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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Vereist
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 Es - tu ma lumière ?

Laora Redwood
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Mer 30 Nov - 12:55
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
Daënar 0
La neige caressait mon visage, lavant les traces de ma fatigue un bref instant. J’avais les yeux fermés, respirant plus calmement comme si j’avais réussi à m’apaiser. La douleur était toujours aussi vivace, toujours aussi intense dans mon crâne laissant peu de place à celle de mes autres plaies. J’étais toujours adossée contre cet arbre, attendant d’avoir la force pour me relever et surtout celle pour marcher. Je n’avais pas le droit de m’endormir dans cette neige si j’allais mourir, c’était une évidence. Et je ne voulais pas mourir si bêtement dans cette étendue blanche. Je soufflais. J’avais froid et malgré le fait que je m’enroulais dans la cape pour avoir un plus chaud, rien ne fonctionnait. Je grelotais. Je finissais par ouvrir les yeux. Je regardais devant moi. Personne même pas un animal attiré par l’odeur du sang séché… Rien, que moi.

J’étais seule avec ce trou noir qui m’envahissait l’esprit. Je ne me rappelais de rien même pas de mon nom. C’était horrible comme sensation. Je n’avais pas l’impression d’exister. C’était comme si j’étais une coquille vide. Une coquille qui tentait de vivre par tous les moyens malgré la douleur. C’était un fait. Et je voulais savoir qui j’étais. Je voulais connaitre cette vie qui fut la mienne.
Et je voulais savoir ce que j’avais mérité pour en être arrivé là. Je voulais comprendre ma vie. Je devais donc me ressaisir. Je devais donc me relever et avancer. Et je n’avais que mon courage et mon entêtement pour réussir. Ma tête était si lourde. Je mis un peu de glace contre mon front pour apaiser tout cela. C’était efficace que quelques secondes mais c’était déjà ça.


Je me décollais de l’arbre doucement en prenant appui sur le sol. Je me penchais doucement vers l’avant tout en essayant de me mettre à genoux. Une fois à quatre pattes, je pensais que cela sera plus facile pour me lever. Du moins, je l’espérais. Tout mon corps était endolori par le froid et mes plaies mais je réussissais quand même à me retrouver sur les genoux. Je marchais à quatre pattes avec beaucoup de difficulté vers un autre arbre non loin de là. J’étais toujours nauséeuse mais j’arrive plus ou moins à ne pas dégobiller encore une fois. C’était d’ailleurs pour ça que je n’étais pas retournée vers l’arbre ou j’étais adossée pour ne pas marcher dans le vomi. Déjà l’odeur était bien trop forte à mon goût. Assez pour que mon petit estomac ne le supporte pas. Une fois arrivée, devant le tronc, je montais mes mains contre l’écorce. Je cherchais à prendre appui tout en me révéler sans tomber.
Ce n’était pas très utile. Je suis tombée deux trois fois à bout de souffle. J’espérais réussir cette fois – ci. Et je finis par réussir. J’étais contente de cet exploit. Cela me donnait envie de sourire. Alors que l’exploit était si minime vu de l’extérieur… Heureusement que j’étais seule. Enfin d’un côté oui car de l’autre, je ne dirais pas non à de l’aide.

Et surtout pas pour un bon feu, du moins pour avoir quelques choses pour se réchauffer et ensuite pour se soigner… Mais je rêvais et je ne devais pas me perdre dans cette rêverie. J’étais face à moi – même et je devais ma survie qu’à mon effort. Un effort que je perdurais pour arriver sur mes jambes. Je ne les sentais plus. Je soupirais. Il était plus dur pour moi de garder les pieds bien à plat. J’avais des fourmis qui couraient le long de mes jambes qui se crispèrent comme attaquer par des crampes. J’avais horriblement. Je voulais m’allonger sur le sol mais je m’entêtais à tenir debout. Elles devaient s’accommoder aux mouvements. Je marchais un peu enfin je bougeais légèrement mes pieds pour qu’ils prennent bien appuis et qu’ils ne me fassent plus mal. Je devais commencer à marcher pour quitter cet endroit en espérant trouver un abri pour cette nuit.

Je regardais le ciel pour estimer à quelle moment de la journée nous étions mais la lumière me fracassa le crâne dans une violente douleur qui me fit perdre l’équilibre. Ne voulant pas tomber, je m’accrochais à l’arbre. Je fermais les yeux baissant la tête. Je ne supportais toujours pas la lumière. J’attendais là contre l’arbre que la douleur s’atténuait. Les minutes passèrent doucement et une fois que j’étais certaine de ma stabilité. Je commençais à marcher, mettant ma capuche sur la tête, cachant mes yeux. C’était un genre de protection contre la lumière de ce soleil.
Je pris une grand inspiration et je lâchai cet arbre pour aller vers un autre puis encore un autre ainsi de suite. Je titubais et j’ai manqué de tomber plusieurs fois… Cependant, je tenais le coup. Je devais tenir le coup !
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Levis Downson
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Dim 4 Déc - 19:22
Irys : 190736
Profession : Braconnier - Médecin
Pérégrin 0
« Pensez à resserrer les sangles dorsales si vous ne voulez pas perdre votre équipement en chemin, et surtout soyez patient avec cette bestiole. Un bukh, c'est pas très vivace et ca adore n'en faire qu'à sa tête ! »

Levis grince des dents mais remercie tout de même l'éleveur pour cette précision, tout les conseils étant bons à prendre. Jusqu'à présent, il n'avait jamais utilisé de monture si imposante pour une simple exploration mais cette fois-ci, le chasseur désire s'aventurer au plus profond des terres verglacées de Vereist et y manquer d'eau et de nourriture n'est pas envisageable.  

« D'ailleurs, non content de m'envoyer dans un endroit totalement paumé, tu choisis une région qui cumule les adjectifs désertique et glaciale. Bravo. »

Après s'être assuré que rien ne pourrait être perdu en cours de route et délesté de quelques piécettes, le braconnier et sa monture sortent du hameau de Grenze afin de débuter leur périple. Le vent et le froid sont bien entendus de la partie et il est clair que cette aventure ne sera en rien une partie de plaisir !

« Je t'en foutrais de l'exploration... Si seulement je pouvais être sur une plage du littoral de Zochlom, à prendre le soleil. »

D'une certaine façon, tu prends aussi le soleil ici !

« Mais regarde moi ça, j'ai tellement de couches de vêtements que j'arrive pas à plier les bras ou à tourner la tête ! Et cette bestiole qui me sert de monture et qui sent la vache moisie... Y'a rien à dire : mes excursions, je les préfère sous 30° mi-ni-mum. »

Le râleur avance lentement, le bukh étant bel est bien une créature loin de la vivacité et la rapidité d'un griffon. Physiquement parlant, le bestiau n'est pas non plus un canon de beauté, et la seule qualité qu'il est possible de lui trouver est son impressionnante capacité de transport !

« Comment il t'appelle ton maître déjà ? Besk ? Et bah Besk... T'es sacrément laid et lent. Aller pépère, fais moi une faveur, marche un peu plus vite ! »

L'animal n'en fait qu'à sa tête, déviant souvent de la route que Levis tente de le faire suivre et ce n'est qu'entre d'innombrables arrêts intempestifs qu'il se décide, parfois, à écouter l'étrange bipède qui prétend pouvoir lui donner des ordres. Les vingt premiers kilomètres sont ainsi effectués en beaucoup plus de temps que prévu et l'homme décide de prendre sa première pause, fatigué d'essayer de dompter une bête censée être déjà sous son contrôle. Attachant Besk à un conifère proche à l'aide d'un épais cordage, il s'équipe de son arme à feu ainsi que de quelques couteaux et s'engouffre dans la forêt, s'assurant de laisser des empreintes suffisamment profondes pour qu'une potentielle précipitation de neige ne l'empêche pas de retrouver son chemin.

Son travail de terrain débute alors : chercher des traces d'une créature, la traquer, l'observer, puis noter tout ce qui semble nécessaire de l'être. C'est une tâche longue et souvent éprouvante, surtout lorsqu'il est primordial de se faire discret - que ce soit pour ne pas faire fuir l'animal, ou pour ne pas se faire dévorer par celui-ci !

« ... Du sang ? »

Des traces de sang sont la plupart du temps indicatrices d'un récent festin, mais il n'est pas impossible qu'elles proviennent simplement d'un animal blessé qui, selon son espèce, pourra se révéler agressif envers les êtres vivants s'approchant un peu trop prêt de lui...

« Sympa l'explication, sauf que dans le cas présent il ne s'agit pas d'un animal mais d'un humain. Regarde... On voit des empreintes juste à coté mais elles sont toutes différentes les unes des autres, parfois complètement incohérentes. Un animal même blessé ne change pas de sabots pour s'éclater à laisser des traces différentes dans la neige. C'est bien trop abstrait... On aurait pu penser à une bestiole qui se serait trainé au sol pour une raison ou pour une autre, mais dans ce cas là je ne vois pas pourquoi il n'y a pas simplement une trainée unique au sol. Non, c'est un humain, et ce qui donne à ses empreintes une allure si particulière, c'est le fait que les traces de ses mains soient recouvertes par celles de ses genoux. En définitif, il marche à quatre pattes. J'en suis persuadé. »

La piste mène à quelques mètres de là, prêt d'un arbre où l'on peut observer une nette transformation des marques laissées par la "proie" supposée blessée. Les pas deviennent ceux d'une paire de chaussures, l'espacement entre ces derniers indiquent que la personne avance avec difficultés, sans doute à cause de ses plaies et du froid... Elle semble vouloir simplement relier chaque arbre le plus proche sans se soucier de la direction où cela l'emmène, rendant sa mort plus que probable dans la prochaine heure voir dans les minutes qui suivent - si son cadavre n'est pas déjà rigide.

Après plusieurs minutes de traques, les traces sont bien plus fraiches et une silhouette semble apparaître à quelques dizaines de mètres. Levis accélère le rythme afin de s'en approcher, gardant tout de même une distance de sécurité afin de ne pas être surprit par une éventuelle attaque de l'individu.

« Eh toi ? C'est à toi qu'appartient le sang, plus loin là bas ? T'es blessé ? T'as besoin d'aide ? »


Dernière édition par Levis Downson le Ven 16 Déc - 23:22, édité 1 fois
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Laora Redwood
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Ven 16 Déc - 12:35
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
Daënar 0
La douleur était si vivace que par moment, je m’agrippais violement à l’écorce arrachant quelques morceaux, de petits morceaux. Ma tête tournait et me suppliait de faire une pause. Je ne pouvais pas. Je devais tenir, marcher, avancer. Le froid sera ma tombe sinon. Et je ne voulais pas mourir.  J’essayais de ne pas vomir. L’envie était là mais l’optique de sentir une brulure me dévaster la gorge, moins. Je ne faisais pas attention à ce qu’il m’entourait car je n’arrivais à me concentrer assez pour faire deux choses en même temps.  
Alors le danger que cette forêt regorge, que cette forêt aspire, je ne le voyais pas. Je restais dans l’optique de marcher. Si une bête m’attaquait, je mourrais à coup sûr. Je ne sais pas si je sais me battre et je n’ai pas d’arme. Je n’avais rien pour me défendre.  Même pas un bâton. On pouvait donc bien m’attaquer et je finirais surement morte dans la neige mais j’avais espoir. Je voulais vivre et je ferais tout ce que je pourrais pour.

Je continuais, passant d’arbre à un arbre, faisant mon possible pour ne pas chuter car je savais que j’allais avoir beaucoup de mal pour me relever. Je trébuchais beaucoup, perdant plus d’une fois l’équilibre. Pourtant je tenais bon. Je continuais de marcher sans me soucier des bruits aux alentours. Le sang avait séché sur mon visage, se craquelant comme sur mon corps du moins sauf pour ma blessure la plus grave. Le sang coulait légèrement mais il coulait. Je ne pourrais pas tenir longtemps sans aide. Je soufflais. La douleur martelait mon corps de sa présence. Je devais pourtant avancer. C’est là qu’une voix m’effraya. Je sursautais perdant l’équilibre et je finissais par tomber.  Mes fesses heurtèrent violement le sol. Une douleur parcourra le long de ma colonne vertébrale… Chouette, encore une douleur. Une de plus… Je n’avais même pas compris ce que cet inconnu avait sorti. Mon cœur battait rapidement. Je respirais fort.  Je mis un temps fou avant de reprendre mes esprits, ravalant un peu de vomi qui montait le long de ma gorge. Il aurait pu me tuer. Il aurait pu me faire tellement de chose … Mais je ne m’en rendais pas compte.  Je n’avais pas conscience du danger. Mon mal de tête n’aidait pas à ça. Je me retournais avec mal sans pourtant autant me lever.

Je reprenais mon souffle.  Je le regardais. Un homme se présentait à moi, m’avait fait peur et j’avais du mal à le percevoir dû à la lumière qui me faisait encore mal aux yeux. Une larme coula même sur ma joue. Je n’avais ni mouchoir, ni tissu pour essuyer cela. Et comment me voyait – il ? Il me voyait comme une proie ou simplement une victime ?  Ou pire ?
Je ne connaissais plus rien de ma vie, plus rien de mon passé, jusqu’à mon nom. Je prenais doucement conscience de ma faiblesse. Je ne suis qu’une coquille sans identité, ressentant une accumulation de sensations et de douleurs… Et il pouvait me tuer, m’achever sans que personne ne s’en rendra compte. C’était une fatalité que je refusais d’accepter.

Je tentais de me redresser pour lui faire mais je ne trouvais pas tout de suite la force et je restais là au sol. J’avais tellement eu de mal à me relever et à marcher la première fois… Je savais que cette fois – ci, se serait encore plus dur.  Je soufflais.

- Que me voulez – vous ?
Dis – je d’une voix tremblante. Je n’ai aucun objet de valeur…

Je plaçais correctement ma capuche qui est tombée dans la chute. Le soleil était trop fort pour mes yeux fatigués. Si j’avais compris ses mots, j’aurais peut – être pu lui répondre, ou lui dire que je n’étais pas une ennemi…Que sais – je encore….
Et pour le peu de mot que je puisse dire, je me demandais ce qu’il allait dire, faire ou penser. Du moins, j’essayais de réfléchir et de me concentrer sur ce qu’il se passait.  Et j’espérais tomber sur quelqu’un de clément qui voudra bien m’aider… Sinon j’étais condamnée et  je ne pouvais l’imaginer… Je voulais tellement vivre, comprendre et savoir. Et j’avoue que j’avais peur à ce moment-là, c’était un sentiment si présent dans mes entrailles. Une sensation qui me tiraillait et la douleur n’arrangeait en rien la situation.
Qu’allait – il faire ?


Dernière édition par Pandora Crowhen le Lun 2 Jan - 19:35, édité 1 fois
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Khugatsaa
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Jeu 22 Déc - 0:30
Irys : 34993
Administrateur
]Note : Je précise qu'il s'agit d'une intervention MJ dans laquelle je ne joue pas Khugatsaa.]

Sa chute fut terrible. Et pourtant, Khugatsaa sait ô combien sa mère l'avait prévenu de ne pas essayer de gravir les Tsagaan Oi ! Cette curiosité dévorante pour les terres maudite de Nislegiin, cette passion maladive pour la cartographie avait fini par la perdre, et il fallut bien des jours pour que son corps inerte soit retrouvée par les nomades d'Orshin. Une chance que les prédateurs n'ait été intéressé par ce morceau de viande quasi-mort. A son réveil, plus rien. Sa mémoire, effacée; son corps ... paralysé. La seule chose qui lui restait n'était rien d'autre qu'une ficelle maladroitement tissée, à laquelle était accrochée un morceau d'écorce, gravée d'un seul et unique mot : Kuuka.

Les traditions aidant, la jeune tétraplégique comprit grâce au savoir de ses sauveurs qu'il s'agissait-là de son prénom, vestige de la personne quelle était autrefois. Tous essayèrent de l'aider, mais à quoi bon se forger un avenir quand nous ne pouvons plus apprendre des erreurs du passé ? Des années durant, immobile dans ces draps dont elle connaissait les moindres plis, Kuuka essaya de se souvenir de cette seule et unique journée où tout avait basculé. Elle ne pouvait se résigner à mourir avant d'avoir cette réponse. Il lui fallait voir plus loin. Alors elle se concentra sur l'apprentissage des préceptes d'Orshin. D'abord attentive, puis studieuse jusqu'à devenir l'une des plus grande prêtresse que l'Architecte ait connu, Kuuka développa l'art du domptage, puis de la métamorphose afin de partir à la recherche de sa mémoire. Les vestiges de ses idéologies infantiles lui firent aimer la forme du corbeau, symbole de Khugatsaa. Désormais capable de voler librement après des décennies d'alitement, Kuuka parti à la poursuite de son passé, gardant précieusement son pendentif avec elle afin de découvrir les lieux de son accident, avant de remonter loin au nord pour y retrouver la tombe de ses parents. Malgré la tristesse de cette conclusion, se furent des larmes de joies qui s'écoulèrent le long du bec de l'animal, ravi d'avoir put mettre un point final à toutes ces années de culpabilité. Touché par l'acharnement dont avait fait preuve l'intrépide exploratrice, Khugatsaa lui accorda sa grâce et béni son talisman, lui permettant d'explorer dans ses rêves cette seule et unique journée qu'elle chérissait tant.

Dès lors, Kuuka poursuivi sa quête afin d'assouvir sa soif d'exploration, bravant monts et océans pour découvrir les terres par-delà les continents. La grâce du dieu de l'illusion avait offert à la prêtresse une longévité hors du commun, mais comme pour tous, son cycle approchait de sa fin. Épanoui mais fatiguée, Kuuka voleta fébrilement jusque dans les forêts enneigées du sud de Vereist, priant pour y voir une dernière fois les délicats flocon tomber de la cime des arbres sur lesquels elle avait tant aimé se nicher. Au pied de son dernier sapin, une jeune femme semblait blessée mais surtout, effrayée. Elle connaissait ce regard, celui-là même qu'elle avait eu lors de son réveil. Les yeux de l'ignorance, submergé par l'inconnu qui s'étend autour de nous à perte de vue. L'espace d'un instant, elle crut revoir la jeune femme qu'elle était autrefois, et si elle avait la chance, aussi infime soit-elle, d'aider cette douce affligée, elle le ferait.

Le corbeau, perché au-dessus de Pandora, laissa glisser le long de sa nuque le collier qu'il avait chéri tout ce temps et le fit tomber sur la capuche de la malheureuse, avant de s'envoler un peu plus loin. Fière d'avoir rendu un ultime service, Kuuka jeta son dévolu sur un énième arbre, vint se réfugier à son pied et se recroquevilla, laissant le froid mordant de l'hiver mettre fin à sa vie courageusement vécue.


Spoiler:
 
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Levis Downson
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Ven 30 Déc - 14:04
Irys : 190736
Profession : Braconnier - Médecin
Pérégrin 0
[HrP : je ne sais pas la gravité de tes blessures, j'ai donc improvisé. Si jamais tu veux que je modifie n'hésite pas à m'envoyer un MP !]

~~~~~~

C'est une gonzesse seule, blessée et perdue dans une forêt ou pas un seul clampin - outre toi - ne foutra les pieds avant quelques heures voir quelques jours... Je sais pas si tu vois ou je veux en venir ?

« T'es sacrément dérangé. C'est pour ce genre d'individu que tu veux me faire passer, d'entrée de jeu ? »

Je plaisantais c'est bon ! Prends pas tout au sérieux...

« Au passage, histoire d'étoffer un peu la réponse, tu devrais rajouter des verbes de dialogues quand je parle. » proposa Levis. « Voilà, parfait ! »

Le chasseur observe attentivement, il lui faut quelques secondes pour décider de l'action à entreprendre. Il s'approche un peu plus et découvre la présence de sang sur les vêtements de Pandora : elle est bel et bien cette même personne qui laisse des indices de sa présence aussi discrets qu'un Dragon dans une taverne ! Toutefois, sa démarche et sa voix trahissent une forte faiblesse, il est donc plus que probable que le sang laissé derrière elle provienne de son corps...

« Je suis pas le mec le plus irréprochable de ce monde, mais je ne suis certainement pas un voleur. » affirma-t-il. « Je chasse, le plus souvent des proies vives et dangereuses ce qui n'est certainement pas ton cas, si ca peut te rassurer. Je ne te ferai pas de mal. Je peux même partir dés maintenant si tu le souhaites, ou te tirer une balle si tu veux en finir une bonne fois pour toute avec ce monde de merde. C'est rapide et indolore. »

Tout en parlant, l'homme fait quelques pas. Il finit par se retrouver aux cotés de la demoiselle et examine ses plaies apparentes : rien de bien inquiétant,  les blessures ne sont pas profondes et la perte de sang a du être minimisée par le froid extrême qui ralentit la circulation sanguine. En revanche, ce même froid est le réel danger pour son corps affaiblit et il est plus que probable qu'elle ne le supporte plus très longtemps...

« Je peux aussi te ramener à mon campement. Je possède un bukh, ça pue et c'est affreusement laid mais dans ta situation, je pense que tu le verras comme un messie. Je te laisse choisir l'option qui te conviens mais je vais être honnête avec toi, je te donne pas vingt minutes avant de crever dans la neige comme un animal. »
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Laora Redwood
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Lun 2 Jan - 19:34
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
Daënar 0
Malgré la douleur limite paralysante que j’ai à la tête, j’étais certaine de l’avoir entendu parler sans cohérence. Aucune cohérence. Comme si il parlait à quelque chose que je ne voyais pas. J’aurais aimé pouvoir me concentrer plus sur ce qu’il se passait mais cela me faisait encore plus mal comme si mon cerveau voulait couper tout pour mieux s’en remettre. Il paraissait tellement fou à ce moment que je me suis demandée si je ne devais pas fuir, me cacher, disparaitre.
Voilà ce que je me disais, voilà les seules pensées qui me traversaient l’esprit, c’était au sujet  de cette folie. Etait – il fou ? Se parler ainsi à lui-même ou à une entité invisible était – il sain ?

Et je ne devais pas penser à ça. Il était ma porte de sortie. Il était cette seule opportunité pour ma survie.  Et je devais lui faire confiance pour pouvoir vivre. Et malgré tout ça, j’avais peur. Une peur que je ne contrôlais pas.  A vrai, je ne contrôlais rien du tout… Ah si j’arrivais à faire que mes nausées restent des nausées.  Ce qui était une amélioration par rapport à mon réveil. Il parlait de me tuer pour abréger ma souffrance…. Euh
Je ne veux pas mourir alors que je ne sais rien de moi, rien de ma vie… Mourir tel une inconnue. C’était trop simple, bien trop simple… Je voulais et je me sentais obligée de me battre pour vivre comme si c’était dans ma nature. Une nature qui m’était également inconnue.

- Non. Criai – je à sa réplique. Je ne veux pas mourir d’une balle. Je ne suis pas un animal…Je suis….

Je ne terminais pas ma phrase… Je ne sais pas qui je suis. Mais je n’étais pas  un animal qu’on abat pour éviter qu’il souffre inutilement. Je ne suis pas à ça. Cela m’avait mis plus ou moins hors de moi seulement je me calmais aussi vite. Peut – être trop fatiguée.  

- J’ai juste besoin d’aide… Je sais que seule, je vais mourir. Et je ne veux pas mourir, non non non et non…

Ca répondait indirectement à sa question. Il ne me donnait pas vingt minutes alors que cela faisait au moins une ou deux heures que j’étais réveillée.  J’étais plus solide qu’il ne le pense ? Ou bien j’avais eu beaucoup de chance ?
Une autre chose m’interpella. C’est quoi un bukh ? Cela me disait quelque chose mais impossible de m’en souvenir… A priori, il parlait d’un animal mais quel genre ? Et qui pue ? De là à ne pas me souvenir des animaux et de leurs noms… C’était vraiment bizarre. Peut – être qu’il suffirait que je le voie pour le reconnaitre ? En tout cas, je l’espérais.

- Aidez – moi à vivre… S’il vous plait… Dis-je d’une voix plus faible.
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Levis Downson
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Jeu 12 Jan - 0:31
Irys : 190736
Profession : Braconnier - Médecin
Pérégrin 0
Wouuuh, à peine croyable... Si ca c'est pas une occasion en or pour tripoter de la minette ou simplement t'en mettre plein la vue !

« Ca me va. »

Quoi, t'es sérieux ? Tu veux dire que tu vas vraiment...

« Non, je disais d'accord à la jeune fille en train de cagner sous mes yeux, putain de pervers. » précise Levis. « Mets ton avant-bras autours de mon cou, ma belle, et évite de mettre du sang partout après moi si c'est encore possible. » adresse-t-il à l'attention de Pandora.

Après avoir positionné une main dans le dos de la demoiselle et une seconde sous ses jambes repliées, le chasseur se lève puis fait demi-tour sur lui même afin de revenir sur ses pas. Les traces qu'il a laissé sont encore très apparentes, il n'est pas difficile de rebrousser chemin et la silhouette de Besk se fait bientôt apercevoir. Le "camp" n'a pas bougé, tout comme l'animal...

Déposant la mourante auprès du Bukh, Levis prends ses distances et part à la recherches de brindilles pour initier une flamme. Il regrette de ne pas avoir allumé un feu de camp avant son départ, mais nul ne se serait douté qu'il croiserait au hasard d'un sapin une femme en détresse qui en aurait bien besoin !  Une douzaine de morceaux de bois font l'affaire, l'homme se rend à son campement et installe en cercle sa trouvaille. Une allumette suffit à embraser le tout, une douce sensation de chaleur se diffuse alors en quelques instants autours des flammes que le braconnier alimente en bois, de plus en plus épais. Lorsque le feu n'est plus dépendant de lui, il se tourne vers sa partenaire de mésaventure, collée contre l'animal nauséabond...

« Bien, à nous deux maintenant. » commence-t-il. « Tu vas te réchauffer, bonne nouvelle, et vu que tu ne seras plus complètement frigorifiée, le sang qui coule dans tes veines va tenter de refaire son petit parcours habituel. Sauf qu'à l'heure actuelle, le trajet à changé, tu vas donc joyeusement te vider du peu de sang qu'il doit te rester.» Reprenant son souffle, il enchaîne son diagnostic. « Je vais te suturer sur place, ca sera sale et très douloureux mais j'imagine que ton envie de survivre est toujours d'actualité. Je pense de toute façon que tu souffriras bien assez rien qu'en sentant tes membres se réchauffer.»

Levis s'approche de Besk et fouille l'une des sacoches qui pendouillent après l'animal. Il en tire un jeu d'aiguilles, du fil, une bouteille d'alcool et le strict nécessaire de nettoyage, puis s'accroupit devant sa future victime, sourire aux lèvres.

« Si ca peut te rassurer, le taux de survie des personnes que j'ai soigné est assez élevé.»



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Laora Redwood
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Sam 14 Jan - 22:16
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
Daënar 0
Il accepta. J’étais rassurée même si j’aurais préféré quelqu’un de plus sain d’esprit pour ça… Mais je voulais vivre, je voulais vraiment vivre. Je voulais comprendre le pourquoi du comment.
Je voulais même plus que ça, j’espérais tellement mais j’avais aussi tellement peur. La mort m’effrayait – elle donc ? Ou bien peut être que j’avais peur finir agonisante dans le froid de cette forêt ?
Il m’indiqua comme m’accrocher à lui. Je  devais lui faire confiance. Je devais croire en son bon fond, qu’il allait vraiment m’aider.  Je n’avais pas le choix. Je pris une grande inspiration comme pour me donner du courage, pour m’insuffler la force de tenir bon jusqu’au bout. Je devais tenir. Je me répétais cela comme un mantra, une façon de me convaincre que tout irait bien et qu’il n’était pas le grand méchant loup, celui qui se tapisse dans les profondeurs des bois attendant le moment propice pour me dévorer.
Je me devais d’être forte même si je ne comprenais pas pourquoi et même si j’étais embrouillée par cette douleur si vive et si nouvelle comme si je n’avais jamais souffert auparavant et pourtant…

Il alla me porter. Me porter…. Pourquoi cette idée laissa un frisson parcourir ma colonne vertébrale ?  Pourquoi la chair de poule couvrit ma peau ? Tellement d’incompréhension et quand j’ai voulu les comprendre … La douleur martela encore plus mon crâne.
Je lui obéis sans rien dit, voulant me concentrer. Je mis donc mon avant – bras autour de son cou doucement avec un peu difficulté.  Un simple geste demandait trop d’effort à mon goût. J’étais vraiment faible. Et je hais ça. Je ne savais pas pourquoi mais je haïssais cela.  
De mon autre main, je m’accrochais à lui. On aurait dit la belle dans les bras de son prince en beaucoup moins charmant et idyllique.   Une fois contre lui, une fois qu’il me tenait bien, je lui soufflais aux creux de l’oreille : « merci ».


Et même s’il paraissait fou, j’étais contente qu’il m’aide. Après tout, c’était une chance inespérée que de trouver quelqu’un ici, quelqu’un qui était prêt à m’aider, surtout ça. Je posais ma tête qui était bien trop lourde dans le creux de son cou, comme si j’allais m’endormir mais je m’efforçais à rester éveiller. Après quelques minutes, il me déposa auprès d’une bête.  Elle puait. Une odeur qui me piqua le nez et je ne pus pas m’empêcher de faire une petite grimace. D’ailleurs, elle m’effraya quand elle fit un bruit fort avec ses narines. Je sursautai légèrement maintenant ma main contre ma poitrine comme pour me calmer. Foutue bête.

Je soufflais en me répétant que tout ira bien. Tout devait forcément aller bien… Tout ! Je respirais plus calmement, je ne devais pas paniquer surtout pas après le discours de l’autre. Je vais avoir vraiment mal. J’angoissais déjà à cette idée. Je déglutis même.

- Je veux vivre. Soufflai – je. Alors ai – je le choix ? Je ne crois pas… Je suis prête.

Mon corps, non. Lui, il frissonnait à l’idée de souffrir encore plus.  Et je commençais même à trembler de peur à cette idée rien qu’en le voyant sortir de quoi me soigner.
Et sa tentative de me réconforter ne me rassura pas mais pas du tout.  Je me couchais donc pour faciliter la manœuvre. Il est dur de recoudre au ventre une personne qui est assis… Par contre pour plus de sureté, je préférais qu’il me défasse la chemise… Pour garder ça au chaud plus longtemps…Si on peut dire ça. Je fermais les yeux ne voulant pas le regarder.

- Oui, je suis prête…
Murmurai- je.
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Levis Downson
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Jeu 19 Jan - 15:16
Irys : 190736
Profession : Braconnier - Médecin
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« Bien, alors je peux commencer ! »

Qu'est-ce qu'on fait du coup ? Un petit flashback des familles où on te voit t'exercer à la médecine avec ta mère pour mettre du contenu ? Ou bien on se contente de donner des explications afin de donner l'impression que t'es réellement médecin ?

« Mais je suis médecin... » chuchote Levis, se rappelant qu'il n'est pas forcément rassurant de voir quelqu'un parler tout seul - surtout lorsque ce quelqu'un va effectuer des soins d'urgence sur vous. « Mademoiselle, ca va être long et fastidieux... Je vais essayer de t'expliquer ce que je fais à chaque étape, histoire de te maintenir éveillée. N'hésite pas à vomir si tu te sens obligée, mais évite de le faire sur moi: fais le sur cette bestiole à la limite, au pire ca ne changera pas grand chose à son odeur. »

A ces mots, le chasseur sort une compresse qu'il imbibe d'un alcool destiné de prime abord à un tout autre usage, puis l'applique sur la blessure située au ventre sans prévenir la concernée !

« Désolé, mais cette partie là se passe bien mieux quand on ne prévient pas... »

Les plaies sont propres, elles ne sont souillées par aucun débris et l'hémorragie s'est d'or et déjà stoppée d'elle même. Le plus inquiétant demeure la quantité de sang perdue par la victime qui semble, vu son état, plutôt élevée... Mais même le plus efficace des médecins ne serait capable de remédier à ce problème sans une intervention divine !

« J'vais pas intervenir sur ta tête, pas ici en tout cas. La blessure n'est de toute manière pas profonde, ca ne m'étonnerait pas qu'elle se résorbe d'elle même... »

Levis profite de la discussion pour s'équiper de son matériel sans trop s'attirer de questions. Une pince à griffe dans la main gauche et une aiguille dans la droite, il s'approche de la zone à suturer avant de lever la tête pour observer Pandora dans les yeux.

« J'aimerais pas être à ta place... Nan mais t'imagines, tu es en train de te faire recoudre par un mec que tu viens de rencontrer dans une forêt paumée, et qui par pur hasard se révèle médecin... Tu flippes pas un peu ? »

Et ce même mec parle à on ne sait qui par intermittences...

« En plus. » admet-il. « Bref, je plaisantais. Je suis une bonne personne - je crois - et j'essayais juste de détendre l'atmosphère. Histoire que si tu y restes, ce soit au moins sur une touche d'humour... On y va ? »

Question rhétorique, il enfonça sans attendre de réponses l'aiguille dans la chair moelleuse de sa pauvre victime. Avec assurance, il sutura la zone meurtrie jusqu'à ce que la blessure soit complètement refermée, tira sur le fil une fois celui-ci coupé puis le noua afin qu'il ne puisse pas se déplacer librement.

« Du beau boulot, si j'peux me permettre. » dit-il à l'intention de la jeune femme.

J'avoue. Tu devrais poster une photo sur instagram.

« Pardon ? »

Nan rien, laisse tomber.



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Laora Redwood
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Sam 21 Jan - 17:11
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
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Je m’attendais à tout. A cette douleur qui t’électrocute, insoutenable… Qui rend ton corps incontrôlable comme il voulait se sauver de cette situation, faire pause. Je m’attendais à tout, à la moindres des sensations. Je me souvenais que de la douleur. La douleur de mon réveil, la morsure du froid, le tambourinage de mon crâne… Je me souvenais que de la souffrance, de cette difficulté à respirer, à me tenir debout, à marcher... Alors je m’attendais à tout, oui à tout et j’étais prête à l’affronter.
Je serrais donc les dents sans vraiment l’écouter.  Il parlait comme pour meubler ou ne pas entendre les moindres cris que je pouvais émettre. Je fermais les yeux pour ne pas regarder. Déjà le fait sentir l’aiguille entrait dans ma chair, la perçait crispait mon corps de part en part. Mais on n’était pas encore arrivé à ce stade-là, que déjà je me crispais attrapant les poils de la bête qui hurla.

Quand l’alcool toucha ma plaie, quand elle se perdit dans mon sang, sur la chair déchirée, la douleur était si brulante que je tentais d’étouffer un cri de douleur qui s’échappa quand même. Je ne contrôlais rien et ca me désolait…. J’étais bien trop faible et je ne savais même pas pourquoi… Ce qui me frustrait encore plus à ce moment-là ou mon corps faisait ce qu’il voulait….  Une fois qu’il avait désinfecté, je soufflais pour calmer la douleur qui parcourra mon ventre. Et ce n’était que le début…

Je devais tenir, ne pas m’évanouir, ne pas m’écrouler… Je devais être forte, je devais rester éveiller. Je devais…  Je devais tellement de chose pour moi –même que je me concentrais sur le plus important c’est-à-dire rester en vie.  Je devais donc rester en vie. Et pourtant je voulais fuir, je voulais qu’il ne me touche pas. J’avais simplement peur de ce fils et de cette aiguille.

Et à sa question, tu ne flippes pas … cette foutue question de merde, j’avais envie de lui crier «  mais ta gueule. »  Franchement, les blagues dans ces moments-là étaient toujours de mauvais goût, TOUJOURS !
Et il continua de parler alors que l’aiguille passait dans ma peau, la déchirant en faisant des petits trous que le fils traversa tout en serrant les ports de la peau pour les unir…  Et puis franchement, oui j’ai eu envie de vomir pour la centième fois mais je déglutis pour ne pas avoir à le faire car je ne voulais pas que les sucs gastriques me brûlent encore la gorge… Je ne voulais pas avoir plus mal que nécessaire. Je ne voulais simplement pas souffrir une seconde de plus. J’aspirais à tellement plus.

Je me crispais à chaque fois que l’aiguille transperce ma peau, que le fils se serre.  La douleur me paraissait de plus en plus forte, de plus en plus cruelle et ces minutes étaient des heures, une éternité… Et il ne se la fermait pas ! Toujours pas… Et ça m’agaçait car cela ne me rassurait pas. Au contraire, il me faisait de plus en plus peur. Surement parce que je me sentais faible, vulnérable et que je ne le connaissais pas. Mais je n’avais pas le choix. Il était le seul qui pouvait m’aider, le seul qui pouvait me permettre de vivre … Alors je me devais de lui faire confiance.

Il eut enfin fini.  Je fus soulagé, gardant les yeux fermés mais tout en résistant pour ne pas m’endormir. Je ne devais pas dormir.  
Je ne bougeais pas, laissant mon ventre à l’air libre même si j’avais froid. Je n’avais pas la force de bouger. Etrangement le sol était confortable.
Ma respiration plutôt calme mais je ne bougeais toujours pas et quelques minutes après qu’il est fini, je soufflais «  merci… »

Oh, j’avais cris un peu, étouffé beaucoup et mon corps tremblaient encore. La douleur était toujours là et j’étais toujours vivante mais je n’arrivais pas à dire plus que ce merci…
Et je me sentais redevable… Il m’avait sauvé du moins prolongé ma vie pour le moment. Et je le lui devais.   Je finis par ouvrir les yeux sans bouger et je l’observais, le suivant du regard. C’est tout ce que je me sentais capable de faire pour le moment.
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Levis Downson
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Mer 25 Jan - 15:56
Irys : 190736
Profession : Braconnier - Médecin
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Au sol, silencieuse, la jeune femme semble encore trop faible pour ne serait-ce que se lever. Les yeux fermés cherchant sans doute à canaliser ces dizaines de nouvelles douleurs parcourant son corps, elle trouve néanmoins la force d'adresser à son "sauveur" un merci, redevable, avant d'ouvrir ses paupières pour l'observer.

« Pas besoin de gratitudes, je ne t'ai pas aidé pour t'entendre te perdre en remerciements. » répond Levis, assit au coin du feu après s'être éloigné de quelques pas. « Disons que j'm'en serai pas mal voulu si je t'avais laissé clamser dans les bois, et j'aime pas quand quelque chose me travaille l'esprit. »

Il a déjà assez à faire avec moi !

« La suite du programme c'est d'attendre que tu aies recouvré assez de force pour chevaucher la bestiole derrière toi. Y'a un village à environ vingt bornes d'ici, on y trouvera nourriture et lits chauds et j'en profiterai pour examiner en détail tes plaies. Ensuite, on se dira adieu. » conclut-il finalement sans attendre un avis ou une suggestion de la part de son interlocutrice.

Quelques minutes passent dans un silence presque absolu, bercé uniquement par le son caractéristique du crépitement des flammes ; le chasseur se relève par moments afin d'alimenter en combustible le feu devant lui, nettoyer son fusil ou bien consulter son carnet de notes jusqu'au moment ou l'ennui vient l'agripper sans vouloir le lâcher, lui arrachant un long soupir. Il relève la tête pour observer sa patiente, toujours aussi vivace...

«  Tu as un nom ? » demande-t-il finalement, comprenant que discuter est sans doute la seule option pour éviter de mourir d'emmerdement. « Histoire que je sache quoi graver sur ta pierre tombale, si jamais tout ça tourne mal. »

Il ricane, même en sachant que ce genre d'humour noir n'est que difficilement apprécié par les gens, surtout lorsqu'ils sont directement concernés. ..

« Plus sérieusement, ça facilitera la vie à chacun d'entre nous de connaître nos noms respectifs. T'appeler mademoiselle pendant les prochaines heures va rapidement me saouler, en vrai. » lui avoue le chasseur. « Pour ma part, c'est Levis. »



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Laora Redwood
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Dim 5 Fév - 15:56
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
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Je ne bougeais pas. Je restais figée, le fixant. Ma main se posa sur mon ventre alors que l’autre se reposait dans la neige.  Je l’écoutais tout en soufflant. La peau brulait, j’étais vivante. C’était ce qui comptait le plus à mes yeux, du moins à ce moment-là.  Sa réaction m’intrigua.
Mon merci était comme un coup de matraque à la base de son crâne.  Il le rejetait avec une certaine force comme si je ne devais pas, comme si j’avais fait quelque chose de mal.  Pour moi, c’était normal, c’était tout ce que je pouvais faire. J’étais si faible et son aide était comme divin. J’étais condamnée et lui était ma lumière. C’était bizarre et  réconfortant à la fois.
Et pourtant ce simple merci était comme un couteau dans son égo ?  Pourquoi ?  Je ne comprenais pas et ma tête me martelait bien trop fort pour que je réfléchisse plus… Je soufflais.


- Ma reconnaissance est sincère quoique tu en penses, quoique tu croies ou quoiqu’il en soit de tes aspirations, de tes envies. Ma reconnaissance est bien présente et réelle et je te dois la vie. Je ne l’oublierais pas.
Soufflai – je avec un peu de mal. Décidément, ma gorge avait pris un coup.


Je reprenais une inspiration avant de prendre la parole une nouvelle fois.

- Mais tu ne l’as pas fait.


Je fermais ensuite les yeux écoutant son programme dans les détails, je me voulais attentive même si cela était dur.  
Un village ? Je ne me souvenais de rien et cela me frustrait. Un village ? Une vie non loin d’ici… Quel village ? Il était comment ? Connaissais – je ce village ? Ces citoyens ? Au fait, on est où ?
Je voulais pleurer sur ma faiblesse, sur mon ignorance, sur cette mémoire qui me faisait tant défaut.  Je me haïssais tellement… Je posais ma main sur cette plaie à la tête supposant qu’elle était la cause de mon amnésie.

Il me demanda mon nom… Et la question qui résonna dans ma tête était mais qui suis-je… QUI SUIS-JE ?  Je n’avais pas la réponse... Je me frottais le front comme pour me rappeler mais je n’avais que la douleur.  Que cette maudit douleur … J’avais me laisser succomber par cette haine, par cette souffrance mais  je ne fis rien. Je devais tenir. Je finis par ouvrir les yeux, m’appuyer sur mes coudes puis mes mains. Une fois cela fait, je me redressais et m’assis tout en tendant mes jambes pour ne pas créer de douleurs et ni déchirés le fils.  
Je ne restais finalement que quelques secondes assise retombant aussitôt. Ca faisait trop mal. J’étais beaucoup mieux allongé dans la neige.
Je regardais le ciel, cette beauté. Les nuages cachaient le soleil. La lumière était moins vivace, plus agréable pour mes yeux.
Et je repensais à cette interrogation sans relever cet humour glauque…


- Je ne sais pas qui je suis … Avouai – je avec difficulté, m’étranglant presque d’avoir avoué ma plus grande faiblesse… Je suis personne.

Une tristesse résonnait dans ma voix, dans la brillance de mes pupilles.

- Je suis personne…
soufflai – je beaucoup de peine, laissant une larme coulée.


J’ai entendu son nom, son prénom du moins mais je n’avais de réponse à donner qui irait avec ce qu’il souhaite alors je fixais le ciel.


Dernière édition par Laora Redwood le Mar 14 Fév - 14:41, édité 1 fois
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Levis Downson
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Mer 8 Fév - 14:13
Irys : 190736
Profession : Braconnier - Médecin
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Une aussi simple question que « Quel est ton nom ? » trouve vraisemblablement toujours réponse du même gabarit, mais ce n'est pas le cas dans notre RP : cette belle inconnue semble avoir oublié une chose aussi évidente que le prénom qu'elle utilise depuis sa naissance, et si l'on pourrait accuser une personne âgée de perdre la mémoire à cause des dégâts du temps, on ne peut utiliser cette justification pour une aussi jeune femme, fraîche et vivace - quant elle n'est pas poignardée en pleine forêt et laissée pour morte.

L'explication à cette perte de souvenirs ne pouvait provenir que d'un traumatisme, sans aucun doute celui qu'elle semble avoir reçu à la tête. Il est évident que si sa mémoire est atteinte au point de lui faire oublier jusqu'à son nom, il sera difficile d'obtenir des informations bien plus complexes sur son passé comme son lieu de résidence, les motivations de son agresseur ou bien encore la raison de sa venue dans un trou paumé comme celui-ci...

Si tu veux mon avis, tu te serais moins fais chier à la laisser là bas, je crois.

« Un peu de compagnie, ça n'a jamais fait de mal. » murmure Levis, essayant de ne pas attirer l'attention de sa partenaire.

Mais du coup, on est bien emmerdés si l'on peut même pas foutre un nom sur son visage...

« T'inquiètes, je gère... Eh, femme ? » adresse-t-il à l'attention de la demoiselle, « Puisque tu n'es personne, tu ne vois aucun inconvénient à ce que je fasse de toi quelqu'un ? »

Le chasseur fait craquer sa nuque, étire ses jambes et ses bras paresseusement, puis ouvre une large bouche pour laisser échapper un bâillement échappant à toutes normes de discrétion. Adoptant une moue faussement sérieuse, il observe la cime des sapins proches puis dévisage sa camarade, décidant alors de se redresser pour mieux l'apercevoir : c'est une femme à la silhouette élancée et au visage fin, des yeux clairs et des cheveux blonds teintés de rouge par endroits ainsi qu'une peau pâle, beaucoup trop blanche pour être une teinte naturelle - le froid n'y est pas pour rien.

Un joli bout, si j'puis me permettre.

Quelques minutes passent, la réflexion s'intensifie. Levis balaye son répertoire de noms et élimine des propositions bien trop inadaptées, telles que Pet de Bukh ou Robert. Finalement, son visage s'éclaire et, satisfait, il adresse un sourire à la future ancienne inconnue.

« Que dis-tu de Germaine ? » propose-t-il, non sans un léger rictus. « Je plaisante, je trouve que Laora te conviendrais beaucoup mieux. Qu'en penses-tu ? »



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Laora Redwood
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Mar 14 Fév - 14:40
Irys : 64990
Profession : Chasseresse
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Je me sentais tellement faible, tellement inutile. J’étais une coquille vide qui n’avait pas de nom. Et l’avouer fut tellement dur que je passais ma main sur ma joue pour effacer cette larme. Je n’attendais pas grande chose comme réponse mais j’espérais une lueur d’espoir, juste un peu pour me réconforter que je n’étais pas perdue.
J’espérais aussi que quelques part, quelqu’un me connaissait et pensait à moi.  J’avais l’espoir même infime que je n’étais pas seule, que quelqu’un pourrait un jour me dire mon vrai nom, me donner une identité.  Je ne bougeais pas plus, fermant doucement les yeux à cette idée-là. Une idée de plus qui se fraya un chemin dans la douleur. Je me sentais si fatiguée mais je refusais pourtant de dormir.  J’avais le sentiment que dormir n’allait pas être une bonne idée pour survivre. Je voulais absolument rester éveillée. Je soufflais.

A sa question, je tournais la tête ouvrant les yeux, intriguée par ses paroles. Que voulait – il dire par là ? Je ne comprenais pas trop sa question mais je me disais pourquoi pas. Si je pouvais avoir un nom, une identité, rien qu’une… La vie serait tellement plus simple.


- Je veux bien. Dis – je d’une petite voix empreint d’une certaine fatigue.  J’avoue que me faire appeler femme ne m’enchante pas vraiment.

Un sourire se dessina sur mes lèvres, un faible sourire … Mais il était là, présent et doux.  C’est tout ce que je pouvais lui offrir.  Le feu me réchauffait peu à peu ainsi que la présence de la bête alors que le froid apaisait la douleur. J’étais bien sans l’être et j’espérais que cela me maintienne en vie.  Il proposa Germaine… C’est un prénom ? Où  une plante ? Ai – je la tête d’une fougère ?  Et puis il changea d’avis. Etait- ce de l’humour ? Décidément, j’ai beaucoup de mal avec son humour. La faiblesse sûrement ou bien…  Il prononça le nom de Laora.. La-ora… Je le répétais sans cesse dans ma tête comme pour m’en imprégner, comme si je devais l’apprendre par cœur.


- La –ora. Soufflai – je à voix haute. Oui Laora c’est bien comme prénom nom.


La-ora, je suis donc Laora à partir d’aujourd’hui… Je serais donc quelqu’un qu’on peut nommer, quelqu’un qui doit malgré tout se battre pour retrouver son identité, comprendre et découvrir qui elle était. Cependant c’était un bon début et je ne pus pas m’empêcher de dire merci à Levis. J’avais compris qu’il n’aimait pas qu’on le remercie mais avec moi, il devait s’y faire. Il s’y fera !


- Si un jour, tu avais besoin d’aide, n’hésite pas à me la demander. Soufflais – je tout en l’observant. Je te dois tellement.


J’étais surprise par sa bonté et sa gentillesse. Peut-être parce que dans ce froid, dans cet hiver, je ne pensais que trouver la mort… Peut –être… En tout cas, lui, je ne l’oublierais pas.
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