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Chroniques d'Irydaë
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Si malgré cela, des doutes subsistent, n'hésitez pas à adresser vos questions aux Administrateurs.

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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Ünellia
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 Nous, les amis des bêtes

Dario Tkazir
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Lun 3 Sep - 12:51
Irys : 39994
Pérégrin 0
Daënastre, une salle de bain assez bien tenue si l'on ne porte pas préjudice aux quelques traces d'eau sur le miroir, et au visage qui mériterait bien un coup de rasoir qui se reflète dedans, ainsi qu'un bon brossage de cheveux, maintenant qu'on en parle. Dario se prépare à attaquer sa journée, et la salle de bain lui offre un des rares instants où il se sent isolé des responsabilités et obligations qui vont avec son travail. Toutefois, il a atteint la dernière ligne droite qui le mènera à un nouvel épisode de sa vie. La période à observer pour le deuil paternel touchant à sa fin (largement occupée par la visite de clients fidèles, tenant à communiquer leur dévotion envers le défunt), il ne lui reste plus qu'à terminer la transmission de la boutique à son frère, et il pourra s'évader vers d'autres horizons.

Où et comment ? Il ne le sait pas vraiment. Il possède assez d'économies pour démarrer ses voyages, sans doutes, mais il ne sait pas encore quelle sera sa destination. Il en rêve parfois, comme lorsqu'il se trouve dans la salle de bain, ces rares instants de calmes propices à la réflexion. Autrement, il essaye de couper le cordon avec l'animalerie Tkazir, ce qui s'est révélé plus facile à dire qu'à faire.

Comme aujourd'hui, où un rendez-vous avec un notaire a été remis a dû être repoussé afin qu'il puisse inspecter une livraison. Quelle ironie que l'aspect de l'animalerie qui lui semblait le plus abject était ce qu'il le retenait dans la maison... Mais on y reviendra un peu plus tard.

Après avoir terminé de rêvoter en face du miroir, Dario prend la direction de l'arrière boutique. Pour ce faire, rien de plus simple, il suffit d'emprunter un vieil escalier en bois, grinçant à la troisième, la septième et huitième marches. Ce simple escalier était un artefact hantant la mémoire de soigneur et attestant de la décrépitude de l'endroit. À chaque fois qu'il l'emprunte, il se souvient des nombreuses fois où il avait trouvé le sommeil sur une de ces marches, alors couverte d'une moquette confortable, jugée superflue quelques années auparavant.
Aujourd'hui, les marches sont nues et le bois est usé. Elles mènent vers l'arrière boutique, où des cages vides sont entreposées, et au centre de laquelle siège une large table en bois. Elle jouera un rôle central dans la suite de la journée: les animaux livrés y seront inspectés minutieusement par Dario. Selon lui, les plus chanceux rejoindront la boutique et traverseront la porte faisant face au mur où s'accroche l'escalier.

Dario jette un rapide coup d’œil sur cette zone de transit, sobrement meublée de quelques chaises poussées contre les murs, à côté d'étagères décorées de quelques instruments de mesure, de fioles de sédatifs et de quelques bandages. Kin se faufile entre ses pieds. Dario s'assure que l'ordre règne, vérifie que quelques biscuits et morceaux de viande sèche sont a disposition dans un tiroir de la table et que les systèmes de fermeture des cages sont fonctionnels. Il pousse ensuite une porte du mur voisin à celui de l'escalier, et pénètre dans la salle d'opération, où seront emmenés certains spécimens, moins fortunés que ceux qui seront directement mis en vente.
Il ne prend pas la peine de vérifier l'inventaire où l'état de ses instruments, il s'en est occupé la veille. Il se dirige vers la fenêtre et tire sur la chaîne servant à ouvrir les stores. Il plisse les yeux face à la lumière qui pénètre dans la chambre. Il se retourne, et éprouve un léger inconfort à l'idée des bêtes qui passeront cette porte. Certains y viennent pour être soignés, certes, mais nombreux sont ceux qui terminent leur vie sur la table métallique posée au centre de la salle. Une boule se forme dans le ventre de Dario, qui s'attend à ce que quelques uns des animaux qui lui seront livrés aujourd'hui ne vivraient pas une journée de plus.
Aussi morbide que cela puisse paraître, c'était la raison qui le retenait. Cela faisait plusieurs années qu'il avait insisté pour acheter des spécimens voués à être euthanasiés. Il les prenait en pitié, n'osant pas imaginer le martyr traversé aux côtés des braconniers qui les avaient capturés. À l'époque, son père ne voulait pas entendre parler de cette idée. Son frère était toutefois parvenu à le convaincre, argumentant que la fourrure ou la viande de ces bêtes avaient aussi de la valeur et qu'elles pouvaient présenter un bénéfice.

La voix de Noah Tkazir se fit alors entendre depuis l'arrière boutique. Il n'était pas seul. Dario soupira, et pénétra dans l'espace central de l'animalerie. En face de lui, les large doubles portes étaient ouverte sur l'extérieur, révélant la zone de déchargement. Quelques braconniers transportaient des cages recouvertes de bâches. Elles étaient toutes de taille différente. Kin se précipite vers l'escalier et grimpe quelques marches. Il s'arrête là où il devient difficile à voir, et surveille toute la chambre.
Noah, sourire aux lèvres, invitait les braconniers dans l'arrière boutique. Suivant leur chef, une jeune fille portait une cage de ses deux mains. Dario fut surpris, il ne s'attendait pas à voir une petite noiraude parmi les livreurs. Presque par réflex, il se saisit de sa cage et la posa sur la table, accueillant le reste des visiteurs par quelques ordres.

"Venez, posez les bêtes de ce côté, sous l'escalier. Noah, je m'occupe d'elles. Veux-tu bien entretenir nos invités pendant ce temps ?"
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Ruby Nyë
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Dim 9 Sep - 21:30
Irys : 365891
Profession : Aide vétérinaire à la clinique Kali'ns
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Ok, ce n’était pas la meilleure décision de sa vie. Et effectivement, elle aurait dû se méfier devant un homme à l’allure aussi menaçante et austère. Mais après tout, la jeune femme croyait en son prochain et surtout, elle commençait à prendre goût au confort. Vraiment. Au moins le fait d’avoir un toit sur sa tête, de l’eau chaude pour se laver et de bons mets à glisser entre ses dents. Il paraît que lorsque l’on est sans le sous et dans un caniveau, ce n’est pas quelque chose que l’on peut se permettre d’obtenir. Le fait est qu’elle n’avait pas non plus le choix.

Remettons les choses dans l’ordre d’ailleurs. Aux dernières nouvelles, Ruby avait un travail et se trouvait à Cerka. L’ennui étant qu’après le départ de son binôme et ami, la jeune fille avait perdu son entrain. Pour tout dire, elle s’était habituée à sa présence et aimait converser avec lui. Le travail qu’ils étaient capable d’accomplir avec leurs dons associés était incroyable, tout autant que la bonne humeur qui régnait dans l’établissement. Cependant, Flavien était de nature plus réservée voire solitaire et surtout, il était venu en daënastre pour trouver quelqu’un. Son séjour n’avait donc pas pu durer longtemps.

La jeune mage avait donc à son tout fini par déserter la région, en quête de nouveauté. Ce n’était pas le genre de bout de femme tranquille et rêveuse, mais plutôt hyperactive et à l’esprit insatiable. Elle s’était donc mit en tête de s’offrir de nouveaux voyages en terres inconnues. Et… Lorsqu’elle fini par atterrir en Ünellia, elle n’avait plus un rond en poche. La jeune fille s’était donc mit en tête de chercher un travail, quel qu’il soit. C’est à ce moment là qu’elle eut la stupide idée d’accepter de faire des livraisons d’animaux.

Je vous vois venir avec vos gros sabots, mais non, elle n’a pas imaginé une seule seconde au braconnage. Elle ne connaît même pas la signification de ce mot. Naïvement, la jeune fille avait cru qu’ils envoyaient des animaux issus de refuges dans cette animalerie afin qu’ils trouvent une famille aimante. Ce qui, n’était pas exactement le cas. Pas pour tous. Et ils ne venaient vraiment pas d’un refuge.

Pour son premier jour, on lui remit la boite d’un Erveekhei. La créature s’était repliée au fond de sa cage de transport et grelottait, de froid ou de peur probablement. Deux chatons avaient été mis avec lui et ceux-ci s’étaient blottis dans ses poils. Pendant le trajet en véhicule, la jeune fille n’avait pas quitté des yeux ses protégés. Heureusement d’ailleurs qu’elle s’y focalisait car son ventre ne cessait de se retourner à cause de l’habitacle horrible qui les transportaient, elle et les quelques autres livreurs.

Dès que le chef de la troupe peu ordodoxe ouvrir la bouche pour signaler qu’ils étaient arrivés que Ruby sautait hors du véhicule. Le visage d’habitude si animé de la noiraude était livide mais au moins la jeune fille avait eut le mérite de ne pas rendre son dernier repas sur le pavé. On lui remit à nouveau sa cage puis elle suivit le mouvement vers une bâtisse nommée Tkazir. L’endroit ne payait pas de mine. Il paraissait peu soigné et un peu triste. Pourtant, il serait bientôt le lieu de joie immenses n’est-ce pas ? Non, en fait. Pas vraiment. Seulement dans l’imaginaire de la mage.

Alors qu’elle transportait tant bien que mal la cage, un jeune homme la délivra du poids des animaux. Elle leva alors les yeux vers lui, surprise. C’était un rouquin à la chevelure fortement négligée. Plutôt grand et svelte, avec un air soucieux. Ruby, elle, avait le teint toujours aussi pâle mais un sourire égaya son visage. Avant de disparaître rapidement lorsque le nouvel inconnu prit la parole. Les livreurs s’exécutèrent aussitôt, déposant les créatures à l’endroit indiqué avant de suivre le fameux Noah. La jeune fille s’approcha plutôt du rouquin.


« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas d’aide ? Il y en a beaucoup et le trajet les a déjà stressé. Je pourrais... »
« Viens par-là, toi. » L’interrompit Noah.
« Je serais plus utile ic... »
« Aller, tu veux le garder ce boulot oui ou non ? »

Ruby hocha la tête, n’ayant plus vraiment le choix que de capituler. Elle roula des yeux après un rapide soupire mais s’exécuta. Rien ne l’empêchait de revenir plus tard après tout.



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Dario Tkazir
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Lun 17 Sep - 22:07
Irys : 39994
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Alors que Noah emmenait les braconniers pour les payer, non sans leur exposer les raisons des différentes retenues dues aux soucis relatifs à l'état des derniers animaux livrés, Dario se concentrait sur la tâche qui se dressait devant lui. La chambre était maintenant envahie de bruits d'animaux en cage. Certains se débattaient, d'autres se recroquevillaient en grondant.

En jetant un œil sur la cage, Dario senti que la mâtinée allait être fastidieuse. Peut-être qu'une paire de mains supplémentaires lui auraient été utiles, mais il n'était pas prêt à faire confiance à une braconnière dans cette situation. La jeune fille avait beau sortir du lot, il était difficile pour le vétérinaire de ne pas l'inclure au cercle de ces gens gagnant leur pain sur le dos de pauvres bêtes.

Et, de plus, il n'avait pas fait attention aux complaintes de la braconnière...

Il s'était directement concentré sur l'inventaire de la livraison. Il allait lui falloir commencer par définir un ordre de priorité pour s'occuper de ses patients. L'Erveekhei et la chatons se trouvaient en tête dès leur entrée. Dario avait l'espoir de les sauver, alors que d'autres créatures n'allaient pas entrer dans cette catégorie. Il nota toutefois que le nombre d'animaux en bonne santé était plus haut qu'à l'habitude. Il ne chercha pas à trouver des raisons pour cela: il lui restait du travail avant de pouvoir se lancer dans ce type de réflexions.

Dario plaça la cage de l'Erveekhei et des deux chatons sur la table et l'ouvrit. Il s'inquiétait particulièrement pour l'état des deux jeunes, bien qu'il devait impérativement s'occuper du plus grand des spécimens. Il posa devant la porte un bol d'eau sucrée aromatisée d'un sirop bon marché et s'assit en face. En attendant que l'Erveekhei se sente assez en sécurité pour assouvir sa faim et sa curiosité, il préparait des baumes et des bandages pour les chatons.
Il s'attendait à ce que les petits aient étés infectés par le poison de leur aîné. Il les avait vu blottit contre lui et le voyage avait du activer les réflex défensifs de l'Erveekhei. Dario n'allait pas risquer de mettre ses mains dans la cage pour en sortir les animaux, il allait lui falloir attendre qu'ils sortent par eux-même. Durant ce temps, il put bander la jambe d'un Aitah, certainement blessé lors de sa capture, et panser la blessure ouverte mais non infectée d'un très jeune Nokhoi, probablement le joyaux de la livraison d'aujourd'hui. Dario n'était pas sûr de la viabilité de ce spécimen. Sans dresseur compétent, ce pouvait être un véritable désastre.

L'idée d'une meute manquant un de ses petits effleura l'esprit de Dario. L'image de la mère survint également. Il espérait qu'elle soit encore vivante pour porter le deuil de sa perte. Il préféra écarter les autres possibilités qui survenaient alors qu'il partageait un morceau de viande avec le Nokhoi.

C'est alors que l'Erveekhei se manifesta. Son pelage était encore hérissé, mais il commençait de sortir autre chose que son nez. Il s'approchait en hésitant de sa gamelle alors que Dario replaçait le Nokhoi dans sa cage. Lorsqu'il se retourna, l'animal lapait l’ersatz de nectar qui lui avait été offert. Avec douceur, Dario posa son index au sommet de son front. Un frisson parcouru le corps de l'animal, ébouriffant encore son poil un petit peu, mais la tension dans ses muscles ne tarda pas à s'estomper. Le doigt du vétérinaire couru avec douceur le long du dos de l'Erveekhei qui relâcha malgré lui un ronronnement de plaisir. Dario remarqua que plusieurs touffes de poils manquaient dans le pelage de l'animal.

Dario le laissa finir de laper le contenu de gamelle pour s'occuper des chatons.

Il s'approcha de la cage avec le baume qu'il avait préparé. Il pêcha les deux chatons d'une seule main et fit une rapide estimation des dégâts. L'un des deux s'était réfugié sous l'autre et n'avait été que très peu touché par l'acide de l'Erveekhei. Le second, quant à lui, n'en menait pas large. Toute une face de son corps était devenue une large plaque de peau irritée. Ses yeux ne s'ouvraient plus et il restait figé, la gueule ouverte, comme pétrifié dans un cri muet. Seule sa respiration rauque montrait qu'il demeurait vivant.

Dario appliqua le baume sur le premier chaton, et se prépara à débuter la seconde partie de son travail, celle qu'il n'appréciait pas tant.
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Ruby Nyë
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Sam 22 Sep - 15:55
Irys : 365891
Profession : Aide vétérinaire à la clinique Kali'ns
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Ruby suivit docilement Noah dans la pièce adjacente, non sans garder un sentiment de malaise. Les autres employés étaient tous des hommes, certains aux allures élancées et fluettes tandis que d’autres pouvaient aisément ressembler à des armures à glace, mais, ce qui frappait la jeune fille n’était autre que leur expression. La même placardée sur l’ensemble des visages. Sombre, un éclat satisfait ancré dans leurs prunelles.

Quant à ce Noah, il n’inspirait pas la confiance. Sous ses airs hautains d’homme d’affaire aguerri il dégageait une aura dangereuse. Lorsqu’il s’adressait à son personnel ce n’était guère pour obtenir une quelconque forme de discussion. Fier comme un paon de son statut supérieur, il se contentait d’ordonner et d’affirmer. Point à la ligne. Ce personnage n’avait en clair rien d’attirant humainement parlant. La fausse noiraude, dont les pigments naturels commençaient à réapparaître, tâchait de se faire invisible parmi le groupe alors que leur chef en titre déblatérait à propos de la livraison des animaux. Il daigna ensuite payer une somme dérisoire à son personnel dans un silence gênant brisé par les grondements des nouveaux pensionnaires dans la pièce qu’ils avaient quittée.

Les braconniers prirent ensuite la poudre d’escampette dès lors que Noah informa à la bande le jour de la prochaine livraison. Ne resta que la jeune fille. Elle toisait d’un air interrogateur le rouquin tout en s'agrippant nerveusement les mains.


« Eh bien la noiraude qu’est-ce que tu attends pour filer ? »

Siffla-t-il d’un air irrité. Charmant personnage dans toute sa splendeur. La jeune fille jeta un regard en arrière, hésitante, puis planta à nouveau son regard gris perçant dans celui sévère de Noah.

« Qu’est-ce qu’il se passe ensuite ? »
« Rien qui ne te concerne. Je te ferai appeler lorsque j’aurai à nouveau besoin de tes services. »
« Ça ne répond pas à ma question. » Insista alors Ruby. « Nous les laissons à cet homme et ensuite quoi ? Je suis aide vétérinaire, je sais comment cela marche avec les animaux en détresse. Ils ont besoin de soins et d’accompagnements. Un seul homme ne p... »

Les mots s’éteignirent au creux de la gorge de la jeune fille lorsque brusquement Noah daigna s’avancer vers elle. Il s’arrêta à quelques centimètres à peine, levant une main vers le visage devenu blême de la mage. Il se dégageait de cet homme une telle aura menaçante qu’elle n’osait bouger. Qui sait ce qu’il pourrait se passer si elle paniquait subitement ou s’il désirait remettre dans le droit chemin la sotte qui lui faisait l’affront de remettre en question ses méthodes. Ruby possédait une magie puissante et incontrôlable et lui semblait si dangereux… L’issu ne pourrait que mal se finir.

Cela n’arriverait pas, toutefois, car la jeune fille était restée muette et pas un muscle de  répondait à l’appel alors que son employeur lui saisi le menton tout en l’observant intensément. Ruby frissonna, se sentant comme une proie enfermée en cage et cela ne s’arrangea pas lorsqu’il se pencha à son oreille.


« En voilà une jeune fille bien curieuse. Je ne vais pas me fâcher pour cette fois, après tout tu es jeune et nouvelle ici. Tu as une force de caractère indéniable ma jolie mais je te conseil de ne plus te mêler de ce qu’il ne te regarde pas si tu tiens à ta sécurité. Les rues ne sont pas sûres pour les jeunes filles cela dit j’ai de l’influence ici. Comporte-toi bien et je pourrai garantir ta sécurité, sinon… Et bien, tu comprends ? »

Ruby hocha lentement la tête, assimilant l’information. Noah était bien ce qu’elle pressentait, un homme de pouvoir qu’il ne fallait pas contrarier. En tout cas pas une pauvre jeune fille à peine majeure et sans abri. Cependant, la curiosité n’était une chose qu’elle était en mesure de refréner. La jeune femme prit congé à son tour mais il fallait qu’elle sache exactement dans quoi elle avait mit les pieds. Sitôt l’attention détournée de cet horrible personnage, elle s’enveloppa de magie afin de se rendre totalement invisible et s’engouffra dans la pièce interdite.



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Dario Tkazir
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Lun 22 Oct - 11:10
Irys : 39994
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Dario exécutait sa sombre besogne. Sur l'escalier, Kin continuait de l'observer en silence. L'animal s'ennuyait un peu, et il aurait beaucoup voulu attirer l'attention de son ami d'une façon ou d'une autre. Jouer un peu aurait été sympathique, sortir se promener aurait été exceptionnel. Mais non, pas ce matin où il était plus important de s'occuper d'autres animaux...

Est-il possible pour un animal d'éprouver de la jalousie? Si oui, c'était peut-être le cas de Kin en ce moment même. Il n'empêche qu'il était resté longtemps sur sa marche à scruter les faits et gestes de Dario jusqu'au point où une sieste semblait la meilleure activité pour les prochaines heures à passer. Le tairakh se préparait à se blottir contre l'escalier, quand une troupe de bottes le dérangèrent. L'animal se précipita au bas de l'escalier et se réfugia derrière les jambes de Dario, découvrant ses crocs aux perturbateurs qui l'ignoraient.

Les hommes s'échangèrent quelques mots, et les étrangers s'éclipsèrent. L'idée de la sieste revint à l'esprit de Kin, qui voulu sauter sur les genoux de son ami. Celui-ci, toutefois, le souleva et le ramena à l'escalier, le laissant là avec un sourire et une caresse, tout de même.

Le tairakh allait une nouvelle fois se rouler en boule, mais autre chose l'en empêcha. La marche où il se trouvait avait bougé, comme lorsque Dario montait l'escalier, mais personne n'était là. C'était étrange... Il y avait une odeur, aussi. Pas un homme cette fois-ci, mais quelqu'un d'inconnu. Kin parcouru la salle du regard, mais ne voyait que son ami.

C'était étrange...

Kin décida, après quelques instants, de se fier à son museau. Il flaira l'odeur qui restait dans l'air et descendit les quelques marches. Il suivit l'odeur pour essayer de trouver son origine. Quelque chose semblait lui échapper. Toutefois, après plusieurs minutes de recherches, il se heurta à quelque chose, et émit un long miaulement grinçant pour exprimer sa frustration.

"Kin, quelque chose ne va pas?"
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Ruby Nyë
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Jeu 25 Oct - 18:27
Irys : 365891
Profession : Aide vétérinaire à la clinique Kali'ns
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La jeune femme avait pourtant prit soin de se montrer invisible, aussi douce et silencieuse qu'une brise effleurant à peine le plumage des oiseaux. Oui sauf qu'il ne s'agissait pas d'un stupide volatile. Le tairakh qu'elle avait soigneusement contourné l'avait sentie. Fichu flair félin ! L'animal levait déjà la tête d'un air interloqué.

Filant comme une flèche, Ruby tenta de se mettre hors de portée de ses narines surpuissantes. Il s'avéra que l'idée n'était pas bien intelligente puisque la jolie boule de poils fini par quitter son estrade pour suivre la piste fraiche laissée par le parfum boisé de la my'träne. Alors qu'il n'était plus qu'à quelques mètres seulement, Ruby se fit la plus petite possible, collant son corps sur une paroi et bloquant sa respiration... Jusqu'à ce que le petit être passe à côté d'elle.

Victoire ? Pas si sûr. Alors que la mage décollait prudemment son dos de la surface plane qui l'avait sauvée afin de partir dans une direction inverse au petit animal à poils, celui-ci décida de rebrousser chemin et la percuta. S'ensuivit des miaulements frustrés.


"Kin, quelque chose ne va pas?" Lança alors la voix du rouquin mystérieux.

Flûte de pan et corne-brume ! Il fallait réagir vite avant qu'elle ne se fasse attraper. Elle décida alors de toucher l’animal, provoquant ainsi pour le tairakh la fin du subterfuge. Devant ses yeux surpris se dessina alors la forme d'une humaine.


"Shhh tout va bien, je ne te veux aucun mal." Chuchota-t-elle, tentant de déployer sa magie en même temps.

Les yeux du tairakh restèrent absorbés par ceux de la mage et il se mit finalement à cligner des yeux avant de s'assoir tranquillement. Malheureusement pour Ruby, son état de stress provoquait déjà des perturbations sur ses pouvoirs. Alors qu'elle pensait avoir apaisé l'animal, celui-ci se mit pourtant soudain à feuler et son dos se hérissa sur le champ. La jeune femme recula prudemment mais les choses étaient claires : Elle était fichue. Le maître du fameux Kin était déjà alarmé par les bruits étranges de son compagnon et il finirait par comprendre la situation sordide dans laquelle la jeune femme s'était fourrée.

Perdue pour perdue, autant sauver ses fesses. Ruby se campa sur ses jambes et se mit à nouveau à détaller comme un lapin. Tant pis pour sa curiosité, finalement elle ne saurait pas ce qu'il se passe dans cette salle mais peut être réussirait-elle au moins à s'échapper sans être démasquée. A moins que...

Ruby alla s'écher au sol après avoir rebondit sur quelque chose ou plutôt quelqu'un en l’occurrence. Elle était rentrée à toute allure contre la personne qu'elle tentait d'éviter. Le sort de dissimulation avait éclaté comme une bulle au moment même où elle était rentrée en collision avec le rouquin, emportant avec lui ses minces espoirs de fuite. Les yeux ronds, l'air apeurée et effarouchée, elle se mit immédiatement en position de défense : prête à griffer l'homme s'il lui prenait la même envie d'attraper la jeune femme que celui qui l'avait terrorisée quelques minutes auparavant.

Pas un son ne sortit de sa gorge et de toute manière que pourrait-elle dire ? Le mensonge n'était pas une chose familière pour elle. Elle se contentait de jeter des coups d’œils partout dans la pièce, à la fois pour chercher des échappatoires mais aussi pour tenter d'en savoir plus sur ce lieu étrange où trônait une atmosphère étrange. Les cages se trouvaient toutes là et certains animaux laissaient entendre des cris plaintifs mais pas seulement. La jeune femme repéra des bandages sur une créature et de la nourriture mise à disposition. Quelque chose n'allait pas ici... Le lieu était trop glauque, les cages maintenaient l'angoisse et bien que des efforts étaient palpables, cela ne ressemblait pas du tout à un lieu de soin.


"Ça ne va pas... Pas du tout..."

Fini par prononcer la jeune femme la gorge nouée, omettant sans doute de répondre à une quelconque injonction de l'homme. Elle serra les dents, fronçant les sourcils sur son regard assombri et siffla, le corps tendu tremblotant sous la nervosité.

"Si vous voulez me faire du mal vous aussi je.. Je me laisserai pas faire... Je veux, je... Je partirai pas sans savoir ce qu'il se passe ici !"



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Dario Tkazir
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Dim 4 Nov - 10:00
Irys : 39994
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La question de l'intruse submergea Dario comme une vague de réalisme. Elle balaya toute autre forme d'interrogation. Qui êtes-vous ? Comment êtes-vous arrivée ici ? De quel droit pouvez-vous exiger des réponses ? Quelle teinture utilisez-vous pour vos cheveux ? Avez-vous un mandat ?

La réponse qu'il lui donna ne présentait qu'une part de vérité qu'il s'était caché jusque là.

"Du triage, voilà ce qu'il se passe. Nous recevons des animaux, je les inspecte et traite ceux qui pourront ensuite être vendus... "


Dario tira une chaise près de lui et se laissa tomber sur son dossier. Lorsque ses yeux rencontrèrent ceux de l'intruse, ils avaient l'air bien trop vieux et fatigués au milieu des traits du vétérinaire. Un air hagard s'emparait de son visage.

"...Et j'achève ceux qui ne peuvent pas être sauvés. Les corps doivent ensuite être vendus pour assurer un profit. Des bouchers achètent leur viande, et des tanneurs leur fourrure."

Dario reconnaissait pour la première fois son rôle dans une entreprise ignorant ses idéaux. Prononcer ces quelques mots et faire face à la réalité était une épreuve à laquelle il ne s'était pas préparé. Il était chez lui, mais se sentait en dehors de ses marques. Au fond de lui, il espérait garder le couvert du mensonge sur ses actes jusqu'à son départ, mais la venue d'une jeune fille aux cheveux rouges avait changé ses plans.
Il devait avoir l'air pitoyable. Il lui fallu un certain effort pour relever les yeux vers l'intruse et s'adresser à elle sans littéralement fondre.

"Et toi, je t'ai vue tout à l'heure. Qui es-tu pour t'introduire ici et... et me voir... ?"
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Ruby Nyë
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Sam 10 Nov - 13:04
Irys : 365891
Profession : Aide vétérinaire à la clinique Kali'ns
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D’un point de vu extérieur Ruby ressemblait parfaitement aux animaux en cage apportés par les braconniers. La jeune femme ressemblait à un chat sauvage acculé contre un mur, toutes griffes et crocs dehors. Elle avait parfaitement gardé ses réflexes d’enfant sauvage et sa position en disait long sur son état d’esprit en alerte. D’autant plus qu’elle se trouvait en désavantage, échouée au sol telle une proie facile tandis que l’homme la surplombait. Cependant, contre toute attente, il s’éloigna de la sauvageonne pour s’avachir avec lassitude sur une chaise.

Timidement, la rouquine se redressa, bien que toujours sur le qui-vive. Elle assimilait avec difficulté les explications données par l’étrange vétérinaire. Du tri ? Il triait des êtres vivants ? Pour se faire du profit ? Lorsque Ruby croisa le regard fatigué de l’homme il put il voir en échange sa stupeur. Les yeux ronds et écarquillés, la mage commençait à prendre l’ampleur du merdier dans lequel elle s’était fourrée. Elle travaillait pour des monstres. Des êtres cruels qui utilisaient les créatures pour leur seul intérêt, profitant d’eux jusqu’au point de profaner leur corps. Ruby eut un haut-le-corps qu’elle retint avec difficulté. Elle qui avait naïvement cru que les daënars étaient meilleurs que ce que son peuple en disait… N’avait-elle donc connu que des exceptions ? Comment pouvait-on en arriver là et s’en tirer à si bon compte ? Bien que l’homme qui lui faisait face semblait rongé par le remord, les autres hommes s’en moquaient royalement, il y avait même une satisfaction dans le regard qu’elle avait remarqué depuis le début. Si seulement elle avait comprit plus tôt. Si seulement… Mais qu’aurait-elle pu faire au juste ? Et maintenant?


« Et toi, je t'ai vue tout à l'heure. Qui es-tu pour t'introduire ici et... et me voir... ? » L’interpella alors le rouquin.
« Une imbécile. » Répondit-elle en soupirant, les épaules affaissées. « Et maintenant je ne peux plus revenir en arrière, sinon… Je vous en prie, ne dites rien à Noah. »

Un long frisson parcouru l’échine de la jeune femme. Que ferait Noah si elle décidait de les quitter ? Mettrait-il ses menaces à exécution ? La jeune fille n’avait ne pourrait pas aller bien loin sans un sou en poche contrairement à lui ou ses sbires. Et si elle restait pour lui mettre des bâtons dans les roues et qu’il s’en apercevait… Venait-elle de se livrer dans la cage d’un lion ? Elle ne pouvait que faire profil bas pour survivre, c’était l’option la plus sûre. Il avait raison en fin de compte, la jeune mage aurait mieux fait de se mêler de ses affaires parce qu’à présent qu’elle savait tout elle se savait piégée et désespérée. Choquée et révoltée aussi, mais elle ne ferait que se mettre en danger si elle osait y faire quelque chose. Soupirant à nouveau, elle se laissa tomber sur la chaise adjacente du rouquin.

« Je m’appelle Ruby. Moi aussi je suis vétérinaire. C’est pour ça que j’ai cru… Naïvement… Qu’on me donnait pour travail d’aider ces animaux. Pourtant je sentais bien que quelque chose ne tournait pas rond mais… C’était ça ou mourir de faim dans la rue, superbe choix. Et maintenant j’apprends que je travaille pour des monstres qui salissent non seulement mon métier mais kidnappent de pauvres créatures, les terrorisent, profanent leur corps… Et je ne peux rien y faire. » La gorge nouée, elle tourna à nouveau le regard vers l’homme. « Comment en êtes-vous arrivé là ? Je vois bien la honte dans votre regard et je ne comprend pas. Est-ce que c’est ce Noah qui vous force ? N’est-il donc qu’une brute sans cœur ou bien vous êtes aussi fous l’un que l’autre ? »



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Dario Tkazir
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Dario laissa échapper un ricanement. La jeune fille présumait que Noah était fou, et ça n'avait jamais effleuré l'esprit du vétérinaire. Son petit frère était un édifice de raison, un calculateur froid, exemplaire individu d'une époque où le profit était probablement le but le plus unanimement reconnu. Le point de Ruby était pour le moins rafraîchissant.

"Va savoir si je suis fou... je pense que mon frère serait bien de cet avis."

Le triste sourire de Dario s'estompa. Il fallait un peu de temps à son esprit pour rattraper les paroles de la jeune fille.

"Noah est mon frère, et cette animalerie est l’œuvre de ma famille. Je suis peut-être responsable de ce qu'elle est devenue, mais ça ne veut pas dire que ça me plaise... D'ailleurs, je vais bientôt la quitter."

Un bruit se fit entendre de l'autre côté de la pièce. Dans leur cage, certains animaux commençaient à manifester leurs besoins. Dario se leva et, tout en poursuivant sa conversation, commença de remplir les mangeoires et abreuvoirs. Plus tard, il allait nettoyer leurs litières et peut-être brosser certains de ses clients, s'il en aurait le temps.

"Tu as peur de Noah ? Est-ce que tu pense qu'il te contrôle ?"

Dario arriva à la cage du Nokhoi qu'il avait soigné plus tôt. Le jeune animal se reposait, mais releva la tête à la venue de son soigneur. Il émit un doux gémissement de contentement et tenta de se lever. Avec un sourire, Dario ouvrit la cage et le prit dans ses bras. Kin hérissa le poil face à cet individu volant l'attention de son ami puis retourna prendre sa place sur l'escalier, droit et fier.

"Il est assez doué pour ça, mettre une cage sur la tête des gens. Mais ne te laisse pas avoir, demandes-toi ce dont tu as besoin et ce que tu veux faire. Si Noah n'apparait dans aucune de ces réponses, alors tournes les talons et va-t-en. Il sera bien trop occupé pour se rendre compte de la valeur de tes services pour te retenir."

Une étincelle apparaissait dans les yeux de Dario. Il avait bien remarqué que Ruby était subitement apparue de nulle part. Il savait bien ce que ça voulait dire, et l'avis de la jeune fille sur l'animalerie confirmait les soupçons du vétérinaire: elle n'était pas du coin, et venait de loin.
Le sourire aux lèvres, Dario semblait maintenant paisible, alors qu'il caressait le Nokhoi. Dans sa cage, l'Erveekhei semblait calme. De leur côté, les chatons bien portants faisaient ce qu'ils pouvaient pour dormir, se remuant de temps à autres. Le reste des animaux mangeaient ou buvaient en silence, tentant de ne pas attirer l'attention sur eux. Malgré cet intérieur quelque peu lugubre, la présence de Dario semblait apaiser les animaux.
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