Revenir en hautAller en bas
Chroniques d'Irydaë
Bonjour, et bienvenue sur les Chroniques d'Irydaë. Déjà inscrit ? N'attends plus, et connecte-toi dès maintenant en cliquant sur le bouton "Connexion" ci-dessous !

Vous êtes nouveaux, que ce soit sur ce forum ou dans le monde du RPG ? Le choix d'un forum sur lequel vous pourrez vous épanouir n'est pas anodin, et il vaut mieux pour cela connaître l'univers dans lequel vous vous trouvez ! Nous avons pensé à vous, en vous préparant un guide qui vous permettra de découvrir pas à pas le monde des Chroniques d'Irydaë.

Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

En vous souhaitant une agréable visite !



 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Kharaal Gazar
Page 1 sur 1


 Taï-chi et petit orteil

Alice Tan'Odrin
avatar
Jeu 17 Mai - 18:24
Irys : 298057
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Le soleil vint frôler ses doigts tendus loin au dessus de sa tête. Alice en savoura la douceur un instant avant de poursuivre le cercle qu’elle était en train de tracer dans l’air matinal. Le jour était en train de se lever et de s’étendre sur l’immensité du territoire de Delkhii, pailletant d’or l’océan déjà lointain. Elle inspira lentement, appréciant les dernières minutes de fraîcheur de la nuit. Ayant fait le plein d’oxygène, elle expira par la bouche et repris ses exercices.

Alice pratiquait ainsi le plus souvent possible la danse de Süns -telle qu’ils l’appelaient dans son ancien clan-. Un art entre la danse et le combat où l’on répétait une série de mouvements très précis au ralentis. Cela permettait de garder un corps et un esprit ferme en plus de lui avoir sauvé quelques fois la vie. En effet, elle s’était déjà vu réagir bien plus vite qu’elle ne l’aurait cru quand on l’avait attaqué. Ou qu’elle manquait de tomber à cause de sa propre maladresse. Ce qui arrivait bien plus souvent il fallait l’admettre.

A présent, la lumière la nimbait entièrement, ricochant sur ses cheveux blond et son uniforme blanc aux brodures dorées. La petite flamme qu’elle avait créé pour compléter l’exercice passait d’une main à l’autre. Il était loin le temps où elle réussissait à allumer un feu une fois sur deux. En y repensant, c’était fou ce qu’elle avait progressé depuis qu’elle avait quitté le foyer de sa grand mère. Elle savait maintenant se faire à manger et voyager seule. Bon peut-être pas tout le temps. Contre des bêtes sauvages elle n’aurait pas fait long feu c’est vrai mais Möchlog devait veiller sur elle car elle s’en était toujours sortie jusqu’à présent. Le tout en ne sachant absolument pas se battre. Les résultats de la danse de Süns étant plus liés à des réflexes qu’à une quelconque action voulu de sa part.

Si Cassie avait encore été dans sa tête elle aurait certainement levé les yeux au ciel. mais elle n’était plus là. Alice essaya de se concentrer sur le prochain mouvement : faire glisser sa jambe droite en avant pour lui permettre de changer d’appui. Le tout avec fluidité. Enfin, c’était l’objectif à la base. Dans les faits, son pied heurta une des grosses pierres du feu de camp lui laissant échapper un glapissement de douleur. Son dixième orteil -tout pied compris- en partant de la gauche hurla lui aussi faisant remonter la douleur le long de sa jambe et la précipitant sur le sol au passage. Les larmes perlèrent dans les yeux de la jeune femme. Elle avait encore oublié de vérifier la distance entre les obstacles possibles et elle. Elle se disait ça depuis dix ans au moins mais il allait vraiment falloir qu’elle travaille sa concentration.

Une fois la première vague de douleur passée, Alice eut le courage de s'asseoir pour enlever sa chaussure et regarder les dégâts. Rien de grave en l’état, rien n’était cassé. Son petit orteil avait tout simplement jouer son rôle en encaissant un coup qui passait par là. La peau c’était un peu écorchée et elle aurait sûrement un bleu et mal pendant quelques heures si elle ne faisait rien. Sauf qu’elle avait prévu de continuer son voyage vers Darga et marcher avec un orteil enflé n’était pas une perspective vraiment séduisante. Elle se concentra donc -pour de vrai cette fois-ci- et appela un peu de la magie de Möchlog à la rescousse. Le petit bout de peau se reconstitua aussitôt et la douleur reflua.

Alice soupira d’aise en étirant son pied guéri dans l’herbe devant elle. C’était beaucoup mieux comme ça. Son orteil la remercia de toutes ses forces et elle lui fit un clin d’oeil. Puis elle se rendit compte que c’était un peu étrange de faire un clin d’oeil à un doigt et s'arrêta au milieu du mouvement inscrivant une étrange grimace sur son visage. Il allait vraiment falloir qu’elle arrête de taper la causette à toutes les parties de son corps, c’était vraiment bizarre.

C’était pas tout ça mais il allait falloir qu’elle se remette en route. Le chemin était encore trèèèès long jusqu’à chez elle. Le vent bruissait dans les buisson derrière elle. Elle n’avait pas vraiment envie de se lever pour rejoindre Suhury. Peut-être que le sang de ses ancêtres nomade avait finit par se réveiller en elle et l’idée de rejoindre une maison en brique dures la démotivait plus qu’autre chose. Et elle était si bien ici, sous le soleil à parcourir le monde. La brise vint lui caresser la nuque. Elle avait rencontré tellement de gens étranges et merveilleux. Malheureusement, aucun qui n’avait pu la guider dans ses recherches sur les mondes parallèles. Les gens qu’elle avait rencontré il y avait une année de ça à Phoros avaient tout l’air d’être uniques. Et ils avaient disparus...

Le vent dans son cou se fit plus insistant. Et régulier. Et chaud. Et humi…

- QUEQUOOOOOI ?

Alice fit une roulade en avant surprenant l’énorme créature qui s’était tranquillement installée dans son dos, profitant d’un de ses -certes nombreux- égarements mentaux. Au passage elle se fit sacrément mal au dos à cause de tous ces petits vicieux petits cailloux cachés entre les brins d’herbes. Mais bon, vu l’urgence, elle réussit à faire avec. A la fin de sa roulade, elle avait réussit à s’éloigner un peu du monstre mais elle n’était pas certaine que le mètre cinquante qui les séparait suffirait à lui sauver la vie. Elle commença donc à faire un truc qu’elle détestait vraiment : concentrer son énergie pour accélérer ses muscles pour fuir le plus vite possible.

Ses muscles grimacent intérieurement (mais comment ça grimace un muscle de l’extérieur ? Enfin… Comment ça grimace tout court ?) en se rappelant qu’ils avaient déjà fait la même expérience la semaine précédente. Elle avait mis cinq jours à s’en remettre, cinq jours !


Voir le profil de l'utilisateur

Thorleif Gunnar
avatar
Sam 19 Mai - 14:12
Irys : 235868
Profession : Dragonnier
Pérégrin 0
♫ Une petite viande
Qui courait dans les landes
Je la traque comme les autres
Pour en faire une bonne entrecôte

Ma meute aboie
Dans notre bon patois
Travaille-la au corps 
Travaille-la à bâbord ou à tribord

Ça fera une offrande
Toute sanguinolente

Je lui claque un coup de mâchoire
Elle me dit qu'elle trouvera une échappatoire

Je l'attaque au flanc
Elle me fuit en ondulant

Je la traque sans relâche
Elle me dit que je suis un lâche ♪

La course serait vaine. Le monstre promettait à Alice qu'elle ne serait qu'un morceau de viande parmi d'autres. Il avait faim, sa meute avait faim et la meute n'attendait pas. La créature avait au moins une femelle et plusieurs enfants, après tout, ils étaient capable de pondre jusqu'à sept œufs en une seule portée. Mais de quel carnivore s'agissait-il alors ? Celui-ci faisait soixante-dix neufs centimètres au garrot, il avait sûrement surpris Alice en se mettant sur ses deux pattes en arrière lors de sa première tentative d'agression pour l'impressionner davantage. De la tête jusqu'à la queue, ils pouvaient mesurer jusqu'à deux mètres de hauteur. Le dit-monstre était un grand chien dont les traits appartenaient plus au lézard qu'au canidé. Étant lié à la catégorie des sang-froids, ils préféraient donc les endroits chauds et secs et chassaient par conséquent le jour car dans les Kharaal Gazar, il pouvait faire plutôt froid la nuit. Ce n'était donc pas surprenant que Alice fut prise en chasse aussi tôt dans la journée.

C'était donc un Nokhoi.

Fourbe, agressif, intelligent, joueur, à la limite du sadisme. Leur agressivité atteignait des pics inégalables lorsqu'ils avaient faim, devenant aussi dangereux que des lions pour une gazelle. Indéniablement, la patience de la bête montrerait rapidement ses limites. En effet, l'animal aimait voir courir sa proie, lui laisser croire qu'elle avait la moindre chance de lui échapper. Pour cette raison, Alice ferait peut-être cinquante, cent, deux cent mètres supplémentaires… ? En réalité, un seul bond aurait été suffisant pour lui couper la route et la pousser dans ses derniers retranchements. Mais non, le caractère joueur de la bête ressortait encore par rapport à l'envie d'un goûteux et sanguinolent repas. Ainsi, il la contraignait à prendre la direction que lui avait choisi de prendre en la menaçant tantôt à bâbord, sitôt à tribord. En courant sans relâche sous le soleil ardent des Kharaal Gazar, le gibier serait bientôt cuit à point.

Et malheureusement, un Nokhoi en cachait souvent un autre.

Ceux-là étaient de différents gabarie, certains étaient plus impressionnants encore que le principal antagoniste. Pouvait-on deviner que le principal souci d'Alice était un adolescent qui était en train d'apprendre à traquer sa proie ? Père et mère suivaient la scène, à quelques lieues de là. Dans un moment d'égarement, la blonde s'en rendait compte malgré elle. Ces quelques minutes durent paraître une éternité et avec un certain succès, la créature parvint à acculer sa proie à la base d'un grand rocher. Sur ses flancs, d'autres Nokhois lui barraient toute tentative traditionnelle de retraite. Désormais, ses seules chances semblaient être d'être capable de s'envoler ou alors de les combattre à armes égales. Était-elle seulement capable d'agir dans l'une de ses deux optiques ? Les créatures approchaient à pas de loups pour l'encercler, c'était le cas de le dire. La bave s'écoulait de leurs babines respectives, trahissant une nouvelle fois leur faim qui ne faisait que grandir. A défaut de s'en prendre à une caravane et son lot d'êtres humains, ils se contenteraient bien d'une petite tête blonde, pour l'instant. Pourtant, la chaîne alimentaire était capable de réserver bien des surprises. A priori, tout prédateur ne détenait-il pas sa propre Némésis ? Il suffisait souvent d'être confronté à quelque chose ou plutôt quelqu'un de plus imposant, fort et avec des outils, différents, pour devenir le traqué. Sous quelle forme la providence allait-elle se présenter à Alice ?

Soudainement, un hurlement puissant déchira les cieux et les décibels vinrent faire trembler le sol jusqu'à quelques mètres aux alentours, faisant vibrer chaque grain de poussière. Les oreilles des Nokhois s'abaissèrent par instinct car même eux n'avaient pas l'habitude d'entendre un tel rugissement. Pour en connaître l'origine, il suffisait de lever la tête. En effet, une grosse masse noire était en train de fondre dans la direction et ce qui semblait être une paire d'ailes battait avec beaucoup de puissance le courant d'air dans lequel la nouvelle créature s'était engouffrée. Quelques secondes plus tard, il ne pouvait plus y avoir de doute : il s'agissait d'un dragon. Que venait-il faire par là ? Alice n'avait-elle pas suffisamment de problèmes ? Elle ne pouvait pas faire face à une meute de Nokhois, alors si un dragon se rajoutait à l'équation… Pourtant, il serait bel et bien son principal salvateur. Les Nokhois ne savaient pas vraiment comment réagir, ils ressentaient le danger imminent mais l'inexpérience d'une telle rencontre ne les poussait pas à prendre la poudre d'escampette. Le dragon noir se rapprocha donc suffisamment du sol pour laisser bondir une toute autre personne à hauteur d'Alice. Celui-ci, c'était bel et bien un être humain, il n'y avait aucun doute.

« Vous êtes sauve. »

Il ne lui lança pas le moindre regard. Thorleif Gunnar, dragonnier de Dyen, savait que la jeune femme se trouvait juste derrière lui. L'homme en armure, car il la portait comme à son habitude, faisait face au Nokhoi et avait levé son bouclier pour être en mesure de contrer le moindre assaut frontal. Il commençait à connaître ces animaux sournois et vicieux, cela faisait plus d'un mois qu'il côtoyait la faune et la flore des Kharaal Gazar. A la moindre inattention, les molosses aux caractéristiques lézardes bondiraient à sa gorge ou viendraient lui déchiqueter les jambes. Son dragon, quant à lui, s'était à nouveau envolé à quelques mètres au dessus du sol et opérait un vol stationnaire en se contentant de battre des ailes.

« Il attend la permission. Le Primo-Gharyn lui a interdit de s'en prendre à la faune aux alentours de Busad mais… Nous sommes suffisamment loin, maintenant. Lui aussi a faim, très faim. Les dragons ont besoin de faire un festin pour être rassasiés pendant plusieurs jours, parfois on peut même parler de semaines. »

Etait-il vraiment en train de dire qu'il avait un contrôle sur le dragon ? Après tout, il était descendu de son dos et s'exprimait de façon à laisser entendre qu'il en connaissait tout un rayon sur le sujet. De sa main libre, la droite, le chevalier-dragon attrapa le pommeau de son épée pour l'empoigner et retirer la lame de son fourreau. Le regard du colosse de Dyen ne quitta dès à présent plus les yeux du Nokhoi. Nitthog attendait que son maître lance l'assaut et c'est ce qu'il fit en s'approchant brusquement de la bête ennemie.

« Restez derrière-moi, il ne vous arrivera rien. Je suis votre bouclier et votre épée. »

Ils devaient être cinq ou six, éparpillés aux alentours. La plupart scrutaient le dragon, c'était une proie plus intrigante, plus intéressante. Ils le voyaient comme un trophée inégalé jusqu'à présent mais quelle bête serait la plus féroce ? Thorleif, qui démontrait un courage exemplaire luttait contre un seul d'entre eux tandis que Nitthog venait tout à coup de prendre en chasse les autres. Allait-il les réduire en pièce ? Les bêtes parviendraient-elles à se montrer plus rusées ? La belle inconnue pouvait-elle leur apporter un quelconque soutien ?
Voir le profil de l'utilisateur

Alice Tan'Odrin
avatar
Dim 20 Mai - 16:59
Irys : 298057
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice était à bout de souffle. Elle n‘avait pas encore relâché le pouvoir de Mochlög, ne voulant s’en servir qu’au dernier moment. Et bizarrement le Nokhoi -elle en avait déjà croisé mais jamais vivant et en pleine nature- n’avait pas encore réussi à l’attrapper. Alors qu’elle courait avec ses petits muscles de citadine. Elle était certes naïve mais là elle sentait qu’elle était vraiment prise pour un prune. Ou plutôt un lapin en l'occurrence.

D’un autre côté elle ne voyait aucune raison de s'arrêter de courir. Elle n’avait aucun moyen de lutter contre un Nokhoi affamé. Même bien nourri en fait. Et lui faciliter la tâche n’était pas vraiment dans les intentions de la jeune fille. Son cerveau hésitait entre se contenter de faire la pompom girl pour ses jambes endolories et hurler partout qu’ils allaient tous mourir. La panique faillit d’ailleurs gagner quand il se rendit compte qu’il n’y avait pas un mais au moins deux Nokhois différents.

Les larmes perlèrent aux yeux de la jeune fille, tant à cause de l’épuisement que de la peur. Y’avait-il toute une armée derrière elle ? Si avant elle avait été fichue, maintenant elle était fichue fichue fichue ! Et ses jambes allaient lâcher. Elle n’en pouvait plus.

De toute façon elle arrivait droit sur un cul de sac.

-AAAAAAAAAH !

Alice dû ferrer des quatre fers pour ne pas rentrer dans l’énorme rocher qui lui barrait la route. Elle aurait bien pris la transversale mais la fameuse armée de crocs et de griffes l’avait devancée et attendait sagement tout autour d’elle. Enfin, sagement, ils étaient bien assez près pour qu’Alice pu discerner la bave qui coulait de leurs babine et l'impatience qui tendait leur muscle. Elle se demanda un instant si ça valait le coup ou non de les prévenir qu’il n’y aurait jamais assez à manger sur son corps pour toute la meute mais quelque chose lui disait que les Nokhois ne s’en rendrait pas compte avant la fin.

Sa fin en l'occurrence.

Elle luttait pour ne pas tomber à genou. Ses jambes tremblaient comme des feuilles. La charge de pouvoir était toujours là mais elle voulait attendre le dernier moment pour s’en servir. Ce serait sa dernière chance de surprendre l’animal. Attendre qu’il soit quasiment sur elle pour changer brutalement de direction et repartir. Mais ça ne serait que partie remise et à moins de trouver une échappatoire rapide, elle savait qu’elle ne pourrait faire que quelques mètre avant de vomir des litres de sang. Ce qui n’était pas franchement une bonne idée quand il restait une meute entière à qui échapper.

La bête n’avait toujours pas attaqué. Alice se retourna pour lui faire face, le contact glacé de la pierre dans son dos. L’ultime défense. L’animal qui la regardait avec avidité était plus petit que les autres. Ou en tout cas elle avait l’impression. Elle n’y connaissait pas grand chose en faune. Sa seule référence était l’Encyclopédie de Luka quelque chose qu’elle avait lu étant gamine et elle s’en voulu une nouvelle fois de ne pas l’avoir embarqué dans son voyage. Sur qu’il lui aurait été utile dans un moment comme ça. Enfin, ça aurait été peut-être un peu ridicule de demander aux intéressés de patienter un petit peu le temps qu’elle trouve des infos sur les Nokhois.

Il y en avait d’ailleurs deux de bonne taille qui encadraient celui qui lui faisait face. Pour le prendre par surprise, elle allait devoir repasser. Son maigre plan tombait complètement à l’eau. Elle n’arrivait pourtant pas à se résigner et lançait des coups d’oeils affolés à droite et à gauche dans l’espoir d’y trouver une échappatoire mais partout autour d’elle il n’y avait que des yeux luisants en attente du carnage.

C’est alors qu’un hurlement affreux déchira ses oreilles. Alice crut que le Nokhoi s’était enfin décidé à attaquer et fut du coup très surprise quand quelque chose tomba à côté d’elle. Sans la toucher. Mais bon, ça suffit quand même à lui faire une mini crise cardiaque (si tant est que son coeur ait pu encore gérer quoi que ce soit).

-Vous êtes sauve.

-Heuuuuuuuuuuuuuuuuu….

Ce fut tout ce qu’Alice réussit à prononcer, son cerveau incapable de comprendre la situation. L’homme tombé du ciel -car oui c’était un homme et oui il était visiblement tombé du ciel- lui raconta ensuite plein de choses qu’elle ne compris pas du tout, trop occupée à couler le long de la paroie rocheuse pour se retrouver les fesses par terre. Ca avait été un peu trop pour la jeune fille. Elle aurait dû être morte là. Son corps n’avait pas été préparé au contraire. Si dans son discours l’homme lui avait demandé de partir en courant il aurait été surpris de ne pas la voir bouger d’un millimètre. D’ailleurs ça n’aurait pas été possible vu qu’ils étaient encerclés de Nkhois.

Ah non tiens. Ils étaient partis. Mais où étaient-ils donc passés ? Est-ce que ces animaux étaient allergiques à la testostérone ? Tout cela était bien curieux. Mais enfin, vu le cris qu’il avait pousser avant d’atterrir, cet homme devait en avoir un paquet. Ainsi qu’un sérieux problème aux cordes vocales. Il faudrait qu’elle jette un oeil.

Le glapissement du Nokhoi la ramena dans la réalité. Lui et l’homme se faisait fasse dans un terrible duel de regards. Dans la fatigue, Alice se prit à les imaginer dans une garderie pour enfant et étouffa un gloussement. Il fallait qu’elle retrouve son sérieux. Ils n’étaient pas encore débarrassés de tous les dangers. Surtout que les autres prédateurs pouvaient se rendre soudain compte que non, ils n’étaient pas allergiques à la testostérone comme Alice le soupçonnait et pourraient revenir à n’importe quel moment.

Elle s’obligea donc à respirer lentement, heureuse du répit que lui avait apporté l’inconnu. Elle fit mentalement quelques pas de la danse de Süns pour retrouver sa sérénité (évitant cette fois-ci le caillou virtuel). Son coeur l’en remercia et elle utilisa un peu de l’énergie accumulée auparavant pour refaire circuler ses fluides vitaux normalement. En fait, globalement, Alice était en train de s’offrir une petite séance de méditation alors qu’ils étaient toujours au milieu du danger. Si c’téait pas de la confiance ça !


Voir le profil de l'utilisateur