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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Ünellia
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 Coopération forcée en altitude

Sakari Naasoqineq
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Dim 20 Mai - 14:35
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Suite à des mésaventures impliquant une magicienne hérétique, une horde d’insectes géants et une incompréhension lexicale rédhibitoire, Sakari se trouvait sans le sou, en Daënastre. Pas que cette région lui fut déplaisante particulièrement, mais elle n’était particulièrement plaisante non plus. Mais aussi et surtout, elle avait rendez-vous en Mÿ’tra, et l’entretien de ses armes, ainsi que la consultation d’un médecin pour sa récente blessure avait sérieusement entamé son pécule.
     Il fallait donc se trouver un petit boulot tranquille, histoire de se refaire. Comme ce continent était peuplé de créatures dangereuses et mortelles, une chasseuse compétente était toujours quelque chose qu’on savait apprécier et engager facilement. Bine qu’en l’occurrence, la mission qui attira son intérêt après s’être renseignée dans des tavernes de la capitale, fut celle posée par un éleveur de Lonfaure. Une petite meute de griffons sauvages descendait souvent des montagnes pour s’en prendre à ses bêtes. La récompense était assez généreuse, ce qui s’expliquait par la présence de plusieurs signatures à la fin de l’affiche, et du nom d’une coopérative de gens de ce métier. Sans doute que la menace était un problème pour tout un ensemble d’éleveurs, qui s’étaient donc cotisés pour chercher des gens à la compétence particulièrement élevée.
     Il est vrai que traquer une créature volante et se déplaçant en meute dans les montagnes était loin d’être de tout repos, bien au contraire. Mais au moins, ça promettait d’être intéressant. D’autant plus que ceux qui avaient comme elle accepté devaient être des gens de qualité, pour que tout se passe bien. Et il est vrai que la montagne lui manquait.

     Le contractant était un petit homme trapu, très campagnard, qui ne suintait pas la richesse mais mangeait certainement à sa faim. Il retrouva ceux qui avaient répondu dans un café proche de la gare. Sakari était arrivée en avance. Elle le salua donc, lui présenta ses états de service, ses armes, et l’étalage de son arsenal ainsi que la mention de ses origines suffit à ce qu’elle soit engagée.
     Comme elle était de bonne humeur, elle et son nouveau patron, qui s’appelait Kaleab Debba, prirent un peu de temps pour discuter de tout et de rien. L’élevage de Bukhs dans cette région, les marins d’Hinaus qui sont des soûlards bruyants et infestent les débits de boisson des villages côtiers, la nouvelle ligne de chemin de fer qui troque le confort contre la rapidité et on hésite à dire que c’est une bonne chose, ou encore la dernière opération de nettoyage des côtes du Vereist et la grogne à Aildor que ça générait fatalement.
     Ils en étaient presque à aborder la pluie et le beau temps quand Ménélik entra et rejoignit les deux compères. Kaleab se leva pour l’accueillir.
     « Ah, bonjour. C’est vous, l’autre chasseur qui venez pour la traque au griffon à Lonfaure ? Enchanté, moi c’est Kaleab Debba, je serai votre patron, si on peut dire. »
     Son employée fit de même.
     « Salut grand garçon. Moi c’est Sakari Naasoqineq, d’Aildor. Ça va ou bien ? »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Ménélik
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Lun 21 Mai - 15:46
Irys : 44994
Profession : Chasseur
Daënar 0
Ménélik, en arrivant en ville, fut assez tendu, la chasse ne s’était pas passée comme il l’avait prévu, les proies se faisaient assez rares et il ne put ramener qu’un très maigre butin, à peine  suffisant pour payer sa chambre à l’auberge. Ayant besoin de se détendre, il se rendit dans un bar de la cité pour se bourrer la gueule et participer à une beuverie, mais sa bourse ne pouvait répondre à ses attentes, un constat s’imposa donc vite à Ménélik, il avait besoin d’argent, il fallait trouver un travail qui paye bien et qui soit dans ses cordes de compétence. C’est donc tout naturellement que le chasseur se renseigna dans les rues de la capitale pour trouver une  besogne qu’il soit capable d’accomplir.

Une mission, déposée par une coopérative d'éleveurs, attira son attention, elle consistait simplement à débarrasser les éleveurs locaux d’une meute  de griffons sauvages, cela lui semblait assez facile, sûrement à cause de sa fierté qui l’aveuglait, de plus il ne serait pas seul, d’autres chasseurs seraient là pour l’aider dans sa tâche. La récompense, quant à elle, valait bien évidemment le coup, très généreuse, elle lui permettrait de s’enfiler moult liqueurs dans le gosier, et ce, des jours durant. Selon ses sources, ceux qui avaient répondu positivement à la demande des paysans devaient se retrouver dans un bar du nom de chez Baranrd, il se mit donc en route, espérant sur le chemin que ses coéquipiers soient des individus compétents, capables de régler ce genre de problème.



Quand il rentra dans le café, un homme trapu, petit, un bouseux des campagnes vint  l’accueillir en ces termes :

« Ah, bonjour. C’est vous, l’autre chasseur qui venez pour la traque au griffon à Lonfaure ? Enchanté, moi c’est Kaleab Debba, je serai votre patron, si on peut dire. »

Puis une fille, minuscule, grosse, lui arrivant à la poitrine s’exclama  :       « Salut grand garçon. Moi c’est Sakari Naasoqineq, d’Aildor. Ça va ou bien ? »


L’homme ne comprenait pas ce que la jeune femme faisait ici, c’était  une réunion de chasseurs expérimentés pas de bonnes femmes ne sachant rien faire d’autre que pondre des enfants et se marier, puis un déclic se produisit en lui, il n’y avait qu’une seule raison pour laquelle cette Sakari trucmuche était ici, elle était aussi une chasseuse engagée par les éleveurs pour combattre les griffons et il devrait surement faire équipe avec elle. Mais à quoi pensaient ses employeurs quand ils avaient choisi cette naine pour mener à bien cette besogne ? Ce n’est pas un concours de tricot mais une mission où chacune des personnes y participant risquaient leurs vie, Si un seul membre ne saviat pas ce qui fait, c’est toute l’équipe qui en pâtirait, Ménélik devait raisonner ce Kaleab Deba, lui dire qu’engager des femmes pour une chasse n’est jamais une bonne idée. Il mit donc en pratique ses plans et d’une voix autoritaire et la plus virile  possible, il dit :

Bonjour, oui je suis chasseur qui vient pour  la traque au griffon à Lonfaure  mais j’aurais une question : que fait cette petite femme ici ? J’espère qu'elle  n’est pas un des chasseurs qui ont répondu à votre offre, si c’est le cas, je vous prierai de ne pas l’engager, une femme n’est pas faite pour ce genre de tache, c’est une affaire d’homme pas de bonne femme. Regardez comment elle est sapée, je suis sur qu’elle est incapable de porter un fusil à tours de bars, Allez soyons raisonnable et dites à cette nana de retourner dans les bras de son mari et de nous laisser régler ça entre hommes
.


Dernière édition par Ménélik le Jeu 2 Aoû - 14:57, édité 1 fois
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Sakari Naasoqineq
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Ven 25 Mai - 21:12
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Contractant et contractée se regardèrent avec une certaine incompréhension.
     « Il m’a insulté, là ?
     – Ça en avait tout l’air.
     – Il me semblait aussi, oui. »
     Le premier n’avait pas vraiment saisi la nature de la méfiance, voire de l’hostilité naturelle, que le jeune homme avait exprimé. Surtout qu’il se trouvait face à une femme qui avait dix ans de plus que lui, et était plus armée qu’une escouade. Est-ce qu’il s’agissait d’une coutume, entre chasseurs, que de se balancer des saloperies au visage pour tester l’autre ?
     Hypothèse saugrenue qui fut invalidée assez vite par la réponse de Sakari. Il y avait peu de choses qu’elle prenait au sérieux, et une de celles-ci était justement les affronts faits. Cela obéissait à une triple exigence. Tout d’abord, si on devait adapter les standards daënars aux Nunaqortoqut, elle serait de la haute et ancienne noblesse d’épée de son peuple. De plus, elle était une mercenaire qui s’était formée à Aildor, où la réputation personnelle est quelque chose qui a autant d’importance que l’or, ou les armes. Enfin, elle était au service de personnalités puissantes à temps partiel, et donc, à travers elle, c,était une parte de leur aura et de leur honneur qu’elle représentait, et donc se devait de défendre. Il aurait été malséant qu’on sache qu’une mercenaire attitrée de Ludwig Strauss puisse être comparée à une femme au foyer.
     Pour toutes ces raisons, elle fit glisser son pistolet de paume dans sa main et le pointa avec prestesse et calme sur le nouvel arrivant. À cette distance, il allait être difficile de le louper, et le regard de Sakari, même pour qui ne sait pas apprécier ces choses-là, luisait d’hostilité.
     « Assis, gamin. »
     Le ton badin de tout à l’heure s’était subitement évanoui.
     « On va à une chasse au griffon. Tu prétends être plus qualifié que moi, qui à quelques années près, pourrait presque être ta mère ? »
     On faisait les enfants assez tôt, dans son pays.
     « Comme c’est mignon. Sors ton couteau, on va voir ça tout de suite. »
     Elle attrapa le sien, caché dans un pli de son manteau, et n’en dévoila que sa lame longue, épaisse et faite visiblement dans un acier de qualité supérieure. Ça aurait pu tourner au drame, si Kaleab n’avait pas fait interruption. Il n’était pas dénué d’armes lui non plus, et comme on l’avait quelque peu ignoré durant cet échange d’acide et de regards hostiles, il avait eu le temps de dégainer deux revolvers et de les poser sur la table. Ils n’étaient pas pointés sur les deux chasseurs, mais ça pouvait très bien arriver.
     « En ce qui me concerne, vous êtes engagés tous les deux. Un seul crétin pour m’accompagner aurait été trop peu, et je n’ai pas le temps de remuer la ville plus encore. Vous vous détestez ? C’est très bien, ça vous donnera de l’énergie. Il y aura une prime à celui qui a les meilleurs résultats au cours de cette chasse. »


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Ménélik
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Dim 27 Mai - 14:39
Irys : 44994
Profession : Chasseur
Daënar 0
Après sa tirade, Ménélik fut ravi de sa prestation. Tous ses arguments étaient imparables. Que répliquer face à  cela? Rien ! La vérité avait été dite. La logique elle-même voulait qu’on lui donne raison. Ce personnage n’allait pas tarder à destituer la pauvre femme, lui enlevant la charge de s’occuper des griffons, charge qui reviendrait à lui et à lui seul. Il observa donc la discussion du  contractant et de la contractée, attendant l’instant ou le bouseux entendrait la raison qui sommeille en lui.

Les jérémiades de la chasseuse ne furent, pour lui, qu’une simple chanson que les pleureuses récitent quand la vérité les blesse. Enfin jusqu’au moment où Sakari commença à vouloir le défier, lui, un homme ! Une femme ne peut battre un homme c’est du bon sens, la petite était suicidaire. Quoi qu’il en soit, il n’était pas du genre galant, les individus de la gent féminine devaient être remis à leur place, et ce, peu importe le prix que cela demandait, la réalité lui ferait mal mais la réalité fait mal à tout le monde, sans que le sexe de la personne rentre en compte dans ce constat.

D’un geste grave, le regard fier, Il dégaina donc son couteau et  se mit en position de combat. Pour lui, l’issue du combat ne faisait aucun doute, il allait gagner, il allait l’humilier. Elle retournerait pleurer dans les jupons de sa mère. Plus jamais, elle n’oserait défier un homme de cette façon plus jamais elle ne se montrait aussi orgueilleuse. Malheureusement, ses espérances ne valaient pas un cheveu de femme, le contractant vint  s’interposer entre les deux.


Sa voix calme et sereine essaya tant bien que mal de stopper les ardeurs guerrières de Ménélik, mais au contraire elle les renforça. Son sang bouillonna, ses muscles lui ordonnaient de faire de ce fils de consanguin un martyr, un être aussi con n’avait pas le droit de vivre, il avait pourtant démontré par A+B qu’une fille ne pouvait pas participer à une chasse. Pourquoi s'obstiner dans sa connerie ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Toutefois malgré son énervement assez visible, une partie de son être  refusait de se laisser aller à la colère. Le jeune homme avait besoin de ce contrat, de cet argent pour mener sa vie d’aventure et de voyage. Que lui importait que le QI de ce personnage ne dépassât pas celui d’une poule. L’importance c’est sa vie.


C’est donc après un court instant que le pathos ne domina plus son corps, le logos avait gagné. Il fit donc ce qu’il avait à faire et dit  d’un ton nonchalant  :


Comme vous  voulez mais je préviens si cette jeune femme est en danger qu’elle ne compte pas sur moi pour l’aider, elle aura beau crier à plein gosier, supplier, je ne serai pas là pour lui porter secours, la mission avant tout. De plus, tout le monde ici sait qui sera le plus efficace au cours de cette chasse et ce n’est certainement pas cette naine»
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Sakari Naasoqineq
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Jeu 14 Juin - 13:33
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Il est en général fort stupide d’insulter quelqu’un qui pointe une arme à feu sur soi, et Sakari allait s’empresser de rappeler cette règle de savoir-vivre à ce jeune imbécile. Elle pointa la tête de Ménélik, qu’elle perforait déjà de son regard incendiaire.
     Kaleab mit juste à temps sa main sur le canon. Il est utile de préciser qu’il portait des gants, et qu’il avait mis un morceau de cuir dans sa paume. Sakari pressa la détente, le coup partit, et fut stoppé, sans que Kaleab ne fasse plus qqu’un petit tremblement.
     « Bon, ça suffit vos chamailleries ! »
     Quelques personnes avaient assisté à la scène. Un ivrogne de la table d’en face ouvrit de grands yeux, fixa sa chope, et la renversa, l’air dépité et effrayé en même temps. Des joueurs de carte au fond de la salle s’arrêtèrent de se surveiller les uns les autres, et personne n’en profita pour tricher en regardant la main de l’adversaire en douce tant la scène était impressionnante. Une femme qui attrapait son poivrot de mari par le col pour le ramener à la maison se tut d’un coup.
     Le pauvre Kaleab, qui n’aimait pas trop la foule et quand il y avait tant de gens qui le regardaient, baissa la main qui tenait l’arme, et sembla vouloir s’enfoncer dans son siège. Mais voyant que Sakari, qui avait parfaitement compris la situation, n’avait pas du tout envie d’en rester là, il prit quand-même une décision.
     « Hem, on sort. Tout de suite. Désolé. Pour le dérangement. »
     Sa carrure d’éleveur de campagne en faisait un homme fort et grand, assez pour attraper les deux zigotos et les traîner dehors en vitesse.
     Même si le pistolet de Sakari n’est pas une arme très puissante, personne n’aurait pu parer une balle à main nue… à moins qu’elle ne soit faite de bois, et que sa charge de poudre ne soit bien plus faible, comme c’était le cas. Elle en avait parlé un peu avant avec Kaleab, qui savait donc ce qu’il en était. Il n’empêche qu’aucun des deux n’avait envie d’expliquer le prodige à Ménélik, lui parce qu’il pensait que c’était évident, et elle parce qu’elle n’avait pas envie de lui parler.

     « Sur ce. La compétition commence maintenant. Voilà où vous devez me retrouver. J’ai besoin de gens qui travaillent en groupe pour pas se faire tuer… alors si vous arrivez au point de rendez-vous et qu’il en manque un, ou que j’en retrouve un amoché, le contrat est fichu pour vous deux. Sur ce, les gosses. »
     Et il les planta là.
     Pour la suite de cette histoire, il est important de faire une petite digression sur le caractère de Kaleab Debba. Fier éleveur noir comme du charbon, musclé comme un bœuf et grand comme un poteau électrique, mais assez timide dans la foute et peu habitué aux grandes villes, Kaleab était avant tout un petit rigolo et un père exemplaire. Ses deux filles lui donnaient bien du travail, car il devait les élever seul, aussi il avait raffiné ses méthodes d’éducation pour mêler l’apprentissage, l’effort, le dépassement de soi et un humour pince-sans-rire et très ironique.
     Il est aussi bon de préciser que s’il avait choisi cette technique peu habituelle, ce n’est absolument pas qu’il en avait quelque chose à cirer de donner une leçon de vie à deux mercenaires étrangers, mais plutôt qu’il n’avait pas beaucoup d’argent et que ces deux lascars ne demandaient pas beaucoup. Il n’avait non plus pas beaucoup de temps, car il avait promis à sa cadette d’assister à sa représentation dans la salle des fêtes de son village, où elle allait jouer le rôle d’une infirmière dans une pièce représentant les aventures d’un soldat daënar qui trouve l’amour lors du Tulaan Khonzo.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »


Dernière édition par Sakari Naasoqineq le Mar 19 Juin - 20:40, édité 1 fois
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Ménélik
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Dim 17 Juin - 16:19
Irys : 44994
Profession : Chasseur
Daënar 0
Le canon d’un fusil ne faisait pas peur à Ménélik du moment que la personne en face de lui n’avait pas le courage d’appuyer sur la détente et de blesser quelqu’un. La petite femme pouvait bien agiter son arme devant lui jamais elle n'aurait   la volonté de tirer, elle essayait juste de l'impressionner par des gestes grossiers. Mais c’était mal le connaître, une pauvre femme avec une arme à feu achetée dans une boutique miteuse n'impressionnait pas le moins du monde le chasseur expérimenté qu’il était. Il resta donc  serein devant la femme et ne prit même pas la peine de sortir son arme à feu.


Son regard calme, ses gestes qui ne trahissaient aucun stress, son visage froid, tout cela disparut à partir du moment ou le coup de feu retentit dans la pièce et que l’agitation ambiante commença à se faire sentir. Les clients se figèrent comme des statuts, n’osant plus bouger le petit doigt. Lui, le corps figé, la tête inexpressive, il les imita dans leurs démarches. Il était clairement en état de choc. Jamais il n’aurait cru que la jeune femme serait prête à tirer, pour lui, elle n’était pas capable de cela,  son fonctionnement biologique l'en empêcher.

Toutefois après un instant de silence après que les deux personnages  eurent finis leur conversation, il prit la peine d’avoir une réaction, durant toute sa vie, il s’était battu contre des individus divers et variés mais jamais ; jamais on lui avait tiré dessus, il avait déjà brisé des mâchoires pour moins que cela, il ne pouvait tolérer cet affront, que lui importait  que le contrat soit assez juteux, il y a des choses plus importantes dans la vie que l’argent, comme par exemple l’honneur et la vie.  Quoi qu'il en soit  ses actions passées n’avaient plus de valeur ici, la colère gagnait son corps. Son cerveau réclamait une vengeance, une vengeance terrible et cruelle.

Cette colère, ce désir de vengeance atteignit son paroxysme, une fois que les deux chasseurs furent dehors seuls, sans le contractant pour intervenir et donc les séparer. Cependant alors qu’il s'apprêtait à asséner un violent coup de poing à la pseudo-chasseuse pour qu’elle paye son affront, un détail de la scène qui sous le feu de l’action lui avait échappé resurgi de la mémoire du jeune homme. Comment un simple éleveur avait pu arrêter une balle à main nues, cela n’était pas possible. Les pensées fusèrent dans son esprit de même que les hypothèses. Deux grandes théories se dégagèrent de son esprit, la première, la moins vraisemblable était que le bouseux possédait des pouvoirs magiques, une hypothèse complètement farfelue. La deuxième, quant à elle, voulait que Sakari Trucmuche ait tiré à blanc.

Ce fut cette deuxième hypothèse que son esprit retenu comme étant ce qu’on appelle la vérité. Finalement il avait raison, elle n’avait jamais eu les couilles de tirer. Ce constat calma un peu ses ardeurs mais sa colère fut encore visible et notable par les passants. Ses muscles voulaient encore le sang de la femme. Son honneur était encore entaché mais il prit la décision, au vu de son manque flagrant d’argent de régler le compte de la jeune femme plus tard dans un futur proche, une fois que la mission serait accomplie, une fois que tous ces foutus griffons mangeraient des pissenlits par la racine.

Sans un regard pour Sakari, Ménélik avança donc vers la gare en essayant de se contrôler le plus possible et de ne pas lui assener de coup par inadvertance . Ses pas rapides et bruyants lui donnaient une avance sur la jeune fille, il pensait surement que s'il ne la voyait pas, ses envies de meurtre disparaîtraient  , une supposition infondée puisqu'il  ne put s'empêcher  de se retourner  sans arrêt pour voir sa petite tete arrogante.
C'est donc après un court voyage que les deux personnages se retrouvèrent près de l'entrée de la gare, souhaitant le plus possible ne pas voir la gueule de la chasseuse, il s'exclama donc avec toute la haine qu'il put mettre dans sa voix

Je propose qu'on voyage dans deux trains différents et qu'on se retrouve à destination, il y en a bien assez qui vont vers notre destination pas la peine qu'on joue au petit couple.
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Sakari Naasoqineq
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Jeu 21 Juin - 21:24
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Le mépris pour ce gamin prétentieux n’avait fait qu’augmenter, et son ton inutilement agressif exigeait une réponse comme on savait le faire à Aildor. En général, quand on a devant soi un ennemi, mais qu’aucun des deux ne peut blesser l’autre – souvent pour des raisons contractuelles – on le chauffe à blanc, jusqu’à le faire exploser. Nul besoin de lui faire du mal physiquement, ce qui finissait toujours par se rendre compte, quand on pouvait avoir un ascendant psychologique et se délecter des souffrances intérieures d’autrui.
     Sakari n’était pas maîtresse de ce genre de combat de l’esprit, mais elle savait être d’une méchanceté gratuite envers ceux qui ne lui attiraient aucun respect, et maîtrisait bien cet art d’auto-dérision typiquement aildorain.
     « Oulà, non, surtout pas, il faut ab-so-lu-ment qu’on reste ensemble, pour que je te chaperonne. Les gamins comme toi sont les premiers à faire des conneries quand on les laisses seuls. Puis bon, ça embêterait le patron que tu arrives en retard. Je devrais presque te tenir la main, en fait. »
     Elle tendit sa paume, et le pistolet qui était caché dans la manche y glissa. Elle le saisit, et comme il était orienté, elle visait assez clairement les attributs mâles de Ménélik. Elle s’excusa avec un air faux.
     « Oups, pardon, c’était involontaire. »
     Elle remis l’arme à sa place et ferma la main. C’était gratuit, donc amusant, donc indispensable.

     Outre cela, elle n’avait pas l’intention de déclencher une esclandre dans le train. Ces engins roulants, qui lui faisaient toujours une aussi forte impression que la première fois, étaient pour Sakari l’équivalent de ce que serait un temple chez les Occidentaux : un lieu où on étalait les merveilles de sa civilisation, de sa technologie, un lieu public, un lieu de silence, et un lieu de société, où se rencontraient, dans un système de stratification sociale, des gens de la même classe. Comme au temple, on ne s’asseyait qu’à côté de ceux dont on partageait la hauteur de la naissance ou l’étendue de la fortune.
     Il serait donc très inapproprié de faire un scandale dans un tel lieu.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Ménélik
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Sam 23 Juin - 18:39
Irys : 44994
Profession : Chasseur
Daënar 0
Depuis sa rencontre avec Sakari, Ménélik s’était montré très gentil, essuyant les injures et les affronts comme des gouttes-d’eau sur son visage, la colère, habituellement source féconde de ses actions, avait su être maîtrisée, l'appât du gain l’avait battu, un court instant, c’est l’avidité qui fut son principal moteur.  Durant ce laps de temps, que lui importait que la jeune fille eût voulu l'impressionner en tirant à blanc, que lui importait que son arrogance n’eût d’égale que sa grande gueule et sa faiblesse. Tout cela, il avait pu passer outre, mais sa mansuétude avait une limite et la chasseuse venait de la franchir. Oser menacer  une partie si importante de son corps de cette façon et se gausser de lui après. Cela était intolérable.  Le contrat juteux ne pouvait plus rien pour la naine. Car son maître était là, il avait longtemps attendu tapi dans l’ombre l’instant où il pourrait surgir des limbes de son esprit pour imposer sa loi, une loi faite de violence et de bagarre. Son allié, les insultes de madame, lui avait permis de s’échapper de sa prison, il pouvait maintenant agir à sa guise, la colère dominait  son corps.


Le vide et la gueule méprisante de Sakari, il n’y avait que ça autour de lui, point de passants qui déambulaient librement dans les larges quais de la gare, point de monstres d’acier attendant les voyageurs. Tout cela  n’existait pas, la colère, son nouveau propriétaire, les avait fait disparaître d’un claquement de doigts, aussi facilement qu’un humain respire. Les conséquences de ses actes ? Il s’en foutait royalement, là, ses poings ne demandaient qu’une  chose, une seule et petite chose. Pouvoir péter les sublimes dents de la pseudo-chasseuse, sans aucune contrainte. Faire taire  l'arrogance de la fille, c’était son  unique but dans la vie. Le reste n’avait pas d’importance.


N'étant plus maître de son corps, il fit ce qu'il devait faire sans réfléchir un seul instant. Le jeune homme prit le soin de se montrer le plus menaçant  possible, tout en  étant prêt à dégainer son arme pour pouvoir se défendre facilement si la jeune fille avait l'idée saugrenue de retenter le même coup que tout à l'heure, puis  impulsa un son très grave  de son gosier.


Écoute-moi bien,  fille de chienne,  putain des bordels, traînée de Daenastre, si tu te fous encore une fois de ma gueule avec ce sourire narquois, je te fais bouffer tes morts puis-je t'ouvre le ventre avec un sabre rouillé pour finalement te pendre avec tes intestins. Personne, je n'ai bien dit, personne, ne se moque de moi de cette façon. Tu t'es prise pour qui ? Pour la reine ? Tout le monde sait ici que tu n'es qu'une pute qui vend son joli corps et sa vertu contre une pièce en or. Alors arrête de cracher ton venin et va divertir un homme.

Enfin il se rapprocha lentement  de la jeune fille afin  de lui asséner un coup de poing


Alors que les paroles du chasseur retentissaient dans l'immense dôme de la grande gare ferroviaire, les voyageurs choqués par sa haine et son discours, ne mirent pas beaucoup de temps avant de réagir. Même si la plupart d'entre eux n'avaient pas le courage de s'impliquer dans la dispute, de peur de devenir aussi une cible du jeune homme, d'autres, les plus courageux, prirent la peine de prévenir  les autorités de la gare pour qu'ils réglaient la querelle. Il en a  un, particulièrement,  courageux et très galant, qui ne supportait pas qu'on fasse du mal à une femme sans raison et sans motif apparent, qui osa s'interposer entre Ménélik et la jeune femme. Cet homme d'une trentaine d'années, les yeux bruns et les cheveux de la même couleur,  se mit entre la jeune fille et lui. Bomdant le torse, il s'exclama alors orgueilleusement :

Que faites-vous ici ? Comment osez-vous vous attaquer à cette personne, la menacer sans motif valable ? Nous sommes dans une gare, monsieur pas sur un ring de boxe, alors allez vous battre ailleurs, contre un adversaire à notre taille.
. Si vous refusez de répondre positivement  à ma requête, vous me trouverez sur votre chemin.


Alors que les forces de l'ordre de la gare commençaient déjà à se presser pour intervenir et régler la dispute pacifiquement,  Tous  les yeux de la gare étaient rivés sur la femme qui s'était vu insultée de tout les noms, attendant impatiemment sa réaction.
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Sakari Naasoqineq
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Ven 29 Juin - 16:11
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Pendant que l’autre avait fait interruption, Sakari avait très posément rechargé son pistolet. Il y manquait une balle en bois, et elle hésitait encore entre vider tout le chargeur sur Ménélik. Au prix où est la poudre, ce serait dommage, et on lui avait demandé de ne pas l’envoyer à l’hôpital, ce que six balles en bois à très courte portée pouvaient sûrement faire.
     « Bon, ça suffit. Monsieur, ne vous en mêlez pas, vous pourriez vous blesser. Votre initiative est louable, mais préférez intervenir quand la jeune femme est effectivement sans défense. »
     À Aildor, la ponctuation est quelque chose d’inconnu, sauf quand les points sont en plomb. En l’occurrence en bois, mais l’effet était sensiblement le même : faire tomber son interlocuteur au sol.
     Sakari tira donc une seule balle, et dans le torse, alors qu’elle aurait très bien pu vider le chargeur dans le ventre. On poussa des petits cris en entendant la détonation, mais voyant que Ménélik était encore en vie et se contentait de gémir au sol tant la douleur était vive, l’inquiétude des passants redescendit d’un cran. Surtout de ceux qui avaient sorti leurs propres armes.

     Le train allait partir, et Sakari n’avait pas fini de tourmenter le jeune qui gisait à ses pieds, ni de se moquer de lui. Elle l’attrapa par le col et le tira en direction du quai, passant tête haute et toute sourire à travers les badauds.
     À l’entrée, elle présenta les billets de troisième classe au contrôleur, qui eut l’air un peu étonné en voyant le jeune homme à sa main gauche.
     « C’est rien, il a l’estomac sensible. Ça ira mieux à bord. Allez, avance, toi. »
     Sans aucun ménagement, elle le poussa à l’intérieur. Ils étaient maintenant tout deux dans l’entrée du wagon, avec les couloirs pour accéder aux rangées de sièges sur leurs côtés, et l’escalier permettant d’accéder à l’étage. Dans les wagons de troisième classe de cette compagnie, il y avait deux niveaux, pour pouvoir loger plus de monde.
     Le train n’allait pas démarrer tout de suite, mais il n’y allait pas avoir beaucoup plus de passagers, aussi le contrôleur remonta, et jugea assez sévèrement Sakari et Ménélik du regard. Il faisait ce métier depuis longtemps, et savait repérer ceux qui posaient problème. Dans le doute, il avait toujours une arme de poing dans la poche ; un poing américain qui pouvait se déplier en un canon de revolver. Une arme qu’utilisait les gangs de rue de la capitale, et qui était vite devenue très populaire, de part sa versatilité et sa compacité. D’un geste nerveux, il tâta sa poche, pour vérifier qu’il y était bien. Avec ces fous furieux d’étrangers, on ne sait jamais.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Ménélik
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Sam 7 Juil - 0:18
Irys : 44994
Profession : Chasseur
Daënar 0
Pourquoi Ménélik avait-il cette haine de la gent féminine ? Une question que ce gaillard ne s'est jamais posé, il avait appris, avec l'aide des discours de son ancien maître le redoutable et grand chasseur Sombre, a déprécié les femmes leurs habitudes, et leurs manières. Tout cela sans qu'aucun événement traumatisant ne vienne justifier cette rancœur quasi maladive. Mais il n'y avait pas seulement de la haine dans le cœur de Ménélik, il y avait aussi un sentiment de supériorité envers les femmes, de puissance face à des êtres plus faibles physiquement, et selon ses dires et ses croyances, plus faibles moralement.


C'est donc tout naturellement que ce sentiment de supériorité vint à disparaître quand il fut malmené par cette garce qui ne possédait pas les atouts que la nature avait bien voulus lui accorder. Pourquoi elle avait pu d'un geste de la main, l'humilier de cette façon comme s'il était un moins que rien, en pleine gare ferroviaire ? Telle était la question que se posait dans son for intérieur le formidable combattant que Ménélik pensait être. Pourquoi ? Pourquoi ? Cela dépassait toute logique.

Il fallait lui montrer qu'il était le patron, ce petit revers n'allait pas empêcher le jeune homme d'humilier la jeune femme. Il lui ferait subir ce qu'elle lui avait fait subir mais en mille fois pires, elle ne pourrait se cacher devant la honte que Ménélik allait lui faire subir, cette fois-ci, il ne laisserait pas ses longs discours donner le temps à la chasseuse de se préparer, elle serait battue avant même qu'elle ne puisse bouger le petit doigt. Sa vengeance devait être cruelle, sa fierté en tant qu'homme était en jeu.

Il aurait bien égorgé cette pouffiasse sur-le-champ mais là, le jeune chasseur n'était pas du tout en état de le faire. Sa blessure au torse n'était pas anodine, il faudrait du temps a son corps avant de pouvoir être à 100% de ses capacités, malgré le sang chaud qui coulait en lui, le personnage qui avait été réduit au rang de larve par cette traînée allait bien sur laisser ce laps de temps à son enveloppe charnelle pour qu'elle retrouve la pleine mesure de ses fonctionnalités. La vengeance est un plat qui se mange froid comme disait le vieil adage populaire.


Durant toute la durée du voyage, le jeune homme resta tranquille, il s'est posé sur le siège de leur cabine à quelques mètres de la jeune femme, en évitant le plus possible son regard pour ne pas avoir envie de lui faire ravaler son arrogance en la tuant. Se contenir fut le plus grand défi de ce voyage, le chasseur ne pouvait oublier les instants qui avaient précédés son entrée dans le train, il n’oubliait pas mais surtout il ne pardonnait point. Toute sa construction en tant qu'homme, en tant qu’être humain reposait sur sa virilité, une virilité bafouée.


Les heures passaient, les paysages défilaient, les hôtesses se pressaient pour répondre aux besoins des passagers et lui il restait dans sa bulle, dédaignant la présence de son compère, sa partenaire, ne lui adressant nulle parole, nul regard, s’enfonçant dans son mutisme quasi maladive. Il voulait nier son existence, nier sa rencontre avec elle, nier les événements qui avaient succèdés à cette rencontre mais on ne pouvait nier la réalité, elle nous rattrape toujours un jour.
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Sakari Naasoqineq
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Mer 11 Juil - 16:52
Irys : 886236
Profession : Homme de main
Pérégrins -1 (femme)
     Pendant tout le voyage, Ménélik se tint tranquille, si on exceptait bien sûr l’extrême hostilité qui suppurait de sa personne, à en faire faner des salades. Bien entendu, Sakari s’en moquait éperdument. D’une part parce qu’elle en était la cause première, et qu’elle se délectait de voir ce jeune homme dans cet était, à faire de l’auto-mutilation de l’esprit et à s’embourber dans un désir de vengeance. D’autre part parce qu’elle était sûre de sa force et de son intelligence.
     Et enfin parce qu’elle était en train de lire un livre qui traitait de l’Architecte Khugatsaa, qui lui avait conseillé un ami à lui. Un Mÿ’tran, bien entendu. Cet ami était peut-être un peu plus jeune que le chasseur daënar, mais aussi tellement plus fréquentable. Sakari abordait passage de la légende de l’Architecte, et il faut dire que c’était particulièrement passionnant.
     Ils n’échangèrent pas un mot, ni même un regard, même si le jeune garçon devait la fixer de son regard assassin régulièrement. Sakari, bien entendu, gardait toujours son pistolet au niveau de son poignet, pour le saisir aussi vite que possible. Cette ambiance à couteau tiré dissuada quiconque de venir s’installer à côté d’eux.

     À la gare, personne ne les attendait. La précision des trains ne passait pas pour être une science exacte, à Daënastre. Kaleab avait pris de l’avance, car il avait réservé avant-hier un direct pour Lonfaure. Après avoir félicité sa cadette pour sa prestation et parlé un peu avec les autres parents d’élève, il dut faire route vers la gare, non sans avoir confié ses filles chéries à sa cousine.
     Les quelques heures restantes le séparant de l’arrivée de ses mercenaires avaient été occupées à réunir son matériel, embrasser ses filles et mettre à jour ses informations sur la présence des griffons. Selon les chasseurs qui revenaient des montagnes, on les avait aperçu un peu plus à l’est de leur territoire habituel, sûrement dérangés par le passage d’un troupeau d’animaux.
     Ils savaient où le retrouver, de toutes façon : chez lui, dans une ferme, à proximité d’un des nombreux hameaux qui s’éparpillait au flanc des montagnes, dans cette région relativement paisible du continent. Il y en avait peu, où la faune locale était assez petite et assez peu nombreuse pour permettre des habitations individuelles. Souvent, ces zones étaient dans les territoires de frontière entre deux biomes, où les monstres des deux territoires voisins évitaient de s’aventurer, car ils n’étaient pas adaptés à leur mode de vie.
     Bien entendu, si Kaleab avait éloigné ses filles, c,est parce qu’il savait qui venait à la maison. Leur mère allait encore prendre la mouche, si elle apprenait qu’il avait invité de dangereux malades surarmés chez eux. Elle l’engueulerait, de là où elle était, peu importe où cela pouvait être.
     C’est cette pensée, empreinte de mélancolie, qui fut interrompu par les deux mercenaires, qui avaient fait le reste du chemin en diligence vers le hameau, puis à pieds vers la ferme.


« Il nous arrive de partir en guerre, oui. On rassemble les clans, ce qui doit faire cinq mille lances, et les chefs marchent les premiers. Ils sont chefs, car à la fin, on trace un chemin dans la neige devant leurs pas, comme marque de respect. Mais nous ne combattons pas les gens de magie de l'ouest ou les gens de ville de l'est. Nos ennemis, vous les appelez les Kashans. Voilà nos adversaires. Voilà aussi pourquoi vos guerres me font bien rire. »
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Ménélik
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Sam 14 Juil - 2:36
Irys : 44994
Profession : Chasseur
Daënar 0
Le petit hameau qui servait de lieu de vie à son employeur était très modeste, les maisons qui parsemaient le paysage montagneux étaient très isolées les unes des autres et leur architecture très spéciale faite de pierre brute donnait un aspect rustique, voire archaïque à l'ensemble, Ménélik, lui ne s'intéressait pas à ces détails artististes, tout ce qu'il voulait c'était mettre en place son projet de vengeance pour enfin clouer le bec à cette satanée pouffiasse, la mission était, à l'heure actuelle, le cadet de ses soucis, elle n'était qu'un prétexte pour justifier sa présence auprès de la jeune femme.


Toutefois, il y avait un paysan qui souhaitait voir les personnages qu'il avait mandatés pour accomplir une mission très périlleuse et le jeune chasseur ne voyait pas l'utilité de le faire attendre plus longtemps, c'est donc pour trouver celui qu'il considérait comme un bouseux de la campagne, incapable d'avoir des pensées profondes, que le jeune homme se mit à interroger un éleveur qui était sur le pas de sa maison occupé à observer le paysage qui l'entourait  en ces termes
" Bonjour, je recherche Kaleab, ou puis-je le trouver"


Cette question concise remplie de froideur et faussement polie ne parut pas déstabiliser l'homme, il s'exclama simplement d'un ton neutre

"Là-bas" en montrant * du doigt une habitation qui ne se distinguait en rien des autres présentes dans le village.
C'est donc tout naturellement que les deux compères s'avançaient vers le lieu que le villageois leur avait si gentiment indiqué, toujours dans l'optique d'éviter le maximum de contact entre elle et lui, il mit quelques mètres de distance à celle qui pour cette mission semblait être sa partenaire, et ce, malgré sa blessure au torse qui le faisait extrêmement  souffrir.


En approchant de leur but, Ménélik aperçut Kaleab, enfermé dans ses pensées, en affichant un visage empreint de mélancolie, le pauvre homme ne vit même pas arriver les deux chasseurs. Le jeune homme qui devançait la chasseuse de quelques longueurs s'empressa d'aller voir de plus près le personnage qui avait daignés les engager malgré leurs différents assez notables.

D'un geste grave, le regard fier, en ne laissant pas transparaître les événements de la  veille, Ménélik salua l'homme immobile pour signaler sa présence puis pour glaner le maximum d'informations, il s'empressa d'interroger, sans même prendre la peine de respecter la politesse la plus élémentaire, le vieil homme sur les tenants et les aboutissants de la tâche qu'ils devaient accomplir pour le compte des éleveurs de la région.


Comme vous le voyez, nous sommes là, à votre service pour régler une bonne fois pour toute le compte de ces satanés griffons, mais dites-moi si je me trompe mais lorsque l'on s'est rencontrés dans le bar, vous ne nous avez pas donné beaucoup de détails sur la mission en elle-même. Du coup de nombreuses interrogations restent en suspens, et j'aimerais que vous y répondiez. Quelle est la fréquence des attaques des griffons sur votre bétail ? Quel est le nombre de griffon que vous voulez qu'on éradique . Et enfin connaissez-vous l’emplacement du nid de ces animaux ?
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