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Chroniques d'Irydaë
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 Au delà des frontières

Eylohr Lothar
Eylohr Lothar
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Au delà des frontières EmptyMar 19 Fév - 13:58
Irys : 300000
Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • La vie de corsaire souffre de plusieurs inconvénients, mais brille de nombreux avantages. Les voyages, les paysages époustouflants, la vie difficile sur le bout du fil permettant de se rendre compte de la chance que l’on a d’être vivant… Des rencontres plus ou moins agréables mais toujours constructives, c’est sans doute pour cela que l’Homme a voulut dominer la mer et vivre sur ces flots depuis l’aube des temps, ou presque. Si, au départ, la mer et les océans étaient pourvoyeurs de nourriture et de subsistance, elle fut ensuite source d’aventures, de voyages et de découvertes, ainsi que de bonne fortune – parfois.

    C’était sans doute grâce à cela qu’Eylohr s’était vu proposé d’œuvrer de concert avec un autre groupe de corsaire pour le moins… Surprenant. Des mages. Des mages de Zagash, qui eurent vent de la réputation du colosse et qui décidèrent de l’enrôler pour une action d’éclat. Bien qu’il ne soit pas capitaine de son propre navire, il fit des mains et des pieds pour que le nouveau capitaine du navire – remplaçant l’ancien capitaine assassiné par une femme de l’ordre de la pénitence – accepte sa requête, et participe, lui aussi, à la quête proposée par les Zahashiens. Pour les pirates, il ne s’agissait que d’un moyen supplémentaire de combattre et de piller des richesses. Pour Eylohr, c’était le moyen de se faire un réseau à travers les continents, qu’importe la distance, grâce aux échanges de bons procédés. Point de dette, les dettes sont faciles à payer et à éponger, et encore plus à oublier. Mais un service. Il ne demanderait rien pour sa participation, si ce n’est une part symbolique du butin de guerre pillé. Il ne demanderait rien d’autre que de rester dans leurs bonnes grâces, dans leurs petits papiers, pour que, le jour venu, ils fassent parti de son équipage, de ses acolytes, afin de mener à bien ses projets macabres et destructeurs.

    Mais tout cela était dans son esprit. Car il fut contacté par le messager des Zagashien, lequel était passé par mille-et-uns tourments, et autant de lieux, entre la ville de la Flamme Noire, les décombres de Rathram, les bas quartiers de Cerka, et les zones sombres du Tyorum. Il décida de répondre au message, mais il n’y eut encore aucune entrevue. Aussi, rien n’était scellé dans le marbre. Ils voulaient le colosse à leurs côtés, et le colosse avait un plan en tête.

    Ils quittèrent les côtes du continent Daënars pour se rendre sur les côtes de Zagash. Sur le chemin, ils rencontrèrent différents bâtiments de la Flamme Noire, échappèrent à une traque de la marine Daënars, et passèrent un voyage globalement sans embuche, si l’on oublis l’escarmouche avec un navire marchand un peu trop zélé. Rien de grave, quelques tirs d’artilleries suffirent à faire taire le navire, qui rebroussa chemin sans demander son reste.

    Le messager était à bord du navire sur lequel servait Eylohr. Il savait où trouver les Zagashiens, du moins, là où ils étaient suffisamment régulièrement pour qu’ils aient une chance de les retrouver sans attendre un millier d’années. Au large d’une crique, suffisamment éloignée pour ne pas être trop observable des côtes, et en même temps suffisamment proche pour éviter d’être débusquer par une flotte de miliciens un peu trop zélés.

    Ils y arrivèrent après un voyage assez long. Et là, rien, n’y personne. Le messager avait prévenu, et les regards étaient autant tournés vers lui que sur le colosse à l’origine de l’implication de tout le navire. Si le capitaine avait décidé de lui faire confiance sans assurer ses arrières, nul doute que les forbans lui en tiendraient rigueur. Et la rancune d’un corsaire est dangereuse… Alors celle d’un équipage.

    Eylohr était dans la salle de forge du navire. Tous les navires étaient dotés d’activités productives et impossibles à se passer : un médecin, ou une personne suffisamment habilitée à réaliser des soins, un forgeron, un armurier, et un cuisinier. Eylohr étant, à la base, forgeron et armurier, ce poste lui était tout naturellement dévolu. Il était donc affairé corps et âme et cet exercice qui lui rappelait sa vie d’avant. Du peu qu’il s’en souvenait en tout cas, son passage en prison ayant détruit énormément de choses dans son cerveau, pour libérer la bête destructrice qui sommeillait en lui.

    Il frappait le fer sur l’enclume, chauffait le fer à blanc, gravait, renforçait, émaillait, aiguisait, et frappait encore et toujours ce métal qui se plait sous ses coups pour former des formes tranchantes et contondantes, lesquelles étaient destinées à semer la mort, entailler les chaires, détruire des vies. Les corsaires venaient le voir pour qu’il répare leurs armures, aiguise leurs lames, renforce leurs armes, protège leurs pièces d’équipements. Dans cette atmosphère saturée de souffre, d’acier chauffé et de vapeur d’eau, il était dans son élément. Digne des enfers, cette salle devait en être la porte d’entrée, tant la chaleur y était étouffante.

    Mais quelqu’un osa y pénétrer, dans cet abime vaporeux où le colosse était invisible ou presque. Les coups de marteau frappés sur le fer porté à blanc libéraient des étincelles, étoiles filantes dans un ciel ombragé. Le corsaire était porteur d’un message, un message que le colosse n’attendait presque plus.

    - Eh l’Ours, l’bateau des Zagashien est en vu.


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But those that triumph, embraces the fight's cause,
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Kali Tal'göss
Kali Tal'göss
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Au delà des frontières EmptyJeu 21 Fév - 20:53
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« Merci encore d'avoir accepté de venir. »

Kali se retourna vers celle qui venait de lui adresser la parole : Elaena était la gharyn d'une tribu côtière de Zagash qui ne bougeait quasiment pas des rivages au Venteux de Shüren, à la limite des terres enneigées. C'était une grande femme à la chevelure blonde qui aurait sans doute pu être belle si une rencontre avec un prédateur affamé ne l'avait pas privée d'un œil et dotée d'une large cicatrice sur le côté gauche de son visage. La guerrière rousse n'arrivait pas à la regarder sans penser à ce qui a manqué lui arriver, elle détournait donc souvent le regard quand Elaena s'adressait à elle. Ce qu'elle fit une fois de plus en surveillant avec plus d'attention l'océan à l'avant du bateau.

« C'est normal, je n'allais pas vous laisser dans la merde comme ça. Et puis, ce n'est pas non plus comme si je le faisais complètement gratuitement.
-Ne t'inquiètes pas pour ça, tu seras récompensée. »

Une récompense dérisoire en réalité pour ce dans quoi elle s'était engagée : attaquer un navire de transport daënar militairement gardé afin de libérer une demi-douzaine de prisonniers appartenant à la tribu d'Elaena. Celle-ci était en effet l'une de ces tribus qui ne respectaient qu'au minimum les accords de paix et n'hésitait guère à franchement les violer quand ils l'estimaient nécessaire. Mais leur dernière action contre la colonie de Umlaüt s'était soldé par un fiasco et plusieurs guerriers avaient été capturés.
Soucieux de ne pas attirer plus de problèmes les daënars avaient gardé un complet silence sur l'incident tandis que de leur côté les zagashiens, n'ayant pas respecté les accords, ne pouvaient faire autrement que de faire profil bas. Officiellement rien n'avait donc eu lieu. Depuis Elaena avait fait des pieds et des mains à Shüren pour trouver un clan susceptible de l'aider à libérer les siens mais le primo-gharyn, qui fermait les yeux sur nombre de violations mineures du traité ne pouvait se permettre de laisser une situation s'envenimer de la sorte et s'était assuré qu'aucun gharyn ne rejoigne cette folle expédition.
Toutefois rien n'avait été transmis aux mercenaires et, y voyant là un accord tacite, c'est parmi eux qu'Elaena était allé chercher de l'aide et Kali avait répondu, malgré une récompense qui ne le valait pas vraiment. Même si sa motivation première était bien la solidarité envers Elaena et ses hommes, elle escomptait aussi se faire connaître davantage avec de telles actions. C'était aussi une bonne occasion de voir ce que valaient les soldats de l'autre continent, n'ayant que rarement croisé le fer avec eux.

« Pourquoi est-ce que tu as recruté des pirates, rappelle moi ? » C'était le seul point de toute cette affaire qui la gênait, elle aurait préféré ne pas avoir à compter les brigands de haute mer dans ses alliés.
« On ne sait pas exactement combien y a d'hommes sur le navire qu'on va attaquer, dans le doute je préfère avoir plus de troupes. De plus, ça permettra aux pontes de Shüren de tout mettre sur le dos des pirates et de nier qu'on a quoi que ce soit à voir là-dedans si l'UNE décide de se plaindre.
-Tu leur fais confiance ?
-Non, mais celui que j'ai contacté a une certaine réputation. On le dis implacable avec les daënars, donc j'espère qu'on pourra se trouver un terrain d'entente sans problèmes. On arrive. »

En effet à quelques centaines de mètres à l'avant du bateau se dessinait la forme d'une crique, difficile à discerner à cause du relief écharpé de la côte à cet endroit. La petite flotte zagashienne assemblée pour l'occasion, composée de trois navires de taille réduite, entra dans la crique avec une certaine prudence. Celui où se trouvaient Elaena et Kali glissa doucement jusqu'à venir presque bord à bord avec le bateau pirate. De par la hauteur très réduite de leur embarcation, les zagashiens étaient obligés de lever la tête pour voir les pirates qui les avaient regardé approcher par-dessus de le bastingage. Kali se tenait légèrement en retrait derrière la gharyn, une main sur la poignée de son khopesh dont elle avait pris soin de recharger le dard en toxine, son regard inquisiteur scrutait les forbans à la recherche du moindre signe hostile. Elaena s'adressa à l'équipage d'une voix forte :

« Est-ce que l'Ours du Nord est à bord ? Je suis Elaena et c'est moi qui l'ai invité à cette rencontre. »


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Eylohr Lothar
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Au delà des frontières EmptyJeu 21 Fév - 22:35
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Pérégrins -2

  • Il s’était plongé dans son art depuis tellement longtemps qu’il en oublia la proximité relative du navire avec les côtes de Zagash. Pour lui, ils en avaient pour plusieurs heures de traversée encore, mais les mots du corsaire qui vint le sortir de sa torpeur lui rappelèrent que lui et le navire avaient traversés le monde pour une raison bien précise. Et Eylohr ne devait pas se louper. Après tout, le capitaine n’y gagnerait rien dans cette aventure. Mais tout ça fut décrit précédemment.

    En revanche, il n’était pas du tout habillé pour être reçu. Non pas que ce critère changeait de d’habitude, mais il y avait tout de même un minimum lorsque l’on désirait parler d’or et de contrats. Après des heures passées dans sa forge, son visage était parsemé de tâches de suie, sa veste était passée du blanc au gris, il était tout en transpiration, quelques gouttes perlant encore de son front. Sa barbe était hirsute et avait été roussie plus d’une fois alors qu’il avait frappé le métal ardent. Il n’était déjà pas beau à voir à l’origine, mais dans de telles situations, il était carrément poisseux. Tout luisant de sueur, il chargea le pirate d’éteindre suffisamment la forge pour éviter tout accident et il prit la direction du pont supérieur. C’est là qu’il vit le soleil pour la première fois depuis des heures et des heures. Au début, ses yeux peinèrent à s’habituer à la lumière intense du soleil, laquelle était bien différente de celle de sa forge. Il enleva sa chemise sale et se la passa sur son corps dans une tentative inutile de de nettoyage. Au moins, l’intention y était. Il en prit une autre, et s’ne habilla alors qu’il voyait les navires des mages s’approcher de plus en plus, jusqu’à être bord à bord. Les remous des deux navires approchants créèrent des mouvements d’oscillation sur le navire, et une bouteille de rhum était en train de sa balader sur un tonneau de vivre. D’une main ferme, Eylohr s’en parvint à s’en saisir, enleva le bouchon et avala une grande lampée de cet alcool typique de la culture des pirates des mers.

    Alors que les navires se lancèrent des bouts afin qu’ils puissent s’arrimer ensemble, le colosse fit volte-face et retourna dans ses quartiers afin de se saisir de ses deux revolvers. Dans ce monde, il valait mieux être prudent. Et les mages étaient sensibles à la présence de la technologie, ce qui pourrait lui confier un avantage si jamais les négociations devaient échouer. Sait-on jamais, encore une fois. Puis il remonta les escaliers, se dirigea vers le bastingage et fut arrêté par le capitaine lui-même. A côté de lui se trouvait le messager des Zagashiens, gage de la bonne fois des commanditaires et des invités.

    - Eh colosse, la chef des mages te d’mande. Faut croire qu’t’es plus populaire qu’moi ici. C’était ton idée ce contrat, m’fait pas regretter de t’avoir fait confiance.Dit le capitaine déjà inquiet de s’être fait avoir.
    - T’fais pas d’bile, t’auras d’l’or, j’aurais c’que j’cherche, et il auront c’qu’ils veulent. Tout l’monde s’ra gagnant. Et j’te rappelle, cap’taine, que t’es là parc’que j’ai empêché c’salopard de Sanchez de t’tuer ! L’oublis pas.

    Vous l’avez compris, les difficultés qui frappèrent les pirates il y a peu souriaient au colosse qui trouvait dans cette atmosphère instable, de quoi tirer son épingle du jeu. Décrochant un regard en direction du messager des Zagashiens, il lui fit signe qu’il avait terminé son ouvrage et qu’il pouvait saisir une échelle pour s’en retourner chez les siens. Puis, il se décala suffisamment pour que sa tête puisse dépasser du bastingage, mais rien d’autre. Après tout, il valait mieux qu’il garde un de ses principaux atouts secret, pour une plus grande surprise. La négociation passait aussi par un langage discret : celui du corps, des émotions, de la posture… Et celle du colosse était souvent suffisante pour lui donner l’avantage dans les discussions.

    - L’Ours, c’moi. Vous montez, ou vous avez b’soin d’une invitation ?

    Attendez, quand je parlais de négociations, je n’ai jamais dit qu’elles étaient faites de courbettes et de gentillesses. Ni qu’il était expressément doué pour ce jeu. Il tentait là d’imposer sa prestance et son charisme face aux Zagashiens. Après tout, il ne leur avait rien demandé. Ce sont eux qui avaient traversé le monde pour le trouver, alors il n’allait tout de même pas tout leur donner dans le creux du bec.


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Kali Tal'göss
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Au delà des frontières EmptyMar 26 Fév - 21:02
Irys : 504999
Profession : Mercenaire/Maître d'arme
My'trän +2 ~ Zagash
Un visage hirsute se pencha par-dessus le bastingage, se présenta comme l'Ours et les invita à monter à bord, plus ou moins. Elaena haussa les épaules et répondit par l'affirmative avant d'attraper l'échelle de corde que les marins leur avaient lancée. Kali grimpa à sa suite le long de la coque, ainsi qu'un zagashien musculeux et chauve qui était le garde du corps de la gharyn. Le pont du vaisseau pirate n'avait pas grand chose qui le distinguait des autres bateaux du genre qu'elle avait pu voir par le passé, si ce n'est peut-être un désordre ambiant plus prononcé et un nombre anormalement élevé d'armes qui traînaient.
De toutes façons la majorité de l'attention de Kali était retenue par les pirates eux même, en particulier celui qui s'était présenté à la mention d'Ours du Nord. La montagne de muscle n'avait rien d'un compagnon à côté duquel elle pouvait tranquillement se détendre et laisser vagabonder son esprit. Non, à ce moment elle restait concentré sur tout signe avant-coureur d'un affrontement car l'homme ne donnait pas l'impression de laisser une seconde chance en cas d'erreur. Elle n'avait pas à se soucier de présenter l'affaire, de toutes façons, c'était celle d'Elaena :

« Je vais être brève et aller à l'essentiel : moi et mon clan avons besoin d'aide pour neutraliser la garnison d'un navire de transport daënar. Il part de Umlaüt pour regagner Daënastre donc il doit transporter des marchandises de valeur. Ce n'est pas ce qui nous intéresse et vous serez donc libre de piller tout ce que vous trouverez. Ce que nous voulons c'est libérer certains des nôtres prisonniers à bord du navire.
Ma proposition est donc simple : vous participez à l'attaque de ce navire à nos côtés, vous nous aidez à libérer nos guerriers et en échange vous gagnerez le droit de piller tout ce qu'il restera sur la navire. Je pense que c'est un marché honnête non ? »


La gharyn finit par un grand sourire en laissant l'Ours et celui qui devait être le capitaine du bateau -puisque apparemment ce titre n'appartenait pas à la brute- réfléchir à la proposition. Il devait être assez rare de se voir proposer une aide sans aucune contrepartie financière, tellement que Kali se demandait si cela n'allait pas les rendre excessivement méfiant. Après un temps de réflexion raisonnable et avant qu'aucun des deux n'ait répondu, Elaena ajouta :

« Par contre, pour des raisons politiques, il vaudrait mieux que notre implication ne soit pas connue. C'est pourquoi toute l'opération devra se faire sans témoin et que votre équipage sera le seul à recevoir une attention éventuelle de la part des chasseurs de pirates. »

Une condition supplémentaire qui devrait atténuer quelque peu l'impression de gain sur tous les tableaux et, peut-être, diminuer les soupçons face à une offre un peu trop belle. Kali attendit qu'une réponse soit donnée tout en surveillant attentivement les hommes autour d'eux, à l'affût de la moindre traîtrise. Sa main n'avait d'ailleurs pas quitté la poignée de son arme depuis qu'elle était à bord du navire.


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Eylohr Lothar
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Au delà des frontières EmptyMer 27 Fév - 15:15
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Profession : (Officielle) : Pirate.
Pérégrins -2

  • Les Zagashiens prenaient leur temps pour monter à bord. Il faut dire que leurs petites embarcations ne faisaient pas le poids contre le navire de guerre des forbans. Première source d’intimidation dirons-nous. Ensuite, lorsqu’ils daignent enfin monter, l’échelle de corde qui fut jetée pour relier les deux ponts est étroite ne permet de monter qu’un marin à la fois. Pas vraiment un bon moyen de débouler en nombre d’un seul coup. Les premiers à arriver sur le pont des pirates seraient livrés à eux-mêmes, et le délai de réaction de leurs collègues allaient être trop long pour qu’ils espèrent survivre. Deuxième source d’intimidation. Et la troisième résulte sans conteste en la présence du colosse. Il n’y était pour rien, mais le plus grand de l’équipage de corsaire n’était autre que le capitaine, et il mesurait un peu plus du mètre 90. Et si, en revanche, quelques forbans étaient dotés d’une musculature et d’une pilosité tout à fait impressionnantes, ils faisaient figure de petits hommes à côté du colosse. Au moins, ce petit coup de pouce du sort ne pouvait que finir d’aider son charisme.

    Eylohr dévisagea ses hôtes, et fut encore une fois gratifié d’une phrase sympathique de la part du capitaine :

    - J’dois admettre qu’tu nous ramène des clients sympa l’Ours. Mais t’avise pas d'oublier la hiérarchie d’la Flamme Noire. J’suis l’Capitaine, pas toi.
    – J’te conseil d’revoir ta copie Cap’taine. Parc’que Flamme Noire où pas, t’finira par r’poser au fond d’l’océan avant la fin d’la journée. J’prendrais plaisir à bouffer ton p’tit cœur encore battant ! t’m’as compris brindille ?

    Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’entente n’était pas énorme entre les deux hommes. Et pour cause, d’habitude, le capitaine ne monte pas autant sur ses grands chevaux, laissant volontiers beaucoup de marges au colosse. Aujourd’hui, il semblerait qu’il se sente pousser des ailes. Mais si l’oiseau une fois sur sa branche finit toujours par chanter, la tempête imprévisible peut très bien frapper très vite, très fort et très violemment. A bon entendeur, donc.

    Les Zagashiens exposèrent leurs objectifs, leurs plans et leurs doléances avant même qu’Eylohr n’eut le temps de leur proposer de s’asseoir. Après tout, même un corsaire sanguinaire peut bien traiter ses associés. Il avait l’intention de faire servir des rafraîchissements et de la cochonaille, mais soit.

    Leurs doléances sont particulièrement précises, et ce qu’ils souhaitent, et surtout, ne souhaitent pas, semble à la fois satisfaisant tout autant que suspicieux. La géopolitique, Eylohr s’en moquait comme du premier flocon de neige. Et puis, de toute manière, si une guerre entre ces deux entités que sont Myträ et Daënastre avait lieu, nul doute que le colosse saurait en tirer parti très facilement. Alors l’un dans l’autre… Mais, tout vient à point à qui sait attendre. Occupons-nous du présent avant de penser à l’avenir.

    - Que v’la des conditions intéressantes ! L’cap’taine s’ra ravi de grapiller les restes de ces pillages, pas d’doute là-d’ssus ! J’vois pas d’problème au fait d’garantir votre anonymat. L’secret s’monnaye à prix d’or v’savez, mais avec toutes les broutilles clinquantes qu’on risque d’trouver, c’va l’faire la magote ! Il crache un glaviot fort consistant alors que sa barbe hirsute s’anime d’un mouvement peu ragoutant. Il replonge son regard bleu océan dans les mirettes des Zagashiens, les uns après les autres. Par contr’, y’a que’qu’chose qu’j’veux rajouter Magote. L’paiement est correct pour l’équipage, mais pour m’services, faudra casquer autr’ment. J’ai b’soin d’avoir un pied un peu partout dans l’monde sombre, s’vous voyez c’que j’veux dire. Pour finir c’deal, j’aurais b’soin d’l’assurance que dans l’futur, j’pourrais compter sur vos bras, et si b’soin, sur vot’ présence, pour un ou deux d’mes projets. S’vous acceptez, j’m’engage à vous ram’nez chacun d’vos prisonniers et j’vous assure qu’personnes vous soupçonner’a ! Parole ! Il crache à nouveau. Qu’est-qu’vous en pensez Magote ?

    L’offre était mise sur la table. Il ne tenait qu’aux Zagashiens de la saisir. Cette close se voulait suffisamment nébuleuse pour que les tenants et les aboutissants soient à la discrétion du colosse. Après tout, rien ne l’empêcherait de mener à bien sa quête destructrice et vengeresse.


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Kali Tal'göss
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Au delà des frontières EmptyVen 8 Mar - 17:10
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Elaena resta silencieuse un instant, réfléchissant à ce qui avait été demandé. Elle restait calme face aux deux hommes, ne se laissant pas impressionner par la différence de stature. Une arrogance toute zagashienne qui était d’autant plus prononcée qu'ils étaient sur les flots. Finalement elle esquissa un sourire en coin et répondit au colosse :

« Nous ne sommes pas des criminels, l'Ours, nous défendons juste notre terre contre les technologistes. Tant que vous voudrez vous battre contre eux, vous pourrez nous compter parmi vos amis et nous veillons sur eux. Mais si dans le futur vous vous en prenez à Zagash, plus rien ne tiendra. Je pense que c'est compréhensible.
Si nous sommes tous d'accord, nous devrions nous mettre en route pour intercepter le bateau. En partant d'ici avec un cap d'Aalz incliné d'une trentaine de degrés vers le Solair, on devrait les apercevoir en début de soirée d'après ce qu'on a repéré de leur route maritime.
Puisque votre navire est plus gros et attirera sans doute le plus d'attention, Kali va rester à votre bord jusqu'à l'abordage. On se revoit à ce moment là ! »


Kali haussa un sourcil quand son nom et son rôle fut mentionné. Elle aurait aimé en être averti avant mais elle se contenta de glisser un « Tu me le paieras ça. » à voix basse quand Elaena passa près d'elle pour regagner son navire. La gahryn et son garde du corps redescendirent le long de l'échelle de corde et l'esquif zagashien commença à s'éloigner doucement du bateau pirate. Sur celui-ci, les officiers commencèrent à aboyer des ordres aux marins pour préparer le bateau au départ et, bientôt, la petite flotte hétéroclite quitta la crique pour prendre la direction du large.
Kali se trouva un coin du pont où elle ne gênait pas trop et s'assit en tailleur sur un tonneau, son arme posée en travers de ses genoux. Elle voyait bien les nombreux regards qui coulaient dans sa direction, mélange de curiosité, de lubricité et parfois d'une pointe d'inquiétude, et leur en retournait un noir qui les faisait le plus souvent reculer. A un moment un homme, à qui elle donnait une petite trentaine et devait faire partie des vétérans de l'équipage, s'approcha d'elle pour engager la conversation. Un sourire méchant plissa ses lèvres tandis qu'elle l'écoutait se vanter d'anecdotes de pirate et faire des avances plus qu'explicites. Il se rapprocha d'elle et elle plissa soudainement le nez, comme incommodé par une odeur. Toutefois le ton de sa voix était plus malicieux et amusé que dégoûté lorsqu'elle le coupa au milieu d'une phrase :

« Tu pues. Tu devrais prendre un bain. »

L'étonnement se lut sur le visage du pirate pendant quelques secondes avant qu'une vague d'eau, directement projeté depuis la surface de la mer, ne vienne le percuter et, sous la surprise, le projeter sur le pont au milieu des éclats de rire de ses camarades qui accompagnait celui, plus aigu, de Kali. Tandis qu'il se relevait il jeta un regard noir à la zagashienne et semblait prêt à la planter de son couteau. Était-ce le regard plein d'assurance qu'elle lui renvoya, les doigts de la rouquine qui jouaient sur la poignée de son arme ou la sensation discrète de l'eau qui coulait autour de son cou d'une façon tout sauf naturelle mais en tout cas il se retint et s'éloigna en maugréant.

Le reste du trajet se passa sans incident notable et, alors que le soleil s'abîmait derrière les montagnes des Tsagaan Oil, ils purent apercevoir pour la première fois leur cible, comme indiqué par Elaena. A peu près en même temps deux des trois navires zagashiens commencèrent à s'écarter du reste du groupe, pour attaquer leur cible par plusieurs points. Le navire daënar était en effet l'un de ces vaisseaux blindé qui constituaient leur principal atout sur les flots. S'il ne semblait disposer d'aucun canon et être d'une taille plutôt réduite pour un tel vaisseau, son tonnage était largement supérieur à celui de n'importe lequel des bateaux assaillants et son équipage ne devait pas être constitué uniquement de civils.
Kali sauta de son tonneau et s'approcha des officiers pirates. Elle avait tressés ses cheveux afin qu'ils lui descendent dans le dos et ne viennent pas gêner sa vision, se préparant au combat qui ne tarderait plus.

« Par où est-ce que vous comptez attaquer ? »



Explication du cap:
 


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Eylohr Lothar
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Au delà des frontières EmptyMar 12 Mar - 21:46
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Pérégrins -2
  • La délégation était froide, presque aussi froide que les neiges éternelles du continent du Nord qui vit la naissance du colosse. Si celle qui se trouvait être la cheffe semblait rustre et dotée d’une main de fer dans un gant de velours, elle acquiesça face aux revendications du colosse, bien qu’il ne soit pas réellement satisfait par le discours de la donzelle. Pas sûr que sa vision des choses concorde avec celle d’Eylohr. Daënastre serait toujours son ennemi, et il chercherait à les anéantir quoi qu’il arrive. Pour autant, pas sûr que les fiers Zagashiens voient d’un bon œil de servir de main d’œuvre à un corsaire sans cœur. Chaque chose en son temps.

    ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

    Le trajet se fit sans encombre. Enfin, c’était sans compter sur la délicatesse manifeste de celle qui fut désignée comme porte-parole des Zagashiens sur le navire corsaire. Elle était aussi éloquente d’une pierre après un rude hiver, et semblait aussi douce qu’un cactus. Les quelques forbans qui tentèrent de s’attirer ses faveurs furent rejetés comme des malpropres, et ce n’est pas peu dire. De là où il était, Eylohr entendait claquer les mots acerbes dans la bouche de la demoiselle et voyait son venin se répandre autour d’elle. Si la situation n’était pas celle qu’elle était, Eylohr prendrait plaisir à voir ce bout de femme danser au bout d’une corde. Peut-être qu’elle serait moins difficile une fois écorchée et en train de suffoquer. Cruel délice…

    L’attaque était presque planifiée. Les pièces des ponts supérieurs et inférieurs étaient armées, approvisionnées et prêtes à faire feu. Les fusils et les révolvers étaient également nettoyés et préparés. Il faudrait manœuvrer rapidement, précisément, et sans faillir.

    Le convoi ciblé était enfin en vue. Une bonne nouvelle, et pas des moindres, les navires étaient faiblement armés, mais lourdement blindés. Nul doute que les projectiles allaient ricocher sur les coques, et qu’il faudrait beaucoup de tirs pour espérer les transpercer en un endroit. A moins de toucher les pièces directionnelles, comme la gouverne, les hélices, les transmissions. Ou alors, il suffisait de lancer l’abordage tout en continuant la route. Dans les deux cas, beaucoup de corsaires perdraient la vie, et beaucoup de Zagashien également. Néanmoins, arrêter une telle machine n’allait pas être de tout repos. La demoiselle se présenta enfin sur le pont, une fois qu’elle se rendit également compte que les navires étaient en vue. Sa question était pertinente, il fallait bien le reconnaître. Et la réponse n’allait peut-être pas lui plaire, mais elle serait inévitable.

    - C’plus compliqué qu’prévu. Ils n’ont pas beaucoup d’armes, mais y sont bien protégés. On a bien qu’que projectiles qui pourraient percer l’blindage, mais pas assez pour tous s’les taper. L’seul issue pour qu’ça s’passe bien, c’s’rai qu’on attaque par l’arrière. C’là qu’on pourrait toucher les gouvernes et la mécanique. C’s’rait l’maximum d’chance pour nous. Sinon on crév’ra tous, pour sûr. Faut qu’vos copains fassent diversion d’vant eux, tandis qu’on passe derrière. Ca t’va la magotte ?

    Des directives simples, mais néanmoins indispensables. Eylohr n’était pas un grand stratège, c’est vrai, mais il n’était pas con non plus. Il savait reconnaître les avantages et les défauts de ses tactiques, pour peu que foncer dans le tas en soit majoritairement une. A cet instant, il savait qu’il ne pourrait pas faire autrement que de compter sur les Zagashien, qu’il voulait reléguer au rang de simples spectateurs de prime abord. Tant pis.



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Kali Tal'göss
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« Je vois. Ils peuvent s'en occuper je pense, je vous garantis que les daënars vont garder le nez rivé sur eux. Vous avez des genres de drapeaux que je peux emprunter pour leur faire signe ? »

Ce n'était pas qu'elle avait vraiment envie de rester ici et l'idée de se servir de ce prétexte pour regagner un bateau zagashien n'était pas pour lui déplaire mais il devait y avoir une bonne raison pour laquelle Elaena avait voulu qu'elle soit ici. Sans compter que regagner un bateau suffisamment vite ne se ferait pas aisément et puiserait dans son énergie avant la bataille. Il convenait donc de rester avec les pirates, et tant pis pour le mal de tête et les légers vertiges qui la saisissaient parfois depuis qu'ils avaient commencé à sortir toute leur quincaillerie. Elle tentait de rester à l'écart de tout ça mais ça n'était pas évident. Grâce en soit rendue à Dalaï, il ne s'agissait pas d'un bateau à vapeur comme ceux des daënars. En parlant de ça, elle jeta un regard au panache de fumée qui s'échappait de leur proie et se dit qu'elle avait intérêt à s'y habituer car ça n'allait pas aller en s'arrangeant. Au moins pourrait-elle compter sur l'adrénaline du combat, une fois à bord, pour l'aider à surmonter sa révulsion instinctive.

Lorsqu'on lui eut fournis ce qu'elle demandait elle s'approcha du bord, du côté où se trouvait le vaisseau d'Elaena. Il lui fallut un peu de temps pour se remettre en tête le code utilisé par les équipages zagashiens pour communiquer entre eux, surtout qu'il variait légèrement d'une région à l'autre et qu'elle était davantage habituée aux côtes solaires qu'aux côtes sombrales. Elle parvint néanmoins à transmettre l'idée principale, après quelques échanges de gestes en apparence désordonnés avec l'un des marins du clan.
D'autres signes furent échangés entre les différents esquifs zagashiens et bientôt ils commencèrent à gagner en vitesse lentement, distançant le navire pirate et rattrapant le navire de transport devant eux. C'était difficile à apercevoir à cette distance et dans l'obscurité qui commençait à devenir de plus en plus épaisse mais des archers prenaient place sur leurs ponts et, lorsque le premier des bateaux arriva à portée, une volée de flèches fendit les airs pour retomber en cloche sur les éventuels gardes daënars. Ils n'espéraient probablement pas faire de réels dégâts avec aussi peu d'archers et sans enflammer les munitions, mais cela aurait le mérite d'attirer les soldats vers la menace la plus pressante. D'ailleurs il ne fallut pas attendre longtemps pour que résonnent les coups de feu en réponse et pour voir de petits éclairs éclairer le bastingage du cargo.
Sans doute que le navire zagashien n'allait pas tarder à s'éloigner pour se mettre hors de portée effective des fusils, leurs arcs clairement insuffisant pour lutter efficacement, surtout avec l'avantage de la hauteur, mais un autre répéteraient la manœuvre à un autre endroit, et ainsi de suite jusqu'à ce que les pirates aient pu suffisamment prendre pied à l'arrière pour que les my'träns puissent lancer un abordage sans courir au suicide.

Pendant ce temps, Kali s'était rapprochée de l'endroit par lequel les pirates se lanceraient à l'assaut, même si cela signifiait devoir combattre une nausée de plus en plus présente. Elle avait attrapé son arme en main et plongeait le croc de khavcha qui en ornait le pommeau dans une petite fiole avant de ranger celle-ci dans une petite sacoche accrochée à sa ceinture. Elle vérifia que l'outre de cuir était bien pleine et soigneusement accrochée au bas de son dos avant de fermer sa veste de cuir en prévision du combat. Elle avait également préparé une troche de petite taille accrochée avec son outre, elle ne savait pas à quoi s'attendre en terme de flammes accessibles une fois sur le bateau.
Elle était prête à se lancer au combat et n'avait plus qu'à attendre que les pirates fassent leur boulot, si possible sans vomir sur leur pont ce qui ne les aiderait certainement pas et n'avait que peu de chance de lui faire une bonne réputation.


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Eylohr Lothar
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  • Eylohr ne le montrait pas, mais il fut quelque peu surpris de voir que la Zagashienne se conformait à ses ordres. Il ne connaissait que très peu les mages, mais le peu qu’il avait réussi à voir et à comprendre, lui faisait croire qu’ils étaient presque tous des individus entêtés, farouches et jurant au nom d’Architectes très peu préoccupés par les vies des misérables sur cette terre. Voir cette jeune guerrière ainsi suivre les ordres qui furent donnés, cela lui arracha presque un sourire. Mais il avait d’autres choses à faire.

    Lorsque les navires des mages commencèrent leurs manœuvres de diversion, et attirèrent toute l’attention des navires ainsi que leurs feu, Eylohr profita de la manœuvre et de l’obscurité naissante pour manœuvrer, à son tour, jusque sur les arrières des immenses navires d’acier. Ils étaient très grands, bien plus grands que les navires des Zagashiens et un peu plus que le navire des corsaires. Les grappins seront donc d’une grande utilité. Quatre furent mis en place. Rien de plus simple : des cordes et des bouts d’acier recourbés. Un jeu d’enfant, même pour un forgeron amateur. La corde, en revanche, devait être suffisamment solide pour pouvoir supporter les différents alpinistes, l’équipement et les mouvements du navire. Tous les pirates étaient équipés et attendaient le moment opportun. Le navire, qui avait fait un léger détour pour arriver plus loin en arrière, commençait à braquer à tribord toute, afin d’arriver pile derrière le navire cible.

    La houle n’était pas évidente à gérer. Le navire montait et descendait à mesure que la houle et les creux se formaient sous la coque de bois et d’acier. Quiconque n’y serait pas habitué, ressentirait un profond malaise et une envie de vomir à en crever. Eylohr, bien qu’habitué, ressentait tout de même cette sensation provenant des entrailles. L’adrénaline d’un futur combat, mêlée aux ballotements des flots, avait cette curieuse capacitée à inhiber les sensations et à en accentuer d’autres. Eylohr grinçait des dents à mesure que le navire se rapprochait de la cible, mais il ne s’attendait pas à ce que la vigie soit si efficace dans cette purée de pois. Il oublia que les Daënars disposaient de technologies fortement intéressantes, et que la vigie devait être dotée de lunettes fortement efficaces, lesquelles avaient permis de voir arriver les flibustiers.

    Une balle passa au ras de l’oreille du colosse, dont les yeux s’écarquillèrent immédiatement. L’adrénaline, déjà bien présente, fut plus que triplée, et le colosse sentit monter en lui cette rage incontrôlable, cette folie guerrière, cette démence meurtrière. Les deux navires n’allaient pas tarder à être bords à bords. Sa gigantesque hache dans les mains, le colosse n’en finissait plus de faire les cent pas, en attendant que l’on lance les grappins. Certains pirates tiraient également en direction du navire afin d’appuyer l’avancer et de limiter au maximum les possibilités des miliciens. Et la tactique porta ses fruits, car, brusquement, l’ordre fut donné d’affaler les voiles. Les deux navires étaient à proximité, et les grappins furent lancés.

    Les cliquetis métalliques des dents des grappins qui s’agrippent sur le ponton indiquaient que les prises étaient fortes, et que la prochaine étape pouvait avoir lieu : grimper. Les corsaires grimpèrent dés lors qu’on leur en donna l’ordre. Eylohr poussa sur le côté l’un des pirates qui voulait monter avant les autres. Il voulait être le premier. Remettant sa hache dans son dos, il empoigna la corde de ses mains caleuses et surdimensionnées et se hissa à la force de ses énormes muscles. Résultat d’une vie de labeur, sa force brute suffisait à le hisser rapidement jusqu’au bastingage. Imaginez qu’elles sensations les pauvres mercenaires et autres miliciens Daënars devaient ressentir en cet instant, alors qu’ils pouvaient voir sous leurs yeux l’arrivée du colosse au regard aussi froid que les contrées du Nord, à la hache aussi affutée qu’un tranchoir, et à la cruauté aussi grande que le sont ses mensurations. Eylohr sentait la peur qui l’environnait, et il s’en délectait. Dorénavant, il attendait de savourer les cris, le sang et la satisfaction d’être inéluctable. C’était le moment.

    - A L’ATTAAAAAAAAAAAAAAAAQUE ! Dit-il dans un cri rauque et sourd aux fragrances de haine et de cruauté animale.


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Kali Tal'göss
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Au delà des frontières EmptyMar 28 Mai - 18:37
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Enfin les navires se rapprochaient !
L'attente avait semblé durer une éternité pour Kali, plaquée derrière le bastingage pour ne pas prendre un tir, refrénant ses envies de vomir. Elle devait avoir l'air très mal en point car un pirate à côté d'elle fit une blague sur les zagashiens et le mal de mer. Bien sûr ça n'avait pas grand chose à voir : même si elle passait finalement peu de temps sur des bateaux, le mouvement de ceux-ci lui était aussi, sinon plus, familiers que la terre ferme. L'eau, et par extension l'océan, était son élément et même au cœur des plus terribles tempête elle ne s'y sentait pas menacée ou troublée. En revanche l'odeur de la poudre à fusil, le cliquetis et les détonations des armes, le grondement sourd, comme un prédateur menaçant, du moteur à vapeur de leur proie, tout cela lui comprimait le crâne, battait dans ses tempes et faisait chavirer son estomac. Elle n'avait pu complètement se retenir et un filet de bile décorait sa veste et sa cuisse. Le goût acide et âcre lui restait en bouche et ne faisait rien pour améliorer les choses. Heureusement qu'elle n'avait pas mangé depuis un moment.

Finalement, les pirates affalaient les voiles et commençaient à lancer des grappins. Sitôt ceux-ci en place que les plus audacieux commençaient déjà à grimper. L'Ours du Nord, fidèle à sa réputation, était le premier d'entre eux. Se tenant d'une main le crâne à cause d'une soudaine douleur, de l'autre elle rassembla à tâtons sa torche et son briquet à silex devant elle et s'acharna sur la pierre pour en obtenir des étincelles comme si elle était la responsable de son état. Un pirate la regardait faire, un sourire moqueur au coin des lèvres, tandis qu'il rechargeait son arme. Finalement une poignée d'étincelles fit naître quelques petits points rouges à la surface de la torche, tout ce dont elle avait besoin. Protégeant la torche dans le creux de ses mains, elle se concentra sur la flamme naissante, l'invitant à grandir, à dévorer ce qu'elle lui offrait, de quelques prières murmurées à voix basse. Se concentrer sur la magie, sur la présence des Architectes, fit légèrement refluer ses nausées et elle savoura la douce étreinte de Süns tandis que sous le regard du pirate les braises explosaient en une flamme de belle taille. Kali sourit et se releva, montant sur le bord du bastingage. Autour d'elle les brigands des mers montaient à l'assaut.
Elle jaugea la hauteur à atteindre, se ramassa sur elle-même et puisa dans la flamme qu'elle sentait toujours au bout de son bras. L'énergie remonta à travers celui-ci, enserra brièvement son cœur, le faisant battre plus vite tandis que les premier bruit de combat lui provenaient d'en-haut puis descendit dans ses jambes. Elle bondit, se détendant soudainement comme un dragon prenant son envol. Elle vola par-dessus le bastingage daënar, décrivant une trajectoire en cloche avant de retomber vers le pont. Les soldats l'avaient vu, elle ne pouvait pas trop ralentir. Elle amortit le choc, légèrement par magie, principalement avec ses jambes, finissant en roulade tandis qu'elle dégainait son khopesh de sa main droite, la gauche tenant toujours la torche à moitié consumée.

Elle avait largement rattrapé l'avance des pirates et se retrouvaient face à un petit groupe de trois daënars sur le pont à quelques mètres devant elle. Le plus proche épaulait son arme et allait lui tirer dessus. Elle se jeta sur le côté et la balle s'enfonça dans le bois. Elle se releva vivement et s'élança vers eux. D'un geste du bras, son outre s'ouvrit et une minuscule vague recouvrit la distance qui la séparait de ses ennemis avant de geler. Deux autres armes furent braquées dans sa direction et firent feu mais elle se laissa glisser au sol, sentant les projectiles siffler au-dessus d'elle. Elle dépassa le plus proche de ses adversaire et agrippa sa cheville avec le crochet de son arme. Son élan fit chuter le soldat au sol et elle profita de son inertie pour se redresser. L'un des deux autres soldats avait dégainé un sabre et voulut frapper mais elle dévia le coup de son arme avant de porter une attaque rapide au flanc, qu'il parvint à éviter. Il frappa à nouveau, un coup vertical cette fois et elle passa sous sa garde d'un mouvement fluide, lâchant sa torche. Elle était désormais entre l'escrimeur et le dernier de ses adversaires qui s'avérait être une femme. Sans lui laisser le temps de réagir elle décocha un coup de pied dans le bas-ventre de celle-ci, la forçant à reculer et à lâcher son arme tandis que de sa main libre elle guidait un filet d'eau qui lia le sabre au bastingage contre lequel il avait frappé, le rendant plus difficile à déloger.
Le technologiste perdit une seconde à essayer de déloger son arme avant de décider de pointer son pistolet, seconde que mit la zagashienne à profit pour faire une volte et balayer d'un coup de taille, la lame de son arme mordant profondément dans le cou de sa victime, laissant échapper son sang à gros bouillon tandis qu'il s'écroulait en portant ses mains à sa gorge, essayant vainement d'arrêter l'hémorragie. Kali se retourna vers la soldate qui venait de pousser un cri en voyant son compagnon tomber. Elle avait dégainé un couteau et se jeta sur l'adepte de Dalaï avec rage, ce qui la fit sourire. Elle voulut venir à sa rencontre mais il y eut comme une fausse note sous ses pieds, le pont vibra d'une manière tout sauf naturelle. Il s'agissait sans doute d'un tressautement du moteur mais cette subtile sensation eut l'effet d'un coup de poing sur Kali qui chancela en la ressentant, ce que ne manqua pas de mettre à profit la daënare.

La rouquine évita de justesse un coup de couteau au visage mais ouvrit largement sa garde et la militaire lui rentra dedans épaule en avant. Elle n'était pas beaucoup plus musclée qu'elle mais La posture de la my'träne n'était pas assez stable et elle fut projeté au sol, la daënare sur elle, essayant de la frapper son couteau. Kali bloqua le poignet de son ennemi de sa main gauche mais celle-ci lui bloquait le bras droit en s'y appuyant de tout son poids, ne lui laissant que peu de liberté de mouvement. Elle sentait du bout des doigts la poignée de son arme sans parvenir à faire plus que l'effleurer.
Dans une telle position, Kali ne pouvait guère faire autre chose que de regarder son adversaire droit dans les yeux. Des yeux déformés par la haine mais pas uniquement. Elle voyait poindre de petites larmes, celui qu'elle avait tué avait-il été plus qu'un collègue ? Mais surtout, au plus profond, elle voyait une étincelle de peur. Et en la reconnaissant elle ne put s'empêcher de se sentir supérieure, car elle n'avait pas peur. Même ainsi, même écrasée alors que le premier qu'elle avait mis au sol se relevait en reprenant son arme, elle n'avait pas peur. Car si elle devait mourir, elle le ferait pour Dalaï et c'était une consolation suffisante. Un sourire mauvais s'étala sur son visage, juste avant que la soldate ne lui mette un violent coup de boule. Elle sentit le goût cuivré du sang dans son nez et le couteau se rapprocha de quelques centimètres avant qu'elle ne réussisse à le bloquer de nouveau, entaillant légèrement sa pommette.
Elle n'avait pas peur, mais il serait préférable qu'elle trouve rapidement une solution.


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Eylohr Lothar
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Au delà des frontières EmptyMar 4 Juin - 19:05
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  • Le fracas des lames, le brouhaha des cris, le tonnerre des déflagrations. Un spectacle ô combien horrible pour quiconque n’y serait nullement habitué. La mort, la folie meurtrière dans toute sa splendeur. Voilà un affrontement aussi sanglant qu’inutile, aussi destructeur qu’inégal. Car si la puissante forteresse était un atout pour les daënars qui s’y trouvaient, leur permettant de toiser le monde entier depuis des hauteurs infranchissables et de faire face à toutes les menaces grâce à un blindage impénétrable, maintenant que les corsaires étaient à bord, la tendance était inversée, et l’inégalité, flagrante.

    Eylohr avait ses deux revolvers en main, et pointait dans deux directions différentes. Et il tirait, coup après coup, blessant à droite, tuant à gauche. Et lorsque les menaces imminentes furent éliminées, il s’apprêta à saisir sa lame lorsqu’il entendit un bruit bizarre dans les airs. Et une forme. C’était la magicienne présente sur le navire des corsaires, qui venait de bondir comme jamais il n’avait vu quelqu’un bondir auparavant. Elle venait de passer du pont du navire pirate au pont du navire Daënars, avec une facilité déconcertante. Et curieusement, cela énerva quelque peu le colosse, qui venait d’être doublé par une magicienne, qui… Semblait ensuite en difficulté.

    Alors, Eylohr dégaina, et chargea, comme il avait l’habitude de le faire. Sa lame pointée vers le ciel, il s’élança avec la fureur d’un ours et trouva sa première victime. D’un coup de lame, il évinça la menace de l’épée de l’homme. Puis, se reprenant sur ses appuis, il frappa d’estoc et pourfendit l’homme en face de lui jusqu’à la garde. Le sang chaud commença alors à couler sur les mains du colosse, qui termina d’entrer en transe. La folie s’était emparée de lui.

    Il avançait, lorsqu’un coup inattendu manqua de le déstabiliser. Un mercenaire, n’ayant plus de munitions sous le coude, tenta un coup de crosse contre le crâne du colosse. Mais la différence de taille était trop grande, et finalement, le coup fut porté sur l’épaule d’Eylohr. Se retournant vers l’agresseur, le géant du Nord offrit son sourire le plus sadique et son regard le plus violent. Il plaça sa large pogne sur la frêle nuque de colombe du jeune mercenaire, et appuya avec le plus de force possible. Le pauvret se mit à bleuir. Ses lèvres gonflèrent, tout comme ses yeux qui manquèrent de sortir de leurs orbites, et lorsqu’il fut au bord de la chute et de l’inconscience, les mains du colosse se délestèrent de l’emprise et le jeunot prit une bouffée salvatrice d’air frais. Alors, il empoigna sa victime par les épaules, porta la tête en arrière – manquant de lui briser la nuque – et mordit à pleines dents. Il enfonça ses canines et ses incisives dans la chaire tendre offerte en pâture. Les cartilages craquaient, et lorsqu’il arracha ce qu’il avait dans la bouche, la quasi-totalité du contenu de la gorge fut emportée, laissant la pauvre victime s’étouffer dans son propre sang. La respiration était sifflante, et les gargouillis trahissaient une mort lente et douloureuse.

    Le visage plein de sang, la bouche dégoulinant de ce liquide chaud et poisseux, il redirigea son regard vers le reste de la bataille et laissa choir le corps meurtri de la pauvre victime.

    C’est alors qu’il vit Kali, la magicienne aux bonds extraordinairement grands. Elle était dans une salle posture, et avait manifestement besoin d’aide. Et pourtant, personne ne semblait lui porter aucune attention. Il faut dire que chacun d’entre eux était trop occuper à survivre ou à tuer pour survivre. Alors une magicienne en difficulté était le cadet des soucis pour beaucoup de monde. Et à vrai dire, pour Eylohr également. Cependant, une pensée lui vint. Si elle mourrait, l’accord avec les Zagashiens risquait d’être sévèrement diminué et impacté. Mieux valait garder cette petite en vie, même si sa vie était sans doute… Misérable.

    Il s’avança, mais son pied percuta ce qui était une lance d’abordage. Manifestement, l’équipage de la forteresse navale était doté de ses piques pour repousser d’éventuels assaillants. S’ils avaient échoué dans cette mission, les bouts pointus et d’acier de ces piques pouvaient encore être utiles. Alors, le colosse s’en empara, et l’empoignant à deux mains, courut en direction de Kali et de son assaillant. La course fut rapide, tant grâce aux grandes enjambées du colosse que par la faible distance qui séparait les deux belligérants. Et, sans crier gare, il enfonça la pique dans le crâne de l’assaillant, lequel fut transpercé depuis le sommet jusqu’au-dessous du menton, dans une gerbe de sang.  


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Kali Tal'göss
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Au delà des frontières EmptyMar 25 Juin - 21:45
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Elle touchait son arme du bout des doigts, Kali le sentait. Si elle parvenait à l'attraper, elle pourrait se dégager. Elle avait juste besoin d'un peu plus de longueur. Quelques centimètres suffiraient. Elle sentait la magie affluer autour de ses articulations, rouler sous sa peau et délier ses muscles et ses os. Elle devait garder le contrôle mais ce n'était pas facile à faire tout en empêchant son ennemi de lui enfoncer son arme dans l’œil. Elle commençait à se demander si elle allait réussir à s'en sortir, ses doigts accrochant tout juste le cuir qui recouvrait la poignée du khopesh, quand la pression sur le couteau se relâcha soudain. Elle sentit le liquide chaud, poisseux, se déverser dans son cou et sur le bas de son visage, et vit la vie quitter les yeux de la soldate au-dessus d'elle. Le corps s'effondra sur elle comme une poupée de chiffon et le repoussa sur le côté, s'extrayant de sous la masse sans vie.
Au-dessus d'elle se tenait la colosse, une longue pique d'abordage entre les mains. Apparemment elle lui devait la vie, en tout cas à tous les coups il allait le croire. Un mouvement à l'orée de sa vision lui rappela la présence du dernier soldat qui armait son fusil, ne sachant pas trop sur qui il devait tirer. Kali eut un geste de bras dans sa direction et l'eau qui trempait le pont s'anima, remonta le long de la jambe et du corps du daënar comme un serpent avant de s'enfoncer dans sa bouche et dans ses narines, l'empêchant de respirer. La surprise lui fit lâcher son arme et il essayait vainement d'enlever le bâillon avec ses mains. Récupérant son arme, Kali fut sur lui en deux pas et mit fin à ses jours d'une frappe verticale qui lui brisa la clavicule gauche et une bonne partie des côtes jusqu'au cœur. Elle dégagea son khopesh de la plaie sanguinolente, devant appuyer d'un pied sur le cadavre à cause de la profondeur de la blessure. Fort heureusement le combat dans les environs immédiats commençait à tourner court tandis que les corsaires finissaient de prendre pied sur le pont. Leur efficacité avait permis aux zagashiens de se rapprocher et d'autres grappins étaient lancé à l'avant du bateau, permettant aux combattants my'träns de rejoindre le combat et annihilant les espoirs des militaires de former une défense organisée à la proue du bateau. Désormais ceux qui le pouvaient se réfugiaient à l'intérieur des coursives de métal et les en déloger ne serait pas des plus aisé. Les autres offraient une dernière résistance d'autant plus virulente que les assaillants montraient clairement leur intention de ne pas laisser de survivants.
Un petit groupe notamment formait un dernier carré près de la proue, trois soldats armés de piques ou de sabres en protégeaient deux autres qui déchargeaient leur carabine sur le premier pirate ou zagashien qui s'approchait trop près. Elle rengaina son arme et fit quelque pas dans leur direction accompagné d'un large mouvement des bras, comme si elle avait cherché à englober le pont dans son geste. En réponse, à la surface de celui-ci la pellicule d'eau et de sang qui le recouvrait désormais glissa sans un bruit en direction du groupe de militaires qui, trop concentrée sur leurs adversaires, ne le remarquèrent pas tout de suite. Ce n'est que quand l'eau commença à remonter le long de leurs membres, à imbiber leurs vêtements et à gêner presque le moindre de leur mouvement qu'ils commencèrent à comprendre ce qui se passait. Un tireur, sans doute un vétéran, remarqua rapidement Kali et voulut lui tirer dessus mais, gêné par l'eau qui s'enroulait autour de ses bras, son tir siffla à côté de la tête de la rouquine, lui arrachant quelques cheveux. Un jeune homme commença à faire une crise de panique en voyant la pellicule d'eau tâchée de sang se mouvoir comme un serpent sur ses avant-bras et ses mains, tombant à genoux. Gêné pour combattre, le groupe fut rapidement la proie des zagashiens qui leur fondirent dessus, armés d'épées et de haches. Seule ce qui semblait être la meneuse, armée d'un sabre, avait réussit à se dégager, ayant la présence d'esprit de monter sur une caisse et rompant le contact avec la masse d'eau que manipulait Kali, qui ne pouvait pas se concentrer sur chaque soldat indépendamment. Elle offrit une dernière résistance courageuse, abattant un zagashien d'un coup de sabre et blessant un corsaire au ventre d'un tir de son pistolet avant que trois autres pirates ne l'abattent d'une salve de carabine. Son corps bascula par-dessus le parapet et Kali ne put s'empêcher de songer que c'était probablement une femme que Dalaï aurait accueillie avec plaisir parmi ses fidèles si elle n'était pas née sur le mauvais continent et elle lui adresse une courte prière silencieuse, tandis que l'eau refluait vers elle et remontait dans l'outre à sa ceinture, en une cascade inversée.

La fidèle de la Raie inspira profondément en laissant retomber ses bras, légèrement tremblants après un tel effort. Ses tempes lui semblaient comprimer par un étau et c'était comme si une douleur lancinante partait de ses pieds pour atteindre sa tête et lui broyer le crâne. Son estomac en était complètement retourné et elle se plia en deux pour cracher un jet de bile sur le pont. Elle se redressa en maudissant entre ses dents les horreurs de daënastre et en s'essuyant la bouche du revers de sa manche.
De nouveau concentrée sur le combat, elle ne tarda pas à accrocher du regard l'une des principales portes vers l'intérieur, où les pirates s'amassaient, visiblement contenus par des volées de plomb de la part des daënars. L'étroitesse des passages rendaient le passage impossible sans lourdes pertes tant qu'il y aurait des fusils en état en face. De temps en temps un pillard tentait un tir rapide au jugé, en se penchant à peine devant l'ouverture. Parfois ils entendaient un cri de douleur en réponse, mais le plus souvent la cervelle du téméraire décorait le pont. Il leur fallait trouver un moyen d'empêcher les soldats de coordonner leurs tirs. Elle réfléchit un peu avant qu'une idée ne lui vienne, mais pour ça elle avait besoin d'une flamme. Non, d'un brasier.

« Vous là ! » Elle pointa du doigt un petit groupe de pirates qui ne comprirent pas immédiatement ce qu'elle leur voulait : « Videz vos cartouches sur cette caisse. Faites ce que je dis c'est un ordre ! »

Bien sûr ils n'obéirent pas de prime abord, mais elle commença à s'énerver et ils n'avaient aucune envie de s'opposer à cette rouquine couverte de sang qui commandait à l'eau. Ils savaient très bien ce qui se trouvait une dizaine de mètres plus bas, en dessous du bastingage. Ils s'exécutèrent donc, sortant les cartouches de leurs ceinture et en versant le contenu sur une caisse, un peu à l'abri des éléments. Dans leur précipitation ils laissèrent des douilles à moitié pleines au milieu. Kali ne s'en soucia pas vraiment. Quand elle estima le tas suffisamment important, mais pas assez pour exploser, elle leur dit de cesser et se posta devant. Dans sa main droite, elle forma une sphère d'eau pure, se débarrassant des filets de sang qui la contaminaient. Elle tendit sa main gauche au-dessus du tas de poudre et se concentra pour en extraire toute l'eau possible, elle avait besoin que la flamme soit des plus ardentes. Quand ce fut fait, elle attrapa son briquet à sa ceinture et d'un geste expert fit jaillir une étincelle qui tomba au milieu de la poudre noire.
Le tas s'enflamma aussitôt, formant une langue de flammes de plusieurs dizaines de centimètres de haut, engloutissant la main de Kali qui sentit les brûlures se dessiner sur son bras malgré qu'elle concentrait sa magie pour y résister. Elle maniait rarement ses deux éléments de la sorte et puiser aux deux sources l'épuisait à peu près autant que cela l'excitait. La rage du combat et la passion guerrière se mêlait en un ouragan tumultueux dans sa poitrine qui ne demandait qu'à goûter au sang de ses ennemis. Mais pour l'instant elle avait besoin de le contenir. Elle referma la main gauche, y absorbant toute les flammes qu'elle pouvait. Le tas de cendres redevint inerte, reste de déchets carbonisés, de douilles fondus et de petites flammèches qui avaient commencé à attaquer le bois de la caisse. Au creux de ses mains la flamme brillait si intensément qu'elle en faisait presque mal aux yeux. Heureusement qu'il ne restait plus de daënars sur le pont car il était impossible de manquer le spectacle. Dans un geste qui semblait lui demander autant d'effort que de plier une barre d'acier, elle joignit ses deux mains, plongeant la flamme au cœur de la sphère d'eau en mouvement. Il y eut un bref sifflement et une poussée de vapeur avant qu'elle ne réussisse à garder le contrôle. Entre ses deux main s'agitaient désormais une petite boule de vapeur d'eau, tourbillonnant sur elle-même à une vitesse folle, comme un animal en cage qui attendait la moindre ouverture pour vous sauter à la gorge. La chaleur qui en irradiait était palpable à plus d'un mètre de distance. Kali savait qu'elle ne pourrait pas contenir toute cette énergie très longtemps et elle n'en avait de toutes façons aucune envie. Elle gagna prudemment le bord de la porte. Les pirates avaient pour la plupart cessé leur tentatives de pénétrer à l'intérieur pour la regarder faire. Elle se plaqua sur le bord de l'encadrement, inspira une dernière fois et, soudainement, projeta la boule de vapeur à l'intérieur du couloir.
Soudainement libérée, la vapeur hurlante et sifflante se déversa sur les daënars, les dévorant comme une bête enragé. Les hurlements de douleur face à la morsure incendiaire couvrirent le bruit de la vapeur tandis que celle-ci refroidissait déjà et se transformait en panache blanc inoffensif. C'était le moment idéal pour charger et les spectateurs ne se firent pas prier, tandis que Kali s'effondrait contre le bord de la porte, serrant contre elle un bras meurtri, sur lequel les brûlures formaient de longues stries qui remontaient de sa main jusqu'à son coude.


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Image par akreon et modifiée par Ophée
Kali utilise cette couleur : #99ffcc
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