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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Rathram
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 Rude boy for life [PV Kora]

Swenn Milazzo
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Mer 25 Juil - 12:11
Irys : 735375
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Le soir tombe déjà lorsque Swenn sort du laboratoire dans lequel il a une fois de plus passé un trop grand nombre d'heures. L'air est encore chaud en ce mois de juillet peu avancé, et l'ambiance est à la fête dans les rues de la capitale régionale. Mais ce n'est évidemment pas le genre de préoccupation qui s'agite pour l'heure dans la tête du chimiste. Ses nouveaux projets de recherche l'ont totalement accaparé ces derniers mois. Et même si passer vingt quatre heures d'affilé le nez au dessus de ses éprouvettes ne l'a jamais dérangé, il faut reconnaitre que ses finances s'en trouvent affectées. Pas du genre à regarder ses dépenses, d'autant plus lorsqu'il s'agit de se procurer de nouveaux instruments d'analyse ou matériaux, il faut reconnaître qu'à ce rythme, il va bientôt se retrouver bloqué. Mais comme à chaque fois qu'il se retrouve dans ce genre de situation, il a la solution. Pas forcément très légale, mais c'est bien le dernier de ses problèmes.

Et il se trouve que l'un de ses contacts à Ünellia lui a fait part d'une demande importante il y a peu. Associée à un paiement qui devrait lui permettre d'assumer ses nouvelles lubies extravagantes pour les prochaines semaines. Mais évidemment, il n'a ni le temps, ni l'envie de s'occuper lui-même de la livraison. C'est que ses déplacements récents ne se font pas vraiment vers cette région. Et il n'a pas non plus l'envie de perdre de précieuses heures en voyage. Avec le risque de se faire intercepter par la milice en plus de ça ! Si Swenn est effectivement capable de mettre au point des produits particulièrement recherchés par une certaine partie de la population, pour ce qui est de la discrétion en revanche, c'est une toute autre histoire.

En parlant de discrétion, son piaf tout aussi furtif le rejoint alors qu'il s'approche des frontières de la ville, laissant derrière lui toute l'animation qui agite le centre ville en cette période. Le gratifiant d'une simple tape sur le sommet de son crane vide, le Doc s'installe simplement au pied d'un des arbres présents en plus grand nombre dans cette partie de la capitale qui prend des allures de grand parc verdoyant. Assis, le regard levé vers le ciel il profite du calme environnent, qui coupe avec l'effervescence des activités entreprises par les esprits en ébullition des autres scientifiques qu'il côtoie au quotidien.

Mais n'allez pas croire que sa présence en ce lieu reposant soit uniquement liée à la recherche d'un contact plus fort avec la nature reposante. L'idée en est bien loin. Une partie du trafique aérien qui cherche à rejoindre Cerka passe par ici, des espaces suffisamment vastes pour atterrir étant disponibles en grande superficie. Arriver de nuit est toujours plus délicat en raison de l'absence d'éclairage, ce qui justifie que les transports s'effectuent habituellement de jour. Mais les contrôles sont également beaucoup plus rares, les forces de l'ordre mobilisée une fois la nuit tombée étant bien plus occupées par les activités qui vont bon train dans les quartiers défavorisés plus éloignés. Dans la tête du chimiste, les choses sont très simples. Il lui suffit de trouver quelqu'un capable de manipuler un tel engin, qui cherche manifestement à éviter la milice avec leurs contrôles trop lourds, et qui en plus réussisse. Il ne restera plus qu'à négocier un "transport de marchandises" jusqu'à Alexandria.  

Évidemment, ce genre de client n'est pas particulièrement abondant. Il voit bien plus d'oiseaux et de moustiques lui passer sous les yeux que de constructions Daënars. Parfois même Din, qui souffre manifestement d'un manque cruel d'attention de la part de son propriétaire... Ah, il faut bien qu'il s'y fasse. Heureusement, Swenn ne manque pas de patience, et encore moins lorsqu'il a une idée bien précise telle que celle-ci en tête. Un peu borné aussi sûrement... Il ne s'inquiète pas des minutes et heures qui défilent.

Jusqu'à ce que, coup de chance, un vainqueur se déclare ! Comprendre par là un engin qui passerait parfaitement inaperçu s'il n'avait pas les yeux rivés au ciel. Et qui parait en bonne voie pour aller se poser non loin. Sans plus attendre, le chimiste se relève, et prend la direction de ce nouvel arrivage, le piaf jamais bien loin. S'approchant de la frégate repérée une fois posée au sol, il garde tout de même une bonne distance de sécurité. La filature, ce n'est pas vraiment son truc, et avec Din, il risque de se faire repérer immédiatement. Or, l'objectif n'est pas de se lancer dans de longues discussions dans ce lieu "loin" de tout. Heureusement qu'il a une bonne vue associée à une bonne mémoire. Il se contente alors d'attendre encore quelques minutes que sa cible s'éloigne, prenant visiblement le chemin d'un des quartiers vivants la nuit.

Pas de problème pour le jeune homme, qui depuis le temps connait bien la ville, et tous les endroits susceptibles d'attirer le genre de personne qu'il recherche. Une fois le temps jugé nécessaire à une sécurité optimale écoulé, il bouge de nouveau. Cet endroit n'est pas particulièrement mal fréquenté, mais certains établissements sont bien plus susceptibles d'héberger pour quelques heures un type qui pourrait être prêt à entendre ce qu'il a à proposer. Il s'arrête donc devant quelques tavernes correspondant à ses critères. Et si l'autre ne se trouve dans aucune d'entre elles ? Alors la conclusion serait décevante, mais il lui faudrait recommencer tout son protocole de surveillance. Mais il faut croire que cette nuit est une bonne nuit, puisque suite à quelques essais, il finit par repérer le silhouette espérée !

Swenn entre donc tout naturellement dans la taverne en question, passant en premier lieu commander une pinte de bière. Ce soir, l'objectif n'est pas de finir complètement saoul. Si la tenue de travail qu'il n'a pas pris la peine de changer pourrait dénoter avec celle des clients déjà bien alcoolisés, le reste de son allure contredit cette première impression qui pourrait laisser imaginer une appartenance à la petite bourgeoisie. Une chemise aux manches retroussée, laissant voir une bonne partie des tatouages présents sur ses avants bras, le visage fermé et le regard arrogant qu'il maitrise à la perfection lui permettent de se fondre presque facilement au milieu du peuple.

Quelques visages connus du Doc, mais ils n'entrent pas dans ses plans du moment. Il s'approche donc de l'inconnu repéré un peu plus tôt, laissant Din vaquer à ses inspections de chaque pied de table. Il prend la parole sans préambule, la voix relativement basse - pas très difficile puisque les rires tonitruants et les chants pas toujours justes alentours couvrent assez aisément toute tentative de discussion banale - n'ayant pas l'intention que des petits curieux viennent se mêler de ce qui ne les regarde pas.

- "Qu'est-ce qui t'amène par ici ?"

Tact et savoir vivre, comme à son habitude, une intonation tout ce qu'il y a de moins amicale en guise d'accompagnement. Les présentations ? Inutiles. Droit au but et le minimum de mots employés, ce n'est pas difficile de comprendre qu'il ne s'invite pas en tant que voisin de cet homme dans le seul but de trouver un compagnon à qui faire la conversation. Cerner au plus vite le personnage, et s'éviter d'éventuelles pertes de temps. Façon de faire classique pour Swenn, même si cela implique de prendre le risque de voir son interlocuteur se braquer. Une fois de plus, il ne cherche pas un camarade de beuverie. Et encore moins un ami.


"Hence to fight and conquer in all your battles
Is not supreme exellence"




"Supreme exellence consists in breaking ennemy's resistance
Without fighting"


[Sabaton - Art of war ; d'après Sun Tzu]
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Kora Lieken
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Lun 30 Juil - 15:58
Irys : 54990
Daënar -1
Kora avait entendu bien des choses à propos de Rathram et de son économie rivalisant avec celle d'Ünellia, basée sur la chimie et sur la "réparation" des corps, et on voyait très bien tout cela à Cerka. De nombreux membres de la milice avaient des prothèses remplaçant ici un bras, là les jambes, ou encore d'autres membres plus ou moins visibles, ce qui permettait de les repérer facilement. Bien sûr, ce n'était pas le cas de tous, et certains civils en possédaient également, et cela donnait à cette région une aura mécanique qui fascinait Kora, autant que cela le mettait mal à l'aise.

Il était venu à Rathram pour livrer une mystérieuse cargaison que son commanditaire avait tenu à garder secrète, et dont lui même ne savait rien. Eiko avait bien essayé d'éveiller sa curiosité, mais sa rigueur lui imposait d'accepter les règles du jeu. Après tout, son employeur avait accepté ses règles également et bien que peu nombreuses, il n'en acceptait pas la moindre entorse.
Primo, rien de vivant. Il se fichait bien de refourguer de la drogue, des magilithes, des armes ou autre, mais se refusait à verser dans l'esclavage ou le braconnage, et Eiko était d'accord avec lui. Deusio, pas d'itinéraire précis. Quelqu'un avait déjà tenté de les piéger en leur tendant une embuscade par ce procédé, et ils avaient bien retenu la leçon. Tercio, pas de changement de programme. Une fois le contrat établi, pas question d'ajouter d'autres closes à moins de renégocier le contrat dans son entier, avec pour conséquence habituelle un abandon pur et simple de la cargaison là où elle se trouvait, quid de ce qui pourrait lui arriver. Eiko était plus encline à la négociation, et tentait généralement de faire pencher la balance du côté des Irys, et Kora avançait quelque fois en ce sens, bien qu'il ne cédait que rarement de lui-même.

C'est donc à la lumière vacillante des derniers rayons du Soleil couchant que le Dragon d'Azur, frégate vieillissante mais toujours en excellent état général, atterri très habillement dans l'un des vastes parcs verdoyants de la capitale, à l'abri d'éventuels regards indiscrets, et surtout, loin des autorités qui n'auraient même pas la chance de s'apercevoir de leur présence avant leur départ, enfin, l'espéraient-ils.
Ils disposaient encore d'une bonne heure avant la livraison, aussi Kora avait-il le temps d'aller se dégourdir les jambes, et peut-être aussi d'aller se rincer le gosier dans l'une des tavernes du coin. Eiko quand à elle, préférait rester dans le vaisseau, surveillant la cargaison, tout en maintenant le Dragon prêt à décoller au moindre signe suspect.

L'air chaud de ce début de juillet n'enlevait rien à l'atmosphère festive qui saisissait les rues de la ville, et qui cueillait Kora au passage. Dommage qu'Eiko n'aie pas voulu se joindre à lui, elle aurait adoré les musiques qui s'élevaient ça et là, les rires et les danses. Malgré l'heure qui commençait à se faire tardive, les gens ne comptaient visiblement pas s'arrêter de s'amuser de ci tôt. Ayant abandonné son long manteau et sa paire de gants de cuir brun dans le Dragon d'Azur, seules sa chemise rouge et son pantalon en coton noir amples protégeaient sa pudeur. Ses lourdes bottes de cuir noir étaient presque de trop et il aurait surement donné cher pour ne plus les avoir aux pieds. La couleur flamboyante de sa chemise lui permettait de se joindre aux fêtards sans détonner, puisque tout le monde s'était apprêté de ses plus beaux atours pour la fête.

Déambulant dans les rues à la recherche d'une taverne accueillante, il passa devant quelques établissements plus ou moins accueillants, de la taverne la plus convenable, accueillant les travailleurs après leur dure journée de labeur, au bouge le plus sordide, rassemblant surement les pochetrons et quelques gredins de la capitale. Depuis le temps qu'il voyage, il avait apprit à dénicher "la perle rare", l'établissement où il aurait ce qu'il voulait quand il le voulait ; de la bagarre, une compagnie féminine, ou des compagnons de beuverie, mais aujourd'hui, ce qu'il voulait, c'était profiter d'un verre tranquillement, sans attirer l'attention, et partir effectuer sa livraison avant de reprendre la route pour la maison.

La taverne qu'il s'était choisi prolongeait la fête des rues ; C'était un établissement correct, surement pas le meilleur de la capitale, mais certainement pas le pire non plus. Les gens y chantaient, riaient, et buvaient aussi, parfois plus que de raison, mais on ne pouvait y distinguer mauvaise fréquentation à première vue. Depuis son arrivée, Kora avait été surprit par l'aura festive que revêtait la ville, et ne savait pas trop ce qu'on fêtait, mais il aurait sûrement fait parti de ceux qui s'étaient terrés dans cette taverne s'il était né en Rathram. Il s'était attablé à une petite table ronde perdu sous l'un des alcôves du fond de la taverne, près de où se trouvait l'âtre de la cheminée qui devait tourner à plein régime pendant l'hiver, mais qui n'avait pas dû servir depuis quelques longs mois. Et alors qu'il entamait à peine son verre aux arômes forts et aux couleurs ambrées délicates, un homme vint auprès de lui, bière à la main et déclara en s'asseyant sans autre forme de préambule :

- Qu'est-ce qui t'amène par ici ?

L'homme ne passait pas inaperçu. Grand, massif, tatoué comme un marin, ce qu'il aurait très bien pu être si ce n'était pas le genre d'établissement qu'ils évitent viscéralement. Il s'était assis prestement, comme s'il avait rejoint quelqu'un qu'il connaissait depuis longtemps pour commencer sa soirée, pourtant sa voix avait à peine dépassé le brouhaha ambiant, et son intonation était bien loin d'être amicale.

- Même pas un petit verre avant ? Je suis déçu, moi qui pensais m'en jeter un ou deux à l'œil.

Il avait répondu avec sa désinvolture habituelle. Avec un physique pareil, il ne s'agissait certainement pas des autorités. Peut-être un mari trompé, même si cela semblait peu probable. Un concurrent plutôt. Voilà qui était déjà plus probable. Se redressant sur la table en avalant une gorgée de son verre, Kora jaugeait son interlocuteur, scrutant la moindre de ses expressions, prêt à bondir de sa chaise au moindre signe d'hostilité, sans pour autant adopter de posture défensive ou agressive. En fait, il attendait simplement la prochaine action de son interlocuteur.
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Swenn Milazzo
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Ven 3 Aoû - 12:26
Irys : 735375
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Aucune réaction brusque face à son intrusion un peu trop directe, ni même le moindre mouvement de recul amorcé. Sang-froid et confiance affichée. Signaux positifs pour Swenn. Pas question de parler boulot avec le premier crétin un peu trop impressionnable rencontré. Même s'il faut admettre que la réponse de son interlocuteur n'est pas particulièrement pour lui plaire. Enfin, ça c'est juste personnel. Il faut reconnaitre que ces provocations sous couvert de blagues sont assez fréquentes dans le milieu. Tout comme ces façons détournées de ne jamais répondre directement à une question. Manque de chance, le Doc a un sens de l'humour qui frôle le zéro absolu. Et a du mal à supporter voir ses interrogations balayées d'un revers de manche. Rien pour lui faire esquisser un quelconque sourire ou même de quoi réchauffer le visage glacial qu'il garde. Où aucune expression ne vient pour l'heure s'y refléter.

Ce regard inquisiteur qui vient se poser sur lui loin de le mettre mal l'aise, plusieurs secondes s'écoulent ainsi pendant lesquelles les deux hommes s'observent mutuellement, une légère tension s'invitant à son tour à la table. Parfaitement habituel pour Swenn et ses relations sociables chaotiques... Pour autant, il garde bien à l'esprit ce qu'il vient foutre ici. Et il ne risque pas de voir de potentiels livreurs défiler toute la nuit. Un minimum d’efforts semble de mise !

- "Ça marche pas comme ça. D'abord tu réponds à mes questions, ensuite, peut-être qu'on peut boire. Si ça me convient."

Minimum.... Bon, ok, on n'y est pas vraiment. Et ses sourcils qui arrivent à se froncer encore un peu plus ne sont pas pour lui donner l'air plus sympathique. Sa manière de se tenir et de garder son regard planté dans celui de l'étranger aurait plus tendance à renforcer l'arrogance qui transparait dans ses paroles. Au moins, cela lui permet d'annoncer la couleur. Il n'est pas là pour lui souhaiter la bienvenue en ville, mais pour juger du potentiel que représente cet homme.

- "Mais je peux essayer autrement. Qui tu viens voir ?"

Si ça c'est pas un signe de bonne volonté... Bon, il ne s'attend pas à obtenir un nom quelconque. Tout au mieux celui d'une maîtresse qui servirait de couverture. Où alors, il s'est vraiment planté sur ce type. Mais il n'y croit pas une seconde. Déjà, parce qu'il ne peut accepter avoir tort. Ensuite, parce qu'un homme qui possède un tel engin, qui débarque en ville en pleine nuit, et qui semble parfaitement à l'aise dans ce genre d'endroit, ne peut être un simple touriste. Pas du genre à s'offusquer ouvertement face au manque de bonnes manières dont peut faire preuve Swenn. Encore moins à s'en montrer intimidé. Et il n'a pas non plus l'air d'avoir de quelconques problèmes de santé. Pas un malade qui viendrait chercher les performances médicales de la région.

Mais le chimiste a à peine le temps descendre une nouvelle gorgée de son verre, que deux nouveaux arrivants se pointent à la table qu'ils occupent. Deux jeunes, à peine la vingtaine, et visiblement déjà bien éméchés, leurs jambes n'étant plus suffisantes à assurer une parfaite stabilité. Connus de Swenn. Encore des gosses insouciants, qui cherchent seulement à profiter de tout ce que la vie a à offrir. Comme une grande partie de la population du coin, épargnée par beaucoup de problèmes qui poussent le reste des Daënars à se montrer moins utopistes. Il a déjà eu l'occasion de leur fournir quelques produits. Rien de vraiment puissant ni dangereux, et jamais en grandes quantités. Juste de quoi s'amuser. Pas des mauvais gars. Ce qui n'empêche pas le chimiste de leur jeter un regard sans équivoque, profondément agacé par cette intrusion. Mais l'alcool doit également avoir altéré leur vision, puisque l'un d'entre eux prend aussitôt la parole, avec un enthousiasme non dissimulé.

- "He salut Doc ! On cherche des joueurs pour lancer une partie de poker, ça t'dis ?! Avec ton pote bien sûr !"

Est-ce qu'il a vraiment l'air d'être posé ici à la recherche du genre de distraction qu'un jeu de cartes peut offrir ? Et le peu de temps qu'il s'accorde à dormir ces derniers temps a tendance à le rendre encore plus facilement irritable... Mais cette fois, le gosse a de la chance, puisqu'une bien meilleure idée traverse finalement l'esprit de Swenn. Ignorant superbement le jeune fêtard, il reporte son attention sur l'étranger. Une amorce de sourire, qui lui permet de troquer son allure insupportablement condescendante pour un air beaucoup plus provoquant, il rebondit sur cette proposition dont il se serait a priori bien passé.

- "A moins que tu ne sois seulement là pour profiter du vin, de la musique et tous les jeux qui ne manquent pas en cette période ?"

Pour ce qui est du vin et des jeux, pour sûr qu'il y a de quoi faire dans les différents établissements de la capitale régionale. Concernant la musique en revanche, il y a des soirs plus heureux que d'autres. Et manque de chance, les vrais artistes qui peuvent se balader à Rathram n'ont pas choisi cet endroit pour poser leurs bagages ce soir. Rien qui n'empêche les clients de gueuler à tout va, chacun son rythme, chacun ses paroles. Et s'il y en a qui sont doués dans le lot, ils sont bien cachés. Din s'étant d'ailleurs bien intégré au groupe de troubadours improvisé, participant avec force à renforcer la cacophonie qui règne déjà dans le bâtiment. Mais qui n'étonne ni ne dérange plus personne.


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Kora Lieken
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Lun 6 Aoû - 21:40
Irys : 54990
Daënar -1
Quelques secondes à peine s'écoulèrent. Quelques secondes pendant lesquelles les deux hommes s'étaient observés mutuellement, cherchant à se jauger l'un l'autre. Une légère tension avait même commencé à s'installer à la table quand l'homme fini par reprendre :

- Ça marche pas comme ça. D'abord tu réponds à mes questions, ensuite, peut-être qu'on peut boire. Si ça me convient.

Voilà qui écartait définitivement la piste du mari trompé. Aucun homme n'agirait de la sorte lorsque son honneur a été bafoué. Ce dernier fixait son regard dans les yeux sombres de Kora, comme s'il cherchait à l'impressionner, ou à l'intimider. Pas un sourire, pas la moindre expression, qu'elle soit sympathique ou agressive, pourtant son ton était plein d'une arrogance que Kora connaissait bien. Après un court silence, il enchaina :

- Mais je peux essayer autrement. Qui tu viens voir ?

Voilà où il voulait en venir. Kora allait devoir faire attention à sa réponse s'il ne voulait pas se mettre dans une situation épineuse. La question pouvait sembler anodine, mais s'il s'agissait d'un rival, peut-être désirait-il s'assurer de l'identité de son destinataire afin de se faire une idée de sa cargaison, et de la lui ravir, et s'il s'agissait d'un employé de son commanditaire, peut-être voulait-il s'assurer de sa discrétion. L'individu porta sa bière aux lèvres, attendant visiblement une réponse plus terre à terre que sa précédente réplique. S'apprêtant à répondre, deux jeunes hommes, à peine adultes, se joignirent au premier. Visiblement ivres, ils interpelèrent ce dernier malgré un état chancelant plus qu'évident.

- Hé salut Doc' ! On cherche des joueurs pour lancer une partie de poker, ça t'dis ?! Avec ton pote bien sûr !

Voilà une information intéressante. Son interlocuteur principal était donc docteur. Une personne très probablement cultivée, et qui en avait acquis l'attitude condescendante qui en découlait. Cela lui donnait un angle d'attaque pour percer la carapace du "doc'", et il pourrait sûrement s'en servir au besoin.
Ce dernier ignora totalement l'arrivée des deux jeunes, ainsi que la proposition de ces derniers, et conserva sa pleine attention sur Kora, qui en faisait de même. Ces deux individus ne représentaient clairement pas une menace pour lui, ainsi il y avait peu de chance qu'ils en soient une pour Kora, cependant, ils avaient également l'air de l'irriter au plus haut point, si bien qu'ils arrivèrent à imprimer une expression sur son visage ; Une amorce de sourire, délicieusement provoquant.

- A moins que tu ne sois seulement là pour profiter du vin, de la musique et tous les jeux qui ne manquent pas en cette période ?

Profiter de la musique ? Ce n'était pas vraiment le fort de Kora, et il fallait dire aussi que la qualité sonore des "musiciens" de la taverne se révélait du même acabit que celui de l'étrange petit piaf qui s'était mêlé à la foule, et dont le ramage s'avérait aussi plaisant que le crissement d'une craie sur un tableau noir.
Avalant le reste de son verre d'un trait, Kora reposa ce dernier promptement sur la table, faisant chanter les quelques glaçons qui y demeuraient encore, et adressa le même sourire plein de provocations que son interlocuteur affichait désormais.

- Mon ami n'arrivera pas avant une bonne demi-heure, ça me laisse un peu de temps pour vous débarrasser des Irys qui vous brulent les poches.

Cela offrait une réponse acceptable aux deux questions du doc', en tout cas, Kora espérait qu'il l'estimerait ainsi. Après un court silence, il tourna finalement son attention sur les deux individus qui s'étaient approchés. Ces derniers n'étaient pas encore attablés, et étaient bien plus jeunes que ce à quoi il s'était attendu de prime abord, bien plus jeunes que le doc' ou lui-même d'ailleurs. Le premier, celui qui avait prit la parole, semblait le plus jeune et le plus alcoolisé des deux. Il était plus petit que la moyenne, maigre, et se donnait des allures de caïds, malgré une coupe de cheveux négligée et un blond couleur des blés. Sûrement le genre de type prêt à délester une petite vieille de son sac à main avant de prendre la fuite, mais pas à provoquer des bagarres sans l'avantage numérique qu'offrait une bande. Le second en revanche, légèrement plus grand, avait à peu près la même carrure que Kora. Lui aussi était sérieusement éméché, mais semblait malgré tout en pleine possession de ses moyens. Des deux individus, c'était sûrement lui le plus dangereux. Pas réellement une menace pour le doc' ou pour lui-même, du moins à première vue, mais il y aurait sûrement matière à s'amuser avec lui en cas de bagarre générale. Evidemment, ce n'était pas l'intention du moment.

Du bout du pied, il poussa l'un des tabourets inoccupé vers le petit blondinet, l'invitant par là à rejoindre la table. L'autre suivi le mouvement alors que Kora fit signe à la serveuse, une jeune et plutôt jolie jeune femme, à peine assez âgée pour avoir entamé sa vingtaine, d'amener une nouvelle tournée pour la tablée.
Le blondinet avait sorti son paquet de cartes lorsque la serveuse aux longs cheveux d'or arriva avec quatre pintes de bière qu'elle amenait sur un plateau de bois qui semblait démesuré dans sa petite main.

- Je distribue. Affirma Kora en prenant le paquet de cartes des mains du blondinet. Si tu n'y vois pas d'inconvénients, doc'. Ajouta-t-il après un sourire des plus provocateurs, insistant sur le dernier mot.


Tu veux jouer ? Et bien, je dois bien avoir une ou deux minutes à tuer.
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Swenn Milazzo
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Mer 8 Aoû - 22:42
Irys : 735375
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
Comme ça cet homme est du genre joueur ? Très bien, ça l'arrange. Quoi de mieux qu'une partie de carte avec de l'argent en jeu pour en savoir un peu plus sur quelqu'un ? Et éventuellement amener ce qui l'intéresse réellement dans la conversation. Les deux gamins ne présentent pas un problème direct. En plus d'être particulièrement éméchés, ce n'est pas dit qu'ils soient capables de suivre quoi que ce soit à ce qui se passe en étant sobres. Sa façon de s'exprimer, de se comporter, et maintenant de payer une première tournée, cette fois Swenn en est sûr, ce nouvel arrivant correspond bien au profil type qu'il recherche ! Il va pouvoir passer à la vitesse supérieure.

Le chimiste n'est pas un grand adapte des jeux de carte ni de quelle que distraction du même acabit que ce soit. Une pure perte de temps selon lui. Habituellement, il l'aurait envoyé voir ailleurs sans ménagement le jeune. Mais dans ce cas précis, l'avantage "social" du poker est une opportunité qu'il serait idiot de ne pas saisir. Et il a besoin d'argent ! Alors même s'il doit repartir de cette table moins riche qu'il n'y ait arrivé, sur le long terme, cette partie peut être rentable. Ne vous faites pas d'illusions, il n'a pas pour autant l'intention de perdre cette partie. S'il peut en plus gagner quelques irys sur le court terme, il ne va pas dire non. Seulement, le risque associé à une défaite potentielle n'est pas problématique.

L'homme en face de lui s'empare du paquet de cartes sous quelques marmonnements de protestation de la part de celui qui vient de se faire délester. La serveuse arrive pour apporter quatre verres. Swenn en profite pour vider celui qu'il avait récupéré en entrant dans l'établissement, le dépose sur le plateau de la jeune femme qui repart en suivant. Bien, la partie peut donc commencer. Et évidemment, l'étranger en ne rate pas l'occasion de lui faire comprendre qu'il n'est pas passé à côté de la seule information intéressante que les mioches ont pu apporter. Ce qui rend son faux sourire au doc. Il n'en attendait pas moins. Ce surnom hérité de ses jeunes années ne l'embête pas. Au contraire. Il lui permet d'éviter d'être assimilé à toutes ces brutes et escrocs qui animent les réseaux illégaux de la ville. Un titre passe partout.

- "Au contraire. J'ai bien envie de voir ce que tu vaux."

Bien sûr qu'il n'a que faire de l'habileté que peut avoir cet homme en matière de distribution de cartes. Il a conscience que les personnes qui fréquentent le genre de milieu auquel il soupçonne appartenir l'étranger ont la fâcheuse manie de tricher. Mais celui qui participe à une partie de poker en imaginant tous les joueurs parfaitement honnêtes serait bien stupide.

- "Ouais allez vas y distribue que j'puisse tous vous ruiner ! Z'allez voir z'allez rien comprendre à c'qui vous arrive ! Eh tu t'souviens Jo, la dernière fois, quand y z'étaient tous repartis presqu'à poil ! Y z'avaient l'air trop cons !"

Erf, c'est exactement pour ça que sa première idée aurait été de balancer son paquet de carte à la tronche de ce mioche à la langue un peu trop pendue. Enfin, tant qu'il se marre avec son pote et ne fait que des spéculations basées sur vent, Swenn n'a pas l'intention de leur prêter la moindre attention. Il sort donc une bourse bien remplie de sa poche, qu'il dépose près de lui, et place quelques irys au centre en guise de mise de départ. Il a bien envie de les voir repartir en pleurnichant ces deux casse pompes. Non, pas de scrupule à dépouiller deux gamins, qui ont du extorquer cet argent à leurs parents avant de venir ici. Ou le subtiliser à la première personne un peu trop faible et esseulée croisée sur le chemin.

- "Comment je dois t'appeler ?"

Toujours très direct. S'embêter avec de belles tournures de phrases pour obtenir un nom ou pseudonyme de son interlocuteur, ce n'est pas dans ses façons de faire. Ce serait le meilleur moyen d'obtenir une réponse qui ne le satisfait pas. Tout en parlant, Swenn attrape les cartes qui se retrouvent devant lui pour y jeter un coup d’œil. On ne peut pas dire qu'il soit un maître dans l'art du bluff, loin de là. Mais son visage qui a du mal à dégager autre chose qu'une parfaite assurance lui permet au moins de ne pas laisser filtrer la moindre émotion relative à son jeu.


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Kora Lieken
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Dim 19 Aoû - 19:32
Irys : 54990
Daënar -1
- Au contraire. J'ai bien envie de voir ce que tu vaux.

Une provocation ? Encore ? Décidément, Kora ne savait pas pourquoi il l'avait accosté, ni pourquoi, mais ces incitations n'étaient pas pour lui déplaire. Après tout, ceux qu'on voit arriver de loin ne sont pas nécessairement les plus dangereux, et les provocations gentillettes comme celles qui se jouaient ici n'avaient généralement pour but que d'appréhender autrui, pas de causer du tort.

- Ouais allez vas-y, distribue que j'puisse tous vous ruiner ! Z'allez voir, z'allez rien comprendre à c'qui vous arrive ! Eh tu t'souviens Jo, la dernière fois, quand y z'étaient tous repartis presqu'à poil ! Y z'avaient l'air trop cons !

Kora soupira subtilement après la vantardise du petit blondinet, qui ne jouait visiblement pas du tout dans la même cour que le doc'. Sans le savoir, il venait de révéler la stratégie qu'il avait mit en place avec son compagnon de beuverie ; Jouer ensemble pour prendre l'avantage sur leur deux ainés. Si Kora ne savait pas si cette stratégie s'avérerait payante avec le doc', son expérience du poker lui permettrait certainement de ne pas se laisser avoir si facilement, du moins si la chance était de son côté. Et au pire, le bluff lui permettrait sûrement de déstabiliser ces deux jeunes fanfarons afin de leur faire abandonner leurs bonnes mains. Pas sûr que ça suffise face au Doc' cela dit. Encore que...

Kora distribua donc les cartes quasiment immédiatement après la provocation du jeunot, avec une dextérité qui trahissait une certaine habitude. Cela semblait avoir quelque peu impressionné les deux jeunes, mais pas suffisant pour déstabiliser le doc', qui enchaina :

- Comment je dois t'appeler ?

Jetant un œil à ses cartes, son visage plein d'assurance ne permit pas à Kora d'appréhender le jeu que pouvait bien avoir le doc'. Ce ne fut pas le cas des deux jeunes alcoolisés qui ne dissimulèrent pas leurs émotions aussi bien que le doc'. La première main se jouerait comme il l'avait prévu entre le doc' et lui, et il en serait probablement ainsi de toute la partie. Il jeta un rapide coup d'œil à son jeu, son visage n'affichant en rien la fadeur de sa main. Il faudra y aller au bluff pour le moment.

- Rien d'aussi prestigieux que toi, doc'. Mais mes amis m'appellent Mathier. Et toi ? Je continue à te donner du doc' comme ces deux là, ou j'ai le droit d'utiliser ton p'tit nom ?

Pour une fois, c'était à lui de provoquer, bien que cette provocation n'ait pas réellement pour but de révéler l'identité de son interlocuteur, mais bien d'orienter l'attention de ses opposants sur autre chose que sur son jeu médiocre, doc' étant amplement suffisant pour le moment. Bien sûr, le stratagème n'avait pas d'intérêt avec les deux jeunes enivrés, qui n'avaient vraisemblablement ni le niveau, ni l'état mental pour lire les émotions masquées derrière le masque placide qu'il portait sur son visage de joueur. Et il n'en aurait pas probablement pas non plus envers le doc', qui se montrerait sûrement assez habile pour ne pas tomber dans ce panneau, mais qui sait ?

Après quelques tours de jeu, les bourses se répartissaient, et comme il l'avait escompté, les deux jeunes se faisaient plumer malgré leur tactique grossière, et particulièrement mal appliquée, sûrement dû à l'inexpérience plus qu'à l'enivrement, quoique cette dernière composante n'aide pas, ce qui les mettait dans un état de frustration et de colère, qui ne faisait que s'exacerber à mesure que les verres ne défilent, et que leurs bourses ne se vident.

De par leur frustration et l'enivrement, les deux jeunes ne comprirent rien à ce qui se jouait ici, trop concentrés sur leur défaite évidente pour porter attention à autre chose, ce qui laissait les deux véritables protagonistes de la partie libres de converser, sous couvert de formules habilement alambiquées et de métaphores parfaitement maniées, même s'ils n'auraient sûrement pas mieux compris dans la pleine possession de leur facultés.

Dans sa façon bien à lui, le doc' avait révélé sans détour ses intentions à Kora, de façon assez habile cependant pour que des oreilles un peu trop curieuses n'y comprenne pas grand chose. Evidemment, Kora avait plus ou moins comprit par lui-même où le doc' voulait en venir au fil de la partie.

- Et bien gentlemen, je suis désolé mais mon ami ne devrait plus tarder, et je déteste me faire désirer. Déclara Kora en posant ses cartes contre la table, rassemblant son pactole. Merci pour ces quelques Irys, soyez tranquilles, je saurais en faire bon usage. Il se leva de table, lança quelques Irys sur la table pour payer sa consommation, et se retourna vers le doc'. Je ne devrais pas en avoir pour plus d'une heure. Si tu veux remettre ça, je connais un petit parc sympa en périphérie de la capitale. Ca peut être sympa.

Avec un dernier sourire, Kora se dirigea vers la sortie, gratifiant la serveuse d'un sourire charmeur, et le tavernier d'un signe de tête courtois. Rien envers les deux pigeons en revanche, qui venaient de se faire plumer et qui ne comprenaient visiblement pas comment cela avait bien pu se produire.


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Swenn Milazzo
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Mer 22 Aoû - 11:15
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On peut dire que la chance est de son côté ce soir. Pas pour ces quelques mains avantageuses qu'il récupère et dont il se fiche royalement, mais bien pour cette rencontre inespérée avec celui qui se présente sous le nom de Mathier. Un homme qui sait garder son aplomb, sans pour autant se montrer agressif malgré une situation qui lui est imposée, et une capacité à bien vite la reprendre en main. Et le plus intéressant, capable de comprendre ce qui est révélé à demis mots. Le genre de type à qui Swenn peut envisager de confier une livraison. Reste à savoir si un tel job entre dans son champ de compétence. Et évidement, s'il l'accepterait, sous quelles conditions. Mais pour ça, les gamins sont de trop. Il va falloir faire preuve d'un peu de patience encore. Alors, autant continuer sur le registre qu'ils ont lancé depuis le début de la partie. Et l'étranger semble bien décidé à lui donner le change. Tant mieux, parce que ce n'est pas avec les plus jeunes qu'il trouve quoi que ce soit d'intéressant à cette soirée qui s'écoule.

- "Il va falloir te contenter de ce nom encore quelques temps."

Un ton toujours parfaitement neutre pour cette simple phrase. Signifiant seulement que pour le contexte dans lequel ils se trouvent actuellement, il préfère éviter d'user de son réel patronyme. Même si une bonne partie des gens qui le côtoient n'ignorent pas son nom. Juste une précaution de plus pour éviter les ennuis avec les forces de l'ordre. Ce serait gênant pour le travail qui occupe ses journées. Et qui lui importe vraiment. Tout le reste, ce qui se passe en ce moment, ce ne sont que des méthodes plus directes pour obtenir les moyens nécessaires à poursuivre ses travaux, sans avoir à aller pleurnicher auprès de l'Üne. Qui risquerait de mettre la main sur tous les projets qu'il peut avoir. Hors de question. Pour autant, à travers cette formulation, il laisse aussi clairement entendre qu'il pourrait être amené à lui en révéler davantage. De toute façon, Mathier n'a pas l'air de s'en formaliser, et continue toujours aussi naturellement.

Heureusement que leur conversation présente un certain intérêt, parce que ce n'est pas ce stupide jeu qui éveil le moindre entrain chez Swenn. Ce qui se traduit inévitablement par ce même air toujours superbement blasé chez lui. Un avantage indiscutable au poker, même si ce n'est pas vraiment le but visé. Autant en profiter quand même. Ne serait-ce que pour voir les deux gosses râler, s'agiter, pester, jusqu'à finalement paniquer en voyant que les choses ne tournent pas comme ils devaient l'envisager en venant l'accoster. Tant mieux. Ça leur apprendra un peu la vie. Ce genre d'échec est probablement une bonne leçon. En supposant qu'ils soient en capacité de s'en souvenir lorsqu'ils se réveilleront le lendemain...

Finalement, après plusieurs manches, celui qui s'est révélé être un habile joueur de poker annonce son départ de la table. Bien, de toute façon, le Doc ne pouvait pas en dire bien plus dans cet environnement. Heureusement que le niveau sonore était suffisamment fort jusqu'à présent, et que les mioches sont encore bien naïfs. Mais pas question de prendre davantage de risques dans l'immédiat. En plus de ça, Swenn réussit même à terminer cette partie légèrement plus riche. Tout juste de quoi financer une soirée de beuverie, guère plus. Mais ce n'est pas dans ses plans immédiats. Non, il doit encore garder les idées au clair pour quelques heures, puisque Mathier lui confirme pouvoir être intéressé par ce qu'il a à proposer. Lui donnant rendez-vous un peu plus tard, loin de toute cette agitation. Parfait.

- "J'y serai. Je ne manque jamais un rencard attirant."

Évidemment qu'il ne fait pas référence à quoi que ce soit qui se situe au-delà de l'aspect purement professionnel. Ce n'est qu'un moyen de s'assurer que les potentiels curieux qui pourraient avoir eu vent de leurs échanges n'aient pas l'envie de les suivre plus loin. Et son interlocuteur doit commencer à être habitué à ses tournures de phrases qui sortent légèrement de la norme.

Il a donc une heure devant lui. Première étape, se débarrasser des gamins. Qui sont vraiment éméchés... Il aurait peut-être dû les empêcher de boire autant, au moins le temps qu'a duré cette partie de poker. Erf, pourquoi il faut toujours que ce genre de cas de conscience vienne le frapper de plein fouet ?! Qu'est ce qu'il y peut si ces jeunes sont encore à la recherche de leurs limites ? Swenn finit donc par se décider à leur rendre le paquet de carte qui trainait encore sur la table, leur recommande de rentrer sans plus tarder - oui bah il ne peut pas s'en empêcher ! - termine son verre, et part à la recherche de son piaf. A force de trainer dans les tavernes une fois la nuit tombée, on dirait bien que Din se sent dans ce genre d'endroit comme chez lui. A aller réclamer l'attention d'une grande partie de la population présente en ce lieu comme il sait si bien faire, ses cordes vocales et le niveau d'alcoolisation avancé des clients étant clairement à son avantage.

Une fois tous ces détails réglés, il pourrait se contenter de profiter de cette nuit agréable, des étoiles, et d'un peu de tranquillité et de calme après avoir supporté le boucan inhérent à ce genre d'établissement. Sauf que... Bah oui, sauf que les apprentis joueurs de poker ont visiblement choisi de suivre son conseil avisé. Et se trouvent à quelques mètres devant lui lorsqu'il sort de la taverne, en grande difficulté face au choix crucial de la direction à prendre. Vous le sentez venir ? Un soupire de dépit, sachant très bien qu'il ne va pas pouvoir s'éloigner comme si de rien n'était, Swenn revient à hauteur de blondinet et de son pote. Une chance qu'il sache de quel quartier ils sont issus. Ou pas. Bon ok, il n'est pas peut être pas uniquement ce connard sans cœur qu'il essaie d’interpréter. Sans grand succès visiblement. Mais après tout, personne n'est présent pour juger de cet acte charitable de sa part, et les deux concernés n'auront probablement plus le moindre souvenir une fois le soleil levé.

Après ce détour non agréable effectué, à écouter les jérémiades des jeunes et avoir dû écourter un peu brusquement leurs épanchements en remerciements, il est largement temps de prendre la direction de ce fameux parc. Mais si le chimiste espérait un peu de calme, Din lui rappelle bien vite sa présence. Pourquoi a-t-il gardé un tel piaf déjà ? Cela dit, le bruyant volatile profite bien vite de l'espace dont il dispose, laissant son propriétaire relativement seul. Non loin d'un des principaux sentiers pour une bonne visibilité des allées et venues inexistantes à cette heure ci... Bien que la faible luminosité présente en ce lieu n'offre pas un champ de vision particulièrement élargit. Mais c'est parfait pour ce qui va suivre. En supposant que Mathier se pointe effectivement. Et s'il décide finalement de ne pas venir... Eh bien ce n'est sûrement pas Swenn qui risque de lui courir après. Bosser avec des gens non motivés, très peu pour lui.


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Kora Lieken
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Jeu 23 Aoû - 1:59
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Sur le chemin du retour à son navire, Kora réfléchit à son étrange entrevue dans la taverne. Comment le doc' avait-il bien pu savoir à qui il avait affaire ? Il ne disposait pourtant pas d'une si grande réputation, encore moins en Rathram. Il aurait sûrement les réponses en temps voulu, mais cela méritait qu'il y réfléchisse. La nuit était bel et bien tombée, et les manifestations festives qui avaient court en si grand nombre il y a encore une heure avaient diminués de moitié. L'air s'était également adouci, signe de l'heure avancée, et également signal que Kora devait accélérer le pas sous peine de rater l'échange, et de recevoir des remontrances de la part d'Eiko.

Eiko attendait à la porte de la soute du Dragon d'Azur, parfaitement dissimulé dans l'ombre de la nuit, où l'on devinait aisément les trois lourdes caisses de bois qui servaient de cargaison à la frégate. Postée en sentinelle la main sur la poignée de sa dague, Eiko accueilli Kora comme elle l'aurait fait avec tout étranger, et se ravisa en constatant l'identité de son partenaire. Visiblement la livraison n'avait pas encore eu lieu. Kora inspecta d'un rapide coup d'œil l'intérieur du Dragon.

- Pas encore. Interrompit Eiko. Il n'est pas encore l'heure de toute façon.
- Encore cinq minutes. Confirma Kora en regardant sa montre à gousset. Espérons qu'ils se montrent, on a un autre rendez-vous.
- Comment ça ?
- Tu verras.

Kora sourit et entra dans le Dragon pour ressortir armé de ses deux mousquets, juste par précaution. Quand finalement l'heure sonna, un tout jeune adolescent, à peine plus d'une douzaine d'années, pointa le bout de son nez. Il avait le visage et les mains couverts de poussière, et ses cheveux châtains en bataille lui donnaient un air espiègle. Ses vêtements délavés, tâchés et usés, au moins deux tailles trop grandes pour lui trahissaient son origine sociale peu aisée. Sûrement un intermédiaire, un enfant des rues que personne ne regretterait en cas d'impair.

- Vous devez être monsieur Mathier.
- Mathier seulement. A qui ai-je l'honneur ?
- Je ne suis qu'un rat qui travaille pour monsieur Zick. On est venu chercher la marchandise.
- On ?

L'enfant siffla et aussitôt cinq autres enfants, dans la même tranche d'âge, et de la même catégorie sociale débarquèrent de nulle part. Bien que six, les enfants n'auraient sûrement pas la force de déplacer les trois lourdes caisses. Kora enjoint tout de même l'enfant à monter à bord, et ce dernier sorti un pied-de-biche de sous son maillot, ouvrit la première des caisses, plongea sa main dans ce qui semblait être des grains de café, et fini par en sortir une petite boite, trop lourde pour être transportée seul. Il envoya son outil à un second enfant, à côté de la seconde caisse, qui fit de même avec un troisième enfant près de la troisième caisse. Ainsi, en moins de cinq minutes, trois petits caissons de métal furent extraits des trois caisses de bois. Les enfants descendirent du navire avec leur marchandise quand Eiko les arrêta.

- Vos Irys se trouvent dans l'enveloppe, sur le couvercle de la caisse.
- Et les caisses justement ?
- Vous pouvez les garder.
- Combien il vous paye ?
- C'pas tes oignons l'vioque.

Cette fois, c'était un jeune rouquin bouffi qui avait prit la parole. Visiblement, moins bien éduqué que son compagnon, quoique plus vieux. Le cadet fixa son ainé avec un regard plein de réprimande et ce dernier baissa les yeux, semblant se morfondre en excuses que nul n'entendait. Visiblement, c'était lui le chef de la bande, bien qu'il ne sembla pas le plus âgé.

- 200 Irys. Chacun.
- Dites à monsieur Zick que la prochaine fois, c'est lui que je veux voir.

Ce que Kora détestait plus que d'être négligé comme il venait de l'être par ce "monsieur Zick", c'était qu'on emploi des enfants, s'autant plus si jeunes. Au moins, il avait la décence de bien les payer, ce qui allégeait sa conscience. Et la somme plutôt rondelette qui se trouvait dans l'enveloppe cachetée achevait d'ôter tout scrupule qu'il avait à laisser les enfants s'éloigner du Dragon d'Azur.

- A ton avis, il y a quoi dans ces caissons ?
- Je n'en ai pas la moindre idée, mais ça ne doit pas être du café.
- Et qu'est-ce qu'on en fait de tout ce café, justement ? On ne va quand même pas le garder si ?
- On aura qu'à le revendre avant de partir. Vu la quantité, on doit pouvoir en tirer dans les 200 Irys.

Au moins, Kora n'avait pas eu à utiliser ses mousquets. Il regarda sa montre à gousset, et constata qu'il avait prit une marge plutôt large pour son rendez-vous avec le doc'. Eiko prit l'enveloppe et compta l'argent qui y était contenu, s'assurant que le compte y était bien. Kora savait qu'il pouvait faire confiance à sa compagne, aussi se contenta-t-il de faire le tour extérieur du Dragon, s'assurant que tout était en ordre. Pas vraiment une manœuvre de sécurité, plus une routine qu'il s'était imposé.

Minuit approcha quand une silhouette s'ébaucha, sortant de l'obscurité totale des arbres, éclairé par la lune déjà bien haute. Trop loin pour pouvoir dire s'il s'agissait du doc' ou non, il était cependant certain qu'il ne s'agissait pas des "rats" de monsieur Zick.


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Swenn Milazzo
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Mar 28 Aoû - 23:16
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Jamais trop en avance ni trop en retard - du moins lorsqu'il n'est pas perdu le nez au dessus d'une de ses mixtures ou dans un bouquin - Swenn se décide à avancer un peu plus loin dans le parc. Les mains enfoncées dans les poches de son pantalon et la démarche reflétant aisément son flegme habituel, on pourrait le prendre pour l'un de ces amoureux de la nature qui passent leur temps à flâner. Évidemment, il n'en est rien. Perdre de précieuses minutes à errer sans but n'est pas dans ses façons de faire. Non, il est plus que l'heure d'aller voir ce qui se passe du côté de cet aéronef débarqué il y peu à Cerka.

Le coin est bien désert en cette heure avancée de la nuit. Il ne croise qu'un couple en recherche d'intimité et un groupe de gamins sur son chemin. Rien d'exceptionnel. Même Din parait touché par le calme environnement. L'horripilant volatile se montrant étrangement silencieux, préférant tourner autour des quelques arbres sur leur route, partir à la découverte de leurs hauteurs, avant de revenir tout enthousiaste auprès de son propriétaire. Qui n'a que faire de son petit manège. Peut-être a-t-il besoin de reposer ses cordes vocales après le boucan qu'il a réussi à provoquer le temps où ils sont restés dans la taverne. Ce qui tombe plutôt bien. Ce n'est pas la peine d'attirer les quelques rares âmes nocturnes présentes en ce lieu.

Mais en arrivant à proximité de l’engin débarqué du ciel quelques heures plus tôt, Swenn peut distinguer trois silhouettes, là où il ne s’attendait qu’à en trouver une seule. Peut-être les affaires qui occupaient Mathier prennent-elles plus de temps que prévu ? Si le chimiste manque cruellement de bonnes manières et a tendance à agir comme bon lui semble, débarquer au beau milieu d’une transaction à laquelle il n’est pas convié et dont il n’a que faire, ce n’est pas dans ses habitudes. Ni dans ce qu’il pourrait envisager. Mieux vaut se contenter d’observer de loin dans un premier temps.

Difficile de distinguer ce qui peut bien se passer à la distance où il se tient. Il n’a pas l’intention de pouvoir être repéré avant d’être sûr qu'il peut se montrer sans risques. Mais évidemment… C’était sans compter sur Din, dont l’impatience ferait pâlir de jalousie un gamin la veille de noël. Allez savoir ce qui peut bien traverser la tête d’un stupide volatile dans ce genre de moment. Celui où tout s’arrête, alors que lui aurait visiblement voulu continuer sur cette même lancée dynamique. Quoi qu’il en soit, après être venu se poster l’espace de quelques secondes aux côtés de Swenn, voilà le piaf qui, sous on ne sait quelle pulsion, s’élance dans la direction qui accaparait toute l’attention du chimiste. Oui oui, vers l’aéronef dont il se tenait bien sagement éloigné, c’est ça…

A peine le temps d’esquisser un mouvement dans une tentative veine pour rattraper le Novsh beaucoup trop rapide, un "non" tout aussi inutile que s’il s’adressait au plus borné des mioches, Swenn ne peut que regarder impuissant, son piaf toutes plumes dehors, foncer en direction du trio à grand renfort de cris à vous vriller les tympans. Et merde… Pourquoi faut-il toujours qu’il décide de faire des siennes dans les pires situations ?! Et surtout, comment est-il toujours en vie ? Bref, questions futiles. Il ne peut pas rester là à ne rien faire, c’est encore un coup à le récupérer cribler de balles et couvert de sang.

Sans grande conviction et l’air encore plus contrarié qu’à l’accoutumée, Swenn prend la même direction que son abrutit de compagnon. Sans trop se presser non plus. Non, il ne va pas s’abaisser à lui courir après, c’est déjà assez chiant comme ça… En plus, ça lui laisse un peu plus de temps pour se décider sur cette nouvelle improvisation forcée. Exercice qu’il déteste, mais auquel le volatile l’oblige à s’entrainer régulièrement depuis qu’il l’a récupéré... Il opte finalement pour une prise de parole rapide, alors qu’il se trouve encore à quelques mètres du trio qu’il peut désormais distinguer plus nettement. Mathier effectivement présent, une femme à ses côtés, et un homme, une dague à la main, probablement dans l’espoir de se faire un poulet grillé pour le repas du soir. Tout en évitant de finir déchiqueté par le bec non amical qui lui arrivait droit dessus.

- "Excusez-le, il a tendance à être paranoïaque. Un regroupement en pleine nuit au beau milieu d’un parc, et il ne peut s’empêcher d’intervenir."

Eh, c’est qu’il commence à être doué ! Bon, pour l’intonation en revanche, il reste du boulot, aucune expression n’arrive encore à s’en dégager. Rendant ses paroles toujours aussi difficiles à interpréter. Mais il n’a de toute façon pas l’intention de faire passer le moindre message. Son seul objectif était bien de récupérer son piaf. A la base. Parce qu’il faut avouer que cette opportunité qu’il lui offre finalement, à pouvoir approcher du groupe avec une excuse toute trouvée est plutôt la bienvenue ! Évidemment, la tension vient de monter d’un cran, chacun s’observant. Il n’a pas la moindre idée de l’identité des deux autres personnes du groupe qui vient de passer à quatre – non Din ne sera pas compté comme membre à part entière – la prudence est donc de mise. Il peut tout autant s’agir de comparses, de clients, de concurrents, voir même de miliciens en civils.

- "Vous n'avez rien ?"

La créature à plumes est bien vite repartie dans les airs avant de revenir se poser un peu plus loin, cette attaque éclair ressemblant bien plus à une mise en garde qu'une réelle envie d'en découdre. Mais mieux vaut éviter une rencontre trop violente avec son bec ou ses griffes, la peau humaine n'est pas particulièrement résistante.


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Kora Lieken
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Sam 1 Sep - 21:26
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L'homme approcha du Dragon d'Azur à pas mesurés, semblant en observer le moindre détail, de sa coque à ses voiles, laissant trainer son regard sur chaque courbe, chaque planche, à mesure qu'il approchait, comme s'il en cherchait le secret. Kora n'aimait pas ça. Lorsqu'il fut assez proche pour s'annoncer, le trentenaire bien tassé, coiffé ras mais portant barbe et moustache, vêtu d'un pantalon en toile brune, de bottines de cuir de même couleur, d'une chemise verte kaki, et de bracelets de cuir, à l'allure sombre et sévère, parla d'une voix claire mais profonde ;

- Un beau vaisseau que voilà. Il est à vous ?
- A qui a-t-on l'honneur ?
- Je suis le capitaine Blanko, capitaine de la milice de Cerka. Et vous êtes ?
- De passage.
- On s'est arrêté ici pour faire quelques réparations et pour se ravitailler avant de reprendre la route pour Alexandria.
- Ce navire ne serait-il pas un peu gros pour seulement deux têtes d'équipage ?
- Elle vous l'a dit, on est là pour se ravitailler. Les autres sont en ville.

Kora ne savait pas si son interlocuteur était réellement ce qu'il disait être, mais il savait pertinemment que l'armée équipait ses vaisseaux avec bien plus d'hommes, ce qui n'était pas le cas des particuliers, et un garde de la capitale devait le savoir aussi, surtout un capitaine. Se faire passer pour une garnison militaire, si l'entourloupe prenait, leur permettrait sûrement d'éviter une inspection trop poussée du vaisseau, qui le serait forcément avec un vaisseau "civil". Et avec un peu de chance, cette entourloupe leur éviterait une inspection tout court, du moins s'il s'agissait réellement d'un milicien en civil.
L'homme allait reprendre la parole quand un cri extrêmement désagréable vint arrêter la conversation, surprenant tout le monde, les poussa à se mettre sur la défensive, à la recherche de son origine.

Le capitaine avait brandit sa dague et avait fait volte-face à la vitesse de l'éclair, confirmant les soupçons de Kora. Il supposait, à raison, qu'Eiko et lui n'étaient pas militaires, et s'attendait à risquer sa vie pour son métier. Lorsque l'origine du cri fut localisée, un piaf fonçant sur le groupe tel un oiseau de proie maladroit, un nouvel intervenant entra en scène :

- Excusez-le, il a tendance à être paranoïaque. Un regroupement en pleine nuit au beau milieu d’un parc, et il ne peut s’empêcher d’intervenir. Vous n'avez rien ?

L'oiseau avait soudain changé de direction, et l'attention du groupe se porta sur le nouvel arrivant. Kora sourit en le voyant. Le doc avait plutôt bien choisi son moment pour se montrer. Restait à espérer qu'il soit aussi vif de réaction ici qu'il l'avait été à la taverne.

- Il est avec vous ?
- Plus ou moins ouais. Le doc' doit avoir trouvé de quoi ravitailler les trousses de secours du vaisseau. Et avec un peu de chance, peut-être même de quoi soigner quelques blessés à Alexandria.
- Est-ce là la raison de votre présence si tardive à Cerka ?
- Officiellement on ne s'y est jamais posé. Officieusement, on n'a pas trop eu le choix.

L'homme semblait septique, mais le bobard était crédible. Il se tourna vers le doc', attendant une éventuelle confirmation, en conservant sa dague à la main par précaution. Kora en était sûr à présent, il s'agissait bien d'un homme avisé, et s'il était bien capitaine, il ne s'était surement pas retrouvé à ce poste par un quelconque privilège, mais bien par l'expérience dont il faisait preuve.
Les mousquets de Kora étaient bien cachés à l'intérieur du Dragon d'Azur, mais suffisamment proches de la soute pour être atteints en cas d'escarmouche. Pourtant ce n'est pas vers eux qu'il se dirigea, mais vers sa canne épée, plus passe-partout pour la situation, lui permettant à la fois de paraitre inoffensif, mais d'être préparé lui aussi à toute éventualité, ce qui lui attira les regards des trois autres personnages.

- Juste ma canne. Ma jambe recommence à faire des siennes.

Kora aurait préféré pouvoir traiter avec le doc' directement, et l'arrivée du capitaine de la garde s'avérait être un contretemps fâcheux, mais il faudrait bien se dépatouiller avec ça avant de pouvoir converser librement avec lui. A condition bien sûr qu'il ne soit pas là à cause du doc' justement, ce qui restait une possibilité à laquelle il n'avait pas pensé avant.


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Swenn Milazzo
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Mar 4 Sep - 14:36
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Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
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On dirait bien que pour une fois, Din se montre plutôt utile. Même si l'option "attendre jusqu'au moment opportun" aurait été tout aussi plaisante. D'autant plus qu'à en juger par la façon dont les personnes présentes réagissent à son arrivée, cette discussion ne devait pas vraiment être prévue. Il ne manquait plus que ça. Enfin, comme il pouvait s'en douter, Mathier est habile lorsqu'il s'agit de faire entendre ce qu'il a envie. A moins qu'il n'ait juste une façon de s'exprimer facilement compréhensible pour Swenn. Des trousses de secours, un vaisseau, et un voyage de prévu vers Ünellia pour apporter de l'aide. Pas difficile de savoir ce qui peut se passer dans la tête de Mathier. Et la femme a l'air du même côté.

L'autre homme en revanche, qui s'inquiète de la présence d'un aeronef dans cette partie de la ville à cette heure-ci... Pas besoin d'avoir eu les présentations en direct pour arriver à la conclusion qu'il s'agit d'un milicien chargé de vérifier les convois suspects. Il va être emmerdant. Pour le moment, ils ont l'avantage. Ne reste plus qu'à le garder jusqu'à ce que cet individu a priori indésirable ne s'éloigne, et qu'ils puissent enfin parler sérieusement. Alors s'il lui faut juste jouer le rôle d'un médecin itinérant, aux probables ordres de l'Üne, eh bien, ça reste dans ses compétences.

Un simple acquiescement de la tête en voyant le regard interrogateur se poser sur lui, Swenn garde la même attitude parfaitement détachée. L'air toujours aussi sûr de lui qu'à l'accoutumée, il n'y a plus qu'à espérer qu'il ne demande aucune vérification. Parce qu'il n'a absolument rien sur lui. Et heureusement. Parce que si ça avait dû être le cas, il y a peu de chances pour que ce soit le genre de choses sur lesquelles il voudrait qu'un parfait inconnu tombe... Un parfait inconnu armé, visiblement prêt à réagir au premier signe d'alerte. Mais à trois contre un... Non, ce n'est pas le moment de penser à ce genre de chose. Une altercation ne laisserait pas d'autre choix que de supprimer définitivement cet individu, et c'est bien la dernière chose que veut le Doc.

- "Il n'y a rien de plus à dire, alors maintenant, laissez nous bosser. On n'a pas l'intention d'y passer la nuit. Je suis sûr que votre présence serait bien plus utile ailleurs..."

Le ton clairement provoquant employé ne laisse pas grand doute sur l'ironie de sa dernière phrase. Cela dit, il a réussi à employer le vouvoiement. Notez l'effort ! Mais après tout, il est de notoriété publique que les relations entre la milice et le reste des représentants de l'Üne sont tendues. Ces derniers ayant tendance à sous estimer les premiers. Alors, on peut dire qu'avec son naturel désinvolte, Swenn est dans son rôle ! Nan ? Bon, c'est vrai qu'il est incapable de se montrer agréable avec ce genre de personne. Incapable de se montrer agréable tout court, ok...

- "Pour ce qui est de la place que je dois occuper, je suis le mieux placé pour en juger. Quant au reste... Allez y, faites comme si je n'étais pas là. Pendant ce temps là, si ça ne vous dérange pas, je vais seulement faire le tour."

Erf. Ça c'est moins cool. Pas très étonnant que ce type reste sur ses positions. Ce n'est pas comme s'il a le parfait look du bon médecin. Ni le moindre diplôme associé d'ailleurs, mais ce n'est qu'un détail. Et le trio qu'ils forment n'est pas spécialement plus crédible. Du moins d'apparrence. Il n'y a donc qu'à convaincre cet honnête homme qu'il ne faut pas se fier aux apparences n'est-ce pas...

Ne sachant pas ce qui a pu être dit avant qu'il n'arrive, mieux vaut limiter le nombre de mots prononcés. Le risque d'incohérences est un peu trop élevé. Pendant que ce petit jeu pour savoir que craquerait en premier continue, Swenn profite de ce que le milicien s'éloigne pour entreprendre sa soit disant inspection extérieure, pour s'approcher de Mathier et lui adresser quelques mots discrètement.

- "Tu peux le laisser faire ? Ou faut qu'on trouve un moyen de le faire bouger ?"

S'il se doute que son collaborateur du moment n'est pas assez stupide pour laisser quoi que ce soit de compromettant à l'extérieur de son vaisseau, il ignore en revanche tout de ce qu'il peut contenir. Et il y a fort à parier qu'il ne s'agit pas de bandages et produits aseptisant... Puisqu'il serait étonnant que le milicien ne cherche pas ensuite à en savoir plus sur l'intérieur. Autant se mettre d'accord dès à présent sur ce qu'ils doivent faire de l’inopportun.


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Kora Lieken
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Ven 7 Sep - 10:02
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Blanko regarda le doc' en attendant une confirmation, qu'il reçu d'un simple acquiescement de la tête parfaitement impassible. Puis, après une longue seconde, il ajouta de manière parfaitement provocante :

- Il n'y a rien de plus à dire, alors maintenant, laissez nous bosser. On n'a pas l'intention d'y passer la nuit. Je suis sûr que votre présence serait bien plus utile ailleurs...
- Pour ce qui est de la place que je dois occuper, je suis le mieux placé pour en juger. Quant au reste... Allez-y, faites comme si je n'étais pas là. Pendant ce temps là, si ça ne vous dérange pas, je vais seulement faire le tour.

Une provocation dont Kora se serait bien passé cette fois. Heureusement, le capitaine se contenta d'encaisser la provocation. Il avait l'air sûr de ce qu'il allait trouver, pourtant pas de veine pour lui ce soir, son navire est absolument vide ! Blanko commença à s'éloigner, scrutant à la lueur de la pleine lune le moindre centimètre de la coque du vaisseau, puis Swenn s'approcha de Mathier pour lui souffler discrètement.

- Tu peux le laisser faire ? Ou faut qu'on trouve un moyen de le faire bouger ?
- Je t'avoue que l'espace d'un instant, j'ai bien cru qu'il était avec toi. Affirma-t-il en souriant. Mais t'inquiètes, rien de répréhensible ici. Laissons-le s'épuiser à chercher, il finira par repartir la queue entre les jambes.
- Et pour les trois caisses de café ? Je te rappelle que le manifeste de fret ne dit pas "convoi militaire". On fait quoi s'il tombe dessus ?
- Qui a parlé de militaires ? On lui a juste dit qu'on n'était pas que deux pour piloter ce "gros vaisseau". Il s'apercevra assez tôt qu'on n'est pas militaires. On n'a pas les gueules de l'emploi de toute façon. Suffit de faire en sorte que ça arrive quand on l'aura décidé.

Il se dirigea vers l'entrée du Dragon d'Azur, attirant l'attention suspicieuse du capitaine sur lui, ainsi que le regard interrogateur des deux autres. Après quelques secondes, lorsqu'il redescendit du Dragon, le capitaine s'était rapproché, ayant abandonné son inspection extérieure pour regarder ce qu'il faisait.

- Juste ma canne. Ma jambe recommence à faire des siennes.

Kora n'avait pas pour intention de s'en servir mais comme le lui avait enseigné son instructeur alors qu'il était encore dans l'armée : " J'aime mieux l'avoir et de ne pas vraiment en avoir besoin, plutôt que de ne pas l'avoir et d'en avoir vraiment besoin...". Évidemment, Eiko avait déjà passé quelques de temps avec Kora, et elle savait parfaitement qu'il n'éprouvait aucune douleur à la jambe. Elle savait aussi et surtout que cette canne était loin d'être un simple accessoire... surtout entre ses mains, bien qu'il n'ait une certaine répulsion à s'en servir inutilement. Heureusement, cette canne était suffisamment habillée pour ne pas perdre son camouflage immédiatement, ce qui leur laisserait l'avantage au cas où la situation déraperait de manière inopinée.

Blanko demanda finalement, comme ils s'y attendaient tous, à entrer pour continuer à inspecter... Et bien que Kora ne se soit préparé, Eiko avait interprété les dernières paroles de Kora d'une manière totalement inattendue.

- Et si vous nous disiez clairement ce que vous cherchez ?
- Je vous le dirais quand j'aurais trouvé.
- Coupable jusqu'à preuve du contraire, c'est ça ?
- Je ne suis pas juge, juste milicien. Je me contente de faire appliquer la loi, pas de juger les contrevenants.

Bon, au moins maintenant ils étaient fixés ; Blanko ne repartirait pas tant qu'il n'aurait pas désossé pièce par pièce le vaisseau jusqu'à trouver quelque chose à leur reprocher... Puisque la ruse n'avait pas fonctionné avec lui, il fallait essayer la diplomatie... Et si cette dernière ne fonctionnait pas non plus, la négociation risquerait de prendre un tour plus "sportif"... Bien que ce ne soit pas l'idéal pour entamer une relation commerciale avec un nouveau client...

Spoiler:
 


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Swenn Milazzo
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Mer 12 Sep - 10:42
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Il faut reconnaitre que ce timing avec lequel le milicien a débarqué est plutôt mauvais. Alors si Kora avait prétendu ne pas avoir envisagé un instant que Swenn soit derrière cette histoire, il ne l'aurait de toute façon pas cru. Ou il se serait finalement demandé s'il ne s'est planté à son sujet. Mais la réponse obtenue a tout pour le rassurer. Laisser le fouineur s'énerver à la recherche d'éléments répréhensibles qu'il ne trouvera pas. Patienter les quelques minutes - en espérant qu'il n'y ait pas besoin de plus - nécessaires, et entamer les discussions avec Mathier, et celle qui parait être son associée, ensuite.

Mais cette dernière n'a pas l'air aussi sereine. C'est que ce milicien n'a pas l'air d'une simple bleusaille facile à berner. Sa façon de se comporter, de garder un calme parfaitement maîtrisé pour continuer son boulot, prouvent bien que se débarrasser de lui ne va pas être une tache aisée. Et s'il y a bien une ville dans laquelle Swenn préfèrerait ne pas s'attirer d'ennuis avec les autorités, c'est bien celle-ci. Il est sûrement temps de changer de stratégie. Évidemment, il n'a aucune idée de l'état réel de la jambe de son acolyte. Et s'il aurait plutôt tendance à croire qu'il ne s'agit que d'un prétexte tout trouvé, il ne peut ignorer la possibilité que ce ne soit pas complètement faux. Mais même s'il avait la certitude que Mathier soit la plus fine lame du continent, il lui faut tenter autre chose avant d'en arriver à cette extrémité.

Alors que l'enquiquineur continue son étude approfondie du navire aérien, une multitude de scénarios défilent dans la tête du chimiste. Parce que même s'ils arrivent à s'en débarrasser, le plan ne s'arrête pas à le virer. Il lui faut pouvoir tenir une conversation avec le duo qui se tient à ses côtés sans qu'aucune oreille indiscrète ne soit dans les parages. Autant dire que même s'il arrive à lui faire faire demi-tour, ils n'auront que peu de temps. Mais ça devrait être gérable. Après un soupire dans une tentative pour avoir l'air plus avenant que ce qu'il n'est, il se rapproche du milicien zélé.

- "Pour des raisons que je ne peux exprimer, notre présence ici doit rester discrète. Mais honnêtement, si nous avions quoi que ce soit qui puisse nous attirer des ennuis, à trois contre un... Vous ne pensez pas qu'on aurait déjà réglé le problème autrement ?"

Cet homme devait forcément avoir cette possibilité en tête. Mais le fait de l'évoquer aussi clairement semble le couper dans son élan. Il arrête ses recherches l'espace de quelques secondes pour fixer un à un les membres du trio. Réfléchissant visiblement au sens qu'il doit donner à ces mots.

- "Mais par chance il se trouve que nous défendons des valeurs similaires. Essayons donc de faire preuve de diplomatie, en restant chacun de notre côté."

Non, Swenn ne s'est jamais considéré comme un hors la loi. Bien qu'une large partie de ses activités laisse à désirer. Mais... C'est pour la bonne cause ! Comment pourrait-il continuer à travailler correctement avec le peu de moyens accordés aux laboratoires de recherche ?! Ouais, bon, c'est peut-être quand même un petit mensonge, ok. Cela dit, cette option reste celle qui doit être la plus enviable pour le milicien. Peut-être bien est-ce la raison de sa réponse, qui n'arrive qu'après plusieurs secondes de réflexion.

- "Vous avez intérêt à ne pas en avoir pour longtemps. Qui que soient vos chefs, dans une heure, je serai de retour avec une équipe pour contrôler ce navire dans son intégralité. Et vous n'aurez plus rien à dire."


De nouveau un simple signe de tête en guise d'acquiescement, le chimiste reste sur place, attendant de voir le fouineur tourner les talons non sans leur avoir jeter un dernier regard pesant. Il laisse de nouveau plusieurs seconde s'écouler, s'assurant de ne plus entendre le moindre pas, avant de s'approcher de nouveau du duo a qui appartient l'aeronef, pour leur adresser la parole sur un ton suffisamment bas pour ne pouvoir être entendu que par eux. Il ne peut écarter la possibilité que le milicien se soit caché à proximité pour espionner ce qui peut se passer maintenant qu'ils pensent être débarrassés de sa présence.

- "Comme nous n'avons que peu de temps je vais être direct. Je cherche quelqu'un capable d'assurer un transport jusqu'à Ünellia. Tout en évitant ce genre de contrôles..."

Heureusement qu'il avait déjà pu aborder le sujet à demi mots avec Mathier plus tôt dans la soirée, ce qui lui permet de pouvoir parler de façon aussi claire à présent. Et de ne pas perdre de précieuses minutes pour vérifier sa bonne réception à ce genre de proposition, qui ne peut évidemment être adressée à n'importe qui. Pour ce qui est des conditions en revanche... Eh bien, il préfère voir quelle réaction peuvent avoir ses interlocuteurs. Puisque s'il a pu se faire un premier avis sur Mathier, il ne sait en revanche encore rien du tout sur cette femme.


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Kora Lieken
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Ven 14 Sep - 1:52
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Permission ou pas, Blanko désirait entrer dans le Dragon d'Azur, et seule le recourt à la violence pourrait l'en empêcher. Kora lui fit alors un signe de tête en guise de signal d'accord à poursuivre son investigation à l'intérieur du vaisseau. Il s'apprêtait à y pénétrer quand le Doc' l'intercepta. Il lui souffla quelques mots que ni Kora ni Eiko ne purent entendre de où ils étaient. Pas plus de quelques secondes, durant lesquelles Blanko resta figé, analysant les tenants des mystérieux mots énoncés par le Doc'. Kora ne savait pas ce qu'avait bien pu lui raconter son compagnon de fortune, toujours est-il que ce cela semblait efficace parce qu'après quelques secondes de réflexion supplémentaires, Blanko répond à voix parfaitement audible cette fois.

- Vous avez intérêt à ne pas en avoir pour longtemps. Qui que soient vos chefs, dans une heure, je serai de retour avec une équipe pour contrôler ce navire dans son intégralité. Et vous n'aurez plus rien à dire.

Finalement le trentenaire tourna les talons et s'éloigna lentement vers les lumières de la ville, jetant un ultime regard suspicieux sur eux. Kora était des plus impressionné par le charisme qu'avait dû déployer le Doc' pour parvenir à ce résultat sur quelques mots uniquement, et surtout sans violence.
Lorsqu'il s'approcha à nouveau, après quelques longues secondes durant lesquelles il semblait s'être assuré du caractère effectif du départ du Capitaine, il leur exposa sa requête à voix basse.

- Impressionnant.
- Comme nous n'avons que peu de temps je vais être direct. Je cherche quelqu'un capable d'assurer un transport jusqu'à Ünellia. Tout en évitant ce genre de contrôles...
- Ünellia ? Quelle partie d'Ünellia ?

La réaction de surprise d'Eiko, couplée à son air horrifié n'était pas pour ravir Kora. Et bien qu'elle ne soit compréhensible au vu de ce qu'elle avait vécu à Alexandria, ou du moins ce qu'elle aurait pu y vivre si Kora n'était pas intervenu, elle ne devait pas avoir rassuré le Doc' non plus...
Kora retint sa partenaire d'une pression douce sur l'épaule, tentant de la calmer sur ce seul geste, espérant que sa réaction n'ait pas complètement refroidi leur interlocuteur.

- Pas de soucis. Les contrôles c'est mon affaire. De quel genre de marchandise on parle ?

A vrai dire, cette question n'avait pas pour vocation à savoir ce qu'il allait transporter, la plupart du temps, il s'en fichait même, tant que ce n'était pas vivant. Il ne donnerait jamais dans le trafic de la chair, du moins de son plein gré. Si le doc' lui révélait le contenu de la cargaison qu'il allait transporter, tant mieux, sinon il ne s'en formaliserait pas, sachant qu'il imposerait ses règles dans le cas d'une transaction favorable. En réalité, cette question n'avait pour d'autre but que de ré-aiguiller le Doc' sur la transaction, et lui confirmer que lui était bien partant. Du moins pour le moment...
Bien sûr, Eiko laissa à peine le temps de répondre au doc' qu'elle enchaina aussitôt avec le sujet qui fâche ;

- Retourner en Ünellia a un coût. Et le passage de marchandise de contrebande est sévèrement puni. A quelle hauteur peut se monter votre participation au trajet ?

Kora soupira face à la rudesse de la question de sa partenaire, mais il est vrai qu'il fallait en passer par là. Attendant les réponses de son interlocuteur, il s'appuya contre la carlingue de son vaisseau, observant ses réactions et son attitude, qui ne démordait pas de d'habitude.
L'attitude détachée et le sourire qu'il affichait seraient sûrement perçus par le doc' comme autant d'arrogance, sûrement mis sur le compte de la question pécuniaire de sa partenaire, pourtant il n'en était rien. Il ne savait pas pourquoi, mais il appréciait l'étrange personnage que représentait le doc', pourtant ni son comportement ni sa conversation ne permettaient d'en faire un personnage sympathique, du moins aux yeux des gens "normaux".
Il ne savait pas pourquoi, mais cet homme dont il ne connaissait toujours pas le prénom lui inspirait une certaine confiance, autant qu'une grande méfiance. Et c'est surement ce sentiment complexe et totalement improbable qu'il ressentait en lui qui le faisait sourire, et qui lui donnait envie de porter cette conversation plus loin, quitte à devoir se frotter à Ünellia.
Et puis après tout, un boulot est un boulot, peu importe si la tête de celui qui vous emploie vous revient ou non, alors autant se laisser porter par le vent tant qu'il souffle dans le bon sens...


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Swenn Milazzo
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Dim 16 Sep - 20:17
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Daënar +1
Une fois de plus la réaction de Mathier et de sa partenaire sont plutôt différentes. Alors que le premier ne cache pas sa satisfaction à voir le fouineur leur lâcher les basques - même pour une petite heure - la seconde parait beaucoup moins enchantée à la simple évocation d'Ünellia. Voir même carrément réticente. Pas de quoi faire paniquer Swenn, qui n'a sûrement pas dit son dernier mot. Et il y en a un autre qui ne semble pas vouloir s'arrêter à une simple région. Si ces deux là arrivent à gérer leurs affaires malgré cette différence apparente, alors c'est une bonne chose. On dit souvent que pour mener toute opération à bien, il y a besoin d'une femme pour tempérer la témérité des hommes.

Si c'est vraiment le cas, alors elle sera probablement plus difficile à convaincre. Mais par chance, l'argent résout une grande partie des problèmes. Et le chimiste n'est pas sans savoir que son client paye bien. Seule raison pour laquelle il a accepté de répondre à sa demande. N'ayant pas l'intention de jouer en plus le rôle de livreur, il avait évidemment pris en considération la rémunération d'un intermédiaire dans ses calculs. Il ne reste donc plus qu'à faire en sorte que le duo accepte ce rôle. Et malgré la réserve apparente de miss sceptique, elle prouve tout de même ne pas être totalement fermée à cette proposition. Tout comme Mathier qui voudrait en savoir plus. Pas question qu'il prenne le risque de les voir refuser. Il commence donc par s'approcher de celle qui lui semble poser le plus de problèmes, avec l'intention de la rassurer sur le premier point. S'il était capable d'adopter une attitude une peu moins glaciale, ce serait sûrement plus simple...

- "Mon client gère ses affaires à Alexandria. Mais si vous ne pouvez entrer directement dans la ville, il pourra également se déplacer en périphérie pour récupérer la marchandise. Il connait bien les environs et pourra assurer la fin du transport."

Habitué à converser avec cet homme par messages difficilement compréhensibles pour qui que ce soit d'autre, les détails logistiques ne sont pas ce qui inquiètent le plus Swenn. Si les propriétaires du navire aérien ont des exigences particulières concernant le lieu et le déroulement de la livraison, il sait pouvoir s'adapter facilement. Tant que ça peut sécuriser la représente féminine difficile en affaires. Il se recule ensuite, pour faire face à Mathier.

- "Pour ce qui est de la marchandise, rien de dangereux. Il s'agit seulement de... Médicaments." Un léger haussement d'épaules pour accompagner ce dernier mot. "Plus ou moins. De ceux que vous ne trouverez pas chez l'apothicaire du coin."

Ah, il faut reconnaitre que c'est toujours plus facile de trouver un intermédiaire pour ce genre de produits inoffensifs - et simples à dissimuler à tout contrôles - que lorsqu'il s'agit d'explosifs... Oui bien sûr, ces médicaments ont toutes les caractéristiques requises pour se classer dans la catégorie des drogues. Mais correctement utilisées, il ne faut pas oublier que la plupart de ces substances ont des vertus curatives. Du moins celles qu'il procure. Même s'il ne se fait pas d'illusion sur l'utilisation principale qui en est faite. Ce qui lui vaut de se retrouver régulièrement avec des junkies en manque sur le pas de sa porte. Un renouvellement de clientèle. Bien que ça l'emmerde.

- "Et pour ce qui est du paiement. Je vous en apporterai une première moitié en même temps que la marchandise. La seconde, vous l'aurez par mon contact une fois à Ünellia. Je peux vous assurer un total de trente mille Irys. Évidemment, c'est négociable selon l'endroit exact jusqu'où vous acceptez de vous rendre."

Swenn n'a jamais été un fin négociateur ni un homme d'affaire remarquable. Lui n'est qu'un scientifique. Mais les dix dernières années qu'il a passé à côtoyer les voyous des milieux malfamés l'ont bien obligé à s'adapter. Et à apprendre quelques petites choses. Comme mettre à profit certaines réticences par exemple. Mais il ne s'inquiète pas pour cette partie. Il sait bien que dans ce cas précis, les sommes qu'il peut proposer sont suffisantes pour lui assurer de la main d’œuvre compétente. Et la façon dont se déroulent leurs échangent depuis le départ lui fait dire qu'il a face à lui les personnes qu'il lui faut.

- "Le peu de temps qu'on a devant nous va en revanche poser problème. Mieux vaut ne plus être ici quand ce type reviendra avec sa troupe. Si ça vous intéresse, il nous faudra se retrouver en dehors de la ville."

Pas de quoi enchanter le chimiste. Faire sortir ce genre de produits de la capitale régionale est toujours plus risqué que de rester à l'intérieur des murs. Mais ce sera tout de même plus sûr que de se retrouver de nouveau face à ce milicien méfiant.


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Kora Lieken
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Ven 21 Sep - 10:50
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Le doc' répondit aux interrogations d'Eiko quand à la localisation précise de leur escapade, et comme elle l'avait redouté, il s'agissait d'Alexandria, la ville où elle aurait succombé à l'armée Daënars, si Kora n'était pas intervenu. Elle éprouvait une grande réticence à y retourner, et s'en serait bien passée, mais elle savait aussi qu'elle ne pouvait pas cracher sur trente mille Irys. Kora sourit en voyant le visage de sa compagne passer du refus, au tiraillement, puis à la résignation.
Lui aussi avait été rassuré quand à la marchandise, des "médicaments", et au vu du haussement d'épaules et de l'insistance accompagnant ce mot, le doc' ne devait surement pas parler de remontant.
Qu'importe, la drogue n'est qu'une marchandise pour lui. Un simple moyen de gagner quelques Irys, et trente mille Irys, c'était bien plus que quelques Irys.

- Le peu de temps qu'on a devant nous va en revanche poser problème. Mieux vaut ne plus être ici quand ce type reviendra avec sa troupe. Si ça vous intéresse, il nous faudra se retrouver en dehors de la ville.
- De quelle quantité on parle ? Parce que si le chargement prend trop de temps, qu'on soit en ville ou pas, ça ne changera pas nécessairement la donne, surtout avec Blanko décidé à fourré son nez dans mon vaisseau.
- Dans notre vaisseau. Rectifia Eiko. Mais tu as raison, d'autant qu'il nous faudra la planquer cette marchandise, pour passer incognito en cas de contrôle.
- Contrôles qu'il y aura forcément aux portes de la ville. A moins que tu n'aies graissé la patte d'un des miliciens... Interrogea Kora du regard. Nan, ce qu'il faut c'est charger rapidement. Cette nuit si c'est possible, demain soir sinon. Sortir les médicaments de la ville rajouterait une difficulté nullement nécessaire.

En plus, Kora avait son idée sur la question, dépendant de la quantité et du type de marchandise concerné. Le café aurait son utilité au final... En petite quantité, placer les drogues dans des sachets dissimulés dans les caisses de café permettrait de tout transporter l'air de rien, comme ils l'avaient fait pour la cargaison précédente et ce pourrait être réalisé en moins d'une heure. En grosse quantité en revanche, il leur faudrait trouver une caisse supplémentaire pour la placer parmi les trois autres, ce qui permettrait d'en faire autant... Sans compter sur le zèle du contrôleur. Bien sûr, avec trente mille Irys pour un premier contrat, on pouvait se permettre de graisser la patte de ce dernier, surtout si ce contrat n'est pas le dernier... Evidemment, une cargaison importante nécessiterait de reporter le transport d'une nuit pour les préparations... Ne restait plus qu'à établir les modalités du dit contrat pour se décider.

Kora énonça ses conditions, le doc' répondant déjà sans le vouloir à l'une d'elle ; Primo rien de vivant, puisqu'il s'agissait de "médicaments", cela entrait parfaitement dans cette catégorie. Deusio pas d'itinéraire précis, ils définiraient ensemble le point de réception et le point de livraison, mais le reste des détails lui revenait entièrement, et pas question d'étape. Et tercio, pas de changement de programme. S'ils "signaient" le contrat, pas question de renégocier d'une quelconque manière que ce soit.

- Et si on allait voir ces fameux médicaments, doc'. On pourrait terminer notre conversation dans ta chaumière plutôt qu'au milieu du parc, surtout à une heure aussi tardive.
- Il n'arrête pas de t'appeler Doc', mais tu as bien un prénom non ? Moi c'est Eiko.

La jeune femme tendit sa main, attendant celle de son interlocuteur, alors que Kora s'affairait à clore la rampe de chargement du Dragon d'Azur, s'assurant au passage que le capitaine n'avait pas fourré ses mains là où il n'aurait pas dû...


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Swenn Milazzo
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Lun 24 Sep - 16:42
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Daënar +1
Ces quelques informations données, le duo parait prêt à accepter sa proposition. Du moins, aucun refus n'est émis, et ils enchainent rapidement sur les détails techniques liés à une telle mission. Ce qui est bon signe. Tant mieux. Ce n'est pas tous les jours qu'il tombe sur quelqu'un qui réussisse à lui inspirer confiance pour ce genre de travail. Mais dans les conditions actuelles qui sont les leurs, toute la partie logistique ne s'annonce pas être une simple formalité. Puisque tout l'enjeu va être de pouvoir embarquer toute la marchandise, en évitant le Blanko et son équipe en préparation.

- "Je n'ai aucun des miliciens de la ville à ma botte. Mais j'ai quelques contacts de confiance et je sais comment éviter les passages trop empruntés pour sortir. Cela dit, si vous pensez pouvoir échapper à l'autre fouine le temps que le chargement soit effectué, ça reste préférable."

Corrompre les forces de l'ordre n'est clairement pas dans ses façons de faire. S'il devait n'avoir aucune autre solution il pourrait y songer, mais cela reviendrait à avouer à l'un d'entre eux avoir des choses à se reprocher. Or, jusqu'à présent, il s'est toujours arrangé pour que les soupçons dont il a pu être la cible soient rapidement levés. Et il compte bien continuer sur cette voie aussi longtemps qu'il le pourra.

Pour ce qui est du chargement en revanche... Bien sûr qu'il va falloir régler ce point dans les plus brefs délais. Moins ils seront dans la ville avec leur navire, mieux cela vaudra pour tout le monde. Une fois le tout chargé, il laissera les manettes aux livreurs pour assurer que tout arrive à bon port. Non, il n'a aucune exigence particulière. Les règles de Mathier ne lui posent par conséquent aucun problème. Au contraire. S'il paye quelqu'un pour ce job, ce n'est sûrement pas pour en faire la moitié à leur place. Tant que son collègue à Alexandria peut récupérer le tout sans embuche, c'est tout ce qui importe. Suite à quoi l'homme lui propose de terminer les négociations chez lui. C'est sûr que ce sera plus prudent qu'en extérieur. D'autant plus avec ce qui rode dans les parages. Mais il n'a pas le temps de répondre quoi que ce soit que la femme embraye bien vite sur ce seul surnom qu'il leur a fournit - indirectement. Ah, c'est vrai qu'il n'est pas particulièrement doué pour les présentations...  

- "En effet, j'en ai un. Swenn. C'est comme ça que m'appellent les gens sans problèmes."

Il ne peut pas s'en empêcher... Toujours à ajouter cette pointe de cynisme. Pourtant, il n'a nullement l'intention de se montrer intentionnellement impoli ou désagréable. La force de l'habitude. Et le ton de sa voix n'a rien pour justifier un tentative de blague échouée qui pourrait le rendre plus sympathique.

- "Ravi de faire ta connaissance Eiko."

Léger rattrapage. Malgré un effort, on ne peut pas dire que le résultat soit beaucoup plus concluant. Pas que son visage n'exprime une quelconque joie annoncée, malgré sa main qui vient attraper celle qui lui est tendu en guise de salutations tardives. Tous ces protocoles sociaux, il n'en a rien à faire. Mais il ne voudrait pas pour autant froisser la jeune femme et se résout à faire un effort. D'ailleurs, son regard vient bien vite se poser sur son partenaire. Il se doute bien qu'il n'est pas le seul à garder son véritable nom à l'abri des parfaits inconnus difficiles à appréhender. Mais il ne dit rien de plus. Après tout, il peut parfaitement se contenter de cette appellation. Que Mathier fasse comme bon lui semble.

Suite à cela, il leur confirme bien vite qu'ils peuvent se rendre jusque chez lui. Heureusement qu'il n'est pas du genre à s'inquiéter de l'état de l'état de l'endroit dans lequel il accueil des "invités". Ou pas... Parce qu'on ne peut pas dire que l'appartement qu'il loue dans l'un des bâtiments imposants non loin du centre, soit impeccable. Eh oui, être bordélique et scientifique amène souvent à un résultat chaotique. Dans lequel il est bien le seul à réussir à s'y retrouver. Hum, il lui suffira de pousser dans un coin tout ce qui n'a pas d'utilité pour leur marché. Comme il sait si bien le faire...  

Et ne tarde pas à se mettre en route, les guidant dans les rues beaucoup moins vivantes de la capitale. Din qui les rejoint naturellement en voyant la petite troupe quitter le parc. Swenn a bien du mal à comprendre le fonctionnement intellectuel - ou émotionnel - du piaf, mais étrangement, il s'en accommode assez bien en guise de compagnon. Et le laisse vagabonder à son aise.

- "Alors dites moi, vous venez souvent à Cerka ?"

Une question qui a davantage pour but d'engager une conversation classique qui n'attire pas l'intention des éventuelles oreilles qui trainent toujours aux mauvais endroits. Mais si en plus elle peut être utile... Juger indirectement de l'éventualité d'un renouvellement de ce genre d'accord en cas de franc succès. parce que trouver des gens compétents et bien équipés pour assurer des transports "délicats" entre Cerka et Alexandria n'est pas si aisé ! Il faut reconnaitre que la capitale Daënar est bien protégée. Son évocation suffit généralement à faire rebrousser chemin à tout acolyte potentiel. Et le caractère aléatoire de la chance empêche Swenn de miser dessus une seconde fois.


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Kora Lieken
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Mar 16 Oct - 1:06
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Menés par Swenn, le trio déambula d'un pas assuré à travers les rues de la capitale, s'approchant de plus en plus du centre ville, où bâtiments et commerces prennent peu à peu la place des maisons individuelles et des parcs. Sur le chemin, le Doc' semblait peu à peu abandonner son masque placide, allant même jusqu'à lancer la conversation.

- Alors dites moi, vous venez souvent à Cerka ?
- C'est une première pour moi.
- Notre ami Zick risque d'avoir quelques autres commandes pour nous dans les semaines à venir, donc on devrait tourner dans le coin encore un petit moment. Jusqu'à ce que le vent ne tourne.

Continuant ainsi dans la fraicheur de cette nuit d'été, uniquement éclairés par la lumière de la pleine lune, et par celles purement artificielles qui illuminent encore un peu les rues de la capitale à cette heure tardive de la nuit, le trio continua la discussion platonique, essayant visiblement de nouer un contact commercial qui partirait sur des bases cordiales, à défaut de se montrer amicaux.

Et même si Swenn avait une certaine aptitude à comprendre les tours et détours de langue dont il usait à loisir lorsqu'il ne se sentait pas pleinement en sécurité, Kora ne se sentait pas la nécessité de surveiller ce qu'il disait, et comment il le disait. Peut être était-ce dû à l'heure avancée de la nuit, ou aux rues de la capitale qui semblaient désertes, peut-être même que la fatigue commençait à le saisir... Ou alors était-ce l'alcool qu'il avait bu lors de la partie de poker. Peut-être bien l'association de tout ces éléments. Ou alors, la présence de Swenn. Toujours est-il qu'il se sentait suffisamment en sécurité pour ne pas user de son double langage. Pourtant, c'était Eiko qui faisait l'essentiel de la conversation, parlant suffisamment pour tous les trois.

Peu à peu, à force de marcher, et d'écouter le son de la voix de sa partenaire, son attention se décrocha, et se porta sur l'étrange volatile qui semblait accompagner le doc'. Ce dernier tournait aléatoirement autour du trio, prenant la tête de la marche un instant, trainant derrière eux l'instant d'après, tout en piaillant continuellement de sa voix désagréable et agressive. Kora ne savait pas comment Swenn faisait pour tolérer un tel compagnon, lui sentait déjà poindre un mal de tête qu'il savait dû aux pépiements agaçants du piaf.

Heureusement pour lui, les voilà arrivés à l'appartement de Swenn ; un bâtiment imposant devant lequel le piaf s'arrêta avant même l'arrivée de son maître, preuve de son habitude à hanter les lieux. L'antre de Swenn était à la fois tout à fait comme il se l'était imaginé, et en même temps à mille lieux de là ; du désordre dans toutes les pièces, en tout cas dans celles qui se révélaient à son champ de vision, des produits chimiques, d'obscurs grimoires et des centaines de milliers de notes éparpillées au gré de leur prise. L'odeur offrait un parfait mélange de produits chimiques, d'encre, et de chaud, preuve que les fenêtres ne devaient pas être souvent ouvertes...

Lorsque Swenn déblaya d'un revers de la main le bazar encombrant deux petits fauteuils et les invita à s'assoir, Kora n'hésita pas une seconde, alors qu'Eiko marqua une petite hésitation, avant de finalement opter pour le même choix que son compagnon d'aventure. Le confort relatif de l'appartement collait parfaitement à sa fonction à la fois de laboratoire et de lieu de vie, cependant, Kora n'avait pas spécialement envie de s'y étendre. Il jeta un coup d’œil à sa montre à gousset, s'éclaircit la gorge et entra dans le vif du sujet :

- Alors ? On parle de quelle quantité de médocs ?

La nuit était déjà bien avancée, et en ce mois de Juillet, la lumière du jour ne tarderait pas à poindre, mais il restait suffisamment de temps pour charger une cargaison d'une centaine de kilos. S'il se révélait que Swenn avait une plus grosse quantité de matériel à transporter, il leur faudrait surement attendre le lendemain.

- Je suppose que pour trente mille Irys, ça ne doit pas tenir dans une mallette.


Tu veux jouer ? Et bien, je dois bien avoir une ou deux minutes à tuer.
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Swenn Milazzo
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Jeu 18 Oct - 12:04
Irys : 735375
Profession : Chimiste le jour - Dealer la nuit - Toubib de secours à toute heure
Daënar +1
C'est donc la première fois qu'ils viennent à Cerka, au moins pour affaires ? Intéressant. Mais avait de penser à des plans pour le futur, il faut mener à bien cette première collaboration. En discutant librement, à l'abri de tout auditeur extérieur indésirable. L'appartement qu'il occupe parait donc le meilleur endroit pour cela. D'autant plus qu'ils n'ont pas à traverser toute la capitale pour cela. Et après quelques minutes, ils peuvent enfin arrêter de peser chacun de leurs mots.

Pour ce qui est de trouver une place où se poser en revanche, il faut encore un petit effort de déblayage. Parce que quand les étagères débordent déjà de bouquins et produits en tous genres, le canapé et quelques sièges de disponibles remplissent cette fonction annexe. Bon, le sol est pas non plus si mal pour accueillir ouvrages et feuilles volantes. Proposant à ses invités de prendre place, Swenn enchaine sans plus tarder, en mettant du café à chauffer. L'une des rares denrées "comestibles" classiques disponible en ce lieu. Et dont il ne manque jamais. Din quant à lui est bien vite parti s'installer dans un coin de l'appartement entamer sa nuit. Hyperactif ou totalement éteint, ce volatile ne semble pas disposer de mode intermédiaire...

Mathier ne perd pas de temps pour revenir au sujet de préoccupation principal. Parfait, combler les trous à l'aide de discussions fades et sans intérêts n'est pas dans les points forts du chimiste. Les quantités donc. Point principal pour identifier le meilleur moyen d'apporter toute la marchandise jusqu'au vaisseau de transport.

- "En effet. Une unique mallette ne sera pas suffisante."

Même si ces produits présentent l'avantage de concentrer une forte valeur dans de petites quantités, rentabiliser un voyage jusqu'à Alexandra nécessite un chargement relativement conséquent. Raison de son choix de passer par les airs. Mais plus que des chiffres, un exemple concret sera sans aucun doute plus parlant. Swenn ouvre donc l'une des portes donnant sur ce qui devait initialement servir de bureau ou de chambre secondaire, réaménagé en débarras bordélique par le chimiste. Tout un stock d'essais en cours entreposés dans un ordre variable, ainsi que de nombreux cartons - récupérés sur son lieu de travail c'est toujours pratique - occupent chaque centimètre carré de cette annexe. Il en récupère trois volumineux, qu'il amène dans la pièce principale. Chacun de ces deux cartons en contenant d'autres plus petits, remplis parfois de cachets, de poudres, ou de flacons de liquides.

- "Tout est là. C'est possible de disperser les produits dans d'autres contenants. Le seul impératif est de limiter au maximum l'humidité. Pour le reste vous avez carte blanche."

Une fois toutes ces substances "médicales" amenées à l'intérieur de l’aéronef, Swenn n'a plus l'intention de se mêler de quoi que ce soit. Les deux transporteurs n'auront plus qu'à se débrouiller seuls jusqu'à Ünellia, et s'arranger avec le receveur présent à Alexandria.

- "Café ?"

Parce que oui, ça aussi c'est un sujet d'importance ! Attrapant des tasses disposées aléatoirement au milieu de tout un tas de pipettes, béchers ou éprouvettes, ainsi que du sucre camouflé derrière des bouteilles d'acide et autres solvants, Swenn revient vers les deux livreurs. Non, malgré le chaos apparent, aucun risque. Avec les litres de ce breuvage que le chimiste consomme par jour, il y a bien longtemps qu'il aurait fini intoxiqué en cas de mélanges inappropriés.


"Hence to fight and conquer in all your battles
Is not supreme exellence"




"Supreme exellence consists in breaking ennemy's resistance
Without fighting"


[Sabaton - Art of war ; d'après Sun Tzu]
1
Swenn râle en   #f77d40
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