraient presque immédiatement après l’apparition des fameux boucliers dorés. Elle avait su diminuer la force physique du colosse, et plus tard, potentialiser sa force, sa rapidité et sa puissance dévastatrice pour venir à bout de tout un groupe de forbans. Alors pourquoi la guérison était-elle si lente ? Il ne chercha pas réellement à répondre à cette question, car autre chose vint remplacer cette pensée. La fanatique était affaiblie. Eylohr le voyait et le sentait, comme le prédateur repère la proie malade et affaiblie dans un troupeau, se préparant à fondre dessus pour satisfaire son énorme appétit. Tel ces mêmes prédateurs, Eylohr scrute sa proie de ses yeux acérés, savourant déjà le sang à venir. Son regard brille d’une lueur aussi sombre que malveillante, laissant peu de doutes sur les intentions qui s’éveillent en lui. Son revolver à la main, il hésite de plus en plus à saisir l’occasion qui ne se représentera peut-être jamais, alors que la fanatique lui tourne à moitié le dos, trop occupée à apposer sa marque de sa lame sur les cadavres des gardiens. Elle n’est pas attentive aux agissements du colosse, elle ne le regarde pas, ne s’en préoccupe pas. Il suffirait d’orienter discrètement le canon, d’appuyer doucement sur la détente et de laisser le projectile faire son œuvre, la détonation servant d’ultime glas à cette vie fanatisée et ô combien inutile. Zora, la magicienne, fléau d’Irydaë, ne serait plus. Peut-être que ceci rendrait un grand service au monde entier, peu importe les nations, les dogmes et les mœurs.

    Mais voilà que la blonde libère celui qui braillait depuis tout à l’heure depuis le fond de sa cage. Il était si ennuyeux qu’Eylohr avait hésité à tourner son arme vers celui-ci afin de faire taire ses braillements horripilants. Si la situation s’y prêtait, nul doute qu’Eylohr aurait écourté la vie de cette rature humaine insupportable, pathétique et lâche. Les conciliabules de la blonde et du brailleur sauvé obligent Eylohr à porter son attention vers le convoi. Les chevaux hennissent, terrifiés par les coups de feu, ils se cabrent, cherchent à s’enfuir où à donner des coups de sabots. Ce ne sera pas facile de s’enfuir avec ces canassons. Mais qu’importe !

    Son revolver chargé, il le replace dans son holster de cuir à sa poitrine, habitude de pirate qui rendent ces personnages hautement charismatiques, de la même manière que les capitaines portant de grands chapeaux, par exemple. Etant le plus grand et le plus gros – d’aucun dirait le plus musclé, mais vu son gabarit, les deux adjectifs sont valables – il décide de se placer à une extrémité du banc d’attelage. Amis amoureux des animaux et passionnés des chevaux, souffrez pour ces chevaux qui viennent soudainement de voir presque 200kg s’ajouter au chargement. La grâce légendaire du colosse s’exprime pleinement ici, alors qu’il se laisse choir sur le banc, son imposant fessier dépassant largement de ce dernier, alors qu’il tente de se faire le plus petit possible. Cet exercice l’agasse profondément, alors qu’il a de plus en plus envie de laisser là le chargement pour simplement s’enfuir à cheval. Après tout, il ne doit rien à ses compagnons imposés à sa volonté, qui n’auraient jamais pu sortir d’ici sans lui. Ingrats vermisseaux qu’ils sont, les piétiner serait fort plaisant pour le colosse et certainement un acte de bienveillance envers eux, tout insignifiants qu’ils sont. Mais si le molosse du Nord avait appris quelque chose, c’est qu’il ne fallait jamais baisser sa garde ni détourner son attention de ceux qui ne méritent ni sa confiance ni son respect. La vie à une cruelle façon de vous rappeler que c’est elle qui commande, et non vous.


    Un bouclier doré, étrangement familier au colosse, se dresse en lui et le reste de l’équipage avant d’exercer un mouvement étrangement fort, provoquant l’évacuation imprévue du colosse. La position à la fois peu pratique et pas du tout ergonomique – ni très virile, il faut bien l’avouer, les genoux d’Eylohr dépassant très haut et très loin sur les côtés de l’attelage, faisant penser à un adulte tentant de s’asseoir sur un cheval à bascule minuscule – ne permet pas au géant d’user de ses réflexes et de sa force pour contrecarrer ce mouvements lâche de la magicienne. Ceci rappelle étrangement la trahison qu’il eut à subir le jour où il lui vint en aide. Alors qu’il venait de massacrer tout un groupe de corsaires, la fanatique se retourna contre le colosse et usa de la lame qu’il lui avait gracieusement offerte pour mettre fin à sa vie. Cruelle erreur. Le colosse vouerait une haine éternelle à cette femme qui avait su, sans le vouloir, utiliser la seule faille dans le cœur d’Eylohr, en sa ressemblance avec la seule femme qu’Eylohr avait jamais aimé. Il aurait dû la tuer tout à l’heure ! Quelle pitié qu’il ai d’abord pensé à s’enfuir !

    Tombant lourdement au sol, le colosse fit une roulade dans la poussière qui s’insinuait sur son visage, dans ses narines et dans sa bouche. S’il était presque impossible de dégouter le colosse, son corps, lui, réagissait comme celui des autres à cette poussière étrangère. Il tousse, ses yeux pleurent un peu pour se protéger et il à la gorge qui pique. La douleur à son épaule se réveille, après avoir été estompées par les décharges d’adrénaline, alors qu’il chute directement sur celle-ci. Fort heureusement, rien n’est cassé, la constitution solide du géant du Nord lui permettant de faire face à tous les assauts des combats, des traitrises et de la vie en générale. Après tout, n’est-il pas celui qui avait, envers et contre tout, réussi à tuer un Möst-Möch ? Cette légende n’avait jamais été démentie par le colosse, ni même confirmée. Elle était le résultat de spéculations d’hommes choqués et perturbés par l’attaque d’un Möst Möch, loin sur le continent de Khashin, alors qu’Eylohr était guide de ce groupe d’explorateur. Au terme d’une lutte inégale et grâce à la présence fortuite d’une créature effrayante pour le Möst, ce dernier prit la fuite, après qu’Eylohr lui ai porté plusieurs coups. Le sang glacé luisant sur sa lame suffisait à lui seul pour prouver cet acte d’un courage extrême, et très vite, les souvenirs déformés des survivants de ce groupe transformèrent la fuite de la créature quasi-légendaire en une mort épique de la main du colosse. Cette rumeur devenue légende permit au colosse de voir ses affaires et sa réputation à Marnaka et en Khashin croître à une vitesse impressionnante. Mais laissons là cette légende déformée qu’Eylohr aime à se rappeler à l’envie et retournons à sa situation ici-bas, beaucoup moins héroïque.

    Après, donc, un rouler-bouler dans la poussière, Eylohr se releva presque immédiatement, usant de sa force dans ses jambes et dans ses bras pour arrêter ce mouvement involontaire et revenir sur ses jambes, alors que la fanatique l’avait glorifié d’une phrase tout à fait horripilante, et que le convoi commençait sa route. Il était debout, et rapidement qui puis est, mais la poussière était toujours dans ses yeux humidifiés et dans sa gorge irritée. Il toussait, la poussière soulevée par les chevaux l’empêchait de voir correctement, et ses yeux qui pleuraient le gênait. Impossible d’user de ses armes. Mais le colosse, qui n’était pas aussi bête que ce qu’il en avait l’air, décida d’avancer. Traversant le nuage nouvellement formé, il en sortit après plusieurs foulées et se trouva presque au bord du chemin sinueux qui servait de route. Cette dernière continuait plus bas, mais un fossé de prêt de 4 mètres s’étendait à ses pieds, trop raide pour être emprunté, rendant dangereux tout pas supplémentaire. Mais une idée lui vint.

    La route que le convoi de fuyard allait emprunter était en légère déclivité. En sortant de la prison, il y avait un premier virage sur la gauche, assez serré, qu’ils venaient d’emprunter. Cette route continuait sur environs 50 mètres avant de décrire un second virage, en épingle à cheveux cette fois, et vers la droite, ramenant la route en contrebas, 4 mètre plus bas, et 3 mètres plus en avant, droit vers la position d’Eylohr. Une aubaine pour lui, qui, bien qu’il fût habile avec un revolver et un fusil, n’était pas non plus un tireur d’élite. La poussière soulevée qui englobait quelque peu le colosse, lui permettrait de se camoufler. Certes, son champ de vision est réduit mais la proximité avec le convoi et la dispersion de la poussière lui permettrait tout de même de viser avec suffisamment d’aisance pour être mortel. Et puis, la proximité était suffisante pour que ses tirs soient efficaces. Une aubaine, encore une fois. Le panache de poussière le protégeait également des gardiens de prison qui étaient sortis et qui inspectaient la cour. Il aurait le temps de déguerpir avant qu’ils ne se lancent à sa poursuite. Et voilà que les échos des sabots de chevaux se font entendre, rapprochant inlassablement le convoi du colosse qui attend, accroupi, de pouvoir faire son œuvre. Et, alors que le convoi se trouve à quelques mètres du colosse, en-dessous et devant lui, il se rapproche du bord, se relève quelque peu, ajuste sa mire et tire.

    L’énorme projectile de l’imposant revolver provoqua une détonation infernale, semblable au tonnerre lui-même, alors que la foudre qui en résulte s’abat sur le convoi. Et plus précisément, sur l’un des chevaux de l’attelage. La balle pénètre entre les deux yeux et ressort de l’autre côté de la tête, arrachant quelques morceaux d’os et détruisant la peau de la pauvre bête de somme. Si l’impact d’entrée n’est pas exceptionnel, l’orifice de sortie, lui, est tout bonnement horrible. La propagation de l’onde de choc dans les tissus du pauvre animal provoqua une dislocation des vertèbres à proximité du projectile, ainsi que des tissus et de la chaire qui allèrent se projeter directement sur l’équipage de l’attelage. La blonde, le brailleur et la fanatique s’en trouvèrent recouverts. De la cervelle, des os et beaucoup de sang. Et le cheval, tué sur le coup, s’effondre dans un dernier sursaut nerveux. Sa chute dans les pattes de l’autre cheval provoque son déséquilibre, puis, indéniablement, sa chute. La deuxième bête qui ne s’attendait pas à se prendre tout le poids du cheval abattu, et donc, de l’attelage qui y était relié, se brise une patte en plusieurs morceaux et se retrouve bloqué au sol par l’attelage, le cadavre de son compatriote et son horrible blessure. Eylohr rengaina son revolver et prit son fusil à double canon scié. Ce n’était pas un fusil précis, pas du tout même. Ces cartouches tiraient des dizaines de billes d’aciers qui pénètrent facilement la peau mais qui, à cette distance du moins, n’était pas léthal. Les billes provoqueraient quelques dégâts, c’est certains. Les plus chanceuses d’entre-elles trouveraient une partie fragile du corps humain, comme les doigts, les yeux, le cou ou encore l’abdomen, et réussiraient à y pénétrer, provoquant une douleur aigüe mais qui s’affaiblirait rapidement et qui ne serait que peu handicapante et pas mortelle. Mais Eylohr espérait, plus ou moins secrètement, que ces fameuses billes de plomb provoqueraient chez la fanatique un affaiblissement notoire, suffisant pour pouvoir prendre sa revanche, même s’il savait que les gardes à ses trousses et que la magie de la fanatique, l’empêcheraient de la tuer. Mais ce n’était que partie remise. Il tira donc à deux reprises en direction de l’équipage en contrebas, déchargeant ainsi les deux munitions de son fusil à canon scié.

    Entendant les gardes s’approcher un peu trop dangereusement de lui, il décida de se retirer en usant encore une dernière fois de la poussière environnante. Il dégaina alors son premier revolver pour la seconde fois, et tira à cinq reprises en direction du chariot, sans prendre le temps de viser. Il faut dire qu’une bourrasque de vent provoqua un épaississement de la poussière, masquant définitivement sa vue. Il tirait donc là où il avait vu le chariot pour la dernière fois, et, étant donné qu’il n’avait pas pu bouger depuis, et considérant qu’il avait été rapide dans les tirs et dans l’utilisation de ses armes, il se prit à espérer que ses balles finiraient bien par toucher quelqu’un. Puis il rangea son arme, dégaina son second revolver et prit la fuite dans la direction opposée à celle du chariot, usant encore une fois de la poussière encore épaisse pour couvrir sa fuite aux yeux des gardiens qui se focaliseraient préférentiellement sur le chariot en contrebas, accidenté et arrêté, presque offert à ces gardes qui sauraient certainement se venger de cette évasion sanglante. Eylohr, lui, prit la fuite à travers les reliefs boisés et vallonnés de la région, pour rejoindre le navire sur lequel il servait, celui d’un célèbre capitaine pirate, à la tombée de la nuit. Mais sa colère et sa quête de vengeance à l’encontre de cette fanatique maudite du monde et des divinité ne serait être oubliée, et un jour, il aurait sa revanche.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Oskar Medcalfer
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Sam 20 Oct - 16:54
Irys : 304942
Profession : Voleur
Guilde +1 (homme)
Haha ! Y'avait rien de plus grisant que de s'évader de prison ! Savoir que dans notre dos on avait tout une bande de cinglés qui faisaient tout pour avoir notre peau, sentir le vent sur sa tronche alors que les canassons se tuent la santé juste pour s'éloigner un peu plus de ce champ de bataille... Ça c'était la vie ! Muhahaha ! Bon, fallait pas trop en abuser non plus, sinon elle allait vite se terminer, sa vie, à Pattes-de-Velours ! Mais fallait quand même avouer que c'était sympa comme sensation. Les suivantes, un poil moins. L'Oskar était un peu trop concentré sur le fait de pas sortir de ce chemin de misère qu'il prenait pas le temps d'écouter ce qui se passait dans son dos. Bah il aurait dû, vu qu'il aurait été moins surpris de la soudaine accélération des bestiaux. Au début, il souriait, aller plus vite c'était s'enfuir plus loin. Sauf que très vite il se demanda combien étaient passés par dessus bord pour alléger autant le chargement. Il jeta un coup d'oeil rapide et pu apercevoir le pauvre géant faire un rouler-bouler dans la poussière, et la rouquine terminer de l'insulter.

- Putain de merde ! Pourquoi tu l'as j'té dehors ?!

La panique parlait à sa place, si ça se trouve c'était lui le prochain. Elle essayerait simplement de tous les dégager avant de prendre la poudre d'escampette. Puis le voleur se rappela qu'il était sûrement le seul à savoir conduire cette merde des trois lascars restants. Il avait peut-être encore de beaux jours devant lui finalement. Par contre, l'instant d'après y'a une autre question qui lui traversa la caboche.

- … Et bordel ! Comment tu l'as j'té dehors, surtout ?!

Parce que y'avait pas eu besoin d'élever les cochons ensemble pour sentir qu'il pesait son poids l'animal qui se roulait dans le sable. Et les chevaux s'en étaient bien rendus compte ! Alors comment elle avait fait l'autre gringalette de cinquante kilos pour déplacer tout ça ! Bon, c'était pas le moment de trop réfléchir, fallait déguerpir. En plus, la route prenait un virage vachement serré. L'Oskar tira sur la bride de toutes ses forces pour demander à ces tarés de canassons de vouloir freiner un minimum pour bouger leur cul sans trop de casse pour les passagers.

-Aller... bande de saloperies !!

Ça secoua dans tous les sens, y'a pas à dire, mais au moins ils étaient de nouveau sur la bonne voie, bien alignés. Maintenant, fallait juste foncer ! Un petit coup de bride bien senti pour donner le feu vert à l'attelage, et voilà le convoi sur la route de l'évasion. Ah que c'était bon !

Enfin, pendant les vingt premières secondes.

Alors, ce qui va suivre c'est un peu brouillon, donc je vais abréger. Retenez juste que les deux canassons sont maintenant soit crevés soit pas loin de l'être, la carriole elle est complètement renversée, elle et tout ce que y'a dedans, et j'ai pas la moindre idée de l'état dans lequel les deux donzelles sont. Par contre, ce que je sais, c'est que Pattes-de-Velours il est bien dans la merde. Ah il était au premier rang, ça c'est sûr ! Il a tout vu et a bien senti son vol plané direction la poussière. Bon, le premier choc, il alla rouler sur l'une des deux pauvres bestioles, mais il restait bien assez d'élan pour refasse une chute sur les cailloux. Il entendait quasi plus rien, à part des coups de tonnerre de malade, comme si y'avait le pire des orages à dix mètres de là.

Étalé au sol, il avait pas bonne mine l'Oskar. Il essaya de se redresser sur ses pattes avant, 'fin sur ses bras quoi, mais il avait même plus l'impression d'être sur Irydaë là ! Ses oreilles sifflaient ; sa gorge brûlait, comme plein d'autres parties de son corps ; la poussière lui cramait les yeux et même s'il avait pu voir quelque chose, il était au milieu d'un nuage ; ses bras arrivaient même pas à le porter sans trembler et il avait juste la force de tousser pour au moins respirer sans risquer de crever. Mais clairement il était pas en bon état. Même qu'au final, ses bras tenaient plus et qu'il se ramassa encore sur la terre et les cailloux de la route. Fallait qu'il sorte de cette poussière, nom de dieu ! Et comme le bon matou qu'il était, il essaya de rouler misérablement dans... va savoir quelle direction, tout ça pour pouvoir éviter d'y rester parce qu'il a suffoqué comme un couillon.

Finalement, après quelques instants dans les herbes hautes qui entouraient la route, il avait suffisamment de force pour cracher un « Putain d'merde... » avant de recommencer à tousser. M'enfin, maintenant que l'air était respirable, que ses yeux avaient suffisamment chialé pour qu'il puisse voir quelque chose, et que le sifflement dans ses oreilles s'était tiré, y'avait moyen qu'il arrive à se lever. Au final, y'avait pas tant de dégâts que ça, il était pas mal tombé, juste que sa peau était bien écorchée au niveau des mains, des avants-bras, sûrement aussi des cuisses et d'une épaules. Mais il arriva à se redresser sur ses pattes, comme tout chat qui se respecte, m'enfin pas sans mal. Il continua de tousser encore un peu pour s'assurer que c'était bien dégagé là-dedans, et y'avait moyen qu'il examine la situation. Bordel de merde... Depuis quand ils ont des flingues en plus des boules de feu ces bâtards ?!



Félicitations, mollusque ! T'as lu mon post jusqu'au bout !
Pour ta peine, tiens, c'est un rat mort. Je l'ai appelé Henry.
C'est sympa comme nom ça, Henry.
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Gwen Feien
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Ven 9 Nov - 14:33
Irys : 1721825
Profession : Voleuse
Guilde +1 (femme)
Inutile de revenir sur ce qui vient de se passer. Les affirmations infondées de la folle furieuse ou son action traître : si elle nous soulage d’un poids, ce n’est que temporaire. Et, ce n’est pas ça qui va me sortir de ce trou sans fin d’ennuis. Par chance, après avoir été éjectée de la carriole sous les tirs de revanche qui ne m’étaient même pas destiné, je n’ai rien de cassé. Des ecchymoses, du sang qui coule, mais rien qui ne m’empêchera de partir ! Je me relève plus difficilement que d’habitude, les monceaux de petits débris n’aidant pas, et je vois les bestiaux morts. J’entends le trots des chevaux, ceux de nos poursuivants évidemment, toujours plus proche. En l’air, de là où le tireur -qui ne peut être que la grosse brute, pas besoin d’être un génie pour le déduire – nous a canarder, je vois des explosions de lumière.

La terre tourne légèrement. Je dirais bien que c’est la faute à un sort, toutefois ils sont encore assez loin pour que je ne comprenne pas leur cris. Même sans ça, la fuite semble bien mal partie : il n’y a qu’une seule route praticable et faire la course contre des chevaux avec le soleil déjà en train de se lever… Notre conducteur est hors de vu. Tant mieux pour lui. Ou pas, s’il est sous la prison dont il vient juste de sortir. Ça n’a pas vraiment d’importance. Pas plus que l’absence de la rousse, c’est presque un soulagement, je n’imagine pas la situation s’améliorer avec elle dans les parages.

Mon cerveau est vide. Il refuse définitivement de me dire comment me tirer de ce mauvais pas. Dans l’immédiat, il ne semble pas y avoir de solution. Pas le temps de regretter l’absence de mes gadgets ou le choix de mes compagnons d’évasions. Il ne me reste qu’une chose à faire : ranger la pièce au fond de mes chaussures et jouer la morte. Avec de la chance lorsqu’ils passeront devant le carnage et qu’ils ne verront que moi inerte, ils continueront à la recherche des vrais criminels. Dans le cas contraire, il ne me prendrait pas la preuve de mon affiliation à la Guilde, pas cette fois.

J’étale le sang qui coule de mon arcade sourcilière sur mon visage puis je m’allonge contre la carcasse de notre véhicule, le visage à moitié enfui dans le sol. Difficile de s’empêcher de tousser, même s’il en va de ma survie. La poussière est peut-être un peu retombée depuis le début de cet incident, mes poumons en ont toujours trop. Les quelques tous, qui en plus mon fait sortir tous les points douloureux de mon corps, n’ont servi à pas grand-chose. Les secondes qui jusque là s’écoulaient trop vite, s’évaporent maintenant douloureusement lentement. Les yeux fermés, obligé, j’attends la suite.




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Gwen parle en #0033ff
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Zora Viz'Herei
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Jeu 15 Nov - 8:17
Irys : 2016303
Profession : Nécromancienne (en formation)
My'trän -3

Un sourire de satisfaction sur le visage, elle observe la silhouette disparaître dans leur sillage. Ha, Eylohr... Si prompte à aboyer et pourtant si lent à la détente. Elle vient de lui prouver une nouvelle fois que la magie surpasse de loin la puissance octroyée par une masse musculaire, si imposante soit elle. Oui, elle se délecte de cet instant qui n'est, dans le fond, qu'une vague répétition de leur première rencontre. Tout en se réjouissant de leur prochaine rencontre. Si il s'en sort, évidemment... Abandonné sur le seuil d'une prison maintenant en état d'alerte, handicapé par sa masse et son poids qui limiteront sa discrétion et ses déplacements, elle n'envisage pas réellement qu'il puisse se tirer de ce mauvais pas...

Le chariot fait une nouvelle embardée et Zora tourne à présent son regard sur l'inconnu. Ce dernier souhaite savoir pourquoi elle s'est débarrassée de ce qu'il considérait probablement comme un compagnon. Et, surtout, comment elle y est parvenue. La fanatique hausse alors les épaules avant de détourner le regard pour vérifier que personne ne les suit de trop près.
"Il était trop lourd... Il nous aurait retardés!" explique-t-elle sobrement. "Et il se trouve que son utilité est fort relative en dehors d'un champ de bataille! Je ne suis même pas certaine qu'il soit capable de faire une simple addition, pour tout te dire..."
En revanche il semble rapidement évident qu'il est tout fait capable de se mouvoir avec une vitesse détonnant amplement avec sa masse. Sans parler de sa capacité à viser avec précision un cheval lancé au galop et de lui loger une balle entre les deux yeux. Ces considérations lui échappent bien vite tandis qu'elle perd toute notion d'équilibre. Le fracas et le choc sont terribles. Le temps semble se distorde alors que les acouphènes assaillent la disciple de Möchlog.

Lorsqu'elle se redresse à moitié, s'appuyant sur la magie davantage que sur ses coudes, elle sent un liquide chaud couler le long de son visage puis de son nez. Elle observe avec une étrange curiosité les gouttes de sang s'écraser ensuite sur le sol. Son corps proteste autant que son ego: elle est blessée. Lorsque ses pensées finissent par s'ordonner, elle a alors le déplaisir de comprendre que la plaie qui court le long de son cuir chevelu n'est qu'un relatif problème. Les deux impacts rapprochés au niveau de son abdomen l'inquiètent davantage...

Elle parvient finalement à s'adosser le long de la paroi qui ceinture la route avant de relever son regard ambré en direction de la position où se trouvait quelques instants plus tôt le responsable de tout ceci. Un vague sourire absent s'inscrit sur ses lèvres: c'est de bonne guerre! Elle ne s'intéresse bientôt plus à ce lâche qui aura disparu d'une façon qu'elle n'explique guère. Il n'ira pas bien loin! Comment sa grande taille pourrait-elle lui permettre d'échapper à la vigilance des gardes? À moins que ces derniers considèrent qu'il n'incarne pas le vrai danger?
"Maintenant je sais pourquoi je n'aime pas les chevaux..."
Sa remarque fuse en direction du chariot et de la blonde allongée contre sa carcasse. Peut-elle l'entendre? Le sang qu'elle perçoit à travers les nimbes de poussière lui laissent supposer que non. Quant à l'inconnu, à présent recouvert par la carcasse de l'un des chevaux, elle ne se fait guère d'illusions. Elle lâche un vague soupire tandis qu'elle fait à nouveau appel à la magie pour se redresser. Ce qu'elle fait en titubant, prenant appui sur le mur quelques secondes pour chasser les vertiges qui l'assaillent. Elle s'occupera de ses blessures plus tard. Pour l'heure elle se contentera de tromper son corps en lui faisant croire qu'il se porte bien. Elle a connu pire. Et elle peut presque sentir l'aile rassurante de Möchlog l'envelopper comme pour lui souffler de se battre, de préserver la vie qu'Il lui a accordée...

Elle crache un mélange de salive et de sang sur le sol puis se force à évaluer la situation. Leur véhicule obstrue le chemin. En d'autres circonstances et pour peu qu'ils soient plus nombreux, ils auraient pu s'en servir comme d'une barricade. À défaut, l'obstacle devrait permettre de ralentir suffisamment leurs poursuivants. Une idée séduisante mais qui ne tient pas compte de la réactivité des soldats dont l'avant-garde, à cheval, se rapproche aisément des lieux de l'accident.

Elle n'hésite que brièvement et dresse un bouclier qui se brise dans les pattes du premier animal, Il chute en pleine course, pris à contre-pied. Les autres ne peuvent éviter cet obstacle et si certaines montures tentent de l'esquiver à l'aide d'un saut, les débris du chariot se chargent bien vite de stopper leur élan. Certains des équidés se relèvent, paniqués, et tentent de quitter la zone. Et le tout forme un délicieux mélange de chaos qui amplifie davantage encore la brume poussiéreuse.

L'ondée occulte englobe à son tour Zora qui est prise d'une quinte de toux. Elle jette encore un vague regard en direction de celle qui fut une alliée de valeur et vers cet homme dont elle ne sait rien. Puis elle tourne les talons en boitant. Elle doute de pouvoir semer ses poursuivants aussi aisément. Mais elle vient en revanche de gagner de précieuses secondes qu'elle met à profit pour s'éloigner des lieux en boitant. On n'a décidément guère le temps de s'ennuyer à My'trä...




Zora s'exprime en: #8FBC8F (darkseagreen)

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