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Chroniques d'Irydaë
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 Un grain de folie !

Lenora Armand
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Jeu 17 Nov - 2:08
Irys : 320335
Profession : Aucune
My'trän +1
Ce début de matinée laissait présager une journée agréable. Cela faisait plusieurs jours déjà que Lenora vivait au village de Donovan de Cendre. Occupée à prêter main forte à ce dernier, elle n'avait pas eu grandes occasions de s'éloigner. Aussi, c'était sa première sortie. Non pas que la demoiselle errait au hasard de son envie. Bien au contraire. Sachant que le village était tout de même relativement précaire financièrement, elle avait décidé de sa propre volonté d'aller faire quelques emplettes. Si plusieurs ressources étaient accessibles en forêt, certaines nécessitaient toutefois un premier investissement. Aussi, la jeune mage de terre s'était-elle munie de son sac de voyage et après s'être renseignée, s'en alla en quête entre autre de graines mais aussi voir si elle trouvait en chemin, d'autres choses qui pourraient servir.

Lenora gardait en tête que si Donovan et le village l'avaient bien accueillie et ne se cachaient pas de la réalité des choses, il en était autrement ailleurs dans la région. Elle restait dans le territoire des mages spécialisés dans l'art de l'illusion et dès lors qu'elle quittait le périmètre du village, elle devait s'attendre à être victime de cette magie.

*Ce village semble pourtant normal. Est-ce vraiment dû à la magie d'illusion ? Ou bien est-ce peut-être sa vraie forme ? Jusqu'à quel point est-il possible pour des mages de déformer la réalité ?*

La jeune femme qui avait atteint sa destination, marchait, son sac sur l'épaule, se balançant légèrement au grès de ses mouvements. Malgré ses questionnements, Lenora gardait la tête droite en marchant. Tourner cette dernière à droite et à gauche n'aurait fait qu'intriguer les villageois, les mettre mal à l'aise, la rendre suspicieuse ou encore la faire passer pour une folle. De surcroît, Lenora aurait trouvé cela impolie de sa part. Rien de bien agréable pour les deux parties en somme. Cependant, elle laissait, avec une innocente curiosité, son regard se promener sur les bâtiments simples, à l'architecture modeste, mais bien entretenus rendant leur vue agréable. Des pots de à proximité des portes de maisons, les bruits d'un lieu actif. Car oui, les gens aussi procuraient un sentiment d'aise. Chacun vaquait à ses occupations, les gens travaillaient avec le sourire, s'échangeaient des gestes ou des paroles polies lorsqu'ils se croisaient. Un cadre charmant dans lequel il ferait bon vivre.

Marchant le long de l'allée principale, Lenora put voir des étales. Elle passa devant un cordonnier qui, installé sur un tabouret, réparait une botte. Curieuse par le savoir-faire de l'homme, elle s'arrêta et demanda poliment si elle pouvait observer. Elle était heureuse que ce voyage qu'elle avait entreprit lui donna la chance de pouvoir observer des personnes créer des objets en dehors des membres de son clan. L'homme lui accorda son vœu et se remit au travail sous le regard intéressé de la jeune femme.

Cela faisait bien une vingtaine de minutes qu'elle regardait le cordonnier, quand Lenora fut attirée par le bruit changeant. En effet, le joyeux brouhaha était moins audible, recouvert par un deuxième mélange de sons, cette fois-ci plus hésitant, d'où ressortaient des airs d'inquiétude. Relevant la tête, l'artiste pivota vers l'origine de ces sons. Un peu plus loin, un groupe de villageois s'étaient attroupés.

*Que se passe-t-il là-bas ?*

De là où elle se trouvait, il lui était impossible de connaître la cause de l'agitation. La demoiselle adressa un léger signe au cordonnier puis se dirigea vers la petite foule qui avait gagné quelques curieux supplémentaires, tandis qu'elle-même arrivait sur place. Là, au milieu de tous, deux personnes se trouvaient au centre du cercle formé par les villageois. Une jeune femme qui lui tournait le dos, aux cheveux clairs, brandissait un doigt au bout duquel dansait vivement une petite flamme. Cette même demoiselle s'adressait à l'homme en face d'elle. Était-ce un spectacle ? Au vu de l'expression du public, cela ne semblait pas être le cas. Ou du moins, si ce théâtre avait pour but d'effrayer son auditoire, c'était chose faite. Bien que les gens restaient sur place, personne ne bougeait et la distance entre les deux inconnus et le reste de la foule était maintenue. Et nul ne semblait enclin à la réduire. Voyant que la jeune femme qui devait avoir son âge, semblait s'agiter de plus en plus, Lenora se dit que si les choses restaient en l'état et que personne ne se décidait à agir, les choses pourraient empirer.

*Cette fille va finir par blesser quelqu'un... Il faut que j'intervienne.*



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Alice Tan'Odrin
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Jeu 17 Nov - 20:13
Irys : 215119
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
*STOP !*


Alice arrêta net son geste. Ça faisait des jours qu’elles suivaient la piste du mage qui lui avait enlevé ses souvenirs treize ans plus tôt. Visiblement, ce “Monsieur Mazuko” dont lui avait parlé sa grand-mère avait habité dans la moitié de Khurmag. Alice espérait que cette adresse soit la bonne aussi ne comprenait-elle pas le cri de Cassie.


*Quoi ? Pourquoi ?*


*Je.. Imagine que ce soit la bonne cette fois-ci.*


Ces derniers jours, Alice avait senti l’humeur de Cassie changer. Elle qui d’habitude n’hésitait pas à exprimer ses sentiments s’était repliée sur elle-même. Elle ruminait visiblement quelque chose mais à chaque fois qu’elle avait essayé de savoir quoi, Cassie l’avait repoussée. Ça avait inquiété Alice mais elle se posait tellement de questions sur ce qu’elle allait découvrir qu’elle n’avait pas insisté.


*Je croyais que le but de ce voyage était justement de trouver Monsieur Mazuko.*


Elle se voulait rassurante, pour que Cassie lui dise une bonne fois pour toute ce qui la tracassait. Mais elle sentait la peur de celle-ci monter en elle comme un raz-de-marée.


*… Et si ce que l’on découvre ne nous plaît pas ?... Et si je… disparaissais ?*


*Mais non, ne t’inquiète pas.*


Elle y avait pensé aussi bien sûr. Mais sa nature optimiste avait vite mis cette option de côté. Comment Cassie, qui avait toujours été là, pourrait-elle disparaître ? Alice tendit de nouveau le poing pour frapper à la porte. Mais la vague de peur ne disparaissait pas. Au contraire, elle envahit la jeune fille alors qu’elle portait son premier coup. Et Cassie pris le contrôle.


“NON !”


Sans même regarder si quelqu’un allait ouvrir, la jeune fille partie en courant. Elle couru, couru, couru. La peur qu’elle ressentait depuis des jours et qu’elle avait étouffé pour ne pas pousser Alice à abandonner leur projet avait grandi et s'était transformé en monstre. Il fallait qu’elle fuit ce monstre.


Toute à sa course, elle se rendit à peine compte qu’elle traversait la place du village. Et forcément, vu qu’elle fonçait tête baissée, elle rentra dans quelqu’un. Le villageois en question se révéla être un homme aux bras chargés de légumes. Enfin, chargés… Jusqu’à ce qu’ils se répandent sur le sol à cause de Cassie. Furieux, il se retourna vers la jeune femme et commença à l’insulter.


Cassie, complètement perdue et désorienté après la fuite et le choc entendait vaguement des voix autour d’elle. Elle compris que l’une d’elle était celle d’Alice qui essayait en vain de la calmer, mais elle choisit de l’ignorer et de l’enfoncer un peu plus profondément. L’autre était un homme qui lui hurlait dessus copieusement.


“Non mais ça va pas de rentrer dans les gens comme ça ? Z’êtes complètement fêlée ma parole ! Vous venez de détruire tous mes beaux légumes ! Non mais z’avez pas honte !


-Taisez-vous.”


Cassie sentait poindre un douloureux mal de crâne ainsi qu’une désagréable envie de vomir. Si seulement ce type qui hurlait pouvait se taire.


“..Q..Comment ? Qu’est-ce que vous venez d’me dire ? Vous détruisez mes légumes et et vous voulez que je me taise ? Mais c’est hors de question ! Remboursez-moi mes légumes d’abord ! Non mais oh ! Pour qui vous vous prenez ?


-MAIS VOUS ALLEZ FERMER VOTRE PUTAIN DE GUEULE NOM D’UN CHIEN ?”


Il y eut une minute de silence. Même Alice s’était tue au fond de son être devant tant de grossièreté et de violence. Elle se demanda vaguement où elle avait bien put apprendre à parler comme ça et remarqua que le vouvoiement avait tenu. Puis seulement elle se rendit compte que d’une main elle tenait le col du villageois alors que son autre tendait un doigt menaçant vers le cou de sa victime. Au bout de ce dernier un petite mais vivace flamme bleue.


“Heu...je…”


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Lenora Armand
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Sam 19 Nov - 1:23
Irys : 320335
Profession : Aucune
My'trän +1
Lenora voyait la flamme se rapprocher dangereusement de l'interlocuteur dont le regard qui avait viré de la colère à la peur commençait à esquiver celui de son agresseur, cherchant de l'aide à travers la foule. Toutefois, personne ne semblait encore près à oser un pas vers la jeune blonde dont la colère semblait plus à craindre qu'une simple crise verbale. Le fait de s'en prendre à un villageois et de sembler prêt à le blesser devant tant de regards la rendait encore moins à prendre à la légère. Or, il fallait comprendre qu'aucun de ceux présents ne souhaitaient être la prochaine victime. Certains parmi ceux que la crainte n'avait pas laissée muets ou paralysés, étaient partis chercher du renfort ailleurs. Idée intéressante mais Lenora n'était pas sûre que la demoiselle n'aurait pas commis une folie d'ici là.  

La kharaalienne regarda autour d'elle ce qui aurait pu l'aider dans cette situation. Elle n'avait sur elle que son sac de voyage avec de l'argent, son carnet, des vêtements... Non, rien de bien utile. La jeune femme ne se résolue pas non plus à utiliser ses pouvoirs sur la blonde. Ses pouvoirs ne servaient pas à faire du mal à d'autres personnes et si son opposante se révélait plus forte, elle risquait juste de l'énerver davantage. Or la rendre plus furieuse encore n'était pas la meilleur chose à faire.

Elle regarda encore un peu autour d'elle et là, elle vit quelque chose qui pourrait lui être utile. Après tout, elle se refusait à agresser la jeune femme avec ses pouvoirs, mais celle-ci avait besoin de se refroidir un peu. Et Lenora venait justement de trouver de quoi dédramatiser la situation.

Dotée d'une agilité remarquable, la magicienne de terre n'eut aucune peine à se faufiler à travers les gens et à réaliser un sprint jusqu'à un puits en pierre d'où un homme extrayait un sceau d'eau. Arrivant à sa hauteur, elle prit à peine le temps de lui expliquer la situation, jugeant qu'il était préférable d'agir. L'homme venait à peine de sortir le sceau qu'il posait en équilibre sur la structure en pierre qu'une main récupéra le contenant par la anse.

- Je vous l'emprunte deux minutes !

Repartant tout aussi vite, sans laisser à l'intéresser le temps de réagir, elle porta son sceau jusqu'au rassemblement de gens. Entre temps, un ou deux courageux s'étaient avancés derrière l'homme, peut-être pour essayer de le retirer calmement des griffes de la mage de feu. Lenora, quant à elle, décida de contourner la foule pour se retrouver à sa place initiale, derrière la blonde. Se faufiler était moins pratique qu'à l'allée dû à ce qu'elle transportait qui était encombrant, mais fort heureusement pour elle, hormis d'être captivé par la scène qui se déroulaient devant leurs yeux, les villageois lui laissaient une place suffisante craignant de prendre un coup par inadvertance ou simplement de se faire asperger par de l'eau qui serait un tantinet trop remuée.

*J'espère qu'elle ne m'en tiendra pas trop rigueur*

Une fois sortie de la foule, prise à l'intérieur du cercle, Lenora ne prit pas deux minutes de plus à réfléchir qu'elle se dirigea posément dans le dos de la blonde et lui vida le sceau sur la tête. Le coup fut si surprenant que chacun en resta bouche bée. Le prisonnier qui était encore retenu captif par la blonde avait lui aussi une bonne dose d'eau. L'artiste elle-même avait eut droit à un petit rafraichissement. Tandis qu'une flaque se formait aux pieds de Lenora et ses deux victimes, cette première déposa son sceau qui, dans le silence ambiant, eut l'air de résonner en touchant le sol. Puis, elle posa sa paume, sur la main de la jeune femme qui retenait encore l'homme par le col, gentiment mais fermement.

- Allez miss. Tu t'es assez donnée en spectacle. Ne fais pas quelque chose que tu regretterais.

Si toute l'action n'avait durée que quelques minutes, si ce ne sont que quelques secondes, il semblait que ce théâtre s'engageait vers un tournant qui le mènerait bientôt à sa fin. Mais tout n'était pas joué. Lenora attendait encore que la dame veuille bien accepter son invitation à se retirer.



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Alice Tan'Odrin
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Mar 22 Nov - 14:11
Irys : 215119
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
“Qu’est-ce qu…”


L’ombre du sceau au dessus de sa tête avait interpellé la jeune fille si bien qu’elle avait levé les yeux juste au moment où le torrent d’eau se déversait sur sa tête. La surprise fut telle qu’Alice en profita pour chopper Cassie et la remettre vite fait bien fait en arrière plan. Une bonne prise de catch psychique et c’était réglé.


”Allez miss. Tu t'es assez donnée en spectacle. Ne fais pas quelque chose que tu regretterais.”


Bien sûr, Alice ne pouvait qu’approuver. Elle lâcha aussitôt le col du pauvre homme qui se remettait doucement de toutes ces surprises et s’inclina légèrement devant lui, une main sur le coeur. Un signe que les habitants de Suhury utilisaient régulièrement quand ils voulaient montrer que leur paroles étaient sincères, qu’on mettait son coeur entre les mains des Dieux. On pouvait d’ailleurs faire la différence entre un adepte de Mochlög en train de donner un diagnostique et un autre en train de rassurer un patient par ce mouvement. D’autres peuples avaient eux aussi une pratique semblable même si elle avait parfois des variantes comme un poing fermé ou de toucher son front au lieu du coeur.


Dans tous les cas, Alice savait que le villageois comprendrait.


“Je suis vraiment désolée, monsieur, pour vos choux ainsi que la gêne occasionnée. Cela ne se reproduira plus.”


Le changement de comportement était assez déconcertant mais face à toute l’agitation qui l’avait précédée la plupart des gens l’acceptèrent sans trop se poser de question.


“Heu.. Mais… Et mes légumes alors ?”


Visiblement les esprits recommençaient à fonctionner normalement. Alice regarda les pauvres légumes étalés par terre. La plupart ressemblaient à des courges - sûrement dû à la saison - et d’autres avaient subi pas mal de dégâts. La jeune fille se dit que ces tâches de couleur oranges et vertes sur les pavés plus sombres étaient vraiment très esthétiques. Se rendant compte qu’elle était en train de décrocher de la situation présente, elle se rappela à la réalité et se pencha sur son véritable problème.


D’un geste gracieux elle sortit une petite bourse brodée de sous une des plumes de son uniforme. Heureusement sa grand-mère lui avait fourni de quoi acheter trois villages comme celui-ci. Seulement, Alice n’avait pas imaginé devoir s’en servir pour gérer ce genre de crise. D’habitude Cassie, même si elle laissait parler ses émotions restait toujours maîtresse d’elle-même. Pour l’instant et depuis la fin de la “crise” elle était silencieuse. Mais l’une comme l’autre savaient qu’une fois à l’écart de la foule il faudrait qu’elles parlent de ce qui venait d’arriver.


“Je voudrais vous acheter ces légumes s’il vous plaît.


-Ah. Heu… Ba...”


L’homme se gratta le cuir chevelu, l’air un peu perdu. Il ne s’attendait visiblement pas à ce que ce soit si facile après la résistance de tout à l’heure.


“25 Irys s’il vous plaît.


-Voilà.”


Alice sortit le nombre approprié de pièce avec un petit bonus pour le dérangement et les tendit à l’homme. Bon, ça c’était fait.


Quand Alice se retourna pour voir à quoi ressemblait la femme qui l’avait aidée à reprendre le contrôle, elle fut surprise de découvrir quelqu’un d’aussi jeune qu’elle. Carrément plus grande sur ses jambes qui n’en terminaient pas elle était aussi très jolie de visage. A en croire ses vêtements trempés elle avait été sa propre victime dans l’opération. Par contre, impossible de savoir à quoi elle pensait. Et vu qu’Alice n’était de base pas très douée pour les relations humaines elle décida que pour l’instant ça n’avait pas d’importance.


Un courant d’air traversa le village rappelant à la jeune femme qu’elle était trempée jusqu’aux os. Se frottant les bras pour se réchauffer, elle tendit une main à sa sauveteuse.


“Bonjour, je m’appelle Alice. Merci pour tout à l’heure. J’étais un peu… perdu.”


C’était toujours bizarre de devoir expliquer que quelqu’un d’autre pouvait habiter son corps de temps en temps. Surtout sans vraiment l’expliquer. Un grimace à un peu contrite apparu sur son visage pour disparaître aussitôt.


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Lenora Armand
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Jeu 24 Nov - 19:49
Irys : 320335
Profession : Aucune
My'trän +1
Sentant la main de la jeune femme qu'elle tenait se détendre, Lenora laissa retomber la sienne tandis que le prisonnier se voyait libéré. Celui-ci était encore confus par la situation. Sentiment qui ne s'amoindrit pas alors que son agresseur d'il y a quelques minutes s'excusait visiblement avec toute la sincérité qu'elle put. Ses traits s'étant apaisés eux aussi, la khaaralienne put observer un visage doux, charmant, qui laissait difficilement deviner cette créature capable de la brutalité dont elle venait pourtant de faire preuve.

Confiante quant à laisser la blonde toute seule quelques minutes avec le marchand de légumes, Lenora leur tourna le dos et avança de quelques pas. La foule avait commencé à se disperser, la plupart reprenant leurs activités. Toutefois, il subsistait encore quelques curieux qui semblaient se demander si l'affaire était réellement finie ou que la querelle allait reprendre de plus belle. Aussi, s'adressant à cette catégorie de personne, elle tapa une fois dans ces mains pour avoir leur attention.  

- Comme vous pouvez le constater, le conflit a pris fin. Vous pouvez donc poursuivre vos activités l'esprit serein.

Ni plus ni moins. Tout en conservant un ton calme sans montrer la moindre agressivité, la mage de terre les avait gentiment invités à quitter les lieux et ainsi ne pas se montrer impoli à observer la jeune blonde comme un animal de foire qu'il fallait garder à l’œil. Après tout, si personne ne leur faisait remarquer, certains étaient cruellement dénué de finesse. Aussi, c'est avec un pas d'abord lent que les villageois restés sur les lieux reprirent leur route, certains envoyant un dernier regard offusqué à cette jeune femme qui se permettait de leur dire quoi faire. Toutefois, ils devaient admettre qu'elle avait raison. Il n'y avait plus rien à voir et aucun d'entre eux ne voulait prendre la place du marchand de légumes pour faire poursuivre les festivités.

Retournant près des deux personnes qui semblaient avoir trouvées un accord, Lenora arrivait au moment où la blonde exprimait la volonté de racheter les fruits -plutôt les légumes- de ce malencontreux accident. Une fois la transaction effectuée, la demoiselle se retourna et fit face à la dessinatrice.

- Bonjour, je m’appelle Alice. Merci pour tout à l’heure. J’étais un peu… perdu.

Prenant la main qu'elle lui tendait et la serrant en guise de salutations, elle inclina légèrement la tête.

- Enchantée Alice. Moi, c'est Lenora.

Cette dernière sentit un frisson à travers la main qu'elle tenait encore et se demanda si Alice avait froid. Après tout Lenora avait l'habitude de la fraîcheur des soirs dans les steppes où l'absence d'arbres sur de grandes distances rendaient les vents durs à supporter pour qui n'y était pas habitué. Il était vrai cependant qu'elle avait ressenti n froid différents depuis qu'elle était arrivée à Khurmag. Mais ces dernières semaines passées dans le village de Donovan lui avait permis de s'adapter au climat de la région. Toutefois, étant bien plus mouillée, Alice devait sentir le froid de manière peu agréable. Aussi, Lenora lui lâcha la main, s'assura que son sac était bien en place sur son épaule et reprit la parole.

- Je t'en prie. Mais tu pourras me remercier si tu ne tombes pas malade par ma faute. Pour l'instant, je te propose que nous trouvions un endroit moins exposé au vent, que tu puisses te réchauffer.

Alors qu'elle finissait de parler, elle constata que le marchand n'était plus là, parti avec son dû. Il avait malgré tout laissé les produits achetés par Alice sur le sol. Parmi les légumes de saisons qui, sans doute trop mûrs, n'avaient pas tenus au choc et avaient servi à redécorer le sol, il restait tout de même plusieurs à récupérer. Lenora se pencha sur le sol et récupéra une courge, dont elle inspecta l'état.

- Avec ce beau lot, tu vas avoir de quoi te préparer une bonne soupe pour oublier le froid. Tu veux de l'aide pour les transporter ? demanda-t-elle la courge toujours en main.



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Alice Tan'Odrin
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Sam 26 Nov - 18:18
Irys : 215119
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice regardait Lenora, un masque d'incompréhension total marqué sur le visage. Elle voulait qu’elle heu… cuisine ? Depuis qu’elle était avec sa grand-mère, elle n’avait jamais eu besoin de se préparer quoi que ce soit. Ils avaient suffisamment de serviteurs pour s'occuper des repas. Pareil à l’académie et à l’hôpital où tout le monde pouvait aller prendre à manger quand ils le souhaitaient dans la grande salle commune. Même depuis qu’elle était sur les routes Alice n’avait pas eu besoin de chauffer de l’eau car il y avait un cuisinier dans la caravane qu’elle avait rejoint pour aller à Reoni. Et depuis ba, disons qu’elle n’avait pas imaginé un seul instant voyager autrement que d’auberge en auberge.


“Une soupe…?”


Les yeux plantés dans ceux de la courge -ou en tout cas si elle en avait eu, ça aurait été le cas- Alice laissait l’idée faire son chemin dans son cerveau. Au fond d’elle elle sentit Cassie remuer comme si elle commençait à se réintéresser au monde extérieur. Elle n’y fit pas attention, préférant lui laisser le temps qu’elle souhaitait.


Donc elle pouvait faire une soupe. Mais comment ? Avec cette courge visiblement. Ce qui était plutôt logique même si elle ne s’était jamais posé la question auparavant. Elle la pris délicatement des mains de la jolie brune et commença à regarder le cucurbitaceae sous tous les angles. Comment est-ce qu’on faisait une soupe avec ce truc. Est-ce qu’on enlevait la peau ? est-ce qu’on le coupait en morceau ? Est-ce qu’on le mettait tout entier dans de l’eau chaude ? Ou est-ce qu’on le faisait “fondre” dans un récipient directement sur le feu ? Est-ce qu’une courge pouvait fondre d’ailleurs ? Et puis elle n’avait aucun matériel. Comment Lenora faisait-elle ses soupes ? Avec des cailloux sur du feu ? Non, il fallait un récipient car la soupe était liquide. Elle était stupide ! Mais Alice n’avait pas de récipient ni aucune idée de comment faire un feu.


*Je crois que tu as oublié quelque chose.*


*Ah Cassie ! Ca va mieux ? Qu’est-ce qu…*


*Oui oui. J’ai pas envie d’en parler. En attendant, ta brunette commence à te regarder bizarrement à force que tu danses avec cette courge.*


*Que je… Quoi ?*


Puis Alice se rendit compte qu’à force de tourner le légume et elle-même pour changer l’éclairage, elle donnait un peu l’impression de valser au milieu de la place. Sauf que son cavalier était orange, petit, et pas très causant. Elle s'arrêta aussitôt et rejoignit vite fait Lenora. Elle lui remit la courge entre les mains.


“Je ne sais pas…”


Alice hésita un instant. Elle n’arrivait pas à choisir si ne pas savoir cuisiner était gênant ou non. Est-ce que beaucoup de gens savaient cuisiner de par le monde ? Ou seulement les cuisiniers ? Peut-être Lenora était-elle cuisinière elle-même ?


*Tu te pose trop de questions.*


“...cuisiner…?”


Elle regardait Lenora en attente d’une réponse, même visuelle qui lui dirait si oui ou non elle vivait une situation embarrassante.


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Lenora Armand
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Ven 2 Déc - 21:58
Irys : 320335
Profession : Aucune
My'trän +1
“Une soupe…?”

Alice s'était adressée à Lenora, l'air intriguée ? Hésitante peut-être ? L'intéressée avait hoché la tête pour confirmer que c'est bien ce qu'elle avait dit oui. Une soupe. Prenant le légume des mains de la khaaralienne, Alice se mit à l'examiner sous toutes les coutures. Une véritable analyse poussée qui parut bien à la mage de terre durer de longues minutes. Était-ce la première fois qu'elle voyait une courge ? Si oui, ce n'était pas un fait dont il fallait se moquer. La jeune femme regardait simplement sa consœur, curieusement, tandis que celle-ci virevoltait avec le légume de saison. Lorsqu'elle revint enfin vers la brune pour lui remettre la courge, Alice révéla finalement ce qui semblait la tirailler.

“Je ne sais pas…” commença-t-elle doucement. Alors qu'elle semblait s'arrêter quelques secondes, Lenora attendit patiemment qu'elle lui parle. “...cuisiner…?”

Lenora ne put se retenir de sourire. Mais pas méchamment. Quelque peu amusée oui, mais elle voulut vite réconfortante. Après tout, elle s'attendait à quelque chose de bien plus préoccupant qu'une jeune novice de l'art culinaire.

- Allons, il n'y a pas matière à s'inquiéter. Je pensais que tu allais m'annoncer pire. Je ne suis pas moi-même un grand chef. Mais je peux faire quelques petites choses simples pour moi-même et jusqu'à présent, je ne suis pas tomber malade de mes plats.

Sur ces mots, elle commença à rassembler les provisions, prenant plusieurs dans un bras contre elle. Se dirigeant ensuite vers le sceau laissé au sol, l'artiste le prit de sa main libre. Elle indiqua à la blonde qu'elle n'en avait que pour quelques minutes et s'en alla vers le puits où attendait visiblement l'homme auquel elle avait pris le récipient des mains. Celui-ci ne s'attendait visiblement pas à voir la voleuse revenir, sûre qu'elle avait dérobé son bien. Lenora lui tendit le sceau qu'il récupéra, puis inclina poliment la tête.

- Vous êtes vraiment revenue... ?

- Je vous avais promis de vous le rapporter alors voilà. Encore désolée du dérangement, mais ça m'a été bien utile.

Sans plus trop s'attarder pour ne pas faire attendre sa nouvelle connaissance, Lenora salua le villageois et retourna auprès d'Alice espérant ne pas avoir pris trop de temps. Elle encouragea cette dernière à traverser la ville en sa compagnie. Après tout, pour se réchauffer, il fallait un feu. Or, ce n'était peut-être pas le moment de créer davantage de bruit après l'incident. Lenora savait faire un feu après tout. Il était donc mieux de laisser un peu l'ardeur retomber dans le village avant d'y retourner.

Une fois à l'extérieur de la ville, la demoiselle repéra un endroit, un petit boisé où quelques arbres les protègeraient d'un courant d'air arrivé trop brusquement sur leur vêtements encore humides. Aussi, elle déposa les provisions au sol et se mit à préparer le nécessaire. Elle chercha au sol plusieurs pierre de la taille de sa main plus ou moins, puis elle se mis à creuser un peu avec l'une des pierres. Après quoi, elle entoura la petite zone des pierres pour éviter que le feu ne s'étende trop. Tandis qu'elle travaillait, elle posa une question qui l'intriguait finalement depuis tout ce temps.

- Je n'ai pas suivi toute l'action depuis le début et tu es libre de ne pas en parler mais je me demandais. Pourquoi avoir poussé les choses aussi loin avec ce marchand ? Avait-il fait quelque chose qui méritait une réaction si violente ?

Dans l'attente d'une réponse, ne voulant pas s’immiscer non plus dans la vie privée de la jeune femme, Lenora lui montra différentes tailles de petites branches qu'Alice pouvait aider à récolter pour démarrer le feu. La brune elle-même, cherchait à proximité de petites buchettes de l'épaisseur de son avant-bras environ, qui servirait de support principale.



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Alice Tan'Odrin
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Mer 7 Déc - 13:50
Irys : 215119
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Tout en ramassant son petit bois, Alice essayait de décider ce qu’elle allait bien pouvoir dire à la jeune femme. Certes ce n’était pas la première fois qu’elle devait s’excuser d’agir “bizarrement” mais elle était loin d’être dans un position simple. De un parce-qu’elle n’était ni à l’Académie ni à l’Hôpital où les gens avaient appris à la connaître et à faire avec et de deux parce-que Cassie n’avait jamais réagi aussi violemment auparavant. Elles avaient perdu le contrôle toutes les deux.


*Pfff.. Peut-être un peu c’est vrai…*


*Un peu hein ?*


Jamais encore elles n’avaient menacé quelqu’un. En plus, d’habitude c’était Alice qui était le plus souvent agacée, pas Cassie. Cassie relativisait. Cassie était calme. Cassie était…


*Oui bon j’ai eu peur. Tu vas me le retourner combien de fois ?*


*Je te préviens qu’à cause de toi un simple “il m’avait marché sur le pied” ne passera pas vraiment*


La petite blonde n’avait à l’instant aucune envie de retenir ses reproches. Cela eu pour conséquence de calmer Cassie qui préférait de loin le rôle de l’adulte à celui de l’enfant. Alice lui offrait une occasion qu’elle saisit au vol.


*Bon, calmons-nous. Qu’est-ce qu’on pourrait lui dire à cette jolie brune ? Vu qu’on ne va pas lui dévoiler toute notre vie après 20 minutes de parlottage on pourrait s’en tenir à quelque chose de mystérieux non ?*


*Oui c’est vrai. J’ai un peu perdu l’habitude de parler à des inconnus.*


*Ah ça c’est uniquement parce-que tu n’as pas voulu qu’on se rapproche des gens de la caravane !*


*J’y voyais pas trop d'intérêt…*


*Ah ! ca c’est bien toi !*


Alice tira une langue imaginaire à sa colocataire et posa son paquet de branches dans le cercle de pierres. C’était malin ce truc. Et maintenant qu’elle y repensait, elle avait vu les gens de la caravane faire de même pendant son voyage. Mais elle n’y avait pas vraiment fait attention.


“Non pas du tout. C’était ma faute. Je n’étais pas bien. Un truc en rapport avec le futur, la destiné, tout ça. Mais ça va mieux maintenant. Je vais prendre le temps d’y penser.”


*Merci.*


Cassie savait que cette dernière phrase s’adressait autant à elle qu’à leur interlocutrice. Alice acceptait d’attendre avant d’essayer de rencontrer ce mage des illusions. Elle se sentait plus légère tout d’un coup. la jolie blonde ne pu s’empêcher de sourire en sentant sa compagne regagner son équilibre. Changeant complètement de sujet, elle lâcha le rond de pierre des yeux et se tourna vers Lenora.


“J’imagine qu’il faut allumer le feu maintenant non ? Puis-je essayer de le faire moi-même s’il te plaît ?”


Le tutoiement la fit grimacer intérieurement. Cassie, elle, exultait. Alice avait essayé de suivre le naturel de Lenora sur ce point mais la situation lui paraissait vraiment bizarre. Elle ne tutoyait même pas sa grand-mère ! Alors une femme qu’elle venait à peine de rencontrer. Mais tout ce qu’elle voulait pour l’instant c’était que Cassie reste de bonne humeur. L’air de rien, l’épisode de l’après-midi l’avait retourné elle aussi.


*Et puis ça ne peut pas te faire de mal !*


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Lenora Armand
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Mer 7 Déc - 16:52
Irys : 320335
Profession : Aucune
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“Non pas du tout. C’était ma faute. Je n’étais pas bien. Un truc en rapport avec le futur, la destiné, tout ça. Mais ça va mieux maintenant. Je vais prendre le temps d’y penser.”

Lenora récupéra une dernière buche avant de revenir près d'Alice, les bras plein de bois. Elle n'en saurait probablement pas davantage au vu de la réponse qui lui avait été donné. Mais soit. La brune ne chercherait pas plus. En son fort intérieur, elle se demandait juste quel genre de grande destinée pouvait bien attendre cette jeune femme, au point que celle-ci en devienne angoissée à ce point. Aussi, elle se contenta juste de dire :

- La patience est une vertu qui sait récompenser ceux qui en font preuve. Si ce "truc" comme tu dis est aussi important, l'aborder avec sérénité semble une option plus appréciable.

Le regard porté sur le tas de branches, la jeune femme se remit à penser. La quantité de petit bois ramenée par sa consœur serait suffisante. Elle avait elle-même pris d'autres bûches qui serviraient à alimenter le feu, une fois lancé.

“J’imagine qu’il faut allumer le feu maintenant non ? Puis-je essayer de le faire moi-même s’il te plaît ?”

La kharaalienne hocha la tête en guise de réponse à ses deux questions et sourit.

"C'est moi où elle est plus détendue ? La voilà même motivée à tenter des choses."

- Évidemment que tu peux, dit-elle à haute voix. Mais attends un peu.

Lenora s’accroupit près du foyer pour être plus proche et pouvoir bouger au besoin. Elle déplaça temporairement les branches d'Alice pour mieux placer les bûches qu'elle cherchait plus tôt. Elle les aligna en prenant soin de laisser un espace de deux ou trois centimètres entre chaque. Après avoir fini sa disposition, la mage de terre regarda Alice, son doigt se promenant de part et d'autres tandis qu'elle lui expliquait ce qu'elle avait fait et pourquoi.

- Tu as vu que j'ai creusé un trou plus tôt ? Et là, il fallait d'abord que je dispose ces bûches un peu plus grosses que les bois que je t'ai demandé de chercher. J'ai même laissé un mince espace entre chaque bûche. Le tout a pour but d'aérer ton feu par le bas aussi et donc de le nourrir.

Elle se releva à nouveau de sa position et se dirigea vers un arbre proche dont elle commença à retirer l'écorce. Elle en pris un peux de ce premier arbre, puis d'un second et d'un troisième. Elle revint avec de des couches d'une écorce mince, qui se repliait légèrement vers l'intérieur sur les bords. La brune reprit ensuite sa position, mit quelques bois plus minces que ceux servant de support dans des sens variés et écrasa un peu l'écorce entre ses mains comme on écrasait une feuille de papier. Ceci dans le but d'aider à maintenir les morceaux d'écorces ensemble plutôt que de se retrouver avec des bouts ici et là. Posant l'écorce sur le tas de branche, elle regarda Alice.

- Voilà, tu vas pouvoir essayer. L'écorce est là pour aider le feu à prendre rapidement. Elle va brûler très vite mais c'est ce qu'on veut. Après quoi, on va rajouter dans les prochaines minutes des bouquets de petites branches que tu as ramené. Une fois que le feu, ce sera stabilisé, on pourra mettre des bûches un peu plus grosses. Pas si compliqué, tu vois ?



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Alice Tan'Odrin
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Sam 10 Déc - 16:41
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Profession : Médecin itinérant
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Alice, accroupie près du tas de pierres, regardant avec attention Lenora préparer le feu. Elle était très concentrée pour retenir un maximum de choses. Des petits “oh ! “ et “ah !” sortaient de sa bouche quand la jolie brune lui expliquait un point essentiel. Cassie, elle, gloussait à chaque fois que ça arrivait mais elle était beaucoup trop attentive pour s’en vexer.


Quand Lenora eu fini ses préparatifs, Alice se retint in extremis d’applaudir. Ou plutôt, quand l’intention lui était venue, Cassie avait explosé de rire si fort qu’elle s’était arrêtée net dans son geste, se contentant de faire comme si elle avait eu l’intention de recoiffer une mèche depuis le début.


*Hahaha ! Tu es vraiment une patate parfois !*


*Oh ça va hein !*


Bon, maintenant c’était à elle de jouer. Il fallait qu’elle allume ce feu. Sauf qu’elle n’était pas sûre d’y arriver. La flamme de tout à l’heure, c’était la première fois qu’elle arrivait à en créer une de toute pièce. D’habitude elle n’arrivait qu’à récupérer des flammes pré-existantes. Alors, le choc passé et Cassie calmée, les deux filles se sentaient assez excitées par leur réussite. Un peu trop d’ailleurs. Il allait falloir qu’elles fassent quelques exercices de concentration avant d’arriver à quoi que ce soit lui rappela Cassie, l’experte des deux en magie du feu. Alice soupira et laissa la voie libre à son amie.


“Bon, il va falloir que je me concentre. Mais ça ne prendra que quelques minutes.”


Cassie se leva et s’étira un peu. Elle ne comprenait pas comment Alice pouvait rester des heures dans des positions aussi inconfortables sous prétexte qu’elle était concentrée sur quelque chose. Une fois les dernières fourmis disparues elle commença ses exercices de concentrations typiques du peuple de Süns. C’était à mi chemin entre des mouvement de combat et de la danse. La lenteur des mouvements avait quelque chose d’hypnotisant, pour les spectateur comme pour les pratiquants qui entraient peu à peu en parfaite harmonie avec eux-même.


Cassie et Alice qui ne faisaient plus qu’une à cet instant, sentirent la chaleur rassurante du feu de Süns grandir dans leur estomac et se répandre jusqu’aux extrémités de leur membres. A un moment, elle sentirent que le parfait équilibre était rempli et concentrèrent toute leur énergie sur l'extrémité de leurs doigts. Une petite étincelle brilla puis disparue. Mais la chaleur était toujours là et elles ne perdirent pas leur concentration. La seconde d’après une toute petite flamme bleue dansait au bout de son index droit.


“YEAAAAAH !”


Cassie et Alice avaient crié leur joie d’une seule et même voix (en même temps le contraire eut été difficile). Elles avaient réussi ! Leur première flamme volontaire ! Voyant qu’avec toute cette agitation la petite flamme avait du mal à tenir, Cassie se calma aussitôt et avança lentement près du bois. Elle posa la petite flamme près des morceaux d’écorce que leur avait indiqué Lénora et celle-ci pris feu presque aussitôt. Par contre leur petite flamme disparut aussitôt. Mais bon, elles avaient réussi à allumer le feu ! Cassie entama une danse de la victoire mentale tandis qu’Alice reprenait le contrôle de leur corps.


“Et voilà ! C’est allumé !”




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Möchlog
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Ven 23 Déc - 1:27
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Administrateur
[Note : Je précise qu'il s'agit d'une intervention MJ dans laquelle je ne joue pas Möchlog.]

Le bois prit miraculeusement feu sous l'habile sort d'Alice. Qu'il était bon de voir ainsi la lumière chaleureuse vous éclabousser les yeux. Un ronronnement tranquille montait de plus en plus fort à mesure que les flammes dévoraient le petit bois. C'était un spectacle fascinant, effrayant peut-être, mais comment pouvait-on redouter un simple âtre réconfortant ? Mais tant de choses peuvent se passer lorsqu'un feu est allumé. Il suffit d'un simple coup du sort. Une bourrasque, par exemple, et n'importe quoi alentour peut s'enflammer à son tour et vous voilà cuite dans tous les sens du terme. On pourrait également faire en sorte que le feu s'éteigne aussitôt. Alice réessayerait, sans ménage, de le faire s'embraser de nouveau, mais de désespoir elle s'effondrerait car sa volonté ne se serait pas réalisée.

Oh, mais n'oublions pas que c'est un moment particulier de l'année aujourd'hui. Laissons ces intrigues tordues à d'autres temps, à d'autres gens. Pour sa détermination, notre chère tête blonde mérite bien un présent, non ? Tandis que les flammes ambrées continuent de virevolter comme des danseuses bacchanales, que vous vous afférez à préparer votre pitance avec les nombreux légumes achetés précédemment, quelque chose pourrait bien attirer votre attention. A l'intérieur du cercle de pierre, à quelques centimètres à peine du feu naissant, quelques sombres cendres sont déjà tombées et tapissent le sol. Si Alice, car c'est bien elle qui est la plus proche de l'âtre, regarde suffisamment près, elle pourrait bien avoir la surprise de découvrir un étrange objet dépassant timidement du tas de poussière. Comment avait-il bien pu atterrir là ? Quelle importance.

Si la jeune mage est curieuse, et qu'elle extrait l'objet du cercle, elle découvrira qu'il s'agit d'un anneau d'une qualité remarquable, mais sans le moindre motif décoratif ornant son pourtour. Il est doré, peut-être même est-ce de l'or véritable ? En tout cas il est joli, on a envie de le mettre au doigt, et si Alice le fait, voici ce qui se produira.

Sur la surface, autrefois nue, de l'anneau doré, un mot s'inscrira de lui-même sous les yeux de la jeune femme. N...is...legiin. Nislegin. Un mot inconnu, mais qui a pourtant une signification toute particulière. Il signifie la fuite. Il y a toujours un moment dans la vie de l'être humain où il souhaite fuir loin de tout et de tous. Alice a désormais l'opportunité de réaliser ce souhait à n'importe quel moment, il lui suffit de prononcer le nom de cet anneau mystérieux et ce dernier fera le nécessaire. Il peut être son plus fidèle compagnon, mais qu'elle soit prudente néanmoins. La fuite est parfois plus dangereuse que la bataille. A bon entendeur...

En bref:
 
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Lenora Armand
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Mer 11 Jan - 20:58
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Profession : Aucune
My'trän +1
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Lenora ne put s'empêcher de sourire devant cette scène aussi chaleureuse que le feu qui venait tout juste de s'allumer. L'innocence de cette jeune fille qui s'émerveillait telle une enfant était un tableau qui ne pouvait laisser les gens insensibles. Ne voulant pas voir cette joie sur le visage d'Alice s'évanouir, la mage de terre s'empressa de constituer les bouquets de petites branches avec ce qu'Alice avait ramené et les disposa dans le feu. L'un après l'autre. Elle mettait d'abord le bouquet aux branches les plus fines et le laissait se consumer quelques secondes avant d'ajouter le suivant. Elle refit de même à trois reprises encore avant de placer enfin, une première puis une seconde bûche. Avec ça, le feu ne devrait pas s'éteindre de lui-même.

- Maintenant, il n'y a plus qu'à remettre des bûches de temps à autre pour continuer à l'alimenter. Pour ma part, il faut aussi que je m'occupe des ustensiles, sans quoi, on peut oublier notre repas autour du feu !

Sur ces mots, la jeune femme se mit à son tour à mettre ses dons à profit. Son expression changea laissant place à un visage concentré mais détendu. L'enfant de Delkhii n'était pas seulement une artiste avec un crayon dans les mains. Présentement, la khaaralienne écoutait le chant de la terre. Appuyée sur ses genoux, elle passait sa main sur l'herbe, en pleine recherche. Elle s’avançait lentement sur ses genoux pour sonder un peu plus loin. Lenora était absorbée par sa recherche, ne remarquant pas que dans son dos, quelque chose de magique se produisait. Et si la magie était pourtant commune sur ces terres, il fallait entendre par là une magie...  différente. Mais soit, il y avait des questions qui pouvaient bien rester sans réponse.

- Ah voilà, j'ai trouvé, fit la mage de terre reprenant la parole depuis plusieurs minutes.

Entreprenant une action différente, elle écarta la main de son corps, les doigts dépliés dans un mouvement gracieux. Pour comprendre ce qu'il se passait, il fallait être à proximité. Ainsi seulement, il était possible de voir que suite à ce simple geste, la terre devant Lenora s'écartait petit à petit, suivant la volonté de la jeune femme. Des micro-fissures se firent une zone inférieure à un mètre carré, dans laquelle la terre au niveau des fissures semblait se fragiliser et commencer à s'écrouler sur elle-même, soulevant quelques poussières dans le mouvement.
Ce ballet des éléments de la terre prenait son sens lorsqu'un tas se formait petit à petit près de la jeune femme. Une terre aux aspects plus grisâtre à la texture si finement granuleuse qu'elle pourrait sembler lisse. Une fois, sa tâche accomplie, la jeune femme satisfaire de la quantité, les divers éléments du sol dont elle n'avait pas besoin reprirent sagement leur place dans le sol.

Prenant une poignée dans sa main, elle la montra à sa consœur.

- Ça, c'est ton bol, fit-elle avec un sourire. Enfin... après avoir été travaillé un peu.

Sans plus attendre, elle s'empara d'un peu de l'argile qu'elle venait de récupérer et en fit une boule à peu près grosse comme sa main. Revenant s'installer près du feu, la demoiselle se mit à travailler la matière, juste au  moyen de ses doigts. Sa mère s'était spécialisée dans la poterie aussi Lenora se sentait-elle relativement à son aise avec différentes techniques. Tandis que ses doigts parcouraient agilement l'argile, elle reporta son regard sur Alice.

- Pardonne ma curiosité d'ailleurs mais je me demandais. Tes mouvements tout à l'heure étaient très beaux. Ça t'aide à te concentrer ? Je demande juste parce que je ne sais pas comment ça se passe dans les autres clans de mages.

La jeune femme ne mentait pas. Arrivée chez Donovan, elle avait vu que les gens étaient différents. Pas dans le mauvais sens. Mais cela avait éveillée la curiosité de Lenora qui, si elle se doutait que le reste du monde ne vivait pas forcément tous comme elle avait vécu dans les steppes, était ravie d'apprendre. Lire les livres ou entendre quelques rumeurs étaient une chose. Mais avoir l'occasion de pouvoir le voir et le vivre par soi-même était d'autant plus attrayant. Elle voulait profiter de ce voyage hors de chez elle pour apprendre à connaître les gens différents. Sans oublier pour autant que son devoir en ce moment était d'aider Donovan du mieux qu'elle pouvait.

Mais pour le moment, elle était avec Alice et tout en donnant peu à peu la forme d'un bol à la boule d'argile grâce à des mouvements réguliers, Lenora attendait de savoir si la mage de feu accepterait de lui en apprendre plus.



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Alice Tan'Odrin
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Dim 15 Jan - 16:05
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My'trän +2 ~ Suhury
Alors que sa compagne s’occupait à nourrir le feu, Alice remarqua que quelque chose brillait au milieu des cendres. Elle y glissa les doigts, ignorant la chaleur du feu naissant et en sortit un fin anneau d’or. Les flammes qui se reflétaient sur le métal lui donnait un aspect vivant. Quelque-chose était gravé dessus mais elle avait dû mal à le déchiffrer, comme s’il était écrit dans une langue qu’elle avait autrefois appris et qui depuis avait disparue de son esprit.

*Nislegin.*

Alice sursauta comme s’il était censé se passer quelque chose. Quelque-chose d’évident mais elle n’arrivait pas à se rappeler quoi. Mais ce n’était pas elle qui avait parlé mais Cassie, dans sa tête. Et sa voix avait été lointaine, comme prisonnière d’un rêve.

- Maintenant, il n'y a plus qu'à remettre des bûches de temps à autre pour continuer à l'alimenter. Pour ma part, il faut aussi que je m'occupe des ustensiles, sans quoi, on peut oublier notre repas autour du feu !

Cette fois-ci, Alice revint tout à fait à la réalité. Elle glissa rapidement l’anneau dans l’une des nombreuses poches de sa tunique et l’oublia presque aussitôt. Surtout que le spectacle que Lenora allait lui offrir l’accapara toute entière. Elle avait bien sûr déjà vu d’autre personnes que les serviteurs de Möchlog utiliser la magie mais jamais encore elle n’avait ressenti ce qu’elle ressentit. C’était peut-être dû à la crise d’angoisse de l’après-midi, à l’excitation de découvrir de nouvelles choses ou encore à la découverte de cet étrange… quoi déjà ? Qu’importe. Le fait est que quand Lenora appela la magie à elle, Alice sentit un frisson parcourir son corps.

-Delkhii.

Ce n’avait été qu’un murmure et Alice n’était pas sûr de l’avoir prononcé mais pendant un dixième de seconde, elle sentit la présence de l’Architecte sculpteur. Puis l’impression disparue et elle ne put que regarder Lenora poursuivre sa recherche sans réussir à rattrapper la sensation qui l’avait touché. Quand la terre se craquela pour laisser apparaître une boule grise, Alice n’était vraiment plus que spectatrice.

-C’est étrange, dit-elle, le regard perdu dans le vague, comment se fait-il que ne nous soyons lié qu’à un ou deux Architectes alors que nous croyons en tous. Comment se fait-il qu’une personne ne puisse pas utilisé chacune des magies sans que celles-ci ne diminues. C’est comme si… accepter tous les Architectes dans son coeur le divisait au lieu de l’unir. Pourtant si nous sommes là aujourd’hui c’est grâce à leur travaille conjoint.

Son regard se perdit dans les flammes qui dansaient joyeusement dans cette soirée de fin d’été.  

-C’est comme une malédiction. Comme si quelque chose nous empêchait de nous réunir et de ne faire plus qu’un alors que l’univers n’a que ce souhait.

Elle se rendit soudain compte que Lenora la fixait de l’autre côté du feu de camp.

*J’ai recommencé ?*

*Tu veux dire à parler tout haut de tes tergiversations intérieure comme pendant les cours à Suhury ?*

Alice gémit intérieurement car elle savait que le ton sarcastique de Cassie ne voulait dire qu’une chose. Oui elle avait recommencé. Et vu qu’à Suhury les mages sont aussi bienveillants que rigides, poser trop de questions sans réponses était vraiment très mal vu. Aussi la jeune fille avait-elle appris (avec plus ou moins de succès parfois) à tenir sa langue dans ces moment-là pour éviter d’être mise à l’écart. Ca plus le fait d’héberger une autre personnalité dans sa tête qui pouvait éclater à tout moment l’avait rendu assez solitaire.

Heureusement, dans ce genre de cas Alice et Cassie avait mis au point une technique pour détourner l’attention des érudits qui étaient bien trop heureux de vite oublier les questions de la jolie blonde. Cassie, qui elle ne se posait pas trop de question métaphysique savait que quand elle sentait Alice décrocher devait faire deux fois plus attention à ce qui les entouraient. Sans suivait un résumé ultra-rapide de la situation qui permettait à Alice de rebondir comme si rien ne s’était passé -et qui, après une ou deux secondes d’incompréhension de leur interlocuteur leur permettait souvent de changer de sujet-.  

Cassie entreprit donc de lui résumer la situation ainsi que les dernière paroles de Lenora. Ce à quoi Alice répondit :

-Oui, Je crois qu’ils servent à ça. En tout cas, il m’aident à entrer en paix avec moi-même, à être plus sereine. Plus… équilibrée ? En tout cas, je ne sais pas d’où ils viennent. Je sais que d’autres serviteurs de Süns les utilisent mais je n’ai aucun souvenir de les avoir appris.

Soucieuse de garder le sujet de conversation actuel la jeune fille blonde se leva et dégrafa sa cape de voyage pour laisser apparaître son uniforme.

-Mais je ne suis pas une mage du feu, je suis avant tout au service de Möchlog comme tu peux le voir.

En plus de son uniforme blanc donc les broderies d’or étaient encore éparses (symbole de son rang et de son appartenance à la magie de la vie et non argent comme pour ceux de la mort), Alice descendit sur son visage le précieux masque en forme de tête de hiboux que sa grand mère lui avait offert en souvenir de son père. Avec les fausses plumes en tissus présente sur son uniformes à certains endroits stratégiques on ne pouvait plus la confondre avec un autre type de mage circulant sur Irydaë. Surtout que comme énormément d’adeptes de Möchlog parcourait le pays, leur uniforme était connu et respecté partout.

-Je suis médecin.

Puis elle enleva son masque et rattacha sa cape car le petit vent de tout à l’heure ne s’était pas arrêté pour sa démonstration. Elle ne mis pas non plus longtemps pour se rasseoire près de la chaleur rassurante du feu.


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Lenora Armand
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Mar 17 Jan - 17:30
Irys : 320335
Profession : Aucune
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Lenora fixait Alice non plus dans l'attente d'une réponse mais constatant les pensées qui venaient visiblement d'être échappées par leur détenteur. Lorsque que la jeune femme avait d'abord ouvert la bouche, la khaaralienne pensait qu'elle répondait à sa question, avant de se rendre compte quelques mots plus tard que ce n'était pas le cas. Elle crut alors qu'elle ne souhaitait pas répondre à sa question et avait dévié de sujet, mais les yeux légèrement dans le vague de sa consœur lui fit comprendre que ce partage n'était pas volontaire. Toutefois, Lenora n'avait pas souhaité l'interrompre trouvant le sujet intéressant. Il était vrai que si elle-même était une fille de Delkhii, elle n'en croyait pas moins dans les autres Architectes et leur vouait le respect qui leur était dû. C'était un sujet qui selon la brune, méritait d'être approfondi et pour le coup, la jeune femme n'avait pas l'intention de le taire.

Alice, quant à elle, s'était rendue compte qu'elle venait tout juste de se livrer et tenta de détourner le sujet de conversation. Se relevant avec grâce, la demoiselle retira la cape qui couvrait son corps pour laisser apparaître un uniforme blanc décoré de divers dorures, où pendant ici et là quelques plumes voltigeaient dans la brise. Le masque qu'elle descendit sur son visage compléta le tout. Cet uniforme pourtant si connu, la jeune femme n'avait pas eu l'occasion d'en voir beaucoup dans sa vie. Il lui rappelait vaguement quelque chose, mais rien d'assez vif pour qu'elle en soit présentement certaine. Peut-être l'un de ces mages était-il venu dans son clan ? Peut-être avait-elle vu dans sur les routes un autre adepte de Möchlog ? Quoiqu'il en soit, la vivacité de l'image qu'elle avait devant elle était plus enchanteresse que ces vagues suppositions de souvenirs.

- Médecin, dit-elle en reprenant son artisanat tandis que sa consœur se rhabillait. Tu exerces un très beau métier. Quelque part, on se ressemble un peu. On préfère ce qui vit et ce qui est. Moi je crée et toi tu préserves la vie.

Pinçant l'argile de son pouce une dernière fois, elle tourna le bol entre ses doigts, affinant son travail sur les bords. Elle le tourna sous divers angles pour s'assurer que son œuvre ne présentait pas de faiblesse. Un nettoyage à l'eau suffisait. Inutile de rajouter en plus un masque à la courge, surtout qu'il faudrait cette fois plus que de simplement laisser sécher les vêtements. Une fois satisfaite, Lenora posa le bol et se mit au travail sur le second avec un regard vers Alice. Elle se promettait de demander plus tard à la mage de soin si elle pouvait la dessiner.

- Ce qui me fait dire que tu as raison. Les choses sont ainsi faites que nous sommes obligés de nous dévouer à l'un ou à l'autre.

Réfléchissant à la question, elle regarda ses mains.

- Nous avons certainement chacun des différences, des affinités qui font que nous nous accordons mieux avec un Architecte en particulier. Mais peut-être ont-ils leurs raisons d'avoir ainsi conçu les choses.

Relevant la tête vers Alice, elle plongea son regard dans celui de la jeune femme. Elle avait soulevé un point étrange qui intriguait l'artiste. Aussi, à peine avait-elle fermé la bouche, qu'elle poursuivit sur sa lancée.

- Tu parles de malédiction ? Penses-tu que cette division ne soit pas de la volonté des Architectes ? Après tout, si nous étions si divisés, aucune personne n'apprécierait la compagnie de quelqu'un ne partageant pas sa foi.

Tandis que le feu crépitait les réchauffant, le vent continuait à souffler doucement. Même la tendre terre recouverte de verdure, sur laquelle les deux jeunes femmes étaient confortablement installées étaient abreuvée par Dalai. Et la mort venait participer au renouveau de la vie. Alors qui pouvait en effet réellement contredire que les Architectes partageaient un lien complexe où les éventuelles rivalités n'empêchaient pas le bon fonctionnement du monde ? Comme si cette pensée ne pouvait que simplement rester pensée, Lenora caressa d'une main la terre et allongea une jambe pour la rapprocher un peu du feu, goûtant la brise élément de son père qui venait caresser ses cheveux d'ébène et faire sécher les dernières traces de cette eau qui aujourd'hui avait rafraîchit les esprits et sans laquelle, Alice et elle ne seraient pas en train de discuter.



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Alice Tan'Odrin
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Ven 20 Jan - 14:22
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Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice regardait sa compagne avec incrédulité. Vu qu’on n’avait jamais rebondit sur ce genre de questions “bizarres” qu’elle pouvait se poser, elle se trouvait maintenant incapable de savoir comment réagir. Jamais elle n’aurait cru que Lenora chercherais à poursuivre la conversation qu’elle avait eu tant de mal à éviter.

*Ba vas-y, profites-en !*

*Mais… Mais ? Si en vrai elle s’en fiche complètement ?Qu’elle ne me demande que par pure politesse ? Est-ce que je ne risquerait pas au contraire de la faire fuir ?*

La jolie blonde sentie que Cassie regardait avec attention Lenora poursuivre la confection de ses bols. Elle essayait visiblement de l’évaluer et Alice attendait fébrilement les résultats de son enquête.

*Dans tous les cas, on saura pas si tu n’essayes pas !*

Alice se rembrunit un peu. Elle attendait une aide dans l'indécision la plus totale qui la tourmentait. Une lumière au bout du couloir quoi !

*Sans exagération, aucune.*

Cassie avait raison. Elle en faisait beaucoup trop. Elle connaissait à peine la mage de la terre et même si c’était la première fois depuis longtemps qu’elle se liait -même si c’était encore superficiel- à quelqu’un, rien ne l’empêcherait d’essayer avec quelqu’un d’autre si Lenora décidait de partir. Elle n’avait pas grand chose à perdre. Alice lança un regard aux deux belles courges qui patientait dans l’herbe.

*Sauf peut-être un repas.*

*Oh la barbe !*

Alice pris une profonde inspiration. Elle avait instinctivement replié ses jambes contre son torse et les avaient entouré de ses bras. Elle se rendait compte que c’était parce-qu’elle avait envie de se “protéger” mais n’avais pour l’instant aucune envie de changer. Peut-être plus tard…

“-Je… je suis d’accord pour les affinités.”

*Même si je penses que pleins d’autres choses entrent en compte comme l’éducation, le milieu etc.*pensa-t-elle. Mais maintenant qu’elle était consciente de parler à un interlocuteur, elle ne se sentait pas tout à fait à l’aise de tout sortir d’un coup. Comme si elle avait peur que le flux d’informations qui arrivait en trombe dans sa tête était pour l’instant beaucoup trop pour ce début de conversation. En plus, comme elle débutait à ce genre d’exercice, elle hésitait deux fois plus.

“-Mais pas sur le fait qu’ils aient leur raisons.”

Alice leva les yeux vers Lenora et compris qu’il fallait qu’elle développe un peu parce-que sinon son discours manquait quand même sacrément de clarté (comme le lui fit remarquer Cassie).

“-Ce que je veux dire par là, son coeur tambourinait dans ses oreilles, c’est que les dieux tels que nous les connaissons sont très humains. Je trouve. Ils peuvent être en colère, être déçus, avoir peur et même tomber amoureux. Du coup, n’est-il pas logique de penser aussi que comme nous, ils font des erreurs ou sont tout simplement parfois dépassés par leurs créations ? Comme des parents avec leurs enfants ?”

Elle pointa un doigt vers le ciel et, tout en parlant, écarta son autre main vers la terre.

“Bien sûr ils sont bien plus puissants que nous, de façon inimaginable. Mais ils ont aussi leurs faiblesses. Ce qui me fait penser qu’il y a peut-être quelque chose au dessus d’eux. cette chose que l’on nomme Bolgokh comme si elle pouvait porter un nom.”

Alice commençait à prendre confiance et ses paroles coulaient à flot sans qu’elle puisse les arrêter. Parler de ses théories à voix haute l'emballait complètement et la faisait réfléchir à toute vitesse.

“Bolgokh n’est pas un Dieu je pense. Il n’est pas comme le décrivent nos textes de cosmogonie. C’est avant tout une force de Création en dualité avec celle de la Destruction. Je ne suis même pas sûr qu’il soit conscient. ou en tout cas, si cette force l’est, sa conscience n’a rien à voir avec ce que nous connaissons ni avec ce que nous pouvons appréhender. Tout comme la destruction, Il est. c’est tout.”

Alice gloussa, grisée par ce qu’elle disait.

“Ou plutôt “Ca” est. Vu qu’à son niveau, il n’y a pas de raison pour que le genre existe. Par contre, je ne sais pas encore ce que ça a à voir avec cette histoire de malédiction et d’attirance/répulsion qu’il existe en chacun de nous. Peut-être quelque chose en rapport avec la dualité des forces ? Après tout, si on admet que les forces primordiales sont la Création et la Destruction, n’est-il pas normal qu’elles soient aussi en chacun de nous ?”

Les yeux de la jeune femme s’écarquillèrent.

“Mais ça voudrait dire que les Dieux, et même les Forces dont je parle sont en chacun de nous !”

*Heu... Oui ? C’est un peu mystique ça non ?*

Sans se rendre compte qu’elle rebondissait à voix haute Alice répondit :

“Non non ! Je veux dire, littéralement ! Les Dieux tels que nous les connaissons sont immense et plein de pouvoir. Mais c’est uniquement parce-que c’est ainsi que nous voulons les voirs. En vrai ils “constituent chacun de nous. Comme si pour avoir une Alice il fallait un petit bout de Möchlog, un autres de Süns etc. Nous ne serions donc pas fait de chair et d’os mais de “choses infiniment petites, -qui seraient d’ailleurs à l’origine de la magie- constituant aussi nos Dieux qui seraient alors partout. Et le tout resterait réunit grâce aux forces d’attirance et de répulsion qui sont partout et représentent les Forces primordiale de Destruction et Création ! C’est ce qui pourrait permettre un cycle, un mouvement !”

Alice s’était carrément levée en criant presque, un bras levé vers les cieux.

*Humhum…*

Elle se rassit brusquement se rendant compte qu’elle s’était carrément emballée dans son discours et qu’elle en avait oublié jusqu’à la présence de Lénora. ce qui eu pour effet de la faire rougir jusqu’aux oreilles.


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Lenora Armand
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Dim 23 Avr - 16:57
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Alors là, Lenora n'en revenait pas. Son visage habituellement impassible s'était peu à peu transformé en une expression mêlant la surprise à un certain respect pour cette jeune femme si silencieuse l'instant d'avant qui venait d'entretenir un monologue sur des idées que tout un chacun pourrait trouver assez farfelues. C'était chose rare que de voir les mages s'interroger à ce point sur ce genre de questions. La plupart se contentait de croire, d'autres se posaient quelques questions. Mais la mage de terre n'avait encore jamais vu auparavant quelqu'un pousser sa réflexion à ces extrêmes. Visiblement, ce n'était pas dans les habitudes d'Alice non plus de se montrer aussi... flamboyante ? Le fait que cette dernière en prenne conscience et change de couleur, fit craquer la khaaralienne pour de bon cette fois-ci qui partie à rire de bon cœur.  

- Alors là ! Tu aurais matière à rédiger un livre, fit-elle riant dans son poignet (sa main ayant quelques traces d'argile) pour essayer tant bien que mal de regagner son sérieux. Puis, consciente qu'elle pouvait avoir vexée la jeune femme, elle s'expliqua. Attends que je m'explique. Ce n'est pas que je me moque.

Prenant une inspiration, elle réussit à retrouver son sérieux avant de pouvoir continuer.

- Excuse-moi. Sincèrement. C'est juste que tu étais tellement énergique. Ce sujet semble te passionner.

Consciente qu'elle avait encore un repas à préparer, l'artiste se remit au travail et avec le reste d'argile, confectionna deux cuillères. Bien que captivée par le discours de la blonde, qu'elle avait observé tout du long. L'expérience lui avait appris à continuer machinalement son travail. Par réflexe, il lui arrivait quelques fois de jeter un œil à ce qu'elle faisait pour se reporter son attention presque immédiatement sur Alice. Les cuillères, elles, étaient somme toute plus simples à réaliser. Un manche au bout duquel quelques pressions bien menées donnait à l'outil la forme voulue. Elle pris le soin de nettoyer sur les couverts et les bols les traces d'argiles restantes afin que celles-ci ne finissent pas dans leur repas -peu ragoûtant n'est-ce pas ?- et repris finalement la parole.

- Je m'avoue vaincue, entama-t-elle son discours. Tu sais, mon clan étant nomade et lié à Delkhii, j'ai appris beaucoup de choses sur le travail de la terre, la manière de créer de mes mains divers objets, l'art -même si je suis encore une novice- de la forge. De mon temps libre, c'est le dessin qui occupe mes pensées en général.

La jeune femme jeta un oeil vers ses affaires où était précieusement rangé son carnet.

- Mais vois-tu, je ne connais que peu le sujet sur lequel tu t'es lancé. J'ai foi dans l'existence des Architectes qui comme tu le dis, bien que plus puissants, ne sont pas si différents de nous. Mais pour tout te dire, pour moi l'existence même du Créateur et du Destructeur relève plus d'une merveilleuse légende tant cela paraît irréel, loin de notre quotidien. Alors oui, pour moi qui suis ignorante à ce sujet, je trouve ca captivant de t'entendre en parler.

Lenora en effet, n'avait pas eu l'occasion de lire tant pour pouvoir entretenir une conversation avec Alice qui à l'inverse était capable de mener une réflexion philosophique sur des forces en jeu qu'il était difficile d'appréhender de par leur complexité et du fait qu'aucune concrétisation, physique, ne pouvait appuyer une thèse ou une autre. La dualité résidant en chacun de nous, le fait que les êtres soient chacun un mélange de petits morceaux d'Architectes comme s'il s'agissait de pâtisseries aux différentes saveurs. La jeune femme avait beaucoup de mal à percevoir tout ce qu'Alice percevait mais s'y essayait tout de même.

- Et ces choses très petites, selon toi, ce pourrait être la même force de création que ce qui a forgé notre monde ? La magilithe ?

À peine eut-elle prononcée ses mots qu'elle secoua la tête.

*Mais quelle supposition stupide viens-tu de faire Lenora... Même si je lui ais dis que je n'y connaissais pas grand chose, elle va vraiment me trouver bête. Enfin, au moins elle le verra par elle-même*



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Alice Tan'Odrin
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Sam 29 Avr - 23:36
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Le rire de Lenora l’avait figée sur place. Toujours aussi rougissante, elle refusait de lever les yeux vers la jeune femme de peur de croiser son regard moqueur. Ce qu’elle venait de dire n’avait donc pas de sens ? Pourtant elle sentait qu’elle pouvait aller encore plus loin dans le raisonnement, quitte même à réfuter certaines parties énoncées plus tôt. Quel dommage…. Tout ça ne servait à rien si sa base ne tenait pas la route. Et vu l’hilarité qui avait prie sa compagne, elle devait être bien loin de quoi que ce soit de plausible…

Pourtant Lenora continua à la surprendre en s’excusant. ALice n’était pas tout à fait convaincue que la jeune femme ne la prenait pas pour une folle mais elle une petite voix lui disait qu’elle était sincère quand elle disait que tout ce blabla l’intéressait.

*C’est moi la petite voix*

Un instant, Alice oublia même sa gêne quand la jolie brune évoqua sa capacité de création liée à la terre ainsi que sa passion pour le dessin. Elle-même n’était pas très douée pour créer. A vrai dire elle trouvait son imagination plutôt pauvre en la matière et trouvait donc toujours merveilleux ce que les gens arrivaient à faire de leurs dix doigts.

“-J’aimerais beaucoup voir ce qu’on peut forger. Et tes dessins…”

Elle avait fait la remarque pensivement. Son cerveau encore en ébullition peu de temps avant se retrouvait bloqué par un mur invisible qui, elle en était sûre, lui cachait toute les possibilités de ces arts. Elle pensait bien sûr à tous ces outils et armes qu’on pouvait fabriquer ou encore aux dessins qu’on pouvait trouver dans les livres de médecine qu’elle avait parcouru. Mais il devait y avoir aussi tellement de choses possibles auxquelles elle ne pensait pas !

Pourtant un mot dans le discours de Lenora la fit tiquer et revenir à ses réflexions premières. La foi.

“-Je crois que tu te trompe sur quelque chose. Tu dis avoir foi dans l’existence des Architectes, mais en vérité, ce n’est pas tout à fait ça. La foi c’est croire en quelque chose dont on a aucune preuve. Et justement, des preuves de l’existence des Architectes, nous en avons à foison. Ils apparaissent suffisamment souvent pour nous l’avoir prouver. Non, nous savons qu’ils existe. Nous choisissons juste de les vénérer et de les adorer comme les puissance supérieures qu’ils sont. Après tout, ils ont littéralement le pouvoir de vie ou de mort sur nous.”

Etait-ce un peu abrupte ? Peut-être irrévérencieux ? En tout cas c’était vrai. Les Architectes étaient craints et adorés mais même les daenärs ne remettaient pas en cause leur existence. Ils avaient juste choisis de leur tourner le dos. Pourquoi d’ailleurs ? Il faudrait un jour qu’elle pose la question à l’un d’entre eux. Bien sûr il y avait cette histoire de morts mais Alice avait plutôt l’impression que ça touchait à la liberté et à l'émancipation. Même quand on aime nos parents, il y a toujours un moment ou l’on a besoin de faire ses choix par soi-même non ?

*Tu t’éloigne du sujet Alice.*

*Ah heu… Oui.*

“-Et donc, c’est plutôt croire en cette forme de création et de destruction qui serait un acte de foi. Car même si l’on appelle cette force Bolgokh, rien ne nous prouve son existence car celle-ci dépasse même les Architectes.”

Ce que souleva ensuite Lenora provoqua un tourbillon de question chez Alice car elle sentait qu’elle mettait là un doigt sur quelque chose qui lui échappait encore. Sous la pression, elle fronça ses épais sourcils.

“Hum… A vrai dire je n’y connais pas grand chose en magilithe. D’après ce qu’on nous apprend sur l’histoire de notre monde, la magilithe est l’élément qui le constitue en majorité et qui “créé” le monde, qui le fait grandir. C’est donc un élément de création. Mais en même temps, elle a aussi une grande capacité de destruction notamment via les anomalies, qui sont des êtres “négatifs” et dont l’état final est la la mort. Enfin je crois. Mais encore une fois je n’en sait pas grand chose de plus.”

Alice essayait de se remémorer les infos si mince de ses cours de médecine sur les anomalies mais elle n’en tirait rien de plus.

“Mais bon, si on prend en compte que globalement ces deux aspect peuvent la définir nous avons donc un élément heu… “neutre” ?”

Ce n’était pas vraiment le bon mot mais elle n’arrivait pas à trouver mieux.

“Bref. Cet élément de création et de destruction est donc l’essence de notre monde donc, oui, pourquoi pas aussi ce qui nous constituerait tous et ferait donc le lien entre nous et les Architectes. Et peut-être même Bolgokh ! Mais là encore il s’agirait de faire preuve de foi car rien ne nous le prouve.”

Les sourcils d’Alice restaient gracieusement froncés car elle sentait que ce qui l’avait interpellé sans qu’elle le comprenne était en train de disparaître dans les ténèbres.

*Visiblement, c’est une de ces choses qui, plus tu les cherches, plus elles te fuient.*

Alice qui sentait sa compagne lui envoyer des ondes zens se décontracta un peu. Elle avait raison. Cette révélation reviendrait quand elle en aurait besoin. Elle se contenta d’ajouter :

“En tout cas la magilithe a en effet sûrement un rôle à jouer dans tout ça. Ne serait-ce que par sa simple existence.”


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