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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: Daënastre :: Ünellia
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 Nous, les amis des bêtes

Dario Tkazir
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Lun 3 Sep - 12:51
Irys : 24997
Pérégrin 0
Daënastre, une salle de bain assez bien tenue si l'on ne porte pas préjudice aux quelques traces d'eau sur le miroir, et au visage qui mériterait bien un coup de rasoir qui se reflète dedans, ainsi qu'un bon brossage de cheveux, maintenant qu'on en parle. Dario se prépare à attaquer sa journée, et la salle de bain lui offre un des rares instants où il se sent isolé des responsabilités et obligations qui vont avec son travail. Toutefois, il a atteint la dernière ligne droite qui le mènera à un nouvel épisode de sa vie. La période à observer pour le deuil paternel touchant à sa fin (largement occupée par la visite de clients fidèles, tenant à communiquer leur dévotion envers le défunt), il ne lui reste plus qu'à terminer la transmission de la boutique à son frère, et il pourra s'évader vers d'autres horizons.

Où et comment ? Il ne le sait pas vraiment. Il possède assez d'économies pour démarrer ses voyages, sans doutes, mais il ne sait pas encore quelle sera sa destination. Il en rêve parfois, comme lorsqu'il se trouve dans la salle de bain, ces rares instants de calmes propices à la réflexion. Autrement, il essaye de couper le cordon avec l'animalerie Tkazir, ce qui s'est révélé plus facile à dire qu'à faire.

Comme aujourd'hui, où un rendez-vous avec un notaire a été remis a dû être repoussé afin qu'il puisse inspecter une livraison. Quelle ironie que l'aspect de l'animalerie qui lui semblait le plus abject était ce qu'il le retenait dans la maison... Mais on y reviendra un peu plus tard.

Après avoir terminé de rêvoter en face du miroir, Dario prend la direction de l'arrière boutique. Pour ce faire, rien de plus simple, il suffit d'emprunter un vieil escalier en bois, grinçant à la troisième, la septième et huitième marches. Ce simple escalier était un artefact hantant la mémoire de soigneur et attestant de la décrépitude de l'endroit. À chaque fois qu'il l'emprunte, il se souvient des nombreuses fois où il avait trouvé le sommeil sur une de ces marches, alors couverte d'une moquette confortable, jugée superflue quelques années auparavant.
Aujourd'hui, les marches sont nues et le bois est usé. Elles mènent vers l'arrière boutique, où des cages vides sont entreposées, et au centre de laquelle siège une large table en bois. Elle jouera un rôle central dans la suite de la journée: les animaux livrés y seront inspectés minutieusement par Dario. Selon lui, les plus chanceux rejoindront la boutique et traverseront la porte faisant face au mur où s'accroche l'escalier.

Dario jette un rapide coup d’œil sur cette zone de transit, sobrement meublée de quelques chaises poussées contre les murs, à côté d'étagères décorées de quelques instruments de mesure, de fioles de sédatifs et de quelques bandages. Kin se faufile entre ses pieds. Dario s'assure que l'ordre règne, vérifie que quelques biscuits et morceaux de viande sèche sont a disposition dans un tiroir de la table et que les systèmes de fermeture des cages sont fonctionnels. Il pousse ensuite une porte du mur voisin à celui de l'escalier, et pénètre dans la salle d'opération, où seront emmenés certains spécimens, moins fortunés que ceux qui seront directement mis en vente.
Il ne prend pas la peine de vérifier l'inventaire où l'état de ses instruments, il s'en est occupé la veille. Il se dirige vers la fenêtre et tire sur la chaîne servant à ouvrir les stores. Il plisse les yeux face à la lumière qui pénètre dans la chambre. Il se retourne, et éprouve un léger inconfort à l'idée des bêtes qui passeront cette porte. Certains y viennent pour être soignés, certes, mais nombreux sont ceux qui terminent leur vie sur la table métallique posée au centre de la salle. Une boule se forme dans le ventre de Dario, qui s'attend à ce que quelques uns des animaux qui lui seront livrés aujourd'hui ne vivraient pas une journée de plus.
Aussi morbide que cela puisse paraître, c'était la raison qui le retenait. Cela faisait plusieurs années qu'il avait insisté pour acheter des spécimens voués à être euthanasiés. Il les prenait en pitié, n'osant pas imaginer le martyr traversé aux côtés des braconniers qui les avaient capturés. À l'époque, son père ne voulait pas entendre parler de cette idée. Son frère était toutefois parvenu à le convaincre, argumentant que la fourrure ou la viande de ces bêtes avaient aussi de la valeur et qu'elles pouvaient présenter un bénéfice.

La voix de Noah Tkazir se fit alors entendre depuis l'arrière boutique. Il n'était pas seul. Dario soupira, et pénétra dans l'espace central de l'animalerie. En face de lui, les large doubles portes étaient ouverte sur l'extérieur, révélant la zone de déchargement. Quelques braconniers transportaient des cages recouvertes de bâches. Elles étaient toutes de taille différente. Kin se précipite vers l'escalier et grimpe quelques marches. Il s'arrête là où il devient difficile à voir, et surveille toute la chambre.
Noah, sourire aux lèvres, invitait les braconniers dans l'arrière boutique. Suivant leur chef, une jeune fille portait une cage de ses deux mains. Dario fut surpris, il ne s'attendait pas à voir une petite noiraude parmi les livreurs. Presque par réflex, il se saisit de sa cage et la posa sur la table, accueillant le reste des visiteurs par quelques ordres.

"Venez, posez les bêtes de ce côté, sous l'escalier. Noah, je m'occupe d'elles. Veux-tu bien entretenir nos invités pendant ce temps ?"
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Ruby Nyë
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Dim 9 Sep - 21:30
Irys : 350894
Profession : Aide vétérinaire à la clinique Kali'ns
My'trän 0
Ok, ce n’était pas la meilleure décision de sa vie. Et effectivement, elle aurait dû se méfier devant un homme à l’allure aussi menaçante et austère. Mais après tout, la jeune femme croyait en son prochain et surtout, elle commençait à prendre goût au confort. Vraiment. Au moins le fait d’avoir un toit sur sa tête, de l’eau chaude pour se laver et de bons mets à glisser entre ses dents. Il paraît que lorsque l’on est sans le sous et dans un caniveau, ce n’est pas quelque chose que l’on peut se permettre d’obtenir. Le fait est qu’elle n’avait pas non plus le choix.

Remettons les choses dans l’ordre d’ailleurs. Aux dernières nouvelles, Ruby avait un travail et se trouvait à Cerka. L’ennui étant qu’après le départ de son binôme et ami, la jeune fille avait perdu son entrain. Pour tout dire, elle s’était habituée à sa présence et aimait converser avec lui. Le travail qu’ils étaient capable d’accomplir avec leurs dons associés était incroyable, tout autant que la bonne humeur qui régnait dans l’établissement. Cependant, Flavien était de nature plus réservée voire solitaire et surtout, il était venu en daënastre pour trouver quelqu’un. Son séjour n’avait donc pas pu durer longtemps.

La jeune mage avait donc à son tout fini par déserter la région, en quête de nouveauté. Ce n’était pas le genre de bout de femme tranquille et rêveuse, mais plutôt hyperactive et à l’esprit insatiable. Elle s’était donc mit en tête de s’offrir de nouveaux voyages en terres inconnues. Et… Lorsqu’elle fini par atterrir en Ünellia, elle n’avait plus un rond en poche. La jeune fille s’était donc mit en tête de chercher un travail, quel qu’il soit. C’est à ce moment là qu’elle eut la stupide idée d’accepter de faire des livraisons d’animaux.

Je vous vois venir avec vos gros sabots, mais non, elle n’a pas imaginé une seule seconde au braconnage. Elle ne connaît même pas la signification de ce mot. Naïvement, la jeune fille avait cru qu’ils envoyaient des animaux issus de refuges dans cette animalerie afin qu’ils trouvent une famille aimante. Ce qui, n’était pas exactement le cas. Pas pour tous. Et ils ne venaient vraiment pas d’un refuge.

Pour son premier jour, on lui remit la boite d’un Erveekhei. La créature s’était repliée au fond de sa cage de transport et grelottait, de froid ou de peur probablement. Deux chatons avaient été mis avec lui et ceux-ci s’étaient blottis dans ses poils. Pendant le trajet en véhicule, la jeune fille n’avait pas quitté des yeux ses protégés. Heureusement d’ailleurs qu’elle s’y focalisait car son ventre ne cessait de se retourner à cause de l’habitacle horrible qui les transportaient, elle et les quelques autres livreurs.

Dès que le chef de la troupe peu ordodoxe ouvrir la bouche pour signaler qu’ils étaient arrivés que Ruby sautait hors du véhicule. Le visage d’habitude si animé de la noiraude était livide mais au moins la jeune fille avait eut le mérite de ne pas rendre son dernier repas sur le pavé. On lui remit à nouveau sa cage puis elle suivit le mouvement vers une bâtisse nommée Tkazir. L’endroit ne payait pas de mine. Il paraissait peu soigné et un peu triste. Pourtant, il serait bientôt le lieu de joie immenses n’est-ce pas ? Non, en fait. Pas vraiment. Seulement dans l’imaginaire de la mage.

Alors qu’elle transportait tant bien que mal la cage, un jeune homme la délivra du poids des animaux. Elle leva alors les yeux vers lui, surprise. C’était un rouquin à la chevelure fortement négligée. Plutôt grand et svelte, avec un air soucieux. Ruby, elle, avait le teint toujours aussi pâle mais un sourire égaya son visage. Avant de disparaître rapidement lorsque le nouvel inconnu prit la parole. Les livreurs s’exécutèrent aussitôt, déposant les créatures à l’endroit indiqué avant de suivre le fameux Noah. La jeune fille s’approcha plutôt du rouquin.


« Vous êtes sûr que vous ne voulez pas d’aide ? Il y en a beaucoup et le trajet les a déjà stressé. Je pourrais... »
« Viens par-là, toi. » L’interrompit Noah.
« Je serais plus utile ic... »
« Aller, tu veux le garder ce boulot oui ou non ? »

Ruby hocha la tête, n’ayant plus vraiment le choix que de capituler. Elle roula des yeux après un rapide soupire mais s’exécuta. Rien ne l’empêchait de revenir plus tard après tout.



couleur : #cc99cc
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Dario Tkazir
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Lun 17 Sep - 22:07
Irys : 24997
Pérégrin 0
Alors que Noah emmenait les braconniers pour les payer, non sans leur exposer les raisons des différentes retenues dues aux soucis relatifs à l'état des derniers animaux livrés, Dario se concentrait sur la tâche qui se dressait devant lui. La chambre était maintenant envahie de bruits d'animaux en cage. Certains se débattaient, d'autres se recroquevillaient en grondant.

En jetant un œil sur la cage, Dario senti que la mâtinée allait être fastidieuse. Peut-être qu'une paire de mains supplémentaires lui auraient été utiles, mais il n'était pas prêt à faire confiance à une braconnière dans cette situation. La jeune fille avait beau sortir du lot, il était difficile pour le vétérinaire de ne pas l'inclure au cercle de ces gens gagnant leur pain sur le dos de pauvres bêtes.

Et, de plus, il n'avait pas fait attention aux complaintes de la braconnière...

Il s'était directement concentré sur l'inventaire de la livraison. Il allait lui falloir commencer par définir un ordre de priorité pour s'occuper de ses patients. L'Erveekhei et la chatons se trouvaient en tête dès leur entrée. Dario avait l'espoir de les sauver, alors que d'autres créatures n'allaient pas entrer dans cette catégorie. Il nota toutefois que le nombre d'animaux en bonne santé était plus haut qu'à l'habitude. Il ne chercha pas à trouver des raisons pour cela: il lui restait du travail avant de pouvoir se lancer dans ce type de réflexions.

Dario plaça la cage de l'Erveekhei et des deux chatons sur la table et l'ouvrit. Il s'inquiétait particulièrement pour l'état des deux jeunes, bien qu'il devait impérativement s'occuper du plus grand des spécimens. Il posa devant la porte un bol d'eau sucrée aromatisée d'un sirop bon marché et s'assit en face. En attendant que l'Erveekhei se sente assez en sécurité pour assouvir sa faim et sa curiosité, il préparait des baumes et des bandages pour les chatons.
Il s'attendait à ce que les petits aient étés infectés par le poison de leur aîné. Il les avait vu blottit contre lui et le voyage avait du activer les réflex défensifs de l'Erveekhei. Dario n'allait pas risquer de mettre ses mains dans la cage pour en sortir les animaux, il allait lui falloir attendre qu'ils sortent par eux-même. Durant ce temps, il put bander la jambe d'un Aitah, certainement blessé lors de sa capture, et panser la blessure ouverte mais non infectée d'un très jeune Nokhoi, probablement le joyaux de la livraison d'aujourd'hui. Dario n'était pas sûr de la viabilité de ce spécimen. Sans dresseur compétent, ce pouvait être un véritable désastre.

L'idée d'une meute manquant un de ses petits effleura l'esprit de Dario. L'image de la mère survint également. Il espérait qu'elle soit encore vivante pour porter le deuil de sa perte. Il préféra écarter les autres possibilités qui survenaient alors qu'il partageait un morceau de viande avec le Nokhoi.

C'est alors que l'Erveekhei se manifesta. Son pelage était encore hérissé, mais il commençait de sortir autre chose que son nez. Il s'approchait en hésitant de sa gamelle alors que Dario replaçait le Nokhoi dans sa cage. Lorsqu'il se retourna, l'animal lapait l’ersatz de nectar qui lui avait été offert. Avec douceur, Dario posa son index au sommet de son front. Un frisson parcouru le corps de l'animal, ébouriffant encore son poil un petit peu, mais la tension dans ses muscles ne tarda pas à s'estomper. Le doigt du vétérinaire couru avec douceur le long du dos de l'Erveekhei qui relâcha malgré lui un ronronnement de plaisir. Dario remarqua que plusieurs touffes de poils manquaient dans le pelage de l'animal.

Dario le laissa finir de laper le contenu de gamelle pour s'occuper des chatons.

Il s'approcha de la cage avec le baume qu'il avait préparé. Il pêcha les deux chatons d'une seule main et fit une rapide estimation des dégâts. L'un des deux s'était réfugié sous l'autre et n'avait été que très peu touché par l'acide de l'Erveekhei. Le second, quant à lui, n'en menait pas large. Toute une face de son corps était devenue une large plaque de peau irritée. Ses yeux ne s'ouvraient plus et il restait figé, la gueule ouverte, comme pétrifié dans un cri muet. Seule sa respiration rauque montrait qu'il demeurait vivant.

Dario appliqua le baume sur le premier chaton, et se prépara à débuter la seconde partie de son travail, celle qu'il n'appréciait pas tant.
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