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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zolios
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 Chasse pigmentée

Kali Tal'göss
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Dim 3 Juin - 0:17
Irys : 154777
Profession : Mercenaire/Maître d'arme
My'trän +2 ~ Zagash
Kali glissa dans l'eau en longeant la paroi de pierre, traînant derrière elle un petit radeau d'osier sur lequel reposait un pot contenant une bougie. C'était quelque chose d'étrange qu'elle s'apprêtait à faire. Pas la mission en elle-même, le genre d'attaque sur des caravanes qu'elle faisait parfois pour les clans de Zagash. Comme d'habitude, elle ne comptait pas faire de victimes, il s'agissait juste de faire perdre une partie de la cargaison. C'était moins intéressant et valorisant que de participer à un vrai combat, mais elle s'attirerait la sympathie du Gharyn et une récompense substantielle.
Non, ce qui était anodin, et ce qui l'amusait beaucoup, c'était l'idée qu'elle avait eu pour remplir sa mission. Etant seule, elle ne pouvait pas attaquer directement la caravane. Elle aurait pu essayer de la saboter à un arrêt, mais ce n'était pas vraiment son domaine. Toutefois, elle avait appris qu'elle devait traverser un petit affluent de l'Ünench. Elle n'avait pas eu de mal à trouver quel pont et c'est au pied de celui-ci qu'elle se trouvait désormais. La rivière était calme mais singulièrement large pour la région et le pont possédait un pilier central pour être bien stable. Comme c'était la norme à Zolios, la rivière était encaissée dans une gorge et si celle-ci n'était pas très profonde, le haut se situait à une demi-douzaine de mètre au-dessus de la tête de la rouquine quand même. L'escalade aurait été particulièrement difficile. Heureusement qu'elle ne comptait pas la pratiquer.

Elle entendit le bruit de la caravane : les hommes, les montures, les roues des chariots... Tout cela n'était pas très discret. Elle se glissa dans l'ombre du pilier, essayant de camoufler au mieux la bougie tout en se tordant pour observer le passage des chariots, guettant ceux qui transportaient les marchandises. Ils n'étaient pas très dur à repérer avec leur taille largement supérieure aux autre. Elle en vit un qui commençait à s'engager sur le pont, suivi d'un autre, et décida de passer à l'action. Elle vérifia que personne ne semblait l'avoir repéré mais seul un garde particulièrement craintif aurait surveillé une simple rivière plusieurs mètres en dessous d'eux aux parois quasiment impossibles à escalader. Elle sortit donc de sous le pont et se concentra sur la bougie. La petite flamme se mit à danser, embrasant bientôt le radeau et se transformant en véritable feu de camp. Ceci attira quand même l'attention de quelqu'un au niveau de la caravane mais c'était juste un peu trop tard. Puisant son énergie dans les flammes, Kali l'utilisa pour alimenter sa magie et se projeter en l'air, aidée par une poussée de l'eau autour d'elle.
Elle s'éleva dans les airs à toute vitesse, attirant aussitôt l'attention de toute la caravane. Elle avait entraîné avec elle deux fins tentacules d'eau qui partait de chacune de ses mains. Arrivé à hauteur du pont, elle projeta l'eau en fouets, visant les cordes qui retenaient la cargaison et cédèrent en quelques coups ainsi que les bêtes de trait qui, sous l'agression, s'agitèrent. Les chariots tanguèrent près du vide tandis que les hommes essayaient de calmer les bêtes et que des sacs de pigments et d'autres matériaux à revendre étaient projetés dans l'eau en contrebas, à côté du radeau d'osier qui achevait de se désagréger, à moitié brûlé.
Kali commença à retomber en direction de la rivière. L'un des gardes de la caravane, particulièrement réactif et trop loin pour aider avec les chariots, essaya de lancer un projectile enflammé à partir d'une torche. Surpris, son geste manquait de précision et loupa assez largement la mercenaie, qui puisa dans cette source d'énergie imprévue pour ralentir sa chute juste avant d'entrer dans l'eau. C'était finalement plus simple que ce qu'elle avait pensé faire à la base, mais des flammes sautèrent sur un ballot qui tombait un peu en dessous d'elle, éventrant le tissu qui libéra une partie de sa cargaison de pigment jaune, lequel forma une boue épaisse en se mélangeant à l'eau. Kali se contorsionna pour effectuer ce qui ressemblait suffisamment à un plongeon pour ne pas se blesser et creva la surface de la rivière au niveau de la tâche de pigment. Elle s'enfonça dans l'eau, commença à initier un mouvement pour suivre le courant puis fit volte-face et commença à le remonter, en nageant le plus près possible du fond. Elle s'aidait de ses pouvoirs pour avancer correctement, s'écorchait quand même régulièrement les bras et les jambes contre la roche. Elle repassa sous le pont et continua à remonter l'affluent.

Elle resta sous l'eau longtemps, comptant sur ses facultés pour respirer, jusqu'à ce qu'elle soit largement hors de vue du lieu de son attaque. Elle remonta alors à la surface et regarda le haut de la gorge pour repérer un éventuel poursuivant. Elle ne vit personne et sourit largement. Elle parvint enfin, au bout d'une demi-heure de nage, à regagner un petit renfoncement où la gorge était moins profonde et ou un éboulis avait offert un moyen plus aisé de monter et de redescendre. Plus aisé ne voulait pas non plus dire facile et, une fois arrivé au sommet, elle se permit quand même de souffler quelques minutes, en profitant pour défaire ses tresses et faire doucement évaporer l'eau de ses cheveux. Elle sentit Ablette qui vint lui tapoter dans le dos et elle se tourna à moitié pour lui flatter le museau. Finalement elle se releva et monta sur le dos de la jument avant de guider celle-ci et de la mettre au trot en direction de Losos : elle espérait qu'entre son petit tour au moment de prendre la fuite et le fait qu'elle avait clairement utilisé la magie de Dalaï, on irait la chercher du côté de l'Ünench et de la route vers Suhury et Zagash, sans s'attendre à ce qu'elle reste au contraire à Zolios.
Tandis qu'elle chevauchait, elle jeta un œil à sa tenue : le pantalon de tissu ocre avait été déchiré à plusieurs endroits et visiblement elle avait mal contrôlé la boule de feu qu'elle avait absorbée puisque l'une des manches de sa tunique verte clair avait partiellement brûlée, rapidement éteinte par la plongée toutefois. Surtout, le dos de sa tunique s'était largement imbibé de pigment, qui formait une grosse tâche jaune poussin sur une bonne partie de son dos. Tout cela lui donnait quand même un air assez suspect et elle attrapa sa cape de voyage dans les sacoches de selle de Ablette et s'en recouvrit, pour ne pas trop attirer l'attention lorsqu'elle arriverait à Losos.

Pour sa taille, la ville était particulièrement animée. Il faut dire que c'était une étape commune pour les marchands, qui attiraient eux-même toute une foule d'artisans pour répondre à leurs besoins et d'hôteliers pour les loger. Auberges, écuries, ateliers de maréchaux se côtoyaient ainsi que tout un tas d'échoppes puisque les petits marchands ne manquaient jamais une occasion de faire quelques profits. Kali avait laissé Ablette dans une écurie et régler pour une place dans le dortoir d'une auberge et se promenait au milieu des gens, regardant particulièrement les quelques échoppes de vêtements pour trouver quelqu'un qui pourrait réarranger sa tenue. Elle n'avait pas encore pris la peine de se changer et ne voyait pas de raisons de le faire : il n'y avait aucune agitation qui indiquerait que des gens recherchent une zagashienne ayant attaqué une caravane aux alentours. Elle allait donc insouciante au milieu de cette foule aux vêtements bigarrés puisqu'ici, plus que n'importe où ailleurs à Myträ, les couleurs ne coûtaient rien.


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Zygan
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Dim 1 Juil - 12:39
Irys : 227617
My'trän +2 ~ Mistral
Zolios, ses couleurs chamarrées, ses pigments divers et variés, ses surprises à chaque regard. Zolios, ses renfoncements et enfoncements, ses contreforts montagneux et ses collines. Zolios, ses grandes villes, ses festivals, l’hommage permanent à Süns. Zolios, ses décors aériens, ses habitants vifs, sa chaleur parfois pesante pour le profane. Zolios, l’Ünench et ses affluents encaissés dans des ravins. Zolios, ses brigands qui vous attaquent au débotté en traversant un pont étroit avec une caravane de marchands.

Les fouets d’eau ont semé le chaos dans l’équipage de la caravane de marchand avec laquelle je voyage pour le moment. Juste histoire de ne pas faire toute la route seul, d’en profiter pour marchander un peu, troquer d’ailleurs, plutôt. J’étais déjà bien chargé en viandes et en peaux, et divers colifichets : des griffes, des crocs, des écailles… De quoi soutenir un petit artisanat d’objets rituels ou du quotidien. Les caravanes, dans ces cas-là, c’est l’idéal pour renflouer mon sel, mes épices, mes outils, et pallier aux carences de tous les jours. Ils étaient pas bien aimables, pour la plupart.

En même temps, ils avaient des excuses : le commerce est impitoyable en ce moment, et eux se situent clairement du mauvais côté, celui des gens qui se font avoir. Des problèmes avec des rivaux, des soucis avec des fournisseurs, des tracas avec des clients… Ils étaient sur un gros coup commercial, dans lequel presque toute leur fortune était investie. Pas de garde-fou pour la dernière grande action de la Compagnie des Pigments Extraordinaires, de leur petit nom. Non, à part Moria et ses filles, l’ambiance était maussade, déterminée, et… terne. Oui, terne, c’est un bon terme pour des marchands de pigments.

Je secoue la tête. Je m’étais précipité pour aider à maîtriser les chevaux, au détriment de la cargaison qui tombait à l’eau et se diluait au fil du courant. J’avais eu le temps de voir l’assaillante, une rousse de Dalaï, manifestement, qui avait replongé à l’eau pour s’enfuir une fois le méfait accompli. Juste une attaque pour pourrir le fret, sans même le prendre pour elle. Du sabotage, ou je n’y connais rien du tout. Peut-être le coup de grâce des rivaux de Dorian, le dirigeant de la Compagnie, ou une stratégie bizarre pour faire jouer des assurances. Je ne mets rien hors de portée des marchands.

Finalement, grâce à la présence d’un novice d’Orshin, nous avions réussi à calmer les bêtes et à leur faire finir de traverser le ruisseau. Dorian tempêtait, des postillons volaient et s’écrasaient dans son imposante barbe et sur tous les malheureux se trouvant à moins de deux mètres de lui. Derrière la colère, la peur, l’indécision. Les autres s’étreignaient timidement, sachant pertinemment qu’ils allait perdre leur moyen de vie autonome et devoir considérer d’autres options, au moins provisoirement. Ils s’en sortiraient, cela dit.

Quinze bonnes minutes qu’elle avait disparu. Dorian se tourne vers moi d’un air soupçonneux.

« Et toi, l’étranger, t’en dis quoi de cette coïncidence ? »

Je ne comprends pas.

« Hein ? Que je réponds.
- Oui. Tu nous rejoins et le lendemain, nous nous faisons attaquer. Tu vois où je veux en venir ? »

Je me raidis en fronçant les sourcils. Il m’accuse, le bougre. Autour de lui, les membres de sa famille ont peur, n’y croient pas vraiment. Mais ça pourrait rapidement basculer, je suppose ?

« Je peux essayer de retrouver la coupable et la ramener devant vous.
- Tu veux qu’on te laisse partir ?
- Vous pouvez m’en empêcher ? »

Ma main s’égare du côté de ma lance, et un léger vent se lève, soulève la poussière, et les pigments dispersés dans une tempête multicolore. Il plisse les yeux contre les grains qui lui arrivent en plein visage. Ma réponse n’a pas allégé ses soupçons, je me suis connu plus diplomate.

« Sois pas con, Dorian, coupe Moria. Il nous a aidés à récupérer ce qu’on a pu, il a amené le foie de khippogin, et il a poussé les chariots l’autre fois.
- Oui mais ce n’était peut-être qu’un…
- Sois pas con, j’ai dit ! »

Il s’écrase. Gamberge un peu. C’est mauvais pour son autorité.

« En tout cas, ne reste pas avec nous. Tu nous portes malheur ! On va descendre la rivière pour retrouver nous-même la piste de cette salope et lui faire payer ! »

C’est grotesque. Mais c’est comme ça qu’il tient ses troupes. En répétant suffisamment souvent l’invention, elle deviendra histoire, puis vérité, et enfin évangile. Il a un certain talent humain là-dedans. J’adresse un signe de remerciement à Moria, un au revoir à ses filles. Puis je me mets en course. L’ambiance me pesait déjà. Là, j’ai le vent dans le dos, et je cours le long de la falaise vers l’amont pour m’écarter des autres et remonter vers le nord. Et, par réflexe, je commence à regarder des traces, des pistes, pour recommencer la chasse.

De toute façon, j’avais déjà troqué ce que je voulais de plus urgent, plus ou moins.

Le soleil tape fort, mais grâce au don de Süns, ma température reste aussi moyenne. J’ai arrêté de faire souffler le vent autour de moi. S’il y a des proies, elles risquent de sentir mon odeur et de s’enfuir, ce qui ne ferait pas trop mes affaires. J’arrive à un éboulis qui permet de descendre au niveau de l’eau, alors je m’y engouffre. Ce sera la parfaite occasion pour remplir mes outres, boire un peu, me rafraîchir le visage et la nuque. L’ondée est claire, rapide, froide au point de presque me faire mal aux doigts, et je ressens une légère douleur dans les sinus quand je bois. Elle est parfaite, en somme.

J’ai presque envie de faire un somme ici, pour profiter du lieu, mais il n’y a que du roc, alors pour s’y reposer, on aura trouvé mieux. Je pourrais établir mon camp plus haut, malgré l’heure encore peu avancée… Bah, autant continuer la route. En haut, par habitude, je note des traces de cheval, un peu de crottin, des herbes mâchouillées. Avec un sourire, je me dis que je ne dois pas être le seul à vouloir faire une petite pause ici, d’autant que ce n’est pas forcément simple de se ravitailler en haut dans le coin, quand on ne connaît pas les sources ou les puits un peu secrets. Puis je remarque une tache jaune qui tranche quand même sacrément avec le reste.

Je me remémore ce que j’ai vu. Une flamme déviée, Süns. L’eau, Dalaï. Sans la flamme et les cheveux roux, j’aurais pu croire que c’était Arianna, encore qu’elle ne se serait jamais enfoncé aussi loin dans les terres de Zolios seule, je pense. De toute façon, la question ne se pose pas. Ensuite, elle est tombée dans les pigments jaunes, ceux qui collent bien, surtout avec l’influence de l’eau pour en faire une pâte qui colore bien en profondeur. Ca, plus le cheval… Je m’accroupis et j’attrape un morceau de crottin par terre, puis je le renifle un peu. En tenant compte de la chaleur et du fait que le soleil devait briller la majeure partie du temps, deux ou trois heures ?

A défaut d’avoir mieux à faire, je suis la trace. Curiosité, pas de destination particulière… Puis si les habitants de Zagash se mettent à attaquer gratuitement les gens, My’trä risque de ne pas très bien se porter. Non, il doit y avoir une raison logique derrière tout ça. Dorian a peut-être des petits trafics pas bien légaux, par exemple. Ou il a été désagréable avec quelqu’un qui voulait se venger. Ou c’est une banale guerre commerciale qui dérape dans l’illégalité… J’ai bon espoir d’en avoir le cœur net. Puis arrêter des brigands, c’est toujours une bonne chose pour la sécurité des routes. Et ça me touche personnellement, puisque je suis toujours en vadrouille.

La trace du cheval était claire, entre creux dans la poussière, fougères brisées en deux, et de loin en loin l’inévitable déjection, de plus en plus sèche et dure à mesure que l’écart se creuse. J’ai beau trotter vite, ne pas sentir la chaleur, et avoir le vent qui me pousse à nouveau dans le dos –naturellement cette fois, je ne vais pas aussi vite qu’un canasson, en tout cas pas aussi longtemps. Un rapide regard vers le ciel me rassure : pas de tempête à l’horizon pour le moment. J’aimerais bien que la température globale baisse, mais pas forcément subir une météo capricieuse en pleine nature, sans rien pour m’abriter.

Puis, en fin de journée, avec le soleil qui commence à rougeoyer et répondre à la couleur des sols, je distingue une ombre dans le lointain, d’abord un peu floue, puis elle gagne en netteté et en taille. Si j’ai bien jaugé, il devrait s’agir de Losos. C’était plus ou moins ma destination de base, étant donné que j’ai des pigments à acheter pour ma famille, et pour troquer ensuite à nouveau plus loin, quand je repartirai vers Zagash ou Kharaal Gazar. Là, si jamais je croise une tache jaune, j’aurai l’occasion d’être fixé. Bon, elle a dû arriver en ville avec une bonne demie-journée d’avance, par contre.

C’est entre les mains des Architectes, que je me dis en entrant dans une auberge qui fait également taverne. Un bon repas et une bonne nuit me remettront d’aplomb.


Dernière édition par Zygan le Mer 15 Aoû - 18:37, édité 1 fois
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Kali Tal'göss
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Sam 7 Juil - 12:35
Irys : 154777
Profession : Mercenaire/Maître d'arme
My'trän +2 ~ Zagash
Elle avait traînée dans les rues de Losos tout l'après-midi, à profiter de l'ambiance unique, regardre les échanges de sacs de pigments et à dorer sur les toits des maisons sous le chaud soleil de l'été. Elle avait acheter une nouvelle tunique auprès d'un tisserand itinérant, d'un délicat rose, et enfourné sa tunique tâchée dans sa besace. Finalement, tandis que le soleil descendait sur l'horizon, elle avait trouvé refuge dans la salle principale de l'auberge où elle dormirait. Dans des villes comme ça, étapes marchandes, les auberges étaient toujours animées.
Les grandes ouvertures de la façade, voilées de tentures pendant la journée pour conserver le frais à l'intérieur du bâtiment, étaient désormais libérée et des tables et bancs avaient été disposés dans la rue, permettant aux clients de profiter de l'air du soir. Ils étaient par petits groupes, quasiment tous des itinérants et échangeaient des plaisanteries et des ancedotes de voyage. Bien évidemment certains jouaient et Kali était tout naturellement venue se poser à une table où quatre personnes étaient déjà occupées à faire rouler les dés. Elle tira un tabouret à elle et déposa la besace à ses pieds tout en se présentant aux autres joueurs, qu'elle apprit faire partie d'un clan nomade qui s'apprêtait à repartir vers le sud.

La partie se déroula sans troubles majeurs, bien que souvent poncutées par les exclamations, de joie ou de frustration selon les moments, de Kali. Ce qui ne manquait jamais de faire éclater de rire ses partenaires de jeu, amusés par toute l'énergie qui se trouvait dans ce bout de femme. Plusieurs autres clients se tournaient fréquemment dans sa direction d'ailleurs, intrigués par le bruit, irrités par son côté sans gêne ou amusés par ses expressions inventives, autant dans la frustration que dans l'allégresse. C'est peut-être cette exhubérance qui amena un jeune homme à croire qu'il ne risquait rien lorsque, passant à côté de la tablée de joueurs, il mima une collision avec un autre client et se rattrapa juste à côté de Kali qui sembla ne pas y faire attention jusqu'à ce qu'une main audacieuse ne se pose sur la besace à ses pieds. Elle tourna vivement la tête, posant ses yeux directement dans ceux du voleur. Celui-ci prit peur et essaya de s'enfuir en agrippant son butin.

Il renversa quelqu'un en se mettant à courir en direction de la rue. Kali fut plus vive, se relevant d'un geste fluide et dégainant son khopesh, elle tendit le bras et parvint à glisser le crochet de l'arme dans la lanière de cuir de la besace. Elle se campa sur ses deux pieds et tira un coup sec. La surprise fit tourner le malandrin sur lui-même, envoyant la besace en l'air qui alla s'écraser sur une table non loin. Sans demander son reste, le voleur reprit sa course, parvenant tout juste à passer entre les jambes de quelqu'un qui voulait l'arrêter avant de tourner dans une ruelle non loin. Kali se précipita à sa poursuite, sautant par dessus une table pour déraper devant la ruelle. Il n'y avait plus de trace de sa cible. Elle haussa les épaules et raccrocha le khopesh à sa ceinture avant de revenir sur la terasse. Ceux avec qui elle jouait, ainsi qu'une ou deux autre personne, lui adressèrent quelques applaudissements pour la prestatiuon et elle mima un salut d'artiste en riant.
Puis elle avisa la table où avait atterit sa besace, occupée par un homme seul. Elle s'en approcha et commença à attraper les quelques affaires qui étaient tombées du sac pour les remettre dedans tout en s'adressant à l'homme :

« Désolée de vous avoir balancé mon sac à la gueule, je pouvais pas trop viser. Faut être complètement con pour venir voler au milieu d'autant de voyageurs aux aguets vous trouvez pas ? »

Tout en discutant, elle fourrait en vrac une tunique verte claire, sur laquelle on voyait distinctement une tâche jaune, dans la besace. Puis elle s'avisa que l'homme semblait l'observer et elle le détailla en retour. Il avait tout d'un nomade, probablement solitaire vu son aspect assez débraillé. Il était encore couvert de la poussière du voyage et ne devait pas être arrivé depuis plus de quelques heures. Ses longs cheveux bruns et son épaisse barbe lui donnaient un côté sauvage qui n'était pas pour déplaire à la rousse. C'est donc avec un sourire assez chaleureux, mais ayant l'air de réfléchir, qu'elle poursuivit la conversation :

« Vous me dites quelque chose, on se serait pas déjà croisé sur les routes une fois ? Vous voyagez vers Zagash par hasard ? »

Elle avait légèrement baissé la voix sur cette dernière phrase, après tout les relations entre Zolios et Zagash n'étaient pas au beau fixe et autant éviter d'attirer trop d'attention sur ce sujet. Sans attendre d'invitation, elle avait tiré la chaise à côté de l'homme et s'était naturellement assise. Elle lui tendit la main.

« Kali au fait, et toi ? »


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Zygan
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Sam 21 Juil - 11:04
Irys : 227617
My'trän +2 ~ Mistral
Je ne veux pas tirer de conclusions hâtives, mais j’adresse mentalement une prière à Amisgal et aux autres Architectes pour m’avoir guidé jusque-là. La rouquine entrée quelques heures plus tôt alors que je cassais la croûte et me désaltérais la gorge semble bien être la personne que je suis. Il faut juste que je sois sûr de mon coup et que je la joue fine, ce qui ne devrait pas être compliqué. Après tout, on ne se connaît pas, et des grands barbus bruns, ça court un peu les forêts. Je lui adresse un grand sourire quand elle s’asseoit à mes côtés. Solitude ? Elle a joué avec des inconnus, s’est battu avec un voleur puis vient à ma table sans vraiment de raison. Très possible.

« Pas de souci pour le sac, j’ai connu pire, que j’assure. Vous… Tu veux un verre ? »

Je fais un signe sans équivoque au tavernier, un beau deux de la main pour indiquer deux boissons. Au pire, si elle n’en veut pas, je les prendrai. J’ai déjà une vague idée. Je voulais comprendre, savoir, connaître. La clef de chaque voyage, aussi. Autant profiter de l’occasion, et qu’elle soit soudainement si amicale, pour en apprendre davantage. La fatigue du trajet est remplacée par le plaisir de la traque, de la chasse, et une brusque poussée d’adrénaline me réveille et fait briller mes yeux. Ce n’est pas dans la nature, mais il y a aussi une bête sauvage qu’il faut apprivoiser et maîtriser.

Rousse, comme l’attaquante. Plutôt grande, athlétique, avec un joli visage que je ne renierais pas. Ha. Ne pas se laisser trop distraire, quand même. Les deux bières atterrissent sur la table et un peu de mousse coule le long du verre de l’inconnue. Je lâche les quelques pièces qu’il faut pour éloigner le serveur et qu’on puisse faire plus ample connaissance. En tout cas, elle a vraiment l’air d’avoir un bon contact. Un peu plus et je croirais qu’il s’agit d’une disciple d’Amisgal ou de Delkhii, mais ce n’est évidemment pas le cas.

« Non, je ne crois pas que nous nous soyions déjà vus. Mais j’ai un physique un peu commun, il faut dire. Après, je n’ai pas non plus une très bonne mémoire des visages. »

Hum. C’est un mensonge, ça, non ? Aucune importance. Mieux vaut dire ça que d’assurer ne pas connaître quelqu’un que l’on devrait, comme ça m’est déjà arrivé avec un des cousins d’Arianna, dont je n’avais pas le moindre souvenir alors que nous avions passé une chasse de trois jours ensemble. C’était pour… une meute de nokhoi. Le malaise, cette fois-là… Bref, le mensonge passe mes lèvres sans difficulté, avec l’aisance de la fausse histoire déjà tellement racontée.

« Et oui, je vais probablement retourner vers Zagash. »

Je comprends qu’elle baisse la voix. C’est parfois assez mal vu d’afficher de l’amour pour cette région. J’ai déjà vu des bagarres de taverne se lancer pour moins que ça. Je lui serre la main, doucement au début, puis plus fort pour répondre à sa poigne solide. Tant mieux, je déteste les gens qui caressent l’intérieur de la paume au lieu d’une vraie poignée de main. Ça donne toujours une impression désagréable et un a priori négatif sur la personne, un côté pernicieux et pas fiable.

« Zygan, enchanté. »

On trinque à la rencontre, à la route, aux Architectes.

« Oui, je vais retourner vers Zagash. Je suis passé à Losos pour acheter des pigments pour ma famille. Quant à la retrouver… Je sais à peu près vers où elle se dirige, donc ce n’est qu’une affaire de pistage, ensuite. Et toi, tu y retournes aussi, je suppose, puisque tu poses la question avec cet air de connivence ? »

C’est qu’une personne remontée contre Zagash aurait tout de suite un air plus… provocateur, agressif, je dirais. L’important, c’est de la faire parler, pour le moment.

« Qu’est-ce qui t’a amené à Losos, d’ailleurs ? »

Sourire confiant et chaleureux alors que je prends une grande lampée de bière. Ça m’étonnerait qu’elle m’annonce la vérité tout à trac, mais on ne sait jamais.

La mousse est bonne.


Dernière édition par Zygan le Mer 15 Aoû - 18:37, édité 1 fois
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Kali Tal'göss
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Sam 4 Aoû - 20:07
Irys : 154777
Profession : Mercenaire/Maître d'arme
My'trän +2 ~ Zagash
« C'est pas faux, mais t'as un... truc, je sais pas trop quoi. Mais c'est peut-être juste la couche de poussière que tu te traînes qui te donne un côté aventurier remarque. »

Kali haussa les épaules en attrapant le verre qui lui est destiné, qu'elle souleva légèrement à l'adresse de l'homme pour le remercier avant d'en boire une gorgée. Le liquide n'était malheureusement pas assez frais à son goût. Elle reposa la chope sur la table mais la garda en main et, tandis qu'elle continuait de parler, une légère couche de condensation se formait sur le métal.

« Ah c'est cool tout ça, on pourra faire de la route ensemble si ça te dis, je pensais rentrer très bientôt ouais. Marrant quand même de devoir pister sa propre famille, vous passez jamais par les même endroits ? Ou peut-être que t'es juste pas patient, je peux comprendre. »

Elle-même n'avait jamais apprécié de devoir attendre au même endroit que sa famille repasse dans le coin, si bien qu'elle ne les croisait que très occasionnellement, par un pur hasard. Bon parfois ils lui manquaient un peu, c'était vrai, mais elle faisait avec.

« Je voyage beaucoup, je suis mercenaire alors tant qu'on me paye, je vais où on me le demande. Là j'ai finis alors je vais rentrer chez moi et me faire payer. Vais probablement pas rebouger avant un petit moment, peut-être me trouver un clan où passer l'été à aider aux champs ou à former les jeunes. Il commence à faire trop chaud pour voyager, surtout à Zolios. On crame sous ce soleil ! »

Elle but une nouvelle gorgée de bière, qui lui fit naître un grand sourire en constatant la fraîcheur nouvelle du liquide. Ils continuèrent à discuter de leurs voyages et d'anecdotes diverses pendant la soirée, Kali éludant les raisons pour lesquelles elle voyageait souvent à Zolios, bien sûr. Elle ne manqua pas de glisser quelques invitations à de tendres activités car Zygan n'était pas pour lui déplaire, s'il prenait un bain d'abord -quelque chose qu'elle pouvait toujours arranger.


Ils partirent le lendemain, aux aurores pour profiter du petit jour et des heures encore fraîches de la journée. Ils devraient de toutes façons s'arrêter en milieu de journée pour éviter les heures les plus chaudes surtout que Zygan n'ayant pas de monture, Ablette devait les porter tous les deux et aurait besoin d'un long repos. Fort heureusement Losos n'était pas loin de Suhury et en remontant directement vers le nord ils arriveraient vite sur des terres légèrement boisées qui leur offriraient un peu de la fraîcheur qu'ils cherchaient.
Ils s'arrêtèrent alors que le soleil était presque à son zénith, après avoir trouvé un petit bosquet d'arbres aux feuilles grasses habituées à résister à cette chaleur. Ils étaient plantés autour d'une légère dépression dans la roche que l'on devinait remplie d'eau lorsque les températures étaient plus clémentes mais n'abritait à cette saison guère plus qu'une triste flaque. Une fois qu'ils eurent mis pied à terre, Kali guida Ablette à l'ombre des arbres et passa sa bride autour d'une branche. Elle attrapa un bol dans son bazar, qu'elle remplit d'eau à l'outre de réserve avant de l'offrir à Ablette pour qu'elle se désaltère. La jument y enfouit son museau en poussant un hennissement de satisfaction et Kali lui gratta l'arrière des oreilles. Quand elle eut finit, la zagashienne versa ce qu'il restait de liquide dans l'écuelle sur l'encolure de la jument pour la rafraîchir un peu. Après avoir rangé l'ustensile, elle se retourna vers Zygan.

« Franchement, je ne sais pas comment ils font pour supporter ça tout l'été. Ils disent qu'on s'y fait mais vraiment, non, je pourrais pas. Ça manque définitivement d'eau, regarde ça ! »

Elle engloba d'un geste des bras ce qui aurait du être une mare de jolie taille mais n'était réduite qu'à quelques centimètres d'eau et un peu de boue pas tout à fait sèche.

« A Zagash, on aurait trouver de quoi se baigner et boire sans se priver, ici on est obligé de rationner le moindre verre pour être sûr d'en avoir assez. Ça me tue ! »

Et elle se laissa tomber soudainement au sol, passant de la position debout à assise en tailleur avec une fluidité remarquable, soulevant un léger nuage de poussière à l'atterrissage qui la fit tousser à deux reprises. Elle battit l'air des bras, exaspérée, pour tenter de la chasser.


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Zygan
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Mer 22 Aoû - 22:05
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Je me verse un peu d’eau de mon outre dans la bouche pendant que Kali s’occupe d’Ablette, son cheval. Elle a beau avoir un goût de cuir, le côté désaltérant est le bienvenu sur ma langue un peu sèche et j’écoute ses récriminations avec un petit sourire dans le coin de ma barbe. Puis j’avale goulûment et j’en reprends une, pour la forme. J’ai largement de quoi tenir encore quelques jours à ce rythme. Après, c’est sûr que je ne suis pas disciple de Dalaï, donc l’absence d’eau me touche sensiblement moins. J’envisage un instant d’essayer de rameuter un petit nuage de pluie, mais je laisse échapper l’idée quand elle soulève un nuage de poussière.

Avec un sourire plus large maintenant, d’un geste de la main je soulève une petite brise qui écarte tout ça de son visage et doit participer à la rafraîchir un peu.

« A se demander ce que tu es venue faire ici, que je réponds en riant. »

La phrase sort un peu vite et toute seule, et me rappelle le premier objet de ma présence avec Kali. Déterminer si elle est bien la responsable de l’attaque sur la caravane, comprendre pourquoi, et éventuellement obtenir réparation en leur nom. Bon, ça impliquerait que je doive ensuite les retrouver pour leur rendre, alors que je suis attendu ailleurs, mais ce n’est qu’un petit prix à payer. Et s’il s’avère que la charmante rousse faisait en réalité la bonne action, je pourrais laisser tout ça derrière moi et me concentrer sur l’instant présent…

Un peu comme hier soir, finalement, quand la conversation s’est continuée toute seule.

***

« La poussière du voyage, hein ? Je viens à peine d’arriver, il faut dire. Je vais profiter de la ville pour faire un brin de toilette. »

Je daube, c’est ça ? Les Architectes savent que la route, surtout dans les coins secs, ça couvre de poussière. Mais ça fait surtout un moment que je n’ai pas pu profiter d’un bon bain chaud, et Zolios fait partie des meilleurs endroits pour ça. Rien que de penser à la relaxation que je vais pouvoir me payer… J’ai justement un peu d’argent de côté pour ça. Et quelques bonnes adresses, mais pour ce soir je me contenterai du bassin de l’auberge. C’est que tant que la chasse est en cours, il est de mauvais goût de l’abandonner, et Kali semble justement tout à fait disposée à faire plus ample connaissance, ce qui m’arrange bien.

« Pister ma famille… C’est qu’on a toujours été des nomades, alors même si les circuits sont globalement les mêmes, difficile d’anticiper sur les glissements de terrain, les crues ou quoi qui peuvent bloquer le passage des troupeaux et des quelques chariots. »

Je reprends une grande lampée en notant que la sienne est bien plus fraîche que la mienne, subitement. Dalaï, hein. Aria a l'habitude de faire ça aussi.

« Bon, c’est sûr, la plupart des gens qui sont en marge de leur tribu s’éloignent moins que moi, ou alors coupent les ponts totalement, alors que je reste dans un entre-deux… Mais c’est ce qui me convient. Quelques jours avec, quelques semaines ou mois sans. Par contre, c’est sûr que je ne participe pas beaucoup à la vie de la famille comme ça, à ne pas aider à l’élevage des bêtes ou l’apprentissage des rares jeunes, sauf très ponctuellement. »

Ne pas perdre le fil.

« Dans les pigments que je cherche, il y a du jaune, j’ai vu que tu avais des vêtements teints, et la couleur semble pas mal, je peux voir de plus près et savoir où tu te l’es procuré ? »

***

Je pose mes affaires, je m’étire le dos, puis les jambes. Faire le trajet à cheval, ce n’est plus tellement dans mes habitudes, même si Ablette est plutôt adorable et que Kali la mène bien, sa jument. Ça nous permet d’aller un peu plus vite, mais me dégourdir un peu les jambes me fait du bien, malgré la grosse chaleur naissante. En passant la main dans ma barbe, je sens quelques perles de sueur, et surtout la poussière qui commence déjà à s’y accumuler à nouveau. Nos regards se croisent et je pense que le mien pétille totalement. De ma besace, je sors quelques rations froides : fruits, légumes, fromage et un peu de pain qui n’a pas eu le temps de rassir.

Avec la température qu’il fait, je pense qu’il est clairement hors de question de faire un feu pour cuire de la viande, encore que ça ne me gênerait pas, à titre purement personnel. Mais Kali le vivrait probablement mal. Je manque de le faire quand même, juste pour la prendre à rebrousse-poil.

Troublé. Trop troublé, en fait. Je me mords l’intérieur des joues un peu fort pour essayer de trouver quoi faire. De toute façon, le choix que j’ai à faire est plutôt simple : soit je détermine où est la justice, et j’essaie de l’accomplir du mieux de mes capacités, ce qui ne semble pas gagné étant donné que le moindre de ses gestes crie la guerrière entrainée ; soit j’abandonne tout ça, dans la mesure où les marchands n’étaient de toute façon pas très sympathiques, et je me tourne vers un objectif plus immédiat et bien moins noble.

Mais je m’en voudrais après coup.

Non, ce qu’il faut, c’est le chemin du milieu. Il faut juste le dénicher.

« Tu veux du raisin ? »

Bon, je ne l’ai pas encore.

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Kali Tal'göss
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Lun 1 Oct - 21:18
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My'trän +2 ~ Zagash
« Du jaune ? Euh ouais j'ai une tunique de cette couleur, je me la suis pas procuré ici par contre. »

Elle posa la besace sur la table et commença à fouiller dedans, en sortant finalement une tunique jaune pâle avec un liseré bleu. Elle aperçut une tâche de couleur jaune plus vif et l'attrapa sans réfléchir en lâchant un « Ah attends j'ai autre chose. » et tira sur le tissu qui se révéla être la tunique verte tâchée de pigment et à la manche roussie. Elle resta un instant silencieuse, se demandant si elle n'avait pas fait une connerie. Laissant tomber le tissu en vrac sur la table elle donna une explication à toute vitesse, manquant se mélanger dans ses mots :

« Ah non en fait c'est juste une tâche de pigment que je me suis faite tout à l'heure, j'ai trébuché et suis tombé sur un sac, je suis parfois très maladroite. »

Une affirmation qui sonnait très fausse vu comment elle bougeait et son petit manège de tout à l'heure. Elle espérait qu'il ne lui poserait pas plus de questions dessus, en vain puisqu'il insista un peu et elle s'embourba dans son mensonge, notamment pour expliquer pourquoi l'une des manches était brûlée. Finalement elle rangea en vrac ses affaires et s'excusa en prétendant être fatiguée et vouloir dormir, ce qui n'était pas totalement feint après la journée qu'elle avait passée. Elle songea un moment à partir plus tôt qu'elle ne lui avait annoncé, pour éviter d'autres questions, mais se dit finalement que ça ne devait être rien de grave, juste une coïncidence.


Kali savoura la brise opportune générée par son compagnon de route qui écartait la poussière et fit voler ses cheveux un instant. Elle ferma les yeux et soupira d'aise. La remarque de Zygan qui suivit, en revanche, lui arracha une petite moue. Depuis la veille et ses bobards mal ficelés, elle était nerveuse dès que le sujet de sa présence à Zolios revenait dans la conversation.

« J'y viens pas pour le plaisir en tout cas, ça c'est sûr. Seulement parce que j'ai des... trucs à y faire de temps en temps. »

Elle agita la main en l'air comme pour dire que ça n'était rien d'important. Et, d'une certaine manière, c'était le cas à ses yeux. Enfin la plupart du temps en tout cas, quand les choses se passaient bien. Elle soupira longuement. Elle ne pouvait pas continuer à voir des sous-entendus dans chaque question. Le mieux était peut-être de crever l'abcès tout de suite au final. Si elle lui disait exactement ce qu'elle faisait, elle n'aurait plus à raconter ses histoires bancales. Ils étaient loin de la ville, elle ne risquait pas d'ennuis avec des gardes ou d'autres zoliens qui ne la rattraperaient pas avant qu'elle soit profondément enfoncée en terres suhures, donc à ce niveau là elle était tranquille.
La seule inconnue possible était la réaction de Zygan lui-même. Ce n'était pas qu'elle était particulièrement attachée au chasseur, mais il était agréable de voyager avec quelqu'un de temps en temps. D'un autre côté, ça ne l'était pas si elle passait son temps à se faire des hypothèses sur ce qu'il voulait dire. Elle continua de se demander ce qu'il convenait de faire tandis qu'ils partageaient leurs rations et discutaient de petites anecdotes par intermittence. Elle réfléchit à ce que ferait sa mère, les khorogs qu'elle connaissait ou même les Aurès. A peu près tous, elle en était sûre, auraient dis la vérité.
Donc, alors qu'ils avaient finis leur repas et étaient assis sous l'ombre des arbres, attendant que les heures les plus chaudes passent tranquillement, elle se décida à parler.

« En fait si je suis venue à Zolios cette fois c'est pour gêner des marchands. Je suis payé par une tribu de Zagash qui peut pas les sentir. J'ai tué personne, hein, je leur ai juste fait perdre assez de marchandises pour les foutre dans la merde. Mais, ouais, je suppose qu'on peut dire que je suis une criminelle. »

Elle haussa les épaules. Elle avait raconté l'histoire sur un ton banal, qui montrait bien qu'elle ne ressentait aucune culpabilité, si ce n'est peut-être celle d'avoir caché tout ça à un compagnon de route. Elle attendit pour voir comme Zygan allait y réagir.


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Zygan
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Jeu 1 Nov - 13:21
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C’est raté pour la voie royale, que je me dis. Quand Kali m’annonce qu’elle est venue à Zolios pour saboter une caravane de marchands, je baisse la tête, me contentant de l’observer du coin de l’œil. Pas de culpabilité, pas vraiment de regret, peut-être une trace d’appréhension ? J’inspire doucement, et je souffle par le nez, à l’ombre. Un peu plus loin, une cigale contourne un petit caillou qui doit lui sembler géant. Faire comme elle, ne pas faire une montagne de pas grand-chose ? Si c’est une criminelle, elle peut vouloir me faire taire, m’éliminer, maintenant qu’elle m’a annoncé ça ? En plus, j’ai peu de chances de distancer à cheval à la course, même avec les dons d’Amisgal.

Finalement, jouer cartes sur table, ça peut être pas mal.

« Hum. »

Ça manque un peu d’aisance orale. Je déglutis, prends machinalement une gorgée d’eau pour m’humecter la langue.

« Je m’en doutais. Enfin, comment dire… J’étais avec la caravane que tu as attaquée il y a deux jours. Tout à l’arrière, donc je ne t’ai vue que de loin. Et, euh… C’est probablement pour ça que j’ai eu l’air familier. »

Je me dis qu’il faudrait que j’arrête de bafouiller, mais j’ai un peu de mal à trouver les mots justes. Les mots tout court aussi, peut-être, au demeurant.

« C’est un vrai hasard qu’on se soit trouvé dans la taverne, qu’on ait essayé de te voler tes affaires et que j’aie vu les traces des pigments. Du coup, j’ai essayé un peu subtilement de te tirer les vers du nez, mais bon, ce n’est plus vraiment nécessaire, maintenant. »

Ça, c’était la partie facile, d’expliquer pourquoi je suis là aussi, et que c’est pas que pour le plaisir de sa compagnie.

« Ce clan, tu les as bien mis dans la merde, tu sais ? Alors je veux bien qu’ils n’étaient pas tous bien sympathiques, peut-être même que certains le méritaient, et qu’il y avait une forme de justice derrière tout ça… Mais il y a aussi des enfants, des gens qui essaient juste de vivre, de survivre. Il se passe quoi pour eux si à cause de ça, ils se retrouvent dans la rue, dans le froid, sans rien à manger ? »

Oui, c’est vraiment ça qui me gêne. Je sais bien que tout le monde ne peut pas vivre heureux, mais faire sciemment du mal à quelqu’un, sans prêter attention aux conséquences ?

« Ça peut sembler hypocrite parce qu’à la base je suis un chasseur, et pourtant je ne tue pas les mères qui ont une progéniture, ni les petits, sauf cas spécial comme pour réguler la population. Et j’ai du mal à voir ce que tu as fait comme de la régulation de population… C’est l’avarice, l’attrait du pouvoir, pas forcément pour toi, mais pour ceux qui t’engagent. »

Peu à peu, je m’échauffe, je parviens mieux à articuler ce que je pense et ce que je ressens.

« Bon, forcément, ça nous dit pas quoi faire. Ça ne servirait pas à grand-chose de te dénoncer. Je peux toujours essayer de t’amener à la milice la plus proche, mais ça ne résoudrait rien non plus. Ça serait bien que tu les regardes en face et que tu présentes tes excuses, que tu les comprennes. »

Je fais bien moralisateur, je n’aime pas beaucoup ça, en fait. Mais c’est difficile d’expliquer. Il faut juste que je trouve un levier pour la convaincre que j’ai raison, qu’il n’est pas nécessaire de faire du mal aux gens pour vivre, et qu’on s’en porte même d’autant mieux si on s’en abstient. Mon côté idéaliste, ça. Arianna m’enfoncerait un doigt dans les côtes si elle m’entendait dire ça, et on repartirait dans un de ces débats interminables qu’on a déjà eus autour du feu, après un bon repas mijoté par ses soins et des outres de vin…

« Je voudrais vraiment trouver un moyen de te convaincre, mais là, comme ça, je n’ai pas spécialement d’idée. »

Ni d’idée sur comment elle prend mon discours, au demeurant.

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Kali Tal'göss
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Mar 6 Nov - 19:12
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Kali pencha la tête en arrière, appuyant son crâne contre le bois de l'arbre auquel elle est adossée. Elle écoutait d'une oreille distraite les remontrances de Zygan. Rien d'inhabituel. Discours d'un pacifiste, elle l'avait déjà entendu. Au moins il ne criait pas ni ne l'insultait. Par contre l'amener à la milice ou qu'elle s'excuse ? Il se fourrait le doigt dans l’œil, et profond avec ça. Quand il s'arrêta de parler, elle attendit un peu avant de se lever d'un geste fluide. Elle se tourna vers lui, les mains sur les hanches, légèrement penchée vers l'avant et planta son regard dans le sien.

« Epargne moi les discours larmoyants d'accord ? Les tribus se battent depuis des siècles, des conflits y en a toujours eu et il y en aura toujours. Ils ont perdus de la marchandise, je leur ai ruiné leur saison peut-être, c'est con pour eux mais ça n'est pas grave : s'ils manquent vraiment de quelque chose ils travailleront pour d'autres marchands, aux champs ou dans les carrières. Y a toujours moyen de se débrouiller.
En tout cas je n'ai aucune intention de me rendre à la milice ou à ces marchands. Et je ne vais pas leur présenter des excuses que je ne pense pas, ça serait insultant. Et si tu n'es pas d'accord avec ça... »


Elle bondit en arrière comme un chat. Sa main droite avait saisi la poignée du khopesh à sa ceinture et dégainé la lame en croissant, tenue basse, crochet vers le ciel. Son autre main était au niveau de sa hanche, légèrement écartée pour garder un bon équilibre, mais avait débouché l'outre d'eau qu'elle portait toujours, sans que celle-ci ne se répande sur le sol. Le regard de la rousse était devenue joueur, orgueilleux et provocateur quand elle dit à son compagnon de voyage :

« Oblige-moi ! »

Le coin de sa bouche se plissa dans un sourire taquin et ravi. L'attaque de la caravane lui avait laissé le goût amer de la facilité, elle n'avait pas réellement eu l'occasion de se battre comme elle l'aimait. Elle attendit de voir ce que Zygan allait faire. Il lui sembla entendre comme un soupir, mais ce n'était peut-être que le vent dans les arbres, puis il se leva pour se placer face à elle, sur l'autre côté de la petite clairière autour de laquelle ils avaient fait leur escale. Il vint à l'esprit de la zagashienne qu'elle n'avait jamais affronté quelqu'un béni par Amisgal : cela n'en était que plus intéressant encore. Elle le jaugea tandis qu'il se mettait en garde, lance bien main, pointe légèrement basse dans sa direction. Elle sourit un peu plus et un hochement de tête signala le début du combat.

Kali bondit en avant, fidèle à ses habitudes de prendre l'initiative. Rapide mais pas assez puisque Zygan se décala sur le côté pour l'éviter tout en frappant, ce que la rouquine n'évita que d'un cheveux. Son sourire s'élargit tandis qu'elle prenait conscience que ce combat allait lui demander des ressources inhabituelles, familière qu'elle était à bénéficier de l'avantage de la vitesse. Suivi une série d'échanges rapides : elle bondissait en avant, tentait de placer une attaque mais se retrouvait esquivée ou parée et devait battre en retraite. En quelques occasions elle dut même céder plusieurs pas de terrain face à une contre-attaque avant de revenir au statu quo.

« On peut danser un moment comme ça ! »

Lui lança-t-elle en faisant tourner son arme dans sa main tandis qu'elle faisait quelques pas sur le côté, sans pour autant le quitter des yeux. Pour l'instant, elle n'avait pas vraiment eu recours à la magie octroyée par Dalaï et il semblait lui avoir rendu la pareille puisqu'aucun vent inopportun n'était venu rabattre ses cheveux dans son visage ou la déséquilibrer à un moment critique. Mais il était temps de passer à la vitesse supérieure.

« Ô, Maîtresse des océans et des rivières, accorde moi un peu de ta force et que par mes éclats Ta grandeur en soit renforcée. »

Murmura-t-elle tandis qu'un filet d'eau s'écoulait de l'outre, remontait au niveau de son coude et s'enroulait paresseusement autour de son avant-bras. Désormais avec son élément à portée de main, les choses sérieuses allaient pouvoir commencer. Elle attaqua sur la gauche de Zygan qui para l'attaque sans difficulté et, se doutant peut-être de quelque chose, fit aussitôt décrire un arc-de-cercle à son arme et Kali dut sauter en arrière pour éviter le fer. D'un mouvement de bras elle guida un filet d'eau qui s'enroula autour de l'autre extrémité de la lance et commença à geler jusqu'à former une boule de glace épaisse comme un poing, de quoi modifier sensiblement l'équilibrage de l'arme.
Désireuse de ne pas lui laisser de répit, la zagashienne repassa aussitôt à l'attaque.


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