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Chroniques d'Irydaë
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 [Terminé] Phoroth, ville des interdits

Bolgokh
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Sam 7 Jan - 17:54
Irys : 50028
Profession : Créateur de monde à temps partiel
Administrateur
Phoroth, la ville des interdits


Phoroth, une ville que tout les enfants connaissent, car nombre de contes y font mention. Où est-elle ? A quoi ressemble-t-elle ? Qu'y fait-on ? Les versions sont nombreuses mais seule la votre sera la vraie, car c'est ici que vous vous trouvez. Étrange n'est-ce pas ? Vous auriez pourtant juré vous être endormi autre part, dans un lieu qui vous est familier et, certains diront, dans un monde qui ne semble même pas être le même ! Mais qu'importe ! A vivre un rêve éveillé, autant en profiter !

Aux portes d'un immense désert qui ne possède de nom que dans certaines obscures cartes oubliées, Phoroth est ce qu'on peut appeler un port de plaisance moderne. Perchée sur une hauteur en face de l'immensité océanique, cette cité à l'Architecture « méditerranéenne » éblouie souvent par son charme bucolique et l'ensoleillement de ses rues pavées de marbre. Les maisons sont hautes, les fenêtres larges et ouvertes, Phoroth respire le soleil et l'iode de la mer lorsque le jour brille, mais une fois la nuit tombée elle revêt un visage bien plus subversif.

Eh oui, lorsque l'obscurité tombe sur les toits de tuiles orangées, l'air s'imbibe d'une moiteur intéressante. Les stands envahissent soudainement les rues, comme sortis de terre, et on entend de partout une clameur incompréhensible qui appelle chacun des passants à venir s'alléger le porte-monnaie à faire quelques jeux bon enfant, ou bien à déguster des spécialités exotiques au nom imprononçable. L'alcool est omniprésent, vendu ou offert par des marchands de tous horizons, et la nuit s’abîme souvent dans une fête aux allures bacchanales qui ne se termine qu'avec le lever du soleil.

Ce soir, la ville est en effervescence. Le soleil se couche derrière les montagnes au nord et petit à petit la cité portuaire revêt son vrai visage, un visage rayonnant et chaleureux ! Les rues pavées se voient rapidement aménagées par des stands en tout genre, où restaurateurs, magiciens, pistomanciens, et autre brocanteurs viennent faire étalage de leurs innombrables trouvailles. De nombreuses places et esplanades accueillent également les saltimbanques et les musiciens qui commencent petit à petit à réchauffer les cœurs et à désinhiber les plus timides d'entre nous pour nous inviter à partager, l'espace de quelques minutes, avec d'illustres inconnu(e)s quelques pas de danse enivrantes, avant de s'accorder une pause bien méritée dans l'une des innombrables auberges qui surplombes la plage.

Pour les plus combatifs, une arène de fortune à même été aménagée afin d'assouvir la soif de gloire et de renommée ! Mais prenez garde, à Phoroth, tout est permis, et il peut être particulièrement déconcertant de se retrouver face à un pouvoir que notre monde ne connait normalement pas ! Cependant, n'ayez craintes, des adeptes de Möchlog veillent sur vous et se tiennent prêt à vous porter secours, quelle que soit la nature de la blessure.

Nul doute que certaines choses se préparent et viendront enrichir une soirée qui promet d'être inoubliable, mais pour l'heure, vous vous réveillez, assis dans la rue, sur un portique, une marche d'escalier ou dans le sable, alors qu'un passant vous tape amicalement l'épaule en vous souhaitant le plus chaleureusement du monde :

« Bienvenue à Phoroth l'ami(e) ! » avant de retourner vaquer à ses préparatifs.


~ N'hésitez pas à adresser vos questions par MP à Asmigal, Khugatsaa ou Möchlog, ils se feront un plaisir de vous aider ! ~


Dernière édition par Bolgokh le Mer 29 Mar - 20:45, édité 1 fois
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Neleam
Mer 18 Jan - 23:17
Neleam s’ennuyait fermement.
Elle regarda le parchemin qui restait obstinément blanc devant elle. La plume faisait trempette dans l’encrier depuis de longues minutes sans qu’elle n’ait esquissé le moindre geste dans sa direction. La jeune femme restait les yeux fixés sur le papier beige, comme tétanisée.
Elle n’avait jamais souffert des symptômes de la page blanche. Conter ses histoires lui avait toujours procuré beaucoup de plaisir, mais là… Rien ne lui venait. Les mots ne s’approchaient même pas de son esprit, dans sa tête c’était le néant.

Sortant brusquement de sa transe, Neleam gémit (bien qu’on puisse prendre ça pour un grognement) et se frappa la tête comme la table, comme si ça allait résoudre la situation. Le seul résultat immédiat était la douleur qui envahissait dorénavant son front et le froid qui émanait de la table en bois. Il faisait vraiment froid dans cette maudite ville.
Neleam soupira ne bougea pas pour autant.

En fait, ce qui l’encouragea à relever la tête était les bruits qui lui parvenaient désormais à ses oreilles. Des bruits de fête. Elle entendait des voix indistinctes, mais joyeuses, des cris, de la musique… C’était étrange, il y a quelques instants tout était encore très silencieux…
La guerrière releva donc la tête et la tourna en direction du bruit. Elle fut surprise de trouve une fenêtre ouverte. En fait, sa surprise ne s’arrêtait pas qu’à la fenêtre, tout le bureau était différent. Se frottant les yeux la demoiselle se demanda si elle n’était pas en train de rêver.. C’était quoi cette histoire ?
Se levant brusquement la jeune femme se dirigea jusqu’à la fenêtre et… reste bouche bée. Elle n’était plus en Gwendalavir. Dehors.. elle était incapable de décrire ce qu’elle voyait, mais ce qui était certain c’était que l’ambiance était clairement festive.

La jeune femme délaissa son bout de parchemin et sortit de la demeure dans laquelle elle était étrangement apparue. Si la situation était étrange, elle comptait profiter de ce voyage inattendu.
Dehors, l’air était chaud, si bien que la jeune femme pesta mentalement contre sa lourde tenue : son armure et ses vêtements de cuir, avec sa cape en fourrure par-dessus tout. Si elle se pelait les miches à Al-Jeit, ce n’était clairement pas le cas ici. Peut-être pourrait-elle vendre certaines de ses affaires pour quelques pièces locales afin de pouvoir manger et boire, car elle ne savait pas pour combien de temps elle était là.

Neleam déambula donc le sourire aux lèvres dans les rues, le nez en l’air, savourant les odeurs qui chatouillaient ses narines, les sons qui lui parvenaient et écoutant à droite à gauche ce qu’il se racontait. Elle observait les yeux écarquillés les différents stands qui s’étaient installés dans les rues, jusqu’à ce qu’elle remarque un homme qui vendait des costumes. La demoiselle s’y dirigea, bien décidée à trouver une tenue plus adaptée à cette soirée et surtout plus discrète, car tous l’observaient un peu de travers. Ensuite.. elle aviserait. La nuit ne faisait que commencer (enfin, c’est ce qu’elle imaginait) et elle était certaine qu’elle trouverait de quoi s’occuper. Un frisson d’excitation la parcourut, elle sentait que cette nuit serait mémorable ! De nouvelles aventures semblaient sur le point de commencer !

Alice Tan'Odrin
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Ven 20 Jan - 23:25
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
“Hiiiiiiii !”

Alice dévala la rue bondée en courant. Ou plutôt en essayant de courir vu qu’elle devait se frayer un chemin à coup de coude histoire de garder une certaine distance entre elle et son poursuivant. Par chance, celui-ci faisait à peu près trois têtes de plus qu’elle et au moins deux fois son poids ce qui lui rendait l’opération encore plus difficile. Malheureusement ça lui permettait aussi d’avoir une vue plongeante sur la foule et donc sur sa masse de cheveux blond et sa tunique blanche et dorée qui se détachait très bien de la masse.

*Plus vite ! Plus vite !*

*Je fais ce que je peeeeeeux !*

Cassie, l’amie qui traînait dans sa tête depuis un bout de temps et qui faisait d’elle un cas plutôt basique de personnalité multiple continuait à encourager sa compagne. Le coin de la rue approchait à grand pas -certains plus que d’autres-. Dans l’esprit d’Alice asphyxié par sa course cela ne pouvait signifier qu’une chose : elle allait s’en sortir. Alors que, soyons réaliste, si elle pouvait tourner au coin de la rue, son poursuivant aussi.

De toute façon, rien ne se passa comme prévu. L’homme avait réussi à gagner du terrain et attrapa Alice à l’épaule de son énorme main. La jeune fille voulut crier mais elle n’en eut pas le temps. Cassie avait pris la relève. Elle glissa telle une anguille sur le côté laissa l’homme emporté par son propre poids chuter vers la foule. Alice eu l’impression de revivre un de ces exercices de relaxation qu’elle faisait le matin en accéléré. Et puis elle se retrouva de nouveau aux commandes, manqua de trébucher sur une grosse dame en vert, l’évita au dernier moment et tournant sur elle-même, aperçu un stand de vêtement juste après le coin de la rue et recommença à courir.

*C...C’était quoi ça !*

*Aucune idée c’est sortit tout seul !*

*OK !*

Les réflections sur le pourquoi du comment attendraient un peu plus tard. En attendant, son poursuivant se remettait debout tant bien que mal si bien qu’elle avait maintenant plusieurs secondes d’avances. Profitant qu’il n’ait pas encore repris de la hauteur pour la suivre des yeux, elle fonça vers le stand, attrapa une cape cramoisie et la passa sur ses épaule d’un geste théâtral. Avant que le commerçant n’ait eu le temps de dire un mot, elle lui glissa quelques Irys dans la main. Puis alors qu’elle aperçut que son belliqueux ami la cherchait du regard, elle choppa la personne qui était à sa droite pour la mettre entre elle et le danger et baissa son masque en forme de hiboux doré sur son visage.

“Oh ! Et tu sais quoi ? J’ai revu Charlotte ! Elle est devenue maigre comme sa mère ! C’est terrible ! A croire qu’elle ne se nourrit pas la pauvre. Je ne comprends pas ce qui a bien put lui arriver. Elle n’a rien voulu me dire ! Tu te rends compte ! Tu me connais pourtant !”

Alors que non, bien sûr que non. La femme qui se trouvait en face d’elle ne la connaissait pas du tout. Au début Alice avait crut qu’elle avait dans la cinquantaine en raison des mèches blanches qui parsemait sa chevelure mais maintenant qu’elle la regardait (en faisant bien attention à ne pas croiser le regard de l’autre brute) elle se rendait compte qu’elle devait avoir à peu près son âge.


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Neleam
Sam 21 Jan - 16:47
Neleam était en train d’observer les différentes étoffes, se demandant ce qu’elle pourrait acheter. Il lui fallait quelque chose de pas trop cher, de pratique et de joli. Ce qui était un défi assez intéressant à relever pour qui aimait la mode. Neleam, elle, avait du mal à se concentrer sur ce qu’elle avait sous les yeux. Son attention se perdait sur tout ce qui l’entourait, les gens, les objets, les textures… Tout était nouveau pour elle et elle ne savait pas trop où donner de la tête.
Comme si la cohue qui se pressait dans son dos ne suffisait pas une jeune femme, aux formes de son corps et à l’odeur légère et parfumée qu’elle dégageait, l’attrapa par l’épaule de se planta juste devant elle.


“Oh ! Et tu sais quoi ? J’ai revu Charlotte ! Elle est devenue maigre comme sa mère ! C’est terrible ! A croire qu’elle ne se nourrit pas la pauvre. Je ne comprends pas ce qui a bien put lui arriver. Elle n’a rien voulu me dire ! Tu te rends compte ! Tu me connais pourtant !”


Neleam écarquilla les yeux. Elle était plutôt une adepte des improvisations et se serait probablement prêtée au jeu si elle avait pu voir le visage de celle qui venait de lui adresser la parole. Sauf qu’un masque de hiboux lui dissimulait son identité et… toutes les informations dont Neleam avait besoin pour réagir de manière sensée.
La guerrière ne fit qu’une seule chose, la seule chose qui se promenait dans sa boîte crânienne actuellement.

-Houhouuuu.


Elle venait d’hululer, oui.
Réalisant, un peu tardivement, que sa réaction avait été d’une absurdité totale, Neleam tenta de redresser la situation au mieux.

-Heu… Joli masque, c’est Charlène qui te l’a offert ?


Mince, le prénom ne devait pas être le bon. C’était ce que venait de se dire la guerrière, qui tentait de joindre les deux bouts, mais qui continuait à pédaler dans la semoule.

Sentant qu'elle allait continuer à pédaler dans la semoule Neleam décida de tenter une autre approche. Elle montra sa cape qu’elle avait ôtée (il faisait beaucoup trop chaud pour qu'elle la porte sur les épaules) et la secoua sous le nez de la chouette avec un sourire mi-figue mi-raisin. Elle allait tenter de négocier avec la demoiselle- qui était peut-être la propriétaire du stand- afin de troquer sa fourrure contre une tenue complète.

-Je te l’échange contre ma cape en peau d’ours élastique, c’est une qualité exceptionnelle et je te jure qu’une telle opportunité ne s’offrira plus jamais à toi. De ce fait, je pense que ça vaut même une tenue complète ainsi que le masque.


Neleam était inconsciente de la brute qui se trouvait dans son dos et de la forte probabilité de faire partie des dommages collatéraux si elle faisait foirer le plan de l'inconnue.

Alice Tan'Odrin
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Sam 21 Jan - 20:01
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Alice n’avait écouté ce qu’avait dit la jeune femme que d’une oreille distraite, la plupart de son attention étant fixée sur la montagne qui continuait à scruter la foule. Cassie, elle, était hilare suite au “houhouuu” que la brune avait sorti ce qui avait pour effet de rajouter un second bruit de fond dans sa tête si bien qu’elle mis beaucoup plus de temps que prévu à comprendre ce qu’on lui proposait. Quand enfin elle percuta elle se permit de soulever un peu son masque pour laisser voir son visage.

“-Hein ? Heu, non.”

*Pas mal comme début de conversation. Hyper clair !*

“Heu je veux dire… C’est un heu… trésor familial ? Enfin trésor, c’est juste un masque hein. Mais il est dans la famille quoi.”

Cassie applaudit mentalement face à une telle éloquence si bien que la jeune blonde rougit jusqu’au oreilles. Si tout à l’heure elle avait eu l’air si à l’aise dans la conversation c’était parce-qu’elle n’avait fait que répéter des paroles qu’elle avait maintes fois entendu à l’Académie. Mais maintenant qu’une vraie conversation commençait, avec un vrai Gen (si si), elle était plutôt décontenancée. Même si il est vrai que la présence d’une montagne de muscle voulant la réduir en pâtée pour chat à moins de 10 mètres l’aidait aussi beaucoup à perdre ses mots.

C’est alors que les paroles de l’inconnue arrivèrent jusqu’à son cerveau.

“Un ours élastique ?”

La confusion lui avait fait poser la question tout haut. Jamais elle n’avait entendu parler d’un ours… élastique ? Pourquoi d’ailleurs élastique ? Il était très souple ? Irydaë regorgeait de créatures toutes plus étranges les unes que les autres et il était vrai qu’elle était loin de toutes les connaître. Cependant, si un jour quelqu’un avait déjà prononcé un nom aussi ridicule devant elle, elle s’en serait souvenue ! C’était certain !

Quand elle regardait de plus près la petite brune, il n’y avait pas que ses ours qui étaient bizarres. Toute sa tenue était étrange. Alice n’en avait jamais vu de semblable. C’était peut-être pour ça qu’elle cherchait à s’en procurer une autre ? S’il y avait bien un truc qu’elle pouvait comprendre à cet instant, c’était bien le besoin de discrétion. D’ailleurs, son poursuivant choisit ce moment pour tourner son visage vers leur stand si bien qu’Alice fit brusquement demi-tour et rabattit son masque.

“Tu dois avoir bien chaud avec tout ça sur le dos ! Vas-y ! Choisis quelque chose et je te l’offre ! En souvenir du bon vieux temps !*

Puis, en chuchotant vers sa compagne :

“-L’homme gigantesque derrière se trouve avoir des sentiments très belliqueux à mon égard. Je vous ’offre vraiment une de ces tenues si vous m’aidez à m'éclipser discrètement.”

“-S’il vous plaît !” rajouta--t-elle, lançant à la jeune femme un regard plein de détresse à travers son masque.


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Neleam
Dim 22 Jan - 16:16
La réponse de l’inconnue se fit désirer. Elle resta immobile quelques instants, pendant lesquels Neleam essayait de savoir ce qu’il se passait derrière le masque en fixant avec une certaine obstination les fentes qui laissaient apercevoir les yeux de l’inconnue. On aurait dit des yeux bleus, mais… il faisait plutôt sombre et elle n’était sûre de rien.
Finalement, la demoiselle souleva légèrement son masque de manière à ce que Neleam puisse l’observer, ce qui lui permit d’observer avec plus d’attention. Elle avait un joli petit minois et n’était guère âgée, vingt-cinq ans à tout casser. Son nez en trompette ainsi que ses quelques taches de rousseurs lui donnaient un air enfantin, tandis que ses yeux fixaient Neleam sans pour autant vraiment la regarder.
La guerrière bougea légèrement la tête d’un côté puis de l’autre, se demandant si l’inconnue l’observait elle ou… un point derrière elle.

“-Hein ? Heu, non.”

Nelema, cessa son petit manège et regarda l’inconnue droit dans les yeux, sourcils froncés. Comment ça « non » ? Elle était commerçante ou pas ? Elle aurait pu faire effort, et constituer une véritable phrase, si ce n’était tenter une négociation.
Vexée, Neleam allait pour tourner les talons lorsque la jeune femme reprit la parole.

“Heu je veux dire… C’est un heu… trésor familial ? Enfin trésor, c’est juste un masque hein. Mais il est dans la famille quoi.”

Ah. La chevalière lui lança un regard suspicieux, cherchant à comprendre où elle voulait en venir. Elle trouvait toujours étrange qu’elle ait autant de mal à aligner ses pensées ou à faire des phrases simples qui allaient droit au but.
Mais l’idée était passée, elle garderait son masque. Et Neleam sa cape.
L’inconnue ne semblait pas vraiment à son aise, et Neleam se demanda si elle y était pour quelque chose. Était-ce son accoutrement qui la mettait dans un tel état ? Ou… sa tête ? La jeune femme se retint de justesse de palper son visage afin de s’assurer qu’elle ne s’était pas barbouillée d’encre ou si elle n’avait pas une plume plantée dans l’œil. En fait, elle venait de remarquer un petit miroir non loin et en se déplaçant légèrement sur la droite… elle pouvait voir son reflet ! En petit, certes, mais suffisant pour qu’elle remarque qu’elle était dans son état normal. Deux yeux, un nez et une bouche, pas d’extra.

“Un ours élastique ?”

Ah. Neleam reporta son attention sur l’inconnue, surprise par la question. En effet.. il était probable que les ours élastiques ne soient pas monnaie courante chez eux. Quelques minutes dans cet endroit et la guerrière s’était doutée de ne plus être en Gwendalavir, elle allait donc probablement passer pour une folle.
Voulant décrire un ours élastique, Neleam se stoppa, la bouche entrouverte, les sourcils froncés et le regard dans le vague. Et si même le mot « ours » leur était étrange ? Ça allait être particulièrement compliqué que lui expliquer ce qu’était un ours élastique.
La jeune femme se concentra donc sur la manière de décrire un ours et avant qu’elle n’ait pu se lancer dans ses explications -qui à coup sûr allaient être farfelues- l’inconnue aux cheveux blonds avait rabattu son masque et fait demi-tour.

“Tu dois avoir bien chaud avec tout ça sur le dos ! Vas-y ! Choisis quelque chose et je te l’offre ! En souvenir du bon vieux temps !"

Elle lui tournait le dos mais semblait vouloir continuer à discuter… N’y comprenant vraiment rien, Neleam s’approcha et l’observa. À quoi jouait-elle donc ?
Ceci dit, la proposition de l’inconnue qui ne semblait pas avoir toute sa tête -ce qui ne l’empêche pas d’être charmante, qu’on se le dise- était plus qu’alléchante. Elle avait gagné son premier cadeau… de-ce-nouveau-monde ! Il fallait qu’elle demande comment s’appelle l’endroit où elle se trouvait, ça serait plus pratique.
L’inconnue reprit, cette fois-ci en chuchotant à l’intention uniquement de la guerrière qui contrastait clairement avec le reste de la population.

“-L’homme gigantesque derrière se trouve avoir des sentiments très belliqueux à mon égard. Je vous ’offre vraiment une de ces tenues si vous m’aidez à m'éclipser discrètement. S’il vous plaît ! »

Ohhhh… Neleam comprenait. Elle hocha la tête et, d’un geste qui se voulait désinvolte attrapa le miroir qu’elle avait aperçu un peu plus tôt et fit semblant de se recoiffer alors qu’elle observait ledit homme gigantesque. En effet, il était sacrément grand et fort peu aimable.
L’inconnue avait donc toutes les raisons du monde de se faire discrète. Neleam sentait que l’affronter n’était pas la meilleure des idées, surtout si elle gagnait au  passage une tenue à enfiler le temps de sa balade dans ce monde !
La guerrière se prêta donc au jeu, avec un certain plaisir.

- Oh ! Comme c’est aimable de ta part ! Compte sur moi poulette, je ne compte pas oublier le bon vieux temps de si tôt !


..Est-ce que ça phrase avait un sens ? Elle en doutait, mais peu importait, l’idée était passée. Du moins elle l’espérait…
La demoiselle reporta son attention sur les vêtements devant elle et en chercha un qui était plus ou moins semblable à ce que portait l’inconnue. Elle dénicha une robe/tunique qui était bleu nuit et semblait plutôt confortable.

-Comme ceci, qu’en penses-tu ?


Oui, Neleam voulait vraiment avoir l’avis de l’inconnue, car elle avait envie de s’intégrer à la foule et des conseils seraient les bienvenus.
Réalisant qu’il était temps qu’elle se présente, la chevalière glissa d'une voix forte et donc avec une grande subtilité.

-Au fait, le dernier courrier que tu m’avais envoyée tu avais écrit mon prénom comme une sauvageonne, donc Neleam ça s’écrit N, E, L, E, A et M.


La demoiselle observa le masque de hiboux, se demandant si le message était passé et ce qu’elle pensait de la tenue qu’elle avait choisie… peut-être que c’était hors budget ? Elle n’avait aucune idée de la valeur des choses et.. il était possible que ce vêtement coûte les yeux de la tête. Au pire elle pourrait remettre sa cape en jeu, et s’amuserait à mimer ce qu’était qu’un ours élastique de manière à faire augmenter la valeur de son bien. Car un ours élastique était, comme son nom l’indiquait, élastique, ce qui rendait sa fourrure particulièrement chère et recherchée, car celle-ci conservait les propriétés d’élasticité.
En fait, elle imaginait que l'inconnue s'en moquait probablement et désirait juste prendre la poudre d'escampette. Elle se mit donc à réfléchir à un moyen de se débarrasser de ce poursuivant encombrant.[/color]

Alice Tan'Odrin
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Mar 24 Jan - 13:59
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Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Le sourcil droit d’Alice se souleva en un arc de cercle parfait quand la jolie brune l’appela “poulette”. C’était… inhabituel. Mais elle se força à retourner vite fait dans son personnage histoire de ne pas briser une couverture si efficace pour le moment. Elle s’employa donc à chercher avec son “amie” une tenue qui pouvait cadrer avec Phoroth. Cette dernière dénicha une sympathique tunique bleu nuit qu’Alice approuva. Elle n’y connaissait pas grand chose en mode n’ayant jamais eu à s’en soucier (sa grand-mère s’était toujours occupée de ce genre de choses) mais cela ne l’empêchait pas de se dire que la tenue irait sûrement très bien à Neleam.

Quel étrange prénom d’ailleurs ! Décidément, Alice était de plus en plus intriguée par la jeune femme. D’où pouvait-elle bien venir pour être habillée pareil, parler d’ours élastique et porter un nom aussi… heu… inconnu ? Après, Alice n’avait pour l’instant parcouru qu’un petit quart (et encore) d’Irydaë et avait croisé d’autres nom bizarres. La région d’où venait Neleam était sûrement assez éloignée d’ici. Et il y faisait froid se dit-elle en repensant à la cape.

Elle attrapa quelques colliers de plumes qui trônaient sur un petit présentoir à côté des vêtements et les présenta à la petite brune pour compléter sa tenue.

“-Tiens, prends un ou deux de ces colliers en plume de Norsh. Avec tu seras magnifique et on pourra enfin aller boire un coup !”

Sous-entendu “partir loin d’ici l’air de rien”. Pendant que sa compagne enfilait son nouvel attirail, Alice continua la discussion :

“- Et c’est normal que j’ai autant de mal à me souvenir de comment s’écrit ton nom ! Tu te rends compte de comment il est fichu avec toutes ces voyelles ! Au moins, Alice c’est simple et efficace. Pas besoin de se torturer l’esprit pour s’en souvenir !”

Bon au moins, les présentations étaient faites. Par contre, la grosse brute venait d’être rejointe par un groupe de trois individus. Deux d’entre eux commencèrent à hausser la voix contre le géant tandis que le dernier, tout en gardant un oeil sur la discussion, s’était mis à son tour à scruter la foule. A l’air mauvais qui était peint sur son visage, Alice n’avait aucun mal à deviner que c’était elle qui était visée. Au moins la brute était-elle uniquement en colère. Lui, il y avait quelque chose de sadique dans ses traits qu’Alice n’avait aucune envie de voir de plus près.

*Brrr… Ce type me fait froid dans le dos, vivement qu’on quitte le coin.*

*Je suis entièrement d’accord avec toi Cassie.”

Elle demanda le prix des vêtements et accessoires au marchand et grimaça en l’entendant. Si il y avait bien un truc pour lequel elle était encore nulle c’était marchander aussi savait-elle qu’elle allait débourser beaucoup trop pour une simple tunique et un collier de plumes multicolors. Mais bon, elle pouvait se le permettre. être médecin, surtout dans cette ville, rapportait pas mal de sous. Les gens se blessaient souvent quand ils étaient ivres et souvent on l’appelait pour de simple migraines qu’elle réglait sans trop de difficultés. Elle glissa donc la somme demandée dans la paume du marchand, non sans grimacer un peu.


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Neleam
Jeu 26 Jan - 22:51
L’inconnue approuva le choix vestimentaire de Neleam et lui proposa un collier en plumes de Norsh. Le nom sonna agréablement exotique aux oreilles de la voyageuse et elle sut qu’elle avait encore beaucoup à découvrir, à commencer par les différentes espèces qui peuplaient ce monde. Le Norsh devait être un animal splendide à la vue des plumes qui ornaient le collier. Enfin, celui qui avait perdu ses plumes devait être nettement moins splendide, mais passons.

“- Et c’est normal que j’ai autant de mal à me souvenir de comment s’écrit ton nom ! Tu te rends compte de comment il est fichu avec toutes ces voyelles ! Au moins, Alice c’est simple et efficace. Pas besoin de se torturer l’esprit pour s’en souvenir !”


Neleam hésita à lui faire remarque qu’il y avait autant de voyelles dans son prénom, mais n’en fit rien. Elle venait de se présenter et la guerrière hocha la tête en guise de salutation et de « message reçu ». Elle se sentit terriblement gênée lorsqu’Alice, qui n’était plus autant une inconnue, paya la tenue. Ça semblait terriblement cher…

-Merci beaucoup Alice. Neleam attrapa le bras de la demoiselle et planta ses yeux clairs dans ceux de la jeune fille, sans se préoccuper du masque où des individus qui la cherchait. Elle parlait avec le coeur, et ses yeux en témoignaient. Sincèrement, tu n’étais pas obligée.. Dès que je pourrais, je te rembourserais !

La chevalière ne savait combien de temps ça lui prendrait, mais elle le ferait. Elle avait une haute estime des dettes et de l’honneur, alors elle rembourserait cette tenue, lorsqu’elle aura trouvé un travail. Ou lorsqu’elle aura vendu ses biens… Peut-être devait-elle sacrifier sa cape, après tout, elle aurait besoin de liquide pour survivre jusqu’à ce qu’elle trouve un moyen de gagner de l’argent.
Neleam observa la robe qui était désormais la sienne ainsi que le collier et se sentit prête à découvrir la ville ! Enfin, dès qu’elle se serait changée. Et que les malotrus auraient fini de les suivre, car maintenant ils étaient trois et guère plus sympathiques.

-Alice, il est temps d’aller boire ce verre !


La guerrière attrapa le bras d’Aline et fit demi-tour, l’entraînant de force et simulant (à peine) sa bonne humeur, presque fébrile. Les jeunes femmes passèrent à quelques mètres des bandits qui observaient la foule avec attention, mais Neleam doutait qu’ils imaginent un instant que leur cible leur passerait sous le nez, littéralement. La meilleure des cachettes est d’être au vu de tous.
Et au pire, si ce plan pourtant simple échouait, Neleam avait sur elle quelques lames qui pourraient mettre fin au problème des bandits, mais elle ne tenait pas à en faire usage, car elle venait d’arriver et ignorait totalement comment fonctionnait ce monde.

Alice Tan'Odrin
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Ven 27 Jan - 22:24
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Profession : Médecin itinérant
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Alice retint son souffle quand Neleam les fit passer juste sous le nez des hommes qui la cherchaient. Cependant ils n’y virent que du feu et la jeune fille les entendit même choisir d’abandonner la recherche. Visiblement, les deux personnes “calmes” qui avaient rejoint le costaud avaient réussi à le faire changer d’avis. Et elle était sûre que ce dernier emporterait l’homme au regard méchant avec lui. Malgré tout, elle ne put vraiment respirer que quand elle eurent tourné au coin de la rue. Ceci fait, elle laissa échapper un profond soupir.

“Alala… Merci beaucoup Neleam. Est-ce que je prononce votre prénom correctement ? Je suis désolée de vous avoir sauté dessus ainsi mais sur le coup, je n’arrivais pas vraiment à réfléchir. J’espère que je n’ai pas complètement détruit vos plans pour la soirée ?”

*C’est un peu tard pour penser à ce genre de choses tu ne crois pas ?*

*Oui… Peut-être. Mais je m’en veux quand même terriblement !*

“Au fait, dit-elle en se tournant vers sa compagne pour lui faire face, Je suis Alice.”

*Ca elle le sait déjà.*

“Ah oui c’est vrai, vous le savez déjà ! Suis-je bête !”

Elle ponctua sa phrase en se donnant un léger coup sur la tête du plat de la main pour souligner sa phrase. De ce fait, elle se rendit compte qu’elle avait toujours son masque sur les yeux. Elle l’enleva et inspira un bon bol d’air. La soirée semblait délicieuse.

“Je suis désolée, je n’ai pas vraiment l’habitude de faire la conversation. Il est possible que je sorte d’autres idioties…”

*Ah ba, voilà comment zapper toute possibilité de te montrer sous ton meilleur profile ! Franchement j'applaudis !*

Alice grimaça légèrement à la remarque de sa compagne puis se rappela qu’elle avait quelqu’un en face d’elle.

“Et… Heu… ha… Je suis médecin itinérant : Je viens de Suhury et voyage depuis quelques mois. Et vous ?”

*Jolie pirouette mais pas sûr que tes monosyllabes soient complètement passées inaperçues !*

*Cassie ?*

*Oui ?*

*Tu n’aides pas vraiment.*

Alice ignora les gloussement mentaux de son amie et en revint à la jolie brune qui lui faisait face. Elle avait l’air d’être ravie d’être là. De son côté, Alice n’avait pas choisit si elle aimait ou nom Phoros. Un poil trop d’animation pour elle peut-être. Un coin de bibliothèque près du feu était plus dans ses habitude mais si elle avait choisi de parcourir le monde, c’était aussi pour découvrir des choses qu’elle ne connaissait pas.

*Alice, tu t'égares là !*

*Ah oui, merci.*

Cassie l’avait ramené au présent pile au moment où ses yeux se posaient sur une taverne qui avait quelques tables en terrasse. La plupart étaient combles mais Alice en aperçue une côté rue donc les clients étaient en train de partir.

“Je comprendrais que vous ayez d’autres obligations mais si ce n’est pas le cas et que l’idée de boire un verre avec moi vous plaît je vois une table là-bas en train de se libérer, ça vous dit ?”

*Hé ba dis donc ! Voilà que notre petite Alice prend les devant !*

*Ne m’embête pas ! C’est déjà assez difficile pour moi ! Je croyais que tu essayais de faire en sorte que je me fasse plus d’ami !*

*Plus qu’aucun ç ne devrait pas être difficile. Et pourtant…*

*Hey ! Mais tu es déchaînée ce soir !*

Alice leva les yeux au ciel et attendit la/les réponse(s) de Neleam.


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Neleam
Mar 31 Jan - 11:02
Le plan de la chevalière se déroula à la perfection et les demoiselles tirèrent leur épingle du jeu de façon particulièrement naturelle et presque jouissive. Passer sous le nez de ses ennemis a toujours été quelque chose qui faisait rire aux éclats Neleam et qui lui donnait envie de chanter et danser. Sauf quand elle se faisait prendre, mais ça, c’était une autre histoire.
Arrivées au coin de la rue, elles se considérèrent comme sauves, et se permirent de relâcher la tension qui habitait leurs épaules, et de souffler un peu. Un grand sourire s’étala sur les lèvres de Neleam et elle jeta un coup d’œil à Alice.

“Alala… Merci beaucoup Neleam. Est-ce que je prononce votre prénom correctement ? Je suis désolée de vous avoir sauté dessus ainsi, mais sur le coup, je n’arrivais pas vraiment à réfléchir. J’espère que je n’ai pas complètement détruit vos plans pour la soirée ?”


La guerrière hocha la tête pour lui faire comprendre que oui, elle prononçait correctement son nom. Elle lui pardonna d’avoir été un plan de secours, puisqu’elle s’était bien amusée, et qu’elle n’avait rien détruit du tout puisque la soirée de Neleam avait été atomisée à son arrivée dans ce nouveau monde. Devait-elle lui vouer ne pas être d’ici ?

“Au fait, je suis Alice.”


-Euh… oui.

Neleam avait saisi son sous-entendu un peu plus tôt et se demandait pourquoi elle avait senti le besoin de le repréciser… A voir la tête qu’elle faisait actuellement, elle devait avoir parlé sans réfléchir et tentant de rectifier le tir immédiatement après.

“Ah oui c’est vrai, vous le savez déjà ! Suis-je bête !”


La demoiselle rit de bon coeur en secouant la tête, lui faisant ainsi comprendre que ça n’importait pas. Avec ce qu’elle venait de subir et tout le stress que ça avait dû lui causer, c’était normal qu’elle s’emmêle un peu les pinceaux.

“Je suis désolée, je n’ai pas vraiment l’habitude de faire la conversation. Il est possible que je sorte d’autres idioties…”

-Aucun soucis, et si on se prévient, il est possible que je ne vous épargne pas non plus, je parle souvent avant de réfléchir…

Les yeux pétillants de malice, Neleam laissa sa compagne d’infortune parler et finir les présentations.

“Et… Heu… ha… Je suis médecin itinérant : Je viens de Suhury et voyage depuis quelques mois. Et vous ?”

La guerrière tenta de ne pas paraître trop surprise et se contenta d’essayer d’emmagasiner l’information. Elle allait devoir retenir énormément de choses et… avouer être apparue par magie ici, parce qu’elle ne tenait pas à mentir et que tôt ou tard, les gens se rendraient compte qu’elle était différente.
Alice lui semblait sympathique et compréhensive, donc elle pourrait probablement lui raconter toute l’histoire. Les médecins sont généralement des gens sages et cultivés, restait à espérer que la demoiselle ne prendrait pas peur et ne déciderait pas de la faire brûler vive.
Je comprendrais que vous ayez d’autres obligations, mais si ce n’est pas le cas et que l’idée de boire un verre avec moi vous plaît je vois une table là-bas en train de se libérer, ça vous dit ?”
Neleam hocha la tête, ça lui disait. Elle avait envie, et besoin, de discuter et elle avait toujours adoré boire en terrasse. Elle pourrait probablement en profiter enfiler sa nouvelle tenue.

-L’idée me plaît ! Allons-y Alice, je sens qu’on a beaucoup à se raconter l’une l’autre. A commencer par la raison pourquoi un tel homme voudrait faire la peau à un médecin itinérant.


Appuyant ses propos d’un clin d’œil moqueur, Neleam se dirigea d’un pas rapide vers la table qui était désormais libre. Elles allaient probablement rester à cette table pendant de longues heures… Et Neleam avait vraiment trop chaud avec sa tenue, qui plus est, elle avait l’impression (justifiée) qu’elle attirait les regards.
Elle avisa sa nouvelle amie qu’elle partait enfiler son beau cadeau et qu’elle pouvait commander à boire quelque chose de local. Neleam s’éclipsa à l’intérieur du bâtiment et trouva facilement son chemin vers un petit coin privé. Les toilettes, il y en a vraiment partout. Différentes en fonction des mondes et de leur avancée technologique, mais le principe restait le même.

La jeune femme quitta son armure avec difficulté, elle lui avait collé à la peau à cause de la chaleur et de la transpiration, si bien qu’elle se débattit de longues minutes avec ses vêtements de cuir. Elle se cogna au passage dans les murs qui entouraient la petite cabine et pesta contre l’espace réduit. Elle réussit finalement à enlever ses vêtements d’alavirienne et profita de la fraîcheur nouvelle qui lui mordillait agréablement la peau. Ça faisait un bien fou.
Elle enfila ensuite le vêtement qu’Aline venait de lui acheter et plaça l’élégant collier autour de son cou. Posant ensuite le regard sur ses armes, elle décida de ne passer qu’une épée à la ceinture, et de dissimuler un poignard sous la robe longue. Le reste… resterait de côté, avec l’armure et la cape.

La guerrière sortit des toilettes passablement décoiffée et tenta d’ordonner son imposante chevelure d’un geste de la main. Elle rejoignit rapidement Alice sur la terrasse, bien décidée à reprendre leur discussion là où elles l’avaient laissée.

-Merci Alice pour ce beau cadeau
, elle désigna sa nouvelle tenue, j’en prendrais soin.

S’asseyant à table, Neleam décida de commencer directement avec quelques informations à son propos.

-Comme tu le sais déjà, je me nomme Neleam. Ce que je fais de mes journées… C’est chercher l’aventure. Je suis chevalier, j’aide les gens dans le besoin ou je loue mes services aux personnes qui en ont les moyens.

Elle fit une brève pause, avant de reprendre, d’une voie moins forte.

-Je ne viens pas d’ici, mais cette histoire… je te la conterais plus tard. Raconte-moi un peu de ta vie. Pourquoi cet homme t’en voulait ? Les médecins ne sont-ils pas des gens précieux et respectés ? Pourquoi voyages-tu ? Et… C’est déjà pas mal. J'ai plein de questions, donc je vais essayer de retenir mes pulsions !

Neleam mâcha un éclat de rire et fit un effort pour garder la bouche fermée sinon elle n'aurait jamais ses réponses.


Esrin Iliën
Jeu 2 Fév - 14:57

Un frisson parcourrait le corps d'Esrin, s’enroulant un peu plus dans sa cape-fourrure. Il maugréa, obligé de tenir encore pour trois heures son tour de garde. Là-bas, dans le camp de la Légion, ils étaient tous au chaud, autour des feux et dans leur lit douillet. Bon, il l'avait mérité d'une certaine manière. Son capitaine n'avait décidément pas le sens de l'humour. Dans les Marches, on était en plein hiver. Pas le bel hiver du Sud, celui où la neige est accueillie comme une merveille de la nature et où le froid ne perce pas à travers les vêtements. Non, ici on était gelé de toute les parties du corps. Oui toutes. Et le vent glacial finissait de vous transformer en glaçon. Heureusement qu'il n’existait pas de touristes dans cet région de Gwendalavir. On les aurait pris pour des fous. Vous pensez qu'Esrin faisait du tourisme ? Pas vraiment, il était censé plutôt empêcher une espèce de cochons semi-intelligents d'envahir massivement les stations balnéaires du Sud du continent. On était ouvert à toutes les cultures dans l'Empire, mais quand des guerriers cochons brulent et détruisent des villages de colons au Nord, en les tuant tous, on avait opté pour une fermeture des frontières. Et puis depuis que les mercenaires avaient disparus, il fallait bien que la Légion s'occupe un peu.

Un bâillement se fit entendre, le légionnaire commençant à se laisser emporter par la fatigue. Il se ressaisit, il ne fallait pas qu'on le trouve endormit. Sinon le capitaine lui donnerait une correction. Le froid semblait s'intensifier et du givre commençait à recouvrir le guerrier. Il se secoua plusieurs fois, en grognant et pestant. Soudain, Esrin sentit un coup de vent plutôt puissant qui approchait, au son des branches des arbres qui craquaient et s'agitaient. Aucun abri bien entendu, donc l'aveugle se prépara tant bien que mal en se protégeant de sa fourrure. Il s'attendait à une bourrasque, un peu forte certes, mais passagère. C'est un véritable ouragan qui frappa de plein fouet le légionnaire qui fut projeté en arrière. Il se souvenait simplement de la douleur lorsque sa tête se cogna contre un rocher puis ce fut le noir.

C'est la chaleur qui le réveilla. Paniqué, il était totalement perdu. Il se croyait au beau milieu d'un bucher. Puis il s'habitua lentement à la température, se rendant compte qu'il portait toujours sa fourrure. La jetant au loin, il se sentit tout de suite mieux. "Qu'est-ce qui s'est passé?" Une douleur cuisante explosa alors au niveau de l'arrière de son crâne, le crispant horriblement et le faisant gémir. La crise passé, le guerrier était en sueur. Il se souvenait alors. "Ce vent... Ce n'était pas naturel." Il essayait de trouver une explication logique, mais cela lui donnait encore plus mal au crane. D'ailleurs il commençait à saigner abondement. L'aveugle réajusta les bouts de tissus qui cachaient ses yeux pour recouvrir la plaie et ralentir l'hémorragie. Satisfait de ce rafistolage, il se mit alors à se demander pourquoi il faisait aussi chaud. C'est alors que ses sens se mirent tous en même temps en alerte. C'était un vrai capharnaüm autour de lui, des bruits assourdissants, des cris, de la musique. Son odorat fut agressé par l'iode en forte quantité et de senteurs épicées et poivrées inconnues. Il souffrait horriblement, ses sens étant terriblement sensibles dû à sa cécité. Un long moment passa, durant lequel Esrin serra les dents tandis que ses sens s'habituaient peu à peu. Bon maintenant, pour il ne trouvait plus en pleine forêt dans un froid glacial ?

Il se releva tant bien que mal, manqua de tomber à cause d'un vertige. Son crane avait été durement touché. Maugréant il plaça sa main sur la garde de son épée. C'était peut-être un piège, tendu par un mercenaire, qui l'avait envoyé ici grâce à un pas de côté. Pourtant il ne senti aucun danger le menaçant dans son environnement proche. Il entendu un peu plus loin des discussions, des cris et des bruits d'une fête. Se détendant petit à petit, le légionnaire se dit qu'il avait certainement été victime d'un caprice du Dessin. Il était très présent dans les Marches, à proximité de la Citadelle. Et il arrivait de voir des évènements inexplicables dans cette région. Il lui fallait demander quelle était cette ville. Il pourrait peut-être rencontrer le gouverneur pour lui demander de prévenir la Légion qu'il n'avait pas déserté. Même si Esrin doutait qu'on croirait à son histoire.  

Se basant sur son ouïe pour se rapprocher de ce qui semblait être une petite place en pleine activité, il remarqua que les gens avaient un accent étrange, qu'il ne reconnaissait pas. D'ailleurs, dans son environ proche, les discussions avaient cessé et des murmures les avaient remplacés. Des fois l'aveugle maudissait sa bonne ouïe. Que les gens pouvaient être déplaisant des fois. Comment ça son accoutrement était ridicule ? Pourquoi ne reconnaissent-ils pas l'armure en vargélite? Il était peut-être dans une région éloignée du Continent de l'Est... Ignorant les remarques, Esrin continua son chemin, se laissant envahir par l'ambiance qui régnait sur la place. Il avait raison, c'était bel et bien une fête qui se déroulait ici. De nombreux marchands appelaient les passants à admirer leurs produits, il s’y trouvait des musiciens ambulants et partout les gens s'amusaient, riaient. Le guerrier de détendit peu à peu, 'voyant' bien qu'il ne risquait rien. Cela ne l'aidait pourtant pas à savoir où il se trouvait et il s’apprêtait à interpeller un passant quand il fut poussé par quelqu'un assez violemment. Il s'était éloigné de la place, tournant dans une rue à l'un de ses angles, là où le flot de personne s'était réduit pour qu'il évite les commentaires de plus en plus oppressant qu'il déclenchait à son passage.

"Eh, faites attention!"

L'homme qui l'avait bousculé, et qui était accompagné apriori par trois autres personnes, ne s'était pas arrêté et continuait sa route.

"Eh bien, on manque de civilité dans cette ville je remarque. Vous pourriez vous excuser monsieur."

Esrin ne cherchait pas les ennuis, mais il détestait être ignoré de la sorte. Il ne comprenait pas comment ces gens ne pouvaient pas reconnaître un légionnaire et qu'il représentait l'Empereur. Un petit rappel à cette brute ne ferait de mal à personne. Celui-ci s'était enfin arrêté, ainsi que ces compagnons. Esrin entendit que ceux-ci demandaient à la brute de laisser tomber, mais il les repoussa et semblait se tourner vers le guerrier.

"Ne te met plus au travers de mon chemin minus. Ou je t’écraserais." , lui répondit l'homme, d'une voix désagréable et agressive tout en s'approchant.
"Je vous demande pardon?"
"Attends je vais t'aider à comprendre."
"Comment osez-vous? Au nom de l'Empereur je vous ordonne de..." commença l'aveugle.

Il n’eut pas eu le temps de terminer sa phrase qu'il se sentit soulever par une poigne puissante. Sortant son épée de son fourreau, surprit, il partit en vol plané quand la brute le lança à travers une fenêtre non loin. La vitre explosa et plusieurs morceaux de verre écorchèrent les bras du légionnaire, qui se retrouvait allongé, meurtris physiquement et aussi dans sa fierté, au milieu de ce qui semblait être une auberge pleine de clients. Décidément, c'était la journée des surprises.  

Alice Tan'Odrin
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Dim 5 Fév - 22:58
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Spoiler:
 

Alice hésita longuement devant le choix (pourtant restreint) que lui proposait le serveur. Elle n’avait pas l’habitude de boire et… En fait en y repensant, ce serait tout simplement son premier verre d’alcool.

* Ah ces fichus serviteurs de Möchlog. Tout ça parce-que l’alcool est mauvais pour la santé gniagniagnia…*

*Tu ne penses pas que je devrais boire un jus de fruit du coup ? Ou de l’eau ?*

*Mais non, vas-y lâche-toi ! Avec ce qui vient de t’arriver tu as bien le droit de te détendre un peu !*

Alice acquiesça et se repencha sur son choix devant un serveur de moins en moins patient. L’entendant soupirer, elle finit par lui répondre qu’elle lui faisait confiance et qu’elle voulait deux verres pour deux amies qui se retrouvaient après une longue séparation. L’autre maugréa quelque chose mais Alice sentit tout de même qu’il était content qu’on en appelle à sa créativité. Il revint avec deux verres remplis d’un liquide arc-en-ciel au moment où Neleam revenait à leur table.

*Whaou !*

“Cette tenue vous va très bien !*


Alice pris un des verres et y trempa ses lèvres. Le goût la surpris. C’était vraiment mauvais au premier abord puis une vague de goûts fruités arrivait à son palais. C’était donc ça l’alcool ? Etrange… Un chevalier donc ? La brune devait avoir un cheval quelque part du coup. A moins qu’elle l’ait laissé là d’où elle venait. Elle semblait si mystérieuse avec ses vêtements bizarres et ses ours élastiques. Elle reprit une gorgée. Le mauvais goût n’était pas si mauvais en fait. C’était même agréable. Alice sentait une douce chaleur l’envahir. La musique et le brouhaha environnant devint à la fois plus et moins présent, comme s’ils formaient un espèce de cocon autour de la jeune fille.

Alors comme ça elle ne voulait pas parler tout de suite ? Quel dommage. Elle aurait tellement voulu en savoir plus sur ces étranges plantigrades ! Mais bon. L’information passa au second plan tandis qu’elle rassemblait ses esprits pour expliquer à Neleam son après-midi. Elle bu un peu pour se donner du courage. C’était vraiment bon en fait ce truc !

“C’était quand déjà ? Ah heu.. Oui dans l’après-midi. Je faisais ma tournée des auberges pour soigner les maux de crâne comme à mon habitude quand deux hommes sont venus me chercher. Ils devaient avoir couru parce-qu’ils étaient essoufflés. Personnellement je cours rarement.

*Alice ?*

“Ha oui, pardon.”

Un peu de cocktail glissa dans sa bouche.

“Et donc, ces deux hommes m’attrappent par les bras et se mettent à m’emmener en déblatérant comme quoi y’a une urgence et tout ! Y’a toujours des urgence. Surtout quand t’es médecin. C’est pour ça qu’on nous apprend à toujours être hyper calme à nous, les disciples de Mögloch. Tu soigne personne quand tu vas trop vite ! Oh, je peux te tutoyer hein ?”

Alice n’attendit pas la réponse de sa compagne et continua son histoire.

“Et donc ils finissent par m’emmener à l’urgence. Et c’était pas beau à voir. Une pauv’e gamine qui avait sauté d’un toit. Les gens autour disaient qu’elle avait trop bu et qu’elle avait voulu s’envoler. S’envoler ! Visiblement elle n’était pas la copine d’Amisgal parce-que ça lui a pas réussit du tout. Et y’avait toute la famille ! Cette gamine avait pas trouvé mieux que de venir s’envoler à côtés des hangars où bossait son père. C’était le gros barrac de tout à l’heure. Il était dévasté. Normal tu diras. C’était vraiment triste. Et le bonhomme qui arrêtait pas de me dire qu’il me paierait tout ce que je voulais si je soignais sa fille. Mais le problème, c’est qu’elle était raide. Morte. Caput.”

Alice fondit en larme et serra ses bras autour de son corps. Elle avait déjà vu des morts et des familles en détresse mais elle ne savait pas pourquoi, elle avait envie de pleurer tellement c’était triste. Au bout d’une minute et suite à des reniflements très peu esthétiques elle attaqua un deuxième verre que le serveur avait subtilement apporté.

“Bref, le père pleure, me supplie mais je peux rien faire. Je lui conseille d’appeler les services funèbres de la ville pour qu’ils se chargent du corps et tout et tout et voilà pas que d’un coup il devient tout rouge et se met à me hurler dessus. Comme quoi je suis un monstre ! Que je refuse d’aider sa petite fille ! Y’a bien deux types qui ont essayé de le raisonner mais y’avait aussi l’autre. Celui avec le regard méchant. Je l’aime pas celui là. On dirait qu’il a qu’une envie c’est découper des gens en petits morceaux. Mais heu… Je m’égare. Donc monsieur papa pète un cable et soulève une brouette qui passait par là pour me la lancer dessus. Du coup, pas folle, je me suis mise à cour…”

Alice ne put jamais finir sa phrase car c’est ce moment là qu’un “truc” traversa les fenêtres de l’auberge avec un grand fracas. Désorienté par l’alcool, elle mis un moment à comprendre ce qu’il se passait. Quand son cerveau se rendit enfin compte que Monsieur Papa était en face d’elle et qu’il venait de lancer non pas un “truc” mais un “quelqu’un”, elle but cul sec ce qui restait de son second verre, se leva brusquement en renversant sa chaise et se précita vers le pauvre frisbee.

La grosse brute qui n’avait pas encore fait le lien avec la jeune fille blonde qui se précipitait vers l’homme au sol et le médecin qu’il avait fait mander plus tôt continua sa marche colérique droit vers le couple.

“Minute papillon.”

Alice avait parlé d’une voix autoritaire qu’elle ne se connaissait pas ce qui eu pour effet de la faire glousser. Ce qui était un peu ridicule quand on tentait de ralentir la charge d’un rhinocéros mais très déstabilisant aussi. D’ailleurs, le pauvre homme faillit trébucher en essayant de s'arrêter. Profitant du sursis, Alice, toujours complètement bourrée examina rapidement la victime. Ok. Plein de bobos partout ! Trop facile ! Elle tendit la main au dessus de l’homme -qui soit dit en passant était accoutré de façon tout à fait ridicule-, invoqua son pouvoir et lui balança tout le jus. Et Bim ! Une vague d’énergie blanche dans ta face !

L’homme étant maintenant parfaitement remis avec en prime une peau douceur de pêche, Alice se tourna vers son public.

“Avec les remerciements de Möchlog !”

Sauf qu’avec tout ça, la brute avait enfin compris à qui il avait affaire ce qui eu pour effet de redoubler sa colère. Sûrement aussi dû au fait qu’il la cherchait depuis un moment ce qui devait être irritant.

*Ok Cassie, je te le laisse ?*

*Oh Yeh !*

Ce qu’il faut savoir c’est que, même si elles avaient deux personnalités bien différentes, Cassie et Alice partageaient définitivement le même corps. Ce qui faisait que le taux d'alcoolémie de Cassie était tout aussi élevé que celui de sa consoeur.

“Oh mais ça suffit ça !”

Cassie venait de hurler à l’intention de la montagne de muscle qui avait visiblement décidé de la réduire en charpie, pointant un doigt accusateur sur son torse.

“Votre fille est morte. MORTEUH. C’est triste, c’est même terrible mais je peux rien y faire ! Alors allez pisser un coup et laissez moi tranquille !”

ELle repensa brièvement à l’homme en train de se lever derrière elle.

“Laissez tout le monde tranquille en fait ! C’est fatiguant à la fin quoi !”

Visiblement, le visage de l’homme paraissait hésiter entre diverses émotions parce-que celui-ci enchaînait plusieurs grimaces étranges. Avant qu’il n’ait choisi définitivement, ses compagnons le rejoignirent enfin et deux d’entre eux l’attrappèrent par les bras.

“Ca suffit Gilles ! T’as pensé à ta femme ! Tu crois que ça lui suffit pas que Léa soit morte ? Faut en plus que t’aille tabasser des gens dans les tavernes ?”

Cassie hocha la tête d’un air terriblement approbateur. Soudain elle sentit qu’on la tirait en arrière avec violence et qu’on lui plaquait un truc froid sous la gorge. Un truc qui…

“Mais Aïeeeeeuh ! Ca fait mal votre truc !”

La lame posée sur son cou venait de légèrement entamé sa peau dans le mouvement. Elle voulu la pousser mais on lui tenait fermement les bras. En plus la tête commençait à lui tourner. L’alcool ou la dépense d’énergie pour la guérison de tout à l’heure ? En tout cas ça faisait mal.

“Alors patron, on la troue cette péta*** ?”

Erf, ça c’était la voix du mec au regard méchant, c’était sûr. Il avait dû profiter du capharnaüm pour se glisser derrière elle.


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Neleam
Jeu 9 Fév - 19:41
Neleam eut le plaisir de voir le visage de sa guide s’illuminer à son arrivée. La robe semblait lui aller comme un gant, ce qui la rassura, elle n’était pas une grande adepte des vêtements féminins. Rien n’équivalait un pantalon, mais à Rome on fait comme les Romains. Sauf qu’elle n’était pas à Rome.
La demoiselle s’assit à table et observa les verres qui s’y trouvaient. Ils étaient magnifiques, on aurait dit des arcs-en-ciel dans de somptueux verres… Rien qu’en les voyant, la guerrière avait l’eau à la bouche. Elle aimait les cocktails et toutes les boissons qui contenaient de l’alcool. …Restait à espérer qu’il y aurait de l’alcool. Elle se gronda mentalement, refusant de passer pour une pochtronne, elle n’avait pas besoin d’alcool.
Imitant Alice, elle but une gorgée du liquide coloré. Il y avait de l’alcool, mais également beaucoup de sucre. Elle ne reconnaissait pas le goût de l’alcool ni des diluants, mais elle devait avouer…que c’était fichtrement bon. Sa nouvelle amie devait probablement en arriver à la même conclusion, car sa seconde gorgée ne fut pas accompagnée d’une grimace. Neleam se demanda si c’était la première fois qu’elle buvait cette boisson puis haussa les épaules. Peu lui importait, c’était bon.
Elle écouta avec attention le récit plutôt décousu d’Alice, notant mentalement ces noms qui lui étaient étrangers. Mochlog, Moloch, Mogloch, Mo-glch-quelquechose semblait être celui d’une personne haut placée, à la tête d’une secte ou plutôt d’une discipline, ou d’un centre de médecine… Neleam avait tant de questions qu’elle se mordit les lèvres afin de rester muette. Elle ne voulait pas déranger la sauveuse de vie qui lui racontait son histoire.
Histoire ahurissante. Elle la contait comme si elle la revivait. Avec une grande innocence, mêlée à de l’ironie et une grande clairvoyance, mais… lorsqu’elle fondit en larmes la guerrière ne sut comment réagir. C’était un comportement particulièrement étrange. Peut-être l’après-coup, elle réalisait à peine ce qu’il s’était passé… mais lorsque le récit reprit, Neleam se demanda si elle n’avait pas fait fausse route. Elle ignora la possibilité qui lui murmurait qu'Alice était folle pour n'écouter que la fin de l’histoire.
Alors que le dénouement approchait, Neleam le connaissait en partie, un individu fracassa la vitre de la taverne et resta allongé, face contre terre. En piteux état…
Sauf que l’homme qui l’avait envoyé là n’était d’autres que la montagne de muscles qui en voulait à Alice. Le père de la gamine qui ne volait pas.
Sauf qu’au lieu de baisser le nez et de tendre l’oreille, comme l’aurait fait Neleam, pour n pas attirer l’attention sans pour autant perdre une seule miette de la scène, elle se leva et se précipita vers le blessé.
Drôle d’instinct…

“Minute papillon.”


Comme si sa frêle silhouette dégageait une autorité divine, tous observèrent avec stupeur la demoiselle arrêter la montagne de muscle. Sa voix était claire et personne ne l’aurait contredite. En fait, plus personne ne parlait dans les alentours.
Neleam l’observa avec curiosité ausculter rapidement l’homme à terre et resta bouche bée devant ce qui s’en suivit. Une lumière blanche sortit de ses mains et toucha le corps de l’homme blessé. Lorsque la lumière légèrement aveuglante disparut, l’homme était comme neuf. Il n’avait plus la moindre coupure.
Hallucinant.
La guerrière resta immobile, incapable de bouger ou même d’avoir la moindre pensée. Elle était en état de choc. C’était.. de la magie. Certainement pas du dessin.
Et encore ce Mochlog… Il fallait vraiment qu’elle se renseigne à son propos.
En fait ce qui sortit Neleam de son état.. amorphe, ce fut l’armure du blessé. On aurait dit une armure de Vargélite. C’était étrange et totalement improbable, mais… La curiosité de la chevalière était piquée et elle s’approcha à son tour du centre d’attention de toute la ville (ou presque).
Le père qui venait de perdre sa fille fulminait, reconnaissant enfin qui était cette demoiselle, et sa colère enfla subitement. Il avait l’intention de s’en prendre à Alice, qui cette fois-ci aurait plus de mal à le semer. Et l’homme blessé restait par terre. Mais en s’approchant, Neleam avait la certitude qu’il s’agissait bien de Vargélite. Vargélite de Gwendalavir. Ce métal presque indestructible et aussi sombre que la nuit…
Son sens du devoir reprit le dessus et la chevalière se redressa, bien décidée à sauver son compatriote. Et Alice, qui avait maintenant une lame affûtée posée sur sa gorge.

“Alors patron, on la troue cette péta*** ?”


Neleam posa ses poings sur les hanches et son visage se colora légèrement, tandis qu’une expression offusquée prenait place.

-Dites-donc, ce n’est pas un langage qu’on tient devant une jeune femme ! Ni même en public ! Je vous demanderais de retirer ces vilains mots et de vous excuser auprès de la jeune dame que vous êtes actuellement en train de blesser. Verbalement et physiquement. J’en demanderais bien de même pour l’homme que vous avez violemment jeté à travers la vitre, mais.. il, euh… Est comme neuf. Neleam jeta un coup d’œil en direction de celui qui devait être un légionnaire. Il n’avait plus la moindre coupure. C’était vraiment stupéfiant. Encore mieux que les rêveurs. C'était immédiat et... sacrément puissant. Ce n'était pas du Dessin. Grâce à Maugloche et ses puissants organes.

Neleam observa ensuite les trois individus qui la dévisageaient comme si un troisième œil lui avait poussé au milieu du front. Peut-être que la référence à cet individu n’était pas la meilleure idée.. surtout que l’expression était particulièrement.. irrationnelle. Et inutile. Ou alors ils ne comprenaient pas pourquoi cette petite femme ainsi vêtue venait leur parler.
La seconde option était probablement véridique, car aucun des hommes ne fit la moindre excuse ni le moindre geste signifiant qu’ils allaient libérer Alice.
La chevalière soupira et leva les yeux au ciel. Elle connaissait ce genre de brutes, et se doutait que peu importait leur monde, ils ne comprenaient que les baffes. Donc ça serait des baffes.

-Bon les gars… vous abusez quand même ! Une nouvelle robe toute belle ! J’ai promis de ne pas la salir en plus… Et elle est longue ! Vous avez vu, hein ?

Neleam secoua le bas de sa robe qui frôlait le plancher. Elle était plutôt courte sur patte, mais heureusement elle ne marchait pas dessus. C’était limite, mais suffisant. Et ça permettait de cacher les bottes, qui juraient avec la tenue.
Bref, tout le monde avait vu sa robe. Et il était temps qu’elle intervienne.
Un plan se forma dans son esprit, avant qu’elle ne secoue la tête. Elle n’aimait pas les plans, ils avaient la fâcheuse tendance à ne pas fonctionner correctement.

La demoiselle bomba le torse et prit un air mauvais, ce qui pouvait être comique. S’il n’y avait pas eu cette lueur inquiétante dans ses yeux. En fait, le ricanement de l’homme qui avait posé sa lame contre la gorge d'Alice s’étouffa dans sa gorge, produisant un son étrange. Ses lèvres se crispèrent et Neleam y lut pendant une fraction de seconde de la peur.
La guerrière se demanda si elle produisait vraiment cet effet avant de hausser mentalement les épaules. Peu importait. Elle devait sauver l’otage.

-Toi, rejeton de ts’lich, laisse-la partir et troue ma peau. Enfin, tente de la trouer, parce que tu n’as aucune chance d’y parvenir. Tu n’es bon qu’à filer la queue entre les pattes dès que ça se corse.

Les insultes étaient des armes amusantes, surtout lorsque les hommes étaient piqués dans leur fierté et qu’ils venaient au combat. Ignorant le regard du père en deuil, qui le fusillait méchamment, l’homme relâcha Alice et s’approcha de Neleam en roulant de mécaniques, ce qui n’impressionna pas le moins du monde son adversaire. Il avait libéré la demoiselle et c’était le but. Elle n’avait plus qu’à lui mettre une dérouillée et l’affaire serait réglée. Enfin, il fallait qu’elle garde dans le coin de son esprit le mastodonte qui n’allait pas rester les bras croisés pendant que son ami se ferait ridiculiser.

Oui, Neleam était sûre d’elle.

C’était une guerrière et l’homme en face d’elle n’avait pas la moindre chance. Sa démarche évoquait celle d’un homme qui mise tout sur ses premières attaques, qui frappe fort et ignore comment encaisser.
La difficulté du combat était plutôt de ne pas salir sa nouvelle robe. Et de se battre avec.
Une difficulté de taille qui inquiétait bien plus Neleam que son adversaire et ses comparses.

-On va pas y passer la nuit, approche ton boule qu’on en finisse, mon gars !

La guerrière s’avança rapidement en direction de l’homme. Il était grand et plutôt fin, assez rapide, mais pas suffisamment. Parfaite Gentle-woman, Neleam laissa l’homme frapper en premier. Le poing droit de l’individu ne rencontra que l’air. La demoiselle s’était légèrement décalée, laissant le poing la frôler, et elle en profita pour frapper deux fois, au coude qui passa devant son nez ainsi qu’aux côtes. Une fraction de seconde. L’homme grogna, mais Neleam ne le laissa pas reprendre son souffle. Elle se jeta sur lui, les deux pieds en avant. Une technique peu conventionnelle, certes, mais plutôt efficace. Elle embouta donc l’homme qui chuta, surpris par le poids qui venait de lui enfoncer l’estomac.
Se réceptionnant sur ses mains, la chevalière se remit immédiatement en garde et reprit le combat, bien décidé à l’achever rapidement. Le père allait intervenir, tandis que l’autre homme restait en retrait, peu désireux de participer à une mêlée, ou de frapper une femme.
L’homme attaqua, multipliant les attaques, rapides et fortes. Neleam les esquivait ou tentait de les bloquer au mieux. Elle n’avait pas peur de prendre des coups, elle savait encaisser. Elle attentait que son adversaire se fatigue, ce qui ne tarda pas. Lorsque ce fut le cas, c’était à son tour d’attaquer. Il était sans défense. Il était fini. Les coups plurent. Poings, coudes, genoux, tête, Neleam enchaînait les frappes, rapide et fluide. En perpétuel mouvement, ses pieds semblaient danser sur une musique endiablée dont elle seule percevait le rythme et connaissait les pas.


La guerrière recula et expira lentement. Son adversaire vacilla quelques instants, avant de s’écrouler au sol. Son état n’était pas beau à voir, il allait mettre longtemps à se remettre correctement sur pieds, mais la guerrière s’en moquait éperdument.
Elle jeta un coup d’œil à ses mains dons les phalanges étaient éraflées, espérant qu’elle n’allait as tâché sa nouvelle robe avec du sang.

Ce fut à cet instant que le père entra en action. Il avait probablement tardé à cause de son instinct qui lui criait que ça n’en valait pas la peine, mais il avait envie de se défouler. Il avait besoin d’évacuer la colère qui l’habitait, la douleur qui le tourmentait. Neleam s’y attendait et se retourna vivement, prête à poursuivre le combat.

Esrin Iliën
Jeu 16 Fév - 23:00
Le crâne d'Esrin le fit de nouveau souffrir, suite au choc de son 'atterrissage'. Le guerrier avait essayé de se relever mais un fort vertige l'en empêcha, accentuant sa douleur. Il était en mauvais état, et son accident d'un peu plus tôt n'arrangeait pas les choses. Contraint à l'immobilité, il espérait, non sans ravaler sa fierté, que la brute passerait son chemin. Même s'il avait toujours son sabre, Esrin ne pourrait pas se défendre longtemps avec cette douleur et ces blessures. Et puis de toute façon, ses sens étaient totalement perdus, ce qui le rendait complètement aveugle à son environnement. Ses oreilles sifflaient à cause de son mal de crâne, ses nerfs étaient à vifs, sa peau parcourue d'éclats de verre et ne parlons pas de ce goût de sang dans la bouche de l'aveugle. Il grognait de rage, mais ça résonnait plus comme le râle d'un animal blessé. "Journée de merde" essaya-t-il de pester, mais cela lui fit cracher du sang. Le silence s'était fait dans la salle, les consommateurs étant certainement surpris par ce tas humain au milieu des flaques de bière qu'ils dégustaient une seconde plus tôt. Le guerrier entendait certains murmures des clients, mais par l'empereur, qu'est-ce qu'elle avait de si moche son armure ? Il faudra leur rappeler ce qu'était la Légion Noire quand il aurait récupéré de tout ça. Sauf que ce n'était pas fini, au grand damne du fier légionnaire, qui repéra l'approche de pas sourds et lourds venant de l'entrée de la salle. Décidément, il devait bien porter son poids.

Avec un soupir résigné, Esrin s'appuya tant bien que mal sur ses bras pour se redresser et s'apprêta à lui lancer une pique sur son surpoids supposé. S'il devait prendre une correction, autant que ce soit mérité. Mais ses forces le quittèrent et il s'écroula lamentablement au sol. Pitoyable. Il se préparait au combat en serrant plus fort le manche de son épée, maudissant celui ou celle qui l'avait envoyé dans cette ville de fous. L'aveugle se rendit alors compte qu'une personne s'était approché de lui d'un pas rapide, posant déjà ses mains sur le légionnaire pour examiner ses blessures. "Désolé, mais vous ne pouvez pas me réparer pas comme ça." pensa-t-il. La grosse brute là-bas s'était arrêtée un instant puis il était reparti à la charge. En plus d'être du muscle sans cervelle, il s'attaquait aussi à ceux qui aidaient les gens ? Dans quel endroit était-il encore tombé... Ah oui, il oubliait la brute qui fonçait sur son sauveur. Il commença à ouvrir sa bouche pour la prévenir.

"Minute papillon."

C'était la voix de mon sauveur. De ma sauveuse plutôt. L'injection avait été si puissante, non pas au sens de volume, mais dans l'autorité qu'elle dégageait. En deux mots elle venait de clouer sur place la brute. Impressionnant. L'aveugle n'eut pas le temps d'analyser plus en détail sa bienfaitrice qu'elle posait de nouveau ses mains sur sa poitrine. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire pour soigner ses blessures ? Soudain, tout le corps du guerrier semblait se soulever, alimenté brusquement d'une très grande quantité de force vitale. Et c'était tout. Cela avait duré une seconde, même pas. Esrin avait du mal à se remettre de ses émotions. Complètement perdu. Il remarqua alors son absence de souffrance, la disparition de son mal de crâne et des blessures sur ses bras. Il se sentait comme neuf, comme s’il venait de naître. C'était... Étrange. Esrin mit plusieurs minutes à reprendre ses esprits, face à un phénomène inconnu et qu'il ne pouvait pas comprendre. Qui était cette femme ? Peut-être une sorte de super rêveuse. Son pouvoir était tout simplement impressionnant. Un peu trop pour le légionnaire qui, un instant plus tôt, était incapable de remuer le petit doigt. Il se ressaisit pour se reconnecter à son environnement. Il était toujours dans une mauvaise passe avec cette brute ambulante.

Le légionnaire commençait à se relever pour remercier la guérisseuse quand il remarqua l'approche d'une autre personne, plus furtive. Mais son pas n'était pas professionnel comme celui d'un marchombre. La femme ne semblait pas l'avoir entendu car il était maintenant juste derrière elle. Esrin était perdu avec tous ces protagonistes et il n'avait pas encore les idées claires. Sa sauveuse poussa alors un petit cri alors que l'autre individu avait fait un mouvement rapide vers elle. L'aveugle l'avait compris aux froissements de ses vêtements dans l'action. Que venait-il de faire ? L'avait-il poignardé ? Il ne comprenait absolument rien alors il préféra rester les sens en alerte.

“Alors patron, on la troue cette péta*** ?”

D'accord, elle n'était pas encore 'trouée' dans ce cas. Cela rassurait un peu le légionnaire, qui était redevable à cette femme. Bon par contre il n'appréciait vraiment ce bonhomme. Il était vulgaire, respirant l'agressivité et sentait fortement la malveillance. Elle ne pouvait pas agir pour se libérer, l'agresseur devait plaquer une lame sur sa gorge pour la maîtriser. Méthode classique des truands en tout genre.  C'était un genre d'individu très dangereux, car ils étaient imprévisibles, mais surtout sans cervelle. Être un abruti n'aidait pas à prendre des décisions raisonnables. Esrin avait tous ses sens en éveil, réfléchissant en toute vitesse à un moyen d'intervenir sans que la femme ne soit blessée. L'homme ne devait pas faire attention à lui, sinon il aurait empoigné sa prisonnière à l'opposé de celui-ci. Il pouvait peut-être le surprendre en frappant l'arrière de ses jambes, puis dans le même élan lui prendre le bras qui menaçait la femme. Perdu dans ses pensées, Esrin n'avait pas entendu l'intervention soudaine d'une autre dame, sur sa gauche, s'approchant du truand et de sa prisonnière. Se reprenant et s'en voulant de sa négligence, il orienta ses sens vers la nouvelle protagoniste de la scène.

-Toi, rejeton de ts’lich, laisse-la partir et troue ma peau. Enfin, tente de la trouer, parce que tu n’as aucune chance d’y parvenir. Tu n’es bon qu’à filer la queue entre les pattes dès que ça se corse.  

Elle avait un caractère rarement rencontré par le légionnaire, bien trempé et elle était sûre d'elle. Ce n'était pas une menace en l'air, elle était une combattante. Sa voix était posée, puissante, et sans hésitation. A ce moment-là on savait qui était le plus dangereux des deux. Elle venait de provoquer l'agresseur pour le pousser à la faute et le guerrier saluait cette méthode. Avec un peu de chance il allait totalement lâcher son attention sur la guérisseuse (Esrin ne savait toujours pas comment la décrire) pour se concentrer sur cette nouvelle adversaire. L'homme semblait pourtant hésiter et Esrin se mordit les lèvres. S'il résistait à l'affront la situation pouvait empirer très rapidement. Il était prêt à intervenir, mais il ne voyait pas vraiment quoi faire sans que l'otage ne soit blessé. Il fit quelques pas discrets vers eux pour préparer une intervention.

-On va pas y passer la nuit, approche ton boule qu’on en finisse, mon gars !

Il n'en fallut pas plus au truand pour être prit au vif et de lâcher la jeune femme, ainsi libérée. La guerrière, maintenant Esrin en était persuadé à sa démarche, se dirigeait en vitesse vers l'homme. Celui-ci fonça alors à sa rencontre, d'un pas rapide pour très précipité. Il n'était décidément pas un combattant. L'aveugle ne prit pas le temps d'attendre la confrontation entre ces deux-là pour s'approcher de sa bienfaitrice et la mettre un peu à l'écart.

"Vous allez bien madame? Je vous conseille de vous éloigner un peu du combat le temps de reprendre vos esprits. Votre amie a l'air de très bien se débrouiller."

En effet, cette dernière gérait totalement son duel. Qui n'en était pas vraiment un au vu de la différence flagrante de niveau entre les deux protagonistes. Au bruit des pas sur le sol glissant, des coups sourds des points ou ceux plus furtifs des esquives, Esrin pouvait analyser un combat sans le voir. Son expérience aidait, et il reconnaissait bien les grandes qualités de cette femme. Elle évitait avec aisance les coups maladroits et faiblards de l'homme, jouant avec lui comme un chat jouant avec une souris. Il n'avait aucune chance. Elle encaissait certes quelques coups au début du combat, mais la tendance d'inversa très rapidement les coups se mirent à pleuvoir sur l'homme, qui s'écroula peu après, certainement complètement sonné.

Esrin entendit alors un bruit sourd derrière lui, le surprenant car il était concentré sur le combat. Il reconnut la course de la brute. Il l'avait totalement oublié ! Il s'était élancé, peut être en réaction de la défaite de son camarade et poussé par la vengeance. En analysant sa vitesse, l'aveugle comprit avec stupeur que la guerrière, encore essoufflée par son duel, ne pourrait pas réagir à temps. Il appréciait la combattante, il devait intervenir. La brute allait vite, et c'était impressionnant pour quelqu'un d'aussi imposant. Le légionnaire devait s'en servir à son avantage. La bonne nouvelle était que l'homme l'avait totalement oublié, concentré exclusivement sur la combattante. Alors Esrin réagit au moment où la brute passait près de lui en se glissant derrière lui tout en lançant sa jambe pour le pousser dans le bas du dos. Ajouté à la vitesse de l'homme, le coup déstabilisa la course de l'homme qui s'écroula au sol dans un grand bruit sourd. L'action n'avait duré que deux secondes. Le légionnaire s'approcha doucement de l'homme, qui essayait avec grands efforts de se relever. Il s'arrêta à quelques mètres derrière, l'épée au clair, posée sur son épaule droite.

"Décidément, il faut vous apprendre les bonnes manières Monsieur. Ne vous a-t-on jamais dit qu'il fallait saluer son adversaire avant un duel ? Vous devriez vous excuser auprès de la demoiselle."

La brute maugréa quelque chose avant de lancer son bras à une vitesse impressionnante vers Esrin, qui l'évita au dernier moment. Il était encore vif le bougre. Le guerrier se fit la réflexion d'être plus prudent. L'homme se releva en soufflant comme un bœuf, encore sonné, mais prêt à en découdre. Mais ça ne plaisait pas à l'aveugle. Il se demandait s'il existait vraiment un moyen de le calmer. C'était comme s’il n'avait plus rien à perdre. Ou alors il était totalement fou. Et plus rien ne pouvait étonner Esrin dans cette ville. Il s'écarta un peu de la brute pour avoir de l'espace et rangea son épée. L'homme s'arrêta un instant, surpris. Le légionnaire répondit par un haussement d'épaules avant de se mettre en garde. Se reprenant, l'homme partit à l'assaut. Par l'Empereur, cette vitesse ! Il esquiva d'une glissade souple le premier coup de poing qui était destiné à son visage avant de se retourner pour bloquer un deuxième qui menaçait son bras. Il était très fort, mais pas très habile. Ses coups étaient puissants, mais brouillons et sans aucune précision. Il suffisait pourtant d'un coup hasardeux et au mauvais endroit pour mettre à mal Esrin. Celui-ci était très prudent, faisant confiance à son expérience de légionnaire et à ses sens acérés pour contrer les coups de son adversaire. Il voulait l'épuiser avant de passer à l'attaque. Cela ne tarda pas, et le guerrier eut le sourire. C'est bien beau d'être puissant, mais l'énergie est toujours limitée. Alors Esrin laissa une faille dans sa garde et la brute s'y engouffra immédiatement. Le légionnaire avait parié sur un coup faiblard, et c'était bien le cas. Le poing s'écrasa avec un bruit sourd sur l'armure du guerrier, qui recula juste de quelques pas pour amortir le choc. La brute s'était figée alors, portant son poing sur sa poitrine, maugréant de douleur.

"C'est quoi ça?"
"Vargélite mon pote "

Sur ces mots, Esrin balança son poing droit vers la brute, qui n'eut pas le temps de réagir. Il se prit le coup entre les deux yeux. Efficace et précis. Il s'écroula peu après, hors de combat. Le légionnaire reprit son souffle se frottant discrètement la main. C'est qu'il avait le crane dur ce malade. Il entendit les deux compagnons de l'homme s'approcher de celui-ci pour le relever et partir de la salle, en lançant des excuses précipitées, ne voulant pas avoir d'histoire. Le légionnaire les laissa partir, lasse de tout ça. Il soupira avant de se tourner vers la guerrière et celle qui l'avait guérie.

"Avec tout cela j'en ai oublié les bonnes manières mesdemoiselles, veuillez m'en excuser. Je me nomme Esrin, légionnaire de l'Empire. Je vous serais à jamais reconnaissant de m'avoir guéri madame, je vous remercie." Esrin fit alors un signe de la tête vers la guerrière. "Je sais reconnaître une combattante même sans en voir la prestance, belle performance madame."

L'aveugle espérait ainsi détendre l'atmosphère, tout en saluant comme il se doit ces deux femmes remarquables. Peut-être savaient-elles qu'elle était cette ville et s'il y avait un moyen de contacter un représentant de l'Empire.

Ehawee Sil'Asha
Jeu 16 Fév - 23:37
Ehawee s'était endormie dans le box d'Eldorado. Contre lui d’ailleurs, la chaleur corporelle du petit entier la réchauffant. Elle dormait donc quand un boucan infernale résonna à ses oreilles fragiles. Qui osait la déranger alors qu'elle faisait la sieste et surtout qui osait faire autant de bruit dans les écuries ? En grognant et maudissant ces abrutis, elle se blottit un peu plus contre ce cheval. Ce fut alors qu'elle remarqua qu'il n'était plus là. Et que la chaleur venait de l'air et non de lui. Cette découverte lui fit l'effet d'un électrochoc et la frontalière bondit sur ses pieds et ouvrit les yeux. Tout de suite, elle se mit en garde et regarda autour d'elle. Et ouvrit des grands yeux, où était-elle tombé ?

Elle fit rouler les muscles de son dos et fut rassurer en sentant son sabre à sa place. Oui, même quand elle faisait une sieste dans les écuries, elle ne le quittait pas. Elle n'était plus dans les Marches, c'était assez clair… Le climat, chaud, l'architecture de la ville où elle était tombé… Comment ? Seul la dame le savait… D’ailleurs, rien que d'y penser, elle en avait mal à la tête. Et puis, comment toutes ces personnes étaient-elles habillées ? Trop de couleurs, Ehawee pourrait presque se croire à Al Jeit si la ville n'avait été aussi laide comparé à la capitale. La jeune femme ouvrit l'oreille, le bruit d'une bagarre lui parvenait dans une rue à coté.

Ehawee se glissa dans la foule, suivant le mouvement de foule qui la conduisait ou elle voulait aller.   Elle se coulait entre les nombreuses personnes, comme un serpent. Elle sentait les regards se poser sur elle. C'est vrai qu'elle dénotait parmi la foule avec son armure de cuire souple, mais elle se contenta de hausser les épaules et de continuer à avancer vers son but. Plus elle avançait, plus la masse se faisait compacte et plus, cela devenait difficile de se glisser discrètement. Ehawee carra donc les épaules et fonça dans le tas. Cette méthodes fut efficaces, les gens s'écartaient sur son passage. Bon, elle récolta quelque insultes, mais elle était arriver.

Le première chose qu'elle vue fut un type voler et bien, très bien même. Un très beau vol planer qui le fit terminer dans la fenêtre d'une taverne. Un détail accrocha l'attention de la frontalière. Le type portait une armure de vargelite. Un légionnaire ! Ehawee jura et s'élança vers la taverne, elle n'allait pas laisser un gwendalavilirien dans la panade. Son sabre glissa de son fourreau avec un chuintement rassurant, pour elle. Elle regarda le gros type, qui avait frappé le légionnaire entrer aussi et s'élancer vers sa victime qui était à terre ; couverte de contusion. Le lâche, attaquer un homme à terre ! Ehawee se ramassa, prêtes à bondir mais un jeune femme fluette se posta à coté de lui et lança d'une voix autoritaire :

- Minute papillon !  
Le silence se fit autours d'elle. De sa main sortit une lumière blanche et se dirigea vers le légionnaire. Une fois le flash passé, le légionnaire sembla comme neuf, la peau aussi douce qu'un nouveau-né, enfin elle l'imaginait. Elle fronça les sourcils, c'était quoi ce bordel ? Non d'un raïs enragé ! Comment cette gamine, qui semblait plus âgée qu'elle, avait-elle pus faire ça ? Ce n'était pas du dessin  ni l'art des Rêveurs… Alors qu'elle réfléchissait, elle se rendit compte que la jeune femme avait un couteau sur la gorge et que l'homme qui la menaçait était un véritable goujat. Elle s’apprêta de nouveau à bondir quand une autre femme, petite décida de tenir tête aux brutes. Ehawee reconnut alors la femme, c'était un chevalier qu'elle avait vue au Chevalier Qui Gondole. Elle se détendit donc et s’apprêta à admirer le spectacle. Et en effet, ce fut un véritable spectacle, la femme ne laissa aucune chance à l'abruti fini contre qui elle se battait. Ehawee ne put s’empêcher d'applaudir à la fin.

Mais ce n'était pas finis, la brute qui avait envoyé le légionnaire au tapis s'élançait vers la guerrière. Ehawee prit son élan mais s’arrêta brusquement et jura. Ils étaient donnés le mot pour l’empêcher de se battre ! Cette fois ci c'était le légionnaire. Elle rangea son sabre et croisa les bras. Le gros avait l'air plus vif que son comparse, et après l'avoir fait tombé, le légionnaire dut esquiver prestement un coup de poing. Le légionnaire était plus doué que son adversaire mais Ehawee remarqua qu'il ne fixait pas son adversaire. Elle se demanda pourquoi mais fut trop vite happé par le duel pour y réfléchir plus. Le légionnaire avait rangé son épée et esquivait les coups avec adresse. Ehawee éclata de rire, quand après avoir fait exprès d'ouvrir sa garde, le légionnaire laissa la brute frapper son armure de vargelite. La grimace que fit le gros valait son pesant d'or. Le légionnaore en profita pour le frapper entre les deux yeux et l'autre s'écroula. Ehawee siffla joyeusement.

Le combat étant terminé, elle s'approcha de ses compatriotes et leur sourit :
- Eh bien bravo ! Digne des meilleurs tavernes de l'empire.
Ehawee s'étira comme un chat et repris :
- Votre combat était magnifique mademoiselle et je vois que les légionnaires arrivent à s'en sortir sans la tutelle du seigneur Edwin Til'Illan.
Elle avait haussé un sourcil et sa voix avait été légèrement moqueuse sur sa dernière réplique, gentiment moqueuse, le tout accompagné d'un sourire qui faisait ressortir ses fossetes.

Alice Tan'Odrin
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Ven 17 Fév - 21:50
Irys : 222319
Profession : Médecin itinérant
My'trän +2 ~ Suhury
Spoiler:
 

“Whooo…”

Alice porta la main à son crâne et se rattrapa de justesse au bras de la nouvelle venue. Tout était brièvement devenu noir et elle avait manqué de tomber dans les pommes. Ils fallaient qu’ils partent vite avant que la milice de la ville ne débarquent. Vu l’agitation qui régnait la nuit dans Phoroth, ils avaient tendance à se contenter d’attrapper tout le monde et de les mettre à décuver dans de charmantes cellules bien humide. Et vu que ce genre de bagarre éclatait souvent, tu te retrouvais facilement avec de nombreux compagnons de chambre. Une nuit très agréable en perspective.

Mais Alice avait énormément de mal à rassembler ses esprits pour aligner deux mots. Ce n’était plus dû à l’alcool parce-qu’elle avait décuvé direct après son premier vertige, quand l’autre fou l’avait attrapé à la gorge. Le contrecoup de son utilisation de la magie sans restriction s’était bien fait sentir ! C’est à peine si elle avait réussi à suivre les combat qui avaient eu lieu juste devant ses yeux. Son esprit embrumé n’avait réussit qu’à attrapper un ou deux éléments ça et là.

Des trucs bizarres. Encore. Mais elle n’aurait su dire si c’était à cause de l’alcool ou si c’était la fatigue qui la faisait halluciner. En tout cas elle avait enfin remarqué que l’homme qu’elle avait soigné de façon tout à fait déraisonnable portait une espèce d’armure bizarre sur le dos. Pourquoi elle ne l’avait pas vu avant ? Un nouveau vertige lui avait fait oublier la question. Une insulte avait fusée aussi. Un mot qu’elle n’avait pas compris. Mais elle ne se souvenait plus de qui l’avait prononcé, ni de ce à quoi ressemblait le mot en question.

On l’avait appelé Madame aussi. Ou Mademoiselle. Elle ne savait plus bien. Tout ce qu’elle savait c’était que c’était rare. Les gens dans le coins étaient rarement polis. Ils étaient plus souvent ivre. Enfin, parfois on pouvait en trouver mais le plus souvent c’était parce-qu’il souhaitaient quelque chose de vous. Comme des marchands ou des hommes à la recherche de compagnie. Son esprit s’égarait...

Alice sentait plus qu’elle ne voyait les gens s’éparpiller autour d’eux. Pas fou. Ils savaient que les autorités n’allaient pas tarder. Il y avait aussi le problème de l’aubergiste qui allait vouloir les attrapper pour avoir quelqu’un à qui repprocher les dégâts. C’était étrange comme elle arrivait à se concentrer sur des détails comme ça tout en sentant que le monde allait bien plus vite que son cerveau. Il allait vraiment falloir qu’elle se repose… Même Cassie avait déserté. ou en tout cas elle n’arrivait pas à la trouver dans son esprit embrumé.

“... Il faut… Qu’on parte.. Milice…”

Elle avait eu un mal fou à rassembler ses forces pour aligner ses quelques mots. D’ailleurs, cela lui pris ce qui lui restait d’énergie et ses jambes cédèrent. Elle essaya tant bien que mal de se rattrapper au bras qu’elle avait réussit à agripper tout à l’heure mais ses mains ne répondirent pas non plus. La dernière chose qu’elle vit avant de sombrer dans les ténèbres fut la personne à qui appartenait le-dit bras : une femme tout aussi étrangement habillé que ses deux comparses.

“... Ah ba en voilà encore une !”

Puis tout devint noir.


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Khugatsaa
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Mer 22 Fév - 12:02
Irys : 59988
Administrateur
Les festivités de Phoroth recelaient toujours de dérapage en tout genre. Qu'il s'agisse d'un feu d'artifice dans une maison, d'une bagarre surprise au détour d'une taverne ou de la déesse des océans qui vienne faire bronzette sur la plage, les riverains étaient de ceux qui pouvait se vanter d'avoir vu des choses extraordinaire, au sens propre du terme. Ce soir, la rumeur d'une altercation violente entre une groupie de Mochlog et un type taillé comme un Mogoï faisait des ravages auprès de la bonne humeur des habitants, qui ne cherchaient pas à comprendre le "pourquoi" du "comment". Les parents s'interposaient entre le danger et leur marmaille en espérant que quelqu'un intervienne pour donner une bonne correction à ces étrangers, et il n'en fallut guère plus pour alerter les miliciens chargés de la protection de la ville.

Une brigade d'une douzaine de soldat se dirigea promptement vers le lieu du carnage en vu  d'encercler méthodiquement les individus responsable de tout ce désordre. La curiosité malsaine de l'être humain n'aidant pas, le capitaine, tout de même imposant dans son armure assistée, n'avait d'autre choix que de s'évertuer à lancer des "Écartez-vous" à peine audible, ralentissant grandement l'avancée de lui et ses troupes. Composées d'une douzaine de soldat de tout horizon, il était dans l'intérêt des voyageurs de ne pas s'interposer. Du daënar pistolero à l'adepte de Süns et sa maîtrise du feu, en passant par les blessés de guerre équipés de prothèses capables de se réagencer en arme blanche, la milice de Phoroth brillait par ses individus hétéroclite, généralement capable de s'adapter à bien des situations.

Mais ils devaient faire vite, car Phoroth était aussi belle que labyrinthique. Les ruelles se mêlent et s'entremêlent dans un désordre de toute beauté, rivalisant de chemins de traverses et de verticalité offerte par la hauteur des bâtiments. De fait, il n'est pas rare que les riverains soient contraint de passer par une auberge ou d'utiliser des points de passage menant aux niveaux inférieur de la cité, sous peine de faire de long détours par les rues traditionnelles et bondées de monde, à moins de profiter de la surélévation des ruelles pour sauter sur les toits en contrebas. Si lui et ses gardes n'arrivaient pas à temps, ce serait une vraie course-poursuite qui s'engagerait, et il espérait secrètement réussir à forcer ses opposants à se diriger vers la plage, vers l'arène de fortune construite quelques jours plus tôt. Il se fichait complétement que les gens ressentent le besoin de se battre, du moment que cela se faisait dans les endroits appropriés.

- Par Bolgokh, qu'est-ce donc que tout ce remue-ménage ? Est-ce donc si difficile de faire la fête calmement, sans histoires ?

Finalement, la foule commença à se disperser et lorsqu'il aperçu les deux hommes étalés sur le sol et l'accoutrement de ceux qui semblaient être responsable de ce désordre, l'ordre fut lancé.

- Attrapez-les !
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Neleam
Mer 22 Fév - 17:16
Neleam soupira discrètement lorsqu’elle vit le légionnaire s’interposer entre le mastodonte et elle. Ça la rassurait, maintenant que le guerrier était de nouveau sur ses pieds et sans égratignure, elle se doutait qu’il aurait le dessus dans ce combat.
La jeune femme recula afin de tenter d’échapper aux regards des curieux qui les observaient désormais d’un drôle d’œil et s’approcha d’Alice. La demoiselle semblait en état de choc, et Neleam resta à ses côtés, réprimant un sourire lorsqu’elle entendit les phalanges de l’étranger se briser contre la Vargélite.

Le combat prit immédiatement fin après et le soldat vint se présenter. Neleam avait vu juste, il s’agissait d’un membre de la légion noire. Esrin. Ce qu’elle n’avait pas vu, par contre c’était… qu’il était aveugle. Il était légionnaire et aveugle ? En le voyant combattre, la jeune femme n’avait même pas réalisé qu’il lui manquait la vue. Les félicitations de l’homme lui firent particulièrement plaisir, mais, avant qu’elle ne lui retourne le compliment, avec encore plus d’admiration, une personne intervint.

- Eh bien bravo ! Digne de meilleures tavernes de l'empire. Votre combat était magnifique mademoiselle et je vois que les légionnaires arrivent à s'en sortir sans la tutelle du seigneur Edwin Til'Illan.


Neleam sentit ses joues se piquer de rouge, Bjorn Wil’Wayard était à la tête de la légion noire, il était é-vi-dent que les légionnaires s’en sortiraient ! Mais pour qui se prenait-elle ? Une frontalière, évidemment, ça se voyait à sa tenue, sa démarche féline et au sabre qui se trouvait dans son dos.
En parlant de tavernes… Neleam observa la nouvelle venue avec la certitude d’avoir déjà croisé son chemin, sans vraiment parvenir à se souvenir de l’occasion. Tant pis. Ils étaient donc au moins trois paumés, ce qui rassurait à moitié la jeune femme. Si elle tentait de s’intégrer sans attirer l’attention, ce ne serait probablement pas le cas des deux autres, bien trop attachés à leur devoir et à leurs origines pour vouloir se faire passer pour quelqu’un d’autre.

“... Il faut… Qu’on parte.. Milice…”


Réagissant aux mots d’Alice, Neleam réalisa que se battre ainsi n’était probablement pas autorisé, et que, comme dans de nombreuses villes, les gardes allaient débarquer, et les fauteurs de trouble risquaient.. gros.
Milice.. Rien que le nom fit frissonner la guerrière, cela n’augurait rien de bon.
Surtout lorsqu’elle réalisa que son amie perdait connaissance. La rattrapant au vol, Neleam ouvrit la bouche mais n’eut rien le temps de dire, car ladite Milice lui coupa la parole.

- Attrapez-les !


L’instinct de la guerrière se réveilla et l’adrénaline enflamma ses veines. Réagissant immédiatement, la demoiselle imagina un plan de secours… Qui était de prendre ses jambes à son cou. Avec une femme sans connaissance, et une robe. Et sans connaître le terrain, il y avait fort à parier qu’ils tomberaient dans une embuscade ou même dans un cul-de-sac, mais ça… Ça, c’était des préoccupations encore trop lointaines. Elle repéra quelques hommes qu’elle imagina être de la milice à leur regard dur et qui scrutaient la foule et appela Esrin.

-Esrin ! Réflexe !


Bon, c’était idiot.
Totalement idiot, mais Neleam réfléchissait vite donc.. il était fort probable que certaines connexions logiques ne se fassent pas. Mais l’aveugle était entraîné et elle savait qu’il serait sur ses gardes, prêt à.. prêt à quoi ?
Elle agit avant de réaliser l’idiotie de son acte.
Elle « lança » la magicienne de Mochlog (Mogloch ? Bon sang, ils ne pouvaient pas avoir des noms simples ?) au soldat. Enfin lancer.. Étant donné que la demoiselle n’était pas un objet inerte peu lourd, ça ressemblait plus à… Rien de bien précis. Tout est-il que le corps qui était dans les bras de Neleam se retrouva à basculer dans les airs en direction du légionnaire.

-Maintenant on court !


Le plan était simple, deux femmes et un homme, il était évident que si les jeunes femmes portaient la similirêveuse elles seraient fortement ralenties et les gardes les attraperaient sans difficulté. Donc l’homme devait prouver sa force (qui était presque évidente puisqu’il faisait partie de la légion noire !) en portant la demoiselle et en courant à toutes jambes.
Neleam, qui avait maintenant les mains libres se précipita vers la table où se trouvaient les verres et ses affaires d’alavirienne. Finalement, elle allait en avoir besoin plus tôt que prévu, mais elle ne pourrait pas tout prendre.. Un choix s’imposa. Adieu veau vache cochon cape et armure. Elle attrapa son épée d’une main et.. son cocktail coloré de l’autre. Elle avait à peine eu le temps d’y goûter ! Ça serait gâché.

Le tout ne prit même pas une seconde, mais c’était suffisant pour que la Milice fende la foule (à moins que la foule ne s’écartait instinctivement de la milice) et ne soit plus qu’à une dizaine de mètres.
La guerrière ne perdit pas plus de temps et tourna les talons. Elle souleva sa robe, de manière peu élégante, dévoilant ainsi ses jambes blanches et ses bottes fort peu adaptées à son élégante nouvelle tenue. La main tenant le cocktail resta à la hauteur de son visage tandis qu’elle se précipitait dans la foule, espérant semer leurs poursuivants, et se demandant si les trois alaviriens avaient intérêt à se séparer. Ils ignoraient où aller, peut-être qu’un « chacun pour soit » serait plus efficace.
Neleam avait l’habitude de se frayer un chemin à Al-Jeit les coups d’épaules et vociférations lui permirent de ne pas perdre trop de temps, mais renversèrent une partie du cocktail sur ces citoyens qui avaient le malheur de se trouver en dessous ou de heurter le verre.

-Et maintenant ?

Neleam avait hurlé à la cantonade, espérant que ses camarades d’infortune avaient profité de ce début de course-poursuite pour établir un plan de survie.
L’idée que l’aveugle était peut-être incapable de courir dans la foule, évitant les obstacles et tournant aux coins de rues la heurta soudainement et de plein fouet. Elle jura mentalement (mais vu l’expression des passants qui se trouvaient à côté d’elle, ses mots avaient dû franchir ses lèvres) et se mit à chercher du regard la haute stature d’Esrin.

Ehawee Sil'Asha
Mer 22 Fév - 22:26
Ehawee vit la femme-chevalier rougir légèrement suite à sa boutade. Tout d'abord, elle se demanda pourquoi, elle se moquait du légionnaire et non d'elle. Soudain, un éclair de compréhension traversa son esprit, c'était une chevalière , donc une adepte du nouveau commandant. Et elle venait légèrement de sous-entendre qu'il était un minable… Mais en même temps, à coté du seigneur Edwin… Elle grimaça quand même un sourire comme excuse. La Frontalière fronça les sourcils,  d'ailleurs, elle avait déjà croisé cette femme. Les rouages de son cerveau se mirent en marche et de nouveau, un éclair la frappa  et ne pensez pas que c'était quelque chose de si rare pour elle qu'elle le remarque à chaque fois). Elle l'avait croisé au Chevalier Qui Gondole, elle venait boire un verre avec Miss Neige. Mais, Ehawee était parti juste après pour aller apprendre le respect à un idiot quelconque. Un duel ennuyeux et rapide mais elle en avait profité pour se balader.

“... Il faut… Qu’on parte.. Milice…”

Ce fut le mot milice qui la ramena à la réalité. On ne pouvait pas donc se battre tranquillement ici ? Ah oui, elle n'était plus à la Citadelle et ni au Gwendalavir. Et une milice n'était jamais une bonne nouvelle. Surtout quand celle qui venait de vous apprendre qu'il en avait une tombait dans les pommes. La jeune femme voulut la rattraper mais l'autre (il fallait qu'elle pense à lui demander son nom) fut plus rapide. Ehawee s’apprêtait donc à lui demander son nom quand une autre voix retentit, une voix appartenant à ladite milice et qui ordonnait de les attrapper. Le sang de la jeune femme ne fit qu'un tour et tout son corps se tendit. Ses sens aiguisés se mirent en marchent et son sabre resta de justesse dans son fourreau. Bien que son premier réflexe était celui de se battre, la raison lui dicta de fuir. Elle n'était pas en territoire ami, elle  devait s'en souvenir.

-Esrin ! Réflexe !

Ehawee se tourna vers le légionnaire et tilta qu'il ne pouvait rien voir avec son bandeau sur les yeux. Cette réflexion lui fit comprendre qu'il était aveugle et que la décision de la femme de lui envoyer l'évanouie était stupide et risqué. Elle bondit et attrapa la jeune femme en même temps que le légionnaire qui avait de sacré réflexe. Mais la décision de lui confier le fardeau était une bonne idée, il était plus puissant que les deux pauvres femmes qu'elles étaient. L’ordre de la chevalière de partir en courant lui fit empoigner le légionnaire pour le guider. Et pour prévenir toute plainte, elle lui lança :
-Je me doute que vous pouvez vous débrouiller mais vous ne connaissez pas l'endroit et vous porter une charmante jeune femme.

Ehawee aperçut la femme-chevalier revenir d'elle ne savait ou avec une épée et… Et un cocktail ! Par la Dame, ils étaient sensés fuir ! Mais elle n'avait pas le temps de le lui faire remarquer, la milice approchait et il fallait vite s'enfuir. D’ailleurs, la chevalière était déjà en train de le faire en remontant sa jupe. Ehawee ne put s’empêcher de ricaner, quelle élégance… Elle serra plus fort le bras du légionnaire, le poussa et s'élança derrière Miss Cocktail. Même si le légionnaire arrivait à suivre le rythme sans problème, la rêveuse, dans ses bras, gênait pour bien avancer, et la foule n'arrangeait pas les choses. Si elle s'écartait devant la chevalière, elle se refermait juste derrière elle et Ehawee devait montrer les dents pour passer. L'envie de dégainer son sabre et d'apprendre le respect à certains qui les insultaient mais les vociférations des hommes de la milice derrière elle, la retenait.

D'un coup, elle se rendit compte qu'elle ne voyait plus la femme-chevalier. La ladite personne était petite et la foule l'a cachait. Ehawee se rendit compte que elle aussi, on ne devait pas l'apercevoir. Elle lacha une bordé de juron, elle ne pouvait pas demander à l'autre grand gigue de l'aider, il ne voyait rien… Mais il pouvait être vu, il fallait donc continuer à avancer et vite. Ehawee carra donc les épaules et se mit à la mode des miliciens, elle vociféra et comme par magie, les gens s'écartèrent devant leur trio. Ils purent donc accélérer le pas pour la plus grande joie de la jeune femme. Ils courraient donc quand elle crut déceler, au loin, la voix de Miss Cocktail mais elle n'était pas sur, elle demanda donc à l'aveugle qui devait avoir une ouïe aiguisée, plus que la moyenne en tout cas :
-J'ai cru entendre notre compagne d'infortune, vous aussi ?

Neleam
Jeu 9 Mar - 20:06
Neleam courait. Elle avait beau savoir fendre la foule sans renverser la totalité de son cocktail, elle n’en menait pourtant pas large. Elle n’avait pas la moindre idée d’où elle allait. Elle ne voyait pas à plus de trois mètres devant elle et son instinct lui criait qu’ils filaient dans un guet-apens. Ils ignoraient où ils étaient, courir ainsi au hasard de leurs petits pieds n’était vraiment pas une idée très judicieuse…
Soudain, elle aperçu entre quelques épaules qui venaient de se décaler de manière à lui offrir une vue un peu plus lointaine, un homme… jouait avec du feu. Cette vision n’avait pas duré une seconde, mais elle était certaine de l’avoir vu maîtriser le feu, celui-ci dansait au bout de ses doigts et.. Bordel !
Neleam trébucha, heurta un individu un peu massif, se déporta vers la gauche, bousculant sans aucune grâce des individus qui n’avaient rien demandé à personne. La jeune femme tentait de calmer les battements affolés de son cœur. Fuir des gardes armés c’était une chose, mais des gardes armés qui jouaient avec le feu, c’était autre chose ! La demoiselle réalisa soudain que sa course avait changé de trajectoire, et qu’en s’emmêlant les pieds elle avait aperçu que la foule sur sa gauche semblait provenir.. d’ailleurs. Se baissant pour observer par-dessous les jambes des passants, la guerrière aperçue des escaliers avec quelques personnes qui l’empruntaient. Une sortie de secours, ou au moins quelques cachettes.
Se hâtant dans cette nouvelle direction, Neleam se heurta à une frontalière et le hasard faisant parfois drôlement bien les choses lui tendit  le bras et l’entraînant à sa suite. La jeune femme avait eu plus de bon sens que la guerrière et elle avait attrapé l’aveugle de manière à le guider pour ne pas perdre trop de temps. La chevalière avait toujours les deux mains prises mais ne pouvait se convaincre de lâcher ce qu’elle tenait dans l’une ou l’autre, donc elle fit signe à l’Alavirienne de s’accrocher à son coude afin de la suivre plus facilement. Ils allaient se promener en faisant une chaîne humaine, ils ne se perdraient pas en cours de route. Par contre les gardes les repéreraient pus facilement… tant pis.

Ce que Neleam avait entraperçu se révéla être un passage. Des escaliers permettaient de se faufiler sous un bâtiment et d’atteindre un niveau inférieur, qui ressemblait à une ruelle encore plus étroite, quelques balcons qui donnaient sur… des toits, mais Neleam n’y prêta pas plus attention, traverser tout ça à découvert était une terrible idée. Elle se contenta d’entrer ensuite dans une boutique ou une demeure qui n’avait pas fermé sa porte à clef. La petite troupe se retrouva rapidement dans une pièce obscure, pas une superbe idée, mais…
La sauveuse-magicienne n’avait pas repris connaissance.

-Esrin, on doit laisser Alice, la dissimuler sous.. des trucs et ressortir pour mener les gardes sur une fausse piste. Si nous sommes des étrangers peu respectueux des règles, nous devons avoir la grandeur d’âme de sauver ta sauveuse.

Tandis que Neleam parlait, elle avait posé ses biens sur une table et fouillait à tâton la pièce, espérant trouver une cachette magique.

-Il n’y a aucune issue. Sortez.


La voix de l’homme ne pouvait être que celle d’un commandant de cette milice. Neleam sut qu’ils devaient agir rapidement. Leur course-poursuite  venait de finir, mais elle n’aurait mené nulle part de toutes les façons. Cependant, elle venait de trouver une « cachette », en fait, sur la table il y avait une nappe…  piteuse cachette, certes, mais c’était mieux que rien, du moins elle espérait.
Elle fit rapidement signe à la frontalière de lui donner un coup de main et elles dissimulèrent Alice sous la table puis, tandis que les gardes enfonçaient la porte, elle tira la nappe, de manière à dissimuler ce qui se trouvait en dessous.
Le cœur battant la chamade, Neleam espérait avoir au moins sauvé Alice. La jeune femme lui avait fait une très bonne première impression, elle méritait de vivre. Restait à espérer que la milice ne fouille pas la pièce…

-Nous voici messieurs…

Levant ses mains en signe de reddition, Neleam s’approcha ensuite du bord de la table et saisit son verre.

-Si vous permettez… je vais en avoir grand besoin je sens.


La guerrière vida son verre d’un trait, sa course l’avait assoiffée et elle sentait que cette situation était vraiment catastrophique alors si elle pouvait être légèrement pompette, peut-être que ça ne lui semblerait pas si dramatique !
La gorge en feu, des larmes perlèrent au coin de ses yeux tandis qu’elle cherchait vainement à inspirer de l’air. C’était une boisson sacrément forte ! même pour elle c’était .. ouha ! Les yeux exorbités et brillants, elle réalisa qu’elle seule semblait que c’était le moment de se divertir. La milice était plutôt terrifiante, ils avaient des regards.. qui faisaient froids dans le dos, tout comme leur armement.

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