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Chroniques d'Irydaë
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 Gouffre de minuit

Jameson Reef
avatar
Mer 15 Aoû - 23:10
Irys : 29997
Profession : Peintre.
Daënar +1

Métaux en fusion et étincelles de raffinage, en veux-tu en voilà. J’erre dans ces rues forgeronnes, dans un coin du deuxième quartier d’Alexandria. Mon esprit divague, il se projette dans le brouhaha incessant des meules qui fonctionnent à l’unisson ; les coups de marteaux pleuvent comme une multitude de volées de flèches. Au loin, l’acier rougit sous les compliments de quelques impacts, il se forme et se déforme. La nuit est tombée depuis quelques heures maintenant et ces lucioles de lave enjolivent ma vue terne, insipide. A chaque crépitement, crache ses couleurs.

C’est ma deuxième semaine de survie, ici. Et j’ai déjà pour habitude de me pincer la peau, à l’aube des jours nouveaux. Malheureusement pour moi, le réveil ne vient jamais. J’ai littéralement tout perdu ; l’entrée à Ünellia ne s’est pas déroulée de la meilleure des manières. Il faut savoir que Rathram n’est pas un mot anodin ici, il suffit de commencer à racler sa gorge pour finir avec deux officiers sur le dos. Les relations diplomatiques étant tendues,  les terroristes artificiers sont des cibles de choix pour les autorités. Pas d’amalgame, bien sûr. Mon équipement m’a donc été confisqué, au motif saugrenu.  « Les chandelles, c’est dangereux monsieur. Si vous visez les yeux, vous pouvez faire des aveugles. »

J’me suis donc retrouvé à poil, sans le moindre sou parce que le sac qui comportait mes mèches, comportait aussi mes pièces. Voilà où j’en suis, actuellement. Je n’suis plus que l’ombre de moi-même, mes journées se résument à récupérer des boulons et des écrous. Pourquoi ? Je n’en sais foutrement rien. Tout  ce que je sais, c’est que ça peut servir. C’est drôle mais quand tu bouffes de la glaise à longueur de temps, t’es bien content de tomber sur un objet utile, ou inutile.

J’regarde l’heure, la demi-lune pointe le bout de son croissant ; c’est le moment pour un roi de festoyer comme il se doit. Passant d’une vitesse de marche proche d’un boiteux à celle d’un lièvre dans ses plus beaux jours, je me retrouve à côté d’une échoppe en moins de quinze minutes. Cette dernière se nomme « La raffinerie » et c’est mon havre de paix. L’artisan se nomme Pierre-Paul et presque Jacques, c’est un colosse aux mains granuleuses et à la voix tonitruante. Il entretient des relations étranges avec des gens, étranges. Mais ça m’est égal, il m’offre le gîte en échange de quelques coups de main.

Il profite de mon incroyable talent à créer des claque-doigts pour approvisionner ses clients en contrebande : des grenades à mèches qui peuvent souffler un bâtiment sans grande pression. Ce n’est pas de l’art, c’est de la survie. Et quand j’y pense, j’devrais peut-être m’y remettre. Parce que depuis tout à l’heure, depuis l’début du paragraphe, papa me toise du regard. Alors j’enfile mes gants en maille, puis j’m’engouffre dans l’arrière-boutique poussiéreuse. J’entre en bloc opératoire, chaque pesée et chaque geste est au millimètre près. L’opération se déroule sans accrocs, pendant que la famille attend au comptoir ; des gens pas fréquentables pour un sou, quoique.
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