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Chroniques d'Irydaë
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 Un matin comme les autres (En cours)

Garrett Catesby
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Ven 29 Juin - 21:34
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Il y avait tant de choses à régler, tant de choses à terminer, Garrett craignait de ne pas avoir le temps de régler toute cette affaire correctement, il était certains que ce serait difficile, même avec le soutiens de Lauren et de William, le terrain était des plus glissants, le moindre faux pas et il finirait dans la fosse avec les autres.

" Pour l’interrogatoire, j’ai ma petite idée. "

Il repensait effectivement à sa réplique, insultant sans dissimulation la femme de commissaire. Après tout, pourquoi mettre ça dans un éventuel rapport ? Rajouter une nouvelle insubordination à son dossier ? Puis au final, ce dit interrogatoire s’était révélé être une vulgaire accusation, suivie d’une insulte.

" Anonyme... Bien entendu, je voudrais bien avoir le nom de cet héros anonyme, juste pour lui demander ce qu’il a vraiment vu, ou ce qu’on lui a demandait de voir. Il est vrai que j’ai déjà… Usé d’un peu de violence pour atteindre mes objectifs, mais jamais sans aucune raison. Yoren méritait une raclée, Vurkilber aussi, Richard tout autant. La loi et mal faite, car elle condamne tout aussi bien qu’elle protège. Elle me sert dans mon travail, mais elle protège ceux qui ne doivent pas l’être. "

Au fond, tout était presque une simple question d’injustice, Garrett voyait la loi comme un outil, mais un outil à double sens. Capable d’apporter le jugement final, comme de défendre, il fallait parfois faire preuve de malice pour parvenir à ses fins. Et quand la malice ne suffisait pas, la légendaire méthode un peu plus direct était en général plus efficace.

S’en suivit un silence, durant aussi longtemps que nécessaire pendant que le serveur disposait les commandes sur la table. Il valait mieux rester discret, même ici, il devait être possible de trouver des oreilles attentives aux murmures, Garrett se doutait même que certaines personnes ici, devait travailler pour la Siffleuse, et qu’elle serait sans doute rapidement mise au courant de ce petit entretien. Puis le serveur se retira enfin, l’ancien inspecteur avait presque cru qu’il allait rester planté à côté d’eux pendant tout le repas, attendant que quelqu’un lui demande de saler un peu plus le plat.

" Justement, je connais bien ce proverbe et j’aurais aimé trouvé quelqu’un, mais personne. Même la milice semble avoir fait le travail à la va-vite, la zone n’a même pas était quadrillée, et aucune trace de crime, j’ai du mal à croire que les chiens errants ayant grignoté Yoren, aient nettoyer leur trace avant de partir. Le travail à été bâclé, suite à un ordre, ou non. "

Il fallait bien l’admettre, quelque chose avait merdé dans la hiérarchie, soudain, Garrett se demanda si Yoren était bel et bien mort, au cas où tout ceci soit une machination pire que tout ce qu’il aurait pu imaginer. Mais non, ça ne pouvait pas être aussi tordu. Il ne fit aucun commentaire lorsque William parla de sa fille, après tout, Garrett n’était pas sensé la connaître plus que cela. Cependant, il était d’accord sur deux points :
Le premier et non des moindres, il fallait s’assurer que Lauren ne se mette pas en danger inutilement, à présent il fallait absolument éviter tout risque inutile, d’autant plus que sans sa plaque, il n’était plus aussi utile qu’avant. Comme l’avait si bien dit William, à présent, il n’était plus que Garrett Catesby, un monsieur tout le monde comme il en existe des milliers à travers le monde.

Le second, et bien il allait être difficile de retenir la brunette, surtout si elle en avait décidé autrement, et outre la menotter à une gouttière, il ne voyait pas vraiment comment s’assurer du fait qu’elle ne s’en mêle aucunement. Il ne connaissait pas réellement la sœur de Lauren, et même s’il avait pu la côtoyer, il n’était en mesure d’énoncer les différences entres les deux jumelles, donc il se contentait de faire confiance au père Hill, tout en hochant légèrement la tête à ses propos.

" Pour le moment, je ne sais pas vraiment, comme vous l’avez dit, à présent, je ne suis qu’un homme comme un autre. Je dois tenter de limiter les risques inutiles. Cependant me lancer à la poursuite de Lauren ne m’avancera aucunement, je dois attendre qu’elle se montre. "

" Je n’en doute pas. "

Conclus finalement l’avocat. Il n’avait pas encore posé de question sur leur relation, et d’ailleurs, Garrett en était bien trop heureux pour se plaindre de la chose. Il se contenta de commencer son plat, jetant un coup d’oeil autour de lui jusqu’à croiser le regard d’un homme qu’il connaissait plus que bien ; Henker. Ce fils de lâche était ici, comment ? Peu importe, Garrett était certes en dehors de sa cellule, mais il ne fallait pas imaginer qu’il était libre de ses mouvements, il devait être là pour le surveiller. L’ancien inspecteur leva les yeux au ciel, manquant de soupirer.

" Quelque chose ne va pas ? "

Demanda William en marquant légèrement un sourcil.

" Henker, il est là. Trois tables derrière nous, il me colle comme une tique au cul d’un chien. "




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Phileas Graf
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Ven 29 Juin - 21:42
Irys : 144973
Profession : Clerc de notaire
Daënar 0
Si le notaire avait espéré voler le dernier mot à sa cliente, il en était pour ses frais: Phileas connaissait assez bien l’acoustique de l’endroit pour savoir que la voix claire de Lauren percerait sans trop de difficultés à travers la lourde porte en bois derrière laquelle son employeur s’était retranché. Bon, elle au moins tirait une certaine satisfaction de l’issue de cette confrontation, à voir le sourire qu’elle adressa au clerc après sa tirade. Quand aux excuses qui suivirent, elles reçurent un accueil assez laconique.

"J’avais remarqué."

Raillerie ou simple observation? Difficile à dire, vu le ton parfaitement neutre et le visage dénué d’expression de Phileas. Lauren pourrait lire dans ce court commentaire ce qu’elle voudrait.

Mais apparemment, le sujet de la guerre entre la journaliste et le notaire était clos, puisqu’elle enchaina avec une proposition à laquelle le clerc ne s’attendait pas. La tutoyer? Pourquoi pas, après tout. Voilà belle lurette qu’à sa demande il avait remplacé "mademoiselle Hill" par "Lauren". Passer au tutoiement n’était qu’une étape de plus s’éloignant des conventions sociales en vigueur dans leur relation. Conventions que Phileas ne suivait d’ailleurs que pour éviter de froisser des plumes, et pas parce que lui-même y tenait particulièrement. Il hocha donc la tête, se réservant tout de même le droit de revenir au vouvoiement en présence de Geier. Déjà que son employeur voyait d’un mauvais oeil qu’il appelle Lauren par son prénom…

Le commentaire à propos de son travail fit froncer les sourcils à Phileas. Il savait que ça partait d’un bon sentiment, mais la journaliste n’en était pas moins franchement à côté de la plaque. Croyait-elle que c’était pour son plaisir qu’il s’abimait la vue (et, pour être parfaitement honnête, la patience) à longueur de journée? Qu’il n’aurait pas préféré ne pas devoir constamment serrer les dents et la ceinture?

"Ma famille doit bien vivre, Lauren. Mon ‘salaire de misère’ vaut mieux que pas de salaire du tout."

Sa voix était peut-être un peu plus cassante qu’elle n’aurait dû l’être, mais il était trop tard pour rattraper les mots prononcés.

"Désolé, je ne voulais pas t’agresser. Geier m’exaspère aussi, mais ce n’est pas une raison pour m’en prendre à toi."

Tiens, s’habituer au tutoiement lui prendrait un moment, vu comme il sonnait étrange pour le moment. Bah, il s’y ferait. D’ailleurs, la suite de la conversation balaya bien vite cette réflection anodine. Bon sang, dans quoi Lauren s’était-elle fourrée cette fois? Et comment diable Catesby s’était-il retrouvé empêtré dans cette toile de manigances? Enfin, non, la réponse à cette dernière question était assez évidente: il était le coupable idéal pour porter le chapeau. Restait à trouver le mobile de la personne qui voulait l’éliminer. Vengeance personnelle ou simple rouage d’un plan plus vaste?

Le plan de Lauren pour innocenter l’inspecteur était risqué, et c’était peu dire. Peu de monde s’aventurait chez les versos volontairement. C’était en général ceux qui n’avaient pas d’autre choix qui y erraient un temps, voire s’y installaient définitivement pour les plus malchanceux. Le premier instinct de Phileas fut donc de chercher des arguments susceptibles de la dissuader de ce projet. Avant de se raviser. Non seulement la jeune femme n’apprécierait pas que quelqu’un tente de lui dicter sa conduite, mais tenter de lui retirer une idée de la tête tenait de l’impossible. Tout ce qu’il pouvait faire à ce stade était de lui éviter les ennuis une fois dans cette zone de non-droits.

"T’aventurer seule côté verso serait de la folie, bien sûr que je viens. Par contre, il va falloir trouver un excellent prétexte pour me décrocher d’ici, et je suis un peu à court d’idées."

Ils étaient pendant ses heures de travail, après tout, et "flexibilité" ne faisait pas partie des qualificatifs associables à ses horaires.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Sam 30 Juin - 22:45
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
Les réponses de son client le laissèrent quelque peu perplexe. L’avocat s’était bien évidemment attendu à entendre Catesby proférer de telles paroles, elles allaient si bien avec le personnage marchant sur un fil de funambule. Néanmoins, William savait parfaitement qu’une chute n’était jamais bien loin et souvent mortelle si l’individu n’était pas équipée des protections adéquates… Et dans ce cas présent, la protection en question restait la loi.

-Inspecteur, la loi ou plutôt la justice, n’est pas mal faite comme vous le dites, elle a seulement quelques faiblesses. C’est justement sur ces faiblesses que nous avocats nous servons pour sortir nos clients de situation comme celle dans laquelle vous vous trouvez actuellement,déclara l’avocat tout en portant sa fourchette à sa bouche. Il prit le temps de mâcher son morceau de viande, saignante, comme il l’aimait avant de reprendre une fois celle-ci disparue. Il n’est pas à moi de juger tout ceci, d’autant que sur les trois hommes cités, deux d’entre eux s’en sont directement pris à mes filles… Il est donc évident que je ne pourrais jamais me montrer totalement impartial sur le sujet. Votre travail à vous, en tant que milicien, est de mettre ce genre d’individu hors d’état de nuire, sur ce principe, vous répondez tout à fait aux critères, même si on vous demande surtout de les arrêter pour les mettre entre les mains de la justice, pas de faire justice vous-même. Même s’il faut avouer que votre manière de faire est certainement plus radicale que tout ce que les prisons daënares peuvent offrir.

La position de Catesby, dans cette affaire ou dans sa manière d’être en général, était des plus délicates. L’on pouvait aisément comprendre son raisonnement, celui-ci se trouvait doté d’une certaine logique, certes extrême, mais logique tout de même. Néanmoins, les choses ne se passaient pas ainsi en ce monde, et la justice, ses lois, avaient été faites pour répondre à un seul et unique questionnement : “Qu’est-ce qui nous sépare des bourreaux et des meurtriers dans ce cas?” Une simple question qui menait à beaucoup d’autre en réalité, comme celle-ci :”Est-il justifié de nous placer à leur niveau pour leur faire payer leur crime ?”

Rien n’existait jamais sans raison, bien que beaucoup semblaient l’avoir oublié. Malgré tout, William n’était pas là pour juger son client, par ailleurs, à l’image de sa fille, il n’avait guère d’opinion sur le sujet.

Il l’écouta ensuite décrire la scène du crime aux allures visiblement inhabituelles. L’avocat déposa doucement sa fourchette près de son assiette avant de s’essuyer les lèvres, vierges de toute trace de graisse, du bout de sa serviette.

-Je vois… À vous entendre, cependant, je ne suis pourtant pas certain que le terme “bâclé” soit le plus approprié dans ce cas précis. J’aurai même plutôt tendance à penser tout le contraire… Je vais envoyer un photographe sur la scène du crime, avec un ami huissier de justice comme appui de témoignage. Si cela ne prouve en rien votre innocence, cela mettra néanmoins en évidence une prise de liberté étonnante de la part de ce cher commissaire… Il est tout de même étrange qu’un homme avec de telles qualifications ne sache pas mener correctement une enquête, vous ne trouvez pas ?

Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres de l’avocat satisfait de ressortir de ce repas avec quelques appuis supplémentaires. La présence de ce fameux commissaire ne l’étonna pas plus que cela, néanmoins, les deux personnes ainsi attablées, y étaient en tant qu’avocat et client, ce qui en soit était on ne peut plus légal.

-[color=#9999ff]Rentrez donc chez vous, Garrett. Je sais que l’attente doit être horrible pour un homme d’action, mais pour l’heure, vous n’avez d’autres choix que de laisser cette enquête à d’autres. Lauren est ce qu’elle est, j’ai tout à fait confiance en son jugement et à sa capacité à déterrer tout ce qui peut lui servir./color]

Il fit signe au serveur d’apporter la note, ce que l’homme s’empressa de faire, sans oublier de proposer un dessert et un café, choses que William déclina aussitôt se contentant se sortir une liasse de billets de la poche intérieure de son veston. Là-dessus, il se leva, lentement, poussant sa chaise sans faire le moindre bruit.

-Je vous contacterez en cas de besoin, et n’hésitez pas à en faire de même. En attendant, tâchez de vous montrer raisonnable, vous avez des alliés, Garrett, ce n’est pas rien. lança William à son client tout en lui tendant la main sans pour autant quitter le commissaire des yeux.Ah… et saluez ma fille pour moi, voulez-vous. Je pense que vous la reverrez certainement avant moi,déclara-t-il à voix basse tandis qu’un sourire amusé s’esquissa sur son visage.

L’avocat, se reprit aussitôt, ajustant son veston pour se rendre dans la salle principale afin de récupérer ses affaires. Malgré tout, il ne put s’empêcher de s’arrêter devant Henker:

-Commissaire Henker! Quelle surprise !s’exclama-t-il en se plaçant devant lui. Voilà donc un choix de restaurant bien étrange pour un portefeuille de milicien, même gradé. Les affaires semblent marcher... J’ose espérer néanmoins, que vous ne vous offrez pas ce repas aux frais du contribuable, ce serait purement malhonnête en particulier venant de vous.

La pique était lancée et les sous-entendus à peine discrets. Il n’y avait rien de plus évident que ses insinuations portaient sur les relations du commissaire. Il savait que l'homme manquait cruellement d'esprit, mais cette fois, il ne pouvait ne pas comprendre... William ne laissa pas le temps à l’homme de répliquer, il s’empara de son manteau et sortit aussitôt…

*****

Aïe, je l’avais vexé. Pourtant là n’était pas le but, évidemment, je trouvais simplement dommage qu’un homme tel que lui soit aussi ouvertement exploité par cette vieille carne. Personne ne travaillait réellement par plaisir, enfin, personne dans sa situation. J’avais beau être née dans une famille plus qu’aisée, je savais pertinemment qu’il s’agissait là d’une chance et que la grande majorité des daënars n’en bénéficiait pas…

-Tu n’as pas à me présenter d’excuse, Phil, murmurai-je légèrement honteuse. Ce serait plutôt à moi de le faire, je suis désolée. Je ne voulais pas te blesser, c’est juste tu mérite bien mieux que Geier te donne à faire… Il t’exploite parce qu’il sait que tu n’as pas le choix et je trouve cela tout bonnement honteux.

J’aurais voulu l’aider, lui proposer mieux pour un salaire bien plus raisonnable, néanmoins, je ne voulais pas m’imposer dans la vie de mon ami et je préférais le laisser maître de ses choix. Cela dit, si jamais il requérait un jour mon aide, je ne reculerai devant rien pour lui prêter main forte.


Pour l’heure, il marquait un point, il me fallait trouver un prétexte pour que Geier se décide à le lâcher quelques heures. Ce ne serait pas une mince affaire, néanmoins, je tenais peut-être également un moyen d’aider mon ami.

-Et bien autant mêler ses affaires aux miennes. L’un des amis de mon père est sur la fin, il me semble que la famille cherche un notaire de confiance pour rédiger un testament et pour veiller à son exécution par la suite… Il peut me détester, il sait aussi que je peux lui ramener quelques clients intéressants… Sauf, qu’il est aussi évident que je ne le veux pas dans les pattes, mais je peux lui assurer qu’avec mon appui, tu obtiendras celui-ci sans qu’il n’ait à déplacer son vieux séant… Et pour couronner le tout, je peux également payer ton salaire de la journée à sa place...

Bon, c’était peut-être risqué, néanmoins cela tenait de la vérité, il suffirait ensuite d’en toucher deux mots à la famille en question et de leur présenter Philéas pour qu’ils lui confient leur affaire. Je m’avançais sans trop d’inquiétude, Geier avait beau être un vieux grippe-sou, il n’en était pas moins compétent, sans quoi mon père ne ferai jamais appel à ses services. Je savais également que Phil s’en sortirait à merveille. Cette famille avait besoin d’humanité et mon ami en avait à revendre.

-Penses-tu que cela suffit?

En réalité, je ne lui laissais pas le temps de répondre, à la place, je me tournais vers son bureau pour commencer à rédiger une note des plus cordiale à son patron, l’informant de la situation… Officielle, évidemment. Loin de moi l’idée de lui raconter que j’accaparais d’abord son clerc pour m’accompagner dans les bas-fonds… Il n’avait pas à le savoir après tout. Une fois la note achevée, je la pliais soigneusement avant de l’adresser au notaire par une petite annotation et de sortir du bureau de mon ami afin de glisser le pli sous la porte de ce cher monsieur.

-On y va ?lui lançais-je en souriant avant de me saisir de son manteau pendu à la patère et de lui tendre.Nous ferions mieux de décamper avant qu’il ne se décide à poser des questions.

Ainsi, j’entraînais le pauvre Philéas à l’extérieur en m’accrochant à son bras… Une sale manie, il est vrai, héritée de je-ne-sais où, mais que j’utilisais un peu trop souvent en particulier lorsque j’étais pressée… Et ce jour-là, j’étais vraiment très pressée. Avant de me mettre à héler un fiacre, je me dirigeais d’abord vers une confiserie. J’y achetais de quoi satisfaire les papilles de ces petits oiseaux, sachant que c’était un luxe dont ils ne pourraient jamais se permettre. Il ne s’agissait pas là d’un moyen d’acheter leur confiance ou leurs informations… Je ne pouvais simplement m’empêcher de les voir tels qu’ils étaient : des enfants à la vie bien trop compliquée pour leur âge. Bien sûr, ils étaient bien plus que cela, néanmoins, c’était ma façon à moi de les voir.

Une fois les bras chargés de sachets contenant les fameuses friandises colorées, nous prîmes un fiacre qui nous conduisit directement sur le plan des versos. Ce n’était pas la première fois que j’y mettais les pieds, pourtant le sentiment d’étouffement restait le même. L’endroit était sombre, les ruelles trop chargées, trop étroites pour pouvoir réellement s’y sentir bien. Ce n’était clairement pas le bon endroit pour grandir, tout du moins pas à mon sens. Il n’y avait aucune place à l’innocence dans ces quartiers… Aucune.

Le cocher nous abandonna au bout de l’allée principale, non loin de l’endroit où s’était achevé ma traque de Richard. J’observais chaque enfant qui passait devant moi, espérant reconnaître un visage familier, capable de nous guider jusqu’à ceux que nous étions venus voir… Néanmoins, aucun d’eux ne semblait me connaître ou montrer autre curiosité que celle portée vers les sachets que je tenais en main… Étrange...

-La dernière fois que je les ai vus, ils étaient près du cabinet du médecin… Mais j’avoue ne pas savoir comment les trouver cette fois...

J'avais bien fait de faire appel à Philéas, car j'étais totalement perdue...



Lauren s'exprime en #99ccff


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Havelock Glorka
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Mar 3 Juil - 22:43
Irys : 184970
Profession : Police secrète
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
-Vous ne savez vraiment pas où trouver le commissaire ?
-Non, pas du tout. Il est parti sans rien dire. Il ne nous dit pas tout.
-C'est vrai, j'oubliais. Il ne faut pas questionner un commissaire. Celui-ci a toute liberté de rentrer et sortir de son lieu de travail. C'est le principe même d'un officier de la milice, n'est-il pas ? Puis-je entrer quand même ?
-Il doit être présent pour cela !

Le pauvre milicien hésite un instant avant d'approuver du chef, ne sachant absolument pas où je veux en venir. Je l'ai trouvé là, à faire le pied du grue non loin du bureau du commissaire, son regard inquisiteur détaillant chaque nouveaux venus dans une volonté manifeste de rapporter à plus haut que lui l'ensemble des gens peu aimables qui auraient eu les velléités de chercher problème à son chef. Pauvre homme que ces bizuts sacrifiaient sur l'autel de leur servitude. Obligé d'obéir à cause de leur vœu à des ordres qui ne relèvent en rien de leur première volonté, celle de servir leur pays. Ça reste discret, un troufion au milieu d'un commissariat, il n'y a que les miliciens qui s'y sentent bien. Généralement, les autres castes de personnes n'y vont pas par plaisir. Pas de chance, c'est justement le type de comportement que j'apprécie. Quand on surveille, c'est qu'on a quelque chose à cacher. Et j'aime connaître les secrets des gens.

C'est le bureau qui est protégé. Soit. Plus qu'à chasser la chaperonne. Je pose une main paternaliste sur son épaule, même si j'ai pas sûrement pas l'âge d'être son père. Infirme, ça vieillit les gens. Ça passe facilement.

-Jeune homme. Je salue la détermination avec laquelle vous remplissez votre devoir. J'aurais été un dangereux espion My'träns tentant de m'immiscer dans les appartements de nos brillants leaders, vous seriez certainement le héros de cette année, un héros mort, certes, mais un héros. Toutefois, je ne suis pas un espion et encore moins du My'träns, le bureau du commissaire est loin d'être le centre du pouvoir de l'Union et il est encore moins envisageable que vous vous en tiriez avec les honneurs à m'en interdire l'accès avec tant de véhémence. Par contre, une fin dramatique de votre vie est … toujours envisageable. Métaphoriquement, j'entends.

Je laisse les mots coulés dans ses oreilles et ceux-ci faire sens dans son esprit. Il blanchit.

-Vous … vous me … tu....
-Bien sûr que non. Il y a des tas de façons de tuer quelqu'un sans même le toucher. Mais cela n'arrivera pas car vous allez me laisser passer. Juste quelques minutes. Que sont quelques minutes quand on a toute la vie devant soi ? Vous avez une famille ?

Ma voix sifflotante finit sur une note agressif. C'est pas tout ça, mais on a pas toute la matinée. Je l'écarte de ma canne et il se laisse faire. Pourquoi pas, hein ? Quelques minutes et puis plus rien. Brave garçon. Seul dans le bureau, je ne perds pas une minute pour chercher des informations. Le problème quant on est infirme, c'est qu'on a pas trop la facilité de fouiller des tas de lieux potentiels. Il faut viser juste ou s'acheter une nouvelle jambe. Les quelques papiers reposant çà et là sont inintéressants aux possibles. Une colonne de formulaires attendent d'être signé depuis une journée ; il semblerait que ce bon vieux Hencker a l'esprit bien trop occupé pour faire son travail, aussi futile soit-il. Bien. Je finis par dégoter ce que j'étais venu chercher. Un papier dans la poubelle, déchiré en plusieurs morceaux. Après un rapide jeu de puzzle, je tombe sur une adresse. Un restaurant. Plutôt chic si ma mémoire est bonne. Étonnant. Pas forcément un lieu pour un homme de ce cadre social. Je note les détails mentalement avant de renvoyer le papier dans la poubelle et je finis par sortir. Un clin d’œil complice à ma sentinelle qui détounrle regard et puis s'en va.

C'est sur le perron du commissariat que je m'aperçois de sa présence. Quelqu'un. Il était là. Il vient de disparaître dans l'ombre. Je fais mine de pas l'avoir vu, mais le rythme de mon cœur s'est accéléré un instant tandis qu'en mon for intérieur, je souris de toutes mes dents. Suivi ? Puis traqué ? Ce sont des choses de mon ressort, en théorie. Un chasseur pas très discret et agile, certes, mais je traque avec mes questions et ma perfidie. Ce sentir dans le rôle la proie n'est pas chose aisée, mais ça me conforte toujours un peu plus que je suis dans le vrai. Ou plutôt, que je marche sur le faux pour en extraire le jus du vrai. Je fais volt-face et entre à nouveau dans le commissariat. Sortir par derrière peut s'avérer utile.

Plusieurs fiacres plus tard, je pense avoir semer mon nouvel ami. Et je suis arrivé à destination. Je passe sur les détails de l'ascension qui sont toujours des croustillants pour ceux me portant trop peu d'estime pour se sentir peiné de mon état. Quoiqu'il en soit, c'est avec une joie manifeste que j'entre dans le restaurant, frôlant les murs, restant suffisamment discret pour ne pas attirer l'attention. Sauf d'un serveur évidemment, qui s'approche de moi, le regard neutre, mais empestant la suspicion, comme si j'étais le mendiant hebdomadaire venant pousser son petit scandale de charité.

-Monsieur ?
-Agent Glorka. Services internes. Je voudrais parler au commissaire Hencker. C'est important. Je ne serais pas long.

L'homme hésite un instant, puis acquiesce, m'intimant de patienter. Le commissaire n'appartient pas non plus au standing des lieux. J'aurais demandé à voir l'un des clients habituels, j'aurais été éconduit sans grande douceur malgré mon poste. Comme me l'a dit mon Superviseur, il ne faut pas trop s'approcher des puissants dans cette affaire. Pas trop. Toujours difficile de placer la limite. Voyant le serviteur passer entre les tables, je finis par repérer ma cible. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Et puis j'entends un éclat de voix dans cette direction tandis qu'un homme s'adresse à Hencker. Je ne perçois que des bribes, mais j'en perçois peu ou proue le sens. Serait-ce donc ce brillant avocat ? Hill ? Lui ne dénote pas dans cet environnement, j'ai cru apercevoir ses bureaux en passant. Je m’éclipse dans un renfoncement de porte pour le laisser passer, suivant son dos disparaissant dans le couloir, puis je retourne à mon poste. Pile au bon moment pour voir le serveur faire un signe de tête dans ma direction à Hencker. La déclaration de l'avocat n'a pas eu l'air de le contenter, ma présence semble effacer le peu de joie qu'il avait pour son assiette. Je lui dévoile mon sourire le plus carnassier. Allez, mon cher, vous n'allez tout de même pas esquiver une entrevue en tête à tête avec l'humble serviteur que je suis ?


Spoiler:
 
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Garrett Catesby
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Mer 4 Juil - 9:45
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Selon Catesby, beaucoup de choses n’allait pas dans ce monde ; de la loi, la justice, ou encore des personnes se chargeant de devoir l’appliquer par la suite. Le système était… Corrompu sur plusieurs niveaux, s’il était possible d’en déloger certains, d’autres étaient trop bien terré et bien trop puissant pour qu’il soit envisageable de faire quoique ce soit. Mais bon, un seul homme n’était pas suffisant pour faire changer les choses, il fallait… Un foutu miracle, et malheureusement Garrett n’avait pas le temps d’attendre un miracle, il devait passer à l’action et arrêter de traîner.

La visite d’Henker n’était pas du tout prévu, du moins pour Garrett se fut une surprise, et vu la tête de l’avocat, c’était aussi une nouvelle intéressante et qui n’était pas prévu au menu. Et le voilà qui se trouvait là, assit à peut-être une dizaine de mètres, en train de les regarder avec une espèce de sourire de péquenaud champion toute catégorie. L’ancien inspecteur se serait volontiers levé pour la faire avaler son assiette, pas ce qu’elle contenait hein, l’assiette elle-même. Au moins là, il y aurait eu motif a l’accuser de quelque chose.

Son attention se reposa sur William lorsqu’il mentionna Lauren, et le fait que l’inspecteur la recroiserait sans nul doute avant lui. Le sous-entendu était à peine voilé, mais Garrett se contenta de faire comme s’il n’avait pas saisi la chose.

" Très bien, j’essayerais, merci pour l’invitation. "

Attrapant sa veste et son chapeau, l’ancien inspecteur ne traîna pas dans les parages, il savait qu’il aurait dû mal à garder son sang-froid si une paire de couilles venait à pousser sur Henker, lui donnant alors assez de courage pour venir lui barrer la route. Enfilant sa veste tout en marchant, Garrett descendit les quelques marches suivant l’entrée de restaurant. La rue était calme, peut-être même un peu trop vu l’heure qu’il était, mais il ne s’en formalisa pas plus que nécessaire.

Longeant la rue, il tourna au coin d’un immeuble, continua encore son chemin, passant au-dessus de plusieurs clôture, et se campa finalement dans un angle, attendant. Henker ne pouvait pas avoir trouvé l’adresse du restaurant tout seul, quelqu’un devait pister Garrett, et ce quelqu’un arrivait. En tendant l’oreille, on pouvait entendre les bruits de pas et les sauts pour franchir les différents obstacles.

Le « fouineur » arriva au niveau de l’angle où Garrett se tenait, c’est alors que l’ancien inspecteur tandis le bras pour saisir l’individu et le plaquer au mur. Il le souleva du sol avec une aisance incroyable, chose qui pouvait s’expliquer facilement, car il ne s’agissait que d’un gamin des rues. Crasseux et vêtu de guenilles, il gesticulait comme un asticot contre le mur.

" Non m’sieur, m’faites pas d’mal m’sieur, s’il vous plaît. "

Le coin n’était pas vraiment connu pour ces orphelins errants, celui-ci, il n’était pas là par hasard, la chose était sûr.

" Pourquoi tu me suis ? "

" Je ne suis personne m’sieur, j’me promène juste, et j’aime bi… "

Garrett le leva encore un plus contre le mur, si bien que maintenant, le gamin était plus grand que lui, encore un peu et il pourrait le suspendre à un vieux tuyau de descente d’une gouttière.

" Tu peux mentir à d’autres, mais pas à moi, je répète, pourquoi tu me suis ?! "

" Je… C’est la milice m’sieur… Le gros moustachu… Il me donne de l’argent pour que je suive des gens… Il m’a demandé d’vous suivre m’sieur, et de lui dire où vous allez et comment m’sieur… C’est pas de ma faute, faut bien que j’mange m’sieur… "

Utiliser des gamins pour faire le sale boulot, même si ces petites paires d’yeux pouvaient se montrer particulièrement utiles, Garrett n’aimait pas les utiliser. Dans l’affaire de Richard, il avait certes profiter de quelques informations précieuses grâces à eux, mais utiliser des gamins dans des affaires trop sombres… C’était un coup à ce que ça leur retombe dessus, et eux contrairement à des adultes ne pouvaient aucunement se défendre. Garrett lâcha doucement sa prise, la reposant sur le sol.

" Tu es trop jeune pour t’occuper des affaires des adultes. "

Il fouilla dans sa poche et en sortit une poignée d’Irys, qu’il déposa dans la poche de gamin.

" Moi je te donne ça pour que tu arrêtes de me suivre, et que tu t’éloignes le plus possible de la milice et de l’inspecteur. "

Puis il le tira vers lui, plaquant presque sa tête contre la sienne en se penchant en avant.

" Et si jamais je te revois en train de me suivre, je te jure que je t'arracherais à un endroit d’où tu ne pourras pas descendre sans l’aide de pompiers, maintenant fout moi l’camp. "

Avant même de le reposer au sol, les jambes de gamins pédalaient déjà dans les airs comme s’il comptait sur cela pour doubler sa vitesse de départ. Il disparut en se faufilant au milieu des clôtures et autres cordes à linge. Garrett soupira, la milice, maintenant des mômes… Un bruit de pas manqua de le faire sursauter, il se retourna, sortant son arme de son holster, visant ce nouvel arrivant.

" Et bien Inspecteur, on menace les enfants, et maintenant, tu me pointe une arme dessus ? "

Garrett rangea son arme. Comment était-elle arrivait jusqu’ici ? Difficile à dire, mais sans doute devait-elle apporter de bonnes nouvelles.

" Tu tombes bien, enfin, j’espère. "

" Peut-être, on va faire un tour ? "

Dit-elle en tendant son bras en direction de l'ancienne inspecteur.




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Hugo Bittlesham
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Mer 4 Juil - 22:03
Irys : 339238
Profession : Messager, informateur
Guilde 0
Un sourire. Voila l'expression parfaite qui venait de prendre place sur le visage de Hugo alors qu'il observait la dame aux sachets ainsi que son ami, ou peut être mari ? La Fouine n'en savait rien, après tout. Il n'oubliait jamais un visage, de toute manière mais il était certain d'une chose, c'est que personne ne s'aventurait comme ceci dans un endroit comme le plan des verso avec des sachets de ce genre, tout en observant tout les gamins qui passaient par là. Il fallait bien tenter sa chance à un moment ou à un autre après tout. Et puis, Alban n'avait rien mangé aujourd'hui, un peu de sucre pourrait lui faire du bien, ou lui donner mal au...l'idée elle même s'évapora de la tête du Messager aussi vite qu'arrivée. Alban ne mangeait pas de sucre.

Resserrant son étreinte sur son adorable petit frère au visage innocent et à l'expression de naïveté la plus intense, la fouine commença doucement à avancer, ou du moins, il essaya de faire un premier pas ce qui n'était pas forcément chose aisé vu que, premièrement, Alban était devant lui et deuxièmement, il le regardait sans trop savoir quoi faire. S'abaissant à sa hauteur, Hugo posa son front contre celui du blondinet, fermant les yeux par la suite tout en prenant la main gauche de son frère pour la poser au niveau de son cœur, pour qu'il en ressente les battement. Alban ferma les yeux à son tour et vint se blottir contre lui tandis que l’aîné enserrera à nouveau de ses bras. Ils n'étais pas foncièrement cachés, tout les deux, et en se redressant, Hugo pu clairement percevoir le regard de la dame qui s'était posé sur eux deux. Peut être brièvement étant donné qu'elle balayait l'endroit du regard, mais toujours est-il qu'il avait vu ses yeux se river sur les siens. Regard qu'Hugo aurait soutenu, d'ailleurs. Après tout, il n'allait pas se laisser intimider ou autre alors que son petit frère comptait sur lui.

Alors qu'il observait la dame, et cette fois sans la lâcher du regard, Hugo plissait légèrement les yeux, comme pour essayer de mieux la voir. Elle était belle cette femme. Il n'en avait jamais vu de plus belle, sauf sa mère, évidemment. Et il souriait en plus, un peu niaisement, surement totalement ailleurs et très vite ramené à la réalité par le blondinet qui était entrain de lui tirer la manche en le regardant avec tout l'espoir du monde quant au contenu du sachet. Cette petite bouille adorablement mignonne que Hugo ne pouvait jamais y résister et immédiatement, il se mit en marche vers la femme avant de se planter devant elle, et devant son compagnon, par la même occasion qui était encore et toujours un parfait inconnu. De toute manière, tout le monde était un inconnu ici pour la Fouine. Et il n'avais pas pour envie que cela change après tout. La question était maintenant de savoir ce que voulait la femme et pour ça, Hugo croisa les bras devant son buste tout en la regardant. Sa capuche était remontée ce qui masquait convenablement sa chevelure mais tout son vêtement restait, somme toute, assez léger, grossière erreur par cette saison mais on arrivait bien vite à comprendre pourquoi il n'avait pas énormément d'habits vu que c'est Alban, le plus petit, qui portait tout.

"V'cherchez quoi ?" Demande-t-il à cette femme alors que le souvenir de sa mère revenait encore une fois dans son esprit. Il n'avait pas encore réussis à en faire le deuil, tout était trop récent pour lui Mais pour autant, il devait paraître fort. Et à vrai dire, il se fichait complètement du regard des autres gosses. Il ne connaissait personne, personne ne le connaissait de toute manière alors ce n'était pas ça qui allait le déranger outre mesure. Ils avaient leurs règles, ici, lui avait les siennes. Et puis c'est comme ça qu'il faisait à Aildor, alors pourquoi est-ce que ça ne fonctionnerait pas dans une ville comme celle-ci ?

Hugo posa finalement une main sur la tête de son frangin, lui offrant un doux sourire rassurant et sincère avant de le garder contre lui, mais en l'amenant à ses côtés plutôt que derrière lui. Au grand malheur du petit qui montra toute son inquiétude à être ainsi "sous les feux de la rampe" et vu la tête qu'il faisait, Hugo savait très bien qu'il était terrifié à l'idée d'être vu comme son égal. Du coup, la Fouine le laissa simplement retourner derrière lui, Alban s'accrochant au vêtement de son frère. Au moins, lui n'avait pas froid, ce qui n'était pas le cas du messager.


Thème musical de Hugo

"Parfois, ce sont ceux que personne n'avait imaginé, qui accomplissent des choses que personne n'avait imaginé"


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Tout ce qui est comme ça : <"Ce sont les pensées">
Tout ce qui est comme ça : "Ce sont les paroles"

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Phileas Graf
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Sam 7 Juil - 22:46
Irys : 144973
Profession : Clerc de notaire
Daënar 0
Il avait bien fait de lancer la balle dans le camp de Lauren pour le sortir de son bureau: le moins qu’on puisse dire, c’est que la journaliste ne manquait pas de ressources quand il s’agissait d’atteindre un objectif. Ni de ressources, ni de relations, d’ailleurs, comme il pouvait une nouvelle fois le constater. Cela l’étonnait sans cesse de découvrir à quel point elle était proche de ce monde si particulier dont elle mettait son point d’honneur à se distancer sans pourtant réussir tout à fait. Une remarque, une réaction, voire même une simple posture… Il y avait toujours bien quelque chose qui venait rappeler qu’elle avait toujours un pied dans une certaine sphère dans la société. Sans doute s’en serait-elle défendu si Phileas en avait fait la remarque à voix haute, mais cela n’en était pas moins vrai.

Enfin, l’heure n’était pas à l’analyse comportementale: ils avaient une mission à accomplir et un innocent à…ben, à innocenter. "Innocent", qu’il était étrange de penser à l’inspecteur Catesby en ces termes. L’homme qu’une bonne tranche de la population d’Alexandria craignait jusqu’il y a peu (à juste ou moins juste titre, le débat restait ouvert). Enfin, depuis peu Phileas était plutôt bien disposé par rapport à cet homme. Après tout, il s’était préoccupé d’une affaire qu’un autre aurait peut-être bâclé et étouffé, considérant les victimes comme des citoyens marginalisés de toute façon.

Le trajet vers le plan des versos était à la fois familier et étrange. Familier parce qu’en plus de connaître plus d’une personne dans ces sombres quartiers, lui-même y avait vécu quelques mois peu après son arrivée à Alexandria. Etrange parce qu’il s’y rendait en compagnie d’une personne qui n’avait rien à y faire et jurerait fortement avec l’environnement. Il s’était fait à Lauren, l’appréciait même. Des personnes qu’il côtoyait durant ses heures de travail, elle faisait partie du nombre très réduit avec qui il se sentait plutôt à l’aise. Mais ils étaient sur point de plonger dans un environnement bien différent des quatre murs familiers de son bureau, et il ne pouvait s’empêcher de se demander s’il n’était pas en train de faire une bêtise monumentale. Elle n’avait pas sa place dans ce plan des ombres. Et s’il lui arrivait quoi que ce soit, c’était lui qui en assumerait la responsabilité morale, sans compter les répercussions concrètes.

Enfin, trop tard pour faire demi-tour: ils y étaient et ils avaient un objectif concret, que Lauren ne tarda d’ailleurs pas à rappeler au clerc. Où les petits yeux peuplant ce quartier pouvaient-ils bien être fourrés? Partout où ils pouvaient voir et entendre sans être vus et entendus, ce qui rendait plutôt difficile de les trouver. Ils ne pourraient que se promener dans quelques endroits où ils avaient tendance à traîner et espérer que l’un d’eux viendrait à leur rencontre. Et, en parlant de venir à leur rencontre: une voix venait de les interpeler.

Phileas avait beau se creuser la mémoire (qu’il avait pourtant bonne), pas moyen de se rappeler les traits des deux gamins qui venaient de les aborder. Enfin, quoique: celui qui les avait abordés était à la limite où on commençait à ne plus compter comme un gamin. Quoi qu’il en soit, soit ces deux-là étaient nouveaux dans le coin, soit ils étaient encore plus doués pour se cacher que la plupart de leurs confrères.

La question qui leur était adressée avait surtout un intérêt pour Lauren, et le clerc lui céda donc l’initiative pour répondre, s’occupant, lui, de garder l’oeil et l’oreille ouverte pour anticiper tout grabuge autour d'eux. Tout au plus adressa-t-il un sourire encourageant aux deux garçons, en particulier à celui qui s’était bien vite réfugié derrière son ainé. En même temps il ressentait une pointe d’envie accompagné d’un gros sentiment de culpabilité. Envie parce que les deux frères (ils ne pouvaient qu’être frères) étaient ensemble, peu importe leur situation précaire. Culpabilité parce qu’il s’en voulait de considérer sa situation, confortable comparé à la leur, comme moins enviable que la leur.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Dim 8 Juil - 10:34
Irys : 884827
Profession : Journaliste / Reporter
Pérégrins +1
La siffleuse avait ce fameux don, étrange et quelque peu perturbant de se trouver toujours là où on ne l’attendait pas. Au fil du temps, la discrétion était devenue une sorte de seconde nature pour cette femme hors du commun, habituée à vivre dans l’ombre de la ville, qu’importe le milieu. La chose pouvait paraître simple à la voir agir ainsi, chargeant tour à tour de robe, de démarche. Même sa manière de parler évoluait en suivant son environnement. Pourtant, il s’agissait-là d’un travail harassant, difficile. Il fallait user de force, de patience pour pouvoir gérer ces quelques petits mouchards fidèles répartis un peu partout dans la ville. Quelques…Personne ne savait comment ce petit brin de femme doté d’un cheveu sur la langue avait pu monter un tel réseau et surtout le gérer d’une main de maître.

Cette fois, le mouchard qui l’avait aiguillé sur l’endroit où se trouvait l’ex-inspecteur, travaillait dans le café situé en face du restaurant dans lequel les deux hommes venaient de déjeuner. Rien de plus simple que de transmettre un message, le bouche-à-oreille fonctionnant à merveille dans la capitale… Les nouvelles se diffusaient ainsi, rapidement, et Anna n’avait plus qu’à le retrouver un peu plus loin. On lui avait également parlé du commissaire et du gamin sacrement indiscret. La Siffleuse connaissait assez bien Garrett pour savoir comment celui-ci allait réagir une fois que le rapprochement entre les deux serait fait.

-Comme promis, j’ai retrouvé Agnès pour toi. Elle comptait prendre le train pour Skingrad en n’emportant qu’un maigre bagage… Je l’ai cueilli juste avant qu’elle n’embarque, commença-t-elle en l’entraînant vers un petit jardin public bordé d’une clôture en fer forgé. Elle ne s’est pas montrée très bavarde pour le moment, la faute à l’affolement… Mais je me suis dit que tu préférerais l’interroger toi-même… Même si je ne pense pas qu’utiliser tes méthodes habituelles soit une bonne idée dans ce cas.


Entrant dans le petit parc de quartier, la Siffleuse salua d’un geste de tête le gardien se tenant sagement à l’entrée. Il s’agissait là de l’un de ses hommes, comme le vieillard assis sur un banc un peu plus loin. Celui qui semblait perdu dans la contemplation des canards qu’il nourrissait avec quelques morceaux de pain rassis. Ils évoluaient lentement, le long des allées, comme le ferait un jeune couple, même si l’homme semblait vouloir tirer dans les arbres plutôt que de courtiser sa belle.

-Quelque chose l’effraie, c’est évident, mais je ne sais pas encore quoi… Il faudrait la rassurer, sans quoi, Agnès ne dira rien, pas dans son état. Ton amie, la journaliste, pourrait peut-être se montrer plus diplomate que toi ou... moi. J’avoue manquer cruellement de patience, c’est que c’est une vraie tigresse cette blondinette.

Dans le but d’apaiser la prostituée et compagne du proxénète assassiné, la Siffleuse l’avait fait conduire dans une petite maison de ville. L’endroit était plus calme, plus neutre que sa planque, même si elle n’aimait pas y emmener des inconnus. Cette maison représentait son lieu de paix à présent troublé par la présence d’une catin hystérique… ou presque.

-Pour le moment, la belle dort paisiblement… J’ai dû la faire sédater, sans quoi elle aurait ameuté tout le voisinage.

Plaçant sa main délicatement gantée de dentelle noire dans sa petite pochette, la Siffleuse en sortie un petit carton avant de la tendre à son ami.

-Rends-toi à cet endroit lorsque tu seras prêt. Je pense que ta journaliste aura de quoi s’occuper jusqu’à la fin de la journée… C’est qu’elle est toujours si pressée, elle n’est pas si facile à suivre… Bien que certains y arrivent plus ou moins facilement… Si tu vois ce que je veux dire.

La jeune femme accompagna ses paroles d’un sourire avenant avant de poser un baiser sur la joue de l’inspecteur. Ses lèvres se dirigèrent ensuite vers son oreille où elle prit grand soin de murmurer.

-Sois gentil de mémoriser l’adresse et de brûler la carte. J’aime cet endroit, je ne voudrais pas avoir à m’en séparer. À plus tard, inspecteur, sois sage en attendant.

Lui adressant un signe de main, la jolie blonde s’éloigna lentement dans les allées. Elle espérait que Garrett suive ses conseils, car même dissimulé par quelques sourires plus ou moins aguicheurs, il s’agissait bel et bien de conseils ou d’un bien discret avertissement… Le commissaire avait bien prouvé qu’elle n'était pas la seule à avoir des informateurs et Garrett n’était certainement pas la seule cible de ces regards indiscrets. Seulement, si l’inspecteur connaissait bien ce genre de manœuvre, la journaliste, peu habituée à cela, ne se doutait absolument de rien.


*****

Je fus bien surprise de me retrouver devant un homme miniature au visage encapuchonné et un petit être au visage angélique visiblement effrayé. Je les observais tour à tour, avisant la tenue bien trop légère du plus grand, jurant cruellement avec cette saison hivernale. Le plus petit, quant à lui, flottait si bien dans ses frusques que je n’eus aucun mal à comprendre que le petit homme l’avait recouvert de tout ce qu’il possédait. Je ne les avais jamais vus, ni l’un, ni l’autre… ou peut-être que si, et avais-je simplement oublié leur visage. Ce dont je doutais fortement, car même si je distinguais à peine les traits du plus vieux, ceux de l’enfant ne pouvaient guère être oubliés.

-Et si tu commençais pas retirer cette capuche, j’aime discuter en regardant mon interlocuteur dans les yeux, répondis-je d’une voix se voulant douce.

Je n’ai jamais été à l’aise avec les enfants. Je les trouvais trop imprévisibles, trop changeant… Des êtres incompréhensibles et agités, tout du moins pour ceux venant d’un milieu plus aisé, mais pas trop. Là d’où je viens, les adultes prenaient grand soin d’ôter l’enfance à leurs rejetons en bourrant leur petit crâne de règles de bienséance exigeant d’eux flegme et réflexion d’adulte. Pour ma part, je n’avais pas à me plaindre de cette période. J’avais grandi dans une petite ville côtière à l’Ouest d’Ünellia, loin du côté guindé d’Alexandria. Ceci changea brutalement lorsque mon père ouvrit son cabinet au sein même de la capitale, abandonnant notre maison avec vue sur mer pour l’un de ces manoirs luxueux perché sur le plan des Astraux.

L’enfance et l'insouciance qui allait de pair n’étaient pas données à tous, et certainement pas à ses enfants des rues. Observant le petit blondinet tout tremblant, je me mis à sa hauteur, m’accroupissant face à lui tout en déposant une main sur sa joue gelée.

-Tu as froid? lui demandai-je doucement pour ne pas l’effrayer davantage.

Ses petits yeux hésitants semblaient plus intéressés par les sachets colorés entre les mains plutôt que de soutenir mon regard.

-De quand date votre dernier repas, interrogeai-je le plus grand. Où sont vos pa...


Ma question inutile mourut dans ma gorge. Je n’étais pas mère, mais je savais qu’aucune de ces femmes ne laisserait ainsi leurs enfants. Même sans le sous, elles s’échinaient toujours à préserver leurs rejetons, quitte à se priver elles-même. Ces deux-là ne pouvaient donc qu’être orphelins, comme le prouvait l’attitude du plus grand, voulant paraître bien plus âgé qu’il ne l’était réellement.

Le ventre vide, mes sucreries feraient bien plus de mal que de bien. Hors de question donc de les rendre malades avec des bonbons… J'arrêtais donc un marchand de brioches ambulant. J’en achetais deux garnies visiblement, généreusement de viande et de légumes. Ce n'était certes pas grand-chose, mais bien plus convenable pour des estomacs creux que mes friandises. Une fois fait, je leur tendis à chacun une brioche encore chaude, sans ajouter un mot, je n’aurai su que dire dans tous les cas.

- Un simple renseignement en réalité. Il s’est passé quelque chose dans le quartier il y a deux jours...

J’hésitais à parler du meurtre devant le plus petit. J’avais bien conscience que ces gamins-là étaient constamment confrontés à la réalité bien lugubre de la vie, dans ces quartiers plus qu’ailleurs. Néanmoins, pour moi, il s’agissait bien d’enfants. Je me retrouvais donc dans une situation des plus inconfortable.

-Avez-vous vu quelque chose ? Un homme avec un long manteau noir et un chapeau haut de forme ? Ou quelqu’un d’autre avec une attitude étrange que vous pourriez me décrire… Ou entendu quelque chose, des rumeurs, n’importe quoi ?



Lauren s'exprime en #99ccff


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Havelock Glorka
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Lun 9 Juil - 22:29
Irys : 184970
Profession : Police secrète
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Il prend son temps, visiblement indisposé par ma présence. Il semble préoccuper par d'autres individus dans la salle de restaurant. Des alliés ? Des adversaires ? Je ne sais pas. Je n'ai une vision d'ensemble de grande salle, le regard inquisiteur ; on dirait moi ; du personnel ne m'autorisant pas à avancer ma carcasse un peu trop et ainsi indisposer plus d'un de leur client. Je préfère éviter de trop tirer la corde. Les restaurants sont des lieux où les serveurs sont les rois et il ne serait pas très bien vu de commettre un scandale au milieu de gens puissants ou riches. Souvent les deux. Je reste donc dans l'ombre, fixant le commissaire de mon regard, malfaisant. Il s'agite. Il transpire. Par deux fois, son regard cherche un échappatoire. Il y en a, bien sûr. Mais est-ce une bonne chose à faire ? Finissant par n'écouter que son courage, Hencker se lève et se dirige dans ma direction, évitant de croiser mon regard, manquant à un moment de faire tomber le plateau d'un serveur sur une jeune demoiselle qui l'aurait tailladé sur place si une goutte de sauce avait réussi à toucher sa robe. Frottant ses mains moites contre sa veste pour lui redonner contenance, il ne fait qu'accentuer son absence totale d'assurance. Son front luisant d'une sueur de peur me donne l'envie de le comparer à une limace se traînant vers son inéluctable destin. Moi. J'aime le mélo-dramatique.

-Approchez, je vous prie. Je n'aimerais pas que notre conversation soit entendu par des oreilles indiscrètes.
-Vous … vous êtes venus pour Catesby ?

Petite surprise. Était-il là ? Dommage. Mais ce n'est que partie remise.

-Je ne vois nul autre individu intéressant que vous, commissaire. Vous obnubilait mes pensées actuellement. N'y voyez aucune allusion.
-Mais je … pensais que...
-On me rapporterait que nos conversations vous déplaisent au plus au moins alors qu'elle transpire de toute l'honnêteté de ce monde ? Oui, malheureusement, j'en ai entendu parlé. Vous me décevez, commissaire. Je pensais que nous étions devenus amis.Tss. Tss. Tss. Ce n'est pas très gentil.

Instant de silence, tandis que je me penche en avant, mes lèvres minces dessinant un sourire sans joie s'approchant de son oreille. Il a un réflexe ; tout à fait légitime ; de reculer d'un mouvement de tête, mais ma progression est inexorable.

-Commissaire, je pense que beaucoup de vos amis ne doivent pas me considérer bien plus haut qu'un sale clébard. Et bien, sachez, que je suis effectivement un chien, de chasse. Et un chien de chasse ne fuit pas à sa niche quand il sent l'odeur rance de vos amis. Nooon. Il suit l'odeur et attaquent à la gorge, déchiquette la peau, broie les os et laisse pour mort la carcasse de celui qui a osé penser que son terrain de jeu pouvait être son territoire. Dites moi, commissaire. Quelle est votre type, à vous ?

Je ne souris plus. Nos visages se touchent presque, son regard ne pouvant esquiver mon regard fixe, menaçant, mon sourire disparu, les lèvres retroussées, les canines à peine visible comme si j'allais à l'instant mettre ma métaphore à exécution.

-Quelque chose ne va pas, monsieur ?

Un serveur vient à la rescousse de son client. Soit. J'aurais voulu profiter un peu plus de mon cher ami. Distillé cette peur dans chaque fibre de sa peau afin d'en tirer cet élixir dont nous autres sommes friand. La colère. La haine. La peur est le sentiment fort et impitoyable qui plonge un homme dans ses retranchements. Qui le pousse à agir. À détester celui qui le menace. A tout entreprendre pour que cela cesse. L'amener à l’erreur de trop. Celle qui scellera son destin. Le bon, ou le mauvais côté de l’abîme. Il cherche à s'éloigner, je l’agrippe par sa manche avec ma main blessée et répugnante. Il tressaille de dégoût. Pas de faux-semblants. Je n'ai que quelques instants.

-Retrouvez moi, vous seul, sur les lieux du crime. Ce soir. Nous verrons si nous pouvons régler cette affaire comme il se doit.

Le serveur finit par s'interposer, me bousculant légèrement au passage. Je ne lui en tient pas rigueur. Hencker, protégé par la carcasse haute de l'homme, me jette un regard abasourdi comme si j'étais dément qui venait de crier à la face de toute la haute société tous ces secrets les plus vils. Pas encore, Hencker, pas encore. Il ne se fait pas prier pour se précipiter dans la direction inverse, bousculant quelques clients en bredouillant des excuses bien maladroites. Le serveur me jette un regard dur, serrant le poing, m'indiquant clairement que si je ne déguerpis rapidement d'ici, il utilisera une méthode que je préférais éviter en si bonne compagnie. Je lève mes mains en signe de bonne foi, fait quelques pas vers la sortie, puis me retourne, un sourire honnête éclairant mon visage. Je mets la main à la poche.

-Il me semble que mon ami n'a même pas penser vous laisser de pourboire...


Spoiler:
 
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Garrett Catesby
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Mar 10 Juil - 10:02
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
C’était toujours une surprise de tomber sur Anna à l’arrière d’une petite cour de quartier. Pour certaines personnes la rencontre ne devait pas être aussi agréable que pour Garrett, c’est vrai que pour le moment il ne s’était encore jamais inquiété des intentions de celle-ci, le devait-il ? Difficile à dire, après tout elle n’était pas comme son frère, elle était… Sans doute plus réfléchi que lui. Cela faisait longtemps qu’Anna jouait à ce petit jeu de Siffleuse, à savoir tout ce qu’il se passe que se soit dans la haute sphère comme un fond de caniveau puant, quelqu’un de non réfléchi n’aurait pas survécu plus d’une semaine, peut-être deux en étant optimiste.

" Skingrad ? Donc elle a bien peur de quelqu’un ou alors elle est dans la combine. Yoren était une sorte de protecteur certes, mais quel genre d’homme peut se mettre à dos une prostituée qui se contente de faire son travail… Surtout dans un bordel comme celui de Yoren, si encore Agnès travaillait dans un établissement comme le Passiflore, je comprendrais qu’elle est pu voir ou entendre quelque chose de plutôt… Distrayant. "

Ils continuèrent de marcher, atteignant ce petit jardin. De loin, il aurait facile de penser à un petit couple profiter d’un petit vent frais et que quelques rayons de soleil pour sortir, même si parc et autre jardin richement fleuris n’étaient pas vraiment pas vraiment le genre de lieu de prédilection de l’ancien inspecteur. Garrett nota bien le visage des hommes qu’elle salua, ce n’était pas par hasard, il devait s’agir de deux informateurs, le genre de type passe-partout que l’on pouvait croiser dans une rue, une bibliothèque ou encore un parc.

" Sédater ? Et bien, ça, c’est de l’affolement… J’imagine qu’il est difficile de raisonner une hystérique. Je verrais si Lauren veut s’y essayer, il y a de nombreuses chances qu’elle accepte, mais pour le moment, je la laisse enquêter de son côté. "

De toute manière, il ne pourrait pas la retrouver comme ça, et jusqu’à preuve du contraire il n’avait toujours pas eu le droit de se rendre dans les bas quartiers. Pour une scène de crime, il était facile de se montrer discret, or pour retrouver quelqu’un, se contenter de passer dans les zones d’ombres n’était généralement pas suffisant. Même s’il avait quelques idées pour arriver à ses fins à ce niveau-là.

Garrett prit la petite carte dans sa main, mémorisant l’adresse. Il plongea sa main dans une poche et en sortit un briquet. Il ne fumait pas, enfin, cela faisait longtemps, mais il avait toujours gardé sur lui son briquet, peut-être un moyen de se souvenir de ce passé, ou tout simplement parce que l’on pouvait toujours avoir besoin d’une petite flamme. Il laissa une pointe de la carte au-dessus de la flamme jusqu'à ce que celle-ci s’enflamme doucement. Il lâcha enfin la petite carte qui termina de se consumer avant de toucher le sol.

Un baiser… C’était étrange, même venant d’elle. Anna n’était pas très démonstrative dans sa gestuelle, elle était certes mignonne, des rondeurs où il en fallait, un joli sourire, mais avec elle tout n’était que façade. Un peu comme une sorte de filtre dissimulant sa véritable nature, dans ses heures les plus sombres elle n’avait rien de la blondinette souriante, loin de là. En échange de petites informations, Garrett lui se contentait de fermer les yeux sur certaines activités, parfois des personnes disparaissaient, puis elles revenaient, d’autres non. Anna avait souvent de petites rixes avec d’autres membres de gang ou tout simplement des citoyens peu honnêtes lui mettant des bâtons dans les roues, si la Siffleuse ne pouvait avoir d’informations à cause d’un élément perturbateur, d’une certaine manière Garrett aussi se retrouvait pénalisé, une sorte de cercle vicieux.

Maintenant il avait une adresse, il ne lui restait plus qu’à retrouver Lauren, et le « soit sage en attendant » était tout simplement une façon de lui dire de ne pas se montrer trop pressé. Cependant, il savait à présent qu’il était espionné par des gamins. Il en avait attrapé un, mais combien pouvait-il y en avoir en tout ? Difficile à dire comme ça, mais des orphelins acceptant tout et n’importe quoi pour quelque irys, il y en avait plein les rues. Réajustant son manteau, l’ancien inspecteur quitta l’enceinte du petit parc, toujours sous le regard des informateurs d’Anna. Que faire à présent ? Il ne pouvait pas se rendre dans les bas quartiers, et encore tenter le face à face avec Henker sous peine de se retrouver une nouvelle fois derrière les barreaux, et possiblement pour de bon. Ils avaient retrouvé la trace d’Agnès, mais, toutes les autres, où avaient-elles pu aller ? Combien de filles travaillaient pour Yoren… Une dizaine peut-être, et son foutu Gorille là.

L’inspecteur se serait giflé s’il l’avait pu. Le gorille bien sûr ! Yoren ne sortait jamais sans être accompagné de son garde du corps et benêt de service. Pourquoi il n’y avait aucune trace de ce type ? Pas que cela aurait pu changer quelque chose, même si le benêt était assez imposant, une balle avait le don de faire capituler beaucoup d’hommes. Mais il n’y avait aucun corps, plus que cela, tout le monde semblait l’avoir oublié celui-là, tout comme Garrett avait fini par l’oublier, se concentrant uniquement sur le proxénète. L’inspecteur rebroussa chemin, croisant le regard surpris du gardien, Garrett s’en approcha.

" J’imagine que tu es un homme fiable n’est-ce pas ? Évidemment que tu es un homme fiable sinon tu serais en train de nourrir les poissons. Tu vas faire quelque chose pour moi, dit à la Siffleuse qu’on a oubliée un élément, le Gorille du proxénète. Merci de ta coopération l’ami. "

Un Gorille en liberté, c’est facile à trouver non ?




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Hugo Bittlesham
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Mar 10 Juil - 11:25
Irys : 339238
Profession : Messager, informateur
Guilde 0
Alors que la dame s'abaissait pour arriver à la hauteur de son frère, Hugo démontra clairement son instinct protecteur en resserrant légèrement son étreinte sur le blondinet, bien qu'il décide finalement de la laisser faire. Hugo n'avait aucune confiance envers les personnes présentes ici et cela se ressentait, il n'était pas dans son élément. Et même si le froid lui mordait la peau, il ne devait rien lâcher pour pouvoir protéger son cadet.

"C'est pas le froid qui est pire pour lui ... C'est c'te ville qu'est étrange et bizarre et ... Pleins de trucs pas normaux."
Hugo pris l'initiative de répondre à la place de son protégé, vu que ce dernier se refuse visiblement de parler mais quand bien même, le petit visage enfantins aux traits doux s'illumine doucement au moment ou Lauren reviens avec les brioches et bien qu'Hugo accepte la sienne, il n'y touche pas pour le moment, attendant déjà que son frère finisse la sienne. Si jamais il venait à avoir encore un peu faim, au moins, il resterait un peu de celle de la Fouine.

Alors que le blondiet se mit à grignoter sa Brioche, Hugo tourna son attention vers la femme, plissant légèrement les yeux et fronçant les sourcils vu qu'elle avait commencé à vouloir abordé le sujet parental. Et grand bien lui fasse, elle avait décidée de changer de sujet. Une informations, hein ? C'est bien la le domaine d'excellence de la Fouine et cela tombe bien, des informations, il en avait à la pelle mais peut être pas vraiment ce que la femme recherchait. Amenant les mains sur les bordures de sa capuche, Hugo fit en sorte de l'abaisser afin de libérer ses cheveux ainsi que son visage, permettant à Lauren d'en observer les traits, bien qu'encore un peu enfantins, mais déjà marqués par l'envie de grandir rapidement, son regard bleuté se posant dans celui de la journaliste.

"S'vous cherchez des info, la, j'suis votre homme. J'm'appel La Fouine. Ravis d'vous connaitre."
Ravi, c'était vite dit. En réalité, Hugo n'en avait rien à faire et il ne serait ravi qu'une fois les Irys empochées. Et des Irys, il en manquait encore cruellement pour pouvoir prétendre à retrouver son père. Soupirant doucement en se maudissant intérieurement, le jeune homme reporta son regard sur la femme.

"Tout l'monde est étrange pour moi ici, m'dame ... Même vous, sans v'loir vous vexer hein ... Mais v'z'avez pas une description d'la personne ? P'c'que bon, un manteau noir et un chapeau, c'pas qu'ça court les rues, mais quand même ... P'is si vous v'lez des info, j'vous l'dis direct, c'est cinq Irys. Par contre, si j'met trop ma vie en danger p'vous apporter c'que vous cherchez, j'rajoute entre cinq à quinze Irys. Et non, l'brioche c'compte pas ... Sauf si v'z'avez d'autres info à m'échanger, là, j'prends."
Il était toujours aussi direct dans ses annonces. Il lui fallait bien ça, de toute manière, pour parvenir à survivre par ici. Et même pour survivre à Aildor. Ah, Aildor, sa ville natale. En y repensant, Hugo savait qu'elle lui manquait. Il avait bien remarqué qu'il n'était plus aussi souriant qu'avant et qu'il n'avait même plus la capacité de se déplacer correctement vu son taux aussi léger de vêtement, juste assez nombreux pour ne pas le faire mourir de froid, mais pas assez pour lui permettre de se réchauffer.

Hugo l'observait, simplement, en gardant Alban derrière lui, le plus petit se cramponnant à la veste du plus grand en enfouissant son visage dans son dos. Hugo ferma les yeux, inspirant doucement puis expirant par la suite tout en questionnant son plus proche compagnon, mentalement. Sa main droite se portera d'ailleurs à son buste, venant serrer le tissu recouvrant le pendentif.

<"Petit serpent d'argent ... On dirais que je vais finalement avoir besoin de toi à nouveau, j'avais promis de te laisser te reposer, mais je pourrais pas le faire en veillant aussi sur Alban ... Aide moi, je t'en prie, donne moi un signe, peut importe lequel ... ">

Reportant son attention sur la femme en ayant totalement oublié, voir même mis de côté son accompagnant, Hugo restait à sa pleine écoute...

Ce qui n'était pas le cas du petit blond qui venait maintenant de terminer au moins un vingtième de sa brioche avant qu'il ne relâche Hugo et ne s'approche de Phileas. C'est bien un donc propre à ce petit blondinet, quand quelque chose ne va pas, il le ressent, fortement. Ce lien Humain qu'Hugo n'aura peut être plus jamais, ou peut être qu'il ne l'a jamais eu. Toujours est-il que le plus jeune s'approche de l'homme en cassant un petit bout de Brioche avant de le lui tendre, doucement, la tête penchée sur le côté et un petit sourire simple, naïf et innocent affiché sur le visage. Il savait bien que quelque chose n'allait pas bien avec Phileas mais il ne saurait dire quoi. Et pour autant, il s'en fichait également car cela ne l’intéressait pas, lui, il souhait simplement que tout aille bien.  Qu'il prenne le morceau de brioche ou non ne l'interessait pas de toute manière, il souhait seulement contribuer au bonheur, même simple, des personnes de son entourage.

Et à ce geste, Hugo en fit de même avec sa propre brioche, rompant un bout pour le proposer à Lauren tout en affichant à son tours un léger sourire. Il n'y avait là rien de moqueur, mais les deux frères s'entendaient mutuellement là dessus, si Alban estimait partager sa nourriture, Hugo le ferait également.


Thème musical de Hugo

"Parfois, ce sont ceux que personne n'avait imaginé, qui accomplissent des choses que personne n'avait imaginé"


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Lauren Hill
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Mar 10 Juil - 14:34
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Comme je m’en étais douté, le blondinet ne me répondit pas. Trop timide et effrayé sans doute pour cela. Je ne pouvais que le comprendre, il ne nous connaissait pas. Nous n’étions que deux inconnus aux allures bien différentes des habitants des lieux. En cela, Philéas et moi ne pouvions qu'être intimidant pour ce gamin encore bien trop jeune pour vivre dans les rues… S’il ne disait rien sur sa condition, les frusques qu’ils portaient sur le dos parlaient pour lui… Tout comme son aîné, apparemment.

La répartie du gamin à capuche m’arracha toutefois un sourire sincèrement amusé. Bien malgré moi, évidemment. Il fallait me fallait néanmoins reconnaître que ces enfants contraint à une vie risquée et bordée d’incertitude devaient rapidement apprendre à se montrer fort, sûr d’eux. Et pour cause, en observant le comportement de ces deux-là, je compris que la responsabilité d’élever et de subvenir aux besoins du plus petit revenait au plus grand. Ils semblaient proches, bien plus que je ne l’étais avec ma propre sœur, pourtant jumelle. La vie et notre éducation ne nous avaient pas conduites à nous rapprocher, mais plutôt à cultiver nos différences avant d’en venir à creuser un fossé plutôt frappant. Je ne pouvais donc qu’admirer ce lien existant, flagrant et presque palpable entre ces deux enfants… Je ne me sentais pas particulièrement touchée par cela, pas au sens maternel du terme en tout cas. Je préférais laisser cela à Gale, elle était bien plus douée que moi. Mais, malgré tout, je ne pouvais pas pour autant fermer les yeux… Cette admiration devait d’ailleurs s’y lire aisément, je ne cherchais pas à voiler mes émotions, préférant me montrer honnête face à ces gamins des rues pour qui les filtres émotionnels ne devaient pas encore exister, tout du moins chez le plus petit. Le grand, lui, se montrait déjà bien plus mature et volontaire, même s’il était impossible d’oublier son jeune âge avec un tel visage aux traits juvéniles.

-Enchantée, la fouine. Voilà un nom fort intéressant, lui dis-je en souriant légèrement.Je m’appelle Lauren et le monsieur derrière moi se prénomme Philéas, je conçois que nous pouvons vous paraître étrange, mais je peux vous assurer que vous n’avez strictement rien à craindre de nous.

Je m’évertuais à le rassurer, non pas pour gagner sa confiance, c’était probablement peine perdue, mais plutôt pour éviter d’éveiller sa méfiance plus que nécessaire… Méfiance qui se voulait généralement communicative, en particulier dans les ruelles sombres du plan des versos. Je l’écoutais donc décrire ses impressions de la ville, des gens… Je réalisais donc que ces deux-là ne pouvaient en aucun cas être originaire de la capitale daënare. Sans quoi, il ne trouverait rien de plus étrange dans cette rue que la présence de mon ami et surtout la mienne. Le reste ne pourrait qu’appartenir à un décor aux allures bien familières, ce qui n’était, apparemment, pas le cas. Ce qui ne faisait donc que confirmer, finalement, ma première opinion les concernant.

Je pouvais aisément concevoir que ma description pouvait paraître floue, c’était tout à fait voulu, simplement parce que je ne voulais en aucun cas influencer sa réponse. Garrett avait été vu, déambulant dans les rues le soir du meurtre, hors, c’était fort peu probable, même si je n’avais aucune preuve pour réellement l’affirmer. J’avais confiance en Catesby, malgré son tempérament bourru et parfois violent. Je ne le voyais pas se rendre chez le proxénète, une semaine après leur altercation, dans le but de lui régler définitivement son compte. Enfin, ce n’était que mon avis personnel, je ne le connaissait finalement pas assez pour en être réellement certaine.

Néanmoins, je fini par répondre à la fouine, lui donnant une description se voulant plus globale que réellement détaillée. Toujours dans le but de ne pas influencer son regard…

-Effectivement, manteau et chapeau ne manquent pas, mais cet homme-là est assez marquant pour se détacher des autres. Tu n’aurais pas pu passer à côté. Il est très grand, brun, barbu… Il marche rapidement en regardant droit devant lui...d’une manière des plus déterminée.

Un nouveau sourire se dessina sur mon visage lorsque je pensais à l’attitude générale de ce cher inspecteur. Attitude bien particulière, il fallait bien le reconnaître… Mais, non, il n’aurait certainement pas pu passer inaperçu s’il s’était rendu dans ce quartier, pas avec son apparence et ce visage continuellement fermé, sans parler de son regard glacial.

-En réalité, c’est justement ce manteau et ce chapeau particulièrement haut qui m’intéressent. Tout comme la description de l’homme que toi, tu pourrais me faire. Je paierai évidemment pour ces informations, celles-ci comme tout ce que tu pourrais m’apprendre sur les évènements s’étant déroulés dans ce quartier depuis une semaine. Je le ferai, certes, mais selon mes propres tarifs, déclarai-je en jetant observant le petit blondinet. Et crois moi, tu seras gagnant, ceux-ci débutant justement à quinze irys pour une information mineure…La brioche était un cadeau, pas un paiement. En revanche, même si j’apprécierai grandement ton aide, il est parfaitement hors de question que tu te mettes inutilement en danger. Tu as quelqu’un à charge, ne l’oublies pas et une vie n’a pas de prix.

L’on pouvait me reprocher bien des choses, mais certainement pas d’exploiter des enfants. Hors de question. Je ne lui demanderai pas d’aller fouiner n’importe où, ni même de chercher les choses à ma place. Non. Je n’en avais qu’après les informations qu’ils pouvaient déjà avoir en sa possession, de façon plus ou moins consciente. Parfois, nous entendons des murmures auxquels nous ne prêtons pas forcément attention sur le moment. Une image étrange, mais trop fugace pour être marquante sur l’instant… Tout cela pouvait nous revenir en mémoire à un moment ou à un autre, pour peu que l’on y songe suffisamment.

Un mouvement fugace, voilà ce que je venais de percevoir du coin de l’œil. Comme si quelque chose venait de bouger brusquement, après être resté au même endroit, dans la même position pendant assez longtemps pour habituer l’œil. Je ne m’en sentais pas particulièrement rassurée d’ailleurs, cela me donna même des frissons… Comme une sorte de réaction instinctive suite à un évènement dérangeant. Je cherchais donc du regard la source de ce mouvement, sans pour autant réussir à distinguer quoique ce soit. Je ne savais pas ce que je cherchais exactement et la rue était bien loin d’être calme. Peut-être étais-je, une fois encore, prise de paranoïa? Ou peut-être pas… En tout cas, ce fut l’apparition d’une moitié de brioche devant mes yeux qui me tira de mes quelques pensées perturbante.

J’avisai le gamin face à moi, le visage à présent bien visible montrant des traits particulièrement fins, lui donnant probablement l’air d’être bien plus jeune qu’il ne l’était en réalité. Je le voyais dans ses yeux, d’un bleu d’azur bien trop vifs pour un enfant… Je ne compris pas immédiatement son geste, me retournant vers Philéas qui se voyait offrir une part de la brioche du blondinet. La fouine me sourit en me tendant ce morceau de nourriture que je venais pourtant de lui offrir… Puis je compris. Le plus petit avait fait un pas en avant vers Phil, comme pour lui manifester son amitié, son soutien. Je ne connaissais pas ces gamins. Je ne savais rien de leur manière d’être ou de vivre… pas même leur façon de penser. Et soyons honnête, dans ma position, je pouvais essayer d’imaginer le tout de mille et une façon que je ne pourrais être que bien loin de la réalité. Je ne pouvais pas les comprendre, car je ne pouvais pas me mettre à leur place… C’était aussi simple que cela.

Alors, même s’il s’agissait d’un cadeau que je venais de leur offrir, je me saisis de la part de brioche à présent tiède, tout en remerciant la fouine d’un mouvement de tête et d’un sourire aimable. En échange, je lui tendis machinalement ma carte, avant de me demander s’ils savaient lire pour réussir à déchiffrer les lettres noires.

-L’hôtel Ünil, c’est ici que je vis, lui dis-je en plaçant le carton entre ses mains. Si tu te souviens, si tu entends ou vois quelque chose, venez donc me voir à cet endroit. J’aurai toujours un petit quelque chose pour vous....

Mon regard se porta vers Phil, à qui j’adressais un sourire contrit. Ces gosses me perturbaient, tout bonnement, avec cette façon étrange d’agir, de nous donner à nous qui ne manquions pourtant de rien, ce qu'il leur manquait cruellement à eux… Je n’y voyais qu’un élan de générosité déplacé, inversé… Injuste et illogique…


-Prends donc le temps de réfléchir puis venez à mon hôtel. Il s’est passé quelque chose, des hommes sont venus, des miliciens, peut-être d’autres personnes qui n’avaient rien à faire ici... murmurai-je en lui tendant les sachets de bonbon. Fais attention à toi… Et à ton frère. Souviens-toi que ceci ne constitue en aucun cas un repas… Si vous en mangez trop, vous en serez malade.

Je plongeais ma main dans mon sac pour en tirer quelques pièces que je lui tendis.

-Vois ça comme une avance. Tu ne peux pas traîner dans les rues en plein hiver avec ces vêtements. Avec ça tu peux acheter des vêtements chauds, à toi, ton frère et tu peux aussi manger pendant plusieurs jours.

J'aurai voulu retrouver les autres enfants, ceux rencontrer lors de mes dernières visites... Je me demandais bien où ils avaient bien pus se cacher ... Était-ce l'un d'eux que j'avais aperçu plus tôt ? Non... Ce ne pouvait-être que le fruit de mon imagination... N'est-ce pas ?



Lauren s'exprime en #99ccff


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Havelock Glorka
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Mer 11 Juil - 23:32
Irys : 184970
Profession : Police secrète
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
Sorti du restaurant, un constat effarent m’arrive en plein visage et je l’ai pas vu venir. Tout ces gens entrain de manger dans ce restaurant, c’est que c’est l’heure de manger, en fait. La révélation fait instantanément suite à un gargouillement venu d’outre-tombe tout droit produit par mes entrailles bien vides. Faim. Fait très faim. Comme dirait un sage populaire Daënar « Bien manger, c’est important ». Un adage que ma tendre mère n’a jamais oublié de me rappeler. Il faut des forces pour travailler, mais attention, il ne faut pas trop grignoter entre les repas et il faut manger sainement. Une hygiène de vie très importante pour vivre longtemps qui a fait ses preuves chez ma chère maman. Même si elle n’y voit plus très bien et qu’elle n’a plus forcément toute sa tête. Ce n’est pas grave. C’est les principes qui comptent. Je profite d’une diligence s’étant arrêté juste devant pour libérer son client pour rentrer assez vite au quartier général des services secrets. La quinzaine de minutes de trajet est un supplice. C’est toujours quand on est un peu éloigné de son point de restauration que l’estomac crie le plus sa famine. Nous sommes mal faits.

Une fois arrivé, je me dirige d’un pas aussi pressé qu’il m’est possible d’avoir vers l’une des pièces les plus importances de notre base. Le cœur des services secrets. Là où nous paraissons les plus humains, les plus gentils aussi. Je veux bien sûr parler de la notre cantine. La mise en place de ce lieu de vie reste assez floue dans l’histoire des services secrets. Une des légende dit qu’à force que ces agents mangent dans les services de restaurations à l’extérieur du bâtiment, les ennemis de l’Union avaient pris l’habitude d’empoisonner toutes leur sources d’approvisionnement et c’est ainsi que les services ont failli passer à côté de l’élimination pur et simple, à cause de brochettes bien trop fameuses. Il est presque aussi difficile que de devenir agents que de devenir cuistot dans les services secrets. Un lointain administrateur aurait alloué un budget conséquent à l’approvisionnement de la cantine pour qu’elle ne tombe jamais en rade. On dit que ces caves pourraient nourrir tout le service pendant plusieurs mois sans avoir besoin de se ravitailler. Il y a plus d’un siècle, mécontentent d’un laisser aller chronique de la part des agents vis-à-vis de la propreté du réfectoire, les cuistot ont fait la grève de la bouffe. Le lendemain, tous les agents avaient été matés. Il est commun de dire qu’on ne rigole pas avec la cantine, chez les agents secrets.

Prenant un plateau, je me sers un bon repas équilibré sous le regard bienveillant de l’équipe du midi, toujours ravi de voir des agents heureux et bien nourris. En cette fin de service, le réfectoire n’est plus très rempli. Quelques retardataires comme moi reviennent de mission de l’autre côté de la ville. Une dizaine de gros bras discutent à une table, leur plateau empilé et parfaitement rangé en bout de table, rigolant à une blague de l’un des leurs. Je  m’assoie à une table, seul. Quoi qu’on puise dire, on a pas souvent l’occasion de se faire des amis entre agents. Les gros bras, c’est plus facile. Des boulots simples, souvent en équipes. Normal de tisser des liens. Mais les agents, on bosse généralement en solo. Et puis, je suis encore assez nouveau dans les services. Ça viendra.

Je mange en silence, appréciant un bon repas. Je suis soudainement surpris par une ombre s’asseyant en face de moi avec un grognement que je reconnais alors. Jorg. Il devait m’attendre. C’est bien l’un des endroits les plus facile pour retrouver un agent. La cantine est un phare pour nos estomacs. Croquant dans une pomme, Jorg se rapproche sur le ton de la confidence.

-Il semble que l’inspecteur ait des fourmis dans les jambes. Ils se baladent beaucoup.
-Ah oui ? Je crois bien avoir failli le croiser.
-J’ai trouvé là où il crèche. J’ai surveillé l’endroit, je ne l’ai pas vu. Un collègue s’en occupe en ce moment même. Il préviendra s’il y a du nouveau.
-Si Catesby bouge, je le vois mal le faire pour occuper son temps. Mon avis est qu’il cherche à se faire disculper.
-Hein ?
-Se faire innocenter.
-Aaah.

J’oublie parfois que Jorg n’a pas non plus un vocabulaire avancé. Je reprends, me saisissant d’un morceau bien juteux de viande avec ma fourchette.

-Il doit agir en solo. Ou à la rigueur avec quelques amis de confiance. Il faudrait interroger ce qu’on a aux archives.
-Je ferai passer le mot.
-Bien. Il doit aussi avoir des informateurs. Catesby est un enquêteur. Un bon. On devient pas que bon en foutant des patates au premier clampin venu et en y allant la truffe à l’air au petit bonheur la chance. Il s’informe. Faudra activer nos oreilles. Si ça discute, je veux le savoir. Trouve quelque chose.
-J’irai les voir aussi.
-Tu sais où est la scène du crime ?
-Ouai.
-Quand tu en auras fini, tu m’y retrouveras. Reste dans l’ombre. Ne te fais pas repérer.
-Je demanderai à quelques potes de faire de mauvaises pistes.
-Oui. De toute façon, je doute qu’il y ait beaucoup de gens qui ne passent pas leur temps à surveiller leur voisin dans ce quartier. Entre les gangs, les trafics et les réseaux d’informations, il y a plus d’yeux en éveils qu’il y a de types à regarder.
-Ouai.

Bref instant de silence.

-Sinon… y'avait des brochettes ce midi ?

Jorg sourit de toutes ces dents.

-Ouai, elles sont toutes parties en dix minutes.
-Raaah.

C’est con de manquer les brochettes de la cantine. Ils savent y faire. Recette ancestrale, la plus secrète de tous nos secrets. C’est dire. On est des gamins face à tant de douceurs et de goûts. Je lance un regard noir à Jorg avant de me concentrer sur la fin de mon repas. L’autre se lève. Il a faire. Et tandis que je sauce mon plat avant de bien ranger mon plateau, je gamberge. Maintenant s’ouvre la phase où l’on va mettre des gens dans la rue et ratisser large. Moi, je vais fouiner sur cette scène de crime et probablement attirer les regards. Mais il faut bien ça pour que d’autres paires d’yeux tombent sur ce qu’on veut. Un coup de serviette au coin de la bouche pour enlever un peu de sauce et je repars déjà, requinquer. Une mission,  ça n’attend pas. Exception pour les repas, bien sûr.


Spoiler:
 


Dernière édition par Havelock Glorka le Dim 22 Juil - 21:33, édité 1 fois
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Garrett Catesby
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Jeu 12 Juil - 16:52
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
Bon, le principal problème pour le moment était de savoir où se trouvait l’homme de main, et surtout, pourquoi il n’était pas avec son patron lorsque celui-ci se retrouva en fâcheuse posture ? Cela soulevait de nouvelles questions sans pour autant apporter de réponses satisfaisantes à celle déjà en suspend. Pour le moment, c’était d’ailleurs le principale progrès que parvenait à réaliser l’ancien inspecteur, de nouvelles interrogations, et toujours l’ombre d’une réponse permettant de tirer cette situation au clerc, pour résumer :
Il devait retrouver et questionner Agnès, si possible en compagnie de Lauren, retrouver le gorille, tout en s’assurant de ne pas faire trop de bruit pour ne pas attirer trop l’attention de la milice, autrement dit, il ne pouvait aucunement mettre son poing dans le visage de quelqu’un. Il fallait donc trouver un moyen de faire tout ça d’une façon calme et posée, ce qui n’était vraiment pas dans ses habitudes, de par expérience, se montrer gentil ne servait à rien, sauf avec les enfants et les jolies jeunes femmes, pour le reste, il fallait tout simplement savoir se montrer persuasif.

Au moins, Anna était à présent au courant pour l’homme de main, elle pourrait donc naturellement chercher des informations de son côté, tandis que Garrett lui, continuerait ses petites affaires de son côté. Commençant à devenir parano, il vérifiait sans cesse qu’aucun garnement ne le suivait de près ou de loin, des gamins prêts à tout et n’importe quoi pour un peu d’argent, il devait y en avoir un paquet, suffisamment pour mettre chaque quartier sous surveillance et être à l'affût du moindre faux mouvement.

Cette histoire se complexifiait d’heure en heure, et Garrett craignait que la situation ne s’arrange pas. Comme par hasard, au détour d’une rue, l’ancien inspecteur croisa un petit groupe de milicien, d’ailleurs, il connaissait l’un des membres, c’était celui qui, lorsqu’il était derrière les barreaux, lui avait dit qu’il possédait encore quelques amis dans la milice. Maintenant, le tout était de savoir combien d’amis il avait, le milicien le reconnut immédiatement, et ne traîna pas pour se diriger vers lui, suivi de ses compagnons.

" Inspecteur. "

" Je ne le suis plus. "

" Pour beaucoup peut-être, mais pour nous, vous l’êtes toujours. "

Au moins, Garrett pouvait se dire que certains hommes étaient fidèles, et qu’ils n’étaient pas du genre à tourner le dos à la moindre occasion. Peut-être fallait-il voir la chose comme un avantage, un moyen de surveiller les agissements en provenance de la milice, tout en minimisant les risques de se faire découvrir.

" Vous devez, vous méfier inspecteur… "

" Et de qui exactement ? "

" Des affaires internes… Ils ont envoyé un agent pour surveiller cette affaire, vous comprenez, en accusation un membre de la milice de meurtre, la réputation de celle-ci fût mise à mal. Cet agent a pour but de vérifier toute cette histoire, et de voir si oui ou non, vous êtes coupable. Pour le moment, Henker a été interrogé. "

" J’imagine qu’il a sué. "

" Tout le poste à sué inspecteur, quand les affaires internes s’en mêlent, y’a toujours de la casse, encore plus si cela met la réputation de la milice à mal par la suite. "

" Serait-il possible de vous retrouver vous, et tous les hommes de confiance dans un endroit… Plus discret qu’une foutue ruelle ? Henker m’a fait suivre pas un gamin des rues, et je pense qu’il en utilise plus d’un pour me pister. "

" On peut se retrouver dans un petit bar de la ville, le Poney qui tousse par exemple, demain soir le temps que je puisse rassembler les hommes de confiances, qu’en dites-vous ? "

" A demain alors. "

Conclut-il tout en s’écartant de leur chemin, une chose de plus de rajouter à sa liste de chose à faire. À présent, malheureusement, il devait attendre de retrouver Lauren pour lui faire part de toutes les nouvelles informations qu’il avait, et des nouvelles questions. Attrapant le premier fiacre qui passait par là, il donna au cocher l’adresse de son domicile.




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Hugo Bittlesham
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Mar 17 Juil - 11:00
Irys : 339238
Profession : Messager, informateur
Guilde 0
Après un instant de réflexion, Hugo porta une nouvelle fois son regard sur Lauren. Elle ne voulais donc pas qu'il prenne de risque ? Il en prendrait. Pur esprit de contradiction ? Peut être. C'est surtout le fait qu'il n'aimait absolument pas qu'on lui donne des ordres comme ça, même en utilisant le fait qu'il ai Alban avec lui dont il doit s'occuper. Elle pouvait penser que c'était inutile, même penser que c'était complètement inconsidéré, mais Hugo n'en avait cure. Il savait ce qu'il devait faire, et ce n'était pas les états d'âme d'une inconnue qui allait changer ça de toute manière. Mais il y avait quelque chose d'étrange chez cette femme, surtout dans son attitude,que Hugo n'avait aucun mal à capter. Après une légère inspiration, il repris la parole et sans mâcher les mots, ce qui pouvait détonner suite à ses autres phrases.

"Vous avez trop l'air d'avoir peur ou d'être inquiète. Montrez pas ça quand vous allez dans un quartier comme ça, y en a qui pourraient en profiter pour vous plumer ou...ou pire."
Réprimant un frisson, Hugo savait très bien que cette seule indication pouvait avoir beaucoup d'effet chez certaines personnes. Sur lui, déjà, elle en avait assez vu tout ce qu'il avait déjà pu observer à Aildor lors de ses virées nocturnes. Pour certaines, il en gardait un souvenir plus marquant que pour d'autres. Heureusement, il avait réussis à protéger Alban de toutes ces visions mais, quand était-il pour ici ? Cette ville le rendait malade intérieurement et il n'arrivait décidément pas à s'y conformer.

"Grand, brun et barbu ... Heureusement que j'oublie jamais un visage. Mais je vais vous trouvez ce que vous cherchez et je vous retrouve à votre hôtel alors."
Il n'y avait rien de plus à dire pour le coup. Récupérant les pièces en clignant des yeux, il reporta son regard sur la femme. Pour le coup, lui non plus n'arrivait pas à comprendre ce geste, ni cette manière d'agir. Donner de l'argent comme ça, pour le simple confort des gens ? Voila qui n'était vraiment pas commun. Est-ce que c'était donc ça la gentillesse ? Ou bien était-ce simplement un piège tendu dont les mâchoire commençaient à se refermer sur lui. Plus rien n'était vraiment sûr pour Hugo et il n'avait aucun ami par ici qui auraient pu l'aider. Du moins, presque aucun ami. Il y avait bien des personnes qui pourraient lui fournir une aide, l'aider à comprendre comment fonctionne cette ville, mais Hugo ne voulait pas aller les voir, ni les déranger, pour ça. Et puis, ce n'était pas vraiment le genre d'ami "recommandable" qui plus est.

Rangeant l'autre moitié de la brioche après en avoir arraché un bout avec ses dents, Hugo s'assura que tout était bien en place sur lui avant de venir s'approcher de son petit frère. S'abaissant à sa hauteur, il ne fit qu'un seul mouvement de tête, en lui souriant, avant de se détourner. Ils allaient devoir bouger rapidement, se mettre en sécurité pour que la Fouine puisse repenser à tout ça au calme, sereinement. Plus que tout, il lui fallait un point d'eau et il savait pertinemment ou en trouver dans cette ville. C'était bien la seule information qu'il avait retenu d'ailleurs. Se retournant pour regarder Lauren, il ne pû s'empêcher de pincer les lèvres légèrement. Le souvenir de sa mère était encore bien trop présent, et cette femme ne pouvait pas l'être, même si elle lui ressemblait. Serrant les poings en regardant le sol, Hugo ne fit que se détourner pour recommencer à avancer, lâchant une dernière phrase à leur intention.

"On s'retrouv' ou v'savez dans quelqu'z'heures."
Le fait de mâcher les mots était complètement involontaire cette fois. Hugo n'avais même pas fait attention à sa prononciation avant de simplement partir, Alban sur ses talons qui secouait sa main vers le duo en leur  offrant le plus radieux des sourires puis en reprenant sa brioche pour la grignoter comme une petite sourie, les paquets de bonbon étant bien enfermées sous la triple épaisseur de vêtement du plus jeune, Hugo n'ayant pas les moyens de tout garder sur lui.

Il lui fallait se diriger vers le premier quartier, là ou il pourrait penser en étant au calme,se remémorant tout ce qu'il avait perçut pendant la semaine en gardant le blondinet à ses côtés. Il allait définitivement passer beaucoup de temps dans ces jardins même si ce n'était pas la meilleur période pour y aller. Et ce n'est seulement qu'après qu'il décidera de bouger pour rejoindre l'hôtel sus-mentionné.


Thème musical de Hugo

"Parfois, ce sont ceux que personne n'avait imaginé, qui accomplissent des choses que personne n'avait imaginé"


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Phileas Graf
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Sam 21 Juil - 15:33
Irys : 144973
Profession : Clerc de notaire
Daënar 0
Il n’y avait pas grand-chose que Phileas puisse faire pendant que Lauren discutait avec son nouvel informateur. Elle savait mener une interview mieux que lui, sans compter qu’elle était plus au courant de ce qu’elle cherchait au juste. Il se contentait donc de rester en retrait, position qui lui allait parfaitement puisqu’elle lui permettait de concentrer sa vigilance sur leur entourage.

Il ressentit donc une certaine surprise à voir l’autre observateur silencieux de l’échange s’avancer vers lui et lui tendre un bout de brioche. Pris de court, il resta un moment immobile, à fixer le garçon et son offre. Il ne pouvait pas accepter, hors de question! Pas alors que ce gamin en avait cent fois plus besoin que lui! Mais, d’un autre côté, refuser tout simplement cette offre pourrait paraître trop abrupt, comme s’il rejetait en même temps l’empathie qui avait causé le geste. Alors il contourna le problème. S’agenouillant comme Lauren pour être plus proche de la taille du gosse, il prit le morceau de brioche, le brisa en deux à son tour et tendit le plus gros des deux bouts résultants à son propriétaire légitime.

Il se redressa ensuite, et ses yeux se posèrent sur Lauren pile au bon moment pout croiser son regard et remarquer son sourire. Oui, il se doutait bien que la journaliste nageait dans des eaux peu familières. Elle jurait avec le décor par ses vêtements, sa manière de parler, son comportement…la moindre de ses réactions et instincts était aux antipodes de ce qui la norme de ce monde. Cette disparité la rendait vulnérable, au point que même un étranger comme le plus âgé des deux garçons parvenait à voir qu’elle jurait avec le décor. Car oui, Phileas avait assez suivi l’échange pour déduire que les deux frères n’étaient pas d’Alexandria. Le conseil de la Fouine était d'ailleurs bon, et le clerc prit note de revenir sur ce point quand il en aurait l’occasion. Occasion qui se présenta bientôt, puisque les deux garçons ne tardèrent pas à les quitter. Phileas répondit d’un signe de la main et d’un sourire à l’au revoir du plus jeune, puis se tourna vers Lauren.

"Il n’a pas tort de dire que montrer de l’inquiétude est une mauvaise idée. Même si je suis confiant de pouvoir assurer ta sécurité, autant éviter de tenter le sort. Et je n’aime pas devoir recourir à la violence."

Il avait parlé d’une voix douce sans être un murmure. Les messes basses attiraient autant l’attention que les hauts cris, alors qu’un ton neutre et mesuré se fondait dans le brouhaha ambiant. Même s'il y avait dans sa voix le même flegme qui l’habitait chaque fois qu’ils se rencontraient à l’étude de Geier, c’était une part de lui qu’il maintenait habituellement bien cachée qui avait dicté ses paroles. La part du Vereistien endurci par le rude climat de sa région natale et de l’ex-verso qui avait dû se débrouiller pour vivre (ou survivre) comme il le pouvait dans un environnement plus ou moins hostile. Le décalage entre ses mots et son ton en était presque comique.

"D’ailleurs, je pense qu’on a déjà attiré l’attention, même si je ne sais pas de qui. Il y avait un homme qui nous observait quand tu discutais avec la Fouine. Il s’est éclipsé quand j’ai glissé un oeil dans sa direction."

Cadence mesurée, ton calme… il prenait toujours bien soin que leur conversation n’attire l’attention de personne autour d’eux, espérant que Lauren suivrait son exemple.

"Je voulais juste transmettre l’information, pour l’instant je ne vois pas de raison de s’inquiéter. Il y a toujours toutes sortes de gens qui gardent un oeil sur les allées et venues du quartier. Evite de regarder autour de toi avec trop d’insistance: c’est un signe de manque d’assurance qui peut attirer l’attention. Je garde un oeil sur ce qui nous entoure et je te préviendrai si on doit commencer à se faire du soucis."

Il parlait comme quelqu’un qui savait ce qu’il faisait et c’était le cas: il avait assez d’expérience avec le quartier pour savoir comment observer sans donner l’impression. Le secret était de se servir de tous ses sens, pas seulement sa vue. Un bruit suspect, une odeur étrange, un courant d’air inattendu…  Il y avait tant de détails qui pouvaient aider à déceler un danger imminent.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Lauren Hill
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Jeu 26 Juil - 17:02
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Je me contentais d'acquiescer en hochant la tête, tout en observant les deux frères s’éloigner dans les allées sombres des bas-quartiers. J’espérais sincèrement que la Fouine puisse m’aiguiller, ou peut-être trouver des témoins supplémentaires pouvant contredire le témoignage de l’homme mystère… Certes, les gamins des rues n’étaient que rarement pris au sérieux par les adultes. D’ailleurs, Garrett représentait le seul représentant de la loi qui s’était montré ouvert et attentif à leurs dires… Peut-être ne serait-ce pas le cas du reste de la milice… Néanmoins, je ne pourrais me sentir utile et soulagée sans avoir tout essayé pour tirer l’ancien inspecteur de ce bourbier.

En me tournant vers Philéas, je ne pouvais que remarquer son regard légèrement réprobateur. Il s’inquiétait, pour moi, impression confirmée par ses paroles toujours aussi juste.

-J’en ai parfaitement conscience, Phil, lui répondis-je en souriant légèrement. Mais comprends qu’il m’est difficile de cacher mes propres sentiments, en particulier lors d’une conversation avec des enfants. S’ils doivent me faire confiance, autant me montrer telle que je suis, avec mes défauts… J’étais très sensible aux attitudes des adultes lorsque j’étais enfant, en particulier à tous ces faux-semblants… C’est toujours le cas, d’ailleurs.

Je lui souris de nouveau, espérant pouvoir le rassurer ainsi. Après tout, je lui avais certes demandé de m’accompagner, mais je ne tenais pas pour autant à lui attirer des ennuis…

-Je ne sais pas s’il serait bien utile de poursuivre ici, soupirai-je en observant brièvement la rue à la recherche d’une petite frimousse familière. Je trouve cela vraiment étrange, ils ne soient pas montrés...

Apparemment, je n’étais pas la seule à avoir aperçu quelqu’un, et même si pour moi cela ne représentait qu’une ombre fugace… Phil, lui, avait vu un homme. Peut-être n’était-ce là qu’un simple curieux au regard attiré par ma présence quelque peu étrange en ces lieux… Ou peut-être pas. Je ne pouvais être certaine de rien, chose extrêmement dérangeante en particulier dans ce genre de situation. Mon instinct paranoïaque me suppliait de fuir et de rejoindre prestement le troisième quartier… Tandis que mon côté, plus cartésien, me demandait de chercher Noisette et les autres… De chercher à en apprendre plus sur ce qui s’était réellement passé cette nuit-là.

Je me remémorais cette soirée, passée dans ce même quartier lors de notre précédente enquête. Aussi morbide et décousue qu’elle était, celle-ci me semblait bien plus simple de dans celle où nous étions empêtrés. Le bordel ne se trouvait pas loin de là où nous étions, à peine à quelques rues et avec lui… Le lieu du crime. Je me doutais bien que Garrett s’y était déjà rendu, il ne pouvait résister à l’envie d’en apprendre plus par lui-même. Et ce, malgré toutes nos recommandations de rester sagement chez lui. Néanmoins, je ne pouvais que me demander si mes yeux pourraient voir autre chose… Probablement pas, mais qui sait ? Peut-être croiserions-nous d’autres curieux, d’autres témoins plus ou moins discret.

-Penses-tu qu’il serait raisonnable de faire un petit détour avant de rentrer ? lui demandai-je en veillant à garder un ton neutre pour ne pas trop attirer l’attention. J’aimerais voir ce fameux lieux de plaisir… d’un peu plus près.

J’avais beau lui poser la question, je ne lui laissais pas le choix pour autant. Je me contentais de l’entraîner avec moi dans ces ruelles aux allures familières en le tirant par le bras… Mes méthodes ne variaient que très peu, en particulier lorsque j’étais pressée. Je me laissais guider par mes souvenirs, tout en me faisant la réflexion que le coin se changeait guère en étant constamment soumis aux ténèbres, de jour comme de nuit… Si, peut-être la population changeait, les femmes se promenaient en tenant la main leur enfant… Une telle chose ne se produisait certainement pas la nuit…

Bientôt, le bâtiment fut en vue. Il donnait presque l’impression de n’être plus qu’un lieu abandonné, une maison hantée… Les badauds passaient, l’observaient de loin sans oser s’en approcher comme si quelque chose d’horrible s’y était produit. Pourtant, la mort d’un proxénète ou d’un simple criminel n’avait rien d’exceptionnel. Il en disparaissait chaque jour tout en en faisant apparaître de nouveaux, ceux qui prendraient le relais par la suite. Je ne comprenais donc pas cette façon qu’ils avaient d’agir…

Mais cela ne m'arrêta pas pour autant. J'entraînais Phil dans la petite ruelle qui desservait les quelques maisons du quartier, celle qui passait derrière la maison close jusqu’à la scène du crime totalement déserte. À première vue, rien ne prouvait qu’un crime s’y était déroulé. Pourtant, il y aurait dû y avoir du sang… Puisque le corps de Yoren s’était vu dévoré par des chiens, je doutais que ceux-ci aient pris la peine de le faire proprement.

-C’est vraiment étonnant… Pourquoi n’y a-t-il aucune trace ? Aucun milicien pour en rechercher...



Lauren s'exprime en #99ccff


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Havelock Glorka
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Dim 29 Juil - 19:03
Irys : 184970
Profession : Police secrète
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
On me bouscule.

-Oh ! Excusez moi monsieur ? Je ne vous avais pas vu.
-Ce n’est rien. Par contre, ce portefeuille est vide.

Instant de silence. Mon interlocuteur, à peine sorti de son adolescence boutonneuse, me lance un regard suspicieux tandis que sa main vient dissimuler ledit portefeuille dans son dos, son autre main se rapprochant lentement d’une de ces poches.

-Mais...
-J’ai grandi dans ce genre de quartier, gamin. On ne me l’a fait pas, tu peux…

En l’espace d’un instant, il a déguerpi, peu soucieux d’écouter ce que j’avais à dire. Je soupire, désabusé. Dire qu’il n’y a vraiment rien dans ce portefeuille, si ce n’est un petit papier indiquant la nature des services auquel appartient son possesseur. De quoi modifier les fréquentations du voleur comme si celui-ci était une anomalie. Il aurait dû m’écouter. Il aurait dû me faire confiance. Mais la confiance, personne ne l’accorde. Il n’y a pas de loi ici. Il n’y a pas de morale. Il y a des codes de conduites, dictés par des petits chefs de gangs aux territoires gros comme des ruelles ; au pire. La vie est dure, mais c’est la vie. J’ai grandi dans ce genre de quartier. Peut être un peu moins mal famé. Plus populaire. Pauvre, certes. Mais digne. Ce n’est pas que le milieu qui forme les gens. C’est l’éducation. Ma mère m’a inculqué des valeurs. Et si je passais à côté, je me prenais une soufflante. Même ici, il y a rien de plus sacré que sa mère. Une vie de privation, de petites souffrances et de grandes indifférences conduit bien des mères à oublier de mettre des espoirs dans les têtes de leurs enfants pour des idées beaucoup plus terres à terres. L’argent. Quelque chose pour mettre un peu plus de joie dans les ténèbres.

Je ne connais pas bien le coin. Jorg m’a fait un rapide cours de la topologie des lieux, les coins à éviter, les coins à éviter à tout prix. J’enchaîne les petites ruelles, d’un pas déterminé, malgré mes faiblesses, le regard alerte. On fait grand cas de la façon de se comporter dans ce genre d’endroit. De pas paraître suspect. C’est drôle. Tout le monde l’est. Des tas de gens seront curieux de te voir pour des tas de raisons différentes. Essayer de passer inaperçu, ça ne fait qu’attirer l’attention en réalité. Passé inaperçu, c’est montrer tous qu’on a quelque chose à cacher, ou à se reprocher. Tout le monde a une solution pour attirer l’attention. On peut en discuter pendant des heures autour d’une table, chacun donnant un peu de sa technique, murmurer d’un air mystérieux et donnant moult exemple du succès de leur technique. C’est un peu comme quand on se raconte quand on a trop bu. On finit par se demander « mais pourquoi on a parlé autant de ça ? ». Bref, c’est les grands mystères des liens sociaux.

Je finis par arriver là où il faut. Me collant dans l’obscurité comme un mur plus pour reposer ma jambe endolori que pour me cacher, j’observe le bâtiment qui, malgré son objectif premier, ne donne pas envie d’y mettre les pieds devant. Il est amusant de penser qu’une simple mort peut conduire tout un bâtiment, plein de « vies », puissent devenir aussi vide. Un cadavre devient l’épicentre d’une multitude de vies grouillantes et peu ragoûtante, il est vrai. Une maison abandonnée, ce n’est rien d’autres que du vide et des secrets mystérieux. Si autant ma certitude est acquise que le proxénète a été assassiné par un professionnel et que toute l’affaire autour de Catesby n’est qu’un mensonge grossier. La question qui reste est primordiale. Pourquoi ? Et pourquoi pas ? Il y a peut être des réponses dans ses murs. Mais voyons voir d’abord la scène de crime.

Heureusement que je savais que c’était là. Rien n’aurait laissé présager qu’un meurtre avait été commis là. En même temps, il avait été étranglé. Nul besoin d’effusion de sang, même si la théorie officielle est beaucoup plus fantasque. Il aurait été étonnant de nettoyer la scène de crime. Vu la propreté du reste du coin, ça serait très ironique. Bien enfoncé dans la ruelle, je perçois alors des mouvements derrière moi. En un instant, je m’éclipse dans un renfoncement de mur, dissimulant ma présence. Des pas. Plusieurs. Je souris. On dit qu’un assassin revient toujours sur les traces de son méfait. On dit aussi qu’un bon assassin ne le fait jamais, car il est suffisamment bon pour ne pas avoir de raisons de revenir. Qui sont-ils alors ? Catesby ? Hencker ? Aux bruits, ils cherchent quelque chose, pas quelqu’un. Ils ne sont pas là pour moi. Pas eux.

La vie, c’est comme traversé une rue sous la pluie. On peut ne jamais vouloir sortir, de peur d’attraper un rhume. Mais on peut aussi traverser les rideaux de pluies et se retrouver sous le parapluie d’un ami le temps d’un instant.

Toc. Toc. Toc.

Trois coups de cannes contre le mur, résonnant dans la ruelle. Comme pour le théâtre. Pour annoncer mon entrée. J’extirpe ma carcasse du renfoncement du mur, dévoilant mon visage grimaçant un sourire moqueur et je viens me place au milieu de la ruelle.

-C’est une bien belle journée, n’est ce pas ?


Spoiler:
 
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Phileas Graf
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Jeu 2 Aoû - 18:51
Irys : 144973
Profession : Clerc de notaire
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L’ironie de la situation ne pouvait que frapper Phileas: cette empathie que Lauren était capable de montrer ouvertement était à la fois ce qui faisait son succès auprès de ses plus jeunes informateurs et ce qui peignait une superbe cible sur son front, en particulier dans ce genre d’environnement. Trop ici raisonnaient en termes de rapports de force, et l’empathie était une dangereuse faiblesse dans cette logique… Un constat qui faisait froid dans le dos, mais était hélas on ne peut plus correct.

Un autre constat inquiétant était l’absence marquée de leurs amis communs. Rien, pas même un discret signe de la main ou coup d’oeil furtif. À croire qu’ils avaient tout simplement déserté les lieux…ce qui était bien possible. Les nouvelles circulaient vite, dans le quartier, et si une sombre affaire se tramait, n’importe qui de prudent avait dû s’assurer de ne pas trainer dans le coin le temps que les choses se tassent. Sans doute Noisette et le reste de la bande avaient-ils fait pareil, laissant au passage des étrangers comme cette Fouine dans l’ignorance complète. Même le réseau du plan des versos avait ses limites, et il fallait quelques temps pour se trouver une place dedans.

"Ils ne tiennent sans doute pas à trainer trop près d’un lieu de manigances qui les dépasse trop. Si ça peut t’aider, même leur absence peut nous permettre de déduire quelque chose: il s’agit d’une affaire qui dépasse le règlement de comptes entre malfrats. Et qui n’a peut-être pas encore atteint sa conclusion. Nos amis ne remettront pas les pieds dans le coin avant un moment."


Pas très rassurant, mais au moins cela lui éviterait de s’inquiéter pour les gamins qui avaient commencé à prendre l’habitude de la contacter. Phileas aussi s’inquiétait pour eux (la rue n’était pas un endroit où grandir), mais pas plus en ce moment qu’en temps normal. La plupart avaient bien plus de maturité que leur jeune âge laissait soupçonner, et ils étaient les rois de la débrouille. Tant qu’ils restaient en dehors de tout ça, aucun mal ne leur serait fait.

Avant même que le clerc ne puisse faire la moindre suggestion pour la suite des événements, voilà qu’il était entrainé manu militari vers l’endroit où il n’avait franchement pas envie de mettre les pieds. Bon, il avait promis d’aider Lauren et de veiller à sa sécurité et il était un homme de parole, donc il suivit sans broncher. Restait qu’il trouvait qu’elle tentait de plus en plus le diable à force de se balader là où elle n’avait clairement pas sa place et où quiconque tirait les ficelles de l’affaire aurait forcément mis en place une surveillance accrue. Et tout ça pour quoi? Eh bien…pour pas grand-chose, à en juger par la ruelle, glauque mais vide, où elle les avait fait déboucher. L’absence du moindre élément pouvant les aider frappa aussi la journaliste à en juger par sa remarque. Remarque à laquelle Phileas ne put pas répondre, puisqu’un nouveau personnage entra en scène.

Difficile de dire ce qui causait le malaise instinctif que le clerc ressentait en présence de l’individu. Son commentaire incongru? Son sourire malsain? La manière qu’il avait de se moquer d’eux? Ou, plus probablement, sa discrétion malgré un physique qui devait le handicaper pour les approches furtives. Phileas avait pourtant fait bien attention à ce qui les entourait, mais il n’avait décelé aucune trace de la présence de l’homme. Il était doué, c’est le moins qu’on puisse dire. Et une personne douée en approches furtives dans ce genre de quartier ne pouvait vouloir dire qu’une chose: danger. Instinctivement, le clerc se plaça entre le nouveau-venu et celle qu’il escortait, tous les sens aux aguets pour détecter un éventuel danger approchant depuis une autre direction.

"‘Belle journée’? J’imagine que ça dépend de vos critères."

Son ton et son expression faciale restaient neutres et flegmatiques, mais le reste de son corps était tendu, prêt à réagir en un clin d’oeil si nécessaire. Il ne payait pas de mine, silhouette filiforme dans une redingote élimée, mais un oeil averti verrait au delà des apparences de surface. Il était parfaitement positionné pour réceptionner une éventuelle attaque ou bondir dans n’importe quelle direction. Et il avait une sacrée détente, mais ça, ce serait une découverte pour plus tard. Il était un employé de bureau, oui, mais il n’était pas sans défense.


Philéas écrit en #C6EDFA
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Garrett Catesby
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Dim 5 Aoû - 19:19
Irys : 529897
Profession : Inspecteur borderline
Daënar +1
La liste des alliés commençait à s’agrandir, s’agrandir de manière significative même, la véritable question pour Catesby, s’était de savoir si cela était un piège ou non, un dernier règlement compte histoire de finir cela proprement. Depuis quelque temps, la méfiance était le nouvel ordre de Garrett, du moins encore plus qu’avant. On voulait le discrédité professionnellement, et peut-être pire encore.

Cela faisait déjà plusieurs fois qu’il regardait derrière lui, jetant de petits coups d’oeil pour être de ne pas être une nouvelle suivie par un gamin des rues. Il voulait retrouver Lauren, mais comment faire… Il n’avait pas d’autre choix que devoir attendre le soir pour qu’elle le retrouve à son appartement. Mais la nuit n’était pas encore là, il avait encore quelques heures devant lui et avec tous ces déplacements, il avait un peu perdu le fil de ses pensées. Sans parler des questions qui restaient en suspens dans son esprit. C’était plus fort que lui, on lui avait pourtant gentiment demandé de ne pas s’occuper de ça, de rentrer chez lui, siroter un verre et laisser la vérité éclater au grand jour. La vérité, cela faisait bien longtemps qu’elle se terrait dans un coin sombre celle-ci, si longtemps qu’il avait l’impression qu’elle avait d’ailleurs totalement disparu.

Il continua donc de marcher tranquillement, jusqu’à finalement être en mesure de prendre un fiacre pour rentrer chez lui. Il jugeait en avoir assez fait pour la journée, et courir partout en espérant retrouver la belle journaliste était sans doute une mauvaise idée, si ce n’est pour lui attirer de nouveaux ennuis. Car il était évident que ceux voulant le faire tomber n'apprécieraient sûrement pas de voir une petite fouineuse venir à la quête d’information, sans parler de l’avocat qui était assez titilleux pour trouver la moindre faille dans toute cette histoire. Le fiacre continuait son chemin sur la route, au moins, le cocher avait la bienveillance d’éviter les nids-de-poule sur la route, rien que pour un trajet sans tassement de vertèbres, Garrett avait presque envie de lui donner un pourboire.

Le véhicule s’immobilisa en bas de son immeuble, comme dans sa pensée, l’ancien inspecteur donna un peu plus pour cette histoire de trajet agréable. L’homme ne remarqua même pas cette petite attention, et une fois payé, donna du mou aux rennes et repartit de plus belle. Garrett soupira et rentra dans le bâtiment, il grimpa les étages sans se presser et arriva enfin devant la porte. Alors qu’il tendait la main pour la poser sur la serrure, quelque chose d’étrange attira son attention. La porte était entrouverte. Il n’eut aucunement le temps de jurer intérieurement, ni même de poser la main sur son arme. La porte s’ouvrit, et il se retrouva alors nez à nez avec un autre qui l’entraîna dans la pièce principale.

D’une carrure similaire, l’homme était vêtu comme lui, un long manteau et affublé d’un chapeau. Pendant quelques secondes, il crut voir son double. Garrett manqua d’atterrir sur la table, et se rattrapa de justesse avant que l’individu soit de nouveau sur lui. Le premier coup de tarda pas à venir, il le bloqua, envoya son genou dans l’estomac du butor. L’homme grogna et tenta de frapper une nouvelle fois, Garrett joignit alors ses deux poings et lui asséna un coup dans le dos, tentant tant bien que mal de le faire basculer. Il aurait voulu se servir de son arme, mais un moment de lucidité, il savait que loger une balle dans ce type lui causerait du tort par la suite.

Les deux hommes continuèrent de se taper dessus, Garrett après avoir reçu un coup dans les flottantes, envoya son poing dans l’angle de la mâchoire de son agresseur. Celui-ci chancela et se rapprocha dangereusement de la fenêtre. L’ancien inspecteur attrapa sa canne qu’il avait alors laissée dans l’établissement, pour venir frapper la tempe de l’homme, qui recula encore une fois. Haletant, il était évident que les deux hommes avaient déjà presque tout donné de leur capacité de combat respective. Du bruit venait du couloir, légèrement distrait, Catesby de vit pas le dernier coup venir, celui qui l’envoya au tapis. Lorsqu’il essaya de se redresser, l’homme lui sauta dessus, l’attrapant à la gorge, serrant de toutes ses forces. Garrett ne pouvait plus respirer, il se sentait partir, adrénaline faisait battre son coeur à la chamade, si bien que le manque d’air devint très rapidement un problème. Puisant dans ses dernières forces, il parvint à envoyer une nouvelle droite au visage de son agresseur, mais cela ne suffit pas pour le faire lâcher prise, il voulut recommencer, mais cette fois, il n’avait plus assez de force.

Sa main trouva de manière instinctive l’arme sous le pan de son manteau, puis une détonation. L’homme le regarda, comme surpris, il ne serrer plus sa gorge, tombant lourdement sur le côté. Garrett se redressa, il respirer de nouveau, mais sa gorge était douloureuse, si bien qu’il toussa bruyamment plus d’une fois. Il se remit finalement debout en s’aidant de la table. Cette fois, il avait bien cru y rester, mais il avait dû faire usage de son arme, et cela risquait de lui faire préjudice, même s’il ne s’agissait que légitime défense. Les autres habitants de l’étage avaient sans nul doute entendu la bagarre, sans parler du coup de feu qui venait tout juste de résonner dans tout l’immeuble. La milice était sans doute déjà en route, se pressant sans nul doute pour venir cueillir leur nouvel ennemi.




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Dernière édition par Garrett Catesby le Mar 28 Aoû - 12:27, édité 1 fois
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