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Chroniques d'Irydaë
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 Promenons-nous dans les bois

Zygan
Zygan
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Promenons-nous dans les bois EmptyVen 4 Mai - 14:57
Irys : 227617
My'trän +2 ~ Mistral

Aaah, Zagash en avril. La région est pluvieuse mais c’est vraiment l’éclatement des couleurs. S’il ne faisait pas aussi moche, je crois que j’adorerais rester ici. Enfin, rester… Y traîner plus longtemps. Tous les verts de la nature sont visibles pour peu qu’on regarde au même endroit, et toute la flore est pleine d’exubérance. Où que j’pose les yeux, j’vois la nature qui fleurit, qui se bat pour croître, survivre, et vaincre les petits camarades dans la lutte vers le soleil. Un peu plus loin, le soleil perce enfin des nuages qui oscillent entre le grisâtre et le franchement sombre, et les gouttes s’éclairent comme des diamants.

Je prends une profonde inspiration en marchant d’un pas vif vers la forêt, à quelques centaines de mètres. C’est une des meilleures routes pour circuler sans longer les rivières, trop fréquentées à mon goût. Puis si je veux pouvoir vivre un peu du pays, vaut mieux que j’évite les endroits remplis d’humains, défendus, protégés. Aucune bestiole sauvage, proie ou prédateur, ne voudrait aller se promener par là, et rien que l’odeur de l’homme devrait suffire à les éloigner. Non, il faut couper à travers champs et bois si je veux voir la moindre sente. Et puis, la joie du trajet ne vaut-elle pas le plaisir d’arriver ? Voire davantage, en ce qui me concerne.

Je saute par-dessus une crevasse profonde de quelques mètres, au fond de laquelle court un ruisseau. La fracture continue vers l’est avant de, semble-t-il au son du vent, repiquer vers le nord. L’odeur des pins, sapins, et genévriers emplit mes narines. Il y aura bien moyen de faire brûler quelque chose tout à l’heure, histoire de se réchauffer, ou plutôt de se sécher. J’ai un peu peur que mes vêtements pourrissent sur moi à cause de l’humidité, mais la cape cirée que je porte a été faite pour ça, donc ça devrait aller, au-delà des infiltrations d’eau.

Le temps que je dépasse les buissons qui s’accrochent au sous-mois, en écartant les branchages pour ne pas les casser, Süns est basse sur l’horizon. Même si la nuit va tomber bientôt, je regarde le sol des fois que je relève une sente. Ça me permettrait d’avoir une petite idée de ce qui circule dans le coin, et une première piste pour demain matin, au besoin. Sans compter que les sentes mènent rarement à des coins sans intérêts : arbustes à fruits, vergers naturels, champignons ou herbes aromatiques… Il suffit de savoir où chercher. Et les animaux sont bons à ce petit jeu-là.

Un creux dans la boue humide, qui commence déjà à durcir vu qu’il pleut enfin un peu moins. Je me penche en avant. Khyanalt. Hm, pourquoi pas, ça fait longtemps. Je regarde les alentours, mais ne voit rien de particulier : pas d’autre traces, et en dehors de la sente, il n’y a rien. Au vu de la taille, également, mâle, probablement. La fourrure devrait être utile, au moins pour troquer à mon prochain arrêt ou si je croise une caravane. Et sinon, pour bricoler un abri. Peut-être essayer de le chasser sans utiliser mes Dons, aussi, pour un peu de défi.

Toujours apprendre, toujours s’affûter.

J’infléchis ma course pour suivre les traces, et les pluies qui sont tombées toute la journée ont tellement ramolli le sol qu’un enfant des villes serait capable de traquer aussi bien que moi. Le plus pénible, c’est d’incliner ma lance dans un sens ou dans l’autre pour éviter qu’elle ne tape contre toutes les branches de cette forêt. C’est le prix à payer pour une arme longue, et elle me sert tellement que je ne me vois pas faire sans de toute façon. Je prends mécaniquement une gorgée d’eau à mon outre, puis je regarde le ciel, difficilement visible à travers le feuillage. Va être temps d’établir un campement, et juste là où je suis, ce n’est pas possible : pas d’espace, trop de racines, sol incliné n’importe comment…

Quelques pas de plus et un cri grave retentit. Des oiseaux s’envolent dans un froufoutement d’ailes.

Euh…

C’était humain ?

J’empoigne ma lance et je fonce dans cette direction.
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Joël Neara
Joël Neara
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Promenons-nous dans les bois EmptyLun 7 Mai - 5:38
Irys : 504491
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Shüren n’était pas faite pour Joël, ni même Zagash d’ailleurs. Ce constat n’amenait aucune surprise, et pour dire vrai, le daënar s’attendait à plus ou moins la même chose partout où il irait en My’trä. Après tout, que pouvait-il espérait d’autre ? Il n’était qu’un oriental doublé d’une Anomalie, un couple explosif que le trentenaire avait cru bon d’atténuer le souffle en dissimulant sa déviance derrière une fausse prothèse magithèque. Une idée bien médiocre il fallait bien l’avouer, car si le résultat était plutôt convainquant sur le continent de l’Est, il se révélait être d’autant plus problématique sur les terres nordiques de My’trä, où la population -patriote jusqu’à la moëlle- ne pouvait voir que d’un mauvais œil le “subtil” mélange qui caractérisait l’héritier Neara. Il s’était donc fait une raison et avait pris les décisions en conséquences : fuir, comme toujours. S’aventurer aussi loin qu’il le pouvait vers des territoires moins hostiles, un départ qui n’avait pas été anticipé et qui, par extension, allait le confronter à des difficultés qu’il n’était pas prêt à affronter dans l’immédiat.

Seul et armé de son Wendigo, sans argent ni monture, sans carte ni bivouac, sans nourriture et seulement une gourde à moitié vide, le daënar se doutait qu’il allait devoir tôt où tard mettre les mains dans le cambouis et donc apprendre à chasser, apprendre à survivre. Fort heureusement son coup d’éclat à Aildor, suivi de près par sa première confrontation et son échappée face à son Régisseur, c’était motivé et gonflé à bloc qu’il s’apprêtait à relever ce nouveau défi. Un défi de taille au vu de sa flemmardise et son manque d’ambition, mais son statut d’Anomalie l’avait changé, l’avait fait grandir ... un peu.

Cela faisait donc une demi-douzaine de jour que Joël arpentait les plaines accidentées de la Sainte-Insupportable Dalai. Des terres à l’image de celle qui les représentait tant il était long et périlleux d’y progresser. Les pluies n’aidant pas, la boue et l’herbe mouillée venait se rajoutait à l’équation, calcul qui comprenait déjà les incessants cours d’eau qui ne cessaient de se multiplier à mesure qu’il progressait vers le Sud, jusqu’à contraindre parfois le grand brun à faire des détours d’une dizaine de kilomètres juste pour espérer atteindre l’autre rive sans “trop” d’égratignures. Hasard ou instinct animal, il eut la bonne idée de se rapprocher petit à petit des Tsagaan Oi, dont la fraîcheur avait permis aux conifères de se développer et de venir faire barrage aux grands fleuves de l’Ouest. Les cours se firent donc encore un peu plus nombreux mais avec des courants plus à même d’être traversés. Naturellement, les forêts étaient également un nid à bestiaux, une aire de chasse royale pour tout prédateur digne de ce nom mais, manque de pot, Joël n’était pas de ce genre-là. Après avoir essuyé, au sens sale comme au sens figuré, deux journées de diarhées sans doute due à des fruits pas comestibles, l’Anomalie déambulait désormais sur un parterre de mousse, trempé, affamé et épuisé, à la recherche de choses à se mettre sous la dent.

Les novices diront : “mais pourquoi n’utilise-t-il pas son fusil pour chasser ?”, à ça nous répondrons que pour chasser, il faut savoir traquer. Traquer quoi ? Comment ? Joël n’avait strictement aucune notion de survie, et s’il était effectivement capable de tenir une arme, de bien viser et de faire mouche, encore fallait-il qu’il ait la présence d’esprit de “ne faire qu’un avec son environnement”, qu’il pousse la réflexion jusqu’à comprendre que la discrétion et la patience étaient des clés pour une chasse réussie. A cela se rajoutait sa chance légendaire, car nul doute que si il avait reçu les enseignements de base, il serait tomber sur un super-prédateur qui n’aurait fait qu’une bouchée de lui.

La pluie s’était arrêté quelques heures plus tôt et la terre avait dors et déjà commencé à s’abreuver de toute cette eau, révélant par la même occasion des empreintes qui éveillèrent la curiosité du daënar. Il se gifla les joues avec vigueur pour rassembler toute sa concentration.


« Un creux dans la boue ... » dit-il, l’air grave.

Il se pencha alors en avant et étudie attentivement la forme de la trace, adoptant une gestuelle qu’il croyait digne d’un professionnel, mais qui dans les fait n’était rien d’autre que théâtrale.

« Mmm, pourquoi pas. Au moins ce n’est pas humain ... »

Il se redressa et regarda les alentours, ne remarquant rien d’autre de particulier que d’autres traces. Logique oblige, il se mit alors en tête de les suivre et ce, aussi longtemps qu’il en trouverait. Bien évidemment, il ne fit pas attention et perdit l’ensemble de ses repères, s’enfonçant toujours plus profondément dans la forêt qui se voulait de plus en plus dense jusqu’à perdre non seulement la trace de la créature, mais également son propre chemin. La nuit commençait à tomber et il était loin de tout : la civilisation, les cours d’eau et visiblement, de son casse-croûte. Pire encore, il s’apprêtait à découvrir qu’en fait, il était devenue la proie. Une sensation étrange commença à lui serrer l’estomac, celle d’être suivi et qui vous fait craindre un danger imminent. Il ne s’y trompa pas puisqu’un craquement de branche plus tard, le monstre qu’il croyait chasser se jeta sur lui, le faisant s’écraser face contre terre avant de sentir les griffes et les crocs commencer à franchir sa maigre barrière de tissu. Il hurla, de peur ou de rage il n’en savait rien, mais il hurla, jusqu’à parvenir à repousser le prédateur qui commença à décrier des arcs de cercle autour de lui.

« N...ne crois pas t’en ... t’en tirer comme ça fils de pute. »

Il ne comptait pas attendre le prochain assaut et s’empressa de saisir son arme, de mettre en joue et de faire feu, mais la panique eut raison de sa précision et la balle n’atteignit pas sa cible, qui se jeta une nouvelle fois sur lui avec la ferme attention que cette attaque soit la dernière. A nouveau au sol, il eut pourtant pour réflexe de faire barrière avec son fusil, mais les crocs se rapprochaient immanquablement de son visage, et à cours de solution, il pesta.

« Va niquer Bolgokh le lézard ! »


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Zygan
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Promenons-nous dans les bois EmptyLun 7 Mai - 17:53
Irys : 227617
My'trän +2 ~ Mistral

Ronces. Mousses. Champignons. Faut que je repasse. Je prends appui sur le tronc du saule pour sauter le cours d’eau. Eviter de glisser sur les pierres au fond. Rossignol. Pivoines. Pivoines ? Elles sont déjà loin derrière et j’ai manqué de me vautrer dans une flaque un peu traître. Le vent file avec moi, pousse dans mon dos pour me donner un poil plus d’accélération. C’est à peine deux minutes de course pour que j’arrive à voir la créature que je traque, le Khyanalt, qui a déjà bondi sur sa proie. Et la victime est humaine, comme j’avais entendu, et se défend comme elle peut.

Mon arrivée à travers les fourrés, quasiment à côté d’eux, fait immédiatement tourner la tête au prédateur, et l’homme arrive à se dégager en balançant son bâton sur le côté. Fourrure blanche un peu sale, avec des traits qui tirent sur le brun. La bête est rapide, tombe sur l’épaule, se relève et donne un coup de patte à sa proie, qui roule sur le côté. Puis elle feule dans un filet de salive avant de disparaître dans les fourrés. Je vais pour la poursuivre quand je me rappelle pourquoi je suis là.

Je ne me suis même pas retourné qu’un énorme craquement retentit, et je me jette au sol par réflexe, lance fermement tenue pointe enfoncée dans la terre meuble pour éviter que la foudre me tombe dessus. Foudre ? Mais le ciel était clair…

Un filet de fumée sort encore du fusil du braconnier daënar, alors que son tir s’est enfoncé dans un tronc d’arbre à quelques mètres de là. L’écorce du hêtre a volé en éclat et laisse apparaître un point noir au milieu du marron très clair du cœur du tronc. Du khyanalt, il ne reste que quelques poils accrochés à une branche cassée. Je me redresse en jetant un regard inquiet à l’inconnu. Déjà qu’ils viennent dans nos villes après avoir fait la guerre, et en plus même dans nos forêts on ne peut plus être tranquille ?

Mais il n’a pas l’air blessé, et quelque part, c’est le plus important. Ça se trouve, il s’est perdu, et cherchait juste à rentrer à Shüren. Auquel cas il est bien loin. Kharaal peut-être ? Nan, ça impliquerait de traverser les montagnes. Dans tous les cas, avec l’heure tardive, le moment ne s’y prête pas forcément. Je tends une main avec un sourire amical.

« Zygan Farkas. Enchanté. Je te propose qu’on campe ce soir et que je te ramène en direction de la ville demain, d’accord ? »

Je jette un regard mauvais à l’arme.

« Et arrête de tirer ce truc, ça se voit que tu ne sais pas ce que tu fais, tu pourrais blesser quelqu’un. »

Dès que je me suis débarrassé de lui, je reviens dans le coin. Quand je repense au khyanalt, je me dis que c’est vraiment une occasion à ne pas manquer. Grosses griffes, belles canines, encore qu’une est visiblement cassée depuis quelques mois. Puis la fourrure, blanche comme ça, ça fait toujours son effet, surtout quand on va vers l’est et des climats plus chauds, dans lesquels c’est plus rare. Ce sera bon à troquer.

Je ne remets pas ma lance dans mon dos, et prends une gorgée d’eau à mon outre, d’une main, en jaugeant si l’étranger va faire preuve d’agressivité. C’est que, ça se trouve, c’est peut-être un assassin ou un espion envoyé là par les apostats.
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Joël Neara
Joël Neara
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Promenons-nous dans les bois EmptyLun 28 Mai - 15:30
Irys : 504491
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
La bave lui coulait sur le visage, l'haleine nauséabonde du félin lui agressait le palais et ne manquait pas de lui donner des haut-le-cœur, mais qu'importe. Joël se défendait avec une hargne qu'on ne lui connaissait pas, puisant inlassablement dans la moindre parcelle de son corps pour y trouver l'énergie nécessaire afin de renverser la vapeur. Un nouveau coup de fusil tonna, l'une des griffes de la créature s'était coincée contre la gâchette. Puis un mouvement sur la droite distrait la créature, une occasion trop belle que le daënar n'espérait plus. Il se jeta sur cette opportunité, utilisa le sol comme appui pour renverser le khyanalt sur le côté, avant de se dérober à une énième coup de patte qui lui déchire un pan de sa chemise.

Le temps n'était pas à la réflexion. L'Anomalie s'empressa de recharger son arme, de la lever et de faire feu en direction de la créature qui venait de prendre la fuite, direction vers laquelle se trouvait l'homme qui lui avait permis de s'échapper. La balle fusa, arrachant quelques cheveux noirs de jais qui retombèrent paresseusement sur le sol boueux. Belle esquive de sa part. Mais l'adrénaline qui parcourait ses veines ne l'aidèrent en rien à se détendre. L'humain peut-être plus dangereux que la bête, aussi il s'apprêta à renouveler l'opération, mettant en joue l'inconnu qui lui fait face.


« Toi le sauvage ! s'exclama-t-il en essayant tant bien que mal de reprendre son souffle. Pas un pas de plus ou je te fais un second trou de balle en plein milieu de la gueule ! »

« Zygan Farkas. Enchanté. Je te propose qu’on campe ce soir et que je te ramène en direction de la ville demain, d’accord ? »

« Hmpf ... »

« Et arrête de tirer ce truc, ça se voit que tu ne sais pas ce que tu fais, tu pourrais blesser quelqu’un. »

L'envie de presser une nouvelle fois la détente était si forte qu'il s'en mordait les lèvres. Il le gardait en ligne de mire, pesant douloureusement le "pour" et le "contre", et alors qu'il se senti enfin prêt à tirer, il baissa son arme.

« Tss, je sens que je vais encore le regretter ... » soupira-t-il en rangeant son arme en bandoulière sur son épaule.

Il marcha vers le my'trän et répondit à sa poignée de main en se présentant.

« Joël. Va pour le campement, par contre je n'ai nullement l'intention de retourner à Shüren. »

Il lui arracha la gourde des mains et, assoiffé, en bu l'intégralité sans penser un seul instant au rationnement.

« Haaan putain ça fait du bien. Il jeta l'outre vide par-dessus son épaule. T'as du bol que cette bestiole ne t'ai pas sauté dessus, t'aurais pas fait long feu avec ton morceau de bois. Et ce n'est pas ces xénophobes de larbins de Dalai qui seraient venu t'aider, ça tu peux me croire ! »

Il marqua une courte pause, jaugeant son interlocuteur du regard avant de prendre les devants.

« Allons-y, tu viens de là donc j'imagine que c'est là-bas que ce trouve ton campement ? On ramassera du bois sur la route histoire qu'on ne se pèle pas le cul cette nuit. J'espère que t'as de quoi grailler là-bas, parce que je crève la dalle ! »


Promenons-nous dans les bois Jv8PjY
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Zygan
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Promenons-nous dans les bois EmptyMer 30 Mai - 22:32
Irys : 227617
My'trän +2 ~ Mistral

Je tique une fois. Puis une deuxième. Et une troisième. Je suis tellement surpris que j’ai à peine le temps de décocher un mot. On dirait que les histoires racontées par les zagashiens que je connais, et dont je sais qu’ils n’ont jamais mis le pied hors du continent, ne sont pas si exagérées que ça. Car qui d’autre qu’un daënar pourrait se balader avec une arme pareille et me traiter de sauvage ? Bon, c’est vrai que ça fait longtemps que je ne me suis pas taillé la barbe, mais quand même… Je décide d’y remédier dès qu’on établira le campement. Et je rattache mes cheveux avec la simple lanière de cuir à cet effet.

Première chose, récupérer ma gourde. Ça ne pousse pas dans les arbres, et je n’en ai pas cinquante.

Je vois son dos qui s’éloigne dans la direction d’où je viens. J’hésite à le laisser partir tout seul et se démerder dans la nature. Il ne sera pas à l’aise, ça se voit déjà à la façon dont il marche à travers les fourrés, à casser toutes les branches et à piétiner n’importe où. Mais un type pareil, c’est forcément dangereux. Ça agite son arme à tort et à travers, ça tire n’importe où… S’il tombe sur un zagashien, je ne donne pas cher de sa peau : il se fera noyer en moins de temps qu’il n’en faut pour invoquer le nom de Süns à Zolios.

Il se retourne, jette un regard interrogateur. J’ignore en lui emboîtant le pas à mon rythme. Il ne veut pas rentrer à Shüren, en plus. Je me demande bien ce qu’il fait là. On en discutera plus tard. Au besoin, on trouvera les autorités compétentes pour le renvoyer chez lui, où que ce soit, ailleurs mais pas ici. Oui, voilà le plan. Il ramasse des bouts de bois qui ne brûleront pas, trop humide, trop vert, ou simplement trop éloigné du bois de chauffe. Ils doivent vraiment vivre dans des bâtiments en pierre sans jamais sortir, c’est pas possible.

Enfin, ça l’est, puisque tout le monde le dit et que j’ai un exemple juste sous mes yeux.

« Tu sais, il n’y a pas de campement, par là-bas, hein ? Et aucun endroit vraiment souhaitable pour en faire un, Joël. »

Pour créer du lien positif, c’est important d’appeler les gens par leur prénom. Ça touche beaucoup plus, je crois.

« On pourrait plutôt infléchir notre trajet vers le sud. De mémoire, la terre sera plus propice pour poser nos couchages. Allons par là, Joël. »

En m’assurant qu’il suive à peu près, je fais quasiment demi-tour en m’enfonçant entre les branches tombantes d’un saule. Vraiment trop humide, au sol. J’hésite à trouver un arbre et m’y percher pour la nuit, je l’ai déjà fait dans des zones un peu marécageuses ou des mangroves. Ce n’est pas très confortable mais c’est largement suffisant pour six heures de sommeil. Je lui jette un œil, à la manière dont il se déplace. Aucune chance, soit il tombe en deux minutes, soit il ne dort pas de la nuit. Ça lui ferait peut-être du bien.

J’écarte les pensées un peu mesquines et je me concentre.

La nuit commençait déjà à tomber tout à l’heure, je n’ai pas grand-chose à manger, mais de quoi faire quand même. On partagera un bout, et il faudra vraiment que je chasse demain. Quand je ne l’aurai plus dans les pattes, quoi. Süns disparaît enfin totalement, et on se retrouve dans l’obscurité relative du début de la nuit. Il va y avoir une période sombre avant que les deux lunes ne se manifestent, et je voudrais bien ne pas être en train de courir dans le noir à ce moment-là. Trop désagréable, trop de chances de marcher pour loin, de se faire mal…

A l’odeur, je repère un bosquet de pins et de genévriers. La terre sera plus sèche, et à part les racines, ça devrait aller. Je pointe du doigt et pose mon paquetage, puis je m’étire le dos. Et c’est ensuite les tâches habituelles de tout campement : poser le bois sec, le faire prendre avec des brindilles, quelques feuilles, du silex et de l’amadou. Une fois que le feu crépite joyeusement, je me tourne vers le daënar perdu. Joël.

« Alors, Joël, qu’est-ce que tu fais à My’trä ? Tu es bien loin de chez toi… »

L’amadouer, comme une bête sauvage. J’en ai vu d’autres.
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Joël Neara
Joël Neara
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Promenons-nous dans les bois EmptyMer 24 Oct - 15:35
Irys : 504491
Profession : Ex-Commandant d'aéronef de marchandises
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
C'est d'un pas décidé et le port altier que l'héritier s'enfonça dans la forêt, suivant une direction que son génie avait jugé naturellement bonne et pourtant, son charisme ne fit que le desservir. Là où il croyait poser ses pattes sur un carré de terre dure, il ne fit qu'embourber ses bottes, là où il pensait suivre un sentier tout tracé, il ne fit que s'aventurer dans des culs de sac, cerné par un amas de buisson à peine franchissable. Alors sa détermination muta progressivement en frustration. Il se convint que tout cela n'était que la faute des sauvages, purement et simplement, qu'ils étaient incapables d'aménager des chemins praticable. A Daënastre au moins, les routes étaient sures, parfaitement bien délimitées et riches en provisions pour celles et ceux qui ne savaient pas chasser.

« [...] il n’y a pas de campement, par là-bas, hein ? Et [...] »

Toujours dos au my'trän, Joël se retint de hurler d'agacement, rassemblant tout son self-control pour ne lâcher finalement qu'un lourd et profond soupir. Zygan n'avait qu'à bien se tenir, car l'Anomalie s'apprêtait à faire de lui la prochaine victime de son arme secrète : le déni.

« Tu permets ? Je cherchais juste un endroit où pisser tranquille, je ne suis pas idiot. File donc vers ton sud, je te rejoins. »

Il joua le jeu jusqu'au bout et prit le temps nécessaire pour satisfaire ses "besoins", avant de revenir rapidement vers son "protecteur", qui tout au long du trajet, ne cessait de lui lancer des regards inquisiteurs que le trentenaire eut du mal à interpréter. Habitué à prendre tout cela comme une forme d'agression, il ne cessa de lui lancer des remarques désagréables afin de lui montrer qu'il n'était vraiment pas prêt à le considérer comme un compagnon de route, et encore moins comme un allié. La marche fut pénible, trop longue pour le daënar qui trainait une fatigue déjà présente depuis une paire de jour, aussi il ne put s'empêcher, dès lors qu'il apercevait un endroit relativement confortable, de commander au natif de s'y arrêter pour établir le campement, et ce fut toujours avec ce même timbre de voix monocorde que Zygan lui expliquait le "pourquoi" ce n'était pas possible, en prenant cette horrible habitude de ponctuer l'ensemble de ses phrases par son prénom. Cela l'irritait grandement. Mais malgré son caractère de cochon et son air grognon, Joël écoutait et apprenait, se montrait attentif aux détails qu'apportait le my'trän dans ses recommandations, si bien qu'il ne commit jamais deux fois les mêmes erreurs dès lors qu'il suggérait un endroit qu'il jugeait propice à l'établissement d'un camp.

C'est alors que le nomade repéra enfin une place de choix pour les deux hommes, espace que le daënar étudia avec intérêt afin de se prouver à lui-même que lui aussi aurait été capable de le dénicher. Exténué, il laissa Zygan vaquer à ses occupations en attendant au pied d'un arbre, l'observant en train d'entreposer son bois, de déterminer les places les plus au sec pour poser leur couchage, et bien sur, d'allumer un feu à partir de rien, feu duquel il se rapprocha immédiatement dans l'espoir de se réchauffer et de faire sécher ses vêtements. Bercé par le doux crépitement des flammes, sa rêverie ne fut que de courte durée, interrompue par le chasseur qui engagea la conversation.


« Moi au moins j'en ai un, de "chez moi". Ce qui ne semble pas être ton cas vu ta dégaine. T'es quoi, un sans-abri ? il marqua une pause, avant de soupirer en lui demandant, d'un geste négligeant de la main, d'oublier ce qu'il venait de dire. Désolé, j'suis claqué, ça me rend encore plus désagréable que d'habitude. Il retira l'un de ses gants, dessangla sa fausse prothèse et laissa à Zygan l'opportunité d'admirer les magnifiques cristaux de magilithe qui s'était substitué à ce qui fut autrefois la paume de sa main. J'imagine que ça résume plutôt bien la situation non ? Quitte à être détesté par tout le monde, autant bien faire les choses et venir là où je serai le plus emmerdé. Et accessoirement, comme personne "chez moi" n'est capable de soigner ça, j'me dis qu'il doit forcément exister un ermite pas net sur My'trä qui soigne toute les maladies en échange de trucs étranges. Ça s'passe toujours comme ça dans les contes pour enfant, il doit bien y a voir une forme de vérité derrière tout ça. Et comme de toute façon, la réalité ne peut que se solder par ma mort, autant s'accrocher à ce genre de ga... »

Son estomac grogna si fort qu'il lui en coupa la parole, alors il détourna la conversation pour lui expliquer que cela faisait un certain temps qu'il n'avait pas mangé, et que son dernier repas s'était soldé par un mal de ventre terrible. Aussi étrange qu'il puisse être, Zygan semblait à l'aise dans cet environnement, et le daënar savait parfaitement que son voyage ne faisait que commencer. La route était encore longue jusqu'à Darga, et s'il voulait vraiment avoir une chance de s'en sortir, il devait, provisoirement, devenir lui aussi un sauvage. Mais quel intérêt aurait un homme comme Zygan à perdre du temps avec lui ? Joël préféra s'abstenir de lui poser la question. Il avait l'air de ces gens naïf et généreux, aussi s'il faisait l'effort d'être "agréable à vivre", peut-être lui serait-il plus facile de le convaincre de le former à la survie ?

« Tu n'as pas l'air d'être de Zagash, les gens n'y sont pas aussi sympathique là-bas. Il ferma les yeux quelques secondes pour faire appel aux quelques connaissances qu'il avait de la culture my'trän. Un nomade c'est sur mais ... pas du bon côté des Tsagaan Oi pour être de Kharaal, pas assez civilisé pour un Suhur ... trop entreprenant pour un khurmi ... Orshin peut-être ? Amisgal aussi sans doute ? Reste plus que Zolios, mais si c'est le cas ta mère à omis d'ajouter l'option "bronzage" à ta conception. »


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