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Chroniques d'Irydaë
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 Les caprices du destin

Ash
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Ven 29 Juin - 22:53
Irys : 144975
Pérégrin 0
8 juillet 933, Skingrad


Il était rare de la voir s’interroger sur sa vie, elle qui semblait pourtant se ficher d’absolument tout. Il était d’autant plus rare de la voir douter, s’interroger sur les raisons de son existence et de l’oublie de la précédente dont elle ignorait finalement tout. La jeune voleuse erra un long moment sur le port de Skingrad, observant les dockers charger les imposantes caisses de marchandises sur les différents navires. À voiles ou à vapeur, les bâtiments se trouvaient tous en attentes de leur départ prochains, comme ce fut le cas pour les marins, le dos chargé de leur attirail et autres paquetages censés les couvrir le temps d’une traversée plus ou moins longue.

Que savait-elle du monde, cette jeune femme à la chevelure claire et changeante, ondulant au gré de la brise marine chargée d’embrun ? La réponse était pourtant simple, Ash ne savait strictement rien…


Néanmoins, une seule chose lui parut évidente. Après toutes ces années, la petite voleuse comprit que Daënastre ne lui avait finalement rien apporté de bon. Mis à part tout un tas de problèmes et quelques cicatrices supplémentaires dont elle se fichait parce que celles-ci ne faisaient que s’ajouter à une liste déjà importante et ne se distinguaient des autres que par leur couleur rosée, signe de leur apparition récente. Rien ne la retenait ici, ni les gens, ni les décors, même si les paysages du Tyorum lui plaisaient, l’attiraient étrangement tout en l’apaisant d’une façon étonnante. Ce petit côté sauvage, ces immenses étendues vertes et boisées, bien loin des autres territoires daënars où la nature se trouvait soit contrôlée soit abandonnée, à l’image des plaintes enneigées et inhospitalières de Vereist.

Il n’y avait plus rien ici pour la voleuse, le terrain de jeu ayant depuis quelque temps prit des allures de prison. Elle étouffait dans ces villes de tailles démentielles, effet probablement dû aux murs gigantesques qui les entouraient… Alors, l’idée de quitter définitivement Daënastre lui était venue tout naturellement et lui trottait dans la tête depuis quelque temps déjà, même si elle ne savait pas vraiment où aller. Les destinations ne manquaient pas et la jeune femme avait longtemps hésité entre le climat aride de Zochlom, les terres gelées de Als'kholyn ou simplement My’trä et la multitude d’opportunité que le territoire des mages avait à lui offrir. N’aimant ni la chaleur torride, ni le froid extrême, son choix se porta sur My’trä… Mais où ? L’inconnu l’effrayait autant qu’il l’intriguait… L’appelant presque, comme une aventure nouvelle sur laquelle Ash n’aurait aucun contrôle… De quoi peut-on avoir peur lorsque l’on a rien à perdre, sinon la vie et la liberté ? Ces deux choses qui étaient tout aussi bien menacées à Daënastre, alors pourquoi douter.

Assise en tailleur sur le lit de la chambre qu’elle occupait dans une sombre auberge de Skingrad, la rouquine s’était plongée dans la contemplation d’une carte volée à un marin, un peu plus tôt dans la soirée. Ses connaissances d’Irydaë étaient plus que limitées, puisque la voleuse n’avait jamais prit la peine de s’y intéresser. À quoi bon lorsque l’on se contente de vivre au jour le jour sans jamais se préoccuper d’autre choses que de survivre...

Elle avait appris qu’un bateau en partance pour Yeronkhii lèverait l’ancre à l’aube et que de là, elle pourrait facilement trouver un navire qui la conduirait tout droit jusqu’à Eoril. Ash avait offert une grande partie de ses économies au capitaine de L’indépendance pour s’offrir une paillasse dans la cale, en échange toutefois de quelques services à bord… Nettoyer le pont, chasser les rats, etc. Le reste de son argent servirait à payer le capitaine du second navire… même s’il lui faudrait probablement compléter la somme, mais tant pis… Il n’était plus temps de se soucier de ce genre de détails en sachant qu’il existe forcément une solution à tout.

23 juillet, Eoril


C’est ainsi qu’elle débarqua quinze jours plus tard en terre my’tranne. Les jours passés à travailler sur le pont, affrontant l’air marin et le soleil estival avaient finalement eu raison de son teint éternellement pâle. Son visage, ses bras, se voyaient à présent dotés d’une teinte plus dorées à l’image de ses cheveux légèrement  éclaircie par l’iode et les rayons de l’astre.

Ash avait longuement observé la ville depuis le pont tandis que le navire approchait bien trop lentement à son goût. De loin, Eoril offrait un spectacle quelque peu singuliers par ses formes géométriques, savamment calculées… Le capitaine lui avait expliqué que la capitale de Zolios était faite à l’image des mages l’ayant façonnée… Ce qui ne la rassurait guère. Néanmoins, la voleuse ne put que rester sans voix en observant la cité aux formes étrangement anguleuses pour lui donner un aspect cubique des plus étonnants. Si elle ne savait rien des aventures qui l’attendaient, une chose était certaine : aucune des villes daënares, aussi imposante furent-elles, ne ressemblaient à la capitale de la terre des fils de Süns…

Une fois sur la terre ferme, Ash prit le temps de réadapter sa marche à la stabilité du territoire en avançant lentement le long de la rue principale. La traversée avait englouti toutes ses économies, c’est donc sans un sou en poche que la jeune femme démarrait sa nouvelle vie. Malgré tout, Ash ne se souciait pas de tout cela. À quoi bon après tout, lorsque l’on a débuté sa vie en volant aux autres ce qui lui faisait défaut ? Et pour cela, rien de mieux que l’animation constante des grandes villes…

C’est ainsi qu’elle se mit à suivre la masse humaine jusqu’à la place centrale de la cité. Étrangement, celle-ci formait un cercle des plus parfait, bien loin du reste de l’architecture aux lignes droites et aux angles si pointus qu’ils lui parurent agressifs. La fameuse regorgeait littéralement de monde, visiblement trop occupés à observer un spectacle s’y jouant qu’ils ne prêtaient guère attention à leur poche. Ash se servit donc allègrement, focalisant son attention sur son moyen principal de survivre plutôt que sur la musique et les flammes qui semblaient embrasser la troupe de danseurs… Durant un temps, du moins… Sans le vouloir, Ash se retrouva absorbée tout comme les autres par cette image enchanteresse, si bien qu’elle ne se rendit absolument pas compte que ses pas l’avaient mené jusqu’aux pieds des artistes. Deux femmes dansaient aux rythmes des tambours et d’un instrument à cordes dont elle ignorait le nom… Danser…À peine pensé, le mot lui parut aussitôt ridicule et insignifiant en comparaison du spectacle qui se jouait devant ses yeux ébahis. Ces femmes ne dansaient pas seulement, elles volaient littéralement en flirtant avec le feu à la chaleur douce, tendre… presque familière… La jeune femme perdue, mais étrangement apaisée, elle se senti comme capturé par l’image de ces femmes… La musique, les gens autour… tous avaient cessé d’exister pour elle pour jouer avec ses émotions passant tour à tour de la joie à la mélancolie sans qu’elle n’en comprenne la raison.

Du moins jusqu’à ce qu’une main ferme ne se dépose sur son épaule pour la tourner vers l’arrière. Le geste la fit bousculer une jeune femme à son côté, mais Ash se trouvait trop sonnée par le spectacle pour s’en préoccuper et ce n’était certainement pas la brute épaisse face à elle qui allait s’en excuser.

-Sâle raclure, tu m’as volé ! grogna l’homme en la secouant comme un prunier avant de raffermir sa prise sur ses bras.

-Hein ? bredouilla seulement la jeune femme encore trop perturbée pour s’apercevoir qu’elle tenait encore sa dernière prise entre ses mains.

Ce n’est que lorsque l’homme baissa les yeux vers ses paumes qu’Ash réalisa son erreur. Oups… Ah! Ça ? Je l’ai trouvé par terre, je l’ai ramassé avec l’intention de retrouver le propriétaire, mais le spectacle était si passionnant que j’ai totalement oublié, mentit-elle avec un air presque sincèrement gêné.Tenez, je vous en prie. Pardonnez ma maladresse...marmonna-t-elle en lui rendant la pochette de cuir souple.

L’inconnu la dévisagea un instant avec un regard que la voleuse ne connaissait que trop bien. Il cherchait à savoir s’il s’agissait d’un mensonge ou de la vérité. Ash jouait très bien la comédie en se servant de réalité pour la transformer à sa guise. Ainsi, ils ne paraissaient jamais trop gros, ni trop éloignés de ce qu’il s’était réellement passé… Tout n’était question que de détail.

-Je vois… Excuse-moi, gamine. C’est que les pickpockets aiment abuser de ce genre de manifestations… Je suis désolé que ce soit une personne honnête qui en paye les frais.

-Il n’y a pas de mal, répondit-elle, victorieuse tandis qu’un sourire amical se dessina sur ses lèvres. C’est ma faute, j’aurai du chercher le propriétaire immédiatement...


-N’en parlons plus, profite bien du spectacle et fait attention à tes poches, lança-t-il en s’éloignant, la saluant même d’un geste de main.

Ouf, souffla-t-elle silencieusement une fois l’inconnu disparu dans la foule. Néanmoins, malgré la beauté de la représentation, Ash ne pouvait plus se permettre de rester là comme si de rien n’était. Car même si cette altercation s’était bien terminée, la rumeur de la présence d’un voleur dans la foule ne tarderait pas à se répandre comme une trainée de poudre… Ce qui ne l’arrangeait pas, puisque étant placée comme principal suspect, même disculpé, son mensonge serait aussitôt découvert… Autant ne pas traîner…

Néanmoins, plus les artistes s’enflammaient (et c’était peu dire), plus les badauds s’approchaient au lieu de s’éloigner comme l’aurait exigé un instinct de survie en parfait état. La voleuse se retrouva donc collée à la femme qu’elle avait bousculé un peu plus tôt, collée voir pressée, leur visages se frôlaient presque si bien qu’Ash se perdit un instant dans les prunelles sombres de l’inconnue.

-Euh, pardon, s’excusa-t-elle en forçant un peu sur la mêlée pour retrouver un minimum de place et surtout d’oxygène.

-Sacrebleu ! Ma bourse ! s’exclama une voix dans la foule. Au voleur !

S’en suivit une seconde, puis encore une autre… Et ce qu’elle redoutait se produisit:

-C’est elle ! la désigna directement une vieille femme.

-Et merde...

Cette fois, inutile de chercher une excuse ou d’élaborer une ruse, ils étaient nombreux et en colère… Mieux valait fuir… Mais dans une foule pareille, les échappatoires manquaient cruellement… Elle recula donc vers la scène sans perdre la masse humaine et haineuse des yeux… Les artistes ne dansaient plus, la musique s’était tu pour laisser la place aux insultes et aux menaces… Arrivée sur l’espèce de scène improvisée, la voleuse jeta un rapide coup d’œil aux alentours… Disposée comme elle l’était, l’estrade pouvait être admirée de tous côtés, mais ne lui offrait aucune porte de sortie… si ce n’est une échelle menant à la plate-forme utilisée pour s’élancer sur un trapèze… Mais à quoi bon, elle savait vider des poches, mais pas voler pour autant… Il ne lui restait donc plus qu’à se jeter dans la foule en espérant pouvoir s’en tirer.

Prenant son élan, Ash s'élança dans la masse, n’hésitant plus à bousculer les badauds, ni même à leur épargner quelques coups de coude plus ou moins placés. L’instant était critique pour la voleuse qui se retrouvait dans la pire situation possible, presque prisonnière au milieu d’eux qui ne cherchaient finalement qu'à lui faire payer ses méfaits de l’après-midi. Leur agressivité s’en ressentait dans l’atmosphère, l’alourdissant pour la rendre presque irrespirable.

Pourtant, elle finit par réussir de s’extraire de la foule, mais pas sans heurt. Durant sa rapide traversée, qui semblait avoir duré des heures, Ash ne fut certainement pas la seule à donner des coups. A mainte reprise, elle avait cru finir au sol à subir leur violence irrationnelle, chaque fois, elle s’était fermement maintenue sur ses jambes, encaissant chaque coup sans jamais plier, se contentant de se focaliser sur la sortie… Mais malgré ça, malgré son agilité habituellement remarquable, elle ne put éviter la lame qui lui entailla douloureusement le dos. Et même si un s’échappa de sa mâchoire crispée, Ash ne perdit pas son objectif de vue et s’échappa aussi rapidement que ses jambes affaiblies lui permirent pour disparaître dans ce qui semblait être une rue bien plus calme.

Afin d’apaiser ses bourreaux et de les décourager face à une éventuelle poursuite, la voleuse se délesta rapidement de son maigre butin tout en s’enfonçant dans les ruelles. Son instinct l’a poussait à rechercher les endroits sombres et exigus, dans le but d’échapper aux plus téméraires d’entre eux, ou tout du moins, de s’extraire à leur vue le temps que tout cela ne se calme. Ash finit néanmoins par dénicher ce qu’elle cherchait, une petite ruelle donnant sur un angle sombre dans lequel elle se recroquevilla...



Ash s'exprime en #ccccff et avec le sourire.
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Meylan Lyrétoile
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Lun 2 Juil - 22:16
Irys : 760328
Profession : Ménestrelle
My'trän +1
18 juillet 923, Darga

En cette chaude soirée d’été, la fête battait son plein dans le quartier de Süns. Fête donnée en l’honneur de la déesse protectrice, mais aussi prétexte pour rassembler ses adorateurs de tous horizons. Par conséquent, l’aile ouest de la capitale my’tränne avait vu le nombre de ses habitants enfler à une vitesse vertigineuse ces dernières semaines, alors que des tribus des quatre coins du continent s’y établissaient temporairement.

Sur la place centrale du quartier, une estrade en bois accueillait les nombreux artistes venus égayer les festivités. Depuis l’aube, musiciens, danseurs, conteurs et amuseurs en tous genres se succédaient sans discontinuer sur cette scène, au grand plaisir de la foule assemblée tout autour. S’ils se devaient de posséder une maîtrise de soi impeccable, les disciples de Süns n’en avaient pas moins un excellent sens de la fête. On n’était certes pas à Eoril, mais l’ambiance y faisait furieusement penser.

D’ailleurs, le duo qui fascinait en ce moment le public considérable interprétait une danse zolienne particulièrement réussie. Mère et fille aux cheveux assortis aux flammes qu’elles faisaient danser effectuaient un hypnotisant ballet aussi aérien que rapide au son des tambours et d’une lyre solitaire. C’était à peine si on pouvait suivre leurs mouvements, tant elles tourbillonnaient, sautaient, s’envolaient pour atterrir et décoller à nouveau. Et à chaque mouvement, leurs voiles colorés et leurs cheveux de cuivre s’envolaient eux aussi, caressant et fendant l’air à leur suite.

La musique se fit de plus en plus rapide, les pieds des deux danseuses paraissaient ne plus toucher le seul, pas même pour l’effleurer. À la suite d’un bond vertigineux, la plus jeune danseuse agrippa le trapèze également présent sur l’estrade. Sans perdre un moment le rythme de la musique, elle tourbillonna autour du bout de bois, l’entraina dans une courbe montante et…lâcha. L’espace d’un moment, on eut pu croire qu’elle volait. Bras ouverts, jambes tendues, yeux mi-clos, elle n’était pas une jeune fille de quatorze ans, mais une créature mythique sur le point de fondre sur la place. Quand elle entama la descente, le public retint son souffle, certain qu’elle avait vécu et que le retour sur terre lui serait fatal. C’était compter sans une corde bien placée dont la jeune fille se saisit pour ralentir sa chute et décrire un dernier arc de cercle jusqu’à l’estrade. La musique s’arrêta brusquement quand ses pieds touchèrent la surface en bois, et mère et fille saluèrent, sous les applaudissements tonitruants de la foule.

* * *

23 juillet 933, Eoril

En ce chaud après-midi d'été, la fête battait son plein dans le quartier d'amusement d'Eoril. Il faut croire que la capitale de Süns avait un pouvoir d’attraction particulier sur Meylan, puisque c’était la deuxième fois en quelques mois à peine que ses pas la menaient là. Pas étonnant: la ville dégageait une énergie qu’on ne trouvait nulle part ailleurs, et ses danseurs n’étaient pas réputés sur tout le continent pour rien.

Et, comme on peut s’y attendre, cela n’avait pas tardé avant que la ménestrelle voie son attention toute entière accaparée par le spectacle de telles danses. Elle connaissait bien la musique et les gestes qui l’accompagnaient: elle-même avait jadis occupé la place de celle qui faisait en ce moment voler avec dextérité ses doigts sur sa lyre. Si elle fermait les yeux, elle pouvait presque s’imaginer à Darga. Déjà, les traits des deux Zoliennes s’estompaient et laissaient la place à… Non. Elle rouvrit les yeux, refusant de poursuivre cette pensée jusqu’au bout. Sarya était décédée il y a des années déjà, et Delyah avait disparu de la surface du disque.

Les danseuses dansaient bien, si bien que Meylan en oublia presque ceux qui l’entouraient. Elle eut vaguement conscience qu’on criait au voleur, mais la situation se calma bien vite, si bien qu’elle conclut qu’il s’agissait d’une fausse alerte. Instinctivement, elle resserra néanmoins sa prise sur la besace qui contenait sa lyre. Ses économies, elles, étaient bien en sécurité sous sa tunique. Aucune chance pour que quelqu’un lui fasse les poches (poches que sa tenue actuelle ne possédait pas, d’ailleurs).

Le calme (relatif) qui était revenu ne dura cependant pas. Le temps que son regard croise deux yeux d’un bleu étrangement familier, le cri du voleur était repris une nouvelle fois, et cette fois en plusieurs endroits. La jeune femme aux yeux bleus fut désignée, acculée, et chassée jusqu’à ce que le public lésé arrête la course-poursuite en bordure de la place. Dans l’agitation régnante, Meylan n’avait pas pu voir les bourses que la fugitive avait lâchées. Elle avait en revanche assisté à la scène précédente, celle qui avait innocenté la jeune femme. Et elle avait vu l’entaille qu’elle avait récolté dans le dos. Une telle blessure nécessiterait des soins.

S’extrayant tant bien que mal de la masse humaine dans laquelle elle était plongée, la ménestrelle entreprit de suivre la direction emprunté par la fugitive. Ici et là, une goutte de sang ou un objet déplacé par un passage en coup de vent lui confirmaient qu’elle était sur la bonne piste et, après quelques déductions correctes, elle aperçut celle qu’elle cherchait. Evidemment. Elle était loin de chercher l’aide médicale dont elle avait besoin.

"Tu es blessée. Il te faut des soins."

Elle avait parlé d’une voix douce tout en s’agenouillant à quelques pas de la jeune femme. Tout, de sa voix à sa posture en passant par l’expression sur son visage, se voulait rassurant, apaisant. "Je ne suis pas une ennemie." Voilà le message silencieux que Meylan voulait transmettre. Pourvu que ce message passe...



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Ash
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Sam 7 Juil - 9:00
Irys : 144975
Pérégrin 0
Assise à même le sol, les bras entourant ses jambes dans un étau protecteur, Ash se concentrait sur les bruits alentours. Le calme de la ruelle dans laquelle elle s’était cachée lui parut bien étrange, totalement à l’opposé de la place particulièrement agitée qu’elle venait de quitter. Cette ville semblait avoir été conçue d’une manière pour le moins originale, comme si cette partie-là de la cité n’autorisait aucun trouble. Et même si la rumeur d’une agitation lointaine résonnait entre les allées étroites, sa cachette prit des allures de nid douillet, comme une sorte de bulle isolée du reste du monde. Ce n’était là qu’une impression, évidemment, la voleuse y était toute aussi vulnérable qu’ailleurs, même en empruntant la technique des autruches en cachant son visage entre des genoux.

L’entaille dans son dos la faisait souffrir, un peu. La jeune femme avait vécu bien pire en terme de douleur, ce n’était donc pas ce qui allait l’impressionner. Sa localisation, en revanche, l’inquiétant bien plus puisqu’elle ne pourrait pas s’en occuper elle-même et ne pourrait pas non plus compter sur une guérison naturelle. La plaie en elle-même n’était pas si profonde, une simple estafilade, un peu grossière, mais nécessitant pourtant que l’on s’en occupe.

Mais où aller pour cela ? La cité Zolienne lui était inconnue et visiblement hostile envers elle. Certes, elle l’avait cherché en se montrant particulièrement inattentive, du moins sur sa tâche, car elle n’avait rien raté du spectacle offert par les danseuses. Si elle se concentrait suffisamment, Ash pouvait encore entendre la musique hypnotique. Les flammes dansaient de nouveau derrière ses yeux clos, léchant doucement la peau des deux acrobates aux mouvements envoûtant. Pourquoi s’était-elle laissée distraire par ce spectacle en particulier ? Était-ce dû à l’intensité des flammes, à cette douce chaleur étrangement… maternelle ? À la musique peut-être ? À cette manière qu’avait le tambour de capturer son rythme cardiaque pour le forcer à s’adapter à son lourd tempo...Comme si tous ses gestes auraient dû naturellement se synchroniser à ces “poom”...

Et la voilà qui se perdit à nouveau dans ses pensées, oubliant tout, de l’endroit où elle se trouvait, jusqu’à la douleur sourde émanant de son dos. Aussi, elle n’avait pas entendu les bruits de pas, délicats, mais décidés se dirigeant tout droit vers elle et sa cachette qui n’en n’était finalement pas une. Ses yeux s’ouvrirent brusquement lorsque la douce voix l’interpella, la tirant presque trop brutalement de la torpeur dans laquelle la voleuse s’était plongée. Lentement, la jeune femme releva la tête pour laisser apparaître ses perles d’azur tout en gardant le reste dissimulé. Discrètement, avec une lenteur calculée, elle dégage l’une de ses mains pour la porter à sa dague.

L’intruse s’était agenouillée non loin, respectant tout de même une distance de sécurité. Son visage paraissait doux, avenant… Bien loin de la haine et de l’agressivité subie un peu plus tôt. Voulait-elle réellement l’aider ? Pourquoi ? Elle ne la connaissait absolument pas… Et si elle avait assisté à la scène précédente, quel genre d’image pouvait-elle avoir de la voleuse acculée ?

-Et alors? répondit-elle en un grognement légèrement rauque sans pour autant montrer son visage. Qu’est-ce que ça peut te faire à toi ?

Ash ne connaissait pas la compassion, personne n’en n’avait jamais fait preuve envers elle. La seule fois qu’une personne lui avait tendue la main, c’était pour mieux se servir d’elle par la suite en allant jusqu’à exiger l’impossible. Était-ce ce que voulait cette femme ? Tout le monde pouvait paraître aimable et jouer de manipulation de façon plus ou moins visible. Ainsi, Ash avait appris à se méfier des autres et n’accordait jamais sa confiance.

-Que veux-tu en échange ? Rien n’est jamais gratuit en ce monde, je suppose que tu le sais aussi bien que moi.



Ash s'exprime en #ccccff et avec le sourire.
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