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Chroniques d'Irydaë
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 Un chien dans la manche

Ash
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Jeu 3 Mai - 20:13
Irys : 119979
Pérégrin 0
Skingrad, Mai 933

Cette soirée ne se distinguait en rien des autres. Les lieux changeaient, les gens aussi, mais pourtant l’alcool semblait avoir le même goût, ses ruses fonctionnaient de la même manière sans qu’elle n’ait à redoubler d’imagination. Il ne s’agissait finalement que d’une routine imposée par son quotidien passé à vivre au dépens des autres. En somme, celle-ci s’était déroulée de la même que les autres, attablée autour d’une table de jeu, en compagnie d’ouvriers épuisés par leur journée de travail et rendu stupide par l’alcool bon marché ingurgité en grande quantité. La manœuvre était savamment calculée, entraînée et lui permettait de gagner rapidement une grande somme d’argent sans se mettre en danger inutilement. Ainsi, une fois encore, elle avait délesté ses hommes de leur maigre salaire journalier, sans éprouver une once de remords. Elle ne s’encombrait pas de ces détails, ceux consistant à priver une famille d’un repas correcte, par exemple. Après tout, ces gens-là se rendaient au bar pour boire et jouer sitôt la journée achevée. Ils ne rentraient pas directement retrouver femme et enfants, alors à quoi bon s’en soucier si eux-mêmes ne semblaient pas culpabiliser ?

Évidemment, elle veillait à ne pas gagner trop souvent, la triche serait rapidement découvertes. Ash prenait grand soin à paraître aussi stupide et saoule que ses victimes, rendant ses gestes volontairement maladroits, prenant le temps de poser chaque carte sur le tapis, comme si le simple fait de choisir l’une d’elle était une épreuve épique pour son cerveau fonctionnant pourtant à merveille. Perdre peu pour gagner gros, tout, absolument tout était calculé, que ce soient ses regards, ses sourires, ses gestes jusqu’au son de sa voix bien plus mielleux qu’à son habitude… Si bien qu’aucun d’eux n’ait pu se douter de la supercherie, il lui suffit, finalement, de sortir au bon moment, le Valet de pique qu’elle avait retiré du jeu un peu plus tôt, habillement dissimulé dans sa manche pour remporter la dernière partie de la soirée.

-Le chien vert est pour moi !s’écria-t-elle joyeusement en se relevant brusquement, tanguant légèrement comme si elle cherchait son équilibre.

-Et merde, bon sang gamine, t’es sure que c’est la première fois que tu joues à ce jeu ?demanda le crétin numéro un en affichant un regard abattu.

-Ouep! J’suppose que c’est c’qu’on appelle la chance du débutantrépondit la jeune femme tout en se penchant maladroitement sur la table, la faisant pencher sur le côté au point de renverser l’une des pinte encore à moitié pleine. Wooooh oooh, j’pense que j’vais m’arrêter là les gars, manquerait plus que je m’étale sur le sol avant d’avoir pu dépenser vot’ fric. Ahahah!

Son rire résonna dans la salle, attirant tous les regards sur elle tandis qu’elle s’affairait à ramasser ses gains, plus que généreux, et de les ranger avec empressement dans son sac.

- C’est ça, barre toi. C’pas possible une chance pareille, ma femme va m’tuer.

-Vois le bon côté des choses, t’es pas cocu. Toi qui croyais qu’elle s’tapait le livreur de lait, te voilà fixé, ah ah ah.

-Et bien, merci les gars,déclara-t-elle en jetant son sac dans son dos.À bientôt j’espère !

-Oh non, surtout pas, j’tiens à ma vie moi aussi. J’t’aime bien, mais reste loin de ma bourse.

Hilare, Ash lui adressa un clin d’œil entendu avant de s’en retourner vers l’extérieur. Du coin de l’œil, elle aperçut une bande d’hommes qui n’avaient strictement rien à voir avec le reste de la clientèle. Ceux-ci la suivaient du regard, attendant certainement le moment où la jeune fille éméchée se retrouverait seule pour mieux la délester de son argent ou autre prise purement alléchante pour les lâches dans leur genre. À peine eut-elle posé la main sur la poignée que déjà, ils se levèrent, comme un seul homme, tandis qu’elle en dénombrait deux. Tout à fait gérable donc...

Et ça ne prends même pas la peine d'être discret pensa-t-elle en quittant les lieux. Dans la rue, Ash semblait continuer son manège, claudiquant sur les pavés instables qui recouvraient le sol, le temps d’être absolument certaines que les gars en avaient après elle… Ce qui était évidemment le cas, ceux-ci riaient, l’affublaient que quelques sobriquets hautement évocateurs auxquels elle ne prêta aucunement attention, se contentant de presser le pas. Dire qu’elle avait préféré éviter les bas quartiers pour s’épargner de tels soucis… Mais tant pis, ce n’était pas la première fois qu’elle se retrouvait en pareille situation et la pérégrine s’en était toujours sortie, celle-ci ne ferait donc pas exception.

Elle marchait tout en avisant le quartier, la disposition de chaque bâtisse, l’emplacement des rues et du mobilier urbain, jusqu’à la hauteur des bâtiments… un peu trop haut pour fuir par là… Qu’à cela ne tienne, ils voulaient jouer, elle allait leur offrir une partie de chasse qu’ils n’oublieraient pas de sitôt. Elle souriait tout en remontant sa capuche afin de dissimuler ses cheveux reconnaissables entre tous, savourant déjà l’instant où ils comprendraient qu’ils n’avaient certainement pas affaire à la dernière des idiotes. En attendant, elle tiendrait patiemment son rôle, bifurquant à sa droite pour déboucher dans une rue bien plus animée que la précédente. La belle se mêla aux passants nocturne, la plupart semblaient d’ailleurs subir les effets de l’alcool et lui assuraient une barrière bien mal assurée. Toutefois, poussée par la malice, Ash veillait à rester visible, tout du moins assez pour leur permettre de la retrouver facilement. Une belle erreur néanmoins, car plus elle avançait, plus la bande semblait gonfler, passant de deux à six hommes, ce qui devenait fortement problématique. Si elle pouvait facilement combattre deux assaillants, il lui serait impossible de tenir face à six hommes probablement armés… Aussi, elle décida d’abandonner le jeu et de les semer rapidement.

Elle adapta ses pas en fonction, marchant rapidement d’abord pour ne pas attirer l’attention des badauds, pour courir une fois arrivée dans une ruelle déserte. Toutefois, le quartier ainsi agencé, ne lui offrait aucune possibilité de se cacher ou ne serait-ce que se dissimuler un temps en attendant qu’ils s’éloignent pour rebrousser chemin par la suite.

Devant l’urgence de la situation, son cœur accéléra sa course pour adapter un rythme plus effréné qui ne fit que l’empêcher de reprendre son souffle correctement. Malgré son endurance, Ash s’épuisait de plus en plus à chacun de ses pas et ne serait bientôt plus qu’une cible facile. Il lui fallait trouver une idée, et ce, rapidement. Dans tous les cas, plus question de fuite, ils étaient bien trop des prés, bien trop nombreux et devaient connaître la cité bien mieux qu’elle. La jeune femme devrait les affronter, malgré le peu de chance qui s’offrait à elle d’en réchapper. Ash avait pleinement conscience que sa vie serait courte, tant pis. Elle les guida ainsi jusque sur les quais entièrement déserts à une heure aussi tardive. Arrivée au bord de l’eau, Ash se retourna, faisant face au groupe d’hommes à la mine renfrognée tout en affichant son éternel sourire amusé.

-Fini de jouer ma belle, tu ne peux plus fuir.

Non, elle ne le pouvait plus. Prise au piège face à la berge artificielle, il ne lui restait guère d’autre option que celle de se battre. Avec un peu de chance, elle en ressortirait vivante… Dans tous les cas, le sort en était jeté, alors à quoi bon résister. Le destin semblait se jouer d’elle, autant jouer avec le destin.

Elle les avisa chacun leur tour, guettant la présence d’une arme quelconque, capable de la mettre en danger. Évidemment, ils ne tardèrent pas à les lui montrer d’eux-mêmes, sortant tour à tour dagues et couteaux divers et variés. Pourtant, elle se refusait de leur montrer ses craintes ou ses doutes, s’entêtant à garder bien en place ce masque constamment amusé qui constituait une seconde peau.

- Et bien… Tout ça pour une petite fille, vous m’en voyez flattée messieux, railla-t-elle en se saisissant de sa lame tout en affichant un rictus carnassier. Allez, venez jouer avec moi.

Volontairement provoquante, il lui était impossible de perdre la face, pas devant des hommes, des lâches qui avaient espéré s’attaquer à une pauvre fille sans défense. Or, sans défense, Ash ne l’était pas, bien que désavantagée.

Le premier se jeta sur elle, poussant un hurlement se voulant effrayant, elle n’eut aucun mal à esquiver le coup et en profita pour lui assener un coup de genou dans le ventre, le faisant plier. Au même moment, elle attrapa l’un de ses couteaux, le lançant sur le deuxième qui s’élancait déjà. Celui-ci atteint sa cible à la gorge, un de moins. L’échange déséquilibré se poursuivit, la forçant à garder un œil partout autour d’elle, esquivant autant que possible en jouant de son agilité et de sa rapidité. Sa lame se planta dans le flanc du premier qui venait de se relever tandis qu’elle esquivait difficilement un coup un peu trop bas… Elle se défendrait, jusqu’au bout…

Un dernier jeu, s'il le faut.
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Eylohr Lothar
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Sam 5 Mai - 15:51
Irys : 825198
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • Que la vie pouvait être douce pour un forban naviguant sur un navire comme celui du capitaine De Sousa. La vie était faite d’abordages, de pillages, de combats épiques et franchement agréables, de fêtes et de ripailles, d’une douceur bercée par les volutes de rhum, de sang et de parfums de femmes que l’or achète plus les succès guerriers ou un physique avantageux. Tout était agréable pour le colosse qui avait trouvé ici-bas une raison de vivre des plus sympathique. Il adorait se battre même si, abordage après abordage, combat après combat, meurtre après meurtre, il sentait que quelque chose changeait en lui. Quelque chose de sombre s’instiguait en son cœur et en son esprit un peu plus à chaque combat, à chaque acte de violence, à chaque mort qu’il semait, que ce soit dans un état de pleine conscience ou sous la colère aveuglante. Et si ces changements étaient des plus infimes pour le moment, leurs répercutions, elles, allaient jaillir tôt ou tard.

    Il était tranquillement assis contre un muret, à quelques centaines de mètres du navire. Il avait quitté l’ambiance posée et chaleureuse du shooner pou se retrouver un peu seul. Enfin, pas vraiment. Il était accompagné de sa bouteille et de quelques cigarettes qu’une précédente rapine avait permis de d’obtenir. Il n’était pas fan de cigare ni de cigarette, mais il aimait de temps en temps fumer sa pipe à herbe, les pieds pendus dans le vide, à la proue du navire, ou sur un transat lorsque celui-ci supportait son poids. Cette soirée n’était pas différente des autres, à part que ses pieds touchaient bel et bien le sol malgré la hauteur apparente du muret. Il était tout de même content de sa bouteille de et sa cigarette qu’il fume tranquillement.

    Et voilà qu’un évènement imprévu semble sorti tout droit d’un roman de drame. Une demoiselle éméchée poursuivie par un groupe de bandits visiblement très empressés de pouvoir mettre la main sur cette femme au physique avantageux. Si cette soirée est des plus agréable pour le colosse venu du Nord, elle semble devenir bien moins sympathique pour une demoiselle poursuivie par six hommes qui ne lâcherons rien. D’un côté, Eylohr avait cette étrange envie de voir ce que ce spectacle pourrait donner. Peut-être pourrait-il récupérer une fois, une fois ces hommes trop afférés, les bourses de cuirs de ces bandits mal léchés ? Mais une autre partie de lui se rappelait les évènements tragiques vécus lors de son enfance. Les femmes violentées, les viols quotidiens, les jeunes enfants utilisés comme de la chaire fraiche pour satisfaire les besoins vicieux des trafiquants d’êtres humains. Il avait abhorré ces gens sans âme et sans cœur depuis le début de sa vie et il avait tout fait pour leur mettre des bâtons dans les roues à la moindre opportunité, usant parfois de violences, sans pour autant le regretter. Alors faire comme si de rien était face à une situation qu’il déteste réellement… Impossible. Impossible pour lui, dans l’état actuel des choses. Son humanité est encore présente.

    Alors, il tire une dernière grande taffe sur cette cigarette qui se consume avec une grande rapidité, s’en débarrasse et prend la direction de la donzelle et de ses poursuivants. Il ne lui faut pas très longtemps pour se rendre compte que, en plus de jouer au héro déplacé – il tient plus de la bête cauchemardesque que du héro – il avait droit à un petit spectacle. La demoiselle avait de la répartie verbale et, en plus de cela, elle savait manipuler un couteau. Deux morts, et de belles morts. Un couteau jeté dans la gorge, un autre planté dans l’abdomen. C’était presque magnifique. Le colosse allait entrer dans la danse mais de manière beaucoup moins subtile.

    Les vas et viens des bandits et de la donzelle provoquaient des mouvements d’oscillation sur le ponton artificiel que les pas du colosse n’accentuèrent que très légèrement. Leurs cris couvrirent les talons d’Eylohr et il approcha avec une certaine furtivité étonnante compte tenu de la masse qu’il devait trainer. La seule personne qui l’avait vue approcher, c’était la donzelle. Ma l’obscurité ne permit pas à Eylohr de savoir si elle était rassurée par cette nouvelle présence ou encore plus inquiète.

    Dégainant son épée au fil si aiguisé, il l’enfonça sans difficulté à travers les côtes, les organes et le sternum d’un premier individu qui, d’un seul coup, s’était figé, les yeux exorbités, dans une position arque bouter comme tentant de s’éloigner de cette lame sans que les pieds ne quittent le sol. Cet acte fut suivi d’une bonne giclée de sang et, alors que le colosse retirait doucement sa lame avant de jeter le corps du malheureux qui se noyait dans son propre sang, dans la mer.


    - Alors, on joue ? Proposa Eylohr alors qu’il s’apprêtait déjà à porter un second coup.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


Spoiler:
 


Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Ash
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Dim 6 Mai - 9:06
Irys : 119979
Pérégrin 0
En combat, tout événement se déroulait toujours bien trop rapidement, en particulier lorsque les assaillants se trouvaient être bien plus nombreux qu’elle. En neutraliser deux, bien que définitivement, n’avait fait qu’énerver les autres restant, si bien que leurs attaques se firent plus vives, plus forte. Leur rage était presque palpable, aucun d’eux n’abandonnerait avant d’avoir mis fin à la courte vie de la jeune femme étrangement souriante.

Deux hommes et un couteau en moins… Ash se tenait toujours là, face à eux, dague ensanglantée à la main tout en affichant son masque habituel qui avait le don de décontenancer ses adversaires. Qui se battait avec un immense sourire aux lèvres si ce n’est une folle avide de sang ? Et pourtant, c’était loin d’être le cas. Ash n’était pas folle et détestait ce genre d’affrontement… Mais tenait pourtant à vivre, la tête haute. Son rictus servait surtout à tenir la peur et le doute à l’écart, pour lui permettre de réagir à temps. Rapide, agile… Le combat prenait des allures de danse macabre bien qu’il devenait de plus en plus difficile de tenir face à ceux qui avaient décidé de l’attaquer tous en même temps… Une lame glissa brutalement sur sa cuisse, laissant une empreinte sanglante sur son pantalon. La douleur était bien présente, mais Ash était déterminée à ne pas se relâcher...

Et puis, en voilà un autre, plus grand, plus massif… Autant dire que l’amnésique n’aurait aucune chance face à lui… Une brindille face à un rocher… Pas besoin d’être ingénieur pour comprendre que la jeune fille se briserait comme un rien.

Ami ou ennemi ?

Difficile à dire… Probablement un opportuniste, ce ne serait pas la première fois après tout. Et puis… Même dans l’obscurité, Ash n’eut aucune difficulté à lire l’amour du sang dans ses yeux bleus. C’était donc cela… Rien de plus facile pour lui de se débarrasser de quelques bandits pour s’en prendre à elle par la suite. Il lui faudrait rester sur ses gardes, le laisser la délester de quelques-uns avant de veiller à le tenir à l’écart.

Tandis qu’il embrochait l’un d’eux à la manière d’un boucher, Ash plantait sa dague dans l’épaule d’un autre avant de se laisser glisser sur le côté pour le faire chuter et continuer d’enfoncer la lame plus loin dans la chair, arrachant un hurlement à son adversaire. Elle s’empara ensuite de l’un de ses couteaux pour le planter dans sa gorge. Le beuglement du bandit se transforma alors en gargouillis sordides mêlés de quelques râles agonisants.

Plus que deux… Ou pas...

Du coin de l’œil, Ash avisa le géant. Il venait d’en abattre un autre… N’en restait donc qu’un seul, acculé, face à deux adversaires… Son regard en disait long, tout comme sa posture légèrement recourbée… Il avait peur. Le regard de l’homme se posait partout, cherchant une échappatoire qui lui était bien évidemment refusée…

-Vous ne m’aurez pas ! gronda-t-il en laissant tomber son couteau devenu inutile pour se saisir d’un revolver…

La logique aurait voulu qu’il tire sur l’adversaire le plus dangereux, la cible la plus imposante aussi… Mais non. L’homme ne réfléchissait déjà plus, ou du moins de façon fort peu logique, puisqu’il semblait indécis quant à la cible qu’il choisirait. Il les visait, chacun leur tour en tenant fermement son arme de ses deux mains tremblantes comme s’il s’agissait d’un enfant désespéré.

Il fallait agir vite, ne pas lui laisser le temps de se décider. Ash porta une main rapide à sa ceinture pour se saisir de l’un de ses couteaux… Mais le bandit effrayé l’avait vu, et le coup partit au moment où la lame s’envola en direction de son cœur… La balle, elle, frôla misérablement l’épaule gauche de l’amnésique, assez pour emporter un morceau de chair et animer l’un de ses tatouages par la même occasion. La douleur n’était rien en comparaison à l’idée de ce gâchis, si bien qu'Ash observait l’homme s'écrouler avec un regard exprimant toute sa colère…

Néanmoins, rien n’était fini pour autant. Il restait encore la montagne… Elle pouvait fuir sans demander son reste, vu la carrure de l’inconnu, celui-ci ne devait pas être assez rapide pour la suivre, tout du moins, en temps normal… Toutefois, la jeune femme ne voulait pas courir de risque, pas avec sa blessure à la cuisse qui rendait ses mouvements bien plus lent et maladroit. Alors, par précaution, Ash attrapa son compagnon au canon de neuf millimètres avant de viser le géant… Elle n’aimait pas l’utiliser en ville, la détonation, trop bruyante pourrait d’autres ennemis ou encore la milice, ce dont elle se passerait, évidemment.

-Tu t’attends peut-être à un merci ? lança-t-elle en le tenant en joug tout en affichant un sourire clairement sardonique. Ou peut-être que tu t’attendais à autre chose, mon gros ?

Malgré la différence de taille des plus évidente, la rouquine lui faisait face avec une assurance parfaitement feinte. Elle ne montrait pas sa peur, jamais… Même si évidemment ressenti. Ash pouvait aisément paraître téméraire, ce qui était souvent le cas à dire vrai, mais certainement pas dans ce genre de situation. Quand il s’agissait de sauver sa peau, la jeune femme redoublait de vigilance… Le but étant cette fois de pouvoir disparaître sans que la brute face à elle ne cherche à lui nuire.

- Je vais ramasser mes affaires, leur vider les poches et partir, tu ne me suivras pas, n’est-ce pas ? Après tout, tu as beau être costaud, tu restes humain… Alors c’est simple, un mouvement de toi, un battement de cils et je tire, on fait comme ça ?

Provocante jusqu’au bout, l’air assuré, Ash ponctua ses paroles d’un clin d’œil. Restait à savoir si la manœuvre allait fonctionner… Avant que la milice ou autre agresseurs éventuels ne décident de rejoindre la partie qui ne l'amusait déjà plus.



Ash s'exprime en #ccccff et avec le sourire.
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Eylohr Lothar
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Dim 6 Mai - 15:22
Irys : 825198
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • Visiblement, ils n’avaient plus très envie de jouer. Il faut dire que ce genre de jeu devient bien moins amusant lorsque la balance devient plus équilibrée, voir, penchant franchement en leur défaveur. Soudainement, le courage qui animait l’homme en groupe se trouve en réalité n’être qu’une lâcheté maquillée. Qu’il est facile d’agir lorsque tous vos arrières sont couverts. Seul, c’est une autre histoire.

    Deux étaient déjà au tas, un troisième venait d’être embroché dans une posture des plus comique, son sang se vidant de deux orifices creusés par la lame, dans des gargouillements immondes provoqués par l’inondation des poumons dans son propre sang, la lame et les côtes brisées ayant tour à tour percées l’organise salvateur. Il avait fini sa vie dans la mer, se noyant à la fois dans son propre sang et dans l’eau salée. Tout ça pour ça. Mais rien n’était encore terminé, car la donzelle utilisa cet effet de surprise pour terrasser un quatrième homme malgré une belle entaille ouverte à la cuisse. C’est qu’elle avait de la hargne à revendre la donzelle ! Et le colosse aussi avait eu fort à faire. Son arrivée et la peur qu’elle avait provoquée avait favoriser l’apparition d’actions bêtes et inutiles. Un des bandits attaqua le géant d’un coup de poing renforcé par la garde de l’épée qu’il tenait. Mais la différence de taille voulut que le coup n’eût comme seul effet qu’une accentuation de la sourde colère du géant nouvellement arrivé. Ni une ni deux, celui-ci répondit par l’offensive. Un coup de poing, lui aussi renforcé par la garde de son épée, provoqua chez le bandit une douleur qui irradiait dans tout le visage jusqu’au fond du crâne. Le nez se fractura immédiatement sous la puissance et la solidité du coup, dans un craquement perceptible mais somme toute, assez faible. Mais non content d’avoir fait son effet, et d’avoir neutraliser ce moucheron téméraire, le colosse agrippa sa cible par la gorge, coupant la respiration presque immédiatement avant d’abattre une pluie de coups sur le visage déjà sanguinolant de sa victime. Un coup, puis un second, et très rapidement il devient difficile de compter tous les coups portés. Le visage du colosse s’assombrit d’une violence seulement que seul le sang peut rassasier. Et il y en avait du sang, car à chaque coup, le visage du bandit se déformait un peu plus et lorsque ceux-ci stoppèrent enfin, ce qui fut jadis un homme au visage rustre était devenu semblable à un ballon dégonflé qu’un coup de pied aura profondément enfoncé. Le colosse tenait toujours sa victime par le col bien que celui-ci s’était déjà écroulé depuis longtemps. Une giclée de sang était parvenue sur le visage du colosse l’immaculant de part en part en une grande diagonale passant par ses lèvres. D’un geste de la langue, le colosse lécha ses babines, épongeant une partie du sang comme s’il s’agissait d’un reste de sauce tomate qu’un plat de spaghetti revêche aurait éclaboussée.

    Il abandonna sa victime comme un vulgaire de sac de patates et se tourna alors vers la donzelle et le dernier survivant qui, entre temps, avait dégainé son revolver en prévision d’une ultime solution pour assurer sa survie. Sa survie… S’il savait.

    Et la donzelle n’avait pas rendu son dernier mot non plus. Un couteau de lancer, une balle tirée, une blessure plutôt sérieuse et une autre mortelle, tout s’était passé sous les yeux du colosse qui était légèrement déçu de pas avoir pu tuer un peu plus. Mais si la donzelle était blessée – bien que sérieusement tout de même – le bandit lui, était encore en vie bien que respirant de plus en plus difficilement et qu’un bruit lugubre s’échappait de sa plaie à chaque respiration. Avec l’agilité du chat, la demoiselle qui n’était plus en détresse s’était emparée du revolver du bandit et le pointait dors et déjà vers le colosse tout en le gratifiant de quelques paroles. Visiblement, elle est tout autant inquiète que 2 minutes auparavant. Il faut dire que la présence d’Eylohr n’avait rien de rassurant et pour personne, sauf peut-être celui qui l’avait engagé dans son équipage, le Capitaine De Sousa pour qui Eylohr avait le plus grand respect. Il devait être le seul homme sur Irydaë à ne pas craindre le colosse. Enfin, c’était ce que croyait Eylohr. Ainsi donc, le géant du Froid était tenu en joug par cette femme qu’il était venu sauver, et qui était sévèrement blessée. S’en était-elle rendue compte ? Savait-elle que son état nécessitait quelques soins ? Toujours est-il qu’il restait face à elle, sa lame ensanglantée dans la main attendant de voir ce qu’elle allait faire.


    - Tu t’attends peut-être à un merci ? lança-t-elle en le tenant en joug tout en affichant un sourire clairement sardonique. Ou peut-être que tu t’attendais à autre chose, mon gros ?


    Mais oui, elle était inquiète. Et pas qu’un peu pour vouloir utiliser une arme bruyante. Pourtant l’action partait d’une bonne intention, pour peu qu’il en fût encore capable. Paradoxe total entre les actions de piraterie du colosse et l’action qu’il effectuait ce soir. Mais ce paradoxe se faisait également dans sa tête, lui qui se sentait devenir quelqu’un d’autre, de plus en plus sombre, de moins en moins humain.


    - Je vais ramasser mes affaires, leur vider les poches et partir, tu ne me suivras pas, n’est-ce pas ? Après tout, tu as beau être costaud, tu restes humain… Alors c’est simple, un mouvement de toi, un battement de cils et je tire, on fait comme ça ?


    Elle avait un plan, ou improvisait-elle au fur et à mesure ? Eylohr avait légèrement incliné la tête sur sa gauche lorsqu’elle exposa son plan, trahissant une certaine curiosité et une réflexion, qui ne devait pas non plus rassurer la demoiselle. Mais il ne répondit rien, et ce, pendant une dizaine de seconde, qui furent étonnamment longues. Puis, tout en gardant son regard glacial en direction de la demoiselle, il prit la direction de la dernière victime qui n’en finissait pas de gigoter et de faire des bruits ineptes, et il essuya assidument sa lame dans le vêtement du mourant avant de se relever. Il rengaina son épée, planta de nouveau son regard dans celui du frêle esquif blessé, et, sans jamais lâcher son regard, il dégaina son revolver. Un petit rictus cynique se dessina sur le visage d’Eylohr. Il testait les limites de la donzelle. Allait-elle tirer alors qu’il prenait possession d’un revolver au calibre impressionnant ? Un revolver de 44mm de diamètre et d’une puissance dévastatrice couperait en deux le mince corps de la demoiselle déjà blessée. Mais il n’en fit rien. Il arma le chien, tendit le bras en direction du mourant et déchargea l’arme. Six balles, six détonations, six impacts. Chaque impact provoqua un spasme musculaire disgracieux chez le cadavre transformé en passoire, accompagnés de gerbes de sang, de chair et de tripes et d’un dernier soupir à peine perceptible. Ce qui était bien perceptible en revanche, c’était les détonations, la scène macabre, et les fumerolles qui se dégageaient des impacts de balles.

    Sans aucune émotion sur le visage, et sans avoir jamais détourné son regard de celui de la donzelle, Eylohr baissa son bras, sortit 6 nouvelles balles d’une petite musette de cuir accrochée à sa ceinture et rechargea tranquillement son arme. Il ne lui fallut qu’une trentaine de secondes, avant de le rengainer.


    - Vas-y donzelle. Dit-il de sa voix grave et rauque alors qu’il croisait ses bras. Mais c’que ta là, c’pas d’la p’tite égratignure. S’tu veux survivre, t’me suivra. Sinon, t’pourras jamais dépenser c’t’argent.


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Voix d'Eylohr (Ronan l'accusateur):
 
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Ash
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Mar 8 Mai - 8:50
Irys : 119979
Pérégrin 0
Le tenant toujours en joug, Ash ne perdit pas une miette de ses gestes, de ses expressions, sans jamais retirer son masque de détermination. Visiblement, l’inconnu aux allures de montagne inébranlable n’avait pas l’intention de l’écouter, faisant fi de ses menaces pour lui prouver sa force destructrice. Son arme était à son image, impressionnante, violente et cruelle… Il suffisait de regarder le cadavre méconnaissable qui gisait à son côté. Ce qui fut un homme, à peine quelques secondes auparavant, se trouvait à présent à l’état de charpie… Résidus de chair sanguinolente et autres matières peu ragoûtante. Autant dire que face à ce boucher, la jeune fille blessée armée de son revolver au calibre incroyablement petit à côté du sien n’avait aucune chance.

Néanmoins, pour l’heure, ce n’était plus le géant qui l’inquiétait, mais plutôt la foule de miliciens armés qu’il avait ameuté. Chaque détonation produite revenait à un coup de tonnerre, violent, dangereux… Aucun badaud ne voudrait s’approcher, tout du moins s’ils étaient assez malins pour se fier à leur instinct de survie… Les gardiens de la paix, en revanche n'hésiteraient pas. Toutefois, si Ash serrait les dents à l’idée de devoir fuir une flopée d’homme lourdement armé dans son état, lui, semblait ne pas s’en préoccuper outre mesure… Au contraire, la brute la mettait en garde au sujet de ses blessures, plaies béantes d’où s’échappait un flot sanguin qui ne tarderait pas à la mettre hors d’état de nuire.

La réalité lui parut alors bien plus frappante, comme un nouveau coup porté à une logique déjà ébranlée : elle ne pouvait déjà plus s’échapper. pas de sa façon habituelle, en tout cas et certainement pas seule… Les chances de se retrouver isolée, inconsciente quelque part commençaient à se multiplier dangereusement. Il avait raison…

Et merde…

À nouveau, la belle le jaugea, cherchant l’information dans son regard inexpressif qui lui rappelait étrangement un ours… Dangereux et imprévisible… Pourtant, il l’avait aidé, ne l’avait pas attaqué même si rien ne lui aurait été plus aisé. Taillée comme elle l’était et dans son état, Ash n’aurait pu se défendre… Elle le savait et lui aussi… Sans quoi, il n’aurait jamais joué avec le feu, en visant son chargeur sur une cible agonisante. Une preuve de force, comme autant de détermination. Mais pouvait-elle lui faire “confiance” pour autant ? Évidemment que non, ce n’était déjà pas dans ses habitudes, alors se “livrer” en étant aussi diminuée ne lui semblait pas être une bonne idée. Mais avait-elle seulement le choix ?

Non, car déjà, des voix emplies de nervosité commençaient à résonner tout autour. La milice arrivait et elle commençait à tanguer légèrement, sa vie se troublant peu à peu, signe d’un prochain évanouissement…

Fait chier !

-D’accord, je te suis, mais va falloir se manier, mon gros. Ça commence à puer méchamment par ici...

Elle rengaina son revolver, visant maladroitement son holster… Les signes de son affaiblissement devenaient de plus en plus évident et n’avait pas pu échapper à son “ami”... Pourtant, la pérégrine veillait à maintenir son masque, cherchant comme d’habitude, à se cramponner à ses sourires, même en n’ayant, cette fois, plus du tout envie de jouer, comme à chaque fois que sa vie ou sa liberté se voyaient menacées.



Ash s'exprime en #ccccff et avec le sourire.
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Eylohr Lothar
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Sam 12 Mai - 16:14
Irys : 825198
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • Bon, bien qu’il fût tout à sa démonstration de force devant la donzelle au regard pétillant et à l’attitude aussi farouche qu’une tigresse blessée qu’on aurait acculée sans échappatoire, il s’était lui-même rendu compte que les quais et les bas-quartiers n’allaient pas tarder à grouiller de miliciens et de policiers. Même si ces individus étaient peu nombreux sur les quais et dans les bas-quartiers, et encore moins nombreux la nuit, les pots de vins et les manipulations diverses n’étaient pas suffisantes pour les éloigner indéfiniment. Après toutes ses détonations, il était clair et net qu’ils débouleraient et en nombre !


    - D’accord, je te suis, mais va falloir se manier, mon gros. Ça commence à puer méchamment par ici...


    Si une tigresse blessée et acculée n’hésiterait pas à balancer des coups à la moindre occasion et à hurler tout son saoul, la donzelle, elle, semblait tout de suite bien plus mesurée et encline à trouver une solution en coopération. Eylohr ne pensait pas qu’elle serait aussi vite convaincue et il esquissa un léger rictus du coin de sa bouche et haussa un sourcil interrogateur. Finalement il acquiesça et se prépara à son tour. Il allait ouvrir la voie.

    Tandis qu’il commençait à faire marche arrière, ouvrant la voie à la donzelle blessée, déjà certaines ruelles éloignées s’illuminaient de nouvelles lueurs tremblantes et s’animaient de voix et de clameurs infernales, signe de l’inéluctable nécessité de fuir rapidement. La donzelle était blessée et saignait de manière plutôt abondante. Inévitablement, elle laisserait derrière elle quelques trainées de sang, quelques traces qui permettraient, à n’en pas ou peu douter, de la suivre presque sans problème. Aussi fallait-il éviter cela. Du sang, il y en avait bien assez.

    Le ponton artificiel de bois et d’acier montait et descendait au grès des flots que certains navires arrivant ou sortant du port animaient un peu plus encore. Les mouvements du ponton étaient semblables à de doux bercements qu’une personne allongée en plein soleil apprécierait très certainement. Et il y avait bel et bien des corps allongés mais ceux avaient subis les affres du géant et la rapidité de la féline blessée. Çà et là, aux grès des oscillations du ponton, un pied tanguait vers la droite ou vers la gauche, un corps se mouvait doucement comme s’il était toujours animé d’un quelconque souffle de vie. Et pourtant, il ne s’agissait rien de moins que de la gravité terrestre et des oscillations environnantes. Le bois du ponton et les plaques d’acier luisaient d’un liquide carmin poisseux agrémenté de ce qui fut autrefois un cerveau, un organe ou un os. De fines gouttes tombaient çà et là du ponton jusque dans l’eau dans une symphonie toute particulière. Qui pourrait croire que ce qui sonne comme un lieu doux et sympathique fut le théâtre d’un carnage sans nom se soldant par la mort de plusieurs bandits. Ils l’avaient bien cherché ces salops.

    Déjà quelques personnes semblaient s’approcher, pas des miliciens, pas des policiers, mais des corsaires, des marins, des pirates, d’autres bandits qui furent troublés dans leurs activités et qui, eux aussi, cherchaient à s’éloigner de ce lieu qui n’était plus sécurisé. De temps à autre, les plus curieux jetaient des regards hébétés au colosse et à la donzelle et le message qui s’en dégageait était on-ne-peut-plus-clair. On avait fait foirer la soirée et les deals alentours. C’était plus ou moins monnaie courante à vrai dire, et pourtant, rarement dans une telle ampleur. Certains regards semblaient être inquiétés quant à l’état de santé de la donzelle et son devenir en compagnie de ce colosse des plus douteux. Certains devaient même s’imaginer les idées les plus saugrenues, barbares et douloureuses possibles. Et pourtant ils étaient bien loin de la vérité.

    Pourtant tout ces regards poussèrent le colosse à en jeter un derrière lui. Et il apercevait la donzelle en difficulté et qui l’obligeait parfois à ralentir. Quoi de plus compréhensible me direz-vous, mais dans un monde égoïste et dans une telle situation, un boulet à trainer c’était la mort assurée. Aucune charité dans l’esprit du colosse, bien que cette donzelle ne le laissât pas non plus indifférent.


    - Faut aller plus vite, j’vais t’porter Proposait-t-il tout en se plaçant de sorte de prendre le frêle esquif dans ses bras. Faut s’barrer.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
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Ash
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Mar 15 Mai - 21:26
Irys : 119979
Pérégrin 0
Ash détestait se retrouver en position de faiblesse, en particulier lorsque celle-ci n’avait pas lieu d’être. Ce serait le cas, tout du moins, si cette grosse brute sans cervelle n’avait pas ameuté toute la bleusaille du quartier en utilisant son fichu revolver au canon de taille douteuse. Milicien et racaille en tout genre ne tarderaient pas à se rencontrer, et vu l’empleur du carnage, dont les restes sanguinolant se vidaient lentement sur la berge, nul doute que ces charmants représentant de l’ordre ne se relacheraient pas avant d’en avoir trouver les auteurs. Le vacarme provenant des détonation en disait beaucoup et pas assez à la fois sur la taille de l’arme et sur le nombre probable de fauteur de troubles. Aussi, dans leur grande prudence, les agents devaient s’être munis de leur tenue “spéciale”... Celle qui leur permettait de faire face tout en minimisant les dégâts éventuels… Face à cela, Ash ne pourrait absolument rien faire, tout comme son nouveau compagnon d’infortune. Il avait beau être imposant, une balle ferait tout aussi bien son trou dans sa chair que dans celle de la rouquine.

La jeune fille était blessée, la plaie située sur sa cuisse l’empêchait de se mouvoir comme à son habitude. Pourtant, elle suivit le géant, pressant le pas sans prêter attention à la douleur afin de ne pas se laisser distancer. Tout en marchant, la voleuse pestait intérieurement contre cette situation, contre la montagne de muscle qui ouvrait la marche. L’emprisonnement l’effrayait bien plus que la mort, même si celle-ci suivrait probablement si ces hommes réussissaient à la capturer. Elle ne tuait pas d’habitude, rarement en tout cas, préférant, autant que possible, la fuite à l’affrontement. Seulement, cette fois, ses agresseurs ne lui avaient pas laissé le choix… Elle s’en serait sortie, même sans la brute, en tout cas, elle semblait en être persuadée et ne reconnaîtrait jamais s’être trouvée en difficulté, quand bien même ses blessures faisaient office de témoins.

Le son de nombreux pas lourds et pressés résonnait à travers les ruelles étroites. Au loin, l’on pouvait entendre les rumeurs des curieux insatisfaits de ne rien savoir de ce qui venait de se produire. Cette partie-là de la cité ressemblait à un enchevêtrement de ruelles semblable à un dédale compliqué… Aboutissant régulièrement sur quelques impasses parfaites pour les trafics habituels. Le genre d’endroit qui offrait un parfait terrain de jeu à la voleuse amatrice d’acrobaties en tout genre. En pleine forme, Ash se servirait aisément de ce décor pour se cacher à la vue de ses poursuivants, rien de plus simple en réalité. Or, cette fois, son épaule ne lui laisserait pas la possibilité de grimper et elle ne connaissait pas assez les lieux pour les guider au mauvais endroit. La perte de sang commençait à sérieusement l’handicaper, la rendant moins attentive, moins réactive, plus lente… Une proie facile... En somme : elle était totalement dépendante de l’étrange “bon samaritain” et elle détestait cela.

Le comble de la honte fut quand il lui proposa de la porter. La jeune femme savait bien qu’elle ne représentait qu’un boulet à trainer… Il aurait tout aussi bien pu l’abandonner, ce qu’elle-même aurait fait si les rôles avaient été inversés. Néanmoins, face à l’urgence et à son envie de vivre, Ash ne protesta pas… Malgré son envie évidente de râler. Il fallait fuir et il semblait mieux connaître les lieux qu’elle, et même si elle refusait de le reconnaître, la voleuse avait clairement besoin d’aide.

-Se barrer oui, mais où au juste ? Tu sais te repérer là-dedans toi ?

L’écho mêlant pas et bruit métallique semblaient venir de partout et nulle part à la fois. Les cris des hommes grondant ordres et remontrances perçaient à travers les ruelles, portés par une légère brise indiquant une ouverture sur une rue de plus grande envergure. Et même s’il était tard, le désordre régnant dans le quartier ne manqua pas de réveiller la population locale… Autant de paires d’yeux braquées sur eux…

-Trop dangereux par là, on ne passera pas inaperçu. Y'a une auberge un peu plus loin, me semble... Fais vite, s'il te plaît, murmura-t-elle d'une voix tremblante.


Ash peinait de plus en plus à garder les yeux ouverts. Elle se sentait faible, épuisée, mais refuser de se laisser aller au sommeil, luttant de toutes ses forces pour rester éveiller, quitte à se mordre les lèvres afin de désengourdir son esprit embrumé...




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Eylohr Lothar
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Lun 28 Mai - 17:37
Irys : 825198
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
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  • La situation pouvait effectivement avoir quelque chose de catastrophique dans l’air. Un colosse armé, couvert du sang de ses victimes et une jeune femme perdue et blessée à un point qu’elle ne suppose pas ou très peu et qui pourrait s’évanouir d’un moment à l’autre. Et face à eux, plusieurs dizaines de miliciens et de bandits prêts à bondir de leurs trous pour voir ce qui se passe. Les miliciens seraient là pour en finir avec cet exploit sanguinaire et mettre des noms sur des morts et d’autres en prisons tandis que les bandits seraient là pour savoir qui a fait quoi, sur qui placer une prime et sur qui parier lors de prochains règlements de comptes.

    La donzelle accepte d’être portée, bien que visiblement à contre cœur. Qui pourrait l’en blâmer ? Il n’y aurait rien d’agréable à se retrouver dans les bras d’une montagne de muscle et de cruauté. Même les femmes payées pour passer quelques heures avec lui n’éprouvent ni confiance ni sureté. Alors une donzelle qui venait de subir plusieurs blessures et d’assister à un massacre ne devait pas, mais alors pas du tout, être rassurée. Pourtant le colosse ne souffre d’aucune idée déplacée ni d’aucune envie meurtrière – ou en tout cas, pas contre elle. Un bras sous le dos, la main ramenée prêt de sa propre poitrine et une autre sous les genoux, elle place par réflexe ses bras autour du cou du colosse et celui-ci continu d’avancer presque comme s’il ne soulevait qu’un sac à dos.

    Bon. Eylohr connait mieux les dédales du port et des bas-quartiers que la demoiselle, mais pas au point d’être une carte ambulante. En revanche, ce qu’il sait, c’est qu’il faut très vite trouver un point de chute. Elle parle d’une auberge. Pourquoi pas. Mais avec tout ce raffut et les blessures de la donzelle, une auberge serait une très mauvaise idée à moins de trouver un lieu facilement corruptible, ce qui ne serait pas donné. Une ruelle empruntée à la va-vite donne sur deux autres ruelles, sombres, très petites, à peine plus larges que le colosse. Hésitant une seconde, Eylohr s’y engouffre attiré par une lumière chaude et typique d’un lieu côtoyé par des gens de sa trempe. Il s’y approche, il n’y a personne dans la rue. Même si les coups de feu étaient une centaine de mètre plus loin que cet établissement, tout le monde sait que dès que le calme est rompu, l’ombre est votre seul salut. Eylohr jette alors un coup d’œil. L’établissement est plein de personnes armées qui attendent uniquement la venue des miliciens ou d’autres bandits afin d’en découdre avec eux. Imaginez autant de détonation suivie d’un calme plat. Dans de tels quartiers, cela ne peut signifier qu’une seule chose : un massacre précédent une guerre ou un changement terrible sur l’échiquier des criminels.


    Mauvaise pioche Se dit Eylohr qui sait que tout ce qu’il trouvera ici c’est une balle dans la tête.



    Il fait marche arrière et revient dans la ruelle où les exclamations se font plus grandes encore. Décidemment. Cette soirée sera bien moins agréable que prévue. Il décide de continuer dans cette ruelle espérant trouver son salut tôt ou tard. Il parcourt plusieurs dizaines de mètres encore et entrevoit une ruelle sombre et non éclairée, avec un homme de stature moyenne adossé contre un mur et qui reste là, sans rien dire. C’est un guetteur, voir même plus qu’un guetteur. Sa présence montre qu’un possible échappatoire ne se trouve pas loin, mais qu’il faudra s’enfoncer dans des eaux troubles. Le bateau du capitaine De Sousa est trop loin pour tenter de s’y cacher. Pas vraiment le choix donc.

    Eylohr emprunte la ruelle presque aussi large que lui et s’avance sans frémir jusqu’à cette personne un peu trop curieuse à son goût. Arrivé à sa hauteur, il ne dit rien. Le colosse et la sauterelle se regardent. La sauterelle baisse la tête et fait signe d’avancer. Visiblement, le sang sur sa veste et la donzelle dans ses bras ne semblent pas inquiéter la sauterelle. La ruelle s’étend sur plusieurs mètres encore et au bout, ce qui ressemble à un bar pourtant aucunement éclairé. Il y rentre et tombe sur un gros bonhomme derrière un comptoir. Il n’y a aucun échange de mot. Le gros bonhomme à l’œil droit entaillé dont la pupille est d’un bleu cyan renifle sans gêne tandis que son œil valide scrute la donzelle dans les bras d’Eylohr.


    - 1er étage Dit-il d’une voix graveleuse désagréable et franchement inquiétante. Une dette.


    Le colosse acquiesce, en sachant qu’il ne pouvait de toute façon rien refuser. C’était signer la mort de la donzelle et il n’avait quand même pas déclencher tout cet enfer pour rien. Alors une fois arrivé au premier étage, Eylohr et sa protégée entrèrent dans une salle où se trouvait un large lit aux draps jaunis de sueur et de vieillesse, et une sacoche en cuir dans laquelle se trouve le nécessaire de soin. Enfin, le nécessaire de couture plutôt car rien ne remplacera le sang perdu. Depuis le départ de cette jetée, Eylohr n’avait presque plus porté son attention sur sa protégée. Etait-elle morte ? Evanouie ? Allait-elle survivre ? Il découvrirait cela une fois qu’elle serait posée sur le lit.


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Ash
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Jeu 31 Mai - 15:04
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Question santé, capacité physique et réflexive, la rouquine avait connu mieux, beaucoup mieux même. Ash redoutait presqu'autant qu’elle méprisait cet état de faiblesse qui la rendait si vulnérable et dépendante… D’un inconnu de surcroît. Un gros tas de muscle, une brute épaisse bourrée d’un attrait à la violence qui ne lui avait pas échappé. Celle-ci ne passait pas inaperçu, il suffisait de le voir se battre, chercher le sang et les viscères comme un vulgaire boucher. Jamais elle ne lui aurait accordé sa confiance et ne le faisait toujours pas d’ailleurs, refusant de fermer les yeux pour s’abandonner au sommeil qui l’appelait pourtant. C’est qu’il savait se montrer insistant, la tirant toujours plus dans une odieuse léthargie faisant paraître son corps si léger, mais à la fois extrêmement lourd...Un poids mort, en somme.

Ash n’avait rien, aucune famille, aucun ami, aucune possession matérielle… La seule chose qui lui restait était la vie, aussi misérable soit-elle, la voleuse y tenait… Autant qu’à sa liberté déjà grandement entravée par cette étrange sensation. Son regard ne quittait pas l’homme qui la portait, se focalisant sur ses traits, les détaillants au poil près afin de ne pas sombrer. Elle ne pouvait pas se le permettre, il lui suffirait de s’évanouir pour que la montagne ne l’abandonne à l’agonie dans un de ces recoins sombres qui garnissant les ruelles mal éclairées. La voleuse en était certaine, puisque c’est ce qu’elle-même aurait fait… Enfin, pas tout à fait. Jamais elle ne se serait encombrée d’un boulet à la patte bien trop lourd et inutile pour risquer de se mettre elle-même en danger.

L’attitude de l’inconnu lui parut alors bien suspecte. Elle s’interrogea sur les multiples raisons qui le motivait à la mettre à l’abri… Mais n’en trouva aucune de valable sinon celle de l’utiliser. Malgré ses airs narquois ou nonchalants, Ash était une femme paranoïaque qui voyait le mal absolument partout. Pour la voleuse, personne ne se souciait à ce point des autres sans une idée derrière la tête… Alors, elle cherchait déjà un moyen de se protéger de lui, jaugeant sa force bien supérieure à la sienne, sa rapidité si illogique pour un homme arborant une telle carrure… Les possibilités d’en réchapper s'amoindrissaient à chacun de ses pas au point de la mener vers un état de panique qu’elle veillait à camoufler, même s’il ne la regarda à aucun moment.

Elle ne prêta aucune attention aux paysages qui défilaient, aux voix qui semblaient venir de partout autour d’eux, ne se focalisant que sur lui, le fixant des yeux bleus mi-clos, trop lourds à présent pour songer à les garder grand ouverts, afin de tenter d’anticiper ses réactions jusque-là imperceptibles. Il faut dire que la pérégrine n’était pas en pleine possession de ses moyens, ses sens semblaient déjà endormis, prenant un peu d’avance sur elle. Sa vue commençait à se faire plus floue, plus étroite, à l’image de la ruelle dans laquelle ils se trouvaient… Il lui fallut quelques secondes pour réaliser qu’ils n’étaient plus en extérieur, mais dans une pièce relativement sombre et humide et particulièrement fraîche.

Il lui était impossible d’en distinguer les détails. La fatigue se faisant de plus en plus sentir, sa sécurité lui parut alors bien futile. Qu’importe la qualité du lit, pourvu qu’il y ait un matelas prêt à l’accueillir… En réalité, Ash se voyait partagée entre son envie de vivre et celle, plus vicieuse et plus forte, de simplement se laisser aller à fermer les yeux quelques secondes… La voleuse luttait pourtant toujours, mais avec de moins en moins de convictions… Ses blessures n’étaient pourtant pas si impressionnantes, il lui semblait avoir vécu bien pire… Il ne s’agissait que d’une simple égratignure sur la cuisse et un bout de chair en moins sur l’épaule… Enfin… C’est ce qui lui avait semblé… Avait-elle perdu tant de sang que cela ?

Qu’importe finalement, car si elle baissait les bras, c’est la mort qui lui tendrait les siens, elle en était certaine. Alors elle luttait, de toutes ses maigres forces, laissant le colosse la soigner, s’accrochant à la douleur provoquée par les aiguilles pour ne pas perdre pied… Puis finalement… Le sommeil l’emporta tout de même.

-Je ne veux pas mourir, souffla-t-elle en un murmure tandis que ses yeux se fermaient.



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Eylohr Lothar
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Mar 5 Juin - 0:08
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Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
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  • Quelle tourmente. Comment avait-il pu se retrouver là, à soigner une donzelle alors qu’il pouvait jouir des plaisirs offerts par les pillages en mer et la vie de pirate. Nul doute que l’équipage ne l’attendait plus pour faire la fête. Nul doute que les bouteilles de Rhum n’allaient pas l’attendre également et qu’elles trouveraient un réconfort dans la chaleur des bras des pirates enivrés. Et lui, Eylohr, le géant du Froid, le colosse des pirates était dans une auberge insalubre tenue par des criminels en quête d’âmes perdues à délester de quelques irys ou de quelques dettes. Eylohr se demandait d’ailleurs quelle dette il allait devoir honorer maintenant. Un meurtre ? Une somme d’argent ? Sans doute l’apprendra-t-il bien assez tôt.

    De ses gros doigts noircis de poudre et de suie, souillé de sang et tannés par le labeur de forgeron et de pirate, il fouille la trousse laissée à disposition. Dedans, le nécessaire de couture et de premiers soins. Inutile de dire que les ciseaux chirurgicaux étaient bien petits comparés aux phalanges du colosse. Néanmoins, l’habitude d’une vie de douleur et de combat anima rapidement les mains du géant qui se mirent à disposer les ustensiles de manière à ce que l’utilisation soit aisée. Un ciseau, du fil de couture, des pinces, des gazes et des bandes. Et quelques fioles de désinfectant, ainsi que de l’eau et quelques bandes de scotch médical.

    Mais sa douceur s’arrête là. Sans aucune considération pour l’intimité de la donzelle, Eylohr enlève le haut puis le bas des vêtements qu’il envoi à l’autre bout de la pièce. Il faut cibler la blessure la plus importante. La balle avait emporté une partie de l’épaule de la donzelle, mais n’avait pas endommagé ni l’articulation, ni une structure osseuse, enfin, apparemment. Mais le saignement n’était pas suffisamment important pour s’en occuper en premier lieu. Ainsi, Eylohr appliqua d’abord un pensement qu’il voulait compressif, à l’aide de bandes et de gazes. Son attention se porta alors sur la jambe. La lame avait laissé une impressionnante entaille. Une petite partie de l’entaille débutait sur la face intérieure de la cuisse, là où les vaisseaux principaux passait. Mais elle n’était pas assez profonde pour les atteindre, en revanche, la suite de la plaie était impressionnante. Elle atteignait une largeur maximale de 3cm et une profondeur équivalente. La chair, les muscles et des vaisseaux furent tranchés nets et laissaient un épanchement sanguin mortel. C’était donc d’abord ici qu’il fallait agir. Il n’était pas chirurgien, mais il avait recousu ses plaies plusieurs fois déjà.

    De ses doigts il se saisit du fil de chirurgical qu’il passe dans une aguille courbe avant d’effectuer un nœud grâce à une pince, après quoi, il passe l’aiguille, toujours tenue par l’épingle, dans les muscles tranchés. La première suture fut difficile, tant le sang empêchait de voir correctement ce qu’il avait à faire. A peine épongé, il revenait de plus belle. Mais il réussit à recoudre les muscles. Il fit de même ensuite avec les deux vaisseaux qui ne s’étaient pas rétractés. Le corps humain est bien fait. Un vaisseau de petite taille qui sera coupé se rétractera tout seul afin de limiter la perte de sang. Les plus gros, eux, doivent être suturées ce qui n’est pas une mince affaire. Alors, afin de limiter les dégâts, Eylohr fit quatre sutures et s’employa à ce que lesdits vaisseaux soient suffisamment en place pour une cicatrisation rapide et bien faite. Et pour finir, il s’employa à suturer la plaie, qui ne saignait déjà plus. Le tout fut recouvert de gazes et de bandes afin de faire un pansement convenable.

    Puis, il reporta son attention sur l’épaule. La plaie était suturable, mais il faudrait que la donzelle reste tranquille plusieurs jours. Au vu de sa personnalité, ce serait difficile pour elle. Mais elle serait obligée de le faire si elle voulait récupérer toute sa mobilité. Alors il sutura la plaie, et appliqua un autre bandage.

    Ce travail lui demanda une attention toute particulière et une concentration qu’il éreintante. Il souffla longuement une fois la besogne terminée, et laissa ses bras se balancer lourdement. Il resta là, dans un silence troublé seulement par sa respiration et celle de la donzelle, sans bouger ni même penser. Tout ce qu’il faisait, c’était se reposer, comme si l’effort avait été surhumain. En fait, il se mit à réfléchir tout de même, notamment à ce qu’il avait fait, et ce qu’il allait faire maintenant. Après tout, elle aurait besoin de soins quotidiens durant plusieurs jours.


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Ash
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Mar 5 Juin - 14:54
Irys : 119979
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Le soleil devait être levé depuis longtemps lorsque la blessée ouvrit les yeux. En réalité, elle ne vit rien d’autre qu’une atroce lumière terriblement éclatante qui l’aveuglait douloureusement. Elle fut si insoutenable que la voleuse peinait à garder les yeux ouverts et ne put se focaliser sur autre chose que sur la douleur lancinante, obsédante. Toute réflexion devint alors impossible, ses questions restèrent sans réponse, c’en était désespérant. Après une brève bataille aussi stérile qu’éreintante, la rouquine baissa les armes à contrecœur et se rendormi.

La seconde fois, la lumière lui parut bien plus supportable, même si sa vue restait encore bien trop trouble pour réellement distinguer les détails. Il y avait une odeur, celle du vieux bois humide, probablement moisie mêlée à celle caractéristique du sang… Le sien, probablement. La douleur était toujours là, même si Ash éprouvait un peu moins de difficulté à la garder assez éloignée pour se concentrer sur le reste… Sur les battements de son cœur sous sa main, collée à sa poitrine par un bandage destiné à maintenir son bras immobilisé. Du coin de l’œil, la rouquine aperçu un mouvement, une ombre bougeait dans un recoin et elle pestait de ne pas pouvoir distinguer les traits… Elle était faible, vulnérable et presque nue sous une ouverture qui puait la poussière…

-Qui est là ? demanda-t-elle en essayant de se redresser.

Le geste fut si douloureux que la voleuse laissa échapper un gémissement plaintif de ses lèvres tordues en une grimace. Cette faiblesse évidente, Ash la haïssait plus que tout… Elle en fut pourtant bien souvent victime et ne comptait plus le nombre des blessures récoltées tout au long de sa courte vie. La plupart lui étaient même inconnu, perdues quelques part dans les méandres de sa mémoire verrouillée. Néanmoins, il lui était inutile de s’en souvenir pour imaginer la souffrance qu’elle avait déjà vécu et vivrait encore jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien d’elle, ni chair, ni os...

Prisonnière de son propre corps, la jeune femme se sentait comme un oiseau en cage, acculée sans pouvoir espérer se défendre. Elle avait beau cligner des yeux, froncer les paupières pour tentait de deviner les traits de cette ombre familière, mais ce fut en vain… Puis elle se souvint de la soirée… Celle de la veille ? La notion du temps semblait lui échapper, comme tout le reste… Toutefois, elle se souvenait du colosse qui l’avait sauvé, porté jusque-là… Il l’avait soigné… Elle revoyait encore ses yeux bleus concentré sur sa tâche entre deux pertes de conscience. Merde… La réalité fut frappante, Ash se retrouvait donc avec une dette envers cet homme, cette montagne avide de sang et de violence qui ne méritait pas sa confiance… Pourquoi l’avait-il sauvé ? Il ne la connaissait même pas… Cela lui semblait si peu logique en allant à l’opposé que ce que l’humanité lui avait montré jusque-là…

L’amnésique ne possédait rien, mis à part sa vie à laquelle elle tenait malgré tout…Même si elle n’avait pas d’autre but que de survivre, seule, sans jamais savoir où aller. Elle y était habituée et se félicitait de toujours réussir seule et surtout, de ne jamais rien devoir à personne… Mais ce n’était plus le cas…

-Merci... grommela-t-elle entre ses dents.Merci de m’avoir sauvé, je t’en dois une... Et une belle. Quel est ton nom ?

Ash avait beaucoup de défauts, presque autant que de cicatrice. Voleuse, menteuse, hypocrite, manipulatrice, etc. L’on disait même qu’elle vendrait père et mère pour se sortir d’un mauvais pas. Ce pourrait être vrai, elle ne se souvenait pas des siens, alors les vendre ne devrait pas lui poser de problème… En revanche, malgré tout, la rouquine tenait parole, même à contrecœur… Si dette il y avait, dette elle payerait et pour cela aussi, elle ferait tout pour s’en acquitter au plus vite et surtout s’en débarrasser.



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Eylohr Lothar
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Jeu 7 Juin - 15:57
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Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)
  • Il allait et venait durant plusieurs jours entre les quais et le navire du capitaine De Sousa et la chambre à coucher de la donzelle encore blessée. Pourquoi ? Il ne le savait pas exactement lui-même, mais il agissait comme s’il s’était engagé à réaliser cela. Et si le géant possède tous les défauts du monde, il possède au moins la qualité d’être fidèle à ses engagements. Mettez un ours entre lui et son objectif et l’ours mourra quoi qu’il arrive, même si cette quête devait coûter un des bras du colosse.

    Aussi, il s’était attelé à sauver la donzelle en changeant ses bandages régulièrement. Comment ? En achetant ou volant le matériel bien-sûr. Acheter ? Disons que la donzelle avait ramassée un petit pactole sur les quais l’autre jour, sur les corps ensanglantés et déchiquetés de ceux qui jadis furent des bandits dont la chance avait tournée. De cet argent volé qu’il réquisitionna à son tour, il acheta les fournitures nécessaires, celles qu’il ne pouvait pas voler. Et il s’occupa alors de prendre soin de la donzelle. Après tout, elle semblait savoir se battre et elle semblait être très douée pour le vol. Un personnage avec de telles compétences ne pourrait être qu’un atout pour lui. Il est régulièrement à terre pour vendre les marchandises gagnées au cours des rapines des pirates, aussi, avoir un tel contact au Tyorum serait intéressant. Après tout, il voulait toujours connaître la technologie des prothèses et s’en procurer serait plus facile avec un atout dans sa manche.

    Il était tard le soir où la donzelle s’était suffisamment redressée et réveillée pour distinguer la masse du colosse. Sombre, dans la pénombre, il était là, relativement stoïque. En fait, il ne l’était que très peu car il venait d’entamer sa deuxième bouteille de Rhum. Rien de grave pour un individu de sa taille et de sa corpulence, mais comme tous, il avait son point de rupture. Et il s’amusait à boire suffisamment pour presque y arriver. Presque. Il était stoïque simplement car l’alcool commençait à faire son effet chez lui. Il était détendu, lui qui, à chaque heure du jour et de la nuit, était animé par un désir sombre et funeste qui l’empêchait de jouir des plaisirs de la vie. Dormir avec une lame sous son oreiller, douter de la parole de tous, chercher dans chaque geste, chaque mimique, un signe trahissant de funestes intentions. L’alcool était le seul refuge à sa violence permanente. Il n’y avait que là que le colosse arrivait à baisser sa garde quelques temps, quelques temps seulement.


    - Merci... grommela-t-elle entre ses dents. Merci de m’avoir sauvé, je t’en dois une... Et une belle. Quel est ton nom ?


    Bien. Très bien. Tandis qu’il respirait profondément et dans un bruit sourd et des plus répugnant, il tapotait les doigts de sa main gauche sur l’accoudoir de la chaise tandis qu’il tenait sa bouteille de la main droite. Il resta comme cela durant une vingtaine de seconde, rendant l’atmosphère quelque peu pesante et inconfortable. Eylohr était satisfait d’avoir entendu cette donzelle parler de dette, en quelque sorte. Elle lui devait une fière chandelle et le colosse comptait bien mettre cela à profit et selon ses termes.

    Alors, le géant venu du Nord se leva, déployant toute sa masse bien que la pénombre ne dût pas aider à distinguer quoi que ce soit. Toujours sa bouteille à la main, il s’approcha de la donzelle et lui tendit le breuvage, après quoi, il reprit sa place sur la chaise qu’il rapprocha quelque peu, suffisamment pour qu’elle puisse entrevoir son visage, ses yeux et sa bouche. Il aimait voir ses interlocuteurs directement, il aimait encore plus que ceux-ci puissent voir ses yeux et ainsi ne jamais douter de sa détermination.


    - J’te l’fait pas dire donzelle, t’men dois une et pas une petite Dit-il en insistant sur cette notion.


Let the night come, before the fight's won,
Some might run, against the test.
But those that triumph, embraces the fight's cause,
Their fear then proove that courage exist.
Hope.


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Ash
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Ven 8 Juin - 21:29
Irys : 119979
Pérégrin 0
Était-elle tombée dans un piège ? À l’évidence oui, ou en tout cas, cela avait tout l’air. L’homme tapi dans l’ombre faisait absolument tout pour la mettre mal à l’aise. Ce comportement si particulier semblait signifier qu’il essayait d’asseoir son pouvoir sur elle, de lui montrer sa supériorité... Cela ne fit qu’alourdir un peu plus l’atmosphère de la chambre déjà pesante grâce à l’accumulation de poussière et de moisissure… Ash avait connu de bien meilleurs endroits, d’autres bien pire, mais au moins elle s’y était trouvée seule et en sécurité, ce qui était loin d’être le cas cette fois-là, elle le savait.

L’inconnu, puisqu’il ne lui avait toujours pas dit son nom, empestait un mélange sournois d’alcool, de sueur et d’iode. Odeur plutôt commune que l’on trouvait généralement chez les pirates… Pourtant, Ash ne se trouvait pas sur l’un de ces horribles bateaux, elle en aurait mis sa main à couper. La stabilité du sol lui assurait de se trouver toujours sur la terre ferme, ce qui la rassurait, puisque, au moins, elle aurait une chance de fuir.

La voleuse n’accordait jamais sa confiance, pour de bonnes raisons… Entre autres, pour éviter de se retrouver dans ce genre de situation périlleuse. Avisant la bouteille que le géant lui tendit avant de lever les yeux vers lui. Ash ne voulait pas de cette boisson, comme elle ne le voulait pas aussi près d’elle. Certes, dette, il y avait et dette elle honorerait, mais il était hors de question pour elle de perdre sa liberté… Autant mourir pour de bon, la mort valait mieux qu’une vie de servitude, surtout une vie aussi courte et misérable que la sienne.

-Et je suppose que tu as une idée en tête, n’est-ce pas? lança-t-elle en lui offrant un sourire carnassier.

Malgré son air assuré et son habituel sourire, Ash ne se sentait nullement en confiance. Il fallait se montrer réaliste… Même en parfait état, la belle ne tiendrait pas longtemps face au colosse, alors blessée, désarmée comme elle l’était… Inutile de seulement envisager de l’affronter de front. Pour cela, la voleuse devrait se montrer particulièrement patiente… User de son intelligence et surtout de beaucoup de malice.

-Et que puis-je pour toi, mon gros ? Dis-moi tout, l’interrogea-t-elle avec un ton mielleux avant de boire à même la bouteille qu’il lui avait laissé.

Boire dans son état n’était certainement pas une bonne idée, le sang lui manquait, cruellement et l’alcool ne ferait que lui monter trop rapidement à la tête pour la rendre plus vulnérable encore qu’elle ne l’était réellement. Alors, au lieu de boire, elle se contenta d’humidifier l’intérieur de sa gorge avant de recracher le tout dans la bouteille. La manœuvre était parfaitement calculée, et de là où il se trouvait, le géant ne pouvait se rendre compte de la supercherie… Le moment venu, il ne verrait qu’une jeune femme ivre bien qu'Ash resterait en pleine possession de ses moyens.

Même si l’état de sa vue s’améliorait peu à peu, la voleuse avait encore bien du mal à réellement distinguer les détails. Elle se trouvait à moitié nue, ses formes dissimulées par le drap jauni couvert de taches de sang... La rouquine ne savait donc pas où se trouvaient son sac et ses armes…

-Dis, avant que nous discutions des termes du contrat, peut-être pourrais-tu me donner mon sac afin que j’enfile quelques vêtements… À moins que ma… tenue… actuelle ne te convienne.



Ash s'exprime en #ccccff et avec le sourire.
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Eylohr Lothar
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Mar 12 Juin - 14:04
Irys : 825198
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)

  • La donzelle semblait emplie de peur mais également d’une sorte de fierté. Fierté de pouvoir faire face à n’importe quel évènement et à n’importe quelle menace. Dans toute sa faiblesse, elle restait digne et farouche, ne se laissant pour seul moment de répit que le sommeil dans lequel elle avait été plongée durant plusieurs jours. Face au colosse qui jouait de sa masse, de sa force et de l’ambiance sombre des lieux, la donzelle ne semblait point faillir. Et quelque part, Eylohr aimait ça.

    Elle prit à son tour la parole, tentant visiblement de cerner le vrai du faux, les idées et les plans que le géant échafaudait derrière la notion de « dette », ce qu’il attendait d’elle. Bref, elle tentait déjà de chercher un moyen de s’en sortir sans perdre ni sa dignité ni sa vie. Après tout, en position de faiblesse, la volonté de chercher un moyen, n’importe lequel, même le plus petit, pour s’en sortir et reprendre du poil de la bête, n’est-ce pas humain ? L’instinct de survie ? Toujours est-il qu’Eylohr reste sourd à ses questions, se contentant d’observer, d’apprendre, comme un prédateur observant sa proie, prêt à bondir. La comparaison était si parfaite que le géant du Froid lâcha un profond soupir, tel un grondement d’Ours, lorsqu’il vit la donzelle boire à la bouteille. Etait-il soulagé ? Etait-il satisfait de voir son plan se dérouler sans embuche ? Non. Il n’avait pas déchainé les enfers sur le quais l’autre jour pour faire de cette donzelle son jouet, sa marionnette fantasque. Non. Il avait d’abord agi par égoïsme, dans l’idée de semer mort et désolation, puis, il avait agi afin de s’assurer d’une dette après d’elle. Elle savait se battre et elle avait un penchant pour l’or. C’était une voleuse à n’en pas douter, aussi, le colosse avait eu dans l’idée qu’un de ses services, un jour, serait des plus intéressant.

    La donzelle mène la discussion jusqu’à ce qu’elle demande au colosse si sa tenue lui plaisait ou s’il daignait lui donner son sac afin qu’une tenue plus adéquat puisse être portée. Mais le colosse, tout homme qu’il était, appréciait les plaisirs de la chaire et les plaisirs de la vue. Et bien que les draps souillés, jaunis et poussiéreux cachaient une grande partie des attributs de la donzelle, ce qu’il y avait à voir était déjà satisfaisant. Et, après tout, il avait déjà été suffisamment gentil, cela méritait bien une deuxième dette, non ?

    Sans vergogne, sans pitié, il prit ledit sac et le jeta à sa gauche, prêt de la source de lumière qui éclairait cette sombre chambre. Ainsi, si elle décidait de récupérer ses affaires, le colosse profiterait d’une vue tout à fait agréable, si l’on oubli les bandages. Satisfait, il se remit au fond de son fauteuil, son visage à nouveau assombri par la pénombre, profitant encore une fois de sa supériorité physique et psychologique. Décidément, ce petit jeu commençait à lui plaire et réveillait en lui une facette qu'il connaissait déjà, mais qu'il n'avait que très peu vu à l’œuvre.


    - Va l’chercher si c’linge t’va plus Dit-il de sa voix sombre et rauque. En attendant, y’aura p’t’têtre que’qu’chose qu’tu pourrais faire pour moi, donzelle.


    Dominer son adversaire, ou plutôt, sa proie. En faire un atout plutôt qu'un potentiel ennemi plus tard. Mais ne pas trop laisser de marge de manœuvre pour éviter que le chien ne ronge la laisse et ne prenne sa liberté. Un jeu sympathique, mais qui pourrait se terminer plus cruellement encore si la donzelle tentait de s'en prendre au géant qui, et même si ce n'était pas facile à croire, ne voulait pas lui faire de mal... Pour le moment.


Let the night come, before the fight's won,
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Ash
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Mar 12 Juin - 18:24
Irys : 119979
Pérégrin 0
Ainsi donc, Ash ne s’était pas trompée. Tout chez cet homme évoquait le dominateur. Assis dans son fauteuil, le colosse se régalait à jouer au prédateur sournois, en jouant de cette force silencieuse, cette pression sombre tout en cherchant à faire flancher sa proie pour mieux se jouer d’elle. Mais la voleuse n’était certainement pas une proie, bien au contraire. Et même si elle était impressionnée par la carrure de la montagne, il était hors de question de lui montrer et de lui offrir la possibilité de l’écraser comme une vulgaire mouche.

Une fois encore, il avait refusé de répondre à ses questions, se contentant finalement de la fixer de ses perles d’azur parfaitement visibles même dans l'obscurité. Pas bavard, tant pis, songea la rouquine tout en l’observant elle aussi.

Lorsqu’elle le vit se saisir de son sac pour le jeter dans un coin plutôt bien éclairé, Ash ne pus retenir un rire purement sardonique.

Évidemment… Pour la voleuse, les hommes se ressemblaient tous. Des êtres méprisables adeptes de chair, d’or et d’alcool, celui-ci ne faisait pas exception. Et puis… Qu’y avait-il de plus satisfaisant que de dominer une femme nue et blessée ? De la faire plier en jouant avec sa pudeur, de la rabaisser à l’état de vulgaire tas de chair à plaisir?

Très bien, mon gros… Tu veux jouer, jouons.

Sourire aux lèvres, le regard fixant les yeux du colosse, Ash se débarrassa lentement du drap, dévoilant chaque parcelle de son anatomie visible. La douleur était bel et bien présente, mais la voleuse veillât à n’en rien laisser paraître… Jusqu’au bout, l’amnésique refuserait de plier, simplement parce qu’elle n’était pas une victime et ne le serait jamais. Elle mènerait donc le jeu, à sa façon, même si cela peut paraître déconcertant pour beaucoup.

Tenir debout sur ses jambes faiblardes relèverait du miracle. Celles-ci semblaient faites de paille et de coton et sa tête tourna affreusement à peine eut-elle posé un pied incertain sur le sol. Il lui faudrait encore quelques jours avant de pouvoir reprendre pleinement possession de sa force… Il s’agissait là d'un constat regrettable et contrariant à la fois, puisque cela voulait dire qu’il lui faudrait beaucoup de patience pour pouvoir espérer fuir en un seul morceau.

Pourtant, pas question pour elle de flancher ou de lui montrer, ne serait-ce qu’un soupçon de faiblesse. Lorsque les vertiges menaçaient de la tirer vers le sol, Ash résistait, se mordant la joue jusqu’au sang, simplement pour permettre à la douleur de la tirer d’un état léthargique clairement dangereux. Cela lui permit de se relever, se tirant vers l’emplacement du sac disant au sol dans un rayon de lumière. Sans jamais détourner le regard, la voleuse marcha lentement en s’appuyant sur les meubles pour ne pas perdre pied. Cette lenteur-là n’était nullement calculée, même si elle veillait à le laisser croire, usant de sourire et autres regards malicieux.

Arrivant enfin à son sac, Ash se baissa, mesurant chacun de ses gestes pour ne pas chuter. Il lui parut tellement plus lourd qu’à son habitude, tenant à peine sur ses jambes flageolantes… Le porter jusqu’à la commode près d’elle fut une véritable torture, la voleuse eu bien du mal à retenir quelques grimaces de douleur… Mais le calvaire ne s’arrêta pas là, il lui fallut encore fouiller dans ses affaires à la recherche de quelques vêtements assez amples pour ne pas toucher ses bandages et ses blessures encore fraîches en dessous. Elle dénicha un pantalon en toile noire, plutôt usé, troué par endroits et un chemisier blanc assez large.

Toujours en offrant le meilleur angle de vue possible à son geôlier, la voleuse entreprit de déchirer l’une des jambes du pantalon pour faciliter le changement de pansement tout en préservant son intimité… Intimité qui n’existait déjà plus. Ash n’était pas particulièrement pudique. Elle savait ses formes harmonieuses malgré un nombre conséquent de cicatrices et de tatouage. De là où il se trouvait, la montagne pouvait d’ailleurs admirer l’imposant griffon noir, qui malgré ses multiples lacérations et marques de brûlures, toujours fièrement dans son dos.  En s'exhibant ainsi, la rouquine lui montrait qu’elle avait vécu bien pire et pourtant, se trouvait toujours en vie. Une façon de lui prouver sa volonté, sa force et surtout qu’il ne l’impressionnait en rien… Évidemment, la réalité était bien différente, néanmoins, elle savait que l’homme tentait d’exercer une pression psychologique sur elle et il était hors de question qu’elle y cède.

Après de longues minutes, l’anatomie de la jeune femme ne devait plus avoir de secret pour le colosse, elle y avait veillé. Se tenant à présent devant lui, ses formes dissimulées sous le tissu de ses vêtements, Ash lui adressa un nouveau sourire carnassier.

-Si monsieur est satisfait, peut-être pourrait-il me dire en quoi je pourrais lui être utile ?



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Eylohr Lothar
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Dim 17 Juin - 22:10
Irys : 825198
Profession : (Officielle) : Forgeron et Armurier (Officieuse) : Corsaire/Pirate
Pérégrins -1 (homme)

  • Le spectacle était intéressant, oh oui. La mine haute et fière, la donzelle blessée tentait de s’en sortir face aux regards curieux et envieux du colosse tranquillement assit dans son fauteuil. Le visage obscurcit, rendu presque opaque par la sinistre ambiance des lieux, ses deux iris bleu océan suivaient avec attention le moindre mouvement de la demoiselle sans défense. Et tandis qu’il détaillait ses formes maintes fois observées déjà, mais jamais en mouvement, il pouvait évidemment apercevoir sans le moindre problème que l’état de faiblesse général de la donzelle lui interdisait toute velléité ou confiance déplacée. Elle tenait sur ses jambes, certes, mais chacun de ses mouvements semblaient être annonciateur d’une chute rocambolesque et, à n’en pas douter, des plus désagréables. Et pourtant, elle continuait son numéro sous le regard d’Eylohr qui n’en avait jamais assez de voir son déhanché.

    Durant son numéro d’orgueil et de fierté presque imposé à elle par le comportement tyrannique du colosse, celui-ci pu observer les traits magnifiés d’un griffon noir. Entaillé de ci de là, il sublimait néanmoins les formes et les courbes avantageuses de la demoiselle aux cheveux de feu et le décrire était fort agréable aux goûts du colosse. Très vite néanmoins, elle se rhabilla et retrouva un semblant de fierté et d’intimité, bien que celle-ci eut largement été égrenée tout au long de ce numéro inavoué. La belle eut néanmoins la présence d’esprit, malgré la douleur de ce moment sans doute interminable pour elle, de dégager suffisamment de tissus pour pouvoir accéder à ses pansements sans problème. Futée la donzelle, même dans des moments aussi difficiles. Mais quelque part, Eylohr se doutait que la donzelle faisait tout son possible pour qu’il ne manque aucune miette de ce spectacle. Peut-être pensait-elle qu’elle obtiendrait là une sorte de supériorité sur lui ? Comme si, même en cet instant des plus désagréable, c’était elle qui mener la danse et non lui depuis son fauteuil. Après tout, celui qui domine le jeu n’est-il pas celui qui trompe son adversaire sans jamais soulever aucun doute ? Bien que doute il y ai, dans l’esprit du colosse.


    - Satisfait oui, sans l’moindre problème Dit Eylohr en éludant volontairement l’autre partie de la question de Ash. Il se lève presque immédiatement à la suite de ses mots et se saisit de la bouteille qui trônait toujours sur une table, avalant plusieurs goulées avant de la donner à Ash. Bois Dit-il tout en tournant autour d’elle comme un ours autour de sa proie. Pourquoi qu’t’es si pressée ? T’aimes pas ma présence ? Il continue de tourner autour d’elle sans pour autant la toucher. T’s’ra bien utile j’suis sûr, et la chandelle qu’tu m’dois s’ra à la hauteur d’c’que j’te d’manderais. Bois


    Par le passé, un tel comportement ne se serait sans doute jamais vu chez Eylohr, le souvenir de sa bien aimée décédée trop tôt lui interdisant de tels comportements. Mais entre hier et aujourd’hui, beaucoup de choses ont changées et beaucoup d’autres ont empirées. Même Eylohr avançait sans savoir ce qui allait se passer. Il n’avait ni plan, ni objectif autre que celui d’obtenir à son tour le savoir des prothèses et technologies. Mais à côté de cela, il avançait au milieu de la brume de son esprit, en tâtonnant, et toujours prêt à se battre quoi qu’il arrive, quoi qu’il en coûte. Aussi était-il dominant, mais aussi serait-il dangereux sans le moindre doute.


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Ash
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Mar 19 Juin - 17:57
Irys : 119979
Pérégrin 0
Chien enragé ou ours mal léché, le géant lui tournais autour comme un prédateur affamé. Il voulait la faire boire, une bien étrange idée qui ne fit qu’augmenter le degré de méfiance de la voleuse. Il avait vu ses blessures, l’avait soigné, suturant chacune de ses plaies avant de les bander. L’homme ne pouvait donc ignorer les effets de l’alcool sur un corps saigné et anémique.

Ash observait d’un mauvais œil la bouteille au traitre breuvage, qu’elle tenait en main. Celle-ci fut placée là, presque de force, par la brute épaisse qui ne semblait pas vouloir cesser son manège autour d’elle. Que voulait-il au juste ? Il ne disait rien, évitant soigneusement de répondre à ses questions tout en ayant l’audace de l’interroger à son tour. Pensait-il que la jeune femme n’était qu’un jouet ? Il est vrai que dans son état de faiblesse, Ash ne valait pas grand-chose. Ses muscles équivalaient ceux d’une vulgaire poupée, même si elle essayait de tout faire pour n’en rien laisser paraître. Il fallait être aveugle pour ne pas voir à travers son jeu et la voleuse savait d’expérience qu’une brute épaisse n’était malheureusement pas forcément stupide. Et pour l’heure, la montagne avait bu, ce qui rendait les hommes imprévisibles, il fallait donc se montrer particulièrement prudente face à lui, sans quoi, elle n’aurait aucun moyen de se défendre.

Pourtant, en le voyant agir de la sorte, la belle n’avait qu’une seule envie, celle de lui trancher soigneusement la gorge et de l’abandonner dans son sang. Ash n’était pas une meurtrière, tuer ne l’amusait en rien, même si elle n’hésitait jamais à percer les chairs si cela lui assurait de survivre. Néanmoins, cette possibilité-là lui était tout bonnement interdite dans l’immédiat, simplement parce qu’elle était bien trop faible pour tenir face à lui en étant, en plus du reste, totalement désarmée. La voleuse devait donc se montrer très patiente, même si cela lui fut difficile.

- Pourquoi tiens-tu à me faire boire? railla-t-elle en remuant la bouteille. Si c’est pour faire connaissance, il y a de bien meilleures façon que de me faire perdre conscience.

S’il tenait à profiter d’elle, la montagne l’aurait déjà fait, les occasions n’avaient certainement pas manqué jusque-là… A moins que son petit numéro mêlé aux effets des spiritueux l’ait émoustillé plus que de raison.

-Pressée, je le suis toujours, mon gros. Je n’aime pas particulièrement perdre mon temps, figure-toi. Et puis, tu n’es pas particulièrement causant...

Il avait beau parler de cette fameuse dette, tout du moins l’évoquer de façon plus ou moins subtile, l’homme ne se donnait jamais la peine de la lui exposer. Peut-être n’en avait-il pas la moindre idée lui-même, ou au contraire, peut-être avait-il une idée des plus désagréable. Il puait le danger… Et l’alcool… Cette foutue odeur douceâtre purement dégoûtante amplifiée par un comportement douteux.

-C’est bien joli tout ça, mais je ne sais toujours pas ce que tu veux de moi. Je te dois la vie, c’est un fait, mais cela ne fait pas de moi ta poupée pour autant. Donc au lieu de me tourner autour comme un requin devant un morceau de viande, dis-moi ce que tu veux qu’on en finisse.


A présent, il n’y avait plus aucune espèce de lueur d’amusement dans les perles d’azur de la jeune femme. Bien au contraire, Ash affrontait, avec une fierté et une détermination évidentes, le regard de glace de son “adversaire”, veillant ainsi à lui faire comprendre qu’il ne l’effrayait en rien. Ce n’était pas la première fois que la voleuse eut à jouer ce rôle, car évidemment, elle avait peur, il fallait être stupide pour ne rien ressentir de tel en pareille situation. Pourtant, il était hors de question pour elle de montrer une once de faiblesse face à cet homme, elle préférait mourir que de devenir son jouet servile.



Ash s'exprime en #ccccff et avec le sourire.
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