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Chroniques d'Irydaë
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 Baby sitting improvisé

Alice Tan'Odrin
avatar
Dim 24 Juin - 12:38
Irys : 298057
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice soupira.
Le nez plongé dans le tas de lettres qu’elle lisait en marchant depuis deux jours déjà, elle évitait adroitement les troncs d’arbres qui se dressait sur son chemin. Comment me demanderez-vous ? Et bien c’est très simple. Pendant les-dits “deux jours”, Alice s’était pris un nombre incalculable de troncs en pleine face. Il fallait croire qu’à force de pratiquer, elle avait enfin réussit à progresser. Ou alors c’était que son corps en avait eu assez et avait récupéré le volant pour éviter plus de dégâts.

Elle soupira de nouveau.
Elle était passée à Darga pour voir sa grand mère. Elles ne s’étaient pas vu depuis un an et Alice l’avait trouvé beaucoup plus… Heu… Aimante ? Que dans ses souvenirs. Elle avait même eu le droit à quelques sourires. Sans parler du… Non. Elle n'était pas prête à penser à ça. Quoi qu’il en soit l’éloignement l’avait visiblement adoucie. Elle avait bien entendu insisté pour qu’Alice revienne à la maison.

-Tu pourrais devenir Khorog ! avait-elle utilisé en dernier argument.

Mais bon, de un Alice n’avait jamais eu de telles ambitions et de deux, Darga avait déjà un Khorog tout à fait fonctionnel. Et puis surtout, elle avait l’impression de se découvrir une mission chaque jour. Elle n’en avait pas parlé à sa grand-mère, se contentant de refuser poliment toutes ses propositions. Elle n’aurait pas compris et Alice ne se sentait pas encore assez forte pour faire plier un esprit comme celui de sa grand-mère.

“Plier”. Le verbe pouvait paraître agressif mais Alice ne le visualisait pas ainsi. Pour elle, l’esprit de sa grand mère se tenait droit dans ses bottes, contre vent et marée certes, mais aussi contre toutes les nouvelles idées. Elle était devenu si rigide… A moins qu’elle ne l’ait toujours été. D’ailleurs en y repensant, beaucoup d’habitants de Suhury l’était aussi. Il leur manquait un certaine souplesse leur permettant de s’adapter. C’était aussi pour ça qu’Alice avait décidé de partir sur les routes. Elle voulait apprendre, mais pas que dans les livres. Même si -fallait pas se faire d’illusions- elle adorait les livres.

Bref, à la fin de son séjour il était arrivé LA chose. Alice ne savait toujours pas comment la prendre. C’était déjà arrivé lors de son premier départ mais venant de sa grand mère ça lui faisait toujours bizarre. Elle l’avait enlacée. Enlacée. Alice ne ressentait à ce propos rien d’autre qu’une immense confusion. D’ailleurs sa grand-mère non plus n’avait pas progressé depuis leur dernier “câlin” puisque le tout avait été assez maladroit. Elle avait même entendu l’un des domestiques laisser échapper un gloussement. Elles l’avaient ignoré et quand enfin sa grand-mère l’avait lâchée ce fut pour lui tendre le paquet de lettre qu’elle lisait depuis.

Il s’agissait de la correspondance entre sa grand-mère et son fils, son père du coup. Découvrir ces lettres avait encore augmenté la confusion dans l’esprit d’Alice. Elle n’avait aucun souvenir de ce père qui, comme elle, avait quitté le nid familiale pour suivre une belle disciple de Süns. Enfin, Alice l’imaginait belle un peu par défaut. Si ça se trouvait, elle avait été complètement quelconque. Voir moche. Mais là n’était pas le plus étrange. Au fil des lettres, Alice avait aussi appris qu’elle avait eu une grande soeur : Cassandra.

Ca avait été un choc. Ainsi Cassie, l’autre personnalité avec qui elle avait partagé sa tête n’était autre qu’une espèce de souvenir de sa soeur ? Ca expliquait plusieurs choses. Enfin peut-être. A vrai dire elle n’en avait aucune idée, elle n’avait jamais été très douée en psychologie à son grand désespoir.

Avec tout ça, Alice était dans une grande confusion et n’arrivait pas à s’arrêter de lire cette correspondance qui s’était écrite sur plusieurs années. C’est à ce moment là qu’un tronc décida de la rappeler à l’ordre. Ca faisait déjà quelques heures qu’ils la laissaient tranquille mais il était hors de question que cette péronnelle croit qu’il était si facile de marcher sans regarder où l’on mettait les pieds dans une forêt. Elle se pris l’arbre en pleine figure. Les précieuses feuilles de papier s'éparpillent sur la mousse environnante et son postérieur tomba lourdement sur l’humus.

Un peu sonnée, Alice mis quelques minutes à comprendre ce qui venait de lui arriver. Puis, prise de panique elle se releva d’un coup pour récupérer son précieux trésor de papier. Avant de se retrouver de nouveau les fesses par terre. Elle s’était levée trop vite après le choc et visiblement son cerveau n’avait pas réussi à suivre. La deuxième fois, elle fit bien attention et commença enfin à ramasser les lettres éparpillées.

Elle avait presque finit quand des cris parvinrent jusqu’à elle : un bébé pleurait. Ca n’était pas tout près. Alice ramassa ses dernières feuilles et les rangea dans son sac. Cet enfant était une aubaine. A force d’avoir le nez plongé dans le passé, elle n’avait pas fait attention à la direction qu’elle avait pris et s’était vite enfoncée dans la forêt sans aucune idée de la direction qu’elle avait pris. Retrouver la civilisation ne lui ferait pas de mal.

Elle partit donc en quête du nourrisson qui continuait de s’époumoner. Au bout d’un quart d’heure de marche à travers la forêt, elle posa enfin le pied sur une route digne de ce nom. Elle remercia les architecte pour l’avoir ainsi guidée et chercha des yeux cet enfant qui pendant tout ce temps n’avait cessé de pleurer. Peut-être était-il malade ? Sans quoi ses parents aurait sûrement trouvé quelque chose pour le calmer. Malheureusement ce qu’elle découvrit était d’un ordre tout autre. A une centaine de mètres sur sa droite, à moitié basculée dans le bas côté, gisait une charrette qui finissait de se consumer.

Alice se précipita vers la structure de bois carbonisée. Le cadavre d’un homme y était encore planté par une énorme lance. Enfin, elle pensait que c’était un homme car le cadavre complètement brûlé ne laissait plus paraître grand chose. La charrette était vide. Les pillards l’avaient vidée avant d’y mettre le feu. Mais le bébé n’était pas là. Alice s’enfonça dans la forêt toute proche, toujours sur la piste des pleures. Ce qu’elle y trouva la fit grimacer. Une femme était étendue là, nue, couverte d’équimoses et et coupures. Les marques bleues autour de son cou et ses yeux révulsés ne laissait aucun doutes sur sa mort mais Alice se pencha tout de même pour vérifier le poul. Rien, évidemment.

Elle trouva le bébé un peu plus loin, caché dans un buisson. Sa mère avait visiblement eu le temps de le cacher là avant de se faire rattrapée et de… Alice se pencha et récupéra l’enfant. Elle le tint quelques secondes à bout de bras, ne sachant pas quoi en faire. Celui-ci s’était arrêté un instant de pleurer pour la dévisager. Mais très vite, les cris avaient repris.
Peut-être avait-il faim ? Alice repartit dans la direction de la charrette, dans l’espoir d’y trouver quelque chose adapté aux besoin d’un bébé. Malheureusement, même après cette seconde inspection elle ne trouva rien. Les pillards avaient tout pris. Elle bricola donc tant bien que mal une espèce de tétine sur sa gourde dans laquelle elle sucra un peu l’eau. Ca n’était pas parfait mais ça lui permettrait de survivre le temps qu’elle trouve un village. L’enfant accepta la boisson avec joie à son grand soulagement.

Alice allait se mettre en route quand une silhouette se détacha sur le chemin. Elle soupira de soulagement. Quelqu’un allait pouvoir l’aider. Il fallait dire qu’elle n’y connaissait rien en bébé.

-Youhou ! Vous là-bas ! Aidez-moi s’il vous plaît ! Je viens de trouver cet enfant dans les bois ! Ses parents ont été tués par des brigands. Vous ne sauriez pas quoi faire par hasard ?

Et c’est ce moment là que choisi l’enfant en question pour repousser son pseudo biberon pour se remettre à hurler.


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Morr
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Jeu 28 Juin - 17:36
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Les bois étaient déserts, et l’Exécuteur, marchait à un bon pas, cherchant à retourner au temple dans les plus brefs délais. Drazaar était en repos, et l’homme n’avait pas souhaité abuser des forces de son ami griffon.
C’était donc à pied qu’il c’était rendu au village qui avait demandé son intervention, et c’était avec empressement qu’il avait opté pour un raccourcis à travers la forêt pour gagner du temps.
Son armure le faisait ressortir parmi la verdure : une forme noire se frayant un chemin parmi la végétation.
Une forme cuirassée qui tachait de cacher sa fatigue… Morr avait toujours été un soigneur, rétablissant les plus nécessiteux. Mais la dernière mission avait été différente. Utiliser ses dons magiques pour diminuer un être était totalement nouveau, et sa magie était encore brutale et manquait de subtilité. Si réparer les os était aisé, se servir d’un corps humain et jouer avec ses muscles pour briser un individu se révélait une nouveauté. Et comme toute nouveauté, cela se faisait en trébuchant. Et malgré la maitrise de son don, Morr ne pouvait pas maitriser parfaitement la moindre facette de ce dernier.
C‘était donc avec une douleur lancinante dans tout le corps et une intense sensation de fatigue qu’il avait choisis de couper la route en prenant le risque de passer par un chemin moins sûr.

Ce ne fut don qu’au bout d’une demi-heure qu’il finit par s’arrêter, sentant une présence dans son dos. Son heaume se tourna vers la source du malaise. Ce ne fut qu’après quelques secondes qu’une forme sortir des buissons.
Cette forme était humaine, vêtue d’une armure de cuir usée partiellement ensanglantée. Une longue lame de fer se trouvait dans sa main, sa lame encore cramoisie. Le visage de l’homme était manifestement mauvais et ne laissais aucun doute sur ses intentions.
Mais ce qui surprit l’Exécuteur fut surtout de trouver quelqu’un d’assez idiot pour tenter de l’attaquer seul.
Au vu du sourire sadique, Morr comprit rapidement qu’il n’était pas seul. Cette assertion se vérifia quand un carreau d’arbalète fendit les airs pour percuter son heaume.
Le trait rebondit sans effet sur l’épaisse cuirasse, ne laissant pas la moindre marque sur cette dernière.

-Merde, magnez-vous vous autre


Hurla celui qui devait être le chef et en guise de réponses, trois autre acolytes sortirent des sous-bois, maniant diverse armes blanches.
En guise de toute réponse, l’Exécuteur sortit son klaive de son dos, et la simple présence de l’arme sembla figer le temps. Ils intervenaient peut être au pire moment possible, mais les apôtres restaient capable de tenir tête à n’importe qui.
Les gantelets d’acier se refermèrent sur les poignées texturées de l’arme, l’élevant position de combat.
Le premier attaquant s’élança sur lui en hurlant, une hache à deux mains en guise d’arme. Le coup qu’il porta fut si évident que l’homme en armure n’eus qu’à faire un pas de côté pour esquiver le coup. L’arme lourde se planta dans le sol et alors que le bandit réalisant son erreur, le tranchant du klaive s’abattit sur sa nuque, détachant proprement cette partie inutile de son corps. Le coup fut porté dans le même mouvement que l’esquive, ce qui donna une grâce subtile à l’ensemble.
Le sang s’écoula du cadavre encore secoué de spasme, et un nouveau carreaux s’abbatit sur l’Exécuteur, rebondissant une fois de plus sans effet.
Deux autres bandits profitèrent du choc pour foncer sur lui dans l’espoir de le déborder par le nombre. Morr se concentra sur l’un d’eux tachant de faire appel à ses dons cachés pour gagner l’avantage. Sa concentration se fit plus importante et la fatigue redoubla alors qu’il cherchait un accès pour réduire la vigueur d’un bandit brandissant une masse.
Ce fut un échec complet, et au lieu de le fatiguer, il déclencha un violent spasme dans la jambe de ce dernier, suffisamment violent pour que le craquement d’une articulation démise.
Le porteur de masse s’effondra en hurlant alors que son camarade lui, continuait à courir vers l’Exécuteur qui chancela une demi-seconde. Cette dernière suffit pour recevoir un coup d’épée dans l’articulation du bras. Le bandit avait sans doute déjà affronté des adversaires cuirassés, mais visiblement il n’était pas au courant qu’une armure d’apôtre ne possédait pas les mêmes failles que les autres.
La pointe de la lame ricocha donc l’acier de la cuirasse et Morr le renvoya d’un revers de son avant-bras. Le canon garni de pics et de lame lacéra le visage de l’adversaire qui s’effondra le visage en sang, ce dernier peinant à comprendre ce qui venait de lui arriver.
Le chef cracha par terre en voyant ses associés tomber un par un et décida de charger à son tour.
Alors qu’il hurlait en levant son épée, la main du géant de fer se dressa enserrant son crane dans une poigne que nulle n’aurait pu défaire.
Les pouvoirs de Morr n’étaient en soit pas offensifs, sa spécialité étant le soin, mais le cerveau d’un être humain étant sensible, il lui suffisait de concentrer sa magie pour le brouiller.
Concentrant son pouvoir habituel dans sa paume il fit affluer son pouvoir e guérison entre ses doigts, faisant passer une énergie magique toujours plus importante.
Une formalité pour lui mais qui se traduisit par des saignements oculaires et nasales avant que l’homme ne se mette a convulser.
Au bout d’une minute, le gantelet s’ouvrit pour laisser tomber le cadavre, ce dernier s’effondrant inanimé sur le sol. Le dernier s’enfuit sans demander son reste abandonnant son arbalète en la lançant au sol.
L’apôtre était cependant trop fatigué pour le poursuivre et préféra plutôt se concentrer sur la récupération du matériel des pillards entassant, cuirasses, épée et pièces de monnaie de chacun d’eux avant de jeter le tout sur son épaule.
Il ne comptait pas vraiment les revendre, mais le temple pouvait toujours avoir besoin de matériel d’entrainement.
Mais à peine sa route fut elle reprise qu’un hurlement suivit rapidement d’une voix demandant de l’aide.

Avec un soupir, il s’arrêta à nouveau, observant la scène avec un regard surpris. Au lieu de trouver un nouveau groupe de bandit, il tomba simplement à une jeune femme avec un enfant dans les bras.
Il fut tout de même plus enclin à ne pas sortir son arme cette fois.

-De l’aide ? Mais que suis-je censé faire pour vous ?


Son heaume fixa la jeune femme visiblement en bonne santé, tout comme le nourrisson qu’elle tenait dans les bras, et ce au vu des cris qu’ils poussaient sans cesse.
L’Exécuteur s’approcha avec un peu de méfiance, son masque blanc encore taché du sang des brigands.

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Alice Tan'Odrin
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Dim 8 Juil - 19:08
Irys : 298057
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
[HRP : Coucou ! Désolée c'est un peu la réponse la plus courte de l'univers mais je suis un peu débordée en ce moment mais je ne voulais pas pour autant te faire encore plus attendre. J'espère que tu ne brûlera pas trop de poupées à mon éfigie. ^^']

Alice, tenant le bébé hurlant à bout de bras, se sentait de plus en plus perdue. Elle n’avait jamais été très douée avec les enfants. Non pas qu’elle ne les appréciait pas c’était plutôt qu’elle n’arrivait pas à les comprendre. Beaucoup de gens disaient que c’était pourtant simple à ce stade de l’évolution, qu’ils n’avaient qu’une série de besoins primaires à étancher. Pourtant la jeune fille se rappelait avoir croisé dans la bibliothèque de Darga le compte-rendu d’une expérience.

L’homme, un ancien adepte de Möchlog, avait voulu déterminer si un enfant pouvait développer des pouvoirs en dehors de toute influence sociale. Pour cela il s’était fait fournir une vingtaine de bébé qu’il avait coupé du monde. C’est à dire qu’aucun être humain n’avait de contact direct avec eux. L’objectif était d’observer sur plusieurs années l’impact de cette ignorance de l’être humain sur quelqu’un. Malheureusement l’expérience avait été de courte durée car au bout de quelques semaines seulement, tous les bébés étaient morts. Ils étaient pourtant bien nourris et dans des conditions optimales physiquement, surveillés par d'éminents spécialiste de Möchlog.

On en avait donc déduit que l’être humain avait fondamentalement besoin de contact pour -non pas s’épanouir- mais vivre tout simplement. L’humain avait besoin d’Amour. L’expérience avait été glauque au possible et Alice s’était un instant demandé où cet homme avait pu se procurer tous ces bébés. La conclusion était poétique mais, à l’instant présent, mettait surtout Alice dans le plus grand des embarras. Elle sentait que quelque chose “bloquait” avec cet enfant qui la fixait en hurlant. Comme avec beaucoup d’autres gens dans sa vie d’ailleurs.

Les pleurs du nourisson redoublèrent et dans une tentative de fuite désespérée, Alice porta son regard sur l’homme dont elle avait croisé la route. Elle remarqua alors la lourde armure couverte de sang. Ni une ni deux, trop contente de retrouver un terrain qu’elle connaissait bien, Alice mis le bébé dans les mains du “chevalier” et se mis à l’examiner de long en large.

“Hum… Il semblerait que vous aillez eu de malencontreuse aventures. Tout ce sang là, il est à vous ? On ne dirait pas mais on est jamais à l’abris de l’infection d’une égratignure. Dans tous les cas, ça serait plus pratique que vous enleviez tout ça s’il vous plaît“, fit-elle remarquer en désignant l'attirail de métal du doigt.

Puis, se rendant compte qu’elle devait agir un peu bizarrement aux yeux de cet homme, elle se remit devant lui et lui tendit la main.

“Excusez-moi, je m’appelle Alice. Et ne vous inquiétez pas, je suis médecin.”


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Morr
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Lun 16 Juil - 17:18
Irys : 139976
My'trän +2 ~ Suhury
Morr regarda la jeune femme se planter devant lui, un peu interloqué par la situation. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait. Voilà qu’elle semblait avoir oublié l’enfant pour se concentrer sur lui. C’était sans doute une manifestation du caractère particulier des Suhur, même si dans le cas présent deux extrêmes venaient de se rencontrer.
Il fit néanmoins l’effort de se montrer sociable et lui enserra la main de la sienne. Le contact de la chair contre le métal ne devait pas être très agréable, mais révélait bien le caractère de l’Exécuteur.
Il déclina poliment la proposition de la jeune femme d’un geste de la main avant d’ajouter.

-Morr, du temple des Exécuteurs de Möchlog, je suis médecin aussi… du moins je suppose.

Médecin… médecin…. Il était autant celui qui ramenait les gens des portes de la mort que celui qui les faisait franchir, mais vu la philosophie de leurs architectes, cela pouvait paraitre normal. Il passa donc par le ruisseau après avoir serré la main de la jeune femme, se plongeant intégralement dans l’eau pour troquer le sang contre le métal propre.
Après quelques minutes passées dans l’eau il ressortit propre, un peu plus présentable si on oubliait la cuirasse à l’apparence menaçante.
Il eut un moment d’hésitation avant de reprendre.

-En fait dis plutôt que je possède les dons de guérison de mon architecte… je ne me vois pas comme un sauveur aveugle d’âmes perdues.


Il n’accusait pas la jeune femme en disant cela, mais disons que c’était sa manière à lui d’essayer de se décrire du mieux possible, même si cela devait paraitre plutôt maladroit.
Chaque pointe de sa cuirasse goutait doucement, mais Morr avait confiance dans le matériau dans lequel elle avait été forgée pour sécher rapidement.
Finalement il reprit une fois de plus la parole, désignant le lieu du pillage de la pointe de son gantelet.

-Les responsables ont été châtiés pour leurs crimes… un seul a survécu mais il s’est enfuit, je doute qu’il vous pose problème à vous et à votre protégé.

Mais la question précédente de la jeune femme lui revint en mémoire… et à vrai dire il ne savait pas lui répondre… que faire d’un enfant ?
Ils pouvaient l’abandonner ici…et laisser aux architectes le soin de décider de son destin… Ou bien le ramener au temple, ou il serait sans doute transformé comme lui en un avatar de Mochlog.
Mais très franchement la première solution serait sans doute moins cruelle, car il y avait peu de chance qu’il sorte un jour de l’influence du temple.

-Ne connaissez-vous pas une nourrice ? Ou un refuge pour les âmes telles que la sienne ? Mon temple accueil les nouveaux disciples… mais ne les libèrent pas comme cela…


La phrase était lourde de sens, il ne fallait de toute façon pas demander à un Exécuteur quoi faire d’un enfant, il manquait à l’apôtre l’once de gentillesse et de tendresse nécessaire à l’éducation de ce dernier.

À vrai dire s’il l’avait croisé gémissant sur un coin de la route, l’homme l’aurait probablement abandonné. L’enfant se remis d’ailleurs à hurler pour une raison qui échappa à Morr, ce dernier posa une main gantée sur lui, mais ne décela strictement aucuns problèmes, son casque se pencha sur le côté en signe d’interrogation.

-Son état physique est bon… pourquoi pleurs-t-il ? Ses nerfs ne sont pas sollicités… il ne souffre pas…

La boite de conserve psychologique qu’était l’Exécuteur se retrouvait perplexe devant cette énigme et sa seule réaction fut de se tourner vers Alice en quête d’une solution
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Alice Tan'Odrin
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Ven 20 Juil - 20:14
Irys : 298057
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
-Heu…

C’est à peu près tout ce que réussit à articuler Alice en voyant l’homme tout encuirassé se mettre dans le ruisseau. Tout entier. AVEC son armure. Elle avait beau être ouverte aux nouveautés et avoir conscience de n’avoir qu’une faible connaissance du monde, quelque chose au fond d’elle lui disait que la situation clochait. D’habitude, on se déshabillait avant de se laver. Là, il ne manquait plus qu’un peu de bain moussant pour rendre la situation cocasse. Même si Alice ne se serait jamais permis de se moquer de qui que ce soit. Mais… Le métal ne rouillait-il pas au contact de l’eau ? Enfin, elle n’y connaissait vraiment pas grand chose et décida de mettre un bon coup de pieds psychique à son moi spirituel qui était encore debout la bouche ouverte devant la scène.

Ainsi, lui aussi était un adepte de Möchlog. Remarque, ça ne m'étonnait pas tant que ça. Tous ceux qu’elle avait rencontré dans sa vie -elle comprise- semblaient avoir un certain détachement avec la réalité. Avec un petit côté “je connais mieux que vous comment fonctionne ce monde”. Snob aurait dit Jaheera. Ils se sentaient en position de juger. Et en même temps, ils devaient le faire chaque seconde de leur existence quand ils se retrouver face à des malades ou des blessés. Lesquels devaient-ils sauver ? Lesquels étaient des causes perdues ? Des questions terribles qu’ils avaient appris à gérer depuis la manifestation de leur pouvoir. Sûrement plus jeune d’ailleurs, grandissant au contact d’adulte ayant ces préoccupation. Pour éviter la folie, ils s’éloignaient naturellement de l’humanité.

Alice se sentit soudain très accablée. Son incompréhension des règles sociales venait-elle de là ? Sûrement. Était-elle condamné à vivre en aveugle si elle voulait sauver un maximum de personne ? Peut-être… Mais ce n’était pas une fatalité contrairement à ce que les habitants de Suhury démontraient. En voyageant, Alice avait pu rencontrer d’autres médecins. Et certain avaient semblé être tout à fait “éveillés”, vivant tout en respectant la balance de Möchlog instauré sur l’Univers. Oui… C’était sûrement le regroupement et l’immobilisme de Suhury qui avait créé peu à peu une telle atmosphère, les plus jeunes apprenant de leurs aînés à lutter ainsi contre la pression de devoir choisir qui doit vivre ou mourir. Mais l’équilibre n’était pas immobile, bien au contraire, il n’était que mouvement !

Alice était heureuse d’avoir choisit de voyager autour du monde et comprenait mieux ce père qui avait choisi lui aussi de reprendre la vie nomade.

Quand elle apprit que l’homme avait tués les brigands, Alice fut sous le choc. Elle n’arrivait toujours pas à digérer le fait que des êtres humains tuent leurs semblables. Et espérait ne jamais le pouvoir. L’image de leur pauvres victimes se manifesta un instant devant ses yeux mais elle se contenta de la repousser délicatement avec tristesse. Pour elle, rien ne pouvait justifier la perte d’une vie. Avec la mort, l’espoir s’arrêtait, il fallait recommencer le cycle de zéro. Jamais ces personnes n’enseigneraient plus rien à leurs comparses.

Alice baissa la tête un instant et joint ses mains. En silence, elle adressa une prière à Möchlog pour qu’il accueille ces âmes perdues sous ses ailes et leur permette de rejoindre le coeur du monde.

-Je ne crois pas que ces âmes soient perdues. Une fois morte, oui, elle se perde et se mêle à l’essence de notre monde. Mais avant, c’est grâce à ces âmes que nous progressons et nous rapprochons un peu plus de l’équilibre.

L’équilibre était un mouvement, une danse entre plusieurs forces qui se tournaient autour, se rapprochaient, se heurtaient parfois, s’éloignaient, revenaient. L’important était de faire, de lutter pour les forces qui nous animaient pour que la danse continue et que j’amais l’équilibre ne se rompe et que l’immobilisme règne. Rien ne vivait dans l’immobilisme. On pouvait peut-être y survivre mais c’était tout. Si l’humanité arrêtait d’avancer, de vivre, de progresser, elle se figerait et commencerait à disparaître. Et avec elle les Architectes, la technologie de Daenars et même Bolgokh qui avait pourtant tout fait pour s’arracher à l’éternité de l’univers aux premiers jours de la création.

-La vie est précieuse.

Visiblement l’enfant avait aussi son avis sur la question parce-que ses pleurs redoublèrent. Morr (quel triste prénom) posa sa main sur lui et constata le même diagnostique qu’elle avait fait : il était en parfaite santé. Mais qu’avait-il donc ?

L’homme en armure proposa alors de l’emmener à son temple. Alice fronça les sourcils en se disant qu’un endroit dont on sortait en tant “qu’exécuteur” ne devait peut-être pas être l’endroit le plus épanouissant du monde. Halala ! Ils étaient beaux tous les deux, des menchaut de la parentalité à devoir s’occuper d’un bébé !

-Il vient de perdre sa famille. Peut-être est-ce lié ?

Alice n’avait aucune idée de comment un enfant de cet âge marchait. S’était-il seulement rendu compte du drame qui l’avait entouré ? Où alors cherchait-il seulement les bras maternels auxquels il était habitué ? Visiblement, ceux de la petite blonde étaient loin d’être suffisants. Et si il était vraiment traumatisé… Alice soupira. Voir ces hommes armés et hurlant… Que pouvaient-ils faire ?

-Peut-être… Alice examina Morr de haut en bas, Peut-être pourriez-vous au moins enlever votre heaume. Si ça se trouve, vous lui faite juste peur.

Ce n’était qu’une supposition mais vu l’harnachement de son compagnon d’infortune, tout de pointes noires et métalliques, il y avait quand même une chance pour que ça marche. En tout cas, elle n’avait pas d’autres idées alors autant les partager pour en discuter.

-Sinon, vous n’auriez pas croiser un village en venant jusqu’ici ? Moi je me suis perdue, avoua-t-elle en rougissant, mais peut-être y aura-t-il là-bas des gens pour nous éclairer, voir le prendre sous son aile ?

Tout plutôt que le temple en fait !


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