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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Rétablissement non conventionnel [PV Flavien]

Swenn Milazzo
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Sam 7 Juil - 15:28
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Un plafond blanc. Des murs blancs. Des draps blancs. Et une odeur reconnaissable entre toute. Au moment où il ouvre les yeux, Swenn n'a pas le moindre doute de l'endroit dans lequel il se trouve. Il le connait bien pour y travailler régulièrement. Le problème, c'est que cette fois, il n'est pas là pour aider à remettre sur pieds ces crétins amochés par la vie. Puisqu'il est dans le rôle humiliant du patient. Ce n'est pas son premier réveil depuis cette nuit destructrice. Celle où il a fini tel un pantin désarticulé entre les mains déchainées du géant qu'il avait réussi à énerver suffisamment. Depuis combien de temps est-il ici ? Beaucoup trop. Et à chaque fois qu'il reprend connaissance c'est la même chose. Il peste de façon incompréhensible, les mots ne réussissant pas à franchir ses lèvres. Et il est bien sûr incapable de faire le moindre mouvement. Jusqu'à ce qu'une infirmière passe par sa chambre lui administrer une nouvelle dose d'antidouleurs qui le fait sombrer dans les profondeurs de l'inconscience.

Mais cette fois, on dirait que c'est la bonne. Les sensations reviennent dans ses membres. Capable de remuer les doigts, les bras, et même les jambes ! Parfait. Bon d'accord, il va falloir accepter que l'intégralité du corps médical qui travaille dans un hôpital n'est pas uniquement composé de triples idiots incapables de faire fonctionner ce qui leur sert de cervelle. Quoi qu'il en soit, il est resté bien assez longtemps allongé dans ce satané lit ! Il est grand temps de partir d'ici. Sérieux, comment font les patients pour respecter les ordres des médecins et rester sagement sur place tout le temps nécessaire au rétablissement ?! Ah oui, les médicaments... D'ailleurs, une infirmière ne tarde pas à pousser la porte, visiblement ravie de son amélioration. Swenn en revanche a toujours l'air aussi superbement blasé. Ce qui ne l'empêche pas d'argumenter être désormais capable de prendre tous ces cachets seul.

- "Même dans cet état t'es toujours aussi borné... Bon, tu connais la posologie. Je repasse demain pour faire un bilan."

Bien sûr qu'il sait comment prendre ces médocs ! N'importe quel simple d'esprit en serait bien capable. Mais il connait également les effets provoqués. Et il se trouve qu'ils entrent en contradiction avec ses plans sur le court terme. Ces conneries ne vont donc pas quitter la petite table sur laquelle ils ont été déposés.

Patientant encore un peu jusqu'à ce que la faible lumière provenant de l'extérieur lui indique que la nuit est bien tombée, le jeune homme fait sa première tentative. Celle pour retrouver une position bipède. Échec. Ok, on va y aller par étapes. Déjà réussir à s'assoir. Pas évident, mais avec l'aide de ses bras.... Non, de son bras. Celui qui n'a pas eu à essuyer la première attaque du géant à qui il doit ce séjour désagréable auprès des infirmières - ouais bah il peut les voir quand il veut et sans cet espèce de vêtement ridicule si tant est qu'on puisse appeler ce bout de tissu ainsi ! - il réussi donc à sortir son buste du matelas. Quel effort.... Une pause nécessaire à faire partir ces étoiles qui s'amusent à danser devant ses yeux, Swenn fini par pivoter, laissant ses jambes tomber dans le vide. Les dents serrées et une grimace de douleur, il lui faut un nouveau temps d'arrêt. Eh bah, à ce rythme là il sera encore dans ce foutu lit quand le matin se lèvera !

Mais l'idée de devoir attendre vingt quatre heures supplémentaires pour partir d'ici lui redonne un minimum de forces pour réussir à tenir en équilibre sur ses deux jambes ! Pas du premier coup ok, mais c'est le résultat qui compte. Sauf que l'autre sauvage devait avoir un sacré sens de la symétrie. Ou artistique allez savoir. Quoi qu'il en soit, son épaule n'est pas la seule à avoir fait la rencontre brutale avec un de ces projectiles sortant d'une arme qui semblait taillée pour la démesure du colosse. Sa jambe en a aussi fait les frais.

Une bonne heure encore s'écoule avant que Swenn ne réussisse enfin à disparaitre par l'une des portes d'accès du personnel, lui évitant de passer par la zone d’accueil ou les risques de croiser du monde sont trop importants. Il lui aura fallu réussir à troquer tant bien que mal ce stupide linge blanc de malade contre les fringues encore maculées de sang qu'il portait quand il est arrivé dans cette chambre. Même à moitié crevé il garde un minimum de dignité ! S'immiscer dans l'une des réserves jusqu'à trouver un semblant de canne pour compenser sa jambe pas franchement utile. Pour finalement emprunter des couloirs déserts à cette heure. Heureusement qu'il connait bien les lieux. Il aurait été capable des faire trois fois le tour du bâtiment pour trouver une sortie...

L'air est encore chaud en cette saison malgré la nuit déjà bien avancée. A moins que ce ne soit la fièvre ? Question inutile. Pas besoin de s'embrouiller l'esprit avec de telles futilités. Rester focus sur son objectif est déjà bien assez compliqué dans son état. Atteindre l'appartement qu'il loue. Parce qu'il y a là bas tout ce qui est nécessaire pour redonner un minimum d'énergie à son corps et son esprit. Mais aussi parce que Din, le Novsh qu'il a récupéré par un fâcheux coup du sort, s'y trouve enfermé depuis cette horrible soirée... Pas sûr que le piaf vive bien cet enfermement ! L'appartement non plus d'ailleurs...

Un pas après l'autre, frôlant les records de lenteur, Swenn se traine dans les rues de Cerka. Ne se souciant pas des regards étonnés qui se tournent dans sa direction. Si cette partie de la ville n'est pas la plus animée une fois le soleil tombé, elle n'est pour autant pas complètement morte, le centre ville accueillant les fêtards habitués comme ceux de passage n'étant pas bien loin. Mais il n'a pas le luxe de choisir un itinéraire moins emprunté et plus long. A l'aide de ses paroles acides et de ses airs de voyous qu'il sait si bien prendre lorsqu'il se trouve dans cet état d'énervement, le chimiste repousse sans difficulté toute âme charitable à qui la mauvaise idée de lui venir en aide traverserait l'esprit. Et puis quoi encore ? Il ne s'est pas barré de l'hosto pour laisser le premier couillon venu s’apitoyer sur son sort. Qu'ils aillent tous se faire foutre.

Mais si sa mauvaise humeur décuplée lui permet d'éloigner qui que ce soit de son chemin, elle ne fait pas pour autant défiler les mètres plus rapidement sous ses pieds. Il n'est pas encore à la moitié de son trajet qu'il se trouve obligé de faire un arrêt, les différents signaux envoyés par son corps étant très clairs. S'il fait un pas de plus il va se retrouver à perdre conscience pour s'écrouler lamentablement au sol. Hors de question. Lâchant sa canne qui rencontre les pavés sans la plus petite once de délicatesse, Swenn réussit à s'aider du mur le plus proche pour seulement se laisser glisser à terre dans un soupire de douleur. Hum, il n'a pas dû être particulièrement naturel dans sa façon de "s'assoir" puisque voilà déjà une femme visiblement paniquée qu'il n'avait pas vu - ce n'est pas franchement comme si ses yeux portaient au delà du bout de ses pieds - qui vient dans sa direction.

- "Olala, vous allez bien ?! Ne bougez pas, je vais appeler de l'aide !"


Celle là a vraiment de la chance qu'il soit si faible, parce que tout un éloge à sa stupidité traverse déjà l'esprit du chimiste. Pas besoin d'être bien malin pour remarquer qu'il est dans un sale état ! Ni qu'il n'est pas en mesure de fuir bien loin. Et si en plus de ça elle n'arrive pas à comprendre à travers son regard assassin qu'il n'a pas envie de s'encombrer de la présence d'un de ses congénères au cerveau ramolli, alors elle doit avoir de sacrés problèmes de vue. Par chance, elle n'aura droit qu'à un bref résumé.

- "T'avises pas de ramener qui que ce soit ici... J'ai besoin d'aucun connard pour s'occuper de moi."

Le débit de ses paroles bien plus lent que ce qu'il ne voudrait, cet exercice toujours aussi difficile, Swenn n'a même pas la force de poser son regard sur l'idiote dont il ne voit que les pieds. Heureusement que le ton repoussant de sa voix est parfaitement maîtrisé. Plus aucune perception de son environnement direct, le jeune homme n'a finalement d'autre choix que de fermer les yeux quelques instants, le visage reposant dans la pomme de sa main, le reste du corps affalé contre le mur salvateur. Il suffit d'attendre quelques minutes que cette foutue faiblesse se barre, et il pourra reprendre sa route. En espérant que miss magnanime soit repartie et l'ait déjà oublié.


"Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme"




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Flavien Teleri
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Mer 8 Aoû - 14:43
Irys : 617921
Profession : Soigneur itinérant
My'trän +2 ~ Chimères
Les rues de Cerka étaient aussi animées que dans ses souvenirs, voire plus encore. Le soleil qui réchauffait la peau et les cœurs incitait les gens à sortir de chez eux pour profiter de la chaleur estivale, donnant par la même occasion le sourire aux commerçant de cette cité en bord de mer. Les affaires allaient bon train pour ces derniers qui voyaient leur chiffre d'affaire grimper en parfaite harmonie avec les températures.

S'il n'appréciait que très peu l'animation des grandes villes, Flavien n'avait malheureusement pas d'autre choix que celui de supporter la compagnie d'autant de personnes le temps d'embarquer sur le prochain navire en direction de My'trä. Un nœud se nouait déjà dans son ventre à la simple pensée qu'il allait devoir remettre les pieds sur l'un de ces engins de malheur mais il l'ignora du mieux qu'il put. Dans son état il n'avait d'autre choix que celui de voguer sur les mers s'il voulait rejoindre My'trä. Il avait beau tenir debout, il ne tiendrait pas cinq minutes à cheval sur Khi'del sans chuter. On pouvait difficilement voyager à dos de Dalavoï avec un seul bras valide.

Accoudé à la terrasse d'un café, le soigneur profitait de la fraicheur salvatrice du début de soirée pour faire l'inventaire de ses possessions. Le voyage qui l'attendait n'allait pas être de tout repos, en plus d'être douloureusement long, aussi faudrait-il mieux pour lui qu'il ne manque de rien et s'en rende compte à mi-parcours. La tâche, pourtant bien simple au vue de ses maigres possessions, s'avérait bien plus complexe qu'elle l'était d'habitude. Le soigneur peinait à attraper certaines de ses possessions enfouies dans les recoins de sa besace, mais fini par établir une petite liste mentale des divers achats qu'il devrait effectuer avant de quitter le sol Daënar.

Sa liste de course était assez maigre, et justement ainsi. Il doutait fortement être en mesure de porter plus que le strict nécessaire sur lui, même avec la bénédiction de Möchlog qui rendait ses déplacements bien moins douloureux qu'ils devraient l'être. Tout ce dont il avait besoin, c'était de quelques provisions pour lui et pour les deux familiers qui l'accompagnaient comme son ombre. Hua et Selmac ne mangeaient pas beaucoup vu leur petite taille, et Khi'del pouvait prendre soin de lui en chassant les malheureux oiseaux qui croiseraient sa route. Le véritable problème était les fournitures dont il avait besoin. Des vivres, pour commencer, ainsi qu'une trousse de premiers secours et du matériel médical dont il commençait franchement à manquer. Jusqu'à présent il avait été chanceux avec les espèces venimeuses, s'en tirant... peut-être pas bien, mais en vie, mais cela ne durerait pas toujours. Au rythme où il allait, il songeait sérieusement à acheter quelques antipoison pour couvrir ses arrières. Cela ne lui ferait d'ailleurs pas de mal de continuer à en apprendre plus sur les dangers de la faune et de la flore locale durant son voyage... Si tant est qu'il réussisse à ouvrir un livre en cours de route sans ressentir l'envie de le jeter par-dessus bord, et lui avec.

Maugréant dans sa barbe en constatant que le pactole empoché en venant en aide aux habitants de Prorig était scellé dans une bourse solidement ficelée, Flavien perdit bien dix minutes à dénouer la lanière de cuir. Dieux tout puissants qu'il pouvait détester les nœuds en ce moment précis. Evidemment, toute cette scène se déroula sous le regard anxieux du jeune serveur qui s'occupait de sa table et était déjà repassé devant à plusieurs reprises dans l'espoir que cet homme clairement dans le besoin sollicite son aide. S'il souhaitait lui porter secours, il n'approcherait pas le soigneur à moins d'y être invité. Flavien était le genre d'homme à l'air naturellement froid : autant dire que lorsqu'il était contrarié par quelque-chose, même une simple lanière récalcitrante, il ne donnait pas vraiment envie de l'approcher. Son bras tenu dans une écharpe de fortune et les cicatrices encore fraîches, recouvertes de croûtes, qui complétaient le tableau n'étaient pas vraiment pour arranger son image.

Au bout d'une longue bataille, le soigneur parvint enfin à libérer ses Irys durement gagnés de leur prison et fit signe au serveur qu'il était prêt à payer l'addition. Le jeune homme obtempéra et il ne fallut pas longtemps à Flavien pour se remettre en route. Il avait abandonné l'idée de renouer la bourse qui protégeait son pactole, se contentant de la placer dans l'une des larges poches de son manteau, dérangeant au passage Hua qui y dormait. La petite carnivore maugréa dans son sommeil mais s'enroula naturellement autours du bien qui lui était confié.

Flavien n'avait pas peur qu'un pickpocket se risque à lui voler ses Irys : ce dernier finirait avec une morsure de Tairakh avant d'avoir pu refermer ses doigts sur ses économies.

L'heure était aux achats, ainsi le soigneur se mit en route vers les quartiers commerçants de Cerka, Selmac sur les talons. L'Aitah se faufilait sans trop de difficulté entre les passants encore nombreux malgré l'heure. Les grandes cités Daënares dormaient rarement : on y trouvait toujours quelques commerces ouverts en soirée.

Flavien connaissait assez bien cette partie de la ville depuis son dernier séjour à Cerka. D'ailleurs, il avait tout d'abord songé à faire un détour par la clinique vétérinaire Kali'ns plutôt que de chercher à embarquer au plus vite, avant de revenir sur sa décision. Que pourraient-ils bien tirer de lui dans son état ? La douleur qui tiraillait ses membres et embrumait son esprit aurait vite fait de rendre nerveuses les créatures à sa charge. Avant de songer à reprendre sa profession, il fallait d'abord qu'il soit complètement opérationnel.

De plus, s'il avait voulu être honnête avec lui-même jusqu'au bout, Flavien n'avait pas la moindre idée de comment il devrait réagir s'il venait à croiser la route de Ruby une fois encore. La jeune fille avait travaillée en binôme avec lui pendant quelques semaines et bien qu'il l'apprécie énormément, il redoutait leurs retrouvailles. Il n'y avait après tout pas de bonne manière de l'informer que l'une de ses proches s'en était prise à lui pendant son voyage. Autant éviter de provoquer le destin et laisser la jeune fille tranquille.

Les boutiques de Cerka avaient beau être nombreuses, elles étaient parfaitement organisées. Flavien ne tarda pas à trouver son bonheur en entrant chez un apothicaire qui affichait fièrement être de garde aujourd'hui. L'argent n'étant plus un problème depuis sa mission suicide, le soigneur n'eut aucun mal à trouver son bonheur. Riche d'une trousse de secours, d'un livre sur les animaux venimeux et plantes vénéneuses de Daënastre et d'ailleurs, ainsi que d'un petit lot de quatre fioles d'antipoison, Flavien quitta la boutique avec ses achats soigneusement rangés dans sa besace. L'apothicaire lui lança un regard étonné lorsqu'il déclina son offre promotionnelle sur les onguents antalgiques (deux achetés, le troisième offert !).

Flavien n'eut pas le cœur de lui dire que ce n'était pas à cause d'une entorse qu'il avait le bras en écharpe et qu'un onguent antidouleur ne l'aiderait en rien à ressouder un os, encore moins lorsque ce dernier était dans un tel état. Ses propres concoctions suffisaient à apaiser la douleur : pour ce qui était de la guérison, il s'en remettrait aux guérisseurs de sa terre natale. Hors de question qu'il se balade avec un morceau de métal cloué à l'os, comme les médecins de Prorig lui avaient conseillé.

Saluant le commerçant d'un geste de la main, tique d'expression qu'il se surprenait à copier plutôt que son discret salut habituel de la tête, Flavien quitta la boutique. Avec lenteur, il navigua les rues de Cerka en évitant au maximum de croiser le regard des miliciens qui étaient de sortie. Son dernier passage dans la région avait fait des émules et bien qu'il commence à dater, le soigneur ne préférait pas se risquer à être reconnu.

Flavien serra les dents lorsqu'un homme le bouscula et ferma les yeux un instant pour se ressaisir. Il colla son bras gauche contre son corps dans l'effort futile de le protéger de toute autre attaque, ouvrant les yeux pour croiser le regard de l'homme qui l'avait poussé. Il avait certainement grogné de douleur sous le coup de leur collision, forçant l'autre homme à stopper sa course.

- Pardon !, S'excusa rapidement l'inconnu avant de froncer les sourcils, Vous allez bien, monsieur ?

Flavien grimaça intérieurement. Il n'ignorait pas de quoi il avait l'air. La sueur devait perler sur son front et ses cheveux d'habitude soigneusement nattés étaient attachés en une queue de cheval désordonnée (s'attacher les cheveux à une main ne lui réussissait pas) qui lui donnait un air plutôt misérable. Ajouter à ce triste tableau le fin tissus qui constituait son écharpe de fortune et les blessures qui marquaient sa peau, dépassant des manches un peu trop courtes de son manteau de facture Daënare, et se dressait devant vous non pas un fier My'trän, mais un citoyen lambda dans une mauvaise passe.

Flavien secoua la tête, insistant que ce n'était rien, et s'éclipsa rapidement. Il n'alla pas bien loin, malheureusement, car un attroupement s'était formé autour d’une femme à l'air perdu qui baragouinait quelque-chose à propos d'un jeune homme souffrant qui avait grandement besoin d'aide et, ô miséricorde, n'y avait-il aucun médecin dans l'assistance ?

Le soigneur décida d'éviter la petite bande de curieux qui, plutôt que de porter assistance à cette citoyenne dans le besoin la pressait de questions, et s'engagea dans une ruelle. Il ne savait pas s'il parviendrait à rejoindre le port en passant par-là, mais un délai supplémentaire était préférable à la possibilité d'être à nouveau bousculé. La bénédiction de Möchlog lui accordait une récupération plus rapide que la norme, mais elle ne faisait pas de lui un surhomme. S'il voyait déjà des étoiles maintenant, il était plus judicieux d'éviter toute autre collision.

Le miaulement inquiet de Selmac le rappela à la réalité et le soigneur chercha du regard son compagnon qui avait filé entre ses jambes pour s'arrêter quelques mètres plus loin, au coin de la ruelle. La queue de l'Aitah frappait l'air et il miaulait pitoyablement, forçant son maître à changer de trajectoire pour inspecter la découverte de son familier. Pressant le pas, Flavien rejoignit Selmac et marqua une pause le temps de comprendre ce qu'il voyait. Evidemment, Selmac s'était arrêté à la canne abandonnée sur le sol, mais avait omis de s'intéresser au jeune homme à qui elle devait certainement appartenir, qui était affalé contre le mur. Assis par terre, ses yeux étaient fermés et sa respiration courte. Au moins, il était en vie. Flavien avait eut quelques doutes en avisant son teint pâle à outrance, malgré la nuit qui tombait.

" Ah... ça doit être de lui dont elle parlait. ", Pensa-t-il distraitement, " Möchlog seul sait depuis combien de temps il est là. "
" C'est vrai qu'il a pas l'air bien frais. ", Roucoula Hua que la précédente collision et la nuit avait réveillée, " Qu'est-ce que tu comptes faire ? "
" Ce que je peux. "
" Dans ton état ? T'es pas sérieux ? ", S'offusqua la petite carnivore, " Tu veux lui tenir compagnie sur les pavés ? "
" C'est peut-être juste une faiblesse passagère. C'est pas ça qui va m'épuiser. "
" Mouais, ça va peut-être pas te tuer, mais en attendant ça t'aidera pas à aller mieux non plus. "

La mauvaise humeur d'Hua fit sourire le soigneur qui chassa les doutes de son familier de son esprit, et s'agenouilla comme il put en face du jeune homme. Si elle les admirait et les encourageaient d'habitude, sa Tairakh avait pour le moment une sainte horreur de ses poussées philanthropiques. Flavien savait qu'elle était bien plus protectrice depuis sa dernière mission, sans doute avec raison, mais cela ne devait pas l'empêcher d'écouter son instinct. Si ce jeune homme s'était trouvé près d'une voie principale, il aurait laissé quelqu'un d'autre s'en charger. Là, il n'avait pas vraiment d'autre choix que de s'intéresser à lui. Le temps que la femme qu'il avait croisée plus tôt trouve un guérisseur (ou plutôt un médecin) compétent, son malaise pouvait s'aggraver.

Le soigneur s'agenouilla difficilement près du jeune homme aux airs de voyou, serrant les dents lorsque son genou gauche tapa contre les pavés. Le problème résidait surtout dans la faiblesse de sa jambe droite, qui avait incroyablement bien récupérée depuis l'affrontement avec le Khelget mais avait besoin d'encore un peu de temps avant d'être au maximum de ses capacités. Peu importe, il était tombé sur moins bien lotis que lui. Les signes extérieurs de malaise n'étaient pas franchement visibles dans cette pénombre, mais l'inconnu était toujours conscient à en juger par le mouvement qui accompagna son avancée.

Le regard de Flavien croisa celui, énervé, du jeune homme. Il pouvait déjà éliminer la beuverie comme raison de son état : l'air entre eux n'empestait pas du parfum caractéristique de l'alcool. Le soigneur nota à peine la mauvaise humeur de l'autre, habitué à être toisé par des bestioles bien plus impressionnantes que cet homme. Il attrapa la canne abandonnée aux pieds de l'inconnu et lui tendit le pommeau, débutant son questionnaire sans songer à se présenter avant. Si le jeune homme était réellement au bord du malaise, cela ne lui servirait à rien de connaitre son prénom.

- Vous êtes avec moi ? Questionna-t-il en piochant au fin fond de ses souvenirs des quelques enseignements de guérisseur auxquels il avait assisté.

Le jeune homme grommela quelque-chose qu'il ne prit pas la peine d'analyser. Au moins, il répondait, ou essayait de le faire.

- Poitrine douloureuse ? Bras engourdi ?, Se hasarda-t-il à demander. Le danger était plus grand qu'un étourdissement, Vous pouvez m'indiquer où vous avez mal ?

En temps normal, il se serait contenté d'utiliser son don et d'apposer sa main sur le front du jeune homme pour sonder son état. La magie étant vue comme une arme par de nombreux Daënars, il préférait éviter un quelconque mouvement de panique de la part de son patient de fortune. Il devrait se contenter d'attendre une réponse de sa part avant d'aviser. Avec un peu de chance, il s'agissait d'un simple étourdissement dû à la fatigue et il n'aurait pas à risquer sa peau.

Quoique, à en juger par l'état de l'autre homme, même avec sa jambe récalcitrante, il gagnerait facilement à la course.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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Swenn Milazzo
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Hier à 22:20
Irys : 570405
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Pourquoi ces saletés d'étoiles ne veulent-elles pas lui foutre la paix ? Et on ne parle évidemment pas de celles qui habillent le ciel. Il est pourtant assis - avachit serait sûrement un terme plus exact - ne demande aucun effort physique à son corps, et garde même les yeux fermés dans une tentative visiblement vaine pour retrouver un semblant d'énergie. Et comme si ce n'était pas suffisant, il faut en plus que des nausées viennent se mêler de la partie. Alors qu'il n'a rien avalé depuis... Depuis le denier soir dont il ait des souvenirs. Ah, sans doute l'une des multiples sources de son état actuel. Mais même s'il avait quoi que ce soit pour y remédier sur lui, son estomac ne parait pas prêt à se montrer coopératif sur ce coup. Swenn n'a donc pas beaucoup d'autres solutions que la patience. Attendre. Jusqu'à ce que son corps arrête de faire des siennes et accepte de reprendre du service.

Ou jusqu'à ce qu'une voix étrangement proche et lointaine à la fois retentisse. Paraissant s'adresser à lui. Merde. Il ne doit pourtant pas donner très envie à quiconque de s'approcher dans son état. Mais par acquis de conscience, il fait un effort pour ouvrir les yeux et relever la tête. Pour apercevoir en effet une silhouette tout proche de lui. Difficile à distinguer dans un premier temps. La faible lumière qui passe dans la ruelle où ils se trouvent réussissant à l'éblouir, déclenchant au passage un mal de crane supplémentaire. Et le bourdonnement qui redouble d'intensité dans ses oreilles n'est pas pour l'aider à se concentrer davantage sur ce type et les mots qu'il prononce.

Avec un temps de décalage qu'il est incapable de mesurer, le chimiste finit par allonger le bras, récupérant la canne qui lui est tendue, sans le moindre remerciement, avant de reporter toute son attention sur l'homme qui lui fait face. Se focaliser sur un point précis lui permet au moins de laisser en arrière plan tous ces désordres physiques qui l'handicapent affreusement pour l'heure. Mais ce n'est pas pour autant qu'il va se donner la peine d'afficher la plus petite amorce de sourire. Ni de donner une once de sympathie ou de reconnaissance à son regard. S'il avait été en meilleur état, Swenn l'aurait d'ailleurs bien vite envoyé voir ailleurs. Mais pour le moment, mieux vaut éviter de gaspiller le peu de force dont il dispose encore en paroles inutiles.

- "Tu ferais mieux de t'occuper de toi."

Oui, bah ce n'est pas pour autant qu'il va faire l'effort de se montrer coopératif. Ni de répondre correctement aux questions qui lui sont adressées. Et encore moins de respecter les règles de politesse qui régissent la société. Ce n'est pas parce qu'il ne peut pas développer de longues tirades offensantes qu'il va se laisser faire bien sagement. La voix saccadée, ce n'est pas difficile de se rendre compte que ces quelques mots lui coutent. Et dire qu'il a déjà bien récupéré en comparaison de l'état dans lequel le géant l'avait laissé suite à leur rencontre...

Même s'il a toujours l'impression d'être sur un bateau violemment secoué par la houle, et qu'une barre douloureuse a élu domicile au beau milieu de son crane, ce n'est malgré tout pas bien difficile de se rendre compte que le dernier arrivant n'est pas non plus dans une forme olympique. Laisser un blessé s'occuper de le remettre sur pieds ? Ce serait le comble de l'ironie. Le genre de truc qui ne ferait absolument pas rire Swenn. Pourtant, il ne peut pas faire grand chose d'autre que d'espérer que cette âme altruiste se rende à l'évidence. Porter secours à qui que ce soit en étant soi-même amoché n'est pas l'idée la plus judicieuse qui soit. Et n'aide pas à apporter de la crédibilité à ses efforts pourtant louables d'agir en professionnel.

- "A moins que t’ai des... Stimulants sur toi. Là, j'veux bien."

Les boosters corporels. Principal moyen d'action auquel a recours le chimiste lorsqu'il a une fois de plus abusé, puisant toujours un peu trop dans les réserves d'énergie dont il dispose. Il a bien conscience que dans son état actuel ils ne feront pas de miracles, et qu'ils seront plus dangereux qu'utiles. Mais tout ce dont il a besoin, c'est de quoi aligner les pas jusqu'à chez lui. Ensuite, il pourra rester écroulé sur le canap' à récupérer, toute une semaine si nécessaire. Toute solution pour quitter ces pavés est bonne à prendre.

Il ne sait strictement rien sur cet homme, et ses facultés d'analyse sont actuellement au plus bas, mais ça se tente. Swenn est bien placé pour savoir qu'il n'y a pas que les pires raclures de la ville qui se procurent des produits qui apportent ces effets énergisants. En la matière, la gamme qui se trouve sur le marché est sacrément diversifiée. Vu l'allure que lui-même doit avoir, une telle demande ne doit pas être particulièrement étonnante. Parce qu'il parait évident qu'un simple café ne sera pas suffisant à satisfaire sa demande... Et au moins, il sera fixé sur ce que peut lui apporter son interlocuteur. Parce que, même si c'est mal de juger les gens sur leur apparence, d'après les chiffres qui trottent dans la tête du chimiste, la probabilité que cet homme soit effectivement médecin est plutôt faible. Évidemment, elle reste plus élevée que celle qui voudrait qu'il appartienne au peuple occidental...


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Swenn râle en   #f77d40
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