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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Au-delà du monde :: Lieux spéciaux
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 Le bal de la confusion

Ingrid & Sigurd
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Sam 28 Avr - 10:42
Irys : 654876
Une soirée digne de l’oubli qui offre la possibilité de se fondre dans la masse en mettant de côté tous les tracas de la vie quotidienne, de mettre en suspens les projets encombrants. Plus rien n’a d’importance et certainement pas qui vous êtes. Vous l’entendez aux rires légers, aux discussions anodines et à la musique qui change selon les endroits de la pièce, de la cornemuse, au violon, au piano, à la flûte, à la viole, à un mélange de différents instruments, un peu comme par magie. Il n’y a pas de malaise ici. Pas de question d’où viennent les gens, de My’tra, de Daenastre ou encore des cités États pérégrines. Qu’importe, il n’y a pas de limite de ce genre. Ça n’a pas de sens ici, où que soit cet ici. Vous avez de la chance d’être là même si vous ne vous rappelez aucunement d’être venu. Les autres semblent être présents depuis bien plus longtemps que vous, en tout cas tous portent un masque, aucun de semblable, tout comme leurs habits. Vous être presque comme un intrus, là, debout, sans ce lien que tous ont. Mais ça ne dure pas. Un étrange papillon s’approche de vous et vous tend le vôtre.

Tout le monde doit en porter un.

Elle ne le dit pas cependant : le message est clair et sans appel. Dès que vous avez pris l’objet en main, elle disparaît de nouveau, se fondant dans la masse. Vous ne pouvez pas la suivre des yeux dans ce tourbillon de personnages tous différents, tous hauts en couleur. La solitude s’empare de nouveau de vous. Rien n’est plus facile que la délaisser : attrapez un verre à un des innombrables buffets longeant la salle d’un côté comme de l’autre. Lancez vous dans la danse ou venez vous posez à côté d’une discussion. Vous pouvez même vous installer au-dessus tout ce beau monde, il suffit d’emprunter ce petit escalier sur la droite pour rejoindre le balcon intérieur.

Bien sûr, il y a la possibilité de rejeter tout cela en bloc, de refuser cette comédie à laquelle on vous force à participer. Vous pouvez essayer de fuir, de rebrousser chemin. De passer de nouveau par ces immenses doubles portes qui se trouvent dans votre dos. D’ailleurs c’est la seule ouverture visible si ça vous intéresse, que vous prenez la peine d’observer. Les murs sont couverts de long draps flavescents. Même le balcon qui surplombe la salle en face de vous à son mur paré du même drap. Alors descendre ses vastes marches ou partir vers l’inconnu. Laisserez vous le flou encadrant cette situation vous empêcher de vous amuser ?! Est-ce même possible d’être aussi rabat-joie...

La dame papillon:
 
Indications:
 
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Lauren Hill
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Dim 29 Avr - 15:19
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Allys Terasu





Un clignement d’œil tout simple et l’ingénieure ouvrit les yeux sur une salle démesurément grande. Pas n’importe laquelle, il ne s’agissait pas là d’un hangar ou autre pièce vide, non. Allys se trouvait sur un balcon surplombant une immense salle de bal joyeusement animée. D’en dessous s’échappaient des éclats de rire, des tintement de verre, de la musique aussi. Une mélodie aux sonorités bien étranges et enjouées qui semblait se détacher du tintamarre venant des convives. Les invités d’ailleurs, lui parurent tout aussi surprenant et irréels que le reste, ils évoluaient dans la salle vêtus de tenues richement colorées et chatoyantes. Ils portaient des masques plus ou moins imposant selon l’individu, tantôt ceux-ci représentait un animal loufoque ou imaginaire, tantôt, ils ne ressemblaient à rien de connu. Seulement un assemblage de bric et de broc étrange qui n’avaient rien à faire ensemble.

Du haut de son promontoire, la jeune femme observait la scène avec un œil perplexe. Ses mains fermement appuyées à la balustrade semblaient s’assurer d’une impression de réel et tangible dans cette vision singulière. Comment Allys était-elle arrivée ici ? Elle n’en savait absolument rien. Sa tête se trouvait vide de tout souvenir concernant cette soirée. Pas d’invitation, pas de transport l’ayant conduite jusqu’ici. Elle ne se souvenait même pas avoir enfilé cette robe bleue pastel, ni même d’avoir de l’avoir acheté d’ailleurs...

C’est alors qu’une apparition toute aussi surprenante que le reste troubla ses réflexions. Une jeune femme rousse portant un masque de papillon particulièrement immense pour un si petit visage, se posta devant elle, lui tendant celui qui serait le sien. Étrangement, Allys ne dit pas un mot, se contentant d’observer la créature avant de se saisir de l’objet qu’elle tenait encore dans ses mains. Mais à peine l’eut-elle attrapé que l’apparition disparut dans l’escalier pour se mêler au reste des convives abandonnant l’ingénieur avec son masque noir dont elle ne savait que faire.


Elle l’observa un instant, le trouvant beau par sa simplicité et probablement bien plus sobre que celui porté par la majeure partie des invités. Un loup en soie noire, aux reliefs discret délicatement brodé de fils précieux et brillant. Il serait passé tout à fait inaperçu sans cet étrange appendice remontant plutôt haut et ressemblant vaguement à un enchevêtrement de plumes de paon. Elle hésita, se contentant de le contempler, l’examinant sous toutes les coutures comme pour s’assurer que l’objet soit effectivement inoffensif. Elle s’en trouva d’ailleurs stupide, il ne s’agissait après tout que d’un masque, un vulgaire bout de tissus trop décoré, trop soigné, même si elle le trouvait sublime malgré tout. Soupirant, sans savoir réellement que faire, Allys finit par l’enfiler, surprise de ne pas subir le poids de l’armature représentant les plumes. Au lieu de cela, le loup semblait léger, doux contre sa peau lui assurant par là même une sorte d’armure, une protection faite de soie.

Alors, après avoir lancé un dernier regard à la salle en contrebas, la jeune femme entreprit de descendre à son tour, les escaliers se trouvant sur sa droite. Un pas après l’autre, la main posée sur la rambarde, Allys progressait lentement, luttant presque contre une viscérale envie de fuir les lieux pour retrouver une zone plus sécuritaire que représentait son quotidien. À vrai dire, la seule raison qui la poussait à se mêler à ces gens étranges était de retrouver une connaissance, un ami. Quelqu’un qui saurait lui expliquer la raison de sa venue dans ses lieux. Mais comment reconnaître un visage connu sous ces masques singuliers et imposants alors qu’elle-même semblait si différente ?

Toutefois, la mécanicienne n’eut guère le temps de se poser de question qu’un homme affublé d’un immense masque d’oiseau lui coupa la route avec son plateau chargé de flûtes au liquide pétillant. Pressée de se débarrasser de l’intrus pour reprendre ses recherches, Allys se saisit de l’une d’elle tout en le remerciant d’un bref mouvement de tête. Son instinct la poussait à se diriger vers un coin de la salle pour mieux observer l’assembler… Ou près de l’un de ses buffets alignés, chargés de victuailles riches et variées. Elle hésitait, tout simplement… Lutter contre ses habitudes ou goûter l’un de ces mets ? En attendant de se décider, la jeune femme restait plantée juste en bas des marches, relativement éloignée de l’ensemble des convives qui lui semblaient si peu rassurant...



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Flavien Teleri
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Dim 29 Avr - 19:45
Irys : 632918
Profession : Soigneur itinérant
My'trän +2 ~ Chimères

Ophélia Narcisse



L'espace d'un instant il lui avait semblé qu'une peur panique saisissait son cœur. Un désir de pousser son corps toujours plus loin, de sentir l'écume et le vent marin fouetter son visage et de refuser de tourner la tête ne serait-ce qu'un instant vers l'arrière, et puis, plus rien. Aemy avait ouvert les yeux. Le souffle court, l'anomalie ne comprenait pas ce qui lui arrivait, mais à mesure que la musique emplissait ses sens et couvrait le bruit sourd des battements de son cœur qui tambourinaient à ses oreilles, la panique fit place à un calme infini. Bientôt, elle ne se souvient même plus de ce qui lui avait fait si peur. Les malheurs apportés par son Régisseur, les tourments dans lesquels elle entrainait ceux qui comptaient pour elle et sa propre vie qui lui échappait alors qu'elle faisait tout pour s'y accrocher. Tout semblait si lointain, à présent.

Aemy avait sa place ici, parmi ces gens. Pour la première fois depuis longtemps, elle ne ressentait pas le besoin pressant d'aller de l'avant. Où que se trouvent ses tourmenteurs, ils n'étaient pas là à présent. La jeune femme n'aurait su dire pourquoi, mais elle était convaincue qu'elle était à l'abri pour le temps présent. Elle ne savait pas ce qu'elle faisait ici, ni comment elle était arrivée dans cet endroit.

Etait-ce à cela que ressemblaient les rêves ? Le temps où elle avait été visitée par un songe aussi doux lui semblait bien lointain. Pourquoi elle se trouvait ici n'avait pas grande importance, après tout. La vie n'avait jamais fait aucun cadeau à Aemy. Il ne lui serait pas venu à l'esprit de tourner les talons tant qu'elle pouvait continuer à éprouver cette sensation de légèreté qui accompagnait la soirée à laquelle elle avait été conviée. Elle y avait été conviée, n'est-ce pas ? Qu'est-ce qui lui prenait de penser à un songe ? Elle ne souhaitait pas faire de la peine à ses hôtes.

Revenant à la réalité, elle se frotta les yeux. Un peu perdue, Aemy jeta un coup d'œil autour d'elle. Elle se trouvait au milieu du passage, en haut des marches d'un escalier habillé d'un tapis de velours. Gênée, elle s'écarta du passage malgré l'absence de monde, désireuse de ne pas se faire remarquer. La soirée commençait si bien, il serait dommage d'être pris en grippe de sitôt. La musique était agréable, entrainante sans être irritante, et Aemy pouvait très bien s'imaginer l'écouter des heures durant. Les invités rassemblés dans la salle en contrebas dansaient sans lui prêter la moindre attention, ce qui ravie grandement la jeune femme timide. Elle n'aimait pas se faire remarquer.

Un bruissement d'étoffe la tira de sa contemplation de la fête. Aemy leva les yeux et croisa le regard d'une femme masquée. Des ailes immenses de papillon cachaient son visage. Sans un bruit, la femme élégante tendit un masque à la jeune femme perdue. Elle ne dit pas le moindre mot mais le message était clair : Aemy faisait un terrible faux-pas en se présentant à cette soirée sans être masquée. Délicatement, la jeune femme attrapa le masque qu'on lui tendait, rougissant légèrement. Se donner en spectacle était bien la dernière des choses qu'elle espérait faire ce soir.

- Merc... ah !

La femme à la chevelure de feu n'attendit pas d'être remerciée pour descendre quatre à quatre les marches du grand escalier et se fondre dans la masse des invités.

Aemy tenta de la suivre des yeux un moment, sans grand succès. Dire qu'elle n'avait même pas eu le temps de la remercier correctement pour sa gentillesse. La jeune femme soupira, traçant du bout des doigts le contour de son masque. Il était magnifique, d'un blanc pur décoré d'argent, des plumes noires ornées de perles nacrées le sublimaient. Aemy revêtit son masque, agréablement surprise par sa légèreté et l'aisance avec laquelle il tenait sur le bout de son nez. La jeune femme sourit agréablement en descendant les marches pour se mêler aux festivités. Des jours comme ceux-ci étaient rares, elle mettrait tout en œuvre pour en profiter.

Discrète, elle se fraya un rapide passage dans la foule des danseurs pour rejoindre l'un des buffets qui longeait la salle. Attrapant un verre au contenu non identifié mais présenté dans un service bien trop riche pour être de mauvaise qualité, la jeune femme porta la boisson à ses lèvres et bu une petite gorgée en observant les gens autour d'elle. Ses yeux pétillaient et son fin sourire, joyeux mais intimidé, ne quittait pas ses lèvres. La fête battait son plein et les rires des invités tout autour d'elle lui mettait du baume au cœur. Elle ne se mêlerait pas à eux, pas sans y être invité directement, mais ressentir leur joie de loin la contentait tout aussi bien. La bonne humeur régnait en maître ici, et Aemy ne pouvait qu'apprécier cette énergie qui motivait les danseurs et abreuvait les conversations mondaines.

Masque d'Aemy:
 


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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Finn Kalagann
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Mar 1 Mai - 0:41
Irys : 154976
Profession : copiste
My'trän 0

Meylan Lirétoile

Cette soirée serait mé-mo-rable.

La ménestrel ne se souvenait pas exactement comment elle en était arrivé là, dans cette salle grandiose au plafond couvert de fresques et de parures innombrables. Elle arborait ce sourire en coin et portait un regard assuré sur les convives gloussant en contrebas, appréciant la soirée mondaine qui battait son plein. Tous portaient des masques, comme s'ils avaient conclu l'accord tacite d'oublier qui ils étaient et à qui ils avaient affaire. Qu'ils étaient amusants. La conteuse de légende, elle, véritable féline de son état, n'avait nul besoin de se dissimuler derrière quelque artifice grossier lui recouvrant la moitié du visage mais... Cette éphémère créature qui venait sur sa droite lui annonçait la couleur, au sens propre comme au sens figuré. Un masque noir, tout ce qui avait de plus banal. Meylan se saisit de l'artéfact alors que le papillon s'en était déjà retourné à son joyeux labeur qu'était le marchandage d'anonymat. C'était parfait. La belle conteuse n'avait besoin que peu d'artifices, elle-même savait jouer de moult personnages, d'ordinaire, comme si elle portait un masque le reste de l'année, à l'aube du nouvel an jusqu'au crépuscule du réveillon. Elle déciderait de se battre à armes égales. Car, oui, cette soirée était un combat à la recherche des derniers potins comme de la légende à immortaliser dans son recueil de contines et récits. Elle tressaillait intérieurement, tandis qu'un délicieux frisson ardent lui parcouru l'échine alors qu'elle descendait, d'une démarche gracieuse, délicieuse, l'escalier de marbre survêtu d'un tapis rouge, jusqu'à la grande salle où elle se fondait maintenant parmi la foule. Plus que jamais, la barde était dans son élément et elle comptait en jouer.

Son sourire demeurait figé et ne s'étirait pas le moins du monde, quand bien même elle attirait quelques regards masculins sur sa silhouette alors qu'elle se faufilait telle une couleuvre, glissant presque à travers la foule, tantôt figée, tantôt élancée dans ce qui semblait être une valse à trois temps. Un bel homme, domestique celui-là, se tenait ferme et droit sur sa gauche, présentant sur un plateau d'argent une demi-douzaine de flûtes au liquide jaunâtre et pétillant. La demoiselle porta une main pour s'accaparer une coupe, remerciant son hôte d'un signe de tête qui fit danser quelques mèches de cheveux, telle la séductrice qu'elle aimait jouer. La glotte de son humble serviteur fit comme un bond dans sa gorge, comme s'il déglutissait. Elle lui faisait de l'effet. Et elle aimait ça, se jouer des hommes et de leur soi-disant contrôle d'eux-mêmes.

Elle s'arrêta un instant prêt d'un buffet pour trouver un point d'ancrage, d'observation, se retournant dans une éternelle grâce et portant le verre à ses lèvres maquillées. Ses yeux se portèrent sur un charmant inconnu au poil brun qui lui-même semblait avoir repéré la ménestrel. Ses intentions étaient claires et il présentait dans un rituel harmonieux une main pour inviter la convive au masque noir à danser. Mais Meylan ne cédait pas aussi aisément aux tentatives de ses prétendants, quand bien même il n'existait que peu de courageux pour oser l'aborder. Et comme elle était joueuse, elle ignorait promptement ce charmant indigène en mal de cavalière, pivotant vivement le visage pour faire virevolter ses mèches d'ébènes droit dans la figure du sieur, s'éloignant, ne montrant nulle émotion, pas même le moindre amusement. Mais elle bouillait intérieurement et avait décrété qu'elle se jouerait des hommes ce soir.

Elle s'attabla à un autre recoin où l'on pouvait se servir de victuailles. Son regard assuré croisa deux yeux vairons cernés d'un masque argenté, lui-même entouré d'une splendide chevelure de braise. Son sourire s'étirait de plus belle ; sa timidité apparente l'amusait quelque peu. Elle hésitait un instant entre se jouer d'elle et l'inciter à assouplir sa posture, car il était évident qu'elle éprouvait quelque réserve que l'alcool et l'aisance saurait dissiper.

"Mue par l'oeuvre de l'humanité,
Unissant les coeurs, adoucissant les moeurs,
Salvatrices vibrations je sais propager.
Inaltérable, je provoque parfois les pleurs,
Quand bien même je veux susciter la joie.
Un mot caché dans ces vers tu trouveras,
Et mon art ineffable ce soir tu apprécieras."

Quand bien même sa prouesse artistique ne répondait à que trop peu de règles qu'elle s'évertuait à respecter de son statut de ménestrel, elle n'était pas peu fière de cette improvisation qu'elle ponctua d'un clin d’œil à l'attention de sa convive. Elle espérait lui donner de l'entrain, et l'inviter elle aussi à jouer ; de l'ambiance, des hommes, de tout, quoi. Elle ne demanda pas son reste, cela dit ; elle était déjà allé chercher une autre convive avec qui jouer de la comédie.

Après tout, on dit que le monde est une vaste scène dont nous sommes toutes et tous les acteurs.
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Loën
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Ven 11 Mai - 18:37
Irys : 117783
Profession : Verrière - Challumeuse
My'trän +2 ~ Zolios
Des picotements dans les doigts. Une brume légère sur les yeux qui disparaît comme un rêve. Je lève les mains. Les mains ? Les mains de qui ? Elles sont larges, tannées, calleuses. Mes mains. Mes mains ? Oui, oui. Cette cicatrice blanche et renflée, sur le pouce gauche, en forme de croissant de lune, je m’en souviens. Je suis tombé dans un trou de belette l’été de mes quatorze ans et les épines acérées de l’acacia qui le surplombait m’ont laissé ce souvenir. Je m’en souviens, car je suis Zygan. Je suis Zygan.

Je m’ébroue le poil, comme un chien resté sous la pluie. Mes vêtements de cuir souple claquent en douceur, dégageant une odeur de mousse sèche et de fumée. Je sens l’absence de ma lance dans mon dos, comme une vieille amie soudain partie, mais cela n’a pas d’importance. Quel usage en aurais-je ? Ici, je ne crains rien. Rien à chasser, rien à défendre, rien à combattre. Et pour cause. Ce n’est pas ici que l’on trouvera un Khyanalt…

Dehors la nuit noire, dedans les lumières éclatantes de la fête. Un vent frais s’engouffre dans mes jambes depuis les gigantesques portes entr’ouvertes auxquelles je tourne le dos. J’y jette un regard inquisiteur. On ne voit rien au dehors, comme si les battants s’ouvraient directement sur les bords du monde. Et ce vent frais et doux qui me pousse à l’intérieur… Une main sur mon avant-bras. Une jeune femme, aussi étrange que les lieux, m’aborde et me tend un loup de cuir brun de belle qualité. Elle ne dit rien, elle n’en a pas besoin. J’oublie la porte, j’oublie les ombres et je porte ma main à mon visage pour y poser l’objet. Comme par enchantement, il se fixe sur ma peau sans accroches, sans tiraillements. Je tâte un instant le cuir rugueux, puis ma barbe étonnamment ordonnée, enfin le col de tissu épais de ma chemise. J’oublie les portes, j’oublie les ombres : plus rien n’existe que la fête fabuleuse qui se pavane sous mes yeux.

Mes habitudes me portent d’ordinaire aux merveilles de la nature ; celles des hommes me sidèrent ce soir. Aux ors ruisselantes des torchères et des balcons rivalisent les marbres fins de colonnes épaisses qui soutiennent un plafond peint de scènes étranges et lubriques. N’osant y laisser mon regard se poser, je me raccroche aux soieries innombrables qui s’écoulent des consoles sculptées. Tous les pigments de Zolios y sont passés et de cette orgie de couleurs je ressors nostalgique de mes séjours dans ce pays extraordinaire. Mais ce n’est encore rien par rapport aux tables croulant de victuailles qui embaument la salle de bal, aux flots d’alcool qui ruissellent en continu dans les coupes cristallines, aux instruments de musique étranges et délicats qui rythment les pas des danseurs.

Tout cela est si étrange, si inconnu, si lointain de tout ce que je suis. Et pourtant, je suis attiré comme un aimant par ces rires joyeux, ces mots feutrés qui s’échangent entre deux sourires en coin. Je descends lentement les escaliers, savourant cette plongée en eaux inconnues. Que faire, où aller ? Toutes choses auxquelles je répondrais plus tard. Pour le moment je sens sous ma main la pierre froide de la rampe, sous les bottes le moelleux du tapis. Arrivé en bas, j’observe quelques instants la foule bigarrée. Je suis invisible. Nul ne me voit, nul ne fait attention à moi. Ici, personne de ma connaissance. Pas de couleurs de clan, de motifs familiaux ou de noms familiers. Des inconnus virevoltent autour de moi : c’est à moi d’entrer dans la danse.

De cette danse, je ne sais rien. Pourtant, quelque chose me souffle que tout m’est possible, ce soir, même de ne pas écraser les pieds de ma partenaire. Je tend la main à une belle femme brune au regard séducteur, qui me repousse d’un sourire avant de s’enfoncer dans la foule. Tant pis pour elle ! Quelques pas plus loin, je me retrouve contre le mur où est déjà postée une autre femme svelte. Elle décortique la foule de ses yeux perspicaces et, les bras croisées sur sa robe bleue, semble se demander encore si sa présence en ces lieux est bien fondée. Questionnement, ma foi, somme toute superflu.

« Vous ne devez pas voir grand-chose, d’ici. » Je lui tend la main, l’air engageant. « Si vous veniez danser, vous auriez une bien meilleure vue. »


   
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Danaë Kervan
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Mer 16 Mai - 23:30
Irys : 39994
Profession : Guérisseuse/Herboriste/Mercenaire
My'trän +2 ~ Suhury

Loën regarda autour d'elle. Ce bâtiment, cette ambiance, cette musique, ces masques et ces gens. Tout lui semblait étranger.

Elle se tenait là, debout, avec une longue robe noire qu'elle n'avait jamais vue et encore moins portée, mais qui lui allait si bien qu'on pouvait la croire faite sur mesure.

La jeune femme fit un pas puis deux et se fit intercepter par une femme avec un masque certes surprenant, mais pas dénué d'originalité. Cette dernière lui donna un masque et lui fit comprendre qu'elle ferait mieux de s'en servir.

Loën s'exécuta donc sans trop se poser de question. Pourquoi était-elle aussi calme et sereine dans un lieu aussi... étrange. Elle n'en savait rien.

Tout ce qu'elle savait c'est qu'elle voulait explorer cet endroit, du moins un tout petit peu. Si jamais cela s'avérait dangereux, elle pourrait toujours brûler cet endroit en un rien de temps.

Elle s'avança alors et scruta, indécise, la pièce, cherchant une personne qu'elle connaîtrait. Loën opta finalement pour le buffet, car elle commençait à avoir faim et ces petits canapés étaient si tentants...

Masque:
 

Excuse:
 

Ps:
 


Danaë parle #ff6600
Voix de Danaë:
 
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Ingrid & Sigurd
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Lun 21 Mai - 14:29
Irys : 654876
« Très bel enchaînement de mots Madame ! Si vous souhaitez à un moment ou un autre donner une petite représentation n’hésitez pas à aller voir la dame Papillon. En attendant, si vous souhaitez boire quoi que ce soit, nous avons des boissons alcoolisées et non alcoolisées venant du monde entier ! De même pour les mets. Puis-je vous servir quelque chose pour vous désaltérer ? »

L’homme qui a pris la parole, trahissant sa présence jusque là passée inaperçue, se tient de l’autre côté de la longue rangée de table. Derrière lui pendent les rideaux dorés, immobiles. En fait, il n’est pas le seul, d’autres personnes affublées de masque d’oiseau s’occupent du service ici comme partout dans la salle. Son ton très poli tout comme son regard attentif envers les deux convives en font un serviteur parfait. Il attend une réponse de leur part sans les presser, les mains gantées croisées devant lui, se tenant clairement à leur disposition. Aucun trépignement, une vraie statue.

À une autre table couverte d’une nappe tout aussi immaculée, la scène se répète. Un serviteur tout aussi anonyme s’enquiert poliment des besoins de Loën, lui présentant les boissons comme les mets sucrés et salés. Tout est à disposition, un simple mot et elle sera servie. Encore une fois, il n’est possible de deviner que les yeux, le reste du visage est dissimulé. Difficile de sonder ainsi une personne. De part et d’autre, partout où il y a des buffets, des gens vont et viennent et se font servir de façon naturelle. Aucun éclat de voix à déplorer. La soirée se déroule à merveille.

« Merci ? »

La dernière arrivée, une jeune femme à la chevelure blonde tressée disparut comme ses prédécesseurs derrière le masque tout juste acquis. La femme papillon, comme avant, s’avance pour se fondre de nouveau dans la foule et disparaître. Elle passe sans se presser mais avec un pas déterminé à côté du duo tout juste formé, ou en train de se former, tant d’autres ont déjà fait ce geste plus tôt.

Si les portes se sont ouvertes, elles l’ont fait sans bruit, sans que personne n’y prête attention. Personne ne semble intéressé par ses dernières ou n’a encore tenté d’en sortir. Du moins, de mémoire de papillon.
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Lauren Hill
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Jeu 14 Juin - 14:43
Irys : 864831
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1


Si ses lèvres osaient de temps à autre se poser doucement sur le rebord de sa flûte, afin de s’humecter légèrement de ce liquide festif au goût délicieusement piquant et fruité à la fois, ses yeux ne quittaient jamais la foule. Allys surveillait, en quelque sorte, cette masse colorée et étrangement enjouée tout en continuant de s’interroger sur les raisons de sa présence en ces lieux. Pourtant, les rires et la musique accomplissaient merveilleusement leur office, en s’insinuant en elle jusqu'à la surprendre en lui arrachant quelques sourires par moment.

Malgré sa curiosité, l’envie de quitter cet endroit onirique restait bien présente. L’ingénieure n’éprouvait nullement l’envie de se mêler à ces gens bien trop étranges parce que trop excentriques, trop libérés pour être réel. Peut-être était-ce dû à ces masques imposant qui recouvraient leur mystérieux visage. Et si… Et si elle aussi essayait d’être une autre, le temps d’une seule soirée ? Pourquoi ne pas simplement se laisser aller à sourire, danser au milieu des autres ? Depuis combien de temps ne s’était-elle pas amusée au juste ?

« Vous ne devez pas voir grand-chose, d’ici. » l'interpella un inconnu tout en lui tendant la main . « Si vous veniez danser, vous auriez une bien meilleure vue. »

L’homme était apparu comme pour répondre à ses questions, coupant court à ses réflexions hésitantes simplement pour l’inviter à rejoindre les autres sur la piste encombrée. Grand, imposant, mais sans extravagances, le visage dissimulé derrière un loup sobre, il arborait une barbe fournie tout en étant soignée. En somme, rien de visible qui ne laissait deviner ses intentions ou simplement sa personnalité. Une chote était certaine : Allys ne l’avait jamais vu auparavant. Sa nature renfermée l’aurait ordinairement poussée à l’éconduire afin de rester seule en sécurité bien loin de l’agitation des convives… Pourtant, cette soirée n’avait rien d’ordinaire. Elle non plus dans cette robe, sa cicatrice cachée sous son masque si léger… Alors, pourquoi hésiter lorsque l’on lui donne enfin l’occasion de changer ? Et puis... peut-être en savait-il plus qu’elle sur cette soirée...

-Je doute qu’une danse n’améliore mon angle de vue, mais pourquoi pas, railla-t-elle en plaçant sa main dans celle de l’inconnu. Êtes-vous un ami de notre hôte bien mystérieux ?

Une question à la subtilité bien discutable, il est vrai, mais cela n’a jamais été l’un de ses points fort. Habituée à la franchise pure et dure, Allys ne savait guère s’y prendre avec le reste du commun des mortels. Faire la conversation, en particulier avec un inconnu, ne l’intéressait que très rarement. Néanmoins, l’ingénieure voulait comprendre et peut-être que cet homme avait les réponses qu’elle cherchait.



Lauren s'exprime en #99ccff


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Flavien Teleri
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Mer 20 Juin - 15:33
Irys : 632918
Profession : Soigneur itinérant
My'trän +2 ~ Chimères
Le regard d'Aemy parcourait l'assistance sans véritablement s'arrêter sur un détail. De la riche facture des vêtements que portaient les hôtes aux pierres précieuses qui sublimaient certains masques, il y avait de quoi être émerveillé peu importe où l'on posait les yeux. Ce n'est qu'après avoir admiré la danse d'un couple enivré de musique, intriguée par le bonheur immense qu'elle lisait sur le visage de ces anonymes, qu'elle reporta son attention sur le buffet auprès duquel elle s'était réfugiée.

Inspectant la lignée de victuailles à sa disposition, Aemy prit garde à ne pas gêner le ballet incessant des serveurs qui semblaient papillonner autours des hôtes de cette soirée. A peine son verre sur le point d'être terminé qu'il était déjà à nouveau rempli, sans qu'elle s'en rende même compte.

En chemin vers le bord de table où elle avait repéré quelques douceurs, Aemy croisa le regard d'une femme à la chevelure épaisse et aux yeux brillants de malice derrière son masque. Lorsque cette dernière s'approcha d'elle, Aemy se poussa naturellement contre le buffet, supposant qu'elle souhaitait passer devant elle pour rejoindre un autre invité. Elle ne s'attendait pas à la voir s'arrêter devant elle, la gratifiant d'un petit sourire en coin avant de se lancer dans une devinette sous forme de poème.

Devant cette introduction plus qu'originale, Aemy sourit doucement. Elle hocha poliment la tête aux éloges d'un homme au masque d'oiseau qui félicitait la prouesse de l'artiste. Une révérence légère et la poétesse repartait déjà, laissant Aemy répéter dans le secret de son esprit les vers qu'elle venait d'entendre. La jeune femme vit son sourire s'affirmer doucement en comprenant le message dissimulé dans cet enchainement harmonieux de mots.

Elle voyait juste après tout. Les airs que jouaient les musiciens qu'elle n'avait pas encore aperçu dans cette foule de convives étaient joyeux et entrainant.

Prenant appui sur le buffet derrière elle, elle continua à regarder la piste de danse, piochant de temps à autre un amuse-bouche qu'elle savourait en plusieurs bouchées. Un serveur s'approcha d'elle, l'interrompant dans son loisir pour lui demander si tout était à sa guise. Elle hocha la tête, déplorant tout de même l'absence de ces petites douceurs qui avaient marquées les portions heureuses de sa vie. Elle appréciait la finesse des différents mets qui lui étaient si gracieusement offert, mais elle aurait tant donné pour qu'on la laisse piocher dans un bocal de cookies.

Le serveur lui sourit agréablement, la quittant sur une parole bien étrange. Il lui glissa qu'il espérait qu'elle soit satisfaite. Invitée privilégiée, il ferait son possible pour l'accommoder au mieux.

Du coin de l'œil, Aemy qui avait repris son inspection discrète de la piste de danse repéra un plateau rempli de cookies. Etrange, elle était pourtant sûre de ne pas en avoir vu avant. Le rouge lui monta aux joues et la jeune femme se murmura une excuse coupable à elle-même. Elle aurait dû prêter un peu plus attention au buffet avant de penser qu'il était incomplet à ses yeux. Heureusement que le charmant serveur qui l'avait questionnée était déjà parti, où elle n'aurait plus su où se mettre.

Décidant de noyer sa gêne en attrapant un cookie encore tiède, elle fit quelques pas jusqu'au plateau, rejoignant une jeune femme à la chevelure ébène et tressée, la peau aussi foncée que celle d'Aemy était claire. Elle dégageait une aura inspirant la confiance et appelant à la convivialité. Comme un papillon de nuit attiré par la flamme d'une bougie, Aemy s'approcha de l'invitée masquée qui zyeutait le buffet avec intérêt.

Intimidée, Aemy se glissa à côté de l'indécise. L'atmosphère chaleureuse dans laquelle ils baignaient l'incitait à faire un effort pour engager la conversation. Pourquoi serait-elle venu ici si ce n'est pour profiter des festivités et se mêler à la foule d'invités ?

- Difficile de choisir ? Questionna-t-elle délicatement.

Aemy croqua dans son cookie en attendant la réponse de l'inconnue, se rappelant un peu tard des règles de bienséances et se rattrapant le plus rapidement possible.

- Ah ! Excusez-moi. Se hâta-t-elle d'ajouter, Je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Aemy.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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