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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Rétablissement non conventionnel [PV Flavien]

Swenn Milazzo
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Sam 7 Juil - 15:28
Irys : 922501
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Un plafond blanc. Des murs blancs. Des draps blancs. Et une odeur reconnaissable entre toute. Au moment où il ouvre les yeux, Swenn n'a pas le moindre doute de l'endroit dans lequel il se trouve. Il le connait bien pour y travailler régulièrement. Le problème, c'est que cette fois, il n'est pas là pour aider à remettre sur pieds ces crétins amochés par la vie. Puisqu'il est dans le rôle humiliant du patient. Ce n'est pas son premier réveil depuis cette nuit destructrice. Celle où il a fini tel un pantin désarticulé entre les mains déchainées du géant qu'il avait réussi à énerver suffisamment. Depuis combien de temps est-il ici ? Beaucoup trop. Et à chaque fois qu'il reprend connaissance c'est la même chose. Il peste de façon incompréhensible, les mots ne réussissant pas à franchir ses lèvres. Et il est bien sûr incapable de faire le moindre mouvement. Jusqu'à ce qu'une infirmière passe par sa chambre lui administrer une nouvelle dose d'antidouleurs qui le fait sombrer dans les profondeurs de l'inconscience.

Mais cette fois, on dirait que c'est la bonne. Les sensations reviennent dans ses membres. Capable de remuer les doigts, les bras, et même les jambes ! Parfait. Bon d'accord, il va falloir accepter que l'intégralité du corps médical qui travaille dans un hôpital n'est pas uniquement composé de triples idiots incapables de faire fonctionner ce qui leur sert de cervelle. Quoi qu'il en soit, il est resté bien assez longtemps allongé dans ce satané lit ! Il est grand temps de partir d'ici. Sérieux, comment font les patients pour respecter les ordres des médecins et rester sagement sur place tout le temps nécessaire au rétablissement ?! Ah oui, les médicaments... D'ailleurs, une infirmière ne tarde pas à pousser la porte, visiblement ravie de son amélioration. Swenn en revanche a toujours l'air aussi superbement blasé. Ce qui ne l'empêche pas d'argumenter être désormais capable de prendre tous ces cachets seul.

- "Même dans cet état t'es toujours aussi borné... Bon, tu connais la posologie. Je repasse demain pour faire un bilan."

Bien sûr qu'il sait comment prendre ces médocs ! N'importe quel simple d'esprit en serait bien capable. Mais il connait également les effets provoqués. Et il se trouve qu'ils entrent en contradiction avec ses plans sur le court terme. Ces conneries ne vont donc pas quitter la petite table sur laquelle ils ont été déposés.

Patientant encore un peu jusqu'à ce que la faible lumière provenant de l'extérieur lui indique que la nuit est bien tombée, le jeune homme fait sa première tentative. Celle pour retrouver une position bipède. Échec. Ok, on va y aller par étapes. Déjà réussir à s'assoir. Pas évident, mais avec l'aide de ses bras.... Non, de son bras. Celui qui n'a pas eu à essuyer la première attaque du géant à qui il doit ce séjour désagréable auprès des infirmières - ouais bah il peut les voir quand il veut et sans cet espèce de vêtement ridicule si tant est qu'on puisse appeler ce bout de tissu ainsi ! - il réussi donc à sortir son buste du matelas. Quel effort.... Une pause nécessaire à faire partir ces étoiles qui s'amusent à danser devant ses yeux, Swenn fini par pivoter, laissant ses jambes tomber dans le vide. Les dents serrées et une grimace de douleur, il lui faut un nouveau temps d'arrêt. Eh bah, à ce rythme là il sera encore dans ce foutu lit quand le matin se lèvera !

Mais l'idée de devoir attendre vingt quatre heures supplémentaires pour partir d'ici lui redonne un minimum de forces pour réussir à tenir en équilibre sur ses deux jambes ! Pas du premier coup ok, mais c'est le résultat qui compte. Sauf que l'autre sauvage devait avoir un sacré sens de la symétrie. Ou artistique allez savoir. Quoi qu'il en soit, son épaule n'est pas la seule à avoir fait la rencontre brutale avec un de ces projectiles sortant d'une arme qui semblait taillée pour la démesure du colosse. Sa jambe en a aussi fait les frais.

Une bonne heure encore s'écoule avant que Swenn ne réussisse enfin à disparaitre par l'une des portes d'accès du personnel, lui évitant de passer par la zone d’accueil ou les risques de croiser du monde sont trop importants. Il lui aura fallu réussir à troquer tant bien que mal ce stupide linge blanc de malade contre les fringues encore maculées de sang qu'il portait quand il est arrivé dans cette chambre. Même à moitié crevé il garde un minimum de dignité ! S'immiscer dans l'une des réserves jusqu'à trouver un semblant de canne pour compenser sa jambe pas franchement utile. Pour finalement emprunter des couloirs déserts à cette heure. Heureusement qu'il connait bien les lieux. Il aurait été capable des faire trois fois le tour du bâtiment pour trouver une sortie...

L'air est encore chaud en cette saison malgré la nuit déjà bien avancée. A moins que ce ne soit la fièvre ? Question inutile. Pas besoin de s'embrouiller l'esprit avec de telles futilités. Rester focus sur son objectif est déjà bien assez compliqué dans son état. Atteindre l'appartement qu'il loue. Parce qu'il y a là bas tout ce qui est nécessaire pour redonner un minimum d'énergie à son corps et son esprit. Mais aussi parce que Din, le Novsh qu'il a récupéré par un fâcheux coup du sort, s'y trouve enfermé depuis cette horrible soirée... Pas sûr que le piaf vive bien cet enfermement ! L'appartement non plus d'ailleurs...

Un pas après l'autre, frôlant les records de lenteur, Swenn se traine dans les rues de Cerka. Ne se souciant pas des regards étonnés qui se tournent dans sa direction. Si cette partie de la ville n'est pas la plus animée une fois le soleil tombé, elle n'est pour autant pas complètement morte, le centre ville accueillant les fêtards habitués comme ceux de passage n'étant pas bien loin. Mais il n'a pas le luxe de choisir un itinéraire moins emprunté et plus long. A l'aide de ses paroles acides et de ses airs de voyous qu'il sait si bien prendre lorsqu'il se trouve dans cet état d'énervement, le chimiste repousse sans difficulté toute âme charitable à qui la mauvaise idée de lui venir en aide traverserait l'esprit. Et puis quoi encore ? Il ne s'est pas barré de l'hosto pour laisser le premier couillon venu s’apitoyer sur son sort. Qu'ils aillent tous se faire foutre.

Mais si sa mauvaise humeur décuplée lui permet d'éloigner qui que ce soit de son chemin, elle ne fait pas pour autant défiler les mètres plus rapidement sous ses pieds. Il n'est pas encore à la moitié de son trajet qu'il se trouve obligé de faire un arrêt, les différents signaux envoyés par son corps étant très clairs. S'il fait un pas de plus il va se retrouver à perdre conscience pour s'écrouler lamentablement au sol. Hors de question. Lâchant sa canne qui rencontre les pavés sans la plus petite once de délicatesse, Swenn réussit à s'aider du mur le plus proche pour seulement se laisser glisser à terre dans un soupire de douleur. Hum, il n'a pas dû être particulièrement naturel dans sa façon de "s'assoir" puisque voilà déjà une femme visiblement paniquée qu'il n'avait pas vu - ce n'est pas franchement comme si ses yeux portaient au delà du bout de ses pieds - qui vient dans sa direction.

- "Olala, vous allez bien ?! Ne bougez pas, je vais appeler de l'aide !"


Celle là a vraiment de la chance qu'il soit si faible, parce que tout un éloge à sa stupidité traverse déjà l'esprit du chimiste. Pas besoin d'être bien malin pour remarquer qu'il est dans un sale état ! Ni qu'il n'est pas en mesure de fuir bien loin. Et si en plus de ça elle n'arrive pas à comprendre à travers son regard assassin qu'il n'a pas envie de s'encombrer de la présence d'un de ses congénères au cerveau ramolli, alors elle doit avoir de sacrés problèmes de vue. Par chance, elle n'aura droit qu'à un bref résumé.

- "T'avises pas de ramener qui que ce soit ici... J'ai besoin d'aucun connard pour s'occuper de moi."

Le débit de ses paroles bien plus lent que ce qu'il ne voudrait, cet exercice toujours aussi difficile, Swenn n'a même pas la force de poser son regard sur l'idiote dont il ne voit que les pieds. Heureusement que le ton repoussant de sa voix est parfaitement maîtrisé. Plus aucune perception de son environnement direct, le jeune homme n'a finalement d'autre choix que de fermer les yeux quelques instants, le visage reposant dans la pomme de sa main, le reste du corps affalé contre le mur salvateur. Il suffit d'attendre quelques minutes que cette foutue faiblesse se barre, et il pourra reprendre sa route. En espérant que miss magnanime soit repartie et l'ait déjà oublié.


"Hence to fight and conquer in all your battles
Is not supreme exellence"




"Supreme exellence consists in breaking ennemy's resistance
Without fighting"


[Sabaton - Art of war ; d'après Sun Tzu]
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Swenn râle en   #f77d40
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Flavien Teleri
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Mer 8 Aoû - 14:43
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Les rues de Cerka étaient aussi animées que dans ses souvenirs, voire plus encore. Le soleil qui réchauffait la peau et les cœurs incitait les gens à sortir de chez eux pour profiter de la chaleur estivale, donnant par la même occasion le sourire aux commerçant de cette cité en bord de mer. Les affaires allaient bon train pour ces derniers qui voyaient leur chiffre d'affaire grimper en parfaite harmonie avec les températures.

S'il n'appréciait que très peu l'animation des grandes villes, Flavien n'avait malheureusement pas d'autre choix que celui de supporter la compagnie d'autant de personnes le temps d'embarquer sur le prochain navire en direction de My'trä. Un nœud se nouait déjà dans son ventre à la simple pensée qu'il allait devoir remettre les pieds sur l'un de ces engins de malheur mais il l'ignora du mieux qu'il put. Dans son état il n'avait d'autre choix que celui de voguer sur les mers s'il voulait rejoindre My'trä. Il avait beau tenir debout, il ne tiendrait pas cinq minutes à cheval sur Khi'del sans chuter. On pouvait difficilement voyager à dos de Dalavoï avec un seul bras valide.

Accoudé à la terrasse d'un café, le soigneur profitait de la fraicheur salvatrice du début de soirée pour faire l'inventaire de ses possessions. Le voyage qui l'attendait n'allait pas être de tout repos, en plus d'être douloureusement long, aussi faudrait-il mieux pour lui qu'il ne manque de rien et s'en rende compte à mi-parcours. La tâche, pourtant bien simple au vue de ses maigres possessions, s'avérait bien plus complexe qu'elle l'était d'habitude. Le soigneur peinait à attraper certaines de ses possessions enfouies dans les recoins de sa besace, mais fini par établir une petite liste mentale des divers achats qu'il devrait effectuer avant de quitter le sol Daënar.

Sa liste de course était assez maigre, et justement ainsi. Il doutait fortement être en mesure de porter plus que le strict nécessaire sur lui, même avec la bénédiction de Möchlog qui rendait ses déplacements bien moins douloureux qu'ils devraient l'être. Tout ce dont il avait besoin, c'était de quelques provisions pour lui et pour les deux familiers qui l'accompagnaient comme son ombre. Hua et Selmac ne mangeaient pas beaucoup vu leur petite taille, et Khi'del pouvait prendre soin de lui en chassant les malheureux oiseaux qui croiseraient sa route. Le véritable problème était les fournitures dont il avait besoin. Des vivres, pour commencer, ainsi qu'une trousse de premiers secours et du matériel médical dont il commençait franchement à manquer. Jusqu'à présent il avait été chanceux avec les espèces venimeuses, s'en tirant... peut-être pas bien, mais en vie, mais cela ne durerait pas toujours. Au rythme où il allait, il songeait sérieusement à acheter quelques antipoison pour couvrir ses arrières. Cela ne lui ferait d'ailleurs pas de mal de continuer à en apprendre plus sur les dangers de la faune et de la flore locale durant son voyage... Si tant est qu'il réussisse à ouvrir un livre en cours de route sans ressentir l'envie de le jeter par-dessus bord, et lui avec.

Maugréant dans sa barbe en constatant que le pactole empoché en venant en aide aux habitants de Prorig était scellé dans une bourse solidement ficelée, Flavien perdit bien dix minutes à dénouer la lanière de cuir. Dieux tout puissants qu'il pouvait détester les nœuds en ce moment précis. Evidemment, toute cette scène se déroula sous le regard anxieux du jeune serveur qui s'occupait de sa table et était déjà repassé devant à plusieurs reprises dans l'espoir que cet homme clairement dans le besoin sollicite son aide. S'il souhaitait lui porter secours, il n'approcherait pas le soigneur à moins d'y être invité. Flavien était le genre d'homme à l'air naturellement froid : autant dire que lorsqu'il était contrarié par quelque-chose, même une simple lanière récalcitrante, il ne donnait pas vraiment envie de l'approcher. Son bras tenu dans une écharpe de fortune et les cicatrices encore fraîches, recouvertes de croûtes, qui complétaient le tableau n'étaient pas vraiment pour arranger son image.

Au bout d'une longue bataille, le soigneur parvint enfin à libérer ses Irys durement gagnés de leur prison et fit signe au serveur qu'il était prêt à payer l'addition. Le jeune homme obtempéra et il ne fallut pas longtemps à Flavien pour se remettre en route. Il avait abandonné l'idée de renouer la bourse qui protégeait son pactole, se contentant de la placer dans l'une des larges poches de son manteau, dérangeant au passage Hua qui y dormait. La petite carnivore maugréa dans son sommeil mais s'enroula naturellement autours du bien qui lui était confié.

Flavien n'avait pas peur qu'un pickpocket se risque à lui voler ses Irys : ce dernier finirait avec une morsure de Tairakh avant d'avoir pu refermer ses doigts sur ses économies.

L'heure était aux achats, ainsi le soigneur se mit en route vers les quartiers commerçants de Cerka, Selmac sur les talons. L'Aitah se faufilait sans trop de difficulté entre les passants encore nombreux malgré l'heure. Les grandes cités Daënares dormaient rarement : on y trouvait toujours quelques commerces ouverts en soirée.

Flavien connaissait assez bien cette partie de la ville depuis son dernier séjour à Cerka. D'ailleurs, il avait tout d'abord songé à faire un détour par la clinique vétérinaire Kali'ns plutôt que de chercher à embarquer au plus vite, avant de revenir sur sa décision. Que pourraient-ils bien tirer de lui dans son état ? La douleur qui tiraillait ses membres et embrumait son esprit aurait vite fait de rendre nerveuses les créatures à sa charge. Avant de songer à reprendre sa profession, il fallait d'abord qu'il soit complètement opérationnel.

De plus, s'il avait voulu être honnête avec lui-même jusqu'au bout, Flavien n'avait pas la moindre idée de comment il devrait réagir s'il venait à croiser la route de Julia une fois encore. La jeune femme avait travaillée en binôme avec lui pendant quelques semaines et bien qu'il l'apprécie énormément, il redoutait leurs retrouvailles. Sa patronne d'un temps n'avait pas dû apprécier la visite de la milice après son petit numéro à quelques kilomètres de là, mettant sens dessus-dessous une exposition animalière. Autant éviter de provoquer le destin et laisser la jeune femme tranquille.

Les boutiques de Cerka avaient beau être nombreuses, elles étaient parfaitement organisées. Flavien ne tarda pas à trouver son bonheur en entrant chez un apothicaire qui affichait fièrement être de garde aujourd'hui. L'argent n'étant plus un problème depuis sa mission suicide, le soigneur n'eut aucun mal à trouver son bonheur. Riche d'une trousse de secours, d'un livre sur les animaux venimeux et plantes vénéneuses de Daënastre et d'ailleurs, ainsi que d'un petit lot de quatre fioles d'antipoison, Flavien quitta la boutique avec ses achats soigneusement rangés dans sa besace. L'apothicaire lui lança un regard étonné lorsqu'il déclina son offre promotionnelle sur les onguents antalgiques (deux achetés, le troisième offert !).

Flavien n'eut pas le cœur de lui dire que ce n'était pas à cause d'une entorse qu'il avait le bras en écharpe et qu'un onguent antidouleur ne l'aiderait en rien à ressouder un os, encore moins lorsque ce dernier était dans un tel état. Ses propres concoctions suffisaient à apaiser la douleur : pour ce qui était de la guérison, il s'en remettrait aux guérisseurs de sa terre natale. Hors de question qu'il se balade avec un morceau de métal cloué à l'os, comme les médecins de Prorig lui avaient conseillé.

Saluant le commerçant d'un geste de la main, tique d'expression qu'il se surprenait à copier plutôt que son discret salut habituel de la tête, Flavien quitta la boutique. Avec lenteur, il navigua les rues de Cerka en évitant au maximum de croiser le regard des miliciens qui étaient de sortie. Son dernier passage dans la région avait fait des émules et bien qu'il commence à dater, le soigneur ne préférait pas se risquer à être reconnu.

Flavien serra les dents lorsqu'un homme le bouscula et ferma les yeux un instant pour se ressaisir. Il colla son bras gauche contre son corps dans l'effort futile de le protéger de toute autre attaque, ouvrant les yeux pour croiser le regard de l'homme qui l'avait poussé. Il avait certainement grogné de douleur sous le coup de leur collision, forçant l'autre homme à stopper sa course.

- Pardon !, S'excusa rapidement l'inconnu avant de froncer les sourcils, Vous allez bien, monsieur ?

Flavien grimaça intérieurement. Il n'ignorait pas de quoi il avait l'air. La sueur devait perler sur son front et ses cheveux d'habitude soigneusement nattés étaient attachés en une queue de cheval désordonnée (s'attacher les cheveux à une main ne lui réussissait pas) qui lui donnait un air plutôt misérable. Ajouter à ce triste tableau le fin tissus qui constituait son écharpe de fortune et les blessures qui marquaient sa peau, dépassant des manches un peu trop courtes de son manteau de facture Daënare, et se dressait devant vous non pas un fier My'trän, mais un citoyen lambda dans une mauvaise passe.

Flavien secoua la tête, insistant que ce n'était rien, et s'éclipsa rapidement. Il n'alla pas bien loin, malheureusement, car un attroupement s'était formé autour d’une femme à l'air perdu qui baragouinait quelque-chose à propos d'un jeune homme souffrant qui avait grandement besoin d'aide et, ô miséricorde, n'y avait-il aucun médecin dans l'assistance ?

Le soigneur décida d'éviter la petite bande de curieux qui, plutôt que de porter assistance à cette citoyenne dans le besoin la pressait de questions, et s'engagea dans une ruelle. Il ne savait pas s'il parviendrait à rejoindre le port en passant par-là, mais un délai supplémentaire était préférable à la possibilité d'être à nouveau bousculé. La bénédiction de Möchlog lui accordait une récupération plus rapide que la norme, mais elle ne faisait pas de lui un surhomme. S'il voyait déjà des étoiles maintenant, il était plus judicieux d'éviter toute autre collision.

Le miaulement inquiet de Selmac le rappela à la réalité et le soigneur chercha du regard son compagnon qui avait filé entre ses jambes pour s'arrêter quelques mètres plus loin, au coin de la ruelle. La queue de l'Aitah frappait l'air et il miaulait pitoyablement, forçant son maître à changer de trajectoire pour inspecter la découverte de son familier. Pressant le pas, Flavien rejoignit Selmac et marqua une pause le temps de comprendre ce qu'il voyait. Evidemment, Selmac s'était arrêté à la canne abandonnée sur le sol, mais avait omis de s'intéresser au jeune homme à qui elle devait certainement appartenir, qui était affalé contre le mur. Assis par terre, ses yeux étaient fermés et sa respiration courte. Au moins, il était en vie. Flavien avait eut quelques doutes en avisant son teint pâle à outrance, malgré la nuit qui tombait.

" Ah... ça doit être de lui dont elle parlait. ", Pensa-t-il distraitement, " Möchlog seul sait depuis combien de temps il est là. "
" C'est vrai qu'il a pas l'air bien frais. ", Roucoula Hua que la précédente collision et la nuit avait réveillée, " Qu'est-ce que tu comptes faire ? "
" Ce que je peux. "
" Dans ton état ? T'es pas sérieux ? ", S'offusqua la petite carnivore, " Tu veux lui tenir compagnie sur les pavés ? "
" C'est peut-être juste une faiblesse passagère. C'est pas ça qui va m'épuiser. "
" Mouais, ça va peut-être pas te tuer, mais en attendant ça t'aidera pas à aller mieux non plus. "

La mauvaise humeur d'Hua fit sourire le soigneur qui chassa les doutes de son familier de son esprit, et s'agenouilla comme il put en face du jeune homme. Si elle les admirait et les encourageaient d'habitude, sa Tairakh avait pour le moment une sainte horreur de ses poussées philanthropiques. Flavien savait qu'elle était bien plus protectrice depuis sa dernière mission, sans doute avec raison, mais cela ne devait pas l'empêcher d'écouter son instinct. Si ce jeune homme s'était trouvé près d'une voie principale, il aurait laissé quelqu'un d'autre s'en charger. Là, il n'avait pas vraiment d'autre choix que de s'intéresser à lui. Le temps que la femme qu'il avait croisée plus tôt trouve un guérisseur (ou plutôt un médecin) compétent, son malaise pouvait s'aggraver.

Le soigneur s'agenouilla difficilement près du jeune homme aux airs de voyou, serrant les dents lorsque son genou gauche tapa contre les pavés. Le problème résidait surtout dans la faiblesse de sa jambe droite, qui avait incroyablement bien récupérée depuis l'affrontement avec le Khelget mais avait besoin d'encore un peu de temps avant d'être au maximum de ses capacités. Peu importe, il était tombé sur moins bien lotis que lui. Les signes extérieurs de malaise n'étaient pas franchement visibles dans cette pénombre, mais l'inconnu était toujours conscient à en juger par le mouvement qui accompagna son avancée.

Le regard de Flavien croisa celui, énervé, du jeune homme. Il pouvait déjà éliminer la beuverie comme raison de son état : l'air entre eux n'empestait pas du parfum caractéristique de l'alcool. Le soigneur nota à peine la mauvaise humeur de l'autre, habitué à être toisé par des bestioles bien plus impressionnantes que cet homme. Il attrapa la canne abandonnée aux pieds de l'inconnu et lui tendit le pommeau, débutant son questionnaire sans songer à se présenter avant. Si le jeune homme était réellement au bord du malaise, cela ne lui servirait à rien de connaitre son prénom.

- Vous êtes avec moi ? Questionna-t-il en piochant au fin fond de ses souvenirs des quelques enseignements de guérisseur auxquels il avait assisté.

Le jeune homme grommela quelque-chose qu'il ne prit pas la peine d'analyser. Au moins, il répondait, ou essayait de le faire.

- Poitrine douloureuse ? Bras engourdi ?, Se hasarda-t-il à demander. Le danger était plus grand qu'un étourdissement, Vous pouvez m'indiquer où vous avez mal ?

En temps normal, il se serait contenté d'utiliser son don et d'apposer sa main sur le front du jeune homme pour sonder son état. La magie étant vue comme une arme par de nombreux Daënars, il préférait éviter un quelconque mouvement de panique de la part de son patient de fortune. Il devrait se contenter d'attendre une réponse de sa part avant d'aviser. Avec un peu de chance, il s'agissait d'un simple étourdissement dû à la fatigue et il n'aurait pas à risquer sa peau.

Quoique, à en juger par l'état de l'autre homme, même avec sa jambe récalcitrante, il gagnerait facilement à la course.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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Dernière édition par Flavien Teleri le Dim 9 Sep - 17:48, édité 1 fois
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Swenn Milazzo
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Mar 14 Aoû - 22:20
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Daënar +1
Pourquoi ces saletés d'étoiles ne veulent-elles pas lui foutre la paix ? Et on ne parle évidemment pas de celles qui habillent le ciel. Il est pourtant assis - avachit serait sûrement un terme plus exact - ne demande aucun effort physique à son corps, et garde même les yeux fermés dans une tentative visiblement vaine pour retrouver un semblant d'énergie. Et comme si ce n'était pas suffisant, il faut en plus que des nausées viennent se mêler de la partie. Alors qu'il n'a rien avalé depuis... Depuis le denier soir dont il ait des souvenirs. Ah, sans doute l'une des multiples sources de son état actuel. Mais même s'il avait quoi que ce soit pour y remédier sur lui, son estomac ne parait pas prêt à se montrer coopératif sur ce coup. Swenn n'a donc pas beaucoup d'autres solutions que la patience. Attendre. Jusqu'à ce que son corps arrête de faire des siennes et accepte de reprendre du service.

Ou jusqu'à ce qu'une voix étrangement proche et lointaine à la fois retentisse. Paraissant s'adresser à lui. Merde. Il ne doit pourtant pas donner très envie à quiconque de s'approcher dans son état. Mais par acquis de conscience, il fait un effort pour ouvrir les yeux et relever la tête. Pour apercevoir en effet une silhouette tout proche de lui. Difficile à distinguer dans un premier temps. La faible lumière qui passe dans la ruelle où ils se trouvent réussissant à l'éblouir, déclenchant au passage un mal de crane supplémentaire. Et le bourdonnement qui redouble d'intensité dans ses oreilles n'est pas pour l'aider à se concentrer davantage sur ce type et les mots qu'il prononce.

Avec un temps de décalage qu'il est incapable de mesurer, le chimiste finit par allonger le bras, récupérant la canne qui lui est tendue, sans le moindre remerciement, avant de reporter toute son attention sur l'homme qui lui fait face. Se focaliser sur un point précis lui permet au moins de laisser en arrière plan tous ces désordres physiques qui l'handicapent affreusement pour l'heure. Mais ce n'est pas pour autant qu'il va se donner la peine d'afficher la plus petite amorce de sourire. Ni de donner une once de sympathie ou de reconnaissance à son regard. S'il avait été en meilleur état, Swenn l'aurait d'ailleurs bien vite envoyé voir ailleurs. Mais pour le moment, mieux vaut éviter de gaspiller le peu de force dont il dispose encore en paroles inutiles.

- "Tu ferais mieux de t'occuper de toi."

Oui, bah ce n'est pas pour autant qu'il va faire l'effort de se montrer coopératif. Ni de répondre correctement aux questions qui lui sont adressées. Et encore moins de respecter les règles de politesse qui régissent la société. Ce n'est pas parce qu'il ne peut pas développer de longues tirades offensantes qu'il va se laisser faire bien sagement. La voix saccadée, ce n'est pas difficile de se rendre compte que ces quelques mots lui coutent. Et dire qu'il a déjà bien récupéré en comparaison de l'état dans lequel le géant l'avait laissé suite à leur rencontre...

Même s'il a toujours l'impression d'être sur un bateau violemment secoué par la houle, et qu'une barre douloureuse a élu domicile au beau milieu de son crane, ce n'est malgré tout pas bien difficile de se rendre compte que le dernier arrivant n'est pas non plus dans une forme olympique. Laisser un blessé s'occuper de le remettre sur pieds ? Ce serait le comble de l'ironie. Le genre de truc qui ne ferait absolument pas rire Swenn. Pourtant, il ne peut pas faire grand chose d'autre que d'espérer que cette âme altruiste se rende à l'évidence. Porter secours à qui que ce soit en étant soi-même amoché n'est pas l'idée la plus judicieuse qui soit. Et n'aide pas à apporter de la crédibilité à ses efforts pourtant louables d'agir en professionnel.

- "A moins que t’ai des... Stimulants sur toi. Là, j'veux bien."

Les boosters corporels. Principal moyen d'action auquel a recours le chimiste lorsqu'il a une fois de plus abusé, puisant toujours un peu trop dans les réserves d'énergie dont il dispose. Il a bien conscience que dans son état actuel ils ne feront pas de miracles, et qu'ils seront plus dangereux qu'utiles. Mais tout ce dont il a besoin, c'est de quoi aligner les pas jusqu'à chez lui. Ensuite, il pourra rester écroulé sur le canap' à récupérer, toute une semaine si nécessaire. Toute solution pour quitter ces pavés est bonne à prendre.

Il ne sait strictement rien sur cet homme, et ses facultés d'analyse sont actuellement au plus bas, mais ça se tente. Swenn est bien placé pour savoir qu'il n'y a pas que les pires raclures de la ville qui se procurent des produits qui apportent ces effets énergisants. En la matière, la gamme qui se trouve sur le marché est sacrément diversifiée. Vu l'allure que lui-même doit avoir, une telle demande ne doit pas être particulièrement étonnante. Parce qu'il parait évident qu'un simple café ne sera pas suffisant à satisfaire sa demande... Et au moins, il sera fixé sur ce que peut lui apporter son interlocuteur. Parce que, même si c'est mal de juger les gens sur leur apparence, d'après les chiffres qui trottent dans la tête du chimiste, la probabilité que cet homme soit effectivement médecin est plutôt faible. Évidemment, elle reste plus élevée que celle qui voudrait qu'il appartienne au peuple occidental...


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Swenn râle en   #f77d40
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Flavien Teleri
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Mer 15 Aoû - 22:46
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Une chose était sûre, son patient du jour n'était pas des plus engageants. Fierté mal placée ou simple mauvaise humeur de rigueur vu sa situation : l'homme avait beau ne pas être dans son assiette, il ne se gêna pas pour moquer l'état du My'trän. Le commentaire arracha un soupire au soigneur qui pouvait au moins rayer de sa liste les malaises les plus graves. S'il était suffisamment présent pour être désagréable, il n'était clairement pas en train de passer l'arme à gauche, ce qui était un soulagement.

Sans s'occuper de la mauvaise humeur de l'inconnu, Flavien pris le temps d'examiner plus en détail l'homme à terre maintenant qu'il était sûr qu'il n'allait pas tourner des yeux dans la minute. Il n'avait pas fait attention aux détails en s'agenouillant et pouvait à présent pousser son analyse un peu plus loin.

C'était bien sûr sans compter sur la petite voix qui souffla à son oreille, balayant ses vaines tentatives de diagnostiques. Hua n'était jamais en reste et appréciait par-dessus tout de l'interrompre dès que cela lui chantait. Il sentit la Tairakh quitter momentanément la sécurité de la poche de son manteau pour se percher sur son épaule et observer curieusement l'homme à terre.

" Hmm, en voilà, un garçon intelligent. ", Dit-elle sur le ton de la conversation, " Tu devrais suivre ses conseils, Flav et t'occuper de guérir avant de chercher à soigner les autres. "
" Tu sais que je ne peux pas faire ça. " Répondit simplement Flavien.

Son ton était sans appel. Il y avait de ses principes sur lesquels on ne revenait pas et celui-ci en faisait partie. Si quelqu'un avait besoin d'aide et qu'il était le seul présent, il ferait tout ce qui était en son pouvoir pour porter assistance, même au dernier des inconnus. Il portait la vie en trop haute estime pour qu'il puisse en être autrement.

" Il n'est pas en danger de mort, pas vrai ? " S'enquit Hua
" Non. " Marmonna le soigneur, sachant déjà où la Tairakh voulait en venir.
" Fut un temps, tu l'aurais laissé se débrouiller tout seul. " Gronda le familier, mécontente, " Cette femme sur la place. Elle reviendra avec quelqu'un. Ce n'est pas ton problème. "

La carnivore n'avait pas tort. Cet homme était mal en point, mais il n'était clairement pas en danger de mort. Alors pourquoi donc, dans son état, s'entêtait-t-il à lui porter assistance ? Flavien le savait textuellement et pourtant il n'avait aucune envie de répondre.

Depuis la fin de sa quête, le soigneur se sentait perdu. Il avait passé tant d'années à courir après le fantôme d'un passé longtemps révolu qu'il n'avait jusqu'alors pas pensé au futur. S'engageant sans réfléchir sur le premier contrat de chasse disponible, simplement pour s'occuper, pour avoir un objectif ne serait-ce que quelques jours. Il avait eu besoin de s'aérer l'esprit, mais cette mission difficile l'avait obligé à rester alité un long moment, le laissant seul avec ses pensées. C'était pour cela qu'il prenait en charge cet homme irritable. Pour avoir quelque-chose d'utile à faire, tout simplement. Une autre explication, plus douloureuse celle-ci, était qu'il cherchait à marcher dans les traces de celle qui avait partagé sa vie et qui s'était consacrée à la santé des autres en dépit de sa propre maladie.

Heureusement, l'homme à terre l'empêcha de contempler cette idée plus longtemps. Elle ne lui plaisait pas de toute manière (et elle n'allait certainement pas plaire à Hua).

" Attends une minute. Qu'est-ce qu'il a dit ? "
" Il veut des stimulants. " Soupira Hua qui décida de laisser tomber le sujet pour cette fois. Elle était bornée, mais son maître l'était encore plus.

Flavien remercia distraitement sa comparse avant d'observer plus attentivement l'homme à terre. Il avait l'air de savoir ce dont il avait besoin, ce qui était plutôt rare pour ses patients. En temps normal le soigneur accueillait les maux et mettait en œuvre sa magie et ses connaissances en médecine pour les apaiser. On lui donnait rarement une liste de médicaments à fournir comme s'il était une simple pharmacie ambulante.

- Je n'en ai pas, Répondit-il enfin, Mais si vous avez seulement besoin d'un peu d'énergie...

Sans aucun avertissement, Flavien posa la paume de sa main sur le front de l'autre homme, incapable de se débarrasser de lui dans son état. Le guérisseur ferma les yeux pour se concentrer, se risquant à user de la magie. Après tout, si cet homme était prêt à accepter quelques cachets douteux de la part d'un parfait inconnu, il pouvait bien supporter qu'un My'trän fasse appel à son don.

Rien de plus facile que de redonner un coup de fouet à l'organisme : il suffisait simplement au nomade d'appeler l'essence vitale de son patient à reprendre du poil de la bête. Tout être était attirée par la communication et son origine importait peu dans ce schéma. La magie, elle aussi, était vivante. Un être à la recherche de connexions, ne demandant qu'à faire effet. La magie de soin en était le parfait exemple si elle était utilisée à bon escient.

Pour un scientifique qu'une explication ésotérique n'intéresserait pas le moins du monde, l'œuvre de la magie s'apparentait à une décharge électrique pareille à un fourmillement qui résonnait directement avec le système nerveux sympathique, augmentant la sécrétion d'adrénaline et augmentant la fréquence cardiaque.

Une fois le regain d'énergie insufflé, Flavien se redressa avec précaution pour laisser à l'inconnu le temps d'enregistrer ce qui lui arrivait et pour prendre ses distances en cas de représailles. Heureusement, une telle utilisation de la magie ne lui coûtait pas trop d'efforts tant qu'il n'essayait pas de dépasser ses limites.

- C'est tout ce que je peux faire, mais ça devrait vous suffire pour vous rendre sur la place centrale, Déclara le nomade qui estimait que la magie allait opérer une dizaine de minutes au plus, Des gens pourrons pour conduire à la clinique une fois là-bas. Ne forcez pas en chemin et tout devrait bien se passer.

Dans l'esprit de Flavien, il était clair que la place de cet homme était auprès d'une équipe médicale. Le soigneur ignora royalement la remarque de sa Tairakh qui lui siffla que s'était l'hôpital qui se foutait de la charité.


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Swenn Milazzo
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Ven 17 Aoû - 15:45
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Ouais, même dans son état pathétique, Swenn est encore capable de se rendre compte que ce type qui se trouve face à lui, entouré d'une étrange compagnie, est carrément bizarre. Et puis, il en met du temps à répondre. Qu'il ne vienne pas à claquer lui aussi. Ils seraient bien là, deux estropiés qui reposent sur les pavés. Non, il n'a besoin de personne. Et encore moins de quelqu'un qui a l'air au moins aussi absent que lui. Merde, en plus, il ne peut pas le virer. Ce n'est pas comme s'il avait le moindre avantage sur l'autre. Reste plus qu'à espérer que l'ami des bêtes se décide à se barrer.

Ah, bah non, contre toute attente, il finit par lui répondre. Bon, ce n'est pas franchement la réponse qu'il attendait. Génial, non seulement il doit supporter cette nouvelle compagnie - cela dit quitte à devoir socialiser il préfère encore ces gens pas trop bavards - mais en plus il ne va rien pouvoir en tirer. Non pas qu'il s'attendait à grand chose, mais ça aurait été bien pratique. Eh... Qu'est ce qu'il raconte ? S'il a besoin d'énergie ? Bah oui, bien sûr qu'il en a besoin. C'est bien la raison qui l'a poussé à faire une telle requête ! Parce que demander quoi que ce soit, ce n'est pas dans ses habitudes. Et ça le fait bien chier. Raaah, il y a tellement d'évidences qu'il voudrait lui balancer à la tronche de façon particulièrement ingrate, et il se retrouve limité dans le nombre de grossièreté qu'il est en capacité de débiter. Heureusement que sa mine parfaitement renfrognée lui sert d'intermédiaire pour ce genre de message.

Mais Swenn n'a pas l'occasion de pester davantage, qu'une main non anticipée vient se poser sur son front. Si seulement son bras voulait bien répondre un peu mieux, il serait bien vite venu le virer, lui rappelant qu'ils ne se connaissent pas assez pour qu'il puisse se permettre de le traiter comme un simple toutou qu'il trouverait abandonné dans la rue. Puisque visiblement, les bestioles c'est son truc. A peine le temps d'entamer un grognement - seule arme pour garder sauve la faible dignité qu'il lui reste - il est bien vite stoppé dans son élan de protestation par une sensation des plus étranges.

Impossible de dire ce qui vient de se passer. Son rythme cardiaque légèrement accéléré sous le coup de l'étonnement, son cerveau qui se remet à s'agiter un peu trop face à l'évidence. A peu de choses près, son corps réagit de la même façon que s'il venait de s'injecter directement quelque chose qui lui permette de tenir sur ses jambes. Pourtant, il n'y a eu qu'un simple contact physique. Il a beau ne pas connaître grand chose à la magie - ce n'est pas comme s'il s'intéressait à la façon de faire appel à un stupide être divin ! - ce n'est pas difficile d'arriver à la conclusion qu'il a bien face à lui un homme capable de l'utiliser. Et en plus de ça, il ne peut même pas le lui reprocher ! Ce serait tellement plus simple de l'insulter et de lui déverser toute sa mauvaise foi dessus.

Pourtant, c'est aussi la première fois qu'il se trouve en compagnie d'un My'tran, et il ne peut nier que sa curiosité vient d'être portée à son plus haut niveau. D'autant plus que celui-ci ne se montre pas particulièrement hostile. Il vient même de lui filer un coup de main. A moins que ce ne soit un truc vicieux qui finisse par le faire clamser ? Du genre à lui faire utiliser toutes les réserves d'énergie dont il dispose jusqu'à ce qu'il s'écroule sans vie ? Mais ça ne colle pas avec ce que l'homme lui dit. Se rendre à la clinique ? Ne pas trop forcer ? Bah voyons... Mais le temps de la réflexion a largement assez duré. A ce rythme, ce type va se barrer, il lui va regretter de ne pas avoir saisi cette opportunité.

- "Ce n'est pas dans mes projets."

Tout en prononçant ces paroles, Swenn se redresse à l'aide de la canne récupérée. En prenant d’innombrables précautions, mais force est de constater qu'il n'a plus la tête qui tourne. Il ne va pas pour autant se risquer à courir, mais retrouver une position verticale suffit déjà à panser un minimum son ego mis à mal depuis quelques temps.

- "J'imagine que ce n'est pas dans les tiens non plus."

Un merci ? Pas la peine de compter sur le chimiste pour ces courtoisies qui lui arrachent la gorge. Malgré tout, son intention n'est désormais plus de faire fuir son interlocuteur. Bien au contraire. Et force est de constater qu'il est beaucoup moins doué lorsqu'il s'agit de garder quelqu'un près de lui que de l'éloigner. Heureusement, abandonner sans même avoir essayé, ça ne lui ressemble pas.

- "Mais j'espère que t'as pas l'intention d'aller bien loin pour autant. Même avec ton... Pouvoir... Et puis, on dirait que je te suis redevable maintenant."

Swenn n'a pas le temps de développer davantage sa pensée - ou plutôt son plan pour s'assurer que le My'tran ne disparaisse pas au détour d'une rue - que d'autres voix se font entendre. Accompagnées de pas. Qui paraissent venir dans leur direction. La poisse. Qu'est-ce que c'est que tous ces gens ? Probablement l'idiote de toute à l'heure qui a trouvé un péquenot pour lui prêter main forte. Bon, chaque chose en son temps. Après un regard agacé en direction de l'origine des nouveaux bruits, le chimiste reporte son attention sur l'ami des bêtes.

- "Suis moi, vaut mieux pas rester ici. Je suis sûr que ces gens sont chiants à mourir."

Demander gentiment, voilà bien un autre concept qu'on ne lui a jamais enseigné. Ou plutôt qu'il s'est toujours appliqué à ignorer. Et tant pis si ça lui a déjà valu de nombreux échecs qui auraient facilement pu être évités. En plus de ça, maintenant qu'il arrive de nouveau à aligner plusieurs phrases sans avoir l'impression de gravir une montagne à la seule aide de son corps, il ne compte pas se gêner.

Swenn n'a pas l'intention d'emmener cet inconnu très loin. Il sent de toute façon que ses jambes ne sont pas encore à leur plein potentiel. Juste quelques rues plus loin. De celles qui sont - habituellement - aussi peu empruntées que celle où ils se trouvent. De quoi mettre assez de distance entre ces personnes qu'il n'a pas la moindre envie de découvrir. Et pouvoir poser une partie du flot de questions qui lui traverse l'esprit depuis que cette main est venue se poser sur son front.


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Flavien Teleri
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Lun 27 Aoû - 1:08
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Il avait à peine fini de réarranger sa veste que l'homme prit la parole, cette fois bien plus loquace que lors de leur premier dialogue. Les mots qui s'échappèrent des lèvres de l'inconnu eurent un effet semblable à un breuvage particulièrement amère au goût de Flavien qui pinça les lèvres, à mi-chemin entre l'exaspération et l'incompréhension. S'il pouvait être rassuré de savoir que ses dons de guérisseurs étaient toujours d'actualité malgré leur utilisation plus que parcimonieuse, il ne comprenait en rechange pas la réponse qu'il venait de recevoir.

L'homme, à présent debout, ne comptait pas faire un crochet par la clinique. Une réaction parfaitement illogique vu l'état dans lequel Flavien l'avait trouvé, mais il ne lui laissa pas l'occasion de commenter sa bêtise ou d'émettre l'hypothèse qu'il était peut-être plus malade qu'il n'y paraissait, que déjà la conversation prenait une toute autre tournure.

L'inconnu lui rendit son regard critique, le jaugeant de la tête aux pieds avant de glisser qu'il se doutait que Flavien n'allait pas l'accompagner jusqu'à la clinique pour y être pris en charge lui aussi, alors qu'il en avait pourtant tout autant besoin. Le soigneur se renfrogna en guise de réponse, troquant l'air neutre qu'il cultivait en présence d'inconnus contre une moue plus fermée qui lui était plus familière. Evidemment qu'il n'allait pas mettre les pieds à la clinique : cela signerait le début de nombreux ennuis pour lui. Un bras cassé était largement préférable à l'idée de se confronter à la médecine Daënare.

De toute manière, il n'était même pas certain qu'on le laisse y rentrer, contrairement à l'homme sur lequel il était tombé.

L'autre avait continué de parler, expliquant qu'il lui était redevable pour son assistance. Flavien arqua un sourcil à ces mots. S'il voulait réellement lui être redevable, il pouvait commencer par ne pas gaspiller les précieuses minutes d'énergie que lui accordaient les pouvoirs du My'trän en restant planté là pour lui faire la conversation. Honnêtement, dans son état, la seule chose qu'il pouvait faire pour arranger Flavien serait de suivre ses instructions et d'éviter de retomber à nouveau dans les pommes. Il avait un port à rejoindre et préférerait embarquer avec la certitude que ce jeune homme têtu ai reçu l'aide dont il avait besoin et ne gisait pas quelque part sur les pavés une fois l'effet de l'enchantement estompé.

Les sourcils légèrement froncés, Flavien s'apprêta à lui exprimer le fond de sa pensée avant d'être interrompu par quelques voix au loin, accompagnés de pas se dirigeant tout droit dans leur direction. Il n'avait pas le temps de sermonner l'autre homme qui tendait lui aussi l'oreille, au risque de s'attirer les regards curieux de ces nouveaux arrivants. S'ils étaient à la recherche de l'homme mal en point, ils n'allaient pas manquer de réaliser la nature du soigneur qui lui tenait à présent compagnie et s'il avait toutes les chances de s'en sortir face au jeune homme grincheux, il n'était pas sûr du résultat quant aux nouveaux arrivants.

L'autre sembla tirer les mêmes conclusions que lui, l'invitant à le suivre pour échapper aux questions qui allaient certainement fuser de toutes part s'ils avaient le malheur d'être repérés par la petite troupe partie en croisade pour sauver le jeune inconscient. Effectivement, Flavien n'avait pas particulièrement envie de rester dans les parages. Pas parce que ces gens étaient probablement ennuyeux, comme l'avançait l'inconnu, mais surtout parce qu'il n'avait pas envie de se faire remarquer si près des côtes.

Ne sachant trop à quoi s'en tenir, mais décidant qu'entre se perdre dans les ruelles et suivre la voie indiquée par le jeune homme il n'y avait pas vraiment de choix possible, il hocha brièvement la tête et tendit son bras valide pour inviter Selmac à se percher sur son épaule. La dernière des choses qu'il souhaitait était que l'Aitah s'élance de bon cœur vers ces potentiels nouveaux camarades de jeu.

" Flav', t'es sûr que tu peux lui faire confiance ? "
" Absolument pas. "
" Hmmm. Au moins s'il tente quelque-chose, vu son gabarit, j'aurais vite fait de l'assommer. "
" Tu ne vas pas l'assommer, je viens à peine de le relever. "

Hua grommela quelque-chose n'inaudible malgré les protestations de son maître. La Tairakh était peut-être haute comme trois pommes, le venin qu'elle stockait dans ses bajoues aurait vite fait de mettre hors d'état de nuire un homme deux fois plus costaud que celui qui ouvrait désormais la voie.

Les deux hommes firent une partie du chemin en silence. Lorsque les voix se perdirent et que leurs pas fut à nouveau la seule source de bruit à les accompagner, Flavien se risqua attirer l'attention de son guide en lui posant une question qui tenait plus du reproche. L'autre n'en avait peut-être pas conscience, mais il perdait de précieuses minutes de répit, à se balader dans ces recoins abandonnés.

- Donc, votre état... Aucune raison de s'inquiéter ?, Demanda-t-il aussi légèrement que possible, Ça vous arrive souvent, du coup, de vous évanouir dans une ruelle ?

Loin de Flavien l'idée de froisser son guide improvisé, mais s'il avait lui-même une bonne raison de fuir la médecine Daënare il ignorait pourquoi l'un des ressortissants de ce pays partageait la même aversion que lui à l'égard des hôpitaux. Il était aussi, il fallait l'avouer, un peu agacé à l'idée que le jeune homme puisse ignorer à ce point les besoins de son propre corps qui ne demandait qu'à se reposer et guérir.


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Swenn Milazzo
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Dim 2 Sep - 11:18
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Daënar +1
Eh bien, on ne peut pas dire qu'il y en ait un pour rattraper l'autre. Malgré leur état peu enviable, ils continuent à se jauger du regard. Cela dit, l'identité révélée de l'étranger ne participe pas à instaurer un parfait climat de confiance malgré son acte a priori charitable. Swenn est toujours bien incapable de savoir ce qui aurait pu le pousser à l'aider comme il vient de le faire - en partant du principe qu'il s'agit effectivement d'une aide - mais ils ont pour l'heure un problème plus urgent à gérer. Des curieux qu'il n'a pas la moindre envie d'avoir à supporter. Et prétendre aller parfaitement bien avec un grand sourire pour qu'on lui foute la paix n'est pas encore dans ses principales compétences... Éviter le contact humain indésirable est encore la meilleure option ! D'autant plus maintenant qu'il est de nouveau capable de se mouvoir par lui-même.

Rien ne lui assurait que cet homme le suive bien gentiment comme il lui a si aimablement demandé. C'est donc avec satisfaction qu'il accueil ce hochement de tête et voit le My'Tran lui emboiter le pas. Il ne risque de toute façon pas de le semer compte tenu de la vitesse à laquelle il se déplace... Certes il a retrouvé un minimum d'autonomie, mais ce n'est pas pour autant que sa démarche se fait plus naturelle qu'à sa sortie de l’hôpital. Ni que la douleur à chaque pas se fait plus clémente. Mais évidemment, la fierté du chimiste l'empêche d'afficher le moindre signe de contrariété. Il se contente d'avancer, tournant à plusieurs reprises, mettant autant de distance que possible avec le groupe de recherche qui doit commencer à se demander si la malheureuse qui a donné l'arlerte n'a pas quelques problèmes psychologiques. Ou au mieux, seulement besoin de lunettes. Pas de quoi filer le plus petit cas de conscience à Swenn.  

Faisant toujours attention à utiliser les passages les moins empruntés - déjà que pris séparément ils attirent l'attention mais alors ensemble, ils n'ont pas la moindre chance de passer inaperçus... - l'étrange soigneur reprend la parole. Est-ce qu'il est en train de se foutre de lui ? Ou est-ce qu'il y a seulement un fossé aussi énorme avec les coutumes occidentales ? Peut-être les deux... Le Daenar arrête sa progression - tenir une conversation tout en marchant n'est pas dans ses aptitudes actuelles - et se tourne vers son acolyte du moment. Pour finalement le gratifier d'un regard accusateur parfaitement maîtrisé. Même si son état physique actuel lui fait perdre en crédibilité, ce n'est pas ce qui va l'empêcher de faire preuve de sa mauvaise humeur habituelle.

- "Je n'suis pas stupide. Et je n'ai pas l'intention de crever tout de suite. Je sais de quoi j'ai l'air mais je n'ai plus besoin d'être sous surveillance. J'ai mieux à faire." Si l'étranger est capable d'adoucir ses paroles, ce n'est clairement pas le cas de Swenn, qui a une façon de parler aussi froide que ce que l'expression de son visage peut renvoyer. "Et j'étais pas vraiment évanoui..." Mouais, ces derniers mots sont plus marmonnés pour lui-même, sa fierté légèrement mise à mal...

Qu'est ce qu'il avait décidé ? Profiter de cette rencontre rare avec un My'tran pour voir jusqu'à quel point les contes pour gamins se trompent. Et ce qu'il en est vraiment. Bravo. Une fois de plus, son sale caractère ne l'aide pas à mettre en place les bases nécessaires pour ce plan reposant en grande partie sur des compétences relationnelles... Un soupire de dépit en arrivant à cette conclusion déplaisante, il reprend sur un ton qui se veut moins agressif.

- "J'ai de quoi gérer ce genre de problème pas loin d'ici." Ah, s'il avait commencé par ça... "Ta situation est aussi inquiétante. Surtout si tu fais ce truc à chaque fois que tu croises une personne un peu amochée."

Bon, l'intention y est, mais on ne peut pas dire que le résultat soit parfait. C'est encore difficile pour Swenn de ne pas donner cette tournure désagréable à ses phrases. Et alors pour ce qui est du vouvoiement pourtant de mise, il ne faut même pas y penser. Cela étant, il faut reconnaître que son corps qui recommence à émettre des signaux de protestations un peu plus violents à mesure que le temps s'écoule n'est pas pour l'aider. Ainsi donc, même la magie ne peut faire de réels miracles. Quelle atroce situation que d'avoir une multitude de questions en tête mais de ne pas être en état de laisser libre cours à sa curiosité...  

- "Qu'est-ce que tu comptes faire ici ? Pour ne pas finir lapidé j'entends."

Il n'allait pas non plus rester muet ! Question posée alors qu'il se remet en route après cette courte pause. Pas besoin d'être capable de faire des calculs complexes pour savoir que son temps "d'action" est limité. Et en fonction de la réponse qu'il aura, il pourra plus facilement aviser de ce qu'il convient de faire. Même si ses capacités de réflexion ne sont pas non plus à leur meilleur niveau. D'autant plus que rien ne lui garantit que l'homme et son animalerie mobile le suivent de nouveau. Mais il ne peut de toute façon s'attarder davantage dans ces rues.


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Flavien Teleri
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Dim 9 Sep - 17:47
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Le jeune homme s'arrêta net, comme si sa question des plus sensées venait de couper court à toute envie de sa part d'ouvrir la marche. Soit Flavien venait d'appuyer sur une corde sensible, soit le soigneur n'avait pas parfaitement calculé son coup et son patient du moment était plus faible que prévu et à deux doigts de s'écrouler à nouveau. Le My'trän avança une main au cas où il aurait à stabiliser l'autre homme, mais le regard assassin de son guide fut un indice suffisant pour l'inciter à ramener son bras contre lui.

Le Daënar rétorqua avec une pointe de venin dans la voix qu'il avait bien mieux à faire que de prendre en considération sa santé. Il préférait courir les ruelles plutôt que de se reposer, soit. Ce n'était pas le problème du soigneur qui n'était pas du genre à s'accrocher à ceux qui ne souhaitaient pas guérir. Lui aussi il avait mieux à faire que de s'inquiéter de l'état de santé d'inconscients.

" T'es sérieux là ? " S'esclaffa Hua qui ne pouvait pas en croire ses oreilles " Rappelle-moi ce que tu faisais il y a dix jours ? "

Il y a dix jours il avait été occupé à pister une bande de contrebandiers, réussissant par la même à envoyer par la fenêtre quelques semaines de convalescence en prenant un coup. Flavien fit de son mieux pour ignorer les dires de sa Tairakh mais son petit gloussement lui indiqua clairement qu'elle avait ressenti sa frustration. Ce n'était pas comme s'il avait eu d'autre choix que celui d'intervenir. Il ne se serait jamais pardonné de ne pas intervenir, blessé ou non.

Le Daënar soupira, reflétant ses propres sentiments. Flavien lui accorda à nouveau son attention, reconnaissant pour la distraction qui l'éloignait des reproches mérités de son familier.

L'homme avait l'air de dire qu'il n'avait pas à se faire de soucis pour lui, en tout cas pas autant que pour Flavien qui tenait toujours son bras en écharpe très proche de son corps dans une vaine tentative de le protéger. Le ton de son acolyte d'un soir était plus posé maintenant qu'il observait plus clairement le My'trän qui venait de lui porter secours, conscient que le soigneur n'était pas en pleine possession de ses capacités physiques.

Sans pouvoir être qualifié de compatissant, le Daënar semblait s'inquiéter de sa santé en retour. A nouveau, l'impossibilité de hausser les épaules librement irrita le soigneur qui fut contraint de secouer la tête. Il pouvait comprendre l'incompréhension de l'homme et à ce titre le gratifia d'une légère explication.

- Restreindre mon don n'accélérera pas ma guérison. Marmonna-t-il, Alors autant agir.

Il ne comprenait pas pourquoi sa guérison prenait autant de temps, mais il ne voyait pas l'utilité de partager cette information avec le Daënar. En temps normal il ne lui aurait fallu que quelques semaines, deux au maximum, avant de voir son état s'améliorer considérablement. Plus de deux mois s'étaient écoulés depuis l'affrontement contre le Khelget et il ne constatait aucune amélioration dans son état. Peut-être que l'assaut de la créature avait été plus violent que dans ses souvenirs confus ?

Peu importe, au final. Après tout même un guérisseur avait besoin de s'en remettre à ses camarades de temps à autre. C'était d'ailleurs ce que le soigneur comptait faire initialement en se dirigeant vers le port avant d'être coupé dans sa lancée par la découverte de Selmac.

Le Daënar avait repris la route pendant sa courte contemplation, le gratifiant d'une nouvelle question tout aussi étrange. Elle aurait pu sembler sinistre, mais Flavien ne put empêcher un fin sourire ironique de se dessiner sur ses lèvres. Il ne comptait pas rester à Cerka : l'autre homme n'avait donc pas à s'en faire pour lui.

- Vous lapidez les My'träns, maintenant ?, Questionna-t-il, songeur, Il y a quelques mois j'ai eu la chance d'être reçu à coups de battes. Enfin, j'imagine que le lancer de pierres offre une plus grande portée.

Si les pensées de ce genre étaient coutumières pour le soigneur que l'agacement pouvait très vite rendre exécrable, il les gardait en général pour lui. Flavien était en général assez mature pour ne pas antagoniser les premiers inconnus venus. Il avait après tout beaucoup appris au courant de son séjour sur le sol Daënar. Seulement, la mauvaise humeur de son patient et sa propre fatigue lui offraient une sorte d'échappatoire, l'autorisant à exprimer le fond de sa pensée avec moins de retenue qu'en temps normal.

Cerka restait malgré tout une cité qu'il appréciait grandement, même si la mentalité des habitants de la région dans laquelle elle était nichée laissait pour la plupart à désirer.

- Tant que vous vous abstenez de crier d'où je viens sur tous les toits, je devrais m'en sortir. Répondit finalement Flavien en désignant vaguement ses vêtements, typiques d'un bon petit Daënar, Je prends de toute manière des chemins de traverse pour éviter de croiser du monde.

Le regard entendu qu'il lança à son guide ne pouvait signifier qu'une chose : son plan brillant avait échoué.

- Je ne compte pas rester ici. Je rentre en My'trä. Etrangement, il ne lui vint pas à l'esprit de dire qu'il rentrait à la maison. D'ailleurs... Et vous ? Où est-ce que vous allez ?

De toutes les cités Daënares, Cerka était certainement celle dont il connaissait le mieux les ruelles - après Zuhause, mais il préférait éviter de penser à Zuhause -. Néanmoins, il n'avait pas la moindre idée de sa situation actuelle par rapport au port qu'il comptait rejoindre au plus vite. Les voix alarmantes qui les avaient délogés de leur coin de ruelle s'étaient perdues dans la nuit et ils étaient à nouveau seuls. Aussi seuls qu'ils pouvaient l'être dans l'une des plus grandes villes du continent, en tout cas.


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Swenn Milazzo
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Ven 14 Sep - 15:23
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Étrangement, le cynisme dont fait preuve le My'tran pour répondre à sa question sur le sort peu enviable réservé à son peuple sur ce continent permet à Swenn d'aborder une attitude moins crispée. Les rathras sont pourtant réputés pour leur pacifisme, et lui-même est un parfait exemple de la non violence prônée par une partie des natifs de cette région. Pour autant, la majorité des personnes se trouvant à Cerka n'en sont pas issus. Beaucoup y viennent pour recevoir des soins importants. Souvent pour faire face à des blessures héritées du conflit les opposants aux mages. Rien d'étonnant à ce que cette ville ne soit pas plus sûre que n'importe quelle autre capitale régionale.

Un sourire amusé qui lui donne un air affreusement hautain alors que le soigneur tente d'assurer de sa capacité à passer désormais inaperçu, Swenn réussi à se retenir d'exprimer à voix haute le fond de sa pensée. Même si son attitude suffisante laisse parfaitement voir ce qu'il peut penser de cet échec apparent. Mais il risquerait de se voir rétorquer paraitre suffisamment inoffensif pour qu'un My'tran puisse se permettre de lui révéler son identité sans pour autant prendre le moindre risque. Typiquement le genre de parole qu'il ne pourrait supporter, alors autant éviter de les provoquer.

- "Je ne dirai rien. Les mouvements de foule m'agacent."

Pas que ce soit faux, mais ce n'est sûrement pas la raison première pour laquelle il n'a pas l'intention de révéler l'identité de son accompagnateur à qui que ce soit. D'autant plus s'il a l'intention de repartir d'ici sous peu. Quant à savoir où est-ce que lui-même se rend... Ah ça. C'est en se remettant difficilement en route qu'il accepte d'en dire plus à l'homme qui se tient à ses côtés.

- "Dans un endroit presqu'aussi bien équipé qu'un hôpital pour venir à bout de ces blessures. Il ne manque que les infirmières..."

Dire qu'il fait référence à l'appartement qu'il occupe ? Il aurait pu, mais cette façon de présenter les choses lui parait offrir une meilleure approche pour la suite de ce qu'il a à dire.

- "Et tu ferais bien de m'y accompagner si tu ne veux pas que le voyage qui t'attend ne soit trop pénible à supporter. Ce n'est plus très loin."

Bien sûr que le chimiste se sent redevable envers le geste du mage qui lui a permis d'effectuer plusieurs dizaines de mètres sans s'écrouler de nouveau. Ni avoir de besoin d'une pause toutes les trente secondes. Pour sûr que c'était le sort qui l'attendait s'il n'avait pas croisé son chemin. En partant du principe qu'il réussisse à éviter le retour direct à la case départ, ce qui aurait été fort probable en cas de rencontre avec le petit groupe auquel ils ont échappé précédemment. Mais cette option qu'il lui offre a également pour vocation de pouvoir parler plus librement. Parce que se retenir d'évoquer tous les sujets tabous qui lui traversent l'esprit, et qui leur vaudrait des problèmes bien plus graves s'ils étaient captés par les mauvaises personnes est affreusement frustrant.

Sans savoir ce que le My'Tran lui a fait exactement, s'il met sa mauvaise foi de côté quelques secondes, Swenn doit admettre que c'est plutôt efficace. Bien sûr, la douleur est toujours présente, et il sent le retour à son état initial se rapprocher à chaque pas effectué, mais être capable de se déplacer - presque - librement est appréciable. Il continue à faire attention au chemin emprunté, leur permettant de ne croiser que quelques rats qui profitent de l'obscurité pour partir à la recherche de nourriture.

- "Qu'est-ce que t'en dis ? Tu veux voir ce que ça donne quand on ne peut pas compter sur une prétendue puissance supérieure ?"

La provocation. Sûrement l'arme qu'il maîtrise le mieux. Et lorsqu'il s'agit de croyances, il n'a même pas besoin de se forcer. Ou plutôt si. Il doit faire gaffe à ne pas dépasser certaines bornes. Parce qu'il ne doute évidemment pas être capable de faire bien mieux que ce qu'il est possible d'obtenir à l'aide d'une petite prière. Mais ce n'est sûrement ni le moment ni l'endroit pour se lancer dans ce genre de débat. Il préfère donc attendre la réponse du soigneur, prêt à argumenter un peu plus si besoin. Et ce n'est pas l'état plus que probablement lamentable qu'il risque de découvrir après une absence dont il est incapable de chiffrer la durée qui va lui faire changer d'avis.


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Flavien Teleri
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Sam 6 Oct - 11:58
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Flavien fronça légèrement les sourcils, plus intrigué qu'irrité par la nonchalance de son patient de fortune. Ce jeune homme était de ceux qui s'armaient d'une passivité capable de résister à toute épreuve. Une arme aussi dangereuse qu'une langue de vipère pouvait l'être, autant pour son porteur que pour ses interlocuteurs qu'un tel détachement pouvait rendre confus. Flavien le savait bien, il avait longtemps été le premier à y avoir recours en cas de confrontation non désirée.

Son guide l'informa qu'il se dirigeait clopin-clopant vers une clinique, ou en tout cas le soigneur le supposait. Cerka était le berceau de la médecine Daënare et le My'trän n'était pas ignorant au point de croire que les spécialistes ne pullulaient pas dans les environs. S'il avait bien retenu une chose de son très court séjour dans un hôpital Daënar, c'était bien que les guérisseurs d'ici n'étaient pas aussi polyvalents qu'en My'trä, se référent encore et toujours à tel ou tel collègue ou spécialiste dont Flavien n'avait même pas aperçu un coin de blouse malgré sa semaine de convalescence forcée.

Le soigneur se garda bien de déclarer au jeune homme qui l'invitait à prendre soin de sa blessure que cette dernière aurait au moins l'avantage de le distraire un minimum durant le long voyage qui l'attendait. Entre être nauséeux et se concentrer sur son épaule qui le lançait horriblement, Flavien préférait encore souffrir le martyr physiquement sous les aléas de la houle plutôt que de se sentir mal tout du long sans rien pouvoir y faire. Il y avait bien la possibilité que ces deux maux s'additionnent, auquel cas il aurait l'estomac en vrac et l'épaule en compote, mais le nomade préférait ne pas y penser. Flavien grimaça tout de même en songeant à cette possibilité.

Le Daënar ne s'arrêta pas à un simple conseil, lui proposant de l'accompagner jusqu'à cette mystérieuse destination pour guérir la douleur qui accompagnait chacun de ses pas, pareille à un murmure qui ne se taisait jamais.

" Flav. "

La voix d'Hua résonna à ses oreilles, prudente mais ferme. Il était évident que la Tairakh n'approuvait pas franchement l'invitation.

" Je l'aurais de toute façon accompagné jusqu'à destination. "

Une réponse qui brillait par sa simplicité, hérissant légèrement le poil de la petite carnivore qui ravala sa langue.

" Hn. Je vais me taire avant de conseiller à un nomade de faire attention aux étrangers. Mais sache que je le pense très, très fort. "

Flavien ferma et rouvrit réflexivement les poings pour se donner un peu de contenance. Il n'ignorait pas que l'avertissement d'Hua n'était pas à prendre à la légère. Ici, au milieu de la ville, il pouvait facilement fausser compagnie au jeune homme. Il en était tout autre en franchissant les portes d'un bâtiment inconnu. Flavien et Hua n'étaient que trop conscients de la manière dont s'était soldée leur dernière invitation à prendre refuge chez l'habitant. Un souvenir bien piquant.

Ajoutez à cela son passage à l'hôpital qui avait été remarquablement désastreux, et vous comprendrez son hésitation. Honnêtement, Flavien n'était toujours pas certain que la jeune interne en chirurgie qui avait pris en charge son dossier n'avait pas tenté de porter atteinte à ses jours. Ses superviseurs avaient mis son erreur de jugement sur le compte d'une erreur de débutante travaillant sous la pression et n'ayant pas retenu son origine pourtant clairement indiquée dans son dossier, mais Flavien n'en était pas entièrement convaincu. Quelle idée de souder une invention métallique infusée de technologie au contact même de ses os. Les dommages résultant d'une opération express pour les retirer étaient bien pires que ce qu'il avait subi à l'origine. De plus, ses familiers enragés par son état avaient été mis en cage et confiés à un refuge le temps de son séjour, dans l'incapacité de l'aider à calmer son angoisse.

Non, vraiment, Flavien avait toutes les raisons de ne pas avoir confiance.

Et pourtant, le Daënar ne s'arrêta pas à une simple invitation de convenance. Sous la souffrance, Flavien distinguait une suffisance aussi mal placée qu'inutile. Il avait exercé aux côtés de vétérinaires et prothésistes qui réalisaient de véritables petits miracles. Il ne doutait pas de l'efficacité de la médecine Daënare, ou en tout cas pas lorsque cette dernière était appliquée aux natifs du continent. Il était à juste titre un peu plus sceptique lorsqu'on essayait d'appliquer cette dernière aux mages. Contrairement à l'idée que l'homme semblait se faire des guérisseurs, ils ne revêtaient pas de vieux pagnes et dansaient autour d'un feu en suppliant Möchlog de leur accorder sa divine aide. En tout cas, pas tous. Certainement pas les guérisseurs de son village natal, versé dans l'art des soins de guerre. Evidemment, les guérisseurs remerciaient Möchlog pour sa bénédiction, évidemment, ils le portaient dans leurs prières. Mais avant tout, ils étaient reconnaissants pour la magie que la grande Chouette leur insufflait. Cette magie si fascinante qui leur permettait de visualiser et de soigner les maux les plus terribles, par leur simple ferveur.

Malgré la pointe de dédain qu'il relevait dans les paroles de son interlocuteur, l'invitation était intrigante. Il avait rarement eut l'occasion d'entretenir une véritable conversation sur la médecine Daënare. Lorsqu'elle n'avait pas été source de confrontation pour lui, comme à l'hôpital, il n'avait simplement pas eu le temps de s'en préoccuper au-delà d'une admiration timide lorsqu'il observait Merian qui rendait la liberté de se mouvoir aux créatures qu'il équipait de ses prothèses.

Flavien repensa à Sanaë, à ses douces paroles et à l'espoir qu'elle entretenait de voir un jour leurs deux peuples se mêler librement. Il n'était peut-être pas prêt à accueillir à bras ouverts les technologistes, mais il pouvait au moins essayer d'en écouter certains. La médecine utilisée à bon escient n'avait rien de néfaste, Flavien le savait au fond. Tant que l'autre homme ne comptait pas s'approcher de lui avec un scalpel, l'entendre le lui coûterait rien. Des bateaux accostaient tous les jours sur les côtes Daënares, après tout. Il n'était pas à quelques heures près.

Le soigneur inclina légèrement la tête, sa décision prise.

- Je vous accompagne.

Il sentit les griffes d'Hua s'enfoncer légèrement dans sa peau, mais la Tairakh ne commenta pas davantage, ce qui était en soi une petite victoire. Avant que le silence ne s'installe à nouveau, le nomade poursuivit.

- Je ne suis pas complètement ignorant, vous savez. Je reconnais que votre médecine est impressionnante. Lança-t-il sans appuyer sur le fait qu'il n'aurait jamais la prétention de dire que ses dons de guérison étaient supérieurs à d'autres formes de soin, J'ai déjà travaillé aux côtés de spécialistes Daënars. Certes, des médecins exclusivement vétérinaires et de rares prothésistes, mais je considère que tout soigneur a son importance.

De manière détournée, il espérait faire comprendre au jeune homme que sa pique n'était pas tombée dans l'oreille d'un sourd, même s'il ne s'abaisserait pas à la relever. Il espérait simplement que le Daënar était effectivement aussi ouvert d'esprit qu'il semblait essayer de le montrer.

- Je ne me suis pas présenté je crois. Ajouta le nomade après un battement, Je me nomme Flavien.

Il inclina à nouveau la tête, autant par réflexe coutumier qu'à cause de son incapacité actuelle à serrer la main de l'autre homme. Il ne valait de toute façon mieux pas risquer de le déséquilibrer.

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Swenn Milazzo
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Mar 9 Oct - 23:24
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Daënar +1
Rien ne pouvait l'assurer que le mage accepte cette "invitation". Ce serait plutôt même l'inverse. Leurs peuples n'ont aucune raison de se faire confiance l'un l'autre. Pourtant, le simple fait que cet homme se trouve sur ce territoire réservé aux Daenärs, sans afficher la volonté de détruire ces derniers, prouve bien qu'il n'est pas comme l'archétype My'Tran décrit dans les contes pour enfants. Alors, ça se tente. D'autant plus qu'il lui a filé un sacré coup de main. Oui c'est bon, ça fait suffisamment longtemps qu'il lui a fait ce truc étrange, en posant ses mains sur sa tête, sans qu'aucun effet secondaire indésirable ne se soit fait sentir. Swenn peut finalement admettre qu'il n'avait pas pour intention de lui nuire.

C'est donc avec un certain soulagement qu'il entend cette réponse positive. Parce que le chimiste n'est pas encore en état de se lancer dans de longues négociations. Et voir cet homme - et les bestioles qui ne le lâchent pas - partir sans se retourner aurait été frustrant. Ah, évidemment que ses dernières paroles n'ont pas dû être parfaitement bien accueillies par ce natif de l'est. Il faudrait qu'il apprenne à faire attention aux mots employés un jour. Mais on verra ça plus tard ! Pour le moment, il est seulement étonné par ce qui lui est révélé. Travailler avec des Daenärs ? Swenn n'est pas sans savoir qu'un certain nombre de praticiens originaires de Cerka sont contre ces guerres qu'ils jugent pénibles et inutiles. Mais de là à accepter qu'un mage reste à leurs côtés...

- "Flavien ? Ce n'est pas si étrange comme nom. Moi c'est Swenn."

Ravi de faire votre connaissance Flavien. Merci pour cette aide. Vous pouvez m'appeler Swenn. Ce ne serait pourtant pas si difficile à formuler comme réponse. Mais non, il faut une fois de plus que le chimiste enrobe ses mots de tournures peu agréables. Ce ne sera encore pas pour aujourd'hui ! Enfin, si sa voix se fait toujours aussi peu expressive, elle ne présente pas non plus la moindre trace d'agressivité. Un simple constat maladroit. Il n'y a plus qu'à espérer que ce comportement que certains bien pensants qualifieront immédiatement d'irrespectueux ne froisse pas son interlocuteur. Ou qu'il mette seulement ça sur l'état de fatigue dont souffre indéniablement le jeune homme. Ce serait bête de le voir faire demi-tour maintenant...

Oui, plus vite ils sortiront de ces rues où il est préférable de ne pas se trouver en compagnie d'un My'Tran - même si celui-ci a une couverture bien travaillée - mieux ça vaudra. Et moins il aura de chances de dire quelque chose qui finisse vraiment par le vexer. Heureusement, ils ne sont plus qu'à quelques centaines de mètres de l'appartement qu'il occupe. Centaines de mètres qu'il sent passer, sa résistance physique chutant à chaque nouveau pas effectué. Mais une fois de plus, tant qu'il n'en est pas à s'écrouler d'épuisement, Swenn ne risque pas de montrer quoi que ce soit. Et réussi même à faire la conversation de façon presque courtoise.

- "Ces animaux te suivent toujours aussi sagement ?"

Ok, ce n'est peut-être pas tout à fait ce qu'implique "faire la conversations". Mais réussir à poser une question, sans aucun reproche à peine déguisé est déjà plutôt pas mal pour ce garçon. Et puis, c'est vrai que la réponse l'intrigue. Ils sont sacrément dociles ! Depuis le début de leur rencontre leur comportement est parfait. Ah, bien loin du résultat que lui-même peut obtenir avec ce piaf de malheur qui lui sert de compagnon. D'ailleurs, il ne sait pas vraiment dans quel état il va le retrouver. Mais la bestiole lui a déjà prouvé en de multiples reprises être sacrément résistante et débrouillarde.

Swenn finit donc de guider tant bien que mal Flavien jusqu'à la partie de la ville où il loge. De grands bâtiments alignés dans une zone relativement animée, pour la fin de ce trajet ils n'ont pas d'autre choix que de croiser de nouveau le chemin de quelques habitants de Cerka. Le chimiste fini par entrer dans la cour de l'un de ces immeubles, donnant accès à une porte qui s'ouvre sur un hall dévoilant les escaliers. Ah oui... Les escaliers. Il les avait totalement oublié ceux-là. Mais avant ça, il se retourne vers le mage

- "J'ai tout ce qu'il faut là haut pour gérer ces quelques soucis de santé. Pas besoin d'hosto."

Il n'a pas oublié ne pas avoir dévoilé à un seul moment l'endroit exact où il se rendait. Mais maintenant qu'ils y sont, il faut bien se justifier un minimum...

Combien de fois s'est-il déjà dit que le rez de chaussé c'est pas mal non plus ? Cette fois est sans aucun doute celle où il le pense le plus fortement. Serrant les dents, le jeune homme se sert de la rampe pour tenter d'amener son corps à franchir chacune des marches qui se dévoilent inlassablement sous ses pieds. Deux étages... Ne pas regarder en haut, se contenter d'avancer. Difficile de savoir comment il aurait pu affronter cette épreuve sans l'intervention de Flavien.... Mais ce n'est pas le moment de penser à ce genre de détail agaçant !

Et enfin, le second palier. Déjà, aucun junkie étalé qui l'attend sur le pas de la porte. Une chose en moins à justifier. Ce qui est pas mal quand il n'a pas la moindre idée de ce qu'il va découvrir alors qu'il déverrouille la porte d'entrée. Ensuite, l'immeuble n'est pas en flammes, et personne ne l'attend pour lui dire que des trous dans le sol ou des explosions venant de chez lui ont été recensées. Ce qui compte tenu de tout ce qui se trouve dans la pièce principale qui lui sert davantage de laboratoire n'était pas à exclure... Seulement Din, le Novsch retenu prisonnier de ces murs, qui déboule à toute allure à peine la porte entrouverte, à grand renfort de cris stridents et de plumes qui volent en tous sens.

- "Din, non..."

Erf, celui-ci n'écoute strictement rien ! Et le volatile visiblement en colère d'avoir été enfermé aussi longtemps ne semble pas particulièrement disposé à obéir à quoi que ce soit... D'ailleurs, il ne parait pas très heureux de l'arrivée de nouveaux compagnons de jeu, puisque le voilà déjà qui fait face aux visiteurs. En temps normal, Swenn aurait déjà plongé une main dans ce tas de plume pour le forcer à s'éloigner, mais après l'effort qu'il vient de fournir pour monter jusqu'ici, il a à peine assez d'énergie pour rester sur ses jambes sans l'aide du mur. Alors de là à obliger cette tête de mule de piaf à faire quoi que ce soit, il en est loin.

- "Heu, vas y, fait pas gaffe, rentre quand même."

Plus facile à dire qu'à faire quand on se retrouve face à un pseudo gardien clairement pas content d'avoir été oublié aussi longtemps, et qui doit en plus composer avec des intrus.

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Flavien Teleri
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Mer 17 Oct - 22:46
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Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Le Daënar eut l'air franchement étonné en l'entendant se présenter. Sans doute qu'il s'attendait à un prénom beaucoup plus typé, de ceux qu'on lisait couramment dans les textes parlant du peuple My'trän et qui récoltait presque immanquablement un soupire de la part du nomade. Il est vrai qu'à la différence des natifs de l'Est, il n'était pas rare pour les ressortissants de son peuple de caler une apostrophe dans leurs prénoms. Là encore, tout comme la manière de vénérer les Architectes, ce n'était pas une généralité.

La remarque du jeune homme -Swenn, donc- fit sourire en coin le soigneur. On ne pouvait pas dire qu'il était le digne héritier d'une lignée de grands mages, portant son prénom avec autant de fierté que s'il avait été un titre de noblesse. Ses parents avaient beau être d'excellents adeptes de Möchlog, ils n'étaient que de parfaits anonymes sur la scène politique My'tränne. Et vue leurs caractères respectifs, c'était peut-être mieux ainsi.

Flavien se rembrunit en songeant qu'il n'était plus qu'à quelques semaines de les revoir. Potentiellement, du moins. Il n'était toujours pas certain de faire un crochet par son village natal une fois remis sur pieds par les guérisseurs de Suhury. D'ailleurs, qui sait. Avec un peu de chance il pouvait compter sur son étonnant nouvel allié pour le rabibocher suffisamment pour qu'il n'ait pas du tout besoin de solliciter l'aide d'un Adepte de la grande Chouette.

Swenn le tira de ses pensées en l'interrogeant sur ses deux compagnons de route. Il semblait impressionné par la sagesse de Selmac qui trottinait aux pieds de son maître sans chercher à lui passer entre les jambes, jetant simplement de petits regards curieux vers leur nouveau compagnon de route tout en essayant de rationaliser le fait que non, maintenant n'était pas le moment idéal pour sauter sur l'épaule de ce nouvel ami et quémander des papouilles, parce que le nouvel ami en question était dans un plus mauvais état que Flavien, et Flavien avait failli s'étaler parterre lorsqu'il s'était trompé et avait sauté sur son épaule gauche hier soir. Quant à Hua, même si Tairakh était extrêmement méfiante, prête à sauter au visage de Swenn à tout moment, son maître supposait qu'elle avait l'air bien pénarde, collée tout contre lui et refusant de bouger d'un poil. Son air mauvais devait être naturel et voilà tout.

S'ils leur arrivaient d'être sages, ce n'était pas la norme pour ses familiers qui se tenaient simplement à carreaux le temps qu'ils soient certains que leur maître ne risque rien.

- Quand j'ai de la chance, oui. Répondit Flavien de manière bien énigmatique pour une si simple question.

Ce n'est pas qu'il ne voyait pas d'un bon œil l'intérêt soudain de Swenn pour ses familiers, mais plutôt qu'il se méfiait des idées reçues qui avaient l'air de trotter dans l'esprit du jeune homme. Il ne manquerait plus qu'il fasse parti de ceux qui prennent les nomades d'Orshin pour des sauvages, ou encore qu'il ait lu dans un ancien ouvrage un manifeste sur le lien malsain qui liait un mage à ses familiers, et Flavien allait au-devant de problèmes qu'il préférait franchement éviter pour le moment.

Lorsqu'ils émergèrent de la ruelle pour rejoindre une artère centrale de la ville, Selmac se fit instantanément plus distant, prenant quelques mètres d'avance sur le duo qui trainait mollement la patte. Les regards inquiets de quelques citoyens se faisant du souci pour ces pauvres hommes furent royalement ignorés par l'un et l'autre. Flavien avait pris l'effrayante habitude de marcher en évitant de regarder qui que ce soit dans les yeux sans pour autant fixer le sol, quand à Swenn... peut-être fusillait-il du regard les passants tout comme il l'avait fait pour Flavien à leur rencontre ?

Quoi qu'il en soit, les voici à présent devant un immeuble des plus quelconques, qui n'avait absolument pas l'air d'une clinique malgré les affirmations de Swenn qu'il disposait là-dedans de tout le nécessaire pour penser leurs blessures. Hum. Et encore une fois, huuum.

" Tu penses toujours pas que c'est un coup fourré ? "
" Il tient à peine debout, Hua. Et il ne joue pas la comédie, je l'aurais sentis sinon. "

Malgré son discours, Flavien n'en menait pas large. Il n'avait aucune raison de douter de la franchise du Daënar, mais il n'avait pas non plus de raison valable de lui accorder sa confiance. Sauf s'il se reposait sur le fait que malgré sa connaissance de ses origines My'trännes, il n'avait pas directement essayé de l'étrangler. Ce qui était une bien mince raison pour accorder sa confiance à quelqu'un, mais passons.

Le mage se retrouva encore plus dans la panade lorsqu'il suivit Swenn jusqu'à un escalier, qu'ils allaient vraisemblablement devoir emprunter.

" C'est bien fait. Pour te punir de ne pas m'avoir écouté. "

Flavien ignora la petite pique d'Hua, préférant mettre son énergie dans la concentration de sa magie. Lorsque votre jambe droite était faible et que votre bras gauche était en charpie, c'était assez délicat de gravir des marches, d'autant plus lorsque les marches en question étaient aussi mal éclairées que celles de cet immeuble. Etait-il seulement certain de vouloir accompagner le jeune homme jusqu'à destination ? Le My'trän n'avait qu'une parole, c'était vrai, mais ça Swenn ne le savait pas encore. Il pouvait toujours s'éclipser avant que sa jambe ne le lâche en milieu de parcours et qu'il se brise la nuque en dégringolant des escaliers. Quelle triste fin que de finir pris de cours par un élément de construction.

Swenn avait l'air aussi enchanté que lui à l'idée de gravir les marches qui se présentaient devant eux, motivant Flavien à emboiter le pas au Daënar. Après tout, il fallait bien qu'il s'assure que le jeune homme arrive à bon port, même si son histoire d'hôpital apparemment dissimulé dans ce bâtiment plutôt modeste lui donnait toute l'occasion de se méfier. C'est pourquoi, les dents serrées et avec un regard assassin jeté en direction des affaires laissées en vrac dans le hall par les locataires du premier, le My'trän interrogea son guide.

- Vous êtes... médecin ? Consultant, ou quelque-chose comme ça ?, Se risqua-t-il à deviner, Je n'ai pas vu de plaque à l'entrée.

Il était prêt à entendre ce que le Daënar avait à dire mais préférait qu'il n'essaye pas de l'entourlouper en s'inventant un métier qui n'était pas le sien. Entre deux pénibles levés de jambes, ils réussirent à échanger quelques mots, mais rien de bien constructif. Disons qu'ils étaient tous les deux trop occupés à observer les marches comme si elles leur en voulaient personnellement pour converser normalement. Selmac, lui, les attend déjà devant la bonne porte, ce depuis qu'il s'était élancé devant eux dans l'escalier. Etrange.

Le petit Aitah grattait la porte d'un appartement du deuxième, les oreilles dressées sur sa tête et complètement absorbé par ce qu'il distinguait en provenance de derrière ses quatre murs.

" Selmac, arrête ça ! "

Le félin ignora royalement l'injonction de son maître, se décalant à peine pour laisser Swenn insérer la clé et tourner la poignée. La porte s'ouvrit à la volée, faisant sursauter Selmac qui décampa sur l'épaule de Flavien -valide, cette fois-. Un Novsch furieux passa la tête dans l'embrasure de la porte et fit claquer son bec avec toute l'indignation qu'une créature si petite pouvait produire. Les piaillements de ceux de son espèce étaient tout sauf plaisant : autant dire que les vocalises de cette petite créature firent grincer des dents aux deux hommes.

Swenn fit face à la petite furie à plumes avec toute l'assurance d'un père de famille rentrant d'une dure journée de travail et découvrant que son rejeton de deux ans s'était enfilé tout le tiroir à bonbons en son absence. Autant dire que ses supplications ne furent même pas enregistrées par le Novsch qui, plutôt que d'apostropher son cher propriétaire qui se glissa dans l'appartement, reporta sa frustration sur les inconnus qui empiétaient sur son territoire. Le Daënar l'invitait à entrer, mais Flavien préférait éviter de se faire pincer les mollets.

- Din. Din, c'est bien ça ? Quel beau nom tu as. Mais pas aussi beau que ton plumage.

Flavien s'appuya contre le cadrant de la porte et se laissa glisser par terre pour faire face au drôle d'oiseau qui grattait le sol comme s'il s'apprêtait à les charger tel un jeu de quilles vivantes. Il avait déjà fait face à des Aimshgiin en colère protégeant leur petit, vous pensez bien qu'un Novsch, aussi furieux qu'il soit, n'était pas particulièrement effrayant à ses yeux. S'il ne parvenait pas à discerner toutes les paroles de l'oiseau, n'ayant pas la force d'établir un lien solide avec lui, il comprenait le comportement de la créature, inquiète à l'idée de ne pas retrouver son maître et paradoxalement furieux de le retrouver sans qu'il ait songé à le prévenir de son départ.

Quelle que soit la raison de sa colère, la voie vers le cœur d'un Novsch était la flatterie.

" Allons Din, écoute-moi s'il te plait. " Continua-t-il par la pensée.

Le nomade capta le regard du Novsch au moment où celui-ci s'apprêtait à pincer la main qu'il tendait dans sa direction, lui adressant quelques paroles douce tout en lui intimant de se calmer et de lui laisser une chance de parler. Flavien et sa petite ménagerie ne comptaient pas s'éterniser, mais ils pouvaient partager quelques baies avec Din pour le remercier de leur libérer le passage et de bien vouloir les accepter un temps. Selmac miaula doucement à ses côtés, ajoutant son grain de sel à la conversation pour prouver au Novsch qu'il n'était doté que des plus pures intentions. (C'était un gros mensonge de la part de l'Aitah qui attendait simplement que Din se calme suffisamment pour l'embêter jusqu'à ce qu'il veuille bien jouer avec lui, mais Flavien se garda de commenter là-dessus.)

Les promesses du soigneur suffirent à calmer la petite créature qui, sans vouloir lui manquer de respect, ne comptait pas parmi les plus futées. Din n'y pouvait rien, évidemment. Les Novsch étaient ainsi fait, connus et reconnus pour leur sale caractère et leur vanité sans égale. La créature gonfla d'ailleurs son plumage en passant près de Selmac, une vaine tentative de paraitre plus grand que l'Aitah qui reniflait avec intérêt le sol.

Flavien se releva tant bien que mal et esquissa un sourire en observant le Novsch redoubler d'effort pour attirer l'attention de Selmac. L'Aitah allait peut-être trouver un compagnon de jeu plus tôt que prévu.

- Drôle de choix, pour un familier. Commenta Flavien en essayant discrètement de passer sommairement sur son étrange échange avec l'oiseau.

Les Architectes seuls savaient ce que Swenn pensait des disciples d'Orshin. Quoiqu'il aurait peut-être pu trouver un meilleur sujet de conversation. Ces paroles provenant d'un homme qui portait un Tairakh -l'un des pires nuisibles qui soit- sur son épaule étaient plutôt risibles.


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Swenn Milazzo
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Lun 22 Oct - 17:24
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Médecin ? Ah, ça peut lui arriver de se présenter comme tel quand ça l'arrange mais... Officiellement il n'en est rien. Et dans ce cas précis il n'y a aucun intérêt à prétendre quoi que ce soit. Mais il doit bien un minimum d'explications à Flavien qui a finalement eu le cran de le suivre jusqu'ici. Évidemment qu'il se rend compte de l'effort que ça a dû lui demander. A moins qu'il ne soit totalement inconscient ? Non, en tant que My'Tran s'il l'était, vu l'endroit où il se trouve, il y a probablement bien longtemps qu'il n'aurait plus l'occasion de l'être...

- "Pas besoin d'être médecin ou d'avoir une stupide plaque pour être capable de soigner quelqu'un. Ou de se soigner soi-même."

Son état d'épuisement manifeste n'est clairement pas un argument qui le ferait se montrer un peu plus aimable... Heureusement que l'ami des bêtes est plutôt de bonne constitution. Parce qu'en plus d'avoir à composer avec l'antipathie de Swenn, le voilà qui se fait déjà prendre d'assaut par Din, franchement pas plus accueillant que son propriétaire. Et qui n'obéit pas à plus de monde... Oh oui, ces deux là ont bien plus de points communs que ce que n'admettra le jeune homme. Même si dans le cas du piaf, c'est probablement dû à une incapacité intellectuelle... Et malgré tout, Flavien trouve la patience de lui murmurer quelques belles paroles... Cela dit, c'est sûrement le meilleur moyen d'obtenir la paix.

Et comme il a l'air de parfaitement gérer, Swenn ne s'embête pas à essayer de raisonner le Novsch. Ce serait de toute façon voué à l'échec. Il préfère largement prendre de l'avance à aller ouvrir les fenêtres pour tenter d'évacuer cette forte odeur de renfermé encore plus puissante que celle avec laquelle il est habitué à composer. Et laisser un accès à la sortie au volatile, même si cela ne semble plus être dans ses priorités. Avant de se rendre compte du désordre qui règne. Ouah, l'état classique de la pièce principale parait parfaitement clean en comparaison. Des ouvrages éparpillés dans chaque coin, des feuilles déchirées, des tâches d'encre au sol, et la plupart des meubles renversés... Seul le coin "cuisine" qui a totalement été réaménagé en laboratoire de chimie semble avoir été épargné par la tornade Din. Il faut dire que la version oisillon du piaf a connu quelques mésaventures avec cette partie de l'appartement, dont il n'ose plus approcher depuis qu'il a fini en brasier vivant. Tant mieux. Parce qu'il n'y avait cette fois personne pour l'asperger d'eau.

- "Je l’ai pas vraiment choisi. Je l’ai récupéré un jour. Depuis, il reste avec moi. Une fois qu’on s’habitue à ses braillements, il devient supportable."

Comment aurait-il pu se débarrasser de la si petite bestiole que le volatile était à l’époque ? Même s’il le cache bien, Swenn accorde beaucoup trop d’importance à toute forme de vie, aussi stupide soit-elle, pour abandonner à une mort certaine le Novsch. Qui s’est parfaitement adapté au rythme de vie chaotique de son propriétaire. Ce qui ne l’empêche pas non plus de prouver disposer encore de ce sale caractère propre à son espèce. Mais Flavien s’en sort très bien. Et toute sa troupe paraît également se débrouiller avec ce nouveau compagnon.

Pour le bordel, il verra ça plus tard. Pas comme s'il était très maniaque comme garçon de toute façon. Il se contente seulement de faire de la place sur le canapé couvert de nombreuses plumes et livres entassés - datant d'avant son absence non anticipée. Puis rempli le bol d'eau - évidemment vide - dédié au volatile. Sous ses airs nonchalants, il se soucie tout de même des bestioles. Bon, il ne faut pas trop en demander non plus, toute la ménagerie n'aura qu'à se partager ce qui est mis à disposition. Et fini par remplir deux tasses d'eau qu'il rapporte jusqu'à la table désormais bancale, avant de s'affaler sur le canapé. Il n'a même pas mis de café à chauffer, signe très clair du peu de forces dont il dispose encore...

Ouais, rester posé quelques secondes ainsi, attendre que chaque membre de son corps arrête de lui envoyer des signaux de détresse, et que cette barre dans son crane qui ne fait qu’amplifier depuis son départ de l’hôpital lui permette de réfléchir un minimum. Et pourtant, les maux de crane il connait. Mais associé à tout le reste, celui-ci est particulièrement difficile à gérer. Un rapide coup d’œil en direction de la porte d'entrée qu'il a évidemment laissé grande ouverte - une autre de ses innombrables mauvaises habitudes - où Din parait déjà avoir oublié qu'il était affreusement en colère il y a quelques secondes. Mouais, il y a quand même quelques points de différenciation majeurs entre ces deux là...

- "Tous ceux de chez toi se soignent de la même façon ? Enfin, comme c'que t'as fais tout à l'heure avec tes mains ? Ou vous avez aussi un genre de médecine plus... Concrète ? Et plus puissante."

Son manque de bonnes manières ne devrait plus étonner Flavien non ? On ne peut pas dire qu'il soit le plus qualifié pour mettre les gens à l'aise, et mieux vaut être du genre sans gênes avec ce garçon. Mais c'est qu'il y a un moment qu'il retient ce flot continue de questions qui lui envahit l'esprit depuis qu'il sait que son sauveur appartient à ce peuple dont il ne connait que peu de choses. Non pas qu'il soit impossible de trouver maints ouvrages à leur sujet dans n'importe quelle bibliothèque de Daenastre, mais ce n'est pas franchement le genre de lecture qui passionne Swenn. Déjà parce qu'il est difficile de connaitre le niveau d'objectivité des auteurs, mais aussi parce qu'il n'arrive à s'intéresser à la magie que lorsqu'il y est concrètement confronté. Ce sujet reste très difficile à appréhender pour un esprit aussi rationnel que celui de ce chimiste, pour qui le monde repose sur une succession de chiffres et symboles mathématiques.

Et non, malgré sa posture plus avachie que réellement assise, il n'en oublie pas qu'il va lui falloir aller fouiller dans tous ces placards à la recherche de produits capables d'améliorer leur état respectif. Oui, le genre de composition contenant certains principes actifs clairement définis, dont il maîtrise parfaitement la structure et les effets sur le corps humain. Mais chaque chose en son temps. Qu'il réussisse à retrouver un rythme cardiaque classique pour commencer sera déjà pas mal. Saleté d'escaliers.


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Flavien Teleri
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Lun 12 Nov - 23:05
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
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Swenn était un drôle d'oiseau à n'en pas douter. Peut-être pas aussi terrible que son volatil compagnon Novsch, mais tout aussi intriguant par ses paroles qui ne semblaient avoir aucune mesure. Flavien supposait que son familier et lui se complémentaient plutôt bien. Rien qu'à entendre l'affection qui se drapait d'indifférence à l'évocation du Novosh, le soigneur pouvait se douter que la créature n'était pas tombée dans le pire foyer qui soit. Den aurait accueilli son maître avec autre chose qu'une flopée de cris de crécelle si ça avait été le cas.

Flavien observa un instant le Daënar s'affairer à rendre un minimum d'éclat à la pièce, détournant bien vite son regard de l'autre homme pour s'intéresser davantage à l'étrange appartement dans laquelle il avait mis les pieds. Pouvait-il seulement qualifier le lieu d'appartement ? Les ouvrages en pagailles et les nombreux matériaux semblant sortis tout droit d'une expérimentation hasardeuse d'un souffleur de verre ne donnaient pas franchement un air chaleureux à l'endroit.

Le regard du soigneur glissa sur son Aitah, occupé pour l'instant à prendre en chasse une plume dégagée sans cérémonie du canapé par Swenn. Ce dernier avait d'ailleurs pris place sur l'assise usée, fusillant du regard la porte d'entrée laissée ouverte. Ha. Effectivement, c'était un problème. Problème bien vite résolu par le nomade qui ferma doucement la porte sans la verrouiller avant de se retourner vers Swenn qui lorgnait à présent un verre d'eau sans grande motivation. Il y en avait d'ailleurs deux, posés devant lui, et Flavien comprit qu'il devait probablement s’agir du sien.
Remerciant Swenn d'un léger signe de tête, il attrapa le verre et s'assit à son tour au bord du canapé. Il regarda un instant le liquide translucide puis releva les yeux sur Swenn sans faire mine de boire. D'une part car il n'avait pas soif malgré sa gorge sèche, d'autre part car il n'avait pas encore réussi à cerner son hôte.

La question que lui posa le Daënar une fois installé, aussi directe que maladroite, le pris de court. Elle n'avait pas mauvais fond mais aurait pu hérisser le poil de ses camarades guérisseurs s'ils avaient eu le malheur de l'entendre. Les soins prodigués par les disciples de Möchlog étaient proches du miraculeux, aussi la supposition même qu'une médecine plus classique, dépendante des vertus des plantes éparpillées à travers Irydaë, puisse être plus puissante que le don de soin accordé par la grande Chouette... Il y avait de quoi faire grincer quelques dents.

Flavien pour sa part n'avait jamais été partisan du mépris. Il accueilli la question avec la même pincette que toutes les précédentes, se contentant de s'attacher au fond plutôt qu'à la forme. Si la curiosité de Swenn était mal avisée, elle restait une envie d'en connaitre plus sur les guérisseurs My'träns.

- Les membres de mon peuple ne sont pas tous guérisseurs. Il secoua la tête à l'air bougon de Swenn, J'ai compris que vous parliez des enfants de Möchlog, et pas des mages en général. Ma réponse reste la même. Ceux qui suivent les enseignements de Möchlog ne sont pas tous voués à utiliser leur magie de la même façon.

Flavien baissa les yeux pour inspecter ses doigts, appelant un peu de sa magie à se manifester au niveau de ses paumes. Sa magie émettait une lueur bleutée caractéristique non pas du don conféré par Möchlog, mais de sa propre essence vitale.

- Nous avons recours à la médecine concrète, comme vous la nommez. Poursuivit-il en fronçant légèrement les sourcils à l'idée que la magie soit autre chose que concrète, surtout lorsqu'on la voyait aussi clairement s'agiter sur ses paumes, Apothicaires, herboristes, médecins... Ils ne dépendent pas de la magie pour soigner les maux. Les habitants de My'trä ne sont pas tous des mages, ils ont pourtant aussi besoin de soins d'urgence.

Flavien leva les yeux sur Swenn. Sa dernière remarque l'intriguait plus que tout.

- Pour ce qui est de la puissance..., Enchaina-t-il, hésitant, J'ai suivi un enseignement partiel en tant que guérisseur. Je n'ai jamais terminé mon apprentissage, mais je me débrouille avec ce que j'ai appris jusqu'à présent. De vrais guérisseurs pourraient plus facilement répondre à vos questions.

Flavien haussa une épaule, désolé sans l'être réellement. La patience nécessaire pour l'apprentissage des Arts de Möchlog lui avait toujours fait défaut. Il pouvait néanmoins se montrer de bonne volonté si son hôte savait en faire de même.

- Si la question vous intéresse vraiment, je ferais en sorte de vous expliquer au mieux les capacités des guérisseurs de ma région. Conclu-t-il avant de changer son fusil d'épaule, Mais je suis curieux de voir comment vous allez guérir à domicile plus efficacement que dans un hôpital.

Swenn avait semblé dire que son appartement s'apparentait à une petite clinique privative. Difficile à croire quand on voyait l'état du séjour.


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Swenn Milazzo
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Lun 19 Nov - 16:23
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Daënar +1
Est-ce que tous les mages sont aussi calmes et posés que celui qu'il a sous les yeux ? Parce qu'il faut reconnaitre qu'il n'est pas bien embêtant ! Quoi que, après réflexion, il n'y aurait probablement pas de conflits aussi prononcé entre les deux nations si tel était le cas. Après avoir pris la peine de refermer la porter et venir se poser sur le canapé, Flavien a même la politesse de répondre à aux interrogations du chimiste lancées sans la moindre délicatesse. Pour le plus grand bonheur de Swenn évidemment ! Même si c'est assez difficile de s'en rendre compte tant son visage ne respire pas la joie...

Möchlog. Ce nom n'est pas totalement inconnu, mais il faut reconnaitre que le Daënar est loin d'avoir une parfaite connaissance de toutes ces divinités, de leurs pouvoirs associés et de la façon dont chacun de leurs partisans peuvent bien s'en servir au quotidien. D'autant plus si tous n'utilisent pas cette magie de la même façon... Au même titre qu'il sait qu'une forme de magie offensive existe, il sait également que ces pouvoirs de soin sortis de nul part sont présents parmi les mages. Et à mesure que son interlocuteur accepte de lui livrer quelques bribes d'éléments sur les pratiques de son peuple, les briques se superposent de façon plus compréhensible dans l'esprit du chimiste. Si certains My'Trans peuvent faire appel à un certain don pour redonner une partie de la vitalité à leurs semblables blessés, ils savent également se servir de ce que leur procure leur environnement pour agir sur la composition physique des individus, comme le ferait n'importe quel Daënar ? Intéressant.

Et comme n'importe quel métier de ce côté de l'océan, les mages ont également besoin de suivre un apprentissage pour maîtriser ces pouvoirs ? S'il s'en doutait, Swenn vient d'en avoir la confirmation. Finalement, peut-être qu'il peut réussir à trouver des points de similitude avec ce qu'il maîtrise. Donc le représentant de ce peuple qu'il a sous les yeux ne serait pas aussi puissant que ses semblables qui auraient suivi cette voie de Möchlog ? Pour ce qui concerne les soins. Pourtant, la démonstration qu'il a eut dans la rue restait impressionnante. Pour quelqu'un qui n'a pas la moindre substance sous la main. Ah, pour sûr que le dealer aimerait bien avoir un aperçu de ce que peuvent faire ceux qui ont poussé leur entrainement au plus loin. Mais il va lui falloir patienter pour ça. Puisque Flavien lui fait comprendre de façon bien plus subtile qu'il n'a pas l'intention que cet échange soit à sens unique. Puisqu'il a fait preuve d'autant de bonne volonté, le chimiste peut bien faire un effort de son côté.

- "Suffit d'avoir les bons produits. Les bons outils. Et quelques connaissances. Tout ce qu'il font à l'hosto c'est refiler des cachets, changer deux trois bandages, et te laisser pioncer."

C'est sûrement un peu réducteur ok. Mais tant qu'il n'y a pas besoin de remplacer un membre, Swenn reste persuadé pouvoir s'occuper parfaitement de lui-même. Même en ayant perdu une grande quantité de sang. Il a pu constater que les blessures par balle qu'il a au niveau de l'épaule et de la jambe ont été recousues, ce qui ne lui laisse plus que le rétablissement à gérer. Et probablement une partie de rééducation, certains muscles sur le passage ayant été endommagés.

S'aidant de son bras valide pour se relever, le chimiste se traine jusqu'à la partie laboratoire de la pièce. Plusieurs outils typiquement utilisés par les praticiens de cette science disposés sur ce qui devait initialement servir de plan de travail et de table, des flacons contenant des mixtures en cours de préparation sur les étagères, et une multitude produits divers allant de la matière première à la synthèse la plus complexe entassés dans les placards. Un beau foutoir où il est difficile de se repérer. Pourtant Swenn n'éprouve pas la moindre difficulté à mettre la main sur toute une flopée d'ingrédients diversifiés, comme si tout avait été organisé selon un ordre propre au cerveau de cet homme.

- "Je ne sais pas vraiment quelles sont les pratiques chez toi et comment vous fonctionnez, mais ici le plus efficace consiste à isoler certains principes actifs selon les besoins, puis les recombiner entre eux pour augmenter les effets des matières premières disponibles dans la nature. C'est ce qui permet de mettre au point tous ces médocs qu'ils refilent. Mais ici au moins, je sais exactement ce qu'il y a dedans."

Tout en tentant de mettre des mots sur ces gestes qu'il exerce au quotidien pour fournir un début d'explication à Flavien, le chimiste entame quelques manipulations de base. Verser certains liquides de constitutions variées qu'il sort de fioles ou éprouvettes reposant sur des planches de bois parfois instables, dans différentes ampoules à la forme étrange pour qui n'en a jamais vu. Puis allume un mécanisme à gaz sous une reconstitution artisanale d'alambic, y introduisant certaines herbes qu'il prend la peine de dissoudre en même temps.

- "J'ai toujours de quoi soigner des plaies de prêts. Désinfection, cicatrisation, anesthésie locale. En revanche pour ce qui est des produits plus forts, comme ceux qui améliorent les fonctions physiologiques, je préfère les faire selon les besoins."

Laissant ses mixtures à leur processus de décomposition, Swenn attrape une montre perdue derrières un amas de sachets contenant des poudres aux couleurs variées, avant de revenir se poser sur le canapé. Pour sûr qu'il aurait bien aimé avoir de quoi regagner en vitalité de disponible immédiatement, au lieu d'attendre que les propriétés de ses ingrédients prennent la constitution nécessaire à l'une de ses injections moralement peu acceptée par la société, mais dont son corps a pourtant bien besoin.

- "Tu me laisserais regarder ?"

Un signe de tête explicite en direction du bras en écharpe de son invité, une fois de plus le chimiste ne fait pas dans la grande finesse. Mais il faut reconnaitre que tenir une cette conversation nécessite déjà qu'il mobilise toutes les forces dont il dispose encore, alors il ne faut pas en plus lui demander de faire un effort à contrôler ses mauvaises habitudes.


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Flavien Teleri
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Hier à 16:07
Irys : 793243
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Flavien fronça les sourcils en essayant de donner un sens aux explications de Swenn. Le jeune homme s'était lancé dans une explication sommaire de son Art, explication à laquelle Flavien ne comprenait pas grand-chose malgré les termes pourtant très généraux employés par le chimiste. Car telle était la nature de son œuvre : mélanger et combiner des fragments de matériaux, des extraits de plantes et des parcelles de souches pour créer de toutes pièces un élément que les Architectes n'avaient imaginés.

- Je réduits mes ingrédients en bouillie ou en poudre pour réaliser des cataplasmes. Informa vaguement Flavien qui regardait Swenn commencer à s'affairer, La combinaison de plusieurs ingrédients rend les pommades plus efficaces, mais ça ne doit pas être de ça que vous parlez.

Cette discipline étrange, Flavien en avait entendu vaguement parler. La chimie, ou l'art de créer ce qui n'existait pas déjà en dénaturant les ressources proposées dans la nature, car le génie Humain n'avait de cesse de prétendre à dépasser les limites mêmes de leur création. Elle était un Art inconnue au soigneur qui en comprenait les vagues principes sans pour autant réussir à l'appréhender. Exploiter des ressources au niveau moléculaire n'avait peut-être rien de sorcier pour Swenn, mais ce n'était pas le cas pour Flavien.

Silencieusement, le soigneur observa les manipulations de Swenn avec un intérêt certain. Les technologies Daënares le laissaient en général trop nauséeux pour qu'il puisse les observer de plus près : comme tous les My'träns, Flavien était sensible à ses dernières, peut-être même un peu plus que la moyenne de ses semblables. Sa présence prolongée dans les cités Daënares lui avait permis de se contrôler un peu mieux, mais pas encore au point de s'approcher d'usines manufacturées sans automatiquement faire demi-tour.

En apprendre plus sur la technologie n'avait jamais fait partie des raisons qui l'avaient conduit en terre Daënare, mais le soigneur était d'un naturel curieux. Il accueillait chaque nouvelle découverte avec intérêt, bien qu'il soit mêlé de scepticisme au regard du matériel employé par Swenn. Avec sa collection de fioles diverses et variées, sa panoplie tenait plus du verrier que du guérisseur.

Gardant sa réflexion pour lui, Flavien hocha la tête en écoutant les explications du Daënar. Ses médicaments les plus efficaces étaient préparés, sans mauvais jeu de mot, au compte-goutte. Le jeune homme traficota l'une des ampoules pour ce qui semblait être la dixième fois, puis attrapa une montre pour surveiller la progression de son ouvrage qui décantait avec une lenteur presque agonisante. On était bien loin des préparations rapides des guérisseurs de campagne qui préparaient certains de leurs cataplasmes en deux temps, trois mouvements, parfois à grand renforts de feuilles mâchées à la va-vite.

Swenn se rassit à côté de lui et désigna le bras en écharpe du soigneur, l'invitant à lui laisser y jeter un coup d'œil. La demande était certes un peu sèche, mais elle avait l'avantage d'être une demande, à la différence des fois où l'équipe de soignants de l'hôpital avaient vérifiés l'évolution de sa guérison en levant simplement les yeux au ciel lorsque le My'trän faisait de la résistance. La balle était clairement dans son camp, et l'air désintéressé de Swenn était presque pour rassurer Flavien qui était plus que libre de refuser. Il haussa les épaules en guise de réponse.

- Ce n'est pas grand-chose. Marmonna Flavien en dégrafant son manteau pour le laisser glisser précautionneusement le long de son bras avant de l'enlever, Je n'aurais pas dû forcer dessus aussi vite, c'est tout.

D'une main, il dénoua l'écharpe qui maintenait son bras plus ou moins immobile. Il était clair que le travail avait été réalisé par le soigneur lui-même, le linge de fortune disposé avec efficacité mais n'étant de loin pas assez serré pour assurer un maintien optimal. Une fois libéré de l'écharpe, il remonta la manche de sa chemise ample, dévoilant l'étendue des dégâts.

Une brisure au niveau de son radius avait formé une ecchymose alarmante par sa rougeur et son ampleur. Cette dernière tirait d'ailleurs sans ménagement sur deux cicatrices à la précision chirurgicale, qui recouvraient elles-mêmes une cicatrice beaucoup moins nette, à l'origine de la fracture de base. La brillante tentative d'un interne en chirurgie de souder un morceau de métal imbibé de technologie pour aider le soigneur à guérir avait forcé le corps médical à rattraper les meubles aussi vite que possible, fragilisant davantage au passage l'os déjà bien traumatisé.

A l'observer de plus près, l'une des cicatrices était anormalement boursoufflée, mais il était impossible de savoir si l'origine provenait de l'ecchymose qui la tiraillait ou d'une septicémie.

- La brisure est nette, mais l'os met plus de temps que prévu à se ressouder... Je suis tombé sur ce bras il y a dix jours, ça ne m'a pas aidé. Expliqua Flavien en désignant la fracture. Vous pouvez y jeter un coup d'œil... Mais je ne suis pas sûr que le manipuler soit une bonne idée dans votre état.

Le soigneur faisait référence à l'état de fatigue du chimiste. Si Swenn était pris d'une faiblesse tout en inspectant son bras, Flavien allait au-devant de bien d'ennuis. D'autant plus que la blessure était telle qu'il aurait sans doute été nécessaire d'immobiliser entièrement son bras plutôt que de le porter simplement en écharpe. Heureusement pour le soigneur, la bénédiction de Möchlog lui permettait de supporter ce type de blessure avec bien moins de peine que ses semblables n'ayant pas reçu les enseignements de la Chouette. Il en souffrant, clairement, mais pouvait se permettre d'ignorer l'étendue des dégâts tant qu'il laissait son bras relativement au repos.

En revanche, la guérison était longue à opérer. Bien trop longue pour une blessure de ce genre. Le My'trän essayait de ne pas s'en inquiéter : Möchlog ne l'avait pas abandonné, ou il ne supporterait pas cette fracture avec autant de flegme. Pourtant, il semblait guérir au ralentit, comme si l'os refusait de se souder complètement. Rester en terres Daënares aussi longtemps lui aurait-il apporté le courroux de la grande Chouette ? Non, c'était impossible. Les technologies environnantes affaiblissaient certainement sa guérison. Une fois rentrée en My'trä, au contact de ses frères et sœurs guérisseurs, il pourra enfin recouvrer la santé.

Lentement, Flavien déplia le bras pour le tendre légèrement vers Swenn. En un instant, Hua se désintéressa du jeu du chat et de la souris opposant Selmac à Din et la petite carnivore grimpa avec agilité sur le bras valide de son maître. Un grognement sourd s'échappa de sa gueule et elle retroussa les babines, dévoilant une petite rangée de dents tranchantes. L'avertissement était clair : Attention à toi.

- Hua... Sois sage. Le ton du My'trän était las, mais indéniablement ferme.

La Tairakh se tassa sur l'épaule de son maître, le poil hérissé et les oreilles couchées en arrières. Elle n'allait pas sauter au visage de Swenn comme elle l'aurait souhaité, mais comptait bien surveiller ses moindres faits et gestes.


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