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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 [Terminé] L'Imprévu, ce maudit bourreau.

Songe Aubétoile
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Dim 6 Mai - 17:36
Irys : 100339
Profession : Diplomate - Enquêteur - Agent
My'trän +2 ~ Khurmag
- Mais.. p'tit con, t'serais pas un enculé de chiasse de My'trän ? prononça l'homme, une chope de bière en main - dont le contenu s'était déjà presque évaporé dans ce gosier grassouillet - sur le ton de la rigolade.
Hélas, cette plaisanterie s'avérait en être la triste vérité. Songe lâcha un bref rire éclatant, secouant la tête en s'essuyant le coin de l’œil, riant de bon cœur avec une troupe d'individus, habitués à son léger maniérisme et ses expressions un peu plus subtiles que la moyenne. On le pensait nobliau, jouvenceau, venu exulter et s'évader, régulièrement. Songe avait mis du temps à forger ces contacts, à les tailler avec soin, en récoltant les meilleurs : les plus crédules, sympathiques et informés.

Ainsi, les choses auraient du s'en arrêter là, dans cette taverne à demi-perdue dans un coin de forêt proche de Cerka. Nommée « L'Entracte », elle se situait dans une clairière proche des murailles de la ville, et à la limite de la forêt devenant de plus en plus dense. Cela en faisait naturellement le repaire de nombreux soldats et autres voyageurs qui venaient y faire halte. C'est à cause de certains irréguliers que cette triste situation a commencé à se dévoiler, lentement, par cette injective, donnée par un type vêtu de noir et de sa troupe :
- My'trän ? Un My'trän sur nos terres, notre sanctuaire bien aimé ? lança-t-il promptement, d'un ton haineux.
Un habitué répondit alors, d'une voix mêlant subtilement les accents des bas-quartiers et ceux de l'alcool :
- Mais du'con, tu vois pas que c'est une blague ? Détends toi un peu, t'as le cul bordé de magilithes ou'quoi ? bargouina-t-il.
Hélas, l'homme en noir ignora ces sages paroles bien avisées - du moins, selon Songe - et se dirigea vers la table du quasi-My'tran, le scrutant d'un regard aussi noir que ce qu'il portait. Il enjamba deux gentilshommes ivres morts, - suivi de sa troupe - et esquissa alors un geste rageur, souriant cependant d'un air narquois.
Soudainement, une dizaine de dagues se trouvèrent pointées au niveau de la gorge, du cœur et des tripes du jeune homme.

Songe n'en menait pas large. Il n'avait absolument pas prévu cela, et cela l'insupportait au plus haut point. En plus d'avoir sa vie menacée - à force, il en avait cependant l'habitude - il allait surtout perdre ses précieux informateurs auquel il avait passé moult temps à raffiner. Il prononça alors d'une voix qui se voulait apaisante, laissant cependant ressentir le naturel qu'exprimait un homme lorsque sa vie était menacée :
- Voyons, du calme mon ami ! Je ne suis absolument pas un traître à ma chère Nation ! Et je n'ai pas besoin d'en dire plus, seuls ces traîtres passeraient leur temps à déblatérer leurs connaissances honteusement volées de notre culture. Alors je vous en prie, calmez-vous, et demandez donc à vos sous-f.. je veux dire confrères, de ranger leurs dagues !

- Je crains que non. Nous allons utiliser une méthode beaucoup plus simple, comprenez-vous. MONTREZ-NOUS VOS TOURS DE MAGIE, TRAÎTRE !
dit-il en rugissant, tandis que les dagues s'abattaient derechef sur le corps frêle de l'Arpenteur.
Songe ne se fit pas prier, mais élimina d'office toute réelle magie fondée sur Khugastaa. Il n'aurait point le temps d’exécuter une illusion si forte pour empêcher ces hommes de le tuer, en plus de révéler à ses informateurs que, effectivement, il était bien un "Sale traître de My'trän". Songe exécuta alors ce qu'il aimait appeler un de ces tours de passe-passe. Entre passer pour un monstre ou pour un traître, il choisissait la première option. On pouvait s’apitoyer sur le monstre, non pas sur le traître.

Dans un flash lumineux, Songe disparu de la taverne, pour se retrouver 500 mètres plus loin, déjà au sein de la forêt. Sans reprendre son souffle ou même attendre, Songe réitéra la transposition deux fois de plus pour se trouver à 1500 mètres de la menace, en pleine forêt.
À l'abri, là où il n'y avait personne.
Il avait précédemment posé ses marques dans une distance suffisante afin de réaliser cette transposition allongée - il ne fallait jamais être trop prudent, et une fois encore, son choix s'était avéré judicieux.

S'écroulant et roulant sur le côté dans l'herbe molle - il avait bondit en arrière en pleine transposition, il ne voulait pas faire ce satané voyage accompagné d'une dague - il releva les yeux pour constater avec horreur qu'il y avait quelqu'un devant lui.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

Songe s'exprime en #a12f2f

Petit discours vidéo issu de Dies Irae (un VN) montrant de quelle manière Songe parle, son ton, ses expressions etc.
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Dernière édition par Songe Aubétoile le Jeu 10 Mai - 10:34, édité 2 fois
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Ophélia Narcisse
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Dim 6 Mai - 22:27
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
C'était le genre de journée de repos qu'aimait s'accorder Aemy lorsqu'elle n'en pouvait plus de l'air urbain de Cerka, le poison ambiant qui régnait entre ces murs était celui d'un fléau nommé "agoraphobie". Le contact avec une personne autre qu'elle était déjà bien assez compliqué et désagréable, l'anomalie n'avait aucunement besoin de ce genre de choses. Elle en avait fini avec ses objectifs à Rathram, maintenant, elle ne cherchait plus qu'un moyen de rentrer à la maison. Mais la campagne était bien trop périlleuse pour trop s'y enfoncer, alors, avant de replonger dans ce monde urbain qu'elle abhorre, il lui était nécessaire de respirer un peu de vent qui ne puait pas les rues bondées. Les arbres au dehors la confortaient bien mieux que n'importe quel humain qui n'était pas sa mère adoptive et ... quelques rares exceptions dont font partie son bon professeur. 

Elle avait eu ce qu'elle voulait à Cerka, ne restait plus que le chemin du retour et tout irait bien. Mais ... aussi pleine d'espoir du retour au foyer qu'elle était, elle n'oubliait pas les innombrables meurtres qu'elle avait commise dans le centre-ville. La cité portait sa marque, et elle en subissait les conséquences de devoir se cacher. Les feuillages avaient toujours été de bons amis pour elle, pour le peu qu'elle les a côtoyé. Ils ne parlent pas, ne saignent pas comme un Homme et sont de doux réconfort lorsque la brise est trop fraîche pour s'y exposer. Les oiseaux qui chantaient entre les branchages apportaient à l'atmosphère déjà paisible un soupçon de plénitude, si bien qu'en marchant entre les brins d'herbe, la vaironne se sentait entrer en transe. Tout était bien mieux lorsqu'elle était la seule à respirer. Il fallait qu'elle réfléchisse à comment revenir à la gare ... 

Elle marchait en rond, sans jamais s'accoutumer à la vision du paysage autour d'elle afin de toujours se sentir dépaysée. Le confort était beau, mais à Rathram, le confort n'existait pas pour elle autre part qu'avec son professeur. La teintée préférait se perdre un peu dans les bois que de se perdre complètement dans le dédale urbain qui l'attendait pour qu'elle rentre chez elle. Vraiment ... c'était un supplice que de parcourir ainsi les rues, les bâtiments étaient trop hauts, les gens étaient tous des raclures citadines à la pensée uniforme et l'odeur dans l'air était celle de charbon mélangé à de la ferraille ou quelconque autre odeur creuse, plate. La senteur laissait transparaître cette sensation de frottement au fond de la langue, comme une impression de boire des graviers avec de la terre. L'odeur de l'herbe valait bien cent autres Cerka et les vies qui allaient avec. Pour tout ce dont se souciait la jeune femme, elle aurait largement tué un millier d'habitants plutôt que de raser la magnifique teneur verte du sol qu'elle foulait du pied. 

Avançant encore et toujours, l'étourdie arriva finalement dans une petite clairière qui ne devait pas dépasser les six mètres de circonférence. Elle faisait dérivait son regard un peu partout autour des troncs, et ne remarqua la pierre qui lui appuya sur le talon que lorsqu'elle ne posa le pas dessus. Promptement, elle retira sa chausse du cristal qui semblait bien fade tant son éclat était éteint, étrange chose que celle-ci. Sa beauté demeurait néanmoins et la vaironne entreprit de le garder avec elle, belle trouvaille pour une balade aux intentions si modestes. Regard analyste dans les yeux, la jeune femme observait avec un iris précis les contours de la chose ... tiens, ça ressemblait à ...

L'alliage se mit alors à briller, la teinture effacée qu'il arborait disparut alors qu'une lueur éthérée commença à en jaillir. Entre son pouce et son quatuor de doigts, la large gemme commençait à vibrer, tremblant comme si quelque chose cherchait à en sortir. Aemy sursauta lourdement et fut presque propulsée par la force dégagée lorsque la gemme se brisa entre ses doigts. L'impact avait illuminé ses yeux un bref instant, si bien qu'elle ne put déterminer la forme humaine qui venait d'apparaître que lorsqu'elle ne fut complète. Les éclats avaient volé vers le sol, construisant si rapidement un individu fait de chair et de sang qu'elle ne distingua que bien plus tard. Pour le moment, la vaironne s'était enfuie contre un arbre, inquiète de ce que ce phénomène signifiait. Son dos, appuyé sur le tronc avait été conduit dans cette attitude par les élans fuyards de son coeur.

Bouche ronde, air consterné, elle fixait l'étranger qui venait d'apparaître devant elle, pour mieux s'effondrer. Comme si sa chute n'était que le prolongement d'une antérieure. De là où était la barmaid, elle ne voyait que les cheveux blancs qui lui rappelaient les siens, sans la teinture. C'était ... étrange ... elle n'avait jamais vu quelqu'un d'autre qu'elle qui possédait une telle couleur. Peu à peu, elle s'écarta de son support, perdant progressivement la peur qui lui avait saisi les tripes. Pas à pas, elle s'approchait du tombé qui n'avait pas encore remarqué sa présence. Lorsqu'elle fut au-dessus de lui, la brune prit l'une de ses mèches les moins bien déguisées pour comparer. C'était presque pareil, s'il n'y avait pas une seule nuance de noir, ce seraient les mêmes. Bien que les siens à elle soient mieux ordonnés que ce qui ornait le crâne de cet étranger. 

Elle avait baissé sa garde, ignorant même s'il y avait de quoi se méfier, ici. La fascination de l'éclat, cette obsession pour la couleur de ses cheveux, s'il le connaissait, il était même possible qu'il soit de sa propre famille avant qu'elle ne perde la mémoire. Avait-elle enfin trouvée quelqu'un qui pourrait la guider dans son passé ? Ses yeux s'étaient mis à luire d'un espoir furtif qu'elle ne sut rattraper de par la rigueur parfaite de ses masques émotifs. Cette fois-ci, et pour la énième fois en quelques jours, son expression était à découvert et les émotions parlaient en travers de son visage même. Elle ne voulait pas faire d'assomption incorrecte, aussi tut-elle toute remarque qui pouvait faire attrait à un éventuel lien fraternel ou peut-être ... non, certainement pas filiale. L'étranger avait l'air d'avoir le même âge qu'elle pensait avoir, ses traits étaient plus jeunes que la plupart des femmes de la trentaine, bien qu'Aemy ne savait rien de ses 29 années de vie antérieures. Tout ce qu'elle put articuler n'était pas moins qu'une question qui finalement allait dans le même sens, et si l'étranger affalé la reconnaissait, eh bien son visage le laisserait transparaître.

- Qu ... qu'est-ce que ... qui ... êtes vous ? 


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Songe Aubétoile
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Dim 6 Mai - 23:04
Irys : 100339
Profession : Diplomate - Enquêteur - Agent
My'trän +2 ~ Khurmag
Songe réagit en quelques instants, porté par son instinct. Son regard se fit d'acier, ses yeux réduits à deux minces fentes froides, calculatrices, presque enragées - comme celle d'un animal sauvage pris par surprise, qui se prépare à répliquer. Oui, ce n'était que l'instinct qui guidait les pas de l'esprit toujours sur le choc de Songe.

À-demi accroupi, le mage sorti avec vivacité une sorte de mince baguette qui pourrait ressembler à un cigare métallique, légèrement orné, qu'il frappa avec force contre la paume de sa main gauche, tandis que une nuée de corbeaux se matérialisa entre lui et l'inconnue, retentissant dans leur cacophonie croassante. Cette nuée, extrêmement agitée, commença alors à fondre en direction de la jeune femme, avant que Songe réalise ce qu'il était en train de faire.

Un flot d'injures jaillit de l'esprit du My'trän, à l'encontre de lui-même, avant qu'il ne redirige in-extremis la nuée de corbeaux autour de lui même, le masquant suffisamment longtemps - c'est à dire quelques secondes, à peine - pour qu'il reprenne un peu de sa sérénité habituelle. Les corbeaux se dématérialisèrent, laissant un jeune homme souriant, devant faire dans la vingtaine, peut être un peu plus, le regard un brin enjoué, transpirant l'excentricité et le calme. Le Masque du Fou.
- Je suis Songe, Songe Aubétoile, arpenteur et informateur, entre-autres. dit-il, s'étant résolu à révéler une partie de la vérité, suite à ce qu'elle venait de constater.
- Navré pour ce léger...incident, mais vous m'avez réellement pris par surprise. Je suppose que j'ai fait de même, n'est-ce p-.. énonça Songe avant de se raidir brusquement.
Son masque se fêla encore une fois, laissant transparaître une anxiété croissante, jetant vivement un coup d’œil derrière lui, l'expression sérieuse et pensive, avant de finalement reprendre son expression plus courtoise et et enjouée. Hélas, c'était sans doute trop tard. Quand les spectateurs connaissent le tour de ces faux magiciens, le dénouement de la pièce de théâtre, tout en perd de sa saveur. Néanmoins, il pouvait miser sur l'effet de surprise, en espérant qu'elle n'aie pas remarqué ses changements d'expression. Il reprit alors, de son ton cordial et amical :
- Par ailleurs, vous êtes ? C'est plutôt rare que l'on trouve une si charmante compagnie, perdue - ou peut-être pas, qu'en sais-je - au plus profond des bois.
L'on aurait pu penser que Songe serait déjà revenu sur sa promesse de sincérité, suite à l'énonciation du terme "charmante compagnie", mais bien au contraire. Certes, le magicien avait été plus que surpris de rencontrer quelqu'un en pleine transposition, mais il la trouvait très charmante, réellement. Comme une belle fleur, celles qui transparaissent des autres fleurs, qui les font paraître ternes à côté d'elle.
Pourtant, c'est ces fleurs même qui sont les plus vénéneuses.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

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Dernière édition par Songe Aubétoile le Lun 7 Mai - 22:56, édité 1 fois
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Ophélia Narcisse
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Dim 6 Mai - 23:52
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Ce ne fut qu'une question de secondes pour qu'un second sursaut ne se réitère, causé cette fois-ci par le brusque mouvement de l'étrange étranger qui semblait étrangement agité. Cette observation ne fut que brève estimation du regard, car, avant qu'elle ne puisse approfondir sa lecture de visage, Aemy s'était vue séparée du jeune homme par un ouragan de volatiles aux plumages aussi noirs que les dévorantes ténèbres qui planent dans les cieux lorsque sonne le minuit. Aussi dérangée qu'elle pouvait être, l'inexplicable apparition eut pour effet de grandement troubler l'esprit de la vaironne. Celui-ci était faible, extrêmement friable, aussi, le vol sinistre arracha un cri terrifié hors de sa gorge qui la fit tomber au sol lorsqu'elle les vit fondre sur elle. D'instinct, elle leva son bras pour protéger son visage dans la vain espoir que la nuée ne fasse demi-tour, et, sans aucun fondement, le miracle se produisit, alors que un à un les corbeaux s'effaçaient autour de l'apparition. 

Enfin, le vol finit par laisser transparaître son visage, et il souriait. C'était faux. Son expression sonnait fausse. La teintée le savait parfaitement, elle s'exerçait en permanence à paraître vraie et, en toute modestie, excellait en la matière. Rien ne lui indiquait quelconque trace de mensonge... pour le moment. Après tout, ce n'était jamais qu'un nom et la seule raison qui pousserait Aemy à y accorder de l'importance serait s'il avait été son frère. Vraisemblablement, ce n'était pas le cas. Se relevant de son haut le coeur, la vaironne reprit une position un peu plus digne, alors que progressivement, ses yeux effrayés passèrent à la méfiance et de la méfiance à la consternation. 

L'assomption de l'étranger était correcte, il l'avait prise par surprise, et pas légèrement. Mais elle ne lui donnerait pas de réponse par rapport à ça, même la plus petite faille pouvait se creuser en un gouffre béant pourvu que l'on remue la pelle assez fort. Ce n'étaient pas tant les propos qui l'intéressaient, mais l'attitude adoptée. Cette étincelle de folie qu'elle avait vu juste avant qu'il ne se remette à sourire. C'était ... familier. Bien trop familier. Elle croyait se voir dans un miroir qui lui avait ôté sa féminité. Etait-ce donc si frustrant d'être confronté à elle ? Sans aucun doute, ces sentiments devaient être ceux qu'ont ressentis ses précédents interlocuteurs. Brièvement, son "reflet" sembla se figer, le coupant court dans le numéro de mascarade qu'Aemy soupçonnait sans fondement réel, avant de se retourner. Mais l'attitude qu'il avait arboré juste avant revint lui faire face. Ce que lui avait comme spectacle, était une jeune femme profondément confuse qui n'avait aucun mot à répondre. Elle n'eut pour initiative qu'une réponse à la question posée.

Aemy ...


Il semblait la croire égarée, pourtant, c'était bien sa propre décision que de s'être aventurée dans ces bois. Alors pourquoi se sentait-elle réellement perdue ? Cette sensation était dans sa tête, mais devant le cristal qui s'était brisé en un être comme elle, la vaironne commençait à lâcher le fil. C'était mauvais, très mauvais. Si jamais elle perdait contrôle de son état, ça finirait mal. Elle n'avait aucune idée de comment réagir face à cette situation, et bien souvent, lorsque l'arbitraire devenait maître de son esprit, la jeune femme avait pour habitude de laisser Nima s'exprimer ... définitivement, elle était extrêmement mauvaise pour contenir ces instincts. 

Baissant la tête, couvrant son front de sa main gauche, la confuse tenta de reprendre contrôle de ses pensées, hors de question de salir ses vêtements avant qu'elle ne comprenne ce qui venait de se passer. D'ordinaire, elle n'était pas curieuse, bien au contraire, mais elle avait assisté à un fait qu'elle pensait simplement impossible, ou bien qui relevait du fantaisiste. Son camouflage n'était pour la vaironne qu'une partie d'elle-même en plus, comme les caméléons, elle ne pensait pas que la véritable magie existait. Kelmina lui en avait parlé, mais elle croyait que ce n'étaient que des histoires, des légendes. Il lui fallait un moment pour encaisser le choc de la révélation. Ses cils s'écrasèrent les uns sur les autres, fermant longuement ses paupières avant de les rouvrir sur son regard de jeune fille appeurée. Chacun avait son masque, les règles étaient belles à suivre pour la jeune femme, mais que lorsqu'elle en avait le contrôle.

Passez la charmante compagnie que j'incarne, dites-moi plutôt quel genre de sorcier vous êtes ... et ce que vous voulez de moi ? 


La dernière partie était un charmant leurre qui laissait sous-entendre à quel point elle était innocente dans le fond de son âme. Jamais n'avait-on vu un agneau avec des crocs si aiguisés. Il n'y mordrait sans doute pas, comme elle n'a pas mordu à son faux sourire, mais c'était toujours une belle tentative. Si ça marchait, la louve en habit de mouton avait un poignard juste à portée de main. Pas une seule fois n'avait-elle songé que les intentions de l'étranger n'étaient aucunement hostiles, un réflexe de jugement qu'elle avait l'habitude de passer, à force de côtoyer les moucherons. La gestuelle qu'elle accompagnait s'accordait à merveille avec le ton blanc de sa voix. Elle put en tout cas conclure que le jeune homme n'avait apparemment aucun lien de parenté avec elle. Dommage ...


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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Songe Aubétoile
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Lun 7 Mai - 15:15
Irys : 100339
Profession : Diplomate - Enquêteur - Agent
My'trän +2 ~ Khurmag
Pendant que Songe déblatérait, caché derrière son masque fissuré, la partie qui transparaissait à travers son masque - pendant de brefs moments, et qui semblaient générer des réactions...intéressantes envers la jeune femme - analysait. Ne jamais baisser sa garde. Jamais. C'était cela qui l'avait fait survivre aussi longtemps, depuis qu'il était devenu une anomalie, et peut-être même auparavant. Les réactions de la jeune femme semblaient sincères, mais il y avait quelque chose qui le taraudait. C'était trop parfait. C'était le rôle parfait, finement ciselé, d'une jeune femme perdue et innocente. Mais il suffit de penser de manière différente, dans un autre point de vue, pour comprendre et émettre des déclarations logiques. Qui serait resté après toutes ces manifestations plus spectaculaires les unes que les autres ? Qui n'aurait pas pris ses jambes à son coup en hurlant tel un dément ? Certainement pas une jeune femme perdue. Et qu'on ne vienne point dire qu'elle ne savait rien des risques, tout le monde connaissait les anomalies. Tout le monde connaissait les mages. Quand on est effrayé, on fuit, on ne reste pas par curiosité. Or, c'était bien de la curiosité qu'il voyait enfouie au plus profond des yeux vairons de la jeune femme, cette Aemy. Non pas de une terreur totale, qui l'aurait paralysée sur place. De la curiosité.

Songe arriva à cette conclusion : deux masqués, deux loups s'étaient rencontrés par surprise et hasard, et chacun d'entre eux avait fait voler son masque en éclats sous le coup de la surprise. Donnant simplement qu'un entraperçu de la personnalité de chacun, mais suffisant pour sentir qu'autrui n'était pas le commun des mortels, le commun de ces gens honnêtes et moraux. L'important était donc d'acquérir des informations. Récolter ces informations permettrai d'obtenir l'ascendant sur l'autre, réussir cette joute d'esprit où chacun essayait de compiler et d'assimiler ce qu'il avait entraperçu, afin de mieux frapper.

L'Arpenteur considérait, espérait en tout cas, qu'elle jouait au même jeu que lui : énoncer la vérité, aussi altérée qu'elle puisse l'être. De fait, il estima qu'elle se demandai réellement "quel genre de sorcier" était-il. Sinon, cela serait vraiment pas amusant. Une partie un peu malsaine, celle propre aux idées auto-destructrices et illogiques se réjouissait de la difficulté, de cette possible joute d'esprit. Elle posait de nombreuses attentes envers cette Aemy, et espérait ne pas être déçue.
Qui sait ce qu'un être humain peut faire sous le coup rageur de cette émotion.

Le mage se décida alors à répondre, de manière compliquée, s'étendant avec moult détails inutiles, distillant quelques mots clés par-ci par-là :
- Quel genre de sorcier je suis ? Ne vous inquiétez pas très chère, je ne suis guère dangereux. Je suis un mage de mon Artisan bien aimé, Khugastaa. Adepte des illusions, manifestations remettant en cause la réalité même - enfin, c'est ce que j'aime croire - et autres petit tours. Rien de bien durable sur le plan physique, en somme. Vous voyez, ce n'est pas comme si je pouvais détruire irrémédiablement des terres, je ne peux pas faire du mal sur le plan physique. De fait, n'ayez crainte ! Hélas, je suis également - comme vous avez sans doute pu le remarquer - une anomalie, marquée par le sceau de la Magilithe. Ce que je veux de vous ? Mais voyons, absolument rien, ne me prenez pas pour un de ces bourreaux ou autres soudards, voyons ! Je ne souhaite que partir le plus vite possible, mon Régisseur m'ayant hélas repéré. énonça-t-il d'un ton léger, sans se départir de son sourire éclatant, un brin doucereux.
Ce discours était miné de mots clés, de flèches à l'encontre du masque de son adversaire, cherchant à en analyser la moindre de ses réactions que produirait ses flèches d'acier. Une lueur dans les yeux, une crispation de la mâchoire, un sourire ironique, n'importe quoi, tant que c'était matière à analyser. En disant qu'il était guère dangereux, cela n'infirmait pas qu'il pouvait l'être à des moments clefs, des moments donnés. Et Songe n'aimait pas le meurtre de masse, qu'il trouvait inutile, inélégant, indigne de lui-même, qui ne se résolvait à faire du mal que quand la situation l'exigeait - du moins, se plaisait-il à penser. Il est vrai qu'il ne fait aucun dommages sur le plan physique, mais c'est justement parce qu'il en cause sur le plan psychique, son propre terrain de destruction et de menaces. Ses incitations à l'apaisement, à l'effacement de la crainte n'étaient pas des déclarations. Il n'avait point dit "vous n'avez rien à craindre de moi-même", il lui avait simplement demandé de ne pas avoir peur. Son coup final montrait à quel point Songe pouvait être complètement inconscient, de part les risques qu'il prenait. En révélant qu'il se trouvait repéré par son Régisseur, il exposait son flanc, une de ses parties les plus faibles, dans l'espoir d'exciter les instincts de chasseur d'Aemy. Si elle était ce qu'elle prétendait, elle le laisserai partir sans un regard en arrière. Si elle tentait de le retenir par n'importe quel moyen qu'il soit, cela en révélerai ce qu'il voulait savoir. Une manœuvre risquée, mais calculée. Si Songe était une pièce d'échec, il serait sans conteste le Fou.

Songe ne put s'empêcher, cependant, de rajouter par la suite une phrase, d'un air rêveur, d'une voix un peu plus lente, portée par une certaine passion, attirance. Son expression, véridique, sans masque, s'apparentait à un artiste en admiration devant sa muse.. ou un drogué à quelques centimètres de son opium.
- Ah, oui.. Aussi, j'Arpente. Les Mémoires. C'est même ma spécialité, la mémoire, le souvenir, la fragrance, l’insaisissable, ce qui se dérobe à chaque fois.

Et c'est sur ces mots que le poète fictif en devint plus qu'Illusion, pour un court laps de temps.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

Songe s'exprime en #a12f2f

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Dernière édition par Songe Aubétoile le Lun 7 Mai - 22:55, édité 1 fois
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Ophélia Narcisse
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Lun 7 Mai - 19:28
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Le masque de chair était le plus compliqué à porter de tous, et, si bien qu'il savait s'en servir, l'étranger semblait rester sûr de lui. Une sérénité qui troublait profondément Aemy et qui ne vint qu'enfoncer sa situation d'ignorance lorsque son interlocuteur se mit à de nouveau soliloquer de longues explications quant à sa nature. Dire que la vaironne en avait compris la moitié était bien généreux, le quart peut-être ? En tout cas, elle savait, si sa parole était véridique, fait sur lequel elle ne croyait qu'... au tiers, qu'il n'était en aucun une menace pour elle. Bien qu'elle veuille compter là-dessus, les quelques démonstrations de voilage de face lui ont fait comprendre qu'aucunement son flot de paroles ne pouvait être confondu avec quelconque vérité. En somme, Songe venait de parler dans le vide ... à une exception prête ... un mot, une seule locution qui vint résonner dans l'esprit de la vaironne comme la voix d'un indiscret dans une bibliothèque désordonnée. 


... anomalie ...


On l'appelait toujours ainsi à l'asile, toujours la même rengaine. On lui avait expliqué avec maladresse ce qu'elle était, la distinguant depuis sa renaissance du commun des mortels. Les cristaux dans son dos, ils étaient la cause de sa nature déviante, c'étaient eux qui faisaient d'elle autre chose qu'une humaine. Trois semaines durant, elle avait bien compris qu'elle n'était qu'une sous-espèce de l'humanité, une genre d'erreur, un brouillon bâclé par les créateurs. Jamais ne lui avait-on dit qu'elle avait des semblables, encore une fourberie d'Yshkarès, ce salaud n'aurait pas dû rejoindre les cieux si vite, il avait à peine eut le temps de souffrir pour tous les tourments qu'il lui avait infligés. Plus elle apprenait sur la vie, plus elle regrette de ne pas avoir profité l'instant présent à sa juste valeur lorsqu'elle lui avait arraché les veines.

La mention du mot, et les pensées qui allaient avec tiraient une expression blanche sur le visage de la brune, alors qu'elle s'approchait pas à pas de son interlocuteur qui continuait à jacter. Elle se fichait pas mal de ce qu'il pouvait bien raconter, son obsession s'était portée sur lui, lui et uniquement lui, pas ses paroles. Qu'il agite sa langue s'il le veut, ce que la psychotique souhaitait désormais, ce n'était qu'une seule chose, voir les cristaux qu'il dissimulait sous ses vêtements, peu importe où ils les cachaient. A mesure qu'elle avançait, son regard se couvraient d'une cécité apparente, comme si ses paupières devenaient plus sombres à mesure que ses yeux s'arrondissaient. Une anomalie ... qui sait arpenter la mémoire ... cet homme était-il donc parfait ? 

La jeune femme oscillait entre sa nature calme et laisser s'exprimer ses retords les plus malsains. Les souvenirs de l'asile la faisaient une nouvelle fois sortir de ses gonds, lui arrachant hors du visage cette expression d'horreur. Sa respiration s'était alourdie et ses airs de folle lui revenaient alors qu'elle choisit finalement de laisser l'éloquence écarlate décider pour elle. Une locution aux allures d'effusion allait désormais avoir lieu. Les interrogatoires étaient d'ordinaire mieux effectués lorsqu'elle avait pleine conscience de ses actions, mais ... c'était un petit peu trop à supporter, toutes ces révélations qui lui paraissaient bien trop belles pour être véridiques. Alors ... pas à pas, elle s'approchait. 

Mais son air ahuri de poupée à l'instinct meurtrier prit fin, se transformant en un regard arrondit de l'espoir que rien ne soit inventé, que tout ce qu'il avait dit soit vrai. Sans doute l'une des premières fois où la jeune femme s'était autant accrochée à quelqu'un aussi vite. Il réclamait deux statuts qui n'étaient que ceux qu'avait toujours cherchés la cristallisée, elle n'osait y croire, elle ne pouvait pas y croire. Comment le destin qui jamais ne lui avait donné la moindre chance au repentir et à une vie normale pourrait seulement lui offrir maintenant, sans explication aucune la solution à tous ses problèmes, sa solitude, son amnésie, tout cela elle pourrait les jeter hors de sa vie. Alors, lorsqu'elle fut assez proche, elle saisit l'épaule gauche du jeune homme entre ses doigts. Sa main glissa sur sa clavicule remontant sur la joue si blanche.

Et, aussi subitement que la pluie ne tombe à Vereist, sa poigne se resserra derrière la nuque de son ... "confrère". De sa seconde paume, elle vint dégainer la miséricorde qu'elle gardait sous son manteau, derrière ses hanches. Elle la déposa contre la gorge de l'étranger qui s'était donné un nom, les questions allaient fuser et elle se devait de s'assurer de leur bien-fondé. Rien de mieux qu'une lame pour imposer un argument tranchant. Dans le choix qui lui était imposé, la vaironne avait décidé de complètement abattre son masque. Les enfantillages étaient terminés, place à la vérité.

-  Sois gentil ... dis-moi où sont tes cristaux. 


Son regard était ferme, les sourcils qu'elle fronçait sur ses orbites arrondis d'une nervosité névrotique devaient sans doute traduire avec assez de précision qu'elle n'aurait aucun mal à s'essayer à la torture si le silence devait suivre son interrogatoire improvisé. La ville n'était pas si loin, mais pas assez proche pour que les cris ne résonnent jusqu'aux murs. Le souffle presque froid de la donzelle était relâché d'entre ses lèvres sans retenue aucune, tant elle avait oublié que la civilité était de rigueur. Rigueur, pft, quelle blague. Le moucheron était bien trop précieux pour se limiter à un principe si froid. Il méritait plus ... chaleureux ... pas vrai ? 

- Tu vas aussi arpenter ma mémoire, à moi. Si c'est ta spécialité, ce ne devrait pas être difficile, n'est-ce-pas ?


Elle passa sur le détail de son amnésie, de manière à ne pas obtenir une réponse telle que "J'en suis bien incapable". Il s'en était vanté, désormais, il le prouvait ou souffrait. Cela faisait bien longtemps que la petite lame baladeuse n'avait sillonné d'autres chemins de chair. Une peau nouvelle lui ferait sans aucun doute un bien considérable.


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Songe Aubétoile
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Lun 7 Mai - 22:26
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Tant de sublimes réactions ! Doute, démence, ignorance, espoir, tout ce chatoiement était tout simplement enivrant aux yeux de Songe. Il n'y avait pas à dire, le mage savourait sa victoire, celle d'avoir brisé le masque d' Aemy. L'Arpenteur souriait de manière large, les yeux pétillants d'une manière que certains trouveraient malsaine, incommodante. Paradoxalement, son sourire s'élargit de plus belle alors que la femme en venait à devenir de plus en plus démente, jusqu'à disparaître d'un coup lorsqu'elle posa sa main contre l'épaule du mage. Décidément, Songe ne s’accommoderait jamais du contact avec autrui. Ce genre de contact lui rappelait à quel point son corps était si frêle, si fragile, prompt à être brisé, ne disposant que d'une endurance forgée par les longues expéditions. C'était comme si une flèche reliée à un boulet de plomb venait de s'être plantée dans son bras, alors qu'il vagabondait dans les cieux infinis.

Songe arborait une expression détachée de lui-même, placide, terne. Le point zéro de ses masques, là où rien ne transparaissait, le masque sans tête, sans visage. Cette vision vola en éclat lorsqu'Aemy posa la lame sur son coup, tandis qu'un rire strident retentissait, provenant de la gorge même de Songe. Le jeune homme semblait rire de manière quelque peu hystérique, semblant trouver totalement hilarant le fait que cette femme en vienne à le menacer avec un couteau. Ce rire ne sonnait pas faux, au contraire, Aemy pouvait constater les véritables traits de l'Arpenteur, par delà ses masques, et ce rire donnait une expression terriblement malsaine. Après tout, qui rirait alors que sa propre vie était menacée ?

- Voyons très chère, inutile d'en arriver à de telles extrémités, vous me semblez suffisamment intéressante pour que j'accède à votre requête. énonça le jeune homme d'un ton léger, avant de reprendre, arborant une expression assez amène, complexe, presque un peu triste, chuchotant :
- Vous voulez les voir ? Alors, regardez donc.
Soudainement, Aemy senti quelque chose d'irrégulier prendre forme sous ses doigts posés sur le cou de Songe, tandis qu'une mince bande étincelante de cristaux de Magilithe apparaissaient, de l’œil gauche jusqu'à l'épaule gauche, en serpentant à travers le cou. Miroitants tel un collier de gemmes extraites du ciel d'azur même, on pourrait trouver paradoxal qu'une telle merveille soit considérée comme une abomination, parmi toutes les terres d'Irydaë. Songe abordait un sourire las, un brin désabusé, un brin gêné, sans doute, de montrer ce qu'il cachait et drapait sous de nombreuses couches d'illusion. Une sorte de pudeur de ce qu'il le définissait au plus profond de lui-même, définition déniée par quasiment tout le peuple d'Irydaë, y compris les Architectes, sans doute. Ce qu'il était, on le refusait, on ne l'acceptait pas, on le forçait à se cacher, on ne le considérait pas humain. Secouant légèrement de la tête, perdu dans ses pensées, Songe aborda alors une mine dégoûtée, chuchotant plus qu'à lui-même qu'à la jeune femme :
- "Anormal". Anormal, anormal, anormal. Comme s'il existait une norme humaine, tss tss.
Songe releva soudainement de la tête lorsqu'Aemy lui demanda d'arpenter ses souvenirs, comme lorsque l'on donne un cadeau inespéré à un enfant. Cadeau empoisonné ? Raisons ? Objectifs ? Il n'en avait cure ! Tout ce qui comptait à ses yeux était qu'on lui proposait d'arpenter une mémoire. Et de son propre gré ! Les yeux étincelants encore une fois de cet intérêt, de cette joie un peu malsaine, mais dépouillée de tout sentiment de supériorité, Songe prononça quelques paroles.

- Cela serait avec plaisir. Cependant. Depuis ma dernière transposition, j'ai attiré le Régisseur. Il va venir ici. Il faut que je parte d'ici. Vous n'avez qu'à me suivre, avec la lame sur mon cou si vous voulez, je n'en ai cure. énonça Songe, d'un ton bref, précis, parfaitement explicite. D'ordinaire loquace, ce changement d'élocution était assez impressionnant, et contenait une certaine impatience, une certaine vérité crue. Songe fixa alors droit dans les yeux Aemy, dans ses yeux vairons, avant de déclarer :
- - Vous en êtes une aussi, n'est-ce pas ?





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

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Ophélia Narcisse
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Lun 7 Mai - 23:22
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Le ton sarcastique qu'il abordait était aux limites du supportable, et la patience d'Aemy était rendue au bord du gouffre où bientôt, ce serait Nima qui parlerait pour elle. Et si le petit bouffon s'amusait encore à rire de sa souffrance imminente, eh bien il y aurait deux personnes qui prendraient leur pied. Elle abhorrait que l'on se fiche d'elle, ce n'était pas tant la folie de son compère qui la troublait, mais surtout cette saleté d'insolence qu'il lui vouait. C'était enrageant, jamais elle n'avait vu autant eu envie de faire du mal à quelqu'un, mais c'était le pire individu possible sur lequel elle pouvait tomber. La vaironne serrait les dents à chaque fois qu'il l'appelait "ma chère", même le compliment qui suivit ne put la réconforter au point de devenir aimable. Et puis lorsqu'il se marmonnait à lui-même comme le dernier des abrutis ... c'était si frustrant ! Lorsque tout cela serait terminé, elle tâcherait de lui rendre la monnaie de son attitude exécrable. 

Ses yeux s'arrondirent une nouvelle fois lorsqu'elle sentit enfin les cristaux lui effleurait la paume. Pourquoi ne les avait-elle pas sentis avant ? Ils étaient ... beaux. La teintée était obnubilée par le charme enchanteur de cette similarité qu'ils partageaient. Même si l'individu était infect, ces pierres lui accordaient une certaine rédemption à ses yeux. C'était la première fois qu'elle pouvait contempler ce qui lui hantait le dos, et, plongée dans sa fascination, elle laissa un leste sur la pression de le lame qu'elle exerçait sur la gorge de Songe. Mais bien vite, elle la resserra contre sa peau, se concentrant à nouveau sur lui.

Il parlait de quelque chose ... un "Régisseur". Qu'est-ce que c'était que ça ? Les souvenirs de la jeune femme lui faisaient sonner ce mot à ses oreilles comme une résonance familière, ses docteurs disaient souvent entre eux qu'il était possible qu'il vienne jusqu'à l'asile. Etait-ce encore lié aux anomalies ? ... était-ce la raison pour laquelle elle sentait que jamais elle ne pourrait trouver de repos ? Dans cette hypothèse, elle devrait sans doute laisser cette enflure venir et lui arracher les yeux. Mais rien qu'à cette pensée, un instinct dans son coeur vint la réveiller de ses intentions suicidaires, lui infligeant une inquiétude préalable à cet acte de folie. Son visage laissa un bref instant transparaître ce trouble, avant de s'en retourner à sa sévérité usuelle. 

Jusqu'à ce qu'il émette la supposition qu'elle en soit elle-même une. Oui, ses gestes avaient rendus ce fait évident. Etait-il tout aussi flagrant que son expérience valait tout aussi bien celle d'un enfant ? Elle ne savait rien de ce que son statut d'anormale incombait, mais apparemment, il y avait bien plus que quelques gemmes sur la peau. En réponse aux yeux qui la miraient dans le coeur de ses prunelles, Aemy n'eut pour réflexe que de détourner le regard avec une colère amoindrie, constatant qu'elle avait été mise à découvert. De son masque à sa véritable nature, le moucheron avait tout deviné. Pour une mauvaise perdante comme la jeune femme, c'était autant frustrant qu'humiliant. Ses airs étaient ceux d'une gamine contrariée alors qu'elle fixait les troncs à sa gauche avec un regard froissé. 

Et ainsi, l'ultime faux visage qu'elle portait se destitua de son faciès. Ses séjours au sein des personnes saines d'esprit avaient allégé ses pulsions meurtrières et sadiques. Ces hobbys commençaient à la lasser de plus en plus, tant elle en avait abusé. Le sang n'avait plus la même saveur que la première fois, pas pour Aemy. Elle savait pertinemment qu'une partie d'elle ne s'en lasserait jamais, mais ce n'était pas sa véritable nature à elle. Elle, était une jeune femme froide, distante et qui avait un sérieux complexe de supériorité lié à sa misanthropie quasi-innée. Une lourde expiration s'enfuit de sa narine gauche alors qu'elle relevait les yeux dans ceux de Songe.

Elle détacha l'épingle qui maintenait son manteau sur ses épaules et pencha son côté gauche sur le côté, dévoilant à son interlocuteur une partie de son dos que le léger haut qu'elle portait ne couvrait pas, s'étant débarrassée de sa robe après avoir compris que ce serait bien plus pratique si elle ne s'en encombrait pas. Sur sa peau s'étendait une quantité abusive de cristaux, bien trop nombreux pour croire que cela ne faisait que presque un mois que la jeune femme était une anomalie. Rengainant sa lame, elle fit passer sa main gauche gantée dans ses cheveux d'une manière snobe. Sur la surface, un mécanisme était accroché et sanglé, décrivant une jointure de boit horizontal tendue vers l'extrémité de son poignet. A vue d'oeil, c'était une arbalète pliée et servant à se cacher dans les manches de l'habit dont elle s'était dévêtue.

Elle ne prit pas la peine de la pointer vers le front de Songe, cela ne lui procurerait rien d'autre que de l'amusement de toute manière. Mais Aemy ne voulait vraiment plus jouer, c'était devenu ... ennuyant. Il n'y avait pas cette saveur de dominer l'autre, ils étaient sur un pied d'égalité, même si le penchant servait sans doute le jeune homme plutôt qu'elle. Mais au moins, il semblait résolu à vouloir lui répondre, et elle, à le laisser filer. Aussi entama-t-elle la marche en passant devant, laissant une première interrogation en coup de vent alors qu'elle se faufila sur son flanc droit.

- Ce qui vous pourchasse ... est-ce aussi après moi ? Qu'est-ce que c'est ? 


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Songe Aubétoile
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Lun 7 Mai - 23:56
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Songe pressentait que sa loquacité et sa langue peut-être un peu trop acérée mettait à bout la patience de la jeune femme, ce qui ne s'avérait guère avisé, autant pour accéder à sa mémoire que pour éviter de se retrouver avec un couteau en travers de la gorge. Heureusement, l'apparition de ses cristaux la calma quelque peu, et l'arpenteur décida de lâcher un peu de lest et de parler simplement, clairement, sans détours, pour la suite à venir.

Il restait que cette Aemy n'aimait réellement pas perdre, et avait typiquement le comportement de la mauvaise joueuse. Quand on joue, quand on parie, il faut être prêt à perdre. Songe était navré qu'elle considère qu'il la prenait de haut, alors qu'il faisait l'effort de la considérer en égal - après tout, comment peut-on affronter quelqu'un dans une joute d'esprit si l'on est pas d'égal à égal ?. L'Arpenteur écarquilla légèrement les yeux en constatant la foule de cristaux présents sur le dos de la jeune femme : cela ne faisait aucun sens. Si ces cristaux étaient si nombreux de part sa vieillesse en tant qu'anomalie, alors elle avait vécue dans une grotte loin de son Régisseur - ce qui s'avérait naturellement impossible. On lui avait injecté de la Magilithe dans les veines, ou quoi ? Aucun sens. Ce paradoxe était très amusant et intéressant pour Songe, mais il se retient de rire, afin d'éviter de froisser encore Aemy, qui semblait avoir une patience inférieure à un soudard enivré.

Le mage se contenta de la suivre, hochant naturellement de la tête suite à la vue de l’arbalète, ne semblant pas réellement inquiet de cette nouvelle menace pour autant, sans pour autant en rire dans un plaisir auto-destructeur. Il n'avait pas le temps pour ça, après tout, il avait une mémoire à fouiller.

Songe pressait le pas, suivant la jeune femme, jetant par moments des coups d’œils en arrière. Il avait abandonné ses comportements un peu défaillants pour adopter un plus véritable et logique, ferme, mais beaucoup plus sincère. Le mage sorti son étrange baguette, qu'il agita un bref instant, avant de répondre suite au regard sans nul doute interrogateur de sa partenaire :
- Je nous ai rendu invisible et inaudible, prenez donc le chemin le plus pratique pour s'éloigner le plus possible de l'endroit, qu'importe si l'on passe devant des gens. Je vais vous expliquer, vu qu'il semblerait que vous manquiez de ces informations. Après tout, vous me donnez le privilège d'explorer votre mémoire. Oui, pour moi c'est un privilège, chacun ses envies et ses principes, après tout.

Songe constatait les paysages d'un œil indifférent, ce qui était plutôt rare, passant forêts, lacs, et autres paysages verdoyants sans sourciller, avant d'entamer d'un ton un brin amer, un brin ironique, qui ne semblait pas destinée à la jeune femme, au contraire, ses propos :
- Nous sommes considérés comme des erreurs, même parmi les Architectes, les créateurs d'Irydaë. Même si j'estime que Khugastaa est un peu plus.. clément face à ces choses, cela ne change pas le fait que nous sommes tous menacés, en tant qu'Anomalies. Les Régisseurs sont des êtres destinés à l'extermination pure et simple d'une Anomalie. Maîtres de la magie, ils sont de plus accompagnés d'un gardien, qui serait - apparemment - plus axé sur le corps à corps. Ils sont redoutables, et nos instincts les plus purs nous poussent à les fuir. Je le répète, leur seul but est de nous exterminer, jusqu'au dernier, tout simplement, et ils ne sont pas raisonnables. La seule option que nous avons face à eux est la fuite, à moins que nous soyons plus d'Anomalies que face à un Régisseur et Gardien, ce qui est peu probable.
Songe marqua une légère pause, lui laissant le temps de digérer la masse d'informations, observant toujours les alentours avec autant d'attention. Finalement, le mage reporte son regard vers la jeune femme, vérifiant ses expressions, autant corporelles que faciales. Finalement, après un certain temps, il repris :
- Les Régisseurs nous ressentent et savent plus ou moins où nous nous trouvons, comme nous les ressentons quand ils se trouvent proches de nous, notre instinct nous alertant alors avec force. Ce que j'ai effectué toute à l'heure fut une transposition, acte permettant aux Anomalies de se téléporter à un point donné, dans un rayon de 500 mètres, préalablement marqué par nous-même. Cet acte, d'urgence a pour inconvénient de révéler notre position de manière claire et précise aux Régisseurs. Cependant, ils ne peuvent pas se téléporter sur nous, et doivent se déplacer de manière physique. D'après ce que j'ai entendu, chaque Anomalie dispose de son propre Régisseur, et je n'ai jamais entendu parler de coopération de Régisseurs. Néanmoins, je n'ai jamais entendu parler de coopération d'Anomalies, on ne peut donc pas exclure le fait qu'ils puissent coopérer. Théoriquement, vous pourriez m'abandonner puisque cela serai mon propre Régisseur attribué qui aurait eu ma position d'arrivée. Cependant, je ne pourrais pas toucher à votre mémoire.
Songe vient jeter un coup d’œil en sa direction, vérifiant qu'elle ne le lâche pas promptement. Si ce n'est pas le cas, il continuera sa marche rapide, presque militaire, lui demandant alors d'un ton un peu plus calme, ne voulant sans doute pas trop la brusquer :
- Avez-vous bien compris ? Tout compris ? Si ce n'est pas le cas, parlez, et je vous expliquerai ce qu'il en retourne, si je dispose des informations, bien entendu. Je vous laisse mener la marche, nous sommes invisibles pour la plupart des personnes, de toute façon. Évitez juste de me mener sur un nid technologique ça m'évitera de m'étouffer et d'en devenir inutile.

Or, l'inutilité, c'était vraiment inintéressant, autant pour elle, que pour lui.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

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Ophélia Narcisse
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Mar 8 Mai - 11:07
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C'était troublant. Songe exposait l'identité de son traqueur comme l'on récite un mauvais conte à une enfant, avec tant de détails que c'en était presque impossible pour la jeune femme de suivre. Mais elle se focalisait sur les mots qu'elle comprenait et les réponses qu'elle souhaitait avoir, et ce faisant, elle comprit plus ou moins de quoi il en retournait. Elle comme lui étaient chassés pour leurs existences simples, comme si la vie se limitait à un certain cadre, à une certaine espèce en particulier. Eux tuaient sans conscience, mais même Aemy ne parvenait pas à se destituer complètement de sentiments, même si elle souhaitait annihiler toute une communauté elle en sentirait les déboires. Ces Régisseurs étaient-ils donc capables de faire une telle chose sans arquer le sourcil ou sentir leur coeur se plier ? C'était une toute autre catégorie de monstre. Faute de ne jamais être seule, la vaironne fut contrariée de savoir qu'il en était de même pour son chasseur.

Faisant mention de la continuité de leurs pouvoirs à eux, la concentration de la jeune femme fut instantanément retrouvée. Cette téléportation, enfin, cette apparition qui l'avait tant surprise, elle aussi en était capable, et lorsqu'elle le réalisa, elle s'en voulut de ne pas avoir dévoilé ces secrets d'elle-même. Camouflage, transposition, que restait-il d'autre à découvrir chez elle ? Jamais elle n'avait découvert ses capacités de par elle-même et elle n'en maîtrisait aucune parfaitement. C'était ... une bonne chose que de l'avoir rencontré ? Peut-être ? L'étranger l'énervait énormément, mais au moins, il était une bonne source d'informations. Sûre toutefois ? C'était le risque à prendre, bien que les cristaux sur son cou aient achevés de convaincre la vaironne de son affiliation à sa propre espèce dont elle pensait être le seul spécimen. Elle aurait sans doute préféré avoir raison. 

L'exposé terminé, Aemy fut invitée à prendre le premier pas en avant, vers la destination qu'elle souhaitait, mais il n'y avait aucun endroit qui l'attendait. C'était censé n'être qu'une balade, pas une rencontre avec un ... comment qualifier quelqu'un de presque pire que soi alors que l'on ne pensait pas qu'il existait personnalité plus capricieuse ? Est-ce que lui s'en rendait seulement compte ? Songe avait-il aussi sa propre petite Nima au fond de son esprit ? Si c'était le cas, il la contrôlait bien mal. C'était trop apparent, trop bâclé. Non pas qu'elle fut en position de juger, elle aussi venait de perdre le fil de sa conscience quelques moments auparavant. 

- Quel intérêt ? 


Répondit-elle à la demande aimable de ne pas le guider dans un ouragans de nausées et vomissements. La petite barmaid n'avait que peu d'idées de l'existence des mages, alors, comprendre les ressortissants de ceux-ci, c'était sans aucun doute une cause inespérée. Elle n'avait aucune idée des effets de la technologie sur le métabolisme d'un enfant des Architectes, pas plus qu'elle ne connaissait les noms des sept. Sans même daigner vérifier la direction qu'ils allaient prendre, elle emprunta un passage entre les arbres sur sa gauche, avec peu de broussaille pour gêner leurs pas. Sa venue n'incombait pas de devoir faire des efforts, surtout qu'une fois encore, ce n'était censée qu'être une promenade. Au lieu de supporter l'air empoisonné de la ville, elle allait devoir le partager avec une anomalie qui lui paraissait plus qu'étrange.

Silencieusement, ou du moins du côté de la jeune femme qui semblait s'être contentée de l'exposé donné par son comparse, ils continuaient leur route sans objectif. Le trajet ne dura que quelques instants, simplement une question de soulager le capricieux fuyard de sa peur du Régisseur avant de pouvoir passer au prochain pas de ce qu'elle attendait de lui. Tous deux arrivèrent dans un endroit où les troncs étaient nombreux et très serrés, un endroit où il n'y aurait personne pour les voir et pour les déranger dans l'entreprise de la jeune fille.

Se figeant sur place, les deux mains jointes devant son ventre et la tête baissée en biais comme pour regarder par-dessus son épaule gauche, Aemy se décida finalement qu'il était temps de commencer. Lentement elle revint faire face à Songe, un air sévère et on ne peut plus froid sur le regard. Ce moucheron avait intérêt à réussir, sinon, il en prendrait pour sa peau. La miséricorde qui reposait dans son dos avait beau s'être éteinte de son ardeur sanguinaire, elle n'en demeurait pas moins présente et on ne peut plus être à sillonner la chair d'un non-complaisant. Et si c'était la mort qui devait advenir, alors l'arbalète à son poing devrait être plus que suffisante, mage, ou pas. D'un ton tout aussi sec, elle donna les instructions à son comparse cristallisé.

- Allez, commence. Surtout, ne me déçois pas. 


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Songe Aubétoile
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Mar 8 Mai - 15:58
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- Quel intêret ?
Songe grimaça légèrement, avant de répondre de manière simple, claire et précise, dans des termes compréhensibles par elle-même :
- Plus on devient un mage puissant, plus on devient malade au contact de la technologie.
L'Arpenteur haussa un sourcil quand il la vit s'arrêter après quelques minutes de marches, avant de hausser les épaules, lâchant un bref soupir avant de déclarer :
- Ne venez pas vous plaindre si il nous trouve. Mais soit, commençons. Laissez-vous faire, je vais dans un premier temps explorer votre mémoire, je ne peux pas la restaurer sans avoir fait ça. Si quelqu'un risque de souffrir, c'est moi, vu comment vous semblez être. Je suppose que vous voulez que je restaure quelque chose que vous avez perdu, sans doute à cause d'un traumatisme. Si vous me laissez crever, vous ne pourrez pas les récupérer. annonça Songe, d'un ton calme. Il ne semblait pas demander un quelconque apitoiement sur son sort, énonçant plutôt des informations qui s’avéreraient utiles si le pire arrivait. Hochant la tête pour lui même, il posa alors promptement son index et son majeur, des deux mains, sur les tempes de la jeune femme, lâchant un simple :
- Sur ce... avant de plonger dans les souvenirs d'Aemy.
Noir.

Puis Lueur. Et le flots de souvenirs jaillit tel un raz-de-marrée, tumultueux au possible. Saccadés, trébuchants, entremêlés, entaillés, blessés. Tout était chaotique. Trop. Beaucoup trop. Songe dut totalement s'abandonner de ses contraintes physiques afin de pouvoir y comprendre quoi que ce soit. L'esprit était dissocié, pour en rajouter de la difficulté. Songe devait nager. Nager, nager, à travers les multiples courants, cherchant l'endroit le plus inaccessible, cherchant la barrière de corail. Un plongeur inexpérimenté aurait déjà perdu son unité, tant le courant était nauséabond, haineux, paradoxal.

Haine. Crainte. Mépris. Comportement auto-destructeur. Paradoxes. Sang. Larmes. Mains tremblantes, glissants impuissantes contre la paroi de verre. Tant de colère, tant de désarroi, retourné tellement contre soi-même qu'il en pervertissait, qu'il brûlait et marquait chaque partie de l'esprit. Après avoir fermenté dans cette cage de souffrance et de ténèbres, ce grand cru de démence jaillissait vers le monde extérieur, cherchant à combler son néant, son vide extérieur par quelque chose. La violence appelle la violence. Cercle vicieux. Tout s'appelle, se rappelle, se retourne, tourne, noue et dénoue, à l'infini. Le serpent se mord la queue.

Mais rien ne peut combler le néant infini. Le néant est déjà plein. De lui-même.

Finalement, la barrière. Suppurante, faite d'agglomérats de chair, de verre, et morceaux de métaux indescriptibles et hétéroclites. C'était là d'où venait le courant. Le point de non-retour, avant que les choses sérieuses commencent. Se frayant un passage entre les barbelés faits de déni, Songe contempla le tourbillon, le chaos, en bas. Inspiration. Expiration. Plongeon.

Ceux qui croyaient que l'on pouvait garder toute objectivité lors d'un plongeon se voilaient la face. Pour accéder aux souvenirs, il fallait se mettre à la place d'autrui, la comprendre, devenir elle. Embrasser la subjectivité. Qu'importe si pour l'Arpenteur, ce souvenir ne lui paraissait pas horrible, si pour Aemy il l'était, alors il en ressentirai la souffrance proportionnelle. Rien n'est facile, après tout.

Songe est propulsé, aspiré, jeté, rejeté, écrasé, par le tourbillon. Son intégrité se fragilise, et les souvenirs commencent à défiler. Poupées. Des poupées, plein de poupées. Des jouets. Des mécanismes. Solitude. Solitude telle, détachement tel qu'on ne peut comprendre, ni être compris. On a peur de l'inconnu, on le rejette. Rejet mutuel. Menant à la misanthropie. Mais le poids de la solitude reste engravé dans le cœur. Beaucoup trop présent, hurlant, criant, dans chaque fibre de l'être. On désire Autrui, mais on hait Autrui. On refuse de reconnaître Autrui, mais on veut être reconnue par Autrui. Seul, si seul. Seule, si seule.

Le temps passe, la rancœur enfle, toujours plus. Premier sang, cela vient si naturellement. Après tout, qu'est-ce qu'être vivant ? Qu'est-ce qu'être mort ? Quand on se sent si vide, est-on vraiment vivant ? Ce ne sont que des formalités, tout est beaucoup trop indéfini. La morale, les règles, s'appliquent à ceux qui font partie de l'humanité. Quand on en est rejeté, elles ne paraissent plus que désuètes. Et pourtant, on regarde encore d'un air lointain l'humanité auquel on est autant attiré que repoussé.

Erreur, quelle erreur. Se répète inlassablement. Inlassablement. Que ce fut une erreur. Qu'elle n'aurait jamais du faire cela. Elle sortit. Et le drame se déroula. Froid, haine, crises, meurtres, noyade. Le début de la fin. Et le retour au néant, qui l'accueillit les bras ouvert. Sa vie est un cycle de haine, de mépris, auto-destructeur.

Songe veut sortir. Il a tout vu, il en a assez vu. Mais ce courant tourne sur lui même, c'est un tourbillon inlassable. Il ressasse pour l'éternité. Itération. Itération. Combientième ? Il ne sait plus. Il ne peut pas remonter. Il ne peut que s'enfoncer. Alors il s'enfonce. Encore. Toujours plus. Espérant désespéramment tomber sur un sol, auquel il pourra donner un coup de pied. Afin de se propulser hors de ce chaos.

Finalement, le ressac le porta, et il fut expulsé.

Songe s'affala contre le sol, semblant en proie à une vive souffrance, toussant, crachant du sang, sa main droite plaquée avec force contre son œil droit. La crise dura quelques longues minutes, avant qu'il se calme enfin, uniquement parcouru de quelques spasmes récidivistes. Songe constatait ses mains, les fermant, les ouvrant, sans cesse.
- Qui suis-je ? énonça-t-il alors, fixant Aemy d'un regard indéchiffrable.
Songe semblait vide. Son visage était vierge de la moindre d'émotion, ni même de la panique que l'on pourrait s'attendre lorsque cette question est énoncée. Songe constatait. Finalement, après un certain temps, l'Arpenteur énonça d'autres questions, toujours de son ton vide, détaché de tout, y compris de lui-même :
- Où suis-je ? Dans la Réalité ? Mais qu'est-ce que la Réalité ? J'ai l'impression de rêver. Rien ne me paraît réel. Qui-êtes vous ? Que faites-vous ? Pourquoi. Pourquoi. Pourquoi.
Songe ressemblait à un nouveau-né, sans les cris, les larmes, les sentiments, les émotions.
Songe était en fait, une coquille vide pensante.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

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Ophélia Narcisse
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Mar 8 Mai - 17:12
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Aemy n'avait rien senti, même lorsque Songe avait posé ses doigts sur ses deux tempes. Rien ne s'était produit chez elle, rien n'était remonté, rien. Le néant. Elle commençait à s'impatienter, alors que devant elle, le prétendu Arpenteur continuait à se concentrer ... ou au moins il en avait l'air. Son visage semblait se tordre parfois, ce qui ne la rassurait pas du tout quant à la nature de ses souvenirs effacés. Au bout de quelques instants seulement, il s'effondra devant elle, du sang autour de la bouche et une main collée contre son oeil. La terreur, ou elle ne savait quelle autre émotion que délivrait le visage de son comparse l'inquiétait tant, cette réaction, était-ce normal ? Il tremblait, ou pulsait plus tôt, des spasmes lui passaient sous la peau et la faisaient se soulever sous leurs impacts. Sa subite crise avait fait sursauter la jeune femme qui, désormais, tenait son poignet gauche devant ses lèvres avec sa poigne droite. Le regard qu'elle arborait sur le moment oscillait entre la peur et une certaine méfiance quant à ce phénomène étrange qui le parcourait.

Mais le calme revint vite, et avec, la vaironne baissa le visage pour fixer la lueur vide qui désormais s'était figeait dans sa propre prunelle. Il jouait avec ses doigts, ouvrant et fermant ses propres ongles sur ses paumes, alors qu'en une phrase, il changea l'inquiétude en confusion complète. Les paupières d'Aemy, raidies par la peur s'étaient arrondies de stupeur. Ses épaules se baissèrent alors que son cou offrait à sa tête une proéminence plus importante, mais pas encore dominatrice. Elle inclina le visage sur son épaule gauche alors que devant elle, son soigneur supposé délirait seul, posant des questions auxquelles elle n'avait pas vraiment de réponses.

- Tu es ...


Il était ... quoi exactement ? Un voyageur itinérant, une victime du destin comme elle ? Un jeune homme condamné à la mort, sans doute. Peut-être né sur un continent lointain, de parents qui ne voulaient pas d'une telle atrocité. Ou certainement un orphelin, laissé seul dès la naissance. Il s'appelait Songe ça elle le savait. Mais est-ce qu'elle essayait réellement de répondre à ses divagations ? Il devait se moquer d'elle, c'était pas possible. Il n'avait pas de dons, aucune magie à part des hallucinations minables, était-ce cela ? Qu'est-ce que c'était que cette mascarade de merde ? Ce chien se foutait d'elle, impossible de penser autrement, et maintenant ! Il cherchait à fuir la responsabilité de son incompétence. Alors à la question qu'était-il, n'y avait-il pas de réponses plus appropriées ? 

Il était une raclure mal léchée, un rat d'égout qui venait ramper dans une herbe trop verte pour son pelage grisonnant. Sa saleté humectait l'air d'une puanteur nauséabonde qui donnait des réflexes répulsifs à la vaironne. Son esprit faible venait percuter d'une manière si offensante la conception même de la réalité de la jeune femme qu'elle n'avait aucun mot pour qualifier l'étendue du mal qu'elle lui souhaitait. D'espoir à désespoir, il n'y avait qu'un pas et la ligne qu'avait tracée Aemy dans la limite de sa tolérance venait de voir un taon ravageur dépoussiérer son fil sans aucune honte. Compatriote ou pas, désormais, la jeune femme n'avait qu'une réponse à la question de son identité. Il était un nouveau jouet qui désormais allait devoir payer le prix d'avoir essayé de la duper. 

Le regard qu'elle avait arrondi commençait à se resserrer sur les yeux vides que lui adressait Songe. Il devait certainement trouver cela très amusant, n'est-ce pas ? A la bonne heure, la teintée avait finalement décidée de relancer cette petite partie avec des outils qui allaient certainement avoir moins bon goût que la duperie dans laquelle elle avait été entraînée. Lentement, elle s'agenouillait devant lui sans jamais ôter ses pupilles des siennes, s'avançant jusqu'à ce que seuls quelques centimètres ne séparent leurs deux visages. Elle dépassa la joue gauche du jeune homme, et glissa ses lèvres jusqu'au creux de son oreille. Et en un murmure ... la jouvencelle lui donna sa réponse.

- Tu es perdu ... et au pire endroit possible.


Elle recula le visage, affichant une expression psychotique qui ressemblait bien trop à celle qu'il avait reçu tout à l'heure. Son poing droit se resserra, et la main ganté vint percuter la tempe de l'égaré. Un crissement d'os qui craquèrent vinrent emplir l'ambiance pesante qui régnait désormais, alors qu'Aemy faisaient s'arquer ses phalanges pour les délester de la délicieuse douleur qu'avait envoyé ce coup, pourtant peu puissant au vu de son gabarit. Mais ce n'était qu'un prémisse, la suite allait arriver bien vite. Sa respiration lourde faisaient s'accroître les quantités de sang que ses yeux injectés de traits rougeâtres pouvaient tolérer. Même une fine couche trouble vint accentuer cette inflammation, alors qu'un lit de larmes plus démentes que déçues venaient soutenir les iris de la vaironne. 

Sans hésiter plus longtemps, elle fit voler son second poing vers la joue de Songe avec une ardeur folle toute aussi véhémente.


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Songe Aubétoile
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Mar 8 Mai - 20:48
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Il n'y avait pas à dire, rien ne valait un bon coup de poing pour se remettre les idées en place. Cependant, se dit Songe alors que sa maigre carcasse voltigeait un peu plus loin, le second était sans doute de trop. Soit, il savait qui il était, ce qu'il faisait, et sans doute pourquoi cette forcenée voulait à tout prix la tabasser. Cependant, cette sensation d'irréalité totalement dérangeante ne s'était point du tout estompée. Et aucun des deux coups de poings ne parvinrent à le persuader que ceci n'était pas un rêve ou une autre entourloupe.
Tout paraissait faux, irréel.
Son bon sens l'avertissait qu'il fallait qu'il fasse quelque chose, sinon il allait définitivement être trop amoché, mais.. c'était comme si quelqu'un d'autre lui donnait un léger conseil sur sa méthode de travail. Aucun sens d'urgence, aucune adrénaline, aucune émotion. Songe ne se sentait guère vivant, bien au contraire. Il se résolut donc à faire matérialiser en toute 'urgence' Lamelle, une poupée mécanique pouvant aisément décapiter ou trancher des membres, issue de la mémoire nébuleuse d'Aemy. Il espérait que cette apparition lui donne un léger choc qui feraient cesser temporairement la pluie de coups, et lui permettrait de se mettre debout.

En terme de précision, de détails, cette illusion était sans doute la plus réussite - ce qui était évident, puisqu'il avait obtenu le souvenir de sa construction minutieuse. Cependant, il manquait à cette illusion cette graine de vie, cette beauté artistique que Songe donnait normalement à toute ses créations, même à celles qui exécutaient de sombres desseins. Ce qui était insufflé dans cette illusion était quelque chose de malsain, une défaillance, quelque chose de tout bonnement hideux. Le genre de choses qui remettaient en question l'état moral de son créateur, qui de part leur grotesque horrible, remettaient en cause la raison même. L'Arpenteur profita de l'instant de surprise pour se relever, fixant de manière guère naturelle Aemy, les bras ballants, passant sa main plusieurs fois contre sa mâchoire, plissant les yeux. Tout semblait défaillant dans son comportement, on aurait dit qu'il était complètement à côté de la plaque, ailleurs.

Songe vient alors énoncer lentement, de manière monocorde les dires suivant :
- C'était la nuit, il pleuvait, vous étiez à Hinaus. Vous êtes apparue dans une ruelle, nue. Les gardes vous ont trouvé, et emmené à l'Asile. C'est bien cela, n'est-ce pas ? Maintenant que j'ai un peu de votre attention, je vais vous demander de vous calmer, ou de vous défouler sur une illusion de mon cru. Vous avez quinze minutes, si vous voulez encore avoir l'espoir d'obtenir un jour votre mémoire perdue.
L'Arpenteur fixa alors un point invisible derrière la jeune femme, perdu dans ses pensées. Si elle lui demandait une illusion, alors il matérialiserait, puis retomberait dans sa contemplation méditative, le temps de la quinzaine de minutes. Il fallait qu'il retrouve son sens de soi, ce qui allait encore, mais surtout qu'il retrouve son sens de la réalité. Ce qui s'avérait très difficile, étant donné qu'il cherchait toujours par tous les moyens de remettre la Réalité en question, de la briser. Mais là, c'était différent : c'était son contact avec elle qui était brisé, non pas la Réalité même. Or, sans ce contact, il ne pourrai intervenir sur la Réalité, et donc la remettre correctement en question, l'altérer et la manipuler. Il ne pouvait changer les choses que de l'intérieur. Songe devait se convaincre que oui, ce monde-ci était réel, qu'il n'y avait pas d’échappatoire, pas d'alternative, et que s'il voulait changer les choses, il lui fallait les faire de l'intérieur.
Décidément, rien ne se passait comme prévu, pour aujourd'hui.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

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Ophélia Narcisse
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Mar 8 Mai - 23:27
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Le troisième coup allait arriver comme le soleil doit un jour se lever, mais quelque chose s'interposa. Quelqu'un plutôt ? Aemy n'aurait su dire. Elle ressemblait à un mannequin, une poupée sans doute. La clé à remonte dans son dos ne laissait aucune erreur quant à sa nature. Son visage et son buste étaient ceux d'une véritable femme, ou au moins, ils en avaient l'apparence parfaite. Quelques sillons sanguins traversaient l'étendue de chaire dorsale en un fin lignage qui n'acheva pas de captiver la vaironne dans sa contemplation détaillée. Les bras qu'elle arborait n'étaient pas de simple membres. Une base première en bois et cire, une continuité en acier fin et aiguisé. Le tout formait une horreur au visage dont les paupières se rétractaient, laissant les pupilles orner le plafond des yeux et tout semblait si familier à la teintée, si ... proche. 

Lentement, elle s'avança en tendant les doigts, comme pour toucher cette amie au nom qui lui échappait. Sa mémoire ne la remettait pas, mais son instinct lui hurlait que c'était un élément du passé qui a forgé son caractère d'autrefois. Lorsqu'elle voulut apposer les doigts contre son buste, la vision s'effaça et laissa la jeune femme trébucher en avant, tomber sur ses genoux. Elle se sentait égarée, perdue et détestait cela. Nima pourrait tout aussi bien se charger de prendre la relève que le résultat serait certainement moins confus. Et très sûrement, cela allait se produire bien assez tôt. 

Les paroles de Songe lui parvinrent, alors qu'elle était encore agenouillée et appuyée sur ses paumes. Se redressant, elle tendait l'oreille, buvant le récit de sa propre vie qu'elle n'était absolument pas prête à entendre. Sa tête s'inclinait légèrement vers l'arrière, alors qu'une expression désabusée, presque étourdie venait la prendre. La charmante jeune fille avait tout perdu de sa dignité et ressemblait à un mannequin articulée tant elle avait abandonné l'emprise qu'elle avait sur son corps. Ses yeux semblaient fixer le ciel, comme suivant une étoile repère qui devait la guider, sans jamais pouvoir localiser sa lumière. Ses propos étaient vrais, si vrais qu'ils engouffrèrent leur cible dans ses souvenirs, qu'elle n'osait désormais plus quitter. Le conte n'était pas encore fini, il n'avait pas tout narré.

- ... et je suis restée enfermée si longtemps que j'en avais perdu la course du soleil. Connu tant de tourments que j'en ai oublié la douleur. Vécu tant de nuits à pleurer que mes joues auraient pu en fondre. Hurlé si fort que j'en assourdissais les seuls qui pouvaient m'entendre. Souffert si intensément que je goutte à mon sang comme je m'abreuve. 


Ses yeux se rabattirent sur Songe, grands ouverts et blancs comme des miroirs. Les paupières qu'elle gardait rigides tremblaient de la concentration qu'elle leur vouait. Son regard était une nuance d'un esprit en peine, qui n'avait aucune autre manière de s'exprimer qu'à travers l'égoïsme. Son passé pouvait bien aller en Ekhlen, n'était pas elle devenue une autre personne ? Quel intérêt à vouloir retrouver complètement la mémoire ... hein ? Après tout, elle avait une autre vie, un autre foyer et une autre famille à présent. Elle n'avait pas besoin de boulets supplémentaires à traîner à ses chevilles. Ces pensées étaient grandement influencées par le délire inhibé par son interlocuteur. Il l'avait replongée dans ses souvenirs et la touche qu'elle y avait apportée recelait une importance tout particulière.

- Cela aurait été dommage de faire impasse sur les meilleures parties, non ? 


Aemy pencha la tête lentement, comme sondant l'avis du jeune homme de la même manière qu'il avait essayé de sonder sa mémoire. Sauf qu'elle, elle n'avait aucun pouvoir pour le brutaliser, juste des mots aux revers tranchants, et une lame au fil aiguisé. Le ton sarcastique n'en finit pas là, la vaironne avait tant plus à dire, comment vouloir stopper lorsque l'amusement venait seulement de commencer ? Hum ? Impossible.

- Vous excellez en mentalisme. Puisque vous êtes si bon ...


Un mouvement du pouce, un geste du bras. Une arbalète rétractée, un fourreau qui crissa. Poignard dans la main droite, carreau sur le gant gauche. Les intentions de la cristallisée étaient certainement devenues on ne peut plus claires. Elle reprit pied, soutenant à nouveau la démarche menaçante qu'elle avait arboré trop de fois sans la mettre en application. Il était bien plus que temps de rattraper le temps qu'elle avait perdu en démarches courtoises inutiles. Anomalie ou humain, Songe l'avait déçue, peut-être qu'il trouverait une rédemption en tant que jouet.

- ... vous devinerez certainement pourquoi il faudrait commencer à courir. 


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Songe Aubétoile
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Mer 9 Mai - 17:17
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Songe écouta d'une oreille distraite la jeune femme déblatérer. Il avait plus ou moins compris le message. Elle était beaucoup trop orgueilleuse et rongée par sa démence pour céder à la raison, et comptait sans doute passer sa rage sur lui. Concentré à retrouver son sens de la Réalité, qui revenait peu à peu, l'Arpenteur se préparait également à prendre quelques mesures afin d'éviter de mourir embroché, torturé, ou quoi que ce soit d'autre. Inspirant avec lenteur, il revenait progressivement à lui, bien qu'il restait assez diminué. Impossible par exemple, de la sceller pendant quelques heures dans ses souvenirs douloureux jusqu'à ce qu'elle apprenne la politesse, le respect, et l’humilité. En effet, Songe en avait assez d'être conciliant, - état d'esprit qui semblait être partagé dans les deux parties, bien que les efforts d'Aemy semblent s'être réduit à se retenir temporairement de le trancher en deux.
- ... vous devinerez certainement pourquoi il faudrait commencer à courir. énonça la jeune femme, alors que Songe exhalait avec lenteur, la fixant droit dans les yeux, stoïque.
Les pensées de Songe s'enchaînaient à la seconde, son instinct de survie dictait ses pas, poussé par une certaine exaltation, l'incitant à définitivement apprendre le respect à la jeune femme. Il n'avait pas récupéré toutes ses forces, et devait uniquement compter sur des illusions légères. Mais cela suffirai amplement, avec un peu d'inventivité, il devrai réussir à se débrouiller. L'important était de ne jamais être à découvert, toujours rester invisible et... aviser ensuite. Assurément, les prochains coups de Songe seraient inélégants, guère artistiques, mais l'important était qu'ils fonctionnent. Il était trop diminué pour pouvoir exposer toutes les formes sans limites de son Art. Une autre fois peut-être, enfin si elle survit à cette première "altercation".

Le mage matérialisa alors un nuage de fumée opaque, quelque chose de terriblement grossier et d'inélégant au possible. Se rendant invisible par la suite - manipulation devenue aussi naturelle que mettre une chemise, étant donné la fréquence à laquelle les mages de Khugastaa y avaient recours - il matérialisa alors une illusion imprécise d'une personne aux cheveux blancs courant précipitamment à travers la fumée, en direction de la Cité. Songe n'avait pas totalement récupéré, et créer une illusion détaillée pour donner l'idée qu'il courait au loin serait inutile, en plus d'être une perte d'énergie. Le mage se prépara alors à suivre - toujours invisible - Aemy qui ne manquerait pas - il espère - de poursuivre cette illusion.

Pourquoi avoir fait cela ? C'était une technique simple à exécuter, permettant de faire croire à la jeune femme qu'il avait lâchement fuit, alors qu'il la suivait à la trace, attendant le moment propice pour frapper. Le fait de faire courir son illusion en direction de la ville n'était pas anodin non plus, étant donné que cette illusion était uniquement visible pour Aemy. Le fait de le rendre visible uniquement pour elle lui permettait d'économiser son énergie, encore et toujours, et Songe espérait au fond de lui qu'elle se laisse prendre par la chasse et traverse la ville telle une bête en furie, armée de sa lame et de son arbalète, poursuivant une cible invisible. Cela serait totalement amusant. Ensuite, une fois qu'elle serait épuisée par cette chasse, il serait là. Prêt à frapper, d'un coup, telle une vipère empoisonnée.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

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Ophélia Narcisse
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Mer 9 Mai - 22:11
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Un battement appuya la finalité de la phrase d'Aemy, alors que Songe devait très certainement considérer à respecter la conseil que lui avait donné la vaironne. Elle était on ne peut plus sérieuse, et très probablement, il en avait toute conscience. Cela expliquait sans aucun doute l'apparition brusque d'un nuage de fumée qui s'immisça entre les feuilles et les branches, formant une brume presque complètement opaque. Elle n'attaquait pas les yeux de la jeune femme, mais elle lui bloquait sa vision. Sans bouger le visage, elle bougeait ses yeux dans ses pupilles blanches, cherchant par où le lâche avait décidé de fuir son destin. Une silhouette vint soulever le brouillard, retournant ses éparses manifestations qui s'allongeait sur l'herbe pour mieux s'en élever, puis disparaître. 

Aussi bien qu'elle vit son comparse s'enfuir, l'anomalie ne bougea pas, elle resta simplement immobile sans même daigner tirer un carreau de son arbalète. Avec un soupir soulagé, elle retrouva ses airs de jeune fille calme, froide et stoïque. Tout cela avait été un peu trop pour qu'elle ne puisse supporter recouvrer ses souvenirs maintenant. Si elle l'avait laissé faire, son coeur aurait lâché, déjà qu'elle se sentait bien trop énervée pour seulement vouloir croiser son regard. C'était la deuxième fois en bien trop peu de temps qu'elle perdait contrôle, il fallait vraiment qu'elle soigne au plus vite cette maladie qui prenait racine dans sa psyché. Ce n'était pas tant Nima qui avait dégainé cette lame et déplié le mécanisme de son gant, mais bien la réflexion que le jeune homme en avait déjà trop fait pour lui taper sur les nerfs. 

Même si elle tenait à lui faire du mal, elle n'aurait pas risqué une poursuite avec des jambes qui n'étaient pas faites pour la course. Songe avait gagné d'avance à ce jeu, et si elle se devait de continuer, tout ce qu'elle y gagnerait serait de se faire remarquer par les gardes de Cerka. Elle, était recherchée, lui, rien n'indiquait qu'il le soit. Aemy était plus déçue et triste qu'elle n'était en colère, même si elle l'était assez pour ne pas être dérangée de lui planter une dague dans la gorge. La cristallisée avait loupé la première occasion de recouvrer ses souvenirs qu'elle chérissait tant. N'importe qui aurait fait l'affaire, mais c'était juste la mauvaise personne. S'il n'était pas capable d'endurer les mémoires qu'elle recelait, alors ... peut-être était-il mieux de s'y prendre doucement. C'était bien la première fois que la vaironne se montrait prudente, à croire qu'elle en perdait peu à peu sa nature téméraire et irraisonnée ... ha, si seulement.

Une main lasse, mais pas moins leste vint caresser le front qui s'ornait désormais d'une sacrée migraine. C'était vraiment horrible ce genre d'apparitions soudaines, en plus de la faire sursauter à l'intérieur, chacune d'entre elles rendaient le contrôle sur son corps de moins en moins aisé. Si elle ne s'y était pas préparée au préalable, elle serait déjà en train de chasser le fuyard. Les corbeaux avaient servis d'amorce à ce que pourrait lui réserver l'étranger, grâce à cela, elle n'avait pas été trop surprise par les tours de passe-passe qui suivirent. Pourtant, pas une seule fois ne soupçonnait-elle qu'il ne soit resté pour l'épier. Titubant sous la fatigue nerveuse, la jeune femme se mit à trébucher à reculons vers le plus proche des trocs derrière elle. Elle n'en pouvait plus de ce séjour, elle voulait rentrer maintenant, elle n'avait pas encore terminé ses courses, mais elle voulait simplement retourner au Tyorum. 

- Quelle plaie ... vraiment ... quelle plaie !


Et elle se recroquevilla sur elle-même, genoux pliés et bras rétractés sur ses jambes. Enfonçant son visage contre ses rotules, des impulsions commençaient à secouer ses épaules. Jamais ne s'était-elle autant détesté, mais c'était un reproche différent qu'elle se faisait, ce n'était pas la même culpabilité qu'avec Milazzo. Ce qui tirait les larmes hors de ses paupières, était la confirmation de ses craintes, quelque chose était bien après elle et ne lui laisserait sûrement jamais le loisir de vivre une vie paisible et rédemptrice avec Kelmina. C'était tout ce qu'elle demandait, elle ne voulait que changer, elle en aurait même imploré les dieux si elle savait lequel prier. Alors pourquoi le destin s'obstinait à rester aveugle à ses bonnes intentions ? Quel genre d'autre injustice cruelle était-ce là ? Un coup du sort à cause des cristaux qui lui hantaient le dos ? 

Pas une seule fois ne lui avait-on expliqué d'où venaient ces pierres, pas une seule fois ne lui avait-on dit pourquoi elle était condamnée à souffrir. Tout était si ... morbide. La vie semblait la haïr alors même qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'elle avait fait pour l'offenser. Etait-ce lié au passé qu'elle avait oublié ? Etait-ce la rédemption qu'elle devait traverser pour pouvoir un jour trouver le repos ? Cette existence n'était donc qu'une vaste épreuve ? Pourquoi la ressentait-elle comme si elle était la plus cruelle des blagues ? Il n'y a rien en ce monde qui ait été fait pour elle, rien qui n'ait jamais été désigné comme étant sien. Elle n'avait pas de famille, elle n'avait pas de foyer, pas d'attaches, même ça, elle avait dû se les trouver, même ce simple minima, elle avait dû saigner pour se l'accaparer ! Quels dieux cruels pouvaient en plus vouloir de sa mort ? Peut-être n'était ce que clémence après tout ...?

- Qu'est-ce qu'on peut vouloir de moi, bon sang ... qu'est-ce qu'on peut vouloir de moi ? 


Les dents serrées, Aemy laissait les larmes qu'elle n'avait pu que retenir devant Songe couler sur ses cuisses dénudées, s'écrasant contre son pantacourt. Son manteau traînait encore sur le sol devant elle, après qu'elle s'en soit destituée en le jetant comme l'on se décharge d'un déchet. Gémissant seule, ou du moins, le pensait-elle, la vaironne n'en pouvait plus de se perdre sur le chemin que le destin avait creusé pour elle. Le sentier était couvert de feuilles mortes et la bordure se mêlait au terrain sauvage. Cela faisait bien longtemps qu'elle ne suivait plus la terre retournée, cela faisait bien longtemps qu'elle s'était perdue entre les troncs denses et les feuillages aiguisés. Cela faisait bien longtemps qu'elle souffrait sans jamais aller nul part. Tout ne faisait que commencer.

Et à cette simple pensée, le monstre qui semblait jamais n'avoir assez de sang entre les doigts, pleurait du désespoir à laquelle il était sujet. Si seulement elle ne l'avait pas rencontré, si seulement il ne lui avait jamais parlé, si seulement sa balade avait pu l'entraîner ailleurs ... peut-être qu'elle ne serait pas en train de se poser autant de questions qui n'avaient aucune réponses. Aemy n'était, comme tous ses semblables, qu'une marionnette soumise aux fils que tissent les Architectes, animée par des desseins que seuls les cieux sauraient aboutir. 


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Songe Aubétoile
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Jeu 10 Mai - 9:09
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Songe constatait la scène qui se déroulait devant ses yeux, silencieux et invisible. Il ne savait que trop penser, mais c'était intéressant dans un sens, il supposait. Une partie de lui, sans doute une certaine forme de bon sens, l'incitait à partir dès maintenant, mais il resta sur place. Une forme de curiosité morbide l'incitait à la contemplation des émotions torturées de la jeune femme, pensif. Assurément, après avoir plongé sans vergogne - bien qu'à sa demande, et sans en ressortir intact - dans la mémoire d'Aemy, Songe pouvait en quelque sorte comprendre, s'identifier à ce qu'elle subissait. C'est pour cela que lire l'ensemble des souvenirs d'une personne était si dangereux, car elle laissait une marque presque indélébile sur la psyché du plongeur. Si l'on le faisait trop souvent, l'on risquait de se perdre, de perdre totalement son identité, pour de bon cette fois-ci, et non plus de manière temporaire.

Le jeune mage passa sa main dans sa chevelure désordonnée, puis sur son visage, et enfin sur ses cristaux, cherchant à se réapproprier les sensations de son corps, se convaincre que c'était bien le sien, qu'il était de retour, que c'était la réalité. Cette impression dérangeante commençait à s'estomper de plus en plus, le laissant vidé, épuisé, face à cette expérience perturbante, enrichissante mais ô combien douloureuse.

Regardant la jeune femme recroquevillée exprimer haut et fort son désespoir face à l'injustice des Architectes, de cet univers, de cette Réalité, une partie de Songe hésitait à intervenir. Après tout, après avoir arpenté sa mémoire, il la comprenait mieux qu'elle même, et pourrai sans doute l'aider, la réparer, et la délivrer d'une partie de son désespoir. Mais il fallait savoir où était sa place. Ce n'était pas à lui d'intervenir, ce n'était pas son rôle d'agir et d'altérer l'oeuvre de Süns sans l'accord même de la personne concernée. Oui, Songe avait une certaine forme de morale, tordue, incohérente pour la plupart, mais qu'il respectait à tout prix. De toute façon, ce n'était pas comme si Aemy allait accueillir à bras ouverts son aide, bien au contraire.

L'Arpenteur tourna les talons, se préparant à partir sans un mot, avec de grimacer devant son hésitation, s'insultant de tous les noms intérieurement. Lâchant un léger soupir désabusé, il décida de lui donner un léger coup de pouce, bien qu'il doute qu'elle l'accepte avec joie. Il n'en avait cure, Songe avait une mission importante à réaliser dans le mois à venir et ne devait pas être distrait par les regrets. Le jeune mage se concentra alors, difficilement, grimaçant. La télépathie n'était absolument pas sa spécialité, bien au contraire, et il allait avoir du mal à communiquer son message, mais cela devrai le faire, il l'avait sous les yeux, quand même. Exhalant avec lenteur, il envoya un bref message, accompagné d'une image mentale.
- Ta mémoire se doit d'être retrouvée pour une seule chose. Une personne t'attend, chère à ton cœur. C'est justement lors de ta quête pour la retrouver que tu as perdu la mémoire. Je te conseille de te dépêcher, avant que l'oubli entre vous deux ne soit mutuel.
Songe tourna par la suite les talons, se dirigeant tranquillement vers la Cité, le poids de sa conscience allégé - bien qu'il ai chargé encore une fois d'un autre poids l'esprit d'Aemy. Mais c'était pour le mieux, après tout.
Songe détestai les histoires tragiques d'amour.
Elles n'avaient plus aucune originalité.
Et seule l'originalité mérite d'être vécue, dans cette Réalité injuste.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

Songe s'exprime en #a12f2f

Petit discours vidéo issu de Dies Irae (un VN) montrant de quelle manière Songe parle, son ton, ses expressions etc.
ICI

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Ophélia Narcisse
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Jeu 10 Mai - 10:29
Irys : 1246981
Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
Pendant un râle qui ne devait qu'être temporaire, léger, inaltéré, un nouveau signal vint déranger la jeune femme qui n'en pouvait plus de constater le désespoir de son destin qui ne mènerait nul part ailleurs qu'a la mort. Des paroles, des mots dans l'air, des syllabes sans voix, ou plutôt, d'une sonorité dans sa tête. Elle parlait d'une personne ... qui l'attendait ? Y avait-il seulement quelqu'un dans ce monde qui attendrait une femme comme elle ? Si c'était le cas, quel genre de taré cela pouvait-il être ? Aemy savait parfaitement que pour s'enticher d'elle, il ne fallait pas être très net soi-même, bien qu'elle essaie la plupart du temps de se persuader du contraire. Si seulement elle avait pu naître comme les autres ... elle aurait évité bien des problèmes.

Toutefois, l'accueil de cette télépathie fut pris pour un signe nouveau de folie par la vaironne, une rechute, une réminiscence de la cruelle personnalité qui s'était ancrée à son coeur. Elle se parlait à elle-même désormais, elle se parlait ... à elle-même. A ce moment-ci, l'anomalie sut que sa cause était la plus désespérée de toute. Trouver la paix ? Avec un esprit pareil ? Autant implorer son Régisseur d'écourter sa vie le plus vite possible, en espérant qu'il daigne lui offrir une mort douce. N'était-ce pas là le seul véritable moyen de vivre à jamais à sa place ? Hélas, non. Il manquait toute la première partie à respecter pour qu'Aemy se convainque de commettre un suicide. 

Si les éclats de cette télépathie n'étaient que peu visibles au moment du lancer, à mesure que les secondes passaient, le visage de la vaironne se décomposait d'une incertitude extrême. Elle tremblait comme si le vent de l'hiver lui passait sous la peau, ses yeux s'arrondissaient et sa main venait griffer sa joue gauche comme si elle voulait se l'arracher. Sa respiration saccadée n'avait plus aucune rythmique, les souffles brisés n'ont jamais la bonne mesure. Des gémissements plaintifs sortaient de sa gorge en des sifflements aigus qui rebondissaient contre les feuillages. Prise sous le poids de cette folie qui lui tiraillait l'âme, la teintée serra les paupières, nouant ses cils humides les entre les autres. Et par delà ses complaintes sourdes, la jeune femme ne put retenir l'élan de sa peine.

- LAISSE-MOI !


Un cri de désespoir, un cri qui n'avait pour entendeur que sa propre personne et le mal qui la rongeait. Un cri que nul ne pourrait jamais saisir. Aemy était effrayée, effrayée d'être seule et effrayée de ne pas pouvoir être sauvée, ni par elle, ni par qui que ce soit. Il n'y avait qu'elle dans ce champ de bataille qui l'opposait à ce qu'elle est. Condamnée par son corps, condamnée par son âme, l'anathème des dieux n'avait plus qu'à s'abattre pour la délivrer de sa souffrance. Le seul remède pour les maux qui font un être ce qu'ils sont, c'est de les purger à travers l'ultime délivrance. 

Mais même à cet instant, la vaironne ne voulait sûrement pas mourir. Elle en avait bien trop peur de ça aussi. Il ne lui restait rien, pas même le choix de trouver le repos. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était avancer comme la bonne marionnette qu'on avait fait d'elle. Le chemin que ses pas foulaient n'était pas celui qu'elle s'était dressé, et elle n'en pouvait plus de devoir l'arpenter. Alors, et en attendant que ne vienne cette âme qui était supposée l'attendre, l'éternelle torturée restait seule, à pleurer entre les arbres, priant pour que ne vienne cette âme que la voix dans sa tête évoquait.

Même si ce n'était que pure parjure ...


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Ophélia s'exprime en #cc0066
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