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Chroniques d'Irydaë
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 Teintes vives et couleurs blanches

Tiha Ludost
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Jeu 23 Aoû - 0:18
Irys : 173756
My'trän +2 ~ Zolios
Les gens semblaient indifférents au drame qui s’était déroulé il y a quelques jours à peine, c’était comme si c’était hier pour elle. Mais ils étaient aussi terriblement terne à ses yeux. Leurs vêtements étaient peut être colorés, ils n’avaient pas le clinquant de Tarluru avec leur mille accessoires. Non seulement, ils étaient décorés là-bas, mais en plus ils faisaient du bruit, manifestaient la joie de vivre. Rien à voir avec ces gens bien trop silencieux. Le fait qu’il ne soit que sept heure ne comptait pas ! À cause de ce silence, elle était terriblement seule avec ses pensées. Elle s’en voulait un peu. Elle avait encouragé Finn à partir à l’aventure avec elle, c’était aussi elle qui avait trouvé cette façon de se faire un peu d’argent et à peu près tout avait tourné de travers. Ils avaient eu de la chance, clairement ils n’étaient pas prêt à de telles actions, pas encore. Alors de là à agir pour les my’trans… L’idée ne la quittait pas, ce serait trahir une deuxième fois la confiance de son ami. Cependant, elle commençait à se rendre compte qu’il lui manquait quelque chose. Et dans l’immédiat de quoi subvenir à ses besoins, à ceux de son compagnon immobilisé.

Hors de question de s’adonner à l’auto-apitoiement ! De devenir une coquille vide ou pire un fantôme que personne ne verrait. Il était temps de tenter de vendre les mixtures préparées et stockées soigneusement dans ses petits flocons. Sabelle tignasse servirait de vitrine et Ogn de preuve de la qualité des pigments ! Les crottes de son espèce étaient réputées et valaient de l’or. Avec de tels arguments n’importe qui devrait entendre raison ! Facile…

« Non mais ça va pas ! Vous voulez que je m’enduise les cheveux de merde. Vous êtes quoi ? Une khurmis en panne d’illusion ?! »

… ou pas. La vieille dame, plus énergique qu’elle en avait l’air, s’éloigna d’un bon pas dans une direction opposé à celle où elle allait originellement. Tiha trop surprise par sa réaction ne le remarqua même pas. Pas plus que les quelques passants présents. Personne non plus se précipita après avoir entendu les imprécations de la vieille chouette pour acheter quoique ce soit à l’adolescente. Toujours médusée et perplexe par cette violente réaction, elle avança doucement une main sur sa monture à côté d’elle. Si la mégère n’avait pas d’irys ou de chose à troquer, elle aurait pu le dire au lieu de faire un mini-scandale. Ou alors était-ce parce que ces quelques cheveux blancs n’étaient pas censés se voir ? Une espèce d’aveuglement entretenu ? Ou d’illusion, ce serait pour ça que ce mot était venu si facilement dans sa bouche ? Les gens étaient parfois surprenants, étranges, incompréhensibles. La fugueuse aurait bien aimé discuter un peu plus longtemps avec cette potentielle cliente.

C’était idiot tout de même comme argument, comment croyait-elle que ses vêtements étaient tintés ? Tout ne pouvait pas venir des plantes. Une drôle de personne vraiment. Enfin, la prochaine serait la bonne ! D’ailleurs elle voyait une tête parfaite à quelques mètres d’elle. Vierge de toute couleur et libre d’être teintée à souhait. C’était décidé, ce serait sa première cliente ! Elle marcha d’un bon pas entraînant le quadrupède à sa suite pour venir se placer devant l’inconnue et lui vendre son idée. De façon enjouée, cela va sans dire.

« Bonjour, je n’ai pu que remarquer vos magnifiques cheveux tout blanc ! Un support parfait pour peindre ses envies ! Je peux vous offrir au moins quatre couleur différentes si vous le souhaitez et même vous aider à réaliser une application par mèche ! »


Dernière édition par Tiha Ludost le Dim 7 Oct - 16:55, édité 1 fois
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Jaheera Kya'wan
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Jeu 23 Aoû - 19:30
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
Qu'y avait-il de plus répugnant qu'une ville ? Les gens infestant les rues comme les larves dociles d'un essaim, les bâtiments fendant la beauté du paysage comme le nez au milieu du visage et des clameurs insipides qui vrombissaient inutilement les oreilles nouvelles. Jaheera ne se baladait jamais dans ce genre de ... communautés ? Ses habitudes forçaient la jeune femme à fuir la civilisation comme la peste, préférant de loin la conversation d'un écureuil à celle d'un être humain. Ces derniers n'arrêtaient pas de mentionner la bonté du climat, se plaindre de la chaleur qu'il faisait ou bien d'évoquer encore et toujours ce qui n'allait pas dans telle ou telle possession, ou bien elle ne savait quelle pipe en bois taillée par la grand-mère au deuxième degré de leur grande tante sur la deuxième génération ... la férale s'y perdait. Quoi qu'il en était, et sans rapport aucun avec la généalogie des civilisés, la disciple du façonneur n'avait pas eu le coeur à la chasse aujourd'hui. 

C'était donc entre deux sentiments partagés que l'immaculée avait choisi de vagabonder entre les rues citadines pour dépenser les quelques irys bien mal acquis. Après deux mois de vols en Suhury sans jamais se donner l'occasion de dépenser quoi que ce soit, la férale s'était forgée une petite réserve bien brodée. Elle souhaitait tout de même quelque chose de modeste et non un grand festin ... de toute manière, le concept de gastronomie avait certainement été inventé par des bourgeois, un moyen détourné de vanter sa fortune en se faisant plaisir. Les vices et défaillances humaines étaient définitivement le pire fléau que les Architectes aient pu insuffler en leurs créations. Mais à quoi pensait Süns ...? 

Toujours était-il que Jaheera avait pavané, s'était baladée, avait marché et cherché un magasin qui pouvait lui offrir ce dont elle désirait ; quelque chose qui comblerait son ventre et à bon prix ! Mais les enseignes étaient bien souvent trop décorées, ou bien trop riches en apparences. D'autres étaient bondées, d'autres simplement fermés. En bref, chaque taverne ou service de nourriture avait quelque chose à se reprocher. Mais la férale ne trouverait pas son bonheur de si bon matin, quelle idée d'ouvrir les boutiques à seulement quelques horaires précis de la journée ? Fainéants d'humains. Le ventre grondant et l'appétit toujours ouvert, la jeune femme décida de refaire le tour, pour voir si elle n'avait pas loupé l'endroit idéal par manque d'attention. 


Et les traditions voulant que toute balade tranquille soit dérangée, soit par la pluie, soit par un inconnu, la règle s'appliqua alors qu'une étrangère aux cheveux ... wow, quels cheveux. Jaheera se plaignait souvent du manque de goût des citadins et leur affreuse manie à rester sobre et pathétiquement fade. Elle ravalait ses arguments en une inspiration humble, alors que ses yeux restaient fixés sur les couleurs qui dansaient entre elles. Et alors, d'une manière plus étrange encore que l'originalité des atours de la jeune fille, le rose qu'elle arborait entre ses mèches vint s'apposer sur les pommettes de la férale. Les compliments avaient pour habitude de la secouer, faute de s'y attendre. Et bien qu'elle ne voulait aucunement l'admettre, elle avait elle-même un petit ego qui adorait les flatteries mais qui n'en assumaient pas du tout la réception. 

Toutefois et à cause de cette terrible réception aux compliments, Jaheera n'avait pas vraiment tout suivi. Elle parlait de couleur mais quel rapport avec ses cheveux ? Jamais la disciple du façonneur n'avait entendu parler de mixtures qui modifiaient la couleur des mèches et jamais elle n'aurait simplement cru ça possible. Et pourtant, elle voyait le résultat devant elle, en l'incarnation d'une jeunette et d'un ... chameau. Un rapide échange avec la bête de somme vint clarifier quelque peu la situation, bien que pour son homologue humaine, ces quelques secondes de silence ont dû paraître légèrement inconvenantes. Avec une moue désapprobatrice, la fidèle d'Orshin trouva bien vite sa réponse.

- Désolée, petite être, mais j'ai autre chose à faire que penser à l'entretien de mes cheveux. Même si les tiens sont ... elle hésita à rendre le compliment, n'en pensant pourtant pas moins. ... charmants. Et puis, c'est faire preuve d'un attachement anormal à l'apparence que de souhaiter altérer la nature, je n'aurai pas l'insolence de modifier mes mèches façonnées par Orshin, lui-même. 

Même si ça lui faisait bien mal de détourner une telle proposition, surtout venant d'une jeune fille qui avait l'air si courtoise, pour changer du reste. Sans en montrer une seule nuance, Jaheera espérait que son refus ne blesse pas trop la teinturière. Quoi que quelques frémissements aux coins de ses lèvres traduisait des excuses bien maladroites dont elle n'avait aucune idée de leur flagrance. 


Jahee s'exprime en #cc0066
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Tiha Ludost
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Dim 7 Oct - 18:48
Irys : 173756
My'trän +2 ~ Zolios
La réponse n’avait certainement pas autant d’entrain que sa proposition mais au moins ce n’était pas un refus aussi méprisant que la dame d’avant. Il y avait de l’espoir. En tout cas, elle en avait. Et qu’importait si son charmant avait mis trop de temps à venir. Ou que la passante l’ait traitée d’anormal, Tiha ne cherchait certainement pas à se fondre dans le décor. C’était indubitablement plus flatteur pour elle cette appellation que ce charmant. Elle eut un grand sourire aux lèvres à la mention d’Orshin, malgré le petit pincement au cœur : forcément ça lui faisait penser à Finn. Comme tant d’autres choses, petites ou non. Il avait beau être alité, sa présence n’en était pas moins encombrante, prégnante. Peut-être parce que l’affrontement qui l’avait mis dans cet état était encore bien trop frais dans son esprit. Les jours ne semblaient pas vouloir la libérer de son inquiétude ou de sa culpabilité. Son dynamisme était ainsi altéré par ses émotions refoulés inconsciemment. Une personne qui ne la connaissait pas ne s’en rendrait probablement pas compte. Bien qu’elle aurait plus de chance d’y parvenir que l’adolescente…

« Mais c’est aussi grâce au cadeau d’Orshin que je peux changer la couleur des cheveux ! Ogn, mon salkhi, est producteur d’un des éléments essentiel pour la poudre de coloration ! Que des produits issus de la nature. »

Cette fois-ci, elle ne mentionna pas les excréments même si elle pensait que la jeune femme face à elle était moins superficielle que l’autre mégère. C’était un comble qu’une Khurmis comme elle se voilait moins d’illusion qu’une Zolienne. Enfin, on rencontrait de drôle de gens de partout apparemment. C’était aussi ce qui faisait la beauté du voyage. Du moins, c’était ce que les caravaniers avaient dit quand elle leur avait parlé. Et elle trouvait qu’ils avaient assez raison. Ils avaient été une vraie mine d'information en tout genre. Dommage qu'ils aient dû se séparer à Losos. Les choses auraient pu tourner différemment. Elle secoua la tête, se morfondre n'était pas son genre. Et la discussion n'avait rien à voir. Il ne fallait pas perdre le fil pour ne pas perdre la cliente !

« Ça ne prend pas tant de temps que ça et l’entretien est facile ! Principalement quand tu te laves les cheveux.  »

Après une légère pause, elle ajouta avec un doute mi-plaisantant :

« Tu te laves bien les cheveux, non ? »

Difficile à dire juste en regardant, elle aurait pu attendre la réponse, mais elle préféra tendre la main pour toucher les cheveux, attraper une mêche. De toute façon, elle en avait envie depuis qu’elle avait vu sa tignasse. Des cheveux blancs sur une tête jeune ce n’était pas si courant. À aucun moment, elle pensa que ça pouvait gêner son interlocutrice. Agissant sur le coup d’une impulsion, il n’y avait pas vraiment la place à la réflexion.
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Jaheera Kya'wan
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Lun 8 Oct - 23:35
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
A la mention de l'animal, Jaheera fit virevolter son visage vers la monture mentionnée, qui servait d'ailleurs de bête de somme à la présumée marchande. Celle-ci était d'ailleurs vraiment jeune. Etait-ce donc cela que faisaient les gens du commun lorsqu'ils devaient passer leur adolescence ? C'était étrange de ne voir ni lance, ni lame, ni armure autour d'un corps ... encore qu'il tomberait vite vu le poids de la panoplie. Bon sang, et le cuir ... qu'est-ce qu'il n'irait pas avec cette coloration des cheveux. Honnêtement elle ressemblait plus à une fleur exotique qu'à quelque chose de seulement au minimum proche d'une guerrière. Enfin, elle avait vécu une adolescence heureuse, grand bien lui en fasse, mais pourquoi devait-elle ressentir la nécessité, si pressante soit-elle d'harceler une étrangère de bonne foi en pleine rue. N'était-ce pas considéré comme un braquage ? Parce que lorsqu'on la voit faire la même chose sur une route de campagne, lance en main pour de la nourriture, les témoins crient toujours au vol armé. Quel monde incompréhensible. 

- Oh, n'est-il pas adorable ? Elle se pencha en avant pour flatter le museau de la bête de somme. Etonnant, n'as-tu donc pas peint sa fourrure à lui aussi ? Vous deux iriez bien mieux ensemble.

Jaheera se mit alors à écouter d'une oreille distraite ce qu'avait à lui dire la jeune commerçante, sans vraiment se soucier de ce qu'elle avait à lui proposer. Elle était bien trop occupée à admirer l'animal, voyons ! La monture méritait de l'attention aussi, parfois, et il n'était que bénéfique de lui accorder bon repos après bonne tâche. Toutefois, il y eut cette question qui vint piquer la férale dans la nuque comme une morsure d'araignée. 

Les dents de l'incivile vinrent racler sa lèvre repliée dans sa bouche. La question était pertinente il fallait avouer, le ton n'attendait certainement pas la réponse qu'aurait donné Jaheera, mais ... elle était pertinente. Etait-ce un piège ? Une sorte de ruse pour l'humilier ? Hé bien elle n'aurait certainement pas sa fierté, cette petite démone, aussi maligne soit-elle. C'est donc avec autant d'assurance qu'un enfant pris à voler des bonbons que l'immaculée lui gratifia d'une réponse tout à fait peu crédible.

- Aaaaaaaabsolument ! Voyons, qui de civilisé ne se lave pas les cheveux ... hé.

Sa main droite vint lentement coulisser sur la moitié de son visage, tirant sa paupière en un air dépité. La consistance morale de Jaheera était à peu prêt aussi entière que la conscience d'un Zagashien. Après un long soupir, celle-ci lâcha finalement avec l'expression du doute inscrite sur son visage.

- L'eau des cascades, ça compte ?


Jahee s'exprime en #cc0066
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Tiha Ludost
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Dim 14 Oct - 19:18
Irys : 173756
My'trän +2 ~ Zolios
L’animal plus vif que la main de l’inconnue évita d’un geste fluide le contact de celle-ci. Le mouvement naturel aurait pu paraître accidentel et sans rapport, la bête n’avait pas reculé d’un pas et se tenait toujours à côté de cette humaine à qui elle était attachée. Tout ça, avec Tiha qui ignorait bien volontiers le petit manège entendant à peine la proposition de sa future cliente. Elle était déjà lancée dans son idée. Elle ne s’en détourna qu’à la réponse à sa question. La main en suspens vers ces cheveux blancs étincelants. La réaction de son interlocutrice était étonnante, intrigante. Son bras revint vers elle, alors que, tout excitée, elle rebondissait sur l’idée ravissante de sa vis à vis.

« Pourquoi ça ne compterait pas, c’est de l’eau ? Ça doit être super en plus ! Je ne l’ai jamais fait ! Il y en a une pas loin ? Tu peux me montrer ? Et je te montrerais pour le reste ! »

Un échange équitable. Certes, ça ne fournirait pas les irys nécessaires pour vivre ou pour les soins. Mais la Khurmi avait réussi a quelque peu éclipser ce problème, à le reléguer en arrière-plan pour ne penser qu’à cette petite aventure. Ça faisait quelque temps déjà que Tiha était partie de sa maison, cependant l’occasion ne s’était pas encore présentée. Cette fois elle ne s’arrêta pas en chemin, elle monta directement sur Ogn. Ou aussi directement que possible. Une fois en place, elle surplombait le monde avec deux bon mètres en plus. Ayant l’habitude, ça ne la perturba pas plus que ça ni ne changea sa façon de parler ou son enthousiasme.

« On va par où ? Tu veux monter avec moi ? Ogn peut nous porter toutes les deux. »

Les rues étaient toujours aussi calmes, quelques volets s’ouvraient et des terrasses s’installaient doucement, mais la circulation était toujours aussi morte. La mégère de plus tôt avait depuis longtemps disparue. Le bruit des tagtas était plus prégnants que celui des humains pour le moment. Idéal pour un départ en ballade et se perdre dans des idées plus joyeuses.

« Tu vis dans la forêt d’habitude ? Tu suis la voie d’Orshin ? »

Cette fois encore, elle pensa à Finn, cependant la tristesse ne s’insinua pas. L’idée de pouvoir trouver un maître pour son ami était plutôt enthousiasmante. Elle ne se basait sur rien de particulier, simplement une intuition ou un préjugé quelconque sur les gens qui ont des liens avec la nature.
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Jaheera Kya'wan
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Mar 16 Oct - 11:45
Irys : 256951
Profession : Bandit/Feignasse
My'trän -2
Le nombre de questions à la seconde ne cessait de faire tourner en bourrique le faible esprit cognitif de la férale, à tel point qu'elle avait oublié la moitié d'entre elles. Et puis, la multitude de couleurs que dont devait s'accoutumer sa vision l'incitait plus à la fascination qu'à la concentration. Enfin, Jaheera n'avait jamais été du genre à réfléchir, écoutant plus son coeur que sa cervelle. Il était souvent capricieux, parfois volage, mais jamais abattu, c'était sa devise de duelliste, devenue devise de vie après qu'elle ait réalisé que la vie n'était pas que lances et saignées. C'est pourquoi la vagabonde n'avait jamais de plans, jamais de journée occupée selon son bon vouloir. Elle allait là où ses pas se posaient le mieux et où l'empreinte séchait vite. Le ton monotone de sa balade s'imprégnait parfois des humeurs du destin, hauts et bas s'enchaînant dans une ligne directrice plus capricieuse encore que celle qui la suivait. 

Alors qu'était donc une balade en forêt dans cette danse insondable où la ronde décide quel chemin emprunter. De toute manière, la ville commençait déjà à lui taper sur les nerfs, les gens étaient toujours aussi suffisants, toujours aussi égoïstes, centrés sur ce qu'ils sont et ce qu'ils ont. Les animaux, eux, faisaient preuve d'une dévotion sans faille -ou du moins, en général- à la férale, et elle leur en était redevable. Les humains, eux, étaient des créatures déviantes, écartées de la chaîne de prédation. Car, là-dehors, sans lance, sans épée, sans arc, quel humain pourrait survivre sans la bénédiction d'Orshin ?

- Un premier pas serait déjà de sortir de la ville ... tout ce monde me donne des migraines. ajouta-elle en aparté. 

Jaheera prit donc la première foulée, marchant au-devant, se dirigeant vers les portes. Par-delà les murs, un chemin s'enfonçait dans une plaine dégagée, laissant paraître au loin seulement le pic d'arbres enchevêtrés dans un immense tortis de feuilles et d'épines. C'était le lieu où la férale avait passé ses dernières nuits et il était loin d'être inconfortable. Un air ambiant qui réchauffe la chair comme l'esprit, la couleur fauve d'un feuillage mûrit par l'âge, les jaillissements de lumières entre les branches liées l'une à l'autre, le tout recouvert d'un ciel de feuilles jaunes, vertes, orangées, luisant comme des feux follets. Enfin, la jeune teinturière verrait d'elle-même lorsqu'elles y seraient.

- La faune m'est ce que sont les cités aux gens civilisés. Eux, se sentent heureux entourés de leurs pairs, moi, je me sens à l'abri entourée des miens et eux, au moins, n'ont pas un ego surdimensionné. Crois-moi, les créatures d'Orshin sont plus bienveillantes que n'importe quel humain.

Jaheera avançait donc vers son refuge, s'assurant que sa comparse soit à sa suite. Le bruit des pas seul posait le rythme de la marche. L'ancienne duelliste jeta un regard par-dessus son épaule, vers la jeune fille. Elle avait l'air d'avoir l'âge qu'elle avait quand on l'avait tirée dans les arènes, condamnée à tuer pour survivre. Il était probable que la teinturière n'ait pas vécu cela, et l'immaculée en était bien heureuse pour elle. Mais son caractère lui rappelait quelqu'un dont elle n'avait pas envie de voir le souvenir remonter, pas aujourd'hui. Les Architectes avaient fait en sorte de lui faire oublier sa peine, mais le serment qui l'accrochait demeurait. 

- Nous devrions y être en une heure. Peut-être plus, si je me trompe de chemin jusqu'à la clairière, mais normalement ça ne devrait pas arriver.

Du moins, elle l'espérait. Par le bout de sa mémoire, elle pouvait se souvenir qu'il fallait entrer à la gauche de l'arbre sur lequel elle avait inscrite une marque de lance, avancer tout droit jusqu'à répétition de la marque, puis aller directement à droite. Ou était-ce à gauche ? Enfin, elle verrait une fois là-bas, l'environnement serait sûr de l'immerger dans son orientation. 


Jahee s'exprime en #cc0066
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