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Chroniques d'Irydaë
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 Un matin comme les autres (En cours)

Garrett Catesby
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Jeu 31 Mai - 16:12
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
C’était un matin comme les autres, un réveil difficile, une tête de déterré, et une folle envie de café. Cela faisait longtemps que Garrett n’avait pas aussi mal dormit, l’impression d’être… Différent. Était-ce peut-être l’effet de ne plus avoir de plaque ? Il n’en savait rien, et peut-être qu’au fond de lui, il n’avait pas non plus envie de savoir. Il ne faisait pas encore jour dehors, il était tôt, trop tôt pour se réveiller, mais de toute manière il ne trouvait plus le sommeil depuis de longues minutes, et tourner sans cesse dans son lit en quête d’une meilleure position n’avait rien fait.

Puis on toqua à sa porte, étrange, c’était rare que quelqu’un vienne toquer à sa porte, surtout à une heure pareille. Il resta immobile durant plusieurs secondes, pensant sans doute que son esprit embrumé lui jouait des tours, mais on toqua une deuxième fois, de manière plus franche, plus impatiente. Ce demandant qui pouvait être cet emmerdeur matinal, Garrett se dirigea vers la porte, l’ouvrant d’un coup. Il se retrouva fasse à trois miliciens, armés, qui le dévisagèrent comme s’il s’agissait d’un inconnu, il les connaissait pourtant, même plus que bien puisqu’il s’agissait de ses hommes d’ailleurs.

" Inspecteur… Suivez-nous. "

À peine le temps d’ouvrir la bouche, que l’un d’eux accrocha ses deux poignets avec des menottes. Qu’est-ce que tout cela signifiait ? Faisait-il un cauchemar ?

" Vous vous foutez de moi, c’est ça ? "

" Ne rendez pas la chose plus difficile. "

Compliquer quoi ? Il n’en savait rien non plus, mais en tout cas, il n’avait aucune envie de se laisser faire. Il se débattit légèrement, tentant de faire lâcher les deux hommes qui le tenait. L’un d’eux lâcha un juron lorsqu’il reçut un coup d’épaule dans la joue. Non ce n’était pas un rêve, mais bien la réalité, la foutue réalité, celle qui vous gifle le visage dès le réveil. Il ne comptait pas se laisser faire, pas sans une explication, alors il se débattit encore plus. Un des miliciens attrapa la matraque suspendue à sa ceinture.

" Désolé inspecteur. "

Puis ce fut le trou noir.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, il était toujours menotté, assit à une table, et un mal de tronche incroyable. Il revoyait la matraque arrivé dans sa direction sans pouvoir l’esquiver, puis plus rien. Il connaissait cette salle, la petite pièce d’interrogatoire du poste le plus proche, celui où il travaillait. La porte s’ouvrit, laissant apparaître le commissaire qui le regardait d’un sourire mauvais. Garrett n’aimait pas ça, il aimait de moins en moins cette journée, se demandant quand est-ce que tout cela allait finir et quand est-ce qu’il allait se réveiller chez lui. Le moustachu vint s’asseoir devant lui, disposant sur la table plusieurs rapports, puis la plaque qu’il portait encore quelques jours plus tôt.

" Ravis de vous revoir Catesby, je ne pensais pas qu’il faudrait aller vous faire chercher comme une princesse pour avoir l’honneur de vous parler. "

" Qu’est-ce que j’fiche ici ? Je croyais être mis à pied ? C’est le manque, c’est ça ? "

" Garrett Catesby, vous êtes accusé de plusieurs crimes ; agression, agression à main armée, chantage, insubordination et meurtre. "

L’inspecteur manqua de sursauter en entendant ces mots. Meurtre ? Depuis quand ? Certes, il avait éliminé des ordures durant sa carrière, mais là, c’était bien la première fois que l’on le lui reprochait.

" Vos petites actions ne pouvaient pas rester impunies, vous n’êtes pas au-dessus de la loi, et je compte faire de vous un exemple pour les cow-boy dans votre genre. "

" Ah ? C’est devenu personnel entre vous et moi ? Dois-je faire annuler le mariage. Vous vous foutez de moi commissaire ? Faites-moi retirer ces menottes ! De quel meurtre suis-je accusé ?! "

Il gigota sur sa chaise comme si cela allait l’aider à retirer les morceaux de métal qui l’entravait.

" Changez vite de ton, vous n’êtes plus inspecteur, vous n’êtes d’ailleurs plus rien Catesby. Vous connaissez le dénommé Yoren ? Patron d’un bordel miteux des bas quartiers qui a porté plainte contre vous il y a de cela quelques jours ? Et bien il est mort, mes hommes l’ont trouvé cette nuit. "

Yoren ? Mort ? Garrett manqua de vaciller, il l’aurait bien éliminé lui-même, mais il était bien obligé de reconnaître que quelqu’un l’avait pris de vitesse, mais il aurait tout de même serré la main au coupable. Catesby resta silencieux, le regard du commissaire se faisant de plus en plus insistant.

" Vous attentiez une larme peut-être ? "

" Des aveux suffiront. "

" Foutaises ! Vous pouvez m’accuser d’un tas de choses, mais ce meurtre n’est pas de moi, trouvez-vous un autre coupable et faites-moi libérer. "

" Donc vous êtes innocent ? "

" Évidemment ! "

Le commissaire ne cilla pas, prenant ses dossiers pour les rassembler et en faire un joli tas avant de se redresser.

" Bien sûr, si vous pensiez me faire gober ça, c’est raté Casteby, vous irez donc au trou comme tout le monde, je ne fais pas de ristourne au inspecteur de carrière. "

Garrett sentait son sang bouillir, et s’il n’avait pas été menotté, peut-être qu’il aurait commis une énorme bêtise, mais s’il ne pouvait pas bouger, il pouvait encore parler, et sous l’effet de la colère et du sentiment d’impuissance qui l’envahissait, la réponse ne se fit pas attendre.

" Mais votre bourgeoise si ! "

Le commissaire se retourna, ses yeux lançaient presque des éclairs, mais cela n’impressionnait nullement Garrett. Lui savait, il savait que ce commissaire n’était qu’un pourri qui se faisait bien voir en cirant quelques bottes, mais il n’avait pas peur.

" Suffit ! Miliciens ! Foutez-moi cette raclure en cellule, et qu’il y reste jusqu’à ce que je donne l’ordre de me l’amener. "

Deux miliciens entrèrent dans la salle, attrapant Catesby par les épaules qui une fois encore se débattait, il fallut l’aide d’un troisième homme pour le maîtriser. Ses hommes… Ses propres hommes venaient de la jeter en cellule, il… Il ne voulait pas y croire, et pourtant, c’était vrai. C’était un matin pas tout à fait comme les autres.




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Dernière édition par Garrett Catesby le Sam 2 Juin - 9:06, édité 1 fois
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Lauren Hill
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Jeu 31 Mai - 21:25
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Je n’avais rien de prévu de particulier, ce matin-là, mis à part me rendre au journal pour glaner quelques idées d’articles dans le coin ou ailleurs… Avec une préférence pour le lointain. Cela faisait déjà plus d’un mois que je me trouvais dans la capitale, un peu trop pour me donner l’impression de commencer à y prendre racine. Bien sûr, il y avait quelques… bon côtés, des personnes auxquelles j’étais plus ou moins attachée, même si je n'avais plus eut de nouvelles... Néanmoins, pour quelqu’un comme moi, habituée à sillonner le pays, rester trop longtemps au même endroit pouvait être déstabilisant, voir même étouffant.

Alors, après mon habituel petit déjeuner, je me dirigeais vers les locaux de “La Tribune” en espérant trouver quelque chose à me mettre sous la dent. L’on pourrait croire que les éléments se seraient déchaînés après les attentats du mois de décembre, mais pourtant, il ne se passait pas grand-chose en Daënastre, mis à part une animosité exacerbée pour nos chers voisins. Ce qui, en somme, ne changeait finalement rien aux habitudes des daënars élevés dans la crainte et la haine de leurs lointains cousins. Enfin, ce n’était pas l’important…

Je n’eus guère le temps de faire plus de deux ou trois pas à l’intérieur que Wislow, mon ami rédacteur, m’attrapa par le bras pour me conduire dans la loge vide du gardien de nuit.

-Hey! Doucement, bon sang, tu me fais mal ! grondai-je en dégageant brusquement mon bras de sa poigne. On peut savoir ce qu’il t’arrive de bon matin ?

Je l’observais se trémousser devant moi, passant d’un pied à l’autre sans pour autant ouvrir sa maudite bouche. Par tous les Architectes, je l’aurai secouais comme un vulgaire prunier tant il m'agaçait, mais je le connaissais assez pour savoir qu’il n’agirait pas de la sorte sans bonne raison. Ernest était mal à l’aise, hésitant… Quelque chose s’était produit et il n’osait pas m’en parler.

-Wis, je peux te promettre que je t’arracherai directement la langue si tu ne me dis pas ce qu’il se passe. Au moins tu auras une bonne raison de te taire... crachai-je en croisant fièrement les bras.

Je ne plaisantais pas et il le savait. Bien sûr, je n’aurai jamais eut recours à de telles extrémités, je ne saurais même pas comment m’y prendre. Néanmoins, je n’hésiterai pas à m’énerver...

- Il s’est fait arrêter et je ne savais pas si je devais te le dire ou pas, mais vous sembliez tellement proche...

- Mais qu’est-ce que tu racontes ? Qui s’est fait arrêter ? demandai-je avec un mauvais pressentiment...

- Et bien de Garrett Catesby bien sûr ! Les miliciens sont venus le chercher chez lui, il y a de cela deux heures. Il y a déjà une flopée de journalistes devant la caserne...

Et merde… songeai-je en tournant brusquement les talons pour regagner la sortie et prendre la direction du deuxième quartier et les bureaux de mon père. Je ne cherchais pas à obtenir d’autres informations, cela n’avait aucune importance pour le moment… Mon attention se portait déjà ailleurs. Cela faisait plusieurs jours que je n’avais pas vu Garrett, pas depuis la fin de l’enquête et la nuit que nous avions passée ensemble. La dernière chose que j’avais apprise à son sujet était le retrait de son insigne et sa mise à pied, rien de plus. Je ne savais donc pas de quoi on l’accusait, mais connaissant son tempérament et sa réputation, je ne pouvais que m’inquiéter.

Je me souvenais très bien des mots de mon père devant l’hôpital et de sa proposition de le représenter… Rapidement. William Hill était un excellent avocat, le meilleur de la cité d’après certain, cela faisait de lui le meilleur allié de Garrett… L’avait-il fait quérir après son arrestation ? Je n’en savais strictement rien, mais qu’importe… Je savais où trouver mon père à cette heure de la journée voilà pourquoi je me rendis directement à son cabinet.

Situés au douzième étage de l’un des immeubles les plus luxueux au nord du mur Sarah, les locaux abritant les bureaux de mon père et de ses associés n’avaient strictement rien à envier au manoir familial. Seuls les riches et les influents pouvaient s’offrir les services de l’un de ces avocats, leurs honoraires étant exorbitants, même pour moi. Non pas que je roulais sur l’or, mais je ne m’en sortais pas trop mal pour autant. Assez du moins pour ne pas avoir à me soucier des fins de mois.

Je me présentais à la jeune femme élégante située à l’accueil. Ne rendant pour ainsi dire jamais visite à mon père, celle-ci ne me connaissait pas… Et ne savait d’ailleurs rien de mon existence. Peu désireuse de perdre un temps fou en palabre inutile, je lui faussais tout simplement compagnie, après un échange aussi long qu’ennuyeux dans le but de décliner mon identité. Malgré son désaccord évident, je contournais son bureau, bien trop imposant, pour me rendre directement vers la pièce occupée par mon père dans lequel j’entrais sans frappé, suivit par une secrétaire plutôt énervée.

-Lauren ? s’exclama l’avocat en se relevant de son immense fauteuil.

-Vous la connaissez maître Hill ?

-Je crains fort que cette furie soit ma fille, déclara William tout en contournant son bureau pour venir à ma rencontre.

-Ce que je me tue à vous dire depuis dix minutes, soufflai-je en croisant les bras.

-Je… Je suis désolée, s’excusa-t-elle bien moins assurée à présent.

- Ce n’est rien, Jeanne, soupira-t-il sans la regarder, Vous pouvez disposer, merci.

-Souhaiteriez-vous une tasse de thé ? Du café, peut-être ?

- Allez-vous enfin me laisser parler à mon père ? grondai-je après avoir perdu patience. Ou dois-je vous raccompagner moi-même à vos fichus papiers ?

La fameuse Jeanne m’observa de ses grands yeux ronds, surprise de ma réplique acerbe avant de quitter brusquement la pièce, à mon grand soulagement.

-Quand vas-tu apprendre à te comporter comme une femme civilisée, Lauren ? Nous ne t’avons pas élevé ainsi.

Je n’étais pas d’humeur à subir une leçon de morale paternelle, mais alors pas du tout. Pour l’heure, toute ma patience et mon amabilité déjà fragiles s’étaient littéralement envolées avec mon sourire hypocrite.

- Quand ils cesseront de me faire perdre mon temps avec leurs sottises protocolaire fortement déplacées, rétorquai-je, venimeuse.  Es-tu au courant pour Garrett ?

-Garrett ? s’enquérit-il en haussant un sourcil. Je suppose que tu veux parler de ce cher inspecteur Catesby… Que devrai-je savoir?


L’ironie teintait horriblement sa voix, assez pour que je comprenne qu’il se fichait de moi… Enfin, il s’agissait là de sa façon à lui de me tester, une fois encore. Seulement, ce n’était nullement le moment pour une énième joute verbale et autre combat de regard avec le paternel, nous avions tous deux mieux à faire. Aussi, je soupirai tout en lui lançant un regard des plus sérieux.


-Donc tu sais et tu es toujours dans ton bureau alors que tu lui as si généreusement proposé ton aide… Plutôt étrange comme soutiens… Je pensais que tu étais un homme de parole à défaut d’être agréable à vivre...

-Je tiens toujours parole, Lauren, me coupa-t-il en me regardant froidement. Mais figure-toi qu’il ne m’a pas fait appeler. Je ne peux donc pas intervenir ainsi.

- Ils ne lui ont peut-être pas laissé le temps, m’exclamai-je. Dans ce cas, je fais appel à toi pour le représenter. Tu m’enverras la facture si tu veux.

William soupira une fois encore, avant de se retourner vers son bureau afin de se saisir d’un dossier y trônant.

-Sais-tu au moins de quoi on l’accuse, ma fille ? demanda-t-il en ouvrant le dossier. Je suppose que le nom de Yoren ne t’est pas inconnu. Il s’agit d'un proxénète tenant un bordel miteux dans le plan des versos. Vous l’aviez interrogé Catesby et toi lors de l’enquête sur le boucher. Enfin… Interroger est un bien joli mot quand on connaît les méthodes de Catesby. Celui-ci l’a passé à tabac, il me semble.

- Et bien quoi ? Cette raclure a porté plainte ? La belle affaire, il laissait Vurkilber taillader ses filles contre quelques pièces. Il méritait bien pire...

-Et bien..il est mort… Et tous les soupçons vont vers l’inspecteur. Ça et bien d’autres accusations liées directement à son rapport houleux avec sa hiérarchie

Je restais bouche bée à l’entente des chefs d’accusation… Je ne doutais pas que ses méthodes ne devaient pas être appréciées de ses supérieurs, mais ce meurtre m’étonnait. Je me souvenais très bien d’avoir été scandalisée par ce fameux entretien musclé du proxénète… Mais de là à le tuer…

- C’est ridicule… s’il voulait le tuer, il l’aurait fait bien plus tôt.

- Ce n’est pas à toi d’en juger, ma fille. Nous avons des fonctionnaires grassement payés par le contribuable pour cela.

-Mais vas-tu l’aider au moins ?

-Évidemment, je lui ai promis… Et tu viens de m’engager, il me semble, répondit-il en ajustant son veston tout en affichant sa mine professionnelle.

- Dans ce cas, allons-y.

- De ce pas, lança-t-il en rangeant le dossier dans sa mallette hors de prix. Mais sans toi.

- Mais enfin! m’offusquai-je avant de me faire de nouveau couper dans mon élan par l’avocat paternel.

-On ne lui pas encore autorisé les visites et je ne peux décemment pas me rendre là-bas accompagné de ma journaliste de fille...

Bon d’accord, il marquait un point, je n’avais strictement rien à faire là-bas… J’avais beau être inquiète, je n’étais ni milicienne, ni avocate, ni même sa compagne...Juste une simple partenaire lors d’une enquête et… une nuit. Bref… Pourtant, il était hors de question que j’abonne pour autant. Il y avait forcément anguille sous roche dans cette histoire et je comptais bien la débusquer.

- Je t’accompagne au moins jusqu'au poste, j’ai justement à faire dans le quartier, déclarai-je en ouvrant la porte.

-Tu ne renonceras pas, n’est-ce pas ?

-À ton avis, répondis-je en lui lançant un sourire narquois derrière l’épaule.



*****



Muni de son attaché-case en cuir noir, l’avocat entra dans la caserne de secteur. Plutôt miteuse, selon ses goûts, mais il y était habitué depuis longtemps. Perfectionniste, l’homme avait appris le nom de tous les gradés afin de s’assurer d’une certaine proximité qui avec le temps lui apportait quelques informations importantes. Il s’agissait d’avoir constamment les yeux et les oreilles grands ouverts… Et comme ceux-ci ne pouvaient être décemment partout à la fois, mieux valait s’assurer quelques paires supplémentaires. Une leçon que William Hill avait veillé à enseigner à la plus difficile de ses filles…

Les fins talons de ses chaussures claquaient bruyamment sur le carrelage bon marché et si usé que l’on peinait à en distinguer la couleur. Malgré son âge, maître Hill restait un homme fringant, volontaire et charmant. Des qualités indéniablement nécessaires à tout homme ambitieux qui se respecte de même que la droiture, l’observation … et la manipulation.

-Maître William Hill, je représente l’inspecteur Garrett Catesby, j’aimerais m’entretenir avec client, selon ses droits.

-Catesby n’est plus inspecteur, lui répondit le commissaire en affichant une mine sûr et visiblement fier de lui.

-S’il se nomme toujours Catesby, il reste mon client. Je n’ai que faire de sa position sociale pour le moment. Vous serait-il possible de ne pas me faire perdre plus de temps ? Voilà maintenant trois heures que l’ins… Monsieur Catesby est retenu ici sans la présence de son avocat. Un détail qui pourrait être facilement rapporté, voyez-vous? déclara l’avocat en lui offrant un sourire carnassier.

Oh, l’homme connaissait les lois, si bien qu’il pouvait les citer de mémoire sans jamais en déformer les mots. Le commissaire avait commis une erreur légale des plus courantes, en ne proposant pas de contacter l’avocat du prévenu, sans quoi, l’inspecteur n’aurait probablement pas hésité à le faire quérir… Personne n’aime croupir en cellule, après tout. De ce fait, Hill tenait l’homme face à lui entre ses mains et tout deux en étaient parfaitement conscient. L’on n'apprend pas à un vieux singe à faire la grimace…

- Maintenant que les présentations sont faites, puis-je voir mon client?

-Salle d’interrogatoire numéro trois, grogna le commissaire tout en s’écartant pour laisser passer l’avocat. Vous y trouverait également le compte-rendu de l’enquête.

William s'éloigna en direction de la fameuse pièce plutôt sombre et trop étriquée pour s’y sentir à son aise. Comme prévu, un dossier se trouvait sur la table, mais il ne l’ouvra pas pour le moment. Debout, à côté d’une table d’un autre âge, l’avocat attendit de longues minutes qu’on fasse venir son client. Malgré son calme apparent, l’homme commençait à perdre patience… Enfin, l’on ouvrit la porte sur un Catesby à la mine renfrogné. Il les laissa l’installer sur une chaise bancale, attacher ses menottes à une table si fine et usée qu’elle ne devrait pas résister à la furie d’un homme en colère… Une fois les miliciens partis, William pour commencer.

-Mauvaise matinée, il semblerait, Catesby, railla l’avocat sans que son visage ne laisse paraître toute trace d’amusement. Je suis surpris que vous ne m’ayez pas fait appeler.

William déposa sa mallette sur la table pour en tirer le dossier de Garrett avant de la reposer sur le sol. Il prit ensuite place face à son client, ouvrant le second dossier pour le comparer avec le sien… Autant dire que ses yeux et ses oreilles supplémentaires faisaient assez bien leur travail, car les deux étaient identiques...

-Donc, nous avons là de multiples chefs d’accusation plutôt intéressantes : agression dont certaines à mains armées, chantage, insubordination et enfin meurtre d’un dénommé Yoren, proxénète de métier et propriétaire de son propre bordel dans les bas-quartiers. Ma fille m’en a fait l’éloge tout à l’heure, lança-t-il avant de relever les yeux vers son client cherchant une réaction chez celui-ci avant de poursuivre.L’homme a été retrouvé dans la ruelle située derrière son établissement et présentaient plusieurs marques de coups dont certaines susceptibles de provoquer la mort. L’une de ses… employée a été attirée dehors par des aboiements de chiens qui se battaient pour la charogne… Pas de témoins, mais je vois là une plainte adressée par se même Yoren à votre encontre pour agression, menace… Elle date de quelques jours à peine.

Relevant la tête, l’avocat s’enfonça dans sa chaise, croisant les bras pour affronter le regard de Catesby. De la même manière que sa fille, il jaugeait l’individu, cherchant quelques indices dans son regard. Son travail n’était pas de savoir s’il était coupable ou non, il pouvait très bien se contenter d’agir comme à son habitude durant un procès. Mais il se méfiait de cet homme-là, simplement parce qu’il le trouvait bien trop proche de sa fille… Celle qui devait être dehors à l’attendre, malgré lui avoir assuré de devoir s’occuper de certaines choses…

-Avant que je ne me rende chez le juge afin de demander votre libération surveillée, dites moi… L’avez-vous tué, Catesby ?



Lauren s'exprime en #99ccff


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Garrett Catesby
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Ven 1 Juin - 11:19
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Finir là, derrière les barreaux, drôles d’ironie pour un type qui avait condamné tant d’ordures à ce sort, et voilà qu’à son tour, il devenait une ordure. Accuser de meurtre, par le commissaire… Il était aisé de voir que les deux hommes ne s’appréciaient guère, l’un était du genre un peu trop lèche-botte, l’autre pas assez, depuis le début, ils ne s’étaient jamais entendu. Et depuis que Garrett l’avait soupçonnait d’être un véreux, autant dire que les choses ne s’étaient pas améliorées. Et voilà que ses propres hommes le regardaient de travers, comme si finalement, il n’était plus personne. Il était prêt à parier que déjà, plusieurs miliciens avaient investi son appartement pour le fouiller, allant sans doute jusqu’à racler les fonds de tiroir pour espérer avoir une preuve. La vérité, c’est que l’on pouvait l’accuser de bien des choses, mais pour Yoren, il était innocent, et si quelqu’un parvenait à sortir une preuve de sa culpabilité, se serait un mensonge, un coup monté destiné à le faire tomber parce qu’il commençait à devenir un élément gênant. Jamais une pareille chose ne se serait produite avec l’ancien commissaire, un homme juste et bon, qui reconnaissait que parfois, pour faire la justice, il fallait savoir contourner certaines règles. Le jour de sa mort, Garrett avait perdu plus qu’un simple patron, il avait perdu un ami. Ami qui fut remplacé par une espèce de gratte-papier inutile, qui n’avait jamais vu le terrain autre qu’au travers d’un rapport, un moustachu tout droit sortie des affaires publiques.

Cette accusation semblait être une façon de régler un problème interne, Catesby était connu pour être un élément assez perturbateur, efficace à n’en point douter, mais qui jouait trop souvent avec le feu au risque de se brûler. Soudainement, un milicien arriva, ouvrant sa cellule.

" Votre avocat veut vous voir. "

Lui un avocat ? Mais oui ! Le père de Lauren ! Il avait totalement oublié cette histoire, aveuglé par la colère il n’avait même pas pensé une seconde à le faire appeler, comment avait-il su pour son arrestation ? Après tout, il s’en foutait, William Hill était connu pour être un excellent avocat, si ce n’est le meilleur, si cette aire n’était qu’une énorme fumisterie, il le ferait sortir facilement. Garrett suivit le milicien, le repoussant lorsqu’il essaya de la guida vers la salle d’interrogatoire.

" Tu peux me lâcher, je sais très bien où je dois me rendre, je faisais déjà ce travail que tu étais encore un simple projet de famille. "

Le jeune milicien baissa la tête, Garrett le connaissait, c’était une jeune recrue, cela faisait toujours juste une semaine, peut-être deux qu’il avait commencé son service au poste.

Garrett entra donc dans la salle d’interrogatoire, venant s’asseoir face à William qui semblait attendre ici depuis déjà quelque temps, en l’entendant parler, Catesby hocha la tête.

" Réveillé avec une matraque, puis accusé de meurtre, j’ai connu mieux. Je n’y ai tout simplement pas pensé, ce… Cette accusation, c’est une fumisterie."

L’entendant parlé de sa fille, Garrett ne put s’empêcher de penser à Lauren… Était-elle au courant elle aussi ? Sans doute, si son père était là, elle devait être dans les parages… Que penserait-elle de tout cela ? D’ailleurs, il avait dû être évident pour William de remarquer que Catesby avait plus réagit à l’évocation de sa fille, qu’à celle de Yoren. Qui irait pleurer la mort de cette raclure, même sa propre mère devait être heureuse de le savoir mort. Le regard de Garrett ne mentait pas, il bouillonnait de l’intérieur, rageant d’être assis là et d’être prit pour un meurtrier, même si d’une certaine manière, il en était un, mais il avait toujours agi pour le bien, toujours agit pour défendre ce qui devait être défendu. Il aurait tué Yoren sans hésitation s’il en avait eu l’occasion, mais ce n’était pas le cas. À sa question, Garrett releva la tête, plongea son regard dans celui de l’avocat, il remarqua d’ailleurs que Lauren avait le même regard que son père.

" Vous le pensez ? "

" À votre avis ? "

" Les avis, c’est comme les fondements, tout le monde en a un. "

Quelques secondes de silence s’écoulèrent avant que Garrett ne reprenne.

" Non, je n’ai pas tué Yoren, je ne l’ai même pas revu depuis que j’ai dû l’interroger dans son bordel. "

William Hill se pencha en avant.

" Répondez-moi franchement Garrett, regardez-moi dans les yeux et dites-moi, l’auriez-vous tué si vous en aviez eu l’occasion ? "

" Évidemment que j’aurais réglé son compte à ce salopard qui laissait un type influant taillader des jeunes femmes pour son bon plaisir, et qui les défendra elles ? Personne. Oui, je l’aurais tué, j’aurais d’ailleurs pu le tuer le soir de son interrogatoire, mais je ne l’ai pas fait, et je n’ai rien fait pour depuis. "

" Très bien, c’est ce que je voulais savoir. "

L’avocat se redressa, réajustant sa veste.

" Je vais aller voir le juge et vous faire libérer, ce ne sera pas difficile. Cependant, vous n’êtes plus inspecteur, pour le moment, vous ne devez pas jouer au cow-boy, ne leur donnez pas ce qu’ils veulent. À plus tard Catesby. "

William Hill le salua, puis quitta la salle d’interrogatoire, tout juste quelques secondes plus tard, le jeune milicien entra à son tour, demandant à Garrett de lui suivre jusqu’à sa cellule. Maître Hill traversa le poste sous le regard des miliciens, mais aussi du commissaire qui scrutait le hall depuis la vitre de son bureau. Puis enfin, il croisa le regard de sa fille qui attendait sagement là.

" Je vois que tu es toujours très douée pour ne pas m’écouter Lauren. "




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Lauren Hill
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Ven 1 Juin - 15:20
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
En attendant le retour de mon père, je n’avais malheureusement pas grand-chose à faire mis à part observer. Comme me l’avait annoncé Wis, un peu plus tôt, nombre de journalistes et autres gratte-papiers faisaient le pied de grue devant la caserne. Personnellement, je ne comprenais pas l’intérêt, il était évident de Garrett n’allait pas sortir aussi facilement du bâtiment après s’être ainsi fait cueillir à son domicile, pas en étant accusé de meurtre en tout cas. Il fallait croire que ces hommes-là aimaient perdre leur temps en restant plantés comme un piquet en attendant que quelque chose leur tombe tout cuit dans le bec… À croire que l’on ne faisait pas le même métier. Enfin, si… Voir William Hill pénétrer dans l’immeuble quelques heures après l’arrestation d’un “simple” inspecteur, avait de quoi être intéressant…

Je pus reconnaître quelques visages au milieu de cette masse immobile…Et je ne peux pas dire que j'appréciais leur proprio, réputés pour se nourrir de scandales divers et variés… En cela, Catesby était la cible idéale et nombre d’entre eux grattait déjà leur carnet d’une écriture vive voir même frénétique… Comme je détestais ce genre de charognards, cette fois plus que les autres…

Au bout d’un certain temps, l’avocat paternel quitta l’immeuble sous les flash des photographes… et sous mes soupirs exaspérés.

- Voyons papa, n’essaie pas de me faire croire que tu m’as cru, tout de même, lui répondis-je en haussant un sourcil.

- Évidemment que non… Mais j’espérais tout de même que tu m’écouterais, pour une fois.

Je levais les yeux au ciel, tout en songeant que lui-même n’en aurait fait qu’à sa tête s’il s’était trouvé à ma place.

-Comment va-t-il ? demandai-je en affrontant le regard réprobateur de William qui soupira à la vue des charognards qui semblaient prêt à nous bondir dessus.

-Viens, répondit-il en m’attirant jusqu’au fiacre qui nous attendait.

-Maitre Hill, lança une voix derrière nous...Représentez-vous l’inspecteur Catesby dans cette affaire? Est-il coupable selon vous ? Où a-t-il trouvé les moyens de payer vos honoraires ?

Je grondais intérieurement en entendant cette série de questions tout simplement grotesques. Mon père, lui, restait calme et agissaient comme si les journalistes autour n’étaient rien de plus que de vulgaire particules d’oxygène totalement insignifiante. En gros, pour l’avocat, ils n’existaient pas…

-Comment s’y est-il pris pour tuer le proxénète ? A-il avoué le meurtre ?

-Mais bon sang ? Où as-tu appris ton métier, espèce d’idiot ? Les notions de présomption d'innocence et secret professionnel, ça te dit quelque chose ? grognai-je à l’encontre du gamin tandis que mon père se passa une main nerveuse dans les cheveux. Retourne donc tailler des crayons pour plus malin que toi!

Je levais les yeux sur les autres, plus anciens, plus expérimentés… Aucun d’eux n’avait abandonné leur poste de surveillance, conscient qu’un avocat aussi connu que mon père connaissait parfaitement son métier et n’aurait jamais prononcé un mot en leur présence… Merde, songeai-je en reprenant ma place dans l'habitacle au moment où le fiacre s'élança devant le regard médusé du gamin que je venais d’insulter.

-Il est vrai que tu n’es pas la femme la plus agréable que je connaisse… Mais tu me sembles bien nerveuse, ma fille… Aurais-tu quelque chose à me dire ? m’interrogea mon père tout en haussant les sourcils.

Oh, une chose était belle et bien certaine, la vue de William Hill fonctionnait à merveille, inutile donc de lui servir un nouveau mensonge qui ne ferait aucunement illusion.

- Rien que tu ne saches pas déjà. En revanche, je t’ai posé une question : comment va-t-il ?



-Disons qu’il s’en sort plutôt bien malgré les circonstances. Je m’en vais négocier sa libération avec le juge. J’ai lu son dossier, ils n’ont aucune preuve contre lui, mis à part cette fameuse plainte. Un interrogatoire en règle permettrait d’y voir plus clair, mais étrangement, le commissaire n’y a pas songé... déclara-t-il avec une pointe d’ironie tout en plaçant une main sur son menton.

- Tu penses que cet homme est lié à ça?

-Je pense que si Catesby a su s’attirer tes faveurs, il n’en va pas de même avec son commissaire. L’homme le hait et ne prend nullement la peine de le cacher.

Je soupirai en évitant soigneusement de prêter attention à la jolie pique que venait de me lancer l’avocat. Je ne me préoccupais pas de son avis lorsque celui-ci concernait ma vie privée, il le savait. De plus, l’information suivante accaparait toutes mes pensées. Avec son tempérament particulier, Garrett n’avait rien du parfait petit milicien qui savait se mettre ses supérieurs en poche. Il usait et abusait trop souvent de remarques acerbes et de méthodes peu scrupuleuses pour arriver à ses fins et cela ne plaisait pas… Évidemment…

-Tu le crois coupable de ce meurtre ?

- Non, mais je crois qu’il ferait un coupable parfait.

Le reste du trajet se fit en silence, je me contentais de réfléchir tout en observant le paysage défiler. Je ne quittais pas le fiacre lorsque mon père en descendit pour rejoindre le palais de justice. J’attendis patiemment qu’il revienne plusieurs heures plus tard. À l’évidence, les négociations ne furent pas aussi simples qu’il ne l’avait envisagé… William affichait toujours son masque habituel, mais un regard grave assortissait ses traits…

- Un problème ? demandai-je avec une voix chargée d'inquiétude.

- Non, il pourra sortir sous caution, c’est juste qu’Eisenmann est difficile à convaincre… A-t-il quelqu’un dans son entourage susceptible de pouvoir payer huit mille irys pour sa libération ?

- Cela ne devrait pas poser de problème, répondis-je en détournant le regard.


*****


Le soleil avait déjà bien entamé sa descente habituelle lorsque je rangeais mon chéquier dans mon sac sous le regard contrarié du commissaire. Loin de m’en soucier, je me contentais d’attendre devant les porte séparant les bureaux des cellules. Mon père en revanche, se trouvait de l’autre côté, afin de s’assurer que Garrett soit libéré dans les règles légales.

Quelques minutes plus tard, les doubles portes s’ouvrirent sur les deux hommes que j’accueillis avec un sourire soulagé. Évidemment, Catesby n’était pas tiré d’affaire, mais au moins il ne croupirait pas injustement en cellule en attendant son procès qui s’annonçait plutôt mal… Et puis… J’étais certaine que l’inspecteur sans plaque ne resterait pas chez lui les bras croisés en attendant et une fois encore, j’étais prête à l’aider.

-Bonsoir, lui lançai-je en souriant avant de lui tendre un sachet de pâtisseries achetées un peu plus tôt. Tu dois avoir faim, je doute que leur cuisine soit réellement comestible...

Bien, je vais vous laisser, j’ai encore du travail. Tâchez de vous tenir convenablement… Tous les deux, déclara mon père en s’éloignant.

Une fois encore, je levais les yeux au ciel, soupirant devant la nouvelle allusion venant de l’avocat… À croire que cela l’amusait.

- Je te raccompagne ? Il me semble que nous avons des choses à nous dire, non ?



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Garrett Catesby
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Sam 2 Juin - 14:03
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William partit, Garrett se retrouva une nouvelle fois dans sa cellule, à attendre… Ici, autant dire que l’on était plutôt tranquille, l’endroit était encore plus silencieux qu’un cimetière, la seule chose qui venait troubler le calme, devait être le trousseau de clefs d’un milicien qui passait de temps en temps pour vérifier que tout était en ordre, comme s’il était possible de s’échapper… Il aurait déjà fallu être capable d’ouvrir la cellule, avec une arme ou les bons outils, c’était tout à fait possible, mais à mains nues… Et même si par miracle, on parvenait à ouvrir la cellule, il fallait ensuite ouvrir la deuxième porte qui servait à séparer cette partie du reste du bâtiment. Et même si l’on avait une chance de cocu, il faudrait ensuite traverser le hall et espérer ne croiser personne, chose qui était impossible bien entendu. L’architecte de poste avait au moins bien pensé à d’éventuelles évasions, outre user d’explosif et faire partir en fumant tout un morceau du bâtiment, il était difficile de pouvoir en sortir.

Il resta là un moment, jusqu’à ce que lui apporte un repas, enfin, disons le minimum vital, un bouillon et un morceau de pain, tout juste ce qu’il fallait pour rester en vie. Après plusieurs minutes à lorgner son plateau, il se décida à goûter au bouillon. La grimace qui tira était assez parlante pour laisser deviner ce qu’il en pensait, on serait venu lui dire que le bouillon était fait avec l’eau des toilettes que cela ne l’aurait pas choqué. Préférant donc ne plus toucher à l’infâme liquide, il s’essaya au morceau de pain. Celui-ci ne datait pas du jour, mais au moins c’était mangeable et mieux que rien. Il espérait de tout son cœur que cette mascarade finisse par cesser, car sa patience était mise à rude épreuve, patience qui naturellement n’était pas des plus grandes.

Le reste de la journée s’écoulait avec une telle lenteur qu’il crut mourir d’ennuis. Finalement, il s’assit dans un coin, perdu son regard dans la petite ouverture qui laissait entrer un rayon de soleil formant un halo lumineux sur le sol. Il avait tout son temps pour réfléchir, mettre de l’ordre dans ses idées et essayer d’y trouver une once de sens. Il repensait à Lauren, puis à Yoren, puis au commissaire… Comment sortir de cette situation autre qu’en trouvant le véritable coupable ? Il n’était plus inspecteur, et si jamais il enquêtait cela n’aurait fait que renforcer les soupçons sur sa personne… Mais il ne pouvait pas non plus attendre tranquillement en se tournant les pouces parce que personne n’allait essayer d’enquêter pour le sortir de cette merde. Il devait voir la Siffleuse, elle devait être au courant pour Yoren, et peut-être même qu’elle n’y était pas pour rien, mais pour cela, il fallait déjà sortir de ce foutu poste.

Les heures s’écoulèrent, encore et toujours, jusqu’à ce que la soirée commence. Le milicien chargé des rondes entra, et s’approcha de la cellule.

" Inspecteur… "

Souffla-t-il doucement. Perdu dans ses pensées Garrett ne l’avait même pas entendu arriver, il releva la tête, croisant le regard de l’homme. Il le reconnaissait, c’était le milicien qui l’avait séparé lors de ce petit différent avec le commissaire lorsqu’ils étaient chez la sœur de Lauren. L’homme, ouvrit la porte de la cellule après plusieurs secondes.

" Je… Je sais que vous êtes innocent inspecteur, une jeune femme est là, elle paye votre caution. Le commissaire m’a envoyé vous chercher… Inspecteur, vous avez toujours des amis ici, croyez-moi. "

Une femme payait sa caution ? Inutile de se demander de qui il pouvait s’agir. Il hocha la tête en guise de merci, même s’il ne savait pas s’il s’agissait d’un mensonge ou non. Accompagné du milicien, Garrett ne tarda pas à se retrouver face à Maître Hill qui l’attendait. Celui-ci remercia le milicien et invita l’inspecteur à le suivre, chose qu’il fit. Puis enfin, il croisa sa sauveuse qui avait payé la caution, Lauren. Elle le tutoyait devant son père ? Bien, d’ici quelques jours, il aurait le droit à une invitation pour un repas avec la belle-famille sans doute ?

" Bonsoir, tu doutes bien. "

Dit-il en prenant le petit sac de pâtisserie, digne, la tête haute, il n’allait pas se jeter dessus, même s’il en avait terriblement envie. Puis, la phrase de l’avocat lui fit écarquiller les yeux de manière imperceptible, il ne savait pas s’il devait réagir, ou tout simplement ignorer la remarque. Voyant Lauren lever les yeux au ciel, il se dit qu’ignorer était sans doute la meilleure option.

" Si tu veux. "

Dit-il en attrapant un petit gâteau au fond du sac.

" J’habite près d’ici, on pourrait s’y rendre à pied ? J’ai passé la journée dans 3m², j’ai besoin de marcher. Comment as-tu su pour moi ? "

Puis il hocha la tête pour montrer une direction autre que celle de la porte d’entrée.

" Passons pas la deuxième entrée. "




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Lauren Hill
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Sam 2 Juin - 18:36
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Marcher ne me dérangeait pas le moins du monde, bien au contraire. J’avais passé cette horrible journée dans l’attente de nouvelles en étant totalement impuissante. Une très mauvaise journée, en somme et ce n’était rien en comparaison de celle de l’ex inspecteur en face de moi.

-Pas de problème, je te suis, lui répondis-je tout simplement, tout en lançant quelques regards mauvais aux miliciens qui nous observaient avec un air inquisiteur qui me déplut aussitôt. C’est Wis qui m’a annoncé ton arrestation ce matin. Tu sais, vautour, charognard, journalistes, etc. Il ne leur faut guère de temps pour faire circuler les nouvelles.

Je savais bien que Garrett avait sa propre opinion là-dessus, pas très reluisante d’ailleurs. En soi, je ne pouvais guère le contredire sur les agissements de la grande majorité de mes collègues et je n’oubliais pas non plus qu’il me voyait comme cela également.

Je le suivis donc à travers les couloirs sombres de la caserne. Le soleil déclinait à présent, donnant une teinte orangée au ciel. À l’extérieur, l’allumeur débutait sa tâche, passant d’un réverbère à l’autre afin de garantir l'éclairage nocturne du quartier. Si l’électricité était courante dans le au-dela du mur Sarah, hors plan des versos, évidemment, ce n’était pas encore le cas dans le troisième quartier. Ici, la technologie, bien que présente, restait discrète donnant des allures de villages moderne à ce quartier de bordure.

Nous gardâmes le silence durant un bon moment, le temps de le laisser manger ses pâtisseries. Et puis, le sachant peu loquace lorsqu’il ne s’agissait pas de vous remettre gentiment à votre place, je préférais lui laisser le temps de s’aérer l’esprit. Passer une journée en cellule en vous sachant innocent, il y avait de quoi lui mettre les nerfs à vif. Au bout de plusieurs minutes, je pris toutefois la parole.

-Je sais que tu ne l’as pas tué. D’après mon père, le commissaire se sert de cette excuse pour te faire tomber. Il te déteste… Mais j’ai bien du mal à croire qu’il ferait tout cela parce que tu te montres trop bavard.

Garrett n’était guère apprécié, que ce soit par ses supérieurs, ou simplement par tous ceux ayant croisé sa route. Néanmoins, même avec ses méthodes souvent peu recommandable, en tant qu’inspecteur, il faisait correctement son boulot… Au moins, les personnes appréhendées étaient peu tentées de recommencer.

-Je suppose qu’il est inutile de te dire de faire profil bas en attendant de trouver le vrai coupable, déclarai-je en souriant sachant pertinemment qu’il n’était pas du genre à se terrer dans un coin en faisant confiance à d’autres pour mener cette enquête. Comme il est inutile de te dire que tu peux compter sur moi pour t’aider.

Je ne savais pas encore que penser de lui, ni même que ressentir exactement à son égard. Néanmoins, étrangement, je lui faisais confiance, chose qui n’arrivait pas si souvent… Et puis, en ce qui concerne ce meurtre, je le savais parfaitement innocent. Mon père le croyait également et veillerait à le défendre efficacement en cas de besoin, afin de lui permettre de poursuivre sa vie, mais seul le fait d’apporter les preuves nécessaires lui permettrait de récupérer sa plaque. Sans quoi, Garrett perdrait son travail… Et je ne pouvais croire qu’il agisse de cette manière, si peu conforme au règlement, s’il n’y tenait pas autant que je tenais au mien. Catesby avait beau être extrême dans sa manière de travailler ou même de parler, il n’avait rien à voir avec la multitude de miliciens véreux aux profils alignés dans les journaux.

Je l’aiderai donc, qu’il le veuille ou non, simplement par honnêteté et conviction, parce que c’est ainsi que je fonctionnais depuis toujours.

-Te sens-tu prêt à me supporter une fois encore ? raillai-je en appuyant doucement sur sa joue.



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Garrett Catesby
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Dim 3 Juin - 19:50
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Profession : Inspecteur borderline
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Décidément, ce Wis était vraiment au courant de tout, Garrett était près à pareil que le chef de rédaction était déjà au courant du motif de l’arrestation avant même que l’inspecteur lui-même sache pourquoi il avait été arrêté. Il y avait fort à parier que le bougre avait quelques informateurs au poste, des miliciens suffisamment discret pour ne pas se faire avoir, mais qui parlaient assez pour faire passer des informations. Fallait-il rappeler que par nature, Catesby n’aimait pas vraiment cela, mais les informations le concernaient personnellement, il aimait encore moins.

Guidant la brunette à travers le poste, ils arrivèrent finalement dans la petite cour extérieure, celle-ci permettait de rejoindre une petite ruelle adjacente, bien loin du feu des projecteurs. La soirée était déjà bien amorcée, et la lumière des lampadaires n’était pas de trop. Garrett mangeait tranquillement ces petites pâtisseries, c’était dure de prendre son temps pour les manger alors qu’avec la fin qui le tenaillait, il aurait été capable de tout gober d’un seul coup. Disons que devant la journaliste, il essayait d’avoir un comportement civilisé. Puis, elle aborda le sujet concernant l’inspecteur… Garrett serra la mâchoire, se tendant presque instantanément. Par où commencer pour parler de l’inspecteur… Oh il avait bien des pistes, de nombreuses pistes, mais il essayait de ne pas se montrer trop vulgaire.

" Trop bavard ? Parce que je lui crache dessus oui. L’ancien commissaire était un homme bien, qui savait que dans certains cas, il fallait un peu de mal pour faire le bien, il comprenait cela… Lui là, ce foutu moustachu, c’est un type qui vient de je ne sais où ! Du genre à passer sous les bureaux pour avoir un poste. Je parie qu’il m’en veut parce qu’à cause de moi, il ne peut plus manger des rillettes chez Vurkilber. "

L’ancien inspecteur bouillonnait intérieurement, il était prêt à parier que l’inspecteur était du genre à ne pas faire trop de vague avec les personnes fortunées, c’était presque une conviction pour Garrett. Mais comme d’habitude, sans preuves, clamer la chose ne servirait à rien, si ce n’est rendre la chose encore plus dure à démasquer. Il était d’ailleurs certains de ne pas être sortie d’affaire, certes, il était dehors, et il avait confiance en William Hill pour le sortir de cette énième galère, mais… Il ne fallait pas oublier l’hypothèse que… Et bien, si l’on voulait faire taire Garrett, il y avait deux façons de faire ; la première légalement, comme en le mettant en prison par exemple. Et puis la manière moins légale, celle où il n’aurait sans doute pas de procès.

Pour le moment, l’étau se resserrait autour de lui… Il fallait d’abord se sortir de cette histoire d’accusation, ensuite, il pourrait essayer de faire la lumière sur certaines choses, bien que cela risquait d’entacher la réputation de beaucoup, agrandissant sans aucun doute sa liste d’ennemis potentiels.

Ils continuèrent de marcher, la nuit était à présent tombée, et ils venaient tout juste d’attendre l’immeuble dans lequel Garrett logeait. Il était content de pouvoir compter sur le soutien de la journaliste, au moins, elle était de son côté, tout comme son père, et ce milicien au poste. Trois personnes de son côté, c’était presque trop beau pour y croire.

" Te supporter ? Mh… J’imagine qu’il me faudra faire des efforts, mais rien d’insurmontable. "

Il n’y avait plus de miliciens, donc ils avaient fini de fouiller son appartement, restait à savoir dans quel état était celui-ci. Il faisait nuit, aucun fiacre dans le coin, lui proposer de monter était sans nul doute légitime après tout.

" Tu veux monter, je t’offre un verre ? Quelque chose me dit que j’ai des dettes de libération à payer. "




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Lauren Hill
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Lun 4 Juin - 9:55
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Le commissaire aimait se trouver dans les petits papiers de ces chers influents du plan des astraux ? Il n’y avait rien de bien étonnant à cela en réalité, puisque se faire bien voir par les gens de la haute, en particulier ceux directement liés à la direction de la capitale se trouvait être le meilleur ascenseur social et professionnel. L’on voyait beaucoup de ces petits fonctionnaires bien placés, le dos toujours rond, en signe de soumission, tourner autour du gouverneur et de sa famille prêt à leur lécher les bottes jusqu’à les faire briller. Avec leur costume bon marché, mais particulièrement mal taillés, ils se pavanaient parmis les nantis coupe à la main pour mieux s’intégrer au paysage… Mon père faisait de même, bien que plus intelligemment. Il se savait utile et en profitait pour faire son nid douillet tout en se faisant des relations plus qu’intéressantes. Le commissaire, quant à lui, devait agir comme les autres membres du peuple et des classes modestes, cherchant à se faire nourrir par becquées généreusement riches dans l’espoir de gravir les échelons par coup de langue bien placées plutôt qu’en faisant correctement leur travail… Le rédacteur en chef de mon journal était aussi de cette trempe, et l’on se demande pourquoi j’en suis venue à le mépriser…

Connaissant Garrett, je savais qu’il ne prendrait pas la peine de dissimuler le sien à l’encontre de son supérieur. Bien au contraire, il ferait plutôt l’inverse avec sa verve naturellement franche et ô combien piquante. En cela, le commissaire ne pourrait que le haïr pour mettre le doigt sur son incompétence et sur sa capacité à manier la brosse à reluire, plutôt qu’à agir en bon milicien soucieux de faire respecter la loi… parfois même au prix de quelques sacrifices. Même sans approuver les méthodes de Catesby, je ne pouvais que reconnaître son désir de faire son boulot et de protéger les autres des ordures peuplant la capitale. Richard Reynaud restera un exemple poignant, même si aucun malfrat ne saura exactement ce qu’il lui est arrivé… Néanmoins, les miliciens, eux, le savent, d’autant que Garrett avaient alors agi après avoir perdu sa plaque, ce qui risquerait de faire poids dans son procès…

Ce n’était pourtant pas le plus inquiétant dans cette histoire. Catesby gênait beaucoup trop de monde pour pouvoir se montrer optimistes quant à son avenir. Pris dans un étau, une épée de Damoclès suspendue au dessus de sa tête, Garrett n’était clairement pas dans la bonne position et je n’en fût que plus inquiète, même si j’évitais de lui montrer, me contentant de sourire à sa nouvelle pique.

Arrivés en bas de son immeuble, l’inspecteur m’invita à monter, prétextant l’acquittement d’une dette. J’en fronçais les sourcils, simplement parce que je ne voyais pas les choses de cette façon. Il ne me devait absolument rien, je n’avais certainement pas payé sa caution pour cela. Je ne voulais certainement pas de ce genre de choses entre nous. Je l’avais fait parce que je le pouvais… Et que je ne voulais pas le laisser enfermé dans cette cellule pour malfrats en tous genre. Ce n’était nullement sa place... C’était donc un choix de ma part et puisque je n’utilisais jamais mon argent, je ne pus que me réjouir de lui trouver enfin une utilité que je pouvais aisément qualifier de “juste”.

-Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, Garrett. Je n’ai fait qu’accompagner mon père, mentis-je avec aplomb.

Toutefois, il me suffit d’un coup d’œil aux alentours pour réaliser que la rue était étrangement déserte. Il n’était pourtant pas tard, le soleil venait juste de se coucher, pourtant, pas un seul fiacre, seulement quelques employés qui rentraient chez eux à pied. Surprenant… Mais ce n’était pas ce qui me poussa à accepter son invitation, je ne l’avais pas vu depuis plusieurs jours et étrangement… il m’avait manqué.

-Ce fut une longue journée, j’avoue que je ne serais pas contre un verre.

Je pouvais bien rester quelques minutes de plus avec lui et rentrer chez moi ensuite, mon hôtel ne se trouvant pas si loin. À peine une demie heure de marche, à pas vif, les rues étant éclairées tout le long, cela ne devrait pas poser de problème.

Garrett ouvrit la marche, me guidant dans les escaliers jusqu'à la porte de son appartement. Apparemment, ses collègues n’avaient même pas pris la peine de refermer la porte après leur passage… Ils le traitaient comme un moins-que-rien si bien que je trouvais cela aussi révoltant que désolant. Mais ce n’était rien en comparaison de l’intérieur où régnait un désordre sans nom. Meubles renversés, papiers et vêtements éparpillés, vaisselle brisée… C’en était trop. Sans réfléchir outre mesure, je pénétrais avant lui, et commençais à redresser ce qui pouvait l’être avec ma force de moucheron léthargique. Je ne le regardais pas, me contentant simplement d’agir pour faire disparaître cette preuve d’irrespect et de violence gratuite qui m’était tout bonnement insupportable. Je pestais intérieurement, vociférant silencieusement quelques insultes qui méritaient pourtant de toucher leurs cibles. Oh, elles les trouveraient bien un jour, je m'en fis la promesse.



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Garrett Catesby
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Mar 5 Juin - 10:44
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Donc elle ne voyait pas de quoi il parlait ? Étrange, surtout parce qu’un milicien lui avait dit qu’une jolie brune payait sa caution pour qu’il puisse être de nouveau « libre ». Certes, Garrett connaissait deux ou trois jolies brunes, même si Lauren était sans doute la plus jolie, et la seule capable de savoir qu’il était en cellule. Et puis, si elle ne voulait pas le lui avouer, tant pis, il ne voyait pas de raison d’insister plus que nécessaire.

Elle avait somme toute raison sur une chose, ce fut une longue journée, la plus longue de sa vie sans doute, et lui aussi avait besoin d’un verre, et pas un verre d’eau. Pénétrant à l’intérieur du bâtiment, ils montèrent par l’escalier, Garrett logeait par chance au premier étage. Il fut cependant surpris de voir que sa porte n’était pas verrouillée, même s’il savait bien évidemment pourquoi. Poussant la porte, ils ne purent que constater que ses ex-collègues avaient laisser un certain foutoir plus que notable dans l’appartement.

Placard, tiroir, chaise, etc. Tout avait été fouillé ou renversé, pour lui, cela n’avait rien de surprenant, une fouille était une fouille, et vu comment on l’avait traité jusqu’à maintenant, il ne s’attendait pas vraiment à ce que l’on prenne bien soin de tout ranger et de fermer la porte avant de quitter les lieux. Au lieu de pouvoir s’asseoir tranquillement et boire un verre, il allait devoir remettre deux ou trois choses en ordre et surtout… Vérifier quelque chose. La brunette pénétra avant lui dans l’appartement, commençant d’ores et déjà à redresser les chaises. Garrett lui, s’occupa de remettre la table dans une position convenable, puis s’occupa ensuite de ramasser ce qui n’était pas briser pour y ranger de nouveau dans les placards.

Il ne comprenait pas vraiment pourquoi la vaisselle avait été brisée, sans doute était-ce une menace…

" Laisse le reste, je me débrouillerais, tu es venu pour boire un verre pas pour faire le ménage, mais si tu insistes, il y a aussi les vitres à faire. "

Il se dirigea vers le petit meuble dans lequel il rangeait habituellement son arme de service, évidemment, elle n'y était plus, il aurait été trop beau que les miliciens la laisse ici en se disant que toute de manière, Garrett ne pourrait pas sortir si facilement. Mais l'ancien inspecteur n’avait pas dit son dernier mot, il se dirigea dans un angle de la pièce principale, puis s’agenouilla. Du poing, il tapa doucement sur les planches de parquet, jusqu’à trouver celle qui sonnait creux. Il la trouva en quelques secondes puis il tapa un peu plus fort sur l’une de ses extrémités pour la déboîter et ainsi pouvoir la retirer complètement. Plongeant sa main dans l’ouverture, Garrett en sorti une deuxième arme enveloppé dans un chiffon, sans doute identique à celle de service.

Il replaça le morceau de bois et tapa une nouvelle fois dessus pour l’emboîter correctement. Se redressant pour revenir vers la journaliste, il déposa l’arme sur la table puis sortie d’un placard deux verres et une bouteille d’un Whisky plutôt vieux, il ne l’avait encore jamais ouvert. Il posa le tout sur la table, avant de tirer une chaise et de s'y asseoir.

" Je m’excuse, il faudra ouvrir cette bouteille. Je n'ai jamais eu l'occasion de l'ouvrir et boire tout seul, c’est aussi triste que de chier accompagné. "

Laissant le soin à Lauren d’ouvrir la bouteille et de remplir les deux verres. Il sortit l’arme du chiffon dans laquelle elle était enveloppée, l'examinant au passage pour être sûr que cette période de repos à l'abris des regards ne l'avait pas abîmé.




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Lauren Hill
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Mar 5 Juin - 13:23
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Évidemment, je ne m’étais pas attendu à des remerciements de sa part, il ne l'avait pas fait jusque-là, après tout... Le silence, peut-être, mais certainement pas à une telle pique. J’avais beau l’apprécier, il arrivait parfois qu’il me fasse m’interroger sur les raisons de mon attachement. Je mis cela sur le compte de la journée, celle-ci fut longue et particulièrement désagréable. Je me contentais donc de ronger son frein et de tenir ma langue afin de ne pas envenimer les choses, même si ce fut extrêmement difficile.

Il connaissait ma famille, avait vu l’endroit où j’avais grandi et celui où je vivais… Pensait-il réellement que le “ménage” faisait partie de mes habitudes ? J’en doutais, après tout, j’avais beau connaître l’utilité des balais et des chiffons, je n’en avais jamais tenu un seul… Et je n’étais pas non plus du genre à aider n’importe qui… Je ravalais donc ma colère silencieuse à son égard, enfin, je fis au mieux… Et puis zut, pas question de me laisser marcher sur les pieds, affection ou non.

-Et pendant qu’on y est, peut-être voudrais-tu que j’amidonne le col de tes chemises ? raillai-je en affichant un sourire carnassier. Bon sang Garrett, je ne fais que redresser quelques meubles, pas la peine de mordre.

Je le laissais faire ses petites affaires tout en m’occupant des miennes. Peut-être aurai-je dû partir finalement, il ne semblait pas ravi de me voir et je me sentais franchement de trop. Je m’approchais d’ailleurs de la fenêtre, enjambant quelques-unes de ses affaires auxquelles je ne touchais surtout pas… Manquerait plus qu’il me fasse le reproche de les abimer. Poussant légèrement le rideau, j’observais la rue toujours bien plus calme que ce à quoi je m’étais habituée. Il y avait bien évidemment du passage, mais le pas des badauds semblait plus lent, moins lourd… Loin de l’agitation perpétuelle qui régnait ailleurs. Je trouvais d’ailleurs cela bien surprenant.

- Ce que c’est calme, murmurai-je comme pour moi-même. Je n’ai pas l’impression d’être encore à Alexandria, c’est étrange.

Je me retournais en entendant le bruit de l’acier rencontrant le bois. Garrett venait déposer une arme sur la table, ce devait être ce qu’il cherchait jusque-là. Celle-ci fut presque aussitôt rejointe par deux verre et une bouteille de whisky visiblement neuve. Encore une pique qui n’en était pas réellement une… Boire seule était devenu, au fil du temps, l’une de mes habitudes les plus tenaces. En soi, il n’avait pas tort, c’était triste, ennuyeux… Et je ne le faisais pas pour tromper l’ennui, ni même pour chercher un peu de réconfort après une énième journée passée seule… Quoi que, si en fait, je buvais aussi pour cela, comme pour m’empêcher de trop réfléchir et de pouvoir trouver rapidement le sommeil. Je n’étais jamais ivre, je n’ai jamais supporté cet état méprisable, mais cela n’enlevait rien à mon problème.

Je fermais donc les yeux, serrant les dents pour encaisser ses paroles maladroites et involontaires. Cette fois, il ne l’avait pas voulu, mais étrangement, je me sentais piquée au vif et me contentais d’observer la bouteille en fronçant les sourcils. Je n’aurai pas dû venir…

-Je…Je vais y aller. marmonai-je avec hésitation. Je me suis imposée, je m’en rends compte et j’en suis sincèrement navrée. Je ne vais pas m’imposer plus longtemps en voyant à quel point ma présence t’est désagréable.

Loin de moi l’idée de me comporter en sangsue, ce n’était certainement pas mon genre. Je n’étais ni un parasite, ni une carpette sur laquelle l'on pouvait aisément s'essuyer les chaussures. Je ne l’ai jamais été et ne le serais jamais, plutôt crever.

J’attrapais donc mon sac, accroché au dossier de la chaise sur laquelle Garrett venait de s’asseoir avant de lui lancer un dernier regard plutôt froid.

-Bonne soirée, Garrett, lançai-je avant de tourner les talons.




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Garrett Catesby
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Mar 5 Juin - 15:35
Irys : 529897
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Il est vrai que Garrett n’avait aucunement remercié la brunette, non pas qu’il ne voulait, mais… De par nature, l’ancien inspecteur n’était pas du genre à remercier les gens, principalement parce qu’il n’y avait presque jamais personne pour l’aider. L’aide de Lauren concernant l’affaire se Richard le surprenait encore, alors là, payé sa caution pour le libéré, il avait presque l’impression de perdre pied et de perdre le fil des évènements. Puis, même si cela ne se voyait pas forcément, car il gardait en permanence cette mine fermée, et bien, autant dire que son esprit cogitait, refusant d’abandonner sa réflexion sur cette nouvelle histoire. Il suffit de mettre chaque chose bout à bout pour lui faire perdre le peu de social qu’il avait, et cela, sans qu’il s’en rende compte.

Mais visiblement, son social disparaissant comme neige au soleil, il reprenant ce côté blessant, ce petit truc qui faisait de lui ce qu’il était.

" Je ne vais pas te mordre, tu m’as déjà sortie de cellule, je ne vais pas non plus te demander de ranger mon appartement. "

Était-ce simplement cela, elle le sortait de prison, il l’invitait à boire un verre, acte qui pouvait être considéré comme un merci silencieux, et voilà qu’elle se mettait à ranger à sa place, en pestant après les miliciens s’étant chargés de la fouille. Difficile de dire ce qu’il avait fait de mal, du moins… Il ne voyait pas, enfin si, son comportement bourru sans doute, mais c’était une chose si naturelle qu’il peinait à le contrôler. En tout cas, il avait dû dire quelque chose de mal, pour que la brunette réagisse ainsi, il avait parlé sans vraiment trop réfléchir, comme à son habitude, laissant sa pensée sortir comme son esprit venait de la formuler.

" Ta présence désagréable ? Mais… Qu’est-ce que tu m’racontes là ? "

Dit-il en se redressant, posant l’arme sur la table avant de la rattraper par le bras.

" Je sais que l’on ne se connait pas vraiment, mais tu crois vraiment que si ta présence m’était désagréable je t’aurais invité à boire à verre ? Ai-je l’air aussi fourbe que la moitié de la population ? "

Non, il n’était pas fourbe, loin de là, sa franchise était d’ailleurs plus souvent un bien qu’un mal. Les gens n’aimaient aucunement les menteurs et les hypocrites, mais pourtant, ceux-ci n’appréciaient pas plus les vérités, encore plus lorsqu’ils les prenaient dans les dents. Garrett la tenait par le poignet, sans trop serré, juste assez pour montrer qu’il voulait la retenir, montrer qu’il voulait qu’elle reste avec lui.

" Lauren, je… Je suis désolé, si j’ai dit quelque chose de mal, ce n’était pas voulu. "

Il avait forcément dire quelque chose de mal, même s’il ne voyait pas encore quoi. Puis soudain, il pensa au merci qu’il avait oublié, c’était une carte à jouer.

" Et je n’ai pas encore eu l’occasion de te remercier… "

Souffla-t-il doucement, tirant doucement sur son bras pour la faire pivoter, avant de venir déposer ses lèvres contre les siennes.




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Lauren Hill
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Mar 5 Juin - 18:32
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Fermement décidée à quitter cet appartement aux allures chaotiques et surtout à m’éloigner de son occupant, j’avançais à pas vif vers la porte… tout du moins, l’intention y était et je ne m’étais certainement attendue à sentir la poigne de Garrett se resserrer sur mon poignet. L’on pouvait pourtant qualifier mon imagination de “fertile”, mais cette fois, je n’avais clairement pas imaginé que l’inspecteur cherche à me retenir… Mais plutôt à ce qu’il m’ouvre la porte en me souhaitant “bon vent”, en réalité. Autant dire que j’en fus particulièrement surprise et je me retournais donc vers lui, bouche bée et regard étonné, presque perdu… Je ne comprenais tout simplement pas ou plus, a vous de voir ce qui vous semble le plus logique.

Et puis… Ses paroles me remuèrent quelque peu, je dois bien l’avouer… Comme souvent, face à lui, je me trouvais totalement déstabilisée simplement parce que Garrett Catesby était un homme difficile à comprendre. C’était d’ailleurs ce qui me plaisait chez lui, entre autres. Mais qui m’agaçait aussi...Je savais qu’il pouvait se montrer rude, j’en avais d’ailleurs fait les frais à maintes reprises. Néanmoins, à ce moment-là, je me trouvais devant un homme… désolé ?

Était-il fourbe ou sournois ? Certainement pas. On pouvait dénombrer une bonne quantité de défauts chez lui, trop têtu, parfois agressif, froid et incroyablement distant... mais la fourberie ne faisait pas partie de la liste. Il était même l’inverse, usant trop facilement de franchise nullement édulcorée, il se contentait de dire les choses de la façon dont ils les avaient pensée en amont, sans jamais se préoccuper de blesser ou non la personne en face de lui… Et pour ma part… L’on ne pouvait pas dire que j’étais la femme la plus douce ou encore agréable. D’ailleurs, mes proches n’hésitaient pas à qualifier mon caractère de “mauvais”, j’étais susceptible et bien trop souvent impulsive… Comment ne pas provoquer d’étincelles entre nous lorsque l’on sait tout ça ?

J’observais cette main si imposante sur mon poignet bien trop fin. Cette main qui me retenait fermement, mais sans me faire mal pour autant… Il ne voulait pas que je parte, sans quoi jamais prit la peine d’agir de la sorte.

-Non Garrett, tu ne l’es pas, murmurai-je en relevant la tête pour plonger mon regard dans le sien sombre et doux à la fois… Encore un mélange qui ne put que me déstabiliser plus encore.

C’était toutefois sans compter sur ses excuses plus que surprenantes encore que tout le reste. Comme je le disais plus tôt, Garrett se fichait bien des sentiments des autres. Il ne se préoccupait ni de les blesser, ni même de simplement les vexer et là… il présentait sincèrement ses excuses… De quoi me laisser sans voix. Je me contentais donc de hocher simplement la tête, lui indiquant que ses excuses étaient acceptées.

Mon envie de fuir à grandes enjambées fut définitivement balayée par une pression qui me ramena à lui pour permettre à ses lèvres de se déposer doucement sur les miennes. Des remerciements ? Une envie ? Allez savoir, tout était si flou pour moi que je préférais ne pas m’en préoccuper plus que cela. Au lieu de quoi, je me laissais aller à lui rendre son baiser avec une tendresse étonnante, bien loin de la passion dévorante de la dernière fois. J’écartais doucement sa main toujours à mon poignet pour laisser la mienne se poser doucement sur sa joue avant de m’éloigner sans pour autant la retirer. Je la laissais se perdre dans sa barbe particulièrement douce pour mieux la caresser tendrement.

-Inutile de me remercier, je ne t’en demande pas tant, déclarai-je en retirant ma main tandis qu’un sourire se dessinait sur mon visage.Mais ne va pas croire que tu t’en tireras toujours grâce à un baiser, ce serait bien trop simple.

J’éclatais franchement de rire, avant de lui voler un baiser bien plus fugace et de déposer mon sac à sa place initiale.

-Ne reste pas planté là, Catesby. On a du boulot… Un meurtrier à débusquer, une plaque à récupérer, un procès à éviter, un commissaire à faire tomber et … une bouteille à entamer, raillai-je en ouvrant la fameuse bouteille avant d'en faire couler ne liquide ambré dans les deux verres et de tendre le sien à Garrett.



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Garrett Catesby
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Mer 6 Juin - 8:57
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Garrett n’était pas vraiment facile à cerner, loin de là même. De sa façon de penser, jusqu’à ces méthodes en passant par son comportement général, rien n’était fait pour aider à comprendre. Avec lui, il fallait agir à l’instinct, se comporter comme lui était sans doute le meilleur moyen de ne pas se perdre dans d’innombrable réflexion inutile. Son baiser était parvenu à la retenir, on aurait pu croire que pour lui la chose était facile, hors, c’était tout l’inverse. Pour lui, s’excuser, c’était comme s’ouvrir à l’autre, faire une brèche dans sa carapace, laissant alors la possibilité à quelqu’un de venir piquer au vif cette faiblesse. À vrai dire, il avait peur, peur de ce qu’il y avait entre eux, peur de ce que cela pouvait entraîner. Si quelqu’un apprenait pour lui et la journaliste, il serait facile de comprendre qu’elle était une corde sensible, prête à céder au moindre effleurement.

Ce n’était pas facile d’avouer ses faiblesses, encore plus lorsqu’il s’agissait de leur tenir tête. Puis le doux contact se rompu, le ramenant à la réalité tout en chassant ses pensées.

" Tu veux dire que j’ai grillé ma seule chance ? "

Puis elle revint contre ses lèvres dans un contact plus rapide que le précédent, mais qui n’en était pas moins appréciable. Comme le disait la brunette, ils avaient du boulot, même s’il n’aimait pas particulièrement la savoir mêlée indirectement à cette histoire, mais il savait aussi qu’il serait difficile de la convaincre de ne pas s’en mêler, tout aussi difficile que le convaincre lui. Il revint s’asseoir à la table, reprenant l’arme à feu entre ses mains pour continuer de la nettoyer avec le chiffon. Au fond de lui, il hésitait… Était-il nécessaire de mettre le meurtrier pour se sortir de cette énième galère ? Après tout… Yoren était un salopard, sa mort ne pouvait être que profitable, et si jamais quelqu’un venait pleurer sur sa tombe, ça serait sans doute, car l’homme serait mort avant d’avoir pu rembourser toutes ses dettes.

Sans le vouloir, il venait d’écarter une liste incroyable de suspect, la mort du tenancier n’était pas profitable à bon nombre de ses ennemis. Pour ouvrir son établissement, Yoren avait eu besoin d’argent, argent qu’il n’avait pas, donc il avait emprunté à diverse petite raclure du coin. Aucune de ses raclures ne l’aurait fait abattre en ayant des dettes. Donc la personne en question devait être extérieure à toutes ces magouilles d’argent.

" Suis-je plus tenté par un verre que par le reste. "

Au fond, il voulait surtout faire tomber le commissaire, le reste n’avait plus d’importance. Si le pourri tombait, son accusation serait vite jetée aux oubliettes pour ne pas faire trop de vagues. Retirant le barillet de son arme, Garrett continua sur le fil de sa pensée.

" Je ne souhaite pas particulièrement trouver le vrai coupable, si ce n’est pour lui serrer la main. Plus sérieusement, si le commissaire était un pourri comme je le pense, il serait plus simple de faire le lien en partant du commissaire qu’en partant du meurtrier. "

Jugeant la réaction de la journaliste, il continua.

" Imagine que ce soit un gamin des rues, ou n’importe qui ayant accepté un peu d’argent en échange d’un travail plus ou moins justifiable. C’est tout con, si on attrape un type qui sait que le commissaire est un pourri, il ne le dira jamais, tout simplement, car il aura un allié de poids pour le couvrir en cas d'embrouille. L’allié de poids lui, n’a rien pour se protéger si ce n’est son rang, les pommes pourries ne tombe jamais loin de l’arbre. Le commissaire serait tout à fait du genre à balancer n’importe qui pour peu qu’il obtienne des avantages. "

Reposant le barillet sur la table, il attrape le verre qu’il porta à ses lèvres.




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Lauren Hill
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Mer 6 Juin - 13:50
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Tandis que Garrett s’occuper d’entretenir son revolver, je m’installais à mon tour avant de m’emparer de mes propres armes. Mon calepin et mes stylos n’étaient certes pas mortels, à moins de ne se servir de la pointe métallique de la plume pour porter quelques coups… Néanmoins, plume aiguisée et judicieusement employée pouvait aisément provoquer quelques dégâts. Mais avant tout, ne sachant pas vraiment par où commencer, je me contentais de prendre des notes.

Garrett ne souhaitait pas s’occuper de véritable auteur du meurtre du proxénète. Je pouvais le comprendre pour bien des raisons, cela pouvait être un simple règlement de comptes, dans ce cas, il serait bien difficile de débusquer le ou les assassins. Cela arrivait tous les jours et nombre d’entre eux n’était jamais appréhendé. Dans ces sombres quartiers, les ordures attirées par l’argent facile pullulaient, Yoren parmi tant d’autre, alors autant chercher une aiguille dans une botte de foin…

Néanmoins, je ne pouvais me sortir de la tête que cela pouvait être tout autre chose… Une affaire bien plus sournoise en réalité.

-Certes, mais imagine qu’il s’agisse d’un coup monté de toutes pièces...La racaille, ça s’achète Garrett, ce ne serait pas une première. Tout le monde savait que Yoren avait déposé plainte contre toi, il faisait donc la cible parfaite pour faire de toi le bouc émissaire idéal. Trouver l’assassin reviendrait à mettre la main sur un témoin essentiel...

Même si dans la position actuelle de Catesby, garantir la sécurité d’un tel témoin ne serait pas une mince affaire et encore fallait-il y mettre la main dessus. Toutefois, Garrett semblait oublier que lui aussi avait des alliés de taille, ne serait-ce que mon père...

-Gamin des rues, ou pas, tout le monde dans les bas-fonds s’achète. Que ce soit par de l’argent ou pas une aide... disons charitable. Il ne serait pas si difficile de le faire parler à condition de pouvoir apporter un soutien supérieur.

Dans ce coup-là, j’avais un nombre incalculable de cartes à jouer, il me suffisait juste de savoir lesquelles méritaient de se trouver sur le tapis. Malgré tout, il ne fallait pas écarter trop rapidement la piste de l’odieux hasard, même si celle-ci semblait bien trop grosse. Je m’étais moi-même renseigné sur Yoren depuis notre merveilleuse rencontre dans son bordel dégoûtant. L’homme n’était guère craint, en dehors de ses filles. Les établissements du genre ne manquaient pas et, en somme, Yoren n’était qu’un minable proxénète parmi une myriade d’autre. Nul doute que l’homme devait avoir un nombre incalculable de dettes. La prostitution pouvait rapporter gros, mais ce dernier ne plaçait pas son argent dans son établissement délabré ni en veillant à la bonne santé de ses employées… Je n’oubliais pas pour autant son bureau, bien plus “luxueux” que le reste… En cela, tout portait à croire que l’homme se servait de cela pour redorer son image, comme s’il cherchait à s’imposer, à asseoir son insignifiante influence… Mon père avait pour habitude de dire que l’on pouvait en apprendre beaucoup sur les hommes en observant leur bureau… Et dans ce cas précis, l’on pouvait facilement imaginer que Yoren voulait paraître bien plus important qu’il ne l’était en réalité…

À qui profiterait sa mort dans ce cas? Certainement pas à ses filles, qui se retrouvaient à la rue, privées de la protection que leur assurait, malgré tout, le maquereau. Cela n’arrangeait pas non plus ses créanciers, à moins qu’ils ne s’emparent des locaux… Une dispute qui aurait mal tournée ? Une mise en garde foirée ou réel assassinat ?

-Garrett… Je ne crois pas au hasard, tu le sais… Je veux dire… Je peux comprendre que l’on n’ait pas utilisé d’arme à feu pour le tuer, simplement à cause du bruit engendré par les détonations… Mais dans ce cas pourquoi pas d’arme blanche alors que tous se trimballent avec au moins un couteau sur eux ? Cela aurait été plus rapide, non ? Sauf si...

Sauf si c’était bel et bien un coup monté contre Garrett et dans ce cas, l’instigateur aurait tout misé sur sa facilité à donner des coups. Je n’osais pas le formuler à haute voix, simplement, car si le commissaire était réellement à l’origine de ce foutoir, il n’aurait jamais pu agir seul. Mais qui l’avait aidé ? Qui avait suffisamment d’argent pour payer ? Avait-il compté sur ses hommes ?

-Penses-tu toujours que cette piste est inutile ? lui demandai-je en m’appuyant le menton dans la main. Il va te falloir compter sur tes propres alliés, ce sont tes propres cartes, autant en faire une liste et commencer par là.



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Garrett Catesby
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Jeu 7 Juin - 15:15
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Au fond de lui, il espérait que ce soit réellement un coup monté, il ne pouvait pas imaginer, ne serait-ce qu’une seconde qu’il s’agisse d’un hasard, ou alors le destin était devenu bien cruel avec lui.

" Témoin essentiel ou non, je me vois mal trouver un arrangement pour un type qui m’a mis dans cette merde. Cette affaire finira comme elle a commencé, mal. "

Au moins la chose était claire, et l’ancien inspecteur ne pensait pas vraiment que tout cela pourrait bien se terminer, il aurait déjà que la chance si William Hill parvenait à le faire déclarer innocent, il pourrait sans doute pour cette histoire de meurtre au vu du manque de preuves liant le liant directement à Yoren. Pour le reste, les méthodes discutables, les accès de violences, le chantage, l’insubordination et compagnie, autant dire que la chose serait des plus difficiles. Il suffisait de repenser à Lauren, avant même de lui avoir parler et de l’avoir vraiment vu, elle connaissait déjà des rumeurs sur ses méthodes. Garrett regarda le liquide alcoolisé dans le fond de son verre.

" On vit dans un drôle de monde, aujourd’hui, pour appréhender un suspect, il faut presque lui demander la permission pour lui passer les menottes, tout juste si on ne doit pas se laisser tirer dessus pour répliquer. Il suffit de casser à criminel pour que cela se retourne contre vous. Heureusement que ce foutu Richard ne peut plus ouvrir la bouche, sauf pour crier sinon il aurait déjà porté plainte contre moi parce que je lui aurais injecté sa saloperie en me défendant."

Il n’était pas totalement dans le faux, la justice était un double tranchant, si l’on pouvait l’utiliser, elle pouvait aussi se retourner facilement comme son utilisateur. Être inspecteur, c’était un peu comme marcher sur un fil et jouer l’équilibriste, il faut être capable de rester droit sous peine de tomber, il en allait de même pour la loi. Garrett avait toujours été quelqu’un de juste, grossier, violent, insolent, mais juste. Il ne se berçait pas d’illusions, il savait très bien ce qu’il risquait en vivant ainsi, en refusant de suivre les ordres, et il assumerait le moment venu.

" Sauf si ce sont mes méthodes. Évidemment, coller une balle à quelqu’un, c’est trop expéditif pour le faire parler, sauf s’il s’agit de torture… "

Il fut silencieux, pensif durant quelques secondes.

" Surtout que la plupart mérite largement de prendre une raclée préventive. Yoren en méritait, plus qu’une d’ailleurs. Qui est le plus juste des deux Lauren ? L’homme pourri qui suit la loi et qui se débrouille pour ne pas avoir d’ennuis en cirant les bonnes bottes, ou l’homme qui applique la justice en contournant ces mêmes lois ? "

Il termina son verre, le laissant glisser doucement sur la table, le faisant passer d’une main à l’autre.

" Au fond, je ne vaux peut-être pas mieux que lui après tout. "




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Lauren Hill
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Jeu 7 Juin - 18:23
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Autant dire que je n’aimais pas le voir ainsi… Malgré son éternel visage impassible, je ne pus que ressentir un certain pessimisme… Une sorte de désespoir noyé dans ses prunelles brunes. La tête baissée sur ma feuille noircie de gribouillis incertains, je gardais le silence, tout en écoutant ses paroles défaitistes… Comme s’il avait déjà baissé les bras, chose que je ne pouvais tolérer.

-Garrett… Tu ne comptes pas renoncer au moins ? lui demandai-je avec inquiétude.

Je pouvais comprendre son point de vue, même si je désapprouvais ses méthodes et ne m’en étais d’ailleurs jamais caché. Néanmoins, je savais pertinemment que les intentions de l’inspecteur étaient bonnes. Le sens de la justice existait bel et bien chez lui, il ne vivait d’ailleurs que pour cela. Son obsession résidait dans le fait de débarrasser définitivement la ville de toutes les raclures y résidents… Et si je devais me montrer réaliste et toute aussi franche, je ne pourrai que constater les failles multiples existant au sein même de la justice. Mon père s’en plaignait également… Arrêter le coupable ne suffisait pas, il fallait aussi apporter les preuves de son crime et encore… Celles-ci devaient être récoltées d’une certaine manière et pas d’une autre pour être réellement prises en compte. Un aveu sous la contrainte était jugé comme irrecevable, par exemple… Mais alors, combien de ces preuves ont disparu mystérieusement ? Combien de témoins se sont évanouis dans la nature avant de pouvoir se présenter devant la cour… Et combien de meurtrier se sont vu relaxés, faute de preuves et de témoignages ? Ces failles, ces erreurs, choisissez le terme qui vous convient, ont finalement coûté la vie à un bon nombre de personne, simplement en permettant à ces criminels de recommencer. Alors, certes, les méthodes de Garrett pouvaient être facilement jugées comme honteuses ou répréhensibles, mais ses raisons étaient tout à fait légitimes.

Les choses n’étaient pourtant pas si simples. Si certains s’entêtaient à voir le monde en noir ou en blanc, je préférais largement imaginer une sorte palette comprenant un nombre incalculable de nuance de gris… Ce qui, en somme, me permettait d’accepter certaines choses totalement intolérables aux yeux de certains. Le blanc, le noir n’existaient pas chez moi, peut-être était-ce dû au principe de neutralité que mon père et mes études m’avaient inculqué, je ne saurai réellement l’expliquer…

Je le laissais parler sans l’interrompre, tout cela devait être particulièrement difficile pour lui et Garett semblait avoir besoin de vider son sac. Je suivais parfaitement son raisonnement et pouvais même lui donner raison, néanmoins, mon avis n’était pas important dans cette histoire… Catesby ne me posait pas réellement la question, ce n’était là qu’une manifestation de sa déception et surtout du doute qui prenait doucement possession de ses pensées. Je me contentais donc de l’observer tout en prêtant l’oreille à ses interrogations qu’elles soient prononcées ou silencieuse.

Toutefois, sa dernière phrase me fit réagir. D’abord, je ne pus que le dévisager en clignant des yeux avec un air quelque peu perdu. Je ne comprenais pas comment il avait pu en venir à une telle conclusion que je trouvais totalement absurde.

-Mais… enfin… Qu’est-ce que tu racontes ? relevai-je en fixant froidement son regard. A qui te compares-tu au juste ? Au peigne-cul qui te sert de supérieur ou à la raclure qui est sûrement déjà en train de se faire bouffer par les vers dans une fosse commune ?

Veuillez notez que lorsque je suis en colère toute notion de politesse, de mesure et de courtoisie ont tendance à fondre comme neige au soleil. Je ne voulais pas le laisser douter de lui, je ne supportais pas le voir se rabaisser au niveau de ces hommes méprisables… Simplement parce que je ne le voyais pas ainsi, bien au contraire. Seulement, il était inutile de me laisser emporter par mes propres émotions… et sentiments, même si je refusais clairement de voir la réalité en face les concernant. Alors, doucement, je fermais les yeux, m’efforçant de regagner mon calme habituel. Il avait besoin de soutien et même s’il ne s’agissait certainement pas de ma spécialité, j’essayais néanmoins d’être là pour lui...

-Garrett... soupirai-je en posant mon stylo à la plume sèche sur ma feuille. Tu as seulement fait ce que tu croyais juste. Yoren était un salopard qui laisser ses filles se faire maltraiter contre quelques irys… Richard est un monstre… Et crois moi, je suis soulagée de le savoir fichu… Quant à ton commissaire, ce n’est qu’un idiot de plus qui compte sur plus puissant et plus riche que lui pour avancer… Quitte à rendre sa langue aussi lisse que les fesses d’un bébé à force de lécher des bottes. Ces hommes-là n’ont aucune valeur…

Je me relevais doucement, contournant la table pour me placer à son côté. Un sourire empli de tendresse se dessina lentement sur mon visage lorsque ma main rencontra à nouveau sa joue dans un geste étonnamment doux. Je n'étais certainement pas douée pour réconforter les personnes autour de moi trouvant rarement les mots capables de faire écho, ou de les faire réagir dans le bon sens. En revanche, je n’avais jamais eu de difficulté à dire exactement ce que je pensais...

-On peut peut-être te reprocher ton caractère bourru, ta façon d’agir probablement irrespectueuse par moment, ou encore cette manière trop brutale de t’exprimer... Mais on ne peut pas dire que tu manques de valeur, Garrett. Crois-moi, si je doutais de celles-ci, je ne serais certainement pas là avec la ferme intention de t’aider à te tirer de cette situation… Doutes-tu de mon jugement ?

La tendresse, la douceur ne faisaient clairement pas partie de mes si peu nombreudes qualités… Généralement, c’était même plutôt l’inverse… Pas que je ne voulais pas, mais disons que je n’étais pas habituée à ce genre de comportement et ne savais pas réellement comment m’y prendre. Garrett et moi n’avions finalement fait que partager une nuit… et même si j’essayais de rester aveugle et sourde face à mes propres sentiments pour lui, je ne savais rien des siens. Toutefois, loin de m'en préoccuper, je ne pus que me laisser aller à le prendre dans mes bras… Un acte qui me semblait si peu naturel habituellement, mais qui cette fois me parut aussi nécessaire qu'agréable. Si je ne me voilais pas la face, j'avouerai avoir également cédé à une envie...



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Garrett Catesby
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Ven 8 Juin - 14:00
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Douter était sans doute la pire chose pour lui. Il avait toujours cru être le serviteur du « bien », jugeant parfois qu’il était utile de contourner un peu les règles pour arriver à ses fins. Mais si au fond… Si au fond, il se trompait ? Si tout cela n’était qu’une sombre erreur ? Heureusement, la brunette était là, elle l’aidait à chasser ses doutes, plus ou moins efficacement d’ailleurs. Lui-même ne savait pas quoi en penser…

Peut-être avait-il besoin de repos ? Profiter de ses accusations et de cette mise à pied prolongée pour faire la grasse matinée, prendre le temps de faire autre chose que de travailler. Évidemment, il n’était pas du genre à aller au parc pour regarder les oiseaux chantaient sous les rayons de soleil, mais peut-être qu’il pouvait… Seulement profiter de ne pas être inspecteur et de devoir rendre des comptes. L’avantage, c’est que s’il était condamné, il n’aurait pas à rédiger les trois ou quatre rapports qu’il devait faire depuis, déjà… Un sacré moment.

" Au fond se Yoren, j’aurais peut-être dû m’en charger dès le premier soir, lui coller une balle et le jeter dans le canal. Il suffisait ensuite de ne pas parler de lui dans l’article, ni dans le rapport, et on aurait pu penser qu’il s’était fait avoir par un concurrent ou une personne plus influente. Et là, j’ai fait le choix de laisser en vie, et il m’emmerde plus en étant mort que vivant. Parfois, je trouve le destin très ironique. "

Il avait envie de reprendre un verre, ne serait-ce que pour être sous les effets de l’alcool et ne plus avoir besoin de trop réfléchir, mais il ne pouvait pas. Il devait garder les idées claires, il devait trouver une solution pour se sortir de cette impasse et si possible, s’occuper des salopards qui pensaient pouvoir se débarrasser de lui si facilement. Puis la journaliste se rapprocha de lui, il la regardait, il était difficile de ne pas regarder si jolie femme après tout, si un jour il en avait l’audace, il se risquerait à dire à William Hill qu’il avait fait une fille très jolie, en plus d’être intelligente. Mais il comptait attendre un peu, ce n’était sûrement pas la bonne période pour venir faire de l’humour avec son père, et puis de toute manière, Garrett n’avait pas vraiment la tête à ça non plus.

" Moi ? Bourru ? Je ne vois pas de quoi tu parles. "

Souffla-t-il avait qu’elle ne le prenne dans ses bras. Ce contact, cette douceur… Cela faisait bien des années et des années que quelqu’un ne l’avait pas pris dans ses bras de la sorte, la dernière personne devait être sa mère, et cela remontait si loin qu’il ne s’en souvenait presque pas. Il serait resté comme ça pendant des heures, même si cela risquait de lui provoquer des crampes.

" Lauren, je connais quelqu’un que l’on peut aller voir, mais il ne faudra jamais parler d’elle à qui que ce soit d’accord. Elle est connue, et beaucoup aimerait avoir sa tête. Si quelqu’un peut nous donner des informations sur le meurtre de Yoren, c’est bien elle. "

Peut-être que la journaliste connaissait la Siffleuse, après tout la jeune femme était assez connu dans un certain milieu. Étrangement, celle-ci savait toujours pleins de chose, et il n’était pas rare de la croiser dans des soirées mondaines, comme dans au fin fond des bas quartiers. Après avoir lutté contre lui-même, Garrett se décida à rompre cette étreinte pour attraper son manteau et son chapeau, mettant le nouveau revolver dans son holster.




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Lauren Hill
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Ven 8 Juin - 16:12
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Doutes, déception… Tout cela, je ne le comprenais que trop bien. Il était sans doute légitime de l’entendre exprimer son désir de préférer avoir tué Yoren par lui-même. Évidemment, même si je pensais que cet homme méritait une bonne raclée, je ne parvenais pas à souhaiter sa mort. Et puis… Mieux valait aussi remettre les choses à leurs places et de faire en sorte que Garrett ne regrette pas de ne pas avoir cédé à cette pulsion mortelle.

-J'étais là ce jour-là, il y avait des témoins… Entre autres, la femme qui t’avais pris pour un habitué, raillai-je doucement. J’aurais donc été accusée de complicité de meurtre, nous nous serions fait arrêtés tous les deux, Richard serait toujours en liberté et continuerait à agrandir son ignoble collection… Ne regrette pas ton choix puisque tu as fait le bon...

Le serrant contre moi, je ne pus retenir ma main d’aller lentement caresser ses cheveux. La situation avait beau être mauvaise, à cet instant, je me sentais presque… apaisée. Les élans d’affections n’avaient jamais été ma tasse de thé, je voyais cela comme une perte de temps et n’en n’avais jamais ressenti ni l’envie, ni le besoin… Pourtant, j’appréciais le contact bien que je trouvais étonnant que Garrett ne me repousse pas…

Au bout de quelques minutes, l’inspecteur évoqua la possibilité de rencontrer une personne qui serait susceptible de nous donner des informations sur le meurtre... Une personne dont l’identité devait rester secrète. Je m’écartais légèrement, juste assez pour pouvoir le regarder dans les yeux.

-Dis-donc, je te signale que même si je suis journaliste, je sais garder un secret, lui répondis-je en affichant une mine faussement contrariée. Ne perdons pas plus de temps alors, allons-y, je te suis.

Je le laissais s’éloigner tandis que j’attrapais mon sac… Je réalisais en le cherchant que je n’avais même pas ôté mon manteau. Tout s'était enchaîné bien trop rapidement, une fois de plus… Comme à chaque fois que je me retrouvais avec lui…Je rangeais mes affaires dans mon sac, avisant le verre toujours plein que je n’avais pas touché et auquel je ne toucherai pas avant de suivre Garrett à l’extérieur.

-Est-ce loin ? lui demandais-je en observant la rue toujours si étonnamment déserte.

Tout était si calme que s’en était presque déstabilisant. Les badauds se faisaient rares à présent et les fiacres inexistants, pourtant l’endroit ne manquait pas d’habitation, il y avait même un ou deux restaurants, quelques magasins vendant les premières nécessités… Autant dire que je ne comprenais pas comment un tel calme était seulement possible, bien loin du brouhaha ambiant du reste de la capitale.

Détrompez-vous, je n’avais strictement rien contre le fait de devoir marcher, mes jambes étant généralement mon moyen de transport préféré. Néanmoins, j’étais pressée d’avancer dans cette affaire et toute aussi curieuse de rencontrer cette fameuse personne. Étant dans la rue, et même si celle-ci fut déserte, j’évitais de lui poser les questions qui se bousculaient dans ma tête. Il avait affirmé que cette personne était connue… Alors peut-être, l’avais-je rencontré ou au moins en avais-je entendue parler.



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Garrett Catesby
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Sam 9 Juin - 15:51
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Pouvoir être contre elle, sentir son parfum, la douceur de ses caresses. Il y avait ce petit quelque chose de touchant chez la journaliste, celui qui faisait que chaque contact était touchant, jamais semblable au précédent. Garrett repensait à la nuit qu’il avait pu passer à ses côtés, regrettant peut-être de n’avoir pas plus resté plus longtemps avec elle, car au fond, il aurait voulu. Avoir quitté la compagnie de Lauren, pour se faire arrêter comme le dernier des manants quelques jours plus tard chez lui, la chose était presque insultante, on y repensant. S’il devait y avoir une deuxième nuit commune, cette fois, il ne partirait pas, quitte à devoir se menotter tout seul à un des pieds du lit. Bien sûr, il n’irait jamais avouer telle pensée.

Il s’était attendu à ce que celle-ci pose plus de question sur l’identité de cette aide, mais non, étonnement, Lauren n’avait rien demandé. Peut-être les questions viendraient-elles plus tard. La rue était déserte, ce n’était pas souvent que la chose se produisait, mais Garrett avait fini par s’habituer. Il comprenait que lorsque l’on était habitué à connaître l'effervescence de certains coins, le calme de ce quartier pourrait déboussoler.

" Un peu, une dizaine de minutes, je dirais. "

Puis ils s’élancèrent dans les ruelles. En règle générale, il n’était pas facile de trouver la Siffleuse. Mais l’ancien inspecteur avait plus d’un tour dans son sac. Plus qu’une informatrice, la Siffleuse était presque devenu une connaissance, lorsqu’il avait besoin d’une information, ou d’une quelconque aide plus ou moins légale, il allait la voir. Elle se rendait utile pour lui, et lui se rendait utile pour elle, un service contre un autre, était-ce ainsi.

Ils longèrent plusieurs bâtiments à l’allure sinistre, jusqu'à s’enfoncer dans les ruelles encore plus lugubres que celle des bas quartiers, un éclairage foireux, et la moindre petite rue devenait un endroit à cauchemar. Sortant de l’obscurité, un homme se dressa devant Garrett, aussi grand que lui, chauve et avec une barbe drue, reconnaissant l’inspecteur, il le laissa passer, quant à la brunette qui l’accompagnait, il n’en fit aucun cas.

Garrett guida Lauren à travers un vieux bâtiment qui n’était peut-être pas aussi abandonné qu’il pouvait le laisser paraître. Ils débouchèrent dans une petite salle éclairée avec de vieilles lampes à huile. La jeune femme était assise sur une table, regardant dans la direction de l’ancien inspecteur avant même qu’il n’arrive, un peu comme si elle s’était douté de sa venue, puis son regard se posa sur la journaliste durant plusieurs secondes, cette visiteuse-là, elle ne l’avait pas prévu, ce qui pouvait se comprendre.

" Inspecteur, ou devrais-je simplement dire « Garrett » ? "

Dit-elle en le saluant.

" Appelle-moi comme tu veux, ravis de te revoir, ça fait… Un moment. "

La Siffleuse se leva de sa table, s’approchant des deux individus.

" Oui un petit moment en effet, j’ai appris pour le boucher, joli travail en tout cas, toi hein, pas lui. Tu ne me présentes pas ton amie ? Il me semble l’avoir déjà vu… Au bal du Gouverneur d’ailleurs, très jolie robe d’ailleurs. J’imagine que tu viens à propos de Yoren ? Joli coup aussi. "

" Joli coup ? "

" Évidemment, tu as bien agi, inspecteur, ce petit proxénète méritait de mourir, un fruit pourri de moins dans cette ville, bien qu’il reste encore assez de fruits pourris pour faire du compost. "

Ignorant la réponse de la Siffleuse il continua.

" Tu sais qui l’a tué ? "

" Et bien, toi non ? "




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Lauren Hill
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Sam 9 Juin - 18:07
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Ne sachant pas vraiment où nous devions nous rendre, je me laissais guider à travers différentes rues. Notre destination ne se trouvait guère loin de l’appartement de Garrett, mais pourtant les lieux ne se ressemblaient en rien. Ici, tout était sombre, comme s’il s’agissait d’un petit monde à part oublié du reste de la capitale. Tout était calme, mais plus dans le sens oppressant du terme, loin de l’atmosphère paisible que nous venions de quitter. J’avais même cette atroce impression de sentir des dizaines de regards invisibles de poser sur moi… Autant dire que je n’aimais pas cela… du tout. Cela me rappelait cette fameuse nuit où nous nous étions tous deux rendus sur le plan des versos afin d’interroger Yoren… J’adoptais d’ailleurs le même comportement, me plaçant derrière l’inspecteur en me focalisant sur son dos pour ne pas regarder le décor nocturne.

Il était étrange de se dire que ce fameux interrogatoire datait d’une dizaine de jours à peine alors que cela me semblait si loin à présent. L’ambiance me poussait forcément à repenser à ce moment passé dans ce bureau répugnant. À l’attitude du proxénète que j’avais trouvé ostentatoire, vulgaire en tout point comme si, après tout, il avait cherché à provoquer Garrett…

Perdue dans mes pensées, je ne faisais plus vraiment attention au décor dissimulé par le dos de mon guide… Si bien que l’apparition du mastodonte au crâne aussi lisse que son menton fut fournis, ne manqua pas de me faire sursauter. L’échange entre les deux hommes fut bref et silencieux. Le colosse à la porte se contenta de jauger mon accompagnateur sans se préoccuper de la moucheronne à son côté. Tant mieux pour moi qui n’appréciait guère me faire reluquer comme si je pouvais représenter une menace… L’homme s’écarta nous laissant pénétrer dans un vieux bâtiment que Garrett semblait connaître comme sa poche. Peut-être était-ce le cas, après tout, puisque nous venions justement rencontrer l’une de ces bien mystérieuses connaissances…

Connaissance qui s’avéra être une assez jolie fille, jeune, blonde, cheveux ondulent avec grâce sur le côté, de grands yeux verts, qui pour le moment semblaient m’observer comme si j’étais un… Nuisible? Bref, je ne vais pas m’attarder la-dessus, en tout cas, il ne s’agissait pas vraiment du genre de personne que l’on s’attendait à rencontrer dans pareil endroit… Elle y semblait si peu a sa place tout en le possédant en même temps. Ma description vous semble étrange ? Navrée, mais vous devrez vous en contenter.

Je les laissais parler, évitant soigneusement les présentations puisque la blonde semblait vouloir sauter du coq à l’âne sans aucun enchaînement logique. Cela m’arrangeait, puisque je me doutais bien que cette femme devait déjà connaître mon nom, celui de mes parents, mon lieu de naissance, et même le journal auquel je vendais la plupart de mes articles… Il suffisait après tout d’observer les regards qu’elle lançait à l’inspecteur pour comprendre que cette femme se renseignait sur toutes les personnes qui constituait son entourage, en particulier celle appartenant à la gent féminine…

Seulement, tout se bouscula dans ma tête lorsqu’elle félicita Garrett pour la mort de Yoren. Je m’étais raidie observant l’un et l’autre tour à tour comme si je venais d’entendre la plus grosse sottise de ma vie.

-Excusez-moi, mais… Puis-je savoir ce qui vous pousse à croire qu’il l’a tué ? demandai-je avec plus de fermeté dans la voix que je ne l’aurais voulu.

La blonde sembla se braquer comme s’il était aberrant que je me mette à poser des questions moi aussi… C’est mon métier et tu le sais, alors ne sois pas si étonnée.

- J’ai entendu quelques murmures... siffla-t-elle avec son ridicule cheveu sur la langue.

- Lesquels ? renchéri-je avec une certaine impatience.

-Garrett a été vu dans le quartier la nuit de la mort du maquereau. Tout le monde sait pour la plainte...Yoren le criait sous tous les toits...

-Je vois… Mais dans ce cas, était-ce réellement Garrett ou un homme barbu, plutôt grand portant un manteau et un chapeau ? Il est plutôt facile de se tromper… “La nuit, tous les chats sont gris”, il me semble, déclarai-je en croisant les bras tout en me plongeant dans mes réflexions.Et puis… Si Yoren s’est effectivement montré si bavard, n’importe qui aurait pu sauter sur l’occasion pour le tuer… Garrett est connu, il n’est guère difficile d’emprunter ses traits...

-C’est un raisonnement qui se tient… Elle n’est pas bête ton amie, souffla-t-elle à l’inspecteur avant de lui adresser un clin d’œil qui me fit lever les yeux au ciel. Mais pourquoi faire au juste ? Il est facile de tuer quelqu’un dans ce coin perdu, on retrouve des cadavres chaque matin sur les berges alors pourquoi...

Elle s’interrompit, le temps d’observer l’inspecteur et de se tourner vers moi. Je haussais un sourcil tout en lui lançant un sourire légèrement contrit en réalisant qu’elle venait à peine de comprendre mon raisonnement.

-Toi… tu es dans la merde,s'exclama-t-elle en reportant son attention sur Garrett. Je vais me renseigner auprès des moins bavards… Agnès sait peut-être quelque chose...

-Et qui est Agnès ?

-L’une des filles de Yoren… Et aussi sa maîtresse… Ils étaient très proches...



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Dernière édition par Lauren Hill le Dim 10 Juin - 0:56, édité 1 fois
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