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Chroniques d'Irydaë
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 Comment échouer à arnaquer un Primo Gharyn pour les nuls [Terminé]

Leynar Gale
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Jeu 24 Mai - 9:21
Irys : 406236
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Bon alors comment notre arnaqueur s’est-il retrouvé à Busad et entraîné dans une tentative d’arnaque de Zaël ? Vous devez sûrement vous dire qu’il faut être d’une stupidité affligeante pour ça. Vous n’avez pas tort, mais c’est plus par désespoir que par réelle conviction que Leynar s’est lancé dans cette folle entreprise. Pourquoi est-ce qu’il en est arrivé là ? Eh bien si vous suiviez un tant soit peu ce qui lui arrive vous vous souviendriez qu’il s’est mis des gens à dos à cause de Jaheera ! Comment ça tout le monde s’en moque ? Ayez un peu pitié pour un pauvre arnaqueur, vous n’imaginez pas tout ce qui lui est arrivé sur la route. Il s’est fait braquer au moins une dizaine de fois par des mercenaires, et s’il réussissait à refourguer des contrefaçons au début ses stocks d’irys et de bijoux se sont réduit considérablement, et arrivé à Busad il n’avait plus grand-chose à vendre.


Alors il avait bien essayé de trouver du « travail » grâce à ses collègues Danseurs, mais ce qu’on lui proposait ne l’avancerait pas beaucoup. Oui il ne devrait pas faire la fine bouche mais il ne voulait pas non plus être payé au lance pierre. Bon c’est vrai qu’il aurait pu s’introduire dans quelques maisons ou caravanes de collègues marchands et voler tout les objets de valeurs, mais à son grand dam il ne maîtrisait pas encore totalement l’art du cambriolage. Et c’est à ce moment là qu’il est tombé sur ce tocard, un type aux dents tellement longues qu’il aurait pu racler le sol avec. Il voulait monter rapidement dans la hiérarchie et pour ça il avait un plan aussi brillant que lui, il voulait voler le primo-gharyn de Busad. Rien que ça.


Vous imaginez bien qu’en entendant ça Leynar était à deux doigts de se moquer de lui, et encore plus en écoutant comment était censé se dérouler son plan. S’il en avait pas été sûr avant, il avait la confirmation que ce type était une buse. Mais l’air de rien il avait réuni une équipe, c’est sûr que ceux qui en faisaient parti n’étaient pas des foudres de guerre -à part Leynar bien entendu- et l’arnaqueur commençait quand même à avoir peur.


Vous me demanderez pourquoi il a accepté d’en être alors, il faut être idiot pour suivre un type pareil, un homme comme lui il fallait le laisser se casser la figure avec toute la bienveillance du monde. Mais au-delà de sa situation assez complexe il y avait autre chose qui poussait Leynar à faire ce genre de coup et à ignorer les potentielles conséquences pour son futur proche. C’était un défi. Profondément idiot, certes, mais un défi quand même. Même si les chances de réussites étaient extrêmement basses, l’arnaqueur se rassurait en se disant qu’en réussissant un coup pareil il pourrait tout réussir. Optimiste le lascar.


Tout d’abord il fit modifier le plan, ce n’était pas qu’il était mauvais mais… bon oui, il était clairement mauvais. Au final c’était lui qui aurait le rôle central, les autres étant relativement tranquille si le plan échouait. De toutes façons qu’est-ce qui pourrait lui arriver ? Sa réputation était déjà dans un sale état et la passer quelques semaines derrière les barreaux ne serait sans doute pas la pire chose qui lui arriverait. Il appréhendait quand même, s’il se faisait prendre il allait sans doute passer un sale moment, et la prison n’est pas l’endroit le plus épanouissant au monde.


Il avait tout prévu, et face à ses complices de plus en plus réticents à s’engager dans un coup pareil, il décida de faire cavalier seul. Pas très malin, mais quand il était décidé à faire quelque chose on pouvait rarement faire changer d’avis Leynar. De toutes façons on n’est jamais mieux servi que par soi-même n’est-ce pas ?


C’est comme ça qu’il se retrouva à attendre au pied de la tour l’heure de son rendez-vous avec le Primo Gharyn, il avait réussi à obtenir un rendez-vous assez vite au vu de l’emploi du temps chargé du dirigeant de Busad. Tout ça grâce à d’anciens clients importants qu’il avait eût et qui l’avaient recommandé au Primo dirigeant de Busad. Il était bien obligé de se dire que parfois le travail honnête payait. Mais ne comptez pas sur lui pour se le dire très longtemps.


Toujours avec son visage masqué par sa capuche et son masque, il espérait que le grand Zaël ne prendrait pas cela comme une offense. De toutes manières s’il le voudrait il lui montrerait son visage, autant satisfaire sa curiosité. Il avait apporté avez lui un sac en toile de jute contenant bijoux et pierres précieuses. Il n’avait pris aucune contrefaçon. Enfin en tout cas il lui semblait n’avoir pris aucune contrefaçons. Vérifier maintenant n’aurait aucun intérêt si ce n’est le troubler plus.


Il attendit patiemment, et lorsqu’on vint le prévenir que le primo-gharyn l’attendait il entreprit de monter les escaliers de la tour majestueuse jusqu’au sommet. Et lorsqu’on l’introduisit auprès du souverain de Busad et de son khorog, il se fendit d’une petite courbette maladroite devant l’auguste personnage. Lui qui était si insignifiant, il était tout de même devant l’un des grand de ce monde, et il s’en serait presque voulu d’être devant lui uniquement à cause d’un plan fou. Il s’exprima alors de manière respectueuse, faisant de son mieux pour éviter de froisser l’éminent Zaël.


-Mes respects Primo Gharyn, c’est un honneur pour un humble marchand comme moi d’être reçu par quelqu’un de votre rang, aussi je vais faire du mieux que je peux pour ne pas vous faire perdre votre temps inutilement, à vous et à votre Khorog. Je me nomme Leynar Gale, et si mon nom vous est certainement inconnu peut-être avez vous déjà eu l’occasion d’avoir un aperçu de mon travail. Je suis joaillier et lapidaire, et je ne pense pas me tromper en avançant que mon travail est exceptionnel.


L’ahuri n’avait même pas pris la peine de prendre un faux nom, il se disait que ceux qui l’avaient recommandés avait peut-être déjà cité son nom, et que s’il réussissait son coup l’affaire serait sûrement étouffée. Et surtout s’il finissait en prison son faux nom ne lui serait pas utile très longtemps.



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Dernière édition par Leynar Gale le Mar 11 Sep - 19:46, édité 1 fois
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Zaël
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Jeu 31 Mai - 11:33
Irys : 922217
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Ces derniers mois, il avait eu trop peu d’occasion de recevoir des artistes, des artisans de la pierre. Alors quand la sculptrice, Mélisse, avait mentionné un marchand Khurmis doué dans ce domaine l’information était restée dans un coin de son esprit. Cette Kharalienne de confiance s’était occupée de nombre de statue et ornement des étages supérieures de la Tour ces dernières années, entre autre. Elle savait intégré son œuvre à celles déjà préexistante. Un néophyte ne pourrait différencier le vieux du récent. Puis, une autre personne, un marchand venu à une séance de doléance pour une querelle avec un concurrent au sujet de client volé, de concurrence déloyale, de chamaillerie de voisinage etc, avait réussi à placer le nom de Leynar aussi en positif : «  un Khurmis étonnement plutôt habile pour façonner les pierres ». Ce qui est un énorme compliment provenant d’un croyant de Delkhii doublé d’un avare d’éloge.

La troisième fois qu’il entendit son nom fut lorsque les Protecteurs chargés des requêtes lui firent savoir que cet homme souhaitait un entretien. Naturellement, il était enclin à le recevoir et même plutôt curieux de rencontrer ce Leynar. Même si cela ne libérait en rien de ses obligations et de ses préoccupations. Il se passa, trois, peut-être quatre jours, entre la prise de contact et le rendez-vous mêmes. Zaël avait tendance à vite perdre trace du temps écoulé, distrait par des questions tels que : la pertinence d’envoyer un homme à sa mort à cause de crimes commis, son incapacité à protéger aussi bien qu’il le voudrait son peuple ou éviter ce type de tragédie.

Lorsque le marchand arriva aucun des deux ne parlaient. La salle du trône, puisqu’il arrivait aussi de recevoir à cet endroit, était vide mise à part eux deux. Une semi-obscurité régnait alors que c’était loin d’être le soir. On pouvait entendre le vent souffler à l’extérieur mais rien ne venait perturber les tapisseries à l’intérieur même si les fenêtres sans vitre donnait sur l’escalier spiralaire de la tour lui même grand ouvert sur l’extérieure. Il n’y avait pas de siège où s’asseoir à part le trône de pierre inoccupé. Et peu de meuble, seulement deux petits sur lesquelles étaient disposé des verres, des boissons et quelques fruits. Zaël, jusque là perdu dans ses pensées face à l’une des œuvres accrochées, s’était tourné vers le nouvel arrivant. Tout comme Darim devant un des ouvertures. Comme d’habitude le primo-Gharyn fut gêné par la courbette même si il n’en dit rien pour ne pas empirer le malaise.

« Difficile à dire jeune homme sans avoir vu votre œuvre. Mais tout acte de création est louable.

-Aucune rencontre n’est une perte de temps. Ce serait un plaisir de voir vos créations, si vous en avez apporté avec vous ? »

La réponse était plutôt évidente : il avait un sac avec lui. Il ne fallut pas longtemps à l’un comme à l’autre pour apercevoir le contenu du sac, d’en sortir quelques unes pour les examiner, apprécier son travail. Toutes n’étaient pas de valeur égale par contre, elles étaient toutes soigneusement travaillées. Des pierres encore en main, Zaël releva la tête pour s’adresser à l’artisan. Il avait respecté toutes les règles de courtoisies si ce n’était pour cette capuche. Mais Darim le devança.

« Maintenant nous pourrions peut-être voir le créateur qui a fait ceci. »

Le ton n’était pas agressif, juste ferme. Il ne laissait aucune ambiguïté quant au fait qu’un non ne serait pas accepté.


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Leynar Gale
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Sam 2 Juin - 20:53
Irys : 406236
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Il n’avait prononcé un seul mot depuis qu’il s’était présenté, son esprit s’attardant sur les mots du Khorog alors que lui et Zaël observaient minutieusement les pierres précieuses. Un acte de création. Il ne l’avait jamais réellement vu comme ça, mais plutôt comme un acte naturel. Après tout ne lui avait-on pas enseigné durant ses jeunes années que les pierres brutes étaient vouées à être taillées et à être incrustées minutieusement sur d’autres supports ? Que ce n’était qu’un acte naturel, professionnel qu’il serait le prochain à effectuer ? Une logique bien froide s’il en est. C’était étrange, était-il donc si hermétique à son propre travail ? Qualifier ses pierres d’exceptionnelles était pour lui logique tout simplement parce que c’était vrai. Plus il y pensait plus il oubliait la raison de sa venue, plongé dans ses pensées alors qu’un maigre sourire se formait derrière son masque de tissu. Oui, au fond cela devait bien être un acte de création, peut-être même artistique, la preuve étant son attitude presque arrogante lorsqu’il taillait les pierres précieuses, à considérer que la finesse et la minutie qu’il mettait dans son travail faisait qu’il devait tailler les plus belles pierres qui soient. Avec le recul ce n’était pas vraiment de la logique, c’était de la passion. Après tout quoi d’autre que la passion aurait pu le faire revenir à Reoni alors qu’il officiait comme mercenaire ? Il y avait certes le fait que sa ville natale avait pu lui manquer, mais il ne devait pas dû y avoir que cela.


L’idée qu’il pouvait presque se considérer comme un artiste commençait lentement à germer dans son esprit alors que le Khorog lui adressait la parole, le sortant de ses rêveries. Ah, la grande question, voir le visage de celui qui avait taillé toutes ces pierres. Le ton du Khorog avait été sans équivoques, mais il n’y avait pas de reproches dans sa voix. Cela rassura Leynar, après tout qui aurait pu lui reprocher de masquer cet hideux visage ? Ce reflet déformé de celui qu’il avait été autrefois. On aurait presque pu dire que c’était un acte de civilité que de cacher au monde cet aspect  difforme.


-Pardonnez moi, ce n’est pas par impolitesse que je me suis présenté à vous en masquant ma tête, je souhaitais simplement vous éviter le triste aspect qui orne désormais mon visage. Je préfère préserver les autres de cette vision, cette apparence avec laquelle j’ai appris à vivre.


Alors il retira sa capuche, laissant apercevoir son front et le haut de son crâne, et vint au tour du masque de tissu qu’il garda dans sa main et qui laissait voir toute l’étendue de son visage ravagé. Un petit sourire triste s’était formé sur les lèvres émaciées du marchand. Bien sûr il aurait pu épargner ce spectacle à Zaël et à son Khorog en utilisant le don de Khugatsaa, mais aurait-ce été logique ? Après tout quel aurait été l’intérêt de masquer un visage intact ? Ne pas être reconnu ? Ce prétexte aurait été stupide alors que le marchand s’était auparavant présenté sous sa véritable identité. C’est presque avec une expression douloureuse que Leynar regarda le primo-Gharyn de Busad et son Khorog avant de reprendre la parole non sans une pointe d’ironie.


-Comme vous pouvez le voir mon faciès est des plus agréable à regarder, mais j’évite de trop m’en vanter, il semblerait que les gens que je rencontre sont souvent étonnés de mon état.


Il faisait preuve d’autodérision, quoi de plus logique pour quelqu’un qui avait accepté cette déformation physique ? Il préférait en rire qu’en pleurer, le second cas aurait été contre productif. Oh il devait bien l’avouer, il y avait quelque chose d’ironique entre lui et son travail, ses pierres étaient magnifiques alors que lui était affreusement laid. Une ironie qui ne le dérangeait pas, après tout c’était son travail. Ça et un peu d’arnaque bien sûr. Leynar épousseta ses vêtements, plus par nervosité que par réel besoin, si lui acceptait le piètre aspect de sa personne et que le plus souvent il se fichait de ce que les autres pouvaient en penser, cela le n’était jamais agréable pour lui de devoir montrer son visage. Il reprit alors la parole, plus sérieusement.


-Ne me jugez pas trop sévèrement, je paye simplement de vieilles erreurs que j’ai fait. Ma vie a parfois été tumultueuse je dois bien l’avouer. Je ne peux que souhaiter être moins stupide que je ne l'était autrefois. J'espère que cette vue ne vous dégoûte pas trop, je serais ennuyé de vous avoir mis dans l'embarras.



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Zaël
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Jeu 7 Juin - 13:07
Irys : 922217
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Quelque part, il s’en doutait que ce n’était pas un geste d’impolitesse. Avant même que Leynar ne le dise ou n’enlève sa capuche. Les protecteurs faisaient un travail consciencieux s’il lui avait permis de garder le visage couvert ce ne pouvait être que par courtoisie. Pourtant, Zaël fut perturbé par la face marquée de son interlocuteur. Pas à cause de sa laideur, mais à cause des souvenirs que cela faisait remonter en lui. Inévitablement, ses brûlures lui rappelèrent cette nuit où nombre de personnes avaient souffert du feu ou encore l’illusion où bien trop de gens gisaient à ses pieds. Lui même avait encore des marques, rien d’aussi visible que le marchand et aucune sur le visage. Ils les avaient forcé à s’occuper des autres plutôt que de guérir entièrement la moindre de ses blessures. Quand il avait repris connaissance. C’était aussi pour ça que le Z ornait toujours l’intérieur de sa paume droite. Un rappel constant de ce terrible événement, de cet échec pour la paix.

Bien que son regard soit toujours posé sur l’artisan, son attention était ailleurs. Il n’entendit pas les explications données, simple bruit lointain, ni ne se rendit compte de la réponse de son Khorog à côté de lui. Ce dernier absent lors des événements du bal n’était pas du tout affecté de la même façon. Les raisons du comportement étrange du primo-Gharyn ne lui était pas pour autant inconnu, il le connaissait assez bien pour deviner dans quels méandres il s’était plongé. Dans tous les cas, il était inutile d’attirer l’attention de leur invité là-dessus, ça ne le concernait pas. De plus, ils n’avaient pas besoin que le peuple s’inquiéta pour leur souverain en ces temps difficiles.

« C’est louable de tirer des leçons du passé et d’assumer les conséquences plutôt que de s’inventer un nouveau visage. Tous les Khurmis n’y parviennent pas. »

C’était le moins que l’on pouvait dire d’un peuple qui réinventait ses propres terres suite à la désolation que la guerre avait laissé sur son passage. Une création éphémère et bien futile. Même s’il ne pouvait blâmer les adeptes de Khugatsaa de vouloir avancer et d’avoir le droit à une petite dose d’oubli, eux qui supportaient la mémoire des morts. Un sujet de réflexion qu’il creuserait sûrement lors d’une prochaine méditation. Mais pour l’instant, l’état que provoquait cette rencontre chez Zaël était plus préoccupant. Si le Khorog ne pouvait décemment mettre à la porte leur invité sans savoir ce qui l’amenait, il pouvait accélérer le processus.

« Mais ce n’est pas pour parler de ça que vous êtes venu nous voir, n’est ce pas ? »

Le Khorog le regardait dans les yeux. Lui non plus n’avait pas détourné le regard, enfin juste pour lancer un coup d’oeil inquiet à son voisin. S’il avait été choqué ou perturbé par la vision de son faciès, il n’en avait rien laissé paraître.


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Leynar Gale
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Mer 13 Juin - 10:41
Irys : 406236
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Leynar était habitué aux réactions de dégoût, de rejet, de mépris ou encore de moqueries lorsqu’il dévoilait son apparence, mais il n’avait encore jamais rencontré personne que cela rendait songeur, tout du moins jusqu’à ce jour. Le marchand se rendit bien compte à un moment que Zaël ne l’écoutait pas, il voyait bien que le primo-Gharyn était perdu dans ses pensées. Le plus inquiétant étant que ce ne devait pas être des plus agréable pour lui au vu de son air. C’était assez gênant, l’arnaqueur savait comment réagir face aux réactions habituelles qu’il subissait, mais il devait bien avouer que face à une telle situation il était totalement désarmé. Que faire face à un homme qui ruminait ses pensées ? Une attitude face à laquelle il n’arrivait pas à réagir chez les autres alors que lui-même l’avait expérimenté autrefois, pendant un long mois de convalescence. A cette époque le retour à la réalité avait été brutal, cela l’avait rendu amer pendant un temps avant d’accepter ses erreurs.


Cela faisait presque échos aux propos du Khorog. Oui, quoi qu’on pouvait en dire Leynar avait accepté les conséquences et il faisait avec. Mais apprendre de ses erreurs ? Cela le laissait dubitatif. S’il avait appris de ses erreurs il ne continuerait pas à arnaquer des gens. A l’époque il l’avait fait pour vivre,  mais maintenant pourquoi est-ce qu’il le faisait ? Par appât du gain ? Il gagnait déjà bien sa vie habituellement, enfin quand il ne se faisait pas détrousser. Non, en y réfléchissant bien c’était plutôt par défi. Quelque part cela gonflait son égo de savoir qu’il était plus malin que la majorité des gens. C’est ce qui l’avait mené ici, devant le primo-Gharyn de Busad qui n’avait pas vraiment l’air en état de marchander, et cela à cause du marchand. Il se sentait presque coupable de cette situation. Il en venait même à se demander s’il ne devrait pas abandonner son plan qui relevait d’une certaine folie. Ce qui faisait tout l’intérêt de l’opération était de tromper une personne particulièrement influente, mais si ce dirigeant était aussi passif le défi perdait toute sa saveur. Il aurait bien pu tromper le Khorog, mais à quoi bon ? L’envie n’y était plus vraiment. Pour le moment du moins.


En revanche son attention était désormais plutôt tournée vers le primo-Gharyn. A quoi pouvait-il bien penser qui l’accaparait autant ? Cela semblait l’obnubiler. Leynar eût soudain une idée, un moyen qui pourrait peut-être se rendre utile pour sortir Zaël de ses pensées. La télépathie était définitivement très utile, et elle allait peut-être encore une fois prouver son utilité, si le dirigeant de Busad ne l’écoutait pas car il était préoccupé, son esprit le ferait. Bien sûr, il n’allait pas parler affaire dans l’esprit du fils de Delkhii, il allait plutôt l’encourager à sa façon. Ce n’est pas parce qu’il comptait le voler à l’origine que l’arnaqueur ne pouvait pas se montrer sympathique à l’égard de Zaël. Certains y verraient une manipulation mais à cet instant précis cela n’était pas dans les intentions de Leynar. Alors il se mit au travail, bien décidé à sortir le Primo-Gharyn de sa morosité.


-Je vais partir du principe que vous m’écoutez. Je m’excuse d’avance de cette intrusion dans votre esprit mais vous sembliez être ailleurs. Loin de moi l’idée de vous le reprocher, je peux être ennuyeux à mourir et je me doute que la vue que j’offre dois vous être particulièrement agréable. En temps normal je vous aurais laissé à vos rêveries, mais au vu du regard inquiet que vous a jeté votre Khorog j’imagine que ce n’est pas forcément très agréable. J’ignore ce qui vous met dans cet état et je me garderai bien de fouiller votre esprit pour le découvrir. Mais quel que soit le poids qui pèse sur vos épaules à cet instant précis, ne le laissez pas vous submerger, même si j’imagine que vous devez déjà vous le dire. Je pense que vous avez la volonté nécessaire pour régler la plupart de vos problèmes. Bien sûr certains sont plus complexes que d’autres et ne seront pas résolu facilement, mais que serait la vie sans un minimum de difficulté ?


Il y eût un petit moment de silence avant que Leynar ne reprenne.


- Enfin j’imagine que vous devez avoir tout un tas de préoccupations que je ne comprendrai jamais. Vous m’écoutez n’est-ce pas ? Ce serait gênant de parler dans le vide.


Et hors de cette conversation qui était peut-être bien à sens unique, que se passait-il ? Eh bien le Khorog avait posé une question depuis quelques instants à Leynar qui le regardait et l’avait entendu, mais semblait concentré ailleurs, ses yeux semblaient regarder dans la direction de Darim, mais sans vraiment faire attention à lui. Dure tâche que d’être Khorog semblait-il. Il devait sans doute être exaspéré par le marchand, alors que ce dernier sortait de sa concentration pour se recentrer sur Darim avec un air contrit. Ignorer le Khorog avait été involontaire mais cela restait un tantinet irrespectueux. Non pas que l’arnaqueur s’en inquiétait vraiment mais il était tenu de maintenir son apparence respectable.


-Je suis désolé je n’ai pas entendu tout ce que vous avez dit, c’est très difficile de tenir deux conversations en même temps, c’est compliqué de parler d’artisanat et en même temps que… qu’encourager quelqu’un j’imagine ? Oui ça doit être ça.



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Zaël
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Mer 20 Juin - 10:38
Irys : 922217
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
L’intrusion était inattendue, choquante et un brin ironique : que la personne qui était supposé veiller sur tout un peuple se fasse ainsi materner. Mais cela ne frappa pas Zaël. Il était bien trop plongé dans son désarroi pour ça et alpagué par les mots transmis directement à son esprit. Aucun espace pour prendre du recul ou être étonné. Il n’avait pas la possibilité non plus d’ignorer ce lien, ces mots prudents tout en douceur. Sa tristesse se teinta de honte d’avoir ainsi négligé son interlocuteur mais aussi d’un brin de reconnaissance. Voir de la bienveillance chez ses pairs étaient toujours réconfortants. De ce nuage de confusion, il n’eut pas le temps de s’extirper pendant la courte pause du marchand. À peine eut-il l’occasion de cligner des yeux.  

« Excusez-moi. »

Ce fut son premier réflexe. Impossible de savoir si l’homme avait été capable d’entendre ces deux mots avant de parler de nouveau à voix haute. Darim avait beau eu parlé à côté ce ne fut que lorsque Leynar s’exprima qu’il sortit totalement de sa torpeur. La transition du mental à l’oral était étrange, la discussion semblait tellement plus lointaine et pourtant bien plus proche que lorsqu’il était dans sa bulle.

« Vraiment ? Vous vous permettez d’explorer les esprits sans permission aussi ? »

Le ton était clairement plus hostile, sa position se modifia légèrement aussi. Visiblement, il était devenu méfiant envers leur invité dont il ne connaissait toujours pas les intentions. Heureusement que la conversation avec Zaël avait eu l’effet escompté et qu’il se montra de nouveau un tantinet plus actif dans les interactions. Il posa une main apaisante sur le bras de son Khorog tout en prenant la parole.

« Le fautif, ici, c’est moi. Pardonnez moi de mon inattention, vos cicatrices m’ont rappelé le drame de l’exposition. »

Il n’en parlait quasiment jamais mais le faire à ce moment là lui avait semblé naturel. Cet homme avait su créer un pont entre eux. Ses mots n’avaient peut-être rien eu de nouveau ou d’exceptionnel mais ils avaient été transmis d’une telle façon que ça n’avait pu que toucher le primo-Gharyn. L'action du marchand avait su créer en même temps deux impressions totalement opposées mais une réaction identique.

« Vous avez toute notre attention. Vous aviez une requête à nous soumettre ? »

Ces mots étaient on ne peut plus vrai : le Khorog ne lâchait pas du regard cet individu devenu hautement suspicieux à ses yeux. Il n’accordait pas sa confiance aussi facilement ou de manière aussi aveugle que Zaël. Bien accueillir ne voulait pas dire se rendre vulnérable ou découvrir tous ses secrets aux premiers venus. S’il trouvait cette capacité admirable, il redoublait de vigilance afin que  son Gharyn n’en paye pas les pots cassés. Cette année en avait été déjà bien assez remplis.


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Leynar Gale
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Sam 30 Juin - 1:01
Irys : 406236
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Durant le lien télépathique, même si Leynar n’avait pu « entendre » ce que Zaël pensait, il sentit tout de même ses émotions. Tristesse, honte, et presque de la… reconnaissance ? Étrange. La plupart du temps lorsqu’il utilisait la télépathie c’était plutôt de la colère ou de la méfiance, mais il n’aurait pu vraiment en vouloir à ses interlocuteurs, après tout qui a vraiment envie qu’on fouille son esprit et les secrets qu’il renferme ? Personne, pas même Leynar, parfois il valait mieux laisser enfouis certaines choses. Mais le cas de Zaël était plus complexe que n’importe qui d’autre, il était tout de même primo-gharyn et le marchand imaginait sans peine que certaines des informations peuplant l’esprit du dirigeant de Busad n’étaient pas destinés à tous. Et il se serait bien gardé de savoir quelles étaient ces informations, il vaut parfois mieux ignorer certaines choses.


Étrangement la méfiance ne vint pas du Gharyn, ou pas de suite comme il se remettait de l’expérience télépathique, c’était plutôt le Khorog, et qui aurait pu lui en vouloir ? Il ne faisait que défendre son Gharyn, surtout lorsqu’en face de lui se trouvait quelqu’un qui pouvait lire dans son esprit comme dans un livre ouvert, à peu de choses près si on excepte les efforts que cela aurait requis. Mais même si l’intrusion avait eût l’effet escompté, à savoir sortir Zaël de sa torpeur, Leynar n’en oubliait pas moins l’objet de sa visite. Il était là pour faire affaire avec le Primo-Gharyn, mais s’il voulait que l’échange se passe correctement il devait tout d’abord apaiser les craintes du Khorog.


-Non Khorog je ne me le permettrai pas, la télépathie telle que je l’ai utilisé ne me permet que de transmettre un message ou des informations, et simplement de ressentir les émotions de la personne à laquelle je transmet le message. Mais je ne me risquerai pas à fouiller la mémoire d’autrui, ce serait violer l’intimité des autres et c’est une limite que je me fixe, je ne ferai pas quelque chose que je ne voudrai pas subir.



Un peu de vérité et de mensonge à la fois. Il était vrai que l’arnaqueur ne se permettrait jamais de fouiller la mémoire de quelqu’un sans son consentement ou à sa demande, enfin si la personne en question ne lui était pas hostile, auquel cas il n’hésiterait pas une seule seconde, et il était aussi vrai que lui-même n’aurait pas voulu que l’on fouille dans sa mémoire. Mais quand à faire subir aux autres ce que l’on ne voudrait pas soi-même subir c’était tout autre chose. Après tout personne n’aimait se faire arnaquer, et pourtant lui le faisait même si les risques étaient présent, ce qui le faisait réfléchir quand à cette carrière. Après tout grâce aux Danseurs il pourrait aisément gagner beaucoup plus d’argent sans se faire prendre pour arnaque. Il est vrai que le vol était plus sévèrement puni, mais encore fallait-il se faire prendre, et contrairement aux apparences Leynar n’était pas le genre à foncer tête baissé sans avoir un plan au préalable. Même si ses premières intentions à l’égard du Primo-Gharyn prouvait le contraire.


En parlant de Zaël, voila que celui-ci posait la main sur le bras de son Khorog, avant d’aborder un sujet bien plus sombre, l’exposition. Bien sûr dans le monde il devait y avoir plusieurs expositions, mais celle que l’on associait le plus souvent à « drame » devait bien être l’exposition de Gustave Wilson. L’exposition ou l’Architecte Khugatsaa avait été lui-même aperçu blessé. Les nouvelles à propos de cette exposition avaient atteint le monde entier, après tout un événement tel que celui-là ne laissait personne indifférent. Un léger trouble le saisit avant que Zaël ne le ramène à la réalité. Il aurait été dommage que Leynar n’oublie la raison de sa présence en ce lieu. Oui il avait bien une requête à soumettre à Zaël et à son Khorog, cependant elle avait légèrement différé depuis son arrivée. Après tout arnaquer une personne aussi importante que le Primo-Gharyn demandait une préparation minutieuse et un plan de secours au cas ou le plan échouerait, tout ce que Leynar n’avait pas à cet instant. Et il fallait avouer qu’une transaction réussie pour un primo-gharyn devait presque être la reconnaissance du travail dudit marchand s’il était artisan. Ça ou un refus du travail s’il était jugé insatisfaisant. Mais pour le moment le marchand devait penser à autre chose, ou plutôt il devait  répondre à la question de Zaël.


-Ne vous excusez pas, vous avez des préoccupations et c’est compréhensible. Enfin, je vous l’ai déjà dit, et j’imagine sans peine que vous êtes soutenu en cas de coups dur. Mais la raison de ma présence ici est plus commerciale. Voyez-vous j’ai parfois travaillé en collaboration avec des kharaaliens, et j’avoue que j’ai toujours été admiratif de leur talent artistique que je considère comme très supérieur au mien. Je ne compte plus le nombre de fois ou j’ai été émerveillé par une sculpture ou une poterie kharaalienne, et je dois avouer que leur âme d’artiste m’a toujours donné envie de travailler avec eux. Après tout qui pourrait sublimer une pierre précieuse à la façon d’un fidèle de Delkhii ? Je n’oserai jamais prétendre les égaler. Voilà pourquoi je vous adresse cette requête, pouvoir faire l’acquisition d’un espace de travail où je pourrai continuer mes activités avec des habitants de Busad.


Requête vraiment innocente ? Pas tout à fait. Si au fond l’idée était vraiment de travailler avec des habitants de Busad, grâce à ses liens avec les danseurs Leynar avait connaissance du vaste marché noir de la ville. Autant dire qu’en vérité la proposition plus légale de l’arnaqueur était peut-être aussi la moins risquée pour lui. A voir ce que répondraient à cela le Primo-Gharyn et le Khorog de Busad.



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Zaël
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Mer 8 Aoû - 10:03
Irys : 922217
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Le discours sur le respect de la vie privée et du sanctuaire que représentait les pensées, la conscience, était louable. Surtout si on y croyait. Pour le Khoroge s’était un peu trop beau pour être vrai. Et ce n’était que des mots. S’ils avaient leur importance, il ne souhaitait y accorder sa foi qu’appuyer par une observation de ce Leynar. Sa croyance était un bien précieux. Un bien qui se chérissait et ne se jetait pas à tout vent ni aveuglement. Une façon d’être bien différente de Zaël. À cause de lui, ou pour lui, il était méfiant pour deux. Il trouvait le juste équilibre entre sa charge de chef religieux et protecteur du primo-Gharyn, de sa conscience et de son bien-être.

Le second soliloque du marchand ne dissipa pas vraiment les soupçons du doyen. C’était trop bien, trop de compliment, Zaël y semblait bien trop réceptif. Peut-être à cause de ce que l’autre avait fait en usant de ses pouvoirs télépathiques. Ou à cause de son traumatisme de l’Exposition. Ou pour une autre raison. Une certaine distance s’était immiscée entre eux depuis ces événements. Tout doucement, insidieusement même si les signes ne trompaient pas. L’équilibre entre les deux avait changé de la même façon. Zaël ne s’appuyant plus autant sur Darim, allant même jusqu’à le contredire.

« Vraiment ? Votre travail consiste-t-il seulement au façonnage des pierres ou vous laissez vous tenter par la manipulation de l’esprit ? Les artisans sont bienvenus, les charlatans beaucoup moins. »

Le primo-Gharyn lança un regard surpris à son collègue, lancer des accusations sans fondement ne lui ressemblait pas. Ni l’agressivité plus tôt. Il avait tendance à être un peu trop protecteur et méfiant ces derniers temps. Même en étant perdu dans ses pensées plus souvent que de raison Zaël n’avait pu manquer de remarquer le nombre plus important de protecteur qui le suivait après janvier ni l’inquiétude lorsqu’il sortait.

« Bien sûr, nous accueillons avec plaisir des artisans d’autres régions. Je suis sûr que vous aurez autant à montrer à nos joailliers qu’eux à vous apprendre ! Liam, pouvez-vous aller chercher le commandant Eli ? »

Le jeune homme de faction devant la porte de la salle hocha la tête après un bref coup d’oeil au khorog et parti rapidement à la recherche de l’homme laissant sa collègue seule pour veiller sur eux.

« Il pourra vous désigner un emplacement où vous installer. S’il n’y a pas de bâtiment vacant nous pourrons vous en façonner un. Je vous demanderais seulement de laisser une de vos œuvres en offrande à l’autel de Delkhii. »

Puis, il se tût. L’envie était pourtant bien présente de continuer la conversation, de ne pas laisser le lien formé plus tôt disparaître complètement. Mais il ne savait pas comment faire. Il avait bien des questions qui lui trottaient dans la tête, juste aucune de vraiment approprié. Il ne voulait pas mettre encore plus ce jeune homme dans l’embarras. Pas alors qu’il s’était montré si bienveillant. Le silence prit donc place, coupé seulement par une remarque d’apparence placide du khorog.

« Je suis curieux de celle que vous choisirez. »  


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Leynar Gale
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Dim 12 Aoû - 22:56
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Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
L’assaut verbal du Khorog continuait, mais pour une fois il ciblait un point sur lequel Leynar ne transigeait plus depuis sa brûlure. En effet il vendait des contrefaçons, de très bonnes contrefaçons même. En revanche il n’utilisait pas les illusions pour duper les gens sur la marchandise, c’était certes à peine mieux, mais cela avait le mérite de laisser tranquille la conscience de l’arnaqueur. Mais la question était moins gênant que l’insistance et la méfiance du Khorog, mais était-ce anormal ? Après tout il était un étranger à Busad, qui plus est un étranger qui avait eu une conversation -à sens unique- télépathique avec le Primo-Gharyn, c’est-à-dire un entretien dont le Khorog ne pouvait comprendre la nature. Après tout, Leynar aurait très bien pu influencer Zaël, dans ce cas là une telle méfiance n’était que légitime. Même si cela ennuyait le marchand, il fallait avouer que le Khorog se dévouait tout particulièrement à sa tâcher, ce qui n’était guère étonnant, on n’obtient pas un tel rang sans le mériter. Il se décida donc à lui répondre, car de toutes façons rester silencieux n’aurait que fait surgir une autre des questions implacables du Khorog.


-Non Khorog je ne m’aventure pas sur ce terrain là, je ne vois pas l’intérêt d’une telle pratique, et je ne l’ai jamais fait, pour la même raison que je ne donne pas l’illusion d’avoir cette… apparence. Je me refuse à utiliser le don de Khugatsaa pour tromper les yeux des gens. Même si de nombreux autres khurmis ne seraient pas d’accord avec moi, puisqu’à Khurmag l’illusion prévaut sur tout. Mais la majorité des khurmis n’ont pas la tête que j’ai, et la réflexion qui en a découlé.


Une réponse relativement honnête, après tout il avait été tenté de nombreuses fois d’utiliser la magie pour tromper l’esprit des gens, mais ce serait trop facile, et il n’y avait pas cette dose de défi que Leynar souhaitait. Même si on pouvait lui reprocher de nombreuses choses, on ne pouvait pas l’accuser d’utiliser la magie à mauvais escient, c’était toujours une bonne nouvelle pour sa conscience. Est-ce qu’il y avait des risques ? Bien sûr, il y en avait toujours, il n’y avait qu’à voir ou il était en ce moment même pour voir qu’il y avait des risques, traiter avec le Primo-Gharyn était tout autre chose que de vendre quelques colifichets à une poissonnière zagashienne, et c’était déjà une tâche dangereuse, elle était capable de vous frapper avec un poisson si vous disiez venir de Kharaal Gazar. Bon cet exemple n’était pas forcément le plus probant, et largement exagéré, mais les préjugés et inimités entre régions avaient la vie dure, même pour un homme qui passait par Zagash au grès de ses voyages entre les villes my’tränes.


Leynar chassa tout cela de ses pensées, il devait rester concentré durant son entretient avec Zaël, par courtoisie mais aussi par respect, de quoi aurait eût-il l’air s’il restait pensif ? Qui plus est l’idée de travailler avec des joailliers kharaaliens n’était pas pour lui déplaire, il avait autant à y gagner que les kharaaliens, et puis cela lui ouvrait aussi de nouvelles perspectives. La question du bâtiment semblant réglée cela laissa à Leynar la liberté de réfléchir même rapidement à l’offrande pour l’autel de Delkhii. Il avait déjà des idées de pièces et de pierres à laisser en offrande à l’architecte, ce n’était pas un problème pour lui, et surtout il n’oserait jamais laisser une fausse pierre en offrande à l’architecte, ça aurait été véritablement inconvenant, même pour lui.  


-Je n'y manquerai pas Primo-Gharyn, je crois déjà savoir ce que je laisserai en offrande à l'autel de Delkhii, mais il faut que je regarde encore attentivement toutes les pierres que je possède, je souhaite laisser en offrande une pierre dont j'ai pris une attention toute particulière à tailler.


Le silence prit ensuite place, uniquement brisé par une remarque du Khorog. Oui c’était également une chose à laquelle Leynar devrait faire particulièrement attention, le Khorog n’était pas à prendre à la légère, et il allait devoir déployer de nombreux efforts pour faire taire sa méfiance, même si cela prendrait du temps. Mais le temps n’était pas un problème, le khurmi était patient, et il ne ferait pas le moindre faux-pas tant qu’il n’aurait pas l’assurance que ses affaires les plus « sensibles » ne seraient pas en danger, mais il n’en était pas encore là et aurait de nombreuses choses à penser avant de régler ce problème en particulier.


L’une de ces nombreuses choses était sa curiosité, il avait un fond observateur, et n’avait pas manqué d’apercevoir -même brièvement- la marque qui ornait la paume de Zaël. Il se demandait pourquoi cette marque était présente, dans quelles conditions avait-elle été marqué dans la chair du Primo-Gharyn, c’était le genre de chose qui attirait son intérêt. C’était extrêmement inconvenant de poser la question, d’autant plus que Leynar ne doutait pas une seule seconde que le Khorog lui rétorquerait que ce n’étaient pas ses affaires, et il aurait raison, mais la curiosité était parfois incontrôlable, et parfois il valait mieux une question gênante qu’un silence gênant. Opinion qui ne serait sans doute pas partagée par le Khorog.


-Primo-Gharyn, je me rends compte que la question que je vais vous poser est sans doute inappropriée, mais je n’ai pas manqué de remarquer la marque dans la paume de votre main, et je me demandai pourquoi cette cicatrice était présente dans le creux de votre main. Je m'excuse si cette interrogation vous importune, ce n'est pas mon but et pourtant elle m'a échappé.


Oh ça c’était une question inconvenante, et il imaginait sans peine la réaction de méfiance encore accrue du Khorog, à raison cette fois, mais Leynar n’avait pas pu retenir sa curiosité, avide de savoir ce tout petit détail, même s’il était peut-être insignifiant.



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Zaël
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Ven 17 Aoû - 23:27
Irys : 922217
Profession : Gharyn de Busad
My'trän +3 ~ Kharaal Gazar (homme)
Un silence envahit l’espace entre les interlocuteurs. Le temps de se séparer arrivait à grand pas mais n’était pas encore tout à fait là. Il y avait toujours la possibilité d’échanger. Mais encore fallait-il savoir quoi dire ou, dans le cas du Khorog, vouloir le faire. Toiser une personne en silence était une bonne manière pour la faire parler elle et l’amenait à se trahir. Ou à faire une gaffe comme en l’occurrence. L’impudent aurait pu difficilement faire pire ou soulever sujet plus délicat. La cicatrice était un signe de plus de ce qui s’était passé à l’Expo. Mais surtout une trace du lien étrange que Zaël avait avec la criminelle. S’il ne la pensait pas responsable de l’attentat de ce soir là -elle avait été au premier rang avec lui- il ne pouvait s’empêcher de se poser des questions sur ses motivations à assister à ces événements encore aujourd’hui. Ou de ce qu’il l’avait poussé à ne pas dénoncer la my’tranne à ses pairs. Ou encore de conserver le secret par la suite. Involontairement, inconsciemment. Il avait eu tant de chose à l’esprit. Et la forme de la cicatrice aurait pu passer pour un simple hasard. Le Z n’était pas stylisé, difficile d’en faire autant dans le creux du paume avec pour tout outil une lame inappropriée. Pourtant sa présence suffisait à créer un profond sentiment de malaise chez lui.

Et après ? Maintenant ? Leynar avait le droit à une réponse honnête. Si par sa simple intervention il avait gagné la méfiance tenace du Khorog, il avait aussi par la même occasion gagné l’estime de Zaël. Ce n’était pas la première fois que ce genre de dichotomie se présentait, loin de là, mais c’était la première fois où le primo-Gharyn congédiait – poliment – son bras droit. Ce dernier avait à peine eu le temps de faire les remontrances sur l’aspect trop invasif et déplacé de la question, à l’image de la violation de l’esprit de Zaël, lorsqu’il fut amené à sortir ainsi que le garde resté à la porte. Pas sans un regard inquiet pour l’un et un plus inquisiteur pour l’autre.

Momentanément seuls, le Maître pouvait enfin répondre.

« C’est une trace visible laissée par l’exposition. Mais contrairement à d’autres, ce n’est pas dû à l’explosion. Peu de gens le savent. »

Lui et Zora à sa connaissance. Le soigneur avait dû aussi avoir des doutes sur l’origine de la mutilation. Bref, vraiment pas grand monde. Il n’était pas du genre à utiliser des euphémismes de toute façon, pas dans ces situations.

« C’est le fait d’une dangereuse criminelle adepte de Möchlog, Zora. Si jamais vous croisez sa route faite attention, je pense que vous êtes le genre de personne à qui elle s’attaque. Tous ceux qui ne sont pas l’incarnation du my’tran parfait. »

Les mots venaient plus facilement au fur et à mesure qu’il parlait sans enlever la tristesse qui les accompagnait. Ou la culpabilité. Il ne l’avait pas arrêtée alors qui en avait l’occasion. Ses victimes étaient aussi de sa responsabilité. Aucun doute sur le fait qu’elle vivait encore, qu’elle avait survécu, ou que ces agissements n’avaient pas changé même si aucun fait n’avait été rapporté depuis Zochlom. Sans information, il n’avait rien pu faire pour rattraper son erreur. Et ce qu’il faisait là, n’y changerait rien. Simplement, il avait senti le besoin de le faire, d’être sincère avec cette personne pleine de compassion. Il n’y avait pas de soulagement à la clef.


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Leynar Gale
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Sam 18 Aoû - 4:28
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Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Dès lors qu’il eût posé sa question au Primo Gharyn, Leynar sût qu’il avait fait une grossière erreur. Quelle idée de poser pareille question alors que la méfiance du Khorog était déjà immense, après que l’interrogation eût franchi les lèvres du khurmi elle devait avoir atteint son paroxysme. Le marchand maudit sa curiosité silencieusement, serrant presque la mâchoire sous sa propre honte, il allait devoir être très prudent à partir de maintenant, quitte à en être paranoïaque, il ne devait plus faire une seule erreur à Busad. Ce qui impliquait qu’il allait devoir être plus soigneux et méthodique dans ses plans s’il voulait que la suspicion qu’il avait déclenché ne retombe, même si cela impliquait ne devoir faire que des affaires honnêtes à Busad pendant quelques temps. Il allait être très occupé de toutes manières, et ce ne serait pas un mal au vu des erreurs qu’il avait commise. Il pouvait sentir braqué sur lui le regard inquisiteur et insistant du Khorog, qui ne manqua pas de lui faire des remontrances sur le fait même qu’il ait posé une question aussi personnelle au Primo Gharyn, et Leynar n’aurait pu lui donner tort, c’était pourtant un écart qu’il ne pouvait pas se permettre, comment avait-il bien pu oser poser une telle question ? C’était une question à creuser, mais pas ici et pas maintenant, il était toujours utile de faire une introspection, mais il avait déjà manqué à plusieurs règles de politesse en un temps record, et il se savait chanceux de ne pas être face à un Primo Gharyn plus susceptible qui l’aurait à coup sûr envoyé effectuer son introspection en prison. Oh ça oui, il était vraiment chanceux, mais il ne pourrait pas toujours compter là-dessus pour le sauver, et il imaginait sans peine que cela ne le sauverait pas du Khorog s’il effectuait encore un faux-pas.


En parlant du Khorog, voilà que celui-ci se fait congédier par Zaël, certes poliment pour ne pas le froisser outre mesure, mais cela n’atténuait en rien le fait qu’il se faisait congédier. Leynar sentit son regard inquisiteur braqué sur lui encore momentanément avant qu’il ne quitte la pièce avec le garde posté à la porte. Zaël et le marchand étaient désormais seuls dans la pièce, le Primo Gharyn devait vraiment vouloir ne parler de ce sujet que devant quelques personnes, cherchait-il à garder la provenance de cette cicatrice secrète à ce point ? Ou peut-être avait-il confiance en Leynar ? Nul doute que le khurmi optait plutôt pour la première option, la seconde lui paraissait invraisemblable, la confiance était une chose que l’on construisait au fil du temps et qu’on renforçait durablement. D’autant plus pour lui qui n’était pas prompt à accorder sa confiance rapidement, surtout dans ses affaires aussi légales qu’illégales.


Quelque soit la position de Zaël sur ce sujet, ce dernier consentit à répondre à sa question, et la lumière qu’il faisait sur la provenance de sa cicatrice satisfaisait la curiosité de l’arnaqueur. La description que le Primo Gharyn fit sur cette Zora et l’avertissement qu’il adressait à Leynar sur la dangerosité de cette criminelle arracha un sourire moqueur au marchand. L’incarnation du my’tran parfait, oh il en était bien loin lui-même, à la vue de tout ses défauts et son imperfection physique il était très loin d’atteindre la perfection. Non pas que cela le gênait, il considérait plutôt cette motivation comme un simple prétexte pour tuer. Il se souviendrait de cet avertissement, retenir le nom de cette criminelle lui sauverait peut-être la vie un jour, et il ne manquerait pas de se renseigner plus en détail sur elle. Plus on est renseigné sur ce qui peut nous tuer, mieux on sait comment éviter de mourir face à cette menace. Il ne pût s’empêcher de prendre une expression pensive face à l’avertissement de Zaël, avant de se décider à lui répondre.


-Je ne pense pas me tromper en disant que je suis loin d’être parfait, mais si je comprends bien elle vous a laissé cette cicatrice pour que vous ne l’oubliiez pas, les cicatrices sont un moyen formidable pour que les évènement pendant lesquels elles sont apparues vous reviennent en pleine face. Je ferai attention à cette criminelle en tout cas -si jamais je la croise évidemment- mais je serai convaincu de ma malchance si j’ai le malheur de me retrouver en face d’elle. Je vous remercie pour cet avertissement en tout cas, ma curiosité déplacée aura peut-être au moins servie à quelque chose. Mais je dois tout de même m’en excuser, ce n’était pas correct que je pose ce genre de question.



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Zaël
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Lun 10 Sep - 22:29
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Ses mots sonnaient si juste qu’ils semblaient juste lever le voile sur une évidence totalement hors de portée de Zaël à peine quelques secondes auparavant. Lui qui avait des tatouages auraient pu y penser. Mais ils étaient la marque de sa dévotion et non un commémoratif d’événements passés. Cette vision de la cicatrice était nouvelle, intéressante. Il voulait poursuivre la conversation dans l’espoir de combler d’autres interrogations : pourquoi marquer cette rencontre alors qu’elle le détestait – elle devait le détester – et pensait radicalement différemment ? Pourquoi avoir fait cette marque et avoir totalement disparu ensuite ? Pourquoi prendre un tel risque ? Le questionnement était sans fin. Il n’était peut être pas approprié de le déballer devant ce marchand, aussi aimable fut-il, il n’avait pas à supporter plus longtemps ses états d’âmes. De toute façon, le retour du Khorog accompagné du commandant Eli coupa court à cette idée. Les deux gardes de factions à la porte étaient également revenus à leur place.

« Monsieur Gale, vous pouvez dés à présent suivre le commandant Eli. Il va s’occuper de vous. »

Le sus-mentionné hocha simplement la tête à la mention de son nom. S’il ne souriait pas à l’instar de Darim, il n’avait pas un regard accusateur ou vrillant. Plutôt impassible d’apparence, il était impossible de deviner que les deux avaient eu une discussion quant aux dispositions à prendre à l’insu du marchand Khurmi. Hors de question de laisser un tel individu sans une supervision à la périphérie de la ville. Qui sait ce qu’il ferait à de simples citoyens lorsqu’il se permettait de pénétrer dans l’esprit du primo-Gharyn et d’y faire les architectes savaient quoi ! Ou s'il ne tenterait pas à nouveau quelque chose auprès de Zaël. Leur complicité apparente ne lui plaisait pas non plus.

« Ce fut un plaisir de vous rencontrer. J’espère que vous vous plairez ici. Et vous n’avez rien à vous faire pardonner. »

Rien pour lui en tout cas. Il était même plutôt reconnaissant à Leynar pour cette discussion et regrettait que cette rencontre dusse se terminer là. Il allait devoir en enchaîner une avec Darim puisque ce dernier, au contraire du joaillier et du commandant, était resté dans la salle. Zaël avait beau aimer cet homme et le respecter, il n’avait aucune envie de retomber dans une de ses leçons sur la confiance ou la prudence. Bien trop nombreuses depuis les derniers événements et complètement décalé avec ce qu’il ressentait. Mais il ne pouvait s’y soustraire n’est ce pas ? La lassitude à peine écartée revenait à grand galop.


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