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Chroniques d'Irydaë
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 Une Quête épique [PV Asteria]

Raziel Harmony
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Ven 13 Juil - 16:52
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Il contemplait les rides de la mer. Derrière lui, dans des comportes pleines de terre fraîchement fumée, poussaient de petits arbres fruitiers qui déployaient leur floraison blanche et rose pâle. Dans des récipients plus réduits croissaient des plantes grimpantes aux bourgeons prêts à éclore. Les longues feuilles des oignons à fleurs pointaient tels des éclaireurs sortis vérifier la tiédeur de l’air. Dans certains pots n’apparaissaient que des tiges brunâtres et nues, mais la promesse était là, prête à se réaliser dès la venue de jours plus chauds. Disposés avec goût parmi les bacs, des statues se dressaient gracieusement et des bancs invitaient au délassement. Dans des lanternes, des bougies attendaient la douceur des soirées estivales pour éclairer l’obscurité de leur lueur délicate.

Le jeune homme admirait la beauté de ce jardin. Cette retraite haut perchée constituait un domaine paisible à l’abris des problèmes et du bruissement incessant de la ville. Il parcourut d’un pas agacé le chemin qui ceignait le jardin puis fis un effort sur lui-même et s’arrêtait : la jeune femme n’était pas en retard. C’était lui qui était en avance. Il ne pouvait lui reprocher que les minutes lui parussent interminables. En proie à un mélange d’exaltation et de réticence, il attendait la première rencontre avec Asteria Kate Fox, l’héritière de la famille Fox.

Nerveux, Raziel vérifia une nouvelle fois le contenu de sa sacoche. Le livre contenant le précieux renseignement y était, il y était déjà il y a dix minutes et il y serait encore dans dix minutes, mais le jeune homme ne pouvait s’empêcher d’être anxieux. Et si elle n’était pas telle qu’on le lui avait décrit ? Raziel était venu à Alexandria sans aucun domestique et il n’avait pas pris de quoi paraître convenablement en public. Il espérait qu’Asteria ne serait pas trop exigeante. Dès qu’il avait su ce que contenait le livre, il avait pensé à elle et lui avait fait porter un message. Celle-ci c’était montrée plus qu’enthousiaste par sa réponse et Raziel avait aussitôt fait route vers la capitale. Il en avait profité pour monter Prism pour la première fois. Ce dernier avait finalement fini par l’accepter et c’était donc à dos de Griffon que le jeune homme avait atteint la demeure familiale des fox. Ceux-ci étaient fort heureusement bien préparés pour recevoir leurs invités et disposaient d’écuries adaptées. Après avoir vérifié que sa monture était bien traitée, Raziel fut conduit au jardin de la tour en attendant l’héritière de la famille Fox.

Les deux jeunes gens auraient pu se rencontrer plus tôt si chacun avait fait l’effort de participer aux rencontres diplomatiques. Ce n’était pas le cas, et aucun n’avait l’intention de changer cette habitude.
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Asteria Kate Fox
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Dim 15 Juil - 13:47
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Asteria sortie la tête de la douche brûlante pour aviser le domestique qui était rentré dans la salle de bain, une pièce aussi grande que ses appartements, sans aucun doute. Le petit homme en costume se garda bien de poser les yeux autre part que sur le corps de la maîtresse de maison pour lui annoncer que son invité était arrivé en avance. A dos de griffon. Ce qui la surprit de prime abord. Elle connaissait les lubies du fils des Harmony, mais elle ne s’était pas douté qu’il n’était pas que question de science. La recherche du danger et de l’adrénaline faisait donc parti de lui, dans une certaine mesure. Ça lui plaisait. Malgré la mission qui les attendait, elle avait eu quelques inquiétudes à son propos. Les scientifiques étaient rarement audacieux et enclin au risque.

Elle renvoya le domestique avec ordre de conduire Raziel dans le jardin à ciel ouvert en attendant qu’elle se prépare. Elle ne s’était pas attendu à une arrivée si tôt. La journée de travail avait été quelque peu éprouvante pour l’héritière des Fox qui avait voyagé toute la journée dans les différentes usines de l’entreprise pour des inspections surprises. Une douche s’imposait donc malgré l’attente. L’eau claire avait remplacé la crasse sur sa peau laiteuse et après quelques minutes de repos bien mérité, elle décida de rejoindre ses appartements pour se préparer. Décidant de pas s’éterniser en préparations inutiles pour quelqu’un qui appréciait sans doute autant qu’elle le protocole, elle enfila un pantalon marron, des bottes et une chemise blanche. Ses cheveux furent coiffés en chignon serré et le tout la faisait plus ressembler à une femme des bas quartiers qu’autre chose. Sa prestance dénotait pourtant toujours avec splendeur.

Sur le chemin, Asteria tenta de calmer son excitation. Lorsque Raziel l’avait contacté, elle avait eu du mal à remettre un visage sur le nom des Harmony. Encore moins sur le fils de la dites famille, beaucoup plus discret qu’elle sur le plan de la scène politique. Mais le contenu de la lettre avait eu tôt fait de lui faire oublier tout de l’étiquette en vigueur. L’objet de la quête du scientifique avait réveillé tous ses instincts de chercheuse de trésor et de secrets. Elle était plus qu’impatiente de l’écouter de vive voix et sentait son coeur s’emballait à l’idée de ce qu’ils pourraient découvrir tous les deux.
Le jardin baignait dans la lueur orangée du crépuscule. Une atmosphère d’une douceur rare régnait sur l’exotique forêt artificielle, teinté de chants d’oiseaux nichés ça et là dans la plus grande quiétude. L’Astrale adorait cet endroit presque autant que son bureau. Elle avait l’impression d’être dans un autre monde. L’immense tour derrière elle, seule construction humaine visible, il ne restait qu’une vue à couper le souffle parmi la végétation et les fontaines. Elle rejoignit le jeune homme qui attendait avec impatience pour ne pas dire nervosité. Elle ne pouvait que le comprendre.
Monsieur Harmony, bienvenu au domaine des Fox. Je suis Asteria Fox, fille de Kate et Victor. C’est un plaisir de vous rencontrer.
Elle s’approcha en lui tendant la main. Avec son comportement et son allure, elle ressemblait plus à un homme. Mais la présence de rondeurs au niveau de sa poitrine et de courbes douces à ses hanches faisait défaut à cette impression. Tout en elle respirait la simplicité et la grâce, même avec quelques vêtements.
Je vous en prie, allons nous asseoir, dit-elle en désignant un des bancs au bord d’une mare dans laquelle baignait des nénuphars. J’apprécierai un peu de calme après cette journée. Et je suppose que vous aussi, compte tenu de votre moyen de locomotion. Et j’ai conscience qu’un tel environnement vous est plus agréable qu’un vieux bureau.

Elle alla s’installer tout en claquant deux fois des doigts, bien haut. Quelques secondes plus tard, une domestique aussi discrète que légère s’approcha des comparses. La détective encouragea son invité à commander ce qu’il désirait avant de commencer. Elle même demanda un thé à la mirabelle. Elle détailla ensuite Raziel avec plus de finesse. C’était la première fois qu’ils se rencontraient. Le jeune homme avait la fâcheuse tendance à s’esquiver de ses "devoirs" au jeu de la bourgeoisie. Ce qu’elle comprenait parfaitement. C’était donc une première pour elle de pouvoir jauger le biologiste.
Avez vous fait bon voyage ? commença-t-elle calmement. Je ne savais pas que vous utilisiez ce genre de créature dans vos déplacement. C’est une belle prouesse.


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Raziel Harmony
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Ven 10 Aoû - 14:11
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Enfin elle apparut : Asteria Kate Fox. Elle portait une tenue d’une simplicité étonnante pour quelqu’un de son rang. Tous ses mouvements étaient marqués par une grâce et une aisance si douces que Raziel paraissait maladroit en comparaison. Dans ce décor féérique, elle semblait plus à sa place que quiconque. Le jeune homme était surpris : telle qu’on le lui avait décrit, Asteria était une sauvage qui avait délaissé ses devoirs pour une vie plus brutale. C’était en tout cas ce que pensait son père. Telle qu’il la voyait désormais, la jeune femme ne pouvait correspondre à cette description. Elle s’approcha de lui d’un air confiant :

-Monsieur Harmony, bienvenu au domaine des Fox. Je suis Asteria Fox, fille de Kate et Victor. C’est un plaisir de vous rencontrer.


-Tout le plaisir est pour moi. Vous rencontrer est un honneur. Je vous remercie d’avoir accepté de me recevoir en un si bref délai.

-Je vous en prie, allons nous asseoir, dit-elle en désignant un des bancs au bord d’une mare dans laquelle baignait des nénuphars. J’apprécierai un peu de calme après cette journée. Et je suppose que vous aussi, compte tenu de votre moyen de locomotion. Et j’ai conscience qu’un tel environnement vous est plus agréable qu’un vieux bureau.

-Vous n’imaginez pas à quel point cela est vrai. Ce jardin est d’une beauté stupéfiante. En tant que botaniste, j’y reconnais un travail d’une qualité exceptionelle. Certaines de ces fleurs sont si rares qu’on ne peut les trouver qu’aux limites d’Als’kholyn.

Raziel aurait pu passer des heures à décrire les diverses plantes qui s’y trouvaient ou à discuter avec le responsable de l’organisation de ce jardin mais il ne voulait pas ennuyer la jeune femme dès leur première rencontre. Asteria claqua deux fois des doigts. Nombre de personnages importants agissaient ainsi pour donner des directives à certains domestiques et Raziel ne réagit pas. Asteria demanda un thé et le jeune homme fit de même.

-Avez-vous fait bon voyage ? commença Asteria calmement. Je ne savais pas que vous utilisiez ce genre de créature dans vos déplacements. C’est une belle prouesse.

-C’est la première fois que je monte ce Griffon. Je l’ai élevé moi-même et je suis heureux de voir qu’il m’accepte enfin comme cavalier. Savez-vous chevaucher un tel animal ? C’est plus facile que ça en a l’air. Contrairement à d’autres créatures, il n’est pas nécessaire de forcer pour incliner un Griffon à changer de direction. Il glisse sur l’air comme s’il ne pesait rien. De ce fait, mon voyage a été très agréable. J’avais peur de surestimer l’endurance de Prysm mais il paraissait à peine essoufflé lorsque je l’ai confié à vos domestiques. Dites-moi, comment se porte votre famille ?
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Asteria Kate Fox
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Ven 17 Aoû - 20:59
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Le regard de Raziel s’illuminait alors qu’il parlait. C’était quelque chose qu’elle avait pu reconnaître chez quelques scientifiques. Quand on les lançait sur le sujet de leur passion, ils devenaient intarissable. Plus que les politiques même. Elle se désolait quelques peu pour lui. Rare était les interlocuteurs prêt à lui accorder leur attention, elle n’en doutait pas. Et c’était une belle perte car cela faisait parti d’une connaissance qui n’atteignait pas son potentiel. Chaque information avait une valeur. Et plus les gens la recherchaient, plus elle pouvait en faire le commerce. Le problème avec la science était que personne ou presque ne pouvait l’utiliser. Elle était réservée à une élite qui passait des années à étudier une discipline qui resterait retranscrite dans des livres bons à prendre la poussière. Elle n’avait rien contre elle, mais pour son commerce, l’intérêt était faible. Aussi, elle évitait le plus possible de «perdre son temps» en présence de scientifiques, du moins plus que nécessaire. Elle disposait d’une connaissance du monde supérieure à la normale, mais ça ne lui servait que dans l’optique de ses enquêtes. Pour le reste, elle laissait les autres s’en soucier.

Le bavardage passionné de Raziel était touchant, tant dans son approche dont il essayait d’écarter la composante scientifique que dans son enthousiasme enfantin. Asteria et Raziel semblait bien avoir vécu dans le même environnement. Tout deux nés de familles opulentes, et n’ayant eu de cesse de s’émanciper. Des enfants refusant de grandir et n’en faisant qu’à leur tête. Même s’ils avaient évolués de façon très différente. Asteria soupçonnait une certaine candeur chez son invité, qui l’avait depuis bien longtemps abandonné. Elle avait du faire face très tôt aux pressions de la société et aux menaces en tout genre, la vie dans les Astrales était loin d’être une partie de plaisir. Même si l’on voulait y échapper, on restait la proie politique et économique de quiconque avait du temps à perdre. Ce qui, ici, voulait dire beaucoup de monde. Elle avait donc été forcé à se comporter comme prédatrice à son tour, laissant sa propre gentillesse s’écouler entre ses doigts. Aujourd’hui, on la craignait en tant que femme d’affaire et gardienne de secrets. Nombres d’Astraux lui mangeait dans la main et elle devait avouer qu’elle aimait ça. La rentabilité, le pouvoir et les mystères. Voilà ce qu’elle était devenu. En de rares occasion comme maintenant, elle se demandait ce qu’elle serait devenu si elle avait été élevé dans un environnement comme celui de Raziel.

Ma mère possède une serre et un jardin plus privé, offra-t-elle enfin. Peut être trouverez vous votre bonheur, même si je doute que ses connaissances égale les vôtres. Elle s’en occupe plus par amour de la nature que par soif scientifique. Mais vous y trouverez des spécimens du monde entier.

La jeune femme posa son coude sur le dossier du banc afin de se masser la nuque. Quelques mèches de cheveux s’échappaient du chignon pour créer des cascades dorées aux reflets iridescents, frôlant la naissance de sa poitrine et de ses épaules légèrement musclées. Son regard se perdit sur les nénuphars. Elle évitait de trop parler de sa mère en temps normal. Non parce qu’elle la détestait, mais bien au contraire parce qu’elle l’aimait profondément. Katherine Fox était une femme très discrète à bien des égards. Quasiment absente sur le plan politique, rare étaient ceux pouvant attester avoir eu une quelconque conversation avec elle. Du moins parmi les Astraux. Elle était d’une douceur et d’une gentillesse dont Asteria n’avait jamais vu quelqu’un faire preuve. Tant qu’en ces lieux, elle en devenait un danger pour elle-même. Aussi, Asteria s’en tenait au strict minimum afin de faire oublier le plus possible son existence, surtout en compagnie de personnes influentes. Elle engagea la conversation tout naturellement sur la suite.
Non, je n’ai jamais chevauché de griffon ou tout autre animal céleste, d’ailleurs, glissa-t-elle amusée. Les animaux et moi faisons deux. J’ai beaucoup plus d’aisance avec la mécanique dont la prévisibilité me convient plus. Je suis en charge de mon propre aéronef depuis quelques années déjà. Mais je ne saurais dire lequel est le plus facile à dompter, l’animal ou la machine ?

Elle avait pourtant sa réponse bien tranchée en tête. Mais il n’était pas nécessaire de se lancer dans un débat stérile. Si manœuvrer un aéronef prenait plusieurs années, il en était sûrement de même pour le domptage. Et chacun avait ses affinités où il lui plaisait. Elle décida cependant d’éluder la question sur sa famille en la recentrant sur l’entreprise familiale.
L’entreprise Fox se porte à merveille pour tout vous dire. Nous venons tout juste de faire des visites de contrôle dans toutes nos usines en vue d’une restructuration majeure. Ce n’est habituellement pas mon travail, mais j’ai pensé pouvoir participé pour cette fois. En tant qu’héritière de la compagnie, cela montre aux ouvriers que nous sommes à leur écoute. Et vous, si je puis me permettre ? Je ne me tiens que peu informée des rumeurs venant du Tyorum ces temps-ci.

Le thé arriva, servi sur une petite porcelaine gravé d’or qui valait sûrement plus que le salaire de la domestique. Asteria la remercia avant de la renvoyer puis reporta son attention sur Raziel et sur sa sacoche qui devait contenir le sujet de sa venue. La politesse s’effaça devant les convenances et le protocol. Si la détective avait vraiment voulu des nouvelles de sa famille, elle n’aurait pas attendu sa venue pour s’en procurer. Ils étaient réunis aujourd’hui pour une raison et cette raison se trouvait dans se sac.
Entrons dans le vif du sujet, voulez-vous ?


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Raziel Harmony
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Sam 18 Aoû - 10:11
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Le plus facile à dompter entre l’animal et la machine ? Pour Raziel, il n’y avait pas vraiment de réponse concrète. Un aéronef de la première génération serait évidemment plus difficile à diriger qu’un Griffon, tout comme une machine moderne serait plus docile qu’un matar. Tout dépend du modèle et de la race. Raziel n’avait pas de choix à faire : les deux le passionnaient. Il envisageait d’ailleurs de s’acheter un aéronef malgré le prix exorbitant que cela représentait.
Lorsqu’Asteria lui demanda des nouvelles de sa famille, le jeune homme s’efforça d’être le plus précis possible, sans pour autant révéler d’informations sensibles. C’était plus difficile qu’il ne l’aurait cru : il y avait trop longtemps que Raziel ne s’était lui-même plus plongé dans cet univers de complot et de pouvoir. Lorsque le thé fut servi, Asteria demanda enfin à Raziel d’exposer la raison de cette visite. Le jeune homme se baissa vers elle :

-Ce que j’ai à vous révéler ne doit en aucun cas être connu d’autres que nous, je dois vous demander d’ordonner à vos domestiques de se retirer complétement. Excusez-moi ces précautions désagréables mais vous révéler une telle découverte est déjà dangereux, inutile de s’encombrer de témoins inutiles.

Lorsque le jeune homme fut certain que plus personne ne pouvait les écouter, il reprit :

-Vous ne regretterez pas de m’avoir accordé votre confiance. Voici l’objet de ma visite : ce livre est un des mystères de notre Monde. C’est le légendaire Atronos. Ce nom ne vous dit rien ? C’est normal car en vérité personne n’a réussi à en tirer quoi que ce soit d’intéressant jusqu’à maintenant. La raison pour laquelle il est si précieux, c’est qu’on date sa création à des milliers d’années, bien avant l’arrivée des hommes en Daënastre ! Selon certains, il est même la preuve de l’existence d’une civilisation antérieure aux hommes. En effet, tout au long de l’histoire, les hommes ont conservé une écriture commune qui, même si elles divergent selon les peuples, est facilement reconnaissable. C’est pour cette raison que quelques historiens ont annoncé que cet ouvrage est un vestige d’une civilisation antérieure. A mon avis, il pourrait tout aussi bien avoir été rédigé par un peuple de nomade sans affiliation avec d’autres communautés...

Raziel tentait d’expliquer l’importance de ce livre sans impliquer de termes techniques ou d’explications trop complexes. Asteria était une femme d’action, les vieux papiers n’étaient certainement pas sa passion.

-Mais je m’égare, le problème n’est pas là. Ce livre était conservé dans la section privée de la Grande Bibliothèque d’Alexandria auxquels n’ont accès que certains hauts dignitaires et les historiens les plus reconnus. J’ai vo... emprunté ce livre et réussit à en déchiffrer une partie. Comme je m’en doutais, les historiens que le gouvernement avait dépêchés sur cette affaire n’étaient qu’une bande d’ignorants. C’est pour cette raison qu’il avait été déclaré comme inutile. Le passage que j’ai traduit mentionne une arme mythique nommée l‘anneau de Möchlög. Enfin, ce n’est pas vraiment le nom exact, il est écrit “anneau du grand oiseau” mais j’imagine que cela désigne le symbole de Möchlög dans cette traduction. Bref, vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas ? J’ai besoin d’aide et pour une affaire comme celle-ci je dois rester discret. Pas question d’engager des mercenaires.
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Asteria Kate Fox
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Mer 22 Aoû - 17:13
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Asteria renvoya les domestiques alentours sans discuter avant  d’écouter le discours du fils Harmony. La culture de la confidentialité et du secret était une chose importante. Et elle tenait à garder l’exclusivité des informations qu’il allait lui transmettre.
Je ne savais pas que vous étiez également historien. Votre connaissance sur le sujet semble avancée. Mais détrompez vous, j’ai déjà entendu parler d’Atranos. De simple allusions tout au plus, personne n’y porte vraiment attention, car comme vous le dites, il avait été déclaré comme absurdités. Aussi je ne suis pas vraiment familière avec le sujet, mais ça ne m’est pas complètement inconnu. L’existence d’une civilisation antérieure aux humains n’est pas vraiment une surprise. Les Urans étaient là bien avant les premiers humains. Vous ne pensez pas qu’il puisse s’agir d’une de leurs oeuvres ? Je vois mal un peuple de nomade rester isolé de tout autre civilisations pendant des millénaires. Mais je suis loin d’être une experte.

L’anthropologie était de toute façon loin d’être un domaine qu’elle portait dans son coeur. Elle préférait amplement plus la manipulation des masses à leur compréhension. Même si, naturellement, l’un n’allait pas sans l’autre. À moins d’une intervention des architectes dans ce but précis, elle ne voyait rien qui pouvait valider cette théorie… Se pourrait-il qu’une civilisation antérieurs aux my’trans ait pu exister ? Cela changerait bien des choses dans la compréhension du monde, mais également dans celle du fonctionnement des architectes. Il devait bien y’avoir une raison pour laquelle les my’trans oubliaient leurs morts… S’ils parvenaient à percer le secret de ce mystère, les conséquences seraient imprévisibles. La valeur de cette connaissance serait prodigieuse…

Je vous imaginais encore moins des talents de voleur, s’amusa-t-elle. Ne vous en faites pas, je considère qu’il n’y a pas de prix pour accéder à la connaissance. Et vous avez définitivement piqué ma curiosité. Pour ce qui est de cet anneau, vous pensez qu’il puisse s’agir d’un artefact doté de pouvoirs ? Que dit de plus votre ouvrage ? Avez vous réussi à déchiffrer d’autres passages ? Je pourrais peut être consulter mon réseau d’information pour cette enquête…

Asteria se perdit en réflexions pendant quelques minutes en observant le calme du jardin. Le thé avait été consommé et faisait travailler ses méninges. Cette enquête avait tout pour être passionnante. Un livre gardé secret, volé puis déchiffrer en mettant au clair des informations inédites sur une civilisation oubliée ? Quoi de mieux pour faire bondir son coeur d’Astrale en quête d’aventures !
Si l’on veut en découvrir plus sur cette théorie, le mieux est peut être d’accéder à ces parties spéciales de la bibliothèque d’Alexandria. Si vous n’avez pas écumé l’endroit, je peux nous fournir un accès un peu plus privilégié. Pas forcément légal, mais j’ai cru comprendre que vous n’y voyez aucun inconvénient. Dites moi si vous avez une autre piste.


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Raziel Harmony
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Ven 24 Aoû - 23:31
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Raziel afficha une mine surprise lorsqu’Asteria lui apprit qu’elle connaissait Atranos. Objet mystérieux, il était pourtant peu étudié du fait de l’incapacité à le traduire. Décidément, la jeune femme l’étonnait. Etrangement, cette révélation le rendit plus prudent. Tout cela pouvait être une coïncidence, mais elle semblait bien informée. Il existait même des historiens de profession qui ignoraient le nom de cet ouvrage antique. La rapidité avec laquelle elle avait accepté de le recevoir alimentait l’aspect étrange de cette rencontre et il se surprit à imaginer qu’Asteria eut découvert un des secrets que sa famille gardait jalousement. Que savait-elle sur lui et les Harmony exactement ? Puis il secoua inconsciemment la tête et chassa ses idées tortueuses de son esprit. Son père avait une mauvaise influence sur lui. Il s’imaginait des complots et des ennemis qui n’existaient pas. Asteria était quelqu’un de très cultivée, voilà tout.  

Lorsque la grande héritière évoqua les Urans, Raziel lui adressa un regard flamboyant. Ils étaient, eux et les Architectes, le rêve de Raziel : personne n’avait pu les étudier en détail et il se damnerait pour être le premier. Il répondit aussitôt, le feu de la passion embrasant son regard :

-Bien sûr, bien sûr, vous avez raison ! J’y avais pensé. Ce livre ne peut pas être leur œuvre car ils n’écrivent pas, pour une raison que j’ignore. Mais s'il y a quelqu’un qui sait ce que représentent ces lignes et qui les as tracées, c’est bien eux. Si nous pouvions nous approcher d’eux, si nous arrivions à obtenir d’eux le savoir qu’ils possèdent... ah ! Exprima-t-il d’un ton de regret amer. Alors tout serait possible. Mais ne nous emballons pas, un voyage à Aalz est la dernière solution à envisager : nous risquerions de ne pas y survivre, et bien que je suis persuadé que cela vaille le risque de mourir, je ne vous crois pas de cet avis.

Asteria avait bien compris que Raziel avait volé l’Atranos. Il était un piètre menteur lorsqu’il se laissait aller à décrire ses découvertes sans retenue. Il aurait de toute façon été difficile de cacher quoi que ce soit à une telle personne. Cependant, elle n’aurait sans doute pas réagi si calmement si elle savait que la garde d’Alexandria recherchait ce fameux voleur dans toute la cité. Un tel acte serait puni d’emprisonnement, même avec l’intervention de relations telles que celle qui le liait au haut général Flemming. Raziel n’essaya pas de démentir et continua la description de ses découvertes avec calme.

-J’ai réussi à étudier quelques autres passages, mais ma traduction est malheureusement imprécise. Le seul homme qui aurait pu m’y aider aurait été le professeur Ebron mais il a disparu il y a déjà plus de deux ans. Suite aux découvertes qu’il avait fait en déchiffrant l’ouvrage, il est parti pour les confins d’Als’kholyn. Il n’en est jamais revenu. Je pense qu’il n’est jamais parvenu à destination : ce continent est trop hostile pour s’y risquer seul. Il n’a révélé à personne ce qu’il avait réussi à tirer de l’Atranos, il ne voulait pas que le gouvernement s’approprie son travail. C’était un homme brillant, quoi que légèrement déjanté. C’est ce petit défaut qui a fait de lui un de ces fous historiques auxquels on ne prête pas attention. Je me demande tout de même quelle extraordinaire découverte a pu pousser un homme de 52 ans à partir seul pour un tel endroit... Aucun autre homme n’a pu en déchiffrer quoi que ce soit de concret.  

Raziel reposa le livre délicatement dans sa sacoche et attrapa son carnet de recherche au passage. Il se saisit de sa plume et pointa certains passages de ses traductions pour montrer à Asteria ses découvertes.

-Malgré cela, j’ai réussi à dégager un sens général des textes. J’ai l’impression que cet artéfact est décrit comme un présent fait à Möchlög par une créature ou un peuple dont je ne parviens pas à comprendre la nature. Ce qui me perturbe, c’est que l’emploi de certaines expressions dévoile une certaine égalité entre Möchlög est celui qui offre cet anneau. Or il ne porte pas le nom d’un Architecte que je connais. Je me demande donc s’il existe des Architectes qui ne sont pas connus des humains... Ou peut-être que les Architectes ne sont pas les seules créatures à être dotées de tels pouvoirs. Quant aux capacités de l’anneau, elles ne sont pas vraiment décrites mais sa beauté est décrite comme incommensurable et ses pouvoirs tous aussi puissants. Inutile de vous rappeler que ces dernières explications ne sont aucunement fiables : je me base sur des indices minimes pour déchiffrer cela. Et malheureusement, je doute que votre réseau d’information puisse nous être d’une quelconque aide, aussi étendu qu’il soit. A moins bien sûr qu’il ne s’étende jusqu’à Aalz, rajouta-t-il avec un sourire. Personne ne sait rien de tout cela, excepté nous deux. J’espère que vous comprenez le prix d’une telle révélation.  

Ces informations valaient de l’or. Non. De la magilithe. Le gouvernement ne laisserait pas Raziel en paix, s’il connaissait l’importance de ce qui avait été traduit.  

Asteria paraissait pensive. Le jeune homme était nerveux. Allait-elle lui rire au nez, comme l’avaient certainement fait de nombreux autres devant les théories d’Ebron ? Il s’attendait au pire. Malgré ses compétences affirmées, il était trop jeune pour paraître crédible et les autres scientifiques ne respectaient pas vraiment sa recherche à sa vraie valeur. Tant qu’il n’avait pas besoin d’aide, le jeune homme s’en fichait royalement, sa satisfaction personnelle lui suffisait amplement. Mais désormais, il ne pouvait pas agir seul. Si Asteria le renvoyait, il aurait échoué et perdrait un temps précieux. Il avait tort de s’inquiéter, car la réaction de la jeune femme fut plus qu’encourageante. Elle lui proposait son aide. Raziel s’empressa de répondre :

-Comme vous le savez certainement, je fais partie de l’institut national de recherche historique et en tant que membre, j’ai accès à presque toute la bibliothèque. Il n’existe en fait qu’une seule section qui me soit fermée : la bibliothèque privée du Conseil. Si votre influence s’étend jusqu’en ces lieux, je crois pouvoir déchiffrer bien plus de ce livre. Et tant que personne n’est blessé, l’illégalité est un moyen parfaitement acceptable pour arriver à nos fins : comme vous l’avez si bien dit, je considère qu’il n’y a pas de prix pour accéder à la connaissance.

En vérité, Raziel se savait capable de faire couler le sang pour accéder à certaines connaissances. Cela l’effrayait et il avait souvent essayé de le nier mais il ne pouvait refuser ce qu’il était. Rien ne pouvait arrêter la soif inépuisable de savoir dont il faisait preuve. Il adressa un regard de défi à Asteria. Serait-elle capable d’accéder à sa requête ?
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Asteria Kate Fox
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Lun 27 Aoû - 21:06
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Aalz était également un grand rêve pour Asteria. Cette idée d’une île volante parcourant Irydaë ayant pour habitant une race millénaire directement liée à Orshin avait de quoi faire rêver tout explorateur. C’était peut être la seule race intelligente doté d’une société à l’image des humains. Elle s’était promis de la visiter un jour, mais il lui faudrait rassembler le bon équipement et les bons compagnons. Pour l’instant, elle restait une idée lointaine à propos de laquelle elle manquait de connaissance. Mais tellement excitante. Les deux érudits se perdirent longuement dans leurs pensées sur cette cité mythique avant que Raziel n’enchaîne. Elle n’avait pas conscience que le voyage était aussi dangereux. Malgré elle, elle avait une vision des Urans faussée, car lorsqu’elles commerçaient en Alexandria, les échanges lui semblaient plus que cordiaux. Aussi, l’idée d’y aller en dernière solution l’a déçu légèrement, mais elle n’en montra rien. Partir pour Aalz était trop précipité, Raziel avait raison.
J’apprécierai de vivre encore un petit plus, je ne vous le cache pas, plaisante-elle. J’ignorais qu’il était si dangereux de se rendre en Aalz. Si cette enquête porte ses fruits, retrouvons nous à nouveau dans l’avenir pour organiser ce voyage.

Quand au professeur Ebron, la situation était bien malheureuse. Et troublante. Mais retrouver la trace d’un vieux fou, historien de plus, disparu il y à deux ans dans l’un des pires endroits d’Irydaë… Elle était une bonne enquêtrice, mais la tâche relevait plus d’une divinatrice. Il pouvait être mort en plein milieu des steppes, recouvert par la neige ou après avoir posé des question à la mauvaise personne et se retrouver six pied sous terre.
Je regrette mais la piste est assez faible, ce serait comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Daënastre aurait été possible, mais Als’kholyn… la détective secoue la tête doucement. Avec une piste à la limite. Peut être que nous pourrions visiter son ancienne demeure, avait-il une femme, de la famille ? Si nous pouvions trouver des informations sur sa destination dans ce continent cela pourrait peut être nous avancer pour le trouver. Du moins si vous pensez qu’il se dirigeait là-bas pour l’affaire qui nous intéresse.  

Un anneau offert d’une divinité à une autre donc ? Un architecte inconnu ? Oui c’était bien possible, la mythologie my’trane en faisait mention à un certain point de l’histoire.
L’inconnu est supposé être un architecte vivant en des temps immémoriaux. Mais comme son nom l’indique, rien à son propos n’a été prouvé. Il pourrait bien s’agir de fabulations. La mythologie fait mention de cet Architecte comme à l’origine des sentiments en Irydaë. Ce qui correspondrait à cette idée de cadeau, un anneau, une alliance peut être ? Représentant l’amour, l’engagement…

Asteria essayait de lancer des pistes sans réellement savoir de quoi elle parlait. Bien sûr elle s’était tout particulièrement intéressée à la mythologie my’trane, mais pas au point d’en connaître toutes les subtilités. Elle croyait pourtant aux bienfaits d’associations d’idées. Peut être qu’en discutant, d’autres pistes se révéleraient à eux.
A-t-on jamais retrouvé des objets ayant appartenus aux architectes ? Il ne me semble avoir jamais entendu ce genre d’histoire. Ou alors c’est un secret jalousement gardé par les my’träns. Si de tels artefacts existent, ils doivent posséder une puissance au delà de l’imaginable. J’imagine mal à un tel objet autre part que dans les mains les plus discrètes de my’trä. Le lien avec Als’kholyn est encore moins compréhensible…

Elle balaya de sa main son commentaire sur la confiance tout en restant pensive, beaucoup trop occupée à réfléchir à l’affaire en cours qu’à leur soucis de loyauté. Elle se serait montré un peu plus diplomatique en temps normal, mais elle était en plein processus de réflexion. En outre, leur pacte avait été scellé au moment même où il avait ouvert la bouche. Elle était une gardienne des secrets. Mais Raziel ne le savait peut être pas. À Alexandria, elle avait son pouvoir sous la forme d’information. Elle essayait d’étendre son influence au delà d’Ünellia, mais il était normal qu’il ne soit pas au courant à ce stade. Ou peut être connaissait-il trop bien son mode de fonctionnement ? Si c’était le cas, il lui aurait proposer un prix pour son silence, ou se serait contenté de considérer que de prendre part à son enquête était déjà un prix bien suffisant.
La jeune blonde se mordit la lèvre un instant, légèrement honteuse. Raziel n’avait rien d’un homme manipulateur, elle doutait que sa réelle venue ne soit d’ordre politique. Elle avait en face de lui un simple scientifique appelant à l’aide. Elle devait le rassurer.
Ne vous en faites pas, Raziel, ces informations resteront à l’abri. Je comprends votre inquiétude, nous vivons dans un monde prompt aux trahisons. Mais je suis une femme d’honneur… Et de secrets. Vous n’être pas le premier à me confier vos plus précieuses informations. Reposez votre méfiance, vous êtes venu à moi avec une mission et je vous aiderai jusqu’au bout. Et puis, je suis une grande passionnée des mystères du monde, ajouta-t-elle avec le plus sincère des sourires. C’est pour cette raison que je suis devenu détective plus que seconde de mon père dans les usines Fox. L’économie est intéressante, mais ça manque de… Piquant !

Asteria s’arrêta là, un peu abruptement et dans un silence peu naturel. Elle n’avait que peu d’occasion de parler de sa véritable passion, de ce qui faisait battre son coeur, littéralement. Celle de la recherche de l’inconnu, du secret, du mystère. Elle s’était toujours contenté de réponse bateau pour se justifier auprès de la haute Alexandria, afin qu’on la laisse tranquille. C’était de loin le plus simple, car peu d’Astraux ne comprenaient que l’on puisse abandonner une carrière prometteuse pour des chimères. C’était un peu plus facile avec les petites gens, mais là encore, elle taisait la plus part des choses qu’elle avait sur le coeur, par peur de déranger ou respect quand à ceux qui ne pouvaient se permettre de vivre une vie si frivole et légère. Mais elle avait senti pendant un moment que Raziel pouvait être un parfait confident. Un esprit de culture et de soif d’apprendre tel que le sien. Alors elle s’ouvrit à lui. Pour le conforter, mais également pour se libérer elle même. Elle lui expliqua sa passion pour les mystères, les architectes et comment elle en était venu à ce métier. Elle parsema quelques anecdotes de ce qu’elle avait déjà réussi à résoudre. Cette quête d’anneau de Möchlog était certes un brin folle, mais de loin la plus folle de ses enquêtes. Et s’en était excitant. Elle lui fit prendre son pouls pour voir à quel point l’idée même de se lancer dans l’aventure pouvait la rendre fébrile physiquement.

Elle réfléchit ensuite à une manière de contourner les restrictions de l’UNE quant à la bibliothèque du conseil. Elle ne pensait qu’ils viseraient un si haut lieu de connaissance. Si elle avait pu y accéder avant elle l’aurait sûrement déjà fait. Quels genre de secrets pouvaient se terrer dans cette partie du monde ? Malheureusement la tâche semblait ardue.
Pour la bibliothèque, malgré mon réseau, je ne pourrais rien promettre. Il me faudrait plusieurs jours afin d’interroger le plus discrètement possible mes atouts sans les démasquer. Et il n’est en rien sûr que nous pourrions y accéder. Du moins de la manière la plus sécurisante qui soit pour nous permettre "d’emprunter" à nouveau ou même d’avoir le temps de trouver ce qui nous intéresse. Je vous propose de rester quelques jours ici, tâchez de trouver une piste sur notre cher Ebron ou l’endroit ou ses travaux sont, essayez de traduire cet ouvrage un peu plus ou reposez vous. Il y’a beaucoup de chose à faire à la demeure des Fox. Pour ma part, je tâcherai de nous ouvrir un voie vers la bibliothèque, et si j’échoue, nous partions pour Als’Kholyn.

Elle lui présenta sa main :
Partenaire ?


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Raziel Harmony
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Lun 27 Aoû - 23:17
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Raziel s’était renseigné sur le professeur Ebron. A vrai dire, il l’avait croisé lors de quelques rares occasions. En effet, si le jeune homme négligeait les rencontres diplomatiques, il ne manquait pas les congrès lors desquels ils rencontraient de nombreux collègues.

-Je me suis déjà renseigné sur le professeur. Il était divorcé depuis peu lorsqu’il quitta Daënastre. Je soupçonne d’ailleurs sa découverte d’être à l’origine de sa séparation. Sa femme, si elle est encore en vie, n’a pas donné signe de vie depuis. Elle semble s’être retirée car je n’ai pu obtenir aucun signalement sur un quelconque lieu où la trouver. Dans ce domaine-là, vos hommes seront certainement plus efficaces que moi. J’ai également réussi à localiser son ancienne demeure mais, là-aussi, aucun indice. Elle a été rachetée par un riche couple qui m’a informé n’avoir rien découvert de suspect. En revanche, cette excursion ne m’aura pas été inutile : des membres du gouvernement m’avaient déjà précédé pour les interroger. Autrement dit, l’UNE n’a pas lâché l’affaire. Il y a donc bien quelque chose à cacher. J’aurais pu interroger mes collègues pour savoir de quoi il était question mais avec la disparition de l’Atranos, je n’ai pas voulu attirer l’attention sur moi. Certains d’entre eux savent ce dont je suis capable et ne tarderaient pas à faire le lien entre moi et les récents évènements.


Lorsqu’Asteria tenta de comprendre ce qu’était l’anneau, Raziel lui répondit simplement :

-Je n’ai jamais étudié les Architectes ou la mythologie my’trane malheureusement. Cela m’a toujours paru comme quelque chose d’inaccessible. Peut-on même considérer que les Architectes ressentent réellement de l’amour ? Personne ne peut jamais affirmer quoi que ce soit de concret sur ces créatures, faute de les avoir étudiées.

Alors que cette conversation se poursuivait, Raziel se surprit à sourire, détendu. Il y avait longtemps que personne n’avait daigné prêter attention à ses propos. Bien sûr, il était écouté lors des congrès et des rencontres scientifiques, mais il s’agissait seulement de relations professionnelles. Asteria semblait réellement s’intéresser à ce que le jeune homme lui décrivait. C’était décidément une femme aux qualités exceptionnelles songea Raziel : attentive, passionnée et intelligente. L’intelligence... Une qualité bien rare selon les critères que lui accordait le jeune noble, certainement la plus rare de toutes. Il pouvait d’ailleurs compter sur les doigts de la main le nombre de personnes qu’il avait jugé dignes d’être nommées intelligentes. Asteria le rassura : elle ne livrerait aucune de ces révélations. Elle-même était passionnée de mystères. En quelque sorte, Raziel aussi. Il était passionné par le mystère de la vie, du fonctionnement du monde : une quête éternelle mue par sa curiosité intarissable. La différence entre les deux était certainement que le jeune homme n’utilisait aucune de ses trouvailles à but personnel. Si le pouvoir lui était attrayant, c’était uniquement dans le but de réunir toujours plus de savoir.

Asteria s’interrompit soudainement et parut hésiter un moment. Raziel l’encouragea d’un sourire confiant et elle lui expliqua sa passion pour les mystères. Elle ponctuait ses révélations de certaines anecdotes sur ses aventures. Lorsqu’elle eut fini, Raziel en savait bien plus sur celle qui lui faisait face. L’héritière de la famille Harmony lui ressemblait bien plus qu’il ne l’aurait d’abord imaginé. A son tour, il lui décrivit les expériences qu’il avait mené, de l’examen d’une anomalie au combat épique contre un matar adulte à l’aide d’un régiment des forces expérimentales. Asteria l’invita à prendre son pouls et il saisit délicatement son poignet entre ses doigts. Cette perspective de découvrir de nouveau mystère la passionnait donc à ce point ? Raziel sourit doucement en songeant à sa propre excitation lorsqu’il avait achevé la traduction de ces fameuses lignes. Après des jours passés enfermé dans son bureau, peut-être même des semaines, sans apercevoir la lumière du jour, le jeune homme était sorti en criant victoire dans le palais alors que l’aube pointait à peine. Sans prendre garde aux grognements de ses proches endormis, il était monté dans la grande tour pour rire et crier à plein poumons devant le spectacle du soleil levant. Enfin il la tenait, cette découverte qui ferait de lui un scientifique de renommée, respecté par tous.

Comme s’y attendait Raziel, Asteria ne pouvait pas l’introduire dans la bibliothèque privée du Conseil, ou du moins serait-ce une tâche plus ardue que celles auxquelles elle avait été confrontée jusque-là. Elle lui assura tout de même de faire son possible pour mener à bien cette tentative. Lorsqu’elle lui proposa de se reposer, il eut un petit rire :

-Me reposer ? Alors que l’Atranos est dans ma sacoche, que je suis coupable d’un crime grave envers l’UNE et que vous travaillez à me faire tenter bien pire ? Nous mènerons cette affaire ensemble Asteria, et même si je ne vous suis pas d’une grande utilité dans la négociation de notre infiltration, je continuerais à mener des recherches et à traduire l’Atronos.


Raziel s’était risqué à l’appeller par son prénom et il espérait qu’elle ne lui en tiendrait pas rigueur. Il estimait qu’à travers leurs révélations, ils s’étaient rendus assez proches l’un de l’autre. La jeune femme lui tendit la main :

-Partenaire ?

-Et amis, ajouta-t-il en lui serrant la main
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Asteria Kate Fox
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Jeu 30 Aoû - 10:42
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Après avoir serré la main de Raziel et scellé leur pacte, ils se levèrent afin de le mener à ses nouveaux quartier temporaires dont ils se serviraient comme quartier général pour l’affaire en cours. Il était préférable d’avoir un endroit à eux à l’abri des regards et des oreilles indiscrètes, aussi l’Astrale choisit une partie peu usité de la tour Fox. Et qui allait sûrement ravir son invité, l’observatoire astronomique. Petite fantaisie du père, comme beaucoup d’autre chose, il ne s’en servait pas. Mais ça faisait bon genre d’en avoir un. La pièce disposait d’assez de place pour permettre à tout scientifique de se sentir à son aise. De grandes cartes du ciel étaient disposés sur des tableaux à roulettes ou éparpillés sur de larges bureaux. Une mezzanine prenait la moitié de la pièce et le tout s’ouvrait sur une verrière impressionnante de la taille du mur. Au milieu de ce dernier, une passerelle s’avançait sur plusieurs mètres au dessus du vide dans un couloir de verre pour atteindre un télescope. L’endroit était d’un luxe un peu plus sommaire que le reste de la demeure mais d’un calme total. Asteria offrit quartier libre à Raziel pour y apporter les changements qu’il désirait et mit les domestiques à sa disposition. Elle lui fit visiter les lieux les plus importants, comme la bibliothèque, la cuisine ou la piscine pour se relaxer. Ils dînèrent avec Victor Fox qui fût ravi d’accueillir le fils du gouverneur Harmony. Il ignora soigneusement la raison de sa visite et de leur quête pour se concentrer sur des questions politiques et économiques. C’était les convenances sociales. Asteria ne s’en excusa pas, il fallait s’y attendre. Elle subit autant que lui l’interrogatoire de son partenaire et se contenta de faire bonne figure pour en finir au plus vite.

Les jours suivant, une routine s’installa entre eux deux. La journée, chacun vaquait à ses occupations et le soir venu, ils se retrouvaient dans l’observatoire pour discuter de l’avancement de l’enquête. Il lui fallut plusieurs jours avant d’avoir un simple commencement de piste. La détective se devait de rester prudente si elle ne voulait pas se faire repérer. Que l’UNE puisse mener la même investigation avait de quoi l’intriguer. Mais moins le gouvernement en saurait, moins il serait dans ses pattes. Aussi la phase d’enquête était plus délicate qu’à l’accoutumée.  Elle finit cependant par retrouver la trace de la femme d’Ebron dans un village d’Ünellia à quelques heures de la capitale. Le soucis était qu’elle y avait été placé par le gouvernement. Une sorte de résidence surveillée assez libre. Très étrange. S’ils voulaient l’approcher, ils allaient devoir inventer un stratagème pour éviter de se faire repérer. Pour ce qui était de la bibliothèque, il lui fallut plus de temps pour réussir à approcher quelqu’un de confiance et fournir des trésors d’ingéniosité pour trouver un levier d’appui. Rien que pour son silence, elle avait du donner un prix conséquent. Mais elle pensait pouvoir faire avec la solution qu’elle avait trouvé. Reste à savoir comment Raziel allait considérer son idée.

Deux semaines après leur poignée de main, Asteria retrouva le scientifique dans l’observatoire. Il faisait déjà nuit et seules quelques lampes électriques à l’image des bibliothèques universitaire offraient des points de lumières jaunâtre au milieu de la nuit. La voûte céleste offrait un spectacle somptueux au travers des reflets de la pièce. Elle se posa dans un fauteuil au confort rembourré, retira ses bottes et lissa sa longue crinière dorée en attendant que son thé refroidisse. L’atmosphère était calme et chaleureuse. Chaque soir ils se retrouvaient ainsi, discutaient comme deux enfants au sommet d’une cabane en bois, de tout et de rien. De science et de culture. De politique mais de façon utopiste. De leur enfance, du monde ou de philosophie. Et bien sûr de l’enquête. Ces moments étaient plutôt rares au sein des Astraux, une relation basée sur la connaissance et la sincérité ? Balivernes, billevesées, facéties ! Toujours est-il qu’Asteria se savait capable de se détendre avec Raziel sans imaginer qu’il puisse un jour la trahir ou utiliser des informations contre elle. C’était un scientifique avant tout, dévoué à la connaissance et un humain plein d’empathie et de rêve. En un sens, elle lui rappelait elle même, avec un peu plus de candeur.

Lorsqu’enfin il releva la tête du passage qu’il cherchait à traduire, elle lui proposa une pause et un thé. Ils s’installèrent de biais face au ciel pour boire tranquillement en profitant du moment. L’heure était pourtant venu de discuter de leur choix et de leurs possibles conséquences. Dans le calme de la nuit sa voix s’élevait comme une douce brise :
Je pense qu’il est temps de nous pencher sur notre prochaine étape. Mes enquêtes ont été plus compliquées que prévu comme tu le sais. Mais je pense que ce qui nous attend sera encore plus compliqué. La voie la plus simple, c’est de retrouver cette chère Madame Ebron, assignée dans son village. Tout ce que nous avons à faire, c’est de nous lancer dans l’élaboration d’un plan pour l’atteindre sans que personne ne soit au courant, autrement dit, le gouvernement. Je me demande toujours en quoi ces travaux ont une quelconque importance pour eux. Mais autant rester prudents. Dis moi, tu as déjà fait du planeur ?

Elle marqua une pause qu’elle utilisa pour finir sa tasse de thé. Le suspens de sa question semblait sans rapport avec le sujet, et pourtant… Mais elle préférait ménager son partenaire avec un air taquin.
Comme tu le sais, s’infiltrer dans la bibliothèque privée du conseil de l’UNE est beaucoup plus risqué pour nous. D’autant plus à cause de ton précédent vol. Les gardes sont sur leurs… Gardes. Et si tu te fais prendre, la sanction sera d’autant plus sévère. Je ne pense pas qu’il leur faudra longtemps pour comprendre ce qu’on est venu faire ici et qui était l’auteur du précédent vol. Ce sont des difficultés à prendre en compte. J’ai réussi à trouver un… Accès, disons pour la bibliothèque, mais c’est tout ce que j’ai pu nous accorder, avec un plan. Si nous entrons, nous devrons éviter les gardes nous même et passer les dispositifs de sécurité, cadenas, portes… Etc, par nos propres moyens. Et je t’ai réservé le meilleur pour la fin, nous allons devoir infiltrer l’endroit par planeur. L’homme que j’ai réussi à soudoyer nous offre un seul accès par une fenêtre assez large et ronde pour faire passer un planeur. Normalement, tout doit être fermé durant la nuit, mais il peut réussir à oublier cette partie pour une nuit en particulier. Tu devras donc avoir des bases plutôt solides pour éviter de mourir. Parce que si tu rates l’ouverture, tu peux faire une belle chute de quelques centaines de mètres. Et… Voilà. Je pense que c’est déjà bien assez.

Asteria se leva pour marcher vers la baie vitrée et observer les milliers de points lumineux que formaient la ville et le ciel. Elle tourna sur elle même pour s’arrêter face à Raziel. Ses cheveux tournaient en spirale autour d’elle comme une corolle solaire.
Je peux réussir à m’infiltrer mais je suis loin d’être une voleuse ou une espionne. Encore moins une historienne, je ne sais guère quels livres pourraient nous servir. Qu’en dis-tu ? A moins que tu ai trouvé d’autres pistes avec la traduction du livre, j’ai bien peur que ce soit nos seules options.


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Raziel Harmony
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Jeu 30 Aoû - 21:11
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Ils se serrèrent la main et le pacte fut scellé. Ils s’étaient tous les deux engagés dans une aventure périlleuse qui pouvait leur coûter la vie. Raziel estimait que le jeu en valait la chandelle mais il s’interrogeait sur Asteria. Se rendait-elle compte de ce qu’elle entreprenait ? Le jeune homme s’en voudrait de l’avoir embarqué dans toute cette histoire si elle était blessée ou pire... Il la savait indépendante, forte et capable de se défendre, mais cela ne l’affranchissait pas de tout remord. Son enthousiasme l’aveuglait peut-être.  

La jeune femme lui offrit l’hospitalité et le conduisit aux quartiers qui lui avaient été attribués. Raziel fut ravi de découvrir qu’ils comprenaient un observatoire astronomique. La salle dans laquelle trônait majestueusement le télescope était d’une beauté certaine pour qui savait lire les cartes qui décoraient les murs. Il se promit de les étudier dès qu’il en aurait le temps. Le télescope était d’une facture bien supérieure à tous ceux qu’il avait pu voir jusqu’à ce jour, et il s’émerveilla devant sa précision et son ingénieux mécanisme de visée. Ils ne restèrent pas longtemps car Asteria souhaitait encore lui faire visiter le reste du domaine. Elle lui présenta encore quelques salles qu’elle considérait comme importantes et dû encore patienter lorsque Raziel parcourut les rayons de la grande bibliothèque. Enfin, ils achevèrent la journée en dînant avec Victor Fox. Si Raziel s’était montré familier voire inconvenant en se rapprochant si directement d’Asteria, il n’en montra rien lors du repas qu’ils partagèrent. Il n’eut aucun mal à mener une conversation agréable et courtoise. Victor Fox était un homme puissant, mais également délicat et distingué. C’était en tout cas l’impression qu’il donnait en cette soirée. Raziel s’étonna de l’absence de Kate Fox mais n’en fit aucune remarque. Maintenant qu’il y songeait, il ne lui semblait pas l’avoir jamais aperçu dans une quelconque rencontre diplomatique. Pourquoi semblait-elle se tenir à l’écart de la scène diplomatique ? Ils discutèrent politique et économique, bien que le jeune homme ne savait que peu de choses sur ce dernier domaine. Il s’efforça d’être attentif et enthousiaste aux propos du maître de maison, sans pour autant en faire trop. Daisen Harmony avait été bon professeur : son fils maîtrisait les subtilités de la diplomatie et de l’éloquence. Lorsqu’enfin la soirée s’acheva, Raziel était extenué. Il avait réussi, contre toute attente, à rallier l’héritière des Fox à sa quête insensée.  C’était une alliée de taille et le réseau dont elle disposait lui serait d’une grande utilité. Mais plus que tout cela, c’était son attitude qui le réjouissait. Il savait qu’il en faudrait peu pour qu’ils se lient d’une solide amitié.  C’est donc le cœur léger qu’il s’endormit ce soir-là.  

Le lendemain, dans sa chambre, Raziel trouva son petit-déjeuner qui refroidissait et des vêtements étendus sur son lit. Il fit sa toilette, se rasait, lissait ses cheveux en arrière, les nouait en queue et enfilait les vêtements propres, tout en avalant de délicieux croissants. Soudain, il songea à Prism et fut pris de remords. Il n’était pas allé le voir la veille avant de se coucher. Il se rendit sans plus tarder aux écuries. Lorsqu’il arriva, une femme se tenait près de son Griffon. Elle caressait son pelage soyeux et lui murmurait à l’oreille. Cette scène était harmonieuse et Raziel l’observa quelques instants avant de s’approcher.  

-Vous aimez les animaux ?  

Elle sursauta en se retournant, surprise de n’avoir pas entendu le jeune homme plus tôt.  

-Je vous ais fait peur ? Excusez-moi.

-Ce n’est rien. Ce griffon vous appartient ? Je n’ai pas le souvenir d’avoir aperçu un tel animal plus tôt dans nos écuries.  


-Oui, il s’appelle Prism. C’est une bête magnifique n’est-ce pas ? Vous vous y connaissez ?


-Pas vraiment, mais j’aime leur beauté et la majesté de leurs vols.  

-Vous voudriez en monter un ? Je peux vous y aider si vous le désirez.

Elle parut hésiter un instant, puis son visage s’illumina :

-Je ne sais pas si mon mari serait ravi, mais j’accepte avec joie.

Il ne fallut pas plus que quelques minutes à Raziel pour équiper le Griffon. Il sella Prism et l’incita à se coucher pour permettre à ses voyageurs de monter. Avant de s’envoler, le jeune homme adressa un dernier avertissement :

-Accrochez-vous bien à moi.


Il ne comptait pas réaliser de vol dangereux ou trop rapide, mais il valait mieux être prudent. Il ne voulait pas d’un mort sur la conscience, surtout pas dans le domaine des Fox. L’inconnue noua ses bras autour du torse de Raziel. Le griffon s’éleva dans les airs en un mouvement puissant, ses gigantesques ailes frappant l’air en un claquement régulier. Alors ils glissèrent dans les cieux avec la grâce propre aux griffons. Le vent griffait le visage de Raziel mais cette sensation était si enivrante qu’il n’y prêtait pas attention. Chevauchait Prism était d’une facilité déconcertante. C’était la deuxième fois qu’il le montait, et pourtant il ressentait toujours pareille excitation. La vue était exceptionnelle. A leurs pieds s’étendaient la ville, grouillant de milliers de points noirs, telle une fourmilière gigantesque.  L’horizon bordait un ciel bleu vide de nuages. Après quelques tours du domaine, il fit atterrir la créature le plus délicatement possible. Avant même qu’il ne lui tende la main, la femme qui l’accompagnait sauta à bas de la monture et lui adressa un sourire rayonnant :

-C’était magnifique ! Merci beaucoup.


-C’est merveilleux n’est-ce pas ? Cette sensation de liberté et la vue qu’on a depuis là-haut.


-Oui, et vous paraissez être un excellent cavalier.


-Je vous remercie, je m’y entraîne depuis quelques années déjà. Mais ce n’est que la deuxième fois que je monte celui-ci.  

Alors que Raziel décrivait la façon dont il avait dû élever Prism pour en faire une parfaite monture, elle sembla se rappeler quelque chose d’important et s’excusa auprès de lui avant de partir presque en courant. Le jeune homme s’étonna qu’une simple domestique l’ait approché aussi facilement, puis il se rendit dans ses appartements où il entreprit de déchiffrer les cartes de la salle de l’observatoire.  

Les jours qui suivirent furent tous passionnants pour Raziel, même si d’un point de vue extérieur, il ne faisait que lire de vieux papiers. Une certaine routine s’installa. Raziel allait et venait entre la bibliothèque et ses appartements, entassant les livres qu’il dévorait par dizaine chaque jour. Il s’était également pris d’une passion soudaine pour l’astronomie, ayant accès à un instrument de haute qualité qui lui permettait d’étudier facilement le mouvement et la place des étoiles dans le ciel. La traduction de l’Atronos, elle, ralentissait. Malgré la volonté de fer du jeune homme, et son talent pour l’histoire, il ne pouvait pas traduire une langue inconnue dont personne, ou presque, ne connaissait rien. Asteria et lui se retrouvaient le soir, alors que la plupart du domaine s’assoupissait déjà. Souvent, ils parlaient de l’avancement de l’enquête mais ils leurs arrivèrent plusieurs fois d’en venir à discuter de tout et de rien, à raconter des anecdotes et à rire ensemble.  

Mais plus le temps passait et plus Raziel avait du mal à supporter son incompétence. Asteria trouvait des pistes, faisait progresser l’enquête. Elle avait même découvert où se trouvait la femme d’Ebron. Raziel, lui essuyait échec sur échec dans sa tentative de traduction. Il travaillait jusque tard le matin et se levait aux aurores pour parvenir à tirer quelque chose de l’Atronos. En vain. Cela lui déchirait le cœur de le reconnaître, mais il était bloqué. Lui qui ne l’avait jamais été, il goûtait la saveur amère de l’échec. Il n’en montra rien à Asteria, mais se sentait pourtant honteux lorsque, le soir, elle lui annonçait avoir découvert un nouvel indice.

Un soir, Raziel fut de nouveau invité à dîner avec Victor Fox. Cette fois-ci, sa femme l’accompagnait. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il découvrit que celle-ci n’était autre que l’admiratrice des griffons. Il se maudit de l’avoir confondue avec une quelconque domestique et s’excusa d’innombrables fois au cours de la soirée, confus d’avoir commis une telle erreur. Kate Fox était d’une simplicité charmante, et elle le remercia encore pour le vol. Victor Fox, en revanche, même s’il n’en montrait aucun signe, semblait réticent à l’idée que sa femme ait chevauché un Griffon.

Le soir qui achevait la deuxième semaine, Asteria et Raziel se rendirent comme à leur habitude dans l’observatoire pour partager leurs recherches. On leur avait servi des tisanes et ils les sirotaient lentement en observant la voûte céleste. Asteria lui expliqua son plan. Il porta la tisane à ses lèvres et resta silencieux quelques instants avant de répondre :

-Mes talents de voleur se résument à savoir crocheter des serrures. Quant à mes talents d’espion... Il eut une grimace. Je ne suis pas l’homme le plus souple du monde. Mais en tant qu’historien je crois être capable de trouver ce qu’il nous faut. Cependant, en imaginant qu’on ne finisse pas aplatis comme des crêpes, il faudra encore que je fouille la bibliothèque à la recherche d’un ouvrage utile. Il n’existe pas de liste de ce qui s’y trouve et je ne peux donc pas savoir en avance ce que je dois chercher. Et pour s’échapper ? Comment fera-t-on ? En planeur également ? Il faut aussi prévoir les cas les plus désespérés : si je m’écrase mais que tu réussis à rentrer ?  
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Asteria Kate Fox
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Lun 3 Sep - 17:20
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Eh bien si tu meures, j’imagine que tu ne verras pas d’inconvénient à ce que je termine cette quête en ton honneur.
Elle leva sa tasse en le saluant de la tête, comme un hommage à une personne disparu. Un brin taquin, un léger sourire parcourait ses lèvres. Elle réfléchit encore quelques secondes avant de se diriger vers un bureau de la pièce. Elle pouvait y arriver, avec un peu de préparation, quelques semaines, c’était amplement possible. Elle avait les relations et l’argent qui pouvait le permettre. La bibliothèque était peut être un endroit bien gardé mais elle ne disposait clairement pas de la protection qu’elle méritait. La société accordait de l’importance au succès immédiat, à l’industrie, au commerce. Qu’est-ce qu’elle irait bien faire de livres poussiéreux ? Pourtant avec Raziel, c’était tenter un trop grand risque. Si elle pouvait éviter la prison, elle n’en n’était pas aussi sûre pour lui. D’autant qu’il n’avait aucune qualité pour faciliter cette mission. Elle avait perdu déjà trop de temps sur cette piste, il était temps de passer à autre chose.

Rendons nous à l’évidence, c’est n’est pas faisable avec nos moyens. Il y a trop de variables que nous ne maîtrisons pas. Concentrons nous sur cette chère madame Ebron.
Elle ouvrit un tiroir pour en sortir une carte d’Ünellia qu’elle déplia sur un plan de travail. Toutes les villes et les principales routes y étaient notées. Après avoir invité Raziel à la rejoindre, elle pointa la petite ville de Kholbo. De l’autre côté de l’estuaire menant à la mer d’Orkhig, presque au pied des montagnes.
D’après mes informations, elle se trouverait ici. Je ne sais pas pourquoi, mais «on» semble faire attention à qui elle fréquente ou fait de son temps libre. Cela pourrait être lié aux travaux de son mari, ou non. Quoi qu’il en soit, c’est notre piste la plus simple. Soit nous nous y rendons sans préparation et nous attirons l’attention du gouvernement. Soit nous préparons un plan pour l’atteindre sans se dévoiler.

Elle passa une main dans ses cheveux blond pour les écarter de la carte.
Je sais ce que tu vas dire, mais attirer l’attention peut être une bonne chose. Nous ne risquons pas grand chose à enquêter librement, mais on peut en revanche en apprendre beaucoup sur les raisons de l’UNE à nous en empêcher. C’est à prendre en compte avant de donner ta réponse. J’ai personnellement du mal à voir la dangerosité de ce genre de recherche, mais peut être que l’UNE veut mettre la main sur l’artefact avant tout le monde. Tu en sais plus que quiconque sur ce livre et ce qui l’entoure. Qu’en penses-tu ?

Son doigt tapota la feuille de papier alors qu’elle se murait dans un instant pensif, la lèvre pincée entre ses dents. Les reflets de l’éclairage formait de petites étoiles dans ses yeux, lui offrant l’espace d’un instant, un peu de féerie. Tout ce qu’elle pouvait espérer, c’était une collaboration du gouvernement. Elle avait déjà travaillé pour eux, peut être pourrait-elle réitérer la chose en leur offrant son meilleur sourire. Mais les instances étaient entêtées et pensaient mieux savoir que tout le monde. En plus de cette culture du secret. En un sens, le gouvernement était un concurrent direct de son entreprise, cherchant à s’approprier et garder la connaissance du monde à l’abri de tous. Peut être qu’ils avaient juste à faire à une course contre la montre. Qui devait sûrement piétiner depuis deux ans. Le voilà leur levier pour recevoir l’aide de l’UNE plutôt que leurs bâtons ! Elle en fit part à son partenaire immédiatement.
Je pense que l’UNE est sur la même enquête que nous et qu’ils en veulent l’exclusivité tout particulière. Mais comme le prouve la surveillance de madame Ebron, ils sont encore entrain de chercher en empêchant les autres scientifiques de se lancer. Si nous arrivons à faire suffisamment d’avancées de nôtre côté, nous pourrions recevoir leur soutient pour la suite. Et pourquoi pas cet accès qui nous manque tant à la bibliothèque. Je peux mettre au point un plan pour nous entretenir avec elle en toute discrétion ou nous pouvons mettre un coup de pied dans la fourmilière. Quel est ton choix ?


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Raziel Harmony
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Mar 4 Sep - 21:58
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Raziel émis un grognement. Il ne voulait pas que la moindre découverte soit réalisée sans lui. Celle-ci était la plus importante de toutes. Rien ne pourrait l’arracher à ces recherches, pas même la mort. Une nouvelle fois, le jeune homme se demanda s’il devait échapper aux griffes du destin. Il ne pouvait pas quitter ce Monde sans en avoir découvert tous les secrets. Même en imaginant qu’Asteria parvienne à achever cette quête sans son aide, que resterait-il de Raziel Harmony ? Pas grand-chose, si ce n’est le souvenir qu’il a laissé à ses proches et qui s’effacera bien vite. La jeune femme lui proposa d’étudier plutôt le cas de madame Ebron et il accepta d’un hochement de tête. Il préférait bien sûr les livres poussiéreux ou relations sociales, mais il devait se rendre à l’évidence : pénétrer dans cette bibliothèque pourrait mettre une fin définitive à leur folle entreprise.  Raziel s’approcha de la table pour observer la carte. Kholbo, une petite ville isolée parfaite pour se ressourcer après la mort d’un être cher... Ou pour garder quelqu’un à l’écart du reste du monde.  

Asteria lui exposa le choix qu’ils devaient prendre désormais. Mener ces recherches au grand jour ou les garder secrètes ? Pour Raziel, la réponse était simple.

-Il est possible que je montre trop prudent, peut-être même presque paranoïaque. Mais crois-moi, l’UNE n’hésiterait pas une seconde à se débarrasser de nous si nous devenions gênants. J’ai beaucoup travaillé pour le gouvernement, pour la simple et bonne raison qu’ils possèdent les fonds financiers que je n’ai pas pour mener les recherches. En imaginant qu’ils nous prêtent main-forte et que nous trouvions un tel artéfact, comment crois-tu qu’ils l’utiliseront ? Ils l’étudieront bien sûr, et s’il est réellement capable d’un pouvoir de destruction, ce sera l’occasion de se lancer dans une nouvelle guerre. Je ne veux pas être responsable d’une découverte qui cause la mort de milliers d’innocents. Notre but est la connaissance, leur objectif est la suprématie. Je suis patriote Asteria, mais je ne fais pas confiance à ceux qui nous gouvernent. J’en sais quelque chose : mon père est gouverneur et mon meilleur ami est le haut général des forces terrestres et de l’artillerie. Ils sont tous les deux brillants, certes, mais leur soif de pouvoir est trop grande. En tant que scientifique, j’ai souvent participé à des missions confiées par le gouvernement, certaines gardées secrètes. Si le pouvoir est la clef, ils ne reculent devant rien.  


Raziel pris une longue inspiration avant de reprendre d’une voix calme :

-Cependant, si tu penses que nous ne pourrons pas y arriver sans leur aide, je consens à me mettre à leur service. Je te l’ai dit, je ne reculerais devant aucun sacrifice pour atteindre cet objectif.  


C’était pourtant la dernière solution qu’il avait envisagée. Oh, bien sûr, il serait couvert de gloire. On parlerait de lui comme un homme qui a marqué l’histoire. Mais quel prix y aurait-il à payer ? Une guerre avec My’trä ? Raziel ne pouvait pas porter le fardeau d’une telle découverte. Il le savait et espérait qu’Asteria le comprenne.  

-Approcher la femme d’Ebron est-il difficile ? En tant que civils, l’accès ne devrait pas nous être interdit. Après tout, nulle loi ne nous empêche de la rencontrer... S’il le faut, je peux tenter d’obtenir l’influence d’Alexandre Flemming mais cela risque d’attirer l’attention sur nous. S’ils nous savent sur cette piste, ils risquent de nous placer sur surveillance. Enfin, quoi qu’il arrive, ils ne pourront pas nous éliminer directement : la disparition de l’héritière Fox et du fils du gouverneur Harmony ne passerait pas inaperçue. Mais un accident est si vite arrivé...


Raziel leva les yeux sur la voûte céleste. La lumière blanche et froide des étoiles éclairait son visage. Il réfléchissait aux différentes options qui s’offraient à eux désormais. Il était lui-même habitué à briser les règles pour atteindre ses objectifs mais il ne pouvait pas en demander autant à Asteria. Elle l’avait considéré comme un ami et l’avait accueilli avec soin. Si elle désirait entrer en contact avec l’UNE, il se plierait à sa décision. Le jeune homme baissa les yeux vers elle. Elle était magnifique ce soir-là, comme tous les autres. Alors qu’elle songeait, pensive, à toutes les possibilités, il se surprit à apprécier qu’elle soit simplement ici, à ses côtés. Les difficultés s’amoncelaient, leur entreprise s’avérait bien plus dangereuse que prévu, et pourtant il n’était plus seul.
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Asteria Kate Fox
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Ven 21 Sep - 12:20
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Le gouvernement n’hésiterait pas à se débarrasser des éléments gênants… Même si elle connaissait ce penchant de l’UNE, cette phrase l’étonnait toujours. Elle témoignait d’une simplicité tout aussi stupide que dangereuse. Et d’une inhabilité à la mise en place de stratégie des plus basiques. A l’image de l’armée qui considérait ses soldats comme des pions sacrifiables et pouvait les envoyer à l’abattoir sans états d’âme. C’était pourtant aux antipodes des manières de faire d’Asteria. Certes, elle avait déjà tué, mais uniquement quand la situation l’exigeait, comme lorsqu’elle se retrouvait avec un homme de peu de manières pointant une arme sur sa tempe. Dans tous les autres cas, les pions pouvaient être retourné à son avantage. Si elle avait du tuer tous les gêneurs qu’elle avait rencontré, elle serait entrain de croupir en prison. Mais il fallait avouer qu’être au pouvoir octroyait une certaine immunité. Était-ce pour autant qu’il fallait sacrifier tout et n’importe qui ? Un pion bien utilisé était une arme redoutable. Et le plus petit détail pouvait changer le cours d’une bataille. L’Astrale en avait conscience, comme beaucoup de son rang. Mais il semblerait que l’état soit parfois géré par des incompétents. Ô, comme elle changerait les choses si elle avait un quelconque poids politique… Pour le coup, elle en ferait tomber, des têtes, par excès de pouvoir. Juste histoire de purger la fange politique de la nation, et pouvoir repartir sur de bonnes bases. Mais elle se perdait dans ses délires, à nouveau.

Le point de Raziel se tenait. Ils ne pouvaient agir en pleine lumière sans être sûrs d’avoir un levier suffisamment conséquent pour les protéger. Surtout si cet artefact détenait autant de valeur. Il faudrait qu’elle assure sérieusement leurs arrières avant de faire tout mouvement malencontreux. Mais elle aurait le temps d’y penser plus tard. La décision lui revint finalement. Raziel était trop peu sûr de lui pour choisir. Et elle le comprenait, il en valait de leur vie maintenant. Tout le monde n’était pas apte à jouer avec celle des autres. C’était pourtant ce qui résumait la philosophie de l’Astrale. Et bien qu’elle appréciait Raziel, elle n’hésiterait pas à lui faire prendre des risques pour la mission, même si ça le mettait en danger. Elle ne comptait pas la voie de la bibliothèque parce que c’était tout bonnement suicidaire. Chaque vie avait une valeur. Et il n’y avait pas d’intérêt à gâcher celle du scientifique. La décision était donc prise :
Tentons la voie de la discrétion dans ce cas. Il est plus facile de faire machine arrière si nous changeons d’avis que si nous nous révélions maintenant. Pour ce qui est de madame Ebron, l’accès n’est pas interdit, non. Mais je soupçonne une résidence surveillé. Il faut entendre par là que des civils ont peut être été engagés pour garder un oeil sur ses activités ou ses fréquentations. Des voisins, son patron, la boulangère. C’est très efficace et ça évite de payer des agents à temps plein. Et si nous nous présentons à elle sans préparation, ce serait aussi subtile que de toquer directement à la porte du bureau de l’OMeara.
« Nous allons organiser un petit plan pour l’isoler de potentiels informateurs. Rien de bien compliqué. Nous utiliserons de faux noms, quelques artifices et le tour est joué. Peut être que tu devrais te laisser pousser la moustache pour les quelques jours à venir…


Les quelques jours suivant avaient été utilisés à préparer leur voyage de manière incognito. Il avait donc fallu abandonner le griffon de Raziel ou les extravagances d’Asteria, pour se rendre à Kholbo de la manière la plus ordinaire qui soit. Le train. Fierté de la nation daënar, c’était pourtant un manière de se déplacer que l’Astrale avait peu expérimenté. Il n’avait fallu que quelques heures pour atteindre une gare au nord de Lonfaure avant qu’une voiture ne les mènes à leur destination. De détective, elle était passé à l’assistante du Dr Prism, jeune femme jouant de ses charmes plus que de son intelligence. Pour Raziel, elle lui avait laissé décider du domaine. La conclusion avait été que Madame Ebron aurait accepté plus facilement d’accorder de son temps et de son attention à une autorité médicale. Restait à savoir si son hypothèse se confirmerait. Asteria avait revêtu un accoutrement bien loin de ses habitudes, décolleté ouvert, jupe beaucoup trop courte selon ses goûts et perruque brune des plus ordinaires coiffée en chignon pour dévoiler son cou gracile. Ils étaient prêt pour intercepter leur cible, il ne restait plus qu’à la retrouver en ville.


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Raziel Harmony
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Dim 23 Sep - 0:01
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Profession : scientifique fou
Daënar +1
Leur plan d’attaque fut vite établi. Ils iraient interroger Madame Ebron sous une fausse identité. En toute logique, Raziel avait décidé d’incarner un historien, ancien élève du professeur Ebron. Il pourrait ainsi réunir tous les renseignements nécessaires à la progression de leur enquête. Asteria, quant à elle, décida d’incarner son assistante. Ainsi, elle pourrait aisément prendre en note ce que disait la veuve sans que cela paraisse suspect.

Après quelques jours de préparation, ils se rendirent en train à Kholbo. Le trajet fut rapide mais Raziel prit tout de même le temps de travailler sa personnalité pour que personne ne puisse le reconnaître. Le Dr Prism était un jeune homme avenant, conscient de son talent et vouant une admiration sans égale à son professeur qui lui avait montré la voie. Il était charismatique et appréciait être au centre de l’attention. Pour l’occasion, Raziel avait laissé pousser sa barbe et coupé ses cheveux courts. Le Dr Prism portait toujours des vestes taillées sur mesure. Il travailla son jeu d’acteur en discutant avec quelques demoiselles qu’ils rencontrèrent lors du trajet. Il eut l’effet désiré car après quelques instants passés en leur compagnie, elles gloussaient toutes en réaction à l’humour charmeur du soi-disant docteur. En cet instant, aucun de ces proches n’aurait pu le reconnaître. Personne ne pouvait l’imaginer se comporter ainsi, lui, l’étrange scientifique renfermé sur lui-même. Il était satisfait de sa prestation et ne s’étonna pas du regard surpris qu'Asteria lui adressa. Leurs deux rôles se complétaient bien. La jeune femme lui semblait pourtant étrange dans la tenue séductrice qu’elle portait. Elle ne manquait pas d’attirer le regard des hommes qui croisaient leur chemin.

Pour cette expédition, Raziel avait tout prévu. Il portait un revolver sous sa veste et n’apportait avec lui qu’une mallette qui contenait l’Atronos et quelques outils d’écriture qui ne le quittaient jamais. Il avait hésité à emporter le livre mais ne pouvait se résoudre à s’en séparer. Il le surveillait d’ailleurs comme s’il risquer de s’envoler d’un moment à l’autre. Pas une minute ne passait sans qu’il jette un coup d’œil à sa mallette.

Lorsqu’ils arrivèrent dans le centre de Kholbo, ils furent accueillis par un froid glacial qui les enveloppa en une brume épaisse. Ils ne voyaient pas à deux pas devant eux. Malgré cela, ils réussirent à dénicher un passant auprès duquel ils se renseignèrent. Il leur indiqua la maison de cette chère Madame Ebron puis les mit en garde : elle était, selon lui, tout à fait sénile et passait ses journées à clamer des absurdités.  Quand Raziel voulu en savoir plus sur ces soi-disant absurdités, l’inconnu haussa les épaules puis disparut sans ajouter un mot. Sans plus tarder, le Dr Prism et son assistante rejoignirent le domicile de Madame Ebron. Le brouillard les arrangeait bien, leur garantissant une certaine discrétion. La demeure qui leur apparut bientôt était un petit manoir biscornu, situé légèrement à l’écart des autres habitations.

Ce fut Madame Ebron qui vint leur ouvrir en personne. Elle paraissait bien plus vieille que ce à quoi s’attendait Raziel. Sa longue jupe grise et son chignon de cheveux blancs combinés à l’ambiance pesante du manoir renforçaient l’impression d’austérité. Pourtant, elle affichait un sourire radieux. Le Dr Prism se présenta, énergique, ainsi que son assistante et Madame Ebron les invita à venir au salon pour prendre un thé. La décoration était très chargée et l’air était lourd mais Raziel apprécia le thé à l’orange qui leur fut servi. Puis commença une discussion sans queue ni tête. Il exprima ses regrets au sujet de la disparition de son mari, évoqua d’un ton nostalgique des souvenirs imaginaires qu’il avait partagé avec le professeur puis dirigea lentement la conversation vers le sujet qui l’intéressait réellement. Sur quoi travaillait-il ? Qu’avait-il découvert ? Malheureusement, l’état mental de la vieille femme paraissait bien trop dégradé pour qu’il puisse en tirer quelque chose. La plupart du temps, elle ne répondait que de façon évasive. Mais parfois, elle divaguait complétement : Raziel dû ainsi lui expliquer qu’ils n’étaient pas ses petits-enfants. Asteria s’essaya aussi à la faire parler mais c’était peine perdue. Ils discutaient déjà depuis une bonne heure lorsque Madame Ebron renversa par mégarde sa tasse qui roula aux pieds du jeune homme. Tout naturellement, Raziel se pencha pour la ramasser. Se relevant, il tomba nez à nez avec le canon d’un revolver braqué sur lui. La vieille dame avait abandonné son regard docile et naïf pour une expression de méfiance. Elle tremblait légèrement. En évitant tout geste brusque, le jeune homme leva les deux mains en signe de reddition.  Madame Ebron aboya :

-Qui êtes-vous ? Vous êtes ici pour vous débarrasser de moi c’est ça ? Quel historien porte un revolver dans sa veste ? Vous ne pouvez pas le nier, j’en ai bien reconnu le pli lorsque vous avez ramassé ma tasse !

-Ne faites pas de bêtise Madame Ebron, nous sommes de votre côté.

-Ah oui ? Et de quel côté êtes-vous dans ce cas ?!

Une goutte de sueur perla sur le front de Raziel. Une réponse de travers et c’était la fin de sa misérable vie sur cette terre. Si Madame Ebron était, ne serait-ce qu’un peu, fidèle à son mari alors la réponse était toute simple :

-Nous ne sommes pas du gouvernement. J’ai réellement connu votre mari.


Il attendit le cliquetis de la gâchette, la détonation qui précèderait sa mort. Mais rien. La vieille femme baissa son arme d’un air angoissé et lui demanda d’une voix tremblante :

-Alors vous ne voulez pas m’achever ?


-Bien sûr que non !

Elle eut un long soupir et s’écroula sur son siège, sans pour autant lâcher son arme. Prudent, Raziel garda ses mains bien en évidence pour éviter toute incompréhension qui pourrait provoquer un tir de sa part. Madame Ebron secoua la tête d’un air désolé :

-Je ne sais pas qui vous êtes et ce que vous venez chercher mais vous risquez gros en venant ici. L’UNE surveille le moindre de mes gestes. J’ai dû me faire passer pour folle pour éviter d’avoir à subir leurs interrogatoires. Ils me croient sénile et c’est pour ça qu’ils me gardent en vie mais si d’autres venaient à savoir ce que je sais, ils n’hésiteraient pas à les abattre.
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Havelock Glorka
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Mer 3 Oct - 17:59
Irys : 221113
Profession : Police secrète
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
-Ouiii !
- On n’est pas capot !
-‘tin, Jorg. T’aurais pas pu avoir ce foutu As ?
-Mon jeu est nul depuis trois mains, je fais ce que je peux, monsieur Glorka.
-Et hop, voilà mon deuxième As. Dans ma poche, les affreux, c’est ça d’avoir la classe.
-Ecoute-moi bien, mon petit José. Tu me baises sur ce coup là, bien, tu dois avoir le cul qui brille. Mais c’est pas ce qu’on appelle la classe. La classe, c’est de te couper ton as, puis d’enchainer avec le valet et le 9 d’atouts avant de finir avec ma couleur maitre à pique.
-Le salauuuud…
-Je comprends pourquoi j’avais pas de jeu.
-Bien joué, chef.
-Est-ce qu’on la gagne ?
-Attendez, je compte.
-…
-…
-Ahah.
-Quoi ?
-Vous allez rire, ça fait mille dix pour nous à neuf cents huitante quatre pour vous.
-Pfiouuu, de peu.
-Sérieux ?! Je redemande un recomptage !
-Fais pas le mauvais joueur Havelock, on vous a battu à la loyal.
-Je te connais José, t’es aussi loyal qu’une agent double.
-Ah ! Je suis découvert !
-Jorg ! Recompte !
-C’est fait.
-Et ?
-On a perdu.
-Putain !
-Ah ah, sacré Havelock. T’aurais dû accepter ma proposition initiale.
-Tais-toi José.
-Je fais ce que je veux. Et je vais même aller me vider un verre. Allez, Bovet, je te l’offre.
-Merci chef.
-C’est ça, dégagez. Je suis sûr que vous avez triché.
-Mais oui, mais oui. Allez, tchao les perdants !

La porte claque, me laissant seul avec Jorg, les yeux baissés sur la table, un sourire en coin sur le bout des lèvres. Je sens tout de suite le coup fourré arriver et je me précipite vers lui, lui agrippant sa manche longue que je bascule vers le bas. Il se laisse faire un deux secondes plus tard, c’est une ribambelle d’As qui tombe sur le sol. Je suis médusé. Il esquive mon regard sans se départir de son petit sourire tout sauf innocent.

-Jorg… pourquoi tu n’en es pas servi ?! On aurait pu gagner !
-Je pensais qu’on ferait un poker.
-Et alors ?
-Et alors, monsieur, toutes les cartes sont distribuées, ça serait con d’avoir deux fois la même, non ?
-C’est… c’est vrai. Mais quand même ! Faut pas hésiter à gruger quand on peut. Surtout dans ces circonstances.

Je le lâche, fatigué. Jorg ne se soucie pas de ma colère passagère et se contente de ranger la table et les chaises tandis que j’avise la cuisine. C’est pas que ça me fait plaisir, mais je vais devoir m’y coller. Tandis que ma colère envers José et son acolyte décline, je me remets à penser pour la énième fois à la raison de ma présence ici. Tout se passait bien au boulot. Mes résultats récents étaient bons. Quand on m’a convoqué chez mon superviseur, je pensais recevoir des félicitations. Ou du moins, des encouragements. Pas juste une mention passable et une assignation à une mission aussi passionnante que de compter le nombre de pinces coupantes compris dans le kit d’interrogatoire numéro 12B. On m’avait parlé de ses résidences surveillées. De ces gens que le gouvernement veut garder dans sa ligne de mire, bien en évidence, pour une utilisation ultérieure. Je m’imaginais des gens importants. Des criminels notoires ayant trahi leur groupe, des scientifiques fous, maitres d’inventions extraordinaires, des politiciens influents, mais traitres à la nation. Du grandiose. De la classe. Mais non. Tout ce que j’ai récupéré, c’est la surveillance d’une vieille sénile et acariâtre, incapable de s’occuper d’elle toute seule. Le pourquoi de sa surveillance ? J’en sais foutrement rien. Ce n’est pas ma mission. Si encore, on se contentait que de surveiller, je dis pas. Mais faut lui faire la bouffe ! Faire le ménage, ranger derrière elle, etc. Parce qu’elle a l’air totalement incapable de faire ça elle-même. Un légume, oui. Je sais pas ce qu’elle a fait, mais ça coute cher au gouvernement ; pas que ma solde est très élevé hein. Mais mes talents pourraient être plus utiles ailleurs.

-Vous me filez les oignons ?
-Les voilà.
-Merci. Je vais lui faire ma spéciale. Elle va adorée. On appelle ça du riz à l’Unellian.
-Du riz à l’Unellian ? Je connais ça. Ma mère m’en faisait. C’est bien de mon terroir ça.
-Ah oui ? J’ai appris ça il y a quelques années d’un collègue sbire. Faut des oignons, coupés finement, que l’on met dans la gamelle avec un filet de gras.
-Genre de l’huile ?
-Oui, voilà.
-Ensuite, on met des fines tranches de saucisson assaisonnées avec du sel et du piment. Vous savez, celui que fait notamment la boucherie de la rue Cheaurizor ?
-Ah bah oui, c’est les meilleurs dans le domaine.
-Voilà. On rajoute des petits pois, on mélange bien le tout. Puis on rajoute un bon paquet d’une épice du sud-est d’Unellia, proche du village de Cumino.
-Très fameux, oui.
-Ensuite, le riz, l’eau, on fait mijoter jusqu’à ce que ça soit bon et le tour est joué. C’est très bon.
-Attends.
-Qui a-t-il, monsieur Glorka ?
-C’est pas du riz à l’Unellian ça.
-Bah, c’est quoi ?
-Je sais pas, mais c’est pas du riz à l’Unellian. C’est pas la recette habituelle. Et je sais de quoi je parle. C’est presque une institution par chez moi.
-C’est peut être un peu différent…
-Non, si c’est différent, ce n’est pas la même chose. Ton truc, c’est pas du riz à l’Unellian.
-D’accord, mais…
-Pas de mais ! C’est pas ça, c’est tout.
-Bon, bon, d’accord.
-Bien. Tu peux appeler ça… du riz à la Jorg, si tu veux.
-Vraiment ?
-Oui, je pense pas quelqu’un viendra se plaindre de ce nom. Et comme ça, tu ne massacres pas mon plat d’enfance.
-Ah. D’accord. Mais sinon, il y a quoi de plus dans le votre ?
-Je te le dirais pas. Quand on sait pas, on se tait.
-Mais…
-Bon, ça va pas se faire tout seul, ce riz à la Jorg. Fais en pas trop, y’aura pas pour les deux autres zigotos, ça leur fera les pieds.

La cuisine faite, on mange rapidement notre part. Jorg parvient à me faire lâcher un « pas mal » à propos de son plat ; dire que c’est à contrecœur serait un doux euphémisme. Il sait se débrouiller. Repu, on se met en route. Bon, c’est de l’autre côté de la rue, mais les vingt mètres qui nous séparent de la baraque de la vieille sont vingt mètres de trop. La marmite entre les bras, Jorg me suit de mon pas lent et handicapé. Dehors, on croise Bovet qui part dans l’autre sens.

-Miam, ça a l’air bon. Il en reste ?
-Ah non, et c’est bien dommage. Jorg ne sait pas y faire avec les proportions…
-Mais…
-Arrête Jorg, on en a déjà parlé. Et puis, on a à faire.
-Ouai. Bon courage avec la vieille.
-Merci Bovet. Rien vu de particulier ?
-Oh, vous savez monsieur, on était occupé à vider un verre.
-Ah oui, c’est vrai. Et puis, c’est pas comme si elle allait s’échapper, hein ?
-Ouai.
-Allez, salut.

On le laisse passer. Jorg me lance un regard blessé ; par mon absence d’honnêteté. Le boulot est chiant, on va pas non plus me demander d’être sympathique. On finit par traverser la rue et je frappe à la porte. J’ai le double des clés, mais c’est bon pour la paix relative entre la vieille et nous de ne pas trop la brusquer. Le dernier qui est entré sans prévenir chez elle s’est pris des coups de cannes dans les tibias et c’est pas la chose la plus agréable.

Et je m’y connais en canne.


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Asteria Kate Fox
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Mer 10 Oct - 12:28
Irys : 129977
Profession : Détective et Extractrice
Daënar +2 ~ Alexandria (femme)
Lorsqu’Asteria entra dans la maison de madame Ebron, ce ne fut plus en tant que détective ou reine des Astrales mais bien comme l’ombre du Dr Prism. D’une beauté attrayante mais somme toute ordinaire, il était peu probable que la vieille femme ne fasse grand cas d’elle, ne serait-ce qu’après les premières secondes et haussement de sourcils désapprobateurs. Passé ce point là, elle devint plus invisible que la décoration fournie qui les entourait. Faisant semblant de prendre des notes, elle observait avec attention l’endroit et les réactions de la vieille femme, tout en réfléchissant. Il n’y avait rien à retirer d’elle, et plus l’entretien avançait plus sa visite lui semblait une perte de temps. En plus d’une prise de risque. Lorsque la conversation dériva sur l’historien, il devint clairement évident qu’ils n’étaient plus là pour autre chose. La détective se leva pour faire les cents pas pensivement dans la pièce en portant son regard sur les babioles et les peintures. C’était une maison parfaitement normale, remplie de souvenirs d’une vie passée et qui semblait bien loin. Pourtant quelque chose clochait. Mais quoi ? Tandis que Raziel s’évertuait à cherchait des réponses qu’il ne trouverait pas, Asteria s’éclipsa discrètement pour explorer les autres pièces de la maison. Elle n’eut besoin que de cinq minutes pour en faire le tour et revenir auprès de son partenaire avec une certitude. Tout ça n’était qu’une mascarade. Elle doutait fortement de la folie de leur hôte, auquel cas le gouvernement était beaucoup plus impliqué qu’elle ne le pensait.

Pour confirmer ses pensées, elle retrouva le canon d’une arme à feu pointée sur le nez du scientifique qui levait les mains en l’air, en homme bien élevé. Elle sourit sans se départir de son calme. Observer ceux qui n’avaient pas l’habitude de se faire braquer était toujours aussi amusant. L’argumentaire de Raziel était quelque peu affecté par la situation, relevant la touche comique. Dans l’encadrement de la porte, Asteria attendait patiemment que leur échange se finisse. Si elle n’avait pas d’arme à portée de main, cette dernière se trouvant dans son sac posé sur le sol, elle ne pouvait faire preuve que de patience jusqu’à la mort de son compagnon… Ou tout autre dénouement. Le point positif était que madame Ebron n’était pas sénile. Ils pouvaient espérer avoir des informations, d’une façon ou d’une autre. Alors que l’Astrale faisait ses plans sans se préoccuper du sort du jeune homme, la vieille dame s’avachit à nouveau dans son siège, posant l’arme sur l’accoudoir.

Ainsi donc, elle se cachait de l’UNE. Quels secrets pouvaient bien valoir tant de précautions et de violence ? Au fond d’elle, elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer une farce grandeur nature. Tout ressemblait bien trop aux romans complotistes qu’elle avait eu l’habitude de lire. Serait-elle réellement devenue l’héroïne d’une enquête à l’orée de changer le destin du monde ? Elle avait du mal à y croire… Mais c’était tellement tentant de se prêter au jeu.
Nous ne sommes pas du gouvernement, rassurez vous, offrit-elle doucement en s’asseyant à nouveau sur le fauteuil qui lui était destiné. Nous avons bravé beaucoup d’interdit pour nous mettre sur la piste que suivait votre mari.

Leur hôte secoua sa tête avec un air désemparé. La situation semblait la dépasser et elle dut attendre pour de mettre de l’ordre dans son esprit. L’Astrale ne la brusqua pendant un moment mais se sentit obligé de la relancer.
Votre mari était en quête de quelque chose qui nous dépasse à bien des égards. Sa disparition a du être terrible pour vous, j’en conçois. Surtout après avoir du vivre caché. Mais nous sommes là pour terminer son oeuvre et peut être même le retrouver.

La main de la vieille dame se crispa sur la crosse de l’arme et son regard changea en une expression de haine.
Vous risquez de finir comme d’autres si vous continuez sur cette voie, sachez le. Le simple fait de venir ici vous met en danger. Et il est peut être même déjà trop tard.
Nous en sommes parfaitement au fait, elle jeta un regard à Raziel pour confirmer la décision qu’ils avaient pris quelques semaines auparavant.
Alors je ne peux plus rien pour vous, mes enfants. Si vous êtes prêt à risquez vos vies face à notre cher gouvernement, grand bien vous en fasse.
Vous savez quelque chose, n’est-ce pas ? Sinon vous ne seriez pas ici à vous cacher et prétendre à la folie chaque jour.
Si je vous dis quoi que ce soit, je suis tout autant en danger que vous.
Avez vous réellement quelque chose à perdre à votre âge ?

La diplomatie avait cédé la place à l’argumentaire. Asteria essayait la provocation à la voie douce et sensible. Madame Ebron lui semblait plus encline à la vengeance qu’à la poursuite de sa petite vie tranquille.
Dans le meilleur des cas, nous pourrions retrouver votre mari et en finir avec cette chasse à l’homme. J’ai les moyens… Nous avons, tous les deux, les moyens de vous protéger. Mais pour ça, vous devez nous faire confiance. A moins que vous ne préfériez votre vie tranquille ?

Elle réfléchit un instant puis se leva pour s’éclipser dans une autre pièce. Depuis le salon, les deux compagnons pouvaient entendre le bruit de nombreux objets qu’on déplaçait, comme si on retournait une pièce pour accéder à un endroit en particulier. Asteria resta silencieuse et haussa les épaules à l’attention de Raziel et de ses questions muettes. Quand la femme de l’historien revint, elle tenait une seule enveloppe, dans laquelle contenait une lettre de quelque mots.
C’est tout ce que j’ai. La dernière chose que j’ai reçu de lui. L’endroit où il se dirigeait. elle l’a tendit à Raziel. Tenez. Et que je ne vous revois plus.

Une infinie tristesse se lisait sur son visage. Comme si elle acceptait le sort qui l’attendait après cette traîtrise. Quand soudain, trois coups sourds se font entendre à la porte.
Trois regards se portant vers l’entrée.


#ffcc00 pour Asteria
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Raziel Harmony
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Mer 17 Oct - 21:34
Irys : 206714
Profession : scientifique fou
Daënar +1
Qui eût cru que Raziel devrait un jour se justifier auprès d’une vieille dame sous peine de se faire tuer ? Pas lui en tout cas. Alors qu’il était tenu en joue par la « folle », il aperçut du coin de l’œil Astaria sourire. Qu’est-ce qu’il lui prenait ? Elle semblait bien tranquille pour quelqu’un qui risque de perdre son partenaire d’une minute à l’autre. Quelle que soit la personne qui pointait son arme sur lui, le résultat serait le même si elle pressait la gâchette : une détonation bruyante et une belle cervelle bien étalée sur le tapis poussiéreux qui ornait le salon. Décidément, ile ne trouvait dans cette situation rien de comique.

Asteria parvint enfin à convaincre la vieille femme, même si Raziel avait presque fait une attaque cardiaque lorsqu’elle lui avait demandé si elle avait quelque chose à perdre à son âge. Ce n’était plus de la provocation mais tout simplement une insulte. Pourtant, malgré le manque de délicatesse de l’astrale, ses propos avaient touché leur cible. Celle-ci s’éclipsa quelques instants et le jeune noble en profita pour murmurer, outré :

-Qu’est-ce qu’il te prend Asteria ? Tu as l’air de penser que ce n’est un jeu. Je ne veux pas mourir ici, épargne-nous tes idées suicidaires s’il te plaît.

La jeune femme s’était très bien débrouillée, il le savait, mais cela aurait pu finir vite si elle avait sous-estimé l’orgueil de leur cible.  Il soupira. Il y avait longtemps qu’il n’avait pas frôlé la mort : presque deux mois. La dernière fois, il avait affronté un matar adulte à l’aide d’un régiment des forces expérimentales, une aventure mémorable qui lui aura tout de même laissé une large cicatrice au torse. Bien que la fausse « sénile » ne soit pas aussi dangereuse qu’un matar, le résultat serait le même si on lui laissait l’occasion d’utiliser son arme : la mort. En y pensant, le jeune homme préférait mourir déchiqueté par les mâchoires d’un matar sauvage, à l’air libre, plutôt qu’enfermé ici dans ce manoir sombre et oppressant.

Madame Ebron revint, une lettre en main, en leur expliquant ce qu’elle contenait. Alors qu’Asteria tendait la main pour récupérer le précieux document, Raziel le saisit au vol et s’éloigna dans un coin de la pièce. Aucune prudence n’est de trop. En un instant, il l’ouvrit en déchirant le haut, y jeta un coup d’œil, retourna le papier dans tous les sens. Puis il sorti son briquet et brûla le document sans une hésitation. Plus de traces, rien. La dernière et seule personne qui connaissait la destination de Mr Ebron était Raziel. Il s’en souviendrait et ne coucherait jamais sur papier ce qu’il avait lu. Le regard effaré de la vieille dame en disait long sur ce que le jeune homme venait de faire. Il osa jeter un regard à Asteria. Pour l’instant, s’il y avait un réel danger à connaître cette information, il l’affronterait seul.  Si elle le désirait, il lui révèlerait. Mais pas tout de suite, pas maintenant, maintenant il fallait fuir. Ils avaient ce pourquoi ils étaient venus, rester c’était prendre des risques supplémentaires. D’un regard, il désigna la porte à Asteria.

-Merci de nous avoir accueillis Madame. On vous donnera de nos nouvelles.

Rien n’était plus faux. Il allait disparaître de sa vie comme il y était apparu, subitement. Trois coups retentirent. Il s’arrêta subitement.
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Havelock Glorka
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Ven 19 Oct - 17:59
Irys : 221113
Profession : Police secrète
Daënar +2 ~ Alexandria (homme)
-Bon. Elle se bouge la vieille ? J’ai pas toute la journée. Ça va Jorg ?
-Ouai. C’est pas trop lourd.

Je frappe une troisième fois et j’attends dix secondes dans un silence angoissant. D’habitude, elle ouvre juste après qu’on est frappé deux fois. Je commence à m’inquiéter. La vieille n’a plus toute sa tête et elle peut à tout moment faire une connerie. Rien qu’avoir un petit évanouissement et se fracasser la tête contre le mobilier. Et après, on viendrait nous voir en gueulant qu’on a encore fait dans le sale, qu’on sait pas faire une mission simple et surveiller une pauvre vieille sans lui en faire baver ces dents. Des accusations sans fondements évidemment, mais la hiérarchie ne s’embarrasse guère de fonder son jugement. Elle juge et tu fermes ta gueule. Alors, au bout des dix secondes, j’ouvre la porte avec mon double des clés et je m’engouffre dans la demeure, Jorg sur mes talons.

-Madame ? Madame Ebron ? Vous êtes là ?
-Vous êtes vivante ?
-Dis pas ça Jorg !
-Mais enfin…

On passe le vestibule, l’imposante stature de Jorg faisant craquer le parquet sous son poids. La maison est silencieuse. Trop silencieuse. Et alors que je m’apprête à donner l’alerte, la vieille surgit du salon, visiblement très contrarié de nous voir entrer sans sa permission comme l’en atteste sa mine partagée entre l’affolement et la haine et son petit essoufflement. Elle arme sa canne d’un geste que j’ai moi-même effectué à de nombreuses reprises et je la bloque avec la mienne en expert de la technique. Elle me jette un regard courroucé. Je serais mort si ses yeux étaient des fusils.

-Malotrus ! On ne vous a pas appris à ne pas entrer chez les gens sans les prévenir ?! Bandits ! Gredins !
-Pardonnez-nous, madame Ebron. On s’inquiétait de votre absence de réponse. On pensait quelque chose de mal s’était passé.
-J’étais… au petit coin. On ne peut plus faire ses besoins sans être importunée !
-Non madame. Bien sûr madame.

Elle arme un autre coup que je bloque aussi et j’essaie de la calmer, lui désignant la marmite fumante que tient Jorg, stoïque.

-On vous a fait un bon petit plat. Vous allez A-DO-RE.

Elle semble se radoucir un petit peu. De cette nuance qui différencie la tempête de l’ouragan. Son regard se braque vers la cuisine à l’aide d’un doigt accusateur.

-Alors mettez ça dans la cuisine. Et ne cassez pas tout.
-Oui m’dame.

Jorg s’exécute avec une délicatesse et une attention rare. La demeure de Madame Ebron est le genre à ne pas manquer de meubles anciens et de babioles comblant le moindre espace à leur surface, parfois dans des équilibres précaires, où juste un frôlement suffirait à provoquer une apocalypse de verre et de porcelaine. Je pense un instant, comme il m’arrive parfois, que je sais peu de choses de Jorg. De sa vraie vie. De sa famille. Jorg est un subordonné fidèle, attentif et autonome. A l’inverse de beaucoup de gens que je connais, Jorg reste très respectueux des gens. Les normaux. Ceux qui n’ont rien à avoir avec nos histoires. La simplicité. Les enfants. Les ainés. C’est un homme de la rue. C’est un homme de cœur.

-C’est bon ? Vous allez partir ?
-Ah ? Euh … oui, sur…

Je sens soudainement une odeur bizarre. Comme un vieux relent de papier brulé. Ça alerte mon neuvième sens d’agent secret émérite. Je jette un regard par-dessus Madame Ebron qui bloque l’accès au salon. Mon regard avise tout de suite de la chose qui ne va pas. Des cendres. Des miettes de papiers brulées. Dispersés à la va-vite. Madame Ebron semble capter mon regard et hausse un sourcil incrédule.

-Quoi ? Que se passe-t-il ?
-Laissez-moi passer.
-Non.

J’ai beau être un gentleman distingué, quand quelque chose sent mauvais et que l’on cherche à m’éviter de fouiner, je troque mes manières douces par les fortes. Je force le passage, bousculant Madame Ebron contre le chambranle de la porte, qui pousse un couinement outré au passage. Je me place au centre du salon, fixant le coin de la pièce aux cendres, puis je découvre quelque chose de bien pire. Trois. Trois tasses. Vides. Les méninges tournent à plein régimes et je dégaine instantanément mon pistolet que je braque en direction de Madame Ebron. C’est à ce moment-là que Jorg revient de la cuisine et me jette un regard surpris et désapprobateur. Je lui réponds par une grimace et un grognement.

-Code Blanc, Jorg.
-A poix rouge ?
-Non, pur.
-Merde.

Jorg se jette à l’extérieur de trois pas puissants, partis chercher du renfort. Je reste le pistolet braqué sur Madame Ebron, lui jetant un regard dénoué de toute pitié. On nous l’a fait à l’envers. Et pas qu’un peu. C’est pas très agréable tout comme le savon que je vais surement me prendre si j’arrange pas la situation.

-Qui étaient-ils ?
-Je … je ne sais pas.

Elle jette des regards en coin, comme si elle cherchait quelque chose. Ça associe les idées. Le temps qu’elle a mis pour venir. Mais c’est bien sûr ! Ils sont proches. Quelque part. Je tonne à haute voix.

-QUI QUE VOUS SOYEZ, SORTEZ DE VOTRE CACHETTE ! Je sais que vous êtes dans le coin et je n’aimerais vraiment pas faire du mal à Madame Ebron. Mais je connais des gens beaucoup moins scrupuleux qui feront tout, j’ai bien dit TOUT, pour obtenir les informations qu’ils veulent.

Bref silence. Malgré les menaces, madame Ebron reste plutôt stoïque, dardant vers moi un regard empli de haine et de résignation. Soit ils se montrent, soit ils se barrent. Et pour la deuxième, j’espère que Jorg et les autres feront le nécessaire.
Bon.

-VOUS AVEZ DIX SECONDES !


Spoiler:
 
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