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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] L'incertitude est le pire de tous les maux [RP Solo]

Flavien Teleri
avatar
Jeu 6 Sep - 14:02
Irys : 773247
Profession : Soigneur itinérant - Guérisseur
My'trän +2 ~ Chimères
Les paysages de Suhury avaient toujours eut quelque-chose de magique, aussi bête que cette déclaration puisse paraitre. Les fleurs qui s'y épanouissaient malgré un soleil de plomb, trouvant refuge à l’abri d'arbres centenaires, apportaient une touche de couleur dans la végétation foisonnante. A devenir coutumier des grandes cités de ce monde, Flavien en avait presque oublié le calme qui se dégageait de cette nature que rien ne saurait ébranler.

Fuyant la chaleur accablante du jour, le soigneur avait pour la énième fois modifié son trajet, décidant qu'éviter une insolation valait bien un détour d'une demi-journée jusqu'au prochain village, où il n'était de toute manière pas attendu. Les plaines rayonnantes de Suhury n'offraient aujourd'hui qu'un spectacle magnifique à ceux qui profitaient du paysage à l'ombre de grands arbres. La journée était bien trop pesante pour songer à parcourir les chemins de plaine.

Avançant à son rythme, Flavien gardait la tête baissée, à l'affut de ces roches traitresses qui pourraient le faire tomber s'il ne prenait pas garde. Chargé comme il l'était dans son état, il préférait ne pas risquer de se prendre les pieds bêtement sur un obstacle naturel et compliquer un peu plus la tâche du guérisseur qui le prendra en charge à son arrivée. Il s'en était plutôt bien tiré ces deux derniers mois, il comptait bien ne pas rendre caduque ces semaines d'attention en chutant maintenant qu'il touchait au but.

Seul le bruit de ses pas accompagnait son voyage. Ses deux fidèles familiers dormaient d'un sommeil de plomb, bercées par ses pas lents et la chaleur de ce jour d'été, le laissant seul avec ses pensées. Il n'en entretenait aucune de pertinente alors qu'il suivait son bonhomme de chemin, laissant ses idées aller et venir au rythme de ses pas sans s'y intéresser. Une vague mélodie trottait dans son esprit, véritable litanie qui égayait son trajet en solitaire. Flavien ne l'avait jamais entendu mais il était presque sûr qu'elle appartenait à Laurelin et provenait des souvenirs de son Aitah endormi.

La mélodie était douce et légère, le distrayant des bruissements environnant jusqu'à disparaitre brusquement lorsqu'un son aigu et plaintif le tira de sa rêverie. Il sursauta, se tournant dans la direction de l'écho et cherchant du regard la créature à l'origine de ce cri déchirant.

Quelques minutes de recherche lui suffirent à remonter à l'origine du cri et ce qu'il aperçut lui fendit le cœur. Une biche cherchant un peu de fraicheur s'était pris la patte dans un piège placé à l'ombre d'un grand chêne. Le mécanisme, clairement étudié pour la capture de créatures beaucoup plus imposantes, avait perforé la chaire et brisé les os aussi efficacement que s'ils avaient été faits de plâtre.

La souffrance animale lui rappelant un peu trop son bain expresse dans les pires milieux de la contrebande, le soigneur se hâta de rejoindre la pauvre biche, grimaçant davantage en constatant que cette dernière n'avait plus que quelques semaines à patienter avant de rencontrer son premier né. Une petite dizaine de jours, tout au plus, avant qu'elle ne devienne mère. Une petite dizaine de jours dont elle ne disposerait jamais, vu la gravité de sa blessure.

Flavien ne pouvait rien faire face à de tels dégâts. L'os avait été fracturé de telle sorte qu'il ne pouvait espérer faire quoi que ce soit pour la créature souffrante. Refermer la plaie extérieure ne servirait à rien mis à part à laisser cet animal terroriser agoniser de la pire manière qui soit assez longtemps pour être repérée par un prédateur et pris en chasse. Elle n'avait aucune chance de s'en sortir vivante dans un tel état. Dans ces bois, une biche blessée était une biche morte, aussi simple que cela.

Le soigneur posa une main sur la tête tremblante de l'animal. Il n'avait pas besoin de croiser son regard pour comprendre qu'elle savait aussi bien que lui qu'elle n'avait assisté à son dernier lever de soleil. Ses doigts froids descendirent sur la nuque de la biche, continuant leur chemin jusqu'à la patte blessée que la créature tenta de retirer par réflexe. Le geste paniqué lui arracha un autre cri de détresse et Flavien serra les dents. Il aurait déjà dû mettre fin à ses souffrances. Pourquoi contemplait-il encore cette blessure qu'il savait fatale ?

De manière impulsive, il libéra l'animal de sa prison, récoltant un autre gémissement de douleur de la part de la mère en devenir.

Posant une main qui se voulait rassurante sur le museau de la biche, le soigneur réfléchit. Il ne pouvait pas -ou plutôt, il ne voulait pas- accepter le destin de cette créature sans rien dire. Comment pouvait-il s'estimer être bon soigneur s'il se laissait abattre aussi facilement ? Qu'il ne réussisse pas à soigner son bras cassé par lui-même était une chose. Qu'il n'ose même pas essayer de retenter l'expérience sur un animal qui ne pouvait compter que sur lui était tout autre.

- Aller Flavien. Elle a besoin de toi.

A défaut d'entendre la voix rassurante d'Hua dans son esprit, le soigneur comblait le silence dû au repos de son familier en parlant à haute voix, s'encourageant comme il le pouvait. Il n'avait qu'à concentrer son énergie au niveau de la blessure, à attirer à lui les particules de magie qui se mouvaient librement dans l'air et à les faire résonner avec leurs sœurs qui résidaient dans le corps meurtri. Simple catalyseur d'une réaction aussi ancienne que le temps lui-même, Flavien ne mit toute son énergie à l'œuvre. Si seulement ces fichus os voudraient bien coopérer !

La biche ne bougeait plus. Toujours vivante, elle était catatonique, hésitante à entretenir une lueur d'espoir face à l'intervention du soigneur. Flavien fronça les sourcils, retentant l'expérience une nouvelle fois. Malgré toute sa concentration, il ne parvenait pas à atteindre l'os qui se cachait sous les tissus déchirés.

- Pourquoi ?! Grinça-t-il entre ses dents, frustré.

Une question restant sans réponse, même si au fond, il la connaissait déjà. Il s'était détourné des enseignements de la grande Chouette et cette dernière le rappelait à l'ordre de la façon la plus sévère qui soit. Il ne pouvait en être autrement. Comment, sinon, expliquer son bras cassé depuis de nombreuses semaines, son corps borné refusant de l'aider à guérir avec la même efficacité qu'il le faisait habituellement ?

- Je n'y arrive pas. Murmura-t-il, Je suis désolé.

La créature l'était, elle aussi. Elle savait ce qui l'attendait et son futur n'avait rien de lumineux. Un bruissement de feuillages et Flavien se retourna d'un coup, mettant en attente l'exécution macabre de son plan. Il était possible qu'un prédateur solitaire ait été attiré par l'odeur du sang et les cris paniqués de la créature. Cette dernière avait déjà bien assez souffert : ce prédateur attendrait qu'il s'occupe proprement d'elle avant de festoyer.

-  Tegvel chi yaakh ve, khairt mini ?

Flavien croisa le regard d'une femme dont le visage marqué par les nombreuses années qu'elle avait traversé, était recouvert d'un maquillage typique des anciens de sa patrie. Le dialecte ancien dans lequel elle s'était exprimée en un murmure était difficile à comprendre pour le soigneur qui n'avait jamais prêté grande attention aux cours portant sur les langues anciennes. Des vagues souvenirs qu’il lui restait de ces heures passées à regarder par la fenêtre en attendant que l'heure tourne, Flavien déchiffra vaguement le sentiment qu'elle exprimait. Elle s'inquiétait de l'état de santé de l'animal affaibli.

Sans aucun regard pour le soigneur déjà présent - une manière de procéder qui rassura un peu plus Flavien sur ses origines Suhurienne - , la vieille femme s'agenouilla aux pieds de la biche et lui caressa d'une main le museau, survolant la blessure de l'animal de sa main libre. Murmurant quelques mots de dialecte, elle adressa une prière à la grande Chouette. La paume de sa main brilla d'une douce lueur bleutée, plus chaude et rayonnante que la magie de Flavien ne l'avait jamais été, et en quelques secondes à peine, tout voile de douleur disparu des yeux de la biche blessée.

Sa gratitude était immense et elle remercia la vieille femme en léchant brièvement la paume de sa main avant de filer à travers les bois, soucieuse de l'endroit où elle posait ses pattes.

Flavien et la guérisseuse se trouvèrent ainsi seuls, aucun d'entre eux ne pipant mot jusqu'à ce que la vieille femme fronce les sourcils et attrape le bras en écharpe du soigneur. Flavien grimaça devant le mouvement soudain. Malgré toutes les précautions qu'avait bien pu prendre la guérisseuse qui savait clairement ce qu'elle faisait, son épaule le lança désagréablement. Sa mimique de douleur fit réagir la vieille femme qui fronça les sourcils et croisa son regard pour la première fois depuis leur rencontre.

- Pourquoi refuses-tu de guérir, mon enfant ?
- Pardon ? Répondit aussitôt Flavien, pris de cours
- Yaduu züdüü... Murmura-t-elle en secouant la tête tristement

Elle le lâcha et croisa les bras sur sa poitrine. Si elle avait pu avoir l'apparence frêle une seconde auparavant, la posture qu'elle adoptait à présent montrait clairement qu'elle était beaucoup plus sûre d'elle qu'une personne de son âge ne l'était habituellement. Elle toisa le soigneur du regard, inquisitrice sans être critique.

- Je. Me rend chez un guérisseur. Marmonna Flavien, Je ne refuse pas de guérir. Je veux réussir à me mouvoir comme avant.
- Serait-ce ta nostalgie du passé qui t'en empêche ?
- Je ne comprends pas.

La vieille femme parlait à la manière de bien des anciens. Ce qu'elle disait ne faisait aucunement sens aux oreilles du soigneur.

- Je le vois. Répondit-elle doucement, Je me nomme Odval. Comment t'appelles-tu, mon enfant ?
- Flavien.
- Flavien. Répéta Odval, testant le nom inconnu, Eh bien, Flavien, suis-moi.

Le soigneur resta interdit, récoltant un petit rire de la part de la vieille femme.

- Allons donc ! Si tu cherches un guérisseur capable de te remettre sur pieds, accompagne-moi. Je préfère aider mes patients autours d'une tasse de thé plutôt qu'à côté d'un piège à ours désamorcé.

Hochant la tête, Flavien emboita le pas à la guérisseuse dont il n'avait aucune raison de douter. Elle le mena en lisière du bois, l'invitant à entrer dans une petite maison aux allures de cabanon abandonné. Si le soigneur avait été amené à passer devant pendant son voyage il n'y aurait pas prêté attention. Elle tenait plus d'une demeure abandonnée que du domicile accueillant qu'elle était réellement.

- Entre. Prends place. Du thé ?
- Oui, volontiers. Répondit-il avec hésitation avant de tendre la main quelques minutes plus tard pour accepter la décoction gracieusement offerte, Merci.

Odval inclina la tête légèrement, ce qui fit sourire intérieurement le nomade à qui ce simple geste rappela qu'il était bel et bien de retour.

- Vous pouvez guérir mon bras ? Comme vous avez guérit cette biche ?
- Je peux t'aider à guérir, Corrigea la veille femme, Mais je ne peux pas guérir ta blessure pour toi.
- Mais... Vous êtes une guérisseuse, n'est-ce pas ?

Flavien avait espérer que cette femme puisse lui venir en aide sans qu'il ai besoin de se renseigner dans le prochain village. Il ne savait pas encore où il se rendrait après sa guérison, mais il ne comptait pas rester en Suhury plus que de nécessaire. Odval hocha la tête, confirmant ses dires.

- Sais-tu ce qui différencie cette biche de toi ?
- Elle n'aurait pas survécu avec une patte cassée.
- Hum-uh. Approuva la veille femme, C'est pourquoi...?
- C'est pourquoi vous l'avez aidé ? Se risqua à compléter Flavien
- Non. Répondit Odval doucement, C'est pourquoi elle voulait guérir. Pour survivre. Pour vivre.
- Je...

La guérisseuse déposa sa tasse de thé sur la table qui les séparait. Elle s'avança dans sa chaise, observant le soigneur de ses yeux marron.

- Ne penses-tu pas avoir le droit de vivre ?

Un frisson parcouru l'échine du soigneur qui se hâta de répondre aussitôt.

- Si ! Bien évidemment que si !

Odval hocha la tête à nouveau. Elle soupira délicatement et croisa les mains.

- Tu as essayé de soigner cette biche, correct ?, Demanda-t-elle, continuant sur sa lancée une fois que Flavien eut acquiescé, Sais-tu pourquoi ton aide à échouée ?
- Je ne suis pas assez doué. La magie que je pratique...
- Ton échec n'a rien à voir avec la magie qui parcourt tes veines. Tout être est doué de magie. Toi comme moi, en dépendons à parts égales. Le coupa Odval, La différence, mon enfant, est que tu t’interdis d'y parvenir. Tout comme tu t’interdis de guérir.
- Je ne...
- Ta shar shuvuu tanyg ügüisgedeg gej bodoj baina uu? Penses-tu que la grande Chouette puisse te renier ?

Flavien resta sans voix. Odval était certes une guérisseuse, mais la facilité avec laquelle elle venait de le cerner lui faisait froid dans le dos.

- Yaduu khurga. Murmura-t-elle doucement, tristement, Quoi que tu ais accompli dans ta vie jusqu'à présent, il n'y a rien en ce monde qui mérite une telle punition. Cesse donc d'autoriser ton passé à gouverner ton don. Reprends-le en main. Il n'attend que ça. Laisse-toi aller. Espère. Et regarde...

Délicatement, Odval attrapa le bras blessé de Flavien et murmura une incantation. La lueur bleutée de ses paumes hypnotisa un instant le soigneur qui ne réalisa pas tout de suite que la douleur qui s'était immiscé dans ses os au contact s'était amenuisé jusqu'à disparaitre complètement. Doucement, Odval retira l'écharpe du bras du soigneur, l'invitant à bouger expérimentalement la main.

- Merci. Souffla le nomade lorsqu'aucune douleur ne se fit ressentir
- Ne me remercie pas. Je ne suis que le catalyse de ta propre guérison.

La vieille femme plaça sa main sur le front du soigneur, murmurant une prière à l'attention de la grande Chouette.

- Ene aldagdsan khüükhdiig ukhaalag tsagaachlagch mergen ukhaantai khün...

Flavien, qui ne saisissait qu'un mot sur trois, s'efforça de rester le plus immobile possible. La langue ancienne l'avait toujours mis mal à l'aise.

- Mes prières t'intriguent ? Demanda Odval
- Je ne les comprends pas. Pourquoi appeler à la guérison dans une langue que peu de monde comprends ?

Odval sourit à cette remarque.

- Mon enfant, comment espérer soigner les maux les plus anciens de cette terre en s'y attaquant à l'aide de notre langue moderne ?

Flavien avait toujours pensé que ceux qui utilisaient le dialecte à outrance le faisaient dans le but de se sentir intéressant. Il sentit ses joues chauffer en réalisant qu'il aurait peut-être mieux fallut pour lui d'être plus attentif lors de ses cours.

- Te voici guérit. N'oublie pas ce que je t'ai enseigné. Ta magie ne peut te venir en aide que si tu la laisses t'aider.
- Attendez. Dit soudainement Flavien alors qu'Odval se levait pour l'accompagner jusqu'à l'entrée, Apprenez-moi.
- T'apprendre, mon garçon ?
- Apprenez-moi à guérir les blessures comme vous le faite. Murmura le soigneur, Je n'ai pas grand-chose à vous offrir, mais...
- Es-tu sûr de vouloir suivre les enseignements d'une vieille chouette telle que moi ? Le coupa la vieille femme

Flavien hocha silencieusement la tête et Odval sourit de plus belle.

- Arkhityektoruud adislagdakh bolno. Je t'enseignerai mon Art, jeune guérisseur.

= = = = = = = =

Ainsi, Odval s'improvisa mentor du nomade perdu. Les jours d'enseignement se transformèrent rapidement en semaines et Flavien passait son temps entre l'apprentissage du dialecte, les cours pratiques et les interventions auprès des patients que recevaient Odval. Son temps libre était passé en forêt, à contempler ses progrès et à se rapprocher de la faune locale.

Doucement mais surement, il pouvait sentir la magie répondre plus chaleureusement à ses appels. Acceptant comme faisant partie de lui cette énergie qu'il reniait sans le vouloir, le soigneur développa ses capacités entre le soin aux créatures locales et aux Hommes qui sollicitaient l'aide de celle qui était devenue son mentor.

Lorsqu'elle fut satisfaite de ses progrès, Odval lui signifia qu'il pouvait à présent reprendre la route. Il n'avait pas à s'inquiéter du devenir d'une vieille femme, après tout. Il avait tout un monde à découvrir sous un jour nouveau. Elle serra son apprenti dans ses bras frêles et Flavien lui rendit l'étreinte sans réserve. Il ne pourrait jamais la remercier suffisamment pour tout ce qu'elle lui avait apporté.

Le matin de son départ, elle le serra à nouveau dans les bras, souriant joyeusement.

- Khüü mini, yav. Üüniig khüsch baigaa khümüüst ch mön adil üne tsenetei gej boddog khümüüsiig chölöölökh kheregtei.

Cette fois, il comprit ses paroles.

" Va, mon enfant. Soit libre de venir en aide à ceux qui le demandent, mais aussi à ceux qui pensent ne pas le mériter. "

Il espérait de tout cœur pouvoir leur faire honneur.


« De toutes les créatures d'Orshin, seuls les êtres humains me terrifient. »

Flavien Sienna / Aquila DarkOrchid / Selmac LightGreen / Hua Yellow / Khi'del #cc99cc

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