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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Zochlom
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 Attends, reviens ! (POV Laurelin)

Lillith Shaw
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Mer 11 Juil - 0:47
Irys : 239955
Profession : Pirate
Daënar 0

Eh bien ce fut une nuit mouvementée que la jeune pirate venait de passer. Elle ne savait si elle devait la ranger dans les bons souvenirs ou les souvenirs dérangeants. Si bien qu'elle quitta le Red Pearl tôt dans la matinée, espérant que son capitaine dormait toujours. Lillith avait terriblement besoin d'aller se baigner, histoire de mettre son esprit en ordre. Elle serait de retour au navire dans la matinée mais pour le moment elle devait s'en éloigner un peu. Elle n'irait pas bien loin et puis le Capitaine lui avait donné jusqu'à la fin de la semaine avant de lever l'ancre. Cela lui laissait largement le temps de profiter encore un peu de son temps libre et de sa liberté. La rouquine se dirigea donc vers une crique qu'elle avait repérée hier soir alors qu'elle faisait route vers le Red Pearl en compagnie du Capitaine De Sousa.

La température était élevée sur ce continent, bien loin de déplaire à Lillith, elle ne pouvait cependant nier qu'elle en souffrait quelque peu. Après tout elle venait du continent au climat opposé à celui-ci, il lui fallait un temps d'adaptation. L'ancienne serveuse se dévêtit légèrement, ne gardant que son bas et sa brassière afin de sécher plus vite à sa sortie de l'eau. Elle laissa donc ses affaires non loin d'elle, cachées sous un rocher. Gardant à sa cuisse sa dague, en cas de pépin. Après tout elle se trouvait dans une ville de voleur et de gens mal honnête où personne n'est jamais réellement en sécurité. Autant rester vigilante.

Elle se dirigea ensuite vers l'étendue bleu turquoise, impatiente que l'eau ne rentre en contact avec sa peau. Sans surprise, la température de l'océan était légèrement plus fraîche que celui de l'air ambiant. Créant une sensation agréable de fraîcheur. Ravie, la jeune pirate se laissa flotter et observa les alentours. Entouré de rocs et de rocher, rien ne faisait réellement rêver et pourtant la jeune pirate appréciait le paysage. Trouvant à celui-ci un aspect apaisant, en effet rien mis à par le bruit des vagues ne se faisait entendre. Pas même le bruit du port bloqué par les rochers. Heureuse elle savourait cette paix de courte durée avant qu'une silhouette n'attire son attention. Intriguée, elle coupa court à sa baignade et sortie de l'eau comme si de rien n'était.

Lillith essora ses cheveux afin que le surplus d'eau salée tombe à terre et se rendit là où elle avait laissé ses affaires. Tout en s'habillant elle jetait des coups d’œils réguliers à la silhouette qui ne semblait pas l'avoir remarqué. Située sur le haut d'une colline, elle semblait contempler la mer mais Lillith pouvait se tromper d'aussi loin l'image restait floue. Espérant ne pas être face à un mirage elle prit la route vers celle-ci. Après plusieurs minutes de marche elle atteignit enfin le haut de la colline, à bout de souffle. Puis elle regarda autour d'elle avant de se rapprocher de la silhouette qui lui était maintenant bien distincte, ne voulant pas l'effrayer, elle s'annonça, toujours essoufflée.

- hey, dit moi, qu'est-ce que tu fais par là de si bon matin ?

À peine eu-t-elle le temps de prononcer sa phrase que la silhouette disparut. Choquée dans un premier temps, elle secoua la tête rapidement avant de regarder autour d'elle. Aucun signe de présence, rien, nada. Pourtant elle n'était pas folle quelqu'un était là.  Alors, reprenant son souffle elle essaya de nouveau.

- Attends, reviens ! Je ne te veux aucun mal ! Je sais que tu es dans les parages, quelque part. Je jurerai ne pas avoir rêvé. À moins que je ne sois devenue folle mais je suis prête à parier ma bourse que je suis saine d'esprit !




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
La force n'intervient qu'en seconde place, elle n'est à utiliser quand dernier recours.
Car trop en abuser est un signe de faiblesse.

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Laurelin
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Mer 11 Juil - 22:42
Irys : 224957
Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag

Zochlom. Je n’étais plus revenue ici depuis que Visïr m’avait sauvée du naufrage de cet abominable navire sur lequel ma mère mes sœurs et moi étions retenues prisonnières. Tout ces mois de calvaire, de souffrances… De tortures… Qui prirent fin lors de cette attaque imprévue qui se solda par la mort de l’équipage, de mes sœurs… Et de ma mère. Et ma survie. Pourquoi avais-je fait cela ? J’aurais dû mourir avec eux, retrouver ma famille dans l’autre vie, et pourtant, ma mère s’était encore battue pour ma survie, pour que je puisse encore vénérer Khugatsaa, notre architecte adoré. Là, dans cet enfer technologique, elle m’ordonna de rompre mes chaines bien que je fusse attachée à son bras. Tant d’horribles choses nous étaient arrivées… Et tout c’était fini là. Peut-être même devant moi. Si je plongeais dans ces eaux turquoise, peut-être trouverai-je l’épave du navire qui fut leur dernière demeure ? Peut-être même trouverai-je leurs restes abandonnés aux créatures des océans ?

C’est la première fois que je reviens sur ces terres depuis cet accident que fut autant une libération qu’une torture mille fois plus douloureuse que le pire des sévices. C’est là que je ressenti cette sensation étrange et horrible, comme un lien qui était noué entre moi et une force inconnue que je crains autant que l’on craint la pire des maladies. Plus tard, lorsque les premiers cristaux apparurent, j’entendis ce mot : Régisseur. Je voulus en savoir plus, et pourtant, je veux être le plus loin possible de ces créatures sans humanité. Les architectes nourrissent des dessins que moi, pauvre mortelle, ne comprendrais probablement jamais.

Je suis restée là depuis que j’étais descendue du navire qui m’amenais du continent de Myträ. Je fus débarquée dans un port infâme qui m’effraya comme le noir effraye un bambin, à proximité de cette falaise en bord de mer, dans une crique paisible. Si paisible… Serait-ce réellement possible que cet endroit fut celui qui accueillit ma mère et mes sœurs pour les engloutir en son sein ? L’idée me travaille tellement que je crois que cela fait maintenant 2 jours que je suis ici, sans manger, sans boire, me nourrissant uniquement d’illusions et de songes et m’abreuvant seulement de la rosée matinale fouettée par les embruns marins. Durant ces deux jours, le paysage avait été calme et apaisant. Il réussit même à stopper mes réflexions et mes souvenirs à plusieurs reprises, lorsque je me perdais dans ces flots hypnotiques. Mais mes illusions, elles, étaient bien plus mouvementées. Je vis d’abord des créatures sauter au-dessus de l’eau, bondissant avec grâce et légèreté dans un ballet enivrant. Puis ce fut au tour des vagues qui vinrent s’écraser contre la falaise dans de gigantesques gerbes flamboyantes. Quel magnifique spectacle. Mais sans cesse revenait l’idée en mon âme et en mon cœur que, peut-être, se trouvaient là, devant moi, à quelques mètres de distance et de profondeur, les restes de ma mère et mes sœurs, et l’épave du navire coulé en plein enfer. Je revoyais les images, je revivais cet instant ô combien horrible. Les coups de feu, les hurlements, les boulets de canon et autres ogives qui détruisaient la cale et les bastingages. Les marins et les esclaves étaient pulvérisés au sein de cette coquille de bois, transpercés par les éclats de bois, la mitraille et les plombs. Je revois les yeux de ma mère, emplis de larmes, alors qu’elle pointe du doigt la dague païenne qui me libérera de mes chaînes. Je fu libérée, propulsée en l’air, inconsciente puis sauvée par un mage qui passait par là et qui devint mon mentor jusqu’à-ce que les traits de ma malédiction devinrent trop voyants. Ici je demeure, prisonnière de ma douleur, vivant dans ce monde qui pourtant souhaiterait mon exil, jusqu’à-ce que les années de ma vie soient épuisées totalement.  

Je fus perdu dans une illusion, une parmi tant d’autres, lorsqu’une voix qui n’était nullement désirée me fit revenir sur terre. Soudainement, les oiseaux qui virevoltaient dans une danse imitant un ballet aérien disparurent immédiatement. La musique qui passait dans mon esprit, doux mélange de flute et de violon, aux notes simples mais ô combien légères et reposantes, s’arrêtèrent dans la foulée, tout comme la voix qui s’élevaient de mes lèvres en un fredonnement qui calmait ma tristesse. Je tournais la tête sur ma gauche avec la vitesse d’un aigle repérant un danger, et vit d’où provenait cette voix fluette et pourtant inquiétante. Une femme, habillée et qui, pourtant, avait les cheveux mouillés. Elle se baignait ? C’était comme cela qu’elle m’avait aperçu ? Et je n’avais rien vu ?

Elle avait devant une jeune femme aux traits fatigués, aux yeux plissés que la fatigue rendait lourds et difficiles à tenir ouverts. Mes joues étaient quelque peu creusées, témoignage de ces deux derniers jours sans aucun repas et de ma condition de vagabonde. Un sac de voyage posé à côté de moi, un pantalon épais, proche du corps et une tunique légère de couleur grise parachevaient mon habillage pour le moins… Simple. Mes longs cheveux acajou flottaient aux vents dans de manière anarchique et lorsque je me tournais vers la jeune femme inquisitrice, plusieurs mèches vinrent rapidement obstruer mon visage et mes yeux. Elle ne vit probablement rien de mon visage.
- hey, dit moi, qu'est-ce que tu fais par-là de si bon matin ?

Une main sur mon sac, une autre au sol prête à donner l’impulsion nécessaire pour me relever, et je me rends immédiatement invisible. Et apparemment, ça marche. Elle fixe son visage et son regard sur le dernier endroit où elle me vit, puis cherche un peu partout tout en feintant le calme. Elle ne fait ni grands gestes, ni ne sort d’armes. Au contraire, elle reste calme. Enfin, un calme tout à fait relatif, car je la sens profondément confuse. Elle n’est pas Myträne, c’est sûr. Ma disparition lui fait croire qu’elle venait certainement d’halluciner et pourtant cette hallucination était si réelle. Son désarroi était compréhensible selon moi. Voir quelqu’un disparaître sous vos yeux quand la magie reste un aspect que des centaines d’années de guerre ont éloignées des mœurs, ça doit faire son effet. Et pourtant, malgré sa stupeur, elle reste sur place, s’avançant vers le dernier endroit où je fus – je m’étais éloignée entre temps, évidement – tout en restant étrangement neutre.
- Attends, reviens ! Je ne te veux aucun mal ! Je sais que tu es dans les parages, quelque part. Je jurerai ne pas avoir rêvé. À moins que je ne sois devenue folle mais je suis prête à parier ma bourse que je suis saine d'esprit !

Qu’est-ce donc que cela ? Elle est curieuse, aucunement besoin de télépathie ou d’empathie pour le voir ou le comprendre, mais j’ai l’impression qu’il y a autre chose. J’ai l’impression que cette curiosité n’est ni malsaine, ni forcée. On dirait qu’elle est face à une découverte qu’elle n’espérait pas et une expérience qui l’excite tout autant qu’elle l’effraie. Elle n’est définitivement pas Mytrane et encore moins adepte de la magie ou des architectes, enfin, de ce que je perçois et comprends. Sa curiosité pique alors la mienne. Rien d’étonnant quand on sait qu’une feuille tombant d’un arbre peut attiser ma curiosité et mon intérêt pendant des heures, littéralement. Alors, naturellement, ma curiosité est piquée au vif et voilà qu’au lieu de m’enfuir, je reste à proximité, cherchant à entrer en contact avec elle. Son esprit est ouvert, c’est une chance ! Sa curiosité ouvre son esprit et elle est plus sujette à la télépathie. Je tente alors de me connecter à elle. Les vents d’Amisgal me permettent de me soulever de quelques centimètres, suffisamment pour que mes pas ne heurtent ni brin d’herbe ni cailloux, garantissant une discrétion à toute épreuve. Elle est immobile ou presque, occupée à chercher autour d’elle, encore. Je lève mes bras et rapproche mes mains de ses tempes afin de faciliter le contact. Je pourrais le faire à distance, mais cela prendrait un tout petit peu plus de temps et la heurterait encore un peu plus. Déjà, elle doit sentir son esprit faiblir quelque peu. C’est un premier contact, aussi, celui-ci n’est jamais agréable. Elle doit sentir son esprit faiblir, ressentir une pression au niveau des tempes comme si deux doigts y étaient placés. Ses pensées doivent également être légèrement chamboulée, non seulement par la surprise de ces nouvelles sensations, mais également car je tente d’entrer dans son esprit et cela peut brouiller les réflexions. Enfin, la barrière cède, je m’éloigne pour reprendre une distance de sécurité – au cas où – et j’entre en contact.
- Qui es-tu ? Que viens-tu faire ici ? Dis-je d’une voix qui n’était pas la mienne. Celle-ci était plus aigüe que la mienne, et surtout, elle était comme réverbérée, comme si cette discussion avait-lieu dans un une grande et large bâtisse aux fondations de pierre, où l’écho de ma voix se réverbérait sur tous les murs, comme dans les temples où les architectes étaient adorés partout dans tout Myträ. Tu n’as pas rêvé, je te le promets. Tu n’es pas folle non plus, du moins, pas en ce moment ni en ce lieu. Es-tu sûr que tu ne me veux aucun mal ? Dis-moi qui tu es.

Je me suis éloignée de quelques mètres, suffisamment pour être en sécurité mais pas trop non plus pour toujours avoir accès à son regard. Aussi, je saurais si elle ment ou si elle dit la vérité. Est-elle digne de confiance ? Elle est troublée, je sens ses pensées qui se chevauchent, des questions, des craintes aussi, enfin, je crois. Je ne peux la blâmer. Elle n’avait jamais entendu de voix dans sa tête autre que ses propres réflexions. Elle n’avait jamais ressenti également les sensations du premier contact, ni celle d’une présence étrangère dans sa tête. Je dois la rassurée, lui montrer que, bien qu’invisible, je ne suis pas une menace. Je ne connais ni ses goûts, ni ses peurs, alors autant mettre le paquet.

Par les dons d’Amisgal, je réduis autour d’elle les vents qui proviennent de la mer pour créer une sorte de dépression autour d’elle. Elle ne ressent rien, sinon un arrêt brutal des vents environnants. Puis, je créer une légère brise au parfum de lavande qui s’enroule autour d’elle. Cette brise prend une couleur violacée, comme celle des fleurs dont l’odeur est tirée. Elle voit cette brise violette qui l’entoure, mais je ne suis pas sûr que cela la rassure totalement. Alors, dernière tentative, je créer l’illusion d’un oiseau, un petit moineau aux couleurs étrangement chaudes et prononcées. Celui-ci se pose sur sa main droite, toujours tendue dans le vide. Elle ressent les petites griffes qui agrippent la peau de sa main, l’illusion est parfaite. Un petit chant, un jeu de regard entre l’illusion et elle, puis l’oiseau s’envole et disparait, et j’entre en contact.
- N’ai pas peur. Moi, je ne te veux aucun mal Ajoutais-je alors, toujours de ma voix réverbérée.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

Laurelin s'exprime comme cela
Laurelin pense de cette manière
Laurelin télépathe comme ceci
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Lillith Shaw
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Jeu 12 Juil - 1:02
Irys : 239955
Profession : Pirate
Daënar 0
Lillith était persuadée d'avoir vu une silhouette, elle s'en était approchée si prêt avant qu'elle ne disparaisse. Elle resta donc là bêtement à fixer devant elle, comme ci cela allait faire réapparaître la silhouette. Puis soudain, une drôle dans sensation s’empara d'elle, elle se senti faiblir quelque peu. Serait-elle restée trop longtemps au soleil ? Son Capitaine l'aurait-il droguée ? Impossible, elle s'en serait rendu compte, non ? La drogue aurait agi bien avant dans la nuit ou dans la matinée, non ? Alors que les questions se bousculaient dans son esprit engourdi, elle eut comme l'impression de sentir quelque chose sur ses tempes. Mais son esprit semblait s'engourdir de plus en plus, créant un état douloureux sans l'être vraiment. Et plus son état de trans semblait durée, plus ses pensées s'entrechoquaient, se brouillaient pour ne devenir que des semblants de phrases, se résumant parfois à de simples mots vagues et sans cohérence.

La jeune pirate se mit alors à paniquer. Que diable lui arrivait-il ? Elle avait beau essayer de bouger son corps, elle n'y parvenait pas. Son esprit semblait trop faible pour exécuter quoique se soit, même penser devenait un calvaire. Si bien que quand une voix autre que la sienne lui parvint, son rythme cardiaque s'emballa. Et sans qu'elle en ait conscience son corps se mit à trembler.

- Qui es-tu ? Que viens-tu faire ici ? Tu n’as pas rêvé, je te le promets. Tu n’es pas folle non plus, du moins, pas en ce moment ni en ce lieu. Es-tu sûr que tu ne me veux aucun mal ? Dis-moi qui tu es.

Comme un écho dans sa tête ces paroles résonnaient. Trop perturbée par ce qu'il se passait, Lilith ne répondit pas. Avait-elle seulement la capacité de le faire ? Elle ne savait pas, elle ne savait plus. Elle n'a pas rêvé, elle n'est pas folle . Ah, la bonne blague. Si elle n'était pas folle, que diable lui arrivait-il ? En ce lieu ? De quel lieu cette voix lui parlait-elle ? À qui était cette voix d'abord ? Serait-ce possible que tout ça soi lié à la silhouette ? Où était-elle restée trop longtemps dans l'eau et avait finit par attraper une insolation ? En somme, elle devait être en train de délirer, non ? Sinon comment tout cela pourrait être possible ?

Puis soudain, Lillith sembla retrouver ses sens, du moins elle le pensait. Il lui semblait que le vent avait cessé de souffler. Laissant le soleil réchauffer sa peau, créant une température rassurante. À cela s'ajouta une douce odeur de lavande. Ses paupières papillonnèrent quelques peut. La jeune femme semblait grisée par ces nouvelles sensations, notamment par son odorat. Jamais elle n'avait senti une odeur de la sorte, elle semblait être présente autour d'elle et restait présente. L'odeur de lavande était donc puissante sans en devenir dérangeante. Se concentrant sur ces nouvelles découvertes sensorielles, elle en oublia sa peur et son rythme cardiaque ralenti.

Une fois plus calme, un voile blanc sembla se retirer de ses yeux, du moins c'est comme ça qu'elle le décrirait, t elle pouvait voir une espèce de traînée de poussière violette l'entourée. Fascinée elle tendit le bras et essaye de la toucher sans y parvenir. Surprise de pouvoir bouger, elle reste interdite quelques secondes. Quelques secondes suffisantes pour qu'elle sente une présence sur sa main. Intriguée elle tourna la tête vers sa main droite où se trouvait un petit oiseau. Attendrie, la pirate sourit. Elle pouvait sentir ses petites griffes se planter sur le dos de sa main afin qu'il tienne en équilibre. Loin de lui faire mal, elle en était toute chamboulée. C'était la première fois qu'elle était aussi proche d'un animal et c'était une expérience riche en émotion. Totalement détendue et accaparée par l'oiseau, elle avait déconnecté de la réalité. Seule la voix mystérieuse sembla la ramener à elle-même, faisant s'envoler et disparaître l'oiseau.

- N’ai pas peur. Moi, je ne te veux aucun mal.

Lillith prit le temps de s'asseoir en tailleurs, puis s'attacha les cheveux en une queue-de-cheval. Elle se frotta le visage, encore perturbée par ce qu'il se passait autour d'elle. Bien qu'aucune trace de peur ne persiste en elle. Ainsi en regardant droit devant elle, fixant l'horizon, elle répondit. Non sans se sentir quelque peu stupide, à parler seule comme cela.

- Hum, eh bien je m'appelle Lillith et je suis venue ici pour décompresser, profitant du début de matinée pour nager un peu. J'ai eu une rude soirée, mais je suis sûr que tu peux te passer des détails.

La jeune femme rigola légèrement, se remémorant sa soirée en compagnie de son Capitaine et de la jolie Rose. C'était une soirée qu'elle classerait dans les inoubliables à défaut des deux autres catégories précédentes.

- Dit moi, comment tu fais ça ? Je veux dire, j'ai entendu des rumeurs sur les gens comme toi mais je n'ai jamais, la jeune femme marqua une courte pause, enfin tu vois. Moi j'ai grandi avec ce qu'on appelle la technologie et je pensais que ce qu'on racontait sur ton peuple n'était que légende et affabulation. Mais ça, ce que tu fais là, c'est, c'est incroyable.

Lillith assise dans l'herbe jouait avec les brins de cette dernière attendant sagement une réponse. Elle devait avoir l'air d'une petite fille mais elle n'en avait que faire. Son grand-père s'il lui avait compté les légendes de pirateries, il lui avait aussi compté ses aventures. Et dans une de celle-ci, il avait mentionné un peuple aux capacités qui dépassaient son imagination. Serait-ce possible que ce vieux fou disait vrai ? Que son peuple menait réellement une guérilla contre des mages ?




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
La force n'intervient qu'en seconde place, elle n'est à utiliser quand dernier recours.
Car trop en abuser est un signe de faiblesse.

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Laurelin
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Jeu 12 Juil - 23:09
Irys : 224957
Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag

La stupeur semblait être passée. Son esprit était apaisé et je dirais même émerveillé. Je sens de plus en plus que cette femme est étrangère aux us et coutumes de la magie, que tout ce qu’elle en connait réside dans des traces écrites dans de vieux parchemins à moitié grignotés par le temps ou dans les contes pour enfants. Se retrouver face à ce qui avait toujours relevé du domaine de l’irréel, je dois avouer que même moi, je me retrouverais perdue. D’ailleurs je fus perdue par le passé, lorsque, pour la première fois de ma vie, je fis face à la cruauté des Daënars et à l’horreur de leur « technologie ». Quelle ne fut pas ma surprise quand les premiers navires sortirent de la brume et attaquèrent la localité avec tout leurs fusils et leurs canons. Oui, ce fut une surprise, alors peut-être suis-je la mieux placée pour la comprendre ?

L’odeur de lavande, les volutes violacées et l’oiseau aux couleurs plus que prononcées achevèrent d’apaiser l’esprit apeuré de la demoiselle. Il semblait même qu’elle fut apaisée mais également… Touchée, comme si l’émotion transmises dans mes illusions trouvèrent un écho raisonnant en son âme pour finalement décupler leurs effets. Elle était une femme, mais une telle sensibilité aux arts de Khugatsaa était rare, pour ne pas dire inexistante, chez les adeptes de la technologie. Et pourtant, elle était sensible à cet art et cela me procurait une très grande satisfaction. J’étais parvenue à l’apaiser, à créer un lien de confiance privilégié avec elle qu’elle semblait vouloir voire perdurer.

Doucement, elle s’était assise en tailleur, une position que j’affectionne particulièrement lorsque je médite devant un si beau paysage, ou lorsque je m’abandonne moi-même à l’art des enfants de Khugatsaa. Ses magnifiques cheveux rouges attachés en une longue queue de cheval éclairaient un visage légèrement bronzé par la vie en mer, chose rare chez les personnes aux cheveux roux. Elle était plus ou moins immobile, mais je sentais quelque chose chez elle qui me poussait à approfondir cet entretien impromptu. Cette sensibilité chez elle était impressionnante. Qui aurait-pu croire qu’une technophile aurait éprouvée autant d’émotion et de curiosité dans ce que je venais de faire, plutôt que de dégainer leurs armes païennes à la poudre explosive et aux ogives mortelles ? Si elle était séduite, je l’étais tout autant par sa personnalité.
- Hum, eh bien je m'appelle Lillith et je suis venue ici pour décompresser, profitant du début de matinée pour nager un peu. J'ai eu une rude soirée, mais je suis sûr que tu peux te passer des détails.

Elle sourit légèrement. Son visage s’illumine alors comme un soleil réverbéré sur une surface réfléchissante. Sa mâchoire carrée dévoilait une féminité au caractère aussi fort qu’un café moulu sous les cieux des terres baignées de la chaleur du soleil. Une femme de caractère à l’esprit libre, qu’aucun carcan ne saurait entraver. Je me sens plus proche d’elle que de n’importe qui d’autre à cet instant précis, bien que tout une vie nous sépare. Une vie, et des milliers d’années de mœurs bafouées et au passé oublié. Je plonge mon regard dans le sien, et un sourire involontaire se dessine sur mon visage, une mèche tombant devant mon nez alors que je baisse la tête en sa direction, comme pour me rapprocher d’elle et ressentir un peu plus ce qu’elle pense en ce moment. Je suis toujours debout devant elle, mais la distance qui nous sépare est bien plus courte, à peine une cinquantaine de centimètres.
- Dit moi, comment tu fais ça ? Je veux dire, j'ai entendu des rumeurs sur les gens comme toi mais je n'ai jamais, la jeune femme marqua une courte pause, enfin tu vois. Moi j'ai grandi avec ce qu'on appelle la technologie et je pensais que ce qu'on racontait sur ton peuple n'était que légende et affabulation. Mais ça, ce que tu fais là, c'est, c'est incroyable

Elle est curieuse ! Une curiosité insoupçonnée que je ne pensais pas trouver chez un autre être humain à par moi. Elle ne s’enfuit pas, elle n’a plus peur, en tout cas, je ne ressens plus de peur. L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être face à un miroir dont le reflet n’est différent que par le physique qu’il me renvoi. L’esprit semble identique. Peut-être est-elle aussi rêveuse que je le suis ? Peut-être voit elle la vie avec la même sensibilité que moi ? Serait-elle quelqu’un de bien ? Je commence à le croire.

Je suis toute à mes hypothèses lorsque je sens inéluctablement mon esprit sombrer dans la rêverie. J’imagine cette femme au quotidien. Je l’imagine face à l’adversité, face aux douleurs du quotidien. Je l’imagine gratifier le sans abri d’une pièce d’or, lui permettant de manger quelques jours encore. Je l’imagine offrir aux miséreux un regard de compassion afin de les rendre humains à nouveau et non de simples gueux. Je l’imagine répandre l’amour autour et en retirer une joie à son tour. Mais je reviens subitement à moi lorsqu’elle dit que ce que je fais était… Incroyable ? Et pourtant, rien n’est incroyable lorsqu’en votre cœur vous acceptez l’amour des Architectes. Khugatsaa et Amisgal soient bénis. Je vais lui répondre, et de la plus belle des manières.
-Ce que tu viens de voir est le fruit d’un amour dévoué pour les Architectes, puissants créateurs de notre univers. La technologie Elle marque une courte pause, animée par un frisson d’effroi en prononçant se mot rappelant de terribles, terribles souvenirs. Est l’invention des Hommes pour palier à cet amour que vous avez oublié. Et pourtant il existe…

Les vents d’Amisgal portent à cette femme une nouvelle brise douce. Celle-ci est continue, ponctuée de temps forts et d’autres plus faibles. Elle est rafraichissante, comme celle de la mer. Et pourtant, ce n’est pas l’iode qui fouette son visage, ni les fines gouttelettes en suspension dans l’air saturé d’humidité. Cette brise est celle d’un vaste champ de fleur où poussent tournesols, marguerites et coquelicots, où les vergers en fleur attirent abeilles et autres insectes butineurs.
-Ferme les yeux Dis-je à nouveau de ma voix réverbérée, d’un ton aussi rassurant qu’une mère parlant à son enfant.


Alors qu’elle venait de fermer les yeux, je m’approchais de nouveau furtivement et plaçais mes mains contre ses tempes, avant de me concentrer à mon tour. Je projette en son esprit l’image d’un plaine vallonée parsemée de bosquets et de forêts clairsemées. Elle s’y trouve, les narines parfumées par les senteurs précédemment décrites. Au-dessus d’elle, le ciel est d’un bleu azur parsemé de nuages d’un blanc de coton. Et face à elle se trouve une petite forêt qu’elle gagne bientôt. La forêt laisse place à un lieu où la vie est foisonnante. Un écureuil grimpait à un arbre à proximité d’elle pour rejoindre un nid creusé dans un tronc creux d’où dépassaient plusieurs têtes semblables. Plus bas, gambadant entre les arbres et les buissons, un couple de renard et leurs petits se frayent un chemin dans une joyeuse randonnée. Au-dessus d’eux atterrit un merle dans un nid de branches et de brindilles où l’attendent tout sa famille dans une joyeuse chorale. Et enfin, vint un papillon. Un monarque pour être plus précis, aux proportions gigantesques. Celui-ci tenait dans deux mains ouvertes, et encore, les ailes dépassaient largement. Le spécimen faisait largement une quarantaine de centimètres et vint se poser dans le creux des mains de Lilith. Là, il fit quelques pas, très peu, mais ses ailes continuaient de battre par moment pour garder l’équilibre. Tout cette féerie s’animait dans les chants d’un rouge gorge gracieux qui virevoltait par endroits.
- Ouvre les yeux maintenant Dis-je enfin, toujours d’un ton rassurant.

Durant l’illusion, ses mains s’étaient effectivement ouvertes et un papillon monarque gigantesque se trouvait au creux de ses paumes. C’était encore une illusion évidemment, mais celle-ci était si réelle que Lilith pouvait sentir les pattes du papillon sur ses doigts, elle pouvait sentir le vent provoqué par le battement de ses ailes, et elle avait face à elle un des plus beaux papillons du monde. Et après quelques instants, après que Lilith eut suffisamment le temps d’apprécier ce spectacle, ce grand papillon fut rejoint par des centaines d’autres. Leurs battements d’ailes typique provoquant leurs vols aux trajectoires originales les faisaient virevolter partout autour de Lilith. Si elle se levait et qu’elle tournait sur elle-même, elle pourrait se rendre compte de la vie qui foisonnait autour d’elle. Les papillons allaient et venaient, certains se posaient sur elle ou dans ses cheveux jusqu’à ce qu’un dernier invité vînt à sa rencontre : le moineau de tout à l’heure. Il se posa sur son épaule, ses pattes crochetant le tissu afin de tenir sans avoir à battre des ailes. La boucle était bouclée. Par cette illusion, je tente de lui prouver l’amour incommensurable que je porte aux Architectes et que ceux-ci portent aux êtres humains sans distinction. L’amour, la famille, les liens indéfectibles qui rendent ce monde magnifique malgré les difficultés de la vie, voilà le but de cette illusion.

Puis je m’abandonne moi-même à mon œuvre. Fermant les yeux, je créer un bal apaisant mon cœur et mon âme. Les papillons virevoltent toujours et son rejoins par d’autres insectes : coccinelles, libellules, même des abeilles, ces ouvrières courageuses dont l’importance pour la nature est aussi cruciale que le soleil qui, chaque matin, se lève depuis le centre de la terre. Alors vint une mélodie au violon s’éleva dans les airs. Une douce mélodie comme celles capable de vous emporter loin, très loin dans vos songes les plus beaux et les plus émouvants.
- Je suis une fille de Khugatsaa et d’Amisgal, Architectes de l’illusion et des vents Repris-je de ma voix réverbérée et envoutante. Mon peuple fût votre passé, vos ancêtres, l’essence de ce que vous êtes aujourd’hui. L’illusion ne s’arrête pas, tout comme la mélodie. Laisse-toi aller. Imprègne-toi de l’art de Khugatsaa et laisse ton esprit et ton cœur voler aux quatre vents, ouvre ton esprit. Où sont la magie et les architectes ? Où sont les rêves et les illusions ? Où sont les flammes sacrées et les vents enivrants ? Ils sont passé comme un vent dans les prairies, comme une pluie au travers des montagnes.

Des paroles bien étranges, je le sais, j’en suis consciente. Mais j’ai l’impression que ces mots touchent cette jeune femme directement en plein cœur. Elle rêve, elle semble si légère, si adoucie. Son sourire est semblable à celui d’un enfant découvrant le visage de sa mère pour la première fois. La lumière de son visage est magnifique et m’inspire à continuer sur ma lancée. Elle semble si gentille.
- Là où il y a une légende, il y a une part de vérité. Les fables et les contes ne sont que des écrits oubliés depuis bien trop longtemps et dont la véracité vous semble plus tirée de la fantaisie. Et pourtant nous demeurons, éloignés des us et coutumes de votre peuple dont l’esprit est fait de métal et de rouages. Et pourtant nous ne sommes pas si différentes, en cet instant et en ce lieu béni des Architectes et éloigné des affres des Hommes.

Je sens que je commence à fatiguer. Je n’ai pratiquement pas dormi depuis deux jours, mes forces sont au plus bas et mes illusions puisent énormément dans le peu qu’il me reste, bien que mon lien avec Khugatsaa soit aussi fort que le plus solide des aciers païens. Aussi, les papillons s’envolent, les insectes disparaissent doucement et la musique s’éteins en se confondant avec les remous de la mer en bas de la falaise. Seul subsiste le moineau au pelage magnifique. Quant à moi, je n’ai pas encore fait mon apparition, mais je me tiens devant elle. Je continue de la scruter du regard, esquissant un sourire sincère. Je suis heureuse d’avoir réussie à faire vivre cette expérience extraordinaire à cette femme. La voir s’émerveiller est un bonheur indescriptible. Je rends grâce aux Architectes de leurs dons merveilleux. Le bien peut triompher parfois, quand les Hommes ne sont pas animés par l’avidité et la cruauté



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Lillith Shaw
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Sam 14 Juil - 1:59
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-Ce que tu viens de voir est le fruit d’un amour dévoué pour les Architectes, puissants créateurs de notre univers. La technologie est l’invention des Hommes pour palier à cet amour que vous avez oublié. Et pourtant il existe…

Lillith haussa un sourcil, un amour dévoué pour les architectes ? Elle eut envie de rire mais n'en laissa rien paraître. La pirate n'était pas croyante, cela lui semblait donc tout simplement ridicule. En revanche elle était bien plus intéressée par les capacités que cette jeune femme semblait possédée. De tel pouvoir pouvait être utile et si leur maîtrise ne l'intéressait pas réellement, trouver quelqu'un qui en possède et s'en faire un allié pouvait, en revanche, s'avérer être utile. Ainsi, elle jouerait le jeu de cette personne pour le moment, souhaitant simplement satisfaire sa curiosité et en apprendre peut-être plus sur elle et ses capacités.

Elle fit donc comme on lui avait demandé et ferma les yeux sans poser de questions. Sans que l'attente ne soit trop longue, Lillith pu sentir son esprit s'affaiblir de nouveau semblant laisser les reines à ses cinq sens. Elle sent rapidement une brise lui caresser le visage, lui laissant l'impression d'avoir pris la mer. À cela s'ajoute une odeur de fleur, pas d'une fleur précise mais bien de plusieurs fleurs différentes. Puis comme avant, la rouquine sent une présence physique au niveau de ses tempes et ouvrit les yeux.

Elle découvrit un gigantesque papillon aux creux de ses mains. Elle pouvait jurer sentir les pattes de l'insecte sur sa peau. Cela pouvait dire qu'une chose, tout ceci n'était qu'une vision très réaliste où l'on ressent chaque détail intensément. Une vision plus vraie que nature qui pourrait vous tromper facilement. Lillith s'imaginait déjà utiliser ce pouvoir de façon moins catholique et moins plaisante. Pouvoir torturer sans laisser de trace physique, obtenir des informations plus facilement. Mais elle arrêta ses pensées rapidement de peur que la jeune femme ne puisse avoir accès à celle-ci. La rouquine avait été sincère en disant qu'elle ne lui voulait aucun mal et le fût toujours. Elle ne souhaitait pas non plus l'effrayer, loin de là. Alors elle continua, se pliant aux règles.

Puis la vision changea alors faisant apparaître des centaines d'autres papillons, l'imagination de cette personne n'avait donc aucune limite . Pouvait-elle créer n'importe quelles illusions ? Lillith eut sa réponse quelque temps plus tard alors que l'oiseau de sa première vision vint la rejoindre. Émerveillée par les événements qui suivirent, par un tel pouvoir, un tel potentiel la jeune pirate resta bouche bée. Et perdu dans ses pensées n'écouta pas la longue tirade qui lui était adressée. Un sourire aux lèvres, elle était partie dans ses propres réflexions. N'important que peu d'importance aux architectes qui eux-mêmes ne lui portaient aucune importance. Seule la deuxième partie et fin de son discours trouvèrent le chemin jusqu'à Lillith. Pas si différent ? Elle n'avait pas tort en théorie ils étaient semblables mais seulement en théorie. Car la vérité était bien plus cruelle, cette jeune femme semblait vivre dans un monde de bisounours et cela faisait rire la rouquine. La vision prend fin et la pirate revient à elle-même et regarde autour d'elle. Elle n'a pas bougé, toujours au même endroit, seule à première vue.

- Tu as beaucoup d'espoir en ma pauvre personne tu sais. Je n'ai pas la noblesse dont tu semble vouloir me doter. Et pourtant je suis une personne de parole, sache donc que je ne te ferais aucun mal, tu peux montrer le bout de ton nez. Je vais être honnête avec toi cependant, je ne suis pas croyante et au vu de mes vêtements tu dois te douter que je ne sois pas boulangère. Désolée de te décevoir mais je suis loin d'une sainte et j'aime plutôt ça, le droit chemin m'ennuie à mourir.




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
La force n'intervient qu'en seconde place, elle n'est à utiliser quand dernier recours.
Car trop en abuser est un signe de faiblesse.

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Laurelin
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Lun 16 Juil - 22:34
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Est-ce la fatigue qui me fais voir cette femme sous un angle de pureté et d’innocence aussi abondant que celui d’un nouveau-né ? Ou suis-je moi-même sous le charme de mes propres illusions ? Ce ne serait pas la première fois de toute façon. J’ai toujours été rêveuse et au fur et à mesure que mes capacités prirent en puissance, je sombrais moi-même un peu plus à chaque fois dans ce que je créais moi-même. Parfois, ces plongées furent si profondes et si enivrantes que je passais des heures à vivre dans cet imaginaire que je m’étais créée pour moi-même. Après tout… Là au moins tout est beau. Je revois ma mère, mes frères et mes sœurs et mon père. Le sourire de mes sœurs, le chahut de mes frères, l’aura de sécurité de mon père et le regard apaisant de ma mère… C’est comme si je ne les avais jamais perdus, comme s’ils étaient toujours là, avec moi. Et en ce jour, en cette heure précise, malgré la fatigue et ces derniers jours et mon état d’esprit, je ne sais plus réellement où je suis.

Ma seule envie ? Disparaitre sous l’ombre d’un arbre et sombrer dans les songes les plus profonds et le sommeil le plus réparateur qui soit. M’évanouir dans ces nuages de songes et rêver sans que ce soit moi qui fasse vivre ce rêve. Mais je ne peux pas. Aussi subjuguée que je sois en cet instant précis par cette femme aux traits magnifiés de ses sourires angéliques, je sais plus que je ne saurais l’avouer combien les gens changent lorsque l’illusion laisse place à la réalité. Cette femme émerveillée et attendrissante pourrait devenir un danger insoupçonné jusqu’alors. Et d’ailleurs, il semblerait qu’elle fasse elle-même une confession alarmante.
- Tu as beaucoup d'espoir en ma pauvre personne tu sais. Je n'ai pas la noblesse dont tu sembles vouloir me doter. Et pourtant je suis une personne de parole, sache donc que je ne te ferais aucun mal, tu peux montrer le bout de ton nez. Je vais être honnête avec toi cependant, je ne suis pas croyante et au vu de mes vêtements tu dois te douter que je ne sois pas boulangère. Désolée de te décevoir mais je suis loin d'une sainte et j'aime plutôt ça, le droit chemin m'ennuie à mourir.

Effectivement, je m’étais doutée qu’elle n’était pas boulangère ni une femme à la vie routinière. A vrai dire, je sens bien que cette femme est une de celles dont la vie est extraordinaire, mais qu’une part d’ombre ternira à jamais. Est-elle finalement une tueuse ? Une de ces infames païenne que la technologie aura corrompue jusqu’au tréfond même de son âme ? Son message raisonnait comme une mise en garde dans mon esprit, et je m’inquiète quelque peu. Pourtant elle m’avait dit qu’elle ne me ferait pas de mal, et jamais, à aucun moment, je n’ai ressenti les pensées tumultueuses d’une personne qui mentirait. Alors… Est-ce que cette personne dont la noblesse est plus sombre que ce que je croyais aurait au moins un semblant de parole ? Quoi qu’il en soit, je ne me sens plus prête à me montrer, et je ne pense pas le faire. Ou alors… Oui ! Essayons.

Je me lève promptement avec la grâce et la discrétion d’un félin marchand dans la nuit. Je me place derrière elle et je sens que je reprends une mine basse et sérieuse. Cela ne m’arrive pourtant pas souvent, moi qui, d’habitude, souris jusqu’à la crampe zygomatique. Je suis à environs 3 mètres derrière elle qui est toujours assise par terre. Je suis si fatiguée… Je m’agenouille, mes talons calant mes fesses de sorte que mon équilibre soit garanti, mes deux mains mises bien à plat sur mes cuisses. Dans cette position confortable, je me focalise sur ma dernière illusion.

Ma tête se fait incroyablement lourde et s’abaisse jusqu’au creux de ma poitrine. Mes yeux se ferment, les battements de mon cœur ralentissent et le temps semble comme suspendu au fil de mes respirations lentes et profondes. Je laisse un long souffle s’échapper, manifestation physique de la magie que je prépare. Les vents d’Amisgal arrivent au galop et une bourrasque fait virevolter mes cheveux et ceux de la rouquine. Cette bourrasque est moins douce que les autres, signe de l’inquiétude qui me taraude depuis les paroles inquiétantes de la demoiselle aux cheveux de feu. Mais nulle tempête, nul nuage sombre ou ciel pesant. Juste une bourrasque provenue de nulle part. Face à elle, à environs deux mètres de distance, apparait une volute tourbillonnante. Les tourbillons prennent en vitesse, en largeur et en hauteur, et tandis qu’elle s’élargit, des formes apparaissent. Les tourbillons laissent ensuite apparaître mon corps, où plutôt, celui que je transpose dans cette vision. Les traits sont différents de ceux que je possède réellement. La femme que je fais apparaitre et qui, pour ma spectatrice, n’est autre que moi qui « montre le bout de mon nez », est plus grande que moi, d’une carrure athlétique aux formes généreuses, aux longs cheveux blonds et aux yeux d’émeraude, vêtue d’une robe de satin légère et gracile de couleur blanche. Un blanc éclatant d’ailleurs. Tout cela se dévoile devant elle dans ce tourbillon virevoltant, tant et si bien qu’au bout de quelques secondes, l’apparition est complète et les volutes ont disparues.
- Si ta noblesse n’est pas aussi grande que je le croyais, elle le sera suffisamment pour que tu puisses tenir parole Dis-je toujours de ma voix réverbérée et légèrement infantile, en télépatant encore. Et me voici devant toi, dame de la mer et des flots.

Un léger silence s’en suivit, relativement gênant, enfin, selon moi. Elle doit sentir que je ne suis pas confiante ou que quelque chose me travail suffisamment pour que je sois sur mes gardes. Je ne sais pas qui elle est, mais une chose est sûre, si elle était un homme, elle tomberait en pâmoison devant cette femme que j’ai créée de toute pièce dans mon esprit. Je ressens un frisson parcourant mon échine. L’idée qu’un homme soit attiré par cette illusion que je créer me ramène en arrière malgré moi, et je revois les assauts des hommes qui, autrefois, usèrent de leurs forces et de leur suprématie pour utiliser mon corps comme ils le souhaitaient. Ce frisson et provoqua une diminution d’attention, ce qui provoqua de nouveau une légère brise et qui fit à moitié disparaitre l’illusion, avant que celle-ci ne redevienne à nouveau tangible.
- Comment puis-je t’aider, demoiselle aux cheveux de feu ?

Question ouverte qui attend une réponse précise, mais ai-je réellement envie d’entendre cette réponse ? Je télépathe, la femme qu’elle voit n’est pas celle que je suis, et je suis derrière elle. Je devrais me sentir en sécurité, et pourtant, je suis inquiète. A la moindre entourloupe, je déguerpie sans demander mon reste. Enfin… J’essaierais. Je suis si curieuse de voir si cette femme aux mœurs peu orthodoxe est réellement une femme de mauvaise vie ou juste une femme à la carapace si épaisse que leurs imposants colosses de métal flottant sur l’eau semble étrangement mince en comparaison. Que Khugatsaa me protège, et puisse Amisgal porter mes pas loin du danger.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
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Lillith Shaw
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Mer 25 Juil - 23:05
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Lillith observe attentivement la silhouette apparaître devant ses yeux, étrange il lui semblait que celle-ci disposait d'une chevelure plus foncée. Bah, la jeune rouquine hausse les épaules, après tout elle ne savait pas vraiment ce qu'elle avait vu donc bon... Ce détail était sans importance au final. La femme qui se trouvait à présent devant elle, lui semblait plus âgée qu'elle. Cela semblait concorder avec son discours, sa façon de penser et sa volonté de vouloir ouvrir l'esprit aux plus jeunes. Mais la femme était aussi d'une beauté remarquable pour son âge et cela était loin de laisser Lillith insensible. La jeune pirate avait toujours aimé la gent féminine et ne cherchait même plus à le cacher. Elle savait donc reconnaître une belle femme et celle qu'elle avait sous les yeux en faisait indéniablement partie. La rouquine, ne revint à la réalité seulement lorsque son interlocutrice parla à nouveau, après un léger silence. Enfin parler est un grand mot puisque ses lèvres ne bougeaient pas.

- Aucune inquiétude, je n'ai qu'une parole. Je te l'ai dit je ne te veux pas de mal, soit tranquille. Cependant si tu pouvais arrêter de parler de la sorte, ça rendrait les choses moins perturbantes pour moi.

Le ton de la voix de Lillith était calme et sincère. Cette façon de communiquer la perturbait grandement. Elle n'avait pas l'habitude de ce genre de conversation si l'on peut dire. De plus elle avait l'impression, et ce de plus en plus, se perde son espace de confort, voire même son intimité. Après tout qui savait ce qu'elle pouvait bien faire et voir en la rouquine. Alors qu'un autre silence prenait place, la rouquine prit plaisir à observer de nouveau son interlocutrice. Si bien qu'elle ne manqua pas cette légère irrégularité dans l'image qui se trouvait devant-elle. Lillith en perdit son sourire sans pour autant afficher une mine menaçante. Elle reprit simplement conscience de la réalité, se retournant instinctivement. Elle écarquilla alors les yeux tombant nez à nez avec une tout autre personne que la femme qui lui avait été présentée. Premièrement déçue elle fronça les sourcils avant de se rasseoir en tailleur et de prendre la parole.

- Encore une fois, je n'ai qu'une parole, je ne te ferais aucun mal. Alors s'il te plaît arrêtons les illusions.

Lillith détailla la jeune femme et se rendit compte de son air fatigué et affaibli. Son visage semblait pâle et était sujet à quelques cernes. Sans parler des joues qui commençaient à se creuser, c'était encore très léger mais assez présent pour être perceptible. Depuis quand cette jeune fille ne s'était-elle pas reposée ou nourrit ? La jeune pirate ferma les yeux, elle tenait peut-être un moyen d'obtenir des informations sur les capacités et le peuple de cette fille. Ainsi elle pourrait faire un marché, mais cela devrait se décider rapidement car aux vues de la hauteur du soleil, la pirate était affreusement en retard. Elle soupira donc et parla de nouveau.

- Tu m'as l'air complètement affaiblie. Je ne m'en serrai jamais douter si je ne me trouvais pas en face de toi à l'instant. Écoute, tu ne peux clairement pas rester dans un état pareil. Je te propose un marché. Je vais se voir te laisser pour la journée car je suis attendue et déjà très en retard. En somme je suis dans de beaux draps. Mais peu importe, tu m'as l'air fatiguée et affamée. Je te propose de te ramener à manger et de quoi dormir cette nuit. Histoire que tu reprennes des forces, ensuite je te dirais combien de bateaux quitte ce continent d'ici la fin de semaine, à toi de voir si tu désires quitter cette terre et ce peuple qui n'est pas le tien. En échange je veux simplement des informations sur cette magie que tu sembles maîtriser et sur ton peuple qui me semble bien différent de ce que nous dépeignent nos livres d'histoire. Marché conclu ?

Lillith tendit la main à la brune, ne bougeant pas de sa place. Loin d'elle, l'idée ou l'envie de l'effrayer. Pendant ce temps elle l'observa et malgré la fatigue cette jeune fille restait très belle. Bien qu'elle semble porter la misère d'un monde, une lueur brillait dans ses yeux. Et aussi corrompu que pouvait être la pirate, elle respectait cela. Une telle volonté de vivre et une passion si débordante méritait qu'elle soit honnête avec elle. Cela témoignait, selon Lillith, de la force de la jeune fille et de sa volonté de vivre. C'était une battante, du moins à première vue. Ainsi elle avait gagné si ce n'est l'amitié de Lillith, une certaine compassion qui lui sauvait la vie.




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
La force n'intervient qu'en seconde place, elle n'est à utiliser quand dernier recours.
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Laurelin
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Jeu 26 Juil - 23:11
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Si l’illusion semble fonctionner malgré avoir tressaillit, la télépathie, quant à elle, semble la désappointer. Plus que de la désappointer, cela la déstabilise à un point tel qu’elle semble se résigner et à monter, à son tour, une carapace plus urticante et à prendre les devants de la conversation. Ce que j’aime dans mes illusions et la télépathie, c’est que j’arrive à parler, moi qui me sens toujours seule, à aider, à adoucir et à rassurer sans pour autant m’exposer au grand jour et risquer ma vie. Je suis comme l’enfant arrivant pour la première fois dans ce qui sera sa famille. Je suis heureuse à l’idée de dispenser joie et bonheur, bonne humeur et rires, légèreté et… Naïveté dans ce foyer qui m’accueille. Ici, point de foyer bien sûr, mais une âme se trouve tout de même à mes côtés, aussi suis-je sincère dans ma démarche et totalement pacifiste, désirant seulement illuminer la vie de cette femme, la divertir et lui faire connaître, même un bref instant, la notion de bonheur. Ou plutôt, l’idée de que je m’en suis faite… Mon bonheur ayant disparu il y a tant d’années…

Je sens en cette femme une force incroyable. Mais si cette force fait d’elle une femme intéressante et ô combien impressionnante, elle en fait aussi une personnalité sauvage et très difficile à canaliser. Si je tentais d’accaparer son esprit et de fouiller dans ses souvenirs, je suis sûr que cela m’enverrait au tapis en un quart de seconde. Et déjà je la sens lutter, avec efficacité d’ailleurs, contre la télépathie et cette notion difficile qu’est le laisser aller.

Puis, sans crier gare, elle agit. L’illusion imparfaite lui mit la puce à l’oreille. Elle sursaute, se redresse, se redresse, se retourne et me fait désormais face. Son regard est dirigé droit vers moi. Je me sens totalement mise à nue, comme si rien, absolument rien, ne me protégeait plus dorénavant. Elle arbore une mine sérieuse mais sans sévérité. Pourtant je distingue une pointe de déception, la même que celle décelée dans son esprit. Ce petit jeu à assez duré pour elle, il fallait faire tomber les masques. Quelle tête je dois faire… A peine la vis-je se retourner vers moi que je sentis mon cœur s’emballer dans ma poitrine. Un frisson parcourut mon échine, provoquant quelques sueurs froides désagréables. Presque aussitôt, mes yeux s’écarquillèrent dévoilant deux iris couleur émeraude, creusant mes cernes et déformant mon visage. Mon état de fatigue et la surprise sont tels que je laisse ma mâchoire tomber, entrouvrant mes lèvres gercées par l’iode marin sans qu’aucun mot ni aucun son ne s’en échappent pour autant. Elle est là, devant moi, en forme et visiblement rompue à une vie difficile et je me trouve face à elle, à genoux, dans une posture pathétique reflétant toute ma faiblesse. Si elle le voulait, elle pourrait me balayer sans difficulté. Je suis… Je suis à sa merci et cela m’effraye au plus haut point.

Et pourtant la voilà qui perd sa mine sérieuse et qui se rassoit à son tour en tailleur. Elle n’est plus menaçante, bien qu’elle soit toujours une menace dans mon esprit. D’aucun dirait que pour un oisillon, le monde entier est une menace, alors une de plus ou une de moins…
- - Encore une fois, je n'ai qu'une parole, je ne te ferais aucun mal. Alors s'il te plaît arrêtons les illusions.

Je hoche instinctivement la tête vers ma gauche lorsqu’elle utilise le mot illusion. Pour une païenne totalement éloignée de la magie de ce monde, elle sait tout de même ce qu’est une illusion. Profane, mais pas pour autant inculte. Et je me rappelle également l’intérêt qu’elle avait porté à mon peuple et à ma magie. Une païenne, curieuse, dénuée d’animosité. Que les Architectes soient loués, de me permettre d’éclaircir les yeux d’une âme depuis trop longtemps enfermée dans un carcan de technologie. D’ailleurs, en parlant de technologie, j’espère qu’elle n’en porte pas sur elle, je serais incapable de faire face aux maux provoqués par ces outils maudits des Architectes. Dans cet état, la moindre nausée risquerait fortement de me mettre chao…
- - Tu m'as l'air complètement affaiblie. Je ne m'en serrai jamais douter si je ne me trouvais pas en face de toi à l'instant. Écoute, tu ne peux clairement pas rester dans un état pareil. Je te propose un marché. Je vais se voir te laisser pour la journée car je suis attendue et déjà très en retard. En somme je suis dans de beaux draps. Mais peu importe, tu m'as l'air fatiguée et affamée. Je te propose de te ramener à manger et de quoi dormir cette nuit. Histoire que tu reprennes des forces, ensuite je te dirais combien de bateaux quitte ce continent d'ici la fin de semaine, à toi de voir si tu désires quitter cette terre et ce peuple qui n'est pas le tien. En échange je veux simplement des informations sur cette magie que tu sembles maîtriser et sur ton peuple qui me semble bien différent de ce que nous dépeignent nos livres d'histoire. Marché conclu ?

Elle me tend la main… Elle me tend la main ? Comment pouvait-on passer de la froideur à la chaleur humaine ? Elle me surprend de plus en plus et cela n’est pas une illusion. Mais je suis si fatiguée… Le soleil de Zochlom ne suffit plus à me réchauffer et déjà je grelotte. Est-ce uniquement la fatigue ou aussi la peur ? Je suis envahie de doute, de craintes et de terreur. Instinctivement, je me refermais sur moi-même lorsque je vie la demoiselle s’approcher de moi. Mes mains quittèrent mes cuisses et se placèrent presque malgré moi contre ma poitrine, mes coudes se rapprochant de mon corps, armure de soie face à une femme d’acier. Ma tête se baisse légèrement, mes sourcils se froncent et je me bascule en arrière dans un mouvement de retrait terrifié. Une enfant battue face à une menace potentielle. Et en plus de ça, j’ai froid, j’ai faim, j’ai soif et je suis exténuée.

Je baisse alors la tête, mon menton touchant presque ma poitrine. Mes cheveux acajou tombent alors devant mon visage, masquant mes yeux et mes traits tirés. Le reste de mes cheveux suit la trajectoire et tombent bientôt entre mes bras, délaissant ma nuque et mon dos. Ma robe de couleur blanc nacré tâchée par endroits recueille une larme qui avait quitté mes paupières sans que je ne m’en rende compte. Les nerfs lâchent face à la peur et la fatigue, sans doute…

Je n’ose ni me lever, ni même seulement bouger. Je reste là, face à elle, recroquevillée sur moi-même, mon corps se mouvant au rythme de mes respirations profondes et de mes expirations saccadées. Je n’en peux plus.
- -Ainsi soit-il Dis-je de ma propre voix, une voix fluette, typiquement féminine bien que très faible.

Architectes, aidez-moi.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Lillith Shaw
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Dim 5 Aoû - 2:05
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Lillith ne pensait clairement pas que cette jeune fille accepterait aussi facilement. Elle ne pensait pas non plus l'effrayer à ce point-là, mais ne s'en plaindrait pas. Elle aimait créer toute sorte de réaction chez les personnes qu'elle venait à rencontrer. Même si la peur n'était pas la première en haut de sa liste, préférant imposer le respect, étendre son pouvoir autant par séduction que par intelligence et stratégie, elle ferait avec. Cela lui donnait une position de pouvoir et Dieu qu'elle aimait cela. Ainsi soit-il, avait-elle dit et bien Lillith hocha la tête et se mit à sourire plus de satisfaction que de gentillesse. La violence et la peur ne font pas tout et ici en est la preuve, parfois il suffit simplement d'être douée d'intelligence et d'un minimum de jugeote. Si la jeune pirate avait fait preuve de violence, la jeune femme se serait probablement enfuie et jamais elle n'aurait eu la chance de vivre telle expérience et d'apprendre de si précieuses futures informations. Satisfaite, elle se releva, doucement ne voulant pas effrayer son interlocutrice. La rousse remit ses cheveux en ordre et fixa le ciel. Au vu de la hauteur du soleil, elle avait un sacré retard. Elle allait avoir de sérieux problèmes si elle n'y allait pas maintenant.

- Je vais devoir te demander de m'excuser, je suis vraiment en retard maintenant et je risque gros. Je te retrouve ici dans la nuit. Quand j'aurais la voie libre pour quitter le navire sans attirer l'attention de personne. Je reviendrais avec la nourriture promise et sûrement de quoi boire. Du rhum pour moi et sûrement de l'eau pour toi.

Elle examina la jeune brune, certainement pas en état de boire de l'alcool, si jamais elle en buvait. Petit détail dont doutait Lillith. Elle n'avait clairement pas l'air d'être du genre à boire des boissons fortes, du moins à première vue. Mais pour sûre avec une telle personne, les apparences étaient effectivement trompeuses et pouvaient vous jouer de sacrés tours. La rouquine secoua la tête, il "tait clairement plus que temps de se mettre en route ! Elle siffla donc et une monture accourra vers elle, semblant sortir de nulle part. La jeune pirate n'hésita pas un instant et grimpa avant de talonner sa monture afin de partir le plus rapidement possible. Un dernier regard à la jeune femme maintenant redevenue silhouette puis elle se concentra sur ce qui avait devant elle.




ellipse de temps. Voir le rp suivant : PV  Pedro (-18)




Après une journée à s'occuper des tâches ménagères du Red Pearl et être condamné à dormir en vigie, Lilith était plus qu'heureuse de retrouver sa monture. Elle avait attendu que tous tombe de sommeil et avec le repas qu'elle leur avait préparé, cela ne fut pas très long. La jeune pirate avait réussi à garder de quoi manger et boire pour la jeune brune. Plutôt fière, elle avait aussi, après avoir discuté avec certains membres de son propre équipage, trouvé les informations recherchées. Trois bateaux marchands partaient aux larges des côtes le lendemain. Elle grimpa sur sa monture et celle-ci n'attendit pas avant de prendre la route. Et voilà qu'en quelques minutes elle atteint le lieu qu'elle avait subitement quitté quelques heures plus tôt. De nuit, celui-ci semblait plus tranquille mais aussi plus angoissant. Son tricorne vissé sur sa tête et son manteau  sur les épaules, Lillith avait une différente allure que ce matin. Elle descendit de son destrier et se dirigea vers le haut du rocher. Un sac à bandoulière et armée elle s’assied face à la mer. Inspirant l'air marin, profitant d'une légère bise fraîche.

- Je sais que tu es dans le coin, enfin du moins je l'espère. Je ne suis pas fan de rater mon sommeil bien mérité pour rien. Lillith soupira, exténuée, sa journée avait été longue et éprouvante. Tu sais je n'ai pas toute la nuit , je ne te ferais aucun mal. Les armes c'était simplement pour le port. On ne sait jamais sur qui on tombe là-bas. Tu sais, rapport aux bandits et aux pirates. Dit-elle sur le ton de l'ironie.

Son langage était moins fleuri et les répétitions, de certains mots, nombreuses, signe de fatigue profonde. Un long soupire échappa ses lèvres alors qu'elle déposait le sac contenant la nourriture assez loin d'elle puis elle prit la gourde de rhum. Elle prit une grande gorgée avant de s'allonger sur le sol. Elle observait le ciel, attendant le moindre signe de l'appart de l'inconnue. Elle serait un peu déçue de ne pas la revoir mais pas étonnée non plus. Elle prit une autre gorgée, à sa place elle aurait fui.

- Alors et ma petite histoire pour m'endormir, elle arrive ?

Sa monture traînait non loin d'elle, profitant de la nuit naissante. Tout était silencieux, c'était agréable. Elle n'avait presque pas envie de retourner dormir sur le Red Pearl mais elle n'avait pas le choix. Elle soupira en pensant à la vigie. Elle détestait ce fichu Capitaine et ses punitions à la con. Un autre soupire puis elle ferma les yeux, sans pour autant s'endormir.




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
La force n'intervient qu'en seconde place, elle n'est à utiliser quand dernier recours.
Car trop en abuser est un signe de faiblesse.

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Laurelin
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Mer 8 Aoû - 19:46
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La tête baissée, agenouillée, le visage caché par mes longs cheveux acajou ondulant comme autant de vagues, je n’ose plus bouger et encore moins parler. Je l’entends me répondre, m’indiquer ce qu’elle a prévue de faire et comment elle compte le faire et renouveler sa promesse. Je ne réponds pas. A vrai dire, je ne pourrais même pas répondre même si je le voulais je suis comme… Figée. Puis j’entend un sifflement puissant et surprenant. Un autre bruit arriva alors, celui d’une monture arrivant à grande vitesse vers son maître avant de repartir, tout aussi rapidement.

Je suis à nouveau seule. Bien que je n’ose encore rien faire, je sens qu’il n’y a plus personne autour de moi. Seuls les embruns iodés fouettent mon visage, sifflants dans mes oreilles comme autant de gazouillis d’oiseaux. En parlant d’oiseaux, j’en entends quelques-uns autour de moi mais ils sont facilement caractérisables : des mouettes. Leurs chants caractéristiques ressemblent à une musique facilement désagréable bien que typique de ce paysage marin. Je suis seule, j’en suis sûr. Je risque un regard d’un œil à moitié clos, puis totalement ouvert. J’ouvre l’autre œil, et voilà que le paysage que j’observe depuis deux jours se déploi sous mes yeux fatigués, et j’ai confirmation. Je suis seule, encore une fois. Alors je me relève, je marche les quelques mètres qui me séparent du bord de la falaise et je me rassoie en tailleur, mon regard se perdant de nouveau dans les flots et les tumultes de la mer s’étendant à perte de vue devant moi, mes pensées filant à mesure que je rêvasse devant cette étendue bleutée. Je suis si las, si fatiguée. Très vite, je n’arrive même plus à réfléchir ni même à rêvasser. Les minutes s’égrènent lentement, tant et si bien que les flots et remous de cette mer m’hypnotisent et je sombre bientôt dans un sommeil profond, le sommeil d’une personne qui n’avait plus connu la paix depuis longtemps, bien trop longtemps.

Ce sommeil ne fut ni agréable ni réellement reposant. Tomber de fatigue là où vous vous trouvez, il y a mieux tout de même. Le sol était agréable tant que j’étais assise, mais dans la position dans laquelle j’étais, je m’étais réveillée courbaturée, endolorie et engourdie. Quelle sensation désagréable que celle qui vous étreint après une sieste profonde. Maux de têtes, désorientation, confusion… L’espace de quelques instants, je ne sais plus où je suis, ni quel jour nous sommes… Complétement groggy, je suis comme les fleurs qui frissonnent d’un hiver ô combien glacial. Les embruns sont revigorants mais le froid de la nuit qui tombe me donne des frissons. Un froid tout à fait relatif lorsqu’on voit les températures de ces jours d’été. Peut-être qu’une fois remise sur pied et un peu plus dégourdie, ce froid provoqué par la fatigue s’estompera de lui-même. Et soudain, les nuages s’écartent, la vue devient plus claire et les rayons du soleil couchant baignent cet espace de terre isolée, réchauffant mon corps et mon âme, me redonnant des forces et adoucissant mes pensées. Je demeure là, les yeux fermés face à ce dernier bain de lumière ô combien propice, appréciant chaque seconde de ce cadeau béni des Architectes.

Puis reviennent les bruits de monture depuis le lointain, s’approchant irrémédiablement alors que vient la nuit. Ce doit être la demoiselle de ce matin, tiendrait-elle promesse ? Je suis surprise, réellement surprise. Je ne pensais pas qu’elle tiendrait parole et encore moins qu’elle serait… Ponctuelle. Pourtant, je ne suis pas rassurée, pas du tout même. Revient-elle seule ou accompagnée ? Armée ? Animée d’intentions malsaines que sa vie éloignée du « droit chemin » lui insuffle ? Est-elle un danger cette fois, comparée à ce matin ?

Je veux fuir. Je veux m’en aller loin de cet endroit pour ne plus jamais y revenir. Voilà deux jours que je me perds à rêver, les yeux braqués sur cette mer animée par les vents et les flots, et à repenser à ces instants horribles qui avaient déchirés ma vie tant d’années auparavant. Là, dans ces eaux, moururent ma mère et mes sœurs, condamnées par la folie guerrière d’une flotte païenne. Et là, sur ces rivages, ma vie allait peut-être finir ? Anéantie par une païenne à mon tour ? Une partie de moi aimerait que tout se termine, et une autre, désir ardemment fuir et se sauver. Cruelle dualité qui déchire mon cœur et mon âme tous les jours depuis ce jour maudit. Fuir ou rester, vivre ou mourir, aider ou m’exiler.

Les bruits s’approchent et finalement je distingue la silhouette d’une monture et d’un cavalier. C’est elle. Alors, dans un geste presque devenu réflexe, je m’entoure d’une aura invisible, me cachant à ses yeux lorsqu’elle serait suffisamment proche pour être illusionnée. Et cela fonctionne, de toute évidence. Elle s’approche, descend de sa monture et s’approche de l’endroit où elle et moi étions précisément il y a quelques heures. Elle porte un tricorne vissé sur sa tête et un large et long manteau sombre lui donnant un air impressionnant et également terrifiant. Elle est armée et équipée d’un sac, notamment. Moi ? Je suis là, à quelques mètres d’elle et je ne bouge absolument plus. Elle doit être dépitée, je le sens.
- Je sais que tu es dans le coin, enfin du moins je l'espère. Je ne suis pas fan de rater mon sommeil bien mérité pour rien. Tu sais je n'ai pas toute la nuit, je ne te ferais aucun mal. Les armes c'était simplement pour le port. On ne sait jamais sur qui on tombe là-bas. Tu sais, rapport aux bandits et aux pirates.

Hum… Oui, d’accord. Ayant voyagé partout dans le monde, je connais les ports et les quartiers sombres dans lesquels se regroupent les mafias et la pègre. Si elle vient effectivement d’un de ces quartiers, et au vu de son accoutrement j’ai tendance à la croire, elle a effectivement besoin de protection. Une femme doit toujours faire attention dans ce monde où le masculin prédomine. Ses paroles se ponctuent d’un long soupir, signe d’une profonde fatigue. Elle jette le sac à quelques mètres d’elle. Elle ne le sait pas, mais le sac vient d’atterrir exactement à mes pieds, alors que je suis assise en tailleur. Il y a bel et bien de la nourriture et pas en petite quantité. L’odeur du pain, de la viande et autres condiments remonte à mes narines qui hument presque malgré moi se prémisse d’un repas appétissant. Mon ventre, qui s’était calmé depuis quelques heures, cri de nouveau famine, réveillé par toutes ces saveurs odorantes. Elle ? Elle prend une grande rasade de rhum dont la senteur parvient jusqu’à mes narines, l’alcool me brulant quelque peu. Je ne suis pas une habituée de ce genre de boissons, que je ne consomme que dans de rares, très rares occasions. Puis elle s’allonge, profitant de ce paysage nocturne où étoiles et autres constellations scintillent, formant un paysage idyllique que je ne connais que trop bien.
- Alors et ma petite histoire pour m'endormir, elle arrive ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne perdait pas le Nord, elle. Elle était revenue avec la nourriture et elle attendait sa compensation, visiblement méritée. Comment faire pour lui raconter ce qu’elle veut savoir ? Comment dépeindre la magie des Architectes sans utiliser ma propre magie ? Je suis trop faible pour lui faire vivre une illusion magnifique et elle semble trop fermée à cette idée. Lui raconter une simple histoire faite de mots et de ponctuations ? Trop basique… Trop mou… Elle s’attend certainement à mieux, non ?
Alors je me rends de nouveau visible et la disparition de cette illusion me soulage en un sens, je suis trop fatiguée pour y penser constamment. Au moins, je suis libérée de ce poids et cela me soulage.
- Merci pour la nourriture Dis-je simplement de ma voix douce et sucrée, presque enfantine, afin de capter son attention. Tu as tenue parole, je tiendrai également la mienne. Pose-moi toutes les questions que tu désir, je te répondrais en détail, je te le jure. Dis-je une nouvelle fois, cherchant à la rassurer. Mais pour ce faire, il faudra plus que des mots et une histoire, il faut que je te fasse vivre ce récit, et pour cela, il faut utiliser la magie. J’ai besoin de force Terminais-je enfin, afin de la préparer à une légère attente le temps que je puisse reprendre des forces.

Je prends quelques minutes pour manger la salade préparée sans accompagnement. Puis vient le tour du plat, fait d’une viande assaisonnée et encore chaude, de féculents et de légumes. Les navires à quai regorgent souvent de bons petits plats. La quantité et la qualité diminue d’autant que le nombre de jours en mer augmente, logique. Je dois m’estimer chanceuse. Et, pour être honnête… Si elle n’était pas venue à moi et n’avait pas tenue parole, je serais restée encore longtemps ici, perchée sur les hauts de falaises, sans boire ni manger ni dormir. Je n’aurais pas fait long feu à ce train là alors… Oui, je dois m’estimer chanceuse. Le repas n’est ni frugal ni copieux mais juste ce qu’il faut pour un ventre affamé et vide depuis bien trop longtemps. Je mange presque tout, laissant de quoi faire un futur petit repas, et je suis repue. Je sens déjà l’apport de nourriture faire le plus grand bien à mon corps affaibli. Mon teint reprend des couleurs, je sens mes muscles qui reprenne leur force et leur motricité, et je sens déjà que mon corps réagit positivement à cette arrivée de nutriments et de sucre. Je me sens mieux, j’ai mangé, j’ai bu et j’ai pu dormir un peu, grâce à elle. Je compte bien tenir ma promesse.
- Que veux-tu savoir ? Et comment veux-tu le savoir ? Demandais-je enfin après mon repas, sur un ton doux mais également empreint d’une touche mystérieuse.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Lillith Shaw
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Jeu 9 Aoû - 11:42
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Profession : Pirate
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Après avoir réclamé sa dernière requête, Lillith reprend une gorgée de rhum, persuadée à présent d'être seule. La rouquine se relève donc légèrement retrouvant une position assise face à l'océan et reprend à boire. Est-ce qu'elle est déçue ? Oui. Aurait-elle dû s'y attendre ? Probablement voilà ce qu'elle s'était mise à penser avant de s'étouffer soudainement dans un sur sottement assez impressionnant. Le liquide encore présent dans sa gorge, ressort de façon peu maniérée. Un rire nerveux s'échappe de ses lèvres alors qu'elle essuie son menton. Dieu qu'elle lui a foutu la frousse, un peu plus et la pirate faisait une crise cardiaque. Cette pensée la fit rire un peu plus, "Nan mais elle n'a aucune idée de ce qu'elle vient de faire en plus ?". Lillith examine la brune alors qu'elle part dans un court monologue tout en mangeant de bon cœur son repas.

- Il va vraiment falloir que tu arrêtes de faire ça. Ce genre de je disparais, j’apparais c'est flippant ! Tu m'as foutu la peur de ma vie.

Dans un long et bruyant soupire, la jeune pirate se rallonge. Puis sans rien dire elle pense à ce qu'elle pourrait bien demander à la brune. Déjà d'où lui vient réellement ses capacités . Est-ce que tout le monde a les mêmes ? Nan parce que si elle veut aller conquérir de nouveaux territoires va falloir qu'elle sache quels genres de villageois ou d'ennemis elle affrontera. Lillith retire son tricorne et le pause sur sa poitrine alors qu'elle observe les étoiles. A t'elle des remords à se servir de cette personne ? Non. Après tout elle pouvait bien lui mentir elle aussi et simplement profiter de la nourriture tout en lui délivrant de fausses réponses. Puis soudain une idée lui vint et elle sourit énigmatiquement. Savourant la brise qui lui caresse le visage et la baisse de température, elle décide de laisser le temps à la brune de finir son repas. En premier temps elle chercherait à apprendre son identité, ensuite elle attaquerait un autre sujet plus intéressant selon elle. Si un jour la jeune rousse venait à former son propre équipage, elle souhaiterait être entourée d'une personne avec ce genre d'habilités. Ainsi contre très bonne rémunération, cette personne serait ses yeux, ses oreilles et sa quatrième lame. Elle créerait un équipage hybride, entre païens et croyants. Machine et magie réunis, personne ne pourrait se dresser sur son chemin. Et si jamais elle ne retrouverait pas sa liberté, elle en ferait part à son Capitaine. Ainsi à eux la gloire, le pouvoir et la richesse. Le plan parfait !

- Je ne sais même plus si je te l'ai dit mais depuis quelques heures on m'appel la veuve noire. Les pirates aiment bien les surnoms, c'est leur petit côté théâtral, mais leur dit pas que j'ai dit ça où je vais me faire marché dessus. Maintenant que tu connais mon identité complète, je peux connaître la tienne, je veux dire, ta vraie identité ?

Comme pour démontrer de sa bonne foi, la rouquine tendit lentement et prudemment la main vers son interlocutrice, ne voulant surtout pas l'effrayer. En ayant décliné son identité complète, elle s'assurait que la brune se souvienne d'elle. Et elle en demandant l'identité réelle de la brune, car elle était persuadée qu'elle lui avait menti quelques heures plus tôt, elle s'assurait de retenir son prénom. On ne sait jamais ce que l'avenir à prévu pour nous, qui sait ? Si aujourd'hui elles sont en bons termes demain elles seront peut-être les pires ennemis que cette terre est portée. Mais pour le moment ce n'était pas le cas et Lillith avait des informations à grappiller sous le cachet de la curiosité. Ainsi elle poursuivit son petit bout de chemin mental à voix haute.

- Dit moi, chez toi tout le monde dispose des mêmes habilitées ? Vous êtes tous des utopistes croyants . Sans vouloir t'offenser. Je veux dire, y a forcément des détracteurs, des hors-la-loi non ? À moins que l'on soit ceux qui remplissent ce rôle... Mais ça me paraît tiré par les cheveux, on est deux sociétés bien différentes et chaque société à des citoyens pour briser les règles, non ?

Il était inconcevable pour la jeune pirate que la réponse contredise ses propres pensées. Ils ne pouvaient absolument pas tous êtres des croyants utopistes. Du moins elle l'espérait, elle avait besoin de personne comme la brune dans son futur afin de réaliser ses propres désirs qu'en bien même elle utiliserait la position de son Capitaine pour cela. La rouquine soupira bruyamment avant de boire une énième gorgée de rhum. Décidément cette rencontre allait dans tous les cas changer son futur.




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
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Laurelin
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Lun 13 Aoû - 21:45
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Je n’avais pas prévu de lui faire peur à ce point. Elle manqua de s’étouffer avec son précieux liquide ambrer à l’odeur si forte mais elle rit tout de suite après, cette expérience étant, visiblement, risible pour elle. Elle n’appréciait apparemment pas mes facultés, tout du moins celles qui me permettaient de disparaître à ses yeux et d’apparaître à volonté sans qu’elle n’y soit préparée. Décidément, je dois être une véritable curiosité pour elle, et tout cela doit la mettre mal à l’aise ou du moins la déstabiliser. Elle fut bonne avec moi. Elle avait tenu parole. Elle n’avait jamais cherché à s’en prendre à moi, elle ne me menaça à aucun moment et surtout, elle avait effectivement apporté la nourriture promise. La seule chose que je lui reprochais était d’être armée de cette… Technologie qui provoquait nausées et vomissement chez tous les mages. D’ailleurs, la vue de cette arme provoquait la même chose chez moi. Quelques haut-le-cœur, certes, mais surtout d’effroyables maux de têtes. J’étais rassasiée, mais cette Technologie païenne continuait à provoquer chez moi ces sensations désagréables et horribles. J’étais rassasiée, je sentais mon corps qui allait bien mieux. Le taux de sucre remontait, je sentais mes muscles se ressaisir, mon esprit s’éclaircir et, telle une renaissance, je me sentais vivante à nouveau.
- Eloigne cette arme païenne s’il te plait, sa présence provoque bien des effets désagréable.

La demande est moins douce, plus sèche qu’à l’accoutumé mais cette arme païenne est réellement déstabilisante et je m’en voudrais de vomir mon repas à cause de cette invention maudite. La demoiselle, elle, s’en accommode bien. Couchée au sol, la tête plongée dans les étoiles, une boisson qu’elle semble apprécier à la main, autant dire qu’elle était comme un coq en pâte.

Mais sa curiosité était inassouvie. Comment pouvait-elle l’être, je n’avais encore pas répondu à une seule de ses questions. Elle en avait visiblement toute une pléthore à proposer. Elle pensait que je lui avais menti ce matin, au vu de cette dernière phrase prononcée avec un ton on-ne-peut-plus sérieux, et je ne peux l’en blâmer. Après tout, je ne lui avais jamais dis qui j’étais réellement. Elle venait de marquer un point, je connaissais son identité complète, j’étais rassasiée grâce à elle… Je lui devais bien cela.
- On m’appelle « la fille aux milles lucioles » mais ma famille… un frisson parcours mon corps, humidifiant mes yeux qui manquèrent de faire échapper quelques larmes que j’éponge d’un revers de la manche. … Ma famille me nomma… Je… Laurelin… Je m’appelle Laurelin dis-je enfin, troublée par cette révélation que je ne garde que pour moi d’habitude.

Je ne parle jamais de ma famille, surtout pas à une inconnue païenne et aux mœurs à éviter, visiblement. Elle qui s’était écartée du droit chemin et qui, comme ses contemporains, jurait plus par la force de la poudre et de cette… Technologie que par le lien sacré qui nous uni aux Architectes, était la dernière personne au monde à qui me confier. Et pourtant, elle connaissait maintenant mon prénom, chose dont personne d’autre au monde pouvait se venter, si s’en venter pouvait rapporter quelque chose.
- Tous les enfants des Architectes détiennent des habiletés qui diffèrent en fonction de l’Architecte adoré. Chaque région est proche d’un Architecte en priorité, mais sa population peut aisément suivre un autre Architecte que celui qui prédomine en sa région. Il y a des criminels partout, bien que ceux provenant de vos contrées fassent plus de bruits que nos propres rebus de la société. Mais en chaque Homme se trouve le bien tout comme le mal, et le mal prédomine, malheureusement. Tu sembles avoir rencontré le mal plus souvent qu’à ton tour, n’est-ce pas ? Cette question n’appelle pas réellement une réponse tant je sais que sa vie est loin d’être faite de joie et de bonté.

J’élude volontairement la notion d’utopie. Pourquoi ? Je ne sais pas trop, peut-être parce que je sais que, si tous mes contemporains vénèrent leurs Architectes avec dévotion, tous ne le font pas autant que moi. Ou peut-être que si ? Je ne saurais le dire tant la vie avec mes concitoyens est… Inexistante, ou presque.
- Je t’avais parlé de magie, bien plus que de mots. Es-tu prête pour ce récit ?




La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
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Lillith Shaw
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Sam 18 Aoû - 23:42
Irys : 239955
Profession : Pirate
Daënar 0
La rouquine se contenta de soupirer alors qu'elle venait de finir sa boisson, puis elle tourna la tête, légèrement penchée, intriguée par la demande la brune. Serait-il possible que son arme cause quelques désagréments à son interlocutrice ? Serait-il le cas pour tous ses semblables ? Peut-être venait-elle de mettre le doigt sur quelque chose d’intéressant. Sans pour autant désirer faire fuir sa compagnie du soir, elle éloigna ses armes, tout en ayant dans l'idée de découvrir si ce qu'elle pensait était réellement fondé. Ainsi, la pirate prisa son silence pour poser une énième question.

- Sache que je garderais tout de même ces armes à porter, prudence est mère de sûreté. Cependant ta demande à soulever une question, mes armes auraient-elles quelconques effet néfaste sur ta personne sans pour autant te toucher, sans que je ne t'aie donnée de coups ?

Cela rendait Lillith perplexe, une telle chose était-elle réellement possible ? Si cela s’avérait être le cas, c'était un détail qu'elle ne pouvait se permettre d'oublier. Mais elle n'eu pas le temps de s'attacher à la réponse que lui donna la brune, puisque celle-ci sembla enchaînée sur son identité. Ainsi elle s'appelait Laurelin et on l'avait même pourvu d'un surnom, intéressant. La rouquine ne s'attacha pas aux bégaiements ni à la tristesse que pouvait démontrer Laurelin à cet instant, ne s'y montrant pas réceptive. Elle avait quitté sa famille par choix et avait même dérobé tout ce qu'elle pouvait en partant. La famille, mise à part son grand-père, elle n'y connaissait pas grand-chose. Elle n'était donc pas en position de comprendre ou de faire face à la douleur que semblait lui infliger ce concept. Elle resta donc silencieuse et écouta la suite du discours de son interlocutrice avec intérêt.

Lillith assimila les informations et comme elle le pensait toute civilisation avait ses renégats. Bien que selon elle, ils sont tout autant fanatiques. Ils doivent probablement adorer des "architectes" déviants, en soi la jeune pirate s'en foutait pas mal. Elle ne connaissait rien aux architectes et ne donnait que peu d'intérêt à quelques religions que ce soit. Elle écouta donc simplement, sans donner son avis, préférant le silence à la médisance. C'était une personne réfléchie avant d'être une opportuniste et cela lui permettait d'éviter de faire de trop grosses erreurs et la sauvait de bien des situations. Ici c'était le cas, ainsi elle évitait de brusquer la jeune magicienne et lui permettait d'obtenir plus d'informations. Elle choisit donc de simplement répondre à la prochaine question que la brune venait de lui poser. était-elle prête ? Oui car ceci lui serait fortement utile pour le futur. Cependant, celle qu'elle s'amuserait à appeler Luciole, devra faire vite car dans une heure tout au plus, Lillith lui fera ses adieux.

- Je suis tout ouïe mais avant que tu ne te lances dans ce récit, tu dois savoir que je n'aie plus qu'une heure devant moi. Le navire auquel j'appartiens depuis peu va lever l'ancre et je ne peux rater son départ. Maintenant que tu sais tout cela, je t'écoute, petite luciole, fait moi rêver.

Sur ces derniers mots, Lillith s'allongea paisiblement. En totale confiance et sachant ses armes a porté, elle se permit même de fermer les yeux en toute quiétude. Puis intérieurement, elle se promit une chose. Si son chemin venait à recroiser celui de cette femme, elle pourrait être sûr d'échapper à son épée. Ce petit bout de vie avait gagné son respect et elle ne désirait pas que quelque chose lui arrive en sa présence. Ainsi, la jeune pirate autant capable du pire que du meilleur avait tranché ici même. Choisissant le meilleur pour celle qui venait de commencer son récit.




Quand le chaos grondera, que le monde s’effondrera, il n'y à que deux armes qui te sauverons.
La parole et la force. Un bon dirigeant n'est-il finalement pas avant toute chose, un bon orateur ?
La force n'intervient qu'en seconde place, elle n'est à utiliser quand dernier recours.
Car trop en abuser est un signe de faiblesse.

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Laurelin
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Lun 27 Aoû - 21:27
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Je suis toujours assise aux côtés de la rouquine lorsque celle-ci s’allonge à nouveau pour que je la fasse rêver. Rêver ? Croyait-elle réellement qu’il s’agissait d’un rêve ? je ne suis pas une vulgaire hypnotiseuse ou une diseuse de bonne-aventure ! Mes pouvoirs sont réels et peuvent provoquer bien plus de dommages que ce que cette païenne peut deviner. S’en interroge-t-elle seulement ?

J’élude volontairement la question concernant les effets de « Technologie » sur mon organisme. Cette femme m’intrigue, certes, elle m’impressionne même. Mais dévoiler les faiblesses d’un peuple n’est pas chose intelligente. Elle qui, comme elle avait très bien su me le dire avant, était bien loin d’être de bonne famille, pourrait utiliser cette information contre mes semblables. Le ferait-elle réellement ? Après tout, ceux qui, jadis, avaient capturé ma famille, s’amusaient bien avec les effets provoqués par… « Technologie ».

J’avance vers en restant accroupie afin de toujours l’apercevoir et de ne pas prendre le risque de lui marcher dessus par accident. Je m’installe près d’elle et pousse un long et profond soupir alors que mes yeux se ferment doucement. Je passe machinalement ma main au-dessus de son visage. Dans de doux mouvements à moitié circulaires, je sonde son esprit. Le lien est toujours là, quelque-part et dès lors que je l’eus senti en mon esprit, je m’en saisis à nouveau et le renforce autant que possible. Mes forces nouvellement retrouvées m’aident grandement : je suis moins engourdie, mon esprit plus clair, mes idées fusent de nouveau. Il est maintenant temps de montrer à cette femme païenne éloignée des mœurs de ses ancêtres que « Technologie » ne pourra jamais, ô grand jamais, rivaliser avec les arts des Architectes. Que Khugatsaa soit béni pour ses dons infinis.
- Ne t’inquiète pas dis-je d’une voix douce alors que je place mes doigts autour de ses temps dans une douce caresse.

Doucement, l’esprit de cette femme aux cheveux de feu plonge dans une léthargie agréable qui ne se traduit pour elle que par un apaisement lent et profond, comme si tous ses muscles se détendaient subitement pour la rendre aussi calme et aussi paisible qu’un enfant venu au monde. Tout aussi doucement, la scène se dessine en son esprit. Mes nouvelles forces ne me permettent pas de réaliser des prouesses, aussi, je dois me montrer astucieuse et agir avec intelligence. La scène est sombre. Autour d’elle, il n’y a rien d’autre qu’elle et moi. C’est comme si tout était inexistant autour de nous. Une terre vierge de toute pousse et de toute végétation, sourde de tout bruits de faune ou d’une quelconque vie alentour. Rien qu’un sol aussi dur que la terre et aussi sombre que la nuit, ainsi qu’un ciel semblable à celui d’une nuit profonde sans aucune lune. Pourtant, cette obscurité n’est ni inquiétante ni aveuglante. La ligne de vue est dégagée sur des kilomètres à la ronde, bien qu’aucun relief ne vienne l’obstruer, comme si nous étions sur une terre vierge où tout est noir. C’est comme si rien n’existait autour de nous. Mais comment expliquer à cette païenne qui nous sommes et qui sont les Architectes, si ce n’est commencer par le commencement.
- Les Architectes commençais-je de ma voix douce et légèrement réverbérée sont pour les mages ce qu’une mère est pour un enfant. Une douce illusion suit mes mots, celle d’une mère tenant un enfant dans ses bras. L’illusion n’est pas travaillée. Point de détails sur les visages et les draperies, seulement deux formes grossières et vaporeuses mais suffisamment tangibles pour qu’on devine l’adulte et l’enfant. Ils sont la lumière dans les ténèbres, le réconfort dans l’adversité, l’amour dans la solitude, la joie dans la tristesse. L’illusion semble câliner l’enfant à mesure que je parle. Tels les parents vertueux de ce monde, ils créèrent absolument tout sur cette terre, y compris les Hommes. Et en retour de cet amour inconditionnel et de cette vie insufflée, les Hommes vouèrent leurs cœurs à ceux qui furent leurs créateurs. L’illusion dodeline, la mère embrasse son enfant qui l’enlace à son tour, avant de disparaître doucement. La vie, telle que nous la connaissons, est le fruit de la création des Architectes. Nous nous trouvons alors au-dessus d’un grand et vaste océan calme, les embruns fouettant le visage de la rouquine alors que tout autour de nous reprend vie et des couleurs. Nous, nous sommes juste au-dessus de l’eau, comme si nous pouvions marcher sur celle-ci sans qu’elle ne nous fasse couler ni ne nous mouille aucunement. Tout ce que tu aimes dans ta vie résulte de cela. Et pourtant, bien qu’autant d’entre nous se trouvent privés de souvenirs, c’est vous qui avez tout oublié. La scène disparaît, laissant place à un champ de bataille où des corps s’entremêlent, formes grossières et encore une fois vaporeuses étendues dans de grands champs verts teintés de gerbes rouge. Il y a bien longtemps, ceux qui furent vos aïeux rompirent ce lien sacré et se retournèrent contre leurs frères. Il en résultat des décennies de guerres, de morts et de haines qui laissèrent place à une rancœur à jamais vivace. A jamais, ceux de votre nation se souviendraient de leurs aïeux comme étant des brebis suivant aveuglément les codes dictés par des créatures hautaines et ô combien éloignées de leurs créations, tandis que ceux de mon peuple, eux, se souviendraient de vous comme de vulgaires apostats dégénérés. L’illusion s’étiole puis s’arrête doucement et nous revenons sur terre. J’éloigne mes mains avant de reprendre une position plus en hauteur et un peu plus éloignée de la demoiselle, afin de faire face à l’océan de nouveau, que l’on ne devine plus que grâce aux sons des vagues qui s’écrasent contre les flancs de la falaise et aux reflets des lunes sur la surface des eaux. Elle, elle doit être fatiguée, la même fatigue que l’on ressent après avoir obtenu un massage on-ne-peut-plus agréable et reposant. Moi, je suis de nouveau très fatiguée et je sens mon esprit s’embrumer quelque peu après tous ces efforts.  Et voilà où nous en sommes aujourd’hui. Deux nations ennemies, l’une cherchant à détruire l’autre, cette dernière cherchant à oublier la première.

Puis, le silence, presque pesant. J’ai dévoilé tout ce que je sais et tout ce qu’il m’était permit de dévoiler en ce jour. Les Architectes seuls savent si cela raisonnera dans l’esprit de cette païenne curieuse ou si tout cela sombrera dans sa mémoire comme sombre l’épave d’un navire battu par les flots.



La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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