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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zolios
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 Contrat - L'odieuse vérité [PV: Léonie, Arianna, Zygan; Songe et MJ]

Mary E. Burrowes
avatar
Mer 9 Mai - 15:46
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères


Nous protégeons des espions en intrusion ce nid de fripons comme font les frelons
Ce serait à la Cour des Miracles un miracle étonnant si vous en sortiez vivants !


Dyen; chez Adramus et Mary à quelques heures du lever du jour.

Tu es sage, tu ne fais pas trop de caprice avec papa n'est ce pas... Je serai là dans quelques jours, avec peut être des cadeaux de Zolios, tu verras tout va bien se passer...

Je souffle ces mots au bébé qui sommeille tout juste dans mes bras. C'est plus moi qui est besoin d'être rassurée, je le sais bien. La première fois que je passe plus de quelques heures loin de mon trésor, j'ai beau avoir toute confiance en le guerrier d'Asmigal qui me regarde de notre lit, je ne peux pas m'en empêcher. Il faut que je parte sinon je n'y arriverai plus jamais. Je le sais. Avoir été appelé de Zolios pour amener cette lettre est surement une opportunité qui ne se reproduira pas, et la seule bonne raison que j'aurai jamais de me séparer pour quelques jours de la chaire de ma chaire... Avec un sourire d'excuse pour mon mari je le pose dans le petit berceau de bois.

C'est plus dur que ce que j'avais imaginé... Faites bien attention à vous deux...

J'embrasse une nouvelle fois l'homme de ma vie avec un lourd soupir, avant d'enfiler ma cape et de quitter la maison en essayant de ne pas me retourner. Auke vient se balader à côté de moi dans les rue de Dyen, c'est le seul a avoir refuser de me laisser partir sans escorte, malgré que lui aussi regrette déjà la maison. Mais me laisser monter sur le dos d'un dragon n'a bizarrement pas l'air de le rassure en fin de compte. Dans les premières lueurs du jour, je rejoins le dragonnier qui a accepté de m'emmener jusqu'à la frontière entre Zolios et Kharaal Gazar.

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Une semaine plus tard, Busad.

Je regarde le protecteur de Busad qui a l'air de me dévisager pendant que j'attends la réponse à la missive que je viens de porter à l'attention de ces autorités. Je ne sais pas trop qu'elle genre de coopération demande le chef de la tribu de Zolios qui m'a engagé, mais je remercie intérieurement les Architectes que mon voyage soit bientôt fini malgré tout... J'aime toujours être messagère, mais l'éloignement m'est infiniment plus pénible qu'avant je ne peux pas le nier. Pourtant, j' me suis promis de faire mon travail jusqu'au bout et du mieux possible, sans me détourner de mes responsabilités. Je n'avais pas travaillé toutes ces années pour laisser tomber ma réputation. Même pour rejoindre la plus belle création qu'Orshin ait jamais façonné au sein même de mon ventre.

Le souvenir du nourrisson me tire un sourire pensif tandis qu'un autre protecteur revient pour me donner une réponse. Au du moins, je le crois jusqu'à le voir revenir les mains totalement vide. Je ne cherche d'ailleurs pas à cacher ma surprise. Même si c'est pour un refus, ils pourraient tout de même faire l'effort de répondre à l'écrit pour la lettre d'un Gharyn !


Vous êtes bien originaire de Zolios vous aussi ? me demande le nouveau venu abruptement.
Euh... oui ma tribu l'est du moins mais je...
La commandante veut que vous l'accompagniez jusqu'au vénérable Gharyn qui nous a contacté. Et que vous participiez à la mission, puisque c'est avant tout votre région qui est concernée, mais vous aurez évidement tout son soutien.


Mes yeux s'ouvrent comme des soucoupes sans même que j'arrive à répondre. Et en plus, il s'en va tout de go, comme si de rien n'était ! Non mais je n'étais pas exactement dans l'idée de prolonger mon séjour moi....

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Une semaine plus tard encore, frontière de Zolios.

J'avais fait bon voyage pour retourner à la ville. A la limite de Zolios près des montagnes. C'était difficile de se faire une idée de la jeune femme qui m'accompagnait. Les gens à Busad m'avait confirmé qu'elle avait la confiance de Zaël; ce que j'avais trouvé réconfortant. Il fallait avouer que je ne savais toujours pas ce que je faisais. Bien sur elle m'avait posé des questions sur cette raffinerie mentionnée dans la lettre. Mais après quelques mois et pas des moindres passés à Dyen.... je n'avais pas pu beaucoup la renseigner.

Jn arrivant à la ville, je demandais à un des guerriers de prévenir le chef... Tout en jetant un regard inquisiteur à Léonie qui semblait... plus diplomate que certains guerriers du Kharaal Gazar que j'avais connu. Je passais une main sur le dos d'Auke pour me donner du courage.

Je pense qu'ils vont vite vous recevoir... Bon et du coup... moi aussi c'était ça hein !?


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Léonie Morret
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Mer 9 Mai - 18:17
Irys : 480814
Profession : Commandante de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (femme)


[/!\ Date du RP juillet 933 : Léonie est donc commandante depuis peu, le RP Solo viendra d’ici pas longtemps]

----- Busad, une semaine plus tôt ----

- «  C’était vraiment ce que tu voulais, être commandante ? Tu n’aurais pas aimé voyager, profiter un peu plus ? Depuis l’incident du bal, tu sembles différente Léonie… »

La my’tränne avait avisé un long moment son collègue qui pour la première fois s’autorisait à jouer la carte de l’honnêteté. Cependant, la désormais commandante ne semblait guère le lui reprocher, elle se contenta de sourire, avant de l’aviser de ses deux prunelles claires. Il lui était difficile d’expliquer clairement pourquoi le choix lui avait semblé évident, pourtant au fond d’elle, il y avait bien cette petite once de regret, ce petit ‘et si’ inexplicable.

- « Si il y a bien une chose qui n’a jamais changé, c’est mon envie de protéger notre peuple » souffla-t-elle d’une voix neutre « Le bal ne m’a fait que prendre conscience qu’un danger était bien présent dans l’ombre. Je préfère garder les yeux bien ouverts que de revivre ce que j’ai vécu là-bas. Plus jamais. »

Le silence, celui de la gêne d’abord, de ce protecteur qui ne l’avait jamais vu si sérieuse, si déterminée. Personne ne pouvait imaginer ce qu’il y avait pu se passer lors de l’événement promouvant la paix. Pourtant, ce tragique incident avait transformé Léonie, ou tout du moins l’avait poussé à prendre des décisions plus directes. Comme celle de progresser dans la hiérarchie, pour avoir la chance ou la malchance d’avoir son mot à dire lorsque des décisions devraient être prises.


- «  Allons, arrête de t’inquiètes, tout ira bien. » Finit-elle par avouer dans un sourire rassurant.

---- Busad, une semaine plus tard ----

- «  Madame, je ne suis navrée de vous déranger, une messagère a apporté une lettre d’un Gharyn… »
- « Je m’en occupe, je vais la rapporter à Zaël. »

La jeune femme n’avait évidemment pas perdu de temps, et la conversation entre elle et son dirigeant avait perduré un petit moment, beaucoup plus que ce qu’elle n’aurait cru. Finalement, Zaël l’autorisait à se rendre sur place, dans la plus grande des discrétions afin de comprendre le problème et d’apporter toute éventuelle aide à ce Gharyn en demande d’assistance. La jeune femme semblait satisfaite de cette décision, ravie qu’il la laisse mener en personne cette petite enquête qui pourrait lui permettre sans aucun doute d’en apprendre davantage sur ces étrangers qu’elle ne comprenait plus vraiment. Revenant dans l’autre salle ou attendait encore le protecteur, elle lui indiqua la marche à suivre, le temps pour elle de simplement rassembler ses affaires.

- «  Je vais préparer mes affaires, je repars avec la messagère, elle sera ma guide. Informe-là pour moi. Nous partons dès qu’elle sera prête. »

Léonie descendit jusqu’à son appartement le temps de mettre dans son sac quelques affaires, de récupérer ses armes, puis finalement ne tarda pas à rejoindre la jeune femme qui l’attendait sagement, ne pouvait-elle que la remercier de ta patience.

- «  Merci pour votre attente, je suis prête nous pouvons y aller. Pardonnez ma maladresse, je ne me suis même pas présenté, je me nomme Léonie. »

------ Encore une semaine plus tard, frontière de Zolios-----

La route avait été plutôt calme, les deux jeunes femmes n’avaient pas rencontré d’incident ou d’événement ayant retardé leurs arrivées. Léonie en avait profité pour faire preuve –miracle- d’un peu de sociabilité en essayant d’en apprendre davantage sur cette messagère qu’elle n’avait, dans sa mémoire jamais vue. Mary semblait être une femme douce, agréable, ainsi la my’tränne avait quelque difficulté à l’imaginer sur les routes, tout le temps, seule, n’avait-elle cependant, jamais osé rentrer dans le domaine de la vie privée en osant poser de questions sur une éventuelle vie de famille.  Les deux comparses arrivaient cependant enfin à destination, le rythme s’était involontairement accéléré, plus par envie d’avoir enfin le fin mot de l’histoire qu’autre chose.

- «  Êtes-vous inquiètes ? » questionna la commandante « Je suis navrée de vous entraîner dans cette histoire, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai la sensation que tout ceci risque de vous intéresser fortement. »

Léonie lui décrocha un sourire qui se voulait rassurant, elle descendit de sa monture, se laissant glisser sur le côté avant de poser pied-à-terre. Naturellement, ceux assurant l’entourage du Gharyn étaient venus saluer les deux jeunes femmes, les invitants par la suite à les suivre afin d’aller à la rencontre de celui qui avait sollicité de l’aide. La my’tränne conserva un sourire sur ses lèvres, tout en maintenant un visage plutôt sérieux, même si elle n’en avait rien dit, elle était légèrement inquiète par la situation. Entrant dans la bâtisse, elle se contenta d’incliner poliment la tête.

- «  Gharyn, je suis Léonie, commandante au service du Primo-Gharyn de Busad, il m’a demandé de venir en personne vous apporter l’aide que vous sembliez demander dans votre missive, en quoi puis-je vous être utile ? Ou plutôt en quoi, puissions-nous vous être utiles ? »

L’ancienne protectrice ne put s’empêcher de couler un regard entendu à sa comparse, ne voulait-elle pas qu’elle se sente seule ou non concernée. Bien au contraire, il lui semblait important qu’elle soit tout autant actrice de la situation qu’elle-même. Sans réellement attendre la réponse de son interlocuteur, Léonie s’était autorisé une nouvelle prise de parole, sa voix était calme, posée, mais son regard ruisselait de ce petit étincellement de curiosité.

- «  Nous souhaiterions que pour l’heure cette affaire reste discrète, du moins, c’est la condition nécessaire pour mon intervention. Si vous l’acceptez, je vous propose de nous indiquer le lieu de votre inquiétude. Si vous avez une idée pour y entrer en toute discrétion, nous vous serions reconnaissantes. »




Léonie vous parle en #ff9933
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Arianna Torricelli
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Jeu 10 Mai - 13:11
Irys : 356585
Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
My'trän +1
-Bonjour. Vous êtes à la raffinerie d’Auschenwald, propriété des guildes commerciales d’Hinaus. Pour des raisons de sécurité, les intrus ne sont pas autorisés aux alentours du site. Nous sommes donc contraints de vous demander de faire demi-tour… enfin, je dis ça, mais vous avez l’air d’aller droit vers la raffinerie, non ? Qu’est-ce que vous venez faire ici ?

Il n’était pas vraiment militaire, même si la province d’Hinaus ne lésinait pas sur les moyens pour assurer la protection de ses exploitations, tant sur My’tra que dans le reste du monde. Malgré cela, Frederick Frauthchuzër, l’officier en charge de la petite patrouille qui venait de les alpaguer, n’avait rien à envier à un soldat de l’armée de Daenastre. Bien au contraire. L’homme, membre d’une bande de mercenaires indépendants qui louaient leurs services aux industrieux bien offrants, s’était rapidement vu doter d’un revolver de classe magnum qu’il n’avait jamais eu l’occasion d’employer jusque-là, même s’il les connaissait de par leur excellente réputation et qu’i n’aurait jamais eu envie de se retrouver du mauvais côté d’un de ces canons. Et pour l’avoir essayé à quelques occasions sur le champ de tir improvisé dans les alentours de ce qui faisait office de caserne pour les protecteurs de l’usine… eh bien oui, il était très heureux de ne pas avoir à se trouver du mauvais côté de ce canon.

Non pas qu’il ait jamais eu à s’en servir, en fait. Les quelques bêtes sauvages qui rodaient dans les environs étaient spontanément intimidées par la structure daenar qui tranchait grossièrement dans le paysage. Ca, et les successions de vacarmes industrieux qui témoignaient de l’activité de l’unsine. Surtout les bruits, à priori. De même, ils avaient eu la chance – et ça, c’était probablement bien de la chance – que personne, qu’il soit voleur ou saboteur souhaitant s’improviser justicier, n’ait jamais cherché à leur faire du mal. Pas depuis qu’il était là, en tout cas. Pas si longtemps que ça. Mais le site était bien équipée.

Après, l’endroit était globalement mort. Ca ne le dérangeait pas. Il aimait son temps libre. Il composait des chansons et des poèmes dans sa tête, en fait. Sa mémoire avait toujours été excellente, son vocabulaire et son imagination le devenaient de plus en plus. Ne lui restait qu’à coucher ce qu’il créait sur son carnet pendant leurs nombreux répits et tout allait pour le mieux : la solde était très bonne, les ennuis peu nombreux. Et parfois, il recevait quelques rencontres inopinées pour égayer sa journée, voire stimuler son imagination.

Prenez cette my’tranne, par exemple. Celle qui avait pris le parti de se rendre directement à leur rencontre, et qui les aurait sans aucun doute alpagués s’ils ne l’avaient pas vue. Ses yeux bleus étaient… incroyables. De l’azur, comme pour l’eau d’une lagune – et encore davantage. Il n’en avait vu qu’une seule fois à ce jour, dans les yeux d’un autre homme qu’il avait été incapable de cesser de fixer pendant toute leur discussion. Une situation perturbante qui le faisait beaucoup rire, même encore à ce jour. Alors, là, voir de tels yeux dans les yeux d’une si charmante jeune femme était diablement plus agréable. Dommage que ce fut une my’tranne. Mais elle restait étrangement agréable au regard, même pour lui. Ses cheveux blonds retombant à hauteur de ses épaules en encadrant avantageusement son visage, ses deux tresses qui se rejoignaient à l’arrière de sa tête faisant presque l’effet d’une coiffe, sa pittoresque robe de voyage colorée de motifs forestiers, ornée de perles de bois peintes selon des teintes vives…

-Bonjour, hésita-telle sans toutefois se dégonfler. Nous ne sommes pas des intrus, nous… enfin… nous voulions savoir s’il était possible de venir travailler dans votre usine quelques temps. Pour un mois.
-Uh ?
-Nous sommes de passage dans la région avec plusieurs membres de ma tribu, reprit son compagnon, un grand my’tran à l’allure paisible et à la barbe foisonnante. Nous faisions route vers Darga, mais mes frères ont été invités à représenter notre clan à l’occasion d’une fête adressée à Amisgal à Losos. Ils seront ensuite conviés à rester le temps de quelques semaines avant de pouvoir nous rejoindre. Et… mon amie n’est pas en excellents termes avec les my’trans de Zolios.
-Zagashienne, hein ?, devina Frederick.
-En effet, acquiesça la concernée en affichant une certaine surprise.
-J’ai reconnu les emblèmes.

Le daenar avait l’air satisfait de l’impression qu’il venait de faire. Oui, ils connaissaient bien leur sujet, contrairement à ce que pensaient les locaux. Et à ceci, les deux my’trans se félicitèrent d’avoir décidé de ne pas mentir sur leurs origines, ni sur quoi que ce soit de leur histoire : ils s’étaient effectivement joints à des membres du clan des Farkas qui faisaient route vers Zolios pour y participer à une fête conjointe célébrant Amisgal et Süns. S’appuyant sur ça pour pouvoir s’exprimer sans hésitation, Arianna poursuivit :

-Nous allons donc devoir rester dans la région quelques temps en attendant leur retour, mais comme je préfèrerais ne pas trop me mêler aux tribus locales… nous pensions pouvoir peut être travailler dans votre usine ? Nous n’avons pas beaucoup de possessions avec nous, et nous aurons besoin d’irys pendant notre séjour à Darga.
-Je pourrais me rendre utile, d’une manière ou d’une autre. Et Arianna est une excellente cuisinière.
-Mais je peux faire beaucoup d’autres choses. Même travailler dans la raffinerie s’il le faut. J’ai l’habitude des travaux dans les rizières, pendant les récoltes.
-Mmmh… je ne sais pas ce qu’ils vous proposeront. Mais vous pouvez tender votre chance à l’intendance, on a toujours besoin de bras, oui. Et de mages. Est-ce que vous… ?
-Oui. J’ai des dons d’Amisgal et de Süns, mon amie de Dalaï.
-Zygan est un très bon mage d’air, renchérit la jeune femme.
-Bon. N’oubliez pas de leur indiquer ça quand vous vous proposerez. Allez-y, indiqua tranquillement l’officier.


Spoiler:
 


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Songe Aubétoile
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Sam 12 Mai - 17:23
Irys : 100339
Profession : Diplomate - Enquêteur - Agent
My'trän +2 ~ Khurmag
Songe empruntait chemins escarpés et passes époustouflantes, se trouvant entre le Khaaraal Gazar et Zolios, en direction de son prochain objectif. Il n'avait débarqué à My'trä qu'il y a quelques jours uniquement, se trouvant sur le territoire gelé d'Als'kholyn auparavant. L'arpenteur avait traversé le Khraraal à dos d'une jument qu'il avait obtenue en échange de quelques informations sur un concurrent de son possesseur, à Etsiin. Il n'avait pas regretté son "achat", la bête s'étant avérée rapide et plutôt endurante. L'ayant laissée - sans regret, Songe n'accordait guère d'importance envers les animaux, qui ne disposaient de personnalité - lorsque les collines s'étaient transformées peu à peu en monts, il avait fait le reste du chemin à pied.

Que faisait-il ici ? Il y a quelques temps auparavant, avant son expédition vers Daënastre, Darga l'avait ordonné d'enquêter sur une mine de Magilithe suspecte, exploitée par une guilde commerciale d'Hinaus - la raffinerie d'Auschenwald. Songe se demandait - alors qu'il grimpait toujours plus haut, le long des sentiers escarpés - si ce nom totalement imprononçable avait été judicieusement choisi pour éviter tout rapport d'enquête, misant sur la paresse des administrateurs. Si c'était le cas, le mage aimerait rencontrer celui qui avait eu cette idée de génie. C'était donc dans une taverne anonyme que son contact principal, "Étienne"  - qui évoluait dans des sphères complexes dont il n'avait que faire - lui ordonna d'enquêter en toute discrétion au sein de cette mine, vers la mi-juillet. Pourquoi mi-juillet ? Songe n'en avait aucune idée, et il savait qu'Étienne ne lui dirai rien de plus.

L'Arpenteur, sentant qu'il arrivait vers sa destination finale, utilisa l'illusion la plus élémentaire des adeptes de Khugastaa : l'invisibilité. Avançant avec prudence - bien qu'il donnait également l'illusion autour de lui qu'aucun bruit ne trahirait sa présence, mieux valait être prudent - le mage observa le soldat, ses yeux se posant principalement sur son revolver, admirant sa finesse et son envergure. Malheureusement, il ne pourrai le toucher sous peine de n'être plus en incapacité que si le soldat aurait tenté de lui tirer dessus. Grimaçant à l'idée, Songe entra dans la Mine.

S'enfonçant progressivement dans les couloirs déserts faiblement éclairés par des lampes - les mineurs devaient se trouver dans les conduits les plus profonds, ces conduits avaient déjà été exploités - le mage constatait les lieux avec attention. Posant sa main le long des murs, il analysait la moindre parcelle d'information qu'il avait à sa disposition, écoutant les bruits aux alentours, totalement aux aguets. L'Arpenteur n'était pas le genre de mage à se reposer entièrement sur sa magie, bien au contraire.
Ne voulant point se perdre dans ces conduits labyrinthiques, Songe s'adossa contre une alcôve faite de pierre taillée, et attendit qu'une personne passe, décidé à la suivre.





« Qu'est-ce que la Réalité, après tout, sinon qu'une croyance découlant d'une perception ? Qu'est-ce qui fait que je suis là ? Qu'est-ce qui fait que j'existe, que je suis moi ? Rien, sinon des croyances basées sur des perceptions pouvant être trompeuses. La Réalité n'existe pas. »

Songe s'exprime en #a12f2f

Petit discours vidéo issu de Dies Irae (un VN) montrant de quelle manière Songe parle, son ton, ses expressions etc.
ICI

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Khugatsaa
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Lun 28 Mai - 18:03
Irys : 114977
Administrateur
- Hildith, village sur le versant Ouest des Tsagaan Oï.
8 juillet 933

« Iley, malgré tout le respect que je vous dois, je ne suis pas certain que ce soit une bonne idée que d'agir sans l'avis du Conseil. »

« Si cette bande de bras-cassé se souciait vraiment de nous, ils n'auraient jamais laissé un événement comme celui de Yeronkhii se produire. On ne peut compter que sur nous même. » ragea le Gharyn.

« Le Conseil a cru sage de laisser faire cette rencontre, et ils ne pouvaient pas prévoir que les jumeaux souffriraient de cette attaque. Mais vous avez raison Iley, dit calmement la Khorog qui restait sagement assise sur son siège. Cet attentat a offensé les Griffons et il convient de ne plus laisser de tels atrocités ce reproduire. »

« Que suggérez-vous ? »

« Nous allons contacter nos plus fidèles alliés. Zaël était présent, même si c'est un pacifiste je ne doute pas qu'il cherchera un moyen de se racheter. Et nous demanderons l'aide de Zagash. »

Le Gharyn et ses protecteurs crachèrent de concert le ragout qu'ils avaient en bouche, stupéfaits.

« C'est une blague ? »

« Non. Khurmag est trop impliqué par ce qu'ils s'est passé à Zochlom pour qu'ils se permettent de participer à cette mission, et Darga entretient des relations trop proches avec le Conseil pour qu'on puisse espérer garder tout cela secret. Zagash ne veut pas de cette paix. Les rixes qui les opposent aux technologistes sur leur terres sont tout autant de preuves qu'ils souhaitent s'impliquer dans le démantèlement de ces usines. Ce sera une alliance surprenante, mais qu'ils ne pourront refuser. »

« Soit. Mais ces missives devront resté secrètes, je veux les meilleurs messagers sur le coup. »


------------------
- Raffinerie d'Auschenwald, intendance.
15 juillet 933, après-midi.

Plan synthétique de la raffinerie:
 

Le complexe était immense et s'étendait telle une muraille protectrice sur plusieurs centaines de mètres contre l'un des flancs de la montagne. Derrière ses hauts-mur, une prodigieuse carrière semblaient avoir amputé la terre d'un énorme morceau, comme un témoin des nombreuses années passées à chercher et miner le divin minerai. En amont de ces falaises artificielles, de nombreuses tours de guet, toute protégées par des soldats bien équipés surveillaient les environs. Au fond du cratère, l'usine, cernée par des dizaines de petites habitations où l'on pouvait imaginer sans mal qu'il s'agissait des cantines, dortoirs et autres structures nécessaire aux besoins des travailleurs. Certaines galeries continuaient d'être exploitées tout autour, mais l'on devinait aisément que là n'était pas la principale activité des daënars.

« Je vois ... vous avez du croiser Frederick. A vrai dire, nous n'avons jamais trop de main d’œuvre, et c'est toujours agréable de voir que des gens comme vous soient capable de faire fi de ses origines pour filer un coup de main ! En nous rendant service, vous venez en aide à des milliers de femmes et d'enfants qui n'ont pas encore la chance de pouvoir grandir dans des conditions de vie digne d'un être humain, quel que soient ses croyances. Vous serez affectés à la manutention des pierres de magilithe fraichement extraites, dit-il en désignant Zygan, quant à vous, le contremaître Wargglaze a besoin de gens pour trier les minerais. Je vous prie de bien vouloir suivre Geralt, il va vous conduire jusqu'à vos dortoirs puis vous faire visiter les différentes installations. »

« Suivez-moi. »

Sur la route, le gamin qui servait de guide s'arrêta au niveau de la réserve d'équipement pour fournir aux deux nouvelles recrues une combinaison et des gants afin de se protéger des éventuelles projections, ainsi qu'un masque à gaz afin de se protéger des vapeurs nocives de magilithe non-purifiées. L'enfant ne se fit pas avare en précision, allant même jusqu'à leur rappeler de bien resserrer les sangles du masque pour éviter que des particules s'infiltrent sur les côtés. Dans un même temps, les deux nouveaux se virent confisquer leurs armes, qu'ils pouvaient récupérer à tout moment s'ils décidaient de quitter le complexe.

« Voilà, c'est ici que vous pourrez passez vos nuits. Les heures de travail sont habituellement de 9h jusqu'à 19h, 5 jours par semaines. Il va de soit que nous vous laissons l'opportunité de quitter l'exploitation si vous avez des événements à fêter. En revanche vous devez impérativement vous signaler au comptoir à l'entrée de l'usine lorsque vous commencez votre journée. Cela reste encore le moyen le plus "sûr" de recevoir une paye à la fin du mois. » s'exclama-t-il gaiement.

Il les amena ensuite jusqu'à la cantine où ils pouvaient venir se restaurer à des heures bien précises, puis il leur montra les sanitaires et les différentes structures dédiées au travail de la magilithe, sans jamais s'attarder sur le bâtiment central qui, de part les nombreux moyens de protections mis en œuvre, semblait revêtir une importance particulière. S'ils lui posaient la question, Geralt répondrait que c'est ici qu'une partie de la magilithe est transformée à l'état liquide, et que seules les personnes formées pour la travailler sans risques sont autorisées à s'y rendre.
Il invita alors Arianna à s'équiper avant de se rendre jusque dans un petit entrepôt dans lequel de nombreux minerais circulaient sur des tapis roulant et où un grand nombre d'ouvrier s'attelaient à trier la pierre afin de séparer la magilithe des autres minerais, tous soigneusement équipés de tout leur armada sous la directive d'un contremaître. Zygan quant à lui fut amener jusque dans les mines, où il aurait pour difficile tâche que de faire des allers-retours avec les wagons pour amener les pierres extraites par les mineurs jusqu'à l'extérieur. Là encore, les protections étaient de rigueur et il lui fut même mis à disposition un casque de protection en cas de chute de pierre.
L'obscurité aidant, le gamin ne remarqua pas la présence de Songe, qui ne s'était probablement pas rendu compte que son pouvoir d'invisibilité ne semblait plus fonctionner comme il le désirait.


Spoiler:
 

------------------
- Hildith, village sur le versant Ouest des Tsagaan Oï.
15 juillet 933, le soir.

« Venez donc à l'intérieur. Le voyage a dut être éreintant, nous aurons tout le temps de discuter après que vous vous soyez reposées. »

Iley, le gharyn et Elikha, sa khorog, ne pressèrent pas les deux invités, bien qu'au fond d'eux ils espéraient que cette affaire soit réglée aussi vite que possible. A la nuit tombée, les deux responsables, accompagnés de Mary, Leonie ainsi qu'un certain nombre de guerrier et de conseillers se tenaient tous assis autour d'une table sur laquelle était soigneusement affiché une carte de la région. La khorog se leva.

« Mes amis, la flamboyante se réjouit de nous voir tous réunis ce soir. Et avant de commencer, Iley et moi-même souhaitons remercier chaleureusement la commandante Leonie et Mary, la messagère qui a rendu tout cela possible. Tous levèrent leur coupe en direction des deux my'träns. Mais trêve de mondanité, passons au vif du sujet. »

Le Gharyn se leva et planta sa dague sur un point de la carte.

« Auschenwald. Cela fait maintenant une demi-douzaine d'année que cette raffinerie daënar s'est installée en aval des Tsagaan Oï, là où pendant plus de dix ans, les technologistes occupaient une mine du même nom. Il n'existe pas de réelles tension entre Hildith et leur administration, au contraire. Ces daënars se sont toujours montré particulièrement à l'écoute de nos requêtes, faisant preuve d'une courtoisie comme l'on n'en connait peu ... »

« ... mais l'on pense que ce n'est que du vent. Un grand nombre de confrères et de consœurs ont prit le partie d'aider les daënars en espérant qu'ils partiront plus vite, et bien qu'aucun ne se soit jamais plains de mauvais traitement, une grande majorité d'entre eux ont perdu leur pouvoirs malgré l'adoration qu'ils portent pour nos Architectes. »

« Lorsqu'elles ne disparaissent pas mystérieusement, les victimes n'expliquent pas cette perte de pouvoir. L'on croyait au début que cela était dut à l'omniprésence de la magilithe en cet endroit, mais la maladie perdure même des années plus tard. Pire encore, certains se sont vue transformée en Anomalie, des poussées de cristaux de magilithes fulgurante... le silence retomba sur l'assemblée, comme si chacun prenait le temps de mesurer les conséquences de tout cela. Après les événements de Yeronkhii, nous pensons que tout cela fait partie d'un stratagème de grande envergure qui vise à affaiblir notre pays pour mieux l'attaquer ensuite. Il faut bien commencer quelques part, et Auschenwald sera l'étincelle qui mettra le feu aux poudres. Nous avons besoin de vous. Il faut infiltrer cette usine, y découvrir ce qu'il s'y passe et rapporter suffisamment de preuves pour que le Conseil n'ait d'autre choix que d'ouvrir les yeux. »

« Vous aurez besoin de ça. Dit le Gharyn en lança à Mary une petite sphère de cristal. C'est une illusio-magilithe. Cela nous répugne un peu d'y avoir recours, mais les souvenirs ne trompent pas. Gardez-la avec vous et utilisez-la une fois sur place, elle enregistrera vos souvenirs sur les trois dernières heures. Nous la visionnerons ensuite et pourrons tous attester des atrocités qui sont commise dans ce trou à rat. »

« L'usine est à environ 7 kilomètres d'ici. Nous ne saurions que trop vous recommander de profiter de la nuit pour vous infiltrer. Et ne sous-estimez pas leurs moyens de défense. Des armures hautes comme trois hommes patrouillent dans le complexe et sur des dizaines de mètres autour, sans parler de tout ces soldats armés de leur armes à feu. »

« Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Sinon, nous vous avons fait préparer des Alkhach. Je vous guiderai personnellement jusqu'aux abords de l'usine. »




Dernière édition par Khugatsaa le Mar 29 Mai - 12:40, édité 1 fois
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Arianna Torricelli
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Mar 29 Mai - 3:32
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Bien sûr, que les zagashiens avaient accepté. Il n’y avait qu’un crétin hypocrite de Kharaal ou de Zolios pour s’attendre à ce que leurs rivaux habituels se conforment à l’idée confortable qu’ils entretenaient des odieux serviteurs de Dalaï – parce qu’une communauté si différente des leurs ne pouvait qu’être mauvaise, en plus d’être dans le tort. Parce que forcément, avoir une culture, une hardiesse et une franchise à des années lumières de la réserve et de la platitude habituelles des favoris du Golem et de la Flamboyante signifiait forcément qu’on était fondamentalement abominable.

Comme si les zagashiens étaient bêtes et méchants au point de ne pas agir quand des daenars se faisaient suffisamment remarquer pour inquiéter jusqu’à des fidèles de Delkhii, pourtant réputés pour rester apathiques et de marbre quand on leur marchait dessus. Comme s’ils allaient ricaner d’un grand air malveillant pour cracher à la figure de my’trans qui venaient leur demander de l’aide, au lieu de saisir l’occasion de se faire exemplaires, admirables, et de rallier d’autant plus de crédit à leur modèle.

Il y avait même des groupements de criminels qui s’imaginaient que contacter le gharyn de Shuren pour anéantir le conseil de la convergence et semer le chaos dans le pays serait tout naturel. Forcément. Allez-y, essayez.

Eh bien non, en dépit de tout le venin que leurs détracteurs crachaient sur leur compte, on pouvait parfaitement afficher son désaccord avec les enseignements de sérénité exacerbée prônés par la frange est de My’tra sans être un amoncellement de défauts condensés dans le stéréotype zagashien que décriaient presque passionnément leurs contendants – il suffisait de voir quelle était l’épreuve que devaient passer les gharyns de Busad pour en voir la teneur.

Arianna n’avait pas plus bronché que sa chaîne de commandement quand on leur avait expliqué l’origine de l’affaire. Faire ainsi, c’était tout naturel. Bon, aller se mêler aux daenars pour se faire une expérience de première main de ce qu’il se passait réellement dans leurs usines était une épreuve qu’elle n’aurait jamais souhaité à qui que ce soit. Mais… être forte et le faire, quand même. Ca ne durerait pas. Elle tiendrait forcément, même si s’être engouffrée dans cette horreur mécanisée lui donnait l’impression d’être perdue au fin fond d’une galerie de shimegs prêts à la parasiter. Ces daenars ne l’attaqueraient pas comme ça, ce serait beaucoup plus… insidieux. Mais une fois dedans, elle dévisageait chaque outil, chaque mécanisme, chaque machine comme s’il s’agissait d’un objet de culte démoniaque dont elle pouvait presque sentir l’emprise fétide darder dans l’atmosphère, et tenter de l’atteindre elle. Il y avait certainement de la magilithe dans l’air, mais pire encore, il y avait de la technologie – un terme flou et général pour la my’tranne et beaucoup d’autres qui englobait tout ce que les daenars avaient eu le malheur de créer dans leur renonciation et leur dénonciation de l’ordre naturel des choses. Des hérétiques, des sacrilèges, impies blasphémateurs aux idoles provocantes.

Elle avait dû manipuler le masque pendant dix bonnes minutes avant d’accepter de le mettre sur son visage, adressant une bonne cinquantaine de remarques et de reproches muets à ses ancêtres et à l’ensemble du panthéon my’tran pour le coup du sort qu’ils lui infligeaient là. Elle ne pêchait pas le moins du monde, elle s’apprêtait à faire quelque chose d’horrible pour elle, et à le faire pour eux. Tout ça, ça n’aurait pas eu lieu s’ils n’avaient pas laissé les daenars s’installer ici, d’abord.

Mais finalement, elle se résolu à le faire. En ayant la désagréable impression de plaquer son visage contre le fondement d’une vache – même sans l’avoir jamais fait, c’était le première image qui lui vint à l’esprit.

Oui, maintenant qu’elle était là… peut-être qu’elle avait bien quelques ronchonneries toutes zagashiennes à épancher vigoureusement. Il faisait tellement chaud, et plus encore dans ces combinaisons… et paradoxalement moins dans ces usines qu’à l’extérieur, étrangement. Le fait d’être à l’abri du soleil y jouait pour beaucoup, certainement. Le fait qu’un système de ventilation ait été installé pour soulager les machines d’une surchauffe, également. Le pire pour elle était surtout qu’elle avait du mal à évacuer sa transpiration comme elle en avait l’habitude – un avantage que sa magie lui procurait maintenant avec beaucoup moins de naturel qu’en temps normal. Et rien que ça la mettait déjà mal à l’aise. Ca n’était pas normal.

Ou plutôt, si, forcément que ça l’était. Elle maniait à la main des cristaux de magilithe fraîchement extraite des carrières, en faibles quantités certes, avec des protections certainement, mais… les cristaux non purifiés étaient capables de faire obstacle à la magie. Ca devait jouer contre elle, même si elle n’était là que depuis quelques heures à peine.

Les interrogations se succédaient dans sa tête. Pas très pénalisant pour sa tâche, même si être rapide et efficace demandait de l’attention. Mais une fois pris le pli, Arianna se retrouva avec suffisamment de temps de cerveau disponible pour en revenir à sa situation. Elle était nouvelle, et on l’avait bienveillamment guidée pour sa première heure de travail, mais maintenant tous s’en étaient retournés à leur concentration.

Elle avait vaguement remarqué l’excellente ambiance qui régnait dans les équipes supervisées par le contremaître Wargglaze, avec des plaisanteries qui allaient bon train entre les travailleurs, un ratio homme-femme pas trop déséquilibré qui assurait une certaine tenue des travers de chaque genre, et une franche camaraderie très portée sur l’entraide entre les différents travailleurs. Il y avait des my’trans, aussi. Essentiellement de Zolios, sans surprise vu la situation de la raffinerie. Mais ils ne l’approchèrent pas plus qu’elle-même n’en avait l’intention. Pas maintenant, en tout cas.

Elle avait l’impression de prendre beaucoup trop de retard dans son travail, même si on lui avait assuré que c’était parfaitement normal – et qu’elle n’avait rien de mauvais pour une première matinée. Mais elle restait très perturbée par les cristaux qui se cachaient dans les tas de minerai qu’on lui donnait.

Des magilithes non purifiées. Galleone, shaman de son clan et très bon ami de la jeune femme, était un excellent artisan qui versait également dans la préparation de magilithes pour les besoin de sa tribu – ses trésors de sculpture trouvaient acquéreurs jusque dans les plus imposants temples de Shuren et Kereeh, et elle l’assistait régulièrement à l’occasion de certaines cérémonies. Au fil des ans, le Nerassa s’était approprié auprès de certains khorogs l’art de travailler les magilithes et d’attiser leur magie pour l’usage des my’trans. C’était lui-même qui avait façonné celle qu’elle avait.

Et de tout ça, Arianna réalisa tristement qu’elle ne savait pas grand-chose, en fin de compte. Lui qui lui présentait souvent ses dernières créations, qui lui demandait de critiquer ses œuvres pour trouver matière à les améliorer, et qui aimait l’amener devant son atelier pour faire étal de ses outils… il aurait pu observer ce qui se passait ici avec un regard beaucoup plus critique qu’elle. Il faudrait qu’il s’y essaie lui aussi, un jour. Même s’il était chétif, ce qu’elle faisait n’était pas difficile. Et d’ici là… elle ferait de son mieux pour lui faire un compte rendu aussi détaillé que possible de ce qui se passait ici. Peut-être lui croquer quelques scènes de vie dans la raffinerie en guise de support pour son imagination. Elle savait dessiner et s’était essayée à énormément de gribouillis dans son adolescence, même si cela faisait longtemps qu’elle s’était arrêtée. A voir ce qu’elle pourrait faire. Emporter un modèle de masque et des protections qu’on lui avait donné, aussi. Ca la rendait curieuse.

Mais quand même… elle aurait beaucoup aimé pouvoir comparer les techniques d’artisanat my’trannes avec ce que faisaient les daenar ici. D’une manière ou d’une autre, ils obtenaient le même résultat. Ils purifiaient la magilithe. Et ensuite ? Aucune idée. Et la façon dont ils se protégeaient, par rapport aux techniques employées par les my’trans ? Toujours aucune idée. Et si les protections qu’on lui donnait étaient utiles, et à quel point ? C’était peut-être ce qui la dérangeait le plus quand elle s’y attardait.

La raffinerie existait depuis peut être sept ans. Les travailleurs manipulaient de la magilithe impure sur une base quotidienne… des my’trans aidaient des daenars… et travaillaient dans un milieu où leur magie peinait à se manifester…

Est-ce que c’était dû à ça, d’ailleurs ?

Et est-ce que ce n’était pas un excellent moyen de faire des anomalies ? Ce qui inquiétait les gharyns locaux, c’était que leurs ouailles étaient maintenant incapables de faire usage de leurs dons. Un autre sujet se posait devant elle. Elle avait déjà vu et entendu parler d’anomalies capables de faire usage de leur magie… donc ça n’était pas ça. Ou bien pas forcément.

Ils étaient dans Zolios, en plus. Le pire endroit pour ça. Ces hypocrites étaient si déchirés par leur nature et leur idéaux qu’ils engendraient assez d’anomalies pour avoir honte de ça.

Ca faisait trop de choses à ruminer en attendant la fin de la matinée.

Elle était juste… perdue.

*
* *
*

-Excusez-moi, mais je me demandais… quand nous nous sommes vus tout à l’heure, vous avez parlé de… venir en aide à des milliers de femmes et d’enfants qui n’ont pas la chance de grandir dans des conditions dignes d’un être humain? Qu’est-ce que vous vouliez dire, par là ?
-Eeeh. Mot pour mot, ou presque. Vous avez bonne mémoire.
-L’expression m’a marquée, en fait.
-Même, c’est assez rare pour être souligné. Impressionnant. Mais j’avais dit « presque pouvoir », « conditions de vie », et j’ai oublié de mettre un « s » à digne.
-Je vous demande pardon ?
-Euh… non, rien, oubliez haha.


Heure du repas. Elle n’avait pas réussi à retrouver Zygan, peut être occupé à autre chose. Par un étrange hasard, elle était néanmoins tombée sur l’homme de l’intendance qui les avait accueillis à leur arrivée. Et elle ne mentait pas : ce qu’il avait dit l’avait intriguée. Alors, elle avait décidé de s’approcher de lui, s’excusant auprès de son équipe de trieurs pourtant bien partis pour l’intégrer à leurs rangs… et ce au point de la suivre, ou plutôt d’inciter l’intendant à les rejoindre.

Ce qui n’était peut-être pas plus mal, en fin de compte.

Au moins, elle aurait beaucoup de monde à sa portée pour lui apprendre des choses sur la mine. Et une heure de repas, si ce n’est plus.

En parlant de repas, d’ailleurs… en fervente cuisinière dont les plats étaient unanimement acclamés par des nomades de tout bord, elle suspectait que ce qu'ils mangeraient aujourd'hui serait sensiblement moins bon que ce qu'elle avait l'habitude de préparer. A voir si le destin la contrarirait. Car aujourd’hui à la cantine, il y avait…
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Mary E. Burrowes
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Dim 3 Juin - 4:12
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères
Êtes-vous inquiètes ? Je suis navrée de vous entraîner dans cette histoire, mais je ne sais pas pourquoi, j’ai la sensation que tout ceci risque de vous intéresser fortement.
Non, vous avez raison c'est une bonne chose de participer a ce genre de chose. Je m'inquiète juste pour ma famille... j'ai hate de rentrer en meme tant que le reste. m'excusai-je en secouant la tête.

Je me demande si ce n'est pas un peu égoïste de ma part, mais je suis une nouvelle mère et Mochlog sait qu'il nous a programmée pour nous inquiétée pour notre progéniture plus que pour le reste du monde. Mais maintenant que je suis ici, je peux mettre cela un peu de cote et me concentrée sur la mission dans laquelle il est vrai Leonie m'a totalement entrainée. En réalité, mes doutes disparaissent en entrant sous la tente.

Gharyn, je suis Léonie, commandante au service du Primo-Gharyn de Busad, il m’a demandé de venir en personne vous apporter l’aide que vous sembliez demander dans votre missive, en quoi puis-je vous être utile ? Ou plutôt en quoi, puissions-nous vous être utiles ?Nous souhaiterions que pour l’heure cette affaire reste discrète, du moins, c’est la condition nécessaire pour mon intervention. Si vous l’acceptez, je vous propose de nous indiquer le lieu de votre inquiétude. Si vous avez une idée pour y entrer en toute discrétion, nous vous serions reconnaissantes.

L'ambiance était tellement différente d'un coup. A la fois chaleureuse et solennelle. Inquiète et pleine de détermination. Le couple de décideurs du clan nous expliqua patiemment a quoi ressemblait le problème. La raffinerie d'Auschenwald, nouvelle abomination daenars pas si nouvelle que cela. Un cite énorme a fouiller pour trouver les preuves des abus réalisés a l’intérieur. Et si peu de temps si on voulait fermer cela le plus vite possible. Aucun appui autre que celui de cette tribu si on oubliait les agents de Zagash, qui ne se sentait manifestement pas obligée de faire équipe. Je n'aimais pas ce manque de coordination, cette hâte devant un danger certain. Je m’inquiétais aussi de revenir avec un statut bien différent a Dyen que celui avec lequel j'en étais partie. Mais il fallait bien que quelqu'un prenne le risque.

Sur un signe de tete, je levais la main pour prendre la pierre qui me servirais a réunir des preuves irréfutables. Certainement pour les présenter devant le Conseil ou les autres Gharyns et Khorogs de Zolios et d'ailleurs. Une pierre bénie par Khugatsaa, l'architecte blesse a Yeronkhii qui je l’espérais nous guiderait pour réparer l'affront commis par une poignet de technologistes.

Vous aurez besoin de ça. C'est une illusio-magilithe. Cela nous répugne un peu d'y avoir recours, mais les souvenirs ne trompent pas. Gardez-la avec vous et utilisez-la une fois sur place, elle enregistrera vos souvenirs sur les trois dernières heures. Nous la visionnerons ensuite et pourrons tous attester des atrocités qui sont commise dans ce trou à rat.
Merci, j'en ferai bonne usage.
L'usine est à environ 7 kilomètres d'ici. Nous ne saurions que trop vous recommander de profiter de la nuit pour vous infiltrer. Et ne sous-estimez pas leurs moyens de défense. Des armures hautes comme trois hommes patrouillent dans le complexe et sur des dizaines de mètres autour, sans parler de tout ces soldats armés de leur armes à feu.

Les armes a feu. Je m'en souvenais trop bien de ces armes ridiculement bruyantes et efficaces seulement si ces idiots arrivaient a viser. Je me souvenais du mal qu'elles pouvaient faire, et de la colère qu'elle pouvaient provoquer chez les créatures d'Orshin. Mais les  armures, je ne les avais encore jamais vue. Et cela ne m'inspirait rien de plus que du mépris. Une véritable menace peut être ? Mais a nouveau, il faudra qu'ils arrivent a les manœuvrer efficacement, la ou nos armes nous les connaissons depuis des centaines d'années.

Pourtant, c'est certain, ils ont raison et il ne faut pas trainer. S'infiltrer discrètement, rester certainement cachées pendant une partie de la journée, réunir les preuves... et surtout ressortir avec la magilithe et les preuves. Ce n'était pas un programme léger ou facile, et plus vite commence, plus vite fini.
Si vous avez des questions, n'hésitez pas. Sinon, nous vous avons fait préparer des Alkhach. Je vous guiderai personnellement jusqu'aux abords de l'usine.

Je jetais un regard a Leonie pour savoir si il lui manquait quelque chose, avant de glisser la magilithe dans une de mes poches fermées et de remettre une cape légère pour partir avec le Gharyn. Une discussion plus tard avec mon Alkhach et j'étais comme les guerriers de la tribu et Leonie sur le chemin de la raffinerie. Les guerriers avaient l'air tendu, et cela se ressentait chez leur creature, mais c'etait une bonne chose pour moi dans un certain sens, cela les rendait attentifs au moindre detail.
Les Alkhachs disent qu'il n'y a personne proche de la muraille au Nord Ouest, pres des montagnes, on ne devrait pas avoir de mal a nous infiltrer par la bas si cela vous convient ?

Je ne précisais pas comment je le savais en m'adressant a Leonie et au Gharyn, il devait s'en doutait. Et je comptais le vérifier si je trouvais une créature volante non loin quand nous approcherons de toute façon.


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Zygan
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Dim 3 Juin - 10:57
Irys : 223117
My'trän +2 ~ Mistral

D’un coup d’épaule, je remets en branle l’imposant wagon rempli de pierres qu’Arianna va pouvoir s’affairer à trier, si elle survit à la nécessité de travailler pour l’Ennemi. Mon souffle couvre de buée l’horrible masque que j’ai sur la tête. Toute la tenue protectrice frotte désagréablement contre ma peau. Le casque n’est pas à ma taille, et mes cheveux forment une boule inconfortable, comme ma barbe. Je vais raser de près ce soir pour la barbe, et tailler un peu la chevelure. Si j’avais su, je l’aurais fait avant. Ou je ne serais pas venu, peut-être.

Non, ce n’est pas vrai.

Il fallait venir, enquêter sur le sujet, quand on a appris qu’il y avait peut-être des my’träns qui étaient retenus prisonniers et forcés de travailler. Sans parler des rumeurs de perte de pouvoirs. Rien que de penser au risque de perdre ma connexion avec Amisgal et Süns, un frisson me court dans le dos, malgré la chaleur abrutissante de l’effort et de la combinaison. Presque envie de tout laisser tomber et m’enfuir. Mais pas totalement : je ne vais pas abandonner Arianna ici. Quand j’ai commencé quelque chose, je le termine. Et, surtout, il me semble important d’élucider tout ça.

Alors, que ça se passe dans le dos du Conseil de la Convergence et qu’on soit considéré comme des fanatiques indépendants qui viennent tout casser aux yeux du grand monde, ça m’importe assez peu. Après tout, ça se passe dans le dos de ma maman aussi, et personne n’en fait tout un plat. Finalement, à un moment, il faut faire ce qu’on a à faire, et là, pour moi, le choix est plutôt clair. Je me baisse pour ramasser une pierre qui est tombée du wagon rempli à ras bord et la remettre dedans.

Chaud.

Bizarrement chaud, d’ailleurs. Normalement, dans ces cas-là, la Bénédiction de Süns me permet d’échapper à ces désagréments. Pas là. La sueur rend le frottement de la combinaison éminemment désagréable. Mais je continue à travailler sans discuter, puisque la communication orale est rendue quasiment impossible. Probablement un gain de productivité énorme, dans la semi-obscurité dans laquelle nous nous trouvons. Quand j’arrive en haut du chemin de rails avec le wagon devant moi, je suis soulagé de revoir la lumière du jour.

J’ai vraiment envie d’enlever ma tenue pour laisser le vent me rafraîchir et humer l’odeur de la vie, plutôt que le renfermé de mon masque. Mais la personne qui était juste devant moi reprend déjà sa route vers les profondeurs de la mine. Je jette un dernier regard au beau blond, là-haut, et au ciel bleu. Je ne pensais pas qu’être sous terre serait aussi fatigant. J’aurais dû laisser ma place à un disciple de Delkhii. Il aurait été à l’aise six pieds sous terre. Peut-être que les autres le sont, d’ailleurs. Mais sentir toute cette roche autour, sous, sur les côtés et surtout au-dessus, je trouve ça assez destabilisant. Comme une pesanteur, un air de menace qui pourrait s’abattre.

Je n’ai jamais ressenti ça, même en marchant en montagne avec des nuages noirs d’orage qui me menaçaient visiblement. La perspective de pouvoir courir, s’abriter, avoir foi… Je redescends.

La matinée file dans l’effort.

Je pousse, j’ahane, je souffle, mais heureusement que je suis plutôt athlétique. Les bénéfices d’une vie à l’extérieur. De temps en temps, coincé dans des passages un peu plus étroits ou délicats, je bénéficie de l’aide de mes nouveaux collègues. On ne parle pas, mais on hoche la tête, on s’adresse des signes de la main, on se tape l’épaule ou le dos pour s’encourager et se féliciter. La première fois que j’essaie de lancer un merci, de toute façon, je suis aveuglé par la buée de mon souffle chaud et j’entends à peine ma propre voix, assourdie par l’équipement. Puis je m’y fais.

La monotonie de la tâche est assez flagrante, et pourtant il faut une forme de concentration, faire attention à l’équilibre du wagon, prendre le pli de la poussée pour donner un coup au bon moment, et ménager ses efforts ensuite. A chaque sortie, en m’étirant, j’ai l’impression que la moitié de mes vertèbres craquent. Tout en bas, après un énième aller-retour, un mécanisme s’enclenche, et une sonnerie retentit. Je me tourne vers mon voisin direct, un gars qui n’a pas l’air bien grand mais qui remplit rudement bien sa combinaison. Le genre trapu.

Une file de mineurs passe devant nous et vide son dernier chargement dans les wagons vides, et nous adresse un signe de la main. Comme c’est arrivé un peu comme ça, je suppose que c’est normal qu’on ne soit pas chargé à fond. On coopère pour la remontée, et tout semble plus léger. Je tiens plutôt la forme, en plus, pour le moment, ce qui est une bonne nouvelle. Les efforts auxquels je suis habitué sont un poil différents. Après une dernière bosse, celle qui m’a déjà valu bien des soucis jusqu’à présent. En plus, elle est tout à la fin, il y a un côté un peu traitre.

On laisse les wagons dans la zone de déchargement, puis on s’écarte jusqu’à la cour pour enlever nos tenues. Mes collègues sont tous pâles, à force de travailler sous terre, ce qui leur donne un air un peu maladif. Je me demande si ce n’est pas également lié à la magilithe. Mais pour le moment, je me sens bien. Et sentir enfin la caresse du vent, c’est une joie qui me manquait, mais je ne pensais pas à ce point. En tout cas, il y a de tout dans les travailleurs de la mine, et on entre ensemble dans la cantine. J’ai une faim de loup.

On échange nos prénoms, on se présente succinctement, je pense que je ne vais pas tout retenir du premier coup, mais je fais des efforts. Bhubat, Arkahg, Cihylo, Dredan… En plus, quand nous remettrons les combinaisons, à part les gabarits spéciaux qui sortent de l’ordinaire, impossible ou presque de nous différencier au premier coup d’œil.

« C’est ce que tu crois, rigole Dredan. Je reconnaîtrais la démarche de canard boiteux de Cihylo n’importe où.
- Si t’arrêtais de regarder le cul des gens, toi, aussi, rétorque Bhubat. »

Ça se chambre dans une bonne ambiance avant d’aller s’asseoir tous ensemble à une table. Je vois la tignasse blonde d’Aria plus loin, elle aussi dans son propre groupe. Faudra qu’on essaie de discuter un peu ce soir, d’aviser. De faire ce pourquoi nous sommes venus. Tant qu’à faire, j’aimerais bien ne pas traîner ici plus longtemps que nécessaire. Coup de coude dans mes côtes.
« Hé, Zyg’, la blonde, c’la tienne ?
- La mienne, la mienne…
- Héhé.
- Oh ?
- J’l’ai vue le premier !
- Dès qu’elle aura vu ta sale gueule une seule fois, tu la reverras plus jamais, vieux.
- Et ta mère, sa sale… »

Ouais, ça se chambre.

Les joies de l’amitié virile.
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Léonie Morret
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Lun 4 Juin - 10:29
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Profession : Commandante de Busad
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- «  Merci à vous » souffla simplement Léonie en suivant gentiment la troupe, non pas sans adresser un regard entendu à Mary « Je vous promets que tout ceci ne dura que le strict minimum »

Si Léonie n’avait pas réellement de point d’attache, quoiqu’en creusant bien par-ci par-là, il était plus ou moins évident que malgré ses dires certaines personnes avaient pu se trouver une place de choix dans son quotidien. La jeune femme comprenait bien, ou tout du moins imaginait parfaitement à quel point cela pouvait être dérangeant et perturbant d’être loin de sa progéniture. Pieds à terre, ou tout du moins juste à côté de celui qui était finalement venu accueillir le duo, la commandante était plutôt satisfaite d’avoir quitté le bruit du vent et la hauteur du ciel, si elle était bonne cavalière, monter des créatures volantes était un brin différent. Prenant une légère inspiration, cherchant à faire preuve d’une plus grande convenance, elle se présenta, afin de signifier la raison de sa présence ici, elle n’avait absolument aucun temps à perdre. Si Mary souhaitait rentrer rapidement, l’ancienne protectrice confirmée n’appréciait pas de rester trop loin des terres qui l’avaient vu grandir. Suivant docilement celui qui faisait office de guide jusqu’au lieu de rencontre, elle profita du petit moment de pause pour se préparer, paraître plus présentable, mais aussi se reposer un peu les yeux. Ce fut finalement après un petit temps qu’elle rejoint la messagère, ainsi que les différentes personnes présentes. Son regard se porta en premier lieu sur le Gharyn, puis le Khorog qu’elle salua respectueusement d’un signe de tête un peu plus maîtrisé, avant de trouver place non loin de celle qui lui avait tenu compagnie durant le voyage.

Le début de l’échange ne tarda pas à débuter, Léonie était silencieuse, certainement un peu trop, se contentant d’analyser la situation, de comprendre l’enjeu et surtout le fondement des doutes qui semblaient animer certaines personnes présentes. Une image parfaite, sans faux pas, une étrange sensation d’une trop bonne coordination, d’une trop belle acceptation. D’après le premier intervenant, il n’y avait jamais eu de problème, de soucis notables entre l’entente des deux peuples, du moins en apparence comme souvent. Léonie ne peut s’empêcher de froncer les sourcils, avant l’événement du bal, avant ce traumatisme dont elle avait été témoin, elle aurait fait comme eux, elle se serait fiée aux apparences, mais maintenant ? Non. Ses lèvres se pincent, alors qu’elle devient beaucoup plus sérieuse, beaucoup plus attentive à la suite de la conversation. La notion de perte de magie la fit froncer les sourcils, alors que son esprit tourner déjà à plein régime pour déterminer le comment c’était possible, vint ensuite une pensée plus sombre moins avouable, le questionnement du pourquoi les architectes accepteraient de telles actions des étrangers sans réagir, d’autant plus depuis l’événement du bal ou Khugatsaa lui-même avait manqué de finir en mauvais état –quoi que hormis la mort, ça n’aurait pas pu être pire-.

La suite était beaucoup plus complexe à appréhender, à accepter, si la première difficulté, problématique vis-à-vis de la perte de pouvoir était dramatique, celle de la transformation en anomalie semblait à ses yeux davantage inquiétants. Fallait-il prendre le moindre risque possible tout en conservant cette approche intelligente du lieu afin d’obtenir des preuves. Intervenir de nuit ne pouvait être qu’un avantage finalement, avec l’absence de l’astre, la commandante espérait que la raffinerie soit moins active et de ce fait plus accessible. Son deuxième sourcil se souleva, si elle voulait bien croire que les étrangers étaient responsables de tous ces maux, elle ne croyait en revanche absolument pas à la théorie du complot. Malgré cette rancœur encore bien vive pour ceux qui ne respectaient à ses yeux pas grand-chose, elle restait convaincue que l’événement de la paix était une attaque isolée d’un groupe un peu décervelé, quant à l’ancienne mine, cela devait sans aucun doute être la même chose.

- « Je ne suis pas certaine que provoquer la guerre soit une bonne chose » souffla une ancienne protectrice confirmée un peu dépitée plus pour elle-même

Léonie n’avait pas accepté de venir pour obtenir enfin la preuve qui forcerait le conseil à ouvrir les yeux, la jeune femme n’était absolument pas dans une optique de guerre, même si sa rancœur encore un peu trop à vive, ne lui permettait pas toujours d’avoir les idées claires. La commandante était là pour avoir les éléments suffisants en sa possession pour prouver à son propre Gharyn qu’il fallait être prudent, se préparer au pire. Sa plus grande crainte était de voir la population qu’elle avait juré de protéger toucher, tout en flirtant une nouvelle fois avec ce sentiment d’impuissance qui l’avait animé lors du dramatique incident de Yeronkhii. Celle qui avait décidé de dévouer sa vie à son dirigeant et sa population conserva néanmoins ses pensées pour elle-même, bien que ceux proches avaient largement du constater ce petit visage plus fermé, moins avenant, plus dubitatif. Mary avait récupéré une pierre qui permettrait de collecter les preuves, et si jusque-là, la jeune femme avait préféré garder le silence, elle décida de prendre la parole. Se relevant doucement, elle s’adressa principalement à celui qui était à la tête de tout ceci, si sa voix et son regard étaient teintés d’un profond respect, elle n’en restait pas moins plutôt honnête et un brin têtue.

- «  Afin de clarifier un point avec vous, nous ne sommes pas là pour offrir à quiconque un moyen de provoquer un événement qui nous dépasserait tous. » Siffla-t-elle le regard bleuté sur le Khorog et son Gharyn « Nous sommes là dans un but commun de protection et si je suis en accord avec vous sur le fait, que si les faits sont avérés il faudra agir, je suis cependant contre de prendre un élément sorti de son contexte pour le présenter au conseil avec un seul but, nuire à l’ensemble des individus. » Elle fit une pause, dévisagea un instant les personnes présentes alors qu’elle réfléchissait «  Nous n’aurons aucun bénéfices à déclencher un événement trop important pour notre histoire, si ce qui vous importe est un aspect de vengeance, de mon côté, je ne ferais rien qui pourrait mettre en danger notre peuple. Tous ne sont pas en mesure de supporter et d’affronter une invasion des étrangers. »

Léonie s’arrêta consciente qu’elle avait été bien plus loin que la conversation initiale, avait-elle préféré anticiper, relativiser vis-à-vis des pensées des actions futures qu’elle avait cru percevoir, entrevoir dans un œil de méfiance, de crainte aussi. La commandante ne pouvait cependant offrir un soutien dans cette direction, qui serait largement contre la philosophie propre à son dirigeant –auquel elle n’adhérait plus, mais qu’elle n’avait pas le choix de respecter-. Consciente que son discourt pouvait prêter à confusion, elle inclina poliment et respectueuse la tête, ajoutant simplement de manière plus courtoise.

- «  Ceci étant dit, ne doutez pas une seule seconde que nous ferons notre possible pour recueillir les preuves afin de protéger les hommes et les femmes se trouvant sous votre responsabilité. Si vous n’avez pas d’autres remarques à nous faire parvenir, nous devrions comme vous l’avez suggéré nous mettre en route. »

La conversation prit fin, ou se compléta légèrement avant que chacun ne retrouve sa monture afin de se mettre en route. La my’tränne avait jeté plusieurs regard appuyé en direction de Mary, cherchant à comprendre, percevoir les compétences de cette messagère, ne devait-elle pas uniquement compter sur sa magie, savait-elle au moins se battre ? Juste un peu ? L’interrogation resta suspendue dans l’esprit de Léonie alors que ses doigts effleurer l’animal, cherchant à obtenir une harmonie légère –ou simplement à se rassurer en se répétant qu’elle n’allait pas chuter à peine en route-. Le trajet se déroula sans encombre, du moins à ses yeux et lorsque celle dont elle ignorait encore la croyance évoqua la pensée des bestioles, Léonie ne put que sourire en coin. Comme Flavien, cette femme était une adepte d’Orshin, ce qui était loin de lui déplaire, difficile cependant de savoir jusqu’où elle était capable d’aller. Flavien avait été en mesure de discuter avec des moustiques pourrait-elle peut être le faire avec des lézards ou autre créature minuscule se trouvant sur les lieux ? Peut-être pourrait-elle ainsi visiter le lieu pour ensuite mieux guider sans prendre le risque de tomber sur un garde ?

- « Ça me convient. » Souffla-t-elle « Si tout est bon dans cette zone, nous n’aurons cas nous poser là-bas, nous aviserons ensuite sur place la manière à adopter pour agir en toute discrétion. »

Léonie attendrait évidemment d’atteindre le sol pour échanger, discuter et surtout proposer cette idée qui lui semblait parfaitement adéquate à la mission. Si la commandante ne démontrait rien, elle n’en restait pas moins un peu anxieuse que ce soit vis-à-vis des armes à feu, des armures, avait-elle peur d’être trop malade pour le supporter, avait-elle simplement peur de ne pas être en mesure de protéger Mary qui lui avait confié être un peu inquiète pour sa famille. Ne restait-il plus qu’à poser pied à terre afin de découvrir l’endroit, afin de mettre en place en accord avec le Gharyn, une méthode à utiliser. En théorie, la nuit, devrait-il y avoir moins de personnes, non ?



Léonie vous parle en #ff9933
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Arianna Torricelli
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Dim 10 Juin - 3:11
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Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
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Elle n'était pas sûre d'être vraiment à sa place. Seule à une table bondée de daenars, invitée de bon gré à se joindre à leurs discussions et plaisanteries bon enfant, sans pouvoir leur hurler au visage qu'ils puaient la poussière et la technologie au point de s'étouffer dedans. Assez littéralement d'ailleurs. Ça n'était peut-être qu'une impression due à ce qu'elle savait de la raffinerie et ses rumeurs sur la vapeur de magilithe, mais sa gorge la démangeait. À l'intérieur, qu'elle voulait dire. Pas comme si elle avait avalé quelque chose que sa glotte qualifiait d'abrasif. C'était plutôt... c'était dans l'air, tout simplement. Ou dans sa tête, peut-être. Il faudrait qu'elle demande à Zygan, il devrait le sentir. L'air, c'était son répertoire, après tout. Mais à vrai dire, elle se sentait déjà infiniment mieux maintenant qu'elle avait retiré son masque. Répugnant. Une horreur. Qui lui grattait la peau, qui retenait la sueur, qui lui tenait trop chaud, qui devait l’empoisonner. Il était de notoriété commune que la technologie rendait les gens malades autant qu'elle détruisait la nature, et Arianna se voyait déjà contracter les pires horreurs à porter ça sur son visage. Sur son nez. Sur ses lèvres, qu'elle ne pouvait s'empêcher d'humecter régulièrement malgré ce qu'elle risquait. C'était comme se repaître d'un tas de viande pourrie qu'on aurait oublié trop longtemps dans son coin, ou de boire de bon gré un tas de pu qui suintait de la carcasse d'une bête malade - ça ne pouvait pas être bon. Elle se voyait déjà deux semaines plus tard, alitée et atteinte d'une peste incurable qui lui couvrirait le visage de pustules verts gorgés de sang, à mourir à petit feu en crachant ses poumons. Assez faible pour baigner dans son propre vomi.

Porter ce masque, c'était probablement encore moins hygiénique que de nettoyer ses chaussures à la langue. Aussi décida-t-elle de s’absenter pour passer quatre minutes à se laver vigoureusement le visage et les mains à grands renforts d'eau avant de passer à table. Sur une simple demande, un de ses collègues lui indiqua la salle d'eau la plus proche.

Et c'est alors qu'Arianna dû affronter...

Ce qui allait être la plus terrible épreuve que sa journée - peut être tout son séjour - allait lui imposer.

Les toilettes des daenars.

Elle entra sans se méfier, inconsciente des dangers qui l'attendaient dans cette salle malfaisante. Salle qui s'avéra on ne peut plus propre, quoi que décorée étrangement. Des mosaïques de carreaux faits de céramique recouvraient l'intégralité de l'endroit, dans un style particulièrement hideux qui, d'une manière complètement différente du reste de la mine, lui confirmait à nouveau l'appétence des daenars pour les environnements sinistres, stériles. Mais ça ne l'arrêta pas. Aussi poussa-t-elle jusqu'à l'intérieur, à la recherche d'un point d'eau pour se laver. Sans succès, malheureusement. Il y avait bien des bassines en céramique accrochées aux murs (lavabos en VF), des tas de tuyaux qui sortaient de ces bassines pour épancher leur contenu dans le sous-sol, mais... rien pour les remplir. Pas de fontaine, de bassin, ou de quoi que ce soit dédié à cet usage. Arianna balaya la salle du regard et en fit le tour pendant une bonne minute, à la recherche de quelque chose qu'elle aurait pu rater. Sans succès. Il n'y avait rien à faire.

Ou peut-être que si? Maintenant qu'elle s'y attardait, elle remarquait que chacune de ces cuvettes en terre cuite était ornée d'un objet métallique, en forme de... chose. Ou pénis argenté qui n'évoquait rien de digne, pour mettre les pieds dans le plat. Ça devait être autre chose, forcément. Mais non. Elle eut beau regarder, essayer de comprendre, Arianna ne trouvait pas. La chose disposait d'un embout ouvert orné d'une toile métallique - elle devinait un filtre - mais resta incapable de prolonger le raisonnement. De l'eau s'en écoulait? Pas en l'état, en tout cas. Sa magie ne l’aida pas à percevoir de l’eau là-dedans.

Il y avait un truc, forcément. Ou alors les points d'eau ne marchaient pas. Ou alors elle devait faire quelque chose en arrivant... qu'elle n'avait pas su faire. Elle fit demi-tour pour inspecter l'entrée, à la recherche d'instructions, ou de... quelque chose.

Cela faisait trois minutes qu'elle était dans la salle. A se sentir stupide, sans comprendre quoi faire. Sûrement un truc de technologie qui n'avait rien de normal, rumina-t-elle.

-Pfff, mais comment est-ce qu'ils font? Mmmh. Les bassines. Ça doit être du côté des bassines. Ils ne pourraient rien en faire d'autre que ça. Il y a même du savon.

En bonne partie parce qu'il n'y avait que ça de notable dans la pièce - elles étaient bien mises en évidence sur un comptoir devant lequel se tenait un grand miroir mural, et...

Et...

Il y avait les placards, également.

Certainement les toilettes. Ça, c'était quelque chose qu'ils ne pouvaient pas faire de différent. A moins que...

-Noooon. Qu’est-ce qu’ils pourraient…

Prise d'une brutale curiosité, la zagashienne ouvrit la porte d'un des cabinets. Et se retrouva face à un trône qui correspondait globalement à ce qu'elle s'attendait à trouver. À quelques détails près. Et comme toujours, c'était ces détails qui étaient les plus dérangeants.

Ils utilisaient de la céramique en plus du bois, là où les my'trans employaient de la pierre et du bois. Plutôt du bois, quand même. Moins violent pour s’asseoir en hiver.

Mais surtout, ils utilisaient... du papier. D'une piètre qualité, jugea-t-elle. Maaaiiiis... du papier? Ça ne pouvait être que pour une seule chose. Se nettoyer? Avec du papier? Un gâchis monumental? Mais à quoi est-ce qu'ils jouaient? Ça coûtait cher, du papier. Ça n'était pas pour rien que les plus grandes manufactures de My'tra, pour la majorité situées à Shuren, étaient concédées comme cadeaux par les primogharyns aux tribus qui figuraient parmi leurs plus anciennes amies. C'était rare et précieux.

Et beaucoup moins agréable au contact qu'une bonne pierre, coquillage ou feuille d'arbre, pour peu que l'on sache les choisir.

Mais ce qui attira le plus son attention, c'était... dans le trou des toilettes. Qui contenait de l'eau. Dans le trou. Qui n'était pas vraiment un trou, d'ailleurs. Dix centimètres, ou quelque chose comme ça. Et après... après quoi? Ce qu'on faisait restait dedans, jusqu'à ce que quelqu'un vienne nettoyer? Ça n'était pas comme ça que ça marchait, zut. Et pourtant le cabinet qui se trouvait devant elle était propre. Ainsi que les trois autres, vérifia-t-elle en finissant de découvrir l'ensemble de la salle d'eau. Un mystère qu'elle eut du mal à comprendre. Mais cette fois, elle aperçut un petit levier métallique sur le siège de céramique - et devina aisément qu'elle devait appuyer dessus pour...

-Quoi?

Pour la première fois de sa vie, Arianna tira une chasse d'eau. Sans comprendre ce qui venait de se passer. L'eau avait disparue, et de l'eau remplissait à nouveau la cuvette.

De l'eau qui venait de... d’où ?

-Bon tant pis, ça devient lourd là. Allez tut-tut, s'il te plait.

Et sur cette simple consigne, le contenu de la cuvette des toilettes s'éleva dans les airs pour se suspendre devant la my'tranne. Claire, limpide, propre - ce qui était presque le cas à la base, et qu'elle acheva en délestant l'eau de toutes ses impuretés. Une fois satisfaite, elle entreprit de se nettoyer dignement, jusqu'à ce que...

-Ça va, tu t'en sors?

Une petite voix fluette, mais certainement pas timide incita Arianna à se retourner, yeux grands ouverts malgré le masque d'eau savonneuse qu'elle avait accolé à son visage - le tas de mousse s'éloigna de lui-même pour ne pas la gêner. Face à elle se tenait une des ouvrières de l'usine, membre de son équipe avec qui elle avait pu échanger plus qu'un peu ce matin. D'un genre discrète et bienveillante, l'autre jeune femme, une petite brune à l’apparence quelconque dans sa tenue d'ouvrière, était plus âgée de quelques ans à priori. La zagashienne la reconnue sans mal, car la daenar s'était débrouillée pour ne jamais se trouver loin d'Arianna tout le long de leur tour. En bonne partie par simple bienveillance - elle aimait rendre service, et tournait souvent autour des nouveaux pour jouer aux anges-gardiens. Aussi parce que c'était un bon moyen de sympathiser avec les gens. Tout le monde s'accordait à dire que c'était quelqu'un de bien, elle était appréciée. Même Arianna avait dû le remarquer.

-Lauréanne, se souvient la my'tranne en prenant la parole.
-Naaaaaaaan. Hahaha. Tu te nettoies avec l'eau des chiottes?

Gentille et tout ce qu'on voudra, elle était quand même morte de rire.

-Quoi?
-Mais enfin franchement pas, quoi ! Pfhahaha hihihi... Arrête c’est pas poss… brahaha...
-Quooii?, insista la my'tranne.
-M’aifin... m’enffe... m'enfin, c'est fait pour pisser dedans!
-C'est de l'eau propre, se défendit l'autre, déjà bougonne et pratiquement vexée. J'y ai fait attention.
-Ben si tu le dis... mais attends... hahaha, oh que non... t'étais dans quelles toilettes?
-Celles à gauche?
-J'Y AI CHIÉ CE MAT'HIN HIN HIN HAHA HAHA!!!

Complètement. Morte. De rire. A s'en tenir les côtes tellement elle avait mal. Arrachant une grimace contrariée à la nouvelle venue.

-MERCI POUR CE DÉTAIL, J'EN AVAIS VRAIMEN...
-JE PLAISANTE!!! JE PLAISANTE!!! C'ÉTAIT JUSTE POUR LA BLAGUE!!!!!! J’L’AI PAS FAIT J’RIGOLAIS ! PITIÉ NE TE PAS...
-...
-Rhoooo allez sourit quoi, franchement elle était drô...
-NON.
-Bah moi je rigole beaucoup et...

La petite brune hésita un instant, cherchant à articuler ses excuses sans parvenir à finir sa réplique. Elle buta un instant sur le masque savonneux qui perlait sur le visage d’Arianna, sa grimace indicible façon moue contrariée, et resta mentalement coincée dessus, pour enfin…

-T'AS VRAIMENT PLONGÉ LA TÊTE DEDANS POUR TE RETROUVER COMME Ç'HAHAHAHA...
-J'ai tout fait. Par magie.
-Bhraharhar... NON désolée, c'est mal de rire comme ça mais... je veux dire, je n'y ai pas pensé d'abord mais j'aurais dû me souvenir que vous avez toujours du mal dans les toilettes et je voulais te prévenir... T'ES LA PREMIÈRE A METTRE LA TÊTE COMME Ç'HAHAHAHA HIHI HUHU...
-MAIS je n'ai PAS... RAAAAH, REGARDE COMMENT J'AI FAIT PUISQUE C'EST ÇA ! ARROSE!

Et c'est alors qu'elle désigna sa cible du doigt. Et que les toilettes acquiescèrent muettement en balançant un long jet à haute pression qui traversa la salle jusqu'au visage de la petite brune, sans jamais s’interrompre.

-Bwaaaaaaah c'est vraiment trop... hiiiii frrrooooiiiid…. BWARH HARHARH HAR pitié arrêêêête c'est vraiment pas...
-SI ! C'est de bonne guerre.
-Non mais je... j'voulais pas... JE ME FAIS PISSER DESSUS PAR DES TOILETTES ENFIN, C'EST VRAIMENT JUSTE...
-DES toilettes? C'est une très bonne idée.
-Nonnonnon nonpasça je veux pas NON PAS CA !
-Vous avez entendu?, fit la my'tranne aux deux autres cabinets.
-NON NON NON J'PLAISANTAIS JE NE VEUX PAS...
-Je plaisantais aussi.

Et c'est alors que le jet s'arrêta, puis que lentement, les poches d'eau entreprirent d'elles-mêmes de s'en retourner jusqu'à leur source, flottant paisiblement à travers la salle quand elles ne faisaient pas des bonds dignes de sauterelles pour s’y rendre fissa. La nomade s'approcha alors de l'autre pour faciliter son emprise sur l’eau épongée par ses vêtements, et la sécha en quelques dizaines de secondes, sans vraiment faire un geste. Lauréanne resta pour cette fois attentive, pas du tout inquiétée, notant juste que la blonde avait visiblement la manie de parler à l’eau pour la faire se mouvoir. Pas vraiment habituel pour ce qu’elle avait vu. Mais elle n’avait pas vraiment l’expérience de la magie, en fin de compte.

-Pratique, commenta l'autre.
-Très très pratique, confirma la my’tranne.
-La magie des my'trans, donc. Celle de Zagash. Vous faîtes tous des machins aussi pratiques que ça ? Tous les my’trans ? Les gars de Zolios ont pas l’air si à l’aise pour leurs trucs.

La Nerassa observa étrangement Lauréanne. Elle ne s’attendait pas vraiment à donner dans ce genre de discours, mais… pourquoi pas, après tout.

-Je… pense très honnêtement que non. Nous avons le plus utile pour tout le quotidien. Les Zolios ont le feu, mais très peu sont capables d’en faire apparaître. Alors que l’eau est largement plus présente normalement – et beaucoup plus facile à l’usage. Je suis nulle en magie, et j’arrive à faire ça. Et ça… c'est surtout que Dalaï fait le maximum pour permettre à ceux qui...
-Aaaaah. Donc vous avez vraiment un architecte des toilettes? Vous commandez aux chiottes?

Et c'est alors que la petite brune... qui faisait la même taille qu'Arianna à mieux y regarder... se remit à ricaner en lui lâchant un grand sourire bienveillant. Une arme très désarmante. Elle n’était pas sérieuse, ça se voyait aisément. Elle n’était pas non plus offensante, c’était plus fin que ça. C’était juste… de l’absurde ? De l’humour nul.

-Mmmngh. Pitié, ne fait jamais cette blague devant un autre my'tran. Ca pourrait leur donner des idées. Si c'était un connard de Zolios ou de Kharaal... non, même si c'était Zygan, je risquerais de les tuer tellement ils seraient insupportables.
-Ah?
-Mmmh… encore que je pourrais dire que Suns et Amisgal se cumulent bien pour…faire des pets s'il devient énervant... niveaux gaz incendiaires il est assez violent quand ça lui prend dans son sommeil, et pourtant je dors pas à cot… bon, fais comme tu veux finalement, on va dire que… quoi que non, ne la refais jamais. S’il te plait.

Une daenar. Qui faisait des blagues sur les architectes. Elle n'y connaissait rien, et c'est pour ça qu'Arianna laissait filer sans rien en relever. Même de la bouche d'un autre my'tran, c'était comme quand on insultait sa mère, ça n'avait rien d'intelligent tant que ça ne s'étayait pas. Alors de la part de quelqu'un qui n'y connaissait rien, c'aurait été stupide de s'énerver comme ça. Indépendamment du fait qu’elle n’avait pas vraiment le droit se faire remarquer pour des querelles stupides.

-Je venais te montrer comment ça marche, re-railla la petite brune en reprenant contenance. T'as vu les lavabos? Vous galérez toujours devant les robinets. Mais c’est pas compliqué, j’te promets.
-Le pénis en métal, là?
-C'eeeeest... ah bah merde, t’as raison. Attends de voir comment ça marche, t'as pas idée de comment c'est ça en plus. Putain j'les verrais plus jamais d'la même manière mainten...
-Et donc vous faîtes comment?
-Tu lui attrapes les couilles et tu les tournes!!!
-Mmmh?
-Ce gros bouton. C'est comme une manivelle. Tourne-le sur le côté.

Et c'est ainsi qu'Arianna appris à se servir… d'un robinet. Ce qui lui sauverait peut être la vie si d’aventure elle venait à se perdre dans un complexe daenar. A mieux y réfléchir, elle avait vu beaucoup de mécanismes comme celui-ci dans toute la raffinerie. Si les robinets donnaient de l’eau, ça devrait lui servir. Sûrement.

-Non, il n'y a pas d'aqua-magilithes qui se cachent derrière pour que ça marche, expliqua Lauréanne en anticipant par expérience les questions qu’on pourrait lui poser. Ça marche parce que... euh... sûrement une histoire de pression, en vrai je ne sais pas.
-...?
-Bah c'est comme tout quoi, les bons objets sont ceux que tu peux utiliser sans rien comprendre à ce que ça fait.
-Pas besoin de savoir fabriquer une poêle pour pouvoir s'en servir.
-Exactement ! Et du coup... tu veux essayer?
-Pas besoin. J'y arriverai.
-Euuuh... okay.

Même si elle constatait que le robinet permettait bien à l'ustensile de sortir de l'eau, elle ne se sentait pas de manipuler une création daenar. Pas de le faire sans raison, en tout cas.

-Et pour les chiottes maintenant...
-Pas besoin de me montrer.
-Non, je ne vais pas faire une démonstration. Juste, tu fais ce que tu as à faire et tu appuies ensuite sur ce levier. Puis tu te nettoies avec le papier et... euh... nettoie avant d'appuyer sur le levier, en fait.
-Qu'est-ce que ça change sinon?
-Un serpent sort du trou et te mord les fesses pour te manger son âme parce que tu n’auras pas respecté la procédure en vigueur agrée par le directeur de l’usine.

La my'tranne pouffa légèrement. Une des hantises de son enfance, tiens. Le monstre troglodyte qui habitait sous les toilettes, quand ils s’arrêtaient le temps de quelques semaines dans des villages amis. Ca remontait à très loin. Aux dernières nouvelles, il avait pris sa retraite et coulait maintenant des jours heureux du côté d’Eklhen avec sa compagne qui mangeait les enfants qui ne se nettoyaient pas les dents comme il faut. C’était en tout cas ce qu’il avait fallu qu’on lui vende quand elle était toute petite pour qu’elle aille sur le trône comme les grands. Une horreur.

-Ça te forcerait à la tirer une deuxième fois, se reprit la daenar. C'est triste de gâcher de l'eau.
-Mmh.


*
* *
*


-Ben alors, on avait du mal à trouver la sortie?
-Stop sur les blagues, Jacq'. Je crois qu'on a rempli le quota pour la journée, niveau thèmes à la con.

Les deux jeunes femmes avaient rejoint le réfectoire et leur équipe, déjà bien avancée dans son repas. Ça n'avait pas empêché les arrivantes de se composer des plateaux bien garnis, malgré - comme le flaira bien vite Torricelli - le fait que les victuailles mises à leur disposition soient dignes de l'improbable rencontre entre la cuisine daenar et de celle de Zolios.

Faite à partir d'ingrédients décevants pas forcément employés de la meilleure façon, voilà ce qu'elle voulait dire. Le fait d'avoir les faveurs de la flamboyante n'aidait pas la région à bénéficier d'une agriculture prospère - et même plutôt le contraire. Cela dit, les industriels d’Hinaus avaient ramené beaucoup de denrées qui venaient de chez eux, en plus du matériel.

Pour le côté daenar, elle put rapidement constater que les stéréotypes qu'on lui avait vendus à leur sujet étaient vrais : des millénaires de passion immodérée pour les pommes de terre, le fromage, la viande et la graisse écumante paradaient glorieusement sur sa table. Ses cinq voisins, hommes et femmes confondus, avaient empilé sur leurs plateaux plus de saucisses qu’elle-même n’en…

Non, elle refusa de finir cette phrase.

En plus, ils ne savaient pas cuisiner le riz correctement. Dans le trio de plats qui étaient proposés, elle avait cherché à se réfugier dans ce qui approchait le plus de son régime habituel... une erreur gravissime. Elle sentait bien au palais que les céréales exportées par les zagashiens ne concernaient clairement pas le meilleur de leurs récoltes - et que leur façon de les préparer relevait d'une technique qu'on n'imitait pas comme ça. Et les poissons qui tentaient d’égayer son assiette faisaient pâle concurrence à ses ingrédients habituels.

Par contre, la sauce qu’ils mettaient dans le riz était... réellement excellente. Visiblement à base d'une purée de... pas exactement de fruit à la texture qu'elle devinait... et c'était du salé. Sucré-salé, plutôt. Et l'ensemble était violacé, tendant vers le brun. Le pain aussi, lui faisait forte impression. Il était sec, presque désagréablement pâteux en bouche, mais ça relevait du choix - et elle pouvait sentir les arômes de la moindre céréale se diffuser dans sa bouche quand elle croquait dedans. Pour chacune des sept variétés différentes disposées en corbeilles sur sa table. Tant de pains, c’était plutôt…

Agréable à tremper dans sa sauce, ce dont elle ne se priva pas.

-Verdict?, lui demanda un voisin.
-C'est vraiment différent.
-Dans le bien ou le mal?
-Je... donnerai une réponse honnête, si je réponds.
-Haha, ç’a l’air d’être un non ça. Allez, vas-y.
-Votre poisson est horrible, sa sauce encore pire et la soupe est juste... bof. La sauce du riz est fabuleuse, les pains sont tous meilleurs les uns que les autres, vos plats ne me font pas du tout envie…
-Tu devrais essayer le schweinbraten, lui suggéra un épais quarantenaire à la chevelure rousse. Et de la purée. En général, vous tolérez mieux ça.
-Qu’est-ce que c’est ?
-Ca, fit un autre en désignant un épais rôti de porc imbibé de sauce épaisse. Si t’es vraiment dans le dur, demande juste des œufs. Et je confirme que les poissons sont nazes, ici. Ca vient pas du Tyorum ou de Vereist, pas de secret.
-On a souvent des arrivages de gibiers, sinon. Ils sont plutôt pas mal. Et les cuisines commencent à faire des trucs sympas avec les épices locales, aussi.
-Je vois ça.

Arianna venait juste d’entrevoir le set de condiments mis à disposition, sur la table. Les épices n’étaient pas nécessairement locales, avec des graines qui provenaient également de Suhury et du sud-est Zagash, mais c’était bien assez pour qu’elle puisse rattraper son assiette.

Et pendant qu’elle finissait en paix, écoutant ttranquillement des conversations qui ne la regardaient pas encore, répondant succintement aux questions – assez peu intrusives, vu le tact du groupe – qu’on lui adressait pour l’intégrer doucement, deux des autres complotèrent à voix basse.

-Elle a pas pris de dessert, c’est normal ?
-Typique. Ils osent jamais la première fois. Puis ensuite ils enchaînent Lackerlis-forêts noires et ils deviennent raides dingues fans. Donne lui juste quatre repas, tu verras.

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Zygan
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Mar 19 Juin - 21:04
Irys : 223117
My'trän +2 ~ Mistral

On mange d’un bon appétit la ration qui nous est servie. Ce n’est pas très bon, mais c’est nourrissant, et il nous faudra des forces pour travailler tout le long de l’après-midi. Je vois Arianna se lever, partir quelques temps, puis revenir avec une petite brune. Elle commence déjà à s’intégrer, c’est chouette. La brune doit être une autre disciple de Dalaï, cela dit, donc comme intégration, on verra mieux, je pense. Et d’ailleurs, après les quelques vannes d’usage, je commence moi aussi à faire connaissance avec les gens de ma table.

« Alors, Zygan, t’es d’où ? Entame Bhubat.
- Oh, d’un peu partout. En général, je ne m’établis nulle part.
- Le pur nomadisme, hein ? Qu’il enchaîne.
- Oui, j’ai un peu de mal à rester trop longtemps au même endroit.
- Alors pourquoi venir ici ? Tu ne risques pas de voir beaucoup de paysage, intervient Arkahg de sa calme voix de basse. »

Tout était subitement tellement naturel qu’il me faut quelques secondes pour me rappeler du mensonge que nous avons concocté avec Aria.

« En fa…
- T’es pas obligé de dire, coupe Cihylo. Nous non plus, on veut pas forcément raconter pourquoi on descend dans ce trou à rat.
- Parle pour toi, moi j’veux savoir !
- T’es beaucoup trop curieux pour bosser dans une mine, quoi que quand ça t’amènera six pieds sous terre, tu l’auras pas volé.
- En parlant de vol, tu veux pas nous parler de pourquoi t’es là ?
- J’vois pas de quoi tu parles.
- Ouais, ouais, à d’autres.
- Hé, bouclez-la, merde, fait Bhubat, qui semble vraiment être le leader du petit groupe. Alors, Zyg ?
- Nan bah pas grand-chose, on voyage vers Darga, on avait besoin de passer un peu de temps et gagner un peu d’argent.
- Donc vous restez pas longtemps ?
- Un petit mois grand maximum, je dirais.
- Ils disent tous ça.
- Qui ?
- Les gens. Mais on est tellement adorable qu’ils osent plus repartir, de peur qu’on leur manque, assure Dredan. »

On rigole tous dans une ambiance bon enfant.

« Et vous ?
- Daënar.
- Pareil.
- Ici aussi.
- Khurmag pour moi.
- Zolios.
- Deux.
- Mais vous vous entendez bien, que je remarque.
- Ouais, encore heureux. Y’a des tensions, mais c’est normal, on travaille durement, mais tous ensemble.
- Et celui qui fait pas sa part, elle pèse directement sur les autres. Autant dire que ça nous rend pas très patient, abonde Arkahg.
- Mais généralement, ces gens-là restent pas très longtemps. C’est que ça devient vite pesant pour eux, et pas que physiquement… »

L’avertissement ne tombe pas dans les oreilles d’un sourd, en tout cas. Pas que je comptais faire le passager clandestin, de toute façon : quand on fait quelque chose, on le fait bien, ou alors on ne s’engage pas à le faire, m’a appris ma maman. Et toute ma famille. Je ne comptais pas rester spécialement non plus, cela dit. Mais je trouve ça chouette de voir que tout le monde s’entend bien dans une ambiance bon enfant.

« Nan, globalement, on s’entend bien.
- Sauf la fois où Cihy a…
- Je croyais qu’on parlait plus de ça ! »

Ils sont interrompus par Arianna qui, après s’être rassise pour finir de déjeuner, se lève et se dirige droit vers nous.

« Mon charme légendaire opère déjà, assure Dredan. »
Des sourires et quelques rires. Puis elle se penche juste au-dessus de moi pour me chuchoter un truc à l’oreille.
« On sort faire un tour ce soir ? »

Je hoche la tête sans répondre. C’est qu’on doit quand même investiguer et savoir si des gens sont réellement réduits en esclavage ici, sans parler des rumeurs de perte de Dons. Elle laisse familièrement la main sur mon épaule avant de se redresser pour retourner au milieu de ses nouvelles copines, qui gloussent si peu en nous regardant. Du coin de l’œil, je note aussi un des transporteurs donner une tape sur l’épaule de son voisin, qui lui donne des irys de mauvaise grâce. Ha, je vois. Les salauds. D’ailleurs, ils me jettent tous des regards entendus et des petits sourires.

Je baisse la tête et je continue de manger.

« Au temps pour ton charme légendaire, souffle Arkahg.
- Ta gueule. »

Je saute les desserts, je ne veux pas trop manger avant de reprendre. Puis si c’est aussi bon que le plat, je préfère me contenter de l’utilitaire, et réduire les mauvaises expériences au maximum. Simplement, la perspective de renfiler la combinaison intégrale ne m’enthousiasme pas plus que ça. Je préfèrerais mille fois continuer à échanger avec les autres, sur nos passés, ce que nous faisons là –même si je mens, plutôt que travailler. Mais vivre et survivre, ce n’est pas que s’amuser, que je sois dans la mine ou dans la nature, et qu’est-ce que je déteste aider à mettre bas du bétail !

Mais c’est aussi pour ça que la plupart du temps, je vis seul dans les bois.

Finalement, Bhubat sonne la fin de la récréation et redresse son imposante carcasse. Les dernières bouchées sont gobées à la va-vite par les retardataires et j’en vois deux ou trois qui prennent les morceaux de pains restant des corbeilles pour se faire un petit casse-croûte. L’un d’eux le fourre déjà dans sa bouche et commence à mâcher avec application, alors que les autres les glissent dans des poches. Moi, ça ira bien. J’ai déjà l’impression d’avoir trop mangé par rapport à d’habitude. Je ne sais pas si je finirai toutes mes assiettes, les autres jours, en fait. Ou ne serait-ce que ce soir.

J’appréhendais de remettre ma combinaison. Finalement, c’est pire que ce que j’anticipais. A cause des efforts de la matinée, elle est un peu plus moite, et encore plus irritante. Je serre les dents et j’enfile tout. Avec un dernier soupir et un regard vers le ciel, je mets le casque et si je perçois encore l’air grâce à mon sixième sens, pour ce qui est de le sentir, c’est nada. Evidemment, je suis le dernier à avoir réussi à m’équiper, mais les autres m’attendent patiemment. Ils ont tous dû passer par là. Puis Bhubat fait un signe et ouvre la marche vers nos wagons et les tréfonds. Ils sont là, posés, vides. Je reçois une tape sur l’épaule, en encouragement, de quelqu’un qu’il est impossible d’identifier, puis je prends mon outil de transport pour descendre.

Au final, l’après-midi semble être une véritable redite de la matinée. Descendre, prendre un wagon chargé, le pousser péniblement jusqu’en haut sur des rails pleins de virages en épingle, puis le laisser au soleil. Une fois là, récupérer un wagon qui a été vidé, le pousser lestement jusqu’en bas, ce qui ne demande pas tant d’efforts finalement, et recommencer. C’est simple, simpliste, abrutissant, fatigant. Mais l’exercice physique a sa propre récompense dans la clarté qu’il donne à l’esprit, c’est bien connu.

Je laisse mes pensées vagabonder sur mes compagnons, Bhubat le père de notre petite famille, daënar évidemment, un peu bourru mais qui aide quand c’est nécessaire. Dredan le joli-cœur, de Zolios, fortement intéressé par tout ce qui porte le jupon. Arkahg et son humour abrasif. Cihy qui joue un peu le rôle de dindon de la farce, de bon cœur, pour se mettre en lumière… Chaque groupe a sa dynamique, et celle-là est conviviale, fraternelle. Il faudrait simplement établir davantage de liens avec les mineurs, pour que je puisse accomplir ce pour quoi je suis là.

Quand j’arrive en bas pour une énième fois, je suis seul, à part deux mineurs, justement. Dommage que les tenues empêchent d’échanger le moindre mot, mais si même les daënars ne veulent pas respirer l’air de la mine, avec leurs connaissances étriquées, inutile de dire que je ne vais pas jouer au plus malin en le faisant. Le seul wagon qui se trouve là, à part le mien, est rempli plus qu’à ras-bord. C’est le premier de son genre que je vois, avec la magilithe et les cailloux qui dépassent largement du haut, au point de risquer de chuter à sa chaque seconde.

Je prends un grand souffle et j’attrape les minéraux du haut pour les déplacer dans le wagon vide, mais un mineur m’attrape le bras au premier bout de roche. Puis il fait un non de la tête. J’incline la mienne en signe universel d’interrogation, et il refait le sien. J’ai envie de demander pourquoi je dois monter ce wagon trop plein, alors que je suis sûr que je vais en renverser partout dans des virages délicats à négocier, mais comme il ne pourra de toute façon pas m’expliquer. Je hausse les épaules, hoche la tête, et j’accepte ce qu’il me dit.

Au bout de cinq mètres, ça ne loupe pas. J’ai déjà éparpillé des morceaux derrière moi, et si je m’arrête pour les récupérer, le wagon va redescendre sous la simple action de la gravité. Je me sens un peu coincé. Un peu plus tard, en face de moi, sur les autres rails, un collègue descend tranquillement en retenant l’engin d’une main distraite. Il remarque mon wagon, s’approche, et approche son visage du mien au point d’être à à peine quelques centimètres. J’arrive presque même à distinguer ses yeux. Il se raidit brusquement et me tape lui-aussi l’épaule. Puis il pointe vers le bas.

Je hoche la tête et je reprends ma pénible poussée vers le haut quand il m’attrape au collet pour m’arrêter. Il tire même d’un coup sec et je manque de me casser la gueule. Comprenant enfin ce qu’il veut, je m’applique à le suivre en retenant mon wagon pour éviter qu’il ne descende trop vite. En chemin, il ramasse tous les morceaux que j’ai semés pour les jeter dans le sien, de wagon, jusqu’à ce que nous arrivions tout en bas. Sur le coup, je trouve ça plus facile que monter, mais au final, je ne fais en réalité que perdre mon avancée précédente, en sachant pertinemment qu’il faudra remonter ensuite…

Arrivés en bas, les wagons s’arrêtent d’eux-mêmes sur le bout de plat, et les deux sont toujours là à remplir le suivant. Mon collègue fonce d’un pas décidé vers eux et colle une beigne de tout le poids de son corps dans la tête du mineur le plus proche, qui tombe au sol sous la surprise. Sonné, peut-être, avec la tête qui se cogne partout dans le casque. L’autre réagit tout de suite, attrape son vis-à-vis à l’épaule, le secoue. Il esquive un direct, plante un coude dans la poitrine. Ils tournent sur eux-mêmes au point que je ne parviens déjà plus à distinguer qui est qui, ou presque.

Alors, quand celui qui est au sol leur fauche à tous les deux les jambes et qu’ils tombent dans un enchevêtrement de membres, j’abandonne. Enfin, pas totalement. Je vais sur eux d’un pas décidé pour essayer de les séparer. C’est que ce n’est pas très bon pour la cohésion d’équipe, la bagarre. Dans la lumière sourde des lampes, on entend le bruit sourd des pioches et celui encore plus assourdi des coups. Les grognements et respirations hachées qui constituent pourtant le contrepoint naturel sont absents, bloqués par les équipements.

Du boyau de la mine sortent trois mineurs équipés de pioches dont le pic doit être long de bien trente centimètres. Le genre à pouvoir traverser un homme de part en part. Ils les tiennent comme des marteaux, et commencent déjà à armer leurs frappes. Et ils frapperaient, je n’en doute pas, s’ils savaient seulement qui viser. A la place, ils se contentent de nous donner des coups avec les manches, pour nous faire mal jusqu’à ce que tout le monde se fige. Je ne voyais pas vraiment ma première journée de travail à la mine comme ça…

D’en haut vient le fracas d’un wagon à vide qui percute dans un crissement métallique celui qui se trouve déjà à l’arrêt et manque de se renverser. Puis une forme immense apparaît à côté de moi, m’écarte d’une bourrade énergique. Je tombe en arrière, sur les fesses. Puis une main comme un battoir attrape chaque combattant et écarte le dernier d’un coup de pied bien senti pour les redresser en position debout. Le nouveau venu les fixe une poignée de secondes avant d’en éjecter un vers les mineurs, et l’autre sur moi. Puis il croise les bras d’un air menaçant face à ceux qui sont armés de pioches, et qui le regardent, les mains serrées sur leurs armes.

Finalement, un dernier type se pointe derrière eux et leur colle à tous une bonne grosse torgnole avant de les trainer dans le boyau. De nouveaux chocs sourds. Et ce n’est pas le bruit des pioches. Hum. Notre sauveur se tourne vers nous, fait signe de remonter. Je suis à peu près sûr que c’est… Mais je m’exécute et je me colle derrière mon wagon toujours trop rempli. Il place son imposante carrure à mes côtés et m’aide considérablement. Les autres ramassent les minerais éparpillés et prennent leur propre wagon. Après une bonne quinzaine de minutes à souffler et s’essouffler, on voit poindre la lumière du jour.

On lâche le wagon à l’endroit approprié. Je me prépare à redescendre quand il enlève son masque pour révéler le nez épaté et les yeux marrons écartés de Bhubat. Comme il vient de se déséquiper, je fais de même et respire avec gratitude une gorgée d’air frais. Les autres vaquent à leurs occupations, sauf celui qui m’a aidé, qui reste. Avec le temps de la montée, j’ai pu réfléchir à ce qui s’est passé au calme, et c’était salement évident.

« Bizutage, hein ?
- Ouais. Faut pas chercher plus loin, ni aller plus loin, avertit Bhubat.
- On allait pas se laisser emmerder, intervient Cihylo puisque c’est lui.
- Nan. Mais ils ont réglé ça entre eux, maintenant.
- Comment on peut savoir ? S’acharne-t-il. On va pas passer pour des couilles molles, quand même ? »

Bhubat soupire.

« Je vérifierai après d’Elarius, pour vous faire plaisir. C’est bon ?
- Pfft. Parfois, t’es trop arrangeant, Bhubat.
- Je veux juste pas d’emmerdes. Et si j’dois vous expliquer ça plus méchamment, je peux aussi. »

J’avise ses oreilles en chou-fleur, je me rappelle des métacarpiens couverts de cicatrices. Non, je ne suis pas spécialement volontaire, et à voir Cihy, lui non plus.

« Zygan ?
- Moi c’est bon. Si c’était juste une petite blague de mauvais goût et que la situation est réglée…
- C’est pas des mauvais bougres. On s’amuse juste trop rarement, en bas.
- Je me doute.
- Mais te laisse pas trop marcher dessus quand même, assène-t-il.
- Ca devrait aller.
- Bon. On y retourne alors. »

Le reste de l’après-midi file pendant que je réfléchis. Bhubat, l’autre en face, Elarius peut-être. Deux solides gaillards qui maintiennent leurs troupes en bon ordre de marche. Daënars peut-être tous les deux. Exactement ce qu’il faut pour surveiller tous les gens qui finissent ici et s’assurent qu’ils marchent au pas. Un genre de contremaîtres officieux, qui rendent des comptes plus haut ? Ca pourrait mériter d’être creusé.

N’empêche.

Un rude métier rend les hommes rudes.
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Khugatsaa
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Ven 29 Juin - 16:29
Irys : 114977
Administrateur
C’était une belle nuit, un ciel regorgeant d’une nuée d’étoile qui parvenaient à percer les branches des arbres morts de la région et à illuminer, non sans l’aide des deux lunes, le parterre terreux et sec que foulaient discrètement la petite troupe d’espion et qui s’approchait lentement mais surement du pan Nord-Ouest des fortifications. C’était une chaude soirée d’été que tous auraient sans doute préféré passer en famille ou entre ami, à contempler les astres tout en partageant une bonne bouteille de vin, mais cette nuit-là, personne n’était certain de pouvoir à nouveau profiter un jour de ce genre de moments. Car cette nuit-là jouait en tout point en défaveur du petit groupe d’infiltré. Tout était clair, et l’utilité des projecteurs qui balayaient les alentours en étaient presque superflu, une visibilité qui jouait grandement sur le moral des patrouilleurs, moins de fatigue tout en facilitant grandement l’efficacité de leur tout de garde.

Mary et Leonie, toute deux accompagnées du Gharyn et d’une demi-douzaine de guerriers, parvinrent toutefois à contourner astucieusement les tours de guets, mais durent pour cela laisser de côté leurs montures. La tension était palpable, mais le calme et l’esprit attentif de la fille d’Orshin permis à la plupart des membres du groupe de se détendre, un peu. Car Mary était pragmatique et efficace, elle n’était pas là pour perdre du temps et un sourire satisfait illumina le visage d’Iley. Cependant, si l’information communiqué plus tôt par la my’trän leur avait permis de s’approcher au plus proche des fortifications, les tentatives de possession des volatiles aux alentours furent beaucoup moins couronnées de succès. La proximité de la magilithe rendait le contact instable, et les images que l’animal renvoyait à Mary n’étaient pas suffisamment claires pour savoir dans quoi ils s’engageaient. A cela s’ajoutait le fait que, comme les my’träns, peu d’animaux aimaient s’aventurer près de ce genre de complexe. Puis il restait le problème de la muraille. Comment la franchir ? Les blocs de pierre étaient astucieusement agencé afin d’offrir une surface suffisamment lisse pour ne pas être escaladé, et le tout semblait être consolidé de l’intérieur par de solides tiges de métal, rendant la tâche ardu même pour un mage de Delkhii qui voudrait s’aventurer à déloger les pierres les unes après les autres. Mais Leonie n’était pas une fille du golem comme les autres. Son inventivité et sa maîtrise de la matière la poussa à modifier la forme même des briques pour sculpter une dizaine de marche à même la paroi. Et alors que Mary fut la première à s’engager, elle fut surpris de voir que non seulement les guerriers ne la suivirent pas, mais Leonie non plus.


« Nous ne pouvons risquer de mettre en échec cette infiltration. Nous sommes des guerriers, pas des assassins, nous nous ferons prendre au moindre faux-pas. Moi et mes hommes vous assurerons une retraite si jamais les choses tournent mal. Je resterai ici avec trois de mes hommes pour m’assurer que personne ne vienne « remarquer » ce bel escalier. Commandante, dit-il en s’adressant à Leonie, prenez les trois autres et préparer un plan de retraite plus … costaud en aval du grand portail de la raffinerie. Si jamais les choses s’enveniment, ce sera encore le meilleur endroit pour faire diversion. Bonne chance madame. »

Avec grâce et souplesse, Mary sauta de l’autre côté.




Du côté des installations, la fourmilière qui caractérisait tant l’activité bourdonnante de la raffinerie avait laissé place à un silence relativement reposant, si l’on omettait les ronflements pas tout à fait réguliers des ouvrières et ouvriers, les quintes de toux de certains, et le bruit étouffé des machines qui continuaient de fonctionner à l’intérieur du bâtiment central, toujours aussi bien gardé. De temps à autres, l’on pouvait voir un travailleur se réveiller, parfois pour aller soulager des besoins naturels, parfois pour flâner, d’autres fois pour se rendre jusqu’au dit bâtiment. Les gardes l’arrêtaient alors systématiquement et, après un bref échange, indiquaient à cette personne un escalier de métal qui menait jusqu’à une petite habitation perché sur l’un des flancs de l’édifice. La raffinerie d’Auschenwald avait elle aussi ses petites activités nocturnes, mais rien qui puisse paraître malsain pour les curieux du coin, simplement des petites rencontres pour ceux qui avaient le sommeil léger, ce qui fut le cas pour Zygan et Arianna.

Leur journée de travail respective, qui aurait dut être épuisante pour quiconque, fut étonnamment simple pour les deux, et notamment pour Arianna dont les muscles ne développèrent aucune once de traumatisme. Il n’en demeurait pas moins ce désagréable mal de gorge, qui restait sans aucun doute la chose la plus irritante de cette journée. A la fin de celle-ci, tous avaient dut restituer le matériel, les masques pour que les filtres soient remplacés, et parfois les combinaisons afin d’être décontaminé de la poussière de magilithe. Comme la plupart, ils eurent un sommeil lourd et réparateur, mais contrairement aux autres, ce fut l’appel du devoir qui les obligea à écourter leur nuit.

La présence des soldats, loin d’être pesante, restait toutefois particulièrement importante et tout le monde semblait avoir accepté le fait qu’il fallait suivre les ordres sous peine de voir tomber le masque de bienveillance que semblait porter habituellement les habitants du complexe.


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Mary E. Burrowes
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Sam 7 Juil - 3:23
Irys : 695059
Profession : Messagère
My'trän +2 ~ Chimères
Se déplacer par cette nuit aux lunes si visibles était vraiment à double tranchant. Difficile de savoir alors si les architectes partageaient vraiment les inquiétudes des my'trans, ou si ils leur apporteraient leur aide plus tard dans cette expédition. Au moins, toutle temps qu'ils mirent à contourner le mur, personne ne risqua de trébucher ou d'avorter la mission avant même qu'elle n'aie commencée. Mais il fallait bien finir par y arriver à cette montagne. Le groupe de guerrier choisi un endroit où une crête escarpée les protégeait du trop plein de lumière des deux lunes pour nous faire passer l'obstacle de plusieurs mètres de haut.

Je restais attentive au moindre bruit de pas qui aurait indiquée le passage d'une nouvelle patrouille que nous avions pu repérer au loin. Des groupes d'homme à la lueur du feu parcourait régulièrement toute la longueur de ce mur de séparation de notre monde et du leur. Un rappel constant de la crainte qu'il avait à notre égard, et à l'éégard deceux qui avait lancé des attaques surr les édifices Daénars depuis quelques mois, mais il s'agissait de savoir ce soir, si ces terroristes avaient tord ou raison de refuser la présence des envahisseurs sur nos sols. Dans un silence absolu, je ne pus m'empêcher d'admirer la dextérité et la souplesse avec laquelle la commandante des protecteurs de Busan mania la roche por créer un escalier de pierre entre deux patrouilles. La roche si solide avait semblé devenir simple sable sous sa volonté, et avec ce côté féérique que les gens de l'Est ne pourrait jamais réaliser avec leur engin grondant et leur baton détonnateur.

Sur un signe du gharyn, je montais les premières marches avant de me rendre compte de ce qu'il insinuait là. Pas de assassins ? Parce que moi j'avais une gueule d'assassin, peut être ? C'était quoi ce traquenard !? J'avais seulement pris ma lance au cas où ! Même pas mon arc, parce qu'il n'avait jamais dit que j'irais seule, une simple précaution. Bon heureusement la pointe n'était pas plus haute que moi… Et j'aurai bien protesté plus énergiquement, mais un bruit un peu plus loin sur le mur me força à sauter de l'autre côté aussi souplement que possible pour atterir sur un plus qu'instable.

Le placement de mes pieds me prit quelques secondes, provocant l'éboulement de petites pierres en équilibre, alors que je profitai vite de l'ombre du mur pour disparaître à la vue de ceux qui allait passer par là. Le coeur battant la chamade, j'attendis le passage de la patrouille, plaquée contre la pierre, l'oreille aux agutes de la moindre réaction. Mais vu l'état du sol et le peu de réaction… il devait avoir l'habitude qu'un souffle de vent provoque quelques bruits sans importance. Ou alors, il n'était pas très vif, mais peu importe. Je pus me redresser légèrement avant de soupirer profondément pour reprendre mon calme.

Cette fois, je prenais le temps de regarder aussi bien autour de moi qu'à mes pieds. Et à part… Non mais qu'est ce qu'ils ont foutu ici !? Je devais avouer qu'aucune réaction ne me vint. Le sol était totalement jonché de pierre et de sable, jettait là par une main tout sauf naturelle. Quand je pensais aux chants qui nous raconter comment Delkhi avait pris la mouche devant Dalaï… comment était il possible de laisser les Daénars détruire de la sorte sa création ! Je secouai la tête, et m'éloigné avec précaution du mur, avant qu'un autre groupe d'homme ne revienne.

J'étais contente d'avoir était beaucoup trop intrépide plus jeune, une personne qui aurait eu l'habitude de ne marcher que sur route se serrer tordue mille fois la cheville dans ce dépotoire ! Et c'en était bien un, parce que là… je croisai ce qui ressemblait à une ancienne porte, tout juste défaite de ses gonds, comme si on avait été pressée de modifier les bâtiments devenus gênants. S'il y avait eu une sentence à prendre contre cela, j'aurai joyeusement utilisé la magilithe du clan et serait vite partie de cet enfer.

Mais tout en râlant intérieurement et espèrant que ceux qui m'avait amenée jusqu'ici avait un solide plan pour m'en faire sortir, je progressai, me cachant parfois derrière de grande pierre quand je voyais à quelques mètres une torche arrivée ou une route que je devais évité. Oui franchement quitte à marcher, ici, je préfèrai largement le faire à pas feutrée en faisant attention à chaquee fois que jee posais le pied par terre plutôt qu'au milieu des sentinelles qui avaient en plus un accoutrement trop particulier à mon goùt. Ce n'était pas le moment de faire la fine bouche ? Hey je n'étais pas coquête pour rien non plus !

Après pas loin d'une heure de marche à se rythme hasardeux, je finissai par arrivée en vu du campement. JE me cachais d'abord allongée pour prendre le temps de détailler l'organisation et mes options pour m'approcher. Autant dire… assez peu. Partout les hommes en arme à qui j'avais réussi à échapper jusque là tournait dans un éclairage où il m'aurait été totalement impossible de dormir. Enfin, les batiments avaient l'air d'en être un peu épargné… sauf les plus grans au fond et c'était probablement ceux qu'il me faudrait atteindre.

Le manque de communication avec les créatures d'Orshin aux alentours commençaient aussi à me mettre assez mal à l'aise. I semblait que même les animaux, avaient désertés ce lieu néfaste. C'était surement pour me rassurer, mais je décidé de faire appel à l'un d'eux quand même. J'avais repéré un endroit à quelques dizaines de mètres, peut être une ou deux centaines de là où je me trouvais, ou était entassés des tas de cailloux, surement déjà traitées comme "sans valeur", puisque personne ne semblait s'y intéressé vraiment. Il me fallut du temps… beaucoup de temps allongée là, totalement immobile, et incapable de prévoir si on allait finalement remarquer ce corps inerte par terre dans un renfoncement. Même la première fois, invoquer une créature ne m'avait pas paru si difficile, mais finalement une grosse chouette fit son apparition au dessus de moi. J'avais promis que dès qu'elle ne serait plus en vue, elle retournerait chez elle, bien entendu. Je prie mon temps pour lui expliquer ce que je voulais, et la zone qu'elle devait perturbée pur que je puiss courir vers mon objectif, puisque je ne pourrais l'accompagner en même temps.

J'espérai surtout que ces hommes cruels n'utiliseraient pas leur baton de tonnerre contre un simple oiseau, aussi imposant et perturbant soit il…. L'oiseau nocturne, s'élanca alors contre un de ces craches-lumière, piaffements furieux  et griffes en avant. Agitant ses ailes comme si la lumière contre nature était la source de son attaque. Quelques secondes plus tard, je m'élançais, alors que l'oiseau s'attaquait à une deuxième de ces choses étranges réussissant d'ailleurs dans un mouvement d'aile à léteindre. JE n'avais pas eu le temps de voir ou d'étudier plus qu'un bruit de verre cassé que je sentis le rapace prendre rapidement son envol et une détonnation qui m'incita à le renvoyer tout de suite vers sa forêt avant même de me cacher correctement.

Les tas de pierre me donnaient une cachette relative, si je restais tranquille une fois bien assise entre deux, le temps de reprendre ma respiration. Ma poitrine se soulevant plus à cause de la panique et de mon angoisse quà cause de la course en réalité. J'avais posé ma lance à côté de moi, prète à me relever armée, tout en jetant des coups d'oeil un peu frénétique par dessus mes épaules. Bon et maintenant ? Et ces hommes qui étaient soit disant déjà là… où je pouvais les trouver ?


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Zygan
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Sam 21 Juil - 9:26
Irys : 223117
My'trän +2 ~ Mistral

Nuit. Dans le grand dortoir, tout est aussi calme que ça peut l’être quand on fourre une compagnie d’hommes dans la même pièce pour dormir. Pas que les gens soient actifs au lieu de se reposer. Juste que leur repos est bruyant par lui-même : ça se tourne, de temps en temps on entend un craquement d’os, ponctué beaucoup plus régulièrement par le craquement des armatures des lits, les grincements des planches ou du sol. Et, bien évidemment, les ronflements plus ou moins sonores des travailleurs, qui vont du sifflement un peu nasal au croassement qui vient droit de la gorge, digne d’un soufflet de forge. L’odeur, aussi. Je dois me concentrer pour ne pas y prêter attention plus que ça, les suées nocturnes, le linge pas forcément très propre, les relents du repas du soir…

La fin de l’après-midi s’était passée sans la moindre anicroche, et la soirée aussi. L’emploi du temps est simple, on termine la deuxième moitié de la journée, on a le droit à un peu de repos et de temps libre, puis c’est repas, nouvelle période libre dans l’enceinte de la mine et sa raffinerie, puis le coucher, ou en tout cas le passage dans les dortoirs. On peut dire que la vie est bien ordonnée, bien calibrée, pour optimiser l’énergie des salariés, comme me l’expliquent avec attention ceux qui oeuvrent ici.

Ils me l’expliquent plusieurs fois, parce ça ne rentre pas tout de suite.

Le mode de vie me paraît étrange, mais je l’accepte. Après tout, ils font ce qu’ils veulent, ça ne m’engage pas à grand-chose. Je n’ai pas besoin d’aide pour me réveiller après quatre heures de repos, mon horloge biologique fait son œuvre. J’écarte mon drap, ni bruyant ni silencieux, comme un type dans le coltar qui peine à s’éveiller, alors que mes sens sont actifs. Un coup d’œil par la fenêtre à peine voilée me confirme que j’ai juste et que le temps du rendez-vous avec Arianna approche. J’ai beau essayer de ne pas faire de bruit, mon voisin se tourne vers moi, je distingue sa forme dans le noir.

« Un souci ? Chuchotte Cihy.
- Pisser, que j’grogne vaguement.
- Première à droite.
- Merci, bonne nuit.
- Ouais. »

Il referme les yeux, se cale dans ses couvertures. Le sommeil léger, dis donc.

Je circule entre les rangées de lit jusqu’à la porte, avec juste un pantalon, des chaussures et un haut léger. La nuit est chaude, en ce mois estival, donc je ne risque pas d’attraper froid, et les vêtements sont sombres, pour ne pas attirer l’attention quand je vais inévitablement être dehors. J’ignore les latrines, que j’ai déjà visitées auparavant avec une certaine surprise : il n’y a pas de fenêtre assez grande pour me permettre de sortir, et de toute façon la façade sur laquelle elle donne n’est pas intéressante quand il s’agit de faire preuve de discrétion.

Quand je sors du dortoir, un garde m’avise aussitôt. On se croirait dans les pâtures les nuits d’été : les bergers sont à l’affût des ours, loups et autres muursülds qui peuvent roder.
« C’est pour ?
- Prendre un peu l’air, j’étouffe, là-dedans.
- T’éloigne pas trop, conseille-t-il.
- Il y aurait un coin tranquille ou un genre de temple pour se recueillir ?
- Ces my’träns, j’vous jure… Non, pas réellement, mais il y a un jour fait pour ça, plus tard. »

Je me racle la gorge, ce qui est en train de devenir un réflexe assez désagréable. Peut-être un genre d’angine qui rôde, ou qui se trouvait dans la combinaison qu’on m’a fournie. De toute façon, c’est ce soir qu’il faut agir, pas le temps. La nuit est claire, presque lumineuse, c’en est agréable. C’est une nuit pour marcher, courir, voir, sentir, ou simplement profiter des étoiles au coin du feu. Si les circonstances ne demandaient pas autre chose de moi, de nous, en tout cas. La première étape, c’est de retrouver Arianna, je pense. Ensuite, ça serait de prendre contact avec les intervenants envoyés par d’autres Gharyns, maintenant que nous avons investi la place.

Et si les nouveaux-venus sont incapables de nous rejoindre ou de faire preuve de discrétion, nous avons ordre d’aller voir tous seuls. C’est qu’il ne faudrait pas rester trop longtemps, ça risquerait de nous rendre repérable, apparemment. En chasse, c’est un peu pareil, dans certains cas : des animaux migrent ou sont méfiants quand ils sentent un inconnu sur leur territoire, alors que si on passe rapidement sans laisser de trace, il est possible de saisir l’instant. Et là, on veut saisir un paquet de choses, mais surout des informations. Jouable.

Les gardes sont nombreux, quand même. Je comprends que les chefs trouvent tout ça suspect, en plus du fait qu’ils sont maintenant chez nous. J’en croise un, lui adresse un signe de la main et de la tête. Il m’ignore rapidement après m’avoir jaugé du regard. Convivial. Je marche tranquillement dans son dos, puis je repère une zone d’ombre un peu calme. Il ne me faut pas plus d’un instant pour me glisser dedans, sans un bruit. Quand le vigile se retourne au bout d’une quinzaine de mètres, il ne voit plus personne. Maintenant, il faut que je trouve l’endroit où Arianna doit me retrouver. Et, de là…

J’ai remarqué que la nuit, les gens sont plus attentifs que de jour, mais ils regardent toujours aux mêmes endroits. Et ce ne sont pas les mêmes que quand le soleil brille. Pour peu qu’on connaisse les angles morts habituels, il y a bien moyen de circuler. Je me souviens suffisamment de l’organisation des lieux pour voguer de zone d’ombre en obscurité, le pas léger, l’oreille tendue, plié sur moi-même. Dès que je repère un surveillant, je m’applatis au sol, sans bouger. Comme je suis hors du chemin, je dois ressembler à un genre de rocher, dont la zone est abondamment pourvue. La seule chose qui pourrait me faire repérer, à ce stade, c’est le blanc de mes yeux dans l’éclat d’une lanterne.

J’arrive enfin à un petit appentis, isolé, à l’écart. Les gardes ne circulent pas tellement par ici, et c’est totalement dans les limites autorisées du camp. Dredan m’a assuré qu’il avait l’habitude d’y aller, et sans se cacher, sous les sourires goguenards et les remarques grossières des gardes. C’est qu’eux n’ont censément pas le droit de… Mais il m’a dit que certains ne se privaient pas plus que ça. Personnellement, je n’ai juste pas envie d’être vu en train d’y aller, des fois que ça attire les soupçons. Une forme indubitablement féminine m’attend déjà à l’ombre plus noire du toit du bâtiment. Je lève la main en signe de salut, et elle me fait signe d’approcher.

« Ferronio ! Qu’elle s’exclame.
- Hein ? Que je réponds. »

Toujours la réponse juste.
« T’es pas Ferronio !
- Je confirme. Mais tu fais quoi, là ?
- J’attends Ferro.
- Mais Dredan m’avait assuré que…
- Dredan ? Ce salaud de coureur de jupons ? T’es un ami à lui, c’est ça ? »

Le ton monte, et on est loin des chuchotis.

« Mais non, c’est que…
- Dégage d’ici ! Je suis arrivée la première et les copains de Dredan sont pas les bienvenus !
- Non mais j’ai besoin de…
- Shhh ! »

Un garde passe en contrebas et nous fait un signe non-identifiable. Probablement de faire moins de bruit. Les sons portent bien, la nuit. Je suis un peu perdu, Dredan m’avait dit que c’était un coin tranquille, et que je pourrais y retrouver Arianna pour faire nos petites affaires en paix… Il faut croire qu’il a l’habitude d’y emmener ses conquêtes, d’un soir probablement. Et que la jeune femme a décidé de garder le lieu. Ou de se faire voir par lui avec son nouvel ami ? Je la fixe quelques secondes, sa colère qui me semble maintenant un peu feinte, le léger air coupable… Oui…

« Dredan ne viendra pas ce soir.
- Quoi ? Mais quel rapport avec…
- C’est lui qui m’a dit de venir ici pour…
- Ah oui, après m’avoir jeté, il me passe à ses copains, c’est ça ? Parce que CA VA PAS SE…
- Mais chuuuuuuuut ! »

Ma demande n’a aucun effet. Par contre, l’arrivée d’Arianna par l’arrière de l’appentis en a un bien plus important.
« Celia ?
- Tu es… Arianna, c’est ça ?
- Oui. Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je retrouve mon Ferronio.
- Le grand avec les cheveux bouclés ? Dit-elle en faisant éclater son sourire.
- Ouiii !
- Mais je devais retrouver Zygan, moi…
- Ah oui, vous êtes arrivés ensemble… Je comprends maintenant. Je peux vous conseiller un autre endroit à l’écart, si vous voulez. Moi, il faut que je reste ici jusqu’à l’arrivée de Ferro. »

On acquiesce et j’essuie la sueur froide qui m’a coulé le long de la nuque. Maintenant, il faudrait retrouver les infiltrés avant de véritablement partir en exploration. Sauf si Aria préfère continuer à faire cavalier seul, ce qui ne semble pas hors de sa portée…
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Arianna Torricelli
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Dim 29 Juil - 15:46
Irys : 356585
Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
My'trän +1
Elle n'avait pas pu s'empêcher de se moquer de lui, forcément. Ca l'amusait assez pour qu'elle ignore le fait qu'il s'agissait d'un daenar, et qu'au lieu de ça...

Oooh mon Zygan, beau Caracole,
Il ne te faut qu’une seule parole,
Pour que de toi les femmes soient fooooolles


Une plaisanterie dont il avait l'habitude… et même un peu de répondant, depuis le temps.

Chère Arianna, espèce de troll,
Tes mots ont un goût de variole,
J’espère que tu… euuuh…


Un peu.

Victoire totale, j’en cabriole! De suffisance.

Ils s’étaient rendus à l’endroit désigné, pour s’isoler à l’arrière d’une petite réserve. Un lieu où l’on stockait pêle-mêle plusieurs outils, de l’eau et des fournitures aussi utiles que sans valeur. Où ils n’étaient pas occupés à se caresser fougueusement pour se préparer à davantage, mais simplement à échanger à voix basse tout en fouillant délicatement à la recherche d’un outil susceptible de servir. Ils n’étaient pas armés, mais s’apprêtaient à faire quelque chose de particulièrement dangereux. Et particulièrement stupide, aussi.

Arianna était en train de jauger un tournevis dont elle avait choisi la tige aussi large que possible, soit pas grand-chose dans l’absolu, mais beaucoup mieux que les modèles les plus fragiles qu’elle avait déniché. Elle n’aimait pas le métal, mais… ça devrait faire l’affaire, faute d’avoir de quoi faire. Elle avait l’impression de pouvoir en coincer d’autres dans sa ceinture, et de pouvoir s’en servir comme d’une dague. Ca devait bien se planter.

Pour sa part, Zygan avait jeté son dévolu sur un pied de biche de bien meilleure facture que ce qu’ils pouvaient appréhender, des industries Freeman. Non pas que cela leur évoque quoi que ce soit.

-Tu triches, c’est toi qui as commencé.
-Je sais, continua-t-elle en chuchotant. Bon du coup on fait quoi ?

Elle avait posé sa question d’un ton un peu trop vif pour être honnête – s’en amusait presque, d’ailleurs. Comme si elle savait déjà ce que Zygan allait dire, ce qu’elle allait lui objecter, et comment ils finiraient par n’en faire qu’à sa tête parce qu’ils n’avaient rien d’autre à faire de toute manière. Mais l’espace d’un instant, le my’tran bifurqua du regard pour découvrir la tenue de sa complice : une robe qui relevait pour moitié de la tenue de voyage, pour l’autre de l’épais pyjama de plein air. Il reconnaissait dessus toute une succession de motifs heureusement tissés dans des teintes de vert et de bleu assez sombres pour ne pas détonner dans la nuit. Avec aux pieds un genre des chaussures de protection très ressemblantes à ce qu’ils avaient dû porter dans la journée, en plus légères – c’était probablement pour ça qu’il l’avait rapidement perdue dans les vestiaires après leur arrivée.

-Il faudrait qu’on retrouve les infiltrés, récita Zygan par simple formalisme.
-Mais. Nous savons tous les deux que nous ne savons pas où ils sont et qu’on ne peut pas les repérer ni les aider de quelque manière que ce soit. Et réciproquement. On ne sait même pas s’ils ont réussi à passer les patrouilles à l’extérieur et le grand mur d’enceinte bardé de miradors et les gardes à l’entrée et je ne comprends même pas pourquoi ils n’ont pas fait comme nous pour passer les difficultés pour déjà être sur place plutôt que…
-J’ai compris, Aria’. Pas besoin d’en faire des tonnes.
-Merci.

Ce ton catégorique. Il y avait des choses insupportables, même pour Zygan, même pour tout le bien qu’il pensait de son amie. Et cette conviction qu’elle avait d’avoir toujours raison quand son avis était forgé avait une place privilégiée dans ce qu’il pouvait lister sur ce thème.

Enfin, elle le serait si Zygan n’était pas Zygan. Or le my’tran avait un don pour excuser et pardonner les travers que les gens pouvaient lui présenter. A fortiori quand ceux-ci lui faisaient la politesse de tempérer leurs défauts pour ne pas profiter de son côté bonne pâte. Elle s’efforçait de ne pas le faire – de ne pas trop le faire plutôt-, ça n’était pas correct. Aussi se reprit-elle après un petit moment de réflexion.

-Bon, j’exagère, d’accord. Au début ça me semblait vraiment bizarre, anormal qu’ils ne fassent pas comme nous pour entrer dans la mine. Mais à y réfléchir… je pense qu’ils ont forcément une raison pour le faire. Vouloir agir directement après notre arrivée… c’est stupide, on sera forcément suspectés immédiatement, alors qu’au bout d’une dizaine de jours ça serait bien mieux passé. Et ça se trouve on aurait fini par apprendre ce qu’il se passait sans avoir à faire ça. Mais doit il y avoir… une raison.
-L’idée des spécialistes, tu y crois ?
-Ca doit être ça, oui.

Quelques jours plus tôt, Zygan avait avancé l’idée que les Zoliens savaient forcément ce qu’ils faisaient, et qu’eux ne seraient que des jokers dans toute l’affaire, qui serviraient d’appoint dans le cas où il faudrait des bras déjà sur place. Ca semblait naturel. La raffinerie se dressait depuis maintenant six ans, les my’trans représentaient une frange des travailleurs qui n’avaient rien d’exceptionnelle malgré son caractère minoritaire, en d’autres termes ils savaient forcément comment cette dernière fonctionnait. De là à supposer que des zoliens avaient déjà essayé d’enquêter en employant la manière douce – se contenter de travailler ici- et que ça n’avait mené à rien, il n’y avait qu’un pas. Par contre, ils avaient eu tout le temps nécessaire pour rassembler beaucoup d’informations sur le lieu. Ils s’étaient préparés. Et maintenant, ils allaient se servir de tout ça.

A tous les coups, les zoliens avaient eu recours à des spécialistes de ce genre de tâches. Pas en piochant dans les ressources entretenues par les plus grandes tribus, vu l’insistance qu’ils avaient mis sur le côté non officiel de tout ce grabuge. C’était d’ailleurs pour ça que les gharyn s’étaient tournés vers sa tribu pour leur appel à l’aide.

De la même manière, ils devaient avoir eu recours à des experts pour s’introduire dans l’usine. Et le seul endroit qui leur était clairement interdit quelque puissent être les circonstances était le bâtiment central, où le traitement de la magilithe liquide se poursuivait encore de nuit. Alors, la meilleure chose que Zygan et Arianna pouvaient faire était de s’y rendre, ou du moins de s’en approcher, pour leur faciliter le travail en se rendant disponibles.

Une suggestion du jeune homme que son amie approuva complètement.

A peut-être un détail près.

-On fait comment ?
-Je… cherche un moyen par où passer.
-Mmmh.
-Vois ça comme si c’était une chasse. Dans laquelle on essaierait de faire très compliqué.
-Une chasse où on ne tue pas la proie, où la proie n’est pas faible, où la proie ne va pas être acculée à cinq contre un pour que ça soit facile, où nous n’avons pas de matériels, où notre… oh non. Ta magie ne marche pas ?
-Ma magie ne marche pas bien, non.
-Jeee… me sens vraiment très bête. Je m’attendais à ce que tu puisses nous faire courir dans l’ombre, ou sauter de toit en toit, ou… tu ne vas pas pouvoir le faire, hein ?
-Je ne vais pas pouvoir le faire.
-Mmmmmnnh.

Leurs yeux s’étaient très bien acclimatés à la pénombre. Ils avaient l’habitude. Sûrement bien plus que des daenars, à mieux y réfléchir. Eux passaient plus de temps à dormir à la belle étoile que sous un toit, là où les autres se sentaient mal en l'absence de quatre murs autour d'eux. Zygan réalisa bien vitre que son parallèle était d'ailleurs beaucoup plus pertinent que ce qu'il aurait voulu : et ça aussi, ils avaient l'habitude de le faire.

Ne leur restait plus qu'à intégrer la mécanique cadencée du rythme des patrouilles de gardes, et...
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