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Chroniques d'Irydaë
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 Nuit noire

Mar'Guriel
Mar'Guriel
Nuit noire Empty
Nuit noire EmptyMer 11 Juil - 13:46
Irys : 54994
Profession : Champion du Conclave Gelé.
Daënar +1
[...]

Cœur en vrac, nœuds dans l’estomac. L’angoisse me sert la gorge, elle m’étrangle d’une poigne titanesque.

« - Alors, t’as quoi pour nous ? »

Quelques idées meurtrières, quelques réflexes de survie.

« - Notre clown n’a pas l’air très bavard ce soir, n’est-ce pas ? »

Je pourrais, mais malheureusement, mes forces s’occupent déjà de saboter mon propre corps. Mes muscles se mutinent, ils tétanisent à l’idée de perdre la vie ; ma main tremblotante pourrait se confondre avec celle d’un déchet en plein sevrage.  La sombre ruelle n’aide pas non plus, ses ombres m’attrapent les mollets et me lacèrent le visage. J’absorbe frénétiquement les quelques molécules d’oxygène, avant d’ouvrir la bouche et d’y laisser entrevoir mes dents de charogne.

« - De... de la poudre à canon. »

Les deux hommes arborent soudainement un sourire vicelard, un rictus qui pourrait en venir à s’ouvrir jusqu’à derrière les oreilles. Les émissaires du diable en personne, des hommes en manque de péchés. Ils sont là, plantés comme des poteaux. Ils n’attendent qu’une seule chose, la solution à leurs problèmes : du sable explosif.

« - T’en as sur toi là ? »

Ses consonnes affûtées m’empalent au muret qui m’sert de support, j’m’accroche tant bien que mal pour résister à un charisme déroutant. J’lève les yeux au ciel, la pluie commence à s’abattre sur mon visage. On n’fait jamais mieux dans une scène pleine de tension et de noirceur. Ouais, j’pose à nouveau mon regard sur les sabres émoussés de mes interlocuteurs. J’ai comme l’impression qu’un énorme malaise commence à prendre racine, qu’il enrobe nos corps comme du lierre grimpant. L’acier terni reflète mon visage, empli de stupéfaction.

« - C’est… ce n’est pas de la poudre à paillette sur la lame de vo… »
- Ahaha, n’essaie pas d’amener la discussion vers ce chemin sinueux…
- Ça risque de mal finir » - ajoute l’homme en retrait.

Les torches qui éclairent l’allée s’éteignent sauvagement, une à une. Le chasuble des deux racailles s’agite en parfaite harmonie, tel un drapeau en berne qui résiste à l’assaut d’une tempête vigoureuse. Les ténèbres engloutissent un festin de lumières, laissant nos ombres se fondre dans un bain funèbre. J’attrape discrètement, non sans mal, un de mes joujous ; profitant d’une retombée obscure, mon index enlace la gâchette de mon flingue à confettis.

« - …
- … »

Mon visage s’éclaircit, la pleine lune se reflète dans une flaque d’eau à proximité. Une lueur argentée se dégrade sur le fourreau métallique des deux inconnus, un son strident se frotte à un lourd silence. Putain. Les gouttes d’eau se fracassent sur l’estoc, elles ouvrent le bal à une symphonie cafardeuse.

Une seconde, un battement. Les ailes d’un corbeau s’entrechoquent, le tranchant d’une des épées vient se loger délicatement contre mon larynx. Une minute, une pression. C’est l’ultime avertissement avant le couperet final. Le stress monte, il m’embourbe dans mes propres mouvements. Il me paralyse dans ma frivole pensée, c’est le vide absolu. Il n’y a plus de temps pour la parole, le mutisme reflète l’impatience de mes agresseurs.

Sous l’effet de la peur, je me désarme, abandonnant mon arme à la pesanteur. D’une autre main, j’attrape une bonne grosse bourse de poudre à canon. Elle pèse beaucoup plus qu’à son habitude, ou peut-être est-ce le poids de mon bras, aucune foutue idée. Mes neurotransmetteurs cèdent à la pression, ils explosent. Je lâche l’objet de leur convoitise à leurs pieds, à l’abri des intempéries.
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