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Chroniques d'Irydaë
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 Recalés par Orshin

Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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-Tout va bien, tu t'y retrouves?
-Absolument, répondit Arianna. Euuuh... juste ça, c'est quoi exactement?
-L'emblème du clan Temulawak. Garuda Alwa, l'aigle divin aux plumes de banian.
-Le figuier?
-C'est bien ça.
-Uh. Ca en jette plus que le vôtre, plaisanta-t-elle sur un ton qui ne visait pas l'affront.
-Le varan des îles est un animal disposant de sa propre symbolique, justifia tranquillement le nomade. Et il nous correspond. J'aime ses qualités. J'aime aussi ses défauts.
-Euh... je comprends parfaitement. Désolée si c'était déplacé, ce n'était pas l'intention.
-Pas de problème, sourit l'homme. Ta gêne en dit plus que tes mots à ce sujet. Refais cette tête pour voir? Ta grimace est superbe.
-Haha...


Il s'appelait Gesang. Un homme au teint particulièrement halé, à l'image de ses frères, soit bien davantage que les plus bronzés des zagashiens du littoral qui passaient toute leur vie en mer à naviguer sous le soleil. Elle aurait donné sa main au feu qu'il provenait d'une région désertique, peut être de Kharaal ou de Zolios, à moins que ses ancêtres ne viennent d'encore plus loin. Grand et solidement bâti, le my'tran portait un accoutrement évoquant immanquablement les mille et une nuits - une tunique verte brodée de fils jaune vif, non dorés tout en évoquant cette image, le tout rehaussé de survêtements en tissu de la même teinte vive et d'un turban du même acabit qui lui donnait presque l'allure d'un héros de récits pour enfants. Son visage présentait quelques marquages du temps, mais il restait plein de vie et bien entretenu - seule une fine moustache soigneusement taillée poussait sur son visage. Sans aucun doute dans la trentaine, songea Arianna.

Il était du clan Wae Wuul, appartenant à la tribu des Als'jahbana, des nomades sans racines établies qui avaient leurs habitudes du centre jusqu'à l'est de My'tra - peu importe la zone tant qu'elle fusse loin de toutes les cités. Bien que leurs traditions soient tournées vers la plupart des architectes, ils avaient de très loin les faveurs préférentielles d'Orshin, d'où leur isolement. Et historiquement beaucoup de mal avec les cultes de Khugatsaa, d'Amisgal et de Dalaï, dont ils reconnaissaient volontiers les qualités sans néanmoins adhérer à leurs sous-jacents. Ce qui ne les empêchaient pas d'avoir de bons amis dans Zagash, et d'être reçus avec autant d'attention que n'importe quel autre convive à l'occasion de retrouvailles toujours bien célébrées.

Pour cette fois, les deux clans de nomades Als'jahbana avaient décidé d'être ceux qui inviteraient leurs frères à des festivités, dans le sud-est du pays ; le fait qu'ils ne soient jamais capables de recevoir à domicile ne les en empêchait aucunement, et ils ne tenaient sûrement pas à se faire une réputation de piques-assiette itinérants incapables de donner et de rendre autant qu'ils recevaient.

Ça ne devait pas être une si grande fête que ça. Deux, peut être trois cent my'trans au maximum, en comptant les voyageurs de passage qui feraient le choix de tenter leur chance ici. Ils ne seraient aucunement refoulés, pour peu qu'ils se plient aux usages des locaux.

A ce stade, les my'trans n'en étaient encore qu'aux préparations - auxquelles s'étaient finalement jointes une partie des conviés de Zagash et de Suhury, en dépit de ce qu'avaient tout d'abord prévu les hôtes. C'était pour ça qu'Arianna se retrouvait à mettre la main à la pate - et un peu aussi parce qu'elle aimait ça. Les régions de Zolios et de Kharaal n'avaient pas du tout ses faveurs, mais les épices et les fruits exotiques qui étaient bien souvent ramenées de là-bas par d'autres tribus nomades constituaient autant de jouets qu'elle se plaisait à agencer à l'occasion des repas. Et cette fois, elle se ferait juste plaisir. Juste un plat, ou deux. En quantité décente, mais sans avoir à se soucier qu'il y en ait pour tout le monde. C'était également l'occasion de passer du temps avec de vieilles connaissances ou des amis d'amis, comme Gesang. Rien de désagréable, et même bien au contraire.
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Ophélia Narcisse
Ophélia Narcisse
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Recalés par Orshin EmptyDim 23 Sep - 22:20
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Le vent soufflait depuis l'Ouest, traversant le continent des my'trans pour rejoindre le sens du soleil. La brise avait imposé son mouvement et Ophélia le suivait. Cela faisait un moment que les rayons lui brillaient dans les yeux, mais elle ne s'en plaignait pas. Plusieurs fois déjà elle avait cru ne jamais pouvoir sentir à nouveau la chaleur de l'astre gardien. Au bord du monde, la vaironne avait vu un paysage qui était censé être son dernier. La vision d'un vide, la promesse du néant, mais aucune chute dramatique à cette histoire qui fut relevée par l'intervention d'une étrange étrangère. Un souvenir curieux qui au final, incarne l'unique raison de pourquoi les pas de cette anomalie foule encore ce monde qui n'a jamais voulu d'elle. Non pas par arrogance, mais par humilité. La volonté de se racheter et d'envoyer son âme du bon côté des cieux lorsque son moment sera venu la poussait désormais en avant.

Ophélia sentait le vent balader entre ses doigts, et, perdue dans ses pensées à cause du long trajet qu'elle poursuivait encore, la rêveuse se sentait voler dans son élan. Sa maîtrise de la magie était encore bien aléatoire, quasiment inefficiente en fait, mais la perspective de sa connaissance lui donnait parfois des ailes. Mais au cours de son voyage vers l'Est, l'air vint enfin frapper contre elle, ralentissant ses pas tout en apportant à ses oreilles les bruits de ce qui l'attendait au devant. Un vacarme fut ainsi déposé au creux de son ouïe. Les sons de joie, les paroles d'euphorie, l'énigme d'une festivité se présentait à elle et la vagabonde comptait s'y abandonner à coeur joie. En plus d'avoir choisi la rédemption, l'anomalie s'était faite comme promesse de ne plus jamais prendre sa mort imminente comme étant une excuse aux larmes.

Un sourire tranquille se dessina sur son visage, alors que chaque pas l'approchait de ce dont la forme semblait évidente sans pouvoir deviner le fond. Une festivité pour quoi, au nom de quoi et plus important, acceptaient-ils les anomalies ? En y pensant, Ophélia esquissa un maigre rire, évidemment qu'elle se ferait éventrer si elle devait entrer dos découvert dans ce recelât à fervents dévots. Si cela devait arriver ... hé bien ce serait dommage au mieux. Elle méritait la mort, elle le savait parfaitement et peu à peu la vaironne s'était faite à cette idée. Mais si elle pouvait racheter son âme avant de recevoir son jugement, ce serait tout aussi agréable.

Ses premiers pas dans l'enceinte de cette joie mondaine se fit discret, sans que nulle personne ne fasse véritablement attention à elle. Un plaisir innommable que d'être une partie du commun des mortels. Aussi, à cette petite satisfaction, l'anomalie trouva une raison nouvelle de garder son sourire. Avec son optimisme renouvelé, voir même complètement béat, la vaironne s'interrogeait sur ses capacités à entrer en contact avec ceux que le destin présupposait comme étant ses semblables. Quoique, de si bonne volonté fut-elle, tout ce qu'elle pouvait distinguer autour n'étaient que des animaux, qui, plus curieux encore, étaient en complète liberté.

Pour commencer par le plus commun, des chevaux gardaient les fronts des caravanes. Mais mis à part ceux-ci, Ophélia se sentait comme une étrangère à toute la diversité de la faune présente ici. Les yeux lumineux, elle assistait sans le savoir au passage d'erveekheis, de salkhiis et de tairakhs dont l'aspect lui semblait si familier. En fouillant dans sa mémoire, elle dénicha le souvenir du jeune homme qui était venu dans sa boutique, accompagné de deu... non, trois animaux. Les événements avaient tournés au désastre au regret de la gérante, celle qu'elle était à l'époque n'avait aucune idée de la valeur véritable d'une vie. Des excuses ne seraient certainement jamais assez pour rattraper l'erreur de sa folie ... et toutes les vies qu'elle a prise encore avant ne sont que charges à payer au tribut de son âme. 

Distraite par ses pensées négatives, la mélancolique ne vit pas le duo de nomades qui vinrent la bousculer, ou presque. Elle se contenta simplement de s'écarter juste à temps, à son soulagement. S'attirer des ennuis était certainement la dernière chose dont elle voulait. Le sourire lui revint alors qu'aiguisée d'une excitation réprimée, elle fit volte-face. Quitte à avoir des questions, autant en obtenir les réponses. La vaironne se dirigea donc vers eux, exprimant de la capacité maximale qu'avait sa voix taciturne sa confusion.

- Excusez-moi ! 

Rétractant la main qu'elle avait levé sur sa gorge pour canaliser ses cris, Ophélia arrondit les yeux, elle-même surprise d'à quel point sa voix avait porté plus que ce auquel elle s'attendait. Eclairant sa gorge, elle reprit.

- ... excusez-moi, je m'appelle Ophélia. Vous savez où je suis ? Enfin je présume que vous savez puisque ... hé bien, vous êtes là, mais plutôt "ce dans lequel je suis" ? 

Visiblement elle s'adressait à une femme et un homme ... pour l'instant elle ne semblait pas se tromper. La première, et au final celle qui avait le plus attiré le regard de l'anomalie était une blonde aux yeux bleus, quant à l'autre ... il était très ... atypique. D'ailleurs la vaironne se sentit de faire une remarque au sujet de ces coutures et ...

- Original votre déguisement. C'est pour l'occasion que vous l'avez enfilé ?

Bien évidemment, elle ne pensait pas en mal, elle était juste très ignorante.


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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Recalés par Orshin EmptyMar 25 Sep - 8:36
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-Excusez-moi!

Les my'trans se retournèrent d'un même geste, présentant par là-même leurs visages fraîchement peints de tatouages stylisés évoquant immanquablement des créatures fantastiques... et soigneusement choisies. La jeune femme donnait l'impression saisissante d'être dotée de plusieurs longues mandibules prenant leur source sous ses oreilles pour s'étendre en deçà de ses lèvres ; ses yeux étaient comme dupliqués par une myriade de paires supplémentaires disposées tout autour de ses orbites. Pour sa part, l'homme semblait disposer d'une multitude d'écailles aux abords de chaque oeil, et encore davantage en guise de rouflaquettes, avec plusieurs marques de griffures allant toujours par trois - ou peut être autre chose qu'une griffure? - disposées sur ses joues et de part et d'autre de sa gorge, sur ses carotides. Mais au final, toutes ces marques étaient bien assez délicates pour ne pas teinter la mine tout d'abord concernée, et finalement attentive des deux passants.

- ... excusez-moi, je m'appelle Ophélia. Vous savez où je suis ? Enfin je présume que vous savez puisque ... hé bien, vous êtes là, mais plutôt "ce dans lequel je suis" ? 
-"Ce dans lequel je suis?", releva Arianna.

Elle avait toujours eu du mal avec les formulations ampoulées, même si elle avait compris. C'était plus par réflexe, qu'elle avait répété. Encore que c'était plus de la maladresse que du recherché. Mais au final, en parlant de maladresse, elle en vint surtout à se dire qu'elle n'aurait visiblement pas à présenter d'excuses à cette fille pour la quasi-collision qui avait failli avoir lieu entre elles. Ce n'était pas quelque chose dont elle se serait offusquée, et considérait l'incident bien assez négligeable pour ne pas avoir envisagé de s'arrêter pour si peu. Mais dans le doute, elle pouvait s'excuser tranquillement à qui y attachait de l'importance. Ou se montrer serviable d'une autre manière, visiblement.

- Original votre déguisement. C'est pour l'occasion que vous l'avez enfilé ?

Même avec les voyageurs qui flairaient bien fort l'étranger, songea-t-elle. La concernée ne disposait pas de la moindre babiole susceptible de la rattacher à un clan, une tribu, un pays ou même un architecte. Mais après, elle avait l'air de ne pas posséder grand chose de plus que ses vêtements trop vieux et trop usés. Et rien qui ne la rende immédiatement suspecte aux yeux des deux my'trans, de sorte qu'ils n'envisagèrent pas de l'interroger outre mesure. Pas tout de suite, en tout cas.

-Pas de problème. Nous sommes en train de préparer une fête pour ce soir, mais rien de vraiment particulier, expliqua la my'tranne. Il n'y aura pas de fête ou de célébration particulière. Nos tribus sont amies depuis longtemps, nous avons donc profité de l'occasion pour nous retrouver quand on a su que nous serions tous dans la même région. Nous nous sommes arrangés pour nous retrouver là, aussi. On... a plus ou moins monopolisé le terrain, aussi. N'hésitez pas à vous installer là où vous trouverez de la place si vous le voulez, on vous laissera faire sans problème. Enfin, présentez-vous normalement à vos voisins et ça se passera bien. Si vous voulez un peu plus de tranquillité... euh, je pense que vous en aurez pour encore quelques heures de marche aujourd'hui parce que nous allons être très bruyants ce soir. Sinon, il y une grotte, un peu plus loin si vous suivez la route vers le sud. Cà ne mène probablement pas là où vous vous rendez, mais c'est un refuge aménagé pour les voyageurs seuls ou en petits groupes et la source qui s'y trouve est magique. Et gazeuse. Mais surtout bonne pour le corps et pour s'éclaircir l'esprit, je trouve que c'est à essayer au moins une fois dans sa vie si vous ne l'avez pas encore fait. Après, il y en a beaucoup d'autres dans Zagash... et ailleurs dans My'tra, oui.

Le sud-est. Les forêts de cette frange de Zagash ne débouchaient guère que sur les flancs progressifs de la chaîne de montagne qui les séparaient de Zolios et de Kharaal, et la majorité des voyageurs contournaient l'obstacle en faisant route vers l'ouest, à Suhury, pour rejoindre le défilé qui facilitait la traversée jusqu'aux terres de Delkhii. De ce fait, on ne pouvait pas vraiment dire que les tribus s'étaient réunies au milieu d'une route phare du pays - il y avait bien une partie du transit Kereeh-Suhury qui passait dans cette zone, cela dit. D'un autre coté, leur campement hétéroclite s'étendait sur tout le long de la clairière qui constituait une étape habituelle de cette route, de sorte qu'ils auraient été malvenus d'en refuser l'accès à d'autres voyageurs. Ça, et le fait que les zagashiens ne perdaient jamais une occasion d'inviter qui que ce soit à leurs fêtes, tant qu'il savait se tenir. Une tendance héritée de leur culture qui allait à nouveau se vérifier.

-Mais si vous voulez assister à la fête de ce soir, pas de problème, vous serez là bienvenue. Il y aura bien assez de quoi boire et manger pour tout le monde, que ce soit ce soir ou tout au long de la nuit. Si vous voulez participer aux préparatifs pour ce soir, n'hésitez pas à proposer votée aide. Je ne sais pas qui s'occupe de quoi en particulier, mais ils accepteront sûrement de l'aide. Peut être que Gesang pourra vous en dire plus, mais globalement, essayez de demander vers la grande hutte à coté de la girafe, là-bas.
-Ça ne sera pas nécessaire, intervint le colosse à l'allure si paisible. Je pourrai vous aider si besoin.
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Ophélia Narcisse
Ophélia Narcisse
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Recalés par Orshin EmptyMar 25 Sep - 12:57
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Le sursaut d'Ophélia ne survint que lorsque les deux déguisements animaliers de ceux qu'elle venait d'interpeller ne s'étaient dévoilés à elle. Enfin, bien loin d'une aigreur de stupeur, la vaironne se contenta d'une levée de cil pour manifester sa surprise. Toujours en sourire, bien évidemment. Elle écoutait sans vraiment comprendre le sens profond qu'avaient ces cérémonies, mais elle essayait ! Au final, le fond n'importait peu, car s'il n'y a que peu de choses que la vaironne connaissait, ces savoirs étaient des certitudes absolues. 

Pour elle, il n'y avait pas de soleil couchant, pas de maison en haut de la colline, pas de manoir aux portes écarlates et pas de simple hutte aux draperies trouées. Son foyer était le monde et elle y vivait clandestinement, c'est pour ça qu'elle savait qu'il n'y avait aucun endroit qui attendait son retour. Elle pourrait se jeter dans le néant que personne ne s'en soucierait, mais elle, elle voulait encore vivre juste un peu. 
Toujours affublée de son air aimable au visage et s'adressant manifestement à la plus bavarde des deux, Ophélia décala une mèche flottante sur le côté de sa tempe droite, avant de répliquer comme un automatisme la réponse qui lui paraissait bien évidente.

- Je n'ai nul part où me rendre vous savez, alors ... si je peux aider ce serait avec plaisir.

Et elle se retourna à moitié, essayant de distinguer ce qu'évoquait son interlocutrice quand elle désignait la grande hutte. La zoologie n'était pas la spécialité de la maison, pour une ancienne daënare qui avait passé le plus clair de son temps enfermée dans une boutique de jouets, quoi de plus normal que l'ignorance ? C'est à peine si elle savait qu'Orshin était le façonneur des êtres de chair. Tout ceci passait bien au-dessus de sa tête, de sa compréhension du monde. Pour une enfant de mécanique, la seule chose qui compte c'est de savoir remonter les clés de ses pantins sans savoir qui remonte les siennes. Dans la mesure où comme le Sculpteur Ophélia façonne, elle se serait faite joie de comparer ses travaux à ceux d'un dieu. Mais l'humilité oblige, la vaironne ne connaissait rien aux animaux, et aussi, aux indications de l'étrangère, elle n'eut qu'une maigre réponse peu profuse.
 
- La gir...?

Son élan fut coupé par le second membre du duo, qui, d'une parole sèche avait enlevé toutes les interrogations qu'avait stocké la vagabonde. Elle en était d'ailleurs bien heureuse, chaque détail qui facilitait sa vie était toujours bienvenue, même aux titres les plus bénins et quitte à passer par l'ignorance. C'était ça de vivre en sachant que l'on peut mourir le lendemain, on se réjouit de chaque chose bonne à prendre et chaque catastrophe devient une routine. Ce n'était pas si mal au final d'être une imbécile heureuse. Inclinant respectueusement la tête, Ophélia s'orienta vers le colosse, s'attendant sans doute à recevoir des indications quant à cette aide présupposée qu'elle comptait fournir, mais elle avait oublié même de s'y porter volontaire.
Elle rattrapa bien vite le coup, relevant le visage vers son interlocuteur et le fixant de ses yeux vairons avec le plus aimable des sourires. 

- Hé bien dites-moi ce que je dois faire, et je saurai vous être utile d'une manière ou d'une autre. 

C'était un étrange gâchis qu'elle ait fait de ce sourire une arme pour amadouer les étrangers, comme le loup montre patte blanche à l'agneau. Elle avait toujours prise pour acquis que ce réflexe lui serait utile, que sa charmante risette servirait toujours plus qu'une dague et aujourd'hui, elle réalisait enfin que les deux pouvaient également avoir des fins bien distales. Apparemment ... les vrais sourires existaient bel et bien.


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Arianna Torricelli
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Recalés par Orshin EmptySam 29 Sep - 0:21
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-Eh bien, tout dépend de ce que vous aimez faire, et de ce que vous pouvez faire. Chanter ? Jouer d’un instrument ? La cuisine, même pour des petites tâches ? Ou juste mettre vos bras à disposition pour les préparations.

Il y avait de quoi faire. Les lunes et les étoiles d’Irydae avaient beau luire depuis le ciel jusque sur les étendues sauvages de My’tra, cela ne suffisait pas à éclairer suffisamment les routes pour satisfaire aux trajets des voyageurs – et encore moins pour les fêtes des nomades. Mais pour ça, des lanternes, des loupiotes aux couleurs chatoyantes, des torches plus sobres mais bien plus fonctionnelles, des feux de camp offrant de la chaleur en plus de la lumière, tout ceci permettait aux my’trans de pouvoir festoyer à loisir tout en tenant à l’écart les bêtes qui rôdaient dans la région – prédateurs y compris, et même des plus dangereux. Et puis, cela décorait avantageusement le campement et la clairière. Sinon, le simple fait d’installer de quoi permettre à tout le monde de se poser – tables de fortune, nappes et coussins étendus à même le sol, peaux de bêtes et couvertures pouvant rendre la clairière beaucoup plus confortable – et aménager les différents emplacements qui seront incontournables pendant la soirée, à savoir les débits de boisson, les buffets, les poubelles et plusieurs autres encore. Aussi peu ragoûtant que cela puisse sembler, la fonction de chiffonnier adepte du recyclage était indispensable parmi les nomades, et forcément, ce genre de fêtes produisait d'importants lots de déchets.

Sur une toute autre note, les deux my’trans devinaient qu’Ophélia ne devait pas connaître le moindre chant de leur culture, mais d’un autre coté… si elle avait une belle voix et qu’elle aimait chanter, elle pouvait très bien essayer d’apprendre les paroles ou se les faire écrire sur un morceau de tissu, un parchemin ou un support de papier. Avec ça, ses talents seraient mis à contribution pendant les répétitions des chœurs, ainsi que pendant les festivités en elles-mêmes. Même chose en matière de musique, si la jeune femme savait se servir d’un instrument. Qu’elle brille seule ou au sein d’un orchestre, elle trouverait à jouer.

Voilà ce que lui expliquèrent les deux my’trans, se complétant à tour de rôle en en rajoutant pour essayer d’être exhaustifs.

-Au fait… vous venez d’où, vous allez où ? Vous n’êtes pas de My’tra, non ? Des voyageurs allant seuls sur nos terres, ça n’est pas habituel. Et assez dangereux.

Arianna. Qui n’avait pas du tout hésité avant de mettre les pieds dans le plat, bien sûr. Son ton ne sonnait même pas comme une question, et en avait à peine la forme. Sans rien n’avoir d’agressif, elle venait de faire preuve de l’aplomb caractéristique de ses frères zagashiens, tout à fait susceptibles d’accueillir volontiers des inconnus à leurs fêtes, mais sûrement pas d’avoir la délicatesse de ne pas s’enquérir de leurs petits secrets, quitte à enfoncer des portes ouvertes pour ça. Et encore moins de faire l’impasse sur tous les travers qui pourraient leur être reconnus.

Et comme d’habitude, Gesang la considéra comme le faisaient la plupart des my’trans devant autant d’aplomb : sans cautionner la forme, elle avait néanmoins formulé directement ce qu’il se demandait sans vouloir l’aborder.
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Ophélia Narcisse
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Recalés par Orshin EmptySam 29 Sep - 12:34
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Ophélia imaginait la liste énumérée non-exhaustive, et tant bien qu'elle aurait voulu ajouter sa propre touche personnelle en proposant de s'occuper des cordages et vérins pour les chapiteaux, elle doutait de leur existence sur ce continent. Il y avait toutefois bien quelque chose qu'elle savait faire. Vivre dix-sept années seule l'impose, mais à force de pratique l'anomalie était devenue plutôt fine cuisinière. Elle avait également beaucoup travaillé la viande, parfois de provenance très peu conventionnelle. Jamais une commerçante n'avait autant vécu de ses clients que l'avait fait la vaironne ... parfois.

- Hé bien, je me débrouille avec les c... aliments donc si je peux aider aux cuisines, ce ne serait pas plus mal.

Sa main gauche vint gratter sa nuque, sa langue avait presque fourché, évoquant plutôt son talent avec les couteaux qu'avec la nourriture. C'était un don qui était sans doute plus à sa place dans le silence qu'à l'air libre. Il s'agissait après tout d'une première impression que cette intégration instiguée par ces deux nomades, qu'ils le sachent ou non. Ophélia, elle, en était bien consciente, la manipulation était l'un de nombreux hobbys autrefois. Mais, comme la saveur d'une friandise trop mâchée, son goût pour le mensonge s'était effacé avec son envie de nuire. Sa langue ne disait désormais plus que vérité, histoire de ne pas alourdir la sentence qui viendrait sur son âme lorsque son jugement viendrait. 

Outre la cuisine, l'idée du chant avait plu à la vaironne qui, en pleine modestie, était consciente que sa voix n'était pas la plus hideuse de toutes. Elle était plate, certes, taciturne, aussi, mais taillée de fondation à structure pour les mélodies tristes et basses. De plus, il n'y avait qu'un chant qu'elle connaissait véritablement et qui lui servait d'ailleurs de jauge pour évaluer son ton. Mais entonner l'hymne réprouvé était sûrement la pire chose à faire lorsque l'on est entourée de plusieurs dizaines -ou était-ce centaines ?- de my'trans. Contrairement aux daënars qui l'éviteraient comme la peste, ici, elle se ferait très certainement exécuter sur place. La vaironne déclina donc l'idée du chant, prétextant ne pas vouloir assombrir l'ambiance avec des mélodies qui amoindrissent les élans du coeur. 

La femme du duo s'enquit alors d'une question à moitié redoutée par Ophélia. Pourquoi à moitié ? Car si elle la craignait, ce n'était pas non plus la pire qu'elle aurait pu poser. L'interrogée se trouva en dilemme, brièvement réglé d'ailleurs. La vérité entière ne passerait jamais, mieux valait fendre la poire en deux et fourcher un peu de la langue pour garder sa tête. Un mensonge n'est qu'à moitié condamné lorsqu'il n'est qu'à moitié exécuté. Au final, la vaironne n'hésita pas une seconde, sa réponse fut directe et son visage toujours aussi tranquille et passivement souriant.

- Je suis de Daenastre. Là-bas, on m'a exilée pour avoir voulu apprendre la magie, alors je vais là où l'on m'autorise encore à respirer. 

La vaironne n'attendit pas la réaction de ses deux interlocuteurs pour compléter sa phrase d'une pointe d'humour qu'elle espérait plaisante. 

- Mais ne vous en faîtes pas, on m'a pris tout ce que j'avais alors je ne risque pas de vous rendre malades avec des babioles technologiques. Après vous pouvez me fouiller si ma parole ne vous suffit pas ...

Elle s'était rendue compte un peu tard du risque que cela engendrerait. Ses cristaux étaient couverts par quelques couches de vêtements et ils n'étaient pas assez gros pour dégager une forme hors du tissu, mais au toucher, pour peu qu'ils y fassent attention, la sensation serait bien différente à main sur la chair. Mais ce qui était dit était dit, maintenant, Ophélia espérait surtout qu'ils prendraient la remarque sur le ton de la plaisanterie plutôt que sur une demande explicite. 


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Ophélia s'exprime en #9966cc
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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Recalés par Orshin EmptyDim 7 Oct - 12:50
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Finalement, son attitude bienveillante et serviable n'aura pas fait long feu ; Arianna se renfrogna diablement à l'entente de ces mots. Pas le fait qu'Ophélia soit de Daenastre, parce que ça, c'était déjà pratiquement deviné et que la réponse franche lui convenait presq... enfin, non. Le fond ne lui convenait pas de toute manière, puisque c'était une daenar. La my'tranne se raidit distinctement, son regard et ses traits devinrent bien plus refermés, mais aussi attentifs, à l’affût, et… mauvais. L’autre my’tran resta calme, même s’il n’y avait plus rien de sympathique dans son expression.

Peu importe tout ce qui pourrait venir, maintenant : elle était une daenar. Une ennemie naturelle. Toute l'hostilité qu'on prêtait aux fidèles de Dalaï vis à vis de ceux de Delkhii n'était rien par rapport à ce que méritaient les déchets exilés de l'est du monde. Le fait qu'elle n'ait pas mentit ne l'enfonçait pas plus, à défaut de la remonter. Il était pourtant vrai qu'entendre la voyageuse le confirmer de vive voix lui démangea sérieusement les entrailles - quelque chose dans le style de tirer son poignard et le planter quelque part dans le ventre de la voyageuse pour lui ouvrir la panse en remontant jusqu'au cou se fit vraiment tentant. Ils ne le faisaient jamais. Et pourtant, son instinct savait très bien comment il voulait que finissent ses ennemis. Elle ne le ferait pas. Ne pensait pas le faire, en tout cas. Ça ne serait sûrement pas de bon goût en amont d'une fête, et elle ne doutait pas que les Als'jahbana étaient bien plus délicats que ses frères de Zagash.

-Ne vous en faîtes pas. Je pense que vous auriez déjà incommodé pas mal de monde ici si vous aviez des poisons mécaniques avec vous. Je pense aussi que nous n'aurions de toute manière pas besoin de ce prétexte pour vous mettre à mort si on vo...
-Arianna.

Gesang parla plus fort qu'il ne l'aurait voulu, mais ne le regretta pas. Elle par contre parlait exactement avec le ton qu'elle souhaitait employer. Ce n'était plus du tout le même. Elle se montra au moins aussi sèche lorsqu'elle lui répondit:

-Booouuuh. Je ne vais rien lui faire. Même si c'est une daenar. Même si ça serait normal.
-Arianna. Pas ici, s'il te plait.
-Hahaha. Donc ailleurs, quartier libre?
-Je n'ai pas dit ç... pas maintenant, s'il te plait.
-Encore mieux. Donc plus tard, c'est possible?
-Ne joue pas avec moi. Tu vois très bien ce que je veux dire.
-Non, mais tu vas me l'expliquer. Parce que SI J'EXPLIQUE À TOUT LE MONDE QU'ON A LÀ UNE FILLE DE DAENASTRE AVEC NOUS, je me demande ce qui va se passer.

Le nomade grinça des dents en se tordant le visage. Dans l'agitation ambiante, pas grand monde n'avait vraiment entendu ou du moins prêté attention à ce que venait d'annoncer la jeune femme - elle le savait très bien. Et pourtant, il savait pertinemment qu'elle pouvait vraiment le faire, et que ça ne tarderait pas. Déjà, les rares qui l’avaient entendu avaient ne les quittaient plus des yeux, ou au moins du coin de l’œil pour ceux qui ne souhaitaient pas interrompre leurs occupations.

-Imagine qu'ils m'entendent. Comment réagissent-ils? Qu'est-ce qu'ils vont dire et faire, quand ils apprendront ça? Je ne parle pas que de mes frères, je parle aussi des tiens. Je crois qu’il y en a déjà plusieurs qui nous écoutent, vu le nombre de… familiers qui font attention.

C’était subtil, mais elle était une my’tranne : bien sûr, qu’elle savait ce qu’ils faisaient. Un étranger n’aurait pas pu voir les rongeurs, les félins et les oiseaux leur prêter une oreille attentive. Elle, elle savait où regarder.

Pour sa part, Gesang ne releva pas. C'était une discussion qu'il avait déjà eu à plusieurs occasions, avec elle et d'autres zagashiens. Pour les fils de Dalaï, ceux de sa tribu étaient trop délicats, à défaut de dire bienséants, hypocrites. À préférer les apparences plutôt que d'assumer sa position. Ou timides, indécis, trop lâches pour assumer de faire ce que tout le monde rêvait de faire. Des traits que les zagashiens rattachaient volontiers aux tribus de Zolios et de Kharaal - et le fait que les Als'jahbana passent beaucoup de temps dans ces terres ne faisait que confirmer leur conception des choses.

Pour autant, les tensions qui pulsaient entre les deux cultures étaient telles que même les nomades d’Orshin ne toléraient plus leur présence sur le continent. Eux-mêmes ne souhaitaient rien de bien aux daenars.

-Vous devriez partir, fille de Daenastre, intima Gesang. Faîtes le tout de suite. Votre présence n’est ni souhaitée ni tolérée ici. Partez maintenant, et faîtes-vous discrète. Je préfèrerais que cette journée ne soit pas ponctuée par du sang inutile.
-Vous êtes vraiment des flans.
-Elle est faible et sans défense, Arianna.
-Oui, je crois que je l’aurais éventrée sur le champ si ça n’était pas le cas.


Cette dernière phrase rassura le my’tran, contrairement à ce qu’on aurait pu croire. La zagashienne gardait une forme de conscience, aussi expéditive qu’elle soit. La même chose pour ses frères. Ce qu’il avait le plus craint, c’était qu’elle révèle à l’assemblée la présence d’une daenar dans leur camp comme elle avait fait mine de le faire : en criant pour de vrai, en insistant auprès de tous, elle aurait réellement pu conduire à une lapidation publique. Elle le savait très bien. Et surtout, elle savait que même les nomades d’Orshin s’y seraient joints volontiers, parce que leurs principes et leurs remords auraient été complètement effacés sous l’impulsion de groupe – ils n’auraient pas eu le moindre remord à le faire. Torturer un criminel jusqu'à ce que mort s'ensuive était un acte de barbarerie, de sauvagerie inhumaine. Sauf quand on était cent à le faire : là, c'était un acte de justice exaltante, mérité et presque noble. Tout le monde y était vulnérable, à des degrés divers. Les zagashiens se contentaient de l'accepter parfaitement, au point de ne plus avoir besoin d'une impulsion de groupe pour se livrer à ça. Ils étaient convaincus que c’était la meilleure façon de vivre – c’était digne. Pour le meilleur et pour le pire. Et de ce point de vue-là, ils étaient plus sauvages que n'importe quel mage d'Orshin de la tribu de Gesang. En fait, c’était bien souvent ça, leur porte d’entrée vers le culte du tisseur. Ils cultivaient leur instinct et leur sauvagerie, d’où le fait que le recours à la violence et le penchant pour le sang soient des marques de fabrique des fidèles de Dalaï.

-Par contre, reprit Arianna. Pourquoi des daenars vous banniraient si vous cherchez à apprendre de la magie alors que justement ils n'arrêtent pas d'essayer de maitriser la magie en se servant de magilithe? Je ne vous comprends pas.

Quelque chose l’énervait. Qu’elle leur rappelle qu’ils saccageaient tout pour se goinfrer de cristaux et tenter de maîtriser la magie qu’ils ne méritaient pas, sûrement. Ou encore autre chose.
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Svenya Nahir
Svenya Nahir
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Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
La légende veut qu'il existe entre les voyageurs une relation privilégiée, une sympathie mutuelle qui n'existe pas parmi les sédentaires. Comme si l'absence d'un lopin de terre à revendiquer comme son chez-soi rendait tout de suite plus ouvert, plus accueillant. Même si elle était loin de faire de telles généralisations, Svenya appréciait chaque voyage en compagnie des Temulawaks. Elle les avait rencontrés pour la première fois huit ans plus tôt, quand elle avait aperçu les feux de leur campement par une froide nuit d'hiver. Elle avait été bien accueillie, et avait continué avec eux jusqu'à ce que leurs routes se séparent deux semaines plus tard. Depuis, leurs pas s'étaient recroisés à quelques reprises, parfois brièvement, parfois pour de plus longues durées. Au fil du temps, la Negiin avait développé avec les fils d'Orshin une relation qu'on pouvait qualifier de cordiale, même si pas spécialement proche. Elle n'était pas my'tränne, pas plus qu'elle ne vénérait un quelconque Architecte, mais, tout comme ces nomades, le goût du voyage coulait dans ses veines et la vie en clan lui venait naturellement.

C'est donc tout naturellement que lors d'une nouvelle rencontre fortuite, les Temulawaks l'invitèrent à participer aux festivités que leur tribu donnerait pour une tribu alliée. Et c'est tout aussi naturellement qu'elle mit la main à la pâte pour les préparatifs, se retrouvant à accrocher des guirlandes et des lumignons à divers poteaux et autres piquets, à disposer des nappes, à tendre des toiles de tente... Autour d'elle régnait l'ambiance chaleureuse d'un clan plein de joie de vivre. Ce n'était pas son clan, mais c'était tout de même plus qu'elle n'avait connu depuis longtemps, et elle se surprit à laisser ses lèvres se courber en réponse aux boutades qui fusaient et à la bonne humeur générale. Bien qu'elle-même ne se joigne pas énormément aux échanges, elle savourait néanmoins un de ces rares moments de grâce où la joie de l'instant présent semblait plus importante que les tracas passés et à venir.

Mais certains instincts ont la vie dure, et quand on vit la double vie d'assassine et d'Anomalie, être sur le qui-vive devient vite une seconde nature. Même dans ce moment de relâche, Svenya ne baissait pas sa garde et gardait tous ses sens aux aguets. Le moindre élément suspect, le moindre signe de danger, et elle perdrait à nouveau le peu de gaieté et de tranquillité qu'elle montrait en ce moment. Vigilance constante, voilà la seule manière pour une proie de survivre chaque fois un jour de plus. Elle notait le va-et-vient de chacun, les rires, les arrivées de nouveaux clans, les conversations à portée d'oreille... Et tout d'un coup, quelque chose dans son subconscient attira son attention vers l'une de ces conversations. Impossible de dire pourquoi ou comment: ça avait eu lieu tout simplement naturellement.

"SI J'EXPLIQUE À TOUT LE MONDE QU'ON A LÀ UNE FILLE DE DAËNASTRE AVEC NOUS, je me demande ce qui va se passer."

Qui avait été assez inconscient pour ouvertement revendiquer Daënastre comme patrie à My'trä? Pire encore, à Zagash, où les habitants, pour accueillants qu'ils soient étaient connus à la fois pour leur impulsivité et pour leur manque de tolérance par rapport à ceux du continent oriental? Mauvaise blague, ignorance, instinct de survie très franchement défectueux? Un peu de tout?

"Imagine qu'ils m'entendent. Comment réagissent-ils? Qu'est-ce qu'ils vont dire et faire, quand ils apprendront ça? Je ne parle pas que de mes frères, je parle aussi des tiens. Je crois qu’il y en a déjà plusieurs qui nous écoutent, vu le nombre de… familiers qui font attention."

"Et pas seulement les familiers", aurait pu faire remarquer la Negiin. Mais elle se tut. La situation avait déjà le potentiel d'être assez explosive comme ça, pas la peine d'en rajouter. Il était maintenant dans l'intérêt de la personne visée de quitter les lieux rapidement et sans faire de vagues si elle voulait éviter d'être témoin aux premières loges de la passion zagashienne.

"Vous devriez partir, fille de Daenastre. Faîtes le tout de suite. Votre présence n’est ni souhaitée ni tolérée ici. Partez maintenant, et faîtes-vous discrète. Je préférerais que cette journée ne soit pas ponctuée par du sang inutile."

Une voix raisonnable, les Architectes soient loués! (Mais pas par Svenya, car elle avait en ce moment un léger désaccord avec eux au sujet de sa vie.) L'assassine ne reconnaissait pas l'homme qui avait parlé, mais elle soupçonnait qu'il devait vénérer Orshin plutôt que Dalaï. Les fidèles de cette dernière avaient la réputation d'être plus sanguins. Elle espérait que la présumée Daënare suivrait ce bon conseil, mais c'était sans compter une nouvelle intervention de la première voix qui avait attiré son attention. Aie, sujet sensible, et par conséquent explosif. Toujours en vaquant à ses occupations, la nomade continuait à suivre le déroulement des événements, prête à intervenir si cela devenait nécessaire.
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Ophélia Narcisse
Ophélia Narcisse
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Profession : Cible mouvante pour Régisseur
Pérégrins -1 (femme)
A semi-mensonge, semi-regret. Ophélia constatait avec une certaine déception, pas encore mue en anxiété, la discussion que ses interlocuteurs ne semblaient assumer qu'à moitié. Enfin, ça n'était vrai que pour la moitié masculine du duo, l'autre était plus réfractaire à baisser la voix, bien au contraire. La vaironne avait relevé la menace implicite de la my'tranne, elle savait bien de quoi suivait généralement les mots "mise à ...", trop bien d'ailleurs. Etrange chose que cette compagnie présupposée amicale soit au final si haineuse envers sa personne. Plus étrange encore, Ophélia n'avait pas peur de cette agressivité. Peut-être n'y avait-il pas de réel risque devant elle, ou peut-être était-elle simplement habituée à ce que l'on ne désire prendre sa vie. Au final, ce qu'elle voyait n'étaient que paroles de haine et fureur injustifiée. Personne ne savait mieux qu'elle ce qu'engendrait véritablement le mépris, en particulier celui d'une communauté. 

Son regard vairon vagabondait sur les deux visages en désaccord, éternellement muet, même lorsque la contrepartie masculine lui avisa de s'en aller. Elle demeurait simplement, mains liées l'une dans l'autre et baissées devant son bas-ventre. A l'instant même, ses yeux se baissèrent et ses paupières vinrent les couvrir. Quelques secondes durant, l'anomalie se mit à penser. Au fond d'elle, un malaise profond venait lui couvrir le coeur, comme une nausée maladive. Ophélia ne mit pas une éternité à comprendre la raison de cette gêne. Son statut de réprouvée lui avait valu toute la haine du monde, des Architectes même. Mais maintenant, même sans connaissance de sa nature réelle, on ne voulait pas de sa présence. 

Rouvrant les yeux, elle analysait la blonde qui lui posait cette question aux airs d'ultimatum. Son expression éternellement calme, passivement apaisée restait indemne, à croire que forger l'esprit au travers de la souffrance était la meilleure manière de le maîtriser. Au final et dans le pire des cas, la mort ne serait qu'un échappatoire de plus au destin infiniment plus cruel qui lui est réservé. Alors qu'elle essaie de la mettre à mort, cette femme singulière, ce ne serait qu'une voie plus rapide vers la liberté. Toutefois, la question posée vint taper dans la partie "semi" de son mensonge à moitié proféré. Mais, une chose vint frapper Ophélia, son interlocutrice était ignorante. Pensait-elle vraiment que les daënars voulaient de la magie ? Douce innocence, meurtrière conséquence.

- J'ai une meilleure question, Arianna. C'est bien cela ? Que savez-vous vraiment de ceux que vous semblez détester ? 

Elle fit un pas en avant, tranquille, mais pas moins téméraire. Hélas, la vaironne s'était jurée de ne plus jamais être contrainte de fuir, charmante utopie déjà si vite brisée. Elle refusait tout simplement que l'espérance de ce serment ne soit brisé par des gens envers lesquels elle n'avait aucune animosité. Mais quelque chose fit monter l'adrénaline dans son esprit, une genre de rancune infondée qu'elle n'en pouvait plus de contenir. Au final, c'était plus envers ce qu'elle était autrefois qu'elle était énervée qu'envers la my'tranne. 

- Vous avez peur, voilà pourquoi vous les méprisez. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous êtes terrifiée. Vous en voulez la preuve ? Vous souhaitez ma mort, là, maintenant, mais vous n'avez aucune raison de la désirer. Suis-je dangereuse ? Non. Vous veux-je du mal ? Bien moins que vous m'en voulez. Conclusion, vous avez peur de quelque chose que vous même vous ne pouvez nommer. Et cette chose s'appelle l'ignorance.

Satisfaction, quand tu nous tiens. Toutefois, Ophélia avait probablement signé son arrêt de mort, ou avait au moins pris la voie la plus directe vers la souffrance. Elle n'avait pas tout à fait terminé, car elle détenait bel et bien une réponse à sa question -ô si intelligente-. 

- Et vous saurez dorénavant que les daënars se fichent de maîtriser la magie. Ils sont suffisants dans leur facilité à se servir de la magilithe comme d'un simple ingrédient. Ils préféreront cent fois se jeter sur les mines comme des rats plutôt que consacrer du temps à cet art. Alors quand quelqu'un s'y essaie, ces imbéciles pensent qu'ils ont redirigé leur allégeance vers les Architectes et pour ça on m'a accusée de traîtrise. En ce qui me concerne, je ne suis plus daënare, pas plus que vous.


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Lavryn & Khardi
Lavryn & Khardi
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Irys : 159968

Comme un murmure amer...

Un murmure, un battement de cœur, un frisson dans le dos. Une pensée sibylline, un sang glacial dans les veines et un retournement de l’âme. L’étincelle d’un brasier présumé éteint il y a bien longtemps, mais dont les cendres n’ont jamais cessé de rougeoyer en secret. Désormais, son feu s’est rallumé et vient vous lécher les doigts, Enfants du Chaos.

Le fléau de Khugatsaa court dans votre chair, insidieusement il a attendu son heure et dans votre esprit désormais s’éveille un instinct étranger. Accrochez-vous à votre âme, il pourrait vous prendre le reste.

Svenya Nahir est désormais victimes de la pandémie.

Pour plus d'informations, c'est ici ! !


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Arianna Torricelli
Arianna Torricelli
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Irys : 356585
Profession : Zélote, Soldat, Officier, Chasseuse, Nomade
My'trän +1
La zagashienne considéra étrangement l’autre – quelque chose comme un rire étranglé s’échappa de sa gorge le temps d’un hoquet, tandis que la tentation d’étriper simplement la daenare se fit soudain irrésistible. Elle n’était pas du genre à se perdre en négociations ou débats inutiles, encore moins quand on lui assénait des idioties de principes et des conneries de détail. Mais avant qu’elle ne tranche sur quoi faire, le sol s’affaissa subitement sous les pieds d’Ophélia, se creusant sur un bon demi-mètre en la faisant chuter sur un genou.

Et à cela, une autre my’tranne vêtue d’une robe colorée ornée de plumes oranges et d’une coiffe de perles de bois teintes s’approcha des deux autres, sans détourner le regard de la daenare qu’elle surveillait d’un air teinté de méfiance. Plus âgée, sûrement la quarantaine à ce qu’on pouvait lire sur les marques du temps laissées sur son visage. Plutôt ronde et encore plus petite, pas vraiment de l’allure d’une guerrière, encore moins d’une inspirée de Dalaï, et pourtant…

-C’était pas de la magie, c’était une magilithe, précisa-t-elle en tapotant le cristal brun qui logeait sur un de ses bracelets. Je viens de faire de la technologie daenare j’imagine ?

La petite brune jeta un regard en biais sur la Nerassa, constatant avec satisfaction qu’elle venait de la désamorcer efficacement. Comme Gesang, elle n’avait pas vraiment envie de voir leur journée entachée par ce genre d’incidents. Elle était simplement moins délicate que lui pour faire avancer les gens dans la direction qu’il fallait.

-Bon alors ça, c’est des conneries, c’est tout. Je ne suis pas de Delkhii. Je viens quand même de faire de la magie. Et les daenars font la même chose avec de la magilithe. D’une manière ou d’une autre. Si vous essayez d’expliquer autre chose à qui que ce soit ici, nous n’aurons rien à faire de ce que vous direz. Alors ne le faîtes pas.
-Ca ne sert à rien de discuter plus longtemps avec elle, supplia Arianna en levant les yeux au ciel. Juste qu’elle parte tout de suite ou qu’on la tue tout de suite, s’il vous plait. Je propose qu’on la tue, ça nous permettrait de l’oublier plus vite.

Elle parlait par principe, cela dit. Les deux autres le savaient parfaitement. La voyageuse était trop pitoyable pour qu’elle l’attaque comme ça. Et au ton de sa voix, à sa posture, à toute son attitude, même Ophélia pouvait deviner qu’Arianna ne comptait pas le faire. C’était le genre de menaces qu’un zagashien ne proférait pas vraiment, de toute manière. Parce que s’il voulait vraiment le faire, il le faisait sans attendre.

-Je pense que tu l’as mal comprise, petite Torri’. Quand elle dit qu’elle essaie de maîtriser la magie, ça n’est pas de magilithe, qu’elle parle. C’est de magie par soi-même. C’est pour ça qu’elle ne se met pas dans le même lot que les daenars, et qu’ils l’ont exilée, visiblement.
-Oh. C’est une alcée, donc.

Une voleuse, ambitieuse, convoitant leur magie. A vue de nez quelqu’un qui n’avait rien à voir avec la culture my’tranne, rien fait pour mériter un quelconque cadeau des dieux, et qui voulait simplement obtenir leurs pouvoirs. Allez savoir pourquoi, Arianna les mettait à peu près au même rang d’infamie que les daenars. Elle n’avait vraiment rien pour se rattraper, celle-là.
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Lavryn & Khardi
Lavryn & Khardi
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Recalés par Orshin EmptyVen 2 Nov - 4:30
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Comme un murmure amer...

Un murmure, un battement de cœur, un frisson dans le dos. Une pensée sibylline, un sang glacial dans les veines et un retournement de l’âme. L’étincelle d’un brasier présumé éteint il y a bien longtemps, mais dont les cendres n’ont jamais cessé de rougeoyer en secret. Désormais, son feu s’est rallumé et vient vous lécher les doigts, Enfants du Chaos.

Le fléau de Khugatsaa court dans votre chair, insidieusement il a attendu son heure et dans votre esprit désormais s’éveille un instinct étranger. Accrochez-vous à votre âme, il pourrait vous prendre le reste.

Arianna Torricelli est désormais victime de la pandémie.

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Svenya Nahir
Svenya Nahir
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Il n'y en avait pas une pour racheter l'autre. La Zagashienne avait fait exprès de lancer un sujet qui réveillerait les tensions, et maintenant la Daënare (Svenya supposait du moins que cette nouvelle voix était celle de la Daënare) s'était engouffrée tête baissée dans le piège. Elle traitait l'autre d'ignorante et de peureuse. Aurait-elle pu insulter la Zagashienne encore plus gravement? Probablement, mais de peu seulement. La patience de la shudarga, pourtant d'habitude assez résistante, flamba d'un coup. Elle en avait assez entendu des deux côtés, chacune des deux adversaires campée sur ses positions de manière parfaitement bornée. Il était temps que ça cesse.

"Moïnn! Tu veux bien aller me préparer Khardan? Je ne pourrai pas rester pour le festival en fin de compte."

C'est dans des moments pareil que son contrôle de soi était un atout majeur: l'assassine avait beau bouillonner intérieurement, ni son ton ni son expression ne le révélaient (pour le moment, du moins). L'adolescent fit une moue déçue qui se comprenait: il avait espéré pouvoir lui montrer ses progrès en tir à l'arbalète depuis leur dernière rencontre.

"Tu es sûre? Tu peux bien rester un ou deux jours, non...?"

Le regard que lui jeta la nomade le découragea de continuer à protester et il se dépêcha d'obtempérer. Sachant que le jeune disciple d'Orshin saurait s'occuper de son cheval correctement, Svenya se retourna et se mit en route de la source du bruit. Pas trop tôt, apparemment: quelqu'un de plus s'était mêlé de la situation et la Daënare était très clairement en position d'infériorité. La shudarga ne croyait pas réellement que la Zagashienne mettrait ses menaces de mort à exécution (si elle avait voulu passer à l'action, elle l'aurait fait depuis le temps), mais il était plus que temps pour l'étrangère d'arrêter de s'entêter.

"Par tous les Architectes!"

Aie, si un My'trän invoquait tous les Architectes au lieu d'un seul, c'est que c'était vraiment grave. L'homme, lui aussi un nouveau-venu, était pourtant entré en scène comme une bonne âme: il avait aidé la jeune femme à terre à se relever. Mais dès que sa main était entré en contact avec le dos de la Daënare, il l'avait immédiatement lâchée, comme s'il s'était brûlé. Il la regardait maintenant avec un air où se mêlaient dégoût et peur, figé.

"Réprouvée par Orshin."

Le dégoût avait pris le dessus, et il avait presque sifflé ces mots. Pas assez fort pour alerter tout le campement, assez fort pour rameuter quelques grappes de Zagashiens des environs directs. Svenya s'arrêta net. Merde, une Anomalie. C'était bien sa veine. Les Temulawaks la connaissaient assez bien pour comprendre qu'elle vienne en aide à une étrangère et seraient probablement ravis qu'elle prenne soin de l'éloigner d'eux. Mais une personne qui portait la malédiction des Architectes? D'expérience, l'assassine savait que les My'träns n'aimaient pas qu'on interfère dans ce qu'ils estimaient être l'application de la justice divine. Et qu'en était-il de son secret à elle, si bien câché que personne n'était au courant? Ses actions la trahiraient-elles?

Quoi que la nomade décide, il devenait urgent qu'elle prenne cette décision: une petite troupe s'était amassée autour de la Daënare et les esprits s'échauffaient clairement. La nomade repoussa la lâcheté qui avait brièvement menacé de prendre le dessus et reprit sa route au pas de course. Une fois arrivée en périphérie du groupe, elle ne s'embêta pas avec des formalités, se frayant sans trop de douceur un chemin jusqu'au centre du cercle qui entourait désormais l'Anomalie. C'était dans des moments pareils qu'elle était ravie de l'avantage que lui donnait sa taille: il n'était pas si aisé de lui bloquer le passage quand elle se mettait en tête de passer.

"Ca suffit!"

Comme si sa soudaine apparition au milieu du cercle ne suffisait pas, elle avait levé la voix assez fort pour couvrir le tumulte ambiant. Elle espérait qu'elle avait assez bien dosé pour ne pas attirer encore plus de curieux, par contre. Elle était furieuse, et ça se voyait dans ses yeux et s'entendait dans son ton. Elle n'avait pas dégainé son épée: ça ne servait à rien d'ajouter encore à l'animosité ambiante. Par contre, elle le ferait en un éclair si quiconque tentait encore de s'en prendre à elle ou à celle dont elle venait de prendre la défense.
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Ophélia Narcisse
Ophélia Narcisse
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Recalés par Orshin EmptyVen 9 Nov - 19:05
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Pérégrins -1 (femme)
A peine Ophélia eut-elle finit sa phrase que la terre elle-même vint ponctuer sa remarque. Pliée comme si un pilier s’était effondré sous le sol qu’elle foulait, une abrupte pente, ou était-ce un trou, s’était formé sous son pas. Avec un sursaut, la vaironne trébucha, laissant à son genou comme son tibia le loisir de déguster l’herbe sauvage. Quelque chose la gênait désormais, se tâtant la jambe, la jeune femme sentit qu’un bleu s’ensuivrait à cette manifestation magique dont elle était la cible. Une tierce personne en était responsable, elle exhibait avec fierté un cristal qui ressemblaient étrangement aux pierres qui ornaient son dos. L’anomalie fronça les sourcils, était-ce ce bijou qui était responsable de ceci ? Elle n’avait que trop entendu parler de l’usage de magilithe pour les moteurs, pour les machines, mais elle ignorait complètement que l’on pouvait les utiliser à l’état brut. Ses pierres à elle marchaient peut-être ainsi, aussi … si c’était le cas, ça expliquerait la présence de ses capacités propres à sa nature véritable.
 
Elle ne comprenait rien au charabia de l’intervenante, pour elle, la distinction entre technologie et magie se faisait dès l’instant où l’énergie est modifiée par les mécanismes que les daënars aiment tant. Peut-être expliquer ce fait à une tribu my’tranne était comme expliquer d’où la magie des my’trans prend racine. Leur foi, un concept que les gens de l’Est ne comprennent que bien mal, ils n’ont de cœur que pour leurs propres créations, jamais ils n’oseraient se convaincre qu’eux-mêmes ne sont que des constructions, des marionnettes. A l’instant de sa chûte, les yeux d’Ophélia s’étaient perdus dans l’horizon défilant de bas en haut. Alors, lorsqu’ils prirent à nouveau leurs repaires et remarquèrent à quel point le cercle de personnes qui l’entourait s’était élargi, ils esquissèrent une étincelle d’inquiétude. Elle avait l’impression d’assister à une allégorie malsaine, la manière dont chaque personne en ce monde la voyait, leur unicité, leurs regards. Ce n’étaient que des déjà-vus, sous la plus explicite des formes.
 
En plus de devoir cacher sa nature première, il semblait que sa seconde ne continue à lui poser des problèmes, même si elle-même l’a reniée. Elle ne se voyait plus coincée entre deux bannières, juste tiraillée par le destin que lui ont réservé les dieux et cette envie de complètement ignorer ce fait. La vaironne se voyait aujourd’hui plus que d’habitude dans un tribunal, entourée de ses jurys, encerclée d’accusateurs, avec les Architectes en maîtres de séance. Devant cet attroupement, en incapacité de pouvoir convaincre son audience, que pouvait-elle faire à part baisser la tête et laisser la sentence s’appliquer ? Et pourtant, on vint la relever, une bonne âme dans la foule, sans doute, mais elle n’avait même pas vu son visage, ni même aperçu. Peut-être que certains yeux illuminés voient au-delà des allégeances …
 
… mais quels yeux fous sauraient voir au-delà de l’hérésie ? Ophélia avait senti l’un des doigts de son bienfaiteur supposé lui effleurer le centre du dos, entre le sommet de ses deux omoplates. Mais, si son index était posé là, cela ne pouvait qu’indiquer qu’un autre emplacement possible pour le reste de sa main. La vaironne ne la sentit pas, elle la devinait tout au plus, mais, plus parlant que n’importe quelle supposition, la réaction de l’autre avait tout à lui blâmer, tout à lui découvrir. Son juron vint creuser le silence, l’assemblée cherchant une explication à cet abrupt remaniement de l’âme. Une simple phrase, formulée à la manière des my’trans, vint aiguiser la méfiance de l’assemblée. L’homme s’avança, dégainant un couteau stylisé en os de sa ceinture. Il saisit l’anomalie par l’épaule, sans qu’elle ne puisse reculer, piégée dans ce cercle de tourmente. La faisant se retourner, il entailla son habit de sa lame, dévoilant les cristaux blancs dans le creux de son dos. Il ne daigna même pas la repousser, il s’écarta simplement à reculons, esquissant une expression de dégoût, tordant ses lèvres comme après avoir ingéré le plus infect des alcools.
 
Les murmures se levèrent, les plaintes noyèrent les oreilles de l’anomalie dans un flot acerbe de mépris. Le souffle d’Ophélia se coupait d’une anxieuse hésitation à chaque pas qu’elle entreprenait, chaque action de fuite qu’elle considérait. Son cœur commençait à battre de plus en plus vite, roulant entre ses côtes, écartant sa poitrine comme pour lui allouer la place qu’il n’avait plus à disposition. N’osant qu’à peine balader son regard sur les visages qui la fixaient, la cristallisée tentait de cacher son dos avec la paume de sa main gauche, rabattant les pans arrachés de sa robe sur sa nuque sans jamais pouvoir les maintenir. La pression, la rumeur, la peur qui s’amoncelait dans son esprit commençait à lui faire perdre la raison. Survivre, n’était-ce pas ce qui comptait pour elle, désormais ? Elle devait survivre, s’en aller, faire quelque chose, n’importe quoi … ses doigts pendants sur l’herbe commencèrent à se maculer de sa verdure.
 
Mais la teinte du sol ne grimpa pas au-delà de sa phalange, une voix portée par-dessus les autres vint lui faire éveiller ses esprits, cherchant frénétiquement son origine, ses yeux vairons se portaient sur tous les visages qui s’étaient déportés sur un autre particulier. Mais même lorsqu’elle en trouva l’auteure, elle ne put se défaire de la peur et de la méfiance qu’elle vouait à chaque personne dans cette assemblée. Son regard était de biais, l’œillade d’un animal apeuré, braqué sur ses derniers retranchements et se refusant à l’obédience. Et après quelques secondes contemplatives, elle baissa de nouveau la tête, s’attendant à ce qu’on lui fasse s’abattre une épée entre les deux vertèbres à la base de sa nuque. Elle se voyait déjà rejoindre les étoiles, une nouvelle fois.


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