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Chroniques d'Irydaë
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 Pèlerin, qu'y a-t-il sur ton chemin?

Svenya Nahir
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Mer 10 Oct - 10:39
Irys : 207765
Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
Losos, 16 mars 933

Un départ de caravane avait cette caractéristique universelle d'être une merveille d'organisation sous une apparence chaotique au possible. Du haut de sa jument, Svenya regardait avec satisfaction le clan Gal'Khi se mettre en route. Ils étaient de véritables nomades, et ça se voyait dans leur comportement. Il n'y avait pas dans leurs gestes la fébrilité du grand départ vers l'inconnu, mais bien la calme assurance de ceux qui avaient effectué les mêmes opérations durant toute leur vie.

Mais si ces nomades étaient si expérimentés, pourquoi diable avaient-ils engagé l'aide de Svenya et des sept autres mercenaires qui escorteraient la soixantaine d'hommes, femmes et enfants qu'ils étaient? Parce que le voyage qu'ils entamaient aujourd'hui les entraînerait au-delà de leur région natale: ils démarraient un pèlerinage qui les mènerait de Losos, cité bénie par Süns, à Dyen, fondée par une élue d'Amisgal. Un périple impressionnant, mais il en fallait plus pour décourager les fidèles de ces deux déesses qui se partageaient la protection des Gal'Khi. Ce qui ne les empêchait pas d'être prudents et d'avoir engagé une poignée de mercenaires pour assurer leur sécurité en route.

La Negiin ne prévoyait pas de problèmes pendant le trajet relativement court entre Losos et Aseoru, où ils devraient arriver dans quelques jours à peine. De là, ils prendraient le bateau pour éviter d'avoir à franchir le périlleux Isthme d'Aidas à pied et débarqueraient sur la côte nord de Nislegiin. C'est alors que ses talents seraient vraiment sollicités: elle connaissait son continent natal comme sa poche et saurait trouver le chemin le plus facile et le plus sûr à travers ses forêts. Sans compter qu'elle et les autres lames à louer offriraient une protection efficace contre la faune parfois hostile du continent méridional.

Une fois que la masse compacte du clan se fut allongée pour former une longue caravane, Svenya lança sa jument au trot pour rejoindra la tête de convoi. L'animal, qui piaffait sur place depuis qu'elle avait senti que le départ se préparait, ne se fit pas prier et survola la distance avec ses longues foulées. Gris clair aux crins noirs, elle répondait au doux nom de Shuurga, et était aussi vive qu'elle était butée. Le sacré caractère de sa monture n'était d'ailleurs pas un problème pour la shudarga, qui s'entendait à merveille avec elle. Et les pointes de vitesse de la jument étaient à couper le souffle (parfois littéralement). À se demander si elle ne la garderait pas plus longtemps qu'elle ne gardait ses chevaux en général... Enfin, ça elle pouvait voir plus tard: elle l'avait achetée à peine une semaine plus tôt.

Une fois arrivée à l'avant de la colonne, la mercenaire échangea un coup d’œil avec le gharyn de la tribu, une femme d'une soixantaine d'années plus alerte que son âge ne le laissait supposer. Celle-ci hocha la tête pour signaler qu'elle lui laissait carte blanche dans ses allées et venues pour le moment. Ils étaient encore en pays connu, sur une piste fort fréquentée: le danger ne viendrait pas tout de suite. Contrairement à la plupart des caravanes dont l'assassine avait fait partie, les mercenaires engagés ne répondaient pas à un chef de convoi ou autre "mercenaire en chef", mais directement au gharyn des Gal'Khi. Mais ce n'était pas étonnant, puisque ce poste équivalait à celui d'un chef de guerre quand la situation l'exigeait.

Puisqu'on n'avait pas encore besoin de ses services, Svenya fit ralentir légèrement sa jument pour se mettre un peu en retrait par rapport à la tête du groupe. Elle restait vigilante, mais c'était plutôt pour son propre compte que pour sa mission actuelle: elle restait attentive au moindre signe que la créature qui la traquait se rapprochait. Pour le moment, elle ne ressentait pas le tiraillement qui annonçait une arrivée imminente. Tant mieux. Elle avisa l'une des autres lames à louer engagée par le clan, et d'un léger mouvement du bassin elle fit trottiner sa jument pour se rapprocher d'elle.

"Loumyneara, c'est ça? Alors, quelle est ta spécialité?"

Si elles étaient appelées à travailler ensemble, autant qu'elle sache ce que sa coéquipière temporaire savait faire, non? "Mercenaire" était un terme incroyablement vague qui pouvait couvrir une multitude de compétences. Le ton de Svenya ne contenait aucune agressivité, même si sa question était pour le moins abrupte. On ne se refaisait pas: il y avait trop longtemps qu'elle avait troqué sa joie de vivre contre une efficace sobriété.

HRP:
 
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Loumyneara
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Mer 10 Oct - 11:28
Irys : 269950
Pérégrin 0


Depuis que j'avais intégré l'équipage de Pedro, ma condition s'était nettement améliorée. Mais il se trouve que je n'ai jamais beaucoup aimé recevoir des ordres. J'ai été esclave bien assez longtemps pour continuer à courber l'échine maintenant.

Quand il m'a demandé de me rendre en terres mytranne, je voyais vraiment pas ce qu'il voulait que j'vienne faire ici. Une patrie de nomade, plein d'un folklore que je ne connais pas et qui m'indiffère. Pour des nomades, ces gens sont d'ailleurs étrangement craintifs. Avoir besoin d'une escorte dès qu'on sort un peu de notre zone de confort, c'est quand même un comble.

Je suppose que le Capitaine en avait marre de voir ma tronche. Ou p'têtre qu'il avait plus mal pris que je ne l'aurais cru le dernier raid que j'ai fais en mer après lui avoir emprunter un navire et un bout de l'équipage sans sa permission. Ou peut être qu'il m'en veut a cause de Boris. Qui sait ?

Toujours étant que me v'la ici, au milieu d'un peuple dont l'existence m'était encore inconnue il y a peu. Comble de l'ironie, alors que j'passe mon temps a m'payer leur fioles à propos de leur traditions, je me retrouve à défendre l'une de leur caravane.

Et pourtant, je ressens une certaine exaltation à l'idée de ce périple. C'est la première fois de ma vie que je voyage avec un groupe d'une telle ampleur. Un groupe d'honnête gens du moins, il m'est déjà arrivé de frayer avec des hordes de fripouilles.

Assister à un tel spectacle avait un petit quelque chose d'enivrant. C'était un véritable tumulte, et pourtant on y sentait régner un très grand calme. Chacun sachant ce qu'il avait à faire, c'était comme assister à un ballet assidûment répété.

Finalement, les seules tâches sur ce tableau, c'était nous, les mercenaires qui avaient été engagés. Pour trois fois rien à ce propos. Pedro va bien se foutre de ma gueule quand je vais rentrer.

Alors que je marchais tranquillement en tête du convoi, je fus rejoint par l'une de mes homologues qui m'adressai la parole.

Une femme dont le physique laissait deviner qu'elle avait de l'expérience en terme de survie. Bien qu'elle avait le visage assez fermé et une expression peu avenante, son regard avait quelque chose de bienveillant. Je n'ai pas pour habitude de sympathiser avec les autres mercenaires. D'une manière générale, nous autres mercenaires sommes une sale engeance, car bien souvent prompt à tuer pour trois piécettes, qui que soit la cible. Mais je n'ai pas non plus tendance à envoyer chier gratuitement quelqu'un qui se montre respectueux.

C'est pourquoi ma réponse fut courtoise, et sur le ton de l'humour, bien que ce n'est évidemment pas la réponse qu'elle attendait.

Ma spécialité ? Les friands à la saucisse. Mais faudra faire gaffe si jamais tu veux gouter. Quand on est pas habitué, la saucisse, elle arrache un peu.
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Svenya Nahir
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Mer 10 Oct - 15:22
Irys : 207765
Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
En effet, la réponse était complètement à côté de la question que Svenya avait posée. Bon, même cette réponse qui n'en était pas une disait quelque chose à propos de la jeune femme, et plus particulièrement à propos de son sens de l'humour. Faute de pouvoir cerner ses compétences, la Negiin avait un premier élément pour cerner son caractère. C'était déjà ça.

Son physique aussi lui donnait quelques informations: mince, plutôt grande, et la shudarga pouvait apercevoir des vestiges de blessures passées. Ca voulait dire qu'elle était une combattante, faute de révéler ce qu'elle valait en combat. Seul un imbécile partait du principe que les cicatrices étaient la marque d'un guerrier endurci. Les cicatrices étaient la marque des blessures reçues, pas forcément des combats gagnés. Mais la jeune femme avait aporté des armes qui semblaient correctes, ce qui plaidait déjà en sa faveur. Il serait temps de découvrir comment elle savait s'en servir plus tard. Gardant son examen assez court, Svenya ne laissa pas le silence tomber avant de répondre à la boutade que Loumynera lui avait lancée.

"Par chance, je ne pense pas que nous serons mises à contribution pour la cuisine."

Le contenu avait un bon potentiel humoristique, potentiel quelque peu gâché par le ton plutôt sec sur lequel il avait été lâché (à moins que le contraste entre les deux ne renforce encore l'effet humoristique, mais c'était vraiment une question de goût, question qui du reste préoccupait assez peu l'assassine).

Bon, puisque sa coéquipière avait décidé d'éluder sa question au sujet de ses compétences, peut-être que tenter de déterminer son expérience réussirait mieux? Certaines personnes devenaient de vrais moulins à paroles quand ils parlaient de leur vie, d'autres, au contraire, se renfermaient complètement. Elle verrait bien à quelle catégorie Loumyneara (bon sang, quelle idée d'avoir un nom pareil!) appartenait.

"Déjà mis les pieds à Nislegiin?"

Et non, elle n'envisageait même pas que la jeune mercenaire puisse être originaire du continent comme elle-même. En tant que Negiin, elle avait l'oeil pour repérer les natifs de son continent, et clairement celle à qui elle parlait n'entrait pas dans cette catégorie. Restait à savoir si elle avait ou non des chances de quand même connaître leur environnement et la route qu'ils emprunteraient.
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Loumyneara
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Mer 10 Oct - 21:07
Irys : 269950
Pérégrin 0

La réponse de la jeune femme à ma boutade m'arracha un sourire. En effet, peu de chances que l'on soit mise à contribution pour la cuisine. C'est assez dommage. J'aimerai que l'on m'embauche parfois pour préparer et servir des repas plutôt que pour tuer des trucs et des machins encore et encore. Après tout, il n'y a pas tellement de différences entre l'usage d'un couteau de cuisine et le maniement de l'épée. Et le premier est sans doute moins périlleux que le second.

Bien qu'elle m'avait répondu dans le même registre que moi, je sentais sa curiosité. Son regard se posait sur mon corps, me dominant du haut de son canasson, cherchant à en deviner sur mon passé rien qu'en me regardant. Ce que j'ai vécu, personne ne le sait. Et personne ne peut plus le savoir, car tout ceux en ayant eu connaissance sont désormais morts. Elle n'allait pas l'apprendre d'un simple regard.

La curiosité concernant le passé et les expériences d'autrui dans un groupe destiné à ne plus jamais se revoir m'a toujours posé question. Craignent-ils qu'en cas de danger je ne sois pas apte à réagir ? Ont ils si peu confiance en leur propre talent qu'ils ont besoin de chercher chez leurs pairs un atout en cas de pépin ? En ce qui me concerne, ça ne m'intéresse pas. Le seul talent que je cherche à jauger, c'est celui de mon ennemi. Peut il me tuer ou non ? Jusqu'ici, la réponse a toujours été non. Je n'ai donc aucun souci à me faire.

Elle me demande maintenant si j'ai deja mis les pieds dans une région dont je n'ai même pas compris le nom, probablement perdu au fond de ses terres sauvages, et probablement destination finale de notre équipée.

Non. Mais ça me fait pas peur.

Je n'aimais pas qu'elle me toise du haut de sa bestiole. A quoi bon monter un cheval quand on dirige une caravane constituée de nombreuses personnes à pied et dont la progression sera inévitablement lente ? Sinon pour être éclaireur. Peut être est ce la mission qu'elle s'attribue. Ca m'arrangerai bien, elle a l'air sure d'elle et de savoir se défendre. Si elle ouvrait la voie et que je pouvais toucher mon pécule sans rien faire, ça m'irai aussi bien. Ca changerai des missions où on se tape du Matar en plein blizzard.

Allez, montrons un peu d'intêret, afin de passer pour une personne, sinon chaleureuse, au moins un peu cordiale.

T'es à l'aise sur ta bestiole ? Ca n'a jamais été mon dada, si tu me permets le jeu de mot. Savoir que, en cas de danger, je puisse me retrouver à la merci du cerveau d'un animal, ça ne me plait pas. J'en ai déjà parlé avec d'autre cavaliers qui m'ont dit qu'une bête bien dressée est fiable. Je leur ai répondu a tous que la loyauté dure aussi longtemps que la sécurité. Personne ne sait de quoi peut être capable un être conscient en péril. Ca te fais pas peur toi ?
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Svenya Nahir
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Jeu 11 Oct - 10:40
Irys : 207765
Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
"Pas peur", était-ce là une confiance en elle justifiée, ou une bravade lancée pour éviter de paraître faible? Svenya espérait franchement que la première option la bonne, car elle n'avait aucune envie de s'encombrer d'une grande gueule qui se révélerait être un boulet dans le feu de l'action. Mais seul le temps pourrait répondre à sa question. Elle la repoussa donc dans un coin de son esprit pour répondre à la question de l'autre mercenaire.

"Un cheval est très fortement influencé par l'état d'esprit de son cavalier. Elle aura peur si j'ai peur, elle sera confiante si j'ai confiance. Tout ce que j'ai à faire, c'est ne pas paniquer, et elle ne me lâchera pas. Bien sûr, l'instinct joue un rôle, mais si le cheval est bien dressé et le cavalier assez sûr de lui, il n'y a en général pas de problèmes, sauf cas exceptionnels. Sans compter que son ouïe et son odorat sont plus développés de les miens, ce qui veut dire qu'elle m'alertera en cas de danger bien avant que je puisse repérer quoi que ce soit, ce qui veut dire que j'aurai plus de temps pour transmettre l'information et me préparer."

Bien sûr, elle ne répondait de rien s'ils se faisaient charger par un vol de dragons ou autre créature démesurée du même acabit, mais c'était un scénario assez peu probable. Face aux prédateurs plus courants de Nislegiin ou à d'éventuels brigands, Shuurga ne battrait pas en retraite. Son sale caractère était d'ailleurs plutôt un atout à ce niveau-là: elle était capable d'être franchement impressionante quand elle le voulait.

"Les êtres conscients dont la réaction m'inquiète plus en cas de danger, c'est eux."

Elle désigna les pèlerins d'un mouvement du menton. Un groupe d'une taille pareille saisi de panique, ça pouvait faire de sacrés dégâts.

"Oh, ils ont leur magie, surtout les plus âgés, et certains d'entre eux savent se servir d'une arme, mais ils ne sont pas des guerriers. Sauf leur gharyn. J'ai entendu dire qu'elle avait participé aux combats contre les Daënars pendant la tulaan khonzo. En tout cas, c'est une bonne stratège. Mais elle a son âge, même ces mages ne peuvent pas lutter contre le passage du temps."

Alors qu'elle-même, qui n'avait jamais trempé dans la magie de près ou de loin, n'avait pas pris une ride ni un cheveu blanc depuis maintenant six ans. Ironie du sort.

"En cas de pépin, peu importe ce qui nous tombe dessus de l'extérieur, notre priorité devra être que ce groupe garde la tête froide. Un mouvement de foule causé par la panique, ça peut causer autant de dégâts que n'importe quel prédateur negiin."

Et, avec les humains comme avec les chevaux, faire preuve d'assurance était essentiel. Les Gal'Khi leur faisaient confiance pour assurer leur sécurité, mais si cette confiance faillissait, l'instinct risquait de reprendre le dessus. Il suffisait d'une poignée d'individus pour lancer un sauve-qui-peut général.
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Loumyneara
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Jeu 11 Oct - 15:10
Irys : 269950
Pérégrin 0

"Sauf cas exceptionnels". C'est justement tout le problème. Que ma bestiole s'emballe dans une situation où je ne suis de toute façon pas en péril, je m'en tamponne le coquillard. C'est bien le cas exceptionnel qui me dérange. Mais inutile de relever, je n'apprendrai sans doute pas la vie à cette femme. Après tout, elle a vécu jusque là, elle n'a sans doute pas besoin de mes conseils.

Quant à la question de l'ouïe et de l'odorat, les miens me suffisent amplement sans avoir a m'encombrer d'un animal. Sans parler de mon instinct. J'ai survécu à des embuscades de Matar et de Möst Möch uniquement grace à cet instinct, qu'aucun cheval n'aurai pu déjouer. Le gel pétrifie les odeurs et le blizzard couvre les sons.

Passons. Le plus drôle dans tout ça, c'est que cette femme a foi en sa monture, mais beaucoup moins dans les hommes. En cas de danger, il est évident que ce sera le chaos, que certains paniqueront et que d'autres mourront, on ne peut proteger tout un convoi. Mais c'est aussi là que surgissent les héros. Un guerrier, aussi expérimenté soit-il, trouve toujours quelqu'un le surpassant, et parfois, cette personne qui le surpasse, c'est un inconnu que la nécessité pousse à s'illustrer. Pour la survie, on est capable de prodige.

Cette femme aime parler, ça se sent, et elle en connait long sur ce monde, contrairement à moi. Un Gharyn ? La Tulaan truc ? Un Negiin ? Et surtout... De la magie ?

J'ai lu certaines histoires concernant des mecs lançant des boules de feu ou créant des illusions, mais ce n'est que de la lecture, des fables pour enfant. C'est vrai qu'on prétends que c'est la cause des désaccords entre Mytrans et Daenars. Que les Mytrans pratiquent la magie. Mais je n'y ai jamais cru. Je ne crois que ce que je vois. Et ça, je n'en ai jamais vu.

Sauf peut être.... Cette colonne de flamme à Vereist ? Non, j'hallucine.

J'ai pas pigé un broc de ce que tu viens de me souffler dans le museau ma grande. Mais de la magie ? Tu veux dire que ça existe ? J'ai toujours pensé que c'était des légendes. Un mec pourrait donc lancer des boules de feu, de glace, creer des doubles et toute ces conneries ?

J'allais passer pour une sauvage sans aucun doute, mais dans le fond, c'est sans doute ce que je suis. Même si, grâce à mes voyages avec Pedro, j'ai pu en apprendre un peu plus sur ce monde, je ne m'y suis jamais interessée, et je demeure la jeune femme innocente élevée en captivité. Et si la magie existe vraiment, c'est un grand tord que ne pas avoir chercher à en savoir plus. Car si elle existe, je veux l'apprendre. Je n'en deviendrai que plus difficile a tuer.

Si tant est que ce soit possible.

Et ça marche comment d'ailleurs ? Tout le monde peut en faire ou faut remplir des conditions spécifiques ?
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Svenya Nahir
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Jeu 11 Oct - 16:37
Irys : 207765
Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
Là, ce fut au tour de Svenya de ciller, estomaquée. Cette jeune femme se trouvait à My'trä, terre natale des mages, et elle ignorait jusqu'à l'existence de la magie? Qu'elle soit ignorante de points plus précis comme le nom de l'offensive de cinq ans lancée par les Daënars une bonne quarantaine d'années auparavant ou du chef de guerre d'un clan, passe encore: elle était clairement étrangère. Mais la magie était tout simplement quelque chose de trop gros pour le manquer pendant un séjour prolongé sur ce continent. Ce qui révélait une nouvelle bribe d'information à propos de la mercenaire: elle était arrivée à My'trä récemment.

Donc, pour résumer: elle n'avait jamais mis les pieds à Nislegiin, elle ne connaissait pratiquement rien à My'trä ni aux My'träns et elle se retrouverait bientôt à escorter un clan zolien à travers une bonne partie de Nislegiin, continent pas franchement réputé pour son hospitalité. Restait à espérer qu'elle était aussi compétente qu'assurée (d'aucuns diraient "arrogante"), parce qu'elle s'apprêtait à foncer tête baissée en terrain hostile sans aucune préparation préalable. Une aberration pour la shudarga, qui veillait toujours à bien reconnaître le terrain avant d'agir. Un réflexe de Pénitente, mais aussi le fruit d'une enfance dans les forêts negiins. Jeune fille, j'espère que tu sais ce que tu fais, parce que tu ne devras pas compter sur moi pour surveiller tes arrières. Oui, il ne devait pas y avoir beaucoup plus d'une quinzaine d'années de différence. Et oui, ça suffisait apparemment à Svenya pour prendre le rôle de l'expérience, du moins dans ses pensées. Elle prit une inspiration, la relâcha. Bon, elles avaient du temps à tuer, autant combler les lacunes les plus fondamentales.

"Très bien, on reprend depuis le début, alors. Oui: la magie existe, non, ce n'est pas un mythe. Oui, les exemples que tu cites sont possibles, et il ne s'agit que d'un minuscule échantillon des pouvoirs que peuvent avoirs les mages. Certains soignent ou renforcent, d'autre au contraire infligent des blessures pires que la plupart des armes des deux côtés de l'océan. Certains maîtrisent les éléments ou la faune, d'autres le corps ou encore l'esprit. Tous ici ne maîtrisent pas la magie, même si la plupart ont en général quelques bases, ou au moins une idée de comment elle marche et ce qu'elle peut faire. J'ai cru comprendre que les mages tiraient leurs pouvoirs de leurs dieux, les Architectes, mais je n'ai aucune idée de comment ça marche concrètement, juste que ça marche. Et je ne sais pas non plus s'il faut remplir des conditions spécifiques pour développer des pouvoirs, mais je sais que ça demande de l'entrainement pour les maîtriser. C'est pour ça qu'à quelques exceptions près, les mages les plus âgés sont en général les plus puissants."

En un sens, la magie était bien faite. Quand la force physique d'un individu déclinait, sa plus grande maîtrise des arcanes magiques compensait cet affaiblissement. À condition, bien sûr, que cette personne ait pris la peine de développer ses pouvoirs.

"D'autres questions?"

Et non, contrairement aux apparences, Svenya n'aimait pas spécialement parler. Par contre, quand elle encadrait un convoi, elle préférait le faire avec des personnes auxquelles elle pouvait se fier un tant soit peu. Et elle ne pouvait pas se fier à quelqu'un qui risquait d'être trop occupée à être surprise pour réagir en cas de besoin.
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Loumyneara
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Mar 16 Oct - 11:22
Irys : 269950
Pérégrin 0



La jeune femme me fit une sorte de cours magistral sur la magie. Je n'en demandais pas tant.

En réalité, d'autres qu'elle m'en avait déjà parlé auparavant mais je ne les avais pas cru. Pas plus que je ne la croyais elle. Mais si certains éléments revenaient sans cesse, c'est qu'il y a forcément du vrai dans tout ça.

Le problème est que je suis une personne horriblement rationnelle et peut être obtuse sur certains points. Mon éducation a voulu que je sois savante dans certains domaines, ignorante dans d'autres. La question des dieux est évidemment un domaine dont je ne connaissais rien. Mon Père n'aurai jamais parlé d'entité supérieure qui aurai donné la vie et aurai le pouvoir de la reprendre, il était trop fier pour croire ce genre de chose. Si un Dieu existait, c'était lui, c'est tout.

Le terme même de Dieu m'était étranger, à Als'Kholyn, on s'incline devant la puissance de la nature et non de celle d'une entité que l'on ne voit pas. Le moment où j'ai entendu ce mot pour la première fois est sans doute celui le plus ridicule de ma vie, car il semblait que c'était une notion universelle, qui certes divisait, mais que chacun connaissait et j'étais passée pour une parfaite idiote.

Les Architectes. C'est un bien joli nom, je m'étais déjà fait la réflexion. Et la magie serai donc lié à ces choses. Et cette magie, pour atteindre son plein potentiel nécessite une vie entière d'entraînement. Est ce que c'est un fait admis ou est ce que certains sont si doués qu'il la maitrise à un très haut niveau sans avoir à fournir d'effort particulier ? J'imagine que oui, sinon cela n'aurai pas de sens. Les Architectes, qui accordent ce pouvoir peuvent ils subitement décider de le reprendre ? Si oui, on ne peut faire confiance à la magie. Et y a t-il des contrepartie à l'usage de cette magie ? Se met on en péril ? Ou bien peut on l'utiliser à volonté sans aucune restriction ? Si c'est le cas, c'est de la triche.

Oui en effet, j'avais une multitude d'autres questions, mais elle ne saurai pas me répondre, ou de manière lacunaire. Cette femme ne sait pas si l'on peut l'apprendre ou pas. Ce qui signifie une chose. Elle même n'est pas une mage. Elle pourrai mentir, être une initiée et garder ses secrets, mais je ne le crois pas, sans que je puisse dire pourquoi. Il me fallait un spécialiste.

Non, je n'ai pas d'autres questions. Merci d'y avoir répondu. Cette magie ne semble pas très fiable en définitive. Je crois que je préfère mon épée. Elle ne dépends pas du bon vouloir d'un type supérieur, mais seulement de mon bras.

Oui, jusqu'ici, mon sabre, mes compétences martiales et mes sens plus aiguisée que la moyenne m'ont toujours permis de très bien m'en sortir, quelque soit la menace. Mais je sentais bien que mon ignorance de ce monde mettait mon interlocutrice mal à l'aise. Elle craignait d'avoir une partenaire ne tenant pas debout. D'une manière générale, mieux valait ne pas avoir d'équipier qu'un équipier défaillant, j'en ai déjà fait l'expérience et nul doute qu'elle aussi. Pour ma part, depuis des années, je pars du principe que même au sein d'une équipe, je suis seule, et ne compte que sur mes propres habiletés, sauf peut être au sein de l'équipage de Pedro qui contient quelques hommes fiables. Cette femme fait peut être partie des optimistes, qui continue a espérer en ses compagnons. J'admire ces gens là. Peu importe combien de malheurs il peut arriver, il continue de croire en la bonne fortune, et je pense que c'est une force. Une force que je n'ai évidemment pas.

Il serai de bon ton de la rassurer un peu.

Mais ne t'inquiètes pas. Je ne serai pas pétrifiée par la peur en cas d'attaque, même si elle est d'origine magique. L'inconnu est parfois effrayant, mais si je faisais partie des lâches, je ne serai pas venue en terres mytrannes.
C'est quoi ton arme de prédilection ?


Si elle était une bretteuse, je l'inviterai à un affrontement amical lors d'une pause. C'est un bon entraînement, et peut être serai-t-elle rassurée en se rendant compte de mes compétences.
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Svenya Nahir
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Mer 17 Oct - 12:11
Irys : 207765
Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
Il y avait de ces moments où on a l'impression de parler dans le vide, que nos paroles glissent sur une surface imperméable sans jamais pénétrer là où elles doivent. À peine le sujet de la magie abordé, voilà que la jeune femme le laissait tomber, décrétant unilatéralement que ce n'était pas une arme fiable. Une arme. Voilà tout ce qu'elle voyait dans les pouvoirs des mages qui peuplaient le continent occidental. Quelle vision réductrice, alors qu'il y avait tant d'applications possibles, tant de pouvoirs différents et de nuances dans chaque pouvoir... Svenya n'était pas mage elle-même et cela ne lui manquait pas, mais elle respectait néanmoins les dons de ceux qui maîtrisaient ces formidables pouvoirs. Enfin, sans doute la perception assez réduite de l'autre était-elle due au manque d'exposition à la magie. Peut-être changerait-elle son point de vue quand elle en verrait plus.

Et voilà que revenait au galop cette confiance en elle dont l'autre mercenaire débordait. Combien de fois la shudarga n'avait-elle pas entendu cette bravade quand tout allait bien, pour voir ensuite cette assurance s'envoler à tire d'ailes quand un problème plus sérieux qu'un groupe de bandits survenait? Les forêts de Nislegiin étaient impressionantes pour qui ne les connaissait pas, et sa faune plus encore. Ce n'était même pas une question de courage et de lâcheté, mais purement et simplement d'instinct. L'inconnu, s'il était trop effrayant, tétanisait bon nombre de personnes. Si l'assassine comprenait ce réflexe, ça ne voulait pas pour autant dire qu'elle avait la patience de jouer à rassurer d'autres, en particulier si elle avait une situation de crise à gérer à côté. C'était d'ailleurs une des raisons pour lesquelles elle avait systématiquement refusé de prendre un apprenti depuis son passage au grade de shudarga. Elle voulait bien observer, évaluer, même enseigner brièvement lors de ses passages à Cyllirra, mais hors de question de s'encombrer d'un élément inconnu pour une longue durée. Enfin, si elle avait de la chance, ses craintes se révéleraient infondées. Parfois, avoir raison était plus désagréable qu'avoir tort. Pour le moment, tout ce qu'elle pouvait faire était répondre au changement de sujet radical qu'avait effectué Loumyneara.

"Arbalète à distance, épée au corps-à-corps."

Elle avait d'autres compétences diverses et variées plus ou moins développées (l'entrainement de l'Ordre étant plutôt complet), mais elle n'avait aucune envie de s'éterniser dessus. L'autre avait demandé ses armes de prédilection, et c'est tout ce que Svenya partagerait pour le moment. Peut-être l'élément de surprise lui serait-il utile un jour ou l'autre.

"Bretteuse aussi?"

Une question presque rhétorique: elle voyait mal pourquoi quelqu'un se baladerait avec un sabre au côté sans savoir s'en servir, a fortiori si cette personne louait ses services de combattants.
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Loumyneara
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Mer 17 Oct - 18:38
Irys : 269950
Pérégrin 0


Arbalète à distance, épée au corps a corps. J'ai donc affaire à une combattante. La plupart des gens l'oublient, mais mercenaire ne rime pas toujours avec guerrier. En fait, c'est même plutôt rare. La plupart on des talents de pisteur, des connaissances de la faune et de la flore, et un solide bon sens, leur permettant la plupart du temps d'accomplir leur tâche sans avoir a manier les armes. Bien sur, il est fréquent qu'un mercenaire sache se défendre, mais on ne peut pas pour autant les qualifier d'épéistes.

Elle, c'en était une. En général, ceux qui apprennent le maniement des armes pour de vrai  le font dans l'optique de s'en servir, pour abattre les monstres de la faune locale bien sur, mais surtout, et essentiellement, des gens. Bien que je ne prise pas cette activité, j'ai régulièrement fait office d'assassin et ceux du métier que j'ai pu rencontrer n'étaient pas des enfants de choeur. Pas plus que certaines des cibles soit dit en passant.

Et elle ? Elle a fait assassin aussi ? Je n'en serai pas surprise, même si elle semble plus encline protéger des gens plutôt que d'en désouder.

Oui, je suis une épeiste. Pour être plus exacte, dès l'âge de quatre ans mon père m'a enseigné le maniement des armes. L'épée et le fleuret mais aussi l'épieu ou la lance. Si je devais désigner une réelle préférence, elle irai à la dague, mais pour diverses raisons, j'ai choisi l'épée. Notamment car c'est l'arme qu'utilisait mon "bien aimé" Père. Je sais aussi tirer à l'arc, mais je n'aime pas combattre à distance. Je ne suis pas du genre a trucider un mec dans le feutré. Je veux qu'il voit mes yeux avant de mourir. Afin qu'il sache qui l'a tué et le maudire, et que je sache qui j'ai tué et ne jamais l'oublier.

Passons. Que dirais tu d'un duel, en toute amitié j'insiste, lorsque nous installerons le camp ? Ainsi, nous pourrions nous faire une idée de qui nous avons comme partenaire. Je mise 100 Irys sur ta victoire. Mais je ne me laisserai pas vaincre pour autant !



Je sentais bien que je l'avais un peu agacée. Mon ignorance et mon indifférence fait souvent ça sur les gens. Hex aussi avait envie de me refaire le portrait lorsque notre voyage avait pris fin. Pas Pedro, ça non, mais lui, c'est spécial.

Et je dois l'admettre, j'en avais un peu assez de toujours avoir des relations tendues. Je sais pas combien de temps je vais devoir voyager avec cette femme, inutile de creer un malaise dès le début. C'est pour ça que j'avais fait un effort sur cette invitation en duel et que je m'étais montrée plus expansive. Oh et puis zut, dans le doute.

Et désolée si j't'ai gonflée. Je sais que j'suis pas très agréable, mais faut pas m'en vouloir, je suis rarement confronté a des gens..

Flute alors, ça ne me ressemble tellement pas !

HRP, j'ai changé ma couleur de dialogue, parce que je viens de lire que ma couleur actuelle abimait les yeux de Bobol, donc voila !
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Svenya Nahir
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Jeu 18 Oct - 22:29
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Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
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À nouveau, Svenya dût ciller en entendant la réponse de la jeune mercenaire. Son père avait entamé une véritable formation martiale quand elle avait quatre ans? Bon sang, pas étonnant que son premier réflexe quand elle faisait face à quelque chose de nouveau soit évaluer son potentiel en tant qu'arme. Mais de quel drôle d'endroit venait-elle donc qui exigeait tant à un âge si tendre? Svenya elle-même avait reçu une certaine formation pendant sa jeunesse (on ne vivait pas à Nislegiin sans savoir défendre sa peau), mais elle n'avait véritablement commencé que pendant son adolescence.

Au fur et à mesure des paroles de l'autre femme, la shudarga commença à mieux comprendre certaines facettes de son comportement. Si, comme elle le soupçonnait, elle avait été élevée pour être une combattante, une arme vivante, il n'était pas franchement étonnant que ses compétences sociales et certains domaines de ses connaissances soient lacunaires et qu'elle soit persuadée d'être de taille à affronter quoi que ce soit. Voilà qui était bien différent de l'entrainement varié que la Pénitente avait reçu au sein de son clan et, plus tard, au sein de l'Ordre. Si bien que quand la proposition de duel et le pari vinrent, Svenya n'eut aucun mal à reconnaître cette main tendue pour ce qu'elle était. Plus étonnant encore: Loumyneara allait jusqu'à s'excuser de son comportement, ce qui témoignait d'une clairvoyance que l'assassine n'aurait pas soupçonnée. Elle secoua doucement la tête, mais cette fois ce n'était pas de la désapprobation qui se lisait dans ses yeux. C'était plutôt le regard de quelqu'un qui reconnaissait le phénomène.

"Si ça peut te rassurer, j'en ai croisé de pires que toi. Va pour le duel, ça fait un moment que je n'ai pas tiré mon épée hors d'un véritable combat."

Et inutile de dire qu'elle se battait très différemment dans ces deux situations. Là où, dans un vrai combat, elle visait immédiatement les points vitaux (et abrégeait donc considérablement et le duel et la vie de son ennemi), dans le cas d'un duel amical, elle aimait tirer en longueur pour découvrir toutes les facettes du style de son adversaire et, parfois, apprendre elle-même. L'esquisse d'un sourire planait sur ses lèvres, signe supplémentaire qu'elle n'en voulait pas à l'autre. Oui, elle avait trouvé son assurance malgré son ignorance quelque peu agaçante, mais personne n'était parfait. Et, comme elle l'avait dit, elle avait croisé pire que cette jeune femme.

"Et pour ce qui est d'être confrontée à des gens, tu vas être servie: les clans my'träns sont soudés, et on est parties pour au moins trois semaines en leur compagnie. Et encore, si la traversée se déroule idéalement, ce qui est rarement le cas."

Soudés et accueillants. Il était plus que probable que leur petite bande hétéroclite de mercenaires se verrait temporairement adopter par le clan, pour peu qu'ils ne se comportent pas de manière trop désagréable. Svenya connaissait déjà trois de se coéquipiers, et appréciait deux d'entre eux. Quant au troisième... elle serait capable de travailler avec lui en cas de besoin et ne rechercherait pas sa compagnie hors de ces cas de besoin. Les autres membres du groupe étaient une donnée inconnue, mais elle comptait sur ces quelques premiers jours calmes pour y remédier et mettre en place une stratégie en cas de pépin plus tard pendant le voyage.
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Loumyneara
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Jeu 18 Oct - 23:25
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J'étais contente qu'elle accepte mon défi. D'une part parce que ça voulait dire qu'elle comprenait, au moins un peu, que nous nous ressemblons plus qu'elle ne le croyait. D'une certaine manière, moi aussi, un jour, j'ai voulu protéger des gens. Faire le "bien". Mais le sens même de cette notion m'a échapper depuis, et je n'ai vécu ma vie que dans l'optique qu'elle se prolonge. Quitte à tuer s'il le fallait.

Elle dit vouloir me rassurer, qu'elle en connait des pires que moi. Oui, ya plein de type pire que moi. Le Capitaine pour commencer. Et beaucoup de mes camarades. Et puis bien sur, il y avait mon père. Le mal à visage humain. Mais tout ces types corrompus et mauvais ne sont pas vraiment pire que moi. Ils n'ont aucune valeur morale ou éthique, où des conceptions de ces termes très personnelle. De Sousa par exemple fait preuve d'un certain sens de l'honneur, ainsi que d'honnêteté, tout en étant déloyal au possible et menteur à l'extrême lorsque la situation l'exige. De fait, leur conception du monde fait qu'ils n'ont pas réellement conscience de leur vices et ne font qu'être fidèle a eux même.

Moi c'est différent. Je sais que je ne suis pas une personne recommandable, et c'est en toute conscience que j'agis ainsi. Infidèle à moi même et à ce que je suis au fond de moi.

Mais je n'allais surement pas lui raconter tout ça, donc je ne lui adressai qu'un sourire timide et un léger mouvement de tête.

Pour autant, je n'avais pas vraiment envie d'être confrontée a des gens, chose qu'elle souligna. En fait, pour moi, même cette conversation ci avait déjà trop duré.

Qu'une chose soit bien claire quand même les copains. Je n'étais, et ne serai jamais fière de ce que j'étais et suis, mais en aucun cas je ne voulais le changer. J'etais heureuse d'être seule, heureuse de ne n'encombrer que de peu de sentiments, et heureuse d'une manière générale de vivre ma vie comme je la vis. Je dirais même que je suis encore plus heureuse depuis que je bosse avec De Sousa. Alors que je me suis encore pervertie un peu plus. Et si, dans mes instants de faiblesse comme celui ci, je rêvais un peu de redevenir la gentille fille, vertueuse, que je fus un jour avant d'avoir seize ans, ce n'était qu'un vague fantasme, issu d'un passé révolu, et ravivé par des discussions et des réflexions m'y menant.

L'autre raison pour laquelle j'étais heureuse qu'elle accepte mon duel était que je n'avais pas eu a dégainer mon épée depuis longtemps, et encore plus pour un combat difficile. Car ce combat serai difficile. Si j'ai misé sur sa victoire, c'était bien sur pour faire preuve d'une fausse humilité qui, je le savais, l'apaiserai un peu, mais aussi car mon père m'avait enseigné une règle d'or du maniement de l'épée. Une règle que, je crois, il a lui même oublié avec l'âge.

"Aussi habile soit tu, qu'importe le nombre de victoire que tu affiche. Qu'importe ta réputation, que l'on te considère comme la meilleure bretteuse vivante, n'oublie jamais, absolument jamais, que parmi la masse d'inconnu se terre quelqu'un de particulièrement redoutable qui te surclassera dans tout les domaines. Et ce n'est qu'ainsi que tu pourra survivre, car jamais tu ne sous estimeras tes adversaires, et ceux trop occupés a chérir leur légende tomberont sous tes coups mortellement placés qu'ils ne te penseraient pas capable de placer."

Bien sur, je ne fais pas grand cas de ce qu'a pu m'apprendre mon père, mais cette vision, il la partageait avec le plus grand bretteur que j'ai connu, qui m'avait dit en des termes très simples lorsque je lui avoué mon ébahissement devant son habilité et ma conviction qu'il n'y avait nul part meilleur que lui, "Hum, Dis pas ça gamine, si je commence a y croire, je mourrai". C'est pour ça que je n'oublierai pas cette règle.

Même si je parais très sure de moi en apparence, et que j'ai réellement confiance en mes capacités, je sais que je peux mourir a tout moment, vaincue par un épeiste qui me surpasse, ou par une bestiole quelconque qui m'aurai surprise. C'est pourquoi j'estime toujours qu'il y a une chance que je perde un combat. Et cette femme ne fait pas exception a cette règle, je croyais a sa victoire contre moi, dans une proportion de 51%. Proportion suffisante pour miser un petit pécule sur elle donc.

Alors que je cherchais un prétexte pour couper court à cette discussion, il se présenta de lui même, sous la forme d'un tumulte derrière nous. Je prétendis alors vouloir aller voir ce qu'il se passait.

Ne pouvant faire semblant, je me rendait réellement sur place pour tomber sur un attelage transportant des denrées dont un essieu s'était rompu, provoquant la chute de la bête la tirant et une vive agitation autour de ce chariot.

Soupirant devant ce spectacle, je m'approchai, les mains en l'air pour attirer l'attention, et j'entrepris de réparer cet essieu cassé.





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Svenya Nahir
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Ven 19 Oct - 22:09
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Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
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Le soudain mutisme de l'autre mercenaire tranchait avec sa description détaillée de son entrainement au maniement des armes. Mais l'un comme l'autre allaient à Svenya: elle avait abordé l'autre avec pour but de tenter de la cerner, et elle avait déjà quelques éléments pour dresser une ébauche de ce à quoi elle pourrait s'attendre. Le reste se remplirait au fur et à mesure de leur voyage, et la Negiin n'avait jamais été partisane de combler le silence pour ne rien dire.

Elle s'était attendu à une première partie du voyage sans histoire, et elle s'était trompée. Un essieu fragilisé décida de lui donner tort. Bon, ça les ralentirait, mais ce n'était pas vraiment dramatique comme incident. Pendant que l'autre partait vers l'arrière de la caravane pour aider aux réparations, Svenya lança sa monture au petit trot pour remonter le convoi.

"Une pause! Problème d'essieu!"

L'effet fut presque immédiat, et les nomades s'arrêtèrent sans tarder. Certains partirent apporter leur aide (sans doute ceux qui avaient des compétences dans ce domaine), tandis que les autres s'occupaient de tenir les bêtes tranquilles ou, plus dur encore, de garder un oeil sur les enfants. Enfants qui étaient présents en tous âges et toutes tailles, si bien que Svenya se demandait encore comment les Gal'Khi avaient prévu de les tenir pendant le voyage maritime qui les attendait. Le seul point commun dans cette bande de miniatures, c'était qu'ils étaient remuants. Pas étonnant, mais peu pratique sur un navire, où l'espace est plutôt restreint.

Bientôt, le pépin ne fut plus qu'un mauvais souvenir et le convoi put reprendre sa marche. N'étant pas encore en charge de guider le clan, la shudarga ne fut pas celle qui dut décider entre accélérer l'allure, marcher plus longtemps ou parcourir une moins grande distance que prévu pendant cette étape. C'était la gharyn qui décidait: elle connaissait suffisamment bien ses terres natales et, plus important encore, l'endurance de son clan. Finalement, elle parut opter pour la deuxième solution, ce qui veut dire que le soleil avait commencé à décliner quand vint le moment de monter le camp. Qu'à cela ne tienne: ils avaient encore suffisamment de luminosité pour s'acquitter des tâches du soir sans se presser.

Cela ne mit pas longtemps avant que le groupe ait monté le camp pour la nuit, rassemblé les bêtes dans un enclos temporaire fermé par une simple cordelette, et commencé la préparation du repas du soir. Svenya elle-même avait bien évidemment mis la main à la pâte, mais s'était bien vite retrouvée à court de tâches. Il y avait tant de mains à mettre à contribution que toute tâche était effectuée rapidement et efficacement. Les quelques cuistots du clan veillaient sur le feu au-dessus duquel commençaient à naître d'agréables odeurs, et le reste du convoi s'était dispersé ici et là, certains vaquant à des occupations qui leur étaient propres, d'autres profitant de ce temps de flottement pour se reposer un moment. La Negiin rejoignit donc ses deux connaissances en attente du moment où le repas serait prêt. Quelques Gal'Khi vinrent rejoindre le trio et, une fois le repas servi, celui-ci se déroula dans l'ambiance conviviale propre aux clans soudés, ce qui n'était pas pour déplaire à la shudarga. Le repas terminé, la conversation se poursuivit, animée et bon enfant. La mercenaire, elle, s'était levée de sa place et mise en marche avec une cible bien précise en tête, cible qu'elle ne tarda pas à apercevoir.

"Il me semble qu'on avait parlé d'un duel? Si tu n'es pas occupée, maintenant m'a l'air d'être un bon moment."


Dernière édition par Svenya Nahir le Sam 20 Oct - 18:31, édité 1 fois
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Loumyneara
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Ven 19 Oct - 23:15
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L'incident essieu pété m'occupa un bon moment. Mais je ne me serai jamais attendu à ce qu'il s'est passé ensuite.

Les types à qui j'ai rendu ce service on tenu a m'inviter a souper avec eux le soir venu. Bien sur, j'avais essayé de décliner, en arguant le fait que je n'avais qu'accompli mon devoir. Leur tribu me payait pour les escorter, et jusqu'ici, ça consistait a marcher avec eux. Je pouvais bien rendre service. Mais ils insistèrent tant que quelques heures plus tard, je n'eus d'autre choix que de m'installer auprès d'eux.

Tout le temps que dura ce repas, je ne me sentais pas à ma place, je ne savais pas quoi leur dire, ni quoi faire. Leurs regards sur moi me pesait. Et j'aurai voulu tous les tuer. Ou me tuer moi. Ou disparaitre quelque part. Mais je sentais aussi une vague pointe de nostalgie. Et quelque chose comme... De la mélancolie ? Ces visages souriants. Ces propos tenu sans jugement. Cette solidarité. J'avais la sensation d'être a nouveau derrière les barreaux, au coté de mes soeurs, se blotissant contre moi.

Sentant les larmes gagner mes yeux, je préferai me retirer, avec un rapide mot d'excuse, pour aller m'isoler ou nul ne pourrai me voir.

Et là, à l'ombre d'un arbre, je me laissai aller. Pourquoi est ce que je ressentais tout cela aujourd'hui ? Pourquoi tant d'image de mon passé me revenait ? Il y a encore a peine quelques mois, je n’imbibais la carcasse avec les potes pirates et me voila maintenant au milieu de sauvage qui croient en un folklore ahurissant et qui, comble de la surprise, semble être essentiellement basé sur des faits et non des légendes, à pleurer en repensant au passé, et à ces pauvres gamines que j'ai tué pour ma liberté.

Etait ce l'esprit de communauté ? La vie d'un groupe uni, qui faisait ressurgir en moi tout un panel d'émotions que je pensais éteint à jamais ?

Mais avant que je ne puisse trouver une réponse à ces questions, je perçus quelque chose derrière moi.

Le pas discret de quelqu'un d'expérimenté et qui se déplace sans bruit.

Et c'est sans surprise que je me retrouvais face à la jeune mercenaire a laquelle j'avais promis un duel. Duel qui me ferai le plus grand bien dans le cas présent.

J’acquiesçai et tirai mon épée.

C'était une lame fine et longue, au tranchant unique et au poids ideal de 450 grammes. L'oeuvre d'un grand maître incontestablement. Objet que j'ai obtenu de mon père après son décès. J'avais une proximité avec cette arme. Ce n'était pas seulement un outil, mais le prolongement de mon bras. Et elle contenait une partie de mon âme. Et de mon histoire. Si cette lame pouvait parler, elle pourrai en dire long sur moi. Peut être plus que je ne le pourrai moi même.


Le combat était imminent maintenant. Mais bien que j'eus dégainé, je ne me mettais nullement en position. La raison est simple, mais sans doute difficile a comprendre pour un bretteur non accompli. Le moment ideal pour frapper et vaincre son adversaire est le moment ou celui ci attaque pour nous blesser. "Blesse ton adversaire au moment ou celui ci va te blesser." Le secret d'une victoire rapide réside dans l'attente de l'instant exact, souvent un très court laps de temps d'environ une seconde, où l'opposant sera vulnérable et de frapper.

Ceci, ce n'est que de la théorie. En pratique, je n'ai jamais rencontré personne y parvenir. Car cela implique d'avoir des sens extrêmement aiguisé, et des reflexes en conséquences. De plus, même si par miracle on détient les deux, il est possible que l'assaut ne soit pas mortel, si l'adversaire se rends compte de quelque chose.

Mais j'ai passé ma vie a travailler ce style de combat. Style que tout le monde ignore tant il est incertain. J'ai donc appris a renoncer a tout posture défensive pour me concentrer sur l'esquive, et durant ma folle danse dans laquelle ma vie est mise en jeu au moindre raté, je repère les ouvertures, jusqu'a en trouver une assez importante pour placer l'unique attaque que je porterai au cours d'un duel.

Maintenant, le plus interessant était a venir. Serai-t-elle déroutée par cette posture désinvolte ? Oserai-t-elle m'attaquer alors que je ne suis manifestement pas en garde ? Et parviendra-t-elle a trouver la faille dans mes mouvements ou est ce que ce sera moi qui entrerai dans sa fenêtre de vulnérabilité la première pour la vaincre ?

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Svenya Nahir
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Sam 20 Oct - 19:24
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Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
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Était-ce juste une impression, ou avait-elle aperçu pendant une fraction de seconde un certain trouble sur le visage de la jeune femme? Dans la lumière déclinante, difficile à dire, surtout qu'elle ne connaissait pas l'autre et pouvait donc plus difficilement interpréter ses expressions. Quoi qu'elle ait aperçu, il n'était pas dans ses habitudes de se mêler des affaires des autres. Sa proposition avait reçu une réponse affirmative bien que silencieuse, et, pour le moment, c'était tout ce qui l'intéressait.

Elle leva un sourcil interrogateur en voyant que, même si elle avait dégainé, l'autre mercenaire ne faisait pas mine de se mettre en garde. Sans doute comptait-elle sur un effet de surprise ou autre chose du même genre... Son arme était d'excellente facture, au point qu'elle tranchait avec le reste des vêtements et de l'équipement de l'escrimeuse. Intéressant, mais pas surprenant vu son profil. Elle vivait de, par et pour son arme. L'épée de Svenya, en comparaison était fort peu remarquable. Avec une lame légèrement incurvée et un pommeau à une main et demie, elle était vierge de toute décoration. Austère, diraient certains, mais cette sobriété était ce qui rendait l'arme élégante aux yeux de la shudarga. Une épée n'était jamais qu'un outil qui servait un but, et celle-ci servait parfaitement les buts de sa propriétaire. Une arme de bonne facture, mais pas extraordinaire.

Elle se demanda brièvement si son adversaire s'attendait peut-être à ce qu'elles accomplissent un certain rituel avant d'engager le combat, mais c'était peu probable et elle rejeta cette hypothèse. Il fallait croire que cette non-garde était ce qui lui servait de posture de départ. Curieux. La Pénitente, quant à elle, se mit en garde, ce qui devait rendre leurs positions respectives quelque peu ridicules pour un observateur externe. Elle se doutait bien que l'autre attendait qu'elle face le premier pas, mais elle ne lui donnerait pas cette satisfaction. Pas encore. Au lieu de ça, elle se mit à décrire un arc de cercle autour de son adversaire. L'arbre à proximité l'empêcherait de parcourir un cercle complet, mais au moins aurait-elle une idée de comment Loumyneara se déplaçait en combat. Il n'y avait aucune hâte dans les gestes de la shudarga, uniquement la souplesse d'un corps bien entraîné. Ses mouvements étaient mesurés, contenant exactement autant d'énergie qu'il le fallait, économisant tout ce qui ne serait que fioriture superflue. C'était cette économie, développée avec l'expérience, qui lui permettrait de tirer le plein potentiel de son endurance si jamais le combat s'éternisait.
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Loumyneara
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Sam 20 Oct - 20:02
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Comme c'était prévu, mon adversaire semblait dérouté que je n'adopte pas une posture de combat. Elle m'observa un temps, comme si elle cherchait une explication à cela puis se mit en position.

Une garde solide, ne laissant que peu d'ouverture. Mais ça n'avait guère d'importance, car lorsqu'elle passerai à l'attaque ses défenses tomberont d'elles même.

Mais elle ne semblait pas décidé à passer à l'attaque. Elle commença a se déplacer, avec agilité et prudence autour de moi, décrivant un cercle presque parfait. Comme un prédateur observant une proie qui lui donnerai plus de fil à retordre que prévu.

Mais ça n'allait rien changer pour moi. Il est vrai que la plupart des bretteurs se donne ce temps d'observation pour analyser les mouvements de leur opposant. Elle ne pourra rien voir de moi comme ça. Je ne bougerai pas d'un cil.

Qu'importe d'où viendrai son premier coup, même dans mon dos, ce que je ne la pensais pas moralement capable de faire, je l'esquiverai. Si elle a une chance de m'avoir ce n'est pas sur le premier coup. Mes sens sont bien trop aux aguets. Et si elle ne se lance pas, alors je passerai à l'offensive, à ma manière.

J'approchai ma main droite de ma poitrine, imperceptiblement, prête à dégainer un couteau de lancer, que j'enverrai dans sa direction si elle ne s'élance pas sous peu, non pas pour la blesser, ce qui a peu de chances d'aboutir, mais pour la distraire et l'encourager a engager le combat.

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Svenya Nahir
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Sam 20 Oct - 22:11
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Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
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Nouvelle surprise: au lieu de se tourner pour rester face à Svenya, son adversaire restait résolument immobile. Une décision qui la désavantageait, puisqu'elle ne pourrait pas la voir arriver de face et exposerait tôt ou tard son dos sans protection. Mais elle n'arrangeait pas non plus les affaires de la Negiin, qui ne savait toujours pas grand-chose à propos de son style de combat, si ce n'est qu'elle aimait les effets de surprise. Bien sûr, sa physionomie, sa personnalité, sa manière de se déplacer en temps normal étaient des indices, mais ça ne suffisait pas pour la jauger en tant que combattante.

L'assassine avait commencé son mouvement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, ce qui voulait dire qu'elle passait par le côté droit et donc désarmé. À moins que l'autre ne se décide (enfin) à tourner la tête, la shudarga passerait bientôt de sa vision périphérique à son angle mort. Elle perçut enfin un premier mouvement de la part de son adversaire, sans pour autant parvenir à deviner pourquoi elle avait si légèrement déplacé sa main droite. Un tic nerveux? Très, très peu probable vu la personne à qui elle avait affaire.

Juste avant de sortir entièrement du champ de vision de l'autre, l'assassine lança une première attaque sur son côté droit désarmé et... se retira avant même de mener à bien cette attaque. Une feinte qui, si elle avait l'effet escompté, devait forcer son adversaire à se retourner et à protéger son flanc. Dans le même souffle, Svenya repassa à l'attaque, une vraie attaque cette fois, à gauche. Il n'y avait pas eu le moindre accroc dans son mouvement fluide, et l'adversaire moyen aurait succombé sans aucun doute. Elle soupçonnait que l'adversaire à qui elle faisait face était au dessus de la moyenne, cependant, raison pour laquelle elle n'avait que modérément retenu son coup. Si la shudarga avait surestimé les capacités de son opposante, cette dernière ne s'en tirerait qu'avec une égratignure au lieu d'un côté proprement ouvert.
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Loumyneara
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Mer 24 Oct - 17:06
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Pérégrin 0



En raison de mon immobilité, mon adversaire ne tarderai pas à quitter mon champ de vision. C'est a cet instant précis qu'elle attaquerai. Le combat est régi par une foule de grand principes, dont certains, notamment ma règle d'or, ne peuvent être mis en pratique que par les plus habiles. Mais n'importe quel bretteur, quelque soit son niveau d'habilité sait que le meilleur moyen de vaincre un adversaire est de l'attaquer lorsqu'il présente une vulnérabilité.

Or dans le cas présent, je témoignais, au moins en apparence, d'un très grand nombre de vulnérabilité. Premièrement, j'étais immobile. Deuxièmement, je n'avais pas adopté la moindre posture défensive. Troisièmement, elle allait quitter mon champ de vision, et entrer par la même dans une zone propice à l'attaque, puisqu'elle était du coté où j'étais désarmée.

L'unique avantage que j'avais dans la situation était de pouvoir la surprendre a tout moment, tandis qu'elle ne le pouvait guère. Aussi vive soit elle, l'attaque ne pouvait venir que d'un endroit. Du moins, s'il s'agit d'une bretteuse de talent, elle ne pouvait venir que d'un endroit. Et je ne doutais pas qu'elle soit une bretteuse de talent.

Un novice m'attaquerai sur le flanc droit, sans retenue, car j'étais particulièrement exposée. Mais un vétéran sait que lorsqu'une occasion de frapper s'offre de manière si ostentatoire, c'est qu'il ne s'agit que de provocation, et il prendra le parti d'attaquer à l'opposé.

Un véritable expert tiendrai compte de tout ce raisonnement et s’engouffrerait malgré tout dans l'ouverture, non sans avoir d'abord fait croire à des intentions différentes. Il aurai pris le contre pied du contre pied. Présentant toutefois le risque de se faire avoir par quelqu'un d'encore plus malin. A force de prendre le revers, on peut s'y perdre.

Définitivement, le meilleur choix est de m'attaquer sur le flanc gauche, après avoir fait croire a une attaque sur le flanc droit. Pour me faire bouger et ainsi creer une ouverture sur ma gauche. Et j'étais convaincue que c'était le parti que prendrai la jeune femme.

Aussi, lorsqu'elle amorça un mouvement à ma droite, je savais dejà qu'il ne s'agissait que d'une feinte.

Néanmoins, je réagis de la manière qu'elle attendait et amorçai un mouvement d'esquive. Mais dans le même temps je fis quelque chose qu'elle n'attendait certainement pas. Je passai mon épée de ma main gauche a ma main droite, lame pointée vers le bas et après avoir gracieusement évité sa véritable offensive d'un élégant et souple pas de coté, je fendais l'air de mon arme, dans l'optique de lui trancher la gorge.

Sans surprise, elle esquiva d'un bond en arrière. L'inverse m'aurai déçue. D'un part car elle aurait été bien moins redoutable que je ne l'aurai cru, et d'autre part, car elle mangerai les pissenlits par la racine.

Malgré tout, je lui accordai un sourire en lui lançant

Joli. La plupart des gens seraient dejà morts là.

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Svenya Nahir
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Jeu 25 Oct - 17:02
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Profession : Mercenaire - assassine de l'Ordre
Guilde +2 (femme)
Une fois n'est pas coutume, l'adversaire de Svenya ne tentait pas réellement de la tuer. Elle se permettait donc d'entamer le duel par une ouverture assez classique. Elle ne pensait pas faire mouche, et l'autre bretteuse réagit conformément à ses attentes. Du moins en partie. Elle savait qu'elle esquiverait, mais ne s'attendait pas à voir l'épée changer de main. Un coup audacieux, maîtrisé uniquement par seulement une poignée d'épéistes. Autre constatation: la jeune femme ne retenait absolument pas ses coups, contrairement à la shudarga. Seuls ses réflexes lui permirent d'esquiver un coup autrement mortel.

Sa seule réponse a commentaire qui fusa fut un sourcil levé et un coin de sa bouche relevé en demi-sourire. Pour quelqu'un qui aimait jouer sur l'effet de surprise, Loumyneara avait révélé sa dernière passe bien trop tôt dans le duel. Maintenant Svenya saurait qu'elle devait s'attendre à cette tactique et prêterait attention aux signes susceptibles de révéler un tel mouvement. À moins qu'il ne s'agisse que d'une moindre passe dans le répertoire de son adversaire, ce qui était possible, mais très improbable, même en partant du principe qu'elle avait affaire à un prodige.

Restait à régler une question: quelle était la main dominante de l'autre mercenaire? Peut-être était-elle parfaitement ambidextre, mais de telles personnes étaient réellement rares. Généralement, même quelqu'un d’extrêmement habile de ses deux mains conservait une main dominante. Alors, gauchère ou droitière? Pas de chance: la nomade n'avait pas eu l'occasion d'observer l'autre se servir de ses mains pour répondre à cette question. Peut-être pourrait-elle essayer de la faire trébucher pour trancher la question, mais cet objectif serait très certainement un défi en soi.

Bon, maintenant qu'elle avait pu voir son adversaire bouger, elle pouvait remplir quelques vides dans ses suppositions. Leurs réflexes se valaient, il était donc peu probable que l'issue du duel se joue là-dessus. Elles étaient également toutes les deux rapides et lestes. La shudarga avait a priori l'avantage au niveau de la force, mais vu comme c'était parti, il était peu probable que cela soit décisif. Sans compter qu'il y avait de nombreuses manières de triompher d'un adversaire plus fort que soi, et elle ne doutait pas que son adversaire les connaissait pour la plupart. Finalement, là où elles différaient le plus était sans doute que Loumyneara avait le corps de la jeunesse et Svenya l'expérience des années. Certes, la malédiction qui pesait sur l'assassine avait au moins l'avantage de préserver son corps depuis quelques années, et son adversaire avait commencé son entrainement si jeune qu'elle était déjà une combattante chevronnée à un jeune âge, ce qui pouvait éventuellement compenser même ces différences-là.

Enfin, le duel était engagé pour de bon. Etant celle qui l'avait ouvert, la Negiin prit une position ostensiblement défensive. Elle avait l'autre à l'oeuvre en contre-attaque, elle l'invitait maintenant à prendre l'initiative. Son demi-sourire flottait toujours sur ses lèvres et une lueur de défi brillait dans ses yeux. Il était agréable de se trouver face à un adversaire intéressant tout en sachant que le duel ne devrait pas signer l'arrêt de mort d'un de ses deux participants.
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Loumyneara
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Jeu 25 Oct - 20:22
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Malgré ma tentative de la tuer, bien qu'elle n'avait que peu de chance d'aboutir, mon adversaire demeura calme. Quelqu'un d'autre aurai pu demander à cesser le duel, m'aurai traité de tout les noms ou se serai mis en colère, prêt a en découdre pour de bon.

Elle non. Imperturbable, elle reprit position, un léger sourire au coin des lèvres. Néanmoins, elle ne semblait pas désireuse d'ouvrir à nouveau les hostilités. Je ne savais que déduire de cela.

Avait elle compris que mon style est basé sur l'esquive et l'attaque dans un créneau bien précis ? Ou bien avait elle peur que le prochain coup je fasse mouche ? Je ne pense pas qu'il s'agisse de l'un comme de l'autre.

L'explication la plus plausible étant qu'elle pensait sans doute déjà en avoir appris long sur ma façon de combattre et était désireuse de voir de quelle manière je lançai l'offensive.

Je n'aimais pas ça. Attaquer de front est grossier, et très prévisible, incroyablement facile a parer et n'ayant que très peu de chance d'aboutir. En particulier face a quelqu'un présentant une garde aussi solide. Qui plus est, en raison de ma provocation, elle devait avoir compris que je suis ambidextre et s'attendre à ce que je profite de cet avantage. Bien sur, je l'avais cherché, et ça ne me gênait pas outre mesure puisque je n'avais même jamais vraiment considérer cette particularité comme un atout, mais ça me privait de l'effet de surprise que ç'aurai pu provoquer dans une phase offensive.

Je devais agir intelligemment, et avec allure. Pas courir comme une sauvage, hurlant comme un gros benêt "ouarrrrgh" et taper avec frénésie. Je laisse ça aux gens sans imagination.

D'après ce que j'avais pu voir, elle était agile, rapide et attentive, autant que je puisse l'être, sinon que je suis peut être un peu plus souple. Les muscle de ses bras en revanche témoigne qu'elle peut frapper avec plus de puissance que moi, et qu'elle pourrai me couper en deux d'un simple swing.

Plantant mon épée a mes pieds, je dégainai deux couteaux de lancer que j'envoyai dans sa direction l'un à la suite de l'autre. Pas que j'espérais la blesser ainsi, mais plutôt la tenir occupée tandis que je réfléchissais.

Elle manie l'épée avec dextérité, mais pas aussi bien qu'elle ne pourrait le croire. En revanche, sa posture défensive est parfaite. Aucune ouverture.

Je devais donc la pousser a en créer une et m'engouffrer dedans. Ce serai possible dans un long échange de passe, mais ce serai épuisant et dangereux. Elle a avouer elle même se battre a l'arbalète et à l'épée essentiellement. Moi, de mon propre aveu, je préfères la dague. Il n'y a que peu de différence entre une dague et un couteau de lancer sinon que le couteau est légèrement plus court afin que le poids soit équilibré.

La voila ma solution. Je devais me battre avec deux couteau plutôt qu'avec mon épée. En pratiquant le style double, on entre plus aisément dans les défenses d'un épéiste. Qui plus est, ce n'est pas comme si j'abandonnais mon épée.

Elle aussi est parfaitement équilibrée. Je vais lui lancer à la figure, la laisser croire que je suis désarmée et me ruer sur elle, prête a esquiver une contre attaque et à tirer mes lames pour les lui glisser sous le cou. Dans le cas le plus optimiste. Dans le pire des cas, elle m'embroche. Mais dans le cas le plus plausible, j'esquive sa contre attaque, j'attaque, elle pare, et s'engage une joute pour laquelle j'aurai l'avantage, car plus de mobilité et d'amplitude dans mon angle d'attaque avec deux armes très légère plutôt qu'avec une seule plus lourde.

Et je pourrai a tout moment ramasser mon épée qui ne devrai pas être loin.

Une fois mon plan d'attaque établi dans mon esprit, je le lançai pour de vrai.

Il me restait cinq couteaux sur moi, j'en lançai a nouveau un, m'avançai de trois pas, lançai mon épée, m'avançait encore, puis tirai un dernier couteau avant d'être a portée.

La joute allait se lancer.

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