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Chroniques d'Irydaë
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 :: Les terres d'Irydaë :: My'trä :: Zolios
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 La fin justifie les moyens

Leynar Gale
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Mer 31 Oct - 23:21
Irys : 406236
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Leynar y réfléchissait depuis un moment, l’incident d’Eoril avait marqué une rupture dans ce qui était le grand conflit entre lui et trois autres marchands beaucoup plus influents et riches que lui. Tout ça à cause de cette maudite sauvage et cette maudite rousse… elle n’avait réellement pas pu s’empêcher de tuer des mercenaires sur la grande place d’Eoril ? Ce n’était pas comme si ça n’allait pas se savoir, et les personnes les plus concernées en avaient entendu parler, malheureusement pour Leynar d’ailleurs. Mais il ne comptait pas attendre qu’on lui envoie d’autres mercenaires ou qu’on lui envoie carrément un assassin. Non, cette fois il comptait passer à l’offensive, il ne resterait plus passif à attendre que d’autres se calme alors que leurs actions sont irrationnelles. Il avait demandé l’aide des Danseurs, mais ça ne suffisait pas d’autant plus qu’il ne voulait pas mettre ses collègues en danger inutilement pour rien,c’était son problème, c’était à lui de le régler.


Alors l’idée germa lentement dans son esprit, une idée inavouable au début certes, mais qui commençait à devenir de plus en plus séduisante au fur et à mesure que le temps passait et que les craintes de l’arnaqueur se renforçaient. Il ne voulait plus être passif, il voulait agir avant que d’autres ne le fassent, il voulait rendre les coups plus fort qu’il ne les avait reçu. C’était maintenant qu’il allait commencer à se venger, une douce vengeance qui ne se terminerait que quand ses adversaires seraient soit plus bas que terre, soit morts. Il ne s’en voulait même pas de penser cela, après tout ce n’était pas lui qui avait défini les règles du jeu, il ne faisait que suivre ce que d’autres avaient établit avant lui, quitte à faire changer les règles pour maîtriser l’échiquier lui-même.


Alors il commença à demander à différentes sources, que ce soit chez les Danseurs du crépuscule ou chez d’autres contacts qu’il s’était fait indépendamment de l’organisation. Son objectif était tout autre que de voler des marchandises, il avait déjà fait appel aux Danseurs pour ça et cela s’était révélé trop risqué pour le peu de gains qu’ils en avaient retirés. Non, plus de vol, plus de risques inutiles pour ses collègues, cette fois il ne prendrait pas de gants et s’assurerait que toute la marchandise disparaisse pour de bon. On lui avait parlé d’une personne particulièrement douée pour faire « disparaître » des bâtiments entier et ce qu’ils contenaient. Ça lui convenait parfaitement étant donné la situation, il était même prêt à payer rubis sur l’ongle, enfin pas jusqu’à ce vider les poches,  mais payer plus qu’il ne le devrait. Alors un de ses contacts lui arrangea une rencontre dans une taverne une taverne clandestine d'Aesoru.


Il s’assura de s’asseoir à une table éloigné du reste des autres, ce serait plus simple de parler d’une affaire sensible pour lui, si tant est que quelqu’un ait quelque chose à faire d’une affaire sensible dans une taverne clandestine qui accueillait toutes sortes d’affaires. Enfin, ça lui était bien égal tant que la personne censé lui rendre service pointait le bout de son nez et qu’il accomplissait son travail, le reste n’était que du détail dont il se fichait éperdument pour le moment, bien plus concentré à réfléchir sur ce qui suivrait ce qu’il demanderait.



A man can have anything... If he's willing to sacrifice everything.


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Nora Adarsa
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Jeu 1 Nov - 4:43
Irys : 89988
Pérégrin 0
Il y avait bien une chose que Nora regrettait de sa réputation au sein des réseaux clandestins, c'était la possibilité d'être hélée par n'importe quel traîne-misère en manque d'explosions et de feu. Ce qu'elle avait voulu voir devenir une conviction était finalement devenu un métier, mais au final, ce n'était qu'une occasion de plus pour elle de marquer les coeurs au fer rouge de la terreur. La volonté mortelle, même chez les plus hauts dirigeants, est un fil, un fin tissu que l'on tend, encore et encore. Et à force de tirer, les fibres finiront par céder, alors, la rouquine n'était pas décidée à refuser tout de suite l'opportunité de tendre encore un peu. Elle était censée rejoindre sa famille en Nislegiin, mais la paix ne saurait trouver le repos de s'instaurer seule, pas sans un petit coup de pouce de sa part. Daenastre avait subi son lot d'attentats, désormais, c'était My'tra qui allait devoir attester de l'existence d'un danger autre que les terres technologiques.

Le porte-parole de ce client à en devenir l'avait mise au jus au sujet d'un travail qu'on lui vouait, une recommandation pour la personne dont elle servirait les intérêts, une invitation pour elle, qui cherchait à faire passer un message. Heureusement, la seule personne à connaître les motivations véritables de la rouquine, n'était autre qu'elle même ... à peu de choses près. Il y avait bien une autre personne, mais elle devait certainement être à des milliers de kilomètres de Zolios. Quant à ce travail, si l'on lui en trouvait jusqu'en terres divines, ça voulait certainement dire qu'elle n'était pas la plus mauvaise à ce qu'elle faisait. Elle gagnait tout à accepter ce contrat, de l'argent, de la renommée, une occasion en or de faire passer un message, tout ce qu'elle espérait c'était qu'elle n'ait pas également besoin de porter la culpabilité de la mort d'autres innocents. L'incendie de Reoni l'avait bien assez dégoûtée.

Le point de rendez-vous était l'un de ces recelas à fumiers, le genre d'endroit fait pour les manigances et les complots. En l'extérieur, il ne s'agissait que d'une taverne agrémentée d'habitués à l'haleine assez nauséabonde pour infecter les égouts de Rathram en soufflant dans un robinet. Mais dans le fond, il y avait ici plus d'affaires échangées entre particuliers que de signatures faites par un expert-comptable à Alexandria, et ce à la journée. La rouquine fit pâle figure à entrer dans ce genre de lieu, non pas qu'elle n'y était pas la bienvenue, mais sa présence seule suffisait à implanter un hors-sujet dans un décor qui, clairement, n'était pas façonné pour son physique. Enfin, il n'y eut qu'une paire de regards de travers, le reste était trop occupé à essayer de voir au travers de leurs cocontractants. 

On lui avait parlé d'un masque, mais pas d'un homme, sans doute cette information devait suffire à elle-même. C'est donc à la recherche d'un apparat qu'elle se mit ... pas d'un oeil bleu, ni d'une chevelure blonde, ou bien d'un teint mâte comme elle en avait l'habitude, mais bien d'une pièce de costume, qui, d'ailleurs s'avérerait bien contraignante, mais elle mettrait les choses au clair avec sa contrepartie le moment venu. Après quelques coups d'oeil à droite, à gauche, comme de long en large, elle débusqua finalement le masque sus-dit. Le fond de boutique, un très bon choix, s'il en était, facilement remarquable de sa discrétion, le genre d'endroit où se rassemblent soit les amoureux en tête, soit les raclures de la pire espèce avant un sale coup. Nora était bien satisfaite de faire partie du second groupe, à défaut d'en être fière. 

Elle tira donc simplement la chaise, en face du masque dont on lui a loué, ô bien des descriptions farfelues et tortueuses. Au final, ce n'était jamais qu'un masque, les gens avaient toujours cette insupportable manie d'exagérer les choses. S'asseyant le plus naturellement possible, croisant les jambes. La pyromane sortit une cigarette de sa sacoche, ainsi qu'un briquet à mèche. La journée avait été longue en voyage, cet interlude n'était que mérité. Ses doigts vinrent pincer le silex et la roue tourna, projetant des étincelles sur la mèche, qui, après quelques frottements, devint braise. Enflammant le bout du papier enroulé, Nora leva les yeux sur son interlocuteur, avant de finalement déposer l'amadou sur la table et de pincer sa cigarette entre deux doigts. 

- Passons les présentations, je me fiche de votre nom de toute manière, pas plus que vous vous souciez du mien, alors, autant aller droit au but.

Cérémonies, traditions, coutume, politesse et courtoisie, allez donc vous faire voir là où vous êtes demandées, ici, il n'y a de place que pour les affaires. Il doit certainement y avoir deux ou trois khorogs en manque d'atouts diplomatiques qui avaient sévèrement besoin de l'une de ces valeurs, mais, la rouquine, elle, en avait absolument rien à foutre d'être bien vue, et si sa contrepartie désirait entretenir une relation amicale avec elle, alors il aurait dû contacter une maison close, y a plein d'amis à se faire dans ce genre de taudis et avec bien plus d'avantages que ce que la jeune femme est disposée à proposer. Fort heureusement, aucun gigolo, aucune catin ne savait comment faire exploser un moteur d'aéronef, comme quoi il y avait un respect des pratiques professionnels.

La rouquine porta à nouveau la cigarette à sa bouche. Comme elle l'avait pensé, ce masque était intégral. Elle avait bien du mal à digérer l'idée de travailler avec un homme qui cache son visage. L'anonymat est une chose qu'elle respecte, preuve en est, le patronyme de son employeur n'avait aucune importante pour elle, et en retour, elle était disposée à ne jamais lui donner le sien. Si qui que ce soit apprenait ne serait-ce que la moindre chose sur sa famille, les conséquences pourraient devenir désastreuses. Alors, et dans la limite de ses propres considérations, Nora reprit avec un ton toujours aussi sec et indifférent.

- Et première chose, si vous voulez cacher votre visage pour jouer au vengeur masqué, grand bien vous en fasse, mais si vous voulez de mes services, alors, il va falloir me montrer ce qu'il y a derrière. Je ne travaille pas avec une personne qui pourrait être un "n'importe qui". Et moi ...  - elle tira sur la cigarette - ... en contrepartie. - elle souffla la fumée - Je vous offre la prestation la moins coûteuse et la plus efficace que vous ne pourrez trouver dans un réseau aussi maigre. C'est ce qu'on appelle le meilleur rapport qualité-prix dans le jargon commercial, alors, bas les masques. 

Il fallait bien un peu de distance pour clarifier certaines choses, mais travailler avec un employeur qui pourrait se révéler être en fait un acteur en double-jeu, ce n'était vraiment pas un risque que la rouquine serait prête à prendre. Si elle travaillait, elle comptait faire les choses en grand, pas à minima et sous l'impulsion d'une menace constante. Oui, Nora était définitivement une emmerdeuse de première à son boulot, mais c'est pour ça que tout le monde adorait travailler avec elle, parce qu'elle emmerde pour les bonnes raisons. Et ça, c'est pas la boniche passeuse de balai, munie de quatorze chiards qui pourrait s'en vanter.



Nora s'exprime en #9966cc
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Lavryn & Khardi
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Ven 2 Nov - 4:11
Irys : 89982

Comme un murmure amer...

[justify]Un murmure, un battement de cœur, un frisson dans le dos. Une pensée sibylline, un sang glacial dans les veines et un retournement de l’âme. L’étincelle d’un brasier présumé éteint il y a bien longtemps, mais dont les cendres n’ont jamais cessé de rougeoyer en secret. Désormais, son feu s’est rallumé et vient vous lécher les doigts, Enfants du Chaos.

Le fléau de Khugatsaa court dans votre chair, insidieusement il a attendu son heure et dans votre esprit désormais s’éveille un instinct étranger. Accrochez-vous à votre âme, il pourrait vous prendre le reste.

Leynar Gale est désormais victime de la pandémie.

Pour plus d'informations, c'est ici !

HRP:
 
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Leynar Gale
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Jeu 15 Nov - 13:31
Irys : 406236
Profession : Marchand itinérant/ Joaillier/ Arnaqueur
My'trän +2 ~ Khurmag
Ah enfin la personne dont on lui avait tant parlé arrivait, celle qui selon les dires de ses collaborateurs régleraient tout ses soucis avec un professionnalisme remarquable. Il espérait qu’on ne lui avait pas survendu ses capacités, ce qu’il comptait faire était on ne peut plus sérieux cette fois, et si ça échouait ce serait peut-être un point de non retour pour lui. Même s’il était confiant en ses capacités il préférait nettement rester en vie, et entier aussi. Les habitudes de celle qui était censé régler ses problèmes lui arrachèrent un rictus, il n’aimait vraiment pas les étincelles, bien que ce qu’il comptait demander en produirait sans doute plus.

Il ne réagit pas particulièrement non plus lorsque son interlocutrice lui faisait bien comprendre qu’elle se fichait de qui il pouvait être, ce qui l’arrangea puisqu’il ne comptait de toutes façons pas lui donner son nom et lui demander le sien. Il ne tenait pas à ce qu’on remonte jusqu’à lui, il préférait une méfiance et une prudence excessive aux barreaux d’une prison, c’était une éventualité qui ne lui plaisait pas et il préférait tout mettre en œuvre pour l’éviter, logique. Et puis de toutes façons ils n’étaient pas ami, tout ça c’était professionnel, alors autant le rester, ça ne lui demandait pas d’être poli au moins.

S’il avait pu se distinguer par son absence de réaction, que ce soit par le dialogue ou par quelque geste, le premier mot qui sortit de la bouche de Leynar fût sa réaction à ce que lui disait son interlocutrice, en particulier « vengeur masqué » auquel réagit presque instantanément le khurmi.

-Quatorze.

Il ne savait pas pourquoi il l’avait dit à voix haute, il en était le premier étonné d’ailleurs, habituellement il ne faisait que le compter soigneusement dans son esprit et garder le silence. Alors pourquoi cette soudaine envie de le dire à voix haute ? C’était perturbant, ce n’était pas quelque chose qu’il faisait habituellement qui plus est. Enfin, il devait certainement y avoir une explication à cette soudaine envie. Ce qui le perturba encore plus fût quand il réitéra l’expérience, cette fois en réaction au « Je ne travaille pas avec une personne qui pourrait être un "n'importe qui" » et à laquelle sa réaction fût aussi soudaine que l’était celle d’auparavant.

-Vingt-trois.

Ca commençait à le perturber de plus en plus, il aurait presque cru que ce n’était qu’une petite exception mais de toutes évidences ce comportement se répétait sans qu’il ne sache pourquoi. Sans son masque on aurait pu aisément remarquer qu’il était clairement perturbé par son propre comportement, mais il semblait également moins assuré tout d’un coup. Et ses craintes ne seraient pas apaisées, voilà qu’il recommençait encore à la simple mention de « bas les masques ».

-Trente-huit.

Il cligna des yeux, peu sûr de ce qui se passait, il n’en revenait pas que ces mots sortaient de sa bouche, c’était comme si ç’aurait été insoutenable de les garder pour soi. Il se gratta pensivement la tête, cette envie était toujours là, il ne savait pas pourquoi il voulait s’expliquer sur ce comportement, plus encore c’est comme s’il devait s’expliquer alors qu’habituellement il aurait fait comme si rien ne c’était passé et qu’il aurait reprit la conversation de la plus normale et banale des manières.

-Oh désolé, c’est un petit loisir, j’entends certaines phrases et certaines expressions si souvent que j’ai finis par faire une liste mentale du nombre de fois que je les entend.

Bon sang mais par tout les architectes pourquoi est-ce qu’il disait ça à voix haute ? Ca le dépassait, le bon sens aurait voulu qu’il garde ça pour lui, il était à ce moment précis trop honnête à son goût et pour son propre bien. Pourquoi est-ce qu’il avait donc envie de dire ce qu’il pensait ? Il ne pouvait pas faire comme d’habitude et simplement le garder pour soi, ce n’était pas si difficile pourtant. La seule réaction normale qu’il eût fut de simplement retirer son masque pour montrer à Nora ce qu’il cachait en dessous, un spectacle très peu agréable à l’œil il devait l’avouer.

-Bien maintenant que vous avez vu pourquoi je cache ça j’espère avoir satisfait votre curiosité et que nous pouvons nous mettre au travail. A moins que vous n’ayez autre chose à me demander bien entendu.



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Nora Adarsa
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Dim 25 Nov - 16:56
Irys : 89988
Pérégrin 0
Le fil des paroles de Nora n'était pas continu, il s'étreignait d'interruptions tant impolies qu'irraisonnées de son interlocuteur, énumérant des nombres qui n'avaient de sens que leur mathématique seule. Elle ne captait pas les intentions de cet "employeur" et elle se fichait bien de l'état de sa santé mentale, ce qu'elle ne supportait que peu, c'était que l'on se moque d'elle. Il l'avait faite venir pour un travail, pas pour lui faire part de sa vie privée, elle, elle était venue pour l'accomplir et voilà qu'on lui exposait des nombres comme un compte à rebours sans queue ni tête. Enfin, ce n'était pas la première fois qu'elle aurait affaire à un imbécile, ou dans le pire des cas, un taré qui mériterait la camisole. Ce qu'il se passait dans l'esprit du masqué ne concernait que lui tant qu'il ne s'amusait pas à trop à l'éparpiller. 

Alors, quand lui parvint l'explication de ce petit numéro de comptage, Nora n'eut pour seule réaction que d'écraser le reste de sa cigarette sur le bois de la table, avant de la faufiler sous son talon, oblitérant l'éclat rougeâtre du mégot. Un regard sec apposait une expression blasée sur son visage, attestant d'à quel point elle n'en avait rien à foutre qu'on lui répète ce genre de phrases mille et une fois. Si l'on les lui balançait à la gueule à n'en plus compter, c'était qu'elles étaient légitimes et que par conséquent, il comprendrait lui-même d'à quel point cet apparat devait dégager. Et il le comprit ...

Lorsqu'elle vit la chair désarticulée, désordonnée, sujette à la fureur d'un dragon, sa première réaction fut un blocage dans son air blasé. Quelques fractions de secondes après, la rouquine détourna son regard dans le coin de ses yeux, jetant un regard vers la gauche en lâchant une brève expiration aussi moqueuse qu'indifférente. Au moins, il était encore vivant et quand bien même elle aussi voudrait cacher un visage aussi hideux, elle ne pouvait pas s'empêcher de ne pas y accorder le moindre crédit. Peut-être n'était-ce qu'une manière de dissimuler sa honte, peut-être n'était-ce que du mépris rancunier accordé à son interlocuteur pour le foutage de gueule qu'il lui avait octroyé. Ou peut-être n'était-ce que parce qu'à l'intérieur, elle se sentait mal pour lui ... allez savoir. Le miel dissimulé sous la roche ne peut-être obtenu qu'en visant les failles, l'antipathie n'était pas l'une de ces faiblesses.

- Au moins, vous avez une bonne raison de la cacher. 

Elle avait lâché ça comme l'on envoie une obole à un miséreux. Il fallait bien admettre que les gens masqués étaient généralement des imbéciles qui n'avaient pas été assez discrets pour ne pas se faire repérer par la loi, l'autre majorité étaient d'autres idiots qui voulaient se donner un genre, dans les deux cas, il s'agissait de parfaits attardés. Et quand bien même l'atrocité en face d'elle avait foiré ses premières impressions en comptant à voix haute comme le premier des maniaques, il repoussait tout soupçon de parfaite stupidité. Pas comme ce chien de Kohl ...

Enfin, il y avait des termes à apposer et un travail à accomplir. Nora s'en souvint en un haussement de sourcils et une longue inspiration durant laquelle sa langue vint balbutier contre sa lèvre supérieure repliée, un tic de gêne qu'elle avait prise pour habitude à force d'intérioriser ses émotions. Il y avait pire comme manie et bien moins discret, comme par exemple, compter à voix haute le nombre de fois où une certaine remarque nous a été faite durant notre vie. Ne restait plus qu'à se rappeler le nombre de fois où on lui avait demandé comment on allumait une bombe dans son genre. L'inconvénient de travailler avec des hommes dont la plupart n'auraient aucune honte à prendre avantage d'elle, fort heureusement, elle avait souvent bien plus de couilles que n'importe lequel de ces charognards. Et toujours un pistolet à portée de main, aussi ...

Bref, la mission, il était temps, après tout. Faisant abnégation du visage devant elle ... sans vraiment y parvenir. Bon sang, c'était possible d'avoir une expression aussi vitreuse ? Il était aussi bien mort, finalement, ce monstre-là, pour le peu de mobilité qu'avaient ses traits. Les yeux de Nora, toujours aussi sévères, arpentaient le visage décharné, partagés entre fascination et dégoût. Tiens, c'était son oeil, ça ? Il tenait bien en place, ce luron-ci ? La Nora intérieure avait très envie de le pousser du bout du doigt dans son orbite pour voir s'il était bien logé dans l'intérieur du crâne. Peut-être qu'elle ne se faisait que des impressions, mais c'était assez troublant. Baissant brièvement les yeux sur son briquet, jouant avec et s'éclaircissant la gorge, la rouquine reprit.

- Vous pouvez le remettre, si vous voulez, au moins, impossible de vous confondre. Maintenant, expliquez-moi tout, ce que vous êtes, mais pas qui vous êtes, ce que je dois faire, mais pas ce que vous voulez, ce que je dois viser, mais pas qui. J'écoute.



Nora s'exprime en #9966cc
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