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Chroniques d'Irydaë
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George "Chafouin" Deckter
George
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptySam 9 Fév - 19:01
Irys : 406706
Profession : Homme à tout faire
Daënar -2
14 ans plus tôt

La tension montait peu à peu dans l'équipage, chacun vérifiait une dernière fois son armement, que les canons étaient chargés et les sabres affûtés. À quelques kilomètres à peine, le navire des esclavagistes devenait de plus en plus gros dans la lunette de Chafouin, une voix le tira de sa surveillance, c'était Pedzouille qui lui faisait signe de venir.

-Ohé Chafouin vient m'aider à charger le dalai, faut que je te cause.

-Pourquoi tu as besoin de moi? C'est pas Marco d'habitude qui t'aide à charger les canons? Fit-t-il alors qu'il prenait un obus lourd dans ses deux bras pour le charger par la trappe que Pedzouille venait d'ouvrir.

-D'habitude oui, mais là il fallait que je te parle, tu vois les esclavagistes on arrête pas de les pilonner cette saison. On prend même pas le temps de les aborder, Zakel veut direct qu'on les envoie par le fond.

-Oui et alors? Où tu veux en venir?

-Ben tu sais bien qu'ils font des raids sur les côtes, leurs cales doivent être remplies d'esclaves et nous on se contente de les couler sans réfléchir.

-Oh tu vas pas recommencer avec ça, si t'es pas content de nos méthodes t'as qu'à voir ça avec le colonel. Moi ça me va très bien de pas risquer ma peau en les abordant.

-Bordel, mais ça te fait rien de laisser crever les gens? Regarde comment est Zakel là, il est de bonne humeur, moi je saurai pas trouver les mots pour le convaincre, mais toi quand tu veux t'es un beau parleur.

-Sérieusement, tu penses vraiment que je vais convaincre ce con de nous laisser aborder ce navire? Et pourquoi j'irai faire ça d'abord?


-Pour te comporter en homme bon, pour faire le bien au moins une fois dans ta vie, c'est comme ça qu'on devrait faire, nous les soldats de Daënastre.

Chafouin soupira, quand Pedzouille parlait comme ça il avait vraiment l'impression de passer pour le méchant, mais le vrai pourri dans l'histoire, c'était lui, Zakel. Chafouin regarda son colonel sur le pont supérieur, il observait à la longue vue sa proie avec un sourire féroce, imaginant sans doute le spectacle produit par l'explosion de ce navire esclavagiste. L'homme était une personne cruelle mais contrairement au début de sa carrière, il était devenu vraiment efficace dans ce qu'il faisait. Chafouin qui avait toujours été la cible de toutes les raisons d'échec de Zakel ne pouvait rien faire contre lui, le colonel était trop bien protégé par sa hiérarchie pour être à la merci des réprimandes, il tentait tout de même le coup d'aller lui parler.

-Colonel Zakel. Fit Chafouin d'un ton neutre. Zakel rangea sa longue-vue et le regarda comme d'habitude avec dédain.

-Première classe Chafouin, vous voulez me demander quelque chose?

-Mon colonel, j'ai été parler aux hommes et la plupart des membres de l'équipage pensent qu'il serait mieux de tenter un abordage du navire pour sauver les prisonniers des mains des esclavagistes.

Il ne misait aucune chance sur sa tentative à convaincre Zakel, pourtant celui-ci ne répondit pas tout de suite non, il resta pensif quelques secondes et le regarda de nouveau en hochant la tête.

-Très bien, nous allons l'aborder, mais vous n'aurez que cinq minutes pour vous rendre maître du bâtiment. Sans quoi je devrais pilonner le navire pour m'assurer la réussite de la mission. À vous de mener l'abordage.

Chafouin haussa les sourcils, Zakel devait être d'excellente humeur finalement pour lui permettre une  telle chose, il redescendit sur le pont alors que le navire ennemi se rapprochait de secondes en secondes, il n'aurait que peu de temps pour préparer l'abordage.

-Tout le monde sur le pont, tout le monde en haut! Faut que je vous cause! Hurla-t-il aux marins du navire.

Les militaires se rassemblèrent autour de Chafouin, il leur exposa sa stratégie, aborder le navire, éviter au maximum le combat au corps à corps et utiliser au maximum les grappins de poignet comme arme pour éliminer aussi vite que possible les pirates et sauver leurs victimes. Personne n'objecta, la plupart semblaient même soulagés d'aller directement au contact  malgré le danger. Visiblement beaucoup de personnes avaient des remords à pilonner des navires comptant des prisonniers dans leurs cales, c'était peux être le moment de faire quelque chose dont ils pourraient être fiers.

L'abordage vint enfin, sous  la direction de Chafouin l'équipage n'utilisa pas les canons, mais sortirent les fusils et provoquèrent un déluge de plomb sur les pirates en face d'eux, les militaires étaient bien mieux équipés que leurs adversaires. Chafouin sauta du pont pour activer ses grappins et se lança sur le pont ennemi avec l'élan impressionnant que lui fournissait ses grappins portatifs. il atterri lourdement sur un ennemi qu'il tua d'une balle dans la tête de son revolver, un autre pirate lui hurla dessous en le mettant en joue mais il n'eut pas le temps de tirer qu'un grappin lui avait déjà perforé le crane. Chafouin activa le retour grappin et la pointe extirpa de gros morceaux de chair en revenant vers lui.

Mais la suite tourna rapidement au vinaigre, alors que les militaires pensaient rapidement prendre l'avantage, les esclavagistes sortirent des cales du navire, en nombre important. L'affrontement tourna rapidement au chaos, malgré ce qu'avait dit Chafouin, les soldats cédèrent à la panique et engagèrent l'ennemi au corps à corps. Ils n'avaient plus du tout l'avantage, les pirates étaient déterminés et assoiffés de sang, les corps commencèrent à s'amonceler sur le pont sans distinction.
Alors que Chafouin était au prise avec un homme baraqué un souffle lui vrilla les oreilles et il tomba à terre, des obus commencèrent à perforer tout ce qu'ils rencontraient sans distinction.

*Zakel, fils de pute, les cinq minutes ne sont pas encore écoulées!*

Il fallait qu'il tente quelque chose, il rampa sur le pont alors que le souffle des explosions projetaient hommes, bois et métaux par-dessus bord. Il arriva à l'entrée de la cale, se releva et fit une étrange rencontre. Dans la demie obscurité de la cale se tenait une jeune fille, avec des chaines encore accrochées à son bras, un bras pendait de l'autre côté de l'une d'elle. Chafouin regarda cet étrange spectacle alors que les yeux des deux personnages se croisèrent durant quelques secondes. Il expira de peur, un autre obus filas près de lui, le faisant sursauté et lui vrillant le crâne, il tomba à terre, regardant la gamine avec des yeux hagard, il voulait la sauver, vraiment. Mais il savait qu'il n'aurait jamais le temps d'y arriver, des explosions se produisaient déjà ça et là de chaque côté du navire, il regarda la jeune fille comme s'l pouvait communiquer par pensée.

*Je suis désolé, je peux rien faire pour toi, je ne veux pas mourir, je t'en prie pardonne-moi!*

Il se releva et s'élança pour revenir sur son navire avec ses grappins, une énorme explosion retentit quand il revint sur le pont, mais une seule pensée occupait désormais son esprit.

*Zakel! Cette fois je vais te tuer pour de bon salopard!*

Il tourna son regard sur le pont supérieur où se tenait le colonel qui affichait un sourire satisfait, cette expression fit enrager Chafouin qui voulut se jeter sur lui, mais deux hommes dont Pedzouille l'agrippèrent pour le retenir, le jeune homme lui hurla dans l'oreille que ce n'était pas une bonne idée, mais Chafouin était encore à moitié sourd. Au bout d'un moment il se calma et les hommes le lâchèrent, doucement il regarda l'épave désormais en flamme du navire esclavagiste. Le visage de la petite fille était encore présent devant lui, aucune chance qu'elle ait pu survivre à ça, ni personne d'autre.

Il avait échoué.

Aujourd'hui


Il se réveilla en hurlant et en nage, une fois de plus son sommeil avait été agité, mais pour une fois ce n'était pas le regard accusateur de Salia lui ordonnant de la sauver qui l'avait réveillé. Il s'essuya le visage et chercha sa gourde d'eau qu'il avala d'un trait dès qu'il l'eut trouvé. Il se demanda pourquoi il avait rêver de cet abordage catastrophique, celui qui avait fini de le convaincre de quitter l'armée, aucune réponse ne lui vint évidemment. Il tituba hors de son lit et tâcha de se passer un coup d'eau sur la nuque avant de s'habiller simplement avec un pantalon et un Marcel. Il descendit dans son bureau pour ouvrir la porte de son cabinet et tourner la pancarte du côté "ouvert". Il s'assit tranquillement sur le siège de son bureau en chêne mais n'arriva pas à tenir sur place, le visage de la gamine le torturait, il pouvait presque en voir sa forme devant lui. Avec ce bras grotesque attaché à elle, il se demanda ce qu'avait dû faire la fille pour se retrouver dans une telle situation. Il repassa la scène tellement de fois dans sa tête en modifiant à chaque le scénario, en mieux comme en pire et alors qu'il commençait à taper du pied, il s'alluma une cigarette pour se calmer. Il resta ainsi jusqu'à midi alors qu'une humeur noire envahissait son esprit, de plus personne ne franchit la porte du cabinet ce matin. Ce n'était pas forcément rare, mais dans le cas présent, cela accentuait sa mauvaise humeur.

Il décida ensuite d'aller directement manger dans une taverne du coin, pour ne pas se faire emmerder par d'éventuels opportuns il s'équipa de son holster d'épaule et de son revolver, bien apparent. En sortant il tomba directement sur un duo de milicien du coin, ils le regardèrent lui et son arme et ne dirent absolument rien. Denver Johnson les payait pour qu'il le laisse tranquille et ils savaient que Chafouin n'était pas un type à la gâchette facile, il ne provoquait pas de grabuge inutile, tout le monde dormait ainsi en paix.

Cependant la suite de la journée s'avéra tout aussi exécrable, rien n'atténua la mauvaise humeur de Chafouin, pas même l'énorme steak qu'il commanda à la taverne. Il voulait chercher un contrat, mais les gens aujourd'hui semblaient désespérément pacifiques, aucun d'entres eux ne voulait engager un gros bras pour voler ou assassiner leurs congénères. Alors il passa le reste de la journée à jouer aux cartes avec de parfaits inconnus, comme d'habitude il perdait plus d'argent qu'il en gagnait et se mettait à insulter gratuitement ses adversaires. Le ton monta rapidement et il décida de se barrer avant qu'une bagarre n'éclate.

C'était la fin de l'après-midi et malgré l'humeur orageuse de Chafouin le soleil était au beau fixe, il décida de se rendre sur la plage pour se balader, cela lui changerait peux être les idées. Mais tous les enfants qu'il croisait se transformait en cette petite fille implorant de lui sauver la vie, il commençait à vraiment devenir fou se dit t'il.

*Sort de ma tête, sort de ma tête putain!*

Il arriva finalement sur une crique excentré de Prorig en fin d'après-midi, d'habitude elle était déserte mais cette fois un groupe d'hommes y était présent, ils emmenaient une femme de force dans une chaloupe. Chafouin les connaissaient, c'était un petit groupe de pirate qui se faisait appeler les harponneurs, il avait déjà eu l'occasion de travailler avec eux par le passé. Ils riaient bruyamment alors que la femme elle se débattait de toutes ses forces en hurlant, par chance elle réussie à se dégager et courut vers Chafouin qui représentait sa seule lueur de salut, elle se jeta à ses pieds et lui agrippa le genou.

-Je vous en pris, sauver moi, ils vont me tuer ou me violer!

Mais il la regarda avec indifférence les mains dans les poches. Premièrement, il n'avait aucune raison de l'aider, deuxièmement il avait déjà vu les harponneurs se battre et ne s'imaginait même pas gagner en un contre un contre un seul d'entre eux. Finalement, l'un des pirates vint chercher la femme et un autre reconnu même Chafouin, il lui donna une tape amicale en rigolant, l'homme bourru lui, regardait tout cela d'un air blasé. Il se savait impuissant et n'en avait rien à faire mais la voix de la femme se changea en colère désespéré à son encontre.

-Puisez vous allez dans le plus profond des enfers salopard! Que les architectes vous infligent mille tourments!

Il eut un électrochoc en imaginant cette voix avec le visage de la petite qui avait tourmenté son esprit toute la matinée, il ouvrit la bouche sous le choc et regarda les pirates s'éloigner, ils partirent dans leur chaloupe et le laissèrent seul sur cette plage désormais déserte, il s'assit finalement après de longues minutes, voire des heures sans doute. Vu que le soleil commençait à lentement décliner à l'horizon. Il repensa à la malédiction lancer par cette femme et sortit son revolver de son étui, le mis sous son menton, mais il n'était pas désespéré loin de là, il rigolait même.

-Si je veux aller en enfer j'ai un ticket très rapide, je veux même bien que la grande chouette me serve de monture, hahaha haha ha..........

Il la voyait, cette petite fille incroyablement réaliste devant lui, qui le regardait avec des yeux remplis d'accusation. Toute trace d'amusement avait disparu du visage de Chafouin. Lentement il se mit à trembler et à transpirer, son doigt se posa sur la gâchette, il hoqueta de peur, le visage de la gamine se fendit d'un sourire, Chafouin avait envie de résister, mais il sentait qu'il était prêt à accéder à la requête de la gamine.

*Fait le, tu sais que c'est ce qu'il y a de mieux à faire pour tout le monde!*

Son doigt tremblait sur la gâchette, une seconde durant il cru presque sentir son muscle s'activer sur le mécanisme avant qu'il ne jette sur arme sur le sable dans un hurlement, il s'étendit sur le sable comme une loque et respira bruyamment, il ne pensait plus à rien, cela sembla durer de longues minutes et puis, des bruits de pas sur le sable attirèrent son attention mais il ne daigna même pas tourner la tête vers le nouvel arrivant et se contenta de fixer le ciel.

-Ça va, ça vous dérange pas de regarder un homme déjà mort? Dit-t-il avec son air blasé habituel.


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

Naissance: 13 mai 896


Dernière édition par George "Chafouin" Deckter le Ven 3 Mai - 23:34, édité 2 fois
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Laurelin
Laurelin
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyLun 18 Fév - 13:58
Irys : 354931
Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag

SSe retrouver d’un bout à l’autre du monde, voyager d’une extrémité à l’autre, traverser le monde et se retrouver là, forte des expériences, des rencontres et des déceptions. Suis-je plus riche d’enseignements, ou tout simplement plus triste des échecs de la vie que je mène, celle-là même dont je m’étais convaincu du caractère sacré conféré par Khugatsaa ? Depuis toutes ces années, je foule les terres des différents continents, de déserts arides du Sud aux pleines glaciales et mortelles du Nord, en passant par les villages pittoresques du monde des mages et les villes s’élevant haut dans le ciel des païens. Je fuis la malédiction qui est la mienne, celle d’être une anomalie adorant les dieux et pourtant pourchassée par leurs envoyés funestes sur terre : les régisseurs.

Depuis ce jour, à l’autre bout du monde, où cette autre anomalie voulait voyager dans les limbes du confins de notre terre, les paroles que cette femme eut à mon encontre tournent et retournent en mon esprit et viennent s’ajouter à d’autres encore qui finirent par fissurer la carapace que je m’étais construite. Suis-je réellement une messagère du bien sur cette terre ? Suis-je réellement une enfant du Griffon ? Est-ce l’unique moyen de répandre le bien, de le laisser éclore ou supplanter la part du mal qui sommeil en chacun de nous ? Existe-il d’autres moyens ? Faut-il user d’armes, de lames et se battre avec le corps autant qu’avec l’âme ? Moi qui, depuis toutes ces années, n’utilisaient que l’âme pour combattre le mal…

Qu’aurais-je fait de ma vie si, en ce jour sinistre, il y a presque quinze ans, les pirates et les contrebandiers esclavagistes avaient décidé d’accoster sur une autre plage plutôt que celle où ma famille et moi vivions ? Que se serait-il passé si je ne les avais pas amenés jusqu’au village ? Aurais-je fini dans une cale humide, rouillée et pleine de ras, offerte en pâture a des hommes vils et puants, ma famille se déchirant sous leurs assauts et leurs coups de boutoirs ? Et que ce serait-il passé si quelqu’un, ou quelque chose, avait entravé leurs funestes commerces ? Leurs routes ? Leurs… Vies ? Après tout, qu’est-ce qu’une vie de violences, de douleurs dispensées sans pitiés, de malheurs assenés à autrui, sinon une infâmie contre le monde entier et les Architectes eux-mêmes ? Qu’est-ce que sont ces vies-là, dispensatrices de tristesse, comparées à des vies innocentes de fidèles croyants, de simples paysans puisant de la nature pour vivre et lui rendant hommage à chaque repas, à chaque naissance, à chaque bouffée d’air ? Pourquoi eux vivent-ils encore, alors que moi, je survis ? Pourquoi certains d’entre eux sont riches, en vie, alors que ma famille repose au fond des océans, ou encore dans le sable de cette plage idyllique de Khurmag ? Pourquoi nous, plutôt qu’eux ? Et si quelqu’un leur avait barré le chemin, leur avait ôté la vie… Aucun des ces malheurs ne me seraient jamais arrivés.

Oui, ce sont les questions qui le taraudent depuis maintenant plusieurs semaines. Ces questions naquirent des rencontres diverses et variées qui parsemèrent mon chemin, depuis le bord du monde jusqu’au bord de cette falaise, au Tyorum, le pays des païens. Ils sont peu nombreux, ceux qui causèrent une remise en question de mes engagements. Je me souviens de cette anomalie, aux paroles acerbes. Je me souviens de ce Khurmi, à la vie difficile, l’obligeant à arborer un visage plus dur encore que celui que les flammes lui imposèrent à jamais. Je me souviens de ce mage de Suhury, lequel vivait à travers les écrits et à travers moi, l’amour perdu d’une femme dévouée. Toutes et tous, ils semèrent en moi les questions de l’incompréhension, et un vent de… Colère. De colère ? D’amertume… De déception… De changement.

Certaines choses ne changeront jamais. L’amour que je porte à la vie, aux petites choses qui la rendent à la fois magnifique et unique. Une envolée d’oiseaux, le vol des coccinelles, la grâce d’un renard ou d’un loup, le charisme d’un félin. Les chants des oiseaux le matin dans la bruine, le glapissement des renards dans le crépuscule forestier. Le son d’amour d’un cerf en rut, le ronronnement d’un chat en confiance. La musique d’une nature au coin du feu, un soir de pleine lune, et les embruns et les remous d’une mer calme s’étendant à mes pieds. Que de spectacles, que de poésies, créés tous deux par les Architectes et qui ne se monnaient que par les heures de contemplation.

Je suis là, assise au bord de cette magnifique falaise, renfoncée dans une crique bien discrète qui, à n’en pas douter, doit être le repère régulier de certains bandits. Pourquoi suis-je là ? Alors qu’il serait aussi facile pour eux de me tuer qu’il le serait de faucher l’herbe au printemps ? Je ne saurais pas quoi répondre à cette question. C’est comme si le changement de mon combat devait commencer ici. Insuffler la vie, voyager dans les esprits et transformer leurs pensées négatives, chasser les traumatismes, promouvoir le bien, ne suffit pas. Pour qu’une idée soit implantée dans un esprit et qu’elle germe et devienne une vertu, il faut plus qu’un voyage, il faut une manipulation mentale. Mais qui se laisserait manipuler… Alors quitte à agir, quitte à changer les choses et à forcer ce changement, qu’il soit dans la manipulation mentale ou la menace physique… Il vaut mieux choisir celle qui est la plus rapide et qui assure le plus de résultats.

Cela fait des heures que je suis ici, en ressassant toutes ces pensées, sans qu’aucune en puisse aboutir à de réels actes. Dans la matinée, je vis plusieurs bandits, des corsaires visiblement, aller et venir, seuls, par deux, par trois. Si les Architectes m’avaient aidé à ces moments-là, nul doute que mes pouvoirs auraient pu dominer leur « technologie », et j’aurais enfin pus voir si mes réflexions et mes supputations allaient enfin mener à un changement tangible et véritable. Au lieu de cela, je suis restée craintive, et je demeurais là, assise en hauteur, loin de tout, à me rassurer moi-même grâce à mes illusions naïves et féériques.

J’étais toute à mes illusions, créant un petit nuage de coccinelles en vol autour de moi, lorsque des voix et des supplications me tirèrent de ma rêverie. Une femme, pourchassée par ce qui semble être des contrebandiers, et un homme, impassible, froid. La pauvre le supplie, et lui ne bronche pas. Pire, il semble connaître le groupe et les gratifie de gestes à peine perceptibles. Et les cafards rattrapent la pauvre femme, l’emmènent et disparaissent avec elle. Et… Je n’ai rien fais. S’il y avait bien un moment pour agir, c’était ce moment-là. Comment puis-je en vouloir à ces crapules, à ces païens, à ces damnés, de m’avoir fait subir milles et uns tourments, alors qu’en cet instant, alors que j’aurais pu faire ce que je reproche au monde de ne pas avoir fait, je suis restée assise, encore une fois, tétanisée…

Je sais chasser, je sais tuer pour me nourrir, je sais rendre hommage à la nature et aux Architectes, je sais dépecer, préparer et cuisiner, je sais me battre, je sais me défendre. Maître Visïr Rökov me l’avait appris. Pourquoi suis-je alors restée là ? Pourquoi n’ai-je pas défendue cette femme. Quelle pitié…

Mais un évènement intéressant semble se produire. Cet homme, qui n’avait rien fait pour aider la demoiselle en détresse tout à l’heure, se retrouve assis sur le sable, au bord de l’eau. Inutile d’être à proximité de lui et d’utiliser mon pouvoir me télépathie pour savoir qu’il ne se délecte pas des dernières chaleurs de l’automne, ni qu’il apprécie le spectacle de l’eau, dont la vie s’anime par quelques remous en surface. De là où je suis, je perçois le reflet scintillant d’un rayon lumineux sur un métal poli. Une arme, sans aucun doute. Il l’approche de son crâne, semble hésiter, puis s’arrête et se retrouve couché sur le sol. Curieuse situation que celle qui se présente à mes yeux. L’homme n’ayant rien fait se laisse tomber au sol, comme si plus rien n’avait d’importance, comme s’il s’apitoyait sur son sort.

Ma tête se penche légèrement sur le côté, alors qu’un millier de questions assaillent mes pensées. Mes cheveux couleur acajou tombent quelque peu sur l’ovale de mon visage, alors que mes yeux s’écarquillent dans l’optique de discerner le moindre mouvement de la part de l’homme. Curieuse situation, qui fait naître en moi un sentiment mitigé. J’aimerais lui crier la colère ressentie alors qu’il ne vint aucunement à l’aide d’une femme en danger, et celle que je ressens aujourd’hui alors qu’il se couche sur le sable, tandis qu’une âme est torturée, violée et mutilée.

Alors, je me relève doucement pour ne pas tomber, et époussette ma tenue que le sable avait déjà trop salit. Mes habits sont de couleur neutre : une chemise blanche aux épaulettes courtes, un pantalon en toile de jute plusieurs fois recousu, de petites chaussures de cuir vieilli, le tout, dans des tons clairs mettant en valeur l’émeraude de mes yeux. Là, je m’avance. Dans le vide. Mais les vents d’Amisgal me portent, et alors que d’autres chuteraient lourdement, moi, je me retrouve à virevolter quelque peu, alors que j’approche tout doucement de la plage, les vents sous mes pieds agissants comme un parachute naturel. Aucun son, aucun bruit, seulement le vent qui se lève un petit peu, très faiblement. J’atteins enfin le sol, et je déplace en direction de l’homme qui ressent ma présence et m’interpelle :
-Ça va, ça vous dérange pas de regarder un homme déjà mort?

Alors, il réfléchit réellement sur sa vie. Curieux. Pathétique presque, au regard de ce qu’il a laissé faire tout à l’heure. Lui était bien vivant. Malheureux, mais bien vivant. La femme de tout à l’heure était morte, malheureux, et détruite.
- Cela vous a-t-il dérangé de voir une femme courir vers une mort certaine, dans mains de viles personnes ? Avez-vous déjà souffert entre les mains de gens comme eux ?Dis-je en repensant soudainement à mon propre vécu.



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La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

Laurelin s'exprime comme cela
Laurelin pense de cette manière
Laurelin télépathe comme ceci
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Taivan & Ayalguu
Taivan & Ayalguu
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Profession : Conteur sadique
De l'Ouest, l'Est n'entend que la rumeur, du royaume des Architectes, les terres de rouages ne connaissent que mythes, légendes et plus sombres secrets dont le sérieux a disparu depuis si longtemps. Ces ombres se baladent partout dans les champs, les villes, les égouts, partout où l'humain pose le pas, l'oeuvre divine le suit à la trace. Car il n'y a pas de frontière pour ceux qui veillent, pas plus qu'il n'y a de limite. L'océan n'est qu'une vaste flaque, on peut l'enjamber pourvu que ce soient des ailes puissantes qui nous portent. Car l'une de ces rumeurs a traversé la mer, en quête d'une autre rumeur, dont le nom avait été gravé sur la plaque purgatoire du destin et de l'ordre. 

Un battement d'aile couvrait le crépuscule, un claquement non pas de plumes, mais de roche. Un Chuluun en ornait la teinture, loin, sur la côte. Les vagues se mêlaient au tumulte du vent qui fouettait le sable de ses courbures aiguisées. Le voyage avait été long, mais rien n'est éternel pour qui sait attendre. Lorsque les serres graveleuses empoignèrent la plage de leur emprise écorcheuse, et qu'enfin la clameur d'un vol s'atténua, ce fut un homme au dos de la bête qui descendit de sa monture. 

Il paraissait jeune, comme s'il sortait d'une académie, un aspect de bleusaille en somme. De longs cheveux ornaient ses épaules et les yeux vert grisants qu'il dissimulait sous des paupières closes profitaient, sans le voir, du nouveau paysage sur lequel il posait le pas. L'odeur de sable, d'eau salée, d'orée de la nuit et ... d'anomalie. Tout était si délicieux dans ce parfum, l'anticipation qu'il en tirait ne trouvait pas de repos. Elle lui tiraillait les entrailles, faisait parcourir un frisson factice dans son dos tout aussi irréel. Ce n'était là qu'une enveloppe, mais elle lui seyait fort aise. 

Un long soupir le prit, ouvrant grand la bouche comme s'éveillant pour la première fois depuis des lustres, la douce chaleur du soleil renvoyant l'ombre de sa silhouette sur le sol devant lui. Combien de purges avait-il mené à bien ? Même à y réfléchir, il ne saurait dire, la dernière avait été si fastidieuse, si longue qu'il en avait oublié la notion de temps. Si sa mémoire infaillible ne lui faisait pas défaut, la jouvencelle aux lucioles était la sixième. Et bientôt ce sera une septième erreur qu'il fera s'agenouiller devant la loi de ce monde. Il baisse finalement le visage, accusant d'un sourire apaisé l'horizon caché par les dunes. Il jeta un regard à sa gauche. Les quais de Prorig étaient visibles depuis sa position, ils étaient proches ... juste quelques kilomètres. Elle était là-bas, elle se cachait parmi les enfants du chaos, mais l'on ne fait jamais totalement disparaître la nature véritable d'une abomination. 

- Bidnii idesh bolj baina ...

"Notre proie tremble ...", elles le faisaient toujours quand elles sentaient s'approcher le néant. Le songe de cette terreur était une poussée d'adrénaline pour Saikhan, lui qui avait vu tant de visages terrifiés par sa seule instance, il y reconnaissait désormais un signe. Le signe qu'il avait une fois de plus accompli sa mission à bien et qu'il prendrait tout autant de plaisir à rendre fiers ses maîtres. Car l'office d'un Régisseur ne se termine jamais vraiment. Le jeune homme envoie un regard à Khairtai, l'oiseau de roche, qui, subitement prend son envol et disparaît dans les nuages de la soirée.

Et il se dirigea vers la ville, courant comme si le fouet d'un être divin lui lacérait le dos. Il était rapide,  très rapide, et il se dirigea droit vers le port. Entre ses lèvres souriantes, le récital d'une prédation qui arrivait à son terme vint percer l'air, résonnant sur les dunes et s'envolant vers les cieux.

- Belen bish üü, bi irek bolno !

"Prête ou pas, j'arrive".

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Saikhan
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George "Chafouin" Deckter
George
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Daënar -2
- Cela vous a-t-il dérangé de voir une femme courir vers une mort certaine, dans mains de viles personnes ? Avez-vous déjà souffert entre les mains de gens comme eux ?

Génial, une donneuse de leçon, comme quoi les choses pouvaient toujours aller de mal en pis, Chafouin tourna paresseusement la tête dans sa direction, une jolie jeune femme brune qui le regardait comme s'il était une loque. À vrai dire il ne pouvait pas vraiment lui donner tord sur ce point, si elle savait pour ce qui s'était passé avec la femme alors elle l'avait sans doute vu tenter ce suicide, suicide qu'il ne comptait pas vraiment expliquer. Cependant, elle voudrait surement demander des comptes pour son inaction, mais pour qui se prenait-elle celle-là?! Il détourna le regard une nouvelle fois vers le ciel, tout un prenant un air grave pour démarrer son petit monologue, tout en éludant complètement sa question.

-Je vois ce que vous voulez dire. J'aurais sûrement dû me lancer à l'aide de cette inconnue. C'est ce que ferait un être humain pas vrai? C'est clair qu'elle va en baver, ces types sont des hommes cruels qui n'hésitent pas à agir selon leurs propres lois, ils ne respectent rien ni personne, elle va sans doute subir des sévices inqualifiables et au bout du compte, elle en mourra. Oui j'aurais dû empêcher ça, c'est sûrement une femme adorable, avec peux être une famille, des enfants et des petits animaux de compagnie, quelqu'un qui ne mérite absolument pas le sort que ces pirates lui réservent.

Il se releva alors doucement, épousseta ses habits couverts de sable et se rapprocha de la femme, près d'elle, beaucoup trop près même, empiétant complètement sur sa bulle de confort. Il la fixa dans les yeux et son air grave disparut totalement, remplacé par un sourire, cruel, agressif et égoïste.

-Et tu vois, même en sachant cela, je m'en tape complètement de ce qui peut lui arriver. Elle peut bien aller crever même que ça ne changerait absolument rien pour moi!

Il s'éloigna alors d'un pas rapide pour aller récupérer son revolver, tout en ignorant les insultes et les malédictions qu'elle aurait pu lui lancer. La marée montait rapidement aussi sûrement que le soleil continuait de descendre à l'horizon, il récupéra son arme et se maudit pour sa stupidité, il était recouvert de sable et les grains avaient pénétré les mécanismes. Il faudrait le nettoyer de fond en comble à cause d'une bête hallucination, il revint vers la jeune femme en le regardant de nouveau, les regards qu'ils échangeaient étaient tout sauf amicaux, en la regardant, Chafouin se rendit compte que c'était vraiment une jeune femme magnifique. Et que si les harponneurs l'avaient repéré bien avant, ils auraient tout de suite abandonné leur précédente proie pour se lancer à sa recherche. Elle avait eu de la chance d'échapper à leur vue, il leva les yeux au ciel et se dit qu'il pouvait au moins lui expliquer les raisons de son inaction de son point de vue et de sa propre logique.

-Combattre les harponneurs, c'est du suicide, déjà ils sont toujours sept, c'est un chiffre qui porte chance, deuxièmement chacun d'entre eux un bon combattant, sans doute bien meilleur que toi ou moi. Et dernièrement, de toute manière, j'ai que six balles. Mais si tu veux te lancer toi même à l'assaut de ces types pour risquer ta vie et vraisemblablement mourir dans le processus, grand bien t'en fasse. T'aura sans doute le temps de sauver cette pauvre femme.

Il inversa la prise sur son revolver pour lui tendre la poignée, l'invitant ainsi à tenter sa chance contre les harponneurs, mais Chafouin voyait bien que la vue de l'arme la dégoûtait. Cela l'amusait autant que ça l'énervait, cette jeune femme lui faisait la leçon, mais pourtant elle semblait incapable d'agir pour sauver elle-même les innocents. Il reprit son revolver en main.

-Une pacifiste hein? Je déteste ton genre, t'es exactement le genre de personne à donner des leçons de morale et de bonne conduite, mais dès qu'une situation difficile arrive, tu viens te cacher derrière des types comme moi en nous suppliant de t'aider. Tu sais, je pense que tu devrais...

Il pris une baffe violente qui le fit reculer d'un pas. La fulgurance de cette baffe couplé au fait qu'il n'avait à aucun moment respecter la bulle de confort de la jeune femme le pris totalement de court. Au final elle n'était pas si pacifique que ça la donzelle. Il la regarda, encore étonné par son court excès de violence et se frotta la joue bien rouge que la paume avait heurté. Il se dit qu'il l'avait cherché après tout, quand on parle mal à quelqu'un ce genre de réaction finie toujours par être inévitable qu'importe à quel point la personne en face de vous à l'air gentil. Il était même étonné qu'elle ai pu se contrôler si longtemps.

Il leva doucement son revolver, mais ce fut uniquement pour le ranger dans son étui à son épaule, il la regarda de nouveau, en essayant d'effacer l'expression dédaigneuse et blasé qu'il arborait habituellement, ce qui lui demanda un effort intense. Il croisa les bras dans une posture défensive et souffla, il n'était pas non plus question qu'il s'excuse de son comportement, mais il tâcherait de ne plus lui parler comme un chien.

-Dis-moi, pourquoi tu t'intéresses tant à son sort? T'as pas l'air de la connaitre, qu'est-ce que ça peut te faire ce qu'elle va devenir?


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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Laurelin
Laurelin
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyMar 26 Fév - 9:18
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Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag
Cet homme était détestable. Durant tout son monologue, il transpirait la rancœur et l’indifférence face à autrui. Un être purement antisocial et antipathique, préférant arborer une rudesse d’esprit, un flegme sans pitié. Une déception grandissante alors que je me trouve face à cet homme infecte. Je pensais que la présence bien trop proche de « Technologie » serait pire que tout, mais les mots qu’il prononça ensuite furent bien pire encore. Si je choisi de ne pas me battre, de ne pas infliger de souffrance ou de mort, c’est parce que j’ai déjà mené bien des combats, depuis bien trop jeune, et qu’un autre combat ne ferait que me détruire un peu plus.

Instinctivement, sans réfléchir, je sens ma main droite se lever dans les airs et s’écraser contre la joue de l’orgueilleux aigri. Il ne s’y attendait pas, et à vrai dire, moi non plus. Alors que ma main est de nouveau allongée le long de mon corps, je ne peux m’empêcher de rapprocher mes mains et mes bras de ma taille, dans un signe de défense et de protection dérisoire. Je fais un demi pas en arrière – ou plutôt je me mets en position de trépied pour pouvoir agir ou réagir face à cet engeance – et je me mets à réfléchir.

Cette réaction physique violente est moins une réaction à une blessure invisible qu’un réflexe provoqué par des mots tranchants de vérité. Depuis aussi loin que je me souvienne, je me réfugie dans mes illusions, dans ma réalité inventée, et derrière mes sortilèges afin de m’échapper de toutes les situations difficiles et belliqueuses. Comme si mon passé était une entrave à ma propre survie. Depuis presque 15 ans, je fuis. Je fuis face à l’engeance sacrée qui me poursuit. Je fuis la monstruosité et la méchanceté des Hommes qui peuplent cette terre. Peut-être même suis-je en perpétuelle fuite face à mon passé ? Comment les mots d’un homme sans cœur purent toucher à ce point le mien ?

L’espace d’un instant qui sembla si long mais qui devait être très court en réalité, je me rappelais les mots de ce Khurmi rencontré des mois auparavant. L’acidité de sa verve, la puissance de ses piques. Puis je me souviens de cette anomalie sauvée des gorges du monde. A quel point avait-elle souffert pour en arriver là ? En réalité, le voyage dans son esprit m’en avait fourni la réponse, et les mots qu’elle prononça après avoir sauvé ma propre vie revinrent en mon esprit. Puis ceux d’autres personnes, qui louaient mes intentions honorables en blâmant la façon de les mener. Avaient-ils raison ? Toute la bonne volonté d’une femme ne pouvait-elle pas jouer dans la balance du bien contre le mal ? Quand tant d’autres que moi choisissent les armes, les combats… Technologie, pour stopper le mal et promouvoir leur vision du bien, pourquoi moi, usant seulement de mnémotechnie, saurait faire la différence, là où des milliers d’autres ont échoués avant moi avec des moyens plus rapides, plus visibles et plus efficaces ? Suis-je réellement folle en fin de compte ?

Enfin, il reprit la parole. Si son attitude n’était pas encore agréable, sa voix et sa parole étaient, au moins, bien moins difficiles à encaisser. Il ne semblait pas vouloir s’excuser, mais il ne semblait pas non plus prompt à reprendre cette démarche dédaigneuse qu’il arborait certainement le reste du temps. Un petit effort qui parvint jusqu’à moi, mais qui ne me ferait nullement baisser ma garde.
- Je… Je ne la connais pas. Dis-je finalement en levant la tête vers lui, les yeux légèrement humectés par toutes mes réflexions.[color=#00ccff] Mais j’ai été à sa place. Il y a longtemps… Très longtemps. Et par tous les Architectes, j’aurais échangé jusqu’à mon âme pour l’intervention d’une âme salvatrice. Vous auriez pu l’être pour elle. Elle aurait pu avoir au moins cette chance, et ne pas finir souillée, mutilée, utilisée, dans les cales humides et sombres d’un groupe de bandit des mers…|/color]

Inutile d’être passé maître en Mnémotechnie pour se rendre compte que mes dires étaient ceux d’une femme vivant soudainement dans le passé. Un illusionniste amateur, ou quelqu’un doué de quelques connaissances en psychologie auraient vite observé mon visage tourné vers la gauche et vers le bas, le regard plongeant, signe d’une reviviscence du passé et non d’une invention de l’esprit ou d’un mensonge en création. Oui, tel était mon passé. Cette femme fut ma mère, mes sœurs et moi-même, des années auparavant. Suppliant, implorant que quelqu’un leur sauve la vie, qu’on ne souille pas leurs corps, qu’on ne détruise pas leurs existences… Pleurant une vie détruite et abrégée bien trop tôt.
- Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est que d’être enchainé à la cale d’un navire, vos poignets enchainés à votre mère, à votre sœur, l’image de votre père et de vos frères, baignant dans leurs sangs, alors qu’un groupe de brigand s’était arrogé le droit de faire de vous ce qu’ils désiraient, qu’importe vos supplications. Être obliger de couper le bras de sa propre mère pour survivre, pour au final disparaître aux yeux du monde dans une explosion gigantesque. Votre vie détruite. Vous ne savez pas.

Que les Architectes me pardonnent pour mes mots acerbes.



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La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

Laurelin s'exprime comme cela
Laurelin pense de cette manière
Laurelin télépathe comme ceci
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Taivan & Ayalguu
Taivan & Ayalguu
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyVen 8 Mar - 9:44
Irys : 109982
Profession : Conteur sadique
Le vent soufflait entre les dunes, les pas s’éloignaient. Les herbes enduites de coton volaient sur les herbes, les pas tapaient contre le sol. Un reflet de soleil vint luire sur un fragment de chair, un instant devenu magilithe. Un rappel sur la nature d’un Régisseur, on ne peut jamais vraiment l’abattre, seul lui est maître de la tournure que prend sa traque. Saikhan n’était pas du genre à se lasser d’une proie, bien au contraire …

La première tâche que lui avaient confiée les dieux lui avait forgé un trait de personnalité, chose rare chez les créatures de son espèce. Il se souvenait d’une rude chasse, longue, très longue, à tel point qu’il avait cessé de compter les années qu’il passait sur la route. Oh, il n’en ressentait aucune tristesse, l’anomalie en question avait simplement eu le bon sens de se dissimuler à ses yeux par les arts du maître griffon. Plus jamais. Désormais, il était prêt. Un sourire se dessina sur le visage du prédateur, lorsque lui revint la pensée de ce qu’il était advenu de cette première petite proie.

Elle s’était muée de pierre, ses chevilles immobilisées, abandonnée par les siens et délaissée de l’intérêt des mortels. Enfant de Khurmag, elle avait fini simple minéral perdue dans la toundra de Zagash. A pas lents, Saikhan s’était approché, la voyait trembler plus d’effroi que de froid et apposa une paume brusque sur son front. Elle s’était brisée comme de la glace, et la satisfaction du Régisseur fut tel qu’il s’était promis que chacune de ses cibles lui offrirait un renouveau de frisson. Il espérait que cette naïve ingénue ne le décevrait pas.

Les portes de la ville portuaire arrivèrent en visu, Saikhan ralentit sa course effrénée. Bien sûr que l’entrée était soumise à l’autorité d’un garde. Un sifflement perça l’air et une bourrasque curieuse dessina une courbe dans le dos du Régisseur. Déjà, la mine effarée du daënar en disait long, ce devait être étrange de rencontrer telle majesté. Ou peut-être ne faisait-il que réagir au vent dansant encore sur l’herbe derrière. Il le pensait mage, sûrement.

- Arrête-toi là, le my’tran ! J’aime pas trop ta démarche et le vent que t’agites m’inspire pas confiance, alors tu vas te calmer vite fait ou j’te colle un barillet dans l’front.

Et il leva son fusil, canon pointé entre les deux yeux de racine divine. L’ignorance … quelle belle erreur, si innocente, si stupide. D’un geste ample ascendant de la main, le Régisseur matérialisa une onde presque indicible depuis le sol vers les cieux, projetant l’arme hors des mains du soldat. Tournant le poignet, ouvrant sa paume vers les cieux, dépliant les doigts vers le garde, une seconde vibration décampa ses jambes de la terre ferme. L’index et le majeur s’enfoncèrent vers le haut et une ultime onde projeta le garde en l’air, ou il resta suspendu, tête vers le bas.

Ils volent toujours si bien, comme des poupées de chair. Saikhan s’approcha simplement du visage retourné du garde qui semblait pour le moins nauséeux. Le Régisseur marqua un temps d’arrêt et inclina la tête qui pouvait se traduire par un « tu feras mieux la prochaine fois », ou quelque chose du genre. Il lui tapota la joue et passa simplement à côté, non sans laisser une indication de l’objet de sa visite.

- Une anomalie dans Prorig.

Ce fut une bonne leçon pour Gérard, milicien de profession, qui réalisa que l’instant aurait pu très mal se terminer et retint dès lors qu’il valait mieux ne pas faire chier quelqu’un qui pourrait être un Régisseur.
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George "Chafouin" Deckter
George
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptySam 9 Mar - 17:25
Irys : 406706
Profession : Homme à tout faire
Daënar -2
Elle avoue ne pas connaître la victime évidemment, pourtant elle semble chercher un moyen de lui faire prendre intérêt pour ce drame. En posture défensive, les yeux perdus et le regard fuyant, elle commence à parler de son passé, faisant le parallèle entre la situation de la femme et elle-même. Chafouin la regarde sans rien dire, le visage figé, semblant écouté avec intérêt mais souhaitant tout autant lui hurler d'arrêter de se plaindre et de faire preuve d'autant de sensibilité et d'empathie.

L'empathie, si ce concept n'est pas étranger pour lui, il le déteste autant qu'il l'admire, c'est l'empathie qui différencie les bonnes personnes des mauvaises, qui établit un semblant de civilisation et empêche un groupe de personnes de se transformer en animaux assoiffés de sang. Qu'importe les valeurs telles que la bravoure, l’honnêteté, l'humilité ou la gentillesse, seul l'empathie avait vraiment de la valeur aux yeux des Chafouin, c'était aussi une preuve d'intelligence à ses yeux, c'était aussi pour ça qu'il ne pouvait pas supporter cette valeur.

L'empathie rendait faible, il avait passé des années à s'en convaincre, elle vous faisait passer à côtés de vos besoins, vous faisait prendre du temps pour les autres alors que ces personnes ne valaient souvent pas la peine qu'on s'intéresse à elle ou qu'on les sauve. Ce sentiment vous faisait vous rendre mal à cause de raisons stupides. La femme d'il y à quelques heures auparavant ? Comment pourrait-elle lui reprocher quoi que ce soit, elle devait bien voir qu'il n'aurait jamais pu la sauver, en plus de ça c'était sa faute de traîner aussi loin de la ville sans surveillance. Et puis qu'est ce qui lui garantissait qu'il n'aurait pas sauvé un monstre aussi ? Voilà ce que pensait Chafouin dans ces moments-là, il cherchait toujours des excuses pour légitimer son inaction, peux être que cela avait été dur au début, mais au fil des années il avait trouvé suffisamment de preuves dans le comportement des gens en général pour se prouver qu'il était dans le vrai. Ou plutôt se convaincre qu'il était dans le vrai. Faire preuve d'antipathie était devenu comme une seconde nature chez lui, il le faisait sans réfléchir, comme s'il respirait simplement. Se moquer de ceux qui faisaient montre de ce sentiment envers les autres était aussi un sujet de moquerie pour lui, la situation précédente l'avait montré.

Et pourtant, ce dont la jeune femme lui parlait touchait peux être quelque part une partie de lui, il se souvenait de cette époque il était encore l'armée, avec son camarade surnommé Pedzouille, l'armée avait été comme une sorte de famille, celle qu'il n'avait jamais eu. Alors il n'avait eu aucun mal à faire preuve d'amitié envers eux, mais seulement par sens du devoir, tout le monde était dans la même galère, même si son groupe de camarade avait pu comporter quelques connards, tout le monde restait dans la même galère. Mais même avec ça, cela restait lui et son groupe contre le reste du monde. Il se souvenait de Pedzouille, pas le plus malin des hommes mais il semblait à Chafouin qu'il avait toujours réussi à lui faire trouver une raison logique de bien se comporter envers autrui. Rétrospectivement le paysan n'avait pas beaucoup de qualités mais il pouvait au moins lui accorder sa capacité à transmettre son goût de l'empathie. Chafouin repensait à sa situation, ce jour-là quand il s'était enfui de l'entrée de la cale en abandonnant cette petite fille à une mort certaine. Il s'était souvent demandé s'il aurait eu le temps de l'attraper, cela avait été une affaire de secondes, mais il avait eu besoin de ces précieuses secondes pour s'en sortir en vie, c'était cette vérité qui lui était restée en tête après avoir passer des centaines de fois le scénario en boucle dans son esprit. Tout ce qu'il aurait pu accomplir s'il avait été plus stupide, n'aurait été que d'ajouter un cadavre de plus dans l'océan et de provoquer l'amusement de Zakel qui avait sans doute sciemment tenté de le tuer.

Il la regarde, cette jeune femme évoquant l'incarnation de l'empathie, elle semble si pur comme si elle était moins humaine que féerique, comme un esprit connaissant vos propres points faibles et appuyant sur le point qui fait mal. Ça marcherait presque, troublant la façon dont son rêve de cette nuit se répercute dans les paroles prononcées par la jeune femme, malgré cela Chafouin cherche à ignorer tout ce qu'elle peut raconter, alors il tourne la tête, il aurait du mal à la regarder dans les yeux et à subir son sermon sans lever toutes les secondes les yeux au ciel et à souffler pour laisser s'exprimer son éternel dédain. Alors il la laisse poursuivre, silencieusement.

-Vous ne pouvez pas imaginer ce que c’est que d’être enchaîné à la cale d’un navire, vos poignets enchaînés à votre mère, à votre sœur, l’image de votre père et de vos frères, baignant dans leurs sangs, alors qu’un groupe de brigand s’était arrogé le droit de faire de vous ce qu’ils désiraient, qu’importe vos supplications.


Non il ne pouvait pas imaginer en effet, dans sa vie il avait plus souvent jouer le rôle du tourmenteur que la victime et les seules fois où il avait eu l'occasion de jouer le rôle du héros il avait toujours lamentablement échoue, Salia, Orange, cette petite fille sur le navire quatorze ans auparavant.  Il était bien meilleur pour tuer les gens s'était-il toujours dit, ça ne le touchait quasiment pas, ce qu'elle racontait et à peu de choses près, ça aurait pu être lui sur ce navire d'esclavagiste qui l'aurait tourmenté. La tirade de la jeune femme était insupportable pour lui.

*Va donc écrire un roman sur ta vie si tu la trouves si dramatique. Mais par pitié arrête de me casser les oreilles avec ça !*


...Être obliger de couper le bras de sa propre mère pour survivre, pour au final disparaître aux yeux du monde dans une explosion gigantesque. Votre vie détruite. Vous ne savez pas.

Il la regarda directement cette fois, d'abord hébété, il mis quelques secondes à assimiler ce qu'elle lui disait. Il repassa la scène devant ses yeux, c'était exactement la même scène qu'elle lui décrivait, mais c'était totalement impossible. La petite fille était morte ce jour-là, même un miracle n'aurait rien pu changer, c'était improbable, impossible même ! Chafouin darda son regard sur elle, il n'avait jamais oublié la vision de cette fille désemparé, le bras de sa mère encore accroché à elle, il transposa son visage perdu sur celle qu'il avait en face de lui. Combien de petites filles auraient pu se trouver dans cette même situation qu'elle, la description était tellement abondante en points commun avec sa propre version qu'il refusait d'y croire. Combien d'années avait-elle au plus ? Au moins la vingtaine à vue de nez, peux être 23 voire 24 ans, même son âge semblait logique au vu de la situation. Finalement, malgré que Chafouin essai tant bien que mal d'ignorer la vérité il ne put que le regarder et lui dire  :

-C'est, c'est toi ?...

Leur regard se croisèrent tous deux perdus dans leur incompréhension mutuelle, Chafouin ne put continuer à confronter ces deux yeux émeraudes et baissa la tête, complètement perdu dans ses pensées. Qu'est-ce que c'était que cette vaste blague, d'abord ce souvenir troublant qui l'avait poursuivi comme un cauchemar et maintenant cette rencontre avec la petite fille qui avait miraculeusement survécu ? Chafouin en était persuadé maintenant, c'était bien elle ! Mais qu'est-ce que cela signifiait ? Au final son action en ce jour avait-elle été salutaire pour elle ou n'avait elle au contraire rien changer ? Il se sentait comme un rouage impuissant dans cette vaste machine de l’événement de cette lointaine bataille, il l'avait oublié depuis longtemps cette gamine, du moins jusqu'à aujourd'hui, il ne lui devait rien après tout, qu'est-ce que ça changeait à sa vie qu'elle se trouve aujourd'hui devant lui ? Alors pourquoi une larme se mettait-elle à couler sur sa joue ?

-Je, suis désolé. Dit-il en relevant la tête et en essayant rapidement son visage.

Désolé pourquoi ? Elle n'interpréterait sans doute pas de la bonne manière cette excuse qu'il lui présentait mais cela n'avait pas d'importance à ses yeux. Chafouin serra les dents, se retourna et fit quelques pas. Quoi, c'était tout ? Un mea-culpa de bas étage, une petite larme et la vie continuait son chemin ? Il referma les poings et s’arrêta.

« Pour te comporter en homme bon, pour faire le bien au moins une fois dans ta vie, c'est comme ça qu'on devrait faire, nous les soldats de Daënastre »

*Bon sang Pedzouille, même maintenant ta morale continue de me casser les couilles*

-Tu sais, tu dois peux être imaginé que je suis le dernier des salopards ou un monstre envoyé par tes dieux ou je ne sais quoi d'autre, mais moi j'exerce un beau métier tu vois. Il se retourna vers elle. J'aide les gens à résoudre leurs problèmes, quel qu'ils soient, et je vois bien qu'on... que tu as un problème avec le fait que cette femme se soit faite kidnappée. Alors voilà, je peux t'aider à la libérer, mais ce sera pas gratuit et tu devrais m'aider évidemment.

C'était un premier pas et sans doute le plus gros effort en terme d'empathie qu'il avait fait depuis longtemps. Mais avant de se lancer dans cette affaire aux côtés de la femme aux yeux verts il devait éclaircir un point important, à savoir rétablir sa fierté de mâle, déjà mis quelque peu à mal par la gifle précédemment infligée. Il croisa les bras et pris une mine fière, légèrement hautaine.

-Au fait, va surtout pas croire que c'est ton petit numéro mélo-dramatique qui m'a convaincu, si je t'aide c'est seulement dans un but totalement intéressé.

Convaincant, pas tellement certainement. Mais ça permettait de se rassurer en quelque sorte, cependant Chafouin voyait bien que quelque chose d'autre la mettait terriblement mal à l'aise.

-Heh ça va ?


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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Laurelin
Laurelin
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyVen 15 Mar - 18:55
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Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag

Cet homme est absolument insupportable. Il est méchant, condescendant et plus aigri encore qu’un païen échoué face à la puissance des Architectes. Tout transpire l’orgueil : son attitude, son langage corporel et ses mots. Il parle sans me regarder, tourne le dos, grommèle dans sa barbe ou enrage dans de grandes tirades aux sens douteux. Je sens monter en moi l’envie d’user encore une fois d’une violence mesurée. Une seconde gifle lui ferait du bien. Une… Gifle ? Comment en suis-je arrivée à considérer la violence comme un moyen d’arriver à mes fins, alors que je me suis toujours évertuée à vivre sans violence et sans vice aucun. Serait-ce les évènements de ces derniers mois ? Est-ce que d’être passée entre les mains de deux scientifiques aura autant changé ma manière d’être ? Je veux toujours le bien, répandre le bien… Pourtant, je commence de plus en plus souvent et de plus en plus aisément à envisager d’autres moyens d’action afin d’y arriver. Après tout, cette anomalie au bord du monde, et ce Khurmi au visage meurtri avaient certainement raison ? Depuis quand la naïveté, la légèreté et les principes suffisent à défendre et promouvoir un idéal ? Le gifler tout à l’heure a eu l’avantage de le remettre dans le droit chemin. Quand serait-il si, en plus d’user d’actions physiques, j’usais d’actions psychiques et magiques ? Peut-être aurais-je plus de résultats et arriverais-je à répandre plus encore le bien autour de moi. Après tout, le mal se garde bien d’états d’âmes, et use de tout ce qui se trouve à sa disposition… Alors pourquoi pas ?

Mais mes réflexions furent très rapidement stoppées alors qu’il buta contre un de mes mots. C’est comme si mon récit semble l’avoir profondément touché, comme s’il se sentait concerné, comme si… Comme s’il avait vécu cela, lui aussi ! Comment est-ce possible ? Je ne me… Attendez… Serait-ce lui, le païen que j’entrevis en haut d’un escalier de bois humide et souillé, avant que tout le navire n’explose dans une déflagration formidable ? Comment cela serait-il possible ? Comment ?!

Je suis si choquée que j’en suis presque à manquer les mots et le compromis qu’il me propose. Aider la demoiselle en détresse, contre rétribution. Une proposition purement intéressée ? Je n’en crois pas un seul mot. Non, pas après sa façon de me répondre et de me parler, pas après son regard lorsqu’il me dévisagea après m’avoir demandé : « c’est toi ? » Il ne peut pas arrêter de jouer les gros durs sans âme et sans cœur ? Peut-être pourrais-je lui montrer que la situation n’est pas aussi noire et sombre qu’il le croit. Si j’usais de mes pouvoirs, pour lui montrer qu’il se ment à lui-même bien plus qu’aux autres… Si…

Mes sens sont en éveil. Je ressens un grand bouleversement en mon fort intérieur. Mon cerveau est en ébullition, et je ressens… Une menace… Quelque chose d’imposant, quelque chose de puissant, quelque chose d’aussi ancien que la terre elle-même qui s’avance inexorablement vers moi comme une flèche décochée avec force en direction de mon front. J’ai déjà ressenti tout cela. Un souvenir exécrable, terrorisant… Un régisseur ? Il ne doit pas être loin. C’est plus fort que moi, c’est comme si tout mon être se rebellait contre cette présence menaçante et m’ordonnait de fuir.

D’abord face à l’homme, je lui tourne le dos aussi vite qu’un chat apeuré. Je regarde les hauteurs depuis lesquelles j’observais tout à l’heure l’homme en perdition. Cette présence n’est réellement pas loin, et elle s’approche à toute vitesse. Je bégaye, quelques hochets de peur sortent de ma gorge alors que je regarde toutes les hauteurs et toutes les passes rocheuses, comme si d’une seconde à l’autre j’allais voir ce chasseur qui me poursuit depuis tant d’années. Tout mon être est secoué, alors que je dois ressembler à un oiseau en cage trop terrorisé pour s’envoler. J’ai peur… Je suis terrorisée… Je ne veux pas mourir, je n’ai pas encore réussi ma mission… Architectes adorés, c’est bien trop tôt.

Je passe doucement ma main sur mon bras pour toucher mes cristaux, sans que l’homme à mes côtés ne puisse y voir quoi que ce soit. D’un coup sec, j’arrache un des cristaux que je tiens fermement en main. Cela ne me procure aucune douleur, ces zones n’étant plus ni innervées ni sensibles à quoi que ce soit. Je pourrais recevoir une flèche qu’elle se briserait contre les cristaux de mon corps. Un soubresaut dans mon esprit. Le régisseur est bien trop proche à mon goût. Je saute presque littéralement sur la seule âme qui vive à mes côtés : l’homme désabusé de tout à l’heure. Subrepticement, je glisse le cristal dans une de ses poches, en espérant qu’il ne le trouve pas tout de suite. J’espère qu’il prendra la fuite en direction de la ville ou du village le plus proche. Là, je pourrais me téléporter et nous pourrons fuir facilement. Mais je ne peux pas compter uniquement sur ça.

D’un bond, je me retrouve derrière l’homme, et je me rends invisible à ses yeux et aux yeux de n’importe qui se trouvant aux alentours. Mais j’illusionne toujours ma présence. Moins pour lui que pour le régisseur. J’espère ainsi que le régisseur pense réellement avoir à-faire à moi, pendant que je m’enfuis quelque peu, aussi loin que possible tant que ma magie puisse agir. Je cours. Je profite que le régisseur ne soit pas encore là pour prendre la direction des falaises, là où je me trouvais un peu plus tôt. Les vents d’Amisgal me portent alors jusqu’en haut du petit promontoire. Je dois être à une vingtaine de mètre de l’homme, tandis que l’illusion fonctionne toujours. Je suis invisible, et ma « présence illusionnée » fonctionne toujours. Pauvre homme, qui doit parler à une image…
-Ô Architectes, ô divinités vénérées, je vous en supplie, aidez-moi. Ne m’ôtez pas la vie maintenant, alors que je m’apprêtais à dispenser le bien autour de moi et dans le cœur des païens.



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La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Taivan & Ayalguu
Taivan & Ayalguu
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyLun 25 Mar - 13:45
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Profession : Conteur sadique
Saikhan marchait, bras droit derrière son dos, bras gauche allongé sur son flanc. Son regard inquisiteur se posait sur les environs, courait à la manière d'un feu follet. Chaque visage, chaque expression, il les arpentait, lisait leur peur, leur fragilité, leur humanité. Tant d'âmes, tant de vivants, tant d'êtres qui étaient tous aussi susceptibles d'un jour devenir sa proie. Il ne se délestait pas de son sourire, son faciès façonné sous les airs de l'arrogance se fascinait de l'urbanisme tout autour de lui, tandis qu'il dévalait une longue allée.

Daenastre ... la nation impie. Ha ! Qu'importent les croyances, tous sont égaux face au jugement des dieux. La répartition de la vie se fait selon la volonté des mortels, mais pas une seule âme n'échappe à son anathème. Lorsque le glas sonne, et il le fait toujours, ce n'est pas pour ouvrir les portes du cycle, non. C'est pour accueillir le néant sur ce monde, le faire aspirer l'impureté et à jamais la bannir du plan de l'existence. La pureté, la machination de l'art, l'oeuvre des Architectes ne saurait trouver de défauts. Les anomalies sont les failles que les Régisseurs colmatent, de mauvaises herbes que l'on arrache, encore et encore.

La recherche prendrait du temps, à moins de l'optimiser. Tant de témoins oculaires par ici, tant d'yeux, l'une de ces paires n'aurait-elle pas eu la chance de la croiser ? Si seulement il savait à quoi elle ressemblait ... elle n'avait pas assez peur, certainement. Il fallait accentuer cet effet. Les lèvres de Saikhan se mirent à bouger, comme de sobres murmures. Dans l'esprit de chacun, une voix grave, inhumaine, craquante comme de l'écorce humide.

Où te caches-tu, petite proie ? Les dieux ne t'aideront pas, tes prières sont détournées, l'influence de la mère-vent et du père-esprit te perd et tu n'auras aucune assistance ici. Tu es seule, pas d'âme qui vive ne saurait te protéger du fléau de ceux que tu vénères.


Un sourire se fendit sur son visage, d'une poigne sèche, il prit la joue d'un passant par la paume gauche. Son esprit s'ouvrit à lui,  ses souvenirs, ce qu'il avait vu. Une femme, une rencontre amoureuse, infidèle, adultère ... rien d'intéressant ! Il le lâcha prestement, le renversant presque, avant de passer à un autre vestige en un râle de colère qui résonna dans la ville.

- Montre-toi, chère proie. Ceux parmi lesquels tu te fonds souffrent par ta faute, par ton désir égoïste de survie.

Que des souvenirs inutiles. Un hurlement retenti dans l'inquiétude générale de la ville, tandis qu'un homme traversait les pans du battant d'un établissement. La main du Régisseur vint l'arrêter net, couvrant l'intégralité de sa face, englobant son visage de ses doigts fins. Une taverne, la chaleur du comptoir, la douceur des breuvages et la lourdeur des blagues et ... une illusion. Voilà qui était intrigant, très intrigant. Très ... intéressant.

Le Régisseur pénétra dans l'établissement, repéra la silhouette faussaire et la personne avec laquelle elle conversait. Un pas, deux pas, trois pas et il se campa net derrière le faux semblant. My'tranne ... pourquoi avoir fuit ? Les péchés qu'elle porte la poussent peut-être à la dérobade, et dans ce cas, était-elle celle qu'il recherchait ? C'était probable, très probable. Saikhan prit le temps de la contourner, d'explorer ce visage qui incarnait sa proie. Quelle adorable expression d'innocence, quelle adorable ... bonté.

D'un revers de la main, il effaça le mirage qui s'envola en poussière, comme faite de craie suspendue. Son regard luisant d'argent se redirigea vers son interlocuteur, un homme aux cheveux grisonnants et au visage marqué par le fer. Sa main vint accrocher sa gorge, alors que les yeux du Régisseur se mirent à luire de reflets d'argents. Une expression muée d'une fureur expressive vint confronter le regard de cet étranger qui puait la technologie.

- Où est-elle ?!

Finalement, la réponse serait plus rapide s'il la soutirait lui-même. Sa paume vint agripper la joue de Chafouin, ouvrant sa mémoire à l'envoyé des dieux, lui offrant ainsi l'aperçu de ce qu'était la désincarnation.
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George "Chafouin" Deckter
George
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyDim 31 Mar - 23:26
Irys : 406706
Profession : Homme à tout faire
Daënar -2
Se retrouver dans cet endroit était sans doute la pire idée possible, mais ça l'était bien plus encore si cette idiote de Laurelin ne l'avait pas collé aux basques malgré ses menaces. Franchement il se demandait encore pourquoi il faisait ça, pourquoi il n'avait pas choisi la solution de facilité, celle de coller une balle directement dans le crâne de la jeune femme pour mettre directement fin à cette traque dont il n'allait sans doute devenir qu'un horrible dégât collatéral. Oui cela aurait été bien de quitter cette plage, seul, revenir dans son appartement mal isolé aux parquais craquant, pouvoir se réveiller un jour de plus. Il avait eu le temps de revenir s'équiper en plus. Pourquoi n'avait-il pas dégager simplement Laurelin à coup de pied aux fesses pour qu'elle aille se faire dévorer par son régisseur. Il avait eu le temps d'apprendre tout ça en lui parlant, ou plutôt d'apprendre cela par l'intermédiaire de son double que la créature venait d'effacer. Elle était plutôt maline pour une mutante, la jeune. Et lui comme un idiot il servait totalement ses intérêts en se mettant en danger pour lui faire gagner un peu de temps, c'était vraiment stupide, il ne se mettait jamais en danger pour personne et voilà que la première fois qu'il s'y essayait il allait sans doute mourir.

Et quelle mort affreuse, le régisseur, car tel est-ce que ce simulacre de vie est, le plonge dans une paralysie totale, dès qu'il l'a aperçu dans l'établissement fumeux, il a senti que quelque chose n'allait pas avec ce type, mais ce n'est ni son air assuré ou la démarche rapide d'un tueur expérimenté qui le choqua, ce fut quand leurs regards se croisèrent. D'habitude, les gens ont une lueur dans le regard, elle brille bien plus quand leur vie connaît des hauts ou peut se ternir dans les mauvais moments, mais elle est toujours bien présente, elle disparaît à leur mort. Le régisseur, lui et c'est énormément troublant à quel point ce détail saute aux yeux de Chafouin maintenant qu'il croise ce regard, n'a pas la lueur d'un humain. C'est ce qui grille tout de suite le manteau de chair dont il souhaite se draper. Cette lueur, elle n'est pas absente comme dans le regard d'un cadavre, c'est juste quelque chose de, différent, comme s'il plongeait les yeux dans une sorte de néant indéfinissable, l'existence même d'une telle chose semble incompréhensible aux yeux de Chafouin et s'il ne l'avait pas vu de visu ce soir-là, il aurait juré qu'une telle créature ne pouvait exister que dans les cauchemars.

Si la ruse de Laurelin l'a plutôt amusé, la réaction du régisseur le refroidit tout autant, d’emblée il réalise qu'une discussion ne mènerait à rien, si la créature utilise des mots et des sons bien humains, dans sa bouche, ils semblent étrangement déformés comme s'il n'appartenait pas à la réalité, mais l'ordre sous forme de question ne sort par Chafouin de son état de terreur. Il ne comprend pas la créature ou plutôt ne comprend pas son existence comme s'il refusait d'y croire, cette lueur démoniaque au fond des yeux du monstre lui fait comprendre que peux importe le sujet, il ne comprendra jamais le but profond du régisseur. Et ce qu'il ne peut pas comprendre le terrifie, s'il ne connaît pas la manière de penser de son adversaire, comment peut-il le vaincre ? Une aura d'invincibilité entoure alors de facto le régisseur et donne l'envie à Chafouin d'abandonner la proposition d'aide à l'anomalie qu'il a effectué quelques temps plus tôt. Il a envie d'abandonner Laurelin à son sort pendant un instant, après tout il ne lui doit rien, ils ne se sont même pas rencontrés ou plutôt revus en bon terme ! Mais malgré ça, la peur ne sera pas suffisante pour le faire parler, il veut la couvrir le plus longtemps possible, il vaut qu'elle survive, il a énormément de questions à lui poser, il a besoin de lui poser ces questions. Mais il n'ose pas lever le moindre petit doigt vers cette engeance, l'impression qu'il pourrait l'écraser au moindre mouvement l'envahi. Le régisseur attend une réponse, mais il décide alors de court-circuiter tout ce que Chafouin aurait pu mettre en place pour défendre ses secrets, il ouvre son esprit de manière brutale.

Ce qu'il ressent en premier lieu c'est une douleur intense, innommable, comme si son crâne s'ouvrait en deux, il y a ensuite ce flot qu'il sent couler en lui comme si une deuxième entité prenait sa place. Il souhaiterait se défendre, faire payer le régisseur pour cette intrusion dans ce qu'il considère comme son sanctuaire, mais il n'est même pas capable de lever les bras pour perforer les chairs avec ses grappins de poignets comme il le souhaiterait. À la place de tout ça il se sent impuissant, perd le contrôle total de son corps et plonge de force avec les régisseurs dans ses souvenirs proches.

La fouille ne dura à peine plus d'une minute, mais pour Chafouin cela sembla durer des heures, le régisseur s'attarda en premier lieu sur leur rencontre sur la plage, mais peu d'informations utiles furent trouvés. Chafouin, après que Laurelin eut disposer son illusion autour de lui, commençait à rentrer chez lui et n'ayant pas supporté la façon dont elle l'avait ignoré, il était resté suivi cependant par ce qu'il considérait être la vraie jeune femme. Il avait légèrement discuté, assez inquiet de son air terrifié, il avait appris son nom et sa réelle situation, ce qui avait amené à ce dialogue que le régisseur recherchait tant.

« Donc si je récapitule, tu es une anomalie et ton régisseur se trouve ici à Prorig, prêt à te bouffer toi et tous ceux qui t'aiderons ? Bordel, ya pas 3600 solutions alors, il faut que tu quitte la ville, cette nuit, il y a un navire qui part pour My'trä dans quelques heures sur les quais, avec de la chance tu pourras t'enfuir de cette manière. Moi si jamais ce truc tombe sur moi, il vaut mieux que je reste avec ton double pour te faire gagner du temps, si ça devait se produire...T'occupes pas de moi et casse toi, tu me comprends bien ? »

Il avait ensuite rajouté après une courte réflexion :

« En fait tu sais, si tu as envie de rendre les coups plutôt que de fuir, j'ai loué un entrepôt sur les quais il y a des années, tu peux pas le rater, des murs en bois, rouges et violacés, j'ai quelques petites surprises qui attendent dedans, pour tendre un piège à quelqu'un c'est parfait. Avec tes pouvoirs on a ptet une chance de s'en sortir vivants, si tu les utilises bien. Non ne me dis pas ce que tu vas faire, si ce truc m'interroge il vaut mieux que j'en sache le moins possible sur tes intentions. »


Cet à partir de là qu'il reprit le contrôle de son corps, en nage et en tombant par terre, encore sur le choc de cette prise de contrôle mentale, merde, il ne s'attendait pas à ce que le monstre soit capable de briser son esprit aussi facilement. Il tituba par terre et saisit un pied de chaise puis se retourna et la balança avec plus ou moins d'adresse sur son bourreau. Traumatisé, mais debout, il regarda le régisseur en dégainant son revolver et en levant le bras gauche pour le viser avec les grappins de poignets.

-Tu, tu penses vraiment que je vais aider une fille que je connais à peine à échapper à un régisseur ? Je ne souhaite pas mourir, tu veux savoir ce qu'il y a dans cet entrepôt ? Des pièges à loups, si elle y va toute seule, elle sera coincée à coup sûr et tu auras juste à la cueillir, je peux te mener directement là-bas en t'indiquant les pièges au passage. Mais songe un seul moment à fouiller dans mes souvenirs de nouveau et j'éparpille ta cervelle dans ce rade !

Il savait sa tentative de menacer le régisseur assez vaine, mais après ce qu'il venait de lui faire subir il préférait encore mourir ici, c'était ignoble cette façon qu'il avait eut de profaner son esprit de cette manière. Chafouin le mettait en joue, attendant le moindre signe de sa part et dans son esprit une autre question se formait. Où était Laurelin, Attendait-elle un mouvement de sa part, l'avait-elle finalement abandonnée. Peux être l'avait-elle même entendu et avait cru qu'il la laissait tomber pour de vrai. Dans tous les cas il espérait qu'elle ferait le bon choix, peux être même pouvait-elle lui offrir une porte de sortie pour éviter cet affrontement suicidaire qu'il comptait déclencher. Il savait qu'elle ne pouvait pas créer de double à plus de 20 mètres, elle était alors forcément dans les parages, ou peux être non.


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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Laurelin
Laurelin
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyLun 1 Avr - 13:37
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Profession : Vagabond
My'trän +2 ~ Khurmag

Impossible. Tout simplement impossible. Tant d’années de voyages, de fuite, d’errance, loin de mes origines, de ma famille et de tout ce qui fut ma vie avant ce jour funeste et horrible… Pour me retrouver face à mon régisseur ici, dans cette ville païenne… Impossible. Suis-je donc haïe par les dieux en plus d’être maudite ? Et ce pauvre homme… C’est un païen, c’est un amoureux de cette soi-disant divinité qui se nomme « Technologie » … Et pourtant, on dirait qu’il est touché par ma situation. Si seulement mes sens n’étaient pas autant affectés par la présence de cette entité divine, peut-être aurais-je sus deviner ses intentions, ses émotions… La télépathie est un art difficile à réaliser chez quiconque n’aura pas l’ouverture d’esprit nécessaire, et c’est souvent le cas chez les païens. Pour autant, l’empathie ne souffre d’aucune limite magique ou d’ouverture d’esprit… Alors pourquoi est-ce si difficile soudainement ?

Je regarde par la petite fenêtre au verre brûlé par des dizaines de bougies enflammées entassées là depuis des jours et des jours, et je vois la vile entité divine s’approcher de mon illusion, et la détruire d’un revers de la main. Si, par ce geste, il détruisit uniquement l’illusion, ses griffes, sa force, sa divinité, s’enfoncèrent dans mon âme au même moment. Je sentis sa vigueur et le tranchant de ses griffes acérées. Il s’en prend ensuite audit païen de tout à l’heure. Il va lire dans son esprit. Le régisseur est donc issu de la magie et du souffle du Griffon, un envoyé de Khugatsaa lui-même. Mes pouvoirs pourront-ils me sauver ?

Le pauvre homme est à terre maintenant. Voyager dans l’esprit de quelqu’un est un exercice éprouvant, très éprouvant. Mais être l’esprit inquisité… Cela peut être destructeur pour la personne visitée. Ce n’est pas le pauvre païen au nom douteux qui irait dire le contraire. Mais il est temps de décamper. J’espère simplement que ni le païen, ni le régisseur, ne trouveront le cristal de magilithe que j’ai glissé plus tôt dans la poche de l’ancien soldat.

Je cours. Je me souviens que, dans notre précédente discussion, le vieux soldat avait indiqué posséder une bâtisse reconnaissable entre toute, pleine de pièges et d’outils intéressants pour pouvoir espérer faire face à un intru. Mais un régisseur n’était pas n’importe quel intru. Nul doute qu’un piège mortel pour un humain ne serait qu’une écharde pour cette enveloppe céleste. Comment pourrais-je espérer survivre… Suis-je définitivement folle ? Ou pas encore assez résignée ? Toujours est-il que je cours, je suis visible de tous maintenant, mon état d’anxiété et l’effort déployé par cette cavalcade sur terrain pentu ne me permet pas de me concentrer sur une illusion d’invisibilité que je maîtrise presque à la perfection depuis toutes ces années pourtant. Je cours, je trébuche à quelques reprises, je bouscule quelques pauvres âmes qui ne se tournent pas assez rapidement pour me voir passer, mais j’avance en direction de la bâtisse indiquée par l’homme que je devine toujours en prise avec l’épouvantable régisseur. Lorsque soudain, une information parvint à mes oreilles. Un groupe de négociant – d’après ce que j’ai compris de leurs bourses sonnantes d’irys et de leurs vêtements de nobliaux – devait prendre un aller simple vers la région du Nord de Daënastre pour faire affaire. Et pour cela, ils prendraient un aéronef dans moins de deux heures. Peut-être pourrais-je user de ce moyen de locomotion ? Je n’ose à peine imaginer passer quelques heures sur cet amas de technologie… Les geôles des cyan-ti-piques seraient bien plus agréables en comparaison, à n’en pas douter.

J’arrive enfin jusqu’à la bâtisse qui se voulait salvatrice. Elle est belle et bien faite de planches de bois aux couleurs qui ne s’accordent pas. Si, d’habitude, j’accueille chaque couleur comme un don des Architectes, il faut admettre qu’accorder du rouge et du violet n’est pas la meilleure des idées. Il y a une porte. Je m’y approche, pose ma main sur ce qui devait être une poignée fonctionnelle, mais rien ne se passe. La porte ne bouge pas. Frustrée, je cogne avec acharnement de mes mains nues en exprimant par un petit cri à peine audible toute la colère qui sommeille en moi. La colère… Ce sentiment que je combats depuis tant d’années… Serait-ce finalement cela qui réussirait à m’aider ? Je sens poindre dans mes main un élan de magie. J’appose mes paumes de part et d’autre de la porte et y applique à la fois force et magie, et voilà que la porte s’entrouvre sans que les gonds ne cèdent. Je suis soulagée, et un sourire naïf illumine mon visage alors que je pense voir mon calvaire prendre fin. J’entre.

Une douleur. C’est tout ce que j’ai ressenti en entrant dans cette sordide demeure. Une douleur et l’abandon de mes forces. Et une chute. Mon pied rencontra un piège armé qui n’attendait plus qu’une jambe innocente pour faire son office. Le mécanisme de déclencha. Le cliquetis d’une pièce sur ressort résonna avant que deux mâchoires d’acier ne se renferment pour se rejoindre dans une morsure aussi douloureuse que surprenante. Mon mollet est transpercé en son milieu, tandis que de chaque côté, les lames entaillent profondément la chaire pour y apposer leurs marques à vie. D’autres dents viennent percer mon tibia, et le craquement de l’os percé mais pas traversé est horrible à entendre et à vivre. A cet instant, le petit sourire que j’arborais quelques secondes avant se transformait en une grimace de douleur. Mes yeux s’écarquillèrent, ma bouche s’entrouvrit, mes sourcils se haussèrent et un hoquet arracha un cri de douleur du plus profond de mes entrailles. Et voilà l’abandon de mes forces et ma chute en arrière.

Je reste là, quelques secondes durant, dans une vision ô combien différente des sensations que je ressens. Le ciel est si pur, si beau, si calme. Quelques nuages dessinent des formes que les enfants aiment à sculpter dans leurs esprits. Là un oiseau, ici une vache. Une telle beauté, une telle paix… Tandis que sur le sol où je me trouve, c’est la survie, la mort et la douleur qui s’agitent et me guettent.

Je me relève et regarde la blessure. Il y a du sang partout… Partout. Je n’ose bouger, mais voilà que la douleur diminue alors qu’un second élan de survie bouillonne dans mes veines. La colère, à nouveau. La colère contre cet homme qui avait piégé la bâtisse, contre moi qui ne trouvai rien de plus intéressant que d’oublier cette information et de plonger directement dans un piège… Sans mauvais jeu de mot. Et en colère contre cette malédiction divine qui me poursuit encore et encore… Et qui se trouve si prêt de moi maintenant que je sens sa présence se rapprocher un peu plus. Il est en chemin. Je ne dois pas perdre un instant. Péniblement, au prix d’énormes souffrances, je me mets de façon à observer directement cette horrible blessure. Je cherche autour de moi, baladant mon regard aux alentour à la recherche de ce qui pourrait être un levier, un moyen de relâcher la pression sur ma jambe. Je trouve une tige en fer, reliée à une ficèle, cette dernière disparaissant dans les abymes de la demeure mal éclairée. Un autre piège sans doute… Mais je dois m’y risquer. Je cherche dans ma besace près de moi et retire un couteau orné de symboles et de gravures à la gloire de Khugatsaa. Je coupe la corde afin d’obtenir le levier de métal, et voilà que le piège se met en marche. Un bruit de bois tombant au sol se fait entendre, et un sifflement strident agite mes oreilles. Des projectiles s’envolent partout autour de moi, certains s’enfoncent dans le bois, d’autres me passent au-dessus, mais deux d’entre eux viennent trouver mon abdomen. Enfoncés sur deux centimètres chacun, ils ne sont pas assez dangereux pour attenter à ma vie, mais suffisamment pointus pour provoquer de vives douleurs et m’handicaper ensuite. Une nouvelle grimace de douleur déforme mon visage, mais point de cri cette fois. J’y étais préparée. Et au moins, j’ai mon levier, et une de mes lames.

Je ferme mes yeux, consacrant cette lame et ce que je m’apprête à faire à Khugatsaa et à Amisgal. Je place la lame du couteau entre l’os percé et la dent du piège, afin de l’extraire de ma chair. Puis, je place le levier sur ce qui devait être l’emplacement d’une poignée d’armement. Et je tire de toutes mes forces. Mon visage est une nouvelle fois déformé sous la douleur et l’effort, le sang coule le long de ma jambe et de mon ventre, et je sens que ma respiration devient difficile. Mais j’y arrive. Ma jambe se libère, je l’ôte, enlève ma lame et le piège se referme avec force et rapidité sur le levier improvisé. Un nouveau hoquet de douleur s’échappe de ma bouche, tandis que quelques gémissements viennent accompagner cette libération au goût amer. Mais le régisseur reste trop proche pour prendre du repos. J’entre, laissant la porte entrouverte et du sang, beaucoup de sang, maculer le sol, la porte et le piège.

L’intérieur n’est guère plus accueillant. Un peu partout se trouvent des armes, des produits dangereux, des fils presque invisibles relient des pièges entre eux, ou sont tendus d’un bout à l’autre de la salle avec seuls les Architectes savent quoi au bout. Me rendre à l’autre bout de la salle serait signer mon arrêt de mort. Me cacher ? Impossible. Il me faut ruser.

J’illusionne alors une salle vide de pièges mais pleine d’un véritable capharnaüm, comme si tous les pièges avaient été activés, et que les meubles, les armoires, les objets, avaient été projetés par terre par le déclenchement des pièges ou par une pauvre âme tentant de se débattre. Et au fond de la pièce, j’illusionne à nouveau ma présence. Adossée contre le mur, la tête penchée, rentrée dans ses épaules, recroquevillée sur elle-même, un piège encore attaché à sa jambe, et du sang… Du sang partout. Sur elle, autour d’elle et au sol. Un chemin tracé dans la souffrance, qui mène de l’entrée jusqu’au fond de la salle où se trouve l’illusion. J’ose imaginer que d’être présente dans la même pièce que l’illusion permettra de gagner un certain sursis, et que le régisseur ne devinera pas aussi rapidement que dans la taverne que tout ceci n’est qu’une illusion. L’idée, aussi subtile que grossière, est que le régisseur avance droit sur l’anomalie offerte en pâture, et active tous les pièges, tandis que moi, proche de la porte, je m’enfuis à nouveau avant de disparaître. Puisses les architectes me venir en aide.


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La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

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Taivan & Ayalguu
Taivan & Ayalguu
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyMar 9 Avr - 11:02
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L'insolence. Rien d'autre qu'une manière de dissimuler la peur. Les daënars n'ont pas le respect du divin, leur sang est naturellement hautain. Rebelles contre les lois des Architectes, pourtant, ils continuent à tenir. Seulement, voilà, il n'y ait d'écart plus grand que celui qui sépare un mortel d'un Régisseur. On dit que la plume vaut mieux que l'épée, demandez donc au pistolet, s'il vaut mieux que le sens du devoir. L'indifférence de l'envoyé divin fut manifeste. Malgré l'élan de raison de cet homme, Saikhan n'avait rien à faire d'un boulet dans le chemin de son office. Et puis ... il n'avait pas exactement apprécié le coup du pied de chaise. Alors, un si petit canon ...

Le sol se mit à aspirer tous ceux qui étaient présents autour, accrochant à la surface boisée chacun de leurs membres, annihilant le concept de gravité. Tous sentaient sur leurs épaules, le fardeau du monde, écrasé par sa grandeur. Insectes dans la fourmilière qu'ils étaient, il n'y avait aucune exception à ce manège d'Amisgal. Le vent n'a de pitié que pour ceux qui en suivent la route, ceux qui y font face suffoquent. Tendant la main une dernière fois, le Régisseur part chercher la localisation de l'entrepôt dans l'esprit de Chafouin. Après obtention de sa satisfaction, Saikhan se retourna simplement, cherchant la sortie du pas, communiquant une instruction télépathique à Khairtai.

]- Ton rôle dans cette chasse s'achève. Tu as été un bon pantin.

Et, sans jamais se faire s'affaisser le poids de l'air, il sort simplement. Au-dehors, un crissement aviaire, grinçant comme serré entre des pierres, retentit dans toute la ville. Un large bruissement s'élève au-dessus du Régisseur, tandis que l'oiseau de proie le survole. Au-dessus de l'entrepôt, il stationne, ailes battantes. Sur son plumage rocheux se dessinent alors des runes rougeoyantes, des tatouages suivis, longés, ininterrompus. Une vibration dans l'air le fait s'agiter, remuer, le rend trouble, jusqu'à ce qu'un trait embrasé vienne circuler sur son contour.

Une vague de flammes s'amoncelle alors, piquant vers le bâtiment et couvrant les façades de flammes ardentes. Saikhan ne sent pas l'anomalie, et, avec l'usage de ses pouvoirs, il se sent de plus en plus fatigué. C'est en marchant qu'il rejoint l'entrepôt, brûlé superficiellement seulement, l'intérieur ne s'embrasera que plusieurs minutes après. Le gardien, lui, sentant la vulnérabilité progressive du Régisseur, revient vers lui, délaissant la surveillance de l'entrepôt ...
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George "Chafouin" Deckter
George
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyDim 14 Avr - 11:54
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Profession : Homme à tout faire
Daënar -2
La pression intense qu'il avait ressenti alors que le monstre manipulait la gravité pour la rendre écrasante, s'était rétabli dès qu'il était sorti, alors pourquoi n'arrivait-il pas à bouger malgré le départ du régisseur ? Sans doute en grande partie à cause de la deuxième fouille, bien moins violente que la première, mais qui finit d'achever sa volonté, il s'était adossé contre la porte de l'établissement encore ouverte, alors que plus personne ne se trouvait dedans après l'horrible arrivé du régisseur, tout le monde avait décampé quand il eut fini d'utiliser ses pouvoirs.

Il sentait ses souvenirs revenir, ceux qui le tourmentaient maintenant depuis tant d'années, ceux qui provoquaient ses cauchemars durant son sommeil, mais ça ne l'avait jamais atteint autre part que durant ses rêves, là il n'arrivait pas à bouger, pourtant, il savait qu'on avait encore besoin de lui, quelque part.

-Oy, Chafouin, qu'est-ce que tu fous par terre ?

-Pedzouille...C'est toi ? Fit-il en levant lentement la tête. Bien sûr que c'était lui, mais il arrivait encore à comprendre dans un vague élan de lucidité que ce n'était qu'une création de son esprit malade et fatigué par les attaques répétés du régisseur.

-Tu m'expliques ce que tu fais ? Laurelin a besoin de toi.

-Vas...Te faire voir, tu vois bien que c'est impossible de gagner...Ce connard est bien trop fort.

-Et alors ? Quelle importance, tant que tu te montres plus malin que lui ? Le destin t'a donnée une deuxième chance d'aider cette petite. Et tu vas abandonner sous prétexte « qu'il est trop fort ? » Putain, reprends toi un peu, laisse-moi te montrer.

Il ne comprit pas bien ce qu'il se passa ensuite, ce fut comme si Pedzouille avait agrippé son bras pour faire tirer son grappin sur un toit au dehors de l'auberge, l'instant d'après, il se retrouvait agrippé à un rebord, manquant de peu de tomber alors qu'il reprenait ses esprits.

-Oh putain !

Il se hissa sur le toit non sans difficulté et tira de nouvelles fois au grappin pour se hisser au haut d'une structure particulièrement grande. Puis se donna une baffe, ou peux être ce fut Pedzouille qui le la lui donnait ? En tout cas, cela lui remit bien les idées en place pour la suite. Alors qu'il levait les yeux pour repérer la direction de l'entrepôt, il vit des formes sombres à l'horizon, des traînées de flammes et sa précieuse location dont il avait mis des mois à la garnir de pièges, commencer à prendre feu. Et merde, le gardien du régisseur, sûrement une bête volante, capable de cracher du feu en plus, c'était un dragon ? Il ne pouvait pas bien le discerner dans la nuit noire.

-Bon ben je suppose que c'est baisé pour la caution.

Une simple manière d'évacuer la pression, mais c'était déjà bien plus efficace pour se concentrer que les élucubrations de son cerveau malade, une situation critique à analyser et à surmonter, c'était tout ce qu'il lui fallait en fait pour se remettre d'aplomb et reprendre ses esprits.

La situation maintenant, l'échange dans la taverne l'avait bien prouvé, il ne pourrait jamais affronter le régisseur face à face, même avec tous les pièges de son arsenal et son ingéniosité, il ne ferait pas le poids, il fallait fuir. Mais si Laurelin avait choisi la solution de repli dans l'entrepôt et à condition qu'elle n'ai pas activé tous les pièges de l'endroit, le régisseur viendrait quand même pour chercher le corps, Chafouin ne savait pas si les pièges du rez-de-chaussée suffirait à le blesser. Mais en mettant le feu au toit comme il venait de faire, il avait signé sa propre perte, du moins le temps que les flammes gagnent la cave du lieu. Mais en vérité, tuer ce monstre ne servirait à rien si Laurelin ne survivait pas, il jurait et pesta, il n'aurait jamais le temps d'arriver là-bas avant le régisseur, en soufflant, il posa les mains sur ses hanches et sentit une forme bizarre dans l'une de ses poches. Tiens, il ne se souvenait pas avoir mis quelque chose dedans, qu'est-ce que c'était ?

En sortant la magilithe de sa poche, il résista à la vive peur qui lui intimait de lâcher cet éclat de malheur non raffiné, mais il comprit d'où venait cette chose et pourquoi elle était là, Laurelin, sacrément maligne la petite en fait. Elle s'était arrachée un de ses cristaux pour le lui glisser discrètement dans sa poche tel une petite fouine. Il avait un jour appris de la bouche d'un homme se prétendant chasseur d'anomalie que les mutants pouvait utiliser leurs cristaux de magilithe pour se téléporter en derniers recours. Selon ses dires la magilithe fessait office de balise pour les guider, il n'avait d'abord pas cru ce soi-disant chasseur, mais si Laurelin avait mis ce cristaux dans sa poche, ce devait bien être pour quelque chose. Il fallait qu'il y croit, il n'avait pas d'autres plans de secours. Il refourra le cristal profondément dans sa poche. Mais où se rendre maintenant, impossible de récupérer Laurelin sans croiser le régisseur et en prenant en compte le fait qu'il puisse réussir à arriver à temps, il ne faut compter que sur le second plan, celui de rejoindre un navire en partance pour une autre terre loin d'ici. Non ce plan est encore plus mauvais, le régisseur a lu dans son esprit, il saura où aller et avec sa monture volante, nul doute qu'il pourra les rattraper avant qu'ils ne se soient éloigné des côtes. Il ne reste qu'une dernière solution, l'aérodrome. Celui de Prorig est petit, mais de nombreux aéronefs de plaisance partent souvent et le régisseur n'a pas pu voir ça dans son esprit, oui c'est la meilleure solution pour le moment, il faut maintenant qu'il y arrive à temps. L'aérodrome est à 15 minutes environ. Avec ses grappins il peut s'en rendre en 5 minutes, peux être 3 en prenant des risques et en poussant ses grappins au maximum de leur capacités. Bien il faut tenter ce plan, c'est le meilleur qu'il ait pour le moment.

Il prend de l'élan et s'élance dans le vide une nouvelle fois.

***

-Merde, oh merde !

Chafouin atterrit d'une roulade mal exécuté et roule sur le sol, il se relève douloureusement et massant son épaule qui lui fait un mal de chien et boitille un peu, l'élan était bien trop important sur le dernier saut, celui avec lequel il avait passé les hauts murs de l’aérodrome du haut de son perchoir, esquivant ainsi les gardes de l'entrée pour quelques temps du moins. Mais plus de peur que de mal, il a atteint l'aérodrome et a sans doute établi un nouveau record de vitesse selon lui. Combien de temps a-t-il mis, 2 minutes ? 2 minutes 30 ? Pas le temps d'y réfléchir, sur le tarmac de l'aérodrome il y a une fille à sauver et une petite frégate de plaisance où se dirige un couple de riches nobliaux qui poussent des gloussements alors que leur pilote descend la rampe d'atterrissage. Sans plus d'attente Chafouin se rend vers eux en dégainant son revolver.

-Désolé, je vais devoir emprunter votre appareil pour affaire urgente. Beugle-t-il sur le couple en agitant son arme. Ceux-ci s'écartent en poussant des cris et Chafouin le dépasse en visant le pilote.

-Toi, grouille toi de faire chauffer les moteurs, faut qu'on décolle le plus vite possible !

Il tâte sa poche pour y sentir la forme de la magilithe, étrangement réconfortante pour une fois, dans une autre situation il aurait volontiers balancer le cristal depuis longtemps, mais c'était son seul espoir de salut, enfin surtout celui de Laurelin. Il regarda dans la direction de l'entrepôt, celui-ci brûlait toujours, il le savait, d'un moment où un autre, une explosion risquait d'embrasser tout le coin. Cependant, la jeune femme n'étant toujours pas apparu auprès de lui, il commence à envisager le pire, qu'est ce qu'elle fichait ?

-Allez, tu m’abandonnes pas maintenant petite, tu dois y arriver. Se dit-il à lui-même.


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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Laurelin
Laurelin
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyDim 21 Avr - 17:26
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My'trän +2 ~ Khurmag

Que se passe-t-il ? Une autre malédiction envoyée par les Architectes afin d’anéantir l’affront que ma vie représente ? Une autre arme divine envoyée pour s’assurer que cette longue chasse soit enfin couronnée de succès ? Dehors, j’entend les tourments de battement d’ailes et le fracas qui s’abat autour de la petit demeure remplie de piège. J’en viendrais presque à apprécier cette tourmente qui me fait oublier la douleur de ma pauvre jambe détruite. Seulement voilà…

Le fracas extérieur laisse place à une odeur âcre. De la fumée, puis une chaleur étouffante. Le crépitement des flammes qui lèche les taules ondulées de l’habitation d’acier, tandis qu’un long bruit sourd s’élève des airs. Est-ce là l’œuvre de ce que d’aucun nomme : un gardien ? Toutes les anomalies savent qu’un régisseur ne vient jamais seul, et si le danger qu’incarne cet envoyé divin n’est pas assez grand, celui lié à son gardien suffirait à faire pâlir de peur le plus solide des guerriers et le plus violent des meurtriers. Cette salle devient un four, une fournaise latente, un tombeau de flammes et de fumées. Aurais-je survécu aux flammes de jadis pour mourir face à l’incandescence divine ? Je ne peux le supporter…

Je revois les visages de ma mère et des mes sœurs. Je revois l’innommable fracas des explosions et des détonations. Je revois les corps tomber sous les coups de boutoirs de ces bandits des mers, tandis qu’ils nous emmenaient toutes jusque dans les profondeurs de leurs navires, dans les geôles humides et froides, qui résonnaient des souffrances subies par d’autres âmes en peines capturées avant nous. Ma pauvre mère ne s’est pas sacrifiée pour voir sa fille mourir ici.

Je sens que le régisseur s’approche, mais je sens également son affaiblissement. Et les tourments qui agitaient les airs s’estompent avant de disparaitre au loin, ne laissant plus que les flammes pour entourer cette bâtisse aux allures de tombeau. Je me décide à sortir, autant que faire ce peut car chaque mouvement est un supplice pour ma jambe meurtrie. Rien dehors, personne, sinon les flammes et… « technologie ».

Qu’est-ce donc que cela ? On dirait un navire flottant dans les airs. Il s’approche, et plus il approche plus je ressens les effets de « Technologies » sur mon organisme. Cela me replonge bien tristement dans un souvenir proche, lorsque deux « cyan-ti-piques » m’avaient capturée pour m’utiliser dans leurs expériences sur les anomalies et les cristaux de magilithe qui recouvrent nos corps… Les frissons me reviennent, autant ceux du froid de cette contrée du monde que ceux liés à « Technologie » et aux agissements de ces scientifiques. Un véritable supplice… Ô Architectes, pourquoi me tourmenter ainsi moi qui ne désir rien d’autre que de vous servir ? L’imperfection de mon âme ne pourrait-elle pas être anoblie par la foi que je vous porte ?

J’entends alors une voix, ou plutôt, un murmure, comme ceux qui commencent dans un rêve et qui vous suit à votre réveil comme si l’imagination ne voulait pas mourir tout de suite, comme si votre esprit vous soufflait des mots dont le sens ou échappait. Je ne saurais me l’expliquer, mais j’ai l’impression de reconnaître la voix de celui qui m’avait indiqué l’endroit de cette bâtisse. Aurait-il survécu aux affres du régisseur ? Est-ce un piège, ou les Architectes auraient-ils entendu mes prières ? Loués soient-elles, ô divinités vénérées. Peut-être que ce païen a suffisamment ouvert son esprit pour qu’un lien télépathique puisse se créer avec lui ? A-t-il encore la pierre sur lui ? Il n’y a qu’une seule façon de le savoir…

Je me téléporte. Je n’ai pas l’habitude d’utiliser ce pouvoir réservé à ma malédiction et qui ameute le régisseur comme du miel attire les abeilles. Mais le résultat en vaut parfois la chandelle, et j’espère que le temps passer sur cette création païenne pourra m’envoyer loin de mon régisseur. Toutes ces pensées m’arrivent en une fraction de seconde, alors que je suis projetée contre ce qui semble être une structure de bois. Peut-être aurais-je mieux fais de prévenir de l’utilité d’un tel cristal, car me téléporter jusqu’à lui alors qu’il était vraisemblablement dans sa poche n’était pas une bonne idée. Ma jambe me fait horriblement mal, tout comme ma tête grâce à la rencontre avec le pont et le mat en bois. Et « Technologie »… C’est comme-ci tout mon être se soulevait contre cette création impie et désirait s’enfuir sans moi. Pitié, je n’en peux plus…
Il faut partir ! Vite ! Il faut partir… Il faut… Partir…

L’inconscience me guette. J’espère que mon sauveur saura comprendre la gravité de la situation et l’utilité de devoir s’enfuir rapidement… Les limbes, le néant, l’inconscience… Il faut fuir, vite…




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La folie est une douce façon de vivre.
Une vie légère est une vie sincère.
Il n'est rien de plus agréable qu'une douce folie mêlée d'une vie simple et légère.
Chaque spectacle de la vie et de la nature n'en est ainsi que plus beau et plus exaltant.

Laurelin s'exprime comme cela
Laurelin pense de cette manière
Laurelin télépathe comme ceci
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Taivan & Ayalguu
Taivan & Ayalguu
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyMar 30 Avr - 10:18
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Profession : Conteur sadique
Un brasier vivant, animé par la volonté de Süns avait purifié le bâtiment, coupant toute issue par voix pédestre. Les airs étaient une sortie, mais Saikhan doutait de la capacité de cette petite proie à ainsi maîtriser les dons de la dragonne. Tout ce qu'il avait à faire, désormais, c'était avancer tranquillement dans cette cage flamboyante pour y étrangler l'oisillon. Le nid était embrasé, chaque issue était coupée ... cette traque avait été bien trop facile, comme c'est souvent le cas avec ceux qui sont trop doux, trop bons. La gentillesse n'a jamais été un prérequis de survie, elle n'est qu'un handicap, car personne ne partage de la bienveillance avec une anomalie, personne ... sauf les autres anomalies.

Le nid de braise était juste devant le Régisseur, la porte, à moitié abattue, laissait déjà anticiper le moment fatidique où volerait la poussière, ou scintillerait la pluie de miettes lorsque l'erreur aura été corrigée. Enfonçant ce qu'il restait de débris, le traqueur traînait lourdement le pas avec un air inquisiteur, irrémédiablement neutre et pourtant souligné d'un ombrage méprisable.

Quelque chose attira alors son attention, une vibration, un vrombissement, l'écho de ce qui n'est pas divin. L'hélice d'un moteur lui fit lever brièvement la tête, ce n'était jamais qu'une invention de l'impie, rien qui n'était digne d'attention ... jusqu'à ce que ses pupilles rétrécissent, attirées par l'appel sacrilège d'un faisceau, d'un signal. Il savait parfaitement ce que ça signifiait, il était au fait de ce que cela impliquait. L'engin était déjà parti, impossible de l'abattre avec la grâce d'Amisgal, pas après avoir autant usé de son art.  

Chaque erreur fait apprendre de ses leçons, Saikhan était bon élève. Chafouin n'était désormais plus un paramètre négligeable, mais un obstacle à éliminer à vue. Son visage était scellé dans la mémoire de l'envoyé, son aspect, tout ce qui faisait de lui ce qu'il était se voyait dressé sur un portrait de verre ... si fragile. Un écho, porté par le vent, ou l'imagination résonna jusqu'aux esprits des deux fuyards.

- Udakhgüi.

... "bientôt".
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George "Chafouin" Deckter
George
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Passé décomposé [pv Laurelin] [Terminé] EmptyVen 3 Mai - 16:13
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Profession : Homme à tout faire
Daënar -2
Les bourrasques enflammés commençaient à créer une lourde fumée noire au-dessus de l'entrepôt. Obligeant Chafouin et son pilote embarqué contre sa volonté a voler à  basse altitude. En observant à travers la vitre, il ne pouvait quasiment rien voir entre la fumée, les flammes et l'obscurité. Aucune idée d'où pouvait se trouver le régisseur, sa créature volante ou même Laurelin. Il commençait à désespérer, cela commençait à faire bien trop long. Il commença à grogner.

-Allez, je sais que t'es pas morte, fait quelque chose, donnes-moi un putain de signe, petite.

C'est alors qu'un drôle de bruit retentit près de lui, Laurelin apparut d'un coup en se cognant contre l'appareil. Aussitôt qu'elle fut atterrit, Chafouin hurla à l'attention du pilote.

-Plein sud est, on dégage allez !

Puis il s'enquit du sort de la jeune femme, il la traîna contre le mur et l'examina, elle était en état de choc et murmurait avec faiblesse qu'il fallait s'enfuir. Il comprit bien vite que son état de détresse intense n'était pas lié qu'à sa peur de son régisseur ou au dégoût que lui procurait la présence proche de la technologie. Sa jambe est en charpie, il reconnu la blessure caractéristique d'un piège à loup et il se met à jurer contre elle. Mais aussi un peu contre lui, ils auraient eu besoin de plus de temps, le plan aurait pu être mieux préparé ainsi, s'il existe un temps soit peu une chance d'avoir un plan efficace contre un régisseur.

-Bordel, pourquoi t'as fait ça ! Il se mit à sortir des bandages de l'une de ses poches de ceinture. Je t'avais pourtant dit qu'il y aurait des pièges et tu as foncé dedans ! Espèce d'idiote !

Il aurait presque envie de lui mettre le même genre de baffe qu'il a reçu quelques heures plus tôt. Enfin si son état ne semblait pas aussi critique. Dès qu'il a fini de lui bander la jambe pour limiter le saignement, le peu qu'il peux faire pour l'instant. Il la regarde et lui saisit le menton pour lui planter ses yeux dans les sien.

-Oy, tu restes éveillée, il n'est pas question que tu me claques dans les bras après ça. Tu t'accroches tu m'entends ?

Il pense à une chose, les deux riches qui comptaient prendre leur frégate de croisière devait bien avoir quelques victuailles à partager en amoureux. Il cherche dans les quelques boites et trouves bien vite de l'alcool, des fruits, mais plus important, des bouteilles d'eau en verre. Il se saisit de l'une d'elle et se dépêche de faire avaler son contenu à la jeune fille, ça lui permettra peux être de garder les idées claires encore quelques précieuses secondes. Il laisse tomber la bouteille par terre et va vers le pilote. Pas de signe du régisseur sur son monstre volant, il a peux être abandonné pour l'instant. Mais il faut s'assurer qu'ils trouvent un endroit sûr, pour avoir un minimum de répit.

-On va où comme ça ? Et c'est quoi ce truc à qui on essaie d'échapper ?

-T'occupes pas de ça, continue de foncer vers le sud est, on va à Fort Felsberg. Une fois là-bas, on atterrira à proximité, tu pourra te barrer ensuite. Il serre la main sur son épaule. Et évidemment, on ne se sera jamais vu, tu as bien compris ?

Le pilote hoche la tête d'un air inquiet, toujours aussi perdu et peu rassuré. Il avait encore quelques personnes chez les militaires qui pouvaient rendre service à Chafouin. Le régisseur avait peut être fait le malin contre une pauvre anomalie un peu trop naïve et à un vieux gars fatigué par la vie, mais Chafouin aurait bien aimé le voir confronté à la flotte du Tyorum. Quoi qu'il en soit, il se trouvait maintenant avec une anomalie sur les bras, ou plutôt à une jeune fille qu'il aurait pu sauver des années auparavant, d'une vie sans doute bien différente. Il revint se poser près d'elle en soupirant.

-Tu sais, je suis content que tu sois restée en vie, je veux dire, depuis tout ce temps, tu vois ? Chafouin se pencha vers une caisse pour y récupérer une pomme et la lui tendis. Tiens essaie de manger ça Laure. Hey, Laurelin t'es toujours là ?


Voix de Chafouin:
 



Chafouin baragouine en #009900

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